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Peter Pan : L'Envol vers Neverland

Wendy Darling, une petite fille, rencontre Peter Pan, un garçon qui refuse de grandir, et ensemble, ils s'envolent vers Neverland, une île magique. Là, ils rencontrent des garçons perdus, des Indiens et le redoutable Capitaine Crochet, tout en découvrant les joies et les dangers de l'enfance éternelle. Wendy devient la 'maman' des garçons perdus, leur racontant des histoires et s'occupant d'eux, tout en naviguant dans les aventures de Neverland.

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Peter Pan : L'Envol vers Neverland

Wendy Darling, une petite fille, rencontre Peter Pan, un garçon qui refuse de grandir, et ensemble, ils s'envolent vers Neverland, une île magique. Là, ils rencontrent des garçons perdus, des Indiens et le redoutable Capitaine Crochet, tout en découvrant les joies et les dangers de l'enfance éternelle. Wendy devient la 'maman' des garçons perdus, leur racontant des histoires et s'occupant d'eux, tout en naviguant dans les aventures de Neverland.

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Contes^

Peter Pan
Tous les enfants grandissent. Tous sauf un. La mignonne Wendy se
rendit compte qu’elle avait grandi le jour de ses deux ans, quand elle
entendit sa maman s’écrier :
- Comme j’aurais aimé que tu restes petite !

Sa maman était une dame réservée et jolie comme une fleur, avec
un baiser posé sur le coin de ses lèvres. Un baiser qui ne s’était pas
encore envolé. Elle avait épousé un monsieur Georges Darling. Un
comptable sérieux. Au bureau, il comptait. Et une fois rentré chez lui,
il continuait à compter, calculer, additionner, multiplier… Quand
Madame Darling avait voulu un bébé, Monsieur Darling avait fait ses
comptes : prix des aliments, prix des vêtements, prix des sous-vêtements,
des embêtements et des endettements. Wendy fut autorisé à naître ? Puis ce fut le
tour de John et Michael. Ils passèrent de justesse.

Les Darling habitait un quartier chic de Londres, il leur avait donc fallu une nurse.
Cette nounou répondait au nom de Nana. Une vraie perle, cette Nana. Elle veillait à
l’heure du bain : elle se levait la nuit pour écouter si les enfants respiraient ; elle n’ou-
bliait jamais le maillot de John, les jours de foot. Et il fallait la voir, escortant les
enfants sur le chemin de l’école en tenant un parapluie dans sa bouche !
En plus, elle ne leur coûtait que trois fois rien, car Nana était une chienne
Terre-Neuve.

Chaque samedi, jour de congé de Nana, Madame Darling montait souhaiter le


bonsoir à ses enfants et leur offrir une histoire. Mais, pas de baiser.
Quand l’histoire les avait endormis, elle mettait un peu d’ordre dans leurs têtes. C’est
fou ce qu’on peut découvrir dans la tête des enfants : des images, des petits gros
mots, des bouts d’aventure, des bouts de ficelle, de papier, de chocolat ou de tables
de multiplication… et plein de rêves changeants.
Dans les rêves de Wendy, Michael et John, il y avait souvent une île, avec des tentes
d’Indiens, un lagon avec des flamants roses et puis un nom qui revenait sans cesse
: Peter, Peter Pan…
Parfois, Madame Darling se demandait si elle n’avait pas voyagé autrefois dans les
mêmes rêves.

