Évaluation dans l'enseignement : concepts clés
Évaluation dans l'enseignement : concepts clés
La docimologie, fondée par Piéron (1) en 1923, est défini comme : « l’étude
systématique des examens ». Autrement dit, c’est l’étude des examens, des pratiques de
notation, des facteurs subjectifs, de l’influence des examinateurs.
Ce terme est dérivé du grec « dokimé » qui veut dire « épreuve », la docimastique
(dokimastikos) désignant l’étude des techniques d’examens. Pour nommer l’aspect éventuel
de la docimologie, Noizet et Bonniol proposent le terme de docinomie (la docimologie
prescriptive et expérimentale) et J. Guillaumin, celui de doxologie (la psychologie de
l’évaluation) en vue de qualifier l’étude systématique du rôle que l’évaluation joue dans
l’évaluation scolaire. Ces termes n’ont pas été retenus par l’usage qui seul a consacré le terme
de docimologie reposant sur un principe non apparent de causalité.
13
(1)- [Link]éron, Examens et Docimologie, coll, Sup, PUF, Paris, 1963, p07.
Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
Pour Harriet [Link] et Ilona Leki (1), didacticiens anglais, le principe de base est
que toute erreur doit être corrigée afin qu’elle ne soit pas lourde et fastidieuse pour un résultat
souvent négatif. Ce qui décourage l’élève, il est déçu, frustré, devant la quantité d’annotations
écrites en rouge sur la marge ou encouragements et conseils se côtoient.
(1)- Harriet [Link], « Effects of the Red Pen », Language Annals 17, N°3, pp.55.56
- Ilona Leki, “Coatching from the margins: issues in written response”, Cambridge, Cambridge University
Press, 1990, p14
(2)- [Link], Les modèles de l’évaluation scolaire, Neuchâtel, IRDP, 1986, cité par LaÏfa Ait Boudaoud,
L’évaluation dans le système scolaire (en Algérie), c Casbah Editions, Alger, 1999, p37.
14
(3)- De Ketele, L’évaluation : conjuguée en paradigmes, in Revue française de pédagogie n°103, 1993, cité par
Laifa Ait Boudaoud, p38
L’évaluation est définit par [Link] (2) de la manière suivante : « c’est une prise
d’information en vue d’une décision. ». Dans le contexte scolaire, ce terme touche aux
caractéristiques des élèves et des enseignants, à leurs performances, aux programmes et
moyens didactiques, au processus enseignement/apprentissage.
L’évaluation de n’importe quelle activité pédagogique peut produire aussi bien chez l’élève
que chez l’enseignant des effets positifs ou négatifs. Elle peut organiser les efforts de l’élève,
lui permettre de se situer par rapport aux objectifs d’apprentissage, l’inciter à améliorer ses
performances et à affermir sa personnalité comme elle peut le perturber, voire détruire ses
aspirations. Elle peut aider l’enseignant à faire le point sur ses pratiques pédagogiques, à
repenser ce qu’il désire transmettre.
15
(3)- Ibid. p. 42
Selon Anne Jorro (1), l’évaluation est considérée comme le pain quotidien de l’action
éducative. Elle est devenue plus qu’une question majeure. La complexité et l’incertitude de
l’évaluation dépendent de la complexité et l’incertitude de l’apprentissage.
(1)- Anne Jorro, L’enseignant et l’évaluation, De Boeck Université, 1ère édition, 2000, Bruxelles, imprimé en
Belgique.
(2)- [Link], Pour apprécier le travail des élèves, Institut de Recherches et de Documentation Pédagogiques,
Neuchatâtel, 1984, p54
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Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
Quant à Christine Tagliante (1), une des spécialistes actuels de l’évaluation scolaire,
elle souligne qu’ : « en évaluation des acquis, il faut tout d’abord séparer clairement tout ce
qui relève du domaine du contrôle (évaluation sommative), de ce qui relève de l’information
réciproque entre l’enseignant et l’apprenant (évaluation formative et auto-évaluation) ».
I-2-3- Les objectifs de l’évaluation
L’évaluation nécessite, d’une part, une analyse préalable des éléments sur lesquels on
va faire porter l’évaluation et, d’autre part, la construction d’un dispositif d’observation qui
permette d’aboutir à des conclusions valides sur ces observations. Bref, il faut définir des
objectifs pertinents et une méthodologie adaptée. C’est une évidence, on ne peut envisager un
dispositif d’évaluation qui ne tiendrait pas compte des objectifs poursuivis par la méthode que
l’on cherche à évaluer.
Evaluer, c’est avant tout vérifier si les objectifs de la formation ont été atteints. Le choix des
critères d’évaluation et des indicateurs dépendent nécessairement des objectifs de la formation
elle-même. Et pour évaluer, on arrive ainsi aux cinq buts fondamentaux de l’évaluation
pédagogique :
Prendre des informations sur le résultat déjà atteint, c’est une démarche
fondamentale de toute activité qui tend vers un but ;
Améliorer les décisions relatives à l’apprentissage de chaque élève ;
Informer sur sa progression l’élève et ses parents ;
Décerner les certificats nécessaires à l’école et à la société ;
Améliorer la qualité de l’enseignement en général.
(1)- Christine Tagliante, L’évaluation et le Cadre européen commun, CLE International / SEJER, Paris, 2005.
p.09
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Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
(pratique), savoir-être (attitude), l’évaluation permet donc de situer les apprenants vis-à-vis de
ces objectifs.
Cela permet de motiver les apprenants, de leur faire prendre conscience qu’ils ont besoin de
fournir un effort, de leur montrer qu’ils se sont améliorés, mais cela permet aussi à
l’enseignant de se remettre en question, d’adapter la formation (forme et contenu).
L’évaluation est ensuite un moyen de certifier que les objectifs ont bien été atteints.
Cela prend en général la forme d’un diplôme. Elle est donc un outil pédagogique qui
contribue aux progrès de l’apprenant, et un outil de sélection.
Dans ce contexte, on peut parler de la pédagogie de maîtrise, une idée développée par Bloom,
dont les grandes lignes peuvent se résumer comme suit :
Préciser clairement les résultats attendus à la fin d’un cours ou d’une séquence
d’apprentissage ; préparer les élèves pour qu’ils puissent entrer avec fruit dans la séquence
d’apprentissage ; enrichir l’apprentissage de rétroactions (informations en retour) fréquentes
et de démarches correctives ; ne pas passer à l’apprentissage ultérieur si l’apprentissage actuel
n’est pas suffisamment maîtrisé.
Les fondements de la pédagogie de la maîtrise vont tout naturellement conduire Bloom à
distinguer trois types d’évaluation : pour bien préparer l’élève à entrer dans un apprentissage,
on recourra à l’évaluation diagnostique ; pour l’aider en cours d’apprentissage, on recourra à
l’évaluation formative ; au terme de l’apprentissage, on contrôlera la maîtrise des objectifs
fixés par l’évaluation certificative (sommative).
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Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
de la 3ème A.S, la première séance de chaque projet pédagogique consiste en une évaluation
diagnostique. On propose aux élèves une situation problème qui permettra de faire émerger
leurs représentations et l’état de leurs acquisitions.
Ce type d’évaluation permettra de connaître le niveau des élèves pour détecter les éléments
positifs sur lesquels l’enseignant peut s’appuyer. Les résultats obtenus par l’évaluation
diagnostique améliorent le plan de formation initialement prévu par une reformulation
d’objectifs plus précis et une détermination de contenus adéquats.
En un mot, c’est un processus de mesure, de jugement, puis de décision. Les résultats
obtenus doivent permettre à l’enseignant-formateur d’identifier le niveau réel des élèves pour
lui permettre d’élaborer un plan de formation ou à opérer les régulations adéquates avant de se
lancer dans un nouveau processus d’apprentissage.
Personne n’oserait nier que l’objet principal voire la raison d’être de l’évaluation
formative est l’élève dans sa démarche d’apprentissage ou d’une manière plus générale,
l’individu dans son parcours de formation. Elle se présente alors comme une répétition
générale, un moyen de vérifier ses connaissances, ses habiletés ou ses compétences grâce à
des activités de consolidation ou de remédiation.
Elle intervient au fur et à mesure que le processus d’apprentissage se déroule. Elle
permettra de comparer les performances de l’apprenant aux objectifs assignés à
l’apprentissage et d’apporter des régulations si cela s’avère nécessaire. L’évaluation
formative prend une place centrale dans le processus d’enseignement/ apprentissage. Elle gère
l’articulation dynamique qui lie les contenus enseignés aux stratégies d’apprentissage utilisées
pour leur acquisition et les effets de régulations que cela implique. Elle facilite la gestion du
projet, l’adéquation entre les visées et les stratégies utilisées : elle assure la qualité de
l’information au moment même de sa circulation, et cible principalement les apprenants en
difficultés face à la tâche proposée. Dans cette optique, les erreurs commises ne doivent plus
être considérées comme des productions déviantes mais comme des indices de l’état
d’apprentissage. Elle consiste alors à repérer le plus rapidement possible une lacune de
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l’élève, telle démarche fautive dès son apparition et d’ y porter remède avant que ne s’installe
la spirale de l’échec.
Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
A la suite de Scriven (1967) qui fut le premier à utiliser cette terminologie, nous
entendons par évaluation formative l’évaluation continu et interne qui a pour but de
transmettre à l’élève des informations en retour qu’il peut utiliser pour optimaliser ses
stratégies d’apprentissage ; mais l’une des fonctions qui la définissent est aussi de permettre
des modifications du dispositif pédagogique de façon à accroître l’efficacité des procédures
proposées pour faire atteindre les objectifs. L’évaluation formative n’est pas indépendante du
fait pédagogique et de la conception des activités scolaires.
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Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
[Link] (1) explique que « l’objectif de l’évaluation formative est bien un objectif
de régulation, par opposition ou par différence avec celui de l’évaluation sommative qui est
un objectif de contrôle. ». Elle a pour fonction exclusive la régulation des apprentissages
pendant le déroulement même d’un programme d’études, d’un cours ou d’une séquence
d’apprentissage. L’évaluation formative permet un dialogue continu entre l’élève et les
repères explicites, entre son action et ce qui est attendu. L’élève élabore une représentation de
la tâche en travaillant avec les critères de réalisation.
Certains disent que l’évaluation est une balance, symbole d’équité, mais aussi de
normalisation ; dans ce contexte, Michel Barlow (2) souligne que : « la norme est sur un
plateau, le travail de l’élève sur l’autre. »
(1)- [Link], Amigues R. « Dispositif d’auto-évaluation des élèves et réussite scolaire », Communication au
Colloque INRP, Réussir à l’école, Février 1981, Istress
(2)- Michel Barlow, L’évaluation scolaire, décoder son langage, Chronique Sociale, Lyon, 1992, p23
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Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
L’évaluation formative est une évaluation qui s’efforce autant que possible de juger l’élève
par rapport à lui-même : son évolution, ses points forts, ses difficultés…, et de l’aider à
construire lui-même ses progrès. L’évaluation régulatrice a pour fonction de réorganiser un
système à l’aide de méthodes de feed-back ou de rétro-action.
L’enseignant doit motiver l’élève, principalement en lui faisant faire des choses
intéressantes et utiles. Mais il est dangereux de se servir des notes comme moyen de
motivation, même si « ça marche ». L’évaluation sommative est donc une pratique de
contrôle qui s’appuie sur la mesure.
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devoirs, compositions et examens de fin de cycle. Il s’agit d’évaluation notée ou l’élève ne
fournit un effort qu’en fonction des épreuves. Elle permet de faire le bilan des acquis. Quand
l’enseignant pense que les élèves sont bien entraînés, il propose une évaluation où l’élève
doit faire la preuve qu’il a atteint les objectifs. Elle aboutit en fin de parcours à la délivrance
d’un diplôme (évaluation sommative qui devient certificative).
23
(1)- Michel Minder, Didactique fonctionnelle, objectifs, stratégie, évaluation, De Boeck et Larcier, 1999, p 287.
Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
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Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
I-5- Les facteurs qui influent de façon négative sur les notes des élèves :
Une série de variables est mise à jour influençant les notations, appelés « effets » :
effet d’ordre et de contraste dans la succession des copies ; effet de contamination de l’avis
des confrères ; effet de stéréotypie systématisant les appréciations antérieures ; effet de halo
des représentations sociales du candidat chez le correcteur et bien d’autres.
25
Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
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le peu d’écart absolu (0,25/20) dû à l’influence d’un dossier pour une copie notoirement
faible de (2,75/20 à 3,00). Mais l’écart grandit au fur et à mesure que la qualité des copies
augmente. Il culmine à 3,25 sous l’influence de dossier opposé pour des copies de haut
niveau. En conclusion, un dossier ne rachète pas une mauvaise copie, alors qu’il est très
influent pour un bon travail. La connaissance du niveau des performances passées d’un élève
influence les notations ultérieures et les notes portées successivement pour différents aspects
d’un même travail s’influence mutuellement.
On peut souligner que la majorité des élèves n’apprennent pas pour apprendre mais
pour réussir un examen. Selon [Link]éron (1), il y a des enseignants qui disent : « il y a deux
types d’élèves qui réussissent : l’élève actif et intelligent et l’élève appliqué et discipliné – et
deux élèves qui échouent : l’élève passif et peu doué et l’élève peu travailleur, dissipé et
indiscipliné. »
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(1)- PIERON. H., op, cit. p.12
Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
Anne Jorro (1) a récapitulé les biais de la notation dans le schéma suivant :
La note
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(1)- Anne jorro, L’enseignant et l’évaluation, de bœck Université 1re édition, 2000, bruscuelles, imprimé en
Belgique, P67
Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
Anne Jorro distingue quatre postures que l’enseignant-évaluateur peut adopter qui
emblématisent quatre conceptions de la régulation de l’apprentissage-enseignement :
*Posture de l’enseignant- évaluateur- contrôleur : (instructeur) :
Lorsqu’il vérifie l’acquisition d’un savoir ou la maîtrise d’une compétence. D’une
autre manière, lorsque le praticien projette de vérifier l’acquisition des savoirs
L’évaluateur est également un révélateur qui donne les moyens de la réussite finale.
Il est celui qui régit la « logique de bilan », ce « douanier » qui vérifie que les papiers sont en
règles ; celui qui décide de la conformité des réponses obtenues ; il focalise sur les produits.
Encore faudrait-il qu’il possède les critères de la maîtrise, pour qu’il puisse les imposer.
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Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
- Le premier trait est son caractère cumulatif. Qui dit cumulatif, dit
accumulation ; on ne peut pas examiner une seule connaissance à la fois mais on
évalue nécessairement plusieurs choses.
- Le deuxième trait de toute évaluation des connaissances langagières est son
caractère limitatif. Autrement dit, on ne choisit d’évaluer que les éléments
pertinents, on procède par induction.
- Le troisième trait distinctif de toute évaluation dans le domaine linguistique est
son caractère distributif. Car tout élément que l’on peut isoler dans les
performances langagières relève, au gré du locuteur mais aussi du notateur, à la
fois du lexique, de la grammaire et de l’acte de parole. C’est évaluer surtout les
domaines : écrire, lire, grammaire, syntaxe. Ces domaines, pour l’essentiel, sont
maintenant bien connus, et désignés par le terme de skills, que l’on peut traduire
par « capacités » (activités) : écouter, parler, lire, écrire. Et pour répondre à toute
la gamme des possibilités qu’offre la distributivité de l’évaluation des langues, la
diversification doit parfois être poussée plus loin à l’intérieur de chacun de ces
skills.
- Le quatrième trait distinctif de l’évaluation des activités langagières est son
caractère synchrone. Le facteur temps joue un rôle prépondérant, bien plus
important que dans les autres disciplines ; il faut respecter le temps. Ainsi, pour la
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production, on imposera la formulation des réponses dans un laps de temps aussi
limité qu’il serait dans la vie réelle. On exigera, même pour une langue étrangère
la capacité de lire « en diagonale » avec saisie rapide des mots clés et des
articulations ;
- Le dernier trait distinctif de l’évaluation de toute performance linguistique est son
caractère subjectif. L’activité langagière suppose obligatoirement un partenaire
qui produit, et un autre qui juge la production selon des critères qui lui sont
propres. Ces critères sont à la fois objectifs (les normes) et subjectifs
(l’adéquation de la performance aux normes). Par d’autres termes, celui qui juge,
qui corrige, a ses propres critères, il y a tendance à porter un jugement de valeur.
31
Champ conceptuel de l’évaluation dans l’enseignement/ apprentissage
Conclusion :
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33
CHAPITRE II
Rédiger est un processus complexe et amener nos élèves à acquérir une compétence en
expression écrite n’est pas une tâche aisée. Avec l’avènement de l’approche communicative,
l’écrit va continuer à prendre de plus en plus d’importance, étant donné que les besoins
peuvent prendre des formes variées et nombreuses : comprendre des renseignements écrits,
rédiger une note de service, donner des indications par écrit, etc.
La communication étant plus uniquement réservée à l’oral. Enseigner l’écrit ne peut
certainement plus être un simple moyen de contrôle de l’oral ; comme le souligne Sophie
Moirand dans « Situations d’écrit » (1979 : 9) : « Enseigner l’écrit, c’est enseigner à
communiquer par et avec l’écrit ». Dans ce même ouvrage, on découvre d’ailleurs une
démarche originale pour enseigner la production écrite en langue seconde, voire même
étrangère.
Il s’agit d’abord de faire acquérir aux élèves des stratégies de lecture au moyen d’une
démarche systématique ayant pour objets des écrits non littéraires (par exemple, la lecture
d’article de presse, de lettres commerciales, de comptes rendus, de résumer, etc.) et de
s’appuyer ensuite sur cette compétence acquise pour passer progressivement à la production
des écrits de ce type.
Sophie Moirand (1979 :157-158) fait également preuve d’une certaine tolérance à
l’égard de l’erreur en production en faisant remarquer qu’il n’est pas question de corriger « de
manière intempestive la moindre faute dès qu’elle apparaît », mais qu’au contraire il faut
accepter certains « ratés » ; ils pourront faire l’objet d’exercice de réflexion grammaticale qui
contribueront à l’amélioration de la production écrite.
L’approche cognitive, entre autres, en essayant d’intégrer les points forts des approches
précédentes, a certainement contribué à redonner à l’écrit, en ce qui concerne la
compréhension et l’expression, sa place dans l’apprentissage d’une langue étrangère ou
seconde. Ce regard sur le passé nous permet également de constater que la production écrite a
souvent été considérée comme un ensemble de sous- savoirs à acquérir selon un mode
hiérarchique, en commençant par l’enseignement de règles de grammaire et d’orthographe.
