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Relations Météo et Pollution à Alger

Ce mémoire de Magister examine les relations entre les paramètres météorologiques et la pollution atmosphérique à Alger, soulignant l'impact de la croissance économique et urbaine sur la qualité de l'air. L'étude identifie le vent, la température et la pression atmosphérique comme les principaux facteurs influençant la pollution, et propose des équations pour prévoir la qualité de l'air à partir des données météorologiques. Les résultats montrent des corrélations significatives entre divers polluants, notamment ceux émis par le trafic routier.

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Relations Météo et Pollution à Alger

Ce mémoire de Magister examine les relations entre les paramètres météorologiques et la pollution atmosphérique à Alger, soulignant l'impact de la croissance économique et urbaine sur la qualité de l'air. L'étude identifie le vent, la température et la pression atmosphérique comme les principaux facteurs influençant la pollution, et propose des équations pour prévoir la qualité de l'air à partir des données météorologiques. Les résultats montrent des corrélations significatives entre divers polluants, notamment ceux émis par le trafic routier.

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N° d'ordre: 16/2010-M/ST

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE


MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE
"Houari BOUMEDIEN"
FACULTE DES SCIENCES DE LA TERRE DE LA GEOGRAPHIE ET DE
L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

Mémoire présente pour l'obtention du diplôme de MAGISTER


En : Sciences de la terre
Spécialité : Climat, Environnement et Développement Durable

Par : BENSMAIN Leïla

Thème
Etude des relations entre les paramètres météorologiques
et la pollution atmosphérique à Alger

Soutenu publiquement, le 17/06/2010, devant le jury composé de :

M. GUENDOUZ Mostefa Professeur à l'USTHB Président


Melle ABDOUN Fatiha Maître de conférence/A à l'USTHB Directrice de thèse
M. MEDJRAB Abderrahmane Maître de conférence/A à l'USTHB Examinateur
M. HANNANE Farouk Professeur à l'Université de Blida Examinateur
M. KERBACHI Rabeh Professeur à l'ENP El Harrach Examinateur
M. REBBOUH Amar Maître de conférence/A à l'USTHB Invité
M. DJEBAR Réda Maître assistant/A à l'USTHB Invité
Remerciements

Il m'est agréable, au terme de ce travail d'adresser mes sincères remerciements à tous ceux
qui ont contribué à sa réalisation.
Avant tout, louange à Dieu, mon créateur, de m'avoir favorisé et de m'avoir donné la
chance, la force et le courage d'aller jusqu'au bout.
Je remercie sincèrement Melle Abdoun (Maître de conférence à l'USTHB) de sa
disponibilité, je là remercie aussi de m'avoir si bien encadré et de m'avoir fait confiance encore
une fois, tout au long de cette étude en m'apportant les directives et conseils nécessaires.
Je remercie également Mr. Rebbouh A. (Maître de conférence à l'USTHB) pour son entière
collaboration, pour m'avoir consacré beaucoup de son temps et de m'avoir éclairé le monde des
mathématiques. Qu'il trouve ici l'expression de ma sincère gratitude.
Un grand merci au grand Mr. Djebar R. d'avoir toujours répondu présent lorsqu'on avait
besoin de lui, pour sa serviabilité et pour sa collaboration à l'élaboration de la présente étude par
ses idées et ses conseils précieux.
Mes vifs remerciements à Mr. Guendouz M. (Professeur à l'USTHB) d'avoir accepté de
présider le jury, ainsi qu'à Mr. Hannane F. (Professeur à l'université Saad DAHLEB) et Mr.
Kerbachi R. (Professeur à l'ENP) d'avoir bien voulu examiner mon travail.
Mes sincères remerciements vont à Mr. Medjrab (maître de conférence à l'USTHB) pour son
encadrement durant et après l'année théorique de post-graduation, de son soutien et d'avoir mis
à notre disposition le matériel nécessaire à nos études.
Mes sincères remerciements à Mr. Boukadoum A. et Melle Benabdallah Y. de SAMA
SAFIA d'Alger d'avoir mis à ma disposition leur base de données, de m'avoir assisté et de
m'avoir consacré le temps qu'il fallait pour analyser les données. Je remercie également l'ONM
(Mr. Saci et mes camarades Mr. Boucherf et Mme Kadouri) de m'avoir fournis les données
météorologiques possibles mais aussi de leur disponibilité en cas de besoin.
Je remercie aussi, Mr Benkhelifa de l'ENS Kouba de m'avoir fait profiter de ses cours
d'analyse de données et pour ses conseils utiles. De même je remercie Dr. Laid de l'INSP
d'avoir mis à ma disposition les informations nécessaires dans le domaine de la santé.
Mes remerciements vont aussi à la direction de l'environnement de la Wilaya d'Alger ainsi
qu'à l'APC de Ben Aknoun pour leur collaboration.
Toutefois, je n'oublis pas de remercier ceux à qui je dois tout: mes parents que je ne saurai
remercier ni par des mots ni par des lettres. Je remercie ma famille de m'avoir soutenu et
encouragé à aller toujours plus loin, et aussi Hasna et mes amis d'avoir été toujours présents.
Encore merci à tous ceux qui ont contribué, de prés ou de loin, à ce travail.
Wa akhero daawana an ALHAMDOU LILLAHI RABBI L'AALAMINE.
Résumé

L’Algérie a connu depuis l’indépendance une croissance économique, démographique et urbaine


importante. Cette croissance n’est, malheureusement, pas sans effets sur l’environnement puisqu’elle
multiplie les émissions de polluants atmosphériques et pose avec acuité le problème de la qualité de l’air
avec toutes les conséquences sur les écosystèmes et la santé humaine. De ce fait, la mesure des émissions
polluantes n’est pas suffisante, il faut également savoir prévoir l'évolution de cette pollution dans le temps
et dans l’espace afin d'anticiper les pics de pollution avec le double objectif d’alerter la population et
d’agir, dans la mesure du possible, sur les facteurs contribuant à cette forme de pollution. Pour cela, il est
nécessaire de comprendre les relations dynamiques entres les polluants, d’une part, et les polluants et les
conditions météorologiques, d’autre part. Ces dernières constituent, en effet, le facteur le plus important
influençant la pollution atmosphérique étant donné que ces polluants sont transportés à des distances
variables par les mouvements des masses d'air et les nuages et que, pendant leur transport, les substances
polluantes subissent des transformations. L'atmosphère fonctionnant comme une véritable usine
chimique.
Nous nous sommes proposés, dans ce mémoire, d'étudier la relation qui lie les conditions
météorologiques avec la pollution atmosphérique en déterminant le paramètre météorologique le plus
influent sur chaque polluant ainsi que les meilleures corrélations entre les polluants atmosphériques eux-
mêmes et entre chaque polluant et les différents paramètres météorologiques, en mettant l'accent sur les
paramètres météorologiques ayant le plus d'effet sur la qualité de l'air des stations par l'analyse
discriminante. Cette analyse nous permet de prévoir les jours de forte pollution à partir des prévisions
météorologiques et de prévenir les autorités pour alerter la population. Les résultats acquis à partir de
cette étude montrent, dans la station du 1er Mai (Sidi M'hamed), l'existence de fortes relations entre les
polluants CO, NO, NO2 et SO2 qui proviennent de la combustion des moteurs des véhicules. Contre les
PM10 qui peuvent provenir d'autres sources. A la station de Ben Aknoun, nous observons une forte
corrélation négative entre les COV et l'O3. Les paramètres météorologiques apparaissent moins corrélés
entre eux.
A l'issue de cette étude il ressort que les paramètres météorologiques les plus influents sur la
pollution atmosphérique sont: le vent, la température et la pression atmosphérique. A côté de ces
résultats, nous avons pu caractériser la pollution atmosphérique par des équations décrivant chaque
classe de pollution proposée. Ces équations permettront de prévoir la qualité de l'air à partir des
prévisions météorologiques.

Mots-clés: air, atmosphère, météorologie, pollution, relations.


Table des matières

Introduction ...................................................................................................... 1

Chapitre I : Généralités sur la pollution ......................................................... 4


1. Définition de la pollution ................................................................................................... 4
2. Définition de la pollution atmosphérique .......................................................................... 4
2.1. Définition juridique .................................................................................................... 4
2.2. Polluants atmosphériques........................................................................................... 4
2.3. Le temps de résidence des polluants .......................................................................... 5
3. Sources et types de polluants atmosphériques ................................................................... 6
3.1 Classification des polluants selon leur nature ............................................................. 6
3.2 Classification des polluants selon leur origine ............................................................ 7
4. Mesure des polluants atmosphériques ............................................................................. 13
4.1. La technique de mesure des oxydes d'azote (NOx) ................................................. 13
4.2. La technique de mesure de l'ozone (O 3) .................................................................. 15
4.3. La technique de mesure du monoxyde de carbone (CO) ......................................... 15
4.4. La technique de mesure du dioxyde de soufre (SO2) ............................................... 15
4.5. La technique de mesure des poussières.................................................................... 15
5. Normes et indices de qualité de l'air ................................................................................ 15
5.1. Les normes ............................................................................................................... 15
5.2. Les indices ............................................................................................................... 17
6. Impacts de la pollution atmosphérique ............................................................................ 18
6.1. Sur la santé de l'homme ........................................................................................... 18
6.2. Sur l'environnement ................................................................................................. 20
7. Aspects économiques de la pollution atmosphérique ...................................................... 25

Chapitre II : Etude de l'atmosphère ............................................................. 26


1. Composition de l'atmosphère........................................................................................... 26
2. Structure verticale de l'atmosphère .................................................................................. 27
3. Influence des facteurs physiques sur la diffusion des polluants ...................................... 28
3.1. Facteurs météorologiques ........................................................................................ 28
3.1.1. Le vent .................................................................................................................. 29
3.1.2 La température ....................................................................................................... 33
3.1.3. La pression atmosphérique.................................................................................... 35
3.1.4. L'humidité ............................................................................................................. 35
3.1.5. Les précipitations .................................................................................................. 36
3.1.6. L'ensoleillement .................................................................................................... 36
3.2. Influence du relief ..................................................................................................... 37
4. L'environnement urbain ................................................................................................... 38
4.1. Impacts de l'urbanisme sur le climat ........................................................................ 39
4.2. Effet du climat sur la ville ........................................................................................ 40
Chapitre III : Méthodologie .......................................................................... 41
1. Description de la zone d'étude ......................................................................................... 41
1.1. Climat de la région d'Alger ...................................................................................... 41
1.2. Topographie ............................................................................................................. 43
1.3. La pollution dans l’agglomération algéroise ............................................................ 43
2. Acquisition des données .................................................................................................. 51
2.1 Données météorologiques ......................................................................................... 51
2.2 Données de pollution atmosphérique ........................................................................ 51
2.3 Le choix des données ................................................................................................ 55
3. Etude exploratoire des données ....................................................................................... 56
3.1 Description préliminaire des variables ...................................................................... 56
3.2 Description multidimensionnelle des données .......................................................... 56
3.3 Étude des liens entre les groupements ...................................................................... 57

Chapitre VI : Résultats et discussion ............................................................ 59


1. Résultats de l'analyse en composantes principales .......................................................... 59
1.1. Cas des données de la pollution atmosphérique ...................................................... 59
1.2. Cas des données météorologiques............................................................................ 71
2. Recherche des liens entre les deux groupes de variables ................................................ 76
2.1 Typologie des deux groupes de variables ................................................................. 76
2.1.1 La station du 1er Mai .............................................................................................. 76
2.1.2 La station de Ben Aknoun ...................................................................................... 77
2.2. Test d'indépendance ................................................................................................. 79
2.3. Corrélation entre les deux groupes de variables ...................................................... 81
2.4. Relation entre les deux typologies de chaque station .............................................. 83
Conclusion ........................................................................................................................... 88

Conclusion générale ....................................................................................... 90


Bibliographie………………………………………………………………………………….93
Index des figures……………………………………………………………………………...99
Index des tableaux…………………………………………………………………………...100
Introduction
Introduction

Il n'est point contesté que les progrès technologiques, économiques voire sociaux ont
rendu la vie beaucoup plus facile qu'auparavant. Mais en revanche beaucoup plus vulnérable.
En effet, avec le développement industriel, l'évolution des moyens de transport mais surtout
l'expansion du marché automobile, sachant que 80% de la consommation d'énergie dans le
monde provient des combustibles fossiles (Goldemberg, 2006), l'air que nous respirons
devient de moins en moins sain.
La pollution atmosphérique varie selon la géographie, la démographie et le profil
socioéconomique de la région. Ces facteurs déterminent la source et le taux d'émission des
polluants. Elle peut être soit d'origine naturelle (éruption volcanique, feux de forêt…etc.) soit
anthropogénique. Les propriétés physico-chimiques des polluants font qu'ils se comportent
différemment dans l'air, certain résident longtemps dans les couches atmosphériques, d'autres
se dispersent plus rapidement.
Le phénomène de pollution atmosphérique est lié tout d'abord aux aspects dynamiques de
la circulation de l'air au niveau régional, le climat régional étant essentiellement définit par le
relief, les surfaces d'eau et les caractéristiques de la circulation des masses d'air
atmosphérique (Tabet-Aoul, 1998).
Incontestablement, la pollution de l'air est influencée par les conditions météorologiques,
mais elle ne manque pas d'affecter le climat à son tour, notamment en milieu urbain.
L'apparition d'un îlot de chaleur est la manifestation climatique la plus connue de l'influence
du milieu urbain sur son climat.
"La ville semble écrasée sous un nuage poussiéreux, opaque et de couleur grise. Le
temps ne s'est pas gâté et nul orage à l'horizon. Cette lumière blanche, qui obstrue les rayons
du soleil et suspend le temps n'est autre qu'un épais nuage de pollution. En suspension dans
l'air, cette gigantesque fumée prend la pause et stagne pompeusement au dessus des villes
étouffées (…) pas étonnant que bébé ne ferme l'œil, que la petite dernière ait répété une crise
d'asthme et que le grand père se plaint de point au poumons…"Maïche, in El Watan du
23/07/2008.
Les photos suivantes ont été prises dans la rue Mauritania (Tafourah), dans deux
situations atmosphériques différentes.

Fig. 1 : La qualité de l’air au cours d'une


situation anticyclonique persistante. Fig. 2 : La qualité de l’air au lendemain
(Photos: BENSMAIN L.) d’une situation dépressionnaire
(pluvieuse). (Photos: BENSMAIN L.)

1
Introduction

A Alger, vu le tissu urbain, les émissions polluantes et les poussières ont du mal à se
disperser du fait que la majorité des rues du centre ville sont de type canyon. Il a été
démontré que la concentration des poussières différaient de 35 % entre une hauteur de 0.81 m
à 2.88 m dans ce type de rue (Cass et al., 1982). Les rues Didouche Mourad, Hassiba Ben
Bouali et Larbi Ben Mhidi ne sont que des exemples de ce type de rue.
Le trafic routier est la principale source de pollution (Yassa, 2001), cela signifie que les
polluants précurseurs existent en abondance. Le parc automobile algérois qui ne fait que
s'accroître environ 1 103 017 véhicules (ONS, 2007), en plus des unités industrielles au sein
et aux environs de la ville, font qu'on observe très souvent un brouillard grisâtre survolant la
capitale. Ajouté à cela la situation géographique de la ville qui favorise la pollution
photochimique. En effet, à la latitude d'Alger, les radiations solaires sont disponibles et
suffisantes durant plusieurs mois de l'année pour initier les réactions photochimiques. A
signaler que les flux lumineux les plus intenses sont relevés au moment du solstice d'été dans
les zones à climat méditerranéen chaud au 35 éme degrés de la latitude (Dogniaux, 1970, in
Lakki, 2006 et Ramade, 1984).
La santé de la population est directement touchée par la mauvaise qualité de l'air,
particulièrement chez les catégories les plus fragiles (personnes âgées et enfants). La
bronchite chronique, le cancer de poumon et l'asthme sont directement liés à la pollution
atmosphérique. A Alger 4.5% du total des consultations sont dues à la pollution par les
poussières PM10 (Laid et al., 2006). Les infections respiratoires en Algérie, sont les
premières causes de mortalité infantile. On prévoit 80 000 asthmatiques en 2010 (Maïche, in
El Watan, 23/07/2008).
Nombreux travaux ont montré que la variation spatio-temporelle de la concentration des
polluants de l'air est influencée de prés par les facteurs climatiques (Ilten et Selici, 2008) : le
vent par sa grande variabilité en force et en direction, la pression atmosphérique, la
température et l'humidité de l'air sont désormais considérés comme les plus marquants.
A propos du degré de liaison entre les deux phénomènes, la littérature offre des résultats
assez divergents. Une étude tunisienne (Slama, 1998), conclue que le vent par sa direction et
sa vitesse joue le rôle majeur dans la dispersion des polluants, en plus de la température,
l'humidité et l'ensoleillement qui présentent de fortes corrélations dans certains sites de Tunis
ville. Ces paramètres sont liés à la situation anticyclonique qui favorise la stagnation de la
pollution sur la ville. En revanche, Morawska et al. (1998) ont trouvé, dans l'étude de
l'atmosphère urbaine subtropicale, que la température et l'humidité avaient peu d'influence
sur les particules en suspension (PM10). Cependant, Greene et al. (1999), étudiant quatre sites
différents aux états unis: Birmingham, Cleveland, Philadelphie et Seattle, constatent que les
sites les plus chauds ne possèdent pas nécessairement les plus fortes concentration en ozone
(O3) et en PM10. Sen et al. (2006), à leur tour, démontrent que les épisodes de pollution de
l'air aux environs d'Istanbul, sont souvent associés aux situations de haute pression
atmosphérique. Ils ont constaté que les concentrations maximales du dioxyde de soufre (SO 2)
étaient liées à la couverture nuageuse et au vent modéré. C'est aussi le cas de Tirabassi et al.
(1991), qui confirment que la vitesse du vent a une étroite relation avec la concentration de
SO2 et des particules dans la ville côtière de Ravenne. D'autres chercheurs ont trouvé que les
concentrations du SO2 étaient fortement corrélées aux températures froides, à l'humidité
élevée et aux vents faibles (Cuhadaroglu et Demirci, 1997). C'est aussi l'avis de Turalioglu et
al. (2005) qui constatent dans la ville d'Erzurum (Turquie) que les fortes concentrations de
PM10 et du SO2 sont fortement corrélées aux faibles températures, aux vents faibles et aux

2
Introduction

hautes pressions atmosphériques et faiblement corrélées avec la pluie et le fort taux


d'humidité relative.
Concernant l'Algérie, nombreuses recherches ont porté sur la pollution de l'air, ses
mécanismes, son évolution, ses impacts et les principaux polluants (Aoudia, 1991; Rahali,
2003; Kerbachi et al. 1998; Boughedaoui, 1993, 2007…etc.) sinon sur le climat et ses
tendances. Certains consacrent à cette relation des chapitres (Lakki, 2006; Liazid et al.,
2004), d'autres mettent l'accent sur l'influence de la pollution sur le climat urbain (Tabet-
Aoul, 1998). Mais, à notre connaissance, aucune étude, jusque là, n'a eu pour objectif de
relier les deux phénomènes.
Pour cela, nous nous sommes proposés, dans ce mémoire, d'étudier la relation qui lie les
conditions météorologiques avec la pollution atmosphérique en déterminant le paramètre
météorologique le plus influent sur chaque polluant ainsi que les meilleures corrélations entre
les polluants atmosphériques eux-mêmes et entre chaque polluant et les différents paramètres
météorologiques, en mettant l'accent sur les paramètres météorologiques ayant le plus d'effet
sur la qualité de l'air des stations étudiées.

Nous avons fondé le mémoire sur quatre chapitres:


Le premier et le deuxième chapitre présentent une synthèse bibliographique. Le premier,
rassemble les définitions, les techniques de mesure, les normes et indices, les impacts et
l'aspect économique de la pollution de l'air. Le deuxième chapitre est consacré à la
circulation atmosphérique, à l'influence des facteurs météorologiques et aux autres
paramètres qui agissent sur la pollution atmosphérique.
Dans le troisième chapitre, nous exposons la méthodologie suivie durant cette étude, ainsi
que les différentes étapes qui ont servi à l'élaboration de ce travail.
Enfin, c'est dans le quatrième chapitre où nous présentons les résultats obtenus que nous
discutons au fur et à mesure.
Une conclusion générale ainsi que des perspectives concluront ce mémoire.

3
Chapitre I
Généralités sur la
pollution

4
Chapitre I Généralités sur la pollution

1. Définition de la pollution

La pollution est un terme qui désigne l'ensemble des rejets de composés toxiques que
l'homme libère dans la biosphère ou l'écosphère. Il s'agit de substances qui perturbent le
fonctionnement de l'écosystème même si elles ne sont pas dangereuses pour l'homme et les
organismes vivants.
La définition la plus précise a été donnée par le premier rapport du Conseil sur la Qualité
de l’Environnement de la Maison Blanche (1965) : « La pollution est une modification
défavorable du milieu naturel qui apparaît en totalité ou en partie comme un sous produit de
l’action humaine, au travers des effets directes ou indirectes altérant les critères de répartition
du flux de l’énergie, des niveau de radiation, de la constitution physicochimique du milieu
naturel et de l’abondance des espèces vivantes. Les modifications peuvent affecter l’homme
directement ou au travers des ressources agricoles, en eau et en produits biologiques. Elles
peuvent aussi l’affecter en altérant des objets physiques qu’il possède ou les possibilités
récréatives du milieu » (Ramade, 2002).

2. Définition de la pollution atmosphérique


La pollution atmosphérique fait l’objet de définitions différentes suivant les pays et
parfois suivant les divers organismes qui s’en occupent dans un pays. Certains reposent sur le
principe que toute modification de la composition normale de l’air est une pollution
atmosphérique. D’autres y ajoutent des notions de gêne ou de nocivité dues aux éléments
anormaux qui ont modifié cette composition.
D'après Masclet (2005), la pollution atmosphérique résulte d'un apport de gaz et de
particules émis par l'activité humaine. Ces émissions sont dites "anthropiques" mais les
processus atmosphériques impliquent autant les gaz et les aérosols naturels que les gaz et les
aérosols anthropiques.
Selon Mouvier (1994):" on dit qu'il y a pollution de l'atmosphère dans le cas où une
variation de la composition de l'air modifie suffisamment ses propriétés physiques ou
chimiques pour être détectable par les occupants de ce milieu".

2.1. Définition juridique


En 2003, l'Algérie a adopté une loi définissant la pollution comme étant « toute
modification directe ou indirecte de l’environnement provoquée par tout acte qui provoque ou
qui risque de provoquer une situation préjudiciable pour la santé, la sécurité, le bien-être de
l’homme, la flore, la faune, l’air, l’atmosphère, les eaux les sols et les biens collectifs et
individuels. (Journal officiel, loi n° 03-10du 19 juillet 2003 relative à la protection de
l’environnement dans le cadre du développement durable)
La même loi définit la pollution atmosphérique comme « l’introduction de toute
substance dans l’air ou l’atmosphère provoquée par l’émanation de gaz, de vapeurs, de
fumées ou de particules, liquides ou solides susceptible de porter préjudice ou de créer des
risque au cadre de vie.

2.2. Polluants atmosphériques


« Les polluants sont des substances présentes en concentrations suffisantes pour produire
un effet sur l’homme, les animaux, les végétaux et les métaux. » (Mouvier, 1994)

4
Chapitre I Généralités sur la pollution

Nous pouvons distinguer deux différentes origines des polluants atmosphériques :


1- origine naturelle (minérale, végétale, ou microbienne)
2- origine anthropique (transport, combustion, centrale thermique, industrie,…etc.)
2.2.1. La pollution d’origine naturelle
L’atmosphère contient à côté d’éléments dits normaux, une quantité variable de
substances d’origine naturelle provenant de sources extrêmement diverses : poussières dues à
la décomposition du sol, poussières et gaz d’origine volcanique, produits de feux spontanés
de forêt, poussières d’origine extra-terrestre, produits d’origine animale végétale ou
microbienne…etc.
2.2.2. La pollution d’origine anthropique
Cette pollution est due à l'activité anthropique dont le transport, l'industrie,
l'incinération,…etc. le processus responsable de l'émission des gaz polluants est la
combustion qui est la combinaison vive du combustible avec l'oxygène de l'air ; cette
combinaison s'accompagne d'un dégagement de chaleur.
Tous les combustibles peuvent être brûlés complètement et efficacement; les produits de
leurs combustion ne se composent alors que de gaz : anhydride carbonique et vapeur d'eau,
qui ne sont pas considérés comme des polluants, et, en faible part, oxyde de soufre et d'azote.
Mais la combustion est rarement complète et provoque alors, suivant la nature du
combustible, des appareils, des conditions d'installation et de conduite de chauffe, des
émissions de particules et de gaz polluants.
2.3. Le temps de résidence des polluants
Si la diffusion des polluants est rapide au niveau de la troposphère (voir fig. 10), elle
s'effectue très lentement dans la stratosphère. Ceci en raison de la faible vitesse d'échange
entre les couches d'air d'altitude différentes. Les mouvements verticaux sont de quelques
cm/s. les polluants introduits à ce niveau peuvent séjourner pendant plusieurs années. Le
tableau 1 indique le temps de résidence des polluants selon leurs natures dans les différents
étages de l'atmosphère.

Tableau 1. Les temps de résidence des contaminants atmosphériques calculés


Altitude Temps de résidence
Troposphère basse 7 jours exp. Les aérosols
3000 m
Troposphère moyenne 30 jours exp. Particules microscopiques
6000 m
Stratosphère basse
15-18 km 1 an exp. Particules insédimentables
Stratosphère moyenne
3 km 2-3 ans exp. Particules insédimentables.

Tout composé organique ou minéral peut passer théoriquement dans l'air, direct dans le
cas des gaz, sous forme d'aérosols pour les liquides de faible tension et de vapeur et à l'état de
fines particules dans le cas des solides non subliminales.

5
Chapitre I Généralités sur la pollution

3. Sources et types de polluants atmosphériques


La pollution résulte de la présence dans l'atmosphère de polluants très variés. On peut les
rassembler selon deux typologies. La plus simple, physique, consiste à distinguer les
polluants gazeux des polluants solides, poussières et particules. La seconde s'appuie sur
l'origine des polluants et oppose les polluants primaires aux polluants secondaires.

3.1 Classification des polluants selon leur nature


Ramade 2002, propose deux classes de polluants: les polluants gazeux et les particules.
(Tableau 2).
Tableau 2: Nature et origine des principales substances responsables de la pollution de
l'atmosphère (Ramade, 2002).
Types de polluants Nature du polluant Source démission
atmosphériques
Gazeux CO2 Volcanisme. Respiration des êtres
vivants. Combustibles fossiles.
Feux de végétation. Déforestation.

CO (oxyde de carbone) Volcanisme. Moteurs à explosion.


Combustion incomplète. Feux de
végétation.
hydrocarbures Végétation, bactéries, océan.
Moteurs à explosion. Foyers au
fuel ou au charbon.
Composés organiques Industrie chimique. Incinération
d'ordures. Combustions diverses.
SO2 et autres dérivés gazeux du Volcanisme. Embruns marins.
soufre Bactéries. Combustion.
NOx et autres dérivés gazeux de Bactéries. Combustions. Moteurs
l'azote à explosion.
Radionucléides Industrie nucléaire. Essais
atmosphériques d'armes
atomiques.
particules Métaux, composés minéraux Volcanisme. Météorites. Erosion
éolienne. Embruns marins.
Combustion. Moteurs à explosion.
Métallurgie et diverses industries.
Incendies de végétation.
Combustion de charbon et fuels.
Moteurs diesel.

Composés organiques naturels et Incendies de végétation. Industrie


de synthèse chimique. Combustion de charbon
et fuels. Moteurs diesel.
Incinérateurs d'ordures. Solvant.
Pesticides.
Radionucléides Industrie nucléaire. Essais
atmosphériques d'armes
atomiques.

