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Columbia University
in the City of New York
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COLUMBIA
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LIBRARY
DICTIONNAIRE INDUSTRIEL
A L'USAGE
DE TOUT LE MONDE
Nous nous réservons le droit de traduire ou de faire traduire cet
ouvrage entotites langues. Nous poursuivrons conformément à la loi
et en vertu des traités internationaux toute contrefaçon ou traduction
faite au mépris de nos droits.:
Le dépôt légal de cet ouvrage a été fait en temps utile, et toutes les
formalités presorites par les traités sont remplies dans les divers États
avec lesquels il existe des conventions littéraires.
Tout exemplaire du présent ouvrage qui ne porterait pas , comme ci-
dessous , notre griffe, sera réputé contrefait, et les fabricants et les
débitants de ces exemplaires seront poursuivis conformément à la loi .
SOMMAIRE ABRÉGÉ
Agriculture . Arboriculture . - Animaux domestiques .
Arts et Métiers . Arts industriels . Chemins de fer .
Chimie industrielle . Conservation des substances alimentaires .
Constructions civiles . - Economie industrielle et domestique . - Engrais .
Géologie . - Histoire naturelle. Hygiène . Jardinage .
Machines à vapeur . - Machines agricoles , - Mines,
Minéralogie. - Métallurgie . Physique,
Sondages.
Le Dictionnaire industriel se compose de 4 volumes
gr. in- 18, renfermant ensemble 3,200 pages et 1,225 figures .
Prix : 40 francs . Broché, relié toile , 44 francs . 1/2 reliure
chagrin , 50 francs .
TECHNOLOGIE GÉNÉRALEA
DICTIONNAIRE INDUSTRIEL A L'USAGE DE
TOUT LE MONDE
SCIENCES , ARTS ET MÉTIERS
MANUFACTURES, MINES , AGRICULTURE , CONNAISSANCES GÉNÉRALES
DESCRIPTION DES
NOMBREUX PROCÉDÉS DE L'INDUSTRIE MODERNE
Avec la traduction anglaise et allemande des mots techniques et usuels
PAR
M. EUGÈNE LACROIX
Ancien Officier d'Infanterie de Marine, Chevalier de la Légion d'honneur.
Ingénieur civil, Membre de l'Institut royal des ingénieurs de Hollande, de la Société royale
des Ingénieurs de Hongrie, de la Société industrielle de Mulhouse, etc.
CINQUIÈME ÉDITION
OUVRAGE ADOPTÉ PAR MM. LES MINISTRES DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
DE LA GUERRE ET DE LA MARINE
POUR LES BIBLIOTHÈQUES COMMUNALES, CELLES DES GARNISONS DE Ire CLASSE
ET CELLES DES PORTS MILITAIRES
TOME QUATRIÈME
SAINT- DENIS PRÈS PARIS
EUGÈNE LACROIX , AUTEUR-ÉDITEUR
3 , COURS CHABROL
)
1892
Tous droits réservés
ЛИІЛЕВЕЦА
AISMLIOS
PRÉFACE
La forme de Dictionnaire est celle qui convient le mieux à un
ravail qui doit renfermer les connaissances les plus complexes ol
raitant de toutes les branches de l'activité humaine ; c'est aussi la
forme qui se prête le mieux aux recherches. Aussi est-ce celle
que nous avons adoptée pour cet ouvrage.
Un grand nombre de procédés industriels nouvellement décou-
verts, des inventions récentes, des recettes économiques , d'autres
inventions ou recettes qui, quoique connues précédemment, n'ont pas
encore été détrônées par la science nouvelle ; toutes ces richesses
scientifiques ayant fait l'objet des ouvrages publiés par nous dans
ces dernières années : la Bibliothèque des sciences industrielles et
agricoles, la Nouvelle Technologie des Arts et Métiers , Ire et 2e par.
ties , de nombreuses monographies sur tous les sujets : Mécanique,
Machines à vapeur, Électricité, Marine, Construction, Agricul-
ture, etc. , toutes ces publications , disons-nous, nous ont mis à
même de disposer de nombreux documents qui constituent les prin-
cipaux éléments de notre Dictionnaire industriel .
Qu'est-ce, le plus ordinairement, qu'un Dictionnaire technique ou
encyclopédique ? Une nouvelle impression ou compilation de livres
plus ou moins anciens, tombés dans le domaine public. Mais tel n'est
pas notre cas de nombreux auteurs ont collaboré à ce livre, cha-
cun pour sa spécialité , et c'est dans notre propre fonds que nous
avons puisé tous nos documents, c'est-à-dire dans les publications
récentes dont nous parlons plus haut ; de plus, un grand nombre
parmi les principaux articles ont été rédigés spécialement pour le
Dictionnaire industriel.
Notre rôle principal, à titre de Directeur et d'Éditeur, a été de
nous occuper du choix des questions à traiter, d'amalgamer toutes
les copies, de les relier entre elles, et de les coordonner de façon à
éviter les redites et les longueurs.
Réunir en un travail bien condensé tous ces matériaux épars,
c'est-à-dire en prendre la quintessence, et rester à la portée de tout
le monde, tel a été le but que nous nous sommes proposé.
La variété des matières, le choix à en faire et la question de sa-
voir quelles étaient celles qui méritaient plus ou moins de dévelop-
pements, sont choses qui nous ont parfois embarrassé ; nous avons
tâché d'éviter cet écueil sans être cependant certain d'y avoir tou-
jours réussi . Toutefois, nous nous sommes particulièrement attaché
à éliminer soigneusement toutes les parties purement théoriques ,
pour ne nous occuper que du côté pratique de chaque question
traitée.
Nous nous sommes attaché, en outre, en compulsant toutes les
revues étrangères, à en extraire les renseignements techniques, les
241808
II PRÉFACE.
termajestiesprocédés économiqueslesplus nouvellementconsa-
crésparla scienceet l'expérience.
•Nous n'avons pas eu ici l'intention de rédiger un livre pour les
[Link] pour les ingénieurs des hauts grades. Cependant sa
et fait, en quelque sorte, un aide-mémoire où beaucoup d'en-
forme en
tre eux retrouveront des enseignements de toutes sortes souvent
oubliés .
Le Dictionnaire industriel sera surtout utile et indispensable aux
personnes qui , éloignées des grands centres , n'ont pas à leurdispo-
sition les bibliothèques publiques. Les propriétaires terriens, les
fermiers, les habitants des campagnes, ceux des villes et des bourgs ,
ainsi que les artisans de toutes professions, y trouveront une source
de nombreux conseils relatifs à leurs métiers et à tous les besoins
de la vie pratique.
Aussi trouvera-t-il sa place aussi bien dans les bibliothèques par-
ticulières que dans les bibliothèques publiques, et dans celles des
collègeset maisons d'éducation de tous ordres .
Déjà notre Dictionnaire a été adopté par M. le Ministre de l'Ins-
truction publique pour les Bibliothèques communales; par la Com-
mission d'examen des livres au Ministère de la Guerre, pour les
Bibliothèques des garnisons de tre classe ; et par [Link] Ministre de
la marine, pour les Bibliothèques des ports militaires.
Notre Dictionnaire ayant victorieusement subi l'examen de ces
Commissions, nous sommes fondé à avancer que nous avons fait
œuvre utile en publiant cet ouvrage, auquel nous avons consacré
plusieurs années d'études et de recherches .
Souvent de longues descriptions resteraient ennuyeuses et fati-
gantes sans le secours de gravures ; aussi n'avons-nous pas négligé
ce moyen, propre à rendre la lecture de notre ouvrage agréable,
et à eu faciliter la compréhension .
[Link] figures dont nous avons enrichi notre texte ne sont pas des
images banales faites pour flatter les yeux, mais des dessins ins-
tructifs et parfaitement exécutés.
Enfin ceite encyclopédie n'est pas ce que l'on est convenu d'ap-
peler aujourd'hui de la science vulgarisée sous forme de petits ro-
mans richement illustrés, c'est de la science vulgarisée véritable et
réellement pratique, quoique dégagée de tous les calculs abstraits
et de toutes les démonstrations trop théoriques ; c'est un travail
mis à la portée de tout le monde, comme nous l'avons déjà dit, et
qui peut être lu et consulté avec fruit par toutes les personnes dési-
reuses de s'instruire .
Afin de ne pas fatiguer plus longtemps le lecteur, nous terminons
cet avertissement en l'engageant à parcourir la table générale des
matières (1 ) , c'est toujours le meilleur moyen d'apprécier la valeur
d'un livre
(1) La table générale des matières contenues dans les quatre volumes est
envoyée franco contre demande affranchie.
NOMS DES PRINCIPAUX REDACTEURS ...
TY
Baltet (Ch.), arboriculture. Frochot, sylviculture.:
Barbot, art industriel. Garnault, physique.
Benoit Duportail, travaux Gayot, animaux domestiques .
des chemins de fer. Gobin (A.), agriculture géné-
Belin, hydraulique. rale.
Berlioz, horlogerie. Gobin (H.), les insectes.
Berthieu (de), constructions| Grandvoinnet, génie rural.
navales .
Jaunez, céramique..
Birot, arpentage , nivelle- Jeunesse, l'imprimerie, les
ment, propriétés rurales. livres, etc.
Bona, constructions rurales. Laffineur, génie rural, irri-
Bonneville, briqueterie . gations, drainage.
Bouniceau, ciments, construc- Lerolle (L. ) histoire naturelle.
tions à la mer. Lunel (le docteur), économie
Bourgoin d'Orli, plantes exo- domestique, hygiène.
tiques. Mariot-Didieux, la basse-
Champion, industries de l'O- cour, questions de vénérie.
rient. Morandière, chemins de fer,
Chateau, corps gras indus- la voie, les signaux, etc.
triels. Noguès, minéralogie, géolo-
Clegg, fabrication du gaz. gie.
Courtois-Gérard , jardinage Ortolan, mécanique généra-
et culture maraîchère. le, machines à vapeur, etc.
Daguzan, les beaux-arts. Palaa, constructions, engins
Droux, savons , bougies et et appareils élévatoires.
chimie industrielle. Parant, tissage, filature.
Dubief, procédés industriels, Plazanet (de), hydroplastie,
liqueurs de ménage, etc. galvanoplastie.
Dufréné, industries diverses. Pouriau, physique agricole .
Du Moncel, applications de Prouteaux, papiers, cartons.
l'électricité . Rambosson, mélanges.
Fairbairn, métallurgie. Rous, art militaire.
Flamm, chauffage et venti- Sacc, chimie générale.
lation. Stammer, sucrerie et distil-
Fol et Kæppelin, chimie in- lation.
dustrielle, teinture, etc. Vigreux, machines-outils.,
Foucher de Careil, construc- moteurs hydrauliques.
tions économiques. Villain, industries diverses.
MATIÈRES TRAITÉES
CO
DANS LE DICTIONNAIRE INDUSTRIEL
1. ECONOMIE DOMESTIQUE ET MANUFACTURIÈRE : procédés
usuels, conservation des aliments, falsification, re-
cettes culinaires, fabrication des liqueurs, etc.
II. HYGIÈNE, MÉDECINE, CHIRURGIE, PHARMACIE : Recettes,
formules, plantes médicinales, etc.
III. ARBORICULTURE : Jardinage, horticulture, sylviculture,
culture maraîchère, essence des bois et leur emploi
dans l'industrie .
IV. AGRICULTURE : Engrais, amendements, prairie, génie
rural, grande et petite culture, etc.
V. ANIMAUX DOMEETIQUES : Elevage, acclimatation, ali-
mentation, domestication. hygiène.
VI . INSECTES UTILES ET NUISIBLES, ANIMAUX DE LA CHASSE
ET DE LA PÉCHE : Vers à soie, apiculture, piscicul-
ture, etc.
VII. HISTOIRE NATURELLE : Botanique, géologie, etc.
VIII. ART DE L'INGÉNIEUR ; Mines, ponts et chaussées, routes
et chemins, hydraulique, machines à vapeur.
IX. MINERALOGIE : Mines, géologie, métallurgie, son-
dage, etc.
X. ARCHITECTURE : Architecture civile et architecture
rurale, habitations des animaux, les matériaux, les
terrassements, la maçonnerie, la charpente, la serru-
rerie, la menuiserie, la peinture, etc.
XI. ARTS ET MÉTIERS : technologie, procédés de l'industrie
moderne.
XII. ART MIL TAIRE, MARINE, MATHÉMATIQUES : Navigation
maritime et fluviale, astronomie, architecture na-
vale, digues et canaux. ,
XIII . CHIMIE ET PHYSIQUE INDUSTRIELLE, ÉLECTRICITÉ :
Produits chimiques, distillation, saccharification, etc.
XIV. COMMERCE : Connaissances pratiques, technologie gé-
nérale et renseignements usuels et domestiques.
DICTIONNAIRE
INDUSTRIEL
A L'USAGE
DE TOUT LE MONDE (1)
TOME QUATRIÈME .
(DEUXIÈME VOLUME ET DERNIER DU SUPPLÉMENT)
Gabare [Angl. lighter ; Allem. Das Schlaynetz] (mar.). - Ва-
teau plat et large, d'une vaste capacité et portant un seul mat,
servant sur les rivières à transporter les cargaisons déposées dans
les ports par les gros navires et à les distribuer dans l'intérieur du
pays . On a donné ce nom, dans la marine militaire, aux barques
pontées ou non pontées et aux corvettes qui vont ravitailler un
port, une escadre, etc. - En termes de pêche, on appelle gabare
une espèce de filet que des morceaux de liège tiennent suspendu à
la surface de l'eau, et dont les mailles sont resserrées.
Gâche [Angl. Staple; (Lerr) Allem. Die Schhliesskappe] ( Serr. )-
Plaque de fer droite ou coudée d'équerre qui se fixe sur un bâti de
porte ou au chambranle et reçoit le pène d'une serrure ou d'un
verrou dans un trou disposé à cet effet ; telle est la gâche la plus
simple qu'on nomme gache d'épaisseur ou gûche d'équerre. Mais
il y en a d'autres qu'on désigne ainsi : gache encloisonnée, qui a
un palâtre et une cloison comme une serrure ; gâche à pointe, qui
a deux branches droites qu'on enfonce dans un poteau ou dans
un chambranle; gâche d'épaisseur ou à patte, gâche de sûreté,
faite en fer aplati coudé à quatre coudes, portant deux pattes
carrés percées de trous : on la fixe avec des vis sur un cham-
branle ou sur un poteau.
Galène [Angl. galena ; Allem. Der Bleiglanz] (métallurgie) . -
On donne ce nom au plomb sulfuré.
(1) Le lecteur remarquera que la pagination et le numérolage des figures
suivent l'ordre du troisième volume,
758 GALVANOPLASTIE.
Galvanoplastie [Angl. galvanoplastics ; Allem. Die Galvano-
plastik] ( Phys .) . - Nous avons déjà décrit tom. I aux pages 93
et 383, et tom. II page 741 quelques procédés de dorure et
d'argenture. Nous allons compléter cet article en renvoyant nos
lecteurs à ce qui a été dit précédemment sur cette question.
La galvanoplastie a pour objet de précipiter, par l'action d'un
courant galvanique, un métal de sa dissolution, sur un objet
donné, en couche continue mais non adhérente, de manière que
cette couche représente exactement tous les détails de l'objet a vec
toutes leurs dimensions et leurs courbures. Quelquefois la couche
doit être adhérente, mais dans ce cas on ne fait réellement pas
de la galvanoplastie ; on fait de la dorure, du cuivrage, etc. Le cou-
rant électrique que l'on emploie provient, soit d'un appareil simple,
soit d'un appareil composé. Dans un appareil simple le moule,
l'objet sur lequel doit se déposer le métal précipité, fait partie
essentiel du circuit galvanique. Dans l'appareil composé, la pile
est en dehors du bain à décomposer, et le moule est attaché au
pôle zinc ; le pôle cuivre, charbon, etc., est mis d'ailleurs en com-
munication avec lebain ; l'avantage que l'on trouve à employer un
appareil composé consiste en ce que l'on peut attacher au pôle
cuivre ce que l'on appelle un électrode soluble, c'est-à-dire une
lame du métal même, qui est en dissolution dans le bain qui entre
en dissolution dans une quantité à peu près égale à celle qui se
dépose sur le moule.
Application de la galvanoplastie dans l'imprimerie. Apprêt
du bain . Dans une cuve en bois, garnie de gutta-percha
(fig. 252) et d'une contenance de 50 litres, vous mettez environ
42 litres d'eau douce ; ensuite vous suspendez à travers la cuve
un petit panier en osier qui doit baigner dans l'eau de cinq cen-
timètres environ. Dans ce panier vous mettez, en cinq ou six fois,
et à mesure qu'il se dissout, la quantité de 15 à 20 kilogrammes
de sulfate de cuivre, puis dans le bain, un demi-litre d'acide sul-
furique. Au bout de quelques heures le sulfate de cuivre est_dis-
sous. Le bain alors doit peser 18 et 24 au pèse- acide.
Imposition. Avec une ramette à vis et des garnitures sur
deux hauteurs, vous imposez la gravure ou l'objet dont vous voulez
prendre l'empreinte, en ayant soin de bien garnir les vides avec de
la gutta-percha un peu liquide. Si c'est un sujet qui a déjà servi
à l'impression, il faut le nettoyer complétement et avec beaucoup
de soin par le sulfure de carbonne. Ensuite, à l'aide d'une brosse
disposée pour ce travail, vous plombaginez soigneusement la
gravure, et vous la laissez imposée dans sa ramette sur le marbre
de la presse.
Apprêt de la gutta-percha. Toute espèce de gutta-per-
cha peut servir, pourvu qu'elle soit épurée, en petits ou en
gros morceaux. Pour la détremper et la ramollir, vous la faites
GALVANOPLASTIE. 759
chauffer au bain-marie et dans l'eau chaude. Lorsqu'elle est
molle, vous en faites, à la main, une boule ou pelotte que vous
posez dans le moule disposé à cet usage ; puis, après l'avoir cou-
verte d'une légère feuille de zinc, dont la surface est mouillée,
vous placez le moule sous la presse, et avec une forte pression,
vous obtenez une plaque de gutta, que vous coupez à la dimension
de la gravure à l'aide d'un couteau spécial.
Prise de l'empreinte. Le morceau de gutta étant coupé
comme il est dit ci-dessus, vous le plombaginez des deux côtés
avec la brosse, afin que la matière ne colle point aux doigts :
ensuite vous le tenez au-dessus d'un petit fourneau rempli de
charbon de bois bien allumé. Dans cette position, et avec les deux
mains vous tournez en tous sens . Lorsque la gutta est devenue assez
molle pour fléchir sous les doigts, vous la posez sur la gravure,
vous posez une feuille de zinc mouillée comme il est dit plus
haut, très mince par dessus ; vous poussez le tout sous la presse
et vivement vous lui faites subir une très forte pression, que vous
laissez durant quelques minutes, pour donner à l'empreinte le
temps de se refroidir. Vous aurez eu le soin, préalablement, de
placer la ramette au milieu de la presse, afin d'obtenir une \
pression bien égale.
Apprêt de l'empreinte avant de la mettre au bain. Il
faut couper ce qu'il y a de trop autour du moule, en ayant soin
de laisser autour de l'empreinte un espace pour clouer les ba-
guettes ; ensuite vous percez deux trous en haut de l'em-
preinte pour y attacher un fil de laiton rouge recuit; ce fil sert
de conducteur pour couvrir l'empreinte du cuivre et pour l'accro-
cher à la tringle. Quand c'est une empreinte très grande, il faut
mettre plusieurs attaches ; activer le cuivrage. Après cette opération,
ayez soin de graisser le bord de l'empreinte avec du suif, pour
que le cuivre ne s'attache pas derrière le moule. Pour la tenir en
équilibre dans le bain, attachez derrière l'empreinte un petit lin-
got de plomb entouré de gutta.
Amalgame des zincs Tenez le zinc debout dans un pe-
tit vase en grès ordinaire, appelé terrine , et à l'aide d'un pin-
ceau que vous trempez dans l'amalgame composé de mercure et
d'acide sulfurique, vous donnez une légère couche en zinc. Cet
apprêt se fait chaque fois que vous mettez au bain. Quand le zinc
est neuf, il faut le nettoyer légèrement avec un peu d'acide sulfu-
rique pour que l'amalgame prenne mieux.
Apprét du diaphragme. Vous mettez un diaphragme
dans la cuve après l'avoir rempli d'eau douce très propre, 2 cen-
timètres plus bas que l'eau de la cuve ; vous y ajoutez un petit
verre d'acide sulfurique, et, lorsque l'on n'aura pas eu recours au
moyen d'amalgame indiqué ci-dessus, on se contentera de laisser
tomber dans le diaphragme trois gouttes de sel à amalgame com-
760 GALVANOPLASTIE .
posé à cet effet. Cela fait, le liquide du diaphragme doit peser
trois degrés au pèse-acide.
Apprêt des tringles en cuivre se posant sur la cuve.
Ayez toujours soin de nettoyer les tringles en cuivre et de
les tenir très propres, surtout au moment de mettre au bain.
Vous les posez sur la cuve et yous mettez votre diaphragme
poreux au milieu de cette cuve, la tringle du milieu au-dessus du
diaphragme. Après avoir amalgamé votre zinc, vous le fixez avec
une griffe mobile à vis, et vous l'accrochez à la tringle en cuivre.
Mise au bain . Vous remplissez la boîte en gutta-percha
de sulfate de cuivre, accrochée dans le bain, du côté opposé à
l'empreinte et regardant l'œil du moule. Vous prenez votre em-
preinte, et vous la plombaginez complétement du côté de l'œil
seulement. Ensuite vous prenez de l'alcool à 36 degrés , vous
en mettez dans un verre et vous le laissez tomber sur l'œil de
votre empreinte, de manière à bien humecter l'œil et également
partout,le tout au-dessus d'un vase, à seule fin de ne pas perdre
l'alcool .
Cette opération faite, vous l'accrochez à la tringle, l'œil re-
gardant la pile, qui est le vase poreux, de manière qu'elle soit
baignée entièrement sans toucher le fond du bain, et vous voyez
tout de suite fonctionner votre pile, c'est-à-dire le dépôt se pro-
duire sur l'empreinte et se couvrir au bout de quelques heures .
Si elle ne se garnit pas bien vous ajoutez deux gouttes d'alcool et
vous la replongez dans le bain. Si la pile fonctionnait mal, vous
mettriez deux gouttes d'amalgame dans le diaphragme, afin d'ac-
tiver l'action de la pile. En la stimulant de cette manière et sou-
vent, on peut obtenir une empreinte en douze heures de temps ,
mais cela devient coûteux. Pour obtenir économiquement un bel
et bon produit, très fort en cuivre, il faut de vingt à trente
heures.
Au sortir du bain. Vous présentez l'empreinte au-des-
sus d'un fourneau de charbon de bois allumé, en la retournant
avec les mains, sens dessus dessous ; aussitôt que la gutta est un
peu chaude, la coquille en cuivre se détache de la gutta.
Premiére garniture au blanc avant l'étamage Délayez une
certaine quantité de blanc d'Espagne ou de Meudon dans un peu
d'eau pour former une pâte malléable. Vous couvrez ensuite votre
coquille en remplissant complétement l'œil et les creux pour les
préserver de la filtration de la soudure.
Étamage de la coquille. Avec la poêle à soudure, qué
vous posez sur le fourneau de charbon, vous faites chauffer la
soudure à la fusion liquide ; soudure ordinaire en baguette dont
se servent les plombiers, les ferblantiers, mêlée avec moitié
plomb, etc. Vous tenez la coquille de cuivre au-dessus du four-
neau avec des pinces et avec un peu d'acide chlorhydrique dans
P IS
AAR DIEU
BOIL
52
[Link]
762 GALVANOPLASTIE.
la coquille, du côté opposé de l'œil. Aussitôt que l'acide bout,
vous prenez , avec une petite petite cuiller en fer å long manche,
un peu de soudure dans votre poêle, que vous roulez de quart
en coins, à droite et à gauche, afin d'étamer partout la coquille et
de la jeter dans un seau d'eau.
Garniture de la coquille pour la remplir. Vous dressez
-
à la main votre coquille et vous clouez autour une baguette
en bois blanc de peuplier, de 8 à 12 millimètres de large,
sur sept à huit d'épaisseur, que vous clouez avec de petits clous
à tête plate très fine. On la pose sur un marbre en fonte pour river
les clous et pour former un cadre autour de la coquille, afin de
garantir la matière en plomb pour remplir la coquille.
Deuxième garniture au blanc pour remplir la coquille. -
Vous prenez un peu de blanc d'Espagne ou de Meudon que
vous délayez pour en former une même pâte, semblable à celle
que vous avez faite pour l'étamage ; vous garnissez de même en
plus les petits joints du cadre où la matière pourrait filtrer et
plomber l'œil du cliché galvanoplastique ; vous prenez une petite
réglette en bois dur; et lorsque le blanc mis sur votre coquille a
bien séché, vous grattez avec votre petite réglette la surface de
l'œil seulement, pour qu'il ne reste pas de pâte sur l'œil ; sans
cela la pression formerait des cavités à votre pièce .
Remplissage de la coquille. La presse est disposée de
manière à recevoir un marbre à remplir bien droit, qui glisse
entre deux tasseaux. Vous posez une feuille de papier registre
sur le marbre à remplir qui est prêt à glisser sur la presse. Vous
faites fondre de la matière un peu plus douce que celle d'impri-
merie, chaude à la fusion seulement. Vous posez votre coquille en
cuivre sur la feuille de papier registre ; avec votre cuiller ou po-
chon, vous coulez cette matière dans la coquille en la tenant avec
deux réglettes à la main, afin de la maintenir fixe. Aussitôt
qu'elle est remplie au niveau des baguettes, vous glissez vivement
le marbre sous la presse et vous faites une légère pression. Le
plomb étant refroidi, vous retirez la coquille remplie.
A la scie circulaire vous coupez les pourtours, autrement dits
baguettes , afin de laisser de quoi faire un biseau pour le montage
du cliché.
Nettoyage du cliché galvanoplastique . Vous trempez votre
cliché dans un vase d'eau, et avec une brosse vous nettoyez
le blanc; pour dérocher complétement vous prenez une autre
brosse avec de l'acide sulfurique, vous frottez l'œil du cliché
jusqu'à ce qu'il devienne d'un rouge très vif. Pour le sécher,
vous le passez dans la sciure de bois blanc.
Opérations finales . Vous présentez une règle d'acier et
vous voyez si le cliché est droit du côté de l'œil, et avec un
marbre bien droit vous posez une feuille de papier registre sur le
GALVANOPLASTIE. 763
cliché du côté de l'œil, et avec un marteau spécial en dessous,
vous renfoncez la matière avec des poinçons en acier faits à cet
usage, c'est-à-dire carrés , ronds, droits ou triangulaires, afin de
faire ressortir la partie droite de l'œil pour l'impression ; vous
montez le cliché sur le tour, vous le réduisez d'épaisseur, en met-
tant l'œil du cliché sur le plateau du tour, avec une feuille de
papier, ensuite vous montez le cliché sur un bloc en bois ou sur
un bloc en plomb ; de là vous le portez à l'impression .
Voici la description d'un nouveau procédé : Un bois gravé ou
une forme typographique étant donné, on prend un châssis de la
grandeur nécessaire ; on le pose sur un marbre de niveau, et on
y coule une solution de cire, de colophane et de térébenthine. Ce
mélange se solidifie en se refroidissant sur une surface unie. On
applique le côté gravé du bois sur cette surface, et on le soumet
1
à une forte pression. L'empreinte ayant reçu préalablement une
couche de plombagine qui la rend conductrice de l'électricité, on
la place verticalement dans un bain galvanoplastique , accrochée
à une tringle en communication avec le pôle zinc de la pile. En
opposition, on suspend une plaque de cuivre à une seconde tringle
qui communique avec le pôle charbon. L'effet de l'électricité se
produit : la plaque de cuivre se dissout, et les molécules qui se
détachent forment pour ainsi dire une espèce de courant de métal
(cuivre) qui vient recouvrir l'empreinte, qui s'en empare et s'y so-
lidifie. Cette feuille de cuivre ainsi obtenue, dont la durée de
l'opération du bain limite l'épaisseur, prend le nom de coquille,
et est la reproduction fidèle du relief de la gravure originale.
Pour donner ensuite au cliché la consistance nécessaire à l'im-
pression, il faut le doubler d'un alliage composé de plomb et d'an-
timoine, le même que celui employé pour les caractères d'impri-
merie. Le cliché étant double, on rogne les bavures du métal
à la scie et au rabot, on le met d'égale épaisseur au moyen d'une
machine spécialé, et on le cloue enfin sur une planchette qui lui
donne la hauteur réglementaire des caractères d'imprimerie. Avec
ce procédé, M. Coblence peut donner des clichés au prix de
7 centimes le centimètre carré .
L'économie porte principalement sur la production du cuivre .
En effet, si l'on retire la coquille cependant mince, ce qui ne peut
se faire qu'avec le moule en cire, la dépense principale est diminuée
considérablement, cette coquille n'étant restée au bain galvanique
que 12 heures au lieu de trente-six.
L'étamage, le doublage et le moulage ont aussi subi des mo-
difications, mais moins intéressantes. Cependant nous ferons
remarquer qu'une coquille mince ne pouvant se tenir à la main,
il a fallu trouver le moyen de l'étamer sur un plan .
On nous signale certaines difficultés que rencontre le nouveau
procédé. C'est une hardiesse qui excite la méfiance. Les conduc-
764 GALVANOPLASTIE.
teurs de machines croient que la force en cuivre est une nécessité
absolue pour un grand tirage. C'est une erreur : le cuivre ne
s'use que par le passage des cylindres de la machine. Les planches
de taille-douce elles-mêmes ne s'usent que par l'essuyage au chif-
fon . Telle est la cause du préjugé contre le cuivre mince. Nous
avons d'ailleurs vu des ouvrages tirés à grand nombre sans que texte
ou figures fussent fatigués, au moyen des nouveaux électrotypes,
entre autres le, Magasin pittoresque chez M. Best, et la Modeillus-
trée chez M. Lainé .
Les figures 253, 254 et 255 , représentent des vues d'ensemble d'un
atelier d'électrotypie et d'un atelier de stéréotypie.
Antimoniage au trempé. L'antimoine se dépose bien et avec
une grande adhérence sur le cuivre et ses alliages et sans le
secours de la pile dans la liqueur composée de : eau 10 litres,
oxychlorure d'antimoine 20 grammes. La liqueur doit être légè-
rement accidulée à l'acide chlorhydrique et employée bouillante.
Les objets s'y recouvrent en quelques minutes d'une belle couche
d'antimoine .
Cuivrage du zinc au trempé. - Le zinc qu'on destine à la dorure
doit être d'abord revêtu d'une couche de cuivre assez épaisse.
On a recours ordinairement pour cette opération à deux bains que
l'on emploie successivement. Le premier, à base de cyanure de
potassium, fonctionne à l'aide de la pile voltaïque, et l'objet reçoit
dans ce premier bain une couche de cuivre suffisante pour le
préserver de l'action acide du deuxième bain, qui n'est autre
qu'une solution acide de sulfate de cuivre fonctionnant également
à l'aide de l'électricité. Le bain au cyanure de potassium est d'un
emploi un peu onéreux relativement aux prix extrêmement bas
que doivent atteindre aujourd'hui les objets en zinc doré que Paris
livre au commerce en quantités très considérables. Il y aurait
donc intérêt à remplacer par un bain au trempé le bain à la pile
et au cyanure de potassium. C'est ce que l'on peut faire à l'aide
du bain que nous allons décrire et qui a été expérimenté pour la
première fois le 11 juin 1867, au cercle des ingénieurs des Arts et
Manufactures .
On faitpasserdans de l'ammoniaque ordinaire à 22 degrés un cou-
rant d'acide cyanhydrique jusqu'à saturation, et on verse dans le
liquide obtenu une solution ammoniacale d'nn sel quelconque de
cuivre. Il se forme ainsi un cyanuredouble de cuivre et d'ammonium
extrêmement propre au cuivrage du zinc, à la condition qu'il reste
toujours assez fortement alcalin .
Les proportions suivantes donnent les meilleurs résultats :
Cyanure d'ammonium liquide : ..... 1 kilogr.
Eau distillée.. 20 litres,
Acétate de cuivre 200 grammes.
Ammoniaque 220 400 grammes.
GALVANOPLASTIE . 765 A
Fig. 253. Atelier d'électrotypie.
Fig. 254. - Batteries électriques .
Fig. 255. Stéréotypie ou clichés en matière d'imprimerie.
766 GALVANOPLASTIE.
Le cuivrage obtenu est d'une belle teinte rouge clair et pré-
sente une adhérence remarquable.
Cuivrage du fer au trempé. Nous citerons pour mémoire une
sorte de cuivrage employé pour les fils de fer auxquels on veut
donner l'aspect de fils de cuivre, et pour quelques menus objets.
Il consiste à immerger rapidement les objets dans une solution acide
et étendue de sulfate de cuivre. Il se dépose une pellicule de
cuivre très mince à laquelle la filière donne un peu plus d'adhé-
rence et d'éclat. Si l'immersion se prolongeait le fer serait atta-
qué par l'acide du bain, et le cuivre se trouverait réduit sous
forme d'une boue d'un rouge brun sans aucune adhérence. C'est
par ce procédé qu'ont été cuivrés les fils de fer exposés par dif-
férentes usines importantes au Champ de Mars en 1878. Parmi les
mieux réussis, on peut citer ceux de MM. Bouillon jeune et fils,
de Limoges, et M. Wandel aîné, de Ferrière .
Des dépôts galvaniques en couches minces. Nous abordons la
partie la plus importante de l'hydroplastie, tant par l'admirable
variété des produits qu'elle permet d'obtenir que par l'immense
quantité d'objets qu'elle livre au commerce, après avoir donné aux
métaux vils l'éclat et l'aspect des métaux précieux. La dorure et
l'argenture sont les plus, importants de ces dépôts métalliques,
et il ne sera peut-être pas sans intérêt d'examiner les transforma-
tions successives qui ont amené cet art au degré de perfection où
nous le voyons aujourd'hui, et qu'il semble impossible de dépasser.
A peine Volta avait-il inventé l'admirable instrument qui l'a
illustré, qu'on essaya d'appliquer la pile à la décomposition des
dissolutions métalliques.
Volta lui-même, Nicholson et Cruikshank avaient appliqué la
pile à la précipitation des métaux, mais sans songer à les obte-
nir dans l'état spécial qui constitue les qualités d'un bon dépôt
métallique. Ils avaient obtenu des dépôts pulvérulents lamelleux
ou cristallins, mais point de couches continues et adhérentes.
Brugnatelli, élève de Volta, puis son collègue à l'Université de
Pavie, obtint le premier, en 1802, un dépôt d'or et d'argent
offrant l'aspect d'une couche régulière et uniforme, comme il
convient à la dorure et à l'argenture. Brugnatelli parvint même à
déposer le platine ; mais ce métal était réduit à l'état de poudre
très finé, qui ne prenait de l'éclat et de l'adhérence que par le
frottement. Les dissolutions à l'aide desquelles opérait Brugnatelli
étaient alcalines ; c'étaient des ammoniures d'or, d'argent ou de
platine , c'est-à-dire les produits que l'on obtient en traitant par l'am-
moniaque les chlorures d'or et de platine, ou l'azotate d'argent .
Il y a bien de l'obscurité dans les descriptions que donne Bru-
gnatelli de la méthode qu'il employait, et même une lacune im-
portante , car il ne dit pas dans quel dissolvant il opérait avec
l'ammoniure d'or, qui est insoluble dans l'eau distillée. Quoi qu'il
GALVANOPLASTIE. 767
en soit, voici corament procédait le chimiste italien, d'après le
Journal de Physique et Chimie de Van Mons :
« La méthode la plus expéditive de réduire à l'aide de la pile.
ies oxydes métalliques dissous est, dit-il, de se servir à cet effet de
leurs ammoniures : c'est ainsi qu'en faisant plonger les extré-
mités de deux fils conducteurs de platine dans de l'ammoniure
de mercure, on voit en peu de temps le fil du pôle négatif se cou-
vrir de goutelettes de ce métal... » J'ai dernièrement doré d'une
manière parfaite, dit le même chimiste dans un autre journal ,
deux grandes médailles d'argent, en les faisant communiquer à
l'aide d'un fil d'acier avec le pôle négatif d'une pile de Volta, en
les tenant l'une après l'autre dans des ammoniures d'or récemment
préparés...>>>
MM. Barral, Chevalier et Henri, voulant essayer de reproduire
les opérations de Brugnatelli, en suivant ses indications, n'ont
obtenu que des résultats très imparfaits, et on ignore la nature du
dissolvant qu'employait le savant italien.
Toutefois, comme rien ne peut faire croire que Brugnatelli ait
voulu en faire un mystère, on est conduit à supposer que ce dis-
solvant se trouvait être le liquide Ini-même, dans lequel l'ammo-
niure était précipité. En effet, si l'on prend une dissolution
d'or dans l'eau régale, et que, sans l'évaporer pour chasser
l'excès d'acide, on y verse un excès d'ammoniaque, on obtient
bien le précipité d'ammoniure d'or ; mais ce précipité se redis-
sout en partie, surtout par l'action de la chaleur, dans des sels
ammoniacaux qui se sont formés. Il est donc probable que la
dissolution de Brugnatelli était du chlorure double d'or et d'am-
monium, et non de l'ammoniure d'or.
Le problème de la dorure était peut-être résolu au point de vue
scientifique ; mais il était loin de l'être en pratique, et de longues
années s'écoulèrent sans qu'on en fit aucune application sérieuse.
En 1825, M. de la Rive, à Genève, reprit les expériences de
Brugnatelli, et essaya de décomposer le chlorure d'or par la pile.
Le succès ne couronna pas ses efforts, et il ne réussit à dorer que
le platine, seul métal, en effet, qui ne soit pas attaqué sensi-
blement à froid par le chlore mis en liberté par la décomposition
du chlorure d'or.
Ce n'est qu'en 1840, c'est-à-dire après les travaux de M. Вес-
querel sur l'application des décompositions électro-chimiques au
traitement des minerais, que M. de la Rive réalisa l'idée d'em
ployer l'appareil simple pour l'application de l'or sur les métaux.
Voici comment procédait le chimiste de Genève : une solution
d'or très étendue est placée dans un cylindre de baudruche , qui
plonge lui-même dans un vase rempli d'eau acidulée par
quelques gouttes d'acide sulfurique. On fait plonger dans le vase
extérieur une lame de zinc qui communique par un fil métallique
768 GALVANOPLASTIE.
à l'objet à dorer, qu'on plonge dans le cylindre de baudruche. La
dissolution d'or doit être aussi neutre que possible, et il faut opé-
rer avec un courant très faible. Malgré ces précautions, la dorure
est loin d'être parfaite, et ce procédé présente plusieurs inconvé-
nients : les principaux sont le peu d'adhérence de l'or et la perte
notable de métal par suite du contact de la dissolution d'or avec
la baudruche, et de l'endosmosé qui se produit peu à peu à
travers la membrane et fait que l'or se précipite sur le zinc.
Il fallait donc trouver une meilleure méthode si l'on voulait
faire de la dorure galvanique, un art capable de rendre quelques
services à l'industrie. M. Elsner démontra que le défaut d'adhé-
rence tenait à l'acidité de la liqueur aurifère, et M. Boettger, met-
tant ces observations à profit, parvint à dorer dans du chlorure
double d'or et de potassium. Mais la solution du problème et la
première application véritablement pratique de la dorure à la pile
est due à MM. Elkington, de Birmingham .
Le 29 septembre 1840, M. Henri Elkington prit un brevet pour
la dorure du cuivre à l'aide d'une dissolution d'oxyde d'or dans
du prussiate de potasse. Au début il employa l'appareil simple
à la production du courant galvanique. Son appareil ne différait
guère de celui de M. de la Rive qu'en ce qu'il avait institué à la
baudruche un vase en terre poreuse.
M. Richard Elkington prenait à la même époque un brevet
pour l'application de l'argent à l'aide du courant galvanique, et
d'une solution de chlorure d'argent dans le prussiate de potasse.
La dorure et l'argenture électro-chimiques étaient dès lors
découvertes et allaient bientôt prendre une importance industrielle
considérable .
M. de Ruolz vint ensuite et employa l'appareil composé et un
grand nombre de dissolutions , dont les principales sont :
Le cyanure d'or dissous dans le cyanure simple de potassium;
le cyanure d'or dans le prussiate jaune ; le cyanure d'or dans le
prussiate rouge ; le chlorure d'or dans les mêmes cyanures ; le
sulfure d'or dans le sulfure de potassium .
M. de Ruolz chercha également à déposer d'autres métaux, et
réussit notamment à déposer du laiton par voie électro-chimique.
Si donc on a donné à tort à M. Ruolz le mérite de la décou-
verte de l'argenture et de la dorure électro-chimique, puisqu'il
avait été précédé de plusieurs mois par MM. Elkington, il serait
injuste de lui refuser le mérite d'avoir cherché à perfectionner et
à généraliser les procédés des manufacturiers anglais .
MM . Roseleur et Lanaux parvinrent à obtenir le platine en
couches adhérentes et d'épaisseur facultative, et M. Roseleur
appliquant les phosphates et les sulfites à la dissolution de divers
oxydes métalliqnes, rendit tout à fait pratiques la plupart des
opérations de l'électro-métallurgie.
GARES . 769
Garantie [Angl. Alloy; Allem. der Münzgehalt] ( Conn. pra .)
On nomme ainsi une administration chargée de vérifier les titres
des matières d'or et d'argent ouvragées,et de faire apposer sur
chaque objet essayé le contrôle du Gouvernement. Les opérations
des essayeurs de ce bureau servent donc de garantie aux per-
sonnes qui achètent des orfévreries ou des bijoux d'or et d'argent,
le contrôle n'étant apposé qu'après le poinçon du bureau de ga-
rantie. On peut donc être assuré que les objets controlés par le
gouvernement sont bien au titre voulu ; et le fisc gagne à cette sorte
d'épreuve les droits assez élevés de contrôle qu'il prélève, outre les
frais d'essai . On conçoit que c'est pour augmenter le produit du
contrôle, que l'administration change de temps à autre les poin-
çons, et ordonne de déformer ou de briser les couverts d'argent
vendus aux ventes publiques, qui ne portent pas le dernier con-
trôle adopté .
Gares [Angl. station., Allem. der Bahnhof] (Chemins de fer).
Fig. 256. Garede Strasbourg (à Paris),
Les gares intermédiaires se subdivisent le plus ordinairement en
quatre classes :
Les gares de première classe sont placées à proximité des
grandes villes, c'est-à-dire de celles qui peuvent fournir à l'expé-
dition un nombre de voyageurs dépassant trois mille par mois. Elles
1
770 GASTRITE .
comportent tous les aménagements intérieurs possibles, tels que
service des voyageurs et des marchandises, quais , marquises,
abris , hangars , remises à wagons, dépôt de machines et voie de
garage et de services, et enfin, quelquefois, des ateliers de cons-
tructions et de réparations .
Les gares de deuxième classe sont celles qui sont destinées à
desservir des localités ou des agglomérations de localités très
peuplées . Leurs aménagements sont les mêmes que pour celles de
première classe; seulement les dimensions de leurs différentes
parties constitutives en sont ordinairement un peu réduites. La
valeur de l'expédition dans ces gares descend de trois mille à
quinze cents voyageurs par mois. Tous les trains s'arrêtent aux
gares de première classe , et presque tous à celles de deuxième classe.
Nous rangerons dans la troisième classe les gares qui ne four-
nissent par mois qu'un chiffre de voyageurs inférieur à quinze
cents; elles ne comportent le plus souvent qu'un bâtiment de
voyageurs et un hangar à marchandises.
Les gares de quatrième classe sont situées aux abords des villages
un peu importants par leur population. On n'y construit ordinai-
rement qu'une sorte d'abri commun pour les voyageurs, renfer-
mant en même temps le bureau de distribution des billets (1 ).
Gastrite [Angl. Gastritis Allem. Die Magenentzündung]
(Hygiène). La gastrite est l'inflammation de l'estomac. On la
définit en gastrite aiguë et gastrite chronique.
Gastrite aiguë. - Voici à quels symptômes on la reconnaîtra .
Le malade ressent à l'épigastre une pesanteur, une tension, une
douleur qu'augmente la pression ; en même temps il y a innap-
pétence, sentiment de sécheresse à la gorge, soif, malaise,
souvent nausées et vomissements ; la langue est sèche, pointue,
rouge sur ses bords ; un mouvement fébrile existe, etc. Voilà
pour la gastrite aiguë légère. Dans la gastrite intense, ces
phénomènes sont plus prononcés : la douleur est vive, lancinante ;
elle augmente par les mouvements du tronc, souvent même par
l'injection des liquides, qui sont rejetés ordinairement par les
vomissements. Le pouls est élevé ; il y a fièvre, dyspnée, insomnie.
Traitement de la gastrite aiguë. Dans les cas légers, on
prescrit des sangsues sur la région épigastrique, l'application de
cataplasmes, des boissons gommeuses et la diète absolue. Si
l'inflammation est plus prononcée, avec fièvre, on pratique une ou
deux saignées , on applique des sangsues en plus grand nombre, et
on plonge le malade dans un bain (tiède.
Gastrite chronique. Cette forme de la gastrite considérée
(1) Pour les plans avec détails des différentes gares ou stations, nous renver-
rons nos lecteurs aux Études sur l'Exposition de 1878 t. Ier.
GAZ . 771
comme maladie isolée, primitive, est infiniment plus fréquente
que la précédente. Ses causes sont très obscures, car on ne peut
les attribuer uniquement à l'usage d'aliments excitants ou de
mauvaise qualité, puisque d'une part la plupart des individus
qui se livrent à tous les excès de table n'en sont jamais atteints,
et que, d'un autre côté, des personnes habituellement très sobres
en sont les victimes. Il y a donc la prédisposition qui joue l'
principal rôle dans la production de la gastrite chronique ; mait
cette affection est certainement entretenue par les écarts de
régime, les stimulations de l'estomac, les chagrins, les travaux de
cabinet.
Traitement de lá gastrite chronique. - Ce traitement se compose
de sangsues appliquées à l'épigastre, de vésicatoires sur cette
région, de boissons adoucissantes, et surtout du régime diététique,
qui seul suffirait s'il était observé rigoureusement pendant un
temps nécessaire. Le malade fera usage de boissons douces ou
légèrement acidulées, suivant son goût ; il ne prendra que des
aliments de facile digestion et peu excitants, tels que le lait, le
bouillon , les gelées, les fruits cuits, les fécules , etc. Les eaux de
Vichy, de Bussang, de Cauterets, d'Ems , seront avantageuses,
surtout dans les cas où il y a des aigreurs. Les voyages, les
distractions, le repos de l'esprit, seront nécessaires aux hommes
de cabinet, aux hypocondriaques. Il y a un remède plus efficace
que tout cela, dont nous n'avons pas parlé, c'est le temps . Le
malade ne doitpoint perdre patience, ni s'écarter une seule fois de
de son régime. Il peut choisir lui-même ses aliments ; il doit être
en quelque sorte son propre médecin : il tâtonnera, mais l'homme
de l'art tâtonnera encore davantage, car, rien n'est capricieux
comme l'estomac.
Gaz (1) [Angl . , Gas ; Allem., das Gas] (Technologie.) Gazo-
mètre popularisé. M. Jouanne ingénieur est parvenu : 1º A cons-
truire ses appareils assez petits, assez peu encombrants pour qu'ils
puissent s'installer dans un local quelconque, fût-il même très
exigu, et pour que leur prix d'installation soit aussi faible que
possible ; 2º à rendre ces appareils tellement simples, tellement
faciles à monter, à démonter, à nettoyer, tellement commodes à
conduire et à surveiller, que leur fonctionnement est toujours
parfait et assuré, lors même qu'ils seraient confiés aux mains de
l'ouvrier le moins habile et le moins expérimenté.
Ces conditions, qui sont essentiellement de nature à assurer le
succès de toute invention dans l'industrie, ont été complétement
réalisées par ces nouveaux appareils, et chacun peut désormais,
avec leur secours, fabriquer le gaz chez soi, avec une économie et
(1) Voir le mot gaz, t. Ier, p. 552 et éclairage au gaz t. III, p. 562.
772
10
שת
GAZ .
Fig
.257.
soi
chez
gaz
le
fabriquer
pour
Appareil
GÉOGRAPHIE. 773
ane commodité incontestables . A la première vue on s'aperçoit 1
qu'il y a dans les appareilsde M. Jouanne, tous les éléments habi-
tuels d'une usine à gaz ; ce n'est donc, en réalité, qu'une usine à
gaz en miniature ; une usine à gaz réduite aux faibles proportions
que demande l'éclairage d'un établissement particulier. C'est ainsi
qu'il a satisfait à la première condition de son programme
sans s'écarter des données de la pratique, et, pour ainsi dire, sans
rien changer aux principes de fabrication sanctionnés par les
expériences du passé.
M. Jouanne a de même satisfait à la seconde condition par
l'application des joints hydrauliques , qui rendent ses appareils
d'une solidité complète, d'une installation facile, et qui permettent
à l'ouvrier le moins expérimenté de les monter, de les nettoyer,
de les remettre en place sans déranger leur fonctionnement et
sans perdre de temps. Cette application assure une pression cons-
tante , puisqu'elle la règle toujours automatiquement par le niveau
d'eau ; elle offre ainsi toutes les garanties de sécurité, ' puisqu'en
cas d'engorgement ou d'obstruction dans l'une quelconque des
parties de l'appareil, le joint hydraulique devient alors une véri-
table soupape de sûreté, qu'une augmentation anomale ouvrirait
1
aisément.
Ces appareils sont donc destinés à remplir une regrettable
lacune dans tous les établissements tant soit peu importants qui
jusqu'à cejour ont été privés des services immenses que l'on retire
du gaz, à cause de leur éloignement des grands centres de fa-
brication ; et même ceux qui se servaient de gaz portatif auront la
faculté d'être approvisionnés directement par cette machine, qui
n'occupe que très peu de place et qui n'exige pas grand soin. Ainsi,
la plus modeste église, le plus humble château, le plus petit chantier,
comme la plus vaste usine, pourront avoir leur gazomètre.
Géographie [Angl. geography ; Allem. die Geographie] ( Conn.
gén.) . Les cartes, les globes, la cosmographie. Construction
des cartes. Nous allons exposer rapidement les principes
et les méthodes constituant la théorie actuelle de l'art cartogra-
phique. Toutle monde sait que la sphère n'est pas développable
sur un plan, par conséquent on comprendra que la représenta-
tion exacte des accidents de la surface terrestre est impossible si
on n'a pas recours à des conventions. Le problème comporte un
grand nombre de solutions qui ne peuvent être qu'approchées et
dont chacune sera complement déterminée par l'importance pré-
pondérante qu'on voudra attribuer à la reproduction fidèle de
tel ou tel ensemble.
<<< La construction d'une carte peut se diviser en deux parties
bien distinctes : la forme et le fond ; l'une assujettie à des lois,
à des formules géométriques qu'il ne s'agit que de traduire en
Ive VOLUME
774 GEOGRAPHIE.
délinéaments matériels, c'est ce qu'on appelle la projection ; c'est
la portion rudimentaire de l'art ; l'autre exigeant l'examen et la
discussion préalable de tous les éléments dont l'ensemble doit
former le sujet de la carte, c'est là qu'est l'œuvre de science du
géographe, là que se résument en un point, en un trait, des
semaines , des années de recherches et de calculs.
On voit donc que le cartographe, l'ingénieur géographe, doit
possèder un assemblage de connaissances scientifiques et une
érudition profonde et spéciale jointe à un esprit critique, à une
vive perspicacité et à une grande rectitude de jugement. C'est ce
qui a fait dire qu'un géographe accompli est un savant du pre-
mier ordre.
Diverses projections . - Essayons de résumer les divers modes
usités pour établir la projection des cartes. Pour réduire la
question à la plus simple expression, il suffit d'observer que,
comme les méridiens et les parallèles formant une espèce
de réseau dont les mailles ont la forme de quadrilatères
étagés par rangées depuis l'équateur jusqu'aux pôles où ces
quadralitères deviennent des triangles ; et, comme l'on peut sans
inconvénient sensible, considérer chacune de ces mailles comme
couvrant une surface plane, il s'ensuit que le problème consiste,
en définitive, à tracer sur le papier des séries de quadrilatères
disposés comme l'est le filet qui recouvre le solide sphéroïdal.
Pour y parvenir on a eu recours à des systèmes dont voici les prin-
cipaux : 1º l'on peut s'imposer la condition que les azimuts (1) de
tous les lieux par rapport à un point fixe, soient reproduits exac-
tement ; on dresse alors la carte du globe par projections ortho-
graphiques sur le plan de l'horizon du point fixe choisi ; 20 on
peut exiger que les méridiens rectifiés continuent de concourir
en un même point, et de couper les parallèles, à angle droit ; on
projette alors la surface du globe sur un cône circonscrit le long
d'un de ses parallèles et on développe ensuite le cône : c'est la
projection conique; 30 on peut désirer que les parallèles conservent,
en chacun de leurs points, une direction constante, et restent
perpendiculaires aux méridiens : on transporte alors les points de
la surface du globe sur le cylindre qui y serait circonscrit le long
de l'équateur, et on développe ensuite le cylindre : c'est la pro-
jection cylindrique; 4° on peut vouloir conserver respectivement
aux méridiens et aux parallèles, dans toutes leurs parties, des
longueurs aussi peu différentes que possible des longueurs de ces
mêmes parties sur la surface du globe ; on arrive ainsi au mode
de représentation qui a été prescrit par le ministre de la guerre
(1) L'azimut, mot arabe, désigne l'angle dièdre que fait avec le vertical
d'un astre le méridien du lieu de l'observation, ou encore l'arc de l'horizon
qui mesure cet angle.
GEOGRAPHIE. 775
pour la construction de la carte de France : c'est la projection du
dépôt de la guerre; 5º on peut se proposer de reproduire fidèlement
les inclinaisons mutuelles des arcs de grands ou de petits cercles
tracés sur la surface du globe ; on est alors amené à adopter la
projection stéréographique ou perspective, en usage dans la cons-
truction des mappemondes ; 6º enfin on peut exiger que les sur-
faces, sur la carte, soient toutes réduites dans un mème rapport,
c'est alors la projection homalographique dont Babinet est le créa-
teur.
Nous n'entrerons pas dans l'explication de chacun de ces sys-
tèmes; il nous faudrait des figures, des formules géométriques,
des démonstrations quelque peu arides pour le lecteur
Les appareils de cosmographie. Bien que l'on donne générale-
ment à l'astronomie une antiquité fort reculée, nous croyons qu'elle
n'a dû mériter qu'assez tard le nom de science proprement dite.
Ce n'est que plus tard encore, certainement, qu'elle a pu disposer
d'appareils, d'instruments créés pour faciliter ses études, fixer
d'une manière durable les résultats auxquels elle était arrivée,
et surtout représenter aux yeux les grands phénomènes du monde
céleste.
COSMOGRAPHIE. Si l'on s'en rapportait à l'étymologie, la cos-
mographie serait la description de l'univers, c'est-à-dire des corps
célestes qui le composent et des mouvements dont ils sont animés.
Aujourd'hui, on comprend sous ce nom l'étude abrégée des ins-
truments et des méthodes d'observation, et l'examen de toutes les
questions astronomiques dont la solution n'exige que la connaissance
des éléments de sciences. La cosmographie se confondrait donc avec
l'astronomie élémentaire, et c'est à ce titre, c'est avec ses bornes
limitées qu'elle a pu être introduite dans les programmes des
lycées, même pour les classes de lettres. La cosmographie fournit,
du reste, à la géographie d'utiles éléments de travail, et il est toute
une partie de l'étude de la terre qui rentre dans son cadre.
Mais nous n'avons pas à examiner les méthodes de la cosmogra-
phie ni à exposer ses principes scientifiques. Notre tâche est plus
modeste et nous nons contenterons d'enregistrer les principaux
instruments imaginés par les cosmographes anciens et modernes .
On peut dire que le gnomon est le premier instrument astrono-
mique qui ait été employé, et on le retrouve à peu près chez tous
les peuples. Tout le monde sait ce que c'est qu'un gnomon ; tout le
monde connaît cette tige, ce style vertical qui sert, depuis la
haute antiquité, pour mesurer la longueur des ombreset en dé-
iduire la hauteur du soleil. A la pointe du style on a souvent subs-
titué avec avantage une étroite ouverture percée dans une tige ou
un mur et laissant passer un rayon de lumière solaire.
C'est par l'observation du gnomon que Pythéas, 250 ans avant
776 GEOGRAPHIE.
notre ère , déterminait à Marseille, l'obliquité de l'écliptique. Le
style d'un cadran solaire n'est autre chose qu'un gnomon, avec
cette différence qu'au lieu d'être vertical, il est parallèle à l'axe
du monde. Nous n'insisterons pas beaucoup sur cet appareil très
simple, dont la construction a donné naissance à tout un art
spécial , la gnomonique, ne faisant pas ici un traité succinct de
cosmographie.
Il n'en est pas de même des sphères et autres appareils ana-
logues destinés à représenter aux yeux telle ou telle doctrine as-
tronomique imaginée pour expliquer le système du monde. Dès
l'école d'Alexandrie , vers l'an 300 avant Jésus-Christ, nous trouvons
trace de sphères, de sphères armilliaires, particulièrement cons-
truites pour donner une idée de la combinaison des mouvements
des corps célestes. Les Arabes, beaucoup plus tard, nous appa-
raissent en possession de globes uranographiques , d'astrolabes ,
de planisphères du plus grand intérêt, d'une construction perfec-
tionnée et établis d'après des calculs dont la portée est encore pour
nous , extrêmement frappante.
Les globes , soit terrestres, soit célestes, construits aux xve,
xvie, xvne siècles, souvent fort curieux au point de vue de l'his-
toire , de la géographie et de l'astronomie, souvent d'une exécution
graphique et artistique remarquable, ces globes sont très nombreux,
soit dans les collections particulières , soit dans les bibliothèques
et les musées . C'est littéralement par centaines que nous devrions
les compter, si nous devions énumérer tous les objets de ce genre,
intéressants a divers titres, qu'il nous a été donné d'examiner soit
dans les établissements scientifiques et les bibliothèques de Paris
et des départements, soit dans les grandes collections de l'Italie,
de l'Angleterre , de l'Allemagne et de la Belgique.
Comme pour les cartes, les auteurs du plus grand nombre de
ces sphères se sont souvent copiés les uns les autres, et l'on
pourrait réduire à une quantité relativement restreinte de types
ou de modèles les échantillons qui nous restent sous cette forme
de science des trois ou quatre derniers siècles .
Or, il existe précisément à Paris une importante collection de
monuments d'une grande valeur au point de vue de l'histoire du
développement des connaissances géographiques, collection où
se trouvent réunis la plupart des spécimens les plus intéressants
en ce genre ; nous voulons parler de l'Exposition géographique
de la Bibliotheque nationale, exposition dont nous ne saurions trop
instamment recommander la visite à nos lecteurs . Elle est établie
au rez-de-chaussée de la grande salle dite des Globes, à laquelle
on accède par le vestibule de la Salle du travail du département
des Imprimés , dont l'entrée est rue de Richelieu. A cette salle des
Globes ont été annexées deux autres salles donnant sur la Cour
d'honneur de la Bibliothèque.
GEOGRAPHIE. 777
C'est là que l'administration éclairée et libérale de notre grand
établissement scientifique a eu l'excellente idée de rassembler et
de placer sous les yeux du public une précieuse série de portulans,
de cartes remontant aux ѵ13 ixe et xe siècles, de plans, de globes,
d'appareils de cosmographie, etc., qui forment un très curieux
ensemble. On y retrouve la plus grande partie des monuments qui
constituaient la belle exposition organisée en 1875 à l'occasion
du Congrès géographique, dans la galerie Mazarine, grâce à l'heu-
reuse initiative de M. Léopold Delisle membre de l'Institut, admi-
nistrateur général membre de la Bibliothèque, et à l'activité et au
goût de M. E. Cortambert, bibliothécaire de la Section des cartes
etplans.
Les principaux globes intéressants à examiner sont, d'abord,
ceux qui ont fait donner à la salle qu'its occupent le nom sous
lequel on la désigne. Ce sont deux énormes sphères, montées sur
des pieds d'une certaine valeur artistique, et pour lesquelles il a
fallu pratiquer, dans le plafond, deux ouvertures circulaires, d'en-
viron quatre mètres de diamètre par lesquelles elles s'élèvent
jusque dans la salle du premier étage. On peut donc les examiner
soit d'en haut, soit d'en bas. La fig. 258 donne d'ailleurs une idée
de leurs dimensions .
Ces sphères ont été construites sous la direction de Marc-Vin-
cent Coronelli, mort en 1718, cosmographe de la République de
Venise, professeur de géographie dans cette ville où il était né, en
1650. Elles datent de 1683 et furent exécutées par les ordres de
César, cardinal d'Estrées qui en fit cadeau à Louis XIV.
L'une ést un globe terrestre, fort curieux, donnant parfaitement
l'état des connaissances géographiques à cette époque ; on y re-
marque, par exemple, pour ne citer que ce détail, que la Califor-
nie est figurée sous la forme d'une île, avec ce nom Isle de Cali-
fornie; la Chine, les Indes Orientales, l'Australie et la plus grande
partie des grandes îles de l'Océanie sont particulièrement défec-
tueuses, soit comme configuration, soit comme position.
Le globe céleste, qui a, comme l'autre, un diamètre de douze
pieds, soit environ 3m,90, soit encore 12m,249 ou 37 pieds 8 pouces 1/2
de circonférence, donnerait, d'après une emphatique dédicace à
Louis XIV gravée sur une plaque de cuivre doré, l'état du ciel et
la position des constellations , planètes, etc., le jour où est né le
grand Roi, « le plus grand présent » , disait le cardinal d'Estrées,
« qui eût jamais été fait à la terre ».
Comme- exécution, ce globe, ainsi que le précédent, est très
remarquable, et il faut vraiment déplorer l'état d'abandon où on a
trop longtemps laissé ces magnifiques spécimens de la science du
xvme siècle. Recouvert de peintures pleines de goût et d'une
grande finesse d'éxécution, ce globe céleste porte, en relief, les
étoiles et les principaux cercles qui sont de bronze doré. Plusieurs
778 GÉOGRAPHIE .
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Fig. 258 . Globe terrestrede Coronelli (1683), à la Bibliothèque nationale de Paris
(Diamètre 3m ,90 ) .
GEOGRAPHIE . 779
cartouches renferment des légendes explicatives, des remarques
sur les constellations, sur l'obliquité de l'écliptique, etc. Sur ce
dernier grand cercle, on a placé une espèce de curseur portant
l'image du Soleil et pouvant se mouvoir sur toute la circonférence,
de façon à figurer les différentes positions de l'astre aux diverses
époques de l'année , sa situation suivant les saisons, etc.
Sur le globe terrestre, les mers ont été peintes d'une couleur
bleu foncé ; les terres sont blanches, pour que les nombreuses ins-
criptions qui y ont été mises soient plus visibles. Enfin, comme
ce fut longtemps l'habitude sur les monuments de ce genre, on a
figuré, dans beaucoup de régions soit sur terre, soit même au
milieu des mers, des animaux, des végétaux, des poissons, des
navires , en un mot ce qui peut donner au spectateur une idée
des productions de chaque pays, de ses habitants et de leurs cos-
tumes. Les grands globes de la Bibliothèque Nationale sont, à
notre avis, parmi les plus belles reliques scientifiques de la science
des derniers siècles , et il est à désirer qu'on prenne au plus vite
les mesures nécessaires pour en assurer la conservation, ce qui
devient de jour en jour plus difficile.
A côté de ces sphères gigantesques, on en voit deux autres, plus
petites de 1m,082 de diamètre, dont l'une, terrestre, a été
exécutée par Coronelli, en 1688, et l'autre, céleste, a été cons-
truite en 1693 par Deuvez, d'après Coronelli. foutes les deux sont
montées sur bois, avec pied délicatement sculpté, méridien en
cuivre, etc. Composées chacune de trente feuilles, ces belles sphères,
àl'époque où elles furent faites constituaient les pièces les plus
grandes qui eussent été gravées jusque-là : l'exécution en est
remarquable.
Pour terminer avec les globes de Coronelli, disons que les mo-
numents que nous venons de décrire ne sont pas les plus gigan-
tesques qui aient été construits. Les Houd, les Blaeuw se sont
rendus célèbres, en Hollande, par les leurs. Celui de Long, de
Cambridge, en Angleterre a un diamètre de 5,80. Un globe
de Blaeuw, construit en 1664 et qui se trouve à Saint-Pétersbourg,
n'a que 2,25.
Enfin M. de Langlois avait installé à Paris, en 1825, un géorama,
énorme globe d'une quarantaine de mètres de circonférence, dans
l'intérieur duquel pénétrait le spectateur ; de là, on voyait autour
de soi toutes les parties du monde, représentées sur la matière
transparente qui avait servi pour la construction de cette gigan-
tesque machine.
Si nous jetons encore un coup d'œil sur l'exposition géogra-
phique de la Bibliothèque, nous y voyons quelques autres sphères
qu'il est intéressant de noter. Voici une sphère terrestre, par
exemple, que recouvre une sorte de calotte qu'on élève et qu'on
replace à volonté, et qui figure l'épaisseur de la croûte superfi
780 GÉOGRAPHIE .
........
AT
PERUT
Fig. 259.10 Globe terrestre de Genez du XVIIe siècle ; 2º Globe céleste
arabe-koufique, en bronze du xvIe siècle ; 3º Fetit cadran solaire cylin-
drique, du XIIe siècle (Collections de la Bibliothèque Nationale).
GÉOGRAPHIE . 781
XII XI X IX VII
I
VI
11
I
VI
1111
VI
XI IIX
IX
0000
EROT
Fig. 260. Appareil cosmographique, en cuivre doré, du XVIIe siècle. Sur
une face, on voit les signes du zodiaque et les constellations boréales ;
sur l'autre, la trace du mouvement des planètes autour du Soleil.
EPTOT
Fig. 261. Astrolabe français.
O
STAVRVSLIGEMINI CANOER VIRG
O
IES
VAR
81
LIBRA
MUSC
PIVOSFO
3 CAPRICORNE ACVARIVS.
SAG
ITA
RI
Fig. 262. Zodiaque arabe.
GEOGRAPHIE. 785
sur un cercle qui entoure la terre, cette indication : Fait par Jé-
rôme Martinot, horloger et valet de chambre du Roy .
Cette sphère est montée en cuivre avec roues pour produire les
mouvements. Une petite mappemonde représentée sur une surface
plane se trouve en dedans du cadran du pôle arctique. Par les
détails de cette carte, ainsi que par le style, on voit que l'appareil
date du règne de Louis XIV. Le pied est en bois sculpté et doré et
porte une boussole en cuivre.
Mais tous ces appareils, plus ou moins curieux, savamment
imaginés et exécutés avec art, ne remplissaient en somme
qu'assez imparfaitement le but qu'on s'était proposé : ils étaient
compliqués, fort dispendieux, incommodes ; ils se prêtaient assez
mal à la démonstration des phénomènes particuliers.
Il ya vingt ou vingt-cinq ans un habile artiste, M. H. Robert,
horloger de la marine, pensa qu'il était possible de remédier à
ces inconvénients. Etudiant de près les conditions à remplir, il
construisit un appareil spécial pour chaque ordre de phénomènes
résultant d'une même cause; il en fit ainsi environ une dixaine
qui furent bientôt introduits et employés avec succès dans les
lycées de Paris, dans les lycées et collèges de province, dans les
grands établissements d'instruction publique, etc. Un règlement
d'études édicté par le ministre de l'instruction publique vint, du
reste, prescrire l'emploi d'appareils uranographiques pour l'ensei-
gnement de la cosmographie dans les lycées. Nous ne ferons
qu'énumérer les principaux.
L'Appareil des saisons se compose d'un plateau carré , au
centre duquel est une boule portée par un support et figurant le
Soleil. Sur le plateau et sur une circonférence, sont inscrits les
mois de l'année, les différentes saisons et les signes du zodiaque ,
que la Terre, figurée par un globe, parcourt successivement dans
sa révolution. L'axe de la Terre est terminé par un bouton des-
tiné a produire le mouvement de rotation ; cet axe a l'inclinaison
réelle de 66° 1/2 sur le plateau, qui représente le plan de l'écliptique.
La Terre est entourée de deux méridiens concentriques, et son
support ést fixé à une aiguille formant le diamètre de la circon-
férence sur laquelle sont écrits les noms des mois, etc. En faisant
tourner cette aiguille on met en jeu un système de poulies, grâce
auxquelles la terre présente successivement au soleil ses divers
points, son axe demeurant toujours parallèle à lui-même.
Malgré l'insuffisance de cette description, peu facile à rendre
bien claire sans le secours d'une figure, on peut concevoir aisé-
ment qu'il soit possible d'obtenir ainsi l'alternative du jour et de
la nuit, de démontrer expérimentalement , au moyen d'une expli-
cation fort simple, l'inégalité des jours et des nuits, lephénomène
des saisons, l'inégalité de durée du jour solaire et du jour sidéral.
la nécessité de la correction appelée équation du temps, etc.
786 GEOGRAPHIE.
Un autre dispositif élémentaire, c'est l'Appareil des phases de
la Lune. Il est composé de la Terre, portée sur un pied, et de
la Lune fixée sur une planchette horizontale, mobile dans son plan
A autour de la Terre. On suppose le Soleil en un point de l'appar-
tement, par exemple du côté de la fenêtre qui l'éclaire. La Lune a
une face constamment tournée vers la Terre ; elle porte une ca-
Cotte noire hémisphérique, que l'on peut mettre en mouvement
sans la toucher, en faisant tourner le pied cylindrique qui la
porte. Dans toutes les positions que l'on donne à la Lune autour
de la Terre, cette calotte est maintenue du côté opposé au Soleil :
elle montre ainsi aux yeux quelle est la partie de l'astre non
éclairée.
On conçoit très bien, sans plus d'explications, comment cet ap-
pareil figure la rotation de la Lune sur elle-même, comment il
fait comprendre pourquoi le jour lunaire est plus long que le jour
sidéral, etc.; il rend parfaitement compte des phases.
Indiquons encore quelques-unes des dispositions de ce genre
imaginées pour l'enseignement de la cosmographie : on pourra
voir, en examinant les appareils tous modernes que nous pré-
sentent les dernières expositions, qu'ils ne sont, le plus souvent,
que des imitations, avec quelques variantes des combinaisons
réalisées depuis longtemps déjà.
Ainsi , l'appareil de M. Robert pour la démonstration des éclipses
est encore un des plus simples et des plus pratiques ; il est bien
connu des personnes qui ont enseigné la cosmographie, et nous
ne ferons qu'en rappeler les dispositions élémentaires. Une boule
placée sur un support représente le Soleil; une autre boule plus
petite, placée sur un autre support, représente la Terre ; leurs
centres sont dans un même plan, qui figure l'écliptique. Le sup-
port de la Terre repose sur un plateau mobile dans son plan
autour du Soleil. Un cercle découpé, incliné sur l'écliptique de
5°9, est l'orbite de la lune; cet astre est lui-même représenté par
une petite sphère que porte ce cercle. Un système de poulies et de
cordes met en mouvement tout l'appareil et les résultats obtenus
sont étonnants. On voit le phénomène de la rétrogradation des
nœuds ; les révolutions synodique, sidérale et périodique de la
Lune, les éclipses, etc.
Un autre apparei rend compte des librations de la une, libra-
tions en latitude comme librations en longitude. C'est un plateau
près du centre duquel se trouve une boule figurant la Terre. Une
autre boule, réprésentant la Lune, tourne autour de ce centre et
fait ainsi sa révolution dans un cercle excentrique à la Terre qui
peut très bien représenter en ce cas son orbite elliptique. Elle est
portée par un axe qui n'est pas tout à fait perpendiculaire au plan
de son orbite, et qui reste parallèle à lui-même dans le mouve-
ment de translation.
GEOGRAPHIE . 787
L'appareil des stations et des rétrogradations des planètes est
un peu plus compliqué : il montre aux yeux et explique les sin-
gulières apparences que présente le mouvement des planètes su-
périeures ; on constate parfaitement, grâce à l'ingénieuse dispo-
sition imaginée par M. Robert, que ces variations de marche ne
sont qu'une illusion due aux mouvements combinés de chaque
planète supérieure et de la Terre autour du Soleil.
Rappelons encore l'appareil pour démontrer l'inégalité des
saisons, les appareils de la précession des équinoxes, qui font voir
la différence de durée existant entre l'année équinoxale ou tro-
pique et l'année sidérale : on sait que ce phénomène de la
précession des équinoxes est très difficile à faire comprendre
clairement aux enfants, précisément parce qu'il dépend d'une
composition de rotations, de la combinaison de plusieurs (mouve-
ments giratoires d'un même corps qui est la Terre ; aussi a-t-on
construit plusieurs dispositifs qui rendent compte du phénomène à
divers points de vue, au point de vue physique, au point de vue
géométrique, au point de vue mécanique.
M. Ouvière avait constrnit jadis un cosmographe ou uranoscope
destiné à être installé sur les places publiques pour servir, en
quelque sorte, d'observatoire populaire et dont le premier modèle -
avait été donné par lui au Lycée Louis-Legrand à Paris où nous
l'avons bien souvent examiné pendant le cours de nos études à ce
lycée. Voici la construction de ce cosmographe, qu'il aurait cer-
tainement été utile de vulgariser.
Ce sont deux grands cercles égaux, en fonte, dont les plans sont
perpendiculaires entre eux, et dont les centres se confondent. L'un
deux est vertical et représente, quand il est orienté, le plan du méri-
dien; l'autre fait avec l'horizon le complément de la hauteur du
pôle pour le lieu où il est installé, et représente l'équateur céleste.
Le premier est traversé diamétralement par une tige en fer,
qui figure l'axe du monde, et qui par suite est perpendiculaire au
plan de l'équateur.
Différentes verges métalliques, soudées au cercle du méridien,
indiquent à l'œil le zénith , les tropiques du Cancer et du Capricorne,
les cercles polaires. La longueur de la tige qui représente l'axe
du monde est calculée de telle manière, que l'œil, placé à son
extrémité inférieure, voit la circonférence intérieure de l'équateur
céleste se projeter dans le ciel sur le cercle polaire boréal.
Lorsque le Cosmographe est installé dans un lieu déterminé, il
fait voir les directions de l'axe du monde, de l'équateur céleste et
du méridien du lieu. Il rend sensibles les lois du mouvement
diurne apparent des étoiles, leurs passages successifs au méridien,
leurs déclinaisons boréales et australes, leurs ascensions droites,
le mouvement propre apparent du Soleil et les variations de sa
déclinaison, les époques des équinoxes et des solstices.
788 GLUCOSES,
On le voit, le Cosmographe est un véritable cadran solaire
équatorial, car les heures sont marquées sur la circonférence
intérieure de l'équateur, et l'ombre de la tige qui représente l'axe
du monde se porte successivement sur les divisions de cette
circonférence. Tel est cet appareil que nous voudrions voir installer
dans la plupart des communes, et qui rendrait de réels services ,
pour l'enseignement de l'astronomie populaire. Enfin d'autres
machines analogues ont été encore inventées dans le même but,
et rendent dans l'enseignement quelques services, bien qu'on n'en
fasse pourtant, il faut le dire, qu'un emploi assez restreint.
LETORT .
Gerçures [Angl. chap ; Allem. die Schrunde] (Med. dom . ).
Nous voulons parler des crevasses, ou petites fentes peu pro-
fondes qui se forment dans l'épaisseur de la peau, surtout aux
lèvres, aux narines, aux pieds et aux mains. Celles qui ont lieu
aux mamelons, chez les nourrices, causent des douleurs intolé-
rables. Des pommades adoucissantes, telles que la pommade de
comcombre, la pommade camphrée, le beurre de cacao, et surtout
la glycérine, sont les plus usitées .
Geysers (les) (Hydrologie). Du mot islandais geysir, qui
signifie fureur, sont des sources d'eau chaude, qu'une force extra-
ordinaire de propulsion intérieure lance à une grande hauteur.
Ces colonnes qui parfois mesurent 5 à 6 mètres, s'élèvent jusqu'à
une cinquantaine de mètres. Le jet est d'ordinaire intermittent,
cette intermittence s'explique par la formation de vapeurs dans les
gouffres incandescents où se précipitent les eaux. Ces vapeurs
acquièrent peu à peu une force d'expansion considérable ; à un
moment donné l'éruption à lieu, elle cesse quand les vapeurs ne
sont plus en aussi grande quantité, pour se renouveler quand la
pression redevient assez puissante. On a remarqué que l'eau qu'ils
lancent tient en dissolution de la silice pure qui rend ces eaux
incrustantes . Partout où elles coulent, elles déposert un tuf
très résistant sur les objets et dont il prend l'empreinte très
exacte. Nous donnons, en France très improprement le nom de
fontaines pétrifiantes, à des fontaines qui ne sont réellement que
des incrustantes ; telles sont les sources dites de Saint-Alyre, de
Saint Nectaire etc., dont la propriété est d'envelopper les objets
qu'elles baignent d'une sorte de croûte calcaire sans módifier en
rien la nature de ces objets, Les Geysers n'existent qu'en Islande
et les principaux se rencontrent aux environs du mont Hécla, l'un
des volcans les plus actifsde la surface du globe.
Glucoses [Angl. Grape sugar ; Allem . Der Fruchtzucker] .
(Chim . ind.) . Fabrication des glucoses . Sous l'influence prolongée
GLUCOSES . 789
des acides ou de la diastase, la matière amylacée se transforme en
glucose. La fabrication de cette matière sucrée représente une
industrie qui s'étend chaque jour à cause des nombreux emplois
que l'on en fait dans les arts pour remplacer le sucre de canne.
En effet, toute matière sucrée qui doit fermenter se transforme
d'abord en glucose. Dès lors l'emploi direct de la glucose , que
l'on obtient à bien meilleur compte que le sucre, est indiqué par
lui-même pour la fabrication des liquides vineux. La douceur de
son goût la fait employer dans les sirops et confitures qui ne
sont pas de premier choix. Mais pour tous ces différents cas on
prépare la glucose sous des formes différentes et avec diverses
matières premières. C'est ainsi qu'à l'Exposition de 1878 on voyait
le maïs concourir avec la fécule pour donner des pains et des
sirops de glucose,et l'Autriche lutter avec la France et la Belgique
pour fournir des sirops de la plus belle eau.
La fabrication de la glucose s'est perfectionnée dans son outil-
lage parallèlement avec la fabrication du sucre, à laquelle elle a
emprunté quelques machines et procédés. En effet, tandis que les
préparations de fécule et d'amidon peuvent se faire sans l'emploi
de la chaleur pour ainsi dire , par conséquent sont essentiellement
corrollaires de la ferme, celle de la glucose au contraire demande
des engins de chauffage puissants, et dès lors ne doit s'effectuer
que dans des ateliers bien montés, pour réaliser les économies de
combustible les plus considérables possible. Voici en effet les
principes généraux de cette fabrication intéressante. Elle se com-
pose de cinq séries d'opérations distinctes : la saccharification, la
concentration, la clatification suivie de la filtration, la cuite, la
transformation en produits marchands, impondérables, massés ou
autres .
Saccharification. - Le procédé le plus ancien et le plus fréquem-
ment employé pour la saccharification de la fécule est celui qui
consiste à traiter la fécule par les acides. On emploie l'acide sulfu-
rique de préférence, parce qu'il est facile ensuite de s'en débarrasser
en le combinant à la chaux pour faire du sulfate de chaux qui est
peu soluble dans l'eau, et dès lors se précipite au fond des vases.
Voici comment se conduit l'opération pour 100 kil. de fécule. Dans
une cuve en bois de 20 hectolitres environ, on introduit 6 kil.
d'acide sulfurique à 66 degrés délayé dans trois ou quatre fois son
poids d'eau froide. Le fond de la cuve est parcouru par un tuyau
en couronne percé de trous et par lequel arrive la vapeur de
chauffage. On verse dans la cuve assez d'eau pour que ce tuyau
soit couvert, et on ouvre la vapeur qui barbotte et chauffe l' eau
acide. La fécule est délayée d'autre part dans une fois et demie
son poids d'eau chaude à 50 degrés , et versée en cet état dans la
cuve en proportion telle, que l'ébullition ne soit jamais arrêtée.
Lorsque la cuve est chargée, on la recouvre d'un couvercle
3
percé
IVO VOLUME .
790 GLUCOSES .
d'un trou que surmonte un tuyau pour laisser échapper au loin les
vapeurs odorantes. Au bout de 20 à 30 minutes, la masse est
transformée en dextrine ; après 2 ou 3 heures la plus grande partie
de la fécule est saccharifiée ; mais il reste encore de la dextrine.
C'est dans cet état que la réclame les brasseurs . Il faut 5 ou
6 heures et même plus pour obtenir un sirop de glucosé parfait.
Quand on est arrivé au degré de saccharification désiré, on coule
le liquide sucré dans un autre vase muni d'un agitateur, et l'on
y verse un lait formé avec 20 à 25 kil. de blanc d'Espagne pulvé-
risé , délayé dans une quantité d'eau suffisante. Il en résulte une
grande effervescence provenant du dégagement tumultueux de
l'acide carbonique ; aussi ne verse-t-on la craie que par petite
portion jusqu'à saturation complète en tournant l'agitateur.
Lorsqu'avec la teinture de tournesol on s'est assuré de la parfaite
saturation de l'acide, on laisse au mélange un repos de 12 heures.
Le sulfate de chaux se dépose ; on décante dans une bassine où
l'on entretient une ébullition prolongée de manière à monter son
degré à 22 ou 24 degrés bouillant. Pendant cette ébullition une
grande quantité de sulfate s'est déposée sur les parois de la bas-
sine. On passe alors à la clarification .
Quant au dépôt resté dans la cuve, on le délaie dans l'eau, on
le filtre, on le presse, et le liquide sucré obtenu est soumis aux
mêmes opérations que l'autre. Au lieu d'opérer la saccharification à
l'air libre, on peut l'exécuter en vase clos et sous pression, ce qui
procure une économie de temps, de combustible et de main- d'œuvre.
On peut employer à cet effet l'appareil de MM. Colani et Kruger
(fig. 263) . C'est un cylindre en métal, fer ou cuivre rouge vertical de
1m,1 / 2 environ, solidement construit, muni de deux trous d'homme
et de tous ses accessoires .
Cet appareil est destiné spécialement à la saccharification des
grains entiers pour la fabrication des liquides sucrés employés en
distillerie, et le double-fond qu'il contient évite la chute des
matières solides à l'entrée des tuyaux de vapeur. MM . Colani et
Kruger ont remarqué qu'en agissant ainsi en vase clos, pour
chaque espèce de substance amylacée l'opération exige des quan-
tités d'eau et d'acide, une pression et une durée différentes ; ils ont
déterminé le nombre de calories nécessaires à la saccharification de
chaque substance en opérant à une pression de vapeur donnée et
dans un laps de temps connu d'avance. Ils sont done arrivés à
fixer exactement toutes les conditions normales de saccharification,
conditions desquelles on ne devra pas sortir sous peine de caramé-
liser ou de ne pas saccharifier les substances enfermées dans l'appa-
reil . Ce n'est donc plus, ces éléments connus, qu'une question
d'exactitude de la part de l'ouvrier, à observer l'horloge et le
manomètre. La vidange se fait facilement en ouvrant le robinet
[Link]
Saccharificateur Colani et Kruger.
3
C
G
P
e
Fig. 263.
chargement
pourleeb;
introduire
d'homme
trou
perforé;
double-
fond
un
de
Description
contenant
l'appareil:
cylindre
A
l'appareil;
manomètrehor-
intérieure
pression
indiquant de
l'opération;
pendant
preuve f
prendre
servant
déprouvette
double-
saccharification
lorsque
saccharificateur
servant
munie
d'uneleàla;àe;
fond
la
vider
cheminée
bois
l'opération
cuve
durée
observeren
G
de
pour
loge
contenu
purger
dans
l'air
chauffage
d'arrivée
vapeur
pourle2,4,3,;
acidulée;
l'eau
de
terminée
robinet
est
supérieure.
cuve
communiquant
cylindre
vidange
robinet
de
le
4,à;
la
792 GLUCOSES .
nº 4, car sous l'influence de la pression intérieure le saccharificateur
fonctionne comme un monte-jus et se vide complétement.
Enfin une troisième méthode de saccharification est celle qui
consiste dans l'emploi du malt. La saccharification de la fécule et
l'amidon par la diastase a de très grands avantages. D'abord elle
ne coûte pas plus cher que par l'emploi des acides ; ensuite les
glucoses obtenus sont beaucoup plus purs au point de vue des
matières salines, ne contenant pas de sulfate de chaux qu'il est
toujours impossible d'enlever complétement ; enfin ces produits sont
d'un goût plus tin, d'une apparence plus agréable et les font pré-
férer pour la confiserie et les distillateurs. Aussi le glucose siru-
peux obtenu de la sorte a-t-il reçu dans le commerce le nom de
sirop de Froment pour le distinguer des produits moins purs obte-
nus par les autres procédés. Les quantités d'orge germée que l'on
emploie pour saccharifier la fécule sont variables avec le mode
opératoire. Dubrunfaut conseille d'ajouter 20 °/% de malt à l'ami-
don réduit en empois préalable dans 6 à 700 % d'eau. Pour
arriver à ce résultat on délaie 100 kil . de fécule dans deux fois
son poids d'eau froide, et on y ajoute successivement 6 à 700 litres
d'eau bouillante. L'empois d'abord opaque devient transparent, et
l'on y verse alors 20 kil. d'orge maltée trempée d'avance. Au bout
de dix minutes, l'empois est complétement fluidifié.
On peut faire l'opération en versant la fécule, délayée dans
deux fois son poids d'eau froide, dans l'eau portée à l'ébullition
préalable. L'empois se forme peut-être plus facilement. Pour que
le malt agisse avec toute l'efficacité possible, il faut maintenir la
masse à 60 ou 70 degrés. Enfin on opère parfois autrement. L'orge
germée, détrempée un quart ou une demi-heure d'avance dans
l'eau froide, soit 4 à 5 kil. par 100 kil de fécule à traiter, est versée
dans 50 litres d'eau chaude et le tout maintenu à 65 degrés . Dans
ce liquide, on fait arriver lentement les 100 kil. de fécule délayés
dans 200 litres d'eau. L'empois a à peine le temps de se former
qu'il est de suite liquéfié. Cependant lorsque l'introduction est
complète, la température étant maintenue à 65 ou 70 degrés, on
laisse pendant quatre ou cinq heures le malt réagir, et cela
quel que soit le procédé employé. La saccharification se fait ordi-
nairement dans des cuviers, parfois dans des appareils munis
d'agitateurs pour opérer les mélanges. On adoptera pour cela le
dispositif le plus commode pour l'usine dans laquelle le travail sera
appliqué . Le seul inconvénient que présente l'emploi du malt , c'est
la lenteur avec laquelle le liquide se clarifie, car le malt met un
temps infini à tomber au fond de la cuve ; ce temps est d'ailleurs
d'autant plus long que l'on a agi sur des fécules plus impures. Une
fécule traitée par l'acide chlorhydrique, lavée à la soude caustique,
puis à grande eau laissera déposer le malt après saccharification
bien plus vite qu'une fécule verte mal épurée . On a donc presque
GLUCOSES . 793
toujours avantage à faire subir ce traitement préalable à la fécule,
d'autant plus que le glucose obtenu avec ces produits purifiés est
beaucoup plus limpide et plus beau que celui qui provient d'un
travail moins parfait.
Quoi qu'il en soit, on laisse reposer cinq ou six heures le liquide
sucré pour laisser déposer le malt, on décante la partie claire, et
on filtre le dépôt dans des espèces de chausses ou filtres-Taylor
formés d'un linge fin et mouillé, et on les porte à la concentration.
Nous ne savons pas si l'on a employé dans ce cas le filtre-presse
qui fournirait beaucoup de travail en très peu de temps. Peut-être
avec quelques modifications en rendrait-onl'usage facile, aussi bien
pour les boues sulfatées que pour celles qui proviennent du malt.
Concentration . Dans les usines bien montées les vapeurs
qui s'échappent de la cuve à saccharification sont recueillies dans
des tuyaux horizontaux où elles se condensent comme dans les appa-
reils de sucrerie appelés appareils Desgrand ; sur la partie exté-
rieure de ces tuyaux et pour les refroidir, on fait tomber en nappe
le liquide clair glucosique provenant d'une saccharification précé-
dente. De la sorte une partie de la concentration des jus ne coûte
rien. Il est évident que dans ce cas on aurait également tout avan-
tage, dans une grande exploitation à employer les appareils à effet
multiple qui économiseraient une grande quantité de combustible .
Clarification et filtration. Lorsque le liquide a été amené à
22 ou 24 degrés, soit dans une bassine, soit autrement, on procède
à sa clarification en le faisant bouillir avec des blancs d'œufs ou
du sang, exactement comme en raffinerie pour le sucre, puis on
le filtre sur du noir animal en grains, dans des cylindres verticaux
maintenus à une température assez élevée, à la faveur de laquelle
la filtration est plus régulière . Cependant lorsqu'on veut obtenir
des produits parfaitement incolores, il est préférable d'opérer
presque à froid.
Cuite. Le dernier degré de concentration, qu'on appelle la
cuite, est variable suivant le but que l'on se propose d'atteindre.
Quoi qu'il en soit cette opération se fait soit à feu nu, si l'on ne
tient pas à la qualité, soit dans des chaudières à vapeur à doublé
fond ou à serpentins analogues à celle de Pecqueur, soit enfin,
pour obtenir des produits plus parfaits, dans le vide qui permet
de conserver au sirop toute sa limpidité et son absence de colora-
tion.
Transformation en produits marchands . On rencontre le
glucose sous trois formes : le sirop de fécule ou sirop de froment,
le sucre massé et le sucre granulé. Lorsque l'on pousse la concen-
tration du sirop à 38 ou 39 degrés, on obtient une matière telle-
ment visqueuse que les aréomètres ne peuvent plus en marquer le
degré . C'est ce sirop que l'on nomme pour cela impondérable.
Pour obtenir le sucre massé ou glucose solidifié on ne pousse la
794 GLUCOSES .
concentration que jusqu'à 32 ou 33 degrés, et on l'abandonne à
lui-même pendant deux ou trois jours pour qu'il se clarifie une
dernière fois. Puis on tire à clair, et l'on concentre dans une bas-
sine jusqu'à ce qu'il marque bouillant 39 à 40 degrés, et on le
verse dans cet état dans une cuve où on lui fait subir toutes les six
heures un brassage qui favorise sa solidification. On ne le verse dans
les tonnea ux dans lesquels il doit être expédié que lorsqu'il est
aux trois quarts solidifié, et on ne le livre que lorsque la solidifi-
cation est complète.
Le sucre granulé s'obtient en ne concentrant qu'à 31 degrés au
plus après une filtration du sirop sur le noir. Ce sirop à 31 degrés
est abandonné pendant deux jours à lui-même afin de le laisser
se dépouiller de ses derniers dépôts. Il est alors décanté dans des
tonneaux verticaux dont le fond est perforé d'une grande quantité
de petits trous fermés avec des fossets. Le fond du haut a été
enlevé. Ces tonneaux sont côte à côte, élevés sur des chantiers
au-dessus du sol. La cristallisation est longue à se déclarer, en
général c'est au bout de huit ou dix jours. Mais à partir de ce
moment elle marche assez rapidement. Lorsqu'elle a envahi
environ les trois quarts de la masse, on enlève les fossets, le sirop
s'égoutte dans une gouttière en plomb , assez lentement d'ailleurs.
On est même parfois obligé d'avoir recours à un clairçage rapide
à l'eau pour chasser complétement le sirop.
La glucose qui reste dans les tonneaux est à l'état de petites
masses mamelonnées opaques . On la vend a cet état, ou bien on
le soumet dans des sacs à une forte pression hydraulique, et les
tourteaux parfaitement blancs sont concassés suivant la demande.
Les sirops d'égoût sont généralement mélangés au sirop vierge
parce que concentré seul celui-cine donne qu'une seconde cristalli-
sation insignifiante. A l'Exposition de 1878 on rencontrait surtout
les sirops de froment impondérables, et les sucres massés de
fécule et de maïs. 100 kil de fécule saccharifiée par l'acide sulfu-
rique donnent industriellement 125 kil de sirop impondérable et
100 kil . de sucre massé. L'amidon fournit 145 ou 150 kil. d'impon-
dérable.
Essai des sirops de glucose. Il est des cas où il est préférable
de laisser un peu de dextrine dans la glucose, d'autres où il est
indispensable qu'il n'en reste pas. Le procédé le plus exact pour
doser les quantités respectives de glucose et de dextrine est de
dissoudre un certain poids de glucose sous un certain volume, et
doser la glucose par la liqueur de Fehling, la dextrine ne la
réduisant pas . Ensuite on saccharifie complétement par l'ébullition
avec un acide un même poids de glucose, et on fait un nouveau
dosage par la liqueur de Fehling. Le premier dosage donne la
glucose préexistante, le second la glucose totale ; en faisant la diffé-
rence entre les deux, on obtient la dextrine. Si l'on veut simple-
GOBELETERIE. 795
ment constater s'il existe ou non de la dextrine dans la glucose,
on dissout dans une petite quantité d'eau la glucose en question,
ou bien on prend, dans la cuve que l'on surveille, un peu du
liquide, on filtre, et on y ajoute trois fois son volume d'alcool à
90 degrés . Si après agitation le mélange reste limpide il n'y a pas de
dextrine. S'il se forme une louche, c'est qu'il existe de la dextrine
dans la matière que l'on observe .
P. HORSIN DÉON .
Gobeleterie [Angl. Goblet-works ; Allem. die Fabrikation
von Handel mit Bechern] ( Verrerie. ) Après le cristal,
le verre de Bohême, tient le premier rang, parmi les autres
verres ; cette supériorité est due à sa blancheur et à sa pureté,
Le verre de Bohème est composé de :
Sable provenant de quartz pilé 100 parties.
Carbonate de potasse .... 38 à 42
Chaux éteinte.. 18
Nitrate de potasse . 1,25
Arsenic. 0,75
La fabrication des verres et gobelets dans des moules en bois et
la suppression du pontil donne aux verres de Bohême une netteté
que n'atteignent jamais les verres rognés au feu et ouverts avec les
fers (Bontemps) . En France, la fabrication de la gobeleterie, au
carbonate et au sulfate de soude, a permis d'obtenir des verres
d'une assez belle qualité à bon marché. La gobeleterie a une très
grande importance commerciale ; cette fabrication atteint un
chiffre très élevé. On fabrique dans notre pays des verres d'une
qualité inférieure dite verres en chambourin ou pivette, avec
lesquels on fait des verres et carafes de cabaret, les fioles de
médecine, rouleaux pour sirops . Aujourd'hui cette fabrication de
verre de qualité inférieure tend à disparaître ; le verre blanc bien
fondu se répand partout, les verres et carafes des cafés , les fioles
de pharmacie, les flacons de chimie, etc., sont des produits de
fabrication courante obtenue avec des verres bien fondus et de
bonne qualité. Les articles pour restaurants, les bouteilles à eaux
gazeuses, les cornues, et autres appareils de laboratoire, consti-
tuent un commerce très important de la gobeleterie commune.
Les fioles de pharmacie, les vases de chimie, les tubes, les
cornues etc. se fabriquent dans des verreries qui refondent des
groisils (Sarthe, Seine-Inférieure, etc.). On fabrique donc en
France deux sortes de gobeleterie : la gobeleterie commune qui
sert pour les verres communs, la topeterie et la gobeleterie fine
ou demi- cristal. La soude à l'état de carbonate ou de sulfate est
toujours le fondant employé. M. Godart-Desmaret estime que cette
fabrication a lieu dans 70 usines, occupe 20.000 ouvriers,
796 GOBELETERIE
emploie une centaine de fours, et livre au commerce pour près de
20,000,000 de francs de produits . Pour une potée de 250 kilo-
grammes , on emploi à Trélon (Nord) :
Sable
Sel de soude .
200 kilogr.
66
Chaux 50
Les fabricants français qui se sont fait remarquer à l'Exposi-
tion de 1878 par les produits de gobeleterie fine ou commune
sont : MM . Aubriot, Rousseau et Cuchelet à Clairey, verres gravés
et service de table ; MM . Avril et Bertrand ( Nancy) service com-
mun, flacons, bobèches , verres de lampes ; MM . Boissière de
Fig. 264. Fabrication du verre à bouteilles, four à cuvette et travail continu.
Tanville ( Orne) , verrerie pour chimie et pharmacie ; MM . Domont
et Sauvageot (Paris), gobeleterie de table, objets taillés et montés ;
MM . Schmid et du Houx de Fains, ( Meuse) , verrerie pour ser-
vice de table et limonadiers. Les verreries de Wallerysthal,
M. Mougin à Portieux (Vosges) , ont exposé des objets en
verre fin ou demi-cristal unis , taillés et gravés ; M. Coyen (Paris ),
qui fabrique des flacons et carafons à glace, visant verre sur
verre, a exposé des échantillons de ses produits , destinés principa-
lement à la chimie, à la pharmacie et à la parfumerie.
Bouteilles . La fabrication du verre à bouteilles exige des
matières premières de peu de valeur ; généralement on utilise les
sables du pays ; la soude et la potasse sont , en grande partie,
remplacées par la chaux, la magnésie, l'alumine . Voir ce que
nous avons dit à ce sujet au mot Verrerie p. 1531 tom. II.
GOUDRON. 797
Goudron . - [Angl. coal tar ; Allem. der Theer] ( Chimie indus-
trielle.)- Epuration des essences de goudron etséparation des divers
produits . Dans l'état actuel de l'industrie, nous n'avons plus à
nous préoccuper des huiles du troisième fractionnement ; toutefois ,
comme les progrès marchent à pas de géant, on trouvera peut-
être à mieux utiliser ce résidu. Les produits du premier et du
deuxième fractionnement des essences , entrent donc seuls dans
l'atelier où s'opèrent l'épuration et la séparation des produits .
Traitement du premier fractionnement, essencejusqu'à 150° cen-
tigrades. Dans la distillation du goudron , ces essences sont en
proportion relativement faible ; aussi, par cette raison, une
partie des essences du deuxième fractionnement se trouve dans
ce premier. Il convient donc avant tout, de faire une première
rectification sur des masses un peu importantes et après avoir
séparé toute l'eau qui se dépose par le repos. Cette première rec-
tification se fait dans des chaudières cylindriques en fer, conte-
nant de 1000 à 2000 kilogrammes d'essence ; si on chauffe à la
houille, le chauffage ne doit pas être direct ; le foyer doit être
surmonté d'une voûte. Le chauffage à la tourbe est préférable . On
peut également et mieux chauffer l'alambic avec de la vapeur à
haute pression, au moyen d'un double-fond, ou avec un serpentin
avec retour d'eau. La distillation doit se faire, dans tous les cas,
très régulièrement, sans soubresauts, jusqu'à ce qu'on ait éva-
poré les deux tiers du contenu de la chaudière, qu'on condense
par les moyens ordinaires mais très énergiques, au commence-
ment de la distillation surtout. Ce qui reste dans la chaudière
est réuni aux produits du second fractionnement, après toutefois,
en avoir séparé la naphtaline qui se dépose presque toujours par
le refroidissement. Les deux tiers rectifiés contiennent alors
principalement :
L'amylène. 390
La petinine. 80
La benzine . 81 à 86
Le toluene 104 à 108.
Le xylène . 127
et une petite quantité de tous les autres produits moins volatils et
probablement d'hydrocarbures inconnus encore. L'amylène ou
alcool des goudrons, peut être de suite séparée en mettant à
part les premiers produits de la distillation, et être ajoutés plus
tard aux benzines à détacher les étoffes ; ce produit est d'ailleurs
en petite proportion. Le reste des essences est recueilli dans un
réservoir où l'eau se sépare par le repos, puis les essences sont
soumises à des lavages méthodiques destinés à enlever l'ammo-
niaque et ses combinaisons, puis les alcalis et les acides orga-
niques.
798 GOUDRON .
Voici la série de ces traitements : 1º Lavage à l'eau pure pour
enlever l'ammoniaque et ses combinaisons, repos et décantage.
2º Lavage à froid avec 3 à 40% d'acide sulfurique, qui dis-
sout les produits basiques et qui entraîne un peu de naphtaline et
des impuretés. Le mélange doit être fait très énergiquement, et
si c'est possible par des moyens mécaniques. Puis, par un repos
de douze heures, le goudron acide se dépose complétement et
l'essence surnage ; le goudron est évacué par le fond, les essences
décantées sont reçues dans un troisième vase. 3º Lavage énergique
à l'eau pure ; repos et soutirage de l'eau. 4º Second lavage à l'eau
pure dans le même vase, repos et décantage dans un quatrième
vase. 5º Lavage à froid avec 1 ou 20% de soude caustique à 36
degrés, pour enlever les dernières traces d'acide sulfurique et les
acides organiques contenus dans le goudron. Brassage énergique,
repos pendant 12 heures, évacuation de la soude précipitée avec
les acides combinés . 6° Premier lavage à l'eau pure, repos de
6 heures dans le même vase, et 70 second lavage à l'eau pure,
repos de 6 heures et soutirage de l'essence, dont le traitement
chimique est enfin terminé.
Les vases qui servent à ce traitement sont généralement en
fonte et cylindriques. Pour faciliter un lavage énergique, on ne
doit pas opérer sur plus de 3 à 400 kilogrammes d'essence à lafois.
Pour aider la manœuvre, à la Compagnie Parisienne et dans
d'autres fabriques, les vases de lavage sont disposés en gradins,
de manière à pouvoir se décanter de l'un dans l'autre par la dif-
férence de niveau. Nous ne saurions trop recommander que les
lavages soient bien faits ; que les vases soient propres et servent
toujours à la même opération, et qu'ils soient hermétiquement
fermés pour éviter les pertes d'essence très volatiles. Pour faci-
liter le nettoyage fréquent des vases, ils peuvent être munis de
couvercles à fermeture hydraulique .
Les essences traitées sont immédiatement enfermées dans des
réservoirs en tôle bien clos ; elles ne renferment plus que des
hydrocarbures neutres à point d'ébullition peu élevé, c'est-à-dire,
la benzine, le toluène, le xylène, un peu de cumène et d'autres
essences neutres . On laisse reposer jusqu'à ce qu'elles soient
limpides ; on les soutire et on les soumet à une seconde rectifica-
tion dans des alambics, tenus proprement, et contenant 3 à 400
kilogrammes. Le chauffage ne doit pas se faire directement ; on
emploie soit la vapeur à haute pression, soit un bain-marie com-
posé d'huile de palme, dans lequel plonge l'alambic, et qui évite
l'action directe du feu sur la chaudière . Pour obtenir des essences
incolores, le chapiteau de l'alambic doit être en cuivre étamé inté-
rieurement, et le serpentin réfrigérant en étain . La chaudière doit
être nécessairement munie d'un thermomètre centigrade passant à
travers un bouchon fermant une tubulure, de manière à ce que
GOUDRON. 799
la boule plonge entièrement dans les vapeurs essentielles rectifiées.
Ce thermomètre sert de guide pour la conduite de la rectification,
qui doit se faire avec beaucoup de régularité et sans soubresauts .
Dans l'industrie, on recueille ordinairement la benzine et le toluène
ensemble ; dans ce cas , l'ouvrier doit fractionner tout ce qui passe à
la distillation, jusqu'à ce que le thermomètre marque 110 degrés ; on
va même à tort jusqu'à 115 degrés. Ce mélange constitue la benzine
ou benzole, destinée à la fabrication de l'aniline et des couleurs qui
en dérivent, et de l'essence de Mirbane. Les produits qui se con-
densent ensuite sont très blancs et très limpides ; ils contiennent
naturellement encore des traces de benzine et de toluène, mais
surtout du xylène, du cumène, et probablement des hydrocarbures
encore inconnus, à point d'ébullition semblable. Ces produits,
recueillis depuis 110 jusqu'à 127 degrés, sont mis à part et servent
au nettoyage des étoffes, à la dissolution du caoutchouc, à l'éclai-
rage et autres applications industrielles. Au-dessus de 127 degrés,
on fait un troisième fractionnement des essences condensées, et qui
constitue une seconde qualité du produit précédent, appelé impro-
prement benzine.
Lorsqu'on a recueilli ces trois produits :
1º Mélange de benzine et de toluène purs,
20 Benzine à détacher nº 1,
3º Benzine à détacher nº 2,
et que les essences condensées ne sont plus d'une grande limpidité
et d'une grande blancheur, le résidu qui reste encore dans l'alambic
extrait à froid, va rejoindre les produits du second fractionnement
de la distillation des goudrons. Quant aux trois produits recueil-
lis ci-dessus, on les emmagasine de suite dans des réservoirs en
fer-blanc, d'une propreté irréprochable pour ensuite les emballer
soit dans des touries en verre, soit dans des vases en fer-blanc,
si on veut les expédier. La benzine et le toluène purs possèdent
chacun, pour la fabrication de l'anilineet des couleurs , des qualités
spéciales ; aussi quelques fabricants, au lieu de les mélanger,
commencent à fractionner ces produits en séparant ce qui passe
par exemple jusqu'à 90° centigrades, de ce qui vient ensuite
jusqu'à 110 degrés. On obtient ainsi des produits, dont les pre-
miers contiennent jusqu'à 70 de benzine et 30 de toluène ; les
seconds au contraire 70 de toluène et 30 de benzine. Si l'on vou-
lait procéder à une séparation plus complète, ce que quelques
fabricants font, il faudrait procéder à de nouvelles rectifications
portant spécialement sur les produits recueillis jusqu'à 110° centi-
grades , et fractionner jusqu'à ce que le produit distille à 81 degrés
et le second à 108. Ici nous devons faire une remarque au sujet
de ces points d'ébullition : dans les derniers ouvrages de chimie
publiés , les chimistes admettent pour la benzine 86 degrés et pour le
800 GOUDRON.
toluène 110. Les fabricants, qui ont exposé de très beaux produits,
admettent généralement au contraire pour la benzine pure au
point d'ébullition constante de 80 à 81 degrés, ce qui me parait être
vrai, au moins pour la benzine des goudrons de houille, et pour
le toluène de 106 à 110 degrés. Un fabricant anglais admet même
103 à 104 degrés .
On devrait s'étendre sur ces degrés, qui donnent bien souvent
lieu à des contestations entre le vendeur et l'acheteur, et qui sont
évidemment dus principalement à ce que ces produits, biendéfinis,
sont toujours accompagnés d'autres hydrocarbures à point d'ébul-
lition analogue et qui, par des dédoublements, se produisent à
chaque distillation nouvelle. Si l'on voulait avoir de la benzine
parfaitement pure, les produits qui passent jusqu'à 86 degrés par
exemple devraient être soumis à l'action d'un mélange frigorifique ;
la benzine cristallise, et en la comprimant, le toluène interposé
entre les cristaux se sépare. En industrie, on a rarement besoin
d'arriver à ce grand état de pureté.
Traitement du second fractionnement des produits volatils du
goudron , essences de 150 à 200 degrés. A ces essences brutes du
second fractionnement sont venus se joindre, comme nous l'avons
dit, le résidu de la seconde rectification des essences du premier
fractionnement et le résidu de la seconde rectification définitive des
benzines . Ce mélange bien déposé est rectifié également une pre-
mière fois dans des chaudières contenant de 1000 à 2000 kilo-
grammes . Cette rectification devant donner, à la fin de l'opération,
des essences a un point d'ébullition élevé, peut se faire, comme
la distillation des goudrons , dans des bouilleurs cylindriques à
foyer ordinaire, masqué par une voûte. La chaudière est munie
d'un thermomètre, dont la boule plonge dans les vapeurs. On
fractionne les produits comme suit : jusqu'à 120 degrés, les essences
condensées sont réunies au produit du premier fractionnement de
la distillation des goudrons, et par conséquent traitées ensuite
comme lui ; de 120 à 190 degrés on recueille les essences à part.
Le résidu contenu dans la chaudière retourne aux goudrons.
Les essences recueillies subissent alors le traitement suivant :
1º Lavage à l'eau pour enlever l'ammoniaque et les sels ammonia-
caux. 20 Traitement avec 4 % d'acide sulfurique à 66 degrés,
brassage très énergique . 3º Deux lavages successifs à l'eau pure.
4° Traitement avec une quantité de soude caustique à 36 degrés , suf- 1
fisante pour enlever tout l'acide phénique et autres acides. Il est
impossible d'indiquer cette quantité d'avance, les huiles de gou-
dron contenant des proportions très diverses d'acide phénique.
Dans 100 kilogrammes de goudron on a en effet trouvé depuis 4
jusqu'à 10 kilogrammes d'acide phénique, qui se retrouvent entiè-
rement dans les huiles des trois fractionnements et surtout dans
celles du second. Un essai préalable en petit sur ces huiles sera
GOUDRON . 801
nécessaire pour chaque espèce de goudron nouvelle ou d'huiles à
traiter. Cet essai est très facile à exécuter; il suffira de prendre
par exemple 10 kilogrammes de ces essences et de les traiter par
un grand excès de soude caustique liquide, pour qu'on soit sûr
que tout l'acide phénique est enlevé. La dissolution sodique sou-
tirée, étendue de cinq fois son volume d'eau chaude, est laissée
au repos pendant quelques heures, ou la soutire à clair et on la
sature par un acide minéral étendu d'eau. L'acide phénique se
sépare sous forme d'huile qu'on pèse. L'équivalent de la soude
caustique pure étant 390 et celui de l'acide phénique 1175, on voit
que pour chaque unité d'acide phénique retirée de l'huile il faudra
environ 3 unités de soude caustique, supposée pure, ou l'équiva-
lent en soude caustique étendue d'eau. 5º Deux lavages successifs
à l'eau.
Bien entendu que dans toutes ces opératons on prend les pré-
cautions qui ont été indiquées lors du traitement des huiles du
premier fractionnement : brassage énergique, repos suffisant,
décantage fait avec soin, etc. Le produit purifié ne contient plus
que des essences neutres ou hydrocarbures à point d'ébullition élevé .
La seconde rectification doit se faire au bain-marie d'huile de
palme ; la température de la vapeur à haute pression ne serait pas
suffisante pour terminer l'opération ; l'alambic est muni de son
thermomètre .
Au commencement de la distillation, on recueille toujours un peu
de benzine et de toluène, qu'on joint aux produits semblables
obtenus précédemment. Viennent ensuite en petite quantité des
essences incolores très limpides qui, recueillies jusqu'à 127 degrés ,
sont jointes à la benzine fre à détacher. Au-dessus de 127 degrés ,
jusqu'à 140 degrés environ, vient la benzine 2e, et quelquefois , avec
les essences qui passent au-dessus de 150 degrés , on fait une
troisième qualité moins belle et moins limpide que les premières.
Le résidu de la distillation est réuni aux huiles lourdes de
goudron, et contient une quantité considérable de naphtaline et
autres produits carburés à haute température. Les nombreuses
opérations que nous venons de décrire étant assez compliquées,
nous croyons devoir les résumer dans le tableau de la page suivante .
En résuiné, les produits commerciaux déjà retirés des fraction-
nements nº 1 et 2 sont : Benzine pure ou mélange divers de ben-
zine et de tuol pour aniline et couleur. Essence appelée impropre-
ment : benzine nº 1 , benzine nº 2 , benzine nº 3 , pour
nettoyage caoutchouc, etc.
Nous nous empressons de dire que la marche du travail que
nous venons d'indiquer est en quelque sorte un cadre théorique
qui est parfaitement applicable aux goudrons de houille de gaz ,
riches en essences, travail qui doit être plus ou moins modifié
pour des goudrons pauvres suivant les circonstances ; toutefois,
802 GOUDRON.
on devra toujours être guidé par le principe de la séparation des
produits, par la différence de la température d'ébullition et par
l'élimination des essences alcalines et acides au moyen de l'acide
sulfurique et de la soude caustique.
MATIÈRES PREMIÈRES . PRODUITS,
Essences du 1er fractionnement.
Essences du 2e fractionnement.
fractionnement
1. Goudron distillé ..
Huiles lourdes.
Brai en résidu.
Essences
Deux tiers des essences à rectifier.
premier
1re rectification . Résidu ajouté aux essences de second fractionne-
ment.
du
20
.
Traitement chimique des deux tiers.
Amylène, etc.
Benzine et toluène.
2e rectification Benzine nº 1 , à détacher.
fractionnement
Benzine nº 2, à détacher.
Résidu ajouté aux essences du second fractionne-
ment.
Essences jusqu'à 1200 jointes au produits du pre-
Essences
mier fractionnement.
4re rectification
,de
De 120 à 190, recueillies séparément.
Résidu retourné au goudron.
3º
Traitement chimique des essences de 120 à 1900.
Benzine et toluène mélangés, ajoutés aux mêmes
du premier fractionnement.
2e rectification Benzine à détacher nº 1, jusqu'à 1270.
Benzine à détach r nº 2, 440.
Benzine à détacher nº 3, 450.
Le résidu retourne aux huiles lourdes des goudrons.
Traitement des résidus des essences , acide phénique. Plu-
sieurs de ces acides ont acquis une véritable importance, surtout
l'acide phénique, puis l'acide rosolique, composé de trois corps
simples : carbone , hydrogène et oxygène. L'acide phénique (car-
bolique des Anglais) , ayant son point d'ébullition à environ
188 degrés, existe en forte proportion dans les huiles de second
fractionnement de la distillation des goudrons, c'est-à-dire dans-
les produits dont le point d'ébullition est compris entre 150 à
200 degrés . L'acide de ces huiles se retrouvera donc entièrement com-
biné à la soude caustique, qui a servi au traitement chimique sous
la forme de phénate de soude. C'est en effet, ce phénate de soude
qui sert à sa préparation. Voici comment on opère : 1º On dissout
ce phénate très épais dans cinq ou six fois son volume d'eau chaude,
en agitant vigoureusement la masse, puis on laisse refroidir ; il se
dépose de la naphtaline et quelques huiles émulsionnées par la
soude et qui surnagent la dissolution de phénate de soude. 2º On
soutire la partie clarifiée de la dissolution dans un réservoir infé-
rieur et on la sature par un petit excès d'acide muriatique ou
GOUDRON. 803
sulfurique étendu d'eau ; en laissant reposer, le sel de soude, plus
dense, gagne le fond du réservoir, et l'acide phénique et autres
acides organiques qui l'accompagnent surnagent. 3º On décante
l'acide phénique dans un troisième vase inférieur et on le lave
énergiquement à deux eaux successives. 4º On le décante de
nouveau dans un réservoir spécial, où on le prend, après un repos
qui sépare l'eau, pour le soumettre à une rectification . Cette rec-
tification se fait dans des cucurbites en fonte surmontées d'un
chapiteau dans lequel s'engage un thermomètre dont la boule
plonge dans les vapeurs.
Tous les produits en petite quantité d'ailleurs qui se dégagent au-
dessous de 186degrés, sont fractionnés, et tout ce qui se passe entre
186 et 190 degrés est récolté comme acide phénique brut. L'huile
phénique, condensée dans un serpentin en fer, cristallise, par le
refroidissement, très facilement en hiver ; en été, le refroidisse-
ment doit se faire dans des caves à 10 degrés. Cet acide cristallisé,
bien égoutté, est suffisamment pur pour la plupart des applica-
tions industrielles. Toutefois, pour l'obtenir dans un état de
pureté plus grand encore, il faut comprimer fortement les
cristaux pour en séparer l'huile interposée. On est quelquefois
obligé de le rectifier une seconde fois ; on ne prend alors que les
produits qui passent exactement au point d'ébullition, c'est-à-dire
à 188 degrés . Les cristaux comprimés une seconde fois sont alors
dans un grand état de pureté, commercialement parlant.
Le phénate de chaux brut se produit avec facilité, comme le phé-
nate de soude, en traitant les huiles bouillant entre 150 à
200 degrés par un lait de chaux bien tamisé, qui se combine avec
l'acide phénique. La dissolution décantée et bien reposée, peut
servir à la désinfection, l'acide phénique se dégageant comme le
chlore du chlorure de chaux, très lentement et étant remplacé par
l'acide carbonique de l'air. Pour obtenir un phénate de chaux plus
pur, on pourra traiter l'acide phénique liquide par le même lait
de chaux. On pourrait même, comme nous l'avons nous-même
essayé, remplacer la plus grande partie de la soude, employée
ordinairement pour purifier les huiles de 150 à 280 degrés, sauf à
compléter l'opération par un peu de soude caustique ; mais cette
opération est compliquée, bien moins nette, et demande beaucoup
de surveillance, surtout si on veut ensuite extraire à l'état de
pureté l'acide phénique. Nous en dirons autant du procédé indiqué
par M. Kopp et répété par de nouveaux ouvrages de chimie,
pour économiser l'acide sulfurique qu'on emploie pour décomposer
le phénate de soude. Ce chimiste propose l'emploi des goudrons
acides provenant, comme nous l'avons vu, du traitement des
essences du premier et du deuxième fractionnement par l'acide
sulfurique, pour saturer le phénate de soude. Cette opération est
délicate en industrie, car on doit produire un bisulfate de soude
804 GOUDRON .
qui seul peut retenir en dissolution les alcalis organiques. Si le
sulfate n'est pas acide suffisamment, on risque d'introduire dans
l'acide phénique, mis en liberté par la réaction, des huiles étran-
gères. L'économie ne vaut d'ailleurs pas l'embarras de cette
opération, lorsqu'on veut fabriquer de l'acide phénique suffisam-
ment pur et cristallisé. On comprendrait mieux l'économie de la
soude, beaucoup plus chère, par la chaux. Enfin pour en finir ici
avec l'acide phénique, nous ajouterons que M. Bobœuf, qui s'est
beaucoup occupé de cette question, a exposé de nombreux échantil-
lons de phénate de soude en dissolution pour la désinfection et la
thérapeutique.
M. Bobœuf est probablement le premier qui ait eu l'idée d'em-
ployer, pour extraire l'acide phénique, la dissolution de soude
caustique. Avant lui, en France du moins, on employait la potasse
caustique liquide et en plaque, comme l'a indiqué le célèbre
chimiste Gerrhardt, qui s'est beaucoup occupé aussi des produits
du goudron au point de vue scientifique . L'acide phénique est
accompagné, dans les huiles de goudron, par de très petites quan-
tités d'autres acides organiques qui se forment probablement dans
les traitements .
Des goudrons produits et recueillis pendant la fabrication du
coke métallurgique. Les produits goudronneux de nos usines à
gaz ne suffisent plus aujourd'hui pour alimenter nos industries
d'agglomérés et nos fabriques de matières colorantes ; nous
sommes à cet égard tributaires de l'Angleterre, qui nous envoie
chaque année des quantités très importantes de brai surtout,
qui, rendu aux mines de Saint-Étienne, par exemple, revient
aujourd'hui à plus de 90 francs la tonne, tandis que la France
perd chaque année au moins 120 millions de kilog. de goudron par
son ancienne fabrication de coke métallurgique, et de plus 10 mil-
lions de kilog. de sels ammoniacaux plus riches en azote que le
meilleur guano. Or au moyen des fours nouveaux de la société
Carvès et Cie ces produits peuvent être récolté complétement,
non-seulement sans inconvénients, mais encore avec une augmen-
tation moyenne de 100 % dans la production du coke. Le coke
est en outre d'excellente qualité et employé non-seulement par les
chemins de fer, mais encore par une dizaine d'établissements
métallurgiques .
Ces résultats sont actuellement obtenus sur une grande échelle,
puisqu'un seul atelier à Saint-Étienne distille annuellement 80.000
tonnes de houille dans 188 grands fours, contenant chacun 5,000 kilog .
de charbon. Rien ne s'oppose donc dès lors à ce que cette invention
toute française ne se répande à l'étranger, et, en effet, l'Angleterre,
cette terre classique de la houille, a commencé à donner l'exemple,
et les nouveaux fours ont été exposés en 1878 également dans la
section anglaise. La Belgique possède aussi plusieurs ateliers où ces
GOUDRON . 805
appareils sont en usage. En un mot, suivant nous, il est peu d'in-
dustries qui se sont présentées à l'Exposition de 1878 avec unc
amélioration aussi complète et aussi importante. Lorsque le gaz
d'éclairage se produisait encore uniquement dans des cornues en
fonte, on ne croyait pas qu'il fût mênie possible de construire des
fours à coke et même des cornues en terre assez imperméables
pour que le gaz fût recueilli sans une perte considérable.
Mais ce problème fut résolu du jour où MM. Pauvels et
Dubochet imaginèrent, à l'ancienne Compagnie parisienne,
d'extraire le gaz au moyen de véritables pompes aspirantes
et refoulantes, de manière à détruire toute pression dans l'ap-
pareil de distillation; et de ce jour, l'emploi des cornues en
terre de grandes dimensions et même des fours composés de
centaines de pièces rapportées, devint pratique. Aussi, à partir de
ce moment, MM. Dubochet et Pauwels établirent dans leur
usine à gaz des fours (fig . 265) contenant jusqu'à 6,000 kilog. de
houille à la fois, et obtinrent, outre le gaz et les produits gou-
dronneux et ammoniacaux, du coke métallurgique, au lieu de
coke léger et boursoufflé. La nouvelle Compagnie parisienne qui
réunit toutes les anciennes usines à gazde Paris, a étendu l'emploi
de ces fours à plusieurs de ses usines, et l'on a pu voir dans sa
remarquable exposition quelques produits de ces appareils , con-
curremment avec les produits des cornues ordinaires .
Nous allons donner quelques renseignements sur la marche des
fours à coke spéciaux. Le charbon trop impur doit être lavé par
les procédés ordinaires. Puis il est broyé au moyen de deux
cylindres cannelés qui réduisent en menu fin 100 tonnes de char-
bon pendant 10 heures de travail, en consommant une force
régulière d'environ 10 chevaux. Ce broyage est nécessaire si l'on
veut obtenir un coke d'une belle texture régulière ; il facilite le
reste de la distillation. Le charbon en poudre est chargé dans des
wagons d'une contenance égale et connue, que l'on peut même
peser chaque fois, et dont un certain nombre forme le chargement
d'un mur : ils sont amenés par le petit chemin de fer posé sur le
massif, au-dessus du four à charger, et là on les bascule dans
un grand entonnoir en fer introduit dans l'orifice du chargement
BB' . Des ouvriers munis de ringards égalisent ensuite la couche
de charbon sur la tôle du four, de manière à obtenir une couche
d'une épaisseur régulière d'environ 70 centimètres de hauteur,
se terminant du côté des portes par deux talus .
Aussitôt le chargement terminé, on abaisse les portes EE' au
moyen des treuils FF' , on les lutte avec de la terre glaise, on
ferme également l'orifice supérieur du four et on ouvre en même
temps la soupape bb, qui établit la communication avec le
barillet I, et, par suite, avec l'extracteur du gaz. On ouvre alors
le robinet de gaz J' , et celui-ci, pénétrant dans le foyer, s'en-
Ive VOLUME.
806 GOUDRON .
Descriptions des Fours Dubochet et Pauwels adaptés au nouveau
système .
Figure 265. -Coupe générale, suivant l'axe del'ancien four Dubochet Pau-
vels, transformé pour la production du coke métallurgique avec chauffage an
gaz, appelé four Knab.
S
WAGO
HE
H
F
AA Four proprement dit, ayant les dimensions suivantes :
Longueur totale entre les deux portes 7m.00
Hauteur de la sole à la clef de la voûte, 1.00
des pieds droits , naissance de la voûte sur-
baisséc. 0.70
Largeur du four 1.30
GOUDRON. 807
BB Orifice de chargement se fermant au moyen d'une calotte C qu'on lutte
à la terre glaise. Il a 0m ,50 de diamètre en Bet 0m,30 en B'. Un petit che-
min de fer sur lequel arrivent les wagonsde charbon destinés à charger le
four de cet orifice.
EE Portes en fonte, doublées intérieurement de carreaux réfractaires,
fermant les deux extrémités du four; ces portes très lourdes sont manœuvrées
par les petit treuils à crémaillères FF'. qui, placés sur rails, desservent
tout le massif des fours .
L'ouverture de la perte a 0m.70 de hauteur, et a toute la largeur du four.
a Regards ménagés pour pouvoir examiner l'intérieur du four et laisse
entrer l'air au moment de défouiner.
FF' Treuils qui servent à soulever les portes pour le défournement ; une
chaîne relie l'extrémité du cric & avec un œil x' placé à la partie supérieure
des portes; en tournant les manivelles d, les portes montent.
GG Orificeet tuyaux de dégagement des gaz et vapeurs de goudrons et eaux
ammoniacales, ayant un diamètre intérieurde 0m,22.
H Tambour qui sert à la manœuvre de la tige et soupape bb , servant à
intercepter la communication entre les fours et la conduite générale ou barillet
I, au moment où l'on veut défourner. Il est très essentiel de fermer alors la
soupape; sans cela l'aspiration opérée par l'extracteur de gaz continuant, l'air
extérieur serait appelé et pourrait former des, mélanges détonnants, ce qui est
arrivé une seule fois dans le bassin de Saint-Étienne, sans causer toutefois de
grands dommages. Lors de la mise en train pour la première fois, il est néces-
saire aussi , pour éviter des accidents, de perdre du gaz avant de l'envoyer
dans le gazomètre.
iPetite calotte fermant l'extrémité supérieure du tube Get servant au net-
toyage des dépôts de charbon de goudron se produisant de temps en temps.
IConduite générale, conduisant les gaz et les produits condensables dans
les réfrigérants, où ces derniers se déposent ; puis communiquant avec les
extracteurs de gaz, destinés comme nous l'avons dit, à réduire presque à 0 la
pression dans l'intérieur du four ; cette conduite représente le barillet des
mines à gaz.
JTuyère injectant le gaz dans le foyer sous la sole du four ; un tube con-
centrique i, introduit au centre de l'anneau de gaz un courant d'air aspiré du
dehorspar le tirage de la cheminée.
J
' Robinet placé sur la conduite spéciale que fournit le gaz à la tuyère J.
KK Petit foyer supplémentaire (voir la description de l'opération). La dis-
tance entre la grille et la voûte est de 0m,70.
LL Carneaux des produits de la combustion du gaz ; ils circulent plusieurs
fois sous la sole, puis ils redescendent à un étage inférieur, sous cette pre-
mière rangée de carneaux pour se rendre définitivement dans un conduit gé-
néral M, qui se dirige vers une cheminée unique pour vingt- cinq fours.
NPiliers qui supportent la sole dans le principal carneau central LL, plus
large que les autres.
O sole formée de carreaux réfractaires à joints recouverts, qui a surtout
au-dessus du foyer jusqu'à 15 centimètres d'épaisseur.
P Voûte surbaissée en briques réfractaires de 20 centimètres d'épaisseur.
Lorsqu'on veut défourner, on ouvre la calotte C, et on lève au moyen des
treuils Fles portes EE'.
Le bouclier du repoussoir est alors introduit par la porte E', et l'énorme
gâteau de coke sort lentement par l'ouverture de la porte E', en glissant sur la
plate- forme S légèrement inclinée du côté opposé au four.
On a eu soin, avant d'ouvrir les portes, de baisser la soupape bb.
flamme aussitôt, car, malgré le temps pris pour le détournement,
la température du four, et surtout celle des carreaux, reste très
élevée. Le gaz extrait, circule dans des tuyaux refroidis par un
courant d'eau ; il dépose ses goudrons et ses eaux ammoniacales,
puis est refoulé dans le gazomètre commun à tous les fours, d'où
7
808
1
GOUDRON.
il se rend dabord par une conduite unique, puis par des conduites
spéciales devant le foyer de chaque four.
L'opération de la carbonisation dans chaque four dure 72 heures ,
après lesquelles on procède au défournement et à un nouveau
chargement.
On a fait un reproche fondé au four que nous venons de décrire,
c'est que la surface de charge est trop considérable relativement
à la masse de houille distillée, et comme la chaleur du foyer ne
s'y transmet de proche en proche que par la sole du four, il en
résulte que la partie supérieure du coke, insuffisamment chauffée,
conserve une tête noire plus poreuse que le reste, ce qui lui ôte
une partie de sa valeur commerciale. Pour combattre cet incon-
vénient, MM . Carvès et Cie recouvrent la couche de houille d'une
couche supplémentaire de poussier qui concentre la chaleur et
absorbe les dernières parties goudronneuses. En adoptant la
forme des fours belges, plus hauts, beaucoup plus étroits et
chauffés sur le côté, on évite cet inconvénient, tout en diminuant
la durée de l'opération.
Four de boulanger (fig. 266) adaptés au nouveau système.
AA Est le four proprement dit, qui est tout à fait semblable à celui des
boulangers, rond et recouvert d'une voûte surbaissée.
Il a les dimensions suivantes :
Diamètre de la sole .. 3. >
Hauteur sous la clef de voûte. • 1.50
Hauteur de la porte de chargement. 0.85
Épaisseur de la voûte de briques réfractaires 0.22
Épaisseur de la sole en carreaux très réfractaires.. 0.06
O Orificede chargement, ayant 0,26 centimètres de diamètre à la partie
inférieure et 0,30 à la partie supérieure; il est formé d'une seule pièce en
terre réfractaire, moulée spécialement, ce qui présente plus de solidité.
P Calotte fermant l'orifice O. Les rebords sont luttés avec de la terre
glaise, comme les tampons des cornues à gaz.
Le four supporte un petit chemin de fer qui amène les wagons chargés de
la houille à carboniser.
JPorte unique en tôle, qui sert à fermer l'ouverture du four destinée au
défournement, qui se fait à la main pour empêcher la déperdition de chaleur';
il est bon, avant de poser la porte, d'établir à l'intérieur un mur d'une
épaisseur de brique.
R Tuyau pour la sortie des gaz aspirés par l'extracteur du système Gargan,
qui est fondé sur le principe des machines aspirantes et soufflantes en usage
dans les forges.
G Tubulure sur laquelle vient s'embrancher le tuyau R et qui renferme la
soupape a, destinée à interrompre la communication lors du défournement.
ETuyau commun à tout le groupe de 25 fours , et représentant le barillet
des usines à gaz.
H Conduitede gaz commune à 25 fours, et amenant du gazomètre le gaz
nécessaire à leur chauffage.
L Tuyau s'embranchant sur la conduite générale I et alimentant chaque
four.
KTuyère.
GOUDRON . 809
F Petit foyer supplémentaire.
00 Sole en carreaux réfractaires à joints recouverts et dont on voit le
détail en X.
M Carneau central où se rendent d'abord les produits de la combustion,
pour ensuite circuler sous la sole du four et quelquefois sur les côtés, d'où ils
se rendent ensuite par un carneau N, dans un canal général P, conduisant à
la cheminée d'un groupe de 25 fours .
P E
R
D
A
II
C
L
Fig. 266. Coupe suivant l'axe du four de boulanger transformé
en nouveau système .
Dans le four du boulanger, la manœuvre se fait comme dans le
four décrit plus haut ; seulement, la porte E étant unique, le déchar-
gement ne peut se faire de la même manière, par un repoussoir ;
la forme circulaire de la sole beaucoup plus grande que l'ouver-
ture de sortie, ne permettrait pas ce déchargement mécanique,
qui, par suite, doit se faire à la main. L'opération dure, comme
dans le premier four, 72 heures .
Nous terminerons par quelques mots sur les résidus du goudron
que l'on retire des différentes fabrications ; ce sont : 1º Le gou-
dron de bois provenant de la carbonisation des pins maritimes ;
ce produit a une trop grande valeur commerciale et trouve des
810 GOUDRON.
débouchés crop précieux dans la marine, pour qu'il soit utile d'y
chercher les produits dont nous avons parlé ; 2º Le goudron de
bois provenant de la carbonisation du chêne destiné à la fabrica-
tion de l'acide pyroligneux , de l'acide acétique pur et des acétates ;
on y retrouverait certainement de la créosote, des essences
analogues aux benzines de la naphtaline, des brais en grande pro-
portion; mais la production de ces goudrons est relativement
peu de chose et n'a pas d'intérêt ; 3º le goudron résidu de la
fabrication des huiles de schistes, huiles de boghead, huiles miné-
rales d'Amérique et autres, est beaucoup plus abondant. Ces
goudrons ne contiennent que très peu de produits propres à la
fabrication des couleurs ; mais bien des essences volatiles analogues
aux benzines à détacher, et ils donnent surtout d'excellents brais
préférables aux brais de houille pour la fabrication des asphaltes
factices. D'après leur origine, ces brais se rapprochent plus en effet
des asphaltes naturels ; 4° le goudron provenant de la distillation
en vase clos de la tourbe, pour la production du charbon de tourbe.
Ces goudrons, peu abondants encore, pourraient le devenir un
jour lorsqu'on exploitera convenablement les immenses tourbières
qui existent dans plusieurs pays. Ils sont tout à fait analogues
aux goudrons des huiles de schiste,et leur brai donne aussi un
excellent asphalte dont la valeur est presque égale à ceux des
asphaltes naturels .
Dans ces goudrons comme dans ceux des huiles minérales , la
naphtaline que contient en si grande abondance le goudron de
houille, est remplacée par un corps gras, la parafine, dont on
fait de fort belles bougies transparentes, comme celle du blanc de
baleine.
La parafine étant volatile à 390 degrés, on l'obtient à l'état de
pureté en distillant les goudrons de tourbe ; en traitant éner-
giquement les produits distillés, par l'acide sulfurique d'abord,
puis par le soude caustique et des lavages ; en rectifiant de
nouveau ; les produits contiennent des huiles liquides paraffinées,
propres à l'éclairage et au graissage ; les derniers, une beaucoup
plus forte proportion de paraffine, qui cristallise facilement en
hiver et même dans des caves très fraîches, on égoutte ces paraf-
fines , puis on les presse à diverses reprises , comme cela a lieu
pour la fabrication de l'acide stéarique. On obtient, par une
dernière pression à chaud, des pains d'une grande blancheur et
translucides , qui servent à fabriquer la bougie. Malheureusement
cette bougie a l'inconvénient de couler facilement, la paraffine
fondant à 45 degrés.
Ce que nous venons de dire des produits de la tourbe s'applique
parfaitement aux huiles minérales de schiste et de boghead.
MM. Coignet et Maréchal , qui avaient une très belle exposition
en 1878 , s'occupent avec succès de cette extraction, qui peut deve
GRANIT . 811
nir très importante par suite de la découverte de nombreuses
sources d'huiles en Amérique et en Europe. 5º Enfin, pour ne rien
oublier dans cette énumération des sources de goudrons , nous
mentionnerons encore ceux qui proviennent de la distillation des
substances animales ; ces goudrons renferment des corps spéciaux,
de l'eupione, par exemple. Au point de vue qui nous occupe, ils
ont encore été peu étudiés, et dans tous les cas, comme quantité,
leur importance ne sera jamais considérable. Si cependant
l'industrie parvenait à en retirer des matières propres à la fabri-
cation des couleurs qui ont été si brillamment représentées à
l'Exposition , leur production pourrait être considérablement aug-
mentée par la distillation en vase clos, des os qui servent à la
fabrication du noir animal, avec recueillement des produits que
l'on brûle par les procédés actuels . C. KNAB .
Graine de lin [Angl. flax-seed; Allem. der Leinsame) (Médec.
dom.) Elle contient, étant sèche, 11.265 °/, d'huile ; 0,146 de cire ;
2,488 d'une résine molle ; 0,550 d'une matière résineuse colorante ;
0,926 d'une substance jaunâtre analogue au tannin ; 6,154 de
gomme; 15,12 de mucilage végétal ; 1,28 d'amidon ; 2,932 de glu ;
2,782 d'albumine ; 10,884 d'extrait de saccharine ; 44,382 d'enve-
loppes renfermant quelque mucilage végétal. Elle renferme
aussi de l'acide acétique libre, un peu d'acétate, de sulfate, de
muriate de potasse, du phosphate et du sulfate de chaux, du
phosphate de magnésie, et de la silice.
Granit [Angl. granite ; Allem. der Granit ] (Minér.) . - Roche
essentiellement formée de feldspath, de quartz et de mica à peu
près également disséminés. Les géologues classent ces roches
parmi celles qui ont une origine ignée ; il n'en faudrait pas con-
clure que les granits ne se rencontrent qu'à la base de la série
neptunienne, car on les retrouve à diverses époques postérieures
à la série plutonique.
Le granit et quelques-unes des roches de la formation granitique
contiennent parfois plusieurs pierres précieuses, telles que l'éme-
raude, la topaze, le grenat ; mais les métaux y sont peu abondants,
bien qu'on y rencontre des filons et des veines de différentes
variétés de fer, d'argent, de cuivre, d'étain et même de l'or natif.
Comme pierre de construction, le granit et ses variétés ne sont
point en général d'un bon emploi : leur adhésion aux mortiers
est faible, l'extraction coûteuse, la taille coûteuse et difficile à la
fois ; cependant le granit pur, celui dans lequel le feldspath ne
prédomine pas , convient assez bien aux constructions hydrauliques,
aux parties de bâtiment qui doivent résister à de fortes pressions,
à des frottements réitérés. Les anciens ont beaucoup employé le
granit comme pierre d'ornement, et les modernes l'ont souvent
introduit dans les constructions monumentales .
812 GRILLEUSE .
C'est le granit porphyroïde d'Algajola (Corse) qui forme le sou-
bassement de la colonne de la place Vendôme : c'est le granit gris
de Laber qui forme le piédestal de l'obélisque de Luxor, qui est
lui-même le granit rose d'Egypte ou syénite, roche dans laquelle
le mica du granit proprement dit est plus ou moins complétement
remplacé par l'amphibole. L'origine ignée des granits et des por-
phyres ne les met point à l'abri d'une désagrégation complète,
lorsque ces roches sont exposées à un feu violent ou prolongé.
Gravure [[Link] ; Allem. die Kunstecherei] (Arts
etMét.).-GRAVURE SUR PIERRES ET POTERIES .Procédé de MM. Jadin
-
et Blamond. On commence par couvrir la pierre d'une couche
de cire et de térébenthine ou de tout autre vernis convenable,
après quoi on y trace à la pointe le dessin qu'on veut graver. On
établit une muraille en cire autour de ce dessin, et on verse dessus
de l'acide fluorhydrique qui agit immédiatement sur les parties
découvertes . Au bout d'un certain temps, réglé par l'expérience, on
examine cette pièce, et si l'acide a suffisamment mordu, on
l'enlève ; dans le cas contraire, on reverse de l'acide et on laisse
encore mordre le temps nécessaire ; enfin si le dessin l'exige, on
retouche avec un instrument, burin, échoppe, etc. Mais, dans tous
les cas, il faut veiller à ce que l'acide ne détruise pas la pureté du
dessin. Lorsqu'il a mordu jusqu'à la profondeur voulue, on
lave la pièce avec soin et on la fait sécher. On efface les traits du
dessin mordu avec du vernis, de manière que par l'application de
l'acide, il n'y ait que le fond qui soit attaqué et au contraire, si
l'on veut que ce dessin présente un trait plus large au fond qu'à
la surface, les bords seuls sont chargés de vernis protecteur, et
on applique un acide plus fort.
Dans les traits ainsi produits, on place et fixe des fils d'argent,
d'or, de platine, d'aluminium, etc., pour produire un damasqui-
nage ou un genre d'ornement analogue. En chargeant ces traits
avec des verres colorés ou non, réduits en poudre, on produit des
píèces qui ressemblent aux émaux byzantins ou du moyen âge. On
applique la chaleur pour fondre ce verre, dont on enlève ensuite -
l'excès par des moyens mécaniques. On peut aussi avoir recours
à l'électrotypie pour remplir avec un métal ces traits gravés à
l'eau-forte, après qu'on les a rendus conducteurs.
Grillage [Angl. Singeing; Allem. das Sengen] - Grillage des
tissus. Les fils de coton sont recouverts, sur toute leur sur-
face, d'un duvet qui, après le tissage, se retrouve à la surface
et dans les intervalles desfils. Pour que ces étoffes puissent être
employées, il est indispensable de faire disparaître ce duvet. On y
parvient par l'opération du grillage.
Grilleuse [Angl. machine for singeing ; Allem. Sengen] (Indus-
GRILLEUSE. 813
trie des tissus) . Blanchiment. - Le blanchiment des toiles peintes
et des tissus en général de quelque provenance qu'ils soient, a pré-
senté peu de nouveauté à l'Exposition de 1878, au point de vue
purement chimique. Quelques procédés cependant ont été présentés,
mais il est prudent d'attendre que la pratique en ait sanctionné la
valeur pour en parler longuement. Les perfectionnements qui ont été
réalisés dans ces dernières années reposent principalement sur des
applications mé[Link] sait qu'avant de blanchir lestissus, il faut
les soumettre à l'action du roussissage et du flambage. Un nouvel
appareil fig. 267 a figuré à l'Exposition c'est celui de MM. Pierron et
Dehaître. Cet appareil paraît surtout être avantageux pour la laine.
Les appareils à blanchir ont peu varié depuis la grande Exposi-
tion de 1867 et celle de 1878 ; nous allons décrire quelques- uns
d'entre eux avec l'appareil à haute pression de MM . Mather
et Platt, de Manchester. On utilise le même bain dans deux
chaudières et l'on obtient ainsi une économie de temps, car on
fait fonctionner une chaudière pendant que l'on vide l'autre. Un
autre système également très usité est celui à circulation con-
tinue. Dans un réservoir placé en contre-bas de la chaudière,
on introduit le bain de lessive que l'on chauffe par la vapeur ; le
bain une fois chaud, est envoyé par l'effet de la pression dans la
grande cuve sur le tissu , là il agit, passe et revient dans le réser-
voir où l'on recommence l'opération. Des robinets placés sur le côté
laissent retourner le bain dans le réservoir, ou bien quand un des
robinets est fermé on ouvre l'autre, et alors le liquide s'écoule par
l'orifice. Pour les tissus épais, on blanchit actuellement au large,
et on évite ainsi les éraillements et les plis de la trop grande
tension toujours nuisible aux tissus lourds dont la lisière est
quelquefois un peu faible. Après ces diverses opérations, les tissus
passent par des appareils à laver (1) qui pour le blanchiment
peuvent se ramener à deux types : 1° le clapot soit ordinaire,
soit avec les modifications qui empêchent la tension des plis ;
2º le genre traquet modifié. Cette dernière machine, imaginée :
par M. Imbach en 1870 ou 1871, lave non pas par compression,
mais par battage, elle se compose de deux traquets à 6 pans placés :
aux deux côtés d'un bâti . Dans le milieu de ce bâti et dans le bas
est placé un autre traquet également à 6 pans dont la moitié
plonge dans l'eau. Sur l'un des côtés de la machine se trouvent
des chevilles qui séparent les plis de la pièce; une disposition
adaptée à ces chevilles arrête immédiatement la machine quand
des plis viennent à s'accrocher ou que par une cause quelconque,
les plis se sont mêlés. Cette machine produit environ 125 mètres
par minute.
(1) Voir Traité de l'impression des tissus, par Persoz, vol. II, pages 38, 40,
43 et106.
814
PAARIS E
DEHAITR
GRILLEUSE.
A.
TAUXIER
Grilleuse
.2Fig
. 67.
GUANO . 815
Théoriquement, comme un traquet donne o coups, qu'il y a
trois traquets et que la machine fait 80 tours à la minute, nous
avons donc 80 × 3 × 6 = 1440 coups et comme il y a 36 plis,
nous obtenons un total de cinquante et un mille coups battus
dans une minute.
En pratique, il faut tenir compte du glissement des courroies ,
du tissu, du ralentissement du moteur, des poids de tissus, etc. ,
et en admettant seulement la moitié, un mètre de tissu reçoit
432 coups. Cette machine très simple, ne comportant pas d'organes
à frictions, demande peu de force ; c'est une des meilleures ma-
chines produites, on y peut laver avec succès tous les genres de
fabrication. Toutes les pièces en sortant de ces divers appareils à
laver contiennent énormément d'eau, environ leurs poids; on ne
pourrait les sécher ainsi , on les passe alors dans la presse à
exprimer. Cet appareil qui, primitivement se composait simplement
de deux rouleaux de bois, a subi de notables perfectionnements .
On fait aujourd'hui ces rouleaux en métal garni de caoutchouc ou
recouvert de cordes de coton, on évite ainsi de déchirer le tissu en
même temps que l'on économise le garat ( enveloppe faite avec des
doublies hors de service) . On a aussi adapté à l'entrée de la pièce
une vis sans fin qui fait mouvoir la lunette d'entrée, de sorte
que le tissu ne passe jamais par la même place ; il décrit une
hélice sur les rouleaux exprimeurs .
Guano (Agriculture) . Amendements et engrais. Les gise-
ments de guano (huano de pajaro) sont répartis sur le littoral
du Pérou entre le deuxième et le vingt et unième degré de lati-
tude australe. On distingue au Pérou deux espèces de guano : le
huano blanco, consistant en déjections rendues depuis peu de
temps, sa couleur claire est due à l'acide urique ; 2º le huano
pardo, guano ancien qui offre toutes les teintes intermédiaires
comprises entre le gris sale et le brun foncé. Un passage de
Garcilazo de la Vega (1) , d'anciens documents font présumer que
dans leurs cultures les Péruviens utilisaient surtout le huano
blanco. En effet, les ordonnances édictées par les Incas avaient
particulièrement pour objet de protéger les oiseaux producteurs.
Ainsi la défense, sous les peines les plus sévères de tuer les
guanaes même en dehors des huaneras , l'interdiction d'aborder les
îlots aux époques de la ponte pour ne pas effrayer les couveuses,
montrent qu'il s'agissait uniquement de favoriser la production
du huano blanco, et que ces mesures n'avaient pas été prises pour
protéger ces immences amas de guano que l'antiquité péruvienne
a laissé intactes, comme si elle eût voulu les réserver pour les
conquérants du Nouveau monde.
(1) Sur la côte, depuis Arequipa jusqu'à Taracapa, c'est-à-dire sur une éten-
due de plus de 200 lieues, la terre est fumée avec les déjections des oiseaux
816 GUANO .
E QUATEU
R
Lobos de Tierra .
Lobos de A fuera.
Macabi :
Guanapie :
LIMA
Callao,
R
Chinchas :
Ballestas :
Indépendencia Bay
Patillos
οΙουτούς
Patache
Pabellon de Pica
Pinta du Lobas
Hu anilleos
Chipana
Fig. 268 . Situation des divers gisements du guano du Pérou.
GUILLOIRE. 817
En allant du sud vers l'équateur, les huaneras principales sont
celles de : Chipana Huanillos, Punta de lobos, Pabellon de Pica,
Puerto ingles, Islas patillos, Punta grande, Isla de Iquique ,
Pisagua, Illo , Jesus y cocotea, les îles de la baie d'Islay .
