Corrigé de l'agrégation interne en mathématiques
Corrigé de l'agrégation interne en mathématiques
Jean-Marie Monier
Corrigé
X ∈ Ker ( t AA) ⇐⇒ t
AAX = 0 =⇒ t
X t AAX = 0 ⇐⇒ t
(AX)(AX) = 0
On conclut :
Ker (A t A) = Ker ( t A)
rg (A t A) = rg ( t A).
On conclut :
rg ( t AA) = rg (A) = rg ( t A) = rg (A t A)
1.c. ∗ • Soit Y ∈ Im ( t AA). Il existe X ∈ Mp,1 telle que Y = t AAX. On a alors Y = t A(AX) ∈ Im ( t A).
Ceci montre : Im ( t AA) ⊂ Im ( t A).
1
• D’après b. :
dim Im ( t AA) = rg ( t AA) = rg ( t A) = dim Im ( t A).
Il en résulte :
Im ( t AA) = Im ( t A)
Im (A t A) = Im (A)
x1
x
2.a. • On a, pour tout X = 2 ∈ M4,1 :
x3
x4
x1 + x2 + x3 = 0
½
X ∈ Ker (A) ⇐⇒ AX = 0 ⇐⇒
x4 = 0,
donc dim Ker (A) = 2 et une base de Ker (A) est, par exemple, (V1 , V2 ), où :
1 1
−1 0
V1 = , V2 = .
0 −1
0 0
x1
x
• On a, pour tout X = 2 ∈ M4,1 :
x3
x4
x1 + x3 = 0
½
t t
X ∈ Ker ( A) ⇐⇒ AX = 0 ⇐⇒
−x1 + x2 − x4 = 0,
donc dim Ker ( t A) = 2, et une base de Ker ( t A) est, par exemple, (V3 , V4 ), où :
1 0
0 1
V3 = , V4 = .
−1 0
−1 1
2
Comme dim Ker (A) = dim Ker ( t A) = 2, il en résulte que les deux sev Ker (A) et Ker ( t A) sont supplé-
mentaires dans M4,1 .
2.b. • Il est clair, au vu des colonnes de A, que Im (A) est de dimension 2 et qu’une base de Im (A) est,
par exemple, (U1 , U2 ), où :
1 −1
0 1
U1 = , U2 = .
1 0
0 −1
• De même, Im ( t A) est de dimension 2 et une base de Im ( t A) est, par exemple, (U3 , U4 ) où
1 0
1 0
U3 = , U4 = .
1 0
0 1
• Comme, par exemple, U1 ne se décompose pas sur (U3 , U4 ) et que U3 ne se décompose pas sur (U1 , U2 ),
il n’y a aucune relation d’inclusion entre Im (A) et Im ( t A).
Plus précisément :
¯1 −1 1 0¯
¯ ¯
¯0 1 1 0¯
¯ ¯
detb.c. (U1 , U2 , U3 , U4 ) = ¯ ¯ = −1 6= 0,
¯1 0 1 0¯
0 −1 0 1
¯ ¯
1.a. En notant (E1 , ..., En ) la base canonique de Mn,1 , on a, d’après les notations de l’énoncé :
n
X
∀ i ∈ {1, ..., q}, Xi = xki Ek ,
k=1
d’où, pour tout (i, j) ∈ {1, ..., q}2 et puisque la base canonique est orthonormale pour le produit scalaire
canonique :
Xn
t
Xi Xj = xki xkj .
k=1
On reconnaı̂t le terme situé à la ligne i et à la colonne j dans t XX, par définition du produit de deux
matrices et de la transposée d’une matrice.
On conclut :
G(X1 , ..., Xq ) = t XX
3
1.b. • D’après I 1.b. :
• Il en résulte :
¡ ¢
γ(X1 , ..., Xq ) = 0 ⇐⇒ rg G(X1 , ..., Xq ) < q ⇐⇒ rg (X1 , ..., Xq ) < q ⇐⇒ (X1 , ..., Xq ) liée.
t
G(X1 , ..., Xq ) = t ( t XX) = t XX = G(X1 , ..., Xq ),
¡ ¢
1.c. On a G(X1 , ..., Xq ) ∈ Mq et
donc G(X1 , ..., Xq ) ∈ Sq .
