1.
Justice Sociale et Redistribution des Richesses
Le système fiscal marocain cherche à jouer un rôle dans la justice sociale par la redistribution,
notamment en finançant des services publics. Cependant, ce rôle est affaibli par des exonérations
fiscales qui bénéficient majoritairement aux grands propriétaires et entreprises, limitant ainsi
l'équité. Par exemple, les exonérations des droits d'enregistrement et de timbre ont représenté 52
% des recettes fiscales en 2011, créant un manque à gagner pour les finances publiques, qui
pourrait être utilisé pour réduire les inégalités(Rapport-Le-systeme-fisc…).
2. Spéculation Foncière et Accès au Logement
La spéculation immobilière constitue un problème majeur, souvent favorisée par la rétention des
terrains non bâtis. Bien qu'une taxe sur ces terrains urbains (TNB) existe, son efficacité reste
limitée en raison de son taux fixe (4 à 20 dirhams par mètre carré) qui ne reflète pas la valeur
marchande réelle des terrains dans des zones à forte demande. Une révision de cette taxe avec
des taux progressifs en fonction de la valeur pourrait dissuader davantage la spéculation et
favoriser l'accès à la propriété pour les ménages, en libérant des terrains constructibles(Rapport-
Le-systeme-fisc…).
3. Cohésion Sociale
Une réforme fiscale plus transparente et progressive pourrait renforcer la cohésion sociale. Le
rapport souligne que l’opacité actuelle du système fiscal marocain génère un sentiment
d'injustice. La transparence dans les barèmes fiscaux, par exemple dans l’immobilier, et une
meilleure répartition de la charge fiscale entre les classes socio-économiques pourraient réduire
la perception d’inégalité. De plus, l’intégration des classes moyennes et vulnérables dans un
système fiscal plus équitable renforcerait le lien social, un facteur essentiel pour la stabilité
politique et sociale(Rapport-Le-systeme-fisc…).
Limites Actuelles de la Régulation Fiscale
1. Inefficacité de la TNB Contre la Spéculation
Le mode de calcul actuel de la TNB, qui est indépendant de la valeur réelle des terrains, limite sa
capacité à freiner la spéculation. Le rapport recommande l’introduction de taux progressifs et
propose une suspension temporaire de la TNB pour les promoteurs qui s'engagent à développer
un projet dans un délai de sept ans, favorisant ainsi l’usage productif des terrains(Rapport-Le-
systeme-fisc…).
2. Complexité et Manque de Transparence
Le manque de clarté et la complexité des règles fiscales actuelles entravent l'efficacité du
système. La publication de barèmes de référence pourrait réduire les pratiques de sous-
déclaration et augmenter les recettes fiscales tout en améliorant la perception de justice fiscale
parmi les citoyens(Rapport-Le-systeme-fisc…).
3. Faible Imposition des Profits Immobiliers
L'imposition actuelle sur les plus-values immobilières est fixée à 20 %, mais les exonérations
pour les résidences principales occupées pendant au moins huit ans limitent son efficacité en tant
que source de revenu pour l'État. Une révision de ces exemptions pourrait permettre une
meilleure exploitation fiscale et encourager une utilisation plus rationnelle des biens immobiliers
(Rapport-Le-systeme-fisc…).
CONCLUSION
La fiscalité foncière au Maroc vise à réguler l’usage des terres et à promouvoir l’équité, mais souffre
d’importantes défaillances pratiques. Bien que conçue pour encourager une utilisation optimale des
ressources foncières et assurer une répartition équitable des charges fiscales, sa complexité
administrative et les failles dans le recouvrement des taxes créent des inégalités. Les exemptions
accordées aux grands propriétaires et la taxation inadéquate des terrains non bâtis favorisent la
spéculation foncière, freinant l’accès à la propriété pour les plus vulnérables.
Une réforme ciblée, visant à simplifier et à rendre le système plus transparent et efficace, pourrait
permettre à la fiscalité foncière de mieux contribuer à un développement urbain équilibré et à une
justice sociale renforcée.