Les principes
Chap2:
stratigraphiques et
l’établissement de l’échelle
stratigraphiques
Introduction:
Les études géologiques des formations sédimentaires d’une région donnée permettent
de :
Déterminer les caractéristiques pétrographiques, stratigraphiques et
paléontologiques de ces formations
Déterminer les relations entre ces formations dans le temps et l’espace (datation
relative des couches sédimentaires comme exemple) ;
Mettre en évidence certains événements géologiques qui ont eu lieu dans le passé
(transgression, régression, érosion, déformations tectoniques…).
Grâce à ces données, les géologues peuvent dans certains cas reconstituer
l’histoire géologique d’une région étudiée ou émettre des hypothèses sur cette
histoire.
Questions posées :
Comment déterminer les relations entre les différentes formations géologiques
d’une région donnée ?
Sur quels principes et données se base-t-on pour dater les formations et les
événements géologiques ?
Quelles sont les bases de découpage du temps géologique ?
I. Les principes stratigraphiques et la datation relative des formations
géologiques du plateau ou du bassin étudie.
Les roches sédimentaires se caractérisent par la stratification : c’est la disposition de
ces roches en strates ou en couches superposées
La stratigraphie est une discipline qui étudie la succession des différentes couches
géologiques et les évènements qu’elles ont enregistrés dont le but de reconstituer
l’histoire d’une région donnée. Cette discipline se base sur un ensemble de principes
appelés principes stratigraphiques :
1. Principe de superposition : (doc 1 p 48)
Enoncé du principe :
En l'absence de bouleversements structuraux, une couche est plus récente que
celle qu'elle recouvre et plus ancienne que celle qui la recouvre
Les limites d’application du principe de superposition :
Les déformations tectoniques peuvent renverser les séries, comme dans le cas
des failles ou des plis.
Au niveau des terrasses fluviatiles : la couche centrale qui est souvent la plus
basse est aussi la plus jeune.
2. Principe de continuité : (doc 3 p 50)
Enoncé du principe :
Une même couche a le même âge sur toute son étendue
3. Principe de recoupement : (doc 4 p 50)
Les couches sédimentaires sont plus anciennes que les failles ou les roches qui
les recoupent.
4. Principe d’inclusion :
Ce principe stipule que les débris d’une roche inclus dans une autre couche
sont toujours plus anciens que leur contenant (le contenu est plus ancien que le
contenant)
5. Principe d’identité paléontologique.
Les fossiles sont des restes ou empreintes d’êtres vivants conservés dans des
roches sédimentaires. En géologie, on s’intéresse surtout aux fossiles
stratigraphiques et aux fossiles de faciès ;
Les fossiles stratigraphiques (comme les trilobites et les ammonites)
permettent de dater les couches sédimentaires dans lesquelles ils se trouvent,
cette datation relative est basée un principe stratigraphique appelé le principe
d'identité paléontologique : deux couches ayant les mêmes fossiles
stratigraphique sont considérées comme ayant le même âge.
Pour être qualifiée de fossile stratigraphique, une espèce doit :
Avoir une grande extension géographique, ce qui permet de corréler des
couches sédimentaires de régions éloignées.
Avoir existé pendant une courte durée à l'échelle des temps géologiques
(avoir une faible extension verticale dans les dépôts).
Les fossiles de faciès (comme fenestella) permettent de se renseigner sur le
milieu et les conditions de sédimentation des roches dans lesquelles on les
trouve.
II. Les subdivisions géochronologiques
Sur la base des principes stratigraphiques, les géologues se sont intéressés à la
succession des différent séries sédimentaires afin d’effectuer des corrélations
régionales, et par la suite mondiale, ce qui permet de définir des subdivisions
géochronologiques.
Quelles sont les subdivisions chronologiques de base et quelles sont leurs
caractéristiques ?
1. Le stratotype ; une référence stratigraphique mondiale. (doc.1)
Grâce à leurs caractéristiques, les stratotypes ont été utilisés comme référence pour la
datation relative des formations sédimentaires. En effet, les stratotypes déterminent une
unité de l’échelle stratigraphique appelée Étage. Les stratotypes présentent plusieurs
caractéristiques parmi lesquelles:
la simplicité du milieu de sédimentation,
l’absence de déformations tectoniques,
la richesse en fossiles stratigraphiques marins
des limites faciles à distinguer (il s’agit le plus souvent de discontinuités de
sédimentation comme les lacunes).
L’échelle stratigraphique est utilisée pour la datation relative des formations
sédimentaires et les événements géologiques passés, elle comprend une succession
d’étages, chacun d’eux a été défini à partir d’un stratotype donné.
Remarque : le nom attribué à un étage (et au stratotype qui le défini) dérive en général du
lieu où il a été identifié pour la première fois (on ajoute le suffixe -ien au nom du lieu)
Exemple : le Pliensbachien est à Pliensbach en Allemagne.
2. La lacune stratigraphique. (doc 2)
L’observation de la figure 1 montre la présence de la couche B dans la localité X
et son absence dans la localité Y. Cette absence constitue une lacune
stratigraphique.
On parle de lacune lorsqu'il n'y a pas de continuité chronologique entre deux
couches, il s’agit de l’absence d’une ou plusieurs couches dans une série
sédimentaire.