Et, pour tout Y ∈ Mq,1 :
t
Y G(X1 , ..., Xq )Y = t Y ( t XX)Y = t (XY )XY = ||XY ||22 > 0.
On conclut :
G(X1 , ..., Xq ) ∈ S+
q
X
2. Soit Yk = Xk si k 6= i, et Yi = Xi + aj Xj , où les aj sont des réels.
j6=i
La colonne numéro i de G(Y1 , ..., Yq ) est :
P
< Y1 | Xi > + j6=i aj < Y1 | Xj >
< Y1 | Yi > < Y1 | Xi > < Y1 | Xj >
.. .. .. X ..
= = + aj ,
. . . .
< Yq | Yi >
P
< Yq | Xi > j6 = i < Yq | Xj >
< Yq | Xi > + j6=i aj < Yq | Xj >
Puis, en raisonnant de la même façon sur les lignes de cette dernière matrice, on a :
¡ ¢ ¡ ¢
det (< Yu | Xv >)uv = det (< Xu | Xv >)uv = γ(X1 , ..., Xq ).
Ainsi, γ(X1 , ..., Xq ) est inchangé lorsqu’on ajoute à l’un des Xi une combinaison linéaire des autres
Xj , j 6= i.
De plus :
∀ i ∈ {2, ..., q}, < Z | Xi > = 0.
4
On a donc :
¯ < Z |Z > < Z | X2 > . . . < Z | Xq > ¯
¯ ¯
¯ < X2 | Z > < X2 | X2 > . . . < X2 | Xq > ¯
¯ ¯
γ(Z, X2 , ..., Xq ) = ¯¯ .. .. .. ¯
. . .
¯
¯ ¯
< Xq | Z > < Xq | X2 > . . . < Xq | Xq >
¯ ¯
¯ ||Z||22 0 ... 0
¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ < X2 | X 2 > ... < X2 | Xq > ¯¯
¯ 0 < X2 | X2 > . . . < X2 | Xq > ¯
¯ ¯
.. ..
¯
2¯
= ¯ . . . = ||Z||
¯
. .
¯ ¯ 2¯
¯ .. .. .. ¯ ¯
¯ ¯
¯ ¯ < Xq | X 2 > ... < Xq | Xq > ¯
0 < Xq | X2 > . . . < Xq | Xq >
¯ ¯
On conclut :
3.b. Avec les notations précédentes et en utilisant le théorème de Pythagore, puisque Y ⊥Z, on a :
γ(X1 , ..., Xq ) = γ(X1 ) γ(X2 , ..., Xq ) ⇐⇒ d21 − γ(X1 ) γ(X2 , ..., Xq ) = 0 ⇐⇒ d21 = γ(X1 )
¡ ¢
3.c. Comme (X1 , ..., Xq ) est libre, les sous-familles (X2 , ..., Xq ), ..., (Xq−1 , Xq ), (Xq ) sont libres, d’où, en
réitérant le résultat de b. et en remarquant que γ est à valeurs > 0 :
n
Y
γ(X1 , ..., Xq ) 6 γ(X1 )γ(X2 , ..., Xq ) 6 ... 6 γ(X1 )γ(X2 ) · · · γ(Xq ) = ||Xi ||22
i=1
et
γ(X1 , ..., Xq ) = γ(X1 )γ(X2 , ..., Xq )
n
Y γ(X2 , ..., Xq ) = γ(X2 )γ(X3 , ..., Xq )
γ(X1 , ..., Xq ) = ||Xi ||22 ⇐⇒
..
i=1
.
γ(Xq−1 , Xq ) = γ(Xq−1 )γ(Xq )
¡ ¢⊥
X1 ∈ Vect (X2 , ..., Xq )
¡ ¢⊥
⇐⇒ X2 ∈ Vect (X3 , ..., Xq ) ⇐⇒ (X1 , ..., Xq ) orthogonale.
..
.