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La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
Ecrire c’est se poser en tant que producteur d’un message à l’intention d’un ou de
lecteurs particuliers, que ce message soit nouveau ou qu’il reproduise les discours d’autrui.
C’est donc mobiliser ses savoir et savoir-faire selon les contraintes sociales et culturelles de la
communication. C’est faire des choix stratégiques élaborés des niveaux successifs.
L’acte d’écrire requiert un apprentissage particulier qui ne saurait découler automatiquement
des autres activités pratiquées en classe de langue, même si bien sûr, il se nourrit de ces
mêmes activités. L’apprentissage de l’expression écrite arrive seulement en quatrième place
par ordre d’importance dans les activités pratiquées en classe.
L’expression écrite est souvent jugée comme un exercice peu productif ; « les élèves
font toujours les mêmes erreurs, ils ne progressent pas » et surtout un exercice qui demande
beaucoup de temps. De plus, elle semble à certains très éloignée des compétences requises
dans la vie de tous les jours.
Le paradoxe étant que l’on utilise l’expression écrite pour évaluer les élèves sans avoir parfois
consacré beaucoup de temps à cette activité en classe. Un apprentissage actif de l’écrit, en
particulier au moyen des techniques d’écriture à plusieurs niveaux, pourrait certainement
dynamiser l’enseignement de l’écrit en classe de langue.
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La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
Pour améliorer le niveau des élèves en écriture, [Link] affirme que les élèves ont
besoin des interrogations écrites ponctuelles car elles leur servent de repère et les obligent à
travailler plus régulièrement. Il arrive que les élèves soient interrogés à l’oral en début de
cours sans en avoir été avertis auparavant. Cette évaluation orale porte sur le déroulement du
cours précédent, le professeur demande donc à l’élève de faire une synthèse de tout ce qui a
été dit.
II-1-1- Aides à la production de l’écrit :
L’enseignement n’est rien d’autre qu’une aide à l’apprentissage et il faut le répéter
avec force, il n’a aucune autre fonction. D’après plusieurs enseignant, pour aider les élèves à
écrire, toutes les activités d’expressions orales préparent à la production écrite : l’écoute et
l’exploitation de contes permet le développement de l’imagination et aussi l’appropriation
progressive de la grammaire de texte (énonciation, substituts, connecteurs).
La pratique de l’écrit - lectures, productions d’écrits – construit des comportements de lecteur
et de scripteur et développe les moyens de s’exprimer par écrit.
Au cours de la réalisation de productions écrites, l’enseignant est amener à détecter les
difficultés particulières des élèves : il peut alors leur proposer des exercices spécifiques
adaptés à leur niveau. Cependant, pour pouvoir produire de l’écrit. L’élève doit avoir la
possibilité de chercher seul une solution aux problèmes qu’il rencontre.
La progression du cours tient compte du fait que le passage au texte écrit ne peut se
faire qu’avec les élèves capables de produire un bon discours oral. Or, comme il n’arrive
jamais que tous les élèves d’une classe aient atteint un même niveau en même temps, une
pédagogie différencie s’impose. La classe est divisée en groupes et le maître propose la
production d’un discours écrit aux élèves aptes à dicter un texte cohérent.
Le discours écrit est le résultat d’une négociation permanente, d’un jeu de va-et-vient entre
l’enseignant et les élèves, de discussions à propos de l’enchaînement des idées, de la mise au
point de la synthèse, du choix du vocabulaire et du bon emploi de la grammaire. Pourtant
réussir à dire ce que l’on veut et à être compris donne de la joie et de la confiance en soi. Bien
que le progrès technique permette de plus en plus à l’image de transmettre, seule, certaines
informations ou suggestions, le langage écrit ou parlé reste le principale moyen d’échange.
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La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
Une situation de production écrite qui présente parfois des difficultés aux enseignants
est celle de la rédaction de consignes de travail pour les élèves ou celle de la rédaction de
question d’examen. Pour plusieurs enseignants, il s’agit là de zones de difficultés très grandes,
quasi insurmontables, au point que certains préfèrent se limiter aux questions qui se trouvent
dans les manuels ou encore utiliser des questions des examens des années passées.
Selon [Link] (1988 :409), écrire n’est donc pas mettre par écrit ce qui existe déjà par
oral, écrire permet de formaliser ces formes orales et par là de les transformer en quelque
chose de nouveau.
Nous pouvons dire que c’est à l’école que l’élève acquiert et développe des compétences
rédactionnelles. Pour l’aider dans sa démarche d’appropriation des savoir-faire et des savoir
concernés. Il faut le mettre en situation de vouloir et de pouvoir écrire.
Il est vrai que les élèves rencontrent des difficultés à l’écrit, leurs réactions sont
différentes face à l’écrit. Généralement des activités propres à l’écriture peuvent aider les
élèves à mieux appréhender l’écriture et leur donner l’envie d’apprendre et avec « la
progression du sentiment de maîtrise, la compétence développe l’appétence ». (1)
Dans son livre « Comment les enfants entrent dans la culture écrite », Jacques Bernardin
admet que la réussite de l’entrée des élèves dans le monde de l’écrit dépasse l’enseignement
de lettres ou de syllabes, et que les enseignants doivent renoncer à « une conception
réductrice de l’écrit, polarisant l’attention sur le système alphabétique strict ». (2)
Un travail sur l’écriture est essentiel pour toutes les disciplines, à partir de là il peut être
un outil de base et un auxiliaire à bien d’autres apprentissages. Un développement de
pratiques d’écriture aide les élèves à élaborer une pensée, à la structurer. (3)
(1)-BERNARDIN., Jacques., Comment les enfants entrent dans la culture écrite, Paris, Retz, 1997.
(2)-Ibid.
37
(3)-J-M. , ZAKHARTCHOUK. , Ecrire pour penser, écrire pour apprendre, in Le français dans tous ses états,
2000, n°43.
La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
Toute pédagogie de l’écrit se fonde, explicitement ou non sur des choix qu’il convient
préalablement d’examiner. Trois grandes représentations se partagent le champ de la
didactique des langues. La première est celle d’un écrit valorisé, tout à la fois fin et moyen de
l’apprentissage. La seconde se rapporte aux conceptions largement partagées, sous l’influence
notamment de la linguistique contemporaine, d’un écrit conçu comme code second, substitut
graphique d’une communication fondamentalement orale. La dernière s’inspire des théories
fonctionnalistes développées par le cercle linguistique de Prague, qui font de l’écrit un
système autonome, fonctionnellement indépendant du langage oral.
a) – L’écrit traditionnel :
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La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
Les pédagogies nées des méthodes audio-visuelles vont développer une conception,
radicalement, différente de l’écrit en s’appuyant très largement sur les positions théoriques
de la linguistique moderne. L’écriture n’a pas de statut linguistique propre, elle perd son
caractère de primauté qui était le son dans les conceptions traditionnelles. Elle est
désormais subordonnée au langage oral qu’elle aura comme fonction de transcrire. A cet
égard, Saussure affirmait déjà : « langue et écriture sont deux systèmes de signes
distincts : l’unique raison d’être du second est de représenter le premier ».
A l’appui de l’affirmation du caractère second de l’écriture, on évoque la primauté
génétique. L’enfant apprend d’abord à parler. Ce n’est qu’après avoir acquis la maîtrise de
la langue dans ses pratiques orales qu’il pourra apprendre à écrire.
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Il correspond encore au mode d’organisation spatiale des signes sur la page
(acte graphique).
Il désigne enfin le texte écrit produit par l’action d’écrire.
La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
On se demande toujours Qui parle ? A qui il parle ? Qui écrit ? A qui il écrit ? Qui lit ?
A qui il lit ? Blanche-Benveniste rappelle que l’on ne peut plus opposer et classer l’écrit et
l’oral selon deux pôles opposés mais plutôt à partir d’un « continuum de pratiques différentes
de la langue, tant par écrit que par l’oral ». (1). À la suite de Ferdinand de Saussure, on est
porté à penser que l’écrit n’est que la représentation graphique de la langue parlée.
Dans « Les Mots », Jean-Paul Sartre écrit : « on parle dans sa propre langue, on écrit
dans une langue étrangère ». (2)
C’est un fait, on n’écrit pas comme on parle. Les différences entre l’oral et l’écrit sont encore
plus marquées sur le plan linguistique. Cela est dû au fait que l’écrit n’a pas suivi la même
évolution que la langue parlée. Le jeu syntaxique, par exemple, de la forme écrite est plus
complexe que celui de la forme parlée. La langue écrite qui doit être explicite, exige des
précisions, un contexte. Ainsi, on peut analyser le travail des élèves à l’écrit alors qu’il est
moins perceptible à l’oral. Du côté du scripteur, la phrase écrite se prête à une perfection sur
le plan formel ; on a le temps de la corriger, de la clarifier et de réfléchir sur son contenu.
(1)- B., BENVENISTE., citée par Marie- José Reichler Béguelin in « L’argumentation écrite », Pratiques, Mars
1992.
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(2)- J-P., SARTRE., cité par Jean Paul SIMARD, in Guide du savoir écrire, Les éditions de l’homme, Québec,
Canada, 1998.
A ce propos, Denis Bjai souligne que : « Ecrire n’est pas un acte spontané, et de très
nombreux élèves sont en grande difficulté lorsqu’ils affrontent l’épreuve de la production
écrite ». Pour pouvoir faire une rédaction, il faut être capable : de comprendre une consigne,
d’anticiper le résultat final, d’envisager le plan de l’ensemble du devoir, de connaître un
certain nombre de règles linguistiques, de relire un texte pour en corriger les erreurs
linguistiques, d’évaluer sa qualité afin de le réécrire éventuellement. Il faut tout d’abord que
la consigne ait été comprise : il faut l’expliquer en classe avant de la faire reformuler
oralement par exemple.
Selon Hélène Hoccumiler, « les élèves ont le plus grand mal à accomplir la tâche qui
leur est demandée au travers d’une consigne écrite ».et « pour remédier aux difficultés
rencontrées par les élèves, il faut d’abord pouvoir les identifier avec certitude et en connaître
les causes ».
Sandrine Benayoun affirme que : « l’entraînement à l’expression écrite est une des
démarches pédagogiques essentielles au cours du cycle d’observation au collège ».
La construction des savoirs, qui est incluse dans une théorie de l’enseignement /
apprentissage, s’opère dans une démarche d’évaluation formative. Cette dernière met
l’analyse et le traitement des problèmes d’écriture au centre du processus d’apprentissage.
L’élaboration et l’utilisation de critères d’évaluation par les élèves et l’enseignant donnent
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La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
aux premiers des prises tangibles sur les savoirs à construire, leur permettent de se
représenter ce qu’il faut apprendre à apprendre à faire aussi bien que de constater ce qui est
acquis.
L’évaluation formative de l’expression écrite joue un rôle moteur dans l’enseignement /
apprentissage.
La majorité des élèves écrivent peu et mal parce qu’ils ne lisent pas suffisamment, donc,
il faut montrer aux élèves comment la lecture aide à écrire, à comprendre les formes de l’écrit.
Le roman n’est pas la forme unique de production écrite à laquelle il faut s’initier. Ce n’est
pas dans la Comtesse de Ségur qu’on trouvera les formes appropriées pour rédiger une notice
de fabrication, une information scientifique ou un slogan publicitaire.
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on observe que les deux textes se différenciaient clairement sur le plan de la complexité
syntaxique.
Davantage d’erreurs :
En règle générale, il y a davantage d’erreurs dans les productions écrite en langue
étrangère qu’en langue maternelle qui est la langue parlée par les Algériens, erreurs qui
relèvent aussi bien de la forme globale du texte, qu’il soit narratif, argumentatif, causatif,
comparatif, que de la syntaxe, des marques de cohésion ou d’autres aspects.
43
La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
44
Ils prennent leur temps, rassemblent leurs idées, n’hésitent pas à en changer.
Ils prennent le temps de relire ce qu’ils viennent d’écrire avant de continuer
dans le but d’avoir une meilleure vue d’ensemble.
La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
Apprendre à nos élèves à rédiger des textes de différents types demande que l’on se
penche sur la nature de ces textes pour mieux comprendre leurs caractéristiques et faire des
choix plus raisonnés au moment de demander à un apprenant de produire un texte de tel type.
Dans cette optique, il faut d’abord considérer certains travaux sur la typologie de textes.
Pierre Tisseyre (1993 :17-18) fait remarquer que, lorsqu’il s’agit d’écrire : « il ne sert à rien
de trouver regrettable que la langue parlée et la langue écrite soient différentes. C’est un fait
qui entraîne une conséquence incontournable : pour arriver à l’écriture, il faut passer par la
lecture ». (1)
Dans ce sens, les chercheurs et les didacticiens en langues seconde et étrangère
reconnaissent également que la lecture et l’écriture constituent les deux faces d’une même
activité. Pour la production d’un écrit, il y a trois grands niveaux d’opération : la planification,
la mise en texte et la révision, nous allons les expliquer au fur et à mesure.
Diverses étiquettes sont d’ailleurs appliquées à chacune de ces trois étapes ; ainsi, l’étape
préliminaire peut s’appeler précomposition, préécriture, analyse, préparation, etc. ; la seconde
étape peut s’intituler rédaction, écriture, expression, production, etc. ; tandis que l’étape de
révision apparaît parfois sous les termes de correction, réévaluation, réécriture,etc.
Remarquons que la planification et la révision sont souvent présentées par les didacticiens et
les chercheurs comme des stratégies auxquelles le scripteur chevronné a recours pour pouvoir
diffuser une information claire, précise et aussi complète que possible.
a/- La planification :
45
Planifier un texte est une activité qui peut être comparée au plan qu’un architecte fait
avant de construire une maison, à l’identification du trajet à faire pour aller d’un point X à un
point Y, ou encore à la préparation des ingrédients lorsqu’on cuisine un met. Il ne faut pas
nier l’importance de ces étapes préparatoires à la réalisation de l’une ou de l’autre de ces
La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
activités. En d’autres termes, en situation d’écriture, un élève qui utilise correctement des
stratégies fait en sorte que le travail réalisé à un certain moment de sa production soit réutilisé
par la suite. Par exemple, il fait un plan et l’utilise pour guider sa production écrite. Pour ce
faire certaines stratégies sont efficaces et d’autres beaucoup moins ; c’est ce que nous voulons
d’abord établir.
En fait, selon Clémence Préfontaine, le plan apparaît aux élèves comme une entrave, une
obligation plutôt que comme une aide à l’écriture. Pourtant, il est possible d’enseigner à faire
un plan et, surtout, il est nécessaire d’en expliquer l’utilité.
46
Lorsqu’on parle des lecteurs éventuels, il s’agit de trouver des renseignements sur le
sujet que l’on va présenter. Ces données pourront provenir de sources extérieures, par
exemple de conversations, d’entrevues, de documents oraux ou écrits (c’est la recherche de
documentation).
La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
Précision des buts d’écriture : le plan et les grandes parties d’un texte :
On ne peut envisager de construire une maison sans avoir au préalable élaboré un plan.
De la même façon, la construction d’un système d’idées cohérent s’appuie sur un plan qui
sera le résultat d’une série d’opérations plus ou moins longues selon le sujet choisi,
l’information recueillie et l’habileté du scripteur.
Quelque soit le plan suivi par l’élève, nous savons que tout discours comporte un début, un
milieu et une fin, ce que l’on appelle communément l’introduction, le développement et la
conclusion. Le troisième sous-processus, la précision des buts d’écriture, correspond au
moment où le scripteur se signifie à lui-même ses intentions face au texte à produire :
comment il choisit de commencer : « je vais commencer par parler de … » ; comment il se
confirme ses choix : « je vais d’abord insister sur… », etc.
Un élève qui n’a pas encore établi sur quel but il souhaite se concentrer fait beaucoup de
pauses, car il ne peut écrire que lorsque son but est clair. Lorsqu’on projette d’écrire un texte,
il faut absolument se donner des buts, sinon aucune planification n’est possible.
La planification peut prendre diverses formes, voire des formes qui s’opposent, soit le
plan qui va du général au particulier (déduction), le plan qui va du particulier au général
47
(induction), ou encore le plan spontané, c’est-à-dire que l’élève suit les pistes que son texte
lui présente, au fur et à mesure qu’elles lui apparaissent. La planification n’a pas
nécessairement une structure hiérarchisée. Un plan serait même toujours partiellement
déductif et en même temps partiellement inductif pendant la production.
La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
La complexité de la planification est telle qu’elle peut-être considérée comme une activité de
résolution de problèmes.
En guise de conclusion à cette première opération d’écriture, nous pouvons dire que la
planification d’un texte est une activité qui demande beaucoup plus que d’aligner quelques
mots sur une feuille de papier. Elle exige beaucoup de concentration et du temps surtout. Trop
souvent, les scripteurs croient gagner du temps en abrégeant l’étape de planification ; ils se
trompent, car c’est toute leur production qui en souffrira. En effet, pour un texte mal planifier,
la plus grande difficulté à imaginer est la panne d’idées. Ne pas planifier, c’est minimiser
l’ampleur de la concentration que la mise en texte demande, du point de vue conceptuel, du
point de vue linguistique et du point de vue de la gestion de tous ces processus.
48
(connaissances lexicales), le choix de la structure des phrases (connaissances syntaxiques) et
les accords grammaticaux (automatismes).
C’est différents aspects font l’objet d’un enseignement habituel en classe. Par contre, les
liens entre les idées (cohérence), probablement parce qu’ils font appel à des habiletés
d’analyse assez élevées, constituent souvent le parent pauvre en classe de français.
Nous allons donc nous contenter de traiter très brièvement les aspects linguistiques et nous
allons plutôt insister sur la cohérence ou liens entre les idées.
Aspects linguistiques :
Le choix des mots se fait en fonction des connaissances, entre autres lexicales, que
l’élève à acquises au moment où il a lu un ou des textes qui l’on informé sur le sujet sur lequel
il doit lui-même écrire. Le choix de la structure des phrases sera fait en fonction des
connaissances syntaxiques de l’élève et de la clarté qu’il veut donner au texte.
