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Gestion des risques humains en logistique

Cet article examine la gestion des risques d'origine humaine dans la chaîne logistique internationale, en mettant l'accent sur le commerce illégal et les outils réglementaires douaniers disponibles. En utilisant la méthode AMDEC pour évaluer les risques, il souligne la nécessité d'une meilleure coopération entre les entreprises et les administrations douanières pour atténuer ces risques. Les résultats, bien que basés sur un échantillon limité d'entreprises, révèlent des similitudes dans les risques identifiés et suggèrent des pistes d'amélioration pour l'intégration des réglementations douanières dans la gestion des risques des entreprises.

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Gestion des risques humains en logistique

Cet article examine la gestion des risques d'origine humaine dans la chaîne logistique internationale, en mettant l'accent sur le commerce illégal et les outils réglementaires douaniers disponibles. En utilisant la méthode AMDEC pour évaluer les risques, il souligne la nécessité d'une meilleure coopération entre les entreprises et les administrations douanières pour atténuer ces risques. Les résultats, bien que basés sur un échantillon limité d'entreprises, révèlent des similitudes dans les risques identifiés et suggèrent des pistes d'amélioration pour l'intégration des réglementations douanières dans la gestion des risques des entreprises.

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Gestion des risques d'origine humaine dans la chaîne logistique


internationale : Une approche par la méthode AMDEC

Conference Paper · October 2020

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Gauthier Frederic Nadia Hamani


University of Picardie Jules Verne University of Picardie Jules Verne
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Comment la règlementation douanière
fournit aux entreprises des outils efficaces de
gestion des risques d’origine humaine dans
la chaı̂ne logistique internationale alors que
ceux-ci sont insuffisamment utilisés par les
entreprises concernées : Une approche par
la méthode AMDEC
∗† 1 2
Frédéric Gauthier , Nadia Hamani

1
Laboratoire des Technologies Innovantes (LTI-EA 3899) INSSET – Université de Picardie Jules Verne
: EA3899 – Université de Picardie Jules Verne 48 rue d’Ostende CS 10422 02315 Saint-Quentin cédex,
France
2
Université de Picardie Jules Verne (UPJV) – Université de Picardie Jules Verne : EA3899 – IUT de
l’Aisne, 48 rue d’Ostende 02100 Saint Quentin, France

La gestion des risques de la chaine logistique internationale (S.C.R.M.) inclut les risques
d’origine humaine, que l’on parle de malversation comme d’erreur humaine. De tels risques
favorisent de manière directe ou indirecte la menace majeure qu’est le commerce illégal interna-
tional, préjudiciable aussi bien à l’entreprise, qu’aux Etats.
L’administration douanière est l’organe d’Etat compétent contre ce risque majeur.

L’objectif de cet article est de vérifier la similitude des risques identifiés pour l’activité interna-
tionale des entreprises comme pour le contrôle douanier, en étudiant la chaine de création de
valeur ajoutée de la commande à la livraison. Un panel d’entreprises est à l’origine des résultats
publiés ici.

La méthode AMDEC est utilisé comme outil de notation des risques. Les indicateurs douaniers
seront alors interrogés sur leur capacité de réduire les risques auxquels font fassent les entreprises.

L’analogie des risques communs ainsi identifiés conduit à s’interroger sur les raisons qui empêchent
les entreprises et l’administration des douanes à ne pas mutualiser plus étroitement leurs efforts.
La complexité légitime de la règlementation douanière sera alors questionnée.

Ce papier vise à montrer la pertinence d’un niveau élémentaire permettant l’intégration de


la règlementation douanière dans la gestion des risques auxquels est confrontée l’entreprise.

La partie conclusive pourra dès lors proposer des pistes correctrices qui restent à développer.

Speaker

Corresponding author: [Link]@[Link]
Le nombre restreint d’entreprises étudiées (150) sur ces 10 dernières années est une limite à
la représentativité des entreprises. La récurrence des résultats justifie cependant leur communi-
cation.
La deuxième limite est celle des fonctions support et stratégie de l’entreprise absente de cette
première étape de travail.

Keywords: risque, entreprise, douane, chaı̂ne logistique internationale, commerce illégal


COMMENT LA RÈGLEMENTATION DOUANIÈRE FOURNIT AUX ENTREPRISES DES OUTILS

EFFICACES DE GESTION DES RISQUES D’ORIGINE HUMAINE DANS LA CHAINE LOGISTIQUE

INTERNATIONALE ALORS QUE CEUX-CI SONT INSUFFISAMMENT UTILISES PAR LES

ENTREPRISES CONCERNÉES.

UNE APPROCHE PAR LA MÉTHODE AMDEC

Choix : work in progress

Résumé :
La gestion des risques de la chaine logistique internationale (S.C.R.M.) inclut les risques
d’origine humaine, que l’on parle de malversation comme d’erreur humaine. De tels risques
favorisent de manière directe ou indirecte la menace majeure qu’est le commerce illégal
international, préjudiciable aussi bien à l’entreprise, qu’aux Etats.
L’administration douanière est l’organe d’Etat compétent contre ce risque majeur.

L’objectif de cet article est de vérifier la similitude des risques identifiés pour l’activité
internationale des entreprises comme pour le contrôle douanier, en étudiant la chaine de
création de valeur ajoutée de la commande à la livraison. Un panel d’entreprises est à
l’origine des résultats publiés ici.

La méthode AMDEC est utilisé comme outil de notation des risques. Les indicateurs
douaniers seront alors interrogés sur leur capacité de réduire les risques auxquels font fassent
les entreprises.

L’analogie des risques communs ainsi identifiés conduit à s’interroger sur les raisons qui
empêchent les entreprises et l’administration des douanes à ne pas mutualiser plus étroitement
leurs efforts. La complexité légitime de la règlementation douanière sera alors questionnée.

Ce papier vise à montrer la pertinence d’un niveau élémentaire permettant l’intégration de la


règlementation douanière dans la gestion des risques auxquels est confrontée l’entreprise.

La partie conclusive pourra dès lors proposer des pistes correctrices qui restent à développer.

Le nombre restreint d’entreprises étudiées (150) sur ces 10 dernières années est une limite à la
représentativité des entreprises. La récurrence des résultats justifie cependant leur
communication.
La deuxième limite est celle des fonctions support et stratégie de l’entreprise absente de cette
première étape de travail.

