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Transformation de Fourier sur L1(Rn, C)

Le chapitre 4 traite de la transformation de Fourier sur L1(R^n, C), définissant la transformée de Fourier d'une fonction intégrable et énonçant ses propriétés fondamentales. Il aborde des concepts tels que la continuité de l'application, les effets de translation et de dilatation sur la transformée, ainsi que le théorème d'inversion. Des exemples illustrent les résultats, notamment la transformation de fonctions exponentielles.

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Transformation de Fourier sur L1(Rn, C)

Le chapitre 4 traite de la transformation de Fourier sur L1(R^n, C), définissant la transformée de Fourier d'une fonction intégrable et énonçant ses propriétés fondamentales. Il aborde des concepts tels que la continuité de l'application, les effets de translation et de dilatation sur la transformée, ainsi que le théorème d'inversion. Des exemples illustrent les résultats, notamment la transformation de fonctions exponentielles.

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Chapitre 4

La transformation de Fourier

Notation : Pour x = ( x1 , . . . , xn ), y = (y1 , . . . , yn ) 2 R n , on note par x.y leur


produit scalaire i.e. x.y = Âin=1 xi yi .
Pour q 2 R on pose eiq = cos(q ) + i sin(q ) avec i2 = 1.
4.0.5 R EMARQUE
Si A : R n ! R n est une application linéaire alors ( Ax ).y = x.(tAy).

4.1 Transformation de Fourier sur L1 (R n , C )

R Soit f 2 L1 (R n ), Ralors pour tout y 2 R n on a | f ( x )e 2ipxy | = | f ( x )|, d’où


Rn
| f ( x )e 2ipxy | dx = Rn | f ( x )| dx = k f k1 < +•, on peut donc définir :

4.1.1 D ÉFINITION
1. Soit f 2 L1 (R n ). On appelle transformée de Fourier, la fonction fb définie par
Z
2ipx.y
fb(y) = f ( x )e dx, 8y 2 R n .
Rn

où x.y = Âin=1 xi yi est le produit scalaire standard sur R n .


2. La transformation de Fourier sur L1 (R n ) est l’application
n
b : L1 (R n ) ! CR
f 7 ! fb

4.1.2 R EMARQUE R R
1. On a fb(y) = Rn f ( x )e 2ipxy dx = Rn
f ( x )e2ipxy dx = bf ( y).
2. On utilise aussi la notation F ( f ) pour désigner fb.

Dans la partie qui va suivre on va énoncer les propriétés de base de la transformation


de Fourier.

74
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L1 (R n , C ) 75

4.1.1 Propriétés de la transformée de Fourier


Les fonctions considérées seront dans L1 (R n ).
P1 k fb k•  k f k1 .

R 2ipxy | dx
Démonstration:
R En effet, pour tout y 2 R n , k fb(y)k = Rn
| f ( x )e 
Rn
| f ( x )| dx = k f k1 . ⌅

P2 L’application fb : R n ! C est continue.

Démonstration: Soit (yk ) une suite dans R n telle que limk!+• yk = y. Alors
pour presque tout x 2 R n on a limk!+• f ( x )e 2ipxyk = f ( x )e 2ipxy , et comme
| f ( x )e 2ipxyk | = | f ( x )| est intégrable et ne dépend pas de k , d’après le théo-
rème de convergence dominée limk!+• yk fb(yk ) = fb(y). ⌅
R
P3 fd
(0) = Rn
f ( x ) dx.
P4 Si f ( x ) = f 1 ( x1 ) . . . f n ( xn ), alors fb(y) = fb1 (y1 ) . . . fbn (yn ).

Démonstration: Ceci est une conséquence du théorème de Fubini et la propriété


de l’exponentielle :
2ipxy 2ipx1 y1 2ipxn yn
e =e ...e .

P5 Si f , g 2 L1 (R n ), alors f ⇤ g 2 L1 (R n ) et [
f ⇤ g = fb gb.

Démonstration: D’après l’inégalité de Young, k f ⇤ gk1  k f k1 k gk1 , d’où f ⇤ g 2


L1 (R n ).
R R R
Pour y 2 R n fixé,
⇣ on a [
f ⇤ g(y) = Rn f ⇤ g(⌘x )e 2ipxy dx = Rn Rn f ( x z) g(z)e 2ipxy dz dx =
R R R
Rn
g(z)e 2ipxz Rn f ( x z)e 2ip ( x z)y dx dz = fb(y) Rn g(z)e 2ipxz ) dz = fb(y) gb(y).⌅

4.1.7 D ÉFINITION
Soit f : R n ! C.
1. Soit a 2 R n . On définit l’opérateur translation ta par :

ta f ( x ) = f ( x a ).