¡ ¢⊥
Xq−1 ∈ Vect (Xq )
5
4.a. On applique le résultat de 3.c. à la famille (C1 , ..., Cn ), qui est libre puisque A ∈ GLn :
n
Y
γ(C1 , ..., Cn ) 6 ||Cj ||22
j=1
et il y a égalité si et seulement si (C1 , ..., Cn ) est orthogonale. De plus, d’après I 1.a. et puisque A est
carrée : ¢2
γ(C1 , ..., Cn ) = det G(C1 , ..., Cn ) = det ( t AA) = det (A) ,
¡ ¢ ¡
d’où :
n
Y
|det (A)| 6 ||Cj ||2 ,
j=1
• On a :
n
Y
|det (A)| = nn/2 ⇐⇒ |det (A)| = ||Cj ||2 = nn/2 .
j=1
5. Il est clair que (U, V, W ) est libre. D’après 3.a., on a, en notant d la distance de X à Vect (U, V, W ) :
γ(X, U, V, W ) = d2 γ(U, V, W ). On calcule :
¯ 30 1 2 3 ¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯2 1 1¯
¯ 1 2 1 1¯
¯ ¯ ¯ ¯
γ(X, U, V, W ) = ¯ ¯ = 100 et γ(U, V, W ) = ¯¯ 1 2 1 ¯¯ = 4.
¯ 2 1 2 1¯ ¯1 1 2¯
3 1 1 1
¯ ¯
100
On obtient d2 = = 25 et on conclut :
4
¡ ¢
d X, Vect (U, V, W ) = 5
6
III Étude élémentaire de Sn , S+ ++
n , Sn
1.a. D’après le Cours, Sn est un R-espace vectoriel, une base en est (Eii )16i6n ∪ (Eij )16i<j6n , et
n(n + 1)
dim (Sn ) = .
2
1.b. • Soient A, B ∈ Sn . On a :
t t
AB ∈ Sn ⇐⇒ (AB) = AB ⇐⇒ B t A = AB ⇐⇒ BA = AB.
• Pour n > 2, il existe A, B ∈ Sn telles que AB 6= BA. Par exemple, en complétant à l’ordre n par des
termes tous nuls, on peut choisir :
µ ¶ µ ¶
0 1 1 0
A= , B= ,
1 0 0 0
car on a alors : µ ¶ µ ¶
0 0 0 1
AB = et BA = .
1 0 0 0
On conclut que, pour n > 2, Sn n’est pas stable par multiplication.
t
∀ X ∈ Mn,1 , X(A + B)X = t XAX + t XBX > 0,
donc A + B ∈ S+
n.
(2) Soient α ∈ R+ , A ∈ S+
n . On a alors αA ∈ Sn et :
t
∀ X ∈ Mn,1 , X(αA)X = α t XAX > 0,
donc αA ∈ S+
n.
(3) Soient A ∈ S+ ++
n , B ∈ Sn . On a alors A + B ∈ Sn et :
t
∀ X ∈ Mn,1 − {0}, X(A + B)X = t XAX + t XBX > 0,
donc A + B ∈ S++
n .
t
∀ X ∈ Mn,1 − {0}, X(αA)X = α t XAX > 0,
donc αA ∈ S++
n .
(5) Soient A, B ∈ S+ t t
n telles que A + B = 0. On a, pour tout X ∈ Mn,1 , XAX > 0, XBX > 0 et :
t
XAX + t XBX = t X(A + B)X = 0.
7
(6) Soit A ∈ S++
n .
• On a, pour tout X ∈ Mn,1 :
t
X ∈ Ker (A) ⇐⇒ AX = 0 =⇒ XAX = 0 =⇒ X = 0,
(7) Soit M ∈ Mn .
On a : t ( t M M ) = t M t t M = t M M, donc t M M ∈ Sn .
• On a, pour tout X ∈ Mn,1 :
t
X( t M M )X = ( t X t M )M X = t (M X)M X = ||M X||22 > 0,
et donc t M M ∈ S+
n.
t
X( t M M )X = 0 ⇐⇒ ||M X||22 = 0 ⇐⇒ M X = 0 ⇐⇒ X = 0,
car M ∈ GLn .
On conclut : t M M ∈ S++
n .
et donc M ∈ Sn .
On a :
∀ k ∈ N, ∀ X ∈ Mn,1 , t XSk X > 0,
d’où, en passant à la limite lorsque l’entier k tend vers l’infini et puisque les opérations matricielles sont
continues :
∀ X ∈ Mn,1 , t XM X > 0,
et finalement : M ∈ S+
n.
Considérons, pour n > 2, les matrices obtenues en complétant par des termes tous nuls les deux matrices
suivantes : µ ¶ µ ¶
1 1 2 1
A= , B= .