Mots clés : « risque » « entreprise » « douane » « chaine logistique


internationale » « commerce illégal »

1
Nous définirons en premier lieu la chaine logistique internationale puis le commerce illégal et
la menace qu’ils représentent pour les entreprises ainsi que la règlementation douanière.
Après une cartographie opérationnelle des risques et l’évaluation par les entreprises de leur
criticité par la méthode AMDEC, nous nous demanderons en quoi la complexité de la
règlementation empêche une coopération plus efficace entre entreprise et douane.

La chaine logistique internationale s’est développée de manière durable dans une recherche
d’avantage compétitif [Porter 1985], en externalisant des pans entiers de production [Heizer
J.H. et al, 2013], en internationalisant ses approvisionnements, son organisation de production
comme ses débouchés et ses marchés, par l’internationalisation rendue possible par
l’abaissement des coûts de transport et d’information [Ballou 2004] et [Dandel G. et al, 2017].
Son développement a pour corollaire le développement du commerce illégal.

1. LE COMMERCE ILLEGAL, MENACE POUR LES ENTREPRISES


Ces chaines d’approvisionnement et de production étendues dans l’espace, ont rendu possible
une vulnérabilité d’autant plus dangereuse que sous-estimée [Tapiero 2008]. A la dépendance
certaine d’entreprises dans leur relation fournisseur / client, s’oppose un statut
d’indépendance les unes des autres et donc ayant leur propre intérêt [IFACI 2005]. La
dépendance constatée est d’autant plus forte qu’elle est fréquente comme cause des
dommages considérables ainsi occasionnés [Waters 2011], à la hauteur des avantages obtenus
par l’existence de ces chaines.
Parmi les vulnérabilités pouvant remettre en cause l’existence de l’entreprise, le commerce
illégal est une menace majeure apte à s’immiscer dans la chaine logistique internationale.

1.1. Un commerce illégal se développant comme une industrie

Le risque de fraude comme de blanchiment d’argent peut toucher l’entreprise soit par
méconnaissance, soit par tacite consentement [Delval 2010]. L’argent noir peut concerner
l’acte de voler des marchandises dans la chaine d’approvisionnement (malversation) mais la
menace peut être celle du terrorisme international et autres activités identifiées comme
criminelles (drogue, contrebande…) [Urcuioli et al, 2015], créant des risques de rupture de la
chaine logistique a minima. Autre exemple, le vol de marchandises estimé dans l’Union
Européenne par le parlement européen de 8,2 milliards d’euros et aux Etats-Unis par le F.B.I.
entre 10 et 30 milliards de dollars [Urcuioli et al,2015]. Les risques identifiés sont pour 84%
des entreprises liés aux vols de produits et d’équipement [Delesse 2010]. Ces activités
concernent les entreprises légales s’il s’agit de ventes aux réseaux terroristes, violation
d’embargo, détournement de marchés publics, pots de vin et corruption, fraude fiscale, réseau
de fausse facture et contrefaçon [Vernier 2016]. Les risques identifiés ici sont, pour 67% des
entreprises, la fraude interne et le détournement d’argent, pour 39% l’intrusion dans les
systèmes d’information et pour 39% la contrefaçon [Delesse 2010].

Le blanchiment consiste à injecter dans l’économie légale de l’argent issu d’activités


délictueuses [Vernier, 2016]. Ce risque empêche l’efficacité de la supply chain [Delesse
2010].

2
La contrefaçon peut être identifiée comme le risque le plus directement impactant pour les
entreprises. Son estimation en valeur par la Chambre de Commerce Internationale est de 10%
du commerce mondial [ODASCE, 2019]. Il existe une contrefaçon criminelle, industrialisée
[Delval 2010]. L’entreprise est ainsi au cœur d’une menace qui la concerne en tant qu’entité
au même titre que les Etats.

1.2. Identification des menaces pour l’entreprise


Le risque est commercial comme financier car les produits contrefaits non respectueux des
règles de conformité génèrent a minima une concurrence déloyale.
Le risque est aussi celui de la salubrité. La contrefaçon vise l’entreprise en tant qu’utilisatrice
comme le consommateur final. La contrefaçon de principes actifs 10 % en Russie à 70 % en
Angola, l’exemple de l’huile frelatée ukrainienne. La contrefaçon alimentaire de fait est
extrêmement dangereuse : colorants interdits, moisissures cancérigènes résidus
d'antibiotiques [Delval 2010] …

Tous les secteurs d’activités sont concernés. La protection de la propriété intellectuelle et la


lutte contre la contrefaçon ne font pas l’objet d’un accord mondial laissant la possibilité à ce
risque majeur d’être durable [Delval 2010].

1.3. Les outils de contrôle opérationnels de l’entreprise


Les méthodes de contrôle de l’entreprise pour identifier les risques potentiels ont le même
objectif que celles utilisées par la douane : l’identification des produits, l’identité du
fournisseur réel, le client réel, la valeur des produits, rappelant ainsi les informations clés de
la gestion opérationnelle de la chaine logistique internationale.

2. OBJECTIFS DE LA REGLEMENTATION DOUANIERE

Les outils de contrôle et informations nécessaires à la douane représentent une même


approche de la gestion export /import dès la commande et même avant [Nguyen-The 2011],
[Dandel G. et al, 2017].

2.1. Un dimensionnement international

Le champ d’intervention des douanes concerne les flux physiques entrants et sortants d’un
pays. Il suppose donc une compétence logistique (flux) et internationale. La douane est ainsi
l’organisme régalien de lutte contre le commerce illégal.
L’organisation des douanes à l’international est caractérisée par la recherche d’une
coopération internationale toujours plus accrue entre les Etats. L’Organisation mondiale des
douanes (OMD) est un organisme intergouvernemental indépendant, dont la mission est
d’améliorer l’efficacité des administrations douanières.
La C.N.U.D.C.I. (Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial International ),
l’Organisation Mondiale du Commerce (O.M.C.) échangent des informations et collaborent