Les accords grammaticaux devraient être faits de façon automatique le plus tôt possible
dans l’apprentissage de la production écrite afin de gagner un temps précieux en plus
d’assurer une bonne qualité d’expression. La langue n’est pas le seul aspect à considérer en
situation d’écriture ; il y a également la cohérence du texte. Mais il faut aussi considérer le
contexte de production, les stratégies de mise en texte et les habiletés requises pour réussir la
mise en texte.
En situation scolaire, la production écrite est le plus souvent guidée par des directives
que l’enseignant donne à ses élèves. Quelque soit la situation de l’expression écrite, la
consultation des directives ou de ce qui en tient lieu est très importante à tout moment, mais
encore plus spécifiquement au début de la mise en texte, lorsqu’il est encore temps de revoir
le plan si nécessaire.
Cette étape de l’écriture ou la mise en texte devrait être réalisée en utilisant conjointement et
de manière équilibrée les trois stratégies suivantes : la rédaction linéaire, la rédaction avec
consultation et la rédaction avec corrections simultanées.
* Rédaction linéaire :
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La rédaction linéaire permet d’écrire plus rapidement que la consultation des notes et
des textes lus, sans interrompre le flux des idées préparées à l’étape de la planification. Mais
elle présente l’inconvénient de surcharger la mémoire de travail, ce qui peut nuire à la
production.
50
deux premières, car ce sont celles qui nous paraissent avoir le plus d’influence sur la mise en
texte.
c/- Révision :
L’étape suivante est celle de la révision et de la mise au propre. D’après plusieurs
enseignants avec qui nous avons entretenu, apprendre à écrire, c’est aussi apprendre à réviser.
Il est primordial de bien montrer aux élèves le rôle de la révision en leur signalant, peut-être,
qu’écrivains et rédacteurs travaillent et retravaillent leurs textes plusieurs fois avant même de
le soumettre à un éditeur.
Nous pouvons dire que la révision d’un texte devrait être réalisée en procédant à plusieurs
lectures successives du brouillon, en se donnant un but précis pour chacune d’elles. En
d’autres termes, pour procéder à la révision d’un texte, on doit le lire et le relire très
attentivement, en faire en quelque sorte une évaluation en pensant aux destinataires, ce qui
51
amène à entrevoir d’autres possibilités, des points à ajouter, des aspects à améliorer (contenu,
organisation, orthographe, grammaire,etc.). Il faut peut-être se donner les buts les plus
exigeants en premier, c’est-à-dire revoir la cohérence de son texte, l’enchaînement des idées,
le sens du texte. Même si la meilleure façon de réviser un texte consiste à relire, il peut être
utile de guider cette lecture par des questions auxquelles les élèves doivent répondre par écrit.
Il y a un autre aspect également relatif à la révision est le court délai existant entre la fin
de la production et le dépôt du texte. Il nous est arrivé à tous, de lire le texte de quelqu’un
d’autre et de lui pointer des erreurs qu’il n’aurait jamais cru pouvoir faire. Pour avoir du
succès de la révision, il y a plusieurs étapes qu’il faut suivre, nous pouvons les citer comme
suit :
1. préciser le but de la relecture ;
2. relire le texte pour l’évaluer (en fonction du but visé et à l’aide de différents
savoirs) ;
3. s’arrêter sur un problème potentiel ;
52
La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
53
mot que l’on ne connaît pas, ni à corriger la grammaire, et il est bon dans un premier temps
d’insister sur la question de l’organisation du texte, qui doit comporter trois parties : une
introduction, un développement des idées, une conclusion et un titre.
Il est donc important de bien préciser aux apprenants que l’on ne s’attend pas à ce que
ce premier jet soit parfait et qu’ils ne doivent pas trop s’inquiéter de la forme : par contre, dès
le départ, de penser au fil conducteur et aux idées que l’on veut présenter. Par la suite, on
aura tout le loisir de corriger la forme.
54
moins affirmée de l’écriture. Intégrer l’évaluation à l’activité d’expression écrite, c’est
ménager des temps :
d’élaboration de critères : quelles caractéristiques définir pour les écrits à
produire dans une tâche d’écriture donnée ?
d’utilisation des critères : analyse des productions au filtre des critères
élaborés, repérage des problèmes, réécriture.
L’évaluation vise alors des savoir- faire et constitue elle-même un savoir-faire inhérent à
l’écriture : elle ne s’impose plus exclusivement comme une contrainte scolaire mais comme
une condition de réussite de la tâche entreprise.
55
Nous constatons qu’il y a tant de problèmes posés aux enseignants lors de l’évaluation
d’une expression écrite d’élève s’ils ne définissent pas des critères d’évaluation adéquats au
type du texte produit.
La définition précise des critères, leur organisation et leur hiérarchisation sont nécessaires
pour évaluer un texte. Mais cela ne suffit pas pour permettre aux élèves de progresser : il
faut, en outre, que les activités s’insèrent dans une démarche d’évaluation formative.
Nous allons résumer le rôle des critères dans le travail d’écriture et dans l’apprentissage de
l’écrit dans le schéma ci-dessous proposé par le groupe EVA (1).
L’élève L’enseignant
56
Projet d’écriture
(1)- Groupe EVA, Evaluer les écrits à l’école primaire, Collection Hachette Livre, Paris, 1991, p.51
57
production est longue, plus se multiplient les occasions de fautes ou d’impropriétés. Nous
pouvons dire que l’apprentissage d’une langue est un processus créatif où les élèves
produisent par écrit et par l’oral des énoncés basés sur les règles d’un système langagier qu’ils
ont intériorisé et assimilé. Si l’élève utilise ces règles correctement, il produira un énoncé qui
a du sens, grammaticalement correct, pertinent. Si les règles sont incorrectement sues, il y
aura des erreurs. Or il est impossible d’éviter l’erreur dans l’apprentissage d’une langue
étrangère. Il s’agit véritablement de montrer que l’expression écrite est un long travail
d’apprentissage mais qu’il est grandement facilité si l’élève est acteur de son apprentissage et
de son évaluation.
Nous pouvons ajouter également qu’il ne faut pas oublier combien il est difficile
d’écrire et que c’est en général un exercice solitaire. Les enseignants devraient faire l’exercice
avec leurs élèves et se faire corriger par eux. Les élèves se sentent frustrés de ne pouvoir
exprimer ce qu’ils veulent dire, puisque leur niveau de langue est très inférieur à leur pensée.
Ils devront commencer par s’exprimer en langage simple et passer progressivement à un
langage de plus en plus complexe. Il est donc important de partir d’une syntaxe simple pour
apprendre à élaborer quelque chose de plus complexe ensuite. C’est pourquoi les premiers
écrits ne doivent pas excéder 50 à 100 mots. Les élèves dans un premier temps ont tous des
stratégies différentes face à un sujet donné. Certains veulent d’abord faire des plans détaillés,
d’autres auront besoin d’établir une liste d’idées claires. Il est important de leur laisser le
temps d’expérimenter plusieurs façons d’aborder l’écriture.
Donc, il est souhaitable de favoriser cette ambiance d’apprentissage destinée à donner
confiance aux élèves, et destinée à améliorer pour tous l’expression écrite.
58
accord avec l’idée qu’écrire aide à lire. Le fait qu’à l’école, les activités de lecture précèdent
généralement celles d’écriture peut également expliquer pourquoi les élèves ont plus de
difficultés à percevoir l’influence positive de l’écrire sur le lire.
(1)- ROBINE., Nicole., « Les relations de la lecture et de l’écriture entre psychologie et sociologie :
représentations et investissements ». In les interactions lecture-écriture, actes du colloque université- Charles-
De-Gaulle/ Lille III, réunis par Yves Reuter, 22-24 novembre 1993. p.176
Les effets de lecture sur l’écriture les plus souvent rapportés par les élèves concernent le
vocabulaire, les tournures de phrases, l’orthographe lexicale et les idées.
Pour la lecture de textes argumentatifs, A. Boissinot (1992) présente un modèle de synthèse sous
forme d’une grille de lecture. Le questionnement comporte trois champs d’application : l’énonciation, le
lexique, l’organisation. (1)
Enonciation Lexique Organisation
* Quels sont les * Quels sont les
pôles énonciatifs en * A quels champs éléments qui
présence ? lexicaux renseignent sur
* Y a-t-il des contradictoires le l’organisation du
modalisateurs texte fait-il texte :
Observation valorisant ou référence ? * Disposition
dévalorisant un point * Peut-on repérer typographique ?
du texte
de vue ? dans le texte des * Progression
* Quelles sont les réseaux sémantiques thématique ?
marques de la en opposition ? * Connecteurs
subjectivité en faveur argumentatifs ?
ou défaveur d’une * Procédés
thèse ? rhétoriques ?
59
Le circuit * Quels sont les différents arguments ? à quelle thèse se rattachent-
ils ?
argumentatif
* Comment sont-ils agencés ?
(1)- Biard., J., & Denis., F., (1993), Didactique du texte littéraire, Nathan, p.28
La place de l’écrit dans l’enseignement / apprentissage du FLE au secondaire
60
leur montrer comment les résoudre. Plus l’élève a l’occasion d’écrire, plus il pourra vérifier
ses habiletés, obtenir des succès, comprendre que ses difficultés reposent toujours sur les
mêmes contenus, etc. l’élève qui écrit rarement ne se souvient pas, d’une pratique à l’autre, de
ses difficultés et, pire encore, de ses succès. Or, nous apprenons que peu d’élèves ont
l’occasion d’écrire fréquemment en classe.
Donc, nous allons examiner tout ce qui concerne le texte argumentatif dans le chapitre
suivant.
61
CHAPITRE III
argumentatif.
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Tout le monde conviendrait à dire qu’une opinion ou un sentiment n’ont d’intérêt que
s’ils sont partagés par d’autres. En tant que lecteur, celui-ci doit réagir au texte, et en proposer
une explication. Par ailleurs, il faut toujours tenter de trouver les bons arguments pour
convaincre ou persuader et faire partager des points de vue personnels. Il faut croire qu’une
opinion, un sentiment ne sont plus rarement totalement uniques et individuels : ils reflètent
des structures culturelles plus larges.
Rédiger un texte argumentatif au secondaire (au 3 ème A.S) ne se limite pas au fait même de
« défendre », elle implique l’explicitation d’un point de vue, sans écarter bien entendu le fait
qu’un autre point de vue soit différent et pas automatiquement opposé. Enseigner
l’argumentation en terminal nécessite des efforts partagés entre l’enseignant et ses apprenants.
En classe, l’élève ne doit pas être envahi par le sentiment de frayeur lorsqu’il s’agit d’émettre
son avis, son point de vue. Il doit adopter une attitude plutôt positive. A cet égard,
l’enseignant doit donc gérer les points de vue divergents, parfois même surprenants, des
élèves.
III-1-1-Aperçu historique :
63
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Nous sommes de l’avis de ceux qui pensent que l’argumentation peut-être définie de
différentes manières, sa définition dépend des points de vue et de la conception que l’on a de
l’argumentation. C’est pour cela que nous allons nous restreindre à quelques définitions.
Selon Moescler, une argumentation « consiste en une relation entre un ou plusieurs
arguments et une conclusion ». (2)
Du point de vue du dialogue, PLANTIN considère comme argument « tout discours produit
dans un contexte de débat orienté par une question. » (3)
Quand ils parlent d’argumentation, J.- CL. Anscombre et [Link] se réfèrent toujours à des
discours comportant au moins deux énoncés E1 et E2, dont l’un est donné pour autoriser,
justifier ou imposer l’autre. Le premier est l’argument, le second la conclusion. (4)
[Link] dit que « L’argumentation déconstruit, construit, reconstruit, en d’autres termes
transforme. Cela veut dire l’argumentation nous est donnée comme produit en même temps
qu’elle construit un produit. » (5)
Selon Ch. PERLEMAN. , l’argumentation a pour but de « provoquer ou d’accroître
l’adhésion d’un auditoire aux thèses qu’on présente à son assentiment. » (6)
64
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
III-1-2-1-Qu’est-ce qu’argumenter ?
Pour argumenter, on doit d’abord élaborer une thèse, une opinion, une hypothèse
qu’on cherche à prouver. Ensuite destiner ce raisonnement à quelqu’un et enfin avoir une
intention de convaincre et de persuader. Ainsi, argumenter c’est tenir compte du destinataire,
c’est choisir et organiser des idées (c’est-à-dire des preuves) pour convaincre ou persuader
l’interlocuteur ou le lecteur d’adopter la thèse que l’on soutient, c’est aussi transmettre une
conviction et surtout tenir un discours efficace.
Le texte argumentatif est un texte très organisé. Le plus souvent nous employons
plusieurs idées pour exposer notre point de vue. Chacune d’elles est présentée dans un
paragraphe distinct. Elle est souvent expliquée ou illustrée d’un ou de plusieurs exemples
pour plus de précisions.
L’argumentation développe un thème (le sujet) pour lequel le locuteur émet un avis (la thèse).
Pour tenter de convaincre le lecteur de la pertinence de la thèse défendue, le locuteur adopte
des arguments qu’il peut illustrer par des exemples pertinents. Pour ce faire, le locuteur / le
scripteur aura recours à divers procédés : il tentera de faire adhérer son interlocuteur / lecteur
aux thèses qu’il propose, il intervient sur les idées, les croyances, les valeurs et les
représentations de l’autre.
L’objectif du discours argumentatif consiste à propos d’un thème de soutenir une
thèse qui réponde à une problématique. Il faut convaincre un adversaire, soit pour modifier
son opinion ou son jugement, soit pour l’inciter à agir.
(1)- M., CHAROLLES. , « Notes sur le discours argumentatif », in Argumentation et communication. Actes des
Journées d’Etude BELC, 1-2-3 fév 1979, pp.55.75
65
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Quelques exemples pour mieux faire comprendre ces notions : un thème est un sujet de
discussion plus ou moins précis, délimité : le tabac, les usagers du tabac, les méfaits du tabac,
tabac et drogue, tabac et abdication,…
Une problématique est formulée sous forme d’une question à propos du thème. Une thèse est
une réponse à cette problématique, une prise de position tranchée ou nuancée : oui, fumer est
dangereux toutefois la quantité, le type de pratique et l’attachement au produit nuancent le
pronostic…
Argumenter, c’est donc donner de bonnes raisons pour faire admettre à son
interlocuteur la validité d’une thèse, d’un comportement. Le professeur veillera à mener les
séquences réservées à l’étude du discours argumentatif dans un climat d’interaction d’échange
d’idées et d’opinions pour susciter des réponses diversifiées à une question.
Argumenter, c’est définir la stratégie la plus efficace, la plus habile pour :
Faire connaître sa position, sa thèse ;
La faire admettre à un lecteur ou à un auditoire ;
Ebranler les contradicteurs, faire douter un adversaire, faire basculer les indécis ;
Contredire une thèse, critiquer une position contraire ou éloignée ;
Démontrer avec rigueur, ordre et progression ;
Se mettre en valeur ;
Servir une cause, un parti, une foi……….. ;
Marquer les esprits par des effets de logique, de présentations, de mise en perspective,
des procédés oratoires,…………..
66
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Selon Moescler, la visée argumentative d’un énoncé est la propriété qu’il a de faire admettre
telle ou telle conclusion. L’orientation argumentative d’un énoncé, c’est la direction générale
qui permet à partir des faits représentés par cet énoncé, la reconnaissance de sa visée
argumentative, atteignant de cette manière telle ou telle conclusion.
Exemple : Omar dit à son ami « il est 10 heures »
Deux classes de conclusions peuvent être visées respectivement :
Fais vite ! (Il est tard) et inutile de te presser (il est encore tôt)
67
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Argumenter, c’est donc justifier une opinion que l’on veut faire adopter, partager en
tout ou partie. On cherche alors à convaincre par l’usage de la raison et à persuader en faisant
appel aux sentiments et à l’affectivité.
Argumenter, c’est aussi tenir compte de thèses différentes des nôtres, avec lesquelles nous
allons entrer en discussion dans une délibération, solitaire (monologue délibératif ou collectif
« dialogue »).
Selon Solly Jackson et Scott Jacobs, l’approche discursive de l’argumentation
s’inscrit dans le cadre du paradigme de l’analyse conversationnelle. Ils se basent sur la
distinction établie par O’keefe, entre deux types d’arguments : l’argument (A) (acte de
langage effectué par une seule personne) et l’argument (B) (l’interaction entre deux ou
plusieurs personnes).
L’argumentation comme acte ou comme interaction est vue par Jackson et Jacobs comme la
réalisation particulière des principes conversationnels généreux.
En sus, Moechler met d’abord en place des éléments pour une analyse du discours
dite pragmatique. Ensuite, il étudie l’argumentation dans la structure de l’intervention d’une
part, et dans la structure de l’échange d’autre part. selon lui, le domaine de l’argumentation
dans la langue porte sur l’étude des moyens linguistiques dont dispose le sujet parlant.
On peut même approcher le texte argumentatif par les trois verbes, à savoir :
convaincre, persuader ou délibérer.
Pour la troisième année secondaire, le travail portera sur la visée « convaincre/persuader », et
particulièrement sur les deux types d’arguments liés à la raison ou aux sentiments. Cependant
il convient de faire une nette distinction entre l’action de persuader et de celle de convaincre.
68
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
a)- Convaincre :
Ces arguments sont présentés de manière ordonnée dans le cadre d’un raisonnement
(inductif, déductif, critique, dialectique, concessif, par analogie, par l’absurde,….) sous forme
de plan et d’une progression argumentative (le plus souvent selon la loi d’intérêt du moins
important au plus important) où ils sont souvent reliés entre eux par des connecteurs logiques
qui jouent le rôle de balises ou de poteaux indicateurs. Les connecteurs les plus importants
sont ceux qui soulignent la causalité.
69
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
b)- Persuader :
Lorsque le locuteur cherche à manipuler à séduire son destinataire, on dit qu’il vise à
le persuader de son point de vue. Le locuteur utilise des arguments qui font appel à
l’affectivité, aux croyances de l’allocutaire. Autrement dit, quand le discours argumentatif fait
appel aux sentiments ou aux émotions du destinataire, il cherche à persuader. Il s’agit pour
l’émetteur de jouer sur des valeurs et des repères culturels communs.
