Divisibilité et Multiples en CM1
Divisibilité et Multiples en CM1
1.1 Définitions
Définition 1.
1) Soient a et b deux entiers relatifs tels que a 6= 0.
On dit que a divise b ou que a est un diviseur de b si et seulement si il existe un entier relatif q tel que b = qa.
Il revient au même de dire que a divise b ou que b est divisible par a.
Quand a divise b, on écrit a|b et quand a ne divise pas b, on écrit a 6 | b.
2) Soient a et b deux entiers relatifs.
b est un multiple de a si et seulement si il existe un entier relatif q tel que b = qa.
Si de plus, a 6= 0, b est multiple de a si et seulement si a divise b.
Notation. Si a est un entier relatif, l’ensemble des multiples de a est l’ensemble des nombres de la forme qa où q est un
entier relatif. Il se note aZ :
1) Soit a un entier relatif non nul. −a = a × (−1) avec −1 ∈ Z. Donc, a|(−a). Ensuite, en appliquant le résultat précédent à l’entier
−a, on a aussi −a|a.
Soient a ∈ Z et b ∈ Z∗ . Si b|a, il existe q ∈ Z tel que a = bq. Mais alors, a = (−b)(−q) avec −q ∈ Z et donc −b divise a. Ensuite,en
appliquant à l’entier relatif non nul −b, on a aussi le fait que si −b|a, alors b|a.
Enfin, en appliquant aux entiers ±a et/ou ±b, on obtient les deux autres équivalences.
❏
Théorème 2.
1) ∀a ∈ Z, les diviseurs de a sont les diviseurs de |a|.
2) ∀a ∈ Z, les multiples de a sont les multiples de |a|.
Démonstration .
1) Soit a ∈ Z. D’après le théorème 1, si b est un entier relatif divisant a, alors b divise a et −a et donc b divise |a|. Inversement, si
b est un entier relatif divisant |a|, b divise a qui est l’un des deux entiers |a| ou −|a|.
2) Soit a ∈ Z. Si b = qa, q ∈ Z, alors b = (sgn(a)q)|a| avec sgn(a)q ∈ Z et si b = q|a|, q ∈ Z, alors b = (sgn(a)q)a.
❏
Démonstration . Soit (a, b) ∈ (N∗ )2 . Si b divise a, alors il existe q ∈ N∗ tel que a = qb. On en déduit que
Théorème 5.
1) Pour tout a ∈ Z∗ , a|0. Pour tout a ∈ Z, 0 est multiple de a.
2) Pour tout a ∈ Z, 1|a. Pour tout a ∈ Z, a est multiple de 1.
Démonstration .
1) Soit a ∈ Z∗ . 0Z = {0} ⊂ aZ et donc a divise 0 ou encore 0 est multiple de a. Cette dernière affirmation reste claire quand a = 0.
2) Soit a ∈ Z. aZ ⊂ Z = 1Z et donc 1|a ou encore a est multiple de 1.
❏
Théorème 6.
1) ∀a ∈ Z∗ , a|a (la relation de divisibilité dans Z∗ ou dans N∗ est réflexive).
2
2) a) ∀(a, b) ∈ (N∗ ) , (a|b et b|a) ⇔ a = b (la relation de divisibilité dans N∗ est anti-symétrique).
b) ∀(a, b) ∈ (Z∗ )2 , (a|b et b|a) ⇔ b = a ou b = −a.
3) ∀(a, b, c) ∈ Z∗ × Z∗ × Z, (a|b et b|c) ⇒ a|c (et en particulier, la relation de divisibilité dans Z∗ ou dans N∗ est
transitive).
La relation de divisibilité est une relation d’ordre sur N∗ et n’est pas une relation d’ordre sur Z∗ .
Démonstration . Soient (a, b, c) ∈ Z × Z × Z∗ . Soit (u, v) ∈ Z2 . Si c divise a et c divise b, alors il existe deux entiers relatifs
q et q ′ tels que a = qc et b = q ′ c. Mais alors au + bv = (uq + vq ′ ) c avec uq + vq ′ ∈ Z2 et donc c divise au + bv.
