Stage Olympique Junior 2014 à Cachan
Stage Olympique Junior 2014 à Cachan
Nous tenons à remercier l’internat d’excellence de Cachan pour son excellent accueil.
Les Animatheux
5
Les élèves
6
Rémi Lesbats Joséphine Mattatia Timoté Moreaux Hugo Olivier
I Déroulement du stage 11
II Exercices d’échauffement 13
1 Enoncés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2 Solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
IV Débutants 23
1 Mardi et mercredi matin : Géométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1 mardi matin : François Lo Jacomo . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2 mardi après-midi : Guillaume Conchon-Kerjan . . . . . . . . . 30
3 mercredi matin : Jean-Louis Tu . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2 Mercredi après-midi et jeudi : Combinatoire . . . . . . . . . . . . . . 44
1 mercredi après-midi : François Lo Jacomo . . . . . . . . . . . . 44
2 jeudi matin : Félix Lequen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3 jeudi après-midi : Thomas Budzinski . . . . . . . . . . . . . . . 52
V Avancés 55
1 Mardi et mercredi matin : Géométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
1 mardi matin : Jean-François Martin . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2 mardi après-midi : Thomas Budzinski . . . . . . . . . . . . . . 55
3 mercredi matin : Vincent Jugé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2 Mercredi après-midi et jeudi : Combinatoire . . . . . . . . . . . . . . 67
1 mercredi après-midi : Jean-Louis Tu . . . . . . . . . . . . . . . . 67
2 jeudi matin : Margaret Bilu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
3 jeudi après-midi : Pierre Bornsztein . . . . . . . . . . . . . . . . 74
VII Conférences 89
1 Animath et les Olympiades de Mathématiques . . . . . . . . . . . . 89
2 Conférence de François Lo Jacomo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
9
I. Déroulement du stage
Pour ce sixième stage olympique junior, nous avons dû, pour des raisons fi-
nancières, nous limiter à une trentaine de stagiaires, et nous avons, pour ce faire,
imposé une condition supplémentaire : non seulement il fallait être en collège ou
en seconde, mais il fallait être né en 2000 ou après, donc susceptible d’être can-
didat aux Olympiades Balkaniques Junior de Mathématiques 2015. Nous avons
admis 31 élèves, 8 de seconde (ayant un an d’avance), 14 de troisième, 4 de qua-
trième et 2 de cinquième (âge moyen 13,8 ans), venus de 13 départements, dont
75 Paris (7 élèves), 78 Versailles (6 élèves) et 38 Grenoble (5 élèves). Il y avait 13%
de filles. Nous avons refusé 3 candidatures dont 1 fille.
Le premier jour, les élèves sont arrivés entre 9 h et 12 h. Six d’entre eux ont été
accueillis Gare de Lyon par Félix Lequen. Après les formalités d’accueil par Fran-
çois Lo Jacomo, tout le monde était présent pour l’inauguration du stage à 12 h.
Mais c’est l’après-midi que les choses sérieuses ont commencé, avec, de 14 h à 16 h,
un test initial pour aider à répartir les élèves en deux groupes (débutants et avan-
cés), indépendamment de la classe. Ce test était plus facile que l’an passé, mais
testait si les élèves connaissaient déjà certaines notions olympiques (théorème de
l’angle inscrit, principe des tiroirs notamment). Nous avons pris en compte égale-
ment, pour la constitution des groupes de niveaux, ce que nous savions du cursus
olympique des stagiaires. Le test initial a été corrigé après le dîner, à 20 h 30.
Les horaires étaient ceux de l’an passé : petit déjeuner à 8 h, cours en parallèle
de 9 h à 10 h 30 et de 11 h à 12 h 30, déjeuner à 12 h 30, cours de 14 h à 16 h et de 16
h 30 à 17 h 30 avec un goûter à 16 h, dîner à 19 h suivi généralement d’une soirée à
20 h 30. Puis les stagiaires pouvaient encore jouer, mais à 23 h, extinction des feux.
Nous étions regroupés dans l’aile des filles, qui avait précisément le nombre de
lits dont nous avions besoin, les filles ayant leur chambre avec leurs douches, et
les garçons le reste du couloir. La répartition dans les chambres était déterminée
essentiellement par la classe et l’âge, les élèves n’étaient pas autorisés à changer
de chambre.
Le premier soir, c’est Félix Lequen qui a donné le corrigé du test initial. Fran-
çois Lo Jacomo a présenté, le mardi soir, Animath et les Olympiades de Mathé-
matiques. Puis, le mercredi soir, un exposé sur les nombres irrationnels. Comme
le stage commençait par un test, nous n’avons organisé qu’un second test le ven-
dredi matin (9 h à 12 h) portant sur les trois journées de cours : géométrie le mardi
et mercredi matin, et combinatoire le mercredi après-midi et jeudi. Les énoncés
n’étaient bien sûr pas les mêmes pour les avancés et les débutants. Vendredi après-
midi, outre les formalités de départ, il restait à présenter la correction du test et
11
I. DÉROULEMENT DU STAGE
rendre les copies, distribuer le polycopié, mais aussi expliquer aux stagiaires com-
ment ils pourront poursuivre cette préparation olympique, qui ne se limite pas
aux deux stages organisés par Animath. La fin du stage était prévue vers 16 h.
Débutants Avancés
10h-12h Arrivée et installation
12h-12h20 Présentation du stage
Lundi 14h-16h Test initial
20h30 Correction du test initial
Matin Géométrie Géométrie
(François Lo Jacomo) (Jean-François Martin)
Mardi Après-midi Géométrie Géométrie
(Guillaume Conchon-Kerjan) (Thomas Budzinski)
20h30 Animath et les Olympiades Internationales (François Lo Jacomo)
Matin Géométrie Géométrie
(Jean-Louis Tu) (Vincent Jugé)
Mercredi Après-midi Combinatoire Combinatoire
(François Lo Jacomo) (Jean-Louis Tu)
20h30 Conférence sur les irrationnels (François Lo Jacomo)
Matin Combinatoire Combinatoire
(Félix Lequen) (Margaret Bilu)
Jeudi Après-midi Combinatoire Combinatoire
(Thomas Budzinski) (Pierre Bornsztein)
Vendredi 9h-12h Test final
14h30 Correction du test final - clôture du stage
12
II. Exercices d’échauffement
1 Enoncés
Exercice 1
Un triangle a pour longueurs des côtés : 3, 4, 5. Calculer le rayon du cercle
inscrit (cercle intérieur au triangle et tangent aux trois côtés du triangle).
Exercice 2
Soit ABCD un trapèze, où (AB) et (CD) sont parallèles. On note ∆ la droite
passant par les milieux de [AB] et [CD]. Montrer que les droites ∆, (AD) et (BC)
sont concourantes ou parallèles.
Exercice 3
Soit ABCD un rectangle, E et F les milieux des côtés [AD] et [DC]. On appelle
G l’intersection des droites (AF ) et (EC). Montrer que les angles CGF
÷ et F ÷BE
sont égaux.
Exercice 4
Soit cinq nombres a < b < c < d < e.
a) Combien de sommes deux à deux peut-on former ?
b) Ces dix sommes sont 21, 26, 35, 40, 49, 51, 54, 60, 65, 79. Trouver a, b, c, d, e.
Exercice 5
Soit a, b, c, d des nombres positifs tels que a + b + c + d = 4. Montrer que ab +
bc + cd + da ≤ 4
Exercice 6
a) Résoudre l’équation :
»
x+ (x + 1)(x + 2) = 3
b) Résoudre l’équation :
» » »
x+ (x − 1)x + x(x + 1) + (x + 1)(x − 1) = 3
Exercice 7
Soit ABCD un parallélogramme, M un point du segment [AD] distinct de A,
N le milieu de [AM ]. Les droites (BM ) et (CN ) se coupent en P . Montrer que la
droite (AP ) passe par le milieu de [CD].
13
II. EXERCICES D’ÉCHAUFFEMENT 2. SOLUTIONS
2 Solutions
Solution de l’exercice 1
I
F
C
A E
Les deux méthodes sont très différentes, mais les résultats sont bien identiques.
−a2 +(b+c)2
En effet, r(a+b+c) −a+b+c
Ä äÄ ä
a+b+c
2
= 2 2
= 4
= bc2 = aire(ABC) car le carré de
l’hypoténuse a2 = b2 + c2 .
Solution de l’exercice 2
14
II. EXERCICES D’ÉCHAUFFEMENT 2. SOLUTIONS
A M B
D N=P C
A M B
D N=P
C
15
II. EXERCICES D’ÉCHAUFFEMENT 2. SOLUTIONS
Solution de l’exercice 3
A B
E
G
D C
F
et AF
÷ D = BF
÷ C (par symétrie), ce qui est égal à ABF
÷ (angles alternes internes).
Comme ABE
÷ +F ÷ ÷, F
BE = ABF ÷ ÷.
BE = CGF
Solution de l’exercice 4
a) On peut former dix sommes distinctes : a + b, a + c, a + d, a + e, b + c, b + d, b +
e, c + d, c + e, d + e.
b) Les deux plus petites sommes sont nécessairement : a + b = 21 et a + c = 26,
et les deux plus grandes, obligatoirement d + e = 79 et c + e = 65. Par ailleurs, la
somme de ces dix sommes vaut : 4(a+b+c+d+e) = 480, donc a+b+c+d+e = 120.
D’où c = (a + b + c + d + e) − (a + b) − (d + e) = 20, et a = 6, b = 15, e = 45 et
d = 34. Si l’on calcule les dix sommes deux à deux des cinq nombres 6, 15, 20, 34 et
45, on trouve bien les dix nombres donnés.
Solution de l’exercice 5
ab + bc + cd + da = (a + c)(b + d). En posant u = a + c et v = b + d, on est ramené
ä2
u−v 2 u+v 2
Ä Ä ä Ä ä
à prouver que si u + v = 4, alors uv ≤ 4. Or uv = u+v 2
− 2
≤ 2
. Si
u+v 2
Ä ä
u + v = 4, 2
= 4 ce qui achève la démonstration.
Solution de l’exercice 6
a)
» Il suffit d’isoler la racine carrée et d’élever au carré :
(x + 1)(x + 2) = 3 − x implique x2 + 3x + 2 = 9 − 6x + x2 , soit 9x = 7, x = 97 .
On
»
vérifie bien que cette solution convient dans l’équation initiale : pour x = 79 ,
(x + 1)(x + 2) = 20 9
et 7+20
9
= 3.
b) Pour cette seconde équation, plus difficile, il y avait au moins trois solutions
distinctes.