Entre Islay et un point situé à quelques lieues de Pisco on ne
connaît pas de guano de pajaro (guano d'oiseau), les eaux étant
principalement fréquentées par des phoques , des marsouins, des
loups de mer (lobos) ; aussi les amas de guano, d'ailleurs fort
restreints, que l'on voit dans ces parages sont-ils presque entière-
rement formés des excréments et des squelettes de ces animaux.
Le guano est déposé sur de petits promontoires, sur des falaises;
il remplit des anfractuosités ; en général, il est là où les oiseaux
trouvent un abri contre les fortes brises du sud.
A 30 ou 40 mètres au-dessus de la mer, M. Bland a vu, çà et là,
le sol jonché de blocs de granit analogues aux roches alpiques
erratiques dispersées sur les pentes du Jura. Ces blocs reposent
sur le guano, et ils sont comme encaissés dans des squelettes de
guanaes. Les premières notions sur la nature du guano sont
dues à Foucroy et Vauquelin; dans un échantillon rapporté par
Humboldt des îles de Chincha ils ont trouvé :
« 1º De l'acide urique en partie saturé par de l'ammoniaque et
par de la chaux ; 2° De l'acide oxalique combiné avec de l'ammo-
niaque et de la potasse ; 3° De l'acide phosphorique uni aux
mêmes bases et à de la chaux ; 4° De petites quantités de sulfate
de potasse, de chlorure de potassium et de chlorydrate d'ammo-
niaque ; 5º un peu de matière grasse ; 6º du sable en partie
quartzeux, en partie ferrugineux. » La composition du guano
ammoniacal était définitivement fixée ; Foucroy et Vauquelin
n'hésitèrent pas à le considérer comme des excréments d'oiseaux.
Depuis on y a reconnu de faibles proportions de xanthine, de
guanine ; toutes les analyses ayant d'ailleurs été faites au point
de vue des applications agricoles, on s'est généralement borné à
doser l'azote, l'ammoniaque, les phosphates et la matière organique.
BOUSSINGAULT .
Guilloire [Angl. Gyle- tun; Allem. der Gahrbottich] (Bras-
serie). Nom que donnent les brasseurs aux cuves dans lesquelles
s'opère la première fermentation de la bière. Ces cuves sont
fermées le plus souvent et munies d'un tube recourbé qui passe
dans un vase plein d'eau. C'est par ce tube que sort le gaz résul-
tant de la fermentaton.
de mer, grands et petits, qui fréquentent, en nombre prodigieux, la côte du
Pérou. Ils pondent dans plusieurs îlots déserts, où ils laissent des quantités
incroyables d'excréments. De loin, les sommets de ces îlots paraissent couverts
deneige. Du temps des rois Incas, on prenait de tolles précautions pour pro-
téger ces oiseaux, qu'aux époques de la ponte il était défendu, sous peine de
mert, d'aborder dans ces îles, afin de ne pas effrayer les couveuses. La chasse
des oiseaux de mer était prohibée en tout temps avec la même rigueur,
même en dehors des îles. (Garcilazo de la Vega, t. I. p. 134).
818 HABITATIONS .
Habitacle [Angl. Binacle ; Allem. Compasshaûs] (Marine).
Petit réduit cylindrique en cuivre fixé sur lepont et à l'arrière des
navires . Il est destiné à abriter la boussole. Sa position, face à la
barre du gouvernail , permet au timonier de la consulter à chaque
instant.
Habitations à bon marché : (Economie domestique et
hygiène) . L'histoire du logement serait un utile corollaire de
l'histoire du travail, et l'on peut même induire de l'un à l'autre
et formuler cette loi de la manière suivante : « Tel logement,
tel travail. » C'est-à-dire : pas de logement fixe, pas de travail
agricole : rien que la chasse, la pêche, les industries du sau-
vage, les huttes en terre, en roseaux, en bois du nègre, du Huron,
de l'Esquimau ; un commencement de logement, un commen-
cement de travail; maisle soin de la sécurité absorbe la faculté
productive, et le besoin de la défense exclut le travail agricole.
La période pastorale ne nous offre guère d'autre abri que la tente.
Avec la période agricole seule commence la maison, et avec la
première maison apparaît la civilisation; car alors seulement,
l'humanité, jusque-là à la merci de toutes les forces primitives
agissant en sens contraire de son progrès, conquiert le sol, et, avec
le sol, la propriété. Or la propriété suppose la résidence, c'est-
à-dire l'habitation fixe, c'est-à-dire encore la famille outillée et
organisée pour le travail.
1° HABITATIONS OUVRIÈRES . Depuis fort longtemps dans tous
les pays on s'est préoccupé du logement des ouvriers, car il
présente un très grand intérêt au point de vue humanitaire et
social. Mulhouse est, en France, la première ville qui ait fait cons-
truire des cités ouvrières. Au point de vue de la construction, elles
laissent fort à désirer, mais ce qu'on ne saurait trop louer, c'est
le mode d'acquérir sa maison qui a été mis d'une façon si pratique
à la portée de l'ouvrier par les grands et généreux industriels de
cette noble cité, que nous revendiquerons toujours comme ville
française. On connaît le mode d'acquisition en usage à Mulhouse.
Les maisons de 2,650 à 3,400 francs sont vendues à quinze années
de terme. L'intérêt est payé 5 %. Un premier versement de 2 à
300 francs a lieu lors du contrat. Une somme de 20 francs par
mois pour les unes, de 25 francs pour les plus chères, suffit pour
rendre l'ouvrier propriétaire en quinze années . Mulhouse a la
gloire d'avoir mis en honneur ce mode nouveau d'acquisition
et d'en avoir si justement déterminé les conditions que les autres
n'ont pu que l'imiter. MM. Japy frères, à Beaucour, et Chagot à
HABITATIONS . 819
Blanzy, ont voulu encore abaisser les conditions mises à l'obtention
de la propriété, mais ils n'ont pu, malgré de louables efforts et
un gros capital dé-
pensé, faire mieux,
bien qu'ils aient fait
autrement . Le Fami-
listère de Guise, qui a
coûté , nous dit-on,
800,000 francs, n'est
qu'une caserne décorée
d'un nom prétentieux.
Nous allons décrire
quelques modèles des
différents types de mai-
sons ouvrières et d'ha-
bitations civiles dont
4.95
nous avons vu figurer
des spécimens dans les
dernières expositions 110
internationales .
Enpremier lieu nous
trouvons les maisons
A
coulées ( système an-
glais) de MM. Sche-
pard et Edward New- 1710
ton construits à Paris
avenue Dumesnil . La
figure 271, page 823
donnera une idée de ce
genre de construction .
Il est d'une rapidité
étonnante et économise
la main d'œuvre qui M10
depuis 15 ans a doublé
2.00
pour l'ouvrier du bâ-
timent.
Nous donnons fig.
269 l'élévation d'une de
ces maisons et fig. 270,
p. 821 le plan de celle
qui lui est contiguë
pour aider à l'intelli- Fig. 269. Élévation.
gence de la description .
Chaque maison a 6 mètres de façade environ, édifiée sur cave
en béton, entourée d'un égoût également en béton. Les murs ont
25 centimètres d'épaisseur. Les toits sont en ardoises, les revête
820 HABITATIONS,
ments des murs en plâtre. Les cours intérieures sont remar-
quables . Chaque maison a une porte et trois fenêtres donnant sur
cette cour. Chacune d'elles jouit d'un escalier séparé et est élevée
de deux étages sur le rez-de-chaussée avec caves. Total trois
familles par habitation. Chaque appartement est composé de
deux pièces et d'une cuisine. Il y a trois appartements par maison.
Il y a des water-closets à chaque étage. La façade blanche avec
des persiennes vertes est riante. La porte d'entrée à laquelle on
arrive en montant une marche en béton, est en bois et ouvragée
en fer. Il y a des cheminées en marbre et des planchers partout.
La cage de l'escalier est en bois de sapin. Les rampes d'escalier
sont en fer avec appui en bois. La pièce principale a 4m, 30 à
5 mètres : la hauteur d'étage est de 2m,70, les fenêtres de 2 mètres
de haut sur 1m,10 de large. Les marches d'escalier ont 0m,92.
Les fenêtres sont carrées , mais l'escalier prend jour par des
lucarnes en fonte cintrées. L'eau monte dans les cuisines, mais non
dans les lieux, qui sont en pierre grises, ystème Doulton.
Est -ce à dire que les maisons de l'avenue Daumesnil ne donnent
lieu à aucune critique ? Non, assurément. D'abord elles reviennent
à six mille francs environ : ce qui est un peu cher. On aurait pu
éviter certaines dépenses de luxe comme les ravalements en plâtre,
le fer ouvragé des lucarnes, les cheminées en marbre, etc. Il est
deux points sur lesquels il serait possible de réaliser d'importantes
économies. C'est d'abord l'épaisseur des murs qui de 25 centi-
mètres pourrait être réduite à 0,20 centimètres, vu la solidité du
béton. C'est ensuite la possibilité de ne faire qu'un escalier par
groupe de deux maisons, ce qui ferait gagner du terrain et suppri-
merait une dépense assez importante.
Les maisons de Mme Jouffroy Renault à Clichy-la-garenne. -
Ces maisons sont bienconstruites : les murs en moellon et mortier
de chaux de 40 centimètres d'épaisseur ; la couverture est en tuile
de Bourgogne. La salle a 3m,07 sur 4m,30, la chambre à coucher
3 mètres sur 2m,72. On est agréablement surpris par l'aspect rus--
tique de ces maisons et la tournure paisible de ses habitants. La
plupart cultivaient leur petit jardin. Tous avaient bon air ; l'attrait
de la propriété, la concorde, l'économie, la propreté lenr compo-
sent une physionomie sereine.
Les conditions de l'affaire sont les suivantes : Le terrain qui
contient 5,504,41 a coûté 9 francs le mètre. Il a été édifié jusqu'ici
36 maisons de quatre types différents, dont voici la contenance
superficielle :
Type 1... .... 34 mètres 62
2. .. 42 67
2 bis. 45 24
3 46 75
-
4. 48 75
HABITATIONS. 821
Voici les prix afférents à ces divers types :
No 1 .
4,000
No 2
4,800
No 2 bis 4,900
Nos 3 et 4.. 5,500,
Les frais d'acte sont compris dans ce chiffre. Celui de 5,500 est
celui des 20 dernières
maisons construites sur
caves. Mme Jouffroy-Re-
nault qui n'a pas voulu
faire une affaire , mais 10
qui n'a pas voulu non
2m00
plus faire une école, a
voulu comme à Mul-
K
-
house, que les locatai-
res de ses maisons
pussent devenir pro-
priétaires en quinze
ans . Ils se libèrent en
370
180 payements partiels
et payent l'intérêt à 5
%. C'est la même com-
binaison que pour les
cités ouvrières du Haut-
Rhin .
Si l'on reconnaît la
justesse de cette loi que
les maisons ouvrières
doivent autant que pos- 92
sible être construites 5 50
dans la banlieue des
00
villes, il s'ensuit que
les types d'habitations
rurales sont ce qu'il
importe le plus d'étu- -190---
dier au point de vue
de l'hygiène comme de
l'architecture . Pour-
quoi l'ouvrier des villes
n'est-il souvent qu'un -6m.
paysan atrophié et cor-
rompu ? C'est que né au Fig. 270. Plan.
village, il a été trans-
porté dans ces villes et qu'il n'a pu réagir contre leur perni-
cieuse influence. La loi des milieux qu'il est de mode aujourd'hui
demettre là où elle n'a rien à faire, s'applique ici dans toute sa
IVE VOLUME. 5
822 HABITATIONS .
rigueur. Or, le milieu de l'homme, c'est le lieu qu'il habite. Jugez
maintenant de la décadence physique et morale qui doit atteindre
le robuste enfant de la campagne transporté en bas âge dans
l'atmosphère enfumée de la manufacture et logé dans les quartiers
populeux de nos grands centres industriels. Tout lui manque à la 1
fois le jour, l'air et l'eau, et la terre, sa robuste nourrice, et les
bois où il faisait la ramée, et la vigne qu'il pressait tout jeune
dans les bachous, et le pain dans la huche. Tout lui manque
disons-nous, et bientôt tout est oublié. Et la fortifiante senteur des
champs paternels fait place à l'énervante influence des quartiers
malsains ou à la terrible attraction du cabaret.
On remarquait à l'Exposition de 1878 une maison de paysans de
Poméranie exposée par le baron de Behr, de Vargatz, elle nous
paraissait être la plus haute expression du bien-être agricole et de
la richesse de ce pays. Elle atteste en outre (beaucoup mieux que
les canons Krup) la véritable puissance d'une nation.
La maison du baron de Behr est située à Vargatz, sur un vaste
domaine qu'il exploite lui-même. Ce modèle est destiné à montrer
la manière de bâtir en Poméranie des habitations très saines, très
commodes et à très bon marché pour les familles de travailleurs
de la campagne. C'est surtout la disposition des appareils de
chauffage qui mérite d'être remarquée. Le poêle de la cuisine
qui sert à la cuisson des aliments de la famille, chauffe en même
temps la chambre principale de l'habitation, de sorte que, pendant
les mois d'hiver, le combustible est utilisé pour un double emploi.
Pendant les mois d'été, on prépare les mets sur l'âtre de la cuisine,
afin de ne pas élever outre mesure la température des appartements
voisins. Il est évidemment impossible de tirer un meilleur parti
du combustible, et la loi économique par excellence, faire le moins
de frais possible, reçoit ici une de ses plus ingénieuses applica-
tions.
Cette maison réunit la simplicité la plus grande aux plus ingé-
nieuses combinaisons. Construite en briques crues, qu'on fait sur
la terre à un bon marché presque fabuleux(1 thaler ou 3 fr. 75 le
mille) , elle est revêtue d'un crépi de ciment romain qui, d'après les
expériences de l'exposant , prend parfaitement bien sur les bri-
ques crues libres de chaux. Pour hausser la chaleur et obtenir la
sécheresse de l'habitation, tous les murs de face sont maçonnés
avec une assise d'isolement.
Chaque famille possède un rez-de-chaussée , deux chambres
pourvues d'un poêle et une cuisine, les trois pièces groupées autour
d'une cheminée, plus un vestibule et un garde-manger, sous lequel
se trouve la cave aux pommes de terre. A l'étage supérieur, qui
est beaucoup plus bas de plafond, il y a encore trois petites
chambres sans poêle. Les dimensions de ces habitations sont des
plus heureuses. En entrant, on est frappé de l'ampleur des maî-
HABITATIONS . 823
tresses pièces . La maison de Vargatz a 18 mètres de longueur sur 10
de largeur. C'est autant que les groupes par quatre de Mulhouse,
Fig. 271. (Maisons anglaises) mode de construction.
et pourtant l'habitation n'a que deux logements et n'est que pour
deux familles. Mais les ménages agricoles ont besoin de plus de
place que les ménages industriels.
Voici le devis sommaire de cette maison à deux logements ; il
824 HABITATIONS .
ne faut cependant pas oublier que nous sommes en Prusse , pays
où la main d'œuvre est très bon marché .
Thirs . Sec. frcs .
a) Travaux de maçonnerie . 3002 41 128
b) Matériaux de maçonnerie. 285 4069
c) Couverture 96 15 362
d) Charpenteet menuiserie. 489 1834
e) Serrurerie 33 15 126
f) Vitrerie 12 3 45
g) Travaux en glaise. 60 27 228
h) Poële 55 206
i) Peinture. 22 40 84
k) Frais divers . 4 26 18
TOTAL Thir. 1300 fr. 5100
La maison représentant 180 mètres carrés, c'est donc 27 francs
par mètre.
En attendant qu'on puisse rendre l'ouvrier propriétaire à
quelque titre que ce soit, le but à atteindre c'est de lui procurer,
au meilleur marché possible, un logement commode et sain. Mais
il ne faut pas songer à trouver un modèle théorique uniforme ,
car les convenances spéciales de chaque localité motivent, dans la
pratique, des types variés. Ainsi, dans les villes, par suite de la
cherté des terrains , les bâtiments affectés aux habitations ouvrières
comportent forcément plusieurs étages, distribués chacun en
plusieurs logements et pouvant recevoir un nombre plus ou moins
grand de locataires. A la campagne, au contraire, et notamment
dans les exploitations rurales, la maison s'étend en superficie, au
lieu de s'élever en hauteur, souvent même elle ne contient qu'un
seul logement et est occupée en entier par une seule famille. Aussi,
l'homme des champs, parmi bien d'autres avantages , a-t- il celui
d'être beaucoup mieux et surtout plus sainement logé que l'ouvrier
des villes .
SOCIÉTÉ COOPÉRATIVE IMMOBILIÈRE DE PARIS . Habitation à bon
marché pour un seul ménage . Les maisons construites par
cette société ont pour but de procurer à ses membres un logement
commode, sain et agréable, aux conditions les plus modérées . Elles
n'ont point le caractère de la cité, ni même de l'habitation collec-
tive. C'est un petit corps de logis pour un seul ménage . On
suppose qu'il est construit aux environs de Paris , à la station
d'un chemin de fer, soit à Paris même sur un des points de la
banlieue récemment annexée . Il se trouverait en bordure sur la
voie publique, entre deux maisons de formes semblables, avec
cour ou jardin par derrière. Les murs de face sont en briques, et
ces briques, de couleurs diverses, ont été disposées de façon à
former un dessin varié, rehaussé par un jointement à rayures
HABITATIONS . 825
blanches, dit à l'anglaise. Quatre colonnes saillantes, en fonte
creuse et cannelée, ajoutent à l'agrément du coup d'œil, tout en
servant à l'écoulement des eaux pluviales. Les planchers sont
formés, non point de solives rapprochées , avec hourdis en
maçonnerie, mais de voûtes légères en briques creuses dont les
clavaux apparents font saillie sur la façade. Les croisées au nombre
de trois , diffèrent complétement les unes des autres, leur plus ou
moins d'importance a été calculée d'après la dimension des pièces
qu'elles servent à éclairer. Les fondations sont en moellon dur,
ourdé en mortier de chaux hydraulique et sable. Les murs de face
nous l'avons déjà indiqué sont exclusivement en briques .
Au rez-de-chaussée, ils sont pleins, avec une épaisseur de 0m,22
seulement ; toutes les charges reposent sur les colonnes en fonte. Au
premier étage, ils se composent de deux cloisons en briques creuses ,
posées de champ , chacune de 0m,04 d'épaisseur, séparées l'une
de l'autre par un vide de 0m,10 de largeur, dans lequel abou-
tissent des tuyaux d'aération partant de la cave et destinés à
ventiler les pièces. De telle sorte que se trouve ménagé dans
l'épaisseur des murs un courant d'air ascensionnel, véritable pré-
servatif contre le froid, le chaud et le bruit extérieur.
Comme emploi rationnel des matériaux, le moëllon est pré-
férable à la brique ; et la brique ordinaire posée à plat, à la
brique creuse posée de champ. Dans une construction à bon marché,
il faut avoir recours aux éléments les plus simples, les moins
coûteux, employer d'abord ceux que fournit la localité, et n'avoir
recours à d'autres que lorsqu'ils sont indispensables. C'est pour-
quoi nous critiquons dans l'espèce l'emploi de la fonte en colonnes
creuses , et les arceaux intermédiaires en briques tubulaires. Les
colonnes en fonte prises comme point d'appui se conçoivent dans
de gigantesques constructions, là où les matériaux ordinaires sont
insuffisants, dans nos halles, dans nos gares de chemin de fer ; les
arceaux rendent également service pour de grandes portées : la
brique tubulaire, d'une fabrication spéciale, très chère comme
prix de revient, mais d'une grande légèreté est alors d'une pré-
cieuse ressource. Mais il n'est pas besoin de mettre en œuvre des
éléments si compliqués pour une maisonnette d'un étage, n'ayant
même pas 7 mètres de longueur sur 3m,50 de profondeur. Nous
pouvons même ajouter que l'assemblage de ces divers matériaux
présente une grande difficulté de main-d'œuvre : un mur en
briques posées à plat, sur 0m,22 d'épaisseur, s'élève très facile-
ment et assez vite; le même mur, monté par double cloisonnage,
avec des briques de champ, en ménageant un vide entre les deux
parements, demandera trois fois plus de temps. Les briques
tubulaires en arceaux doivent être placées par appareils réglés ,
chacune d'elles doit subir un coupement à sa rencontre avec
la colonne en fonte, et être entaillée suivant la forme du cintre :
826 HABITATIONS .
la complication est encore plus grande pour les baies à vous-
sures de la grande pièce du rez-de-chaussée, dont les extrados
et les intrados se marient au moyen de recoupements . Enfin les
jointements à l'anglaise ne peuvent être faits que par des ouvriers
spéciaux, d'une grande habileté, qu'on paye non-seulement très
cher, mais qu'on rencontre difficilement .
CONSTRUCTIONS CIVILES. A propos de constructions à bon mar-
ché destinées aux ouvriers, je pense qu'il convient aussi de signaler
Fig. 272. Élévation d'une maison, système Cazeaux .
Fig. 273. Plan des étages de maisons, système Cazeaux.
des tentatives faites dans une autre voie. Il est très beau , sans
doute, de se préoccuper du sort des travailleurs , mais on a assez
généralement le tort de n'entendre par le mot de travailleurs ou
ouvriers , que ceux qui manient des outils ou remuent des moel-
lons, sans songer à renfermer dans cette classe des travailleurs
les ouvriers de la pensée, les négociants, les employés et les petits
HABITATIONS . 827
rentiers à ceux-là personne ne pense et cependant c'est pour eux
surtout que la cherté des loyers devient une charge onéreuse,
alors qu'elle va crescendo ainsi que la cherté des vivres, lorsque
leurs ressources ne varient plus : tel est aussi le sort de tous les
petits fonctionnaires , aussi doit-on encourager les constructions à
bon marché hors des grands centres tant l'éloignement est aujour-
d'hui insignifiant par la création des nombreuses lignes de tram-
ways dans les grandes villes.
Nous allons décrire quelques types de constructions civiles dont
nous avons rencontré des spécimens lors de la dernière Exposi-
tion.
Types de maisons pour toyer à bon marché construites à Paris,
rue Campagne-Première par M. Cazeaux . Voici la description
sommaire d'une de ces maisons, dont nous donnons le plan et la
disposition de chaque étage fig. 273 et fig. 272 l'élévation géné-
rale. Construite en moëllons, avec piles en pierre, pans de bois
sur le derrière, cage d'escalier en dehors, cette maison, double en
profondeur, élevée sur cave, d'un rez-de-chaussée, de trois étages
carrés et d'un comble, ne coûte, au total, que 32,000 francs, y
compris l'acquisition du terrain, qui y entre pour 4,000 francs .
Le rez-de-chaussée est occupé par des boutiques ; le premier et
le deuxième étage se composent de deux logements. Chacun de
ces logements comprend deux grandes chambres à feu pourvues de
vastes armoires et éclairées en premier jour sur la rue et sur la
cour, et une petite cuisine. Le dernier étage est réservé à des
chambres à feu pour célibataires, avec alcôve.
Cette maison, dont le prix de location ne dépasse pas une
moyenne de 7f 50 par mètre superficiel de logement, convient non-
seulement à des ouvriers, mais à tout individu dont les ressources
sont modestes et qui ne peut mettre un prix élevé à son loyer.
Nous allons maintenant dire quelques mots des habitations
ouvrières de la Compagnie des mines de Blanzy, dont la fig. 274
donne un spécimen de maisons d'ouvriers mineurs pour deux
ménages. Les ouvriers mineurs qui travaillent par postes alter-
natifs, de peur d'être dérangés dans leur sommeil par ceux de leurs
camarades qui rentrent, préfèrent la maison isolée à la maison
commune. La Compagnie, qui avait fondé quatre grands corps de
bâtiment contenant 652 logements, sous forme de cité, se vit
1
obligée de renoncer à ce système pour adopter celui des petites
maisons isolées. Cependant, pour économiser la valeur d'un mur
mitoyen et épargner des frais de couverture, deux ménages,
comme on le voit, ont été groupés dans une même maison. Cette
maison bâtie en maçonnerie et recouverte en tuiles, se compose
d'un simple rez-de-chaussée et d'un petit [Link] mur de refend
transversal de 0m,50 d'épaisseur la divise en deux parties, formant
deux logements complétement séparés. Chaque logement se com-
828 HABITATIONS .
Fig . 274 , 275 , 276 . Types des maisons ouvrières de la Compagnie
des mines de Blanzy.
41,50.
1.1080
6,850-
4,05
10,80x1,70
.
2,50
2,20
Fig. 274 . Élévation.
Fig. 275. Élévation.
ic.g61
[Link]
Fig. 276. - Plan de la maison fig. 275.
CRÈCHE
MARIE
SAINTE
HABITATIONS .
829
.2Fig
. 77.
Crèche
830 HABITATIONS.
pose de deux pièces à rez-de-chaussée et est surmonté d'un
grenier ; une cave, une petite annexe servant d'écurie à porc etun
jardin de 120 mètres carrés suffisant pour la culture des légumes
nécessaires à chaque ménage complètent l'ensemble de cette habi-
tation tout à fait rudimentaire. La première pièce est une grande
salle 5m,00 × 5m,00 munie d'une cheminée qui sert tout à la fois de
vestibule, de cuisine, de salle à manger et de chambre à coucher
pour le père et la mère de famille ; à la suite, est une pièce plus-
petite de 3m,50 × 4,00, où sont les lits des enfants et l'armoire à
serrer le linge. Le premier étage qui est mansardé (fig. 275 et 276)
contient une chambre et un grenier ; on y accède au moyen d'un
escalier placé dans la salle d'entrée. Chaque logement coûte à la
société 2,000 francs, soit 4,000 francs par maison. Le loyer de ces
logements avec leur jardins n'est cependant fixé qu'à 4 fr.50 c.
par mois, soit 54 francs par an. Il faut de plus à l'ouvrier qui sort
de la mine une ample provision d'air et de lumière. Aussi indé-
pendamment des jardins, les maisons sont-elles précédées d'une
petite cour bordée de larges rues formant boulevards.
LES CRÈCHES . Parmi toutes les institutions fondées en vue
d'améliorer la condition physique et morale de la population, une
des plus intéressantes, sans contredit, est celle des crèches. Cette
création est due à l'initiative de M. Marbeau, et ne date quede 1844,
C'est en voyant des femmes du peuple que le travail appelait hors
de chez elles, confier leurs nouveau-nés à des mains inintelligentes,
que l'idée vint au charitable M. Marbeau de fonder des refuges où
les petits enfants recevraient les soins hygiéniques et moraux que
leurs mères , en quête du pain quotidien, ne peuvent leur donner
elles-mêmes. Moyennant la faible rétribution journalière de
20 centimes , la crèche garde, du matin au soir, les babies âgés de
quinze jours au moins et de trois ans au plus. Ils sont remis à
leur famille pour la nuit. Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs,
en leur donnant le dessin d'un de ces modestes édifices fig. 277.
L'ARCHITECTURE ÉTRANGÈRE A L'EXPOSITION DE 1878. Ainsi qu'il
nous a été donné de le voir à l'Exposition de 1878 en parcourant
la rue des Nations, chaque puissance avait construit sa façade
selon son mode d'architecture, nous donnons, fig. 279 à 282,
l'élévation de divers pavillons.
L'Isba c'est la maison du paysan russe ; rien de plus étonnantque la
simplicité primitive des instruments qui servent à sa construction.
Une hache, un rabot et un fer de scie rien de plus. On ne saurait
donner trop d'éloges à l'habileté avec laquelle les ouvriers russes
se servent de ces outils d'une fabrication tout à fait primitive. Rien
de plus étonnant encore que l'ardeur calme et soutenue qu'ils
mettent dans l'accomplissement de leur besogne. Leur maintien,
un peu triste peut-être, mais plein de réserve et de tranquilité, est
HABITATIONS. 831
d'autant plus frappant qu'il forme un contraste singulier avec les
allures vives , joyeuses et bruyantes de nos ouvriers français .
L'lsha est entièrement bâtie en sapin, ou plutôt en bois résineux
qui constituent en Russie l'essence des forêts. Sa charpente, comme
celle des maisons suédoises, se prépare et se taille généralement
sur le bord d'un fleuve,
à peu de distance de la
sapinière qui en four-
nit les éléments . Cette
industrie est exercée
sur une grande échelle
par de riches mar-
chands de bois qui fa-
çonnent toutes les piè-
ces dont se compose
l'Isba . C'est sur le
chantier même que le
paysan vient acheter
sa maison, ou plutôt
les matériaux desti-
nés à la construire .
L'Isba non montée
s'appelle Sroub , et
coûte dans son en-
semble, y compris les
poutres transversales,
les planchers , les pla-
fonds , etc. , de 68 à 120
roubles (1) . Toutes les
pièces ainsi préparées
sont remises à l'ac-
quéreur , et autant
que possible, flottées
sur le fleuve afin d'é- Fig. 278. (Isba) Mode d'assemblage
de la charpente.
viter les frais de trans-
port. Quand le Sroub est arrivé au lieu de destination, le paysan
se met à l'œuvre, il monte lui-même sa maison; tous les Russes
sont, d'instinct , excellents charpentiers, depuis l'illustre contre-
maître de Saardam jusqu'au dernier mougik,
Le mécanisme de la construction de l'Isba, fort apparent du
reste, est des plus simples. Il se compose de troncs d'arbres à
peine dégrossis posés horizontalement les uns sur les autres, et se
rejoignant aux angles à l'aide de fortes entailles solidement
emboîtées . La partie inférieure de chaque pièce de bois est évidée
(1) Le rouble vaut environ 4 francs.
832 HABITATIONS .
KUSSIE
Fig. 279. Pavillon de la Russie.
PEROU
PL
Fig. 280. Pavillon du Pérou,
HABITATIONS . 833
Fig. 281. Une maison en Cambodge.
Fig. 282. Pavillon de l'Amérique.
834 HABITATIONS .
de façon à permettre à la convexité de la pièce de dessus de s'y
ancrer solidement. Cet assemblage, visible à l'extérieur, forme
une muraille dont la force de résistance est à toute épreuve , et
qu'il n'est possible de démolir ou plutôt de démonter que morceau
à morceau en commençant par le faite. Les étroits interstices
qui s'ouvrent entre les joints de chaque poutre sont soigneusement
calfeutrés soit avec de la mousse, soit avec des tampons d'étoupe,
absolument comme la coque d'un navire. Ce mode d'assemblage,
que nous représentons fig. 278, offre les plus grands avantages,
non-seulement parce qu'il ferme tout accès au vent et au froid,
mais encore parce qu'il est, au point de vue de la construction, le
plus logique.
L'Isba consiste généralement en deux maisonnettes reliées entre
elles par une petite cour couverte. La première, notablement plus
importante, constitue le corps de logis principal. C'est là que se
trouve le poêle. La seconde, plus basse et plus petite, sert de
grenier, ou bien encore de boutique de mercerie, ou de cabaret
(kaback) . Cette dernière destination est la plus fréquente. La cour,
couverte, s'utilise de diverses façons. Elle peut être à la fois , ou à
tour de rôle, une écurie pour les chevaux, une remise pour les
instruments aratoires et pour les voitures, une étable pour le
bétail. Cet aménagement nous semble très commode et très habi-
lement agencé. La façade de l'Isba qui était exposée à Paris
en 1867 rappelait par sa grâce rustique un des plus jolis chalets
de la Suisse .
Nous ne quitterons pas nos lecteurs sans leur donner, par la fig.
285 , page 837, une idée de ce que peut être la demeure d'été des
Lapons nomades ( Ourassa), dont nous avons relevé le croquis à
l'Exposition de 1878. C'est une tente d'écorce de bouleau , de forme
pyramidale, soutenue par de longues perches qui s'entrecroisent
au sommet . Une ouverture destinée à l'introduction de l'air et de la
lumière est ménagée à l'extrémité supérieure de ce faisceau de lattes,
mais le plus souvent cet air et cette lumière sont écartés du passage
par les colonnes de fumée qui s'échappent de l'intérieur de la tente.
En effet, au centre même de la tente est creusée une petite fosse,
dans laquelle on entretient le feu destiné à cuire les aliments de la
famille. Les chaudrons et marmites de cuivre sont suspendus par
une chaîne au dessus du foyer. La table d'un Lapon riche n'est
pas précisément dépourvue de luxe. Les oiseaux à migration qui
arrivent par bandes au commencement de l'été, lui fournissent des
rôtis excellents. Coqs de bruyères du Nord, poules de neige, per-
drix blanches , gélinottes se mêlent agréablement aux jambons
d'ours, à la soupe de renne, aux poissons de toutes espèces, aux
oies sauvages, aux baies si nombreuses, si variées, et dont les
charmants arbustes sont une des merveilles du règne végétal lapo-
nique. On y trouve encore les choux et les raves, les œufs d'oi-
HABITATIONS. 835
seaux aquatiques , les racines de l'angélique, la farine de lichen
avec laquelle on fait une pâte aussi saine que nourrissante.
MAISON EN CARTON . Puisqu'il est ici question des habitations
russes, mentionnons les nouvelles maisons en cartonde l'ingénieur
Melnikoff.
Il n'y a pas longtemps que l'ingénieur russe, M. Melnikoff, inaugure
un système nouveau de constructions en carton. Cette nouvelle
invention paraît présenter entre autres plusieurs avantages :
Le bon marché et une grande légèreté. Une construction de ce
genre peut être très facilement transportée, et elle doit attirer
l'attention des officiers supérieurs, à cause des services qu'elle est
appelée à rendre à une armée en campagne. Comme économie, il
n'y a pas, en effet, de comparaisons à établir entre le coût de
ces constructions, qui est très minime, et celui des maisons en
bois et en fer qui reviennent fort cher. Une construction de ce
genre bien bâtie se détériore moins à la chaleur que toute autre
construite tout en bois .
M. Melnikoff a fait entrer son invention dans le domaine de la
pratique en construisant une guérite de chemin de fer à Benderi
et une baraque pour les malades à Bucharest .
Mode d'édification. - Les maisons de M. Melnikoff (fig. 283) sont
construites comme suit : Une carcasse en bois dont les châssis sont
couverts de côté par des feuilles de carton d'une épaisseur quipeut être
déterminée arbitrairement. Ces cartons sont fixés par de petits
clous . Pour qu'ils soient plus adhérents au châssis, on enduit
préalablement les feuilles de colle d'amidon. Ainsi le châssis forme
une muraille dont la fig. 284 représente le profil diamétral. Entre
les deux feuilles de carton, il existe un intervalle de 0m,10 à 0m,15
rempli hermétiquement d'air enfermé dans cet espace ; comme
l'air et le carton lui-même sont très mauvais conducteurs de la
chaleur, une habitation de ce genre devient très commode pour
l'hiver, l'air chaud ne se propageant pas à l'extérieur. Le meilleur
carton pour ce genre de construction est en paille, c'est aussi celui
qui coûte le moins cher, cependant les cartons d'autre nature
peuvent également servir à cet usage.
Les feuilles qui constituent la muraille extérieure sont recou-
vertes de couleur à l'huile, et pour la faire imperméable et plus
solide on l'enduit d'un vernis qui consiste en un mélange d'huile
de lin ou de chènevis, un peu de copal et de térébenthine. Les
constructions peuvent être établies à poste fixe, ou mobiles d'après
les localités, et aussi d'après le genre de services auxquels elles
doivent être affectées. Pour que l'air n'entre pas dans les endroits
où les châssis se joignent l'un à l'autre, on y colle du papier ; la
fig. 284 représente les moyens de les unir entre eux.
Pour procéder à la construction, on prépare préalablement les
HABITATIONS .
Melnikoff
en.
Maison
carton
283.
Fig.
M.
de
836
HABITATIONS .
837
Fig. 284. - Maison en carton (profil diametral).
PEGA
RD
Fig. 285. Demeure d'été en Laponie.
IVE VOLUME .
6
838 HACHE.
châssis, on fixe les feuilles de carton le long des châssis, on les y
maintient à l'aide d'une tringle. Lorsqu'on veut élever sa cons-
truction, on enfonce les extrémités des châssis dans la terre, et
on les relie tous par des fils d'archal ou par des crochets. Comme
on le voit, rien de plus facile que la pose et l'établissement de ces
constructions, le démontage est tout aussi facile eu égard à la
légèreté de chaque pièce et à la manière dont elles sont reliées
les unes aux autres .
En terminant nous nous demandons quels progrès se sont
accomplis depuis vingt ans dans la construction des maisons
ouvrières et des habitations civiles à bon marché ; il faudra les
rechercher, moins dans l'art de bâtir, chaque peuple ayant
son architecture nationale, - que dans les institutions mêmes,
qui tendent à améliorer le bien-être physique et moral des popu-
lations. A cet égard, nous devons le reconnaître, il nous
reste beaucoup à puiser dans des institutions similaires créées
dans les pays étrangers .
Hache [Angl. Hatchet ; Allem. das Beil, die Axt] ( Conn. prat.).
HACHE D'ARME La hache était au moyen âge une arme redou-
table , c'était l'arme primitive des Gaulois. C'est avec la hache et la
pique qu'ils défendaient leur territoire contre l'envahissement des
Romainset des Germains (ces derniers envahisseurs éternels!) . Les
chevaliers la portaient suspendue à l'arçon de leur selle. Une vieille
gravure représente Jean sans peur, acculé comme un sanglier et
armé de sa hache fracassant le crâne des Anglais qui osent
l'approcher. Nos sapeurs la portent encore, mais pour faire
parade, et pourtant en nos campagnes nous avons reconnu l'utilité
de cette arme. On l'emploie pour ouvrir la route en forêts, pour faire
le bois qui doit alimenter le foyer qui réchauffe le corps et fait
bouillir la marmite du soldat en campagne. Elle était une arme
terrible dans la main du matelot, alors qu'il y avait de véritables
abordages et qu'on ne connaissait ni l'éperon du cuirassé, ni la
torpille, alors que le courage individuel, la hardiesse et le coup
d'œil du commandant décidaient du gain du combat. A terreet
corps à corps, alors que par un rapide mouvement on a su joindre
les masses et que le fusil est gênant pour l'ennemi par sa longueur,
la hache arrive à point pour faire de larges et sanglantes trouées
dans
La les rangs
hache doitennemis. Nossuivant
être affutée matelots l'ont
une démontré
courbe enflèche
dont la 1870. sera
plus ou moins longue, selon qu'elle débite plus ou moins; plus la
flèche est longue, plus l'outil débite, l'inclinaison des éléments du
tranchant étant plus grande, ils coupent sans refouler, mais aussi
moins régulièrement. L'acier employé pour la fabrication des
haches doit être d'excellente qualité, dur et tenace en même temps .
Il doit être revenu bleu à la trempe ; à ce degré si l'acier n'a pas
HALLE. 839
de corps, la hache est molle. Si, pour avoir de la dureté, on n'a
fait revenir que jaune d'or ou gorge de pigeon, la hache s'ébrèche
par éclats.
HACHE DE BUCHERON. On la nomme aussi cognée, parce qu'elle
sert à trancher et aussi à frapper l'arbre ou la branche lorsque
l'entaille est assez profonde pour qu'on puisse l'abattre.
Hache- paille [Angl. Schaff- cutting, machine ; Allem . Häck-
selschneide] ( Agriculture). - Instrument servant, comme son nom
l'indique, à hacher la paille que l'on donne comme aliments aux
bestiaux, pour en rendre la digestion plus facile ; les meilleurs sont
ceux qui écrasent en même temps la paille . Nous reparlerons de
cet engin au mot Instruments d'agriculture.
Halage [Angl. Tow-path ; Allem Das Scheleppen ] (Navigation).
Action de tirer pour amener à soi. Haler un bateau sur une
rivière, un canal, au moyen de chevaux , de mules et même
d'hommes. A cet effet, une corde ou haussière , de longueur et
forme convenables est attachée au sommet d'un mật qui s'élève au
milieu du bateau, et va, en faisant, avec la direction que doit
suivre ce même bateau, l'angle le plus aigu possible, que les
marins appellent tirer au plus près , s'attacher aux pallonniers des
animaux ou aux bricoles des hommes qui marchent sur le rivage
dans le sentier qu'on nomme, pour cela, chemin de halage.
Hâle [ Angl. sun-burning ; Allem . Schwulbize ]. - Cosmétique
contre le hale. Lorsque les atteintes du soleil et du froid trop
vif ont fait gercer la peau, on se sert avec avantage de la prépara-
tion suivante : Triturez dans un mortier 8 grammes de sucre, que
vous arroserez de 10 gouttes de baume de la Mecque ; ajoutez-y un
jaune d'œuf, puis versez-y , en remuant sans cesse ce mélange,
180 gr. d'eau de rose distillée. Le lendemain, on se lave avec de
l'eau tiède . Cette application rend à la peau toute sa fraîcheur.
Haleine [Angl. Breath, wind ; Allem. Athem (hygiène). -- Ondée
d'air humide et chaud qui, 15 à 20 fois par minute, s'exhale des
poumons . Le moyen de corriger une mauvaise haleine, c'est de
laisser fondre dans sa bouche en se couchant un petit morceau de
myrrhe ou d'iris de Florence. On peut aussi employer de l'alun
fondu dans une cuillère ou encore un clou de girofle ou du cachou .
Si la mauvaise haleine provient du nez (punais) il faut avoir
recours à des injections adoucissantes et aromatiques. On recom-
mande aussi une poudre composée d'une partie de suc de menthe
et de deux parties de suc de rue.
Halle [ Angi. Market- house ; Allem . Das Kaufhaus] ( Gen. civ.)
840 HALLE.
- Lieu couvert pour tenir les marchés, denrées , comestibles et au-
tres. Les Halles centrales (fig. 286), construites à Paris d'après
les plans et sous la direction de M. Baltard, résument à peu près
tous les avantages de l'architecture métallurgique. Indépendam-
Fig. 286. Halles centrales de Paris.
ment de la grande disposition de cet édifice et de ses communica-
tions larges et faciles, l'architecte a su encore lui donner un
caractère artistique : les murs de soubassement, construits en
briques disposées en losanges, et les verres dépolis diversement
combinés , qui garnissent les baies et tympans extérieurs, donnent
à tout l'ensemble un aspect de fermeté qui fait valoir la masse
des pavillons et contraste heureusement avec les grandes ouver-
tures qui terminent les rues couvertes . L'intérieur de cette vaste
construction répond parfaitement à ses besoins ; toutes les parties
décoratives ont été traitées sobrement et sont bien en harmonie
avec la matière ; enfin l'œuvre de M. Baltard montre que lorsque
le fer est employé judicieusement dans la construction d'édifices
spéciaux, il peut parfois donner de très beaux résultats.
Nous complèterons ce qui précède et ce que nous avons dit déjà à ce
sujet tome 1er p . 668 parla description des halles-basiliques imaginées
dans ces derniers temps par l'architecte Boileau . Ce type de construc-
tion en fer (fig. 287), a un grand caractère architectural, il remplacera
HALLE .
BOILE
L.A. AU
VROSE
Halle
Boileau
M.
de
.-BFig
2asilique
87.
841
842 HALLE.
avec avantage les hangards usités pour : halles, marchés, galeries
d'exposition , ateliers, etc. Jusqu'à présent, pour éclairer et aérer les
larges couverts où des jours latéraux ne peuvent atteindre le milieu
de l'espace, on n'a fait avec les anciens systèmes de contruction,
que trois sortes d'abris qui laissent beaucoup à désirer, tant sous le
rapport de l'éclairage et de la température que sous celui de
l'élégance de la forme. Les trois dispositions que l'on continue
d'appliquer aux vastes couverts ont pour précédents traditionnels :
⚫les serres chaudes , les hangars d'usine et les sheds d'ateliers et de
manufactures .
Les cages avec couvertures entièrement vitrées procédant des
anciennes serres chaudes à châssis de bois qui ont pris une grande
extension par l'introduction du fer dans leur structure, intro-
duisent dans les halles, marchés et autres enceintes comportant
les besoins d'habitation et d'hygiène, le surcroît de chaleur
recherché pour les serres jardinières, mais intolérable hors de
là; ainsi qu'un jour d'aplomb qui, étant faussé par la réverbéra-
tion des surfaces miroirantes, est le moins favorable pour la vue
des objets placés dans ces intérieurs ; ce sont là de graves défauts
qu'on ne fait qu'atténuer avec des claies ou des toiles renouvelées
à grands frais , comme on l'a éprouvé au palais des Champs-
Élysées, à la cour des moulages antiques de l'École des beaux-arts,
à la grande halle abritant les caisses publiques du Ministère des
finances , aux gares de chemins de fer : soleil et chaleur torride
en été ; froid, buée tombant en pluie et mille autres désagréments :
bris de verres par la grêle, surcharge par la neige obscurcissante.
Les toits avec lanternons adaptés aux usines qu'ils caractérisent,
en conservant plus ou moins de parties en verre, et qui mettent
en évidence tout l'attirail des fermes et autres pièces de la char-
pente, peuvent convenir à des hangards provisoires n'ayant
d'autre prétention que celle de l'économie, dans le but de favo-
riser l'aération de milieux saturés d'émanations gazeuses, mais
non à des salles-abris durables devant être closes et convenable-
ment éclairées, et où la vue ne doit pas être désagréablement
affectée par un enchevêtrement de pièces de charpenterie, comme
les entraits, poinçons, liens, etc., des fermes en bois ou les
tendeurs, tirants, bielles, etc., des fermes en fer dites à la Polonceau.
Les couvertures par redents des sheds anglais appropriés aux
grands ateliers et manufactures qu'ils éclairent, au nord, par la
partie retroussée des lucarnes successives dites chiens assis traversant
toute la largeur et dont le profil général en dents de scie néces-
site, dans les rentrants, une multiplicité de chêneaux peu écono-
mique, montrent en outre, à l'intérieur, une suite de plafonds
rampants et fuyants, avec de longues traverses basses soulagées
par des supports répétés .
La vue perspective qui résulte de cette disposition, tant à
HAMAC . 843
l'extérieur qu'à l'intérieur, est tellement disgracieuse qu'on peut
bien la subir pour cause d'utilité au milieu d'une agglomération
de hangars industriels, mais qu'elle ne saurait être offerte aux
regards du public dans nos villes, cette forme n'étant d'ailleurs
un peu économique que par la prédominance du bois dans la
construction . Si l'imitation des formes consacrées par les ressources
restreintes que fournissent les matériaux bois et pierre, ne se
prêtait pas à la solution du problème pour obtenir un bon éclairage
et l'égalité de température dans les larges couverts en tenant
compte des conditions économiques , les propriétés du fer et les
nouveaux produits que la fabrication a obtenus de nos jours avec
cette matière, devaient permettre de le résoudre. C'est par
l'utilisation rationnelle du fer que M. Boileau, connu par un
certain nombre de constructions ferronnières, en dehors de la
routine, qu'il a fait exécuter depuis vingt-cinq ans , a créé le type
de construction ferronnière architecturale, dit halle- basilique qui
annule les inconvénients des systèmes précédents.
Le principe de ce type est de se servir, pour l'éclairage complet
de l'intérieur, des fermes transversales que l'on construit cintrées
en arcs sans tirants, comme des poutres en treillis formant
des châssis vitrés qui répandent partout la lumière au moyen
d'une disposition particulière de voûtes-couvertures, et cela
sans qu'on ait besoin de ces fragiles persiennes en verre fort
coûteuses , et illusoires après quelque temps de poussière. De
cette combinaison nouvelle ressortent les avantages suivants :
Sous le rapport du confortable : le jour, venant par les châssis
verticaux des fermes, éclaire chaque travée par des rayons
obliques comme autant d'ateliers de statuaires, et se répand
partout dans les conditions les plus favorables ; de plus, les issues
pour les gaz viciés, s'ouvrant au droit du sommet des voûtes, il
n'y a plus , dans la couverture, aucune surface en verre, véritable
cause d'excès de chaud et de froid, ce qui permettrait, suivant la
destination, de doubler les parois des plafonds voûtés pour enfermer
une couche d'air, garantie la plus efficace contre les variations de
la température extérieure.
Sous le rapport de l'effet optique ou d'art architectural, l'inté-
rieur, débarrassé de tout fouillis de charpentes, offre à la vue une
succession de plafonds voûtés et accidentés d'une perspective
heureuse, ce qui rend ce système préférable pour des salles com-
portant une ornementation décorative, comme les galeries d'expo-
sition. Nous terminerons en disant qu'il y a économie à employer
ce genre de construction dans beaucoupde circonstances.
Hamac. [Angl. Hammock ; Allem. die Hängematte] (Marine).
-
Lit suspendu. Le hamac est le lit des matelots. Il est composé
d'un morceau de grosse toile, en forme de rectangle. Sur tout le
844 HANGAR .
long de chaque petit côté sont pratiqués des œillets, dans lesquels
on passe de petites cordes nommées filets, que l'on réunit par leurs
extrémités pour en former une boucle c'est à chacune dé ces
boucles qu'on attache une corde nommée hauban , par le moyen
de laquelle on suspend le hamac à des crochets ou taquets, placés
à cet effet aux bancs du vaisseau dans les entre-ponts . Par ce moyen
la toile est assez tendue pour qu'on puisse y placer une espèce de
matelas . Ce hamac a beaucoup de ressemblance avec ceux dont
les Indiens et les habitants des pays tropicaux font usage, mais
ces derniers sont beaucoup plus recherchés. Les créoles blancs et les
Européens habitant l'Amérique préfèrent les hamacs aux meilleurs
lits ; ils sont plus au frais, ne craignent point les puces ni les punaises ,
et n'ont besoin ni de matelas, ni d'oreillers, pas même de couver-
tures , les bords du hamac recroisant l'un sur l'autre.
Hangar [Angl. coach house ; Allem das Schirndach] (Archi
tect.). Construction formée de solives debout, qui soutiennent
à hauteur des plates-formes et un comble recouvert de tuiles,
F
FFFF
FFFFF
GUIGUET
Fig. 288. Modèle de hangar (système Anderson et Son).
ardoises , chaume ou feutre anglais pour abriter des eaux pluviales
les objets et les marchandises qu'on range sous cette couverture .
Nous donnons fig. 288 un modèle de hangar recouvert en partie
de feutre anglais, système Anderson et Son, de Belfast. Le plus sou-
HAQUET. 845
vent les hangars ne sont destinés qu'à servir de bûcher, de remise,
de magasin ou de grange on ne les compose communément
alors que d'un demi- comble, ou toit à un seul égout, adossé contre
un mur. Il est utile, pour conserver la construction, de remplacer
es poteaux ou solives verticales de soutien par des piliers en
pierre, ou du moins de ne pas sceller la partie inférieure de ces
poteaux en terre, mais de l'élever d'environ 2 à 3 décimètres au-
dessus du sol en la faisant supporter par des dés en pierre. Si l'on
veut convertir un hangar en atelier, ou magasin fermé, il ne
reste qu'à fermer l'espace entre les poteaux de soutien par des pans
de bois , en y ménageant des jours pour la lumière et des portes
d'entrée.
Haquet [Angl. Truck ; Allem. Blockwagen] (Conn . gén.)
Voiture à deux roues et deux brancards longs, forts et très
rapprochés l'un de l'autre, sur laquelle on transporte dans l'inté-
rieur des villes, d'un port aux magasins ou réciproquement, toutes
les marchandises en tonneaux. Cette voiture à laquelle on attelle
quelquefois plusieurs chevaux en file à une LIMONIÈRE fixée à
articulation contre une des extrémités des brancards, de sorte que
ceux-ci, posés en équilibre sur l'essieu, peuvent s'incliner en
arrière jusqu'à ce que leurs extrémités opposées touchent à terre.
C'est dans cette position qu'on charge ou qu'on décharge le haquet,
à l'aide d'une corde double, dont les bouts s'enveloppent sur un
treuil placé horizontalement près de la limonière, sur le bout des
brancards. Ce treuil, prolongé en dehors du brancard du côté du
montoir où se tient toujours le haquetier, porte une tête frettée,
traversée en croix par deux forts bâtons servant de leviers, à l'aide
desquels un homme seul fait monter un ou plusieurs tonneaux à
la fois le long des brancards du haquet, jusqu'à ce que le centre
de gravité de la charge se trouve à peu près au-dessus de l'essieu .
Il l'arrête provisoirement à cet endroit avec une cheville de fer
qu'il introduit dans un des trous pratiqués de distance en distance
le long d'un des brancards. Lachant le treuil, il va chercher de la
même manière d'autres tonneaux qui viennent à leur tour pousser
-les premiers, et se mettre à cheval sur l'essieu. Si alors la voiture
est complète, il continue à faire monter la charge, qui glisse très
aisément sur les brancards, parce qu'ils sont garnis de fer poli,
jusqu'à ce qu'ils reprennent leur position horizontale, dans laquelle
le haquetier les maintient avec une forte cheville de fer qu'il
introduit dans des trous percés à la fois dans les brancards et ia
limonière, et qui, dans cette position, se correspondent.
Le déchargement est encore bien plus facile, puisqu'il ne s'agit
que de rendre aux brancards leur position inclinée en arrière, et
de laisser glisser les tonneaux jusqu'à ce que le dernier chargé
touche à terre : alors , faisant avancer les chevaux, tous les autres
846 HARNAIS .
tonneaux sont successivement mis à terre sans qu'on ait à craindre
le moindre accident. Quelquefois on charge les tonneaux en travers
des brancards : on les y fait monter en les roulant à l'aide de la
cordeet du treuil ; mais cette corde est disposée autrement que quand
il s'agit de les faire glisser le milieu étant attaché à la cheville
ouvrière de la limonière, on la conduit en double à l'autre bout , où,
après avoir enveloppé le tonneau ou les tonneaux qu'on veut
charger, on ramène les bouts également tendus vers le treuil qui
les tire, comme dans le premier cas . C'est au célèbre Pascal qu'on
doit l'invention de cette voiture qui porte avec elle, comme on voit,
un moyen extrêmement simple et commode de charger et de
décharger les marchandises.
Harnais ( 1 ) [Angl. Harnessing ; Allem die Beschirrung ( Conn.
prat.) . Le mot harnais est un terme générique, qui comprend
toutes les pièces dont on habille les chevaux de selle ou les chevaux
de tirage. Celui qui entreprend la construction de toutes ces
diverses pièces prend le nom de harnacheur. Ce sont ordinaire-
ment les SELLIERS et les BOURRELLIERS qui font les harnais. Pour
les chevaux de main ou de monture, le harnais se compose de la
selle, de la croupière, de la sangle, du licou, de la bride avec leurs
traits . Pour les chevaux d'attelage, il est composé d'un poitrail,
des montants, des chaînettes, de la bricole, du coussinet, du surdos
et de ses bandes, de la croupière, de l'avaloir d'en bas, des recu-
lements ou bandes de côté, des guides et des rênes .
Etriers . -M. le ministre de la guerre a fait remettre au
Conservatoire des arts et métiers divers modèles d'étriers et de
mors de bride en fer et en fonte malléable : ces objets ont été
soumis à des expériences comparatives, faites dansle but de
reconnaître s'ils présentaient les uns et les autres la même certi-
tude de résistance. Les étriers en fer étaient de la forme générale
de ceux en service dans l'armée : les deux branches avaient un
diamètre moyen de 11 millimètres ; le cadre de la grille avait en
moyenne une section de 10 millimètres sur 11.
Le poids de chacun de ces étriers était de 477 grammes. Les
étriers en fonte ne pesaient que 419 grammes : les branches
étaient à peu près de même section que celle des étriers de fer,
mais la hauteur de la grille était réduite à 8 millimètres. Trois
étriers, deux en fer et un en fonte, ont été soumis aux mêmes
épreuves : on les a attachés par leur anneau ; on a suspendu sous
la grille des poids de plus en plus considérables et l'on a noté
pour chaque charge les allongements déterminés entre les points
de repère a et b, a' et b' fig. 289 soit par la flexion des bras, soit
(1) Voir le mot Sellerie, t. II, p. 1574.
HARPE. 847
par celle du patin lui-mê me, dont la courbure avait pour effet de
rapprocher le point a' du point a.
Mors de bride. Les deux mors en fer provenaient du magasin
de la garde républicaine ; ils pesaient chacun
440 grammes ; le diamètre du fer employé à
la confection de la courbure des branches
était de 7 millimètres et demi . Les deux
mors en fonte avaient été livrés par le maga-
sin général ; ils ne pesaient que 400 grammes ,
bien que les dimensions fussent restées à peu 6
près les mêmes dans toutes les parties . Les
anneaux et la ba-
rette étaient seuls
en fer. Pour sou-
mettre ces mors
à des expérien-
ces de résistance,
onles a suspendus bi 6
par leurs anneaux
et on a chargé
de poids le milieu
du canon; се
mode de charge-
ment a eu pour a α
effet de redresser
les branches ,
c'est-à-dire de pro-
duire l'action in-
verse de celle que P
l'effort du cava- PT
lier pourrait dé-
terminer : si on Fig. 289. Étriers, Fig. 290. Mors de bride.
admet que la résis-
tance à la flexion soit la même dans les deux sens , ces expé-
riences seront tout à fait concluantes. Pour établir une compa-
raison entre les déformations, on a sous chaque charge mesuré la
distance variable ab fig. 290 .
Harpe [Angl. to harp ; Allem. Harfe] (musique) . Instru-
ment de musique à plusieurs cordes inégales qu'on pince avec les
deux mains ; sorte de boîte de musique dont les cordes vibrent à
la plus légère brise et produisent des accords harmonieux sous
l'action du vent.
Les cordes de la harpe sont peintes de différentes couleurs,
pour que le musicien les reconnaisse de suite, et ne soit pas
exposé à attaquer l'une pour l'autre : tous les ut sont rouges , les
848 HARPE .
fa bleus, et les autres cordes blanches. Il y a en tout 40 à 42
cordes, formant environ six octaves . Ordinairement le son le plus
grave est sol, ou même fa à l'unisson du son le plus grave du
forté-piano ; quelquefois on descend jusqu'au mi bémol. Les autres
cordes suivent l'ordre
diatonique de la gamme
majeure en mi bémol,
c'est - à - dire qu'on ne
peut jouer sur ces cor-
des à vide que les mor-
ceaux de musique écrits
avec trois bémols à la
clef; savoir : si, mi et
la; lesautres notes étant
sans dièses ni bémols.
Pourjouer de laharpe,
il faut être assis et éten-
dre les deux mains sur
chaque face du plan ver-
tical, selon lequel les
cordes sont rangées, la
droite d'un côté, la gau-
che de l'autre, de ma-
nière à embrasser la
caisse sonore , qu'on
penche légèrement sur son empa-
tement ; on maintient cette base
avecles pieds . Les doigts des mains
T
se promènent sur les cordes , en
ILA
les pinçant, de manière à former
H
POP
divers accords au choix du musi-
cien . L'angle supérieur , opposé à
la colonne, est placé près de l'é-
paule droite. La main gauche,
qui attaque les cordes de basse,
suit les accords écrits sur la clef
de fa; la droite, qui pince les
Fig. 291. petites cordes , est guidée par une
Harpe cochinchinoise. ligne de musique écrite sur la
clef de sol : l'exécutant lit ces
deux lignes à la fois. Cela n'empêche pas que souvent les mains
ne changent de clef, et par conséquent de cordes, comme au
forté-piano .
Pour attacher et tendre les cordes, on fait une rosette à l'un
des bouts , pour la passer dans le crochet qui lui appartient sur
la table d'harmonie ; on passe ensuite la corde sur le côté d'une
HASCHISCH . 849
grosse goupille implantée à la face du côté gauche de la bande,
et qui tient lieu de chevalet en limitantla longueur vibrante ;
puis de là la corde va entourer sa cheville d'acier, qui est sail-
lante sur la même face on pince le premier tour de la corde
sous les autres circonvolutions. Cette cheville a, comme celles du
piano, une tête quadrangulaire, et on la fait tourner de la main
droite ; avec une clef forrée carrément ; on tend jusqu'au degré
voulu : c'est ce dont on juge en faisant résonner à la fois, de la
main gauche, la corde qu'on tend et quelque autre déjà accordée,
afin de produire des accords justés. La tête de cheville est sail-
lante du côté de la bande opposée à celui qui reçoit les cordes .
Dans nos Études sur l'Exposition de 1867, nous trouvons au cha-
pitre Musique, chez les peuples barbares , un instrument qui se
rapproche, par sa forme, de la harpe fig. 291. Onle rencontre
en Cochinchine, dans quelques pays de l'Inde et au Japon.
HARPE [Angl . toothing-stonerall ; Allem. der Zahnstein] (Arch .) .
- Pierre d'attente laissée à un mur pour former plus tard liaison
avec celui qu'on veut adosser contre .
Harponneur [Angl. To harpoon ; Allem . Harpuniren]
(Marine). - On donne ce nom au matelot qui lance le harpon.
Tous les hommes de l'équipage ne sont pas en état de faire ce
travail dangereux ; ce n'est qu'après beaucoup d'exercice qu'un
homme agile et dans la force de l'âge peut arriver au point de
perfection que cette manœuvre exige. Le capitaine d'un baleinier,
avant de partir pour la pêche, cherche à se procurer plusieurs
excellents harponneurs : car un seul ne suffit pas pour chaque
vaisseau. Il arrive souvent que le harponneur est victime de son
audace, et il en faut de suite un autre pour le remplacer. Aussi
les Anglais sont-ils parvenus à substituer à une méthode aussi
périlleuse l'emploi des fusées à la congrève .
Haschisch. (Conn. gén.) - La principale préparation du has-
chisch, qui sert de fondement à toutes les autres , est appelée
techniquement extrait gras. On l'obtient fort simplement : on fait
bouillir la feuille et les fleurs de la plante avec de l'eau à laquelle
on a ajouté une certaine quantité de beurre frais ; le tout étant
ensuite réduit par évaporation à la consistance d'un sirop, on
passe dans un linge. Le beurre qu'on obtient ainsi est chargé d'un
principe actif et empreint d'une couleur verdâtre. Cet extrait, qui
ne se prend jamais seul à cause de son goût nauséabond, sert à
la confection de différents électuaires, de pâtes, d'espèces de
nougats que l'on a soin d'aromatiser avec de l'essence de rose ou
de jasmin, afin de masquer l'odeur répugnante de l'extrait pur.
L'électuaire le plus généralement employé est celui que les Arabes
850 HAUBAN.
appellent daswamesc
Pour sentir toute la
puissance du haschisch ,
il faut le prendre à jeun
ou du moins plusieurs
heures après avoir
mangé . Les effets de
cette substance influent
directement sur le cer-
veau , produisent un
délire spécial, et pla-
cent celui qui en use
habituellement dans les
conditions d'une folie
momentanée .
Hauban [Angl.
Schroud ; Allem . das
Haupth] (Marine) .
Cordages fixes qui tien-
nent les mâts des vais-
seaux . Les haubans
prennent le nom des
mâts auxquels ils ap-
partiennent . On dit les
haubans de beaupré,
de misaine, du grand
mât. etc. Plus le point
d'attache des haubans
est éloigné du pied des
mâts, plus ceux-ci sont
tenus solidement . On
appelle aussi hauban le
cordage double avec
lequel on maintient une
chèvre dressée. On en
coiffe la chèvre par un
nœud de batelier pen-
dant qu'elle est encore
couchée par terre, en
tenant d'égale longueur
les deux bouts du cor-
Fig. 292. Hauban. dage. La chèvre étant
dressée dans la position
qu'on juge convenable à la manœuvre , on amarre les haubans
à des piquets plantés d'avance à la plus grande distance que peut
comporter le local et la longueur du cordage.
HELIOGRAPHIE. 851
Hauteur (Angl. Height ; Allem. die Hohe] (techn .). Ce
mot a reçu de l'usage des acceptions assez différentes : tantôt il
exprime l'altitude d'un point au-dessus d'un autre ou la différence
de niveau de ces deux points; tantôt il désigne la valeur de l'angle
vertical compris entre le plan de l'horizon et le rayon visuel dirigé
de ce plan à un point, a un signal, à un astre. Ainsi la hauteur
d'une étoile, la hauteur du soleil est l'inclinaison sur le plan de
l'horizon de l'observateur du rayon visuel dirigé au centre de
de l'astre. La hauteur méridienne est la valeur de ce même angle
au moment même où le centre de l'astre traverse le méridien . La
hauteur du pôle est l'inclinaison de l'axe terrestre sur l'horizon
rationnel de l'observateur, ou la latitude de l'observateur. La
hauteur de l'équateur est le complément de cette latitude. Le mot
hauteur a souvent encore le sens de latitude dans le langage du
marin, lorsqu'il annonce, par exemple, avoir rencontré tel vaisseau
par telle hauteur..
Haut fourneau [Angl. Blast furnace ; Allem. Der Flossofer] .
Voir le mot Fer, tome Ier, p. 493 et le mot Fonderie, tome III, p. 707.
Héliographie [ Angl. héliographie engraving ; Allem die Hélio-
graphie) ( Télég.). - C'est un système aérien permettant de corres-
pondre à de grandes distances. Le soleil offre une source de signaux
exceptionnelle plus puissante queles moyens aériens qu'il nous inter-
dit. Des miroirs empruntant au soleil sa lumière lanceront des éclairs,
qui, convenablement dirigés, formeront et même peut-être écriront
des signaux. Avec ce système, il n'est plus de distances infranchis-
sables. Dès que deux points sont en vue, ils peuvent correspondre.
L'héliographe, par ses faibles dimensions , par sa facile installa-
tion, est le plus portatif des télégraphes. En quelques minutes on
peut l'orienter avec une exactitude suffisante et établir sur le
champ une correspondance par exemple entre deux corps de
troupes séparés par une distance de plusieurs myriamètres. On
aurait ainsi un télégraphe qui ne pèserait pas 20 kilog., avec
lequel on n'aurait à se préoccuper ni de la distance, ni du fond
sur lequel se projette chaque poste, ni du transport des lunettes,
qu'on [Link]'on ne s'in
s'imagine pas avoir là un moyen lent
et imparfait de correspondance : l'héliographe donnera autant de
signaux que le télégraphe aérien ordinaire, avec une vitesse quin-
tuple au moins. Voir aussi Photographie, tome II, p. 1173 .
Héliomètre [Angl. heliometer ; Allem. Héliometer] (conn.gén.).
- Instrument imaginé par Bouguer, pour mesurer le diamètre
du soleil et des planètes, ainsi que les petites distances apparentes
entre les objets célestes .
Hemicycle Angl. hemicycle; Allem. Halbzirkel] (Demi-cercle).
852 HERISSON.
La forme des gradins où étaient assis les spectateurs dans les
théâtres grecs et romains, étaient en hémicycle. On indique aussi
par ce mot les absides des basiliques et des églises du moyen-
âge, à cause de leur forme semi-circulaire.
Herboristerie [Angl. herborist ; Allem. Kraüter Krenner]
(Métiers) . Commerce des plantes médicinales indigènes. On
nomme aussi herboristes ceux qui récoltent les plantes et ne les
connaissent que d'une manière empirique.
Le débit des plantes fraîches nécessitant une grande surveillance
et un renouvellement journalier d'approvisionnement, les phar-
maciens , autrefois très occupés des soins exigés par les nom-
breuses préparations alors usitées en médecine, se trouvèrent
comme forcés de renoncer à cette vente peu importante, et qui
pouvait être confiée à des gens sans instruction. C'est ainsi que
le commerce de l'herboristerie prit naissance, et ce furent d'abord
les grainetiers ou les fruitiers qui s'en chargèrent. Peu à peu ce
commerce, qui dans l'origine se limitait au débit de quelques
simples indigènes, s'étendit aux plantes exotiques, puis à quel-
ques préparations médicales, telles que tisanes , petit-lait, sucs
d'herbes, etc.; enfin, il a fait de si nombreuses invasions dans le
domaine de la pharmacie, que celui-ci se trouve restreint dans
une certaine mesure .
Hérisson [ Angl. Spur Wheel ; Allem das Stirnrad] ( tech.). -
En mécanique le hérisson est une roue portant des dents sur son
contour extérieur, engrenant dans une lanterne un pignon, ou
une autre roue placée dans le même plan qu'elle ou bien qui
conduit une chaîne dite à la Vaucanson. Aujourd'hui on fait ordi-
nairement ces roues en fonte avec des dents en bois, plantées
solidement dans des mortaises ménagées dans la fonte, où on les
retient avec des chevilles de fer. En agriculture, c'est un rouleau
dont la surface est garnie de pointes en bois ou en fer, qu'on
passe sur les champs labourés pour en briser les mottes, avant
d'y répandre la semence.
En fumisterie on appelle hérisson un instrument grossièrement
fabriqué qui sert à ramoner les tuyaux de cheminées en poterie
qui dans les constructions modernes ne permettent pas à cause de
leur dimension restreinte le passage du petit ramoneur. Cet instru-
ment est formé d'un mandrin en bois long de 0,10c à 0,15 traversé
dans le sens de son diamètre par de petites tiges de fer de 0,100
de longueur. A chaque extrémité du hérisson est fixée une longue
cordelette. Lorsque l'on veut procéder au ramonage un ouvrier
monte sur le toit, il jette dans la cheminée qu'il s'agit de ramoner
l'extrémité d'une des cordelettes à laquelle un poids pesant environ -
1 kilog. est attaché, cette cordelette entraînée par le poids descend
HEURE . 853
Jusqu'au foyer où un autre ouvrier la reçoit, il tire à lui la
dite cordelette et à sa suite le hérisson qui a été engagé dans
l'orifice de la cheminée dans son sens vertical par l'ouvrier d'en
haut. Après 5 ou 6 mouvements de haut en bas, le hérisson est
retiré et la cheminée parfaitement ramonée. Par cette méthode,
la besogne peut être faite avec le premier homme de peine venu,
sans qu'il soit besoin de recourir au fumiste.
Heure [Angl. hour ; Allem. die Stunde] ( Conn. gén.) . On
reconnaît trois espèces d'heures : l'heure sidérale, l'heure solaire
vraie et l'heure moyenne. La première et la dernière ont seules
une durée constante, mais l'heure sidérale est plus courte que
l'heure moyenne. Une même durée a donc une expression diffé-
rente suivant qu'elle est donnée en temps sidéral ou en temps
moyen.
Procédés pour déterminer l'heure ou pour régler un chronomètre.
1er Procédé.- Fixez invariablement une bonne lunette vers un point
du ciel où vous savez que doit passer pendant la nuit une étoile de
première grandeur; observez l'heure exacte donnée par la montre
à l'instant précis où l'étoile traverse le fil du réticule, ce qui exigera
que vous éclairiez un peu ce fil ; surveillez le lendemain et plusieurs
jours de suite le passage de la même étoile sous le fil de la
lunette, qui aura dû conserver rigoureusement sa première posi-
tion. L'intervalle de deux passages consécutifs donné par la
montre devra être exactement la durée du jour sidéral; donc la
montre devra marquer au passage de l'étoile 3m,55 , 9 de moins
qu'au passage de la veille. S'il n'en est pas ainsi, on note la
différence ou mieux les différences après plusieurs jours sidéraux,
on connaît alors les variations du chronomètre; si elles sont cons-
tantes, on en tient compte, et l'instrument peut servir comme
s'il était exact. :
2e Procédé. -Observez le passage du centre du soleil au méridien.
Notez l'heure du chronomètre au même instant. Il est évident
qu'il doit marquer à cet instant le temps moyen au midi vrai. S'il
n'en est pas ainsi, on connaîtra l'avance ou le retard. Le temps
moyen au midi vrai est donné tous les jours dans l'Annuaire ou
dans la Connaissance des temps, pour le midi vrai de Paris, si
l'observation se faisait sous un autre méridien dont la longitude
serait connue, on chercherait l'heure de Paris contemporaine au
midi vrai du lieu de l'observation, et l'on calculerait le temps
moyen au midi vrai pour ce lieu . En outre, comme il est difficile
d'évaluer l'instant du passage du centre du soleil on observe le
passage du bord, et l'on ajoute la durée du passage du demi-
diamètre donné de cing en cinq jours dans la Connaissance des
temps ; cette durée est d'ailleurs comprise entre 1m,11s et 1m 5s,
moyenne 1m. 8s. Enfin l'on peut encore prendre pour l'instant du
IV VOLUME. 7
854 HIPPODROME .
Sedne
45
. 9.
37 * 61
23
25
23.95 23,95
1545 8.50
12,00
41,950
18.09
560
41
,
.
A
23,560
6.00
Fig. 293. 1/4 du plan, échelle au 1/400
B
h
850
5.00-
H
E 41.950
E
HIPPODROME ,
200
16.20
ज
10,00
5003
41,560
Walle
. [Link]
Fig
.294.
longitudinale
coupe
1/2
855
856 HIPPODROME.
passage du centre une moyenne entre les passages du bord occi-
dental et du bord oriental .
Hiéroglyphe [Angl. Hieroglyph ; Allem. Altägyptische Bilder
schrift] (généralités). Signe de l'écriture des anciens Égyptiens .
Elle était sculptée ou peinte, et composée de signes qui sont la
figure fidèle d'animaux, de l'homme, d'astres, de plantes, d'objets
divers, produits de l'industrie humaine. Selon les auteurs de
l'antiquité, les Égyptiens avaient deux espèces d'écritures : l'écri-
ture sacrée, dite hiérographique, l'écriture des dieux ou hiériogly-
phique et l'écriture populaire, dite démotique.
Hippodrome [Angl . Hippodrome, Race-course; Allem. Renn-
bahn] (généralités) - Lieu public , chez les Grecs et les Romains,
où avaient lieu les courses de chevaux et à chars ; ils avaient la
forme d'un carré long : à l'extrémité était la borne qu'il fallait
atteindre, et elle était posée de telle sorte qu'il ne pouvait passer
près d'elle qu'un char à la fois. Une tranchée d'une pente
douce régnait autour du terre-plein qui la portait, afin que celui
qui suivait un char, s'il venait à se briser, pût y descendre,
remonter et se rapprocher de la borne . L'hippodrome le plus
célèbre de la Grèce était celui d'Olympie ; il avait quatre stades
ou 740 mètres de longueur sur 185 de largeur. Les hippodromes
modernes affectent la forme ovale, les spectateurs sont assis par
gradins comme dans les cirques. La plus grande construction en
ce genre est celle qui existe à Paris près le Trocadéro, et dont nous
donnons ci-après la description.
La salle de l'Hippodrome ( fig. 293) forme un vaste ovale qui
mesure 104 mètres de longueur, suivant son grand axe, (fig. 294), et 68
mètres de largeur suivant son petit axe ; elle présente une surface
de 6,100 mètres carrés. Une zone de 10 mètres de largeur, disposée
en gradins , autour de l'arène, peut contenir 10,000 spectateurs.
La longueur de l'arène est de 80 mètres , sa circonférence de 220 mètres
carrés. La charpente située au-dessus des gradins est formée
d'élégantes fermes en fer et l'arène est complétement abritée par
une couverture en fer et en vitrage, supportée par une charpente
métallique d'une grande hardiesse. Ce qui ajoute d'ailleurs, à la
curiosité dont cette construction est l'objet,c'est le temps très court
qui a été employé à son étude et à son exécution. En effet, ce n'est
qu'après le 15 décembre 1877 que la « Société anonyme de l'Hippo-
drome » s'adressait à la compagnie de Fives-Lilles pour l'exécu-
tion des travaux du nouveau bâtiment. Le travail a pu être complé-
tement achevé en trois mois. Le vaisseau central, fig. 294, dont la
charpente est complétement en fer, comprend une partie fixe A
formant une zone de 15 mètres de largeur, couvrant la piste et
laissant un centre vide de 54 mètres de longueur sur 17m,50 de
27
HOMEOPATHIE. 857
largeur; c'est ce vide qu'on peut, à volonté, laisser à ciel ouvert
ou complétement fermé à l'aide d'une toiture mobile B toute spéciale.
Il comprend aussi une toiture fixe , couvrant la piste, qui prend
naissance à 16 mètres au-dessus du sol et sa partie supérieure
aboutit à une ceinture ovale située à 22 mètres de hauteur ; elle
est supportée , sur son pourtour, par 20 colonnes en fonte E,
B
0
85
A
16,00
20,00
8.50 G
E Σ E
حمد
Bue
Fig. 295. 1/2 coupe transversale.
cannelées, ayant d'élégantes proportions ; au sommet elle s'appuie
sur les poutres de la ceinture qui forme le pourtour de la toiture
mobile.
Homéopathie [ angl . homeopaty ; Allem. Homéopaty] (Médec.) .
On parle beaucoup aujourd'hui d'homéopathie et d'allopathie ( 1) ,
deux systèmes qui divisent le monde médical. Cette méthode
homœopathe, du grec homoios , semblable, et de pathos, maladie,
est un système médical fondé par Samuel Hahnemann. Il con-
siste à traiter les maladies à l'aide d'agents doués de la propriété
de produire eux-mêmes sur l'homme sain des symptômes sem-
(1) Méthode usuelle de médecine .
858 HOPITAL .
blables à ceux que l'on veut combattre. L'axiome des partisans de
cette méthode est : Similia similibus curantur, qu'ils opposent a
l'aphorisme d'Hippocrate : Contraria contrariis curantur. De là le
nom d'homéopathe et celui d'allopathe, du grec allos, autre, et de
pathos, maladie, qu'ils appliquent aux partisans de la médecine
contraire .
Samuel Hahnemann, fondateur de l'homéopathie, est né le
10 avril 1755, à Meissen, petite ville de Saxe. Il étudia la méde-
cine à Leipsick, puis à Vienne, et soutint sa thèse inaugurale à
Herlingen , en 1779. De ses études et expériences Hahnemann crut
voir se confirmer des résultats tels, qu'il ressort que les médica-
ments produisent sur l'individu sain des phénomènes analogues à
ceux qu'ils peuvent guérir sur l'individu malade, d'où sa nouvelle
méthode de traitement.
Homme- moteur [Angl. motor man ; Allem. Motor-mann]
(mécanique) . De tous les agents mécaniques que nous puissions
employer pour produire un travail continu , l'homme est celui
qui , à poids égal, donne jusqu'ici le plus grand effet. Ce travail
augmente considérablement avec la quantité et la qualité des
aliments solides et liquides dont les manœuvres se nourrissent. Il
diminue au contraire en même temps que la température du
milieu augmente . On a eu la preuve que des manœuvres anglais
(porteurs à dos) , qui vivent de substances animales et de liqueurs
fermentées, étaient capables d'un travail presque double de celui
obtenu par des montagnards basques d'apparence robuste, mais
vivant d'eau, de maïs et de fromage ; et Coulomb a observé lui-
même que, à La Martinique, où le thermomètre est rarement
au-dessous de 25 degrès, et où les hommes sont presque toujours
inondés de leur transpiration, ils ne sont pas capables de faire la
moitié du travail journalier qu'ils peuvent fournir dans nos
climats. Cette observation résulte de la comparaison de grands
travaux faits par les troupes sous l'une et l'autre latitude. La con-
tinuité et l'uniformité absolues du travail nuisent aussi à la quan-
tité , et les hommes de peine préfèrent, en général, un petit excès
de travail de quelques instants, suivi d'un intervalle de repos
à un travail continu moindre, mais d'une plus longue durée.
Hôpital [Angl. hospital ; Allem. Spital] (Archit. ). - Établis-
sement composé de plusieurs corps de bâtiments, destiné à
recueillir les malades et les blessés. Ce sont des maisons où les
pauvres ont droit d'asile, et ils doivent y recevoir les choses néces-
saires aux besoins urgents de la vie.
La première question en parlant des hôpitaux est celle de leur
grandeur ; ils doivent, avant tout, suffire aux besoins du nombre
des habitants de la localité militaire ou civile. Dans les hôpitaux
HOPITAL . 859
militaires, le nombre des blessés varie beaucoup, non-seulement
en temps de guerre par l'affluence des blessés et des malades de
fatigue et de privations, mais encore à cause des épidémies en
temps de paix. Ensuite les hôpitaux militaires devraient suffire
aussi aux besoins de la population des villes en cas extraordinaires .
Il s'élève donc la question : qu'est-ce qui est plus avantageux, de
construire des maisons pas trop grandes , mais situées à une petite
distance l'une de l'autre, ou bien de faire pour tout le rayon un
grand hôpital.
Choix de la place pour les hôpitaux. Il faut choisir une
assez grande place, même pour les petits hôpitaux, le plus loin
possible des villes et même des faubourgs, en calculant que chaque
année la population de la ville augmente, cette dernière doit donc
s'élargir. La plupart des hôpitaux anglais ont été construits hors
des barrières et entourés de champs qu'on cultivait . Maintenant
ils sont entre les fabriques ou autres constructions et par consé--
quent souffrent de la fumée et d'autres incommodités inévitables
dans une pareille position. Les maisons doivent toujours être
sur une place élevée et accessible aux vents.
L'aération et la ventilation naturelle dans les hôpitaux . - Une
bonne aération et la ventilation naturelle commodément installée
sont des conditions indispensables dans l'organisation d'un hôpital .
La ventilation artificielle est bien inférieure à la naturelle, mais
dans les pays froids elle est presque impossible à cause des hivers
rigoureux. La commodité de l'aération et de la ventilation
dépendent, pour la plupart des cas, du plan de la construction :
c'est pourquoi on trouve la division par pavillons très pratique ;
car si les pavillons sont à une distance suffisante l'un de l'autre,
ils profitent le plus de l'air et des rayons du soleil. L'aération
et la ventilation naturelles ne sont pas du tout des mots syno-
nymes , bien qu'elles dépendent l'une de l'autre. Le mot aération
comprend l'action de l'air et de la lumière. La ventilation natu-
relle se fait à l'aide de fenêtres et par toutes les ouvertures
du dehors . Elle a pour agent les vents dominants et le change-
ment d'air provenant de deux températures différentes qui se
croisent : celle du dehors et celle des chambres. Il n'est pas très
facile de se faire une idée de la quantité d'air qui passe par les
fenêtres ouvertes dans un temps donné. Elle est plus grande que
tout ce qu'on peut faire par les ventilateurs les plus puissants.
Plusieurs médecins et chirurgiens ayant trop de confiance dans
la ventilation artificielle, ont négligé la naturelle qui est la plus
avantageuse.
Hygiène des planchers. - Ceci peut s'appliquer à toute espèce
de plancher, c'est pourquoi nous nous étendrons davantage sur ce
sujet. Le docteur Sutterland regarde la question des planchers
impénétrables comme très grave dans un hôpital bien organisé .
860 HOPITAL.
Condust
B
dair
fraisdescendant
G G D
C
Fig. 296. Coupe verticale par les cheminées générales d'introduction
et d'extraction.
00-00-00
onduits
Con do
evacuation to
vicie
laer vers
canal
fu
principal
rom mble
E E
77
d d d d
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A F
Conduits
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venant soubassem
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evacuation
&
Conduits
viere
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de principal
comble
du
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canal
le
e e
A A
297.
.Fig
étage
1er
du
Plan
B
HOPITAL .
Conduit
frais
dair
861
A A
298.
Fig
B
A
suivant
comble
du
Plan
.dla
verticale
coupe
e
862 HOPITAL.
Il arrive souvent qu'on laisse tomber sur le plancher du sang, de
la sanie, des excréments et des liquides qui, en traversant le
plancher, finissent par imbiber les planches qui alors deviennent
une source d'évaporations miasmatiques et malsaines . Les liquides ,
qui ne peuvent pas se sécher ni s'évaporer complétement, aussitôt
qu'on lave les planchers , se joignent à l'eau et recommencent l'éva-
poration . A l'hôpital maritime de Londres, on a remarqué des
cas de pourriture d'hôpital chaque fois qu'on a lavé le plancher, et
ces cas ont complétement disparu aussitôt qu'on a cessé de laver les
planchers, les couvrant de mastic. En Italie les planchers sont en
marbre et par conséquent impénétrables : en Russie cela n'est pas
possible à cause du climat, et M. S. de Lauer recommande les plan-
chers qu'il a vus à la Charité de Berlin, à l'hôpital de Munich et
à l'hôpital de Zurich. Voici comment on a procédé. Le plancher
est composé de pièces en bois de chêne ou même en bois ordi-
naire, mais fort solide. Les carrés séparés doivent être collés l'un
à l'autre et on les met de manière à couvrir toute la chambre,
mais là où ils touchent les corniches ils doivent être libres. Le
plancher mis de cette façon se détache des lambris en séchant et
se serre encore davantage. Les fentes qui se forment alors près
des lambris sont bouchées par des tringles en bois qu'on y intro-
duit. Cette opération se répète pendant deux ans jusqu'à ce que,
à force de sécher, le plancher devienne tout à fait compacte. Après,
on le fait imbiber d'huile de lin bouillie à laquelle on ajoute de
l'ocre ou bien une teinture quelconque. Cette opération dure
encore jusqu'à ce que le plancher, tout à fait pénétré d'huile, ne
s'imbibe plus . Alors après avoir été ciré ou couvert de mastic, il
n'exige que la propreté et le balai, et le lavage même ne peut
plus être nuisible.
Les plus grands hôpitaux et les mieux aménagés sont, en
France : les hôpitaux militaires de Brest et de Rochefort, l'hôpital
de Vincennes, La Riboisière et le nouvel Hôtel-Dieu à Paris . En
Angleterre les hôpitaux de Blackburn près Manchester, l'hôpital
militaire de Woolwich, l'hôpital de Guy à Londres dont nous
allons comme exemple, donner une courte description accompagnée
d'une figure empruntée au 4e volume de notre Nouvelle Techno-
logie des arts et métiers . En Amérique l'hôpital militaire de
Philadelphie, l'hôpital Whasington, construit par la Cie sanitaire
des États-Unis , l'hôpital de l'Est Philadelphie construit en bois
sur les plans de La Riboisière, l'hôpital de Hammond. Citons
encore l'hôpital militaire de Malte et celui de St-Louis de Gon-
zague à Turin, formé de quatre pavillons qui sont disposés en
suivant les branches de la lettre K et partent de l'édifice central
presque rond où se trouvent l'église, la salle de consultations , le
réseau d'escalier, etc.
Hôpital de Guy à Londres (fig . 296) . Les bâtiments , élevés
HOPITAL . 863
sur les plans de
[Link] Hawkins,
a
se composent de
deux ailes princi-
pales réunies par
un pavillon central ,
G
contenant un ves-
chaude
tibule et de vastes
escaliers qui con- chaude
frais
duisent aux deux
fraw
deure
deau
ailes , dont chacune
acinq étages,parmi
urculation
lesquels trois sont
Jahon
dhaussée
destinés à recevoir
de
circul
les malades . La fa-
Plan
arr
rez
.-du
e
d
ur
çade antérieure du
d
c
z
pavillon central est
triangulaires
triangulaires
de
flanquée de deux
Turgut
Tuyaux
tours carrées AA,
Chambre
surmontées par des
Chambre
tourelles octogona-
les, qui servent de
cheminées d'appel
de haut en bas ,
pour l'air nouveau
à introduire dans
១
les salles des deux
Fig
.299
G
ailes . Cet air est
C
ainsi puisé dans
a
9
l'atmosphère à une
hauteur d'environ
Condut
29 mètres au-dessus
dair
du sol extérieur .
frais
Au milieu de la
façade postérieure
du même pavillon
s'élève une tour
carrée B, surmon-
tée par une lanterne
octogonale et un
A
clocheton en fonte
à jour. Cette tour,
dont la hauteur au-
dessus du sous- sol
sur lequel sont établis les foyers est de 59m,50 est la cheminée
unique d'évacuation de l'air vicié dans les salles, ainsi que de la
864 HOPITAL .
fumée des fourneaux et de tous les foyers qui existent dans le
bâtiment, comme on le verra plus loin.
L'édifice a cinq étages, au rez-de-chaussée sont les salles de
réception pour les malades extérieurs, venant en consultation, les
salles de toilette correspondantes pour les hommes et les femmes ,
les salles de bains, les cabinets de consultation du médecin et du
chirurgien , lapharmacie, les laboratoires, les cabinets particuliers
du médecin et du chirurgien, le cabinet du dentiste, les loge-
ments des gens de service, des laboratoires, etc. Le 1er, le 2e
et le 3e étages forment trois divisions , disposées sur un plan
uniforme et comprenant chacune quatre grandes salles EE de 21m,35
de longueur (fig . 297) de 6m,40 de largeur et 4m,27 de hauteur ; et une
grande salle de réunion F pour la journée ayant 14m,64 sur 9m, 15,
située à la rencontre des salles, avec des chambres pour les sœurs ,
des lavoirs, une chambre de bains, un cabinet d'aisance et
une étuve qui s'ouvre au dehors. Chaque salle particulière a, en
outre, ses lieux d'aisances , ces derniers étant dans tous les cas en
dehors des salles. A l'étage supérieur sont les dortoirs des gardes
et des autres personnes du service. La totalité du batiment, à
l'exception du vestibule central, du grand escalier et de quelques-
uns des logements des employés au rez-de-chaussée, est chauffé
et ventilé artificiellement par appel . L'espace ainsi chauffé et
ventilé est d'environ 14,000 mètres cubes .
Dans le système de ventilation adopté, qui est celui de l'aspira-
tion, l'air nouveau pris à une grande hauteur, afin d'assurer sa
plus grande pureté , descend par la cheminée d'appel jusqu'au bas de
l'édifice, où il débouche dans de vastes galeries GG (fig. 299) appelées
chambres d'air frais, qui règnent sous toute l'étendue du bâtiment.
De ces chambres il se rend dans des conduits verticaux établis
dans l'épaisseur des murs, mais après avoir passé entre des
groupes de tuyaux horizontaux de circulation d'eau chaude pour le
service d'hiver. L'air nouveau ainsi chauffé vient déboucher dans
chacune des salles à chauffer ou à ventiler, par des orifices ména-
gés près des plafonds. Le long du mur de face antérieure et à sa
base, il n'y a que deux rangées de tuyaux horizontaux aa, l'un
pour le départ, l'autre pour le retour de l'eau, parce qu'ils ne
sont destinés qu'au chauffage du rang de pièces simples placés de
ce côté au rez-de-chaussée. En avant et dans toute la longueur du
mur de refend, il y a 7 rangées de tuyaux horizontaux b, b, b,
pour le départ et autant pour le retour de l'eau. Ils sont destinés
à chauffer l'hiver l'air nouveau qui doit ventiler les trois étages
des salles de malades . En avant et dans toute la longueur du
mur de face postérieur, Il y a trois rangées de tuyaux horizon-
taux c c, pour le départ et autant pour le retour de l'eau chaude.
Ils sont destinés à chauffer l'hiver l'air d'alimentation des pièces
habitées du rez-de-chaussée correspondantes, et qui sont plus
HOPITAL. 865
nombreuses que de l'autre côté. Les tuyaux de circulation d'eau
chaude sont à section triangulaire et disposés comme l'indique la
fig. 300.
D D
C C C C
C C C
Fig. 300. Calorifère à eau de l'hôpital de Guy.
Cette forme a pour objet d'obliger l'air à passer le long de
surfaces de chauffe plus grandes que celles qu'offriraient des
PEGARD
Fig. 301. Tuyau de vapeur armé d'ailettes pour le chauffage de l'air
par contact.
tuyaux cylindriques. On pourrait aussi employer des tuyaux cylin-
driques armés de nombreuses ailettes, ainsi que l'indique la fig. 301
qui reproduit un tuyau à vapeur employé à Londres, pour le
866 HOPITAL .
CUIGUET
Fig. 302. Tente isolée.
ET
GUIGU
Fig. 303. Mode d'accouplement des tentes.
HOPITAL .
BURGUN
7
Tentes
.simple
d'hôpital
salle
former
pour
,aàp-Fig
.3aroi
ccouplées
04.
867
868 HOPITAL .
chauffage du Parlement. L'air qui a circulé entré les tuyaux
gagne ensuite, comme on l'a dit, des conduits verticaux dd ménagés
dans l'épaisseur des murs. A tous les étages l'air arrive près des
plafonds ; au rez-de-chaussée il est fourni , par les tuyaux a, c,
placés le long des façades, et aux autres étages par ceux du
milieu d, d. Les conduits verticaux e , e , e, établis dans
l'épaisseur des murs de face et ouverts à fleur du plancher,
dirigent séparément l'air vicié de chaque étage, au moyen d'autres
conduits horizontaux ff dans un grand conduit principal g g
fig . 298, établi dans le comble, et qui se termine à la tour
d'évacuation établie au pavillon central , laquelle reçoit aussi la
fumée des fourneaux d'eau chaude et des chaudières.
Dans cet édifice l'on paraît avoir réalisé avec succés le problème
pour lequel M. Reid avait échoué au Parlement, et qui consiste à
n'avoir qu'une seule cheminée générale d'évacuation, non-seule-
ment pour l'air vicié, mais encore pour la fumée de tous les lieux
d'un même bâtiment. Le système de ventilation ainsi établi est
tout à fait indépendant des moyens accidentels de ventilation des
salles auxquels on peut recourir, quand le temps permet d'ouvrir
les fenêtres .
Des hôpitaux militaires en campagne et tentes d'ambulances. -
Aujourd'hui chacun étant appelé , à un moment donné, à combattre,
il est intéressant de savoir le cas échéant comment on peut être
secouru sur les champs de bataille. Ces questions sont largement
étudiées par la Société internationale de secours aux blessés et elles
ont fait de grands progrès dans la pratique. Nous allons emprunter
à un rapport sur l'Exposition de 1878, du docteur Gruby, quelques
descriptions avec figures de tentes, d'hôpitaux provisoires où le
blessé peut recevoir les premiers secours.
Tente d'ambulance. Système du professeur Léon Le Fort.
Employée par l'administration des hôpitaux (hôpital Cochin,
1868-1870 ; Beaujeon, 1873-1878 ; et par la Société de secours aux
blessés , 1870 ) (Constructeurs MM. Chapon frères). Cette tente peut
servir de tenteisolée (fig. 302), ou par sa réunion avec d'autres tentes
constituer une salle d'hôpital plus ou moins longue (fig. 304). Le
premier spécimen exposé est la tente à toile simple, telle qu'elle fut
utilisée pendant la guerre franco-allemande. Cette tente, haute de
3m, 50, est carrée, chaque côté a 5 mètres ; elle présente donc une
snrface de 25 mètres carrés et peut renfermer huit lits. Le sque-
lette de la tente (fig. 303) est formé par une armature en bois com-
posée des pièces suivantes. Elle est supportée à ses deux extré-
mités par deux tiges verticales de bois de frêne, hautes de 3m,50
et terminées à leur extrémité supérieure par une douille de fer,
supportant une tige qui s'engage dans la douille que porte de
chaque côté la pièce de faîte. Cette pièce de faîte est constituée
var une planche placée de champ, ayant 5 mètres de long, mais
HOPITAL. 869
se divisant en deux parties égales de 2m,50 réunies par un
manchon en fer creux. Le long des tiges verticales glisse un
manchon en fer auquel sont articulées deux tiges de bois de frêne
formant un compas dont l'angle est ouvert en haut. Ces tiges
obliques sont destinées à maintenir l'écartement des toiles et à
former le rebord inférieur du toit.
La toile de la tente est une forte toile de chanvre dite toile à
voile trempée dans une solution de sulfate de cuivre qui la rend
imputrescible et incombustible et dans une solution brevetée qui
la rend imperméable. Attachée au sommet de la tente à la pièce
de faîtage, par des courroies appliquées à sa face inférieure, elle
descend obliquement à droite et à gauche en forme de toit. Au
bord inférieur du toit, une sangle très forte, cousue à la face
intérieure de la toile donne de la rigidité et elle porte aux deux
extrémités deux ouvertures bordées par un œillet en cuivre au
milieu duquel s'engage la tige de fer qui termine le compas . A
partir de ce point, la toile descend obliquement jusqu'au sol, en
constituant la paroi latérale de la tente et se fixe sur le sol à une
rangée de piquets au moyen d'anses de cordes passées également
dans des œillets en cuivre .
Les compas ont pour but : 1º de permettre de régler la tension
de la toile suivant l'état hygrométrique de l'air ; 2º de rendre la
tension du toit indépendante de la tension des parois , de sorte
qu'on peut à volonté , sans nuire à la stabilité de la tente, relever
horizontalement sous forme d'auvent la toile qui forme les deux
parois latérales , ce qui , par le beau temps, convertit la tente en
une sorte de hangar largement ouvert. Les pignons de la tente
sont fermés par une pièce de toile dont la forme représente la
la coupe transversale de la tente. Cette toile s'attache en haut,
par son angle supérieur, au sommet de la tige verticale qui
s'engage dans une ouverture percée à ce niveau ; sur les côtés,
elle s'attache de la même façon, avec les extrémités du compas.
La stabilité de la tente est assurée par des haubans attachés au
sommet des tiges verticales et à l'extrémité des compas. Des
ouvertures constituées par des œillets en cuivre, placés dans le
toit assurent la ventilation. Cette tente, d'une solidité à toute
épreuve, a été longtemps expérimentée avec avantage, mais la toile
simple qui la recouvre présente moins d'avantages quand il s'agit
d'abriter les blessés contre la grande chaleur ou contre le grand
froid. 1
La Société française de secours aux blessés militaires a exposé
en 1878 une tente pour 12 blessés, système américain (fig.305) . Cette
tente, exposée comme modèle type de la Société, a été exécutée
par M. Walcker, propriétaire du Bazar du voyage soumissionnaire,
sur les indications, pour la partie médicale et hygiénique, des
Comités de la Société, représentés par M. le Dr Riant, et sous la
IVE VOLUME 8
870 HOPITAL .
surveillance pour la conduite des travaux de M. J. Duval, membre
du Conseil. D'une forme rectangulaire, elle présente un toit à deux
pentes, l'une à droite, l'autre à gauche et deux pignons droits,
un à chaque extrémité. Elle est recouverte par deux toiles espacées
partout l'une de l'autre d'au moins 0m, 50. A l'extérieur elle a 11
mètres de long, 8 mètres de large et 5 mètres de haut, à l'inté-
rieur 10m,50 de long, 6 mètres de large et 4m,50 de haut.
50-
L
4,50-
5.00
---
--1,25
E 2,25
--1,00- 16,00-
Fig. 305. Coupe d'une tente d'ambulance de la Société française.
La toile intérieure est en coton, elle est soutenue en haut, au
milieu et dans toute la longueur par une longue tige de bois
supportée par trois colonnés en bois de 11 centimètres carrés,
divisées chacune en deux parties qui s'emboîtent et posées sur le
sol. Cette tente descend obliquement jusqu'à une distance de
1m,75 du sol ; à cette hauteur, les côtés sont soutenus par des
montants en bois (6 de chaque côté) qui , d'une part, s'enfoncent
1
HOPITAL . 871
dans le sol et de l'autre, percent la toile pour la soutenir. Ces
montants sont maintenus en écartement à leurs extrémités supé-
rieures par des tringles en fer. A partirde ces tringles, les deux
côtés de la tente sont garnis de rideaux tombant verticalement
jusqu'au sol, suspendus sur les tringles au moyen de crochets. Ces
rideaux sont mobiles et maintenus entre eux par des cordes en
coton qui se réunissent toutes de haut en bas.
Les toiles de l'entrée et du fond sont d'une seule pièce dans
toute la hauteur. Le devant s'ouvre de trois quarts, et sur les
côtés les toiles qui forment rideaux s'ouvrent et se ferment à
volonté au moyen d'agrafes. Toutes les agrafes se composent d'un
nœud de corde qui traverse un œillet très solidement fait en cuir
et en cuivre ; les bords de la toile où passent les cordes sont garnis
d'une sangle et tous les nœuds sont recouverts avec des cuirs
solidement cousus. Les agrafes sont fixées sur un petit bâtonnet .
tourné en bois. La toile extérieure est en fil, elle est suspendue
au sommet par un second faîtage qui est supporté par le premier
et qui se trouve à 0,50 au-dessus. Cette toile descend d'abord
de chaque côté parallèlement à la toile intérieure jusqu'à une
hauteur de 2m25 au-dessus du niveau du sol; là cette hauteur
elle est soutenue tout du long par de petits montants en bois de
0m,50 de haut. L'extrémité inférieure de ces montants s'em-
manche dans la partie supérieure de ceux qui supportent la toile
intérieure, et l'extrémité supérieure traverse la toile extérieure
pour la soutenir et est surmontée d'une petite boule à vis en
cuivre. La toile extérieure descend ensuite obliquement jusqu'à
terre où elle est distante de la toile intérieure de 2 mètres pour
former un couloir tout du long. Ce couloir est en pente et cette
pente aboutit à une rigole qui longe la toile pour recevoir la pluie
et en faciliter l'écoulement. La paroi latérale extérieure de la tente
a donc une hauteur de 2m,25 ; elle est mobile et peut s'ouvrir par
travées, par fractions ; elle peut s'attacher comme des rideaux ou
bien se relever horizontalement sur des piquets. Aux deux
pignons de la tente, la toile extérieure forme une ouverture ou
porte pourvue d'agrafes pour pouvoir être ouverte ou fermée à
volonté.
Outre les portes et les parois relevées, sur piquets ou en por-
tières, qui servent à l'entrée et à la sortie de l'air, outre la distance
qui sépare les deux toiles et où celui-ci circule constamment, la
tente possède encore d'autres ouvertures spéciales pour la ventila-
tion. Ainsi , la toile extérieure présente dans sa partie supérieure
et de chaque côté du toit, quatre ventilateurs surmontés d'une
toile qui peut se soulever comme un vasistas sans laisser passer la
pluie. Ces ventilateurs s'ouvrent et se ferment à volonté au moyen
de cordes de tirage. Le toit intérieur présente six ventilateurs
(trois de chaque côté), de manière à empêcher l'introduction de la
872 HOPITAL.
pluie ou l'accès trop direct de l'air froid. Ces ventilateurs sont
munis de stores que l'on peut faire fonctionner d'en bas au moyen
de cordes de tirage qui permettent de les ouvrir et de les fermer
en partie ou en entier. En outre, aux deux pignons de la tente, la
toile extérieure est pourvue, à droite et à gauche, d'une fenêtre
de 0,80 carrés, garnie d'un store mobile. Ces quatre fenêtres
servent à l'aération et à l'éclairage quand le temps permet peu ou
ne permet pas de se servir des autres ouvertures. La capacité
intérieure de la tente est de 212 mètres cubes environ, ce qui
donne un cubage d'air de près de
18 mètres cubes par malade.
La tente est maintenue tout
autour au moyen de cordes et
de piquets implantés dans le sol.
De plus, à chaque extrémite su-
périeure des montants verticaux
qui soutiennent ses côtés, est
fixée une corde de 0m, 01 d'épais-
seur fortement tendue et passée
dans un morceau de bois fixé
dans le sol tout autour de la
tente. Cette corde entoure ce
morceau de bois et remonte
pour s'engager dans un bâtonnet
qui, lui-même, glisse dans la
première partie de la corde ten-
Fig. 306.
due ; ce qui permet de tendre ou
Calorifere portatif. de détendre la toile à volonté
et de la fixer solidement. A l'intérieur, le sol est sablé et caillouté ;
au milieu se trouvent trois bouches de chaleur qui communiquent
avec le canal d'un calorifère placé sous la tente. Ce calorifère est
situé dans un sous-sol maçonné de 1,75 de haut, de 2 mètres de
large sur chaque côté, qui se trouve en dehors, à l'une des
extrémités de la tente. Dix marches conduisent dans ce sous-sol ;
au bas des marches, à gauche, se trouve une niche pour le
charbon , et en face de cette niche, un appareil de chauffage,
calorifère portatif pour tentes et ambulances construit par
M. Langlois.
L'appareil (fig. 306) est entièrement métallique et peut être
alimenté par toute espèce de combustible. Il est muni d'un grand
réservoir à eau avec robinet, d'un bain-marie de 0m, 40, de deux
vases en fer-blanc étamés de 0m,30 de haut et de 0m,15 de diamètre
pour conserver les tisanes et boissons chaudes, et de deux poignées
latérales pour le transporter . Le tuyau du calorifère s'engage
dans un canal de 0m,50 de large, passe sous la tente dans toute
la longueur, pour venir sortir à l'extrémité opposée où il se relève
HOPITAL. 873
verticalement en dégageant la fumée au-dessus du toit. Ce canal
forme une véritable chambre à air dont la température est cons-
tamment élevée par le passage du tuyau de fumée, et la chaleur se
dégage dans l'atmosphère de la tente par les bouches de chaleur
dont nous avons parlé. Ces bouches de chaleur, placées de distance
en distance, sont de plus en plus larges à mesure que l'on
s'éloigne du calorifère.
Ambulance baraquée . Cette baraque est en bois etpourquatorze
lits (fig. 307, 308 et 309). Elle occupe dans son ensemble un espace
de 28 mètres de long, sur 7 mètres de large et comprend une
salle d'ambulance de 20 mètres de long, 7 mètres de large et
7 mètres de haut, y compris une surélévation de 1m,50 qui se
trouve au milieu et dans toute la longueur du plafond, pour la
ventilation. Cette surélévation est garnie de 16 ventilateurs vitrés
munis de volets en bois. La salle cube environ 700 mètres d'air,
ce qui donne à peu près 50 mètres par malade, si l'on a disposé
14 lits. Aux deux extrémités, à droite et à gauche, on a ménagé
deux pièces, chacune de 3m, 50 de long et 2m,75 de large, s'ouvrant
sur un couloir central de 1m,50 de large, qui sert à l'entrée et à
la sortie de la salle. Ce couloir fait communiquer avec la salle,
au moyen d'une large porte à deux battants, et avec l'extérieur,
au moyen d'une porte vitrée à un seul battant. A une extrémité,
les deux pièces auxquelles on accède par le couloir sont destinées
l'une aux infirmiers , l'autre à la lingerie. Le couloir de l'autre
extrémité donne accès, d'un côté, à un lavabo et à des water-
closets, et de l'autre à un dépôt de matériel et à une salle de bains
où l'on remarque une baignoire en fer émaillé, un appareil pour
chauffer les bains, une auge pour les bains de pied et les bains de
mains et quelques autres ustensiles. Toutes les pièces sont munies
de croisées.
La baraque est entièrement construite en bois. La charpente se
compose de poteaux en sapin de 0m,12 carrés, supportant les
fermes du comble et reliés par des traverses boulonnées sur ces
poteaux. Les parements intérieurs et extérieurs de la construction
sont formés de panneaux en planches placés dans des coulisses,
pour faciliter le montage et le démontage. Entre ces parements ,
qui constituent une double paroi , il y a un espace libre de 0m,08
où l'air peut circuler. Cette couche d'air isolante qui se trouve
tout autour de la salle, a pour but de mettre l'atmosphère de la
baraque à l'abri des variations de la température extérieure. La
baraque est planchéiée et le plancher est élevé de 0,60 au-dessus
du sol pour empêcher l'humidité. L'immeuble repose sur un sou-
bassement en briques ; le sol est recouvert d'une couché de béton ,
l'espace compris entre le sol et le plancher est fermé au moyen
de planches, et enfin une rigole reçoit et conduit au dehors les
eaux qui descendent du toit.
L
HOPITAL.
Fig.-
perspective.
Baraque
hôpital,
307.
6
6
4.85
200
2 30
420
3
700
4
10
9
28.00
00
874
308.
Fig.,-.
Baraque
hôpital
plan
d'opérations
Galerie
-
Grande 1....
2.
3.
salle
- 4.
infirmiers
Salle
pour
les
Lingerie
5.
Hangars.
-6.
closets
Water
-7.
Salle
de
-
bains8.
-
1-
Lavabo.
matériel
Dépôt 9...
0.
du
HUILES . 875
Les parois de la baraque, verticales jusqu'à une hauteur de
4mètres, vont ensuite en s'incli-
nant vers le faîte, afin de con-
duire le long de surfaces arron-
dies l'air vicié , jusqu'à la partie
surélevée du milieu, d'où il s'é-
388
chappe par les vasistas qui y ont
été disposés. Toutes les surfaces Sol
intérieures de la baraque sont
vernies. Les parquets ont reçu
une couche d'huile de lin bouil- Fig. 309. - Baraque-hôpital, coupe .
lante pour que le lavage soit
facile et le séchage aussi complet et prompt que possible. Cinq
ou six voitures peuvent transporter les matériaux de la baraque,
qui peut être montée en huit à 10 jours.
Huiles [Angl. oil; Allem. Das Oel] (conn. génér.). — Liqueur
grasse, onctueuse, infiammable, qui se tire d'un grand nombre de
substances végétales , animales et minérales. On les distingue, comme
nous l'avons dit tome II, page 710, en huiles fixes et en huiles
volatiles ou essences. Les huiles fixes sont à peu près semblables
à des graisses liquéfiées ; elles s'enflamment au contact du feu,
ne se mêlent pas à l'eau, l'alcool et l'éther, se transforment en
savon par l'action des alcalis. La plupart des huiles végétales se
tirent des graines ou des noyaux des fruits, sauf l'huile d'olive
néanmoins , qui provient de la chair même de ce fruit ; les unes
sont extraites pour la consommation de bouche, comme les huiles
de noix, de faîne, d'olive, d'amandes , etc.; les autres pour l'éclai-
rage, telles que l'huile de colza, d'œillette ; d'autres pour la fabri-
cation des savons, et autres emplois industriels , etc.
Les huiles animales sont celles de poisson, de pied de bœuf, de
baleine, etc.; elles servent exclusivement à des usages industriels .
Les huiles minérales ne sont, à proprement parler, que des
bitumes ; on les extrait du napht, du pétrole, de l'asphalte et de
diverses houilles grasses ; on les obtient par la voie de distillation .
Les huiles végétales se préparent généralement par pression ou
par distillation . On fait macérér d'abord à feu nu ou à la vapeur
la pulpe des fruits ou des noyaux, puis on les soumet au pressoir
à vis. Mais les huiles préparées à froid sont toujours d'une qua-
lité supérieure. On distingue encore les huiles fixes en siccatives
et non siccatives ou grasses .
Appréciation . - Les huiles siccatives, comme celles de lin, de
noix, de chènevis, d'œillette, etc., ont la propriété de s'épaissir
peu à peu au contact de l'air et de se transformer en une espèce
de membrane transparente ; les huiles non siccatives ne se rési-
nifient pas au contact de l'air. Les huiles grasses sont insolubles
876 HUILES .
dans l'eau, solubles dans l'alcool et l'éther ; composées d'un ou de
plusieurs acides organiques et de glycérine, et contenues en
général dans le tissu cellulaire des animaux et dans certaines
parties des fruits des végétaux. « Les huiles grasses, dit Hæfer,
se distinguent des huiles essentielles par une série de propriétés
particulières. Elles sont saponifiables par les alcalis. Dans cette
action , parfaitement éclaircie par M. Chevreul, l'alcali (potasse,
soude, ammoniaque, oxyde de plomb, chaux, etc.), se substitue à
la glycérine en se combinant avec l'acide gras naturellement con
tenu dans l'huilè employée. Ces acides gras sont le plus ordinaire
ment l'acide stéarique, l'acide margarique et l'acide oléique, en
proportions très variables . L'oléate de glycérine prédomine dans
les huiles grasses, tandis que les corps gras, solides à la tempé-
rature ordinaire, sont plus riches en stéarate et en margarate de
glycérine . L'oléate, le stéarate et le margarate de glycérine sont
appelés, par abréviation, oléine, stéarine, margarine.
« La chaleur fait éprouver aux huiles grasses une décomposi-
tion caractéristique. Elles bouillonnent en général à une tempé-
rature de 300 à 400 degrés, en dégageant un corps volatil qui
irrite vivement les yeux et les organes respiratoires. C'est le
corps que Berzelius a nommé acroléine. En même temps, ces
huiles se colorent par l'ébullition et s'épaississent ; les huiles sicca-
tives, perdant alors leur solubilité dans l'alcool et dans l'éther ,
s'altèrent bien plus rapidement à l'air. Par le refroidissement,
elles déposent souvent une certaine quantité de leur acide cristal-
lisable. A une température supérieure à celle du plomb fondu , les
huiles s'altèrent complétement : il se développe des gaz inflam-
mables , de l'acide carbonique et de l'acroléine. Les produits de
décomposition varient suivant la durée de l'opération. L'acide
oléique donne naissance à de l'acide sébacique ; et l'acroléine se
forme aux dépens de la glycérine . Les produits inflammables
sont diverses espèces de carbures d'hydrogène composant le gaz
d'éclairage.>>>
Falsification des huiles . -
Les huiles fines sont ordinairement
falsifiées par leur mélange avec des huiles de qualités inférieures
ou par des huiles animales. En soumettant, dans une petite cap-
sule, à la flamme d'une lampe à alcool un échantillon d'huile
suspecte, la fraude peut être reconnue à l'odeur particulière du
produit falsifié. Si la falsification des huiles a lieu par l'huile
animale (huile de graisse) ou l'acide oléique du commerce, une
réaction très simple permet de la découvrir : elles rougissent
immédiatement la teinture de tournesol, sur laquelle les huiles
pures n'exercent nulle action.
Pour reconnaître les autres mélanges d'huiles, M. Félix Boudet
a proposé un excellent procédé, fondé sur les colorations diverses
que l'acide hyponitrique fait prendre aux huiles et sur le temps
HUILES . 877
qu'il met à les solidifier. Toutes les huiles non siccatives se soli-
difient sous l'influence de cet acide. Voici le tableau présenté par
M. Boudet.
RAPPORT
COLORATION NOMBRE des nombres
qu'elles prennent de minutes de minutes,
HUILES immédiatement écoulées celui
après leur mélange avant leur de l'huile
avec soli- d'olive étant
le réactif. dification. pris
pour 10.
Minutes . Minutes.
Huiles d'olive. Vert bleuâtre. 73 10,0
d'amandes douces. Blanc sale. 160 22,2
d'amandes amères . Vert foncé. 160 22,2
de noisettes. Vert bleuâtre. 103 14,0
de noix d'acajou. Jaunė soufre . 43 6,0
de ricins. Jaune doré . 603 82,6
de colza. Jaune brun. 2400 328,0
d'œillette. Légèrement jaune.
de faîne. Rose.
de Noix. Rose.
Ces expériences ont été faites à 17 degrés centigrades sur
5 grammes de chaque huile et avec 08,06 d'un mélange de 3 par-
ties d'acide nitrique à 35 degrès Réaumur et 1 partie d'acide hypo-
nitrique. Les principales huiles employées en parfumerie sont
l'huile d'amandes douces, l'huile d'amandes amères, les huiles de
noisettes, de ben, etc. « Les huiles parfumées cosmétiques ne
peuvent jamais être préparées qu'en petite quantité, à cause de
la difficulté d'en réunir les éléments, et doivent être mêlées par
conséquent avec une autre huile plus facile à obtenir. Si l'on
veut préparer, par exemple, de l'huile de jasmin, on réunira le
plus possible de fleurs de jasmin blanc et on les fera infuser dans
de l'huile d'amandes fraîchement exprimée. L'infusion doit être
préparée au bain-marie dans un vase d'étain muni d'un cou-
vercle fermant à vis, et durer une demi-heure ; après quoi le tout
est soumis à l'action d'une forte presse. L'huile n'est encore qu'à
demi parfumée ; on renouvelle l'infusion pendant une demi-heure
au bain-marie, avec la même quantité de fleurs, et l'on presse
une seconde fois. Dans les pays où les noisettes sont abondantes,
l'huile de noisettes peut être substituée à l'huile d'amandes douces.
Toutes les huiles cosmétiques à la rose, à l'œillet, à la fleur
d'oranger, se préparent de la même manière. » Les huiles par-
fumées usitées pour lisser les cheveux, et pour donner de la
souplesse à la peau au sortir des bains de vapeúr, sont des cosmé-
tique agréables et d'un usage inoffensif. Pour l'emploi des huiles
en parfumerie, voir ce mot tome II, page 1122 et le motEssences.
878 HUILES .
HUILE DE LIN (Purification de l') . On met dans deux litres
d'huile de lin 62 grammes de litharge d'or dans un nouet en toile
avec 62 grammes de limaille de plomb ; ensuite on y ajoute deux
ou trois gousses d'ail et un morceau de croûte de pain bien grillée;
on met le tout sur le feu pendant cinq ou six heures ; on le retire, et
après l'avoir tiré au clair, on le met dans une bouteille pour s'en
servir au besoin.
Machine à essayer les huiles. La machine que nous repré--
19
2
C
G
GH B
B
G
'
OD
P
M M
Fig. 310 et 311 . Machine à essayer les huiles.
sentons fig . 310 et 311 est employée à l'essai des huiles à graisse.
On voit en F le tourillon sur lequel on place la matière
lubréfiante pour en faire l'essai. Ce tourillon se trouve à l'extré-
mité d'un arbre A, tournant dans les supports HB', sur un
bâti D D'. Une poulie C conduit l'arbre à la vitesse que l'on veut.
On peut au besoin placer un compteur à l'arrière de l'arbre pour
indiquer le nombre de tours qu'il fait. Ordinairement on fait
marcher l'appareil à la vitesse des surfaces frottantes à lubréfier,
c'est-à-dire des tourillons sur lesquels on se propose d'employer
l'huile .
Le tourillon d'essai Fest maintenu dans les coussinets en
bronze G G' sous une certaine pression que règle un ressort en
hélice J soigneusement établi. Un cadran N N'indique la pression
HYBRIDES . 879
totale sur le tourillon et la pression par pouce carré. Il y a en outre
au-dessus du tourillon un thermomètre dont le renflement pénètre
dans un trou pratiqué à la partie supérieure du coussinet et qui
indique l'élévation de la température due au frottement. Les
coussinets, le thermomètre et le ressort sont enfermés dans un
pendule H auquel est fixée la boule I ; les poids sont convenable-
ment réglés , de manière que le frottement maximum sur un
coussinet non lubréfié, mais à frottement doux, le fasse mouvoir
dans le sens horizontal. La tige K K' de la vis qui tend le ressort
dépasse la partie inférieure du pendule qu'on peut tourner avec
une clef. Un index O se meut sur un arc PP' et indique l'angle
que fait le pendule à tout instant. L'angle est d'autant plus grand
que le frottement est plus énergique, et d'autant plus faible que
la matière lubréfiante est de meilleure qualité .
Cet arc est établi de telle sorte qu'en divisant l'indication par la
pression que marque l'index NN, on a le coefficient de frotte-
ment correspondant. On peut aussi disposer l'appareil pour
obtenir ce résultat directement. Pour faire l'essai, on verse l'huile
sur le tourillon. On serre les coussinets et on règle à la pression
que l'on veut ; on fait marcher la machine à une vitesse déter-
minée, et l'observateur note le temps, la vitesse, la pression et la
température. Ces observations répétées et enregistrées à inter-
valles réguliers cessent lorsqu'une élévation rapide de la tempé-
rature en un point dangereux indique que l'huile a complétement
disparu . C'est au laboratoire mécanique de l'Institut technolo-
gique Stevens , à Hoboken (États-Unis) , que cet appareil a été
construit par les soins du professeur R. Thurston. Il est, comme
on a pu le voir, d'un emploi commode, et par ses indications très
précises il peut rendre de nombreux services.
HUILES MINÉRALES ( Voir pétrole) .
Hybride [Angl. hybridous ; Allem. Bastard-planz] (jardinage).
On nomme ainsi tout individu qui, issu de deux autres appar-
tenant à deux espèces diverses, participe à la fois de l'une et de
l'autre, c'est-à-dire présente des caractères qui sont communs à
toutes deux. L'hybride, dans la plus stricte signification, c'est-à-
dire l'hybride de premier ordre, a pour caractère essentiel d'être
toujours stérile. C'est, on pourrait presque le dire, un être sorti
du cadre de la création, qui ne peut être conservé qu'à l'aide de
soins continuels . Parfois cependant l'hybride donne des graines,
mais celles-ci tendent à reproduire l'un ou l'autre des types dont
il est sorti, ce qui a lieu en un très petit nombre de générations,
ou bien alors il s'affaiblit et disparaît. - Dans le règne animal
Phybride porte le nom de mulet. On appelle hybridation le
travail qui consiste à féconder une espèce par une autre espèce
dans le but d'en obtenir des individus mixtes.
880 HYDROGENE.
Hydrochlorates [Angl. hydrochlorates ; Allem . Salzsaure-
Verbindung] (Arts chimiques). Sels qui résultent de la combi-
naison de l'acide hydrochlorique avec les bases salifiables, et qui
ont porté antérieurement le nom de muriates. D'après les idées
récemment adoptées, il n'existe d'hydrochlorates qu'autant que
d'une part l'affinité du chlore pour les métaux des bases , et de
l'autre l'affinité de leur oxigène pour l'hydrogène de l'acide, sont
inférieures à la force qui maintient l'union de l'acide hydrochlo-
rique aux bases , à l'état de sels. Dans le cas contraire, on n'a
point d'hydrochlorates , mais des chlorures. Si les deux affinités
dont on vient de parler l'emportent dans toutes les circonstances,
où telle base est mise en contact avec l'acide hydrochlorique, il
ne peut en résulter d'hydrochlorate de cette base. Ainsi, de
l'action des oxydes d'argent, de plomb, de mercure, de protoxide
de cuivre, etc. , sur l'acide hydrochlorique, on ne pourra jamais
obtenir que des chlorures de ces bases .
Il est d'autres hydrochlorates, comme ceux de magnésie, d'alu-
mine, de zircone, de glucine, etc., qui , au lieu de se convertir en
chlorures , comme les précédents, à une haute température, se
décomposent de manière que l'acide hydrochlorique se dégage, et
qu'on obtient pour résidu la base salifiable. Cette décomposition
doit être attribuée à ce que le métal de ces bases a peu d'affinité
pour le chlore, et beaucoup au contraire pour l'oxigène. Les
chlorures les plus utiles sont principalement ceux d'antimoine,
d'argent, d'étain, de mercure, d'or et de calcium, d'ammoniaque,
de soude et de potasse. (Voir aussi Chlorure, tome III, p. 403).
Hydrogène [Angl. hydrogen ; Allem . das Hydrogen] (Chimie) .
L'hydrogène est un gaz incolore, inodore et insipide. Sa densité
est de 0,06. Il constitue : l'eau par sa combinaison avec l'oxygène ;
les matières végétales, par sa combinaison avec le carbone et
l'oxygène ; et les matières animales, par sa combinaison avec le
carbone l'oxygène et l'azote.
On peut extraire ce gaz par le procédé suivant : on introduit
de l'eau , de la grenaille de zinc et de l'acide sulfurique dans un
flacon (fig. 312) à deux tubulures A B, muni de deux tubes, l'un T,
plongeant presque jusqu'au fond du flacon, et l'autre T' se rendant
sous une cloche pleine d'eau E. L'eau est décomposée : son
oxygène se combine avec le zinc pour former de l'oxyde de zinc :
l'acide sulfurique s'empare de cet oxyde et donne naissance à du
sulfate de zinc, tandis que l'hydrogène de l'eau se dégage. Si l'on
plonge une allumette enflammée dans une cloche pleine d'hydro-
gène, elle s'éteint, mais le gaz s'enflamme en produisant une
légère détonation. L'hydrogène brûle au contact de l'air, avec une
flamme peu brillante. Il forme avec l'air un mélange explosif. Il
est éminemment combustible, mais il ne peut entretenir la com
HYDROGÈNE. 881
bustion des autres corps combustibles. Le produit de sa combustion
est de l'eau. La flamme de l'hydrogène peut être colorée en violet
par les sels de potasse ; en jaune par les sels de soude ; en vert,
T T'
Fig. 312. Flacon pour extraction de l'hydrogène.
par les sels de baryte et les sels de cuivre ; en bleu, par les sels
de bismuth et de mercure ; et en rouge intense, par les sels de
T P
RH
E E
Z
B B
A N B
Fig. 313. Briquet à hydrogène. Fig. 314. Boite de Volta.
strontiane. L'extrême légèreté de ce gaz le fait choisir pour
remplir les ballons aérostatiques .
Si l'on dirige un jet de gaz hydrogène sur du platine en éponge,
le platine devient incandescent et le gaz s'enflamme. C'est sur ce
principe qu'est fondée la construction des briquets à hydrogène
(fig. 313). Un vase BB' renferme de l'eau acidulée ; au couvercle
882 HYDROGÈNE.
est fixée une cloche renversée EE' à l'intérieur de laquelle est
suspendu un cylindre de zinc Z. L'hydrogène se dégage dans la
cloche au-dessus du liquide, et monte dans le tube T : ce tube est
muni d'un robinet R, qu'on ouvre lorsqu'on veut donner issue au
gaz, et se recourbant à angle droit ; il vient se terminer au-devant
d'un châssis P renfermant du platine en éponge. A peine a-t- on
ouvert le robinet, que le platine rougit, et le jet de gaz s'enflamme.
Si l'on fait passer une étincelle électrique à travers un mélange
formé de 2 volumes d'hydrogène et 1 volume d'oxygène, on donne
lieu à une forte détonation. C'est en cela que consiste l'expérience
du pistolet de Volta. On enferme le mélange explosif dans une
boîte A B (fig. 314) fermée par
un bouchon C; on fait jaillir
l'étincelle électrique entre deux
tiges métalliques Met N ; l'ex-
A B plosion a lieu instantanément -
et le bouchon est chassé avec
force .
Azote. - L'Azote est un gaz
incolore, sans odeur ni saveur.
Sa densité est de 0,97. Il éteint
instantanément les corps en
combustion : il forme les 4/5
du volume de l'air atmosphé-
rique et entre dans la consti-
Fig. 315, Extraction de l'azote. tution des matières animales ;
il se dissout en si petite quan-
tité dans l'eau qu'il peut être regardé comme insoluble dans ce
liquide. On peut l'extraire de l'air atmosphérique par le procédé
suivant : On enflamme un petit morceau de phosphore dans une
capsule qui repose sur un morceau de liège flottant à la surface
de l'eau , et on recouvre le tout d'une cloche A B (fig. 315.) L'oxy-
gène de l'air renfermé sous la cloche entretient la combustion du
phosphore, avec lequel il se combine pour former de l'acide phos-
phorique qui se dissout dans l'eau. It ne restera par conséquent
plus que de l'azote sous la cloche.
Hydrologie [Angl. hydrology ; Allem . Hydrology] (Géologie).
- Partie de l'histoire naturelle qui s'occupe de la formation des
sources , de la nature des eaux et de leurs propriétés. Cette science
a donc pour objet d'expliquer les effets du froid pour faire passer
l'eau à l'état de neige, de glace, de grêle et de givre ; ceux de la
chaleur, pour la vaporiser ; ceux des vents pour emporter les
vapeurs et les nuages aux sommités où ils se résolvent en pluie
pour alimenter les sources ; ceux des différentes natures de
terrains où elles s'infiltrent et dissolvent divers principes salins ;
HYDROTYMETRIE. 883
ceux de la chaleur des profondeurs du globe où elles se vaporisent
et donnent naissance aux eaux thermales, etc. Cette science, très
vaste dans son objet, analyse les eaux communes et celles de la
mer; explique la formation des eaux minérales et des fontaines
salées ou lithogènes ; enseigne l'emploi des eaux chaudes , sulfu-
reuses , gazeuses, acidules ou alcalines ; analyse chimiquement leur
composition, et montre à les former artificiellement ; mesure leur
volume et celui que versent les pluies, ainsi que la vitesse 'et la
quantité qui s'écoulent dans les fleuves en un temps donné, etc.
Hydroscope [Angl. Hydroscope ; Allem. Hydroscope) ( Conn.
gén.) -C'est le nom qu'on a donné à quelques individus qui se
prétendaient doués de la faculté de voir l'eau à travers la terre,
et qui par conséquent devinaient les sources souterraines, leur
volume, leur direction, leur profondeur. En Espagne on nomme
ces individus zahuris ; ils ont reçu ce don, suivant l'opinion popu-
laire, de leur naissance au jour du vendredi saint. Nous croirions
abuser du temps de nos lecteurs, si nous nous arrêtions à expli-
quer les ressources que des charlatans se sont créées aux dépens
de la crédulité publique, en s'attribuant des facultés miraculeuses,
Il faut renvoyer tout ce qu'on a dit des hydroscopes aux auteurs
de fables et aux traités de la baguette divinatoire. Dans l'état
actuel des sciences physiques, c'est un tort même de discuter la
possibilité des phénomènes que les hommes privés de jugement
peuvent seuls croire.
Hydrotymétrie [Angl. hydrotymétry ; Allem. Hydrotymé-
try] (Analyse des eaux). Si l'on songe aux anciens procédés
dont on se servait autrefois pour analyser des eaux de sources
et de rivières, il faut avouer qu'il fallait un temps excessivement
long pour arriver à connaître leur composition. Aujourd'hui,
grâce aux travaux de deux chimistes, MM. Bondet et Boutron,
l'analyse des eaux est devenue des plus promptes et des plus faciles.
En général dans l'appréciation d'une eau, la chose essentielle à
connaître est la quantité de sels calcaires ou séléniteux qu'elle
contient. Partant de ce fait que l'eau, pour former une mousse
persistante avec le savon, exige une quantité relative de ce
dernier agent, il est facile d'admettre qu'avec une liqueur alcoo-
lique titrée de savon, on peut, en quelques minutes, résoudre le
problème cherché. Aussi MM. Bondet et Boutron ont-ils basé leur
méthode d'analyse sur cette donnée En effet, si on verse dans
40 centilitres d'eau distillée une dissolution titrée de savon ren-
fermée dans une burette graduée, on remarque qu'il ne faut
qu'un seul degré pour donner à l'eau distillée cette mousse fine
et persistante, caractère spécial de la réaction .
Mais si l'eau distillée n'exige qu'un degré, une eau quelconque
en demandera davantage, et cette quantité de liqueur savonneuse
884 HYDROTYMETRIE.
sera d'autant plus grande, que les sels calcaires ou séléniteux
seront plus abondants. Ainsi, dans 40 centilitres d'eau de la Marne,
nous voyons qu'il faut 19 degrés pour acquérir cette mousse fine
et persistante, et comme chaque degré correspond sensiblement à
1 centigramme de sel, nous en concluons que l'eau de la Marne
contient 19 centigrammes de substances salines par litre. L'eau
du canal de l'Ourcq exigeant 30 degrés indique qu'elle contient
30 centigrammes de sels par litre. Si l'eau est très chargée, si
elle dépasse 25 degrés, il faut pour que la réaction soit nette et
tranchée, couper l'eau par moitié avec l'eau distillée, et multiplier
par 2 le nombre de degrés obtenus.
Échelle hydrométrique des eaux de sources et de rivières.
DEGRÉS
DÉSIGNATION
ORIGINE ET DATES . HYDRO-
DES EAUX.
MÈTRIQUES.
Eau distillée . ... 00,0
de neige Recueillie à Paris, décembre 1854. 2.5
depluie. à Paris , décembre 1854 . 3,5
de l'Allier. à Moulins , 5 mars 1855 . 3,5
de la Dordogne . à Libourne,26 mars 1855, 4,5
de la Garonne à Toulouse, 9 mai 1855. 5,0
de la Loire, à Tours, 5 mars 1855 . 5,5
de la Loire. à Nantes. 5 mars 1855. 5.5
du puits de Grenelle. 16 février 1855 9.0
de la Soude. 25 décembre 1854 . 13,5
de la Somme- Soude. 25décembre 1854 13,5
de la Somme (dépar-
tement de laMarne). 25 décembre 1854 .... 14,0
du Rhône. ... 47. avril 1855 15,0
de la Saône. 47 avril 1855 45,0
de l'Yonne . à 1000 mètres en aval de l'embou-
chure de l'Armançon, 17 avril
1855 . 15,9
de la Seine . Recueillie au pont d'Ivry, 15 déc
1854. 15,0
de la Seine ....
Recueillie au pont d'Ivry, 16 fé-
vrier 4855. 17,0
de la Seine, Recueillie à Chaillot, 16 fév. 1855. 23,0
de la Marne à Charenton, 13 fév. 1855, 19,0
de la Marne à Charenton, 23 fév. 1855. 23,0
de l'Oise. àPontoise, 5 avril 1855. 49,0
de l'Escaut . àValenciennes, 5 avril
1855.. 24,0
du canal de l'Ourcq. 23 février 1855 30,0
d'Arcueil 23 février 1855 28,0
des Près-St.-Gervais, 23 février 1855 72.0
de Belleville 23 février 1855 128,0
HYDROTYMÉTRIE. 885
Quelquefois même, l'eau à analyser est si chargée de sels sélé-
niteux, qu'il faut mettre un quart d'eau (10 centilitres) et trois
quarts d'eau distillée (30 centilitres) pour obtenir le résultat
cherché ; dans ce cas, le nombre de degrés doit être multiplié par
4. Avec un peu d'habitude, et à première vue, on est de suite fixé
sur la valeur et le titre de n'importe quelle eau.
Par des procédés aussi simples qu'ingénieux, on peut, en suivant
une série de manipulations faciles, déterminer le poids de l'acide
carbonique, du carbonate de chaux, du sulfate de chaux et des
sels de magnésie. Dans la généralité des cas, la connaissance de
la masse totale des sels contenus dans un litre d'eau suffit, et
l'application de ces procédés si simples et si faciles rendra, nous
n'en doutons pas, un service infini dans une foule de circonstances .
Ainsi, dans une campagne militaire, une appréciation juste et
instantanée, au moyen de l'hydrotymètre, n'est-elle pas d'un grand
prix ? Dans l'industrie, dans les usines, dans les colonies et dans
les villes , le choix et la nature de l'eau ne sont-ils pas d'un grand
poids dans la balance ? Quel instrument plus utile que l'hydroty-
mètre, puisqu'il réunit à lui seul toutes ces questions !
Si nous abordons un autre ordre de questions, nous verrons
qu'il y aurait peut-être moyen de faire une légère addition à
l'hydrotymétrie. En effet, une eau peut contenir non-seulement
une grande quantité de sels calcaires et séléniteux, et être, de par
ce fait, impotable ; mais, indépendamment de ces sels, il peut
exister dans la même eau des matières organiques en dissolution.
L'usage d'une pareille eau est des plus nuisibles à la santé, puis-
qn'elle joue vis-à-vis de notre économie le rôle d'un toxique,
latent, il est vrai, mais qui n'en est pas moins redoutable. Il impor-
terait donc de découvrir dans une eau la présence des matières
-organiques, et cette étude serait d'autant plus importante qu'une
eau contiendra une très petite quantité de sélénite, qu'elle sera
jugée bonne par l'hydrotimètre, et que, cependant, elle cachera
sous son apparence trompeuse, des éléments nuisibles à la santé.
C'est là, disons-nous, qu'une addition d'un agent chimique, le
chlorure d'or, devrait être faite à la boîte hydrotymétrique. En
effet, si nous faisons bouillir 100 grammes d'eau distillée avec
une dissolution titrée du chlorure d'or, nous ne remarquons aucune
décoloration , aucun précipité d'or réduit ; mais si nous agissons sur
l'eau de la Marne nous voyons que, par le même procédé, il y a déjà
décoloration et, par conséquent, présence de matières organiques.
La quantité de ces dernières est réellement trop petite pour réagir
d'une manière défavorable sur la santé .
Il n'en est pas de même de toutes les eaux; dans une foule
d'analyses que nous avons faites, nous avons pu non-seulement
constater la présence de la matière organique, mais encore peser
la quantité d'or réduit et en déduire le poids.
IVE VOLUME 9
886 HYGIÈNE.
Hygiène [Angl. hygiène ; Allem. die Gesundheitslehre, Diätetik] .
L'hygiène est une science qui a pour but la conservation de
la santé et , par conséquent, la recherche des meilleurs moyens
que l'homme doit employer pour se préserver des maladies . Cette
science, applicable dans toutes les conditions sociales, doit faire
connaître l'homme au physique aussi bien qu'au moral, elle doit
par conséquent emprunter à la physique, à la chimie et à la
médecine toutes les connaissances voulues pour combattre avec
succès les causes qui déterminent ou font durer et s'étendre les
maladies épidémiques, contagieuses ou infectieuses. Les agents
moraux et physiques nuisibles, exerçant leur action sur les
organes de l'homme à l'état normal, les constituent à l'état
pathologique ; mais, si l'on oppose à ces agents_nuisibles d'autres
agents qui les neutralisent, on maintiendra inévitablement l'état
normal. La science de l'hygiéniste consiste donc à savoir em-
ployer ces agents à propos, et à savoir les combiner suivant les
indications .
Pour combattre les causes morales capables de porter un
trouble dans l'organisme humain, l'hygiéniste peut trouver dans
le même domaine des moyens efficaces ; mais les plus puis-
sants moyens , aussi bien contre les causes morales que contre
les causes physiques, il les empreinte à la physique et à la chimie.
Ces deux sciences lui procurent des agents dont l'action peut
modifier le système nerveux, siège des facultés morales, et elles
seules peuvent lui fournir des moyens d'une efficacité réelle
contre les agents physiques qui sont de nature à exercer une
action nuisible sur les organes de l'homme. Les diverses causes
internes qui sont capables de produire dans nos organes des
modifications morbides procèdent du tempérament, du caractère,
de l'âge, du sexe, des habitudes, de l'abus des sens , etc.
Les causes externes procèdent toutes d'accidents ou d'un travail
particulier de la nature humaine . Ne sont-ce pas des causes
externes que celles qui peuvent résulter de la mauvaise qualité de
l'air, des aliments ou des boissons et de la nature insalubre des
sécrétions qu'on laisserait absorber et s'accumuler dans l'éco-
nomie animale ? Et toutes ces causes n'ont-elles pas pour sujet le
travail physique de la nature ? N'est-ce pas elle qui, par une
élaboration mystérieuse, produit dans quelques cas particuliers
ces virus épouvantables qui sont sécrétés au seuil même de la
vie, par les organes générateurs ? N'est-ce pas elle encore qui
donne naissance à tous ces ferments animés, à tous ces gaz délé-
tères, à tous ces miasmes putrides ? C'est donc au travail de la
nature que l'on peut rapporter la plupart des causes externes des
maladies . Contre les causes internes l'hygiène conseille l'usage de
tout ce qui est de nature à développer les forces de nos organes,
à modifier dans un sens heureux les tempéraments et les carac
HYGIÈNE . 887
tères ; quels moyens plus efficaces avons-nous pour atteindre ce
but que la modération dans nos désirs , la mesure dans nos
satisfactions et la régularité dans nos habitudes ?
C'est contre les causes externes que la sagacité des hygiénistes
s'est surtout exercée, et l'on peut même dire qu'elles ont été
l'une des premières préoccupations de l'homme da les temps
primitifs . Qu'est-ce que l'usage des ablutions et des balnéations
sinon le soin hygiénique le plus élémentaire ? Dans les lois et les
ww
PECARD
Fig. 316. Grand ghat de Hurdward.
institutions des peuples de l'antiquité on trouve des préceptes
d'hygiène publique et privée appropriés aux mœurs de ces peu-
ples, et même quelques législateurs les ont érigés en dogmes
religieux pour leur donner toute l'autorité voulue .
Les Orientaux possèdent au plus haut degré l'amour des
ablutions, qui pour eux est aussi un article de foi. Sur les
bords du Gange on remarque des Ghats (fig . 316) ou escaliers qui
permettent de descendre dans l'eau. Voici la description qu'en fait
Jacquemont : « Cependant le soleil s'était levé , et sur les ghats
888 HYGIENE.
qui descendent au bord du fleuve je voyais la foule des Hindous
faire leurs ablutions du matin. Je m'approchai de la rive pour
observer ces groupes pittoresques. Quelques-uns de ces ghats
construits nouvellement sont d'un style grec assez élégant ; c'est
un large escalier assis sur les bords du fleuve,et dont les marches
descendent jusqu'au niveau des plus basses eaux. Au sommet est
une sorte de péristyle porté sur des colonnes légères , et qui offre
un abri contre la pluie et le soleil. »
« A Bénarès , où le Gange a une grande profondeur, les
dévots Hindous se noieraient par centaines tous les matins,
s'ils n'avaient pas ces marches solides pour entrer dans l'eau,
et la piété et l'orgueil en ont couvert la rive du fleuve. Les
gens riches ont, entre ces populeux parterres de baigneurs et de
baigneuses, des loges grillées, où ils descendent de leur palanquin
dans l'eau courante. C'est une des propriétés les plus aristocra-
tiques que l'on puisse avoir à Bénarès. »
Ce qui précède nous amène à mentionner les bains stimulants
et reconstituants du sel Pennès , dont l'usage est très repandu pour
suppléer aux bains de mer ou des sources thermales .
Les agents antiseptiques . Les progrès de la physique et de
la chimie ont grandi depuis le commencement de ce siècle ;
on sait également combien sont devenus puissants les moyens
d'analyses par le microscope. On sait, en effet, que le plus
grand nombre des maladies contagieuses ont pour cause des
infections ou inoculations virulentes . Des virus, des ferments
arimés , des microzoaires, des microvhytes ou des sporules , voilà
les agents principaux qui exercent une action destructive ou tout
au moins modificatrice et fâcheuse sur nos organes. Les uns
s'inoculent par le contact, les autres se mélangent par l'air, à
l'eau , aux aliments et pénètrent dans le corps humain par les
voies digestives ou respiratoires et quelquefois par les pores de
la peau. Ces désordres se manifestent sous les formes les plus
variées et cette variété même a longtemps dérouté les hygié-
nistes et les médecins les plus éclairés ; mais peu à peu, la science,
à mesure que les progrès se sont accentués est parvenue à en
rapporter le plus grand nombre à des causes infectieuses et para-
sitaires et si un exemple suffisait, nous dirions que, la gale a été
considérée pendant une longue suite de siècles comme une ma-
ladie dartreuse, lorsqu'il a été démontré et reconnu, il y a environ
quarante- cinq ans, qu'elle était due à un insecte parasite, appelé
acarus , qui parvient à tracer des sillons sous la peau en provo-
quant des démangeaisons insupportables ...
Le problème à résoudre, s'est trouvé posé pour l'hygiène dans
des termes parfaitement définis. On a à combattre un ennemi
redoutable ; mais, on sait qu'il est produit par la fermentation
putride, par l'inoculation virulente, et dès lors on n'a qu'à cher
HYGIÈNE. 889
cher les moyens de le détruire avant qu'il ait pu porter le trouble
dans nos organes ; il peut y pénétrer, nous l'avons déjà dit, au
moyen de l'alimentation, de la respiration et du contact du corps.
Pour en préserver l'homme, l'hygiène s'appuyant sur la chimie a
cherché les moyens de purifier l'air, l'eau et les corps contaminés
par voie directe ou indirecte. En conséquence, elle a été appelée
à étudier les produits des diverses fermentations infectieuses ,
putrides , virulentes , et elle est par venue à reconnaître leurs
caractères distinctifs. C'est ainsi qu'elle a essayé différents moyens
pour les modifier, les neutraliser et les détruire. La science
s'enrichit tous les jours de nouveaux moyens prophylactiques plus
efficaces, à mesure qu'elle pénètre plus avant dans la connais-
sance du travail de la nature .
Les acides arsénieux, azotique, chlorhydrique, iodique, phé-
nique et thymique, le soufre et les sulfures, le chlore et les chlo-
rures, le chloral et le chloroforme, le phénol et les phénates, le
mercure sublimé, le fer sulfaté, le manganèse potassique , le zinc
chloruré et les goudrons de toutes espèces, ont été les principaux
agents antiseptiques employés jusqu'à ce jour, mais leur usage
n'a pas toujours été suivi de bons résultats, en raison de leur
odeur repoussante, de leur vapeur irritante et même de leur
action dangereuse pour les personnes appelées à s'en servir. Pour
qu'un antiseptique soit adopté d'une manière générale, il faut
que son emploi ne présente rien de répugnant, rien de dangereux
dans toutes ses applications.
C'est en se pénétrant de cette idée, qu'un pharmacien de Paris,
M. Pennès, a réussi, après de très nombreuses recherches, à
préparer un vinaigre qui réunit toutes les qualités et propriétés
voulues pour mériter le nom de : Antiseptique, donné le 11 fé-
vrier 1879, par l'Académie de médecine, après avoir constaté les
heureux résultats qu'il avait permis d'obtenir dans trente-trois
services des hôpitaux et laboratoires des écoles de médecine.
Nous allons maintenant emprunter au travail du Docteur Nicolas
les passages qui suivent, et qui nous feront constater les progrès
de l'hygiène à d'autres points de vue.
Influences lumineuses. Un certain nombre d'observations
récentes tendent à mieux préciser le mode d'action de la lumière,
aussi bien sur l'appareil visuel lui-même que sur la peau, sur la
nutrition, le développement du corps et l'activité cérébrale. On
distingue aujourd'hui non-seulement l'action directe de la lumière,
de son action à l'état de diffusion dans l'atmosphère ; mais encore
l'action spéciale qu'exerce sur l'organe visuel et sur la vitalité,
dans son ensemble, chacun des rayons élémentaires de la lumière
dispersée. Les conditions d'un bon éclairage, la cause des désor-
dres qu'entraînent l'abus de la lecture et le travail de bureau ont
été mieux définies ; une maladie jusqu'alors méconnue ; la myopie
890 HYGIÈNE.
progressive attire en ce moment d'une manière particulière l'atten-
tion des hygiénistes ; enfin l'étude du daltonisme chez les em-
ployés de chemins de fer et les marins a révélé une cause de
collision sur mer et sur terre que l'on parviendra sans trop grande
peine à écarter.
Etiolement, Coloration , Mimésisme. Comme les plantes
l'homme s'étiole, s'il est privé de lumière. L'étiolement humain
se révèle par une nuance particulière du teint et par une certaine
Corpeur vitale qui résulte du ralentissement de la circulation et
des combustions organiques, coïncidant avec une moindre énergie
de la respiration et l'altération du sang, appauvri de globules,
d'albumine et de fibrine. Les conséquences de cet état sont : la
tendance aux hémorrhagies, aux hydropisies, un défaut de résis-
tance vitale et une prédisposition aux tubercules et å la scrofule,
qui sont des maladies de misère. Que la privation de la lumière
en soit la cause, chez les prisonniers, les mineurs , les calierset
les cambusiers des navires, chez beaucoup de portiers des grandes
villes, chez les enfants élevés dans des logis insalubres , cela n'est
pas douteux, quelle que soit la part d'autres influences, souvent
réunies dans ces conditions, telles que le froid, l'humidité, l'in-
curie, le mauvais air et tout le vicieux cortège de la pauvreté.
On sait combien la lumière est nécessaire à la vie des végé-
taux; et combien ils souffrent de son absence. Dans l'obscurité,
la coloration pålit dans les parties vertes ; les grains de chloro-
phylle, auxquelles elle est due, gagnent les parois profondes des
cellules et y demeurent inertes ; l'eau ne se dégage plus à la sur-
face des feuilles et s'accumule dans les vaisseaux ; le carbone
n'est plus fixé ; au lieu d'absorber l'acide carbonique de l'air, les
parties vertes absorbent au contraire , une faible portion d'oxygène,
qui brûle une partie du carbone du tissu végétal ; de là une usure
plus rapide de ce tissu, une réplétion aqueuse, et finalement la
mort de la plante. On s'est assuré que c'était bien la lumière et
non la chaleur qui réglait ces phénomènes ; et la lumière élec-
trique, la lumière Drummond et celle du gaz de l'éclairage parti-
cipent en cela des propriétés de la lumière naturelle.