Un samedi de printemps, en pleine nuit, un souffle d’étoiles ouvrit la fenêtre de la


chambre. Wendy vit entrer un garçon bizarre et souriant. Tout autour de lui tourbil-
lonnait un petit feu d’artifices.
- Je m’appelle Peter Pan. Et toi ?
- Moi, c’est Wendy, Moira, Angela Darling. TU as quel âge ?
Imaginez la tête que vous feriez si, pendant une leçon de calcul, on vous demandait
de réciter la liste des rois de France ! Eh bien, cela vous donnera l’idée de la tête que
fit le garçon.
- Je sais pas… Je me suis sauvé quand j’étais tout petit, le jour où j’ai entendu mes
parents dire que je deviendrai un homme. Wendy, Moira, etc., veux-tu être ma
maman ? Toi, tu me raconteras des histoires. J’adore les histoires ! C’est pour cela
que j’écoute derrière les fenêtres. Moi, je t ‘apprendrai à voler. Je t’emmènerai
jusqu’à mon île, au pays de Neverland.
Il s’arrêta un instant et appela :
- Clochette ! Clochette ! Clochette, viens ici ! J’ai besoin de toi.
Le miroitement qui zigzaguait autour de lui vint se poser sur sa main. Wendy dé-
couvrit une demoiselle scintillante et rondelette, haute comme trois pommes à
genoux.
- C’est une fée, explique Peter Pan.
Quand le premier de tous les bébés a éclaté de rire, son rire s’est brisé en mille mor-
ceaux et chaque petit morceau est devenu une petite fée comme Clochette.
Michael et John, qui venaient de se réveiller, ouvraient de grands yeux et des
bouches plus grandes encore.
- Et vous deux, les garçons, voulez-vous vous envoler avec nous ? demanda Peter.
Eblouis, ils firent :
- Oui-oui-oui !
Alors, Peter souleva Clochette et la secoua comme une salière au-dessus des
enfants, les saupoudrant d’une fine poussière de lumière.
- C’est de la poudre de fée.
Pensez à quelque chose de merveilleux et vous volerez. Vous serez mes
amis et Wendy sera ma maman.
Clochette fit une grimace, et l’on entendit sa voix délicate comme un
tintement argentin de cristal.
- T’es complètement dingue ding-ding ! s’écria-t-elle en s’échap-
pant de sa main.
- Clochette est jolie, mais pas jolie, dit Peter. Ne faites pas atten-
tion. Allez, suivez-moi !

Soudain la porte s’ouvrit. C’étaient Monsieur et Madame Darling,


alertés par le bruit. Ils restèrent là, plantés, étonnés, sidérés, le cœur
déchiré, n’en croyant pas leurs yeux : leurs enfants s’envolaient dans le
ciel étoilé.