6
Chapitre I Généralités sur la pollution

3.2 Classification des polluants selon leur origine


La pollution de l'air urbain résulte principalement des gaz et des particules rejetées par les
véhicules à moteur, les installations de chauffage, les centrales thermiques en plus des rejets
industriels. Par exemple, pour les particules carbonées, certains chercheurs comptent plus de
70 sources de pollution atmosphérique (Cass et al., 1982 in Gray et Cass, 1998). Il faut tout
de même signaler que certaines particules existent naturellement dans l’atmosphère et qui
sont indispensables au bon fonctionnement du système climatique et de la biosphère. Selon
leur origine et leur mécanisme de formation, les polluants atmosphériques sont classés en
deux catégories : les polluants primaires et les polluants secondaires.
3.2.1. Les polluants primaires
Les polluants primaires sont les substances présentes dans l'atmosphère telles qu'elles ont
été émises. Parmi ces polluants, certains se distinguent par leur importance particulière. Tel
est le cas des substances suivantes (Penlvast-Bergeal, 2001) :
- le monoxyde de carbone (CO): c'est un gaz toxique inodore émis essentiellement par
la combustion incomplète de carburants fossiles et donc par les véhicules et les chauffages
urbains, mais qui se diffuse rapidement dans l'air. Il est principalement émis par les véhicules
à essence (75%). Les autres sources sont les équipements agricoles (7%), les processus
industriels (7%) et les avions (2%) (Masclet, 2002). Le CO peut se transformer dans
l'atmosphère en dioxyde de carbone (CO2). Il détruit les radicaux hydroxyle OH, qui sont les
agents destructeurs du méthane, donc l'injection de CO dans l'atmosphère va inhiber
l'élimination du méthane ce qui prolongera l'effet de serre.
Les émissions naturelles de CO sont dues en grande partie, à l'oxydation photochimique
du méthane, à la décomposition de la chlorophylle et aux émissions des feux de forêts et des
volcans;
- le gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2), n'est pas nocif par lui-même mais
dont les concentrations importantes peuvent provoquer, dans les locaux mal ventilés, des
gênes ou tout au moins raréfier la quantité d'oxygène. Il est produit par les combustions et il
est essentiellement préoccupant en raison de sa contribution à l'effet de serre ;

- le dioxyde de soufre (SO2): est un gaz incolore qui dégage une odeur irritante et qui
produit une sensation désagréable à des concentrations supérieures à environ 3.5 ppm. On
peut détecter sa présence par le goût âcre qu'il laisse dans la bouche à des concentrations
variant entre 0.3 et 1.0 ppm environ. Il est très soluble dans l'eau où il y forme de l'acide
sulfureux. Le SO2 peut aussi réagir avec d'autres gaz de l'atmosphère pour former du trioxyde
de soufre (SO3), de l'acide sulfurique et des sulfates.
2 SO2 + O2 2 SO3
Le trioxyde de soufre, qui peut aussi être émis en même temps que le SO 2, se combine
rapidement avec l'eau atmosphérique pour former l'acide sulfurique. Le SO 2 est émis par
certains procédés industriels (notamment dans la papeterie ou le raffinage) et surtout par
l'utilisation de combustibles fossiles soufrés. Il est l'un des principaux responsables des
retombées acides en raison de sa transformation, dans l'atmosphère, en acide sulfurique
(H2SO4) ;
SO3 + H2O H2SO4
- les oxydes d'azote (NOx): les oxydes d'azote regroupent le monoxyde d'azote (NO) et
le dioxyde d'azote (NO2), mais il peut y avoir d'autres forme d'oxydes d'azote: N 2O, N2O3,
N2O4 seuls le NO, le NO2 et le N2O existent dans l'atmosphère en quantité appréciable avec
une abondance relative du N2O; ce dernier participe aux réactions photochimiques dans la

7
Chapitre I Généralités sur la pollution

stratosphère mais, comme on ne lui connaît aucun effet néfaste sur la santé on ne le considère
pas comme un polluant au même titre que le NO et le NO 2. Le NO et le NO2 sont produits
tous deux par la combustion, mais NO prédomine, car sa formation est favorisée à de hautes
températures.
NO + O2 NO3
NO3 +NO 2NO2
Le NO est un gaz inodore, incolore et sans goût. Les sources naturelles sont
principalement l'action microbienne dans le sol et les éclairs. Le NO 2 est un gaz corrosif de
couleur brunâtre dont l'odeur est irritante. La fumée jaune-brunâtre que l'on aperçoit souvent
au-dessus des villes, par temps calme et ensoleillé, est en grande partie due au NO 2 et aux
aérosols qu'il génère. Ce gaz absorbe fortement les rayonnements ultra-violets et il se
décompose en NO et en oxygène atomique qui, à son tour réagit avec l'oxygène moléculaire
pour former l'ozone (Boughedaoui, 1993).
2 NO + O2 2NO2 + 28.4 kcal
Les gaz d'échappement des voitures renferment environ 1000 ppm de NO. Les rejets de
NO2 ne séjournent pas longtemps dans l'air, ils sont convertis en quelques jours en nitrates
(NO3) et avec l'humidité en acide nitrique et en nitrate d'ammonium que les précipitations
ramènent au sol.
NO2 + 1/2 O2 NO3
- les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), émis par la combustion
incomplète des fiouls ou des charbons et qui se présentent généralement dans l'air, liés aux
particules. Certains d'entre eux sont reconnus comme très cancérigènes ;
- les particules, « Particules en suspension » est l’expression générale désignant un
mélange de particules solides et de gouttelettes liquide en suspension dans l’air. Certaines
particules sont suffisamment grosses pour être vues et sont appelées poussière ou saleté, alors
que d’autres sont si petites qu’elles ne peuvent être décelées qu’à l’aide d’un microscope
électronique. « Le total des particules en suspension (TPS) » décrit la quantité de particules
en suspension dans l’atmosphère, soit les particules de toutes tailles inférieures à 100 µm.
PM10 comprend les particules inférieures à 10 µm, alors PM2,5 englobe les particules dont le
diamètre est inférieur à 2,5 µm ([Link]
pnarsa/pdf/chap23_f.pdf).
Les particules sont d'origines et de nature très diverses. A l’échelle mondiale, les
poussières ou particules en suspension (Ps) sont principalement d’origine naturelle (embruns
océaniques, éruptions volcaniques, feux de forêts et érosion éolienne des sols).En milieu
urbain, les poussières proviennent principalement des véhicules à moteur, notamment diesel,
des installations de chauffage domestique et urbain, de certaines activités industrielles,
cimenteries et des usines d’incinération de déchets (Sama Safia, 2006).
Les émissions de poussières sont scientifiquement mal connues. En effet, les tailles et
natures des particules sont diverses, il est donc difficile de quantifier leur origine et les
quantités émises. Il est possible de les classer selon leur taille mais aussi selon leur origine.
Boucher (2007) parle d’aérosols « primaires » et aérosols « secondaires ». Les aérosols
« primaires » sont émis dans l’atmosphère comme particules solides ou liquides. Ce sont, par
exemple, les embruns projetés par la friction du vent sur l’océan, les poussières arrachées aux
déserts par le vent, les cendres volcaniques, la fumée des feux de végétation, les poussières
industrielles, ou encore les aérosols carbonés issus de la combustion des énergies fossiles.
Leur diamètre varie en général de 1 à 10 micromètres, exception faite des aérosols carbonés,

8
Chapitre I Généralités sur la pollution

plus petits. Les aérosols dits « secondaires » sont créés dans l’atmosphère par la condensation
de gaz. Leur diamètre n’excède pas le micromètre. Les plus connus sont les aérosols soufrés,
responsables des pluies acides qui endommagèrent, voici quelques décennies, les forêts
européennes et nord-américaines. Ils sont issus de l’oxydation du dioxyde de soufre produit à
la fois par la combustion du charbon et des dérivés du pétrole, et de celle du diméthylsulfure
généré par le phytoplancton marin. Appartiennent aussi à cette famille, les aérosols carbonés
produits par l’oxydation des composés organiques volatils (COV).
On distingue, selon la taille, deux types de particules:
Les PM10 (Particulate Matter ou matière particulaire), sont les particules dont le diamètre
moyen n'excède pas 10µm et qui proviennent principalement des véhicules (en particulier de
ceux équipés d'un moteur diesel). Parmi les grosses particules, on trouve des particules
biologiques telles les pollens.
les PM2.5, dont le diamètre moyen est inférieur à 2.5µm et qui sont majoritairement
émises par des sources fixes mais aussi par le carburant Diesel ([Link]
Les particules les plus petites, plus légères, sont celles qui peuvent rester en suspension le
plus longtemps. Elles sont également susceptibles de pénétrer le plus profondément dans
l'appareil broncho-pulmonaire;
- l'acide chlorhydrique (HCl): il est essentiellement émis par l'incinération des ordures
ménagères ;
- les composés organiques volatils (COV), qui comprennent notamment les
hydrocarbures (dont le benzène, le toluène et les xylènes). "Il s'agit de substance de faible
masse moléculaire correspondant à des solvants et à divers liquides de faible tension de
vapeur. Elles sont essentiellement émises par les activités industrielles et pour certaines
d'entre elles par les gaz d'échappement des véhicules à moteurs et, de façon plus générale, par
les combustions incomplètes"(Ramade, 2002). Le méthane, est un composé organique volatil
qui contribue à l'effet de serre par des concentrations qui s'accroissent rapidement dans
l'atmosphère. Les COV sont aussi produits par les végétaux, notamment par les forêts, (exp.
Les terpènes, rejetés par la végétation). A Alger les principales sources des COV sont d'une
part le trafic routier et d' autre part l'auto-combustion incomplète à l'air et non contrôlée de
différents déchets ménagers et industriels (Yassa, 2001);
- les métaux lourds susceptibles de polluer l'atmosphère sont très nombreux. Il s'agit
notamment:
 du plomb, dont la toxicité est très importante et qui peut être émis par certains
procédés industriels (fabrication de batteries électriques par exemple), ainsi que par la
combustion de carburants plombés (gaz d'échappement des véhicules plus de 90%); on le
retrouve également dans certaines peintures apposées dans des immeubles anciens,
canalisation, émission aérienne et fluviatile ;
 du zinc, provenant notamment de la combustion du charbon et fioul lourd ;
 du mercure, émis par certains procédés industriels, l'incinération de déchets, ainsi que
la combustion du fioul lourd ;
 de l'arsenic, que l'on trouve à l'état de traces dans certains combustibles et dans
certaines matières premières utilisées dans la verrerie et la métallurgie ;

- les dérivés fluorés, qui constituent également une catégorie importante de polluant ;
- les pesticides, utilisés dans les terres agricoles.

9
Chapitre I Généralités sur la pollution

3.2.2. Les polluants secondaires


Les polluants secondaires sont des substances dont la présence dans l'atmosphère résulte
de transformations chimiques liées à la présence de composés dits précurseurs.
- L'acide sulfurique et l'acide nitrique se forment dans l'atmosphère sous l'action de
l'humidité à partir, respectivement, de dioxyde de soufre et d'oxyde d'azote.
- L'ozone est le principal polluant secondaire. Sa formation résulte d'un processus
photochimique en présence de certains polluants primaires (monoxyde de carbone, oxyde
d'azote et composés organiques volatiles). Il s'agit d'un gaz naturellement présent dans
l'atmosphère à des concentrations faibles et à une altitude élevée (de 17 à 50 Km pour la
stratosphère). A plus basse altitude (6 à 17 Km pour la troposphère), en revanche, l'évolution
de sa concentration résulte essentiellement des activités humaines.
Comme le rappelle le Conseil supérieur d'hygiène publique de France. " Une
caractéristique importante de la chimie atmosphérique à l'origine de production d'ozone est
son caractère non-linéaire. En effet, cette production n'est pas proportionnelle aux teneurs
initiales en précurseurs et, selon l'abondance relative des divers réactifs, ce sont des
réactions de destruction ou de production d'ozone qui peuvent être favorisées". En effet, si la
production d'ozone résulte de la dissociation du dioxyde d'azote par le rayonnement
ultraviolet, ce dioxyde d'azote est lui-même produit par une réaction entre l'ozone et le
monoxyde d'azote. Ainsi, la création du précurseur de l'ozone détruit cette substance (voir
réactions ci-dessous).
L'abondance du monoxyde d'azote ralentit l'accumulation de l'ozone alors que sa présence
en quantité plus modeste augmente sa teneur dans l’atmosphère (Coyle, 2003). En effet, cette
substance se transforme dans l'atmosphère en dioxyde d'azote.
Ces mécanismes expliquent la spécificité de l'ozone troposphérique qui est présent à des
concentrations plus élevées en zones périurbaines ou rurales que dans les zones urbaines et
industrielles. En effet, la où les émissions de polluants sont les plus fortes, l'abondance de
monoxyde d'azote détruit l'ozone. C'est donc souvent hors des agglomérations que les
concentrations d'ozone sont les plus élevées et peuvent atteindre des niveaux dangereux.
Pour notre pays, les études effectuées à l’est d’Alger en milieu suburbain (Aoudia, 1991),
en milieu urbain d’Alger et en périphéries montrent que les concentrations en ozone sur une
heure peuvent atteindre 3 à 10 fois la valeur minimale de fond de 10 ppb.
Mécanismes de formation de l'ozone
Les mécanismes de formation sont très différents selon qu'il s'agisse de l'ozone
stratosphérique ou de l'ozone troposphérique.
L'ozone stratosphérique
L'ozone (O3) est formé par action du rayonnement ultraviolet de longueur d'onde inférieur
à 240 nanomètres (nm) sur l'oxygène selon la réaction de dissociation :

O hν
 O  O
2
O O O
2 3

L'ozone est décomposé par les radiations UV de longueur d'onde inférieure à 310 nm. Il
résulte des deux réactions que les radiations solaires de longueurs d'ondes inférieures à 310
nm sont arrêtées dans la stratosphère et ne parviennent donc pas dans la basse atmosphère.
La concentration en O3 de la stratosphère est bien plus grande que celle de la troposphère. On
considère qu'une partie de l'ozone présent dans la troposphère provient de la stratosphère.

10
Chapitre I Généralités sur la pollution

L'ozone troposphérique
Les relations entre l’ozone et les mouvements verticaux de l’air ainsi que les relations
ozone-climat à long terme, indiquent la nécessité de la connaissance à la fois des processus
physiques et chimiques, pour la bonne compréhension des changements saisonnier du cycle
de l’ozone troposphérique (Lindskog et al., 2003). La formation de l’ozone troposphérique se
fait différemment de l’ozone stratosphérique, puisque les radiations solaires de longueurs
d'onde inférieure à 240 nm sont entièrement arrêtées dans la stratosphère.
L'ozone que l'on trouve dans la troposphère est produit à proximité du sol par des
réactions photochimiques mettant en jeu certains polluants tels que le monoxyde d’azote NO,
le dioxyde d’azote NO2 (désignés par la formule générale NOx), le monoxyde de carbone CO
et les hydrocarbures HC en présence de la lumière solaire (Leighton, 1961 in Lakki, 2006).
Cette source, très importante, représente 80 % de l’ozone troposphérique.
Cependant, la formation photochimique d’ozone dans la troposphère s’opère par
oxydation des CO, CH4 et des hydrocarbures non méthaniques (connus sous le nom de
composés organiques volatiles COV) en présence d’oxydes d’azote. Le CO et le CH4, à plus
longues durées de vie, donnent lieu à une production relativement lente d’ozone (Lakki,
2006). Le CO donne lieu à une production importante d'ozone environ 70 % de la formation
photochimique totale. C’est donc lui qui est responsable de la formation de la majeure partie
de l’ozone à grande échelle (planétaire). Les COV et le CH4 contribuent chacun à une
formation moins importante environ 15 % de la production globale. Cependant, les COV
donnent lieu à des formations bien plus rapides d'ozone (Marenco, 1990).
Dans la troposphère, l'atome d'oxygène O ne peut guère provenir que de la photolyse du
dioxyde d'azote NO2 par action des radiations de longueurs d'onde inférieures à 400 nm.

Du fait de ces deux réactions, on considère souvent que ce sont les oxydes d'azote qui sont
la cause de l'existence de fortes concentrations en ozone. Ce n'est que partiellement exact.
En effet, la formation d'ozone est limitée par la réaction entre NO et O 3 :

NO + O3 NO2 + O2 (1)

Pour que les oxydes d'azote puissent former de fortes concentrations en ozone, il faut que
le rapport des concentrations NO2/NO soit très élevé, de l'ordre de 10 (Salaun, 2007), ce qui
ne se produit que très rarement. La formation de quantités importantes d'ozone nécessite
l'intervention des hydrocarbures et autres composés organiques volatiles (COV), de la même
façon que les COV interviennent dans l'oxydation de NO en NO 2. Par la formation d'atomes
d'oxygène O, NO2 intervient comme initiateur de réactions radicalaires en chaînes, selon un
processus catalytique dans lequel NO2 et les radicaux libres sont régénérés. Il s'ensuit qu'en
présence de COV, il suffit de faibles concentrations en NO 2 pour qu'il y ait formation de
quantités importantes de O3. Comme la présence du monoxyde NO en concentration notable
limite la formation d'ozone, ce n'est pas dans les lieux où la concentration en oxydes d'azote
est importante que les teneurs en ozone sont les plus grandes. La concentration de l'ozone
étant dépendante du rapport COV/NOx (Dérognat, 2002) en milieu pollué, certains chercheurs
distinguent deux situations caractérisées par la voix dominante de perte des radicaux
(Sillman et al., 1990 in Dérognat, 2002):

11
Chapitre I Généralités sur la pollution

- pour [NOx] > 4 ppb et [COV] < 100 ppb, les radicaux sont perdus principalement via
la réaction avec NO2. la production d'ozone et les concentrations de radicaux augmentent
avec celle des COV et diminuent avec celle des NOx ;
- pour 0.3 ppb < NOx < 4 ppb, les réactions de recombinaisons des radicaux deviennent
dominantes. La production d'ozone s'accroît proportionnellement à celle de NO et est quasi
indépendante de celle des COV.

Rôle des polluants précurseurs dans la formation et l'accumulation de l'ozone

Pour que l'ozone puisse atteindre des niveaux dépassant les taux naturels, il faudrait que
sa réaction par le NO (réaction 1 où le NO joue le rôle de puits de l’ozone) soit court-
circuitée. Cela nécessite la présence d’autres espèces oxydantes qui transforment le NO en
NO2 tout en préservant l’ozone. Ces réactions se font en présence des radicaux libres
peroxyles HO2 (radical hydroperoxyle) ou RO2 (radical alkylperoxyle) qui proviennent de la
dégradation photochimique dans l’air des polluants précurseurs comme le monoxyde de
carbone CO et les composés organiques volatils COV d’origine anthropique ou de source
naturelle sous l’action des radicaux hydroxyles OH (Leighton, 1961, Ripperton et al., 1976,
Haagen-Smit,1952 et Criegee, 1953, in Lakki, 2006).
Cette nouvelle voie de conversion de NO en NO2 fait intervenir les radicaux peroxyles
HO2 et RO2. Ces radicaux réagissent rapidement avec NO.

RO2 + NO RO + NO2 (2)

RO + O2 RCHO + HNO2 (3)

HO2 + NO OH + NO2 (4)

La substitution de l’ozone par les radicaux peroxyles RO2 et HO2, dans les réactions 2 et
4, court-circuite ainsi celle de NO avec l’ozone (où le NO en abondance réduit l’ozone en
oxygène dans la réaction 1) et elle perturbe le cycle naturel NO2 – NO – O3 ce qui permet à
l'ozone qui provient de la photodissociation de NO2 de s’accumuler et d’atteindre des
niveaux élevés.
Les radicaux peroxyles sont particulièrement formés par la réaction des hydrocarbures HC
avec le radical hydroxyle OH (Altshulleur, 1986)
Concentrations moyennes en ozone en milieu naturel et en milieu urbain
La concentration moyenne en O3 est nettement plus forte dans le milieu naturel que dans
l'atmosphère des villes. Dans celles-ci, la teneur élevée de l'air en monoxyde d'azote (NO)
limite la formation d'O3 comme indiqué précédemment selon la réaction :

NO + O3 NO2 + O2

En milieu rural, la concentration en oxydes d'azote, et particulièrement en NO, est bien


plus faible qu'en milieu urbain, cependant que les précurseurs de la formation d'ozone, les
composés organiques volatiles (COV) sont présents en concentration notable.

12
Chapitre I Généralités sur la pollution

4. Mesure des polluants atmosphériques


La mesure de la pollution atmosphérique par les stations fixes et mobiles de la
surveillance de la qualité de l'air, se fait en 5 étapes (Slama, 1998) :
1ère étape – le prélèvement
Il s'effectue à une hauteur d'environ 3m au niveau du sol. Au niveau d'une tête de
prélèvement, l'air extérieur de la station de mesure est aspiré par une pompe. Il est ensuite
acheminé vers différents analyseurs.
2ème étape – l'analyse
L'analyseur estime la concentration des polluants selon leurs caractéristiques optiques ou
les propriétés physiques. Par exemple La fluorescence du SO2, l'infrarouge par le CO. Chaque
analyseur délivre automatiquement en continu un signal électrique proportionnel à la
concentration du polluant qu'il mesure.
3ème étape – la transmission
Un micro-ordinateur convertit les signaux électriques en données numériques et en établit la
moyenne à chaque quart d'heure pour tous les analyseurs.
4ème étape – l'exploitation
A partir des moyennes quarts horaires sont calculés les moyennes horaires. Des conditions de
calcul sont imposées à l'ordinateur pour que les résultats soient fiables: trois quarts d'heures
valides pour avoir une donnée horaire et 18 heures valides sur 24 heures pour avoir une
donnée journalière. Toutes ces données sont établies en moyenne sur 8 heures, sur un mois,
sur un an. D'autres calculs déterminent outre la pollution moyenne, la pollution de pointe.
5ème étape- l'information
Elle signale au responsable les épisodes probables de pollution et l'informe des dépassements
des seuils réglementaires.

4.1. La technique de mesure des oxydes d'azote (NOx)


Le principe de mesure est basé sur la chimiluminescence (in Delloul et Hedjazi, 2008). Les
molécules de monoxyde d'azote (NO) sont oxydées en molécules de dioxyde d'azote (NO 2) à
l'état excité par des molécules d'ozone selon la réaction suivante:
NO + O3 NO2 + O2
De retour à son état fondamental, la molécule de dioxyde d'azote (NO 2) émet un rayonnement
lumineux (dont le spectre varie de 600 à 1200 nanomètre).
NO2 NO2 + hv
La mesure de l'intensité du rayonnement lumineux émis, permet de déterminer la
concentration du monoxyde d'azote de l'échantillon analysé. (hv = lumière)
L'ozone nécessaire à la réaction de chimiluminescence est généré par un ozoneur à décharge.
Pour être mesuré par chimiluminescence, le dioxyde d'azote (NO 2) présent dans l'air, doit
préalablement être transformé en monoxyde d'azote (NO) dans un four molybdène, selon la
réaction suivante:
3 NO2 + Mo 3 NO + MoO3

13
Chapitre I Généralités sur la pollution

Fig. 3: Analyseurs des NOx (photos: L.B.)

Fig. 6: Calibreur (photos: L.B.)

Fig. 4: Analyseurs des polluants atmosphériques


dans la cabine de mesure (photos: L.B.)

Fig. 7: Appareils de mesure des paramètres


météorologiques (la température, les vents et
l'humidité) (photos: L.B.)
Chaque station est dotée d'analyseurs, d'un
calibreur qui reçoit les concentrations des gaz et
les envois à l'analyseur et vérifie leurs valeurs et
d'un collecteur d'information lié à un modem
qui renvoi les informations au serveur central.

Fig. 5: Têtes de prélèvement : à gauche, des gaz


à droite, des poussières (photos: L.B.)

14
Chapitre I Généralités sur la pollution

4.2. La technique de mesure de l'ozone (O3)


Le principe de mesure de l'ozone est celui de la détection par l'absorption dans
l'ultraviolet. Le spectre d'absorption de l'ozone dépasse la longueur d'onde de 253.7
nanomètres. La source d'énergie utilisée est donc une lampe UV à vapeur de mercure "basse
pression". La mesure de la concentration de l'ozone est obtenue par différence entre
l'absorption UV due à l'échantillon gazeux et l'absorption UV due à un échantillon exempt
d'ozone.

4.3. La technique de mesure du monoxyde de carbone (CO)


Le principe de mesure est basé sur l'absorption d'un rayonnement infrarouge. Plusieurs
gaz possèdent des spectres d'absorption dans l'infrarouge; la méthode utilisée vise à la
discrimination des gaz interférents grâce à un filtre gazeux appelé "roue de corrélation". La
roue de corrélation est équipée de trois secteurs qui ont pour but:
- l'alignement du signal électrique,
- la mesure de l'échantillon d'air,
- la mesure de l'absorption spécifique du CO.
Le traitement du signal "séquentiel" du détecteur infra rouge permet la détermination du
monoxyde de carbone.

4.4. La technique de mesure du dioxyde de soufre (SO2)


Le principe de mesure est basé sur la "fluorescence UV" des molécules de dioxyde de
soufre. Les molécules de SO2 sont excitées sous l'effet de rayons UV émis par une lampe
basse pression à vapeur de zinc de longueur d'onde de 213.9 nm. La longueur d'onde des
rayonnements fluorescents est comprise entre 320 et 380 nm (valeur moyenne de 350nm).
L'intensité de fluorescence mesurée par un photomultiplicateur est directement
proportionnelle à la concentration en SO2 de l'échantillon.

4.5. La technique de mesure des poussières


Le rôle de l'analyseur des poussières est de déterminer la qualité de particules en
suspension d'un diamètre inférieur à 10 µm présentes dans l'air. La mesure est basée sur le
principe de la "jauge Bêta", composée d'une source radioactive et d'un compteur "Geiger-
Müller".
Un volume d'air connu est aspiré, les particules se déposent sur un filtre en fibre de verre,
le filtre, situé entre la source bêta et le compteur Geiger, est soumis aux rayons β (cette même
opération est réalisée au préalable lorsque le filtre est vierge permettant ainsi de mesurer
l'absorption du filtre). Les rayons de faible énergie sont absorbés par la matière par
"collision"; l'absorption est proportionnelle à la masse de matière rencontrée
indépendamment de la nature physico-chimique.

5. Normes et indices de qualité de l'air


La qualité de l'air est surveillée et réglementée selon des normes et des seuils à ne pas
dépasser, pour le grand public cette qualité est traduite par des indices et des appréciations
indiquant le degré de pollution de l'air.
5.1. Les normes
Le but de tout système de surveillance de la qualité de l'air est d'atteindre une qualité de
l'environnement atmosphérique qui ne soit nuisible ni à la santé de la population, que ce soit
à court ou à long terme, ni à l'environnement en général. Cet objectif est fondé sur

15
Chapitre I Généralités sur la pollution

l'évaluation préliminaire des impacts potentiels sur l'environnement et la santé (études


toxicologiques, épidémiologiques et expérimentales) (Garcia et Colosio, 2001).
Pour parler de la qualité de l'air, il est important de connaître certains concepts relatifs à
la surveillance de la qualité de l'air.
Les normes de qualité de l'air
Une norme de qualité de l'air est définie en fonction de deux paramètres: une donnée
quantitative (une concentration en générale) et un support temporel correspondant à une
durée d'intégration de la donnée quantitative. L'établissement de ces normes est la base
réglementaire d'une politique de gestion de la qualité de l'air ;
Valeur cible ou objectif de qualité : niveau fixé dans le but d'éviter, à long terme, les
effets nocifs sur la santé humaine et/ou sur l'environnement dans son ensemble. Ce niveau est
à atteindre dans la mesure du possible sur une période donnée ;
Valeur guide : pour l'OMS, les valeurs guides sont des valeurs minimales à partir
desquelles des effets sur la santé sont observés ;
Valeur limite : c'est un niveau fixé sur la base de connaissances scientifiques, dans le but
d'éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs sur la santé humaine et /ou
l'environnement dans son ensemble. Ce niveau est à atteindre dans un délai donné et à ne pas
dépasser ;
Seuil de recommandation et d'information : niveau à partir duquel une exposition de
court durée peut présenter un risque pour la santé des personnes sensibles et à partir duquel
les pouvoirs publics informent de la situation ; des recommandations d'ordre sanitaire et
portant sur la limitation des émissions responsables peuvent être aussi diffusées ;
Seuil d'alerte : niveau à partir duquel une exposition de court durée présente un risque
pour la santé humaine et à partir duquel les pouvoirs publics prennent immédiatement des
mesures de limitation des émissions responsables et diffusent des recommandations sanitaires
élargies ;
Percentile : pourcentage de mesure en dessous d'une valeur de référence. Par exemple,
une norme exprimée comme percentile 98 signifie que 2% des mesures peut être au-dessus
de cette valeur. Une autre manière de traduire cette approche statistique est d'exprimer le
percentile en nombre de dépassement de la norme. Ainsi, un nombre de 18 dépassements par
an équivaut à un percentile 95% calculé sur les données journalières. Dans le tableau suivant
(Garcia et Colosio, 2001), ont cité les normes de qualité de l'air dans quelques pays.
Tableau 3: Exemple de normes dans quelques pays pour les polluants les plus importants
O3 NO2 SO2 CO (mg/m3) PM10
1h 8h 1h 24h 1an 1h 24h 1an 1h 8h 24h 1an
OMS (1999) 120 200 40 125 50 30 10 - -
Arabie 295 660 100 365 80 40 10 - -
Saoudite
Angleterre 98 287 40 350 125 20 11.6 50 40
Canada 160 400 200 100 900 300 60 35 15 - -
Chine 100 60 150 60
France 180 110 200 300 80- 10 250
120
Egypte 200 120 400 150 350 150 60 30 10 70
Toutes les concentrations sont en µg/m3, excepté pour le CO où elles sont en mg/m3. (Garcia et Colosio, 2001)

16
Chapitre I Généralités sur la pollution

En Algérie, ce n'est qu'en janvier 2006 que fut promulgué le décret exécutif n° 2006-02
qui fixe les valeurs limites et les objectifs de qualité de l'air sur une base moyenne annuelle et
les seuils d'information et les seuils d'alerte sur une base moyenne horaire pour certains
polluants atmosphériques comme indiqué sur le tableau 4 ci-dessous.
Tableau 4: Les normes des émissions de polluants atmosphériques en Algérie
Valeur limite Objectif de Seuil Seuil d'alerte
(µgr/m3) qualité d'information (µgr/m3)
(µgr/m3) (µgr/m3)
NO2 200 135 400 600
SO2 350 150 350 600
O3 200 110 180 350
Particules en 80 50 - -
suspension
(Sama Safia, 2006)

5.2. Les indices


Un indice synthétique de la qualité de l'air est, en général, une fonction qui transforme les
données de qualité de l'air (exprimées comme des concentrations de plusieurs polluants,
mesurées sur des pas de temps différents, dans des stations distinctes) en une valeur simple,
généralement unique et adimensionnelle qui représente ou caractérise la qualité de l'air pour
une zone dite homogène.
La nécessité de mettre en œuvre un indice de qualité de l'air s'explique principalement par
le besoin de communiquer simplement sur le sujet complexe de la qualité de l'air. Cet indice
devrait relier les polluants par rapport aux effets semblables sur la santé et donner une seule
valeur synthétique, compréhensible pour le public de manière à fournir à la population non-
spécialiste une représentation simple de la qualité globale de l'air pour une zone donnée
(Garcia et Colosio, 2001).
En Algérie, l'indice de la qualité de l'air est conçu en 10 classes selon les concentrations
des polluants dans l'air comme indiqué sur le tableau 4.
Tableau 5: Indices de la qualité de l'air en Algérie
Polluants SO2 NO2 O3 PM10 Indice Appréciation
en Moy. 24h Max 1h Max 8h Moy. 24h
(µg/m3) 0 - 15 0 - 25 0 - 30 0 - 10 1 Excellent
> 30 > 45 > 45 > 20 2 Très bon
> 45 > 60 > 60 > 30 3 Bon
> 60 > 80 > 80 > 40 4 Assez bon
> 80 > 110 > 100 > 50 5 Moyen
> 100 > 150 > 120 > 70 6 Médiocre
> 125 > 200 > 150 > 100 7 Très
médiocre
> 165 > 270 > 200 > 150 8 Mauvais
> 250 > 400 > 270 > 200 9 Très
mauvais
> 250 > 400 > 270 > 200 10 Exécrable
(Sama Safia, 2008)

17
Chapitre I Généralités sur la pollution

6. Impacts de la pollution atmosphérique

L'air que nous respirons et qui est susceptibles d'affecter à long terme notre santé, se
caractérise par la présence simultanée d'un grand nombre de polluants. L'air ambiant n'est en
effet pas un "air pur" souillé de tel ou tel polluant. La notion même d'air pur est d'ailleurs
sujette à caution, le professeur Gérard Mouvier intitulant d'ailleurs l'un des chapitres de son
ouvrage de synthèse et de vulgarisation " La pollution atmosphérique", "l'air pur: une
utopie?". Il s'agit en réalité d'une "soupe" ou d'un "cocktail" composé d'un nombre
extrêmement élevé de substances interagissant constamment entre elles.
Bien que de nombreuses activités physiques (volcans, feux,…etc.) dégagent différents
polluants atmosphériques, les activités humaines restent la cause principales de la pollution
de l'air. Les polluants émis des activités anthropogéniques peuvent provoquer de sérieux
effets aussi bien sur l'être humain que sur son environnement. Ces effets varient selon la
quantité du polluant émis et de la durée de l'exposition à ce polluant ceci à l'échelle humaine,
à l'échelle planétaire l'effet varie aussi selon le temps de résidence du polluant dans
l'atmosphère. Nous exposons dans ce qui suit l'impact de la pollution atmosphérique.