La
»
première consiste
»
à isoler dans un
»
membre deux des racines carrées :
(x − 1)x + x(x + 1) = 3 − x − (x + 1)(x − 1) de sorte qu’en élevant au
carré,
»
on n’ait plus qu’une racine carrée de chaque côté » : (x − 1)x + x(x + 1) +
2
2x (x + 1)(x − 1) = (9 − 6x + x )+(x+1)(x−1)−2(3−x) (x + 1)(x − 1). Or c’est
16
II. EXERCICES D’ÉCHAUFFEMENT 2. SOLUTIONS
»
précisément le même (x + 1)(x − 1) à gauche et à droite, on peut donc regrou-
per ces deux»racines dans le membre de gauche et tout le reste dans le membre
de droite : 6 (x + 1)(x − 1) = 8 − 6x. On simplifie par 2 et on élève au carré :
25
9(x2 − 1) = 16 − 24x + 9x2 , soit 24x = 25 : x = » 24
. On vérifie que
»
cette solution
25 5 35
satisfait bien l’équation initiale : pour x = 24 , (x − 1)x = 24 , x(x + 1) = 24 et
»
7 25+5+35+7
(x + 1)(x − 1) = 24 , on a bien : 24
= 3. On notera qu’on a le choix de celle
des trois racines carrées qu’on fait passer à droite : chacune des trois variantes
aboutit à la même équation en définitive.
Solution de l’exercice 7
17
II. EXERCICES D’ÉCHAUFFEMENT 2. SOLUTIONS
A B
Q
D C
18
III. Lundi : Test initial
1 Enoncé
Exercice 1
Dans la configuration montrée par la figure, si α = 55◦ , β = 40◦ , γ = 35◦ , alors
combien vaut δ ?
α β
Exercice 2
Soit ABCD un quadrilatère convexe inscrit dans un cercle. La médiatrice de
[AB] coupe (AC) en P et [AD] en Q. On suppose que Q est entre A et D. Montrer
que les angles DBP
÷ et CBQ
÷ sont égaux.
Exercice 3
Un groupe d’élèves est constitué de 5 garçons et 4 filles. On veut constituer
une équipe de trois élèves choisis parmi les élèves de ce groupe.
a) Quel est le nombre possible d’équipes ?
b) Est-il vrai que moins de 5% des équipes possibles sont constituées unique-
ment de filles ?
Exercice 4
On choisit cinq nombres distincts, de 1 à 10. Montrer qu’il existe un nombre
entier non nul qui peut s’écrire de deux manières différentes comme différence de
deux de ces cinq nombres.
2 Solution
Solution de l’exercice 1
19
III. LUNDI : TEST INITIAL
A B
Nommons les points comme ci-dessus et travaillons dans les deux triangles
EAB et CED. Dans le triangle EAB, la somme des angles étant égale à 180◦ ,
÷ = 180◦ − α − β = 85◦ . Donc DEC
AEB ÷ = 180◦ − AEB ÷ = 95◦ . Dans le triangle
÷ = 180◦ − γ − 95◦ = 50◦ . Donc l’angle cherché δ = 180◦ − CDE
CED, CDE ÷ = 130◦ .
Solution de l’exercice 2
A
C
P
médiatrice de [AB], donc par symétrie QBP÷ = QAP ÷ = CAD.÷ Et d’après le théo-
Solution de l’exercice 3
Cet exercice testait la connaissance des bases du dénombrement. Choisir 3
élèves parmi 9, c’est d’abord choisir le premier (9 possibilités), puis le second
(8 possibilités) puis le troisième (7 possibilités), mais ce faisant, chaque équipe
est comptée six fois, car il existe six manières d’ordonner les trois membres de
l’équipe : ABC, ACB, BCA, BAC, CAB, CBA. Donc le nombre d’équipes distinctes
que l’on puisse constituer, sans ordonner les membres de l’équipe, est : 9×8×7
6
= 84.
20
III. LUNDI : TEST INITIAL
21
III. LUNDI : TEST INITIAL
22
IV. Débutants
Nous commencerons par le théorème de l’angle inscrit, essentiel pour une mul-
titude d’exercices, avant de dire quelques mots de l’orthocentre du triangle.
Angles inscrits
Si B et C sont deux points fixes d’un cercle, et qu’on fait varier un troisième
point A sur ce même cercle, l’angle inscrit BAC
÷ ne dépend pas de la position du
point A.
centre BOC,
÷ qui ne dépend pas de A, est le double de l’angle inscrit BAC. ÷
23
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
A0
Si l’on veut un théorème qui ne dépende pas des cas de figures, il faut in-
troduire les angles de droites : l’angle (AB, AC) est l’angle orienté dont il faut
faire tourner la droite (AB) pour la faire coïncider avec (AC). Donc (AB, AC) =
−(AC, AB) et plus généralement : (AB, AC) + (AC, AD) = (AB, AD) (relation de
Chasles) quels que soient les points A, B, C et D. En utilisant ces angles de droites,
le théorème de l’angle inscrit s’écrit : quatre points A, B, C, D sont sur un même
cercle si et seulement si (AB, AC) = (DB, DC).
Exercice 1
Soit ABCD un parallélogramme, P un point intérieur au parallélogramme vé-
rifiant : AP
÷ D + CP
÷ B = 180◦ . Montrer que P
÷ BA = P
÷ DA.
A B
D C
Solution de l’exercice 1
24
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
A B
P Q
D C
Exercice 2
Soit ABCD un quadrilatère convexe inscriptible. On supposera que l’angle
ABC est aigu. Soit E le milieu de [AB]. La perpendiculaire à (AB) passant par
÷
E coupe (BC) en P . La perpendiculaire à (CD) passant par E coupe (AD) en Q.
Montrer que (P Q) est perpendiculaire à (AD).
Solution de l’exercice 2
Exercice typique où grâce à des égalités d’angles on trouve des points cocy-
cliques, et ces points cocycliques nous fournissent de nouvelles égalités d’angles...
dont celle cherchée !
Posons α = BP ÷ E. Comme P ÷ ÷ = 90◦ − α. Or EBP
EB est droit, EBP ÷ = ABC ÷
est supplémentaire de CDA÷ d’après le théorème de l’angle inscrit, donc CDA ÷ =
90◦ +α, et si l’on nomme S l’intersection de (CD) et (AQ), SDQ÷ = 90◦ −α. Comme
faudrait par exemple que AP÷ E = α, mais c’est le cas, car P est sur la médiatrice de
25
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
angles AEP
÷ et AQP ÷ sont supplémentaires ; Comme AEP ÷ est droit par hypothèse,
÷ est lui aussi droit, ce qui signifie que (P Q) est orthogonal à (AD).
AQP
k i
h
S
D
l
C
P
Q
Exercice 3
26
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
N D
M
C
A O B
Solution de l’exercice 3
÷ = 90◦
L’hypothèse "C et D sur le cercle de diamètre [AB]" se traduit par : ACB
÷ = 90◦ . Mais cela entraine manifestement : F
et ADB ÷CE = 90◦ et F ÷ DE = 90◦ ,
donc (C) et (D) sont également sur le cercle de diamètre [EF ]. Le milieu N de
[EF ] est le centre de ce cercle, donc N C = N D, ce qui entraine que N est sur la
médiatrice de [CD]. Or, pour la même raison, le milieu O de [AB] est lui aussi sur
la médiatrice de [CD]. Et par définition, cette même médiatrice passe par le milieu
M de [CD].
E
N
D
M
C
A O B
Hauteurs et orthocentre
Les hauteurs d’un triangle ABC se coupent en un point nommé orthocentre
du triangle, et traditionnellement noté H. En effet, menons par A la parallèle à
(BC), par B la parallèle à (CA) et par C la parallèle à (AB) : on voit apparaître
trois parallélogrammes ABCB 0 , ABA0 C et AC 0 BC, donc la hauteur issue de A est
27
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
C0 A B0
B C
A0
Exercice 4
28
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
HB
HC
B C
HA
Solution de l’exercice 4
Exercice 5
29
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
HB
HC
B
C
HA
Solution de l’exercice 5
Il suffit d’étudier les angles de la figure : en appelant, cette fois, HA , HB et HC
les symétriques de H par rapport aux côtés du triangle, HA0 , HB0 et HC0 les pieds
des hauteurs, milieux de HHA , HHB et HHC : dans le triangle rectangle BHB0 C,
0 ◦ 0 ◦
H B BC = 90 − C. De même, HC CB = 90 − B. Donc le troisième angle du triangle
ÿ “ ÿ “
Cours
Pour approfondir ce résumé, on pourra lire le cours de géométrie de Pierre
Dehornoy :
http ://[Link]/xavier/old/maths/stmalo/[Link]
Vecteurs
Définition 1. Un vecteur est un objet géométrique caractérisé par une direction,
un sens et une longueur.
30
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
Proposition 3. Les translations conservent les aires, les longueurs, les angles, les
cercles, les droites (une translation envoyant une droite sur une droite parallèle).
−→ −−→
Proposition 4. • AB = CD si et seulement si ABDC est un parallélogramme.
−→ −−→
• Il existe un réel k non nul tel que AB = k CD si et seulement si (AB)//(CD).
−→ −→
On dit alors que ces deux vecteurs sont colinéaires. En particulier, AB = k AC si
et seulement si A, B, C sont alignés.
Rotations
Proposition 8. Les rotations conservent les longueurs, les cercles, les alignements,
les angles, les droites... une droite étant envoyée sur une droite avec laquelle elle
fait un angle valant θ.
Proposition 10. Si [AB] et [A0 B 0 ] sont deux segments de même longueur et non
parallèles, il existe une unique rotation envoyant [AB] sur [A0 B 0 ] en envoyant A
sur A0 et B sur B 0 .
31
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
Exercices
Exercice 1
−→ −−→ −→
Montrer que G est le centre de gravité de ABC si et seulement si GA + GB + GC =
→
−
0.
Exercice 2
On considère une rivière droite de largeur L et deux points A et B situés de part
et d’autre de celle-ci. Comment construire un pont perpendiculaire à celle-ci pour
minimiser le trajet entre A et B ?
Exercice 3
On considère trois droites (d1 ), (d2 ), (d3 ), construire un triangle équilatéral ayant
un sommet sur chaque droite (mais pas sur leurs intersections).
Exercice 4
Soit ABC un triangle, on construit E et F vers l’extérieur tels que ABE et ACF
÷ = 120o et BDC
soient équilatéraux. On construit D vers l’intérieur tel que BDC
isocèle. Montrer que DE = DF .
Solutions
Solution de l’exercice 1
−→ −→ −→
En utilisant la relation de Chasles, l’énoncé est équivalent à 3GA = −AB − AC,
soit :
−→ 1 −→ −→
AG = (AB + AC).
3
Il existe donc un et un unique point G vérifiant cela, A, B, C étant donnés.