Guidés par Peter Pan, les enfants volèrent pendant plusieurs soleils et lunes. Ils se
laissaient porter sur le dos du vent, ils jouaient à chatouiller la queue des oiseaux
ou les ailerons des requins, ou bien à égratigner la crête des vagues. Clochette
s’amusait à frôler Wendy et à lui tirer les cheveux. Pete Pan virevoltait, filait de ci,
de là, jouant à cache-cache derrière les nimbus et les cumulus.
Il disparut même pendant un long moment. Enfin, il revint, tout content de lui.
- J’étais aller raconter des blagues aux étoiles. Je ne pensais plus à vous.
- Ne nous quitte pas, supplia Wendy. Sans toi, nous ne retrouverons
pas le pays de Neverland.
- Ah oui ! Mon île ! Mais c’est facile : au carrefour des vents, prendre
la deuxième à droite, après c’est tout droit. Là-bas, il y a mes
copains, les garçons perdus, qui sont poursuivis par les pirates,
qui sont poursuivis par les Indiens, qui sont poursuivis par les
bêtes sauvages, qui sont poursuivis par les Garçons perdus.
- C’est qui, les Garçons perdus ?
- Des anciens bébés qui sont tombés de leurs landaus et que per-
sonne n’a jamais réclamés.
- Et toi, tu n’es poursuivi par personne ?
- Si ! Par un capitaine… Je vous raconterai.
Enfin ils arrivèrent en vue de l’île. Ou peut-être, ce fut elle qui vint à leur rencontre.
Ils reconnurent le village des Indiens, le lagon avec ses flamants roses, le bateau des
pirates…
Un éclair déchira le ciel ! Une explosion claqua ! Un grand souffle d’air les bouscula.
- C’est encore ce maudit Capitaine Crochet ! s’écria Peter. Il me tire dessus avec son
gros canon. Il a repéré la lumière de Clochette. On cacha la petite fée dans le cha-
peau de John, et Wendy fut chargée de le porter.
- Qui c’est ce capitaine Crochet ? demande-t-elle.
- Mon ennemi mortel. C’est le chef des pirates. Il a un crochet à la place de la main
droite. Un jour, on s’est battus en duel tous les deux. Mais comme je suis très très
fort à l’épée, je lui ai coupé un bout de bras, et ce bout de bras est tombé à l’eau et
le crocodile à pendule l’a mangé, et Crochet veut se venger, et il me poursuit sans
arrêt, et il me tire dessus avec son gros canon, et il…
- C’est quoi ce crocodile à pendule ? demanda Wendy.
- C’est un crocodile tellement glouton qu’il a avalé une pendule sans la mâcher, ce
qui est très mauvais pour la santé. Depuis le crocodile sonne les heures, les de-
mi-heures et les quarts d’heure. C’est très pratique, car sur l’île, nous n’avons pas de
montre. En plus, quand on entend son tic-tac, on est prévenus quand il arrive. Mais
celui qu’il veut dévorer en premier est Crochet. Le croco a trouvé son bout de bras
délicieux, alors il voulait goûter le reste.
En bas, sur l’île, Crochet continuait à canonner. Un boulet explosa au milieu de leur
groupe, expédiant Peter vers les étoiles et John et Michael dans les nuages. Clo-
chette saisit le doigt de Wendy.
- Viens vite, Wendy ! Descendons en piqué!
La fillette obéit. L’instant d’après, Clochette lâcha son doigt et [Link] ne se
doutait pas que la petite fée lui préparait un tour à sa façon.
Wendy continuait à descendre en tournoyant. Le sol se rapprochait…
- Oh ! Pauvre de moi ! Pauvre Wendy ! Pauvre Wendy ! hurlait la petite fille.
Sans savoir comment, elle réussit à atterrir. Elle entendait des voix, des cris.
- Une wendy ! Une wendy !
Six garçons vêtus de peaux de bête et armés d’arcs l’entouraient. C’étaient les gar-
çons perdus. D’eux d’entre eux étaient jumeaux. Elle reconnut une autre voix toute
charmante, toute méchante. Celle de Clochette.
- Tirez ! Tirez-lui dessus ! C’est une wendy, une sale bête nuisible ! C’est Peter Pan
qui l’a dit. Wendy considéra la situation et leva le doigt pour demander la parole.
- Mes amis ! Comme son nom l’indique, cette Clochette est une petite cloche. Et
vous connaissez le proverbe : « Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son. » En
vérité, je suis la nouvelle maman de Peter Pan. Et , si vous voulez, je peux devenir
votre maman, à vous aussi. Je raccommoderai vos chaussettes et je vous raconterai
des [Link] garçons la regardèrent et se regardèrent avec des yeux ronds
comme des cerises.
- Une maman, qu’est-ce que c’est ?
- Une maman, c’est une wendy, dit le jumeau numéro deux.
- Une wendy, c’est une maman, précisa le jumeau numéro un.
- Ça sert à raccommoder les chaussettes.
- Eh ! Moi, j’ai perdu une chaussette…
Clochette, clignotante de fureur, interrompit la discussion.
- Tas de crétins ! Vous ne savez donc pas qu’une wendy, c’est malin,
menteur et ça mord !
Les garçons perdus hésitèrent. Finalement, ils décidèrent d’at-
tendre Peter Pan. Les Garçons perdus conduisirent Wendy
jusqu’à une colline où trônaient sept arbres creux. Les uns après
les autres, quatre d’entre eux se faufilèrent chacun dans son
arbre… et zouiiiiip, et zouiiiiip, et zouiiiiip, et zouiiiiip … disparurent.
Wendy resta seule avec les jumeaux.
- Ce sont les descendeurs-ascenseurs de notre maison secrète. Nous
avons chacun le nôtre, expliqua le jumeau numéro un.
- Et pour remonter ?
- On s’accroche des mains, on gigote des pieds et on tortille des fesses, esxpliqua
le jumeau numéro deux. Puis il ajouta :
- Tiens ! Voilà un arbre à tes mesures. À ton tour maintenant. Laisse-toi glisser.
Après une grande hésitation et un petit zouiiiiip, Wendy glissa et se retrouva dans
une vaste pièce éclairée par la flamme d’une cheminée, meublée d’un arbre et de
gros [Link] remarqua dans l’un des murs, une chambrette de poupée,
avec une commode d’époque Prince Charmant VI et un canapé aux reflets chan-
geants comme les herbes sous la brise. Il y avait aussi un miroir de style
Blanche-Neige.
Les jumeaux étaient restés dehors, pour monter la garde. Ils virent arriver Peter
Pan, tout content de lui, comme d’habitude.
- Cette fois encore, j’ai été plus malin que Crochet !
Michael et John les rejoignirent bientôt. Peter regarda tout à l’entour.
- Avez-vous vu ma Wendy ?
- La wendy, on l’a enfermée en bas, répondit le jumeau numéro un. Une wendy, c’est
un animal nuisible. C’est Clochette qui a dit que tu l’as dit.
- Imbécile ! Wendy, c’est ma nouvelle maman.
- Alors, elle n’est pas nuisible, elle est utile, dit le jumeau numéro deux. Sois tranquille,
on l’a mise à l’abri bien au chaud dans notre maison.
Ils descendirent dans la maison souterraine. Clochette, toute fiérote, vient se poser
sur la main de Peter. Il la chassa aussitôt et pointa sur elle un doigt –pistolet.
- Toi, la jalouse, file dans ta chambre. Va donc t’admirer dans ton admiroir. Et ferme
tes rideaux, je ne veux plus te voir. Clochette baissa le nez et alla bouder dans son
boudoir.
- Maintenant, dit Peter en s’asseyant, maman Wendy va nous raconter des histoires.
Wendy leur raconta Cendrillon et La Belle au bois dormant, puis d’autres histoires
encore.