6.1. Sur la santé de l'homme


La pollution de l'air peut avoir un effet aigu ou chronique sur la santé de l'homme en
affectant différents systèmes ou organes du corps humain allant de la simple irritation
respiratoire à la chronique, certains polluants peuvent même provoquer des cancers du
poumon, des infections respiratoires aigues chez les enfants et bronchites chroniques chez les
adultes, certains aggravent les maladies cardiovasculaires et respiratoires préexistantes
(Kampa et Castanas, 2008).
Ainsi, le monoxyde de carbone pénètre dans le sang et réduit la quantité d'oxygène
fournie à l'organisme. Il présente un danger particulièrement important pour les personnes
souffrant de maladies cardiovasculaires mais, à doses élevées, ce gaz est également
dangereux pour les personnes en bonne santé. Une étude réalisée sur des rats (Deloraine et
Ségala, 2001), montre que les principales modifications, dues à une exposition chronique,
portent sur l'augmentation de l'hématocrite (volume de globules rouges rapporté au volume
sanguin), le débit des artères coronaires, un effet arythmique et l'augmentation de la masse
ventriculaire.
Le plomb: pour sa part, s'accumule dans l'organisme et peut notamment affecter les reins,
le foie et le système nerveux en créant, à forte dose, des désordres neurologiques. Même à
faible dose, le plomb est extrêmement dangereux, en particulier pour le fœtus et les enfants
en bas âge. Il semblerait en outre que cette substance puisse être responsable de l'aggravation
de pathologies cardiovasculaires.

18
Chapitre I Généralités sur la pollution

Fig.8: Relation entre l’évolution de la concentration en Pb dans le sang de la population américaine


(plombémie) avec la régression en Pb consommé dans l’essence.

On voit nettement dans cette figure la relation entre le plomb consommé et la plombémie
moyenne du fait de la chute de la consommation du plomb dans l'essence à partir de l'année
1978 aux Etats Unis.
Les oxydes d'azote: lors de la même expérience réalisée sur les rats, citée ci haut, on
note comme réaction à l'exposition chronique au NO, une diminution de la masse
ventriculaire et une baisse de l'hématocrite (Deloraine et Ségala, 2001). Le NO 2, quant à lui,
irrite les poumons et réduit la résistance aux infections respiratoires. Lors d'une courte
exposition des asthmatiques adultes, il a été constaté que la fréquence des crises d'asthme est
positivement associée au NO2 observé 24 ou 72 heures avant. Chez les enfants, l'apparition
des crises d'asthme, la toux et les sifflements nocturnes sont aussi corrélés avec le NO2
(Deloraine et Ségala, 2001). Une exposition prolongée à des concentrations élevées de ce gaz
pourrait en outre provoquer des affections respiratoires aigues, en particulier pour les enfants.
L'ozone est également susceptible de créer ou d'aggraver des pathologies respiratoires.
Ce gaz endommage en effet les tissus pulmonaires et accroît la sensibilité des poumons à
d'autres irritants. Il a été prouvé que la réactivité bronchique des bronches isolées humaines
sensibilisées en présence d'allergènes est augmentée en cas de préexposition à O 3 (Deloraine
et Ségala, 2001). L'exposition à l'ozone n'affecte pas que les personnes présentant une
sensibilité particulière; elle est également dangereuse pour des gens en pleine santé.
Les particules présentent des risques variés pour la santé. Elles peuvent ainsi avoir des
effets négatifs sur le système respiratoire, aggraver les pathologies respiratoires et
cardiovasculaires existantes et altérer les défenses naturelles de l'organisme. Les personnes
âgées, les enfants et les personnes souffrant de pathologies pulmonaires ou cardiovasculaires
chroniques sont particulièrement sensibles aux particules. Celles-ci s'avèrent en outre
dangereuses en tant que vecteurs d'autres substances toxiques, tels les métaux lourds ou
encore les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) cancérigènes, ceci est
particulièrement préoccupant compte tenu de la capacité des particules les plus fines à se
déposer dans les alvéoles pulmonaires, voire à pénétrer dans le sang.
A Alger, une étude sur l'impact des PM10 sur la santé cas de la commune de Sidi
M'Hamed, a révélé que pendant une année, 439 consultations étaient dues à la pollution par
les PM10 soit 4.5% du total des consultations (Laid et al., 2005).

19
Chapitre I Généralités sur la pollution

Enfin, le dioxyde de soufre peut, lui aussi, être à l'origine de pathologies respiratoires,
entraîner une altération des défenses pulmonaires et aggraver des pathologies
cardiovasculaires existantes. D'après Deloraine et Ségala (2001), les infections respiratoires
sont positivement associées aux concentrations en SO2 ainsi que les maux de tête chez les
asthmatiques.
Le tableau suivant présente quelques grands accidents liés à la pollution atmosphérique
dans le monde.
Tableau 6 : Quelques «grands accidents» liés à la pollution atmosphérique
Année Pays Nombre de victimes Nature de la pollution
1873 Londres 1000 morts Smog soufré
1909 Glasgow 1000 morts Smog soufré
1930 Vallée de la Meuse 60 morts Smog soufré
(Belgique)
1948 Donora (Etats unis) 20 morts Smog soufré
1952 Londres : Great smog 4000 morts Smog soufré
1962 Londres 750 morts Smog soufré
1966 (24-30 New York 168 morts Smog soufré
novembre)
1984 Bhopal (Inde) 2000 morts Accident chimique
1986 Tchernobyl (URSS) ? Accident nucléaire
(Sportisse, 2007)

6.2. Sur l'environnement


6.2.1. Sur la végétation
Certaines plantes sont sensibles à certains polluants. Elles vont donc en être détériorées
mais en même temps elles vont servir de moyens de surveillance de la pollution.
La toxicité des émissions dépend de la nature du polluant, de sa concentration mais aussi
de la sensibilité de l'espèce. L'ozone paraît le produit le plus toxique. Des estimations ont été
faites aux Etats Unis où les 90% des pertes des rendements des cultures céréalières dues à la
pollution proviendraient de l'ozone. L'ozone peut affecter des espèces sensibles comme le
pin. Pour l'épicéa et le sapin, les résultats sont variables allant de l'absence d'effet à une
action modérée sur la photosynthèse, à une modification de la perméabilité membranaire des
tissus, à une diminution de la longévité des aiguilles et de la croissance de l'arbre. Dans les
forêts américaines, on a constaté une diminution de la croissance des arbres lorsque l'ozone
passe de 20 à 100 ppb (1 ppb = 2 µg/m3). Les résultats concernant le lessivage d'éléments
intracellulaires provoquant des carences est plus incertain. Les plantes les plus sensibles sont
le tabac, la vigne, le citronnier (Escourrou, 1996).
De même les métaux lourds soit sous forme de dépôt près des routes, soit sous forme de
retombée dans les eaux de pluie perturbent la croissance des arbres (Escourrou, 1996).
L'ozone est en outre dangereux pour les plantes et sa présence dans l'atmosphère entraîne
une diminution significative des rendements agricoles. En Algérie, les coûts dus à la
pollution de l'air sur la productivité agricole (environs des cimenteries et des centres
industriels) ont été estimés à 0,01 % du PIB (RNE, 2003).

6.2.2. Sur les matériaux


Les matériaux sont essentiellement affectés par la pollution acide qui entraîne une
dégradation des édifices, monuments ou façades d'immeubles. La pollution atmosphérique
met en danger notre patrimoine culturel et occasionne d'onéreux travaux de ravalement de
façades ou de restauration des monuments. La dégradation de matériaux dues à la pollution

20
Chapitre I Généralités sur la pollution

atmosphérique peuvent se produire par abrasion (particule solides), salissures (particules


solides et liquides) et corrosion (substances oxydantes, substances acides, sels, etc.) (Détrie,
1969).
 le calcaire et le marbre sont particulièrement sensibles aux pluies acides et se
transforment peu à peu en gypse.
 Les structures métalliques sont affectées par la corrosion.
 Les matériaux les plus corrodables sont eux qui forment à leur surface des dépôts
protecteurs dissous par une précipitation acide exp. Le Cu et le Zn (Delmas et al. 2007).
- Dégradation des façades
L'effet le plus visible est le noircissement des façades par les dépôts de suie et de
poussières. Au-delà de ce préjudice esthétique, l'atteinte peut être beaucoup plus profonde.
L'anhydride sulfureux présent dans l'atmosphère est assez souvent mis en cause.
L'altération des pierres de taille serait déterminée par le ruissellement de pluie acides
(notamment acide sulfurique) sur la surface des pierres, l'attaque se produisant par formation
de sulfite de calcium.
- Dégradation des toitures
Les toitures des immeubles peuvent également souffrir de la pollution atmosphérique.
Lorsque les toits sont en zinc, la dégradation se fait soit par la projection de fragment de
sulfate ferreux avec excès d'acide sulfurique. Ce dernier, au contact du zinc, de transforme en
sulfate de zinc, le fer libéré produisant des taches de rouille caractéristiques. Lorsque le
sulfate de zinc est dissous par l'eau de pluie, il peut, à long terme, provoquer un trou dans la
toiture. Soit par la projection de fumerons ou suie légère, chargés d'anhydride sulfureux en
cours de transformation catalytique en anhydride sulfurique et acide sulfurique. L'attaque se
fait sur les surfaces correspondant aux dépôts habituels des suies. Cette localisation est
influencée par la direction des vents dominants et par la formation des tourbillons de fumées
dûs aux divers obstacles rencontrés.
Des malfaçons dans la pose des toitures peuvent produire les mêmes effets ou accentuer
ceux des polluants atmosphériques (Détrie, 1969).

6.2.3. Le trou d'ozone


Il est apparu au milieu des années 1980 un « trou » dans l’ozone stratosphérique
antarctique, les concentrations en ce gaz pouvant baisser de 80% dans la stratosphère au
cours du printemps austral. Plus préoccupant, la tendance générale, depuis le début des
années 1960, est à la baisse continue de la teneur en ozone stratosphérique non seulement de
l’atmosphère antarctique mais aussi de l’ensemble de la stratosphère globale à l’exception
des latitudes tropicales. La baisse moyenne pour l’ensemble du monde a été de 5% entre
1979 et 1995 et de 7% pour les moyennes latitudes. Des recherches effectuées à l’aide de
diverses technologies (ballon sonde, lidar) ont montré que cette diminution de la teneur en
ozone stratosphérique était nettement corrélée avec les rejets dans l’atmosphère de divers
composés dégradant l’ozone en particulier les CFC (Ramade, 2005).
Les CFC possèdent un temps moyen de résidence très élevé dans l’atmosphère en
général, plus particulièrement dans la stratosphère (tableau 7). Ainsi, ce dernier est
respectivement de 58 ans pour le fréon 11, 100 ans pour le CFC 12… il atteint 250 ans pour
le fréon 114 et plus d’un demi millénaire (520 ans) pour le fréon 115 (C2ClF5). Cela est aussi
valable pour les halons qui détruisent de trois à dix fois plus d’ozone que les fréons.
L’apparition aux hautes latitudes de ces « trous » dans le bouclier d’ozone
stratosphérique et de façon plus générale l’amincissement observé de ce dernier, y compris
aux basses latitudes, représente l’un des plus graves problèmes globaux d’environnement. La
dégradation de l’ozone stratosphérique pourrait, si l’on ne remédie pas à la situation présente,

21
Chapitre I Généralités sur la pollution

menacer à long terme l’équilibre écologique global quand on songe que la plupart des
végétaux terrestres et les organismes planctoniques vivants à la surface de l’océan sont
encore plus sensibles que les animaux à tout accroissement du flux d’UV au niveau du sol.
L’évolution du trou d’ozone est très évidente lors de la visualisation des cartes de
l'épaisseur de la couche d'ozone sur l'Antarctique sur une année complète. On remarque au vu
de ces cartes que c'est au cours du printemps austral, et plus précisément au cours de la
première semaine d'octobre que l'extension maximale du trou d'ozone est enregistrée. La
sélection d'un jeu d'images, une tous les deux ans, à la même date, au début d'octobre, de
1981 à 1991 permet de percevoir de l'évolution du phénomène. La méthode utilisée consiste
à effectuer un seuillage manuel pour une même valeur numérique, de façon à classer
ensemble tous les pixels qui correspondent à une épaisseur d'ozone inférieure à 200 unités
Dobson (travail réalisé à l'aide du logiciel TITUS). La zone du "trou d'ozone" est représentée
en bleu. ([Link])

Fig.9 : Evolution du trou d’ozone de 1981 à 1991 sur l’Antarctique.


([Link])

6.2.4. L'effet de serre


L’effet de serre actuel peut être renforcé par une augmentation des concentrations de gaz à
effet de serre dans l’atmosphère. Il s’agit d’abord du CO 2 injecté dans l’atmosphère par suite
du déstockage de carbone de la lithosphère (combustibles fossiles) et de la biosphère
(déforestation) par les activités humaines. La vapeur d’eau, qui est le principal gaz à effet de
serre, n’intervient par, du moins directement, dans l’effet de serre additionnel car les activités
humaines ne sont pas susceptibles de modifier sensiblement sa concentration.
L’effet de serre additionnel n’est cependant pas limité à l’augmentation du CO 2 ; d’autre gaz
tels que le méthane (CH4), le protoxyde d’azote N2O, les CFC, l’ozone troposphérique ont
ensemble une contribution au forçage radiatif additionnel équivalente à celle du CO 2. Leurs
concentrations qui était globalement restées stables sur les dix milles dernières années,
depuis la fin de la dernière grande glaciation, augmentent dans l’atmosphère depuis plus d’un

22
Chapitre I Généralités sur la pollution

siècle (Delmas et al., 2007). Les autres gaz à effet de serre, bien qu’à des concentrations plus
faibles que le CO2, ont une capacité d’absorption dans l’infrarouge plus importante et sont
donc significatifs dans le bilan radiatif. Depuis le début de l’ère industrielle, la concentration
de CO2 a augmenté de plus de 25%, celle de N2O de 10%, celle du CH4 a plus que doublé ;
l’ozone troposphérique a été multiplié par cinq, et les CFC qui sont des molécules de
synthèse étaient absents de l’atmosphère (Delmas et al., 2007) . Le tableau suivant montre les
principales caractéristiques des gaz à effet de serre, intervenant dans l’effet de serre
additionnel (valeurs actualisés d’après le rapport GIEC Groupe Intergouvernemental sur
l'Evolution du Climat 2007).
Tableau 7: Principales caractéristiques des gaz à effet de serre
CO2 CH4 N2 O O3 CFC et HFC
Concentration 280 ppmv 0.8 ppmv 288 ppbv 10 ppbv 0
préindustrielle
Concentration 379 ppmv 1.774 ppmv 319 ppbv 20-60 ppbv 1 ppbv
actuelle (2005)
Taux actuel 1.9 ppmv 0-10 ppbv 0.8 ppbv 0.5 ppbv -
d’augmentation (0.35%) (0-0.2%) (0.25%) (1%)
Durée de vie 15 ans 10 ans 150 ans 1 mois 100 ans
atmosphérique
Efficacité relative 1 21 206 2000 15000
(référence CO2)
Principales -combustibles - ruminants et - sols (forêts - - aérosols
sources fossiles (80%) insectes (30%) tropicales) Photochimie - solvants
-combustion - rizières - océan troposphériq -air
de la biomasse (25%) - ue (80%) conditionné
(20%) -zones combustions -stratosphère -réfrigération
inondées -emploi (20%) -mousses
naturelles d’engrais isolantes
(25%) azotés
- combustions,
gaz naturel...
Principaux puits Cycle global -réaction avec Photolyse - réactions Photolyse
du carbone OH (80%) dans la chimiques dans la
(océan, -Sols : stratosphère - sols stratosphère
biosphère) bactéries - végétation
méthanotrophe
s
Contribution à 55% 16% 5% 12% 11%
l’effet de serre
additionnel
(Source: Delmas et al., 2007)

On appelle forçage radiatif tout ce qui contribue à modifier la quantité d'énergie reçue ou
émise par la terre sous forme de rayonnement (Martin et Carrega, 2006). Le forçage radiatif
d’un gaz (en watt/m2) est lié à sa capacité d’absorption dans l’infrarouge qui dépend entre
autre de la longueur d’onde moyenne et de la largeur des raies d’absorption.
Ainsi on constate d’après le tableau ci-dessus que le forçage radiatif, relatif au CO2, des
différents gaz varie de 21 pour le méthane à plus de 15 000 pour les CFC. Cela explique
qu’en dépit de concentrations plus faibles de plusieurs ordres de grandeur que le CO 2, les
autres gaz contribuent de façon significative à l’effet de serre additionnel. Ils possèdent donc
la propriété fondamentale de réabsorber les rayons infrarouges émis par la surface du sol et

23
Chapitre I Généralités sur la pollution

des océans, qui s'échauffent pendant la journée sous l'effet du rayonnement solaire incident,
ou réémis vers la surface avant d'être dissipés dans l'espace. C’est ainsi qu’est produit l’effet
de serre, car ils agissent en quelque sorte comme la vitre d'une serre qui piège les radiations
calorifiques à l'intérieur de celle-ci, élevant de la sorte la température de la basse troposphère.
Effet des gaz de serre sur les températures globales
Nous avons vu dans ce qui précède que l'atmosphère est quasi transparente au
rayonnement solaire incident mais à peu prés opaque aux radiations infrarouges réémise ou
réfléchies par la surface des continents et des océans. Dans ces conditions l'énergie des
rayonnements contenus dans cette bande spectrale, que l'atmosphère maintien ou renvoie au
voisinage du sol, engendre cet effet de serre, qui contribue à maintenir les températures de la
basse troposphère à une valeur supérieure à celle qui serait la sienne en son absence. La
température moyenne globale à la surface terrestre est actuellement de 15°C, elle aurait été
de -18°C en l'absence d'effet de serre (Ramade, 2005).

6.2.5. Les changements climatiques


L’augmentation de température observée (et qui est répartie de façon très inégale sur la
surface du globe) apparaît bien aujourd’hui comme le résultat des activités humaines
induisant une augmentation de l’effet de serre. Globalement la température a augmenté
d’environ 1 °C depuis 1880. Le réchauffement de 0.1 °C par décennie 1880 à 1940, et le
refroidissement de 0.1 °C par décennie de 1940 à 1960 ont été interprétés de différentes
façons. L’augmentation de 0.5 °C depuis le milieu des années 1970 est attribuée à l’effet de
activités humaines (Delmas et al., 2007).
Parmi les conséquences de la hausse de la température moyenne en surface, le
phénomène le plus souvent évoqué est l’élévation du niveau des mers qui est susceptible
d’avoir des conséquences environnementales importantes. Cette élévation est encore limitée
à une dizaine de centimètres depuis un siècle et correspond essentiellement à la dilatation des
masses d’eau océaniques consécutives à l’augmentation de la température de l’océan. La
fonte accélérée des glaces polaires et des glaciers de montagne est cependant de plus en plus
mise en cause également. La fonte des glaces continentales contribue à l’élévation du niveau
de la mer. Le retrait de la banquise est aussi patent, mais la fonte de la glace de mer n’affecte
pas le niveau moyen des océans (Delmas et al., 2007). L’évolution des surfaces de neige et
de glace, qu’il s’agisse de la banquise ou des glaciers de montagne est cependant un témoin
visible du changement climatique.

Effets des particules naturelles sur le système climatique


Les aérosols naturels ont un rôle essentiel pour le bon fonctionnement du système
climatique. D’abord, ils transportent certains nutriments indispensables aux écosystèmes
marins et terrestres, fer et phosphore par exemple. Surtout, ils diffusent et absorbent le
rayonnement solaire. Ce rayonnement diffus est en partie renvoyé vers l’espace. Cela
contribue au refroidissement de la planète.
En entretenant des liens étroits avec les nuages, les aérosols servent de noyaux de
condensation aux gouttelettes d’eau. Plus ils sont concentrés, plus les gouttelettes sont
nombreuses, plus le nuage qui en résulte sera réfléchissant et ceci rentre dans le premier rôle
qui est le refroidissement de la planète. Mais il en existe un second, qui favorise, lui, le
réchauffement : en multipliant et en rapetissant les gouttelettes d’eau, il diminuent l’efficacité
des nuages pollués à précipiter, et augmentent ainsi leur durée de vie (Boucher, 2007);

24
Chapitre I Généralités sur la pollution

6.2.6. Les pluies acides


Les pluies acides sont une forme de pollution atmosphérique qui se caractérise par des
précipitations et des dépôts acides. L'acidité modifie la composition de l'eau des lacs d'eau
douce, et affecte la faune et la flore qui y vivent. Elle brûle les feuilles des arbres et modifie
la composition des sols. Elle endommage les roches et les bâtiments de pierre. Pendant les
années 70 et 80, les pluies acides sont devenues un problème mondial. Des mesures fortes
ont été prises : traitement des fumées industrielles, diminution du soufre dans les carburants
et le gaz de ville, isolation des habitations et diminution du chauffage avec des combustibles
fossiles.

7. Aspects économiques de la pollution atmosphérique


Les divers préjudices causés par la pollution atmosphérique se prêtent plus ou moins à
une expression chiffrée de leurs conséquences.
Certains dommages sont intraduisibles directement en données économiques. Certes, les
pertes en vie humaine, les maladies dues à la pollution atmosphériques peuvent être en partie
caractérisées par les frais des soins divers et traitements. Mais, outre que leur répartition en
fonction des causes de maladie reste bien difficile dans les budgets de sécurité sociales, les
préjudices physiques et moraux qui en résultent sont pratiquement inconvertibles en unités
monétaires.
Les effets invisibles de la pollution atmosphérique sur la végétation restent à l'écart de
toute évaluation chiffrée. D'autres dommages, bien qu'ils ne soient pas inchiffrables par
nature, n'ont encore donné lieu à aucune évaluation précise. D'après les spécialistes
américains, les réductions de visibilité dues à la pollution atmosphérique représenteraient
dans certains cas, de lourdes charges pour la communauté. Elles affecteraient les trafics
aérien, routier et maritime. En ralentissant la circulation et augmentant les risques
d'accidents. Les réductions de visibilité accroîtraient également la consommation en
électricité pour l'éclairage. Enfin, dans les régions touristiques, une pollution atmosphérique,
même de faible importance, peut déterminer des manques à gagner certains.
Les dommages chiffrables sont souvent estimés grâce à des extrapolations assez simples.
Ils auront des bases différentes d'appréciation selon le type d'objets endommagés (végétaux,
construction métalliques, …etc.), et selon la qualité des informations statistiques sur lesquels
on se fonde.
À Alger, malheureusement, on n’est pas encore arrivé à quantifier les dommages causés
par la pollution atmosphérique. Cependant, on estime qu'en Algérie 10-12 millions de
personnes consultent pour des problèmes aigus de respiration chaque année. Le coût direct
est estimé à 15 000 000 $US/an, soit 0.04% du produit intérieur brut (PIB) (RNE, 2000). On
peut supposer qu'un certain nombre de ces problèmes est dû à la pollution de l'air (Laid et al.,
2005).

25
Chapitre II
Etude de l'atmosphère

26
Chapitre II Etude de l'atmosphère

Le phénomène de pollution est lié tout d'abord aux aspects dynamiques de la circulation
de l'air au niveau régional. Le climat régional est essentiellement déterminé par le relief, les
surfaces d'eau et les caractéristiques de la circulation des masses d'air atmosphérique.
Les connaissances en météorologie n'ont plus le seul but de savoir le temps qu'il fera les
jours qui suivent et ainsi l'élaboration des prévisions du temps mais aussi de porter jugement,
de l'influence des activités humaines sur le temps.
Les facteurs météorologiques qui ont une influence sur la dispersion des polluants
atmosphériques, ont pour origines les déplacements de l'air (Bouziane, 1998) de ce fait on
cite:
- le caractère de la stabilité atmosphérique
- les inversions de températures et la hauteur de mélange
- le vent
- également les précipitations, l'humidité, et les nuages d'une manière secondaire
influençant le taux de concentration.
- Un phénomène défavorable à l'autoépuration de l'air est le calme atmosphérique, qui
est l'absence de courants d'air.
Cependant, la pollution de l’air affecte, à son tour, la circulation atmosphérique en
entraînant des modifications sur la composition de l'atmosphère et qui a pour conséquences
(Colombert et al., 2006) :
- la diminution du rayonnement direct du soleil,
- l'augmentation du rayonnement diffus,
- la diminution du rayonnement global solaire malgré une durée plus longue
d'insolation,
- une transformation par les poussières et les aérosols du rayonnement direct en
infrarouge provoquant une légère élévation de la température,
- une augmentation de l’effet de serre puisqu’elle limite les déperditions du
rayonnement du substratum vers l’atmosphère,
- une augmentation des noyaux de condensation autour desquels s’accumule la vapeur
d’eau, pouvant provoquer notamment du brouillard en cas de très forte pollution.

Nous essayons, dans le présent chapitre, de mettre la lumière sur ces facteurs qui
définissent la circulation atmosphérique.

1. Composition de l'atmosphère

L’atmosphère est une mince pellicule de gaz, les principaux gaz constituant l’air ordinaire
sont l’azote (78%) et l’oxygène (21%) la quantité restante est constituée sous forme de trace
(argon, néon, krypton, xénon, hélium, vapeur d’eau, gaz carbonique,..). l’air ambiant tient
également en suspension une multitude de poussières d’origine minérales et organiques. Les
constituants de l’atmosphère peuvent se ranger en deux catégories (Philippe, 2004) :
- ceux qui ont un caractère permanent soit par l’immuabilité de leur état physique (le
néon), par la constance de leur concentration, tout au moins dans les basses couches (l’azote).
- Et ceux qui n’apparaissent dans l’atmosphère qu’au cours d’un cycle durant lequel se
modifie soit leur phase (la vapeur d’eau), soit leur nature chimique (l’ozone par action
photochimique du rayonnement solaire sur l’oxygène).

26
Chapitre II Etude de l'atmosphère

2. Structure verticale de l'atmosphère

L’atmosphère (fig.10) peut être schématiquement découpée en quatre zones selon


l'altitude (Sportisse):
- la troposphère pour les altitudes inférieures à 8 km au dessus des pôles, 18 km au
dessus de l'Equateur.
La température y est essentiellement décroissante jusqu'à 220 K (-53°c) au dessus des
pôles (190 K (–83°c) au dessus de l'Equateur).
- La stratosphère jusqu'à 50 km. La température est d'abord constante puis croit du fait
de l'absorption par l'ozone O3 et l'oxygène moléculaire O2 des UV solaires (jusqu'à 270 K
environ).
L'existence de cette couche d'inversion directement au dessus de la troposphère est une
caractéristique essentielle de la terre.
- La mésosphère jusqu'à 85 km. La température y est décroissante jusqu'à 170 K (-90°c)
(le point le plus froid de l'atmosphère); du fait de la décroissance des profils verticaux d'ozone
et d'oxygène.
- Enfin la thermosphère puis l'ionosphère (jusqu'à 150 km). La température augmente et
les UV dissocient N2 et O2 et ionisent les molécules; il n'y a pas d'équilibre thermodynamique
et on ne peut plus définir une température unique. Les gaz deviennent raréfiés et les densités
sont de l'ordre de 1013 mol cm-3 (contre 1019 au niveau de la mer).

Fig.10: Structure verticale de l'atmosphère

27
Chapitre II Etude de l'atmosphère

La troposphère est la partie de l’atmosphère où se situent les phénomènes


météorologiques. L’examen de ce qui se passe dans cette couche est nécessaire à la
compréhension des phénomènes météorologiques, même si les phénomènes de pollution
atmosphérique sont, le plus souvent, localisés dans ce que les météorologues appellent la «
couche limite », près du sol, où les phénomènes sont plus difficiles à modéliser que plus haut
« en atmosphère libre ».
Cette couche limite est le lieu des frottements avec le sol, des variations de température
entre le jour et la nuit, des contrastes dus au relief ou au rivage, …etc.

3. Influence des facteurs physiques sur la diffusion des polluants


Si la pollution atmosphérique résulte d'émissions liées principalement aux activités
humaines sur lesquelles une action doit être conduite, elle est également déterminée en grande
partie par des facteurs physiques, c'est-à-dire essentiellement par le climat et le relief (Chuang
et al., 2008). Ces facteurs déterminent en effet la dispersion des polluants et donc leur
concentration dans l'atmosphère.
Les polluants issus, par exemple, d'une cheminée d'usine auront d'abord tendance à
s'élever car ils sont généralement plus chauds que l'air environnant. Ces polluants sont formés
pour partie de particules plus lourdes que l'air et auront ensuite tendance à retomber
rapidement au sol et, notamment, sur les lieux d'habitation proches. La concentration des
polluants dans les basses couches de l'atmosphère dépend avant tout de la pression
atmosphérique mais aussi du vent et de la température ([Link]).

3.1. Facteurs météorologiques


La circulation atmosphérique affecte les polluants de diverses manières selon le facteur
climatique ou le polluant atmosphérique. Aujourd'hui, plusieurs études sont entreprises pour
montrer le degrés de relation entre ces deux phénomènes (Perrino et al., 2008) Les facteurs
météorologiques influençant la dispersion ont pour origine les déplacements de l'air que l'on
peut étudier:
- soit à l'échelle "synoptique", échelle horizontal d'une centaine de kilomètres,
relativement très faible en épaisseur, se présentant sous la forme d'une galette très aplatie dont
le mouvement quasi-horizontal est décrit par l'étude du vent synoptique représenté sur les
cartes météorologiques,
- soit à l'échelle aérologique, échelle de quelques dizaines ou centaines de mètres au-
dessus du sol où les courants ascendants thermiques et la turbulence due à la nature du sol et
son relief ont une grande importance pour la dispersion des panaches.
La turbulence atmosphérique dans les basses couches de l'atmosphère ou "mouvement
tourbillonnaire" est le mécanisme qui réalise pratiquement la diffusion atmosphérique. Elle
provoque un mélange intense des diverses couches d'air dans toutes les directions, ce qui
entraîne la dilution de la parcelle d'air polluée et par conséquent la diminution de sa teneur en
polluant.
La turbulence atmosphérique peut avoir une origine mécanique ou une origine thermique.
Dans le premier cas, elle est due principalement au passage du vent sur les aspérités du sol.
Dans le second, elle dépend essentiellement de la répartition des températures à partir du sol
en fonction de l'altitude. Les facteurs mécaniques et thermiques peuvent intervenir
simultanément, les uns prédominant sur les autres suivant les circonstances.