En effet, une argumentation met en jeu, de manière explicite ou implicite, un système de
pensée. Le locuteur, s’il veut toucher son destinataire, doit s’efforcer de comprendre le
système de valeurs de ceux auxquels il s’adresse. Ainsi la défense d’une thèse s’appuiera sur
des principes universels ou du moins en principe partagés par la majorité : la vérité, le droit au
bonheur, l’équité, la sincérité,…, ou sur les valeurs admises par un groupe social déterminé :
l’honneur, le courage, la probité, le travail, le patriotisme…
Cette thèse s’appuie également sur des références culturelles communes qui font
naître une complicité propice à l’adhésion, jeu de mots, traits d’esprit, intertextualité,
connotations, détournements, allusions…
Le discours va se faire à la fois expressif et impressif, il va essayer de transmettre des
émotions fortes, d’impressionner le destinataire pour agir sur lui. Le locuteur doit impliquer
ses destinataires, leur faire considérer que sa thèse est aussi la leur, qu’ils partagent les mêmes
combats et les mêmes intérêts. Il est ainsi amené à utiliser souvent le « tu » ou le « vous »,
parfois le « nous » qui crée une communauté d’intérêt. Il les prend à témoin au moyen
d’interrogations oratoires dont il n’attend pas de vraies réponses. Ces questions rhétoriques ou
fausses questions sont simplement destinées à animer le discours et à varier le mode de
l’affirmation. Il doit provoquer un phénomène d’identification à ses vues. L’adhésion
recherchée est plus viscérale que réfléchie. Nous assistons alors à une modalisation forte.
Le locuteur s’implique fortement dans son énoncé, il amplifie ses jugements par le
recours à des termes mélioratifs ou péjoratifs, à des adverbes d’intensité, à des images qui
heurtent ou font rêver. Il spécule le plus souvent sur des réactions primaires : joie, peur,
tristesse ou coloré…
Pour persuader son lecteur ou son auditoire, le locuteur va jouer sur les émotions fortes de
l’indignation ou de l’enthousiasme. Il peut exciter la pitié pour les victimes, l’indignation
devant l’inacceptable, la révolte contre l’injustice, ce type de discours recourt fréquemment au
registre pathétique.
70
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
c)- Délibérer :
Les arguments sont des topoi, c’est-à-dire des trajets que l’on empreinte pour
atteindre une conclusion déterminée. Ils sont des raisons que l’on présente pour ou contre une
thèse.
71
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Selon les propos de M. Charolles (1), une contre-argumentation signifie soit une thèse
contraire, soit une rectification de la thèse de l’adversaire. C’est le discours qui construit les
arguments POUR et les arguments CONTRE. La sémantique et la syntaxe du discours
enchaînent des arguments vers telle conclusion, vers l’alternative (C) ou son contraire Non-C.
72
Pour associer stratégie à production écrite, nous empruntons la définition de Legendre qui
explique qu’un « plan général et bien établi, composé d’un ensemble d’opérations
ingénieuses et agencées habilement, en vue de favoriser au mieux l’atteinte d’un but compte
tenu d’une situation dont les principaux paramètres sont connus. » (1993 : 184).
Un élève qui utilise correctement des stratégies fait en sorte que le travail réalisé à un
certain moment de sa production soit réutilisé par la suite. Par exemple, il fait un plan et
l’utilise pour guider sa production écrite. Pour produire n’importe quel type de texte, il y a des
stratégies cognitives et métacognitives. Les stratégies cognitives permettent l’atteinte des
objectifs de la tâche (Deschênes, 1988) ; elles sont une « technique intellectuelle choisie par
une personne comme étant la plus propice à la résolution d’un problème. » (Legendre, 1993,
p.184-185). Les stratégies métacognitives visent la gestion et le contrôle de la situation
d’apprentissage (Deshênes, 1988).
73
III-4-3- Les modes de fonctionnement de l’argumentation :
74
Le travail sur l’argumentation est très intéressant non seulement au collège, ou au lycée mais
aussi dans notre vie quotidienne. Parlant de l’argumentation, on peut trouver parmi les
objectifs à atteindre :
Savoir définir une situation de communication.
Savoir établir ou découvrir la composition d’un message en relation avec une
situation donnée et un objectif à atteindre.
Savoir comprendre et manier les articulateurs logiques explicites ou implicites.
On peut à ce titre rappeler les propos de H. Mirabail cités par A. Boissinot dans « Argumenter
au lycée », « La production d’un texte argumentatif exige avant tout la capacité à penser avec
l’autre, contre l’autre, parfois malgré l’autre, à prendre en compte toujours l’altérité pour
faire avancer ses propres positions. ». Là encore, l’entraînement à l’argumentation par le
biais d’une mise en situation dans la classe semble être un moyen efficace de développer la
capacité en question.
75
Céder pour montrer largeur d’esprit ou pour renforcer sa propre thèse,
Examiner plusieurs points de vue,
Aboutir à un compromis, un accord. Le dialogue est une manière de désamorcer les
conflits en évitant une issue violente. Il est ainsi pratiqué en diplomatie, dans la vie
des sociétés, des entreprises,…
Un débat d’idées est un échange de propos oral ou écrit (à partir de journaux) entre
une ou plusieurs personnes avec les arguments organisés et passionnés dans le but d’imposer
son opinion personnelle. Le but d’un débat argumentatif au secondaire, c’est le commentaire,
le développement d’une pensée, l’évocation d’opinions, de réactions à propos d’un texte, d’un
fait divers, d’un phénomène, concret ou abstrait supposent la présence d’un récepteur, mais
traduisent aussi la subjectivité de l’émetteur, et cela à des degrés variés. C’est dire qu’on
ouvre un débat dont on est le meneur mais auquel participent des représentants d’opinions
différents, dans lequel doit se sentir impliqué également son lecteur.
Pour mener ce débat, quels que soient les objectifs du message, le contenu de
l’argumentation, on doit faire preuve d’organisation et d’expressivité. Débattre, c’est exprimer
des idées opposées ou complémentaires sur une question appelée thème de la discussion.
Dans une discussion, chacun cherche à convaincre ou persuader son interlocuteur en
développant sa propre opinion. Connaître son interlocuteur et comprendre ses idées sont
indispensables pour mettre en place une stratégie efficace. Un débat n’a pas nécessairement
pour but de parvenir à un accord général ou consensus. Il doit éviter de dégénérer en dispute.
La tolérance consiste à entendre et à accepter la multiplicité des points de vue.
Dans un débat, dans une discussion, le discours doit être adapté au destinataire.
L’explication et les exemples sont des moyens qui permettent de mieux convaincre son
interlocuteur. Une argumentation peut être illustrée ou développer par des exemples ou des
comparaisons. Quand l’exemple permet de passer du cas particulier au cas général, il prend
alors valeur de démonstration.
Pour convaincre, l’émetteur choisit de présenter sa thèse et ses arguments suivant
l’organisation qui lui semble la plus efficace pour atteindre son but. Il peut choisir de
s’appuyer ou non sur la thèse de l’adversaire, de présenter un seul ou plusieurs arguments.
Chaque argumentation est donc organisée suivant un circuit argumentatif qui lui est propre.
76
Celui qui argumente ne se contente pas d’assembler des arguments d’organiser un
raisonnement qui soit le plus cohérent possible. Il doit parfois, et souvent même c’est
nécessaire, prendre position, se manifester dans son discours, pour emporter la conviction.
77
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
78
- Le plan dialectique :
Le plan dialectique est adopté lorsque l’auteur discute un point de vue. Il commence
par réfuter les arguments adverses avant de présenter ceux qui défendent sa thèse. La
discussion présente donc des arguments contradictoires. Des mots de liaison permettent de
suivre le raisonnement de l’auteur.
- Ceux qui opposent présentent un argument contraire : or, mais, au contraire, en
revanche,……
- Ceux qui font une concession : bien que, malgré, en dépit de, pourtant, toutefois,
cependant, néanmoins, …………
79
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Le discours argumentatif vise à convaincre les personnes, à l’aide des différents types
d’arguments, auxquels il est destiné du bien-fondé d’une opinion ou d’un jugement ; il
implique donc une prise de position de la part de celui qui argumente. Ici, c’est la relation
d’énonciation qui prime, avec la mise en place d’un raisonnement auquel l’interlocuteur peut,
ou non, adhérer.
Le locuteur défend sa thèse grâce à des idées enchaînées logiquement les unes aux
autres. Les arguments sont donc les idées qui permettent au locuteur de démontrer que la
thèse qu’il soutient est la meilleure. Il peut commencer par montrer que l’opinion inverse est
mauvaise : ses arguments rejettent alors, la thèse adverse, on les appelle contre-arguments. Il
expose aussi ses arguments, c’est-à-dire les raisons d’adopter son point de vue.
Les arguments sont donc les idées qui servent à justifier la thèse du locuteur à réfuter la thèse
de son adversaire. Il existe différents types d’arguments. Certains s’adressent à la réflexion de
l’allocutaire et d’autres à sa culture et ses valeurs.
83
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
ou de l’alcool : il crée une dépendance physique et psychologique dont le patient aura bien du
mal à se débarrasser. ».
d)- Les rapports de cause à effet : tel phénomène entraîne tel autre phénomène
selon le postulat du déterminisme « fumer entraîne des troubles gastriques, donne mauvaise
haleine et perturbe l’odorat comme le goût. »
e)- Les avantages et les inconvénients : recherche des effets sur différents plans.
« Arrêter de fumer augmente l’espérance de vie, permet de réduire les dépenses de santé… ».
f)- Utilisation des données scientifiques, historiques, numériques : en principe,
elles sont irréfutables, « l’usage du tabac est la première cause des cancers du poumon et de la
gorge. »
g)- Par analyse et élimination des autres solutions : valable pour une
argumentation longue ou la réponse à de prévisible objections. « Recourir à des cigarettes
sans tabac n’élimine pas les risques représentés par les goudrons, la toxicité des produits
résultant de la combustion… »
h)- Par généralisation : à partir d’un ou deux exemples, on généralise. « Les
programmes de prévention menés en Allemagne et les séances d’éducation scolaire au
Luxembourg ont montré tout l’intérêt… »
i)- Argument des « paliers » : les efforts, les sacrifices font parvenir à un palier,
avec les premiers résultats positifs, et ainsi de suite jusqu’au résultat final. « L’augmentation
des taxes sur le tabac, l’interdiction de fumer dans les lieux publics ont fait à nouveau parler
du tabagisme et ont permis à un nouveau public de prendre conscience de ses méfaits. Ils ont
ainsi conduit à une baisse de la consommation ».
j)- L’appui sur des valeurs : (Appel aux valeurs supérieures) : il s’agit de référer
à des valeurs habituelles de la société : (traditions, coutumes, religion, références culturelles,
témoignages,…). Autrement dit, c’est l’importance du point de vue choisi. « L’usage du
tabac, n’est pas dangereux seulement pour le consommateur, mais pour tous ceux qui sont
intoxiqués passivement dans son entourage. C’est donc non seulement une question de bonnes
manières, mais plus encore de civisme et de santé publique que s’abstenir de fumer dans un
lieu public. »
k)- Prise de témoin : recherche de l’accord du destinataire. « Voyez-vous d’autres
moyens de l’interdiction de la publicité pour les marques de cigarette ? »
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
* Une logique absurde : elle consiste à relier une cause donnée et une
conséquence sans rapport avec elle. L’absurdité marquée de cette relation doit heurter le
lecteur. Par exemple, Montesquieu, dénonçant le racisme primaire s’exprimait ainsi : « (Les
nègres) ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre. »
* La caricature poussée jusqu’au cynisme : le lecteur est averti par l’énormité
du propos ou son caractère franchement ignoble. Montesquieu : « Le sucre serait trop cher si
l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. »
* L’antiphrase : c’est le procédé essentiel. Il s’agit ici de juger un phénomène à
l’inverse de ce qu’on attendrait. Devant les gribouillis d’un apprenti écrivain, le critique va
encenser le « caractère admirable » de la production. Comme le compliment est public, forcé
par l’exagération et le ton, il ne laisse aucun doute sur les intentions de celui qui le prononce
au point que le récipiendaire en est souvent marqué à vie.
* La rhétorique : la rhétorique est une véritable « logique des sentiments ». Ses
images marquent, séduisent, s’immiscent dans l’inconscient du destinataire. Par exemple,
fumer, c’est se consumer un peu plus chaque jour. Les slogans, les titres accrocheurs, les jeux
de mots (allusions, connotations, paronomase,…) en sont des exemples frappants.
- Appel aux conclusions - Les conclusions servent à justifier son point de vue.
- Appel aux sentiments - joue sur les sentiments de celui qu’on veut persuader.
86
- Appel à la majorité - Mise sur le besoin d’appartenir à un groupe.
- Argument positif / négatif - Prouve qu’on sait sur un fait et son contraire.
Remarque : ce n’est pas la quantité des arguments qui compte mais leur qualité. Il faut donc
sélectionner avec soin les arguments les plus susceptibles de convaincre. Tout type
d’argument pourra convenir à n’importe quelle argumentation. Si le plan commence par un
exposé de la situation ou la réfutation d’autres thèses ce n’est que dans la partie où la thèse
soutenue est développée que l’intention prend sens.
Plutôt que d’émousser dès le début de la curiosité des lecteurs, par exemple, il est
préférable de dérouler les arguments, laisser deviner la position, et ne pas la préciser qu’à la
fin du discours, créant ainsi une ombre d’attente ou même de surprise. Etape suivante, c’est
d’orienter le plan vers le destinataire : choisir les arguments, leur place et leur développement
d’après ce qu’on sait de lui. Beaucoup développent d’excellents arguments sans arriver à
convaincre, car ils se contentent de les assener sèchement.
Développer un argument, ce n’est pas « faire du baratin », c’est lui donner l’importance qu’il
mérite dans une situation précise.
III-7-2-Les types d’argumentation :
Pour produire un texte argumentatif, il faut choisir un seul type parmi d’autres, à
savoir :
Séductrice : elle fait appel à tout ce qui valorise l’autre (sentiments, qualités,……).
Objective : elle fait appel à la logique, influence par l’exactitude des propos.
Charge : utilise la polémique, ou l’humour ou l’ironie pour convaincre.
Directe : annonce la thèse sans cacher les stratégies, vise à influencer.
Indirecte : ne manifeste pas son intention de convaincre ou d’influencer.
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
(1)- Document d’accompagnement des programmes, Directions de l’enseignement secondaire, 2005. p.42.
(2)- Ibid, 2005. p.42.
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Avec Bernard Schneuwly, on apprend que le mot « texte » est issu du latin « textus »
qui signifie le tissu. La chaîne dans le tissu correspondrait à des phrases et la trame
correspondrait à la structure du texte. Dans sa thèse, Schneuwly définit le type de texte
argumentatif comme un texte qui a pour but de convaincre d’autres personnes qu’une certaine
représentation du monde est fausse et qu’il faut en adopter une autre, de défendre une thèse
contre une autre.(1)
(1)- SCHNEUWLY.B., Langage écrit chez l’enfant. La production des textes informatifs et argumentatifs.
Paris : Delachaux & Nièstlé. 1988
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Ceci dit, le discours argumentatif a une portée doxatique, puisqu'il relève des
opinions admises et il laisse induire un changement dans les convictions, croyances,
représentations de l'argumenté. En effet, il est le lieu du débat polémique et de la controverse.
Dans son article " Argumentation et littérature", Alain Boissinot, explique qu'"il y a
deux angles d'attaque qui sont tous les deux attestés: d'un côté une logique très extensive,
quand il s'agit de parler de l'argumentation, et qui consiste à définir le discours lui-même
comme " toute mise en pratique du langage dans une activité écrite ou orale" et
l'argumentation comme " une forme de discours caractérisée par l'intention d'influencer le
destinataire et de modifier ses opinions." (2). Et il poursuit en avançant l'idée que texte
argumentatif n'est pas la même chose que discours argumentatif. Pour la simple raison:
"l'extension des deux notions n'est pas la même, le sens de l'adjectif argumentatif n'est pas le
même dans les deux cas." (3)
91
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Enfin, le discours argumentatif est présent non seulement dans les textes où il passe
d'une thèse réfutée à une thèse proposée, mais il est aussi présent dans toute interaction.
Dans les documents d'accompagnement des programmes de l'année 2006, prévus pour les
classes de deuxième année secondaire (2ème A.S), dans le programme de français, lorsqu'ils
abordent l'enseignement de l'argumentation, les spécialistes parlent de textes argumentatifs.
Par ailleurs, ils définissent les "textes argumentatifs" comme type de discours et considèrent
qu'on peut le trouver dans bon nombre de genres de textes. L'étude de l'argumentation portera,
donc sur divers supports: articles de presse, pièces de théâtre, poème, etc. un narratif sera
étudié en faisant ressortir la dominante ou la dominance argumentative.
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
(1)- I. , Beck., et M., Vaillant., Annales de didactique et de sciences cognitives 6, 1998, p.89
(2)- Ibid. p. 112
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
A. Boissinot (1), (1992) retient trois catégories d’indices que nous résumons comme suit :
Indices d’énonciation : aident à relever le jeu des pronoms personnels.
- s’intéresser au choix du lexique.
- s’intéresser au choix de ce qui oriente vers telle ou telle conclusion (O. Ducrot).
- repérer les procédés utilisés par l’argumentateur.
Indices lexicaux : aident à :
- permettre de relever des oppositions.
- permettre d’observer la manière dans les champs lexicaux sont reliés aux deux
pôles dont l’un est « valorisé », l’autre « dévalorisé ».
- recours à un vocabulaire partagé avec l’auditoire : familiarité, jargon.
- la présence de figures d’insistance (répétition, anaphore, gradation, pléonasme)
les alliances (oxymore, hypallage).
- le recours aux exclamations et interrogations qui trahissent l’affectivité
débordante ou la volonté d’animer le propos. Des rythmes souvent binaires
(affectifs) ou cumulatifs (extériorisation d’un trop-plein intérieur)
- l’utilisation d’effets syntaxiques : phrases construites selon un rythme fortement
marqué, brusques ruptures rythmiques pour surprendre ou choquer le
destinataire, (anacoluthe) phrases s’achevant sur une chute, c’est-à-dire une
conclusion inattendue.
- recours à des formes incantatoires (anaphores, allitérations, paronomases).
Indices d’organisation : aident à :
- la disposition typographique.
- la « progression thématique ».
- repérer les métaphores et des comparaisons.
- repérer le découpage des arguments et leur « agencement ».
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
95
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
Ce qu’on peut retenir sur le texte argumentatif c’est qu’il se construit autour de trois clés :
- J’affirme (la thèse).
- J’explique (les arguments).
- Je prouve (les exemples).
