En janvier et février 2011, une série de manifestations d'ampleur inégalée se déroulent
à travers le pays et mènent à la démission d'Hosni Moubarak le 11 février. Les
nouvelles élections législatives et présidentielle sont remportées par le Parti de la
liberté et de la justice, le bras politique des Frères musulmans.
Le pouvoir n'est cependant resté que peu de temps entre leurs mains car d'importantes
manifestations contre le président élu, Mohamed Morsi, critiquant des dérives
dictatoriales, et le retournement de l'armée contre celui-ci le destitue en faveur d'un
gouvernement transitoire un an seulement après son élection. L'Égypte connait depuis
une période de troubles causée par l'instabilité et les tensions politiques, notamment
entre les opposants à l'ex-président et ceux qui continuent à le soutenir et n'acceptent
pas ce qu'ils voient comme un coup d'État illégal. En mai 2014, Abdel Fattah al-Sissi,
déjà considéré comme le dirigeant de fait de l'Égypte, remporte l'élection
présidentielle. Il est réélu pour un deuxième mandat en 2018[17]. Par une révision
constitutionnelle validée par un référendum en avril 2019, il se donne la possibilité de
rester au pouvoir jusqu'en 2030[18]. Il impose un régime autoritaire, réprime toute
opposition et toute voix critique, et met sous contrôle les médias et la justice[19].
Outre ses ouvrages monumentaux tels que le canal de Suez ou le haut barrage
d'Assouan, l'Égypte demeure mondialement connue pour ses richesses archéologiques
présentes dans de prestigieux musées internationaux. La disparition de nombreuses
archives fait cependant que son histoire reste fragmentaire, bien que l'évolution des
technologies permette de mieux en saisir la grandeur et la portée.
Politique et11 févrierLe royaume d'Égypte accède à l'indépendance en 1922. En dépit
d'une longue tutelle ottomane puis britannique, sa culture reste encore fortement
marquée par l'identité arabe, dont le président Gamal Abdel Nasser fut l'un des plus
célèbres pionniers. Un acte fort du nassérisme, une idéologie panarabe
révolutionnaire, est ainsi l'union entre 1958 et 1961 de l'Égypte et de la Syrie sous
l'entité République arabe unie. Le gouvernement de Nasser entreprend de moderniser
les infrastructures et de doter l’Égypte d'une industrie. Des nationalisations sont
effectuées et le secteur public devient prépondérant. De nombreuses politiques
sociales sont impulsées (réforme agraire, gratuité de l'enseignement, salaire minimum,
réduction du temps de travail des ouvriers, etc.)[12].Anouar el-Sadate lui succède et
lance la politique de l'Infitah (ouverture) qui vise, en réduisant le rôle de l’État, à
attirer les investissements étrangers. Une classe de nouveaux riches se développe
rapidement. En 1975, on compte plus de cinq-cents millionnaires en Égypte mais plus
de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et des bidonvilles se
développent autour de la capitale[13]. Par ailleurs, le pays accumule une dette
monumentale durant les années de l'Infitah. Pour la restructurer, le FMI exige la
suppression de toutes les subventions aux produits de base, ce qui provoque en janvier
1977 des émeutes contre lesquelles le gouvernement fait intervenir l'armée (le nombre
des victimes de cette répression est inconnu). Dans les campagnes, Sadate cherche à
obtenir le soutien des élites rurales traditionnelles, dont l'influence avait décliné sous
le nassérisme. Des paysans sont expulsés des terres contestées[14].Après l'assassinat
de Sadate (1981), Hosni Moubarak est président de la République jusqu'en février
2011, date de sa démission contrainte à la suite de la Révolution égyptienne de 2011.
Hosni Moubarak poursuit la politique de libéralisation de l’économie, notamment par
la réduction des subventions à l'agriculture et à la consommation, et par la
libéralisation des prix. En 1992, il fait annuler les dispositions régissant la location
des terres. Généralement appelée « loi pour chasser les paysans de leurs terres », cette
loi, combinée aux autres mesures de désengagement de l’État dans l’économie,
accroît le mécontentement des populations rurales pauvres en particulier en Haute-
Égypte. Hosni Moubarak devient un pilier de la stratégie régionale des États-Unis[15]
et la Constitution qu'il met en place reconnait les « principes de la charia » comme
source principale de la législation[16].
Durant près de trois millénaires, la vallée du Nil voit prospérer une des civilisations
les plus brillantes de l'Histoire. L'invention d'une écriture originale sous forme
d'idéogrammes syllabiques, les hiéroglyphes, peu de temps après l'apparition du
cunéiforme en Mésopotamie vers -3300, contribue à sortir l'espèce humaine de la
Préhistoire. L’Égypte des pharaons peut ainsi largement s'épanouir pour atteindre son
apogée au XIIIe siècle avant notre ère, laissant une œuvre monumentale au patrimoine
mondial.
