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Aménagement du Fleuve Sénégal et Agriculture

L'aménagement du fleuve Sénégal, dirigé par l'O.M.V.S., vise à produire de l'énergie hydroélectrique, à irriguer 250 000 ha et à améliorer la navigabilité du fleuve. La mise en culture irriguée est prioritaire pour sécuriser les revenus des populations sahéliennes, mais elle nécessite une révolution des techniques agricoles face à une crise agricole exacerbée par les sécheresses. Les projets d'irrigation, tant grands que petits, montrent des résultats variés, avec une meilleure réussite dans les initiatives villageoises, mais des défis fonciers et juridiques subsistent concernant la propriété des terres aménagées.

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Aménagement du Fleuve Sénégal et Agriculture

L'aménagement du fleuve Sénégal, dirigé par l'O.M.V.S., vise à produire de l'énergie hydroélectrique, à irriguer 250 000 ha et à améliorer la navigabilité du fleuve. La mise en culture irriguée est prioritaire pour sécuriser les revenus des populations sahéliennes, mais elle nécessite une révolution des techniques agricoles face à une crise agricole exacerbée par les sécheresses. Les projets d'irrigation, tant grands que petits, montrent des résultats variés, avec une meilleure réussite dans les initiatives villageoises, mais des défis fonciers et juridiques subsistent concernant la propriété des terres aménagées.

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LES GRANDS PROJETS 301

3. L'AMENAGEMENT DU FLEUVE SENEGAL


ET SES IMPLICATIONS FONCIERES

Jean-Louis BOUTILUER

L'aménagement du fleuve Sénégal tel qu'il a été conçu par l'O.M.V.S. (1)
est certes un programme ambitieux :
- production d'énergie hydroélectrique;
- mise en culture de 250 ()()() ha irrigués;
- navigabilité du fleuve depuis son embouchure jusqu'à Kayes au Mali
(soit près de 1 ()()() km).
De ces trois objectifs, la mise en culture de terres irriguées est nettement
conçue comme prioritaire par au moins deux des Etats intéressés (2), dont la
volonté affirmée dans divers documents est : la « sécurisation» et l'améliora-
tion des revenus du maximum des populations sahéliennes et la réduction de
la vulnérabilité des économies nationales vis-à-vis des aléas climatiques.
Compte tenu de l'éco-système actuel, ce passage rapide à une agriculture
irriguée représente une véritable révolution dans les techniques de culture qui
ne peut pas ne pas être en rapport avec les autres domaines de la réalité sociale;
en effet, jusqu'à ces toutes dernières années, les systèmes socio-éconorniques
des diverses catégories de populations habitant la vallée étaient fondés sur une
agriculture extensive comprenant deux saisons de cultures annuelles : une cul-
ture d'hivernage sur les hautes terres de la vallée - jeri - et une culture de
saison sèche dans les cuvettes du lit majeur abandonnées par la décrue, l'éle-
vage et la pêche jouant un rôle important et complémentaire de l'agriculture
dans les économies de subsistance et d'échanges.
A vrai dire, depuis le début de la grande sécheresse au Sahel c'est-à-dire
à partir des années 1968, ces systèmes socio-éconorniques qui étaient déjà
en régression depuis plusieurs décennies (notamment du fait de l'émigration)
sont en véritable crise : l'agriculture essentiellement céréalière (mil en culture
de jeri et sorgho en culture de walo) est déficitaire par rapport aux besoins,
de 40 à 90 % selon les années; le bétail qui a été littéralement décimé au cours
des années 1971-1972 ne se reconstitue que progressivement;enfin, la produc-
tion halieutique est, elle aussi, en forte diminution, conséquence directe de la
série de faibles crues. D'autre part, il est essentiel de rappeler que la vallée est
une région d'émigration déjà ancienne mais les rythmes de départ se sont sensi-
blement accélérés à partir des années 1960 et encore plus des années 1970,
conséquence des sécheresses répétées.
La seule solution pour accroître et stabiliser les productions de subsistance
étant la maîtrise de l'eau, les techniciens ont proposé l'édification de deux bar-
rages : un barrage antisel en aval, à Diama au niveau du delta et, en amont, un
barrage de retenue à Manantali, sur le Bafmg, permettant une régularisation