−−→ −→ −→ −−→
De plus, si A0 est le milieu de [BC], on sait que AA0 = 21 (AB + AC), donc AA0 =
3 −→
2
AG, donc A, G, A0 sont alignés et G est sur (AA0 ). De même, G est sur (BB 0 ) et
(CC 0 ), donc G est bien le centre de gravité de ABC.
Solution de l’exercice 2
A•
P P optimal
• •
• B0
•
Q
•B
Soit →
−v le vecteur perpendiculaire à la rivière dirigé vers A et de longueur L.
On note B 0 l’image de la translation de B selon →−v . Si le pont relie P et Q, alors le
trajet a pour longueur AP + P Q + QB = AP + L + P B 0 , donc on veut minimiser
32
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
D
•
B• •C
•
D0
33
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
Théorème 11. Soit [BC] une corde d’un cercle C. L’angle formé par une demi-
droite tangente au cercle en B et la demi-droite [BC) est égal à l’angle inscrit qui
intercepte le même arc.
I C
B α
−−→
Démonstration. Notons [Bx) la demi-droite tangente. Alors (Bx, BC) est le
−−→ −−→ −−→
complémentaire de (BC, BO) car (Bx, BO) = π2 . D’autre part, notons I le milieu
−−→ −→
de [BC]. Alors OIB est rectange en I donc (OB, OI) est également le complémen-
−−→ −−→
taire de (BC, BO).
−−→ −−→ −→ −−→ −→
Il vient : (Bx, BC) = (OB, OI). Or, (OB, OI) est égal à la moitié de l’angle au
centre, donc est égal à l’angle inscrit.
Remarque. Ce théorème peut être considéré comme un cas limite du théorème
de l’angle inscrit. En effet, lorsque le point A se rapproche de B, la droite (AB) se
rapproche de la tangente en B.
B0
C0
B
C
Théorème 12. Deux cordes [BB 0 ] et [CC 0 ] d’un cercle se coupent en un point inté-
rieur A. Alors les triangles ABC et AC 0 B 0 sont indirectement semblables, et l’angle
en A est la somme des angles inscrits interceptant les mêmes arcs.
34
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
B0
C0
B
C
donc BAC
÷ =B ◊ 0 CA + AB
◊ 0 C est bien la somme des angles inscrits interceptant les
0 0
arcs B C et BC.
Théorème 13. Deux cordes [BB 0 ] et [CC 0 ] d’un cercle se coupent en un point exté-
rieur A. Alors les triangles ABC et AC 0 B 0 sont indirectement semblables, et l’angle
en A est la différence des angles inscrits interceptant les mêmes arcs.
B0
C0
B
35
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
B0
C0
B
On a A “ = π − CB
◊ 0 A − ACB
◊0 = BB ◊ 0C − C
◊ 0 CB 0 est bien la différence des angles
0 0
inscrits interceptant les arcs BC et B C .
H O
B C
I
X Y
36
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
D
G
E F
B C
L’angle GF
÷ A est la somme des angles inscrits qui interceptent les arcs AD et AE,
B+C
“ “
÷ et égal à B + C , donc AF G est isocèle
“ “
donc vaut . De même, l’angle AGF
2 2
en A.
Exercice 2 La bissectrice intérieure issue de A d’un triangle ABC recoupe le cercle
circonscrit au point M . Soient D et E les projetés de M sur (AB) et (AC).
Montrer que BD = CE et que AD = AE = 21 (AB + AC).
Solution de l’exercice 2
A
E
B C
D
37
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
E A O B
(DP, DE) = (DC, DE) = (BC, BD) = (BC, BA) + (BA, BD) = (AB, AC) +
(BA, BD) = (P E, P D).
Exercice 4 Soit ABC un triangle, et D, E, F les pieds des hauteurs et H l’ortho-
centre.
1) Déterminer tous les angles des triangles AEF et DEF .
2) Que représentent les points A, B, C, H pour le triangle DEF ?
3) Soient P et Q les projetés de D sur (AB) et (AC). Montrer que (P Q) est
parallèle à (EF ).
Solution de l’exercice 4
A
E
F
H
C
B
D
38
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
AF AH AE
3) = = donc d’après le théorème de Thalès, (EF ) et (P Q) sont
AP AD AQ
parallèles.
Exercice 5 On considère deux cercles de centres O et O0 sécants en A et B. Une
droite passant par A coupe ces cercles en C et D. Déterminer l’angle CBD
÷ en
◊0 .
fonction de l’angle OAO
Solution de l’exercice 5
D
A
÷ = 180◦ − BCD
CBD ÷ = 180◦ − O
÷ − CDB ◊ 0 OA − AO
◊ 0 O = OAO
◊0 .
C0
D
A
D0
C
CP
◊ C 0 = 180◦ − C◊0 CP − P
◊ C 0 C = 180◦ − ACD
÷ − (180◦ − CC ◊ 0 D 0 ) = 180◦ − ABD
÷−
D
◊ 0 BA = 180◦ − D
◊ 0 BD −180◦ −θ où θ est l’angle entre les deux cercles (voir exercice
précédent).
39
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
K F
E B
Quadrilatères inscriptibles
Théorème 15. Soit ABCD un quadrilatère quelconque. On note P, Q, R, S, U, V les
milieux de [AB], [BC], [CD], [DA], [AC], [BD]. Alors [P R], [QS] et [U V ] se coupent
en leur milieu G. On appelle ce point le centre de gravité de ABCD.
A
S
D
P
G
R
B C
Q
40
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
A
H
E
B G
C
F
En effet, on sait que l’angle entre deux cordes sécantes est égal à la somme des
angles inscrits qui interceptent les mêmes arcs, donc l’angle entre (EG) et (F H)
est égal à 41 (AOB
÷ + BOC
÷ + COD ÷ + DOA) ÷ = 90◦ .
D
G M
O
Q S0
41
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
O
Hd
Q
B C
O0
Théorème 19. Soient A0 , B 0 , C 0 , D0 les centres des cercles inscrits à BCD, CDA, DAB, ABC.
Alors A0 B 0 C 0 D0 est un rectangle.
A
H
E
B A0 G
C
F
Notons E, F, G, H les milieux des arcs AB, BC, CA, AD. On sait que BF A0 est
isocèle en F , donc F B = F A0 . De même, F B = F D0 , donc A0 F D0 est isocèle en
F . La base (A0 D0 ) est perpendiculaire à la bissectrice (F H) de l’angle A
◊ 0 F D 0 . De
0 0 0 0 0 0
même, (B C ) est perpendiculaire à (F H), et (A B ) et (C D ) sont perpendicu-
laires à (EG). De plus, (EG) et (F H) sont perpendiculaires entre elles, d’où la
conclusion.
Exercice 8 Soit ABCD un quadrilatère cyclique et X le point d’intersection des
diagonales. Notons H et K les projetés de X sur (BC) et (AD). Montrer que
XH BC
= .
XK AD
Solution de l’exercice 8
42
IV. DÉBUTANTS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
D
K
A
B H
Comme XAD et XBC sont semblables, leurs hauteurs issues de X sont propor-
tionnelles à leurs côtés opposés à X.
Exercice 9 Soit ABCD un quadrilatère cyclique. La perpendiculaire en A à (AB)
rencontre (CD) en A0 , et la perpendiculaire en C à (CD) rencontre (AB) en C 0 .
Montrer que (A0 C 0 ) est parallèle à (BD).
Solution de l’exercice 9
D
A
A0
C0
AA0 CC 0 sont cocyliques sur le cercle de diamètre [A0 C 0 ] donc (C 0 A0 , C 0 A) = (CA0 , CA) =
(CD, CA) = (BD, BA), donc (C 0 A0 ) est parallèle à (AB).
Exercice 10 Soit ABCD un quadrilatère cyclique. Notons X le point d’intersec-
tion de (AD) et (BC). Notons Q et S les milieux de [BC] et [DA]. Montrer que la
perpendiculaire à (QS) passant par X passe par l’anticentre de ABCD.
Solution de l’exercice 10
A
S
D
M
X
C
Q
B
Par définition, M est l’intersection de deux hauteurs de XSQ, donc est l’ortho-
centre de XSQ. On en déduit que (XM ) ⊥ (SQ).
43
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Le principe des tiroirs semble élémentaire, mais il n’a été utilisé en mathéma-
tiques qu’à partir du 19-ème siècle :
Si l’on range au moins n + 1 objets dans n tiroirs, l’un des tiroirs au moins
contiendra au moins deux objets. Un des exercices du test initial pouvait être ré-
solu à partir du principe des tiroirs : si l’on choisit cinq nombres de 1 à 10, il y a
dix différences entre deux de ces cinq nombres, comprises entre 1 et 9, donc au
moins deux de ces différences sont égales.
Plus généralement, si l’on range au moins kn + 1 objets dans ces mêmes n
tiroirs, l’un des tiroirs au moins contiendra au moins k + 1 objets. Par exemple :
sachant qu’un humain a moins de 250 000 cheveux (0 à 249 999) et qu’il y a 2
500 000 Parisiens, au moins deux Parisiens ont le même nombre de cheveux. On
peut même préciser qu’il existe 10 Parisiens au moins ayant le même nombre de
cheveux. S’il existait 2 500 001 Parisiens ayant chacun moins de 250 000 cheveux,
on pourrait affirmer qu’il en existe au moins 11 parmi eux ayant le même nombre
de cheveux.
Exercice 1
Chacun des 31 stagiaires connaît un certain nombre d’autres stagiaires. On ad-
met que si A connaît B, B connaît A. Montrer qu’il existe au moins deux stagiaires
qui connaissent précisément le même nombre de stagiaires.
Solution de l’exercice 1
Les tiroirs seront le nombre de stagiaires connus. Il peut varier de 0 à 30, ce qui
fait 31 tiroirs pour 31 stagiaires, c’est un tiroir de trop. Mais on remarque que si
un stagiaire connaît les 30 autres stagiaires, alors tous les stagiaires le connaissent,
donc le nombre de stagiaires connus ne peut pas prendre la valeur 0 s’il prend la
valeur 30. Il prend donc au plus 30 valeurs, et le principe des tiroirs s’applique.
Exercice 2
Les points du plan sont coloriés arbitrairement en rouge et en noir. Montrer
qu’on peut trouver deux points de même couleur situés à exactement 1 m de dis-
tance.
Solution de l’exercice 2
Il suffit de considérer les trois sommets d’un triangle équilatéral de 1 m de
côté. Deux au moins d’entre eux sont de même couleur.
Exercice 3
44
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Solution de l’exercice 3
Pour appliquer le principe des tiroirs, il faut strictement moins de 51 2
tiroirs,
soit au plus 25. Couvrir un carré avec 25 cercles est moins facile√que le couvrir
avec 25 carrés, de côté 51 . Mais la diagonale d’un tel carré mesure 52 < 27 , de sorte
que chacun de ces carrés est inclus dans un cercle de rayon 17 . Les trois points qui
se trouvent à l’intérieur d’un même carré se trouvent a fortiori à l’intérieur d’un
même cercle.