III-9-3-2- Le raisonnement :
Raisonner, c’est parvenir à une conclusion à partir d’un point de départ connu ou
admis par tous, par le moyen d’une opération de type logique telle que la déduction. Le
raisonnement ne vise donc pas à convaincre, mais à mettre en évidence le caractère
incontestable d’une conclusion. L’argumentation est avant tout une démonstration fondée sur
un raisonnement logique.
96
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
97
a)- L’exemple : c’est un développement qui ne remplace pas l’idée ou l’argument,
mais il les accompagne pour les confronter, les illustrer, aider à les comprendre ou donner une
application concrète.
L’argumentation d’une opinion suppose un jugement sur les faits et l’utilisation de ces faits
comme des arguments, c’est-à-dire comme des éléments de preuves à l’appui de la thèse.
Lorsqu’on défend une thèse, on utilise des arguments pertinents clairement énoncés qui
apparaîtront d’autant plus convaincants que leur formulation sera précise.
Les arguments étant abstraits, ils ont besoin d’être explicités et c’est grâce aux exemples,
éléments concrets que l’on peut illustrer et justifier les arguments. Les exemples ont un rôle
crucial pour, comprendre n’importe quel texte. Ils facilitent donc la compréhension des idées
en les confrontant à la réalité. Lorsqu’il est pris pour éclairer une idée générale, il a une
fonction illustrative. Lorsque l’argument est déduit de l’exemple proposé, celui-ci a une
démonstrative. Les exemples sont des faits ou des cas particuliers qui servent à illustrer les
arguments. Ils permettent de donner plus de force aux idées générales en montrant à
l’allocutaire à quoi elles renvoient concrètement. Parfois les exemples ne se contentent pas
d’illustrer les arguments (exemple qui sert à illustrer) ; ils peuvent remplacer un argument et
prennent alors une valeur démonstrative.
b)- La citation : la citation n’a pas la même valeur que la preuve, car on peut
souvent trouver chez un autre auteur une citation contraire. Il faut se contenter de citations
exactes.
98
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
à savoir si…; sans doute…… mais…….. ; Il ne fait pas de doute que……….mais ; on peut
parfaitement admettre…….mais………
La réfutation : consiste à contester la pertinence du point de vue avancé par
l’adversaire en niant la relation de cause à effet, en niant la vérité d’un jugement ou en
mettant en évidence les contradictions possibles.
Dans un texte argumentatif où l’auteur discute un point de vue, il commence par réfuter les
arguments adverses avant de présenter les arguments qui défendent sa thèse. Pour critiquer
une thèse adverse il va utiliser un vocabulaire négatif (péjoratif) et pour appuyer sa thèse il
emploiera un vocabulaire positif (mélioratif).
Pour construire une argumentation, il faut déjà savoir la construire. Pour cela, on doit
d’abord bien lire le sujet de rédaction pour repérer quelle est la situation de communication
imposée (qui est l’énonciateur ? qui est le destinataire ? Quand ? Où ? Pourquoi ? Dans quel
but ? ), quel est le thème qui constitue notre thèse. Chercher ensuite les arguments à soutenir
cette thèse. Pour chacun d’eux il faut trouver au moins un exemple à développer. Puis classer
les arguments du moins convaincant au plus convaincant afin de donner du poids à notre
opinion. En écrivant, on met dans le même paragraphe l’argument que l’on doit expliquer
clairement et les exemples que l’on développe là, il s’agit d’être souple sur les exigences
concernant l’écrit. A la fin, il faut énoncer une justification : dire pourquoi on a donné telle ou
telle réponse.
L’écrit de justification a pour but de faire réfléchir l’élève sur les procédures qu’il a utilisées,
à se centrer sur le produit et non plus sur le résultat.
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L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
L’effort de produire un premier jet consume à lui seul toute l’énergie de l’élève, les
enseignants constatent la tâche difficile de le faire réécrire en particulier celui qui en a le
besoin. La mise en écriture du texte impose la linéarité sous la forme d’enchaînement des
phrases. Deux aspects de l’organisation du discours sont inhérents dans l’apprentissage de
l’écriture : la progression thématique (étude des types d’enchaînement des phrases) et la
cohérence du texte (la continuité du texte).
Il ne s’agit pas de produire un texte totalement satisfaisant du premier coup, mais de
le construire et de l’améliorer au fur et à mesure. Lorsque l’on conçoit une première version,
on la reprend pour percevoir les erreurs et les points à améliorer. Des relectures sont
nécessaires.
Pour planifier et écrire un texte argumentatif, il faut suivre des étapes suivantes : avant
d’entamer ces étapes, on doit d’abord choisir un sujet.
Etape 1 : Lire et définir soigneusement le sujet.
- prendre des notes sur tout ce qui vient à l’esprit.
- penser à quelques-unes des questions que le sujet peut soulever.
Etape 2 :
- organiser ses notes pour établir un plan préliminaire comprenant une thèse
et une antithèse.
100
L’enseignement / apprentissage du texte argumentatif
POUR
- présenter tous les points possibles, qui expriment le pour, dire les avantages c’est-à-dire
toutes les idées qui défendent la thèse.
CONTRE
- dire les inconvénients, présenter les idées négatives et qui expriment le contre de la
thèse, c’est-à-dire les contre-arguments.
Etape 3 :
- dégager une synthèse des arguments avancés dans la thèse et de l’antithèse.
Etape 4 :
- rédiger un brouillon de texte.
Etape 5 :
- revoir le plan si nécessaire.
- rédiger une conclusion.
- rédiger une introduction.
Etape 6 :
- relire et faire du changement si nécessaire.
- relire pour corriger les fautes grammaticales ou orthographiques.
Etape 7 :
- recopier son texte « au propre ».
101
CHAPITRE IV
103
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
Le but final de chaque projet est d’amener l’élève à produire un texte écrit.
L’apprenant doit réinvestir tout ce qu’il a appris tout au long de la séquence pour réaliser cette
tâche. Au cours de la situation d’enseignement, un enseignant particulier va jouer son rôle de
médiateur entre les savoirs dont les élèves disposent et les savoirs impliqués dans la pratique
langagière qu’il enseigne, suivant sa propre conception de la pratique en question et des
processus d’enseignement / apprentissage.
L’objectif de la didactique consiste à cerner, décrire et comprendre les procédés employés
pour construire les objets d’enseignement dans les programmes, les méthodes, les manuels et,
ce qui est le plus complexe, dans les interactions en classe.
La question qui nous préoccupe, la place de l’évaluation de la production écrite dans
l’enseignement de la compétence de communication, demeure largement ouverte.
Dans le but d’atteindre les objectifs de notre recherche, nous avons estimé que celle-
ci se concentrera essentiellement sur ce qui se fait sur le terrain c’est-à-dire à l’intérieur d’une
classe de langue. Nous avons pensé exploité un point problématique : l’amélioration de
l’écrit / production de textes des élèves en prenant le texte argumentatif comme support. Les
activités que nous proposons n’altèrent en aucun cas les objectifs d’enseignement /
apprentissage tracés par les programmes des directions de l’enseignement secondaire,
notamment du texte argumentatif.
104
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
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Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
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Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
Dans le but de les orienter, nous avons demandé aux élèves de répondre aux
questions suivantes : quel est l’avis de l’auteur ? Combien de thèses sont présentes dans le
texte ? Lesquelles ? Trouvez les arguments, l’autorité et le ton employé, en justifiant leurs
réponses en se référant au texte.
Après la lecture et l’analyse du texte, nous commentons que les élèves, quand il s’agit d’une
compréhension de l’écrit, savent très bien les caractéristiques d’un texte argumentatif. Or, en
production écrite, ils ne savent pas structurer leur texte, ils n’illustrent pas assez ; parfois
l’illustration est absente ; les articulateurs sont rarement utilisés ; ils écrivent mal en majorité.
Il y a des élèves qui ont un bon vocabulaire et malgré les erreurs syntaxiques,
orthographiques, la langue reste assez convenable. Donc, les élèves ont besoin des activités
sur des notions relatives aux textes argumentatifs.
107
IV-1-5- Les activités relatives à l’argumentation :
Séances n°04 et n° 05 : apprendre aux élèves les notions relatives aux textes
argumentatifs.
Durée : 2 heures.
Objectifs :
- Se familiariser avec les notions correspondant aux textes argumentatifs.
- Repérer les marques du texte argumentatif.
- Repérer le thème, les arguments, les exemples.
- Discriminer les articulateurs logiques et chronologiques.
Déroulement :
Pour le bon déroulement de leur apprentissage, nous affirmons que les élèves doivent
connaître toutes les notions relatives à la production de textes argumentatifs. C’est la raison
pour laquelle nous avons voulu tester en même temps leur préalable connaissance à propos de
ces notions. Nous proposons d’abord trois activités ; la première consiste à faire correspondre
chaque mot à sa définition ; la seconde consiste à relier par flèche chaque argument à son
exemple et la troisième, c’est aux élèves de remplir soigneusement par un terme adéquat à la
108
définition en leur proposant des mots désordonnés (exercice lacunaire). Cet exercice sera
l’occasion pour les élèves d’acquérir de nouvelles notions ainsi que leurs définitions
respectives.
109
Activité n°03 : Complétez les pointillés à l’aide des mots proposés dans la liste
suivante : la raison, les arguments, classées, la thèse, la sensibilité, argumente, la volonté du
récepteur, exemples, la position, argumentatif, le thème, réquisitoire, plaidoyer.
Remarque :
Ces activités ont amenés les apprenants à réfléchir sur l’intérêt de maîtriser certaines
notions qu’ils entendaient mais qu’ils ignoraient jusque-là le sens (leur distinction). La plupart
des apprenants préfèrent ce type d’activités car ils ne se cassent pas la tête. Ils essaient même
de deviner et de donner une réponse au hasard qui s’avèrera parfois juste. Ils s’y intéressent de
plus en plus, c’est devenu presque un jeu, les élèves s’amusent et s’auto-évaluent.
110
Séances n°06 et n°07: Préparation à l’écrit.
Objectifs :
- Reconnaître la progression logique du texte argumentatif.
- S’entraîner progressivement à l’expression écrite.
- Rédiger un texte de type argumentatif en réinvestissant les moyens linguistiques
étudiés antérieurement.
Durée : 2 heures (à raison d’une heure par séance)
Déroulement :
Trois activités sont proposées, il s’agit d’identifier la progression argumentative en
repérant le thème, la thèse, les arguments et les exemples : mettre les arguments en relation
avec des connecteurs logiques. A partir de là, les élèves arrivent à élaborer un plan et à
produire un texte argumentatif cohérent.
111
d)- Attribuez (si possible) aux arguments leurs exemples.
C’est une banalité de répéter que la seule manière de visiter certaines régions, c’est
de les parcourir à pied.
D’abord, parce que la marche en elle – même aiguise à la fois l’appétit et l’intellect autrement
que les coussins d’une automobile et place naturellement le voyageur dans un état de
réceptivité qui multiplie l’intérêt de tout ce qu’il rencontre. Ensuite, parce que ce moyen là est
lent, exige un effort personnel, permet d’entrer en contact avec les choses et les gens d’une
manière progressive et intime. Enfin, à pied tout prend un sens, tout chante un petit couplet,
chaque brin d’herbe a son criquet (…). Un faucheur dans un pré, c’est un homme et non un
vague accessoire à peine entrevu. Le monde révèle à chaque seconde des visages dont on ne
soupçonnait même pas l’existence, éveille l’intérêt par cent détails inattendus.
SAMIVEL, « L’Amateur d’abîme »
Activité n°03 : Dans ce texte, l’auteur aborde un thème. Lequel ? Quelle thèse
développe-t-il ? Expliquez et justifiez votre réponse.
Qui l’eût cru ? Le désert n’est plus un poème ! C’est aussi un préjugé, une image
peinte, dessinée par le néon au dessus d’immeubles inachevés, à l’angle des rues sans trottoir.
C’est un souvenir pâle qui transpirait sur le front d’un nuage égaré dans la solitude d’un ciel
où les étoiles s’ennuient.
Allez en Arabie et essayez de recelez un désert qui s’étire dans vos têtes, un désert
qu’on dit solennel, mais absent. Il s’éloigne en s’excusant, car il n’est plus digne de la
légende : ni tigre ni lion, à peine un chat tuberculeux. Le pétrole coule dans ses veines comme
une énigme.
Taher Ben Jelloun, Les Amandiers sont morts de leurs blessures,
1976, Ed, Maspero La Découverte.
Bilan :
Le travail est individuel. Les apprenants s’embrouillent et demandent des
éclaircissements. Nous remarquons que les élèves semblent traiter plus ou moins facilement
ces trois exercices tout en passant par l’analyse des textes avant la correction. Les élèves
progressent petit à petit. Ils distinguent mieux l’argument de l’exemple ou le connecteur du
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
112
Modalisateur. Nous constatons également qu’il y a même des élèves qui progressent assez
rapidement par rapport à d’autres.
Mais les élèves ont toujours besoin des orientations du professeur même à un niveau
avancé des activités. Les élèves sont assez éveillés, et ne se lassent pas d’apprendre tant que
nous ne leur demandons pas d’écrire. Nous estimons que ce n’est pas non plus de leur faute
puisqu’ils n’ont pas été habitués à écrire si souvent. Malgré toutes ces activités vouées à leur
inculquer la culture de l’écrit, les élèves préfèrent toutes les autres activités par rapport à
l’expression écrite. Il y a sûrement plusieurs facteurs qui gênent l’élève quand il est devant sa
feuille blanche. Il peut ressentir de l’angoisse, un blocage peut survenir au moment où il
démarre, c’est la peur de mal écrire, de mal s’exprimer, etc. Et à la fin il est découragé. C’est
pour cela que nous estimons qu’il est essentiel que l’enseignant puisse maîtriser les activités
qu’il engage au sein de sa classe et pense à leurs effets sur l’apprentissage des élèves.
Déroulement :
Nous procédons maintenant à faire un test final. Ce dernier a suivi un processus
d’enseignement normal du texte argumentatif c’est-à-dire que les élèves ont suivi des cours
disposés par leur professeur selon le programme qui leur est destiné dans le livre de français
de 3ème A.S. Bien entendu notre expérimentation rejoint le programme dans l’ensemble de ses
objectifs afin de ne pas perturber les élèves.
- Il s’agit d’une production de texte que les élèves auront à réaliser suite au thème proposé :
« Faut-il obliger les enfants à faire le sport ? » dans lequel ils utilisent au minimum trois liens
logiques et mettent leurs idées dans l’ordre en fonction des arguments qui défendent ou
réfutent leur thèse en illustrant par des exemples.
Le thème de la production paraît abordable aux élèves, il relève d’une habitude. Les élèves
trouveront quoi dire. Le travail doit se concentrer essentiellement sur quelques critères tels
que :
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
113
* la présentation et l’expression (mise en relation des idées, registre de langue, respect des
règles régissant l’écriture) ;
* le système d’énonciation (marques d’indices d’énonciation, marques d’opinion,
contexte) ;
* le lexique (champs lexicaux et sémantiques, registre de langue, modalisateurs) ;
* la syntaxe (construction des phrases, structure et organisation du texte, le style) ; et la
structure logique (stratégie argumentative, intentions argumentatives, énonciation de la thèse,
présence des arguments, présence de connecteurs logiques).
En ce qui concerne l’organisation du travail, il est individuel, nous remarquons les
différentes attitudes des élèves envers le sujet. Nous ramassons les copies pour les évaluer.
Et pour l’évaluation de la production écrite, nous avons noté qu’il est nécessaire d’établir une
grille d’évaluation.
114
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
115
Barème :
1/- Organisation de la production : (08 pts)
* Présentation du texte (mise en page) selon le type d’écrit demandé. (01 pt)
* Cohérence du texte. (04 pts)
- progression des informations.
- absence de contre sens.
- absence de répétitions.
- emploi de connecteurs.
* Structure adéquate (introduction, développement, conclusion). (03 pts)
2/- Planification de la production. (06 pts)
* Choix énonciatif en relation avec la consigne. (02 pts)
* Choix des informations (originalité et pertinence). (02 pts)
* Emploi des exemples. (02 pts)
3/- Utilisation de la langue de façon appropriée. (06 pts)
* Correction des phrases au plan syntaxique. (02 pts)
* Adéquation du lexique à la thématique. (01 pt)
* Utilisation adéquate des signes de ponctuation. (01 pt)
* Emploi correct des temps et des modes. (01 pt)
* Orthographe (pas plus de dix fautes pour un texte de quinze lignes environ). (01 pt)
Dans l’ensemble de la classe, le niveau est appréciable. Neuf (09) élèves parmi les
vingt (20) ont encore besoin de remédier certains problèmes tels que :
* Elargir l’éventail de leur vocabulaire, chercher plus d’exemples, employer des
modalisateurs plus souvent, faire attention à l’orthographe et à la correction des phrases au
plan syntaxique et améliorer l’écriture (la graphie) généralement illisible. Par contre, onze
(11) élèves ont nettement progressé.
* L’évaluation de la production finale donne lieu à un compte rendu (sorte de bilan qui
permet de vérifier l’efficacité de l’enseignement / apprentissage mis en place) afin de cibler
les insuffisances et les remédier. Lors de la production écrite, l’enseignant n’intervient qu’à la
demande des apprenants. En autonomie, certains élèves se débrouillent seuls pour commencer
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
116
à écrire et à développer au fur et à mesure leurs idées. Ils sont méthodiques dans leur travail.
D’autres ont du mal à déclencher l’écriture, ils ont besoin d’aide pour démarrer. Ils
rencontrent des problèmes de méthodologie de travail.
Par l’évaluation constante de la production écrite, la progression et l’amélioration du
niveau des élèves est remarquable. Les élèves ont fait des efforts qui sont finalement
récompensés par des résultats assez probants. Ils ressentent l’envie d’écrire même si toutefois
quelques difficultés persistent. Malgré leurs insuffisances en orthographie, en grammaire et en
vocabulaire, les élèves apprécient l’acte d’écrire.
Bref, le niveau général de la classe est bon, un renforcement est nécessaire, les élèves ont
montré un changement quant à leur rapport avec la production écrite, dès lors où les élèves se
sont découverts d’eux-mêmes grâce à des activités qui font appel à la logique, au
raisonnement, à la réflexion.
117
En somme, cette activité a eu de bonnes répercussions sur l’attitude des élèves et a
fait remarquer un net progrès chez les élèves par rapport aux précédentes applications.
