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Divisibilité et Multiples en CM1

Le document traite de la divisibilité dans les entiers relatifs, en définissant des concepts clés tels que le diviseur, le multiple, et les propriétés associées. Il présente plusieurs théorèmes sur la divisibilité, la division euclidienne, ainsi que le PGCD et le PPCM, accompagnés de démonstrations et d'exemples. Enfin, il propose des exercices pour illustrer ces concepts mathématiques.

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Divisibilité et Multiples en CM1

Le document traite de la divisibilité dans les entiers relatifs, en définissant des concepts clés tels que le diviseur, le multiple, et les propriétés associées. Il présente plusieurs théorèmes sur la divisibilité, la division euclidienne, ainsi que le PGCD et le PPCM, accompagnés de démonstrations et d'exemples. Enfin, il propose des exercices pour illustrer ces concepts mathématiques.

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1 Divisibilité dans Z

1.1 Définitions
Définition 1.
1) Soient a et b deux entiers relatifs tels que a 6= 0.
On dit que a divise b ou que a est un diviseur de b si et seulement si il existe un entier relatif q tel que b = qa.
Il revient au même de dire que a divise b ou que b est divisible par a.
Quand a divise b, on écrit a|b et quand a ne divise pas b, on écrit a 6 | b.
2) Soient a et b deux entiers relatifs.
b est un multiple de a si et seulement si il existe un entier relatif q tel que b = qa.
Si de plus, a 6= 0, b est multiple de a si et seulement si a divise b.
Notation. Si a est un entier relatif, l’ensemble des multiples de a est l’ensemble des nombres de la forme qa où q est un
entier relatif. Il se note aZ :

aZ = {qa, q ∈ Z} = {. . . , −2a, −a, 0, a, 2a, . . .}.


De même, l’ensemble des diviseurs de a se note div(a) ou D(a).
Exemples. 2 divise 6 car 6 = 3 × 2 avec 3 entier relatif. 4 divise −4 car 4 = (−1) × (−4) avec −1 entier relatif. 1 divise 5
car 5 = 5 × 1 avec 5 entier relatif. 1 divise 0 car 0 = 0 × 1 avec 0 entier relatif. ❏

1.2 Propriétés de la divisibilité


Théorème 1.
1) ∀a ∈ Z∗ , a|(−a) et (−a)|a. ∀a ∈ Z, −a est un multiple de a et a est un multiple de −a.
2) ∀(a, b) ∈ Z × Z∗ , b|a ⇔ (−b)|a ⇔ b|(−a) ⇔ (−b)|(−a).
Démonstration .

1) Soit a un entier relatif non nul. −a = a × (−1) avec −1 ∈ Z. Donc, a|(−a). Ensuite, en appliquant le résultat précédent à l’entier
−a, on a aussi −a|a.
Soient a ∈ Z et b ∈ Z∗ . Si b|a, il existe q ∈ Z tel que a = bq. Mais alors, a = (−b)(−q) avec −q ∈ Z et donc −b divise a. Ensuite,en
appliquant à l’entier relatif non nul −b, on a aussi le fait que si −b|a, alors b|a.
Enfin, en appliquant aux entiers ±a et/ou ±b, on obtient les deux autres équivalences.

Théorème 2.
1) ∀a ∈ Z, les diviseurs de a sont les diviseurs de |a|.
2) ∀a ∈ Z, les multiples de a sont les multiples de |a|.
Démonstration .

1) Soit a ∈ Z. D’après le théorème 1, si b est un entier relatif divisant a, alors b divise a et −a et donc b divise |a|. Inversement, si
b est un entier relatif divisant |a|, b divise a qui est l’un des deux entiers |a| ou −|a|.
2) Soit a ∈ Z. Si b = qa, q ∈ Z, alors b = (sgn(a)q)|a| avec sgn(a)q ∈ Z et si b = q|a|, q ∈ Z, alors b = (sgn(a)q)a.

Dans le théorème qui suit, 6 désigne la relation d’ordre usuelle dans N∗ ou Z∗ .


Théorème 3.
Soit a ∈ N∗ . ∀b ∈ N∗ , (b|a ⇒ b 6 a) (tout diviseur de a dans N∗ est inférieur ou égal à a).
Soit a ∈ N∗ . ∀b ∈ Z∗ , (b|a ⇒ b 6 a) (tout diviseur de a dans Z∗ est inférieur ou égal à a).
Soit a ∈ Z∗ . ∀b ∈ Z∗ , (b|a ⇒ |b| 6 |a|).
Soit a ∈ N∗ . Tout multiple strictement positif de a est supérieur ou égal à a.

Démonstration . Soit (a, b) ∈ (N∗ )2 . Si b divise a, alors il existe q ∈ N∗ tel que a = qb. On en déduit que

c Jean-Louis Rouget, 2018. Tous droits réservés. 2 http ://[Link]


a = qb > 1 × b = b.
Si maintenant b est strictement négatif, alors b 6 0 < a et en particulier b 6 a.
Enfin, si (a, b) ∈ (Z∗ )2 , b est un diviseur de |a| et donc b 6 |a|. −b est aussi un diviseur de |a| et donc −b 6 a. Finalement, |b| 6 |a|.

Théorème 4. ∀(a, b) ∈ Z∗ × Z, a|b ⇔ bZ ⊂ aZ.

Démonstration . Soit (a, b) ∈ Z∗ × Z.

• Supposons que a|b. Il existe q ∈ Z tel que b = qa. Soit alors k ∈ Z.

kb = kqa = (kq)a ∈ aZ.


Donc, bZ ⊂ aZ.
• Supposons que bZ ⊂ aZ. En particulier, puisque b = 1 × b ∈ bZ, on en déduit que b ∈ aZ et donc il existe q ∈ Z tel que b = aq.
Mais alors, a|b.

Théorème 5.
1) Pour tout a ∈ Z∗ , a|0. Pour tout a ∈ Z, 0 est multiple de a.
2) Pour tout a ∈ Z, 1|a. Pour tout a ∈ Z, a est multiple de 1.
Démonstration .

1) Soit a ∈ Z∗ . 0Z = {0} ⊂ aZ et donc a divise 0 ou encore 0 est multiple de a. Cette dernière affirmation reste claire quand a = 0.
2) Soit a ∈ Z. aZ ⊂ Z = 1Z et donc 1|a ou encore a est multiple de 1.