Les jours passaient. Michael et John s’amusaient tellement qu’ils oubliaient leurs pa-
rents. Maintenant, Wendy était leur maman, à eux aussi. Elle racontait, cuisinait, rac-
commodait… Peter s’absentait souvent. Il disait qu’il partait à la chasse ou à la guerre
contre les Indiens. Une fois, il revient couvert de pansements, racontant qu’il s’était
battu contre un lion. Comme ses blessures étaient imaginaires, John fit semblant
d’être médecin et lui donna des médicaments imaginaires.
Un jour, Peter emmena Wendy voir le Lagon aux Sirènes. Mais dès qu’ils s’approchè-
rent de l’eau, ces demoiselles les éclaboussèrent à grand coups de queue, puis elles
s’éclipsèrent en éclatant de rire.
- Nageons jusqu’à l’Îlot es Abandonnés, proposa Peter, c’est là qu’elles font leur
sieste. Tu pourras les voir de plus près et les entendre chanter.
Ils nagèrent jusqu’au Rocher noir. Personne. Ils prêtèrent l’oreille ; on entendait à tra-
vers la brume des paroles de chanson.
Pavillon noir ! Hisse et haut !
Piratons gaiement sur les flots…
Bataille… Mitraille…
Vive la canaille !

- Vite, Wendy ! Cachons-nous dans l’eau.


