Marché financier UEMOA : enjeux et perspectives
Marché financier UEMOA : enjeux et perspectives
Isaac MBAYE
DIRECTEUR GÉNÉRAL DE
INVICTUS CAPITAL & FINANCE
« CHEZ NOUS
VOUS AVEZ LA
POSSIBILITÉ
DE DISPOSER
DE COMPTES
TITRES LIBRES
OU GÉRÉS »
Badanam PATOKI
PRÉSIDENT DE L’AMF-UMOA
«Une stratégie de promotion du marché
des capitaux durables a été élaborée
pour stimuler son développement »
Fondée en 2004, IMPAXIS est une banque d’affaires panafricaine indépendante
globale. La société est présente dans les activités de (i) conseil financier stratégique Dakar
et fusions-acquisitions, (ii) levées de fonds et marché des capitaux et depuis peu
(iii) gestion d’actifs.
IMPAXIS a une présence géographique à Dakar, Dubaï et Abidjan.
A travers ses différentes entités, IMPAXIS fonctionne comme un « One-stop-shop » Dubaï
pour ses clients stratégiques avec une offre de services sur-mesure et à forte valeur
ajoutée.
IMPAXIS accompagne ses clients dans les opérations de haut de bilan, d’ingénierie
financière et de levées de fonds en monnaie locale et en devises étrangères.
Abidjan
FCFA 15 milliards FCFA 150 milliards FCFA 170 milliards FCFA 100 milliards
FCFA 38 milliards
Confidentiel Confidentiel Confidentiel
Appel Public à
Opération M&A Opération M&A Financement structuré l’Épargne
+500 milliards FCFA mobilisés en dette et capitaux propres ces cinq dernières années
et investis dans l’économie réelle de notre région
En effet, la finance islamique a enregistré des progrès C’est un autre angle de lecture, qui incline à considérer
notoires depuis son introduction sur le marché financier que l’accès à l’information boursière et la qualité de celle-
régional en 2011. Le cadre réglementaire dédié au ci pour permettre aux investisseurs d’avoir une meilleure
marché de capitaux islamiques adopté en 2022 a favorisé visibilité sur les risques et d’opérer un meilleur choix
tout un arsenal qui fournit les outils nécessaires à son de placement, reste aujourd’hui l’un des défis majeurs
encadrement, sa supervision et son contrôle. auxquels les acteurs du marché doivent s’atteler. En
effet, une bonne éducation boursière est essentielle pour
ISAAC MBAYE
Directeur Général de Invictus Capital & Finance
« Nos jeunes, en milieu sco- Ce constat fait, elle estime qu’ en marge de l’événement or-
laire et universitaire n’ont il est encore temps de changer ganisé à l’auditorium du lycée
souvent pas accès à l’infor- la donne. « C’est pourquoi on a technique et industriel Mau-
mation. On ne nous a pas ap- tenu à organiser cet événement rice Delafosse en partenariat
pris l’éducation financière à pour sensibiliser les jeunes sur avec le Laboratoire d’Innova-
l’école. On pense que c’est un l’éducation financière. Plus tion Sociale (Labis), la Ville de
thème pour les adultes. Or, les jeunes sont sensibilisés tôt, Dakar et Aflatoun Internatio-
on se rend compte que beau- plus on a de la chance de les nal, une ONG spécialisée en
coup d’adultes eux-mêmes, voir faire de meilleurs choix éducation sociale et financière.
ne gèrent pas très bien leurs fi- financiers dans la vie », a-t-elle
A l’en croire, avec les informa-
nances », a déploré le Docteur indiqué
tions qu’ils ont eues grâce aux
Mariama Mary Fall.
présentations faites par les re-
présentants de l’Observatoire
de la qualité des services finan-
ciers (Oqsf), de Ecobank Séné-
gal, de Invictus Capital & Fi-
nance, de ComDev Africa, les
jeunes sont sensibilisés entre
autres sur l’importance de
l’épargne, de l’investissement
en bourse, de l’entreprenariat,
de l’assurance.
Par rapport à 2022, le résultat net de la Bank of Africa (BOA) Sénégal a, au titre de
l’exercice 2023, enregistré une hausse de 9,24% , selon les états financiers certifiés, établis
par la direction de cet établissement bancaire.
Ces états financiers mettent en exergue un contre 40,503 milliards FCFA en 2022, soit une
résultat net de 17,022 milliards FCFA contre hausse de 12,15%.
15,58 milliards FCFA en 2022. Toutefois, il faut
Les charges générales d’exploitation ont aussi
souligner que la hausse du résultat net est lar-
augmenté, passant de 4,442 milliards à 20,702
gement en deçà de celle de l’exercice 2022, où
milliards FCFA en 2023.
elle se situait à 40,75%.
De son côté, le résultat brut d’exploitation
Le total bilan de la banque connait pour sa
s’est accru de 174 millions, s’élevant à 21,974
part un accroissement de 8,88% passant de
milliards FCFA contre 21,800 milliards FCFA
696,306 milliards FCFA en 2022 à 758,148 mil-
au 31 décembre 2022.
liards FCFA en 2023.
Quant au coût du risque, il a été réduit de
Les créances sur la clientèle quant à elles se
2,011 milliards avec une réalisation de 4,070
sont élevées à 394,012 milliards FCFA contre
milliards FCFA contre 6,081 milliards FCFA
358,939 milliards FCFA en 2022. Quant aux
en 2022.
dettes à l’égard de la clientèle, elles se sont ac-
crues pour passer de 546,022 milliards FCFA En revanche , le résultat d’exploitation connait
en 2022 à 575,028 milliards FCFA un an plus une hausse de 14% se situant à 17,904 mil-
tard. liards FCFA contre 15,719 milliards FCFA.
L’exercice sous revue s’est terminé avec un Toutefois, le résultat avant impôts s’est soldé à
produit net bancaire (PNB), qui est la diffé- 18,927 milliards FCFA contre 15,720 milliards
rence entre les produits et les charges d'ex- FCFA en 2022, soit une progression de 20,40%.
ploitation bancaire, de 45,426 milliards FCFA
Le poids de l’incertitude
L’incertitude politique ne crée pas seulement du brouillard sur l’économie, elle l’affaiblit. La
demande, l’offre et les ménages sont les trois circuits par lesquels l’incertitude politique éma-
nant de la présidentielle au Sénégal, pèse négativement sur l’activité.
De manière générale, les entreprises et ménages Toutefois, côté offre, les plans d’embauche
sont réticents à emprunter, dès lors qu’ils sont des entreprises subissent l’impact négatif de
moins certains de leurs recettes et revenus l’incertitude car, les réajustements d’effectifs
futurs. Ainsi, non seulement l’investissement et coûtent cher.
la consommation s’en trouvent déprimés, mais
Enfin, les problèmes des marchés financiers sont
l’économie se retrouve face à un risque accru de
susceptibles d’amplifier l’incidence négative
crise financière.
de l’incertitude sur la croissance. Par exemple,
Dans le secteur des assurances, « Sur les deux l’incertitude fait baisser le rendement attendu
dernières semaines avant l’élection, on a senti des projets financés par l’emprunt et rend plus
un ralentissement au niveau des transactions et difficile l’évaluation des garanties. Du coup, les
tout le monde était dans l’expectative selon M. créanciers augmentent leurs taux débiteurs et
D. Attentisme et méfiance sont de rigueur, mais limitent leurs prêts, si bien que les entreprises
une fois l’élection passée comme c’est le cas ont plus de mal à emprunter.
actuellement, les bailleurs et autres investisseurs
sont à présent plutôt rassurés et tous les acteurs
repartent dans leurs stratégies d’investissement Dépenses, investissements, embauches,
avant même que le nouveau président ne soit reportés
installé. »
Dans les pays en développement comme le
Même son de cloche dans le secteur bancaire. Sénégal, les IDE (Investissements Directs
Pour M. T. l’annonce sur le franc CFA a été Etrangers) fournissent le capital nécessaire
accueillie « avec une certaine circonspection. » aux investissements, facilitent le transfert de
Par ailleurs, poursuit-il, au niveau du secteur « technologie et le progrès technique. De même,
le premier stress a été causé par le décalage du ils tendent à augmenter les exportations et la
calendrier électoral, qui a mis tous les acteurs compétitivité, tout en incitant à l’adoption par
économiques dans l’incertitude. Bien entendu les firmes locales, de procédures managériales.
quand tu fais face à de telles circonstances, ou Enfin, ils stimulent l’emploi et par conséquent
tu n’es pas sûre de la valeur de la signature accélèrent la croissance économique.
du ministre des Finances, tu as des difficultés,
surtout quand tu as des opérations en cours. S’il est généralement admis que l’indicateur
de risque d’instabilité sociopolitique exerce un
Ce n’est même pas une question de savoir qui va effet négatif sur les flux entrants d’IDE, certains
être élu, mais une question de continuité ». « Ce spécialistes cependant ne trouvent aucun lien
niveau d’incertitude est toujours très mauvais », entre les institutions politiques et l’attraction
souligne-t-il. des IDE. Selon Mamadou Lamine Ba, Directeur
général adjoint de l’Apix, « L’incertitude peut
Il s’y ajoute que « une fois la date de l’élection
peser négativement, comme il peut être neutre
connue, il y a certes un peu moins de stress, mais
par rapport à l’investissement. La question c’est
on ne sait pas pour autant à quelle sauce on va
dans la capacité des acteurs, institutionnels,
être mangé, malgré les promesses en période de
privés, ménages, à réagir. En fait, ce que les
campagne », souligne encore M. T.
milieux d’affaires et les institutions financières
regardent en général, c’est comment le Sénégal
a l’habitude de gérer les crises. » Le constat le par le contexte d’incertitude qui prévaut
mieux partagé de ce point de vue, est selon M. depuis, dans le pays. Pour l’illustrer, M. Abdou
Ba, que « nous avons la réputation d’avoir des Fall Diallo, Gestionnaire de portefeuille à
institutions solides, qui assurent des élections Invictus Capital&Finance, sur la place de
correctes malgré des bouillonnements pré- Dakar, explique que « Aujourd’hui, si après
électoraux. Dans le contexte actuel, il est vrai, un eurobond au taux facial de 5.9 négocié à 10
l’incertitude s’est aggravée du fait notamment ou 15% le Sénégal devait émettre un nouvel
des soubresauts aux niveaux exécutif et eurobond, le comparatif ne serait pas au taux
constitutionnel. facial de 5.9 mais plutôt au cours où il est en
ce moment, c’est-à-dire autour de 15%. »
Pour certains secteurs, l’impact sur l’économie Toutefois, il retient que l’Etat sénégalais semble
générale n’est pas automatique sauf dans avoir anticipé car il ne prévoit pas d’émissions
certains domaines spécifiques. Les effets se supplémentaires de dette en 2024.
font sentir en premier sur les secteurs de
consommation courante comme la restauration, L’autre inquiétude liée au contexte d’incertitude
la distribution et sur les réservations d’hôtel. est qu’il est susceptible d’impacter le niveau
» Au mois de février dernier, il a été noté une des réserves de change déjà au plus mal. Le
baisse de l’activité touristique, notamment à Sénégal doit en effet payer les échéances en
travers des annulations de réservations. En devises des eurobonds par le biais de la Bceao
revanche, « il est encore trop tôt pour constater où nos réserves de change sont au plus bas. Les
des effets sur les IDE qu’on peut évaluer réserves de change ont fortement baissé et ne
globalement dans l’année », souligne M. Ba. couvrirait environ que 4 mois d’importations
de biens et services. Une situation très délicate
La contribution des investissements directs que l’exposition en devises du Sénégal n’est
étrangers (IDE) à la croissance économique a pas pour arranger, encore moins le profil
déjà fait l’objet de nombreuses études dans la de la balance commerciale structurellement
littérature économique. La plupart de ces études déficitaire. Il est vrai que la baisse de ses
se sont, il est vrai, focalisées sur les différents réserves de change n’empêche pas, pour le
canaux à travers lesquels les IDE pourraient moment, le Sénégal d’honorer ses échéances en
stimuler la croissance dans les pays hôtes. devises. Mais à ce rythme, il y a fort à craindre
de sérieuses difficultés quant à nos capacités
Certains soutiennent la thèse selon laquelle, à honorer la couverture de nos importations
l’effet de l’instabilité politique sur les IDE de biens et services. Ce d’autant plus qu’à
dépend largement du type d’IDE et varie l’instar des autres pays africains dépendant
sensiblement d’un secteur à l’autre. Un des économies du reste du monde, les pays de
trait commun à tous ces travaux est qu’ils l’Union économique monétaire ouest africain
considèrent l’instabilité politique comme un (Uemoa) font face à une dégradation continue
facteur exogène, qui détermine la croissance de leurs réserves de change.
économique, sans qu’elle soit elle-même
influencée par les performances économiques. Celles-ci sont passées de 13 630,30 milliards de
Or, le niveau de développement économique Fcfa (20,78 milliards d’euros) à fin novembre
(le niveau de revenu par habitant) pourrait 2021 à 10 787,20 milliards de Fcfa (16,44
avoir un rôle important dans la réduction de milliards d’euros) à fin novembre 2022 soit une
l’instabilité politique. importante baisse de 20,86% (- 2 843,10 milliards
de Fcfa). L’exposition en devises pourrait virer
à la catastrophe dans le contexte actuel. Selon
Des réserves qui fondent comme beurre… Abdou Fall Diallo, « le risque est réel sur nos
réserves de change qui ont déjà fortement chuté
Le marché financier est sans doute le et qui coïncide avec une forte crise de liquidité
plus sensible à l’incertitude, qui impacte sur le marché. »
systématiquement le coût des ressources.
Les intérêts montent en flèche en période Cette situation risque d’avoir un effet domino,
d’incertitude, que ce soit au niveau des banques car si les banques sont en mal de ressources,
ou du marché de capitaux. Un premier coup cela entraîne un resserrement du crédit, une
de semonce est venu récemment, du marché baisse des emprunts, un relèvement des taux
international de la dette comme les eurobonds, d’intérêt et finalement, une activité en berne
en février dernier. En effet, dès l’annonce du et… bonjour la crise. « Même le marché de la
report sine die de l’élection présidentielle, la Bourse des valeurs mobilières (BRVM) sera
valeur des eurobonds du Sénégal avait chuté impacté, car les politiques de dividende vont
sur le marché de Londres. Une chute renforcée baisser et faire perdre tout intérêt aux titres »,
assure M. Fall Diallo.