Théorème 6.
1) ∀a ∈ Z∗ , a|a (la relation de divisibilité dans Z∗ ou dans N∗ est réflexive).
2
2) a) ∀(a, b) ∈ (N∗ ) , (a|b et b|a) ⇔ a = b (la relation de divisibilité dans N∗ est anti-symétrique).
b) ∀(a, b) ∈ (Z∗ )2 , (a|b et b|a) ⇔ b = a ou b = −a.
3) ∀(a, b, c) ∈ Z∗ × Z∗ × Z, (a|b et b|c) ⇒ a|c (et en particulier, la relation de divisibilité dans Z∗ ou dans N∗ est
transitive).
La relation de divisibilité est une relation d’ordre sur N∗ et n’est pas une relation d’ordre sur Z∗ .

Théorème 7. Soit (a, b, c) ∈ Z × Z × Z∗ .


(c|a et c|b) ⇒ ∀(u, v) ∈ Z2 , c|(au + bv).

Démonstration . Soient (a, b, c) ∈ Z × Z × Z∗ . Soit (u, v) ∈ Z2 . Si c divise a et c divise b, alors il existe deux entiers relatifs
q et q ′ tels que a = qc et b = q ′ c. Mais alors au + bv = (uq + vq ′ ) c avec uq + vq ′ ∈ Z2 et donc c divise au + bv.

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Exercice 1. Trouver tous les entiers naturels n tels que 2n + 3 divise 3n + 7.
Solution 1. Soit n ∈ N tel que 2n + 3 divise 3n + 7. Alors, puisque 2n + 3 divise à la fois 2n + 3 et 3n + 7, 2n + 3 divise
encore 2(3n + 7) − 3(2n + 3) = 5. Puisque 2n + 3 est un entier naturel, on a donc nécessairement 2n + 3 = 1 ou 2n + 3 = 5
puis n = −1 ou n = 1 puis n = 1 car n est un entier naturel.
Réciproquement, si n = 1, alors 2n + 3 = 5 et 3n + 7 = 10 = 2 × 5. Donc, si n = 1, 2n + 3 divise effectivement 3n + 7.
Il existe un et un seul entier naturel n tel que 2n + 3 divise 3n + 7 à savoir n = 1.

2 Division euclidienne dans Z


On commence par le cas où on divise par un entier naturel non nul.
Théorème 8. Soit (a, b) ∈ Z × N∗ . Il existe un couple (q, r) d’entiers relatifs et un seul tels que

a = bq + r et 0 6 r < b.
q s’appelle le quotient de la division euclidienne de l’entier relatif a par l’entier naturel non nul b et r s’appelle le
reste de la division euclidienne de a par b.

➱ Commentaire .
⋄ La division euclidienne est la division où « on ne poursuit pas après la virgule ». Elle se présente dans les petites classes sous la
forme

50 13

11 3

De manière générale, elle s’écrit

a b

r q

a
⋄ Si x = est un rationnel non nul avec a ∈ Z∗ et b ∈ N∗ , la division euclidienne de a par b permet de décomposer x en somme
b
de sa partie entière et de sa partie décimale. Plus précisément, si a = bq + r abec 0 6 r < b (et q et r entiers relatifs), alors
a r
x= =q+
b b
r
où cette fois-ci 0 6 < 1. Par exemple
b
50 11
=3+ .
13 13

Théorème 9. Soit (a, b) ∈ Z × Z∗ . Il existe un couple (q, r) d’entiers relatifs et un seul tels que

a = bq + r et 0 6 r < |b|.

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Sinon, un résultat évident mais qui doit être énoncé explicitement est :
Théorème 10. Soit (a, b) ∈ Z × Z∗ . b divise a si et seulement si le reste de la division euclidienne de a par b est nul.

Démonstration . Soit (a, b) ∈ Z × Z∗ . Si b divise a, il existe un entier relatif q tel que a = bq. Mais alors, a = bq + r avec
r = 0 ∈ J0, b − 1K. Le reste de la division euclidienne de b par a est donc 0.
Réciproquement, si le reste de la division euclidienne de b par a est nul, cette division euclidienne s’écrit a = bq où q est un entier
relatif et donc b divise a.

Exercice 2. Pour n ∈ N∗ , on pose Mn = 2n − 1 (nombres de Mersenne). Effectuer la division euclidienne de Mp


par Mn pour n et p entiers naturels non nuls tels que p > n.
2
Solution 2. Soit (n, p) ∈ (N∗ ) tel que n < p. La division euclidienne de p par n s’écrit p = nq + r où q ∈ N∗ et
r ∈ J0, n − 1K.


Mp = 2p − 1 = 2qn+r − 1 = (2n )q × 2r − 1 = 2r (2n )q − 1 + (2r − 1)
 
2 q−1
= (2n − 1) 1 + 2n + (2n ) + . . . + (2n ) 2r + (2r − 1) (on rappelle que q ∈ N∗ )
= QMn + R
 
2 q−1
où Q = 1 + 2n + (2n ) + . . . + (2n ) 2r est un entier (car q ∈ N∗ ) et R = 2r − 1 = Mr est un entier. De plus,

0 6 r < n ⇒ 1 6 2r < 2n ⇒ 0 6 2r − 1 < 2n − 1 ⇒ 0 6 Mr < Mn .


 
2 q−1
Le quotient de la division euclidienne de Mp par Mn est 1 + 2n + (2n ) + . . . + (2n ) 2r et le reste est Mr où q et
r sont le quotient et le reste de la division euclidienne de p par n.

3 PGCD - PPCM
Dans tout ce qui suit, nous aurons besoin du résultat intuitif suivant que l’on admet et qui est une conséquence de l’axiome
de récurrence :
Théorème 11. Toute partie non vide de N admet un plus petit élément. Toute partie non vide et majorée de N admet
un plus grand élément.

3.1 PGCD
3.1.1 Définition du PGCD

Théorème 12. Soient a et b deux entiers relatifs tous deux non nuls. Il existe un entier naturel et un seul qui est un
diviseur commun à a et à b et qui est plus grand (au sens de la relation d’ordre usuelle 6) que tout diviseur commun
à a et à b dans Z.

Définition 2. Soient a et b deux entiers relatifs non nuls.


Le plus grand diviseur commun à a et à b se note PGCD(a, b) ou aussi a ∧ b.

2
Théorème 13. ∀(a, b) ∈ (Z∗ ) , a ∧ b = |a| ∧ |b|.

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3.1.2 L’algorithme d’Euclide
On commence par le « lemme d’Euclide » :

Théorème 14. Soient (a, b, q, r) ∈ Z4 tel que a 6= 0, b 6= 0, r 6= 0 et a = bq + r.


Alors a ∧ b = b ∧ r.