Exercice 4
On place 6 points à l’intérieur d’un rectangle de dimension 4×3.
√ Montrer qu’on
peut en trouver deux dont la distance est inférieure ou égale à 5.
Solution de l’exercice 4
Si l’on plaçait 7 points, le problème serait facile, il suffirait de diviser le rec-
tangle en six rectangles 2 × 1. Mais on n’a que 6 points, il faut donc trouver un
autre découpage astucieux. La figure nous montre quel découpage choisir. A l’in-
térieur d’un de ces six polygones, il y a deux points au moins, et leur distance√ est
nécessairement inférieure à la plus grande diagonale du polygone, donc à 5.
Exercice 5
Montrer que quel que soit n, parmi (n + 1) entiers quelconques a0 , a1 ... an , on
peut en trouver deux ai et aj tels que ai − aj soit divisible par n.
Solution de l’exercice 5
Si n = 2, cela revient à dire que parmi trois entiers donnés, il y en a au moins
deux qui ont même parité. On répartit les nombres dans deux tiroirs (pair et im-
pair), et l’un des tiroirs contient au moins deux nombres. On peut faire la même
45
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
chose si n = 3, en répartissant les nombres dans trois tiroirs : ceux qui sont divi-
sibles par 3, ceux de la forme 3k +1 et ceux de la forme 3k +2, et plus généralement
on classe les nombres dans les n classes modulo n : {kn}, {kn + 1}...{kn + (n − 1)}.
Au moins une classe contient au moins deux entiers : kn + r et k 0 n + r, et leur
différence (k − k 0 )n est bien divisible par n.
Exercice 6
Montrer que pour tout n, il existe un multiple de n d’au plus n chiffres, tous
égaux à 0 ou 1.
Solution de l’exercice 6
On utilise ce premier résultat avec la suite : a0 = 0, a1 = 1, a2 = 11, a3 = 111
etc... : ai est l’entier formé de i chiffres tous égaux à 1. Deux d’entre eux ont une
différence multiple de n, et cette différence a au plus n chiffres tous égaux à 0 ou
1.
Pavages
Nous conclurons par des problèmes un peu différents : peut-on paver telle
surface avec des objets de telle forme ? Là encore, il faut distinguer clairement le
cas où la réponse est oui (il suffit alors de montrer un exemple de pavage solution)
du cas où la réponse est non : souvent, on a alors recours à un coloriage pour
montrer que, si l’on pouvait paver, le nombre de cases de telle couleur ne serait
pas ce qu’il est effectivement. Ci-dessous trois exemples typiques :
Exercice 7
On considère un échiquier, dont on découpe la case en haut à gauche et la case
en bas à droite. Peut-on paver les 62 cases restantes avec des dominos ?
Solution de l’exercice 7
Problème très classique : chaque domino couvre une case blanche et une case
noire, donc quelle que soit la manière de disposer les dominos, on couvrira autant
de cases blanches que de cases noires. Or si l’on découpe les deux cases en haut à
gauche et en bas à droite de l’échiquier, il s’agit de deux cases de même couleur,
toutes deux noires ou toutes deux blanches. Il restera donc soit 30 cases noires et
32 cases blanches soit 32 noires et 30 blanches. Si l’on parvient à placer 30 dominos
(ce qui reste à prouver, mais c’est facile), les deux dernières cases seront obligatoi-
rement de même couleur, et on ne pourra pas y placer un domino de plus : il n’est
donc pas possible de paver tout l’échiquier ainsi.
46
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
1
2 1
1
6 6
Exercice 8
Peut-on paver un triangle équilatéral de coté 6 avec des "sphinx" de forme ci-
dessus (angles de 60◦ , 120◦ ou 240◦ ) ?
Solution de l’exercice 8
47
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Exercice 9
Solution de l’exercice 9
48
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
1
Exercice 7 Soit x un réel non nul tel que x + x
soit un entier. Montrer que pour
tout n ∈ N, xn + x1n .
Exercice 8
49
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
n(n + 1)(2n + 1)
02 + 12 + 22 + . . . + n2 + (n + 1)2 = + (n + 1)2
6
(n + 1)(2n2 + n + 6n + 6)
=
6
(n + 1)(2n2 + 7n + 6)
=
6
n2 (n + 1)2
03 + 12 + 22 + . . . + n2 + (n + 1)2 = + (n + 1)3
4
(n + 1)2 (n2 + 4n + 4) (n + 1)2 (n + 2)2
= =
4 4
50
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
1 1 1 1 1 1
1+ 2
+ 2 + ... + 2 + 2
≤2− +
2 3 n (n + 1) n (n + 1)2
1 1
≤2− +
n n(n + 1)
1
=2−
n+1
Solution de l’exercice 7 Soit x un réel non nul tel que x + x1 est entier. Ici, on va faire
une récurrence d’ordre 2, c’est-à-dire que l’on va montrer que la propriété est vraie
aux rangs 0 et 1, puis montrer que, pour tout entier n, si elle est vraie aux rangs n
et n + 1, alors elle est vraie au rang n + 2. Il s’agit d’une variante de la récurrence
normale et on peut d’ailleurs s’y ramener. La propriété est vraie pour 0 car alors
x0 + x10 = 2 qui est entier. Elle est vraie pour 1 par hypothèse.
Soit donc n ∈ N tel que la propriété soit vraie aux rangs n et n + 1. Alors,
1
(x n+1
+ xn+1 )(x + x1 ) est entier car c’est le produit de deux entiers. Or : (xn+1 +
1
xn+1
)(x + x1 ) = xn+2 + xn + x1n + xn+2
1 1
, donc xn+2 + xn+2 s’exprime comme différence
de deux entiers, donc c’est un entier, d’où le résultat.
Solution de l’exercice 8
— La propriété est vraie pour n = 0. Soit n ∈ N tel que 2n > n. On a alors en
fait 2n ≥ n + 1, car il n’y a pas d’entier compris entre n et n + 1. On a donc
2n+1 ≥ 2(n + 1) en multipliant par 2, ce qui conclut car pour tout n ≥ 0,
2(n + 1) > n + 1.
— La propriété est vraie pour 4, puisque 4! = 24 > 16 = 24 . Soit n ∈ N tel que
n! > 2n . On a alors, en multipliant par n + 1 : (n + 1)! > (n + 1)2n , or pour
n ≥ 4, n + 1 ≥ 2, d’où le résultat.
Solution de l’exercice 9 Soit x un réel supérieur ou égal à −1. Montrons par récur-
rence que pour tout entier n, (1 + x)n ≥ 1 + nx. La propriété est vraie pour 1. Soit
n ∈ N tel que (1 + x)n ≥ 1 + nx. Alors en multipliant cette inégalité par 1 + x, qui
est positif, on a : (1 + x)n+1 ≥ (1 + nx)(1 + x) = 1 + (n + 1)x + nx2 ≥ 1 + (n + 1)x,
d’où le résultat.
Solution de l’exercice 10 Soit b un entier naturel non nul. Pour tout a ∈ N, on note
P (a) la propriété suivante : il existe des entiers q et r, avec 0 ≤ r ≤ b tels que
a = bq + r. Alors P (0) est vraie car 0 = 0 × b + 0 et 0 ≤ 0 < b. Soit a ∈ N tel que
P (a) soit vraie. Soient donc q et r des entiers, avec 0 ≤ r < b, tels que a = bq + r.
On a alors deux cas : soit 0 ≤ r ≤ b − 2, et dans ce cas, on a a + 1 = bq + (r + 1),
avec q et r + 1 deux entiers et 0 ≤ r + 1 < b. Sinon, on a r = b − 1. Dans ce cas,
a + 1 = b(q + 1) + 0. On a bien q + 1 et 0 des entiers avec 0 ≤ 0 < b.
51
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
52
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Exercice 3 On trace n droites dans le plan, deux d’entre elles n’étant jamais paral-
lèles et trois jamais concourrantes. Combien de régions délimitent-elles ?
Solution de l’exercice 3 On se demande combien de régions ajoute la n-ième droite :
elle croise chacune des n − 1 droites précédentes, ce qui définit n − 1 points d’in-
tersection sur cette droite, qui la découpent en n portions de droite. Chacune
de ces droites correspond à une région traversée par la n-ième droite, donc elle
coupe en deux n régions, donc la n-ième droite ajoute n régions. Comme il y a
une unique région avec 0 droite, le nombre de régions avec n droites vaut donc
1 + 1 + 2 + 3 + 4 + ... + n = n(n+1)
2
+ 1.
Exercice 4 2n + 1 enfants jouent avec des pistolets à eau. A un certain moment,
chaque enfant tire sur son camarade le plus proche. Montrer qu’il y a au moins un
enfant qui reste sec.
Solution de l’exercice 4 Pour n = 1, il y a deux enfants parmi les trois qui sont à
distance minimale. Ces deux enfants s’aspergent mutuellement, de sorte que le
troisième reste sec.
Si le résultat marche pour n, alors parmi 2(n + 1) + 1 enfants on peut en trou-
ver deux qui minimisent la distance. Appelons-les François et Félix. Si François
et Pierre n’avaient pas été là, d’après l’hypothèse de récurrence, un des enfants
restants serait resté sec. Appelons-le Jean-Louis : en rajoutant François et Pierre,
certains tirs peuvent être "redirigés" vers François ou Pierre, mais aucun tir ne va
toucher Jean-Louis car Pierre et François s’aspergent l’un l’autre. On a donc bien
un enfant qui reste sec.
53
IV. DÉBUTANTS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
54
V. Avancés
Résumé du cours :
Un vecteur est un objet géométrique caractérisé par une direction, un sens et
une longueur.
Proposition 21. Les homothéties conservent les angles, les rapports de longueurs,
les droites, les cercles etc... De plus, l’image d’une droite (∆) par une homothétie
est parallèle à ∆.
Proposition 23. — Soient [AB] et [A0 B 0 ] deux segments supportés par des droites
parallèles. Il existe une unique homothétie envoyant A sur A0 et B sur B 0 .
— Soient Γ1 et Γ2 deux cercles de rayons différents. Il existe exactement deux
homothéties, une de rapport positif et une de rapport négatif, envoyant Γ1
sur Γ2 .
S’ils ont le même rayon, il existe exactement une homothétie et une trans-
lation envoyant l’un sur l’autre.
De plus, si les cercles admettent des tangentes communes extérieures (resp.
intérieures), alors leur intersection est le centre de l’homothétie positive
(resp. négative) envoyant l’un sur l’autre.
55
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
Exercices :
— Montrer que G se trouve aux deux tiers des médianes, puis que A0 B 0 C 0 est
l’image de ABC par une homothétie bien choisie de centre G.