20 I Lejecos Hors Serie - N° 13 -AVRIL 2024
Toutefois, un léger vent de fraîcheur est venu encore moins l’Etat sénégalais, malgré le relève-
du marché de la dette souveraine. « Les euro- ment des taux directeurs (3,5%) de la Bceao, et
bonds lancés récemment par la Côte d’ivoire et la fermeture du robinet du guichet de refinance-
le Bénin ont quelque peu sauvé les meubles en ment (5,50%).
engrangeant d’importantes rentrées de devises,
même si celles-ci sont consommées rapidement Dès lors, « Les sorties de devises combinées à
», souligne Abdou Fall Diallo. Et d’ailleurs la l’inflation importée finissent par contaminer
réunion du Comité de politique monétaire du l’économie réelle et c’est cela que nous vivons
06 mars 2024 de l’espace Uemoa abonde dans actuellement », soutient encore M. Fall.
le même sens en soulignant une amélioration de
la situation des comptes extérieurs de l’union En définitive, l’incertitude politique cache mal
en lien avec la réduction du déficit du compte la structure négative du Produit intérieur brut
courant, les mobilisations effectuées au cours de (PIB) qui, une fois désagrégé, révèle d’énormes
cette période et les émissions d’eurobonds réali- pertes en valeur à travers les sorties de devises
sées par des pays de l’Uemoa. par les entreprises étrangères, qui créent de la
valeur au niveau local et rapatrient le cash (de-
Entre PIB et PNB vises). Dès lors, l’écart important entre le PIB et
le PNB (désormais traduit par Revenu national
En toile de fond, il y a un cercle vicieux généré brut), est un véritable souci aggravé par une ba-
par l’« hémorragie » de devises et l’inflation im- lance commerciale structurellement déficitaire.
portée, sur laquelle la Banque centrale des Etats
de l’Afrique de l’ouest (Bceao) n’a aucune prise,
tomber à 72,5 % en 2023, année au cours de la- Tel est le cas actuellement, « les agents éco-
quelle, précisément en juin, Dakar a obtenu un nomiques (ménages, entreprises, investis-
prêt sur trois ans d’environ 1,9 milliard de dol- seurs) anticipent les changements possibles
lars du FMI. de politique économique selon les résultats
du scrutin et adaptent leur comportement en
En somme, l’incertitude électorale soulève conséquence ». Toutefois, soulignent les ana-
des inquiétudes légitimes quant à ses effets lystes de la Dpee, « ils peuvent reporter leurs
sur l’investissement, l’emploi, les flux inter- dépenses, leurs investissements ou leurs em-
nationaux de capitaux et l’économie de ma- bauches, ou au contraire les accélérer, selon
nière générale. Aussi la stabilité économique leur degré de confiance ou de méfiance envers
à long terme dépendra de la restauration de les candidats ».
la confiance des investisseurs, des partenaires
étrangers, mais aussi de tous les acteurs éco- Cependant, estime la Dpee, « l’année qui suit
nomiques. les élections a généralement été caractérisée
par une reprise de l’activité économique ».
S’agissant des investissements, ils se sont gé-
néralement renforcés sur la période pré-élec-
Les analystes aussi… torale (un an avant les élections) avant de
marquer le pas à l’année électorale et pour re-
Dans sa dernière note de conjoncture relative bondir par la suite à la période suivante. Dans
au dernier trimestre 2023, la Direction de la le même sillage, les dépenses de consomma-
prévision et des études économiques (DPEE), tion ont connu des évolutions à la hausse en
fait une projection sur 2024, notamment sur période pré-électorale, qui sont généralement
l’effet des périodes électorales sur l’économie, suivies par des replis durant les deux années
et confirme que « Les périodes électorales sont qui suivent. La Dpee précise tout de même,
des moments de forte incertitude pour l’éco- que les hausses enregistrées dans les dépenses
nomie ». Analysant la situation économique de consommation finale et les investissements
du Sénégal aux périodes électorales (pré-élec- à la période pré-électorale « sont en liaison
torales, électorales et post-électorales) depuis avec l’augmentation des dépenses publiques,
les années 80, les prévisionnistes constatent notamment à travers des programmes sociaux
qu’en général, l’activité est relativement vi- et des projets d’infrastructure réalisés à cette
goureuse un an avant les échéances électo- période ».
rales, suivi d’un ralentissement à l’année des
élections.
Dans son premier discours à la nation, le avec le plein emploi productif, un travail décent
nouveau président sénégalais a décliné les pour tous, et une réduction de la pauvreté sous
grands axes de son mandat : lutte contre la toutes ses formes ». Les Sénégalais attendent,
vie chère ; la corruption, les détournements de le plus tôt possible, une baisse des denrées de
deniers publics ; des solutions à la lancinante consommation courante, et des loyers qui ne
question de l’emploi des jeunes ; l’autosuffisance cessent d’augmenter. Le nouveau président l’a
alimentaire ; etc. Ces orientations épousent les compris. « Les Sénégalais sont braves mais ils
attentes de la majorité de la population. sont fatigués et attendent de nous des solutions
contre la vie chère. La question du coût de la vie
Le Premier ministre Ousmane Sonko l’a rappelé me préoccupe particulièrement et retient toute
avant la publication de la liste des membres du mon attention », a déclaré Bassirou Diomaye
gouvernement. « Le gouvernement mis en place Faye, dans son premier discours à la nation,
ce 5 avril 2024 est un gouvernement de rupture ajoutant que, dans les prochains jours, « des
(...). C'est un gouvernement qui incarne le projet, mesures fortes seront prises dans ce sens, après
une transformation systémique plébiscitée par les concertations que j’entreprendrai avec les
le peuple sénégalais le 24 mars 2024 à travers acteurs concernés ».
une élection au premier tour avec 54,28 % des
suffrages de Bassirou Diomaye Faye », a dit Pour une réponse structurelle à la vie chère, le
Ousmane Sonko. nouveau régime mise sur un secteur primaire
fort notamment une agriculture moderne et
Sur le plan économique, Bassirou Diomaye performante. La souveraineté alimentaire
Diakhar Faye promet « un Sénégal prospère, est en tête du programme économique des
ABDOURAHMANE SARR
MINISTRE DE L’ECONOMIE, DU PLAN, ET DE LA COOPERATION
A la faveur de la formation
du premier gouvernement du
président Bassirou Diomaye
Faye dirigé par Ousmane Son-
ko, Cheikh Diba hérite du
ministère des Finances et du
Budget du Sénégal. Le nouvel
argentier est en terrain connu
c’est certain. En effet, il capita-
lise une solide expertise dans ment de l’assiette fiscale (sans 2024 offre une opportunité
les finances publiques, dont 15 asphyxier le contribuable du- d'accélérer les investissements
ans d'expérience dans l'admi- rement éprouvé) et une lutte équitables dans le capital hu-
nistration où il a occupé divers contre la fraude et l’évasion main et la transition énergé-
postes. Avant sa nomination fiscale. Les exonérations fis- tique, mais selon la Banque
au poste de ministre, Cheikh cales à défaut de disparaître mondiale, elle ne devrait pas
Diba était le directeur de la devraient drastiquement bais- contribuer aux recettes et aux
Programmation budgétaire. A ser, comme s’y est engagé le exportations avant 2035.
ce titre, il a joué un rôle crucial président Bassirou Diomaye
dans l'élaboration et la mise en Faye. L’autre chantier et pas des
œuvre du budget national. moindres, pour le nouveau
La gestion voire la maitrise ministre des Finances et du
Inspecteur des impôts et do- des dépenses publiques est un Budget, est la gestion de la
maines de son état, M. Diba autre défi notamment en ce qui dette publique. Le Sénégal,
est diplômé de l'École natio- concerne la masse salariale, comme beaucoup de pays en
nale d'administration et de qui aujourd’hui représente développement est confronté
magistrature (ENAM) du Sé- une part importante du bud- à un défi important en matière
négal et de l'Institut d'études get. Cheikh Diba devra effec- de gestion de sa dette avec un
fiscales (IEF) de Paris. Il est tuer les meilleurs choix dans stock qui a considérablement
également titulaire d'un mas- l’allocation des ressources na- augmenté ces dernières an-
ter en administration publique tionales, en ciblant au mieux nées. Il est donc important que
de l'Université Paris 1 Pan- les dépenses publiques tout en le gouvernement continue à
théon-Sorbonne. Il a été par s’assurant de leur efficacité et mettre en œuvre des réformes
ailleurs vérificateur au sein de de leur efficience dans un pays pour améliorer la gestion des
l'administration fiscale et Ré- où tout est priorité. Le Sénégal finances publiques et mobili-
dacteur à la Direction du Re- étant un et indivisible, tous ser davantage de ressources
couvrement. ses fils devraient où qu’ils se pour le développement éco-
trouvent sur le territoire na- nomique et social. Le chantier
En tant que ministre des Fi- tional profiter pleinement des est vaste mais pas impossible.
nances et du Budget, M. Diba services de l’Etat pour lut- En tant que commis de l’Etat,
a de grands défis à relever. ter contre l’exclusion sociale, Cheikh Diba peut revendiquer
Les tensions politiques, l'in- économique et améliorer les une bonne connaissance de
flation persistante ainsi que conditions de vie des popu- l’administration ; ce qui de-
les retards dans la production lations et catégories sociales vrait beaucoup l’aider.
d'hydrocarbures ont affecté la vulnérables. La production
croissance en 2023. Elle est de d'hydrocarbures prévue pour
3.7 % en 2023 selon la Banque
mondiale, légèrement en des-
sous du taux de croissance de
3.8 % enregistré en 2022. Au-
jourd’hui, le Sénégal fait face
à une situation économique
difficile marquée par une
croissance qui est au ralenti,
un chômage élevé et une dette
publique importante.
35000000
30049724
28829108
30000000 26994089
25000000
20502210
20000000 16958389
15000000
10000000
5000000
1500361
896747 935634 963950 1209470
0
2 019 2 020 2 021 2 022 2 023
Figure 2 : Evolution en nombre et valeur des opérations effectuées dans SAGETIL - UEMOA
381345
400000
350000
295840
300000
200000
150000
100000
0
2 019 2 020 2 021 2 022 2 023
1400000
1211158
1200000 1040806
1000000 842363
800000 620798 655868 677342
600000
400000
200000
0
2 019 2 020 2 021 2 022 2 023
28339223
30000000 27171381
25491043
25000000
18992429
20000000
15727456
15000000
10000000
5000000
51585 53813 64057 71267 78210
0
2 019 2 020 2 021 2 022 2 023
100,00% 94,31%
90,00%
80,00%
66,94%
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
26,26%
30,00%
20,00%
5,60%
10,00%
0,75% 0,35%
0,00%
Virement Chèque STAR-UEMOA Prélèvement Lettre de SICA-UEMOA
change
4Avec une évolution en dents de Figure 6: Evolution des échanges interbancaires de chèques en vo-
scie, les paiements par chèque ont lume et en valeur
connu un repli de 1,56% en volume
et une hausse de 7,92% en valeur
Les échanges interbancaires de
chèque qui représentent 26,6%
des paiements totaux, ont été 9000000 8177203 8088225 8014240
caractérisés par une évolution 7634311 7890883
8000000
contrastée. En effet, en nombre,
7000000
ils sont passés de 8 014 240 en
2022 pour s’établir à 7 890 883 en 6000000
25000000
20000000
15000000
10000000
5000000
0
2 019 2 020 2 021 2 022 2 023
Nombre de paiements par virement Valeur des paiements par virement (en milliards de FCFA)
2 50000
223985
193215
2 00000
152810
150000
100000
63589
50855
50000
Nombre de paiements par prélèvement Valeur des paiements par prélèvement (en milliards de FCFA)
Figure 9 : Evolution des opérations par billets à ordre (en volume et en valeur)
4000 3776
3500
3036
3000
2386
2500
2000
1441
1500
1068
1000
5 00 195 225
124 108 117
0
2 019 2 020 2 021 2 022 2 023
Nombre de paiements par billet à ordre Valeur des paiements par billet à ordre (en milliards de FCFA)
160000
140000
120000
100000
80000
60000
4 0000
20000
0
2 019 2 020 2 021 2 022 2 023
Nombre de paiements par lettre de change Valeur des paiements par lettre de change (en milliards de FCFA)
Opérations de paiement traitées dans SAGETIL-UMOA (en milliards de FCFA) 224364 225953 222551
Opérations de paiement traitées dans SICA-UEMOA (en milliards de FCFA) 51585 53813 64057
Opérations traitées dans STAR-UEMOA (en milliards de FCFA) 620798 655868 677342
Valeur des paiements par chèque (en milliards de FCFA) 40683 40930 47466
Valeur des paiements par virement (en milliards de FCFA) 6685 8615 11120
Valeur des paiements par prélèvement (en milliards de FCFA) 1039 1222 1727
Valeur des paiements par billet à ordre (en milliards de FCFA) 124 108 117
Valeur des paiements par lettre de change (en milliards de FCFA) 3054 2939 3627
Le Marché Financier Primaire repose sur l’émission Le Marché Financier Régional (MFR) est le marché
nouvelle d’actions et d’obligations, alors que le des capitaux de long terme où sont échangées
Marché Financier Secondaire est celui où s’échangent uniquement les obligations et les actions des
les titres déjà émis. Le marché primaire est en activité entreprises privées cotées ou non, des Etats de
à l'occasion de trois (3) catégories d'opérations : la l’Union Economique Monétaire Ouest Africain
création et l'augmentation de capital, l'introduction (UEMOA) et leurs démembrements, et des
en bourse, l'émission obligataire. C'est le « marché du institutions. Ce marché est régulé par le l’Autorité
neuf » ou de titres nouveaux. Le Marché Secondaire des Marchés Financiers (anciennement connu sous
est organisé par la Bourse Régionale des Valeurs le nom CREPMF), contrairement au marché des
Mobilières (BRVM) avec le Dépositaire Central/ capitaux de court terme appelé également Marché
Banque de Règlement (DC/BR) qui garantit la Monétaire régulé par la Banque Centrale des Etats
bonne fin des opérations. de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
côte d’ivoire et l’entrée en bourse de la société La Côte d'Ivoire domine le marché de l'UEMOA,
Orange Côte d’Ivoire en décembre 2022 pour avec 35 sociétés cotées, soit 76,09% du portefeuille
une capitalisation de 1431,23 milliards de FCFA, global des cotations. Les autres pays ont enregistré
soit le 21ième Initial Public Offering (IPO) ou « une part de marché plus faible : Burkina Faso (3 ;
introduction en bourse » sur la BRVM depuis 1998 6,52%), Sénégal (3 ; 6,52%), Togo (2 ; 4,35%), Bénin
et le 10ième IPO d’une entreprise ivoirienne. (1 ; 2,17%), Mali (1 ; 2,17%) et Niger (1 ; 2,17%). La
Guinée Bissau n’enregistrant aucune société cotée.