Nous allons maintenant utiliser ce résultat pour déterminer de manière algorithmique le PGCD de deux entiers. L’algo-
rithme ci-dessous s’appelle l’algorithme d’Euclide.
Commençons par un exemple. Déterminons le PGCD de a = 1386 et b = 270. La division euclidienne de a par b s’écrit

1386 = 5 × 270 + 36
et le théorème 14 nous permet alors d’affirmer que 1386 ∧ 270 = 270 ∧ 36. La division euclidienne de 270 par 36 s’écrit

270 = 7 × 36 + 18
et donc 1386 ∧ 270 = 270 ∧ 36 = 36 ∧ 18. Maintenant, puisque 36 = 2 × 18, 18 divise 36 et donc le plus grand diviseur
commun à 18 et 36 est 18. Finalement

1386 ∧ 270 = 270 ∧ 36 = 36 ∧ 18 = 18.


Passons au cas général. On se donne deux entiers naturels non nuls a et b tels que a < b. Posons r0 = a et r1 = b. On a
donc r1 < r0 .
• La division euclidienne de r0 = a par r1 = b s’écrit

r0 = r1 × q0 + r2 avec 0 6 r2 < r1 .
Si r2 = 0, r1 = b divise r0 = a. Le plus grand diviseur commun à a et b est donc r1 = b.
Sinon, 1 6 r2 < r1 et d’après le théorème 13, a ∧ b = r0 ∧ r1 = r1 ∧ r2 .
• On pose alors la division euclidienne de r1 par r2 qui s’écrit

r1 = r2 × q1 + r3 avec 0 6 r3 < r2 .
Si r3 = 0, r2 divise r1 et donc a ∧ b = r0 ∧ r1 = r1 ∧ r2 = r2 .
Sinon, 1 6 r3 < r2 et on pose la division euclidienne de r2 par r3 .
• De manière générale, pour k ∈ N tel que les restes r0 , . . . , rk+1 ne soient pas nuls, on pose la division euclidienne de
rk par rk+1 . Elle fournit un quotient qk ∈ N et un reste rk+2 ∈ N tels que

rk = rk+1 × qk + rk+2 avec 0 6 rk+2 < rk+1 .


On a alors a ∧ b = r1 ∧ r2 = . . . = rk ∧ rk+1 avec r0 > r1 > . . . > rk > rk+1 .
• S’il n’existe aucun reste nul, on obtient une suite de reste (rk )k∈N qui est une suite d’entiers naturels strictement
décroissante. Mais une telle suite n’existe pas car dans le cas contraire, pour tout k ∈ N, rk+1 6 rk − 1 puis, par
récurrence, pour tout k ∈ N, rk 6 r0 − k, ce qui entraine lim rk = −∞ et est absurde (puisque ∀k ∈ N, rk > 0).
k→+∞
Donc, il existe un reste qui est nul ou encore l’algorithme que l’on vient de mettre en place, s’arrête.
Soit rk0 +2 , k0 ∈ N, ce premier reste nul. On a rk0 = rk0 +1 × qk0 et donc rk0 +1 divise rk0 puis rk0 ∧ rk0 +1 = rk0 +1 .
Mais alors,

a ∧ b = r0 ∧ r1 = r1 ∧ r2 = . . . = rk0 ∧ rk0 +1 = rk0 +1 .


Ainsi, le PGCD de a et b est le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide. On peut énoncer :

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Théorème 15. Soient (a, b) ∈ (N∗ )2 tel que a > b. On pose r0 = a, r1 = b puis pour k ∈ N, tant que rk+1 6= 0, on
pose rk = qk rk+1 + rk+2 où (qk , rk+2 ) ∈ (N∗ )2 et 0 6 rk+2 < rk+1 .
• il existe un premier reste nul
• le PGCD de a et de b est le dernier reste non nul.

Exercice 3. Déterminer le PGCD de 273 et 455


Solution 3. Déterminons PGCD(455, 273) par l’algorithme d’Euclide.
455 = 1 × 273 + 182
273 = 1 × 182 + 91
182 = 2 × 91 + 0.
Le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide est 91 et donc

PGCD(455, 273) = 91.

Exercice 4. Pour n ∈ N∗ , on pose Mn = 2n − 1. Montrer que


2
∀(n, p) ∈ (N∗ ) , Mp ∧ Mp = Mn ∧ p .
2
Solution 4. Soit (n, p) ∈ (N∗ ) tel que n < p. La division euclidienne de p par n s’écrit p = nq + r où q et r sont deux
entiers naturels. D’après l’exercice no 2, la division euclidienne de Mp par Mn s’écrit

Mp = QMn + Mr (∗)
où Q est un entier naturel et 0 6 Mr < Mn . De plus,

Mr = 0 ⇔ 2r = 1 ⇔ r = 0 (∗∗).
Posons r0 = p, r1 = n puis pour k ∈ N, tant que rk+1 6= 0, posons rk = rk+1 qk + rk+2 où qk et rk sont des entiers
naturels tels que 0 6 rk+2 < rk+1 . Posons encore R0 = Mp , R1 = Mn puis pour k ∈ N, tant que Rk+1 6= 0, posons
Rk = Rk+1 Qk + Rk+2 où Qk et Rk sont des entiers naturels tels que 0 6 Rk+2 < Rk+1 .
(∗) et (∗∗) montrent que les deux algorithmes s’effectuent en parallèle : pour tout k ∈ N, tant que rk+1 6= 0, on a encore
Rk+1 6= 0 et Rk+2 = Mrk+2 .
Le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide appliqué à p et n est alors rk0 +1 = n ∧ p et le dernier reste non
nul dans l’algorithme d’Euclide appliqué à Mp et Mn est Rk0 +1 = Mrk0 +1 = Mn ∧ p .
Ceci montre que Mn ∧ Mp = Mn ∧ p .

A partir, de l’algorithme d’Euclide, on obtient une propriété importante du PGCD.


2
Théorème 16. Soit (a, b) ∈ (Z∗ ) .
Il existe (u, v) ∈ Z2 tel que a ∧ b = au + bv.

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3.1.3 Propriétés du PGCD

Théorème 17.
∀a ∈ N∗ , a ∧ a = a.
∀a ∈ Z∗ , a ∧ a = |a|.

Démonstration . Soit a ∈ N∗ . a est un diviseur commun à a et à a et tout diviseur commun à a et à a est inférieur ou égal
à a d’après le théorème 3. Donc, a ∧ a = a.
Si a ∈ Z∗ , a ∧ a = |a| ∧ |a| = |a|.

Théorème 18. Soit (a, b) ∈ (Z∗ )2 . Les diviseurs communs à a et à b sont les diviseurs communs de leur PGCD.