Nous pouvons ajouter également à cela que plus l’élève a l’occasion d’écrire, plus il pourra
vérifier ses habiletés, obtenir des succès, comprendre que ses difficultés reposent toujours sur
les mêmes contenus, etc. l’élève qui écrit rarement ne se souvient pas, d’une pratique à
l’autre, de ses difficultés et, pire encore, de ses succès. Or, nous apprenons que peu d’élèves
ont l’occasion d’écrire fréquemment en classe. En ce qui concerne la fréquence de rédaction
en classe ou à domicile, les points de vues des enseignants se diffèrent de l’un à l’autre. Ces
résultats montrent que les élèves n’écrivent pas souvent. Cela pointe peut-être le coeur du
problème : si on apprend à écrire en écrivant, on ne peut apprendre à bien écrire si on n’écrit
que de façon occasionnelle. Dans ce contexte, il convient de signaler que le Conseil de la
langue française (1987) avait constaté : « La principale faiblesse de l’enseignement du
français réside dans l’enseignement du français écrit. ».
118
IV- 2- Présentation du questionnaire destiné aux enseignants :
Fiche descriptive :
- Corpus : enseignants du secondaire (de français)
- Nombre : 30 enseignants (dont 22 seulement ont répondu au questionnaire)
La première question concerne les renseignements personnels des professeurs (cf. : annexes)
(1)- Girard. D., Enseigner les langues, méthodes et pratiques, Paris, Bordas, 1985, p135
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
119
Questions 02 : trouvez-vous votre travail difficile ?
non 02 9,09 %
La plupart des enseignants interrogés, soit 86,36 %, trouvent leur travail difficile ;
09,09 % d’entre eux le considèrent comme un métier noble et facile à accomplir, alors que un
seul enseignant, soit 04,54 %, prouve que le travail d’enseignement n’est pas difficile mais
plutôt fatigant.
horaire 18 81,81 %
Programmes 20 90,90 %
surchargés
Autres raisons 17 77,27 %
La quasi – totalité des enseignants constatent que la surcharge dans les classes
constitue un véritable handicap qui entrave le bon déroulement des cours et amoindrit la
capacité d’écriture des élèves, ce qui influe négativement sur le rendement de la séance.
Par ailleurs, le volume horaire constitue également une source de contraintes pour les
enseignants interrogés. D’autres raisons encore sont avancées par les collègues, à savoir :
La faiblesse du niveau des élèves ;
Les programmes scolaires inadaptés (le profil de sortie de 4ème année moyenne est en
inadéquation avec le profil d’entrée en 1ère A.S) ;
La mauvaise prise en charge dans le palier précédent (le moyen) ;
Le manque d’intérêt des élèves à la langue française (ils ne sont pas du tout motivés et
cela pour plusieurs raisons).
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
120
Question 04 : vos élèves s’intéressent-ils à la langue française ?
non 13 59,09 %
A partir des réponses données, nous constatons que les élèves ne s’intéressent pas à
l’apprentissage de la langue française, notamment ceux qui habitent dans les zones semi –
urbaines, comme le souligne un des enseignants interrogés : « La plupart des élèves qui
viennent des environs de la ville n’ont pas fait d’école primaire et parfois même le CEM. S’ils
ont étudié le français, c’est avec des enseignants non licenciés en français (droit,
informatique,…) ».
Cet état de fait peut s’expliquer par le milieu socio-culturel peu propice à l’acquisition de la
langue et les représentations (les préjugés d’ordre politique, historique : « car ce n’est pas un
moyen de communication dans notre région (langue d’aristocratie), des élèves de la langue
française : « difficile à apprendre, langue du colonisateur,… ». En plus, les élèves ne se
sentent pas motivés. Le fait de n’avoir pas reçu un enseignement de qualité à la base les
handicape énormément. Malgré le statut social de la langue française en Algérie, ils la
considèrent toujours telle une langue étrangère, elle difficile à comprendre.
bon 02 09,09 %
moyen 05 22,72 %
faible 15 68,18 %
121
Concernant le niveau d’ensemble des élèves, que ce soit en production écrite ou les
autres activités, la majorité des enseignants (soit 68,18 %) estiment que les élèves ont un
niveau faible, alors que le reste le juge moyen (soit 22,72 %). Ceux qui le constatent « bon »,
c’est surtout pour les classes « Lettres et Langues Etrangères. »
Question 06 : en matière de production écrite, vos élèves font- élèves leur travail au cours
d’une activité de classe ?
Difficilement 15 68,18 %
En production écrite, la majorité des enseignants (68,18 %) constatent que les élèves
font leur travail d’une activité de classe en éprouvant une grande difficulté (difficilement),
d’autres (27,27 %) affirment que certains élèves font l’expression écrite en classe d’une
manière acceptable, d’autres enseignants encore (4,54 %) prouvent que certains élèves (les
bons élèves) font un bon travail en classe et certains d’autres le font à peu près.
Question 07 : d’après vous, à quoi seraient dues leurs blocages et difficultés face à une
production écrite ?
Selon les enseignants constituant notre échantillon, les difficultés des apprenants en
matière de production écrite sont surtout dues à un manque d’entraînement à l’écriture. Les
autres carences ont pour cause, selon la quasi-totalité des enseignants :
Problème de base ;
manque de vocabulaire nécessaire ou adéquat pour s’exprimer à l’écrit ;
problème de langue (grammaire)
122
nos élèves ne sont pas motivés, leur milieu socio-culturel ne favorise pas
l’enseignement de la langue française. De plus, ils n’ont aucune base primaire qui leur
permette d’acquérir un bagage linguistique, même le programme dépasse leur niveau ;
manque de lecture ;
la majorité des élèves n’arrivent pas à comprendre ce qu’on leur demande d’écrire (la
consigne)
dès qu’ils ne savent pas les premiers mots, ils se découragent
leur environnement hostile aux langues étrangères d’où l’absence de matériaux de
base.
Manque d’activités de réécriture (reproduction, substitution, reconstitution des petits
textes.)
Les élèves ont des lacunes accumulées au cours des années passées (au primaire et/ou
collège)
Les élèvent comprennent les thèmes traités et assimilent les différents cours dans leur
majorité mais ils n’arrivent pas à traduire leurs idées, de s’exprimer de façon
intelligible.
non 03 13,63 %
123
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
non 12 54,54 %
12 enseignants parmi 22, soit 54,54 %, reconnaissent de n’avoir pas programmé des
séances qui aident les élèvent à apprendre davantage l’écrit. Faute de temps, il est difficile d’y
parvenir (à raison de 3h ou 4h / semaine) ; certains d’entre eux affirment : « c’est au parent de
le faire, on ne peut pas envisager des activités pour cela, car il faut suivre méticuleusement le
programme sinon on sera ciblé. » mais « si on fait quelques activités c’est avec une grande
difficulté à cause du volume horaire ». Alors que 10 enseignant, soit 45,45 %, déclarent qu’ils
ont proposé ce genre d’activité.
124
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
59,09 % des enseignants interrogés ont répondu à cette question en disant qu’ils
proposent cette activité une fois chaque séquence, 22,72 % font cette activité après chaque
séance de compréhension de l’écrit notamment pour les classes « Lettres et Langues
Etrangères » en suivant leur volume horaire, à raison 8h / semaine car ils n’ont pas la
troisième langue étrangère (l’espagnol), et le nombre d’élèves qui ne dépasse pas 25 élève.
Alors que 2 enseignants, soit 9,09 %, ont proposé de faire ce type d’activité une seule fois par
séquence et pour améliorer leur niveau, on leur demande de produire des petites synthèses
après la compréhension de l’écrit.
Il n’y a qu’un seul professeur qui n’a pas répondu en suivant ce tableau, il a
souligne : « je ne limite pas le nombre de mots, les élèves sont libres, cela dépend de leur
niveau de la maîtrise de la langue. »
oui 08 36,36 %
non 14 63,63 %
125
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
oui 03 13,63 %
non 19 86,36 %
Question 13: quelles sont les différentes étapes utilisées dans votre cours de production
écrite?
La quasi-totalité des enseignants s'accordent sur ces points pour faire le cours de
production écrite, à savoir:
* des exercices de préparation à l'écrit;
* rappel de l'ensemble des caractéristiques étudiées dans la séquence.
* Proposer aux élèves un sujet de rédaction;
* Encadrement des mots- clés;
* Reformulation du sujet;
* Recherche des idées en rapport avec le sujet;
* Etablir un plan en commun afin de guider les élèves et de les aider à développer certaines
idées (introduction de certains mots de vocabulaire);
* Séance de révision et de réécriture (l'amélioration d'une production fautive d'un élève
collectivement "enseignant et élèves), puis individuellement "l'auto- évaluation": l'élève va
améliorer sa production et cela en répondant aux questions contenues dans la grille
d'évaluation;
* Si possible, lire certaines copies.
126
Bref, la production écrite est une évaluation qui doit couronner les autres activités:
compréhension de l'écrit et de l'oral, les activités de langue (grammaire, conjugaison,
vocabulaire, syntaxe) et les lectures analytiques. Une rédaction est demandée dans la même
thématique, sinon un résumé de texte.
Question 14: est-ce que vous évaluez la production écrite à chaque fois que vous ramassiez
les copies des élèves?
oui 8 36,36 %
Souvent 7 31,81 %
parfois 6 27,27 %
jamais 1 4,54 %
Question 15: donnez-vous aux élèves une grille d'évaluation dont les critères sont définis?
oui 13 59,09 %
non 09 40,90 %
La majorité des enseignants interrogés, soit 59,09 %, disposent leur élèves d'une
grille d'évaluation qui va leur servir d'un guide pour pouvoir respecter la consigne et les
caractéristiques du type de texte étudié. Or, 40,90 % d'enseignants ne leur fournirent pas de
grilles d'évaluation.
-les critères d'évaluation sont définis :
127
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
* Précisez si vous demandez généralement aux élèves : (ceux qui ont répondu par « oui »
seulement) :
- version 1 63,63 %
- version 2 9,09 %
- version 3 9,09 %
128
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
Question 17 : quel est le système de notation que vous utilisez le plus souvent ?
Réponses Nombre de réponses Pourcentage
lettres 15 68,18 %
129
Question 19 : que constitue pour vous l’évaluation de la production écrite en Terminale ?
A partir des réponses recueillies, nous avons pu constater que toute évaluation est
indispensable pour une bonne production et un bon apprentissage de production écrite. Elle
permet à l’enseignant de vérifier les acquis antérieurs des élèves et à l’élève de se corriger et
d’apprendre davantage. En Terminale, l’évaluation de la production écrite devrait être stricte,
car les élèves de la classe Terminale ont une épreuve à passer à la fin de l’année. La
production écrite est un moment pendant lequel l’élève réutilise tout ce qu’il a appris durant la
séquence (ou le projet pour la composition par exemple).
La séance de la production écrite en Terminale est très importante. Son évaluation est exigée
car elle permet d’identifier le niveau réel des élèves, et de découvrir les forces et les faiblesses
des élèves par rapport à leurs acquis (connaissances, démarches, techniques et stratégies
d’apprentissage). L’évaluation de cette activité constitue l’aboutissement d’une séquence ou
d’un chapitre déjà étudié. Elle permet de faire un diagnostic des prè-acquis, vérifier le taux
d’acquisition, planifier de remédiation.
Question 20 : d’après vous, quels sont les types de textes que les lycéens préfèrent écrire (les
élèves de Terminale)
Les réponses à cette question se varient d'un type à un autre. La majorité des
enseignants affirment que leurs élèves préfèrent: le texte argumentatif et le texte narratif; et
cela pour plusieurs raisons, nous allons citer quelques uns: les élèves s'expriment à travers
leurs écrits, ils sont mieux motivés. Parlant du texte argumentatif, l'élève a déjà travaillé
l'argumentation au CEM, en 1ère A.S, en 2ème A.S et en Terminale. Il s'agit d'émettre un avis,
une opinion en l'appuyant par des arguments, tirés de la vie quotidienne sans recours à faire
des recherches comme le cas dans un texte historique ou scientifique, pour convaincre de sa
pertinence et sa justesse.
130
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
Question 21: comment essayez – vous d'améliorer la production écrite chez les élèves ?
D'après tous les enseignants interrogés, pour améliorer la production écrite chez les
élèves du Terminale, ils ont proposé des aides et des techniques:
Des aides peuvent être mises en place: la plus importante serait de faire prendre
conscience aux élèves des étapes indispensables à l'écriture.
- la planification: pour quoi on écrit? Pour qui ?
- la conception: quelles informations pertinentes retient-on ?
- l'organisation: les idées ont-elles été hiérarchisées ?
- la rédaction ou relecture.
Des techniques peuvent être proposées, nous pouvons soit:
- donner une phrase de départ;
- introduire des comparaisons;
- donner des "contraintes" (mots à insérer), considérées comme des défis, elles
favorisent l'écriture.
l'enseignant doit être souvent derrière ses élèves pour les aider à retravailler leurs
productions. Il oriente l'attention de la classe vers quelques points bien ciblés par
lesquels les élèves vont réfléchir.
Encourager les élèves à lire beaucoup (chaque fois que l’occasion se présente pour se
progresser dans leur apprentissage et améliorer leur niveau à l’oral et à l’écrit), grâce à
la lecture, l’élève apprendra beaucoup de choses telles que : le lexique, l’orthographe,
la grammaire. Donner des activités qui peuvent préparer l’élève et le mener petit à
petit à produire un texte écrit.
En leur demandant de relire les remarques notées sur leurs copies et surtout de les
prendre en considération.
Le travail en groupe aide à apprendre et multiplie les chances de trouver des idées. Il
enlève l’angoisse de la page blanche ; un groupe peut écrire la trame, l’autre l’enrichir
(ou l’un peut faire le début et un autre la fin)
131
Question 22 : quelle différence entre expression écrite et expression orale ?
100 % des enseignants trouvent que les deux aptitudes sont importantes :
l’expression écrite permet à l’élève d’améliorer son écrit, l’expression orale lui permet
d’améliorer ou d’avoir des facilités à parler. Autrement dit, la production écrite permet à
l’élève de mieux écrire et la production orale de mieux parler. Certains estiment que
généralement, l’oral précède l’écrit ; de même la compréhension précède l’expression. Ces
activités s’inscrivent dans une progression cohérente :
* compréhension de l’oral : l’écoute
* expression orale : l’apprenant parle.
* compréhension de l’écrit : savoir lire
*expression écrite : l’apprenant écrit, produit, invente, donne son point de vue…
Certains d’autres affirment que leurs élèves privilégient l’expression écrite à l’orale. Ils
aiment prendre le temps de réfléchir. D’autres professeurs encore prouvent qu’il y a
énormément de fautes et d’interférences (ils écrivent comme ils parlent, par exemple, transfert
d’un mot, d’une idée de l’arabe au français). L’expression orale est le meilleur code qui fait
rapprocher l’élève de son enseignant car les contraintes et les fautes de langue sont moindres
et imperceptibles.
132
IV-2- 2 – Remarques et analyse des réponses du questionnaire remis aux
enseignants :
Suite à un questionnaire réalisé avec un groupe d’enseignants de français langue
étrangère au secondaire, nous avons pu dresser le constat suivant :
L’enseignement du FLE vise la maîtrise de pratiques langagières : savoir lire, écrire, parler et
écouter (la compréhension orale, la compréhension écrite, l’expression orale et écrite
faussement appelées skills passifs et actifs), dans des situations variées, ainsi que l’indique le
nouveau programme. Dans l’enseignement, l’exposition à des modèles de pratiques
langagières est indispensable. Toutefois le travail conduisant à la maîtrise d’une « manière de
s’exprimer, d’écrire » particulière adaptée à une situation spécifique passe nécessairement par
une conceptualisation de celle-ci ainsi que des difficultés qu’elle peut poser.
(1)- Nous avouons que nous avons eu des difficultés à faire accepter notre questionnaire à nos collègues.
Beaucoup d’entre eux ont manifesté un refus catégorique, selon leurs propres termes, de : « noircir des papiers
pour rien. Combien de questionnaire remplissons-nous chaque année ? Et on a jamais vu un quelconque
résultat… ». Il nous a fallu beaucoup de patience pour les convaincre et les rassurer que celui que nous avons
voulu leur remettre n’émane d’aucune tutelle : ni du Ministère de l’éducation, ni de l’académie,….Parmi les
quarante enseignants qui ont fini par le prendre, une partie seulement l’a rendu dans le délai accordé. Une autre
partie ne l’a jamais rempli, prétextant tantôt l’oubli, tantôt de l’avoir égaré, bien que nous le leur redistribue
plusieurs fois. Enfin, certains se sont sentis épiés dans leur intimité. Pourtant, nous avons pris soin de ne
demander le nom des enseignants. Il semblerait que la culture du questionnaire n’est pas encore acquise chez une
bonne partie de nos collègues.
(2)- Notre questionnaire comporte deux types de questions : (a)- questions dans lesquelles il est demandé à
l’enseignant de cocher la case qui convient ;
(b)- questions exigeant des réponses construites.
133
Parmi les 28 enseignants ayant répondu à notre questionnaire vingt (20) sont
titulaires d’une licence de français ; huit (08) sont titulaires d’un autre titre ou diplôme. La
première catégorie représente 71,42 % de l’effectif et la seconde, 28,57 %.
Les huit (08) enseignants qui composent cette dernière catégorie sont recrutés sur la base de
six (06) titres et diplômes différents que nous pouvons répartir en trois (03) filières bien
distinctes :
1/- Quatre ont poursuivi leurs études supérieures dans la filière « Lettres et Sciences
Humaines » : 02 titulaires d’une licences d’interprétariat ;
01 titulaire d’une licence en droit ;
01 titulaire d’une licence de journalisme.
2/- Deux ont poursuivi leurs études supérieures dans la filière « Science de la Nature et
de la Vie » : 01 titulaire d’une licence en biologie.
01 titulaire d’une licence de vétérinaire.
3/- Deux ont poursuivi leurs études supérieures dans la filière « Sciences
technologiques » : 02 ingénieurs en architecture.
Le questionnaire a révélé que la majorité des enseignants trouvent que leur travail
est contraignant, en raison des difficultés suivantes : l’effectif des élèves, le volume horaire
qui ne conforme pas au nouveau programme (à raison de 3 ou 4 h / semaine), manque de
motivation des élèves vis-à-vis de la matière, ainsi que la faiblesse de niveau des apprenants
en raison de la mauvaise prise en charge au cours des paliers précédents, voire même, il y a
une grande partie d’élèves qui n’ont pas fait d’école primaire et parfois même au CEM car ils
habitent aux environs de la ville.