— En déduire que O, G et H son alignés.
E A
F
H
B0
Ω C0
G
O
C
A0 D
B
Solution de l’exercice 1
— Comme (A0 B 0 ) est parallèle à (AB), il existe une homothétie h de centre G
qui envoie (AB) sur (A0 B 0 ). On a h(A) = A0 et h(B) = B 0 . h est de rapport
−−→ −→
négatif et A0 B 0 = 21 AB donc h est de rapport − 21 , d’où GA0 = 12 GA. On en
déduit immédiatement la deuxième partie de la question.
— Soit h l’homothétie de la première question : h(ABC) = A0 B 0 C 0 , donc h
envoie H sur l’orthocentre de A0 B 0 C 0 . Or, O est l’orthocentre de A0 B 0 C 0 . En
56
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
O1 O2
A
Remarque 24. Cet exercice peut également être résolu par chasse aux angles.
Exercice 3 Soit ABC un triangle. On note Γ son cercle inscrit et ΓA son cercle
exinscrit en A. Γ touche [BC] en I, et Γ touche [BC] en J. Soit K le point d’inter-
section de Γ avec (AJ) le plus proche de A.
Montrer que IJK est rectangle en I.
57
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
C I B
J
Exercice 4 Soit ABC un triangle, D le point de contact du cercle inscrit avec [BC],
J le centre du cercle A-exinscrit et M le milieu de la hauteur issue de A. Montrer
que M , D et I sont alignés.
Remarque 26. On rappelle que le cercle A-exinscrit au triangle ABC est le cercle
tangent au segment [BC], et aux demi-droites [AB) et [AC).
58
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
C E D H B
59
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
A X M Y B
C
D
Solution de l’exercice 5 Les droites parallèles donnent envie de chercher des homo-
théties qui les envoient l’une sur l’autre. Deux sont intéressantes : celle de centre
Q qui envoie A sur C et B sur D, qu’on note hQ et celle de centre P qui envoie C
sur B et D sur Y , qu’on note hP .
hP ◦ hQ est alors une homothétie qui envoie A sur B et Y sur X. Son centre est
sur (AB) et sur (P Q) (car c’est le centre d’une composée d’homothéties de centres
P et Q), donc c’est M et, comme M est le milieu de [AB], hP ◦ hQ est la symétrie
centrale de centre M , d’où le résultat.
Exercice 6 (Théorème de Monge-d’Alembert)
Soient Γ1 , Γ2 et Γ3 trois cercles tels que les disques correspondants soient disjoints.
Soient X1 le point d’intersection des tangentes communes extérieures à Γ2 et Γ3 .
On définit de même X2 et X3 .
Montrer que X1 , X2 et X3 sont alignés.
Γ1
Γ2
Γ3
X1
X2
X3
60
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
A
Γ
ΓA
C B
A0
Solution de l’exercice 1
Soit E le point tel que le triangle EDA soit directement isométrique au triangle
ABC. Alors, en angles orientés, EAB ÷ = EAD ÷ − BAD ÷ = ACB ÷ − BAC ÷ = 80◦ −
◦ ◦
20 = 60 . Puisque AB = AC = AE, le triangle ABC est donc équilatéral. On
a donc également BED ÷ = BEA ÷ − DEA ÷ = 60◦ − BAC ÷ = 60◦ − 20◦ = 40◦ . En
outre, puisque ABC est équilatéral,
on a BE = AE = DE, d’où l’on conclut que
EDB = DBE = 2 180 − BED = 70◦ .
÷ ÷ 1 ◦ ÷
÷ = 180◦ − ADE
Il s’ensuit que BCD ÷ = 180◦ − CBA
÷ − EDB ÷ − 70◦ = 180◦ − 80◦ −
70◦ = 30◦ .
E D
B C
61
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
Solution de l’exercice 2
Tous les angles de l’hexagone valent 60◦ . Soit alors G, H et I les points d’inter-
section respectifs de (F A) et (BC), de (BC) et (DE), puis de (DE) et (F A). Les
triangles ABG, CDH, EF I et GHI sont équilatéraux : notons a, b, c et s leurs cô-
tés respectifs. Alors AB − DE = a − (s − b − c) = a + b + c − s ; symétriquement,
EF − BC = c + (s − a − b) = a + b + c − s et CD − F A = b − (s − a − c) = a + b + c − s,
de sorte que AB − DE = EF − BC = CD − F A.
F E
D
A
G B C H
Solution de l’exercice 3
−→
Soit sST la symétrie d’axe (ST ) et t− → la translation de vecteur ST . Alors la
ST
transformation t− → ◦ sST envoie le point A sur le point B. Il s’ensuit que le milieu
ST
de [AB] appartient nécessairement à la droite (ST ). Plus précisément, soit pA et
pB les projetés orthogonaux respectifs de A et B sur (ST ), et soit M le milieu de
−−−→ −→
[AB]. Alors M est également le milieu de [pA pB ] et vérifie même M pB = 21 ST .
Or, le point pB décrit exactement le segment [ST ]. Le point M décrit donc le
segment [O1 O2 ], où O1 et O2 sont les centres respectifs de C1 et C2 .
62
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
C1 C2 D
S
O1 T M O2
Solution de l’exercice 4
Puisque [AB] est un diamètre de C, on sait que E et F sont les pieds des hau-
teurs de ABC respectivement issues de B et de A, de sorte que les droites (BE) et
(AF ) se coupent en l’orthocentre H du triangle ABC. De plus, EHF÷ = BHA ÷ =
180◦ − HAB
÷ − ABH÷ = 180◦ − (90◦ − F ÷BA) − (90◦ − EAB)
÷ = CAB ÷ + ABC ÷ =
2BCA
÷ = 2F ÷ CE. Soit alors O le centre du cercle circonscrit à EHF C : on vient de
montrer que E, F , O et P sont cocycliques.
que P
÷ EF = ABC
÷ + CAB ÷ − 90◦ , de sorte que P EF est isocèle en P . Puisque que
E, F , O et P sont cocycliques, il s’ensuit que P = O. Or, puisque [CH] est un
diamètre du cercle circonscrit à EHF C, on sait que P = O appartient à [CH].
C’est pourquoi (P C)k(CH)⊥(AB).
63
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
E
F
H
A B
A I B
D J C
64
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
C
B
M
C O D
Solution de l’exercice 7
Soit P le point de la demi-droite [DE) tel que DP = 1. Puisque AEP
÷ = ABC
÷ =
90◦ , que AB = AE = 1 et que BC = 1 − DE = EP , les triangles AEP et ABC sont
directement isométriques. Il s’ensuit que AP = AC et que les polygones ABCDE
et ACDP ont même aire.
En outre, puisque AP = AC et CD = DP = 1, la droite (AD) est in axe de
symétrie de ACDP , de sorte que l’aire de ACDP vaut 2 fois l’aire du triangle
ADP . Enfin, le triangle ADP a pour base P D = 1 et pour hauteur AE = 1, de
sorte que son aire vaut 12 , donc que l’aire de ACDP et de ABCDE vaut 1.
65
V. AVANCÉS 1. MARDI ET MERCREDI MATIN : GÉOMÉTRIE
E
A
D
P
C B
A B
H
P
66
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Principe pour compter de deux manières. Supposons que A et B sont deux en-
sembles finis, et que R est une relation entre les éléments de A et les éléments de
B.
Soit X l’ensemble des couples (a, b) tels que a ∈ A, b ∈ B et aRb.
Pour tout a ∈ A, on note Xa l’ensemble des b ∈ B tels que aRb. De même, pour
tout b ∈ B, on note X b l’ensemble des a ∈ A tels que aRb. Alors on a
|X b |.
X X
|Xa | =
a b
Voici comment visualiser cette égalité. On forme un tableau, tel que chaque
élément de A correspond à une ligne et chaque élément de B correspond à une
colonne.
On met un point noir à l’intersection de la ligne a et de la colonne b si a et b
sont en relation.
67
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Alors |Xa | est le nombre de points noirs dans la ligne a, |X b | est le nombre de
points noirs dans la colonne b, et a |Xa | = b |X b | est le nombre total de points
P P
dans le tableau.
Exemple : soit A l’ensemble êtres humains, B l’ensemble des langues {français, anglais}.
Chaque personne parle soit l’une des deux langues, soit les deux, soit aucune des
deux.
Soit F le nombre de personnes parlant le français et E le nombre de personnes
parlant l’anglais.
Pour toute personne a, soit na le nombre de langues parlées par a parmi le
français etXl’anglais.
Alors na = F + E.
a
Exercices.
Exercice 3 100 clients ont déjeuné dans un restaurant. Le menu comporte 30 plats.
Chaque plat a été choisi en moyenne 10 fois. Combien de plats en moyenne chaque
client a-t-il commandés ?
Solution de l’exercice 3 Soit X l’ensemble des couples (c, p) où c est un client et p est
un plat qui a été mangé par c. On a |X| = 300, donc chaque client a commandé en
moyenne 3 plats.
Exercice 4 Dans un comité de 360 personnes, chaque membre appartient à exac-
tement trois sous-comités, et chaque sous-comité a exactement 6 membres. Déter-
miner le nombre de sous-comités.
Solution de l’exercice 4 Soit X l’ensemble des couples (m, s) où m est un membre et
s un sous-comité. Notons k le nombre de sous-comités. On a |X| = 6k = 3 × 360
donc k = 180.
Exercice 5 Un polyèdre possède 20 faces triangulaires. Combien possède-t-il d’arêtes ?
De sommets ?
Solution de l’exercice 5 Soit X le nombre de couples (a, f ) où a est une arête de f .
On a |X| = 20 × 3 = 60. D’autre part, comme une arête appartient à deux faces, on
a |X| = 2A où A est le nombre d’arêtes, donc A = 30.
Comme S − A + F = 2 où S est le nombre de sommets et F est le nombre de
faces, on a S = 12.
68
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
égal à 1.
69
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Exercices
Nous avons vu quelques exercices classiques utilisant le principe des tiroirs,
puis d’autres exercices où le principe des tiroirs était moins apparent et où il fal-
lait recourir à des versions plus complexes des idées utilisées plus haut. Nous
avons conclu par un exemple surprenant d’utilisation du principe des tiroirs, le
théorème d’Erdös-Szekeres.
Incontournables
Exercice 1 Je voulais peindre en rouge le placard qui fait à peu près 1m×2m, mais
voilà que mon chat arrive et renverse mon pot de peinture ! Le sol du placard,
blanc à l’origine, devient rouge par endroits. Montrer qu’il y a deux points qui
sont distants de 1m et qui ont la même couleur.