1 1 1 1
µ ¶
x
Il est clair que A et B sont symétriques. De plus, pour tout X = ∈ M2,1 :
y
t
XAX = x2 + 2xy + y 2 = (x + y)2 > 0
t
XBX = 2x2 + 2xy + y 2 = x2 + (x + y)2 > 0,
donc : A ∈ S+ +
2 et B ∈ S2 .
µ ¶
3 2
D’autre part : AB = / S2 , et on conclut que, pour n > 2, S+
∈ n n’est pas stable par multiplication.
3 2
8
2.b. • On a, pour toute A ∈ Sn , A 6 A, car A − A = 0 ∈ S+
n , donc 6 est réflexive.
• Soient A, B ∈ Sn . On a :
(
A6B B − A ∈ S+
½
n
⇐⇒ =⇒ B − A = 0 ⇐⇒ A = B,
B6A A − B ∈ S+
n
A + C 6 B + C ⇐⇒ (B + C) − (A + C) ∈ S+ +
n ⇐⇒ B − A ∈ Sn ⇐⇒ A 6 B.
=⇒ (B + D) − (A + C) = (B − A) + (D − C) ∈ S+
n ⇐⇒ A + C 6 B + D.
9
3. Soit A ∈ Sn .
• 1). Supposons A ∈ S+ n.
Soit λ ∈ Sp (A). Il existe X ∈ Mn,1 tel que : AX = λX et X 6= 0. On a :
donc λ > 0.
Ceci montre : Sp (A) ⊂ R+ .
2). Réciproquement, supposons Sp (A) ⊂ R+ .
D’après le théporème spectral, il existe U ∈ On , D ∈ Dn telles que : A = U DU −1 .
Notons D = diag (λ1 , ..., λn ) où, par hypothèse : ∀ i ∈ {1, ..., n}, λi > 0.
Soit X ∈ Mn,1 . On a :
t
XAX = t XU DU −1 X = t (U −1 X)D(U −1 X),
car U −1 = t U.
y1
Notons Y = U −1 X = ... . On a alors :
yn
n
X
t
XAX = t Y DY = λi yi2 > 0.
i=1
Ceci montre : A ∈ S+
n.
On conclut :
∀ A ∈ Sn , A ∈ S+
n ⇐⇒ Sp (A) ⊂ R+
4. On a, pour toute A ∈ Mn :
A ∈ Sn
( (
A ∈ Sn A ∈ S+
n
A ∈ S++
n ⇐⇒ ⇐⇒ Sp (A) ⊂ R+ ⇐⇒ ⇐⇒ A ∈ S+
n ∩ GLn ,
Sp (A) ⊂ R∗+
A ∈ GLn
0∈/ Sp (A)
d’où :
S++
n = S+
n ∩ GLn
10
5. Il est clair que : ∀ (a, b) ∈ R2 , W (a, b) ∈ Sn .
Calculons le polynôme caractéristique χ de W (a, b) :
¯a + b − λ b ... b
¯ ¯
¯
¯ . . .. ¯
¡ ¢ ¯
b a+b−λ . .
¯
χ(λ) = det W (a, b) − λIn = ¯
¯ ¯
.. .. .. ¯
¯
¯ . . . b ¯
¯
¯ b ... b a + b − λ¯
¯ ¯
¯1 b ... b ¯
¯ .. .. ¯
¯1 a + b − λ
¯ . .
¯
= (a + nb − λ) ¯ .
¯
C1 ←−C1 +C2 +...+Cn ¯ .. .
.. . ..
¯
¯ b ¯
¯
¯1 b ... a + b − λ¯
¯1 b ... b ¯
¯ ¯
¯0 a − λ ... 0 ¯
¯ ¯
= = (a + nb − λ) ¯ ..
¯ .. .. .. ¯¯ = (a + nb − λ)(a − λ)n−1 .
Li ←−Li −L1 , 26i6n ¯. . . . ¯
¯0 ... 0 a − λ¯
¡ ¢
On a alors : Sp W (a, b) = {a, a + nb}.
Plus précisément, si b 6= 0, a est valeur propre d’ordre n − 1 et a + nb est valeur propre simple.
D’après 3.a. :
W (a, b) ∈ S+
¡ ¢ ¡ ¢
n ⇐⇒ Sp W (a, b) ⊂ R+ ⇐⇒ a > 0 et a + nb > 0
W (a, b) ∈ S++ ⇐⇒ Sp W (a, b) ⊂ R∗+ ⇐⇒ a > 0 et a + nb > 0 .