La première manifestation, chez l'homme, de l'insuffisance de
la lumière, c'est la pâleur. Cette pâleur de l'étiolement n'est
d'abord qu'un défaut de coloration ; puis elle prend une teint
jaunâtre et enfin terreuse. Elle s'observe aussi bien chez le nègre
de l'équateur que chez l'esquimau des pôles ; et tient à un éta
particulier de la circulation cutanée, dont les oscillations se rév
lent aussi bien sous une peau noire que sous une peau blanche.
Les nuances qui caractérisent les races sont dues au pigment ;
la pâleur et la rougeur sont dues au sang. Le ton général de la
nuance, qui détermine le teint, résulte de la combinaison et de la
HYGIÈNE. 891
coloration pigmentaire, qui est permanente, et de la coloration
sanguine, qui est transitoire.
Travail scolaire . Le travail de la lecture et de l'écriture exige
un exercice prolongé de l'œil, dans les conditions d'une excitation
luminense particulièrement vive et continue. Sous le rapport
objectif, la fatigue de la lecture varie avec l'éclat et la couleur du
papier, avec l'intensité de l'éclairage , la direction des rayons
lumineux, la nature de la lumière ; enfin avec la dimension des
caractères et les variétés typographiques qui se succèdent dans la
même page ou dans le même alinéa. Au point de vue subjectif,
elle dépend de l'effort d'attention que réclame le sujet, de l'effort
oculaire qu'exige la lecture même ; enfin de l'attitude du liseur.
On trouve, au plus haut degré, dans la lecture et l'écriture la
double excitation physique et passionnelle dont nous parlions tout
à l'heure; et ses effets se traduisent à la fois par la congestion
de l'œil et la congestion du cerveau proportionnée à l'activité
psychique. De plus, en même temps que le sang afflue d'une ma-
nière excessive dans ces appareils, la prolongation de l'excitation,
sur les parties sensibles de l'œil, en épuise, à la longue, l'impres-
sionnabilité et entraîne la paresse de la rétine et des muscles
soumis aux actions réflexes que l'impression y provoque.
Eclairage scolaire. Il semble que le meilleur éclairage des
cabinets et des salles d'étude soit celui qui fournit une lumière
abondante : Un règlement du comité scolaire, chez les Anglais ,
prescrit de disposer les fenêtres « de telle sorte que la lumière
tombe en plein sur la figure des maîtres et sur celle des écoliers. »
Presque partout, quand on n'a pas eu à subir des conditions d'ins-
tallation imposées par la situation des maisons d'école, on s'est
proposé pour principal objectif la surveillance des élèves. Aussi la
disposition des bancs en demi-cercle a-t-elle paru très satisfai-
sante à beaucoup d'esprits .
On peut résumer ainsi qu'il suit les conditions d'un bon éclai-
rage, pour le liseur ou l'écrivain : 1º Il faut que l'œil puisse
s'isoler de la vue de la source lumineuse ; 20 il faut qu'il évite
les rayons directement réfléchis sur le papier ; 30 il est bon qu'il
ne soit pas exposé à l'action d'une lumière diffuse trop intense ;
40 la lumière doit être inoffensive par elle- même ; c'est-à-dire
sous le rapport de sa qualité , de sa nature, de sa couleur ;
5º enfin l'éclairage doit être tel qu'il n'oblige pas à prendre une
attitude défectueuse.
L'éclairage par en haut est très pénible. On peut s'en rendre
compte à la Bibliothèque nationale, si copieusement éclairée d'ail-
leurs. On y sent la nécessité d'une visière pour abriter l'œil de la
lumière; et on regrette que les tables de travail n'y aient pas une
inclinaison suffisante pour le garantir des rayons réfléchis .
Les salles d'études devront donc être éclairées par de hautes
892 HYGIÈNE .
fenêtres dont la base s'arrêtera au niveau de la tête des élèves . Il
n'y a aucun avantage et il y a tout inconvénient à ce qu'elles des-
cendent plus bas . La meilleure lumière est encore celle d'une bonne
lampe à huile. L'œil, il est vrai, est organisé de telle sorte que ses
milieux laissent surtout passer les rayons lumineux, en éteignant,
si l'on peut dire, les rayons chimiques de l'électricité et les rayons
calorifiques du gaz et du pétrole ; mais cette propriété tutélaire a
ses limites ; et jusqu'à nouvel ordre, il convient de s'interdire,
pour la lecture, le pétrole, le gaz et l'électricité.
Choix des lunettes . Les troubles oculaires qui réclament
l'usage des lunettes peuvent affecter aussi bien les parties exté-
rieures du globe que ses milieux et ses régions sensibles . Les
verres colorés sont utiles aux ouvriers des professions spéciales :
bijoutiers, graveurs, miroitiers, verriers , fondeurs, etc. , alors
même qu'ils ont une vue parfaite, pour atténuer l'éclat d'une
lumière trop vive dans leurs travaux habituels, surtout quand la
lumière est accompagnée d'une chaleur intense, comme dans les
travaux de fonderie, de verrerie, etc., et quand elle est diverse-
ment nuancée, de manière à déterminer des contrastes. A plus
forte raison les conseille-t-on aux personnes qui ont « la vue
tendre, » dans les mêmes circonstances, dans les soirées, au
théâtre et même dans la simple promenade en plein soleil.
Influences saisonnières. Tout en admettant la réalité des
maladies saisonnières, tout en admettant l'influence prépondé-
rante du chaud et du froid et surtout des intempéries dans leur
étiologie, on tend de plus en plus, avec Fuster, à distinguer les
qualités du milieu qui s'associent à celles-là, s'y substituent, les
corroborent, les atténuent ou les neutralisent. En outre des pro-
priétés physiques ou chimiques de l'air, il faut tenir compte , en
effet, dans l'influence saisonnière, de l'abondance ou de la disette
de produits alimentaires empruntés au sol, des habitudes sociales
particulières à chaque saison, et, avant tout, des dispositions
organiques acquises sous l'influence de la saison précédente et
dont l'influence est telle que, pendant les saisons de passage, ce
sont elles qui déterminent l'état morbide et les constitutions mé-
dicales, alors que les intempéries du printemps et de l'automne
viennent déranger l'équilibre établi et créer brusquement des con-
ditions nouvelles .
D'après M. Colin les maladies saisonnières se diviseraient en deux
groupes bien distincts : 1º Dans le premier rentrent les affections sur
lesquelles l'influence des saisons est incontestable, mais sans jouer
cependant le rôle principal dans l'étiologie : telles sont les maladies
telluriques, les maladies alimentaires, les maladies typhiques, les
affections pestilentielles, les fièvres irruptives, etc. 20 Dans le
second figureront les affections où l'influence saisonnière est si
régulière, on peut dire si fatale, qu'elle s'impose avec l'évidence
HYGIÈNE. 893
de l'axiome : telles sont les affections catarrnales et rhumatis-
males de la saison froide ; telle est la dyssenterie des climats
tempérés ; telles sont lės angines du printemps ; tel le choléra
nostras ; telles , enfin, les insolations et les congélations.
Et les maladies saisonnières auraient pour caractères communs :
1º la tendance à se généraliser plus que les autres épidémies, à
ne faire aucune différence entre les individus, quelles que soient
leurs conditions sociales ou personnelles ; 2º la simultanéité de
leur apparition sur les points les plus divers d'une ville ou d'une
contrée; car, si leur apparition est successive, l'intervalle entre
les atteintes est trop court pour être en rien comparé à celui que
l'on constaterait s'il y avait eu propagation par les communica-
tions humaines : il répondrait bien plus, par sa brièveté, à l'in-
tervalle qui sépare les apparitions , en deux pays éloignés, des
mêmes phénomènes météoriques ; 3º la constance de leur retour
annuel aux mêmes époques, le degré seul de leur expansion et de
leur gravité pouvant varier d'une année à l'autre, suivant les
différences plus ou moins apparentes des saisons pendant lesquelles
elles se développent ; 40 la limitation de leur durée à celle des
influences saisonnières ; 5º enfin, cliniquement : la disposition à
l'irritation hypérémique des muqueuses , thoracique en hiver,
intestinale, en été ; la sécrétion catarrhale ; l'étendue de l'irrita-
tion hypérémique à tout l'appareil, sans qu'elle dépasse la surface ;
mais ces caractères cliniques sont exclusifs aux catarrhes dans la
masse des maladies saisonnières .
Migrations hygiéniques . Dans les migrations conseillées aux
malades, aux convalescents , aux valétudinaires, il faut consi-
dérer : 1º la localité choisie; 2° le sujet ; 3º la maladie :
Les stations hygiéniques sont nombreuses à la surface du
globe. Peu sont utilisées, pour des motifs divers. Les unes sont
hors de la portée des malades auxquelles elles conviendraient,
mais il en est un grand nombre que l'on approprierait aisément
soit comme stations permanentes, soit comme stations estivales,
soit comme stations hivernales. « Une température modérée,
exempte de toutes oscillations brusques, une transition ménagée
entre les saisons ; une constance thermologique très grande, non-
seulement d'un jour à l'autre, mais d'une période d'un jour à une
autre période ; des abris disposés de telle façon par rapport aux
vents saisonniers habituels, que la température en soit rafraîchie
l'été, attiédie l'hiver ; peu d'humidité , peu d'orages, peu de vents ;
des altitudes dans le voisinage, de façon à échapper aux chaleurs
de l'été ; un sol sec ne conservant pas l'humidité ; un ciel habi-
tuellement serein, un site pittoresque, ces conditions de confort ,
ces good accomodations auxquelles les Anglais attachent, avec
raison, tant de prix dans le choix d'un refuge climatique ; des
894 HYGIÈNE.
distractions en rapport avec la vie d'un valétudinaire; » tel
devrait être , suivant M. Fonssagrives, le climat idéal.
La réunion de ces qualités est rare ; mais il en est qui sont
xclusives . La première est celle que nous avons donnée comme
caractéristique de nos climats constants : écarts nycthéméraux
modérés du thermomètre. On excluera donc des stations hygié-
niques la plupart de nos climats variables .
Nous remarquerons, en premier lieu, que l'accoutumance à un
climat donné élargit le cercle où le malade peut bénéficier d'une
station d'hiver ou d'été. A cet égard un norwégien pourra
trouver des localités favorables en Norwège même ; Guerseney
ou Jersey, qui conviendraient fort peu à un méridional, rendent de
grands services aux Anglais. Nous ajouterons qu'il y a souvent
moins de dangers à transporter un malade à courte distance de
1
chez lui, dans une localité où il a l'habitude de vivre, qu'à le
mener au loin, sous un climat absolument différent, avec la brus-
querie qu'y mettent les chemins de fer. D'où le précepte de choisir
le moment favorable pour les migrations d'hiver ou d'été et de se
ménager des transitions.
Acclimatisation . Il n'y a pas encore d'art de l'acclimatisa-
tion. Les seuls procédés recommandables sont le changement de
lieu, pour lequel on peut recommander le séjour sur les hauteurs ;
le croisement, qui modifie la race ( indigénisation) ; l'assainisse-
ment du sol, qui supprime les causes accidentelles d'insalubrité.
En dehors de ceux-là, nous ne trouvons pas autre chose à con-
seiller que la modification progressive du régime et des habitudes,
qui est une sorte d'indigénisation. Puisque le climat chaud débilite
les forces, il faut travailler modérément aux heures les plus
chaudes du jour; puisque la chaleur excessive surexcite le
cerveau, il faut lui épargner, à ces heures, les travaux intellec-
tuels qui le surmènent'; puisque la spoliation sudorale est une
cause d'usure, il ne faut pas l'activer par l'abus des boissons ;
enfin , il faut régler son régime sur les besoins réels de l'organisme
plutôt que sur les caprices de l'appétit : aux climats comburants,
des aliments respiratoires ; aux climats opposés, une nourriture
moins substantielle, plus facilement assimilée, moins échauffante,
en employant ce mot dans le sens physiologique.
La ville. - Au point de vue de leur situation, on peut, avec
M. Fonssagrives , distinguer les villes de plaines, les villes de
vallées, les villes pélagiennes ou du littoral ; les villes fluviatiles,
les villes lacustres, les villes palustres . Cette distinction n'a pas,
toutefois, la portée hygiénique que l'on pourrait lui attribuer.
configuration ne fourniraient pas de base de clas-
L'orientation, la configuration
sification plus satisfaisante ; et, quoique l'altitude joue un rôle
considérable , nous ne voyons pas d'utilité , non plus, à classer les
villes en villes de hauts plateaux, villes alpestres (1,000 à 2,000 mèt.
HYGIÈNE. 895
d'altitude) , villes de montagnes (1,000 a 3,000 mèt. d'altitude),
villes de colline et de falaise (de 300 à 50 mèt.), villes de plaine.
Les premières sont très généralement salubres. Elles réunissent
la triple condition favorable de l'imperméabilité du sol, de la
déclivité et de l'élévation. Elles ont l'inconvénient de rendre plus
difficile et plus dispendieuse la canalisation souterraine, et de pré-
senter des pentes exagérées quî entravent la circulation. La salu-
brité des villes sablonneuses dépend du sous-sol qui retient ou
laisse écouler plus ou moins facilement l'eau filtrée par les sables .
Les villes alluvionnaires, ont tous les inconvénients qui résultent
du défaut de pente et des émanations maremmatiques de leur sol.
Celles qui sont assises sur des terrains rapportés et par suite
poreux sont dans le cas des villes sablonneuses. Leur salubrité
dépend encore du sous-sol. Les inconvénients de ces terrains sont
surtout marqués pour ceux où les remblais sont formés de résidus
industriels, comme M. Maurin l'a démontré pour les cendres de
savonnerie de Marseille (1) .
On le voit, cette classification subordonne la salubrité relative
des villes à l'état de sécheresse du sol et du sous-sol. L'humidité
est, en effet, le facteur principal de l'insalubrité, qui peut être
permanente si l'eau stationne à la surface du sol, ou intermittente
et périodique si elle est retenue à un niveau plus ou moins élevé
dans le sous-sol. Réciproquement l'asséchement du sol et du sous-
sol est la condition principale de leur assainissement ; et l'on aura
satisfait complétement l'hygiène quand on aura combiné avec un
pavage convenable et un drainage effectif une aération du sol qui
amène au contact des substances organiques, dont la décomposi-
tion est l'origine de l'insalubrité, une quantité d'oxygène suffi-
sante à leur combustion totale.
Les plantations d'arbres ont le triple avantage de donner de
l'ombre en été, de renouveler les éléments de l'air, d'aérer le sol
et de canaliser par le cheminement de leurs racines. Les squares ,
les jardins, les promenades sont donc un luxe utile, à la portée de
toutes les municipalités .
Le village. Si les travaux des champs sont nuisibles au
paysan, c'est surtout au village qu'il trouve réunies les conditions
défectueuses d'hygiène qui déterminent chez lui une longévité
restreinte et une vitalité précaire. Sans doute, les paysans meu-
rent moins que les habitants des villes, mais ce privilége d'une
mortalité moindre ne commence qu'à la fin du premier âge ; les
enfants des campagnes, contrairement à la croyance générale ,
sont décimés par la mauvaise hygiène.
M. Alex. Layet (2), relevant la série des préjugés qui compro-
(1) MAURIN Marseille au point de vue de l'hygiène.
(2) Hygiène rurale (Dict, encycl, des sciences médicales).
896 HYGIÈNE.
mettent la santé du paysan, signale : le transport du nouveau-né au
loin pour le baptême, l'emprisonnement trop complet du maillot (?),
son abandon au berceau pendant que la mère est aux champs,
l'alimentation précoce ou excessive, le défaut de soins quand il
est malade, l'abus des anthelminthiques ; pour l'adulte, le mépris
des règles les plus élémentaires de l'hygiène, les excès de nourri-
ture et de boisson, l'alcoolisme, favorisés par la multiplicité des
foires qui sont une occasion de débauche. Les travaux agricoles
qui compromettent surtout la santé du paysan sont le labour à
la charrue , par les efforts de main qu'il exige ; le travail à la
beche, qui entraîne la cyphose chez la plupart des vieux labou-
reurs ; la fauchaison, dont le mouvement de va-et-vient est parti-
culièrement fatigant ; la moisson, qui s'opère sous un soleil
ardent, provoque la sueur et rend les refroidissements plus dan-
gereux, en même temps que la chaleur invite à la sieste en plein
champ et pousse à boire outre mesure ; l'engrangement des récoltes,
qui surcharge l'air de poussières nuisibles, moins peut-être que le
battage et le nettoyage des grains, le soufrage de la vigne... , etc.
(Layet) . Dans les professions rurales qui se spécialisent, on trouve
d'autres prédispositions, particulières aux charbonniers , bûche
rons , sabotiers , vanniers , tisserands, etc.; mais beaucoup de ces
spécialités rurales disparaissent quand l'été ramène le temps des
récoltes , qui occupe tout le monde et généralise, ici, la dyssen-
terie, là, la fièvre typhoïde, maladies de la saison chaude, où
chacun se surmène et se livre à des excès de boisson. D'autres
maladies, enfin fractures, luxations, hernies, ulcères, varices,
sont plus graves dans les campagnes parce qu'elles sont plus
négligées ou mal soignées par les rebouteurs.
Cependantle travail aux champs est un correctif de la mau-
vaise hygiène du village et de la chaumière. Ici , la rue est trans-
formée en un marais fangeux et nauséabond , où le paysan gaspille
son engrais au détriment de sa santé. Les tas de fumier, autels
du dieu Sterculius, qui, selon la remarque de François de Neuf-
château , compte à la campagne autant de prosélytes qu'il y a
d'habitants , - les tas de fumiers encombrent les rues , s'étalent
à la porte même des maisons, et l'ordure qui en suinte de toutes
parts fait une mare de chaque ruisseau. Malgré quelques tenta-
tives des législateurs, on peut dire que tout est à créer, sous ce
rapport, en fait de police rurale. Mais il se passera surtout bien
du temps avant qu'on arrive à inculper au paysan les notions de
propreté et de culture corporelle qui sont cependant banales dans
des pays voisins du nôtre. Chaque localité a ses traditions qui
régissent l'architecture rurale (V. Layet, ouv . cité) ; mais, en
France, l'incurie, la promiscuité, le pêle-mêle des sexes, des ani-
maux, des hommes, l'aération parcimonieuse, l'entassement des
éléments les plus insalubres , la contamination de l'air ambiant
1 HYGIÈNE . 897
par des poussières, des miasmes, des germes parasitaires, se
prêtent un mutuel concours pour constituer un milieu où les
épidémies germent, s'épanouissent et s'alimentent avec une ter-
rible facilité.
En même temps, l'alimentation du paysan est fort peu répara-.
trice, presque exclusivement féculente ; et les convalescents des.
maladies graves ne se rétablissent pas malgré l'action vivifiante
de l'air des campagnes.
Assainissement des ateliers . L'hygiène industrielle se présente
sous deux aspects différents : 1° la morbidité et la nature des
maladies professionnelles ; 2º la salubrité des manufactures. Nous
n'envisagerons ici que le second. Commele paysan, l'ouvrier est
mal logé , mal nourri , mal vêtu, malpropre. On ne sait lequel des
deux, sous tous ces rapports, est inférieur à l'autre. L'ouvrier a
la débauche en plus à son bilan ; et, si ses enfants meurent moins
peut- être dans l'âge de l'allaitement, ils s'étiolent d'une manière
irrémédiable pendant l'apprentissage. Mais ce qu'il faut remar-
quer surtout, c'est que le paysan trouve l'air pur de la campagne ,
au sortir de sa chaumière enfumée et malsaine, tandis que l'ou-
vrier quitte son galetas pour l'usine et l'atelier, où d'autres
influences pernicieuses l'attendent .
Il faut considérer les manufactures dans leurs rapports avec la
santé des ouvriers qui y vivent et avec la santé publique qu'elles
menacent par leurs émanations et leurs résidus plus ou moins
insalubres . Les ouvriers sont directement exposés à l'influence
nocive de ces émanations et de ces résidus ; mais ils souffrent en
outre, non pas, sans doute, de l'encombrement, comme on l'a dit,
mais du confinement, de la température élevée de l'atmosphère
confinée, des poussières et des émanations qui la souillent, de
l'humidité de l'air et du sol, influences auxquelles se joignent
celles résultant de l'attitude gênante et anormale imposée par le
travail. Ce concours d'influences donne à l'ouvrier son aspect
chétif, sa petite stature, son teint blafard, sa faiblesse relative,
son aspect anémique, étiolé ; il fait les enfants souffreteux que
l'alcool achèvera d'épuiser plus tard et qui, devenus hommes,
donneront naissance, dans une procréation hasardeuse, à une
race abâtardie. A Lille, pour avoir 100 soldats, il faut 300 hommes;
il en faut 266 à Rouen ; 210 à Mulhouse ; 268 à Elbeuf ; 247 à
Nîmes ; tandis que , pour toute la France, il n'en faut que 186
(Thouvenin).
Cependant il ne faudrait pas croire que l'industrie diminue la
population. C'est le contraire qui a lieu. Dans l'état actuel des
choses , dit Villermé, en France et en Angleterre, c'est dans les
grands centres de fabrication de tissus, et surtout des tissus de
coton et de laine, que la population s'accroît le plus vite, que la
mortalité générale est la plus forte, que les naissances sont plus
898 HYGIÈNE.
nombreuses , que les enfants deviennent le moins souvent des
hommes faits ; tandis que, d'une autre part, c'est dans les dis-
tricts agricoles que la population augmente le plus lentement et
que la vie est la plus longue. L'hygiène industrielle pivote sur ces
trois points : 1º moraliser l'ouvrier ; 2º assainir l'usine ; 3º garantir
le voisinage contre son influence malsaine.
D'Arcet rapporte à trois méthodes les procédés d'assainissement :
1. Ventilation, moyen par excellence, toujours suffisant pour les
ouvriers employés aux opérations insalubres, pour les industriels
et souvent pour le voisinage, lorsque les gaz et les poussières peu
délétères sont mélangés avec de grandes masses d'air et versés
dans l'atmosphère à une grande hauteur; 2º Décomposition des
gaz par la chaleur et la combustion ; 3º Actions chimiques détrui-
sant ou transformant en produits utiles les substances insalubres.
Dilution de ces substances dans une grande masse d'eau . »
On sait que les établissements industriels sont répartis en trois
classes . Les établissements de la première classe sont ceux qui
doivent être éloignés des habitations particulières ; ils peuvent
cependant s'établir dans l'enceinte des villes , mais dans de cer-
taines positions et à de certaines conditions dont l'administration
est juge. Ilest clair que le perfectionnement des moyens d'assai-
nissement doit de plus en plus en restreindre le nombre. Les
établissements de seconde
classe sont ceux dont l'é-
loignement des habitations
n'est pas rigoureusement
exigé, mais dont le travail
doit être assez perfectionné
pour ne pas nuire aux
voisins . Les établissements
de troisième classe sont ceux
qui peuvent fonctionner
sans inconvénients près des
habitations , sous la surveil-
lance de la police.
1º Dans la première classe,
nous trouvons d'abord les
abattoirs composés de qua-
tre parties principales :
Fig. 317. Fourneau d'Arcet pour la fonte 10 celles où sont renfer-
des suifs .
mées les animaux; 2º l'a-
battoir , proprement dit ; 30 les lieux où l'on prépare les viandes
des animaux abattus; 40 les lieux où l'on travaille les graisses et
le suif. La fonte du suif donnant naissance à des vapeurs incom-
modes . D'Arcet a proposé le fourneau représenté ci-dessus (fig . 317) ,
dans lequel les vapeurs provenant de la fonte du suif en branches
HYGIÈNE. 899
passent à travers le foyer où elles se brûlent avant d'arriver à
la cheminée. L'air chargé de vapeur descend par deux carneaux
verticaux dans le cendrier du fourneau ; et comme ce cendrier
est fermé par une
porte, les vapeurs et
les gaz dont l'air est 1
chargé sont brûlés
sur le foyer avant de
se rendre dans la che-
minée de l'usine .
L'affinage des ma-
tières d'or et d'argent
est l'une des indus-
tries les plus dange-
reuses pour les in-
dustriels qui l'exer-
cent, pourles ouvriers R
et pour les voisins, à
cause des vapeurs d'a-
cide sulfureux mé-
langées d'acide sul-
furique qui se déga-
gent au contact de
l'acide sulfurique et
des alliages en fu-
sion.
2º Dans les établis-
sements industrielsde
la deuxième classe,
nous trouvons : les
fabriques de colle
animale et de géla-
tine, dont quelques-
unes sont encore lais-
sées dans la première ,
les buanderies et la-
voirs , les fonderies
de plomb, les fabri-
ques où l'on manipule Fig. 348. Amphithéâtrede dissection (Plan).
le caoutchouc, les ful-
minates, les cuirs, toiles , cartons vernis , fanons de baleine, tabae ,
celles où l'on galvanise le fer.
3º Parmi les établissements de la troisième classe, nous citerons
les amphithéâtres de dissection où des dispositions ingénieuses ont
été proposées pour combiner la conservation des cadavres avec la
ventilation des salles, le lavage des tables de dissection, la macé
900 HYGIÈNE .
ration des pièces anatomiques, etc.; La table de dissection pro-
posée par D'Arcet, (fig . 318 et 319), peut être construite en fonte
ou en bois ; elle doit être creuse dans toutes ses parties ; son'
couvercle doit être percé de
trous nombreux, et il faut
que son intérieur soit mis en
communication avec un canal
souterrain allant aboutir à
une cheminée dans laquelle le
tirage convenable doit être
bien établi . Le service de la
salle de dissection exigeant
qu'on y place un poêle, une
étuve et une chaudière, c'est
de ces appareils qu'il faut se
servir, isolément ou simulta-
nément, comme de fourneaux
d'appel ; c'est dans ce but
qu'ils ont été tous trois réu-
nis et placés au pied de la
grande cheminée. Les figures
318 et 319 représentent cette
disposition, et les flèches in-
diquent la marche des cou-
rants d'air entraîné autour
du cadavre et, par le fond de
la table, vers la cheminée
d'appel. Des clefs ou soupa-
pes , placées sur le canal sou-
terrain, permettent de régler
le tirage de manière à ne pas
incommoder l'opérateur. La
partie gauche des deux pre-
mières figures donne les dis-
positions des baquets de ma-
cération au-dessus desquels
des tables à charnière, que
l'on abaisse et que l'on relève
à volonté , permettent de dé-
poser des cadavres .
Assainissement des marais .
Fig. 319. Amphithéâtre de dissection
(Élévation) .
(l'Eucalyptus) .-Le consul de
Loreto ( Colombie) a fait con-
naître récemment un arbre curieux des forêts avoisinant la
ville de Mogobamba et que les naturels appellent Tamaï caspi ou
arbre à pluie. Cet arbre sera peut-être utilisé un jour pour
assainir les déserts de l'Afrique. -
HYGIÈNE . 901
Il a environ 18 mètres de hauteur , quand il a atteint son déve-
loppement complet ; son diamètre à la base du tronc est de 1 mètre.
Il est doué de la propriété remarquable d'absorber et de con-
denser avec une étonnante énergie l'humidité de l'atmosphère. On
voit constamment l'eau ruisseler de son tronc et tomber en pluię
de ses branches , et cela avec une telle abondance que le sol avoisi-
nant est transformé en un véritable marécage. Il possède cette
propriété au plus haut degré pendant la saison d'été, quand l'eau
manque aux terres chaudes ; et le consul de Loreto propose de
l'employer pour fertiliser
les régions arides du ter-
ritoire colombien. C'est
autrement qu'agit l'euca-
lyptus, arbre merveilleux
dont la renommée gran-
dit tous les jours , en rai-
son des services qu'il a
déjà rendus et de ceux
qu'il est appelé à rendre
quand il sera mieux con-
nu . Etant données les con-
ditions qui président à la
formation des marécages :
défaut d'aération d'un sol
riche en matières orga-
niques , défaut de renou-
vellement de l'eau qui
l'imprègne , température
activant la fermentation ,
il semble que les planta-
tions seules puissent réel-
lement assainir les locati-
tés marécageuses , pourvu
que la végétation y soit
régularisée et contenue
de manière à laisser à
l'air une libre circulation
qui facilite l'évaporation
de l'eau à mesure qu'elle
s'accumule . LEPIND
L'eucalyptus répond à
ce programme et possède , Fig. 320. Eucalyptus globulus.
en outre, des propriétés
aromatiques , qui semblent les antidotes naturels du miasme palu-
déen. C'est un arbre de la famille des myrtacées, originaire de la
Jasmanie , où il a été découvert, en 1792, par La Billardière, pen-
IVE VOLUME . 10
902 HYGIÈNE.
dant son voyage à la recherche de La Pérouse. Son nom (bien
cache) lui vient de l'aspect de ses fleurs , qui présentent, avant
l'épanouissement, l'aspect d'une petite boule : l'éclosion s'opère par
la chute d'une sorte de calotte formée par la soudure des sépales
du calice. On en distingue plusieurs variétés qui réussissent plus
oumoins bien, selon les localités et les climats. Aux environs d'Alger,
c'est l'eucalyptus globulus(fig. 320), provenant du continent austra-
lien et de la terre de Van Diemen, qui réussit le mieux. C'est un
des plus beaux représentants du genre. On a pu l'acclimater jusque
sous le climat de Jersey, où il en existe un sujet de 30 mètres de
hauteur . Aux environs de Constantine, on en a planté, en 1869,
sur les bords du lac Fezzara, qui ont déjà atteint plus de
15 mètres .
Les terres fraîches et profondes, ni trop sèches ni trop humides,
sont celles qui lui conviennent. La rapidité de sa croissance le
rend éminemment propre au reboisement ; on en fait des planta-
tions nombreuses de Toulon à la frontière d'Italie ; avec quelques
efforts , plusieurs régions de la France, aujourd'hui déboisées,
seraient, en peu d'années, couvertes de forêts. Malgré sa crois-
sance rapide, son bois est des plus durs et des plus résistants qui
existent. Il n'a de rivaux à cet égard que le tawn et le teck. Il n'a
pas de nœuds, ne se fend pas et se scie facilement. Il n'est pas
attaqué par les insectes et il est imputrescible à l'eau de mer
comme à l'eau douce. Les steamers qui vont de la terre de Van
Diemen en Angleterre sont construits en bois d'eucalyptus. L'ar-
chitecture, la menuiserie, les ponts et chaussées, la carrosserie et
le charronnage sont également intéressés au développement de sa
culture. Selon M. André, l'exportation de ce bois s'élevait, il y a
quelques années, dans la terre de Van Diemen, à plus de 20 mil-
lions de francs. Un de ces arbres , qui avait 97 mètres de haut et
dont les premières branches se montraient à 63 mètres, a été
vendu, tout débité, 6,140 francs. Les propriétés fébrifuges de
l'eucalyptus globulus ont été mises en évidence dans un article
très complet du Journal de pharmacie et de chimie. A ce sujet
M. Jagerschmidt, propriétaire à Rhaouch-Molats, écrivait, à la
datedu 15 mars 1876 : « Sousl'influence des eucalyptus plantés en
grand nombre, je n'ai plus à constater chez moi un seul cas de
fièvre pernicieuse : les fièvres simples sont elles-mêmes très rares.
Les moustiques et surtout les moucherons qui , dans le commen-
cement de mon installation, menaçaient plus encore que les fièvres
de me faire quitter la place, ont à peu près disparu. Les saute-
relles elles-mêmes, à la dernière invasion, ont paru, au grand
étonnementde mes voisins, respecter ma propriété, obligées qu'elles
étaient dans leur vol de surmonter l'altitude de mes massifs et de
s'abattre à 460 ou 500 mètres plus loin. Aujourd'hui, enfin, mon
personnel , exclusivement européen, est bien portant et ne m'aban
HYGIENE. 903
donne plus comme autrefois pour aller mourir à l'hôpital de
Blidah . »
Eaux d'égout. - On est généralement d'accord sur ce point,
que les égouts ne doivent évacuer que les produits liquides et
qu'il faut enlever directement toute autre espèce d'immondices
ou de détritus ; d'autre part, les pluies étant insuffisantes pour
diluer les matières livrées aux égouts, il devient nécessaire de
combiner, dans les villes, la canalisation des égouts avec les
distributions d'eau ; enfin, on a songé partout à faire passer
dans les égouts les conduites de gaz, les fils télégraphiques,
les réseaux souterrains de toutes sortes établis pour assurer les
communications urbaines et tous les raffinements de la civilisation
actuelle. De là des complications que le système si perfectionné
des égouts de Paris n'a pas lui-même entièrement aplanies. Mais
le point principal est, en somme, l'assainissement des habi-
tations.
Aucune canalisation ne peut être comparée à celle de Paris , où
les ouvriers peuvent circuler partout pour surveiller le curage. Les
canaux ont une hauteur qui n'est jamais moindre de 1m,80 pour
les égouts publics, 1m,50 pour les branchements particuliers, sur
1 mètre de largeur, avec un profil droit à la partie inférieure
duquel se fait l'écoulement. Ils sont en maçonnerie. L'égout collec-
teur, le plus grand ouvrage de ce genre qui existe au monde,
disait M. Haussmann avec un légitime orgueil, va jusqu'à
Asnières . Il a 4m,40 de la clef au fond de la cunette et 5m,60
d'une paroi à l'autre. Toutes les galeries communiquent à la rue
par des branches de décharge, toujours ouvertes, très multipliées,
et par des puits de descente, placés de 50 en 50 mètres et munis
d'échelles droites en fer pour le service des égoutiers. Cette belle
canalisation touche à son terme ; elle a un développement total de
1,000 kilomètres. Le curage s'y fait avec un bateau-vanne main-
tenu par deux guides mobiles ou, dans les petits égouts, par des
chasses d'eau et à bras d'hommes. Pour les galeries de type
moyen, le curage a lieu par le moyen d'un wagon-vanne qui
roule sur deux rails fixés aux arêtes supérieuses des banquettes.
Epuration des eaux d'égout. Les systèmes et les procédés
d'épuration proposés jusqu'à ce jour ont été classés par M. Schlœ
sing en quatre catégories : 10 Épuration par simple filtration à
travers des substances minérales poreuses ; 2° épuration par des
procédés chimiques ayant pour effet de précipiter les impuretés ;
3º épuration par le sol ; 4° épuration par un procédé chimique
employé concurremment avec l'épuration par le sol. Le premier
mode d'épuration n'a d'autre effet que de retenir les matières en
suspension ; il est insuffisant, puisqu'il laisse dans les eaux filtrées
les éléments solubles .
Les procédés chimiques reviennent tous à introduire dans les
904 HYGIÈNE.
eaux d'égout une ou plusieurs substances ayant la propriété d'accé-
lérer la précipitation des matières en suspension et d'y englober
autant que possible les matières organiques solubles. Un grand
nombre de substances ont été recommandées : la chaux, les sels
d'alumine, l'argile, divers charbons, les dissolutions acides de
phosphates naturels, des sels de magnésie , le chlorure et le sulfate
de fer... Parmi elles, l'argile et surtout le charbon paraissent les
plus propres à entraîner les matières solubles : tout le monde
sait que le charbon désinfecte, qu'il absorbe les matières colo-
rantes , extractives, etc .; mais, dit M. Schlæsing, lors même qu'on
étendrait cette propriété à toutes ces matières solubles, l'emploi
du charbon ne serait pas moins rendu impossible, en pratique, par
l'énorme quantité qu'il en faudrait pour purifier la masse des
eaux d'égout de Paris. Quant aux produits chimiques proprement
dits, ils peuvent être d'excellents clarificateurs , mais ils n'exercent
sur les matières solubles qu'une action très limitée : celles-ci
demeurent dissoutes ; les eaux traitées restent trop riches en ma-
tières putrescibles et ne peuvent être admises dans les rivières.
Telle est la conclusion générale des épreuves auxquelles les pro-
cédés chimiques ont été soumis en Angleterre.
En outre, on renonce absolument par l'emploi de ces procédés
à utiliser les principes fertilisants, tels que la potasse et l'ammo-
niaque dissoutes dans les eaux d'égout. Le sol est l'épurateur le
plus parfait des eaux chargées de matières organiques ; et nul ne
l'a mieux démontré que M. Schlæsing. Cette propriété épurative
est enseignée, dit-il, par les faits naturels. Les eaux limpides des
sources ont été purifiées par leur trajet dans l'intérieur du sol.
Les irrigations à l'eau d'égout faites en Angleterre et l'expérimen-
tation scientifique ont confirmé cette propriété.
Quand des eaux fangeuses sont versées sur un sol meuble, les
matières insolubles sont arrêtées, pour la plupart, par un pre-
mier filtrage mécanique. Plus avant, le sol s'imbibe de l'eau
filtrée; chaque particule de terre s'enveloppe d'une couche liquide
extrêmement mince ; et l'air confiné dans le sol brûle la matière
organique dissoute et la transforme en acide carbonique, eau,
azote, et même acide nitrique, quand la combustion plus difficile
de l'azote a pu s'opérer. Les matières insolubles retenues par le
filtrage n'échappent pas davantage à la combustion lente, surtout
quand un labour les a incorporées dans le sol. Tout ce qui en
reste est un sable extrêmement fin, qui comptera désormais parmi
les éléments minéraux de la terre .
Utilisation des eaux d'égout. Nous n'avons pas à nous-
étendre sur l'utilisation des eaux d'égout, qui intéresse plus
l'agriculture que l'hygiène. A Paris, les expériences de Genne-
villiers nous semblent suffisamment probantes, en ce qui concerne
l'irrigation. Les résultats agricoles, dit M. Alfred Durand Claye
HYGIÈNE. 905
(Rapport lu à la Société des agriculteurs de France, 20 février 1877),
ont continué à être satisfaisants. A mesure que les irrigations
avancent dans la plaine de Gennevilliers, une transformation
radicale s'opère dans les usages de la culture ; les céréales dispa-
raissent, elles sont remplacées par les légumes, les prairies arti-
ficielles , les plantes industrielles, les racines. Les rendements à
l'hectare ont atteint des chiffres élevés. Le prix de location de
l'hectare est resté de 90 à 120 francs dans les parties non irri-
guées; il atteint 300 à 500 francs dans les parties irriguées.
Cimetière (crémation). Les cimetières peuvent-ils devenir une
source d'infection ?
Incontestablement. Un cadavre inhumé n'est pas dans les con
ditions d'une combustion rapide ; il subit les phénomènes de la
putréfaction . Les gaz qui s'en dégagent filtrent à travers le sol et
se dégagent dans l'air ambiant. Ce dégagement est lent, il est vrai ;
mais l'air n'en serait pas moins rapidement contaminé si l'agglo-
mération des cadavres était plus grande ; et les chances d'infec-
tion sont relatives à la quantité qu'on en accumule dans un temps
donné, à la nature du sol, à l'étendue de l'espace où on les enterre ;
c'est-à-dire, en définitive, aux chances de combustion plus ou
moins complète auxquelles ils sont soumis.
Les gaz dégagés sont : l'acide carbonique, l'oxyde de carbone,
l'hydrogène carboné, l'hydrogène phosphoré, le sulfhydrate d'am-
moniaque, etc. Ces gaz se trouvent dans les caveaux de famille
en plus grande quantité que dans l'atmosphère des cimetières ;
mais ils existent également dans celle-ci. Le plus commun est
l'acide carbonique et la quantité de ce gaz dans les tombeaux est
d'autant plus considérable qu'on le recueillé plus profondément.
M. Pellieux attribue la présence de ce gaz dans les caveaux à
trois causes : 1º Les émanations du corps ou des corps contenus
dans le cercueil ; 20 l'acide libre de l'air des cimetières , qui, dans
les temps froids, gagne les parties inférieures ; 3° la construction
des caveaux dans les lieux où auraient existé antérieurement des
fosses communes et où la décomposition des terreaux se faisait
tardivement.
Si les gaz vicient moins l'atmosphère en raison de leur diffu-
sion, l'eau qui imprègne le sol et qui se charge au contact des
cadavres des substances organiques vivantes ou non, mais émi-
nemment nocives, peut devenir une source plus sérieuse de dan-
gers, d'abord parce qu'elle se mêle aux cours d'eau, aux fontaines
et aux puits du voisinage, ensuite parce qu'elle peut porter au
loin l'infection ..
Ce sont des raisons de sentiment que l'on a fait valoir en faveur
de l'inhumation et que l'on a opposées aux partisans de l'inciné-
ration des cadavres ou de la crémation. comme on l'appelle
906 IMPRIMERIE .
aujourd'hui. « Phosphate si l'on veut, mon phosphate m'est
cher : (1) » c'est le dernier mot de ce plaidoyer.
Le système de la crémation passionne aujourd'hui l'opinion. Il
n'est pas douteux pour nous qu'il ne soit un jour adopté, non pas
qu'il nous paraisse le seul praticable, mais parce qu'il fait partie
de l'arsenal où les adversaires des vieilles traditions ont réuni des
armes de toute nature. On a bien dit aussi que l'inhumation
facilitait les constatations juridiques ; mais il est clair que , si la
crémation oblige à l'autopsie et à l'analyse chimique médico
légale préalables, elle aura introduit dans les mœurs un progrés
désirable . Elle se défendrait donc plutôt au nom meme de la
justice. D'ailleurs, la question se simplifie du moment où les par-
tisans se bornent à demander l'autorisation de l'appliquer sans
prétendre en faire une obligation générale.
Falsification des vins. L'Académie reconnaît que la suralcoo-
lisation des vins communs, qui , pour la vente au détail, sont ramenés
par des coupages au titre de 9 à 100%, peut bien donner lieu
à de fâcheux abus, mais qu'aucune preuve scientifique ne l'auto-
rise à dire que les boissons ainsi préparées, bien que différant
sensiblement des vins naturels, soient compromettantes pour la
santé publique. Il n'en serait pas de même des sophistications du
vin par l'acide sulfurique, l'acide acétique, l'acide tartrique, le
tannin, le carbonate de potasse, de soude ou de chaux, l'alun, le
sulfate de fer, et en particulier par la substitution du sulfate de
potasse ou bitartrate de potasse (plâtrage) , condamnées à la fois
par la science et les tribunaux. De même tous les procédés de
coloration artificielle des vins sont coupables et la plupart sont
dangereuses pour la santé. On peut en dire autant des falsifi-
cations de la bière .
Iconologie ( Généralités) . - Cette science consiste à enseigner
les attributs, avec leur signification, des dieux, des hommes, etc. ,
sous des symboles et des figures qui leur conviennent ; explica-
tion des personnifications des passions, des vertus, des vices , des
saisons , des pays, des fleuves, des mers, des sciences, des arts, etc.
Imprimerie [Angl. Printing-house; Allem. Buchdruckerei
(Tech .)- Nous avons dit, tome II p. 776, quelques mots de la com-
position mécanique ; la question a fait peu de progrès. Nous allons
(1) FONSSAGRIVES, Hygiène des villes.
IMPRIMERIE . 907
cependant décrire quelques-unes des machines qui semblent le
plus approcher d'une solution pratique. Examinons donc au point de
vue technique la machine à composer. Ce n'est pas d'aujourd'hui
que de bons esprits se sont préoccupés, en partant de points de
vue différents, de la possibilité d'accélérer la composition. M. Bar-
letti de Saint-Paul employait, dès 1774, des caractères sylla-
biques, tentative renouvelée en 1792 par un imprimeur, Hoffmanr
de Strasbourg, et de nos jours par Marcellin-Legrand et
M. Edouard Joostens. Ce procédé consiste, on le sait, à faire fondre
ensemble les lettres formant des syllabes qui se reproduisent le
plus souvent telles que ment, tion, able, etc., de manière que le
compositeur, au lieu de prendre les lettres une à une, peut en
placer trois ou quatre à la fois en même temps dans son compos-
teur. Ce procédé, qui a été abandonné en France, paraît être
employé avec succès dans la grande imprimerie de M. Tobitt, à
New-York . Mais le desideratum est la composition mécanique,
dont la première idée semble remonter à l'imprimeur Ballanche
qui l'appliqua, mais sans succès, à Lyon vers 1825. Bientôt
suivirent les tentatives de MM. Young et Delcambre (1844) ; de
M. Gobert (la composeuse) ; de M. Lorensen (Exposition de Londres
de 1855) ; de M. Mitchell et de M. Young (1862), et en 1867 de
M. Kasteinber, de M. Flamm en 1878.
Le point de départ de toutes ces machines est, comme nous
l'avons dit, une imitation du clavier d'un piano ; le compositeur
met le doigt sur une touche qui correspond à une lettre et qui la
fait descendre dans un composteur. Ce mécanisme paraît fort
simple mais il se présente des difficultés de diverses natures ; les
lettres sont d'épaisseurs et par suite de poids différents. Si le com-
positeur doit reproduire le mot aimer, il est évident que d'après
les lois de la pesanteur, la lettre m descendra avec plus de rapidité
que la lette i ; et bien que la touche qui correspond à l'i ait été
frappée avant celle de l'm, cette dernière pourra atteindre pendant
sa descente la lettre i, et produire ainsi un engorgement qui aura
pour suite l'arrêt de la machine et une perte de temps . Puis
viennent des difficultés d'un autre genre : les lettres se sont suc-
cédées dans le grand composteur, les mots ont suivi les mots,
mais il s'agit de répartir ces mots en lignes et de faire la justifi-
cation d'après la longueur des lignes de l'ouvrage que l'on compose.
Puis a surgi une autre question, celle de la distribution des carac-
tères, c'est-à-dire de leur placement pour qu'on puisse recommencer
la composition. Mais ne sont-ce pas justement les difficultés qui
stimulent le génie de l'inventeur, et y a-t-il en mécanique une
seule invention qui soit sortie complète des mains de son auteur .
Revenons à la machine à composer, en mettant sous les yeux de nos
lecteurs celle de M. Mitchell, qui, comme on le voit fig. 321, offre
tout à fait l'aspect d'un piano à queue. Le clavier se compose de
908 İMPRIMERIE.
39 touches, qui correspondent à 39 lettres ou caractères placés dans
un composteur vertical à rainures. M. Mitchell a éludé la difficulté
résultant de la pesanteur différente des lettres. Ses caractères
viennent se placer sur un ruban sans fin mis en mouvement par
une courroie de transmission, d'où ils sont conduits à un autre
ruban , celui-ci transversal, et formant l'hypothénuse du triangle qui
ESARD
Fig. 321. Machine à composer de M. Mitchell.
constitue l'ensemble de la machine. Chaque lettre arrivée à desti-
nation pousse en avant celle qui précède, et elles viennent ainsi
toutes se placer en ordre sur une roue à rochet à laquelle on a donné
le nom de setting wheell, roue à composer. Cette roue place avec
une grande rapidité les mots dans un composteur ayant environ
75 centimètres de longueur, où un compositeur vient les prendre
pour en former des lignes de la justification voulue . Le composi-
teur pourrait faire partir 6 lettres par seconde, ce qui représenterait
21,600 caractères par heure ; mais comme les doigts de l'homme
ne peuvent atteindre une semblable rapidité, et qu'il faut tenir
compte du temps nécessaire pour la justification et la correction,
on peut évaluer à 24 ou 25,000 lettres par jour le travail moyen
d'un compositeur d'une habileté ordinaire, ce qui est environ le
Fig
àc322.
.Machine
Young
M.
de
omposer
IMPRIMERIE .
909
910 IMPRIMERIE .
double du travail effectué par un compositeur travaillant à la casse
en usage. Deux compositeurs pouvant travailler à chaque machine,
la production journalière d'une semblable machine à composer
serait de 50.000 lettres par jour. Nous avons donné, tome II,
page 776, la description et le dessin de la machine à distribuer
de M. Mitchell, nous ne reviendrons pas sur cette partie du travail
typographique.
La machine Young (fig. 322) représente plutôt un piano droit. Les
touches du clavier font sortir les types de leur réservoir (chaque
type a un réservoir séparé) et un levier pousse les caractères dans
une conduite suivant un plan incliné. On évalue, et ici il y a sans
doute de l'exagération, à douze mille le nombre de caractères qui
peuvent être levés par heure. Il suffit d'un seul apprenti pour
entretenir de lettres les machines à composer. Un appareil à
justifier est le complément de cette machine et remplace le com-
posteur ordinaire. L'ouvrier qui justifie piace une des longues
lignes dans l'appareil, lui donne la longueur nécessaire, la justifie
et puis à l'aide d'une manivelle la fait passer sur la galée faisant
ainsi place à la ligne suivante. On évalue à six à huit mille le
nombre des caractères qui, par ce moyen, seraient justifiés en
une heure. Comme complément de sa machine, Young a aussi
inventé une machine à distribuer ; mais , tout examen fait en ce qui
concerne cette partie du travail du typographe, notre opinion est
que le travail manuel sera toujours plus prompt et plus correct
que celui d'aucune machine.
Machine à composer de Flamm (fig . 323.) Mouvements et travail. --
Après avoir disposé sur le porte-moule un carton lisse recouvert
d'une feuille de papier de chine non collé, recouverte elle-même
d'une feuille de papier encrée, le tout tendu sur le porte-moule
au moyen des deux lames, et après avoir soigneusement réglé le
foulage, on émarge le chariot, en l'attirant à droite un peu au-
delà du commencement de la ligne, pour ensuite le mettre exacte-
ment au point avec un bouton qui se trouve saillant dans la
plaque de couche en fonte, entre les rails fixes, par un mouve-
ment vers la gauche ; cette précaution est d'urgence pour obvier
aux effets nuisibles produits par l'usure des vis. On avance ou
l'on recule longitudinalement le porte-moule pour faire coincider
la première ligne de la page, avec une gradation désirée du
disque, dont on prend bien note; puis on commence le travail, en
appelant avec la main droite posée sur le volant, la première
lettre devant le repère fixe.
En attirant vers soi la poignée du levier-moteur avec la main
gauche, l'arbre transversal situé sous le volant fait une révolu-
tion complète ; les excentriques qu'il porte produisent successive-
ment les mouvements nécessaires dans l'ordre suivant : 1º L'arrêt
tranchant tombe dans le cran, fixe et corrige la position du volant
X
T
a
8
9
8
9
e
e
9
9
8
d
2
He
X
A G
A
C A
E E
P
M
I H
2
Z
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IMPRIMERIE.
A.
.
[Link]
Fig
b3ettres
.A
Flamm
M.
de
mécanique
vCompositeur
B
fonte
ren
;C
,màlmanipulateur
sur
23.
âti
éservoir
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onté
rails
D
B
volant
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E
chariot
du
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,pporte
;F
transversal
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orte
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longitudinal
dmouvement
H
F
chariot
au
;I,bfixée
d'interlignement
vis
la
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gradué
des
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chiens
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E
chariot
au
,hattaché
;L
l'hélice
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s'engrenant
com-
bronze
en
tochets
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engrenage
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l'aiguille
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M
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L
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sur
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T
E
chariot
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B
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du
tranchant
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V
volant
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périphérie
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mplificateur
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marteau
le
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,pN
;Z
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secteur
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ar
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la
sur poinçon
du
débrayage
mprimeur
oinçon
-;e,pfrappante
.,sonnerie
d'avertissement
f
911
912 IMPRIMERIE.
et de la lettre appelée (lorsqu'on éprouve une opposition , c'est
le signe que la lettre appelée n'est pas bien à sa place, on l'y
remet en mouvant un peu le volant et la voie sera libre) ; 2° le
marteau frappe la vis, par suite le moule aura marché à gauche
pour la moitié de l'espace demandé par l'œil de la lettre, l'aiguille
justificatrice en aura enregistré la valeur ; 30 la lettre s'abaisse
et se retire, après avoir produit son empreinte, cette action sera
visible par la frappe de la pointe du levier sur la tablette; 4° le
marteau se retire, le chariot et l'aiguille justificatrice auront
accompli la seconde moitié du voyage ; 50 l'arrêt tranchant se
retire du cran et met le volant en liberté.
Pendant qu'on repousse le levier-moteur en arrière avec la
main gauche, on appelle avec la droite une nouvelle lettre devant
le repère et l'on répète le même mouvement en avant du levier
moteur, et ainsi de suite pour toutes les autres lettres à imprimer.
Après la composition d'un mot on amène une espace devant le
repère qu'on traite comme les lettres ; le chariot voyagera pour
la valeur voulue sans recevoir une empreinte. On continue ainsi
la composition de la ligne jusqu'à ce que le timbre avertisse que
le moment de la justification est arrivé ; après avoir achevé le
mot commencé, il faut débrayer le poinçon imprimeur, glisser et
fixer le marqueur sur l'échelle vis-à-vis de l'aiguille indicatrice,
afin de connaître exactement le point où la composition est
arrivée.
Justification . - A partir de ce moment il faut apprécier à peu
près le nombre de lettres qu'on pourrait imprimer et d'espaces à
interjeter dans le vide pour finir bien la ligne. Ceci étant fait
on continue à blanc la composition ; ou on tombe juste, ou trop
loin ou trop court ; dans ces deux derniers cas il faut répartir la
différence en plus ou en moins sur les espaces à interjeter, et
après le compte fait, on recule le chariot à droite au-delà du
point marqué et on le ramène avec précaution vis-à-vis du point,
on engrène le poinçon et l'on compose la fin de la ligne sans
précipitation . Quelques jours de pratique suffisent pour obtenir
toujours une justification rigoureusement exacte.
Machine à composer de M. Fraser. M. Fraser a fait une
machine entièrement nouvelle , disposée pour composer les cinq
principales dimensions de caractères , et par une opération telle-
ment simple qu'une jeune fille d'une éducation moyenne la fait
fonctionner d'une manière très satisfaisante. Le mode d'action
consiste en un jeu de touches assez nombreuses ; les claviers des
appareils à composer et à distribuer sont identiques. Ils distri-
buent les caractères d'un usage ordinaire, variant de dimension
suivant les besoins de la composition et la nature même des types ;
deux machines par exemple, suffisent pour classer et distribuer,
depuis le petit cicéro jusqu'à la moyenne inclusivement.
INCENDIE . 913
L'opération n'exige aucun calcul, et la vitesse de la machine
n'est limitée que par l'habileté de l'opérateur à presser les tou-
ches ; on peut l'évaluer dans la pratique à 10,000 ou 12,000 carac-
tères distribués à l'heure.
La machine est construite de manière à placer les carac-
tères soit en ligne de la largeur de la page ou de la colonne
à imprimer, soit en longues files que l'on partage ensuite en
lignes de longueur voulue ; le grand avantage de cette dernière
disposition, c'est d'économiser le temps dépensé à espacer les
lignes courtes , et de pouvoir doubler le travail, à moins que la
machine elle-même ne soit chargée de régler l'espacement des
lignes.
Les caractères sont contenus dans les compartiments d'un
casier préalablement remplis par la machine à distribuer. Les
lignes de caractères sont pressées à l'avant des cases par des
cales mobiles en métal reliées par des cordes aux cylindres ,
armés chacun d'un ressort suffisamment fort pour presser la
ligne de caractères contre le buttoir chargé d'amener le carac-
tère le plus rapproché au-dessus d'une ouverture pratiquée à
l'avant du casier. C'est la pression du ressort agissant par der-
rière qui empêche le caractère de tomber. Les séparateurs ou
buttoirs portent un épaulement qui s'étend suffisamment en
arrière et au-dessus du caractère pour n'en toucher qu'un seul à
la fois et le faire descendre. Les touches du clavier sont
reliées par des manivelles aux buttoirs et lorsqu'on vient à en
presser une, elle fait baisser le buttoir correspondant qui en-
traîne avec lui le caractère le plus rapproché de la ligne, et le
fait descendre par la plaque à rainures jusque dans le compos-
teur. Aussitôt que le doigt a quitté la touche du clavier, un
ressort à spirale placé au-dessus du buttoir ramène ce dernier à
sa position primitive, et le caractère à la suite prend la place de
celui qui vient de partir. Au-dessous des manivelles se trouve
une traverse à laquelle est fixé un autre buttoir agissant à
chaque pression de touches sur une cale qui pousse en avant les
caractères au fur et à mesure qu'ils atteignent le composteur et
se charge ainsi de préparer l'emplacement à la lettre qui va
suivre.
Incendie [Angl. fire escape ; Allem. die Sackleiter] ( Tech. ) .
(Appareils de sauvetage et appareils avertisseurs d') . - AVERTISSEUR
ÉLECTRIQUE D'INCENDIE. Système A Loppens . - Un horloger de
Gosselies (Belgique), M. A. Loppens, a imaginé un appareil destiné
à indiquer immédiatement un commencement d'incendie . Ce
nouvel avertisseur présente de grands avantages sur tous les
appareils proposés pour le même objet. L'avertisseur Loppens
comprend trois parties distinctes ; la première se compose des piles
914 INCENDIE .
را
Fig. 324. Sonnerie de l'avertisseur.
f
j
4
a j
00
f
f
m
१
h
Fig. 325. Thermomètre bi-métallique en acier et zinc.
INCENDIE. 915
Légendes des figures 324 et 325.
Fig. 324 . aa' , serre - fils servant à raccorder les fils conducteurs, dont l'un
(a) est en contact avec la pile et l'autre (a' ) avec le thermomètre métallique ;
bb, bobines à électro-aimants ; c, baguette de fer servant à mouvoir la tige
d lors du contact opéré par l'action des électro-aimants ; d, tige qui enraye
le mouvement du volant ; e, volant servant à régler le mouvement de la son-
nerie et destiné à maintenir l'appareil à l'état de repos quand la tige dem-
pêche sa rotation ; f' , roue dentée agissant directement sur le marteau de la
sonnerie ; fff. roues dentées ; g, barillet ou tambour sur lequel s'enroule la
corde h ; h, corde qui soutient le poids moteur ; i, timbre de la sonnerie. La
position inclinée de ce timbre permet de voir la tige du marteau ; jj, pièces
en fer servant de bâti à l'appareil.
Fig. 325. Thermomètre bi-métallique en acier et zinc ; a, point d'attache
de la tige ; b, tige bi-métallique. L'épaisseur de la tige a été exagérée sur la
figure pour mieux faire comprendre la constitution de cette tige. Le zinc est
à la partie convexe, l'acier à la partie concave ; ,c talon métallique en fer
platinė ; d, point d'attache servant de support à la vis e ; e, vis d'adhérence
pouvant régler la sensibilité de l'appareil ; f, planchette servant de support
au thermomètre métallique.
destinées à établir le courant ; la seconde est une sonnerie à poids,
et la troisième, qui constitue l'un des organes les plus importants
du système, est un thermomètre métallique d'une construction
spéciale. La sonnerieest en tout semblable aux sonneries d'horloges.
Le poids qui sert de moteur à l'appareil est suspendu à l'extrémité
d'une corde (fig. 324) qui s'enroule à la surface d'un cylindre
horizontal g. Le poids tendant à descendre imprime à ce cylindre
ou barillet gun mouvement de rotation qui se transmet au reste
du mécanisme, lequel se compose de roues dentées fff et de
pignons de transmissions. L'une des roues f' munie de large dents
agit directement sur sa tige qui commande le mouvement d'un
evier terminé à la partie supérieure par un marteau, lequel frappe
le timbre i à chaque échappement. La régularité du mouve-
ment est assurée par l'emploi d'un volant ou moulinete fixé à la
partie supérieure de l'appareil. Ce régulateur engrène avec la
dernière roue dentée .
Quand cette sonnerie est en mouvement, elle produit une succes-
sion de vibrations dont l'effet est assez puissant pour réveiller une
personne fortement endormie ; c'est sur ce principe qu'on cons-
truit les réveils. A l'état de repos, la sonnerie est arrêtée par une
tige métallique horizontale d qui empêche le volant de tourner.
La baguette de fer doux c qui touche à cette tige horizontale d
doit nécessairement la déplacer vers la droite chaque fois qu'elle-
même est attirée dans cette direction par l'action des électro-
aimants bb . Ces électro-aimants sont en communication avec la
pile électrique, par les attaches ou serre-fils aa. La troisième
partie est un thermomètre métallique d'une sensibilité très grande
916 INCENDIE.
(fig. 325). Il se compose d'une tige arquée é, fixée à l'une de ses
extrémités a et libre au bout opposé. Cette partie de la tige est
armée d'un petit talon de platine c, lequel sert de point de contact
entre la tige métallique et la vis d'adhérence e, dès que se
produit la dilatation de l'arc thermométrique. Cet arc thermomé-
trique b se compose d'une tige bi-métallique formée de zinc et
d'acier. Ces deux métaux possèdent un pouvoir de dillatation très
différent.
Le coefficient de dilatation de l'acier est 11 à 12 tandis que celui
du zinc est de 20 à 30. Le zinc subissant une dilatation linéaire
très grande, laquelle n'est pas suivie par celle de l'acier, l'arc
métallique se courbe et le contact s'établit aussitôt avec la vie
d'adhérence. La courbure s'obtient avec une rapidité très grande.
Le fonctionnement de l'appareil est facile à saisir : on met la
sonnerie en communication avec l'un des pôles de la pile, au
moyen d'un fil isolé, qu'on attache au serre-fil a. Un second ajus-
tage a' permet de fixer le fil qui établit la communication entre
la sonnerie et le thermomètre métallique. L'attache se fait à l'une
des extrémités a de la tige bi-métallique. De l'extrémité d
opposée de cette tige part un second fil conducteur qui est fixé
à l'autre pôle de la pile.
A l'état de repos le talon c platiné ne touche pas à la vis d'ad-
hérence e ; il y a donc interruption du circuit et le courant ne
passe pas. Les électro-aimants ne fonctionnant pas, la tige d qui
a pour objet d'arrêter la marche du volant e empêche tout le
mécanisme de marcher. Mais si par suite de la dilatation, l'arc
bi-métallique 6 vient à se courber, le contact se produit aussitôt ;
le talon c touche à l'extrémité de la vis e et le courant passe,
car le circuit est complet. Les électro-aimants agissent et la
baguette de fer e vient adhérer aux bouts de leurs amatures . Ce
mouvement fait glisser à droite la tige horizontale d le volant
est dégagé, il tourne librement et tout le mécanisme de la son-
nerie fonctionne sans obstacles. Le thermomètre de M. Loppens
est d'une sensibilité extrême et la moindre élévation de tempéra-
ture provenant soit du contact d'une flamme ou de la réverbération
d'un foyer détermine la courbure de l'arc bi-métallique.
Des progrès considérables, et dont la plupart sont tout nouveaux
et très peu connus, ont été réalisés ces dernières années dans la
pratique pour l'extinction des incendies, et nous sommes bien loin
de l'époque où des moyens très primitifs , si primitifs qu'ils
exciteraient l'hilarité si l'on venait à les décrire, étaient le seul
obstacle à opposer au fléau dévastateur. Plusieurs de ces moyens
sont entièrement, nouveaux ; d'autres, par leur simplicité même,
sont destinés à être répandus avec quelque utilité parmi les
personnes qui s'occupent de construction ou d'organisation d'éta-
blissements industriels .
INCENDIE. 917
Appareil indicateur des incendies. Parmi les objets qui figu-
raient à l'Exposition de 1878, nous avons remarqué une appli-
cation ingénieuse du
thermomètre , com- 72
biné avec une dispo- 61
sition mécanique qui
a pour but de mettre 56.
M
en garde contre les
48
incendies ; elle est
due à M. le général
Arbuckle, de l'artil-
lerie royale d'An-
d'incendies
avertisseur
G
Appareil
gleterre, et à son fils
Centigrades
M. le capitaine Ar-
.-
buckle. L'appareil
2
met en marche un
avertisseur dès qu'un
O
degré de chaleur
fixé, d'avance s'est K
manifesté dans une
partie quelconque
d'un appartement.
Comme on le voit ,
cet appareil est pro- مهللا
pre à prévenir de
l'existence d'un com-
mencement d'incen-
die et peut préserver
ainsi de catastrophes
Fig
.326
B
qui ont souvent pour
conséquence la mort
de plusieurs per
sonnes et la perte
d'immeubles impor-
D
tants.
Deux dispositions
sont proposées par
les inventeurs . L'une
est représentée fig.
A
326 : A B, réservoir
d'un thermomètre ;
CD, tube dans le-
quel le mercure monte et descend; l'échelle s'étend de 8 à 56
degrés centigrades pour 0m,035 de hauteur ; E, flotteur qui
sert de contre- poids aux poids Fet G. Lorsque le mercure monte
ou descend , le poids G fait tourner l'aiguille L ; s'il monte au- delà
IVe VOLUME . 11
L
918 INCENDIE .
d'un certain point (1), le poids Fagit sur la tige H. K est une
sphère de cuivre qui par une disposition spéciale peut prendre un
mouvement latéral; elle est en équilibre sur le triangle N, qui lui-
même repose sur la surface concave O. P Q est un tube contenant
une certaine quantité de mercure. Il est relié au triangle N. Le
mouvement est produit lorsque le mercure se dilate par l'éléva-
tion de la température. La boule K est lancée contre un poids W,
dont elle détermine la chute et qui, en tombant, met en branle
une sonnette d'alarme d'une force quelconque.
C
Aリ B
Fig. 327. Appareil avertisseur d'incendies, autre disposition.
Dans la seconde disposition (fig. 327), A et B sont des boules
de verre mises en communication par le tube D. A contient du
mercure et une autre substance que l'auteur n'indique pas. B
contient seulement une certaine quantité de cette substance. Ces
boules sont placées horizontalement comme dans la figure. Dès
que l'air s'échauffe dans le voisinage de A, le mercure est poussé
de A en B , et l'équilibre est détruit ; pour le reste la disposition
est la même que celle indiquée dans la figure précédente.
De la prévention des incendies au point de vue de la construction.
La construction des bâtiments véritablement fire-proof est très
usitée en Angleterre, parce que la fonte et la brique y sont à des
prix sensiblement plus bas que dans notre pays, et elle y a acquis
un grand développement. Un nouveau mode de construction qui
permet de supprimer les grands voûtages, toujours difficiles à faire
et quelquefois dangereux, et de les remplacer par de petites voûtes
transversales d'une ouverture trois ou quatre fois moins grande, a
puissamment contribué à répandre ce genre de construction, qui
offrait auparavant de sérieuses difficultés et beaucoup moins de
sécurité. Un des meilleurs moyens pour empêcher la propagation
du feu, sont les plafonds. On fait quelquefois aux endroits dange-
reux, des plafonds sur treillage en fil de fer, mais ils sont plus
chers que les plafonds sur lattes de bois ; ceux-ci, lorsqu'ils sont
(1) L'aiguille Lest en contact avec la tige H, ce qui n'est pas indiqué sur le
dessin de la fig. 326.
INCENDIE . 919
bien faits, sont très suffisants, et peuvent résister pendant très
longtemps à l'action d'une forte chaleur et même des flammes. A
côté du danger causé par l'absence de plafonds, il ne faut pas
oublier de citer la corniche, qui neuf fois sur dix propage le feu.
On devrait s'interdire de construire des corniches en bois ou de
faire dépasser les chevrons des toits ; l'aspect des bâtiments en
souffrirait peut-être, mais cet inconvénient serait largement com-
pensé par les avantages qu'on en retirerait. Du reste, la règle
importante c'est que les corniches doivent toujours et dans tous
les cas être faites en briques ou en matières incombustibles.
De bons murs de feu doivent être construits en briques. En cas
de feu, le moellon est détérioré et les murs (principalement ceux
qui supportent des scellements) sautent facilement. Ces murs de
feu, quand ils sont placés à l'extrémité d'un bâtiment, doivent être
assez épais pour qu'un homme puisse à la rigueur, s'y tenir debout
tout seul ; on peut risquer sans cela de terribles accidents (1 ).
Il est essentiel, et cependant cela ne se fait presque jamais, de ne
pas faire passer des poutrages à travers un mur de feu. Les pannes,
ainsi que les lattes des toitures, devront être coupées à fleur du
mur, et si, pour une raison quelconque, on ne veut pas faire
dépasser le mur de feu au-dessus des tuiles, il est nécessaire que
celles-ci soient placées sur le mortier même afin que le feu ne
puisse pas se propager par les lattes de la toiture. Depuis quelques
années déjà, partout où l'on a construit des murs de feu, les
pannes reposent sur des petits supports en fonte scellés contre
chaque côté du mur. Un mur de feu qui a des ouvertures fermées
par des portes en bois, ne remplit pas le but voulu. Il faut que
toutes les ouvertures puissent être fermées à l'aide de portes en
fer bien construites. La disposition vicieuse des becs de gaz peut
aussi être une cause fréquente d'accidents. Nous nous bornerons
à dire qu'ils doivent être montés sur de longs bras très éloignés
des cloisons ou des piliers contre lesquels ils sont attachés. On évi-
tera ainsi de mettre le feu à la cloison ou au support et de fondre
le tuyau même d'arrivée du gaz, qu'on a le tort de faire en cet
endroit en plomb, au lieu d'employer du fer.
Nous terminerons l'énoncé de ces quelques conseils par la
recommandation de bâtir bien isolés et de diviser autant que
possible en plusieurs parties les bâtiments où les risques d'incendie
sont les plus grands. Les séchoirs, les étendages sont, ainsi que les
théâtres , appelés à brûler fréquemment puisqu'ils sont en quelque
sorte prédestinés à être incendiés (ce que prouve du reste l'élé-
vation des primes) , disposons-les donc de manière à ce qu'ils
puissent brûler en faisant autour d'eux le moins de mal possible.
C'est pour cette raison que le grand bâtiment servant d'oxyda-
(1) L'incendie du grand Opéra de Paris nous en a donné un exemple.
920 INCENDIE.
tion dans une fabrique d'indienne, ayant été récemment recons-
truit à la suite d'un sinistre, a été divisé en sept compartiments
séparés tous par des murs de feu dépassant le toit ; il est probable
que là au moins il n'y aura plus à craindre de sinistre général.
Les sinistres partiels qui pourraient y éclater seront promptement
maîtrisés ; en outre, les poutrages sont disposés de manière à
tomber facilement et sans détériorer les murs ; on voit par là que
la prévoyance trouve à s'exercer même en vue des sinistres.
Pompes à incendie. Il ne convient pas de recommander
l'emploi d'extincteurs pour les maisons d'habitation, mais il n'en
est pas de mème de l'emploi de certaines petites pompes à incendie,
qui devrait se trouver plus répandu .
Assurances contre l'incendie . « L'expérience a prouvé sura-
bondamment que la plupart des discussions et des procès auxquels
donnent lieu les assurances contre l'incendie, auraient pu être
évités par une rédaction de Police plus étudiée et mieux comprise.
Il en est de même de beaucoup de pertes que subissent les
sinistrés , et qui proviennent trop souvent de leur ignorance et de
leur incurie. Nous pensons donc rendre service aux assurés, en
portant à leur connaissance les quelques renseignements qui vont
suivre.
Le principe des assurances contre l'incendie est aujourd'hui si
généralement compris, qu'il serait inutile d'en faire l'apologie ;
nous nous bornerons donc, dans ce travail, à donner aux proprié-
taires les renseignements et les conseils que nous pensons leur
être utiles pour la rédaction des Polices et pour le réglement des
sinistres . Nous devons toutefois commencer par exprimer le regret
de voir encore l'assurance contre l'incendie négligée par beaucoup
de propriétaires de la campagne et surtout par le petit propriétaire
mobilier, soit la classe ouvrière . Il serait vivement à désirer que
les maires de village par exemple, usassent de leur influence pour
qu'aucun de leurs administrés ne restât inassuré, et les assurances
collectives qui sont pratiquées dans les établissements industriels ne
le seraient pas moins utilement à la campagne et encore dans les
villes où les ouvriers qui sont disséminés et ne possèdent pas
d'immeubles, ne s'assurent pas par diverses raisons. Une Société
de bienfaisance pourrait, avec un revenu annuel de 500 à 550 francs,
assurer contre l'incendie et, par suite, contre la ruine, 500 ouvriers
ayant en moyenne chacun un mobilier de 800 francs.
-
COMMENTAIRE. Dégâts qui ne sont pas causés par l'incendie.
Les dégâts occasionnés par la foudre, l'explosion ou toute autre
cause, sont exclus de l'assurance contre l'incendie ; l'assuré n'a
droit qu'à la réparation du dommage causé par l'incendie qu
pourrait être la suite de ces accidents . Les dégâts que l'expertise
prouve avoir été causés par ces derniers, et non par l'incendiequi
INCISION . 921-
s'en est suivi , restent à la charge de l'assuré, à moins d'assu-
rance spéciale contre ces accidents .
Risque locatif. Les art. 1733 et 1734 du Code civil portent
cequi suit :
Art. 1733. - Le locataire répond de l'incendie, à moins qu'il ne
prouve que l'incendie est arrivé au cas fortuit, ou par vice de
construction, ou que le feu a été communiqué par une maison
voisine.
Art. 1734. S'il y a plusieurs locataires, tous sont solidaire-
ment responsables de l'incendie, à moins qu'ils ne prouvent que
l'incendie a commencé dans l'habitation de l'un d'eux, auquel cas
ceux-là ne sont pas tenus. Il est donc évident que tout locataire
doit s'assurer contre la responsabilité que lui impose la loi.
En principe rigoureux, le chiffre à assurer par chaque locataire
devrait être égal à la valeur de l'immeuble et de son contenu
mobilier ; l'expérience a démontré cependant qu'en moyenne
l'assurance d'une somme représentant quinze fois la valeur du
loyer annuel suffisait, quand il y avait plusieurs locataires à
convrir l'assuré. Dans ce cas d'une assurance de quinze fois le
loyer annuel, les Compagnies s'engagent à payer, s'il y a lieu , la
somme totale assurée, et renoncent à l'application de la règle
proportionnelle , dans le cas d'assurance insuffisante.
La prime à payer pour le risque locatif se résume comme suit :
1. Si l'assurance se fait par la Compagnie qui assure déjà
l'immeuble, moyennant le quart de la prime payée par le proprié-
taire, sans cependant que cette prime puisse être inférieure à dix
centimes par mille francs.
2. Si l'assurance se fait par une autre Compagnie, moyennant
la prime entière afférente au risque pour les usines et fabriques ,
et moyennant les trois quarts de la prime pour les autres im-
meubles, sans toutefois que le taux de la prime puisse être inférieur
à vingt-cinq centimes par mille francs.
3. Sont affranchis du risque locatif, moyennant une déclaration
à mentionner soit dans la Police, soit par avenant :
Les associés d'un établissement, lorsque l'immeuble appar-
tient à l'un d'eux ; les héritiers directs, lorsqu'ils occupent les
bâtiments à titre gratuit, qu'ils n'y exercent aucune industrie
pour leur compte personnel ; les employés ou ouvriers d'un
Stablissement, lorsqu'ils sont logés à titre gratuit.
Nous avons publié en 1868 dans les Annales du Génie Civil une
instruction très complète pour les assurances contre l'incendie,
nous y renverrons nos lecteurs, regrettant de ne pouvoir l'insérer
ici complètement à cause de son trop grand développement.
Incision [Ang. incision ; Allem . Schnitt.] ( Chirurgie). - Opé
922 INDUSTRIES INSALUBRES .
ration douloureuse qui consiste à ouvrir, à l'aide du scapel, une
plaie pour en faire sortir le pus et les matières étrangères .
INCISION (horticulture) . - On appelle ainsi des fentes que l'on
pratique , soit avec la serpette, soit avec le greffoir, dans les
diverses parties de l'écorce des végétaux, tantôt afin d'en arrêter et
d'en détourner la sève et de la pousser sur certaines autres,
tantôt au contraire, dans le but d'en favoriser la marche. Les
incisions suivant la direction qu'on leur donne, présentent
quelques légères différences et portent aussi différents noms;
ainsi il y en a de longitudinales, de transversales, etc.
Industries insalubres (Tech.) . Les établissements
insalubres ou incommodes sont divisés en trois classes et se
trouvent soumis à l'autorisation administrative. Or, de nombreux
arrêts ont décidé que cette autorisation, accordée sans préjudice
du droit des tiers, laissait à ces derniers la faculté de demander
des dommages-intérêts en réparation du préjudice causé par le
voisinage de tels établissements; il résulte également de ces
arrêts qu'une indemnité peut être due alors même que l'industriel
se serait strictement conformé aux conditions énoncées dans
l'arrêté d'autorisation. Quant aux établissements qui ne sont point
soumis à l'autorisation administrative, ils jouissent d'une immu-
nité plus grande. Pour que les voisins puissent obtenir des
dommages-intérêts, il ne suffit pas que l'exploitation de l'industrie
puisse les gêner, il faut encore que l'exploitation soit abusive. La
Cour d'Alger a rendu dans ce sens un arrêt que nous allons citer.
Dans l'espèce soumise à cette Cour, il s'agissait d'un ferblantier
martelant incessamment des feuilles de tôles pour fabriquer les
objets de son commerce; il résultait des procès-verbaux dressés
par le commissaire de police que ce ferblantier travaillait avec six
ou sept ouvriers. Aussi la Cour s'est-elle fondée, pour condamner
cet industriel à des dommages-intérêts , sur ce que le bruit produit
par lui ou par ses ouvriers était intolérable, qu'il empêchait les
demandeurs de travailler et rendait leur demeure inhabitable;
que le ferblantier, en agissant ainsi, avait causé aux demandeurs
un préjudice dont il leur devait réparation aux termes de l'article
1382 du Code civil.
Assainissement des ateliers d'affinage d'or et d'argent.- L'assai-
nissement des ateliers d'affinage, l'une des professions les plus dan-
gereuses pour les industriels qui l'exercent, pour les ouvriers et pour
les voisins, est dû tout entier à Darcet, qui a aussi rédigé des
instructions officielles sur cet assainissement. Le bel et vaste
atelier de M. Poisat, Saint-André et Cie, est le premier où ces
procédés complets d'assainissement aient été appliqués, et il est
impossible aux voisins de s'apercevoir qu'ils sont auprès d'un ate-
lier où des masses énormes de matières sont affinées chaque jour.
INDUSTRIES INSALUBRES. 923
L'affinage est l'art de traiter les matières d'or et d'argent, pour
les séparer les unes des autres et des métaux auxquels elles sont
mélangées . Il consiste à former un alliage dans lequel entre une
certaine proportion d'argent et de cuivre, proportion la plus favo-
rable à la complète séparation de l'or et de l'argent. Ensuite on
grenaille cet alliage que l'on a fondu, en le coulant rouge dans
l'eau froide, pour le diviser et le rendre,très attaquable aux acides .
On place cette grenaille dans des chaudières de platine closes et
munies d'un chapiteau et d'un tuyau pour la sortie des vapeurs .
On y jette de l'acide sulfurique à 66 degrés, que l'on a porté à
un degré supérieur de concentration par une ébullition nouvelle.
Cet acide dissout l'argent et le cuivre que l'alliage contient, et
dégage de l'acide sulfureux provenant de la décomposition de
l'acide sulfurique par l'argent et le cuivre, et des vapeurs char-
gées d'acide sulfurique. Tout l'argent et le cuivre sont dissous, et
l'or que peut contenir l'alliage reste non dissous dans la chau-
dière, où on le traite une seconde fois par de l'acide nouveau.
Les chaudières de platine sont placées sous une hotte ventilée
par la cheminée générale de l'établissement, pour que les gaz et
les vapeurs dégagés en ouvrant les cornues ne s'échappent pas
dans l'atelier. Puis on lave l'or à l'eau, et on le met en masses
compactes en le comprimant à la presse hydraulique ; on le fond
enfin dans des creusets réfractaires. L'argent est séparé de la
dissolution acide par du cuivre métallique ; on le lave, on le com-
prime à la presse hydraulique, et on le fond dans des creusets en
fer forgé ou en terre réfractaire. Ainsi les vapeurs incommodes
et dangereuses que cette industrie émet, et qui nuisaient grave-
ment aux propriétés voisines, sont de l'acide sulfureux chargé
d'une grande quantité de vapeurs sulfuriques .
Le système créé par Darcet pour assainir le travail de l'affinage
consiste à condenser les vapeurs acides en faisant passer les pro-
duits sortant des cornues en platine dans de gros tuyaux en
plomb, entourés d'eau, et dans cinq ou six grands tambours en
charpente garnis intérieurement en plomb, remplis à la partie
inférieure d'eau froide, qui passe d'un tambour à l'autre, en des-
cendant et en sens contraire des gaz produits par la distillation.
Les gaz entrent dans chaque tambour par le haut et en sortent
par le bas, à l'angle opposé, de manière à contrarier les courants
et à forcer les vapeurs, qui sont toujours très lourdes, à se con-
denser en passant sur l'eau. Cette eau, chargée d'acide sulfurique,
arrive à un degré de concentration assez fort dans les premiers
tambours , et on l'employe dans d'autres industries, comme la
fabrication du sulfate de fer artificiel, le travail des peaux, etc.
L'acide sulfureux proven ant de la décomposition de l'acide sulfu-
rique par les métaux dissous est ensuite absorbé par de l'hydrate
de chaux placé dans une caisse mue mécaniquement sur son axe,
924 INDUSTRIES INSALUBRES.
ou dans une caisse munie de plusieurs grillages superposés recou-
verts tous de chaux, comme les épurateurs à gaz. Une cheminée
de 55 mètres jette très haut dans l'atmosphère les vapeurs , les
gaz et la fumée du combustible brûlé.
Appareil d'assainissement Darcet. L'atelier de MM. Guichard
et Legendre , où Darcet neveu, créateur de l'affinage par l'acide
sulfurique , réalisa aussi avec avantage les nouveaux procédés
trouvés par lui en 1802, avait donné lieu à des plaintes de la part des
voisins . J.-P. Darcet y établit un système d'appareils d'assainis
ments complet, que les lieux le forcèrent de développer au même
niveau .
Il y avait là huit chaudières de platine avec leurs fourneaux.
Un cylindre en plomb de 0,30 de diamètre, avec pente de
droite à gauche, servit à condenser les premières vapeurs char-
gées d'acide, et reçut les vapeurs et les gaz des huit chaudières.
Un entonnoir en plomb est fermé par un tampon de bois, à
l'aide duquel on introduit de l'eau dans le cylindre pour laver
et emporter le sulfate d'argent qu'y jette quelquefois l'acide bour-
souflé des chaudières. Une cloison transversale en plomb, de 7 ou
8 centimètres de hauteur, arrête, au bas du cylindre, les eaux de
condensation ou de lavage, qui s'écoulent dans le réservoir par un
tuyau de 0,37. Un réservoir en plomb reçoit les condensations et
les lavages du grand cylindre. A la suite est un tambour de con-
densation en plomb. Les vapeurs non condensées dans le cylindre
sortent du premier tambour par un tuyau en plomb, et pénètrent
dans le bas du deuxième tambour, pareil au premier.
Enfin il y a deux caisses tournantes, en plomb, que l'on charge
d'hydrate de chaux, destiné à absorber les parties d'acide non
encore condensées, et l'acide sulfureux. On voit que ces boîtes
tournent sur des moyeux fixes, en fonte, dans lesquels passe le
tuyau en plomb qui amène les vapeurs du premier tambour, et
celui qui les emmène au dehors. Des engrenages et des manni-
velles permettent de faire tourner les caisses, sans gêner le
passage des gaz. En sortant des deux caisses mobiles, les gaz
non condensés, mais désinfectés, sont conduits dans la grande
cheminée de l'usine, où un tirage très puissant les porte au
dehors et à une grande hauteur.
Il ne passe dans ces boîtes tournantes que de l'acide sulfureux,
dont l'hydrate de chaux, toujours agité, s'empare facilement, et il
n'arrive dans la grande cheminée que la petite portion d'air qui a
pénétré dans l'appareil, soit à travers ses joints, soit par les tubu-
lures des chaudières, qu'on ouvre pendant le travail. En ména-
geant convenablement le feu sous les chaudières, et en faisant
suffisamment tourner la caisse mobile, on peut facilement faire
le travail dont il s'agit, sans laisser répandre aucune vapeur
insalubre au dehors de l'atelier .
INDUSTRIES INSALUBRES . 925
Des moyens de salubrité trouvés par Darcet, pour la dorure
au mercure . - Voici les principes qui servent de base à la cons-
truction d'un atelier salubre de dorure, et la manière de les appli-
quer à chaque cas particulier. Le doreur qui veut monter un
atelier doit choisir un local assez grand , exposé au nord ou au
levant, bien aéré et bien éclairé . La cheminée de l'atelier doit être
large, et avoir au moins 5 ou 6 mètres de hauteur ; elle doit
dépasser de 2 ou trois mètres les toits voisins, à une assez grande
distance; elle ne doit recevoir aucun tuyau de poêle ni aucune
cheminée dans sa hauteur, et ne servir qu'à la forge seule. Si la
cheminée est obstruée de mitres et de tuyaux, on les enlève, pour
les remplacer par un chapeau horizontal en tôle.
Le tirage n'est que l'effet produit par l'action de la pression de
l'air dans la cheminée. Pour l'obtenir et qu'il soit puissant, il faut
échauffer l'air dans le tuyau, et laisser affluer l'air du dehors
pour remplacer celui qui est toujours entraîné vers le haut du
bâtiment, l'air introduit dans une chambre qui fume, par l'ouver-
ture des portes et des croisées, est trop abondant, et forme
surtout des courants rapides, qui s'opposent souvent à l'effet à
produire. Il vaut mieux installer en haut de chaque fenêtre un
bon vasistas à soufflet, s'ouvrant en dedans, et avec lequel on
règle à volonté l'air extérieur, qui se mélange à l'air le plus
chaud de la pièce sans abaisser la température de l'atelier ; les
fenêtres et les portes sont ainsi toutes fermées, sans nuire au
tirage de la cheminée ni à la santé des ouvriers. Si on peut tirer
l'air frais d'une cave, c'est une très bonne chose en ayant soin
-
d'en introduire une quantité égale à l'autre bout de la cave. Ces
précautions étant prises pour l'introduction de l'air nécessaire au
tirage, et une hotte étant construite assez large et assez longue
pour recevoir tous les appareils nécessaires, il ne s'agit plus que
de construire sous la forge un petit foyer d'appel, pour échauffer
à volonté l'air de la cheminée.
Le foyer d'appel sert à gouverner tout l'appareil ; on doit
l'allumer tous les jours et utiliser sa chaleur, soit à échauffer le
poêlon au mat, soit à tout autre service utile à l'atelier. La che-
minée du foyer d'appel doit être en brique, assez haute et assez
épaisse pour porter la chaleur à plusieurs mètres de hauteur ;
elle est amenée au centre de la grande cheminée par un tuyau en
tôle de 12 ou 13 centimètres de diamètre, pour diminuer le moins
possible la section de la cheminée Le foyer d'appel brûlera de la
houille, chauffage le plus économique. Le poêle de l'atelier, s'il
est assez grand et muni de bonnes et larges bouches de chaleur,
peut remplacer, en hiver, le vasistas et le foyer d'appel en versant
de l'air dans l'atelier, et donnant un bon tirage dans la cheminée,
avec son tuyau de fumée, qui montera verticalement de 2 mètres ,
au moins et qui aura un coude.
926 INDUSTRIES INSALUBRES .
Pour que le tirage soit très rapide sous le manteau de la forge,
l'ouverture antérieure de celle-ci , où l'ouvrier travaille, doit être
rétrécie par une cloison en plâtre, ou par des châssis vitrés,
s'ouvrant, verticalement, avec des contre-poids et des rideaux qui
servent à régler le tirage suivant le besoin, et à faire avec sécu-
rité et commodément les opérations les plus dangereuses de la
dorure sur bronze. Les figures 328 et 329, tirées de la forge de
Lenoir-Ravrio , représentent d'une manière claire les dispositions
d'une forge de doreur complète et parfaitement salubre. On
y voit les châssis vitrés, les contre-poids et les rideaux de
Fig. 328 et 329. Disposition salubre d'une forge de doreur.
toile, le foyer d'appel avec ses détails , portant le poêlon au
mat, la forge où est allumé le charbon de bois, le baquet à
dérocher , et celui à tremper les objets au mat. Une forge com-
plète doit avoir au moins six divisions, séparées par des cloi-
sons verticales , mais soumises au même appel de la cheminée
générale et du foyer d'appel.
Le combustible placé sur la grille du foyer d'appel brûle à
flamme renversée. Nous n'entrerons pas dans le détail de la
marche que doit suivre l'ouvrier dans son travail ; on doit laisser
toujours refroidir les pièces sous le manteau ventilé, et ne passer
à une autre opération que quand les pièces sont parfaitement
refroidies , sous la hotte à ventiller. Toutes les opérations acces-
soires auxquelles sont soumises ces pièces dorées sont faites avec
INDUSTRIES INSALUBRES . 927
les mêmes précautions de salubrité que celles dont nous avons
parlé. On a pensé qu'en supprimant le mercure du travail de la
dorure, on rendrait cette industrie salubre : c'est une erreur, car
les causes d'insalubrité de ce travail, sont, en grande partie,
indépendantes du mercure. D'ailleurs, tous les efforts faits pour
dorer à chaud sans mercure ont été tout à fait infructueux. On
doit insister beaucoup sur la nécessité, pour les ouvriers , de se
laver avec soin en finissant leur travail, et de ne jamais manger
dans l'atelier ; avec ces soins, l'industrie de la dorure au mercure
sera parfaitement salubre. Les eaux acides du dérochage détrui-
raient bien vite les égouts et la voie publique, on doit les saturer
avec de la craie, avant de le laisser couler au dehors .
La dorure au trempage, employée pour les bijoux de cuivre, se
fait en les plongeant parfaitement décapés, dérochés et avivés,
dans une dissolution bouillante de chlorure d'or, dans un carbo-
nate alcalin ; au bout d'une demi-minute, ils ont pris ce qu'ils
peuvent prendre d'or.
Les mesures prescrites par le conseil de salubrité de Paris, sur
le rapport de Darcet, sont : 1º de rétrécir le plus possible l'ouver-
ture de chaque foyer, sans gêner le travail ; 2º de donner à la
cheminée 2 mètres, au moins, au-dessus du faîtage des maisons
voisines; 3º de faire établir un bon foyer d'appel dans chaque
forge, et un bon vasistas à soufflet dans l'atelier ; 4º d'avoir
dans l'atelier un flacon d'ammoniaque, en cas d'accident causé
par des vapeurs nitreuses et du carbonate de chaux, pour saturer
de suite les eaux acides . Les établissements des doreurs sur métaux
sont rangés dans la troisième classe pour l'insalubrité .
Séchage des bâtiments et des murs. - L'humidité des bâtiments
neufs, ou établis dans de mauvaises conditions de salubrité, de
sécheresse, ou sans caves, est une question très importante pour
la santé des personnes qui les habitent, et pour la conservation
des boiseries, des peintures et des papiers de tenture. Dans des
constructions faites sans que l'on ait pris des précautions suffi-
santes contre l'invasion de l'humidité, venant d'un sol trop
humide ou pénétré de sources, ou dans des constructions occupées
trop tôt, outre la destruction. des papiers et peintures, la santé
des habitants est rapidement compromise ; ils sont perclus de
douleurs rhumatismales ou de rhumatismes aigus .
Un bon bétonnage et l'exhaussement de la construction au-
dessus du sol donne de très bons résultats. Darcet a imaginé un
enduit hydrofuge, que nous trouvons dans le premier volume
de ses Mémoires (1) , et qui est composé de : 1 partie de cire ;
3 parties huile cuite avec 1/10 de son poids de litharge. Cet enduit
appliqué à plusieurs couches et à chaud sur les murs, les pro-
(1) Mémoires de Darcet, 1 volume et un atlas, E. Lacroix éditeur.
928 INFILTRATION .
tège de la manière la plus complète contre toute pénétration de
l'eau ou de l'humidité extérieure, sous condition que les murs
seront séchés à fond d'avance. C'est avec cet enduit que Darcet
et Thénard ont fait préparer et enduire la coupole du Panthéon
pour recevoir les peintures de Gros. Jamais trace de pluie ou
d'humidité n'est venue altérer depuis ces magnifiques peintures.
Infiltrations [Angl. infiltration; Allem. Durchsintern] (Hydrau-
lique). Elles ont une énorme influence sur les pertes d'eau dans
tous les bassins de réserves, dans les canaux de navigation, etc.
Les pertes par infiltration dans les terrains homogènes doivent
être en raison de la surface des parois mouillées, de la charge
d'eau, de la profondeur des couches susceptibles d'être imbibées;
enfin de leur degré de saturation. On évaluait autrefois cette
cause de perte tantôt à 1/2, tantôt 1 1/2 ou deux fois celle des
évaporations .
Dans les terrains argilleux qui prennent beaucoup de retrait,
les alternatives de sécheresse et d'humidité, tantôt font perdre
beaucoup d'eau, tantôt la retiennent tout entière. Pour les cas
ordinaires , et surtout dans les premiers temps de la mise en ser-
vice, on doit compter sur une perte journalière d'une tranche
de 0m,05 au moins de hauteur. Voici un enduit proposé par
M. Polonceau, très propre à rendre étanches les parois d'un bassin
ou d'un canal creusé dans le sol naturel, et qu'il indique comme
imperméable et résistant à l'action du frottement et des corps
durs. Cet enduit se compose en volume de 1 partie de chaux
éteinte, 20 à 25 parties d'argile délayée en bouillie claire, 80 à
100 parties de sable ou de gravier, selon que l'argile est plus ou
moins grasse et le sable plus ou moins fin. Ainsi, quand l'argile
est grasse et le sable fin, on met 25 parties d'argile et 100 de
sable ; quand le sable est gros on n'en met que 80 parties et
20 d'argile si elle est grasse, ou 25 si elle est maigre. On com-
mence par délayer l'argile, puis on y ajoute la chaux également
délayée à l'état de lait épais ; ce mélange devient gras et onctueux..
On verse ensuite cette pâte dans un bassin de sable ou de gravier,
comme lorsque l'on fait du mortier, et on mêle ces matières. Il
faut absolument que le mélange soit bien intime. On peut, à
défaut d'argile, la remplacer par le double de son volume de
terre franche ; ainsi, il en faudrait 40 parties avec 100 de sable
fin, et 50 parties avec 80 de gros sable.
L'épaisseur de l'enduit doit être de 0m,15 à 0m,20 pour les petits
bassins et les rigoles, et de 0m,30 à 0m,40 pour les grandes sur-
faces . Si on le posait sur de la terre végétale à peu de profondeur,
il faudrait commencer par recouvrir celle-ci d'une couche de suie
ou d'une légére couche de mortier hydraulique. Dans les terrains
de roc ou de pierrailles, qui présentent des veines et des fissures,
INSTRUMENTS AGRICOLES . 929
il faut commencer par introduire dans les failles du roc et dans
toutes les fissures des pierres pilonnées avec force qui ne laissent
plus entre elles que de très faibles interstices, et faire ensuite
usage de l'enduit précédent. Le prix du mètre cube de cet enduit
peut être évalué à 5 francs.
Ingénieur [Angl. Engineer : Allem. Krieysbaumeister] (géné-
ralités). On distingue cinq catégories d'ingénieurs. Les ingé-
nieurs militaires s'occupent de l'attaque et de la défense des
places fortes , des fortifications permanentes ou passagères , des
campements, des ponts de service pour les armées, des travaux de
mines , de l'artillerie, de la fabrication des armes, de la poudre et
des bouches à feu, etc. Les ingénieurs des ponts et chaussées ou
ingénieurs de l'État sortis de l'École polytechnique sont chargés
de la construction des ponts, des routes, des canaux, en un mot
de tous les grands travaux qui incombent à l'État. Les ingénieurs
hydrographes , chargés de la construction des navires de la marine
militaire et des travaux à la mer, sont une autre classe d'ingé-
nieurs . Les ingénieurs des mines président à l'exploitation des
mines et composent la quatrième classe. Enfin, la cinquième a pris
titre d'ingénieurs civils ; elle est composée de personnes sorties des
écoles centrales ou des écoles d'arts et métiers ou faisant partie
d'associations industrielles qui s'occupent spécialement des cons-
tructions ou des arts industriels .
Injecteur [Angl. injector ; Allem. Einspritzmaschine]. (Alimen-
tation des chaudières à vapeur) . Nous avons décrit tome II p. 969 ,
l'injecteur Giffard. Cet appareil est aujourd'hui universellement
adopté pour la navigation à vapeur, pour les locomotives, les ma-
chines fixes d'usines et les machines pour divers usages industriels
Instituteur [ Angl. institutor ; Allem. Lehrer] (Conn. gén .).
C'est ainsi qu'on nomme la personne chargée de l'enseignement
particulier de la jeunesse , on lui donne aussi le nom de gouver-
neur, de précepteur : le titre de professeur est réservé à l'homme
qui est chargé d'un enseignement public. Le mot instituteurs a
été dans les derniers temps, détourné de son acception générale.
L'Université a créé des dignités parmi les maîtres de pension, et
a réservé le titre d'instituteur à ceux qui sont chargés d'un ensei-
gnement relevé, et conduisent leurs élèves dans les hautes classes
des colléges : leur pensionnat prend le titre d'institution.
Il serait sans intérêt pour nos lecteurs d'exposer ici les qualités
à demander à un instituteur. Il convenait cependant de ne point
omettre, le nom d'une profession aussi honorable.
Instruments agricoles- Nous avons déjà , page 805 tome II,
consacré quelques pages à l'étude des instruments d'agriculture
930
NE
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INSTRUMENTS AGRICOLES .
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INSTRUMENTS AGRICOLES .
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3attre
31.
931.
932 INSTRUMENTS AGRICOLES.
mais cette étude est trop intéressante pour la généralité de nos
lecteurs pour que nous ne songions à la compléter en les entretenant
des engins, récents qu'il nous a été donné d'examiner à la dernière
Exposition universelle.
Nous allons procéder par ordre alphabétique de noms d'instru-
ments .
BATTAGE DES GRAINS . Le battage à bras d'homme se fait au
moyen d'un instrument simple,le fléau. Il est composé de deux
pièces de bois, l'une courte, l'autre beaucoup plus longue servant
de manche. Ces deux bâtons sont réunis par des courroies. Un
batteur au fléau peut obtenir de 2 hect. à 2 hect. 50 ; on voit que
l'hectolitre peut revenir de 1 fr. à 1 fr. 25. On a remplacé le
battage à bras, travail très fatiguant et malsain, par le battage
mécanique aujourd'hui presque universellement adopté .
Machine a battre. L'organe essentiel des machines à battre
est le batteur. C'est un cylindre horizontal, armé de barres en
bois dirigées suivant ses génératrices, qui tourne rapidement. La
fig. 324 p. 812, tome II, fait voir la disposition du batteur de
Cumming. Le batteur est enveloppé d'un cylindre à claire-voie,
nommé contre-batteur. On introduit les gerbes entre le batteuret
le contre-batteur par un plan incliné placé à la partie supérieure.
La paille et l'épi sont broyés entre ses deux surfaces dures,
et le grain sort de la balle. Il tombe par les vides du contre-
batteur, tandis que la paille est entraînée au dehors, sur un plan
incliné, par le mouvement de l'appareil.
Les machines à battre que nous représentons fig. 330 et 331
sont à manège, mobiles, l'une pour deux, l'autre pour quatre che-
vaux ; la première ne vannant ni ne criblant, la seconde vannant,
mais ne criblant pas.
Machine à nettoyer les grains. - Ce nettoyage s'opère à bras
au moyen d'un van, espèce de grand panier plat, à l'aide duquel
on agite le grain en le projetant à une certaine hauteur. Les enve-
loppes des grains et les matières légères sont entraînées par les
courants d'air, et le grain, plus pesant, retombe dans le panier.
Ce mode de purification est assez coûteux. On paye dansle Mid.
25 cent. par hectolitre pour le vannage. Les machines appelées
ventilateurs ou tarares, qui effectuent maintenant ce travail, peu-
vent l'exécuter pour le tiers de ce prix : ces ventilateurs ne dé-
passent pas généralement 100 fr. (Voir plus loin le mot tarare).
BÈCHE (fig . 332) . Nous en avons donné la description p. 145 du
tome Ier; on peut à côté de cet instrument mettre le pic, la pioche
et la houe, espèce de bêche avec laquelle l'homme fonctionne par
mouvements rapides faisant abstraction du poids de son corps,
poids dont il tire parti pour la manœuvre de la bèche.
INSTRUMENTS AGRICOLES . 933
BINETTE. Ou serfouette, petite houe servant pour les binages
Légers, sarclages, etc.
BUTTOIR. Nous avons représenté cet instrument fig. 63
et 64 p. 224, tome Ior et fig . 319, p . 808 du tome II. Il sert à
relever les terres en buttes continues pour couvrir des plantes en
ligne ou pour butter leurs tiges. Il est formé d'un double versoir
et est accompagné d'un soc en fer de lance.
Fig. 332. Bêche .
CHARRUES . Il y en a de plusieurs sortes (Voir page 272 ,
tome Ior et page 808, tome II) .
Le bati de la charrue fig. 333, comprend tout d'abord une pièce H I
en fer ou en bois qui surmonte toute la machine en formant avec
H
000000
A B
0
Fig. 333. - Charrue.
le sol un angle aigu et parfois horizontal qu'on appelle age de la
charrue. La pièce horizontale J' forme le cep, elle est en fonte ou en
bois. Le cep se relie à l'age à l'aide des montants CC ou étançons
qui sont en fer. Le coutre est une sorte de couteau B emmanché
dans l'age. Il présente la lame par le tranchant, il est d'égale résis-
tance sur toute sa longueur, O soc de la charrue. Il est destiné à
trancherla terre horizontalement, il est formé en demi-fer de lance,
la partie triangulaire se nomme l'aile du soc. Le versoir A est la
partie destinée à rejeter sur le côté la bande de terre découpée
par le coutre et par le soc ; il est en bois, en fer ou en acier.
Un régulateur H a pour objet de maintenir la charrue horizon-
talement et de guider le soc dans sa marche à travers le sol. Le
IVE VOLUME 12
934 INSTRUMENTS AGRICOLES.
manche R fixé à la partie supérieure de l'age sert de levier au
laboureur pour soulever la charrue alors qu'un obstacle imprévu
se présente sur le tracé
du sillon. La plupart •
des charrues perfec--
tionnées portent un
avant-train appuyé sur
deux roues en fer ,
Dombasle
comme celle que nous
.)dCharrue
avons représentée fig.
(araire
77, t. Ier.
e
Charrue (araire).
La charrue que nous
représentons fig. 334 a
été inventée par M. de
Dombasle, directeur de
la ferme modèle de Ro-
ville, prè Nancy, vers
1835. Elle peut être ins-
tallée sur un avant
train, est un excellent
versoir pour terres mo .
yennes, et exige relati-
.Fig
.334
vement peu de tirage.
Charrue- squelette ( fig.
335) . L'arrachage à
la charrue s'opère en
labourant le champavec
une charrue ou un but-
toir ordinaire, ou mieux,
dans les terres légères
avec une charrue-sque-
lette, dont le versoir est
formé de tringles en
fer qui laissent passer
la terre et jettent la
pomme de terre dans
la raie ouverte. Cette
charrue, inventée par
Finlayson , vers 1830, a
été recommandée en-
core , en 1841 , par M. Lawson. Des femmes ou des enfants
suivent la charrue avec des paniers , ramassant les tubercules
qu'ils aperçoivent, et vidant, lorsque besoin est, leurs paniers
dans les sacs disposés sur la surface du champ, ou bien, mieux
:
INSTRUMENTS AGRICOLES . 935
encore, étendant les racines en couches minces sur la partie
déjà arrachée. Une charrue , avec cinq à six femmes ou enfants,
peut arracher de 35 à 50 ares de pommes de terre par journée
de dix heures .
Fig. 335. Charrue-squelette pour l'arrachage des pommes de terre.
Labourage à vapeur. L'avantage capital du labourage à la
vapeur est de permettre de donner à la terre les façons dans le
temps le plus propice, sans s'occuper de la trop grande sécheresse
ni de la trop grande humidité. Il ne faut pourtant pas oublier
cette maxime d'Olivier de Serres : « Il vaut mieux fairele fol que
de labourer par le mol ; » et encore cette faute serait-elle com-
mise qu'elle serait de peu d'importance lorsque l'on peut exécuter
ensuite le hersage à la vapeur, opération tellement énergique
que l'on devrait plutôt l'appeler la pulvérisation du sol à la vapeur.
Un autre avantage de ce système de culture est d'éviter le piéti-
nement des chevaux ou des bœufs sur le sous-sol qu'il rend en
quelque sorte imperméable.
Un statisticien anglais a calculé qu'en labourant un champ,
les chevaux appuyaient sept cent cinquante mille fois le pied sur
un hectare ; c'est donc soixante-quinze pas par mètre carré qui
sont évités .
Le labourage à la vapeur a également l'avantage d'employer
un très petit nombre d'ouvriers et de permettre par conséquent
de les mieux choisir et de les mieux payer. Au moment de
l'Exposition de 1867, il y avait quinze ans que les Anglais labou-
raient à la vapeur, et cette application était déjà faite sur près
de trois cents fermes ; en France, il y avait bien eu quelques ten-
tatives, mais elles n'avaient pas réussi.
Depuis 1867 jusqu'en 1878, les appareils de culture à la vapeur
n'ont pu recevoir que des perfectionnements de détail, et le
système à deux machines a été, en effet, reconnu comme le seul
travaillant vraiment économiquement. On ne peut lui reprocher
qu'un défaut, c'est d'exiger une mise de fonds considérable. Ilya
cependant deux applications nouvelles de l'appareil à deux ma-
chines qui méritent d'être signalées. Ce sont : 1º La charrue à
936 INSTRUMENTS AGRICOLES.
labourer les pierres ; 2° la charrue pour labourer en bateau. Le
premier de ces instruments fait partie de tout un ensemble de
culture à la vapeur qui a été étudié en vue des défrichements
gigantesques quele duc de Sutherland a fait exécuter dans ses
immenses domaines de l'Écosse. Le sol à défricher, couvert de
bruyères et de bouleaux nains, est rempli de pierres excessive-
ment nombreuses. Des défrichements partiels opérés à bras
d'homme avaient prouvé que ce sol, mis en culture, donnait des
récoltes d'avoine très satisfaisantes . Le duc de Sutherland voulut
entreprendre le défrichement en grand, et de concert avec
M. D. Greig, ingénieur et l'un des chefs de la maison Fowler, il
étudia une charrue pouvant labourer les champs de pierre.
Cette charrue est à bascule et ne trace qu'un sillon à la fois ;
un versoir en acier très trapu retourne d'abord les bruyères et la
couche de terre végétale quand il y en a. Derrière le versoir,
vient un énorme croc en acier qui descend à 60 ou 70 centimètres
dans le sol. Tiré par une locomotive de 14 chevaux, il désagrège
les pierres et les fait remonter à la surface. Si la pierre est trop
grosse, elle arrête la charrue, et après avoir été dégagée par des
terrassiers , elle est entourée d'une chaîne et tirée hors du champ
par le câble de la machine. Après la charrue on fait passer sur
le champ bouleversé un traîneau sur lequel des ouvriers chargent
les pierres.
Ce traîneau est tiré alternativement comme la charrue par l'une
ou l'autre des locomotives et est vidé mécaniquement en bordure
du chemin de la machine .
Si c'est un bois de bouleaux qu'il faut enlever, on attache 10 ou
1
12 arbres ensemble, et le câble les arrache et les traîne jusqu'en
bordure. Après l'enlèvement des roches, on procède à un vigou-
reux chaulage au moyen d'un grand traineau ou bateau en fer qui
est tiré d'une machine à l'autre et glisse sur le sol. Huit hommes
montés sur ce traîneau jettent la chaux à droite et à gauche. Il
ne reste plus ensuite qu'à mélanger la chaux et la terre au moyen
d'un nouvel outil appelé disker et à procéder à un drainage au
moyen de tuyaux ordinaires en poterie.
La lande est devenue un champ fertile, et lorsque les roches
sont devenues des cheminset des fermes, la transformation est
complète et fait honneur à ceux qui ont eu la hardiesse d'une
telle conception. Le labourage à la vapeur en bateau est une
autre preuve de ce qu'il suffit aujourd'hui de signaler une diffi-
culté pour qu'elle soit immédiatement surmontée par les ingé-
nieurs .
De toutes les Guyanes, la Guyane anglaise était une des
plus insalubres en raison des marécages qui la couvraient en
grande partie, et grâce au drainage, elle possède aujourd'hui un
INSTRUMENTS AGRICOLES . 937
climat très supportable pour les Européens ; mais comme les
drainages ont été faits à ciel ouvert par de larges tranchées ou
canaux qui se reproduisent presque tous les 100 mètres, il résul-
tait une grande difficulté pour la circulation des locomotives
routières, lorsque M. William Russell, un des principaux plan-
teurs de Demerara, voulut appliquer la culture à la vapeur pour
les champs de cannes à sucre. La maison Fowler envoya un de
ses ingénieurs étudier la question sur place, et voici ce qu'on
imagina : Puisque les routes étaient des canaux, il fallait faire
circuler des locomotives routières sur ces canaux, et par con-
séquent les monter sur des bateaux, ce qui fut fait ; mais comme
il est plus économique de labourer un champ de 400 mètres de
longueur qu'un de 100 mètres, il fallut imaginer des ponts volants
qui pussent permettre à la charrue de labourer quatre champs
de 100 mètres à la suite l'un de l'autre. La machine est donc
montée sur le bateau et fait mouvoir non-seulement le treuil de
la charrue, mais une série de cabestans pour pouvoir franchir
même les endroits où l'eau a disparu momentanément. Lorsque
ce cas se présente, on porte une ancre à 100 mètres en avant
sur la berge, et le bateau, en se halant sur ce câble, avance en
glissant sur la boue. La machine est également munie d'une
petite grue à potence qui lui sert à sortir de terre et faire tourner
à chaque bout du champ le cultivateur tournant, dont l'emploi
est très fréquent.
Un ingénieur éminent, M. Hervé-Mangon, a traité à fond la
question du labourage à la vapeur dans son remarquable Traité
du génie rural, et il fait observer que « cette question est appelée
àjouer un grand rôle dans la situation économique de la France ;
car, si l'on tient compte que la dépense des labours entre pour
une forte proportion dans les frais de production de toutes les
plantes cultivées, et que la bonne préparation du sol exerce la
plus grande influence sur l'abondance et la qualité des récoltes,
on comprendra que toute économie réalisée ou toute amélioration
obtenue sur l'exécution du labourage se traduit, pour un grand
pays agricole comme le nôtre, par des centaines de millions de
bénéfices annuels .
« La culture par la vapeur, en diminuant le travail des animaux
de trait, permet d'en supprimer une partie, et ce résultat serait
considérable au point de vue des intérêts généraux du pays, car
les animaux de travail devenus inutiles sont nécessairement rem-
placés par un nombre correspondant de bêtes de rente ou d'en-
grais. Chaque kilogramme de charbon brûlé dans la machine
représente un poids de foin plus ou moins considérable que les
chevaux ou les bœufs de travail ne consomment pas et dont
peuvent profiter les vaches à lait, les bœufs à l'engrais et les
moutons. L'agriculteur peut ainsi transformer en viande ou autres
938 INSTRUMENTS AGRICOLES.
produits animaux les fourrages qu'il est ordinairement obligé de
transformer en travail mécanique ; il réalise ainsi un profit plus
grand et augmente d'autant la quantité de viande livrée à la
consommation générale. »
Il est bon de rappeler peut-être les causes du peu de succès des
expériences assez nombreuses qui ont été faites en France. C'est
qu'on n'a pas procédé comme on aurait dù le faire. Ainsi, par
exemple, à une certaine époque, je me rappelle avoir vu intro-
duire dix charrues Fowler à la fois ; mais comment ces charrues
ont-elles été introduites ? A quelles mains ont-elles été confiées ?
Dans quelle culture ont-elles été placées ? On ne s'en est pas
inquiété. On demandait une charrue à vapeur, et cette charrue,
qui était à la disposition de tout le monde, on l'envoyait. Le pro-
priétaire , satisfait d'avoir chez lui une charrue à vapeur, ne
s'inquiétait pas des sacrifices à faire pour la faire fonctionner. Il
est probable que nous ne saurons jamais comment il l'employait.
Cela a jeté certainement un grand discrédit sur la culture à vapeur.
Il faut, je crois, le dire bien haut et que nous sachions aujour-
d'hui que nous ne sommes pas dans les mêmes conditions qu'au-
trefois.
On a dit, et c'est incontestable, que le labourage à vapeur est
plus parfait et donne de meilleures récoltes que les autres labou-
rages. Il y a pour cela plusieurs raisons , je dirai la principale :
Il y a quelques années , j'étais en Angleterre, dans une grande
ferme où on labourait à la vapeur ; un vieux laboureur qui
labourait encore en tenant les mancherons et qui regardait d'un
œil jaloux le labourage à la vapeur, s'approcha de moi et me dit :
« Savez-vous, Monsieur, ce qu'il va nous faire ce diable de labou-
rage à la vapeur? Il va nous faire manger par tous les lièvres des
environs . » Le bonhomme avait raison, le meilleur moyen d'attirer
les lièvres chez soi, c'est de labourer les terres fortes à la vapeur.
L'accusation du même praticien indiquait parfaitement, dans sa
forme originale, le grand avantage du labourage à la vapeur.
Les lièvres, chacun le sait, aiment particulièrement les sols bien
secs . Leur opinion est ici d'un grand poids : s'ils viennent sur les
terres labourées à la vapeur, c'est qu'elles sont les mieux
assainies .
Mais pourquoi ces terres sont-elles mieux assainies ? Cela tient
à ce que, dans le labourage à vapeur, l'appareil ne travaille
pas comme dans le labourage avec attelage de chevaux ou de
bœufs ; quand nous labourons avec un attelage de bœufs ou de
chevaux, il ne faut pas oublier qu'une partie des animaux mar-
chent dans la raie et qu'à chaque pas qu'ils font, ils compriment
énergiquement le sol, comme nous l'avons dit plus haut. Un
bœuf fait vingt kilomètres dans la journée, à chaque pas il
avance de 80 centimètres, il fait donc 25,000 pas dans la journée
INSTRUMENTS AGRICOLES . 939
et pose par conséquent un pied 100,000 fois par jour. La surface
comprimée à chaque posée d'un pied est de près d'un décimètre
carré. Calculez, la surface considérable qui est foulée chaque
jour par le poids d'un animal de 400 à 500 kilogrammes, tom-
bant à chaque pas de quelques centimètres de hauteur.
Il faut remonter bien loin, pour apprécier le rôle de la méca-
nique agricole dans les sociétés. Chacun de ses progrès élève et
améliore le sort de l'homme sur la terre. En utilisant la force du
bœuf et du cheval, à l'aide de la charrue, la mécanique agricole
aplus que quadruplé le nombre d'hommes qui peuvent vivre riches
et heureux dans une même contrée. Il faudrait 60,000 hommes
pour moudre à bras le blé consommé en France seulement , si
les moulins mécaniques n'existaient pas. Telle était, en effet,
dans l'ancienne Rome, la proportion des esclaves enchaînés aux
meules . L'esclavage souillerait peut-être encore l'Europe entière si
la mécanique agricole n'avait enseigné l'usage des chutes d'eau
pour faire tourner les meules .
Mais ne nous arrêtons pas à ces anciennes conquêtes que l'ha-
bitude nous fait oublier d'admirer assez, et regardons les progrès
accomplis sous nos yeux. La culture à bras d'un hectare de vigne-
exige 450,000 à 500,000 coups de houe. Chaque litre de vin
commun représente 80 coups de pioche du pauvre vigneron. Le
litre de vin fin représente 15 ou 20 fois plus de travail ; dans ce
petit verre de vin se trouvent condensés peut-être les efforts de
50 ou 60 coups de houe, mais peu à peu , les charrues vigne-
ronnes remplacent ce rude travail à bras, et bientôt, n'en doutons
pas, le vigneron, jusqu'ici courbé sur la terre, pourra se redresser
complètement en bénissant la mécanique agricole.
Système Fowler. Le système adopté par M. Fowler, est le
suivant . Une puissante charrue (fig. 336) est fixée à une chaîne
sans fin qui s'enroule sur deux poulies à axe vertical. L'une de
ces poulies fait corps avec une machine à vapeur placée à l'une
des extrémités de la raie à ouvrir ; l'autre est solidement main-
tenue à l'autre extrémité au moyen d'un appareil appelé ancre.
La machine à vapeur, en imprimant à la première poulie un
mouvement de rotation, dans un sens ou dans l'autre, fait faire
à la charrue un mouvement de va-et- vient. Au lieu d'une charrue
on peut adapter à la chaîne un scarificateur, une herse, un arra-
cheur de betteraves ou tout autre appareil analogue, utile au
travail agricole.
M. Hervé-Mangon dans son étude sur le labourage à vapeur
donne les conclusions suivantes : Le labourage par la vapeur,
appliqué dans des conditions convenabies, est plus économique
que le labourage avec les animaux. L'économie est d'autant plus
grande que les labours sont plus profonds, et que la terre est
plus résistante. Le travail est plus profond et plus efficace que
940 INSTRUMENTS AGRICOLES .
celui fait avec les instruments ordinaires. Les labours peuvent se
faire plus vite et en choisissant mieux le temps opportun. On pare
ainsi à l'accumulation des travaux à une même époque, une des
difficultés de l'agriculture . Les récoltes sont plus abondantes avec
la même fumure, surtout dans les terres fortes et argileuses, et
dans les sols qui réclament une aération énergique. L'assainisse-
ment du sol est plus parfait, les sillons d'égouttement sont inutiles,
même dans les terrains les plus mouillés habituellement.
L'appareil à vapeur permet de diminuer le nombre des animaux
de trait de la ferme, et ceux qui restent, n'ayant plus à supporter
les rudes fatigues des gros labours, s'entretiennent mieux et à
moins de frais .
Fig. 336. Charrue marchant par la vapeur.
Les seules objections qu'on puisse raisonnablement faire à l'a-
doption du labourage à vapeur sont les dépenses nécessaires à
l'approvisionnement en charbon et en eau, difficiles ou coûteux
dans certains cas, le charbon, lorsqu'on est éloigné des mines, des
chemins de fer ou des bonnes routes, l'eau, dans le midi ou dans
les contrées montagneuses ; enfin le morcellement du sol , bien
plus grand en France qu'en Angleterre ; et, nous devons avouer
que ce sont souvent là des objections sérieuses .
Charrue forestière. En sylviculture, on améliore le sol des
forêts en y entretenant des peuplements en bon état, c'est-à-dire
assez complets pour y maintenir la fraîcheur et y favoriser la
décomposition lente, sur place, des feuilles et autres substances
végétales qui tombent chaque année . Dans un massif complet, les
détritus ainsi formés ne sont pas sujets à s'évaporer, à se dessé-
cher, à être chassés par le vent, et ils constituent une couche
INSTRUMENTS AGRICOLES . 941
d'engrais qui va s'accumulant d'année en année, restituant ample-
ment au sol les éléments que la végétation lui enlève, et le pré-
parent ainsi à produire sans délai les réensemencements naturels
qu'on devra provoquer. Mais ces conditions de peuplément complet
ne sont pas toujours réalisées , et les obstacles à la régénération
naturelle viennent presque toujours de l'état superficiel du sol qui
peut être, sous les massifs incomplets et clairiérés, sec, dur, cou-
vert de mousses, de bruyères et autres plantes inférieures très
tenaces et dont il est difficile de se débarrasser. Quand ces mau-
vaises conditions se présentent au moment des coupes d'ense-
mencement, il y a lieu de craindre que la régénération naturelle
se fasse attendre indéfiniment ; aussi doit-on dans ce cas faire
subir au sol une préparation, une culture.
Fig. 337. Charrue forestière de Mathieu de Dombasle.
On peut employer pour cette préparation du sol la charrue
forestière (fig. 337) , qui n'est autre que le scarificateur de Mathieu
de Dombasle approprié par M. Dubois, ancien inspecteur des
forêts, à l'opération qui nous occupe. Les cinq socs de cette
charrue déchirent et soulèvent le sol de manière à en rompre la
ténacité à la surface, à permettre l'aération du sol, la facile
infiltration des eaux de pluie, à favoriser la germination de la
graine qui se trouve alors directement en contact avec l'humus
du sol et y rencontre, par suite des inégalités produites à la sur-
face, de petits abris à l'ombre desquels chaque plantule peut se
développer sans danger et dans de bonnes conditions. La charrue
doit être réglée de telle sorte que la partie du sol non mélangée
d'humus ne soit pas ramenée à la surface, pour cela, on ne lui
donne guère plus de 3 à 4 cent . d'entrure pour les sols qui ne
sont pas envahis par l'herbe ; dans le cas contraire l'entrure doit
942 INSTRUMENTS AGRICOLES.
être proportionnée à la profondeur qu'atteignent les racines du
gazon. Lorsque le sol offre une trop grande résistance, il faut
faire un premier labour avec une faible entrure, le labour suivant
est alors facilité et peut être effectué dans les conditions de pro-
fondeur voulue .
CONCASSEURS (fig . 338) . Série d'instruments destinés à écraser plus
[Link].
Fig. 338. Concasseur.
ou moins complétement les grains ou légumes dont on nourrit les
animaux. La graine à moudre est jetée dans une trémie, d'où
elle tombe entre une ou plusieurs paires de cylindres broyeurs.
Les cylindres broyeurs sont le plus souvent cannelés ou striés. Ils
brisent, concassent et écrasent alors la graine . Quand ils sont unis,
ils ne font que l'aplatir plus ou moins complétement. Les cylindres
INSTRUMENTS AGRICOLES . 943
broyeurs sont quelquefois remplacés par des surfaces coniques
emboîtées, analogues aux moulins à café.
Concasseur de tourteaux de Nicholson (fig. 339).- Les tourteaux
jetés dans la trémie sont broyés entre deux cylindres tournant en
sens contraire,l'un à côté de l'autre, et s'échappent en dessous sur
un crible qui sépare les petits des gros morceaux ; ces derniers sont
L.G
Fig. 339. Concasseur de tourteaux de Nicholson.
rejetés dans la trémie après que l'on a plus ou moins rapproché
les deux cylindres l'un de l'autre.
COUPE-RACINES. Les meilleurs modèles sont à mouvements rota-
toire continu ; celui de Valcourt se recommande par sa grande
simplicité. C'est un disque en bois tournant sur son axe et por
944 INSTRUMENTS AGRICOLES.
tant deux couteaux, dont la lame est parallèle à son plan, et qui y
sont fixés par l'intermédiaire de tasseaux. Les racines, jetées dans
une trémie, viennent s'appuyer sur le disque maintenu postérieu-
rement par une petite roulette. A chaque demi-tour du disque,
un des couteaux enlève une lamelle à chaque racine.
La figure 340 représente un coupe-racines horizontal. Sous la
trémie tourne un cylindre garni de cinq lames à dents de rechange
découpant en rubans 600
kilos à l'heure .
Le coupe- racines de
M. Pernolet (fig. 341) est
à cinq dents mobiles dé-
coupant en rubans 500
kilos à l'heure. Trémie
à parois verticales, sauf
l'externe formé par une
grille en fer et fortement
a inclinée vers le fond en
contact avec le disque,
celui-ci vertical et muni
de quatre lames.
Coupe - racines pour
distilleries . - La fig. 342
représente l'ensemble du
coupe - racines de Gri-
gnon, pour distilleries .
Le cône en fonte qui
Fig. 340. -Coupe-racines horizontal. porte les couteaux est
placé verticalement, sa
grande base ouverte, en dessous, et sa petite base fermée, en des-
sus . Deux trémies en tôle, tangentes à la grande base de l'appareil
coupeur, et placées symétriquement, permettent d'alimenter le
coupe-racines par deux hommes ; le cône étant vertical, les mor-
ceaux de racines tombent directement ; de sorte que cet appareil
peut couper une très grande quantité de racines sans qu'il y ait
ła moindre chance d'engorgement. Le mouvement est commu-
niqué au cône coupeur par une poulie placée sur l'arbre de couche
de la distillerie et conduisant par une courroie une petite poulie
placée contre le volant . Le mouvement de l'arbre horizontal de
la poulie est transmis à l'axe vertical du cône par une paire d'en-
grenages coniques. Sur une planche inclinée tombent les mor-
ceaux de racines .
FANEUSE. Le fanage des foins se fait habituellement à bras
d'homme, au moyen de fourches en bois. On se sert avec succès
de faneuses mécaniques, qui se composent d'une série de fourches
INSTRUMENTS AGRICOLES . 945
dont les manches sont implantés dans un tambour à axe hori-
zontal, monté sur un essieu que portent des roues lui commu-
niquant son mouvement de rotation.
La faneuse de Nicholson, perfectionnée par Howard, est formée
d'une série de châssis isolés, portant chacun trois dents. Ils sont
Fig. 341. Coupe- racines de M. Pernolet.
implantés sur des galets en fonte calés sur un arbre qui reçoit
son mouvement des roues motrices, au moyen d'engrenages
renfermés dans des boîtes en fontes. On peut faire varier à
volonté le sens du mouvement de la faneuse.
FAUCHEUSES. Voir tome II, page 811 .
946 INSTRUMENTS AGRICOLES .
FAUCILLE. Outil en acier très employé autrefois, mais qui
l'est beaucoup moins de nos jours, à l'aide duquel on coupe diffé-
rentes céréales, principalement le blé . La lame très étroite, a la
forme d'un croissant fermé ; son taillant, au lieu d'être uni, est
parfois pourvu de dents fines très rapprochées et disposées comme
les dents de certaines scies ; d'où le mot scier dont on se sert
pour exprimer letravail exécuté
avec la faucille.
FAULX. Voir ce mot tome
Ier, page 489.
FOURCHE. - Instrument en
fer, à trois dents recourbées
vers le milieu , terminé à sa
partie supérieure par une douille
qui reçoit un manche en bois.
Les fourches, suivant les usages
auxquels on les destine , sont
plus ou moins grosses. Ainsi,
tandis que celles qui servent à
labourer le sol sont solidement
établies dans toutes leurs par-
ties, celles qui servent à remuer
les fumiers sont beaucoup plus
faibles . Il y a aussi des fourches
à deux dents presque droites,
ou légèrement courbées ; elles
servent principalement à re-
muer les bottes de paille, ou de
tout autre fourrage ; on les
désigne le plus souvent par le
nom de fourchière. On donne
Fig. 342. Coupe- racines pour aussi le nom de fourche à l'angle
distillerie . formé par le développement
d'une branche sur une autre.
HACHE A PRÉS . On découpe le gazon avec la hache à prés
dont nous donnons, fig. 343, deux spécimens à manche droit ou
courbe, plus ou moins grand. Pour établir une rigole, par exemple,
les deux côtés étant tracés au cordeau et découpés à la hache,
reste à découper le fond et à sortir le gazon. Les houes
servent à lever dans le pré les gazons nécessaires à l'obstruction
partielle ou complète des rigoles, et encore à curer ces rigoles,
enlever les gazons qu'on y avait placés précédemment , à étendre
les taupinières , etc.
HACHE- PAILLE OU HACHE-AJONCS . On écrase quelquefois, en
Normandie et en Bretagne, les ajoncs sous la roue d'un pressoir
INSTRUMENTS AGRICOLES. 947
à cidre, ou encore, on les pile sur des madriers avec une demoiselle
semblable à celle dont se servent les paveurs ; enfin on peut
Fig. 343. Haches à prés .
employer encore les pilons d'un moulin à tan, à huile ou à trèfle ;
On les coupe aussi au moyen du broyeur deWedlake, qui les
GUIG
I. UET
Fig. 344. Hache -paille, hache-ajoncs.
écrase en même temps ; ou encore on se contente de les couper au
grand hache-paille ou hache-ajoncs de M. Bodin, et le fourrage
948 INSTRUMENTS AGRICOLES.
est donné ainsi aux chevaux sans avoir subi aucune autre prépara-
tion ; peut-être les animaux en perdent-ils davantage, parce qu'ils
trient les pousses les plus tendres et rejettent les plus ligneuses, mais
cette pratique économise les frais de broyage, assez considérables.
La figure 344 montre un hache-paille à bras à deux lames, pour
diviser en tronçons les fourrages verts ou secs ; il peut aussi être
actionné par la courroie d'un manège ou d'une machine à vapeur,
HERSES (1) . Les herses sont des sortes de scarificateurs,
sans roues et sans régulateur, mais dont les dents sont beaucoup
moins fortes, plus nombreuses et plus rapprochées. Elles servent à
la fois à émietter les mottes et à enlever les herbes et racines,
à la façon d'un râteau. Un système très employé dans le nord de
l'Europe est la herse norvégienne , composée de deux ou trois
hérissons en fonte ou en fer; à pointes très aiguës, tournant libre-
ment sur un arbre en fer, porté par un châssis garni de roues.
MANÈGE. C'est ainsi qu'on désigne, en horticulture, l'ensemble
des pièces qui composent un appareil établi pour tirer de l'eau
d'un puits pour l'arrosage. Le manège est toujours mû par un
cheval ; les principales pièces qu'il comprend sont, à part les roues
d'engrenage, soit un corps de pompe, soit une noria.
Le travail moyen des divers animaux attelés au manège est
évalué comme suit, depuis un grand nombre d'années : un cheval
allant au pas exerce un effort moyen constant = 45 kil . en faisant
parcourir au point d'application de cet effort 0m,90 par seconde,
il peut supporter ce travail tous les jours pendant huit heures,
divisées en deux relais ; d'où travail exercé en une seconde
= 40km,5 , et travail total par journée = 1,166,400 kil . Le même
cheval , allant au trot, fait parcourir 2 mètres par seconde au point
d'application de l'effort moyen qu'il exerce ; mais cet effort est
réduit à 30 kil . et la durée du travail journalier doit elle-même
s'abaisser à 4 heures 1/2; d'où travail exercé en une seconde
= 60 kil. en une journée 972,400 kil.
Un bœuf, attelé de même, exerce un effort moyen = 60 kil. lors-
qu'il fait parcourir au point d'application de cet effort 0m, 60 par
seconde et travaille ainsi huit heures sur vingt-quatre en deux relais ;
d'où travail exercé en une seconde 36 kil. , et en une journée
1,036,800 kil . Un mulet, attelé de même, exerce un effort = 30 kil.
fait parcourir au point d'application 0m,90 par seconde, et peut
travailler ainsi huit heures sur vingt-quatre en deux relais , d'où
travail exercé en une seconde= 27 kil. et en une journée 777,600 kil .,
Un âne, enfin, exerce un effort moyen = 14 kil. , fait parcourir au
point d'application 0m,80 par seconde, peut travailler ainsi huit
heures sur vingt-quatre en deux relais, d'où travail exercé en une
seconde = 11km,2, et en une journée 322,500 kil.
(1) Voir ce mot tome II, p. 810.
INSTRUMENTS AGRICOLES . 949
La figure 345 représente une pompe mobile à manège, rotative
de Cumming, pour épuisément ou irrigation .
UL
CUMMING
ORLEANS
Rose
Fig. 345. Pompe mobile à manège.
MOISSONNEUSES. Voir tome II, p. 811 .
PELLE A CHEVAL (fig . 346) . - Cette pelle sert au transport des terres
dans le nivellement ; elle se charge seule durant la marche, et se dé-
Fig. 346. Pelle à cheval.
chargeen soulevant les mancherons ou leviers, ce qui fait piquer
en terre la pointe qui arme, en avant, la lame coupante, et l'instru-
ment bascule.
PIC . Le Pic est formé d'une lourde pointe de fer fixée
perpendiculairement à l'extrémité d'un long manche en bois .
L'ouvrier après l'avoir soulevé au-dessus de sa tête le laisse
retomber de son poids sur la pointe et augmente la force du choc
par la contraction de ses muscles.
IVE VOLUME - 13
950 INSTRUMENTS AGRICOLES .
PIOCHE . Cet instrument est semblable au pic, mais au lieu
de former la pointe, il se termine en forme aplatie et tran-
chante.
PRESSE A FOURRAGES . Une presse à fourrages verticale alter-
native est représentée fig. 348 ; elle estde M. Samain, de Blois .
La pression s'opère à l'aide d'un levier agissant sur une crémail-
lère verticale qui pousse de bas en haut un fond mobile ; la caisse
où l'on tasse le foin est mobile sur quatre roues placées sur rails
et ses côtés sont mobiles.
RATEAU MÉCANIQUE (1) . On en fabrique un pour les petites
exploitations, et celui-là se traîne à bras, et un second destiné à
être traîné par un cheval. Le râteau à bras se fabrique en fer ou
en bois, mais plus
généralement en
A
fer ; on en connaît
plusieurs modèles .
Tous sont cons-
truits d'une façon à
peu près semblable
dans l'ensemble ;
celui de M. Ran-
some consiste dans
A
une traverse qui
porte des dents en
faucilles; deux es-
pèces de limons
fixés dans la tra-
verse, se réunissent
pour former un
triangle au som-
Fig. 347. Rateau mécanique. met duquel se
trouve une tête ;
il a 2 mètres de largeur environ ; un ou deux hommes le traînent
sur le sol au moyen de poignées fixes ou mobiles attachées au
manche. Les dents, en marchant, recueillent les tiges du foin qui
s'amassent dans leur courbure, et qu'on dépose en chaînes sur
des lignes parallèles et plus ou moins espacées. Le râteau à main
de M. Garrett, paraît être, sinon le plus simple, du moins le meil-
leur. La traverse qui porte les dents repose sur un essieu, et
celui-ci sur deux roues. Un système de levier permet, pendant la
marche, de suspendre l'action des dents en les relevant, de telle
sorte qu'un simple mouvement du conducteur permet de déposer
le foin en chaînes. En outre, chaque dent dépend d'un levier séparé,
de telle sorte qu'elle porte partout sur le sol, dans les dépressions
(1) Voir aussi ce mot tome II, p. 1280,
INSTRUMENTS AGRICOLES . 951
SAMAIN A BLOIS
A
M
D
E F G
C L
BELLUCHE
Fig. 348. Presse à fourrages.
952 INSTRUMENTS AGRICOLES .
de terrain, mais sans pouvoir, grâce à un autre ressort, s'y enfon
cer. Son prix est de 80 francs, et sa largeur de 1m,50.
Les râteaux à cheval de MM. Howard, Smith , etc. , sont cons-
truits comme celui de Garrett, sauf quelques légers perfection-
nements ; deux limons au lieu d'une poignée, une largeur de
1
2 mètres à 2m,50 ; leur prix varie de 70 à 200 fr. Le râteau à
cheval américain, en bois très simple, peu coûteux, pourrait
rendre, dans beaucoup d'exploitations, d'utiles services. Il se
compose d'une traverse armée de longues dents, et à laquelle, au
moyen d'un mancheron, on donne l'inclinaison qu'on désire, et
cela, instantanément.
La figure que nousendonnons (fig. 347) permettra, croyons -nous ,
de lefaire construire partout. Ce râteau, tiré par un cheval, ramasse
le foin qui se réunit sur les dents ; lorsque celles-ci paraissent
assez chargées, le conducteur, au moyen du levier A, fait bas-
culer le râteau qui décrit un demi-tour d'arrière en avant, en
déposant le foin en chaînes, tandis que le second rang de dents se
présente en avant pour prendre la place du premier. Ce râteau ,
qu'on fabrique à l'école d'agriculture de Grignon, n'est que du
prix de 45 francs .
ROULEAUX. Le rouleau ordinaire se compose d'un cylindre
en bois , de 0m,40 à 0m,45 de diamètre, et de 2 mètres à 2m, 60
de long, avec un axe en fer pouvant tourner dans les cous-
sinets d'un bâti traîné par un cheval. Ces rouleaux sont trop
légers pour les terres un peu fortes, et trop longs pour les
terres billonnées. On y a remédié en employant des rouleaux plus
courts en pierre. Dans le midi, on fait de ces rouleaux qui ontjusqu'à
0m,80 et 1 mètre de diamètre, sur une longueur de 1m,20 à 1m,40.
Aujourd'hui on fabrique de préférence les rouleaux en fonte. Le
rouleau représenté fig. 349 est destiné au transport des engrais
dans les prairies humides ; le rouleau cylindrique remplace les
roues pour supporter la caisse du tombereau, dans laquelle sont
déposés les engrais. Il est précieux pour les terres bourbeuses,
inabordables aux voitures .
SCARIFICATEUR. Nous avons dit, tome II page 810 , quel était
l'emploi de cet instrument, dont l'usage se répand de plus en plus
et qui, pour le sarclage et pour l'ameublissement des terres , est de
la plus grande utilité. Le mieux accueilli dans ce genre d'instru-
ments est celui de Biddell, et que nous représentons fig. 350.
L'entrure des coutres est réglée au moyen de leviers qui glissent
sur des secteurs de cercle à trous. De même que la charrue, le
scarificateur est muni de mancherons et de régulateurs.
Scarificateur - extirpateur. Nous mentionnerons le scarifica-
teur-extirpateur connu sous le nom de herse-bataille ; il est du vieux
modèle ; mais il est encore ainsi fabriqué par plusieurs construc-
INSTRUMENTS AGRICOLES . 953
B B
C C
D
D
E E
NET
Fig
. 319. Rouleau pour transport des engrais .
Fig. 350. Scarificateur de Biddell.
954 INSTRUMENTS AGRICOLES.
teurs de village, et, tel quel, cet instrument rend toujours de grands
services, bien qu'inférieur aux scarificateurs-extirpateurs perfec-
tionnés.
Cet instrument se compose d'un châssis triangulaire en bois
porté sur trois roues. La roue d'avant est supportée par une tige
fourchue en bas et ronde en haut pour laisser à cette roue la pos-
sibilité de tourner dans le plan horizontal lorsque la herse doit
changer de direction ; chaque roue d'arrière est fixée sur une
tige plate qui traverse une mortaise du longeron, de sorte que la
roue peut être plus ou moins élevée par rapport au châssis ; une
cheville- clavette mise dans un des trous retient la roue à la
hauteur voulue. Sur les longerons, se trouvent les deux supports
d'un axe servant de charnière au châssis rectangulaire porte-
dents. Lorsque l'instrument ne doit plus fonctionner, le châssis
est soulevé et renversé, les dents en l'air, contre une traverse
posée à l'avant. La forme des dents de cet instrument a sérvi de
type à de nombreux scarificateurs français : et les herses-bataille
plus ou moins modifiées forment un genre d'instruments désignés
dans certains départements par le nom de batailleuses .
Le scarificateur de M. Colman, que nous représentons fig. 351,
est un des plus convenables aux divers points de vue de la
disposition d'ensemble, de la forme, de la répartition et de la
variété d'action des dents ; du mécanisme de soulèvement, etc.
Chaque dent tourne autour d'un bouton-axe horizontal, lors-
qu'on agit sur le grand levier qui fait corps avec un grand
cylindre en fonte armé d'oreilles, qui font fonction de mani-
velle et commandent les dents par l'intermédiaire de petites
bielles ; lors donc que l'instrument arrive au bout du champ, on
abaisse le grand levier, ce qui relève toutes les pointes des dents
hors terre et permet de faire tourner facilement l'instrument pour
commencer un nouveau train ; en abandonnant le grand levier à
lui-même, après la tournée, les dents tombent par leur propre
poids, et une fois qu'elles ont mordu au sol, elles tendent à y
pénétrer de plus en plus, jusqu'à ce que les roues portent sur le
sol et arrêtent cette pénétration, ou jusqu'à ce que le levier soit
arrêté par une cheville mise dans l'un des trous du demi-cercle,
qu'il parcourt.
La limite d'entrure des dents se règle donc par l'élévation ou
l'abaissement des roues par rapport au châssis. On élève plus ou
moins les roues en agissant sur les leviers ayant leur point de
rotation sur le châssis et portant à leur extrémité l'axe des roues.
Le grand bras du levier joue dans un quart de cercle percé de
trous, et il suffit de placer une cheville dans l'un de ces trous
pour fixer la roue à la hauteur voulue, et avoir ainsi une profon-
deur de travail convenable. A l'avant, un régulateur permet de
fixer le point d'attache dans la direction de la ligne de résistance,
INSTRUMENTS AGRICOLES . 955
quelles que soient la profondeur du travail et la ténacité du sol.
En définitive, le scarificateur et l'extirpateur ne font qu'un
seul instrument, il suffit pour cela de l'aménager de telle façon
qu'on puisse y fixer indifféremment ou le coutre ou le soc.
00
Fig. 351. Scarificateurde Colman.
SEMOIR (1 ). - Jusqu'à ces dernières années, la plupart des culti-
vateurs ne considéraient comme grands instruments indispensables
à la ferme que la charrue, la herse , le rouleau et la charrette .
D'autres machines ont commencé à s'ajouter à ces quatre appa-
reils primitifs : ainsi, le scarificateur-extirpateur, la houe, la ma-
chine à battre se trouvent aujourd'hui dans toute exploitation
bien tenue, et nul ne songe à révoquer en doute leur utilité. Le
sermoir commence à prendre rang parmi les instruments indis-
pensables dans les grandes fermes de la Grande- Bretagne, dans
nombre de fermes des Flandres, et enfin dans quelques grandes
fermes françaises.
こ
(1) Voir aussi ce mot tome II, p. 809.
956 INSTRUMENTS AGRICOLES .
Dans une grande exploitation, l'emploi de la houe à cheval
suppose l'usage du semoir, et cette dernière pratique permet
l'extension des services réclamés de la houe à cheval. L'ense
mencement est un travail de précision, et bien qu'il soit fait
pulvérulents
GUIGUET
Hornsby.
engrais
graines
Semoir
L.
352.
Fig.
-de
CONSTRUCTEUR
età
GAUTREAU
DOURDANA
RECARD
aujourd'hui à la main, par le meilleur ouvrier de la ferme, on
peut dire que l'ensemencement à la main n'est pas suffisamment
précis et qu'il entraîne la perte, parfois , d'une grande quantité de
semence, et une certaine irrégularité dans la levée, outre le grand
INSTRUMENTS AGRICOLES . 957
reproche de ne pas permettre les sarclages par les houes à cheval.
Tous les semoirs mécaniques peuvent être rangés dans trois
grandes classes ; 1 ° semoirs à la volée ; 2º en lignes ; 3° en poquets .
Chacune de ces classes a autant de genres qu'il y a de différents
mécanismes pour prendre et distribuer la semence . On a ainsi
les semoirs à lanterne , à palerons , à cylindres, à encoches , à brosse
et enfin à cuillères . Le semoir de Hornsby (fig. 352) est un semoir
en lignes à cuillères : c'est-à-dire que l'appareil saisisseur et distri-
buteur de la semence se compose d'une série de plateaux tour-
Fig . 353. Semoir à brouette.
nants , armés chacun d'un certain nombre de cuillères qui prennent
et distribuent régulièrement les semences. Ce semoir peut semer
toutes espèces de graines, avec ou sans engrais, suivant les mo-
dèles, en toutes quantités désirées et suivant des lignes plus ou
moins écartées . Les coutres supportés par des leviers indépendants ,
tracent, en vertu de leur poids , un petit sillon portant également
profond, quelles que soient les inégalités du sol ; et les cuillères
jettent dans les tubes en caoutchouc, les graines que ces tuyaux
conduisent dans le sillon tracé. Des précautions sont prises pour
que la boîte à graines reste constamment horizontale en tous
sens, afin que la quantité de semences, répandue, soit la même,
que le semoir monte ou descende suivant la plus grande pente
du sol, on marche transversalement. En changeant les disques
porte-cuillères et les engrenages de transmission, on peut mettre,
par hectare , des quantités très variables de semences . Ce semoir
a été très àsouvent
Semoir primé
brouette. . emploie souvent le semoir à brouette
- On
Fig
.354.
balles
de
secoueur
et
époussièreur
Tarare
958
F
I G
J
INSTRUMENTS AGRICOLES.
D
INSTRUMENTS AGRICOLES .
B
Fig
.
35 .
grains
pour
trieur
Tarare
959
960 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
et à cuillers de Dombasle, ou le semoir à brouettes et à brosses,
du même ; chacun d'eux ne sème qu'une ligne à la fois, mais ils
sont légers , solides et d'un prix fort modique, et peuvent servir
pour les betteraves, les fèves, le maïs , le blé, etc. , aussi bien que
pour les petites graines. Uu autre semoir à brouette, et à cuillers,
employé en Angleterre pour les turneps , nous paraît devoir être
recommandé aussi pour les carottes ; il peut semer trois lignes à
la fois, est très léger et d'un prix très faible. Parmi les sémoirs à
cheval , nous nous contenterons de citer ceux de Hugues, de
Crespel-Delisse, Jacquet-Robillard, Claës, Garrett, de Hornsby,
dont nous avons donné plus haut la description et la figure, Smith,
1
Hamoir et de Grignon. Presque tous sont en même temps disposés
pour répandre les engrais pulvérulents, et recouvrir séparément
la sernence et l'engrais.
Qu'on sème à la main, au semoir à bras ou au semoir à cheval,
les lignes doivent être espacées de 0,45 à 0m,55 , afin de pouvoir
donner les sarclages, en grande partie, à la houe à cheval ; il ne
reste plus à sarcler à la main que la ligne elle-même. On emploie,
pour semer à la main, de 250 à 300 litres de blé par hectare ; et
au semoir de 80 à 100 litres .
TARARE ÉPOUSSIÉREUR ET SECOUEUR DE BALLES . Cette machine
(fig. 354) est à grand effet, mue par manège ou par la vapeur,
nettoyant mais ne classant pas, annexée à une machine à battre.
La figure 355 représente un tarare trieur pour grains à venti-
lateur et à grilles , mû, comme le précédent, par un manège ou
par la vapeur.
Instruments de précision ( Conn. prat.) - On com-
prend sous le nom d'instruments de précision un grand nombre
d'objets qui offrent entre eux bien peu d'analogie et qui, pour
beaucoup, n'ont aucune prétention à la précision de l'exécution ou
des mesures. Sans doute on étonnerait bien tel ou tel fabri-
cant de mesures linéaires du Jura si on lui parlait de précision, et
d'un autre côté cette expression n'est certes pas déplacée quand
on considère la machine qui trace plus de mille traits équidistants
dans l'épaisseur d'un millimètre.
Évidemment, il serait difficile de trouver un nom commun pour
des instruments si divers employés dans des sciences qui ont ou
qui paraissent avoir si peu de points de contact.
Les sciences d'observation emploient des instruments qu'or
peut ranger dans trois catégories, et qui n'ont pas tous les même
droits à être appelés instruments de précision. Les uns sont de
appareils de démonstration disposés pour reproduire dans un cours
tel ou tel phénomène ou pour vérifier une loi physique devant un
nombreux auditoire. Ces appareils ne sont nullement précis , leur
but est tout autre. Ils doivent en général présenter des qualités
INSTRUMENTS DE PRÉCISION . 961
qui sont exclusives de la précision : il faut qu'ils soient simples ,
assez volumineux pour être bien visibles, et d'un prix peu élevé,
car leur nombre s'accroît tellement qu'on ne pourrait les acquérir
tous. Parfois même leur construction est trop élémentaire.
La seconde catégorie d'appareils comprend les machines destinées
àmettre en jeu les forces physiques, à produire la chaleur, la
lumière et l'électricité. C'est là qu'il faut placer un grand nombre
d'appareils fort intéressants . C'est dans cette branche que s'exerce
particulièrement l'activité des inventeurs. Trouver le moyen de
manifester simplement ou à bon marché une des forces de la
nature amène des conséquences autrement importantes que le
perfectionnement de quelque appareil destiné à faire une expérience
de cours et à vérifier devant un auditoire une des lois physiques .
