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Analyse de l'Énonciation et Déixis

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ANALYSE DE DISCOURS

Souad Oussikoum
L’énonciation est constituée par l’ensemble des facteurs et des actes qui provoquent la
production d’un énoncé.

En français, l’énonciation peut être caractérisée au moyen de 4 concepts :

1- Le sujet parlant adopte vis-à-vis de son énoncé une attitude déterminée par laquelle il
s’y inscrit ou au contraire s’en évade complètement.

L’apparition du pronom « je » peut être une manière de réduire la distance.

L’utilisation de la troisième personne ou l’absence de références au locuteur accroît la


distance.
2- Le locuteur indique s’il adhère ou refuse d’adhérer à son énoncé. L’adhésion plus ou moins grande est
manifestée par des modalisateurs.

La transparence ou l’opacité se définissent par le rapport que le récepteur entretient avec l’énoncé. La
transparence est le caractère de l’énoncé constitué de manière que le récepteur pourrait être la source
d’énonciation.
- Il est évident que cette théorie est correcte.
- Tout le monde sait que l’eau bout à 100°C.

→ Ces énoncés sont transparents car ils donnent l’impression d’un savoir partagé et objectif.

- Il me semble que cette théorie pourrait être correcte.


- Je crois que l’eau bout à 100°C.

→ Ici, l’énoncé devient plus subjectif, marqué par l’incertitude du locuteur, ce qui crée une opacité.
3- La tension ou la relation dynamique s’établit entre celui qui parle (le locuteur) et celui
qui écoute (le destinataire).

Cette relation peut varier en fonction de plusieurs facteurs, comme l’intention du locuteur,
la réaction du destinataire ou le contexte de communication.

Le discours joue un rôle essentiel dans cette interaction : il sert à positionner


l’interlocuteur ou à situer des éléments du monde extérieur par rapport à l’énoncé.
Autrement dit, à travers son discours, le locuteur cherche à influencer la manière
dont son interlocuteur comprend, perçoit ou réagit à ce qui est dit.
Par exemple, si un enseignant dit à ses élèves :

« Vous devez absolument réviser ce chapitre pour réussir l’examen. »

il établit une tension entre lui et ses étudiants en leur donnant une directive.

Son discours vise à situer leur action future (réviser) par rapport à un objectif (réussir
l’examen).

En résumé, la tension structure l’interaction entre le locuteur et le destinataire, et le


discours est un outil qui permet d’orienter cette interaction en positionnant les
interlocuteurs et les éléments du monde extérieur dans un cadre précis.
4- Le sujet d’énonciation est le locuteur considéré comme l’ego, lieu de production d’un énoncé.

= Le sujet d’énonciation, c’est la personne qui parle (le locuteur). On l’appelle aussi Ego, car c’est
lui qui produit l’énoncé (ce qui est dit).

Le mot Ego désigne donc celui qui parle et qui utilise « je » dans une phrase.

Par exemple, quand quelqu’un dit : « Je te dis que… », le « je » correspond à l’Ego.

Le genre du pronom « je » change selon la personne qui parle (c-à-d selon le sexe de l’ego ) :

Une femme dira : « Je suis heureuse »

Un homme dira : « Je suis heureux »


Deixis
Dans l'ensemble des énoncés possibles d'une langue existe une catégorie qui
n'a de sens que par l'énonciation elle-même.

Ces énoncés sont repérables par la présence d'unités dites "déictiques" dont la
fonction est d'assurer le passage du niveau de la langue à celui du discours.

Ces éléments constituent la classe des indicateurs référentiels embrayant les


énoncés sur la situation du discours.
Ces éléments forment la deixis à partir des quatre catégories suivantes :

a- les signes linguistiques par lesquels le locuteur se désigne et désigne son récepteur : les pronoms personnels
et leurs formes réflexives, accentuées, de politesse et les possessifs.

b- Les signes linguistiques par lesquels le locuteur désigne les tierces personnes: les pronoms anaphoriques, les
démonstratifs, l'article, les numéros et les noms propres.

c- Les signes linguistiques par lesquels le locuteur indique le temps et le lieu de l'énonciation: les verbes et les
noms à désinence spatiotemporelle, les adverbes.

d- Les verbes de la parole ou de modalité: affirmer, penser, croire, savoir…


Les déictiques désignent ainsi tout élément linguistique permettant le passage de la
langue au discours par la référence à des objets ou situations réels (la personne,
l'espace et le temps).

Autrement dit tout élément linguistique qui dans un énoncé fait référence:

1- à la situation dans laquelle cet énoncé est produit.

2- Au moment de l'énoncé (temps et aspect du verbe).

3- Au sujet parlant
Les termes "déixis" et "déictiques" sont liés, mais ils ne désignent pas exactement la même chose.