Figure 1 :
Répartition des sociétés cotées suivant les pays de l'UEMOA
50 46
45
40 35
35
30
25
20
15
10
3 3 2
5 1 1 1
0
Côte Burkina Sénégal Togo Bénin Mali Niger TOTAL
d'Ivoire Faso
Burkina Faso ;
6,52%
Côte d'Ivoire ;
76,09%
Figure 3 :
Evolution du volume des transactions négociées sur le marché des actions de la BRVM
211220382
164194138
105905940
74642223
53776202
7966,5
7560,177
6085,419
4760,6
4367,676
133
140
120 110
94
100
83
80
58
60
40
20
0
2019 2020 2021 2022 2023
109
2023 10
87
2022 8
74
2021 5
60
2020 6
38
2019 3
0 20 40 60 80 100 120
Nombre d’obligations publiques cotées à la BRVM Nombre d’obligations privées cotées à la BRVM
41045366
29722732
16357044
10245679
4767082
Depuis 2019, date du démarrage de ses activités, la Société de gestion et d’intermédiation (Sgi),
Finance gestion et intermédiation (Fgi) a été très active en matière de collecte de souscriptions
pour les émissions du marché financier. Selon sa Directrice générale, Mme Astou Diop Sène,
Fgi avec l’expérience significative de certains de ses collaborateurs en matière de collecte de
souscriptions sur le marché financier, a réussi à mobiliser en moyenne 3 500 milliards FCFA
sur les 05 dernières années, notamment sur les Emprunts souverains y compris les Fctc. Dans
une interview exclusive accordée au « Journal de l’économie sénégalaise (Lejecos), Mme Sène
précise les modèles d’affaires et champ d’intervention de la Fgi, et revient sur ses missions, sa
sélection pour intégrer le projet d’interconnexion des marchés boursiers africains. Elle analyse
également la situation du Marché financier régional.
Entretien.
Madame la Directrice géné- est votre modèle d’affaires et de Covid 19. Rejoignant plus
rale, Fgi est une Société de votre champ d’intervention ? de 30 Sgi déjà agréées sur le
gestion et d’intermédiation marché financier régional, elle
Effectivement, Fgi a démar-
(Sgi) présente sur le marché s’est vite positionnée en pro-
ré son activité en 2019, juste
financier depuis 2019. Quel posant des offres innovantes
avant le début de la pandémie
partenariats avec les sociétés nancier régional et les investis- constitue aujourd’hui un en-
de courtage évoluant dans les seurs étrangers désirant inter- jeu majeur pour le dévelop-
autres places boursières, telles venir sur le Marché financier pement du marché boursier. A
que le Nigeria et le Kenya, régional. Fgi, nous avons opté pour des
permettant ainsi à ses clients campagnes ciblées, de manière
Dans le domaine de la levée
d’accéder à ces marchés. Lors pédagogique, auprès des po-
de fonds, en particulier, les
de la dernière conférence an- pulations (commerçants, pro-
opérations d’augmentation
nuelle de l’Association des fessions libérales etc....), des
de capital et/ou d’émissions
Bourses africaines (Asea), Fgi dirigeants de société, bref des
d’emprunts obligataires (Ap-
a eu l’honneur d’effectuer un épargnants en général pour
pel Public à l’Epargne ou par
live Trade avec Dyer & Blair leur permettre d’acquérir les
placement Privé), quels sont
Investment Bank, courtier en compétences nécessaires qui
les « success stories » et les
valeurs mobilières à la Bourse leur permettront de prendre
segments ?
de Nairobi (Nse), sous la pré- les bonnes décisions en termes
sence effective de William Fgi est très active dans le sou- d’épargne ou d’investisse-
Ruto, Président de la Répu- tien des Etats pour la mobili- ment. Cela se fait par le biais
blique du Kenya. sation des ressources. Outre de webinaires, de campagnes
l’expérience significative de sur le terrain avec des ren-
Nous avons accueilli cette
certains collaborateurs de Fgi contres B to B, des spots vi-
distinction avec beaucoup de
en matière de collecte de sous- déo pour parler de la bourse
fierté et de responsabilité, car
criptions sur le marché finan- en termes simples et compré-
nous avons la lourde charge
cier, en cinq (05) ans d’activité, hensibles pour les profanes.
de réussir cette aventure, qui
permet aujourd’hui aux in-
vestisseurs et aux épargnants « AVEC UNE CAPITALISATION BOURSIÈRE DE 12,86 MIL-
d’investir sur d’autres mar- LIARDS DE DOLLARS AMÉRICAINS, LA BRVM DÉPASSE
chés, et accéder ainsi à une di- LA BOURSE KENYANE ET SE CLASSE JUSTE DERRIÈRE LA
versification et une rentabilité BOURSE DE L’EGYPTE DONT LA CAPITALISATION BOUR-
appréciable de leurs investis- SIÈRE EST DE 43,43 MILLIARDS DE DOLLARS ».
sements.
nous avons été actifs en matière Il est clair que pour atteindre
de collecte de souscriptions l’objectif d’inculquer une édu-
pour les émissions du marché cation d’épargne et d’investis-
Fgi offre un portefeuille re- sement à nos populations, un
financier (3 500 milliards de
lativement diversifié de pro- travail continu et à long terme
FCFA en moyenne sur les 05
duits et services. Pouvez-vous est nécessaire autant sur le ter-
dernières années notamment
nous en dire davantage ? rain qu’à travers les supports
sur les Emprunts souverains y
Quelles sont les principales média. Ces différentes actions
compris les Fctc). Ceci nous
cibles et segments de marché combinées avec des politiques
permet de bénéficier régulière-
couverts ? de formation et de vulgarisa-
ment de collaborations straté-
La Sgi Fgi travaille avec dif- giques avec d’autres confrères, tion des produits financiers,
férents types de clients. Cela ou acteurs en quête de parte- de la part des autorités, per-
va des personnes physiques naires pour la mobilisation de mettront de développer l’in-
souhaitant rentabiliser leur ressources financières sur le clusion financière et ainsi sti-
épargne ; aux Pme pour des marché financier. Ainsi, nous muler le développement de
solutions de financement et la en sommes à notre 6ième mis- la culture boursière chez les
gestion de trésorerie ; en pas- sion de co-chef de file d’un populations. C’est la seule fa-
sant par les Institutionnels et emprunt obligataire pour çon de développer une culture
les grandes entreprises pour l’Etat de Côte d’Ivoire. d’épargne pouvant permettre
des levées de fonds et la ges- de contribuer au financement
Fgi s’investit invariablement de l’économie de nos pays de
tion de trésorerie et les Etats
pour le développement de la manière interne.
pour mobiliser des ressources
culture boursière des popula-
sur le Marché Financier Ré-
tions. Quels sont les outils et
gional et financer leurs inves-
canaux de dissémination uti-
tissements. La Sgi Fgi cible L’élargissement de la base
lisés ? Y a-t-il encore des défis
aussi dans son portefeuille des investisseurs reste tou-
à relever dans ce sens ?
les collectivités locales ayant jours un enjeu de taille pour
l’autonomie de financer leurs Sensibiliser les populations à les Sgi et les autres interve-
programmes sur le Marché fi- adopter une culture boursière nants du marché. Quelles
Les Sociétés de Gestion et d'In- sous réserve d'une homologation mystère des activités des SGI
termédiation (SGI), principaux de leur tarif par l’Autorité des et de l’analyse de leurs perfor-
animateurs du Marché Financier Marchés Financiers. mances en 2023.
Régional (MFR), sont des établis-
A l’aide des données recueillies
sements financiers spécialisés
auprès des acteurs du marché,
constitués sous la forme d'une Il existe aujourd’hui trois types
le classement a été effectué sur
société anonyme avec un agré- de SGI :
la base des parts de marché re-
ment de l’Autorité des Marchés
- Les SGI de réseau qui sont latives aux valeurs des transac-
Financiers (ex CREPMF).
créées par des institutions finan- tions des SGI.
S’agissant de leurs missions et at- cières telles que les banques ;
L’analyse confirme la prédomi-
tributions, il faut retenir que les
- Les SGI de place qui émanent nance de la Côte d’Ivoire qui dé-
SGI sont d'abord des courtiers en
d'un ensemble d'opérateurs d'un tient près de 70 % des parts de
valeurs mobilières. Elles bénéfi-
même Etat membre de l'Union ; marché du courtage, de la tenue
cient du monopole de la négocia-
de compte et de la conservation
tion des valeurs mobilières cotées - Les SGI indépendantes qui ont des titres. En outre, il est noté que
à la BRVM, ainsi que de la tenue pour origine l'esprit d'entreprise 40% des SGI du marché sous ré-
de compte et de la conservation de groupes de sociétés et /ou de gional ont enregistré un recul de
des titres pour leur compte et ce- personnes physiques. leur portefeuille avec le volume
lui de la clientèle. Enfin et à titre
de transactions qui est passé de
accessoire, elles exercent des acti-
169,9 milliards en 2022 à 169,10
vités de conseil en placement ou A travers un classement sous milliards de FCFA en 2023, soit
en investissement et d'ingénierie régional et local, Le journal un repli de l’activité d’intermé-
financière. Les SGI déterminent de l’économie sénégalaise diation de près de 8%.
librement leurs commissions, (LEJECOS) tente de percer le
30
25
20
16
15
10
6
5
5 3 3
1 1
0
Côte Sénégal Bénin Mali Burkina Togo Niger TOTAL
d'Ivoire Faso
Côte d'Ivoire
46%
Bénin
14%
Sénégal
17%
17 SBIF 1,10%
34 SA2IF 0,03%
44,87%
45,00%
40,00%
35,00%
29,53%
30,00%
25,00%
20,00%
12,75%
15,00%
0,00%
CGF Bourse Invictus Capital Impaxis Finance Gestion SGI ABCO Everest Finance
et Finance Securities et
Interm édiation
BRVM a signé des conventions institutions comme les Bourses vent évoquée par certains ac-
avec 30 écoles et universités, dont de se positionner au cœur de la teurs pour favoriser une plus
18 bénéficient des écrans déloca- transformation digitale et d’adap- grande attractivité de la place
lisés. ter nos services aux besoins des boursière de l’UEMOA. Y a-t-il
Les initiatives de coopération se investisseurs. des actions menées dans ce sens
poursuivent. Cette quête de la digitalisation se par la BRVM ?
Au regard de la situation d’ins- matérialiserait par : Sur les 10 dernières années, la
tabilité de l’environnement éco- • le développement des outils di- BRVM a pris diverses initiatives
nomique, monétaire et financier, gitaux de levée de fonds ; en matière de baisse de ses tarifs.
quel regard pourrait-on faire sur • la mise en place et la promotion En effet, depuis le 1er janvier
la performance et la liquidité du e-listing, qui a fait ses preuves 2014, la BRVM a (i) réduit de 50 %
des titres ? sur la Bourse du Luxembourg ; ses commissions d’introduction
La BRVM se porte bien. et (ii) plafonner sa commission
•la vulgarisation de Bourse en
de capitalisation à 600 millions
Nos indices se sont orientés dans ligne, qui contribuerait à une
de FCFA par émetteur avec une
le vert en 2023 et au 1er trimestre forte vulgarisation de la culture
dégressivité du taux en fonction
2024. boursière, et ;
du flottant.
La liquidité de notre marché s’est •plus généralement, le dévelop-
En outre, depuis le 1er janvier
améliorée pour se fixer à 12 % en pement accéléré de « Bourses
2019, la BRVM a également réduit
2023 contre 6,79 % en 2020 . digitales et disruptées » par l’uti-
de 75 % sa Commission de rétro-
Bien entendu, il y a des titres qui lisation massive des nouvelles
cession de courtage sur les titres
sont plus transigés que d’autres ; technologies dans tous les mé-
de créance.
et cela est la logique des marchés. tiers de la Bourse avec l’appari-
tion de cyber traders et de cyber D’autres acteurs du marché ont
En tout état de cause, la BRVM et également eu des initiatives de
asset managers.
une bourse résiliente et l’a suffi- réduction de leurs coûts.
samment démontré au cours des Dans ce cadre, la BRVM a entre-
pris plusieurs initiatives. A présent, l’heure est au bilan des
deux dernières décennies.
impacts de ces revues tarifaires
En effet, la Bourse en ligne a été
sur l’évolution du marché et les
autorisée sur le Marché Finan-
Avec les évolutions récentes travaux sont en cours.
cier Régional et la BRVM a mis
des technologies disruptives
en place les outils technologiques
telles que la Blockchain, le Big
pour permettre à tous les brokers La BRVM a développé une ini-
Data, l’Intelligence Artificielle,
d’offrir à leur clients la possibili- tiative incitative dénommée
etc., les métiers de la finance
té de saisir des ordres de bourse « Elite BRVM Lounge ». Pou-
connaissent des mutations pro-
eux-mêmes et d’en voir l’exécu- vez-vous nous rappeler les cri-
fondes et une remise en cause
tion de façon quasi-instantanée. tères et procédures de sélection
des modèles de fonctionnement
Avec le développement des tech- des PME ? Quel bilan partiel
des marchés financiers. Com-
nologies disruptives, la BRVM pourrait - on tirer en termes de
ment la BRVM compte accom-
est convaincue que la collabo- nombre d’entreprises éligibles
pagner les différents acteurs
ration avec la Fintech est indis- et d’impacts sur le fonctionne-
du marché dans l’innovation et
pensable pour développer des ment et la performance du mar-
l’anticipation sur les disruptions
modèles d’affaires compétitifs et ché ?
futures ?
adaptés au besoin des clients (à Pour mémoire, le Programme
Les innovations technologiques
majorité connectés) des acteurs ELITE BRVM Lounge est une dé-
constituent une opportunité pour
du marché. C’est à juste titre que clinaison du programme ELITE
les bourses, au regard de leur fa-
la BRVM a lancé, il y a quelques initié par la Bourse de Londres.
culté à développer de nouveaux
années, un laboratoire de tech- Il a eu pour principal objectif de
services et améliorer la qualité
nologies numériques « BRVM préparer les PME (renforcement
des prestations. Certaines techno-
Fintech Lab ». Les activités de ce de capacité) à l’accès au finance-
logies émergentes ont un fort po-
laboratoire seront relancées très ment à long terme sur le marché
tentiel de disruption et pourront
prochainement. de capitaux, à travers leur intro-
remettre sérieusement en cause
La BRVM poursuit ses travaux en duction au Troisième Comparti-
certains fondamentaux dans le
matière d’usage de la technologie ment de la BRVM.
mode de fonctionnement actuel
des services financiers. C’est le au profit du développement du Les critères d’admission des en-
cas de la Blockchain, des évolu- marché. treprises au programme ELITE
tions de l’Intelligence artificielle, BRVM Lounge étaient les sui-
de la Big Data, etc. vants :
La baisse de tarification appli-
Il est donc important pour des cable aux transactions est sou- • avoir un chiffre d’affaires
1 SNTS SONATEL SÉNÉGAL 1 538 190 000 000 1 798 000 000 000 22,57%
2 ORAC ORANGE CÔTE D’IVOIRE 1 520 000 000 000 1 642 143 315 000 20,61%
3 SGBC SOCIÉTÉ GÉNÉRALE CÔTE D’IVOIRE 361 044 000 000 499 333 315 500 6,27%
4 ECOC ECOBANK COTE D’IVOIRE 343 598 000 000 374 344 080 000 4,70%
5 ETIT ECOBANK TRANSNATIONAL INCORPORATED 272 454 000 000 343 598 027 718 4,31%
6 CBIBF CORIS BANK INTERNATIONAL BURKINA FASO 272 225 000 000 297 600 000 000 3,74%
7 SIBC SOCIETE IVOIRIENNE DE BANQUE COTE D’IVOIRE 268 480 000 000 267 500 000 000 3,36%
8 ORGT ORAGROUP TOGO 229 250 000 000 183 255 681 840 2,30%
9 NTLC NESTLE COTE D’IVOIRE 217 600 000 000 162 989 904 000 2,05%
10 ONTBF ONATEL BURKINA FASO 181 970 000 000 155 040 000 000 1,95%
25,00%
22,57%
20,61%
20,00%
15,00%
10,00%
6,27%
4,70% 4,31%
5,00% 3,74% 3,36%
2,30% 2,05% 1,95%
0,00%
SNTS ORAC SGBC ECOC ETIT CBIBF SIBC ORGT NTLC ONTB F
Les dix (10) actions les moins CRIVOIRE COTE D'IVOIRE (9, COTE D'IVOIRE ( 6 , 5 7
prolifiques du marché sont SE- 31 milliards FCFA), NEI-CEDA milliards FCFA), MOVIS COTE
TAO COTE D'IVOIRE (12, 096 COTE D'IVOIRE (9, 25 milliards D'IVOIRE (2, 00 milliards FCFA)
milliards FCFA), UNIWAX FCFA), AIR LIQUIDE COTE et SICOR COTE D'IVOIRE (1,81
COTE D'IVOIRE (11, 10 milliards D'IVOIRE (7,24 milliards FCFA), milliards FCFA).