¡ ¢ ¡ ¢
n
2.a. Pour n > 2, considérons les matrices obtenues en complétant par des termes tous nuls les deux
matrices : µ ¶ µ ¶
4 0 8 4
A= , B= .
0 0 4 5
µ ¶
x
Il est clair que A, B ∈ S2 . Et, pour tout X = ∈ M2,1 :
y
t
XAX = 4x2 > 0, t
XBX = 8x2 + 8xy + 5y 2 = 2(2x + y)2 + 3y 2 > 0,
donc A, B ∈ S+
2.
µ ¶ µ ¶
4 4 x
On a : B − A = ∈ S+
2, car, pour tout X = ∈ M2,1 :
4 5 y
t
X(B − A)X = 4x2 + 8xy + 5y 2 = 4(x + y)2 + y 2 > 0.
µ ¶
64 52
2
Mais : B − A =2
/ S+
∈ 2 2 2
2 , car : det (B − A ) = 80 · 41 − 52 < 0, donc les valeurs propres de
52 41
B 2 − A2 ne sont pas toutes > 0.
On conclut :
L’application ϕ : S+ + 2
n −→ Sn , A 7−→ ϕ(A) = A n’est pas croissante
11
2.b. D’après le Cours, l’application M2n −→ Mn est continue, donc l’application Mn −→ Mn est
(A, B) 7−→ AB A−7 → A2
+ +
continue, puis, par restriction, l’application ϕ : Sn −→ Sn est continue.
A 7−→ A2
1.a. Soit S ∈ S+
n.
• Existence :
D’après le théorème spectral, il existe U ∈ On , D = diag (λ1 , ..., λn ) ∈ Dn telles que√ S = U√DU −1 .
Comme S ∈ S+ n , d’après III 3., on a : ∀ i ∈ {1, ..., n}, λi > 0. Considérons ∆ = diag ( λ1 , ..., λn ) et
R = U ∆U −1 . On a alors :
R2 = (U ∆U −1 )2 = U ∆2 U −1 = U DU −1 = S
t
©p
R = t (U ∆U −1 ) = t U −1 t ∆ t U = U ∆U −1 = R et Sp (R) =
ª
λi ; 1 6 i 6 n ⊂ R+ ,
donc, d’après III 3., R ∈ S+
n
• Unicité :
Soient R1 , R2 ∈ S+ 2 2
n telles que R1 = S et R2 = S. On a R1 − R2 ∈ Sn . Soit λ ∈ Sp (R1 − R2 ). Il existe
X ∈ Mn,1 tel que : (R1 − R2 )X = λX et X 6= 0. On a alors, en prémultipliant par R1 ou par R2 :
(
R12 X − R1 R2 X = λR1 X
R2 R1 X − R22 X = λR2 X,
Mais :
t t
X(R2 R1 − R1 R2 )X = t X t (R2 R1 − R1 R2 )X = t X(R1 R2 − R2 R1 )X = − t X(R2 R1 − R1 R2 )X,
¡ ¢
d’où t X(R1 R2 − R2 R1 )X = 0.
Ceci revient à remarquer que la matrice R1 R2 − R2 R1 est antisymétrique.
On déduit :
λ( t XR1 X + t XR2 X) = 0.
Si λ 6= 0, alors t XR1 X + t XR2 X = 0, puis, comme R1 , R2 ∈ S+ t t
n , XR1 X = 0 et XR2 X = 0, d’où :
donc λ = 0, contradiction.
Ceci montre que R1 − R2 est diagonalisable (car symétrique réelle) et n’a que 0 pour valeur propre, donc
R1 − R2 = 0, R1 = R2 , d’où l’unicité.
12
1.b. Soit S ∈ S++
n . Notons R = S
1/2
. On a déjà R ∈ S+
n . De plus :
¢2
det (R) = det (R2 ) = det (S).
¡
Comme S ∈ S++n = S+ n ∩ GLn , on a det (S) 6= 0, puis det (R) 6= 0, donc R ∈ GLn , et ainsi
+
R ∈ Sn ∩ GLn = S++
n .
1.c. Soient A, B ∈ S+ +
n . On a, en utilisant l’unicité de la racine carrée dans Sn :
³ 1 ´2 ³ 1 ´2 1 1
A + A2 = B + B 2 ⇐⇒ A + In = B + In ⇐⇒ A + In = B + In ⇐⇒ A = B.