(1) O.M.V.S. : l'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal est un orga-
.nisme inter-États qui regroupe les représentants des trois Etats riverains: Mali, Mauritanie
et Sénégal
(2) Ces deux Etats sont la Mauritanie et le Sénégal, le Mali étant plus directement
intéressé par la production d'énergie hydro-électrique quise fera sur son propre sol, sur
le site du barrage de Manantali. .
302 APPROFONDISSEMENT
pluriannuelle du débit à un niveau non inférieur à 300 m3/seconde. La mise en
place de ces barrages d'ici à 1990 doit permettre de pratiquer une agriculture
irriguée avec maltrise complète de l'eau sur des superficies très importantes de
l'ordre de 250000 à 300 000 ha, ouvrant la perspective à des productions d'au-
tant plus fortes que la double ou même parfois la triple culture annuelle
semble s'avérer possible sur la plus grande partie de ces superficies. Le finan-
cement de ces deux ouvrages qui représente des sommes de l'ordre de 800
millions de dollars est aujourd'hui assuré pour sa plus grande part par des
sources arabes, françaises et allemandes.
Parallèlement à ces projets, se développent dans la vallée, depuis 1974,
des projets ponctuels d'irrigation qui ont le double objectif: 1) de tester les
potentialités de la culture irriguée (cultures, variétés, calendrier cultural,
assolement, rendement, etc.) ; 2) d'initier le plus grand nombre possible de
paysans aux nouvelles techniques de culture irriguée. Ces expériences qui
font suite à toute une série d'essais très décevants d'irrigation par « submer-
sion contrôlée », c'est-à-dire avec seulement maîtrise partielle de l'eau, se
déroulent sur deux plans:
- les « grands périmètres» qui sont des unités d'irrigation de l'ordre de
1 000 ha dans les cuvettes de walo. Leur mise en place (comprenant un endi-
guement) comme leur mise en culture, nécessitent l'utilisation d'engins mécani-
ques lourds; de ce fait, l'encadrement des paysans par les organismes de tutelle
- S.A.E.D. au Sénégal et S.O.N.A.D.E.R. (3) en Mauritanie - est étroit et les
coüts de production très élevés;
- les « petits périmètres » ou « périmètres villageois » sont créés sur
l'initiative des villageois; ce sont des périmètres d'une superficie de l'ordre
de 20 à 30 ha qui sont construits par les paysans eux-mêmes et sont mis en
culture de façon presque exclusivement manuelle, seul le groupe moto-pompe
provenant d'un financement extérieur.
Dans l'ensemble, on peut avancer que l'expérience de ces premières années
montre que les résultats sur grands périmètres sont, dans la plupart des cas,
très médiocres tandis que les résultats sur petits périmètres sont presque par-
tout remarquablement positifs, tant au niveau des rendements qu'au niveau
de la moLivation des paysans. Parmi les faisceaux de raisons qui peuvent expli-
quer les échecs de certains périmètres et les succès de certains autres, les carac-
téristiques des systèmes fonciers concernant telle ou telle catégorie de terre
jouent certainement un rôle important.
En ce qui concerne les droits de propriété sur les terres aménagées en
casiers irrigués, il semble qu'il faille d'abord distinguer, selon le système foncier
traditionnel, entre deux grandes catégories de terre où ont eu lieu les aména-
gements : les terres de walo et les terres de fonde.
Les terres de walo sont les terres les plus basses, les plus régulièrement
inondées; elles sont donc souvent mises en culture; ce sont les terres les plus
valorisées et elles font l'objet d'un système de droits d'appropriation très précis
et assez complexes: droit du maître de terre, droit de culture, droit d'entrée,
droit d'héritier, droit de jouissance de la terre, etc., sanctionnés par le paiement
de redevances variées. Les terres de fonde par contre sont des terres hautes
(donc très irrégulièrement inondées et mises en culture) pour lesquelles des
droits d'appropriation existent mais sont moins complexes et nettement moins
valorisés que les droits concernant les terres de walo.

(3) S.A.E.D. : Société d'Aménagement et d'Exploitation des terres du Delta.


[Link].E.R. : Société Nationale pour le Développement Rural
LES GRANDS PROJETS 303

Les aménagements sur fonde: cas de la plupart des périmètres villageois

La plus grande partie des terres se trouvant immédiatement au-delà du


bourrelet de berge situé le long du lit mineur du fleuve sont des terres de
fonde. En raison justement de leur proximité du fleuve, de leur hauteur par
rapport à la crue (qui en année « normale» ne les submerge pas), elles ont été
choisies pour qu'y soient installés les périmètres irrigués villageois. En dehors
de Pété et de Guédé, il semble que la presque totalité de ces périmètres soient
situés sur fonde. Grâce à cette situation, on peut affirmer qu'aucun problème
foncier grave ne s'est posé ni à leur création, ni au moment de la répartition
des parcelles, ni au cours des premières années de mise en culture. En règle
générale, les propriétaires coutumiers de ces terres dont les droits ont été
reconnus sans équivoque au niveau du village et de l'organisme de tutelle ont
accepté de prêter ces terres à l'ensemble de la communauté villageoise afm
qu'y soit mis en place le casier, prêt généralement consenti sans spécification
de durée ni versement d'une quelconque redevance foncière ; à quelques
exceptions près, le ou les propriétaires du terrain se sont vus attribuer une
parcelle de la même superftcie que l'ensemble des villageois co-attributaires,
sans qu'ils invoquent leurs droits de propriété pour se faire attribuer plusieurs
parcelles ou une parcelle d'une plus grande superftcie.
Certes, sur la rive sénégalaise, la [Link]. a pu se prévaloir de la loi de
1964 sur le « domaine national» qui reconnalt l'Etat comme propriétaire de
l'ensemble des terres du pays : ce contexte juridique a certainement facilité
cette « réquisition» de terre. Sur la rive mauritanienne, par contre, si jusqu'à
présent le cas des périmètres villageois n'a pas posé de trop grands problèmes,
l'absence de législation foncière en Mauritanie peut créer à moyen ou même à
court terme de grandes difftcultés. En effet, le bruit s'est vite répandu selon
lequel des bénéftces substantiels pouvaient être tirés de l'agriculture irriguée ;
la muhiplication des périmètres irrigués aménagés par initiative privée, notam-
ment dans la zone située immédiatement en amont de Rosso, atteste de
l'intérêt porté à ces nouvelles technologies agricoles. Mais leur diffusion ne
peut manquer d'entralner une valorisation rapide des terres de Fonde.
Les individus ou familles propriétaires de ces terres se réservant le droit de
créer pour leur propre compte des aménagements hydre-agricoles, on aboutirait
rapidement à un gel général de ces terres et donc à un blocage du développe-
ment de l'irrigation. D'ores et déjà, il semble que les techniciens de la S.O.N.A.-
D.E.R. rencontrent quelques difficultés foncières dans l'implantation de la
série de nouveaux périmètres à laquelle ils procèdent actuellement.
Compte tenu des structures traditionnelles des sociétés de la vallée, de la
forte hiérarchie entre les différentes catégories sociales et de l'existence de
castes, on a souvent supposé que la distribution des parcelles dans les périmè-
tres irrigués se faisait sur la base des liens traditionnels, et qu'ainsi se produisait
un certain « accaparement» de ces terres nouvellement aménagées par les
différentes catégories de privilégiés.
Pourtant, en règle générale, il semble que la répartition de parcelles se soit
faite d'une façon que l'on pourrait qualifier de « démocratique ». En effet,
la sélection des attributaires de parcelles se fait au niveau de la communauté
villageoise: l'organisme de gestion (SA.E.D., F.E.D. (4) ou S.O.N.A.D.E.R)
demande aux autorités villageoises de sélectionner des agriculteurs, chefs de