❏
a = bq + r et 0 6 r < b.
q s’appelle le quotient de la division euclidienne de l’entier relatif a par l’entier naturel non nul b et r s’appelle le
reste de la division euclidienne de a par b.
➱ Commentaire .
⋄ La division euclidienne est la division où « on ne poursuit pas après la virgule ». Elle se présente dans les petites classes sous la
forme
50 13
11 3
a b
r q
a
⋄ Si x = est un rationnel non nul avec a ∈ Z∗ et b ∈ N∗ , la division euclidienne de a par b permet de décomposer x en somme
b
de sa partie entière et de sa partie décimale. Plus précisément, si a = bq + r abec 0 6 r < b (et q et r entiers relatifs), alors
a r
x= =q+
b b
r
où cette fois-ci 0 6 < 1. Par exemple
b
50 11
=3+ .
13 13
Théorème 9. Soit (a, b) ∈ Z × Z∗ . Il existe un couple (q, r) d’entiers relatifs et un seul tels que
a = bq + r et 0 6 r < |b|.
Démonstration . Soit (a, b) ∈ Z × Z∗ . Si b divise a, il existe un entier relatif q tel que a = bq. Mais alors, a = bq + r avec
r = 0 ∈ J0, b − 1K. Le reste de la division euclidienne de b par a est donc 0.
Réciproquement, si le reste de la division euclidienne de b par a est nul, cette division euclidienne s’écrit a = bq où q est un entier
relatif et donc b divise a.
❏
Mp = 2p − 1 = 2qn+r − 1 = (2n )q × 2r − 1 = 2r (2n )q − 1 + (2r − 1)
2 q−1
= (2n − 1) 1 + 2n + (2n ) + . . . + (2n ) 2r + (2r − 1) (on rappelle que q ∈ N∗ )
= QMn + R
2 q−1
où Q = 1 + 2n + (2n ) + . . . + (2n ) 2r est un entier (car q ∈ N∗ ) et R = 2r − 1 = Mr est un entier. De plus,
3 PGCD - PPCM
Dans tout ce qui suit, nous aurons besoin du résultat intuitif suivant que l’on admet et qui est une conséquence de l’axiome
de récurrence :
Théorème 11. Toute partie non vide de N admet un plus petit élément. Toute partie non vide et majorée de N admet
un plus grand élément.
3.1 PGCD
3.1.1 Définition du PGCD
Théorème 12. Soient a et b deux entiers relatifs tous deux non nuls. Il existe un entier naturel et un seul qui est un
diviseur commun à a et à b et qui est plus grand (au sens de la relation d’ordre usuelle 6) que tout diviseur commun
à a et à b dans Z.
2
Théorème 13. ∀(a, b) ∈ (Z∗ ) , a ∧ b = |a| ∧ |b|.
Nous allons maintenant utiliser ce résultat pour déterminer de manière algorithmique le PGCD de deux entiers. L’algo-
rithme ci-dessous s’appelle l’algorithme d’Euclide.
Commençons par un exemple. Déterminons le PGCD de a = 1386 et b = 270. La division euclidienne de a par b s’écrit
1386 = 5 × 270 + 36
et le théorème 14 nous permet alors d’affirmer que 1386 ∧ 270 = 270 ∧ 36. La division euclidienne de 270 par 36 s’écrit
270 = 7 × 36 + 18
et donc 1386 ∧ 270 = 270 ∧ 36 = 36 ∧ 18. Maintenant, puisque 36 = 2 × 18, 18 divise 36 et donc le plus grand diviseur
commun à 18 et 36 est 18. Finalement
r0 = r1 × q0 + r2 avec 0 6 r2 < r1 .
Si r2 = 0, r1 = b divise r0 = a. Le plus grand diviseur commun à a et b est donc r1 = b.