2. Pour l 2 R ⇤ . On définit l’opérateur dilatation sl par


x
sl f ( x ) = f ( ).
l

P6 (a) tc 2ipay fb( y ).


a f (y) = e
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L1 (R n , C ) 76

d
(b) s nb
l f ( y ) = | l | f ( ly ).
(c) Plus généralement, soit A une matrice inversible et A = R n ! R n l’iso-
morphisme linéaire (associé à A) alors :

1
f[A(y) = fb(tA 1
)(y).
| det( A)|
R
Démonstration: f[A(y) = Rn f ( Ax )e 2ipxy dx, avec le changement de variable
R
z = Ax on a f[ 2ip A 1 zy 1 )| dx.
A(y) = Rn f (z)e | det( A Finalement, comme
( A 1 z).y = z.(tA 1 y), on obtient
Z
1
f[ 1 2ipz.(tA 1 y) 1
A(y) = | det( A )| f (z)e dx = fb(tA )(y).
Rn | det( A)|

4.1.9 R EMARQUE
Si A est une matrice orthogonale, i.e. tA.A = I alors tA 1 = A et | det( A)| = 1
la formule précédente nous donne alors : f[ A = fb A.
En particulier, si f est radiale i.e. f ne dépend que de k x k, alors fb est aussi
radiale.
En effet, f est radiale , f A = f pour toute matrice A orthogonale.

P7 [Lemme de Riemann-Lebesgue] Si f 2 L1 (R n ) alors limkyk!+• fb(y) = 0.


R
[
Démonstration: D’après la propriété P6 , Rn f ( x + z)e 2ipxy dx = t z f (y) =
y
e2ipzy fb(y). Si on pose z = 2kyk2 , alors e2ipzy = eip = 1 et kzk = 2k1yk . D’où,
R R
2 fb(y) = Rn ( f ( x ) f ( x + z)) e 2ipxy dx. Ainsi, 2| fb(y)|  Rn | f ( x ) f ( x + z)| dx =
k f t z f k1 .
1
D’après 3.2.10, lim | fb(y)|  lim k f t z f k1 = 0. ⌅
kyk!+• 2 z !0

Transformation de Fourier et différentiabilité

P8 (a) Si k x kk f 2 L1 (R n ), alors :

fb 2 C0k (R n ) et ( 1)|a| D a fb = (2ip )|a| xd


af

pour tout a 2 N n , |a|  k.


(b) Si f 2 C k (R n ) telle que pour tout a 2 N n , |a|  k on ait D a f 2 L1 (R n ),
alors :
Dda f = (2ip )|a| ya fb
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L1 (R n , C ) 77

Démonstration: On va démontrer le résultat pour k = 1, i.e ; pour les dérivées


partielles d’ordre 1, le cas général se fait par récurrence.
∂g ∂g
(a) On pose g( x, y) = f ( x )e 2ipxy , alors = 2ipx j f ( x )e 2ipxy et | | 
∂y j ∂y j
2p k x k| f ( x )| qui ne dépend pas de y et qui est dans L1 par hypothèse.
Z
D’après le théorème de dérivation sous le signe ,

Z Z Z
∂ fb ∂ 2ipxy ∂ ⇣ 2ipxy

2ipxy
(y) = f ( x )e dx = f ( x )e dx = 2ip x j f ( x )e dx.
∂y j ∂y j Rn Rn ∂y j Rn

∂f
(b) Par le théorème de Fubini on se ramène au cas n = 1. Alors, comme ∂x et f
sont dans L1 , le théorème d’intégration par parties donne :
Z Z
∂f
( x ) dx = lim [ f ( x )] BA f ( x ) dx
R ∂x B!+•
A! •
R

Ainsi, limx!+• f ( x ) et limx!+• f ( x ) existent et comme f 2 L1 ces limites sont


nécessairement égales à 0.
D’où
Z h iB Z
∂cf ∂f
(y) = ( x )e 2ipxy dx = lim f ( x )e 2ipxy + 2ipy f ( x )e 2ipxy dx = 2ipy fb(y).
∂x R ∂x B!+•
A! •
A R