(4) F.E.D. : Fonds Européen de Développement.


304 APPROFONDISSEMENT

famille présents en permanence au village à l'exclusion de non-agriculteurs,


commerçants,fonctionnaires, etc.
D'autre part, statutairement, il n'est pas permis à un attributaire de
s'approprier plus d'une parcelle. Les conditions définies par le [Link]., comme
par la S.A.E.D. et la [Link].E.R., et reprises à quelques variantes près par
les règlements des coopérativessont formelles sur ce sujet.
En règle générale, au moins en ce qui concerne le pays toucouleur, ce
sont les chefs de foyre qui sont les attributaires des parcelles. Le c foyre ~
correspondant à la cuisine-foyer, constitue l'unité familiale de production
et de consommation; le c gaOé ~ correspondant à la concession peut com-
prendre un ou plusieurs c foyre r, Le [oyre est une unité qui comprend envi-
ron dix personnes dont cinq actives.

Dans tous les périmètres de la région de Matam installés sous l'égide de


la [Link]., ce sont des paysansvolontaires qui ont réalisé eux-mêmesmanuel-
lement tous les travaux d'aménagement du périmètre et ont pris en charge
l'achat des matériaux (ciment, outils, service d'un maçon, etc.). En raison de
leur participation aux travaux, ces paysans se sont trouvés de plein droit attri-
butaires d'une parcellesur ce périmètre.
Prenons par exemple le cas du village de Bow à environ 45 km en amont
de Matam. Sur les 84foyre composant le village, 78 ont participé, par le travail
manuel d'un ou plusieurs membres, à l'aménagement du périmètre, manifes-
tant ainsi leur intérêt et leur volonté d'être attributaires d'une nouvelle parcelle
dans le nouveau périmètre. Les huit autres chefs de foyre n'ont pas participé
à cet aménagement, soit qu'ils aient refusé, manifestant ainsi leur scepticisme
par rapport à l'efficacité de cette nouvelle technologie, soit qu'ils se soient
trouvés malades ou trop âgés et qu'aucun membre de foyre n'ait pu les rem-
placer, soit qu'ils se soient trouvés à l'extérieur du village, en migration de
travailpar exemple.
Aussi, la superficie du périmètre a-t-elle été découpée en 76 parcelles
égales de 20 ares chacune, un tirage au sort attribuant chacune des parcelles
à l'un des 76 chefs de foyre attributaire. Aucun chef de foyre n'a été éliminé
du fait d'appartenance par exemple à une « caste subalterne » (neno
ou macuâoï, de même qu'aucun chef de foyre, sous prétexte qu'il faisait partie
de la classe traditionnellement dominante (chef de village, imam, 10'000), ne
s'est fait attribuer plus d'une parcelle ou une parcelle d'une superficie supé-
rieure aux autres. En outre, en ce qui concerne la situation de la parcelle dans
le périmètre qui peut avoir une influence sur les rendements (facilité d'accès
à l'eau de pompage), le tirage au sort semble avoir été très bien respecté pres-
que partout: les parcelles les mieux situées par rapport à la conduite de l'eau
n'étant pas de plein droit attribuées, par exemple, aux autorités coutumières.

Le problème du statut juridique des parcelles sur les périmètres irrigués


reste pour l'instant non résolu : il se présente d'ailleurs de façon différente
d'une série de périmètres à l'autre (les différences tenant généralement à
l'organisme de gestion: F.E.D., [Link].E.R., [Link].). Ce qui semble
pourtant général, c'est que l'attribution de parcelles n'implique nulle part un
véritable droit de propriété. Pourtant, dans le domaine de la stabilité de la
tenure, c'est-à-dire de l'attribution de telle ou telle parcelle un exploitant
à

donné, il y a diverses règles appliquées de façon d'ailleurs plus ou moins rigou-