2 2 2 2
1.e. Soient A, B ∈ S+ +
n telles que A 6 B. Notons H = B − A ∈ Sn . On a :
Puisque A, H ∈ S+ 2 2 2
n , d’après V 1.d., on a : tr (AH) > 0 et tr (H ) > 0. On conclut : tr (A ) 6 tr (B ).
¢2
1.f. Cherchons (a, b) ∈ R2 de façon que : W (a, b) = W (1, 1). On a :
¡
¢2
W (a, b) = (aIn + bW )2 = a2 In + 2abW + b2 W 2 = a2 In + (2ab + nb2 )W,
¡
d’où :
¡ ¢2
½ 2
a =1 a = 1 √
W (a, b) = W (1, 1) ⇐= ⇐= −1 + 1 + n
2
2ab + nb = 1 b= ,
n
√
et a = 1 > 0 et a + nb = 1 + n > 0, donc, d’après III 3., W (a, b) ∈ S+
n.
On conclut :
√
¡ ¢1/2 ³ 1 + n − 1´
W (1, 1) = W 1,
n
et :
t
X(S + R)(S − R)X = t X(S 2 + RS − SR − R2 )X = t X(B − A)X + t X(RS − SR)X.
Comme plus haut (solution de V 1.a.), puisque RS − SR est antisymétrique, on a t X(RS − SR)X = 0.
On obtient :
t
X(B − A)X = λ( t XRX + t XSX).
Comme R, S, B − A sont dans S+
n , on a :
t t t
X(B − A)X > 0, XRX > 0, XSX > 0.
13
t
X(B − A)X
Si t XRX + t XSX > 0, alors λ = > 0.
t XRX
+ t XSX
Si t XRX + t XSX = 0, alors t XRX = t XSX = 0, d’où :
et donc λ = 0.
Ceci montre que la matrice S − R, qui est diagonalisable car symétrique réelle, n’a que 0 pour valeur
propre, donc est la matrice nulle, et R = S.
On conclut que l’application ψ est croissante.
1/2
3.a. Soient S ∈ S+ +
n , (Sk )k∈N une suite dans Sn convergeant vers S. Notons, pour tout k ∈ N, Rk = Sk .
Puisque (Sk )k∈N converge, (Sk )k∈N est bornée. Il existe M ∈ R+ tel que :
∀ k ∈ N, ||Sk ||2 6 M.
L’application ψ : S+ +
n −→ Sn , S 7−→ ψ(S) = S
1/2
est continue
3.b. Puisque ϕ est continue, bijective et que sa réciproque ψ est continue, ϕ est un homéomorphisme de
S+
n sur lui-même.
[Link] M ∈ GLn .
Existence
D’après III 2.a. (8), on a : t M M ∈ S++n .
D’après V 1.b., il existe S ∈ S++
n telle que : t M M = S 2 .
Comme S ∈ S++ n = S+n ∩ GLn , S est inversible. Notons U = M S
−1
∈ Mn . On a :
t
U U = t (M S −1 )M S −1 = t S −1 t M M S −1 = S −1 S 2 S −1 = In ,
donc U ∈ On .
Ceci montre qu’il existe U ∈ On , S ∈ S++
n telles que M = U S.
14
Unicité
Soit (U, S) ∈ On × S++
n tel que M = U S. On a alors :
t
M M = t (U S)(U S) = t S t U U S = S( t U U )S = SIn S = S 2 .
Puisque S ∈ S++
n et S 2 = t M M, par unicité de la racine carrée dans S+
n , il y a unicité de S.
−1
Ensuite, U = M S est unique.
est un polynôme de degré n, donc admet au plus n zéros réels, parmi lesquels il peut y avoir ou pas le
réel 0. Il existe donc η > 0 tel que :
∀ t ∈ ]0 ; η[, χ(t) =
6 0.
1 1
Il existe ensuite N ∈ N∗ tel que 0 < < η. Considérons, pour tout k ∈ N : Mk = M − In .
N k+N
On a alors : ∀ k ∈ N, Mk ∈ GLn et Mk −→ M.
k∞
D’après 1., pour chaque k ∈ N, il existe (Uk , Sk ) ∈ On × S++
n tel que Mk = Uk Sk . Autrement dit, il existe
une suite (Uk )k∈N dans On et une suite (Sk )k∈N dans S++ n telles que :
∀ k ∈ N, Mk = Uk Sk .