FCFA), SAFCA COTE D'IVOIRE BERNABE COTE D'IVOIRE
(10, 51 milliards de FCFA), SU- (6, 62 milliards FCFA), SICABLE
Tableau 2 :
Les 10 plus faibles capitalisations boursières du marché des actions de la BRVM en 2023
38 UNXC UNIWAX COTE D’IVOIRE 14 131 040 000 11 101 250 000 0,14%
39 SAFC SAFCA COTE D’IVOIRE 13 248 000 000 10 515 076 250 0,13%
40 SCRC SUCRIVOIRE COTE D’IVOIRE 12 768 000 000 9 310 000 000 0,12%
41 NEIC NEI-CEDA COTE D’IVOIRE 10 212 660 000 9 255 223 125 0,12%
42 SIVC AIR LIQUIDE COTE D’IVOIRE 7 145 380 000 7 249 220 000 0,09%
43ex BNBC BERNABE COTE D’IVOIRE 6 926 400 000 6 624 000 000 0,08%
43ex CABC SICABLE COTE D’IVOIRE 5 895 450 000 6 571 200 000 0,08%
45 SVOC MOVIS COTE D’IVOIRE 3 243 000 000 2 001 321 875 0,03%
46 SICC SICOR COTE D’IVOIRE 2 001 321 875 1 815 000 000 0,02%
Figure 2:
Les 10 plus faibles capitalisations boursières du marché des actions de la BRVM en 2023
0,16% 0,15%
0,14%
0,14% 0,13%
0,12% 0,12%
0,12%
0,10% 0,09%
0,08% 0,08%
0,08%
0,06%
0,04% 0,03%
0,02%
0,02%
0,00%
SETAO COTE UNIWA X SA FCA COTE SUCRIV OIRE NEI-CEDA AIR LIQUIDE BERNABE SICABLE MOVIS COTE SICOR COTE
D'IVOIRE COTE D'IVOIRE COTE COTE COTE COTE COTE D'IVOIRE D'IVOIRE
D'IVOIRE D'IVOIRE D'IVOIRE D'IVOIRE D'IVOIRE D'IVOIRE
1800000000 000
1600000000 000
1400000000 000
1200000000 000
1000000000 000
8000000000 00
6000000000 00
4000000000 00
2000000000 00
0
CB IB F
CFAC
SLB C
CIEC
SOGC
SHEC
FTSC
BNB C
SIC C
SNTS
BOAS
BOAM
ORAC
SGBC
ECOC
SIB C
NSBC
BOAC
BICC
STBC
SPHC
SDCC
SEMC
ABJC
UNXC
SAFC
SIVC
CABC
ORGT
BOAN
BOAB
TTLS
ONTBF
BOABF
NTLC
TTLC
PALC
SMBC
SDSC
UNLC
PR SC
STAC
SCRC
NEIC
SVOC
ETIT
Tableau 2 :
Evolution de la capitalisation boursière des actions du marché de la BRVM
1 SNTS 1 699 500 000 000 1 350 000 000 000 1 397 500 000 000 15 977 500 000 1 798 000 000 000 18,29% 22,57%
2 ORAC 0 0 0 14 131 040 000 1 642 143 315 000 6,76% 20,61%
3 SGBC 239 555 547 000 251 844 435 450 329 622 210 450 13 248 000 000 499 333 315 500 38,30% 6,27%
4 ECOC 219 651 894 000 214 422 087 000 263 417 121 000 12 768 000 000 374 344 080 000 37,51% 4,70%
5 ETIT 253 177 494 108 235 093 387 386 325 513 920 996 10 212 660 000 343 598 027 718 0,00% 4,31%
6 CBIBF 256 000 000 000 259 200 000 000 336 000 000 000 7 145 380 000 297 600 000 000 10,85% 3,74%
7 SIBC 141 000 000 000 135 000 000 000 199 250 000 000 6 926 400 000 267 500 000 000 16,68% 3,36%
8 ORGT 288 072 378 650 288 072 378 650 290 848 979 890 5 895 450 000 183 255 681 840 -32,74% 2,30%
9 NTLC 8 717 808 000 7 062 528 000 101 634 192 000 3 243 000 000 162 989 904 000 -10,43% 2,05%
10 ONTBF 183 940 000 000 194 820 000 000 268 260 000 000 2 001 321 875 155 040 000 000 -28,75% 1,95%
11 BOABF 83 380 000 000 82 500 000 000 136 400 000 000 114 400 000 000 153 560 000 000 34,23% 1,93%
12 CFAC 78 896 776 500 65 293 884 000 215 832 561 000 168 676 000 000 152 352 396 000 -9,68% 1,91%
13 NSBC 160 032 680 840 148 407 432 000 152 983 327 820 147 789 000 000 148 407 432 000 0,42% 1,86%
14 SLBC 74 073 780 000 83 785 675 600 256 789 104 000 137 036 000 000 143 209 308 000 4,50% 1,80%
15 BOAC 79 900 000 000 73 500 000 000 117 100 000 000 74 000 000 000 137 900 000 000 86,35% 1,73%
16 BOAB 73 212 691 640 74 936 536 180 107 486 777 200 120 669 000 000 128 984 132 640 6,89% 0,00%
17 BICC 113 333 356 000 111 333 355 600 123 333 358 000 114 167 000 000 124 833 358 300 9,34% 1,57%
18 TTLC 107 034 720 000 100 108 944 000 132 219 360 000 119 312 000 000 113 330 880 000 -5,01% 1,42%
19 STBC 10 862 775 000 9 516 150 000 110 961 900 000 122 992 000 000 106 742 475 000 -13,21% 1,34%
20 PALC 28 135 955 120 34 783 461 000 108 060 618 840 160 545 000 000 104 350 383 000 -35,00% 1,31%
21 CIEC 89 600 000 000 84 000 000 000 106 120 000 000 111 440 000 000 95 200 000 000 -14,57% 1,19%
22 SMBC 19 488 000 000 24 009 216 000 53 786 880 000 53 007 360 000 82 083 456 000 54,85% 1,03%
23 TTLS 55 382 090 000 58 639 860 000 64 340 957 500 82 584 469 500 81 444 250 000 -1,38% 1,02%
24 BOAS 37 080 000 000 35 880 000 000 56 400 000 000 58 800 000 000 76 800 000 000 30,61% 0,96%
25 SDSC 81 652 950 000 84 374 715 000 139 898 721 000 75 937 243 500 73 487 655 000 -3,23% 0,92%
26 SOGC 55 732 747 200 50 764 324 000 108 009 200 000 122 482 000 000 70 638 016 800 -42,33% 0,89%
27 BOAN 44 005 000 000 45 500 000 000 66 300 000 000 75 205 000 000 70 070 000 000 -6,83% 0,88%
28 SPHC 33 480 986 550 35 781 207 000 132 773 835 975 127 662 000 000 60 061 311 750 -52,95% 0,75%
29 SHEC 50 400 000 000 37 800 000 000 54 180 000 000 47 250 000 000 49 770 000 000 5,33% 0,62%
30 UNLC 32 141 900 000 38 248 861 000 44 906 826 000 64 513 385 000 45 917 000 000 -28,83% 0,58%
31 SDCC 25 200 000 000 26 910 000 000 38 655 000 000 49 185 000 000 42 930 000 000 -12,72% 0,54%
32 BOAM 21 045 000 000 20 587 500 000 27 175 500 000 25 620 000 000 26 992 500 000 5,36% 0,34%
33 FTSC 24 328 951 500 22 707 021 400 23 694 283 200 22 565 984 000 25 950 881 600 15,00% 0,33%
34 PRSC 27 596 800 000 22 476 800 000 43 008 000 000 32 716 800 000 19 456 000 000 -40,53% 0,24%
35 SEMC 3 274 648 000 5 037 920 000 19 270 044 000 17 128 928 000 17 632 720 000 2,94% 0,22%
36 ABJC 13 640 000 000 13 530 880 000 19 096 000 000 14 131 040 000 14 512 960 000 2,70% 0,18%
37 STAC 3 292 800 000 3 763 200 000 9 811 200 000 12 768 000 000 12 096 000 000 -5,26% 0,15%
38 UNXC 35 793 750 000 20 750 000 000 41 500 000 000 15 977 500 000 11 101 250 000 -30,52% 0,14%
39 SAFC 2 720 116 250 2 273 530 000 6 901 787 500 7 145 380 000 10 515 076 250 47,16% 0,13%
40 SCRC 11 858 000 000 9 800 000 000 18 816 000 000 18 130 000 000 9 310 000 000 -48,65% 0,12%
41 NEIC 1 787 215 500 2 936 139 750 7 978 640 625 10 212 660 000 9 255 223 125 -9,38% 0,12%
42 SIVC 1 615 790 000 1 615 790 000 7 816 930 000 5 895 450 000 7 249 220 000 22,96% 0,09%
43ex BNBC 4 636 800 000 3 974 400 000 14 407 200 000 13 248 000 000 6 624 000 000 -50,00% 0,08%
43ex CABC 3 729 600 000 5 979 200 000 6 008 800 000 6 926 400 000 6 571 200 000 -5,13% 0,08%
45 SVOC 2 001 321 875 2 001 321 875 2 001 321 875 2 001 321 875 2 001 321 875 0,00% 0,03%
46 SICC 1 644 000 000 738 000 000 3 072 000 000 3 243 000 000 1 815 000 000 -44,03% 0,02%
Total 4 781 606 323 733 4 379 760 140 891 6 089 142 558 871 7 560 173 921 875 7 966 959 731 398 5,38% 100%
L’action BOA Côte d’Ivoire (BOA (4ème) ont connu un envol de leur
4Le TOP 10 des actions les CI) a battu le record de toutes les valeur boursière affichant ainsi
plus performantes du marché
de la BRVM valeurs mobilières en 2023, en des taux de progression respectifs
enregistrant la plus forte hausse de 47,16% et 38,30%. Quant à
En 2023, dans l’ordre, dix (10) de son cours annuel (86,35%), l’action ECOBANK CI (5ème),
actions se distinguent sur le marché en liaison certainement avec elle ressort avec une hausse
par une évolution remarquable les performances notées dans de 37,51%. Les deux actions
de leur valeur boursière, il s’agit le secteur bancaire ivoirien. La jumelles, BOA BURKINA (6ème)
de : BOA CI, SMB, SAFCA, SGCI, Société Multinationale de Bitume et BOA SENEGAL (7ème) ont été
ECOBANK CI, BOA BURKINA, de Côte d'Ivoire (SMB) occupe la marquées par un rebond de leur
BOA SENEGAL, AIR LIQUIDE, deuxième place du podium avec valeur, respectivement de 34,23%
SONATEL et Société Ivoirienne une performance de +54,85% de et 30,61%. Enfin, les titres AIR
de Banque (Sib). la valeur du titre. LIQUIDE (22,96%), SONATEL
(18,29%) et SIB (16,68%) ferment
Les titres SAFCA (3ème) et SGCI la marche du TOP 10.
86,35%
90,00%
80,00%
70,00%
60,00% 54,85%
47,16%
50,00%
38,30% 37,51%
40,00% 34,23%
30,61%
30,00% 22,96%
18,29% 16,68%
20,00%
10,00%
0,00%
BOA CI SMB SAFCA SGCI ECOBANK BOA BOA AIR SONATEL SIB
CI BURKINA SENEGAL LI QUIDE
• Les plus fortes volatilités notées alors au degré de dispersion des : le risque systématique et le
sur les valeurs NTLC (573,95%) et valeurs de ce titre autour de la risque spécifique. Le risque
STBC (463,84%) moyenne. systématique est un risque non
évitable et non diversifiable lié au
Le risque d’un titre financier C’est un critère d’évaluation
marché. Il mesure la sensibilité du
représente les fluctuations de important pour les investisseurs
rendement du titre par rapport au
celui-ci ou, ce qui revient au même, lors de la prise de décisions
rendement du marché, ainsi que
à l’écart type ou sa volatilité. Plus relatives à un placement donné.
la dépendance du titre au marché.
cette volatilité est élevée, plus le On peut donc décomposer le
risque est élevé et inversement. Quant au risque spécifique
risque total d’une action en
La volatilité d’un titre correspond (risque intrinsèque ou risque
deux composantes de risque
5
Figure 4 : Volatilités des 46 actions du marché de la BRVM
4
0
ECOC
SIVC
SLBC
NSBC
SDSC
CABC
STAC
NTLC
PRSC
SCRC
BOAB
BOAM
BOAS
SNTS
BOAN
BOAC
BI CC
ORAC
SHEC
SEMC
ABJC
SVOC
CFAC
SDCC
UNLC
UNXC
SICC
SPHC
BOABF
ONTBF
ETIT
ORGT
TTLS
SMBC
SAFC
SGBC
SIBC
FTSC
TTLC
NEIC
STBC
CIEC
PALC
SOGC
BNBC
CBIBF
Rp - Rf
Sp =
6p
Le ratio de Sharpe peut être considéré comme le Nous retenons pour le taux de rendement sans
quotient de l’excès de rentabilité en comparaison risque, la valeur proxy de 6%.
au taux sans risque, divisé par le risque total du
portefeuille. Il donne en fait la possibilité de calculer - Si le ratio de Sharpe est ˂ 1, le portefeuille de
la performance d’un placement par rapport à celle titres n’est pas performant. Il n’est donc pas
d’un investissement au taux sans risque. Son intéressant d’investir dans ce portefeuille ;
expression mathématique est la suivante : - Si le ratio de Sharpe est compris entre 0 et 1,
avec, le portefeuille de titres possède un excédent de
rendement insuffisant par rapport au risque pris ;
Sp : Ratio de Sharpe du portefeuille risqué P ;
- Si le ratio de Sharpe est > 1, le portefeuille a une
Rp : Rendement du portefeuille risqué P ; performance supérieure à celle du placement au
taux sans risque et donc il génère une plus forte
Rf : Taux de rendement sans risque (équivalant rentabilité. Ainsi donc, plus le ratio de Sharpe est
au taux des bons du trésor) ; élevé, plus le portefeuille de titres est performant et
Ϭp : volatilité du portefeuille risqué P ; plus il est intéressant d’investir dans celui-ci.