reuses. Sur certains périmètres, tels que Ngorel GuidaI ou Rindiao-Sylla, les
LES GRANDS PROJETS 305
parcelles étaient redistribuées à chaque saison de culture : les inconvénients
de ce système sont très vite apparus et il a été vite abandonné : le planage
par exemple, était moins bien réalisé que dans les périmètres où les parcelles
étaient attribuées de façon permanente.
En fait, pour la presque-totalité des périmètres, l'attribution a été faite de
façon quasi définitive avec seulement, notamment pour la plupart des périmè-
tres sur la rive mauritanienne, une clause de retrait des parcellespour certaines
raisons, généralement une absence prolongée (de plus de deux ans) en migra-
tion. De ce point de vue, l'attribution des parcelles est généralement plus fixe
sur la rive sénégalaise (cas des périmètres [Link]. de Matam par exemple)
dans la mesure où il n'est pas prévu de retrait de parcellesen cas de migration
aussi longtemps que tout ou partie de la famille du migrant reste au village
et comprend assez de main-d'œuvre pour mettre en culture convenablement
la parcelle.
De mëme, il a été prévu une exclusion de non-agriculteurs, c'est-à-dire
de ceux qui consacrent la plus grande partie de leur temps à des activités
autres qu'agricoles : commerçants, fonctionnaires notamment. Ce règlement
a pour but d'empêcher l'émergence d'une classe de propriétaires absentéistes
faisant cultiver leurs parcelles irriguées, soit par l'intermédiaire de métayers
(le rempetien traditionnel - partage à la moitié de la récolte), soit par l'inter-
médiaire d'ouvriers agricoles salariés. Ce règlement est en vigueur surtout sur
les petits périmètres de la rive mauritanienne : assez strictement appliqué par
exemple à Rindiao-Sylla aux portes de Kaédi, il semble d'application moins
stricte sur d'autres périmètres tels que Bakhao aux environs de Boghé. Sur
la rive sénégalaise, notamment sur les périmètres situés près de la ville de
Matam, ce type de règlement semble assezdifficile à appliquer de façon stricte
dans la mesure où, dans un tel milieu semi-urbanisé, les activités économiques
sont souvent assez peu différenciées, le pêcheur étant presque toujours aussi
agriculteur, de même que l'artisan et le petit commerçant.
Enfin, il faut signaler que les droits d'appropriation sur les périmètres
irrigués ont gardé un caractère souple, ce que peut seule expliquer une con-
ception assez communautaire de l'aménagement : il a été réalisé au profit
de la communauté villageoise et le droit des individus peut s'effacer devant
ceux de la communauté. n en est ainsi notamment lorsque des groupements
d'attributaires décident de faire une culture de saison sèche chaude, comme
cela se passe fréquemment sur les périmètres de la rive mauritanienne. Dans
ce cas, en effet, les moto-pompes ne sont pas assez puissantes pour irriguer
l'ensemble du périmètre; aussi les groupements décident-ils de ne mettre en
culture qu'une certaine proportion du périmètre, généralement entre un tiers
et deux tiers de la superficie. Mais comme le nombre de cultivateurs potentiels
est le même qu'en hivernage, la superficie irriguée réduite est redistribuée en
fonction de ce nombre, certains cultivateurs cultivant sur la parcelle d'un autre
cultivateur, et certains autres ne pouvant cultiver qu'une portion de leurs pro-
pres parcelles.

Lesgrands aménagementssur wolo

Les problèmes fonciers posés par les aménagements de terres de walo


sont d'un tout autre ordre que ceux qui viennent d'être brièvement analysés
pour les petits périmètres aménagés sur les terres de fonde. En effet, ce sont
306 APPROFONDISSEMENT