P9 (Formule de transfert) Si f , g 2 L1 (R n ), alors :


Z Z
fb( x ) g( x ) dx = f ( x ) gb( x ) dx
Rn Rn

b 2 C0 ⇢ L• (R n ), d’où fbg et f gb 2
Démonstration: Comme f , g 2 L1 (R n ), fb et g
L1 . Ainsi les deux intégrales sont bien définies.
Par le théorème de Fubini on a :
Z Z ✓Z ◆
b 2ipzx
f ( x ) g( x ) dx = f (z)e dz g( x ) dx
Rn Rn Rn
Z ✓Z ◆ Z
2ipzx
= f (z) g( x )e dx dz = f (z) gb(z) dz.
Rn Rn Rn

Ra
4.1.13 E XEMPLE . (i) soit a > 0 et f = 1[ a,a] Alors, si y 6= 0, fb(y) = a
e 2ipxy dx =
Ra sin(2pay Ra
2 0 cos(2pxy) dx = 2 et fb(0) = a dx = 2a.
2py
R +• R +• 1
(ii) g( x ) = e 1R+ . Alors fb(y) = 0 e x e 2ipxy dx = 0 e x(1+2ipy) dx = 1+2ipy
x .
x
(iii) h( x ) = xe 1R+ . Alors h( x ) = xg( x ), d’où

b 1 ∂b
g 1 2ip 1
h(y) = xcg(y) = (y) = 2
= .
2ip ∂y 2ip (1 + 2ipy) (1 + 2ipy)2
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L1 (R n , C ) 78

2 n 2
4.1.14 E XEMPLE (E XEMPLE FONDAMENTAL ). f ( x ) = e p k xk = e p Âk=1 xk , alors fb = f .
Cet exemple est très important, et la formule pour fb peut être calculée de plusieurs
manière en voici une, utilisant la propriété P8 .
(i) Cas n = 1
On a f 0 ( x ) = 2px f ( x ), d’où fb0 = 2p xcf ce qui donne 2ipy fb = i fb0 . Ainsi fb est
2
solution de l’équation différentielle, 2py fb = i fb0 i.e. fb(y) = ce py , et c = fb(0) =
R 2 2
R
e px dx = 1. Finalement, fb(y) = e py .
(ii) Le cas n quelconque, s’obtient en utilisant la propriété P4 .
Comme, f ( x ) = e p k x k2 =e px12 ...e pxn2 , alors
py21 py2n p k y k2
fb(y) = fb1 (y1 ) . . . fbn (yn ) = e ...e =e .

4.1.2 Le théorème d’inversion


On peut résumer les propriétés P1 , P2 et P8 par

4.1.15 P ROPOSITION
La transformation de Fourier b : L1 (R n ) ! C0 (R n ) est une application linéaire
continue de norme 1 de L1 (R n ) muni de la norme k.k1 dans C0 (R n ) est muni de la
norme k.k• .

On peut se poser les questions suivantes, l’opérateur précédent est-il injectif ?


surjectif ?
Le théorème suivant donne une réponse positive à la première question.
On montre (voir le TD) qu’il existe des fonctions dans C0 (R n ) qui ne sont pas
les transformées de Fourier d’aucune fonction intégrable i.e. l’opérateur n’est pas
surjectif.

4.1.16 T HÉORÈME (T HÉORÈME D ’ INVERSION )


b
Soit f 2 L1 (R ) telle que fb 2 L1 (R ), alors b
f ( x ) = f ( x ) p.p.

2 R
Démonstration: Soit f : R n ! R telle que f( x ) = e p k xk . Alors Rn f( x ) dx = 1 et
pour tout x 2 R n , limt!0+ s 1 f( x ) = limt!0+ f(tx ) = 1.
b Rt
Par définition f ( x ) = Rn fb(y)e 2ipxy dy
b
Comme | fb(y)e 2ipxy f(ty)  | fb(y)| qui est par hypothèse dans L1 , d’après le le
b R
théorème de convergence dominée on a b f ( x ) = limt!0+ n fb(y)e 2ipxy f(ty) dy. R
D’autre part, en utilisant le lemme de transfert, on a
Z Z Z
fb(y)e 2ipxy
f(ty) dy = t[
x ( f )( y ) f ( ty ) dy = tx ( f )(y)sd
1 f ( y ) dy
Rn Rn Rn t