3
avec l’O.M.D., notamment dans la lutte contre le commerce illégal de marchandises comme
priorité absolue [O.M.D., 19] et ce par le contrôle de la chaine d’approvisionnement
international notamment.
Cette coopération utilise des outils comme le code Système harmonisé qui est un langage
commun de classification des marchandises existantes. L’identification des produits est un
enjeu majeur international assurant la traçabilité d‘un produit. Le code Système Harmonisé à
6 chiffres, définit une famille donnée de produits liés par leur nature et leur utilisation. Il est
appliqué pour 98% des produits dans plus de 200 pays du monde [O.M.D., 19].
Les normes SAFE ont été élaborées dans le cadre de l’O.M.D. et visent à répondre « aux
menaces qui pèsent sur la sécurité des chaines d’approvisionnement » [O.M.D. 2005], en
matière de terrorisme comme en matière de commerce illégal. Les normes prescrites sont
éprouvées comme fonctionnelles (normes volontaires I.S.O. notamment), et sont utilisées
dans le monde entier. Elles sont également basées sur la collaboration avec les entreprises et
l’établissement de relation de confiance avec le commerce légitime (actualisé en 2018,
programme Colombus). Le statut d’Opérateur Economique Agréé est un label sécurité clé qui
en est issu, comme le déploiement de l’Import Control System (I.C.S.) qui a pour objectif la
sécurisation de la chaine d’approvisionnement par un système de préavis où les informations
clés sur la marchandise en cours de transport sont fournies avant l’arrivée à la frontière
(circulaire douane DA 15-010 du 15 Février 2015).
L’échange et la fiabilité de l’information transmise (issue des documents commerciaux de
l’entreprise) visent à faciliter le commerce légal tout en assurant un contrôle efficace des flux
de marchandises.

2.2. Fonctionnement de la douane


Les fonctions dévolues à la douane par l’Etat sont des missions de protection des personnes et
des biens. En accord avec les conventions internationales, ratifiées dans le cadre de
l’Organisation Mondiale du commerce [Vodable 2019]. Les champs de contrôle sont aussi
divers que les accords : protection de la faune et de la flore sauvage ; santé publique,
protection, respect de normes obligatoires : qualité (produits alimentaires, normes qualité,
techniques, mais aussi de la sécurité du travail, protection de l’environnement, protection de
la propriété industrielle et commerciale …).

L’activité de toute entreprise à l’international en négoce comme en production entre dans ce


champ douanier contre les activités illégales déjà identifiées à la partie 1.

Les points de convergence ainsi identifiés entre la gestion du risque de la chaine logistique
internationale et les indicateurs de contrôle douaniers sont repris dans la littérature [Urcuioli
et al,2015].
L’identification des opérateurs est indispensable à la traçabilité des opérateurs. Le numéro
d’identification E.O.R.I. (Economic Operator Registration and Identification) Règlement
L98/3 – (CE) n°312/2009 du 17 avril 2009 [Urcuioli et al, 2015]. Cette règlementation ne
consiste pas seulement à identifier vendeur et acheteur mais également tous les intervenants
de la chaine logistique comme les transporteurs [Urcuioli et al,2015].

4
Le code du Système Harmonisé (S.H.) permet d’appliquer des règlementations cohérentes à la
diversité des marchandises (45 millions environ de produits [O.M.D., 19]) conformément à
l’utilisation possible ou la consommation possible d’un produit.

2.3. Vulnérabilités et réponses

Le réel conforme au déclaratif est une nécessité aussi bien pour le douanier que pour
l’entreprise utilisatrice de la chaine logistique internationale.
La règlementation communautaire (Union Européenne), donne compétence à la douane dans
la lutte contre la contrefaçon, contre les trafics, sans dépendre de décisions judicaires. Le
dispositif est étendu aux droits d’auteur et dessins et modèles, outils et moules de fabrication ;
l’exportation et le transit en plus de l’importation [Vodable 2019] sont concernés.
L’administration des douanes détient les compétences nécessaires à la lutte que doivent mener
les entreprises contre la contrefaçon : article L 716 9 du code de la propriété industrielle, qui
créée un nouveau délit douanier [Vodable 2019].
La certification Opérateur Economique Agréé (O.E.A.) démontre la pertinence d’outils de
contrôle communs à l’entreprise et à la douane. Ce statut se décline en trois niveaux (source :
site web douane française) : l’O.E.A. C Simplifications douanières va être orienté sur la
vérification documentée que le déclaratif est conforme au réel ; L’O.E.A. S (Sécurité et
sureté) s’appuie sur la sécurité des installations, des personnes qui entrent et qui sortent de
l’entreprise. Le dernier niveau est l’obtention des deux certifications : C et S, appelée full. Il
s’agit de l’exemple le plus abouti de certification douanière au plus près de l’activité réelle
d’une entreprise. La norme ISO PAS/28001/2007 sécurité de la chaine d’approvisionnement
est intégrée dans le fonctionnement du statut O.E.A.
Le pendant de l’O.E.A. aux Etats-Unis est le C.T.P.A.T. (Customs Trade Partnership Against
Terrorism). Ces règles mises en place progressivement voient leur efficacité améliorée par les
Accords de Reconnaissance Mutuelle (A.R.M.) entre pays et renforcent l’intérêt pour les
entreprises d’adopter ces normes. La réduction du risque douanier est concernée (diminution
des contrôles, de risques d’amendes, de blocage de flux de marchandises).
Les certifications d’origine préférentielle E.A. (Exportateur Agréé) et R.E.X. (Statut
d’Exportateur Enregistré) participent à l’identification des opérateurs fiables et leur permet de
bénéficier d’avantages tarifaires ou non [Vodable 2019]. L’explosion des échanges comme la
complexité des chaines logistiques d’approvisionnement ont induit une multiplication des
accords commerciaux, que ce soit au niveau des pays qu’au niveau de régions économiques.
La certification ‘exportateur agréé’ se fait de manière volontaire (certificat de circulation
préférentiel EUR1) ou obligatoire R.E.X. [Vodable 2019].
Le contrôle douanier s’intègre dans la gestion de l’entreprise par la vérification des matières
et composants utilisés ainsi que le processus de fabrication et la valorisation des entrants et de
l’extrant.
2.4. Le développement de la S.C.R.M. et d’outils convergents