Sinon, 1 6 r2 < r1 et d’après le théorème 13, a ∧ b = r0 ∧ r1 = r1 ∧ r2 .
• On pose alors la division euclidienne de r1 par r2 qui s’écrit
r1 = r2 × q1 + r3 avec 0 6 r3 < r2 .
Si r3 = 0, r2 divise r1 et donc a ∧ b = r0 ∧ r1 = r1 ∧ r2 = r2 .
Sinon, 1 6 r3 < r2 et on pose la division euclidienne de r2 par r3 .
• De manière générale, pour k ∈ N tel que les restes r0 , . . . , rk+1 ne soient pas nuls, on pose la division euclidienne de
rk par rk+1 . Elle fournit un quotient qk ∈ N et un reste rk+2 ∈ N tels que
Mp = QMn + Mr (∗)
où Q est un entier naturel et 0 6 Mr < Mn . De plus,
Mr = 0 ⇔ 2r = 1 ⇔ r = 0 (∗∗).
Posons r0 = p, r1 = n puis pour k ∈ N, tant que rk+1 6= 0, posons rk = rk+1 qk + rk+2 où qk et rk sont des entiers
naturels tels que 0 6 rk+2 < rk+1 . Posons encore R0 = Mp , R1 = Mn puis pour k ∈ N, tant que Rk+1 6= 0, posons
Rk = Rk+1 Qk + Rk+2 où Qk et Rk sont des entiers naturels tels que 0 6 Rk+2 < Rk+1 .
(∗) et (∗∗) montrent que les deux algorithmes s’effectuent en parallèle : pour tout k ∈ N, tant que rk+1 6= 0, on a encore
Rk+1 6= 0 et Rk+2 = Mrk+2 .
Le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide appliqué à p et n est alors rk0 +1 = n ∧ p et le dernier reste non
nul dans l’algorithme d’Euclide appliqué à Mp et Mn est Rk0 +1 = Mrk0 +1 = Mn ∧ p .
Ceci montre que Mn ∧ Mp = Mn ∧ p .
Théorème 17.
∀a ∈ N∗ , a ∧ a = a.
∀a ∈ Z∗ , a ∧ a = |a|.
Démonstration . Soit a ∈ N∗ . a est un diviseur commun à a et à a et tout diviseur commun à a et à a est inférieur ou égal
à a d’après le théorème 3. Donc, a ∧ a = a.
Si a ∈ Z∗ , a ∧ a = |a| ∧ |a| = |a|.
❏
Théorème 18. Soit (a, b) ∈ (Z∗ )2 . Les diviseurs communs à a et à b sont les diviseurs communs de leur PGCD.
Démonstration . Soit (a, b) ∈ (Z∗ )2 . a ∧ b est un diviseur commun à a et b. Par transitivité, un diviseur de a ∧ b est encore
un diviseur commun à a et b.
Réciproquement, posons d = a ∧ b ∈ N∗ . D’après le théorème 16, il existe deux entiers relatifs u et v tels que d = au + bv.
Soit alors d ′ un diviseur commun à a et b. d ′ divise au + bv d’après le théorème 7 ou encore d ′ divise d.
On a montré que les diviseurs communs à a et à b sont les diviseurs de a ∧ b.
❏
➱ Commentaire . Le résultat du théorème 18 s’écrit de manière plus condensée : div(a) ∩ div(b) = div(a ∧ b).
Théorème 19.
1) ∀(a, b) ∈ (N∗ )2 , a ∧ b = b ∧ a (commutativité du PGCD).
3
2) ∀(a, b, c) ∈ (N∗ ) , (a ∧ b) ∧ c = a ∧ (b ∧ c) (associativité du PGCD).
3) ∀a ∈ N∗ , a ∧ 1 = 1 (1 est absorbant).
3
Théorème 20. ∀(a, b, c) ∈ (N∗ ) , (ca) ∧ (cb) = c(a ∧ b).