Enfin la troisième catégorie d'instruments renferme les instru-
ments de précision proprement dits. Ce sont les instruments de
mesure qui fournissent un résultat plus ou moins approché de la
vérité selon le soin avec lequel ils ont été construits. C'est peut-
être cette branche d'appareils qui a fait le plus de progrès . Le
développement de l'industrie moderne a permis de construire des
instruments d'une délicatesse inouïe et d'arriver à effectuer la
mesure de quantités que les physiciens du siècle dernier auraient
certainement jugées négligeables .
Compas. - Si le sextant sert au marin pour déterminer la posi-
tion qu'il occupe sur le globe, le compas ne lui est pas moins
nécessaire, et un auteur anglais a pu dire avec raison que le
compas était aussi utile au marin que le chronomètre, bien qu'on
ne lui accorde pas la même attention et les mêmes soins. Les
modèles les plus employés pour les compas peuvent se ramener à
trois types : les compas à une ou plusieurs aiguilles parallèles,
les compas à liquide et les compas à aiguilles circulaires . Les
compas circulaires appartiennent à M. Duchemin, car malgré quel-
ques tentatives faites dans le siècle dernier et qui ne paraissent
pas avoir abouti à des résultats sérieux, les compas circulaires
sont de date récente. M. Duchemin semble avoir eu en vue plu-
sieurs motifs pour adopter la disposition circulaire du barreau .
On sait qu'une boussole doit satisfaire à plusieurs conditions :
sensibilité assurée par le frottement minimum et la force direc-
trice maximum, stabilité mécanique obtenue par l'égale répartition
des masses autour du centre, stabilité magnétique impossible à
obtenir aussitôt qu'il y a des fers à bord du navire et exactitude
qui dépend de la précision des divisions , du centrage et de la coïn-
cidence des axes. Pour obtenir la stabilité mécanique complète on
ne peut mieux faire que d'employer un barreau aimanté circulaire
et c'est ce qu'a proposé M. Duchemin. La rose représentée fig. 356.
est munie de deux cercles d'acier aimanté A, B réunis à la chape
1020
3040
962 > INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
5016
centrale par une traverse d'aluminium ou de laiton nn. Une tra-
verse en acier aimanté est fixée dans la direction NS .
0170
C I R C ULAIRE
180
BOUSSOLE
2
NORD
0
4
70
E
N
80
016
n.
n
8
10 20 30 40 50 60 7080
70
0
S
6
S
O
15
1
E
0
/0
EMILE D
UCHEMIN 0
7
3
0
2
SUD 0
Fig. 356.
Comparateurs. Ces mètres étalons servent à repérer des
règles, des divisions qui font partie de divers instruments de phy-
sique. Cette opération exige l'emploi d'un appareil spécial, c'est le
comparateur. De même que les mesures se distinguent en mesures
à bouts et en mesures à traits, le comparateur doit pouvoir fonc-
tionner de deux façons.
Quand on veut se servir du comparateur pour les mesures à
bout, on place la règle sur la table de fonte et l'on amène l'une
de ses extrémités à buter contre un talon d'acier, tandis que l'autre
extrémité vient au contact d'une touche à leviers articulés termi-
nés par une aiguille qui s'arrête sur un cadran. Quand on a mis
la seconde règle à la place de la première, la division à laquelle
se tient l'aiguille n'étant pas la même , la différence de longueur
se trouve ainsi accusée et même augmentée par la disposition des
leviers. Pour obtenir plus de précision, on fait la lecture à l'aide
de microscopes . Il pourrait arriver que les deux bouts de la règle
ne fussent pas taillés perpendiculairement à sa longueur ; on s'en
assure au moyen d'une vis que fait glisser la règle parallèlement
5
INSTRUMENTS DE PRÉCISION 963
à elle-même. Si l'aiguille marche sur le cadran, c'est que l'un
des bouts est mal construit.
Quand on veut comparer des mesures à traits, on ne se sert plus
des touches dont les extrémités sont en agate pour que leur con-
tact répété n'en altère pas les dimensions, mais on emploie alors
deux microscopes M.M' (fig. 357) qu'on peut faire mouvoir hori-
zontalement et verticalement. Ces microscopes sont portés par deux
chariots qui peuvent glisser sur un banc en fonte A B fixé sur un
support, parallèlement à ce banc est une table de même métal C. D
sur laquelle on pose successivement les règles à comparer. Au
moyen d'une vis à pas très fin on fait mouvoir la règle sur la table
de manière à la rendre parallèle au banc des microscopes et à
amener le trait origine sous le fil de l'un d'eux. Au foyer de
l'oculaire dans chaque microscope se trouve un réticule fixe et
un autre mobile au moyen d'une vis dont le pas est d'un demi-
millimètre. La tête de cette vis porte un tambour partagé en 500
parties : on peut de la sorte faire avancer le réticule mobile d'un
millième de millimètre et par suite obtenir avec cette précision la
différence de deux longueurs.
Soient à comparer deux règles divisées R, R'. On place d'abord
sur la table CD la règle R, qu'on amène dans le champ et au
foyer des deux microscopes. Ceux-ci , d'autre part, doivent être
placés de telle sorte que les croisés fixes de leurs réticules coïn-
cident exactement avec les traits extrêmes ; ce résultat s'obtient
sans peine par le glissement des chariots et le jeu des vis de rappel.
La coïncidence étant obtenue, on enlève la règle R et on la rém-
place par la règle R'. Les dimensions de celle-ci n'étant pas néces-
sairement les mêmes que celles de la précédente, on met en jeu
de nouveau les vis de rappel de la table CD , afin de placer à son
tour la règle R' dans le champ et le foyer des microscopes , et l'on
amène une de ses divisions extrêmes exactement sous le réticule
fixe du microscope M. Si dans cette position l'autre division
extrême coïncide aussi avec le réticule du microscope M' , on est
assuré que les deux règles sont parfaitement égales. Dans le cas
contraire, on tourne la vis micrométrique du second microscope,
jusqu'à ce que son réticule mobile vienne se placer sur le trait.
La distance qui sépare les deux systèmes de fils, lue sur le
cadran divisé du microscope M' , exprime évidemment la diffé-
rence de longueur des deux règles ; différence évaluée, comme il
a été dit ci-dessus, en millièmes de millimètre.
Cathétomètres . Avec une règle divisée placée verticale-
ment et une lunette qui glisse sur cette règle en restant parallèle
à elle-même, on aura évidemment le moyen de mesurer la différence
de hauteur de deux points. C'est là le principe du cathétomètre,
instrument imaginé par Dulong et Petit (fig. 358), et qui rend actuel-
964 INSTRUMENTS DE PRÉCISION .
M M
ID
Fig. 357. Comparateur de mesures à traits.
E.P PEGARD
Fig . 359. Sphéromètre ordinaire.
F.P.
Fig. 358. Cathétomètre Dulong. Fig. 360. Sphéromètre Perreaux.
INSTRUMENTS DE PRÉCISION.- 965
lement des services considérables en physique, par la précision
qu'il permet de donner aux mesures .
Cet instrument se compose d'un prisme triangulaire en cuivre
fondu A B, percé dans toute sa longueur et traversé par une
colonne d'acier fixée sur un trépied à vis calantes. Au sommet
du prisme est taraudée une vis en acier c dont la pointe repose
sur l'extrémité supérieure de la colonne d'acier, qui forme ainsi
le pivot autour duquel tourne tout le système. Le prisme se trouve
donc suspendu sur cette colonne, et guidé à sa partie inférieure
par un collier cylindrique parfaitement rodé. Ce mouvement est
très doux et très précis. Une lunette est fixée sur une boîte D,
glissant à frottement sur les arêtes du prisme. La lunette d'un
cathétomètre doit être pourvue des moyens de vérification et des
rappels nécessaires pour amener son axe optique dans un plan
perpendiculaire à l'axe du prisme, parallèle au plan d'un niveau à
bulle d'air, et par conséquent horizontal .
Pour cela la lunette repose sur deux colliers sur des chevalets
où elle peut tourner autour de son axe de figure. Un niveau à
bulle d'air est placé sur les colliers de la lunette. Cette disposition
permet d'obtenir facilement le parallélisme du plan de la bulle
d'air et de l'axe optique de la lunette, et par suite l'horizontalité
de ce dernier. Voici comment on y parvient : 1º On amène la
bulle entre ses repères, au moyen des vis calantes du trépied ;
20 on retourne bout pour bout le niveau sur les colliers de la
lunette; si les points d'appui du niveau sur ces derniers sont paral-
lèles au plan de la bulle, cette dernière revient exactement entre
ses repères. S'il n'en est pas ainsi, on corrige la moitié de la
différence au moyen de la vis de rappel qui fait mouvoir la fiole
du niveau sur ses supports ; 3° cette correction étant effectuée,
on retourne tout le système de 188 degrés autour de l'axe du
prisme . La bulle doit encore rester entre ses repères : s'il en est
autrement, le niveau et la lunette ne sont pas perpendiculaires à
l'axe du prisme. On corrige cette inclinaison en ramenant la bulle
de la moitié de la quantité dont elle s'était déplacée, au moyen
d'une vis de rappel qui fait incliner le niveau et la lunette par
rapport à l'axe de la règle ; 4º on amène le prisme dans une
position verticale, au moyen des trois vis calantes. Cette condi-
tion est remplie quand la bulle reste entre ses repères, le niveau
et la lunette étant placés dans deux directions perpendiculaires ;
50 on vise avec la lunette un objet quelconque, on observe le
point qui tombe sous la croisée des fils ; on fait tourner la lunette
de 180 degrés autour de son axe de figure, et la croisée des fils
doit rester sur le même point. S'il en est autrement, cette croisée
n'est pas placée sur l'axe de figure de la lunette. On obtient cette
coïncidence au moyen des vis de rappel qui font mouvoir le réti-
cule dans l'oculaire .
IVO VOLUME. 14
966 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
L'instrument étant ainsi réglé, on vise l'un des points dont on
veut déterminer la hauteur verticale, on l'amène en coïncidence
avec la croisée des fils, et on lit sur la règle l'indication du ver-
nier ; une deuxième opération sur l'autre point donne une seconde
lecture, et la différence de ces deux nombres est la distance verti-
cale des deux points observés. Pour ces lectures , une des faces du
prisme est divisée en demi-millimètres ; un vernier tracé sur la
boîte D donne le 1/50 de millimètre. On peut remplacer le vernier
par un microscope à fil mobile, au moyen d'une vis micromé-
trique, dans le plan focal de l'oculaire. Cette addition permet de
pousser l'approximation jusqu'au 1/100 de millimètre, tout en ren-
dant la lecture plus facile.
Si l'on veut s'astreindre à faire deux lectures pour chaque point
observé, on peut se dispenser de régler l'instrument, et il est
indifférent que l'axe de la lunette soit ou ne soit pas parallèle au
niveau . Dans ce cas, voici comment on opère : 10 On dirige la
lunette vers l'objet dont on veut déterminer la hauteur, on
amène la bulle entre les repères du niveau et la croisée du réti-
cule sur le point observé : on fait alors une première lecture sur
la règle divisée ; 2° on fait tourner la lunette sur elle-même de
180 degrés, on retourne le niveau bout pour bout sur les colliers
et la lunette, on ramène la bulle entre ses repères et le réticule
sur le point déjà observé, puis on fait une seconde lecture. La
moyenne des deux nombres obtenus est la hauteur cherchée.
Le cathétomètre de Dulong avait primitivement environ cin-
quante centimètres de hauteur ; il était originairement destiné à
mesurer l'allongement de la colonne mercurielle dans l'étude de
la dilatation absolue du mercure ; Gambey en perfectionna la
construction et en porta la longueur à un mètre : la division fut
bien plus soignée et la rigidité plus grande.
Sphéromètres . - A la suite du cathétomètre, vient se placer
un instrument aussi sensible que lui, mais destiné à faire connaî-
tre les épaisseurs des lames ou des feuilles minces : c'est le sphé-
romètre (fig. 359), ainsi nommé parce qu'il permet de conclure le
rayon de la sphère à laquelle appartient une surface courbe, une
surface réfringente par exemple. Le sphéromètre se compose d'un
'trépied à pointes d'acier bien trempé, dont le centre forme un
écrou que traverse une vis à filet très fin, un demi-millimètre par
Sexemple. La tête de la vis porte un cadran divisé en 500 parties,
ce qui permet d'estimer le millième de millimètre, et à l'un des
pieds est fixée une règle verticale divisée en demi-millimètres,
qui fait connaître combien de tours entiers on a fait faire à la
vis . Le sphéromètre se pose sur une glace bien dressée qui sert
de base à l'instrument et sur laquelle on place aussi l'objet dont
on veut connaître l'épaisseur.
Avant de commencer l'opération qui doit donner l'épaisseur de
INSTRUMENTS DE PRÉCISION. 967
la lame que l'on veut mesurer, il faut d'abord amener la pointe
de la vis dans le plan qui contient les trois pieds du sphéromètre ;
c'est là qu'est la principale difficulté. Jadis on procédait de la
manière suivante : on descendait la vis un peu plus qu'il ne
fallait, alors l'un des trois pieds du sphéromètre quittait la glace,
et l'appareil, en trébuchant, produisait un bruit de trépidation
très distinct. Il fallait donc remonter la vis peu à peu, jusqu'à ce
que le bruitdisparût, et saisir avec soin ce moment, car si l'on
tournait un peu trop la vis, il en résultait une erreur sur l'épais-
seur cherchée.
M. Perreaux, constructeur fort habile d'instruments de préci-
sion, a imaginé une modification qui permet même d'obtenir une
précision plus grande, encore qu'avec l'ancien instrument. Son
sphéromètre (fig. 360) est à double levier. La pointe qui termine
la vis est indépendante de cette dernière, dont elle occupe l'axe ;
une portée ménagée à la partie supérieure lui permet de remonter
quand on soulève la vis, mais elle peut aussi être relevée sans que la
vis fasse aucun mouvement ; au contraire, quand la vis descend, elle
entraîne la pointe avec elle. La partie supérieure de la pointe
butte contre un levier qui en soulève lui-même un second, dont
l'extrémité marche sur un axe de cercle disposé verticalement.
Quand le sphéromètre est placé sur sa glace et qu'on descend la
vis, aussitôt que la pointe arrive à toucher la glace, elle relève
le levier et indique le contact avec une précision extrême. La
position du cadran de la vis par rapport à la lame divisée qui
sert de repère détermine le point de départ des divisions. On met
alors sous la pointe le corps dont on veut avoir l'épaisseur et on
recommence l'opération. La lecture de la lame et celle du cadran
font connaître l'épaisseur. L'instrument peut alors donner le quatre
millième de millimètre, mais dans bien des cas il serait illusoire
de compter sur une telle précision .
Machines à diviser. Si nous passons maintenant des mesures
divisées aux machines qui servent à opérer cette division, nous
signalerons un excellent système, celui de Ramsdem , et dont
voici la description : Une plate-forme de bronze porte des dents
à sa circonférence, 720 par exemple ; elle est conduite par une
ou plusieurs vis tangentes. L'une d'elles porte un cadran divisé
qui permet de faire tourner le cercle de quelques secondes,
ou plus, si l'on veut des divisions moins rapprochées . La plus
grande difficulté consiste à placer sur la plate-forme tournante le
cercle que l'on veut diviser, de telle sorte que leurs centres coïn-
cident parfaitement ; entre autres moyens que l'on peut employer,
on se sert d'une sorte de petit comparateur à touche qui s'appuie
sur la tranche inférieure du cercle à diviser. Si, pendant qu'on
fait décrire un tour entier à la plate-forme, l'aiguille du compa
968 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
rateur marque la même division, le centrage est bien fait et la
division de l'instrument n'aura pas d'erreurs d'excentricité .
Voici la description de la machine à diviser toute espèce de
mesures et de graduations, de M. Salleron,fig . 361 .
A A banc de fonte de fer sur lequel glisse le chariot C, et au
centre duquel se trouve placée la vis motrice ; C, chariot qui
supporte et entraîne le traçoir ; B, traçoir recevant à volonté un
burin ou un diamant, suivant qu'il s'agit de diviser sur du métal
ou sur du verre. Ce traçoir est muni d'un compteur 6, qui règle
A
D
EPEROL
IB.
Fig. 361. Machine à diviser de M. Salleron,
automatiquement la longueur des traits ; ainsi la division peut
être à volonté bornée par des traits plus longs de deux en deux, de
cinq en cinq, etc.; de même que ces traits longs et courts peuvent
dépasser d'un seul côté ou des deux côtés à la fois. En un mot, le
tracelet et son compteur se prêtent à toutes les variétés de traits,
quels que soient leur longueur et leur échelonnement.
Un microscope M sert à raccorder la graduation quand la règle
à diviser est plus longue que la vis de la machine. Ce microscope
sert en même temps de comparateur, soit qu'on veuille déter-
miner l'écartement de deux traits, ou comparer la longueur de
deux mesures ; D D', table ou plan en fonte de fer, sur lequel
doit être fixée la règle que l'on divise. Cette table est mobile
autour du point a, afin de donner à la règle à diviser une direc-
tion parallèle au banc A A sur lequel se meutle chariot; E comp-
teur au moyen duquel se trouve déterminé l'écartement de
chaque trait. Chacune des divisions du cadran de ce compteur
correspond à 1/4 de tour de la vis, soit à 1/4ec de millimètre, le pas
INSTRUMENTS DE PRÉCISION . 969
de la vis étant de 1 millimètre; de sorte qu'il est possible de tracer
tous les intervalles supérieurs à 1/100 de millimètre.
Distances. La mesure des longueurs sur le terrain offre un
intérêt considérable à beaucoup de points de vue ; le militaire ne
peut diriger ses coups avec quelque chance de succès s'il ne connaît
la distance du but à battre ; le marin non-seulement doit connaître
la distance du navire ennemi pour l'atteindre de ses projectiles,
mais encore il lui importe de savoir s'il s'éloigne ou s'il se rappro-
che de lui , et, dans certains cas même, il est nécessaire que le
vaisseau navigue en restant à une distance invariable de celui qui
le précède. Si nous examinons les arts de la paix, nous les voyons
également intéressés à connaître les distances. La topographie, à
quelque degré qu'on la considère, depuis l'arpentage jusqu'à la
géodésie, ne peut rien sans la connaissance des distances .
Plusieurs procédés se présentent, bien différents dans leurs résul-
tats. Tout d'abord nous indiquerons l'estimation de la distance à
l'œil nu , pour en faire ressortir les difficultés lorsque l'on veut un
peu d'exactitude. Il est basé sur la diminution apparente de la
grandeur des objets, à mesure que leur distance augmente, et sur
la dégradation de la lumière qu'ils envoient. Pour obtenir des
résultats passables en opérant de la sorte, il faut une grande
habitude, qui ne peut être acquise que par ceux qui ont constam-
ment besoin de juger les distances et que la nature de leurs
occupations et leur genre de vie à ciel ouvert conduisent à un
exercice fréquent. Mille causes tendent à induire en erreur ceux
même qui ont acquis une certaine habileté. La manière dont
l'objet est éclairé , sa couleur, son état de repos ou de mouve-
ment, la transparence plus ou moins grande de l'atmosphère, sont
autant de considérations qui peuvent occasionner des erreurs .
Qu'un même objet soit dans une position élevée ou non par rap-
port à l'observateur, et l'estimation de la distance ne sera pas la
même, il y aura encore de l'incertitude si les plans intermédiaires
présentent un aspect uniforme; ou bien s'ils sont sillonnés de
lignes fuyantes ou transversales. Tous ces éléments sont de la
plus grande importance, et un bon observateur doit en tenir
compte soigneusement et faire l'éducation de son œil en compa-
rant à des mesures exactes les évaluations faites à l'œil nu . Ces
quelques mots suffisent certainement pour montrer l'incertitude
d'un pareil moyen et la nécessité de procédés plus rigoureux.
Dans certains cas, la mesure directe peut être effectuée soit à
l'aide de règles métalliques, quand on veut une très grande préci-
sion , soit à l'aide de mesures métriques , chaîne ou ruban. Outre
que, dans bien des cas, cette mesure est impossible, elle présente
tant de longueurs, tant de difficultés, et souvent si peu de préci-
sion, qu'on a depuis longtemps cherché à les remplacer par des
procédés plus commodes et plus expéditifs.
970 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
Les instruments proposés se distinguent les uns des autres par
le principe théorique sur lequel repose leur construction. On peut
les partager en cing catégories . La première comprend les diverses
lunettes à distance pour l'emploi desquelles il faut connaître par
avance la hauteur de l'objet que l'on vise, ainsi que les stadia dont
l'usage repose sur la diminution apparente d'un objet à diverses
distances . Dans la seconde catégorie sont les lunettes, ou mieux
les appareils d'optique qui leur ressemblent, et dans lesquels on
mesure la distance d'un objet quelconque au moyen des théories
de l'optique . C'est un instrument de cette espèce qui semble devoir
rendre les meilleurs services et satisfaire aux exigences les plus
variées . La troisième catégorie rassemble tous les instrumentset
toutes les méthodes qui ramènent la question à la résolution d'un
triangle dont la base est connue, et emploient par suite deux sta-
tions . Dans les uns on mesure les angles aux extrémités de la
base, ou l'un d'eux si l'autre est droit ; dans d'autres, des éléments
optiques transforment en distances lue immédiatement l'évaluation
de cet angle. Deux sections peuvent être établies dans cette caté-
gorie : la première comprendra les instruments pour lesquels une
base de 20 à 40 mètres est habituellement employée ; et la seconde,
ceux qui exigent des stations préalablement déterminées, souvent
assez éloignées l'une de l'autre, et reliées par une communication
télégraphique, soit au moyen de l'électricité, soit au moyen des
signaux optiques . On peut ranger dans une quatrième catégorie
les appareils qui ramènent la mesure de la distance à celle d'une
base dix, vingt ou quarante fois plus courte que la distance et que
l'on est alors obligé de mesurer directement ou de conclure de
l'emploi d'un instrument du premier genre. Enfin les appareils
fixes employés dans les batteries élevées, et qui permettent de
détruire la distance de l'observation de la dépression; peuvent
former la cinquième catégorie.
Les instruments destinés à la topographie appartiennent pres-
que tous à la première classe, car le but est facilement accessible,
et l'on peut y porter un objet de grandeur connue ; en général ,
d'ailleurs, la distance est assez faible. Les besoins de l'art militaire
obligent, au contraire, à employer des instruments d'une grande
portée , et, autant que possible, à déterminer la distance au moyen
d'une seule station .
Instruments qui servent à déterminer la distance à un objet
de grandeur connue . La plupart de ces instruments sont des
lunettes astronomiques ou terrestres , dans lesquelles se trouve un
micromètre entre les fils duquel doit être compris l'objet que l'on
vise. Il est nécessaire que l'oculaire soit convexe, afin de voir les
divisions du micromètre composé le plus souvent de fils d'arai-
gnée ou de platine, mais mieux encore d'une lame de verre très
mince finement graduée. Bien que presque tous les instruments de
INSTRUMENTS DE PRÉCISION. 971
ce genre soient munis d'oculaires convergents, on a aussi essayé
d'en construire avec l'oculaire de Galilée.
Instruments qui donnent la mesure en observant d'une seule
station un objet de grandeur inconnue. Ces instruments s'ap-
puient sur les phénomènes que présentent les rayons lumineux
réfléchis ou réfractés. S'ils pouvaient fournir des résultats précis ,
ils résoudraient la question de la manière la plus satisfaisante, car
l'observation est rapide et un seul observateur suffit.
Instruments qui ramènent la mesure de la distance d'un objet
à celle d'une base dont la longueur est une fraction connue
de cette distance. Ces instruments paraissent présenter sur les
précédents de nombreux avantages, car la mesure des petits angles
est fort difficile quand on veut de la précision, et les procédés
employés pour les multiplier laissent toujours place à l'incertitude.
Au contraire, une base courte peut se mesurer avec exactitude, et,
si elle doit être le cinquantième par exemple de la distance, bien
que l'erreur doit être rendue cinquante fois plus grande, on
peut s'arranger pour qu'elle tombe au-dessous d'une valeur donnée.
Angles. Au début, les instruments destinés à mesurer les
angles étaient des plus simples, l'alidade et les pinnules parurent un
moyen commode, et leur emploi ne tarda pas à se répandre, mais
le pointé présentait une grande incertitude. Aux trous pratiqués
dans la pinnule succédèrent les fils qui permettaient de donner à
l'alidade une meilleure direction sans faire voir pourtant avec plus
de netteté l'objet ou le point observé. Peu de temps après la décou-
verte des lunettes, en 1634, Morin proposa d'appliquer la lunette de
Galilée aux instruments divisés ; c'était à coup sûr un perfection-
nement, mais l'addition d'une lunette ne devint réellement avan-
tageuse que lorsque Auzout et Picard, en 1666 , remplacèrent
l'oculaire divergent de Galilée par l'oculaire convergent muni du
réticule . En 1631 , Vernier avait fait connaître l'appareil qui a con-
servé son nom et qui a permis d'augmenter ainsi notablement la
précision des observations. Enfin , en 1752, Mayer, en imaginant le
principe de la répétition, fournissait le moyen de porter cette pré-
cision presque à ses dernières limites .
Tous ces perfectionnements ont été réunis dans un instrument
fort complet, le théodolite. Comme tous les instruments à niveau,
le théodolite est sujet à certains inconvénients. L'observation du
niveau exige le retournement, l'inégale répartition de la chaleur
détermine des mouvements de la bulle dont on ne peut tenir
compte. De plus, la mesure de la distance angulaire ne s'obtient
pas ici sans calculs. L'inventeur du théodolite est inconnu . Il y a
deux siècles au moins que l'on en construit. Depuis fort long-
temps , c'est en Angleterre le véritable et l'unique instrument qui
sert dans tous les levés; le land surveyor n'opère pas sans lui.
En supprimant la boussole, et construit dans de plus grandes
972 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
dimensions, le théodolite est l'instrument des grandes triangula-
tions.
PESANTEUR . Parmi les instruments qui se rattachent à la
pesanteur nous pouvons établir deux classes, dans la première se
rangent ceux qui servent à trouver le poids des corps, dans la
seconde ceux qui permettent d'observer ou de démontrer les lois
de la pesanteur.
Balances . Le nombre des balances est considérable : on n'en
sera pas étonné si l'on réfléchit que les balances de précision sont
employées dans une foule d'industries, et que les besoins de la
science, soit en physique, soit en chimie, exigent de ces instru-
ments une exactitude que les constructeurs s'efforcent de pousser
à ses dernières limites. A côté des balances simples , c'est-à-dire
dans lesquelles les poids se placent simplement sur le plateau, il
faut mentionner les balances à cavalier et les balances à aiguille
de Gallois. Ces dernières paraissent l'emporter sur les balances à
cavalier qui exigent un opérateur très exercé pour rendre de bons
services. On sait qu'une aiguille fixée au milieu du fléau s'ajoute
de tout son poids à l'un des deux bras ou seulement d'une partie,
suivant qu'on la place parallèlement ou obliquement par rapport
au fléau. L'angle qu'elle fait avec lui permettra donc d'estimer
l'augmentation de poids qu'elle produit et de graduer cette
augmentation de la manière la plus commode. Dans la balance à
cavalier un petit curseur à cheval sur le fléau peut être poussé
plus ou moins loin du couteau et exercer une influence dont la
valeur se lit sur la place qu'il occupe.
Comme balances de précision nous citerons celles de M. Collot,
dont les proportions varient depuis le trébuchet qui, chargé de
50 grammes trébuche au demi-milligramme, jusqu'à la balance
destinée à peser des ballons et la balance qui sert à la comparaison
des kilogrammes-étalons. Les principes de construction sont à peu
près les mêmes dans ces divers modèles, dont la fig. 362 donne
une idée. Le fléau porte trois couteaux d'agate. La lecture de
l'aiguille se fait au moyen d'une loupe à tige articulée. Les pla-
teaux sont doubles en général et en platine pour les petites balances,
tandis qu'ils sont en laiton pour les grandes. Les oscillations sont
amorties à l'aide de pinceaux métalliques auxquels on donne un
mouvement vertical sous les plateaux, et les subdivisions du gramme
s'évaluent au moyen de cavaliers que l'on fait courir sur une tige
fixée au fléau . Les plateaux se posent sur leurs couteaux avant
que le fléau ne soit posé, ce qui diminue l'amplitude des oscilla-
tions et le plan d'agate principal est double et porté par deux
colonnes. Dans la grande balance montée sur une armoire et
destinée à peser de gros ballons, la porte de la balance ne s'ouvre
que pour mettre les gros poids, les autres poids consistent en des
İNSTRUMENTS DE PRÉCISION . 973
cavaliers d'une forme particulière qu'on dépose sur une traverse
fixée au fléau. Un système ingénieux permet de manœuvrer du
dehors tous ces cavaliers et avec assez de promptitude . La lecture
kilogrammes
comparaison
précision
Balance
servant
àldetalons
.-édes a
[Link]
Z
362
.Fig
PEROT
se fait au moyen d'échelles fixes en ivoire finement divisées devant
lesquelles marchent les extrémités du fléau, qui sont terminées en
pointe.
974 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
Lois de la pesanteur. Que n'a-t-on pas demandé à l'électricité ?
On l'a fait servir comme force partout où la main de l'homme a
trouvé quelques difficultés, là où il fallait de la rapidité, de la
régularité ou de l'adresse. Elle enregistre les phénomènes, quelque
courte que soit leur durée, et c'est à ce dernier point de vue que
M. Bourbouze l'a appelée à son secours.
Depuis longtemps la démonstration des lois de la pesanteur se
faisait à l'aide de la machine d'Atwood ; mais, bien qu'on lui ait
donné d'assez grandes dimensions et qu'on ait retardé la chute
du corps moteur en augmentant les masses qu'il entraîne, la durée
de l'expérience est si faible, l'estimation du moment où le poids
moteur s'arrête et où les masses achèvent leur mouvement exige
tant de précision qu'on a dû chercher un moyen d'observation
plus précis.
M. Bourbouze, déjà connu par plusieurs inventions ingénieuses,
a cherché à modifier quelques-unes des dispositions de la machine
d'Atwood, tout en conservant son principe, et a imaginé une
machine destinée à vérifier les lois de la chute des corps. Cette
machine n'a que 1m,50 de hauteur. Elle se compose d'une colonne
qui porte un plateau sur lequel se trouve une poulie. L'axe de
cette poulie doit être bien travaillé et monté sur d'autres poulies
pour diminuer le frottement, ou sinon, sur des coussinets fabri-
qués avec soin. Il entraîne dans son mouvement un cylindre
creux très léger, que l'on recouvre d'une feuille de papier noircie
à la fumée que produit en brûlant l'essence de térébenthine. Sur
ce papier une lame vibrante, terminée par un petit ressort , doit
tracer un cercle denté. Aussitôt qu'on rompt le courant de la pile,
l'électro-aimant qui retenait la lame vibrante l'abandonne, et
celle-ci commence à décrire sur le cylindre sa courbe dentelée.
On sait combien la lame fait de battements par seconde ; par suite
on sait à quelle durée répond chaque dent. Au moment où la
lame vibrante ou bien le diapason commence son mouvement,
les poids sont abandonnés à l'action de la pesanteur, le fil de soie
est entraîné, la poulie et le cylindre tournent, et le petit ressort
enregistre les temps sur le noir de fumée. Si le mouvement des
poids était uniforme, le cylindre tournerait uniformément et l'écart
des dents serait constant ; vers la fin de la chute le mouvement
étant très rapide, les dents sont très espacées. L'examen du nombre
de dents sur une longueur donnée, ou de l'espace occupé par un
même nombre de dents, permet de vérifier les lois de la pesanteur.
Enregistrement des variations du poids des corps. Diverses
balances ont été imaginées pour permettre d'enregistrer des varia-
tions de poids des corps , telles, par exemple, que celles d'un liquide
qui s'évapore , d'une plante qui s'accroît lentement, etc. Un des
instruments les plus ingénieux qui aient été inventés pour enregis-
trer de telles variations est la bascule à équilibre constant (fig. 363),
A
INSTRUMENTS DE PRÉCISION
975
363
.Fig .
Redier
M.
de
enregistrante
Balance
976 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
récemment imaginée par M. Redier. Elle enregistre d'une façon
continue les variations de poids d'un corps quelconque, une bougie
qui brûle, un végétal ou un animal qui respirent, etc.
La sensibilité de cette balance tient à l'état d'oscillation cons-
tante de son fléau. Elle se compose d'une bascule du commerce
portant sur une planchette lui faisant suite, un cylindre enregis-
treur et son mouvement d'horlogerie H, le rouage différentiel R
dont nous parlerons plus loin, et un vase V à moitié plein d'eau .
Dans ce vase peut plonger une masse cylindrique en relation avec
une poulie R dont les mouvements se transmettent au crayon
inscripteur. La théorie de l'instrument est très simple ; si dans
un vase plein d'eau placé sur un des plateaux d'une balance on
fait plonger une masse quelconque suspendue à un fil, et qu'on
place sur l'autre plateau des poids en nombre suffisant pour établir
l'équilibre, il suffira de sortir du liquide la masse plongeante pour
altérer cet équilibre. Le plongeur cylindrique dont nous avons
parlé plus haut agit précisément pour rétablir l'équilibre en s'en-
fonçant plus ou moins quand un corps est posé sur la bascule .
Le fil auquel il est fixé est enroulé sur une poulie et se trouve
abaissé ou relevé par cette dernière aussitôt que le plateau
éprouve une augmentation ou une diminution de poids . Les
rouages avec lesquels la poulie est en relation sont constitués par
l'engrenage différentiel que l'auteur emploie dans la plupart de
ses appareils enregistreurs et qui lui permet avec un petit effort
de produire une force très grande. Deux rouages pouvant mar-
cher en sens contraire, peuvent faire marcher la poulie en deux
sens différents. En agissant sur leur échappement l'extrémité du
fléau détermine la mise en liberté du rouage qui doit faire tourner
la poulie dans un sens ou dans l'autre.
A l'Observatoire de Montsouris on emploie pour enregistrer
l'évaporation de la terre et des végétaux, un appareil nommé atmo-
graphe (fig. 364) , qui a fonctionné à l'Exposition et qui consiste en
une bascule dont la table est placée au-dessus de l'instrument, au
lieu de l'ètre au-dessous. Cette bascule porte la terre ou la plante
dont on veut mesurer l'évaporation. Les mouvements du fléau sont
enregistrés directement par un levier inscripteur fixé à son extré-
mité. La sensibilité de ce fléau est réglée par un petit appareil
composé d'une tringle a fixée à la partie supérieure du plateau,
et portant à sa partie inférieure un anneau qui entoure le levier
enregistreur 6. A cet anneau est fixée une éprouvette d contenant
du mercure dans lequel plonge une tige de verre e assujettie à un
support indépendant de l'appareil. Lorsque le plateau de la balance
vient à augmenter de poids , l'anneau qui supporte le levier enre-
gistreur et l'éprouvette soulève cette dernière, le tube plongeur y
pénètre plus profondément, elle augmente de poids et l'équilibre
INSTRUMENTS DE PRÉCISION. 977
se rétablit. Quand le plateau de la balance diminue au contraire
de poids, un effet inverse se produit.
PEROT
Fig . 364. Atmographe .
CHRONOGRAPHES . La détermination de la durée d'un phéno-
mène est une question fort importante dans la plupart des sciences
d'observation. Il est assez inutile, en général, de rapporter le com-
mencement ou la fin du phénomène , sauf en astronomie toute-
fois, à un instant déterminé, mais la connaissance exacte du temps
écoulé est un élément de première nécessité. Quand ce temps a
une faible durée ou que l'instant initial et l'instant final ont besoin
d'être saisi avec une grande précision, l'un des procédés les plus
commodes consiste à les faire enregistrer par l'appareil lui-même,
qui reçoit alors le nom de chronographe.
Ces instruments sont de deux sortes : ou bien l'observateur
témoin du phénomène détermine par un mouvement de la main
l'enregistrement des instants, ou bien le phénomène lui-même
produit dans l'appareil des modifications qui se transforment en
durée par une lecture convenablement faite. La première caté-
gorie comprend les chronographes astronomiques et ceux qui
servent dans la plupart des expériences de physique ; la seconde
catégorie renferme une série d'instruments précieux par le degré
de précision avec lequel ils fournissent la mesure de durées extrê-
978 INSTRUMENTS DE PRÉCISION .
mement courtes, et en apparence si difficiles à déterminer : ce
sont les chronographes balistiques.
Chronographes astronomiques ou à pointage. Les chronogra-
phes à pointage sont assez nombreux ; les uns emploient l'électri-
cité, cet agent si docile et si rapide ; d'autres, moins précis, mais
possédant des avantages particuliers, n'ont pas recours aux cou-
rants. De ce nombre, et comme type du genre, nous citerons le
compteur à pointage de Bréguet .
Chronographes automatiques ou balistiques . Les questions
relatives au mouvement des corps pesants dans l'air ne peuvent
s'élucider un peu que lorsque l'on connaît le temps employé à par-
courir les différentes parties de la trajectoire ; aussi a-t-on depuis
longtemps cherché à obtenir quelques résultats de ce genre, qui
permissent d'arriver à connaître la loi de la résistance de l'air au
mouvement des projectiles. Jusqu'au moment où l'électricité a pu
être appelée au secours de l'art militaire, le pendule balistique
était à peu près le seul appareil que l'on pût employer.
M. le colonel Sébert a présenté , en 1878, à la Société d'encoura-
gement un nouveau chronographe dit chronographe de chute, dans
lequel la mesure des durées se déduit de la loi de la chute des
corps . Il est simplement formé de deux montants entre lesquels
peut tomber librement un poids soutenu par un organe de déclan-
chement qu'on peut placer à une hauteur quelconque entre les
montants .
Pour enregistrer la durée d'un phénomène, celle des vibrations
d'une lame vibrante, par exemple, la lame est fixée sur l'un des
montants de l'appareil . Une plaque enduite de noir de fumée est
ajustée sur une des faces du poids, de façon à l'obliger à passer
devant l'extrémité de cette lame lors de sa chute. De l'étendue du
tracé sinusoïdal inscrit à sa surface, on déduit, étant connue la
vitesse du poids à ce moment, vitesse indiquée par la hauteur de
chute, le nombre des vibrations. L'appareil précédent peut fonc-
tionner électriquement, mais il est alors très compliqué.
Chronographe à induction de M. Martin de Brettes. -
La
fixité relative de l'étincelle d'induction quand elle s'échange entre
une pointe métallique et une surface et que la pointe est négative,
propriété qui a été découverte dès l'année 1854, donna l'idée à
M. Martin de Brettes de l'utiliser pour le pointage des traces
chronographiques. Il appliqua d'abord ce système au pendule
balistique, et il n'eut pour cela qu'à armer d'une pointe excitatrice
le pendule lui-même; mais ayant obtenu de très bons résultats
de cette méthode, il songea à en faire la base d'un nouvel appa-
reil chronographique qui fut construit avec beaucoup de soin et
d'habileté par M. Hardy, en 1859 , et qui fut l'objet d'une récom-
pense élevée accordée à son auteur par la Société d'encoura-
gement.
Le chronographe de M. Martin de Brettes se compose de
Chronographe
INSTRUMENTS DE PRÉCISION. 979
àinduction
Martin
trois appareils dis-
de
M.
tincts, d'un enregis-
لله
treur chronographi-
que, d'un relais rhéo-
tomique et d'une ma-
chine de Ruhmkorff.
Nous en représen-
Brettes
tons fig. 365 et 366
les deux principales
de
.
dispositions .
L'enregistreur chro-
nographique est con-
titué par un cylindre
vertical D ( fig . 365)
autour duquel se
meut d'un mouve-
ment uniforme une
tige F terminée par .365
Fig
une pointe de pla-
tine. Cette tige re- G
courbée à angle droit
est mise en mouve-
ment par un méca-
nisme d'horlogerie H
H que régularise un
pendule conique G
qui s'y trouve relié E
constamment, et qui,
par l'amplitude plus
ou moins grande du
cercle qu'il décrit , F
joue en même temps, K
le rôle d'un régula-
teur à force centri- K
HO
fuge. A cet effet ce D
pendule est fixé à L
une suspension Car- Π
dan et réagit infé- L
'
rieurement sur un
bras horizontal mu- A
ni d'une rainure qui
a pour centre de ro- 1234
tation l'axe du cylin- P P
dre vertical D. Quand
l'appareil entre en
mouvement, le pen-
dule s'écarte succes-
980 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
sivement de la verticale, glissé dans la rainure du bras dont il vient
d'être question, et ce n'est que quand il est près d'atteindre son plus
grand écart que le mouvement est devenu uniforme. Alors les irré-
gularités qui peuvent survenir dans la marche du mécanisme ayant
pour effet un écart plus ou moins grand- du pendule, se trouvent
immédiatement corrigées . Cette ingénieuse disposition, qui a permis
[Link]
GP
Fig. 366. Chronographe à induction de M. Martin de Brettes.
de faire du mécanisme de l'appareil de M. Martin de Brettes une
horloge presque de précision, a été imaginée par M. Baliman .
Avec la disposition que nous venons de décrire, il est facile de
comprendre comment l'appareil doit fonctionner . Supposons, en
effet , que le cylindre vertical soit recouvert d'une feuille de papier,
INSTRUMENTS DE PRÉCISION. 981
et que la tige tournante soit mise en rapport avec le pôle négatif
de l'appareil de Ruhmkorff alors que le cylindre lui-même sera
mis en communication avec le pôle positif; on comprendra aisé-
ment qu'une action mécanique qui aura pour effet de couper à
deux instants successifs le circuit inducteur de la machine de
Ruhmkorff, déterminera, de la part de la pointe de la tige tour-
nante, deux étincelles qui produiront deux trous sur le papier ; et
l'écartement de ces trous, rapporté au développement de la circon-
férence du cylindre et au temps accompli par la pointe pour faire
une révolution entière autour de celui-ci, donnera la valeur exacte
du temps écoulé entre les deux ruptures du circuit inducteur .
Dans l'appareilde M. Martin,le temps de révolution de cette
pointe est exactement d'une seconde, de sorte que les calculs
sont extrêmement faciles .
Maintenant , comme il importe de pouvoir enregistrer une série
d'expériences les unes à la suite des autres, ou des expériences
ayant une durée plus grande qu'une seconde, M. Martin de
Brettes a ajouté à son appareil un second mouvement d'horlo-
gerie qui est placé à l'intérieur du cylindre vertical et qui a pour
but de le laisser descendre régulièrement, suivant son axe, d'une
quantité égale à sa hauteur. Il en résulte que la pointe de la tige
tournante décrit autour de ce cylindre une courbe en spirale sur
laquelle se trouvent échelonnées les indications chronographiques,
lesquelles peuvent, du reste, se calculer aisément, puisque les
durées dans un appareil disposé de cette manière sont propor-
tionnelles aux distances réciproques des trous sur la projection
circulaire de l'hélice.
Pour assujettir facilement son papier sur le cylindre et le tendre
parfaitement, M. Martin de Brettes a établi en un point de la
surface de ce cylindre une longue fente, derrière laquelle il a
adapté deux rouleaux formant laminoir et qu'on peut tourner
facilement à l'aide de deux boutons placés au- dessus du cylindre.
On fait passer les deux bouts de la feuille de papier enveloppant
le cylindre dans cette fente, et on la tend en tournant les rouleaux
du laminoir.
Disposition générale des chronographes électriques . Puis-
qu'un chronographe doit enregistrer les moments précis où se
produisent les différentes phases d'un phénomène physique que
l'on veut étudier, et fournir par suite les intervalles de temps
écoulés entre ces différentes phases, il faut nécessairement qu'il
se compose de trois systémes électro-mécaniques reliés entre eux :
1º d'un système moteur parfaitement réglé ; 2º d'un système enre-
gistreur sur lequel puisse réagir électriquement le phénomène
étudié; 30 d'un système chronométrique qui permette de rap-
porter aux divisions de temps les intervalles des traces produites
par le système enregistreur. Ordinairement le système enregis-
ve VOLUME. 15
982 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
treur se compose d'un cylindre dit enregistreur mis en mouvement
par le système moteur, et sur lequel se produisent des traces de
nature variable (suivant les systèmes) sous l'influence d'une ferme-
ture ou d'une rupture du circuit, déterminée par le phénomène
physique que l'on veut étudier. Les organes électriques appelés à
fournir ces traces sont appelés styles ou organes traceurs. Le
mécanisme moteur n'est autre qu'un mouvement d'horlogerie
dont la marche doit être rendue complètement uniforme par un
moyen quelconque, mais qui peut cependant fournir des vitesses
différentes suivant les besoins de l'expérience ; et comme les effets
à constater pendant une expérience peuvent durer quelques
instants, ce mécanisme moteur doit communiquer au cylindre
enregistreur ou aux styles traceurs un mouvement longitudinal
très lent pour échelonner les traces sur une ligne en hélice enve-
loppant tout le cylindre. Enfin le système chronométrique destiné
à relier au temps les indications fournies , est constitué, soit par
un système enregistreur particulier qui fournit auprès des indi-
cations chronographiques une série de traces régulières provoquées
sous l'influence d'un appareil chronométrique (pendule lame
vibrante ou diapason) dont les battements ont une durée connue,
soit par un compteur qui permet de connaître exactement la
vitesse de rotation du cylindre au moment de l'expérience, soit
par un chronomètre à pointage sur lequel réagit électriquement
le phénomène étudié. Comme complément, un chronographe doit
être accompagné d'un appareil de relèvement, au moyen duquel
on puisse déduire, des traces fournies, les durées qui leur corres-
pondent. Ces différentes conditions ont été réalisées plus ou moins
heureusement dans les divers appareils qui ont été imaginés
jusqu'ici, et ceux- ci ne diffèrent guère entre eux que par la manière
dont les organes sensibles se trouvent impressionnés électrique-
ment, ou par la manière dont les traces fournies peuvent être
rapportées à la mesure du temps .
PNEUMATIQUE. Otto de Guericke, de Magdebourg (1650) , fut
le premier à construire une machine qui permit d'extraire l'air
d'un vase pour y plonger les corps sur lesquels on voulait expé-
rimenter. C'est à lui que l'on doit la machine pneumatique. Con-
vaincu que le vide pouvait exister, puisque Torricelli l'avait
obtenu au sommet de son tube, il entreprit de le réaliser en enle-
vant l'eau d'un tonneau renforcé par des cercles de fer. Une
pompe à incendie employée dans ce but enleva l'eau, mais la
pression atmosphérique brisa le tonneau dont les parois vinrent
s'aplatir l'une contre l'autre. Un tonneau plus solide ne donna
bas de résultats plus satisfaisants , l'eau fut bien enlevée, il est
vrai , mais l'air s'introduisit en sifflant par les joints des douvelies.
En plaçant le tonneau dans un autre contenant également de
INSTRUMENTS DE PRÉCISION . 983
l'eau, Otto de Guericke espérait que le vide se maintiendrait,
puisque l'air ne pouvait plus avoir accès, mais à la fin de la
journée on entendit un gargouillement, l'eau pénétrait dans l'espace
intérieur, et au bout de trois jours que dura ce bruit, on reconnut
que le tonneau était à moitié plein d'eau. Si le bois livrait passage
au liquide, un métal ne devait pas présenter cet inconvénient ;
aussi Otto fit-il construire un récipient métallique qu'il remplit
d'eau et auquel il adapta le tuyau de la pompe à incendie. L'opé-
ration était presque terminée, quand le vase éclata avec un grand
bruit ; l'ouvrier ne lui avait pas donné la forme sphérique, qui
seule eût pu le préserver de l'effet énorme de la pression atmos-
phérique. Un nouveau récipient plus fört et mieux fait fut adapté
à la pompe, et l'expérience réussit alors complétement, mais les
parois épaisses du métal ne permettaient pas d'apercevoir les
modifications qu'éprouvaient les corps introduits ; aussi Otto son-
gea-t-il bientôt à remplacer ce récipient par un ballon de verre.
La machine pneumatique était alors véritablement créée.
Nous n'indiquerons pas l'une après l'autre les modifications
apportées successivement à la machine pneumatique. La plupart
des machines employées peuvent se ranger dans quatre catégo-
ries : les machines à mercure sans pistons, les machines à mercure
à pistons, les machines à piston frottant, les machines à piston
libre.
Machines à mercure sans pistons. Les machines de la pre-
mière catégorie sont fondées, en général, sur le mouvement d'une
colonne mercurielle barométrique. Elles ont été perfectionnées par
Baader et Hindenbourg.
Geissler, depuis un certain nombre d'années, avait remis en
honneur ce genre de machine, et il s'en servait pour la fabrication
de ses tubes dans lesquels, comme on sait, le vide doit être fait
avec grand soin . L'idée d'employer la colonne barométrique
pour faire le vide est une vieille idée, et les membres de l'Acadé-
mie del Cimento la mirent en pratique lorsqu'ils se servirent du
tube barométrique pour étudier les propriétés que prennent les
corps dans les espaces vides d'air. Il a fallu pourtant réunir bien
des conditions pour arriver à pouvoir transformer le tube baro-
métrique en une bonne machine pneumatique. Cellede Geissler
est ainsi disposée : Le tube barométrique est renflé à sa partie
supérieure, et au-dessus de ce renflement assez volumineux est
un tube vertical qui se bifurque un peu plus haut. Au point de
bifurcation est un robinet à 3 voies, en verre. L'un des deux pro-
longements débouche dans l'air, l'autre dans le récipient où l'on
veut faire le vide. Au moyen d'une pression dans la cuvette on fait
monter le mercure dans le tube jusqu'au robinet en chassant tout
l'air par le robinet à 3 voies. Cela fait, on laisse descendre le
mercure, et le vide se forme dans le renflement. En tournant
984 INSTRUMENTS DE PRÉCISION .
convenablement le robinet de verre, on y fait arriver l'air du réci-
pient, qui peut être évacué par le tube ouvert si l'on tourne le
robinet et qu'on presse sur le mercure de la cuvette. Cette opéra-
tion répétée un certain nombre de fois permet de faire le yide dans
le récipient.
Machine à mercure à pistons . A l'Exposition de 1878, on
remarquait une machine pneumatique à mercure. Cette machine,
de M. Kravogl , d'Innsbruck, est fort ingénieuse, elleappartientà la
seconde catégorie, celle des. machines pneumatiques à piston et à
mercure. Le piston est en acier et reçoit son mouvement d'un
mécanisme fort bien disposé. Son diamètre est un peu plus faible
que celui du cylindre ; au-dessus de lui est du mercure qui produit
une fermeture étanche et qui se meut avec lui. A la partie supé-
rieure du cylindre est ménagé un petit réservoir qui a la forme d'un
goulot de bouteille, et qui est séparé du cylindre par une soupape
d'acier qui s'ouvre de bas en haut. Le mercure soulevé par le
piston peut s'y introduire après avoir chassé tout l'air qui se
trouvait à la partie supérieure du corps de pompe. Quand le pis-
ton descend , la soupape se ferme et le mercure reste dans le
réservoir. Il se forme alors dans la partie supérieure du corps de
pompe un espace où l'air se raréfie, jusqu'à ce que le dessus du
piston en s'abaissant ait dépassé l'orifice d'un tube. L'air du réci-
pient s'introduit alors dans le corps de pompe, et, en remontant
le piston, on l'évacue, tandis que le mercure resté dans le réservoir
retombe au-dessus du piston.
Machines à pistons frottants . La catégorie des machines à
pistons frottants est celle qui comprend le plus grand nombre de
modèles . On peut les diviser en deux groupes au point de vue du
mode de transmission de la force, les machines à mouvement
alternatif ou les machines à mouvement de rotation. Nous ne les
décrivons pas ici, car elles comportent un trop grand développe-
ment.
Machines à piston libre. Toutes les machines à piston dont
nous venons de parler présentent cet inconvénient que le frotte-
ment des pistons absorbe une grande quantité de la force em-
ployée et rend leur manœuvre fort pénible ; on pent donc regarder
comme un progrès considérable une machine dans laquelle le
frottement est réduit au minimum : c'est ce progrès que réalise
la machine à piston libre de M. Deleuil.
Cette machine est appelée à marquer une ère nouvelle dans
cette branche d'appareils. Son principe repose sur la difficulté que
les gaz ont à se mouvoir dans les espaces très étroits, de sorte
que le frottement de deux pièces séparées par une couche d'air
très mince est annulé sans que la couche adhérente se renouvelle.
Signalons enfin la machine Carré (fig. 367), qui sert à faire la
glace et qui, par l'adjonction d'une platine, constitue une véritable
INSTRUMENTS DE PRÉCISIÓN . 985
machine pneumatique et d'autant meilleure qu'elle n'a pas d'es-
pace nuisible.
C
'
BERD
Fig. 367. Machine pneumatique pour la production
de la glace et du vide .
OPTIQUE .- Cette branche de la physique, presque inconnue des
anciens, auxquels pourtant les jeux de la lumière n'avaient pu
échapper, a reçu peu à peu, et à diverses époques, des perfection-
nements notables qui en ont étendu les horizons . Laissant de côté
l'optique géométrique, qui n'exige que des notions peu spéciales ,
on peut dire que l'optique physique date de Newton. Si l'on remonte
maintenant au commencement du xixe siècle, on voit une branche
toute nouvelle de l'optique se créer entre les mains des Malus ,
Fresnel , Arago, ete.
Avec ces progrès se sont multipliés les appareils . Les modifica-
tions si diverses imprimées au rayon lumineux par la matière
entraînent la construction d'instruments nouveaux et multipliés ;
aussi, comme pour l'acoustique, les constructeurs se spécialisent et
986 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
donnent tous leurs soins à une fabrication qui va tous les jours
en s'étendant.
Source de lumière, Les sources artificielles de lumière sont
nombreuses assurément, et pourtant, quand il s'agit de répéter
beaucoup d'expériences d'optique, en l'absence du soleil, on
éprouve de grandes difficultés. M. Duboscq a déjà rendu , à ce point
de vue, un service signalé en imaginant la lanterne photogénique
qui porte son nom. Cette lanterne peut recevoir soit une lampe à
modérateur, soit sa lampe électrique, soit enfin un chalumeau à
gaz qui donne au cylindre de chaux un éclat si éblouissant. Une
nouvelle source de lumière s'est produite dans ces derniers temps ,
c'est la lampe au magnésium. M. Salomon, de Londres, a imaginé
une lampe au magnésium qui permet de brûler le métal, soit en
fil, soit en poudre. Dans le premier cas, le fil se déroule au moyen
d'un mécanisme d'horlogerie, une lampe à alcool, placée par-des-
sous , l'empêche de s'éteindre. Veut-on brûler le magnésium en
poudre, on le mélange avec les deux tiers de son poids de sable
fin, et on fait écouler le tout lentement sur la flamme d'une lampe
à alcool .
Photomètres . - La comparaison des intensités de deux sources
lumineuses offre des difficultés de plus d'un genre : des pho-
tomètres ont été proposés. Nous citerons celui de M. Deleuil
qui est employé par la ville de Paris pour la vérification du pou-
voir éclairant du gaz light, qui a été construit sur les indications
de MM . Regnault et Dumas. L'appareil est placé dans une chambre
noire, le bec de gaz est en porcelaine, il reçoit le gaz d'un comp-
teur dont on peut faire varier le débit. La lampe type est une
lampe à modérateur, qui est bien moins sujette à se déranger que
la lampe Carcel, et dont la réparation est d'ailleurs bien plus facile.
Elle est placée sur une balance automatique qui fait connaître la
quantité d'huile brûlée. Les deux lumières viennent éclairer deux
plaques de verre dépoli placées à la grande base d'un cône tron-
qué dont la petite base reçoit l'œil. On règle la consommation du
gaz de telle sorte que l'œil ne perçoive pas de différence dans
l'éclairage des deux lames de verre, et l'on a, par suite, le pouvoir
éclairant du gaz comparé à l'huile.
Réflexion réfraction . Le goniomètre de M. Babinet a été le
point de départ de beaucoup d'instruments similaires. Cet instru-
ment peut servir à un grand nombre d'expériences et permet la
détermination des angles des prismes, l'observation des spectres,
des angles ou azimuts de polarisation, selon les pièces que la plate-
forme centrale reçoit .
Chambre noire, chambre claire . L'optique fournit aux arts du
dessin des auxiliaires bien précieux : la chambre noire et la
chambre claire. J.-B. Porta, en inventant la chambre noire simple,
ne pouvait prévoir évidemment le développement énorme que
INSTRUMENTS DE PRÉCISION . 987
devait prendre cet instrument destiné tout d'abord à donner seu-
lement dans une pièce dont les volets sont fermés une peinture
colorée et animée des objets extérieurs. Cette forme de l'instru-
ment de Porta, qui doit beaucoup à M. Chevalier, est à coup sûr
la moins intéressante, tandis que la chambre noire directe, par le
secours qu'elle a prêté au daguerréotype et à la photographie, a
bien mérité de la science.
La chambre claire, elle aussi, rend de grands services au dessi-
nateur, et avec les modifications que M. Laussedat lui a fait subir,
elle permet de prendre des vues qui combinées fournissent les
éléments du plan. La chambre claire de M. Laussedat est munie
d'une facette concave de 30 centimètres de foyer. Ainsi disposée
et placée sur une planchette à l'aide d'un niveau, cette chambre
est un instrument de dessin topographique.
Lunettes, télescopes . L'instrument qui augmente considéra-
blement la puissance de la vision, qui permet à l'homme de porter
ses regards loin de lui et de découvrir même dans l'immensité des
cieux des astres que l'œil nu ne peut distinguer, n'est pas , à coup
sûr, un instrument inutile au perfectionnement de nos connais-
sances. Roger Bacon (1214) passe pour l'inventeur des lunettes,
mais il ne dut pas en construire, et ses indications sont sans doute
simplement théoriques. Il faut remonter au xvne siècle pour
voir la pratique s'emparer de cette idée en apparence oubliée et
en tirer parti comme par hasard. Chacun connaît l'histoire des
enfants de Lippershey, ce lunetier de Middelbourg, qui virent avec
étonnement l'image amplifiée du coq de leur clocher en le regar-
dant au travers de deux verres de bésicles qu'ils avaient pris dans
l'atelier de leur père.
Plus on veut perfectionner les lunettes, plus les difficultés appa-
raissent, car il devient nécessaire d'augmenter les dimensions de
l'objectif, et le fabricant se trouve en face de problèmes presque
contradictoires. Il s'agit de fondre une grande masse de verre en
lui conservant une complète homogénéité en même temps qu'une
grande transparence, conditions en apparence presque impossi-
bles à réaliser, puisque l'une exige que la masse soit bien brassée,
tandis que l'autre demande un certain repos pour éviter ces stries
qui, en diffusant les rayons lumineux, nuisent tant à la netteté .
Nous ne décrirons pas ici les précautions minutieuses que doit
prendre le fabricant, mais nous dirons un mot des essais auxquels
doit être soumise sa fonte avant d'être reconnue bonne pour la
construction d'un objectif. Les stries, les bulles sont à craindre
et leur recherche doit évidemment précéder tout travail. On étudie
ordinairement le disque en polissant sur la tranche des facettes
planes opposées, qui permettent à la lumière de le traverser dans
différents sens et avec des inclinaisons et des éclairages variés .
Souvent les stries ne se révèlent point à la suite de ces recherches,
988 INSTRUMENTS DE PRÉCISION .
et ce n'est que lorsque le verre est déjà à moitié poli que leur
présence se manifeste.
Microscopes . C'est vers la fin du xvre siècle que fut inventé
le microscope, par Zacharie Jansen (1590) selon les uns , selon
d'autres par Galilée (1609). Il fallut encore bien des années avant
L
S
3 EC
3525
RE
Fig. 368. Microscope polarisant de M. Nodot .
qu'il commençât à acquérir quelques-unes des qualités qui font
aujourd'hui sa valeur ( 1) .
M. Ducretet construit un microscope polarisant (fig. 368), imaginé
(1) Pour la description de cet instrument, voir tome II, p. 1014.
INSTRUMENTS DE PRÉCISION . 989
R P
L
B
B
B B
D
D
Fig. 369et 370. - Microscope Darwin,
990 INTERMITTENCE.
par M. Nodot et dont la disposition paraît des plus heureuses. La
Jumière est polarisée par une glace noire mobile et par une pile
de glaces. Un Nicol de petites dimensions sert d'analyseur. Le
système éclairant comprend trois lentilles convergentes inférieures
et concentre la lumière sur le cristal à observer que l'on place
entre les deux lentilles demi-boules. Les rayons lumineux tra-
versent ensuite les lentilles supérieures qui forment l'objectif et
l'oculaire du microscope. L'un et l'autre se déplacent à l'aide
d'une crémaillère pour la mise au point. Le cristal est placé sur
une monture à plaque tournante graduée . Quand on veut opérer
par projection, on dispose l'appareil horizontalement et l'on fait
tomber sur la pile de glaces la lumière solaire ou celle de la
source artificielle dont on dispose. Quelques modifications dans la
place des lentilles et des écrans permettent d'opérer facilement
la projection des phénomènes dus au passage de la lumière dans
les lames cristallines minces .
Nous signalerons aussi le microscope perfectionné de Darwin
(fig. 369 et 370.) Il se compose d'une platine circulaire supportée par
quatre pieds solides qui la réunissent au socle. Au milieu de ce socle
est le miroir L qui peut recevoir tontes les inclinaisons pos-
sibles : il renvoie la lumière au centre de la platine. L'une des
colonnes B est creuse et supporte les doublets ; mais, au lieu de
mette l'œil au-dessus du centre O de la platine, on vise dans un
prisme à réflexion totale P, qui ramène à la verticale les rayons
lumineux rendus horizontaux par un second prisme. Les rayons
renvoyés sur le prisme O qui recouvre le doublet cheminent donc
horizontalement jusqu'au second prisme P qui est au-dessus du
bord de la platine ; il en résulte que le travail de dissection est
facilité ; de plus on peut, en allongeant le tube, faire projeter le
prisme rectangle sur la table et l'employer à dessiner la prépara-
tion. Un second pied de la platine est creux aussi et reçoit la tige
qui supporte le condenseur lenticulaire. C'est une grande lentille
montée sur une tige articulée et qu'on dispose de manière que
l'objet que l'on étudie soit à son foyer.
Intermittence [[Link]; [Link] Unterbrechung]
(Arts physiques) .- C'est le terme par lequel on indique une action
ou un effet interrompu et repris, ou qui présente des alterna-
tives de force et de faiblesse. Par exemple, dans le jeu d'une
pompe ordinaire, l'eau ne monte que par accès ; et c'est la raison
pour laquelle, dans les pompes foulantes, qu'on destine à éteindre
les incendies, on est obligé, pour rendre le jet continu et d'égale
force, d'y adapter un réservoir d'air comprimé. En général, les
intermittences d'effets sont nuisibles dans les machines , parce
qu'elles proviennent d'actions successives qui ne peuvent exister
qu'avec des pertes de forces vives .
1
JADE . 991
Isotherme. - Dénomination de certaines lignes, idéales ou
réelles, qui , tracées sur diverses parties du globe, recevraient
pendant le cours d'une année la même somme de chaleur, ce qui
toutefois ne veut pas dire que les différents pays par lesquels
passent ces lignes jouissent de climats identiques et qu'ils soient
par conséquent propres aux mêmes cultures ; ils peuvent au con-
traire être complétement différents, la chaleur pouvant s'y faire
sentir très diversement, c'est-à-dire à des époques différentes, et
déterminer, par suite, des climats qui n'aient aucune analogie.
Jachères [Angl . fallow land ; Allem. das Brachland] (Agric. ) .
Nom donné aux terrains qu'on laisse improductifs pendant un
temps plus ou moins long, soit parce qu'ils sont épuisés et pour
qu'ils se reposent, soit parce qu'ils sont envahis par de mauvaises
herbes qu'on veut détruire. Dans tous les cas les terres que l'on
met en jachère doivent recevoir de nombreuses façons (labours ,
hersages, etc.) , non-seulement pour les nettoyer, mais encore
pour les rendre meubles et accessibles aux influences atmosphé-
riques. Les jachères sont dites complètes, sèches , ou mortes, lors-
qu'on n'emblave point le sol pendant toute une année ; on les dit
au contraire incomplètes ou temporaires si, au lieu de laisser le
sol complétement improductif, on l'occupe temporairement par
des plantes non épuisantes, par des fourrages légumineux par
exemple, qu'on désigne souvent par le nom de menus grains.
-
Jade [ Angl. jade ; Allem . die Jade] ( Minéralogie ) .
Pierre néphrétique des anciens. Substance minérale très com-
mune aux Indes et en Chine. Elle est d'un vert påle et olivâtre,
grasse à l'œil et au toucher, fort compacte, d'une dureté plus
grande que celle du jaspe, et que l'on soupçonne être acquise par
son exposition à un feu violent, après toutefois qu'elle a été tra-
vaillée et façonnée.
Le jade n'arrivant dans nos contrées qu'après avoir subi un
travail quelconque, on n'a pu jusqu'à présent, s'assurer de sa
véritable nature à l'état brut. Il est impossible cependant que la
quantité d'objets d'art qui existent de cette substance aient été
tous fabriqués en Orient ou en Amérique ; d'ailleurs, beaucoup
de ces ouvrages prouvent un travail européen, et particulière-
ment grec ou italien . Il faut donc que des parties de jade totale-
ment brut aient été, à une époque quelconque, envoyées en
Europe avant son entier durcissement. ou bien que le secret de
992 JALON .
1
le travailler avec facilité soit perdu, car, comme de nos jours on
ne le dompte encore qu'au moyen de l'égrisée, il est indubitable
qu'il y a, dans ces productions de l'art ancien, une particularité
que nous pouvons soupçonner, mais que rien n'indique d'une ma-
nière positive.
Les couleurs du jade varient suivant les quantités d'oxyde de fer
qui entrent dans sa composition. Il y en a de tout à fait blanc;
mais sa couleur la plus constante est le vert de mer très pâle,
presque toujours parsemé de matières fort divisées, ressemblant à
de la poussière grisâtre ; cependant quelques-uns ont la couleur
pure. La substance minérale nommée pierre d'amazone est un
jade de couleur prime d'émeraude vert foncé. Sa pesanteur spéci
fique est de 2,9660. Il vient de Sumatra, et plus abondamment de
l'Amérique méridionale. Il contient :
Silice. 47
Magnésie. 38
Fer... 12
Alumine. 4
Chaux. 2
On en fait des poignées de sabres et de coutelas très estimées
en Orient. Les Indiens en font des vases et des statuettes informes .
Les Nouveaux Zélandais le façonnent en haches ; cependant le
leur paraît être une sous-espèce, en ce sens, que la couleur est
plus foncée et que la texture est schisteuse ; d'ailleurs , l'analyse y
trouve une certaine variété de composition, ainsi divisée :
Silice. 50,5
Magnésie. 31
Alumine. 10
Oxyde de fer. 5,5
Eau. 2,75
Oxyde de chrome. 0,05
Sa pesanteur spécifique est de 2,9829 .
Le jade appelé néphrite ou pierre néphrétique, est vert de
poireau . Onle trouve en masses et en morceaux arrondis. Il est
mat, sa cassure est esquilleuse à grandes écailles ; sa pesanteur
spécifique est de 3,3890. On le trouve en Perse, en Egypte, dans
le Hartz et en Suisse. Boëce de Boot, au milieu des absurdités
qu'il a débitées sur les pierres précieuses, lui attribue des pou-
voirs curatifs très étendus .
-
Jalon [Angl. directing-marck; Allem. der Absteckppahl] (Géom. ).
Signaux employés pour tracer des alignements, repérer des
points sur le terrain. Pour le lever des plans , les jalons sont de
simples fiches en bois avec une armature en fer pointue à la 1
JAMBLONIER . 993
partie inférieure pour faciliter leur enfoncement dans le sol. On
les peint de couleurs voyantes , et presque toujours ils portent
une petite fente à leur partie supérieure. Cette fente est destinée
à recevoir un morceau de papier ou d'étoffe qu'on puisse aperce-
voir de loin .
Les maçons se servent aussi de jalons, qui consistent le plus
ordinairement en bouts de lattes . Enfin, les paveurs emploient
des jalons qui consistent en un bâton avec un patin, en bas , et
une planchette ou voyant, en haut, sur laquelle sont tracées des
divisions verticales ; ces jalons servent à faire des pentes ou nivel-
lements. Les maçons emploient également cet instrument.
Jalousies [Angl. venetiam blund ; Allem. der Coulissenladen]
(Bát.) . Système composé d'une série de lames de bois extrê-
mement minces , ou même de tôle, soutenues par des chaînettes
ou des rubans à une certaine distance les unes au- dessus des
autres, à une planche qui peut osciller autour d'un axe horizontal,
de sorte que par le mouvement de cette planche, toutes ces lames
prennent à la fois la même inclinaison. Des cordons de tirage
passant par des poulies fixées sur la planche supérieure et
passant au travers de toutes les lames jusqu'à celle d'en bas, sur
laquelle ils sont arrêtés, permettent de soulever tout le système,
qu'on place ordinairement dans une baie de croisée, pour inter-
cepter le soleil. Quand les jalousies sont levées, elles sont cachées
derrière une planche qu'on appelle pavillon, et qui se fixe sur le
nu du mur en avant de la croisée .
Jamblonier . - Sa culture, ses applications industrielles. Le
produit dont il s'agit est l'écorce du Jamblonier (Syzigium Jambo-
lanum . C'est un arbuste de la famile des myrtacées. Il croît
spontanément dans les Indes orientales de la Cochinchine. Le
Jamblonier peut acquérir jusqu'à 0,70 de diamètre et jusqu'à
10 mètres de hauteur, le reste étant ramifié. Le bois est fort,
durable, d'un grain serré, blanchâtre, parfois coloré ; il est em-
ployé à des usages variés , mais ne constitue pas un bois de luxe.
L'écorce est très rugueuse, d'un gris blanc sale et ressemble
beaucoup à l'écorce de nos tilleuls. Les feuilles du Jamblonier sont
employées par les médecins indiens pour leurs propriétés astrin-
gentes, toniques et stimulantes. L'écorce est employée au début
de la dyssenterie sous forme de pilules et de tisanes. La teinture
alcoolique est considérée comme un calmant souverain de l'odon-
talgie. Ces feuilles sont acides ; elles sont très recherchées des
Annamites , qui en assaisonnent certains mets ; elles nourrissent un
ver à soie qui donne une soie très forte.
Les fruits sont comestibles, astringents , de couleur violette et
gorgés de jus de même couleur. Trempés dans de l'eau salée, ils
994 JAMBLONIER.
perdent leur apreté. Les graines rendues par les oiseaux qui ont
mangé ces fruits , affectent parfois une belle teinte rose et même
rouge vif, souvent aussi d'un vert cuivré. L'écorce de cet arbre
sert à la préparation de certains indigos ; les opérations néces-
saires se résument à précipiter la matière colorante des indigo-
fères par une décoction de jamblonier, tandis que les anciens pro-
cédés indiquent l'emploi de la chaux ou de l'acide citrique. Ce
procédé a l'avantage de donner une pâte exempte de ces petits
points blancs dus à la présence de la chaux, et qui sont une cause
de dépréciation commerciale.
Cette même décoction d'écorce est aussi employée en mélange
avec la pâte d'indigo dans la cuve de cuisson pour communiquer
à cette pâte un reflet rouge . Ce procédé est surtout employé pour
Ja fabrication des indigos provenant des terres sablonneuses,
sèches, et, par suite, d'une nature pauvre. J'ajouterai que ce
moyen peut être considéré comme frauduleux, puisqu'il a pour
résultat d'introduire dans le produit une substance étrangère,
sans effet, il est vrai, mais donnant du poids au produit, et, par
conséquent, faisant supposer une contenance d'indigo plus grande
que celle existant réellement. On ne peut conclure de ce qui pré-
cède que le procédé soit défectueux, mais il est permis de supposer
que l'on a tout intérêt à traiter ainsi les indigos de qualité infé-
rieure pour obtenir une marchandise paraissant de bon aloi.
Cette écorce sert non-seulement à la préparation de l'indigo ;
mais, d'après des renseignements particuliers, les teinturiers
indiens se servent de sa décoction pour donner la dernière trempe.
Ils prétendent par là rendre leurs teintures plus solides. Les tein-
turiers d'Europe donnent une opération similaire, en ce sens que,
pour renforcer la teinte d'indigo, et ainsi obtenir une certaine
économie, ils donnent un pied de cachou alcalin ou de rocou.
Il existe encore dans cette écorce une matière colorante jau-
nâtre, de peu d'intensité, car les mordants ordinaires se teignent
faiblement. Cependant, les mordants d'alumine sont teints assez
fortement en jaune-cachou ; les mordants de fer sont à peine
colorés. La partie interne contient plus de tannin et plus de ma-
tière colorante, ce qui se trouve corroboré par les essais analyti-
ques et les essais de teinture ; la partie_externe colore à poids égal
près de 50 %, moins que la partie interne, et cependant elle con.
tient presque autant de tannin, ce qui nous fait admettre l'existence
d'un colorant. Du reste, les auteurs qui ont traité ce sujet
disent que « les pêcheurs se servent de cette écorce pour teindre
en brun leurs filets . » La couleur se conserve à l'eau de mer pen-
dant de nombreuses années .
Les mordants de fer pour violet moyen donnent des gris plus
foncés que le tannin pur et la noix de galle à proportions égales.
Les mordants puces se teignent en un gris jaunâtre particulier,
JOUETS SCIENTIFIQUES . 995
ne ressemblant à aucun des gris obtenus soit par le sumac,
l'écorce de Grenade, soit par la noix de galle, etc. Mélangée aux
teintures de garancine, l'écorce du jamblonier donne d'assez bons
rouges, et surtout des grenats nourris analogues à ceux obtenus
avec le sumac. L'addition de cet astringent fournit des résultats
sinon supérieurs, au moins équivalents à ceux des mélanges de
garancine avec sumac, quercitron, etc. La teinture se fait très
facilement et sans altérer le blanc .
En résumé, l'application de ce produit n'est pas à tenter ; quelque
modique que soit son prix de revient sur le lieu de production, le
fret le rendra toujours onéreux. Mais il y avait une certaine utilité
à faire remarquer dans quelles conditions le jamblonier est em-
ployé dans l'Inde, afin de prémunir les industriels contre les
fraudes auxquelles l'emploi de cette écorce peut donner lieu.
Joint universel [Angl. universaljoint; Allem. das Univer-
sa-gelent ( Mécanique). - Combinaison de deux charnières, de deux
articulations , permettant la rotation autour d'un axe.
Histoire et emplois . Le joint universel est employé surtout
dans les deux cas suivants : Premièrement, pour suspendre,
réunir à un support un objet tel qu'une lampe, une boussole, un
chronomètre, une voiture, de telle manière que quant le support
prend diverses inclinaisons, l'objet pesant conserve l'horizontalité.
Secondement, pour permettre toute inclinaison d'un arbre tournant
assemblé avec un autre, et de telle sorte que la rotation du pre-
mier autour de son axe force l'autre à tourner aussi autour du
sien. La disposition, propre à atteindre le premier but, remonte à
des temps très anciens. Dans un manuscrit de Willars de Honecort ,
architecte du xme siècle, on trouve le croquis et la description
d'un appareil de ce genre.
« Si vous voulez faire une chaufferette ou chauffoir à mains,
construisez une espèce de pomme en laiton en deux moitiés, pou-
vant s'ajuster ensemble ; à l'intérieur de la pomme, placez six
cercles de cuivre, chaque cercle ayant deux pivots, et au milieu
un petit réchaud porté aussi par deux pivots. Ceux-ci sont placés
successivement dans des directions opposées. Si on réalise cette
disposition, on pourra incliner le réchaud en tous sens, sans que
le charbon tombe. On peut ainsi l'apporter de loin, sans incon-
vénients. >>>
Jouets scientifiques [Angl. play- thing ; Allem. Spielsachen]
(Bimbeloterie) . Si l'on comprenait sous cette appellation tous
les jouets dont le principe est l'application d'une science quelconque,
il faudrait comprendre dans la nomenclature la plupart des jouets
même les plus usités, ceux auxquels un emploi journalier enlève
tout prestige scientifique. Qu'est-ce en effet que ces ballons rebon-
996 JOUETS SCIENTIFIQUES .
dissants qui font la joie des écoliers, sinon une application de
l'élasticité de l'air? Au moment où le ballon frappe le sol ou un
mur, l'air qu'il renferme, comprimé violemment par le choc,
perd de son volume; mais en vertu de son élasticité, dès que la
pression accidentelle produite par le choc vient à cesser, il réagit,
se détend comme un ressort et fait rebondir le ballon. Dans la
balle de caoutchouc, ce n'est plus l'élasticité de l'air qui est en jeu,
mais celle du corps lui-même. 1
Le cerceau , la toupie, l'émigrant, le diable sont des applications
de l'inertie, cette propriété que possède la matière de persister.
dans l'état où elle se trouve le repos si elle est en repos, le
mouvement si elle est en mouvement. Le cercean, les échasses,
les poussahs, les petites bouteilles en cuir bouilli qui posées sur
une table reprennent d'elles-mêmes la position droite si on les
incline, sont autant d'applications de l'équilibre des corps. Le
poussah et la bouteille sont lestés à leur partie inférieure avec une
petite masse d'argile ou avec un peu de plomb, de telle sorte que
le centre de gravité soit très bas. Lorsqu'on les penche, le centre
de gravité se trouve soulevé et la pesanteur les sollicitant à des-
cendre, ils reviennent à leur position première après quelques
oscillations à droite ét à gauche de la position d'ébuilibre,
oscillations dues à l'inertie de la matière et qui diminuent de plus
en plus par suite de la résistance de l'air.
On pourrait en effet considérer comme jouets scientifiques tous
ceux qui peuvent servir à constater un phénomène ; mais on est
convenu de réserver cette dénomination à ceux qui mettent les
enfants à même de produire certains phénomènes physiques et
chimiques dont ils auront plus tard l'explication au cours de
leurs études. De cette façon l'enfant s'habitue à regarder en face
un phénomène et à en chercher la raison dans les faits plutôt que
de s'en étonner,
Disons donc, d'une manière générale, que tout jouet qui est
spécialement destiné à la constatation ou à la production d'un
phénomène scientifique est un jouet scientifique. De la sorte, il
suffira de faire du poussah, du cerceau, de la toupie, des illus-
trations , suivant l'expression anglaise, de la théorie de l'équilibre
et de l'inertie pour les transformer tout à coup en jouets scienti-
fiques . Les parties les plus exploitées de la physique pour ce que
nous appellerons des récréations scientifiques, terme qui nous
semble plus juste que celui des jeux ou jouets, sont la chaleur,
l'optique et surtout l'électricité.
La chaleur est représentée par de petites machines à vapeur
aussi parfaites que les machines les plus parfaites de nos usines
et de nos chemins de fer. A l'aide de ces appareils, il devient
facile de s'instruire de la formation de la vapeur d'eau, de sa
tension, de son élasticité et de sa puissance de traction. Ajoutons
JOUETS SCIENTIFIQUES. 997
qu'on peut également, en démontant et en remontant certaines
parties de ces machines, se rendre compte de leur construction et
dujeu de leurs pièces, des tiroirs par exemple. L'électricité fournit
les plus nombreuses expériences, et il faut le dire, les expériences
les plus propres à laisser dans l'intelligence de l'enfant un ensemble
des principaux éléments de cette partie de la science.
Les appareils nécessaires à toutes les expériences sont em-
pruntés les uns à l'électricité statique, les autres à l'électricité
dynamique ; disons toutefois que l'électricité dynamique s'adresse
aux enfants déjà d'un certain âge et qu'elle ne doit venir, comme
dans les cours de physique, qu'après l'électricité statique. Les
jouets auxquels lop-
tique donne naissance H
sont basés ou sur la
réflexion de la lu-
mière par les miroirs
plans et par les mi-
roirs concaves , ou
sur le pouvoir des J
lentilles, ou enfin sur
certains phénomènes
de vision.
Parmi les premiers
nous citerons le spec- B
tographe, le kaléïdos- A
cope et la fleur im-
palpable; parmi les
seconds : la lanterne
magique, les polyora-
mas et le grimakisti-
cope; parmi les der- c D
niers, le zootrope ou
phénakisticope et le Fig. 371. Le Spectographe.
pédémascope .
Le spectographe a pour but de permettre aux enfants de s'exer-
cer à dessiner sans décalquer, mais en ayant pour guide l'image
virtuelle du modèle. Il consiste en une planchette ABCD (fig. 371) ,
recouverte d'un papier noir, sur le milieu de laquelle on fixe
perpendiculairement et dans le sens de la largeur de la planchette
une plaque de verre EFGH, maintenue par deux petits supports
fixés à la planchette EI, GJ.
Par suite de cette disposition, si, plaçant à gauche sur la plan-
chette un dessin et à droite une feuille blanche, on regarde par
le côté gauche qui doit être le plus éclairé, ce dessin envoyant
des rayons qui arrivent à l'œil du dessinateur après avoir été
réfléchis sur la plaque de verre, sera vu suivant la ligne de
IVO VOLUME . 16
998 JOUETS SCIENTIFIQUES.
réflexion de l'autre côté de la plaque de verre sur le papier blanc,
et produira une image virtuelle et symétrique que le dessinateur
suivra d'autant plus facilement dans tous ses détails qu'il verra
très nettement, à travers le verre, sa main et son crayon .
Le kaléidoscope a pour but d'offrir aux dessinateurs de châles
certaines combinaisons de dessins ainsi que de couleurs et aux enfants
des récréations agréablement variées. La fleur impalpable ( fig. 372),
est sans contredit la plus jolie expérience qu'on puisse faire avec
un miroir concave. Elle repose sur cette loi optique que l'image
d'un objet placé au centre d'un miroir concave se fait elle-même
au centre, ce qui est facile à comprendre, si on considère que les
rayons envoyés du centre sur le miroir tombant perpendiculaire-
ment, doivent forcément revenir dans la même direction. Si donc,
on expose une
fleur ou un autre
objet près du
centre d'un mi-
roir concave, au-
dessous par ex-
emple, en le re-
tournant et en la
cachant au spec-
tateur,son image
droite et d'une
grandeur égale à
elle-même se fera
au-dessus de ce
centre où le
spectateur la
Fig. 372. - Fleur impalpable. verra sans pou-
voir la toucher.
La lanterne magique a pour objet de projeter sur un écran blanc,
dans une chambre obscure, des images très amplifiées de petits
personnages ou autres objets peints sur verre, pour les montrer
à de nombreux spectateurs. Elle a été inventée, il y a plus de deux
siècles , par un jésuite allemand, le père Kircher.
JEUX INSTRUCTIFS . - Les jeux instructifs les plus anciennement
connus sont les patiences géographiques, qui consistent en des
cartes collées sur un carton épais ou sur une mince planchette
découpée d'une manière irrégulière. Les morceaux étant mêlés, il
faut les rajuster de telle sorte que la carte se trouve entièrement
reconstituée .
Le loto historique est le second en date parmi les jeux qui nous
occupent, il fut imaginé par Colard pour ses cours . Les boules au
lieu de porter un chiffre portent d'un côté une date et de l'autre
1
JOUETS SCIENTIFIQUES. 999
un nom de roi ou de fait historique, le joueur dont le carton porte
la date appelée ou le nom correspondant à cette date le marque
d'unjeton et gagne lorsqu'il a marqué un certain nombre de points .
C'est un moyen très ingénieux pour s'exercer à retenir les dates .
Les dominos alphabétiques vinrent ensuite, puis les boîtes de
lettres et de chiffres mobiles glissant dans des règles à coulisse,
de manière que l'enfant pût les grouper et faire des exercices
orthographiques élémentaires ainsi que des exercices de numéra-
tion. Parmi les jeux orthographiques , nous citerons comme parti-
culièrement ingénieux l'anagramme, imaginé par un professeur.
L'anagramme se compose de quatre-vingt-une cartes portant chacune
une lettre ; ces lettres sont combinées à peu près suivant la propor-
tion adoptée dans l'imprimerie, de sorte que certaines sont reproduites
un plus grand nombre de fois que d'autres . Il est facile à l'aide
de quelques cartes, dix par exemple, de former plusieurs mots
sur la transposition successives des différentes lettres ; c'est de
cette transposition que vient le nom d'anagramme donné à ce jeu ,
qui est plutôt un jeu de combinaison qu'un jeu de hasard.
AUTOMATES . M. Bontemps , le premier, a obtenu l'intermit-
tence dans le chant des oiseaux et est parvenu à imiter aussi parfai-
tement que possible le chant du rossignol. Nous allons voir, par la
description du mécanisme de ses oiseaux chanteurs (fig. 373) , com-
ment il a pu arriver à ce résultat et comment il a pu obtenir plus
de délicatesse et plus de vérité dans l'imitation du chant des
autres oiseaux. A l'intérieur de la boîte, sur laquelle repose la
cage qui renferme l'oiseau, est un mouvement d'horlogerie qui
fait mouvoir deux roues verticales et agit sur un soufflet. Ces
deux roues, montées sur le même arbre, la roue Ket la roue
P, suffisent à produire le chant et les mouvements de l'oiseau .
La roue K, la plus petite, n'est pas dentée à proprement parler ;
elle porte simplement à son bord extérieur des parties alternati-
vement rentrantes et saillantes . Elle sert à mettre en mouvement
le levier F. Lorsque la tête de celui- ci est soulevée par l'une des
saillies de la roue, sa partie inférieure vient frapper la tige G qui ,
passant derrière le sifflet M, va ouvrir la soupape H de la chambre
à air remplie par le soufflet O que fait fonctionner le mouve-
ment d'horlogerie, comme nous venons de le dire. En même
temps, la tige E, fixée à la tête du levier F, s'élève et fait mou-
voir le levier D qui fait basculer la partie mobile du bec C de
l'oiseau , de sorte que le bec ne s'ouvre qu'au moment où l'intro-
duction de l'air dans le sifflet vient à produire une note. Bientôt,
par suite de son mouvement de rotation dans le sens des flèches,
la roue cesse de soulever le levier F qui s'abaisse de la profondeur
de l'encoche de la roue qu'il rencontre, alors la tige E s'abaisse
en même temps fermant le bec ; et la tige E recule, ce qui permet
1000 JOUETS SCIENTIFIQUES .
à la soupape H de se refermer et de suspendre l'introduction de
l'air dans le sifflet. L'oiseau ouvre donc le bec quand il chante et
le ferme quand il se tait.
B
B
A
B D
G
H
M
Fig. 373. Mécanisme d'oiseau chantant. A, corps de l'oiseau; - B, tête
vue de plusieurs côtés ; C, bec; D, levier destiné à mouvoir le bec;
E, fil métallique correspondant au levier F qui frappe la tige G;
H, soupape du sifflet; 1, levier destiné à transmettre le mouvement au
piston R dans le sifflet M; - K, roue qui fait mouvoir les leviers Fet L;
N, chambre d'air.
Un levier LL, mu également par la roue K, entraîne la tête B
dans son mouvement oscilatoire et la fait tourner à droite et à
LABORATOIRE. 1001
gauche. La roue P sert à augmenter ou à diminuer la capacité du
sifflet en faisant avancer ou reculer le piston de quantités réglées
par la hauteur des dents, ce qui produit les intonations . Le piston
persiste dans ses différentes positions pendant les intervalles de
temps donnés par la largeur des dents, de sorte que les notes
sont ou détachées ou tenues, suivant que la dent est étroite ou
large.
Jujubier . Arbuste du midi de l'Europe, qui s'élève jus-
qu'à 5 à 6 mètres de hauteur, est épineux et à feuilles oblon-
gues et luisantes. Le fruit appelé jujube, est sucré et nourris-
sant , quoique un peu fade ; on le sert sur la table dans les lieux
où il mûrit ; mais le plus souvent on l'y sèche au soleil sur des
claies, comme des pruneaux, et on l'exporte pour les usages de
la pharmacie. Le jujube passe pour adoucissant et expectorant ; on
l'ordonne, diversement préparé , dans les rhumes et autres affec-
tions de poitrine. Le jujubier croît dans les vergers et les haies,
sans avoir besoin d'aucune culture particulière. On le multiplie
en semant aussitôt après la récolte ; mais ce procédé est très
lent, et l'on préfère se servir des rejetons qui poussent autour des
vieux pieds. Cet arbre végète sous le climat de Paris , il n'y résiste
pas aux hivers rigoureux ; d'ailleurs le fruit n'y mûrit pas bien.
Kiosque [Angl. kiosk ; Allem. der Kiosk] (Batiment) . - Petit
pavillon isolé et ouvert de tous côtés, placé dans un endroit
abrité et tel que la vue y soit agréable.
Laboratoire [Angl. laboratory ; Allem, das Laboratorium]
(Chimie) . Ce mot, également employé dans plusieurs profes-
sions pour désigner le lieu où l'on confectionne les différentes
préparations relatives à cette profession, est cependant plus parti-
culièrement consacré pour le local où les chimistes font leurs
diverses opérations ou expériences, et c'est uniquement sous ce
rapport que nous le considérerons ici. D'ailleurs, on trouvera
dans les constructions générales que nous allons indiquer pour les
laboratoires de chimie, des dispositions qui pourront également
s'appliquer à plusieurs autres travaux, et chacun y puisera ce
qui convient à son objet particulier. Ce que nous disons là relati-
vement aux différentes professions, doit s'entendre également des
1002 LABORATOIRE.
spécialités de la chimie elle-même, car nous embrasserons le cas
le plus général; et, comme dans toutes les branches de la chimie,
on n'a pas besoin de s'entourer des mêmes précautions, il y en
aura nécessairement, parmi celles que nous indiquerons, quelques-
unes qu'on pourra négliger, suivant le genre d'opération auquel
on voudra se livrer .
Dans la construction d'un laboratoire, on doit avoir plusieurs
objets en vue, dont les principaux sont : 10 De se placer dans
une localité convenable au genre d'expériences qu'on veut faire ;
2º de se préserver des vapeurs ou émanations nuisibles lorsqu'il
peut s'en manifester dans les expériences auxquelles on doit se
livrer ; 3º de prendre toutes les précautions nécessaires pour pré-
venir tous les accidents qui n'ont que trop souvent lieu dans les
laboratoires , et d'avoir toujours à sa disposition les moyens
d'obvier à ceux qu'on n'a pu prévoir ; 4º de mettre à l'abri de
toute altération les ustensiles et instruments précieux dont on fait
usage ; 5º de tenir à la portée de l'opérateur les objets d'approvi-
sionnement qui lui sont nécessaires .
Nous allons entrer dans quelques détails relativement à ces
différentes considérations , afin d'en faire mieux sentir l'impor-
tance, et nous indiquerons en même temps les moyens d'arriver
au but que l'on veut atteindre. Nous avons commencé par dire
qu'il fallait faire choix d'une localité appropriée au genre d'étude
auquel on voulait se livrer, et chacun en sentira la nécessité, car
il est bien certain, par exemple, que le chimiste qui ne voudra
s'occuper que d'analyses minérales, n'aura pas besoin de se tenir
autant sur ses gardes que celui qui devra opérer sur des masses
assez considérables, et entreprendre des manipulations plus ou
moins embarrassantes. Ainsi, l'un pourra s'établir à un étage
supérieur , parce qu'il y sera beaucoup plus sainement, et que ses
ustensiles s'y conserveront mieux, tandis que l'autre se trouvant
obligé de négliger ces avantages pour parer à de plus graves
inconvénients , sera souvent contraint d'occuper un rez-de-chaussée,
où il sera plus à portée des choses dont il peut avoir besoin.
Dans l'un et l'autre cas, on ne saurait prendre trop de soins
pour se garantir des vapeurs qui s'exhalent, soit des corps sur
lesquels on opère, soit des combustibles qu'on emploie ; car nous
n'avons que trop d'exemples des funestes résultats de notre impré-
voyance à cet égard , et les chimistes seraient bien coupables de ne
pas mettre à profit pour eux-mêmes les moyens de salubrité
qu'ils fournissent et recommandent aux autres .
Principes généraux d'installation d'un laboratoire. 1º La
ventilation est la première condition d'un laboratoire, la hotte du
fourneau doit très bien tirer ; des ouvertures facultatives doivent
exister près du plafond pour l'évacuation des gaz légers au dehors,
et près du sol, pour les gaz lourds ; 2º un laboratoire est toujours
LABORATOIRE. 1003
un voisinage incommode par son bruit, ses poussières, ses odeurs
et le danger du feu, il faut donc le loger de manière à éviter les
réclamations ; 3º un laboratoire doit avoir un beau jour de face. La
table d'essai haute de 1 mètre pour travailler debout, se met
devant la fenêtre, à 30 centimètres au-dessous de sa feuillure d'en
bas . Il vaut mieux avoir fenêtre fixe avec vasistas ouvrant ; 4º s'il
faut un beau jour, le soleil est à éviter ; l'orientation au nord doit
donc être préférée ; tout au moins devra-t-on avoir des stores aux
fenêtres, car le soleil produit des effets de chaleur ou de modifi-
cation de couleur d'une grande importance ; 50 l'âme du labora-
toire c'est l'eau, dont il faut avoir sinon un réservoir avec un
robinet au-dessus d'un évier, du moins une fontaine de la conte-
nance d'un hectolitre par jour ; 60 quand on le pourra il ne
faudra pas reculer devant une installation de conduits et de becs
de gaz munis de tubes de caoutchouc. On ne saurait trop en
avoir : le minimum est trois, non compris ceux de l'éclairage.
Néanmoins il ne faut pas croire qu'un laboratoire n'est pas pos-
sible sans gaz : le fourneau à charbon de bois ou à coke, la lampe
à huile ou à alcool peuvent suffire à tous les besoins ; 7° autant
que possible il faut séparer les balances et les instruments délicats
de la salle où l'on traite par des acides et où on remise ceux-ci, à
cause de l'oxidation des pièces polies, il faut de même séparer,
s'il se peut, le broyage et le tamisage qui font de la poussière ;
enfin dans un grand laboratoire on séparera le quartier de la voie
sèche avec ses fourneaux, et le quartier de la voie humide avec
ses vases et beaucoup de réactifs.
L'outillage consiste en des ustensiles de verre, de porcelaine et
de terre cuite ; pinces, spatules, limes, marteaux ; mortier avec
pilon et tamis. Il y a aussi les fourneaux, le bain-marie et le bain
de sable qui peuvent être tout simplement un humble pot de fer
battu mis sur le feu et contenant soit de l'eau, soit de l'huile, soit
du sable de grès . Ajoutons quelques instruments classiques comme
les thermomètres et aréomètres .
La constitution d'un laboratoire d'essais industriels est peu
dispendieuse et son service, si intéressant, n'a rien qui doive
effrayer. Voici deux projets : Si ce n'est dans les industries de
premier ordre où les épreuves à faire sont continues et nom-
breuses , il suffira d'une petite pièce de 16 à 20 mètres carrés ,
bien éclairée par une grande croisée munie d'un vasistas et
devant laquelle on mettra la table à expériences. Le fourneau à
hotte sera en retour d'équerre s'il est possible recevant le jour de
gauche à droite ; l'évier et son réservoir seront à la suite dans le
coin ; les autres panneaux de muraille seront livrés aux armoires
et rayons pour la poterie et les réactifs.
La fig. 374 donne le croquis en plan d'un laboratoire complet
de première importance pour essais de toutes sortes, il comprend
1004 LABORATOIRE.
sur environ 200 mètres carrés couverts : deux salles distinctes A et B
quoique réunies par une porte , l'une A pour les essais par voie
C
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laboratoire
essais
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humide, l'autre B pour les essais par voie sèche. Dans celle-ci
sont (1) , sur la ligne même : 10 un fourneau a dit de fusion ou
(1) Toutes ces dispositions sont si élémentaires qu'il suffira de visiter un
laboratoire existant pour les connaître sans qu'il soit besoin de les détailler ici,
LABORATOIRE. 1005
réduction pour les essais de fer ou d'acier ; 20 une étuve b ayant
environ la capacité d'un mètre cube ; 3º un ou plusieurs four-
neaux à mouffle c; 40 un bain de sable à châssis vitrés d. Dans
la salle de la voie humide et simplement adossée aux fourneaux
qui précèdent, existe la table carrelée sous hotte g, c'est le four-
neau proprement dit, muni de réchauds à charbon ou de tubes
et appareils à gaz pour le chauffage. Devant toute la façade
vitrée de l'une et l'autre salle sont des tables carrelées h décou-
vertes, installées comme il a été dit, avec les fontaines à eau
distillée e placées aux angles ; ajoutons une table-buffet K garnie
de nombreux tiroirs à compartiments ; sur les panneaux sont les
armoires et vitrines m .
Le laboratoire proprement dit se complète des dépendances
suivantes : 10 un petit atelier d'ajustage et d'essais mécaniques C,
avec deux étaux montés, un tour et un établi ; 2º une chambre de
broyage et tamisage D qui doit être fermée et aérée ; 30 une
chambre noire E pour la photographie et la photométrie ; 40 une
chambre de lavage F pour la poterie, avec évier et fontaine ;
5° une chambre G, très bien éclairée et communiquant directe-
ment avec le laboratoire, pour les balances et les bureaux d'em-
ployés ; 6º un cabinet H pour le chef de service débouchant sur le
vestibule d'entrée M, afin que les étrangers qu'il a à recevoir
n'aient pas besoin de pénétrer dans les chambres d'essais .
Sur ces chambres et bureaux, de Fà M, qui sont plafonnés,
existe un grenier pour dégager le laboratoire ; car il ne tarde
jamais à être encombré d'échantillons qu'il faut ordinairement
[Link] il conviendra d'avoir une cour ou enclos de
dégagement Q pour le bois, le charbon, etc., et pour les expé-
riences qui se font en plein air sous un petit abri. Le laboratoire
de voie sèche By a sa porte de sortie R, de même qu'il convient
d'y mettre la porte d'entrée générale O donnant sur le vestibule M,
au lieu de la placer dans le laboratoire de voie humide où il faut
éviter les courants d'air .
Lampes et fourneaux à gaz à l'usage des laboratoires de
chimie. -- Ces lampes sont à toile métallique ou à calcination.
Nous ne pouvons entrer ici dans des détails de construction
de ces lampes, de l'invention de M. Bœhm; nous dirons seule-
ment qu'elles satisfont aux conditions suivantes nécessaires dans
les laboratoires de chimie pour produire des ébullitions ou des
calcinations : 1º il faut qu'une quantité de gaz déterminée,
s'écoulant sous une pression constante , et dont le maximum
dépend naturellement de la disposition de l'appareil, arrive avec
une vitesse convenable pour être brûlée complétement ; 2° il faut
en outre pouvoir arriver à ce résultat , soit en variant la pres-
sion, soit en changeant la proportion de gaz combustible, la
pression restant constante.
1006 LABORATOIRE.
La manière d'employer la lampe à toile métallique (fig. 375)
ressort de sa construction même. Au moyen de la vis on peut
diminuer graduellement la flamme. On reconnaît à l'aspect de la
flamme , qui doit avoir le caractère d'une combustion complète,
quelle est l'ouverture la plus convenable pour qu'il se produise
une bonne combustion. Le disque qui sert à régler l'arrivée de
l'air ne sera employé que lorsque l'on trouvera que le courant
S
1
C m
a
K
Fig. 375. Fig. 376.
Lampe à toile métallique. Lampe de calcination.
d'air trop rapide produit une combustion irrégulière et une flamme
vacillante, surtout dans son cône lumineux intérieur.
Avec la lampe de calcination (fig. 376) on peut produire une
très-vive chaleur, dont le degré dépend essentiellement de la
pression sous laquelle arrive le gaz .
Dans les circonstances ordinaires où la pression à l'ouverture
d'émission correspond à une colonne de 37 à 50 millim . de hau-
teur, on peut facilement décomposer des silicates au moyen des
carbonates de potasse et de soude. Dans une expérience où le gaz
se dégageait sous la pression d'une colonne d'eau de 95 millim . de
LABORATOIRE . 1007
hauteur, 4 grammes d'argent chimiquement pur furent fondus en
peu de temps dans un petit creuset placé dans la cheminée servant
de fournaise. Cette fusion a lieu avec une rapidité extrême lorsque
l'on emploie une colonne d'eau de 90 centim.-
Fourneau-lampe à gaz (fig. 377) . Sur le trépied en fer A
s'élèvent trois tiges de métal, longues de 35 centim. et reliées
l'une à l'autre au moyen
d'un anneau B. Cet anneau
porte dans le voisinage de S
chacune de ces tiges a une
douille b dans laquelle
une tige S , longue de 25
cent. et convenablement 0-1
B
recourbée à son extré-
mité, peut se mouvoir ou
être fixée par la vis. Une D
des tiges-supports a porte
la lampe à toile métalli-
que Get une autre la che-
2 d
minée mobile qui peut
être fixée au moyen d'une
vis d. Grâce à cette dispo-
sition du support du
fourneau , il est possible α
d'en faire varier la hau-
teur dans , deset,limites
terminées dé- do
en tour-
nant les tiges S dans un
AK
certain sens, de changer
les dimensions de l'ouver-
ture formée par l'écarte-
ment des extrémités s des
tiges. On peut donc y
introduire des creusets et Fig. 377. Fourneau- lampe à gaz.
autres objets de divers
diamètres jusqu'à la profondeur voulue et sans avoir recours à
des triangles de différentes dimensions. La mobilité du bec, qui
d'ailleurs n'est pas de grande utilité dans ces fourneaux, permet
d'employer et de régler parfaitement la flamme et la chaleur
produite, et aussi d'arranger comme on veut les objets à chauffer.
Un système de dix-huit lampes de calcinations groupées autour
d'une lampe centrale, pouvant être mis en activité complétement
ou en partie (les becs intérieurs) , pourvu en même temps d'un
manteau qui sert à la fois de fournaise et de support, et sur
lequel on peut placer en cas de besoin un dôme, constitue un
fourneau d'ignition remplaçant avantageusement le fourneau à
1008 LABORATOIRE.
vent. Trente lampes du même genre légèrement modifiées, alignées
côte à côte et groupées dans une disposition convenable, forment
un fourneau de combustion propre à l'analyse élémentaire .
Appareils pour laboratoires . - L'application du gaz aux recher-
ches scientifiques offre aujourd'hui,
avec les appareils successivement
imaginés , des moyens d'opérer qui
rendent faciles bien des manipula-
tions pénibles autrefois et permet-
tant même de tenter des recher-
ches pour lesquelles on eût reculé
avec les appareils de chauffage au
charbon de bois ou à l'alcool . Le
premier laboratoire de chimie qui
adopta le gaz pour remplacer la
lampe à alcool et le charbon de
Fig. 378 . Chandelle simple avec bois, fut celui de M. Wurtz. Nous
robinet à air. allons décrire quelques-uns des prin-
cipaux appareils les plus usités .
Chandelle à mélange d'air . Dans la chandelle à air formée
d'un tube monté sur pied que la fig. 378 représente, l'introduc-
tion de l'air se règle au moyen d'un fourneau-enveloppe ayant
Fig. 379. Fig. 380. Fig. 381 .
Fig. 379. Tête de chandelle projection verticale. Fig. 380. Tête de
chandelle flamme plate. - Fig. 381. Tête de chandelle projection sur
le côté du brûleur ,
deux ouvertures, que l'on fait correspondre à celles ménagées sur
le tube ; on arrive à régler ainsi l'admission de l'air suivant la
quantité de gaz nécessaire à la flamme que l'on veut obtenir. Ce
système , très applicable dans les laboratoires , serait aussi bon
pour les appareils de cuisine, mais les cuisinières ne sont pas
encore des chimistes . On peut en outre changer ou modifier la
forme et la direction des flammes en terminant à volonté le tube
par des têtes de brûleur qui ont des applications différentes : 1. Le
LABORATOIRE. 1009
champignon ayant ses trous d'émission du gaz sur la surfaceest em-
ployé au chauffage des capsules de porcelaine ou autres; 2º celui dont
les orifices sont sur la partie
latérale sert plutôt pour le
chauffage de cornues ou bal-
lons en verre ; 3º et enfin le
bec à flamme méplate est
envoyé habituellement pour
courber les tubes de verre .
Réchaud avec brûleur à
dosage d'air. Un autre
appareil qui produit égale-
ment une flamme avec un
réglage d'air proportionné à
la quantité de gaz, est re-
présenté fig. 382. Ce qui le
distingue du précédent, c'est
que le réglage de l'air et
du gaz se faitsimultanément
par le robinet qui donne
passage au gaz . Quand on
diminue l'introduction du gaz , Fig. 382. Brûleur avec enveloppe
on diminue en même temps
l'admission de l'air .
à dosage d'air.
Fourneaupour calcinations. - L'appareil dit bec Berzélius(fig. 383 )
servant principalement pour les calcinations , se compose à sa
Fig. 383. Bec Berzélius pour calcination.
partie inférieure d'un cylindre divisé en deux parties, l'une rece-
vant le gaz et l'autre laissant introduire l'air dans trois tubes ou
1010 LABORATOIRE.
chandelles qui sont surmontés d'un brûleur à fente circulaire.
Cette seconde partie est garnie d'une double enveloppe à frotte-
ment servant de registre au moyen de trois orifices , qu'on
augmente ou qu'on diminue à volonté en faisant mouvoir cette
dernière pour régler l'introduction de l'air à fournir aux tubes
chandelles . Un tube central partant de l'axe du cylindre est
destiné à injecter l'air au centre de la flamme circulaire, à l'aide
d'une arrivée spéciale placée sur le côté et pouvant être au besoin
mise en communication avec un soufflet à
pression ; on obtient ainsi une grande puis-
sance calorique. Une enveloppe en tôle échan-
crée sert de support aux pièces à chauffer
et conduit la flamme en localisant la cha-
leur. Pour la concentrer davantage, on peut
encore terminer cette enveloppe par une
cheminée conique qui la recouvre en emboi-
tement .
Chalumeaux à souder et appareils à fon-
dre les métaux. Un appareil portatif pou-
vant être employé dans les laboratoires est
le chalumeau de M. Elsner , construit par
M. Bengel. Ce chalumeau , monté sur une
H
0 tringle, peut à volonté être mis à la hau-
teur nécessaire pour exécuter le soudage ou
la fusion qu'on veut opérer. Un petit soufflet
en caoutchouc se mouvant par la pression du
pied fournit l'air à la combustion. Les arti-
culations qui existent à cet appareil per-
mettent de diriger en tous sens le jet de
gaz pour projeter la flamme à l'endroit où
elle doit agir.
Fig. 384. Chalumeau M. Wiesnegg a, de son côté, créé un cha-
articulé lumeau (fig . 384) qui peut recevoir facultative-
ment untube recourbé à son extrémité ou un
tube droit . Avec le premier qui constitue une chandelle à air forcé,
ce dernier s'introduit par deux orifices H, O ménagés sur les côtés
comme dans le brûleur Bunsen, auquel on additionne une injection
centrale d'air, qu'on obtient au moyen d'un soufflet à pression gra-
duée, ce qui donne lieu à une production de chaleur assez consi-
dérable. Avec le second, qui devient le chalumeau proprement
dit, qu'on emploie quand il s'agit d'obtenir une puissance calo-
rique très élevée, on substitue au bec recourbé le tube droit
donnant lieu à la production d'une flamme recevant l'air au
centre sous une pression plus ou moins forte , que l'on peut même
remplacer par l'oxygène pur quand on veut obtenir une tempéra-
ture dépassant 2,000 degrés .
LABORATOIRE. 1011
On peut donc au moyen de cet appareil porter au rouge blanc
en quelques minutes , même avec l'air forcé seulement, un creuset
en biscuit de porcelaine en le plaçant dans le petit four à double
paroi de MM . Leclère et Forquignon que nous représentons fig. 385,
pour obtenir rapidement la fusion d'un bouton métallique soit d'ar-
gent, de cuivre, d'or ou même de fer. Comme on le voit, cet appareil
peut rendre de grands services dans les essais métallurgiques, où
Fig. 385. Four Forquignon et Leclère avec son support.
il est nécessaire d'obtenir la fusion rapide d'un métal. Quand on
veut obtenir des réductions à hautes températures ou la fusion de
certains métaux, les creusets qu'on emploie sont en graphite .
M. Wiesnegg construit aussi un chalumeau (fig . 386) imaginé par
M. Schlæsing, dans lequel un courant forcé d'air aspire le gaz .
En voici la construction : Un tube principal ayant à sa naissance
des orifices d'introduction d'air et une arrivée de gaz centrale
comme dans les tubes Bunsen, forme un mélange auquel on
1012 LABORATOIRE .
additionne de l'air arrivant sous forte pression par un tube soudé
en bifurcation sur le premier. L'air est fourni par une pompe
aspirante et refoulante, on le comprime dans un réservoir à une
pression d'environ une atmosphère ; on obtient ainsi une puissance
caforique très élevée sans le concours d'oxygène pur. On fait
ordinairement agir ce chalumeau en renversant la flamme pour
la projeter à l'intérieur d'un fourneau en terre réfractaire ; une
partie de cette flamme sort par l'extrémité inférieure du fourneau
qui est sans fond.
المسلساتها
الفلسلم
Fig. 386. Chalumeau avec gazomètre à oxygène (modèle WIESNEGG).
En dehors des chalumeaux à gaz que nous venons de signaler ,
il existe encore un appareil d'une certaine importance, qu'on
emploie pour opérer la fusion du platine. Dans ce chalumeau , on
fait arriver l'oxygène dans un tube portant sur sa partie latérale
une arrivée spéciale pour le gaz ; on règle l'émission au moyen de
deux robinets indépendants. L'extrémité du tube est formée d'un bec
en platine qui en évite la prompte destruction. Le four ou creuset
dans lequel on introduit le métal à fondre est façonné dans un mor
LAINES. 1013
ceau de chaux. La sole articulée, la cuvette et les supports sont des
accessoires qui, par leur disposition, permettent au chauffage son
action régulière et soutenue et facilitent la coulée. La lingotière
ouverte rend l'opération commode et par cela même rapide, ce qui
est nécessaire, surtout dans un cours public de démonstration.
Pour donner une idée de la puissance calorique obtenue avec
sept chalumeaux à oxy-hydrogène d'un calibre spécial, on a
opéré en 1874 sur 250 kilog. de platine devant la Société interna-
tionale du mètre. Avec un chalumeau d'une dimension ordinaire,
on obtient la fusion de kilog . 500 à 2 kilog. de platine en 25 à
30 minuteset la dépense en oxygène , compris allumage et échauf-
fement du four est d'environ 250 à 300 litres pour le premier kilog .
et de 125 litres par chaque kilog. supplémentaire. La plupart des
fabricants ou fondeurs de platine fondent et épurent leur déchets
par ce procédé, beaucoup plus rapide que par la dissolution. Le
chalumeau dont il vient d'être question permet le soudage du
platine sans faire intervenir des alliages plus fusibles que ce métal.
Laines [Angl. woll ; Allem . Wolle] (Econ. indust.) . — Dégrais-
sage et dégoudronnage des laines par le sulfure de carbone.
L'industrie nouvelle que nous allons décrire se fonde sur une
application du sulfure de carbone dans des conditions fort remar-
quables qui ont assuré son succès en grand, à l'aide d'une modi-
fication très légère. Faute de cette innovation cependant, le
traitement des laines, en vue d'en extraire les matières grasses
par ce dissolvant, déterminait une altération telle de la substance
filamenteuse , qu'il avait fallu renoncer à l'emploi de ce moyen.
Ce procédé d'extraction des matières grasses et goudronneuses
a été perfectionné et rendu manufacturier par M. Moison, qui a
fondé pour son exploitation une très intéressante usine près de
Mouy (Oise) . Il repose sur l'action dissolvante et sur la volatilité
du sulfure de carbone, et permet de dissoudre ces matières étran-
gères dont les laines sont imprégnées ; de les isoler et de recueillir
la plus grande partie du dissolvant par distillation et condensa-
tions continues. Cette opération, facile en apparence, présentait
dans son application de sérieux obstacles, Les plus grandes diffi-
cultés étaient, d'une part, de produire un dégraissage régulier et
complet ; d'un autre côté, d'expulser sans détériorer la laine et de
recueillir le sulfure de carbone dont la laine reste imbibée après
le dégraissage.
L'eau bouillante, et mieux encore la vapeur d'eau injectée au
travers de la laine dégraissée volatilisent et chassent parfaite-
ment le liquide sulfuré, mais non sans altérer la substance textile :
sous l'influence combinée de l'eau, de la température et de l'acide
✔sulfo-carbonique, elle est durcie, devient adhérente et prend une
couleur jaunâtre plus ou moins brune, teintes variables encore
IVE VOLUME 17
1014 LAINES .
suivant que les laines sont demeurées depuis plus ou moins long-
temps en contact avec les corps gras.
Ces inconvénients disparaissent si l'on effectue le dégraissage
par l'injection du sulfure de carbone dans la laine comprimée en
masse (exempte de trop d'humidité) , pourvu que l'expulsion de ce
liquide très volatil ait lieu seulement à l'aide d'un courant forcé
d'air chaud (à une température de 70 à 80 degrés centésimaux,
au plus) au travers de la masse après le dégraissage. Cette opéra-
tion s'effectue facilement dans un appareil construit par M. Moison
ét présentant les dispositions qu'indique la fig. 387. A, cuve en
E B F
C
PEGARD.
Fig. 387. Appareil pour le dégraissage des laines.
fonte parfaitement close, c'est-à-dire qui se ferme hermétique-
ment au moyen d'un couvercle également en fonte. Elle est
enveloppée d'une chemise de tôle qui laisse tout autour un inter-
valle vide de quelques centimètres entre elle et la cuve. Un tuyau
amène à volonté de la vapeur dans cette double enveloppe, afin
d'échaufferla cuve au moment de produire l'insufflation de l'air chaud.
Le couvercle porte près de sa circonférence une rainure circu-
laire remplie de plomb. La bande de plomb rend le joint hermé-
tique par la pression que l'on exerce à l'aide de boulons articulés
sur le bord anguleux de la cuve. A quelques centimètres du fond
de cette cuve se trouve un faux fond solide percé de trous ou un
LAINES. 1015
grillage en fonte sur lequel on pose la laine à dégraisser. Un
disque en fonte percé de trous est fixé à trois tiges de fer filetées
à leur partie supérieure et lisses dans leur partie inférieure, glis-
sant chacune dans une boîte à étoupe adaptée à l'ajutage, qui
fait corps avec le couvercle. Ce disque sert à comprimer la laine
par des vis qui terminent les tiges et forment, au moyen de trois
écrous correspondants, une véritable presse. La cuve A étant
remplie avec 100 kilogrammes de laine, celle-ci se trouve réduite à
la moitié de son volume par la pression .
Une pompe aspirante et foulante C en fonte de fer et piston
plein prend à volonté le sulfure de carbone dans un récipient en
tôle D par son tuyau d'aspiration et le conduit par le tuyau de
refoulement sous le faux fond à claire-voie. Un tuyau adapté à
a moitié de la hauteur de la cuve, conduit le liquide, chargé,
après sa filtration, de corps gras , ou goudronneux, ou résineux,
dans un alambic B. Ce vase distillatoire est chauffé à la vapeur
au moyen d'un double fond, ou mieux encore d'un serpentin
contourné en spirale, en fer creux, à retour d'eau. Un robinet est
adapté au fond de l'alambic pour retirer les corps gras après la
distillation et le barbotage de la vapeur d'eau. Un deuxième ser-
pentin en fer creux, mais percé de trous et placé entre les spires
du premier, est destiné à faire traverser de la vapeur d'eau dans
les matières grasses ou résineuses, afin de chasser les dernières
traces de sulfure avant de faire écouler ces matières hors de
l'alambic par le robinet de fond. Un serpentin H en hélice, placé
dans un vase réfrigérant J, communique avec le chapiteau de
l'alambic B et conduit le sulfure condensé dans le récipient D par
l'extrémité du tuyau qui sort à la partie inférieure de l'enveloppe
du réfrigérant. Une pompe E aspirante et foulante prend l'air par
le tuyau inférieur dans le récipient Dà sulfure de carbone
au-dessus du liquide et le conduit par le tuyau supérieur (portant
une double enveloppe M) dans la cuve à lessiver A, au-dessus
de la laine comprimée dans cette cuve.
Le tuyau à double enveloppe M, concentrique au tuyau à air,
enveloppe celui-ci dans une partie de sa longueur ; il sert à
échauffer l'air avant de le faire entrer dans la cuve A lorsqu'on
veut, par cette insufflation d'air chaud, déplacer d'abord, puis
vaporiser le sulfure de carbone interposé dans la masse de laine.
En effet, le tuyau partant du fond de cette cuve conduit l'air
ainsi refoulé dans le récipient (d'où il est parti), après avoir tra-
versé la laine et s'être refroidi dans un second serpentin H en
hélice placé dans le même réfrigérant à renouvellement d'eau
froide. Un gazomètre G à soufflet en cuir ou à cloche dans une
cuve (1) communique avec tout l'appareil par un tuyau adapté au
(1) Cette dernière disposition, semblable à celle des gazomètres des usines
1016 LAINES .
récipient à sulfure au-dessus du niveau de ce liquide. Le tuyau
entre la cuve A et l'alambic B, ainsi que les bouts de chacun des
serpentins qui sortent du réfrigérant et se rendent au récipient D,
sont pourvus chacun d'un court manchon en cristal (1), servant
de regard pour voir et diriger le fonctionnement de l'appareil .
Chacun de ces trois tubes est pourvu d'un petit robinet qui permet
de retirer un peu du liquide qui s'écoule pendant l'opération pour
l'examiner .
Les robinets , 1º entre la pompe E et le récipient à sulfure, 2º entre
la cuve A et le serpentin H , sont à trois airs , dits à trois eaux; ils
sont destinés, le premier à prendre à volonté de l'air à l'extérieur
de l'appareil pour chasser l'air chargé de vapeur de sulfure qui
remplit la cuve après l'opération , l'autre à conduire cet air vicié
par un tuyau spécial au dehors de l'atelier, afin d'éviter d'incom-
moder les opérateurs. Voici maintenant comment on dirige toute
l'opération. La laine étant mise sèche autant que possible et
comprimée dans la cuve A, et celle-ci parfaitement close, on met
la pompe C en mouvement. Le liquide injecté, en traversant de
bas en haut la masse de laine, en effectue graduellement le dégrais-
sage par dissolution et par déplacement. L'injection du liquide est
continuée jusqu'à ce que, par le regard en cristal interposé, on
juge, à la couleur du liquide passant dans le tube dit trop-plein,
que le dégraissage est terminé, ou, pour plus de certitude, on con-
tinue jusqu'à ce que quelques gouttes de liquide étant recueillies
par le très petit robinet adapté sous le trop-plein et évaporées sur
une lame de verre, on n'aperçoive àplus aucune trace de graisse.
A mesure que le liquide s'écoule l'aide de ce tuyau trop-plein
dans l'alambic, il est distillé, et par la condensation de sa vapeur
le sulfure de carbone se trouve ramené dans le récipient, d'où il
est sans cesse repris et refoulé au travers de la laine.
Lorsque l'opération du dégraissage est terminée, il est de la
plus haute importance de retirer et de recueillir le liquide dont la
laine reste imprégnée. Il n'est pas moins important de faire cette
élimination sans détériorer la substance textile et sans en altérer
la nuance (qu'elle soit blanche ou teinte) . Cette deuxième partie
de l'opération, quoique la plus délicate et la plus chanceuse,
s'effectue sans aucune difficulté , à l'aide des précautions suivantes :
La pompe à injecter le liquide dissolvant étant arrêtée et les
robinets fermés, on met en jeu la machine soufflante après avoir
ouvert les robinets de communication. L'air arrive par le
à gaz, oblige à la précaution de prévenir la congélation de l'eau en hiver :
une faible injection de vapeur y suffit.
(1) Ces manchons s'adaptent aisément dans la solution de continuité de
chacun de ces tubes ; on les rend étanches par une ligature imprégnée de
vernis alcoolique de gomme laque.
LAINES . 1017
tuyau M (1) dans la cuve au-dessus de la laine et traverse cette
substance. Aux premiers coups de piston, la plus grande partie
du liquide se trouve déplacée de haut en bas et s'écoule en abon-
dance par le tuyau et le serpentin H , aboutissant au récipient à
sulfure . L'insufflation est continuée jusqu'à ce qu'il ne se con-
dense et ne s'écoule plus de liquide dans le serpentin, ce dont on
s'assure par le regard en cristal adapté à l'extrémité externe de
ce serpentin.
L'air poussé par la machine soufflante s'échauffe dans son par-
cours d, correspondant à la longueur de la double enveloppe M,
à une température qui ne doit pas dépasser 70 à 80 degrés ; il
volatilise, en pénétrant la substance textile, le sulfure de carbone,
dont le point d'ébullition est de 48 degrés et arrive dans le ser-
pentin H mélangé de liquide et mélangé ou saturé de vapeur de
sulfure qu'il laisse déposer en se refroidissant. De là il passe dans
le récipient, pour être repris de nouveau par la pompe à air.
L'insufflation dure environ trois heures . Lorsqu'elle est terminée
complétement et n'entraîne plus rien, la laine, dégraissée et débar-
rassée ainsi du dissolvant, est retirée sèche de l'appareil.
Dans cette opération , l'expulsion du sulfure a lieu, comme on
le voit, d'abord par un simple déplacement mécanique, puis par
une véritable distillation produite au sein de la matière textile à
l'aide du courant forcé du même air, successivement réchauffé
à son entrée et refroidi par sa circulation avant de revenir. Si
l'air était continuellement renouvelé , une perte considérable du
liquide volatil aurait lieu ; elle serait proportionnelle à la quantité
d'air employée à son point de saturation à la température du
réfrigérant .
La durée de l'expulsion du sulfure est en rapport avec la quan-
tité contenue dans la laine, la température de l'air introduit, la
capacité calorique de la vapeur de sulfure, la capacité calo-
rique de l'air et la quantité d'air que peut envoyer la machine
soufflante dans un temps donné. Cette industrie offre les avan-
tages suivants : 1º de nettoyer les laines goudronnées provenant
des marques des moutons (ces laines étaient jusqu'alors perdues
ou rejetées comme sans valeur) ; 2º de dégraisser parfaitement et
économiquement les déchets de débourrages des laines grasses
cardées et de recueillir les huiles qu'ils contiennent.
(1) Entre ce tube à double enveloppe et la pompe, on doit interposer un
très long tube sinueux, refroidi par l'air et condensant la vapeur de sulfure
de carbone, il serait préférable encore de faire passer dans un bassin réfri-
gérant ce long tube, afin de mieux condenser, par un courant d'eau froide,
le sulfure de carbone doué d'un assez notable tension aux températures
moyennes de l'air atmosphérique, à plus forte raison durant les chaleurs de
l'été.
1018 LAIT.
LAINAGES. (Econ. dom.) . Moyens de conserver les lainages . -
Les étoffes de laine ne sont, en général, exposées à se détériorer que
lorsqu'on ne les porte pas . C'est donc depuis la fin de l'hiver jus-
qu'à celle de l'automne qu'on doit surtout veiller à leur conserva-
tion. Les ennemis des étoffes de laine sont les mêmes que ceux
des fourrures, c'est-à-dire la teigne et le dermeste. Pour les
préserver de l'attaque de ces insectes, il faut, aussitôt qu'on n'en
fait plus usage, les battre avec soin, puis les placer, avec un peu
de camphre, dans des boîtes que l'on ferme hermétiquement en
collant des bandes de papier sur les jointures.
Lait [Angl. Milk ; Allem. milch] (Alimentation) . - Le lait
est un liquide opaque, blanc, d'une saveur douce et sucrée,
presque sans odeur, d'une pesanteur spécifique un peu plus
grande que celle de l'eau, et sécrété par les glandes mammaires
des femelles des animaux, après la naissance du petit. Ce n'est
pas, lisons-nous dans le Bulletin de la Société d'agriculture de la
Basse-Alsace, un produit de sécrétion simple, transsudant en nature
par les parois des capillaires des mamelles, comme l'urine par les
canalicules des reins, car il est dû à une dégénérescence graisseuse
physiologique des cellules épithéliales qui, lors de l'allaitement,
se multiplient et pullulent dans les culs-de-sac glandulaires de la
mamelle. Ces cellules épithéliales deviennent sphériques , se rem-
plissent d'une émulsion graisseuse de la substance dès cellules
mêmes, du noyau et du contenu ; puis les parois s'altèrent elles-
mêmes, se rompent et le contenu graisseux en suspension se mêle
au sérum du sang transsudé, et constitue ainsi le lait. Suivant le
régime plus ou moins aqueux, ces matières , provenant de la dégé-
nérescence des cellules épithéliales, se mêlent alors à plus ou moins
d'eau, qui est sécrétée en même temps. Dans les premiers mo-
ments de la lactation, les cellules épithéliales n'éprouvent pas
encore toute leur altération, ne se rompent pas, et elles forment
alors des globules ayant conservé leur contenu graisseux et cons-
tituant les corpuscules du colostrum. Ce n'est que le cinquième
ou le sixième jour après le part, que le lait se présente réelle-
ment avec ses caractères habituels, comme une émulsion de corps
gras dans un liquide mucilagineux. Le lait, avant d'être sécrété, a
été au moins pendant quelque temps pour ses éléments essentiels,
un principe constitutif de l'individu, et si cet individu était bien
et suffisamment nourri , si dans ses rations il recevait beaucoup
d'éléments plastiques, il en résulterait nécessairement un plus
complet développement des mamelles et une plus forte production
des éléments essentiels du lait. La qualité de ce dernier, sa
richesse en beurre et en principes azotés, dépendent donc essen-
tiellement de la richesse des aliments en principes protéiques, en
éléments plastiques.
LAIT. 1
1019
La densité moyenne du lait est de 1032,2 . Sur 100 parties , on
trouve, sans compter le gaz :
Densité. Résidu sec. Caséine. Beurre. Sucre. Sel . Lactoprotéine.
Vache .. 1,0318 13,5 3,6 4,05 5,5 0,40 0,32
Chèvre.. 1,0228 12,4 3,7 4,2 4,0 0,56 0,15
Brebis 1,0038 18,0 8,5 5,33 4.2 0,70 0,25
Jument 4,0034 14,0 2,7 2,50 5,5 0,50 0
Anesse. 1,0033 9,3 1,7 1,55 5,8 0,50 0,33
Caséine
et
Chienne . 1,0036 26,3 11,7 albumine.
9,72 8,0 3,01
Truie ..
1,0046 23 12,39 Albumine. 6.60 0,5 4,01
Ce tableau montre l'influence de l'espèce animale sur la forma-
tion du lait. Ceux de chienne et de truie ont une composition
toute spéciale ; plus riches en éléments minéraux, ils renferment
également une quantité plus considérable de matières protéiques ;
ils contiennent de l'albumine, tandis que celle-ci ne se trouve que
dans le colostrum des autres animaux. Par rapport à la caséine,
c'est celui d'ânesse qui se rapproche le plus de celui de la femme,
puis vient celui de jument, mais ceux-ci sont moins riches en
beurre. Le lait d'ânesse est adoucissant et laxatif ; il donne un
beurre mou , blanc, insipide ; le lait de jument tient le milieu par
sa densité entre celui de vache et celui de femme. Le lait de
chèvre est nutritif, tonique et de facile digestion; celui de brebis
est doué d'une petite odeur spéciale. La densité du lait de vache,
qui va nous servir de terme de comparaison varie, comme nous
l'avons dit tome II, p. 839, entre 1,029 et 1,033. Cette densité est
calculée à l'aide du galactomètre et du lacto-densimètre.
Le lait éprouve des anomalies nombreuses : lait aqueux, lait
trop gras , lait salé, lait visqueux, lait qui ne donne pas de beurre,
lait qui se coagule trop vite, lait amer, lait doux-amer, lait dont
la créme disparaît, lait bleu, jaune, rouge, sanguinolent, etc.
Le lait devient aqueux sous l'influence d'un régime débilitant ;
on le ramène à l'état normal par la bonne nourriture et l'admi-
nistration de médicaments toniques . Le lait trop gras se mani-
feste dans les conditions opposées, et une alimentation rafraîchis-
sante suffit pour combattre cette anomalie. Le lait salé contient
des sels calcaires en excès ; on dit qu'il est sécrété par des vaches
atteintes de la pommelière, et qu'il ne convient pas à l'homme.
Le lait tourne facilement par les temps de chaleur. Les vases
dans lesquels on le recueille exercent une grande influence sur sa
conservation : on peut se servir sans crainte de vases en grès , en
fayence, en porcelaine, en verre, et il est préférable d'éloigner les
ustensiles en cuivre et en zinc .
Le goût amer du lait, combiné avec une odeur désagréable et
la difficulté avec laquelle on en sépare le beurre, provient d'ali
1020 LAIT.
ments altérés ou de mauvaise nature. On a raison de ce trouble
digestif en modifiant le régime. Le lait doux-amer dérive de la
nourriture avec des plantes amères et, parfois, de maladies de
foie. Il est, dit M. Roll, parfaitement normal au moment de la
mulsion et même quelque temps après : la séparation de la crême
se fait d'une manière irrégulière, et la crême elle-même présente
par place une coloration jaune, comme la purée de pois, tandis
qu'ailleurs la coloration est normale, mais à fond sale ; la crème
est spumeuse, et ça et là on constate à la surface des goutelettes
de graisse ou de beurre déjà isolées . Cette crème a un goût extraor-
dinairement doux, suivi d'un arrière-goût amer. Il en est de même
Ide la caséine qui, dans les endroits où la crême a subi les altéra-
tions que nous venons de signaler, offre un caillot moins fort. Si
le lait est conservé depuis longtemps, il a un goût rance ; il est
impossible d'en séparer le beurre, et si l'on parvient à isoler
celui-ci, il est muqueux et d'un goût désagréable, rancit rapide-
ment et il ne peut être utilisé . >>>
Le lait bleu consiste en une efflorescence bleuâtre qui apparaît
'à la surface du lait reposé ou de la crême qu'elle décompose, et le
rend probablement nuisible à la santé. Cette décomposition est
inconnue dans beaucoup de contrées , tandis qu'elle existe avec
une certaine intensité dans d'autres, notamment dans les pays
montagneux. On a cru d'abord que cette altération du lait dépen-
dait d'une maladie des vaches ou d'un défaut de propreté, et on a
commis une erreur. Cette couleur bleue est formée par un petit
cryptogame ou champignon. Un moyen bien simple suffit à la
faire disparaître : c'est le carbonate de chaux, vulgairement
la craie, qui se présente dans le plus grand état de pureté sous le
nom de blanc d'Espagne, blanc de Troyes, etc. L'emploi de ce
remède peut se faire selon l'époque de l'année, en en saupoudrant
les racines, en breuvage dans de l'eau de son, ou simplement en
aspersion sur les fourrages.
Le lait rouge résulte également de l'ingestion de la garance , de
plusieurs sortes de gaillet, etc.; la matière colorante passe dans
le lait et lui donne un aspect et un goût particuliers. Il suffit de
faire cesser les causes pour voir rapidement disparaître le trouble.
Il ne faut pas confondre le lait rouge avec le lait sanguinolent
que l'on remarque à la suite de lésions internes des mamelles, de
mulsions opérées avec brutalité, d'administration de fourrages
contenant des substances acres , telles que les renoncules, le poivre
d'eau, les bourgeons résineux, etc. On constate lors de la mulsion,
des stries sanguines dans le lait, et du sang coagulé au fond des
vases. On peut également connaître, au moyen du microscope, le
lait provenant de bêtes atteintes de certaines maladies . Dans la
cocotte, le lait présente toujours des globules agglutionés, mu-
queux et purulents, ce qui explique la nécessité de faire bouillir
<
LAIT. 1021
le lait des vaches atteintes de cette affection, soit pour le donner
aux veaux, soit pour le faire servir à la nourriture de l'homme,
si l'on veut annihiler ses effets fâcheux.
La quantité de lait que peut fournir une vache dépend de sa
race, de son âge, de son état de santé, de sa nourriture, du
climat du pays, des soins qu'elle reçoit et de diverses autres
causes . On admet, en général, que la durée de la lactation est de
trois cents jours et le rendement moyen de 1,800 à 2,000 litres ,
défalcation faite de la nourriture prélevée par le veau . Le pro-
duit est souvent beaucoup plus élevé, mais alors il résulte d'une
alimentation soignée et ne fait plus partie de la moyenne admise.
La qualité n'a pas d'autres sources que la bonne nourriture ; les
pâturages plantureux et composés de plantes choisies parmi les
meilleures et légèrement aromatiques, fournissent toujours
d'excellents beurres et des fromages exquis.
La laiterie est le lieu où l'on dépose le lait, et où l'on fabrique
le beurre et le fromage. Cette partie de la ferme est extrême-
ment négligée en France, et il en sera de même tant qu'on n'ins-
tallera pas chez nous des écoles spéciales de laiterie semblables à
celles qui existent dans tous les états du Nord. L'emplacement et
les dispositions intérieures d'une laiterie sont d'une extrême im-
portance , attendu que les produits se ressentent forcément, en
bien ou en mal, des aménagements compris ou exécutés à l'en-
contre des choses. Un lieu tranquille, exposé au nord, éloigné de
tout principe fermentescible, d'une propreté exceptionnelle, abon-
damment pourvu d'eau, jouissant d'une température constante de 10
à 12 degrés, pouvant être aéré à volonté , de grandeur en rapport
avec les besoins, tel doit être le local affecté à la laiterie. Un
fourneau et sa chaudière pour chauffer l'eau nécessaire au lavage
des ustensiles, un réservoir à eau froide, un évier, des égouttoirs
pour faire sécher les pots, des dressoirs pour recevoir les vases
qui contiennent le lait, etc., sont le complément indispensable
d'une laiterie bien tenue. Les seaux à traire, de quelque forme
qu'ils soient et de quelque nom qu'on les appelle, les vases
destinés au transport, les tamis, etc., forment le mobilier de la
laiterie simple, de celle qui ne comprend que la vente du lait en
nature et qui est la plus avantageuse, en raison du prix élevé du
lait, de l'absence complète des pertes commerciales, de l'encaisse
immédiate des fonds, de la simplification de la main-d'œuvre, etc.
Conservation du lait. Remplissez de lait frais une bouteille
que vous plongerez jusqu'au goulot dans de l'eau que vous lais-
serez bouillir un quart d'heure. Retirez alors votre bouteille et
bouchez-la immédiatement avec soin, en la goudronnant, afin que
le lait qu'elle renferme n'ait aucune communication avec l'air,
vous pourrez conserver de cette manière du lait pendant plus
d'une année.
1022 LAMINOIR.
Lait de chaux [Angl. Lim-milk ; Allem. Kalkmilch] (Bat . ).
Composition faite avec de la chaux délayée dans de l'eau, qui
sert à blanchir des murs, plafonds, etc. On y ajoute de la colle
si l'on veut qu'elle ait plus de consistance .
Laminage [Angl. Lamination ; Allem. Walzen] (Métal. ) . -
L'emploi des métaux laminés dans les arts industriels est im-
mense aujourd'hui ; aussi les moyens de fabrication se sont-ils
promptement multipliés et perfectionnés sur divers points de la
France . Là où l'eau n'a pu servir de moteur, on a fait usage des
machines à vapeur : telles sont les usines de Charenton, près
Paris ; d'Imphy, dans le département de la Nièvre. On estime que
la force nécessaire doit être au moins de soixante à soixante-dix
chevaux, pour faire mouvoir plusieurs paires de laminoirs. Le
laminage du fer et de l'acier, qui est le plus important, se fait à
chaud ; le laminage de l'or, de l'argent, du cuivre, de l'étain, du
plomb, du zinc, et généralement de tous les métaux mous et
ductiles, se fait à froid .
A côté et le plus près possible des laminoirs, sont établis des
fourneaux à réverbère, destinés à chauffer le fer et l'acier qu'on
veut laminer et réduire en tôle ; des plans inclinés formés de
barres de fer, vont de la bouche de ces fours à l'entrée des lami-
noirs, sur lesquels plans, au moyen de tenailles de fer, on fait
glisser les bidons (c'est ainsi qu'on nomme les tronçons de fer
préparés pour être laminés) qui sortent du fourneau pour être
soumis à l'action du laminoir, ou qui, après avoir reçu un pre-
mier travail, sont rapportés dans ces mêmes fourneaux .
Les fers et aciers marchands ne sont pas assez régulièrement
travaillés ni assez purs pour être employés immédiatement au
laminage ; on les reforge avec soin à un martinet, pour les affiner
et les rendre parfaitement homogènes dans toutes leurs parties,
et former des bidons d'une dimension et d'un poids parfaitement
égal, pour la même espèce de tôle. Si , malgré ce travail supplé-
mentaire, le bout des barres ou quelques autres parties se trou-
vaient encore pailleux, il faut les retrancher. On ne doit soumettre
au laminage que des barres saines ; la moindre gerçure suffit pour
faire mettre au rebut une feuille de tôle, surtout si elle est mince.
Laminoir [Angl . Works ; Allem. das wahzwerk] (Métallurgie).
Machines composées de deux cylindres d'acier ou de fonte de
fer, dont la surface unie et polie est extrêmement dure, entre
lesquels cylindres on opère le laminage des métaux. Il ya de
grands laminoirs destinés à fabriquer les tôles de toutes dimen-
sions dans les grandes forges, où ils sont mus par un moteur
puissant, et d'autres plus petits dont les ateliers d'orfévrerie, des
fabricants de ressorts, des monnayeurs , des plaqueurs, des tréfi
LAMINOIR . 1023.
leurs, etc., sont munis, et dont quelques-uns sont mus à bras, ou
par des manéges. Dans tous les cas, les tables des deux cylindres
d'un laminoir quelconque doivent être parfaitement égales en
diamètre et en longueur. Les deux cylindres sont placés dans une
cage de fer ou de fonte, et sont maintenus l'un au-dessus de
l'autre dans un même plan vertical passant par leurs axes : l'in-
férieur pose et tourne dans des coussinets fixes en cuivre. Le
supérieur, qui tourne de même dans des coussinets de cuivre, a la
faculté de s'élever et de s'abaisser, de manière à rendre plus ou
moins grand l'intervalle des cylindres. C'est au moyen de deux vis de
pression que ce mouvement s'opère, en les faisant agir simulta-
nément, afin de conserver le parallélisme des cylindres. Dans les
grands laminoirs, ce sont des ouvriers qui les manœuvrent isolé-
ment et ensemble, soit pour serrer, soit pour desserrer. Ils sont
avertis que le parallélisme est bien conservé, quand l'objet laminé
file droit.
Dans les petits laminoirs, les vis de pression sont assujetties à
se mouvoir simultanément par trois roues d'engrenage , dont
deux égales sont fixées sur les écrous des vis , et la troisième sur
le milieu de la traverse, et qui sert à conduire les deux autres ,
tantôt dans un sens et tantôt dans l'autre. Dans tous les laminoirs,
les cylindres sont assujettis à se mouvoir en sens contraire, par
des roues d'engrenage réciproques, fixées dans le même plan
vertical, sur les tourillons des cylindres prolongés en dehors des
poupées qui forment la cage. C'est ordinairement par le cylindre
inférieur, dans les petits laminoirs, qu'on communique le mouve-
ment ; dans les grands, on le communique aux deux cylindres à
la fois, afin de ménager les manchons qui réunissent les axes
bout à bout. Il est sans doute nécessaire que toutes les pièces
soient d'une force suffisante pour le travail courant ; mais on fait
en sorte de tenir un des manchons un peu faible, pour qu'il casse
plutôt qu'autre chose, quand il survient une résistance extraor-
dinaire : c'est ce qu'on appelle la part des accidents.
La bonté d'un laminoir dépend des cylindres. Il faut non -seule-
ment qu'ils soient rigoureusement cylindriques et ronds , mais
encore extraordinairement durs partout et sans la moindre
gerçure. On ne les obtient tels, surtout les gros, qu'en les coulant
dans dès moules en fonte, alaisés intérieurement, et ayant des
parois très épaisses, de 0m,16 à 0,20. La fonte coulée dans ce
moule froid, y est subitement prise à la surface, et forme une
croûte d'environ 0,028, extraordinairement dure, qu'on ne par-
vient à entamer que très difficilement avec des outils d'acier /
fondu présentés de travers et non en long ; encore faut-il que le
cylindre tourne avec un extrême lenteur, deux tours par minute,
pour que l'outil ne se trouve pas détrempé à l'instant.
Trains de laminoirs. Le train de laminoirs proprement dit
1024 LAMINOIR .
est un ensemble de cylindres horizontaux superposés par séries de
deux ou de trois, la première série reçoit le mouvement d'un
ensemble de pignons dont l'un est calé
sur l'arbre actionné par la machine,
et le communique aux autres séries
par l'intermédiaire d'arbres et de man-
chons d'accouplement .
La fig. 388 est un croquis indiquant
l'ensemble d'un train comprenant la
griffe d'embrayage A de l'arbre du
.Ensemble
laminoirs
train avec l'arbre du moteur ; la four-
chette à pivot B servant à la manœu-
train
d'un
vre de la griffe ; la cage à pignons C
de
communique aux cylindres supérieurs
et inférieurs des cages suivantes une
vitesse de rotation égale et de sens
1
contraire ; les arbres d'accouplement
ou manchons Det les extrémités des
axes des cylindres et des pignons sont
F
en forme de trèfles, ils se communi-
quent le mouvement par l'intermé-
diaire de manchons E creusés en
forme de trèfles , dans lesquels ils pé-
nétrent et qui les rendent solidaires ;
des petites entretoises en bois, retenues
par des courroies ou des fils de fer,
maintiennent l'écartement de ces man-
A
chons appelés moufflettes. Le jeu
.388
Fig
laissé aux trèfles dans les moufflettes
E
permet aux cylindres un mouvement
dans le sens vertical sans que la com-
munication soit interrompue.
Dispositions des montants de cage.
Les fondations d'un train de lami-
noir consistent en une maçonnerie sur
laquelle s'appuie un beffroi en char-
pente, recouvert d'une série de taques
à ergots formant plaques de fonda-
tion et dans lesquelles sont calés les
pieds des montants (fig. 389) ; on peut ainsi faire varier l'écarte-
ment des montants pour employer des cylindres de différentes
longueurs . Aux usines d'Hayange, on remplace la plaque de fon-
dation par deux longrines en fonte fixées sur la charpente et
portant un évidement en forme de T, dans lequel vient se loger
la tête du boulon qui fixe le pied du montant.
Bascules d'équilibre. Le cylindre mâle d'un train à tôles doit
LAMINOIR . 1025
pouvoir se soulever pour permettre l'entrée entre les cylindres du
paquet à laminer ; on se sert à cet effet de bascules d'équilibre .
Fig. 389. Cage à pignons .
Ces bascules sont disposées tantôt parallèlement, tantôt perpendi-
culairement à l'axe du laminoir; mais leur principe reste toujours
Fig. 390. Bascules d'équilibre.
le même : c'est une paire de leviers horizontaux à bras inégaux
placés sous le train (fig. 390), le petit bras soulève une paire de
1026/ LAMINOIR.
tiges verticales sur lesquelles repose l'empoise inférieure du
cylindre måle, le grand bras porte des contre-poids . La charge
des contre-poids est calculée pour maintenir toujours soulevé le
cylindre, qui est limité dans son mouvement d'élévation par les
vis verticales, dont la position règle aussi l'écartement des cylindres.
Serrage des cylindres . Le parallélisme aussi parfait que
possible des cylindres est indispensable pour obtenir des tôles
d'épaisseur régulière. Deux cylindres non parallèles donneraient
non-seulement une pièce d'épaisseur inégale, mais encore cette
pièce ne se laminerait pas droite ; elle se courberait au passage
entre les cylindres, puisqu'elle s'allongerait plus sur un bord que
sur l'autre. On obtient un parallélisme constant des cylindres en
rendant solidaires les deux vis de serrage. Chacune d'elles porte
une roue d'engrenage et les deux roues engrènent avec un même
pignon intermédiaire. Par ce moyen, si l'on fait tourner l'une des
vis d'un angle quelconque, l'autre tourne nécessairement du
même angle ; le pignon est porté par un châssis reposant sur les
deux colonnes du train, il doit avoir une hauteur suffisante pour
engrener avec les roues dans les deux positions de la vis qui
correspondent aux positions extrêmes du cylindre supérieur. Sur
l'axe du pignon ou de Pune des roues est calée une roue munie
de taquets, un levier est fou sur cet axe ; le lamineur pour serrer
les cylindres fait passer le levier derrière l'un des taquets, puis
le ramenant a lui produit la rotation de l'une des roues qui, par
la communication du pignon, fait tourner l'autre roue d'une
quantité égale. Une disposition plus simple consiste dans l'emploi
de deux pignons d'angle calés sur un arbre horizontal que portent
les deux têtes de vis ; un volant à manettes calé à l'une des
extrémités permettra la manœuvre des deux pignons qui commu-
niquent leur mouvement à deux autres pignons calés sur les têtes
des vis ; des repères marqués sur les engrenages indiquent au
lamineur la position des vis, qui correspond à un écartement des
cylindres déterminé, et par conséquent l'épaisseur de la pièce
qu'il lamine .
Laminoirs à tôles . Un train de tôlerie comprend le dégros-
sissage et le finissage de la tôle et se trouve quelquefois complété
d'une cage destinée au laminage des tôles minces, quadrillées ou
ondulées. Le dégrossissage, lorsqu'il n'est pas fait au marteau-
pilon , s'opère dans une première cage dite aussi cage sou-
dante et comprenant deux ou trois cylindres à cannelures, entre
lesquels le paquet est laminé tantôt à plat et tantôt sur champ
pour en faire un corps soudé bien rectangulaire, qui entre les
cylindres finisseurs s'allongera sans s'étaler, et donnera une pièce
de forme régulière dans laquelle on pourra découper sans trop
de déchets sur les bords la tôle voulue. Aux forges de la Provi-
dence à Hautmont, la cage dégrossisseuse a une forme spéciale ;
LAMINOIR . 1027
elle contient quatre cylindres : deux horizontaux et deux verti-
caux (fig. 391) . Le cylindre ho-
rizontal inférieur porte entre sa
table et les tourillons deux por-
tions coniques dentées, les cylin-
dres verticaux dont les axes sont
logés dans les colonnes ont égale-
ment une partie conique dentée
qui engrène avec les parties cor-
respondantes du cylindre horizon-
tal; la table du cylindre supé-
rieur est évidée aux extrémités
pour pénétrer entre les cylindres
verticaux, et limiter ainsi un es-
pace rectangulaire dans lequel le Fig. 391. Cage dégrossisseuse aux
paquet comprimé s'épure comme forges de la Providence.
dans une cannelure. Lorsqu'une
usine possède un train universel et que ce train est commandé
par la même machine qui actionne le laminoir à tôles, elle utilise
généralement le laminoir universel pour le dégrossissage des
paquets de tôle.
Fig. 392. Train universel.