5
La prise en compte des normes prises en considération par Opérateur Economique Agréé :
ISO PAS 28001/2207 mais aussi 9001… démontre la reconnaissance par la douane d’un
contrôle normatif présentant un intérêt de fiabilité comme de langage de référence en matière
de contrôle par l’entreprise. Deux approches utilisées en gestion du risque dans la chaine
logistique (S.C.R.M.) illustrent cette convergence d’objectifs entre douane et entreprise.
Le COSO qui signifie “Committee of sponsoring Organizations of the Treadway
commission”, a pour objectif d’être leader dans les cadres de référence dans les domaines du
contrôle interne, du management des risques en entreprise et de la dissuasion des fraudes
[IFACI 2005]. Les lois Sarbanes-Oxley, SOX ou Loi de sécurité financière votée aux Etats-
Unis après la crise financière de 2008/2009 l’ont utilisé. 17 principes divisés en 5 catégories le
composent : l’environnement de contrôle (rôle essentiel de la direction), l’évaluation des risques
(notamment les conditions de son efficacité), les activités de contrôle (pertinentes),
l’information et la communication du réel.
Sa mise en place suppose des ressources significatives et reste cependant l’apanage de grandes
entreprises ou de secteurs d’activité sensibles.
Pour le secteur du transport, TAPA EMEA 2008 (Transported Asset Protective Association
from Authorities) [Urcuioli et al, 2015]) a pour objectif la lutte contre les pertes de
marchandises et la lutte en tant qu’entreprise contre la criminalité (vol …) [LANDY, 03].
La Convergence des intérêts entre Etat représenté par la douane et l’entreprise est démontrée.
La menace terroriste, le banditisme (mafia) utile la contrefaçon et le détournement de produits
‘counterfeit, contamination, nuclear weapons, smuggle’ ([URCIUOLI et al, et concernent
donc l’entreprise [URCIUOLI et al,15. Les produits à double usage sont un exemple patent.
Ces produits peuvent donner lieu à un usage malveillant (règlement CE n°428/2009 du 5 mai
2009 modifié).
Les entreprises comme les Etats sont concernés par des menaces communes. Des outils
existent mais le poids du commerce illégal liés au commerce international montré dans la
partie 1 reste une menace actuelle.

3. MISE EN ŒUVRE DE LA METHODE AMDEC


De nombreuses méthodes qualitatives existent pour identifier les risques comme leur impact :
Sept outils classiques de gestion de la qualité sont identifiés dans la littérature [FLYNN et al,
05] :

6
Étiquette Outils de gestion des risques
1 Approche question de positionnement
2 Cartographie des processus internes et externes
3 Procédé de scores (une mesure de l'intensité de l'agrégation)
4 Diagramme de Pareto, ABC Classement
5 AMDEC (Modes de Défaillance, Effets et Criticité)
6 Diagramme d'Ishikawa, Brainstorming
7 Cycle PDCA, le cycle Deming, Six Sigma, amélioration permanente

1 il s’agit d’évaluer une tâche, le champ est plus large que l’analyse de risque.
2 est une partie de cette étude car elle met en évidence la relation entre ici entre les étapes
3 est une mesure partielle utile à l’appréciation des récurrences
4 le poids quantitatif et relatif de tel ou tel critère n’est pas ici adapté à des données qualitatives
5 est outil d’analyse de risque que l’on peut développer au long d’une chaine de production
ainsi pertinent dans la chaine de création de valeur. De plus il permet la mise en évidence d’un
indice de criticité pertinent ici.
6 est plus large car il appréhende les facteurs aussi bien positifs que négatifs, ce qui n’est pas
utile dans la recherche intrinsèque de risque
7 on identifie un problème essentiel et on prioritise sa solution dans une démarche qualité. Le
champ en est plus large que les risques recherchés ici.

L’AMDEC sera utilisé dans cette évaluation.

Nous nous limiterons à initier la démarche à partir d’une cartographie [HEIZER J. et al, 17],
des processus internes et externes, créateurs de valeur ajoutée ; fonctions : commerciale, service
client, production et fonction achat/approvisionnement. Les fonctions support et direction
feront l’objet d’une analyse ultérieure.

La méthode AMDEC permet d’apprécier le risque et permettra de vérifier la concomitance du


risque entreprise/douane et le résultat que l’on peut attendre de l’utilisation d’indicateurs
douaniers.

3.1. La méthode AMDEC


L’AMDEC est un outil utilisé dans la démarche qualité et dans le cadre de la sûreté de
fonctionnement. L'AMDEC consiste à analyser :

• Les défaillances,
• Leurs causes,
• Leurs effets.
L'AMDEC est réalisée grâce à des contrôles de différents points de la chaîne de
production, du produit ou du service fini. Nous utiliserons ici la chaine logistique
internationale comme objet des contrôles liés à l’activité de l’entreprise.

7
3.2. Les éléments habituels de la défaillance corrélés au risque douanier
Cette approche est confortée par des origines de risque dans une chaine logistique montrant le
risque d’erreur ou de faute possible et entrant dans le champ douanier.

[PALLER D., 15],


D’autres risques sont à considérer également : risques de demande ou risque client et risque
des processus [Ziegenbein et Niehaus 2004], risque réseau [Jüttner et al, 2003], Risques
d’information, environnementaux, d’approvisionnement ou risques fournisseurs [Zsidisin
2003, Ziegenbein et al 2003].
Le panel est constitué d’entreprises de différentes tailles, de différents secteurs d’activité
comme le montre le tableau récapitulatif ci-après. Les données ont été recueillis dans le cadre
d’interventions concernant la prévention des risques douaniers. Le constat fait est que le
risque douanier était in fine associé à une vulnérabilité / menace concernant l’entreprise à
différent degré.
La préconisation de l’utilisation des outils de contrôle douaniers prenait tout son sens pour la
plupart des entreprises. Il est à noter que 124 entreprises sur le panel des 150 ont été
concernées par un ou plusieurs de ces risques (fautes / erreurs) soit 82, 67 %, renforçant la
pertinence de cette collecte
Les entreprises étudiées étaient sensibles à la question douanière, ce qui tend à considérer que
les résultats obtenus nécessitent une étude plus large.