28
Chapitre II Etude de l'atmosphère

3.1.1. Le vent
C'est l'un des paramètres les plus importants dans l'étude de la pollution atmosphérique.
Le vent conditionne directement les polluants ; il intervient par sa force, sa direction et sa
fréquence dans leur accumulation sur le sol ou leur dispersion loin des sources. De faibles
vitesses de vents entraînent la stagnation des émissions, lorsque celles-ci se produisent au-
dessus d’une ville, la titration de l’ozone par le monoxyde d’azote est favorisée, alors que de
fortes vitesses de vents favorisent le brassage des espèces sur des domaines plus grands
(Philippe, 2004).
L'origine de la circulation générale de l'atmosphère est due à la chaleur du soleil reçue par
la terre, qui est très différente aux pôles et à l'équateur.
Le mouvement général de l'air peut être représenté en schématisant le mouvement de l'air
chaud de l'équateur qui s'élève et qui est remplacé par un courant d'air froid venant du pôle
(fig. 4). Il y a des mouvements de convection intermédiaires, l'air refroidit en altitude pouvant
redescendre ou l'air au-dessus des mers étant à une température différente de celui au-dessus
des continents. Il y a la rotation de la terre qui fait que toute particule en mouvement est
soumise à une force toujours perpendiculaire à ce mouvement et dirigée vers la droite de ce
mouvement dans l'hémisphère nord et vers la gauche dans l'hémisphère sud. Cette force dite
"force de Coriolis", donne une inclinaison au parcours des vents qui, dans l'hémisphère nord,
sont sud-ouest nord-est, et, dans l'hémisphère sud, nord-ouest sud-ouest. (fig. 11).

Fig.11: Directions et types des vents

29
Chapitre II Etude de l'atmosphère

• La force de Coriolis

Fig. 12: Directions des vents

- Si la terre ne tournait pas, l’air s’écoulerait directement des hautes pressions vers les
basses.
- La force de Coriolis fait tourner le vent vers la droite dans l’hémisphère nord et à
gauche dans l’hémisphère sud. Elle dépend de la force du vent et de la latitude avec un effet
faible près de l’équateur et important au pôle. Le vent est ralenti par la friction avec la terre.
Ceci explique pourquoi quand on monte, le vent « tourne » à droite et augmente en force.
- C’est pourquoi, dans l’hémisphère nord, le vent tourne autour des dépressions dans le
sens anti-horaire (et « remplit » la dépression) et tourne autour des anticyclones dans le sens
horaire (et « vide » les anticyclones).

a. Direction du vent
La direction du vent au sol peut être différente de celle du vent synoptique par suite des
effets dus au frottement du sol, au gradient thermique ou au relief.
Pour déterminer la direction générale du vent, on peut dire que la particule d'air en
mouvement dans le plan horizontal est soumise d'une part à des forces de pression tendant à
l'entraîner vers la dépression, d'autre part, par la suite de la rotation de la terre, à la force de
Coriolis qui est toujours dirigée perpendiculairement au mouvement de la particule et vers la
droite dans l'hémisphère nord. Ces deux forces étant du même ordre et opposées, la particule
aura un mouvement parallèle au isobares et dirigée de façon que la dépression soit à sa
gauche, si les isobares sont parallèles.
Prés du sol, il s'ajoute une force de frottement, (fig. 13) opposée à la vitesse et également
proportionnelle à son carré, pour que l'équilibre des forces soit rétabli. La force de frottement
se définie comme une tension rapportée à l'unité de l'air et qui est de même dimension que la
pression, elle varie avec la nature du terrain et sa rugosité (Emsalem, 1989). La direction du
vent est donc tangente aux isobares en altitude et légèrement inclinée vers la dépression au
sol. Si le vent souffle dans le dos, on a cette dépression à sa gauche (loi de Buys Ballot).
Ainsi, au sol, le vent tend à combler les dépressions en vidant l'anticyclone, la
compensation étant faite par un mouvement ascendant de l'air dans les dépressions et
descendant dans les anticyclones. L’importance de la vitesse du vent dans l’étude de la
pollution atmosphérique réside dans le fait qu’elle permet de savoir les zones exposées à
cette pollution (Tabet-Aoul, 1998).

30
Chapitre II Etude de l'atmosphère

Fig. 13 : Directions des forces de frottement.

b. Vitesse du vent
La vitesse du vent est d'autant plus grande que les variations de pression sont grandes
donc que les distances entre les isobares sont faibles. Elle augmente généralement en hiver
étant donné que, les gradients horizontaux et verticaux et température sont plus élevés.
La vitesse du vent intervient dans la diffusion. C'est par vents calmes et faibles que la
pollution s'installe (Tabet-Aoul, 1998). D'après. Escourou (1991): "il y a risque de pollution
grave, très importante avec un vent < 3 m/s et une durée plus que deux jours consécutifs".

c. Les brises
Les divers phénomènes de brise observés en bord de mer ou en montagne ont pour
origine une hétérogénéité du réchauffement de la surface terrestre sous l'effet du
rayonnement solaire (Delmas et al, 2007). Les plus couramment observées sont les brises de
mer et de terre, d'une part, les brises de vallée et de montagne, d'autre part. Dans les deux cas,
la brise est un vent local qui souffle de la "zone froide" vers la "zone chaude", un vent
provoqué par les ascendances qui prennent naissance au-dessus de la "zone chaude".
- Brise de terre et de mer
La brise de mer est un vent de basse couche frais et humide qui se referme en altitude
avec un courant de sens opposé. Ce phénomène observé couramment en bord de mer est lié à
la différence de conduction thermique de la terre et de la mer. Alors que la mer conduit bien
la chaleur absorbée qui tend ainsi à se répartir sur une grande profondeur, la terre ne
s'échauffe qu'en surface sous l'effet du rayonnement solaire. Au cours de la nuit, la terre perd
rapidement l'énergie accumulée à sa surface pendant la journée et se refroidit en émettant du
rayonnement infrarouge. En revanche, la mer ne se refroidit que très peu. Les basses couches
d'air sont donc plus chaudes au contact de la mer qu'au contact de la terre. La brise de terre
qui s'établit souffle donc de la terre vers la mer.
Pendant la journée, l'inverse se produit. La terre se réchauffe davantage et plus vite que la
mer, provoquant des ascendances que la brise de mer qui s'établit de la mer plus froide vers
la terre plus chaude tend à composer.

31
Chapitre II Etude de l'atmosphère

Fig.14 : Comparaison entre la température du sol et la température des océans au cour de l'année.

Le système de brise de mer intervient principalement dans le transport horizontal des


polluants et leur concentration sur les plaines littorales urbanisées. L'air marin étant stable, la
dispersion verticale des polluants est souvent difficile. La brise de mer peut constituer une
couche d'inversion (hausse d'humidité, baisse de température, une vitesse de vent variant
entre 4 à 5 m/s).
La vitesse d'une brise de mer peut atteindre 25 km/h (Boughedaoui, 1993). Elle peut
transporter ou accumuler les polluants atmosphériques de 50 à 100 km loin de leur source
d'émission.
Pendant les mouvement de changement de brise mer-terre se déclanchent des
mouvements de calmes favorables à la pollution de l'air. De même quand la brise de terre ne
s'élève pas normalement de façon continue, il n'y aura pas de dispersion nocturne des
polluants. Ces derniers se maintiennent.

Fig.15: Brise de mer

32
Chapitre II Etude de l'atmosphère

Fig.16 : Brise de terre

- Brise ville-campagne
L'agglomération constitue un îlot de chaleur qui subsiste à la tombée du jour, tandis que
la campagne environnante se refroidit. L'air chaud s'élève, provoquant alors une dépression
où s'écoule l'air plus frais des alentours. Dans ce cas, les polluants émis à la périphérie sont
véhiculés vers l'agglomération, entraînant une montée parfois importante des niveaux de
pollution. Ainsi, pour éviter ce phénomène de brise ville-campagne, l'installation des
industries, même en banlieue, doit faire l'objet d'étude de diffusion atmosphérique du site et
le choix se fera selon les directions favorables à une bonne diffusion des polluants
éventuellement rejetés (Boughedaoui, 1993).

d. Le Sirocco
Le sirocco est un vent chaud et sec, qui souffle depuis les régions du Sud de l'Algérie,
avec des vitesses variables. Il est souvent accompagné de poussières abondantes qui arrivent
parfois à voiler le soleil. Cette situation météorologique apparaît dés le printemps et s'étale
jusqu'en automne (Boughedaoui, 1993).
Une grande stabilité caractérise les masses d'air qui composent ce vent issu du Sahara.
Dans sa trajectoire, le sirocco traverse les chaînes atlassiennes et les hauts plateaux. Ces
reliefs sont assez élevés et quand le vent arrive vers les plaines littorales plus basses, il
amorce un mouvement descendant important. L'air saharien se comprime adiabatiquement et
se réchauffe et son humidité relative s'abaisse. On enregistre ainsi une sécheresse importante
et des températures élevées par rapport à la normale. Toutes ces caractéristiques en plus du
mouvement descendant de l'air, traduisent une sensation très désagréable d'étouffement, de
desséchement et de nervosité chez les habitants.
Le sirocco, malgré son orientation en direction de la mer, constitue un des cas les plus
favorables à l'accumulation des polluants atmosphériques, particulièrement lorsque sa vitesse
est faible. En effet, par ce type de temps, la stabilité des masses d'air, l'effet de Foehn,
provoqué par le relief, empêchent la diffusion des polluants en les bloquant dans les basses
couches provoquant une importante pollution. Le sirocco favorise donc non seulement la
pollution particulaire mais aussi la pollution gazeuse.

3.1.2 La température
L'influence de la température sur la pollution atmosphérique peut être directe ou
indirecte. La température peut agir directement sur la composition chimique de l'atmosphère.
En effet, si l'air (constitué essentiellement d'azote et d'oxygène) est porté à haute température,
l'azote et l'oxygène réagissant ensemble pour former du monoxyde d'azote (NO). Donc dans

33
Chapitre II Etude de l'atmosphère

toute combustion (naturelle ou anthropique) d'une certaine température, il se forme des


oxydes d'azotes. Ces derniers associés aux hydrocarbures, jouent un rôle d'une grande
importance. En effet, par une suite de réactions assez rapides, ils sont les précurseurs d'un
polluant secondaire: l'ozone troposphérique qui n'a pas de sources primaires directes (Détrie,
1969).
Nous pouvons dire que la température est un facteur climatique favorisant la pollution
atmosphérique du fait qu'elle active les réactions d'oxydation.
Enfin l'action indirecte de la température se manifeste dans la forte consommation
d'énergie en hiver (faibles températures).
[Link] Gradient vertical de la température
L'atmosphère pouvant être considérée comme un système thermodynamique où, à
moyenne échelle, aucun échange de température avec le milieu ambiant n'intervient à une
vitesse suffisante pour égaliser les températures. On admet que tout déplacement vertical suit
un processus adiabatique.
Lorsque, pour une raison quelconque, une particule d'air se déplace verticalement dans
l'atmosphère, elle se refroidit en montant et s'échauffe en descendant. En effet, lorsqu'elle
monte, elle est soumise à des pressions de plus en plus faibles, elle se dilate et sa température
diminue. Par contre lorsqu'elle descend, elle est soumise à des pressions croissantes qui la
compriment et font augmenter sa température.
Les conditions réelles de répartition des températures existant à un instant donné pour
une masse d'air donné ne sont évidemment pas toujours celles de l'adiabatisme.
Le taux de refroidissement d'une particule s'élevant adiabatiquement dans l'atmosphère
est "le gradient adiabatique sec". Il est d'environ 1° pour 100 mètres. En rapprochant les
notions de gradient adiabatique sec et de décroissance verticale de la température avec
l'altitude, on peut définir trois conditions types de stabilité de l'atmosphère: indifférence,
instabilité, stabilité.
Indifférence: les conditions d'adiabatisme sont réalisées, c'est-à-dire que la décroissance
verticale de la température est égale au gradient adiabatique sec. Quelle que soit la position
de la particule dans la masse d'air, elle est à la même température que l'atmosphère donc à la
même densité et n'a, par conséquent, aucune tendance à continuer son mouvement. Le niveau
final occupé par la particule sera déterminé par les seules conditions initiales de déplacement.
Instabilité: les conditions réelles de température sont suradiabatique, c'est-à-dire que la
croissance de température est supérieur au gradient adiabatique sec. Pour un niveau donné,
toute particule qui amorcera un mouvement de descente restera plus froide que l'air ambiant
donc plus lourde et poursuivra son mouvement vers le bas. Inversement, si un mouvement
ascensionnel est amorcé, la particule sera à tout niveau plus chaude que l'air ambiant, donc
plus légère et continuera son mouvement vers le haut.
Les conditions d'instabilité sont bien plus favorables à la diffusion que les conditions
d'indifférence.
Stabilité: la décroissance verticale de température est inférieure au gradient adiabatique
sec. Lorsque la particule d'air est soumise à un mouvement ascendant, elle est plus froide que
l'air ambiant donc plus lourde et a tendance à descendre. Si, inversement, la particule d'air a
reçu une impulsion verticale dirigée vers le bas, elle est plus chaude que l'air ambiant et a
tendance à remonter : que la particule soit déplacée vers le haut ou vers le bas, elle a
tendance à rejoindre son niveau initial. (Détrie, 1969).

34
Chapitre II Etude de l'atmosphère

[Link] L'inversion de température


Dans des conditions anticycloniques, par journée ensoleillée avec un ciel clair et des
vents calmes, le rayonnement solaire réchauffe le sol au cours de la journée. Celui-ci va
restituer cette chaleur pendant la nuit sous une autre forme vers l'atmosphère. Le sol, et par
conséquent l'atmosphère à son contact, se refroidissent plus vite que les autres couches de
l'atmosphère.
Le gradient de température s'inverse et devient positif, la température augmente vers
l'altitude jusqu'à une certaine limite après laquelle le gradient devient normal (négatif). La
couche dans laquelle on observe un gradient de température positif est dite couche
d'inversion de température. Cette couche d'air stable s'oppose à la diffusion des polluants.
Lorsque le ciel reste dégagé et les nuits sont froides, le grand écart de température entre
le jour et la nuit crée le matin une masse d'air au niveau du sol plus froide que celle qui se
trouve à quelques centaines de mètres d'altitude. On se trouve alors en situations d'inversion
de température. Ce phénomène bloque la dispersion verticale des polluants en agissant
comme un couvercle posé sur l'agglomération. L'inversion thermique empêche, de ce fait,
toute ascendance et favorise la concentration des polluants dans la basse troposphère (El
Melki, 2006).
L'inversion de température est, dans tous les cas, propices aux épisodes de pollution
d'après El Melki (2006), la concentration maximale de la majorité des polluants est produite
pendant des situations d'inversions thermiques sauf pour le SO2 et O3. Elle peut durer de
quelques heures à deux ou trois jours. Elle devient redoutable lors qu'il y a absence de vent et
de soleil. Un brouillard de fumée de gaz et d'humidité peut se produire. La forte occurrence
des brouillards entraîne la fixation des polluants par les gouttelettes du brouillard (Tabet-
Aoul, 1998).

3.1.3. La pression atmosphérique


La pression, à côté du vent, détermine le degré de stabilité de l'air et conditionne la
diffusion des polluants. La pression est en effet le paramètre principal dont dépend la
météorologie (Delmas et al., 2007). Des études (Chen et al., 2008), (Chuang et al., 2008), ont
montré une importante corrélation entre la pollution atmosphérique et la pression synoptique,
puisque cette dernière joue un rôle majeur dans la circulation atmosphérique. Les situations
de fortes pressions synoptiques favorisent la concentration des polluants près du sol. Par
contre les situations de basses pressions sont favorables à la dispersion des polluants vers les
couches supérieures de la troposphère.
Dans l'anticyclone, la forte pression atmosphérique accompagnée par un ciel clair et du
vent faible ou calme entraîne des mouvements de subsidence. Il en résulte des conditions
météorologiques permettant la concentration de la pollution dans les basses couches de
l'atmosphère.
Au contraire, dans la dépression, une faible pression et un ciel nuageux surtout si le vent
est fort, donnent naissance à des mouvements d'ascendance et des conditions
météorologiques qui contribuent à la dispersion des polluants dans l'air ambiant.
La succession mobile de deux phases de haute et de basse pression atmosphérique est
appelée: perturbation (Emsalem, 1989).

3.1.4. L'humidité
L'humidité de l'air peut favoriser la pollution dans des conditions de vent calme avec
inversion de température durable. Elle active les réactions chimiques et favorise l'hydratation
des gaz. En effet, au contact de l'air, le SO2 s'oxyde lentement en dioxyde de soufre (SO3). En
présence de vapeur d'eau, le SO3 se transforme en acide sulfurique (H2SO4), ce qui favorise
les pluies acides.

35
Chapitre II Etude de l'atmosphère

H2O + SO3 H2SO4

3.1.5. Les précipitations


Dans les études relatives au climat et à la pollution, les précipitations ne sont pas
signalées comme un facteur favorisant la pollution. Leurs effets dans ce domaine ne sont pas
encore bien connus. "Il est connu, cependant, que la pluie favorise un lavage atmosphérique.
Selon Willet, la pluie nettoie les gaz et la neige nettoie les particules solides, et selon Haagen
Smith, les précipitations nettoient seulement les particules qui ont un diamètre plus grand de
2µ" (Apostol, 2006). Cependant, le rôle négatif des précipitations est noté lorsque les nuages
se chargent de particules et tombent sous forme de pluie. Les aérosols servent de noyaux de
condensation pour la formation des gouttelettes de pluie et des cristaux de glace et, par
conséquent, exercent une importante influence sur les propriétés microphysique de l'eau et
des cristaux de glace et de ce fait affecte tous les processus qui mènent à la formation des
pluies, neiges, grêles et les autres types de précipitation (Andreae et Rosenfeld, 2008).
D'après Boucher (2007), les particules responsables des pluies acides sont les aérosols
soufrés, qui endommagèrent voici quelques décennies, les forêts européennes et nord-
américaines.

3.1.6. L'ensoleillement
L'ensoleillement joue un rôle majeur dans les réactions photochimiques conduisant
notamment à la formation d'ozone troposphérique (Rayonnement, UV). C'est pour cela que cette
pollution est particulièrement préoccupante à la belle saison. Le rayonnement entre le soleil
et le sol se passe au cours de la journée et entre le sol et l’atmosphère durant la nuit. Le
transfert de chaleur est assuré principalement par la vapeur d’eau et les nuages (l’air est
mauvais conducteur thermique).
La chaleur issue du rayonnement solaire est, en ville, emmagasinée par les matériaux de
construction alors que dans la compagne, la teneur en eau plus élevée des sols conduit à la
consommation de cette chaleur par le phénomène de l'évaporation.

Fig. 17 : Bilan radiatif

La figure 17 montre bien que seulement 50% du rayonnement émis du soleil est reçu par
la surface terrestre, l'autre partie, est réfléchie par les autres compartiments.

36
Chapitre II Etude de l'atmosphère

3.2. Influence du relief


L'influence du relief est assez caractéristique. L'air froid s'accumule par densité dans les
basses couches des vallées, provoquant des formations de brouillards qui accentuent le
refroidissement. Ainsi il n'est pas rare de mesurer dans une vallée encaissée des gradients
anormaux de température, qui entraîne une extrême stabilité des couches d'air jusqu'au
niveau supérieur de la vallée et sont responsables de fortes concentrations de polluants.
L'action thermique du relief crée un régime de vent particulier à la vallée: brises de pente,
brises de vallée.
La brise de pente est due à la différence de température entre le sol incliné d'un relief
quelconque et l'air libre au même niveau. Sous l'influence du rayonnement solaire, le sol se
réchauffe plus vite que l'air libre durant le jour. L'air, qui se trouve directement au contact du
sol, tend donc à s'élever le long de la pente tandis que l'air libre s'affaisse : c'est la brise de
montagne. La nuit au contraire, le sol refroidit par rayonnement l'air qui se trouve en contact
avec lui. Cet air devenu plus lourd s'écoule le long de la pente: c'est la brise descendante. La
brise de pente sera d'autant plus accentuée que la vallée sera large et que la pente sera
exposée au soleil (Détrie, 1969).
L'effet de Foehn
Le relief introduit, dans l'écoulement de l'air, des modifications thermodynamiques,
lesquelles influent sur les précipitations et la nébulosité. C'est particulièrement le cas des
montagnes en chaîne, où le contournement latéral n'est pas possible, la barrière provoque
forcément un soulèvement des masses d'air. La face de la montagne située au vent est donc la
zone où les nuages sont les plus fréquents, en raison de la détente créée par le soulèvement.
C'est là que l'on constate les précipitations les plus abondantes. En revanche, l'air qui descend
le long de la face sous le vent est soumis à une compression, et donc à un réchauffement. Il
en résulte une diminution de l'humidité relative, donc un assèchement de l'air. De plus, l'air
sera d'autant plus sec et chaud qu'il aura perdu une partie de son humidité par les
précipitations de la face au vent (Boughedaoui, 1993). L'effet de foehn est un phénomène
météorologique qui a lieu principalement dans les hautes montagnes mais ce phénomène peut
intervenir à partir des altitudes comprises entre 500 et 600 mètres. Il se caractérise par de
fortes précipitations sur le versant de la montagne situé au vent et d'un vent chaud et sec sur
l'autre versant de la montagne. ([Link])

Fig. 18 : Effet de foehn et variation de température


(Source: www. [Link] 11/05/09)

37
Chapitre II Etude de l'atmosphère

4. L'environnement urbain
L'influence primordiale des émissions sur les régimes photochimiques, (ensemble des
facteurs qui influencent la photochimie des Ox : températures taux d'humidité, flux radiatifs
et concentrations des précurseurs), a conduit à distinguer trois types d'environnement
(Sillman, 1995 in Dérognat, 2002) :
- urbain, qui englobe les agglomérations et toutes les zones sous leur influence
photochimique ;
- rural pollué, plus éloigné des agglomérations mais où il existe une photochimie
associée à des émissions anthropiques ;
- "propre" où les concentrations des espèces chimiques sont dictées par des processus
de large échelle spatio-temporelle.
Cette classification repose non seulement, sur l'intensité des émissions anthropiques
locales mais aussi sur celles, plus éloignées, qui peuvent contribuer à la photochimie de la
zone considérée.
Des observations ont montré (Chameides et al., 1992 in Dérognat, 2002) que la réactivité
en COV de l'atmosphère est à peu prés similaire pour les trois types d'environnement
continentaux. En revanche, il existe de forts gradients de concentration de NO x entre eux.
L'activité anthropique par rapport à l'activité naturelle ou biogénique, est caractérisée par de
fortes émissions de NOx et l'on doit, par conséquent, s'attendre à un régime de plus en plus
limité en NOx à mesure que l'on passe d'un milieu urbain à propre. Toujours en milieu urbain,
certains chercheurs ont mis en évidence un gradient vertical de concentration des particules
selon la hauteur de la source (Micallef et Colls, 1998). Cette étude montre une différence de
35% de la concentration des PM10 entre une hauteur de 0.81m et 2.88m. Cette différence est
de 12% pour les fractions inhalables.
Malgré la forte influence dans certains cas de la géographie, l’urbanisation reste le
moteur principal de la mise en place du climat local.
La ville est un milieu « fabriqué » dont les matériaux et les formes influent sur la relation
entre la couche atmosphérique et le sol. Ceci est encore accentué par l’activité urbaine. En
effet, la densification à la fois des lieux de résidence et de travail provoque des rejets de
chaleur anthropique beaucoup plus importants qu’au début du XX siècle ou qu’en zone rurale
(Colombert et al., 2006). On estime pour Paris intra-muros que l’énergie thermique dissipée
par jour équivaut en moyenne à 170-190 Wh.m en 1880 et environ 1,5 kWh.m en 1977
(Dettwiller, 1978 in Colomber et al., 2006). A ceci s’ajoutent les activités polluantes dont les
transports.
La structure de la ville est un facteur essentiel de la particularité climatique du milieu
urbain. Les rues et les hautes parois verticales peuvent être considérées comme de véritables
pièges radiatifs parfois surnommés « canyons urbains ». Certaines études ont prouvé que ces
canyons urbains retenaient les polluants atmosphériques au sein de la ville et de ce fait
augmentaient la concentration de ces derniers dans l'agglomération urbaine (Britter and
Hanna, 2003 in Zhou et Levy, 2007). Les matériaux de construction sont soumis à un
rayonnement important qui contribue à augmenter l’énergie stockée dans le bâti. Ainsi le
cadre bâti stocke durant la journée une importante quantité de chaleur qui sera restituée à la
basse atmosphère durant la nuit. Ce phénomène freine le refroidissement nocturne
comparativement à la campagne environnante où il y a peu de stock de chaleur.

38
Chapitre II Etude de l'atmosphère

4.1. Impacts de l'urbanisme sur le climat

4.1.1. La température
De nombreuses études (Colombert et al., 2006, Zhou et Levy, 2007), ont permis de
montrer la présence d’un îlot de chaleur autour des grandes villes. Cette particularité
thermique concerne surtout les températures minimales en été du fait de l’apport important
durant cette saison d’énergie solaire et donc d’une restitution de chaleur plus conséquente par
le substratum durant la nuit. De plus, en été la stagnation des masses d’air est favorable à la
mise en place et au maintien d’un îlot de chaleur. Ajouté à cela, la chaleur que dégagent les
moteurs des véhicules et les systèmes de refroidissement.

4.1.2. L'albédo
L'albédo est la fraction de l’énergie solaire réfléchie vers l’espace. Il mesure donc le
pouvoir réfléchissant des surfaces pour le rayonnement incident et varie entre 0 et 1.
En zone urbaine, on considère qu’il varie entre 0,1 et 0,25 avec une valeur médiane de
0,15 et est de ce fait inférieur à celui des zones rurales. Ceci s’explique par la morphologie de
la ville, véritable piège radiatif, et les matériaux urbains (Sacré, 1983 in Colombert et al.,
2006) et a une conséquence directe sur l’emmagasinement plus important de chaleur en ville.
La figure 19 donne les différents albédos de l'environnement urbain (Colombert et al., 2006).

Fig. 19. Divers albédos de l'environnement urbain


(Source: [Link] (mars 2006) in Colombert et al., 2006)

4.1.3. L'évaporation
L’abondance des surfaces dures a modifié le régime d’évaporation de la ville par rapport
à celui de la campagne. En milieu rural, l’eau des précipitations est retenue en surface ou
dans la couche superficielle du sol alors qu’en ville elle est rapidement évacuée par les
égouts. Or, toute évaporation implique une absorption de chaleur qui sera donc moindre en
ville.

39
Chapitre II Etude de l'atmosphère

4.1.4. Effet des rejets thermiques


D'après Colombert et al., (2006), l'effet des rejets thermiques d’origine anthropique est
particulièrement sensible en hiver, saison durant laquelle l’apport solaire est faible. En été,
les rejets thermiques d’origine anthropique constituent moins de 15 % de l’énergie totale
reçue par le milieu urbain ; par contre en hiver ils constituent le double de l’énergie reçue du
soleil à cette saison.

4.1.5. Les autres paramètres


La présence d'une agglomération perturbe également d’autres paramètres :
• Diminution de l’humidité relative et de la fréquence des brouillards (diminution plus ou
moins importante suivant le degré d’urbanisation),
• Augmentation de la durée d’insolation,
• Modification du régime des pluies. En effet, par temps stable, comme en hiver,
l’urbanisation aurait plutôt tendance à réduire les précipitations alors que lors du passage de
masses d’air instable, comme en été, l’agglomération jouerait plutôt le rôle d’un catalyseur,
• Perturbation des vents « régionaux » et une formation de vents locaux, les « brises de
campagne», due à la forte différence de température entre le centre de l’agglomération et sa
périphérie (la formation est assez semblable à celle des brises de mer ou de terre) (Escourrou,
1986).
4.2. Effet du climat sur la ville
Le contexte climatique influe sur l’îlot de chaleur urbain tant pour l’intensité que pour la
forme (Cantat, 2004 in Colombert et al., 2006). La fraction d’insolation et la vitesse du vent
sont les variables météorologiques qui agissent le plus sur le différentiel de température
nocturne entre le centre de l’agglomération et la campagne environnante. Ainsi suivant la
vitesse du vent, on peut avoir un dôme de chaleur urbain, un panache ou encore sa
disparition, et plus l’insolation est importante plus l’îlot de chaleur sera important (Sacré,
1983 in Colombert et al., 2006).

40
Chapitre III

Méthodologie

41
Chapitre III Méthodologie

1. Présentation de la zone d'étude


Alger, capitale du pays, couvre une superficie de 800 km 2 et est peuplée par 2 809 396
habitants. Elle compte 13 circonscriptions qui regroupent 57 communes. Elle est limitée au nord
par la mer méditerranée, au sud par la wilaya de Blida, par la wilaya de Tipaza à l'ouest et la
wilaya de Boumerdes à l'est. (ONS, 2008)

1.1. Climat de la région d'Alger


Le climat d'Alger, comme tous les climats méditerranéens, est caractérisé par une grande
variabilité interannuelle des précipitations et des températures.
Alger se situe à l'étage bioclimatique sub-humide selon la classification des bioclimats
définis par Emberger (1955). Toutefois on peut distinguer les variantes sub-humide supérieure à
hiver chaud pour Alger université et Bouzaréa observatoire, sub-humide inférieure à hiver chaud
pour Alger port et El Harrach et sub-humide inférieur à hiver tempéré pour Dar El Beida. La
saison sèche au sens de Bagnouls et Gaussen (1955) s'étend du début du mois de mai jusqu'à la
fin du mois de septembre (Rahali, 2003).

1.1.1. Les précipitations


Les premiers enregistrements des précipitations remontent au milieu du 19ème siècle (vers
1850) au niveau de la station de Bouzaréa, tandis que les températures, sont relevées à la même
station dès 1894. Les moyennes des précipitations annuelles varient de 647 à 683 mm au niveau
des stations Alger port, El Harrach et Dar El Beida, situées à basse altitude et atteignent 787 mm
sur les hauteurs d'El Biar et à Bouzaréa (Rahali, 2003).

1.1.2. Les températures


Comme la plupart des grandes villes, les températures de la ville d'Alger ont tendance à
augmenter. Ainsi d'après Butzer (1961), la température moyenne de janvier a augmenté de 0.5°C
à Alger entre les deux périodes (1894-1923) et (1923-1951). Cet auteur a remarqué aussi une
légère augmentation des températures moyennes annuelles pendant la dernière période. Cette
élévation de la température à Alger a été confirmée récemment par Djellouli et Dajet (1990) qui
ont constaté que la température moyenne a augmenté de 1.0 °C pendant les quatre dernières
décennies ( 1942-1987) en comparaison avec la période précédente (1894-1941) (Rahali, 2003).

1.1.3. L'humidité relative


Les variations mensuelles de l'humidité relative entre les stations sont relativement faibles.
Cependant les valeurs les plus basses sont observées au mois de juillet et août où elles varient
entre 71 à 75 % au niveau de la plupart des stations. Ces valeurs atteignent leur maximum au
mois de décembre (80%), valeur enregistrée à Bouzaréa, El Harrach et Dar El Beida. Par contre
les moyennes annuelles varient de 74 à 76% (Rahali, 2003).