Wendy vit deux hommes débarquer, traînant une jeune Indienne qu’ils ligotèrent à un
poteau. Peter chuchota à l’oreille de Wendy :
- C’est Bill le Tatoué et Gentleman Starkey. Elle, c’est Lis Tigré, la fille de Jaguar Ter-
rible, le Grand Sachem.
- Belle damoiselle, ricana Gentleman Starkey, prenez place ! Madame la Marée va
bientôt venir vous accueillir dans son humide demeure.
Une idée jaillit dans la cervelle de Peter : il imita la voix du Capitaine Crochet.
- Ohé ! Bill et Starkey ! Libérez la Peau-Rouge.
Les deux forbans s’arrêtèrent médusés.
- Marins d’eau de vaisselle ! Libérez-la et barrez-vous ! Ou vous allez goûter de mon
crochet ! hurla Peter.
Ils obéirent aussitôt. Lis Tigré ne fit ni une ni deux e tplongea dans les flots. Peter et
Wendy entendirent un clapotis. Une tête chapeautée de noir nageait vers le rocher.
- Voilà Crochet, murmura Peter.
- Ohé, mes pirate ! brailla le Capitaine Crochet. Avez-vous attaché la Peau-Rouge au
poteau de noyade ?
- Ohé, mes pirate ! répéta Peter Pan, avez-vous attaché la Peau-Rouge au poteau de
noyade ?
- Qui parle ? demanda Crochet.
- Moi ! Le Capitaine Crochet ! dit Peter.
- Ah ! Ah ! Ah ! Et si tu es Crochet, je suis qui, moi alors ?
- Toi, tu es un vieux hareng-saur pourri.
Une silhouette vêtue de rouge jaillit hors de l’eau et se hissa sur le rocher, en brandis-
sant un crochet et un sabre d’abordage.
Peter grimpa sur le rocher, lui aussi.
- Je te reconnais, petit singe. En garde ! hurla Crochet.
Sans laisser à Peter le temps de tirer son épée, le capitaine lui balafra le bras d’un
coup de son crochet. Son sabre moulinait l’air en sifflant comme une faux. Peter,
habile escrimeur, esquivait à droite, à gauche, sautait, virevoltait, paraît et ripostait.
Crochet réussit pourtant à le blesser à l’autre bras.
- Galopin ! Tu ne la connaissais pas, cette botte-là ! C’est Barbecue-Le-Rouge qui me
l’a apprise, ricana le Capitaine.
Mais, peu à peu, le galopin se fatiguait, s’essoufflait. Il reculait, reculait.
Il se retrouva, haletant, au bout du rocher. Au-dessus des flots. L’épée de Peter poin-
tée sur sa poitrine, il ne pouvait plus ni avancer, ni reculer.
- Rends-toi, Capitaine !
- Il ne sera pas dit que moi le grand Jacques Crochet, écumeur de toutes les mers,
j’aurai été vaincu par un moussaillon ! Et il sauta dans les vagues.
On entendit alors de drôles de bruits : d’abord un plouf, puis un glou-glou-glou, et
puis tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac, cric-crac, cric-crac, croc- croc- croc- croc…
Le crocro avait croqué Crochet. Il ne resta que le chapeau flottant sur les flots.

Wendy et Peter, coiffé du chapeau de Crochet, étaient maintenant seuls maîtres du