Démonstration . d divise a et b. Donc, il existe deux entiers naturels non nuls a ′ et b ′ tels que a = da ′ et b = db ′ . De plus,
3.2 PPCM
3.2.1 Définition du PPCM
Théorème 22. Soient a et b deux entiers relatifs tous deux non nuls. Il existe un entier naturel et un seul qui est un
multiple commun à a et à b et qui est plus petit (au sens de la relation d’ordre usuelle 6) que tout diviseur multiple
commun à a et à b dans N∗ .
On a immédiatement
Théorème 23.
1) ∀a ∈ N∗ , a ∨ a = a.
2) ∀a ∈ Z∗ , a ∨ a = |a|.
et aussi
2
Théorème 24. ∀(a, b) ∈ (Z∗ ) , a ∨ b = |a| ∨ |b|.
On a vu que les diviseurs communs à deux entiers relatifs non nuls sont les diviseurs de leur PGCD. De même,
2
Théorème 25. Soit (a, b) ∈ (Z∗ ) . Les multiples communs à a et à b sont les multiples de leur PPCM.
➱ Commentaire . Le résultat du théorème 25 peut être écrit de manière plus condensée : aZ ∩ bZ = (a ∨ b)Z.
Théorème 26.
2
1) ∀(a, b) ∈ (N∗ ) , a ∨ b = b ∨ a (commutativité du PPCM).
3
2) ∀(a, b, c) ∈ (N∗ ) , (a ∨ b) ∨ c = a ∨ (b ∨ c) (associativité du PPCM).
3) ∀a ∈ N∗ , 1 ∨ a = a (1 est élément neutre pour le PPCM dans N∗ ).
a ∧ b = 1 ⇔ ∃(u, v) ∈ Z2 / au + bv = 1.
n
Plus généralement, soient n > 2 puis (a1 , . . . , an ) ∈ (Z∗ ) .
n
a1 ∧ . . . ∧ an = 1 ⇔ ∃ (u1 , . . . , un ) ∈ (Z∗ ) / a1 u1 + . . . + an un = 1.
Ainsi, par exemple, 21 et 10 sont premiers entre eux car 1 × 21 + (−2) × 10 = 1. Deux entiers consécutifs non nuls
n et n + 1 sont toujours premiers entre eux car 1 × (n + 1) + (−1) × n = 1. 6, 10 et 15 sont premiers entre eux car
1 × 6 + 1 × 10 + (−1) × 15 = 1.
Dans certaines situations, la question se pose de fournir explicitement des entiers u et v tels que au + bv = 1. L’algorithme
d’Euclide fournit un procédé d’obtention d’un tel couple comme le montre l’exercice suivant :
Exercice 6. Déterminer deux entiers relatifs u et v tels que 337u + 241v = 1.
Solution 6. L’algorithme d’Euclide appliqué à 337 et 241 s’écrit
337 = 1 × 241 + 96
241 = 2 × 96 + 49
96 = 1 × 49 + 47
49 = 1 × 47 + 2
47 = 23 × 2 + 1
2 = 2 × 1 + 0.
Le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide est 1 et donc 337 ∧ 241 = 1. D’après le théorème de Bézout, il
existe deux entiers relatifs u et v tels que 337u + 241v = 1. Déterminons explicitement un tel couple. En remontant dans
l’algorithme d’Euclide, on obtient
1 = 47 − 23 × 2
= 47 − 23(49 − 1 × 47) = −23 × 49 + 24 × 47
= −23 × 49 + 24(96 − 1 × 49) = 24 × 96 − 47 × 49
= 24 × 96 − 47(241 − 2 × 96) = −47 × 241 + 118 × 96
= −47 × 241 + 118(337 − 1 × 241) = 118 × 337 − 165 × 241.
Le couple (u, v) = (118, −165) est un couple d’entiers relatifs vérifiant 337u + 241v = 1.