Z Z
n y
=t tx ( f )(y)f( ) dy = f (z x )ft (z) dz = f ⇤ ft ( x ).
Rn t Rn
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L1 (R n , C ) 79

y
Comme ft (z) = t n f( t ) est une approximation de l’identité (voir 3.2.17),
limt!0+ f ⇤ ft ( x ) = f ( x ) dans L1 . D’après 3.0.21, il existe une sous-suite { f ⇤ ftk }k2N
qui converge presque partout i.e. limk!+• f ⇤ ftk ( x ) = f ( x ) p.p.
Finalement,
Z
b
b 2ipxy
f ( x ) = lim fb(y)e f(tk y) dy = lim f ⇤ ftk ( x ) = f ( x ) p.p.
k!+• R n k !+•

4.1.18 C OROLLAIRE (T HÉORÈME D ’ UNICITÉ )


La transformation de Fourier est injective i.e. si f , g 2 L1 (R n ), tels que fb = gb, alors
f ( x ) = g( x ) p.p.

Démonstration: La transformation de Fourier étant linéaire, il suffit de montrer que


fb = 0 =) f = 0. Comme fb = 0 2 L1 , le théorème d’inversion s’applique et donne
f = 0 p.p. ⌅

4.1.20 C OROLLAIRE
La transformation de Fourier b: L1 (R n ) ! C0 (R n ) est un monomorphisme d’al-
gèbre de Banach, où L1 (R n ) est muni de la norme k.k1 et du produit de convolution,
alors que C0 (R n ) est muni de la norme k.k• et de la multiplication ordinaire.

4.1.21 C OROLLAIRE ( L’ IDENTITÉ DE PARSEVAL )


Si f 2 L1 (R n ) \ L2 (R n ) alors fb 2 L2 (R n ) et

k fbk2 = k f k2

2 1
4.1.22 E XEMPLE . Si f ( x ) = e | x| , alors fb(y) = (1+4p b
2 y )2 . Comme f 2 L (R ), on peut appli-

quer le théorème d’inversion pour obtenir,


bb
f ( x ) = f ( x ) pour tout x 2 R ( car, f est continue). En utilisant la parité de f ,
R +• cos(2pxy) |x|
on obtient l’identité : 0 1+4p 2 y2
dy = e 4 .

4.1.23 Exercice Soit f une fonction continue et positive sur R, et g la fonction caracteris-
tique d’un intervalle non vide et borné ] a, b[. Montrer que la fonction h = f g est
dans L1 (R ) mais que sa transformée de Fourier b h n’est pas dans L1 (R ) .
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L2 (R n , C ) 80

Solution: Soit M = max f ( x ). On notera que M existe et est fini, puisque f 2 C (R ).


x 2[ a,b]
Alors Z Z b
|h| = f ( x ) dx  M (b a) < •.
R a
D’où, h 2 L1 (R ). p
Réciproquement, on choisit ( a, b) = (0, 1), et soit g = c(0,1) et f ( x ) = 2p, la
fonction constante. Alors,
Z 1 h i
b
h(t) = e ixt dx = it e it 1 .
0

d’où,
b it
h(t) = |t| 1 e = |t||1 + sin t cos t|.

Clairement, en intégrant b
h sur R donne •. Ainsi, b
h2/ L1 (R ). ⌅

4.2 Transformation de Fourier sur L2 (R n , C )


4.2.1 L’espace de Schwartz

4.2.1 D ÉFINITION
1. Une fonction f 2 C • (R n ) est à dite à décroissance rapide si pour tout k 2 N, il
existe une constante Ck > 0 telle que pour tout x 2 R n on ait k x kk | f ( x )|  Ck .
2. L’espace de Schwartz S(R n ) est l’espace de toutes les fonctions à décroissances
rapides ainsi que toutes leurs dérivées partielles i.e.
( )
S(R n ) = f 2 C • (R n ) pour tout a, b 2 N n , sup | x b D a f ( x )| < +• .
x 2R n

4.2.2 R EMARQUE
1. Soit f 2 S(R n ), alors pour tout k 2 N, limk xk!+• k x kk f ( x ) = 0.
En effet,
k! k!
(1 + k x k2 )k = (1 + | x1 |2 + . . . | xn |)2 = Â a!(k |a|)!
| x1 |2a1 . . . | xn |2an = Â a!(k |a|)!
| x2a |.
|a|k |a|k