Train universel (fig. 392) . Le laminage des fers plats en canne-
lure exige une collection considérable de cylindres, surtout pour les
1028 LAMPE ÉLECTRIQUE
fers d'une grande largeur; d'un autre côté la fabrication de ces
fers plats en tôles, que l'on rogne sur les deux bords, est très
coûteuse par la quantité énorme de déchets qu'elle produit , outre
que le cisaillage ne donne pas des pièces d'une largeur régulière
et uniforme . Pour remédier à ces inconvénients on a imaginé
dans ces dernières années un laminoir dit train universel, qui
permet d'obtenir avec le même appareil des fers plats d'épaisseur
et de largeur variables . Ce résultat est obtenu par l'emploi de
deux paires de cylindres, l'une horizontale et l'autre verticale,
limitant entre elles un espace rectangulaire qui détermine la sec-
tion du fer en laminage, et dont la hauteur et la largeur peuvent
être variées par le déplacement de l'un des cylindres de chaque
paire.
Lampe à greffer (jardinage). On désigne ainsi en horti-
culture un petit appareil à l'aide duquel on fait fondre les
matières dont on se sert pour enduire les parties greffées . C'est
une sorte de petit cylindre creux, soit en tôle, soit en fer-blanc,
soit en cuivre, surmonté d'une cuvette également en métal ; à sa
partie inférieure se trouve une petite lampe dont la flamme vient
frapper sur le fond de la cuvette, qu'elle échauffe, et fait ainsi
fondre les matières qu'elle contient .
Lampe électrique . — Les essais intéressants entrepris par
MM. Lodygine et Kosloff ont engagé plusieurs inventeurs , entre
autres MM . Konn, Bouliguine et Fontaine, à imaginer des lampes
pour obtenir la lumière électrique par l'incandescence des char-
bons. Il parait du reste, d'après M. Fontaine , que ce serait M. King
qui dès l'année 1845 aurait conçu la première lampe de ce genre.
Lampe de M. King. La lampe de M. King consiste dans un
mince crayon de charbon de cornue fixé par ses extrémités dans
deux cubes de charbon et soutenu par une potence à deux bran-
ches en porcelaine. Le tout est renfermé dans un tube fermé
privé d'air, et les conducteurs rigides traversant ce tube interpo-
posent le petit crayon de charbon dans le circuit du générateur
électrique, ce qui le fait rougir assez pour fournir une lumière
éclatante .
Lampe de M. Konn . Dans cet appareil, chaque foyer au lieu
de n'avoir qu'un seul charbon, était muni de quatre à cinq, et
tous ces charbons disposés verticalement et circulairement ,
étaient terminés par de petits cylindres de charbon sur lesquels
étaient incrustées, supérieurement, des tiges de cuivre de lon-
gueur successivement décroissante. Leur partie inférieure commu-
niquait à l'une des branches du circuit , et leur partie supérieure
n'était mise en rapport avec l'autre branche de ce circuit, que par
l'intermédiaire d'une sorte de couvercle métallique articulé qui
LAMPE ÉLECTRIQUE. 1029
appuyait sur eux par son propre poids. D'après les expériences
faites chez M. Florent, à Saint-Pétersbourg, où trois de ces lampes
sont installées , chacune d'elles fournit une lumière équivalente à
20 becs Carcel, et elles fonctionnent sous l'influence de courants
produits par une machine de la compagnie l'Alliance .
Lampe Bouliguine. Cette lampe atteint à peu près le même
but que la lampe précédente , mais
en n'employant qu'un seul charbon.
Elle se compose , comme la précé-
dente , d'un socle en cuivre, de deux
tiges verticales , de deux barres de
prise de courant et d'une soupape S
d'évacuation .
G
Quant à la lampe de M. Fontaine
construite chez M. Breguet , elle est
caractérisée par les deux points sui-
vants : 1º les charbons sont encastrés
par chacune de leurs extrémités dans
des contacts rigides et maintenus
fixes, ce qui permet de faire fonc-
tionner la lampe dans toutes les posi-
tions ; 20 le courant électrique passe
automatiquement d'un charbon à
l'autre par l'action d'un électro-ai-
T
mant intercalé dans le circuit.
Lampe de M. Ducretet (fig. 393) .
La principale particularité que
présente cette lampe consiste dans
l'emploi d'une colonne de mercure
dans laquelle plongent un ou plusieurs
crayons. La différence de densité
agit seule , en produisant une pous- B' R
sée (1), qui amène constamment et 2
B
régulièrement les crayons à leur
point d'appui au fur et à mesure de
leur usure. Une partie des crayons E. DUCRETER
devient incandescente. Plus la poussée
est forte, plus cette incandescence Lampe électrique.
devient prolongée. Une pile de 6 à 10 Fig. 393.
Bunsen donne déjà de beaux effets , soit à l'air libre, soit à l'int
rieur d'un récipient.
Cette disposition assure une résistance égale dans le circuit,
quelles que soient la longueur des crayons et leur usure 1
(1) Cette poussée peut être réglée, au besoin, par l'adjonction d'une petite
masse à la partie inférieure des crayons.
JVE VOLUME, 18
1030 LAPIDAIRE.
partie immergeant dans le mercure n'intervenant pas dans le
circuit, celle qui ressort reste constante. Un seul ou plusieurs
crayons de longueurs et de sections quelconques peuvent être mis
dans un même réservoir, arriver à leur point d'appui et produire
un large foyer lumineux. A volonté et à distance, ces crayons
étant enrayés, on peut les amener successivement, à volonté ou
automatiquement, à leur point d'appui et avoir une lampe à très
longue durée. Un courant d'oxygène dirigé sur la partie incan-
descente active la combustion, et, avec une pile relativement
faible, on obtient une vive lumière.
Lanterne [Angl. Launtern; Allem. die Laterne] (Archit.). -
Espèce de petit dôme élevé sur un grand dôme, pour donner du
jour et servir d'amortissement. On donne aussi ce nom à une
cage carrée de charpente, garnie de vitres, au-dessus du comble
du corridor d'un dortoir ou d'une galerie, entre deux rangs de
boutiques , pour les éclairer.
Lapidaire [Angl . lapidary ; Allem. Seinschneider] (Arts et
mét.) .- On donne le nom de lapidaire à l'artiste dont le travail con-
siste à tailler les diamants et les autres pierres précieuses, dans le
but de leur faire lancer de très beaux rayons de lumière. Cet art
est très ancien. Il est incontestable que les lapidaires de Paris
ont le mieux réussi à porter cette profession au plus haut degré
de perfection. Toutes les pierres précieuses n'ont pas le même degré
de dureté. Personne n'ignore que le diamant (1) est , de toutes
les productions de la nature, la plus compacte et la plus dure. Il
1
est transparent , soit qu'il soit taillé, soit qu'il soit brut.
On abrège l'opération de la taille du diamant par deux moyens :
1. En profitant du sens des lames du diamant pour les fendre
dans ce sens, et produire ainsi plusieurs facettes. Cette opération
s'appelle cliver le diamant. Quelques-uns s'y refusent ; on les
nomme diamants de nature ; ils servent aux vitriers ; 2º en sciant
les diamants au moyen d'un fil de fer très délié, enduit de pous-
sière de diamant. Le diamant est la seule pierre précieuse qui se
taille et se polit avec la poudre de diamant imbibée d'huile d'olive,
sur une meule d'acier très doux. Les rubis, les saphirs et les
topazes d'Orient se taillent avec de la poussière de diamant im-
bibée d'huile d'olive, sur une meule de cuivre. On polit ensuite les
facettes qu'on a formées sur une autre meule de cuivre, avec du
tripoli détrempé dans l'eau.
Les émeraudes, les hyacintes, les amétistes, les grenats, les
agates et autres pierres moins dures, se taillent sur une meule
de plomb , avec de l'émeri et de l'eau, et on les polit sur une
(1) Voir le mot Diamant, t. Ier, p. 374.
LAVEUR DE CENDRES . 1031
meule d'étain avec du tripoli à l'eau, ou mieux sur une meule de
zinc, avec de la potée d'étain à l'eau. Les pierres précieuses plus
tendres , et même les pierres précieuses artificielles, se taillent sur
une meule de bois dur avec de l'émeri à l'eau, et se polissent avec
du tripoli à l'eau, sur une autre meule de bois dur.
Latte [Angl. assembling-lath ; Allem. Klaspe] (Bâtim .).
Morceau de bois de cœur de chêne refendu ; il en faut 52 pour
une botte. Les lattes ont 1m,30 de long sur 0m,054 de large. Dans
un lattis jointif il en faut 54 pour 4 mètres carrés , et dans une
cloison à claire-voie, il en faut 18.
La latte blanche est une latte carrée faite avec l'aubier ; elle
sert pour les plafonds , parce qu'elle ne tache point le plâtre ; mais
elle ne vaut rien pour les couvertures. Il y en a d'étroites qui
servent pour la tuile; on les nomme lattes carrées ; d'autres plus
larges servent pour l'ardoise, on les nomme lattes volisses ou
voliges. On se sert de lattes de chêne pour faire les ouvrages de
treillage qui n'ont pas besoin de beaucoup d'épaisseur. Ces
ouvrages se nomment frisages , d'où les lattes prennent le nom de
lattes de frisage.
Laurier [Angl. laurel ; Allem. Lorbeer] ( Hist . nat.) Genre
de plantes qui se compose des arbres et des arbrisseaux dont le
feuillage est vert et épais en toute saison, et qui exhalent une
odeur aromatique très pénétrante , pour la plupart indigènes des
contrées équatoriales de l'Asie et de l'Amérique. L'économie`do-
mestique, la médecine et les arts en tirent un grand parti . Le
camphre (1), la cannelle et le sassafras, etc. , sont produits par
des espèces de lauriers.
Laveurs de cendres (Techn .) . C'est le nom qu'on donne
à ceux qui sont chargés de retirer l'or et l'argent contenus dans
les cendres des orfèvres, bijoutiers et autres . Ce travail se com-
pose de diverses opérations. On sait que le sol des ateliers de tous
ceux qui travaillent les matières d'or et d'argent est garni, prin-
cipalement autour des établis, de claies formées de tringles en
bois qui s'entrecroisent à angles droits , et espacées de manière
à laisser entre elles des jours d'environ 0,055 mill. carrés ; par
cette disposition, tout ce qui tombe par terre passe au travers de
ces trous, et ne peut s'attacher aux chaussures de ceux qui mar-
chent dans l'atelier . De temps à autre on lève ces claies, on les
secoue, on balaie soigneusement le carreau, et l'on retire immé-
diatement tous les morceaux d'or ou d'argent qui peuvent être
aperçus . Ces balayures sont serrées dans un tonneau destiné à
(1) Voir tome Ier, p. 238.
1032 LÉGUMES .
cet usage, et quand on en a réuni une assez grande quantité, on
les brûle, pour les réduire à un moindre volume.
Onfait cette calcination dans des espèces de fours à réverbère
à voûte surbaissée, ou dans des fourneaux à plusieurs étages. Le
combustible est placé à la partie inférieure, et les balayures ou
cendres sont mises sur des plaques de fonte qui forment les
étages supérieurs, et qui sont disposées de façon que la flamme
vient successivement lécher la surface de chacune d'elles . Ainsi,
on construit un fourneau carré en briques, on établit dans la
partie inférieure le cendrier, puis le foyer, et ensuite on place à
des distances convenables des plaques carrées en fonte, qui ne
doivent être engagées dans la maçonnerie que de trois côtés seu-
lement ; on laisse le quatrième distant de la paroi du fourneau de
0m,030 à 0m,035 environ, afin que la flamme puisse pénétrer ; et
comme l'ouverture de la plaque suivante se trouve au côté opposé
du fourneau, il s'ensuit que la flamme, pour y arriver, est obligée
de parcourir toute la surface de la première plaque. Les mêmes
dispositions étant observées pour les autres plaques, on conçoit
que la flamme les parcourt alternativement sans que le combus-
tible puisse se mélanger avec les cendres qui les recouvrent. Les
plaques les plus élevées du fourneau chauffant moins que les
autres, on est contraint de ramener les cendres d'un étage à
l'autre .
Légumes ( 1 ) [Angl. légume ; Allem. Hülsenfrucht) ( Econ. dom.).
-
Conservation des légumes . Mentionnons l'excellent procédé de
MM . Lecourt et Guillemare, pour substituer la chlorophylle aux
sels de cuivre, employés jusqu'à présent dans la préparation des
légumes verts . La conservation des légumes s'obtient toujours par
le procédé qu'Appert a fait connaître au commencement de ce
siècle . L'application industrielle de ce procédé exige, comme on
le sait, deux opérations successives : la première, dite blanchis-
sage, et la seconde ébullition. Le blanchissage consiste à im-
merger, pendant cinq minutes environ, les matières dans l'eau
bouillante, puis à les plonger brusquement dans l'eau froide.
L'ébullition s'effectue en soumettant, dans un autoclave, à une
température voisine de 120 degrés, les légumes blanchis, ren-
fermés dans des vases de verre ou mieux dans des boîtes en fer-
blanc hermétiquement fermées .
On conçoit facilement que si, après cette double opération, les
légumes conservent encore le goût des légumes frais, il n'en est
plus de même de leur coulenr verte naturelle ; celle-ci a été
altérée au point que ces légumes ont pris une teinte jaune qui
trahit leur conservation. Cependant le consommateur, voulant
(1) Voir aussi t. II, p. 861.
LÉGUMES . 1033
satisfaire non-seulement son goût mais encore sa vue, désire
obtenir cette double satisfaction, et le commerce d'exportation,
qui est considérable (environ 5 millions) , l'exige impérieusement ;
il faut, à tout prix, lui fournir des légumes conservés présentant
l'aspect des légumes frais , c'est-à-dire des légumes verts.
Cette coloration verte des légumes conservés n'a été obtenue,
jusqu'à ces derniers temps , qu'à l'aide de sels de cuivre, sulfate et
acétate, ajoutés à l'eau dans laquelle s'effectue le blanchissage de -
ces légumes. Mais l'emploi des sels de cuivre présente de graves
inconvénients : 1º ils communiquent le plus souvent, aux légumes,
une saveur plus ou moins acre ; 2º ils tachent le métal des boîtes
qui les renferment en les colorant soit en rouge brun, soit en
noir, selon que l'on a employé le sulfate ou l'acétate ; 3º la couleur
des légumes n'est pas franchement verte, elle tire plutôt sur le
bleu que sur le vert .
Les sels de cuivre présentent encore un inconvénient bien plus
grave au point de vue de l'hygiène publique. On sait en effet qu'ils
sont regardés comme vénéneux ; aussi tous les règlements adminis-
tratifs , établis sur les rapports des conseils d'hygiène publique,
défendent, d'une manière absolue, l'emploi des sels de cuivre dans
la conservation des matières alimentaires . On a cherché, il est
vrai, il y a quelque temps, à démontrer la parfaite innocuité des
composés cuivriques combinés avec les matières organiques ; mais
cette démonstration n'est pas encore faite d'une manière absolue,
malgré les efforts de savants distingués, et, malgré le talent
dépensé pour produire cette conviction, on peut assurer sans
crainte que, si les conserves de légumes verts portaient une éti-
quette indiquant qu'ils ont été verdis au moyen des sels de cuivre,
les consommateurs mettraient bien peu d'empressement à se les
procurer .
Il sera, en effet, toujours difficile de faire admettre au public
que les sels de cuivre doivent être considérés comme un condî-
ment nécessaire et indispensable à nos aliments .
Après bien des tentatives , MM. Guillemare et Lecourt sont
parvenus à fixer d'une manière définitive la chlorophylle sur les
légumes par la méthode suivante : Les épinards traités par une
faible solution de soude cèdent à cette solution alcaline la chloro-
phylle qu'ils renferment en grande quantité, et c'est cette solution
de chlorophylle, dont on sature l'alcali par l'acide chlorhydrique,
qu'on ajoute à l'eau destinée au blanchissage des légumes. La
chlorophylle, mise en liberté, se fixe alors sur ces légumes , et
s'ajoutant à celle qu'ils possèdent naturellement, leur permet de
conserver leur couleur verte, qui sans cela serait détruite par
l'ébullition. Rien n'est plus simple, comme on le voit. Outre cette
simplicité, ce procédé présente l'immense avantage de n'introduire
aucun agent nuisible dans les conserves de légumes, puisque les
1034 LIGNE .
produits employés, chlorophylle et chlorure de sodium, font partie
de l'alimentation journalière. Ce procédé satisfait ainsi à tous les
desiderata formulés par les conseils d'hygiène.
Pour qu'on soit absolument certain de l'absence de cuivre dans
ses conserves, on doit proscrire, d'une manière absolue, l'usage
des vases de cuivre, et n'employer que des vases en fer étamé .
Liais (Pierre de) [Angl . lias-stone ; Allem. Liasstein] (Batim.) .
- Son grain est fin, sa texture compacte ; elle se taille bien, peut
résister à la gelée. Le liais qu'on tire des plaines de Montrouge et
de Bagneux porte 0m,27 et même 0m,33 d'épaisseur. Le liais est de
trois espèces : le liais dur, le liais ferault et le liais tendre. Le
liais dur se tire des carrières d'Arcueil, de Bagneux et des plaines
de Montrouge. Le liais ferault, de mauvaise qualité, est extrême-
ment dur. Le liais tendre se tire des carrières de Maisons et de
Saint-Cloud. Les pierres assimilées aux liais durs et fins, sont la
pierre du Bélair, de Passy, de Conflans-Sainte-Honorine, por-
tant 0,45 de hauteur de banc , de Nogent-sur-Oise , ayant
de 0m,40 à 0m,45, et enfin la pierre de Senlis, portant de 0,30
à 0m, 65 de haut. La pesanteur moyenne du mètre cube de liais
est de 2449 kilog. C'est la seule qualité de pierre en usage dans
la marbrerie ; il sert à faire le carreau , à doubler les tranches de
marbre, à couvrir les terrasses, à faire des tombeaux, etc.
Ligne [Angl . line ; Allem. Die Linie] ( Géométrie) . - C'est
l'étendue considérée sous une seule dimension, c'est la trace d'un
point qui se meut dans l'espace. Pratiquement c'est une trace
faite avec une pointe, un fil fin, etc.
La ligne droite est une ligne qui suit la direction d'un rayon
lumineux, et qui est assez bien représentée par un fil paríaite-
ment tendu, c'est le plus court chemin d'un point à un autre.
Une ligne brisée est une ligne composée de diverses parties de
lignes droites.
Une ligne courbe est une ligne qui n'est ni droite ni composée
de lignes droites .
Une ligne mixte est une ligne formée d'éléments rectilignes et
d'éléments courbes. Par rapport à la position relative des lignes
entre elles, on distingue :
Lignes perpendiculaires . - Deux lignes droites qui se coupent
en faisant entre elles des angles égaux qu'on appelle angles
droits.
Ligne verticale. Ligne droite passant par le centre de la
terre : cette ligne s'appelle dans les arts ligne à plomb.
Ligne horizontale. Ligne perpendiculaire à la verticale. La
terre étant sphérique ou à peu près, on conçoit que les lignes
verticales ne sont théoriquement pas parallèles entre elles, mais
LIGNE POUR LA PÊCHE. 1035
à cause de la grandeur du diamètre de la terre qui est consi-
dérable pour de petites étendues sur la surface, on peut négliger
et on néglige toujours l'inclinaison.
Lignes parallèles . Deux ou plusieurs lignes droites qui, situées
deux à deux dans un même plan et prolongées indéfiniment, ne
se rencontrent jamais. Des lignes droites peuvent être perpendi-
culaires ou parallèles à un plan. Les premières sont perpendicu-
laires à toutes les lignes droites menées par leur pied dans le
plan. Les lignes parallèles à un plan sont telles que, les prolon-
geant indéfiniment en même temps que le plan, il n'y ait jamais
rencontre .
Une ligne inclinée est une ligne droite qui n'est ni perpendicu-
laire ni parallèle à un plan ou à une droite.
Lignes concentriques . Lignes courbes tracées d'un même
centre .
Lignes excentriques . - Lignes courbes ayant des centres diffé-
rents (1).
Ligne pour la pêche (2) [Angl. fishing- line ; Allem . die Leine]
(Techn.). Généralement parlant, la ligne est un instrument de
pêche, composé d'une longue baguette, d'un cordon attaché par
un bout à la baguette, et portant par l'autre un hameçon.
La matière, la couleur du cordon et son tissu ne sont pas toujours
indifférents : il est bon d'entrer dans quelques détails. Le pêcheur
fait ordinairement ses lignes ; rarement celles qu'il achète sont
fabriquées à son goût, et peuvent s'approprier au genre de pêche
qui lui convient. Il est donc important de lui indiquer ici et les
matériaux qu'il doit employer, le choix qu'il en doit faire, et les
manipulations nécessaires .
Le pêcheur doit se pourvoir : 1º de quelques pelotes de ficelles
de lin, de diverses grosseurs ; 2º de pelottes de soie écrue de plu-
sieurs couleurs, et préparée pour la façon des lignes ; 3° d'un
paquet de boyaux de ver à soie, qu'on nomme racine ou mort-à-
péche ; 4º d'un écheveau de fil de pitte (3) ou pitre fin ; 5º d'une
collection de mouches artificielles. Avec ces matériaux, il cons-
truira toutes sortes de lignes plus solides, plus fines que les
lignes de crin, et qui se fabriquent avec beaucoup plus de promp-
titude. Cependant, comme il est nécessaire quelquefois de cons-
truire des lignes en crin, nous allons commencer par celles-ci.
Le choix du crin est important : le meilleur pour la ligne est
(1) Voir pour plus de détails le Guide pratique de géométrie par M. Rosan,
librairie E. Lacroix,
(2) Voir le mot Pêche, t. II, p. 1137.
(3) Le fil de pitte ou pitre, est un fil formé de fibres qu'on tîre de l'agave
americana, nommé vulgairement aloès pitte.
1036 LIGNE POUR LA PÉCHE.
celui qu'on tire de la queue du limonier normand ; il doit être
long, blanc, vif, transparent, rond, élastique . On doit rejeter ceux
des juments , parce qu'ils sont brûlés par l'urine, ceux qui sont
plats, grèles, d'un blanc mat, jaunes ou anguleux.
Ligne à véron . - Ces lignes servent à pêcher les plus petits pois-
sons, qu'on emploie comme appât pour pêcher les gros . Lorsqu'on
veut pêcher ces petits poissons dans l'eau claire, on emploie la plus
petite ligne dont voici la construction : On choisit le crin le plus
long et le plus fort; il doit supporter lui seul l'hameçon unique
dont la ligne est armée. On attache ce crin au bout d'une longue
tresse faite avec deux autres brins de crin, par un nœud que nous
décrivons plus loin . Cette ligne, peu longue, n'a que deux longueurs
τ
A
G α
I
H
A
E
B חה
Fig. 394. Engins pour la pêche .
de crin , excepté par le haut qu'on attache à la gaule et qui a trois
brins. On pourra tordre les brins deux à deux à la main, en les
tenant entre le pouce et l'index de chaque main séparément, et
dans le même sens, après les avoir noués ensemble par un bout.
Par ce moyen, le crin se câble et se perle de lui-même ; alors il
ne peut plus se détordre, mais il est plus simple et plus facile de
se construire un petit instrument avec lequel on opère sans
:
peine.
On prend une petite planche bien dressée de onze centimètres
de large, sur 32 centimètres ou plus de longueur, et 22 millimè-
tres d'épaisseur (A, fig . 394) . On fait, à l'une de ces extrémités, trois
trous aaa, disposés comme les trois sommets d'un triangle équi-
latéral. Une seconde petite planche, ayant une forme ronde par
un bout, dont le restant est arrondi comme un manche, par lequel
LIGNE POUR LA PÉCHE. 1037
on la tient, fait la seconde pièce de cet instrument, elle ressemble
à une palette. On perce dans le cercle trois trous semblables
aux premiers, et qui leur correspondent. Dans chacun de ces trous
on fait passer un crochet en fil de laiton, plié en manivelle en
grandeur naturelle B. La partie b de chaque crochet passe dans
un des trous a de la planche, et la partie c du même crochet passe
dans un des trous correspondants de la palette. C montre l'assem-
blage de toutes ces pièces.
L'instrument ainsi construit, on le fixe à une hauteur conve-
nable, pour que les crins et le poids dont nous allons parler ne
touchent pas le sol. D montre cette disposition . Après avoir noué
ensemble les deux ou trois crins par un de leurs bouts, on
accroche les autres bouts à chacun des crochets ; on suspend
par un crochet m, au nœud inférieur, un poids en plomb n qui
tend les crins. On place entre eux un bouchon de liége conique p,
sur le bord duquel on a fait trois entailles (1), pour empêcher
les crins de se tortiller. Alors en mettant en mouvement avec
la main la palette, on fait tourner en même temps les trois cro-
chets, on tord également les crins ; ils se cordent au-dessous du
bouchon, qu'on fait monter au fur et à mesure que la petite corde
se fabrique. Chaque longée de crins, réunis en corde, se nomme
margotin.
On réunit les margotins entre eux par un nœud double F,
qu'on nomme nœud de ligne, qui se fait en passant deux fois le
bout dans la même boucle. On le serre en tirant d'une main les
deux bouts A, et de l'autre les deux bouts B. Ce nœud n'échappe
jamais, pourvu qu'avant de le fixer on ait soin de mouiller un peu
le crin en le tenant quelques instants dans la bouche. Lorsqu'il
est bien serré, on coupe les bouts sur l'ongle avec un canif, et
aussi près qu'il est possible du nœud : sans cela, les bouts sail-
lants, en formant crochet, feraient mêler la ligne pendant son
action.
C'est par un nœud semblable qu'on fixe l'hameçon au crin
unique qui termine la ligne. G montre ce nœud commencé;
H le montre arrêté, le bout coupé il ne tient que très peu de
place. Cette manière de fixer l'hameçon est préférable à l'empi-
lure, qui forme une grosseur, un bourrelet qui arrête l'hameçon
lorsqu'on veut le couvrir en entier par le ver, pour ôter toute
défiance au poisson, qui doit l'engamer en totalité. Pour terminer
cette ligne, on lui met un chalumeau, c'est-à-dire un tuyau de
(1) Nous supposons ici trois crins que l'on veut corder ; si l'on n'en a que
deux, on ne se sert que de deux crochets, et pour ne pas avoir deux bou-
chons, on fait sur celui-ci une quatrième entaille r, vis-à-vis une des trois
premières. C'est dans cette entaille qu'on place le second crin; l'autre est
vis-à-vis.
1038 LIGNE POUR LA PÉCHE.
plume d'environ 20 à 22 millimètres de long, dans lequel passe la
ligne, et que l'on fixe à la hauteur convenable par deux petits
bouchons de liége, selon qu'on veut donner plus ou moins de fond à
l'hameçon, le chalumeau se tenant toujours à la surface de l'eau .
On fait des lignes qui portent plusieurs hameçons à la fois et
qui servent en hiver dans les eaux troubles. On forme alors le
dernier margotin, qui devient la tige principale, de trois brins de
crin : on monte les hameçons sur de la racine (boyaux de ver
à soie) très faible, et on les fixe, comme le représente I, par
le nœud de ligne F, à 162 ou 190 millimètres l'un de l'autre,
en plaçant le nœud par-dessous, comme le montre la figure .
Plus la ligne est destinée à pêcher de gros poissons, et plus
les margotins doivent être forts ; on les fait à deux et à trois
brins de crin, comme nous l'avons indiqué ; en en cordant deux
ou trois de deux brins chacun, on fait la tresse à 4 ou à 6 brins ;
en mettant trois ou quatre brins à chaque crochet, on tord à 9 ou
à 12, etc.; ce n'est ni plus long, ni plus pénible. Quand le poids
de plomb, par son mouvement de rotation, a réuni les torons jus-
qu'au pied du bouchon, on cesse le mouvement de la palette, on
relève le bouchon de quelques centimètres, on mouille le crin, et
l'on recommence à faire mouvoir la palette. Lorsque le bouchon
est monté auprès des crochets , on l'enlève et le margotin est
terminé .
On a remarqué qu'une ligne trop tordue n'a pas à beaucoup
près, la même force que celle qui ne l'est que médiocrement ; c'est
une attention qu'il faut avoir, et faire remonter le bouchon promp-
tement. Plus la ligne est forte, et plus le chalumeau doit être fort
pour la soutenir à la surface de l'eau. Dans ce cas, on prend un
tuyau entier de grosse plume, on en bouche les deux extrémités
avec des bouchons de liége assez gros , comme on le voit en J
et l'on passe le tuyau de plume dans une boule de liége A, qu'on
a percée et noircie. On place toujours au bout un hameçon con-
venable et à la force de la ligne et à la grosseur du poisson que
l'on veut prendre.
On fait des lignes avec des brins de soie torse, de la même ma-
nière que les crins, et on leur donne toute la force convenable,
selon les circonstances. Elles se terminent toujours par une lon-
gueur suffisante de racines , à laquelle est attaché l'hameçon. Il
ne s'agit plus que d'y attacher la gaule. Une bonne gaule doit
avoir de 6 à 8 mètres de long au moins; elle est composée de trois
pièces : 1º le pied, formé d'une branche de coudrier bien droit,
que l'on travaillera de manière à ce qu'il soit bien lisse, et auquel
on donnera 33 millimètres de diamètre par le bas, et 3m,325 milli-
mètres de long ; 2º la seconde ou branlette, doit être aussi de
coudrier, de même longueur que le pied, mais beaucoup plus
mince; il faut la choisir menue et bien filée, faire en sorte qu'elle
LINTEAU. 1039
soit par le bas moins forte que par le haut du pied. On la taille
en bec de flûte par les deux bouts, celui du bas très allongé, afin
de pouvoir être ajusté très exactement sur le pied ; 3º enfin le
scion doit être d'un rejeton d'orme les plus droits, les mieux filés,
les plus vigoureux qu'on peut trouver, avec une écorce lisse, fine
et serrée, qu'il ne faut pas enlever. On lui donne 1m,624 milli-
mètres de long, on le taille par le bas en bec de flute, pour être
ajusté sur la seconde.
On ente le scion sur la seconde, au moyen d'un fil fort, ciré ;
les pêcheurs qui ne démontent pas leurs lignes fixent en outre le
scion avec deux attaches de fil de cuivre. La seconde s'attache
sur le pied avec du petit fouet ciré , fortement serré tout le long
de la jointure. Après avoir lié sa gaule, le pêcheur l'agite forte-
ment dans l'air. Si elle a été bien faite, elle ne fera entendre
aucun craquement, et l'on ne sentira dans la main aucun trémous-
sement .
On fait des gaules dont le pied est en roseau ; elles sont légères, 1
mais elles ne sont pas solides. On en fait de très commodes en
forme de canne. Le bout s'ajuste à vis ; on dévisse le bout, et l'on
tire successivement toutes les pièces, comme les tuyaux d'une
lunette d'approche; elles ne sont pas embarrassantes ; elles
ressemblent lorsqu'elles sont pliées, à une canne ordinaire d'en-
viron 1m,40 de haut, et servent de soutien. Dans tous les cas,
on porte dans la poche ou dans la carnassière la boîte qui
renferme les lignes bien pliées ; on les fixe au bout du scion par
le nœud de ligne dont nous avons parlé : tout cela s'ajuste au
bord de la rivière, et l'on est de suite à même d'en faire usage.
Ligneux [Angl. ligneous ; Allem. das Fibrin] ( Hist. nat.) .
On nomme ainsi toute partie d'un végétal qui a acquis la consis-
tance du bois , consistance due à une substance de nature particu-
lière (le ligneux) qui, en s'interposant entre les fibres, donne aux
tissus sa dureté ; de là les distinctions de matière ligneuse et de
matière fibreuse que l'on fait lorsqu'on s'occupe de l'anatomie
végétale. Le mot ligneux, en tant qu'indiquant la nature des végé-
taux, est représenté en astronomie par un signe particulier qui est
employé pour désigner Saturne. Cet usage vient probablement de
ceque cette planète met un grand nombre d'années (environ 30 ans)
à accomplir sa révolution sidérale ; ligneux se dit presque tou-
jours par opposition à herbacé.
-
Linteau [Angl . traverse ; Allem. der Traystein] ( Archit. ) .
Barre de fer qu'on pose sur les jambages des portes et dés
croisées pour soutenir les claveaux d'une plate-bande ou d'une
arcade; elle doit être grosse à proportion de sa portée et de sa
charge.
1040 LITHOGRAPHIE .
C'est aussi une pièce de bois mise en travers au-dessus de l'ouver-
ture d'une porte ou d'une fenêtre, pour soutenir la maçonnerie .
Dans les constructions en moellon on peut mettre des linteaux sans
danger , observant toutefois de poser de champ et en décharge le
premier rang de moellons, en sorte qu'il porte à sec sur le bois
sans plâtre ni mortier, et de lui donner un peu de bombement ;
dans les constructions en pierre, au lieu de linteau, on doit mettre
des plates-bandes soutenues par des barres en fer dans les lon-
gues portées.
Lithographie. Nous avons déjà décrit, tome II, p. 914,
ce mode d'impression. La fig. 373, p. 917 représente la presse
à bras telle qu'elle fonctionne à ce jour. Dans ces dernières
années on a substitué dans plusieurs ateliers les presses méca-
niques aux presses à bras, et on a obtenu des résultats des plus
satisfaisants , aussi l'emploi de ces presses tend-il de plus en plus
à se généraliser .
La lenteur du travail lithographique avait en effet beaucoup
préoccupé nos constructeurs de presses, et les besoins de notre
époque ont encore stimulé leur esprit d'invention. La beauté des
tirages typographiques exécutés en chromo et la rapidité de ce
genre de travail ont dû les avertir du danger qu'il y avait pour
leur industrie, à rester au-dessous du progrès réalisé par son
aînée de plusieurs siècles .
On comprend bien que le travail mécanique ne peut être avan-
tageux et ne devient nécessaire que quand il s'agit de tirages
nombreux, et qu'un imprimeur ne peut se décider à faire l'achat
comparativement coûteux d'une presse mécanique, pour l'exécu-
tion de travaux qui n'exigent qu'un petit nombre de tirages . Mais
aussitôt que la demande devient considérable, et que le chiffre des
tirages s'élève à 3, 4 , 5, 10, 20 et 30 mille et au delà, comme cela
arrive pour certaines impressions commerciales, la presse méca-
nique devient l'instrument indispensable, et elle seule peut suf-
fire à une production régulière, rapide, sûre et économique.
C'est à M. Huguet que l'on doit les premières presses lithogra-
phiques mécaniques qui aient satisfait à toutes les conditions
nécessaires à une bonne impression. C'est en 1853 qu'il construisit
sa première presse pouvant livrer 500 épreuves à l'heure. En 1862,
il était parvenu à construire des presses pouvant imprimer de 800
à 1,200 épreuves à l'heure .
Depuis cette époque, les constructeurs de Paris firent de nou-
veaux efforts pour perfectionner le système inauguré par M. Hu-
guet. Parmi les nombreuses presses qui figuraient à la dernière
Exposition , celle de M. Voirin , que nous représentons fig. 395,
a fixé plus particulièrement notre attention. /
LITHOGRAPHIE. 1041
Description de la machine Voirin.
Preprésente le plateau sur lequel repose la presse lithographique. Ce plateau
est soutenu à toute sa surface inférieure, au lieu de n'être porté qu'aux
PECARD
!
lithographique
Presse
Voirin
M.
de
. .395
Fig
2
quatre coins par des vis. Cette disposition l'empêche de fléchir sous la pres
sion et d'occasionner la fracture des pierres. Ces dernières peuvent être
relevées ou abaissées au moyen d'une seule vis, et leur calage s'opère avec
la plus grande facilité .
Quatre ressorts R, en agissant sur les coussinets du cylindre CC', commu
1042 LITHOGRAPHIE .
niquent à la pierre une pression élastique qui l'empêche de se briser, comme
cela arrive souvent avec un autre système de pression. Cet inconvenient si
grave est évité même quand le calage n'est pas fait avec une précision par-
faite, ou quaud la pierre n'est pas suffisamment plane.
mm' sont des rouleaux garnis de molletons de coton placés derrière le
cylindre à l'opposé des rouleaux encreurs ; leur disposition permet de mouil-
ler la pierre deux fois à chaque impression, puisque celle-ci, dans son mou.
vement de va-et-vient, passe deux fois sous eux avant l'impression.
E représente l'encrier qui contient l'encre d'impression qui est entraînée
par les rouleaux et étalée sur la table P' d'une manière égale. Ces rouleaux
sont appelés distributeurs.
Cette table P' est ensuite mise, par le mouvement de la machine, en con-
tact avec les rouleaux toucheurs t, t, t, t, qui s'imprègnent de couleur et la
transportent sur la pierre destinée à son passage sous eux.
Ces toucheurs sont eux-mêmes mis en mouvement par le chariot, au
moyen de galets fixés à leurs extrémités .
Ces galets roulent sur une bande de cuir B posée sur les côtés du marbre,
et qui est assez large pour permettre le déplacement transversal des rou-
leaux toucheurs. M. Voirin a emprunté aux machines typographiques la
disposition de ces rouleaux toucheurs. Il leur a donné une petite dimension
et les a placés sur deux rangs superposés , de sorte que les rouleaux infé-
rieurs, en contact avec le marbre, communiquent le mouvement aux supé-
rieurs . Les galets facilitent la rotation des toucheurs en leur faisant sur-
monter la résistance que leur oppose la presse lithographique avec laquelle
ils sont mis en contact pendant l'encrage.
Test la table sur laquelle on marge les feuilles à imprimer. Son inclinai-
son doit être telle que le plan de sa surface supérieure étant prolongé, il
serait tangent à la surface da cylindre presseur, à l'endroit où les pinces
saisissent la feuille. Cette inclinaison facilite le travail de la marge et celui
du repérage. p, p sont les pinces qui saisissent la feuille à imprimer. Elles
peuvent être placées à l'intérieur de la circonférence du cylindre, ce qui
offre l'avantage de pouvoir imprimer des compositions qui ne recouvrent
pas la surface de la pierre et qui laissent beaucoup de marge. Mais ce sys-
tème ne convient plus quand il s'agit d'impressions en chromo, qui se font,
comme l'on sait, sur des feuilles sèches et qui ne peuvent en effet porter
sur le chanfrein, sur lequel les pinces doivent les serrer. Celles-ci en se
fermant dérangeraient la feuille, et après une ou deux pointures, les trous
de repérages s'élargiraient, et la feuille serait froissée, sinon déchirée.
Pour éviter ce grave inconvénient, M. Voirin a disposé sur le bord du
cylindre et à la moitié de sa longueur, des pointures intérieures mues par
un ressort et qui n'apparaissent qu'au moment où le margeur en a besoin.
Ces pointures disparaissent aussitôt que la feuille est maintenue par les
pinces, de sorte que, quel que soit le nombre de couleurs à repérer, les
trous ne s'élargissent jamais, le travail de l'impression se faisant sans que
la pointure y reste.
Pour les machines à grand format, tel que le colombier ou le grand aigle,
le diamètre du cylindre permet de disposer une autre pointure intérieure
qui perce la feuille par-dessous, lorsqu'elle est étendue à la surface du
cylindre, où des cordons la maintiennent avant l'impression. Ces pointures
rendent le repérage aussi exact que sur les meilleures presses à râteau, et
comme nous avons pu nous en assurer nous-même à l'Exposition, et dans les
ateliers que nous avons visités à ce sujet, les tirages à huit couleurs sont
d'une exécution irréprochable.
LITHOGRAPHIE. 1043
La conduite des feuilles ne peut se faire, comme pour les machines typo-
graphiques, au moyen de lames mobiles qui détachent chaque feuille de la
surface du cylindre et la font glisser sous les cordons, ce qui en rendrait le
rangement plus facile . En effet, ces cordons s'imprègnent d'encre au contact
des épreuveset surtout quand la marge est trop petite; il faut donc se con-
tenter d'enlever les feuilles à la main dans la plupart des cas. Mais alors,
l'apprenti , chargé de ce travail, déchire souvent le papier ou du moins
élargit le trou fait par la pointure. Cet inconvénient est évité au moyen de
la pointure intérieure inventée par M. Voirin.
Il a aussi imaginé un receveur à pinces qui saisit la feuille au bord de la
gorge du cylindre, et la place sur une table au-dessus des rouleaux tou-
chours.
Tel est l'aspect général de la machine de M. Voirin qui a, par
quelques dispositions nouvelles et ingénieuses, donné plus de pré-
cision à tous les mouvements, et a ainsi détruit les objections que
l'on opposait encore à l'emploi des presses mécaniques.
Transport sur pierre d'épreuves imprimées au moyen de planches
en cuivre ou en acier. L'impression lithographique des gravures
transportées a été surtout perfectionnée par E. Kaeppelin, qui lui
a donné une grande importance par l'économie immense qu'elle
a introduite dans le travail des cartes du Dépôt du ministère de la
guerre. Les planches en cuivre sur lesquelles on avait opéré la
gravure ne servaient plus qu'une fois pour ainsi dire, car au
moyen du transport sur pierre, cet habile lithographe reproduisait
les planches avec une pureté de traits si grande, qu'on ne pouvait
presque pas distinguer un tirage sur pierre, d'un tirage direct sur
la planche primitive.
L'opération si délicate du report sur pierre dépend surtout de
la qualité de l'encre de report. Celle-ci doit conserver aux traits
de la gravure toute leur finesse première, et c'est donc dans sa
composition que résidait la grande difficulté à résoudre. La
composition suivante donne d'excellents résultats :
15 grammes de gomme élémi.
15 styrax.
15 spermaceti.
125 suif épuré.
400 cire jaune.
45 savon animal .
15 térébenthine de Venise.
On chauffe le mélange des matières à 400 centigrades jusqu'à
la parfaite liquéfaction et en l'agitant avec une spatule ; on le passe
au tamis et on y ajoute 375 grammes d'encre d'imprimerie en
chauffant légèrement pour bien opérer le mélange des matières.
On imprime au moyen de cette encre la planche métallique
gravée en taille-douce, sur une feuille de papier de Chine collée à
l'avance avec de l'empois d'amidon, comme le papier transpo
1044 LITHOGRAPHIE.
siteur. Après l'impression, on transporte la feuille sur une pierre
lithographique placée sur la presse, et on opère le décalque en
faisant passer une ou plusieurs fois le râteau sur le châssis . Lá
pierre prend ainsi au papier de chine l'empreinte de la gravure,
on la laisse bien sécher, puis on la prépare à la gomme et on
l'encre comme pour les dessins ordinaires. Le report de dessins
au crayon peut aussi se faire de la même manière, mais les
résultats obtenus jusqu'à ce jour sont très incomplets, et les
impressions produites par ce moyen sont toujours empâtées,
lourdes, et sans finesse .
On a dû aussi se préoccuper du transport des vieilles épreuves
de gravure sur la pierre lithographique, et c'est encore à E. Kaep-
pelin que l'on doit des essais nombreux dirigés vers ce but, et
couronnés d'un succès qui, quoique complet, dépend de trop de
circonstances pour qu'on puisse faire une application industrielle
de son procédé. Cependant, en le modifiant, on est arrivé à des
résultats assez satisfaisants : on trempe l'épreuve dans un bain
d'acide acétique, puis on la place sur une pierre, on la lave et on
l'encolle à l'endroit avec une dissolution d'eau gommée à laquelle
on ajoute un peu de sucre blanc et d'amidon. Cela fait, on encre
l'épreuve elle-même avec de l'encre de report à laquelle on a mêlé
un peu de potasse caustique, du vernis lithographique épais, et
de l'essence de lavande ; on étend cette encre sur l'épreuve avec
soin, en la liquéfiant avec de l'essence de térébenthine quand cela
devient nécessaire, et quand l'encrage est parfait on tamponne à
la main pour enlever le trop-plein, on rince ensuite l'épreuve à
grande eau en la plaçant sur une planche bien propre, puis on la
fait sécher entre des feuilles de papier sans colle, jusqu'à ce
qu'elle ait atteint le degré d'humidité voulu pour un bon décalque.
Ce dernier se fait sur une presse poncée à sec et au moyen d'une
seule pression ; on enlève l'épreuve, on laisse sécher la pierre
pendant quelques heures, on la gomme et on l'encre avec un peu
d'encre grasse, on l'acidule légèrement et on encre au rouleau-
comme d'habitude, pour procéder à l'impression d'épreuves nou-
velles .
Autographie. Les impressions autographiques se font au
moyen du report de dessins autographiques faits directement par
l'artiste sur du papier encollé, comme nous l'avons dit pour les
reports lithographiques . On se sert pour ce genre de dessin d'encre
autographique composée de cire, de savon de suif, de suif , de
mastic en larmes et de noir de fumée. Le transport sur pierre
se fait, comme pour la lithographie, en plaçant la feuille des-
sinée sur la pierre ; on la mouille légèrement, on la recouvre
de feuilles de papier à maculer, on abat le châssis, le porte-
râteau , puis on donne deux ou trois pressions, on enlève ensuite
le papier de la pierre en ayant soin de le mouiller légèrement
LOCH. 1045
pour faciliter le travail. On laisse ensuite sécher la pierre, on l'aci-
dule et on l'encre . On obtient de cette manière des dessins ori-
ginaux tracés par la main d'artistes qui n'ont pas besoin de con-
naître le travail du dessin sur pierre. Les plans obtenus par le
moyen de l'autographie se font parfaitement bien, et l'habileté de
certains dessinateurs ou écrivains en autographie est devenue si
grande à Paris, que le résultat du travail est peu éloigné de celui
que l'on obtient au moyen de la gravure sur pierre. Il a sur ce
dernier un avantage immense, pour tous les ouvrages d'un prix
peu élevé, c'est qu'il coûte peu et qu'une planche dont la gravure
reviendrait à 400 francs, par exemple, ne coûtera que 100 francs
par le procédé autographique.
Zincographie. Le zinc a été reconnu par E. Kaeppelin comme
pouvant se prêter aux mêmes exigences que la pierre de Mu-
nich au travail lithographique, et il a mis cette propriété à
profit pour l'impression de grandes planches , qu'il exécutait par
le moyen de transport sur des feuilles de zinc, et auxquelles
il donnait toute la longueur voulue. Cès feuilles étaient préparées
et encrées comme les pierres ; elles passaient recouvertes des
feuilles à imprimer, de leur papier à maculer, e' du châssis sous
un râteau presseur ou sous un cylindre tournant sur lui-même,
et auquel on pouvait donner la pression voulue, soit au moyen
d'une vis, soit au moyen d'un levier, comme pour la presse en
taille-douce. Ce genre d'impression ne peut convenir qu'à des tra-
vaux communs et sans finesse, car le métal ne possède pas au
même degré que la pierre les propriétés d'hygrométrie et d'affinité
pour l'encre lithographique, qui sont nécessaires aux travaux
lithographiques ; les impressions s'épaississent après quelques
épreuves , et les tirages perdent de leur qualité première.
Litre (fig. 396) ( Techn .) . Le litre est une mesure de capa-
cité, dans le système métrique, tant pour les subs-
tances sèches que pour les liquides. Elle est de litre
forme cylindrique, dont la contenance est d'un
décimètre cube. Pour le mesurage des matières
sèches, le litre est un cylindre dont la hauteur
égale le diamètre = 0,1084 ; pour les liquides,
sa hauteur, qui est de 0m,172, est le double de son
diamètre, qui est de 0m,086. Ses dimensions sont
fixées, par la loi, à 172 millimètres de hauteur, et Fig. 396. Litre.
86 millimètres de diamètre ; elles doivent être tou-
jours prises intérieurement , pour la précision de la vérification.
Loch [Angl . log; Allem. das Log] (Marine). — Instrument
dont se serten mer pour mesurer la vitesse d'un navire, et qui
consiste en un morceau de bois, ayant la forme d'un triangle
IVe VOLUME .
19
1046 LOCH.
isocèle ou d'un secteur de cercle de 0m,10 à 0m,30 de hauteur,
qu'on leste à la base pour qu'il se tienne debout dans l'eau , la
pointe en haut. Le lest est un morceau de plomb d'un poids tel
que la pointe du loch sort à peine au-dessus de la surface de V
l'eau, afin que le vent n'ait pas de prise et qu'il demeure aussi
immobile que possible, pendant que se déroule du navire la corde
qui lui est attachée, et dont la longueur en un temps donné
mesure la vitesse.
LOCH ÉLECTRIQUE. -
Le loch, dont on commença à se servir
vers 1607, n'a subi presque aucune modification pendant plus de
deux cents ans. Mais depuis une trentaine d'années on s'est livré
à des études suivies pour améliorer cet instrument et obtenir
qu'il enregistrât automatiquement les distances parcourues. Parmi
les moyens préconisés figure, en première ligne, l'emploi de lochs
enregistreurs placés dans toutes les directions autour d'un navire,
afin de pouvoir se rendre compte de la vitesse des courants , dans
le voisinage du navire, et, si c'est possible, de leurs directions.
Le loch auquel on pourrait accorder la préférence est celui de
M. Alfonso, que représente la fig. 397, et dont voici la descrip-
tion : A , partie antérieure du tube du loch recevant les fils con-
ducteurs ; B, autre partie du tube sous laquelle sont fixées les
ailettes de l'hélice ; T axe fixé en A et autour duquel B tourne
avec peu de frottement ; cc' système de contact en H ; R ressort
ou plateau fixé en c' et suivant ses mouvements ; O extrémité du
fil conducteur, complétement isolé du corps de l'appareil ; D lan-
guette fixée en c' , ayant son extrémité engagée dans la rainure E ;
F gaîne en caoutchouc vulcanisé renfermant tout le système cc' ,
et abritant complétement contre l'eau O et R sans gêner le mou-
vement qui se produit en H ; E rainure excentrique placée en tête
de B ; e rainure entourant l'excentrique E, et dans laquelle se
meut l'extrémité de la languette D ; Mfil conducteur intérieur du
télégraphe ; p double enveloppe de gutta-percha et de chanvre
goudronné pour conserver le fil conducteur et maintenir l'isole-
ment ; N enveloppe en fer galvanisé renfermant le fil conducteur
et servant à établir la communication avec la terre .
Connexion. Le fil intérieur Mest mis en contact avec l'une
des bornes de l'indicateur, le fil extérieur N avec le pôle négatif
de la batterie, et le fil du pôle positif avec l'autre borne de l'in-
dicateur .
Mode d'opérer. - Lorsque les ailes hélicoïdales tournent, E de
l'excentrique presse sur l'extrémité de la languette D, c tourne
sur Het le ressort R suit ce mouvement et établit le contact
avec O. Le courant passe alors à travers le conducteur et actionne
l'indicateur, dont l'aiguille s'avance d'un degré. La première
demi-révolution au-dessus de l'excentrique pousse D dans ladirec-
LOCH . 1047
reeeel
-
X
elee
M
B
Fig. 397. Loch électrique de M. Alfonso ,
1048 LUCARNE.
tion opposée et interrompt le contact, de manière à fermer le
courant. Au demi-tour suivant, l'échappement reprend son mou-
vement, l'aiguille avance de nouveau , et ainsi de suite.
Le principal avantage du loch d'Alfonso sur ceux qui l'ont pré-
cédé consiste en ceci , qu'il donne des indications dès qu'il est
actionné par l'eau , ce qui permettra de mieux se rendre compte
de l'influence que les courants exercent sur le navire.
Loupe [Angl . single microscope ; Allem. die Lupe] ( Optique).
C'est le nom qu'on donne, en optique, aux lentilles très convexes
dont on se sert pour grossir les objets on les appelle aussi
microscopes simples. Lorsque nous voulons voir nettement un très
petit objet, la faible lumière qu'il nous renvoie ne peut produire
une impression assez vive sur notre œil pour que nous puissions
distinguer : il faudrait le rapprocher beaucoup de notre organe,
qui l'apercevrait sous un angle optique plus grand; mais alors
les rayons qu'il enverrait seraient trop divergents pour que leur
concours se fit sur la rétine, et l'image serait tout à fait indis-
tincte. Il y a une distance nécessaire pour chaque personne qui
veut apercevoir les objets sans confusion, selon la force de son
organe .
LOUPES ( Arboriculture) . Renflements ou sortes de nodosités
plus ou moins saillants, à surface nue, arrondie, parfois légère-
ment conique, qui se développent soit sur les tiges, soit sur le
corps principal des grosses branches de certains arbres . Dans
quelques cas ces productions semblent ne pas faire corps avec la
tige, dans laquelle elles paraissent alors comme implantées et
dont on peut facilement les extraire ; c'est ce qui se voit fréquem-
ment sur les cèdres, où les loupes ont assez exactement la forme
d'un œuf.
Lucarne [Angl. luthern ; Allem. das Giebelfenster] (Archit.) .
Baie ouverte dans un comble pour donner du jour aux cham-
bres en galetas et greniers qui y sont pratiqués. Il y en a de diffé-
rentes sortes : Lucarne à la capucine, qui a deux longs pans et
une croupe sur le devant, que l'on établit le plus souvent au bas
d'un comble . Lucarne à chevalet, diffère de la précédente seule-
ment en ce qu'elle n'a pas de croupe sur le devant. Lucarne
flamande ou à fronton , lucarne qui a peu de saillie et dont le
chapeau est ordinairement cintré ; elle se pratique dans le brisis
d'un comble à la mansarde. Lucarne rampante, lucarne pratiquée
ordinairement au milieu de la hauteur d'un comble; elle n'a pas
de fronton ; son comble est plat et suit la même inclinaison que
le grand comble. Lucarne à demoiselle, ne diffère de la lucarne
rampante qu'en ce que le coinble lève au lieu de baisser. Lucarne
à œil de bœuf, lucarne à ouverture ronde, elle se place ordinai
MACHINES A VAPEUR . 1049
rement sur un comble circulaire. Lucarne cintrée , celle dont la
fermeture est en arc de cercle. Lucarne à Guitard, c'est celle
dont le comble, soutenu par des liens , est circulaire et en saillie.
Lucarne bombée. Celle qui est fermée par une portion de cercle.
Lucarne carrée. Celle qui est fermée carrément en plate-bande, ou
celle dont la largeur de la baie est égale à sa hauteur.
Garnir une lucarne en plomb, c'est en couvrir les bois qui
pourraient être exposés à la pluie.
Lunettes [Angl. spy glass ; Allem. Fernglas] (Optique) .
Voir INSTRUMENTS DE PRÉCISION, P. 987.
Lycée [Angl. lycéum ; Allem. Gelehrtenschûle] (Techn.) .
Établissement public chez les Grecs , où l'on faisait des exercices
gymnastiques et militaires , où l'on instruisait la jeunesse et où
les savants s'assemblaient pour professer les sciences. Aujour-
d'hui Lycée est synonyme de collége .
Machines à vapeur (1) [ Angl. steam-engine ; Allem. die
Dampfm] (Mécanique). Instrument qui a pour objet de trans-
mettre et souvent de modifier le mouvement imprimé à l'une de
ses parties par une force motrice pour produire un effet donné.
Nous avons déjà, tome II, page 952, fait un résumé des pro-
priétés de la vapeur ; nous le compléterons par la description de
quelques-unes des machines à vapeur qui sont le plus répandues
dans l'industrie .
Le véritable progrès de la mécanique peut se résumer en quel-
que sorte dans le fait même de l'emploi de plus en plus général
de la vapeur, dont le rôle se substitue chaque jour à celui des
autres forces motrices. Les machines demi-fixes ou portatives,
comme les locomobiles, sont largement employées maintenant dans
les travaux publics ; bon nombre d'appareils agricoles sont aujour-
d'hui mus par la vapeur (2) . Le chargement des navires se fait
presque exclusivement dans les ports avec des grues à vapeur ;
dans les usines, les manœuvres se font avec les grues roulantes
et les chariots à vapeur. Partout enfin, jusque dans la petite
industrie, à laquelle les machines à gaz rendent déjà de bons
services , partout pénètre la machine motrice, exonérant ainsi
l'ouvrier des travaux les plus pénibles.
Machine à vapeur de Watt. - La machine de Watt (fig. 398) est
souvent encore employée aujourd'hui telle qu'elle fut construite il y a
(1) Voir ce mot t. II, p. 952 et suivantes.
(2) Voir à ce sujet, notre mot Instruments agricoles,
1050 MACHINES A VAPEUR .
environ soixante ans par ce célèbre ingénieur. Les modifications et
les perfectionnements qu'on y a d'ailleurs introduits ont laissé
subsister presque tous ses organes essentiels, et ne portent que
sur des dispositions accessoires. En sorte qu'aujourd'hui encore
elle est restée le type primordial des machines à vapeur et que
Jorsqu'on la connaît bien, il est ensuite aisé de comprendre toutes
les autres . C'est pourquoi nous croyons devoir la décrire ici avec
quelque détail .
Nous ne considérons ici la machine qu'à partir du moment où
la vapeur, venant de la chaudière , arrive par le tuyau a dans la
boîte de distribution 6. Dans cette boîte se meut une pièce C
qu'on nomme le tiroir (1) et qui , par une combinaison que nous
P
a
S
Σ
Z
B
F.P JB
Fig. 398. Machine à vapeur de Watt.
ferons connaître tout à l'heure, se meut nécessairement de bas en
haut et de haut en bas devant trois ouvertures superposées et
communiquant avec autant de tuyaux. Le tuyau supérieur d
conduit la vapeur dans le cylindre au-dessus du piston P; le
tuyau inférieurs la conduit également dans le cylindre, mais au-
dessous du piston ; enfin celui du milieu N la ramène, après qu'elle
a produit son effet, dansle conduit V qui se rend au condenseur
B. Les dimensions et la marche du tiroir sont calculées de telle
sorte que les trois conduits d, s, N, soient toujours ouverts , mais
(1) Voir ce mot tome II, page 1459.
MACHINES A VAPEUR. 1051
que chacun des deux extrêmes établisse alternativement la com-
munication de la partie supérieure et de la partie inférieure du
cylindre avec la boîte b pour l'admission de la vapeur, et avec le
conduit intermédiaire pour l'expulsion de cette même vapeur et
son introduction dans le condenseur B. Ce dernier appareil con-
siste en une sorte de caisse dans laquelle arrive , par aspiration ,
de l'eau froide provenant d'une bâche YZ. Cette eau froide con-
dense la vapeur en s'échauffant à ses dépens ; après s'être ainsi
attiédie , elle s'écoule dans un réservoir placé au-dessous du con-
denseur. Cette eau est toujours mélangée d'une grande quantité
d'air entraînée par la vapeur; de là le nom de pompe à air par
lequel on désigne souvent la pompe C qui puise l'eau dans le
réservoir du condenseur et l'envoie dans la bâche D, dite bâche à
eau chaude, où la pompe alimentaire i la puise pour l'envoyer,
par le tuyau t, dans la chaudière. Enfin E est une troisième pompe
qui aspire de l'eau froide d'un puits ou d'un réservoir quelconque
et la fait couler dans la grande cuve YZ. Les tiges qui portent les
pistons de toutes ces pompes s'articulent, comme on le voit , sur
divers points du balancier mis en mouvement par le piston P de
la machine, à la tige duquel il est relié par un parallélogramme
articulé. Une grande bielle F relie d'autre part ce balancier à une
manivelle M calée sur l'arbre destiné à transmettre le mouvement
aux organes de travail et sur lequel sont montés en outre : 1° un
grand volant destiné à vaincre par sa vitesse acquise le point
mort où le piston s'arrête à chaque oscillation lorsqu'il est arrivé
au haut ou au bas de sa course ; 2° un excentrique e portant une
longue bielle qui, par l'intermédiaire d'un levier coudé, met en
jeu le tiroir C.
Il faut remarquer que le système de Watt, tel que nous venons
de le décrire, n'est applicable qu'aux machines fixes et aux ma-
chines marines , c'est-à-dire, d'une manière générale, aux machines
qu'on peut pourvoir d'un condenseur et qui peuvent puiser leur
eau d'alimentation à une source abondante. Ces machines à con-
densation gagnent, à chaque coup de piston, une pression d'une
atmosphère, grâce au vide produit par la condensation de la
vapeur.
Dans la construction des machines à vapeur, ce que l'on cherche
principalement, c'est, par des perfectionnements de détails, à
améliorer le rendement calorique, à réduire à la plus faible limite
possible la consommation du combustible par rapport au travail
produit, et on a obtenu actuellement des résultats excellents.
Régulateurs de vitesse. Le pendule modérateur ou régula- 1
teur de vitesse sert à régler automatiquement l'introduction de
Ia vapeur et la détente dans les cylindres. Les pendules de Watt
à boules tournantes sont le plus généralement employés.
Le régulateur conique de Watt n'agit pas sur la distribution
1052 MACHINES A VAPEUR .
d'une façon parfaitement régulière, tant à cause de l'inertie des
boules qui s'oppose à l'élévation lorsqu'il y a accélération de
vitesse, et qui fait descendre l'appareil presque instantanément,
lorsque la vitesse diminue, que par la variation du mouvement du
poids des boules qui augmente avec la hauteur, et qui diminue
lorsque les boules s'abaissent. Il sert à modérer les variations de
la vitesse, en ouvrant de plus en plus la valve, à mesure que le
mouvement se ralentit, ou en la fermant de plus en plus à mesure
que le mouvement s'accélère; il imite les écarts maxima de la
vitesse par la fermeture complète ou par
l'ouverture en grand de la valve, mais
n'a aucune tendance à ramener la vitesse
à une valeur constante .
Les Anglais et les Américains ont sim-
plifié le régulateur de Watt, et lui ont
donné une grande vitesse, ce qui est fa-
vorable à la sensibilité de l'appareil . Tel
D est le régulateur Porter (fig. 399) dont
les boules sont relativement petites ; l'é-
quilibre est établi dans ce cas au moyen
C
C d'un poids en forme de bouteille creuse,
afin d'avoir un volume plus grand monté
sur l'axe du régulateur et qui s'élève ou
s'abaisse en entraînant le manchon avec
lui.
Cette figure fait comprendre à première
vue les dispositions de cet appareil :
A est la tige verticale qui entraîne le
régulateur dans son mouvement et qui
B
détermine par l'action de la force centri-
Fig. 399. fuge l'écartement des articulations CC, ce
Régulateur Porter. qui ne peut avoir lieu qu'en relevant en
même temps les extrémités inférieures
des contre-bielles CB et du contre-poids D, qu'elles supportent.
Ce régulateur ne diffère donc essentiellement de ceux que l'on
emploie habituellement que par l'addition de ce contre-poids,
et l'on est en général fort étonné de ce que l'augmentation des
résistances puisse ajouter à la sensibilité de l'instrument. On
peut cependant se rendre compte des raisons de cette sensibilité
tout à fait exceptionnelle .
Le régulateur cosinus de M. Buss (fig. 400) est basé sur une
théorie qui démontre que pour une vitesse angulaire déterminée,
le mouvement de la force centrique est proportionnel au cosinus
de l'angle que fait la tige du pendule avec l'axe de rotation.
Il consiste en un arbre central auquel est relié le pendule cosinus
composé de deux éléments semblables, soit un levier coudé
MACHINES A VAPEUR . 1053
d'équerre fondu avec une longue douille traversée par un axe en
acier qui est supporté par deux oreilles venues de fonte avec le
manchon. Chaque levier coudé porte sur son bras le plus long
une sphère ou
boule du régula-
teur, et le bras le
plus court est
fondu avec une
masse demi-sphé-
rique surmontée
d'un galet de fric-
tion. Les galets des
deux leviers repo-
sent sur une bar-
rette qui termine
l'axe central . Le
pendule est ren-
fermé dans un
manchon sphéri-
que en deux piè-
ces, muni à la
base d'une gorge
circulaire qu'en-
toure un anneau ,
auquel sont sus--
pendues les tiges
reliées à l'organe
régulateur. Lors-
que l'arbre du ré-
gulateur tourne,
les leviers à bou-
les oscillent sur
leurs axes et ten-
dent à s'écarter,
mais la pesanteur
du manchonjointe
à celle des poids
faisant corps avec
les petits leviers Fig. 400. Régulateur cosinus de M. Buss.
fait appuyer les
galets sur la barrette, et les deux axes des leviers sont obligés de
monter avec le manchon, tandis que les axes des galets se dépla-
cent horizontalement. Par suite de ce déplacement longitudinal du
galet, la position de son axe excentrique change, et par suite
aussi , l'angle que fait la tige du pendule avec l'axe de rotation .
Les régulateurs de Watt et de Porter possèdent une très faible
1054 MACHINES A VAPEUR .
énergie pour les petits écarts d'amplitude, et pour les grands
écarts ils sont peu mobiles ; pour les écarts dans lesquels on les
limite, la mobilité et l'énergie varient d'une façon considérable.
Le régulateur cosinus permet au contraire d'adopter pour l'angle
d'écart, 40 jusqu'à 60 degrés, ce qui correspond à une très grande
course du manchon, de maintenir la mobilité et l'énergie à peu
près constante dans toute l'amplitude parce que tout le poids se
trouve sur un bras de levier horizontal dans la position moyenne
du manchon , de faire contribuer à la valeur de l'énergie, en de-
hors de l'arbre, toutes les pièces dont se compose le régulateur.
Machines fixes système Corliss. Le caractère distinctif des
machines type Corliss (fig. 401), consiste dans le mode de distri-
Fig. 401. Machine fixe, type Corliss.
bution qui s'effectue , non pas par tiroir simple ou double, avec ou
sans glissière (détente Meyer, détente Farcot), mais par quatre
organes en forme de secteurs , tiroirs cylindriques ou soupapes
placés deux à deux à chaque extrémité du cylindre, l'un pour
l'admission, l'autre pour l'échappement. Le fonctionnement des
secteurs d'échappement est naturellement invariable, celui des
secteurs d'admission est soumis à l'action d'un mécanisme spécial
de détente. Les conduits d'échappement et d'admission étant
distincts , il n'y a pas échauffement et refroidissement successifs
des mêmes parois, d'où résulte une condensation moindre. Ls
sections de passage de la vapeur sont plus grandes de manière à
pouvoir découvrir plus rapidement et à éviter ainsi le laminage,
çe qui permet d'obtenir des vitesses de piston plus considérables ,
MACHINES A VAPEUR . 1055
L'influence des espaces nuisibles est notablement réduite par la
position même des obturateurs. L'eau de purge trouvant dans les
orifices inférieurs d'échappement une issue directe et facile, les
chances de coup d'eau sont moins grandes. Les distributeurs
d'admission sont manœuvrés par déclic de manière à produire
une introduction instantanée de chaque côté du piston , pour
utiliser complétement la détente de la vapeur. Le régulateur agit
pendant un temps très court en actionnant directement le déclan-
chement. Le mouvement est donné aux distributeurs par un
simple plateau oscillant portant des tourillons sur lesquels sont
articulées les bielles de commande, et qui sont calés de manière à
produire une ouverture rapide à l'admission et une ouverture
continue à l'échappement.
Machines à deux cylindres , système Compound et système
Woolf à balancier. La machine proprement dite de Woolf à
balancier, construite sur le principe de détente au moyen de deux
cylindres inégaux, a été imaginée en vue d'une réalisation meil-
leure du travail de la vapeur. On lui a donné pendant longtemps
une disposition verticale se recommandant par une grande stabi-
lité et une grande régularité de marche. Mais plus tard les ma-
chines horizontales ont pris faveur et la majeure partie des moteurs
à vapeurs construits depuis vingt ans l'ont été sous cette forme.
Il n'était donc pas étonnant qu'on cherchât à réaliser le principe
Woolf avec la disposition horizontale . C'est ainsi qu'à la dernière
Exposition plusieurs machines étaient caractérisées par la présence
de deux cylindres inégaux, comme celle de M. May, de Birmingham
que représente la figure 402 .
Les cylindres de cette machine ont respectivement 0,25 et
0m,53 de diamètre et la course de chacun des deux pistons est
de 0m,610 ; une chemise de vapeur alimentée directement par la
chaudière enveloppe les deux cylindres. La vapeur s'introduit dans
le petit cylindre A à la pression même de la chaudière, et son
introduction cesse à partir de la moitié de la course comme dans
certaines machines à détente ; elle s'échappe ensuite dans un
réservoir C, placé sous la plaque de fondation et entièrement
enveloppé de vapeur ; elle est emmagasinée dans ce réservoir C
jusqu'à ce que la manivelle B du plus grand cylindre, calée à
angle droit de la manivelle a du petit, ait amené le piston corres-
pondant à l'extrémité de sa course ; alors seulement le tiroir du
grand cylindre s'ouvre à l'admission et laisse entrer dans ce
cylindre la vapeur du réservoir également jusqu'à mi-course ;
elle agit enfin par sa détente et s'échappe dans le conducteur D
qui dans cette machine est un condenseur à surface.
Ce type spécial a pris naissance sous le nom de machine Com-
pound ou Composée, qui n'est en réalité qu'une modification du
système de Woolf, en ce sens que l'échappement du petit cylindre
1056 MACHINES A VAPEUR .
se fait non pas directement dans le grand cylindre mais dans un
récipient intermédiaire qui joue par rapport au grand cylindre le
rôle que le générateur joue relativement au petit. Il n'y a plus de
relation obligatoire au point de vue de la distribution entre les
dispositions des manivelles correspondant au grand cylindre et au
petit, et ces manivelles peuvent être calées à angle droit, par
PEGARD
BONNAFOU
Fig. 402. Machine à deux cylindresde M. May.
exemple, pour obtenir des efforts plus réguliers sur l'arbre moteur.
Néanmoins certains constructeurs donnent à tort le nom de Com-
pound à leurs machines horizontales à deux cylindres établies
uniquement sur le principe Woolf.
Un autre type de machines Compound est représenté fig. 403.
Cette machine se compose de deux cylindres A et B, alésés à deux
diamètres différents et formant chacun deux parties séparées
entre elles par une cloison. Ces cylindres reçoivent chacun deux
pistons C, D correspondant à chacun de ces deux diamètres et
maintenus d'écartement par une tige centrale E qui traverse la
cloison intermédiaire à travers une garniture lubréfiante inté-
rieure I. Sur le plus grand piston Dest articulée la bielle mo-
MACHINES A VAPEUR. 1057
1
trice M qui pénètre dans le grand cylindre de toute la course du
piston. Ces deux cylindrés sont boulonnés en porte-à-faux sur le
E
E
M
T
MAGDELIN SC
LAURENT DEL.
Fig. 403. Machine Compound à quatre pistons.
bâti T à base carrée et se relevant en équerre pour soutenir les
cylindres .
La distribution se fait au moyen de deux tiroirs R ordinaires
1058 MACHINES A VAPEUR.
renfermés dans une boîte à vapeur et entièrement équilibrés au
moyen d'une cale conique N, logée entre les deux tiroirs. La pres-
sion exercée sur cette cale, par suite de la différence des surfaces
supérieure et inférieure est suffisante pour appliquer convenable-
ment ces pièces les unes sur les autres. Les tiroirs sont manœu-
vrés par deux excentriques Set distribuent la vapeur dans les
cylindres au moyen de quatre orifices .
Pendant que la vapeur, en pleine pression, agit sur l'un des
petits pistons, celle qui vient d'agir sur l'autre petit piston se
détend dans le premier grand cylindre fermé à l'échappement, où
elle se rend par des conduits pratiqués dans la fonte qui se com-
- muniquent entre eux. Pendant ce temps, la vapeur détendue
dans le deuxième grand cylindre trouve libre son émission par
l'orifice d'échappement communiquant aux deux grands cylindres,
et débouchant dans l'atmosphère ou dans un condenseur. Les
deux bielles sont reliées directement au milieu de la longueur des
deux pistons doubles ; elles oscillent dans l'intérieur de ces deux
pistons , lesquels se trouvent naturellement guidés des deux côtés
de l'axe d'oscillation des bielles. Les grands pistons sont à gar-
nitures lubréfiantes et disposées comme un presse-étoupe ordi-
naire. Les deux petits pistons, au contraire, sont ajustés à frotte-
ment doux et ne portent pas de garnitures. Les petites fuites de
vapeur qui pourraient avoir lieu par ce piston ne peuvent en rien
nuire à la bonne marche de la machine, cette vapeur venant de
travailler dans le grand cylindre où s'effectue la détente. Cette
disposition des pistons permet d'obtenir des joints étanches qui
ne donnent lieu qu'à de faibles frottements .
Comme les bielles sont toujours soumises à un effort de com-
pression , il n'y a pas à craindre de martelage, ni de claquement
dans les coussinets des articulations, et l'on peut, sans inconvé-
nient, les construire en fonte. Les deux manivelles sont calées
d'équerre sur l'arbre de couche. Le constructeur a adopté pour
ce genre de machine le régulateur cosinus de Buss (fig. 400) .
Cette machine fonctionne, on le voit, comme une machine Com-
pound, et sa disposition toute particulière permet de l'établir à
peu de frais, car elle supprime un grand nombre de pièces sou-
mises à l'usure, telles que la tige des pistons , les couvercles de
cylindrés avec leur presse-étoupe, les glissières et les coulisseaux
de tiges de piston.
Elle se compose, avons-nous dit, de deux cylindres horizontaux à
quatre pistons. Mais on peut la construire à un seul cylindre,
à cylindres debout ou à cylindre renversés. Elle se prête à toutes
les dispositions usitées pour les moteurs à vapeur.
En résumé, ce système nous paraît très original , peu encom-
brant, et en raison de la suppression des organes délicats ordi-
naires dans les autres machines , il peut fonctionner à de très
MACHINES A VAPEUR . 1059
grandes vitesses, jusqu'à 300 tours. Il convient donc spécialement
à la petite industrie.
Machine à cylindres jumeaux et à accouplement direct.
Le moteur que représente la fig. 404 convient dans les cas où
il est nécessaire de développer une grande force dans un espace
restreint . Il est en
effettrès compacte et
se compose de deux
cylindres verticaux
à double effet de 100
millim . chacun et de
162millim . de course
placés de chaque
côté de l'arbre de
couche pour fonc-
tionner comme ma-
chine Compound.
L'arbre de couche
est placé tout à fait
O
à lapartie inférieure
Les tiges de piston
sont reliées par des
bielles aux extrémi-
tés d'unė bielle mo-
trice triangulaire ,
guidée par une tête
HARE
de piston qui les fait
se mouvoir comme
si elles étaient re-
Fig. 404 Machine à deux cylindres jumeaux
liées aux deux mani-
système Bernays.
velles placées à angle
droit. De cette façon, il n'y a pas de point mort et la machine peut
s'arrêter à n'importe quelle position.
Les deux tiroirs sont actionnés par un excentrique ordinaire
dont le collier porte deux boutons destinés à faire mouvoir les
bielles et les leviers de commande de ces tiroirs . La distance des
deux boutons est calculée de telle façon que les mouvements de
haut en bas sont seuls utilisés. Ce mouvement se trouve en rap-
port avec la course de l'excentrique comme la bielle motrice l'est
avec la course de la manivelle. En d'autres termes , la liaison
triangulaire entre la manivelle et les deux pistons se trouve
reproduite sur une plus petite échelle dans l'excentrique et les
tiges du tiroir. Par conséquent, un seul excentrique suffit pour
commander les tiroirs des deux cylindres et obtenir une dis-
tribution convenable de la vapeur. La pompe à air est actionnée
par un balancier que commande la tête de piston à l'aide
1060 MACHINES A VAPEUR .
de petites bielles, comme cela a toujours lieu en pareil cas.
Machine fixe horizontale. La fig. 405 représente un type de
machine horizontale , système Duvoir-Albaret, remarquable comme
Ahorizontale
Machine
- lbaret
.Duvoir
ID
-
405
.Fig
EPAGE
particularité principale, par la glissière unique qui caractérise les
machines de cette maison et la contre-tige guidée également sur
glissière unique. La distribution est sur le côté, opérée par un
MACHINES A VAPEUR. 1061
tiroir mu par un excentrique, à quoi s'ajoute un tiroir de détente
mu par entraînement et réglable à la main en marche par vis à
volant.
Machine fixe verticale. - La machine Nicholson, de Newark,
(fig. 406), est verticale, forme pilon. Le bâti est à deux montants
supportant le cy-
lindre à leur par-
tie supérieure ,
réunis en bas par
un socle de forme
oblongue, lequel
porte les paliers
de l'arbre mo-
teur, les flasques
du bâti servent
de glissières à la
tête de piston. Le
cylindre, la boîte
à tiroir, le socle,
le bâti et les pa-
liers sont fondus
d'une seule pièce.
Les glissières et
les paliers sont
disposés de ma-
nière à rattraper
facilement le jeu
produit par l'u- 120
sure. Les pistons
sont garnis de
deux anneaux
métalliques avec
ressorts inté
HARE
rieurs. La pompe
alimentaire pla- Fig. 406, Machine verticale Nicholson.
cée latéralement
contre le socle est commandée par un excentrique calé sur l'arbre
coudé. Le régulateurreçoit son mouvement par courroie. L'ensemble,
d'un excellent aspect, repose sur une pierre de fondation carrée.
Machine mi-fixe . MM . Fouché et de Laharpe construisent
une machine mi-fixe de 12 chevaux, avec chaudière verticale, que
nous représentons fig. 407. Le moteur se compose d'un généra-
teur de 20 mètres de surface de chauffe timbré à 7 kil . , dont la
vapeur sortant d'un surchauffeur arrive parfaitement sèche au
cylindre, et d'une machine disposée verticalement sur le côté de
la chaudière .
IVE VOLUME . 20
/
1062 MACHINES A VAPEUR.
La chaudière est formée de deux corps cylindriques, l'un ver-
tical, l'autre horizontal. Ce dernier renferme le foyer, tandis que
la partie verticale contient intérieurement un faisceau de tubes ,
ouverts aux deux bouts dans l'eau (1).
DELAMARPEPARIS
Victor Roset
Fig. 407. Moteur Fouché et de Laharpe.
Machines portatives . - La machine portative Bréval ( fig. 408,
page 1064) présente, par sa disposition verticale et la forme de
son bâti un ensemble très solide, d'une installation facile et peu
coûteuse n'importe dans quel endroit.
Le bâti A est d'une seule pièce de fonte et porte les principaux
organes qui constituent le moteur proprement dit. Il est ajusté
sur la chaudière C à laquelle il est fixé par quatre vis. Le cy-
lindre B, placé en bas, n'offre ainsi que la distribution, rien de
particulier. Le régulateur ordinaire D agit sur un papillon placé
dans la tubulure qui porte le robinet d'introduction de vapeur
(1) Voir le dessin et la description de cette chaudière dans nos Études sur
l'Exposition de 1878, t. VI, p. 557.
MACHINES A VAPEUR . 1063
entre ce robinet et la boîte à tiroir. L'arbre moteur E est disposé
au-dessus de la chaudière. Pour les machines au-dessous de
6 chevaux, la détente est fixe. Au-dessus, la détente est variable
et le régulateur agit non plus sur un papillon mais sur une came
dont l'axe traverse le couvercle de la boîte du tiroir.
Ce type de machine est pourvu d'un bac à eau chaude dans
1
lequel l'eau arrivant froide de la pompe, se chauffe à 70 degrés
au contact de la vapeur d'échappement du cylindre. La chaudière
est très simple; elle se compose d'un corps cylindrique intérieur
formant le foyer et de deux bouilleurs transversaux de même
forme.
Citons aussi la machine portative de M. Rikkers, à Saint-Denis.
Cette machine, que nous représentons fig. 409 , se distingue des
autres moteurs par la manière dont le travail du piston est
transmis à l'arbre du volant. La bielle est ici remplacée par un
cadre directement relié au piston au moyen de deux tiges formant
les tiges même du piston ; le plateau du cylindre porte à cet effet
deux presse-étouppes. Quant au cylindre pourvu d'une enveloppe
de vapeur, il n'a pas une grande course (diamètre du cylindre,
0m,250 ; course, 0m,250) , et repose sur une colonne creuse au milieu
de laquelle se meut le cadre dont nous venons de parler. La chau-
dière (fig. 410) est complétement indépendante de la machine et
simplement fixée par quelques boulons sur un socle commun et
à tubes pendants à circulation d'eau. Elle est verticale, de forme
cylindrique. A l'intérieur se trouve le foyer A entouré d'eau. Le ciel
B du foyer est percé d'une série d'ouvertures où sont emboutis les
tubes C. Ces derniers en cuivre ont une forme en U à plusieurs
branches d'inégale épaisseur dont le diamètre va en diminuant
d'une extrémité à l'autre ; ils sont placés suivant des rayons, et
les branches les plus étroites sont courbées de manière à se rap-
procher vers le centre, constituant dans leur ensemble un faisceau
tubulaire qui fait obstacle au passage de la flamme du foyer en
obligeant celle-ci à se diviser entre eux avant de gagner la che-
minée D.
On obtient avec cette disposition une circulation très active
de l'eau dans les tubes dans chacun d'eux, la branche du petit
diamètre offre pourle même volume une surface de chauffe beaucoup
plus grande que dans la grosse branche ; en effet, les surfaces de
chauffe-de deux portions de tubes égales en longueur sont entre
elles comme les diamètres ; les sections et les volumes correspon-
dants sont comme les carrés de ces mêmes diamètres . L'eau
s'échauffant davantage dans la petite branche monte, par suite
de sa moindre densité, et un courant s'établit immédiatement
dans le tube, courant qui acquiert au moment de la formation de
la vapeur une rapidité très grande. Avec cette disposition on
obtient aussi une dilatation libre des tubes , ce qui diminue les
1064 MACHINES A VAPEUR .
BREVAL
PARIS
A
Fig. 408. Moteur Bréval .
MACHINES A VAPEU 65
RS S
RIKKE A STDENI ,SEINE
JE
.BOURDELING
Machine verticale Rikkers .
Fig. 409.
1060 MACHINES A VAPEUR .
chances de fuite. De plus, la mise en pression se fait très rapide-
ment . La moyenne de la vaporisation dans ce genre de chaudière
est de 5 à 6 litres d'eau . Diamètre du cylindre, 0,330; course du
piston , 0,330 ; nombre de tours , 80 .
Machine horizontale à condensation . – M. Hermann-Lachapelle,
à Paris , construit
une machine ho-
rizontale à conden-
sation à deux cy-
lindres (fig . 411 ),
dont la disposition
diffère absolu
ment de celle de
la machine fixe :
ici les cylindres
sont placés en pro-
longement l'un de
l'autre agissant
B
sur une seule bielle
et une seule mani-
velle , avec tiroir
unique de distri-
bution commandé
C
par excentrique.
Son socle-bâti est
indépendant du
générateur : Il est
fondu d'une seule
pièce et rigide -
ment maintenu
par des cerceaux
disposés autour de
la chaudière ; il
n'y a ni boulon-
nage , ni joint.
Les deux cylin
dres sont, avons-
nous dit , fixés
[Link]
bout à bout, la
Fig. 410. Chaudière de la machine Rikkers . vapeur après avoir
travaillé dans le
petit cylindre, déjà avec détente, se rend dans le grand où elle
continue de se détendre ; les deux cylindres ont un fond commun ;
la vapeur agit entre ce fond et alternativement, soit le petit
piston, soit le grand . Cette disposition a permis de relier le petit
piston directement à la bielle sans l'intermédiaire de tiges ni
MACHINES A VAPEUR . 1067
presse-étoupe,. ce petit piston servant en même temps de coulisseau,
tandis que le petit cylindre sert de glissière ou directrice .
Quant au grand cylindre, l'extrémité dans laquelle n'agit pas
la vapeur, a été fermée et mise en communication avec le con-
denseur. Les orifices d'admission et d'émission placés de chaque
côté du fond de séparation des cylindres sont très courts, les
espaces nuisibles sont presque nuls. Les deux cylindres sont à
double enveloppe de vapeur. Un seul tiroir distribue la vapeur
TA
[Link]
Actor.
Fig. 411. - Machine mi- fixe à deux cylindres, système Hermann-Lachapelle.
dans les deux cylindres , il est placé en contre-bas pour faciliter
l'écoulement de l'eau de condensation sans purgeurs. Le conden-
seur et la pompe à air sont installés sous l'arbre du volant qui
imprime directement le mouvement à la pompe.
Machine horizontale demi-fixe. M. Hermann-Lachapelle cons-
truit aussi des machines horizontales demi- fixes (fig. 412) à cylindre
unique. Le bâti est, comme toujours, indépendant de la chaudière ;
il porte deux paliers, une glissière à deux flasques, le cylindre est
à enveloppe de vapeur, et le tiroir de distribution à détente variable
par le régulateur Andrale (fig. 413). La vapeur d'échappement
réchauffe l'eau d'alimentation . Chaudière tubulaire à retour de
flamme et à foyer amovible. Le tout repose sur deux patins .
Machine fixe horizontale. Le moteur de M. Damey (fig. 414)
est une machine très ramassée et solide, sous un petit volume.
Elle est à détente variable par le régulateur sans condensation .
La vapeur d'échappement chauffe l'eau d'alimentation en circu-
1068 MACHINES A VAPEUR .
Rose
Fig. 412. Machine mi-fixe à un seul cylindre. Fig. 413. Régulateur Andrade
[Link]
Y
DOLE WEK
BEFLOCHE
Fig. 414. Machine horizontale Damey.
MACHINES A VAPEUR . 1069
lant dans des tubes enfermés à l'intérieur du bâti auquel on a
donné la forme d'une caisse creuse. L'arbre moteur est coudé et
supporté par deux paliers , et les poulies-volants sont calées
extérieurement à chaque extrémité.
Machines verticales demi-fixes . La machine verticale repré-
sentée fig . 415 est de M. Hermann-Lachapelle. Ce type est très
K
F
E
C
M
VictorRose
Fig. 415. Machine mi -fixe H.-Lachapelle. Fig. 416. Machine mi - fixe Wibart.
répandu, et depuis vingt ans il fonctionne dans tous les genres
d'ateliers . Le mécanisme est porté par un socle-bâti A qui l'isole
de la chaudière B, et qui, s'élevant en forme de demi-colonne,
encadre la chaudière et donne à l'ensemble de l'élégance et de la
stabilité. Le cylindre à enveloppe de vapeur est placé à la partie
inférieure et porte la glissière directrice D de la tête de piston
fondue d'un seul jet avec le couvercle, l'arbre moteur E est porté
par deux paliers F fixés sur l'entablement G qui relie les deux
colonnes du bâti à leur partie supérieure au-dessus de la chaudière.
Le mécanisme n'offre autrement rien de particulier ; les articula-
tions sont à rotule sphérique et joignent à une extrême solidité
1070 MACHINES A VAPEUR .
l'avantage de réduire les frottements. Régulateur Andrale K à force
centrifuge disposé dans un cercle en fonte au-dessus de l'entable-
1
ment. Le mouvement est donné de l'arbre moteur par un engre-
nage hélicoïde au papillon de la mise en train I.
La chaudière est à bouilleurs croisés et à foyer intérieur ; le feu
y est enfermé dans un foyer circulaire dont les parois sont bai-
gnées par l'eau, les bouilleurs brisent la flamme , et les gaz
produits par la combustion se trouvent ainsi retenus assez long-
temps pour se mélanger intimement à l'air et se brûler avant
d'arriver à la cheminée, il se forme ainsi peu de fumée.
La chaudière de la machine à tubes pendants, système Field.
La pompe alimentaire M est placée du côté opposé au cylindre, et
commandée par un excentrique N. Un bac réchauffeur derrière la
chaudière sert de réservoir d'alimentation à la pompe qui y puise
l'eau à 70 degrés environ .
Moteur Wibart La disposition générale du moteur vertical
Wibart (fig. 416) est assez curieuse. Une grosse colonne en fonte
forme le bâti de la machine, et c'est dans l'intérieur que se trouve
encaissée la chaudière . Celle-ci se compose d'une enveloppe cylin-
drique avec un foyer intérieur et un gros bouilleur suspendu
comme une marmite descendant dans le foyer au ciel duquel il est
relié par un anneau de fer. Le fond du bouilleur reçoit le coup
de feu et fait écarter la flamme et les gaz qui lèchent compléte-
ment les parois intérieures du foyer. Un cuissard met cette capa-
cité remplie d'eau en communication latéralement avec la partie
de la chaudière qui entoure le foyer. Ce cuissard est placé au-
dessous de la cheminée qui se trouve sur le côté de la chaudière.
L'obstacle qu'il forme en cet endroit oblige la flamme et les gaz
à se diviser et les empêche de sortir par la cheminée avant qu'ils
aient cédé leur calorique au bouilleur et à la chaudière.
Cette chaudière présente l'avantage de contenir un volume
d'eau plus grand que dans la plupart des petits générateurs verti-
caux ; mais on comprend avec quel soin elle doit être construite
pour que les dilatations n'amènent pas de fuites à la jonction
supérieure. Sept ou huit ouvertures sont disposées sur le pourtour
pour rendre le nettoyage facile. En raison de la grande masse
d'eau le niveau de l'eau baisse lentement, et les chances d'explosion
sont moins à craindre. Le foyer est très spacieux et on peut y
brûler toute espèce de combustible. La colonne-bâti creuse dont
nous avons parlé plus haut, porte extérieurement tous les organes
du mouvement. Elle est fixée sur un socle qui sert en même
temps de réservoir d'eau pour l'alimentation et de cendrier.
Les parois intérieures de ce socle se trouvent chauffées par le
rayonnement des barreaux du foyer et portent l'eau à une tem-
pérature assez élevée. L'arbre moteur tourne dans des coussinets
en bronze placés à la partie supérieure de la colonne et passe en
MACHINES A VAPEUR. 1071
dessus de la chaudière. Il porte d'un bout un volant servant de
manivelle, et de l'autre bout un deuxième volant servant de poulie
motrice.
MACHINES A VAPEUR MARINES . Avant de décrire les appareils
1
marins qui sont comme l'expression des derniers perfectionnements
réalisés dans la construction des machines marines, nous pensons
qu'il n'est pas sans intérêt de jeter un coup d'œil rapide, sur les
divers types qui se sont succédés et d'en analyser brièvement les
qualités et les défauts .
Après les essais multiples, mais restés infructueux, d'un grand
nombre d'inventeurs, Fulton le premier, trouva en 1807, le moyen
pratique d'appliquer la puissance motrice de la vapeur d'eau à
la propulsion des navires. Son bateau , d'une jauge de 150 à
200 tonneaux, pourvu d'une machine à aubes, réalisa une vitesse
de 4 à 5 nœuds. Telle fut l'origine véritable des navires à vapeur,
qui de l'Amérique, où ils reçurent leurs premières applications,
furent introduits en Angleterre en 1812 et en France quelques
années plus tard.
Les premiers navires à vapeur étaient à roues , et leurs appa-
reils moteurs , imités des machines de Watt, étaient à balancier.
Les chaudières du système dit à tombeau ne fonctionnaient qu'à
une pression à peine supérieure à la pression atmosphérique.
Elles ne tardèrent pas à faire place aux chaudières tubulaires
capables de supporter des pressions plus élevées .
Jusqu'à ces dernières années, les perfectionnements avaient
porté sur le mécanisme proprement dit, et sauf de très rares
exceptions, les machines se composaient toujours des mêmes élé-
ments constitutifs. Depuis le premier appareil de Fulton, jusqu'à
celui d'une frégate cuirassée, toutes les machines, celles à hélice
aussi bien que celles à roues, comportaient deux cylindres à
moyenne ou à basse pression, deux condenseurs par injection,
leurs pompes à air et leurs bâches ; ce qui les différentie, c'est le
groupement de ces organes, et la disposition des pièces, qui trans-
mettait à l'arbre moteur le mouvement des pistons .
Machine à vapeur à bielle en retour pour bateau à hélice .
Nous allons donner la description d'une des machines les plus
répandues dans la flotte, et particulièrement des machines cons-
truites d'après les plans de MM. Dupuyde Lôme et Mazeline, et
qui sont elles-mêmes les plus usitées. Dans cette machine , on
s'est proposé de donner à la bielle une grande longueur. Mais, au
lieu de recourir à l'emploi des cylindres renversés, on n'a donné
à chaque appareil qu'un seul cylindre , dont le piston porte deux
tiges parallèles T, T' , réunies à leur tête par une traverse sur
laquelle s'articule la bielle B. Cette bielle, dite en retour, revient
s'attacher à la manivelle M de l'arbre A, qui est située près du
1072 MACHINES A VAPEUR .
cylindre. La manivelle M est prolongée par un contre-poids M' ,
qui a pour objet d'équilibrer les différentes pièces mobiles de la
machine et d'en régulariser le mouvement. Sur les deux tiges
EP
ib
14
Machine
marine
vapeur
417.
Figà.
00
m
1
51
a
T , T' du grand piston, sont fixés des bras b, b' conduisant, l'un la
tige de la pompe à air p, l'autre celles de la pompe alimentaire
a et de la pompe ẞ qui épuise l'eau de la cale. La pompe à air
communique par des soupapes à clapets avec le condenseur oC,
d'où elle extrait l'eau chaude pour la refouler par d'autres sou-
MACHINES A VAPEUR . 1073
papes dans la bâche a B, et de lå dans la mer, par le tuyau de
décharge eD.
La vapeur provenant du cylindre arrive dans ie grand tuyau
E, et à sa sortie rencontre un jet d'eau froide amené de la mer
par le tuyau B, ou de la cale par le tuyau n. Ce dernier utilise
donc, pour l'alimentation du condenseur, l'eau qui souvent s'in-
troduit en trop grande abondance dans le navire, et qu'il est
nécessaire de rejeter au dehors. Un troisième tuyau qui part du
purgeur placé sous le cylindre C, amène aussi au condenseur les
petites quantités d'eau qui se condensent pendant le travail dans
l'intérieur même du cylindre. La pompe alimentaire a puise l'eau
chaude dans la bâche du condenseur, par l'intermédiaire d'un
long tuyau qui débouche en s dans la boîte alimentaire et la
refoule dans la chaudière. Enfin, la pompe d'épuisement ẞ n'a
d'autre fonction que d'extraire l'eau de la cale pour la rejeter
dans la mer.
Les excentriques et les bielles g, g' du secteur de Stephenson S,
qui gouvernent la distribution de la vapeur dans le cylindre, ne
pouvaient être calés sur l'arbre de l'hélice, leur place étant déjà
occupée par les deux tiges du piston et par la bielle en retour,
qui se trouve nécessairement dans l'axe de celui-ci. Il a donc fallu
les monter sur un arbre spécial a, qui reçoit , par l'intermédiaire
de deux roues d'engrenage, le mouvement de rotation de l'arbre
de couche A. La même tringle tr, qui porte le tiroir de distribu-
tion, commande, par le moyen d'une longue bielle ib , une autre
tige horizontale ht, à laquelle est adapté un second tiroir qui se
meut sous le cylindre et laisse écouler, après chaque coup de
piston, l'eau condensée dans ce cylindre. Enfin, aux excentriques
de distribution se rattache aussi une tige qui fait mouvoir, dans
la boîte à détente b, un papillon d. Ce papillon est animé d'un
mouvement oscillatoire calculé de manière à fermer l'accès de la
vapeur lorsque le piston a parcouru une partie de sa course, et à
laisser ainsi le reste du travail s'accomplir par l'effet de la détente.
Le type classique des appareils moteurs de navires est aujour-
d'hui la machine Compound, c'est-à-dire la machine dans laquelle
la vapeur agit successivement par détente dans deux ou plusieurs
cylindres. Jusqu'à présent, on s'est borné à faire détendre la
vapeur dans deux cylindres seulement ; les machines dites à trois
cylindres ne sont en réalité qu'une variété des machines à deux
cylindres , dans lesquelles il a paru utile de subdiviser en deux
le cylindre de détente ; mais dans ces appareils moteurs aussi
bien que dans la machine à deux cylindres proprement dite, une
certaine quantité de vapeur prise à la chaudière, ne passe que
dans deux cylindres avant d'arriver au condenseur.
La fig. 418 représente une machine Compound à pilon, pour
bâtiments du commerce.
1074 MACHINES A VAPEUR .
العالم
আ
JAUXIER
Fig. 418. Machine Compound de 760 chevaux.
MACHINES A VAPEUR . 1075
Cet appareil a été construit en 1875, pour les paquebots : Ville de
Bahia, Ville de Santos et Ville de Rio-Janeiro, appartenant à la
compagnie des chargeurs réunis. Les cylindres sont portés , d'une
part, par la caisse du condenseur qui est disposée parallèlement
à l'axe longitudinal , et d'autre part par des colonnes en fer. Tout
le mouvement des bielles , des excentriques, etc., se trouve par-
faitement dégagé ; la surveillance et la conduite de l'appareil sont
faciles. La pompe à air, la pompe à eau froide et les pompes
alimentaires sont verticales et conduites par des balanciers attelés
1
aux traverses des pistons .
Machines du système Woolf ou Compound. - Les machines du
système Woolf ou Compound, dans lesquelles la vapeur se détend
successivement dans un ou plusieurs cylindres, ont pour effet de
diminuer les condensations intérieures et elles permettent de
pousser plus loin la détente de la vapeur sans qu'il en résulte des
pertes de calorique trop considérables .
Les machines du système Woolf présentent entre autres avan-
tages , celui d'avoir un couple de rotation plus régulier, ce qui leur
permet sans excès de fatigue pour les organes mobiles , d'avoir une
allure plus rapide.
La première application du système Woolf aux machines ma-
rines a été faite dès 1861 , par M. Dupuy-de-Lôme, alors directeur
du matériel au ministère de la marine . Les machines étaient à
moyenne pression, à condensation par mélange et comportaient
trois cylindres juxtaposés ayant même diamètre et même course
de piston. La vapeur s'introduisait dans le cylindre central et se
détendait dans les deux autres d'où elle était évacuée par deux
condenseurs . La machine du vaisseau le Friedland, appartient à
ce type, adopté pour la plupart des appareils de la marine militaire.
Machines à haute pression. L'adoption de la haute pression
dans les appareils marins a été longtemps retardée par le peu de
sécurité que présentaient les condenseurs tubulaires pour un ser-
vice prolongé et aussi par les difficultés de construction de chau-
dières puissantes ; jusqu'à ces dernières années, l'application n'en
avait guère était faite qu'exceptionnellement et surtout à titre
d'essai sur quelques canonnières et avisos de flottille. Les pre-
miers appareils réellement pratiques, construits vers 1864 , sont
dus à MM. Randolpet Elder, de Glascow. En voici la description
succincte : Ils étaient du système dit à pilon et comportaient
deux cylindres Compound portés d'une part par la caisse à tubes
du condenseur et d'autre part par des bâtis en fonte. La pompe à
eau froide, la pompe à air et la pompe alimentaire placées verti-
calement en abord du condenseur recevaient leur mouvement de
balanciers attelés par l'intermédiaire de bielles pendantes aux
traverses des pistons. Les chaudières étaient à enveloppes cylin-
driques avec foyers intérieurs cylindriques et tubes au retour.
1076 MACHINES A VAPEUR.
Malgré des imperfections naturelles à une création nouvelle,
ces machines ont donné une telle économie que tous les construc
teurs les ont peu à peu adoptées avec des variantes diverses et
qu'aujourd'hui les machines à haute pression sont les seules qui
se construisent .
Dans les navires de commerce, les machines sont à pilon et
n'ont généralement que deux cylindres dont les deux manivelles
sont clavetées à angle droit. Certains appareils puissants ont trois
cylindres, un pour l'introduction et deux pour la détente; dans
ce cas, les manivelles sont calées à angle droit, et celle du pre- 1
mier est dirigée suivant la bissectrice de l'angle externe des deux
autres. Les tiroirs sont conduits par des coulisses Stephenson.
Les cylindres sont portés d'un côté par le condenseur et de l'autre
par des bâtis en fonte ou le plus souvent par des colonnes en
fer. Dans les grandes machines, les pompes à air et alimentaires
sont verticales et actionnées par des balanciers ; dans les petites
elles sont généralement horizontales et reçoivent leur mouvement
d'un bouton fixé sur le bout de l'arbre à villebrequins .
Quelques appareils ont quatre cylindres ; ils sont formés de
deux machines Woolf distinctes, composées chacune d'un grand
et d'un petit cylindre, celui-ci placé directement au-dessus du
premier avec tige commune aux deux pistons. Cette disposition
défectueuse à certains égards n'est pas adoptée en général pour
les machines neuves, mais elle a permis de transformer à peu de
frais les anciennes machines à moyenne pression en machines de
haute pression.
Pour les appareils destinés aux bâtiments de guerre, on a gé-
néralement conservé le type de la machine à bielles renversées ,
qui mieux que tout autre peut se loger en entier dans les cales,
au-dessous de la flottaison. La disposition des cylindres offre des
variétés nombreuses qui souvent ne sont que la conséquence des
difficultés que présente l'installation de machines puissantes sur
des navires relativement petits.
Machines à trois cylindres. Elles comprennent un petit cy-
lindre d'introduction et deux cylindres de détente. On a quelque
difficulté à fixer directement sur le piston les deux tiges qui le
réunissent à la traverse milieu, tiges dont la position est com-
mandée par le diamètre de l'arbre et la dimension des manivelles.
On y arrive en donnant au piston milieu une course plus faible
qu'aux pistons extrêmes ; la réduction convenable du volume du
cylindre entraîne une moindre diminution de diamètre.
Dans la machine du Seignelay, construite par la Société des
forges et chantiers de la Méditerranée, on a adopté une autre
solution : Le petit piston a une tige unique sur laquelle est fixée
une traverse parallèle à la traverse qui porte les glissières . Ces
deux traverses sont réunies par deux tiges et forment avec ces
MACHINES A VAPEUR . 1077
1
dernières une sorte de cadre incliné mobile (fig. 419) . Ces ma-
chines ont le plus souvent deux condenseurs, un par cylindre de
détente. Les tiroirs sont placés sur les cylindres avec changement
de marche à engrenages .
Chaudières marines . La construction des chaudières à va-
peur est un des problèmes les plus complexes qui s'offrent à
l'étude et à la sagacité des ingénieurs. S'il est facile, en effet,
d'imaginer toutes sortes d'appareils plus ou moins simples ou
ingénieux, pouvant servir à la production de la vapeur, il est
extrêmement rare d'en trouver qui remplissent d'une manière à
peu près satisfaisante les conditions les plus essentielles d'une
bonne chaudière . Ces conditions sont faciles à définir d'une ma-
nière générale : combustion complète du charbon, sans excès
d'air ; bonne utilisation de la chaleur; production de vapeur
sèche ; longue durée ; construction exempte de complications
onéreuses , réparations , entretien, nettoyages faciles , etc.; tout
cela est pour ainsi dire banal, mais nécessite cependant des con-
naissances spéciales .
Chaudières à haute pression. Les chaudières du type usuel
sont à grand volume d'eau avec foyers intérieurs et tubes en
retour. L'enveloppe est le plus souvent cylindrique ; les foyers
également cylindriques sont formés de plusieurs viroles générale-
ment au nombre de deux, réunies par des rebords en saillie ; les
boîtes à feu sont consolidées par des entretoises ; les façades qui
sont des sections droites du cylindre de l'enveloppe sont mainte-
nues par des armatures en cornières, des goussets en tôle et des
tirants. De plus, un certain nombre de tubes d'une épaisseur de
5 à 6 millim. servent de tirants entre les plaques tubulaires.
La fig. 420 représente une chaudière à six foyers opposés deux
à deux; la chambre à feu est commune aux foyers dans le pro-
longement l'un de l'autre. Le même type (fig . 421) existe avec
boîtes à feu distinctes pour chacun des trois foyers placés à la
même hauteur : cette disposition est un peu plus commode pour
la chauffe que la précédente, mais elle oblige à augmenter le dia-
mètre du corps cylindrique .
Condenseurs tubulaires. -
On sait que, lorsque les chaudières
marines sont alimentées avec de l'eau de mer, il est nécessaire
de rejeter au dehors une partie de l'eau introduite pour ne pas
accumuler à i'intérieur ies sels qu'elle tient en dissolution. Dans
un régime permanent, on envoie donc à la chaudière plus d'eau
que n'en exige la production de vapeur et en même temps on en
extrait une certaine quantité, qui en principe doit renfermer la
totalité des sels introduits par l'alimentation. L'expérience a dé-
montré que pour maintenir les surfaces de chauffe en bon état
de propreté, il fallait extraire environ ie tiers de la quantité
totale de l'eau d'alimentation. Il en résulte une perte de calorique
IV VOLUME. 21
1078 MACHINES A VAPEUR .
119
Fig. 419. Machine marine à trois cylindres horizontaux.
MACHINES A VAPEUR . 1079
0000000 000000 0000000
Fig. 420. Chaudière marine à six foyers opposés deux à deux.
Fig. 421. Chaudières à trois foyers placés à la même hauteur.
1080 MACHINES A VAPEUR.
qui théoriquement est égale à 7 p. 100 environ. Mais en réalité,
la perte provenant de l'alimentation à l'eau de mer est plus con-
sidérable parce que tous les sels ne sont pas expulsés par les
L.G
050-
8 B
Fig. 422. Pompe à huile du Tonnant.
extractions ; quelques-uns d'entre eux, le sulfate de chaux, par
exemple , se déposent quand même dès leur entrée dans la chau-
dière dont ils diminuent la puissance et le rendement.
MACHINES A VAPEUR . 1081
Il y a donc avantage marqué à alimenter les chaudières avec
de l'eau exempte de sels, et par conséquent, pour les appareils
marins, à recueillir à l'état d'eau douce la vapeur qui a travaillé
dans les cylindres. Tel est l'objet des condenseurs à surface qui,
après des vicissitudes diverses, ont fini , il y a une douzaine d'an-
nées, par entrer dans le domaine de la pratique et sont aujour-
d'hui universellement employés .
Graissage. - La nécessité s'impose dans les machines à con-
denseurs tubulaires de réduire au strict minimum l'importance
du graissage des organes baignés par la vapeur, et par suite de
doser la quantité d'huile envoyée d'après le nombre de révolu-
tions de la machine. Dans la machine du Tonnant, par exemple,
ce graissage s'opère au moyen d'une petite pompe dont la dispo-
sition très ingénieuse , représentée dans la fig. 422, est due à
M. Joëssel, sous-directeur de l'établissement d'Indret.
L'huile arrive du réservoir par un tuyau E et son débit est réglé
par une soupape à vis ; elle tombe dans un vase L qui commu-
nique librement par un certain nombre d'orifices avec le corps de
pompe B. Le piston de cette pompe s'élève dans son mouvement
au-dessus de ces orifices, de sorte que l'huile arrive naturellement
dans la pompe à chaque coup de piston sans avoir à traverser
une soupape d'aspiration. Dans son mouvement de descente, le
piston emprisonne dans le corps de pompe une certaine quantité
d'huile, et l'envoie dans le tuyau de vapeur de la grande machine
en soulevant le clapet de refoulement F. La suppression du clapet
d'aspiration assure le fonctionnement de la pompe, qu'on peut,
du reste, nettoyer et purger par une chasse de vapeur en soule-
vant au moyen de la vis Cle clapet de refoulement. Reste à
actionner la pompe.
MACHINES D'EMBARCATIONS. - Sans faire une étude sur ce genre
de moteur, ce qui nous entraînerait trop loin, nous allons donner
la description de quelques principaux types qu'il nous a été donné
d'examiner à la dernière Exposition.
Machine de canot de M. Bourdon . - C'est un appareil à pilon,
à un seul cylindre dans lequel le constructeur paraît s'être
attaché prinpalement à diminuer les frottements ; il a remplacé
les glissières ordinaires de la tige du piston par un parallélo-
gramme articulé ; il a adopté le tiroir Cuvillier, qui présente la
particularité de n'être pas enveloppé d'une boîte à tiroir ; il est
appuyé sur la plaque flottante du cylindre par un cadre muni de
galets . Ce tiroir est conduit par une coulisse actionnée par deux
excentriques.
Dimensions principales.
Diamètre du cylindre . • Om.200
Course du piston 0,220
Nombre de tours .... 200
$
1082 MACHINES A VAPEUR.
Machines de torpilleurs de MM. Claparède et Cie. Ces ma-
chines sont à pilon, du système Compound, à trois cylindres, avec
condenseur à surface et fonctionnent à la pression des locomo-
tives. Elles sont caractérisées par une légèreté extrême, les
cylindres sont portés par de simples colonnes ; le condenseur,
entièrement séparé de la machine, est renfermé dans une enve-
loppe en cuivre rouge et reçoit l'eau de circulation d'une petite
turbine; la pompe à air est conduite par la machine ainsi que les
pompes alimentaires.
La chaudière est du type locomotive; le tirage, qui doit être
très énergique, est obtenu de la manière suivante, appliquée pour
la première fois par M. Thornycroft : Tout l'appareil moteur,
machine et chaudière, est renfermé dans une chambre hermé-
tiquement close dans laquelle un ventilateur à force centrifuge
insuffle de l'air. Cet air sous pression pénètre dans le cendrier
et s'échappe par la cheminée. L'activité du tirage dépend de la
pression intérieure, laquelle étant fonction du nombre de tours
du ventilateur, peut être réglée avec précision.
Ces appareils , qui, croyons-nous, ne pèsent pas plus de 35 kilog.
par cheval tout compris, seraient sans nul doute incapables d'un
service continu de longue durée. Mais tel n'est pas le but des
bateaux-torpilleurs (fig. 423) qu'ils servent à mouvoir. Véritables
chevaux de course destinés à fondre sur un ennemi, et à lui
porter le coup mortel sans lui laisser le temps de se défendre, ces
bateaux n'ont à fournir à toute vitesse qu'une carrière restreinte,
d'une durée bien inférieure à celle que peuvent supporter leurs
appareils moteurs.
Machine de l'Hermine (construite par la Société de construction
navale du Havre). -- Machine Compound à deux cylindres à con-
densation par surface. Chaudière cylindre à un foyer et tubes en
retour.
Dimensions principales .
Puissance indiquée.. 55ch
Diamètre du petit cvlindre. Om,280
( du grand cylindre 0,480
Course commune. 0,400
Nombre de tours.. 190
Surface de condensation 24mq
Diamètre de la pompe à air Om,240
Course 0,228
Diamètre de la pompe à eau froide 0,160
Course 0,207
Diamètre de la pompe alimentaire. 0,036
Course 0,142
Diamètre de la chaudière. 1,95
Longueur 2,55
Diamètre du foyer. 0,84
Longueur 1,80
Surface de 11nq,50
de grille
chauffe.. 42,00
Timbre.. 5k
MACHINES A VAPEUR .
.4orpilleur
-tFig
.Bateau
23.
1083
1084 MACHINES A VAPEUR.
Le petit yacht l'Hermine sur lequel cette machine est installée
a réalisé, nous a-t-on dit, une vitesse très remarquable : 12m,8
avec une consommation de 1 kil. par cheval et par heure, soit
140 kil . par heure.
Machines pour canots rapides . Le type créé tout d'abord
(machine à pilon à un seul cylindre fonctionnant à haute pression
avec échappement dans la cheminée) réunit toutes les qualités de
simplicité qui sont une des conditions essentielles de ce genre
d'appareils . Nous avons à signaler, cependant, quelques systèmes
de chaudières et une disposition particulière du tuyau d'évacua-
tion, qui supprime ou atténue le bruit de la vapeur d'échappe-
ment . Voici en deux mots en quoi elle consiste : Le tuyau d'évacua
tion aboutit à un réservoir d'une capacité proportionnée à la
puissance de l'appareil; de ce réservoir part le tuyau d'échap-
pement proprement dit, qui, à l'entrée dans la cheminée, se bi
furque en trois ou quatre petits tuyaux également répartis dans
toute la section de la cheminée.
Canot de M. Durenne. - Le petit canot de plaisance qu'exposait
M. Durenne, en 1878, n'est pas seulement une jolie embarcation
douée d'une grande vitesse, il présente, en outre, dans son appareil
moteur, des dispositions nouvelles et intéressantes. La machine
est à deux cylindres, du système Compound, et à condensation
par injection. Les cylindres sont portés d'un côté par deux bâtis,
dont l'un sert de conduit d'évacuation du grand cylindre au con-
denseur et l'autre de réservoir à air pour la bâche, et de l'autre
côté par trois colonnes. Les cylindres sont à double enveloppe
avec circulation de vapeur vierge pour remédier aux condensa-
tions intérieures. Ils ont été calculés en vue d'égaliser autant que
possible le travail développé dans chacun d'eux. Les tiroirs sont
conduits par deux excentriques reliés par une coulisse de change-
ment de marche. Les coulisses commandées par un volant de
manœuvre servent à faire varier la durée de l'introduction.
La chaudière en tôle d'acier doux affecte la forme de deux
cylindres à axes parallèles avec pénétration l'un dans l'autre.
Le foyer cylindrique est placé dans le corps inférieur, avec tubes
en laiton dans le prolongement aboutissant à la chambre à feu ;
une deuxième série de tubes ramène les gaz chauds sur la façade
avant dans une boîte à fumée rapportée. Le niveau de l'eau
s'élève d'une petite quantité dans le corps supérieur. Les disposi
tions donnent à l'appareil une grande surface de chauffe avec
des dimensions restreintes et un poids très faible. L'alimentatio
est assurée par une pompe puisant l'eau à la bâche et par un
injecteur. Le tirage est activé par un jet de vapeur dans la
cheminée. L'hélice est en bronze à quatre ailes déployées; elle
est placée sur l'arrière du gouvernail .
MACHINES A VAPEUR . 1085
Machine.
Nombre de cylindres ..... 2
du cylindre. 0m,180
Diamètre du grand cylindre: 0,320
Course commune .. 0,220
dans le petit cylindre 0,60
Introduction
{ dans le grand cylindre. 0,70
220
Nombre de tours
Chaudière.
Longueur totale. 1m,80
Diamètre inférieur. 0,800
du corps {supérieur 0,550
du foyer... 0,750
Longueur des tubes du 1er faisceau 0,960
Nombre des tubes du fer faisceau. 54
Longueur des tubes du 2e faisceau. 1m,65
Nombre 44
Surface degrille... Om4,56
de chauffe. 22,00
d'eau . 54011
Volume 300
de vapeur..
Hélice.
Diamètre ..... 1m,10
Pas . 4,65
Fraction de pas . 0,25
Poids .
de la machine... .......... 1,270k
Poids
de la chaudière.. 1,256
Les essais du canot de M. Durenne ont été très satisfaisants ,
non-seulement au point de vue du fonctionnement de l'appareil
moteur , mais en-
core à celui de la
vitesse réalisée qui
adépassé 10 nœuds .
Canot construit
par M. Bouron .
La Société des chan-
tiers et ateliers de
la Seine, à Argen-
teuil, a fait cons-
truire un petit ca- Fig. 424. Canot à vapeur de M. Bouron.
not (fig . 424) de
8m,50 de longueur, 1,50 de largeur, dont l'appareil moteur mérite
d'être signalé. La machine est du système Compound à cylindres
horizontaux et à condensation. La chaudière, qui est tubulaire
avec eau à l'intérieur des tubes, est construite pour être chauffée
1086 MACHINES A VAPEUR .
par des hydrocarbures ; elle présente une surface de chauffe de 3
mètres carrés et fonctionne à la pression de 6 atmosphères.
La substitution des huiles lourdes au charbon et les dispositions
prises pour leur emploi sont une tentative heureuse. En effet, si les
combustibles liquides coûtent relativement plus cher que le char-
bon, ils offrent le précieux avantage de posséder à poids égal une
puissance calorique presque double ; leur emploi supprime les
inconvénients de malpropreté inhérents au chauffage par le
charbon ; enfin ils donnent toute facilité pour la conduite du feu,
qui n'exige plus que la manœuvre d'un robinet. A ces divers
B1-
Y
X
71
C
B
C
Fig. 425. Changementde marche de la machine Goëteborgs.
titres, le petit bateau construit par la Société de la Seine est
donc très intéressant .
M. Goëteborgs a exposé à Paris , en 1878, une petite ma-
chine de 12 chevaux. Les deux cylindres, système Compound,
ont un seul tiroir de distribution, disposition qui oblige à mettre
les manivelles à 180 degrés. Le tiroir est conduit par un seul
excentrique par l'intermédiaire d'une coulisse disposée comme
l'indique le diagramme théorique de la fig. 425. La tige A B du
tiroir est articulée en Bavec une coulisse CD, oscillant autour
du point D sous l'action de l'excentrique. Le point Dopeut se
MACHINES A VAPEUR . 1087
.......
.......
30
Fig. 426. Machine de canot de M. Lewin.
4088 MACHINES EN GÉNÉRAL.
déplacer le long d'une glissière X, et lorsqu'on veut changer la
marche de la machine, on l'amène en D₁, par exemple. Lesdi-
verses bielles prennent les positions relatives figurées en pointillé.
On voit que l'extrémité de la tige du tiroir, en glissant le long de
CB, est venue se placer en B₁ ; le tiroir s'est donc déplacé par rap-
port aux orifices du cylindre d'une quantité B B₁ , qui, par suite des
proportions du système, équivaut à un changement de calage de
l'excentrique. Nous signalerons encore dans cette machine une
disposition spéciale prise pour racheter l'usure des coulisseaux
des tiges de piston.
M. Lewin, constructeur de yachts et de bateaux à vapeur à
Londres , a présenté aussi comme spécimen des jolies embarcations
qui sortent de ses ateliers, un petit canot de 15m,55 de longueur.
La machine, dont la forme générale est représentée dans la
fig. 426, est à deux cylindres avec introduction directe dans chacun
d'eux. La chaudière du type des locomotives est à tirage naturel.
L'exécution de l'appareil est très soignée.
2
Nombre de cylindres .
Diamètre. Om,163
Course. 0,470
Surface de grille . Omq,46
Nombre de tubes 100
Diamètre.. Om,038
Longueur . 1,067
Nous ne nous étendrons pas davantage sur la construction
des machines marines, ceux de nos lecteurs qui s'y intéressent le
plus particulièrement, trouveront dans les Études de M. Galtigny,
publiées par nous en 1879, un article très complet sur les chau
dières et les machines marines .
Machines autres que celles mues par la vapeur ,
La vapeur domine aujourd'hui dans toutes les applications méca-
niques un peu importantes , mais la force motrice qu'elle produit
ne peut se fractionner suffisamment pour éviter l'agglomération
d'un grand nombre d'ouvriers sur un même point. L'installation
d'une machine à vapeur, si peu puissante qu'elle soit, n'est pas
toujours facile, surtout pour le travail en chambre. Aussi l'usage
d'un petit moteur, permettant de travailler isolément, peut-il
rendre de grands services , sans parler même del'influence moralisa-
trice et sanitaire qu'il peut exercer sur la famille en lui permettant
de jouir davantage de la vie d'intérieur. Une foule d'industries à
domicile réclament aussi un moteur de petite puissance pour
remplacer la force musculaire nécessaire au fonctionnement de
certains appareils dans la passementerie, la lithographie, la cou-
ture mécanique où l'homme, voire même la femme, jouent le
τ
MACHINES EN GÉNÉRAL. 1089
rôle de moteur animé pour tourner une manivelle ou peser sur
un levier. D'ailleurs , une force mécanique a l'avantage, au point
de vue matériel, de donner des produits mieux fabriqués et un
travail plus régulier.
Mais les conditions à remplir pour résoudre convenablement le
problème de la petite force, sont très difficiles à réaliser : il faut
qu'un semblable moteur présente une grande sécurité, exige peu
de soins d'entretien et de surveillance, nécessite une faible dé-
pense d'acquisition et de marche journalière, occupe peu de place
et ne soit en rien une cause d'insalubrité .
Les machines à vapeur sont loin de réunir toutes ces qualités.
Et c'est pourtant cette faible puissance motrice, ce moteur spécial,
qui manque à l'industrie. Bien des efforts ont été tentés dans
cette voie ; on a essayé de tous les systèmes : électriques, hydrau-
liques, à gaz, à air chaud. Nous allons donner la description de
quelques- uns d'entre eux.
Moteurs à air chaud. Depuis quelque temps on emploie
beaucoup dans les laboratoires, pour chauffer les tubes scellés,
des bains d'huile qui ont le défaut d'être assez malpropres ,
d'exiger une très bonne cheminée pour enlever les vapeurs
d'huile, d'être assez difficiles à régler et de produire des soubre-
sauts quelquefois dangereux en cas de rupture des tubes, l'huile
du bain se trouvant alors en contact avec d'autres liquides. Afin
d'éviter ces inconvénients, on a imaginé l'appareil suivant, qui a
beaucoup de rapports avec celui que l'on emploie avec succès
pour le conditionnement des soies et des laines. Voici en quelques
mots la disposition de cette espèce d'étuve.
La partie principale A (fig. 427) est formée de deux cylindres
en terre réfractaire de diamètres très peu différents se posant
l'un sur l'autre. Dans l'intérieur se trouve un cylindre de tôle
forte B, s'appuyant au inoyen d'un rebord de tôle sur le contour
du cylindre supérieur et laissant entre lui et ce cylindre un espace
annulaire d'environ 5 centimètres ; à ce cylindre de même métal
est ajusté au moyen du bout de tuyau K, un autre cylindre d'un
diamètre un peu plus petit et sur lequel s'ajustent latéralement
des bouts de tuyaux qui se rendent dans une cheminée. Le tuyau D
passe par une ouverture ménagée et luttée ensuite dans l'épais-
seur de la terre cuite. Le cylindre B est ouvert à la partie supé-
rieure et percé près de l'orifice de 16 trous de 0,023 de diamètre
donnant passage à l'air chaud. On ferme tout l'appareil à l'aide
d'un couvercle C en terre réfractaire comme la partie A, et percé
à son centre d'un trou laissant passage au thermomètre E dont
le réservoir d'environ 0,50 de longueur est enveloppé dans une
chemise en tôle ou en cuivre percée à jour;
jou l'échelle du thermo-
mètre dépasse le couvercle et les degrés qui sont très espacés
permettent d'observer facilement la température de l'appareil.
1090 MACHINES EN GÉNÉRAL.
!
Une plaque de tôle percée de trous H est fixée à une certaine
distance du fond du cylindre pour éviter le rayonnement direct de
la chaleur, et au besoin peut servir à poser les tubes. Voici main-
tenant comment fonctionne l'appareil : On allume le système de
becs de Bunsen Lamenant le gaz à l'aide d'un bec en caout-
chouc M; le gaz chauffe directement le fond du cylindre B', puis
l'espace annulaire compris en-
tre le cylindre de tôle et l'en-
veloppe en terre réfractaire
qui est très épaisse ; le courant
d'air chaud passe ensuite par
D
les trous supérieurs et laté-
raux du cylindre de tôle dans
G
le cylindre B lui-même, en
suivant le sens indiqué par les
flèches, puis dans le cylindre
B, et enfin dans le tuyau D
qui le conduit dans la chemi-
née ; la clef F sert à régler
le tirage. Une fois que l'enve-
loppe est chauffée , ce qui
exige un temps assez long, la
température est très facile à
régler, et elle est uniforme
1 dans toute la hauteur du cy-
lindre. On peut arriver faci-
lement à 300 degrés avec un
C
K appareil à gaz convenable et
maintenir cette température
B pendant plusieurs jours de
suite sans variations sensibles ,
C parce que l'enveloppe, une fois
échauffée, conserve longtemps
N
sa chaleur.
PEGARD
Cet appareil a l'avantage
B
d'être très propre et de pouvoir
Fig. 427. Moteur à air chaud. servir à chauffer non-seule-
ment des tubes scellés enfer-
més dans des tubes de fer, mais encore des ballons scellés que
l'on suspend à l'aide d'un crochet aux trous du cylindre, ce que
l'on ne peut pas faire avec les bains d'huile, en raison de leurs
petites dimensions. Il va sans dire que l'on peut construire cet
appareil à très bon marché en remplaçant l'enveloppe cylindrique
en terre réfractaire, qui est d'un seul morceau, par des briques
convenablement disposées, l'intérieur étant alors formé par des
tuyaux en briques cylindriques qui servent pour la construction
MACHINES EN GÉNÉRAL. 1091
des cheminées. L'appareil tout entier repose sur une plaque de
fonte ou de tôle N qui préserve le plancher du contact direct de
l'appareil de chauffage.
A l'Exposition de 1851 , Ericson exposait un système à peu près
abandonné aujourd'hui, mais qui a joui pendant quelque temps,
d'un grand succès en Amérique, en Angleterre et en Allemagne .
Cette machine était une sorte de calorifère alimenté par une
soufflerie à deux pistons, dont l'un aspirait l'air, tandis que
l'autre le refoulait vers le foyer où il s'échauffait au contact des
parois chaudes de ce dernier. Le générateur de chaleur se
composait d'une série de toiles métalliques sur lesquelles on faisait
passer alternativement l'air chaud pour le dépouiller de sa cha-
leur et l'air froid pour lui donner une température que l'action
du foyer se chargeait de compléter.
En 1855, Franchot exposait une machine dans laquelle l'air
passait successivement d'une chambre chaude dans une chambre
froide.
M. Vilcox a présenté à l'Exposition de 1878 une machine à air chaud
(fig. 428) qui se compose d'un soubassement formant fourneau sur
lequel étaient établis deux cylindres verticaux A et B. Le premier cy-
lindre A est directement placé au-dessus du foyer F, et c'est dans
sa chambre inférieure que l'air est porté à la plus haute tempé-
rature. Cet air est d'abord aspiré, à la témpérature ordinaire,
✓ dans la chambre supérieure de ce cylindre, comprimé un peu
pendant le mouvement de retour du piston, puis chassé par lui
au travers d'un robinet M de distribution et par des canaux rem-
plis de feuilles métalliques, au contact desquelles il se réchauffe
dans le bas du cylindre à simple effet B, chargé d'utiliser une
partie seulement de la chaleur perdue du foyer. Enfin, cet air
arrive dans le fond du cylindre A, où il développe le plus grand
travail moteur avant de s'échapper par les feuilles métalliques
chargées de le dépouiller de la plus grande partie de son calorique,
préalablement à sa dispersion dans l'atmosphère.
Quant aux organes de transmission, ils ressemblent beaucoup
à ceux d'une machine verticale à deux cylindres ; l'arbre moteur
horizontal est coudé pour recevoir l'action de la bielle motrice,
et il porte à son extrémité une autre manivelle N, au bouton de
laquelle est assemblée la tige articulée du piston B. Un modéra-
teur à boules agit d'ailleurs à la manière ordinaire pour faciliter
ou entraver, suivant qu'il en est besoin, l'introduction de l'air,
sur lequel la chaleur doit développer son action motrice. La ma-
chine, d'après M. Vilcox, ne dépense pas plus de 3 à 4 kilog.
d'anthracite par cheval et par heure .
Moteurs à gaz . - Les moteurs à gaz reposent tous sur le prin-
cipe de la combustion d'un gaz combustible par l'oxygène de l'air,
combustion qui produit un développement considérable de chaleur
1092 MACHINES EN GÉNÉRAL .
et par suite un accroissement de pression et de volume de ces gaz ;
de là un travail disponible que l'on peut recueillir sur un piston.
A
B
PEG
ARD SC .
Fig. 423. - Machine à air chaudde M. Vilcox.
Les premiers essais vraiment sérieux sur l'emploi d'unmélange
explosif de gaz et d'air remontent à 1853 et sont dus à M. Hugon .
MACHINES EN GÉNÉRAL. 1093
Mais ce n'est qu'en 1860 qu'il donna à sa machine, après de nom-
breuses modifications , la forme définitive sous laquelle nous la
voyons encore aujourd'hui. Elle se compose d'un cylindre moteur
et de deux tubes cylindriques ayant la forme d'un U à branches
presque égales. Ces tubes sont fermés, d'un bout par des clapets
qui s'ouvrent dans des colonnes communiquant ensemble et de
l'autre par des couvercles sur lesquels sont placés le tiroir d'ad-
mission des gaz et le tiroir de sortie du fluide après la combus-
tion. Ces deux tubes sont ce qu'on appelle les générateurs de la
machine. Le cylindre moteur est vertical et son piston donne le
mouvement par bielle et manivelle à l'arbre du volant. Chaque
extrémité du cylindre communique avec l'un des deux généra-
teurs. Les tiroirs sont commandés par excentrique. Deux pompes ,
l'une pour le gaz , l'autre pour l'air servent à refouler les deux
fluides dans la partie supérieure des tubes en U opposée au réser-
voir. Les deux générateurs , le cylindre et les communications du
cylindre aux générateurs sont remplis d'eau .
Voici quel est le fonctionnement de l'appareil : Pour mettre en
marche, on tourne le volant afin de faire entrer dans un des
générateurs une certaine quantité d'air et de gaz ; lorsque l'ad-
mission ne se fait plus, le mélange est allumé par le passage
d'une étincelle électrique ou un bec de gaz convenablement dis-
posé, l'explosion se produit, détermine une élévation considérable
de température qui fait augmenter la pression des gaz et force
une partie de l'eau contenue dans le générateur à passer par le
clapet dans la colonne qui le surmonte. Mais il arrive un moment,
par suite d'une diminution de pression, où l'écoulement de l'eau
cesse, le clapet se ferme, il s'est alors produit un certain vide
dans le tube qui soulève la soupape communiquant avec le cy-
lindre moteur, le tiroir de distribution laisse entrer l'eau et le
piston descend dans son cylindre. Le tiroir de sortie des gaz
s'ouvre, et l'eau rentre dans le générateur. L'autre générateur
agit de même au demi-tour suivant pour la partie supérieure du
cylindre, et l'on obtient ainsi le mouvement alternatif du piston
moteur. C'est toujours la même eau qui sert.
La machine horizontale à gaz , système Lenoir, que nous repré
sentons fig. 429, étudiée précédemment, mais sans succès, par
M. Hugon, ressemble à la machine à vapeur. Le cylindre est
plus gros , il y a deux tiroirs au lieu d'un, le reste ne diffère
pas. Dans le cylindre, il se fait, par l'un des tiroirs , introduction
d'un mélange d'air et de gaz : 90 à 93 d'air et 7 à 10 de gaz . Ce
mélange rencontre une étincelle électrique et s'enflamme. L'air
échauffé se dilate ; une partie de l'oxygène de l'air brûle le carbone
du gaz pour former de l'acide carbonique, l'hydrogène pour former
de l'eau, et toute cette masse gazéiforme opère sur la surface du
piston une pression que les organes de la machine transforment en
IVO VOLUME. 22
1094
MACHINES EN GÉNÉRAL .
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horizontale
àaMachine
et
g4Fig
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az
29.
).(sLenoir
ystème
MACHINES EN GÉNÉRAL. 1095
travail. Le second tiroir est destiné à l'échappement des produits
de la combustion . Rien de plus simple comme principe. Voyons
quelles sont les complications qu'introduit la pratique.
Il faut une étincelle électrique pour enflammer le mélange gazeux
de l'intérieur du cylindre. Une pile de Bunsen de deux éléments
est placée dans le voisinage de la machine. Mais une semblable
pile ne saurait produire une étincelle suffisante ; il faut ajouter
une bobine d'induction de Faraday, plus connue aujourd'hui sous
le nom de bobine de Rhumkorff, du nom du constructeur qui l'a
heureusement perfectionnée et construite industriellement.
La bobine d'induction accumule, condense les effluves du cou-
rant qui émane d'une pile, comme la bouteille de Leyde condense
sur ses armatures le fluide de la machine électrique. La bobine
d'induction est la bouteille de Leyde de l'électricité dynamique.
De la bobine, le courant emprisonné dans un fil garni de gutta-
percha et de caoutchouc, arrive à la machine et trouve, à l'extré-
mité du fil, une pièce particulière qu'on appelle l'inflammateur.
C'est une tige de porcelaine dans laquelle, par deux canaux, venus
à la cuisson, circule un fil de platine que l'on interrompt à l'extré-
mité de la tige qui doit pénétrer dans le cylindre. Une des extré-
mités du fil de platine, au moyen d'un bouton à presse, est mise
en communication avec le fil qui amène le courant ; l'autre extré-
mité est en communication avec la masse métallique des cylindres,
par suite avec la terre.
Le courant qui arrive et trouve cette interruption , jaillit d'une
pointe de platine à l'autre sous forme d'une vive et brillante étin-
celle. Cette étincelle enflamme le mélange d'air et de gaz.
Il faut nécessairement que cette inflammation se produise tantôt
à l'avant, tantôt à l'arrière du cylindre, afin d'engendrer le mou-
vement alternatif. Il faut donc disposer deux inflammateurs, un à
l'avant, l'autre à l'arrière du cylindre, et envoyer le courant tantôt
à l'un , tantôt à l'autre .
C'est ce que fait la machine elle-même au moyen de la pièce
qu'on nomme distributeur.
C'est un cercle percé à son centre pour laisser passer une des
extrémités de l'arbre (fig. 429). Ce cercle est formé d'une subs-
tance non conductrice (caoutchouc durci) , et porte deux arcs en
cuivre représentant à peu près chacun un quart de la circonférence
totale.
Chaque arc de cercle porte un fil qui conduit le courant à un
inflammateur .
En dedans des deux arcs interrompus se trouve un cercle éga-
lement en cuivre, mais sans aucune espèce d'interruption. Ce cercle
est mis en communication avec le fil qui vient de la bobine ;
il reçoit donc toujours le courant. Il faut maintenant que ce
courant soit distribué par la machine. Pour cela, on place sur
1096 MACHINES EN GÉNÉRAL.
l'arbre même une petite pièce en cuivre complétement isolée par
son support, et assez longue pour toucher à la fois le cercle inté-
rieur et un des deux arcs extérieurs .
La machine, en tournant, entraîne avec elle le frotteur; quand
il arrive sur les arcs de cuivre, le courant part alternativement
vers les inflammateurs .
Rien de plus simple et de plus élégant que cette distribution.
Examinons maintenant comment se produit le mélange d'air et
de gaz auquel l'étincelle électrique doit mettre le feu.
Le gaz est amené à la machine par un tube de plomb, comme
il serait amené à un appareil d'éclairage. Il s'écoule dans la
machine ; il y entre sans aucun jeu de pompe, de soupape ; l'air
s'introduit en même temps par un orifice communiquant libre-
ment avec l'atmosphère. C'est là le caractère essentiel de la machine
Lenoir ; c'est là qu'elle puise son originalité, son succès , c'est là
qu'elle prend cet élément indispensable à la pratique : la simpli-
cité.
Pour mettre la machine en marche, il suffit donc d'ouvrir le
robinet de gaz, d'appuyer sur le volant de manière à faire avancer
le piston de moitié de sa course ; immédiatement la chambre
formée par l'avance du piston entre le piston et le fond du cylindre
se remplit d'air et de gaz ; l'étincelle enflamme le mélange ; l'air
en se dilatant , l'oxygène en brûlant le carbone et l'hydrogène du
gaz, forment dans cette chambre une pression qui peut atteindre
5 à 6 atmosphères, c'est-à-dire 5 kil., 16 à 6 k. , 19 par centimètre
carré sur la surface du piston, qui se trouve ainsi poussé en
avant et peut emmener avec lui les résistances auxquelles il est
attelé.
Aussitôt que le piston est arrivé à l'extrémité de sa course, il
tend à revenir sur lui-même, parce que l'espace qu'il a laissé
derrière lui n'a plus de puissance, parce que les gaz qui le pous-
saient en avant s'échappent maintenant librement dans l'atmos-
phère, parce que surtout il est entraîné par le volant. Mais aus-
sitôt que le piston a commencé son mouvement de retour, une
nouvelle chambre s'est formée derrière lui; le gaz et l'air y ont
pénétré ; l'étincelle électrique, amenée par le distributeur, met le
feu au mélange , et le piston repart, sous l'influence de la même
force. Le mouvement alternatif rectiligne est produit ; le reste
n'est plus qu'une question de mécanique élémentaire.
Dans la machine Lenoir l'admission et l'échappement se font
par un jeu de tiroirs en tout semblables à ceux de la machine à
vapeur (fig. 430) ; A représente le tiroir d'introduction, B le tiroir
d'échappement .
Si nous supposons que le piston P marchant dans le sens indiqué
par la flèche, l'orifice a est en communication avec le tiroir d'in-
troduction, l'air arrive par les petits trous figurés, le gaz arrive
MACHINES EN GÉNÉRAL. 1097
par l'orifice plus grand indiqué en X, par conséquent l'espace qui
se forme en C à mesure que le piston avance se remplit du mélange
explosible. L'espace D se trouve par l'orifice b en communication
avec le tiroir d'échappement, c'est-à-dire avec l'atmosphère. Au
moment où le piston P arrivera au milieu de la course, le tiroir
d'introduction A changera de position ; la partie pleine s'avancera
vers l'orifice et le bouchera hermétiquement. C'est au moment
même où cet orifice se ferme que l'étincelle electrique met le feu
au mélange gazeux, et la force produite chasse le piston à l'extré-
a C
P D
C
Fig. 430. Machine Lenoir (Distributeur)
mité de la course. Aussitôt que ce piston est arrivé à l'extrémité
de sa course, le tiroir d'introduction qui était fermé en d, fait un
mouvement et découvre l'orifice . La communication s'établit avec
l'atmosphère et les gaz brûlés s'échappent librement. Le même
jeu de tiroirs se produit en sens inverse et la machine est en
marche .
On comprend que l'inflammation successive des mélanges gazeux
doit produire dans le cylindre une élévation considérable de tempé-
rature qui , allant toujours croissant, finirait par brûler les huiles,
altérer la matière, désorganiser les mouvements. Pour obvier à
cet échauffement, le cylindre a une double enveloppe dans laquelle
un filet d'eau passe continuellement.
La machine à gaz horizontale, système Otto, de Cologne, res-
semble extérieurement à une machine à vapeur à simple effet
composée d'un cylindre unique horizontal ouvert à un bout et
fermé à l'autre. Dans ce cylindre fonctionne un piston en con
1098 MACHINES EN GÉNÉRAL.
nexion par bielle et manivelle avec un arbre sur lequel est calé
un fort volant. L'appareil de distribution est placé derrière le
cylindre. Une chambre de compression est réservée au fond da
cylindre qui fait office à la fois de pompe de compression et de
cylindre moteur. En voici le fonctionnement : En s'avançant le
piston aspire le mélange de gaz et d'air, puis l'admission se ferme
et le piston en revenant en arrière comprime le mélange environ
au 2/s du volume primitif, c'est à la fin de la course que s'en-
flamme le mélange au moyen d'un filet de gaz allumé. Les gaz
dilatés par la chaleur développée au moment de l'explosion font
avancer le piston, et c'est à la course rétrograde que les produits
de la combustion s'échappent dans l'atmosphère. La force mo-
trice n'est produite, on le voit, qu'au troisième coup de piston
sur quatre, et se trouve consommée pour une partie pendant la
période de refoulement, en sorte que le travail moteur effectif
n'est que la différence du travail de détente et du travail de com-
pression. En raison de la grande variation des efforts pendant la
marche de la machine, M. Otto a donné une grande masse à son
volant.
La machine verticale à gaz que représente la figure 431 est
de MM. Otto et Langen. Le cylindre est entièrement ouvert à
sa partie supérieure ; au-dessous arrive le mélange d'air et
de gaz, dont la combustion élève le piston. La pression atmo-
sphérique fait redescendre ledit piston par suite de la raré-
faction d'air créée en dessous après l'explosion. Cette détente des
gaz a lieu sous une faible pression et à une basse température,
ce qui se traduit par une faible consommation des gaz. Ce n'est
qu'à la descente que le piston agit sur l'arbre moteur au moyen
d'une crémaillère, d'un pignon et d'un déclic. Arrivé au bas de la
course le piston et sa tige s'isolent instantanément et le piston
remonte de nouveau par l'effet d'une nouvelle explosion. C'est le
volant qui en vertu de sa force vive accumulée donne à ce mou-
vement de l'arbre l'impulsion nécessaire pendant la course ascen-
sionnelle.
L'inflammation du gaz et de l'air a lieu au moyen d'un bec de
gaz extérieur comme dans la machine Hugon. Le mélange se fait
dans la proportion de 6 p. 100 de gaz et de 94 p. 100 d'air. La
dépense de gaz peut être évaluée à la moitié de celle du moteur
Lenoir, mais il y a à reprocher à cette machine le bruit désa-
gréable qu'elle produit et qui ne peut manqner d'incommoder les
voisins .
Moteur à pétrole. - MM. Thomson, Sterne et Cie, construisent
un moteur à hydrocarbures . Un bâti en forme de caisse oblongue
assez élevée porte deux cylindres verticaux. L'un est le cylindre
moteur, agissant à simple effet, l'autre sert de pompe à air ; ils
communiquent tous deux au moyen d'un tuyau par lequel l'air
MACHINES EN GÉNÉRAL . 1099
comprimé dans la pompe se rend dans le cylindre moteur. L'air
avant son entrée dans le cylindre traverse des disques de bronze
cho
r
o
s
e
Fig431. Machine verticale à gaz (système Langen et Otto).
perforés, entre lesquels sont interposées des toiles métalliques .
L'espace annulaire au-dessus des disques est rempli de feutre et
1100 MACHINES EN GÉNÉRAL.
c'est dans cette garniture qu'arrive l'hydrocarbure. Celui-ci se
répand sur les disques et en imprègne l'air comprimé qui les tra-
verse en formant mélange dont la combustion s'effectue dans le
cylindre moteur . La flamme allumée dans la chambre de com-
bustion au moment de la mise en train détermine la combustion
qui subsiste pendant toute la durée de la marche de la machine.
L'air mélangé d'hydrocarbure s'allume ainsi dans l'espace réservé
sous les disques et agit par détente sur le piston pendant la course
descendante .
La sortie de l'air de la pompe de compression et son arrivée
dans le cylindre moteur sont réglées par des soupapes comman-
dées par un arbre qui reçoit son mouvement de l'arbre moteur au
moyen de deux roues d'angle. Les pistons donnent le mouvement
directement aux bielles articulées sur un balancier monté sur l'arbre
moteur et placé à la partie inférieure du bâti ; les manivelles
sont supprimées et remplacées par de petites plaques flexibles.
Un régulateur est chargé de régler, au moyen d'une came, l'ad-
mission de l'air dans le cylindre moteur. L'arbre porte un volant
et une poulie.
Diamètre du cylindre moteur . Om,203
Course du piston moteur.. 0,305
Diamètre de la pompe de compression . 0,203
Course du piston de compression . 0,152
Nombre de tours .. 200
Pression initiale sur le piston moteur.. 5kilog.
Force en chevaux 5
Moteurs à eau sous pression. Certains moteurs ont en vue
l'utilisation de l'eau sous pression des villes, pour le travail en
chambre. Mais ces forces motrices dépensent boaucoup d'eau, et
leur installation n'est possible que dans les grands centres où le
service d'alimentation publique est largement assuré. La pose des
tuyaux est parfois très compliquée. Il faut aussi compter avec
les gelées , le manque d'eau pour cause de réparation des con-
duites, et autres inconvénients comme l'humidité, par exemple.
Cependant, il est des cas, malgré le prix de revient généralement
élevé de l'eau dans les grandes villes, où on peut trouver avanta-
geux de l'utiliser comme force motrice, surtout pour des travaux
intermittents.
Il résulte, pour nous, de l'examen de ces machines, que les
moteurs à vapeur d'eau se prêtent certainement à toutes les
applications, mais que cependant pour les petites forces d'un
cheval ou d'une fraction de cheval, les machines à air chaud ou
à gaz sont actuellement susceptibles de rendre de plus grands
services à la petite industrie.
MACHINES- CUTILS. 1101
Machines-outils (Tech.). - Les machines-outils sont des ins-
ruments remarquables. Elles augmentent considérablement la
puissance productive de l'homme ; celui-ci, en contraignant les
forces naturelles à travailler pour lui, dépense moins d'efforts,
produit davantage et à meilleur marché . En général, ce sont les
machines qui généralisent le bien-être matériel des populations ;
les machines-outils jouent un rôle plus modeste, mais bien utile
encore : elles mettent à la portée de l'industrie, les objets nécessaires
à son existence ; elles fabriquent facilement ceux qui étaient sou-
vent réputés d'exécution impossible, et elles livrent au public à
des prix modérés. Le bon marché des produits obtenus, grâce à
l'existence de ces machines, en augmente le nombre, l'usage s'en
répand beaucoup plus, et leur multiplication ne tarde pas à oc-
cuper plus de travailleurs qu'auparavant.
MACHINES- OUTILS A TRAVAILLER LES MÉTAUX. L'ajustement dif-
ficultueux des pièces importantes de métal qui rentrent dans la
construction des édifices, des navires et des machines, a été la
cause principale de la création des machines-outils. Les unes
exécutent le travail qui s'effectuait autrefois au moyen du burin
et de la lime, les autres remplacent les outils imparfaits qui
servaient jadis à percer, tarauder, etc. Ces dernières ont supprimé
la vieille machine à forer à fût carré, la filière et le tourne-à-
gauche. Les avantages qui ont résulté de ces inventions remar-
quables sont nombreux. En première ligne, on obtient avec eux
une précision à laquelle il était impossible d'atteindre avec les
anciens procédés. Le travail, devenu plus parfait, s'exécute dans
un espace de temps beaucoup moindre, et l'ouvrier, plus maître
de lui-même, le dirige avec plus d'intelligence sans épuiser ses
forces.
Machines à percer. -
La machine à percer de MM. Fairbain
et Cie (fig. 432), est surtout remarquable par la disposition du tablier
à rainures, qui se compose de deux faces A et B , bien rectangu-
laires entre elles, et disposées de manière que, suivantla forme
des pièces, leur mise en place se fait avec la même facilité, sur la
face horizontale ou sur la face verticale de ce tablier. La poulie
motrice est cachée derrière la face verticale, de manière à ne
jamais gêner la manœuvre ; la transmission a lieu au moyen de
deux poulies étagées et d'une double paire d'engrenages, de manière
à accélérer convenablement la vitesse de l'arbre vertical, caché
dans l'intérieur de la colonne, et qui, par son pignon supérieur,
commande à la fois le mouvement de rotation de l'outil et son
mouvement de descente ; le premier de ces effets s'obtient directe-
ment au moyen de deux autres engrenages coniques, dont l'un
est solidaire avec un arbre horizontal intermédiaire, l'autre avec
le porte-outil . Ce dernier pignon sert aussi à déterminer l'avance
1102 MACHINES - OUTILS .
de l'outil de la manière suivante : un troisième pignon conique,
symétrique par rapport au premier , fait tourner un petit arbre
BONNAFOUX
PEGARD
Fig. 432. Machine radiale à percer de M. Fairbairn.
horizontal et, avec lui, une poulie à étages, fixée à son extrémité ;
cette poulie correspond à une poulie inverse, placée sur un arbre
parallèle, au bas du chariot C; cet arbre agit, par vis sans fin ,
MACHINES-OUTILS . 1103
sur un pignon horizontal, faisant mouvoir, à l'extrémité supérieure
deson arbre vertical, un autre pignon commandant une roue centrale,
qui forme écrou, et qui agit sur la tige filetée du porte-outil.
Lorsque le chariot qui porte l'outil se déplace dans ses glis-
sières , l'arbre horizontal, qui est au sommet de la colonne, glisse
également dans ses portées ; mais , le pignon qui lui donne le
TPEGARD
KONNAFOUX
Fig. 433. - Machine à percer de M. SHARPSTEWARTet Cie.
mouvement restant en place, la transmission du mouvement con-
tinue à s'opérer de la même façon. Quant au déplacement autour
de la colonne , il s'effectue facilement à la main, le premier pignon
de l'arbre horizontal tournant alors autour du premier pignon
d'angle, sans cesser de rester en prise avec lui. Cette machine
simple a 0m, 10 de course de fer et 0m,90de flèche ; elle convient
parfaitement pour percer jusqu'au diamètre de 0m,045.