8
Secteurs d’activité Moins de 10 De 10 à 250 Plus de 250
salariés salariés salariés
Industrie agroalimentaire (alimentaire, vin, 4 12 7
alcool, équipement)
Energie et chimie (gaz, pétrole, solaire, 8 4
lubrifiants, chimie, plastique)
Métallurgie et bâtiment (construction 7 9
métallique, sidérurgie, bâtiment-Travaux
Publics, équipement BTP, chauffage,
compresseurs, technologie de l’eau,
soudure)
Santé (matériel chirurgical, optique, 1 12 5
pharmacie, cosmétiques)
Textile (textile, entretien, articles de 4 3
puériculture)
Equipement (équipement automobile, 14 7
électroménager, appareils de mesure, de
signalisation, de détection,
télécommunication, transport)
Electronique (électronique, informatique, 12 7
télécommunications)
Armement 2 2
Luxe (luxe, joaillerie) 1 4 1
Service (négoce automobile, négoce de 6 12 6
joaillerie, distribution, ingénierie, transit et
transport, assurance)

Le tableau ci-dessous identifie les tâches opérationnelles liées à la vente /achat à


l’international qui ont permis d’identifier les risques associés, des indicateurs permettant
d’évaluer leur fréquence et un indicateur douanier lorsqu’une interaction avec la douane a été
reconnue.
9
Tâche Risque Indicateur Indicateur douanier

Commande client
Identifier le 1
pays de Incertitude pays, Nombre de pays Contrôle du pays de
destination interdiction de livrés sans destination réel
vendre autorisation
Identification 2
client acheteur Solvabilité Nombre de clients Existence douanière de la
et destinataire en défaut de société cliente
paiement

3
Fraude Fraudes identifiées La valeur : La
règlementation interdit la
sous-facturation
4
Blanchiment Nombre de Black list douane : La
transactions issues règlementation implique
du blanchiment que le risque ici doit être
éliminé
5
Détournement Nombre de Antériorité douanière :
de la commande détournements L’information douanière est
vers un autre commandes un outil de contrôle
pays (Risque
commercial voire
règlementaire)

6
Développement Fuite Vendeur /
du commerce d’informations acheteur/expéditeur/
triangulaire critiques et destinataire
(cross-trade) documents L’information douanière est
un outil de contrôle
Paiement, banque et garantie
Identification Notoriété de la Identification Pas d’indicateur douanier
paiement banque insuffisante de la utile
Banque et et fiabilité banque
garantie
7
Paiement Mode et paiement Douane du pays
conforme au non conformes d’importation
pays

10
Tâche Risque Indicateur Indicateur douanier

Identification produit, quantité et valeur


Identification Capacité non Nombre de Pas d’indicateur douanier
produit, suffisante pour commandes non
quantité et satisfaire la traitées
valeur commande

8
Non conformité Nombre de Indicateur du code Système
du produit à la commandes non Harmonisé à intégrer
commande conformes
9
Quantité et Nombre de Indicateurs Quantité et
valeur non commandes non valeur contrôlés en douane
conformes à la conformes
commande

10
Non conformité Conformité de Code douanier
du produit à la l’origine à la La règlementation
règlementation règlementation douanière doit être
du pays douanière respectée
d’importation
Identification logistique, transporteur et représentant en douane
Identification 11
logistique Non fiabilité du Identification La règlementation
transporteur et transporteur insuffisante du douanière prend en compte
représentant en transporteur l’identité du transporteur
douane
12
Non fiabilité du Nombre Agrément demandé :
représentant en d’incidents et les indicateurs douaniers
douane désigné d’erreurs réduisent fortement ce
risque

11
Préparation de commande
Tâche Risque Indicateur Indicateur douanier

Elaboration du 13
produit Définition non Nombre de Code douanier : les
conforme du commandes avec indicateurs douaniers
produit erreur permettent de relever des
dysfonctionnements
éventuels

14
Gestion de Taux de déchets si Ce contrôle peut être fait
production applicable pour les régimes
insuffisamment particuliers et les contrôles
contrôlée

15
Mauvaise Nombre de fausses La douane requiert la
transmission déclarations de traçabilité d’origine
d'informations produit, de l'origine

16
Mauvaise mise à Stock réel / stock Le niveau de stock permet
jour des états de théorique de contrôler l’activité réelle
commande d’une entreprise
(différée,
annulée …)

Documents 17
Documents Nombre de La douane, contrôle
manquants documents ultérieur du risque en
manquants entreprise

18
Énonciations Nombre constaté Même constat qu’infra
manquantes sur documents
commerciaux et
certificats

Organisation du transport et préparation des formalités en douane export


Préavis du 19
transporteur et Identification du Nombre de remise L’identification du
du transporteur réel au mauvais transport responsable et
représentant en Erronée transporteur, réel à fournir en douane
douane Risque de vol et
non passage en
douane

12
Commande 20
prête au Emballage Nombre L’emballage est une donnée
chargement défectueux d’expéditions ayant du contrôle douanier
et chargement donné lieu à
dommage de
transport

21
Commande non Nombre d’unités Le nombre d’intervenants
conforme d’emballage ou de dans la chaine contrôlant
(apparence de marquage de atténue le risque.
non-conformité) cartons non
conformes au
chargement ou à
l’expédition
Moyen de nombre
transport non d’expéditions Pas d’indicateur douanier
disponible retardées

22
« Retour service Nombre Les droits et taxes sont un
client » d’expéditions pour coût indu fréquemment
réparation ou
échange standard
non enregistré

Tâche Risque Indicateur Indicateur douanier

Transport, expédition
Conditions de 23
livraison L’incoterm ne Nombre L’incoterm est demandé,
Incoterms correspond pas à d’expéditions erroné peut fausser la
prédéfinis ce qui est fait concernées valeur en douane
réellement

Contrôle des
documents Nombre de vols, Le contrôle douanier
commerciaux, 24 casses et pertes reviendra aux causes
de transport Les contrôles
idoines ne sont
pas faits

Formalités en 25
douane export/ Contrôle Blocage en douane Dernier contrôle possible
import représentant en possible avant le contrôle douanier
douane
identifiant les
erreurs

13
Embarquement 26
: Maritime, Les contrôles ne Nombre de vols, Les contrôles douaniers ont
aérien, sont pas faits casses, pertes pour objectif de lutter
groupage contre ses malversations
terrestre Livraison non
faite à temps, Nombre de retards, La douane peut être cause de
Marchandise en nombre de ruptures blocage dans certains cas
retour pour cause de contrôle
Livraison et 27
formalités de Les risques sont Le contrôle douanier est
douane import identiques à plus élevé
l’expédition et
aux formalités
de douane
export
Tâche Risque Indicateur Indicateur douanier

Approvisionnement, fournisseur
Evaluation du 28
fournisseur, Approvisionne- Nombre de La vérification des
fiabilité ment non fournisseurs non formalités douanières
durable, fiables acceptés / export réalisées par le
solvabilité, totale fournisseurs fournisseur sont utiles avant
l’importation
29
Compétence Nombre L’identification comme ci-
insuffisante, d’incidents causés / dessus est également utile
offre non fiable total des
approvisionnement
s
30
Dépendance de Nombre de L’identification influe ici de
sous-traitants ruptures, retards manière moindre
non fiables, /total des
dépendance à approvisionnement
des concurrents s
31 Nombre de cas La base de données black
Vulnérabilité au identifiés / Total list et la vérification des
crime organisé, des formalités douanières
corruption approvisionnement export du pays du
s fournisseur sont utiles
Lancement de 32
la commande Conformité de la Nombre Les erreurs peuvent être
acheteur / réalisation au d’approvisionne- non conformes à la
Contrôle des contrat ments non règlementation
stocks conformes au
contrat (produit,
valeur…)

