Écologie industrielle et innovation à Lyon
Écologie industrielle et innovation à Lyon
Aissam KHATTABI
Professeur-Habilité
Data Science, Innovation et Développement
Université Abdelmalek Essaâdi –Tanger -Maroc
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Muriel MAILLEFERT
Professeur des Universités
EVS UMR 5600 et Université Jean Moulin Lyon 3- France
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Résumé :
Mots clés : EIT, innovation, ancrage territorial, DTD, Vallée de la chimie de Lyon.
Abstract:
Key words : EIT, innovations, territorial anchorage, DTD, Lyon Chemical Valle
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INTRODUCTION
A partir des années 1970 (rapport du club de Rome) et surtout dans les décennies suivantes
(rapport Brundland), la pression environnementale, le déclin de la croissance économique et
les critiques sur les effets négatifs de l’industrialisation et de l’urbanisation (Bahers et Barles,
2017) justifie l’attrait considérable et la recherche des pays industrialisés à transformer leur
modèle productif (Boyer, Freyssenet, 2000 ; Boyer et Saillard, coord, 2002(Boullet, 2012).
Cette nouvelle vision de l’économie, de la production, des activités industrielles, des
investissements et des modes de vie, trouve un soutien auprès de grandes institutions
internationales qui favorisent les initiatives visant à concilier croissance économique et
protection de l’environnement, à travers notamment l’accélération de l’innovation. A cet effet,
l’Union Européenne (UE) par exemple, a pris au sérieux ce changement en adoptant deux
textes structurant la stratégie européenne de futur : – la stratégie de Lisbonne (1ere) et la
stratégie de Göteborg (2ème) –. La première (2000) vise à promouvoir l’innovation comme
l’une des priorités essentielles de la politique de développement économique de l’UE ; la
seconde (2001) souligne l’importance de la protection de l’environnement et encourage à la
promotion du développement durable. A travers ces deux stratégies, l’Union Européenne
définit des lignes directrices afin de les intégrer dans l’ensemble de ses politiques.
Dernièrement, en 2015, l’Europe a mis en place un « paquet économie circulaire » dont les
préconisations vers davantage de durabilité à travers des pratiques de recyclage, réemploi et
économie de ressources, semblent faire consensus entre les acteurs publics, les entreprises et
les collectivités territoriales. Suite à la pandémie de Covid-19, l’UE a adopté en 2021 une
nouvelle stratégie d’adaptation au changement climatique.
La France, qui représente une force importante au sein de l’UE a validé ces stratégies et
directives, qui sont actuellement déclinées de manière opérationnelle sur l’ensemble des
territoires, comme le cas de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a mis en œuvre « Le Plan
Régional d’Action en Faveur de l’Economie circulaire » (2019), combinant des démarches de
développement des territoires (attractivité, ancrage), et des démarches d’écologie industrielle
et territoriale, qui visent également à développer des synergies entre des entreprises sur des
territoires spécifiques comme des parcs d’activité (Erkman, 1998). Il s’agit alors d’orienter les
zones d’activités telle que la vallée de la chimie à Lyon, vers une stratégie de verdissement et
de renouvellement du système productif local ; en orientant les territoires d’implantation vers
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un développement plus durable, à travers, par exemple des démarches d’innovation, de
transition énergétique écologique appuyées sur l’EIT et l’économie circulaire (Aurez et
Georgeault, 2016).
Ainsi, la vallée de la chimie à Lyon, territoire d’industrie chimique par excellence en France,
s’est lancée dans ce processus de reconversion productif et industriel.
Pour cette raison la « mission Lyon vallée de la chimie » pilote depuis plusieurs années
différents projets directeurs à l’horizon 2030. Pour ce faire, elle a lancé plusieurs versions
d’un manifeste « l’appel des 30 » (les 30 importants industriels de la vallée) écrit en
collaboration avec les acteurs industriels, institutionnels (communes et administrations),
financiers (les banques) et techniques. Une des innovations de cet appel est de proposer
d’utiliser du foncier vacant. Les industriels volontaires peuvent ainsi proposant l’accès à du
foncier inutilisé (les parcelles étant maintenant surdimensionnées) et des solutions
d’implantations aux porteurs de projets « cleantech ».
Ces actions participent aux projets de renouvellement urbain et sont incluses dans des
stratégies antérieures d’écologie industrielle et territoriale et d’économie circulaires. Notre
hypothèse est que ces actions collectives sont source d’innovations technologiques,
organisationnelles, institutionnelles, sociales et environnementales. Inscrites dans des
dynamiques territoriales spécifiques au sein de la Vallée de la Chimie, elles deviennent
structurantes pour le territoire et peuvent, de ce point de vue, être considérées comme des
innovations territoriales. A travers le déploiement de ces actions collectives innovantes, le
territoire renforce sa capacité d’encastrement et d’attractivité et contribue dans une
perspective de développement durable...