Exercice 2 Dans un groupe de 6 personnes, deux personnes quelconques soit se
connaissent, soit ne se connaissent pas. Montrer qu’on peut trouver parmi ces 6
70
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Variantes
Exercice 7 Soit n un nombre à 16 chiffres. Montrer qu’il existe une suite d’un ou
plusieurs chiffres consécutifs de n dont le produit est un carré parfait.
Exercice 8 On munit le plan d’un repère orthonormé et on colorie chaque point
du plan à coordonnées entières en rouge ou en bleu. Montrer qu’on peut trouver
un rectangle dont les côtés sont parallèles aux axes et dont les quatre sommets
sont des points à coordonnées entières de même couleur.
Parfois, on doit recourir à une version infinie du principe des tiroirs : si on
range une infinité d’objets dans un nombre fini de tiroirs, il y aura un tiroir qui
contiendra une infinité d’objets.
Exercice 9 Chaque case d’un quadrillage 100 × 100 contient une flèche qui pointe
vers le haut, vers le bas, vers la droite ou vers la gauche. Le quadrillage est en-
touré de murs infranchissables, à l’exception d’une ouverture au niveau du côté
droit de la case située au coin supérieur droit. Une puce se promène sur le qua-
drillage de la manière suivante : lorsqu’elle se trouve sur une case, elle se déplace
si possible d’une case dans la direction indiquée par la flèche contenue dans cette
case. Ensuite la flèche en question tourne d’un angle de 90 degrés dans le sens
des aiguilles d’une montre. Si la puce ne peut pas faire de mouvement dans ces
conditions, elle reste sur place temporairement mais la flèche tourne quand même.
Est-il possible que la puce ne sorte jamais du quadrillage ?
71
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Solutions
Solution de l’exercice 1 On considère un triangle équilatéral de côté 1 ayant ses trois
sommets dans le placard. D’après le principe des tiroirs, deux des trois sommets
ont la même couleur, ce qui conclut.
Solution de l’exercice 2 On représente les personnes par des points, et on relie deux
points par un segment bleu si les personnes correspondantes se connaissent et par
un segment rouge si elles ne se connaissent pas. Il suffit alors de montrer que nous
avons ou bien un triangle bleu, ou bien un triangle rouge. Considérons un point
P . Parmi les 5 segments partant de se points, par le principe des tiroirs au moins 3
sont de la même couleur. Sans perte de généralité, nous pouvons supposer qu’ils
sont bleus. Soient Q1 , Q2 , Q3 les points reliés par ces segments bleus à P . Si deux
quelconques d’entre eux sont reliés également par un segment bleu, nous avons
un triangle bleu. Dans le cas contraire, le triangle Q1 Q2 Q3 est rouge, ce qui conclut.
72
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
pj − pi , qj − qi , rj − ri , sj − si
xj
soient tous divisibles par 2. Alors xi
= ci+1 . . . cj est un carré parfait.
Solution de l’exercice 8 On considère neuf droites verticales, que l’on intersecte avec
trois droites horizontales. Chacune des neuf droites verticales contient donc trois
points d’intersection avec les droites horizontales, et nous ne considèrerons plus
que ces points-là. Comme il existe 23 = 8 coloriages possibles d’un triplet quel-
conque de points, d’après le principe des tiroirs il y a deux droites verticales dont
les triplets de points sont coloriés de la même manière. Encore par le principe des
tiroirs, dans un triplet de points coloriés avec deux couleurs, il y a deux points de
même couleur. Le rectangle passant par les points de même couleur qui se corres-
pondent sur les deux droites verticales sélectionnées est monochromatique.
Autre solution : on considère 5 droites horizontales, que l’on intersecte avec 5
droites verticales (d’équations x = 1, 2, 3, 4, 5), et on considère les 25 points d’in-
tersection ainsi obtenus. Par le principe des tiroirs, sur chaque droite horizon-
tale, il existe au moins 3 points d’une même couleur. On appelle dominante cette
couleur-là. Ensuite, parmi les 5 droites verticales, encore par le principe des ti-
roirs, il y en a au moins 3 qui ont la même couleur dominante. Disons que cette
couleur dominante est le vert. Prenons deux de ces droites. Sans perte de généra-
lité, quitte a permuter les droites verticales, nous pouvons supposer que les points
d’abscisses 1, 2 et 3 de la première droite sont verts. Comme la deuxième droite
a 3 points verts au moins, elle en a un d’abscisse 1,2 ou 3. Si elle en a deux, on
a terminé. Sinon, cela impose que les points verts de la deuxième droite soient
d’abscisses 4 et 5. Mais exactement le même raisonnement s’applique également à
la troisième droite de couleur dominante vert, ce qui nous crée un rectangle bordé
par ces deux droites et les droites verticales d’équations x = 4 et x = 5.
Solution de l’exercice 9 On raisonne par l’absurde en supposant que la puce ne sort
pas du quadrillage. Alors elle se promène indéfiniment sur le quadrillage, et il y a
donc au moins une case qu’elle visite une infinité de fois. Puisque le flèche tourne
73
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
entre deux visites consécutives, la puce passe également une infinité de fois dans
toutes les cases voisines. Par le même raisonnement, elle visite une infinité de fois
toutes les cases du quadrillage. Mais alors elle passe en particulier une infinité de
fois dans la case dont le côté droit n’a pas de mur. Puisque la flèche de cette case
tourne de 90 degrés entre deux passages de la puce, il existe un moment où la
puce passe alors qu’elle pointe vers la droite, et cela veut dire que la puce sort du
quadrillage, contradiction.
Solution de l’exercice 10 L’idée qu’on va utiliser est la suivante : si un point appar-
tient aux projections de deux segments sur une droite, alors la droite perpendicu-
laire à cette dernière et passant par le point en question intersecte les deux seg-
ments. Il suffit donc de montrer que deux des segments ont des projections qui se
chevauchent sur l’un des axes de coordonnées. On numérote les segments de 1 à
4n, et pour chaque segment i, on note ai la longueur de sa projection sur l’axe des
abscisses et bi celle de sa projection sur l’axe des ordonnées.
D’après le théorème de Pythagore, pour tout i a2i + b2i = 1, donc (ai + bi )2 =
ai + b2i + 2ai bi ≥ 1, d’où ai + bi ≥ 1. Ainsi,
2
Ainsi, quitte à faire une rotation, nous pouvons supposer que a1 + . . . + a4n ≥
2n. De plus, tous les segments étant situés à l’intérieur du disque de rayon n,
leurs projections se trouvent sur un segment de longueur 2n. Il existe donc deux
projections qui se chevauchent.
Solution de l’exercice 11 Notons a1 , . . . , a101 les nombres dans l’ordre dans lequel
ils sont écrits. Pour tout i, on note xi (respectivement yi ) la longueur de la plus
longue sous-suite croissante (respectivement décroissante) de la suite a1 , . . . , a101
démarrant en ai . Notre but est de montrer qu’il existe i tel que soit xi ou yi soit
supérieur ou égal à 11. Dans le cas contraire, il y a au plus 102 < 101 couples
(xi , yi ) possibles. Ainsi, il existe deux indices k < l tels que xk = xl et yk = yl . Mais
cela est impossible : En effet, si ak < al , alors toute sous-suite croissante démarrant
en al donne une sous-suite croissante plus longue démarrant en ak , donc xk > xl .
De même, si ak > al , alors yk > yl . Nous obtenons donc une contradiction.
Remarque : par le même raisonnement, on peut montrer plus généralement
que dans toute suite de mn + 1 nombres distincts, on peut trouver une sous-suite
croissante de longueur m + 1, soit une sous-suite décroissante de longueur n + 1.
On appelle ce résultat le théorème d’Erdös et Szekeres.
Exercice 1 (Fort-Boyard).
74
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
On dispose de 21 allumettes. Chacun à son tour, l’un des deux joueurs prend 1, 2
ou 3 allumettes. Celui qui prend la dernière allumette gagne.
Déterminer celui des deux joueurs qui possède une stratégie gagnante.
Solution.
Le premier joueur prend une seule allumette à son premier coup. Puis, à chaque
coup suivant, si son adversaire vient de prendre a allumettes, il en choisit alors
4 − a. Ainsi, après chacun de ses coups, le nombre d’allumettes prises augmente
de 4. En particulier, le premier joueur prendra la 21ième , et gagne ainsi la partie.
C’est un exemple de stratégie basée sur le principe “si tu peux jouer, alors je pour-
rai jouer après toi”. Dans un jeu qui doit nécessairement s’arrêter, un joueur qui
possède une telle stratégie est alors sûr de gagner, puisqu’il ne sera pas le premier
à être bloqué...
La difficulté est de trouver la façon adéquate de jouer : si l’exemple est ici assez
simple, il peut ne pas paraître évident tout de suite qu’une bonne façon de jouer
est de compléter à 4 ce qu’a fait son adversaire au coup précédent...
Nous verrons ci-dessous une autre façon d’analyser la situation, qui rendra la
solution trouvée plus naturelle.
Exercice 2.
On dispose d’un jeu complet de dominos. Deux joueurs jouent, chacun à son tour,
selon la règle suivante : Le joueur choisit un domino parmi ceux non encore utili-
sés, et le place à l’une des extrémités de la chaîne déjà formée, de sorte que deux
dominos adjacents aient toujours les mêmes numéros marqués sur leurs cases ad-
jacentes.
Le premier qui ne peut jouer perd.
Déterminer celui des deux joueurs qui possède une stratégie gagnante.
Solution.
On peut trouver une stratégie du même type pour le premier joueur, mais un peu
plus subtile :
Le premier joueur choisit le domino (0, 0). Alors, le second joueur est obligé de
choisir un domino (0, a) (qu’il peut évidemment placer en (a, 0)) avec a 6= 0. Le
premier joueur choisit alors le domino (a, a). Dans cette situation, on constate que
l’on a la propriété suivante :
pour tout entier k, le domino (0, k) est encore disponible si et seulement si le do-
mino (a, k) est encore disponible. De plus, le second joueur ne peut choisir un
double.
Donc, à partir de maintenant, si le second joueur choisit un domino, il est forcé-
ment de la forme (0, k) ou (a, k) et le premier peut alors choisir à son tour suivant
celui de ces dominos qui reste disponible, et le mettre à la suite du domino du
second joueur. Ce faisant, le second joueur se retrouve dans une situation où la
propriété ci-dessus est à nouveau vraie. En procédant ainsi, le premier joueur est
sûr de ne pas être le premier bloqué et donc de gagner la partie
75
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Exercice 3.
Solution.
a) Là encore, on peut trouver une stratégie de ce type, mais pour le second joueur.