134
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
Pour ce faire, les enseignants avancent les solutions suivantes en vue d’améliorer le
niveau des élèves en production écrite :
Multiplier les séances de production écrite et accorder plus d’intérêt à l’écrit : plus ils
écrivent, plus ils progressent ;
Faire beaucoup de séances d’entraînement à l’écrit tout en vérifiant les caractéristiques
du type de texte déjà étudié ;
Accorder aux élèves une grille d’évaluation qui va leur servir comme un guide pour
faire un bon travail ;
Corriger les copies d’élèves à chaque fois que les élèves produisent un texte (ce qui
doit être un objectif impératif).
Dans l’item 21, nous pouvons remarquer un consensus des collègues concernant les
chemins à prendre pour aider les élèves à écrire.
- La réécriture : c’est une étape essentielle en vue de mieux maîtriser et acquérir des
compétences en matière de production écrite. Les enseignants affirment qu’ils peuvent
demander aux élèves de retravailler leurs brouillons en changeant certains mots, en
introduisant des liens logiques, etc. ce travail passe par les opérations suivantes :
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
135
- la suppression ;
- l’ajout ;
- la substitution : si le même terme revient de manière récurrente, attirer l’attention de l’élève
sur le fait qu’il en connaît d’autres qu’il n’utilise jamais. Ou bien lui suggérer des mots
auxquels il n’a pas pensé.
- la permutation, qui est l’opération la plus difficile et qui permet de mieux classer ses idées.
Dans l’item 22, les enseignants interrogés affirment qu’il y a de nombreuses
similitudes entre l’expression écrite et l’expression orale mais on ne peut faire l’économie
d’un travail ciblé en expression écrite. Cette dernière est plus construite que l’expression
orale, l’écrit est articulé autour de liens logiques (cohésive). Il évite de se répéter, la
démonstration progresse et les rapports logiques entre les propositions sont mis en évidence.
L’oral, quant à lui, est parfois plus relâché, redondant, les liens entre les énoncés sont certes
cohérents mais sans lien grammatical. Les phrases sont plus courtes, les structures verbales
peu complexes. L’expression orale est un moyen d’apprendre à écouter autrui et à prendre la
parole à un moment donné et non de manière anarchique.
Il faut bien voir que l’écriture ne saurait être réduite à une simple transcription de l’oral ou
d’une pensée informulée dans la tête. Elle permet des opérations intellectuelles différentes que
celles qu’autorise l’oral. En conséquence, nos élèves doivent être conscients que l’écriture est
un aboutissement d’un travail de réflexion qui a permis de construire une pensée et de la
mettre en forme.
Il est en effet essentiel d’entraîner constamment nos élèves à la production, dans le
but de les préparer aux diverses situations d’écriture qu’ils pourront rencontrer lors de la
rédaction, cela leur permettra d’acquérir progressivement une relative autonomie dans cette
activité langagière.
Parlant de l’enseignement d’une langue, [Link] (1) souligne : « L’enseignant est censé
d’abord, assurer une bonne maîtrise de la langue qu’on se propose d’enseigner, celle qui
donne en compréhension et en expressions orale et écrite, une aisance et une sûreté
comparables à celles d’un autochtone (…) une bonne formation linguistique (…), une bonne
psychologie de l’apprenant (…) une solide formation en didactique…. ».
(1)- Girard, D., Enseigner les langues, méthodes et pratiques, Paris, Bordas.1985
136
Si l’on considère que les élèves de Terminale doivent avoir acquis un niveau
d’autonomie suffisant pour s’exprimer sur n’importe quel type de sujet, il faudrait en toute
cohérence, dans le cadre de l’évaluation de l’expression écrite, accorder autant d’importance
au contenu qu’à la forme : la tâche assignée étant de traiter un sujet, on ne peut pas sous-
estimer :
La pertinence des idées émises ;
La richesse de ces idées ;
La cohérence de l’organisation ;
La clarté du discours.
Bien entendu, la forme est difficilement séparable du fond et ; pour ne reprendre que le
dernier point, la clarté du discours passe par la qualité de l’expression dont le seuil minimum
est l’intelligibilité.
137
IV-2- 4 – Réponses annexes au questionnaire élèves :
Fiche descriptive :
- Corpus : les élèves du Terminale.
- Nombre : 62 (Lettres et Philosophie « 26 », Lettres et Langues Etrangères « 15 »,
Sciences Expérimentales « 12 », Mathématiques « 09 »)
La première question concerne les renseignements personnels des élèves (nom d’élèves,
établissement, sexe, profession du père et celle de la mère).
Question 02 : est-ce que vous communiquez en français chez vous ? Dans votre quartier ?
toujours 04 06,45 %
souvent 11 17,74 %
rarement 32 51,61 %
jamais 15 24,19 %
total 62 100 %
toujours 05 8,06 %
souvent 08 12,90 %
rarement 38 61,29 %
jamais 11 17,74 %
total 62 100 %
138
Question 04 : que représente pour vous la langue française ?
Nous remarquons qu’il y a deux opinions contradictoires pour répondre à cette
question : certains élèves montrent qu’actuellement, il est indispensable d’apprendre une
langue étrangère et surtout le français car cette langue est considérée comme une langue
seconde en Algérie, après l’arabe ou le berbère, selon son statut social ; c’est une langue de
communication. « Pour moi, la matière de français est la meilleure par rapport les autres
matières, elle nous aide à communiquer avec les autres personnes d’une autres nationalités
sans complexe ni embarras. ». Tandis que le reste affirme qu’ils n’aiment pas le français à
cause des mauvais souvenirs de leurs enseignants des années précédentes.
oui 35 56,45 %
rarement 09 14,51 %
non 18 29 ,03 %
total 62 100 %
Question 06 : la longueur demandée en expression écrite (au bac ou aux compositions) vous
semble-t-elle :
- excessive 04 soit 06,45 %
- adéquate 40 soit 64,51 %
- insuffisante 18 soit 29,03 %
Question 07 :est-ce qu’il vous parait normal que les productions dépassant ce maximum
soient pénalisées ?
Réponses Nombre de réponses Pourcentage
oui 10 16,12 %
non 52 83,87 %
total 62 100 %
139
La plupart des élèves ont répondu NON. Il leur était demandé de justifier leur choix.
Voici rassemblées ci-dessous les raisons qui justifient le choix du NON :
On ne peut s’arrêter à un nombre de mots demandé, il faut bien terminer ce qui est
commencé.
Le fait de restreindre peut nous amener à modifier le plan et nous empêcher de
développer certaines idées intéressantes.
Ceux qui ont répondu par OUI, voici quelques raisons avancées par les élèves :
Le nombre limité de mots est un critère d’égalité (tous ont face au même barème)
Il faut être capable de synthétiser, c’est un critère d’évaluation.
Il faut être capable de se plier aux consignes et aux règles. C’est la même chose que
lorsqu’on demande un résumé de texte et non un commentaire
* Pourquoi ? Ceux qui ont répondu par « NON » affirment qu’ils sont libres dans la
production de leurs textes, l’important c’est qu’il ne faut pas sortir du thème demandé.
Tandis que les autres, ceux qui ont répondu par « OUI », estiment qu’il faut respecter les
critères de la production.
* Pourquoi ? la quasi – totalité des élèves ont choisit le texte argumentatif et le texte
narratif car ils sont faciles à aborder, à comprendre, chaque personne est libre de formuler son
opinion à propos de n’importe quel sujet en présentant des arguments et des exemples pour
convaincre le lecteur ou de raconter son histoire.
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
140
Question 09 : d’après vous, quelles sont les caractéristiques des types de textes choisis ?
Pour cette question, chaque élève donne les caractéristiques appropriées à chaque
type du texte choisi.
Question 11 : pensez – vous que la présence d’une grille d’évaluation vous permette de
mieux cerner les points forts et les points faibles de votre expression écrite ?
oui 57 91,93 %
non 07 8,06 %
Question 12 : quelle est l’activité que vous préférez l’expression orale ou l’expression
écrite ?
141
* Dites pourquoi ? La plupart des élèves, soit 88,70 %, préfèrent l’expression écrite par
rapport l’expression orale car ils ont un temps à réfléchir, ordonner les idées et relire leur
travail.
D’après les réponses recueillies, nous avons pu constater que leurs professeurs leur
demandent parfois un travail individuel et parfois un travail collectif selon le nombre d’élèves
et le sujet de rédaction s’il est facile ou difficile.
questionnaire :
142
Performances des élèves et pratiques d'enseignement de l'écriture
A la question (07), nous constatons que dans l’esprit des élèves une meilleure
expression est une expression plus longue, non limitée et qui permet d’approfondir, sans tenir
compte d’autres critères. Les remarques montrent aussi une difficulté à rédiger tout en leur
précisant le nombre de mots ou de lignes ; ce qui dénote deux lacunes :
Ils ne savent pas sélectionner leurs idées ou arguments les plus pertinents et
abandonner les autres.
Il s ne savent pas reformuler de manière plus concise une idée qui s’est imposée. Ceci
revient à un manque de maîtrise de la langue.
Questionnés sur leurs préférences quant aux types de production écrite, les élèves
classent pratiquement à égalité les sujets de type argumentatif et ceux de types narratifs,
exercices auxquels ils sont habitués dans leur langue maternelle.
Dans l’item (08), les élèves semblait plus à l’aise face aux sujets de type argumentatif.
Ils formulent leurs avis sur n’importe quel thème librement, ils écrivent par plaisir et ne se
sentent pas contraints.
A la question (10), la plus grande difficulté ressentie par les élèves lors de la
rédaction tient à leur manque de vocabulaire précis sur le thème à traiter et des lacunes en
grammaire. Nous pouvons ajouter également que lors de la rédaction, les élèves sont souvent
bloqués. Ils ont beaucoup de difficultés en situation d’écriture. Préfontaine l’a souligné :
« l’élève est agacé par une difficulté linguistique qui l’empêche de se concentrer sur ses idées
et il veut la solution pour poursuivre sa production en toute quiétude. »
Ils s’imaginent que l’écriture est un don. Ils n’ont pas l’habitude de faire un « premier jet » et
de travailler leur brouillon, de raturer, permuter, substituer des idées ou en ajouter. Et pour se
rendre compte des difficultés rencontrées par nos élèves, il est important de les regarder faire,
d’observer leur démarche afin de réaliser quels types de problèmes ils ont.
A la question (12), les élèves préfèrent l’expression écrite que l’expression orale car
ils peuvent y consacrer plus de temps.
143
Dans l’item (13), la quasi-totalité des élèves préfèrent le travail en groupe que le
travail individuel car il permet d’intégrer une interaction parmi les élèves du même groupe,
l’élève timide ou réticent arrive tout de même à donner son avis, son accord, ou son refus. Le
travail en groupe est considéré comme un déclencheur d’idées. Par le travail du groupe, le
triptyque : penser, débattre et communiquer se met en route. Les élèves apprennent à
s’exprimer oralement pour débattre : défendre leur pensée ou donner leur point de vue en
l’argumentant pour essayer de convaincre et de persuader l’interlocuteur tout en tenant
compte de l’avis ou de l’opinion opposés.
144
Conclusion générale
Pour conclure notre modeste contribution consacrée aux problèmes qu’éprouvent les
apprenants en expression écrite, nous pouvons dire que leurs difficultés en situations
d’écriture sont dues à plusieurs facteurs, à savoir : manque d’exercices d’entraînement à
l’écrit, les élèves ne lisent pas beaucoup, ils ne font que rarement les expressions écrites en
classe, et parfois même les enseignants n’évaluent pas cette activité, ce qui a conduit à la
négligence des élèves de la production écrite surtout en Terminale car ce qui compte pour eux
c’est uniquement le baccalauréat. En outre, l’enseignement / apprentissage du français est
principalement centré sur l’écrit au détriment de l’oral. En effet, les enquêtes de terrain que
nous avons menées, nous ont permis de constater que l’enseignement de la production écrite
en Terminale se font en un seul jet à cause du programme surchargé, le volume horaire
inadéquat avec le programme et l’effectif des élèves à raison de 35 à 45 élèves par classe est
insuffisant et la non maîtrise des caractéristiques des types de textes étudiés.
145
Conclusion générale
dans des activités où l’écriture est pratiquée pour apprendre et non seulement pour elle-
même. Faire écrire les élèves parce que l’écriture est une excellente occasion de confirmer ses
apprentissages et de prendre conscience de ces mêmes apprentissages.
Nous pouvons donc dire que la maîtrise de la compréhension et de la production de textes
oraux et écrits adaptés à la situation de communications diverses constitue indéniablement
l’objectif ultime et global de l’enseignement / apprentissage du français langue étrangère.
Nous serions même tentée d'affirmer que la production d'un texte occupe une place
centrale dans l'enseignement du français langue étrangère, à la fois comme outil et objet
d'apprentissage. En effet, l'activité de lecture et de production de textes est permanente tout au
long du processus d'apprentissage.
En somme, l'enseignement du français dans le cycle secondaire est l'enseignement du français
des textes / par les textes, l'élève doit donc apprendre à lire et à comprendre toute une variété
de textes qu'il rencontrera dans les diverses circonstances de la vie et qui nécessitent de traiter
l'information, de comprendre le monde, de résoudre des problèmes. La mise en place
d'activités de production est indispensable au maintient de l'intérêt, de la motivation et de la
valorisation de l'élève. En ce qui concerne les quatre" skills": Compréhension écrite,
compréhension orale et expression orale et expression écrite, les élèves ont des performances
différentes dans les différentes capacités: les évaluer toutes (ensemble ou séparément)
constitue un facteur de motivation. Des élèves qui ont du mal à s'exprimer peuvent avoir des
performances bien supérieures en compréhension. Pour cela, il ne faut pas mélanger
compréhension et production dans les critères d'évaluation. Les exercices ou activités doivent
toujours être mis en contexte, il faut bannir une approche uniquement grammaticale et
toujours travailler à partir des situations dans lesquelles le fait de langue est utile voire
indispensable.
146
Conclusion générale
jet"…jusqu'à une production aboutie. Ce n'est pas en faisant systématiquement des sujets
"type bac" que l'on fait progresser les élèves du point de vue linguistique et méthodologique.
Les activités autour de l'écriture peuvent se dérouler en classe entière, en mini-groupe; en
paire ou seul, en modules, ou à la maison. L'écrit ne doit pas occuper tout le terrain. Il
s'intègre à tout le reste du travail mais nécessite un entraînement régulier. Il faut surtout que
les élèves prennent conscience du fait que l'écriture n'est jamais totalement maîtrisée mais
qu'en procédant par étapes, par retouches, il est possible de parvenir à une expression plus
fluide, et qui traduit mieux leur pensée.
Pour apprendre à écrire un texte, l’apprenant doit comprendre que l’écriture est au
service de son idée, de sa thèse qu’il cherche désormais intentionnellement à propager. Il doit
également comprendre qu’il doit choisir les mots qui décrivent avec précision l’idée qu’il veut
147
Conclusion générale
exprimer (compétence lexicale), choisir le meilleur agencement des mots pour traduire ce
qu’il cherche à transmettre (compétence syntaxique). Le professeur doit expliquer à ses élèves
que dans un texte argumentatif on doit préciser une stratégie argumentative.
Comme beaucoup, nous pensons que le travail sur l’écriture est essentiel et qu’il peut être
justement un auxiliaire d’autres apprentissages, et que du coup, il n’a pas à être réservé aux
enseignants de français, mais doit être un outil de base dans toutes les disciplines.
« L’écrire » est l’un des trois pôles devant conduire à la maîtrise de la langue et du langage, à
côté du parler et du lire. Ecrire, c’est franchir une merveilleuse porte ouverte sur le monde de
la connaissance et de la culture.
Nous estimons qu’en classe tout devrait être prétexte pour écrire, l’écriture vit
lorsqu’elle est appréciée par l’élève et non pas perçue comme tâche obligatoire et floue. Une
tâche expliquée par l’enseignant, est facilement admise par l’élève car il voit déjà la trame de
son produit. Ainsi, non seulement, l’élève se forme mais apprend à écrire et non pas à réaliser
uniquement une tâche demandée. C’est pour cela, qu’à notre avis l’enseignement /
apprentissage de l’écrit repose essentiellement sur l’intérêt que porte l’enseignant à l’habileté
de l’apprenant.
Tout au long du déroulement de l’expérimentation, nous avons pu déceler des potentialités
énormes chez les apprenants. Ces potentialités ont, à notre avis, peu été exploitées auparavant.
A ce stade assez avancé de la scolarité, l’enseignant, conscient du retard accumulé tentera de
motiver les élèves et à fortifier leurs points forts. Il est probable que si l’enseignant et
l’enseigné se mettent à écrire plus souvent ensemble, ils arriveront à déguster la saveur des
mots, à développer et à partager le même goût d’écrire.
148
Introduction
Les activités relatives à l’écrit sont préconisées au niveau des programmes des
différents cycles scolaires. D’après une grande majorité d’enseignants, les apprenants
maîtrisent mieux les types textuels descriptif et narratif plutôt que le type argumentatif alors
que celui-ci fait partie de nos délibérations quotidiennes. On a tous à défendre une idée, un
point de vue, une opinion, ou un jugement. L’argumentation constitue l’une des fonctions
premières du langage et l’un des plus puissants moteurs de l’activité humaine. Qu’il s’agisse
de la persuasion, de la réfutation ou de la contre-réfutation, l’argumentation est un procédé
qui fait essentiellement appel au schéma de la communication.
(1)- PREFONTAINE. C., Ecrire et enseigner à écrire, éds Logiques, 1998, p.83
(2)- MANESSE. D., cité par ROSIER. J. M., « La didactique du français », PUF, Que sais-je ? 2002, p.32
6
Introduction
Généralement, le nombre élevé des élèves en classe ne permet certes pas de tenir compte des
variations individuelles d’apprentissage et d’attention particulière.
Nous pouvons donc dire qu’écrire n’est pas un acte spontané, et de très nombreux
élèves sont en grandes difficultés lorsqu’ils affrontent l’épreuve de la production écrite en
classe de français langue étrangère (FLE). Mieux écrire, mieux parler, c’est un besoin et c’est
un atout dans la vie quotidienne, sociale, professionnelle et particulièrement quand on étudie
et qu’on prépare un examen ou un concours. Chaque individu, et plus encore chaque candidat,
désire perfectionner ses capacités d’expression et de communication et doit être convaincu
que cela est possible.