Cette articulation sera montrée en trois points. Une première partie présente le cadre
théorique, en mettant l’accent sur les concepts clés du travail : l’EIT, l’innovation,
l’ancrage/attractivité et le développement territorial durable. Une deuxième partie présente le
cas d’étude et la méthodologie de recherche ; Une dernière partie met en relief les résultats
obtenus.
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I. CADRE CONCEPTUEL : ECOLOGIE INDUSTRIELLE ET
TERRITORIALE, INNOVATIONS ET DEVELOPPEMENT
TERRITORIAL
A l’origine, l’écologie industrielle est vue comme une stratégie de mise en cohérence des
besoins des entreprises en matières premières et énergie. En incorporant le « facteur
humain », elle a ensuite évolué pour devenir une stratégie intégrée à un développement
territorial plus durable.
L’écologie industrielle (EI) est fondée sur une approche systémique inspirée du
fonctionnement des écosystèmes naturels pour opérer une transformation de la société
industrielle en un écosystème industriel (Frosch et Gallopoulos, 1989). Considérée comme
une « science de la durabilité́ » (Allenby, 1992), l’EI dispose d’un cadre d’analyse systémique
qu’est le métabolisme industriel (Baccini et Bruner, 1991) ; autrement appelé métabolisme
territorial ou encore bilan de flux de matières et d’énergie. L’idée d’un fonctionnement du
système industriel qui s’inspirerait des écosystèmes naturels trouve son origine dans les
travaux d’écologues comme Eugene Odum au début des années 1950 (Erkman, 1997, 1998).
Selon ses hypothèses, l’étude de la biosphère ne peut plus désormais être déconnectée de
l’étude des impacts du système industriel (Hutchinson, 1970). Cette proposition sera ensuite
renversée par l’EI : le système industriel ne peut plus être pensé sans anticiper son impact sur
la biosphère. L’objectif de l’EI est de modéliser les interactions entre les activités de la société
industrielle, sur un périmètre donné, et la biosphère, afin d’identifier les déséquilibres et les
réduire par des actions spécifiques (Erkman, 2001). Erkman (1998) définitles objectifs de l’EI
comme [visant]: «un usage optimal de l’ensemble des ressources, en favorisant des synergies
entre les entreprises ».En 2004, il précise les contours de la notion et la rattache à un
ensemble d’activités socio-économiques consommant ou utilisant des ressources et/ou
générant des déchets.
L’EI se base sur deux types d’actions entre les entreprises, souvent dans le cadre de territoires
restreints comme des zones d'activité : le développement de synergies de mutualisation pour
la mise en commun d'une ressource (ex : la mutualisation de la gestion des déchets) et le
développement de synergies de substitution pour assurer le bouclage d'une ressource sur un
40
territoire (ex : réutilisation d'un produit fatal issu du processus de production d'une entreprise
par une autre entreprise de la zone d'activité ou du territoire) (Erkman, 1998 ; Decouzon et
al ., 2015).
Depuis le milieu des années 2000, la communauté française autour l'EI s'est intéressée à la
dimension territoriale de l’EI et ses conséquences sur le développement territorial (Brullot,
2009; Decouzon et Maillefert, 2013 ; Buclet, 2017) à partir d'une interrogation initiale sur
l'action collective associée aux démarches d'écologie industrielle et territoriale ; on parle alors
plus d’EI, mais d’EIT (écologie industrielle et territoriale) (Khattabi et Maillefert, 2017).
Cette adjonction du terme « territorial » signifie et fait allusion à l’idée que l’EI, proprement
parlant, ne peut être significative que si elle est prise et appliquée dans un perspectif liant
acteurs et action locale (Mirata, 2005 ; Korhonen, 2001 ; Buclet, 2011). Cette communauté
francophone considère que les démarches d’écologie industrielle et territoriale (DEIT) sont
structurées autour de projets territoriaux, d’actions et d’intérêts collectifs, qui nécessitent
d’être contextualisés (Brullot et al 2014).
Ces DEIT peuvent être à l’origine ou encore reposent sur des projets d’innovations
technologiques, organisationnelles, institutionnelles, sociales et environnementales considérés
comme projets de territoire reflétant ou considérés comme des innovations territoriales (
Hakmi et Zaoual, 2008).
Ainsi, les DEIT considérées globalement comme projets innovants complexes construisent
par le territoire et pour le territoire, sont mis en œuvre pour instaurer des systèmes industriels
qui se veulent plus performants, plus propres, et plus « vertueux ». Pour s’inscrire dans la
territorialité, les actions d’EI doivent associer la dimension écologique à la question de
l’innovation (Depret et Hamdouch, 2009 ; Picard et Tanguy, 2017). En effet, cette innovation
réside aussi dans le fait de créer de nouvelles activités à caractère écologique (valorisation ou
réutilisation d’une ressource comme les déchets par exemple) ; ce qui nécessite de nouvelles
technologies et de nouveaux procédés de fabrication (Schumpeter, 1942 ; Paulré, 2016).