2.b. • On est l’image réciproque du singleton {In }, qui est fermé, par l’application continue Mn −→ Mn ,
M 7−→ t M M
donc On est fermé.
n
X
• Pour toute U = (uij )ij ∈ On , on a : ∀ i ∈ {1, ..., n}, u2ij = 1,
j=1
donc :
∀ i ∈ {1, ..., n}, ∀ j ∈ {1, ..., n}, |uij | 6 1,
et donc ||U ||∞ 6 1, ce qui montre que On est borné, pour ||.||∞ , donc aussi pour ||.||2 , puisque, en
dimension finie, toutes les normes sont équivalentes.
Puisque On est fermé borné dans Mn qui est de dimension finie, On est compact.
2.c. Puisque On est compact, la suite (Uk )k∈N d’éléments de On admet au moins une valeur d’adhérence
dans On . Il existe donc une extractrice σ et U ∈ On tels que : Uσ(k) −→ U.
k∞
On a :
∀ k ∈ N, Sk = Mk Uk−1
donc :
−1
∀ k ∈ N, Sσ(k) = Mσ(k) Uσ(k) .
Puisque Mk −→ M, par suite extraite, Mσ(k) −→ M. Ensuite, par continuité du produit et de la prise
k∞ k∞
d’inverse matriciel, on a :
−1
Sσ(k) = Mσ(k) Uσ(k) −→ M U −1 .
k∞
−1 −1
Notons S = U M. On a : U S = U (U M ) = M et U ∈ On .
De plus : ∀ k ∈ N, Sσ(k) ∈ S++
n ⊂ S+ + +
n , Sσ(k) −→ S et Sn est fermé dans Mn , donc : S ∈ Sn .
k∞
15
3.a. • Soit X ∈ Mn , X = U S une décomposition polaire de X, U ∈ On , S ∈ S+
n . On a :
t t t
XX = C ⇐⇒ (U S)U S = C ⇐⇒ S( t U U )S = C ⇐⇒ S 2 = C ⇐⇒ S = C 1/2 .
Donc :
X ∈ Mn ; t XX = C = U C 1/2 ; U ∈ On
© ª © ª
1t 1
où on a noté C = AR−2 A − B = t AS −1 A − B.
4 4
/ S+
Si C ∈ n , alors l’ensemble S des solutions de l’équation proposée est vide.
Si C ∈ S+
n , d’après 3.a., il existe des solutions en Y , donc des solutions en X.
On conclut :
1 t −1
L’équation proposée admet au moins une solution si et seulement si : AS A − B ∈ S+
n
4
3.c. Puisque C ∈ S+ + + 2
n − {0} ⊂ Sn , il existe R ∈ Sn telle que R = C.
Cherchons un couple (X, Y ) solution de la forme (aR, bR), (a, b) ∈ R2 . On a :
t
(aR)aR + t (bR)bR = C ⇐⇒ (a2 + b2 )C = C ⇐⇒ a2 + b2 = 1,
car C 6= 0.
L’application
g : [0 ; 2π[ −→ M2n , θ 7−→ g(θ) = (cos θR, sin θR)
est injective et son image est incluse dans l’ensemble des solutions de l’équation proposée.
On conclut :
16
VII Calcul d’une borne supérieure
¢2
tr (Y ) 6 n tr ( t Y Y ).
¡
et de même :
D’autre part :
∀ (a, b) ∈ (R+ )2 , (a + b)2 6 2(a2 + b2 ),
comme on le voit en développant.
D’où :
¢2 ³¡ ¢2 ¡ ¢2 ´
6 2n tr ( t XX) + tr ( t Y Y )
¡ ¡ ¢
tr (X) + tr (Y ) 6 2 tr (X) + tr (Y )
= 2ntr ( t XX + t Y Y ) = 2ntr (In ) = 2n2 .
Il en résulte : √
tr (X) + tr (Y ) 6 2 n.
1
2) Pour X = Y = √ In , on a :
2
t 1 1
XX + t Y Y = I n + I n = In
2 2
et
1 1 √
tr (X) + tr (Y ) = √ n + √ n = 2 n.
2 2
On conclut :
√
La borne supérieure demandée est égale à 2n
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗∗
17