ces terres de walo dont l'Histoire nous apprend qu'elles ont été depuis plu-
sieurs siècles un enjeu pour des populations cherchant à s'installer sur ces
rives relativement fertiles du fleuve; très tôt, antérieurement même au XVIe
siècle, de vastes domaines furent constitués par une oligarchie de grandes
familles influentes qui les rétrocédaient, moyennant tout un système com-
plexe de redevances, aux familles et aux clans qui se trouvaient ainsi dans des
statuts de dépendance ou de clientèle vis-à-vis d'elles.
Sur le walo, le système foncier consacre une sorte de dédoublement des
droits sur la terre: le droit du « maitre de la terre» - jom leydi - appartenant
à des clans de chefs ou de familles ayant eu un rôle politique dans l'histoire de
la vallée; le droit de culture, c'est-à-dire le droit d'ensemencer et de récolter
une parcelle de terre : ce droit appartient de plein droit aux descendants de
celui qui l'a défrichée, mais il peut aussi être prêté ou loué moyennant cer-
taines redevances selon des modalités qui apparentent ces types de contrat à
une location ou à un métayage. D'une façon générale, on peut avancer que ce
système aux caractéristiques très diverses et complexes recouvre de grandes
inégalités dans la répartition des droits sur les terres de walo : inégalités qui se
constatent à différents niveaux, d'une part, entre les castes qui composent les
différentes sociétés de la vallée (Maures, Wolof, Soninke, Peuls, Toucouleurs),
d'autre part, à l'intérieur d'une même caste, entre différentes familles. Par
exemple, il faut rappeler que dans tous les groupements, les familles qui ont
un statut servile (descendants de captif ou affranchis), soit entre un cinquième
et un tiers de la population, sont totalement dépourvues de quelconques droits
d'appropriation sur les terres; il en est à peu près de même pour les membres
des castes artisanales.
Le contexte socio-politique dans lequel s'est déroulé chacun des grands
aménagements de cuvettes de walo permet d'expliquer les problèmes qui se
sont posés dans le domaine foncier et les solutions ou tentatives de solutions
qui ont été proposées. En premier lieu, il faut distinguer entre grands aména-
gements sur la rive mauritanienne et grands aménagements sur la rive sénéga-
laise : il est hors de doute que l'existence au Sénégal de la loi de 1964 sur le
« domaine national » ait facilité les implantations de grands périmètres. Tant
à Dagana qu'à Nianga, les grandes familles de propriétaires terriens dont font,
par ailleurs, partie les notables du Parti et du gouvernement, se sont trouvées
dans l'obligation de donner le bon exemple en acceptant l'expropriation de
leurs terres, cette expropriation étant d'ailleurs compensée par l'attribution
de parcelles sur les nouveaux aménagements aux membres des familles et aux
« dépendants » des grands propriétaires. La série d'années de sécheresse a,
d'autre part, contribué à faciliter la mise en place de la culture irriguée dans la
mesure où les terres de walo non inondées plusieurs années de suite perdent
forcément de leur valeur aux yeux de la population, tandis que les terres irri-
guées gagnent en prestige.
Sur la rive mauritanienne, le premier grand aménagement a été réalisé
à M'Pourié aux portes de Rosso; ce fut le résultat d'un accord avec la Répu-
blique Populaire de Chine. Les deux communautés qui possédaient le principal
des terres à aménager ont eu une priorité pour l'attribution des parcelles irri-
guées (l'une Wolof, l'autre Maure) le reste des parcelles étant distribué aux
membres des vingt-six collectivités Wolof, Peules et Maures résidant aux alen-
tours et qui, à divers titres, cultivaient habituellement les terres avant l'aména-
gement.
Le deuxième grand aménagement en Mauritanie a pris place au Gorgol,
près de la ville de Kaédi, dans une région très densément peuplée, au cœur
LES GRANDS PROJETS 307
même du Fouta le plus ancré dans la coutume. Les terres mises en valeur sont
parmi les plus valorisées de la région en raison de la proximité des habitations,
de leur fertilité, et la S.O.N.A.D.E.R., organisme de tutelle, adopta comme
principe d'attribuer les nouvelles parcelles irriguées aux anciens cultivateurs
en ignorant presque complètement les formes d'appropriation coutumière
et notamment l'existence des grands domaines fonciers de quelques puissants
« martres de terre ».
C'était sous-estimer le contexte socio-économique et surtout l'influence
réelle de ces grandes familles de propriétaires. Ces dernières utilisèrent de
nombreux moyens pour ne pas perdre leurs droits sur les terres et les rede-
vances qui, dans le système traditionnel, les sanctionnent: liste d'attributaires-
hommes de paille, constitution des propriétaires en groupe de pression, main-
tien de la perception des redevances en dépit de l'interdiction de la S.O.N.A.-
D.E.R., refus de suivre les consignes concernant les façons culturales et le
calendrier des préparations, toutes ces actions entretinrent un climat de tension
sociale au cours des premières campagnes qui eut des effets très défavorables,
tant sur les superficies mises en culture que sur les rendements.
Quant à l'Administration, a=,rès une période initiale de flottement et
d'hésitation due en partie à l'absence d'une législation foncière, à la pression
des propriétaires et enfin à la nécessité d'atteindre un niveau de production
suffisant pour justifier ce type d'aménagement auprès des investisseurs comme
le F.E.D., les fonds arabes, etc., elle a tenté de raffermir ses positions: sans
succès jusqu'à présent puisque, en 1980, pour la quatrième campagne, moins
du cinquième de la superficie aménagée a pu être mise en culture; on mesure
ainsi l'acuité des problèmes de comptabilité entre les structures sociales et
foncières traditionnelles et les nouvelles technologies de la culture irriguée.

Problèmes d'aménagement et implications foncières

La multiplication des périmètres villageois, sous la forme actuelle ou


plutôt sous une forme évolutive (superficie en augmentation), qui rencontre
auprès des paysans de la vallée les succès que l'on a signalés ne résout que par-
tiellement les problèmes d'ensemble de l'aménagement puisqu'au maximum,
il n'existe que 40 à 50 000 ha de fonde disponibles pour l'irrigation qui doit
obligatoirement englober les superficies de wa/o. Sans compter les questions
d'ordre technique que suscite l'exploitation de ces terres lourdes et argileuses
qui nécessitent, pour être labourées, des engins assez puissants.
Les problèmes d'expropriation et de répartition foncières sont, comme on
l'a brièvement évoqué, divers et complexes; ils mettent en jeu les fondements
mêmes des sociétés concernées. Certes, celles-ci sont en évolution rapide sous
l'impulsion de nombreux facteurs: migrations, enseignement, monétarisation
des échanges, etc., auxquels s'ajoutent les actions volontaristes des gouverne-
ments nationaux comme, par exemple, l'abolition de l'esclavage en Mauritanie
en juin 1980, action dont il est difficile de mesurer l'impact aujourd'hui. Les
lois ou autres réformes foncières sont probablement de même nature. Proba-
blement facteurs de changement, il est presque impossible de prévoir leur
efficacité. Les formes de stratification sociale sont trop fortement inscrites
dans ces sociétés pour qu'on puisse penser qu'elles ne vont pas peser d'un
grand poids dans les années à venir sur les problèmes d'aménagement.
308 APPROFONDISSEMENT

BIBUOGRAPHIE

BOlITILLIER (J.-L.), La Moyenne Vallée du Sénéga~ Paris, 1960, P.U.F.