Démonstration . Soit (a, b) ∈ (Z∗ )2 . a ∧ b est un diviseur commun à a et b. Par transitivité, un diviseur de a ∧ b est encore
un diviseur commun à a et b.
Réciproquement, posons d = a ∧ b ∈ N∗ . D’après le théorème 16, il existe deux entiers relatifs u et v tels que d = au + bv.
Soit alors d ′ un diviseur commun à a et b. d ′ divise au + bv d’après le théorème 7 ou encore d ′ divise d.
On a montré que les diviseurs communs à a et à b sont les diviseurs de a ∧ b.

➱ Commentaire . Le résultat du théorème 18 s’écrit de manière plus condensée : div(a) ∩ div(b) = div(a ∧ b).

Théorème 19.
1) ∀(a, b) ∈ (N∗ )2 , a ∧ b = b ∧ a (commutativité du PGCD).
3
2) ∀(a, b, c) ∈ (N∗ ) , (a ∧ b) ∧ c = a ∧ (b ∧ c) (associativité du PGCD).
3) ∀a ∈ N∗ , a ∧ 1 = 1 (1 est absorbant).
3
Théorème 20. ∀(a, b, c) ∈ (N∗ ) , (ca) ∧ (cb) = c(a ∧ b).

Ainsi, par exemple, 24 ∧ 36 = (2 × 12) ∧ (3 × 12) = 12(2 ∧ 3) = 12.


Une conséquence importante est le
2
Théorème 21. Soit (a, b) ∈ (N∗ ) . Soit d = a ∧ b. Il existe deux entiers naturels non nuls a ′ et b ′ tels que a = da ′
et b = db ′ et a ′ ∧ b ′ = 1.

Démonstration . d divise a et b. Donc, il existe deux entiers naturels non nuls a ′ et b ′ tels que a = da ′ et b = db ′ . De plus,

d = a ∧ b = (da ′ ) ∧ (db ′ ) = d(a ′ ∧ b ′ ).


Puisque d 6= 0, on obtient a ′ ∧ b ′ = 1 après simplification.

3.2 PPCM
3.2.1 Définition du PPCM

Théorème 22. Soient a et b deux entiers relatifs tous deux non nuls. Il existe un entier naturel et un seul qui est un
multiple commun à a et à b et qui est plus petit (au sens de la relation d’ordre usuelle 6) que tout diviseur multiple
commun à a et à b dans N∗ .

Démonstration . Soit (a, b) ∈ (Z∗ )2 .


Existence. Soit E = {m ∈ N∗ / a|m et b|m}. E est une partie non vide de N car |ab| est un entier naturel non nul qui est un multiple
commun à a et à b et donc |ab| ∈ E.
E admet donc un plus petit élément qui est par définition un entier naturel non nul, multiple commun à a et à b et plus petit que
tout multiple commun à a et à b qui est strictement positif.
Unicité. Un multiple commun à a et à b et plus petit que tout multiple commun strictement positif à a et à b, est nécessairement
le minimum de E et on sait qu’un minimum est unique.

Définition 3. Soient a et b deux entiers relatifs non nuls.


Le plus petit multiple commun à a et à b se note PPCM(a, b) ou aussi a ∨ b.
Par exemple, 4 ∨ 6 = 12 car les nombres 5, 6, . . . , 11 ne sont pas divisibles par 4 ou par 6 et 12 est divisible par 4 et par
6 (il faudra bien sûr améliorer les techniques de calcul d’un PPCM, ce qui se fera petit à petit).
On peut et on doit utiliser le PPCM pour réduire correctement au même dénominateur une somme de fractions. Par
exemple,
7 5 7×3 5×2 31
+ = + =
4 6 4×3 6×2 12
et non pas

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7 5 42 20 62 31
+ = + = = .
4 6 24 24 24 12
Le meilleur dénominateur commun est bien 12 = 4 ∨ 6 et pas 24.

3.2.2 Propriétés du PPCM

On a immédiatement
Théorème 23.
1) ∀a ∈ N∗ , a ∨ a = a.
2) ∀a ∈ Z∗ , a ∨ a = |a|.
et aussi
2
Théorème 24. ∀(a, b) ∈ (Z∗ ) , a ∨ b = |a| ∨ |b|.

On a vu que les diviseurs communs à deux entiers relatifs non nuls sont les diviseurs de leur PGCD. De même,
2
Théorème 25. Soit (a, b) ∈ (Z∗ ) . Les multiples communs à a et à b sont les multiples de leur PPCM.

➱ Commentaire . Le résultat du théorème 25 peut être écrit de manière plus condensée : aZ ∩ bZ = (a ∨ b)Z.

Théorème 26.
2
1) ∀(a, b) ∈ (N∗ ) , a ∨ b = b ∨ a (commutativité du PPCM).
3
2) ∀(a, b, c) ∈ (N∗ ) , (a ∨ b) ∨ c = a ∨ (b ∨ c) (associativité du PPCM).
3) ∀a ∈ N∗ , 1 ∨ a = a (1 est élément neutre pour le PPCM dans N∗ ).

4 Nombres premiers entre eux. Théorèmes de Bézout et Gauss


4.1 Nombres premiers entre eux
2
Définition 4. Soit (a, b) ∈ (Z∗ ) . a et b sont premiers entre eux si et seulement si a ∧ b = 1.
Par exemple, 5 et 6 sont premiers entre eux car le seul diviseur commun strictement positif à 5 et à 6 est 1 et 4 et 6 ne
sont pas premiers entre eux car 4 ∧ 6 = 2 > 1.

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4.2 Théorème de Bézout

Théorème 28. (théorème de Bézout).


Soit (a, b) ∈ (Z∗ )2 .

a ∧ b = 1 ⇔ ∃(u, v) ∈ Z2 / au + bv = 1.
n
Plus généralement, soient n > 2 puis (a1 , . . . , an ) ∈ (Z∗ ) .
n
a1 ∧ . . . ∧ an = 1 ⇔ ∃ (u1 , . . . , un ) ∈ (Z∗ ) / a1 u1 + . . . + an un = 1.

Ainsi, par exemple, 21 et 10 sont premiers entre eux car 1 × 21 + (−2) × 10 = 1. Deux entiers consécutifs non nuls
n et n + 1 sont toujours premiers entre eux car 1 × (n + 1) + (−1) × n = 1. 6, 10 et 15 sont premiers entre eux car
1 × 6 + 1 × 10 + (−1) × 15 = 1.
Dans certaines situations, la question se pose de fournir explicitement des entiers u et v tels que au + bv = 1. L’algorithme
d’Euclide fournit un procédé d’obtention d’un tel couple comme le montre l’exercice suivant :
Exercice 6. Déterminer deux entiers relatifs u et v tels que 337u + 241v = 1.
Solution 6. L’algorithme d’Euclide appliqué à 337 et 241 s’écrit
337 = 1 × 241 + 96
241 = 2 × 96 + 49
96 = 1 × 49 + 47
49 = 1 × 47 + 2
47 = 23 × 2 + 1
2 = 2 × 1 + 0.
Le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide est 1 et donc 337 ∧ 241 = 1. D’après le théorème de Bézout, il
existe deux entiers relatifs u et v tels que 337u + 241v = 1. Déterminons explicitement un tel couple. En remontant dans
l’algorithme d’Euclide, on obtient

1 = 47 − 23 × 2
= 47 − 23(49 − 1 × 47) = −23 × 49 + 24 × 47
= −23 × 49 + 24(96 − 1 × 49) = 24 × 96 − 47 × 49
= 24 × 96 − 47(241 − 2 × 96) = −47 × 241 + 118 × 96
= −47 × 241 + 118(337 − 1 × 241) = 118 × 337 − 165 × 241.