Rocher noir. Mais la marée commençait à monter.
- Peter, partons vite ! s’écria Wendy.
- Je suis blessé, je ne peux plus ni voler, ni nager. Je n’ai pas peur de mourir. La mort
sera pour moi une nouvelle aventure. Mais toi, sauve-toi.
- Peter, je ne peux pas m ‘envoler sans toi ! Ni nager non plus, car le crocodile a sans
doute encore faim.
La marée montait. Montait. Ils se réfugièrent au sommet de l’îlot. Mais l’eau froide ne
tarda pas à venir leur mordre les pieds. Ils étaient perdus. Soudain, dans une éclaircie
de ciel bleu, un grand cerf-volant apparut piloté par Clochette.
- Diguiding- Diguiding ! Me voilà, mon Peter ! Lis Tigré est venue nous prévenir. Vite,
accroche-toi !
Peter et Wendy s’accrochèrent. Et le cerf-volant les [Link] ils arrivèrent
au-dessus de la maison souterraine, ils eurent une drôle de surprise : John, Michael et
les garçons perdus fumaient calmement le calumet de la paix avec Jaguar Terrible et
sa tribu. Lis Tigré sauta au cou de Peter et lui expliqua tout. Après s’être échappée de
l’île, elle avait vu les pirates attaquer les garçons. Les garçons se défendaient de
toutes leurs armes : arcs et flèches, épées de bois, couteaux de cuisine, cuillères à
pot, poêles à frire et couvercles de poubelle. Vite, elle est allée chercher son père et
ses frères en renfort.
Les Indiens et les garçons avaient mis les pirates en déroute. Et ensuite, les garçons
s’étaient emparés du navire de Crochet.
- Hourra ! s’écria Peter. On va pouvoir faire du bateau et je serai le capitaine !
Clochette était radieuse : Peter avait annoncé qu’ils allaient ramener Wendy chez
elle. Habillé en capitaine pirate, il arpentait le pont du bateau en agitant son index
replié en crochet. Il lançait des ordres bizarres, auxquels personne ne comprenait rien
:
- Bord à babar ! Prenez du riz dans les basses voiles ! Vissez le cacaotès et le perro-
quet ! Bordez le phoque dans son lit !
Peter n’était pas un très bon capitaine, mais le bateau avançait quand même. Chahu-
té par les vagues, tiré par les courants, poussé par les vents, au bout de la troisième
nuit, il arriva enfin en vue des côtes du monde réel.
- John et Michael, affalez-vous dans les voiles et jetez l’encrier ! ordonna le Capitaine
Peter. Nous finirons le voyage en volant. Ça ira plus vite. Mais Wendy, tu vas bientôt
être chez toi.

Ils planaient maintenant au-dessus de la ville.


- Regardez ! s’écrièrent les enfants Darling. Voilà notre rue ! Voilà notre maison !
La fenêtre ouverte leur tendait les bras. Wendy et ses frères entrèrent et vite, se fau-
filèrent dans leurs lits.
- Au revoir, Maman Wendy, dit Peter avant de reprendre son vol. Je reviendrai te voir
à chaque printemps nouveau. Promis !
Huit heures sonnèrent. La porte de la chambre s’ouvrit doucement. Odeur de choco-
lat fumant, muffins, et jus d’orange. Madame Darling apportait le petit déjeuner du
dimanche.
- Ah ! Mes enfants, j’ai rêvé que vous vous étiez envolés.
Monsieur Darling la suivait.
- Moi aussi, j’ai rêvé. J’étais devenu un papa chien de garde, pour mieux veiller sur
vous. Je dormais dans la niche de Nana et j’allais au bureau tenu en laisse.
Ils éclatèrent de rire et, pour la première fois, le baiser de Madame Darling s’envola
vers ceux qu’elle aimait.

Quand le printemps revint, Peter Pan revint lui aussi à la fenêtre. Mais Wendy le
trouva bien petit. Il revint une autre fois encore, deux ans plus tard. Et puis, il oublia
sa promesse. Wendy aussi l’oublia.
Elle grandissait. Elle devint une dame sérieuse et se maria. Elle eut une fille nommée
Jane. Et une nuit, Peter vint chercher Jane et ils s’envolèrent ensemble vers le pays de
[Link] puis Jane grandit et devint à son tour une dame sérieuse. Elle eut une
fille nommée Margaret qui, une nuit, s’envola elle aussi pour devenir la maman de
Peter. Quand Magaret grandira, elle aura une fille sui deviendra à son tour la nouvelle
maman de Peter Pan.

Et les choses continueront aussi longtemps qu’il y aura des enfants joyeux, innocents
et sans cœur !

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