41
Chapitre III Méthodologie

42
Chapitre III Méthodologie

1.1.4. Les vents


Le régime des vents de la région d'Alger est très variable dans le temps et dans l'espace.
L'analyse du régime des vents des stations de l'université d'Alger, Bouzaréa, El Harrach et Dar El
beida, montre qu'au mois de janvier, on observe une prépondérance des vents de secteur ouest,
suite aux pressions élevées sur le littoral algérois. Par contre au mois de juillet, le relief
barométrique est moins accusé et le régime des vents d'ouest disparaît pour faire place à des
vents variables. On observe au niveau des quatre stations une dominance des vents du nord-est,
et une fréquence des vents de l'ouest et du sud-ouest (Rahali, 2003).

1.2. Topographie
Alger est caractérisée par trois régions importantes: Le sahel, le littoral et la Mitidja
(Annuaire statistique de la Wilaya d'Alger, 2005)
Le sahel: en forme de sommet plat, il constitue une région de collines aux altitudes variables,
généralement plus de 200 m à l'ouest de la baie d'Alger avec un point culminant de 470 m à
Bouzaréah.
Le littoral: dominé par le Sahel, il est constitué par une ancienne terrasse étroite et faible
(moins de 25m) et représente des pentes inférieures à 12% et une inclinaison généralement
orientée vers le Nord.
La Mitidja: est constituée d’alluvions formant des sols de bonne fertilité. L’altitude de cette
plaine ne dépasse pas 50m, la nappe phréatique favorise le développement des cultures
maraîchères.

1.3. La pollution dans l’agglomération algéroise


Alger, capitale politique et économique du pays connue pour sa densité en population mais
aussi en trafic routier. L’importance de cette métropole fait d’elle l’une des villes les plus
polluées.
La pollution atmosphérique à Alger a deux origines importantes :
1. origine industrielle
2. origine automobile

1.3.1. Pollution d’origine industrielle


L’agglomération algéroise, (excepté les zones industrielles), compte 18 points de rejet de
polluants atmosphériques produits par les unités industrielles localisées en milieu urbain. Ces
unités susceptibles d’engendrer une pollution atmosphérique sont citées dans le tableau 5 avec
les types de polluants susceptibles d’être émis (DEWA, rapport interne, 2009).

43
Chapitre III Méthodologie

Tableau 8 : les unités industrielles et les polluants émis dans l’agglomération algéroise.
Unités industrielles Localité (commune) Types de polluants émis

Centrales électriques El Hamma Gaz de combustion


Bab Ezzouar

Cimenterie et carrière Rais Hamidou Poussières + CO2

Carrière Oued Korich Poussières + CO2

SNTA (production de Bab el Oued CO3, Pb, SOx, COV


tabac)
Hussein Dey CO3, Pb, SOx, COV
SNTA
El Harrach CO, anhydride sulfureux,
Fonderie (fonte des composes fluorés, NOx,
métaux) phénol, ammoniac,
poussières
El Harrach

Entreprise de
chaudronnerie (citernes + Baba Ali
incinérateur) Vapeur d’HCl et de mercure

SOAChlore (fabrication El Achour


de l’eau de Javel) Gaz de combustion

Briqueterie

D’après DEWA, 2009

Une étude sur la pollution atmosphérique à Alger, montre que la cimenterie de Rais Hamidou
est à l’origine d’une importante pollution particulaire (Boughedaoui, 1993). La quantité mesurée
lors de cette étude est de 61 g/m3/mois, et toute la région est touchée par cette pollution et plus
particulièrement le voisinage immédiat de la cimenterie. Sachant que la cimenterie est installée
en plein centre ville de Rais Hamidou. Tout passager dans cette région est attirée par la couleur
anormale des toitures, censées être rougeâtres, décolorées par une couche grisâtre de poussière :
le ciment.
La même étude annonce une quantité de retombées particulaires variant entre 5 à 308
g/m3/mois à El Harrach durant l’année 1991. Cette quantité diminue remarquablement en 1992,
du fait que ce site urbain reçoit des émissions irrégulières, en plus des embruns marins et du
trafic routier, d’une chaîne de stations bétonnières implantées le long de l’autoroute entre les pins
maritimes et le caroubier.
Quant à Alger port et d’après la même étude, les retombées particulaires varient entre 7 – 40
g/m2/mois. Les activités urbaines et portuaires (chargement, maintenance, transport de
marchandises,…) ainsi que les embruns marins sont à l’origine de ces dépôts.

44
Chapitre III Méthodologie

1.3.2. Pollution d’origine automobile


Certes, la pollution industrielle a sa part d’importance dans pollution atmosphérique mais la
part la plus importante revient au trafic routier. Avec tous les moyens de transport existant
actuellement : véhicules routiers, trains, navigation (port d'Alger), et aviation; c'est
essentiellement, au véhicules automobiles qui est due la pollution atmosphérique urbaine et ce, à
cause de leur concentration dans les villes. Alger est de loin la ville algérienne la plus exposée à
la pollution urbaine due au trafic routier, à la densité de population élevée au taux de
motorisation la plus élevée est par conséquent la densité de présence des véhicules la plus élevée
(Boughedaoui, 1993).
L'origine des émissions polluantes des voitures est la transformation de la chaleur de
combustion des hydrocarbures en travail mécanique. Une combustion complète ne produit que
de la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone. En utilisation réelle du véhicule, cette combustion
idéale n'est jamais réalisée. La mauvaise combustion liée d'une part au rapport air/carburant
(mélange riche ou pauvre) et au régime de fonctionnement (départ à froid ou à chaud, ralenti,
accéléré, croisière, etc.) est la principale cause de ces émissions (Boughedaoui, 1993). Dans le
tableau 9 est présentée la quantité de polluants émis en kg par tonne de carburant et par km
parcouru.

Tableau n. 9 : Quantité de polluants émis en kg par tonne de carburant et par km parcouru


Polluants Moteur à essence Moteur Diesel Emission en g/km
CO 465.59 20.81 22
HT 23.28 4.16 2.82
NOx 15.83 13.01 2.6
SO2 1.86 7.8 0.16
Aldéhydes 0.93 0.78 -
(Joumard R., 1986 et Dotreppe-Grisaud, 1974)

Le régime de circulation routière contribue à la pollution de l'air. Les embouteillages, les


arrêts répétés et prolongés provoquent plus d’émission de polluants.
Le tableau 9 montre que les voitures Diesel sont plus polluantes en poussières mais peu
polluantes en monoxydes de carbone et hydrocarbures totaux. L'émission de NOx reste
comparable pour les deux types de moteur. La vitesse de circulation influe sur la nature des
émissions, une grande vitesse favorise la formation des NOx, mais réduit l'émission
d'hydrocarbures totaux.
Utilisation du gaz carburant
L'utilisation du gaz (GPL : gaz du pétrole liquéfié, GNC : gaz naturel comprimé) comme
carburant dans les véhicules à la place de l'essence ou du diesel, offre des possibilités certaines
de réduction des émissions polluantes. Le GPL ne contient ni plomb, ni soufre, et les émissions
d'hydrocarbures aromatiques polycycliques sont pratiquement nulles.

1.3.3. Composition du parc automobile algérois


Les dernières statistiques relatives au parc automobile de la Wilaya d’Alger, arrêtées au
31/12/2007, fournies par le bureau de la circulation automobile (Wilaya d'Alger), précisent que
1 103 017 véhicules (tous genres) composent actuellement le parc de la capitale. La répartition
du parc automobile selon le genre et l'âge est illustrée sur le tableau 10.

45
Chapitre III Méthodologie

Tableau n. 10 Répartition du parc automobile selon l'âge et le genre à Alger


Age
Genre du véhicule Total
05 ans 6 à 10 ans + de 10 ans

Véhicules de tourisme 180 998 154 662 449 180 784 840
Camions 7 062 3 248 64 014 74 324
Camionnettes 25 403 26 123 131 773 183 299
et fourgons
Cars et auto cars 5 501 4 805 9 135 19 441
Tracteurs routiers 1 852 551 16 888 19 291
Tracteurs agricoles 591 322 1 561 2 447
Véhicules spéciaux 84 13 1 034 1 131
motos 190 341 3 138 3 669
Engins travaux publics 742 764 13 042 14 548
Total 222 423 190 829 689 765 1 103 017
(ONS, 2008)
Le tableau 10 met en évidence la vétusté du parc automobile algérois puisque 689 765
véhicules sont âgés de plus de 10 ans soit 62.53 % du parc.
L'usure du moteur et le manque d'entretien de ce dernier ne font que croître l'émission de
polluants dans les gaz d'échappement. Ce fait est directement lié à l'âge du véhicule mais aussi
aux distances parcourues. Plus le véhicule est âgé plus il pollue.

Remarque
Il faudrait attirer l'attention sur le degré de fiabilité des chiffres de l'ONS. Selon l'étude de
Boughedaoui et al., la distribution d’âge des véhicules observés dans différentes enquêtes révèle
un important décalage avec les données ONS ce qui témoigne que le parc administratif est fictif
devant le parc roulant. Ils ont constaté que pour les véhicules d’âge supérieur à 14 ans il y a une
surestimation du nombre puisqu’il est difficile de recenser les véhicules qui tombent dans le
rebut, mis en ferraille et déclassés. Tandis que pour les véhicules d’âge inférieur à 14 ans, ils ont
relevé une sous-estimation dûe au décalage qui existe entre la diffusion des données statistiques
et l’immatriculation des nouveaux véhicules importés au niveau des services d’immatriculation.

1.3.4. Infrastructures routières aux environs des stations d'étude


[Link]. Sidi M' Hamed
La commune de Sidi M'Hamed, située au nord-centre d'Alger (carte 01), s'étale sur quelques
2.18 Km2 avec une population 64 164 habitants, d'après le dernier recensement (ONS, 2008). La
station de surveillance de la qualité de l'air est située au cœur du CHU Mostapha Bacha à 20 m
d'altitude entourée par un réseau de voirie très important (carte 02). Ce réseau se caractérise par
un classement permettant une hiérarchisation des voies de façon à donner à chaque rue son
importance et son rôle dans l'organisme urbain.
Les autoroutes
Le réseau des autoroutes comprend l'autoroute de l'Est (avenue de l'ALN), conçue à l'échelle
de la capitale et qui délimite la commune de Sidi M'Hamed coté Est. Cette autoroute connaît
une dynamique de flux très dense surtout durant les heures de pointe du matin (07h30 - 09-00) et
du soir (16h00 - 17h00), elle s'étale sur une longueur de 825 m et une largeur de 29 m à
l'intérieur de la commune.

46
Chapitre III Méthodologie

Les voies primaires


Ce réseau assure l'accessibilité ; il représente aussi une importante voie d'échange pour la
commune. Il est constitué des voies suivantes:
La route nationale n° 5 qui relie l'autoroute de l'Est à la commune d'Alger centre. Elle assure
une circulation très importante entre la capitale et l'Est du pays. Dans la zone d'étude, elle s'étale
sur une longueur de 825 m et une largeur de 7 à 14 m à l'intérieur de la commune.
La route nationale n° 8 : (Rue Hassiba Ben Bouali)
Elle traverse la commune du nord est sur la partie littorale dont le tracé est en parallèle à
l'avenue de l'ALN. Elle représente un axe multi fonctionnel très animé, à caractère mixte le long
duquel se trouve l'habitat, le commerce, les services et les unités industrielles. Elle draine une
circulation très importante surtout pendant les heures de pointe, sa longueur est d'environ 1875 m
et sa largeur varie entre 7 et 11 m.
Le chemin de wilaya n° 14: ce chemin de grande importance locale est une desserte
intercommunale. Il prend origine à la place du 1er Mai au nord est et jusqu'à Belouizdad au sud-
est. Ce chemin est d'une longueur d'environ 1050 m et d'une largeur de 8 à 10 m à l'intérieur de
la commune.
Le chemin wilaya n° 139 : ce chemin est représenté par l'avenue de l'indépendance et
l'avenue du Colonel Ali Mellah ; il a aussi une grande importance dans le réseau local. Il
commence à la place du 1er Mai et se termine à la place Addis Abeba au sud-ouest de la
commune. Sa longueur à l'intérieur de la commune est de 1500 m et sa largeur moyenne est de
12 m.
Les voies secondaires : ces voies qui traversent les principaux quartiers de la commune sont:
 la voie urbaine n. 19 (Boulevard Aissat Idir).
Parallèle à la rue Hassiba Ben Bouali, elle relie la place du 1 er mai à la rue Attar Bachir au
sud-est de la commune sur une longueur de 413 m, sa largeur est d'environ 7 m.
 la voie urbaine n. 23 (chemin Zekkal Ahmed).
Elle relie la place du 1er mai et le boulevard des martyrs au sud de la commune sa longueur
est d'environ 975 m et sa largeur de 8 à 12 m dans la commune
 l'avenue Ahmed Ghermoul.
Reliant la rue Didouche Mourad à l'ouest et le chemin Zekkal Mouhamed à l'est, sa longueur
est de 1125 m et sa largeur d'environ 7 à 11m.
 boulevard Nacera Nounou.
Parallèle à la rue Mouhamed Belouizdad, sa longueur est d'environ 488 m et sa largeur de 8 à
10 m.
Les voies tertiaires : elles représentent les voies inter-quartier, qui permettent l'accès aux
habitations et logements, elle débouchent souvent directement sur les axes principaux ; parmi ces
voies on cite :
 la rue Nadji Mohamed,
 la rue Benzineb Mohamed,
 la rue des frères Nazarine,
 la rue Zikarz Mouloud,
 la rue Victor Hugo.

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Chapitre III Méthodologie

48
Chapitre III Méthodologie

[Link]. Ben Aknoun


Située à l'ouest sur les hauteurs d'Alger à environ 275 m d'altitude (carte 01), Ben Aknoun
s'étend sur une surface de 4.16 km2 et compte 17 277 habitants (APC de Ben Aknoun, 2009).
Ben Aknoun se situe dans un relief généralement peu accidenté, les pentes varient entre 5 et
12%. Il existe au niveau de la région quatre lits d'oued importants: Oued El- Azhar, Oued Kniss,
Oued El-Karma et Oued Lakhal. Ce dernier est actuellement matérialisé par la bretelle du 5
juillet. Ben Aknoun est caractérisée par un faible taux d'humidité comparant au centre d'Alger,
vu la présence d'un couvert végétal important plus l'éloignement de la mer ce qui là met à l'abri
des vents marins.
Ben Aknoun présente aujourd'hui, un pôle universitaire par excellence cela sous-entend une
forte circulation des véhicules privés mais surtout universitaires. Cette commune est structurée
par deux axes historiques, la route nationale n. 36 et le boulevard Mustapha Khalef formant la
boucle de Ben Aknoun (carte 3).

La commune de Ben Aknoun est ceinturée par les voies rapides suivantes:
 l'autoroute du 5 juillet à l'ouest
 la route nationale n. 41 au nord
 la rocade sud
 la voie express val d'Hydra à l'est.

Elle est traversée par deux grands axes qui la relient aux communes limitrophes:
 la route nationale n. 36
 le boulevard Mustapha Khalef.

Les rues pénétrantes qui relient les voies rapides aux grands axes dans cette commune sont
les suivantes:
 la rue Khlalfa Abdel Aziz
 la rue des frères Aïssou
 le chemin Gadouche Abdel Kader.

L'intersection de ces différents axes donne naissance à quatre nœuds:


 le nœud de la cité de jeunes filles
 le nœud du lycée El Mokrani
 le nœud des deux bassins
 le nœud de la faculté de Droit.

49
Chapitre III Méthodologie

50
Chapitre III Méthodologie

2. Acquisition des données

Le but de notre étude étant de rechercher les relations entre la pollution atmosphérique et la
situation météorologique, il était donc nécessaire de travailler avec des données météorologiques
et des données concernant les émissions de polluants atmosphériques dans la région d'étude.

2.1 Données météorologiques


Les données météorologiques ont été recueillies auprès de l'Office National de Météorologie
(ONM) de Dar el Beida. Cet organisme de veille de l'atmosphère et du temps, à caractère
industriel et commercial, a mis à notre disposition à titre gratuit, une série de 3 années seulement.
Nous avons donc réduit la période d'étude selon les données disponibles. Les données reçues
sont des données journalières de six paramètres météorologiques: la températures (en°C), la
pluviométrie (en mm), la pression atmosphérique (en hPa), la vitesse du vent (en m/s) et
l'insolation (en heures). Ces donnés sont traitées par l'organisme d'origine et concernent deux
stations de mesure: la station de Dar el Beida située à l'est d'Alger à 25m d'altitude, et la station
d'Alger port au centre d'Alger à 13 m d'Altitude.

2.2 Données de pollution atmosphérique


Les données concernant la pollution atmosphérique ont été recueillies auprès de l'organisme
responsable de la surveillance de la qualité de l'air SAMA SAFIA. Cette structure appartient à
l’observatoire national de l’environnement et du développement durable dépendant du ministère
de l'aménagement du territoire, de l'environnement (MATE), est fonctionnel depuis 2002. Elle a
pour missions de:

 Surveiller la qualité de l’air sur l’ensemble de la région


 Analyser et expliquer les phénomènes de pollution atmosphérique
 Informer la population et les décideurs
 Alerter en cas de pic de pollution atmosphérique
 Communiquer sur la qualité de l’air d’Alger

Le rôle réglementaire de SAMASAFIA consiste à :


 fournir des indications sur l’ensemble des polluants réglementés (dioxyde de soufre,
oxydes d’azote, monoxyde de carbone, ozone, poussières, benzo(a)pyrène, benzène, arsenic,
nickel, cadmium, plomb) sur les agglomérations où les valeurs guides risquent d’être dépassées.
 rendre accessible des données à toute personne (mise en ligne sur Internet, indice de
qualité de l’air quotidien et alerte en cas de pic de pollution).

2.2.1 Les stations de Sama Safia


Le réseau de Sama Safia couvre quatre agglomérations de la wilaya d’Alger (Ben Aknoun,
Bab El Oued, El Hamma et place du 1er Mai) elles sont équipées de stations de mesures
automatiques en continu (24h/24, 7j/7).
La station de Ben Aknoun
La surveillance de la qualité de l’air est assurée sur l’agglomération de Ben Aknoun par une
station située au niveau de la direction général des forêts. L’objectif de cette station est le suivi
du niveau de la pollution photochimique (ozone et oxydes d’azote) à la périphérie du centre
urbain de l’agglomération. Les polluants surveillés sont les oxydes d’azote, l’ozone, le
monoxyde de carbone, les poussières en suspension fines et le benzène.

51
Chapitre III Méthodologie

Sama Safia, 2006


Fig. 20 : Situation des stations de surveillance de la qualité de l'air à Alger.

La station de Bab El Oued


La station de Bab El oued est située au niveau du CHU. Elle a pour but de suivre le niveau
d’exposition moyen de la population aux phénomènes de pollution atmosphériques dits «de
fond» des centres urbains. Ainsi cette station permet le suivi de la pollution gazeuse et
particulaire. Les polluants surveillés sont les oxydes d’azote, les poussières en suspension, le
monoxyde de carbone, les hydrocarbures méthaniques.
La station de la Place 1er Mai
La station du 1er Mai est située au niveau du CHU Mustapha Pacha. Ainsi cette station
surveille le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, les poussières en suspension, le benzène, le
monoxyde de carbone et les hydrocarbures méthaniques.
La station d’El Hamma
La station d'El Hamma est située au niveau de l’esplanade de la Bibliothèque Nationale d'El
Hamma. Les polluants surveillés sont les oxydes d’azote, les poussières en suspension, le
monoxyde de carbone, les hydrocarbures méthaniques. Notons que cette station est en panne de
puis trois ans.

52
Chapitre III Méthodologie

2.2.2. Emplacement des stations de mesures étudiées

Les stations de mesures des polluants atmosphériques de SAMA SAFIA sont aussi munies
d'appareils de mesure des paramètres météorologiques. Mais comme le montre la figure 19,
l'emplacement du poste de mesure au sein de l'hôpital Mustapha Bacha, à l'ombre d'un grand
arbre dans un couloire de construction, mais surtout, à coté de l'incinérateur de l'hôpital, peut
affecter directement la qualité de l'information collectées sur cette station, que ce soit du point de
vue pollution ou météorologie.

Fig. 21: situation de la station du 1er Mai


(Photos: L.B.)

53
Chapitre III Méthodologie

Fig.23: Position des appareils de mesure. Fig.22: Emplacement de la station de Ben


(Photos: L.B.) Aknoun (Photos: L.B.)

Fig.25: Pente face à la station Fig.24: La végétation autour de la station


. (Photos: L.B.)
(photos: L.B.).

Les figures précédentes montrent l'emplacement de la station de mesure. Cette station est
située dans la forêt de Ben Aknoun à 200 m de l'autoroute "rocade sud". La station est entourée
d'obstacles qui peuvent fausser les mesures effectuées, tant pour la pollution atmosphérique,
puisque les PM10 mesurés peuvent atteindre des valeurs très élevées à cause du pollen des arbres
avoisinants. Que pour les paramètres météorologiques surtout le vent, car cette station est à l'abri
des vents par une haie de Cyprès d'un côté et d'une pente boisée d'environ 8m d'altitude de
l’autre.

2.2.3. Les mesures de Sama Safia


La mesure des polluants atmosphériques se fait automatiquement, toutes les quinze minutes.
La collecte et mise en forme de ces mesures sont assurées par un logiciel appelé XR, les mesures
sont transformées par un vecteur résumant les taux journaliers par des valeurs moyennes.
L'unité de mesure des polluants atmosphériques est soit le ppm (partie par million) cas du
monoxyde de carbone et des composés organiques volatiles, le ppb (partie par billion) cas du
dioxyde de soufre ou le µgr/m3 (microgramme par mètre cube) cas des oxydes d'azote, des
poussières et de l'ozone.

54
Chapitre III Méthodologie

Le ppb est le rapport de mélange, d'une molécule du polluant X pour un billion (109) de
molécule d'air (Javier et Colosio, 2001). C'est l'unité la plus employée en chimie atmosphérique.
Le ppm (une molécule du polluant pour un million (106) de molécule d'air.
Sachant que: 1 ppm = 10 mg/m3.
Le problème majeur rencontré avec les données mesurant la pollution atmosphérique, est la
présence de beaucoup de données manquantes. Ces dernières sont dues, d'après l'organisme, aux
raisons suivantes:
- les pannes électriques (coupures d'électricité), dans les stations ce qui provoque l'absence
de mesure,
- les pannes ou problèmes techniques des appareils de mesure,
- Données invalides ou étalonnage défectueux,
- Attaques ou vol de l'appareillage, ce qui expliquerai les longues périodes sans mesure.
Le principe de notre étude étant d'analyser les relations pouvant exister entre les différentes
variables appartenant au même groupe par des techniques factorielles et surtout, d'étudier les
relations entre les polluants atmosphériques et les paramètres météorologiques, nous avons,
choisis les trois premières années de fonctionnement de cet organisme, qui présentent moins de
lacunes par rapport aux autres années.

2.3 Le choix des données


Pour palier aux données manquantes, nous avons, en un premier temps, évaluer le taux des
valeurs présentes. Dans le tableau 11, nous exposons le taux de disponibilité des données
concernant les mesures des polluants atmosphériques durant les années de fonctionnement de
Sama Safia (de 2002 à 2007) les valeurs sont données par pourcentage (%):

Tableau 11: Taux de disponibilité des données fournies par Sama Safia
Station Année CO NO NO2 NOx COV PM10 SO2 O3 Total
1er Mai 2002 53 50.9 50.9 50.9 1.3 49.5 53 - 44.2
2003 66.5 85.9 86.2 85 15.8 82.2 86.6 - 72.2
2004 57.8 81 80.9 81 35.4 24.6 74.8 - 62.2
2005 00 03 03 03 00 00 00 1.28
2006 23.8 69.2 69.2 69.2 00 00 64.3 - 42.2
2007 28.6 - 27.2
5.9 55.9 42.4 55.9 2.3 00
8
Ben aknoun 2002 59.2 62.2 62.2 62.2 15.5 55.3 - 59.9 53.7
2003 64.9 62.5 67.5 62.6 38.2 68.4 - 49.4 59
2004 39.2 50.3 49.5 50.7 - 32.6 - 54.4 46.1
2005 00 00 00 00 4 0 - 49.9 7.7
2006 37 74.4 74.2 75 00 11.2 - 72.5 57.4
2007 7.8 26.4 26.8 26.8 00 1.2 - 16.1 17.5
El Hamma 2002 58.5 58.2 58.3 58.3 1.5 55.3 - - 48.3
2003 57.7 89.1 89.1 88.9 15.1 89 - - 86.3
2004 12.1 9.1 9.1 9.1 39.4 59.7 - - 23
2005 00 00 00 00 00 46.8 - - 7.66
2006 1.1 0.2 0.2 0.2 0.1 0.5 - - 0.3
2007 - - - - - - - - 00
Bab el Oued 2002 70.1 70.1 70.1 70.1 1.6 61.1 - - 57.1
2003 96.2 88.3 88.3 88.3 25.7 85.5 - - 78.7
2004 40.3 92.6 92.5 92.6 41.1 51.8 - - 68.4
- 20.2
2005 0 8 8 8 0 97.4 -
3

55
Chapitre III Méthodologie

2006 76.2 82.9 82.9 82.9 00 26.2 - - 58.3


2007 3 44.7 42.9 44.7 1.2 6.5 - - 23.8
D'après le tableau ci-dessous on constate que les trois premières années étaient les plus riches
en matière de mesures enregistrées. Nous avons donc choisis les années ayant le plus de données
disponibles.
Le choix des stations a été fait selon la disponibilité de mesures des variables. Pour cela, nous
avons choisis la station du 1er Mai, étant la seule à mesurer le SO2 et la station de Ben Aknoun
comme station témoin car située dans la forêt du parc de Ben Aknoun en plus du fait qu'elle soit
la seule à mesurer l'ozone.

3. Etude exploratoire des données


Nous disposons de deux tableaux décrivant la pollution atmosphérique concernant les deux
stations de mesure : 1er Mai et Benaknoun et deux tableaux décrivant les facteurs
météorologiques dans deux stations respectivement : Alger port et Dar el Beida.

3.1 Description préliminaire des variables


Chacune des variables choisies est décrite par ses principales caractéristiques qui sont la
moyenne, l’écart type, le coefficient de variation, la valeur minimale et la valeur maximale. Dans
cette étude, nous ne nous sommes pas intéressés au problème important et récurrent des données
manquantes. La recherche de techniques fiables qui permettent de combler les lacunes, dans
notre cas, aurait été intéressante et peut faire l'objet d'une étude à part. En effet, pour la station du
1er Mai nous disposons de 430 individus (jours) pour les trois années d'étude au lieu de 1096. De
ce fait, nous étions obligé de supprimer toute ligne ayant une case vide car le logiciel utilisé
remplace les cases vides par un zéro ce qui aurait faussé nos résultats. Nous avons aussi éliminé
la variable « composés organiques volatiles COV» mesuré dans cette station car dans le cas
contraire le nombre d’individus aurait diminué encore plus. Pour la station de Benaknoun ce
problème est plus évident puisque le nombre d’individus est réduit jusqu’à 188. Nous avons
choisi de maintenir la variable « COV » malgré son faible effectif pour sa relation avec l’ozone
et c’est pour cette raison que la taille de l’échantillon est relativement petite.

3.2 Description multidimensionnelle des données


La description des données numériques contenues dans un tableau individus-caractères (n, p)
est le premier objectif de l'analyse en composantes principales (ACP): les p caractères sont
mesurés sur les n individus (Bouroche et Saporta, 2005), ce qui correspond à notre cas où les
individus sont les jours de l'année et les caractères sont les polluants atmosphériques et les
paramètres météorologiques. Le principe de la méthode est la réduction du nombre de caractères
permettant la visualisation graphique des individus et des caractères. Cette réduction se fait par la
construction de nouveaux caractères synthétiques "composantes principales" obtenus par des
combinaisons linéaires des caractères initiaux au moyen "des facteurs". Ces combinaisons se font
de sorte que l'inertie (la moyenne des carrés des distances des n points au centre de gravité) du
nuage de points par rapport aux nouveaux axes qui portent ces variables "axes principaux" soit
minimale. L'ACP remplace les p caractères initiaux par des caractères non corrélés de variance
maximale satisfaisant le critère des moindres carrés. Ainsi les composantes principales sont non
corrélées entre elles.
Nous avons appliqué cette méthode pour les deux stations 1 er Mai et Benaknoun pour les
variables "polluants" et pour la station de Dar el Beida et Alger port, concernant les paramètres
météorologiques. Pour chaque station nous avons un tableau individus (jours de l'année)
variables (paramètres météorologiques ou polluants atmosphériques), l'ACP nous permet de voir
la distribution des variables ainsi que les individus entre eux et de ce fait de détecter les
groupements d'individus qui peuvent apparaître ainsi que les éventuelles ressemblances et

56
Chapitre III Méthodologie

dissemblances existantes entre les polluants atmosphériques et les jours de l'année d'une part et
entre les paramètres météorologiques et les jours de l'année d'autre part.

3.3 Étude des liens entre les groupements


Nous avons deux groupes différents de variables (polluants atmosphériques et facteurs
météorologiques) et afin de répondre à notre problématique qui est d'étudier les relations entre
les deux phénomènes, nous pensons qu'une analyse factorielle discriminante (AFD) peut
répondre à nos préoccupations.
En effet, l'analyse discriminante est une méthode qui permet de mettre en évidence les
liaisons existant entre un caractère à expliquer qualitatif et un ensemble de caractères explicatifs
quantitatifs (Bouroche et Saporta, 2005). Avant d'entamer cette analyse, il est nécessaire de
passer par une classification automatique qui est destinée à produire des groupements (classes)
d'objets ou d'individus à partir d'un certain nombre de variables ou de caractères (Saporta, 1990)
et donc de fournir le caractère qualitatif à expliquer. La méthode de classification utilisée dans
notre étude est celle des K-means. Cette méthode efficace de partitionnement, ne définit pas son
centre par une classe à un seul individu, comme est le cas de la méthode par regroupement autour
de centre mobiles, mais par q individus formant "un noyau" qui, s'ils sont bien choisis, seront
plus représentatifs de la classe qu'un simple centre de gravité. Ces noyaux permettront par la
suite d'interpréter les classes.
Dans notre cas, on dispose de n individus (jours) ou observations décrits par d1 variables
mesurant la pollution (var1, var2,…) les observations sont représentés dans un tableau de données
quantitatives.
L’algorithme du [Link] déroulé sur T (n, d1) a permis de classifier les n objets (individus)
en 3 classes (c1, c2, c3). On construit ainsi une nouvelle variable explicative Yi à 3 modalités
(classes obtenues). Chaque individu est affecté à une des 3 classes d’une part et d’autre part il est
décrit par d1 variables météorologiques.
Y
x x  1 
 1 d1   
 2
 X   
   
   
3

 
  
L’analyse discriminante se propose dans un premier temps de séparer au mieux les 3 classes
connues à l’aide des d1 variables météorologiques et dans un second temps, elle cherche à
résoudre le problème de l’affectation d’individus nouveaux caractérisés par les d1 variables aux
classes déjà identifiées. Dans notre cas, savoir à partir des prévisions météorologiques, la classe
de pollution la plus probable à laquelle sera affecté ce nouveau jour.
On distingue 2 aspects :
- aspect descriptif qui consiste à chercher les fonctions linéaires discriminantes sur
l’échantillon d’apprentissage (le tableau X (n, d1))

d
1
f  x     x k1
k k
k
k  1, 2 ...