Le couple (u, v) = (118, −165) est un couple d’entiers relatifs vérifiant 337u + 241v = 1.

4.3 Lemme de Gauss

Théorème 29. (lemme de Gauss).


Soient a, b et c trois entiers relatifs tels que a 6= 0 et b 6= 0.
Si a divise bc et si a et b sont premiers entre eux, alors a divise c.

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Démonstration . Soient a, b et c trois entiers relatifs tels que a 6= 0 et b 6= 0 et a divise bc et a et b sont premiers entre eux.
Il existe q ∈ Z tels que bc = qa et d’autre part, d’après le théorème de Bézout, il existe deux entiers relatifs u et v tels que
au + bv = 1.
On multiplie les deux membres de cette dernière égalité par c et on obtient

c = acu + bcv = acu + qav = a(cu + qv)


où cu + qv est un entier relatif. Donc, a divise c.

Il ne faut pas croire que si un entier a divise un produit bc, a divise automatiquement l’un des deux entiers b ou c. Par
exemple, 8 divise 24 = 4 × 6 mais 8 ne divise ni 4, ni 6. Le théorème de Gauss dit que si de plus, a est premier avec un
des deux entiers, alors a divise l’autre entier. Par exemple, 4 divise 24 = 3 × 8 et 4 est premier à 3 et de fait, 4 divise 8.

4.4 Quelques conséquences des théorèmes de Bézout et Gauss


Théorème 30. Soit (a, b) ∈ (N∗ )2 . On pose m = a ∨ b et d = a ∧ b. Alors,

md = ab.

Démonstration . Soit (a, b) ∈ (N∗ )2 . D’après le théorème 21, il existe deux entiers naturels non nuls a ′ et b ′ tels que a = da ′ ,
b = db ′ et a ′ ∧ b ′ = 1. On a alors

ab = d(da ′ b ′ ) (∗).
Montrons que m = da b . da b = ab = a b et donc da ′ b ′ est un commun à a et à b. D’après le théorème 25, da ′ b ′ est un
′ ′ ′ ′ ′ ′

multiple de m ou encore m divise da ′ b ′ .


Inversement, m est un multiple de a et b. Posons donc m = ka = lb où (k, l) ∈ (N∗ )2 . Puisque ka = lb, on a encore kda ′ = ldb ′
puis ka ′ = lb ′ . b ′ divise lb ′ = ka ′ et b ′ est premier à a ′ . D’après le théorème de Gauss, b ′ divise k. On peut donc poser k = k ′ b ′
où k ′ ∈ N∗ . On obtient m = ka = k ′ da ′ b ′ et donc da ′ b ′ divise m.
En résumé, m divise da ′ b ′ et da ′ b ′ divise m. Puisque m et da ′ b ′ sont des entiers naturels non nuls, on en déduit que m = da ′ b ′ .
L’égalité (∗) s’écrit alors ab = md.

Dans la démonstration précédente, on a obtenu plusieurs procédés équivalents pour calculer le PPCM de deux entiers
quand on connaît leur PGCD. Prenons par exemple a = 24 = 2 × 12 et b = 36 = 3 × 12. Puisque 2 ∧ 3 = 1, on a d = 12,
ab 24 × 36
a ′ = 2 et b ′ = 3. On en déduit que m = da ′ b ′ = 12 × 2 × 3 = 72 ou bien directement m = = = 72.
d 12
Théorème 31. Soient n > 2 puis (a, b1 , . . . , bn )!∈ (Z∗ )n+1 .
Y n
(Pour tout i ∈ J1, nK, a ∧ bi = 1) ⇔ a ∧ bi = 1.
i=1

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Théorème 32. Soit (a, b) ∈ (Z∗ )2 . a ∧ b = 1 ⇔ ∀(n, m) ∈ N2 , an ∧ bm = 1.

Théorème 33. Soient n > 2 puis (a, b1 , . . . , bn ) ∈ (Z∗ )n+1 .


n
Y
Si pour tout i ∈ J1, nK, bi divise a et si les bi , 1 6 i 6 n, sont deux à deux premiers entre eux, alors bi divise a.
i=1

Démonstration . Montrons le résultat par récurrence.


• Soient a, b1 et b2 trois entiers relatifs non nuls tels que b1 et b2 divisent a et b1 ∧ b2 = 1.
Il existe k ∈ Z tel que a = kb1 . b2 divise a = kb1 et b2 ∧ b1 = 1. D’après le théorème de Gauss, b2 divise k. Donc, il existe
k ′ ∈ Z tel que k = k ′ b2 puis a = k ′ b1 b2 . Ceci montre que b1 b2 divise a.
• Soit n > 2. Supposons le résultat pour n. Soient a, b1 , . . . , bn+1 , n + 2 entiers relatifs non nuls tels que pour tout i ∈ J1, n + 1K,
bi divise a et b1 , . . . , bn+1 sont deux à deux premiers entre eux.
n
Y n
Y
Par hypothèse de récurrence, bi divise a. D’après le théorème 31, bi et bn+1 sont premiers entre eux. D’après le cas
i=1 i=1
n+1
Y
n = 2, bi divise a.
i=1

Le résultat est démontré par récurrence.


Une autre application des théorèmes de Bézout et Gauss est la forme irréductible d’un nombre rationnel :
2 a
Théorème 34. Pour tout rationnel strictement positif r, il existe un couple (a, b) ∈ (N∗ ) et un seul tel que r =
b
et a ∧ b = 1.