73,8%
On remarque ainsi, à
travers les données
simulées, une évolution
en dents de scie de la
rentabilité du portefeuille
d’actions sélectionné qui
est passé de -5,2% en 2020
à un pic de 73,8% en 2021,
pour s’établir à 2,3% en 10,1%
-5,2%
2022 avant d’atteindre 2,3%
10,1% en 2023 2020 2021 2022 2023
2,500 2,160
2,000
1,500
1,000
0,500 0,131
-0,357 -0,119
0,000
2020 2021 2022 2023
-0,500
BADANAM PATOKI
PRÉSIDENT DE L’AMF-UMOA
D’ailleurs, nous avons orga- faire la promotion de la fi- de fournir une plateforme
nisé des événements tels que nance et de l'investissement d'échange pour les inves-
le Colloque international sur durables sur le marché ré- tisseurs, les décideurs poli-
la finance et l'investissement gional de l’Umoa. Quelles tiques, les émetteurs et autres
durables en 2023, qui a réuni sont les retombées et les parties prenantes.
des acteurs clés pour discuter perspectives pour les pays
des enjeux et des opportuni- membres ? Les discussions approfondies
tés dans ce domaine. En plus ont porté sur des sujets cru-
de la promotion de la finance Dans le cadre de la mise en ciaux comme, le changement
durable, nous avons pris des œuvre des actions visant à climatique, les obligations
mesures pour diversifier la accroître l’attractivité et la vertes, sociales et durables, le
base des investisseurs et faci- diversification du marché financement des transitions,
liter l'accès au marché finan- financier de l'Umoa, l'Amf- les énergies renouvelables
cier, notamment à travers le Umoa a organisé, les 14 et 15 et l'agriculture durable. Ce
déploiement de la bourse en septembre 2023, en collabora- forum a été de mon point
ligne et le développement de tion avec les Partenaires tech- de vue, un succès retentis-
la titrisation. niques et financiers, tels que sant, car il a démontré que
la Banque mondiale, le Pidg, la finance durable offre des
La gouvernance du marché l'Iefa et Fsd Africa, la toute alternatives crédibles aux
financier, qui fait partie de première édition du Colloque mécanismes traditionnels de
notre mission, a également international de l'Afrique de financement, tout en préser-
été récemment renforcée, l'Ouest sur la finance et l'in- vant la stabilité financière.
tant au niveau des infrastruc- vestissement durables.
tures de marché, que des in- Le Colloque a, par ailleurs,
termédiaires agrées. Enfin, Cet événement, qui entre en révélé le potentiel de notre
zone et de notre marché pour
« LA PROMOTION DE LA FINANCE ISLAMIQUE ET DU attirer les investisseurs in-
MARCHÉ DES CAPITAUX DURABLES REVÊT UNE IM- ternationaux, en mettant en
PORTANCE CRUCIALE POUR LE DÉVELOPPEMENT DU- lumière les projets de mitiga-
RABLE DE NOS ÉCONOMIES » tion et d’atténuation du chan-
gement climatique. De plus,
l'intégration des marchés droite ligne de l'Axe straté- il a permis de présenter la
boursiers africains reste un gique n°3 des Nouvelles Prio- taxonomie des projets verts,
objectif majeur, offrant des rités de Développement du sociaux et durables, renfor-
avantages significatifs pour marché 2020-2024, a rassem- çant ainsi l'alignement du
les investisseurs. blé plus de trois cents (300) marché financier régional sur
participants, comprenant des les normes internationales.
En matière de protection des représentants des Ministères
épargnants, nous avons ré- en charge des Finances et de L’autre fait marquant est
cemment révisé notre dispo- l’Environnement des États que, le Colloque a permis de
sitif de sanctions pécuniaires membres de l’Union, des or- mettre en évidence l'impor-
pour le rendre plus efficace ganes de l’Union tels que la tance d'une impulsion des
et cohérent avec les normes Commission de l’Uemoa, la plus Hautes Autorités, d'une
internationales. Ces actions Bceao et la Boad, des régula- coordination des actions des
sont de nature à renforcer teurs de marchés financiers, Organes et Institutions de
l'intégrité, la transparence et des acteurs du marché finan- l’Union, ainsi que de la créa-
la stabilité du marché finan- cier régional ainsi que des ex- tivité des acteurs de l’éco-
cier régional de l'Umoa. perts en finance durable. système pour positionner la
zone Uemoa comme un hub
Les objectifs de ce colloque attractif pour ces finance-
étaient multiples, car il s’agis- ments innovants.
Votre institution a organisé sait d’abord, de promouvoir
en 2023 une première Confé- la finance et l'investisse- En perspective, il a été retenu
rence sur la Finance durable ment durable dans la zone que le Wasfif deviendra une
dans l'Union dénommée « Uemoa, de discuter ensuite conférence biennale, offrant
West Africa sustainable fi- des moyens de mobiliser ainsi aux acteurs de l’écosys-
nance and investment Fo- des ressources pour le déve- tème l'opportunité d'appro-
rum, Wasfif», c'est-à-dire, loppement durable, et enfin fondir leurs réflexions sur la
3 BRVM - 30 7,85%
16,00% 14,45%
14,00%
12,00%
10,00% 8,64%
7,85%
8,00%
5,38%
6,00%
3,96%
4,00%
1,47%
2 ,00%
0,00%
BRVM - BRVM - BRVM - 30 BRVM - BRVM - BRVM -
Finances Services Composite Principal Prestige
Publics
0,00%
BRVM - BRVM - BRVM – Autres BRVM - BRVM -Industrie
-5,00% Agriculture Distribution secteurs Transport
-10,00% -3,06%
-8,46% -3,14%
-5,26%
-15,00%
-20,00%
-25,00%
-30,00%
-35,00%
-40,00%
-45,00% -43,02%
24,70%
25,00%
18,58%
20,00%
14%
15,00%
10,00% 7,85%
5 ,00% 2,40%
0,00%
FTSE100 BRVM 30 NASDAQ 100 MASI Mid and S&P 5 00
Small Cap
80,00%
BRVM Autres
70,00% secteurs; 85,00%
BRVM Transport ;
60,00% 65,15%
BRVM Secteur
50,00% BRVM Composite ;
Public; 39,02%
39,12%
40,00%
30,00%
BRVM Agriculture ; BRVM Finance;
11,32% 18,36%
20,00%
10,00%
BRVM Industrie;
0,00% 12,71%
DR MODOU DIENG
ENSEIGNANT CHERCHEUR À
L’UNIVERSITÉ ALIOUNE DIOP
Le Marché des Titres Publics (MTP) est l’unique marché régional, par adjudication, exclusivement
dédié au financement des Etats membres de l’UEMOA. Ces émetteurs souverains sollicitent, à tra-
vers des procédures adaptées, l’émission de titres publics souscrits par des acteurs spécifiques, soit
pour leur propre compte ou pour celui de tiers.
Les produits disponibles sur le et ont également des obligations tisseurs, personnes physiques ou
Marché des Titres Publics sont vis-à-vis des émetteurs. morales, peuvent souscrire à ces
les Bons Assimilables du Tré- titres via les intermédiaires de
sor (BAT), les Obligations Assi- Conformément aux dispositions marché de la zone UEMOA.
milables du Trésor (OAT) et les du Règlement N° 06/2013/CM/
Obligations Synthétiques. UEMOA du 28 juin 2013, les bons Les Etats peuvent également dé-
et obligations du Trésor peuvent cider de réaliser une partie de
Avec une maturité inférieure être émis par voie d’adjudication leurs émissions par le biais d’ad-
à 2 ans, les BAT sont des titres ou de syndication. L’adjudica- judications ciblées. Ces émis-
de créances à court terme émis tion représente la voie d’émis- sions sont réservées aux seuls
par l’Etat par voie d’adjudica- sion privilégiée pour les Etats en Spécialistes en Valeurs du Trésor
tion. En revanche, les OAT sont ce qui concerne les titres souve- (SVT) de l’Etat émetteur au titre
des titres à moyen et long terme rains, leur permettant d’assurer des avantages qui leur sont oc-
(supérieure à 3 ans), émis éga- le placement de leurs bons et troyés. Le jour de l’adjudication
lement par l’Etat. L’Obligation obligations. ciblée, seuls les SVT sont auto-
Synthétique se définit comme risés à déposer directement des
un produit structuré constitué Dans la zone UEMOA, deux soumissions pour l’acquisition
de plusieurs titres (bons et/ou voies d’adjudications sont utili- du titre. Tout autre investisseur
obligations) à remboursement In sées : l’adjudication ouverte et souhaitant acquérir le titre mis
Fine. l’adjudication ciblée. L’adjudica- en adjudication peut souscrire
tion ouverte est caractérisée par par l’intermédiaire du SVT de
Le MTP permet aux Etats le fait que tous les participants l’Etat émetteur.
membres de trouver la liquidi- directs aux adjudications de
té nécessaire pour le finance- titres publics à savoir les établis- UMOA-Titres est une agence ré-
ment de leurs investissements. sements de crédit, les Sociétés gionale d’appui à l’émission et à
Ces derniers émettent des titres de Gestion et d’Intermédiation la gestion des titres publics des
de dette sous la forme de bons (SGI) et les organismes finan- Etats de la zone UEMOA. Créée
et obligations du Trésor que ciers régionaux disposant d’un en mars 2013, elle a pour mission
s’échangent les différents acteurs compte de règlement dans les d’œuvrer à l’instauration d’un
du marché. Parmi ces acteurs, fi- livres de la Banque Centrale, ont Marché des Titres Publics de ré-
gurent les Spécialistes en Valeurs la possibilité d’acquérir une par- férence au sein de l’union.
du Trésor qui, de par leur statut tie du titre mis en adjudication
bénéficient de certains privilèges par l’émetteur. Les autres inves-
Burkina Faso 478 960 580 000 800 404 400 000 1 059 088 640 000 481 134 920 000 610 556 530 000
Côte d’ivoire 1 095 047 570 000 3 442 740 920 000 1 627 028 660 000 1 712 543 970 000 2 896 539 860 000
Guinée-Bissau 57 874 430 000 111 357 700 000 111 286 520 000 119 055 550 000 142 131 790 000
Mali 427 453 700 000 679 975 920 000 754 998 070 000 454 853 990 000 792 038 150 000
Niger 483 544 000 000 686 377 720 000 582 720 710 000 590 800 000 000 522 105 850 000
Sénégal 365 000 000 000 1 264 335 000 000 644 877 960 000 1 042 940 610 000 1 204 143 820 000
Togo 320 854 000 000 623 205 870 000 557 000 000 000 472 501 000 000 701 704 280 000
UMOA 3 420 147 270 000 8 741 782 530 000 5 551 500 560 000 5 254 657 740 000 7 194 420 940 000
Figure 1 : Evolution du volume mobilisé au Marché Primaire par adjudication suivant les pays de
l’UEMOA
9 000 000 000 000
8 000 000 000 000
7 000 000 000 000
6 000 000 000 000
5 000 000 000 000
4 000 000 000 000
3 000 000 000 000
2 000 000 000 000
1 000 000 000 000
0
l
n
er
i
go
au
o
re
ga
al
OA
ni
as
g
oi
To
ss
né
Ni
Bé
aF
UM
iv
i
-B
Sé
d'
kin
ée
te
r
in
Bu
Cô
Gu
bTrois pays émetteurs concentrent primaire par adjudication est et la Guinée Bissau qui ressortent
plus de 2/3 des opérations du principalement dominé par trois avec des proportions respectives
marché primaire par adjudication pays à savoir, la Côte d’Ivoire de 9,75%, 8,49%, 7,26%, 4,52% et
(40,26%), le Sénégal (16,74%) et le 1,98%.
Suivant les émetteurs, le marché Mali (11,01%). Suivent le Togo, le
Burkina Faso, le Niger, le Bénin
Figure 2 : répartition des opérations du marché primaire par adjudication selon les pays
émetteurs
Côte d'ivoire;
Togo; 9,75%
Mali; 11,01%
Sénégal; 16,74%
bLe Marché Secondaire des Titres En termes d’évolution, le volume A ce titre, il convient de rappeler
Publics par adjudication connait en des transactions DVP (Livraison qu’en zone UEMOA, le marché
2023 des signes d’essoufflement de titres contre paiement) a secondaire est en cours de
avec un repli de 27,72% sur les enregistré un repli de 27,72% en développement notamment sous
transactions passant de 2 868, 24 milliards en l’impulsion de UMOA-Titres qui
2022 à 2 073, 26 milliards de FCFA à a initié et mène différentes actions
Le Marché Secondaire par 2023. Ce résultat pourrait traduire et réformes afin de dynamiser ce
adjudication permet d’échanger des signes d’essoufflement dans compartiment.
des titres après leur émission. Sur ce marché en raison des multiples
ce compartiment, les SVT sont changements observés dans la Au titre de ces réformes, on
tenus d’afficher à leurs guichets politique monétaire. peut notamment citer la mise
les cours d’achat et de vente des en place de courbes des taux,
valeurs du Trésor, et de vendre Toutefois, il faut souligner que la standardisation des titres, le
ou d’acheter aux prix affichés, à comparativement à la tendance projet de mise en place d’une
la demande de tout investisseur observée entre 2019 et 2021, les plateforme de cotation ainsi
potentiel, conformément à la opérations ont plus que doublé que l’abondement de certains
réglementation. Les émissions en passant de 1 078, 28 milliards gisements pour mieux favoriser
se font par voie d’adjudication de transactions effectuées en les échanges sur le marché
selon un calendrier bien défini 2019 avant de connaitre un pic en secondaire.
par chaque Trésor national. 2021 pour un volume de 2 868, 24
milliards de FCFA.
a li
nin
u
o
l
r
go
OA
ga
oir
ge
as
ssa
To
né
Bé
aF
UM
Ni
v
i
d' i
-B
Sé
kin
ée
te
r
in
Cô
Bu
Gu
Tableau 2 : Volume des transactions DVP sur les titres émis au Marché Secondaire par adjudication
(2019 – 2023)
Pays 2 019 2 020 2 021 2 022 2023
émetteurs
Bénin 49 069 652 688 302 163 991 447 240 661 552 387 355 396 200 131 135 978 011 706
Burkina Faso 53 870 623 256 106 638 884 794 292 041 592 674 214 622 747 941 89 710 783 587
Côte d’ivoire 518 737 127 704 645 493 734 398 932 510 567 788 1 171 532 229 011 861 056 342 441
Guinée-Bissau 8 130 448 430 31 699 552 254 29 046 858 847 17 915 092 466 19 339 137 473
Mali 86 246 125 219 133 908 794 166 329 302 446 716 23 475 137 057 75 170 296 598
Niger 172 625 694 445 73 237 162 634 155 444 255 775 76 639 185 232 101 900 551 192
Sénégal 51 128 402 015 170 767 150 306 455 466 480 453 583 652 327 153 523 566 566 137
Togo 138 480 624 337 119 494 351 082 385 239 011 734 425 008 090 765 266 545 317 695
UMOA 1 078 288 698 094 1 583 403 621 081 2 819 712 766 374 2 868 241 009 756 2 073 267 006 829
bLe marché secondaire des Les opérations sur le marché Bénin (6,56%), le Niger (4,91%),
Titres Publics par adjudication est secondaire des Titres Publics sont le Burkina Faso (4,33%), le Mali
concentré sur trois émetteurs (Côte principalement dominées par trois (3,63%) et la Guinée Bissau (0,93%)
d’Ivoire, Sénégal et Togo) avec près pays émetteurs : la Côte d’Ivoire ressortent avec des proportions
de 80% des opérations émises (41,53%), le Sénégal (25,25%) moindres.
et le Togo (12,86%). Ainsi, le
Bénin; 6,56%
Côte d'ivoire;
41,53%
Togo ; 12,86%
Sénégal ; 25,25%
QUELLES PERSPECTIVES
POUR UN MARCHE DES TITRES PUBLICS EFFICIENT ?