Schumpeter explique que les changements et les cycles économiques dont cette mutation
socio-économique et environnementale actuelle fait partie, sont dus en partie à la succession
des innovations (Deblock, 2012). Pour lui l’innovation est définie comme « les nouveaux
objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transports, les nouveaux
marchés, les nouveaux types d’organisation industrielle » (Schumpeter, 1979 p116)
41
Les stratégies d’EI déployées dans des territoires, apparaissent comme des innovations socio-
économiques spatiales potentiellement à l’origine de nouveaux modèles de développement,
comme le montre la littérature sur les nouveaux modèles économiques (Maillefert et Robert,
2020 ; Maillefert et Robert, 2017). Ce nouveau contexte rejoint l’idée de Schumpeter, que la
volonté écologique du système industriel (Erkman, 2004) est elle-même une innovation en
tant que telle favorisant de nouveaux types d’innovation environnementale, technologique,
organisationnelle, sociale ou territoriale. Autour de cette réflexion, de nouvelles idées
apparaissent refondant le modèle interne de l’entreprise (Dauchy, 2018), les relations de
synergies inter-entreprise souvent dans des territoires restreints (zone d’activité), ainsi que le
modèle entreprise/territoire (Asselineau et Gromarias, 2010 ) ou encore le modèle de
développement territorial d’une manière générale (Torre, 2015). Concernant le modèle interne
de l’entreprise, les pratiques écologiques adoptées génèrent des innovations de tous types et
orientent les entreprises vers une responsabilité sociale et sociétale (RSE) (Benneveux et
Saulquin, 2009) ; cela introduit un changement radical de l’environnement interne des unités
productives. Quant aux relations inter entreprises, elles sont structurées par les relations
synergiques de substitution ou de mutualisation de ressources (ex : réexploitation d'un résidu
industriel dangereux issu du processus de production d'une entreprise par une autre entreprise
du territoire) (Erkman, 1998). Ces liens permettent de consolider des réseaux d’entreprise et
de maintenir le tissu productif antérieurement construit. Le déploiement de ces expériences
territoriales innovantes permet l’évolution de la relation entreprise/territoire. Des activités
nouvelles émergent qui s’inscrivent dans les attendu de la durabilité territoriale (Laganier et
al, 2012 ; Maillefert et Robert, 2017).
La mise en commun des dimensions d’EIT et des dimensions de créativité et d’innovation est
d’une importance cruciale pour les territoires qui cherchent et qui souhaitent renouveler leur
tissu productif et surtout leur système industriel. Autrement dit, cette cohabitation entre
innovations et DEIT devrait permettre aux entreprises d’assurer la durabilité de leurs activités
et surtout de les ancrer, et de se prémunir contre des stratégies de délocalisation décidées
parfois à d’autres échelles (Bernhard Michel, 2016).
La question de l’ancrage territorial est d’actualité dans les territoires industriels historiques,
tel que le territoire de la Vallée de la chimie à Lyon, et rentre pleinement dans les enjeux
cadre du développement territorial. La relation ancrage/développement territorial est une
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relation réciprocitaire ; l’ancrage impacte le développement, et le développement impacte le
degré d’ancrage.
Les stratégies d’EIT peuvent prendre plusieurs directions : elles peuvent être considérée
comme une stratégie opportuniste d’ancrage (tirer parti de gains économiques par des acteurs
d'entreprise et donc assurer la pérennité de leurs activités), une stratégie réactive (répondre à
un enjeu territorial précis comme la rareté d'une ressource et impliquer un panel d'acteurs plus
large et une logique d'action autour d'une conception de l'intérêt commun) ou proactive (voir
la mise en œuvre de synergies comme le résultat d'un projet pensé en amont par des acteurs
territoriaux pluriels et motivés par la construction ex ante d'un projet de développement
territorial) (Maillefert et Schalchli, 2012). Ces configurations se déterminent en fonction de
diverses variables qui caractérisent les liens entre les objectifs de l'action collective,
l’initiative écologique (EIT), le développement et l’ancrage des territoires (Maillefert et
Schalchli, 2012, Zimmerman, 2005). Autour de cette analyse, les entreprises comme acteurs
moteurs, qui portent et mettent en œuvre les DEIT, souvent variées, et considérées d’intérêt
commun (au sens où les entreprises sont capables de porter un projet pour le territoire et non
plus seulement avec le territoire), répondant à une demande territoriale de contribution au
développement territorial (Decouzon et Maillefert, 2013 ; Maillefert et Robert, 2020).