FIELOUX (M.), Migrations et irrigation dans un village du Damga, 1980,
Purdue University.
O.M.V.S., Le programme de l'O.M. V.S. : présentation. méthodes et moyens
de mise en œuvre, Dakar, 1976.
SECK (S.-S.), Expériences d'aménagements hydra-agricoles dans la Moyenne
Vallée du Sénéga~ Dakar, 1978, O.R.S.T.O.M.
WEIGEL (J.-Y.), Mode de migration et système de production Soninkë, Dakar,
1979, O.R.S.T.O.M.

4. RAPPORT DES DEBATS

Jean-Pierre CHAUVEAU et Guy PONTIE

Nous avons essayé de faire un bilan des échanges qui se sont déroulés dans
la commission consacrée aux « grands projets d'aménagement et de développe-
ment dans les domaines agricoles, forestiers, hydrauliques, miniers ou pasto-
raux » (qui n'ont pas tous été abordés cependant).
Ce bilan aura nécessairement un contenu subjectif, que nous espérons
relativement limité.
Nous nous sommes référés,' pour ce bilan, au rapport introductif et à sa
problématique proposés à votre appréciation.
1) Apparemment, l'orientation proposée par le document sur l'analyse
des discours, des représentations, des idéologies a trouvé assez peu d'écho
dans les discussions.
2) Les débats sur des cas concrets ont cependant abouti à une approche
du « foncier » tout à fait semblable à celle défendue par le rapport
introductif : en se plaçant dans la perspective des grands projets d'aménage-
ment, l'objet foncier perd son apparence de notion opératoire au profit de
l'analyse des pratiques sociales et des rapports de force, tant au niveau national
qu'à celui du capitalisme dominant.
3) Dans cet esprit, il nous semble pouvoir dégager cinq axes principaux de
discussions qui n'ont pas été exemptes de polémiques. Deux de ces axes répon-
dent à ce que nous quaIifierons un peu rapidement de préoccupations « techni-
ques ». Ainsi, nous avons été en mesure de débattre des relations complexes
entre:
- la structure sociale des formations (( actionnées » (pour reprendre un
vieux terme militaire colonial) par des organismes d'aménagement;
- les mesures étatiques prises en matière foncière;
- les problèmes et résultats des « opérations de développement ».
n y a là, pensons-nous, un échange heureux de matériel comparatif,
limité bien sür mais les comparaisons de m.êmes types d'opération menées

1
)
/
TABLE DES MATIÈRES

Préambule :.................... 5

Liste des membres du comité scientifique de préparation. . . . . . . . . 8

PREMIÈRE PARTIE

LES ENJEUX INITIAUX

Critiquer et dépasser une image caricaturale de l'Afrique


noire précoloniale

Introduction, par E. Le Roy Il


The initial stakes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

CHAPITRE 1
Rapport introductif aux journées d'études, par J .-P. Chauveau,
J.-P. Dozon, E. Le Bris, E. Le Roy, G. Salem, F.-G. Snyder.
1. L'émergence de l'objet foncier dans la littérature administrative
et scientifique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2. L'actualité des problèmes fonciers en Afrique noire et les ques-
tions qu'elle suggère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

CHAPITRE II
Approches thématiques
422 TABLE DES MATIÈRES

I. Le statut du foncier dans l'analyse de l'économie de plantation


au Ghana, par J .-P. Chauveau. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2. Épistémologie du « foncier» dans le cadre des économies de
plantation ivoiriennes, par J.-P. Dozon 56
3. Le statut du foncier dans les études de terroirs menées par les
géographes en Afrique de l'Ouest, par E. Le Bris. . . . . . . . . . . . 61
4. Le régime foncier rural en Afrique noire, par C. Coquery-
Vidrovitch . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
5. Une approche pragmatique des situations foncières, par Ph.
Haeringer 84

CHAPITRE III
Première discussion générale sur le rapport introductif
I. Interventions............................................. 91
2. Débats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92

DEUXIÈME PARTIE

L'APPROFONDISSEMENT DES ENJEUX

La terre dans les discours, les pratiques et les représenta-


tions de l'Afrique contemporaine.

Introduction, par E. Le Roy 97

CHAPITRE IV
Représentations autochtones de l'espace
1. Représentations et organisations endogènes de l'espace chez les
Myene du Gabon (Nkomi et Mpongwe), par P.-L. Agondjo-
Okawe.................................................. 101
2. Lectures de l'espace africain, par Betote Dika Akwa Nya
Bonanbela . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
3. L'espace et l'organisation foncière toucouleur (Sénégal et Mau-
ritanie), par M. Wane 118
4. Rapports des débats, par P.L. Agondjo-Okawe . . . . . . . . . . . . . . 120
5. Synthèse des débats, par E. Le Roy... ... ... ..... . .. .. . .... 122
6. L'accès à la terre chez les paysans basundi (région du Pool,
Congo), par D. Desjeux , . .. .. 126
TABLE DES MATIÈRES 423

CHAPITRE V
La logique foncière de l'État depuis la colonisation
1. Le choix d'une problématique juridique, par R. Verdier... . . . . 133
2. L'expérience ivoirienne, par A. Ley. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
3. L'expérience malienne, par A. Rochegude... 141
4. Rapport des débats, par A. Ley, A. Rochegude et R. Verdier.. 148
5. Synthèse des débats, par E. Le Roy 150

CHAPITRE VI
La rente foncière
1. Genèse de la rente foncière et du capitalisme agraire, par J.
Charmes 155
2. Rapport des débats, par F. Snyder 163
3. Synthèse des débats, par E. Le Bris 165