Il ne faut pas croire que si un entier a divise un produit bc, a divise automatiquement l’un des deux entiers b ou c. Par
exemple, 8 divise 24 = 4 × 6 mais 8 ne divise ni 4, ni 6. Le théorème de Gauss dit que si de plus, a est premier avec un
des deux entiers, alors a divise l’autre entier. Par exemple, 4 divise 24 = 3 × 8 et 4 est premier à 3 et de fait, 4 divise 8.
md = ab.
Démonstration . Soit (a, b) ∈ (N∗ )2 . D’après le théorème 21, il existe deux entiers naturels non nuls a ′ et b ′ tels que a = da ′ ,
b = db ′ et a ′ ∧ b ′ = 1. On a alors
ab = d(da ′ b ′ ) (∗).
Montrons que m = da b . da b = ab = a b et donc da ′ b ′ est un commun à a et à b. D’après le théorème 25, da ′ b ′ est un
′ ′ ′ ′ ′ ′
Dans la démonstration précédente, on a obtenu plusieurs procédés équivalents pour calculer le PPCM de deux entiers
quand on connaît leur PGCD. Prenons par exemple a = 24 = 2 × 12 et b = 36 = 3 × 12. Puisque 2 ∧ 3 = 1, on a d = 12,
ab 24 × 36
a ′ = 2 et b ′ = 3. On en déduit que m = da ′ b ′ = 12 × 2 × 3 = 72 ou bien directement m = = = 72.
d 12
Théorème 31. Soient n > 2 puis (a, b1 , . . . , bn )!∈ (Z∗ )n+1 .
Y n
(Pour tout i ∈ J1, nK, a ∧ bi = 1) ⇔ a ∧ bi = 1.
i=1
Une autre application des théorèmes de Bézout et Gauss est la forme irréductible d’un nombre rationnel :
2 a
Théorème 34. Pour tout rationnel strictement positif r, il existe un couple (a, b) ∈ (N∗ ) et un seul tel que r =
b
et a ∧ b = 1.
Démonstration .
p
Existence. Soit r ∈ Q+∗ . Il existe deux entiers naturels non nuls p et q tels que r = . On sait que l’on peut écrire p = da et
q
q = db où d = p ∧ q et a et b sont deux entiers naturels non nuls premiers entre eux. On a alors
p da a
r= = =
q db b
où cette fois-ci a et b sont premiers entre eux.
a1 a2
Unicité. Soit (a1 , a2 , b1 , b2 ) ∈ (N∗ )4 tel que a1 ∧ b1 = 1, a2 ∧ b2 = 1 et
= . Alors, a1 b2 = a2 b1 . a2 divise a2 b1 = a1 b2 et
b1 b2
a2 ∧ b2 = 1. Donc, a2 divise a1 d’après le théorème de Gauss. De même, a1 divise a2 et finalement a1 = a2 puis b1 = b2 .
❏
a
Définition 6. L’écriture d’un rationnel strictement positif r sous la forme r = avec a ∧ b = 1 s’appelle la forme
b
irréductible du rationnel r.
ax + by = c (E),
d’inconnue (x, y) ∈ Z2 .
• Posons d = a ∧ b. Pour tout couple d’entiers relatifs (x, y), d divise ax + by. Si de plus ax + by = c, alors d doit
diviser c. Donc, si d ne divise pas c, l’équation (E) n’a pas de solution dans Z2 . C’est par exemple le cas de l’équation
2x + 4y = 3 : 2x + 4y est toujours un nombre relatif pair, alors que 3 est un nombre impair. Cette équation n’a pas de
solution dans Z2 .
Supposons maintenant que d divise c. On peut écrire a = da ′ , b = db ′ et c = dc ′ où a ′ et b ′ dont deux entiers relatifs
premiers entre eux et c ′ est un entier relatif. Après simplification par d, l’équation (E) s’écrit
a ′x + b ′y = c ′,
ax + by = 1.