La fig. 433 représente une machine à percer de MM. Sharpste
1104 MACHINES-OUTILS .
wart et Cie. Elle a l'aspect ramassé. La pièce à forer est fixée sur un
tablier horizontal et l'outil est disposé verticalement. La poulie prin-
cipale détermine le mouvement de rotation du foret ; à l'autre extré
mité de ce premier arbre, une autre poulie transmet son mouvement
à un arbre parallèle placé dans le bas de la machine, il est fileté et
fait mouvoir un système d'engrenages qui commande la roue ellip-
tique. L'avancement de l'outil se produit à chaque fin de sa course
au moyen d'un renflement que porte cette roue sur sa face infé-
rieure. Ce renflement abaisse un levier, et relève une branche
armée d'un cliquet qui agit sur un rochet correspondant ; cette
action intermittente est transmise à l'arbre horizontal qui donne
le fer par deux petits arbres intermédiaires et leurs pignons.
On règle la course avec une manette, en agissant sur un arbre
fileté qui permet le déplacement du bouton de manivelle. Le cha-
riot porte-outils peut d'ailleurs obéir au déplacement de la tête
de bielle, en quelque position qu'il se trouve.
Appareils à dresser et à polir les métaux par le procédé du
meulage. Les meules artificielles , désignées généralement sous
le nom de meules en émeri, sont des masses compactes formées
d'une multitude de parties minérales à aspérités tranchantes et
d'une dureté excessive, réunies par une substance agglutinante.
Le mordant entre dans la composition des meules dans la propor-
tion de 90 p . 100, contre 10 p. 100 d'agglomérant. En Angleterre
et en Amérique, l'émeri est presque exclusivement usité, tandis
qu'en France on emploie surtout le grès et le silex, minéraux
indigènes de faible valeur. Le meilleur des émeris est celui de
Naxos, dont la composition est la suivante :
Alumine 83.82
Silice. 7.82
400
Oxyde de fer.. 7.73
Eau et pertes .. 0.63
Les émeris et autres mordants sont moulus, puis triés et classés
par grosseur. Quant aux agglomérants, on remarque : la laque
que l'on recueille sur diverses espèces d'arbres dans les Indes et
qui a l'inconvénient de fondre à une température relativement
faible ( 130 degrés environ) ; l'oxychlorure de magnésium, très
énergique ; le caoutchouc, qui se liquéfie aussi à 130 degrés , mais
qui présente de grandes conditions de résistance.
Les meules ainsi constituées sont livrées au commerce sous
une forme très simple : celle de disques, d'épaisseur et de dia-
mètres variables, percés au centre. Convenablement installéset
animés d'une vitesse suffisante, ces disques représentent de puis-
santes limes rotatives, dont les applications, déjà nombreuses,
tendent encore à s'accroître de jour en jour, apportant une grande
1
MACHINES-OUTILS. 1105
économie de temps dans les opérations d'ajustement et de fini des
pièces. Dans les fonderies, on emploie ce procédé pour l'ébarbage ;
dans une foule d'industries , c'est la meule en émeri qui use le
métal pour lui donner les surfaces planes ou courbes qui lui sont
nécessaires ; ce sont là les opérations du dressage. Par les mêmes
procédés , on obtient le polissage. C'est ainsi que l'une de ces
machines polit des poulies de transmission de 0m,115 à 0m,610 de
diamètre sur l'épaisseur maximum de 0m,305 .
Une autre machine à dresser les surfaces des objets de grande
pesanteur présente cette particularité qu'elle est suspendue au
plancher haut de l'atelier, elle porte au bout de deux bras horizon-
taux : d'un côté la meule, de l'autre un contre-poids. La pièce à
travailler est amenée perpendiculairement à la machine au moyen
de rails, elle subit l'action du frottement sur toutes ses faces , et
cette opération se fait avec une très grande facilité, car la meule
peut se mouvoir en avant comme en arrière.
Machines à refouler et à souder les cercles de roues . - Signa-
lons deux types de machines à refouler et à souder les cercles
de roues , l'une à levier, l'autre à volant, construites par M. Dard,
de Paris. Sur un bâti en forme de chaise, une table en deux
parties fonctionne à crémaillère et à engrenage de façon à
opérer un rapprochement, puis un refoulage à pression considé-
rable, ce qui amène la soudure. Ces machines nous semblent
présenter une supériorité incontestable sur tous les appareils ana-
logues ; elles sont simples, solides et puissantes. En moins de
dix minutes, avec l'aide de deux hommes seulement, elles exé-
cutent un travail qui, par les procédés ordinaires , exige au moins
quatre hommes et une demi-heure ; l'économie réalisée est donc
considérable. La façon d'opérer est celle-ci : lorsqu'un bandage
de roue est cintré, il suffit de mettre au feu la partie à souder,
sans amorcer ; quand le fer est à blanc comme pour les soudures
ordinaires, on le pose sur la machine ; un seul homme placé à la
manivelle fixée sur le volant, suffit pour cette opération rapide et
refoule le fer autant qu'on le veut. Pour le châtrage des cercles, on
les fait chauffer dans une partie quelconque de la circonférence ;
le refoulement s'opère avec autant de rapidité que de précision .
Des griffes à leviers maintiennent l'objet à travailler en place.
Le même fabricant construit des machines à cintrer les fers sur
champ à l'usage des serruriers , des charpentiers en fer, etc. , qui
ne sont autre chose que des appareils à cylindres compresseurs ;
elles occupent
Machines peu de place
à raboter. et sont
L'un très faciles
des plus beaux età manœuvrer.
des plus intéres-
sants outils à travailler les métaux est la machine à raboter de
M. Warall, véritable monument de métal dont le poids énorme
atteint 58,000 kilogrammes , et dont la fig. 434 est le prototype. La
longueur de son banc est de 9m,00 ; elle peut raboter une table de
1106 MACHINES-OUTILS .
6 mètres de longueur, 2m,32 de large et 2m,30 de hauteur. Les mou-
vements automatiques : transversal, vertical et oblique pour chacun
des porte- outils placés sur le chariot transversal, sont indépen-
dants; la commande de ces mouvements est prise d'un même
côté de la machine. Chacun des outils sur les montants est muni
des mouvements ci-dessus indiqués . Le chariot transversal et chacun
des porte-outils sur les montants sont munis d'un mouvement méca-
nique de montée et de descente ; les leviers de débrayage de ces
OBROGER
Fig. 434. Petite machine à raboter.
mouvements sont placés de chaque côté de la machine, à portée
de l'ouvrier. Rien de plus curieux que de voir fonctionner cette
gigantesque raboteuse, qui dresse sans le moindre effort des rails
dans toute leur longueur.
La figure 435 représente aussi une machine à raboter, dite
limeuse, de om,240 de course, à retour rapide, très bien conçue
et exécutée dans les meilleures conditions. Autrefois , le porte-
outil de ces machines était conduit par un excentrique agissant
dans une coulisse verticale ou par une bielle placée à l'arrière et
toujours trop courte ; ici la bielle est fixée au porte-outil et sur
sa face latérale, vers le milieu de sa longueur, disposition qui a
ce grand avantage, de permettre de donner à la bielle une longueur
suffisante tout en diminuant la longueur de la machine. Indiquons
de plus une amélioration nouvelle consistant dans la disposition
MACHINES- OUTILS. 1107
du mouvement automati-
que de la tête du porte-
outil qui lui permet de
s'incliner, et de donner
l'avancement en tous sens
àl'outil ; enfin la combi-
naison de vis sans fin de
la table, pour le mouve-
ment transversal et les
crémaillères pour la mon-
tée et la descente.
Machine à fraiser .
La machine à fraiser de
M. Bouhey (fig. 436) qui
est à chariot porte-fraise
vertical , est certainement
remarquable au triple Fig. 435. Limeuse.
point de vue de l'exécu-
tion , des proportions et
des mouvements automa-
tiques . Son poids est de
3,400 kilog . Elle peut ser-
vir entre autres applica-
tions, pour fraiser le des-
sus des boîtes à graisse
des wagons. A cet effet
son plateau circulaire est
armé d'un mordage de
forme spéciale.
Machine à affûter les
fraises. Une très ingé-
nieuse machine à affûter
les outils à dentures mul-
tiples, et due à M. Kreutz-
berger , est représentée
fig. 437. Cet outil porte
une meule dont les mou-
vements sont d'une grande
mobilité. La fraise est
montée sur une main mé- LATO
P
LGUIGUET
tallique supportée par un
chariot à mouvements
divers , ce qui permet
d'affûter avec la plus Fig. 436. Machine à fraiser de M. Bouhey.
grande facilité toutes les
formes d'outils (fig. 438) concaves , convexes , hélicoïdes , etc. , etc. ,
telles que :
1108 MACHINES - OUTILS
Fraises cylindriques.- En fixant celles-ci (A et B fig.438) sur leur
axe porte-fraise dans une position horizontale, un doigt règle la
division des fraises à denture droite ou à denture hélicoïdale.
Fraises coniques ( C) . En donnant à l'axe porte-fraise une
position oblique, de sorte que la génératrice se trouve dans une
position horizontale.
Fraises convexes (D, E). - Placées de telle manière que le centre
de la courbe coïncide avec
l'axe de rotation de la main
métallique.
Fraises concaves (F) . - De
la même manière, mais le
centre se trouvant au-dessus.
Fraises à forme (G , H) .
S'affûtent en donnant à l'axe
dela main métallique un mou-
vement de rotation, et en
中
Fig. 437. Machine à affûter les fraises .
suivant avec la meule, au
moyen du levier , toutes les
sinuosités de forme sur la
fraise .
Fraises intérieures (I) .
Sont affûtées en donnant à
celle-ci une position qui con-
vient à leur forme, soit cylin-
drique, soit conique.
Alésoirs ( J) . - Sont affûtés
avec la même facilité comme
les fraises cylindriques ou coniques ; de même les tarands Ket L.
Cette machine se prête admirablement aussi aux outils à den-
ture hélicoïdale de forme, ce qu'aucune autre machine n'a pu
réaliser jusqu'à ce jour, malgré le grand avantage que ces outils
assurent dans la pratique.
Une seule difficulté a empêché jusqu'à ce jour la généralisation
de l'emploi des fraises ; c'est celle de leur entretien, et cet
obstacle nous paraît éliminé par l'emploi de cette machine.
Machine à percer. La figure 439 représente une forte machine
à percer, à colonne, avec engrenages triples, plateau circulaire
pour l'alésage et plateau à équerre. On remarque surtout, dans
cet outil , l'application d'un mouvement automatique rapide obtenu
au moyen d'un levier agissant sur deux cônes de friction qui
commandent la vis du chariot porte-foret, afin d'éviter la perte
de temps indispensable autrefois pour remonter les forets après le
perçage et les faire descendre ensuite jusqu'au niveau de la pière
à évider .
Marteaux-pilons. On sait qu'il existe deux sortes de martear
MACHINES - OUTILS . 1109
mécaniques, formidables machines à forger inconnues de nos
pères. Dans la première catégorie, se placent les plus anciens,
et les moins employés aujourd'hui ; nous voulons parler des
marteaux à levier ou martinets (1) , qui agissent à la manière
de l'outil primitif mû par les bras de l'homme, c'est-à-dire que
leur masse ayant plus ou moins la forme d'un marteau est fixée
à l'extrémité d'un manche horizontal ou peu oblique. Après eux
A B C D E
F G H
K L
Fig. 438. Fraises de formes diverses.
viennent les marteaux à soulèvement, dont la figure 440 donne
une idée générale. Dans les premiers, le centre d'oscillation est
placé entre la masse et la came ; cette masse est à l'extrémité du
bras le plus court; le poids de la tête est variable entre 50 et
200 kilog. , la chute est relativement faible, et la vitesse assez
grande. Les seconds ont l'arbre à cames et la masse placés du
même côté que l'axe d'oscillation ; la fig. 440 représente un mar-
teau de ce genre organisé de telle façon que l'arbre à cames agit
(1) Les martinets étaient dans le principe de lourds marteaux, mus dans
les usines à fabriquer le fer, par le moyen des chutes d'eau.
IVe VOLUME 23
1110 MACHINES- OUTILS .
sur un empatement placé entre la masse et l'axe oscillant. Dans
ce cas, le marteau peut peser de 3 à 6,000 kilog . C'est un engin
puissant, dont le fonctionnement est des plus élémentaires.
C'est à l'usine du Creusot, en 1842, que fut construit le premier
marteau-pilon vraiment pratique ; M. Bourdon, directeur de l'éta-
blissement, en est regardé comme l'inventeur. Cet appareil ingé-
nieux consiste en un pilon de fonte, terminé à sa partie inférieure
par un bloc de fer aciéré
auquel on donne diverses
formes ; il se meut vertica-
lement dans des coulisses
ou glissières fixées sur un
bâti de fonte, et est attaché
à la tige d'un piston fonc-
tionnant dans un cylindre
à vapeur vertical. Lorsqu'on
veut se servir du marteau,
on fait arriver de la vapeur
à haute pression qui soulève
le piston par sa face inté-
rieure ; lorsque ce dernier
est arrivé à la limite de sa
course, la vapeur s'échappe,
et la masse retombe de tout
son poids sur l'enclume pla-
cée à la partie inférieure
du bâti . Ces mouvements
s'exécutent avec la plus
grande facilité au moyen
d'un jeu de tiroirs que l'ou-
vrier manœuvre à la main .
On accélère ou retarde à
GUI
A GUE
T volonté les coups ; on aug-
mente ou diminue les chocs
Fig. 439. Machine à percer à colonne. au moyen de l'élévation
plus ou moins grande de la
masse ; enfin on arrête cette dernière à des points déterminés de
sa course ; toutes ces opérations secondaires s'exécutent au moyen
du même mécanisme .
Parmi les principaux constructeurs de marteaux-pilons , on con-
naît surtout les Nasmyth, les Morrison, les Coudré, etc., qui fabri-
quent surtout des marteaux à simple effet. MM. Warrall, Elwel
et Middleton, en construisent qui sont à double action, c'est-à-
dire qu'ils agissent en recevant la pression de la vapeur en dessus
et en dessous du piston. Ces outils fonctionnent avec une grande
vitesse, ce qui est toujours un avantage. MM. Farcot ont des
MACHINES- OUTILS . 1111
marteaux- pilons à action directe de vapeur en dessus du piston,
et à contre-pression constante en dessous ; leur effet est considé-
rable.
La presse hydraulique a été employée, dans les grandes usines,
pour la compression du fer. On obtient, grâce à la puissance de
LUDED
Fig. 440. Marteau - pilon à levier.
cet appareil, des résultats étonnants ; avec une pression de
400 atmosphères sur un piston hydraulique de 0,50 de diamètre,
on parvient à un effort d'environ 800,000 kilogrammes.
La presse à macquer est un appareil employé en métallurgie.
Il fonctionne à charnière et se compose de deux mâchoires en
fonte assemblées à la manière d'une paire de ciseaux. L'une de ces
Fig. 441 . Squeezer.
mâchoires est fixe ; toutes deux sont planes à l'intérieur et lé-
gèrement cannelées. La partie mobile est mise en mouvement
par une bielle .
Le squeezer (fig. 441) est un marteau-presse qui se rapproche
beaucoup de la presse à macquer. C'est avec lui que l'on comprime
les boules aussitôt qu'on les sort du four à puddler ; le réglage
des pièces a lieu en les enfonçant plus ou moins entre les ma- !
choires de la machine .
1112 MACHINES - OUTILS .
Les appareils de M. Reyder sont composés de séries de marteaux
qui agissent à la manière des pilons à mortier de nos diverses
fabriques . C'est à proprement parler des batteries de marteaux
verticaux frappant sur plusieurs enclumes, et agissant au moyen
d'excentriques. Une machine de cette espèce peut frapper jusqu'à
mille coups par minute. On l'emploie surtout pour la fabrication
des petites pièces estampées, telles que les têtes de boulons,
les écrous, etc.
Citons aussi le marteau à vapeur des usines du Creusot. Ce for-
* midable outil, qui a été construit de 1875 à 1877 pour forger les
grosses pièces d'acier, était installé à l'Exposition de 1878, avec les
quatre fours nécessaires au chauffage des pièces et ses grues, dans
un grand bâtiment entièrement métallique auquel il a fallu donner
les dimensions suivantes : longueur, 50 mètres ; largeur, 35 mètres ;
hauteur au-dessous des fermes, 17 mètres. Le poids total des
parties métalliques de l'outil est de 1,280,000 kilogrammes ; cetui
de la masse active est de 80 tonnes ; sa chute maxima est de
5 mètres. Les bâtis qui forment l'arcade laissent une hauteur
disponible de 3m,20 entre les arcs, et une largeur de 7,50. Enfin
le poids de la chabotte et de l'enclume est de 750.000 kilogrammes.
Les pièces à forger se préparent dans les quatre fours dont nous
venons de parler ; ils sont munis chacun d'une grue métallique.
Trois de ces grues sont d'une puissance de 100 tonnes ; la force
de la quatrième est de 160 tonnes . Pour la manœuvre des pièces
à forger, chaque grue peut exécuter les quatre mouvements sui-
vants : 10 un mouvement de rotation autour du pivot ; 2° l'ascen-
sion ou la descente de la charge ; 3º la translation de celle-ci dans
le sens de la longueur ; 4º la rotation de la charge sur elle-même.
Les fours sont chauffés au gaz. Leur compartiment intérieur a
une longueur de 4m,30, une largeur de 3m,40 et une hauteur
sous voûte de 2m,60. La porte qui donne accès à ce compratiment
est manœnvrée par un moteur hydraulique.
MM . Massey, de Manchester, construisent des marteaux-pilons
à double action travaillant sans vibrations ni secousses ; leurs
formes offrent de bonnes conditions de force et de facilités pour
le travail. Les masses varient entre 25 et 1,000 kilogrammes,
c'est-à-dire que ces outils répondent à toutes les exigences des
travaux moyens . Le marteau-pilon de 25 kilogrammes (fig. 442)
s'emploie pour forger les petits articles que l'on fait ordinairement
à la main; il peut frapper jusqu'à 400 coups à la minute. C'est
un excellent outil pour la fabrication des objets de dimension
restreinte. La course du coup est de 0m,275, le poids total n'est
que de 650 kilog., y compris 250 kilog. pour l'enclume. On peut y
forger des pièces ayant jusqu'à 0m , 05 de diamètre, avec la pression
ordinaire. Cette force peut être augmentée avec l'emploi de la
vapeur à haute pression. Il peut fonctionner aussi par une pédale ;
MACHINES - OUTILS . 1113
B&S MASSEY
PATENT
MANCHESTER
HARE
Fig. 442. Marteau-pilon à double action .
1114 MACHINES- OUTILS.
cette organisation est suffi-
sante pour forger les arti-
cles de coutellerie, les limes ,
la petite quincaillerie , etc.
Son mouvement automati-
que est très simple.
Les marteaux-pilons de
force supérieure , des mê-
mes constructeurs , ont des
bâtis à arcades simples ou
doubles bien proportion-
nées ; la course est généra-
lement courte et rapide.
Dans celui de 250 kilog. , la
vapeur étant à la pression
de 2 atmosphères 2/3 , la
force du coup donne un-
effet écrasant de 30,000 ki-
logrammes. Un marteau de
1,000 kilog.a0m,70 de course
et pèse 11,000 kilog. , l'en-
clume en plus, soit ensem-
ble un poids de 19,000 kilo-
grammes .
Signalons une autre ma-
chine à forger (fig. 443 ) qui
est conçue dans le même
genre que les marteaux-pi-
lons , et destinée à enlever
des pièces frappées entre
deux poinçons. C'est à pro-
prement dire une estampe
qui se manœuvre à la main
ou à la vapeur ; sa masse
est du poids de 25 à 500
kilogr. , les cylindres varient
entre0m,12 et 0m,30, la course
est de 0,275 à 0,675. Cette
machine fonctionne ainsi :
SEY lorsque la vapeur est intro-
.MAS ER
B&S HEST
NC
MA duite dans le cylindre, le
piston remonte de toute sa
longueur et reste dans cette
KARE position jusqu'à ce que le
levier de la soupape soit
Fig. 443. Machine à forger et à estamper. abaissé. Il descend alors,
frappe, remonte de nouveau, et laisse un espace libre entre le
MACHINES-OUTILS . 1115
poinçon et sa matrice, ce qui permet d'enlever l'article fabriqué.
Il est évident que cet outil ingénieux est appelé à rendre les plus
grands services dans les ateliers où les forgerons ont jusqu'à
présent rendu certaines pièces très onéreuses, par suite de la diffi-
culté de leur fabrication. Il en est ainsi des moufles , des clefs à
écrous, des boulons à six ou huit pans, des têtes à douille , des brides
à jumelles, des écrous à lan-
ternes ou à oreilles, etc., etc. ,
toutes pièces difficiles à mas-
ses réservées ou enlevées que
l'on peut facilement et vive-
ment fabriquer avec la ma-
chine à forger que représente
la fig. 443 .
Le marteau-pilon (fig. 444)
à courroie et à ressort, du
système Shaw de Justice, est
d'invention américaine ; son
apparition eut lieu en 1867,
mais il laissait alors beaucoup
à désirer. M. Bouhey devint
acquéreur du brevet en France,
et le perfectionna bien vite,
ce qui en vulgarisa l'emploi
dans les grandes et petites
usines . Les marteaux à ex-
centriques et à ressorts mé-
talliques sont , de tous les
marteaux marchant parcour-
[Link]
roie , ceux qui donnent les
meilleurs résultats. Leur sim-
plicité , la facilité de changer à Fig. 444. Marteau-pilon à ressort
volonté la vitesse et la force et à courroie.
du coup, leur grand effet utile,
par suite, le peu de force nécessaire pour les faire fonctionner, leur
entretien facile et peu coûteux justifient la préférence qui leur est
accordée sur les autres systèmes connus et dont ils n'ont pas les
inconvénients . Ils sont très employés pour tous les travaux de
forge. C'est par centaines qu'on les trouve dans les arsenaux, les
ateliers de construction des chemins de fer et dans diverses indus-
tries telles que serrurerie, chaudronnerie, boulonnerie, taillan-
derie, coutellerie, fabriquede limes, etc. , etc.
Fours portatifs. On sait que les fours ordinaires actuels sont
fixes; ils sont construits ordinairement en briques ; les creusets
placés à l'intérieur doivent donc être retirés du four chaque fois
que la matière est arrivée à son point convenable de fusion.
1116 MACHINES- OUTILS .
Un ouvrier les saisit alors à l'aide de tenailles et coule la matière;
soit directement dans le moule si les pièces sont légères, soit dans
une poche lorsque les pièces à couler sont lourdes et exigent la
la réunion du contenu de plusieurs creusets (les creusets ordi-
naires sont de 30 à 45 kilogr.) . L'opération de la coulée terminée,
le four est décrassé, le creuset est remis en place et l'on réchauffe.
Les inconvénients de cette manière de procéder sautent aux yeux,
OBROGER
Fig. 445. Four portatif de M. Piat.
et les nouveaux fours mobiles , soit qu'ils marchent à air libre ou
à air surchauffé, ont pour but d'y remédier,
La fig. 445 représente un four portatif pouvant couler 60 kilog.
et au-dessus. Cet appareil est muni de sa grue de manœuvre.
Dans ce dessin, on voit le four incliné déversant la matière en
fusion dans les moules. La grue a amené le four au point voulu.
MACHINES-OUTILS A TRAVAILLER LE BOIS . On est frappé, en
examinant ces machines, de leurs formes analogues à celles des
MACHINES-OUTILS . 1117
machines à travailler le fer. La machine à raboter et destinée
en même temps à araser les tenons est semblable à une machine
à raboter le fer, dans laquelle l'outil serait fixe . Elle se compose
de deux bâtis d'inégale hauteur et perpendiculaires entre eux
Sur le bâti le moins élevé sont placés le porte-outil et la scie
circulaire qui sert à araser les tenons. Deux poupées portant, la
première deux porte-outils placés l'un au-dessus de l'autre, et la
seconde servant de porte-scie, peuvent glisser dans des rainures
pratiquées dans le bâti, et recevoir, par l'intermédiaire de vis à
manivelles , un mouvement d'avancement et de recul perpendicu-
laire à l'axe du second bâti. Les porte-outils glissent verticale-
ment sur la première poupée à l'aide d'une vis verticale à mani-
velle et peuvent ainsi se rapprocher ou s'écarter l'un de l'autre.
Ils sont donc susceptibles de prendre deux mouvements rectilignes
dans le même plan vertical perpendiculaire à l'axe du second
bâti : l'un de ces mouvements est horizontal et varie avec les
largeurs des planches, Fautre, qui est vertical, varie avec leur
épaisseur.
Le second bâti, d'équerre avec le premier, porte deux rainures
triangulaires dans lesquelles s'engage un chariot portant la planche
et recevant horizontalement un mouvement rectiligne alternatif
à l'aide d'une chaîne dont les extrémités sont fixées à celles du
chariot et dont les brins, après s'être croisés, vont s'enrouler sur
deux poulies. La plus grande de ces poulies tourne tantôt dans
un sens, tantôt dans l'autre, par l'intermédiaire d'un débrayage
mis en jeu à chaque course du chariot, et qui , par une fourchette,
déplace la courroie motrice de la poulie folle sur l'une ou sur
l'autre des poulies placées près d'elle. La vitesse du chariot est
en outre plus grande quand l'outil ne travaille pas que lorsqu'il
travaille.
MM . Ransome et Cie, de Londres, ont remplacé le travail du
bucheron par celui qu'ils obtiennent à l'aide de leurs scies à va-
peur pour abattre les arbres (fig. 446) . Cet outil est composé d'une
grande lame (2,50 à 3 mètres) , travaillant dans le sens horizontal ,
comme la scie à main; elle est montée sur un cylindre à vapeur
de petit diamètre et à course longue, le tout est si léger qu'on
peut le transporter dans une petite charrette. Cette scie coupe un
arbre de 1 mètre de diamètre en moins de 5 minutes .
L'application de la main-d'œuvre mécanique à la menuiserie
du bâtiment, et même à l'ébénisterie, a fait dans ces dernières
années des progrès notables. On a remarqué tout d'abord la
série de celles qui s'appliquent à la menuiserie du bâtiment.
Comme ces machines constituent un ensemble complet à l'aide
duquel tout travail à la main est supprimé, nous en donne-
rons la description succincte. Mais, comme l'étude de semblables
machines est surtout intéressante quand elle est faite dans l'ate-
1118
MACHINES-OUTILS .
.446
,Fig les
àv-
abattre
pour
apeur
Sarbres
. cie
MACHINES - OUTILS . 1119
lier même où ces machines travaillent , nous avons visité un
établissement remarquable en ce genre, celui de M. V. Fréret, de
Fécamp, afin de nous renseigner tout à la fois et sur l'organisa-
tion d'une semblable fabrication et sur la production normale
qu'elle permet d'atteindre.
Situé sur le port même de débarquement, à proximité d'une
voie du chemin de fer de l'Ouest, cet établissement de menui-
serie a une position exceptionnelle sous le rapport de la facilité
des approvisionnements et des expéditions. Les sapins du
Nord et ceux du Canada, les chênes de Stettin et ceux d'Amé-
rique, les bois du pays arrivent à l'usine par la mer et par le
chemin de fer.
L'ensemble de l'usine occupe une surface de 4,000 mètres carrés ,
dont les trois quarts sont recouverts par les magasins et les ate-
iers de fabrication et de montage. Le grand bâtiment qui ren-
ferme tout l'outillage a 75 mètres de longueur sur 18 de largeur.
Le rez-de-chaussée est occupé par les machines de la scierie. Nous
y avons remarqué l'absence complète de courroies et de trans-
missions de mouvement apparentes, si embarrassantes et si dan-
gereuses pour les ouvriers et dont les scieries mécaniques sont
généralement encombrées. Tous les arbres de transmission sont
établis dans une cave spacieuse et très claire; de là, une grande
sécurité pour les ouvriers; c'est une disposition digne d'être
signalée et qui devrait toujours être imitée dans les établissements
analogues. Les arbres sont supportés par des paliers à graissage
continu ; ce graissage évite une surveillance permanente et permet
de donner aux arbres une très grande vitesse, 700 à 800 tours
par minute .
L'ensemble des machines qui occupent le rez-de-chaussée (scies
à chariot, à cylindres, à grume et circulaires), ne diffère pas sen-
siblement, à première vue, de ce qui existe dans les autres usines ;
cependant nous devons signaler une disposition nouvelle de la bielle
qui commande les scies à mouvement alternatif; dans cette dispo-
sition, le plateau excentrique est tout à fait rapproché du palier ;
il en résulte la possibilité de donner au chariot une vitesse supé-
rieure d'un tiers à celle qu'on lui donne ordinairement, et la ma-
chine présente, en outre, une solidité qui n'existe pas dans la
disposition usuelle. Les scies à cylindres, montées d'après le même
principe, ont, de plus que les autres, un châssis porte- lames qui
-peut en recevoir quatre ou cing, et scier un madrier à plusieurs
traits en une seule passe. La production de ces machines est
très grande et varie de 500 à 600 mètres superficiels de sciage
par jour pour les scies à chariot, et de 700 à 800 mètres super-
ficiels pour les scies à cylindres, suivant le nombre de traits .
Au rez-de-chaussée se trouvent, en outre, trois machines à
blanchir, quatre machines à bouveter, six scies circulaires et
1120 MACHINES - OUTILS.
une scie à bois en grume. L'affûtage des scies se fait au moyen
de meules garnies d'émeri . En quittant les scies verticales, les
planches destinées à faire des frises de parquet sont portées à
une scie circulaire où elles sont débitées en lames et déposées
ensuite près de la machine qui doit les travailler sur les quatre
faces. La production de cette machine à quatre faces est considé-
rable ; nous avons constaté un avancement de 10 mètres par
minute, en sorte que si elle ne subissait aucun temps d'arrêt, sa
production serait de 6,000 mètres courants par dix heures de tra-
vail; mais le constructeur garantit seulement une production de
4,000 mètres , chiffre presque égal au double de la production des
machines similaires, et qui n'est nullement obtenu aux dépens de
la qualité du travail.
Le bois, au lieu de se présenter à plat sur une série de rou-
leaux, ainsi que cela a lieu dans les machines analogues, est
posé sur champ et est appuyé contre un guide vertical par-
faitement dressé. Une série de presses bien agencées l'appellent
contre ce guide et sur la table, et le conduisent d'abord sous le
premier outil à blanchir. Cet outil tourne verticalement et dresse
l'un des plats de la pièce. La disposition d'outil vertical a l'avan-
tage d'éviter les ondulations qui se produisent à la surface du
bois dans les machines où les outils qui dressent les plats sont
montés sur des arbres horizontaux. L'outil horizontal tend tou-
jours à se soulever, tandis que l'outil vertical, monté sur pointes,
dort en quelque sorte comme une toupie. Il est donc rationnel de
monter sur un axe vertical les deux outils qui doivent dresser les
deux faces les plus larges de la pièce.
Les porte-outils verticaux sont parfaitement équilibrés et sont
munis chacun de trois fers; ils sont animés d'une vitesse de
3,500 tours par minute, ce qui donne, pour une vitesse d'avance-
ment de 10 mètres par minute, plus de dix coups d'outils par
centimètre. Le bois ainsi blanchi, passe contre un autre guide
qui se trouve avancé sur le premier d'une quantité égale à l'épais-
seur de bois que le premier outil a enlevée. En cet endroit le
bois est langueté et rainé sur ses champs par deux outils montés
sur des arbres horizontaux, à la suite desquels la table se surélève
d'une quantité égale à l'épaisseur de bois enlevée par l'outil
inférieur. La pièce, toujours dirigée en ligne droite, est enfin
amenée contre le quatrième outil à blanchir, monté comme le
premier sur un axe vertical ; ce dernier outil met la pièce d'épais-
seur .
Cette machine blanchit et dresse en même temps; elle se dis-
tingue donc des autres machines du même genre qui ne font que
blanchir; aussi se prête-t-elle à toute espèce de travaux : moulures
dites à grands cadres , battants et dormants de portes et de croi-
sées, chambranles, plinthes , jets d'eau, pièces d'appui en chêne,
MACHINES-OUTILS . 1121
qui y sont exécutés avec une perfection telle que toute retouche
à la main est inutile.
Au premier étage se trouve toute une série de machines spé-
ciales à la menuiserie. Les bois y sont élevés par un monte-charge
mécanique qui dessert également le sous-sol et le second étage.
Nous y avons d'abord remarqué une machine à dresser les bois,
qui peut dresser un battant de 4 mètres de longueur et moulurer
en même temps. Cette machine travaille deux battants à la fois,
et elle est spécialement disposée pour les pièces qui exigent une
grande précision et pour celles qui sont trop tourmentées pour
être poussées en une seule fois à la machine à quatre faces.
On fixe les bois sur une table parfaitement dressée, qui avance
dans deux coulisses comme le chariot d'une machine à raboter le
fer. Chaque pièce de bois rencontre un outil qui n'enlève que la
partie de bois qu'on lui donne à couper, en laissant des défauts là
où il manque du bois et en enlevant, au contraire, toutes les bosses
qui se présentent. Le résultat obtenu est donc exactement le même
que dans le travail à la main; mais il est obtenu avec une rapi-
dité beaucoup plus grande et une précision plus parfaite. A l'aide
de machines plus petites, basées sur le même principe, on con-
fectionne des traverses, des jets d'eau et de petits bois.
En quittant les machines à dresser, les bois , qui ont alors deux
de leurs faces parfaitement d'équerre, sont passés à une autre
machine qui les met d'épaisseur et de largeur sans qu'il soit
besoin de les fixer sur une table ; cette machine à blanchir et à
moulurer est un complément de la précédente, et le travail qu'elle
effectue est analogue à celui de la machine à quatre faces. Les
bois ainsi travaillés sur les quatre faces, sont ensuite coupés de
longueur à une scie dite de travers , puis répartis entre deux ma-
chines l'une à tenons et l'autre à mortaises , selon que ces bois
doivent faire fonction de traverses ou de battants. Les deux ma-
chines présentent, au point de vue des outils, des dispositions
tout à fait nouvelles .
La machine à tenons en fait deux à la fois, cela permet d'ob-
tenir des arasements parfaitement justes. L'ouvrier n'a qu'à
placer les traverses sur une chaîne sans fin qui les entraîne sous
des pinces se serrant d'elles-mêmes et les fait passer entre deux
outils qui, les arasent. A mesure qu'une traverse se présente à
l'action des outils, une autre tombe toute travaillée du côté
opposé de la machine. On peut ainsi faire 400 tenons en une
heure.
La machine à mortaises en pratique cinq à la fois. On place
sur une table horizontale le battant à mortaiser ; il y est maintenu
par un parallélogramme, et, par un simple mouvement de la
main, la table s'avance contre cinq forets qui tournent à une
vitesse de 3,000 tours par minute et possèdent en même temps
1122 MACHINES-OUTILS.
un mouvement de va-et-vient réglé d'après la largeur que doit
avoir chaque mortaise. Quand les outils sont à fond, la table
s'arrête d'elle-même et l'on remplace le battant mortaisé par un
nouveau .
On voit, d'après ce qui précède , que les machines de M. Victor
Fréret n'exigent pas d'ouvriers spéciaux; un simple manœuvre
suffit pour les conduire. Avant de livrer les bois au montage, il
reste, comme dernière opération, à pratiquer les coupes d'onglets ,
opération difficile et qui demande beaucoup de soin quand elle
s'exécute à la main.
Une machine permet de faire cette opération rapidement et
avec une grande précision : sur un châssis de 3 mètres sont
montés des couteaux en nombre suffisant pour faire en une seule
fois toutes les coupes d'un battant, pendant qu'à chaque extré-
mité deux autres couteaux font les coupes et les épaulements des
traverses. Le châssis porte-outils bat 50 coups par minute.
Nous avons encore à signaler une machine très ingénieuse :
c'est celle qui fait les entailles biaises dans les battants de per-
siennes ; après chaque entaille, le battant rencontre une mèche
1 qui perce le trou du tourillon de la lame. Une disposition très
commode permet de faire varier, suivant les besoins, l'inclinaison
du battant et l'écartement des lames . Une fois réglée, la machine
ne peut se déranger et un enfant suffit pour la conduire.
Nous devons ajouter aux machines précédentes : 10 une ma-
chine à araser les lames de persiennes : on place 50 lames à la
fois dans une boîte et le tourillon se trouve fait en une seule
passe; 20 une machine qui pousse les plates-bandes des panneaux
de portes sur les deux parements à la fois, elle pratique aussi les
rainures et les feuillures des panneaux à table saillante ou arasés ;
3º une machine qui affleure les panneaux arasés quand la porte
est toute montée et chevillée.
Au second étage se trouvent les outils à découper, à propos
desquels nous n'avons rien de particulier à signaler. Notre atten-
tion a été attirée par le grand choix de modèles élégants et va-
riés que ces machines produisent. Il s'en trouve de tous les genres
et de tous les prix, depuis le lambrequin à 50 centimes le mètre
jusqu'au balustre de 18 à 20 francs.
Les ateliers de montage sont de plein-pied avec ceux de fabri-
cation. Les bois préparés mécaniquement sont travaillés avec une
précision telle qu'ils s'emmanchent avec facilité. Un ouvrier ordi-
naire peut les assembler sans peine et les ouvriers habiles se
trouvent dès lors réservés à des travaux plus délicats. La durée
et la solidité des ouvrages de menuiserie dépendent non -seulement
de la perfection du travail, mais aussi de l'état de dessiccation
des bois; les meilleures dispositions sont prises à cet égard dans
l'établissement que nous venons de décrire rapidement.
MACHINES - OUTILS . 1123
Dans un excellent livre publié d'après les études de MM. Raux
et Vigreux (1) , nos lecteurs trouveront des notes historiques par-
faitement exactes sur l'industrie et la fabrication des machines-
outils à travailler le bois. Ils y verront, par exemple, que si les scies
sans fin à mouvement continu, datent de la fin du dernier siècle ,
aucune autre machine à travailler le bois n'avait fait son appari-
tion avant 1810 .
MACHINES A TRAVAILLER LA PIERRE. MM. Brunton et Trier,
mécaniciens de Londres, ont construit une machine très puis-
sante destinée à tailler la pierre. Elle est composée, comme le
montre la fig. 447, en dehors du bâti et de la commande, d'un
porte-outils en forme de disque vertical , tournant avec une
grande vitesse, et sur lequel sont montés une série de burins
circulaires manœuvrant à l'aide d'engrenages placés à l'intérieur
du porte-outils. Ces burins ou couteaux se mouvant avec une
vitesse égale à celle du grand disque, entament très aisément la
pierre la plus dure dont le bloc est placé sur un chariot s'éloi-
gnant et se rapprochant à volonté de l'outil. Le principe suivant
lequel cette machine opère est nouveau, au point de vue de l'ap-
plication. On voit qu'il consiste à donner, par des moyens méca-
niques, une vitesse de rotation telle aux burins roulants, que
lorsque la révolution du porte-outils fait passer les burins sur
la surface de la pierre à tailler, la tranche du burin mise en
contact avec cette surface vienne à rouler sur elle.
Perforateur. Le perforateur de MM. Hathorn et Cie est un
outil ingénieux que les inventeurs ont appelé, nous ne savons
pourquoi, l'Éclipse; il est destiné aux opérations de la mine.
Il peut être utilisé, dans de certains cas, dans nos chantiers pour
les grands travaux d'excavation ; nous en ferons ici une descrip-
tion sommaire .
Le perforateur lui-même n'est qu'un porte-outil en forme de
colonne ou de trépieds, qui reçoit le fleuret ou les mèches ; il est
disposé pour percer dans tous les sens et suivant toutes les incli-
naisons. Avec cette machine, toutes les variétés de roches , seraient-
elles submergées, peuvent être perforées avec la plus grande
facilité. La puissance motrice qui donne à l'outil le mouvement
automatique est produite par une machine à air comprimé ; une
simple pression de 1,500 à 2k,100 par centimètre carré suffit.
Un tube de caoutchouc relie le perforateur à la machine motrice
et permet de le placer à distance dans les espaces restreints
comme les galeries souterraines , égouts, etc. Ce tube peut avoir
jusqu'à 30 mètres de longueur : c'est lui qui transporte et trans-
(1) Machines-outils à travailler le bois , 1 vol. grand in-80, 92 pages,
avec figures et 20 pl. Prix : 10fr. Paris, E. LACROIX, éditeur
1124
BRUNTON
TRIER'S
&
FATENT
MACHINES - OUTILS .
Trier
la runton
.pierre
MM
Machine
,dàtet
BFig 4ailler
e47.-
MACHINES-OUTILS . 1125
met la force nécessaire à la marche de l'outil; cette force agit à
plein effectif jusqu'à ce que le foret frappe le roc. Par suite d'une
combinaison fort simple, et de l'action puissante d'une soupape
placée dans le cylindre qui forme la partie principale du porte-
outil, il se forme un coussin d'air comprimé à chaque extrémité
de ce cylindre, ce qui non-seulement en protège les extrémités,
mais empêche aussi la vibration qui existe dans les autres ma-
chines et leur est si nuisible. Le mouvement d'avancement étant
tout à fait automa-
tique fait que, quelle
que soit la nature de
la pierre, le piston
n'agit jamais sur ce
mouvement que dans
l'instant précis où le
progrès de pénétra-
tion justifie de l'avan-
cement de la mèche .
Que la pierre soit ten-
dre ou dure, que la
pression soit haute
ou basse, quel que
soit l'angle de la po-
sition de l'outil, et que
l'on perce avec une
pénétration de 0,030 END ELEVATION
ou de 0,050 par mi-
nute; la régularité et Fig. 448. Moulureusede pierres .
l'efficacité de ce mou-
vement et le résultat mécanique ne souffrent aucune atteinte.
Moulureuse de pierres . En Angleterre , où l'usage n'est pas
comme à Paris et dans les grandes villes de France, de faire les
ravalements des constructions la pierre étant en place, mais au-
contraire de la monter et de la placer toute moulurée (1), il était
tout à fait naturel d'aider le constructeur afin qu'il pût échapper
aux exigences d'ouvriers spéciaux dont le nombre est souvent
insuffisant. Depuis plusieurs années, MM. Vestern et Cie, de Lon-
dres , ont construit des outils destinés à ce genre de travail, aussi
bien qu'à planer et à scier la pierre, parmi lesquels nous citerons
une machine à laquelle ils ont donné le nom de moulureuse de
pierres (fig. 448). Elle n'exige que peu de force motrice, et tous les
genres de pierres peuvent s'y tailler. Le débit effectif dépend,
bien entendu, de la nature des matériaux, mais si nous disons que
toute moulure droite s'y peut façonner en un quart d'heure, dans
(1) Voir page 823, fig. 271.
IVE VOLUME 24
1126 MACHINES-OUTILS .
la masse d'une pierre dure analogue au Portland, et sur une
longueur de 5 mètres nos lecteurs pourront se faire une idée de
l'économie qui doit résulter de l'emploi de cette machine; elle
est très grande si l'on compare la dépense nécessitée par le travail
mécanique à celle d'une main-d'œuvre ordinaire.
La fig. 448 démontre assez clairement le principe qui domine
dans la construction de cette machine. Son châssis principal est,
par le fait, à peu près le même que la table d'une machine
à raboter les métaux. Elle manœuvre à chariot, son mouve-
ment de va-et-vient la fait passer devant les porte-lames fixes ,
le mouvement de retour étant d'une plus grande vitesse que
celui de l'aller. Cette table, qui reçoit le bloc de pierre à tra-
vailler, est formée d'une fausse surface à charnière sur le devant,
qui s'ajuste par des vis, de manière qu'il est facile de façonner
des moulures dans plusieurs sens. Les outils eux-mêmes con-
sistent en séries de barres d'acier laminé, d'une section trapézoi-
dale, placées les unes sur les autres dans des boîtes maintenues
par des vis. Ces outils sont façonnés suivant la forme des mou-
lures courantes, afin de pouvoir exécuter des profils de tout
genre. On emploie six boîtes porte-outils ou même davantage à
la fois , en plaçant le second porte-lames un peu à l'avant du pre-
mier, le troisième à l'avant du second et ainsi de suite, de sorte
que, dans la pierre où une seule série d'outils suffirait à enlever
une épaisseur de 10 millimètres, les six séries dans une seule
traversée, enlèvent la moulure à 0,060 de profondeur. Pour ob-
tenir des profils différents quant aux saillies , avec les mêmes
genres de moulures, on n'a simplement qu'à avancer ou repousser
les différents outils dans leurs boîtes ou porte-lames.
Les outils étant usés , l'affutage les rend de nouveau propres
au travail, et cela jusqu'à ce que la réduction provenant de l'usure
les empêche d'être retenus fermes dans les boîtes .
MACHINES- OUTILS DIVERSES . Débit de la nacre. Les boutons
de nacre pour garnitures de chemises se fabriquent à l'aide de
deux machines, l'une servant à débiter ou à préparer la matière,
l'autre à la façonner et à la polir.
La première machine (fig. 449), est une espèce de tour dont l'arbre
creux peut coulisser entre les deux supports de la poupée fixe,
tout en tournant sur lui-même ; cet arbre porte une fraise annu-
laire B formée d'un tube d'acier taillé sur sa face extrême ; un
levier conduit à la main permet de faire coulisser l'arbre et la
fraise et d'appuyer celle-ci sur la coquille de nacre qu'on lui
présente. La contre-pointe est remplacée par une tige fixe contre
laquelle on appuie la nacre. La fraise annulaire, en tournant,
s'avance et découpe un petit cylindre d'un diamètre égal au patin
du bouton et d'une hauteur égale à l'épaisseur de la nacre (10 à
MACHINES-OUTILS . 1127
12 millimètres) ; ce cylindre reste logé dans l'intérieur de la fraise
et, pour le chasser, on pousse une tringle A qui traverse l'arbre
creux au centre et rejette le bouton devant la poupée fixe du tour.
Ce cylindre de nacre est ensuite porté sur un autre tour, serré
par sa base dans un mandrin en deux parties, et façonné au
burin à la main comme tout objet tourné.
Tour à débiter les boutons et jetons en os. - Les jetons et
les boutons en os se font
en une seule opération
très rapidement à l'aide
de cette machine. On
prend des plaquettes d'os
et des déchets tombant B
du débitage fait à la scie
de piècesplus importantes Fig. 449. Machine à débiter la nacre.
et encore assez grands
pour qu'ils puissent fournir un ou plusieurs boutons, mais d'épais-
seur tout à fait quelconque ; ces déchets sont mis dans l'eau afin
de rendre l'os moins cassant et plus facile à travailler , puis
façonnés sur cette machine. Le morceau d'os
à travailler est appliqué verticalement sur
un support en forme d'anneau et y est main-
tenu par une griffe qu'un fort ressort presse
contre le premier support. Deux mèches
tournant rapidement en face l'une de l'autre
et dans le même axe, peuvent coulisser dans
leurs coussinets et viennent, par la manœuvre
d'un levier, travailler l'une après l'autre pour
faire chacune la moitié de l'épaisseur du
jeton ou du bouton et l'une de ses faces, ce
qui a lieu en donnant à ces mèches une
forme convenable (fig. 450), et en ménageant
une petite partie tranchante a a à chaque
extrémité de leur diamètre.
1 Cette machine tourne de la même manière a a
les boutons
autre de En
matière. corne, de bois
variant ou de ettoute
la forme les Fig.
ter450.-Tour à débi-
les boutons enos.
dimensions des mèches, on peut obtenir des profils de boutons
très variés , mais la difficulté de l'affûtage des mèches ne semble
pas une question des moins épineuses .
Machine à poser les œillets métalliques. Cette machine
est tout à fait automatique, par la simple rotation d'une mani-
velle ; le cuir, l'étoffe ou le carton se coupe, l'œillet se place et se
sertit avec beaucoup de régularité et une grande vitesse ; en dix
heures de travail, 15,000 peuvent être posés . Les œillets se placens
dans une boîte cylindrique tournant sur son axe, et deux brosset
1128 MACHINES-OUTILS.
J'une horizontale, l'autre verticale, obligent chaque œillet à se
placer la tête en bas à l'entrée d'un conduit à crémaillère qui
l'amène jusque sur le poinçon. Là, la matière est découpée (cuir,
carton, etc.) , et le dégagement du déchet s'opère par le haut, de
manière à ne pas gêner l'emboutissage de l'œillet qui a lieu sans
perte de matière par un poinçon mû au moyen de petits leviers
et de cames ou excentriques calés sur l'arbre de la manivelle.
Une heureuse disposition permet de poser plusieurs numéros
d'œillets sans changer aucune des pièces principales de la ma-
chine, autre que le poinçon et la matrice.
Machine à fabriquer les épingles . - Celle due à l'invention-de
de M. Mays est très curieuse. Elle occupe peu de place, fonctionne
avec régularité. Marchant à la vitesse de 200 tours à la minute,
elle produit automatiquement, sans le secours d'aucun ouvrier,
une épingle brute, c'est-à-dire non blanchie, par chaque révolu-
tion . Sur une bobine est enroulé un long fil de laiton qu'une petite
pince mue par un excentrique fait avancer de la quantité néces-
saire. Une autre pince beaucoup plus puissante le serre pendant
qu'une matrice poussée par une came écrase le métal pour former
la tête; la pince s'ouvrant, le laiton avance d'une quantité que
l'on peut régler à volonté et une cisaille coupe l'épingle à la lon-
gueur qu'elle doit avoir. Chacune d'elles ainsi préparée tombe
dans une rigole dont la partie la plus basse est occupée par une
fente assez étroite pour que le corps seul de l'épingle puisse y
passer ; celle-ci vient donc s'y loger et y reste suspendue par la
tête ; la trépidation de la machine l'oblige à suivre l'inclinaison
de cette rigole qui la conduit jusqu'à sa sortie de la machine,
mais avant de tomber dans la boîte destinée à la recevoir ter-
minée, elle se trouve engagée à la partie inférieure entre deux
fraises tournant en sens contraire qui font la pointe et ne lui
permettent de se dégager que lorsqu'elle est suffisamment effilée.
L'épingle est alors façonnée, mais à l'état brut. Lorsqu'on possède
ainsi quelques milliers d'épingles, on les plonge dans un précipité
d'étain qui leur donne cet aspect argenté qu'on leur connaît.
Quelques minutes suffisent à l'opération et les épingles une fois
séchées sont prêtes à être livrées au commerce.
Machine à faire les pointes. La machine à faire les clous
ressemble beaucoup aux machines à faire les épingles, ses organes
sont plus forts et la pointe du clou, au lieu d'être fraisée comme
l'épingle, est estampée. Un arbre horizontal muni d'un volant et
de poulies reçoit son mouvement d'un moteur quelconque. Cet
arbre porte une série de cames et un petit plateau de manivelle
dont le bouton à course variable met en mouvement une pince à
ressort, qui fait avancer, de la quantité nécessaire pour chaque
clou , le fil de fer guidé par les galets ; l'une des cames actionne
une forte ince destinée à serrer le fil près du bout pendant que
MACHINES-OUTILS . 1129
la came centrale laisse échapper un marteau horizontal qui,
chassé vigoureusement par un puissant ressort, vient écraser le
fil de fer pour former la tête du clou. Enfin, deux matrices ayant
chacune l'empreinte d'un demi-cône, et conduites par deux leviers
et deux cames , se rapprochent sur le fil de fer, estampent la
pointe, ce qui en même temps détache le clou fini. Tous ces
mouvements se succèdent avec une grande rapidité et la machine
produit à peu près
100 pointes à la mi- C
nute dans les gros- d
seurs moyennes . Une
fois réglée, elle mar- E
che tout à fait auto-
matiquement et sans
la moindre surveil- b
lance.
Machine à rabattre α
les tétes de clous .
D
Nous réprésentons ,
fig. 451 , une machine
à rabattre les têtes de
clous,de M. Gauriaud .
Elle est excessivement f
simple et peut être
employée dans les pe-
tits ateliers de forge
et de maréchalerie, A
car elle fonctionne
sans le secours d'au-
cun moteur. Un billot B
en bois A porte à sa
partie supérieure un
tas carré, une tranche
et une cloutière à Fig. 451. Macine a rabattre les têtes
l'aide desquels l'ou- de clous .
vrier façonne le clou,
comme à l'ordinaire avec le marteau à main ; mais lorsqu'il s'agit
de rabattre la tête, c'est- à-dire de l'estamper, le forgeron place le
clou dans la cloutière a et presse sur une pédale B qui fait bas-
culer un marteau C mobile. Celui-ci porte une matrice d faisant
l'office de bouterolles et formant la tête du clou. A peine le mar-
teau est-il tombé qu'un ressort D, aidé du contre-poids, le relève
et le maintient dans la position verticale. Le ressort et le mar-
teau sont montés entre deux bâtis E reliés par des entretoises f
et présentant deux bras courbes qui embrassent le billot où ils
sont fixés par un boulon de serrage et deux tire-fonds latéraux.
1130 MAGASINS PROVISOIRES .
Cette machine très simple a plusieurs avantages, elle est d'un
prix peu élevé, supprime un ouvrier frappeur et produit un tra-
vail bien fait ; elle peut servir à la fabrication de toutes pièces
bouterollées , telles que clous à cheval, rivets , boulons, etc.
Machine à peindre. - Il n'est pas de métier dans l'art de cons-
truire qui n'ait aujourd'hui ses machines. Le peintre en bâtiments
a dû être fortement étonné en voyant à la dernière exposition
celle de M. Reynolds et Cie, de Londres, qui ont créé la machine
à peindre les lames de jalousies et autres objets de forme plate
allongée. Ces objets passent rapidement dans le corps de l'outil
qui est muni d'une série de brosses et de cylindres cachés fonc-
tionnant à l'aide d'une manivelle. La peinture est déposée très
également sur les surfaces , et la lame imprimée ne laisse rien à
désirer. Avec la machine Reynolds, on peut peindre 2,000 mètres
de lames de jalousies par chaque heure de travail.
Magasins provisoires ( Construction des) ( Généralités) . -
On a souvent besoin d'établir des logements ou magasins provisoires ,
pour le campement des armées, pour l'exécution de grands travaux
publics, etc. , etc. Les bâtiments d'exploitation des chemins de fer,
qui exigent des transformations successives nécessitées par les
progrès du trafic, semblent devoir aussi n'offrir rien de permanent
dans leur mode de construc-
a tion.
b
A1 A ces différents points de
b₁ A2 vue, le dispositif que nous
b2 A3
allons décrire présente divers
b3 avantages dont les construc-
a4
ba
4
teurs apprécieront l'impor-
tance.
Formons une première
surface, composée de plan-
ches (fig. 452) ab, ab₁ , a₂
b₂, etc. , juxtaposées ou as-
Fig. 452. semblées à rainures et lan-
guettes, ou même laissant entre elles un intervalle de un à deux
centimètres ; plaçons au-dessus un second plancher dont les élé-
ments présentent la même disposition ; comprenons les deux épais-
seurs de planches entre deux liteaux affleurant à peu près
la ligne aaa, etc. , et traversons à cet endroit les quatre épais-
seurs de bois par une suite de boulons bien serrés ; écartons les
deux planchers à l'autre extrémité et intercalons entre eux un
madrier ; clouons les planches du dessus et du dessous sur le
champ de ce dernier, nous obtiendrons un système qui, redressé
et posé sur le madrier dont il vient d'être parlé, formera l'une
des parois verticales de notre baraque ; ibc (fig. 453) est le profil
de cette paroi .
MAGASINS PROVISOIRES . 1131
Étudions les garanties de résistance que présente ce système.
Un support vertical en bois, chargé dans la même direction,
peut recevoir d'une manière permanente un effort de 06.30 à 0.40
par millimètre carré de section, si sa plus petite dimension est
égale ou supérieure au douzième de la hauteur. L'effort supporté
avec sécurité diminue assez rapidement lorsqu'on augmente la
hauteur sans changer la plus petite dimension.
Cette diminution ne résulte pas de ce qu'un pilastre court pré-
sente plus de résistance à l'écrasement ; sous ce rapport il n'y a
aucune espèce de différence ; elle tient à ce qu'un support trop
allongé se courbe sous l'influence de l'effort supporté et lorsqu'il
k
1
02
P1 P1
P2 P2 L
03
P
2P
Fig. 453.
a perdu la direction rectiligne ; les poids additionnels ne l'écrasent
pas, mais peuvent le rompre de la même manière qu'un solide
posé sur deux appuis et chargé perpendiculairement à sa longueur.
Les deux planchers qui constituent l'appareil dont nous avons
donné la description, ont une forme curviligne , et les poids dont
ils sont chargés doivent naturellement tendre à augmenter cette
courbure. Si aucun obstacle ne s'oppose à ce genre de déformation ,
la rupture se manifestera comme il vient d'être indiqué ; mais si
on intercale entre eux à des distances convenables une sorte d'en-
tretoise, telle que gh, qui ne permet le développement de courbure
1132 MAGASINS PROVISOIRES .
d'une des parties qu'en occasionnant le redressement de l'autre,
on rend impossible un pareil mouvement, en restant toutefois
dans les limites des charges que peuvent porter les bois avec
sécurité.
Quel espacement doit-on donner à ces entretoises ? Il est bien
évident d'abord, qu'en prenant pour limite inférieure douze fois
l'épaisseur du plancher, soit trente centimètres s'il s'agit de plan-
ches de deux centimètres et demi, on rend tout accroissement de
courbure impossible, car sur cette longueur les planchers doivent
être considérés comme rectilignes, vu la faiblesse de leur cour-
bure générale ; mais il n'est même pas nécessaire de descendre
jusqu'à cette limite, l'expérience nous a montré en effet qu'avec
de simples voliges d'un centimètre d'épaisseur, et des entretoises
espacées de mètre en mètre, il n'existe pas de déformation sen-
sible sous la charge de 0.20 à 0.30 par millimètre de section.
Du reste, jamais ces sortes d'appareils ne reçoivent un charge-
ment d'une importance appréciable , eu égard à la section qu'ils
présentent. Il est en effet difficile d'employer des planches d'une
épaisseur inférieure à deux centimètres et demi, car on aurait
- alors des systèmes trop fragiles pour permettre un transport qui
dans la pratique doit s'exécuter sans exiger des soins spéciaux.
Eh bien ! le mètre courant d'un pareil support présente une section
de cinquante mille millimètres carrés, et pourrait, par conséquent,
supporter une charge de 0.30 × 50,000, soit quinze mille kilo-
grammes. En admettant que la couverture pèse deux cents kilo-
grammes par mètre carré de surface, ce qui est exagéré, ceła
permettrait donc de construire des vaisseaux dont la demi-portée
égalerait soixante-quinze mètres. Certainement on n'atteindra
jamais le dixième de cette portée, et par conséquent la charge
réelle des supports sera inférieure à trois dixièmes d'hectogramme
par millimètre carré.
: Il ne suffit pas d'éviter le mouvement spécial de flexion dont il
vient d'être question, il faut aussi que l'ensemble du système ne
puisse se courber soit à droite, soit à gauche, ce qui ne manque-
rait pas d'arriver sous l'effort de trois ou quatre hectogrammes
par millimètre carré de section, si la largeur du madrier qui
sépare les deux planchers était trop petite. Quelle doit être cette
largeur ? Puisqu'une pièce dont la plus petite dimension est infé-
rieure au douzième de la hauteur, se courbe sous l'influence de la
charge et ploie avant de s'écraser, il faudrait ici pour éviter cette
flexion, que l'appareil eût à son milieu une largeur mn ( fig . 453),
égale ou supérieure au douzième de la hauteur, ce qui nécessite-
rait à la base une largeur be plus grande que un sixième ; mais
à raison de la faiblesse de la charge supportée, on peut réduire
cette dernière au septième et même au huitième de la hauteur
totale.
MAGNETISME. 1133
Il semble au premier aperçu qu'on pourrait utiliser le système
que nous venons de décrire pour former les deux pans de la
couverture, et il en serait ainsi s'il était possible de donner aux
deux planchers un écartement tel que la courbe des pressions se
trouvât toute entière contenue entre ces planchers ; mais la réa-
lisation d'un comble de ce genre nécessite des écartements tels ,
qu'on arrive à des pièces fort encombrantes et par conséquent
très difficiles à transporter, sans compter les difficultés d'exécu-
tion. Examinons succinctement les conditions théoriques de ces
sortes de combles .
Considérons le triangle ikl formé par la largeur du bâtiment
et les deux plans inclinés de la couverture; le poids supporté
par chacun de ces derniers plans peut se décomposer en deux
agissant à chaque extrémité : soit alors 2 P la somme des deux
composantes appliquées en k, nous les supposerons égales. Dans
ces circonstances, si l'on désigne par h la hauteur du triangle
considéré, et par 26 sa base, la force horizontale F, qui se déve-
loppera au point d'arc-boutement k des deux pans de la couver-
ture, a pour expression :
Pb
F=
h
Cette force se combine avec les divers poids supportés par la
couvertureet donne une courbe funiculaire qui passe évidemment
par le point d'arc-boutement k et par les deux autres sommets i, l
du triangle ikl . Ainsi , en admettant que ces poids soient p, pa,
P2 , P3 , etc. , on mènera par le point k l'horizontale ko, qui repré-
sente la direction de la force F. En o, elle se combine avec le
poids pet donne la résultante 001, dont le parallélogramme des
forces fixe l'intensité . Cette résultante se combine avec la force pa,
et la nouvelle résultante prend la direction 01 0₂ , et ainsi de suite.
Comme vérification, la dernière de ces forces og i devra passer
par le point 2. On complète la courbe ou plus exactement le po-
lygone funiculaire en opérant de la même façon du côté opposé.
Magnésie [Angl . magnesia; Allem. die Magnesia ( Chimie) .
On appelle ainsi l'oxyde de magnésium. La magnésie est parfaite-
ment blanche, plus ou moins terreuse, très douce au toucher , ne
jouissant d'aucune saveur distincte. Elle n'est d'aucun usage dans
les arts; mais en médecine on s'en sert beaucoup , soit à l'état de
pureté, soit à l'état de combinaison avec quelques acides. On la
trouve rarement isolée dans la nature : elle entre dans un grand
nombre de pierres différentes, et se trouve toujours à l'état de sel
ou combinée avec d'autres oxydes .
Magnétisme [Angl . magnetism ; Allem. die Magnetische Kraft,
der Magnetismus) (Phys .) . Partie de la physique qui s'occupe
1134 MAL DE MER .
des propriétés de l'aimant, et qui rentre aujourd'hui dans l'élec-
tricité. On admettait, avant les expériences d'Arago, d'Ampère et
: d'Oerstedt, que les phénomènes du magnétisme étaient dus à un
fluide impondérable, distinct des autres fluides, et composé comme
le fluide électrique de deux fluides, l'un boréal, l'autre austral.
Maintenant tous les phénomènes magnétiques s'expliquent par
l'action du fluide électrique. Parmi les corps qui ont les propriétés
magnétiques , les uns l'ont naturellement, les autres artificielle-
ment. Les premiers sont dits aimants naturels ; ce sont le fer, le
cobalt, le nickel, le chrome et le manganèse ; les seconds sont dits
artificiels. On les rends magnétiques en les aimantant par divers
procédés.
MAGNÉTISME ANIMAL. - Ce mot a une double acception. Il signifie
un principe spécial qu'on indique comme la source des actions
organiques, qui siège particulièrement dans le système nerveux,
et qui se transmet d'un corps vivant à un autre par le contact, le
simple approchement, ou l'effet d'une forte volonté. Il signifie
aussi l'application des propriétés de ce fluide à l'art de guérir ;
c'est ainsi qu'on dit magnétiser et magnétiseur pour désigner
l'action d'appliquer ce fluide et celui qui l'applique. Les phéno-
mènes du magnétisme animal , popularisés par Mesmer , ont été
contestés . On a prétendu que les guérisons qu'ils produisaient
étaient fausses et imaginaires, que l'état de somnambulisme dans
lequel l'action magnétique met l'individu soumis à son influence
est également faux. L'Académie de médecine a refusé de l'adopter
comme moyen universel de guérison.
MAGNÉTISME TERRESTRE. - Voir page 1154.
Mal de mer ( Généralités) . On donne ce nom aux nausées,
aux vomissements et à quelques autres accidents dont sont atta-
quées la plupart des personnes qui naviguent pour la première
fois, et que ressentent même quelquefois ceux qui ont fait de
longues traversées.
M. d'Amora, lieutenant de vaisseau italien, exposait à Paris,
en 1878, le modèle d'un appareil à double suspension contre le
mal de mer. Ce modèle, que nous allons décrire (fig. 454), était
une réduction au 1/4 de l'appareil.
Au plafond d'une cabine de vaisseau est suspendu un double
mouvement, comme pour les chronomètres de marine, qui sup-
porte un cadre en cuivre de 0m,20 de long et de 0m,12 de large.
Chaque coin de ce cadre est relié au moyen de tringles également
en cuivre à un cadre en bois de 0m,45 de long et de 0m,15 de
large qui se trouve au-dessous. Ce second cadre, qui représente
une garniture, porte au-dessous de chaque coin un galet à joues
en bois de 0m,03 de long etde 0m,025 de large, entouré d'une
rondelle en caoutchouc. Celle-ci entoure également un autre galet
MANDRIN . 1135
de même grandeur qui se trouve au-dessous du premier à une
distance de 0,005. Ce second galet est fixé sur un autre cadre en
bois , de manière que les deux galets se trouvent interposés entre
les cadres. Le cadre inférieur représente la couchette ; il est
entièrement garni par une toile et fixé de chaque côté au parquet
Fig. 454. - Appareil contre le mal de mer.
au moyen de caoutchoucs qui le maintiennent mollement. Enfin,
au-dessous de ce dernier se trouve une caisse en cuivre glissant
sur deux tringles et servant de lest pour équilibrer l'appareil.
Mandrin [Angl. chisel ; Allem. der Durchschlay] (Serr.) .
Nom donné par le tourneur à diverses pièces qui se montent à
vis sur le nez de l'arbre d'un tour en l'air. Les forgerons et les
ajusteurs appellent également mandrins des outils de fer ou d'acier
dont ils se servent pour agrandir et égaliser des trous, soit à
chaud, soit à froid. Les mandrins des tourneurs servent à fixer
les diverses pièces qu'ils veulent travailler soit en dedans , soit en
dehors.
1136 MARIOTTE.
Manioc (Angl. yuca manihot; Allem. das Maniotz) (Botan). -
Plantes servant à la fabrication du tapioca.
Nous'ne discuterons pas des destinées scientifiques du manioc;
mais comme cette plante ne peut être vue en France que dans
quelques serres chaudes , nous en tracerons une courte description.
Il est toujours difficile de donner une idée juste d'un objet
inconnu par la comparaison avec un type connu. Cependant pour
procéder ainsi, c'est parmi les plantes d'Europe et dans la famille
du manioc, au ricin, ou palma-christi, que nous trouvons le plus
de ressemblance extérieure avec la plante d'Amérique. Cette ana-
logie de port est d'ailleurs plus sensible à la vue d'un champ un
peu étendu , que devant une gravure ou un individu isolé. Il est
cependant d'importantes différences, et notre comparaison entre
deux plantes de genres éloignés est nécessairement superficielle.
Les feuilles sont palmées dans les deux arbustes, mais plus pro-
fondément divisées et à lobes plus aigus dans le manioc ; elles
sont généralement opposées dans le ricin, toujours alternes dans
le genre Janipha. Les fleurs du palma-christi sont dressées en
épis ; celles du manioc sont disposées en corymbes ou grappes
lâches. Cependant le ricin donne un fruit à trois coques, analogue
à la capsule du manioc. C'est un des caractères propres aux Enphor-
biacées. Si l'on ajoute enfin à notre rapide esquisse une tige
ligneuse, tortueuse et pleine de moelle, haute d'environ 2 mètres,
une racine tuberculeuse et féculente, on aura une idée approchée
de cette curieuse plante, la plus alimentaire des colonies, connue
vulgairement sous les noms de manioc, magnoc, manioque, etc.
Manipulateur [Angl. communicator; Allem. der Zeichen-
macher] ( Télégraphie). Voir t. II, page 1444 .
Manipulation [Angl. manipulation ; Allem. die Bereitung]
(Chimie) . Manière d'exécuter les différentes opérations d'un
art, et d'unir convenablement la pratique à la théorie, résultat
d'une longue habitude facilitée par une adresse naturelle. Les
manipulations chimiques sont toutes les opérations de la science ;
les manipulations pharmaceutiques sont habituellement des mé-
langes de substances, des malaxations, etc.
Maquette [Angl. outline; Allem. die Anlage) (Sculpture). -
Les sculpteurs nomment ainsi une première ébauche d'un ouvrage
qu'ils font en terre molle. C'est aussi une pièce de fer d'un
échantillon proportionné au canon de fusil qu'on veut en faire.
Mariotte (loi de) ( Mathématiques). - Mariotte, savant remar-
quable du xvIIe siècle, trouva la loi qui porte son nom, et en
vertu de laquelle le volume occupé par un gaz est réciproquement
proportionnel à la pression qu'il supporte, c'est-à-dire que si sa
MARMITE . 1137
pression est deux, trois fois plus grande, le volume deviendra
deux, trois fois plus petit.
Pour démontrer cette loi relativement aux gaz soumis à des
pressions plus grandes que celles de l'atmosphère, on fait usage
d'un long tube de verre recourbé en siphon, et dont la plus petite
branche est fermée, tandis que la plus grande est ouverte. Ce
tube est fixé sur une planchette verticale qui porte, le long de
chacune des deux branches, des divisions. Celles de la plus grande
branche sont des centimètres, celles de la plus petite sont des
centièmes de sa capacité intérieure. On verse d'abord dans le
tube, jusqu'à l'affleurement du premier trait de chaque gradua-
tion, une petite quantité de mercure, qui emprisonne l'air contenu
dans la petite branche. Mais jusqu'ici, le niveau du mercure étant
le même dans les deux branches, l'air enfermé ne supporte que
la pression atmosphérique qui lui est transmise par le mercure.
Si maintenant on verse dans l'appareil de nouvelles quantités de
ce métal, on le voit s'élever peu à peu dans la petite branche, quoi-
que beaucoup moins que dans la grande : la diminution de volume
de l'air enfermé dans la première s'effectuant toujours propor-
tionnellement à l'augmentation de pression dans la seconde .
Lors que enfin l'espace vertical, compris entre les deux ménisques,
est égal à la hauteur barométrique, et que, par conséquent , l'air
de la petite branche supporte une pression égale à 2 atmosphères,
c'est-à-dire double de la pression normale et primitive, on cons-
tate que son volume a aussi diminué de moitié. Si l'on ajoutait
encore du mercure jusqu'à ce que la pression fût de 3 atmophères,
le volume de l'air serait le tiers du volume primitif et ainsi de
suite.
Marmite [Angl. calcination-pot; Allem. eisernem Anfeuer-
ungstopf] (Généralités). Vase dans lequel on fait cuire des
aliments par l'ébullition de l'eau. La marmite américaine est
une marmite composée de deux vases, l'un intérieur, l'autre exté-
rieur. Au fond de ce dernier se trouve en petite quantité l'eau
destinée à produire la vapeur. Dans le vase intérieur sont ren-
fermés , de manière à ce qu'ils ne touchent pas l'eau, les aliments
à cuire; le tout est hermétiquement fermé, et les aliments cuisent
à la vapeur que donne l'eau en ébullition.
MARMITE DE PAPIN. Vase de fonte ou de cuivre à parois très
fortes , terminé à sa partie supérieure par un rebord horizontal,
d'où part un cadre en fer perpendiculaire au plan du rebord. Le
couvercle s'appuie sur ce rebord et s'y applique fortement par la
pression d'une vis qui s'engage dans un écrou pratiqué au milieu
de la traverse horizontale du cadre ; dans le couvercle est pratiquée
une soupape de sûreté fermée par un levier dont l'extrémité
opposée vorte un poids. On se sert de cette marmite pour extraire
1138 MARTINET.
la gélatine des os et faire cuire les substances alimentaires végé-
tales ou animales plus vite que dans les marmites ordinaires.
Marque [Angl. button-die; Allem. der Knopfformenstempel]
(Généralités) . — Signe indicatif d'une chose. La marque d'un
fabricant est l'empreinte qu'il a choisie pour empêcher de confondre
ses marchandises avec celles des autres. Le gouvernement a aussi
des marques pour indiquer que telle ou telle marchandise a acquitté
le droit auquel elle était sujette. La marque était autrefois une
empreinte ineffaçable laissée sur la personne d'un condamné, et
ordinairement sur son épaule avec un fer chaud par la main du
bourreau . On appelle lettres de marque un acte du gouverne-
ment qui contient l'autorisation donnée à un particulier d'armer
et d'équiper en guerre un navire pour courir sur les ennemis de
l'État.
Marqueterie [Angl. marquetry ; Allem. die eingelegte] (Arts
et Mét.). - Assemblage de plusieurs pièces de bois de différentes
couleurs appliquées en feuilles minces sur un fond de menuiserie.
L'art de la marqueterie fut inventé en Orient et apporté par les
Romains en Occident. Jean de Verme, peintre , contemporain de
Raphaël, est le premier qui imagina l'art de teindre les bois avec
divers ingrédients et des huiles cuites qui les pénétraient, et
parvint à faire des perspectives en marqueterie. Outre les bois
précieux et aromatiques, le marqueteur emploie l'or, l'étain, l'argent,
le cuivre, l'écaille de tortue, l'ivoire, la corne, la nacre de perle,
le burgau, la baleine, etc.
Marrons [Angl. core; Allem. der Kern] (Génér .) - Conserva-
tion des marrons.- Après avoir laissé quinze jours les marrons dans
leur enveloppe épineuse, on les débarrasse et on les étend à l'ombre
sur un plancher pour leur faire perdre l'excès de leur eau de
végétation. On reconnaît qu'ils sont suffisamment ressuyés lorsque
le plancher qu'ils recouvrent n'offre plus de traces d'humidité.
Alors on renferme les marrons dans des boîtes de fer-blanc se
bouchant bien, et l'on place les boîtes dans un lieu sec et aéré,
jamais à la cave. Comme ces boîtes , qui ne doivent pas contenir
plus de 4 à 5 kilogrammes de marrons , ne fatiguent point et
peuvent être établies à moins de 2 francs pièce, la dépense pre-
mière n'est pas excessive et n'a besoin d'être renouvelée que partiel-
lement de loin en loin.
Martinet ( 1 ) [Angl. flatting hammer ; Allem. der Plattenham-
mer] (Métall.).— Gros marteau du poids de 40, 50 ou 60 kilogrammes
(1) Voir Marteaux-pilons, p. 1108.
MASTICS . 1139
suivant son objet, frappant depuis deux cents jusqu'à cinq cents
coups par minute, et sous lequel on étire les barres de fer ou
d'acier, et où l'on bat à froid les faux, les bêches, les poêles, les
casseroles, etc. On fait battre les martinets par le moyen des
cames d'un arbre horizontal que l'eau fait tourner plus ou moins
vite.
Mastics et luts [Angl . mastic; Allem. derMastix] ( Généralités).
1. Nous réunissons sous ce titre les composés plastiques dont on
revêt les surfaces et les joints qui doivent s'opposer au passage
des liquides, des gaz , des vapeurs et parfois de l'humidité ou du
calorique. L'adhésivité dont jouissent la plupart de ces composés
permet encore de les employer pour réunir ou souder entre elles
certaines matières homogènes ou hétérogènes, telles que la pierre
à la pierre, le verre au métal, etc.,etc.
2. Lut ordinaire. Ce lut, qui sert surtout à recouvrir les bou-
chons de liège des appareils de chimie, se compose de farine de
graine de lin broyée dans un mortier avec la quantité de colle
d'amidon suffisante pour former une pâte bien homogène. On en
applique une petite couche sur les bouchons, et on la recouvre de
quelques bandes de papier Joseph trempées, pour plus de sûreté,
dans la colle forte .
3. Cavendish broyait des amandes dans un mortier et les incor-
porait dans de la colle forte légère. Ce lut résiste à la pression
d'une colonne d'eau d'environ 0.10 .
4. Lut à la chaux. On l'emploie non-seulement pour fermer les
joints des appareils, mais aussi pour le raccommodage des vases
de verre et de terre. On le prépare en malaxant rapidement de
la chaux vive en poudre fine avec un blanc d'œuf délayé dans
son volume d'eau. Quelquefois, on remplace le blanc d'œuf par
une dissolution de colle forte assez légère pour demeurer liquide
à froid. Il faut employer ce lut à l'instant même où l'on vient de
le préparer, car il durcit très promptement. On l'enlève assez faci-
lement après l'avoir entortillé pendant quelque temps avec des
chiffons humides, auxquels on peut ajouter au besoin un peu
d'acide hydrochlorique.
5. Lut gras . Ce lut est le meilleur que l'on connaisse pour assurer
les joints des appareils distillatoires. Il résiste à un assez haut
degré de chaleur; il est peu pénétrable aux acides et aux liqueurs
spiritueuses . Il adhère avec force aux métaux, au grès, au verre,
pourvu que ces substances soient parfaitement sèches.
Pour le préparer, on calcine de l'argile, on la broie, on la tamise,
on la met dans un mortier de fonte, et on l'incorpore peu à peu
avec de l'huile siccative en la battant avec un pilon, jusqu'à ce
que le mélange bien homogène et bien ductile ait pris la consis-
tance d'une pâte ferme. On l'applique comme le lut ordinaire (2),
1140 MASTICS.
1 et on le recouvre de bandes de toiles imbibéés de lut à la chaux (4).
6. L'huile siccative s'obtient en faisant bouillir de l'huile de lin-
ou d'œillet, avec un seizième de son poids de litharge en poudre.
On continue l'ébullition à un feu modéré jusqu'à ce que l'écume
commence à roussir. On retire alors le mélange du feu. On laisse
reposer l'huile et on la décante.
7. Pour luter l'extérieur des vases , c'est-à-dire les recouvrir
d'une couche légère de matières propres à les garantir contre le
ramollissement ou contre les effets des changements subits de
température, on emploie : argile réfractaire 10 + argile fusible 1 +
sable 2 + crotin de cheval 1/16. On bat le tout avec un peu d'eau ;
puis on en ajoute assez pour l'amener à consistance de crème. On
plonge le vase, la cornue par exemple, dans ce liquide épais ; on
l'y fait tourner afin de la recouvrir également ; on la tient ensuite
au-dessus du feu pour sécher cette première couche, puis on la
replonge dans le mélange ; puis on sèche de nouveau, et l'on
replonge encore jusqu'à ce que la couche de lut ait une épaisseur
convenable, soit environ cinq millimètres.
8. Pour fixer les viroles de cuivre et les garnitures métalliques,
on fait fondre ensemble à la température la plus basse : cire
jaune 1 + résine sèche (arcanson) 4 ou 5. On introduit peu à peu
dans le mélange fondu 1 d'ocre rouge en poudre fine et préalable-
ment desséchée. On laisse pendant quelques instants la tempéra-
ture s'élever un peu au-dessus de 100°, jusqu'à ce que la matière
ne donne plus d'écume et n'éprouve plus d'agitation. On laisse
refroidir en agitant continuellement afin de tenir l'ocre en suspen-
sion. Pour employer ce mastic, on le ramollit à la chaleur, et
l'on chauffe les pièces sur lesquelles on l'applique.
9. Pour sceller les robinets des fontaines , assembler et lier les
tuyaux de grès, on emploie le mastic des fontainiers . On le prépare
en fondant 1 de résine (arcanson du commerce) dans une marmite
de fonte, et y ajoutant par petites parties, dès que la liquéfaction
est complète, 2 de ciment de brique bien desséché et encore chaud.
On le coule ensuite en pains sur une plaque de fer huilé. On con-
casse ces pains en petits morceaux ; on les refond dans un vase
en fer, en agitant continuellement, mais seulement jusqu'à con-
sistance de pâte molle. On applique le mastic à chaud sur les ob-
jets à sceller, un peu chauffés eux-mêmes , et l'on repasse les joints
avec un fer chaud qui les lisse.
10. Le mastic de Dihl convient surtout pour le rejointoiement
des dalles, et pour enduire les pierres qui doivent recevoir des
peintures. Il se compose d'huile siccative (6) et de ciment de
briques, de poteries de grès, de terre à porcelaine, ou d'argile
calcinée, suivant la teinte qu'on désire, en quantité suffisante pour
que le mélange prenne une consistance plastique assez forte.
Les surfaces et les joints doivent être complétement nettoyés,
MASTICS . 1141
puis rustiqués, tant pour augmenter les aspérités que pour enlever 1
toute efflorescence ; on y applique promptement le mastic à la
truelle, en le comprimant autant que possible et le lissant aussitôt.
S'il s'opère des fissures par le dessèchement, on les rebouche avec
du nouveau mastic, et on lisse en comprimant à la truelle. M. Debret
qui a employé avec succès ce mastic à la chapelle de Saint-Denis,
recommande de ne lui donner, en aucun cas, plus de huit à neuf
millimètres d'épaisseur. Autrement, on n'obtiendrait pas une des-
siccation convenable.
11. Mastic des sauvages. Les sauvages de la Nouvelle-Hollande
fixent, dit- on, la pierre de leurs haches avec un mastic qui , analysé
en 1810 par M. Laugier, a donné ; résine jaune 49 + sable pur 37
+ oxyde de fer 7 + chaux 3 .
12. Mastic des vitriers. Voir tome II, page 997.
13. Pour couvrir les terrasses , revêtir les bassins, souder les
pierres et s'opposer à l'infiltration des eaux, on emploie avec avan-
tage un mastic formé de brique ou argile bien cuite 93 + litharge
7+ huile de lin. On réduit la brique et la litharge en poudre très
fine; on les tamise ensemble et on ajoute au mélange la quantité
d'huile de lin pure qui suffit pour qu'il prenne la consistance du
plâtre gâché . On l'applique ensuite à la manière du plâtre , après
avoir légèrement humecté avec une éponge les surfaces à recouvrir
ou à rejoindre. S'il se forme quelques gerçures, on les bouche
avec une nouvelle quantité de mastic. Ce mastic ne se solidifie
qu'au bout de trois ou quatre jours .
14. Pour les plaques et rebords de fonte serrés par des écrous .
On emploie pour les réunir le mastic de fonte formé de :
Limaille de fer ou de fonte douce non oxydée. 30 ou 50
4 1
Sel ammoniac (hydrochlorate). .....
1
Fleur de soufre très propre 2
Total 32 ou 53
On mélange le tout avec soin dans un mortier ; on ajoute la
quantité d'eau et parfois d'urine suffisante pour l'humecter et
l'amener à l'état de pâte molle. On l'emploie alors immédiatement
après sa préparation. Il s'échauffe entre les joints, se gonfle et les
déborde ; on l'y chasse de nouveau par le mattage.
15. Pour pièces en fer ou en fonte chauffées au rouge, on forme
une pâte épaisse de limaille 4 + glaise non pyriteuse 2+ ciment
de briques 1, en délayant le tout avec de l'eau saturée de sel
commun .
16. Contre les fuites des tuyaux de vapeur , on peut employer
le mastic rouge formé de céruse 1 + minium 1, bien mélangés et
imbibés ensuite d'une petite quantité d'huile de lin que l'on ajoute
par parties en battant le mélange pendant longtemps avec un
IVE VOLUME 25
1142 MÉDECINE PRATIQUE.
marteau, jusqu'à ce que la pâte soit bien liée et assez ferme pour
que l'on en puisse former de petits rouleaux sans les casser.
Médailles antiques (procédés de restauration des).- Plonger
les médailles d'argent dans l'acide chlorhydrique, puis dans l'am-
moniaque ; les frotter ensuite avec une toile jusqu'à ce qu'elles
soient bien nettoyées.
Procédé pour donner la couleur d'or aux médailles.
Verdet. 25 gramm.
Thutie. 12
Borax . 6
Nitre. 6
Sublimé . 8 décigr.
Médecine pratique [Angl. medicin; Allem. Medicin] ( Conn.
gén.). - Voir le mot Hygiène, t. II , p. 760 et t. IV, p. 886.
Épidémies. On appelle épidémies, ou maladies épidémiques,
toutes les maladies qui, dans une localité, frappent sur un grand
nombre d'individus à la fois; mais dont la cause est accidentelle,
fortuite, passagère, le plus souvent inconnue. La coqueluche, le
croup, la scarlatine, la dyssenterie, les fièvres intermittentes, le
typhus, la fièvre jaune, la peste, le choléra, la variole, la suette,
les fièvres éruptives , etc., peuvent révêtir la forme épidémique.
« Les épidémies sont aujourd'hui moins fréquentes et moins
meurtrières qu'autrefois, grâce au progrès de la civilisation et des
soins hygiéniques. Leur durée est fort capricieuse et incertaine ;
elles ne cessent guère avant ? à 4 mois. Rarement deux maladies
épidémiques graves règnent simultanément;et durant les épidé-
mies, les maladies sporadiques sont sensiblement plus rares que
de coutume. On a remarqué aussi qu'après les épidémies meur-
trières , la mortalité et le nombre des malades étaient notablement
diminués. Les maladies épidémiques sont particulières aux cli-
mats situés entre les tropiques et les pôles ; dans leur marche,
elles se dirigent habituellement de l'est à l'ouest, comme on l'a
remarqué pour le choléra morbus. » Parlons seulement de cette
dernière affection .
Du choléra. Le choléra est un empoisonnement du sang,
une maladie épidémique dont les symptômes les plus apparents
consistent en vomissements et selles de matières aqueuses , blan-
châtres ; plus tard, quelquefois dès le début, suppression de sécré-
tion urinaire, refroidissement de tout le corps, même de la langue,
couleur violacée de la peau, qui devient flasque, ridée , dyspnée,
amaigrissement rapide.
Quelquefois l'invasion de la maladie est brusque, et nous avons
vu des malades enlevés en douze à quinze heures choléra fou
MÉDECINE PRATIQUE 1143
droyant) ; d'autres fois, un malaise particulier, de la faiblesse, de
la perte d'appétit, rarement des douleurs du ventre. Enfin , une
diarrhée jaune, muqueuse, des sueurs, l'accélération et quelque-
fois la lenteur du pouls constituent le premier degré de cette
affection redoutable, degré auquel divers auteurs donnent le nom
de cholérine. Du reste, nous avons vu des cas de cholérine se ter- 1
miner par la mort.
Lorsque le choléra est confirmé, les symptômes acquièrent une
affreuse intensité. Des vomissements et des selles, d'abord de
matières bilieuses, séreuses, albumineuses, puis blanchâtres , res-
semblant à une décoction d'eau de riz, se manifestent et se succè-
dent avec une rapidité effrayante pour le malade et pour les spec-
tateurs. La soif devient vive ; le patient ne cesse de demander des
boissons froides, glacées, acidulées ; le ventre est rétracté, peu
sonore, quelquefois le siège de douleurs que la pression augmente.
Les matières vomies sont d'une odeur fade, les selles fétides .
Le pouls, quoique souvent petit, faible, monte à 120, 130,
140 pulsations. Nous avons pu constater que sa force diminuait
en raison de sa fréquence .
La respiration était souvent anxieuse, difficile , quelquefois très
accélérée (grave) . La percussion et l'auscultation n'ont pu nous
faire_découvrir, dans quelque cas que ce soit, le moindre trouble
morbide. Nous avons remarqué, chez la plupart des cholériques,
un affaiblissement assez marqué de la voix. Dans la seconde
période de la maladie ( cyanose), il y avait même chez quelques-
uns perte complète de la voix.
Le facies est aminci , affilé ; les yeux vifs néanmoins, signe d'ir-
ritation cérébrale. Quelques-uns éprouvent des bourdonnements
d'oreilles, de la céphalalgie, des vertiges, d'autres des crampes
douloureuses dans les molets, les bras, les doigts même. C'est alors
que le malade s'affaiblit considérablement, que son visage exprime
l'anxiété , l'angoisse, la souffrance ; que ses yeux s'enfoncent dans
leurs orbites ; qu'ils se bordent d'un cercle bleuâtre, noir.
La langue est blanche, bleuâtre , pâteuse ; l'intelligence intacte.
Enfin , si les accidents vont en augmentant, le corps se refroidit, la
face se cyanose, ainsi que la pulpe des doigts et des orteils, surtout
au pourtour des ongles. Quant à la peau de ces parties, elle est
flasque, ridée , comme si elle avait séjournée quelque temps dans
un bain chaud. Elle conserve assez bien le pli qu'on lui donne
lorsqu'on la pince entre les doigts. Toutes les sécrétions diminuent,
s'arrêtent quelquefois complétement, et le malade entre en pleine
cyanose.
Alors les membres et la face se cyanosent complétement, l'hu-
meur acqueuse de l'œil se résorbe, la peau est froide, quoique
souvent couverte d'une sueur visqueuse. Un thermomètre que nous
avons placé sous l'aisselle de plusieurs malades, est descendu chez
1144 MÉDECINE PRATIQUE.
l'un à 10° 6/10; chez un autre, il marquait 120 ; chez un troisième,
13° 1/10. Les vomissements diminuent, mais les selles sont souvent
involontaires ; la voix est généralement éteinte, l'haleine très froide,
les battements du cœur presque éteints. La sensibilité tactile
devient nulle aussi ; tous les sens sont obtus. Chez deux malades,
nous avons rencontré du délire ; les autres sont morts lentement,
et quelquefois tout-à-coup.
Si le malade ne périt pas dans cette période, dite algide, d'as-
phyxie, l'état morbide se rétablit peu à peu ; il n'y a plus ni selles ,
ni vomissements, ni crampes, mais souvent des congestions san-
guines au cerveau, à la poitrine , et plusieurs convalescents ont
succombé à la suite de ces inflammations, que rien ne pouvait
combattre avec succès.
Disons que les effets de la réaction se manifestent souvent sur
l'estomac ; de là, cette douleur vive qu'accusent les malades, ces
nausées, ces vomissements de matières de diverses couleurs , ces
hoquets incessants . Dans d'autres cas, surtout chez les femmes et
les vieillards, la réaction se porte vers les poumons ; de là, toux
violente, dyspnée considérable, fièvre, enfin, tous les phénomènes
morbides de l'engorgement pulmonaire hypostatique.
Quant à la convalescence, elle est plus ou moins rapide ; ainsi,
quelques malades reprennent assez promptement leurs forces ;
d'autres restent plus d'un mois, quelquefois plusieurs années d'une
faiblesse extrême .
Traitement. Nous l'avons établi ainsi dans le département
où nous avons été envoyé, en 1854, par M. le ministre de l'agri-
culture : 10 moyens hygiéniques ; 20 moyens thérapeutiques.
Moyens hygiéniques . - En prescrivant ces moyens, nous savions
parfaitement qu'il nous était impossible d'atteindre la cause essen-
tielle du choléra; néanmoins, il est des moyens prophylactiques
que l'expérience a signalés comme pouvant intervenir avec quel-
que succès contre certaines conditions locales ou individuelles.
C'est ainsi que nous avons recommandé la plus grande propreté
dans les logements, le renouvellement constant de l'air, de grands
feux dans les habitations, un régime diététique variable selon les
âges, les habitudes, le tempérament, etc. ;
Nous avons beaucoup insisté sur l'importance : 1º d'éviter le
froid et l'humidité, surtout la nuit, parce que nous avions l'expé-
rience que les trois quarts de cas de choléra s'étaient manifestés
de minuit à quatre heures du matin ; 2° d'entretenir la chaleur
animale par des exercices musculaires bien combinés , par des
frictions , etc.; 3º de se nourrir convenablement, et surtout d'éviter
la bière, le cidre, le lait, etc.; 4º de se vêtir chaudement.
Moyens pharmaceutiques. Choléra moyen (cholérine) . - Air
pur, souvent renouvelé. Diète absolue. Eau de riz avec
sirop de coings. Lavements d'amidon laudanisés . Tilleul .
MÉDECINE PRATIQUE. 1145
camomille. Sinapismes, bains de pieds sinapisés, etc. Choléra
grave (choléra confirmé) .
Période algide. - 1º Nous cherchions à ramener la chaleur, la
circulation et à procurer la réaction par les moyens suivants :
Malade placé dans un lit chaud. Enveloppé dans des couvertures
de laine. Bouteilles de grès, remplies d'eau bouillante. Fric-
tions stimulantes sur les membres , l'épigastre, le rachis .- Frictions
rubéfiantes . Liniment ammoniacal . Infusions chaudes de
tilleul, de fleurs d'oranger, de menthe, de thé, de camomille, etc.;
20 nous combattions la cyanose par : sirop de groseille, de limon ,
éther, potions à l'acétate d'ammoniaque, etc ; 30 nous calmions
les douleurs abdominales et nous modérions les selles par : cata-
plasmes émolients, laudanisés, demi-lavements amylacés , opiacés,
astringents ; 40 nous modérions les vomissements par : limonade,
eau de seltz, sous-nitrate de bismuth, bi-carbonate de soude;
50 nous apaisions les crampes par : frictions avec huile de camo-
mille camphrée, liniment ammoniacal, huile de térébenthine, lau-
danum, etc.
Période de réaction . 1° Si elle était forte : saignées, boissons
émolientes , révulsifs sur la peau ; 2º si elle était modérée : méde-
cine des symptômes.
Nous combattions les différents états typhoïde , comateux,
ataxique, adynamique, etc., par les moyens appropriés .
Traitement du docteur Beauregard. - Selon le docteur Beau-
regard, du Havre, la médication suivante lui aurait donné des
succès hors ligne :
Pendant la première période.
Éther sulfurique.... 6 à 8 grammes.
Laudanum de sydenham, 2à 3
Sirop diacode 40
Eau de menthe. 90
F. s . a. une potion à prendre par cuillerée à bouche, deux coup
sur coup ; puis les quatre autres premières, tous les quarts
d'heure ; les quatre suivantes, de demi-heure en demi-heure ; et,
enfin, d'heure en heure.
L'effet de ce médicament serait, dès la seconde , troisième ou
quatrième cuillerée, d'arrêter presque spontanément les vomisse-
ments et les selles séreuses, de suspendre les crampes et les dou-
leurs de bas-ventre. La continuation de ce médicament, aidé de
tous les moyens cónnus, ramène promptement la chaleur et la
réaction .
Traitement de la deuxième période. Laissons parler le docteur
Beauregard : Quand, après la cessation des selles et des vomisse-
ments, j'aperçois quelques symptômes bien prononcés de réaction,
1146 MEDECINE PRATIQUE.
tels que le retour du pouls radical, la chaleur de la langue avec
disparition du froid cholérique et de la cyanose au moins sur le
tronc et les membres, je modère l'administration de la potion
éthérée laudanisée, pour la remplacer par la mixture suivante :
Éther sulfurique. 3 grammes .
Sirop diacode 30
i
Vin de quinquina . 100
A donner par cuillerée, d'heure en heure. Tout aussitôt, je fais
retirer le malade des couvertures dans lesquelles il est enveloppé,
pour le faire porter dans un lit, dont les draps ont été bassinés ;
puis j'applique des sinapismes aux jambes , j'attends huit ou dix
minutes pour les retirer, je les réapplique et les retire ainsi toutes
tes heures, régulièrement pendant tout le temps de la fièvre de
réaction, qui peut être de douze, vingt-quatre ou trente-six heures .
A mesure que la réaction augmente, je fais couvrir le malade
plus modérément ; pendant toute cette période, je fais entretenir
soigneusement de l'eau chaude aux pieds. La soif est souvent
ardente , je fais cesser le thé, pour le remplacer par la limonade
gommée suivante :
Acide tartrique.. 6grammes.
Gomme pulvérisée . 20
Sucre blanc pulvérisé. 80
Extrait d'alcool de quinquina.. 25 centigr.
Puis délayer dans un petit pot d'eau bouillante. Commencer à
donner à boire chaud, puis tiède, dégourdi, et, enfin, froid. -
Après la cessation de toute réaction, les malades se trouvent bien
de continuer la potion et les boissons dans lesquelles entrent les
préparations de quinquina. Ce tonique amer paraît contribuer à
ramener l'harmonie des organes, et, règle générale, les malades
qui en prennent se rétablissent beaucoup plus promptement que
ceux qui n'en font pas usage.
Ce traitement éprouvé, que le docteur Beauregard déclare être
traditionnel dans l'Inde, nous paraît digne , à tous égards, d'être
mis en pratique en temps d'épidémie cholérique.
Le choléra est-il contagieux ? Pour nous, qui nous sommes
trouvé face à face avec ce redoutable fléau , nous croyons devoir
déclarer que rien n'est moins prouvé que cette prétendue conta-
gion. Nous avons vu une foule de personnes aller mourir dans
des localités où ne régnait point le choléra ; de même qu'un grand
nombre de cholériques, transportés dans des pays exempts de
l'épidémie, sans que leur séjour ait déterminé un seulcas de choléra.
Nous repoussons donc toute idée de transmission directe, bien que
nous sachions qu'il peut se créer des foyers d'infection, qui rendent
les habitations fort dangereuses,
MELONNIERE, 1447
Choiérine. C'est le choléra dans son début. Ses premiers
accidents (perte d'appétit, diarrhée jaune, muqueuse , etc.) peu-
vent être combattus avec succès par les moyens dont la science
dispose, tandis qu'il n'en est plus de même, dans les cas de
choléra confirmé il importe donc, aux premiers symptômes de
cette affection, de s'abstenir complétement d'aliments, et deprendre :
1º de la tisane de riz ; 2° une infusion légère de tilleul ; 3° des
quarts de lavements amylacés et laudanisés. Dr LUNEL .
Mégaphone [Angl. megaphone; Allem. Megaphone] (Phys .) .
Nouvel appareil de l'invention du professeur Edison, appareil qui
ne le cède en rien au téléphone, ni au microphone, et recueille à
une grande distance les vibrations sonores les plus faibles en
les renfermant de manière à les rendre parfaitement percep-
tibles.
Le professeur continue chaque jour à perfectionner son méga-
phone. Il le plaça dernièrement devant son laboratoire, et donna
les tubes de caoutchouc à un des rédacteurs du New- York-Herald
pour qu'il pût constater lui-même l'étrange pouvoir de l'appareil.
Ensuite il s'éloigna à travers champs d'environ un mille (1,609 mèt.)
et se plaçant sur le sommet d'une colline il murmura : « Enten-
dez-vous ceci ? » Les mots arrivèrent distinctement quoiqu'une
brise assez forte se fit sentir en ce moment. Lorsqu'il parlait du
ton ordinaire, les mots étaient entendus aussi distinctement que
si la distance entre lui et son auditeur n'eût'été que d'un mètre au
lieu d'un mille .
Melon [Angl. melon; Allem. die Melone) (Alim.). Conservation
du melon . S'il est cueilli à l'état de maturité, mis dans une gla-
cière, le melon peut y rester frais et conserver ses qualités pendant
plus d'un mois. S'il est cueilli avant maturité le ressuyer 24 à
48 heures à l'air, puis le mettre dans un tonneau rempli de sable
ou de grès, ou de sciure de bois et de charbon en poudre, le tout
bien sec et placé à l'abri de la lumière, de l'humidité, de la gelée
et de la chaleur. Dans ces conditions, le melon peut se conserver
20 jours environ. On reconnaît que le melon a atteint sa matu-
rité, quand il se détache du pédoncule. On en consomme beaucoup
en Europe, surtout dans les pays chauds ; il est nourrissant et
rafraîchissant à la fois, mais la quantité d'eau de végétation qu'il
contient le rend indigeste pour les estomacs délicats. Il faut donc
être sobre de cet aliment .
Melonnière (Jard.) . - C'est ainsi qu'ou désigne toute partie
de terrain consacrée à la culture des primeurs et particulière-
; ment des Melons. La melonnière doit toujours être abritée des
grands vents , surtout de ceux du nord et de l'ouest, soit par un
mur, soit, à défaut de mur, par un abri temporaire en planches,
1148 MÉTÉOROLOGIE.
en paillassons, etc .; elle doit toujours aussi être exposée de ma-
nière à recevoir le plus de soleil possible.
Mercure [Angl. mercury; Allem. Merkur] (Chim. ). - Voir
MÉTALLURGIE, t. II, p . 1011 .
Mérinos [Angl. Merino - sheep; Allem. Das Merino - schaf]
(Tiss . ) . Voir plus loin le mot MouTON.
Métairie ou ferme [Angl. Farm ; Allem. Die meterie] ( Conn.
gén. ) Bien-fonds affermé sous la condition que le colon ou
fermier retiendra pour ses travaux la moitié des produits de la
terre, ou telle autre portion qui est réglée entre les contractants.
Ce mot métairie s'applique souvent aussi à une petite ferme,
c'est-à-dire à une terre de médiocre étendue dont le fermier paie
une redevance annuelle déterminée en argent ou en produits agri-
coles.
Métaux (1 ) [Angl. gun-iron ; Allem. das Metall.] (Métall.).- Pro-
čédé pour recouvrir le fer de cuivre, de bronze, de laiton.(Ce procédé
est dû à M. Tytherleich de Birmingham). On commence par décaper
très soigneusement la surface de la pièce de fer (barre , cylindre,
plaque en tôle) qu'il s'agit de recouvrir ; on y étend ensuite très
uniformément un mélange pulvérulent de limaille ou de petites
granules de cuivre, de bronze ou de laiton, avec du borax calciné
ou desséché. Sur 500 gr. de cuivre, on emploie de 70 à 150 gr. de
borax. L'objet en fer ainsi recouvert est ensuite chauffé au rouge,
pour faire fondre à la fois le cuivre ou son alliage et le borax.
Lorsqu'on opère avec du laiton, il faut avoir soin de chauffer
très également, et surtout de ne pas trop élever la température ;
on risquerait de volatiliser une partie du zinc qui compose le
laiton, et l'enduit en deviendrait très inégal de couleur et de surface .
A la sortie du four et pendant que l'enduit est encore fondu à la
surface du fer, on l'égalise uniformément au moyen d'une brosse
métallique. Par l'intermédiaire du borax, le cuivre ou ses alliages
se soudent et adhèrent si énergiquement au fer, que celui-ci peut
ensuite être laminé et étiré sans que son enduit en soit sensible-
ment altéré ou qu'il s'y manifeste des solutions de continuité.
Météorologie [Angl. meteorology ; Allem . das Météorologie]
(Phys. ) . Aujourd'hui les divisions dans la science sont nom-
breuses . C'est ainsi que la physique, outre les deux points de vue
de physique expérimentale et de physique mathématique , sous
lesquels on la considère, a dû se séparer de la chimie et donner
(1) Voir le mot Fer, t. Ier, p. 493 et t. III, p. 664, le mot Fonderie, p. 707
et le mot Métallurgie, t . II, p. 1001.
MÉTÉOROLOGIE. 1149
naissance à la minéralogie, à la géologie ; et, de même que l'hydro-
graphie et la climatologie forment des sciences spéciales, la météo-
rologie, prend un développement tout particulier. Mais ici que de
difficultés attendent l'investigateur! Les influences des localités,
soit par leur position géographique, soit par les accidents de terrain,
le voisinage de la mer, des fleuves, des bois , des montagnes , etc. ,
ne sont pas les moindres causes qui viennent compliquer les effets
à expliquer.
Nous allons, en empruntant quelques passages à l'excellent travail
de M. Boillot (1) , donner à nos lecteurs quelques notions sur cette
branche de la science.
Etude d'une trombe en mer . Les mouvements de l'ordre
cyclonique constituent réellement une vaste série de phénomènes
PEGARD
Fig, 455. - Observation d'une trombe dans le détroit de Malacca
(décembre 1877).
réguliers et stables, dont les perturbations elles-mêmes affectent
une allure géométrique. Cette série, qui commence aux simples
tourbillons de nos cours d'eau, comprend les plus curieux et les
plus effrayants phénomènes de notre atmosphère, les mouvements
grandioses que l'observation nous a révélés sur le soleil, et s'étend
peut-être jusqu'aux nébuleuses , où le télescope gigantesque de lord
Ross a mis en évidence une structure tourbillonnaire bien accusée .
(1) Météorologie, 1 vol. gr. in-8 avec figures prix : 3f,50, E. Lacroix, éditeur.
1150 MÉTÉOROLOGIE.
M. l'abbé de Regnon a fait en mer, au mois de décembre 1877,
dans le détroit de Malacca, l'observation d'une trombe. Le météore
(fig. 455) passa à la distance de 200 mètres environ du bord du
bâtiment qui allait en Chine. Il a pu être parfaitement étudié. Le
cône tourbillonnant descend de la nue. Arrivé à la surface de la
mer, il la déprime en godet, puis l'eau s'élève et décrit des hélices
en tournant autour du cône, après quoi elle forme champignon et
retombe en pluie. On en a recueilli une fois, et cette eau était
jaunatre. M. Faye a montré qu'il en est absolument de même du
mouvement de giration et même des moindres détails de ces
phénomènes.
Les gelées printanières . Il y a deux causes de gelées printa-
nières à signaler : L'une, la plus ordinaire, appelée gelée blanche,
est due au rayonnement vers les espaces célestes ; l'autre, plus
rare, est amenée par les courants polaires . La gelée blanche pro-
vient de la condensation de la rosée ; celle-ci n'est autre chose que
l'humidité atmosphérique qui se condense et se dépose sur les
végétaux dans les nuits fraîches et sereines. Cette condensation
se fait aux dépens du calorique des plantes, qui se refroidissent
par l'effet du rayonnement sous un ciel pur et froid. Si le ther-
momètre continue à descendre de zéro à deux degrés plus bas, la
rosée se congèle et les bourgeons rudimentaires , encore si tendres
aux premiers jours du printemps, sont plus ou moins altérés. Un
nuage, de la fumée, le moindre abri suffisent pour empêcher ou
diminuer le rayonnement.
Les gelées blanches sévissent généralement sur les plaines
horizontales et basses, parce qu'elles offrent toute leur surface au
ciel, tandis que les coteaux ne présentent que la projection de
cette surface, réduite en raison de la pente. De plus, les plaines
basses étant ordinairement plus humides que les coteaux, il s'y
produit un plus grand effet de vaporisation qui augmente l'intensité
du refroidissement. Il n'en est pas de même de la seconde espèce
de gelée , frappant les hauteurs comme les plaines et même davan-
tage ; il s'agit de courants polaires provoqués par des courants
équatoriaux trop actifs. Ces derniers quand ils ont régné longtemps
avec une intensité anormale, hors de proportion avec la raison,
c'est-à-dire avec la hauteur du soleil, dilatent considérablement les
couches d'air de nos climats tempérés.
Pronostics du temps , tirés des courants atmosphériques et des
courants marins. On peut tirer les pronostics du temps de la
connaissance de certains grands phénomènes concernant la phy-
sique du globe, et dont les deux principaux sont les mouvements
atmosphériques et le courant appelé gulf-stream. Nous savons
que ce courant sort du golfe du Mexique pour suivre les côtes
américaines , et venir ensuite longer les côtes de l'Espagne en
s'étendant iusqu'au nord de la Norwège, après avoir traversé
MÉTÉOROLOGIE. 1151
l'Océan Atlantique. Nous savons encore que le grand courant
atmosphérique se divise en deux branches, l'une équatoriale et
l'autre polaire, elles se répandent sur la superficie du continent
européen, de manière à donner des vents inférieurs soufflant sur
'Angleterre en venant du Sud-Ouest et arrivant du Nord-Est sur la
France, l'Italie et l'Autriche. Moins souvent, dans les régions
upérieures de l'air, la direction des nuages indique l'influence de
a branche équatoriale, tandis que l'autre branche, la polaire , se
fait sentir à la surface de la terre. Cet état est ordinaire entre les
tropiques ; il n'est qu'accidentel dans nos contrées .
On voit donc comment la différence de position des localités, en
Europe, peut les mettre à l'abri de l'action du courant aérien, ou bien
les placer dans l'une ou l'autre de ses branches ; c'est ce qui accentue
souvent très fortement les divergences climatologiques d'une même
saison, quand on passe d'un point à un autre sur notre continent.
On conçoit également que le courant atmosphérique éprouvant
des oscillations, puisse, à diverses époques , occasionner des intem-
péries générales et semblables.
Pronostics. Qu'il soit clair ou nuageux, un ciel rosé au cou-
cher du soleil annonce le beau temps. Un ciel blafard, laiteux,
annonce du vent ou de la pluie. Un ciel rouge le matin annonce
vent ou pluie. Un ciel gris le matin annonce le beau temps.
Si les premières lueurs du jour paraissent au-dessus d'une
couche de nuages, vent probable ; si elles paraissent à l'horizon,
beau temps.
De légers nuages, à contours indécis , annoncent du beau temps
et des vents modérés. Des nuages épais, à contours bien définis ,
annoncent du vent .
Un ciel bleu , foncé sombre, indique du vent; un ciel bleu clair
et brillant indique le beau temps. Plus les nuages sont légers,
moins il y a de vent ; plus ils sont épais, déchiquetés, plus le vent
sera fort .
Un ciel d'un jaune brillant au coucher du soleil, annonce du
vent ; jaune pâle de la pluie.
De petits nuages noirs annoncent de la pluie ; des nuages légers
allant vers d'autres nuages épais, sont signe de vent ou de pluie;
s'ils sont seuls, c'est du vent.
Des nuages élevés, en sens inverse aux nuages inférieurs, chan-
gement de vent. Après un beau temps clair, les premiers signes
d'un changement sont des nuages élevés en bandes légères, puis
des nuages pommelés qui assombrissent bientôt le ciel. Les nuages
qui se maintiennent sur les hauteurs ou qui descendent, annon-
cent vent ou pluie ; s'ils montent et se dispersent, c'est signe de
beau temps.
Quand les oiseaux de mer volent au large, beau temps et vent
modéré ; s'ils restent près de terre ou au-dessus de terre, s'ils
1152 MÉTÉOROLOGIE .
viennent à l'intérieur, coups de vent et tempête. Quand les hiron-
delles restent près des habitations , volant de côté et d'autre,
rasant la terre, signe de vent ou de pluie.
A ces signes, donnés par l'amiral Fitz-Roy, nous ajouterons
ceux de M. de Gasparin.
La pâleur du soleil annonce la pluie ; on ne voit plus alors qu'à
travers un air chargé de vapeurs .
Si le soleil fait éprouver une chaleur étouffante, c'est aussi un
signe de pluie ; on se trouve alors entouré d'une atmosphère
saturée de vapeurs et plus propre à s'échauffer à cause de son
défaut de transparence.
La couleur pâle de la lune, les cercles concentriques plus ou
moins obscurs dont elle est entourée, ses cornes mal terminées,
l'auréole lumineuse qui s'étend autour d'elle, et qui fait dire que
la lune baigne, sont autant de signes de pluie. Les étoiles présen-
tent aussi des signes semblables ; leur lumière perd de la vivacité,
elles se baignent aux approches de la pluie.
Le ciel est d'autant plus noir qu'il y a moins de vapeurs inter-
posées entre lui et l'œil du spectateur, sur les montagnes, il prend
une couleur de bleu indigo foncé ; si l'air se charge de vapeurs , la
teinte du ciel devient blanche, farineuse, comme on dit, c'est aussi
un signe de pluie.
Les vents sont les indices du temps qu'il doit faire.
Les brouillards qui tombent et se dissipent entièrement sans
former de nuages, accompagnent le beau temps. S'ils se renou-
vellent plusieurs jours de suite, s'ils font place à des nuages ou
s'ils montent, la pluie est très probable.
Théorie des étoiles filantes. - L'apparition du 14 novembre 1866
a pleinement réussi à porter la terreur. En Italie, elle a été si
splendide, que l'épouvante s'en est mêlée sur plusieurs points,
le peuple qui n'avait pas lu dans les journaux, la prédiction de
l'arrivée d'une quantité considérable d'étoiles filantes, a cru à la
fin du monde. Ce spectacle dura deux heures, après quoi les
témoins ébahis furent rassurés. En y réfléchissant , on verra que
cette panique d'un moment n'était pas aussi absurde qu'elle en
a l'air. Il suffirait pour faire disparaître la vie à la surface
du globe , que les essaims de ces météores légers, mais animés
d'une vitesse planétaire , fussent plus nombreux ; et la théorie
dynamique de la chaleur nous permettrait de calculer d'avance
la quantité de matière nécessaire pour accomplir en quelques
heures l'œuvre de la destruction générale, par la seule puissance
de l'effroyable vitesse dont la matière est animée dans les espaces
célestes .
Heureusement, ces météores ont beau venir effleurer chaque
année notre globe, ils se composent presque exclusivement de
matériaux fort peu denses, et un trajet à grande vitesse de quel
MÉTÉOROLOGIE. 1153
ques lieues dans les couches supérieures de notre atmosphère,
suffit pour les réduire en fumée.
L'air qui nous entoure amortit le coup, mais la vive incandes-
cence qui naît de la destruction de la force vive dont ces projec-
tiles sont animés, doit nous faire comprendre que les choses se
passeraient autrement si toutes ces étoiles filantes étaient de la
densité et du calibre des aérolithes en pierre compacte ou en fer
presque pur, qui arrivent tout enflammés jusqu'au sol et s'y
enfoncent plus profondément qu'un boulet de 24 dans le revête-
ment d'une fortification .
M. Saigey a déduit autrefois , après de longues séries d'obser-
vations, une loi que nous allons rapporter à cause de sa simpli-
cité :
« Il existe une cause qui rejette hors du zénith les groupes
d'étoiles filantes d'un même azimut, de telle sorte que , le centre
de ces groupes se rapproche plus ou moins de l'horizon ; il résulte
de là, qu'un observateur qui veut voir les étoiles venant de l'Est,
par exemple, ne doit pas se tourner dans cette direction, mais
bien dans la direction opposée, c'est-à-dire vers l'Ouest, et ainsi
de suite pour toutes les directions. >>
Origine des météorites. S'il est vrai que l'on admette main-
tenant, sans contestation, que les météorites aient une origine
extra-terrestre, il s'en faut de beaucoup que les savants soient
d'accord sur la région de l'espace de laquelle elles arrivent. Il en
est qui les assimilent aux étoiles filantes ; d'autres, à l'inverse,
en font des corps essentiellement planétaires. Les premières ont
une constitution tout à fait différente des pierres qui tombent du
ciel, car les étoiles filantes sont formées de gaz raréfiés et lumi-
neux, ce qui les différencie des substances minérales. En attribuant
une même origine à des corps différents, c'est faire une hypo-
thèse tout à fait gratuite, d'après M. Saint-Meunier.
Les météorites appartiennent à notre système planétaire ; elles
dérivent d'une région voisine de la terre. Le système solaire se
diviserait en trois groupes d'astres spéciaux. Le spectroscope
montre que les uns sont cométaires ou gazeux, d'autres liquides,
et d'autres solides. Le soleil représente le noyau à l'état de fluidité
ignée que renferme notre planète ; quoique ses différentes strates
soient superposées par ordre de densité, la division moléculaire y
aurait déterminé un mélange provenant d'une sorte de brassage.
Les météorites pourraient provenir d'un astre unique dont la
rupture aurait engendré ces corps, dont les orbites sont loin de
passer toutes par un même point. A des divisions, auraient succédé
d'autres divisions secondaires. Les petites planètes seraient un
degré intermédiaire entre la lune et les météorites qui seraient
beaucoup plus anciennes et qui représenteraient le dernier terme
de l'évolution sidérale. Une pierre tombée dans l'Inde, en 1860,
1154 MÉTÉOROLOGIE .
était à une température tellement basse, qu'on ne pouvait la tou-
cher sans éprouver une sensation douloureuse. La chute des météo-
rites est dépourvue de périodicité. La première chute de pierres
est géologiquement très récente et répond à l'époque quaternaire.
Ozone (1). En temps d'orage, lorsque les éclairs ont sillonné
l'atmosphère pendant un certain temps, on sent une odeur particu-
lière, analogue à celle
que dégage le phos-
phore. Cette même
odeur se manifeste
encore autour d'une
H machine électrique ,
F
de laquelle on tire
des étincelles . Il s'est
opéré dans ces cir-
constances une trans-
N G
formation ; l'un des
Km
gaz de l'air atmos-
phérique, l'oxygène,
s'est transformé en
D ozone. Ce corps, dé-
✔ couvert par Schoœn-
bein, est considéré
par les chimistes et
les physiciens, comme
de l'oxygène modifié
par l'action de l'élec-
tricité.
B
Nous allons main-
tenant parler des ins-
truments d'observa-
tions, en faisant un
extrait du Rapport de
M. Marié-Davy.
Magnétisme terres-
PEROT tre. Parmi les ins-
truments employés à
Montsouris pour l'é-
tude des magnétismes
Fig. 456. - Boussole de déclinaison absolue. terrestres , nous dis-
tinguons deux bous-
soles, l'une de déclinaison absolue (fig. 456) de MM. Brunner ;
l'autre de voyage, des mêmes constructeurs, donnant la décli-
naison, l'inclinaison et l'intensité.
(1) Voir plus loin le mot Ozone à son ordre alphabétique.
MÉTÉOROLOGIE. 1155
:
Un premier cercle gradué horizontal A, est porté par trois vis
calantes ; un second cercle gradué D, vertical, est mobile autour
de l'axe du premier ; il porte une lunette FF' et un microscope
liés parallèlement et invariablement l'un à l'autre et mobiles
autour de l'axe horizontal du cercle vertical. L'aiguille aimantée
est suspendue dans la caisse G. Cette aiguille est un barreau d'acier
prismatique, aux extrémités duquel est incrusté un très petit
disque d'argent sur lequel un trait vertical est tracé.
La caisse cylindrique, dont l'axe contient le barreau suspendu ,
est en bronze purgé de fer, ainsi que tout l'appareil. Elle est
fermée à ses extrémités par des glaces dont une est mobile ; elle
est surmontée par un tube H terminé en haut par une monture
en bronze, dont une partie,
tie, pouvant tourner sur l'autre, est
munie d'un petit treuil I auquel
est attaché le fil de suspension
de l'aiguille. Cette pièce tourne sur
elle-même ; elle est prise entre M
quatre vis de réglage opposées
deux à deux ; elle est destinée à
corriger l'excentricité du point de
suspension de l'aiguille. Ces instru-
ments permettent de déterminer, D D
sur le cercle horizontal, la trace
du méridien terrestre et celle du
méridien magnétique. L'écart de
ces deux lignes est l'angle de dé-
clinaison magnétique .
Magnétomètre bifilaire. Cet
K
K
instrument accuse les variations
0
de la composante horizontale. K K
Celui de M. Eichens (fig. 457) est
formé d'une cage et d'un barreau ;
le barreau est porté par deux fils
distants de 5 millimètres et longs
de 65 centimètres. Des petites 0
lames de cuivre recourbées et lar-
ges de 5 millimètres remplacent
le crochet de suspension du fil Fig. 457. Magnétomètre biſilaire.
double et le crochet de suspension
de l'aiguille et de son miroir. Le système des deux fils se tord, en
tournant le bouton placé en haut : l'aiguille s'éloigne alors du
méridien magnétique ; la torsion est continuée jusqu'à ce que le
barreau soit perpendiculaire à ce méridien. Il est donc en équi-
libre entre deux forces, celle de torsion et la force magnétique
du globe agissant sur les deux pôles de l'aimant et perpendicu-
lairement à sa direction. La force magnétique augmentant, le
1156 MÉTÉOROLOGIE .
barreau est entraîné et le bifilaire se tord davantage. Dans le cas
contraire, l'effet inverse a lieu. On lit la position variable de l'ai-
guille dans une lunette à échelle horizontale.
L'électromètre portatif de Thomson (fig. 458) étant chargé à
l'avance, peut conserver sa charge pendant plusieurs semaines,
en sorte qu'on se dispense d'emporter une pile dans les excur-
sions.
Un plateau circulaire G est électrisé négativement à l'avance ; il
est percé d'une fenêtre carrée p ,
fermée par une petite plaque d'alu-
F minium un peu plus petite que
D
l'ouverture. Cette plaque est placée
à l'extrémité du petit bras d'un
levier de même métal, supporté
par un fil de platine tendu hori-
zontalement sous le plateau G.
Les déplacements verticaux de la
plaque impriment à ce fil une tor-
eeeeer
sion qui équilibre la force de ces
déplacements. On mesure ceux-ci
A au moyen du prolongement du
G
bras de levier au-delà du fil de
Zsuspension jusqu'à portée de la
loupe 1. Un second plateau A, dis-
posé au- dessus du premier G, est
Fig. 458. Électromètre portatif. isolé et mis en communication par
le fil avec le collecteur d'électri-
cité ; il est mobile dans le sens vertical au moyen d'une vis micro-
métrique c. Le plateau A chargé agit sur le plateau G fixe et sur
la plaque mobile p. Si petG sont ramenés sur le même plan par
l'action de A sur p, cette action est constante et la charge A se
mesure par la distance qui sépare les deux plans A et G. On
charge le plateau G en débouchant un orifice F ; on y introduit
une tige métallique terminée en pointe et passant à travers un
tube de verre, pour l'isoler de la table traversée, mais commu-
niquant par sa base avec le plateau G. On passe alors au-dessus
de la pointe une plaque d'ébonite électrisée. Le plateau G l'élec-
trise négativement ; pour accroître son isolement , il y a en Pun
morceau de pierre ponce imbibé de quelques gouttes d'acide sul-
furique. Le tout est contenu dans un récipient en verre formant
une sorte de bouteille de Leyde dont le disque G avec son rapport
sont l'armature intérieure, la monture extérieure de l'appareil
formant l'autre armature. La valeur de l'instrument dépend de
la qualité de ce verre.
Lorsque l'appareil est chargé, on opère ainsi qu'il suit : Le
chapeau D a une ouverture à son centre ; on y introduit l'extré
MÉTÉOROLOGIE. 1157
mité inférieure E d'une tige de cuivre dont l'extrémité supérieure
est munie d'une mèche en ignition. On tient l'électromètre à la
main, on met la loupe l à la hauteur de l'œil et on abaisse le
chapeau D. La tige et le plateau A communiquent alors ensemble
ainsi qu'avec la main qui tient l'appareil. On tourne le bouton C
pour faire monter ou descendre le plateau A jusqu'à ce que la
queue du levier mobile, vue à la loupe l, soit au niveau d'un
repère fixe . On lit sur le cercle divisé placé au-dessous du bouton
F
m
H n
9
I m
n
I
PEROT
Fig. 459. Électromètre enregistreur.
C la position exacte, du disque. Cette opération donne le zéro
actuel de l'instrument ; puis on soulève le chapeau D ; le collecteur
ne communiquant plus avec le sol donne au plateau A le poten-
tiel de la couche d'air dans laquelle brûle la mèche. La queue du
levier de p quitte son repère ; on tourne alors le bouton C jusqu'à
ce que l'extrémité du levier revienne à son repère et on lit la
nouvelle distance qui sépare A de G. La variation de cette distance
mesure le potentiel cherché quelle que soit la charge de G, pourvu
que cette charge ne change pas pendant la durée de l'expérience :
on s'en assure en abaissant le chapeau Det refaisant la lecture
du point de départ. Si le zéro a changé, on répète l'expérience e
l'on prend des moyennes .
IVE VOLUME . 26
1158 MÉTÉOROLOGIE.
L'électromètre enregistreur de Montsouris, construit par. M. Sal-
leron , est à indication continue (fig. 459) . Il est double et chaque
partie est composée d'une lame d'aluminium suspendue par un fil
de platine et mobile au-dessus de quatre secteurs chargés par la
A
B ん
PEROT
Fig. 460. Baromètre -balance.
même pile. Les deux fils de platine sont reliés tous les deux au
même collecteur d'électricité ; mais les deux électromètres sont
réglés de telle sorte que l'un d'eux soit dix fois plus sensible que
l'autre . Les rayons émanés d'une même source lumineuse et
réfléchis par les deux miroirs, viennent tomber sur un même
MÉTÉOROLOGIE . 1159
cylindre recouvert d'un papier photographique et mis en mouve-
ment par une horloge. L'un des électromètres accuse les varia-
tions magnétiques pendant les beaux temps. Quand le potentiel
électrique est trop élevé pour être enregistré par le premier élec-
tromètre, il est accusé par le second qui, jusque-là, avait décrit
une ligne presque droite ou très faiblement ondulée. Toutes les
trois heures, l'électromètre est déchargé pendant quelques minutes
pour enregistrer son zéro sur le papier photographique.
Baromètre-balance. L'enregistreur type de Montsouris est le
baromètre-balance, construit par M. Salleron, fig. 460.
Ce baromètre n'est à peu près soustrait à l'influence de la tem-
pérature, que si le tube barométrique est du même calibre dans
toute sa longueur. Le tube est en fer embouti ; il est fixe ; son
diamètre interne est de 3 centimètres . La cuvette est large en
proportion et les forces capillacrées y sont négligeables, comme
dans le tube lui-même. Cette cuvette C est suspendue à l'une des
extrémités d'un fléau de balance D, dont l'autre extrémité est munie
d'un contre-poids E. Lorsque l'abaissement du baromètre est de
1 millimètre, 9 grammes, 6 décigrammes de mercure descendent
dans la cuvette. Celle-ci s'abaisse ; le plongeur sort du mercure
d'une quantité correspondante, et le niveau du mercure dans
la cuvette reste constant. Si la section S' du plongeur est égale
à la section S du mercure dans le tube, la cuvette descend de
1 millimètre. Ces déplacements se transmettent à l'aiguille h qui
les inscrit en une courbe continue sur le cylindre K.
Température de l'air à l'ombre. Abri des thermomètres fixes.
L'air est transparent pour les rayons de chaleur lumineuse émis
par le soleil, qui peuvent le traverser sans l'échauffer directement
d'une manière sensible. Tous les corps opaques exposés à ces
rayons s'en assimilent, au contraire, une partie notable qui élève
leur température au-dessus de celle de l'air ambiant. Il en résulte
que le jour, tous les thermomètres tendent à marquer un degré
un peu plus haut que l'air environnant. C'est pourquoi on abrite
les thermomètres, sans oublier toutefois, que les abris sont aussi
sujets au même effet. L'emploi du thermomètre frande, a été con-
seillé par Arago pour éviter ces inconvénients ; en imprimant un
mouvement de rotation au thermomètre attaché à une ficelle,
l'instrument est mis en contact avec une masse d'air qui se renou-
velle promptement ; ce qui réduit considérablement l'écart entre
les températures de l'air et du thermomètre.
Les thermomètres fixes installés par M. Ch . Deville, sont sous
un toit A à double paroi (fig . 461) de 1 mètre carré environ
d'étendue, et légèrement inclinée au-dessus de l'horizon du côté
du sud. Deux plaques de tôle un peu écartées B et C, et des
arbustes verts disposés alentour, à l'exception du côté nord, servent
à abriter les instruments et le sol lui-même des rayons du soleil.
1160 MÉTÉOROLOGIE.
A l'Observatoire de Greenwich, le toit plus étendu est horizontal,
mais surmonté d'un second toit de forme ordinaire. A Kew, les
instruments sont dans une grande cage, dont les côtés sont formés
par des lames de bois disposées en forme de persiennes ; le fond
PEPOT
Fig. 461. Abri des thermomètres fixes.
de la cage est complétement ouvert. L'installation de Montsouris
est généralement adoptée en France et en Algérie.
Udomètre enregistreur . Un udomètre destiné à l'enregistre-
ment des pluies est représenté fig. 462. Dans le cylindre P, com-
muniquant avec le récepteur par un tuyau souterrain, se trouve
un flotteur dont la tige engrène avec une roue dentée. Un coli-
maçon d est fixé sur l'axe de cette roue, sur son pourtour appuie
l'aiguille indicatrice b. Lorsque l'aiguille est en haut du cylindre,
elle retombe pour recommencer une nouvelle excursion. Un robinet
de vidange placé au point le plus bas, permet de nettoyer l'appa
reil.
MÉTÉOROLOGIE. 1161
Évaporomètre. - L'évaporation de l'eau produite à l'air libre,
dépend d'une foule de causes dont il est bien difficile de tenir
compte. Mais on
peut se proposer de
suivre les varia-
tions subies en un
même lieu, par le C A
pouvoir évaporant d
de l'air, ou de me- Πα
surer les effets pro-
duits dans un même A
canton par les in-
P
fluences physiques .
Plusieurs évaporo-
mètres sont en
usage à Montsou-
FEROT
ris ; nous reprodui-
rons la description
de celui de Dela-
haye ( fig. 463) qui
est un évaporo-
mètre ordinaire à Fig. 462 Udomètre enregistreur.
surface d'eau libre .
C'est un bassin rectangulaire de 25 centièmes de mètre carré,
renfermant une couche d'eau de 10 centimètres environ de hauteur,
sur laquelle repose
un flotteur dont la
tige commande une
aiguille mobile sur
un cadran. Cette ai-
guille accuse des cen-
tièmes de milimètres
dans la variation du C
niveau de l'eau . Le E 5
tout est couvert par
un petit toit ayant
un 1/2 mètre de su-
A
perficie, distante de
30 centimètres des
bords du bassin . Cet
instrument est placé PEROT
dans un espace dé-
couvert à 1 mètre
Fig. 463. Évaporomètre.
du sol.
Les aurores polaires . Leur origine. Les aurores polaires
produites il y a quelques années sur une vaste échelle et avec une
1162 MÉTÉOROLOGIE .
intensité inaccoutumée, ont donné une libre carrière aux imagina-
tions savantes .
Il est certain que l'aurore du 4 février 1872 a été vue aussi dans
l'hémisphère austral, au pôle duquel ce phénomène s'est égale-
ment produit. On a très distinctement vu une aurore australe, à
cette date, à l'île de la Réunion.
Une première description de ce météore a été reçue à Paris le
9 mars suivant. Elle mentionne que, dans la nuit du 4 au 5 février,
un spectacle splendide se manifesta. Une magnifique aurore aus-
trale fut observée vers dix heures du soir ; on crut d'abord à un
vaste incendie ; elle avait été précédée d'une pluie abondante. Les
montagnes et les arbres se détachaient en noir sur un fond rouge,
en produisant un très bel effet. Peu à peu le météore s'étendit de
l'est à l'ouest, et l'on voyait briller les étoiles au travers. Il y avait
de grandes traînées blanches groupées de 15 à 16. La lueur rou
geâtre disparut pour faire place à une teinte blanchâtre, jusqu'à
deux heures du matin .
D'après une deuxième communication, le phénomène parut à
8 heures 1/2 du soir ; il était encore très apparent à 5 heures du
matin. La plus grande intensité eut lieu de 11 heures à 1 heure 1/2
du matin. On voyait des raies ressemblant à une queue de comète.
Une troisième relation, envoyée à M. le général Morin, est de
M. A. Vincent, de Saint-Denis , à la Réunion. Dans la nuit du 4
au 5 février, dit-il, une aurore australe (fig. 464) a été vue ici.
Ce beau phénomène a commencé vers 8 heures 1/2 du soir, ce qui
correspond à 5 heures de Paris , moment où l'on ne pouvait pas
voir cette apparition dans la capitale de la France, à cause de la
lumière du jour, mais on la voyait déjà à Rome. A cet instant, le
ciel s'est teinté d'une couleur pourpre dont l'étendue a augmenté
par degrés du sud-est au sud-ouest. On eût dit tout d'abord la-
déflagration d'un vaste volcan. Le ciel était d'un pourpre foncé,
et la coloration montait jusqu'au zénith. Une partie de la voie
lactée se trouvait dans la lumière, et la croix du sud paraissait
avec tout son éclat. Les étoiles changeantes scintillaient au travers
et s'en dégageaient.
Un incendie ou une déflagration volcanique n'aurait point permis
une telle pénétration des rayons solaires. On remarquait une divi-
sion harmonieuse de la lumière et l'apparition soudaine d'immenses
jets lumineux montant de l'horizon vers le zénith, comme des
fusées. On voyait encore plusieurs bandes parallèles distantes de
plusieurs degrés les unes des autres, et tracées comme de grandes
queues de comètes, quelques nuages qui passaient se détachaient
en noir, comme des ombres errantes . Le maximum d'intensité se
produisit de 10 heures à 11 heures, ce qui fait 6 heures 30 minutes
de Paris ; alors elle offrait une de ses phases remarquables. Par
moments, les teintes semblaient se renforcer dans tous les points
MÉTÉOROLOGIE
Fig
.464 Aurore
.
australe
1163
1164 MEULES .
de leur immense étendue ; alors la clarté répandue était si vive
que l'observateur a vu très nettement les lignes de sa main ainsi
que quelques traces de nitrate d'argent qui la tachaient. Aucun
bruit de crépitation ne fut entendu ; l'atmosphère paraissait silen-
cieuse.
Le développement de l'aurore était magnifique au pôle Sud. A
minuit la coloration devint d'un rouge brique et les bandes s'éta-
laient. A 3 heures du matin, ou à 11 heures 30 minutes de Paris,
le phénomène austral avait pâli ; sa couleur était devenue jaune
d'or et s'éteignait presque au moment des premières clartés du
jour. On peut juger de l'intensité du météore et de sa beauté,
quand on songe qu'à la distance où se trouve l'île de la Réunion,
on n'en voyait que la partie supérieure. Ce phénomène occupait
une si large étendue qu'il montait presque jusqu'au zénith ; or la
base et le corps du météore étaient cachés par le cercle immense
se développant du pôle austral jusqu'à l'horizon. L'émotion fut
grande parmi la foule des spectateurs ; quelques-uns se livraient
à la crainte ; d'autres étaient dans une profonde admiration d'un
spectacle qu'on n'avait jamais vu porté à un si haut point de
nagnificence jusqu'ici.
Meulerie [Angl. works for preparing millstones ; Allem. die
Muhlsteinfabrik (Techn . ). Industrie ayant pour objet la cons-
truction des meules destinées aux huileries, aux moulins, etc. ,
pour le broyage des grains .
Meules [Angl . grindstone ; Allem. die Quetschstein] (Tech.). -
Bloc de pierre, d'acier ou de fer, taillé en rond et plat, qui sert
à aiguiser les corps durs ou à les broyer. Le nom de meules se
donne encore : 1° à un gros tas de foin que l'on élève dans les
champs ; 2º à la racine dure et raboteuse du bois des cerfs ;
3º à une roue de fer qui sert pour tailler les diamants et les
pierres précieuses. Les instruments tranchants s'aiguisent à la
meule de pierre ; les graines se broyent au moulin avec deux
meules de pierres posées l'une sur l'autre. C'est de celles-ci que
nous allons parler.
Des qualités des pierres propres à faire des meules .- Il semble,
a première vue, que toute pierre dure est propre à la mou-
ture des grains , mais la dureté n'est que la première qua-
lité indispensable, et elle appartient surtout à la classe des
pierres siliceuses ; aussi les roches volcaniques, les granits, les
grès et les silex sont-ils seuls employés à faire des meules. Une
seconde qualité à demander aux pierres destinées à la mouture
des grains, c'est la parfaite cohésion, le nerf. Toute pierre pou-
vant, par le frottement, s'égrener, doit être rejetée. Aussi les
grès, composés de grains siliceux plus ou moins fins agglutinės ,
V
MEULES . 1165
ne peuvent faire de bonnes meules, surtout pour les grains,
puisque la farine pourrait être mélangée de poussière siliceuse
très fine, éminemment nuisible à l'économie animale.
La mouture n'est pas, à proprement dire, l'écrasement du grain,
mais bien une décortication progressive. Les meules, d'abord
assez écartées , enlèvent le son en forçant les grains à rouler du
centre à la circonférence jusqu'à ce qu'ils soient dépouillés totale-
ment de ce son non brisé et que tous les grains féculents se
soient disjoints. La mouture est alors blanche parce que le son
est enlevé sans être broyé.
Pour que l'enlèvement du son, par une espèce de cisaillement
soit possible, il faut non-seulement que la pierre soit très dure,
mais qu'elle présente des aspérités ou tranchants capables de
couper le son. Cette troisième qualité à demander aux pierres
dont on veut faire des meules , c'est le mordant. Enfin, comme la
pierre dure doit s'attaquer à une infinité de grains dont la pelli-
cule est dure et siliceuse, elle tend à se polir : ses aspérités tran-
chantes , quelque dures qu'elles soient, s'émoussent, s'arrondis-
sent ; le mordant diminue, la pierre devient savonneuse. On doit,
par la taille de la surface des meules, renouveler le mordant.
Or, si le nerf n'est pas parfait, si la pierre est d'apparence cris-
talline, le choc du ciseau d'acier enlève des morceaux plus ou
moins gros : elle éclate sous le marteau et l'on ne peut arriver à
y faire les fines et nombreuses ciselures qui la rendent vive et
ouvrière. La meilleure pierre est celle qui se taille sans éclat
appréciable à la meilleure vue. Cette quatrième qualité est l'indice
d'une constitution particulière de la pierre que l'on ne trouve que
dans les roches appelées, par cela même, pierres meulières, et de
bonne qualité.
Ainsi, en résumé, une pierre destinée à la confection des meules
doit être dure, tenace, nerveuse et ne pas éclater sous le mar-
teau. Il est si rare de trouver toutes ces qualités réunies, que
l'on ne doit pas s'étonner qu'en certains pays étrangers, et même
dans quelques départements français , on emploie encore des
meules en granit ou en grès. Ces meules quoique ordinairement
faites d'une épaisseur considérable, s'usent très vite.
En Allemagne, notamment à Landernach , on se sert, à défaut
de pierre meulière, d'une roche volcanique poreuse moins mau-
vaise que le granit ou le grès ; mais les pores de ces meules se
remplissent promptement de farine, et la surface devient presque
polie et par suite mord à peine le grain.
Le vrai silex propre à faire des meules présente, lorsqu'on
l'examine au microscope, une infinité d'aspérités ressemblant à
une série de petits taillants, ou de lames fines placées presque
normalement au lit de l'assise ou à la surface travaillante de la
meule. Le silex, dans ce cas, est la meilleure pierre pour la
1166 MEULES.
mouture du blé ; elle est, suivant le langage des meuniers, non-
seulement dure et nerveuse, mais aussi vive, ardente et ouvrière.
Quand le silex est poreux, le bord des petites cavités dites éveil-
lures naturelles, forme aussi tranchant ; mais, à moins que les
pores soient très fins et infiniment nombreux, cette pierre n'est
pas aussi bonne que le silex à pores invisibles, mais à nervures,
à réseau mordant : elle s'applique plus naturellement à la mou-
ture à la grosse.
La pierre de bonne qualité poreuse, éveillée notablement, est
dite pierre française. La pierre peu poreuse, mais résistante et
nerveuse encore, est dite demi-anglaise. Le silex meulier compact,
mordant , nerveux, est dit pierre anglaise. Non pas que ce soit
l'Angleterre qui la fournisse, puisqu'elle provient surtout et presque
exclusivement de La Ferté-sous-Jouarre et d'Epernon, mais parce
qu'elle convient au mode de mouture anglais qui emploie des
meules sans éveillures naturelles , mais rayonnées au marteau-
Des diverses espèces de meules . - Autrefois , avant l'introduction
de la mouture anglaise et du rhabillage méthodique qui en est
un des principaux éléments, l'art de confectionner les meules
n'était pas à beaucoup près ce qu'il est aujourd'hui. On tirait de
la carrière les blocs les plus forts possibles, que l'on ajustait
assez grossièrement ; il était rare qu'une meule eût plus de deux
ou trois morceaux; quelquefois mème elle ne se composait que
d'un seul bloc. Et même quelques meuniers étaient fiers d'avoir
de telles meules .
L'homogénéité se rencontrant rarement, même dans des mor-
ceaux d'une étendue beaucoup plus petite que celle d'une meule,
on conçoit pourquoi il était si difficile autrefois d'avoir de bonnes
meules . Quand elles avaient la qualité convenable, on le devait
plutôt à l'effet du hasard qui avait réuni dans un seul bloc l'ho-
mogénéité nécessaire, qu'aux soins mêmes de la fabrication. On
prenait une pierre de Tarterel, du bois des Chéneaux, etc. , plus
ou moins éveillée ; celui-ci préférait la couleur bleue, celui-là la
couleur œil de perdrix, et l'on s'occupait peu du reste.
Aujourd'hui , les choses ne se passent plus ainsi. Les bons fabri-
cants de meules attachent la plus grande importance à connaître,
avant de confectionner celles qui leur sont commandées, la nature
des blés à moudre , le système de mouture adopté par le meunier,
les usages du pays où la meule doit fonctionner ; et c'est d'après
ces indications qu'lis peuvent choisir la pierre la plus convenable.
La meunerie doit donc bien se garder de donner la préférence à
telle ou telle nuance, chacune d'elles contenant des pierres de
qualités très diverses ; les indications relatives aux genres de
mouture sont les seules qui permettent au fabricant de meules de
choisir avec discernement les pierres convenables .
Autrefois on se servait presque exclusivement de grandes
1
MEULES . 1167
meules composées d'un seul morceau, ou d'un très petit nombre
de morceaux présentant de larges pores dits éveillures . Ces meules
dont la surface est seulement dressée et non rayonnée, et dont
on fait encore usage dans certaines contrées, portent le nom de
meules françaises .
Construction des meules françaises .- On s'appliquait autrefois
à faire des meules françaises d'un seul morceau et l'on parvenait
à en faire même d'un diamètre de 2 mètres . Ces meules étaient
dégrossies et presque finies dans la carrière même, et l'on éprou-
vait les plus grandes difficultés pour les extraire, car avec ce
diamètre, elles avaient une épaisseur de plus de 30 centimètres ,
ce qui constituait une pesanteur énorme.
Comme on doit le comprendre, il était très difficile de se pro-
curer des morceaux d'une aussi grande dimension et possédant
<0.3520,38
Fig. 465. Meule française Fig. 466. Meule française
en6 pièces. dont le boitard s'étend jusqu'au cercle.
une texture uniforme, c'est-à-dire une porosité homogène ; aussi
faisait-on la plupart du temps des meules de qualité tout à fait
médiocre . On a donc dû renoncer aux meules d'un seul morceau
et composer les meules françaises de plusieurs morceaux assortis
avec soin et présentant une surface à porosités régulières .
La construction de ces meules se fait comme suit : On choisit
le plus grand morceau que l'on peut rencontrer (fig . 465) dont
on fait le centre ou cœur, et dans lequel on pratique un œillard
d'une dimension conforme à la commande. Quelquefois , comme
dans la fig. 466, le centre ou cœur se prolonge jusqu'à la cir-
conférence qu'on désigne sous le nom de cercle, et, dans ce cas
comme dans l'autre, on assemble d'autres morceaux assortis
autour de ce centre. Ce morceau ayant les deux surfaces supé-
rieure et inférieure à peu près parallèles, on taille les côtés à
pans à angle droit, avec la surface principale ou surface travail-
lante, en ménageant le plus possible la pierre.
On choisit, bien entendu, pour surface travaillante, la plus
belle et la plus régulière, et plaçant contre terre la surface la
1168 MEULES .
1
moins belle, on assemble soigneusement avec du plâtre autour
du bloc polygonal, des morceaux dont la surface travaillante doit
être assortie le mieux possible avec celle du morceau central.
La meule ainsi confectionnée, on la relie avec des cercles en fer
placés à chaud qui, par le retrait provenant du refroidissement,
opèrent un serrage considérable et font du tout une meule solide.
Quand cette opération est terminée, on retourne la meule pour
unir et régulariser en certains points la surface opposée à celle
travaillante, et qu'on appelle contre-moulage. On replace ensuite
le contre-moulage à terre, on élève la meule sur des blocs et l'on
dresse la surface travaillante .
L'ouvrier chargé de faire la meule à l'aide de plusieurs mor-
ceaux est appelé le fabricant ; on lui apporte la série de morceaux
de la qualité convenable pour la meule qu'il doit exécuter. Il tra-
vaille à tâche .
Le boîtard est presque toujours d'un seul morceau et plus épais
que les morceaux qui l'entourent ; la meule doit, en effet, à son
centre avoir une grande solidité, puisque c'est dans le trou du
boîtard que se pose l'anille sur laquelle la meule est suspendue.
La qualité du boîtard doit être choisie en rapport avec la nature
de la pierre qui doit composer le reste de la meule. La pierre
d'Épernon sert parfois à faire des boîtards pour les meules de
La Ferté-sous-Jouarre. La solidité et la précision de l'ajustement
des morceaux étant de première importance, le fabricant doit
être un ouvrier habile et consciencieux; il doit tailler ses mor-
ceaux en leur donnant autant que possible la même épaisseur
dans les angles et les joints.
Pour la fabrication, la meule est placée verticalement sur son
cadre. Le fabricant ajuste ses morceaux, les taille et les relie
entre eux. On ne peut mettre trop de soins et d'habileté dans ces
travaux d'ajustement. C'est, en effet, le point principal dans la
confection d'une meule ;le genre de mouture actuel exige bien
plus que l'ancien, l'homogénéité de la pierre et la finesse de l'exé-
cution. Les meuniers habiles mettent toujours volontiers le prix
à des meules parfaitement composées , établies et ajustées ; de
bonnes meules en de bonnes mains n'ont jamais été trop payées.
Construction des meules anglaises . Voir le mot Repiquage
des meules, t. II, p. 1302.
De l'entrée à donner aux meules . - Une meule bien construite
doit concasser d'abord le grain, le réduire peu à peu en parties
plus ténues et le transformer ensuite complétement en farine.
Pour atteindre ce but, il faut que sur 25 à 30 centimètres, la
meule soit parfaitement plane ; cette surface s'appelle, en terme
de meunerie, l'entre-pied et l'extrémité , la feuillère .
L'entrée commence quelquefois à 16 centimètres de la feuillère
ou feuillure, et elle augmente, à partir de ce point, jusqu'à l'œil-
MEULES . 1169
lard où elle est de 3 à 4 millimètres, suivant la nature et la gros-
seur moyenne des grains à moudre. On voit que l'entrée est
l'espace qui reste au centre entre la meule courante et la meule
gisante . Le grain qui vient du centre trouve d'abord un espace
tel qu'il est à peine frôlé ; puis en s'écartant de plus en plus du
centre par l'effet de la rotation qui développe une vitesse centri-
fuge, le grain se trouve de plus en plus serré ; il est donc décor
tiqué et roulé et diminue de plus en plus de grosseur jusqu'à
l'entre-pied où il est réduit en farine, ou comme on dit, affleuré.
Du rayonnage des meules . Lorsque la farine provient seule-
ment du broyage du grain par le choc ou par la pression des
meules l'une contre l'autre, sa pâte ne jouit plus qu'à un faible
degré de la propriété de fermenter et de lever par la cuisson ;
cette farine est si collante qu'elle s'attache à l'étamine des blu-
toirs et en bouche les mailles. Il y a donc un degré de finesse de
farine qu'il ne faut pas dépasser, et on y parvient d'autant plus
facilement qu'on exerce moins de pression sur les grains et que
l'on décortique plus par l'action des tranchants naturels ou arti-
ficiels de la pierre des meules .
Olivier Evans croit qu'il faut faire moudre à une paire de
meules neuves quelques litres de sable anguleux et fin, on aiguise
ainsi les bords des pores de la pierre, ou peut-être, en détruisant
toutes les parties les moins dures, on ne laisse en saillie que les
aspérités tranchantes éminemment dures qui forment, pour ainsi
dire, le réseau des bonnes pierres meulières. Nous croyons qu'il
ne faut user de ce moyen qu'avec les plus grandes précautions .
Si les éveillures naturelles ne suffisent pas, ou si la pierre est
compacte, il faut y former des tranchants ou aspérités artifi-
cielles . En repiquant une pierre par petits coups épars sur toute
l'étendue, on donne du mordant à une pierre usée. C'est le ravi-
vage ou rhabillage à taille perdue.