Une lacune stratigraphique peut s’expliquer par :
Une interruption de la sédimentation (non dépôt) : une ou plusieurs couches ne
se déposent pas dans une région qui a été peut-être émergée à la suite d’une
régression marine. On parle dans ce cas de lacune de sédimentation.
Une érosion : les couches qui manquent dans une région se sont déposées puis
elles ont disparues à cause d’une érosion, puis la sédimentation a repris en laissant
une lacune. On parle dans ce cas de lacune d’érosion.
3. La biozone ; une subdivision biostratigraphique fine du stratotype. (doc.3)
Les fossiles changent dans le temps, on peut les utiliser comme
"chronomètre".
Une biozone est une division de base biostratigraphique fondée sur
l'apparition ou la disparition d'espèces.
L’image du document 3 représente un stratotype historique du Toarcien
(Thouars) dont les espèces d’Ammonite subdivisent cet étage en plusieurs
biozones.
L’étage Toarcien est subdivisé en biozones selon l’apparition et la
disparition des espèces d’Ammonites. Donc l’étage peut être subdivisé en
biozones et chaque biozone est formée par des strates dans lesquelles se
rencontre une forme de fossile caractéristique, ce qui permet d’établir de
fines subdivisions géochronologiques
4. Les discordances géologiques
Pour qu’une discordance géologique apparaisse dans un paysage géologique, il
faut qu’il y ait une interruption de la sédimentation pendant une période plus
ou moins longue au cours de laquelle d’autres événements géologiques se
déroulent : régression marine, plissement, érosion… On déduit qu’une
discordance géologique correspond toujours à une lacune stratigraphique, c.-à-
d. à une discontinuité sédimentaire.
Conclusion
Les limites des étages sont généralement marquées par des discordances de
sédimentation en relation avec des variations relatives du niveau marin qui
portent le nom de transgression et régression. L’alternance de ces phénomènes
constitue le cycle sédimentaire
5. Notion de cycle sédimentaire.
Le cycle sédimentaire comprend trois phases ; transgression, sédimentation et
régression, ces phases sont marquées par les discordances ou par les
discontinuités sédimentaires.
La régression marine est le retrait de la mer (cause climatique ou tectonique).
La régression se traduit au niveau des formations sédimentaires par une
séquence verticale qualifiée de régressive, c’est une séquence négative
caractérisée par le dépôt de sédiments continentaux sur des sédiments marins,
ou dépôt de sédiments de faciès marin peu profond sur des sédiments de faciès
marin très profond.
La transgression est une progression de la mer qui envahit une aire
continentale. Sur le terrain, dans une succession de couches, une transgression
est mise en évidence par le dépôt de couches marines sur les couches
continentales.
III. L’échelle stratigraphique
Depuis longtemps, les géologues ont constaté la difficulté d’utiliser uniquement les
étages dans la géochronologie, à cause du grand nombre de ces étages et à cause aussi
de certains événements géologiques qui ont marqué l’histoire de la Terre et qui
peuvent couvrir des dizaines d’étages. Pour cela les géologues ont déterminé d’autres
unités (ou divisions) chronostratigraphiques et géochronologiques plus grandes que
l’étage.
1. Les critères paléontologiques : les crises biologiques
L’étude des êtres vivants, grâce aux fossiles, à des époques différentes, montre qu’au
cours des temps géologiques des espèces ou des groupes entiers sont apparus,
d’autres ont disparus et d’autres ont changé d’aspect c.-à-d. qu’ils ont évolué de façon
irréversible. Les fossiles sont donc des marqueurs des temps géologiques, leur
utilisation est basée sur des critères bien définis :
absence totale des fossiles dans certains terrains,
apparition, évolution et extinction de certains organismes et surtout les extinctions
de masse appelées aussi crises biologiques (comme l’extinction des dinosaures)
À partir de ces critères, les géologues ont divisé le temps géologique en cinq grandes
divisions géochronologiques appelées ères. Le tableau du document 1 présente
certaines caractéristiques de ces unités chronologiques.
2. Les critères stratigraphiques et tectoniques :
Les cycles orogéniques et les discordances majeures constituent les principaux
critères tectoniques utilisés dans la géochronologie
Un cycle orogénique ou cycle tectonique est la succession des événements
correspondant à la formation puis à la destruction d'une chaîne de montagnes. Un
tel cycle qui dure des dizaines ou des centaines de MA comprend en général trois
phases :
- sédimentation dans un bassin sédimentaire ;
- orogenèse, c'est-à-dire plissement des sédiments accumulés dans le bassin
sédimentaire et formation d'une chaîne de montagnes ;
- érosion progressive de la chaîne montagneuse par l'érosion.
On distingue en général quatre cycles orogéniques majeurs (doc 2 p 62)
- le cycle cadomien,
- le cycle calédonien,
-le cycle hercynien
-le cycle alpin
Conclusion.
En se basant sur des critères paléontologiques, stratigraphiques et tectoniques, les
géologues ont élaboré l’échelle stratigraphique. C’est l’outil de la géochronologie,
elle comprend des unités (divisions) chronostratigraphiques auxquelles
correspondent des unités géochronologiques :
géochronologie: datation des formations sédimentaires et les événements
géologiques passés.
unité chronostratigraphique: division comprenant un ensemble de couches
sédimentaires.
unité géochronologique : durée correspondant au dépôt des couches d’une unité
chronostratigraphique.