CHAPITRE VII
Agro-pastoralisme
1. Le processus juridique, les droits fonciers et l'aménagement de
l'environnement dans un canton hausaphone du Niger, par
J.-T. Thompson.......................................... 169
2. Les Leyde du Delta central du Niger: tenure traditionnelle ou
exemple d'un aménagement de territoire classique, par S. Cissé 178
3. Rapport des débats, par E. Grégoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189
4. Synthèse des débats, par E. Grégoire 192
5. Évolution du régime foncier dans une société d'éleveurs noma-
des. Le cas des Twaregs Kel dinnik dans la région de Tahoua
(Niger), par G. Lainé. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
6. Un système de production agro-pastoral en crise: le terroir de
Gourjae (Niger), par E. Grégoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
7. Pastoralisme, agro-pastoralisme et organisation foncière: le cas
des Peuls, par D. Kintz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 212

CHAPITRE VIII
La mise en place des réformes agrofoncières
1. Réflexions sur la réforme foncière sénégalaise de 1964, par M.
Niang. .. . . .. . . . 219
2. Le projet de la mise en valeur de la vallée de Baila en Basse-
Casamance (Sénégal), par M. Diao . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
3. La réforme agrofoncière au Togo, par K. Koffigoh. . . . . . . . . . . 240
4. La réforme agrofoncière et droit coutumier au Togo, par M.
Foli.... .. ... .. ... . ... ... . .... .. . . .. . . . 253
5. Rapport des débats. par M. Foli 263
424 TABLE DES MATIÈRES

6. Synthèse des débats, par E. Le Roy 264


7. Droit d'usage et propriété privée, par J.-M. Gastellu 269

CHAPITRE IX
Les grands projets d'aménagement et de développement dons les
domaines agricoles, forestiers, hydrauliques, miniers ou pastoraux.
1. Transformations « dirigées» de l'espace agraire et réponses
paysannes à la périphérie des lacs volta (Ghana) et kossou
(Côte-d'Ivoire), par V. Lassailly-Jacob , ,.. 281
2. Grands projets de développement et pratique foncière en Côte
d'Ivoire. L'exemple de l'opération San Pedro, par A. Schwartz 293
3. L'aménagement du fleuve Sénégal et ses implications foncières,
par J .-L. Boutillier 301
4. Rapport des débats, par J.-P. Chauveau et G. Pontié · 308
5. Synthèse des débats, par E. Grégoire.. . . . . . . . . .. . .. . .. . . 311
6. Organisation foncière et opération de développement. Le cas
soninke du Sénégal, par J.-Y. Weigel 315

CHAPITRE X
Politique foncière de l'État dons l'aménagement urbain
1. Mimétisme et droit de la planification urbaine en Afrique
noire, par M. Prouzet 325
2. Objet d'une recherche sur les politiques foncières de l'État
dans l'aménagement urbain, par A. Durand-Lasserve et J.-F.
Tribillon 330
3. Rapport des débats, par A. Durand-Lasserve, M. Prouzet et
J.-F. Tribillon 334
4. Synthèse des débats, par E. Le Bris 336

CHAPITRE XI
Stratégies « privées» d'occupation de l'espace en milieu urbain et
péri-urbain
1. Stratégies populaires pour l'accès au sol dans la ville africaine,
par Ph. Haeringer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 341
2. Stratégie spatiale et stratégie familiale: la volonté de maintien
en centre ville (exemple dakarois), par G. Salem 360
3. Rapport des débats, par E. Le Bris. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 370
4. Synthèse des débats, par E. Le Roy. . .. . .. . . . .. . . . . . . . . . .. . 372
TABLE DES MATIÈRES 425

TROISIÈME PARTIE

LES NOUVEAUX ENJEUX

Quels seront les rapports sociaux impliqués par l'espace à


l'horizon de l'an 2000 ?'

Introduction, par E. Le Roy 379

CHAPITRE XII
Discussion générale et bilan
1. Synthèse du débat de clôture, par E. Le Bris 381
2. Bilan des journées d'études, par E. Le Bris et E. Le Roy 382

CHAPITRE XIII
La question foncière en Afrique noire
- Comment la « question foncière» est-elle abordée dans les dis-
cours sur l'Afrique noire à l'époque contemporaine? 391
- Le rôle central de l'État africain dans l'évolution contempo-
raine de la « question foncière » ••••••••••••••••••••••••••• 392
- Les enjeux de la « question foncière » à l'horizon de l'an 2000 395

ANNEXES

1. Liste des participants aux « Journées d'études sur les problè-


mes fonciers », Paris, 22-25 septembre 1980 . . . . . . . . . . . . . . . .. 401
2. Liste des organismes et des sigles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 405
3. Index des noms de groupes et de lieux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 407
4. Index des concepts 413
5. Liste des cartes et des figures , 420
ÉDITIONS KARTHALA

Collection MÉRIDIENS

Christian RUDEL, Guatemala, terrorisme d'État.


Bernard JOINET, Tanzanie, manger d'abord.
Philippe LEYMARJE, Océan Indien, le nouveau cœur du monde.
André LAUDOUZE, Djibouti, nation-carrefour.
Bernard LEHEMBRE, L'Ile Maurice.

Collection LES AFRIQUES

Essedine MESTlRI, Les Cubains et l'Afrique.