Pour la mouture à l'anglaise, on préfère disposer des tranchants
continus sous forme de ciselures parallèles, précédées de rayons
pour la conduite régulière des grains, depuis le centre jusqu'à la
circonférence , et pour assurer la circulation de i'air. L'exécution
de ces rayons ou canaux s'appelle le rayonnage ; celle des cise-
lures parallèles, faites pour donner du mordant, est connue sous
le nom de rhabillage. -
Pratique du rayonnage. Le rayonnage consiste à donner à
la surface travaillante des meules anglaises ou demi-anglaises
les porosités qui leur manquent, en traçant sur cette surface des
rayons suivant une certaine disposition géométrique. Et il est
rationnel de prendre, pour direction des rayons droits par série,
la moyenne direction de la courbure qu'il faudrait leur donner.
Le rayonnage se fait à droite ou à gauche, suivant que les meules
doivent tourner dans un sens ou dans l'autre .
1170 MEULES .
-Un rayonnage se compose de parties creusées en forme trian-
gulaire et de parties planes, représentant une portion de circon-
férence développée. La partie triangulaire s'appelle rayon, la
partie plane s'appelle portant; un rayon a ordinairement 3 centi-
mètres de large et le portant 5 centimètres ; la profondeur du
rayon est de 5 millimètres environ.
Le rayonnage le plus usité pour les meulès de 1 mètre à 1m,50
est celui représenté fig. 467. Il présente 12 divisions contenant
Fig. 467.
chacune 4 rayons . Cette figure représente un rayonnage à
droite.
Un rayonnage également fort usité pour les meules anglaises,
du diamètre cité plus haut, c'est celui de 16 divisions contenant
3 rayons chacun, soit également 48 rayons .
Du rhabillage des meules . Quand la meule a subi l'opéra
tion du rayonnage, elle est soumise à celle du rhabillage, qui
consiste à donner aux portants tout le fini possible au moyen
d'une dentelure régulière : cette opération est plutôt du ressort
du meunier que du fabricant de meules , car elle dépend essen-
tiellement du mode de mouture adopté. Après un certain temps
de fonctionnement, les meules doivent être reciselées de nouveau,
MEUNERIE. 1171
et ces rhabillages périodiques sont l'affaire du meunier et parfois
d'ouvriers spéciaux (Voir le mot Rhabillage, t. II, p. 1310.)
Meulière [Angl. works for preparaing millstones ; Allem. die
Miëhlsteinfæbrik] ( Bâtiments). Pierre dure et très poreuse,
composée de concrétions quartzeuses et grossières dont le tissu
est criblé de trous. Le mortier s'y attache beaucoup mieux qu'au
moellon. On en distingue de deux espèces, l'une qui se trouve
par bancs ou grandes masses, propre à faire des meules de mou-
lins, et l'autre en rochers ou morceaux isolés et épars dans la
campagne. Les carrières de la première espèce se trouvent à la
Ferté-sous- Jouarre, et la seconde espèce dans les environs de
Paris . Les murs de terrasse, les contre-murs des fosses d'aisance
et des égouts s'établissent en meulière .
Meunerie [Angl. miller's trade ; Allem. der Mahlbetrieb]
(Arts et métiers). C'est l'industrie qui a trait au broyage des
grains (1) et à leur réduction en farine.
La meunerie chez les anciens . Les moyens employés pour
réduire le blé (2) en farine ont beaucoup varié, avant et même
après l'invention des moulins proprement dits. On écrasa d'abord
le grain entre deux pierres à peu près informes : c'est le point
de départ, l'état sauvage du travail ; l'invention première fut
celle des pilons et de leur emploi dans un mortier au broyage du
grain. Cette amélioration du travail manuel était, dans l'ancienne
Rome, attribuée à Pilumnus, et les Pison, des plus illustres
familles romaines, devaient leur nom à l'art de piler les grains,
perfectionné par un de leurs ancêtres.
Chez les Grecs, les deux pierres informes avaient été, depuis
longtemps déjà, remplacées par une table en pierre sur laquelle
un rouleau écrasait le grain. Cette première phase de la meunerie
a toujours pour principe, dans toutes ses modifications, le broyage,
soit par choc, soit par pression. La deuxième époque commence
avec l'emploi de pierres taillées circulairement en forme de,
meules de petites dimensions ; la supérieure pouvant être tournée
à bras : suivant les pays et les époques, c'est la femme ou
l'esclave qui tourne la meule; mais bientôt les exigeances de la
civilisation font employer les animaux, l'âne puis le cheval.
Enfin , dès Jules César, quelques essais sont faits pour rem-
placer les animaux par l'eau, et Vitruvė, sous Auguste, pouvait
déjà donner la description d'un moulin à eau : Cependant,
soixante ans après, Pline en parte comme d'une machine fort
rare; de sorte qu'il faut aller jusqu'au ive siècle de notre ère pour
(1) Voirle mot Grains, t. Ier, р. 622.
(2) Voir Blé, t. Ier, p. 175.
1172 MEUNERIE .
trouver une mention de moulins à eau destinés au service public.
Les moulins à vent furent introduits en France après les Croi-
sades , vers 1040, nous les devons donc à la civilisation orientale.
Entin, vers 1780, Watt fit l'essai de moulins à vapeur à Londres .
État actuel de la meunerie . Dans l'état actuel, l'art du
meunier n'est guère éloigné de la perfection et tous les moteurs
peuvent y être employés. Toutefois, la plupart des moulins sont
mus par l'eau , le moteur le plus économique dans la plupart des
cas ; le vent étant trop inconstant. Pour parer au chômage des
roues hydrauliques à certaines époques de l'année, on annexe
souvent aux moulins à eau une machine à vapeur. Enfin, dans
quelques situations, la vapeur peut être employée comme unique
moteur, malgré le prix assez élevé de son travail.
Les moulins à bras et ceux mus par un manège ne sont plus
que des exceptions ; cependant, dans les fermes éloignées des
centres de population, ils sont appelés à rendre de réels services.
Quel que soit le moteur, si sa marche est parfaitement régulière,
l'on peut obtenir une bonne mouture.
Nous avons décrit, t. II, p. 1041, les conditions de meilleur
établissement d'un moulin, nous invitons donc nos lecteurs à s'y
reporter, ainsi qu'à la fig. 436 qui représente un moulin à vent.
Des éléments variés ayant de l'influence sur le montage et la
conduite d'un moulin. - La préparation dela surface des meules,
leur montage et la conduite d'un moulin, dépendent évidemment
de la qualité que l'on demande aux produits de la meunerie, sui-
vant les localités et suivant l'emploi que l'on doit faire de la
farine. Nous devons donc passer en revue les divers genres de
mouture adoptés ou proposés. La détermination du travail né-
cessaire pour moudre suivant les diverses méthodes viendra com-
pléter cet examen indispensable à toute personne chargée de
monter un moulin.
Examen des caractères généraux des divers genres de mouture.
On emploie les meules , dans leur disposition actuelle, de deux
façons assez distinctes et qui comprennent tous les genres de
moutures quels que soient leurs noms. On moud : 1º à la grosse,
ou 2º à l'économique.
Dans le premier mode, le grain ne passe qu'une fois entre les
meules ; c'est-à-dire que ces meules sont assez rapprochées, et la
supérieure, assez lourde pour réduire la plus grande partie du
grain en farine, par un seul moulage. Dans le second mode, le
blé passe et repasse une ou plusieurs fois entre les meules . Mais
ces deux méthodes ne sont pas aussi différentes qu'on le pourrait
croire au premier abord .
Dans le premier mode, on ne peut jamais réduire complètement
tout le blé en farine, et si l'on ne repasse pas les fragments de
blé non moulus, c'est qu'on les sacrifie ou que l'on en trouve
MEUNERIE. 1173
l'emploi dans l'état où ils sortent de la bluterie. Dans le second
mode, le premier passage du blé a presque autant d'importance
que l'unique passage de la mouture à la grosse, car il décide de
la qualité de la première farine et des produits des passages
suivants . Les conditions du travail mécanique dans les deux
modes de mouture sont donc les mêmes ou à très peu près :
les différences essentielles tenant aux degrés différents de rappro-
chement des meules et de leur pression.
Mouture à la grosse. -
Toutes les fois que le blé ne passe
qu'une fois entre les meules, c'est une mouture à la grosse. Mais
on donne à ce genre de mouture divers noms suivant les détails
de l'opération .
1º Pour la mouture à la grosse dite des environs de Paris, on
procédait ainsi : les meules étaient réglées dans leur rapproche-
ment de façon à réduire presque entièrement le blé en farine.
Il faut pour cela une meule supérieure très pesante, assez rap-
prochée de la meule gîte pour que le grain ne puisse aller du
centre à la circonférence qu'en soulevant cette meule. Il y a donc
ici un broyage énergique sous une grande pression. Il n'y a que
les parties les plus dures du blé qui puissent rester à l'état de
gruaux , et la quantité de gruaux varie suivant la variété du
froment moulu. On séparait la farine du son et des gruaux qui
pouvaient rester à l'aide de bluteaux. Les gruaux séparés ainsi
pouvaient être repassés entre des meules plus serrées et plus
lourdes .
2° La mouture septentrionale ou la mouture des provinces , était
dite aussi moulure rustique. Le blé ne passait naturellement
qu'une fois entre les meules. La boulange ou la totalité de ce qui
sortait des meules, était renvoyée à celui qui faisait moudre,
boulanger ou particulier, qui blutait à sa fantaisie. En employant
une bluterie très serrée, la plus belle farine dite de blé traversait
seule le tissu. C'était alors la mouture du riche. L'ensemble des
gruaux, séparé du son, pouvait servir à faire du pain bis, ou
être remoulu . Lorsque la bluterie était moins serrée, les gruaux
les plus fins , passaient avec la belle farine et l'on avait la mou-
ture pour le bourgeois. Le reste des gruaux séparés du son pou-
vaient servir à faire du pain très bis ou être remoulus. Ces deux
méthodes de mouture donnent une perte plus ou moins considé-
rable de belle farine qu'on ne peut éviter qu'en remoulant les
gruaux.
Enfin, lorsque les meules destinées à moudre à la grosse étaient
très serrées et que la boulange passait dans une bluterie en tissu
très clair laissant passer d'abord la belle farine puis les gruaux
fins, les moyens et les gros, ou recoupes, on avait la mouture des
indigents . La bluterie ne retenant que les gros et moyens sons,
tout le reste servait à faire du pain de seconde qualité. On ne
IVE VOLUME . 27
1174 MEUNERIE .
perdait rien dans ce cas, si ce n'est le peu de farine restant à
l'intérieur des sons qui ne peuvent jamais être bien curés dans
ce mode de mouture.
3º La mouture dite méridionale ne diffère de la mouture à la
grosse des provinces que par l'habitude de conserver pendant
un certain temps la farine en rames, ou boulange, avant de la
bluter. Cette mouture a donc par rapport aux précédentes un
défaut de plus, c'est de laisser aux mites le temps de se mettre
dans le son. La mouture méridionale s'est conservée surtout à
Toulouse et à Moissac, chez les meuniers faisant des farines pour
l'approvisionnement des colonies : ces farines sont dites de minot,
parce qu'elles sont exportées dans des tonneaux portant ce nom.
On ne fait qu'un seul moulage, mais on rapproche assez les
meules pour qu'elles laissent très peu de gruaux. La boulange,
après quelques jours, passe dans un bluteau qui donne 51 kilog.
de gruaux de farine propre à l'embarquement, sur 100 kilog. de
blé passé entre les meules. On repasse les 49 kilog. de gruaux et
sons restants dans un bluteau spécial qui retient les sons et laisse
passer, en les classant en quatre compartiments, tous les gruaux.
Ces produits farineux secondaires sont appelés résillons et on les
divise en beaux, fins , ordinaires et communs. Ce que le deuxième
bluteau a retenu peut être bluté de nouveau et donne ce qu'on
appelle repasses : elles se classent en belles, fines , ordinaires et
communes . Les résillons beaux et fins contiennent souvent un
peu de belle farine; il peut donc y avoir avantage à les repasser
au premier bluteau, celui qui ne laisse passer que la farine de
minot.
40 Mouture mixte ou à son gras, dite de Melun. -
Dans ce
mode de mouture à la grosse, la boulange passe par un bluteau
très serré : la fleur de farine peut seule traverser le tissu, ce qui
reste après ce blutage est le son gras. Le boulanger ou le parti-
culier qui a fait moudre et bluter ainsi peut bluter chez lui ce
son gras de manière à ne retenir que les sons et envoyer moudre
les gruaux. On voit que ce qui caractérise la mouture à la grosse
dans ses diverses variétés, c'est le désir de faire, dans un seul
passage du blé, le plus de farine ou le moins de gruaux, afin
d'éviter de repasser ces gruaux.
Toutes les moutures à la grosse ont le très grave inconvénien
d'échauffer la farine : tout le travail inécanique nécessaire pour
la mouture étant dépensé en un seul passage, le frottement des
meules et du grain dégage une quantité de chaleur suffisante
pour porter la farine à une température assez élevée (35 à 40 de-
grés centigrades).
Mouture à l'économique. - C'est, comme le dit très bien Par
mentier : <<< L'art de faire la plus belle farine, d'en tirer la plus
grande quantité possible, d'écurer les sons sans les réduire en
1
MEUNERIE . 1175
poudre, et de les séparer si exactement des produits, qu'il n'en
reste pas la moindre parcelle. Cette définition n'est que le ré-
sumé de ce que l'on entend par bonne mouture. Toutefois , la
mouture à l'économique se fait plus ou moins bien suivant la
perfection du moulin. Dans tous les cas, le principe de ce genre
de mouture est la division du travail de moulage en plusieurs
passages du blé entre les meules .
Dans les bons moulins montés pour la mouture à l'économique,
le blé du commerce est nettoyé par divers appareils et arrive ainsi
absolument pur et propre entre les meúles. La meule supérieure
moins lourde que pour la mouture à la grosse, est assez écartée
de la meule dormante pour que le blé ne soit pas broyé entière-
ment, mais seulement décortiqué et concassé. Détacher le son en
écrasant le périsperme, voilà le but principal du premier moulage.
La boulange de ce premier moulage, en sortant des meules, tombe
dans un bluteau qui ne laisse passer que la farine de première
qualité : le reste se rend dans une seconde bluterie qui classe les
différents gruaux, les recoupes et les sons et ne garde à sa sortie
que les larges sons .
La première mouture achevée, les gruaux et les recoupettes
qu'elle a donnés sont portés entre les meules, un peu plus rap-
prochées que précédemment, ce qui donne de la farine ordinaire,
des gruaux tendres et durs et du petit son. Les seconds gruaux
et les recoupes ainsi que les sons gras , peuvent être reportés
sous les meules encore plus rapprochées, ce qui donne des farines
de troisième et quatrième qualités et des remoulages .
Ainsi, les moulins propres à la mouture à l'économique doivent
avoir, outre les meules, de bons appareils de nettoyage pour le
blé avant son passage entre les meules, puis diverses bluteries
pour classer en les séparant les farines de diverses qualités, les
gruaux de diverses grosseurs, les recoupes, les petits et les gros
sons . La définition et le nom même de la mouture à l'économique
justifient la préférence qu'on lui accorde généralement. On obtient
pour 100 kilogr. de blé , 66 kilogr. 2/3 de farine blanche, 8 1/3 de
farine bise et 22 1/2 des différents sons. La perte, par évaporation
de belle farine et d'eau, de constitution, est de 2 1/2 . La propor-
tion de farine blanche obtenue est plus forte que dans la mouture
à la grosse (1 ) .
Le mode de mouture adopté en Autriche est assez différent de
ceux employés dans les autres pays, par suite de la demande, par
la boulangerie autrichienne, de farines d'une blancheur parfaite.
C'est une habitude du pays qui a donné aux boulangers viennois
et à leurs produits une réputation universelle.
(1) Voir au mot Farine, t. Ier, p. 481 et suivantes, la composition élémen-
taire des diverses farines et leur mode d'analyse.
2
1176 MEUNERIE.
Cette extrême blancheur de la farine n'est pas obtenue, comme
cela se fait parfois , par l'addition aux farines ordinaires de ma-
tières minérales ou autres, mais bien par le mode particulier
employé pour moudre le blé et qui a pour effet de séparer les
parties externes du blé toujours un peu colorées et dures de la
partie centrale, plus tendre et tout à fait blanche. Mais il faut
remarquer que ces parties dures et foncées qui se trouvent vers
l'écorce du grain sont plus riches en substances alimentaires
azotées, en gluten, que les parties blanches centrales qui sont
surtout féculentes ou peu riches en matières plastiques. L'extrême
blancheur de la farine et du pain qu'elle donne est donc une
affaire de luxe, un attrait pour l'œil du consommateur : le pain
fait de farine bise est plus nourrissant et convient surtout aux
classes pauvres qui ne peuvent ajouter à cet aliment une suffi-
sante quantité de viande. Toutefois, il est juste que les meuniers
et les boulangers viennois se conforment à la mode et montent
leurs moulins pour obtenir la plus belle farine possible.
La farine blanche est obtenue par une mouture plusieurs fois
répétée entre des meules de pierre considérablement écartées
d'abord, de façon qu'elles ne fassent que concasser le grain ou
le réduire en gros gruaux nº 1 , dont le son se détache en larges
plaques assez nettes et faciles à séparer par les appareils à venti-
lateurs connus ou par un tamisage. Pour le second passage du
grain, actuellement à l'état de gros gruaux presque débarrassés
du son, les meules sont un peu plus rapprochées et elles écrasent
les gros gruaux en gruaux plus petits.
Comme les parties externes des gros gruaux sont plus dures
que les parties centrales , elles restent en fragments plus gros, ce
qui permet de les séparer, par un tamisage, des parties blanches
obtenues en gruaux beaucoup plus fins mêlés même à une cer-
taine quantité de farine très blanche : le second passage donne
donc des gruaux no 2, plus de la farine blanche ; ces gruaux sont
classés en gros, en bis et en petits ou blancs, et repassés séparé-
ment entre les meules pour avoir les gruaux no 3 et beaucoup de
> farine blanche . On comprend que ces remoulages peuvent être
poursuivis plus ou moins loin suivant le règlement des meules ;
on repasse au moins trois fois et au maximum douze fois. Le
dernier passage des gruaux a lieu entre deux meules très rappro-
chées. Dans ces divers passages, on obtient, à chaque fois , une
certaine proportion de fleur de farine qui, en totalité, ne dépasse
pas 33 p. 100 du poids du blé, le reste est de la farine ordinaire
et de la farine bise encore très belle, et pouvant donner de très
bon pain, mais n'ayant pas la parfaite blancheur du pain fait
avec la fleur de farine.
Les meules de ce moulin marchent relativement à une faible
vitesse : 110 à 115 tours par minute. Cette limite ne peut être
MEUNERIE . 1477
dépassée, car l'échauffement de la farine doit être soigneusement
évité, d'autant plus que tous les moyens de refroidir adoptés
ailleurs, tels que l'humectation du blé, les courants d'air frais
entre les meules, etc., ont l'inconvénient de diminuer la qualité de
la belle farine .
Le grain est donc moulu à un parfait état de siccité : il est
d'abord amené dans les appareils de nettoyage et va par des
élévateurs de grains aux meules qui donnent les gros gruaux
n° 1 ; ces meules sont distantes d'environ 3 millimètres et
6 dixièmes , cet écartement dépend de l'espèce et de la grosseur
du blé.
Le résultat de chaque mouture est la production de gruaux de
dimensions décroissantes et d'un peu de blanche farine, mais ce
que le meunier cherche surtout, dans le premier passage du blé,
c'est de produire aussi peu de farine que possible, puis dans les
passages successifs, à faire des gruaux inégaux, durs et gros,
tendres et fins, faciles à séparer, les derniers seuls donnant la
fleur de farine .
Choix du système de mouture. Lorsque les circonstances
permettent de monter un moulin avec tous les appareils de net-
toyage du blé et l'ensemble des bluteries nécessaires avec les élé-
vateurs, conducteurs, etc., etc. , qui en sont la conséquence presque
inévitable, il n'y a plus de distinctions bien tranchées entre les
moutures .
On a le choix entre la mouture à la grosse perfectionnée, c'est-
à-dire à l'américaine ou à l'anglaise, la mouture à l'économique
ou à la française, et la mouture à gruaux, que l'on pourrait
appeler viennoise . Et même, comme il est rare que dans les mou-
lins bien montés on ne reprenne pas une ou deux fois les gruaux,
on adopte actuellement une mouture intermédiaire entre la mou-
ture à l'économique proprement dite et la mouture à la grosse
dite américaine. Ce genre de mouture s'appelle mouture basse :
son but est, tout en moulant à l'économique , c'est-à-dire en repas-
sant les gruaux, de faire dans le premier passage le plus de farine
possible.
Au contraire, dans la mouture ronde ou à gruaux, comme
nous l'avons déjà dit, on s'efforce, dans le premier passage , de
faire le moins de farine possible, mais bien des gruaux, soi-
gneusement classés et remoulus successivement.
La mouture basse est presque généralement adoptée pour la
fabrication du pain ordinaire, et la mouture ronde seulement
lorsqu'il s'agit de pâtes alimentaires de luxe.
Un moulin bien monté peut faire de mauvaise mouture s'il est
mal conduit ; mais il est bien difficile , sinon impossible, de
moudre partaitement bien si les meules ne satisfont pas à cer-
taines conditions que nous avons énumérées au mot Meules .
1178 MIRAGE.
Micromètre [Angl. micrometer ; Allem. der Mikrometerzirket]
(Conn. gén .). Instrument qu'on adapte aux lunettes pour me-
surer le diamètre apparent des astres ou de très petites distances .
Il est composé de deux fils parallèles mobiles et d'unfil perpendi-
culaire. Cet appareil se place au foyer de la lunette. - Dans la
balance de torsion inventée par Coulomb, le micromètre est une
boîte en cuivre placée à l'extrémité supérieure d'un cylindre en
verre autour de l'axe duquel elle est mobile. Son disque est divisé
en 360 degrés, et une aiguille qui suit le mouvement du fil d'ar-
gent dont la torsion mesure la force répulsive sert à indiquer
cette même torsion.
Microscope solaire [ Angl. microscope ; Allem. der Mikros-
kop] (Opt.) . Instrument destiné à donner sur une surface
blanche, dans une chambre que l'on a eu le soin de rendre
/
obscure , l'image bien claire et prodigieusement agrandie de
l'objet à observer. Sa forme et les dispositions de ses parties
varient beaucoup ; le plus simple se compose souvent d'un miroir
plan et de trois lentilles convergentes, dont les deux premières
servent à concentrer la lumière sur l'objet soumis à l'expérience,
et dont la troisième sert à amplifier l'image. La lumière qu'on
emploie est la lumière solaire ; elle est réfléchie par le miroir
sur la première lentille, puis sur la deuxième, qui la concentre
sur l'objet. Les rayons lumineux, tombant enfin sur une lentille
placée au- devant de l'objet, vont tracer son image amplifiée sur
un tableau blanc, placé à distance (Voir ce mot t. II, p. 1012 et
p. 988 du t. IV) .
Miel ( 1) (Falsification du) [Angl . virgin-honey ; Allem. der
Honig] ( Conn . prat.). — L'amidon, la farine de haricots, le sable,
la gomme, servent à donner de la densité au miel altéré et à
augmenter son volume. Ces fraudes se reconnaissent par la cha-
leur, sous l'influence de laquelle le miel sophistiqué prend une
très grande consistance, s'épaissit beaucoup, tandis que, lorsqu'il
est pur, il se liquéfie ; puis si on le traite par l'eau froide, celle-ci
dissout les substances solides, et laisse pour résidu les corps
étrangers, tels que le sable, qui se précipite ; l'amidon, qui bleuit
au contact de l'eau iodée .
MIEL ROSAT. Nom donné au miel épuré, et auquel on a com-
muniqué un parfum agréable, celui de l'eau de roses par exemple.
Mirage [ Angl . mirage ; Allem. Spiegelbild] ( Conn. gen.).
Un des phénomènes les plus curieux que puissent présenter les
jeux de la lumière, c'est bien le mirage, qui nous fait voir dans le
(1) Voir ce mot t. II, p. 101
MIRAGE. 1179
ciel , dans les nuages , dans l'espace, à la surface des monts ou
des plaines, des pays enchantés, des apparences féeriques .
C'est dans les îles aux montagnes escarpées, sous l'équateur
surtout, que ce phénomène est remarquable, et cela se comprend :
le mirage étant produit par la réfraction et la réflexion des rayons
lumineux qu'occasionnent les couches d'air de différentes densités,
aucun site ne peut être plus propre à cela que ces îles qui pré-
sentent à leurs bases les chaleurs tropicales, et dans leurs régions
élevées les glaces de l'hiver. C'est ce qui arrive à l'île de la
Réunion, à l'île de Ténériffe et même dans beaucoup d'autres
fles dont les montagnes sont moins élevées.
Toute l'armée française, dans les plaines de la basse Egypte,
fut témoin des phénomènes de mirage les plus remarquables.
Fatigués par des marches forcées sous un soleil brûlant, dans
une atmosphère étouffante et chargée de sable, baignés de sueur
et tourmentés par une soif ardente, les soldats croyaient tout à
coup apercevoir devant eux un lac immense, dont les eaux trans-
parentes réfléchissaient des collines lointaines , des arbres, des
villages, mais à mesure qu'ils avançaient sur ces bords tant dé-
sirés, le lac enchanté fuyait devant eux, ne laissant qu'un sable
desséché à la place de sa nappe humide.
Les savants qui faisaient partie de l'expédition furent quelque
temps, comme toute l'armée, le jouet de cette cruelle illusion;
mais Monge en eut bientôt découvert et expliqué la cause. Les
couches inférieures de l'atmosphère échauffées par le sable pren-
nent des densités qui vont en décroissant à mesure qu'elles sont
plus voisines du sol. Les rayons lumineux partant d'un point élevé
et pénétrant dans ces couches passent sans cesse d'un milieu
plus dense dans un milieu moins dense ; l'obliquitéde leur inci-
dence sur les couches successives va donc en augmentant de plus
en plus. Enfin, ils rencontrent une couche sur laquelle ils subis-
sent la réflexion totale, et produisent pour l'œil qu'ils rencontrent
une image par réflexion .
M. Bigourdan a lu, il y a quelque temps, à l'Académie des
sciences, un long et intéressant Mémoire sur des phénomènes de
mirage observés à Paris, dont voici le résumé :
Le soubassement sud-ouest de la Bourse de Paris, que l'auteur
appelle le mur méridional, est formé d'un mur vertical en pierre
de taille, sans aucune partie saillante, dans une étendue d'environ
78 mètres. Lorsque, entre midi et trois ou quatre heures, ce mur
est frappé par les rayons solaires, il présente les phénomènes du
mirage avec une grande intensité. Si un observateur place son
œil un peu en avant du prolongement du mur, il voit sa surface
disparaître tout à coup, et un peu en avant de la surface, il voit
une mince couche d'air, plus ou moins agitée, qui a la propriété
de réfléchir tous les objets qui sont
1 près du mur ou de son pro-
1180 MIRAGE
longement ; ainsi, la corniche qui surmonte le soubassement se
réfléchit si exactement qu'au premier abord on croit que l'image
fait partie de l'objet. Si une personne appuie sa tête sur ce mur,
un peu plus loin de l'observateur, une grande partie de la têté de
cette personne, et quelquefois son corps tout entier, se mire sur
la mince couche d'air comme dans un miroir. L'image est un peu
tremblante et déformée ; mais si l'air est peu agité, on distingue
facilement tous les traits et toutes les parties du vêtement. A la
déformation près , l'image paraît aussi brillante et aussi nette que
le corps lui-même.
Le mirage se manifeste à Paris, dans beaucoup d'endroits , d'une
manière permanente, l'hiver et l'été, la nuit et le jour. Lorsque
le soleil brille avec un certain éclat, on peut l'observer très facile-
ment sur toutes les surfaces planes d'une certaine étendue expo-
sées au soleil, sur les parapets des quais, sur les trottoirs, sur les
marches des églises, etc.
Tous ces phénomènes de mirage sont faciles à comprendre.
Dans un milieu diaphane homogène, c'est-à-dire ayant partout les
mêmes propriétés , et au même degré, la lumière se propage
toujours en ligne droite. Mais une simple différence de densité
dans les parties d'un même milieu suffit pour le diviser en milieux
hétérogènes par rapport à la lumière, et pour la faire dévier de
la ligne droite. Les différentes couches de l'air ayant toutes des
densités différentes, il en résulte que la lumière du soleil ne nous
arrive jamais en ligne droite, et que nous ne voyons jamais cet
astre au lieu où il est en réalité . Les mêmes illusions ont lieu
dans nos observations sur les étoiles ou sur les corps très éloignés.
Ainsi , tous les astres nous présentent des phénomènes de mirage
par réfraction .
En traversant les couches successives de l'atmosphère, la lu-
mière ne rencontre pas de changement brusque de densité , elle
ne se brise pas non plus brusquement, comme par exemple en
passant de l'air dans l'eau ou dans le verre ; elle suit une ligne
courbe au lieu d'une ligne brisée. La réfraction que la lumière
des astres éprouve en traversant les couches successives de l'at-
mosphère, nous fait jouir plus longtemps de leur présence sur
l'horizon, car elle avance leur lever et retarde leur coucher. C'est
à cette réfraction que nous devons l'aurore qui précède l'éclat du
jour et le crépuscule qui précède les ténèbres de la nuit.
La lumière qui vient de parcourir un milieu réfringent, et qui
se présente pour passer dans un autre moins réfringent, s'arrête
quelquefois à la surface de séparation des deux milieux, y subit
une réflexion totale et repasse dans le milieu déjà parcouru .
Ce singulier phénomène a lieu toutes les fois que les rayons se
présentent sous une trop grande obliquité à la surface d'émersion .
Les phénomènes de réflexion totale et de réfraction dont nous
ΜΙΤΟΥΕΝ . 1181
venons de parler, expliquent toutes les variétés des faits magiques
connus sous le nom de mirage.
Mire [Angl . levelling-rule ; Allem. der Nivellirmaasstab (Ar-
pentage). - Jalon (1) mobile qui , avec le niveau , sert à faire les
nivellements. Il est composé d'une tige verticale de 2 mètres de
hauteur environ portant des divisions métriques, et le long de
laquelle glisse à coulisse une planchette carrée appelée voyant,
divisée en quatre autres carrés, peints deux à deux diagonale-
ment de la même couleur. Le point du centre sert de repaire
pour viser avec le niveau , et la personne qui tient la mire lit la
hauteur du centre de la planchette sur la division .
On fait aussi usage de mires parlantes qui consistent en une
planche peinte sur laquelle les divisions métriques sont indiquées
par des teintes occupant tout l'espace compris entre deux divi-
sions successives, et ces teintes diffèrent d'ailleurs entre elles
suivant la hauteur à laquelle elles correspondent. L'opérateur
qui se sert du niveau peut donc lire lui-même les cotes de hau-
teur, ce qui évite les chances d'erreurs et les pertes de temps
résultant de l'emploi de la mire ordinaire, qui exige une certaine
aptitude du porte-mire ou qui oblige l'opérateur à aller lire lui-
même les cotes une fois que le voyant a été fixé par le porte-
mire.
Les paveurs se servent de mires plus petites dans lesquelles le
voyant est fixe et qui exigent seulement l'emploi du mètre, d'une
règle, d'une équerre de maçon.
MIRE (Arquebuserie) . La mire est un point fixe soudé à l'ex-
trémité du canon d'une arme à feu, qui sert de guide à l'œil
pour la sûreté du tir.
Miroir [Angl. mirrorlike bass ; Allem , der Spiegel] (Archit .). -
C'est dans le parement d'une pierre, une cavité causée par un gros
éclat, quand on la taille. C'est aussi un ornement en ovale, qui
se taille dans les moulures creuses , et qui est quelquefois rempli
de fleurons .
MIROIR. Surface polie, ordinairement plane, destinée à re-
produire par réflexion l'image des objets qu'on place au-devant.
Les miroirs sont des glaces de verre uni et étamé avec du mer-
cure.
Mitoyen [Angl. common wall ; Alem die Feuermauer] ( Bâtim. ).
Mur appartenant à deux propriétés. Un mur ne peut être mi-
toyen que quand il joint sans moyens les deux héritages : Pour
qu'un mur ainsi placé appartienne indivisément aux deux voisins,
(1) Voir ce mot p. 992. t. IV et la figure 346 t. II, p. 874.
1182 MITOYEN.
il faut, ou qu'ils l'aient fait construire à frais communs, ou que
l'un des voisins en ait acquis la mitoyenneté de celui par qui ce
mur a été construit. La mitoyenneté cesse lorsqu'il y a titres
contraires , et, à leur défaut, certaines marques présentées par
le mur lui-même ; ces marques sont de trois espèces : la première
est le chaperon à une seule pente, tournée du côté de l'héritage
du réclamant, la seconde consiste dans les filets de pierres cons-
truits avec le mur, et placés du côté de celui qui prétend avoir
la propriété du mur entier ; ces filets prennent le nom de cor-
niches , larmiers ou plinthes , suivant leurs différentes formes ; la
troisième espèce sont des corbeaux ou pierres en saillie, placées
de distance en distance dans le mur du côté de celui qui les in-
voque comme des témoins de son droit exclusif à la propriété
du mur.
Les réparations de mitoyenneté se payent à frais communs :
1º chacun paye au prorata de sa communauté de mur; 20 celui
qui veut reconstruire le mur dans des dimensions plus fortes,
doit prendre à sa charge, non-seulement le travail, mais encore
la plus grande épaisseur du mur sur son propre terrain . Néan-
moins, celui qui fait la construction est tenu de garantir et in-
demniser le voisin de tous les accidents qui pourraient arriver
à ce dernier ; mais si le mur était caduc et entièrement corrompu,
l'un des deux voisins aurait la faculté de provoquer la recons-
truction à frais communs .
En général, un mur doit être réparé quand il s'y trouve des
lézardes , soit d'un côté, soit de l'autre, quand il manque de crépi,
quand le chaperon est endommagé en quelques-unes de ses par-
ties, quand une ou plusieurs des pierres qui forment le mur
viennent à se détacher, quand le mur déverse, quand il présente
des renflements soit d'un côté, soit de l'autre : Quand il est cor-
rompu , c'est-à-dire tellement mauvais qu'il ne peut plus servir à
l'usage auquel il est destiné, il doit être refait ; un mur qui
penche d'un côté ou de l'autre très sensiblement, peut être con-
damnable suivant les circonstances. S'il s'agit de mur mitoyen
qui porte des édifices, la règle la plus généralement reçue est de
ne le condamner à être démoli que quand il est hors de son
aplomb, de plus de la moitié de son épaisseur. Si un propriétaire
voulait adosser une cheminée contre le mur mitoyen, vis-à-vis
une poutre, il serait tenu de diminuer la longueur de cette poutre,
de manière qu'elle ne vînt qu'à la moitié de l'épaisseur du mur.
Un des propriétaires d'un mur mitoyen peut faire sur ce mur une
surélévation en payant toute la surcharge à son voisin ; cette
surcharge est fixée suivant l'usage au sixième; cependant cet
usage n'est pas toujours conforme à la justice, il vaut mieux s'en
rapporter aux gens de l'art.
Lorsque celui qui fait l'exhaussement prend sur lui de recon-
MITOYEN. 1183
struire le mur mitoyen, qui, quoique bon, n'était pas assez fort
pour supporter l'élévation, ces frais sont à sa charge. Si un mur
mitoyen est mauvais, le voisin qui veut l'exhausser peut exiger
qu'il soit refait à frais communs, sauf à payer l'indemnité pour 7
la charge qu'il y mettra ; dans le cas où un mur ne serait pas
absolument mauvais, pouvant encore durer quelques années, il
n'en faudrait pas moins le reconstruire en entier avant de l'ex-
hausser; le voisin serait même tenu d'y contribuer, en diminuant
sa part en proportion du temps que le mur aurait encore duré.
Dans le cas où un mur mitoyen serait un pan de bois, celui qui
voudrait élever pourrait forcer son voisin à participer à la recon-
struction du mur en entier, suivant l'épaisseur déterminée, en
pierre ou moellon. Personne, suivant l'art. 662 du Code civil, ne
peut faire travailler à un mur mitoyen sans le consentement des
parties intéressées. Le propriétaire dont l'héritage touche à un
mur construit sur l'héritage voisin, peut rendre mitoyen le mur
entier, ou seulement une portion, sans que le maître puisse s'y
opposer, en lui payant toutefois la moitié de la valeur du mur, ou
la portion qu'on veut rendre commune . Celui qui veut rentrer
dans son droit de communauté, précédemment abandonné, doit
acheter non-seulement la moitié du mur, mais encore la moitié
du terrain, cette moitié ayant cessé de lui appartenir lors de
l'abandon qu'il en avait fait. Un propriétaire peut construire sur
un mur qui est bon pour clôture, en le reconstruisant à ses frais
et en prenant la plus grande épaisseur de son côté ; ce mur est
mitoyen jusqu'à la hauteur de clôture ; et pour surplus il appar-
tient exclusivement à celui qui l'a fait reconstruire ; si, par suite,
l'autre propriétaire voulait se servir de la mitoyenneté, on éva-
luerait le mur dans l'état où il est, ainsi que tout le terrain de sa
fondation : on défalquerait de cette valeur le mur considéré comme
simple clôture , puisque c'est là ce qui est déjà en communauté ;
l'excédant serait le prix que devra payer le voisin pour rendre le
mur commun. Lorsqu'on veut seulement adosser des cheminées
à un mur qui appartient au voisin, on a le droit de lui acheter
la mitoyenneté de la portion de mur que les cheminées occupe-
ront dans toute leur hauteur et sur leur largeur : l'usage est de
calculer les cheminées comme ayant 0m,33 de plus de chaque
côté queavoir
Pour la largeur réelle,
droit de c'est ce qu'on
communauté appelle le pieddud'aile.
à l'exhaussement mur, il
faut payer la moitié de la valeur actuelle de cette construction,
y compris la moitié du terrain qui a servi à donner au mur plus
d'épaisseur, si cette augmentation a été nécessaire. On paye en
outre la moitié de la valeur actuelle des dépenses accessoires
auxquelles elle a donné lieu.
Celui qui veut avoir la mitoyenneté d'un exhaussement auquel
il n'a pas contribué, doit rembourser la moitié de la valeur de
1184 MOELLONS.
cette construction, des dépenses accessoires qu'elle a occasionnées
et de l'indemnité qu'il avait reçue. Le voisin qui a contribué
seulement jusqu'à concurrence de clôture, n'est tenu des répara-
tions et de la reconstruction, que dans la même proportion et
comme si le mur n'était qu'une simple clôture .
Un mur qui touche sans moyen deux héritages, se nomme mur
de clôture quand , ni d'un côté ni de l'autre, il ne supporte aucun
bâtiment. La hauteur de clôture est fixée suivant les règlements
particuliers et les usages reconnus. Enfin , si aucun usage n'est
suffisamment constaté, l'art. 663 du Code civil dit que tout mur
de séparation qui sera construit nouvellement par la suite, ou
qui sera rétabli à la place d'un ancien, dans les villes et fau-
bourgs formant une population de 50,000 âmes et au-dessus,
aura une hauteur au moins de 3m,30 y compris le chaperon.
Dans toutes les autres villes et leurs faubourgs, la hauteur d'un
mur de clôture sera de 2m,65 ; bien qu'il y ait inégalité de terrain,
le mur de clôture doit avoir cette même hauteur du côté où il
est le plus bas.
Dans une maison appartenant à plusieurs propriétaires : 1º les
gros murs et le toit sont à la charge des propriétaires , chacun y
contribue en proportion de la valeur de son étage ; 20 le pro-
priétaire de chaque étage entretient le plancher sur lequel il
marche ; 30 quant aux escaliers, le propriétaire du premier étage
entretient l'escalier qui y conduit et ainsi de suite (Lois des bâti-
ments) .
Moellons [ Angl. quarry-stone ; Allem. der Bruchstein) (Ma-
çonnerie) . Pierres de petit échantillon, formant la masse de la
partie des maçonneries qui n'est pas en pierres dites de taille.
On appelle moellon brut, celui qui n'a aucune forme régulière ;
moellon smillé ou essemillé, celui qui a été travaillé à la grosse
pointe, de manière à avoir la même hauteur dans chaque assise;
moellon piqué, celui qui a été équarri , réduit à une hauteur uni-
forme, et dont le parement est taillé à la fine pointe. On l'emploie
surtout pour le revêtement des murs de soutènement.
Pour obtenir une bonne maçonnerie ordinaire de moellons et
de mortier, il importe, d'après Sganzin , avant de poser la couche
de mortier qui recevra les moellons, que l'ouvrier nettoie et
mouille la couche de maçonnerie précédente ; qu'il enlève avec
soin la terre et les autres substances étrangères qui pourraient
être attachées aux moellons ; qu'il mouille ceux-ci pour les mieux
disposer à prendre le mortier ; qu'il les pose en liaison et à bain
de mortier ; qu'il leur donne une assiette sûre, et les frappe à
coups de marteau jusqu'à ce que chaque moellon ait pris sa
place ; enfin , qu'il garnisse tous les vides dus à la forme irrégu-
lière des moellons, par des éclats de pierre enfoncés au marteau
MONTE- CHARGES . 1185
dans le mortier qui remplit ces vides. S'il s'agit de maçonneries
de murs en élévation, il est indispensable d'élever le mur égale-
ment des deux côtés , par assises, et d'arraser l'intérieur au
niveau de la hauteur des moellons qui forment les parements .
Moissonneuse [Angl. reaping machine ; Allem. die Ernte-
-
maschine] (Agric. ) . Voir t. II, p. 811.
Molécule [Angl. molecule ofwater ; Allem. das Atom] (Phys .) .
On nomme ainsi, en chimie, la plus petite partie d'un corps
quelconque . Les molécules sont de deux sortes dans les corps ; les
unes , appelées intégrantes, sont semblables ou homogènes, c'est-
à-dire de même nature ; les autres, appelées constituantes , sont
dissemblables ou hétérogènes. Dans les corps simples , on ne
trouve que des premières ; dans les composés, on trouve les unes
et les autres.
Monte-charges [ Angl. hoist ; Allem. der Aufzug] (Techn.) .
Instruments ou appareils qui , dans une usine, dans l'exploitation
des mines , dans les travaux de bâtiments , etc., servent à élever
les matériaux, les marchandises, etc.
Les machines élévatoires les plus simples employées dans la
construction des bâtiments, sont les treuils (fig. 468 et 469) ; cet
instrument s'arrête sans choc, sa descente est régulière et sa vi-
tesse se détermine à volonté. On peut au besoin, y appliquer une
petite machine à vapeur boulonnée sur ses bâtis .
Un treuil ainsi composé (fig. 468) se placera facilement au bas de
l'appareil auquel nous donnerons le nom de sapine (fig. 469) et que
d'autres connaissent sous celui de monte-charge ; il se compose de
grosses charpentes établies verticalement surle sol, de façon à former
comme une espèce de gigantesque cage, retenue dans sa longueur
par des assemblages transversaux, et permettant d'établir, à chacun
des étages de la construction, un plancher mobile destiné à rece-
voir les matériaux à leur arrivée. Tout en haut de la cage, sont
attachées de grosses moufles qui reçoivent les chaînes du treuil,
et en facilitent le jeu . C'est ainsi que depuis de longues années
nos constructeurs parisiens montent leurs pierres et tous les
objets utiles jusqu'au faîte de leurs bâtiments .
Nous décrirons, à titre de spécimen, les monte-charges cons-
truits à la Villette, dans un des bâtiments à sept étages de l'en-
trepôt des céréales. Leurs fonctions consistent dans l'élévation
aux divers étages et dans la descente de sacs de grains, farines,
avoines, colza, etc., dont le poids varie de 100 kil. à 159 kil .
Ils reçoivent l'eau d'un réservoir placé dans les combles et ali-
menté par une machine à vapeur. Les appareils sont au nombre
de deux et suffisent à un mouvement journalier dépassant quel
1186 MONTE -CHARGES .
quefois 800 sacs, et s'effectuant presque en entier de neuf à
dix heures du matin et de quatre à cinq heures de l'après-midi .
Par suite de cette disposition on a pu appliquer le travail uni-
forme et continu d'une petite machine à vapeur à vaincre des
résistances essentiellement variables et intermittentes et dont le
maximum dépasse considérablement la moyenne. Ainsi, en ad-
mettant que les deux appareils fonctionnent simultanément et
élèvent les fardeaux à la vi-
tesse de 1m,50 par seconde
(vitesse qui est atteinte et sou-
vent dépassée sans danger) , le
travail utile serait de 477 kil.
par seconde ou 6ch,36, tandis
que le travail correspondant
au mouvement maximum de
800 sacs élevés par journée
de 10 heures à la hauteur
moyenne de 11 mètres n'est
que de 36km,09 ou 0ch,48.
Nous pensons que, pour com-
mander deux treuils à la vi-
tesse ci- dessus indiquée , au
moyen d'arbres de couches et
d'organes ordinaires de trans-
mission de mouvement, il eût
fallu établir une machine à
vapeur et des chaudières cal-
culées pour un travail de 10
chevaux, dont 6ch,36 de tra-
vail utile et 3ch,64 pour les
frottements de toute nature .
Rose Au contraire , au moyen
d'un réservoir de 40 m. c. (vo-
lume correspondant à 220 sacs
Fig. 468. - Treuil. élevés à la hauteur moyenne
de 11m,00), il a suffi aux be-
soins du service d'une machine de 2 chevaux, alimentée facile-
ment par l'excès de vapeur d'une chaudière déjà établie dans
une autre partie de l'établisse nent. Les pompes marchant à la
vitesse normale de 30 coups par minute remplissent la cuve en
1 heure 30 minutes , elles fonctionnent au maximum de 5 à
6 heures par jour.
Chaque treuil est à double effet, c'est-à-dire qu'il met en mouve-
ment deux câbles à mouvement inverseet alternatif. Cette dispo-
sition assez souvent employée pour les tire-sacs ordinaires, était
imposée ici par la nécessité d'éviter toute marche à vide, produi-
300 36000
3000
000000
000000000
30
300000000000000
Ross
MONTE - CHARGES .
.469.
Fig
- Sapine
munie
de
treuil
.son
1187
1188 MORTIER .
sant une consommation d'eau en pure perte. On s'est imposé de
plus la condition que les pistons fonctionnent toujours dans l'eau ,
de manière à ne dépenser rigoureusement, les cylindres une fois
remplis, que le volume décrit par les pistons. En conséquence,
on a établi dans une fosse au rez- de-chaussée deux cylindres
verticaux, ouverts par le bas et fixés par leurs bords supérieurs
à la plaque générale de fondation.
Ces cylindres ont 0,40 de diamètre intérieur; ils sont alaisés
avec soin. Les tiges des deux pistons, sont reliées par une
chaîne à la Vaucanson conduisant un pignon, et lui impri-
mant un mouvement circulaire dont l'étendue est égale à la
course des pistons. Ce mouvement est transmis au tambour au
moyen d'une roue à dents de bois et d'un pignon ; et les dimen-
sions de ces organes sont telles, qu'un point de la circonférence
du tambour décrit un chemin égal à la hauteur du bâtiment
pendant une course des pistons. Toute la manœuvre consiste à
admettre l'eau motrice alternativement sur chaque piston pendant
une portion de la course correspondante à celle que doit parcourir
le fardeau. A la descente, il suffit, pour ralentir ou arrêter le
mouvement, de faire obstacle à l'écoulement de l'eau contenue
dans les cylindres en étranglant ou en fermant les orifices de
retour d'eau (Voir aussi les mots Grue, Levage et Palan) .
Mortier [ Angl . mortar ; Allem. die Morser] (Général.) .
Vase en métal, en bois, en pierre, en marbre, en verre, en plomb,
qui se compose d'un creux hémisphérique, et dont on se sert pour
piler, concasser et réduire en poudre certaines drogues ou ma-
tières solides au moyen d'un instrument lourd et gros à son
extrémité, que l'on nomme pilon. Les pharmaciens et les dro-
guistes sont ceux qui font le plus usage des mortiers. (Voir la figure 75,
tome I, p, 267) .
MORTIERS HYDRAULIQUES. - Nous avons donné, p . 1034, t. II , la
composition des mortiers hydrauliques, puisque nous revenons
sur ce mot nous allons en décrire les propriétés :
Les mortiers hydrauliques prennent corps dans l'eau ; les intem-
péries, l'humidité bien loin de les détruire, les solidifient de plus
en plus avec les années ; très hydrauliques ils résistent même aux
eaux courantes ; ils peuvent s'employer dans une foule de cas ; ils
sont les seuls moyens de liaison durable pour tous les genres de
maçonneries ; ils peuvent être plus économiques que bien des
mortiers ordinaires. On doit y méler des sables différents,
d'après l'espèce de résistance qu'on peut obtenir et les causes
de destruction auxquelles ils doivent être livrés ; on peut sans
grave inconvénient les conserver en pâte autant de temps qu'il
leur en faut pour prendre consistance dans l'eau. On peut même
utiliser cette propriété quand on doit les immerger; et s'ils sont
MORTIER . 1189
peu hydrauliques , on peut les sécher et les rebroyer plusieurs
fois, ils peuvent, comme les mortiers ordinaires, y gagner de la
qualité.
Le broyeur à mortier (fig. 470), a été inventé, vers 1848, par
M. Schlosser, serrurier-mécanicien. Il se composait, à l'origine,
d'un tonneau de grande capacité, dans lequel on versait l'eau, la
chaux et le sable, dans les proportions habituelles ; à son extré-
Fig. 470. Broyeur à mortier.
mité basse, il était muni d'une porte qui laissait échapper le
mélange, lorsque l'amalgame avait eu lieu . Au centre de la tonne,
était placé un arbre mû par un volant de tête, et qui portait,
par le bas, plusieurs lames de fer disposées en ordre spiral ;
en obéissant au mouvement de rotation imprimé à l'arbre, ces
lanes opéraient le mélange. La machine dont nous donnons le
dessin (fig. 470) est construite suivant un procédé identique, mais
elle est perfectionnée. Toutle monde a vu avant cette invention,
faire du mortier à l'aide de la griffe et du rabot, longs outils pri-
mitifs et singulièrement imparfaits disparus pour ne jamais revenir.
Ive VOLUME 28
1190 MOSAIQUE.
Morue [Angl. codfish ; Allem. Schellfisch] (Alimentat.). -
Poisson du genre gade appelé aussi cabéliau. H a le corps allongé,
légèrement comprimé et revêtu d'écailles. La morue est d'un gris
cendré, tacheté de jaunâtre sur le dos et blanchâtre sous le ventre.
Elle a un estomac très volumineux et est très vorace. Elle se
nourrit de poissons, de mollusques et de crabes. Elle se tient dans
les profondeurs des mers, excepté dans le temps du frai où elle
s'approche des rivages . C'est l'époque choisie pour la pêche au banc
de Terre- Neuve, qui est le lieu où on la fait sur une plus grande
échelle. Là, l'époque de la pêche arrive en mai ; ailleurs c'est en
février. Après avoir pêché les morues à la ligne, on les sale et on
les fait sécher. Dans le premier cas , on les éventre et on leur ôte
le foie ou les œufs, après avoir coupé la tête et la langue, que l'on
met à part. Elles portent alors le nom de morues vertes. Dans le
second, on les expose au soleil ou à la fumée ; elles portent alors
le nom de merluches et de stock-fish (poisson en bâton) à cause
de leur dureté . Les morues blanches sont celles qui ont été
salées , mais séchées promptement, et sur lesquelles le set a laissé
une sorte de croûte blanchâtre. On pêche tous les ans 36,000,000 de
kilogrammes de morues . On a trouvé dans une femelle jusqu'à
quatre millions (d'autres disent neuf millions) d'œufs .
Morve [Angl. snot ; Allem. der Rotz] (Hygiène vétérin.).
En médecine vétérinaire, maladie particulière au cheval, à l'âne
et au mulet, et consistant dans un écoulement par les naseaux,
du mucus de la membrane pituitaire, et souvent d'une humeur
sanieuse et ulcéreuse. La morve est une maladie contagieuse que
que l'on guérit le plus souvent en mettant dans l'eau que l'on
administre aux animaux affectés, de l'acide hydrochlorique, et
en frictionnant avec le même acide, les parties du corps dont on
a rasé le poil.
Mosaïque [Angl. mosaïc; Allem. Mosaik ( Constr.). Sorte
d'ouvrages servant à la décoration des édifices, quelquefois des
murs , mais plus souvent du sol. Les mosaïques s'obtiennent au
moyen de petits cubes ou disques accolés avec lesquels louvrier
mosaïste fait des dessins, des peintures, des tableaux. Ces élé-
ments du dessin sont le plus souvent en émaux ou en marbre,
pierres diverses .
L'art du mosaïste était pratiqué par les anciens Egyptiens,
qui l'ont transmis aux Grecs et aux Romains. D'ailleurs, l'Ecole
italienne a conservé les belles traditions des anciens mosaïstes :
M. Saivati, de Venise, a exécuté les magnifiques mosaïques en
verre qui décorent l'avant-foyer du nouvel Opéra. La mosaïque
en émail constitue une véritable œuvre d'art analogue à la pein-
ture pour décorer les voûtes et les murs.
MOUTON . 1191
Moteur à gaz [Angl. gasmotor; Allem. die Gasmachine
(Mécan .) . Voir t. IV, p. 1091 .
Mouton [Angl. monkey ; Allem. die Ramте] (Месап. ), - C'est
dans une sonnette (1) , soit un bloc de fer ou de fonte, soit un
bout de poutre armé d'une frette de fer. Le mouton est retenu
par des clefs au-devant des deux montants de la sonnette. Elevé
par des cordes à force de bras ou avec un treuil, il sert à en-
foncer, en retombant, les pieux et les pilotis . Il y a apparence
que ce mot a succédé à celui de bélier qui était une machine de
guerre dont les anciens se servaient pour enfoncer les portes et
abattre les murailles des villes. La hie est différente du mouton
en ce qu'elle est plus pesante, et qu'on la lève avec un engin au
moyen d'un moulinet, pour la laisser ensuite tomber en lâchant,
et faire ainsi un plus violent effort qu'avec le mouton.
On donne aussi le nom de moutons aux pièces de bois aux-
quelles les cloches sont fixées .
MOUTON [Angl . wether; Allem. das Schaf] ( Anim. domest.). -
Le mouton appartient à la division des vertébrés , classe des
mammifères , ordre des ruminants, genre ovis, dont le type est
représenté par l'espèce domestique, O. aries domestica.
0
Ses caractères sont les suivants : Système dentaire ; incisives 8
66
molaires 66
en totalité , trente-deux dents. Incisives formant un
arc entier, se touchant par leurs bords, les pinces étant plus larges
et les coins plus étroits et plus petits ; molaires à couronne mar-
quée de doubles croissants d'émail, dont trois fausses et trois
vraies de chaque côté et aux deux mâchoires. Cornes, chez les
races qui en possèdent, creuses, persistantes, anguleuses, ridées
en travers, contournées latéralement en spirale ou recourbées en
haut et en arrière et se développant sur un axe osseux, celluleux,
qui a la même direction ; chanfrein plus ou moins arqué, narines
de forme allongée et oblique, pas de mufle ou partie nue et mu-
queuse ; pas de barbe au menton dans le plus grand nombre des
races ; oreille de moyenne grandeur, pointues et portées droites,
couchées ou rabattues suivant le sexe et la race. Corps de stature
moyenne et couvert de laines ; jambes assez grêles , sans poils aux
poignets ; un appareil de sécrétion appelé canal sinus biflexe, et
constitué par un repli de la peau en forme de cul- de-sac étroit et
allongé, se trouve placé entre les deux os des couronnes et s'ouvre
à l'extérieur par un trou circulaire très petit ; deux mamelles
inguinales ; toison imprégnée de suint, substance grasse, onctueuse
et odorante .
(1) Voir ce mot t. II, p. 1393.
1192 MOUTON .
Le mouton est universellement répandu sur la surface du
globe. Cet animal est herbivore , mammifère et didactyle , il
bêle, et par les diverses modulations de sa voix, manifeste ses
besoins, ses émotions , etc. Sa taille varie considérablement ; il en
est de même de la robe, qui est blanche d'ordinaire, quelquefois
noire, plus rarement rousse. Sa laine est généralement longue et
dure dans les pays du Nord , plus courte et plus fine dans les
Fig. 474. Bélier berrichon .
contrées méridionales . La queue est ordinairement mince, molle
et lâche ; elle diffère beaucoup en longueur, suivant la race à
laquelle appartiennent les individus ; dans certaines espèces, elle
fait plus ou moins défaut. La bête à laine n'a point la délicatesse
des sens , l'intelligence, la vivacité, l'attitude altière et la démarche
assurée de la chèvre ; la timidité semble être son partage . Ce n'est
qu'à l'époque des amours que les béliers montrent quelque cou-
rage ; un sentiment de jalousie irréfléchie les porte à se battre
entre eux et à se faire beaucoup de mal, en se lançant les uns
contre les autres et en se frappant à grands coups de tête ; hors
ce temps, ils vivent presque dans l'indolence. Les brebis 'n'é
MOUTON . 1193
prouvent pas un extrême attachement pour leur progéniture ; les
agneaux reconnaissent un peu mieux ce qu'ils doivent à leurs
mères , encore ce sentiment ne tarde-t- il pas à s'éteindre. Les
moutons aiment à marcher de compagnie, ils se serrent lorsqu'ils
éprouvent quelque frayeur et savent difficilement se préserver du
danger. Dans leur marche ou dans leur fuite, la détermination
d'un seul, le plus avancé, ou plutôt le hasard qui dirige les pas
de celui- ci, devient la règle de conduite de tout le troupeau
Tous les auteurs ont essayé de donner une bonne classification
des races , et tous ont vu leurs tentatives échouer. Les uns ont
établi deux divisions très tranchées en théorie, mais aucunement
fondées en fait les races à viande et les races à laine ; les autres
ont partagé l'espèce en diverses catégories : bêtes à laine longue,
bêtes à laine moyenne, bêtes à laine courte ; d'autres , enfin, ont
employé les distinctions de races à laine fine, intermédiaire, com-
mune, etc. Il y a de tout cela partout, aussi les troupeaux peuvent-
1
ils être rangés dans une classe quelconque, mais non les races.
Une des variétés de races françaises la plus estimée est la race
berrichonne (fig. 471). Au milieu de la région des mérinos français,
c'est-à-dire sur le versant méridional du plateau de l'Orléanais ,
jusque dans les vallées de la Loire et de ses affluents, dont plusieurs
ont été longtemps réputées pour leur insalubrité, notamment la
Sologne et la Brenne, existe une variété qui a joui longtemps et qui
jouit encore d'une grande réputation. Le pays qu'elle habite
semble en effet la terre promise des moutons, qui, dans ce pays,
seront toujours, vraisemblement, le bétail privilégié des exploita-
tions rurales . La Sologne et le Berri sont voués aux moutons,
ainsi que toute la partie centrale du bassin de la Loire. On a
coutume d'y distinguer deux races au moins, sans compter celles
auxquelles on a donné des noms locaux, dans la Nièvre et ailleurs .
La vérité est que les raisons alléguées , pour établir les distinc-
tions, si mauvaises qu'elles fussent, n'existent même pas. Ce sont
des raisons de taille, de développement, surtout de coloration de
la face et des membres qui se rencontrent également partout.
MOUTONS MÉRINOS (fig. 472). - Disons quelques mots de cette race
dont la toison est hautement estimée. L'opinion la plus commune
attribue d'abord aux Romains, ensuite aux Maures, plusieurs im-
portations de bêtes ovines, prises sur le littoral africain. A l'époque
de son introduction en Espagne, cet animal n'avait pas la toison
fine qu'il posséda plus tard et qui constitua sa principale qualité.
Cen'est que vers le xive ou xve siècle qu'il est question du mérinos,
dont les Espagnols se réservèrent la possession jusqu'à la fin du
siècle dernier. La production de la laine et la fabrication des
draps donnèrent des profits assez considérables pour tenter les
princes et les seigneurs de s'emparer de cette branche importante
1194 MOUTON .
de richesse, et de se faire accorder à titre de privilège la pro-
priété des bergeries, ce qui eut lieu . Des surfaces immenses ,
presque sans population, furent abandonnées aux troupeaux, et
les domaines particuliers soumis au droit de parcours établi par
suite de la migration des troupeaux du Nord au Sud, pendant la
saison chaude. Indépendamment de ces troupeaux transhumants ,
d'où vient le nom de la race (merino , errant) , il en existait d'autres
sédentaires .
Convoité par tous, le mérinos a fini par sortir d'Espagne et
par se répandre dans des contrées bien différentes, et où l'on
craignait même qu'il ne réussît pas. La crainte n'était pas fondée,
car, loin de perdre ses qualités, il s'est au contraire perfectionné
au plus haut point. Le premier essai d'importation des mérinos
en France avait été fait par Colbert, mais il échoua parce que le
besoin de laine fine n'existait pas et surtout parce que l'ensemble
des circonstances agricoles n'était pas favorable à l'élevage pro-
jeté. En 1776, Daubenton reprit les idées de Colbert, poursuivit
ses essais pendant sept ans et demeura convaincu que c'étaient
les mérinos qui convenaient le mieux pour l'amélioration des
races françaises. Enfin, en 1786, fut fondée la bergerie nationale
de Rambouillet, où l'on établit un troupeau de moutons espagnols,
qui furent bientôt propagés dans toute la France.
Le mérinos habite présentement en Europe, en dehors de l'Es-
pagne et du Portugal, de vastes régions dont les principales sont
l'Autriche , la Hongrie , la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, la
Prusse , la Russie, etc. On sait qu'il a été introduit, dans ces der-
niers temps, en Amérique et en Océanie, où ses descendants
acquièrent chaque année de nouveaux terrains , au bénéfice de
l'humanité .
La tête du mérinos, plus ou moins volumineuse relativement à
sa taille, suivant la variété à laquelle il appartient et suivant le
mode de culture auquel il a été soumis, est toujours pourvue de
laine, au moins sur le crâne; cette laine s'étend le plus souvent
sur les joues et sur le front, de manière à couvrir les yeux, et
parfois même jusque sur le bout du nez ; chez les mâles, la peau
du chanfrein présente ordinairement des plis transversaux ou
des rides, et à partir du menton, sous la gorge, un pli longitu-
dinal plus ou moins pendant appelé fanon, qui s'étend le long du
cou jusque entre les membres antérieurs. Les cornes, quand elles
existent, ce qui est le plus ordinaire, portent des sillons transver-
saux très- rapprochés , et se terminent en pointe mousse et aplatie,
après avoir formé au moins deux tours de spirale, embrassant
l'oreille qui est implantée bas, large et pendante. Les spires sont
parfois tellement serrées de chaque côté de la tête, que la face se
trouve comprimée entre les deux cornės. La toison, toujours
formée de filaments fins et très nombreux, à inflexions très rap-
MOUTON .
1195
SOTAIN
472.
.Fig
mérinos
Mouton
1196 MUSC .
prochées, d'une longueur variable, en mèches volumineuses et
plus ou moins tassées , imprégnées d'un suint onctueux, recouvre
parfois toute la surface du corps et jusqu'aux pieds. C'est par là,
du reste, que les mérinos varient le plus et que leurs variétés
sont distinguées.
Le type anglais moderne est le leicester, c'est-à-dire le mouton
à viande. La qualité sérieuse de cette race , c'est la précocité
suivie de l'engraissement facile. Les moutons sont livrés au bou-
cher à 15 ou 18 mois, et le poids net de leur viande varie de 45
à 65 kilog. Pour atteindre de pareits résultats il faut distribuer
chaque jour une nourriture saine et abondante. Le southdown,
autre race anglaise qui vit sur le littoralde l'Angleterre, tire son
nom des dunes calcaires du Sud. Dans l'origine, ce mouton avait
la laine noire ; voici ce qu'en dit M. Alfrey :
<< Je suis convaincu, dit-il, que si on abandonnait le southdown
à lui-même, en peu de temps il redeviendrait absolument noir.
Chaque année, malgré les soins assidus que nous prenons pour
l'empêcher, nous avons une grande quantité d'agneaux noirs et
blancs; les uns présentent seulement de grandes taches noires,
d'autres se montrent entièrement noirs . Quoique je n'ai jamais
employé ni un bélier ni une brebis de couleur, il m'est arrivé
dans certaines années d'obtenir jusqu'à douze et quatorze agneaux
tout à fait noirs. » Nous devons ajouter, dit Baxter, que , malgré
les soins donnés depuis cette époque, c'est-à-dire depuis soixante-
dix ans, à l'amélioration du southdown, il naît encore souvent
des agneaux noirs ou mouchetés .
La viande des southdowns est fort estimée; ces animaux sont
ordinairement prêts pour l'étal entre quinze mois et deux ans,
époque à laquelle, affirme M. Gayot, ils donnent de 30 à 40 kilo-
grammes de viande , quelquefois même davantage. Le poids
de la toison varie entre 14,50 et 3 kilogrammes, suivant que les
sujets sont nourris sur les dunes ou dans les prairies basses.
Cette variété est admirablement propre au climat de la France,
soit pure, soit à l'état de croisement ; elle est très répandue dans
notre pays, et elle donne les meilleurs résultats .
Mucilage [Angl. mucilage ; Allem. der Schleim] (Chim. pharm.).
Substance visqueuse, plus ou moins transparente, fade, plus ou
moins colorée, qui n'est autre que de la gomme dissoute ou tenue
en suspension dans de l'eau. On emploie ordinairement les muci-
lages en pharmacie, soit comme excipients , soit comme topiques,
On les prépare soit par solution à froid ou à chaud (ceux de gomme
arabique ou de gomme adragante), soit par décoction (ceux de
racines de guimauve, de graines de lin, de coings, de lichens, etc.
Musc artificiel [Angl. muskine ; Allem. Bisam-thier ( Conn.
MUSIQUE. 1197
gén.) . - Pour le fabriquer on mêle peu à peu 125 grammes
d'acide nitreux avec 30 grammes d'huile de succin ; ensuite on
laisse le mélange en repos jusqu'à ce qu'il se précipite une ma-
tière résineuse bleuâtre, qui, séparée et lavée dans l'eau chaude
pour la débarrasser de l'odeur des eaux mères dans lesquelles
elle a séjourné, forme le musc artificiel.
Musique [Angl. music ; Allem. die Musik] (Arts et mét.) .
Art de varier les sons de manière à flatter l'oreille et à émou-
voir le cœur. L'harmonie ne remonte pas au-delà du vine siècle.
L'invention de la gamme des Européens est due à Guido d'Arezzo ,
moine italien du xie siècle ; car tous les peuples ne se servent
pas de la même gamme ; celle des Européens , sinon parfaite, est
du moins la meilleure.
La musique, de tout temps, fut un grand honneur chez les
peuples , occupant leurs loisirs, ayant place dans leurs fêtes . Les
poëtes l'ont chantée et la portaient si haut qu'ils lui attribuaient
une origine divine ; c'est ainsi qu'ils nous montrent Apollon exilé
sur la terre et apprenant la lyre aux bergers .
Nous allons passer en revue les principaux instruments de mu-
sique, que nous diviserons en quatre classes : Les instruments à
vent, ceux à archet et à cordes, les instruments à clavier et à
soufflerie et les instruments à percussion. Cette dernière classe
est très peu importante.
INSTRUMENTS A VENT . - Flûte . La flûte est l'instrument le
plus ancien ; son usage remonte à la plus haute antiquité et chaque
pays en revendique l'invention.
On multiplia singulièrement la forme de cet instrument : ily
en avait de longues, de petites, de moyennes, de droites , de
courbes, etc. Les flûtes courbes étaient très employées dans les
rites sacrés ; on cite la flûte de la table d'Isis et la gyngrine
lugubre.
La première flûte fut évidemment la syringe (flûte de Pan),
composée de sept roseaux coupés d'inégales grandeurs et réunis
au moyen d'attaches ou d'un corps agglunatif. Cet instrument ne
pouvait produire qu'un son par tube.
La deuxième était fabriquée soit avec un os d'âne ou de daim
tibia, soit à l'aide d'un morceau de bois plus ou moins travaillé
(fig. 473) . Cet instrument était terminé par un bec d'airain qui
permettait au joueur d'émettre les sons sans effort ; en outre, les
trous percés sur le corps de la flûte donnaient toute facilité aux
doigts de l'exécutant pour combiner les sons de bien des manières.
On en faisait en os, en corne, en ivoire ; les flûtes sacrées étaient
en buis dans certains pays ; on en employait à Rome qui étaient
tout en métal ; elles étaient, quant à la force du son, devenues
les rivales des trompettes .
1198 MUSIQUE .
La troisième transformation de l'instrument n'eut lieu que dans
l'émission du son, qui ne se fit plus qu'à l'aide d'un trou percé
sur le corps même de la flûte ; l'exécutant pour jouer prit donc
sa flûte en travers et tint son instrument de droite à gauche.
Le nom de flûte traversière a persisté jusqu'au xixe siècle; on dit
aujourd'hui simplement flûte pour désigner cet instrument. Paral-
lèlement à cette transformation, d'autres inventeurs remplacèrent
le bec de l'ancienne flûte par deux anches de roseaux appliqués
l'une sur l'autre et donnèrent aux arts de nouveaux instruments :
les musettes et les chalumeaux .
Autrefois, la flûte remplissait un rôle important ; il n'y avait
point de mariages, point de festins, voire même point de convois
funèbres sans joueur de flûte. Elle conduisait les guerriers lydiens
au combat, elle précédait les généraux vainqueurs dans leur
marche triomphale. Elle tenait une grande place dans les pièces
Fig. 473. Tibia ou flûte primitive.
de théâtre. Aujourd'hui , c'est un instrument secondaire qui ne
sert plus que dans l'orchestre.
Hautbois, Clarinette, Basson . - Quant aux hautbois, clarinette
et basson, ils sont moins anciens et descendent probablement de
la musette, dont parle Virgile. Cette musette était un instrument
grossier dont se servaient les ménétriers à la fin du xvie siècle,
en France. Au reste, ce ne sont que des modifications plus ou
moins éloignées de la flûte.
Instruments à vent en bois. - Les bois qui servent à la fabri-
cation sont l'érable, le bois, la grenadille, la violette, l'ébène, etc.
Ces bois précieux sont d'abord débités en billes par le manœuvre,
puis ensuite remis au tourneur qui donne d'abord la forme au
corps de l'instrument percé ensuite à l'intérieur à l'aide de gouges
et fraises. Le finisseur prépare au canif toutes les incrustations,
perce les trous , soit avec cet instrument ou à l'aide de fraises
(ces trous ont tous sans exception la forme d'un còne renversé) ,
place les patins qui doivent supporter les clefs.
Quand celles-ci ont été posées par le cleiftier , l'instrument
est repris par l'ouvrier précédent qui vérifie, ajuste , termine
le trou de la tête, si c'est une flûte, ou garnit d'un bec et d'une
anche simple si c'est une clarinette, ou d'une anche double si
c'est un hautbois ou un basson. L'anche est formée d'une ou de
deux lames de roseau, limées d'abord et finies ensuite à l'aide de
MUSIQUE. 1199
la prêle (1) . Les principaux instruments qui composent cette série
sont : la flûte ordinaire,le flageolet,le hautbois, le cor anglais,
les clarinettes et les bassons. Ces instruments sont transpositeurs
on non transpositeurs .
Instruments à vent en métal. La guerre ayant existé de tout
temps, il fallait bien trouver un instrument bruyant ou strident
pour donner des signaux, faire manœuvrer, disperser ou rassem-
bler les combattants, les faire marcher en avant ou battre en
retraite. De là la trompette des Hébreux, la tuba des Romains èt
la salpiez des Carthaginois. En soufflant dans la trompette ou
dans le cor, on s'aperçut bientôt que la simple pression des lèvres
produisait une série de sons différents .
Le cor primitif était un instrument identique à la trompette et
n'en différait que par la forme qui était contournée. D'autres
instruments avaient été en usage avant ces derniers : la corne de
bélier, la trompe en terre séchée et la coquille de buccin. De là,
des confusions dans les textes , où à tout instant les mots cor ou
trompette sont employés l'un pour l'autre. Le cor actuel ou trompe
de chasse fut inventé en France et perfectionné en Allemagne.
La fabrication des instruments à vent en cuivre est l'une des
branches les plus considérables de cette industrie. Le plus grand
centre de production est Paris, mais la province et l'étranger
fabriquent également. Là, les métaux sont exclusivement em-
ployés .
Les ouvriers se divisent en trois sections principales et très
distinctes : les pavillonneurs, les pistonniers et les facteurs. Les
pavillonneurs font tout le gros œuvre : les pavillons, les cônes ,
les culasses, les tubes, en un mot toute la chaudronnerie. Le pis-
tonnier continue l'œuvre commencée et fabrique le corps des pis-
tons. Le facteur réunit toutes ces pièces, les soude et les contourne
en emplissant au préalable les tuyaux de plomb. Avant de ter-
miner il met l'instrument au feu, et comme le plomb devient
entièrement liquide à 400 degrés et que le cuivre n'entre en
fusion qu'à près de 1,000 degrés, les tuyaux se vident de la ma-
nière la plus parfaite, et l'intrument une fois garni des pistons
peut être livré au polisseur qui a recours aux moyens ordinaires
pour terminer l'instrument. Les embouchures sont faites au tour
et polies ensuite.
Nous citerons parmi les principaux instruments de cette série :
les cornets à pistons proprement dits, les saxhorns, les hélicons,
les tubas, etc. , etc. On fabrique également deux systèmes mixtes,
c'est-à-dire des instruments à anches de clarinette ou de basson
(1) Herbe employée dans le commerce qui , trempée dans l'eau, a la pro-
priété de limer, d'amincir les bois et de polir les métaux avec la plus grande
finesse.
1200 MUSIQUE .
garnis de clefs et complètement en cuivre, ce sont les saxophones
et les sarrusophones .
Comme familles d'orchestre ces instruments se groupent ainsi :
Petit bugle.
Sopraninos, sopranos et contraltos,. Cornets àpistons.
{
Bugles.
Altos.
Altos .
{ Cors.
Ténors et Barytons ....
Ténors.
Barytons.
Basses et contrebasses.
Trompettes et Trombones.
Qu'il s'agisse des tubas , des hélicons , etc., etc. , c'est toujours
la même classification. Les saxophones et les sarrusophones se
classent exactement de la même manière : ainsi l'on dit saxo-
phone soprano , sarrusophone alto , etc.
INSTRUMENTS A ARCHET ET A CORDES PINCÉES . La fabrication
de ces instruments est presque toute concentrée à Mirecourt, à
Fig. 474. Violon.
Lunéville et dans les communes environnantes. Des familles en-
tières s'y consacrent. Le sapin, qui forme une des principales
matières premières, se trouve en abondance dans les forêts voi-
sines .
Le luthier choisit pour fabriquer son instrument un morceau
de sapin dont les fils soient très serrés (plus ils sont serrés, plus
l'instrument a de valeur). Le morceau de bois mesuré est d'abord
fendu à la scie puis ouvert avec une lame, de manière que les
deux parties puissent s'ouvrir comme un livre. De là vient qu'on
remarque sur tous les violons (fig. 474) une ligne médiane divi-
sant l'instrument en deux. Cette première partie prend le nom de
table et forme le dessus du violon, le dessous est fait d'un mor-
ceau d'érable ; le tout est travaillé ensuite à l'aide de gouges et
de rabots de différentes formes. Lorsque ces deux parties sont
terminées , l'ouvrier les réunit à l'aide des éclisses (bords du
MUSIQUE. 1201
violon). Ensuite, au moyen d'un trusquin, on prépare les bords
pour recevoir les incrustations destinées à orner les instruments
de luxe. Les articles à bon marché ont tout simplement une ligne
✓ peinte en noir. La crosse est faite de bois dur débité à la scie,
puis elle est évidée et sculptée à l'aide d'un petit instrument ap-
pelé canif. Ce qui élève le prix d'un violon c'est le choix des bois,
la qualité du collage, du vernis, etc., et surtout les épaisseurs
mathématiques qu'il doit avoir ; on compte 18 épaisseurs diffé-
rentes mesurées au compas dans un dessous de violon bien fait.
Lorsque les différentes parties sont terminées, les S tracées et
percées, le tout est réuni par un collage à la colle forte, la pointe
aux âmes sert à placer intérieurement la petite tige (l'âme) qui
soutient les deux parties de l'instrument à la distance voulue.
L'instrument est ensuite peint, puis vernis. Lorsqu'il est sec on
ajoute les différents accessoires tels que la queue, la touche, le
chevalet, le sillet, les vis, le bouton et enfin les cordes. L'archet
se compose d'une tige en bois dur mais flexible, d'un talon, d'un
manche et d'une vis ; il est garni de crins que l'on serre ou des-
serre suivant les besoins. Lorsque les luthiers de campagne ont
fabriqué une dizaine d'instruments, l'un des membres de la fa-
mille se rend à la ville chez les négocients et offre sa marchan-
dise à prix débattu . Mirecourt et Lunéville ont des fabriques
montées sur une grande échelle où se font les instruments d'un
prix élevé.
Au point de vue musical, les cordes de ces instruments sont
accordées de quinte en quinte. Le violon est le principal de la
série, il a quatre cordes , une filée en laiton et trois en boyau ;
elles se nomment sol, ré, la, mi.
Alto. L'alto est un peu plus gros que le violon, il a deux
cordes filées et deux en boyau, elles se nomment ut, sol, ré, la.
Le troisième de la série est le violoncelle qui représente l'octave
du précédent. Ses cordes s'accordent de même.
Contrebasse. - Vient enfin la contrebasse pour laquelle on est
obligé d'employer du bois plus épais et plus grossier. Les vis sont
métalliques et à engrenages. Cet instrument n'a le plus souvent
que trois cordes, qui se nomment sol, ré, la (l'une d'elle est filée).
Les contrebasses dites de chapelle en possèdent quatre et sont
alors accordées ut, sol, ré, la.
Depuis longtemps déjà, la contrebasse adoptée pour l'enseigne-
ment au Conservatoire national est à quatre cordes accordées par
quartes ; ces cordes prennent les noms de mi, la, ré, sol; elles
facilitent beaucoup le doigté , et les principaux orchestres, tels
que ceux de l'Opéra, de l'Opéra-comique, des concerts Pasdeloup
emploient cet instrument perfectionné. Mais dans les quatre cin-
quièmes des orchestres ordinaires on emploie toujours la contre-
basse à trois cordes ; de sorte que les élèves du Conservatoire,
1202 MUSIQUE .
dès le début de leurs études, font des exercices simultanés sur
une contrebasse à trois cordes accordées sol, ré, sol.
« La musique est aujourd'hui un art si répandu >> dit Guillemin,
dans son ouvrage sur le Son, « que la plupart de nos lecteurs
connaissent sans doute pour l'avoir pratiqué, ou tout au moins
pour avoir vu fonctionner le mécanisme des instruments à cordes,
du violon , par exemple .
>> Quatre cordes d'inégales grosseurs et de différentes natures
sont tendues à l'aide de chevilles entre deux points fixes, et ren-
dent, quand on les pince ou qu'on les frotte transversalement
avec un archet, des sons de diverses
hauteurs. Les sons rendus par les
cordes à vide, c'est-à-dire vibrant dans
toute leur longueur , doivent avoir
entre eux certains rapports de hau-
teur. Quand ce rapport est détruit,
l'instrument n'est pas accordé. Que
fait alors le musicien ? Il tend plus ou
moins en serrant ou en desserrant
les chevilles, celles des cordes qui ne
rendent pas les sons voulus ; s'il les
tend davantage, le son devient plus
aigu , plus grave au contraire s'il les
détend. Mais quatre sons seraient in-
suffisants pour rendre les notes va-
riées d'un morceau de musique ; l'exé-
cutant en multiplie à volonté le nombre
en plaçant les doigts de la main gauche
sur tel ou tel point de chacune des
cordes . En agissant ainsi il réduit à
des longueurs variées les parties de
ces cordes que l'archet met en vibra-
Fig. 475. Lyre. tion. »
Les instruments à cordes pincées
ne se jouent presque plus dans les orchestres, excepté la harpe.
Les guitares et les mandolines varient de forme, mais leur
fabrication ne diffère pas des précédents. Elles ont six cordes,
s'accordent le plus souvent par tierce et se jouent soit avec les
doigts, comme la guitare, soit avec un petit plectrum, comme les
mandolines .
Lyre. La lyre a été connue de toute antiquité et plusieurs
peuples , de même que pour la flûte, s'attribuaient l'honneur de
l'avoir inventée. Elle se composait primitivement d'une écaille de
tortue garnie de branches sur lesquelles étaient tendues plusieurs
cordes , qui , pincées , ne pouvaient donner qu'une seule note. La
lyre n'eut d'abord que trois cordes, et ce fut presque une révolu
MUSIQUE. 1203
tion en Grèce quand on voulut en ajouter d'autres, qui furent
successivement portées à trois, quatre, cinq, six, sept et même
huit, ce qui permit de jouer les trois genres (1) . La harpe, d'ori-
gine hébraïque, vint s'ajouter à la lyre. Ces deux instruments
faisaient partie des musiques militaires de l'antiquité et furent
les seuls connus, car le psaltérion des Hébreux, la psaltria, et la
sambucistria des Romains n'étaient que des perfectionnements
apportés à la harpe ou à la lyre (fig. 475).
Cythare. - La cythare n'est qu'une modification de la lyre ; sa
caisse était moins grande et elle avait les sons plus aigus.
Harpe. La harpe remonte à la plus haute antiquité ; on en
a découvert souvent dans les tombeaux égyptiens ayant depuis
quatre cordes jusqu'à vingt-deux et davantage. Ces cordes étaient
en boyaux de chat, comme l'attestent les fouilles qui ont été faites
et qui ont permis d'en retrouver d'assez bien conservées. En 1832,
on en découvrit à Thèbes de toutes montées .
La Bible parle souvent d'un instrument appelé kinnor ; c'était
une petite harpe comme celle dont David joua en dansant devant
l'arche. La harpe éolienne ne se jouait pas : on la plaçait dans
un courant d'air, et le vent mettant en vibration les cordes , lui
faisait rendre des sons qui avaient quelque chose de céleste et
d'aérien. Elle n'est pas très ancienne (Voir le mot Harpe, t. IV,
p. 847) .
Guitare. - On ignore l'origine de la guitare. Nous la tiendrions
des Espagnols qui la tenaient peut-être des Maures. Ce qu'il y a
de certain, c'est que, de temps immémorial, elle est en vogue en
Espagne pour les sérénades.
Clavecin. Le clavecin date du xve siècle; cependant, quel-
ques auteurs le font remonter plus haut. On a vu à Rome, il y a
deux ou trois siècles , un clavecin à cintre droit, composé de
vingt- cinq touches, sans dièzes ni bémols, qui avait été, dit-on,
transporté de la Grèce dans cette ville, dès le temps de Jules
César.
Le clavicorde, l'épinette et le clavecin sont de la même famille.
Dans le clavicorde, ce sont des lames de cuivre qui attaquent la
corde, d'où un son aigre et désagréable ; dans l'épinette, ce sont
des prismes de bois munis de pointes de plumes.
INSTRUMENTS A CLAVIER ET A SOUFFLERIE . - Orgues . L'orgue
se compose essentiellement de tuyaux, de plusieurs claviers à
mains et d'un clavier de pédale, d'un système de soufflerie qui
fournit le vent et enfin d'un ou de plusieurs réservoirs d'air ap-
pelés sommiers, et constamment alimentés par la soufflerie au
moyen de conduits appelés porte-vent. D'autres porte-vent, plus
(1) Genres diatonique, chromatique et enharmonique.
1204 MUSIQUE .
petits, communiquent du sommier aux tuyaux qui ne peuvent
être directement pourvus par le réservoir commun.
Il n'est pas besoin d'examiner longtemps cette description pour
se rendre compte de l'importance de la fabrication de ces instru-
ments, qui ne peut se trouver qu'entre les mains de grands indus-
triels, vu la multiplicité des mains-d'œuvre. Des métaux divers ,
l'ivoire, différents bois y trouvent leur emploi. On se sert aussi
de peaux, de feutre, de drap, etc.
Les tuyaux sont en bois, en étain, en étoffe (alliage de plomb
et d'étain) ; les uns sont à bouche et rappellent par leur forme la
flûte à bec. Ils sont ainsi appelés à bouche parce qu'ils parlent au
moyen d'une sorte de bouche dont on voit la forme sur la partie
inférieure des tuyaux polis qui existent sur les façades d'orgue.
Ces tuyaux dits de montre sont souvent muets, et ne servent
guère qu'à la décoration de l'instrument . Les tuyaux à anche sont
munis intérieurement d'une baguette métallique qui vibre comme
la languette de certains jouets d'enfant. La forme des tuyaux à
anche modifie profondément le timbre, l'intensité du son et la
qualité de l'harmonie.
L'anche est libre ou battante. Dans les tuyaux à anche libre,
la languette entre exactement dans l'ouverture qui a la même
forme rectangulaire qu'elle, sans en toucher les bords, y vibre
librement sans jamais y rencontrer d'autres corps que l'air qui la
met en mouvement en s'introduisant par la fente étroite existant
entre les bords de la languette et les parois de la rigole. Les sons
de l'anche libre sont doux .
L'anche est dite battante lorsqu'elle recouvre complétement
la rigole et vient battre contre la table dans laquelle est prati-
quée cette ouverture , alternativement ouverte et fermée par
l'effet combiné de l'élasticité de la languette avec la pression de
l'air. L'anche de la clarinette est battante, celle de l'harmonium
est libre.
Les tuyaux à embouchure de flûte, à anche libre ou battante,
sont ouverts ou fermés par le haut. Un tuyau bouché parle à
l'octave grave d'un autre tuyau de même dimension ouvert ; par
conséquent , pour avoir l'unisson avec ces deux tuyaux, il faut
donner une longueur double au tuyau ouvert (1) .
Les tuyaux bouchés se nomment bourdons; ils sont très doux
et ont un caractère particulier qui ne les fait ressembler à aucun
autre jeu d'instrument. Un bourdon de 32 pieds n'est qu'un
(1) Daniel Bernouilli, un des premiers physiciens qui se soit occupé de
l'acoustique, explique ce fait en disant que le mouvement du son réfléchi
sur le fond du tuyau revient vers son embouchure et parcourt ainsi deux fois
la longueur du tube. Ce qui, en vertu des lois de l'acoustique, doit donner
l'octave grave du même tuyau ouvert. >
MUSIQUE. 1205
16 pieds ouvert et ainsi des autres. Ce sont ces jeux d'orgue que
Montesquieu appelait sons dévotieux; ils ont en effet un caractère
profondément religieux.
Les tuyaux à anche s'accordent en modifiant la longueur de la
languette au moyen de la rasette, fil de métal mobile, très ferme,
qui par son extrémité recourbée , presse fortement la lame
vibrante au point indiqué par l'oreille. Plus la languette est
courte , plus le son devient aigu, et réciproquement. Les tuyaux
à bouche s'accordent au moyen d'oreilles obturatrices qui modi-
fient la bouche du tube et son ouverture supérieure. C'est encore
avec l'accordoir, outil conique, que l'on rétrécit de force cette
dernière dans les bourdons ou jeux bouchés, en enfonçant plus ou
moins le tampon pour modifier la longueur du tube.
Tous les tuyaux sont debout, implantés sur leur embouchure
dans des trous pratiqués à la partie supérieure du sommier.
A l'orifice de chaque trou se trouve une soupape que l'organiste
ouvre à volonté en appuyant sur la touche correspondante au
clavier ou au pédalier. Le vent s'introduit alors dans le tuyau et
le fait parler, mais à la condition que le registre soit ouvert.
Ce registre est une règle plate percée intérieurement et au couvert
du sommier, ne pouvant se mouvoir que dans le sens de sa lon-
gneur et percée de trous qui correspondent tous exactement à
ceux du sommier lorsque ce registre est dit ouvert; le vent tra-
verse alors les deux ouvertures qui se font suite, et si la soupape
est ouverte le tuyau peut parler. Mais on comprend facilement,
d'après ce qui précède, que si le registre est fermé, c'est-à-dire si
les trous de la règle ne correspondent pas avec ceux du sommier,
ces derniers sont interceptés et ne peuvent plus recevoir le vent,
même avec la soupape ouverte.
L'organiste ouvre ou ferme les jeux en tirant ou poussant des
boutons qui se trouvent à droite, à gauche ou au-dessus du cla-
vier. Ces boutons, qui sont les registres ou les jeux, portent
écrits sur chacun d'eux le nom de l'instrument que les tuyaux
de ce jeu imitent . Ordinairement on y indique la longueur en
pieds du tuyau le plus long de ce jeu (bourdon de 16 pieds, flûte
de 8 pieds, etc.).
On appelle jeu la collection de tuyaux de même forme, de même
qualité , imitant tous le même instrument et correspondant tous
chromatiquement à chacune des touches du clavier. Lorsque le
jeu est simple et complet, le nombre de ces tuyaux est égal à
celui des touches du clavier.
On appelle jeux composés ou de mutation des jeux formés de
3, 4, 5, 6, 7, 8 , etc. , tuyaux par note ; ces tuyaux donnent les
harmoniques du son fondamental. Le clavier est l'assemblage des
touches, ordinairement au nombre de 54 (d'ut grave au fa suraigu) ,
dont chacune est l'extrémité d'un levier, plus ou moins compliqué,
IVE VOLUME 29
1206 MUSIQUE.
destiné à agir sur les soupapes dont l'ouverture donne entrée au
vent dans les tuyaux, lorsque le registre est ouvert.
Un orgue peut avoir 2, 3 et jusqu'à 5 claviers à mains, disposés
en amphithéâtre les uns au- dessus des autres. Il y a aussi un
clavier de pédale destiné à être joué avec les pieds, d'où son nom
pédalier ; ce dernier ne peut compter plus de deux octaves et demie.
Chaque clavier possède un sommier distinct et un certain nombre
de jeux qui lui sont propres.
Harmonium . L'harmonium est un instrument de salon et
quelquefois de chapelle ; dès que le vaisseau dans lequel il résonne
Fig. 476.
est un peu grand, ses sons deviennent fluets et impuissants. Il se
prête au jeu grave, mais il est plus à l'aise quand on lui fait chanter
une fantaisie légère ; il donne une harmonie assez douce, mais
son timbre, toujours un peu nasillard, s'accommode mieux de la
mélodie.
Les facteurs multiplient à l'envi le nombre de jeux sur leurs
registres , mais sans parvenir à leur faire produire autre chose
lame L
Fig. 477.
que le son doux, ou plutôt aigre-doux et le son nasillard. La diffé-
rence des timbres a deux causes : la forme de l'anche et l'alliage
qui en compose la matière. Tous les registres de l'harmonium ne
sont que des demi-jeux, c'est-à-dire qu'ils ne représentent que la
moitié du clavier.
Le matériel se compose : 1º de la caisse de l'harmonium qua
est en chêne, en acajou, en palissandre , 2º de la soufflerie ; 3º des
jeux et du mécanisme qui sont dans la caisse; 4º du clavier.
Toutes les parties destinées à favoriser l'émission du son , sont
en bois de sapin. Comme dans l'orgue il y a un réservoir ; mais
1
MUSIQUE. 1207
1
dans un harmonium il n'y a pas de tuyaux; le son se produit au
travers de lames vibrantes .
La fig. 476 représente une pièce de cuivre qui sert d'affût à la
lame. Comme on le voit, cette pièce de cuivre possède une ouver-
ture régulière d'une longueur égale à peu près à la longueur et
à la largeur de la lame. Il faut cependant que la lame en vibrant 1
puisse jouer librement tout en affleurant les bords de cette ou-
verture .
La fig. 477 représente l'affût complété par la lame. Les lames
du bourdon, pour obtenir les sons les plus graves, sont garnies,
à partir de certaines notes , d'un poids ajouté à leur extrémité
vibrante dans le but de diminuer les vibrations, sans être obligé
d'augmenter les dimensions de la lame. Ces bourdons (fig. 476 et
477) se détériorent au bout de quelques années .
Dans l'harmonium, le son le plus grave est ordinairement
un 16 pieds ; viennent ensuite le 8 pieds et le 4 pieds, qui continue
16 8 P
Fig. 478. Registres d'un harmonium,
jusqu'à la note la plus aiguë du fifre. Ces demi-jeux offrent des
avantages et des inconvénients qu'il est peut-être difficile d'expli-
quer sur le papier. En considérant cependant que cette coupure
du clavier en demi-jeux permet de prendre à la partie basse le
demi-jeu que l'on veut, et de même à la partie haute, on com-
prendra qu'il est facile de faire parler à volonté, ensemble ou
successivement, tous les demi-jeux d'une partie avec n'importe
quel demi-jeu de l'autre. La figure 478, qui représente les registres
d'un harmonium, fera mieux comprendre.
Il est aisé de voir que les deux parties A et A' forment un jeu
complet ; il en est de mème de Bet B', de Cet C'. C'est-à-dire
que A' est le demi-jeu qui continue la gamme commencée par A;
leur ensemble constitue un 16 pieds. Le jeu suivant est un 8 pieds
et l'autre un 4 pieds. Mais voilà que, au lieu de tirer ensemble
les deux registres A et A' , nous choisissons à la haute A' , qui
correspond au 16 pieds, et à la basse B qui correspond au 8 pieds .
Descendons maintenant la gamme à partir de l'aigu du clavier,
arrivons jusqu'à la dernière touche de A', c'est-à-dire à la touche
médiante ; poursuivons en attaquant la touche suivante qui appar-
tient à B, et cette première touche de B nous donne un son qui
fait une chute en arrière de 7 notes sur la gamme descendante
qui vient d'être jouée; la chute serait de 14 notes si au lieu de
8 pieds B nous eussions pris le 4 pieds C.
1208 MUSIQUE.
Il résulte de cet exemple que l'on peut combiner les demi-jeux
de façon à rompre les proportions qui existent entre eux. L'avan-
tage, c'est que ces mélanges variés offrent plus de ressources à
l'exécutant ; l'inconvénient regarde surtout les amateurs qui ne
savent pas mélanger leurs jeux ou qui, en improvisant, doivent
éviter de trop rapprocher leurs doigts de l'endroit fatal, afin
d'éviter la chute mélodique ou harmonique. Mais cet inconvé-
nient ne se rapporte guère qu'à l'harmonium qui ne possède qu'un
seul clavier. Celui qui en a deux a les mêmes avantages de mé-
langes variés sans la crainte de la chute au milieu du clavier,
pourvu que les jeux soient entiers.
Il est vrai que le système des touches et leviers étant double
pour un instrument à deux claviers, le prix en est plus élevé ;
mais , en ce moment, nous étudions la question artistique et
non le côté du bon marché .
Si Fa Sol La Si Fa Sol
Do Ré Mi Do Ré Mi
Si Fa Sol La Si Fa Sol
Fig. 479. - Clavier chromatique.
La fabrication des harmoniums comporte encore de plus grands
défauts . En effet , chaque facteur a sa manière de disposer les
jeux et leur portée, de telle sorte que le même morceau de mu-
sique exécutable sur tel harmonium est presque injouable sur
tel autre. Un autre défaut capital, c'est le trop grand nombre de
jeux. Un harmonium est un instrument agréable et offrant beau-
coup de ressources tant qu'il ne possède que 5 ou 6 jeux. Mais,
surchargez-le, entassez dans la même caisse des 15 et 16 jeux qui
sont loin d'imiter les différents instruments dont ils portent pré-
tencieusement le nom, et vous n'aurez qu'une imitation stérile
des grandes orgues .
M. Francis Pichler a imaginé un harmonium à clavier chroma-
tique dont l'objet est d'offrir une plus grande facilité pour la
lecture de la musique dans les tons difficiles. Sur le clavier chro-
matique (fig. 479), la lecture dans tous les tons deviendrait facile,
d'après l'inventeur ; il n'y aurait que deux gammes majeures et
deux mineures à connaître. On pourrait transposer en six tons
ur.édets par un simple changement de position des mains, la
MUSIQUE . 1209
distance des intervalles restant absolument la même. Ce clavier
se compose à la vérité de deux et même de trois rangs de touches,
le dernier rang inférieur n'étant que la répétition du premier et
spécialement destiné à l'usage du pouce.
On peut voir qu'il ne contient pas une touche de plus que le
clavier ordinaire ; ce quile différentie, c'est que les touches d'une
seule gamme sont partagées et réparties sur deux rangs. Nous
croyons cependant qu'il est beaucoup plus simple de se contenter
du clavier transpositeur ordinaire qui est bien plus commode et
ne demande pas d'étude particulière .
Pianos. - Le développement de la musique est dû pour la plus
grande partie au piano, dont l'invention est due à Bartholomeo
Cristofoli . L'étude du piano, est devenue une des branches de l'édu-
cation, car c'est l'accompagnement obligé du chanteur et l'indispen-
sable de l'harmoniste et du compositeur. Il en est qui n'aiment
que les pianos aux sons brillants et sonores tandis que d'autres
préfèrent ceux qui donnent des sons très doux. C'est le seul
instrument où la concurrence étrangère soit à craindre. Les Amé-
ricains en présentent un grand nombre sur les marchés français
et trouvent des acheteurs. Heureusement pour nous , la forme
qu'ils ont adoptée leur est préjudiciable ; ils fabriquent surtout
des pianos carrés, forme entièrement abandonnée en France.
Il y a trois sortes de pianos : le piano carré qui est le type le plus
ancien, le piano à queue et le piano droit, qui est le plus répandu.
La charpente du piano est constituée par une réunion de bar-
rages ; ce sont des pièces de chêne très épaisses qui forment le
cadre de l'instrument. Ce cadre est placé dans la caisse et conso-
lidé au moyen de fortes traverses destinées à la maintenir. Sur
ces énormes traverses est appliquée la table d'harmonie, plane
du côté des cordes, barrée sur son autre surface.
La table d'harmonie est formée d'un certain nombre de planches
collées ensemble, de façon que les fibres ligneuses soient placées
dans des positions opposées . On choisit le bois à fibres verticales
pour le haut, le bois à fibres transversales pour le bas. Ce sont
les sapins de la Suisse qui fournissent les meilleures tables d'har-
monie.
Avant de disposer les cordes sur cette table vibrante on conso-
lide le cintre de la caisse par une forte plaque de fer sur les
bords de laquelle viendront s'attacher les cordes. Chacune des
cordes est fixée à une cheville cylindrique qui entre à frottement
dans une solide pièce de bois appelée sommier. Ces chevilles ne
sont pas fixes et se serrent ou se desserrent au moyen d'une clef
forée à l'usage de l'accordeur.
Les cordes ne s'étendent pas sans interruption d'un point d'at-
tache à son opposé , mais de chaque côté sont disposées des pièces
de bois nommés chevalets et garnies de chevilles métalliques
1210 MUSIQUE.
contre lesquelles viennent s'appuyer les cordes en passant sur le
chevalet. De cette façon, les cordes frappées par le marteau ou
pincées par l'accordeur, ne vibrent que sur la longueur qui se
trouve comprise entre deux che-
valets. En outre, pour empêcher
la vibration de se transmettre
entre le chevalet et les points
d'attache, les cordes sont tenues
prisonnières à cet endroit par
une bande de drap qui serpente
d'une corde à l'autre dans toute
la largeur de la table d'harmo-
nie. Les cordes diminuent non-
seulement de longueur du son
grave à l'aigu, mais elles doi-
vent, en outre, décroître en gros-
seur, afin de donner un son
pur.
Les cordes aiguës sont en
acier, les cordes de basse sont
composées d'un fil de cuivre
rouge enroulé autour d'un fil
de fer. Pour augmenter la so-
norité, on met deux cordes aux
basses et trois aux autres notes .
Mais l'instrument est encore
incomplet, il faut mettre le cla-
vier en relation avec ces cordes.
Tout le succès dépend de la per-
n
fection de la mécanique.
La mécanique comprend : la
touche, l'échappement, le mar-
teau , la chaise et l'étouffoir
2
م
(fig. 480) .
Appuyez le doigt sur la touche
d
T, elle bascule de manière à sou-
lever à la fois l'échappement
e et l'étouffoir qui est main-
tenu sur la corde par une tige
d'acier. L'échappement lève la
noix n du marteau, dont best
le bras et d la tête, et cette
Fig. 480.
Mécanisme d'un piano. dernière va frapper la corde.
Dès que le doigt a quitté la
touche, l'échappement revient à sa position première, et le mar-
teau n'ayant plus de point d'appui, retombe sur la chaise S, qui
MUSIQUE. 1211
le saisit et l'empêche de rebondir et de vibrer ; en même temps ,
l'étouffoir qui a été soulevé pour laisser vibrer la corde, retombe
sur elle afin d'arrêter ses vibrations.
En bas du piano, perpendiculairement sous la partie mécanique
du clavier, se trouvent deux pédales qu'on nomme l'une forté,
l'autre piano ou sourdine. Voici en quoi consiste leur rôle : la
pédale forté fait manœuvrer une planchette qui soulève tous les
étouffoirs en même temps, de sorte que les cordes frappées vibrent
en toute liberté et
peuvent communi-
quer leurs vibra-
tions aux cordes
voisines . Tous les
sons se prolongent
et l'ébranlementde-
vient général sur
toute l'étendue de
latable d'harmonie .
On obtient le plus
haut degré de puis.
sance de l'instru-
ment .
Lapédale sourdine
peut agir de deux
manières . Dans le
piano à queue, elle
transporte tout le
clavier de gauche à
droite, et alors les
marteaux ne frap-
pent plus qu'une ou
/
deux cordes au lieu
de trois . Dans le
piano droit, cemême
système a prévalu Fig. 481. Timbales .
pendant longtemps ,
mais aujourd'hui, dans la plupart des pianos droits , la pédale
soulève une règle plate qui est munie, à sa partie supérieure,
d'une bande en feutre mince et moëlleux (quelquefois cette bande
de feutre est découpée à dents) , qui vient se placer entre les
cordes et les marteaux, amortit le coup sans en anéantir l'effet
et produit un jeu d'une douceur infinie, auquel aide beaucoup la
délicatesse du toucher de l'exécutant .
INSTRUMENTS A PERCUSSION . Ce sont les timbales (fig. 481 )
les caisses et taroles , les grosses-caisses, les triangles, les cym
1212 NACRE.
bales , etc. Il est inutile de décrire ces instruments, qui sont d'une
extrême simplicité au point de vue musical et à celui de la fabrica-
tion ; les parties métalliques sont battues au marteau ou fabriquées
au tour ; les peaux sont posées par les procédés ordinaires, etc.
On fabrique aussi des carillons de lames d'acier d'une ou de
deux octaves chromatiques (fig. 482) .
Citons en dernier lieu les instruments non classés qui rentrent
dans la catégorie des instruments de précision tels que les diapa-
sons, sonomètres, pèse-cordes, et enfin les jouets d'enfants qui
ne sont que des diminutifs ou des imitations plus ou moins
réussies des instruments précédents ; tels sont les harmonicas et
les métallophones. Ces petits instruments se composent de lames
de verre ou de métal suspendues sur des fils que l'on fait vibrer
en frappant avec un petit marteau en bois ou en liége. Les xylo-
phones se jouent à l'orchestre ce sont des harmonicas dont les
Fig. 482. Carillon en lames d'acier.
lames vibrantes , en bois sonore, sont placées sur de la paille et
que l'exécutant fait résonner à l'aide de deux petits maillets de
bois. Le sonomètre appartient aux instruments de précision et
sert à mesurer les vibrations de différentes cordes . La sirène rem-
plit un rôle analogue pour tous les instruments en général.
N
-
Nabab [Angl . nabab ; Allem. der Nabab] ( Conn . gén . ) .
Nom qu'on donne dans les Indes à ceux qui sont investis du com-
mandement des troupes ou du gouvernement d'une province, di-
gnité qui reçoit alors le nom de nababie. On l'a étendu à tous
ceux qui revenaient des Indes après y avoir fait fortune.
Nacre (OUVRAGES EN) ( Technologie) . — La nacre qu'on emploie
pour fabriquer ces jolis ouvrages qui attirent encore les regards
des connaisseurs, est tirée des valves de la moule margaritifère.
La nacre est très dure, et elle résiste à tous les instruments,
de manière qu'elle présente beaucoup de difficultés pour la tra-
vailler. C'est à l'aide de l'acide sulfurique qu'on parvient à la
tourner et la ciseler. On commence par tracer sur la nacre les
contours de la figure que l'on a intention d'exécuter ; ensuite, à
NATATION. 1213
l'aide d'excellentes petites scies, on enlève le superflu ; on approche
du dessin avec de très bonnes limes ; on perce les endroits qui
doivent être à jour avec des forets et de l'acide sulfurique affaibli.
On le cisèle, s'il est nécessaire, après avoir fait agir le même
acide pour hâter l'ouvrage, que l'on termine avec de petits cise-
lets bien trempés et de bonnes petites limes. Lorsque l'ouvrage est
terminé, ou à peu près, on l'achève et on le polit avec de l'émeri,
et l'on termine par la potée rouge (colcotar ou peroxyde de fer) ,
commele marbre, ou mieux comme l'acier (Voir Nacre, t. II, p. 1047) .
Nadir [Angl. nadir; Allem. der Nadir (Astronomie) . Le
point du ciel qui est directement sous nos pieds, et auquel abou-
tirait une ligne verticale tirée du point que nous habitons et
passant par le centre de la terre.
Nageoires [Angl . the fin; Allem. Finne] ( Conn . gén.).
Appendices propres aux corps des poissons et leur servant à di-
riger leur marche. Ces appendices sont formés d'un nombre
variable d'os appelés rayons parce qu'ils vont en divergeant
comme les branches d'un éventail, lesquels , servant de soutien à
une membrane solide, forment avec elle une large rame, suscep-
tible de se rétrécir au gré de l'animal. Le nombre des nageoires
est variable chez les poissons, et celui des rayons qui les com-
posent, l'étant aussi, fournit des caractères excellents pour distin-
guer les poissons entre eux. On appelle nageoires pectorales les
deux qui se trouvent devant, près des branchies ; ventrales , les
deux de derrière, situées tantôt vers la queue (poissons abdomi-
naux), tantôt près des pectorales (poissons subbrachiens ou thora-
ciques), quelquefois même en avant de celle-ci (poissons jugu-
laires) ; dorsale, anale, caudale, celle qui se trouve sur le dos,
à l'anus, à la queue.
Narcotine [Angl. narcotin ; Allem. Narkotine ( Chim . pharm.).
Substance découverte en 1804, dans l'opium , par Dérosne, et com-
posée de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'azote. C'est à elle que
l'opium doit une partie des propriétés convulsives qu'il manifeste
quand il est pris à forte dose. Inodore et insipide, la narcotine
est à l'état de pureté en aiguilles déliées, en prismes rhomboïdaux
ou en paillettes nacrées. On l'obtient en traitant le marc d'opium
par l'acide acétique étendu d'eau et bouillant, et en précipitant
par l'ammoniaque.
Nasse (Péche) . -
Instrument d'osier propre à prendre du
poisson. Il est formé de deux paniers ronds, pointus par le bout,
enfoncés l'un dans l'autre, et à ventre renflé.
Natation [Angl . swimming; Allem. Schwimmen] ( Conn. gén.) .
Complétant ce que nous avons dit de cet art, t. II, p. 1048,
1214 NATATION.
nous allons décrire le mode le plus ordinaire de nager, qu'on
appelle la brasse. Le nageur doit être très couché sur l'eau , et
suivre en même temps, avec les jambes et les bras , les mouve-
ments que nous allons décrire :
Ceux des jambes sont en trois temps : 10 on plie les jarrets en
rapprochant les talons des fesses ; 2º on lance vivement les plantes
des pieds ensemble à droite et à gauche, comme par un ressort,
de manière à frapper l'eau ; 30 on rapproche les jambes tendues ;
ce dernier point est le plus essentiel et le plus difficile. D'une autre
part, les mains restent toujours ouvertes et les doigts étendus et
serrés les uns contre les autres ; les bras s'allongent en avant en
étendant les doigts, et souvent faisant regarder les deux paumes;
ce mouvement se fait juste à l'instant où l'on donne le coup de
talon; puis les mains restent ainsi allongées pendant le troisième
mouvement des jambes, celui où on les rapproche tendues, ensuite
en pliant les saignées et rapprochant les coudes du corps, on
écarte les mains, et l'on fait décrire à chacune un petit cercle, en
appuyant sur l'eau avec les paumes. Ce cercle est décrit pendant
la durée du premier acte des jambes .
Ces mouvements se reproduisent périodiquement dans le même
ordre; il faut les faire avec ensemble. Voici le tableau de leurs
corrélations :
BRAS . JAMBES .
1º Appuyez les paumes sur l'eau en 10 Pliez les deux jarrets ;
décrivant un cercle ;
2. Lancez les mains et les bras en 20 Donnez le coup de pied à droite et
avant; à gauche;
3º Restez les bras étendus en avant ; 3º Rapprochez les jambes tendues ;
40 Restez. 40 Restez,
Recommencéz . Recommencez .
Tout cela est très simple, et l'on ne tarde guère à le pratiquer
machinalement et sans y songer ; mais on le trouve difficile dans
le commencement. La cause qui retarde les progrès des apprentis
nageurs vient d'une sorte de crainte que l'eau leur inspire et qui
les empêche de régler leur mouvements ; ils ne font pas ce qu'ils
veulent faire. Souvent aussi on conçoit mal l'utilité des règles ;
faisons -les donc bien entendre .
Des trois mouvements des pieds, le deuxième pousse le corps
en avant, c'est celui qui est le plus naturel ; on n'y manque
jamais : le troisième ainsi que l'allongement des bras, a pour
objet de rassembler le corps et les membres dans une ligne
allongée propre à fendre l'eau et à profiter de l'impulsion donnée ;
il ne faut pas même craindre de plonger le visage dans l'eau,
entre les bras étendus, parce qu'on avancera mieux en offrant
moins de surface au liquide. Les cercles qu'on décrit ensuite avec
NATTE . 1215
les paumes, en soutenant la partie antérieure au-dessus de l'eau ,
permettent de relever la tête hors de l'eau, c'est alors qu'on res-
pire et qu'on approvisionne sa poitrine de l'air qui est nécessaire
pendant le reste du mouvement ; et observez que ces cercles s'exé-
cutent précisément alors qu'on plie les jarrets : or, cette flexion,
nécessaire pour donner les coups de talon, est nuisible à la nata-
tion; mais on ne peut l'éviter, car lorsque les jarrets plient, les
cuisses offrent à l'eau une résistance exercée en sens contraire
du mouvement qu'on veut produire.
Influence de la natation. La natation a beaucoup d'avan-
tages : d'une part, elle développe et fait agir tous les muscles ;
d'un autre côté, elle met le corps à l'abri des pertes cutanées ,
des secousses et des chocs, et affranchit la colonne vertébrale du
poids des parties supérieures. Aussi produit-elle de bons effets chez
les jeunes filles chlorotiques, les jeunes gens faibles, ou qui usent
leur constitution en se livrant aux plaisirs solitaires, etc. Cet exer-
cice n'est pas sans fatigue, surtout pour ceux qui n'en ont pas
l'habitude. Le contactde l'eau froide augmente l'influence salu-
taire des mouvements musculaires par ses effets propres qui sont
essentiellement toniques.
Natron [Angl. natron ; Allem. Kohlensaures] ( Chimie) . -
Carbonate de soude cristallisé que certaines eaux contenant de la
soude carbonatée en dissolution, laissent déposer en s'évaporant ;
on le trouve en grande quantité en Egypte et en Hongrie. On em-
ploie le natron à blanchir le lin, dans la fabrication du verre, etc.
Nattaleh (Conn. gén. ). C'est un instrument employé par
les agriculteurs égyptiens pour élever l'eau destinée aux irriga-
tions des terrains de la basse Egypte. Il consiste dans un couffin
finement tressé en folioles de dattier, auquel on attache une
corde à chaque anse que tiennent deux bommes à la main pour
puiser l'eau dans le canal et la lancer à la hauteur des terres
cultivées. Quand cette hauteur est trop grande, on met plusieurs
étages de ces instruments (fig. 483) comme cela a lieu dans la
haute Egypte avec les chadoufs, instruments analogues se ma-
nœuvrant à l'aide de longues perches .
Natte [Angl. strauw-mat ; Allem. die Matte] (Tech.) . Tissu
plat, fait de paille de jonc, de genêt, de roseau, d'écorce ou d'autres
productions végétales, faciles à se plier et à s'entrelacer, dont on
se sert pour couvrir les planchers, revêtir les murs des chambres,
et garantir des frimats les fleurs et les fruits. Le mot natte seul
désigne ordinairement de la natte faite de paille. Les Orientaux
mangent, s'asseyent et dorment généralement sur des nattes.
Les premiers ermites s'en servaient aussi. Enfin leur usage est
universel chez les nègres et les Indiens.
Basse
.-Ede
Figlagypte
terrains
des
l'irrigation
pour
sNattaleh
83.
,4ystème
NAVIGATION AÉRIENNE. 1217
Les nattes les plus simples sont celles que fabriquent les jardi-
niers, et dont ils se servent pour couvrir les espaliers et les autres
plantes, afin de les garantir de la gelée, de la pluie, etc. La paille
n'est point tressée ; on prend la plus longue ; elle sert comme de
trame à la natte : 3, 5 ou 7 ficelles servent de chaîne ; on les
dispose à distances égales ; les deux extrêmes sont à environ
un décimètre des deux bouts. On tend les ficelles, selon la lon-
gueur que l'on veut donner à la natte, aux distances voulues et
de deux en deux. Entre les deux ficelles on passe une petite poi-
gnée de paille de seigle, de manière que les bouts des tuyaux soient
bien égaux ; on les place en dehors, et le côté des épis vers le
milieu ; on les éparpille selon l'épaisseur qu'on veut donner à la
natte. On ajuste de même l'autre bout : on croise les ficelles, et
avec un liteau de bois arrondi , on passe entre les ficelles pour
consolider la paille ; on continue de même jusqu'au bout, en croi-
sant toutes les ficelles à chaque poignée de paille qu'on place.
Lorsqu'on a terminé, on noue les ficelles de deux en deux serrant
bien les pailles. Il ne reste plus qu'à couper avec des ciseaux les
inégalités qui peuvent avoir lieu par les bouts qui passent.
Les nattes ordinaires dont on se sert le plus souvent pour placer
devant les portes des appartements, sont ordinairement en paille ;
celles qui servent pour mettre sous les pieds dans les salles à
manger, sont en jonc, en roseau, etc.
Navigation [Angl. navigation ; Allem. die Schiffahrt] (Techn.)
C'est l'art de voyager sur les mers , les fleuves et les rivières
en s'aidant de l'aviron, de la voile et de la vapeur.
La navigation sur les fleuves , les rivières et les canaux se
nomme navigation fluviale ; la navigation en mer se nomme
navigation maritime. Cette dernière se subdivise en navigation
au long cours et navigation au cabotage. Le capitaine au cabotage
ne doit pas perdre de vue la côte, alors que le capitaine au long
cours peut voyager sous toutes les latitudes ; aussi exige-t-on de
ce dernier des connaissances beaucoup plus étendues que pour le
capitaine au cabotage.
NAVIGATION (Instruments de). - Voir Instruments de précision
p. 961 .
Navigation aérienne ou Aérostation [Angl. ballooning ;
Allem . dieLuftschfffahrt] (Techn . ) . Nous avons déjà dit, t. Ier,
p. 19, quelques mots des aérostats et de l'aviation, ou art de voler
dans les airs . Des documents recueillis à la dernière Exposition
nous permettront de donner à nos lecteurs une idée assez complète
sur cette question dont on a pu reconnaître l'utilité pratique, tant
au point de vue de l'art de la guerre qu'au point de vue des études
scientifiques.
1218 NAVIGATION AÉRIENNE.
Aérostats et aéronautes. Les premiers ballons s'appelèrent
Montgolfières , du nom de leurs inventeurs, les frères Montgolfier.
Ce fut Pilâtre des Roziers , qui le premier osa s'élever dans une
Montgolfière (fig. 484) . Pour l'empêcher de descendre il alimen-
tait le foyer de chaleur avec une botte de paille.
Un tel voyage était d'une folle témérité. A tout instant un coup
de vent pouvait pousser les flammes de la nacelle jusqu'au ballon
et l'incendier. C'est d'ailleurs ce qui arriva lors d'une nouvelle
ascension que Pilâtre en-
treprit avec Romain. Les
deux infortunés précipités
du haut des airs, périrent
victimes de leur ardeur
héroïque (15 juin 1785) .
Mais l'ivresse causée par
la nouvelle découverte était
telle que cet accident n'ar-
rêta guère le zèle des aéro-
nautes. Du reste, à l'in-
vention des frères Mont-
golfier, était déjà venue
s'en ajouter une autre qui
allait faire disparaître le
danger causé par l'entre-
tien d'un réchaud allume
au-dessous de la légère
enveloppe de la Montgol-
fière.
Charles, jeune physicien,
déjà célèbre comme profes-
seur et savant recherché
des salons à la mode, com-
Fig. 484.- Montgolfière de Pilâtre des Roziers. prit tout le parti qu'on
pouvait tirer de la légèreté
de l'hydrogène pour le gonflement des ballons. Secondé par une
société d'amateurs de physique, il parvient à enfermer ce gaz,
connu alors sous le nom de gaz inflammable, dans une enveloppe
en taffetas enduit de caoutchouc, et le 27 août 1783, par un temps
d'orage, il lance, du Champ de Mars, son nouveau ballon dont
le diamètre était seulement de 4 mètres. Malgré son petit volume,
le ballon de Charles s'élève avec une rapidité bien supérieure à
celle des Montgolfières, emportant avec lui trois voyageurs : un
cog , un canard et un mouton . Tels furent les premiers aéronautes.
On peut se demander pourquoi ce ballon, livré à lui-même, ne
se maintient pas indéfiniment dans l'atmosphère puisqu'il n'est
pas sujet aux variations de poids qui résultent, pour les Mont
NAVIGATION AÉRIENNE. 1219
golfières, du refroidissement de l'air. Sa chûte est amenée par un
phénomène contre lequel les aérostiers luttent encore aujourd'hui ,
sans pouvoir le combattre entièrement : le phénomène de l'endos-
mose . 1
L'endosmose est cette propriété qu'ont deux liquides, et, à plus
orte raison, deux gaz de densités différentes et séparés par une
cloison membraneuse, de se porter l'un vers l'autre à travers
cette cloison. Les enveloppes perfectionnées que l'on emploie au-
jourd'hui ne parviennent qu'à diminuer la rapidité du phéno-
mène.
Si l'idée première des aérostats est due aux frères Montgolfier,
c'est bien à Charles que revient, tout entier, l'honneur d'avoir
créé l'art aérostatique. On n'a fait depuis lors, en dehors des
essais de direction qui se poursuivent, qu'apporter quelques amé-
liorations de détail à telle ou telle partie de son matériel.
Ascensions récentes . Depuis quelques années les ascensions
scientifiques ont pris une extension inconnue jusqu'à cette époque.
En France, notamment, une brillante légion d'explorateurs s'élance,
à tout moment, à la recherche des problèmes les plus variés.
Citons parmi eux : M. Durnof, M. W. de Fonvielle, MM. Camille
Flammarion et Eugène Godard, MM. Crocé-Spinelli et Sivel.
MM. Gastonet Albert Tissandier, M. Dutré-Poitevin, etc.
L'un va chercher des régions plus transparentes pour se livrer
avec plus de fruit à des observations astronomiques ; l'autre
étudie les divers courants atmosphériques, dans l'espoir de décou-
vrir la loi de leur mouvement ; celui-ci surprend et explique la
naissance des nuages ; celui-là, par des analyses plusieurs fois
répétées , démontre que le rapport des éléments constitutifs de l'air
varie avec l'altitude .
L'étude de la météorologie a pris, de nos jours, une importance
exceptionnelle. On a installé des observations sur les hautes mon-
tagnes . Mais réduit à ces observatoires, le champ des explorations
serait resté bien resserré si les ballons n'avaient permis de
l'étendre jusqu'à l'infini.
M. Dutré-Poitevin a constaté que toutes les fois qu'il avait trouvé,
à de grandes hauteurs, des courants atmosphériques, autres que
ceux qui régnaient à terre, au même moment, ces courants
n'avaient jamais manqué de s'abaisser et de se produire à la sur-
face du sol 24 ou 48 heures plus tard.
M. Crocé-Spinelli a fait de nombreuses analyses spectrales .
Nous n'en citerons qu'une on sait que si l'on fait passer des
rayons lumineux à travers un prisme en cristal et qu'on les re-
cueille, à leur sortie, sur un disque (le prisme et le disque consti-
tuent les éléments essentiels d'un spectroscope) , ces rayons, décom-
posés par le prisme, donnent sur le disque, une image lumineuse,
un spectre, qui reproduit les couleurs de l'arc-en-ciel. Ce spectre
1220 NAVIGATION AERIENNE.
est sillonné par des raies, qui varient d'aspect suivant ia substance
du corps lumineux, mais qui restent toujours les mêmes si elles
sont produites par des rayons émanant de la même substance,
quelle que soit, d'ailleurs, l'intensité lumineuse des rayons.
Or on trouve, dans le spectre solaire, les raies propres au sodium,
au fer, au zinc, etc. Dans la composition du soleil il entre donc
du sodium, du fer, du zinc, etc. Poussant plus loin cette étude,
on a remarqué certaines taches sur les raies du spectre et l'on a
reconnu que, pour les raies du sodium, par exemple, de la vapeur
d'eau , placée sur le parcours des rayons lumineux, donnait lieu
à des taches d'un caractère particulier. Ces mêmes taches se
retrouvent sur les raies du sodium du spectre solaire. Un astro-
nome italien ,le père Secchi, a conclu de ce fait, que, dans le
soleil, il existait de la vapeur d'eau. M. Jaussen, en France, dé-
clare, au contraire, que le soleil en est dépourvu, que les taches
du spectre solaire sont uniquement dues à la vapeur d'eau ré-
pandue dans l'atmosphère terrestre. Le débat, entre les deux
savants , aurait pu se prolonger longtemps et faire naître une
longue correspondance que les générations futures auraient, peut-
être, lue avec autant d'intérêt que nous lisons aujourd'hui les
correspondances de Diderot ou de Voltaire ; mais la question aurait
fortement risqué de ne pas être tranchée. Elle l'a été par Crocé-
Spinelli. Le 22 mars 1874, un an à peine avant sa mort tragique,
il monte à 7,300 mètres, dans ces régions où règne une séche-
resse à peu près absolue, dresse son spectroscope et constate
l'absence des taches sur les raies du sodium. Donc le père Secchi
n'est plus fondé à prétendre que le soleil renferme de la vapeur
d'eau .
Ces quelques exemples suffisent pour établir l'importance des
services que les aérostats sont appelés à rendre à la science, sur-
tout depuis qu'un savant physiologiste, M. Paul Bert, à la suite
d'expériences précises, est venu indiquer le inoyen de soustraire
les aéronautes aux malaises, aux troubles moraux et physiques,
ressentis dans toute ascension à grande hauteur.
Expériences de M. Paul Bert sur la pression atmosphérique .
Jusqu'à ces derniers temps, les effets éprouvés par Robertson et
Gay-Lussac, auxquels M. Glaisher a failli succomber et qui ont
causé la mort de Crocé-Spinelli et de Sivel, étaient attribués à la
diminution de la pression exercée sur les organes par l'air raréfié
des hautes régions. On voyait dans ces phénomènes le résultat
d'une action purement mécanique. M. Paul Bert a prouvé que les .
conséquences de la différence de pression avaient une importance
fort secondaire, et que tout péril provenait de l'insuffisance de
l'oxygène absorbé par les poumons. Il en a fait l'expérience sur
lui-même en se plaçant dans un apparell cylindrique (fig. 485).
dont on pouvait, à volonté, aspirer l'air. Un tube adapté à un
NAVIGATION AÉRIENNE . 1221
réservoir, contenant un mélange de 70 parties d'oxygène et de
30 parties d'air, pénétrait dans l'appareil cylindrique et arrivait à
portée de sa main.
Dans ces conditions, M. Bert a parfaitement observé les effets
de la raréfaction de l'air sur son organisme, tandis qu'il suivait,
sur un baromètre, la dépression à laquelle ces effets se produi-
saient .
Au début de l'expérience la colonne barométrique est de 0m, 759,
le pouls donne 60 pulsations. Avec la pression de 0m,480 le malaise
UET
[Link]
Fig. 485. - Appareil de M. Paul Bert pour ses expériences
sur la pression atmosphérique.
commence et le pouls atteint 70 pulsations ; avec celle de 0,455,
malaise plus accentué, pouls plus rapide. Arrivé à 0,360, M. Bert
met le tube dans sa bouche et respire le mélange oxygéné ; aussitôt
le malaise disparait et le pouls redescend de 72 à 66 pulsations.
Il peut, dès lors, continuer à séjourner dans son appareil, sans
ressentir n malaises ni troubles sensibles, quoiqu'il arrive jusqu'à
la pression de 0,248 qui correspond, dans l'atmosphère, à une
altitude supérieure à 8,800 mètres. Il affirme même qu'il aurait
fort bien pu résister à une dépression plus grande.
M. Paul Bert conclut, de son expérience, qu'en se munissant
d'une provision convenable d'oxygène , les aéronautes peuvent
IV VOLUME . 30
1222 NAVIGATION AERIENNE .
affronter, sans périls, les plus hautes régions atmosphériques.
Le fait a, d'ailleurs, été vérifié par Crocé-Spinelli et Sivel, lors de
leur ascension du 22 mars 1874. Ils purent atteindre jusqu'à une
grande altitude sans éprouver, grâce aux réservoirs d'oxygène
dont ils s'étaient munis, les troubles ressentis habituellement dans
oes régions.
Pour éloigner autant que possible, les causes du péril, dans les
ascensions à grande hauteur, les aéronautes doivent s'astreindre
à beaucoup de prudence ; baser la provision d'oxygène sur une
consommation de 6 à 7 litres par homme et par minute. Il faut
encore, pendant les jours qui précèdent l'ascension, éviter les
excès de fatigue musculaire , nerveuse , intellectuelle ; prendre
garde aux bronchites et à tous les accidents propres à gêner les
actes de la respiration. Il faut avoir soin de faire, avant le départ,
un repas substantiel, et emporter des vivres afin de pouvoir
manger fréquemment en route ; disposer, dans la nacelle, tous
les objets de telle sorte qu'on puisse les atteindre sans avoir à se
déplacer ; éviter tout effort, tout mouvement qui aide à la con-
sommation de l'oxygène. Il faut surtout que le tube à oxygène
arrive à portée de la bouche, car il peut arriver un moment où le
bras n'ait plus la force de l'aller chercher.
Des diverses parties d'un aérostat. Enveloppe. L'enve-
loppe est généralement sphérique, mais elle s'allonge à la partie
inférieure et se termine par un orifice qui demeure toujours béant,
cette disposition permet au gaz de s'échapper lorsqu'il prend une
tension telle que, sans cette précaution, l'enveloppe serait exposée
à des déchirures .
Elle doit être légère, résistante et imperméable. Cette dernière
condition n'est jamais complétement atteinte ; on arrive, cependant,
à un résultat très satisfaisant en recouvrant le tissu employé d'un
vernis dans lequel entrent des huiles siccatives, des dissolutions de
caoutchouc, et surtout de la gélatine. On se rapproche ainsi des
corps vitreux, qui seuls sont imperméables à l'hydrogène. Mais
le vernis le plus communément employé, surtout pour les ascen-
sions ordinaires, est formé d'huile de lin que l'on réduit aux deux
tiers par l'ébullition.
Une bonne étoffe de soie, en double épaisseur, satisfait très bien
aux deux conditions de légèreté et de résistance. Pendant long-
temps on n'en a pas employé d'autre. Toutefois la soie est d'un
prix fort élevé ; aussi, de nos jours, la remplace-t-on le plus sou-
vent par la percaline.
Quel que soit le tissu adopté, la manière de le découper pour
arriver à la confection de l'enveloppe ne varie pas. Elle consiste à
détacher de la pièce d'étoffe, d'après un patron déterminé par un
procédé géométrique, des bandes ou fuseaux que l'on n'a plus
ensuite qu'à coudre ensemble.
NAVIGATION AÉRIENNE. 1223
Filet-nacelle. - Un filet recouvre complétement l'enveloppe en
soie ou en percaline du ballon. Les mailles en sont assemblées un
peu au-dessous de l'équateur, de manière à donner 32 cordelettes
qui sont solidement fixées à un cercle en bois. A ce cercle sont
attachées les cordes qui portent la nacelle. Celle-ci, qui doit joindre
la solidité à la plus grande légèreté possible, est généralement en
osier, et les cordes qui la soutiennent sont tressées dans l'osier
même. Les premiers aé-
rostats étaient dépour-
vus du cercle en bois ,
il fallait donc què l'an-
cre fût directement re-
liée à la nacelle. Cette
lacune devait, surtout
par les temps orageux,
rendre la descente pé-
rilleuse, en exposant la
nacelle à être renversée
par une secousse trop
brusque. Aujourd'hui
la corde de l'ancre est
fixée au cercle en bois,
ce qui diminue consi-
dérablement le danger
(fig. 486).
Aérostat à vapeur de
M. Henri Giffard.
M. Marey-Monge, dans
un mémoire publié en
1847, sur la question de
la direction des aéros-
tats, proposait l'em-
ploi d'un ballon al-
longé, pourvu d'une
hélice et d'un gouver- Fig . 486. Ballon ordinaire tel qu'on les
nail . L'insuffisance de construit de nos jours.
la force motrice, pen-
sait cet esprit distingué, avait été l'obstacle capital à une époque
où les machines à vapeur n'étaient pas connues. M. Marey-Monge
proposait, en conséquence, d'adopter la vapeur comme moteur de
l'hélice. Son mémoire fit sensation. M. Alcan, professeur du Conser-
vatoire, en rendit compte dans un rapport détaillé, lu devant la
Société d'encouragement. Mais en 1847, les machines à vapeur
n'avaient pas atteint le degré de perfection où nous les voyons
aujourd'hui . Elles avaient toutes un poids énorme qui aurait
nécessité un prodigieux développement du volume de l'aérostat.
1224 NAVIGATION AÉRIENNE.
Il ne fut pas donné suite aux projets de M. Marey-Monge.
Le volume considérable à donner au ballon n'était pas la seule
difficulté à vaincre. Comment parviendrait-on à entretenir le
foyer de la machine, sans courir le danger, à peu près certain,
d'enflammer le gaz essentiellement inflammable de l'aérostat ?
Telle est la terrible question que M. Henri Giffart n'a pas craint
d'aborder hardiment, dans ses deux expériences de 1852 et
de 1855 .
Le ballon de M. Giffard (fig. 487) n'avait pas, du reste, un volume
aussi démesuré qu'aurait pu le faire supposer l'emploi de la machine
à vapeur. Il cubait environ 2,500 mètres. Sa forme, très allongée
dans le sens du mouvement, devait diminuer beaucoup la résis-
tance de l'air. Il mesurait 44 mètres en longueur, tandis qu'au
milieu , le diamètre n'était que de 12 mètres ; il se terminait par
deux pointes à chaque extrémité. Un filet recouvrait toute la partie
supérieure,
ure, sauf les pointes, et se continuait par des cordes venant-
s'attacher à une traverse horizontale en bois d'une longueur de
20 mètres, laquelle était munie, à l'arrière, d'une voie triangu-
laire formant gouvernail.
Ce gouvernail pouvait être manœuvré de la nacelle au moyen
de deux cordes destinées à la faire pivoter autour d'un axe assez
incliné pour que, livré à lui-même, le gouvernail reprit naturelle-
ment sa position primitive suivant l'axe de l'aéróstat .
La nacelle, suspendue à 6 mètres de la traverse, par des cordes
fixées à celle-ci, consistait en un brancard en bois dont le milieu,
qui seul était plein, formait un plancher portant la machine, les
approvisionnements d'eau et de charbon et les voyageurs.
La machine employée par M. Giffard ne pesait que 150 kilo-
grammes et avait une force de 3 chevaux. Elle donnait sous ce
poids minime, le travail de 25 ou 30 hommes , pesant ensemble au
moins 1,800 kilos, c'est-à-dire douze fois plus. Il est vrai qu'elle
nécessitait un approvisionnement d'eau et de charbon, Mais, dans
toute ascension, il faut emporter du lest que l'on est obligé de jeter
pour compenser la perte du gaz. Or, ici le lest devenait inutile
puisqu'une certaine quantité d'eau et de charbon devait se ré-
soudre d'une manière continue, soit en vapeur, soit en fumée, et
alléger d'autant l'appareil.
Le mécanisme de la machine était fort simple. Il se composait
d'une chaudière verticale, à la base de laquelle était réservée une
grille parfaitement entourée, de telle sorte qu'on ne pût aperce-
voir de l'extérieur aucune trace de feu ; sur cette grille on bru-
lait du coke. La fumée se dégageait par une cheminée dont l'ex-
trémité était tournée vers le bas. Elle était ainsi projetée loin de
l'aérostat. Pour que le tirage s'effectuât avec plus de force,
M. Giffard avait adopté une disposition en usage dans les loco-
motives : la vapeur refoulée hors du cylindre était amenée dans
NAVIGATION AÉRIENNE . 1225
la cheminée où elle se précipitait violemment, et chassait la fumée
au loin devant elle .
Le cylindre , vertical comme la chaudière, est en communication
directe avec celle-ci : Dans le cylindre se meut un piston dont la
tige, à son extrémité, est reliée à une bielle. Chaque course du
piston fait accomplir un tour complet à la bielle , et par conséquent,
à l'arbre dont elle fait partie . Enfin l'extrémité de l'arbre porte
une hélice composée de trois palettes. Tel est l'appareil que
M. Giffard se proposait de diriger dans l'atmosphère et dont la
fig. 487 aidera à saisir le mécanisme.
Disons que les deux expériences faites par l'éminent ingénieur
Fig. 487. Ballon dirigeable de M. H. Giffard.
ont démontré que malgré la présence d'un foyer sous le ballon,
le danger d'une explosion de l'hydrogène n'était plus à redouter.
Le grand ballon captif à l'Exposition de 1878. Nous allons
dire un mot de ce gigantesque aérostat qui occupait les esprits
bien avant qu'il fût construit, et dont le volume atteignait
25,000 mètres cubes .
Le ballon captif de M. Henri Giffard (fig. 488) , était sphérique,
son diamètre avait 36 mètres et il était recouvert d'un filet abou-
tissant, à la partie inférieure, à un premier cercle ; ce premier
cercle en portait un second de moindre dimension et placé plus bas.
A celui-ci était suspendue la nacelle et venait s'attacher le câble
qui retenait le ballon.
Au-dessous de la nacelle, le sol avait été creusé en forme de
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Fig. 489. -Coupe de la nacelle du grand ballon captif de l'Exposition de 1878.
1228 NAVIGATION AÉRIENNE.
vaste cuvette. Le câble descendait au fond de cette cuvette, s'en-
roulait sur une poulie à mouvement universel et arrivait à un
treuil, après avoir parcouru toute la longueur d'un petit tunnel
ménagé dans le sol à cet effet.
Le treuil était mis en mouvement par une machine à vapeur à
quatre cylindres , dont la force s'élevait à 300 chevaux. Il était
préservé par un hangar, des intempéries de l'air. Deux chau-
dières étaient installées, bien qu'une seule eût suffi pour alimenter
les cylindres ; mais rien n'était négligé dans l'installation du ma-
tériel, et la seconde chaudière , toujours chauffée comme celle
qui fonctionnait, était à tout moment, prête à suppléer celle-ci
en cas de besoin.
Enfin, dans un angle de l'enceinte était dressé l'appareil destiné
à fournir l'hydrogène nécessaire, soit pour le premier gonflement,
soit pour réparer les pertes qui pouvaient se produire ultérieure-
ment.
Tout dans cet appareil était remarquable, tant à cause des
nouveaux moyens de fabrication employés dans la confection de
toutes les matières étoffes , filets, cordages, soupapes , etc. que
par la manière originale dont l'installation de cet immense appa-
reil fut faite. Nous nous contenterons de décrire la nacelle . Elle
consistait (fig . 489) en une galerie annulaire à double fond, dont
le diamètre était de 6 mètres. Cette galerie, sur le plancher de
laquelle 40 ou 50 voyageurs pouvaient tenir aisément, avait
1 mètre de largeur ; elle contournait donc un vide circulaire de
4 mètres de diamètre, au centre duquel passait le câble. Deux
parapets en bois de noyer formaient les parois latérales de la ga-
lerie et s'élèvaient à 1m,20 au-dessus du plancher. Le parapet
intérieur était surmonté d'une balustrade qui rendait tout danger
de chute impossible de ce côté.
La nacelle était suspendue par 16 cordes à un cercle en bois C,
qui avait, comme elle, un diamètre de 6 mètres et qui formait en
quelque sorte le prolongement du parapet extérieur. Dans l'inter-
valle qui séparait chacune des 16 cordes de suspension, on avait
établi des cordelettes verticales allant de la nacelle au cercle en
bois, en assez grand nombre pour que le corps d'un homme ne
puisse pas passer entre deux d'entre elles. Ainsi , de ce côté comme
du côté du parapet intérieur, nulle chute n'était à redouter.
Du petit cercle B partaient les cordes de suspension de la
nacelle ; mais ces cordes n'aboutissaient pas à la nacelle elle-même,
elles se rattachaient au grand cercle en bois C. Sur ce grand
cercle étaient solidement fixés 16 gabillauds ; chacun de ceux-ci
servaient de point d'attache à une corde ; deuxde ces cordes
allaient se réunir en une seule, un peu au-dessus des gabillauds ;
chacun de ceux-ci servait de point d'attache à une corde ; et
cette dernière allait s'enrouler sur le cercle B. La nacelle était
NAVIGATION AÉRIENNE. 1229
donc suspendue au cercle en bois ; celui-ci était suspendu au petit
cercle B qui l'était à son tour au grand cercle A. Enfin, le grand
cercle A était relié au filet. Dans la soupente ménagée au-dessous
du plancher de la galerie, on avait installé tous les engins propres
à un voyage aérien : sacs de lest, guide-rope , ancres , etc.
M. Giffard , on ne saurait trop le répéter , avait pris les précau-
tions les plus minutieuses pour prévenir tout accident capable de
transformer les ascensions captives en ascensions libres ; mais cela
ne l'avait pas empêché de prévoir le cas où une rupture de câble
viendrait à se produire, quelque invraisemblable qu'elle paraisse.
Aviation . Un récit complet des innombrables tentatives de
Fig. 490.-Ailes de Le Besnier .
vol faites depuis les temps fabuleux d'Icare jusqu'à nos jours ,
serait aussi lamentable que peu instructif.
Voici cependant un appareil (fig . 490) qui semble avoir eu quelque
succès, s'il faut en croire un récit publié en 1768, dans le Journal des
Savants . Il consiste en deux forts bâtons reposant sur les épaules
et munis, aux extrémités, d'ailes en taffetas rendues rigides par
un châssis rectangulaire. Chaque aile est formée de deux parties
qui peuvent se replier l'une sur l'autre , de haut en bas en pivo-
tant autour du bâton qui les porte. Les ailes de derrière sont
mises en mouvement par les pieds ; celles de devant par les mains :
Enfin , l'ordre du mouvement doit être tel que la main droite
exécute son effort en même temps que le pied gauche, tandis que
la main gauche et le pied droit manœuvrent ensemble. Il est à
remarquer que ce genre de mouvement est conforme à celui qui
se produit pendant la marche.
1230 NEFFLIER .
Le Besnier, inventeur de ce mécanisme a fait lui-même, assure
t-on, usage de ses ailes. Un gymnaste paraît aussi s'en être servi
dans les foires ; toutefois, on ne sait rien de bien précis sur les
résultats de ces deux essais .
Nectar [Angl. nectar; Allem . Gottertrank] ( Généralités).
D'après la fable, c'était le brouvage des dieux, et qui, communi-
qué aux hommes , leur aurait donné l'immortalité. On donne
généralement ce nom à toutes les boissons généreuses.
Nectar des guerriers .
Racine d'angélique. 60 grammes.
Noix muscade.. 1
Daucus de Crète 2 grammes.
Vanille 30
Cédrats, oranges (de chaque) 2
Citrons 3
Eau-de-vie à 22 degrés. 16 litres.
Coupez les cédrats, les oranges et les citrons par tranches ;
pilez légèrement ensemble la noix muscade, le daucus de Crète
et la vanille, et versez sur le tout l'eau-de-vie.
Distillez et ajoutez au liquide obtenu :
Sucre 10 kil.
Eau 10 litres.
Mélangez bien le tout et filtrez.
Nef [Angl. nave ; Allem. das Kirchenschiff] (Architecture). -
Vieux mot, équivalent de navire , et qui est aujourd'hui spéciale-
ment usité pour désigner la partie de l'église qui s'étend depuis
le portail jusqu'au chœur. On l'a ainsi appelée parce qu'elle a
dans les édifices gothiques la forme d'un navire renversé, dont la
partie évasée s'appuierait au pavé et dont la quille serait marquée
par la ligne de rencontre des deux côtés qui forment l'ogive.
Nefflier [Angl . the medlar-tree ; Allem. Mispelbaun] (Agricult.)
Cet arbre est principalement cultivé pour son fruit, qui est une
espèce de drupe à plusieurs petits noyaux, et qu'on ne mange
que lorsqu'un excès de maturité les a rendus moins acerbes , et
'eur a procuré un commencement de pourriture . On élève rare-
ment le nefflier de graines, mais on le greffe sur le cognassier
ou sur l'aubépine ; il se plaît dans les terrains légers et sablon-
neux. Son bois est très dur, d'un grain fin, de couleur grise
veinée de rouge ; on en fait des manches d'outils, des fléaux, des
fouets, etc.: il ne casse pas facilement. Les neffles sont très as
NETTOYAGE . 1231
tringentes ; on peut en faire une boisson en les laissant fermenter
avec des pommes sauvages . :
Nerprun [ Angl. buch-thern ; Allem. Vege-dorn] ( Chim. Méd.) .
-
Genre de plantes, type de la famille des rhamnées . Ce sont
des arbrisseaux indigènes et exotiques, au nombre d'environ cin
quante espèces. Trois sont surtout remarquables : le nerprun
purgatif, dont les baies globuleuses et noirâtres sort employées
sous forme de sirop dans les hydropisies de poitrine, la paralysie,
les dartres chroniques : en préparant leur suc avec de l'alun, on
fait le vert de vessie des peintres ; le nerprun des teinturiers, dont
les baies petites, globuleuses et verdâtres, connues dans le com-
merce sous le nom de graine d'Avignon, cueillies avant la ma-
turité, et préparées avec du blanc de céruse, donnent la couleur
verdâtre appelée stil de grain ; le nerprun bourgène, dont le bois
donne un charbon très léger employé préférablement à d'autres
dans la fabrication de la poudre à canon .
Nettoyage [Angl. cleasing ; Allem. das Abbeizen] ( Conn. prat.).
NETTOYAGE DES COUVERTURES DE LAINE. Faites-les tremper dans
un bain de savon et de sous-carbonate de soude, frottez-les forte-
ment avec une brosse demi-dure et battez-les avec un bâton ; enfin
rincez-les à l'eau claire et tordez-les à la main pour en extraire
l'eau . Pour éviter le déchirement, vous mettez la couverture dans
un filet, et vous tordez celui-ci en sens inverse ; vous renouvelez
l'opération une ou deux fois, si cela est nécessaire ; pour obtenir
la blancheur convenable, vous passez la couverture au soufre sans
la rincer à l'eau, après le savonnage et le tordage ; après le
souffrage, on la lave et on la peigne avec un chardon pour relever
et coucher le poil ; c'est le dernier apprêt. Vous lavez la couverture,
après le soufrage, dans un bain composé : 100 litres d'eau, 3 kilo-
grammes de savon, auquel on ajoute 500 grammes d'ammoniaque.
Elles acquerront un très beau blane qui ne jaunira pas. Ce savon-
nage enlève entièrement l'odeur du soufre.
NETTOYAGE DES MÉTAUX , MAIS SURTOUT DES CUIVRES.
Prenez :
Terre pourrie porphyrisée 100 grammes.
Savon noir. 60
Esprit-de-vin. 60
Essence de térébenthine . 100
Huile blanche. 30
Eau commune. 500
On délaye bien le savon avec l'eau pour les introduire dans un
vase convenable ; puis on y ajoute les autres substances, et on
1232 NICHE.
remue bien le tout ensemble, en bouchant hermétiquement le vase .
Chaque fois que l'on veut nettoyer un ustensile de cuisine ou des
objets de cuivre, on agite le vase renfermant ce mélange ; on en
verse de temps en temps une petite quantité sur un morceau de
drap ou de flanelle, dont on frotte soigneusement l'objet à net-
toyer ; on termine l'opération avec un linge sec de toile déjà usée.
L'avantage de cette composition, c'est qu'elle ne contient ni
V
acide ni mordant, et que les objets qu'elle touche conservent long-
temps leur brillant, ce qui n'a pas lieu avec les compositions
acides généralement employées .
NETTOYAGE DES GANTS DE PEAU D'AGNEAU OU DE CHEVREAU. On
se sert d'une composition liquide de lait et de carbonate de soude.
Un procédé plus simple est le suivant :
Il faut mouiller légèrement avec de l'eau, une flanelle qu'on
passera ensuite sur du savon en poudre ; puis on frotte les gants
avec la flanelle couverte de poudre de savon . On peut essuyer avec
de la flanelle sèche .
-
Névralgie [Angl. nevralgi ; Allem. Nervenschmerz] (Médec.).
On donne le nom de névralgie à une affection du tissu nerveux
et particulièrement des nerfs, caractérisée par l'exagération de la
sensibilité et par une douleur vive, exacerbante, souvent intermit-
tente.
Les causes des névralgies sont peu connues. On les attribue à
certaines conditions vitales que nous rattachons à l'irritation ner-
veuse .
Traitement de la névralgie - La thérapeutique des névralgies
est en apparence fort riche, mais au fond elle est pauvre , parce
que tous les moyens échouent le plus souvent. Voici comment il
faut traiter cette maladie rebelle. On essaie d'abord d'engourdir
la douleur en appliquant des topiques calmants, tels que cata-
plasmes , onctions et pommades narcotiques . Si cela est insuffisant,
on pose un ou plusieurs vésicatoires volants sur le trajet doulou-
reux ; à chaque pansement on saupoudre la surface dénudée avec
1/6 , 1/4 , 1/2 grain d'acétate de morphine . Si la douleur est exces-
sive, il faut débuter par une application de sangsues ou de ventouses
scarifiées qui produiront encore un excellent effet. Après cela on
revient aux moyens précédents, aux frictions narcotiques et aux
vésicatoires. En même temps les antispasmodiques seront adminis-
trés à l'intérieur : les plus employés sont la valériane, l'oxyde de
zinc, les pilules de Méglin surtout. L'opium en pilules ou en potion
contribuera aussi à faire cesser la douleur ; mais, disons-le, la
médication externe est plus sûre dans son action : elle comprend
encore l'électricité, les tissus et cataplasmes galvaniques .