Par suite, pour tout k 2 N et f 2 S(R n ),


k!
sup (1 + k x k2 )k | f ( x )|  Â a!(k |a|)!
( sup | x2a || f ( x )|) < +•.
x 2R n |a|k x 2R n

Comme pour tout k 2 N, (1 + k x k2 )k x kk | f ( x )|  (1 + k x k2 )k+1 | f ( x )| < +•,


il existe C 0 tel que
k x kk | f ( x )|  1+kCxk2 donc tend vers 0 lorsque k x k ! +•.
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L2 (R n , C ) 81

2. Pour tout P 2 R [ x1 , . . . , xn ] et f 2 S(R n ), la fonction produit P. f 2 S(R n )


En effet, P. f est de classe C • , et x b D a ( P f ) est une combinaison linéaire finie
0 0
de de terme de la forme x b D a f ( x ), est donc bornée, puisque f 2 S(R n ).
3. On a Cc• (R n ) ⇢ S(R n ) ⇢ L p (R n ) pour tout p 2 [1, +•].
Ainsi, S(R n ) est dense dans L p (R n ) pour p 2 [1, +•[.
Si f 2 Cc• (R n ), x b D a f ( x ) est a support compact, donc bornée.
Si f 2 S(R n ), alors f est bornée, d’où S(R n ) ⇢ L• (R n ).
Soit p 2 [1, +•[ et f 2 S(R n ), d’après 1), il existe C > 0 telle que (1 + k x k2 )n | f ( x )|,
d’où
R R
Rn
| f | p dx  C Rn (1+kx1k2 )np dx < +• car 2np > n.
Ainsi f 2 L p (R n ).
2 2k 4 2
4.2.3 E XEMPLE . e ak xk avec a > 0, e k xk avec k 2 N, x15 e x2 k xk et cos h1( x ) sont des élé-
1
ments de S .
3
Par contre, e k xk , e k xk , sin( x1 ) et toute fonction polynomiale non identique-
ment nulle, ne sont pas des éléments de S .

4.2.4 P ROPOSITION
Si f 2 S on a pour tout g 2 N n , D g f et x g f sont dans S .

Démonstration: En effet, d’après la formule Leibnitz x b D a ( x g f )( x ) est une combinai-


0 0
son linéaire finie de termes de la forme x b D a f ( x ) est donc bornée sur R n , pour tout
a, b 2 N n , par suite x g f 2 S . ⌅

4.2.6 T HÉORÈME
La transformation de Fourier est un isomorphisme linéaire de S(R n ) sur lui-même.

Démonstration: Comme S ⇢ L1 , fb est définie pour tout f 2 S . On pose Sb = { fb | f 2


S}.
Soit f 2 S . Montrons que pour a, b 2 N n fixés, sup |y b D a fb(y)| < +•.
x 2R n
D’après la propriété P8 , D a fb(y)
=( | | d
2ip ) x f (y) d’où
a a

1
y b D a fb(y) = (2ip (2ipy) b ( 2ip )|a| xd
a f ( y ) = ( 1)|a| (2ip )|a| | b| D\
b ( x a f )( y ). Comme
)b
f 2 S , D b ( x a f ) 2 S , de sorte que D b ( x a f ) 2 L1 , et donc D\
b ( x a f ) 2 L• , ainsi fb 2 S .

On a donc Sb ⇢ S par suiteb: S ! S .


Comme b: S ! S , on peut appliquer la formule d’inversion de Fourier, de sorte
b
que pour tout f 2 S on a fb( x ) = f ( x ), d’où la surjectivité deb; l’injectivité est
vérifiée, car S ⇢ L1 . Par suite la transformation de Fourier de S sur lui-même est
bijective. ⌅
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L2 (R n , C ) 82

4.2.8 C OROLLAIRE
si f , g 2 S alors :
1) [
f ⇤g= fbgb
2) fb ⇤ gb = c
fg

Démonstration: 1. On l’a déjà montrer, propriété P5 , pour L1 elle est donc valable
en particulier pour S .
2. Par la bijectivité de la transformation de Fourier sur S , il existe u, v 2 S tels
que f = ub et g = vb alors, c c
f g( x ) = u [
[
bvb( x ) = u ⇤ v( x ) = u ⇤ v( x ) d’où c
f g( x ) =
b
f ⇤ gb. ⌅