- aspect prévisionnel : connaître la classe d’affectation de pollution à l’avance.

57
Chapitre III Méthodologie

Schématiquement :

 1. Y 
1  
var iables
   x , x ,  x 
  1 2 d1  
  2  
  
fonction
  X
 
discri min ante
 3 
   
n  
1 
 
jour  i   x1 , x2, .... 
 ?

Cette méthodologie a été suivie à l'aide de logiciels commençant par Excel pour la mise en
forme des données, Winstat, XLstat et SPSS. Certains ont été utilisés pour leurs graphiques,
d'autres pour appuyer les résultats obtenus.

Codes des variables


Pour faciliter la visualisation des variables sur les graphiques, nous avons donné aux
variables les codes suivants:

Variables de pollution atmosphérique :

Le monoxyde de carbone CO : P1
Le monoxyde d'azote NO : P2
Le dioxyde d'azote NO2 : P3
Les poussières PM10 : P4
Le dioxyde de soufre SO2 : P5
Les composés organiques volatiles COV : P6
L'ozone O3 : P7

Variables météorologiques :

La température : M1
La pluviométrie : M2
La pression atmosphérique : M3
L'humidité : M4
La vitesse du vent : M5
L'insolation : M6

58
Chapitre IV
Résultats et discussion

59
Chapitre IV Résultats et discussion

1. Résultats de l'analyse en composantes principales


1.1. Cas des données de la pollution atmosphérique

1.1.1 Station du 1er Mai


 Description statistique univariée de chacun des polluants
Le tableau 12 est obtenu à partir des données de mesure des différents polluants
atmosphériques. Ces mesures sont issues des observations de 430 jours sur 3 années d'étude
2002-2004.

Tableau 12: Description statistique des polluants atmosphériques


N Moyenne Ecart type Coefficient de variation Minimum Maximum
P1 CO 430 .2944 .3332 0.88 0 1.90
P2 NO 430 12.1744 16.4456 0.74 0 142.00
P3 NO2 430 37.9442 19.4707 1.94 0 114.00
P4 PM10 430 59.4845 33.5616 1.77 9.00 369.00
P5 SO2 430 3.0605 3.2690 0.93 0 26.00

La station du 1er Mai, située au centre de la ville, est marquée par un grand flux de
véhicules de transport. Bien que le poste de mesure soit à l'intérieur de l'hôpital Mustapha
Bacha, les indices de pollution montrent que cette station est l'une des plus polluées des quatre
stations de mesure. Le tableau 12 décrit les variables de pollution atmosphérique par la
moyenne de chaque polluant durant la période d'étude, son écart type, son coefficient de
variation ainsi que les pics enregistrés pour chaque variable durant la période d'étude. Dans
cette station, les concentrations enregistrées sont dans les normes sauf les poussières qui
dépassent la valeur limite fixée par la réglementation algérienne et qui est de 80 µg/m 3. Ce
dépassement est noté 91 fois durant la période d'étude soit 21% des jours de l'étude. Cela est,
peut être, dû aux travaux de la trémie, réalisés au carrefour du 1 er mai, durant cette période. Les
coefficients de variation indiquent une grande variabilité des 5 polluants. Le fait que l'écart-
type de certains polluants comme le CO, le NO et le SO2 soit supérieur à la moyenne ne fait
que prouver l'importante variation des émissions journalières de chaque polluant notamment
ces derniers.
 Corrélations entre les variables

Tableau 13: Matrice des corrélations entre les variables


P1 P2 P3 P4 P5
P1 1
P2 .503 1
P3 .452 .598 1
P4 .234 .294 .210 1
P5 .351 .485 .404 .221 1

D'après la table de signification du coefficient de corrélation (Schwartz, 1963) r à ddl = 100


et à un risque α = 95%, la corrélation serait significative si r en valeur absolue dépasse 0.19.
Les résultats fournis par la matrice de corrélation montre que toutes les corrélations sont
positivement significatives notamment celles entre le monoxyde de carbone (P 1) et le
monoxyde d'azote (P2) et entre le monoxyde et le dioxyde d'azote. Dans le cas de l'analyse
détaillée, c'est à dire année par année, ces coefficients sont plus élevés (respectivement 0.69 et

60
Chapitre IV Résultats et discussion

0.73 pour l'année 2002). Ces résultats sont confirmés par l'étude de Morawska et al. (1998) où
ils indiquent un coefficient de corrélation r = 0.78 entre les NOx et le CO.
Cette forte relation est due au fait que le NO est à l'origine de la formation de NO2, et en
retour la contribution de NO2 à la régénération de NO selon les réactions suivantes:

NO  O  NO
 O
3 2 2
 hν
NO  NO  O
2

Le CO, les NOx et le SO2 sont émis par les mêmes sources à savoir, la combustion et les
gaz d'échappement des véhicules, ce qui explique la corrélation entre le dioxyde de soufre (P5)
et le monoxyde d'azote (P2) r = 0.48 et le CO avec le SO2 r = 0.35. A ce sujet Morawska et al.
(1998) trouvent une corrélation équivalente du SO2 avec le CO et les NOx avec un r = 0.41.
Le tableau 13 montre aussi que le polluant le moins corrélé aux autres est le (P 4) qui
représente les poussières PM10. Ce résultat est aussi observé dans l'étude de Morawska et al. où
les PM10 marquent un coefficient de corrélation r = 0.19 avec les NO x et r = 0.32 avec le SO2 et
r = 0.33 avec le CO. Ceci est peut être dû au fait que les poussières proviennent d'une source
différente. En plus des particules naturelles, ce polluant est émis, principalement, par les
sources fixes: chaudières, cimenteries, activités industrielles...etc. en plus des véhicules à
Diesel. En général, tous les polluants mesurés dans cette station ont une même origine, cela
explique un peu le fait que tous évoluent dans le même sens c'est-à-dire qu'ils sont tous corrélés
positivement à des degrés différents.

 Variance totale expliquée

L'ACP normée effectuée sur les données de pollution, a conduit aux résultats suivants:

Tableau 14: Valeurs propres des composantes principales


Composantes Valeurs propres initiales
Total % d'inertie % cumulés
1 2.555 51.098 51.098
2 .856 17.123 68.222
3 .656 13.116 81.338
4 .552 11.034 92.372
5 .381 7.628 100.000

Le tableau 14 indique la quantité d'information apportée par les composantes principales.


Les valeurs propres représentent les variances de ces composantes. Prés de 70% de l'inertie est
expliquée par les deux premières composantes, nous retiendrons donc ces deux premières.

Graphiquement, les valeurs propres sont données dans la figure suivante

61
Chapitre IV Résultats et discussion

3.0

2.5

2.0

Composantes 1.5
Valeurs propres

1.0

.5

0.0
1 2 3 5
Composantes
Valeurs propres
Fig. 26: Graphique des valeurs propres

Nous voyons qu'il y a une chute entre la première et la seconde valeur propre, ensuite il y a
une lente décroissance. A partir du second axe, la différence de l'information apportée par les
autres axes n'est pas significative. La quantité d'information apportée par les trois premiers
axes est de 81%. Pour une meilleure appréciation de la représentation des variables sur les
axes, nous donnons la projection des variables sur les trois axes factoriels pris deux à deux.

 Projection des variables sur les axes factoriels

Fig.27 : Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 2

62
Chapitre IV Résultats et discussion

Fig. 28: Projection des variables sur les axes factoriels 2 et 3

Fig.29 : Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 3

A partir des figures 28 et 29, nous pouvons dire que l'axe 2 isole les poussières (P4) des
autres variables. Nous savons que les poussières ont deux origines : naturelle et anthropique et
sont émises aussi bien par des sources mobiles (véhicules à moteur), que par des sources fixes
(usine, installation de chauffages, …etc.). Les autres polluants sont essentiellement émis par la
combustion des moteurs. Cela nous mène à déduire que l'axe 2 sépare les polluants émis par les
sources fixes des polluants émis par les sources mobiles. Le tableau 15 affiche les coefficients
de corrélation des variables avec les axes factoriels où, il apparaît que tous les polluants ont des
coordonnées négatives et faibles sur l'axe 2 à l'exception des PM10.

63
Chapitre IV Résultats et discussion

Tableau 15: Matrice des coefficients des composantes principales


Composante
1 2
CO 0.726 -0.101
NO 0.842 -0.105
NO2 0.779 -0.233
PM10 0.479 0.874
SO2 0.695 -0.108

 Projection des individus sur les axes factoriels

Fig. 30: Projection des individus sur le premier axe factoriel

Fig. 31: Projection des individus sur les deux premiers axes principaux

On remarque bien d'après les deux figures (30, 31) qu'un grand nombre d'individus se
situent autour de l'origine des axes principaux qui représente le centre de gravité, soit 86% des
individus. Les individus proches entre eux sur le graphe présentent une ressemblance du point

64
Chapitre IV Résultats et discussion

de vue caractère de même, deux individus opposés présentent des caractères opposés. Nous
pouvons illustrer ceci en exposant les variables de certains individus opposés ou proches par le
tableau suivant.

Tableau 16: Caractères de 4 individus distincts sur la figure 19


Individus P1 P2 P3 P4 P5
17 1.4 79.0 96.0 82.0 26.0
127 0.5 51.0 49.0 243.0 4.0
128 0.3 14.0 34 369.0 2.0
267 0.1 1.0 2.0 80.0 0.0

Le graphe suivant montre l'emplacement de ces quatre individus

Fig.32: Projection des individus sur les axes factoriels 1 et 2

Du tableau 15 on déduit que le premier axe est fortement corrélé avec les polluant P1, P2, P3
et P5. Quant au deuxième axe, il est caractérisé par le P4 (PM10). Ceci est montré par les
individus 127 et 128 (tabl.16) qui présentent de faibles taux en P1, P2, P3 et P5 et par des taux
extrêmes de P4. Ils sont représentés par de fortes coordonnées positives sur l'axe 2. Tandis que
l'individu 17 présente la valeur maximale de P 5 avec de forts taux de P1, P2 et P3.
Contrairement à l'individu 267 qui est opposé à l'individus 17, sur le graphe, et dont la valeur
de P5 est nulle et qui présente aussi de faibles valeurs des trois premiers polluants. Par contre,
concernant le P4, ces deux derniers individus ne sont pas très différents.

65
Chapitre IV Résultats et discussion

Fig.33 : Projection des individus sur l'axe 1 et l'axe 3

Fig.34 : Projection des individus sur l'axe 2 et l'axe 3


Telles que la figure 31, les figures 33 et 34 montrent le rassemblement d'un grand nombre
d'individus autour de l'origine des axes principaux. Le regroupement des individus autour du centre
indique qu'une grande partie des individus présente à peu prés la même qualité de l'air avec des
concentrations avoisinantes en polluants atmosphériques, relativement aux valeurs extrêmes. Les
individus écartés vers l'extrémité des axes factoriels présentent une concentration importante en un ou
plusieurs polluants.
La station du 1er Mai, malgré les dépassements des normes réglementaires par les émissions des
poussières, semble être surtout polluée par les oxydes de carbone, d'azote et de soufre. Nous avons
constaté, sur les graphes la répartition des individus autour du centre mais aussi sur l'axe 1 qui
représente les polluants CO, NO, NO2 et SO2.

66
Chapitre IV Résultats et discussion

1.1.2. Station de Benaknoun


 Description statistique univariée des variables

Tableau 17: Description statistique des polluants atmosphériques


N Moyenne Ecart type Coefficient de variation Minimum Maximum
P1 CO 188 .1436 .2084 0.68 .00 .90
P2 NO 188 23.7606 20.4029 1.16 1.00 129.00
P3 NO2 188 43.3032 33.0368 1.31 13.00 271.00
P4 PM10 188 58.0798 67.8294 0.85 7.00 728.00
P6 COV 188 1.1726 .3116 3.77 .64 1.89
P7 O3 188 96.3298 144.7448 0.66 .00 879.00

La station de Ben Aknoun, située dans la forêt de Ben Aknoun montre, malgré le faible
effectif des individus, des dépassements importants des valeurs limites fixées par la
réglementation algérienne. Ceci concernant trois polluants :
- le NO2 (P3) dont la valeur limite est fixée à 200 µg/m 3 atteint les 271 µg/m3. Durant
la période d'étude, cette valeur a été dépassée trois fois pendant trois jours
consécutifs,
- pour les particules en suspension (P4), dont la valeur limite est de 80 µg/m 3, on note,
au moins, 29 jours dépassant la valeur réglementaire. On constate qu'ils sont
beaucoup plus importants par rapport à la première station, cela peut s'expliquer par
l'importante contribution des particules naturelles, dans cette zone, issues des feux de
forêt, des érosions éoliennes ou encore du transport des particules végétales par le
vent.
- Enfin, l'ozone atteint les 879 µg/m 3 et dépasse, au minimum, 25 fois la valeur limite
fixée par la réglementation algérienne (200 µg/m3).
Par ailleurs, nous constatons ici les faibles concentrations de CO (P 1) qui ne dépassent pas
0.9 ppm. Les concentrations moyennes en CO, dans cette station, sont plus faibles que
celles enregistrées au 1er Mai, tandis que les concentrations moyennes des oxydes d'azote
sont plus importantes. Nous constatons aussi dans cette station une variation importante des
concentrations journalières de certains polluants où nous enregistrons des écart-types
supérieurs aux moyennes, tel est le cas du CO, PM10 et l'ozone. D'après Boughedaoui et al.
(1998), Les véhicules roulant à une vitesse entre 40 à 100 Km/h produisent le moins de CO
(fig. 35), contrairement à ceux roulant à une vitesse de 10 à 40 Km/h ou à une vitesse
supérieure à 120 Km/h où l'émission de CO est à son maximum.

67
Chapitre IV Résultats et discussion

in Boughedaoui et al., 1998


Fig. 35: Facteurs d'émission de CO en fonction de la vitesse et le type du véhicule.

 Corrélations entre les variables

Tableau 18: Matrice des corrélations entre les variables


P1 P2 P3 P4 P6 P7
P1 1
P2 .491 1
P3 .251 .597 1
P4 .000 .061 .050 1
P6 .182 .370 -.154 .036 1
P7 -.193 -.346 -.099 .024 -.544 1

La station de Benaknoun, à proximité de l'autoroute reliant Alger au littoral ouest, nous


laisse penser qu'il y a moins d'encombrement de véhicules comparativement à la première
station, le fait que le lieu soit dégagé doit influencer les concentrations des polluants, au 1 er mai
il y a plus de constructions qui empêchent la dispersion des polluants. Cette station présente les
mêmes coefficients de corrélation r(P1,P2) et r(P2, P3).
Cependant, on constate que les deux nouveaux polluants considérés dans cette station : les
COV (P6) et l'ozone (P7), sont bien corrélés négativement r = -0.54. Même corrélation négative
enregistrée entre l'ozone et les autres polluants sauf les PM 10.
La corrélation négative des polluants avec l'ozone s'explique par le fait que la formation de
ce dernier se fait en présence des radicaux libres peroxydes qui proviennent de la dégradation
photochimique, dans l'air, des polluants précurseurs (le CO et les COV). Quant au monoxyde
d'azote (P2), avec lequel l'ozone note un coefficient de r = -0.34, sa corrélation est expliquée
par sa réaction avec le NO pour régénérer le NO2.

68
Chapitre IV Résultats et discussion

De ce fait, sa diminution conduit à l'augmentation de la concentration de l'ozone. En fin, les


poussières montrent toujours des coefficients de corrélation très faibles avec tous les polluants,
cela revient à leur nature et origine différentes de celle des autres polluants.

 Variance totale expliquée

Tableau 19: Valeurs propres des composantes principales


Valeurs propres initiales
Composante Total % d'inertie % cumulés
1 2.232 37.197 37.197
2 1.367 22.787 59.983
3 1.002 16.704 76.687
4 .733 12.219 88.906
5 .469 7.817 96.722
6 .197 3.278 100.000

Les axes factoriels qui recueillent des informations significatives sont ceux engendrés par
les vecteurs propres correspondants aux valeurs propres supérieures à 1. On remarque que les
trois premières composantes expliquent 75% de l'inertie totale ce qui implique qu'on se limite à
ces trois premières composantes.

2.5

2.0

1.5

Valeurs propres
1.0

.5

0.0
1 2 3 4 5 6
Composantes

Fig.36: Graphique des valeurs propres

On se restreint donc aux trois premiers axes factoriels sur lesquels la projection des
variables est la suivante.

69
Chapitre IV Résultats et discussion

Fig.37: Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 2

Fig.38: Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 3

70
Chapitre IV Résultats et discussion

Fig. 39: Projection des variables sur les axes factoriels 2 et 3.


La première constatation faite d'après les projections des variables sur les axes factoriels,
est l'individualisation du polluant P4 sur l'axe 3, cela apparaît bien dans la projection sur les
axes 1 et 3 et les axes 2 et 3. Concernant les autres polluants, nous présentons le tableau 19 qui
nous montre les coefficients des trois composantes principales considérées dans ce cas.

Tableau 20: Matrice des coefficients des composantes


Composantes
1 2 3
CO .289 .146 -.120
NO .393 .181 -.002
NO2 .242 .519 -.040
PM10 .031 .075 .986
COV .259 -.512 .095
O3 -.289 .375 .035
D'après le tableau 20, l'axe 1 est positivement corrélé avec les variables P 1, P2, P3 et P6 et
négativement corrélé avec la variable P7. Cela signifie que l'axe 1 oppose les polluants (CO,
NO, NO2 et COV) dits primaires à l'ozone qui est un polluant secondaire.
Quant à l'axe 2, il oppose, d'après le tableau 19, les composés organiques volatiles aux
autres polluants. On note une corrélation négative (r = -0.51) de l'axe 2 avec les COV, tandis
que la corrélation de cet axe est positive avec tous les autres polluants. Cela signifie que cet
axe isole les COV qui sont des hydrocarbures non méthaniques des autres polluants de nature
différente (oxydes d'azotes, oxydes de carbone, les poussières et l'ozone). L'axe 2 montre aussi
une bonne corrélation positive avec le dioxyde d'azote et avec l'ozone (moins bonne). Ceci peut
être expliqué par la relation qui lie ces trois gaz (COV, NO, NO2) dans la formation de l'O3.
Le troisième axe, illustré dans les figures 26 et 27, représente seuls les PM10 avec une
excellente corrélation r = 0.98. Nous avons expliqué dans la première station que les PM 10
englobaient les particules d'origine naturelle ainsi que les particules anthropogéniques qui ont
pour origine les moteurs des véhicules, principalement à Diesel et surtout les sources fixes
(incinérateurs publiques, usines…etc.).
La station de Ben Aknoun semble être marquée par l'abondance des particules en
suspension PM10. Puisque située en forêt, l'excès de poussières doit être dû aux particules
naturelles. Cette station montre aussi une forte présence des oxydes d'azote notamment le NO 2.

71
Chapitre IV Résultats et discussion

La pollution photochimique semble être considérable dans cette zone, surtout avec les
dépassements importants des normes enregistrées durant la période d'étude.

1.2. Cas des données météorologiques

1.2.2. Station Dar el Beida


 Description statistique univariée des variables

Tableau 21: Description statistique des paramètres météorologiques


N Moyenne Ecart type Coefficient de variation Minimum Maximum
Temperature (M1) 188 18.4122 6.3880 2.88 7.10 35.70
Pluviométrie (M2) 188 2.0734 6.3018 0.32 .00 52.60
Pression (M3) 188 1013.9729 5.5286 5.87 997.50 1031.50
Humidité (M4) 188 77.4723 9.3574 8.28 29.30 97.50
Vitesse du vent (M5) 188 2.5697 1.5032 1.70 .00 7.60
Insolation (M6) 188 7.4511 3.6821 2.02 .00 13.00

L'effectif de cette station, bien que réduit, nous permet une description météorologique de
la région. La station météorologique de Dar el Beida, située à 25 m d'altitude, affiche une
température moyenne (M1) d'environ 18°C, la température la plus élevée enregistrée dans cette
période est de 36.7°C. L'humidité (M4) est très importante puisqu'en moyenne elle dépasse les
77%. Les vents (M5) sont relativement faibles environ 3 m/s en moyenne atteignant une vitesse
maximale d'environ 8 m/s. Comme dans toute la région méditerranéenne, le soleil est très
présent dans notre station, l'ensoleillement (M 6) atteint 13 heures (valeur maximale) par jours
et une moyenne d'environ 8 heures de soleil par jour. Les coefficients de variation montrent
une grande variabilité de ces paramètres.
 Corrélation entre les variables
Tableau 22: Matrice des corrélations entre les variables
M1 M2 M3 M4 M5 M6
M1 1
M2 -.122 1
M3 -.306 -.228 1
M4 -.492 .233 .263 1
M5 -.077 .328 -.303 -.208 1
M6 .162 -.418 .105 -.368 -.234 1
D’après le tableau 22, la variable M1 est corrélée négativement avec toutes les autres
variables, à l’exception de la variable insolation (M 6), cela indique le rapport direct entre les
rayons solaires et l’augmentation de la température de l'air. Les plus importantes corrélations
de la température sont négatives et notées avec la pression atmosphérique r = -0.30 et
l’humidité r = -0.49. Les basses pressions indiquent des situations atmosphériques
dépressionnaires ce qui peut très bien engendrer des précipitations et des vents forts ce qui
explique la corrélation négative entre ces deux paramètres et la pression atmosphérique,
respectivement r = -0.22 et r = -0.30. Les hautes pressions indiquent une situation
anticyclonique ; temps ensoleillé, vents faibles favorisant l’élévation des températures.
Concernant les précipitations (M2), on constate deux corrélations négatives avec la pression
atmosphérique (M3) et l’insolation (M6), en plus de la température (corrélation non
significative); les précipitations signifient une couverture nuageuse importante ce qui empêche
le passage des rayons solaires vers la basse troposphère, ceci justifie la corrélation négative r =
-0.41. Les autres corrélations positives sont enregistrées avec l’humidité (M 4) r = 0.23 et la

72
Chapitre IV Résultats et discussion

vitesse du vent r = 0.32. Le vent et la pluie sont fréquemment entraînés par la même situation
dépressionnaire.
 Variance totale expliquée
Tableau 23: Valeurs propres des composantes principales
Composante Valeurs propres initiales
Total % d'inertie % cumulés
1 1.955 32.582 32.582
2 1.754 29.239 61.821
3 .848 14.137 75.958
4 .582 9.697 85.656
5 .543 9.053 94.709
6 .317 5.291 100.000

D'après la table des valeurs propres, les deux premières composantes expliquent 61% de la
variance totale, pour avoir plus d'information, nous prenons en considération les trois
premières composantes qui expliquent 75% de l'inertie totale des variables. Le graphique
suivant montre la décroissance des valeurs propres.

2.5

2.0

1.5

Valeurs propres 1.0

.5

0.0
1 2 3 4 5 6

Composantes

Fig.40 : Graphique des valeurs propres

On voit d'après le graphique, une chute modérée des valeurs propres; cela veut dire que la
redondance de l'information qu'elles apportent n'est pas très significative. D'ailleurs, nous
avons constaté que les coefficients de corrélation entre les différents paramètres
météorologiques n'étaient pas très élevés, ce qui signifie que la liaison entre ces paramètres
n'est pas très évidente. La figure suivante représente la projection des variables sur les deux
premiers axes factoriels.

73
Chapitre IV Résultats et discussion

Fig.41 : Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 2

Fig.42 : Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 3

La figure 41 montre l'agencement des variables météorologiques en couple; la température


M1 avec l'insolation, la pluie M2 avec le vent M5 et la pression M3 avec l'humidité M4. Elle
montre aussi la disposition des variables à la périphérie du cercle loin du centre de gravité
représenté par l'origine des axes. La figure 42 indique la dispersion des variables sur les axes 1
et 3, on constate un rapprochement "prévisible" entre la pluviométrie M 2 et l'humidité M4 sur
l'axe 1, opposées à l'insolation M6 qui est corrélée négativement à cet axe (tabl. 24).
L'éloignement des variables sur le plan des axes factoriels peut témoigner d'une différence ou
du peu de caractères communs entre elles. Nous pouvons même parler d'une certaine
indépendance entre ces variables représentée par l'isolement de chaque variable à part.

74
Chapitre IV Résultats et discussion

Tableau 24 : Matrice des coefficients des composantes


Composantes
1 2 3
Température -.322 .240 -.593
Pluviométrie .332 .264 -.161
Pression .043 -.446 .271
Humidité .373 -.266 -.307
Vent .136 .388 .713
insolation -.372 -.148 .355

La matrice des coefficients montre que la première composante est partagée entre les
variables pluie, humidité et insolation. Cet axe est corrélé positivement avec les deux premières
variables et négativement avec la troisième r = -0.37. La deuxième composante est, elle aussi,
fortement corrélée avec la pression atmosphérique (M3) avec r = -0.44, on peut dire que l'axe 2
caractérise la pression atmosphérique. Quant au troisième axe, il présente une bonne
corrélation positive avec la variable vent (M5) et une corrélation négative avec la température
(M1); cela veut dire que l'axe 3 oppose ces variables, nous savons qu'en général, la circulation
des masses d'air, diminue la température.

1.2.1. Station d'Alger port


 Description statistique univariée des variables

Tableau 25 : Description statistique des paramètres météorologiques


N Moyenne Ecart type Coefficient de variation Minimum Maximum
Température 430 19.0167 5.2740 3.60 7.10 32.20
Pluviométrie 430 2.3565 6.5665 0.35 .00 60.00
Pression 430 1015.6516 5.2562 193.45 994.40 1033.40
Humidité 430 70.6402 10.7905 6.54 31.10 91.00
Vent 430 3.0798 1.5570 1.98 .40 10.40
Insolation 430 5.9728 3.6424 1.64 .00 13.00
Le tableau 25 présente les paramètres météorologiques mesurés dans la station d'Alger
Port, et décrit selon 430 jours de la période 2002-2004. Durant cette période, nous avons
enregistré une température moyenne de 19°C, avec une température maximale de 32°C. La
commune de Sidi M'hamed est relativement humide à cause de sa localisation littorale,
l'humidité mesurée est de 70% en moyenne. La vitesse du vent relativement faible, en moyenne
3 m/s mais atteignant 10 m/s cela peut être expliqué par la situation de la station en bord de
mer. La station, comme toute la région d'ailleurs, est bien ensoleillée nous comptons, en
moyenne 7 heures de soleil par jour, pouvant arriver jusqu'à 10 en été.

 Corrélation entre les variables

Tableau 26: Matrice des corrélations entre les variables


M1 M2 M3 M4 M5 M6
M1 1
M2 -.313 1
M3 -.260 -.210 1
M4 .031 .029 .171 1
M5 -.274 .164 -.087 -.143 1
M6 .328 -.357 .177 -.113 -.131 1

75
Chapitre IV Résultats et discussion

La matrice des corrélations entre les différents paramètres météorologiques mesurés dans
cette station, indique de faibles coefficients de corrélation entre les variables. Le coefficient de
corrélation positive le plus élevé est enregistré entre la température (M 1) et l'insolation (M6) r =
0.32. La température est aussi corrélée négativement avec la pluviométrie (M 2) r = -0.31, avec
la pression atmosphérique (M3) r = -0.26 et aussi avec la vitesse du vent r = -0.27. La pluie,
quant à elle, présente une corrélation négative avec l'insolation r = -0.37 mais aussi avec la
pression atmosphérique r = -0.21.
Le graphique des valeurs propres (fig. 43), indique que dans ce cas, l'ACP ne donne pas de
bons résultats, car on remarque l'absence de chute rapide des valeurs propres. Cela signifie
l'absence de redondance dans l'information apportée par ce groupe de données mais aussi
l'indépendance de ces paramètres entre eux.

2.0

1.5

1.0

Valeurs propres

.5

0.0
1 2 3 4 5 6

Composantes

Fig.43: Graphique des valeurs propres

On retrouve ce résultat aussi dans l'étude de Sen et al. (2006), où les diagrammes entre les
variables météorologiques étudiées, prises deux à deux, ne montrent, dans un premier temps,
aucune relation. Elles sont interprétées comme étant indépendantes les unes des autres.

76
Chapitre IV Résultats et discussion

2. Recherche des liens entre les deux groupes de variables


2.1 Typologie des deux groupes de variables

Nous avons effectué une classification par la méthode des K-means, sur les données de
pollution atmosphérique, nous avons ainsi obtenu 3 classes : une classe de forte pollution, une
classe de pollution moyenne et une classe de faible pollution. De même trois classes pour les
paramètres météorologiques ont été obtenues: une classe de stabilité atmosphérique, une classe
de perturbation atmosphérique (dépressionnaire) et une classe intermédiaire entre les deux
précédentes. Ce cheminement est suivi pour les deux stations.

2.1.1 La station du 1er Mai


Dans cette station, la classification a été effectuée sur les deux groupes de variables
concernant les 430 individus.

[Link] Les polluants atmosphériques


 Noyaux finaux et caractérisation des classes
Tableau 27 : Les noyaux finaux des classes de pollution atmosphérique
Classe CO NO NO2 PM10 SO2
1 0.174 5.509 29.197 48.263 1.927
2 0.393 18.413 50.495 81.807 4.330
3 1.047 51.125 74.188 84.792 8.969

Selon les noyaux finaux des classes, la première classe contient les valeurs des polluants les
plus faibles. Vient en suite la classe 2 intermédiaire entre la première et la troisième classe qui
renferme les plus fortes valeurs des polluants.
Ceci nous permet de caractériser la classe 1 par une faible pollution, la classe 2 par une
pollution moyenne et la classe 3 par une forte pollution.
 Distances entre les noyaux des classes
Tableau 28: Distance entre les noyaux des classes
Classe 1 Classe 2 Classe 3
Classe 1 0
Classe 2 41.847 0
Classe 3 74.092 40.771 0

Les distances entre les noyaux indiquent que la plus grande distance est mesurée entre la
ère
1 et la 3ème classe, quant à la plus petite, elle est mesurée entre la deuxième et la troisième.
 Nombre d'observations dans chaque classe
Tableau 29: Effectifs des classes
1 289 Faible pollution
Classe 2 109 Moyenne pollution
3 32 Forte pollution
Total 430

Le tableau 29 nous montre que la majorité des jours de la période d'étude sont dans la
classe 1. Cela signifie qu'environ 67 % des jours témoignent une bonne qualité de l'air, alors
que 7 % des jours sont marqués par une forte pollution atmosphérique.