Cette dimension collective des actions territoriales (cherchant la durabilité) est tirée par les
politiques publiques récentes en France autour de la thématique de la transition énergétique et
des territoires à énergie positive pour la croissance verte. Les DEIT deviennent ainsi de plus
en plus des projets d’ancrage et de développement territorial et, en ce sens, les attendus des
DEIT rejoignent ceux de l’innovation et des clusters (berceau d’innovation), qui ont été par
ailleurs bien identifiés (Porter, 1998 ; Depret et Hamdouch, 2009 ; Khattabi, 2012). Le fait
d’aborder la notion d’EIT ou des DEIT, fait implicitement allusion à un développement et un
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ancrage à finalité durable ; on parle alors de DTD (Hirczak et al, 2003). Cette question
d’hybridation des objectifs de développement est aujourd’hui au cœur de plusieurs travaux,
d’ordre théorique, conceptuel et empirique. Alors le DTD est le fait de combiner les
impératifs économiques du développement avec les dimensions sociales et environnementales
qu’il implique. On peut alors définir le DTD comme suit :
Notons que ancrage et développement territorial vont de pair, surtout dans les pays
industrialisés (Figuière et Guilhot, 2015), qui cherchent à retenir et à se protéger contre les
départs d’entreprises et les délocalisations industrielles (problème de friches industrielles,
chômage, création de richesse, compétences/savoir-faire, indépendance …). Ainsi, cet
ancrage recherché doit s’inscrire dans la durabilité pour renouveler et réinventer le modèle
productif et le territoire (Amella, et al, 2019). Ce dernier devient pérenne et durable, et
surtout, il peut ainsi entrer dans la course à l’attractivité des cleantech et des greens business
(Musson, 2015). Ainsi, nous proposons dans ce texte la définition suivante de l’ancrage
territorial :
« L’ancrage territorial est l’aptitude d’un territoire à se protéger et à sauver son tissu
productif des délocalisations, à favoriser le succès et la réussite de ses activités économiques
et à stimuler la création d’une valeur territoriale durable (en valorisant le savoir-faire local,
les compétences locales et l’emploi locaux …) par l’hybridation de l’action des différents
partenaires du territoire, y compris les usagers et les habitants»
Cette conception territoriale se veut comme une stratégie de rupture permettant de faire face à
la dégradation, au déclin ou à la dévalorisation des territoires industriels (Tiano, 2010)
marqués par des rejets polluants et par des émissions de GES, et donc par la non acceptation
sociale par les populations des zones concernées (Batelier, 2016). Ainsi, les acteurs
territoriaux dans leur pluralité ont tracé une nouvelle feuille de route en intégrant des DEIT
transformant les modèles économiques et industriels en les verdissant ; cela a pour
conséquence l’amélioration de l’insertion sociale du tissu productif et encourage son
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encastrement et son développement (Reix, 2008). Cette dynamique industrielle et territoriale
favorisée par des démarches écologiques propre à chaque territoire peut être à l’origine d’un
marketing territorial augmentant et améliorant son degré d’attractivité et d’implantation des
entreprises cleantech cherchant des territoires vertueux stimulant leur activité (Cardebat et
Uzinidis, 2012). Nous faisons l’hypothèse que l’ancrage territorial et l’attractivité quand ils
sont pensés dans le contexte de l’écologie, et de la durabilité, se renforcent mutuellement ;
autrement-dit, quand on parle d’ancrage d’entreprises, cela signifie que des conditions
d’épanouissement, d’investissement et de croissance sont réunies ; ce qui peut impacter le
volume d’activité, le niveau d’emploi et la création de richesse. Implicitement, on parle du
processus de développement des territoires et de leur attractivité (Torre, 2015 ; Lamarche,
2003).
L’importance et l’articulation des concepts abordés dans cette partie théorique trouve un sens
empirique riche dans l’évolution des expériences vécues en France, en particulier dans la
Vallée de la chimie au Sud de Lyon.
La Vallée de la Chimie, anciennement couloir industriel, est devenue depuis une dizaine
d’années une des figures emblématiques de la volonté de maintenir l’ancrage industriel d’un
territoire.
Le choix de ce terrain d’étude se justifie du fait que la vallée de la chimie de Lyon est
caractérisée par une concentration importante d’entreprises spécialisées dans la chimie
classées Seveso1. Placée au 2ème rang en France après l’Ile de France en terme d’emplois, La
Région lyonnaise reste très industrielle. La vallée de la Chimie est considérée comme une
plateforme industrielle intégrée qui constitue un modèle emblématique de déploiement
d’activités industrielles. Cet espace géographique est aussi considéré comme « un projet de
territoire », piloté par le Grand Lyon en partenariat avec un nombre élevé d’acteurs. Le projet
a comme objectif de renouveler, redynamiser et entretenir le tissu productif local. C’est un
1
Les sites ou les activités industrielles présentant des risques d’accidents majeurs
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espace emblématique pour étudier les questions d’écologie et d’environnement liées aux
industries chimiques.