4.2.10 C OROLLAIRE ( L’ IDENTITÉ DE PARSEVAL )


1. Pour tout f 2 S on a k fbk2 = k f k2
2. Pour tout f , g 2 S(R n ), h fb, gbi = h f , gi.

Démonstration: 1. Soit f , g 2 S(R n ), alors = c


f g = fb ⇤ gb en particulier pour y = 0
on a : Z Z
f ( x ) g( x ) dx = c
f g(0) = fb ⇤ gb(0) = fb(z) gb( z) dz.
Rn Rn
R R
Si on pose g = f , alors gb( z) = bf ( z) = Rn
f ( x )e2ipxz dx = Rn
f ( x )e 2ipxz dx =
fb(z). On obtient finalement,
Z Z
k f k22 = f ( x ) f¯( x ) dx = fb(z) fb(z) dz = k fbk22 .
Rn Rn

2. On utilise l’identité de polarisation. ⌅

4.2.2 Transformation de Fourier sur L2


On va maintenant étendre la transformation de Fourier de S(R n ) à L2 (R n ). On
remarquera qu’on ne peut pas étendre directement la formule deR la transforma-
tion de Fourier, à L2 (R ), en effet si f 2 L2 (R n ) \ L1 (R n ) alors Rn f ( x )e2ipxy dx
diverge pour tout y 2 R n ; donc fb n’a pas de sens en général pour f 2 L2 (R n ).
Pour surmonter cette difficulté, on va utiliser la densité de l’espace de Schwartz
S(R n ) dans L2 (R n ) et le théorème de prolongement des application uniformément
continues (voir Annexe), pour étendre de façon unique la transformation unitaire
b : S(R n ) ! S(R n ) en une transformation unitaire F : L2 (R n ) ! L2 (R n ), appelée
transformation de Fourier-Plancherel.
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L2 (R n , C ) 83

4.2.12 T HÉORÈME (F OURIER -P LANCHEREL )


Pour tout f 2 L2 (R n ), on associe une fonction F ( f ) 2 L2 (R n ) telle que :
1. F |S(Rn ) =b|S(Rn )
2. Pour tout f 2 L2 (R n ), F (F ( f ))( x ) = f ( x ) p.p.
3. (l’identité de Parseval) Pour f 2 L2 (R n ), kF ( f ) k2 = k f k2 ,
et pour f , g éléments de L2 (R n ) on a :

hF ( f ), F ( g)i = h f , gi

4. Si f 2 L1 (R n ) \ L2 (R n ), alors F ( f ) = fb
i.e. les transformations de Fourier et de Fourier-Plancherel coïncident dans
L1 (R n ) \ L2 (R n ).
5. L’application f 7! F ( f ) est une application unitaire de l’espace de Hilbert
L2 (R n ) sur lui-même.
6. Pour f 2 L2 (R n ) on pose
Z
2ipxy
jn (y) = 1{k xkn} f ( x )e dx, 8y 2 R n ,
Rn

et Z
yn ( x ) = 1{k xkn} F ( f )(t)e2ipxt dt, 8x 2 Rn ,
Rn
alors k jn F ( f ) k2 ! 0 et kyn f k2 ! 0 quand n ! •,

Démonstration: 1. Comme S(R n ) est dense dans L2 (R n ) et queb : S(R n ) ! S(R n )


est une application unitaire d’après le théorème de prolongement, il existe une
et une seule application linéaire continue F : L2 (R n ) ! L2 (R n ) telle que pour
tout f 2 S(R n ) on ait F ( f ) = fb.
Soit f 2 L2 (R n ), il existe une suite f k 2 S(R n ), telle que limk!+• k f k f k2 =
0. Alors F ( f ) = limk!+• fbk .
b
2. Alors F (F ( f ))( x ) = F (F (limk!+• f k ))( x ) = limk!+• fbk ( x ) = limk!+• f k ( x ) =
f ( x ).
3. Comme F et k.k2 sont continues on a

kF ( f )k2 = k lim fbk k2 = lim k fbk k2 = lim k f k k2 = k lim f k k2 = k f k2 ,


k !+• k !+• k !+• k!+•

d’où l’identité de Parseval.