14
33
Non-respect de Nombre de La déclaration doit être
la déclarations exacte en douane
règlementation erronées/ nombre
du pays d’export total
et d’import d’approvisionne-
ments
Préparation de 34
la commande et Non-conformité Nombre de Contrôle des informations
des documents des documents commandes non clés par la douane par le
et de conformes / total système I.C.S. (voir infra)
l’expédition des commandes
Expédition et 35
paiement Incidents de Nombre La douane contrôle les
transport, risque d’incidents de opérateurs de transport
de perte, transport / total notamment ceux qui on un
malversation commandes agrément en douane
36
Paiement fait via Nombre de Les pays et les banques
des comptes paiements illégaux appartenant à des zones
illégaux, banque / total des sensibles sont connues par
non reconnue commandes payées la douane

Cette cartographie des risques de la commande au fournisseur a été noté selon la méthode
AMDEC.

3.3. L’atténuation du risque résiduel par la douane

Le calcul associé à l’AMDEC est


R – (F * G * D)
Où R est la valeur du risque
F sa fréquence
G sa gravité
D sa probabilité de non-détection [LANDY, 03]

L’appréciation du risque résiduel conduit à une modification de la méthode AMDEC où


l’atténuation du risque D prend en compte l’outil douanier comme facteur d’atténuation et
remplace D comme probabilité de non-détection.
Où R devient le risque résiduel, F la fréquence, G sa gravité, I son incidence et D l’atténuation
par des indicateurs douaniers utilisés du risque :

Soit
F qui devient nombre d’entreprises concernées / sur le total des entreprises (0 ; 1)
G sa gravité selon une échelle fréquente de (1 ; 4) 1 insignifiant ; 2 marginal ; 3
critique ; 4 catastrophique

15
I soit l’incidence externe pour l’entreprise (1 ; 3) 1 pas d’incidence ; 2 incidence
moyenne ; 3 incidence forte, le produit G x I sera pris en compte.
D indicateur conforme à la règlementation douanière ( 0 ; 1) 0 élimination du risque ;
0,2 atténuation forte 0,5 atténuation du risque ; 0,8 Atténuation modérée ; 1 l’outil douanier
est inefficace dans l’atténuation du risque.
L’impact douanier sera ainsi apprécié selon la fréquence d’une part (probabilité de
l’historique) et le produit de la gravité / incidence d’autre part.

Le tableau ci-dessous reprend les numéros des différents risques identifiés dans la chaine
externe de création de valeur par le numéro de risque se référant au tableau de la cartographie.
La fréquence F, la gravité et l’incidence G définissent un indice de criticité qui sera confronté
au facteur douanier estimé par le même panel pour identifier le risque résiduel.

Les tâches énoncées ont été validées par le panel d’entreprise au cours de ces sessions de
conseil, les risques qui ont été associés et les corrélations avec les informations fournies à la
douane soit :
Tableau des résultats identifiés par les numéros de risques

F G D
Fréquence = Index selon la Taux d'atténuation si R
Entreprises notation de l'entreprise est en Risque résiduel =
concernées / la gravité * la Taux de conformité avec la taux criticité *
Risque total des notation de criticité règlementation taux
numéro entreprises l'incidence résultant douanière d'atténuation
Commande client
1 6/150 3*3 0,36 0,20 0,07
2 24/150 3*2 0,96 0,50 0,48
3 11/150 4*2 0,59 0,30 0,18
4 3/150 4*3 0,24 0,00 0,00
5 29/150 3*1 0,58 0,30 0,17
6 15/150 4*2 0,80 0,50 0,40
Paiement, banque et garantie
7 5/150 4*1 0,13 0,50 0,07
Identification produit, quantité et valeur
8 37/150 3*2 1,48 0,50 0,74
9 40/150 3*2 1,60 0,50 0,80
10 38/150 3*2 1,52 0,20 0,30
Identification logistique, transporteur et représentant en douane
11 27/150 3*2 1,08 0,50 0,54
12 26/150 3*2 1,04 0,30 0,31
Préparation de commande
13 41/150 3*1 0,82 0,30 0,25
14 9/150 3*2 0,36 0,50 0,18
15 45/150 3*3 2,70 0,10 0,27
16 31/150 3*2 1,24 0,50 0,62

16
17 29/150 3*1 0,58 0,50 0,29
18 23/150 2*3 0,92 0,50 0,46

F G D
Fréquence = Index selon la Taux d'atténuation si R
Entreprises notation de l'entreprise est en Risque résiduel =
concernées / la gravité * la Taux de conformité avec la taux criticité *
Risque total des notation de criticité règlementation taux
numéro entreprises l'incidence résultant douanière d'atténuation
Organisation du transport et préparation des formalités en douane export
19 8/150 3*2 0,32 0,50 0,16
20 13/150 3*3 0,78 0,80 0,62
21 19/150 2*2 0,51 0,50 0,25
22 35/150 2*1 0,47 0,70 0,33
Transport, expédition
23 45/150 2*3 1,80 0,50 0,90
24 30/150 2*3 1,20 0,50 0,60
25 14/150 2*3 0,56 0,20 0,11
26 20/150 3*3 1,20 0,30 0,36
27 25/150 3*3 1,50 0,00 0,00
Approvisionnement fournisseur
28 10/150 3*2 0,40 0,50 0,20
29 2/150 4*3 0,16 0,50 0,08
30 14/150 3*2 0,56 0,80 0,45
31 3/150 3*3 0,18 0,80 0,14
32 10/150 3*3 0,60 0,80 0,48
33 9/150 3*4 0,72 0,00 0,00
34 30/150 2*2 0,80 0,70 0,56
35 28/150 2*3 1,12 0,80 0,90
36 1/150 4*4 0,11 0,00 0,00

3.4. Analyse

Il convient de noter que 36 des 38 risques identifiés dans le processus de réalisation de


commande soit 94,73% établissent une connexion avec les indicateurs douaniers.
Il est ici montré que l’utilisation des indicateurs douaniers est pertinente dans la plupart des
risques dans la gestion opérationnelle des commandes et des risques identifiés dans le panel
des entreprises qui lui sont associés.