Après de nombreuses invasions et occupations diverses (essentiellement Perses,
Grecs, Romains et Byzantins), au Ier siècle s'est formée la communauté chrétienne,
convertie par saint Marc, les Coptes (déformation arabe du mot grec Aiguptios :
Égyptien). Ils sont aujourd'hui plusieurs millions. Le pays passa ensuite sous
domination arabe au VIIe siècle, puis ottomane avec Sélim Ier.
Méhémet Ali, qui règne jusqu'en 1848, apparaît comme un grand réformateur du pays.
Il en modernise les structures, utilisant l’État pour mettre en œuvre une révolution
industrielle. Il constitue des monopoles d’État, achète des machines textiles modernes
en Europe, fait construire des hauts fourneaux et des aciéries, confisque les terres des
propriétaires mamelouks et y fait cultiver des denrées destinées à l'exportation. En
1830, l'Égypte occupe le cinquième rang mondial pour les broches à filer le coton par
têtes d’habitant. Certaines puissances européennes (Grande-Bretagne, Prusse, Russie
et Autriche) s'inquiètent de son influence et décident de lui faire la guerre. La Grande-
Bretagne et l'Autriche envoient des troupes pour aider le sultan ottoman à rétablir son
autorité sur certains territoires, bombardant les ports libanais contrôlés par les
Égyptiens et faisant débarquer des troupes en Syrie. En 1840, Méhémet Ali doit ainsi
céder le contrôle de la Syrie lors du traité de Londres[9]. L’Égypte fut également
contrainte de licencier son armée, de démanteler ses monopoles et d'accepter une
politique de libre-échange imposée par les Britanniques et qui provoqua sa
désindustrialisation. Lord Palmerston admettait avec un certain cynisme : « La
soumission de Mohammed Ali à l'Angleterre […] pourrait paraitre injuste et partiale,
mais nous sommes partiaux ; et les intérêts supérieures de l'Europe requièrent que
nous le soyons[10]. »
Les successeurs de Méhémet Ali, dont la semi-indépendance est reconnue en 1867
avec le titre de khédive, tombent sous la dépendance des institutions financières
européennes et, après la révolte nationaliste du colonel Ahmed Urabi, l'Égypte est
conquise par l'Empire britannique après une courte guerre en 1882 tout en restant
nominalement ottomane. Lors de la guerre des mahdistes entre 1881 et 1899, les
troupes anglo-égyptiennes affrontent les Mahdistes qui se sont emparés du Soudan :
leur victoire fait naître un Soudan anglo-égyptien dominé de fait par les
Britanniques[11]. Entre 1914 et 1919, la Grande-Bretagne va tenter de faire de
l'Égypte une colonie, considérant que le simple protectorat pourrait à terme remettre
en cause les intérêts britanniques si les nationalistes arabes arrivaient à faire changer
le statut du pays sous tutelle[réf. nécessaireUn des berceaux de la civilisation,
l'Égypte antique a connu les premiers développements de l'écriture, l'agriculture, le
gouvernement centralisé et la religion organisée au cours de plus de trois millénaires
av. J.-C.. Des monuments emblématiques tels le Sphinx de Gizeh, les pyramides de
Gizeh et la vallée des Rois reflètent cet héritage et demeurent des sources importantes
d'intérêt scientifique et populaire. Pendant la période de domination romaine, l'Égypte
est devenue l'un des premiers centres du christianisme avant d'être islamisée par les
conquêtes arabes du VIIe siècle. L'Égypte demeure un pays principalement musulman
avec une minorité chrétienne importante.L'Égypte tombe sous la domination ottomane
au XVIe siècle avant d'obtenir l'autonomie en 1806 sous le règne de Méhémet Ali.
Pendant la Première Guerre mondiale, le pays devient brièvement un protectorat
britannique avant d'obtenir son indépendance en 1922 en tant que royaume. La
dynastie de Méhémet Ali est renversée par un coup d'État en 1952 et la république est
proclamée. Depuis, le pays connaît un schéma récurrent d'instabilité politique, de
conflits religieux et sociaux et de dérives dictatoriales ; plusieurs conflits avec Israël
ont eu lieu avant les Accords de Camp David en [Link] pays fait culturellement
partie du monde arabe ; la langue officielle est l'arabe, utilisé dans tous les documents
et dans l'éducation. En revanche, la langue parlée est l'arabe égyptien (arabe dialectal).
Le siwi, une langue berbère de l'ouest du pays, est parlé à Siwa. Le copte n'est utilisé
que comme langue liturgique des chrétiens. Le nubien est parlé par les habitants de
Haute-Égypte, au sud d'Assouan, qui fait partie du nord de la région de
Nubie.GéographieHistoiremodifierArticles détaillés : Histoire de l'Égypte, Égypte
antique, Égypte romaine et byzantine, Période islamique de l'Égypte, Chronologie de
l'Égypte, Occupation britannique de l'Égypte, Révolution égyptienne de 1919,
Royaume d'Égypte, Histoire de l'Égypte depuis 1952, Révolution égyptienne de 2011
et Coup d'État de 2013 en Égypte.
cependant que son histoire reste fragmentaire, bien que l'évolution des technologies
permette de mieux en saisir la grandeur et la portée.