77
Chapitre IV Résultats et discussion

[Link] Les paramètres météorologiques


 Noyaux finaux et caractérisation des classes
Tableau 30: Noyaux finaux des classes de situation météorologique
Classe Température Pluviométrie Pression Humidité V. vent Insolation
1 23.237 0.278 1013.959 70.651 2.553 7.650
2 15.318 1.178 1019.077 70.451 3.263 5.091
3 14.635 15.581 1010.250 71.292 4.654 2.060

Les noyaux finaux des classes indiquent que la classe 1 représente les paramètres d'une
situation atmosphérique anticyclonique (beau temps), avec les plus hautes températures, le plus
grand nombre d'heures d'ensoleillement, le minimum de précipitation avec les vents les plus
faibles.
La classe 3, par contre, présente les plus basse températures, la plus grande quantité de
pluie le minimum de soleil avec des vents forts. Elle représente ainsi, la situation
atmosphérique dépressionnaire (mauvais temps).
La classe 2, quant à elle, représente les conditions intermédiaires entre les deux situations
précédentes.
 Distance entre les noyaux
Tableau 31: Distance entre les noyaux
Classe 1 Classe 2 Classe 3
Classe 1 0
Classe 2 9.839 0
Classe 3 18.921 17.253 0
Les distances entre les noyaux montrent que la première et la deuxième classe sont très
proches entre elles comparativement à la distance entre la première et la troisième, plus loin
des deux premières.
 Nombre d'observation dans chaque classe
Tableau 32 : Effectifs des classes
1 205 Beau temps
Classe 2 177 S. Intermédiaire
3 48 Mauvais temps
Total 430

Prés de 50% des jours de la période d'étude présentent une situation de stabilité
atmosphérique. 11% seulement des jours présentent une situation de perturbation.

2.1.2 La station de Ben Aknoun


Dans la station de Ben Aknoun, nous avons classifié 184 individus au lieu des 188
existants. Les quatre individus écartés construisaient à eux seuls une classe suite à des
concentrations maximales en poussières.

78
Chapitre IV Résultats et discussion

[Link] Les polluants atmosphériques


 Noyaux finaux et caractérisation des classes
Tableau 33: Noyaux finaux des classes pollution atmosphérique

Classe CO NO NO2 PM10 COV O3


1 0.082 12.654 34.279 50.385 1.099 80.596
2 0.247 41.156 46.922 67.203 1.409 27.078
3 0.044 9.313 40.188 65.563 0.750 499.188

Le tableau 33 expose les noyaux des classes de pollution. On constate que les noyaux les
plus élevés sont ceux de la classe 2. On en déduit que la classe 2 représente une forte pollution
atmosphérique par ailleurs, ce tableau ne nous aide pas à trancher sur les classes de faible et de
moyenne pollution, entre la première et la troisième classe. La distance entre les noyaux des
classes, nous apportera plus d'informations.
 Distances entre les noyaux finaux des classes
Tableau 34: Distance entre les noyaux finaux des classes de pollution
Classe 1 Classe 2 Classe 3
Classe 1 0
Classe 2 64.183 0
Classe 3 418.922 473.233 0

D'après le tableau ci-dessus la plus grande distance est mesurée entre la deuxième et la
troisième classe 473.23, alors que la plus courte distance est celle entre la première et la
deuxième 64.18. Cela nous mène à mettre la classe 1 après la classe 2 suivie de la classe 3.
Nous aurons donc, la classe 2 de forte pollution, la classe 1 représente une pollution moyenne
et enfin la classe 3 de faible pollution.
 Nombre d'observations dans chaque classe
Tableau 35: Effectifs des classes de pollution
Classe 1 104 Moyenne pollution
2 64 Forte pollution
3 16 Faible pollution
Total 184

L'effectif des classes nous montre qu'une grande partie des jours, pendant la période
d'étude, indiquaient une pollution moyenne soit 56 % cependant environ 35% des jours
signalaient une forte pollution à la station de Ben Aknoun.

[Link] Les paramètres météorologiques


 Noyaux finaux et caractérisation des classes
Tableau 36: Noyaux finaux des classes de situation météorologique
Classe Température Pluviométrie Pression Humidité V. vent Insolation
1 14.150 0.679 1016.300 81.570 2.203 7.334
2 24.080 0.665 1011.616 71.025 2.859 8.569
3 14.650 22.033 1010.842 86.725 4.192 1.525

Les noyaux finaux de la classe 2 indiquent que les conditions anticycloniques y sont bien
représentées. La classe 3, avec de fortes précipitations, basse pression atmosphérique, vents
forts et 1 heure d'ensoleillement représente la classe de situation dépressionnaire.

79
Chapitre IV Résultats et discussion

 Distance entre les noyaux des classes


Tableau 37: Distance entre les noyaux des classes
Classe 1 Classe 2 Classe 3
Classe 1 0
Classe 2 15.287 0
Classe 3 23.459 29.052 0

On constate d'après le tableau 37 que les classes les plus proches sont la 1 et la 2. On
observe que la classe 3 est la plus loin des deux premières classe avec la plus grande distance
entre elle et la classe 2.
 Nombre d'observations dans chaque classe
Tableau 38: effectifs des classes météorologiques
Classe 1 80 S. Intermédiaire
2 92 Beau temps
3 12 Mauvais temps
Total 184

On remarque que les deux premières classes sont presque égales représentant
respectivement 43 et 50% de la période d'étude. Seuls 6% des individus ont connu un temps
dépressionnaire (12 jours).

2.2. Test d'indépendance


Pour tester l'existence d'une éventuelle liaison entre les deux groupes, nous avons croisé les
variables "polluants atmosphériques" et les variables "paramètres météorologiques". Pour ce
faire, nous avons recodé les deux groupes de variables en trois classes et avons construit la
table de contingence qui ventile les jours selon les deux nouveaux codages.
2.2.1. Cas de la station du 1er Mai
Les classes météorologiques:
Classe 1 (MC'1): situation anticyclonique.
Classe 2 (MC'2): situation intermédiaire.
Classe 3 (MC'3): situation dépressionnaire.
Les classes de pollution atmosphérique:
Classe 1 (MC1): faible pollution.
Classe 2 (MC2): pollution moyenne.
Classe 3 (MC3): forte pollution.
Tableau 39: Table de contingence des deux groupes de variables
Météo. MC' 1 MC' 2 MC' 3 Somme

Pollution
MC 1 127 135 27 289
MC 2 53 50 06 109
MC 3 27 05 0 32
Somme 207 190 33 430

80
Chapitre IV Résultats et discussion

Le tableau 39 indique le nombre de jours communs entre les classes de pollution


atmosphérique et les classes représentant les situations météorologiques. Les colonnes
représentent les classes des variables météorologiques, les lignes représentent les classes de
pollution atmosphériques.
Nous constatons l'absence de jours communs entre la classe C'3 qui représente la situation
dépressionnaire et la classe C3 de forte pollution; cela nous laisse penser que lorsqu'il y a
perturbation atmosphérique il y a absence de pics de pollution, car cette situation
météorologique empêche l'accumulation des polluants atmosphériques dans l'air. En revanche,
6 jours de pollution moyenne et 27 jours de faible pollution se trouvent dans cette situation.
En situation de stabilité atmosphérique, on compte 27 jours de forte pollution soit 84% des
jours de cette classe.
Le plus grand nombre de jour de faible pollution est constaté, à la fois, en situation
atmosphérique intermédiaire (135 jours) et en situation anticyclonique (127 jours).

2.2.2 Cas de la station de Ben Aknoun


Les classes météorologiques:
Classe 1 (BC'1): situation intermédiaire.
Classe 2 (BC'2): situation anticyclonique.
Classe 3 (BC'3): situation dépressionnaire.
Les classes de pollution atmosphérique:
Classe 1 (BC1): pollution moyenne
Classe 2 (BC2): forte pollution
Classe 3 (BC3): faible pollution
Tableau 40: Table de contingence des deux groupes de variables
Météo. BC' 1 BC' 2 BC' 3 Somme

Pollution
BC 1 42 51 11 104
BC 2 50 13 01 64
BC 3 0 16 0 16

Somme 92 80 12 184

Le tableau 40 indique deux cases vides concernant la classe de faible pollution, cette classe
est présente uniquement en situation de stabilité atmosphérique C'2. Les jours de forte pollution
sont surtout observés en situation atmosphérique intermédiaire (50 jours), on compte aussi 13
jours de forte pollution dans la situation anticyclonique.
La station de Ben Aknoun ayant un effectif beaucoup plus réduit que la station du 1 er Mai,
montre un faible nombre de jours communs entre les classes représentant les groupes de
variables, relativement à la première station. Toutefois, le nombre non négligeable de jours
communs entre les deux groupes de variables observés dans les deux stations précédentes,
montre bien l'existence d'une relation entre ces variables, nous nous proposons de rechercher
l'intensité de ces liens.

81
Chapitre IV Résultats et discussion

2.3. Corrélation entre les deux groupes de variables


Nous déduisons d'après l'étape précédente, que les classes de pollution sont en relation avec
les classes météorologiques (voir tabl. 39 et 40), alors nous avons choisi un autre éclairage
pour mesurer la liaison ou encore l'intensité de cette liaison entre chaque polluant
atmosphérique et les paramètres météorologiques par leurs coefficients de corrélation. Les
indices de corrélation sont exposés sur les tableaux 41 et 42.

2.3.1 Cas de la station du 1er Mai


La matrice suivante étudie la corrélation entre les 5 polluants mesurés dans cette station
avec les 6 paramètres météorologiques.

Tableau 41: Corrélations entre les polluants atmosphériques et les paramètres


météorologiques (1er Mai)
CO NO NO2 PM10 SO2
Température .174 .062 -.107 .319 .072
Pluviométrie -.148 -.108 -.078 -.080 -.118
Pression .046 .033 .167 -.286 -.024
Humidité .034 -.069 -.077 -.074 -.118
Vitesse du vent -.299 -.329 -.386 -.288 -.192
Insolation .156 .078 .071 -.041 .191

Les corrélations entre les paramètres météorologiques et les polluants atmosphériques


semblent être très disparates au regard des résultats bibliographiques.
Dans notre cas, la température semble être positivement corrélée avec les PM 10 (r = 0.31)
cela indique l'implication des fortes températures dans l'accumulation des poussières. Mais une
autre étude (Morawska et al., 1998), montre une corrélation négative entre ce couple de
variables où r = -0.15. D'après la même étude, la corrélation entre l'humidité et les poussières r
(humidité, PM10) = -0.03. Nous avons trouvé à peu prés le même coefficient r = -0.07.
Monn et al. (1995) trouvent pour le même paramètre r (humidité, poussières) = -0.05 en même
temps, avec la vitesse du vent, ils enregistrent une corrélation (r = -0.35). Dans notre cas r
(PM10, vitesse du vent) = -0.28. Pour ce paramètre les résultats vont dans le même sens
contrairement à la température.
Concernant le SO2, dans l'étude de Ilten et Silici (2007), il est fortement et négativement
corrélé avec la température r = -0.51, il est aussi négativement corrélé avec le vent r = -0.26 et
positivement corrélé avec la pression r = 0.52. L'étude de Turalioglu et al. (2005) montre des
coefficients plus importants où r (SO2, température) = -0.75, quant à la corrélation avec la
vitesse du vent r (SO2, vitesse du vent) = -0.49. Gupta et al. (2003) signalent une très forte
corrélation négative entre ces deux dernières variables atteignant r = -0.88. Bridgman et al.
(2002) montrent que les concentrations de SO2 sont fortement corrélées aux températures
froides, à l'humidité élevée et aux vents faibles.
Dans notre station le coefficient de corrélation r (SO2, vitesse du vent) = -0.19. Il
représente la corrélation la plus faible entre tous les polluants mesurés et la vitesse du vent. Les
autres polluants présentent une importante corrélation négative avec ce paramètre r (NO2,
vitesse du vent) = -0.38, r (NO, vitesse du vent) = -0.33 et enfin, r (CO, vitesse du vent) = -
0.30.
Les coefficients de corrélation des autres polluants avec les paramètres météorologiques ne
montrent pas une grande signification, comparativement aux autres études.
Par ailleurs, cette matrice de corrélation nous indique surtout l'importante relation du vent
avec les polluants atmosphériques, plus la vitesse du vent augmente, plus la concentration des

82
Chapitre IV Résultats et discussion

polluants diminue. Cela montre le rôle épurateur du vent par la dispersion des polluants
atmosphériques dans l'air.

2.3.2 Cas de la station de Ben Aknoun


Nous rappelons que dans cette station 6 polluants sont analysés, la matrice suivante expose
la corrélation entre ces polluants et les paramètres météorologiques.

Tableau 42: Corrélations entre les polluants atmosphériques et les paramètres


météorologiques (Ben Aknoun)
CO NO NO2 PM10 COV O3
Température 0.003 -0.253 0.102 0.234 -0.666 0.577
Pluviométrie 0.086 -0.129 -0.207 -0.068 0.030 -0.043
Pression 0.196 0.302 0.266 -0.277 0.204 -0.171
Humidité 0.128 0.175 -0.021 -0.186 0.366 -0.136
Vitesse du vent -0.231 -0.459 -0.315 -0.052 -0.140 -0.009
Insolation 0.052 0.115 0.150 -0.130 -0.096 -0.037

En plus des constatations précédentes, la matrice de corrélation de la station de Ben


Aknoun fait ressortir la relation de la pluviométrie avec certains polluants atmosphériques,
notamment le NO2 avec lequel on enregistre une corrélation négative à r = -0.20, le NO, les
PM10 et l'O3 montrent aussi une corrélation négative mais non significatives avec les
précipitations. Cela veut dire que la présence de pluie provoque la diminution de la
concentration de ces polluants dans l'air et ceci peut confirmer le rôle des pluies dans le lavage
de l'atmosphère.
De même, les résultats dans cette station indiquent une corrélation négative entre la
température et le NO (r = -0.25), ce qui n'était pas visible dans la station du 1er Mai.
Cependant, concernant les nouveaux polluants mesurés, on note une forte corrélation
négative entre les COV et la température et par contre une bonne corrélation de l'ozone
toujours avec ce paramètre météorologique où r = 0.57. Cela montre le rôle des fortes
températures dans la formation de l'ozone, bien que la formation de ce dernier est surtout liée
au rayonnement solaire. Par ailleurs, dans l'étude de Greene et al. (1999), la température ne
semble pas être reliée ni à l'ozone ni aux particules en suspension, ils ont constaté que les
catégories de régions les plus chaudes ne possèdent pas nécessairement les plus fortes
concentrations en O3 et en particules en suspension.
A propos de la pression atmosphérique, les épisodes de pollution de l'air dans les grandes
villes sont souvent associés aux situations de hautes pressions atmosphériques (Sen et al.,
2006). Les résultats ci-dessus, montrent que la majorité des polluants sont corrélés
positivement avec ce paramètre (sauf PM10 et O3). Les fortes pressions indiquent une situation
de stabilité atmosphérique (anticyclone), condition propice pour l'accumulation des polluants
atmosphériques dans l'air. Les poussières sont négativement corrélées à la pression
atmosphérique(r = -0.27), une situation dépressionnaire, avec des vents forts, favorise le
soulèvement des poussières dans l'air ce qui peut expliquer la corrélation négative entre les
deux variables (pression atmosphérique, PM10).
Nous enregistrons aussi, dans cette station, une bonne corrélation entre l'humidité et les
COV. Semblablement à la première station, la forte corrélation négative des polluants
atmosphériques avec les vents apparaît nettement dans cette station, particulièrement les trois
premiers polluants où, par exemple, on enregistre un coefficient de corrélation r = -0.46 avec le
monoxyde d'azote.

83
Chapitre IV Résultats et discussion

2.4. Relation entre les deux typologies de chaque station

2.4.1. La station du 1er Mai


 Statistiques de groupe
Le tableau 43 donne les variables discriminantes de chaque classe. Il décrit les classes de
pollution obtenues par classification (K- means) selon les paramètres météorologiques.
Tableau 43: Caractérisation des classes de pollution par les paramètres météorologiques à la station
du 1er Mai
Classes de pollution Température Pluviométrie Pression Humidité V. Vent Ensoleillement
1 Moyenne 18.73 2.99 1015.55 70.82 3.47 5.78
Faible Ecart type 5.60 7.46 4.92 10.60 1.62 3.64
pollution Effectif 289 289 289 289 289 289
2 Moyenne 19.25 1.32 1015.80 70.99 2.39 5.99
Pollution Ecart type 4.79 4.33 6.30 11.50 1.04 3.55
moyenne Effectif 109 109 109 109 109 109
3 Moyenne 20.78 6.87 10-2 1016.00 67.73 1.85 7.60
Forte Ecart type 2.97 0.38 4.25 9.76 0.82 3.62
pollution Effectif 32 32 32 32 32 32
La classe 1 de faible pollution est caractérisée par les faibles températures, quantité de pluie
élevée, les vents forts avec le minimum de soleil. Elle correspond à la classe de perturbation
atmosphérique.
La classe 2 de pollution moyenne est définie par la classe de situation météorologique
intermédiaire entre la situation stable et la situation de perturbation atmosphérique.
La classe 3 de forte pollution, par les fortes températures, les faibles précipitations, la
pression élevée, le faible taux d'humidité, les vents calmes et beaucoup d'ensoleillement,
représente la situation anticyclonique. D'après Sen et al. (2006), les épisodes de pollution dans
les grandes villes sont souvent associés aux situations de haute pression atmosphérique. Elle
représente les conditions idéales pour l'accumulation des polluants dans l'air.
Nous constatons d'après le tableau 43 que la pression n'est pas une variable discriminante,
elle ne différencie pas entre les classes, tandis que la température, les précipitations, l'humidité
la vitesse du vent et l'ensoleillement montrent bien la différence surtout entre la classe
faiblement polluée et la classe de forte pollution.
 Comparaison entre les moyennes des groupes
Tableau 44: Tests d'égalité des moyennes des groupes de pollution à la station du 1 er Mai
Lambda de Wilks F ddl1 ddl2 Signification
Température .989 2.347 2 427 .097
Précipitations .978 4.736 2 427 .009
Pression .999 .162 2 427 .850
Humidité .994 1.264 2 427 .284
Vents .861 34.414 2 427 .000
Insolation .983 3.633 2 427 .027
Le tableau 44 propose des tests d'égalité des moyennes des classes de pollution. Le Lambda
de Wilks est une statistique utilisée dans le but de tester si plusieurs groupes d'observations
multivariées (classes) ont des moyennes significativement différentes. Il représente le rapport
entre l'inertie intraclasse et l'inertie totale et sa valeur varie entre 0 et 1.
Lorsque le Lambda de Wilks est inférieur ou égal à 0.9 cela signifie que les moyennes des
classes sont différentes entre elles et que les groupes sont bien séparés, et si sa valeur tend vers
1 c'est que les groupes sont peu ou pas séparés.

84
Chapitre IV Résultats et discussion

Dans notre cas on remarque que seule la variable vent diffère significativement entre les
classes. Cela signifie qu'elle est la seule à avoir une influence sur les trois classes.
Le test du F de Fisher, aussi utilisé dans la comparaison des moyennes. Il représente le
rapport de la variance intra-classes sur la variance interclasses. Plus la valeur de F est élevée
plus la signification tend vers 0.000 et plus la différence est significative entre les groupes de
variables. Une faible valeur de F indique une similitude entre les groupes.
L'examen de F, dans notre cas, montre que seule la variable vent présente une influence sur
les classes de pollution, on peut aussi inclure les précipitations.
De ces tests on peut déduire que les variables vent et précipitations sont les plus
discriminantes des autres variables, particulièrement les vents qui semblent avoir une
importante influence sur les classes de pollution.
 Fonctions linéaires discriminantes de Fisher
Après avoir définie chaque classe de pollution avec les paramètres météorologiques qui lui
correspondent, et une fois vérifiée la différence entre les moyennes des variables
météorologiques des trois classes, nous appuyons les relations existantes entre les variables par
des fonctions discriminantes représentant chaque classe de pollution. Les coefficients des
fonctions de chaque classe sont donnés dans le tableau 45.
Tableau 45: Coefficients des fonctions discriminantes des classes
de pollution de la station du 1er Mai
Classes de pollution
Classe 1 Classe 2 Classe 3
Température 23.448 23.411 23.434
Pluviométrie 10.447 10.408 10.411
Pression 49.549 49.531 49.539
Humidité -4.211 -4.220 -4.252
Vents 23.393 22.845 22.591
Insolation -16.853 -16.865 -16.774
Constante -25239.146 -25217.048 -25223.972

Chaque colonne du tableau contient des estimations des coefficients des fonctions de
classification pour chaque classe. Ces fonctions discriminantes serviront pour affecter les
individus aux classes définies. Chaque individu est classé dans le groupe où il contient le plus
grand coefficient de la fonction de classification. Ces coefficients sont calculés d'une manière à
rendre maximale la distance entre les groupes de variables.

Les fonctions discriminantes des trois classes s'écrivent:


Classe 1: faible pollution
Score1 = 23.448 température+10.447 pluviométrie +49.549 pression - 4.211 humidité
+23.393 vent -16.853 insolation – 25239.1
Classe 2: pollution moyenne
Score2 = 23.411 température +10.408 pluviométrie + 49.531 pression – 4.220 humidité +
22.845 vent – 16.865 insolation – 25217.0
Classe 3 : forte pollution
Score3 = 23.434 température +10.411 pluviométrie +49.539 pression – 4.252 humidité +
22.591 vent -16.774 insolation – 25224.0

85
Chapitre IV Résultats et discussion

Pour classifier les individus dans un des groupes, nous devons fixer un score (cutting score)
qui joue le rôle de frontière entre les groupes. Normalement c'est la moyenne des scores de
deux groupes successifs.
À partir de ces fonctions sont déterminés les scores moyens de chaque classe en remplaçant
les variables météorologiques par leurs moyennes au sein de chaque classe:
La classe (1) de faible pollution:
f1=23.448(18.73) + 10.447 (2.99) + 49.549 (1015.55) – 4.211 (70.82) + 23.393(3.47) –
16.853(5.78) – 25239.1=25236.34

La classe (2) de moyenne pollution:


f2=23.411(19.25) + 10.408(1.32) + 49.531(1015.80) – 4.252(70.99) + 22.845(2.39) –
16.865(5.99) – 25217= 25212.71

La classe (3) de forte pollution


f3= 23.434(20.78) + 10.411(0.068) + 49.539(1016) - 4.252(67.73) + 22.591(1.85) -
16.774(7.6) - 25224.0 = 24485.36

Ainsi pour affecter les jours prévus dans leurs classes de pollution d'appartenance, il faudra
remplacer les coordonnées météorologiques (prévus) pour ce jours dans les trois fonctions
discriminantes et choisir par la suite la classe dont le score discriminant est le plus faible pour y
affecter le nouvel individu. La règle simple et géométrique d’affectation est de choisir la classe
dont le centre de gravité est le plus proche du point-individu. Ce qui équivaut trouver le score
discriminant minimum (Lebart et al., 2006).
Tableau 46 : Les résultats du classement
Classe(s) d'affectation prévue(s) Total
Classes de 1 2 3
pollution
Original Effectif 1 155 75 59 289
2 28 46 35 109
3 2 9 21 32
% 1 53.6 26.0 20.4 100
2 25.7 42.2 32.1 100
3 6.3 28.1 65.6 100

Le tableau 46 indique que 51.6% des observations originales ont été classé correctement,
48.4% des jours ont été reclassé et ce pour plusieurs raisons. Soit il y a eu une erreur
d'enregistrement de ces mesures, soit il manque de l'information pour discriminer parfaitement
les classes entre elles. Si les dispersions des groupes sont très différentes à la fois en taille et en
orientation, la règle géométrique de classement peut conduire à des taux de mal-classés
importants (Desbois, 2003). Pour la première classe 155 individus (53.6%) ont été bien classés,
134 individus ont été reclassés (46.4%). Dans la deuxième classe, 42.2% d'individus ont été
bien classés alors que dans la troisième classe 65.6% des individus ont été correctement
classés.
Pour classifier les individus dans un des groupes, nous devons fixer un score. Les scores
calculés à partir des coefficients des 3 fonctions linéaires discriminantes permettent d'affecter
de nouveaux individus à l'une des trois classes préétablies. En effet pour un nouvel individu
(jour i) on calcule le score sc correspondant à chaque classe de pollution j:

86
Chapitre IV Résultats et discussion

3 sc1 i 
sc j i     tj V i  
sc2 i 
t 1
sc i 
 3

(αt j) : coefficients des fonctions discriminantes


V : variables météorologiques
L'individu i sera affecté à la classe où il présente le plus petit score discriminant.

2.4.2. La station de Ben Aknoun


 Statistiques de groupe
Tableau 47: caractérisation des classes de pollution par les paramètres météorologiques à la
station de Benaknoun
Classes de pollution Température Pluviométrie Pression Humidité Vents Insolation
1 Moyenne 18.84 3.10 1012.65 76.05 3.16 7.24
Moyenne Ecart type 6.31 7.97 4.65 10.53 1.56 3.78
pollution Effectif 105 105 105 105 105 105
2 Moyenne 15.85 0.68 1016.50 80.00 1.79 7.94
Forte Ecart type 5.20 2.53 6.52 7.30 0.99 3.62
pollution Effectif 64 64 64 64 64 64
3 Moyenne 27.37 0.71 1011.60 74.72 2.32 7.30
Faible Ecart type 2.09 2.27 2.08 5.69 0.68 3.18
pollution Effectif 15 15 15 15 15 15
La classe 2 de forte pollution est caractérisée par une forte pression atmosphérique, un fort
taux d'humidité, absence ou très faibles précipitations avec des vents faibles (tabl.47).
La classe de faible pollution est définie dans cette station par une faible pression
atmosphérique, très faible ou absence de précipitation mais aussi par une forte température.
La classe de pollution moyenne, elle est représentée par les fortes précipitations et les
vents forts.
Nous constatons dans cette station que les variables: température, pression et humidité
varient bien entre les classes notamment la classe de forte pollution et la classe de faible
pollution. Par contre, la variable ensoleillement, dans ce cas, n'est pas considérée comme
variable discriminante, elle ne diffère pas nettement entre les 3 classes de pollution.
 Tests d'égalité des moyennes des groupes
Tableau 48: tests d'égalité des moyennes des groupes de pollution à la station de Ben Aknoun
Lambda de F ddl1 ddl2 Signification
Wilks
Température .783 25.124 2 181 .000
Précipitations .964 3.357 2 181 .037
Pression .881 12.244 2 181 .000
Humidité .955 4.307 2 181 .015
Vents .809 21.306 2 181 .000
Insolation .992 .740 2 181 .478
Dans cette station, l'influence des variables est plus apparente. On constate que les Lambda
de Wilks des trois variables: température, pression et vents, sont inférieurs à 0.9 et présentent
des valeurs élevées de F ceci indique que les moyennes de ces variables diffèrent
significativement entre les trois classes.

87
Chapitre IV Résultats et discussion

Ces variables témoignent une influence sur les groupes de variables contrairement aux
autres. La température parait être la variable la plus discriminante, et influe le plus entre les
classes, suivie de la vitesse du vent puis la pression atmosphérique.
 Fonctions linéaires discriminantes de Fisher
De la même façon que la première station, nous avons obtenu les fonctions discriminantes
de la station de Ben Aknoun. Les coefficients de fonctions sont exposés sur le tableau suivant.
Tableau 49: Coefficients des fonctions discriminantes des classes
de pollution à la station de Ben Aknoun
Classes de pollution
1 2 3
Température 10.685 10.553 10.997
Pluviométrie 6.930 6.916 6.871
Pression 43.195 43.265 43.190
Humidité -1.990 -2.005 -1.915
Vents 30.920 30.085 30.827
Insolation -2.543 -2.555 -2.615
Constante -21947.179 -22013.399 -21954.241

Ainsi les fonctions discriminantes des trois classes de pollution dans la station de Ben
Aknoun s'écrivent :
La classe (1) de pollution moyenne:
Score 1= 10.685 température + 6.930 pluviométrie + 43.195 pression – 1.990 humidité +
30.920 vent – 2.54 insolation – 21947.179

La classe (2) de forte pollution:


Score 2= 10.553 température + 6.916 pluviométrie + 43.265 pression – 2.005 humidité +
30.085 vent - 2.555 insolation – 22013.399

La classe (3) de faible pollution:


Score 3= 10.997 température + 6.871 pluviométrie + 43.190 pression – 1.915 humidité +
30.827 vent – 2.615 insolation – 21954.241

Calcul du score discriminant

La classe (1) de pollution moyenne:


Score 1= 10.685 (18.84) + 6.930 (3.10) + 43.195 (1012.65) – 1.990 (76.05) + 30.920
(3.16) – 2.54 (7.24) – 21947.179 = 21945.0

La classe (2) de forte pollution:


Score 2= 10.553 (15.85) + 6.916 (0.68) + 43.265 (1016.5) – 2.005 (80) + 30.085 (1.76) -
2.555 (7.94) – 22013.399 = 22009.7

La classe (3) de faible pollution:


Score 3= 10.997 (27.37) + 6.871 (0.71) + 43.190 (1011.6) – 1.915(74.72) + 30.827 (2.32)
– 2.615 (7.30) – 21954.241= 21951.96

88
Chapitre IV Résultats et discussion

Tableau 50 : les résultats du classement


Classe(s) d'affectation prévue(s) Total
Classes de 1 2 3
pollution
Original Effectif 1 53 25 27 105
2 5 54 5 64
3 0 0 15 15
% 1 50.5 23.8 25.7 100
2 7.8 84.4 7.8 100
3 .0 .0 100 100
Dans cette station on remarque les pourcentages des observations originales classées
correctement est supérieur à la station du 1 er Mai. Il est de 66.3%, cela peut revenir au fait que
l'effectif de cette station est plus réduit ce qui minimise le risque d'erreur. Nous constatons que
dans la première classe 50.5% des individus ont été bien classés, soit 53 individus. La
deuxième classe compte 84.4% d'individus correctement classés, soit 54 individus sur 64.
Quant à la troisième classe tous les individus ont été correctement classés.