Ce projet sur la vallée de la chimie à Lyon peut être comparé à d'autres projets d'envergure
comme la réhabilitation du quartier industriel de Gerland et le quartier carré de Soie à Vaulx
en Velin. Il fait donc partie de la famille des grands projets urbains, qui visent à réencastrer
l'activité industrielle dans le territoire, suite à une mutation structurelle des activités. Il se situe
également dans un contexte de mutation institutionnelle importante à l'échelle nationale (loi
MAPTAM) et de réforme territoriale, qui confère de nouvelles compétences aux Régions et
aux Métropoles et reconfigure les relations entre les échelons institutionnels. En même temps,
le contexte national français a mis à l'agenda la question de la revitalisation industrielle avec
un ministère du redressement productif, puis à travers la mise en place de divers financements
à destination des entreprises (Crédit impôt compétitivité-emploi ou CICE, et l’appui de projets
liés à la transition énergétique).
La vallée de la Chimie est typique d'un territoire industriel majeur, mais qui se sent de plus en
plus fragilisé, et qui cherche à transformer son modèle productif pour, à la fois, se dégager
d'un modèle antérieur trop dépendant au pétrole et à ses dérivés, et asseoir son ancrage
territorial autant du point de vue de la pérennisation des activités, de la réinvention du tissu
industriel et de l'acceptabilité sociale des entreprises par le territoire et par les populations
locales. Si la transformation d’anciens quartiers industriels en zones d’habitation comme dans
le cas du quartier Confluence ne constitue pas une menace proche pour la zone, le foncier
n’étant pas rare et la zone se trouvant en périmètre spécifique, il n’en reste pas moins que les
industriels et les acteurs publics souhaitent conserver les compétences acquises autour de
spécialités reconnues de la zone dans les secteurs de ’énergie, la chimie et l’environnement.
Ces spécialités doivent être consolidées par un appui fort sur des technologies et dispositifs
compatibles avec les contraintes environnementales.
Un des leviers est l'appui sur l'EI, bien en phase avec le type de territoire (où existe depuis
2005 le pôle de compétitivité Axelera spécialisé en chimie-environnement). La culture
commune autour de l'innovation technologique et puis territoriale existe (avec par exemple
une force de frappe de 3000 chercheurs regroupés dans 6 centres de R&D).
46
Le projet "mission Vallée de la Chimie", porté par le Grand Lyon et 30 partenaires
emblématiques (cf. appel dit des 30), débuté en 2014 (puis relancé en 2016 et 2018) répond à
des problématiques d'entreprises et de territoires qui sont souvent partagées par des territoires
anciennement industriels : un enjeu industriel (pérennisation des entreprises), l'existence de
friches (départ d'acteurs majeurs) plus ou moins lourdement polluées et de foncier disponible
(zones à requalifier ou à aménager), entrainant un besoin de requalification du territoire,
marqué par l'industrie et ses externalités négatives (déclin de l'emploi, pollutions, image
dégradée de ce territoire). En général, l’objectif était d’inciter les entreprises de la chimie, de
l’environnement et des énergies renouvelables à se réencastrer et à venir s’installer sur le
foncier délaissé ou encore disponible, afin de réorienter l’activité industrielle vers plus de
verdissement. A ces enjeux économiques et sociaux viennent s'ajouter des enjeux
d'aménagement plus transversaux : des enjeux de mobilité et de désenclavement des zones
urbaines à proximité, en lien avec les problématiques d’amélioration du cadre de vie pour les
habitants (notamment l'accès au Rhône et à ses berges).
2. Méthodologie de recherche
Cette étude de cas autour de la Vallée de la Chimie interroge l’aptitude de l’EIT et des formes
d’innovations induites (et leur articulation) à générer plus d’ancrage et de développement
territoriale (durable). Il fait suite à d’autres travaux sur l’EI, l’innovation, le développement
territorial et les clusters menés en France, en région lyonnaise (Khattabi 2012, 2018) ou au
Maroc, région de Casablanca (Khattabi, 2018, 2021). Il reprend en partie la méthodologie de
type qualitatif de ces travaux (Erickson, 1986). La collecte d’information repose
essentiellement sur la méthode de collecte des données dites « passives » se basant sur l’étude
des rapports d’activité des acteurs et des partenaires du Grand-Lyon dans le cadre de
« territoire projet », les articles de presses, les entretiens réalisés par des industriels et des élus
de la Métropole avec les journalistes, les documents et les ouvrages étudiant la vallée de la
chimie et les sites internet dédiés, tel que le site de la vallée de la chimie 2. Ainsi, une partie
des données collectées s’est basée sur une approche méthodologique appelée « technique
d’observation numérique ». Par ailleurs, ce processus d’investigation nous a permis de
collecter des informations diverses en lien direct ou indirect avec notre problématique. A
partir de ces données qualitatives recueillies concernant les caractéristiques locales de l’EIT,
2
[Link]
47
les innovations générées, l’ancrage et le développement de la vallée de la chimie etc, nous
avons procédé à une analyse de contenu. Cette dernière permet dans un premier temps, de
commencer par une retranscription, une pré-analyse et une organisation des données
recueillies sous forme de texte englobant l’ensemble des informations liées à EIT, aux
innovations locales, au secteur de la chimie, de l’environnement et aux stratégies de
développement territorial... Ceci a nécessité des lectures approfondies de documents et la
réalisation d’une analyse textuelle ou lexicale et linguistique.