1. Déixis :
1. C’est un phénomène linguistique qui concerne les mots ou expressions dont le sens dépend du contexte (qui parle, où, quand).
Par exemple, dans la phrase « Je viens ici demain », les mots je, ici et demain sont compréhensibles uniquement si on sait qui
parle, où et quand.

2. Déictiques :
1. Ce sont les mots ou expressions qui réalisent la déixis.
2. Ils peuvent être des pronoms (je, tu, nous), des adverbes (ici, là, maintenant), des déterminants (ce, cette), etc.
3. Exemple : « Ce livre est à moi » → « Ce » est un déictique car il désigne un objet en fonction du contexte.

👉 Différence :

• La déixis est le phénomène général.

• Les déictiques sont les mots qui permettent de réaliser ce phénomène.


Demain, tu devras terminer ce travail, sinon il sera trop tard.

Les éléments d'énonciation se présentent comme suit :


- Émetteur (locuteur) :
Implicite, mais on comprend qu’il s’agit d’une personne qui donne un ordre ou un conseil.

- Récepteur (interlocuteur) :
Le pronom personnel tu indique que le message est adressé à une personne spécifique.

- Marques de subjectivité :
L’impératif devras traduit une injonction ou une nécessité.
L’expression trop tard traduit une appréciation temporelle subjective de l’émetteur.

- Cadre spatio-temporel :
Demain ancre l’énoncé dans un futur proche, montrant une inscription temporelle claire.

- Modalité et visée du discours :


L’usage du futur devras et de l’alternative sinon crée une contrainte forte, exprimant une obligation.
Problèmes de référence
La division des unités linguistique en déictiques, non déictiques est fondé sur
une nouvelle conception du processus de référence dans la langue.
Benveniste, en proposant les règles d'une théorie des signes indiciels oppose
les éléments dénominatifs à référence constante aux éléments indiciels à
référence subjective.

Personne / non Personne


Je pars maintenant

Les indices de temps et de personne changent de signification en fonction de


la situation d'énonciation : selon le locuteur et le jour désigné par l'adverbe
d'où la subjectivité de leur contenu sémantique.

Le 31 décembre 2008
La veille de la première guerre du golf

Ces deux phrases ont un référent constant que la situation ne peut modifier.
Les valeurs référentielles

Les déictiques, tout en faisant partie du système linguistique, sont une


construction du discours. Ils possèdent un sens stable puisqu'ils
appartiennent à une langue codifiée:
"Je" par exemple réfère naturellement à l'énonciateur qui prend en charge la
langue à un moment donné mais c'est un sens qui réfère constamment du
discours parce que le "référent "réel" du déictique ne peut être dégagé qu'une
fois l'énoncé relié à l'acte individuel d'énonciation (donc à une situation).
Le relevé des déictiques dans le texte dépend de l'attribution des valeurs
référentielles aux unités linguistiques : le sens des déictiques est engendré par
la référence de ceci à la situation d'énonciation.

Ainsi, "Tu" change de sens en fonction de l'interlocuteur donc d'une donnée


extralinguistique.
Dans l'énoncé Je le prends le sens du pronom "le" n'est possible que par la
référence à un élément du contexte linguistique lui-même (Référence
contextuel ou linguistique / et une référence extralinguistique).

Ce double fonctionnement des unités linguistique répond à une double


désignation du processus référentiel dans le texte.

La référence déictique pour le premier cas et la référence anaphorique pour


le second cas
Le relevé des deux types de fonctionnement référentiels n'implique pas
l'établissement des deux classes d'unités linguistique à valeur référentielle distincte.

En effet, certains déictiques deviennent anaphoriques par l'effet d'un contexte


particulier.

il arrive maintenant…………. Valeur déictique


il revient à son village natal parce qu'il savait maintenant qu'il ne serait si bien nulle
part.

valeurs anaphorique = en ce moment là


De ce fait, le discours utilisera les déictiques puisqu'il fait référence à la
situation d'énonciation :

- "maintenant" ne renvoie à rien si l'on ne sait à quel moment il a été énoncé


(maintenant renvoie au présent de l'énonciation, concomitant à la parole)

- "je " n'a pas non plus de référent si l'on ne sait pas qui parle (le je change
constamment de référent, mais renvoie toujours à l'énonciateur)/

- le "ici " renvoie par essence au lieu dans lequel se trouve l'énonciateur. De
ce fait, le discours est par définition la définition je-ici_-maintenant.
Le récit par contre utilisera les anaphoriques du moment où il est coupé de la situation
d'énonciation.

Les anaphoriques renvoient à un référent interne à la langue :

Le lendemain ne renvoie pas à la situation d'énonciation, mais fait référence à un moment


futur par rapport à une temporalité donnée dans le récit;

il, celui-ci, par exemple sont compréhensible parce qu'ils renvoient à des éléments
identifiables en dehors de la situation d'énonciation.

Autrement dit, les anaphoriques reprennent un élément déjà donné alors que les déictiques
portent en eux-mêmes leur propre référent, indissociable de la situation d'énonciation.

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