Un certain nombre d’initiatives ou de réformes semblent nécessaires pour renforcer l’efficience
et les performances du marché des titres publics au nombre desquelles il ya le besoin de
• la gestion opérationnelle des échanges sur les diffé- Quel est le bilan chiffré du
des émissions des titres pu- rentes thématiques abordées Marché des Titres Publics en
blics au cours de cette édition. 2023 ?
• la promotion des titres pu- À l’issue de ces Rencontres, L’année 2023 a été marquée
blics auprès des investisseurs Umoa-Titres retient la série dans l’Uemoa, entre autres,
d’actions ci-après à mener par des tensions sur le Mar-
• le renforcement de leurs ca- dans le cadre du développe- ché des Titres publics (Mtp),
pacités ment du Marché des Titres à l’instar des marchés inter-
Publics de l’Union : nationaux. Ceci en raison
• le placement de leurs excé- notamment de la normalisa-
dents de trésoreries •la mise à disposition d’une tion de la politique monétaire
plateforme de cotation pour de la Bceao, tout comme la
Par ailleurs, l’institution renforcer la formation et la plupart des autres banques
œuvre quotidiennement au transparence des prix ; centrales, pour faire face aux
développement du mar- pressions inflationnistes ob-
ché des Titres Publics et par • la réforme du cadre des servées depuis le deuxième
conséquent du Marché finan- Spécialistes en valeurs du semestre de l’année 2022, et
cier régional. Trésor (Svt) afin de rendre qui comme vous le savez,
l’activité plus attractive pour sont consécutives principale-
Les Remtp viennent de les concernés ; ment aux effets de la crise sa-
prendre fin au Bénin. A l’is- nitaire Covid-19 et du conflit
russo-ukrainien.
« L’ANNÉE 2023 A ÉTÉ MARQUÉE DANS L’UEMOA , PAR
DES TENSIONS SUR LE MARCHÉ DES TITRES PUBLICS Le marché local a été égale-
(MTP), À L’INSTAR DES MARCHÉS INTERNATIONAUX ». ment impacté par l’incidence
négative des différentes crises
sue de cette rencontre, quels • l’harmonisation de la fisca- politiques et sécuritaires sur-
ont été les principaux ensei- lité sur les valeurs mobilières, venues dans la zone Uemoa
gnements à tirer ? afin d’éviter les arbitrages depuis quelques années.
fiscaux au sein des pays de Cette situation a favorisé
Pour rappel, les Rencontres l’Union et renforcer le carac- un durcissement des condi-
du Marché des Titres publics tère régional et intégré du tions de financement sur ce
(Remtp) ont été instituées Marché Financier Régional ; marché, avec notamment un
par Umoa-Titres dès 2019. repositionnement des émet-
Ces journées, ont en effet été • le renforcement des capaci- teurs et des investisseurs sur
identifiées comme l’un des tés des acteurs et la poursuite la partie courte de la courbe et
moyens phares pour ren- des réflexions sur la mise en une hausse du coût de sortie
forcer le positionnement du place de nouveaux instru- des émissions.
Marché des Titres publics, en ments (obligations durables,
tant que véritable option d’in- instruments à taux variables Dans ce contexte, les huit (8)
vestissement pour les acteurs et instruments de la finance États membres de l’Union ont
du marché en général, et les islamique) ; mobilisé en 2023 sur le Mtp
investisseurs institutionnels des ressources d’un montant
en particulier. • la mobilisation des parties global de 7 194,42 milliards
prenantes de l’écosystème du avec 150 interventions, contre
La sixième édition de ces Mtp pour une mise en œuvre 5 254,66 milliards pour 130 in-
Rencontres, qui s’est tenue les collégiale du plan du marché terventions en 2022, soit une
23 et 24 janvier 2024 à Coto- des Titres Publics ; hausse d’environ 37%.
nou, au Bénin, a porté sur la
thématique générale « Déve- • le renforcement du pro- Le taux moyen de couverture
loppement du marché obli- gramme de certification Ci- des émissions est néanmoins
gataire en zone Umoa : Quels si-Umoa mis en place en ressorti en baisse d’environ 28
axes de réformes ? ». Je tiens partenariat avec le Chartered points de pourcentage et s’est
à réitérer mes remerciements Institute for Securities and In- établi à 139,90% du montant
à l’ensemble des participants. vestment (Cisi), par l’ajout de mis en adjudication, contre
Leurs contributions ont per- nouveaux modules et la mise 168,28% en 2022. Cette évo-
mis de rehausser la qualité en place de parcours métier. lution est liée notamment à
Les différents soubresauts so- L’atteinte de ces objectifs En 2017, elle rejoint Umoa-
ciopolitiques et sécuritaires ob- requiert notamment : Titres en tant que responsable
servés dans la sous-région ont des opérations, attirée par le
induit les impacts ci-après sur le • le renforcement de la stra-
tégie d’intervention des défi stimulant que représente
Mtp à savoir :
émetteurs sur le marché ; le marché des titres publics
• la hausse des taux de au sein de la zone Umoa et
sortie en corrélation avec une • le déploiement du plan
stratégique pluriannuel de par le développement continu
perception accrue du risque ;
développement du Mtp ; du marché financier régional.
• le resserrement de la Deux ans plus tard, elle
base des investisseurs pour les • la mise en place effective
différents émetteurs ; de la plateforme de cotations est chargée de lancer le
et de transactions des titres Département conseil et
• la suspension des inter- souverains ; assistance aux Etats, avec
ventions de certains émetteurs pour mission d’accompagner
sur le Mtp en raison de sanctions • le renforcement de la trans-
prises à leur encontre par les ins- parence et de la disponibilité au quotidien tous les Etats
tances communautaires. de l’information sur le Mar- membres de la zone Umoa.
ché des Titres publics via
• le recentrage des émissions différents outils que sont :
le guide des investisseurs, le
FAYÇAL YOUNOUSSOU
DIRECTEUR DE LA TRÉSORERIE ET DU FICC
ECOBANK SÉNÉGAL
100 Lejecos
I Hors Serie - N° 13 -AVRIL 2024
En 2023, Ecobank Sénégal s’est illustrée comme partenaire privilégié en termes de mobili-
sations de ressources pour l’Etat du Sénégal à travers son rôle de Spécialiste en Valeur du
Trésor (SVT), malgré un contexte économique extrêmement difficile. Dans l’entretien qu’il a
accordé au Journal de l’économie sénégalaise (Lejecos), [Link]çal YOUNOUSSOU, Directeur
de la Trésorerie et du FICC explique les raisons de ce succès. Il dégage également des pistes
d’amélioration pour rendre le marché des titres publics plus attrayant.
Entretien.
les besoins des gros investis- quérir une partie du titre mis C’est quoi la mission d’une
seurs seront déjà satisfaits, et en adjudication par l’émetteur. banque Spécialiste en Valeurs
il n’y aura pas assez de gise- Ensuite, les autres investis- du Trésor (SVT) ? Quelles
ments de titres et de transac- seurs, personnes physiques ou sont les principales obliga-
tions sur le marché secondaire. morales, peuvent aussi sous- tions d’une SVT en matière de
Cette situation impacterait né- crire à ces titres via les intermé- fixation et d’offre au cours des
gativement la profondeur et la diaires de marché de la zone adjudications sur le marché
liquidité du marché. C’est une UEMOA. En revanche seuls les primaire ?
contrainte fondamentale qui SVT sont autorisés à déposer
doit être levée, s’il doit y avoir directement des soumissions En qualité de SVT la mission
une refonte du cadre actuel pour l’acquisition du titre lors essentielle de la banque repose
pour réserver l’accès au mar- d’une adjudication ciblée. Tout sur:
ché primaire aux seuls SVT. autre investisseur souhaitant
Mais, cela suppose que les SVT acquérir le titre mis en adju- La participation aux adjudi-
eux -mêmes, prennent toutes dication ciblée peut souscrire cations de titres de la dette pu-
leurs responsabilités en termes par l’intermédiaire du SVT de blique ;
d’absorption des besoins en l’Etat émetteur.
ressources des Etats. La participation aux émis-
sions de titres par syndication ;
104 Lejecos
I Hors Serie - N° 13 -AVRIL 2024
Le Sénégal deuxième pays le négal parmi les plus échangés
après ceux de la Côte d’Ivoire.
L’attractivité des titres émis par
plus actif après la Côte d’Ivoire. le Sénégal sur le marché des
titres publics de l'UMOA s’ex-
plique par plusieurs facteurs
parmi lesquels on peut citer la
solidité macroéconomique du
pays, la qualité de la gestion de
la dette publique, d’une part, et
d’autre part, la diversification
des instruments d'émission, la
bonne liquidité du marché se-
condaire et enfin, le dynamisme
des acteurs du marché. Cette
attractivité permet au Sénégal
de financer ses investissements
publics à des conditions de
coût favorables et de contribuer
au développement du marché
régional des titres publics de
l'UMOA.
Toujours en 2023, les Etats de
l’UMOA sont intervenus sur
huit points de maturité allant de
1 mois à 3 mois, 6 mois, 1 an, 3
ans, voire 5 ans, 7ans, et 10 ans.
En 2023, le Sénégal s’est classé deuxième parmi les pays de Les maturités à court terme de 1,
l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UE- 3, 6 mois et 1 an ont représenté
MOA) en termes de mobilisation de ressources sur le mar- 50,23 % du montant mobilisé par
les Etats de l’Union. Les maturi-
ché des titres publics. tés à moyen terme, c’est-à-dire
3 et 5 ans représentent 48,77 %
du montant mobilisé et les ma-
Sur l’année 2023, 7194,42 mil- pour les pays de l’Union. Ce turités à long terme, c’est-à-dire
liards de FCFA ont été mobilisés volume est composé de 418,67 7 ans et plus représentent moins
sur le marché des titres publics milliards de bons assimilables de 1 % du volume mobilisé sur
avec 150 interventions, contre du trésor et 785,47 de milliards la période. Ainsi, la durée de vie
5254,66 milliards de FCFA à fin de FCFA d’obligations assimi- moyenne du portefeuille émis
décembre 2022, soit une hausse lables du trésor. Les 1204,14 en 2023 ressort à 2,08 ans contre
d’environ 3 %. Ce niveau de milliards de FCFA mobilisés 3,83 ans en 2022. Cela montre
financement des Etats en 2023 positionnent le Sénégal comme essentiellement un recentrage
sur le marché par adjudication le deuxième émetteur le plus des émissions sur les maturités
des bons et obligations du tré- actif de l’Union. Le pays fait court à moyen terme notam-
sor a été rendu possible grâce partie des plus dynamiques ment de 1 à 3 mois eu égard à
au programme spécial rachat du marché des titres publics la demande des investisseurs et
de titres publics de la Banque de l'UEMOA. En 2023, le Séné- le contexte de liquidité observé
centrale des Etats de l’Afrique gal a compté 19 interventions sur le marché. Les rendements
de l’ouest (BCEAO), qui a per- à fréquence régulière souvent moyens des émissions sont res-
mis de lever un montant total bimensuelle et en date du ven- sortis en hausse par rapport aux
de 2 117,81 milliards de FCFA dredi. niveaux observés l’année pré-
d’après Oulimata Ndiaye Dias- cédente. Il y a également une
sé, la directrice de UMOA- Sur le marché secondaire des
titres publics, 523,56 milliards hausse des conditions de finan-
Titres. Le Sénégal a mobilisé cement sur l’exercice 2023 par
1204,14 milliards de FCFA, re- de FCFA ont été échangés, soit
25 % du volume total des tran- rapport à 2022 ; une situation
présentant environ 17 % de la qui s’explique par la hausse des
mobilisation totale enregistrée sactions enregistrées en 2023,
positionnant les titres du Sé- taux directeurs de la BCEAO.
sur le marché des titres publics
Le marché des titres publics serait principalement liée à une Plusieurs facteurs
(MTP) de l’UMOA s connait un « structuration inadaptée des peuvent conforter son ar-
dynamisme certain au courant émissions, la faiblesse de l’exper- gumentaire.
de ces dernières années. Entre tise des acteurs et l’inexistence
2001 et 2013, le volume annuel d’un marché secondaire ». Mais Il y a l’accroissement des émis-
des émissions de titres publics c’était une autre époque confie sions de titres publics par les
est passé de 55 milliards à 2 272 Madame Oulimata Ndiaye Dias- Etats membres qui ont recours,
milliards de FCFA. Sur la même sé, la directrice de UMOA-Titres. de plus en plus, au marché finan-
période, l’encours de la dette pu- Chiffre à l’appui, elle avance que cier pour financer leurs besoins
blique mobilisée sur les marchés le marché des titres publics s’est croissants en investissements
financiers ne représentait que beaucoup développé, en dix ans publics dans le cadre de la mise
6 % du Produit intérieur brut passant de 1300 milliards en 2013 en œuvre des politiques de dé-
de l’Union contre 20 % au Gha- à 7140 milliards de FCFA en 2023. veloppement économique et de
na et environ 40 % en Tunisie lutte contre la pauvreté.
et au Maroc. Une situation qui
106 Lejecos
I Hors Serie - N° 13 -AVRIL 2024
Grâce à ce mécanisme de finan- encore confronté à un certain ticipation au marché demeure
cement, les Etats peuvent mo- nombre de défis qui entravent faible.
biliser d’importantes ressources son approfondissement et sa
sur des maturités relativement contribution effective au finance- Selon la Directrice de l’UMOA-
longues. « Le marché des titres ment des économies de l’Union. Titres, l’élargissement de la base
publics permet aux Etats de des investisseurs va passer par
se financer massivement et à …des défis majeurs à re- un intéressement du grand pu-
moindre coût auprès d’une lever blic avec des produits adaptés
large catégorie d’investisseurs. et compétitifs combiné à la mise
Il permet également de collecter Ces dernières années, le marché en place de produits innovants
l’épargne en circulation et d’atti- des titres de l’UMOA-Titres a été pour attirer plus d’investisseurs
rer des investisseurs des autres marqué par une croissance no- internationaux.