D’après le théorème de Bézout, il existe au moins une solution (x0′ , y0′ ) de cette équation dans Z2 . On rappelle qu’une
telle solution peut par exemple être obtenue à partir de l’algorithme d’Euclide.
Par définition, ax0′ + by0′ = 1. En multipliant les deux membres de cette égalité par c, on obtient a (cx0′ ) + b (xy0′ ) = c.
Le couple (x0 , y0 ) = (cx0′ , cy0′ ) est une solution particulière dans Z2 de l’équation (E).
Par exemple, le couple (x0′ , y0′ ) = (−1, 2) est une solution particulière de l’équation 7x + 4y = 1 et donc le couple
(x0 , y0 ) = (−3, 6) est une solution particulière de l’équation 7x + 4y = 3.
On a ainsi montré que quand a ∧ b = 1, pour tout c ∈ Z, l’équation ax + by = c admet toujours au moins une solution
(x0 , y0 ) dans Z2 .
2
• On peut maintenant résoudre complètement l’équation (E). Soit (a, b) ∈ (Z∗ ) tel que a ∧ b = 1. Soient c ∈ Z puis
(x0 , y0 ) une solution particulière dans Z2 de l’équation (E) : ax + by = c.
Soit (x, y) ∈ Z2 .
Si (x, y) est solution de (E), nécessairement b divise b (y − y0 ) = a (x0 − x). Puisque a ∧ b = 1, le théorème de Gauss
permet d’affirmer que b divise x0 − x et donc il existe k ∈ Z tel que x0 − x = kb ou encore x = x0 − kb. De même, a divise
y − y0 et donc il existe k ′ ∈ Z2 tel que y − y0 = k ′ a ou encore y = y0 + k ′ a.
Réciproquement, soient (k, k ′ ) ∈ Z2 puis (x, y) = (x0 − kb, y0 + k ′ a).
Les solutions de (E) dans Z2 sont les couples de la forme (x0 − kb, y0 + ka), k ∈ Z. On peut résumer tout ce qui précède
dans un théorème :
Théorème 35.
1) Soient a, b et c trois entiers relatifs tels que a 6= 0, b 6= 0. L’équation (E) : ax + by = c admet au moins une
solution dans Z2 si et seulement si a ∧ b divise c. Dans ce cas, quite à diviser les deux membres de (E) par a ∧ b, on
se ramène à la situation où a ∧ b = 1.
2) Soient a, b et c trois entiers relatifs tels que a 6= 0, b 6= 0 et a ∧ b = 1. Les solutions de (E) dans Z2 sont les couples
de la forme
1=5−2×2
= 5 − 2(7 − 1 × 5) = 3 × 5 − 2 × 7
= 3(12 − 1 × 7) − 2 × 7 = 3 × 12 − 5 × 7.
Si (x, y) est solution de (E), nécessairement 7 divise 7 (y0 − y) = 12 (x − x0 ). Puisque 7 ∧ 12 = 1, le théorème de Gauss
permet d’affirmer que 7 divise x − x0 et donc il existe k ∈ Z tel que x − x0 = 7k ou encore x = x0 + 7k. De même, 12
divise y0 − y et donc il existe k ′ ∈ Z2 tel que y0 − y = 12k ′ ou encore y = y0 − 12k ′ .
Réciproquement, soient (k, k ′ ) ∈ Z2 puis (x, y) = (x0 + 7k, y0 − 12k ′ ).
Les solutions de (E) : 12x + 7y = 2 dans Z2 sont les couples de la forme (6 + 7k, −10 − 12k), k ∈ Z.
La résolution dans Z2 de l’équation ax + by = c a bien sûr une interprétation géométrique. Si le plan est rapporté à un
repère R, l’ensemble D des points M du plan de coordonnées (x, y) ∈ R2 est une droite. Résoudre dans Z2 l’équation
ax + by = c, c’est déterminer les points de cette droite à coordonnées entières.