Cette répartition par thème nous permet de proposer trois hypothèses ou propositions comme
bases de réflexion pour approfondir la problématique de départ et de lier les concepts de base
formant le modèle d’analyse :
P1 : L’ancrage et le DTD sont impactés par L’EIT sans faire appel aux innovations
P2 : L’ancrage et le DTD sont impactés par l’innovation sans faire appel à l’EIT
En conséquence, notre esquisse de modèle d’analyse peut être présentée comme suit :
48
Figure 1 : Modèle d’analyse
L’impact de l’EIT P1
1
(ou DEIT)
Ancrage et Développement
L’impact des innovations P2
territorial durable
(De tous types : qualifiés de territoriales)
Suivant ce modèle d’analyse et des entretiens étudiés, nous avons analysé les verbatims des
interviews réalisées par des acteurs locaux (industriels, élus, universitaires …), qui ont abordé
le sujet en question avec les journalistes et les personnes intéressées par le fonctionnement,
l’évolution et les activités de la vallée de la chimie.
Nous avons cherché également à comprendre la place et le rôle de l’EIT dans la vallée de la
chimie, et son aptitude à renouveler le territoire et à réencastrer l’industrie, en se basant sur
des processus d’innovations territoriales. Autrement-dit, le but est d’analyser, à travers le jeu
d’acteurs (entreprises en particulier), la contribution de la conjugaison des DEIT et des
innovations, à l’ancrage, à l’attractivité et au développement de la vallée de la chimie de
Lyon.
C’est ce qu’on va voir dans la partie suivante, relative à la restitution des résultats de
recherche obtenus.
Les premières analyses nous permettent de déduire les résultats des entretiens réalisés par la
presse régionale ou nationale avec les acteurs de la vallée et de faire une synthèse des
principales conclusions dégagées de ces interviews et de la documentation et des rapports
dédiés à cette zone d’activité.
49
1. Les témoignages de quelques acteurs clés de la Vallée de la chimie
Tout d’abord, selon les dires d’acteurs, le développement de la vallée de la chimie est
dépendant du développement et de la mise en œuvre des projets d’EI sur le territoire lyonnais,
rassemblés dans la charte. Ce développement via les principes d’EIT a comme objectif de
renforcer la compétitivité des entreprises, leur capacité d’innovation et de renouvellement du
paysage industriel « qu’une charte de partenariat qui fixe de grands objectifs de
développement pour la zone, comme notamment des projets d’EI qui vise à valoriser les
énergies fatales ou à développer les énergies renouvelables, la valorisation des friches
industrielles, le développement d’une offre immobilière pour les start-up dans le domaine
cleantech ; tous ces projets visent à renforcer la compétitivité des entreprises pour les
inciter à conserver durablement leurs implantations et à continuer à investir dans leurs
outils industriel. Un autre objectif est l’amélioration de l’attractivité du territoire pour
l’accueil de nouveaux entrants ». (chef de projet industrie pour la mission Vallée de la
chimie).
50
réseau d’acteurs ancien. La présence d’Arkema, de Rhodia, de Total et bien d’autres donne
des signes d’un possible changement de comportement à l’égard des déchets, en faveur d’une
stratégie collective comme a annoncé le co-fondateur de PolyLoop « Mais je sais que les
choses peuvent changer quand on s’y met à plusieurs ».
Cette optique relationnelle est confortée ; comme le montre le directeur des projets industriels
chez Symbio qui mobilise le vocabulaire écosystémique : «Ici, le savoir-faire, les outils de
production, les transports ou la consommation nous permettent de faire émerger un
véritable écosystème ». Parallèlement, le choix d’attirer et de développer de nouvelles filières
vertueuses propulse et stimule l’innovation et le changement (en quelque sorte elle permet la
réinvention de l’entreprise et du territoire) ; ce qui a été indiqué par le directeur du site Kem-
One (crée en 2012) : « Ces changements impliquent plus d’exigence en interne. Mais c’est
une opportunité pour nous ». Les logiques d’EI et d’économie circulaire appliquées à la
vallée de la chimie sont porteuses d’une dynamique vertueuse par le développement d’un
maillage d’acteurs visant à transformer les fragilités territoriales en force pour assurer plus
d’ancrage, d’attractivité et de développement territorial, surtout lorsqu’elles sont conjuguées
avec des démarches d’innovation locales.