Celui-ci doit imaginer que le tableau est pavé par des dominos, ce qui possible
puisqu’il y a un nombre pair de cases. Un tel pavage étant fixé une fois pour
toutes, la stratégie de Bob est alors très simple : il “complète” à chaque fois le
domino que vient juste de commencer à colorier Alice. Ainsi, à son premier coup,
il colorie la case qui forme un domino avec la case en haut à gauche. Alice est alors
obligée de noircir une case d’un domino non encore utilisé, ce qui laisse à Bob la
possibilité de compléter à nouveau le domino à son prochain coup. À chacun de
ses coups, Alice est alors obligée “d’ouvrir” un domino, pour autant qu’elle puisse
jouer, et laisse à Bob la possibilité de jouer en le complétant.
S’il adopte cette stratégie, c’est donc Alice qui va être bloquée la première, et Bob
qui va gagner la partie.
b) Cette fois, c’est Alice qui possède une stratégie gagnante : c’est exactement la
même qu’au a), mais en ne considérant que le pavage du tableau dont on a éliminé
la case en haut à gauche (il est facile de vérifier qu’une fois cette case éliminée, un
tel pavage existe puisque 2011 − 1 = 2010 est pair).
Remarque.
On aura évidemment observé que les valeurs 2012 ou 2011 sont anecdotiques,
dans le sens où seule la parité du nombre choisi est importante.
Nous allons maintenant nous intéresser à une deuxième approche : l’analyse des
positions gagnantes, le plus souvent à partir de ce qui est supposé être la fin du
jeu (on parle alors d’analyse rétrograde). Une position est dite gagnante lorsque le
joueur qui doit jouer à partir de cette position est sûr de gagner (en jouant au
mieux évidemment). Si le jeu doit nécessairement se terminer avec la victoire de
l’un ou de l’autre, les positions qui ne sont pas gagnantes sont alors perdantes.
76
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Et ainsi de suite, on prouve que les positions perdantes sont exactement les mul-
tiples de 4. En y regardant de plus près, on constate que cela correspond à la
stratégie décrite initialement.
Exercice 4.
Solution.
Généralisation.
Si l’on joue avec les entiers de 1 à n, et qu’à chaque coup on ajoute un nombre
entre 1 et p, le raisonnement ci-dessus s’adapte en tout point pour montrer que
les positions perdantes sont tous les entiers de la forme n − k(p + 1). Si n = q(p +
1) + r est la division euclidienne de n par p + 1, alors r ∈ {0, ..., p} et les positions
perdantes sont les entiers de la forme (q − k)(p + 1) + r, avec 0 ≤ k ≤ q.
En particulier :
- Si r = 0, la position perdante la plus proche du départ (hormis 0) est p + 1. Le
premier joueur ne peut l’atteindre à son premier coup, et quel que soit ce premier
coup, le second joueur, lui, pourra s’y placer. C’est donc le second joueur qui a
une stratégie gagnante.
- Si r 6= 0, le premier joueur peut alors se placer en r à son premier coup et assurer
sa victoire comme ci-dessus.
Exercice 5.
On place un jeton sur la case C1 d’un échiquier classique. Deux joueurs le dé-
placent à tour de rôle, en respectant la règle suivante : à chaque tour, on peut
déplacer le jeton d’autant de cases que l’on veut, mais au moins une, soit vers la
droite, soit vers le haut soit en diagonale vers la droite et vers le haut. Celui des
deux joueurs qui amène le jeton en H8 gagne.
77
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Solution.
Si le jeton est au départ en C1, c’est le premier joueur qui possède une stratégie
gagnante.
En fait, pour toute case de départ, via une analyse des positions, on peut déter-
miner lequel des deux joueurs a une stratégie gagnante : la case H8 est perdante
puisque le joueur qui doit jouer alors que le jeton est dans cette case vient juste
de perdre... Du coup, toutes les cases de la ligne n◦ 8 ou de la colonne H ou de la
diagonale A1−H8 sont des positions gagnantes. Mais alors, les positions F 7 et G6
sont perdantes puisqu’un joueur qui doit jouer à partir d’une telle case met forcé-
ment le jeton sur une des cases gagnantes ci-dessus. On en déduit que toutes les
cases non encore déterminées dans les colonnes, lignes ou diagonales respectives
de ces deux cases sont gagnantes. Comme ci-dessus, cela entraine que les cases C5
et E3 sont perdantes. De même, les cases non encore déterminées dans les lignes,
colonnes ou diagonales respectives de ces deux cases sont alors gagnantes. Par
suite, les cases A4 et D1 sont perdantes, et les autres sont gagnantes.
En particulier, la case C1 est gagnante. Donc, le premier joueur possède une straté-
gie gagnante, décrite ci-dessus : son premier coup consiste à amener le jeton en D1
(ou C5) qui est perdante puis, selon le coup du second joueur à amener à chaque
fois le jeton dans des positions perdantes.
Exercice 6.
Sur la table se trouvent 1999 jetons. Tour à tour, Albert et Barbara doivent enlever
au moins un jeton et au plus la moitié des jetons restants au moment où ils jouent.
Le joueur qui laisse un unique jeton sur la table perd la partie. C’est Albert qui
commence. Déterminer lequel des deux joueurs possède une stratégie gagnante
et décrire une telle stratégie.
Solution.
C’est Albert qui possède une stratégie gagnante. Analysons les positions :
Clairement, 1 est gagnante (puisque le joueur qui doit jouer vient de gagner la
partie...), et 2 est perdante car celui qui doit jouer est obligé de laisser un seul
jeton et perd la partie. On en déduit que 3 et 4 sont gagnantes (le joueur peut
laisser 2 jetons et donne ainsi une position perdante à son adversaire). Du coup,
5 est perdante car le joueur doit alors laisser 3 ou 4 jetons, et donne alors une
position gagnante à son adversaire. Cela entraine que 6, 7, 8, 9, 10 sont gagnantes
(le joueur laisse alors 5, qui est perdante), mais que 11 est perdante (le joueur est
obligé de laisser 6, 7, 8, 9 ou 10 qui sont gagnantes).
Afin d’éviter de tout faire à la main, il est judicieux de prendre un peu de hauteur.
Pour cela, on constate que si k est perdante alors k + 1, k + 2, ..., 2k sont gagnantes
(le joueur laisse alors k, dont on vient de dire qu’elle était supposée perdante),
et 2k + 1 est perdante (le joueur est obligé de laisser k + 1, k + 2, ..., 2k − 1 ou
2k, qui sont gagnantes). Cela permet de déterminer les positions perdantes (et
78
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
les positions gagnantes) de proche en proche, mais plus rapidement... Ainsi, les
positions perdantes sont
2, 5, 11, 23, 47, 95, 191, 383, 767, 1535, 3071, ...
Et donc, 1999 est gagnante, ce qui conclut.
Remarque.
De façon plus générale, à l’aide de ce que l’on vient de faire, on peut prouver que
les positions perdantes sont les nombres de la forme 3 × 2n − 1, où n ≥ 0 est un
entier.
Exercice 7.
Alice et Bob jouent aux échecs, mais en ayant le droit d’enchaîner deux coups par
tour. C’est Alice qui commence. Prouver qu’elle peut s’assurer de ne pas perdre.
Solution.
Qu’Alice soit assurée de ne pas perdre, c’est dire que Bob ne possède pas de stra-
tégie gagnante.
Par l’absurde : supposons que Bob ait une stratégie gagnante.
Alors Alice commence par déplacer son cavalier de B1 en A3 et retour. C’est donc
Bob qui doit jouer, comme s’il était le premier joueur. Or, puisque le second joueur
possède une stratégie gagnante, Alice peut l’utiliser et donc s’assurer de battre
Bob. Ainsi, Bob possède une stratégie gagnante mais est sûr de perdre. Contradic-
tion.
Donc, Bob n’a pas de stratégie gagnante, ce qui assure qu’Alice est sûre de pouvoir
éviter de perdre.
Remarques.
Attention, qu’Alice soit sûre de ne pas perdre ne signifie pas qu’elle soit sûre de
gagner, car il pourrait y avoir partie nulle... De plus, nous n’avons finalement pas
décrit de stratégie adéquate pour Alice.
Cela dit, l’exemple ci-dessus est un exemple de ce que l’on peut appeler un “vol
de stratégie” : afin de prouver qu’un joueur ne possède pas de stratégie gagnante,
on suppose (par l’absurde) qu’il en a une et on prouve que l’autre joueur peut
l’utiliser à son tour (i.e. la lui voler), d’où la contradiction.
Pour que tout fonctionne au mieux, et que l’on soit assuré que l’un des joueurs
ait effectivement une stratégie gagnante (là, on a juste prouvé qu’un joueur n’en
avait pas, ce qui n’est pas du tout pareil), il serait idéal que l’on soit sûr que le
jeu se finisse, jamais sur une partie nulle, et qu’il soit possible de prouver que,
pour un tel jeu, l’un des deux joueurs possède toujours une stratégie gagnante
(du coup, si on a éliminé une possibilité, c’est donc que l’autre joueur possède la
stratégie désirée). Et justement, c’est exactement ce que dit le théorème suivant,
dû à Zermelo :
Théorème (Zermelo)
79
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Dans un jeu fini à deux joueurs, à information parfaite et n’ayant que deux issues
possibles (à savoir la victoire du joueur n◦ 1 ou la victoire du joueur n◦ 2), l’un des
deux joueurs possède une stratégie gagnante.
Quelques précisions : dire que le jeu est fini signifie que l’arbre de toutes les posi-
tions possibles, aussi gigantesque soit-il, est tout de même fini, et dire qu’il est à
information parfaite signifie que l’on exclut toute intervention du hasard (ainsi, on
ne parle pas ici de la plupart des jeux de dés, par exemple).
Pour ceux qui voudraient en savoir plus et, en particulier, lire la démonstration
de ce théorème, que nous n’allons pas faire ici, peuvent se reporter à l’adresse
suivante :
http ://[Link]/culturemath/maths/pdf/jeux/[Link]
Disons juste, qu’en gros, il s’agit de remonter l’arbre de toutes les positions pos-
sibles du jeu, à partir des feuilles (les situations finales) pour remonter à la racine
(la position de départ) en controlant à chaque étape lequel des deux joueurs est en
position gagnante. C’est, en plus raffiné, ce que nous avons fait dans les exercices
précédents.
On constate que le type d’approche ci-dessus est “non constructive” dans la me-
sure où l’on ne décrit pas ce que serait alors une stratégie gagnante. Il peut alors
être un peu difficile d’accepter l’idée que l’on sache qu’un joueur donné ait une
stratégie gagnante sans pour autant être capable d’en expliciter une...
Et pourtant, c’est bien ce que l’on va voir dans les exercices ci-dessous :
Exercice 8.
On inscrit n = 2 sur un tableau. A tour de rôle, Alice (la première) et Bob ajoutent
un diviseur d du nombre n qui est inscrit au moment où ils jouent, avec 0 < d < n
(et laissent donc n + d).
(a) Le premier joueur qui fait dépasser 20112012 perd. Qui a une stratégie ga-
gnante ?