Conclusion
L'analyse en composantes principales effectuée sur les deux groupes de variables et dans
les deux stations montre une forte relation entre les polluants émis, généralement, par la même
source (CO, NO, NO2 et SO2) étudiés dans la station du 1er Mai, mais aussi une bonne
corrélation négative entre les COV et l'ozone, à Ben Aknoun.
La dispersion des variables météorologiques, dans les deux stations, montre moins de
rapports entre ces derniers ; les coefficients de corrélation sont très faibles pour pouvoir tirer
des conclusions. La meilleure corrélation enregistrée dans la station d'Alger port est négative
entre la pluviométrie et l'ensoleillement. Toutefois, les variables météorologiques dans cette
station, comme dans la station de Dar el Beida, montrent une certaine indépendance. Ceci a été
confirmé dans d'autres études (Sen et al., 2006).
En comparant les matrices de corrélation des deux stations météorologiques, on remarque
globalement qu’elles affichent une faible corrélation entre les paramètres en question, mais
lorsque les paramètres météorologiques sont comparés deux à deux, on constate que des
corrélations existantes entre un couple dans une station peuvent être non significatives voire
absentes dans l'autre. Cela peut remettre en cause la fiabilité des données ou simplement
indiquer l'absence de relation entre les paramètres météorologiques.
Quant aux relations entre les polluants atmosphériques, on trouve presque les mêmes
résultats dans les deux stations: bonne corrélation entre le CO, le NO et le NO2 et absence de
corrélation avec les poussières. Nous rappelons que ces constatations sont relatives aux saisons
des jours considérés dans la période d’étude.
La recherche des liens entre les deux groupes de variables a débuté par une classification
des deux groupes de variables en trois classes. De forte, moyenne et faible pollution pour les
polluants atmosphériques et en situation anticyclonique, situation intermédiaire et situation
dépressionnaire pour les paramètres météorologiques. Concernant la station du 1er Mai, la
classe de faible pollution réunis 289 jours marqués par de faibles concentrations des polluants,
la classe de pollution moyenne avec 109 jours et enfin la classe dans laquelle on a marqué les
plus forts taux de polluants: la classe de forte pollution. De toute de la période d'étude, 67%
témoigne d’une bonne qualité de l'air et seulement 7% soit 32 jours signalent une forte
pollution.
La distinction des classes de pollution à Ben Aknoun a donné : la classe 2 de forte pollution
où toutes les concentrations étaient à leurs maximums sauf l'O3. La classe 3 de faible pollution
enfin, la pollution moyenne est donc attribuée à la classe 1.

89
Chapitre IV Résultats et discussion

Dans cette station, on voit qu'une grande partie de la période d'étude témoigne d'une
pollution moyenne soit 56% des jours selon les données utilisées.
Nous constatons dans la station du 1er Mai, qu'en situation dépressionnaire aucun cas de
pollution aigue n'est observé. Cette situation météorologique favorise le nettoyage de
l'atmosphère et empêche l'accumulation des polluants atmosphériques dans l'air. Par ailleurs,
en situation anticyclonique, on observe la majorité des jours représentant la classe de forte
pollution soit 84% des jours de cette classe.
Dans cette station, le temps de stabilité atmosphérique est marqué par une pollution
moyenne à faible (plus de 90% des jours de la classe anticyclonique).
Par contre à Ben Aknoun, les jours de forte pollution sont surtout observés en situation
atmosphérique intermédiaire entre l'anticyclone et la dépression. (51/80 jours).

L'étape suivante dans la recherche des liens entre les groupes de variables : la corrélation
entre les groupes, a montré une certaine disparité déjà signalée par de nombreuses études. La
station de Ben Aknoun montre de nouvelles corrélations notamment entre la pluie et certains
polluants comme le NO2, où le rôle épurateur des pluies apparaît par la corrélation négative de
ce paramètre avec les polluants de l'air. Nous enregistrons aussi une forte corrélation entre la
température et l'O3.
A partir des deux stations, on constate que les plus hauts coefficients de corrélation sont
observés entre le vent et les autres polluants. Le vent, par sa corrélation négative, semble avoir
le plus d'effet sur les variables de la pollution atmosphérique. En effet, en balayant l'air, le vent
disperse les polluants et diminue leur concentration dans l'atmosphère.
Selon les résultats de l'analyse factorielle discriminante, seule la variable "vent" semble être
discriminante dans le cas de la station du 1er Mai. Par contre à Ben Aknoun, on constate que la
température, le vent et la pression atmosphérique agissent le plus sur la formation des classes et
sont donc discriminantes.
Au départ, nous avons choisis la station de Ben Aknoun comme station de référence vu sa
situation loin de la ville et dans la forêt. Mais il s'est avéré, d'après les résultats obtenus, que
cette station est aussi polluée que la station du 1 er Mai. A Ben Aknoun, malgré le faible effectif
des données, nous enregistrons plusieurs dépassements des valeurs limites des polluants fixées
par la réglementation algérienne. Cela peut revenir aux conditions géographiques de la région
où se situe la station, dont la topographie puisque la station se situe dans une vallée, mais aussi
le microclimat de la station surtout que la végétation semble avoir son influence. Bien que les
émissions soient faibles prés du site d'étude, les niveaux de concentration des polluants peuvent
augmenter par accumulation. Nous pouvons aussi ajouter à cela la part du trafic routier
notamment les poids lourds qui rentrent en jeu, puisque la station de mesure n'est qu'à 200 m
de l'autoroute.

90
Conclusion générale
Et perspectives

91
Conclusion générale et perspectives

La pollution atmosphérique est déterminée par la source et le taux d'émission des polluants, elle
varie selon la géographie, la démographie et le profil socioéconomique de la région. Les propriétés
physico-chimiques des polluants font qu'ils se comportent différemment dans l'air, certains résident
longtemps dans les couches atmosphériques, d'autres se dispersent et/ou se transforment plus
rapidement. Ils sont donc influencés par d’autres facteurs dont les conditions météorologiques.
L’étude présentée ici a recherché la relation qui lie les conditions météorologiques avec la
pollution atmosphérique en déterminant le paramètre météorologique le plus influent sur chaque
polluant ainsi que les meilleures corrélations entre les polluants atmosphériques eux-mêmes et entre
chaque polluant et les différents paramètres météorologiques, en mettant l'accent sur les paramètres
météorologiques ayant le plus d'effet sur la qualité de l'air des stations étudiées.
La recherche de liens entre les groupes de variables de pollution atmosphériques et les variables
climatiques devait surmonter une première difficulté due au manque de données des mesures de la
pollution atmosphériques provenant de l'organisme de surveillance de la qualité de l'air à Alger
SAMA SAFIA. Pour palier à ce manque de données, nous avons écourté la période d'étude. Les
données utilisées au sein d'une année ne sont pas réparties d'une façon homogène, une saison voire
deux, peuvent ne pas être représentées. Cette situation est présente dans les trois années d'étude et ce
pour les deux stations, particulièrement la station de Ben Aknoun.
L'emplacement des stations de surveillance de la qualité de l'air qui n'a pas été basé sur des études
de terrain mais plutôt sur des raisons sécuritaires peut constituer une seconde difficulté que nous
prenons en considération dans l’interprétation, la conclusion et surtout dans les perspective de ce
travail.
Les résultats obtenus peuvent être récapitulés comme suit.
L'analyse en composantes principales effectuée sur les deux groupes de variables et dans les deux
stations laisse voir une forte relation entre les polluants émis, généralement, par la même source (CO,
NO, NO2 et SO2) étudiés dans la station du 1er Mai, et qui constituent un groupement sur les
graphiques par rapport aux autres polluants. Mais aussi une bonne corrélation négative entre les COV
et l'ozone, à Ben Aknoun.
Dans la station du 1er Mai, située en plein centre ville et où l'on mesure particulièrement le dioxyde
de soufre (SO2), aucun dépassement des valeurs limites par les polluants n'est enregistré, selon les
données utilisées, sauf pour les poussières ce qui est dû, à notre avis, aux travaux de la trémie réalisée
dans cette période.
Dans le cas de la station de Ben Aknoun où deux nouveaux polluants sont mesurés les COV et
l'O3, on constate, malgré la courte période d'étude, des dépassements importants des valeurs limites
fixées par la loi algérienne et ce concernant trois polluants: le NO 2, les PM10 et l'ozone.
En comparant les matrices de corrélation des deux stations météorologiques, on remarque que les
résultats sont différents bien que les mesures proviennent du même organisme (ONM). Il est clair
que les deux stations attestent globalement une faible corrélation entre les paramètres en question,
mais lorsqu'ils sont comparés deux à deux on constate que des corrélations existantes entre un couple
dans une station peuvent être non significatives voire absentes dans l'autre. Cela peut remettre en
cause la fiabilité des données ou simplement indiquer l'absence de relation entre les paramètres
météorologiques, sans oublier toutefois que" l'absence de l'évidence ne signifie pas l'évidence de
l'absence". Vu la différence de résultats entre les deux stations, il est nécessaire d'attirer l'attention sur
l'état de la station d'Alger port qui, d'après l'ONM, n'est pas tout à fait conforme aux normes
énoncées par l'organisation mondiale de météorologie (OMM). Cependant, les données de Dar el
Beida sont plus fiables mais la période d'étude est beaucoup plus courte que la station d'Alger port.
La classification des polluants atmosphériques a aboutit, dans les deux stations sur 3 classes.
Dans la station du 1er Mai, la classe de faible pollution réunis 289 jours, la classe de pollution

92
Conclusion générale et perspectives

moyenne compte 109 jours et enfin la classe de forte pollution enregistrée dans 32 jours. Dans cette
station, 67% de la période d'étude témoigne une bonne qualité de l'air et seulement 7% soit 32 jours
signalent une forte pollution.
Même principe pour les variables météorologiques où on distingue une classe de stabilité
atmosphérique réunissant 205 jours de la période d'étude (50% des jours). La deuxième classe est une
classe de transition entre la classe de situation anticyclonique et la classe de dépression
atmosphérique, elle regroupe 177 jours. La troisième classe rassemble les jours de situation de
perturbation atmosphérique dite dépressionnaire, elle est ressentis dans 48 jours (11%).
Lors du croisement des deux groupes de variables, nous constatons dans la station du 1 er Mai,
qu'en situation dépressionnaire aucun cas de pollution aigue n'est observé. Cette situation
météorologique favorise le nettoyage de l'atmosphère et empêche l'accumulation des polluants
atmosphériques dans l'air. Par ailleurs, en situation anticyclonique, on observe la majorité des jours
représentant la classe de forte pollution soit 84% des jours de cette classe. Dans cette station, le
temps de stabilité atmosphérique est marqué par une pollution moyenne à faible (plus de 90% des
jours de la classe anticyclonique).
Dans la station de Ben Aknoun, on voit qu'une grande partie de la période d'étude témoigne d'une
pollution moyenne soit 56% des jours selon les données utilisées. Cependant environ 35% des jours
signalaient une forte pollution. Quant à la situation atmosphérique, On remarque que la classe de la
situation anticyclonique et la classe intermédiaire, sont presque égales et représentant respectivement
50 et 43% de la période d'étude. Seuls 6% des jours étudiés ont connu un temps dépressionnaire (12
jours).
Dans cette station, vu le nombre limité d'observations, la table de contingence indique moins
l'interférence entre les deux groupes de variables. On remarque que les jours de forte pollution sont
surtout observés en situation atmosphérique intermédiaire entre l'anticyclone et la dépression. (51/80
jours).
L'étape suivante dans la recherche des liens entre les groupes de variables : la corrélation entre les
groupes, a montré une certaine disparité déjà signalée par de nombreuses études effectuées sur ce
sujet (Monn et al., 1995; Morawska et al., 1998; Ilten et Silici, 2007…etc.). Nos résultats
correspondaient dans certains cas aux résultats des recherches précédentes (Morawska et al., 1998 et
Monn et al., 1995) et s'y opposaient dans d'autres (corrélation entre la température et les PM10 dans le
1er Mai).
La station de Ben Aknoun a montré de nouvelles corrélations notamment entre la pluie et certains
polluants comme le NO2, où le rôle épurateur des pluies apparaît par la corrélation négative de ce
paramètre avec les polluants de l'air.
La situation de stabilité atmosphérique issue de l'élévation de la pression atmosphérique
encourage l'accumulation des polluants dans l'air, nous pouvons le déduire à partir des corrélations
positives de la plupart des polluants (sauf PM10 et O3) avec ce paramètre météorologique.
A partir des deux stations on constate que les plus hauts coefficients de corrélation sont observés
entre le vent et les autres polluants. Le vent, par sa corrélation négative, semble avoir le plus d'effet
sur les variables de la pollution atmosphérique. En effet, en balayant l'air, le vent disperse les
polluants et diminue leur concentration dans l'atmosphère.
Nous pensons que l'irrégularité de la période d'étude ainsi que le manque d'individus sont à
l'origine des faibles coefficients observés ou même de la divergence de certains de nos résultats par
rapport aux autres études faites sur le même sujet.
La finalité de notre recherche est d'écrire les relations entre les variables météorologiques et les
variables de la pollution atmosphérique sous forme d'équation propre à chaque situation de la qualité
de l'air en fonction des paramètres météorologiques, mais aussi de définir les variables les plus
influentes "discriminantes" sur les diverses situations.

93
Conclusion générale et perspectives

Dans notre cas et selon les résultats de l'analyse factorielle discriminante seule la variable "vent"
semble être discriminante dans le cas de la station du 1 er Mai. Par contre à Ben Aknoun, on constate
que la température, le vent et la pression atmosphérique agissent le plus sur la formation des classes
et sont donc discriminantes.
Le résultat du classement informe sur la qualité du classement. Les taux de bien-classés
constituent une mesure immédiate des performances de la règle de classement élaborée. On attend
bien sûr des résultats meilleurs que ceux produit par une règle aléatoire, soit pour 3 groupes
supérieurs à 33 %. L’objectif d’un classement quasi-parfait, taux proche de 100 %, est difficile à
atteindre dans la plupart des contextes d’application réelle des méthodes de discrimination. Dans la
station du 1er Mai, le taux des individus bien classés n'a pas dépassé 52%, tandis que dans la station
de Ben Aknoun ce taux a atteint 66.3%.
Au départ, nous avons choisis la station de Ben Aknoun comme station de référence vu sa
situation loin de la ville et dans la forêt. Mais il s'est avéré, d'après les résultats obtenus, que cette
station est aussi polluée que la station du 1 er Mai. Cela peut revenir aux conditions géographiques de
la région où se situe la station, la topographie puisque la station se situe dans une vallée, mais aussi le
microclimat de la station surtout que la végétation semble avoir son influence. Bien que les émissions
soient faibles prés du site d'étude, les niveaux de concentration des polluants peuvent augmenter par
accumulation. Nous pouvons aussi ajouter à cela la part du trafic routier notamment les poids lourds
qui rentrent en jeu, puisque la station de mesure n'est qu'à 200 m de l'autoroute.
Les résultats obtenus à la fin de cette étude, méritent d’être étayé par une banque de données plus
complète pour pouvoir entamer les prévisions de la pollution atmosphérique à partir des prévisions
météorologiques et construire des modèles mathématiques utilisables dans le futur. Il serait aussi
important que le réseau de SAMA SAFIA répare les appareils de mesure météorologiques pour
accéder aux paramètres météorologiques de la station de mesure de la qualité de l'air même car les
stations météorologiques de l'ONM se trouvent relativement loin des stations de SAMA SAFIA.
Mais avant cela, il serait préférable de changer l'emplacement de ces stations et de les placer dans des
endroits appropriés loin de tout obstacle pouvant affecter les mesures effectuées.

94
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99
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[Link] 11/05/09

100
Liste des figures

Fig. 1 : La qualité de l’air au cours une situation anticyclonique persistante……….……...1


Fig. 2 : La qualité de l’air au lendemain d’une situation dépressionnaire (pluvieuse).……...1
Fig. 3: Analyseurs des NOx. ………………………………………………………………..14
Fig. 4: Analyseurs des polluants atmosphériques dans la cabine de mesure. ……………..14
Fig. 5: Têtes de prélèvement des gaz et des poussières………………………...……….…14
Fig. 6: Calibreur……………………………..……………………………………………..14
Fig. 7: Appareils de mesure des paramètres météorologiques (la température, les vents et
l'humidité)………………………………………………………………………………….14
Fig.8: Relation entre l’évolution de la concentration en Pb dans le sang de la population
américaine (plombémie) avec la régression en Pb consommé dans l’essence…………….19
Fig.9 : Evolution du trou d’ozone de 19981 à 1991 sur l’Antarctique…………………....22
Fig.10: Structure verticale de l'atmosphère……………………………………………......27
Fig.11: Directions et types des vents………………………………………………..…….29
Fig. 12: Directions des vents………………………………………………………………30
Fig. 13: Directions des forces de frottement……………………………………………....31
Fig.14: Comparaison entre la température du sol et la température des océans au cour de
l'année……………………………………………………………………………………..32
Fig.15: Brise de mer………………………………………………………………………32
Fig.16: Brise de terre……………………………………………………………………...32
Fig. 17: Bilan radiatif……………………………………………………………………..36
Fig. 18: Effet de foehn et variation de température……………………………………....37
Fig. 19. Divers albédos de l'environnement urbain………………………………………39
Fig. 20 : Situation des stations de surveillance de la qualité de l'air à Alger……………..52
Fig. 21: Situation de la station du 1er Mai……………………………………….……….. 53
Fig.22: Emplacement de la station de Ben Aknoun……………………………………...54
Fig.23: Position des appareils de mesure ……………………….………………………..54
Fig.24: La végétation autour de la station………………………………………………...54
Fig.25: Pente face à la station construisant un barrage aux vents………………………...54
Fig. 26: Graphique des valeurs propres……………………………………………………61
Fig. 28: Projection des variables sur les axes factoriels 2 et 3………………………….....62
Fig.29 : Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 3…………………………… 62
Fig. 30: Projection des individus sur le premier axe factoriel……………………………. 63
Fig. 31: Projection des individus sur les deux premiers axes principaux………………… 63
Fig.32: Projection des individus sur les axes factoriels 1 et 2…………………………… 64

101
Fig.33 : Projection des individus sur l'axe 1 et l'axe 3…………………………………….. 65
Fig.34 : Projection des individus sur l'axe 2 et l'axe 3……………………………………...65
Fig. 35: Facteurs d'émission de CO en fonction de la vitesse et le type du véhicule….. …67
Fig.36: Graphique des valeurs propres………………………………………….………… 68
Fig.37: Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 2……………………………. 69
Fig.38: Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 3…………………………….. 69
Fig. 39: Projection des variables sur les axes factoriels 2 et 3……………………………. 70
Fig.40 : Graphique des valeurs propres……………………………………………….……72
Fig.41 : Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 2……………………………..73
Fig.42 : Projection des variables sur les axes factoriels 1 et 3……………………………. 73
Fig.43: Graphique des valeurs propres………………………………………………….… 75

Liste des tableaux

Tableau 1: Les temps de résidence des contaminants atmosphériques calculés….…………5


Tableau 2: Nature et origine des principales substances responsables de la pollution de
l'atmosphère…………………………………………………………………………………6
Tableau 3: Exemple de normes dans quelques pays pour les polluants les plus
importants………………………………………………………………………………….16
Tableau 4: Les normes des émissions de polluants atmosphériques en Algérie………….17
Tableau 5: Indices de la qualité de l'air en Algérie………………………………………..17
Tableau 6 : Quelques «grands accidents» liés à la pollution atmosphérique………………20
Tableau 7: Principales caractéristiques des gaz à effet de serre…………………………...23
Tableau 8 : Les unités industrielles et les polluants émis dans l’agglomération algéroise...44
Tableau 9 : Quantité de polluants émis en kg par tonne de carburant et par km
parcouru……………………………………………………………………………………45
Tableau 10: Répartition du parc automobile selon l'âge et le genre à Alger………………46
Tableau 11: Taux de disponibilité des données fournies par Sama Safia………………….55
Tableau 12: Description statistique des polluants atmosphériques…………………….….59
Tableau 13: Matrice des corrélations entre les variables…………………………………..59
Tableau 14: Valeurs propres des composantes principales………………………………...60
Tableau 15: Matrice des coefficients des composantes……………………………….…..63
Tableau 16: Caractères de 4 individus distincts sur la figure 19………………………….64
Tableau 17: Description statistique des polluants atmosphériques……………………….66
Tableau 18: Matrice des corrélations entre les variables………………………………….67

102
Tableau 19: Valeurs propres des composantes principales………………………………..68
Tableau 20: Matrice des coefficients des composantes principales..……………………..70
Tableau 21: Description statistique des paramètres météorologiques…………………….71
Tableau 22: Matrice des corrélations entre les variables………………………………….71
Tableau 23: Valeurs propres des composantes principales………………………………..72
Tableau 24 : Matrice des coefficients des composantes……………………………...…....74
Tableau 25 : Description statistique des paramètres météorologiques………………….....74
Tableau 26 : Matrice des corrélations entre les variables………………………….………74
Tableau 27 : Les noyaux finaux des classes de pollution atmosphérique………………….76
Tableau 28: Distance entre les noyaux des classes………………………………………...76
Tableau 29: Effectifs des classes……….………………………………………………….76
Tableau 30: Noyaux finaux des classes de situation météorologique…………………….77
Tableau 31: Distance entre les noyaux……………………………………………………77
Tableau 32: Effectifs des classes………………………………………………………….77
Tableau 33: Noyaux finaux des classes pollution atmosphérique…………………………78
Tableau 34: Distance entre les noyaux finaux des classes de pollution…………………...78
Tableau 35: Effectifs des classes de pollution…………………………………………….78
Tableau 36: Noyaux finaux des classes de situation météorologique……………………..78
Tableau 37: Distance entre les noyaux des classes………………………………………..79
Tableau 38: Effectifs des classes météorologiques………………………………………..79
Tableau 39: Table de contingence des deux groupes de variables………………………...79
Tableau 40: Table de contingence des deux groupes de variables……………...…………80
Tableau 41: Corrélations entre les polluants atmosphériques et les paramètres météorologiques
(1er Mai)………………………………………………………………………….….……...81
Tableau 42: Corrélations entre les polluants atmosphériques et les paramètres météorologiques
(Ben Aknoun)………………………………………………………………………….…..82
Tableau 43: Caractérisation des classes de pollution par les paramètres météorologiques à la
station du 1er Mai………………………………………………………………………..…83
Tableau 44: Tests d'égalité des moyennes des groupes de pollution à la station du 1er
Mai.…………………………………………………………………………………..…….83
Tableau 45: Coefficients des fonctions discriminantes des classes de pollution de la station du
1er Mai………………………………………………………………………………..……84
Tableau 46 : Les résultats du classement……………………………………………....…..85
Tableau 47: Caractérisation des classes de pollution par les paramètres météorologiques à la
station de Benaknoun………………………………………………………………..……..86
Tableau 48: Tests d'égalité des moyennes des groupes de pollution à la station de Ben Aknoun.
……………………………………………………………………………………………..86

103
Tableau 49: Coefficients des fonctions discriminantes des classes de pollution à la station de
Ben Aknoun………………………………………………………………………………....87
Tableau 50 : Les résultats du classement……………………………………………..……...88

104
‫الملخص‬
‫بدة‬ٚ‫ ص‬ٙ‫شكم عببب ف‬ٚ َّ‫ظ بًأ‬ٛ‫ت عهٗ انًذ‬ٛ‫ نكٍ نٓزا انًُٕ آثبسا عهب‬.‫ب ْبيب‬َٛ‫ب ٔعًشا‬ٛ‫ًٕؼشاف‬ٚ‫ب ٔد‬ٚ‫عشفج انجضائش يُز اإلعخمالل ًَٕا الخصبد‬
‫ئت يٍ جٓت ٔعهٗ صذت اإلَغبٌ يٍ جٓت‬ٛ‫بث انًخشحبت عهٗ انب‬ٛ‫ت انٕٓاء ٔكم انخبع‬ٛ‫ عشح يشكهت َٕع‬ٙ‫َغبت يهٕثبث انجٕ كًب ٔأٌ نّ دٔسا ْبيب ف‬
‫ انًكبٌ ٔانضيبٌ ٔرنك‬ٙ‫جذس بُب حُبؤ حغٕساث ْزا انخهٕد ف‬ٚ ‫ت بم‬ٛ‫ش كبف‬ٛ‫ّ حعذ ؼ‬ٛ‫بط َغبت انخهٕد ف‬ٛ‫ت انٕٓاء ٔل‬ٛ‫ نزنك فئٌ يشالبت َٕع‬.ٖ‫أخش‬
‫ش انالصيت نخفبد٘ بهٕغ َغبت انخهٕد‬ٛ‫ بم الحخبر انخذاب‬، ٌ‫ت ٔانغكب‬ُٛ‫ظ فمظ إلَزاس انغهغبث انًع‬ٛ‫ٓب انخهٕد رسٔاحّ ن‬ٛ‫بهػ ف‬ٚ ٙ‫العخببق انفخشاث انخ‬
‫ٍ ْزِ انًهٕثبث ٔ عٕايم انغمظ يٍ جٓت‬ٛ‫ٍ يهٕثبث انجٕ يٍ جٓت ٔانعاللبث ب‬ٛ‫خشحب فٓى انعاللبث انًذشكت انكبئُت ب‬ٚ ‫ يٍ أجم رانك‬.‫ت‬ٛ‫دسجبث عبن‬
‫شة بفعم دشكت كخم انٕٓاء‬ٛ‫ حهٕد انجٕ فٓزِ انًهٕثبث حمغع يغبفبث يخؽ‬ٙ‫شة حًثم أدذ أْى انعٕايم انًؤثشة ف‬ٛ‫ خبصت إرا كبَج ْزِ األخ‬.ٖ‫أخش‬
.ٙ‫م‬ٛ‫ دم‬ٙ‫بئ‬ًٛ‫عخبش انجٕ كًصُع ك‬ٚ ‫ نزا‬. ‫ئبث يهٕثبث انٕٓاء‬ٚ‫ت انغذب ٔ حغشأ خالل ْزا انخُمم عذة حذٕالث عهٗ جض‬ٛ‫ٔدشك‬
‫شا عهٗ كم يهٕد ٔكزا‬ٛ‫ذ انعبيم انجٕ٘ األكثش حأث‬ٚ‫ حشبظ عٕايم انغمظ ببنخهٕد انجٕ٘ ٔحذذ‬ٙ‫ ْزا انعًم بذساعت انعاللت انخ‬ٙ‫اْخًًُب ف‬
‫ت انٕٓاء ٔرنك‬ٛ‫شا عهٗ َٕع‬ٛ‫شة ٔعٕايم انغمظ يع ابشاص انعُصش انجٕ٘ األكثش حأث‬ٛ‫ٍ ْزِ األخ‬ٛ‫ٍ يهٕثبث انجٕ ٔب‬ٛ‫أدغٍ االسحببعبث انًغجهت ب‬
.ٙ‫م اإللصبئ‬ٛ‫بٕاعغت انخذه‬
ٌٕ‫ذ انكشب‬ٛ‫ٍ كم يٍ أكغ‬ٛ‫ت ب‬ٕٚ‫ ٔجٕد اسحببعبث ل‬، )‫ذ٘ ايذًذ‬ٛ‫ت ع‬ٚ‫ يذغت "أٔل يب٘" (بهذ‬ٙ‫ٓب يٍ خالل ْزِ انذساعت ف‬ٛ‫أثبخج انُخبئج انًخذصم عه‬
‫ئبث‬ٚ‫ انًمببم َجذ انؽببس(انجض‬ٙ‫ ف‬.‫بساث‬ٛ‫ت يٍ يذشكبث انغ‬ٛ‫ج ألٌ ْزِ انًهٕثبث َبحجت عٍ االدخشالبث انًخأح‬ٚ‫ذ انكبش‬ٛ‫ أكغ‬َٙ‫ٔ أكبعذ األصٔث ٔ ثب‬
ٕ٘‫ يذغت بٍ عكٌُٕ فمذ الدظُب يعبيم اسحببط ل‬ٙ‫ أيب ف‬.‫ لذ حكٌٕ َبحجت عٍ يصبدس أخشٖ إضبفت إنٗ انًصذس انغببك‬ٙ‫ انٕٓاء) ٔانخ‬ٙ‫انعبنمت ف‬
.‫ يٍ خالل ْزِ انذساعت‬،‫ُٓب‬ٛ‫ًب ب‬ٛ‫ت ألم اسحببعب ف‬ٕٚ‫ًُب حبذٔ انعٕايم انج‬ٛ‫شة ٔاألٔصٌٔ ب‬ٚ‫ت انًخغب‬ٕٚ‫ٍ انًشكببث انعض‬ٛ‫ ب‬ٙ‫عهب‬
‫شاث‬ٛ‫ف انخهٕد انجٕ٘ دغب شذحّ إنٗ ثالد ألغبو ٔكخببت كم لغى عهٗ شكم يعبدنت بذالنت انًخؽ‬ُٛ‫إضبفت إنٗ ْزِ انُخبئج حًكُُب يٍ حص‬
.‫ت‬ٕٚ‫ت انٕٓاء اَغاللب يٍ حُبؤاث األسصبد انج‬ٛ‫ عخغًخ بخٕلع َٕع‬ٙ‫ انخ‬ْٙ ‫ ْزِ انًعبدالث‬."‫"عٕايم انغمظ‬

.‫ انعاللبث‬،‫ انخهٕد‬،‫ عٕايم انغمظ‬،ٕ‫ انج‬،‫ انٕٓاء‬:‫كلمات البحث‬

Summary
Algeria has experienced since independence an important economic, demographic and urban growth.
Unfortunately, this growth has a great impact on the environment. It increases air pollutant emissions and poses an
acute problem of air quality damaging to ecosystems and human health. Thus, emission measurement is not
enough. We must predict the evolution of this pollution in both time and space in order to anticipate its peaks to
make the population aware and act, as far as possible, on the factors contributing to it. Thus, it is necessary to
understand the dynamic relationship between the pollutants, on one hand, and the pollutants and the
meteorological conditions, on the other hand. These latter are actually the most important factors influencing air
pollution, as these pollutants are transported to variable distances by the movement of air masses and clouds.
During their transport, the pollutants undergo transformation. The atmosphere becomes like a real chemical
factory.
We will focus, in this paper, on the relationship that binds weather conditions to air pollution by defining the
most influential meteorological parameter on each pollutant. We will also study the best correlations between air
pollutants themselves and between each pollutant and the various meteorological parameters by putting emphasis
on meteorological parameters that have the major impact on stations by using the discriminant analysis. This
analysis will help to predict heavy pollution days from weather forecast and prevent the authorities to alert the
population.
The study’s results show, at 1er Mai’s station (Sidi M'hamed), the existence of a close relationship between
pollutants CO, NO, NO2 and SO2 coming from the combustion of vehicles engine against the PM10 that can be
emanated from other sources. At Ben Aknoun’s station, we notice a strong negative correlation between VOCs
and O3. The meteorological parameters seem to be less correlated between them. According to this study, the most
influential weather factors on air pollution are: wind, temperature and atmospheric pressure. Besides, we managed
to characterize air pollution through equations describing each class of the proposed pollution. These equations
will help predict air quality based on weather forecasts.
Key-words: air, atmosphere, meteorology, pollution, relationships.

105

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