51
Le croisement entre les problématiques d'EIT et celles innovations trouve un sens
particulièrement intéressant dans le cas de la vallée de la Chimie au Sud de Lyon. Ce territoire
est l'occasion de croiser notre hypothèse avec des pratiques innovantes assez originales. En
effet, des pratiques traditionnellement très fortement liées à une culture industrielle et une
culture d'innovation technique formée sur le territoire sont en train de se transformer assez
structurellement en devenant progressivement des pratiques tournées vers une culture, certes
industrielle, mais de plus en plus ancrée autour d’acteurs hybrides et pluriels (y compris par
exemple les résidents), pour en quelque sorte réinventer les problématiques d’ancrage et de
développement du territoire.
Le cas lyonnais est assez spécifique du point de vue industriel. Contrairement au cas
dunkerquois, territoire emblématique du développement de l’EI en France, les industriels de
la vallée de la Chimie n'ont pas ressenti l'urgence d'une menace fondamentale sur leur
spécialisation et leur position industrielle. Même si l'activité a connu un ralentissement
important depuis les années 1980, avec des reconfigurations et des pertes d'emploi, le cœur de
métier n'a pas semblé menacé comme dans le cas dunkerquois, dans la mesure où, sans doute,
des relais d'innovation technique autour du secteur pétrochimique ont contribué à maintenir le
rang des groupes implantés. Malgré tout, l'enjeu de la sortie du tout pétrole (raffinage, chimie
verte) devient plus pressant (par exemple autour de la question de la raffinerie). Le déclin de
l'emploi, la perte du savoir-faire industriel local et la nécessité de réancrer l'activité dans le
territoire implique un besoin de renouvellement du modèle entreprise-territoire, tel qu'il avait
été institué. L'EIT considérée comme outil de changement du modèle de l’entreprise (interne
et externe), est devenu un vecteur d’innovation territoriale, proposant des leviers de mutation
de ce modèle à travers la construction de l'action collective territorialisée. C’est le cas de
certaines innovations autour des réseaux de chaleur renouvelable. Ce sont à la fois des
innovations techniques (nouvelles techniques de récupération de chaleur), des innovations de
ressources (la chaleur des usines est transformée en énergie locale), des innovations sociales
(elle tissent des nouvelles relations entre industrie et riverains et facilitent la co-habitation),
des innovations institutionnelles (elles facilitent l’implantation de nouveaux programmes de
cleantech). Ce sont donc des innovations territoriales dans son acceptation la plus large, non
pas nécessairement par la nouveauté des procédés (la récupération de chaleur est une
technique ancienne en ville), mais par la multifonctionnalité urbaine proposée par cette
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technologie. L’EIT et l’innovation sont considérés comme deux concepts articulés portés par
les acteurs locaux pour une revitalisation des friches et de l’immobilier, un redressement
industriel vert et pour protéger l’emploi local et le savoir-faire local. C’est donc davantage
dans la volonté d’un lien renouvelé avec le territoire que l’innovation est originale : il ne
s’agit pas essentiellement d’une innovation technique et cette dernière peut être considérée
comme du premier type, avec une dimension territoriale marquée. Il s’agit donc d’un cas de
relation d’articulation et de réciprocité EIT/Innovation à fort impact sur le territoire.
Les entreprises ont acquis des habitudes d'innovation propres au secteur (chimie) par
l’adoption d’une vision d’EIT et du travail collaboratif autour de la mutualisation
d'équipements technologiques, d'innovation et de partage d'expérience.
Dans un tel contexte, le modèle des liens entre EI et innovation est particulièrement novateur.
Il s'appuie sur deux leviers :
- Des leviers "classiques" autour de la recherche de mutualisations entre industriels sur des
thèmes habituels : utilités, gardiennage, réemploi de bâtiments surdimensionnés (restaurant
d'entreprises), donc mutualisation de services comme observé sur de nombreuses zones
d'activité du même type.
