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Nourrir le monde en 2050 : défis et solutions

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DOCUMENT RÉSERVÉ AU CANDIDAT - ÉPREUVES COLLECTIVES

LETTRES ET SCIENCES HUMAINES

1
3 Production écrite 25 points

ÉPREUVE N°1 : Synthèse de documents 13 points

Vous ferez une synthèse des documents proposés, en 220 mots environ.
Pour cela, vous dégagerez les idées et les informations essentielles qu’ils contiennent, vous les regrouperez et les
classerez en fonction du thème commun à tous ces documents, et vous les présenterez avec vos propres mots,
sous forme d’un nouveau texte suivi et cohérent.
Attention :
– Vous devez rédiger un texte unique en suivant un ordre qui vous est propre, et non mettre deux résumés bout
à bout.
– Vous ne devez pas introduire d’autres idées ou informations que celles qui se trouvent dans les documents, ni
faire de commentaires personnels.
– Vous pouvez bien entendu réutiliser les « mots clefs » des documents, mais non des phrases ou des passages
entiers.
200 à 240 mots
Règle de décompte des mots : est considéré comme mot tout ensemble de signes placé entre deux espaces.
« c’est-à-dire » = 1 mot ; « un bon sujet » = 3 mots ; « je ne l’ai pas vu depuis avant-hier » = 7 mots
Attention, le respect de la consigne de longueur fait partie intégrante de l’exercice (fourchette acceptable donnée par
la consigne). Dans le cas où la fourchette ne serait pas respectée, on appliquera une correction négative : 1 point de
moins par tranche de 20 mots en plus ou en moins.

DOCUMENT 1

Nourrir la planète en 2050, un défi déjà d’actualité


La faim continue de progresser dans le monde. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO) la barre du milliard de personnes souffrant de sous-nutrition a été franchie dès 2009. Et
ce phénomène risque de s’aggraver encore, notamment à cause de l’augmentation démographique. Selon les
projections des Nations unies, le monde devrait compter 9,1 milliards d’habitants en 2050, contre 7 milliards
aujourd’hui. Soit 30 % de bouches à nourrir de plus. Comment alors nourrir le monde en 2050 ? Une question
qui suscite un certain nombre de débats.
L’évolution des comportements alimentaires aura un impact sur les besoins futurs en matières premières agri-
coles. « Sous l’effet des hausses de revenus et de l’urbanisation croissante des populations, l’ensemble des
experts s’accordent sur le fait que les régimes alimentaires vont évoluer », précise le sous-directeur général
de la FAO chargé du département économique et social.
Si les céréales (blé, riz, maïs…) restent la principale composante des régimes alimentaires, la consommation
de viande a tendance à croître fortement, notamment dès qu’un pays voit son niveau de vie progresser. Entre
1970 et aujourd’hui, la consommation de viande est ainsi passée de 25 kg par personne et par an à 42 kg, sous
l’impulsion d’abord des pays occidentaux, mais aussi de la Chine et de certains pays d’Amérique du Sud.
Ces conversions à des régimes carnés accroissent encore les besoins en matières premières agricoles : en
tenant compte de l’alimentation des bêtes, il est généralement admis qu’il faut 4 calories végétales pour pro-
duire 1 calorie animale dans le cas du porc ou du poulet – une proportion qui monte à 11 calories végétales
pour le bœuf ou le mouton.
Une étude prospective réalisée conjointement par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et
le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad) estime que
la planète serait capable de nourrir tous ses habitants en 2050, sans mettre en péril l’équilibre environnemen-
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tal de la planète, en associant une réduction des gaspillages et une rupture des habitudes de consommation.
Les « disponibilités alimentaires » par habitant seraient alors ramenées à 3 000 calories par jour dont 500
d’origine animale, contre environ 4 000 actuellement dans les pays développés dont plus de 1 000 issues de
la viande ou du poisson.

DALF C1 - LETTRES ET SCIENCES HUMAINES Page 1 sur 7


DOCUMENT RÉSERVÉ AU CANDIDAT - ÉPREUVES COLLECTIVES

Augmentation des rendements ou accroissement des surfaces cultivées ?