(b) Le premier joueur qui fait dépasser 20122011 perd. Qui a une stratégie ga-
gnante ?
Solution.
a) Bon, là, on peut encore s’en sortir facilement. En effet, Alice peut décider d’ajou-
ter 1 à chaque tour. Ce faisant, il est facile de vérifier qu’elle laisse un nombre im-
pair à Bob, qui est donc obligé de choisir un nombre d impair et de laisser alors
un nombre pair. Quel que soit ce nombre pair, soit Bob vient de perdre (et donc le
premier vient de gagner) soit il vient de laisser un nombre qui est strictement infé-
rieur à 20112012 (qui est impair !). Ainsi, en ajoutant à nouveau 1, Alice ne dépasse
toujours pas 20112012 et laisse encore un nombre impair à Bob.
On retrouve une stratégie du type “si tu peux jouer, alors moi aussi”, qui assure
que ce n’est pas Alice qui va être bloquée la première. Or, il est clair que le jeu se
finira après un nombre fini de coups (pas plus de 20112012 − 1 coups) et que l’un
des deux joueurs finira par gagner.
80
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Ainsi, c’est Alice qui possède une stratégie gagnante, et celle-ci est particulière-
ment simple à mettre en oeuvre...
b) En fait, quel que soit le nombre N ≥ 6 que l’on ne doit pas dépasser, c’est
toujours Alice qui possède une stratégie gagnante. Evidemment, si N est impair,
la stratégie du a) fonctionne parfaitement. Par contre, dans le cas où N est pair,
si Alice décide de jouer de cette façon, il est facile pour Bob de faire de même
et de gagner, ce qui montre que la façon de jouer d’Alice est alors une straté-
gie...perdante ! Alice va donc devoir trouver autre chose. Mais le théorème de
Zermelo lui dit qu’elle a bien raison d’y croire : en effet, comme on l’a signalé ci-
dessus, le jeu est clairement fini, sans partie nulle et à information parfaite, donc
l’un des deux joueurs possède une stratégie gagnante.
Ainsi, Bob n’a pas de stratégie gagnante, et le théorème de Zermelo assure que
c’est donc Alice qui en possède une. Par contre, à la différence du a), sauf à étudier
toutes les parties possibles, il paraît difficile de donner une description simple
d’une telle stratégie...
Exercice 9.
Solution.
Clairement, nous sommes face à un jeu pour lequel le théorème de Zermelo s’ap-
plique. L’un des deux joueurs possède donc une stratégie gagnante.
Par l’absurde : supposons que ce soit Béatrice.
Si Achille choisit le carré situé en haut et à gauche, il laisse la plaque quasi entière
à Béatrice qui, à partir de cette position, possède une stratégie qui va lui assurer
81
V. AVANCÉS 2. MERCREDI APRÈS-MIDI ET JEUDI : COMBINATOIRE
Remarque.
Ce jeu est connu sous le nom de Chomp et a été inventé par le mathématicien David
Gale. Sauf dans certain cas très simples (par exemple, si m = 1 auquel cas le pre-
mier joueur ne laisse directement que le carré empoisonné), on ne connaît pas de
description d’une stratégie gagnante sans recours à un ordinateur afin d’analyser
toutes les positions possibles.
Exercice 10.
Soit n > 0 un entier. A tour de rôle, Alice et Bob écrivent au tableau un entier stric-
tement positif et ne dépassant pas n. Aucun nombre n’est effacé, et il est interdit
d’écrire un nombre qui divise un nombre déjà écrit au tableau. C’est Alice qui
commence et le premier qui ne peut plus jouer perd la partie. Qui a une stratégie
gagnante ?
Solution.
C’est Alice qui posède une stratégie gagnante. Le raisonnement est très proche de
celui de l’exercice précédent.
D’après le théorème de Zermelo, nous savons que l’un des deux joueurs possède
une telle stratégie. Par l’absurde : supposons que ce soit Bob.
Si Alice écrivait 1, Bob écrirait alors un certain nombre k de façon à suivre sa
stratégie et à assurer sa victoire. Mais alors, Alice peut directement écrire k, ce
qui interdit à chacun des deux joueurs d’écrire ultérieurement 1, et laisse donc
Alice dans la situation exacte où était Bob lorsqu’il suivait sa stratégie. En suivant
cette même stratégie, Alice a donc assurer sa victoire, en contradiction avec notre
hypothèse.
Ainsi, Bob n’a pas de stratégie gagnante et, selon ce qui a été dit au départ, c’est
donc qu’Alice en a une.
82
VI. Vendredi : Test final
4 Enoncé
Instructions
- Rédigez les différents problèmes sur des copies distinctes. Sur chaque copie,
écrivez en lettres capitales vos nom et prénom en haut à gauche, et le numéro
du problème en haut à droite.
- Toute affirmation doit être soigneusement justifiée. Travaillez d ?abord au brouillon,
et rédigez ensuite au propre votre solution, ou une tentative, rédigée, de solu-
tion contenant des re ?sultats significatifs pour le problème. Ne rendez pas vos
brouillons : ils ne seraient pas pris en compte.
- Règles, équerres et compas sont autorisés. Les rapporteurs sont interdits. Les
calculatrices sont interdites, ainsi que tous les instruments électroniques.
Exercices débutants
1 1 1 1
+ + ··· + =1− .
1×2 2×3 (n − 1)n n
Exercices communs
BAD
÷ = DAC,
÷ CBE
÷ = EBA
÷ et ACF
÷ =F÷CB.
Montrer que les droites (AD) et (EF ) sont perpendiculaires l’une à l’autre.
Exercice 4 Un club de jeux de société compte 50 membres et organise des soi-
rées jeux. Au cours de l’année, deux membres quelconques se sont rencontrés lors
83
VI. VENDREDI : TEST FINAL
d’exactement une soirée jeux, et aucune soirée jeux n’a regroupé tous les membres
du club. Montrer qu’il existe un membre qui a participé à au moins 8 soirées jeux.
Exercices avancés
Exercice 6 1) Anna et Bob jouent au jeu suivant : c’est Anna qui commence et, à
tour de rôle, ils mettent chacun une croix dans les cases d’un tableau carré 2013 ×
2013. Celui qui met la troisième croix dans un carré 2 × 2 a perdu. Lequel des deux
joueurs a une stratégie gagnante ?
5 Solution
Solution de l’exercice 1 On raisonne par récurrence. Soit P (n) la proposition à dé-
montrer.
1 1
P (2) équivaut à = 1 − , ce qui est vrai.
1×2 2
Supposons que P (n) est vraie. Montrons P (n + 1). On a
1 1 1 1 1 1
+ + ··· + + = 1− + par hypothèse de récurrence
1×2 2×3 (n − 1)n n(n + 1) n n(n + 1)
n+1 1
= 1− +
n(n + 1) n(n + 1)
−(n + 1) + 1
= 1+
n(n + 1)
−n
= 1+
n(n + 1)
1
= 1− ,
n+1
Solution de l’exercice 2
84
VI. VENDREDI : TEST FINAL
C
B
a) On a N
◊ M C = 180◦ − CM
◊ ÷ d’après le théorème de l’angle inscrit. Or,
B = BAC
÷ = 60◦ car ABC est équilatéral, donc N
BAC ◊ M C = 60◦ .
DP
÷ E = 180◦ − P
÷ ED − EDP
÷
= 180◦ − (F
÷ ÷ − EDA
EB + BED) ÷
= 180◦ − (F
÷ ÷ − EBA
CB + BAD) ÷
1÷ 1÷ 1÷
= 180◦ − ( ACB + BAC) − CBA
2 2 2
1
= 180◦ − (ACB
÷ + BAC
÷ + CBA)
÷
2
1
= 180◦ − · 180◦
2
= 90◦ ,
85
VI. VENDREDI : TEST FINAL
B
D
F
P A
C
E
Remarque : il est facile de montrer que D, E, F sont les milieux des arcs BC, CA
et AB.
Solution de l’exercice 4 On raisonne par l’absurde. Soit A un membre quelconque
du club. Il a participé à au plus 7 soirées jeux. D’après le principe des tiroirs,
parmi les 49 autres, il y en a 7 qui ont participé à l’une de ces soirées jeux. Cela
nous fait donc une soirée jeux S avec au moins 8 participants (dont A). Soit B
une personne n’ayant pas participé à cette soirée (elle existe d’après l’énoncé).
Montrons qu’il a participé à des soirées différentes avec les participants de S. En
effet, deux participants quelconques de S n’ont, par hypothèse, pas participé à une
autre soirée jeux simultanément. Or B a rencontré chacun d’eux lors d’une soirée
jeux, donc il a participé à au moins 8 soirées jeux, contradiction.
Solution de l’exercice 5
T ω
K
A B
K0
Comme les deux cercles sont tangents intérieurement en T , il existe une homothé-
tie h de centre T et de rapport > 1 telle que h(ω) = Γ.
Soit K 0 = h(K). Alors K 0 appartient à h(Γ) = ω. De plus, comme (AB) est tan-
gente en K à ω, h(AB) est tangente en K 0 à Γ. D’autre part, h(AB) est parallèle à
(AB), donc la tangente en K 0 à Γ est parallèle à (AB). Ceci montre que K 0 est le
milieu d’un des arcs délimités par A et B. De plus, comme h est une homothétie de
86
VI. VENDREDI : TEST FINAL
rapport strictement positif, K 0 ne peut pas être sur l’arc contenant T , donc (T K 0 )
est la bissectrice de l’angle AT
÷ B. On en déduit que
AT
÷ K = AT
◊ K 0 = BT
◊ K 0 = BT
÷ K.
- Lorsque n est pair, c’est Bob qui possède une stratégie gagnante :
Il lui suffit de jouer symétriquement à ce que joue Anna par rapport au centre Ω
du tableau carré. L’argument précédent s’applique alors sauf pour le carré 2 × 2
central (i.e. dont le centre est aussi Ω), car alors un coup et son symétrique ap-
partiennent à un même carré 2 × 2. Mais, on note alors que ce carré central est
justement invariant par la symétrie centrale de centre Ω.
Par l’absurde : si Bob devait perdre en jouant un coup dans ce carré, c’est qu’il
s’agirait de la troisième croix contenue dans ce carré. D’après la stratégie de Bob,
c’est donc que la seconde provenait du coup précédent d’Anna et est inscrite dans
la case symétrique à celle qui vient de faire perdre Bob. Mais alors la première
n’a pu être jouée ni par Anna, ni par Bob car alors sa symétrique par rapport à Ω
aurait également été utilisée et il y aurait alors déjà trois croix dans le carré avant
le dernier coup de Bob. Contradiction.
Ainsi, cette stratégie est bien une stratégie gagnante pour Bob.
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VI. VENDREDI : TEST FINAL
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VII. Conférences
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