zones », ajoute Madame Diassé. table. Toutefois, le marché des
titres fait face à plusieurs défis « Les investisseurs internatio-
Les Etats font également appel parmi lesquels, on peut citer à naux ont de la disponibilité
au marché pour combler leur la fois, le manque de profon- mais, ils sont aujourd’hui, à la
déficit budgétaire. Il y a égale- deur alors qu’il est la première recherche de certaines catégories
ment l’attrait des titres publics ; source de financement des Etats de produits, notamment les pro-
ce qui fait que les investisseurs membres, l’insuffisance de di- duits verts, à dominante sociale
y trouvent leur compte. D’après versification de la base des in- et environnementale. Il faut que
la directrice de l’UMOA-Titres, vestisseurs, ce qui pourrait un nous arrivions à leur donner ces
les titres publics offrent généra- types de produits, qui exigent
lement des rendements attrac- de notre part un autre mode de
tifs par rapport à d’autres pla- fonctionnement. Cette orienta-
cements disponibles et ils sont tion peut aider à la diversifica-
considérés comme des investis- tion de la base des investisseurs
sements relativement sûrs, car », confie Oulimata Ndiaye Dias-
ils sont garantis par l’État émet- sé.
teur. Il s’y ajoute que ces titres
sont des actifs liquides, c’est-à- Autre défi à relever, les coûts de
dire que les détenteurs peuvent transaction y compris les frais de
facilement les vendre sur le mar- courtage et les droits de garde
ché secondaire. qui restent relativement élevés
par rapport aux standards in-
Au plan institutionnel, de nom- ternationaux. En réalité, cela
breuses réformes ont été mises frein pour accroitre la capacité renchérit l’accès au marché et
en œuvre et pour améliorer l’at- du marché à absorber d’impor- décourage certains investis-
tractivité du marché financier tants volumes de capitaux. seurs potentiels. On note aussi
des titres publics. Celles-ci se les difficultés d’accès des Petites
sont notamment traduites par La concentration des investis- et moyennes entreprises (PME)
la Création du Conseil Régional seurs reste un autre défi à relever au marché des titres qui est un
du Marché des Titres Publics avec les banques qui dominent compartiment orienté principa-
(CRMT) en 2009 pour organiser le marché. « Nous avons besoin, lement vers le financement des
et réguler le marché, l’adop- aujourd’hui, pour absorber plus États et des grandes entreprises
tion et l’harmonisation de lois de demandes des Etats d’avoir comme la Sonatel au Sénégal.
et règlements sur les émissions une base d’investisseurs plus
de titres publics dans les États large et plus diversifiée. En effet, Ce segment d’entreprises, qui
membres de l’UEMOA de même 90 % des investisseurs sont les représentant plus de 90% du tis-
que la création de l’Agence banques, les 10 % sont constitués su économique, peinent à accé-
UMOA-Titres en 2013 chargée par les investisseurs institution- der à ce type financement, alors
d’assurer la promotion et le dé- nels, c’est-à-dire les compagnies qu’elles sont un levier important
veloppement du marché. d’assurances, les caisses de re- de la croissance économique et
traite, de dépôts, les entreprises, de création d’emplois.
Et les perspectives sont bonnes etc., », confie la directrice de
au regard des besoins de finan- UMOA-Titres. Enfin, l’amélioration de l’acces-
cement des Etats de l’UEMOA et sibilité de l’information finan-
des opportunités offertes, selon Autrement dit, il est nécessaire cière par une diversification des
la directrice de l’UMOA-Titres. de travailler à attirer des inves- canaux de vulgarisation n’en
Toutefois, elle reconnait que le tisseurs individuels et des fonds reste pas moins une préoccupa-
marché des Titres publics reste d’investissement dont la par- tion des investisseurs.
FINANCEMENT DU CAPITAL
108 Lejecos
I Hors Serie - N° 13 -AVRIL 2024
lars sur un volume de 45 000 19 % du volume des opérations vité annuelle. 126 opérations de
opérations réalisées en 2021. de capital-risque. L’Afrique capital-risque d’une valeur cu-
Globalement, l’Afrique a mieux du Sud (18 %), le Kenya (14 %) mulée de 1,7 milliard de dollars
résisté que toutes les autres ré- et l’Égypte (11 %) et le Maroc US ont eu lieu dans ce secteur,
gions du monde au refroidisse- viennent compléter le quinté de contre 242 opérations d’une va-
ment du marché mondial du ca- tête des destinations principales leur de 2,2 milliards de dollars
pital-risque découlant desdites pour le capital-risque. US en 2022. Cela correspond à
incertitudes. une baisse de 48 % en volume et
Par secteur, les start-up finan- de 22 % en valeur. Les technolo-
La répartition des opérations cières ont capté 48% des finan- gies de l’information arrivent en
entre les pays en 2023 a vu le cements en 2023. Bien qu’il ait deuxième position avec 12% des
Nigéria conserver sa position été le secteur le plus financé fonds mobilisés.
dominante pour la troisième en 2023, la finance a également
année consécutive, représentant connu la plus forte baisse d’acti-
set Management (BAM), une so- est installée depuis seulement les PME. Malgré les réticences
ciété de gestion de fonds d’inves- un an avec la vision qui suit « des dirigeants et la persistance
tissement, agréée en janvier 2023 Notre projet le plus ambitieux et de nombreux freins, l’ouverture
par l’Autorité des Marchés Finan- novateur c’est le FCPR BAM FI du capital devient alors une né-
ciers de l’UMOA (AMF-UMOA). NATANGUE, qui est le premier cessité. Dès lors, le capital-risque
fonds d’investissement dédié à s’avère comme la solution alter-
Depuis 2012, les investissements l’industrie énergétique en Afrique native pour insuffler à la PME
dans le capital des PME séné- de l’Ouest », déclare Yatma Samb, une nouvelle dynamique et ac-
galaises ont atteint environ 700 Directeur général de BAM. L’in- croître à terme son potentiel de
millions de dollars (350 milliards térêt de ce fonds, selon M. Samb, développement.
de Fcfa). Un montant pourtant « c’est qu’il cible des entreprises
considéré comme modeste com- non cotées présentant un poten- A l’évidence, ce mode de finan-
paré aux 549 millions de dollars tiel de croissance dans le secteur cement participatif qu’est le ca-
investis uniquement en Afrique énergétique du Sénégal. » pital-risque ou le capital inves-
du Sud en 2023. tissement, représente de plus
Par ailleurs, BAM a conçu des en plus un palliatif à la frilosité
fonds d’investissement « sur me- des banques vis à vis des jeunes
sure » qui allient performance et entreprises en quête de finance-
Un marché propice gestion prudente des risques, se- ment pour l’amorçage. Pour pal-
Depuis la création dans les an- lon son DG. lier ces difficultés structurelles,
nées 90, de la première société de les acteurs comme Yatma Samb
Les méthodes habituelles de ges- suggèrent de développer des
capital-risque SENINVEST dont tion des PME sénégalaises ne cor-
le principal investisseur était la stratégies visant d’une part, la
respondent pas forcément avec simplification des démarches ad-
CBAO, une dizaine de fonds d’in- celles des capital-risqueurs, avec
vestissements sont aujourd’hui ministratives, et la mise en place
notamment un manque criant d’incitations fiscales, et d’autre
présents au Sénégal. Au début, d’innovations. Or, la concur-
très peu d’entreprises ont été part, la création d’un cadre dyna-
rence de plus en plus importante mique à travers l’établissement
financées via le capital-risque. du fait de la mondialisation des
Et celles qui y avaient droit de réseaux d’investisseurs et «
échanges commerciaux, exige de l’organisation d’évènements de
étaient de grandes entreprises, la PME sénégalaise un impéra-
les PME restant marginalisées. networking tout en renforçant la
tif de croissance exprimé par un transparence financière des in-
Aujourd’hui, la place de Dakar investissement important et pé-
accueille plusieurs fonds dont Te- formations relatives à la gouver-
renne. Face à une insuffisance des nance des entreprises ».
ranga Capital, pionnier au Séné- fonds propres, un niveau élevé
gal depuis 2016. d’endettement et un faible effet Le cadre réglementaire régissant
Plus récemment, Baobab Asset de levier le financement de cet le marché du capital risque est au
Management (BAM), une Socié- investissement constitue un coût stade embryonnaire
té de gestion d’OPCVM (SGO), d’opportunité important pour
KALIDOU DIALLO
Directeur Général de CGF BOURSE
MOHAMED NGOM
Directeur des Investissements de Teranga Capital
« Pour TC, la
formalisation
des PME est
fondamentale »
Domicilié à Dakar depuis
2026, Teranga Capital est le
premier fonds d’investissement
à impact, dédié aux start-
ups et PME à fort potentiel
au Sénégal et en Gambie. Il
accueille des souscripteurs
comme le Fonsis (le Fonds
souverain sénégalais), ou encore
le Fonds français Investisseurs
et Partenaires. Aussi, il investit
jusqu’à hauteur de 300 millions
de Fcfa en financements
et accompagnement. Son
directeur des Investissements,
M. Mohamed Ngom, a accepté,
de partager avec le journal de
l’économie sénégalaise (Lejecos)
les perspectives du capital-
risque, capital investissement au
Sénégal.
-Teranga Capital fait partie de d’investissement le sont d’autant. technologie, mais aussi 5 entre-
la dizaine de fonds d’investis- Toutefois, on peut dire que nous prises qui sont dans l’agroalimen-
sements présents au Sénégal, occupons une place de choix taire, entre autres. Finalement
quelle est aujourd’hui votre po- dans l’écosystème. nous avons dépassé largement
sition dans ce lot ? nos objectifs d’investissements.
- Teranga Capital s’était enga-
En tant que pionnier du capi- gé, lors de son lancement en - Vos priorités sectorielles ont-
tal-investissement au Sénégal 2015, à mettre l’accent sur les elles changé ?
en faveur des Pme dont la taille petites PME sénégalaises dans
est comprise entre 100 millions lesquelles il entendait investir Nous n’avons pas forcément de
et plus en termes de chiffre d’af- entre 50 et 200 millions de F CFA priorité sectorielle. Le bilan que
faires, nous avons été créé en 2016 par entreprise, à l’heure du bi- je viens de vous dresser c’est un
comme premier fonds enregistré lan, qu’en est-il ? bilan bottom-up. En allant sur le
au Sénégal. Depuis, le paysage terrain on a rencontré des por-
économique a beaucoup changé Lorsqu’on regarde le portefeuille teurs de projets et pour nous,
et il serait difficile de parler de de Teranga qui contient 12 en- l’impact, le savoir-faire local et
positionnement dans la mesure treprises dans diverses activités, la création d’emplois sont des
où le capital investissement s’est nous avons accompagné 12 PME, éléments qui importent. Nous
beaucoup diversifié, et les critères 4 startups spécialisées dans la préférons injecter de l’argent
Tournée nationale du Directeur général M. Abdoulaye Diagne, étape SUD : ici au Centre des Services ficaux (CSF) de Ziguinchor
L’ambition du PRESID est double : le maillage Services de la DGID afin de garantir aux agents
rationnel du territoire en vue d’une plus grande des conditions de travail adéquates à travers
satisfaction des usagers et l’amélioration des notamment l’aménagement de plateformes
conditions de travail des agents de la DGID. intégrées de services et de salles d’archivage
avec le Projet d’Archivage Managérial des
Ainsi, il est bâti sur 2 axes principaux :
Dossiers des Contribuables (PAMDOC) et
• la rénovation fonctionnelle et physique qui l’érection de salles de réunion multimédia pour
ambitionne de mettre aux normes l’ensemble des se doter d’un cadre de management optimal.
• l’extension progressive des Services des Impôts et des Domaines qui vise la mise en place
de nouvelles structures adaptées au niveau des départements.
Seulement 10 mois après son déploiement, des Recettes (PACTE), a permis l’identification
le PRESID enregistre déjà des résultats d’actions urgentes et prioritaires à dérouler,
considérables et probants. Comme quoi, l’intégration des services dans une synergie
l’efficacité et l’efficience demeurent au cœur de d’actions afin de concourir à la réalisation des
la vision de Monsieur Abdoulaye DIAGNE. objectifs de recettes à travers un système de
Au plan des recettes, la mise en œuvre management inclusif et collaboratif, et une
d’une des composantes du PRESID, le Plan bonne exploitation des données.
d’Actions à Court Terme pour la Mobilisation
Outre ces procédures fiscales digitalisées, la karangué » qui a permis la mutualisation des
plateforme prendra également en compte les compétences des acteurs de la chaine foncière
procédures foncières et cadastrales au courant pour plus de célérité dans l’instruction des
de l’année 2024. demandes de bail et de cessions définitives.
Au plan foncier, la DGID a effectué des La phase pilote lancée à Mbour, a permis la
opérations de régularisation massive. C’est le diligence et la signature de plus de 3 564 baux.
cas de l’opération « Sama keyitu keur sama
Elle couvre ainsi un large éven- L’éducation boursière est essen- cation boursière vise à mieux
tail de thématiques et de mo- tielle pour plusieurs raisons. Elle comprendre la construction d’un
dules portant entre autres, sur les permet tout d’abord de mieux portefeuille diversifié, la gestion
rudiments de base du marché fi- comprendre les marchés finan- du risque et la prise de décisions
nancier (fonctionnement et orga- ciers par une large connaissance d’investissement éclairées.
nisation de la bourse, catégories des différents types de marchés
de titres, types d’ordres, risques boursiers, des produits finan- Ainsi, une population plus édu-
et avantages de l’investissement ciers qui y sont négociés et des quée financièrement, peut contri-
en bourse), les techniques d’ana- acteurs qui y interviennent. buer à la diversification des
lyse de la performance des titres marchés financiers et favoriser
financiers, la construction et la Elle permet de disposer des ca- l’inclusion financière qui permet
gestion d’un portefeuille d’in- pacités et compétences permet- d’accéder à une large gamme di-
vestissement, etc. tant d’évaluer la valeur des ac- versifiée de produits financiers.
tions, des obligations et d’autres
produits financiers, en utilisant Par ailleurs, l’éducation bour-
1. Les enjeux multidimension- des outils d’analyse fondamen- sière permet d’avoir un public
nels de l’éducation boursière tale et technique. Aussi, l’édu- mieux informé et plus confiant
teurs (généralement du secteur une mobilisation de l’épargne pédagogiques sur les investisse-
informel) ne sont pas forcément informelle, et certainement une ments en bourse, de même que
au courant des opportunités plus grande animation du mar- la réalisation d’émissions de ra-
qu’offre le marché pour pouvoir ché secondaire afin d’avoir une dio et de télévision consacrées à
les saisir ; meilleure liquidité et une effi- l’éducation financière.
cience plus accrue.