Démonstration .
p
Existence. Soit r ∈ Q+∗ . Il existe deux entiers naturels non nuls p et q tels que r = . On sait que l’on peut écrire p = da et
q
q = db où d = p ∧ q et a et b sont deux entiers naturels non nuls premiers entre eux. On a alors

p da a
r= = =
q db b
où cette fois-ci a et b sont premiers entre eux.
a1 a2
Unicité. Soit (a1 , a2 , b1 , b2 ) ∈ (N∗ )4 tel que a1 ∧ b1 = 1, a2 ∧ b2 = 1 et
= . Alors, a1 b2 = a2 b1 . a2 divise a2 b1 = a1 b2 et
b1 b2
a2 ∧ b2 = 1. Donc, a2 divise a1 d’après le théorème de Gauss. De même, a1 divise a2 et finalement a1 = a2 puis b1 = b2 .

a
Définition 6. L’écriture d’un rationnel strictement positif r sous la forme r = avec a ∧ b = 1 s’appelle la forme
b
irréductible du rationnel r.

4.5 Résolution dans Z2 de l’équation ax + by = c


On se donne trois entiers relatifs a, b et c tels que a 6= 0 et b 6= 0. On veut résoudre dans Z2 l’équation

ax + by = c (E),
d’inconnue (x, y) ∈ Z2 .
• Posons d = a ∧ b. Pour tout couple d’entiers relatifs (x, y), d divise ax + by. Si de plus ax + by = c, alors d doit
diviser c. Donc, si d ne divise pas c, l’équation (E) n’a pas de solution dans Z2 . C’est par exemple le cas de l’équation
2x + 4y = 3 : 2x + 4y est toujours un nombre relatif pair, alors que 3 est un nombre impair. Cette équation n’a pas de
solution dans Z2 .
Supposons maintenant que d divise c. On peut écrire a = da ′ , b = db ′ et c = dc ′ où a ′ et b ′ dont deux entiers relatifs
premiers entre eux et c ′ est un entier relatif. Après simplification par d, l’équation (E) s’écrit

a ′x + b ′y = c ′,

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où cette fois-ci a ′ et b ′ sont premiers entre eux.
• Soit donc a et b deux entiers relatifs non nuls et premiers entre eux. Soit (E0 ) l’équation

ax + by = 1.
D’après le théorème de Bézout, il existe au moins une solution (x0′ , y0′ ) de cette équation dans Z2 . On rappelle qu’une
telle solution peut par exemple être obtenue à partir de l’algorithme d’Euclide.
Par définition, ax0′ + by0′ = 1. En multipliant les deux membres de cette égalité par c, on obtient a (cx0′ ) + b (xy0′ ) = c.
Le couple (x0 , y0 ) = (cx0′ , cy0′ ) est une solution particulière dans Z2 de l’équation (E).
Par exemple, le couple (x0′ , y0′ ) = (−1, 2) est une solution particulière de l’équation 7x + 4y = 1 et donc le couple
(x0 , y0 ) = (−3, 6) est une solution particulière de l’équation 7x + 4y = 3.
On a ainsi montré que quand a ∧ b = 1, pour tout c ∈ Z, l’équation ax + by = c admet toujours au moins une solution
(x0 , y0 ) dans Z2 .
2
• On peut maintenant résoudre complètement l’équation (E). Soit (a, b) ∈ (Z∗ ) tel que a ∧ b = 1. Soient c ∈ Z puis
(x0 , y0 ) une solution particulière dans Z2 de l’équation (E) : ax + by = c.
Soit (x, y) ∈ Z2 .

(x, y) solution de (E) ⇔ ax + by = c ⇔ ax + by = ax0 + by0


⇔ a (x0 − x) = b (y − y0 ) .

Si (x, y) est solution de (E), nécessairement b divise b (y − y0 ) = a (x0 − x). Puisque a ∧ b = 1, le théorème de Gauss
permet d’affirmer que b divise x0 − x et donc il existe k ∈ Z tel que x0 − x = kb ou encore x = x0 − kb. De même, a divise
y − y0 et donc il existe k ′ ∈ Z2 tel que y − y0 = k ′ a ou encore y = y0 + k ′ a.
Réciproquement, soient (k, k ′ ) ∈ Z2 puis (x, y) = (x0 − kb, y0 + k ′ a).

(x, y) solution de (E) ⇔ a (x0 − x) = b (y − y0 ) ⇔ a(kb) = b(k ′ a)


⇔ (k − k ′ )ab = 0
⇔ k = k ′ (car ab 6= 0).

Les solutions de (E) dans Z2 sont les couples de la forme (x0 − kb, y0 + ka), k ∈ Z. On peut résumer tout ce qui précède
dans un théorème :
Théorème 35.
1) Soient a, b et c trois entiers relatifs tels que a 6= 0, b 6= 0. L’équation (E) : ax + by = c admet au moins une
solution dans Z2 si et seulement si a ∧ b divise c. Dans ce cas, quite à diviser les deux membres de (E) par a ∧ b, on
se ramène à la situation où a ∧ b = 1.
2) Soient a, b et c trois entiers relatifs tels que a 6= 0, b 6= 0 et a ∧ b = 1. Les solutions de (E) dans Z2 sont les couples
de la forme

(x, y) = (x0 − kb, y0 + ka) , k ∈ Z


où (x0 , y0 ) est une solution particulière de (E) dans Z2 .

Exercice 7. Résoudre dans Z2 l’équation (E) : 12x + 7y = 2.


Solution 1. L’algorithme d’Euclide appliqué à 7 et 12 s’écrit
12 = 1 × 7 + 5
7=1×5+2
5=2×2+1
(En particulier, 7 ∧ 12 = 1). Donc,

1=5−2×2
= 5 − 2(7 − 1 × 5) = 3 × 5 − 2 × 7
= 3(12 − 1 × 7) − 2 × 7 = 3 × 12 − 5 × 7.

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En multipliant les deux membres de l’égalité par 2, on obtient 6 × 12 − 10 × 7 = 2. Le couple (x0 , y0 ) = (6, −10) est une
solution particulière de (E) dans Z2 .
Soit (x, y) ∈ Z2 .

(x, y) solution de (E) ⇔ 12x + 7y = 2 ⇔ 12x + 7y = 12x0 + 7y0


⇔ 12 (x − x0 ) = 7 (y0 − y) .

Si (x, y) est solution de (E), nécessairement 7 divise 7 (y0 − y) = 12 (x − x0 ). Puisque 7 ∧ 12 = 1, le théorème de Gauss
permet d’affirmer que 7 divise x − x0 et donc il existe k ∈ Z tel que x − x0 = 7k ou encore x = x0 + 7k. De même, 12
divise y0 − y et donc il existe k ′ ∈ Z2 tel que y0 − y = 12k ′ ou encore y = y0 − 12k ′ .
Réciproquement, soient (k, k ′ ) ∈ Z2 puis (x, y) = (x0 + 7k, y0 − 12k ′ ).

(x, y) solution de (E) ⇔ 12 (x − x0 ) = 7 (y0 − y) ⇔ 12 × 7 × k = 7 × 12 × k ′


⇔ k = k ′.

