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Comprendre la justice : légalité vs légitimité

Le document explore la notion de justice en la distinguant du droit, soulignant que la légalité ne garantit pas la légitimité. Il aborde également les concepts d'égalité et d'équité, en s'appuyant sur les idées d'Aristote et de John Rawls, qui propose une redéfinition de la justice incluant des inégalités justes sous certaines conditions. Enfin, il met en lumière la nécessité d'une interprétation contextuelle des lois pour atteindre une véritable justice.

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Le document explore la notion de justice en la distinguant du droit, soulignant que la légalité ne garantit pas la légitimité. Il aborde également les concepts d'égalité et d'équité, en s'appuyant sur les idées d'Aristote et de John Rawls, qui propose une redéfinition de la justice incluant des inégalités justes sous certaines conditions. Enfin, il met en lumière la nécessité d'une interprétation contextuelle des lois pour atteindre une véritable justice.

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La justice

I- Définitions et distinctions essentielles  La justice # le droit/ Légitime # légal


Afin de saisir la signification essentielle de la notion philosophique de la justice. Il ne
faut surtout pas la confondre avec celle du droit. Ce dernier désigne l'ensemble des
lois et des textes juridiques qui existe ou qu’ont existé à la différence de la justice qui
représente non pas une réalité historique mais un idéal absolu qui désignent ce qui est
souhaitable moralement et politiquement. A partir de là, cette première distinctions
nous conduit à une dualité problématique : Le légale et le légitime. Or la légalité se
définit comme la simple conformité à la loi. Ces lois qui dépendent de la volonté des
hommes et qui demeurent donc relative car elles portent la marque d’un contexte social
et politique particulier. Le problème qui nous intéresse donc est le suivant : Qu’est-ce
que la justice ? Peut-on la réduire à la simple légalité ? Ou bien devons-nous identifier
ces principes fondamentaux ?
Notre réflexion sur la question de la justice se heurte à une première difficulté : il suffit
d’observer le cours de l’histoire humaine afin de constater le paradoxe suivant : toutes
les lois ne sont pas toujours justes et inversement la légalité ne suffit pas afin de définir
ce qui absolument légitime. Tel est le cas absurde d’une loi, loi de "l’apartheid", qui
présuppose une discrimination raciale en imposant une séparation ethnique entre les
noirs et les blancs.
Pour cela et après avoir reconnu les limites d’une définition "trop" juridique de la justice,
notre tâche consistera à approfondir notre compréhension du fondement éthique de ce
qui est juste.

II- Toutes égalités est-elle juste ?


D’après notre expérience personnelle et notre vécu, notre premier sentiment d’injustice
est souvent lié à la perception d’une inégalité et réciproquement le sens commun définit
ce qui est juste comme étant ce qui est égalitaire, cependant cette première
précompréhension de la justice montre souvent ses limites. D’après un récit biblique le
roi Salomon était face à deux femmes qui réclamaient la maternité du même enfant, le
roi menace alors de le découper en deux parts égales en appliquant le principe de
l’égalité ; une des deux femmes renoncent alors à sa part. Salomon reconnait en elle
la véritable mère et rend justice en appliquant un autre principe que celui de l’égalité :
l’équité qui représente une forme supérieur et plus rationnel d’égalité qui varie selon le
mérite.
A ce niveau l’usage de la théorie, de la justice élaborée par Aristote est incontournable.
Dans son œuvre Ethique à Nicomaque, livre V, le philosophe grecque distingue deux
différents types d’égalité : le premier renvoie une égalité strictement numérique "à
chacun la même chose", le second type renvoie à une égalité proportionnelle qui varie
selon différents critères. De ces deux types d’égalité le philosophe grec déduit deux
types de justices.
En ceux qui concerne la justice punitive, pénal, il est nécessaire d’appliquer une égalité
numérique, comme l’affirme Aristote « peu importe que le crime ou le délit ait été
commis par un homme de bien ou un homme de rien ; la loi ne considère que la nature
de la faute et traite toutes les personnes comme tout à fait légale », par conséquent
l’application de la loi est impersonnelle, neutre et impartiale. En ce qui concerne la
justice distributive qui porte sur les richesses, le pouvoir et les honneurs (réputations).
Par-là Aristote admet une certaine inégalité et il ajoute « on a défini le juste en disant
que c’est ce qui est légal et équitable et par suite l’injuste est ce qui illégale et inique »
(inéquitable). Par ailleurs Aristote nous révèle que la simple légalité ne suffit pas pour
rendre justice. Un bon juge ne doit pas se contenter d’appliquer la loi à la lettre mais il
doit l’interpréter en vue d’en respecter l’esprit car la loi est toujours générale tandis que
le cas est toujours particulier. Le juge doit prendre en considération les circonstances
atténuantes et le contexte psychique et social de l’inculpé (Exp : la spécificité du crime
passionnel).
Comme le disait Aristote « l’équitable est le juste sont donc la même chose ; et tous
les deux sont bons, la seule différence, c’est que l’équitable est encore meilleur car
tous en étant juste, l’équitable n’est pas le juste légal ; mais il est une heureuse
rectification (correction) de la justice rigoureusement légale ».

III- De la possibilité d’une inégalité juste


Dans son œuvre Théorie de la justice, John Rawls nous propose une redéfinition de la
justice qui établit une rupture avec la conception classique et utopiste de ce qui est
juste. Pour cela il nous invite à une expérience intellectuelle « le voile d’ignorance »
qui désigne une situation fictive imaginaire selon laquelle on fait comme si nous étions
parfaitement égaux que ce soit sur le plan physique, intellectuelle, sociaux économique
et même sur le plan méta. Dans cette situation là on aboutit à deux principes
fondamentaux de toutes justices possibles et réalisables.
Le premier principe stipule une égalité stricte concernant les droits et les devoirs de
bases. Le second principe est plus original car il admet que les inégalités sociales
économiques (de richesse et de pouvoir) sont justes si et seulement si ces inégalités
contribuent à l’intérêt de chacun et en particulier les plus pauvres. Selon la formule de
Rawls « il n’y a pas d’injustices dans le fait qu’un petit nombre obtienne des
avantageuses supérieures à la moyenne à condition des moins favorisées ». En
d’autres termes le philosophe américain libéral la justice social nécessite une
coopération volontaire entre les pauvres et les riches et les faibles et les puissants

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