- la complexité des produits En vue de promouvoir l’inclu-
financiers est difficile à com- De ce point de vue, il faudrait ré- sion financière et l’accessibilité
prendre pour la plupart des usa- gulièrement envisager des cam- aux marchés boursiers, il serait
gers ; pagnes pédagogiques auprès également nécessaire de déve-
des épargnants et des dirigeants lopper des produits financiers
- les ressources éducatives exis- de sociétés, en vue de les aider adaptés aux besoins des petits
tantes sont souvent trop tech- à améliorer leurs connaissances investisseurs, de faciliter l’ou-
niques ou difficiles à comprendre des rouages de la bourse et des verture de comptes de bourse
pour les non-spécialistes. produits, concepts et risques fi- pour les particuliers, mais éga-
nanciers. Ceci leur permettrait lement d’encourager l’utilisation
- le taux d’alphabétisation au Sé- d’acquérir les compétences et des technologies numériques
négal est d’environ 60%, ce qui la confiance en soi nécessaires, pour démocratiser l’accès aux
limite l’accès à l’information fi- pour prendre des décisions marchés boursiers.
nancière et boursière ; d’épargne et d’investissement en
toute responsabilité. L’amélioration de la culture
- l’accès à internet et aux services boursière étant un processus de
financiers est encore limité dans En outre, il s’agira de renforcer long terme, qui nécessite une
certaines zones rurales ; la culture boursière dès le plus implication forte de l’ensemble
- le manque de confiance du jeune âge à travers l’intégra- des acteurs, il serait opportun
grand public pour les marchés tion des notions de base dans pour cette raison d’impliquer les
suite à des crises financières (an- les programmes scolaires dès acteurs publics et privés dans la
nées 1980, subprimes, etc.). le primaire, à travers la mise en promotion de la culture bour-
place des programmes de sensi- sière. Des actions ci-après pour-
bilisation pour les jeunes, ainsi raient être mise en œuvre à cet
[Link] actions visant que l’utilisation des outils péda- effet :
l’amélioration de la culture gogiques ludiques et interactifs
pour rendre l’apprentissage at- • le développement des parte-
boursière ? nariats entre les ministères de
tractif.
L’amélioration de la culture l’éducation, les autorités bour-
boursière est un vaste chantier Par ailleurs, il serait opportun sières, les institutions financières
qui nécessite une mobilisation de développer des programmes et les organisations de la société
collective. En conjuguant leurs de formation continue pour les civile ;
efforts, les pouvoirs publics, les adultes, notamment à travers
des sessions de formations et des • le soutien aux initiatives de
acteurs du marché financier et le sensibilisation et d’éducation fi-
secteur privé peuvent créer les ateliers sur les marchés bour-
siers et les produits financiers, et nancière menées par les acteurs
conditions optimales pour une privés ;
participation accrue des inves- aussi des sessions de formation
tisseurs et une contribution plus des professionnels du secteur fi-
• le renforcement de la collabo-
importante des marchés bour- nancier, notamment les intermé-
ration entre les différents acteurs
siers au développement écono- diaires boursiers, sans oublier la
pour une meilleure coordination
mique. création dans la durée, de centres
des efforts.
de formation et de recherche spé-
Dans un premier temps, des ac- cialisés en finance de marché. En plus des points susmention-
tions de promotion de l’éduca- nés, il serait souhaitable de pro-
tion boursière devraient être me- La diffusion des informations
mouvoir la bonne gouvernance
nées à l’endroit des opérateurs fiables et accessibles sur les mar-
des entreprises et la transparence
économiques (investisseurs, chés boursiers constitue égale-
des marchés financiers, de ma-
émetteurs) pour d’une part, une ment une autre action à mettre
nière à protéger les investisseurs
meilleure connaissance du mar- en œuvre. Elle pourrait se faire
contre les fraudes et les abus de
ché, et un recours plus important à travers la création de sites web
marché. Pour cela, il importe de
des émetteurs au marché finan- et de plateformes d’information
développer un cadre réglemen-
cier, et d’autre part, une augmen- financière en plusieurs langues
taire favorable au développe-
tation sensible de l’épargne in- locales, ou la publication régu-
ment des marchés boursiers.
vestie en valeurs mobilières avec lière des brochures et des guides
Quelles sont les opportuni- Face à ces défis, les États membres et à faire en sorte que le second
tés des obligations vertes ont besoin d’assurer de manière puisse s’ajouter au premier.
pour le marché de l’UMOA ? générale, le développement de
leurs économies dans le cadre
de plans de développement na-
Les États membres de l’Union éco- tionaux plus larges, mais en in- • Une réponse appropriée
nomique et monétaire ouest-afri- tégrant, les engagements pris de aux besoins d’investisse-
caine (UEMOA) sont confrontés façon spécifique, dans le cadre de ments des pays de l’Union
à un triple défi. D’abord faire leurs contributions déterminées Compte tenu du durcissement
face aux conséquences du chan- au niveau national (CDN), qui attendu des conditions de finan-
gement climatique, ensuite dé- visent à lutter contre le change- cement à l’échelle mondiale, le
velopper les infrastructures, ment climatique. déficit de financement des ODD
compte tenu de la forte crois- pourrait atteindre 4 300 milliards
sance démographique attendue, USD par an entre 2020 et 2025,
enfin rebondir après les impacts En ce sens, les obligations vertes
soit une augmentation de 400
des chocs mondiaux récents tels s’inscrivent dans la liste des mé-
milliards USD par rapport aux
que la pandémie de COVID-19 et canismes de financement alter-
estimations de l’OCDE en 2019-
la guerre en Ukraine. natifs, qui peuvent être utilisés
20 (CNUCED, 2022).
pour solliciter une partie des ca-
pitaux nécessaires à la réalisation
Ces défis doivent être relevés des objectifs nationaux. Ainsi En tant qu’instrument de finan-
dans un contexte où on note elles permettent potentiellement cement innovant, les obligations
d’importants déficits de finan- l’accès à une base d’investisseurs GSS pourraient contribuer à com-
cement à long terme dans plu- plus large et plus diversifiée, bler le déficit de financement des
sieurs secteurs économiques. Ils dont certaines exigences d’inves- économies de l’UEMOA. Elles
s’inscrivent aussi dans un cadre tissement incluent l’impact envi- dirigent exclusivement le finan-
où des contraintes budgétaires ronnemental et social positif. cement vers des projets ayant des
sont imposées du fait du poids résultats climatiques et environ-
de la dette souveraine qui, pour nementaux positifs dans les sec-
certains États membres, est im- Les principaux atouts conférés
teurs de l’énergie, des transports,
portante en particulier dans le par une émission d'obligations
de la construction, de l’agricultu-
contexte du resserrement des GSS sont d’une part, la diversi-
re et de l’eau.
marchés mondiaux du crédit et fication et l'élargissement de la
de la hausse des taux d’intérêt. base des investisseurs de l’émet-
L’évolution de ce marché est au- teur, et d’autre part, le renforce- Selon la Commission écono-
jourd’hui au cœur des réflexions ment du potentiel de financement mique pour l’Afrique (CEA), une
de nombreuses banques cen- à de meilleures conditions, en relance verte, basée sur des in-
trales, sur le financement de la ciblant des investisseurs deman- vestissements verts, peut générer
transition vers une économie deurs de ce type d'instrument, jusqu’à 420 % de meilleurs ren-
neutre en carbone, et le rôle de la enfin, la participation à la réalisa- dements en valeur ajoutée brute
politique monétaire à cet égard. tion des objectifs globaux de dé- et jusqu’à 250 % de meilleurs ren-
En effet, celle-ci est doublement veloppement durable, et surtout, dements en création d’emplois.
concernée par la lutte contre le la démonstration publique de
changement climatique. D’abord, l'engagement des émetteurs pour
l'atteinte desdits objectifs. En fonction des secteurs priori-
au regard de son objectif concer- taires des contributions détermi-
nant l’inflation, le verdissement nées au niveau national (CDN),
de l’économie risque de provo- Dans un contexte de pénurie une liste restreinte de projets
quer des tensions à la hausse sur de ressources et d’incertitude d’atténuation et d’adaptation
les prix. Ensuite, dans la prise en économique, l’un des défis ma- peut être mise en évidence.
compte de critères « verts » parmi jeurs pour les pays de l’UEMOA
ses outils de politique monétaire consiste à déterminer les pos-
(opérations de refinancement, sibilités d’investissement qui
règles de collatéral, programmes s’offrent à elle, à l’appui du fi-
d’achats d’actifs, etc.). nancement du développement
et du financement climatique
• Pour les émetteurs, les obli- sur les marchés secondaires, car rendement plus faible) sur le ren-
gations vertes peuvent amé- les investisseurs sont réticents à dement demandé par leurs créan-
liorer leur réputation tout en les vendre. ciers.
accédant à une base d’inves- De même, les obligations vertes En outre, en raison de la demande
tisseurs plus diverse et long- permettent aux émetteurs de le- importante pour les obligations
terme ver des capitaux importants sur vertes, les émissions récentes
Les obligations vertes comportent les marchés. Le refinancement à d’obligations vertes ont bénéficié
plusieurs bénéfices pour les émet- travers les obligations vertes et de prix favorables. Enfin, les exi-
teurs. En effet, l’intégrité environ- l’obtention de dettes à plus bas gences de transparence et de pu-
nementale/bas carbone de l’obli- coût est une option intéressante blication d’informations associés
gation permet aux émetteurs de pour l’infrastructure à faible in- à l’émission d’obligations vertes
lever des capitaux auprès d’une tensité carbone, qui présente sont un point positif aux yeux
base beaucoup plus large d’inves- souvent des coûts opérationnels des investisseurs. Les références
tisseurs. post-construction assez bas, com- vertes des émetteurs peuvent éga-
parés à la phase de construction. lement améliorer leur réputation,
Or, on a noté aujourd’hui, une di- tout en s’inscrivant dans leur stra-
versification des investisseurs à Également, certains émetteurs
tégie de durabilité plus générale.
travers les régions et les marchés voient dans ces instruments l’op-
ce qui est une bonne chose. portunité d’envoyer un signal de
marché important en faveur de
Dans le même temps, on note une • Les investisseurs profitent
la lutte contre le changement cli-
sursouscription élevée, car la de- de plus de transparence et
matique. Ce signal est par ailleurs
mande pour les obligations vertes d’une meilleure gestion des
susceptible d’élargir leur base
(OV) dépasse habituellement risques environnementaux
d’investisseurs et de générer des
l’offre, et les détenteurs d’obliga- bénéfices en termes de réputation, Pour les investisseurs, de bons
tions vertes les détiennent sou- mais également d’offrir une pos- antécédents en termes des critères
vent jusqu’à maturité. Ainsi, elles sibilité d’émettre avec une remise environnementaux et sociaux
sont généralement peu liquides (prix de l’obligation plus élevé et de gouvernance permettent de
rendre les entreprises plus ef- - La faiblesse des données et tentiels des obligations vertes.
ficaces. Investir dans la dura- des problèmes de qualité pour
Le renforcement du cadre ré-
bilité peut souvent dépasser la la mesure et la gestion des
glementaire pour favoriser la
performance d’investissements risques climatiques ;
transparence des reportings,
traditionnels comparables. De
- Le défaut de compétences aussi bien au moment des émis-
plus, la transparence et la com-
sur le marché des obligations sions pourrait se faire dans un
munication d’informations sur
vertes cadre bien normé (taxonomie
l’utilisation et la performance
verte), que sur toute la durée
des produits offrent un outil de - L’absence d’identification de
de vie sur le marché secondaire.
gestion des risques supplémen- projets verts bancables et stan-
A ce titre, il est important de
taire. dardisés ;
renforcer la coopération entre
Par ailleurs, les obligations - La connaissance limitée l’UMOA-Titres, la BCEAO et
vertes peuvent aider à mitiger sur les obligations vertes de l’Autorité des Marchés Finan-
les risques climatiques pou- même que la base d’investis- ciers pour élaborer des régle-
vant affecter les portefeuilles, seurs limitée et indifférenciée mentations et des directives
tels que les taxes carbones, qui pour les titres souverains. aptes à soutenir le développe-
peuvent mener à des actifs blo- ment du marché des obliga-
qués. A l’inverse, les obligations tions vertes.
vertes investissent dans des ac- Perspectives pour le déve-
Aussi, il est souhaitable d’assu-
tifs respectueux du climat com- loppement du marché des
rer le développement du sec-
portant moins de risques de obligations vertes
teur financier, notamment le
crédit sur le long terme, comme
Au-delà des obstacles men- bon fonctionnement du marché
les infrastructures vertes ou les
tionnés ci-dessus, un certain de la dette publique, sur lequel
énergies renouvelables.
nombre d’axes d’orientations les marchés des obligations de
De même, l’obligation verte pré- sont édictés pour renforcer le sociétés et les marchés secon-
sente un bénéfice supplémen- développement du marché des daires peuvent s'appuyer. Un
taire, qui est celui de réaliser obligations vertes dans l’UE- tel marché est notamment in-
un investissement responsable. MOA. fluencé, à la fois, par le cadre
Investir dans les obligations macroéconomique, le socle des
vertes permet d’égaler les en- Il s’agit tout d’abord, de ren- émetteurs et des investisseurs,
gagements de prévoyance à forcer la réglementation sur les structures réglementaires
long terme et aide à construire les risques climatiques dans le et juridiques, ainsi que l'in-
une société durable, permettant secteur financier. L’alignement frastructure de marché elle-
d’accueillir les individus qui des filières de projets sur des même.
partent à la retraite. normes internationales et des
méthodologies communes de- Un autre défi à relever, et pas
vrait aider les émetteurs à iden- des moindres, est le rôle des
tifier clairement ce qui est « vert intermédiaires dans la mobili-
Principaux obstacles liés à
» afin d’éviter les accusations sation des marchés locaux, no-
l’émission des obligations
potentielles liées à l’« écoblan- tamment le soutien et les avan-
vertes dans l’UEMOA
chiment ». tages (garanties des premières
Plusieurs contraintes identi- pertes) dans l’optique de pour-
fiées sont susceptibles d’affec- De même, l’adoption au plus suivre les stratégies nécessaires
ter le développement du mar- haut niveau communautaire de à l’accélération des émissions
ché des obligations vertes dans mesures incitatives et d’accom- d’obligations vertes. La péren-
les pays de l’UEMOA. Parmi pagnement est plus que néces- nité du marché des émissions
celles-ci, on peut citer : saire, pour les émissions vertes vertes repose sur le niveau de
et durables, afin d’encourager confiance que ces instruments
- L’instabilité politique ; les émetteurs et les investis- financiers continueront d'inspi-
seurs locaux. rer. Enfin, le renforcement des
- L’absence d’intérêt de la part
des Etats pour les objectifs La réglementation du marché capacités des acteurs est pri-
d’atténuation et d’adaptation ; est également un domaine qui mordial pour soutenir le déve-
nécessiterait une attention par- loppement d’un tel marché.
- La concurrence des obliga-
ticulière, car elle devrait contri-
tions vertes avec les finance-
buer à fournir les orientations
ments concessionnels ;
nécessaires aux émetteurs po-