17
36
L’évolution en orange montre le risque résiduel par des valeurs inférieures au taux de criticité
(évolution en bleu), démontrent sa pertinence en tant qu’indicateur de risque dont l’usage
atténue la probabilité de survenance du risque considéré.

Le même constat se confirme comme un lien fort dans 80% des cas entre l’opportunité
d’utilisation des indicateurs douaniers et le besoin de gestion des risques.
50% de ces entreprises appartiennent à des secteurs d’activité particulièrement sensibles aux
règlementations particulières (alimentaire, santé, armement, luxe …).

L’atténuation des risques constatées par les entreprises est remarquable (risque résiduel à 0)
concernant les risques suivants : blanchiment, paiement, représentant en douane non qualifié,
non-respect des règlementations, paiement via des comptes illégaux.

L’utilisation des outils douaniers pour contrôle est démontrée comme pertinente concernant :
- Non-conformité des produits,
- Quantité et valeur non conforme,
- Transporteur non fiable,
- Gestion de production insuffisamment contrôlée,
- Mauvaise transmission d’information,
- Incoterm non conforme,
- Contrôle des quantités et qualité produit transporté non faites.

Tous ces indicateurs démontrent l’intérêt de l’utilisation des indicateurs douaniers pour
réduire les risques concernant directement les entreprises.

Il est nécessaire alors de se demander pourquoi l’utilisation des indicateurs douaniers par les
entreprises ne sont pas plus répandus.

18
4. LA COMPLEXITE, FREIN A L’EFFICACITE

La complexité règlementaire est un frein à l’efficacité des actions de contrôle. La partie 2 a


montré que la douane contrôle le réel de l’entreprise marqué par la diversité des situations.

Le statut Opérateur Economique Agréé (O.E.A. / A.E.O.), illustre cependant la capacité de la


douane à intégrer les processus de l’entreprise.
La version révisée du 28 Mai 2014 des lignes directrices de l’Opérateur Economique Agréé
démontre les efforts d’adaptation de cette règlementation aux P.M.E. et aux ressources et
champ opérationnel de ces entreprises. Force est de constater que le nombre d’entreprises
certifiées aujourd’hui reste limité. Le statut d’O.E.A. montre aussi la difficulté d’un grand
nombre d’entreprises d’y adhérer (1451 entreprises certifiées O.E.A. en France en 2017,
source site web de la douane française).
La question posée est de savoir si cette orientation vers des règles plus adéquates aux P.M.E.
est suffisante compte tenu de l’exigence de la norme comme de la complexité de la
règlementation douanière.

4.1. L’approche organisationnelle est pertinente


La chaine logistique internationale est conditionnée par les changements induits par une telle
organisation allant vers plus de complexité et de risques associés [Tapiero, 2008]. Cette
complexité se doit d’être appréhendée selon une double analyse (intégration inter et intra
organisationnelle) [Lavastre et al, 2010]. La gestion des risques doit être pensée au niveau de
l’organisation comme au niveau de l’activité [IFACI 2005]. De fait le niveau opérationnel
doit transmettre des informations d’alerte issues de cette matrice [IFACI 2005]. L’approche
douanière de contrôle (contrôle du réel par rapport au déclaratif) comme démontré dans 3- ci-
dessus satisfait à cette condition.
La complexité de la règlementation douanière est pour partie due à des règles s’appliquant à
des cas particuliers (activité de l’entreprise), problématique bien connue en droit [LANDY,
03]. Cette complexité est également reconnue dans la chaine douanière (exportation, transit,
importation) comme un système complexe « classified as a complex system », du fait d’un
grand nombre d’acteurs mais aussi des liens complexes structurels comme des interactions
entre les acteurs [Zhi Li et al, 2013].
Le besoin commun d’évaluation des risques douane et entreprises démontre un champ
commun d’investigation de S.C.R.M.
Cette difficulté est illustrée par le code Système Harmonisé qui se doit d’être la pierre
angulaire du contrôle douanier efficient et facilitateur du commerce. Le taux de codes erroné
est important. Au Canada lors de la conférence de l’OMD sur le Système Harmonisé, 30% des
produits sont estimés erronés dans leur classement douanier]. Pour assurer la fiabilité du code
Système Harmonisé il convient de convertir le langage douanier (terminologie douanière), en
langage lisible pour l’entreprise [O.M.D. 2019].
La non-fiabilité des informations déclarées due à la non-maitrise de la règlementation
empêche une mission douanière de contrôle efficace et prive l’entreprise d’outils de gestion
de risque.

19
4.2. La collaboration de la chaine logistique élargie à la douane
La question posée est de savoir comment élargir la collaboration de la chaine logistique
internationale à la douane.
« La collaboration apparait comme le moyen le plus efficace pour minimiser les risques de la
supply chain » [Elbaz et al, 2012]. Ce constat peut être élargi aux douanes qui sont parties de
cette chaine logistique internationale et qui partagent la recherche de solutions à des menaces
communes, commerce illégal ou erreur humaine. L’erreur est fréquente et ne doit pas être
sous-estimé [Nguyen-The 2011], [Paller 2015], [ICC 2019]. L’évènement identifiant le risque
est préalable à la cause (origine involontaire ou délictueuse possible, négligence).
Il est constaté par ailleurs que la gestion des risques dans la chaine logistique manque d’outils
identifiés [Lavastre et al, 2010].
L’outil douanier peut être mieux intégré à la gestion du risque de l’entreprise comme montré
dans la cartographie ci-dessus.

4.3. La corrélation ’non-respect des lois’ et complexité

La complexité est un frein au respect des lois pertinentes et empêche le niveau de facilitation
du commerce attendu [Widdowson 2006]. Des entreprises peuvent être amenées à cacher des
faits (fournisseurs et origine des produits par exemple) pour des raisons commerciales
[Elkwal et Lumsden 2007].

L’environnement a changé depuis le 11 Septembre 2001 [Rice et Spayd 2005] et [Sheffi


2001]. Cet évènement majeur a incité à une lutte contre le terrorisme et contre le commerce
illégal. Des entreprises identifiées comme fiables permettent plus d’efficacité [Haughton
2007]. Le développement des labels ‘sécurité douanière’ accordés à des entreprises au sein de
zone économique de libre échange comme l’ALENA, ont montré des avantages de
compétitivité [Urcuioli et al,2015].