I. MBAYE DIENG et J. BUGNICOURT, Touristes-rois en Afrique.
Carlos MOORE, Fela Fela, cette putain de vie.
Bernard LANNE, Tchad-Libye: la querelle des frontières.
J .S. WHITAKER, Les États-Unis et l'Afrique: les intérêts en jeu.
Abdou TOURÉ, La civilisation quotidienne en Côte-d'Ivoire. Procès
d'occidentalisation.
G.R.A.A.P., Paroles de brousse: Des villageois africains racontent.
Jean-Marc ELA, L'Afrique des villages.
Guy BELLONCLE, La question paysanne en Afrique noire.
Collectif, Alphabétisation et gestion des groupements villageoisen Afrique
sahélienne.

Collection HOMMES ET SOCIÉTÉS

1. Sciences politiques et économiques


Abdoulaye Bara DIOP, La société wolof.
J.F. MEDARD, Y.A. FAURE et al., État et bourgeoisie en Côte-d'Ivoire.
Guy ROCHETEAU, Pouvoir financier et indépendance économique en Afri-
que: le cas du Sénégal. En coédition avec l'ORSTOM.
Collectif, Enjeux fonciers en Afrique noire. En coédition avec l'ORSTOM.
2. Histoire et Anthropologie
Joseph AMBOUROUE-AvARO, Un peuple gabonais à l'aube de la coloni-
sation. Le bas Ogowé au x/x' siècle. En coédition avec le Centre de
Recherches Africaines.
Collectif, La civilisation ancienne des peuples des Grands Lacs. En coé-
dition avec le Centre de Civilisation Burundaise.
François GAULME, Le pays de Cama. Un ancien État côtier du Gabon
et ses origines. En coédition avec le Centre de Recherches Africaines.
Antoine GISLER, L'esclavage aux Antilles françaises (XVII'-X/X' siècles).
Juliette BESSIS, La Méditerranée fasciste, l'Italie mussolinienne et la
Tunisie. En coédition avec les Publications de la Sorbonne.
Yoro FALL. L'Afrique à la naissance de la cartographie moderne
(XIV'·XV' siècle). En coédition avec le Centre de Recherches
Africaines.
Zakari DRAMANI ISSIFOU, L'Afrique dans les relations internationales
au XVI' siècle. En coédition avec le Centre de Recherches Africaines,
Louis NGONGO, Histoire des Forces religieuses au Cameroun
(1916-1955).
Françoise RAISON (Et. réunies par), Les souverains malgaches. Cons-
tructions monarchiques et réappropriations populaires.
Bakoly OOMENICHINI-RAMIARAMANANA, Du Ohabolana au Hainteny :
langue, littérature et politique à Madagascar. En coédition avec le
Centre de Recherches Africaines.

3. Langues et cultures
Pierre DUMONT, Le français et les langues africaines au Sénégal. En
coédition avec l'A.C.C.T.
Philippe NTAHOMBAYE, Des noms et des hommes. Aspects psychologi-
ques et sociologiques du nom au Burundi.

Collection RELIRE

Eugène MAGE, Voyage au Soudan occidental (1863-1866). Introduction


d'Yves Person.
David LIVINGSTONE, Explorations dans l'Afrique australe et dans le
Bassin du Zambèse (1840-1864). Introduction d'Elikia M'Bokolo.
Ida PFEIFFER, Voyage à Madagascar (1856). Introduction de Faranirina
Essoavelomandroso.
Victor SCHOELCHER, Vie de Toussaint Louverture. Introduction de J.
Adélaïde-Merlande.

Collection LETTRES DU SUD

Yodi KARONE, Le bal des caïmans.


Max JEANNE, La chasse au racoon.
Merle HODGE, Crick crack monkey,
Gérard CORPATAUX, Voyage sans retour.
Joël LUGUERN, Les parasols de Danang,
José LOUZEIRO, Pixote ou la loi du plus faible.

Collection DE CONTES

Gabriel MFOMO, Soirées au village (Cameroun).


Jacques PUCHEU, Contes haoussa du Niger.
Gabriel MFOMO, Les initiés (Cameroun).
Henri TOURNEUX, Les nuits de Zanzibar (contes swahili).
Marie-Paule FERRY, Les dits de la nuit (contes tenda du Sénégal).

Collection SARABANDE (livres pour enfants)

Chouka la mangouste antillaise (texte de Maryse Cériote et dessins de


Bordeclerc).
Marcy DANS LEE, [bon, l'oiseau des Philippines.

HORS COLLECTION

[Link].N.A.F.L.A.,lnitiation à la linguistique africaine par les


langues du Mali.
ANSELIN (Alain), La question peule et l'histoire des Égyptes ouest-
africaines.
MICHEL (Andrée) et Coll., Femmes et multinationales.
Collectif, Culture et politique en Guadeloupe et Martinique. En coédi-
tion avec le journal Alizés.
Collectif, Études africaines en Europe,' Bilan et inventaire (2 tomes).
ZHEGIDOUR (Slimane), La poésie arabe moderne entre l'islam et
l'occident.

POLITIQUE AFRICAINE (revue trimestrielle)

1. La politique en Afrique noire: le haut et le bas.


2. L'Afrique dans le système international.
3. Tensions et ruptures politiques en Afrique noire.
4. La question islamique en Afrique noire.
5. La France en Afrique.
6. Le pouvoir d'être riche.
7. Le pouvoir de tuer.
8. Discours populistes, mouvements populaires.
(Pour plus de précisions sur ces titres, demandez le catalogue complet des éditions
Karthala : 22-24, bd Arago, 75013 Paris.)

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