Les solutions de (E) : 12x + 7y = 2 dans Z2 sont les couples de la forme (6 + 7k, −10 − 12k), k ∈ Z.

La résolution dans Z2 de l’équation ax + by = c a bien sûr une interprétation géométrique. Si le plan est rapporté à un
repère R, l’ensemble D des points M du plan de coordonnées (x, y) ∈ R2 est une droite. Résoudre dans Z2 l’équation
ax + by = c, c’est déterminer les points de cette droite à coordonnées entières.
Par exemple, les points à coordonnées entières de la droite d’équation 2x + 3y = 1 sont les points de coordonnées
(−1 − 3k, 1 + 2k). Ces coordonnées peuvent se lire sous la forme (−1, 1) + k(−3, 2), k ∈ Z. Le vecteur − →
u de coordonnées
(−3, 2) est un vecteur directeur directeur particulier de cette droite à coordonnées entières et le point A de coordonnées
(−1, 1) est un point particulier de cette droite à coordonnées entières. Les points solutions s’écrivent alors A + k−

u , k ∈ Z.

b
3


u
2

b
1
A

−4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5
−1 b

−2

−3 b

5 Nombres premiers. Décomposition primaire


5.1 Définition des nombres premiers

Définition 7. Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2.


n est premier si et seulement si n admet exactement deux diviseurs strictement positifs, à savoir 1 et lui-même. On
note P l’ensemble des nombres premiers.
Un entier supérieur ou égal à 2 non premier est dit composé.

⋄ Les premiers nombres premiers sont

2 3 5 7 11 13 17 19 ...

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Théorème 36. Soient n un entier naturel supérieur ou égal à 2.
2
n est composé si et seulement si il existe (a, b) ∈ (N∗ ) tel que 1 < a < n, 1 < b < n et n = ab.
2
n est premier si et seulement si pour tout (a, b) ∈ (N∗ ) , (n = ab ⇒ a = 1 ou b = 1).

5.2 Quelques propriétés des nombres premiers


Théorème 37. Soient n un entier naturel supérieur ou égal à 2 et p un nombre premier.
Si p divise n, alors n ∧ p = p et si p ne divise pas n, alors n ∧ p = 1.

Théorème 38. Deux nombres premiers distincts sont premiers entre eux.
Plus généralement, si p et q sont des nombres premiers distincts, alors pour tout (α, β) ∈ N2 , pα ∧ qβ = 1.

Théorème 39. Tout nombre entier n > 2 admet au moins un diviseur qui est un nombre premier.

Théorème 40. Soient p un nombre premier et a1 , . . . , an , n entiers naturels non nuls, n > 2. Si p divise a1 × . . .× an
alors p divise l’un des ai , 1 6 i 6 n.

5.3 Le théorème fondamental de l’arithmétique


Théorème 41. (théorème fondamental de l’arithmétique)
Tout entier naturel supérieur ou égal à 2 se décompose de manière unique, à l’ordre près des facteurs, en produit de
facteurs premiers.

Par exemple,

792 792 = 2 × 396 396 = 22 × 198 198 = 23 × 99 099


= 23 × 3 × 33 033 = 22 × 32 × 11 011
= 22 × 32 × 7 × 1573
= 22 × 32 × 7 × 11 × 143 = 22 × 32 × 7 × 112 × 13.

Théorème 44. Soient a et b deux entiers supérieurs ou égaux à 2.


a et b sont premiers entre eux si et seulement si a et b n’ont pas de facteur premier commun.

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Théorème 45. Soit n un entier supérieur ou égal à 2. On suppose que la décomposition primaire de n s’écrit

n = pα αk
1 × . . . × pk .
1

1 × . . . × pk où, pour tout i ∈ J1, kK, 0 6 βi 6 αi .


Les diviseurs de n sont les entiers de la forme pβ1 βk

Yk
Le nombre des diviseurs de n est (αi + 1).
i=1

Par exemple, puisque 72 = 23 × 32 , 72 admet (3 + 1)(2 + 1) = 12 diviseurs. Les diviseurs de 72 sont les nombres

20 × 30 = 1 21 × 30 = 2 22 × 30 = 4 23 × 30 = 8
20 × 31 = 3 21 × 31 = 6 22 × 31 = 12 23 × 31 = 24
20 × 32 = 9 21 × 32 = 18 22 × 32 = 36 23 × 32 = 72

Théorème 45. Soient a et b deux entiers naturels non nuls.


β1 βk
On suppose que a = pα αk
1 × . . . × pk et b = p1 × . . . × pk où k ∈ N , p1 , . . . , pk , sont des nombres premiers deux
1 ∗

à deux distincts et α1 , . . . , αk , β1 , . . . , βk , sont des entiers naturels.


Min(α1 ,β1 ) Min(αk ,βk ) Max(α1 ,β1 ) Max(αk ,βk )
Alors, a ∧ b = p1 × . . . × pk et a ∨ b = p1 × . . . × pk .

Exemple. 120 = 23 × 31 × 50 × 71 et 252 = 22 × 32 × 50 × 71 . Donc 120 ∧ 252 = 22 × 31 × 50 × 70 = 12 et 120 ∨ 252 =


23 × 32 × 51 × 71 = 2520.

➱ Commentaire . Pour tout (α, β) ∈ N2 , Min(α, β) + Max(α, β) = α + β et donc, on retrouve l’égalité

k
! k
! k k
Y Min(αi ,βi )
Y Max(αi ,βi )
Y Min(αi ,βi )+Max(αi ,βi )
Y α +βi
(a ∧ b)(a ∨ b) = pi pi = pi = pi i = ab.
i=1 i=1 i=1 i=1

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6 Congruences
6.1 Définition
Définition 10. Soit n un entier naturel. Soient a et b deux entiers relatifs.
b est congru à a modulo n si et seulement si b − a est un multiple de n ou encore si et seulement si il existe q ∈ Z
tel que b = a + qn.
La phrase « b est congru à a modulo n » se note a ≡ b [n] ou aussi a ≡ b (mod n).
Remarques.
• a ≡ b [0] ⇔ ∃q ∈ Z/ b = a + q × 0 ⇔ a = b. La congruence modulo 0 est donc tout simplement l’égalité.
• a ≡ b [1] ⇔ b − a multiple de 1 ⇔ b − a ∈ Z. Cette dernière phrase est toujours vraie et donc tout entier est congru à
tout entier modulo 1.
• a ≡ 0 [2] signifie que a est pair et a ≡ 1 [2] signifie que a est impair. Plus généralement, a ≡ b [2] ⇔ b − a multiple de
2. Ceci équivaut à dire que les entiers a et b ont même parité (ils sont tous les deux pairs ou tous les deux impairs).
• Les entiers relatifs a vérifiant a ≡ 0 [n] sont les multiples de n : {a ∈ Z/ a ≡ 0 [n]} = nZ. ❏
Exemples.
Puisque 24 = 9 + 3 × 5, on a encore 24 − 9 ∈ 5Z et donc 9 ≡ 24 [5]. La congruence modulo 5 a pour effet d’« effacer tout
multiple de 5 ».
Puisque −3 = 11 − 2 × 7, on a 11 ≡ −3 [7]. ❏
Un résultat immédiat est :
Théorème 46. Soit n un entier naturel non nul. Soit a un entier relatif. Soit r le reste de la division euclidienne de
a par n. Alors, a ≡ r [n]

Une des premières propriétés de la congruence modulo n est qu’elle se comporte comme l’égalité. Plus précisément,
Théorème 47. Soit n un entier naturel.
La congruence modulo n est une relation d’équivalence.