Par exemple, les points à coordonnées entières de la droite d’équation 2x + 3y = 1 sont les points de coordonnées
(−1 − 3k, 1 + 2k). Ces coordonnées peuvent se lire sous la forme (−1, 1) + k(−3, 2), k ∈ Z. Le vecteur − →
u de coordonnées
(−3, 2) est un vecteur directeur directeur particulier de cette droite à coordonnées entières et le point A de coordonnées
(−1, 1) est un point particulier de cette droite à coordonnées entières. Les points solutions s’écrivent alors A + k−
→
u , k ∈ Z.
b
3
−
→
u
2
b
1
A
−4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5
−1 b
−2
−3 b
2 3 5 7 11 13 17 19 ...
Théorème 38. Deux nombres premiers distincts sont premiers entre eux.
Plus généralement, si p et q sont des nombres premiers distincts, alors pour tout (α, β) ∈ N2 , pα ∧ qβ = 1.
Théorème 39. Tout nombre entier n > 2 admet au moins un diviseur qui est un nombre premier.
Théorème 40. Soient p un nombre premier et a1 , . . . , an , n entiers naturels non nuls, n > 2. Si p divise a1 × . . .× an
alors p divise l’un des ai , 1 6 i 6 n.
Par exemple,
n = pα αk
1 × . . . × pk .
1
Yk
Le nombre des diviseurs de n est (αi + 1).
i=1
Par exemple, puisque 72 = 23 × 32 , 72 admet (3 + 1)(2 + 1) = 12 diviseurs. Les diviseurs de 72 sont les nombres
20 × 30 = 1 21 × 30 = 2 22 × 30 = 4 23 × 30 = 8
20 × 31 = 3 21 × 31 = 6 22 × 31 = 12 23 × 31 = 24
20 × 32 = 9 21 × 32 = 18 22 × 32 = 36 23 × 32 = 72
k
! k
! k k
Y Min(αi ,βi )
Y Max(αi ,βi )
Y Min(αi ,βi )+Max(αi ,βi )
Y α +βi
(a ∧ b)(a ∨ b) = pi pi = pi = pi i = ab.
i=1 i=1 i=1 i=1
Une des premières propriétés de la congruence modulo n est qu’elle se comporte comme l’égalité. Plus précisément,
Théorème 47. Soit n un entier naturel.
La congruence modulo n est une relation d’équivalence.
En résumé, si n > 2, pour tout (a, b, c) ∈ Z3 , a + c ≡ b + c [n] ⇔ a ≡ b [n] et pour tout (a, b) ∈ Z2 , si c est un entier
relatif non nul premier à n, ac ≡ bc [n] ⇔ a ≡ b [n]. Ces résultats sont essentiels pour résoudre des congruences :
Exercice 9. Résoudre dans Z les congruences :
1) 3x + 5 ≡ 4 [7].
2) a) 6x + 5 ≡ 2 [9].
b) 6x + 5 ≡ 1 [9].
Solution 9. Dans les deux questions, on note S l’ensemble des solutions de la congruence proposée.
1) Soit x ∈ Z.
6x + 5 ≡ 2 [9] ⇔ 6x = −3 [9] ⇔ ∃k ∈ Z/ 6x = −3 + 9k ⇔ ∃k ∈ Z/ 2x = −1 + 3k
⇔ 2x ≡ −1 [3] ⇔ 2 × 2x ≡ 2 × (−1) [3] (car 2 ∧ 3 = 1)
⇔ x ≡ −2 [3] ⇔ x ≡ 1 [3].
Maintenant, l’équation 6x = −4 + 9k n’a pas de solution dans Z car 6x − 9k est un entier divisible par 3 alors que −4 n’est
un entier divisible par 3. Ainsi, S = ∅.
3x − 2y ≡ 1 [7]
4x + 5y ≡ 3 [7]
Solution 10. On note S l’ensemble des solutions du sytème proposé. Soit (x, y) ∈ Z2 .