L’évaluation d’un travail d’écriture prend en compte le fait que l’élève rédacteur est
par ailleurs lecteur d’autres textes. Les pratiques d’écriture s’inscrivent dans une culture du
texte que les élèves apprennent à assumer et peu à peu à maîtriser. Contrairement à l’oral,
l’écrit est plus élaboré, plus construit et explicite. Il est le lieu du retour à la grammaire, à
l’orthographe, à la norme, c’est le domaine de code. Autrement dit, les activités d’écriture
mettent l’accent sur les dimensions : énonciatives (l’élève doit maîtriser les différents modes
d’énonciations, les registres de langue et la notion de point de vue), pragmatiques (la visée du
destinateur et l’effet à produire sur le destinataire orientent la production du discours) et
textuelle (concernant l’organisation, la cohérence et la progression du texte écrit).
7
Introduction
Pour cerner l’intérêt de notre travail de recherche nous nous sommes penchée sur
plusieurs questions notamment celles qui tournent autour de la production écrite chez les
élèves de Terminale et son évaluation en classe de français. Nous avons cherché à savoir :
quelles sont les difficultés que rencontrent les élèves de 3ème A.S en situation de production
écrite ? L’évaluation de la production écrite est-elle appliquée de façon efficiente en classe du
FLE ? Assure- t- elle la progression des apprentissages ?
Ces interrogations ont trouvé quelques réponses chez les acteurs du terrain : enseignants et
élèves.
Comme notre choix s’est porté sur l’évaluation de l’expression écrite en classe de
FLE en Terminale tout en insistant sur le texte argumentatif ; notre problématique a pour
objet de savoir : comment peut-on aider les élèves à utiliser les caractéristiques
argumentatives et à favoriser la consolidation des compétences en productions de texte ?
C’est-à-dire dans le cadre de notre expérimentation, nous allons proposer en classe plusieurs
activités sous forme de traitement de textes et d’exercices de préparation à l’écrit dans le but
de les conduire à améliorer leurs productions écrites en français, à acquérir des astuces pour
écrire avec plaisir
tout en apprenant à réfléchir et à communiquer non seulement à l’oral mais essentiellement à
l’écrit. Les activités d’expression écrite ne sont pas isolées mais elles sont précédées d’autres
activités d’expression orale, de lecture et de compréhension orale qui permettent de créer le
contexte nécessaire afin de réaliser la tâche et à générer les idées. Ce qui se fait actuellement,
la production de l’écrit passe par plusieurs réécritures entrecoupées par des évaluations.
8
Introduction
Nous dirons que, par le biais de l’argumentation, les élèves deviennent d’abord plus
méthodiques ; ensuite, ils apprennent à argumenter de différentes manières et dans toutes les
matières , en se servant d’un ingrédient essentiel : l’écriture. Il s’agit non seulement d’aider
l’élève à traduire en français le discours qu’il est capable de produire dans sa propre langue,
mais aussi lui apprendre à élaborer un discours en français.
9
Introduction
L’écriture est une activité qui est pratiquée dans toutes les disciplines, au moins
pour prendre des notes pendant le cours et pour répondre aux questions d’examen. Il nous
semble que ni les enseignants ni les élèves n’y trouvent grand plaisir, pire encore, les
résultats obtenus en production écrite aux épreuves trimestrielles ou du Bac, sont rarement
satisfaisants.
L’évaluation de la production écrite permet de redonner confiance et motivation à des élèves
effacés en classe, car elle favorise une participation active au cours. Cette activité permet
également d’accélérer le processus d’apprentissage, c’est-à-dire un transfert de compétence et
une prise de conscience, en faisant participer oralement les élèves, on assiste à une meilleure
intégration du travail oral et du travail écrit dans la classe.
Pour avoir à construire ce travail nous nous sommes référée à plusieurs travaux
notamment ceux de Claudette Cornaire, Clémence Préfontaine, d’Alain Boissinot et bien
d’autres qui s’inscrivent dans la perspective d’une approche communicative qui privilégie
l’interaction en expression écrite. Depuis l’année 2005, on trouve dans le nouveau programme
destiné à la 1ère année secondaire un programme de français assez riche, qui contient une
initiation à l’étude du texte argumentatif. En 2ème année secondaire, les élèves sont supposés
avoir acquis de manière plus explicite les différents instruments linguistiques de
l’argumentation, à en maîtriser les visées et à en assumer les finalités.
Notre motivation s’est creusée un chemin de non retour une fois notre relation avec
les élèves entamée. Nous nous sommes rendu compte des lacunes et des carences vécues par
ces derniers au sujet de l’argumentation en général et de l’écriture en particulier.
Le choix du texte argumentatif ne s’est pas fait de manière aléatoire. Bien au contraire, nous
estimons que le texte argumentatif est la résultante de tous les types de textes, il est présent
d’une manière ou d’une autre dans tout texte.
Afin de réaliser ce travail, nous avons opté pour la méthode expérimentale, car tenter une
expérience au sein de la classe est une chose précieuse pour soulever un état de fait dont
souffre la plus grande majorité des élèves : l’écrit. Des observations faites sur des copies
d’élèves ont été nécessaires pour engager l’analyse de ces productions. C’est par
10
Introduction
l’analyse que nous allons enfin découvrir presque tous les conflits qui perturbent les
apprenants au moment de l’écriture, puis grâce à l’interprétation des résultats, quelques
résultats ressortent pour suggérer des solutions relativement adaptables à la situation
d’enseignement / apprentissage de l’écrit.
11
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
: Livres et ouvrages
ARDOINO. J. & BERGER. G., " L'évaluation comme interprétation " pour N°107,
1986, p. 120/127
BARI. D., Techniques de l’expression écrite et orale, Editions DALLOZ, Paris. 2002
BARLOW. M., " L'évaluation scolaire ", décoder son langage, Chronique Sociale,
Lyon, 1992
BERNARDIN. J., Comment les enfants entrent dans la culture écrite, Paris, Retz,
1997
BONNIOL. J.J, AMIGUES. R., " Dispositif d'auto-évaluation des élèves et réussite
.scolaire.", Communication au colloque INRP, Réussir à l'école, Février 1981, Istress
CARDINET. J., Les modèles de l'évaluation scolaire, Neuchâtel, IRDP, 1986. Cité
par Laifa Ait Boudaoud. P37
CHRISTINE. M., & MAGA. J.J., Le défi lecture. Lyon:Chronique sociale, 1994
FLOWER & HAYES, (1981a, p372) cité par Clémence Préfontaine, Ecrire et
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GIRARD. D., Enseigner les langues, méthodes et pratiques, Paris, Bordas. 1985
Groupe EVA, Evaluer les écrits de l'école primaire, coll. Hachette Livre, Paris, 1991
HELENE. Hoccumiler, cité par Denis Bjai, Martin Dufour et Françoise Spiers,
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1997
JORRO. A., " L'enseignant et l'évaluation", De Boek Université, 1ère éd. 2000,
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LEKI. I., coaching from the margins: issues in written réponse, Cambridge,
Cambridge University Press. 1990
SARTRE. J-P., cité par Jean Paul SIMARD, in Guide du savoir écrire, Les éditions
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.SEMKE. H.D., Effect of the red pen, Language Annals 17, N°3
SIMARD. J. P., Guide du savoir écrire, Les éditions de l’homme, Québec, Canada.
1998
TARDIF, (1992 a, p.173) cité par Clémence Préfontaine, Ecrire et enseigner à écrire,
Les éditions Logiques, 1998, Québec
VIAL. M., "Un dispositif d'évaluation formative en expression écrite au collège ",
Marseille, CRDP, 1987
: Revues et articles
CARDINET. J., « Evaluer sans juger », Revue française de Pédagogie, n° 88, Juillet,
août, septembre, 1989
PIERON. H., Vocabulaire de la psychologie, 6ème éd, revue et augmentée, Paris, PUF,
1979
: Sitographie
Que soit aussi remerciée Mme BOULAFRED Fatiha, Directrice de l’Institut des
langues de l’Université de Médéa pour son honnêteté intellectuelle, son dévouement, ses
conseils et ses encouragements
Que soit également remercié Mr. Dominique DUCARD, professeur de didactique à Paris,
pour les livres et les articles qu’il a eu la gentillesse de m’envoyer.
Un grand merci à [Link] Djilali et Mr. Bentifour Belkacem, tous les deux, Maître
de Conférences à l’ENS de Bouzaréah, qui sans aucune hésitation et avec beaucoup
d’adresse, m’ont aidé à mettre sur pied la plateforme sur laquelle allait se bâtir ce travail.
Mes derniers remerciements vont enfin à mon admirable petite famille : à ma mère, à
mon père, mes frères et mes sœurs sans oublier mon tendre et dévoué futur époux, à Fayçal,
l’amour de ma vie, sans qui tout cela n’aurait pu avoir du sens ; et c’est à eux que j’adresse
cette contribution.
Enfin, et si je les ai laissés en dernier, ce n’est nullement pour minimiser l’importance de leur
contribution, ni de leurs points de vue, dans ce travail ; mais bien au contraire. Je pense tout
particulièrement à ces nombreux collègues enseignants qui ont accepté de répondre au
questionnaire que nous leur avons soumis, avec toutefois l’espoir que leurs propos puissent
être entendus. Je n’oublierai pas non plus ni ceux qui ne l’ont pas rendu, ni ceux qui ont
refusé ouvertement d’y répondre.
Je tiens à remercier infiniment le censeur du lycée El Khawarizmi, Habza Ramdane, pour sa
gentillesse et sa compréhension. Il m’a beaucoup aidé à organiser et à imprimer ce mémoire.
Table des matières
Remerciements………………………………………………………………………………..01
Table des matières………………………………………………………………………….…02
Introduction ………………………………………………………………………………….06
Introduction…………………………………………………………………………………63
III-1- Autour de l’argumentation…………………………………………………………63
III-1-1- Aperçu historique……………………………………………………….……63
III-1-2- Définitions et notions relatives à l’argumentation……………………….…...64
III- 1-2-1- Qu'est-ce qu'argumenter ………………………………………………...65
III-1-2-2- Orientation et conclusion argumentatives………………………………..66
III-2- Les voies de l'argumentation:………………………………………………………..67
III-2-1- Chez Lapostel, G.H. Von WRIGHT, J. BI. GRISE, G. VIGNAUX………….67
III-2-2- Chez O. DUCROT et J.- CI. ANSCOMBRE. ………………………………..67
III-3- Les différentes approches de l'argumentation……………………………………….68
III-3-1- L'approche de l'argumentation par trois verbes……………………………….68
III-3-2- Argumentation et contradiction………………………………………………..71
III-3-3- Argumentation, justification, négociation……………………………………..71
III-3-4- Argument, non argument, contre-argument…………………………………...71
III- 4- Connaître les procédures, les stratégies et les modes de fonctionnement de
l'argumentation………………………………………………………………………………..72
III-4-1- Les procédures argumentatives………………………………………………..72
III-4-2- Les stratégies argumentatives………………………………………………….73
III-4-3- Les modes de fonctionnement de l'argumentation…………………………….74
III-5- Comment aborder l'argumentation en 3ème A.S ?........................................................75
III- 6- L'organisation et le processus d'un texte argumentatif……………………………...77
III- 6-1- L'organisation du texte argumentatif………………………………………….77
III- 6-2- La progression du texte argumentatif…………………………………………79
III-7- Les divers types d'arguments et d'argumentation……………………………………83
III-7-1- Les différents types d'arguments………………………………………………83
III-7-1-1- Valeurs de quelques types d'argument…………………………………….86
III-7-1-2- Les types d'argumentation………………………………………………...87
III- 8- Les différents domaines d'argumentation…………………………………………...89
III- 8-1- Le lien étroit entre le texte argumentatif et discours argumentatif……………90
III-9- Les caractéristiques de l'argumentation……………………………………………...92
III- 9-1- Les caractéristiques de la phrase argumentative ……………………………..92
III- 9-2- Comment comprendre un texte argumentatif…………………………………93
III- 9-2-1- Comprendre un texte argumentatif à partir des "indices linguistiques"…94
III- 9-3- L'étude du texte argumentatif…………………………………………………95
III- 9-3-1- L'organisation logique……………………………………………………95
III- 9-3-2- Le raisonnement……………………………………………………….…96
III- 9-3-3- Illustration des arguments: exemples et citations…………………….….97
III- 9-3-4- Texte argumentatif: concession ou réfutation……………………….…. .98
III-10- Produire un texte argumentatif………………………………………………….….99
III-10-1- Ecrire une argumentation………………………………………………….…99
III-10 -1-1- Les connecteurs logiques……………………………………………...100
III-11 - Planification et rédaction d'un texte argumentatif: écrire – réécrire……….…101
-Diplôme : …………………………………………………………………..
-Ancienneté : ………………………………………………………………..
-Qualité : …………………………………………………………………….
-Etablissement : ……………………………………………………………..
-Ville : ……………………………………………………………………….
11/-Quelle est la longueur de la production demandée soit dans la composition, soit dans les
activités de classe ?
Un texte de :
Jamais parfois souvent toujours
50 à 100
mots
100 à 150
mots
150 à 200
mots
Plus de 200
mots
20/- D’après vous, quels sont les types de texte que les lycéens préfèrent écrire (les élèves du
Terminal) ?
……………………………………………………………………………………………….
Pourquoi d’après vous ?................................................................................................................
…………………………………………………………………………………………………...
2/- Est –ce que vous communiquez en français chez vous ? Dans votre quartier ?
Toujours Souvent Rarement Jamais
5/-Est-ce que vous avez l’habitude de faire souvent l’expression écrite en classe ?
Oui Rarement Non
6/- La longueur demandée en expression écrite (au bac ou aux compositions) vous semble-t-
elle :
-excessive
-adéquate
-insuffisante
7/- Est-ce qu’il vous parait normal que les productions dépassant ce maximum soient
pénalisées ?
Oui Non
Pourquoi ?......................................................................................................................
…………………………………………………………………………………………
9/- D’après vous quels sont les caractéristiques des types de textes choisis ?
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
11/-Pensez-vous que la présence d’une grille d’évaluation vous permette de mieux cerner les
points forts et les points faibles de votre expression écrite ?
Oui Non
12/- Quelle est l’activité que vous préférez l’expression écrite ou l’expression orale ?
…………………………………………………………………………………………………
Dites pourquoi ?............................................................................................................................
…………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
* Eléments du discours
La cohésion - adaptation de l’élève à
divers types de discours.
- emploi approprié de
charnières (prépositions,
Discursive conjonctions…)
4/- Liens entre les phrases - les liens entre les phrases sont appropriés.
8/- Accord en genre et en nombre - les déterminants, les noms, les adjectifs, les
participes passés sans auxiliaire, les pronoms
et les attributs sont écrits correctement.
2- Déterminer son avis, sa position : a/- Il faut toujours s’en faire un (une).
LA NOTION DE CULTURE
En premier lieu, tout le monde convient que la culture est d’abord synonyme de
connaissance. En effet, on a dit que la culture était : « ce qui reste dans l’esprit quant on a tout
oublié ». Mais cette définition suppose pour le moins qu’on a commencé par apprendre
quelque chose. Il évident que l’ignorance ne saurait en aucun cas fonder une culture. Et c’est
pourquoi les travailleurs, instinctivement considèrent l’école comme le premier outil de leur
promotion, c’est-à-dire de leur libération.
En effet, la spécialisation est limitative par nature : l’arbre cache la forêt. La culture
exige un jugement critique sur les hommes et sur les choses ; elle a donc besoin d’un horizon
de référence assez vaste, c’est-à-dire d’un recul par rapport aux évènements, d’une hauteur de
vue par rapport aux contingences.
Nous pouvons également avancer que la voie de la recherche et de la découverte est aussi
celle de la culture. Cette dernière comprend le savoir mais aussi la conquête du savoir.
En second lieu, l’idée de culture apparaît comme l’ouverture sur le monde. Elle
consiste à se situer, à développer son sens critique, à comprendre les faits sans les subir.
Cela signifie que la culture est synonyme de liberté de l’esprit. Mais cela ne veut pas
dire pour autant retranchement, renoncement. La culture n’est pas facilement compatible avec
les barrières sociales, avec les castes, avec les classes, car elle est synonyme de
compréhension mutuelle, de dialogue, de tolérance réciproque ; elle réclame les échanges
intellectuels qui permettent l’enrichissement et l’épanouissement personnels.
Enfin, pour la grande majorité, la culture est aussi liée à l’action. Elle conduit à
l’engagement, à l’acceptation des responsabilités, à la vraie solidarité, c’est-à-dire celle qui est
voulue généreusement non simplement lubie d’une manière en quelque sorte mécanique.
ETUDE DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL
OBJECTIF :
- Repérer les marques du texte argumentatif
- Repérer le thème, les arguments, les exemples
- Discriminer les articulateurs logiques et chronologiques.
Déroulement de la leçon
- Un titre
- Une source
- Sept paragraphes
Récapitulation partielle :
Dans le paragraphe 05, quel rôle joue Il annonce une transition. Passage à la
l’articulateur logique « en second seconde partie du texte.
lieu » ?
Que fait l’auteur dans ce paragraphe ? Il tente de donner d’autres définitions
de la culture.
Relevez les éléments importants * « Culture = ouverture sur le monde ».
associés à la culture.
Que permet alors la culture à Son rôle : « se situer, développer le
l’individu ? sens critique chez l’individu qui la
possède, elle l’aide à comprendre les
faits sans les subir »…
Elle lui permet de se concevoir, de
s’affirmer et même d’exister en tant
que tel.
Dans le 6ème paragraphe, dressez « culture » : liberté de l’esprit,
l’inventaire des diverses compréhension mutuelle, dialogue,
représentations de la culture (données tolérance mutuelle, échanges
par cette étude) culturels, épanouissement.
Synthèse du texte
ARUMENTS EN REALITE :
- la culture dépasse la connaissance
- elle exige un développement en
Profondeur de l’individu.
CONCLUSION EN EFFET :
PARTIELLE - la représentation est limitative.
- la culture = recherche = découverte =
Savoir = conquête du savoir.
ARGUMENTS MAIS :
Elle n’est pas facilement compatible avec
Les barrières sociales.
CONCLUSION ENFIN :
GENERALE - la culture= engagement=action=
Responsabilité.