6.2 Calculs avec des congruences

Nous allons maintenant apprendre à calculer avec des congruences.


Théorème 48. (compatibilité avec l’addition). Soit n un entier naturel.
1) ∀(a, b, c) ∈ Z3 , (a ≡ b [n] ⇒ a + c ≡ b + c [n]).
2) ∀(a, b, c, d) ∈ Z4 , (a ≡ b [n] et c ≡ d [n] ⇒ a + c ≡ b + d [n]).

Ainsi, on peut additionner membre à membre des congruences.


Théorème 49. (compatibilité avec la multiplication). Soit n un entier naturel.
1) ∀(a, b, c) ∈ Z3 , (a ≡ b [n] ⇒ ac ≡ bc [n]).
2) ∀(a, b, c, d) ∈ Z4 , (a ≡ b [n] et c ≡ d [n] ⇒ ac ≡ bd [n]).
3) ∀(a, b) ∈ Z2 , ∀k ∈ N, (a ≡ b [n] ⇒ ak ≡ bk [n]).
Théorème 50. (simplifications). Soit n un entier naturel non nul.
1) ∀(a, b, c) ∈ Z3 , a + c ≡ b + c [n] ⇒ a ≡ b [n] (tout entier relatif est simplifiable pour l’addition).
2) a) ∀(a, b) ∈ Z2 , ∀c ∈ Z∗ , (ac ≡ bc [n] et c ∧ n = 1) ⇒ a ≡ b [n].
b) Si n > 2, les entiers relatifs simplifiables modulo n sont les entiers non nuls et premiers à n.

En résumé, si n > 2, pour tout (a, b, c) ∈ Z3 , a + c ≡ b + c [n] ⇔ a ≡ b [n] et pour tout (a, b) ∈ Z2 , si c est un entier
relatif non nul premier à n, ac ≡ bc [n] ⇔ a ≡ b [n]. Ces résultats sont essentiels pour résoudre des congruences :
Exercice 9. Résoudre dans Z les congruences :
1) 3x + 5 ≡ 4 [7].
2) a) 6x + 5 ≡ 2 [9].
b) 6x + 5 ≡ 1 [9].
Solution 9. Dans les deux questions, on note S l’ensemble des solutions de la congruence proposée.
1) Soit x ∈ Z.

3x + 5 ≡ 4 [7] ⇔ 3x + 5 + (−5) ≡ 4 + (−5) [7] ⇔ 3x ≡ −1 [7].


Maintenant, 3 × 5 = 15 ≡ 1 [7]. Donc, 3x ≡ −1 [7] ⇒ 5 × 3x ≡ 5(−1) [7] ⇒ x ≡ −5 [7] et x ≡ −5 [7] ⇒ 3x ≡ −15 [7] ⇒
3x ≡ −1 [7]. Donc,

3x + 5 ≡ 4 [7] ⇔ x ≡ −5 [7] ⇔ x ≡ 2 [7].


Ainsi, S = {2 + 7k, k ∈ Z} = 2 + 7Z.
2) a) Soit x ∈ Z.

6x + 5 ≡ 2 [9] ⇔ 6x = −3 [9] ⇔ ∃k ∈ Z/ 6x = −3 + 9k ⇔ ∃k ∈ Z/ 2x = −1 + 3k
⇔ 2x ≡ −1 [3] ⇔ 2 × 2x ≡ 2 × (−1) [3] (car 2 ∧ 3 = 1)
⇔ x ≡ −2 [3] ⇔ x ≡ 1 [3].

Ainsi, S = {1 + 3k, k ∈ Z} = 1 + 3Z.


b) Soit x ∈ Z.

6x + 5 ≡ 1 [9] ⇔ 6x = −4 [9] ⇔ ∃k ∈ Z/ 6x − 9k = −4.

Maintenant, l’équation 6x = −4 + 9k n’a pas de solution dans Z car 6x − 9k est un entier divisible par 3 alors que −4 n’est
un entier divisible par 3. Ainsi, S = ∅.

Exercice 10. Résoudre dans Z2 le système de congruence

3x − 2y ≡ 1 [7]
4x + 5y ≡ 3 [7]

Solution 10. On note S l’ensemble des solutions du sytème proposé. Soit (x, y) ∈ Z2 .

c Jean-Louis Rouget, 2018. Tous droits réservés. 28 http ://[Link]


3x − 2y ≡ 1 [7] 3x ≡ 1 + 2y [7] 5 × 3x ≡ 5(1 + 2y) [7]
⇔ ⇔ (car 5 ∧ 7 = 1)
4x + 5y ≡ 3 [7] 4x + 5y ≡ 3 [7] 4x + 5y ≡ 3 [7]
x ≡ 5 + 10y [7] x ≡ −2 + 3y [7]
⇔ ⇔
4x + 5y ≡ 3 [7] 4(−2 + 3y) + 5y ≡ 3 [7]
x ≡ −2 + 3y [7] 3y ≡ −3 [7] y ≡ −1 [7]
⇔ ⇔ ⇔ (car 3 ∧ 7 = 1)
17y ≡ 11 [7] x ≡ −2 + 3y [7] x ≡ −2 + 3(−1) [7]
y ≡ −1 [7] y ≡ −1 [7]
⇔ ⇔ .
x ≡ −5 [7] x ≡ 2 [7]

Donc, S = (2 + 7k, −1 + 7k ′ ), (k, k ′ ) ∈ Z2 = (2 + 7Z) × (−1 + 7Z).

6.3 Le petit théorème de Fermat

Théorème 51. (petit théorème de Fermat). Soit p un nombre premier.


1) Pour tout a ∈ N, ap ≡ a [p].
2) Pour tout a ∈ N∗ , (a ∧ p = 1 ⇒ ap−1 ≡ 1 [p]).

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