- Des leviers innovants autour de la problématique du foncier, qui est, on le sait, un des enjeux
majeurs de l’aménagement industriel. Il existe sur ce territoire un périmètre important de
foncier dit libérable (par exemple par le départ d’une entreprise où le souhait d’une autre de
réduire son emprise foncière ou de rentabiliser du foncier inutilisé) et cette situation fait
l'objet d'une réponse co-construite par les acteurs (entreprises, propriétaires fonciers, acteurs
publics et promoteurs immobiliers). Ainsi, les différents acteurs ont initié une démarche
spécifique de mise en commun des terrains ou partie de terrains (inoccupés ou occupés
partiellement). Cette politique, pilotée par un partenariat entre le Grand Lyon et diverses
entreprises et institutions du territoire vise, d'une part à favoriser la réinstallation d'entreprises
sur du foncier non utilisé par des entreprises existantes, avec un cahier des charges incitant
aux mutualisations (le levier attendu étant principalement économique) et au maintien de la
spécialisation de la zone. D'autre part, un cahier des charges plus contraignant pour
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l'installation de start up sur une zone spécifique (village PMI clean tech) a été proposé, on
parle d’une attractivité verte. Il demande aux entreprises de mutualiser dès l'installation des
équipements communs, et de développer des formes de collaboration et de partage. Le pari est
que la culture de l'innovation déjà existante chez les start up et familiarisé par les pôles de
compétitivité sur place (Axelera en particulier) favorisera les mutualisations, le travail
collaboratif dans le futur et renforcera le potentiel d’innovation de la zone.
L'EIT est ainsi vue non pas comme un levier direct de développement de synergies inter-
entreprises, mais plutôt comme un levier d'innovation technologique, environnementale,
organisationnelle voire institutionnelle sur le territoire, permettant progressivement de mettre
en place des réseaux autour d'une culture de mutualisation de biens qui sont considérés
comme des biens d'usage commun sur le territoire (une forme de « communs » donc, au sens
d’Ostrom).
En même temps, les projets d'EI sont des leviers pour le développement d'innovations
territoriales destinées aux habitants ou aux riverains. Ces innovations permettront de
développer un partage d'aménités territoriales sous forme de mise en place de services comme
des réseaux de récupération de chaleur entre les entreprises de la zone et les territoires
existants. Ces réseaux de chaleur, outre leur fonction technique, et éventuellement sociale
(réduire la facture énergétique des habitants, fournir de l'énergie en diminuant l'impact local
en terme de gaz à effet de serre) déjà partiellement existants, sont destinés à mieux ancrer les
entreprises dans le territoire et améliorer l'acceptabilité sociale des entreprises déjà existantes,
tout en favorisant leur ancrage économique par les gains associés à la vente de la chaleur
résiduelle. En complément, des actions de requalification environnementale visent à modifier
l’image de la zone ; actions qui vont dans le sens d’un développement durable du territoire.
Ces actions intègrent également des initiatives plus originales comme des actions de
marketing territorial visant par exemple à décorer des objets industriels visibles de
l’autoroute, comme cela a été fait pour les réservoirs pétroliers.
L'EIT apparaît donc ici un levier pour conforter les relations et les synergies inter-entreprises ,
permettant de réaliser des gains économiques et (ré)ancrer le système industriel dans le
territoire, tout en produisant une nouvelle richesse à partir de la captation/réalisation
d'externalités sur le territoire : la richesse visée est essentiellement économique, mais elle
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s’accompagne d’actions plus ouvertes sur le territoire, visant à faire participer des acteurs non
directement productifs, au développement du territoire, dans la zone d’activités. De ce fait, la
co-construction du projet autour des différents acteurs permet d'initier des projets novateurs
de développement territorial autour d'un projet mixte associant production industrielle, EIT et
milieu urbain. Ce projet n'est pas conçu comme un projet de redistribution de richesse vers
des espaces délaissés (comme dans les travaux de L Davezies, 2012), mais comme la co-
construction d'une nouvelle richesse territoriale, par et pour le territoire (Maillefert et Robert,
2016).
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CONCLUSION
Ce modèle vient également se placer comme solution éventuelle aux risques industriels et
technologiques accompagnant les activités en place mettant en danger la santé des riverains,
la qualité de vie et de l’environnement en général. Ainsi, le recours, l’adoption et l’intégration
de l’EIT et des démarches d’innovation dans l’écosystème industriel de la vallée de la chimie
est une stratégie ambitieuse permettant de sauver le modèle d’entreprise, le savoir-faire, les
compétences locales, le marché de l’emploi et diminue la dépendance par rapport aux autres
territoires (en terme de produits, de technologies, de savoir et d’emplois …).Autrement-dit, la
cohabitation des dimensions d’EI (comme cas d’innovation territoriale) de la vallée avec les
différentes formes d’innovations techniques, organisationnelles, environnementales et
institutionnelles …(inspirées et en relation des démarches d’EIT) est considérée comme
source de durabilité et de réinvention de l’activité industrielle territoriale, d’attractivité des
entreprises cleantech, réinstaurant et concrétisant un modèle de développement souhaité et
recherché vert et durable.
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