La FAO estime qu’il faudra augmenter de 70 % la production agricole de la planète pour répondre, en 2050,
aux besoins alimentaires de tous ses habitants. […] Pour y parvenir, deux solutions : améliorer les rende-
ments des productions ou accroître les surfaces cultivées.
Aujourd’hui, environ 1,5 milliard d’hectares, soit environ 1 % des terres émergées, sont cultivés. Quelque 2,7
milliards d’hectares pourraient l’être également. Problème, comme le note la FAO : ces surfaces se situent
pour la plupart en Amérique latine et en Afrique subsaharienne et ont « d’importantes fonctions écologiques ».
L’agence des Nations unies préfère donc miser sur une intensification des modes de production, qui devrait
permettre de couvrir, selon elle, 90 % des nouveaux besoins. Et ce même si la croissance des rendements a
considérablement ralenti, ces dernières années, dans de nombreux pays, notamment en ce qui concerne la
culture des céréales.
« Il y a encore des marges de manœuvre, car les écarts de rendement sont très importants entre les régions
du monde, estime Bernard Bachelier, directeur de la Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde
(FARM). Cela passe beaucoup par une meilleure gestion de l’eau, mais aussi par les nouvelles technologies. »
Et de souligner l’importance des investissements de proximité à réaliser dans les pays du Sud pour aider les
petits paysans.
Des investissements qui n’ont pas cessé de diminuer depuis presque trente ans : alors même que 18 % de
l’aide publique au développement était destinée à l’agriculture en 1980, cette part ne s’élève plus aujourd’hui
qu’à 5 % environ. […]
D’après Clément LACOMBE, [Link]

DOCUMENT 2

Une nouvelle étude estime que l’agriculture bio peut nourrir le monde
Dans les campagnes françaises, les agriculteurs conventionnels frappés par la crise ne dédaignent plus l’agri-
culture bio. Certains l’envisagent même comme une solution à leurs problèmes. Ils s’interrogent cependant
sur sa capacité à nourrir le monde, qui comptera 9 milliards d’habitants en 2050. Une étude réalisée par deux
agronomes américains – John Reganold et Jonathan Wachter – pourrait les rassurer. On savait déjà que les
écarts de rendements entre agriculture conventionnelle et agriculture bio, qui sont de 20 % en moyenne en
faveur de l’agriculture chimique, pouvaient être réduits à 9 % en polyculture bio comparé à une monoculture
conventionnelle.
Mais John Reganold et Jonathan Wachter affirment que l’agriculture bio peut faire encore mieux, notamment
en cas d’épisodes climatiques extrêmes. « En cas de sécheresses sévères, qui risquent d’augmenter avec le
réchauffement climatique, les fermes biologiques ont un meilleur rendement parce que leurs sols sont mieux
préservés et donc mieux à même de retenir l’eau », remarque John Reganold. Selon les chercheurs, un meil-
leur financement de la recherche pourrait encore améliorer la rentabilité de ces cultures sans pesticides. À
développer notamment : des variétés adaptées à des modes de culture sans pesticides ni engrais. Les deux
chercheurs rappellent aussi que l’agriculture biologique est finalement plus profitable aux producteurs, car
les prix sont plus rémunérateurs.
Les fermes bios comprennent aussi de nombreux avantages environnementaux : les sols stockent davantage
de carbone et s’érodent moins. Terre et eau sont moins polluées. Les émissions de gaz à effet de serre sont
plus faibles. Contrairement à l’agriculture conventionnelle, l’agriculture biologique permet une augmenta-
tion de la biodiversité des plantes, des insectes, des animaux, des microbes et de la diversité génétique en
général. Cette biodiversité augmente les services rendus par la nature, comme la pollinisation, et renforce la
capacité des systèmes agricoles à s’adapter aux changements, climatiques par exemple. Les agriculteurs qui
travaillent en bio contractent moins de maladies chroniques que leurs collègues conventionnels. « Il ne s’agit
pas seulement de produire assez, mais de faire en sorte que l’agriculture soit respectueuse de l’environne-
ment, et de s’assurer que la nourriture va bien à ceux et celles qui en ont besoin, souligne John Reganold.
Si on regarde les calories produites per capita*, il y a suffisamment de nourriture pour sept milliards de
personnes actuellement, mais nous en gaspillons 30 à 40 % ! »
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[Link]

* per capita : par personne.

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DOCUMENT RÉSERVÉ AU CANDIDAT - ÉPREUVES COLLECTIVES

ÉPREUVE N° 2 : Essai argumenté 12 points

Dans son magazine mensuel, la mairie de la ville francophone où vous habitez propose la création de jardins potagers dans
les jardins publics. Vous apportez votre contribution, tout en argumentant sur l’intérêt et les limites du développement de ce
type de production locale. Vous pensez en effet que de telles initiatives n’ont vraiment de sens que si elles s’accompagnent
d’une modification profonde de nos habitudes alimentaires.

240 mots minimum

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