Il est également patent que la capacité d’avoir des ressources internes à mobiliser en matière
de gestion du risque, d’avoir un responsable compliance … représente un défi pour les petites
et moyennes entreprises [Powanga 2006]. Il s’agit de coût et d’investissement, [den Buttera et
al. 2012]. Le coût est un problème majeur dans un environnement concurrentiel, [Stevenson
2005], [Mazaheri and Eckwall 2009].
Des indicateurs existants et auxquels il convient de se conformer (règlementation douanière)
méritent d’être optimisés.
4.4. Les moyens de minimisation des risques issus de la SCRM
Il convient d’ajouter 5 moyens efficaces de minimisation [Elbaz et al, 2012] : La
communication, l’échange d’informations (prévisionnelles et opérationnelles) où la douane
est d’ailleurs intéressée ; l’accompagnement des fournisseurs dans l’amélioration des

20
performances, la précision dans les prévisions, la pérennité dans les relations avec les
partenaires ; les stocks de sécurité en interne. La coopération avec la douane correspond à ces
moyens de minimisation des risques.

Les processus pour l’entreprise incluent « non seulement des activités logistiques
traditionnelles telles que l'entreposage, la gestion et l'inventaire des stocks, le transport, mais
également des activités non traditionnelles à la logistique comme les achats, le support à la
production, le conditionnement, l'administration des ventes et le traitement des commandes
clients » [Tracey et al., 2005], selon l’approche faite dans le point 3-.

La douane intègre dans son champ d’investigation de l’activité de l’entreprise, les champs qui
sont ceux de la gestion de l’entreprise [Waters C.D.J.,2011].

Le risque douanier peut se résumer par la liste synthétisée des risques du C.B.P. (Customs
Border Protection) des Etats-Unis. Il est pertinent compte tenu de l’influence dans les
instances élaborant les règlementations internationales en matière de sécurité et donc
douanière (programme SAFE, convention de Kyoto …) [O.M.D. 2008]. Le CBP considère
comme informations clés : le code douanier (élaboré à partir du code Système Harmonisé), le
pays d’origine, l’identification de l’entreprise qui produit, les relations qui existent entre les
entreprises, le mode de transport et son identification, le port étranger de provenance (cas du
transport maritime), le destinataire final de l’envoi …Toutes ces informations sont propres à
la chaine logistique internationale.
4.5. Un niveau basique en douane contre la complexité
Cette complexité entrave les similitudes qui permettraient à l’entreprise de ne plus considérer
la douane comme une contrainte mais comme un avantage dans la réduction des risques et à la
douane d’optimiser l’utilisation des données de l’entreprise dans un but commun.
Les pouvoirs de la douane ne peuvent être efficaces que dans la mesure où une véritable
coopération s’installe entre les services douaniers et les entreprises [ODASCE, 2019]. Les
facteurs de complexité évoqués en obèrent l’efficacité.

La S.C.R.M. doit être un management non seulement proche des réalités de l'activité
opérationnelle mais surtout inter-organisationnelle [Lavastre et al, 2010].
Les indicateurs de la règlementation douanière peuvent y contribuer puisque habités du même
objectif (partie 3-).
Dans la huitième directive européenne sur la gouvernance, la recherche d’un langage commun
est rappelée ‘trouver des méthodes de travail et un langage commun alors même que l’horizon
semble devoir s’encombrer d’une règlementation toujours plus touffue et que l’Union
Européenne aborde progressivement toutes les aires de la vie des organismes’.

Emmanuelle Meyer (consultante) suggère, à l’image de ce qui existe pour les matières
dangereuses (MD), qu’un certificat puisse exister pour garantir un niveau plancher de
connaissance/formation qui serait reconnu par la Douane [ODASCE, 2019]. Ce papier a pour
objet de montrer la pertinence d’une telle méthode d’une part, d’autre part comment faire du
contrôle douanier un outil de gestion des risques.

21
Il a été également été démontré que le code Système Harmonisé permet d’améliorer la
communication / le contrôle inter et intra organisationnels, que le contrôle du pays d’origine
permet à l’entreprise un contrôle de ses sources d’approvisionnement, que le contrôle de la
valeur assure l’entreprise contre une concurrence déloyale. L’utilisation des indicateurs
douaniers minimise la malveillance comme la concurrence déloyale dans la gestion des
risques qui ont été identifiés dans la partie 1.

Conclusion

Le risque est présent dans 87% des activités de gestion. C’est ainsi qu’il a été étudié dans de
très nombreux champs disciplinaires : stratégie, finance, production, compatibilité, marketing.
Selon la plupart des chercheurs sur ce thème [Lavastre et al, 2010], l'importance d'un risque
dépend principalement de deux éléments : sa fréquence d'apparition et sa gravité.
La douane est montrée comme facteur d’atténuation (partie 3-).

L’échelon de l’entreprise elle-même comme acteur incontournable de lutte contre le


commerce illégal est indispensable pour l’entreprise elle-même comme pour les Etats.
La chaine logistique internationale est créatrice de complexité de flux qui plus est changeant,
les outils douaniers doivent être simplificateurs et proches du réel.

La S.C.R.M. trouve ainsi dans la règlementation douanière plus que la gestion du risque
douanier mais des indicateurs utiles à l’entreprise et porteur d’un langage commun de gestion
du risque international. Ce niveau élémentaire de l’activité opérationnelle internationale
appelle à définir une gestion de risque selon une échelle plus progressive, conforme à
l’activité réelle et opérationnelle de l’entreprise.

Il s’agit de rendre lisible et de partager entre les acteurs identifiés les processus de production,
de valeur, de vente, d’approvisionnement et des prestaires logistiques grâce aux indicateurs
définis dans la partie 3.
Des niveaux intermédiaires d’intégration peuvent être définis pour permettre une intégration
progressive avec comme finalité l’obtention du statut O.E.A. quelque soit le secteur d’activité
de l’entreprise et sa taille.

Outils de contrôle des risques propres à l’entreprise, les indicateurs douaniers intégrés sont
une source privilégiée pour la stratégie des entreprises à l’international : dans quels pays
acheter, produire et vendre. La règlementation douanière fournit des indicateurs de contrôle
utiles à l’entreprise dont la complexité doit être démystifiée par une implémentation graduelle
qui pourra ainsi aboutir à une coopération efficace douane/entreprise.

22
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