4. Soit fn 2 Cc• , telle que 0  fn  1 et fn ⌘ 1 dans B(0, n).
R R dg =
Alors
R pour tout Rg 2 S on a h fbfn , gi = h fb, fn gi = Rn fb fn g = Rn f f n
R n f F ( fn g ) = R n F ( f ) f n g = h F ( f ) , fn g i = h , F f () f n , g i .
D’où h(F f fb)fn , gi = 0 pour tout g 2 S i.e. (F f fb)fn 2 S ? . Comme S
est dense dans L2 , (F f fb)fn = 0 ce qui entraîne que F f = fb sur B(0, n)
pour tout n, i.e. F f = fb. ⌅
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L2 (R n , C ) 84

4.2.14 R EMARQUE
On voit que l’espace L2 (R n ) se comporte mieux par rapport à la transformation
de Fourier, puisque c’est une application unitaire de L2 (R n ) sur lui-même, alors
que pour L1 (R n ) il n’est pas facile de caractériser l’image de la transformation de
Fourier.
Cependant, l’expression de la transformée de Fourier F ( f ) est moins simple
pour f 2 L2 (R n ), que pour f 2 L1 (R n ), puisqu’elle se calcule par passage à la
limite.
1
4.2.15 E XEMPLE . Soit f = e x 1R+ 2 L1 (R ) \ L2 (R ). Alors fb(y) = 1+2ipy 2 L2 (R ) \ L1 (R ).
Alors la transformation de Fourier-Plancherel nous donne : F (F ( f ))( x ) = f ( x )
i.e. ✓ ◆ (
1 0 si x > 0
F ( fb)( x ) = F (x) = x
1 + 2ipy e si x  0

4.2.16 Exercice Soit f 2 L1 (R n ) telle que fb 2 L1 (R n ). Montrer que f 2 L1 (R n ) \ L2 (R n ).

Solution: Comme f et fb sont dans L1 (R n ), on peut appliquer le théorème d’inversion


pour obtenir une fonction g 2 C0 (R n ) qui coïncide avec f presque partout. D’où,
sans perte de généralité, il suffit de montrer que g 2 L2 (R n ).
Comme g 2 C0 (R n ), il existe une boule fermée BF (0, r ), telle que en dehors de
cette boule | g( x )| < 1. De plus, | g| atteint son maximum M dans BF (0, r ), ainsi
Z Z Z
| g( x )|2 dx = | g( x )|2 dx + | g( x )|2 dx
Rn BF (0,r ) R n \ BF (0,r )
Z Z
 M2 + | g( x )| dx
BF (0,r ) R \ BF (0,r )
2
 M µ( BF (0, r )) + k f k1 < •. ⌅

On notera que par l’identité de Parseval, on a aussi

fb 2 L1 (R ) \ L2 (R ).

4.2.3 Annexe

4.2.18 T HÉORÈME (L E THÉORÈME DE PROLONGEMENT )


Soit ( E, d E ) un espace métrique, D ⇢ E une partie dense et ( F, d F ) un espace mé-
trique complet.
Soit f : A ! F une application uniformément continue.
Alors, il existe une unique application uniformément continue f˜ : E ! F telle
que f˜| D = f .

En particulier
4. La transformation de Fourier: Transformation de Fourier sur L2 (R n , C ) 85

4.2.19 C OROLLAIRE
( E, k.k E ) est un espace vectoriel normé, D un sous-espace vectoriel dense de E et
( F, k.k F ) est un espace de Banach. Alors pour toute application linéaire continue
f : D ! F, il existe une unique application linéaire continue f˜ : E ! F telle que,
f˜| D = f .

Démonstration: Comme f est linéaire continue, pour tout x, x 0 2 E, k f ( x ) f ( x 0 )k F 


k f k.k x x0 k E , elle est en particulier uniformément continue, d’après le théorème de
prolongement, il existe une unique application uniformément continue f˜ : E ! F
telle que f˜| D = f .
Soit x, x 0 2 E a et b 2 C. Par densité, il existe { xn }, { xn0 } dans D telles que
limn!+• xn = x et limn!+• xn0 = x 0 . Alors, par continuité on a f˜(ax + bx 0 ) =
f˜ (limn!+• (axn + bxn0 )) = limn!+• f˜(axn + bxn0 ) = limn!+• f ((axn + bxn0 )) =
limn!+• a f ( xn ) + b f ( xn0 ) = a f˜( x ) + b f˜( x 0 ). D’où f˜ est linéaire.

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