Niche [Angl. niche ; Allem. die Nische (Archit.). - Enfonce
NITRATES OU AZOTATES . 1233
ment pratiqué dans l'épaisseur d'un mur, circulaire ou carré dans
l'architecture antique, circulaire au sommet dans le style romain
et à ogive dans l'architecture française à partir du xime siècle.
La statue placée dans une niche doit être proportionnée de telle
sorte que les yeux soient sur la ligne horizontale tirée à travers
le point de centre qui a servi à déterminer la moitié de la calotte
sphérique ou sommet de la niche. La meilleure proportion d'une
niche sera comme deux (sa largeur) , à cinq (sa hauteur) .
Nickelage [ Angl. nickelage ; Allem. Nickelage] ( Chim . métall.) .
On pratique le nickelage par décomposition du sulfate de nickel
et d'ammoniaque, mais c'est surtout le cuivrage du fer, de la fonte
et de l'acier qui est utilisé, tant comme passage à l'argenture et
à la dorure que pour remplacer par des objets en fer cuivrés,
ceux plus chers en étain et en bronze, soit enfin pour préserver
le fer de l'oxydation de l'air ou dans l'eau, tel que les fontaines
publiques, les colonnes rostrales, les candélabres, etc.
Nielle [Angl. blast; Allem. Mehlthau] (Agriculture) . Nom
donné à une maladie des céréales, ou plutôt à différentes mala-
dies. C'est le charbon, la carie, l'ergot, le blanc, la rouille , etc.
Ces affections sont ordinairement causées par des espèces de
champignons qui sont parasites, et dévorent les grains aux dé-
pens de qui ils vivent. Les naturalistes nomment ces champignons
uredo, acidium, erysiphe, sphæria.
Nitrates ou Azotates [Angl. nitrates ; Allem. Salpeter-
saüressalz ( Chimie) . Sels résultant de la combinaison de l'acide
nitrique avec les bases salifiables. Ils sont très solubles dans l'eau
et se reconnaissent à la vapeur peu sensible, accompagnée d'une
odeur d'eau-forte qu'ils exhalent. Il y a des nitrates d'ammo-
niaque , d'argent, de baryte, de carbure d'hydrogène, de chaux,
de cobalt, de mercure, de nickel, de potasse, de strontiane , de
cuivre, d'étain, de fer, de morphine et de plomb. On les appelle
plus scientifiquement des azotates. Le plus intéressant est celui de
potasse, appelé vulgairement nitre ou salpétre .
NITRATE D'ARGENT [ Angl . nitrate of silver ; Allem. das Salpeter-
saure] ( Chimie) . Azotate d'argent, pierre infernale. Cesel
résulte de la dissolution de l'argent dans l'acide nitrique ou azo-
tique pur. Il est cristallisé ou fondu. Le premier est en lamelles,
le second en crayon. Ce dernier est employé comme cathérétique,
escharotique, pour réprimer les chairs fongueuses, pour cauté-
riser les plaies de mauvaise nature, etc. L'autre est usité en
dissolution comme astringent, substitutif, sur les membranes
muqueuses enflammées, sur celles de l'œil, de l'urètre. On l'a
essayé, comme altérant, contre l'épilepsie.
1234 NITRO- GLYCÉRINE.
A l'intérieur : 3 à 6 milligr. en pilules contre l'épilepsie. Il faut
continuer longtemps son usage, qui a toutefois le grave inconvé-
nient de donner à la peau une teinte ardoisée indélébile, et de ne
pas réussir toujours contre la maladie.
A l'extérieur. - En solution : 5 centigr.à 1 gr. dans 30 gr. d'eau
distillée, pour collyre et injections urétrales. 1 gr. dans 4 gr.
d'eau pour cautériser le fond de la gorge dansle croup, l'angine
couenneuse. - En crayon : on le promène sur les plaies et ulcères
atoniques ou couverts de végétations blafardes .
Nitro-glycérine [Angl. nitro-glycerine ; Allem. das Nitro-
glycerin) ( Chimie) . La nitro-glycérine est une substance pro-
duite par l'action de l'acide azotique. Découverte en 1847, par
Sobrero, elle resta longtemps sans application ; ce n'est qu'en
1864 que M. Nobel commença à l'appliquer à l'industrie, et
chercha à utiliser sa force explosive.
Les nombreux et terribles accidents qu'elle a causés presque
partout, ont inspiré des terreurs légitimes , et fait restreindre de
plus en plus l'emploi d'une matière qui , dans sa préparation ou
dans son transport , avait porté spontanément dans plusieurs
localités la destruction et la mort .
Legrandfabricant de nitro-glycérine, l'ingénieur suédois, A. Nobel,
quoique frappé dans son fils, victime d'une explosion dans sa fa-
brique, n'a pas moins persisté à s'occuper d'un corps si extraor-
dinaire, et il est parvenu à en faire un engin de guerre, aussi
puissant que maniable et inoffensif pour ceux qui s'en servent ;
nous lui devons la dynamite dont l'emploi est aujourd'hui uni-
versel dans l'industrie : exploitation des mines , des carrières, etc.
Préparation . Elle consiste à faire agir, comme pour le fulmi-
coton, un mélange d'acide azotique et d'acide sulfurique sur la
glycérine . L'acide azotique doit être l'acide normal et pur à 1,52
de densité ; on en prend 1 partie pour 2 parties d'acide sulfurique.
La glycérine est un liquide visqueux, incolore, sucré, obtenu
dans la saponification des corps gras ; sa densité doit être de 1,26
à 1,28 ; elle est soluble dans l'eau et l'alcool, non dans l'éther, et
peut elle-même dissoudre un grand nombre de corps simples et
composés . Celle qu'on emploie à la préparation de la nitro-
glycérine doit être assez pure, c'est-à-dire ne pas précipiter abon-
damment par le sous-acétate de plomb, indice de matières orga-
niques étrangères; ni par l'oxalate ammoniaque qui indique la
chaux, ni réduire le tartrate cupro-potassique, ce qui serait la
preuve d'une falsification par le sirop de glycose .
Mode d'emploi de la nitro-glycérine. Examinons maintenant .
le mode d'emploi de la nitro-glycérine, c'est-à- dire la manière de
préparer, de charger et de faire sauter les mines . La profondeur
du trou de mine, mais surtout sa distance en arrière du bord,
NITRO-GLYCÉRINE. 1235
dépendent évidemment de la nature, de la dureté et de la ténacité
du roc qu'on veut détacher. Dans un grès tendre, par exemple,
on pourra forer le trou de mine à une assez grande distance du
bord et lui donner une profondeur de 2m,50 à 3 mètres et même
plus. Lorsqu'il s'agit de faire sauter un roc plus résistant on rap-
prochera davantage la mine de la paroi verticale du rocher. L'expé-
rience apprend du reste le mieux aux ouvriers les profondeurs des
mines et les distances qui produisent l'effet le plus avantageux.
La quantité de nitro-glycérine à verser dans le trou de mine
dépend évidemment aussi de la ténacité et de la résistance de la
pierre. Pour le grès compacte on emploie de 1k,200 à 1,700 de
nitro-glycérine par trou de mine.
Dans les grandes exploitations , on dispose généralement de
moyens perfectionnés pour le forage des trous de mines ; mais
dans les carrières isolées on les pratique généralement de la
même manière que les trous de mines à poudre ordinaire.
On s'y sert d'une longue barre de fer, aciérée et aplatie en forme
de ciseau à l'une des extrémités. Un ouvrier tient la barre et la
tourne continuellement pendant qu'un autre frappe sur la tête du
foret à grands coups de maillet. On verse de l'eau dans le trou
pour mettre la poussière pierreuse en suspension et faciliter le
travail du ciseau .
De temps à autre on nettoye et dessable ce trou, en y passant
une branche garnie de feuillage ou un linge attaché à une latte
en bois ou à un gros fil de fer, qu'on retire ensuite très brusque-
ment. Lorsque le trou de mine est arrivé à la profondeur voulue,
on le nettoie une dernière fois aussi exactement que possible; la
présence d'une petite quantité d'eau dans la mine n'offre du reste
aucun inconvénient , puisque la nitro-glycérine détone tout aussi
bien sous une couche d'eau que dans une mine sèche.
Il arrive quelquefois que le foret rencontre une fissure du roc,
qui laisserait écouler la nitro-glycérine et occasionnerait ainsi une
perte. Dans un pareil cas, ou bien l'on fonce davantage la mine,
ou bien l'on jette de l'argile et de la terre glaise dans le trou et
on l'y tasse fortement ; on creuse enfin une cavité dans cette masse
plastique en y enfonçant une latte et en cherchant à appliquer
l'argile contre les parois du trou de mine de manière à en bou-
cher les fissures .
Le trou de mine étant bien préparé, on y verse la nitro-glycérine
au moyen d'un entonnoir en fer-blanc terminé par un long tube.
Cet entonnoir est placé très perpendiculairement pour que le
liquide puisse tomber directement au fond de la mine sans couler
le long des parois, ce qui causerait une perte sensible. En effet,
toute la nitro-glycérine humectant les parois ne prendrait point
part à l'explosion et ne contribuerait enrien audétachement du roc.
Pour mettre le feu à la mine et faire détoner la nitro-glycérine,
1
1236 NOEUD .
on se sert d'une mèche et d'une cartouche. La mèche consiste en
une forte cordelette de chanvre, de 15 à 20 centimètres plus longue
que le trou de mine n'est profond ; elle offre dans son centre une
cavité continue remplie de poudre très fine et est en outre recou-
verte de gutta-percha pour que l'humidité ne puisse pas pénétrer
jusqu'à la poudre. La cartouche consiste en un petit tube ou man-
chon en bois de 6 à 7 centimètres de long et de 25 millimètres de
diamètre extérieur ; le diamètre de la cavité intérieure n'est que
de 7 à 8 millimètres. C'est dans ce manchon qu'on engage solide-
ment l'extrémité inférieure de la mèche, de manière qu'elle tra-
verse l'épaisseur de bois et débouche dans la cavité intérieure ;
on remplit cette dernière presque complétement de poudre de
mine ordinaire (il en faut une bonne charge de fusil environ) et
l'on bouche ensuite exactement le fond avec un bouchon en liége
graissé qu'on coupe à ras de la cartouche.
Afin d'éviter qu'un peu d'eau ne vienne mouiller la poudre de
mine, en s'infiltrant dans la cartouche, on graisse celle-ci avec du
suif surtout à l'endroit où la mèche vient s'y engager. On fait
alors descendre la cartouche dans le trou de mine en laissant
filer doucement la mèche entre les doigts jusqu'à ce qu'on sente
flotter la cartouche à la surface de la nitro-glycérine. On en est
averti très aisément et sûrement par le tact. On maintient alors la
mèche verticalement à cette hauteur ; elle occupe le centre du
trou de mine. On remplit enfin ce trou, d'abord avec quelques
petits fragments de pierres et enfin avec du sable fin. Il est tout
à fait inutile de bourrer la mine .
La charge de la mine doit être faite avec soin ; si les mines ne
partent pas, c'est que les amorces ont été mal constituées. Il est
alors très ennuyeux et souvent difficile de déblayer de nouveau le
trou de mine pour y remettre une nouvelle cartouche. C'est une
peine et une perte de temps qu'il est facile d'éviter en chargeant
lentement et avec soin. La mine ayant été ainsi chargée et amorcée,
on n'a plus qu'à mettre le feu au bout de la mèche qui dépasse
le trou de mine .
La mèche brûlant pendant 4 à 6 minutes et même 8 minutes,
selon sa longueur, les ouvriers ont amplement le temps de s'éloi-
gner pour se mettre à l'abri. Le feu se communique à la car-
touche qui éclate à son tour, détermine l'explosion de la nitro-
glycérine. Celle-ci détone instantanément.
Noœud (Généralités). Partie saillante dans laquelle passe
une broche et qui sert à joindre les ailes d'une flèche , d'un cou-
plet ou d'une charnière.
NOEUD . Partie dure qui se rencontre dans les marbres blancs,
et qu'on est obligé d'écraser avec la marteline : onles nomme aussi
émeril; dans les marbres de couleur, les nœuds s'appellent clous.
NOIRS. 1237
NOEUD DE SOUDURE (Plomberie). Les plombiers nomment ainsi
une certaine quantité de soudure coulée au point de jonction de
deux tuyaux aboutis l'un contre l'autre, pour les attacher en-
semble et rendre le joint étanche. Quand la grosseur des tuyaux
empêche qu'ils puissent être soudés l'un avec l'autre , on les
bride pour suppléer à ces nœuds de soudure.
Noirs [Angl. Black ; Allem. Schwarze] (Chim . indust.) Leur
couleur a fait donner ce nom à des substances manufacturées pro-
pres à divers emplois ; on distingue les espèces suivantes :
NOIR ANIMAL OU CHARBON D'Oos (Voir ce mot t. II, p. 1063). Le
principal usage de ce noir est dans la fabrication et le raffinage
du sucre.
NOIR DE FER. Le chlorure , décomposé par le zinc, laisse dé-
poser l'antimoine en poudre terne, dite noir de fer, que l'on emploie
pour donner aux plâtres, etc. la couleur de la fonte grise.
NOIR DE FUMÉE. - C'est un charbon très léger, déposé comme
de la suie par la fumée que produit la combustion incomplète des
résines , des corps gras et même des houilles grasses. Ce noir était
connu des Grecs et des Romains qui en faisaient usage dans la
peinture et en composaient une encre analogue à l'encre de la
Chine.
On obtient le noir de fumée dans les arts en condensant dans
des chambres la fumée des matières résineuses, bitumineuses ou
grasses incomplétement brûlées ; il se dépose un charbon très fin,
léger et d'un noir foncé .
L'appareil dont on se sert (fig. 491) est une chambre cylindrique
en briques dans laquelle peut se mouvoir un cône en tôle, percé
d'une ouverture à son sommet, et servant à la fois de cheminée
pendant la combustion, et de racloire lorsque l'opération est ter-
minée. Les murs de la chambre sont tapissés de peau de mouton
ou de toiles grossières , pour faciliter le dépôt des flocons charbon-
neux. La résine ou le goudron est brûlé dans une marmite en
fonte placée dans le foyer d'un fourneau extérieur. Le noir de
fumée est un charbon toujours plus ou moins impur, contenant
jusqu'à 20 % de matières salines ou volatiles. On peutle purifier
en le lavant à l'alcool , puis avec une solution alcaline et le traitant
par l'acide chlorhydrique étendu d'eau ; mais ordinairement, pour
obtenir le plus beau noir, on le calcine fortement dans un creuset,
à la température du rouge ; toutes les matières volatiles se dé-
gagent ou se décomposent, les sels minéraux seuls restent mé-
langés au charbon, mais leur proportion est très minime .
Le noir de fumée purifié sert pour l'encre lithographique et la
IV VOLUME . 31
1238 NOIRS .
peinture à l'huile ; mélangé à 2/3 d'argile, il forme les crayons
noirs à dessiner. Le noir non purifié est employé dans la peinture
en bâtiment, pour la préparation de l'encre d'imprimerie, des
papiers peints, des compositions pyrotechniques etc.
Fig. 491. Appareil servant à la production du noir de fumée.
NOIR D'IMPRESSION . On l'obtient dans la préparation du bleu
de Prusse par l'action des alcalis sur le sang, la corne ou d'autres
substances animales .
NOIR D'IVOIRE . Il y en a de plusieurs sortes ; ils sont propres
à la peinture, à la fabrication du cirage, etc. Les matières pre-
mières du noir d'ivoire de première sorte sont les rognures d'ivoire
mises au rébut par les tabletiers. Le noir que l'on en obtient
ΝΟΙΧ . 1239
est sans contredit le plus beau de tous, soit par son intensité,
soit par les tons' veloutés qu'il donne en peinture, soit enfin par
l'extrême division à laquelle se prêtent ses particules ténues et
homogènes : il est aussi le plus coûteux, en raison du prix élevé
de la matière qui le fournit.
Le noir d'ivoire de deuxième sorte se fabrique avec des os de
pieds de moutons , bien propres et dépouillés de toutes substances
musculaires ou tendineuses .
Le noir d'ivoire de troisième qualité est obtenu d'os divers bien
nettoyés, mais dont la contexture moins régulière ne permet pas
d'obtenir par leur calcination un noir aussi homogène dans toutes
ses parties.
Enfin, la quatrième qualité de noir d'ivoire se prépare avec les
mêmes matières que le précédent, il n'en diffère que par une
ténuité moindre, résultant du broyage moins prolongé qu'on lui
fait subir.
NOIR VÉGÉTAL OU CHARBON DE BOIS PRÉPARÉ. Il sert à l'épura-
tien des sirops, des huiles, à la peinture des papiers, etc.
Noisetier ou COUDRIER [Angl. nut-tree; Allem. der Hasel-
nussbaum] ( Arboriculture) . - Arbuste qui croît dans les bois, les
haies, les jardins, dont le fruit, appelé noisette, est d'un goût
assez agréable. Tous les terrains conviennent au noisetier ; on le
multiplie en semant les noisettes , ou plutôt par les rejetons nom-
breux qui poussent de ses vieilles souches. On greffe par approche
les variétés les plus estimées, qui sont l'aveline et la noisette de
Saint-Gratien. Les taillis se coupent à 7, 10 et même 14 ans : on en
retire du bois de fagot, des échalas , des cerceaux. On peut extraire
du fruit une huile siccative qui est assez agréable à manger,
et qu'on emploie en peinture. C'est au milieu de l'hiver que cette
opération se fait avec le plus de profit. On traite ce fruit comme
celui du noyer.
Noix [ Angl . wal nut ; Alem. Nusz] ( Agriculture) . C'est le
fruit du noyer. On donne aussi le nom de noix à divers fruits
ligneux, tels que ceux de l'acajou, du coco, du pistachier, etc.
Nous avons donné, tome II, p. 1063, la manière de conserver
les noix fraîches ; nous donnons ci-après un procédé pour leur
rendre leur fraîcheur :
On fait tremper les noix pendant deux jours dans du lait de
vache faiblement chauffé, après quoi on les retire et on les laisse
refroidir à l'air. L'eau peut être substituée au lait ; dans ce cas,
on ajoute à l'eau une cuillerée à bouche de sel gris par litre, et
on laisse tremper les noix pendant cinq à six jours.
NOIX DE GALLE. Excroissance qui se développe sur les feuilles
1240 NOPALE .
de chêne à la suite de la piqûre de certains insectes. Elle est
très astringente et très employée comme telle.
Poudre : 4 décigr. à 1 gr. en pilules. - Infusion : 4 à 16 gr.
dans 1000 gr. d'eau, pour injections surtout.
NOIX VOMIQUE. - Fruit du vomiquier. Propriétés de la strych-
nine, qu'll contient.
Extrait alcoolique : 5 à 20 centigr. en pilules. - Teinture : 10 à
30 gouttes dans une potion ; 2 à 4 gr. en frictions contre la para-
lysie.
Noix (Méc.). Pièce de la platine, soit d'un fusil, soit d'un pis-
tolet, où le marteau (autrefois le chien) est fixé et sur laquelle
agit le grand ressort ; elle a deux crans, l'un dit de repos, l'autre
bandé.
Roue dentée qui fait partie d'un moulin à broyer les graines :
café, poivre, etc.
Nomade [Angl. nomade; Allem. Vandernd] (Conn. gén.). —
Sert à désigner des hommes sans demeure fixe, et qui en chan-
gent continuellement, afin de trouver de nouveaux pâturages
pour leurs troupeaux. On voit par là que la plupart des peuples
nomades sont pasteurs. Les Israélites, les Arabes, les Tartares
étaient ou sont encore des peuples nomades. De ce nom est venu
celui de Numide, qui s'est appliqué aux peuples nomades de
l'Afrique septentrionale.
Nomenclature [Angl. nomenclature; Allem. Nomenclatur
(Généralités). Ce mot comprend, au point de vue général, l'en
semble et le sens qu'on doit attacher aux différents termes à
l'aide desquels on désigne soit les corps, soit les êtres, soit les
parties des uns ou des autres : nomenclature botanique, chi-
mique , géologique, médicale, etc. La nomenclature peut être ap-
pelée : L'art de définir les termes et d'en faire l'application selon
les cas .
Non-valeur [Angl. deficiency; Allem. Unwerth] ( Commerce) .
Dette non exigible par suite de l'insolvabilité du débiteur.
En termes de finances, ce sont des deniers sur la perception des-
quels on avait compté et dont on ne peut faire le recouvrement.
Nopale [Angl. nopal; Allem. Indischer Feigenbaum] (Botan . ).
- Cette plante est une des richesses de l'Amérique espagnole ;
c'est sur elle que se nourrit le précieux insecte appelé Cochenille
(Voir ce mot t. Icr, p. 312). Le nopale est une espèce de cierge,
dont la forme est très singulière ; ce sont des expansions ovoïdes,
plates , articulées , charnues, armées de boutons épineux : ces ex-
pansions croissent les unes au bout des autres ou sur la tranche,
NOTATION. 1241
et acquièrent une assez grande hauteur. Les nopaleries sont d'une
exploitation facile dans les contrées tropicales et sur un sol chaud
et sec. Les pièces ovales terminées par leurs articulations étant
mises en terre, s'enracinent d'elles-elles : on nomme ces pièces
des raquettes . On cultive aussi cette plante en France, comme
objet de curiosité ; les fleurs sont jaunes et très belles ; elles durent
peu de temps.
Nostalgie [Angl. nostalgie; Allem. Heimwch) (Médecine). -
Mélancolie produite par l'absence et le désir de revoir la patrie.
C'est une espèce d'excitation cérébrale continue, qui, prolongée,
se convertit souvent en véritable inflammation et entraîne la mort . Le
retour sur le sol natal est le seul remède qu'on ait pu trouver à la
nostalgie. Cette maladie affecte plus particulièrement la jeunesse.
Notaires [Angl. notary; Allem. Notar] (Conn. gén .) . - Pro-
féssion qui tient le rang le plus honorable dans la magistrature,
et comprend tous les officiers dépositaires des minutes d'actes et
contrats passés entre les particuliers. Ils se font aussi les inter-
médiaires entre les parties pour prêter ou emprunter des capi-
taux, pour accorder les intérêts respectifs et amener des conci-
liations entre les personnes divisées par des prétentions ou des
droits mal entendus, pour procurer la vente ou l'acquisition des
immeubles, recevoir les inventaires après décès ou faillite, etc.
Notation [Angl. notation; Allem. Bezeichnung] ( Généralités).
- On désigne par ce mot le système de caractères de convention
qu'on destine à représenter des choses dont on désire conserver
le souvenir. C'est ainsi que les commerçants se créent une sorte
de langage dont chacun a seul la clef, et qui lui rappelle des
conditions qu'il veut laisser secrètes pour autrui. Les draps ,
étoffes , marchandises, portent ordinairement une marque inscrite
sur une carte, qui indique au marchand le prix auquel il doit
élever la vente de l'objet. Il choisit un mot à volonté, dont les
lettres, toutes différentes, et au nombre de dix, désignent chacune
un chiffre ; par exemple, s'il prend le mot aromatique : a vaut 1,
r vaut 2, o 3 , m 4, etc.; et pour indiquer le nombre 27, il écrira ri,
30 oe, 54 am, etc. L'ortographe est même inutile à conserver ici,
et l'on peut supprimer ou ajouter quelques lettres , sans que le mot
choisi cesse d'être propre au but qu'on se propose. L'habitude de
cette notation la rend d'un usage facile, et le marchand voit d'un
coup d'œil le signe qui lui rappelle le prix que l'acheteur doit
payer. Dans d'autres circonstances, le négociant se sert de sym-
boles qu'il adopte, et dont le sens est connu de lui seul ; c'est une
sorte d'algèbre à son usage, qui lui sert de guide dans ses opé-
rations .
1242 NOYAU .
NOTATION (Musique). Partie de la science musicale qui s'oc-
cupe de la figuration des sons par des signes spéciaux.
Nougat [Angl. nougat; Allem. Mandel-kuchen] (Généralités) .
Sorte de pâtisserie fine , que l'on peut faire dans les ménages et
qui n'exige que de la propreté et de la célérité. Voici la manière
de le confectionner :
On monde un demi-kilogramme d'amandes douces de bonne
qualité ; on les coupe en plusieurs filets dans le sens de leur lon-
gueur; on les fait sécher sur le feu, jusqu'à ce qu'elles se colorent
un peu. On fait fondre à sec, en remuant toujours, 367 grammes
de sucre, dans une casserole de cuivre rouge légèrement beurrée.
Quand le beurre est fondu et commence à se colorer, on y jette
les amandes chauffées ; on les mêle avec le sucre, on les étale
sur les bords de la casserole, et en laissant au fond une couche
de la même épaisseur que celle des bords. On laisse refroidir un
peu la casserole, jusqu'à ce que le sucre ait pris de la consistance,
et on la renverse sur une assiette, où on laisse bien refroidir le
nougat. On le sert ainsi renversé et froid .
Novaculite [Angl. whet-slate; Allem. der Wetzschiefer]. -
Voir plus loin Pierre à rasoir.
Noyau [Angl. stone; Allem . Stein] ( Conn. gén.). - Cemot
s'entend le plus souvent d'une partie dure intérieure, recouverte
d'une autre substance plus molle ; il a une foule d'acceptions dans
les arts .
Le noyau d'un fruit est la partie ligneuse qui contient l'amande.
Celui d'une pierre est une autre pierre plus dure, qui est logée
dans son intérieur.
Le noyau d'artilleur est une barre de fer revêtue d'un fil d'ar-
chal en spirale et recouvert d'une pâte de cendres qu'on laisse
sécher : il se place suivant l'axe d'une pièce de canon qu'on va
couler pour en former l'âme. Lorsque la pièce est fondue et re-
froidie, on retire le noyau et l'on alèse. Le noyau des bombes et
grenades est une boule de terre qu'on fait égale au vide qu'on
veut laisser dans l'intérieur .
En architecture, le noyau d'escalier est un cylindre de pierre
qui porte sur le sol et est formé par l'ensemble de tous les bouts
intérieurs des marches gironnées d'un escalier à vis. Si le noyau
est très large, on le fait creux dans l'intérieur.
Le sculpteur appelle noyau l'ébauche grossière d'une figure de
plâtre, de stue, etc.
En terme de fondeur, le noyau est un corps solide qui remplit
l'espace renfermé entre les cires. Lorsqu'on coule le métal, il rem-
plit l'espace qu'occupaient les cires ; le noyau doit résister à la
NUTATION. 1243
violence du feu sans se fendre, ni se tourmenter, ni s'étendre.
1
Il est ordinairement composé de deux tiers de plâtre, et d'un tiers
'de briques brisées et tamisées très fin ; le tout gâché ensemble,
est coulé dans les assises du moule, après que l'armature est
faite.
Les charpentiers nomment noyau une pièce de bois verticale
taillée de mortaises sur sa longueur, et propre à recevoir les
tenons de quelques-unes des marches d'un escalier en bois : les
limons viennent s'y assembler.
Noyer [Angl. a walnut- tree ; Allem. Nuszbaum] (Agriculture).
Grand arbre aux feuilles alternes, aux fleurs petites , au fruit
consistant en un drupe qui contient une noix bivalve, le noyer
est indigène aux montagnes de l'Asie centrale et mineure. Ses
espèces jusqu'ici sont au nombre de douze. La plus importante
est le noyer commun , qui dépasse quelquefois 18 mètres . Son
tronc, couvert d'abord d'une écorce lisse, qui s'épaissit ensuite et
se gerce, donne du bois précieux pour la menuiserie, l'ébénisterie,
le charronnage et même les constructions navales. Ses rameaux
s'étalent et forment une cime touffue ; ses fleurs sont verdâtres .
Il faut au noyer une terre sèche et rocailleuse, une terre calcaire.
On le sème à la fin de l'automne, et l'on recueille ses fruits vers
le même temps .
Cet arbre craint les grands froids et surtout les gelées tardives :
il ne réussit pas dans le nord de l'Europe. On peut greffer en
écusson sur de jeunes pousses, ou en sifflet sur le vieux bois , les
variétés dont les fruits sont peu ligneux et remplis par l'amande.
Ces fruits, nommés noix, sont d'une grande ressource, non-seule-
ment en cerneaux , ou en noix fraîches ou sèches , pour le service
de la table, mais à cause de l'huile qu'on en retire par la pression.
Cette huile, quoique de médiocre qualité, est cependant très
employée pour la cuisine dans les ménages ; on la brûle aussi
pour l'éclairage, et comme elle est siccative, elle sert à la peinture,
surtout lorsqu'on l'a lithargirée.
Les feuilles de noyer sont vantées comme anti-scrofuleuses et
détersives.
Décoction : 120 gr. dans 750 gr. d'eau pour lotions, injections
détersives et cicatrisantes . Extrait : 5 décigr. à 1 gr. en pi-
lules, contre les scrofules.
Nutation [Angl. nutation ; Allem. Schwanken] (Généralités). -
Oscillation habituelle de la tête vulgairement appelée branlement
de tête. Terme d'astronomie : balancement de l'axe de la terre,
qui s'éloigne et se rapproche alternativement quelque peu du
plan de l'ecliptique; il est dû à l'attraction de la lune sur le sphé-
roïde terrestre.
1244 NUTRITION.
Les feuilles et les fleurs de certaines plantes, telles que le tour-
nesol, l'ansérine sagittée, la mauve, ont ce mouvement, et mani-
festent à diverses-heures du jour des changements de direction '
qui en sont l'effet.
Nutrition [Angl. nutrition ; Allem . Nährung] (Hist. nat.). -
Propriété élémentaire des corps organisés, caractérisée par le
double mouvement continu de combinaison et de décombinaison
que présentent, sans se détruire, les végétaux et les animaux.
NUTRITION DES VÉGÉTAUX. Circulation des fluides nourriciers .
Absorption de la sève. - Le développement de la jeune plante
contenue en germe dans la graine, la formation de ses organes
et l'accroissement de toutes ses parties, exigent nécessairement
une addition successive de matériaux propres à l'accomplissement
de ces actes importants de la vie. C'est en effet en s'appropriant
une nourriture convenable, que les végétaux forment et réparent
leurs différents organes, travail complexe et commun aux deux
règnes , animal et végétal, et auquel les naturalistes ont donné le
nom de nutrition. Disons encore, pour compléter l'analogie, que,
chez les plantes , comme chez les animaux de tous les ordres,
l'accroissement de leurs parties constituantes se fait toujours de
dedans en dehors .
Les plantes puisent dans le sol par absorption et à l'état liquide,
la plus grande partie de leur nourriture au moyen des spongioles
cellulaires qui terminent leurs ramifications les plus déliées. Le
liquide absorbé, en s'introduisant dans la plante, prend le nom
de sève ascendante, ou simplement sève. Il s'élève de proche en
proche par la tige et les rameaux jusque dans les feuilles. Là, mis
en contact avec l'air atmosphérique, la sève subit dans sa com-
position des modifications importantes ; elle s'élabore, se concentre
et redescend ensuite par les mêmes rameaux et la même tige
jusqu'aux racines ; c'est alors la sève descendante..
La plante à l'état embryonnaire, encore complétement formée
de tissu cellulaire, s'empare de sa nourriture par une simple
imbibition des liquides qui la baignent. Il en est exactement de
même des spongioles, formées elles aussi de cellules lâches et en
voie d'organisation. Comme de petites éponges que l'on trempe-
rait en partie dans l'eau, elles absorbent les matières liquides à
leur portée, et cela avec une force d'autant plus considérable que
l'activité de la vie est elle-même plus grande dans le végétal.
Puis , cette sève encore grossière s'engage dans les cavités cellu-
aires et fibreuses de la racine, de la tige et des rameaux. Elle
suit une marche ascentionnelle, laissant par conséquent le vide
derrière elle, vide qui permet et provoque même une nouvelle
imbibition ; de même qu'une éponge mouillée que l'on presserait
OBSIDIANE. 1245
entre les mains pour en faire sortir l'eau, en absorberait de suite
une nouvelle quantité. Aussi longtemps donc que la sève montera
vers les parties supérieures de la plante, les racines pourront
absorber dans le sol, et si la marche ascendante de la sève est
continue, l'absorption pourra être continue. Par conséquent aussi,
si la marche ascensionnelle de la sève est fortement activée par
une cause quelconque, l'absorption des racines devra être rendue
plus considérable.
Oasis [Angl. oasis ; Allem . Oase] ( Conn. gén. ). Nom donné
à des lieux qui , dans les déserts de sable de l'Afrique ou de l'Asie ,
offrent une belle végétation, et qui sont les sommets de mon-
tagnes dont les vallées ont été remplies de sable ; de la sorte, les
oasis se trouvent placées dans les déserts de sable comme le sont
les îles dans la mer.
Obélisque [Angl . obelisk ; Allem. der Obelisk] (Conn. gen .) . —
Ouvrage d'architecture, fait d'une seule pierre à quatre faces,
ordinairement d'une élévation remarquable et dont l'épaisseur
diminue de la base au sommet. Ces monuments appartiennent à
l'art égyptien et sont d'une haute anquitité. Tous les obélisques
égyptiens sont érigés, par couple, sur la rive droite ou orientale
du Nil ; on n'en trouve pas un seul de l'autre côté du fleuve.
Les obélisques étaient consacrés au soleil, Osiris, le représentant
du principe actif, mâle ou générateur.
Les deux grands obélisques de l'entrée du palais de Karnac, à
Thèbes, avaient au-delà de 35 mètres d'élévation, le socle com-
pris.
Objectif [Angl . objective ; Allem. das Objektiv) (Techn. ) .
Terme d'optique : Verre objectif, le verre d'une lunette destiné à
être tourné du côté de l'objet que l'on veut voir.
Terme de stratégie : Ligne objective, celle qui tend militaire-
ment vers un point, un but où l'on se propose d'arriver. - Se dit
aussi généralement d'un but quelconque que l'on se propose d'at-
teindre.
Oblitération [Angl. obliteration ; Allem. das Erlöschen] (Gé-
néralités) . - Action de surcharger par l'apposition d'une signa-
ture ou d'un timbre quelconque, une valeur : obligation, timbre-
poste , etc. , qui par ce fait perd toute sa valeur.
Obsidiane (Angl. obsidian; Allem. der Obsidian) ( Techn.). -
1246 ODEURS .
Substance volcanique qui ressemble à du verre de bouteille ; elle
raye le verre, se change en émail gris à la chaleur du chalumeau,
elle fait feu sous le briquet ; la couleur en est verte foncée et noiré;
on l'emploie en parures de deuil, comme le jais, auquel elle est
supérieure en dureté, en ténacité et en poli. L'obsidiane a été aussi
dite Agathe d'Islande, parce qu'elle provenait principalement de
ce pays .
Obturateur [Angl. miter; Allem. das Kegelventil] ( Techn. ),
Nom donné aux pièces (systèmes ou appareils) destinées à inter-
cepter l'écoulement des fluides .
Obtus [Angl. obtuse ; Allem. Stampf] (Géom.). — On nomme
ainsi un angle ou autres figures dont l'ouverture a plus de
90 degrés.
Octaèdre [Angl. octaedron ; Allem. das Octaëder] ( Géom.).
Solide terminé par huit faces, et représenté par deux pyramides
quadrangulaires opposées par leur base. Pour calculer la solidité
d'un octaèdre régulier, il faut multiplier la base de l'une de ses
pyramides par le tiers de sa hauteur et doubler le résultat.
Le carré du côté de l'octaèdre est la moitié de celui du diamètre
de la sphère circonscrite. La forme de l'octaèdre est une de celles
sous lesquelles les minéraux se cristallisent souvent.
Octogone [Angl . octogonal ; Allem. Achteckig] ( Géom . ).
Figure polygonale formée de huit angles et de huit côtés : L'oc-
togone régulier a ses angles et ses côtés égaux.
Odeurs [Angl. odour; Allem. der Wohlgeruch ( Conn. gén.). -
Sensation que produisent sur l'odorat les émanations des corps.
Il n'est pas aussi aisé qu'on le suppose, de définir exactement
ce qu'on entend par odeur d'un corps. Pour les uns, dit le profes-
seur Béclard, les odeurs sont une sorte de monvement vibratoire
des corps se propageant comme un fluide impondérable, et trans-
mis à la membrane muqueuse olfactive. Pour d'autres, les odeurs
sont des particules impalpables des corps, des vapeurs, ayant
assez d'analogie avec les gaz odorants. Cette dernière opinion , la
plus généralement adoptée, est aussi celle qui paraît la plus vrai-
semblable. Certaines substances odorantes perdent, en effet, avec
le temps, leur odeur ; et, avec leur odeur, les parties volatiles
auxquelles cette odeur était attachée. La diminution dans le poids
des matières odorantes exposées au contact de l'air , quelque
faible qu'elle soit, tend aussi à le démontrer.
Des quantités extrêmement minimes de matières odorantes
suffisent pour réveiller, sur la membrane muqueuse des fosses
nasales, la sensation de l'odeur. L'expérience de tous les jours le
ODEURS . 1247
démontre. Du papier qui a contenu du tabac ou du muse s'imprègne
des parties odorantes volatiles de ces substances , conserve pendant
des mois ou des années leur odeur caractéristique, et réveille la
sensibilité de la muqueuse olfactive. En diluant une substance
odorante avec de l'eau, jusqu'à ce qu'elle soit devenue inappré-
ciable pour l'odorat, on peut estimer ainsi à quelle dose elle cesse
d'être odorante. On peut également introduire un volume donné
de gaz odorant dans un volume donné d'air atmosphérique et
essayer le mélange à l'odorat, jusqu'aux limites extrêmes de la
sensibilité olfactive. On pourrait, de cette manière, grouper en
série les gaz et les liquides odorants, et dresser une sorte de
table des odeurs, d'après leur degré d'énergie sur la membrane
olfactive, qui vaudrait bien la plupart des classifications proposées
en ce genre. L'hydrogène sulfuré est encore sensible à l'odorat
dans un mélange d'air atmosphérique, qui n'en contient que les
deux millionièmes de son volume.
L'organe de l'odorat est un réactif plus sensible que ceux de la
chimie ; l'homme reconnaît encore par l'odorat la présence de
certains corps, placés à dessein dans l'air, que les réactifs de la
chimie sont impuissants à les déceler. Ne nous étonnons pas , dès
lors , si la plupart des altérations de l'air déterminées par la pré-
sence des matières odorantes sont encore enveloppées d'obscurité,
si le parfum des fleurs, et si beaucoup d'autres odeurs ne peuvent
pas être mises en évidence d'une manière positive, à l'aide des
moyens dont la science dispose. L'air est le véhicule des corpus-
cules odorants qui s'y soutiennent par leur moindre pesanteur
spécifique . D'après les expériences de Huyghens et de Papin, une
rose placée sous le récipient d'une machine pneumatique privée
d'air, a conservé son odeur pendant quinze jours .
<< Les: philosophes de l'antiquité, qui étaient en même temps
physiciens et littérateurs, n'avaient pas oublié de faire l'analyse
de la sensation de l'odorat. Aristote distinguait dans les odeurs :
le doux, le gras , l'acide, l'austère, l'acerbe et le fétide. Longtemps
cette division imparfaite fut celle adoptée par tous les physiciens ;
mais le célèbre Linné ayant remarqué que les émanations des
corps étaient difficiles à classer d'après cette division d'Aristote,
distingua les odeurs en ambrosiaques , odoriférantes, aromatiques ,
fortes (ail et boucì, vénéneuses et nauséabondes : Saussure a
ajouté l'odeur piquante. Lorry s'est aussi occupé des odeurs, qu'il
a divisées en cinq classes : camphrées, éthérées, vireuses ou nar-
cotiques , acides et alcalines. Le célèbre Fourcroy, qui a fait un
travail particulier sur les odeurs, les a divisées en cinq genres,
mais d'après des principes différents : l'odeur extractive ou mu-
queuse, l'huileuse fixe, l'huileuse volatile ou aromatique, les aro-
matiques et acides, les hydro-sulfureuses. Virey a établi de son
côté trois classes d'odeurs : les médicamenteuses, les alimentaires
1248 OEIL .
et les odeurs d'agrément. » Après ces auteurs, Devaux a donné,
dans un mémoire présenté à l'Institut, des vues nouvelles sur les
odeurs qu'il divise en inertes , aromatiques , suaves , fortes , fé-
tides , etc. (Voir Bouquets , t. Ier, p. 200, et le mot Parfums ,
t. II, p. 1120.)
Odontalgie (MAL DE DENTS) [Angl. odontalgie ; Allem. Odon-
talgie] (Méd. prat. ). Toute douleur siégeant aux dents ou ayant
son point de départ à ces os, se nomme odontalgie. C'est une
névralgie dentaire, tantôt idiopathique ou purement nerveuse,
tantôt symptomatique d'une carie qui met la pulpe nervevse en
contact avec l'air et les aliments, ou d'une inflammation du pé-
rioste alvéolaire et des gencives . Dans le premier cas, c'est une
douleur nerveuse ayant tous les caractères de la névralgie . Dans
le second cas, qui est le plus commun de beaucoup, la douleur est
bornée à la dent malade, que l'on peut reconnaître soit à l'inspec-
tion du point carié, soit en percutant l'os qui est alors d'une
extrême sensibilité ; quelquefois cependant toutes les dents du
même côté sont douloureuses .
Traitement . - Il varie en raison des causes. Il faut d'abord
s'assurer s'il existe un point carié à quelqu'une des dents. Lors-
qu'on le découvre, on peut calmer la douleur en plaçant sur la
carie et l'introduisant profondément, une petite boulette de coton
imbibée d'extrait d'opium ou de laudanum de Rousseau, qui en-
gourdit la sensibilité ; l'essence de girofle, la créosote appliquées
de la même façon, calment en cautérisant légèrement le nerf den-
taire . Les divers élixirs et baumes odontalgiques agissent de la
même manière et sont ni plus ni moins eficaces, quoique plus
chers . Lorsqu'il est possible de soustraire le nerf à l'action de l'air
et des aliments au moyen du plombage, il faut le faire : la dent
peut être conservée longtemps dans cet état ; mais pourtant, tot
ou tard on est forcé d'en venir à l'avulsion. Quand il y a douleur
intense, profonde, avec inflammation du périoste, on applique des
sangsues et des cataplasmes laudanisés. Les bains de pieds, les
laxatifs ne seront pas négligés. S'il s'agit d'une névralgie fasciale,
on agira, à l'aide du vésicatoire surtout . 1
OEII [Angl. eye; Allem. das Auge] (Techn.). - Organe de la
vision chez les animaux.
OEIL (Accept. div. ). Se dit de plusieurs choses qui présentent
une certaine ressemblance avec l'œil des animaux. On appelle
ainsi, en architecture, le milieu de la volute du chapiteau ionique.
L'œil de dôme est l'ouverture qui est en haut de la coupe d'un
dôme, et qu'on couvre ordinairement d'une lanterne. On nomme
œil certaines ouvertures qui se trouvent dans plusieurs outils et
instruments ; comme l'œil d'un marteau par où passe le manche ;
EILLETTE. 1249
l'œil d'une chèvre, d'une grue, etc. (en mécanique), est le trou
par où passent les câbles. - On appelle œil du mors le trou qui
est au haut de la branche du mors, et par où sort la têtière .
Les horlogers nomment œil d'un ressort une fente faite à chacune
des extrémités du grand ressort d'une horloge pour le faire tenir
aux crochets de son barillet et de son arbre. Dans les fonderies,
l'œil est une ouverture située au bas du fourneau, par laquelle
la matière fondue s'écoule pour être reçue dans le bassin qui est
au-dessous. Fondre par l'œil, c'est fondre sans boucher ce
trou et laisser couler le métal à mesure qu'il fond. On appelle
œil de la perle, la petite ouverture d'une perle. - OEil, en termes
d'imprimerie, se dit de l'étendue ou plutôt de l'épaisseur d'un
caractère d'imprimerie .
OEIL (Hist. nat.) . Les botanistes appellent ainsi un petit
filet verdâtre et pointu que l'on remarque entre le corps de la
branche et le pédicule des feuilles ; c'est pour ainsi dire le germe
du bouton. On nomme vulgairement ainsi plusieurs plantes ,
mollusques , poissons, etc.
OEillet [Angl. eye of a bolt; Allem. die Oehse] (Botanique).
Genre de plantes renfermant près de cent vingt espèces ,
appartenant presque toutes à l'ancien continent : herbacées,
vivaces, bisannelles ou annuelles, de peu de hauteur, à tiges arti-
culées , noueuses, faibles, à feuilles opposées, à fleurs solitaires,
en panicule ou agrégées ; d'un pourpre plus ou moins foncé à
l'état sauvage, mais nuancées de mille manières , suivant les
variétés produites par la culture.
Extrait d'œillets . Ce parfum n'existe que de nom chez les
parfumeurs ; on l'imite à s'y méprendre complétement par la
recette suivante :
Esprit de rose......... 28 centilitres .
Esprit de fleurs d'oranger et de fleurs
d'acacia (de chacun). 14
Esprit de vanille.
56 grammes.
Essence de girofle... 10 gouttes.
Ratafia d'œillets.
Eillets rouges mondés, sans onglets .... 1 kilogr.
Canelle de Ceylan, girofle (de chaque) ... 4 grammes.
Alcool à 22 degrés . 4 litres.
Après quinze jours de macération, on filtre et on ajoute un
sirop fait avec un kilogr. de sucre ; on filtre de nouveau.
OEillette (HUILE D'). - Voir t. II D. 716.
1250 OIGNON.
OEnologie (Arts et métiers). On désigne par ce nom l'art
ou plutôt l'ensemble des connaissances nécessaires pour la fabri-
cation ou la préparation des vins, et par conséquent l'on nomme
ænologiste ou œnologue celui qui se livre à ce travail. C'est donc
à tort que très souvent on désigne par ces derniers noms celui
qui cultive la vigne, qui est un véritable vigneron, ou , scienti-
fiquement parlant, un viticulteur.
L'œnologie comprend non-seulement l'étude du vin de raisin,
du vin obtenu du jus sacré de la vigne alcoolisé par la fermen-
tation, mais celle de tous les liquides produits avec de l'eau
chargée d'alcool par l'effet de la fermentation de sèves sucrées,
de grains , etc. , comme est la bière ou vin d'orge, le cidre obtenu
avec des pommes, etc.
Outre ces vins employés pour l'alimentation humaine , on en
prépare beaucoup d'autres, au moyen de betteraves , de cannes,
de pommes de terre, etc. , non pour la consommation directe à
laquelle ils sont impropres, mais pour produire par fermentation
de l'alcool qu'on en extrait ensuite par distillation .
Ogive [Angl. pointed-arched; Allem. die Grattrippe] (Arch. ).
- Voûte gothique formée de deux arcs de cercle symétriques
réunis en haut par une arête rentrante ; la coupe est un angle
curviligne.
Oignon [Angl . onion; Allem . Zwiebel ( Cult. mar.). Terme
par lequel on désigne, d'une manière générale, soit la partie ren-
flée, charnue, déprimée ou conique, que portent à leur base cer-
tains végétaux monocotylédonés, soit les plantes elles-mêmes qui
présentent ce caractère. Les Oignons, d'après l'usage qu'on en fait,
peuvent se partager en deux groupes , l'un qui renferme les
plantes cultivées exclusivement pour l'ornement : Tulipes, Ja-
cinthes , Crocus , Lys, Narcisses, Fritilaire, Ixia , Amaryllis, etc. , etc.;
les plantes qui composent ce groupe ont reçu particulièrement
l'épithète d'Oignons à fleurs ou encore celle de plantes bulbeuses .
L'autre groupe comprend toutes les plantes dont la partie renflée,
souterraine, parfois aérienne, est recherchée pour servir à l'ali-
mentation ; tels sont les oignons proprement dits , les aulx , les
échalottes , etc., etc. Quant aux caractères organiques que pré-
sentent les Oignons comestibles, ils sont à peu près les mêmes
que ceux des Oignons à fleurs.
Les variétés comestibles cultivées, soit dans les marais de Paris,
soit à Aubervilliers, où l'on s'occupe de cette culture, sont :
l'Oignon jaune des Vertus et le blanc .
OIGNON JAUNE DES VERTUS , On se sème à la volée dans la
seconde quinzaine de dévrier et dans la première quinzaine de
mars , à raison de 100 grammes de graines par are. Dans la
OIGNON . 1251
grande culture, on emploie jusqu'à 150 grammes d'oignons et
30 grammes de poireau, pour semer la même étendue de terrain.
Après le semis , on herse, puis on passe le rouleau, et lorsque les
graines sont bien levées, on éclaircit dans les places où le plant
est trop épais. Pendant leur végétation, les oignons n'exigent que
des binages et quelques arrosements . Lorsqu'ils sont suffisamment
gros, on peut abattre les fanes, afin de hâter la maturité. On ré-
colte les oignons vers la fin d'août ou au commencement de sep-
tembre, enfin aussitôt que les feuilles jaunissent. Après les avoir
arrachés, on les laisse sur terrain pendant quelques jours pour
qu'ils achèvent de murir, après quoi on les dépose dans un gre-
nier. Si l'on a soin de les étendre et d'enlever tout ce qui pourrait
engendrer de la pourriture, on peut en avoir jusqu'à la fin de
mai. On peut aussi conserver les oignons suspendus par botte,
après en avoir tressé les fanes, comme on le fait dans le départe-
ment de la Loire-Inférieure .
OIGNON ROUGE PALE. On le sème au printemps, comme l'Oignon
jaune. Cependant, dans le département des Deux-Sèvres, on sème
l'oignon rouge pâle à la Saint-Louis (25 août), puis on le repique
en février et mars .
Une autre méthode consiste à semer excessivement serré , en
mai ou juin, l'Oignon rouge pále, dans le but d'obtenir une grande
quantité de très petits oignons , que l'on arrache à la fin d'octobre
ou au commencement de novembre. On les conserve au grenier,
à l'abri de la gelée ; puis on les repique au mois de février, à 15
ou 20 centimètres les uns des autres en tous sens. Ces oignons
donnent ordinairement en mai et juin des récoltes abondantes.
OIGNONS BLANCS . On en cultive deux variétés : le blanc gros
-
et le blanc hâtif. On sème l'Oignon blanc gros en février ou mars,
et on le traite exactement comme le jaune des Vertus .
On sème l'Oignon blanc hâtif (le seul cultivé dans les marais de
Paris) en pépinière dans la première quinzaine d'août pour le
repiquer en octobre, et vers la fin du même mois pour repiquer
en mars; il faut environ 800 grammes de graines par are. En oc-
tobre dans les terres légères , en mars dans les terres fortes, on
prépare le terrain qu'on destine à la plantation de l'Oignon blanc.
On trace vingt-cinq rangs par planche, après quoi on soulève les
plants à la bêche, afin de ne pas rompre les racines ; après en
avoir arraché une certaine quantité, on raccourcit les racines et on
rogne l'extrémité des feuilles supérieures ; puis on repique les
oignons à 10 centimètres de distance sur la ligne. On peut semer,
à travers ceux qu'on repique en octobre, un peu de mâche pour
le printemps . Dans les hivers rigoureux, il est prudent de couvrir
le plant d'Oignons blancs avec de la litière. On commence à
récolter les oignons vers la fin d'avril ou au commencement de mai.
1252 OMBRE.
Oiseaux de basse-cour [Allem . Federvieh-hausgefluchel]
(Hist. nat). Voir Canard, t. Ier, p. 239 ; Dindon, t. Ier,
p. 379 ; Oie, t. II, p. 1068 et le mot Volière, t, II, p. 1565 .
Oiseleur, Oiselier (Arts et mét.) . Ces deux mots ne sont
pas synonymes. L'oiseleur est celui qui fait son état de la chasse
des oiseaux de toute espèce, et qui les vend soit vivants, soit morts.
L'oiselier est celui dont la profession consiste à élever des oiseaux,
et à les vendre ensuite lorsqu'ils sont parfaitement élevés, selon
les diverses espèces. Ces deux états qui peuvent être et qui sont
souvent séparés , sont ordinairement exercés par la même personne.
Oléagineux [Angl. oleaginous ; Allem . Olicht] ( Chimie) .
Synonyme de huileux, se dit de toutes les substances qui peuvent
produire de l'huile ou de tout ce qui tient de la nature de ce
corps .
Oléine [Angl. éläine; Allem. Oleine) (Méd. prat.) - Terme de
chimie . Substance organique grasse , liquide à 4 degrés sous zéro,
donnant à la saponification les acides oléique et margarique , ainsi
que la glycérine, et faisant partie de toutes les huiles végétales,
comme de la plupart des huiles grasses .
Oléo-saccharum (Méd. prat) . Les médecins prescrivent
fréquemment, soit comme médicament, soit comme aromate, des
huiles essentielles dans des véhicules aqueux, et le peu d'affinité
qui existe entre ces corps rend le mélange tellement imparfait,
qu'il a fallu avoir recours à une sorte d'artifice pour obtenir une
union plus intime. Ce moyen consiste à verser l'huile essentielle
sur un morceau de sucre, et à le broyer ensuite pendant un cer-
tain temps, et c'est là ce qui constitue l'oléo-saccharum. Le sucre
sert ici , non-seulement à diviser les molécules de l'essence, mais
encore à former une sorte de combinaison qui se délaye facilement
dans l'eau et l'y maintient uniformément en suspension, du moins
pour tout le temps que doit durer le médicament. On se sert
aussi de cette méthode dans l'économie domestique, pour aro-
matiser des liqueurs, des crèmes, du punch, etc. Ainsi , on frotte
un morceau de sucre sur une écorce de citron, d'orange, ou on
le broie directement avec quelques gouttes d'huile essentielle, ou
bien avec de la vanille, etc.; puis on délaye cet oléo-saccharum
avec le liquide qu'on veut aromatiser.
Oliban [Angl. olibanum ; Allem. Arabischer Veihrauch] ( Conn
gén .) . Voir le mot Encens , t. III, p. 609.
Ombre (TERRE D') [Angl. umbra ; Allem . der Umber] (Techn.).
- Terre brune qui sert à ombrer ; on n'a pas de détails sur le
gisement de cet ocre Voir le mot Ocre, t. II, p. 1065).
ONGUENT. 1253
Omnivores ( Conn. gen.). - On désigne ainsi en zoologie les
animaux qui se nourrissent à peu près indifféremment de sub-
stances animales ou végétales , c'est-à-dire qui sont carnivores et
herbivores tout à la fois. L'homme, l'ours, la plupart des animaux
domestiques sont dans ce cas. Les animaux omnivores sont ceux
dont le canal intestinal a une étendue moyenne entre celle des
carnivores et des herbivores .
Ondulation ou Onde [Angl. undulation; Allem. die Wel-
lenbeegung) ( Conn. gén. ) . 1º. Mouvement oscillatoire que l'on
observe sur un liquide et qui le fait alternativement hausser ou
baisser, comme les vagues de la mer. 2º Tout mouvement qui
imite celui des ondes : les ondulations d'un champ de blé agité
par le vent; par analogie, les ondulations d'un terrain, etc.
3º Terme de peinture. Il se dit des lignes, des contours, des dra-
peries : Bien rendre les ondulations des draperies. 4° Terme de
musique. Sorte de trémolo d'un mouvement grave. 5° Terme de
physique. On admet que le son se propage dans l'air par des sortes
d'ondulations ou vibrations concentriques analogues aux ondes
formées sur une eau tranquille par une pierre qu'on y jette.
Onglet [Angl square joint ; Allem. das Eingefüge) (Menuis .). -
Extrémité d'une pièce de bois, d'une planche coupée diagonalement
suivant l'angle de 45 degrés . Coupe par bout d'une pièce de
bois, suivant un angle plus ou moins aigu pour l'assembler avec
une autre pièce coupée également par bout à angle convenable.
Dans la pratique, lorsque l'on a fréquemment les mêmes coupes
d'onglet à faire, on se sert pour cela de la boîte à onglet, qui
consiste en une sorte de canal dont les parois verticales portent
des encoches obliques servant à guider la scie.
Onguent [Allem. unguent; Allem. die Sulbe] (Méd. dom .) .
Ce sont des composés de corps gras et de résines, d'une consis-
tance demi-solide, destinés à être appliqués sur les plaies ou sur
la peau, dont la chaleur les liquéfie. Onguent, emplâtre et pom-
made sont trois noms souvent synonymes, même pour les phar-
maciens . Les onguents sont très nombreux.
ONGUENT D'ALTHOEA . Huile de mucilage, térébenthine, résine
élemi et cire jaune. - Détersif, siccatif.
ONGUENT BASILICUM . Poix colophane, cire et huile d'olives. -
Maturatif.
ONGUENT CITRIN. - Mercure, 1 partie ; acide nitrique à 32°, 2 p.;
axonge et huile d'olives, de chaque, 15. - 8 à 12 gr. en frictions
contre la gale, et en général contre toute les maladies de la peau.
IVE VOLUME. 32
1254 OPACITÉ .
Falsifications. -
On substitue quelquefois à l'onguent citrin la
pommade ou onguent nitrique (pommade_oxygénée) . On le recon-
naît facilement en jetant une goutte d'ammoniaque sur l'onguent
citrin : il s'y forme aussitôt une tache noire, et rien de semblable
ne se produit sur la pommade oxygénée.
ONGUENT CÉRATÉ POUR LES CREVASSES DE LA PEAU. On peut le
faire de la manière suivante. Prenez :
Cire vierge..... .....
90 grammes.
Blanc de baleine ou spermaceti. ........
90
Huile d'olive.. ....... 500
Mêlez le tout dans un vase que vous placez sur un feu lent, en
ayant soin de remuer la masse jusqu'à ce qu'elle soit froide.
C'est un excellent onguent pour les nourrices dont les mamelons
présentent des gerçures : il ramollit et adoucit la peau ; il guérit
les crevasses des doigts , et même le scorbut sec, surtout quand
on aide son action par des médicaments internes convenables .
ONGUENT DIGESTIF. Fait avec térébénthine, 60 gr.; jaunes
d'œufs, nº 2 ; huile de millepertuis, 15 gr. - Il est légèrement
excitant. On l'étend sur des plumasseaux de charpie ou sur de la
toile fine, pour favoriser la suppuration des plaies. Très employé.
ONGUENT GRIS OU MERCURIEL SIMPLE. -Axonge, 500 ; mercure, 65.
En onctions pour détruire la vermine, les vers oxyures, etc.
ONGUENT MERCURIEL DOUBLE. Parties égales de mercure et
d'axonge. Très employé en onctions ou frictions, à la dose de
1 à 4 gr. par jour comme antisyphilitique ; de 4 à 16 gr. comme
fondant, altérant ; comme contro-stimulant, sur le ventre, dans la
péritonite ; au cou, dans l'arachnoïdite ; sur les glandes, les phleg-
mons diffus , rhumatisme aigu , etc.
ONGUENT POPULÉUM. Composé de bourgeons de peuplier, de
feuilles de pavot, de belladone, de jusquiame, de morelle et de
graisse. Sédatif calmant sur les hémorrhoïdes, les gerçures .
ONGUENT DE SAINT- FIACRE (Jardin.). — La composition qu'on
désigne par ce nom n'est généralement autre chose que de la terre
plus ou moins argileuse, qui, délayée avec de l'eau, forme une
sorte de pâte ou de mortier avec lequel on recouvre les plaies
occasionnées soit par des accidents, soit par la suppression d'une
branche, etc. , ou encore celles qui résultent des greffes faites en
fente.
Opacité [Angl. opaque; Allem Dunkel] (Arts phys . ). - Par-
ticularité de la disposition des molécules de certains corps qui ne
- se laissent pas traverser par la lumière : c'est l'opposé de la
transparence.
OR. 1255
Opiat [Angl. opiate ; Allem. Opiat] (Pharm.) . - Ce mot, em-
ployé comme synonyme d'électuaire, ne devrait s'appliquer qu'aux
électuaires qui contiennent de l'opium, mais il en est autrement ;
exemple :
Opiat dentifrice.
Corail porphyrisé . •
160 parties .
Tartrate acide de potasse. 90
Os de seiche . 60
Cochenille. 2
Mielde Narbonne . 500
Mêlez . Pour l'entretien des dents (Voir aussi ce mot, t. II,
p. 1073) .
Opopanax (Angl. opopanax ; Allem. Opopanax] ( Chimie) .
L'opopanax est une gomme-résine fournie par l'opopanax chiro-
nium ou pastinaca opoponax (ombellifères), qui croît en Asie, dans
l'ancienne Grèce, en Sicile, en Italie et en Provence. On l'obtient
par incision et par expression. Il est sous forme de larmes irré-
gulières, anguleuses, opaques , fragiles, légères, dont les plus
grosses ont le volume d'une noisette, d'une belle couleur rougeâtre
à l'extérieur, d'un jaune marbré de rouge à l'intérieur, d'une
saveur nauséabonde, âcre et persistante , d'une odeur aromatique
forte, semblable à celle de la myrrhe.
Usages. L'opopanax est employé, à l'extérieur, comme réso-
lutif, et à l'intérieur comme tonique et excitant. Il entre dans la
composition de la thériaque et de quelques autres médicaments
officinaux.
Opposition [Angl. opposition; Allem. der Viderstand) (Juris-
prudence) . Ce mot désigne en général l'obstacle mis à quelque
chose. On forme opposition aux scellés , à une vente, à un ma-
riage. On se sert de l'opposition pour se pourvoir contre les juge-
ments rendus par défaut; pour que le tribunal admette l'opposition,
il faut qu'elle soit faite dans la huitaine qui suit la signification
faite à l'avoué constitué de la partie condamnée, ou bien, à défaut
d'avoué, l'opposition est admise jusqu'au jour de l'exécution de
l'arrêt.
Optique [Angl. optics ; Allem. der Optik] (Techn .) . Voir
Instruments de précision , t. IV, p. 985, et plus loin, le mot Verres 1
d'optique.
Or [Angl. gold; Allem. das Gold) (Techn. ). — C'est un métal
caractérisé par sa belle couleur jaune, jointe à une grande ducti-
lité et à une densité considérable ; il pèse dix-neuf fois autant
1256 OR.
que l'eau à volume égal ; il surpasse tous les métaux par sa
malléabilité. Sa ténacité est faible, un fil d'or de 0,002 de dia-
mètre soutient un poids de 68 kilog. sans se rompre. Sa dureté
est assez faible ; aussi ne l'emploie-t-on point pur, mais allié au
cuivre .
Dans la décoration des édifices et de l'intérieur des habitations,
on emploie l'or dans différents états. Il se vend par livrets conte-
nant vingt-cinq feuilles d'or.
Falsifications . - Pour reconnaître le degré de pureté de l'or,
on le soumet ordinairement à des essais par la voie sèche.
L'or en poudre, en feuilles, est quelquefois allié d'argent ou de
cuivre. On le reconnaîtrait en dissolvant le métal dans l'eau
régale : s'il y a du cuivre, il sera décelé par la couleur bleue que
l'ammoniaque fera naître au sein de la liqueur, ou bien il recou-
vrira une lame de fer décapée, qu'on y aurá plongée. S'il y a de
l'argent, il sera précipité à l'état de chlorure insoluble, tandis
que l'or seul sera dissous par l'eau régale.
Pour reconnaître les objets d'or. - On emploie d'ordinaire la
pierre de touche et un acide composé de :
Acide azotique à 31 degrés Baumė 125 parties.
Acide chlorhydrique à 20 degrés Baumé.... 21
Autre procédé. On touche avec une petite baguette de verre
trempée dans de l'acide nitrique l'objet qu'on veut éprouver ; si
l'objet est en or, il n'offre aucune altération, tandis que la partie
touchée prend une teinte bleue ou verte si l'objet est de cuivre ou
renferme une notable proportion de ce métal.
OR ( Gén .) . - Cette matière précieuse entre dans la composition
d'une liqueur de dessert dont voici la formule :
Liqueur ou eau d'or.
Zestes de.. 4 oranges.
Zestes de. 4 citrons.
Macis. 2 grammes.
Semence de cardamome, 32
Graine d'ambrette . 32
Concassez le macis, les semences de cardamome et la graine
d'ambrette, et faites macérer pendant huit jours ces substances
avec les zestes des citrons et des oranges dans 6 litres d'alcool à
22 degrés ; au bout de ce temps , on distille au bain-marie, ensuite
on y ajoute le sirop fait avec 2 litres d'eau et 2,500 de sucre.
Cette liqueur reste blanche, et on y ajoute quelques feuilles d'or
battues sur une assiette avec du liquide pour les briser.
OR (Méd. prat) . Préparations d'or ou Auriféres. - Les pré
ORANGER . 1257
parations solubles d'or (poisons corrosifs) ont été employées à
très petites doses comme antisyphilitiques, et contre les scrofules.
La plus employée est le chlorure d'or.
Oranger [Angl. orange-trée ; Allem. Pomeranzenbaum] ( Conn .
gén . ). Nous avons, t. II, p. 1075, donné la description de cet
arbuste, nous donnons ci-après la formule de quelques produits
obtenus avec la fleur de l'oranger.
Boisson de fleur d'oranger desséchée. - Cette fleur peut servir
en tout temps pour préparer une boisson tonique, aromatique,
légèrement amère, qui s'obtient de la manière suivante : on ré-
colte le matin, par un temps bien sec, des fleurs épanouies ; on
sépare les pétales de ces fleurs du calice et du pistil, et on met
ces pétales entre des feuilles de papier; on les expose d'abord
à l'air par un temps sec, à l'ombre , afin qu'ils perdent une
partie de leur eau ; on termine ensuite la dessiccation au soleil,
ces pétales étant toujours placés entre deux feuilles de papier, afin
qu'ils ne soient point en contact avec les rayons solaires .
Pour bien les conserver, on doit placer les pétales secs dans un
flacon en verre, bouché à l'émeri. Si on veut faire une boisson
agréable, on opère soit à chaud, soit à froid. Si on agit à froid,
on met dans un verre d'eau 12 de ces pétales, on laisse tremper
pendant une demi-heure, on les enlève et on ajoute à cette boisson
une plus ou moins grande quantité de sucre, à volonté. Si on agit
à chaud, on prend 8 des pétales secs , on les met dans un verre, on
humecte légèrement ces feuilles d'eau froide, puis on verse dessus
de l'eau bouillante ; on laisse infuser pendant quelques minutes ,
on passe et on ajoute du sucre en quantité convenable pour donner
à cette infusion une saveur agréable .
Eau de fleur d'oranger. L'eau de fleur d'oranger est une
préparation très facile lorsqu'on a un alambic. Elle consiste à
prendre 5 parties de fleur d'oranger récente et qui n'a point été
tassée, à la mettre dans un diaphragme (1) ; on met ensuite dans
la cucurbite de l'alambic 20 parties d'eau, on place le diaphragme
sur la cucurbite, on continue d'agencer les diverses pièces de
l'alambic, en ayant eu le soin à l'avance de bien nettoyer le ser-
pentin; on chauffe ensuite pour déterminer l'ébullition de l'eau
et obtenir l'eau aromatique ; on pousse la distillation jusqu'à
réduction à 10 parties d'eau.
Alcoolat de fleurs d'oranger. On peut obtenir l'alcoolat
fleur d'oranger en prenant :
Alcool à 33 degrés. ....
1 litre.
Essence de fleur d'oranger (néroli) ....... 4grammes.
(1) On a donné ce nom à un vase percé qui s'ajuste sur l'alambic et qui ne
doit point plonger dans l'eau.
1258 ORFÈVRE.
On ajoute l'essence à l'alcool et on agite fortement.
Ratafia de fleur d'oranger. - Il ne faut pas confondre ce ratafia
avec la Crème de fleur d'oranger.
Pour obtenir une liqueur tonique un peu amère, mais agréable,
on prend les substances suivantes :
Pétales de fleur d'oranger .. 32 grammes.
Alcool à 36 degrés de bonne qualité. ..... 1litre.
On laisse l'alcool en contact avec les pétales pendant 24 heures ,
on passe; on prend ensuite une partie de cet alcool, une partie
d'eau de fleur d'oranger, et une partie de sirop simple (soit un
litre de chacun de ces produits) ; on les mêle, on agite, on filtre,
et on conserve dans des bouteilles en verre bien bouchées.
Bischoff d'oranges. Mettez bouillir une quantité quelconque
de lait, que vous ferez édulcorer convenablement. Lorsque le lait
est encore chaud, vous y ajouterez le tiers de son poids de kirsch,
et dans le mélange vous jetterez des tranches d'oranges dépouillées
préalablement de leur écorce. On peut boire cette liqueur chaude.
On peut lui donner aussi plus ou moins de force; mais les meil-
leures proportions sont : 3 verres de lait, 1 verre de kirsch ét
90 grammes de sucre. L'orange est ajoutée ensuite .
Orcanette [Angl. alkanet ; Allem. der Alkanna] ( Chimie) . –
On désigne sous ce nom les racines de quelques espèces de borra-
ginées , et particulièrement celle du lithospermum tinctorium.
La matière colorante de l'orcanette est insoluble dans l'eau, so-
luble dans l'alcool, l'éther, l'huile et tous les corps gras, auxquels
elle communique une belle couleur rouge. On l'emploie pour
colorer des pommades et des onguents, pour donner une couleur
rose à des liqueurs de table, et dans quelques opérations de tein-
ture; mais comme cette couleur est peu solide, l'usage en est
restreint.
Ordonnée [Angl . ordinate; Allem. die Ordinate] (Geom.). -
On donne ce nom, en géométrie, à une droite qui sert à déterminer
la position d'un point conjointement avec l'abscisse.
Ordre [Angl. order; Allem. die Ordnung] (Architecture. ). -
On comprend dans ce mot, la base, le fût, le chapiteau et l'enta-
blement d'une colonne. Ce sont les proportions et les ornements
réguliers qui règlent la colonne, l'entablement et leurs accessoires
qui déterminent à quel ordre ou style appartient la colonne.
Il n'y a rigoureusement que trois ordres d'architecture : le do-
rique, l'ionique et le corinthien. C'est surtout par le chapiteau qu'on
distingue les ordres. Le toscan n'est point un ordre ni le compo-
site non plus, corruption de l'ionique et du corinthien mélangés.
Orfèvre [Angl. silver-smith; Allem. and Goldarbeiter] (Arts
ORFÈVRE. 1259
et metiers). Ce nom, qui vient de deux mots latins auri faber,
forgeron d'or, semblerait annoncer que l'orfèvre ne travaille que
l'or. A l'époque où ce nom fut donné à ceux qui exercent l'orfé-
vrerie, on ne connaissait pas le platine, et comme l'or était ap-
pelé roi des métaux, ce nom parut plus relevé et plus approprié
au genre de travail dont ces artistes s'occupent.
L'orfèvre travaille les métaux les plus précieux, l'or, le platine
et l'argent.
L'artiste qui ne s'occupe que des petits objets d'orfévrerie, tels
que les tabatières, les boites de toute espèce, les étuis, les boucles,
les chaînes de montre, et toutes les pièces qui servent à l'ajuste-
ment et à l'habillement des hommes et des femmes, sont du res-
sort de l'orfèvre simplement dit.
Aucun art ne présente autant de divisions que celui de l'orfé-
vrerie. Indépendamment du bijoutier, du joaillier et du metteur
en œuvre, l'orfèvre proprement dit fabrique une si grande quan-
tité d'objets différents, qui occupent chacun un certain nombre
d'ouvriers particuliers , surtout dans les grandes fabriques, comme
à Paris, par exemple, qu'il serait difficile de les énumérer.
Prenons pour exemple la fabrication de la vaisselle plate.
Voyons comment il s'y prend pour fabriquer une assiette, car les
plats se fabriquent de même, il n'y a de différence que dans la
grandeur et la forme.
L'ouvrier prend, dans un lingot, l'argent qu'il croit lui être
nécessaire ; il le forge en plaques à peu près de la grandeur con-
venable, et l'envoie au contrôle pour le faire marquer. Ce préalable
rempli, on le forge de la grandeur et de la forme voulues ; ensuite
on y soude tout autour la moulure que l'on a déterminée. Cette
moulure se fait au banc à tirer, à l'aide d'un instrument qui fait
la fonction d'une filière, et qui porte le nom de boîte à tirer.
Cette boîte est formée d'une masse de fer cubique, dans laquelle
on a pratiqué les ouvertures nécessaires pour le travail et pour
y introduire les billes à moulures. Le fond de cette boîte, sur
laquelle reposent les billes, est une forte plaque d'acier trempé
et bien poli. Les billes à moulures sont pareillement en acier
trempé et poli. Sur ces billes sont gravées les diverses moulures
dont on peut avoir besoin ; elles sont fixées dans la boîte à la
place convenable pour le travail, par deux tortes vis qui les pres-
sent contre la plaque d'acier unie et polie.
Après que la moulure a été tirée selon les règles de l'art, on la
contourne sur le plat selon le dessin qui sert de modèle, et on la
soude tout autour de l'assiette avec de la soudure au quart.
Après que la moulure est soudée, l'ouvrier ébarbe l'assiette,
c'est-à-dire qu'à l'aide de limes il enlève du bord tout ce qui dé-
passe la moulure, et il enlève au burin les parties de soudure qui
1260 ORFÈVRE.
peuvent s'être répandues sur le bord en dedans de l'assiette.
Elle passe ensuite entre les mains du planeur.
La première opération de cet ouvrier consiste à former le marli,
à l'aide de marteaux polis et sur des tas polis. Le marli est la
partie de matière qui borde la moulure en dedans de l'assiette.
C'est un filet en talus parallèle à la moulure.
Le planeur renvoie son travail à l'orfèvre, qui, à l'aide de
burins, d'échoppes, de riffloirs, répare la moulure. Après ce tra-
vail, il envoie l'assiette à la polisseuse, qui polit la moulure,
d'abord avec la pierre à polir, ensuite avec de la pierre ponce
broyée à l'huile et des petits morceaux de bois. Après avoir bien
essuyé son travail avec des linges, elle termine en se servant de
la pierre ponce délayée dans de l'eau-de-vie qu'elle passe en frot-
tant fortement, soit avec une brosse, soit avec une peau de cha-
mois imbibée de cette sorte de pâte.
Après la polisseuse, c'est le planeur qui met la dernière main.
Il forme le fond, en déterminant la profondeur de l'assiette, et
n'emploie d'autres instruments que les tas et les marteaux polis,
destinés à cet usage. L'argent plané a un plus bel éclat que s'il
était poli.
La fabrication des couverts est une branche importante de l'art
de l'orfévrerie ; on est parvenu à les exécuter avee une rare per-
fection et avec beaucoup de diligence. Les uns sont unis, les autres
sont à filets . La façon de ces derniers est si peu différente pour le
prix de celle des premiers, qu'aujourd'hui tout le monde les pré-
fère. Autrefois on les faisait tous à la forge et au marteau ; les
filets se marquaient avec des poinçons, ce qui demandait beaucoup
dę temps , et ne présentait jamais une exacte régularité, quoiqu'on
les réparât ensuite au burin, au rifflard et à la lime. Aujourd'hui
c'est bien différent, on les prépare à la forge à l'aide d'un calibre,
ensuite on les soumet à l'action d'un balancier qui leur donne à
tous la même forme, les filète et les termine ; on n'a plus qu'à
réparer et brunir quelques parties .
Les fourchettes se font de la même manière, et n'exigent après
cela qu'un léger travail pour les réparer et les finir, afin de les
livrer à l'acquéreur.
L'or se travaille de la même manière que l'argent, et avec
toutes les précautions nécessaires pour ne pas perdre de ces ma-
tières précieuses. La soudure seulement est différente. Voici celle
dont on se sert dans les ateliers :
Lorsqu'on veut souder deux pièces d'or ensemble, on prend de
l'or au même titre que celui dont sont les deux pièces , on y
ajoute un peu d'argent pour en augmenter la fusibilité, on allie
ce mélange par la fusion, et après avoir déroché cet alliage en
le faisant bouillir dans une eau chargée d'alun, on le forge pour
le rendre très mince, et l'on s'en sert pour souder. Les orfèvres
ORIENT (INDUSTRIES DE L'). 1261
font des soudures à dix, à huit, à six, au quart et au tiers,
comme pour l'argent, en se servant de l'or pur et y ajoutant de
l'argent dans des proportions indiquées.
Ongeat [Angl. orgeat ; Allem. Mandelmilch) ( Conn. gén .). -
Liqueur très rafraîchissante et très usitée dans les pays méri-
dionaux pendant les chaleurs de l'été.
On fait d'abord, avec des amandes de Provence, vulgairement
appelées amandes flaus ou de dames, de la graine de melons
d'Italie, et du sucre en poudre, une pâte qu'on nomme pâte
d'amandes , et avec cette pâte on fait la liqueur qu'on nomme
orgeat. On jette les amandes dans l'eau bouillante, et l'on agite
avec l'écumoire, jusqu'à ce que les peaux se détachent, en pres-
sant l'amande entre les doigts. On retire le vase du feu ; on passe
le liquide, et l'on jette les amandes dans l'eau froide : on les
monde de leurs peaux, et on les fait sécher, soit à l'étuve, soit
en les exposant à l'ardeur du soleil, jusqu'à ce qu'elles soient
devenues sèches et cassantes.
Lorsqu'on veut convertir ces amandes en pâte, on en prend
250 grammes et la même quantité de graines de melons d'Italie ;
onjette le tout dans deux litres d'eau froide, et on les y laisse
pendant 5 à 6 heures . On coule le liquide au travers d'un tamis,
onjette les amandes dans un mortier de marbre, et on les humecte
avec 120 à 150 grammes d'eau : on les écrase avec le pilon et on
les réduit en pâte; ensuite on les broie sur la pierre avec un
cylindre d'acier. Après cette opération, on y mêle 750 grammes
de sucre en poudre.
Pour convertir cette pâte en liqueur, on en jette 180 grammes
dans un mortier, on la pile, on la délaye en y versant peu à peu
un litre d'eau. On passe le liquide au travers d'un linge, on y
ajoute quelques gouttes de bonne eau de fleurs d'oranger (1), et
l'on met en réserve dans un lieu frais, pour en faire usage dans
le jour.
On peut conserver la pâte d'amandes assez longtemps, en la
faisant sécher à l'étuve à une chaleur douce : on la convertit
ensuite en orgeat, par le procédé que nous venons d'indiquer.
Orgue [Angl. organ ; Allem. die Orgel (Arts et mét.) . Voir le
mot Musique, t. IV, p. 1203.
Orient ( Géographie) . L'un des quatre points cardinaux,
appelé encore Levant ou Est. On comprend sous cette dénomina-
tion, les belles régions où se lève le soleil.
ORIENT. (Produits naturels et industriels de l' .). - On connaît
(1) Voir Oranger.
1262 ORIENT ( INDUSTRIES DE L').
peu les pays d'Orient , et beaucoup de personnes se font une idée
fausse de l'industrie de ces contrées ; cependant les dernières
Expositions nous ont prouvé que sur bien des points il y aurait
d'utiles enseignements à puiser dans leurs méthodes.
L'étude des produits naturels et industriels de l'Orient présente
le plus grand intérêt. En même temps qu'elle procure au natura-
liste le moyen de contrôler les données scientifiques sur ce beau
et curieux pays, elle présente à l'agriculteur de nouveaux produits
à introduire sur son sol, à l'industriel de nouvelles matières pre-
mières à employer, et au commerçant de nouveaux rapports
d'affaires à établir .
Nous allons exposer les principaux produits qu'on peut se pro-
curer avec avantage dans cette vaste et fertile contrée, où tout
abonde, excepté l'homme.
REGNE ANIMAL . -
Races chevalines . - Elles intéressent à un
très haut point les éleveurs intelligents de tous les pays. Sous le
rapport du climat, des influences atmosphériques, de l'air que
respirent les animaux en général, l'Orient peut être considéré, à
juste raison, comme le berceau du cheval.
La première des contrées orientales, si renommées pour leurs
belles races chevalines, est l'Arabie hippique, qui s'étend depuis la
Syrie jusqu'à la mer Rouge.
Voici relativement les caractères distinctifs de ces superbes et
excellents coursiers, qui sont d'une vigueur de sang et d'une
énergie remarquable : taille moyenne, 1m,40 à 1m,50 ; robe domi-
nante gris clair ; tête petite, carrée ; yeux grands et expressifs ;
oreilles courtes ; bout du nez mince ; naseaux petits et très dilatés
pendant l'exercice, à tel point que les Arabes disent qu'il en sort
du feu .
Le cheval d'Orient est d'une sobriété, d'une douceur et d'une
durée extraordinaires : aussi voit-on un grand nombre de chevaux
arabes parvenir à l'âge de 25 à 30 ans, ce qui fait dire de ce
cheval d'élite qu'il meurt agé, mais non vieux. Quant aux qua-
lités actuelles du cheval arabe(fig. 492), elles sont si développées, qu'il
fait en quelque sorte partie de la famille arabe. Vivant sous la
tente, il est d'une docilité telle qu'il est rare de rencontrer en
Orient ce qu'on appelle un cheval méchant et rétif.
En un mot, cette race d'élite est tellement appréciée par tous,
que la plupart de ses produits sont achetés journellement comme
reproducteurs pour l'Occident.
Chèvres . Elles sont très communes en Orient et à l'état de
troupeaux ; il existe une race d'élite, dite d'Angora, que nous de-
vons recommander. Cette race , qui est originaire de l'Asie-
Mineure, s'y est multipliée par troupeaux assez considérables,
surtout à Angora, Tokat et Sinope. Mais, soit insousciance de la
ORIENT ( INDUSTRIES DE L') . 1263
part des propriétaires, soit négligence des bergers, cette race ne
s'est pas propagée dans le reste de l'Anatolie; et, si l'on en ren-
T contre quelques-unes dans quelques rares localités, ce n'est pour
ainsi dire qu'à l'état de croisement.
La chèvre d'Angora est surtout remarquable par sa toison
épaisse, fourrée, formée de longs poils frisés, fins, soyeux, élas-
tiques, d'une couleur blanche éclatante, à l'exception de quelques
sujets dont la toison est d'un noir éclatant et se vend très cher à
cause de sa rareté. Une partie de ses poils, du nom de Tiflicks
et de Filiks, sert, en Asie, à la fabrication des châles et des tapis,
qui sont, on le sait, très recherchés, et le reste est expédié en
Angleterre.
Les chèvres d'Angora sont plus délicates que les autres , et
pour cette raison les éleveurs les abritent pendant les temps de
pluie et de neige.
Afin d'obtenir sûrement de bons sujets à peaux souples et à
poils soyeux , les éleveurs de cette race précieuse laissent les che-
vreaux absorber tout le lait des mères, et, pour conserver à la
race les qualités susmentionnées, lorsque ces chèvres, à l'âge de
cinq ans environ, produisent des poils plus rudes et moins écla-
tants, se rapprochant en quelque sorte des chèvres ordinaires ,
ils les engraissent pour la boucherie, qui tire bon parti de leur
chair, très blanche et aussi bonne que celle du mouton de qualité
supérieure.
Moutons. Ils forment deux types bien distincts, soit : la race
dite Kivirdjk ou mouton à queue mince, et celle dite Caraman ou
mouton à grosse queue ; ce dernier type n'existe qu'en Anatolie.
Du reste ces deux types sont d'une taille assez élevée, trapus, hauts
sur pattes; ils ont le dos large, la face busquée, les cornes
épaisses, très longues et contournées en spirale. Leur laine est
tantôt frisée, tantôt lisse, d'une toison tassée et grossière.
Ces deux races sont propres à la boucherie. Elles fournissent -
aussi une quantité considérable de laines à l'Occident, mais la
qualité la plus appréciée par les fabricants européens est celle de
la race Kivirdjik.
Versàsoie.-Citons lebombyx-mori(fig.493),dont les produits sont
devenus indispensables à la fabrication des beaux unis de Lyon ,
depuis que la maladie actuelle des vers à soie a détruit les races
d'élite des Cévennes, et ravage chaque année les éducations de cette
contrée séricicole. En effet, les produits séricigènes de la Turquie,
et surtout les belles soies nerveuses sans duvet de la Bythinie,
présentent aux fabricants lyonnais des avantages qu'ils ne trou-
veront pas dans d'autres contrées séricicoles.
RÈGNE VÉGÉTAL. L'Orient offre à l'Occident de grandes res-
sources dans tous les genres, surtout pour l'alimentation dans les
1264 ORIENT ( INDUSTRIES DE L' ) .
cheval
arabe
Le
. 492
Fig
.
ARD
ORIENT ( INDUSTRIES DE L' ) . 1265
14
l'Ailante
.bombyx
Le
1.b
de
1.a.
Fig
. 93
4
10
N
1266 ORIENT ( INDUSTRIES DE L' ).
années de mauvaises récoltes; c'est ce que l'Europe ne vérifie
que trop souvent pour elle.
Céréales. - Au premier rang des produits que l'Occident tire de
l'Orient, se trouvent les céréales , soit le blé dur et le blé tendre,
le seigle, l'orge, l'avoine , le sarrasin, le maïs et le millet. Puis
viennent les légumineuses à semences farineuses , telles que les
fèves, les haricots, les pois, les pois-chiches et les lentilles.
Relativement aux céréales , il est à remarquer que les maisons
européennes qui exportent ces produits du Levant n'ont pas jus-
qu'à présent employé les meilleurs moyens pour obtenir des prix
de revient réduits. Ordinairement les commerçants font leurs
achats par l'intermédiaire de commissionnaires qui, à leurs yeux,
n'ont que cette qualité, mais qui, en réalité, sont des vendeurs.
En effet, les commissionnaires en question achètent les céréales
des propriétaires par petites parties , et les revendent ensuite à
leurs commettants par cargaisons. Or, comme il résulte de ces
deux opérations une différence de mesure, les achats étant faits
à mesure comprimée et comble, tandis que la vente a lieu à
mesure soufflée et nivelée, c'est un bénéfice forcé que les commis-
sionnaires encaissent sans que leurs commettants puissent les
rechercher à ce sujet. Ce bénéfice varie suivant les contrées . Ainsi,
en Roumélie, en Bulgarie et en Valachie, où l'esprit grec domine,
la différence peut être à 7 p. 100 environ, tandis qu'en Asie Mi-
ňeure , où l'indigène est moins sur ses gardes , l'acheteur peut faire
élever cette différence jusqu'à 15 p. 100, d'autant plus qu'une
bonification en quantité lui est accordée pour chaque dix mesures .
Si l'on ajoutait à ces bonis l'écart entre le prix le plus bas, et le
cours le plus élevé, auquel les commissionnaires-marchands ne
manquent pas de coter, comme étant le véritable prix, les diverses
parties de céréales réunies dans la cargaison, l'on parviendrait
certainement à réaliser un prix de revient qui, dans l'occurence,
empêcherait les exportateurs de perdre sur leurs envois .
Les renseignements qui précèdent s'appliquent également aux
graines oléagineuses , que l'Orient fournit en tout temps à l'Europe
pour une somme considérable : ces graines sont celles de sésame,
de lin, de pavot et de ricin.
Les Orientaux cultivent également avec le pavot, d'autres plantes
médicinales, telles que la scammonée, le safran et le salep, dont
il s'expédie en Europe avec l'opium pour un chiffre assez consi-
dérable .
Tabac. - Au nombre des plantes économiques que l'Orient cul-
tive se trouve le tabac, qui donne lieu à des transactions impor-
tantes avec l'Europe .
Au premier rang des diverses qualités de tabac que les consom-
mateurs européens apprécient de plus en plus, tant à cause de
leur agréable odeur que de leur douce saveur, se trouve celle de
ORIENT (INDUSTRIES DE L'). 1267
Yénidgé, en Macédoine, laquelle est appelée par l'administration
française, tabac de Vizin. Bien que cette espèce soit renommée à
juste titre, elle n'est cependant pas sans rivales sous le rapport
de la qualité de la plante; la même sorte de tabac est cultivée
dans d'autres localités : il ne manque en quelque sorte anx autres
provenances, pour acquérir de la réputation, que d'être mieux
manipulées .
En vue des diverses applications de ces tabacs à la consomma-
tion générale, il serait doublement économique et avantageux
pour l'acheteur et le cultivateur-vendeur que ce dernier pinçat en
temps opportun la plante et en élaguât les feuilles endommagées
ou gâtées ; car, au moyen de ces précautions, on obtiendrait des
feuilles plus développées et mieux nourries et d'une maturité
parfaite, qui se prêteraient avec avantage aux diverses manipula-
tions du tabac, et cela sans porter atteinte au rendement.
Essence de roses . Relativement à cette dernière matière aro-
matique , nous expliquerons qu'elle est produite en Roumélie
avec les roses d'un plant spécial qu'on cultive dans les Kasas de
Kisanlik, Tchirpan, Carlovo, Eski-Sahara et Yéni-Sahara, qui
font partie du sandjak de Philippopoli.
La rose dont nous nous occupons porte de 20 à 25 feuilles d'une
teinte très claire et d'un goût très amer. Ces feuilles étant tritu-
rées avec du sucre, forment une pâte qui produit à peu près les
mêmes effets que la scammonée . Le plant qui produit cette rose,
et qu'on taille à 1 mètre, 1m,30 de hauteur, fleurit avec vigueur
et abondance dans les terrains à base argileuse, qu'il est indis-
pensable de retourner quatre ou cinq fois par an.
L'essence ou huile de roses peut être classée en deux princi-
pales qualités : l'une exhalant une odeur délicate, qu'on obtient
avec des roses récoltées sur les sommets des localités sus- men-
tionnées, dans des terres légères ; l'autre, dont le parfum est plus
prononcé, qu'on retire de roses récoltées dans les vallées de ces
mêmes localités et dans des terres fortes à base argileuse. On peut
contrôler ce classement au moyen du goût et de la densité.
En effet, les qualités diverses de l'essence de roses sont plus ou
moins amères , selon leur force, et elles gèlent à un degré plus ou
moins élevé de la température . Par exemple, l'une fige à 13 de-
grés Réaumur, tandis que l'autre gèle déjà à 5 degrés Réaumur,
Outre ces renseignements qui peuvent mettre à même de recon-
naître relativement les diverses qualités de l'essence de roses
vierge, il est indispensable de signaler qu'il se fait des mélanges
avec de l'essence de géranium et d'autres huiles inférieures . Afin
que les acheteurs de l'Europe soient bien mis en garde contre
toutes ces falsifications qu'on pratique à Constantinople et quel-
quefois sur les lieux mêmes, nous préciserons que le seul moyen
de se procurer de l'essence de rose vierge, c'est d'acheter cette
1
1268 ORIENT (INDUSTRIES DE L').
huile directement des cultivateurs, au moment de leur production
et de la distillation .
Pour ce qui est de la fabrication de cette précieuse essence, on
procède en Roumélie comme suit : Du 20 au 25 mai, époque de
la récolte annuelle, les campagnards cueillent, avant le lever du
soleil, les roses, qui sont distillées par parties de 8 à 10 okes,
mêlées avec 15 à 20 okes d'eau pure, et cela sans interruption
pendant deux heures, après lequel laps de temps on retire les
roses. Ensuite on distille de nouveau l'eau de roses déjà produite,
puis on enlève avec une cuiller l'essence de roses qui surnage.
On obtient ainsi, en Roumélie, une drachme et demie d'essence
de 12 okes de roses, tandis qu'en Provence il faut 60 okes de
roses pour produire la même quantité d'essence .
Cotonnier . -
Parmi les plantes textiles ou filamenteuses qui
sont cultivées en Orient, se trouve le cotonnier, dont l'importance
a varié suivant que la concurrence du sud des Etats-Unis d'Amé-
rique a plus ou moins pesé sur les marchés européens.
La culture du cotonnier prospérait en Orient d'une manière
continue, dans l'île de Chypre, en Syrie, en Caramanie, dans le
sud de l'Asie Mineure, et à Serres, en Macédoine, lorsque l'indus-
trie manufacturière de l'Occident n'était pas encore en mesure
d'approvisionner de cotonnades tout l'univers. La production
agricole était alors relativement d'autant plus considérable, que
le cultivateur trouvait l'écoulement de sa récolte auprès des fabri-
cants orientaux, dont les étoffes étaient jadis si goûtées par toute
l'Europe. A cette cause de production, il faut ajouter que les prix
rémunérateurs, auxquels les produits du Levant étaient payés,
encourageaient d'autant les Levantins à surmonter leur indolence
naturelle. Mais depuis que les manufactures de l'Europe ont pro-
duit au moyen de machines et d'après le système des engrenages,
l'ancienne fabrication orientale a été d'autant plus vite annihilée ,
que le sud des Etats-Unis d'Amérique surchargeait les marchés
de l'Europe de cotons, dont la qualité et le prix présentaient aux
manufacturiers des avantages que le Levant était désormais dans
l'impossibilité de leur offrir.
Toutefois, il résulte de ce qui précède, que cette culture devait
être reprise dès l'instant où le prix du coton serait au niveau du
prix de la production cotonnière du Levant ; et c'est, en effet, ce
qui a eu lieu avec une activité pour ainsi dire inconnue dans ce
pays , lorsque la guerre civile des Etats-Unis, en empêchant les
envois de coton d'Amérique, a causé une hausse exagérée dans le
prix de cette matière textile. Non-seulement les cultivateurs des
contrées à terrain meuble et à température régulière, en automue,
se sont remis à produire en grand le coton, que l'Angleterre sol-
hcitait partout, l'argent à la main; mais, en outre, les agricul-
teurs de contrées dont le sol et le climat sont peu favorables à
ORIENT (INDUSTRIES DE L' ). 1269
cette culture, y ont néanmoins affecté la majeure partie de leurs
terres . La reprise de la culture en grand du cotonnier par les
Orientaux étant la conséquence d'événements passagers, il était
prudent de prévoir l'époque où la conclusion de la paix rouvrirait
l'ancienne source d'approvisionnements ; mais une telle prudence
n'est pas dans le caractère des Orientaux. Aussi, lorsque les pro-
venances du sud des Etats-Unis d'Amérique ont commencé à
neutraliser, sur les marchés d'Europe, la vente des cotons du
Levant, il s'est produit dans toutes ces contrées et surtout en
Egypte un temps d'arrêt, qui a causé aux détenteurs de l'article
de grandes pertes et aux cultivateurs de cruelles déceptions.
Toutefois , il faut aussi s'attendre à ce que le travail libre, dans
les états du Sud, y augmente le prix de revient du coton ; ce qui
permettra aux cultivateurs orientaux, dans les contrées vraiment
cotonnières , d'obtenir de leurs cotons un prix suffisamment rému-
nérateur.
Dans cette prévision, les maisons européennes qui voudraient
s'adonner, en Orient, au commerce de cette matière première,
feront bien de ne s'établir que dans les districts essentiellement
cotonniers , et d'y former des ateliers d'égrenage, avec presses à
emballer, afin d'éviter des frais de main-d'œuvre dont la dépense
augmente tellement le prix du coton, qu'il serait impossible de
lutter avec les Etats du Sud, lorsque leurs produits reviendront
en abondance sur nos marchés .
Produits naturels divers . On cultive en Orient, comme plante
tinctoriale , l'alizarès ou garance , qui donne également lieu
à des transactions d'une certaine importance avec l'Europe.
Ces racines tinctoriales entraînant énormément de frais de
transport, en raison de leur volume, il serait avantageux d'en
extraire la partie colorante sur les lieux mêmes, et d'établir un
atelier à cet effet. De cette manière, on obtiendrait la matière à
un prix réduit, et l'on pourrait distinguer parfaitement les meil-
leures provenances, et les vendre proportionnellement à leur qua-
lité.
Le commerce de l'Europe tire également de l'Orient les graines
jaunes , les noix de galle et la vallonée.
L'Europe est tributaire de l'Orient pour la gomme-mastic, pour
la gomme adragante, pour l'anis et pour l'essence de rose, dans
une proportion assez considérable.
On cultive également, dans une grande partie de l'Orient, en
grand, le citronnier, l'oranger, le figuier, l'olivier et la vigne,
dont les fruits donnent lieu à un grand commerce avec l'Europe.
Comme produits naturels qui sont encore susceptibles d'être
exportés de l'Orient, il existe dans ces vastes contrées des massifs
forestiers, dont les essences sont généralement les mêmes que
celles que l'on rencontre dans l'occident de l'Europe. :
IVO VOLUME 33
1270 ORIENT (INDUSTRIES DE L').
RÈGNE MINÉRAL . Il existe en Orient de nombreuses mines de
plomb argentifère, de cuivre, de sel et d'autres espèces de mi-
nerai ainsi que quelques houillères. Les cuivres de Tokat, en
première fusion, sont déjà exportés pour un million de francs
environ chaque année.
Outre les carrières qui ont fourni à l'art antique les marbres
avec lesquels ont été faites les merveilles dont on peut admirer
chaque jour quelques spécimens échappés à la dévastation ,
l'Orient possède d'autres carrières, entre autres celle de Pan-
derma, dans la mer de Marmara, dont les marbres se rappro-
chent de ceux d'Italie, tant par la variété des teintes que par le
poli et la compacité du grain.
ORDRE INDUSTRIEL . L'Orient est distancé du tout au tout par
l'Europe occidentale, soit de la différence qui existe entre la petite
fabrication opérée par la main de l'homme, et la grande produc-
tion manufacturière, au moyen des merveilleuses machines que
tout visiteur a pu admirer, pendant qu'elles fonctionnaient aux
récentes Expositions universelles .
Cependant, toute minime que soit la production industrielle de
l'Orient, elle présente aux fabricants et aux commerçants de
l'Europe bien des articles à imiter ou à exporter, surtout dans les
tapis, les châles et les soieries pour meubles, dont le tissage et les
dispositions portent bien l'empreinte traditionnelle du pays. Cela
est évident, car tous les vrais appréciateurs ne balancent pas à
mentionner les étoffes ottomanes, qui ont des dispositions vraiment
orientales réunissant le confort que toute chose utile devrait
avoir.
Après ces rapides données sur les produits naturels et indus-
triels de l'Orient en général, nous allons faire une exploration dans
chacun des principaux pays .
CHINE ET JAPON. Ces pays produisent de très beaux cloisonnés,
des porcelaines, des bronzes, de vieilles laques, et une foule d'ob-
jets aussi précieux pour les Chinois que pour nous, peut-être aussi
parce qu'ils sont supérieurs aux produits analogues d'autres
pays . Diverses étoffes de soie sont remarquables ; les armes
japonaises sont fort belles ; enfin ces pays sont très riches en
matières premières, plantes textiles, produits alimentaires, mine-
rais , dont le sol chinois est sí riche. Leurs instruments agricoles,
et même leurs machines, toutes primitives qu'elles puissent être,
n'en font que mieux comprendre l'habileté des ouvriers qui
obtiennent avec de faibles moyens des résultats relativement si
remarquables .
Régime alimentaire. - Nous pensons que l'apathie des Chinois,
leur penchant à la paresse, qui a amené leur indifférence presque
absolue pour tous progrès, tient principalement à la mauvaise, ou
ORIENT (INDUSTRIES DE L') . 1271
tout au moins à l'insuffisante alimentation du peuple. Cette ali-
mentation est trop pauvre en éléments azotés. Le riz, les légumes
herbacés en forment la principale base ; la chair des animaux, le
poisson n'y occupent qu'une place insignifiante. Mais en peut- il
être autrement en Chine? Les salaires y varient de 50 à 85 cen-
times, l'ouvrier ne peut consacrer à sa nourriture qu'une somme
très modique.
Il n'a pas été possible de savoir avec certitude s'il en était de
même au Japon; tout porte à le croire, car dans les villes dont
l'accès est ouvert aux Européens, le régime alimentaire du peuple
est aussi déplorable.
Agriculture. - Le riz étant la base de l'alimentation du Chinois, 1
est naturellement l'objet d'une culture spéciale, surtout dans le
sud et le centre de l'Empire. Les moyens d'exploitation qu'il em-
ploie sont nombreux, et, bien que primitifs, ils sont en somme
suffisants . Il utilise et sait rendre fertile le moindre lopin de terre,
si ingrate qu'en soit la qualité. Les Chinois ont étudié les engrais
il y a déjà plusieurs siècles, et ils emploient avec succès à la fer-
tilisation de leurs terres , des matières que nous n'avons appréciées
à leur véritable valeur que depuis un demi-siècle et que nous
dédaignions comme inutiles .
Il n'est pas facile de pénétrer dans l'intérieur du Japon et nous
ne pouvons rien dire de positivement certain sur son industrie
agricole. Les récits des missionnaires nous assurent que dans le
commencement du siècle passé , l'agriculture japonaise ne le
cédait en rien à celle des Chinois. Ils n'ont pas dégénéré, si l'on
en juge par le peu qu'il est permis d'apercevoir à des yeux euro-
péens ; et conme leur caractère a plus d'énergie que leurs moyens
d'action sont plus nombreux et plus perfectionnés, nous penchons
à les croire supérieurs .
Charbon . On connaît en Chine, depuis des siècles, de nom-
breux gisements de charbon de terre. Les mines les plus impor-
tantes sont dans le Scu-tchuen,le Kouang-ton et les provinces
du nord. Son usage est répandu dans les familles chinoises ,
même dans les classes pauvres. Mais par suite de l'insuffisance
des moyens d'extraction, on ne recueille que le charbon de la
surface, dont la qualité est, en général, inférieure.
Minerais . Le sol chinois est fécond aussi en richesses miné-
ralogiques ; mais au lieu de pousser à leur exploitation, le gouver-
nement des empereurs y a souvent mis obstacle. Les plus impor-
tants métaux sont le cuivre sulfuré et carbonaté, le sesquioxyde
de fer, le sulfure de plomb argentifère, l'étain. Le zinc, que les
Chinois nomment plomb japonais est peu exploité. Quant aux
métaux natifs, on en rencontre de grandes quantités surtout dans
le nord ; on y trouve aussi le minerai de mercure (cinabre) et le
1272 ORIENT ( INDUSTRIES DE L') .
sulfure d'arsenic (orpiment) qui sont d'un fréquent usage en mé
decine et pour la peinture.
Pétrole. L'huile de pétrole se trouve, dans l'intérieur de la
Chine, près de puits d'où s'échappent des gaz inflammables, qu'on
utilise pour le chauffage et l'éclairage des habitations. L'analyse
a constaté l'anologie de sa composition avec l'huile de pétrole
d'origine américaine.
Alcools. Sous le nom de Sam-chu, les Chinois fabriquent
une grande quantité d'alcools provenant de la distillation du riz,
des graines du sorgho et du blé. Leur mode de distillation et de
rectification est encore si imparfait, que ces eaux-de-vie conser-
vent un goût et une odeur empireumatiques prononcés, et parais-
sent détestables au palais des Européens .
Bois de construction et d'ébénisterie. -Le sol chinois, du moins
dans la partie connue des voyageurs européens, ne produit qu'un
petit nombre de bois propres à la construction.
L'un des principaux, parmi ceux qui servent à la confection des
meubles , est le camphrier. L'odeur assez agréable qu'il dégage a
la propriété d'éloigner les insectes. Mais l'arbre utile par excel-
lence c'est le bambou. Il faudrait des volumes pour énumérer ses
diverses utilisations : la prévoyante nature l'a répandu en Chine
avec une telle profusion qu'il fournit sans s'épuiser à tous les
besoins . Souple, léger, résistant, il est le principal élément de la
charpente de ce pays : il n'est pas d'industrie qui n'ait recours
à son usage ; on en fabrique des machines, du papier, des vases,
des tuyaux. On fait cuire les jeunes pousses, on les accommode
aussi en salade et elles fournissent un aliment aussi estimé des
Européens que des Chinois eux-mêmes.
Métaux. - Nous avons dit que le gouvernement des empereurs
favorisait peu la science métallurgique en Chine ; aussi, malgré
la richesse minérale du sol, c'est de contrées lointaines, telles
que la Malaisie et autres , que lui viennent certains métaux. Ceux
qui sont le plus usuellement employés par les Chinois sont le
cuivre, le fer et l'étain ; viennent ensuite le plomb et le zinc.
Le cuivre et l'étain servent à fabriquer les miroirs chinois, qui
sont des disques d'un diamètre plus ou moins grand, dont on
polit avec soin la surface.
L'étain, qui est un des métaux les plus employés dans le Céleste-
Empire, sert à la fabrication de toutes sortes d'objets : vases,
flambeaux, théières, boîtes à thé, et généralement de tous les
instruments qui sont destinés à un usage domestique ; dans ce
cas, on lui adjoint souvent une petite quantité de plomb .
L'industrie du bronze est à peu près perdue en Chine ; on n'y
fait plus que des imitations des pièces de bronze ancien, que l'on
sait recherchées en Europe. Les ouvriers chinois sont, du reste,
fort habiles dans cette imitation. Ils remplacent aujourd'hui le
ORIENT ( IMDUSTIES DE L' ). 1273
bronze par la fonte pour leur propre usage, et c'est avec ce métal
qu'ils fondent les cloches de leurs pagodes.
Leur minerai de fer est de bonne qualité , mais ils le travaillent
mal . Le gouvernement a cependant des ateliers pourvus d'un
nombreux personnel d'ouvriers. Il y fait principalement fabriquer
des armes , fusils, etc., en général d'une mauvaise exécution.
Mais si les arts qui procèdent de la métallurgie sont délaissés ou
inconnus en Chine, il n'en est pas de même au Japon où il se fa-
brique, entre autres, de beaux vases de bronze, simples ou niellés,
aussi intéressants par la grâce de la forme que par la beauté du
travail. Les ornements qui les surmontent, en partie fondus, en
partie ciselés, témoignent à la fois de la finesse de la fonte et du
goût de l'ouvrier.
Porcelaines modernes . Les grandes fabriques de porcelaines
chinoises ne produisent plus ces belles pièces si estimées des
indigènes et plus encore des Européens. Soit faute de capitaux,
soit que le goût des ouvriers se soit oblitéré en perdant les
anciennes traditions, il est évident que la moderne céramique se
contente de fabriquer des produits communs et d'une vente facile.
Pourtant, à Ken-ti-Tchen, ville célèbre par l'antiquité de ses fours ,
une population de 200,000 ouvriers se livre à cette industrie.
Il faut pourtant avouer que, malgré la décadence de l'art céra-
mique en Chine, notre fabrication aurait encore à apprendre de
la leur. Les céládons chinois , les rouges flammés, sont bien supé-
rieurs aux nôtres ; les ouvriers règlent à volonté la formation de
leurs craquelés, ce que nous ne pouvons faire.
Dans la porcelaine japonaise , l'originalité et l'élégance des
formes, la disposition des couleurs, le fini des pièces, tout indique
sinon une supériorité bien marquée sur les Chinois, du moins la
prospérité de cette industrie au Japon. Quelques-uns de leurs
produits méritent tous les éloges des connaisseurs .
Teinture. L'art de la teinture en Chine et au Japon jouit
d'une grande célébrité, et malgré nos remarquables progrès dans
cette science, il est encore des couleurs que nous devons leur
envier. Ces pays produisent une grande quantité de végétaux et
de fleurs dont on retire des couleurs qui, fixées sur les étoffes,
fournissent une variété de nuances aussi riches que délicates .
Parmi les plus renommées, il faut citer le vert de Chine, qui
eut autrefois tant de vogue en Europe. Les Chinois l'obtiennent
par la macération de l'écorce d'une espèce de nerprun qui croît
spécialement dans les provinces de l'intérieur ; mais le prix de
cette couleur est si élevé, qu'elle est réservée aux seules étoffes
de luxe.
L'indigo joue le rôle le plus important dans la teinture chinoise.
C'est avec cette couleur que sont teintes les étoffes de coton des-
tinées aux vêtements de la classe ouvrière.
1274 ORIENT ( INDUSTRIES DE L').
Les Japonais sont encore plus habiles que les Chinois dans la
teinture des étoffes. Il faut reconnaître d'ailleurs que les couleurs
chinoises et japonaises sont remarquables par leur fixité et leur
- résistance, même aux actions climatériques .
Laques et vernis. La matière qui fait la base des laques
est la liqueur qui s'écoule d'incisions faites à l'arbre désigné sous
le nom de rhus vernicifera, qui croît surtout dans le Tche-Kiang
et dansle Sce-Tchnen. Ce n'est qu'à l'aide de grandes précautions
qu'on peut se défendre des effets dangereux de ce vernis . Ses
exhalaisons font venir à la peau des espèces d'eczéma , qui quelque-
fois mettent en danger la vie des ouvriers. Ce vernis est mélangé
avec diverses huiles siccatives et des matières colorantes, telles
que le noir de fumée, le vermillon, etc. Quand il doit être appli-
qué sur du bois , on a soin d'en polir la surface après avoir bouché
ses moindres fissures avec un mastic composé de papier et de
gélatine, quelquefois avec un mélange de terre argileuse et de
colle. On applique ensuite, au moyen d'une spatule en bois flexible,
une couche de ce mastic, qu'on laisse bien sécher, afin de pouvoir
le polir après, ce que l'on fait à plusieurs reprises . Alors on
donne la première couche de vernis au moyen de pinceaux plats
très durs ; on polit cette couche et on la recouvre d'une seconde,
qu'on polit à son tour, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on ait
obtenu l'épaisseur voulue. Le dernier polissage doit être fait avec
le plus grand soin ; c'est lui qui donne le fini et la transparence
aux objets . Il n'est pas rare de voir passer 15 ou 18 couches et
plus de vernis . Ces opérations forment le fond sur lequel l'artiste
peint des fleurs, des figures et des animaux. Il peut s'y prendre
de plusieurs manières ; mais généralement voici comment il pro-
cède : Il peint les objets qu'il veut représenter avec un mélange
de colle et d'argile coloré, assez épais pour obtenir la saillie
désirée. Quelquefois le mastic est recouvert de feuilles de nacre
très minces ou de paillettes d'or et d'étain.
Ces travaux sont longs et minutieux; ils ne peuvent être exé-
cutés que pendant certaines saisons de l'année. Celle qui suit les
pluies est la plus favorable à cette industrie, qui occupe un grand
nombre d'ouvriers. Les ateliers sont vastes, aérés ; on y veille
surtout à ce qu'il n'y pénètre pas de poussière, qui détruirait la
pureté du poli. Le prix élevé des objets en laque tient aux soins
que nécessite l'épuration du vernis et au temps perdu à attendre
que les différentes couches soient sèches.
Aucune composition en Europe n'est comparable à ce vernis.
L'arbre qui le fournit n'en produit pas dans nos climats. Nous
ne saurions pourtant regretter les beaux résultats que nous ne
pouvons égaler, en songeant que l'emploi de cette matière est
toujours dangereuse et quelquefois funeste.
Cette curieuse industrie permet de donner aux objets de luxe,
ORIENT (INDUSTRIES DE (L') . 1275
et même à ceux qu'emploie l'économie domestique, une durée et
un éclat remarquables ; elle sert spécialement à la fabrication des
éventails, coupes , petites caisses, meubles , tables, cabinets. Dans
quelques ports du Japon et dans le midi de la Chine, on confectionn
des tables , des boîtes à thé, des échiquiers , destinés aux Euro-
péens, le plus souvent en laque très commune et de peu de valeur.
Les laques finies et principalement celles qu'on fait au Japon,
1
sont au contraire d'un prix très élevé.
Bijouterie. Dans les bijoux chinois et japonais, on trouve la
perle unie à l'or ou à l'argent ciselés ; quelquefois aussi on y
mêle des pierres précieuses grossièrement taillées ; mais les orne-
ments de ce genre les plus usuels et les plus nombreux consistent
en objets d'argent ou d'or, qu'on dirait au premier aspect émaillés
de bleu. En les examinant de près, on s'aperçoit que cette couleur
est due simplement à l'application de plumes d'oiseau, dont le
lustre et l'éclat peuvent rivaliser avec l'émail. Le jade et l'agate
jouent aussi un rôle important dans les bijoux chinois et japonais.
Jades . Le jade est une pierre si dure, qu'on ne peut le tra-
vailler qu'à l'aide de meules et avec le secours de sa propre
poussière. On conçoit le temps considérable que nécessitent le
travail et le polissage de cette pierre ; aussi les Chinois ont renoncé
aux grandes pièces et ne fabriquent plus en jade que de petits
objets, tels que bagues, colliers, boucles d'oreilles. Cette matière
est peu estimée en Europe, quoiqu'elle soit très prisée en Chine.
La dimension , le fini des pièces, leur travail, la couleur de la
pierre, qui varie du blanc laiteux au vert sale, en déterminent le
prix, souvent très élevé. Le jade blanc est celui que les Chinois
préfèrent. On trouve chez les marchands de Pékin, des vases et
des coupes de jade ancien , dont nous n'osons dire le prix dans la
crainte d'être taxés d'exagération.
Cristal de roche. A côté des jades, nous mettrons les objets
en cristal de roche, très recherchés aussi par les Chinois, mais
que l'on ne trouve qu'en petit nombre au Japon, où ils paraissent
toujours avoir été des objets d'importation plutôt qu'une industrie
nationale. Le cristal de roche abonde, en effet, dans la partie
nord-ouest de la Chine. On l'emploie généralement à faire des
coupes, des vases qui ont souvent la forme d'une fleur, de petites
statues de Bouddha, etc.
Cloisonnés . Les cloisonnés occupent à bon droit le premier
rang parmi les objets d'art que recherchent les amateurs de cu-
riosités . On croit que les Chinois en durent le secret aux maho-
métants , qui ont laissé tant de traces de leur passage dans le
Céleste-Empire. On assure que ce secret est aujourd'hui perdu .
On trouve en Chine deux espèces de cloisonnés, ou plutôt deux
époques distinctes de fabrication ancienne reconnaissables à la
forme et au type de leur dessin oriental.
1276 ORIENT (INDUSTRIES DE L') .
On en rencontre peu au Japon ; on y fabrique cependant, en
cloisonnés, de petites boules pour composer des colliers, et la dis-
position des dessins atteste en ce genre un goût tout différent de
celui des Chinois .
Soies et étoffes . - Excepté dans quelques provinces du nord,
où ne croît pas le mûrier, partout en Chine on cultive le ver à soie.
Les soies prennent le nom de la province qui les cultive ou de la
ville qui les exporte. Les Chinois recueillent aussi une sorte de
soie peu connue des Européens : c'est la soie sauvage de l'ailante
(soie du chêne) ; elle est un peu dure et sert communément à la
fabrication d'étoffes consacrées à l'usage des vêtements d'hommes
pour l'été. Elle n'a pas la flexibilité des soies ordinaires et prend
malla teinture ; aussi l'emploie-t-on généralement avec sa couleur
naturelle. Son prix est relativement peu élevé.
Les étoffes qui portent le nom de crépes se fabriquent dans les
villages qui avoisinent Canton ; mais c'est de Canton même que
proviennent les soies brodées qui font notre admiration. La Chine
fait aussi des brocarts d'or et d'argent du plus bel effet.
Parmi les étoffes japonaises, nous distinguerons le crépon, étoffe
légère et solide, bien connue et destinée aux vêtements féminins.
L'exportation des soies du Japon est considérable, moins cepen-
dant que celle de la Chine. Leurs couleurs tinctoriales sont dues,
comme chez les Chinois, à des substances végétales ; ils affec-
tionnent particulièrement la couleur verte (vert de Chine), dont
nous avons déjà parlé.
Etoffes diverses. Les étoffes de soie, qui, vu leur prix, ne
peuvent être destinées qu'aux classes élevées, ou tout au moins
aux classes riches, ne sont pas les seuls tissus qu'on emploie en
Chine et au Japon. Nous citerons rapidement quelques-unes de
celles dont l'usage est le plus général.
En première ligne, on doit placer les cotonnades teintes en bleu
par l'indigo. La plus grande partie de celles qu'on trouve aujour-
d'hui en Chine et au Japon sont d'origine anglaise. Elles servent
à confectionner les vêtements de la classe moyenne et ouvrière.
On trouve aussi en Chine des draps rouges couverts d'admira-
bles broderies de soie ; ces étoffes servent spécialement à faire
soit des tapis de table, soit des chaises, fauteuils , coussins ; mais
le meuble, en général très-richement sculpté, et les broderies sont
seuls faits par les Chinois ; l'étoffe leur vient de Russie, et c'est à
Chiakta qu'ont lieu les échanges considérables de ce genre .
China-grass . Le tissu obtenu en Chine avec le fil du china-
grass (urtica nivea) est employé, l'été, par toutes les classes .
L'étoffe du china-grass est ferme, brillante, très solide, et ne
perd jamais , même après un long usage, son brillant naturel. Sa
roideur, qui la rend peu propre à la teinture, est pourtant assez
élastique pour éviter toute froissure et devient un des grands
ORIENT (INDUSTRIES DE L' ). 1277
avantages de cette étoffe pendant les longues chaleurs de la cani-
cule ; elle l'empêche d'adhérer au corps, et par là , entretient une
fraîcheur relative nécessaire. Le prix du china-grass a beaucoup
augmenté, depuis que les Anglais s'en servent en le mélangeant
à diverses fibres textiles .
Papiers . D'après les précieux ouvrages de M. Stanislas Julien,
la fabrication du papier remonterait, en Chine , à l'an 152 de notre
ère. Les matières qu'on y employa d'abord et qu'on y emploie
encore aujourd'hui sont les écorces d'arbres et principalement
celles du mûrier et du broussonetia papirifera, puis le chanvre,
diverses fibres textiles , la paille, le bambou et enfin la vieille toile.
Le papier dont on fait en Chine le plus grand usage est celui
qu'on obtient avec des tiges de bambous débitées en menus mor-
ceaux. Les fibres ligneuses de cet arbre sont désagrégées en
quelques semaines par l'eau mélangée à la chaux ; on les soumet
alors à l'action énergique du pilon, et l'on fait chauffer la pâte
ainsi formée dans une lessive alcaline, qui, dissolvant les matières
azotées , colorantes ou colorables que contient l'épiderme du bois,
rend plus simple et plus rapide l'opération du blanchiment. La
pâte est alors transformée en papier au moyen de formes analo-
gues à celles qu'on employait autrefois en Europe. La feuille, déjà
séchée à l'air, est mise sur des plaques chaudes, où sa dessicca-
tion se complète. Ces feuilles servent à faire le papier à lettre,
les livres de commerce , les emballages et généralement à tous
les usages domestiques. Roulé en cylindre et pourvu qu'il pré-
sente à l'étincelle une partie déjà carbonisée, ce papier s'allume
avec autant de facilité que l'amadou , et il a un avantage de plus,
c'est que, tant que dure sa combustion, qui est très lente, il suffit
de souffler dessus pour produire la flamme. Ainsi roulé, il sert
généralement d'allumettes, et sa consommation, de ce seul chef,
est déjà très considérable. Cette propriété est due à la matière
résineuse que contiennent les fibres du bambou, et que la pré-
paration de la pâte ne parvient pas à faire disparaître.
Dans le nord de la Chine, où ne croît pas le bambou, on fait
usage de papiers qui viennent du Sud et de la Corée. Celui de-
Corée a des qualités fort importantes qu'il tire de sa résistance.
Il sert à l'emballage des matières précieuses et à fabriquer des
carreaux pour les fenêtres, car en Chine, on fabrique peu et très
mal le verre, et ce n'est que dans les ports fréquentés par le
commerce européen qu'on trouve des maisons pourvues de vitres.
Le papier destiné à cet usage se fabrique en feuilles larges,
assez transparentes et dont l'épaisseur varie selon l'emploi auquel
il est destiné ; il est formé de l'écorce du broussonetia, dont on a
soin de désagréger assez peu les flbres pour qu'elles puissent se
feutrer, ce qui rend les feuilles aussi résistantes qu'une étoffe.
Lorsqu'on veut les employer sous forme de carreaux, on les en-
1278 ORIENT (INDUSTRIES DE L').
duit d'une huile assez épaisse pour empêcher l'eau de les péné-
trer; elles servent encore à fabriquer des parapluies très solides
et à bon marché .
Les Chinois font aussi des papiers de couleur, mais cette cou-
leur est appliquée au pinceau d'un seul còté de la feuille; ils
servent à la décoration des murailles .
Nous ne pouvons passer sous silence un papier chinois bien
connu : le papier de riz . Cette dénomination n'est rien moins que
justifiée ; il provient de la moelle de l'aralia papirifera. Voici
comment on la transforme en feuilles : l'ouvrier fait rouler de la
main gauche le cylindre de moelle sur une surface plane, tandis
que, de sa main droite, il engage presque tangentiellement dans
la moelle un couteau mince et très tranchant. Par le mouvement
de rotation égal et continu du cylindre de moelle, le couteau dé-
coupe une feuille plus ou moins mince et plus ou moins longue,
suivant l'habileté de l'ouvrier. Ce papier, d'un beau blanc doux à
l'œil, sert à fabriquer des dessins brillamment colorés et spéciale-
ment destinés au commerce européen.
Les papiers qui se font avec l'écorce de mûrier rendent aussi
de grands services ; mais leur prix est élevé, à cause de l'utilité
de l'arbre pour l'industrie de la soie .
Architecture. - L'architecture chinoise ne manque certainement
ni de grandeur ni de caractère. L'ordonnance et la proportion de
ces édifices ont de la hardiesse, et souvent ils sont remarquables
par la beauté des détails. Les maisons impériales se composent
généralement d'un grand nombre de maisons entremêlées de
jardins, de tours, de kiosques, reliés ensemble par des galeries,
dont l'étendue, l'élévation et la symétrie annoncent la grandeur
du maître qui y commande.
La pierre ne fait défaut nulle part en Chine; il suffit pour
l'attester des énormes rochers dont on a semé les jardins des
empereurs et des blocs de marbre et d'albâtre qui servent d'assises-
à leurs palais. Les Chinois travaillent admirablement la pierre :
on en trouve la preuve dans les sépultures et les tombeaux de
Pékin où tout est de cette matière, mème les battants des portes .
Ils emploient aussi la pierre et le marbre à la construction de
leurs splendides escaliers : Les raisons qui font aussi préférer le
bois et la brique sont la chaleur et l'extrême humidité qui règnent
en Chine, où des maisons de pierres seraient évidemment peu
saines. A Pékin, pourtant les pluies durent peu, l'humidité de
l'air mouille et détrempe tout, au point que l'on est obligé d'étendre
sur les escaliers des palais , des feutres pour étancher l'eau.
Ces motifs empêchent également les Chinois de construire des
maisons à plusieurs étages, et l'on se ferait une bien fausse idée
de Pékin, ou de toute autre grande ville chinoise, en se la figu-
rant semblable à nos cités .
1
ORIENT ( INDUSTRIES DE L') 1279
On appelle tours de porcelaine des tours qui sont revêtues de
briques en porcelaines vernissées : ces briques sont de plusieurs
couleurs et prennent au soleil un merveilleux éclat.
Les colonnes servent à soutenir le toit, deviennent une partie
essentielle des édifices chinois ; elles sont généralement en bois,
sans chapiteau et posées sur des bases de pierre. Le bois en est
souvent rare et précieux, incrusté de cuivre, de nacre ou d'ivoire,
sculpté avec un soin très délicat, de façon à représenter des figures
d'oiseaux, des dragons, des feuillages. Les Chinois excellent dans
ce genre de sculpture.
Une des physionomies particulières de l'architecture des Chinois
est due à l'usage qu'ils font des donbles toits. Plusieurs des temples
ou pagodes , tombeaux et autres grands édifices de Pékin (fig. 494 et
495) ont des doubles toits. Leur effet ne manque pas d'être d'une
certaine majesté.
Les crêtes et les arêtes des toits dans les monuments sont for-
mées d'ornements moulés ou sculptés, de même matière que les
tuiles. On les peint de couleurs diverses mais toujours très éclatantes .
Les Chinois aiment beaucoup les arcs de triomphe : on en ren-
contre sur les routes, sur les ponts, dans les rues et jusque sur
les montagnes ; ils ont été élevés à la gloire des empereurs, des
guerriers , des mandarins, quelquefois même en l'honneur de
vertus féminines .
Ces arcs ne varient guère de forme ; il y en a en pierre , d'autres
sont en bois, mais sur assises de marbre, d'autres encore réunis-
sent ces deux genres de matériaux. Quelques-uns n'ont qu'une
porte ; la plupart en ont trois. Celui qui sert d'entrée au pont de
marbre de Pékin (fig. 496) est de ce nombre, et il est, quoique
fort délabré , d'une remarquable élégance.
La grande quantité de canaux et rivières qui arrosent la Chine,
surtout la Chine méridionale, ont nécessité l'établissement d'un
grand nombre de ponts. Ils sont, en majorité, construits en
pierre, en marbre ou en brique, quelques-uns en bois, d'autres ne
sont formés que de bateaux. Il en est dont la voûte très élevée
supporte un tablier en escalier, dont les marches n'ont que 8 à
9 centimètres d'élévation. Les plus anciens sont formés par des
pierres plates , d'une longueur qu'on ne peut s'empêcher d'ad-
mirer, portant sur les piles. Les arches voûtées des ponts chinois
ont quelquefois 10 mètres de rayon. Dans le plus grand nombre,
les piles reposent sur des assemblages de marbre et de pierre dont
les morceaux ont 5 et 6 mètres de longueur.
Il en est un , dans la province de Pé-tché-li, qui mérite d'être
décrit. Il n'a que quatre arches seulement ; mais entre elles, et à
la hauteur du niveau moyen des eaux du fleuve, l'architecte en
a placé trois autres plus petites dans la partie qui, d'ordinaire
forme un plein massif de maçonnerie. Ces arches donnent issue
1280 ORIENT (INDUSTRIES DE L') .
à l'eau, et quand arrivent les crues, son action ainsi affaiblie ne
menace pas d'emporter le pont.
Un des ponts les plus rėmarquables est celui de Fou-Tcheou,
il est construit en marbre blanc, garni d'une double balustrade,
Fig. 494. Temple de la Lumière (Pékin).
blanche aussi , et surmontée de distance en distance par de grandes
figures de lions . L'effet d'ensemble est magistral. Mais si beau
que soit cet ouvrage d'art, il est bien loin de la masse et de l'as-
pect imposant de celui de Siuene-Tchcou. Ce pont fut construit
aux frais d'un simple gouverneur. Sa longueur est de 1,200 mètres .
Nous ne pouvons mieux faire que de citer la description qu'en
donne le père Martini :
« Je l'ai vu deux fois, et toujours avec étonnement ; il est
tout d'une même pierre noirâtre; il n'a point d'arcades, mais
ORIENT ( INDUSTRIES DE L'). 1281
plus de 300 piliers faits de pierres énormes. Ces piliers ont tous
la figure d'un grand navire et se terminent des deux côtés en
angle aigu, pour rompre avec plus de facilité la violence de l'eau .
Cinq pierres égales occupent toute la largeur d'un pilier à l'autre ;
chaque pierre a dix-huit de mes pas . Il y a 1,400 de ces grosses
et longues poutres de pierres, toutes semblables et égales, ouvrage
Fig. 495. Ancien tombeau à Pékin.
admirable pour la manière dont ces lourdes pierres sont soute-
nues entre les piliers. Les garde- fous ou appuis, de chaque côté ,
sont faits de la même pierre, avec des lions dessus. Vous remar-
querez qu'en cette description je ne parle que d'une partie du
pont, savoir, de celle qui est entre la petite ville de Lo-Yan et le
château qui est bâti sur le pont ; car, après avoir passé le châ-
1282 ORIENT (INDUSTRIES DE L') .
teau, on trouve une autre partie du pont qui n'est guère moindre
que la première. »
Les Chinois ont aussi des ponts suspendus qui rappellent un
peu la jolie passerelle de Fribourg.
Nous terminons ce chapitre, sur la Chine et le Japon, en
mettant sous les yeux de nos lecteurs fig. 497 à 500, quelques
reproductions de photographies que nous avons pu nous procurer.
En résumé, on ne peut le nier : dans la science et les arts , les
Chinois ont devancé l'Europe ; mais à son tour, l'Europe a pris
en main le sceptre de l'intelligence et a laissé loin derrière elle
l'œuvre des Chinois. Quant à eux, indifférents ou incapables , ils
laissent la main du temps s'appesantir sur ces monuments , véri-
tables œuvres d'art qui, à moitié ruinées parfois, mais encore
debout, témoignent par leur majesté de la splendeur passée du
Céleste-Empire.
PERSE. - La Perse et les pays qui l'avoisinent peuvent être consi-
dérés d'une manière générale comme des solitudes incultes semées
d'oasis plus ou moins espacées suivant les régions . En Perse, une
population de 10 millions d'habitants est dispersée sur une étendue
double de celle de la France .
Produits naturels . - Les principaux produits de l'agriculture
persane sont le blé, l'orge, produits en quantité très considé-
rable et à très bas prix. Une bonne récolte donne de la nourriture
pour trois ans . Le pain se vend à Téhéran environ 10 centimes le
kilogramme.
Les raisins sont excellents et très abondants. La vigne est sau-
vage dans les provinces Caspiennes et elle donne un raisin qui
n'est pas bon à manger, mais qui produit un vin fort agréable.
Les vins de Chiraz et d'Ispahan ont une réputation très méritée.
Certains vins de l'Aderbaidjan et les vins légers de Hamadan mé-
riteraient d'être connus. Ils sont pourtant tous fabriqués d'une
manière très primitive et conservés dans de mauvaises conditions.
Il est nécessaire de signaler une espèce de raisin sans pépin qui
se trouve en grande quantité et donne lieu à un commerce consi-
dérable, sous le nom de kichmich. Les grains sont un peu
allongés, séparés l'un de l'autre ; la peau est fine, le goût est
très légèrement sucré. Ce sont les meilleurs raisins qu'on puisse
manger. On trouve aussi cette espèce dans une partie de la Turquie.
Les melons, les pastèques sont abondants et délicieux. La gre-
nade y présente de nombreuses variétés toutes remarquables
comme grosseur et comme goût. On trouve tous nos fruits, mais
les arbres sont mal soignés, on ne les taille pas et on ne greffe
que par exception ; on se contente d'arroser. Aussi les Persans
sont très loin d'obtenir les résultats qu'ils pourraient avoir avec
la fertilité du sol et leur climat.
ORIENT (INDUSTRIES DE L'). 1283
Parmi les produits plus particuliers au pays, nous citerons aussi
la mûre blanche qu'on consomme en grandes quantités et qu'on
fait sécher, les pistaches, les dates du Souzistan, la rhubarbe sau-
vage que l'on mange fraîche ; une espèce de manne douce qui n'a
que des propriétés médicinales insignifiantes , mais qui sert à faire
des bonbons d'un goût très agréable, etc.
Les graines oléagineuses sont nombreuses. Le ricin en particu-
lier y paraît dans les conditions les plus favorables .
La culture du pavot est très développée et l'on fabrique des
PE
GA
RD
Fig. 496. Porte placée à l'entrée du pont de marbre (Pékin) .
opiums dans diverses localités, Cachan, Ispahan, Chiraz. Ces
opiums présentent généralement une très grande richesse en
morphine.
Les substances tinctoriales sont nombreuses et les Persans
savent en extraire les couleurs si solides de leurs châles et de
leurs tapis. On trouve la garance cultivée particulièrement à
Yezdt et dans une partie du Kurdistan . Le hanné et le renk ser-
vent à teindre les cheveux et la barbe d'un beau noir. Mais ces
substances et la manière de les employer sont connues en Tur-
quie ainsi que sur le littoral méditerranéen de l'Afrique.
Il y a deux espèces de tabac très différentes : le tembakou et le
toutoun. Le tembakou , le plus estimé, vient de Chiraz ; il ne peut
PEGARD
Fig. 497. - Porte de Tsien-men (Pékin).
PEGARE
Fig. 498. Maison chinoise (Pékin).
Fig. 499. Ouvriers japonais.
Fig. 500. Chaise à porteurs au Japon.
IVE VOLUME .
34
1286 ORIENT (INDUSTRIES DE L').
se fumer que dans la pipe à réservoir d'eau que les Tures nom-
ment narghileh, les Persans calian , et les Indiens houkah.
Le mûrier est cultivé dans une grande partie du pays pour
ses fruits ou pour ses feuilles. On laisse grandir les arbres destinés
à donner des fruits que les Persans aiment beaucoup et l'on n'en
enlève pas les feuilles. C'est une culture particulière. Pour les
mûriers destinés à nourrir les vers à soie, on les coupe toujours
au pied, et c'est en enlevant les branches qu'on fait la récolte des
feuilles. Ce fait, qui a peut-être été originairement inspiré par le
désir de se donner le moins de peine possible, donne d'excellents
résultats .
Le coton de qualité inférieure est cultivé en Perse, et on pour-
rait en augmenter facilement la production en faisant des travaux
d'irrigation.
Mines . En dehors de la culture, les richesses que renferine
la terre sont inestimables : les mines de toute nature y sont nom-
breuses et on pourrait les exploiter avec beaucoup d'avantage.
Aux environs de Téhéran sont des mines d'oxydule de fer,
d'autres d'hématite brune, très riches ; des mines de charbon sont
à côté, et la Perse fait venir son fer de Russie. Dans le Mazen-
déran , on produit une petite quantité de fer au charbon de bois,
mais si mal épuré qu'on trouve difficilement à le placer. Nous
pourrions citer plusieurs mines de cuivre où le métal se trouve
presque pur, qui ne sont l'objet que d'une exploitation insigni-
fiante. Les mines de plomb abondent, et comme l'exploitation
est facile, on en tire le plomb qui est nécessaire aux besoins du pays .
Le charbon se trouve au moins dans trois provinces différentes
sans compter les gisements que des recherches sérieuses feraient
découvrir. Une exploitation intelligente de certains terrains per-
mettrait à la Perse de fournir du salpêtre raffiné à la moitié de
l'Europe. Le soufre se trouve dans l'Elbourz, et on en retire beau-
coup, malgré la manière primitive dont on s'y prend.
Le quartz, les marbres, les matériaux de construction, la chaux,
ie plâtre , abondent et se vendent à très bas prix. On trouve
aussi des carrières d'ardoises, d'albâtre oriental.
En sel commun, la Perse a des ressources sans limites qu'elle
exploite et qui sont l'objet d'un commerce considérable.
Règne animal. - Comme tous les pays péu habités , la Perse
renferme une très grande variété d'animaux et d'oiseaux vivant
à l'état sauvage.
Le règne animal fournit denombreuses ressources pour l'alimen-
tation. Les végétaux et les arbres donnent des produits excellents
et très abondants. Aussi l'existence est-elle facile en Perse, sauf
dans des cas de disette momentanée qui résultent le plus souvent
d'accaparements criminels .
Les animaux fournissent déjà à l'exportation :
ORIENT (INDUSTRIES DE L'). 1287
Des chevaux qu'on transporte dans l'Inde; des laines de qualités
inférieures ; des peaux dites d'Astrakan. Il n'est pas inutile d'ob-
server que les plus belles peaux d'agneaux noirs ne viennent pas
en Europe ni en Russie ; elles sont employées dans le pays à faire
des bonnets de luxe qui sont l'objet de grandes précautions. On
coupe la peau de chaque agneau en bandes d'à peu près deux
doigts de largeur parallèlement à sa longueur. Puis des gens très
exercés assortissent ces morceaux. Un beau koulah ou bonnet
persan est formé d'une centaine de pièces empruntées à autant
de peaux différentes ;
Des peaux de mouton et de chèvre d'excellentes qualités . Comme
les animaux vivent dans un pays découvert, absolument dépouillé
de broussailles, les peaux une fois tannées ne présentent ni dé-
chirures ni tares ; des peaux de martre, de tigre, de lion, de pan-
thère, des peaux de renard etde loup ; du poil de chameau, etc,
Architecture . - Dans leur architecture comme dans leur indus-
trie, les Persans se sont montrés avant tout préoccupés de l'utilité,
et ils ont réussi à très bien adapter leurs constructions à leur
climat. Mais leurs goûts artistiques se sont pleinement donné
satisfaction dans les détails décoratifs. Les grandes maisons ont
les murs intérieurs couverts de dorures et d'arabesques admirables .
Ce sont des entrelacements de lianes , de fleurs, d'oiseaux aux
couleurs éclatantes, tous nés dans l'imagination du peintre ; rien
n'égale l'harmonie et la richesse que présentent ces tableaux exé-
cutés par des artistes modestes et peu rétribués. A l'extérieur,
les briques émaillées complètent la décoration d'une maison de
luxe.
Malheureusement les plus belles constructions ne durent guère
en Perse ; je parle de celles qu'on fait aujourd'hui. On cherche à -
construire à bon marché et les architectes sont extrêmement
ignorants. Personne ne fait une maison pour ses enfants . D'un
autre côté, lorsqu'une maison est lézardée, on l'abandonne volon-
tiers pour aller en bâtir une ailleurs .
Habitations, tentes. Les Persans aiment beaucoup les voyages
et ils ont créé toutes sortes d'appareils pour les rendre commodes.
On pourrait dire même des habitants des grandes villes que ce
sont des nomades fixés, et encore semble-t-il souvent que leur
installation n'est pas faite définitivement .
Aussi leur architecture s'est inspirée et s'inspire encore de nos
jours de la forme des tentes et des inventions faites pour la vie
en plein air. La pièce principale est toujours entièrement ouverte
sur un des grands côtés, le plus souvent elle est ouverte sur deux
côtés parallèles et située entre deux cours plantées de fleurs où
l'on trouve toujours des bassins.
Les tentes sont très variées, faites en poil de chameau, laine,
feutre, coton. Suivant la civilisation des peuples elles sont plus
1288 ORIENT (INDUSTRIES DE L') .
ou moins parfaites. Les tentes des Kurdes et des Illiates persans
ne satisferaient pas tout le monde. Mais toutes ont pour carac-
tère distinctif des dispositions qui servent à assurer leur solidité,
quelque temps qu'il fasse.
Ceux qui ont vécu sous des tentes françaises savent combien
elles résistent peu à un ouragan. Il y a lieu de signaler surtout
l'emploi des cordes de coton ou de poil de chameau, qui ne se
raccourcissent pas comme celles de chanvre , lorsqu'elles sont
Fig. 501. Tentes persanes de luxe
mouillées ; or ce raccourcissement produit une force considérable
qui agit pour arracher les piquets et n'y réussit que trop souvent.
La tente persane de luxe, qui est représentée fig. 501, se com-
pose de deux forts montants en bois peint et doré et d'un toit
peu incliné qui forme deux pans avec des raccordements aux
deux extrémités. Ce toit supporté au milieu par les montants est
lié avec des cordes de coton à des piquets plantés à une dizaine de
mètres de la tente. Le pourtour est formé par des parois verti-
cales qui sont composées de deux doubles d'étoffe de coton, entre
lesquels on a fixé par des coutures des bâtons de mètre en
mètre à peu près. Cette paroi dans laquelle on ménage une ou
plusieurs portières est liée en bas à de petits piquets et en haut
aux cordes de la toiture. La tente ainsi dressée les montants
ORIENT (INDUSTRIES DE L') 1289
font une saillie qu'on introduit dans la douille en cuivre de deux
nouveaux montants hauts d'environ 1m,50, qui supportent la toi-
ture d'une deuxième tente beaucoup plus vaste qui reçoit aussi
une enceinte verticale . Ces deux tentes réunies forment un salon
central, avec deux cabinets, quelquefois quatre et une galerie
couverte qui en fait le toit. Ce système est impénétrable à la cha-
leur du soleil , et il donne une demi-obscurité des plus agréables
lorsque les yeux sont fatigués par l'éclat de la lumière extérieure.
Vers le soir ou dans la journée en automne, quand la chaleur est
tempérée, on enlève les deux parois verticales et l'on se trouve
alors sous un immense parasol où l'air circule librement. La plu-
part de ces tentes sont doublées avec des étoffes de soie ou de
toile perse. L'intérieur est toujours garni de tapis et de coussins.
Les tentes communes sont composées d'un toit conique supporté
par un seul montant et d'une enveloppe formée de deux toiles
rendues rigides dans le sens vertical par des bâtons fixés paral-
lèlement au moyen de coutures. Elles sont commodes, légères,
très faciles à dresser et résistent très bien aux plus grands vents.
Dans les pays froids pendant l'hiver. comme chez les Turco-
mans et dans le Caucase, les tentes sont formées par des branches
d'arbres plantées dans le sol et entrelacées ; on obtient ainsi une
espèce de grande cage qu'on enveloppe avec des feutres épais
serrés par des cordes . Cette tente est chaude et inébranlable
quelle que soit la force du vent.
Harnais. - L'équipement des chevaux et des mulets constitue
une partie importante des articles de voyage. Les brides et
selles brillent plutôt par leurs ornements et quelquefois par leur
richesse que par leur solidité. Le bât est formé extérieurement
par une étoffe épaisse et solide en poil de chèvre ou de chameau
qui est imperméable à l'eau ; à l'intérieur il est composé d'une
couche de laine tassée, en quelque sorte feutrée, qui a 3 centi-
mètres d'épaisseur en quelques endroits. Elle est l'objet de soins
attentifs jusqu'à ce qu'elle se soit moulée complétement sur la
forme du mulet. Le bât couvre tout l'animal; il est lié sous le
ventre par une large courroie de coton, il est retenu devant et
derrière par un poitrail et une avaloire très larges qui font corps
avec le bât et sont souvent doublés comme lui de laine feutrée .
On voit qu'il n'y a pas d'arçon en bois. Le bât est destiné simple-
ment à faire à l'animal une deuxième peau très résistante et
élastique ; il le garde toujours avec lui, et peut ainsi se rouler sans
inconvénient .
Industries diverses . L'importance des fabrications persanes
est assez peu considérable pour la variété et la quantité. L'in-
dustrie des métaux est à peu près nulle. La bijouterie et l'orfé-
vrerie sont des plus primitives , la chaudronnerie est limitée aux
ustensiles de cuisine. Beaucoup de fabrications très remarquables
1290 ORIENT (INDUSTRIES DE L') .
n'existent plus. Il en est ainsi des fabriques d'armes blanches dites
de Damas , des porcelaines, de certaines étoffes de soie. Les fabri-
ques de châles produisent peu. Cela tient à l'importation des draps
d'Europe adoptés de plus en plus par l'aristocratie, qui auparavant
s'habillait exclusivement avec des étoffes du pays. On exporte encore
des châles pour la Turquie, mais l'Europe n'en achète que très
peu , parce que la fabrication n'a pas cherché jusqu'à ce jour à
produire des dimensions qui conviennent aux habitudes des dames .
Fig. 502. Maison flottante (royaume de Siam) .
On fait toujours les châles en pièces trop étroites et trop courtes.
Les principales fabriques sont à Kerman, à Méched, dans le
Koraçan et à Ispahan .
On fait en Perse des châles qui imitent le cachemire ; mais la
plus grande partie, en particulier ceux de Méched, sont moins fins
et moins souples. Ils servent à faire des vêtements qu'on n'use
jamais.
La fabrication des tapis a conservé toute son importance ; mais
il ne serait peut-être pas facile de lui donner une extension beau-
coup plus grande sans changer toutes les conditions. Les tapis ne
ORIENT (INDUSTRIES DE L') . 1291
sont pas faits dans de grandes fabriques ; c'est une industrie
domestique qui s'exerce dans les villages, sous la tente. Les femmes
y travaillent à leurs moments perdus. Toute la famille s'en mêle
un peu, suivant des modèles et des traditions fort anciens. On
distingue les tapis de tente ou d'appartement et les tapis kurdes ;
ces derniers n'ont pas d'envers et sont inusables .
tein se
Fig. 503. Maison sur pilotis (royaume de Siam).
Les feutres remplacent souvent les tapis, et ils sont très agréables ;
un beau feutre a presque 2 centimètres d'épaisseur. La laine feu-
trée sert à beaucoup d'usages . On en fait des bonnets pour les
gens du peuple, des vêtements tout d'une pièce, dans lesquels il y
a trois trous, un pour la tête et deux pour les bras ; pour être
sans coutures ce vêtement n'en est pas plus commode. On fait auss
d'excellents tapis de selle. Les feutres n'ont pas la durée des
tapis. Ils sont plus exposés à être mangés des vers.
1292 ORIENT (INDUSTRIES DE L').
INDE.-
Nous retrouvons dans l'Inde une partie des produc-
tions de la Perse ; mosaïques de bois, sculptures, etc. Il serait
difficile de dire lequel des deux pays a imaginé le premier ces
beaux travaux ; il est certain que depuis de longs siècles ils sont
exécutés également bien des deux côtés de l'Indus. Les Indiens
exécutent des sculptures et des mosaïques plus finies que celles
des Persans ; cela tient à ce qu'on les a commandées et qu'il y a
eu des gens assez riches pour les payer. En Perse, l'argent manque ;
le pays est pauvre et les ouvriers ne cherchent à faire que des
objets qui coûtent peu, et dont ils trouvent facilement le place-
ment. Mais l'Inde est sans rivale pour des tissus lamés d'or et
d'argent, certaines broderies et enfin les célèbres châles de Kachmir
ou Cachemire. Tous ces produits inimitables révèlent une habileté
de main et une patience dont les Orientaux sont seuls capables ;
mais surtout ils indiquent la richesse du pays et le nombre des
grandes fortunes qui ont pu soutenir ces industries en payant à
des prix très élevés des objets d'un luxe aussi excessif.
ROYAUME DE SIAM. Le royaume de Siam, qui est une des
plus fertiles régions de l'Asie, est aujourd'hui en pleines relations
diplomatiques et industrielles avec la France et l'Angleterre. Ces
relations commencèrent vers l'année 1665, époque où l'aventurier
Constantin Falcon, naufragé sur les côtes de Perse et amené à
Siam par un ambassadeur siamois, étant devenu le premier mi-
nistre du roi P'ra-Naraï, obtint de ce prince qu'il enverrait des
ambassadeurs à Louis XIV.
Dans plusieurs circonstances , les produits de l'industrie de
cette contrée lointaine sont venus demander le jugement par com-
paraison avec les produits similaires des autres pays. Tout en
reconnaissant l'originalité et le luxe des produits siamois , il
n'est pas possible de leur faire une place, dans la catégorie du
progrès , assez importante pour faire exemple ; cependant, une
exception bien motivée doit être faite pour les maisons flottantes et
les habitations lacustres dont les fig. 502 et 503 représentent les
formes générales et le système d'assises. Il est incontestable que le
besoin impérieux stimule l'esprit d'invention et suggère les moyens
les plus économiques et les plus efficaces pour trouver la solution
à la difficulté .
En examinant avec attention les constructions siamoises dont il
est question, on trouve que cette vérité s'est justifiée une fois de
plus . Bangkok, la nouvelle capitale du royaume, s'élève sur les
deux bords du Mé-nam, grand fleuve fécondant, dont les crues
sont périodiques, et les rives basses et marécageuses. Les deux
rives sont très peuplées, depuis Siam, l'ancienne capitale, jusqu'à
Bangkok, et les habitations qui les garnissent sont forcément , ou
fixées au sol par des pilotis formés de pieux profondément en-
1
ORIENT (INDUSTRIES DE L'). 1293
foncés dans un terrain vaseux et peu consistant, ou flottantes sur
des radeaux obéissant aux mouvements périodiques de l'élévation
et de l'abaissement des eaux. Bangkok, dont l'origine remonte à
peine à cent années et qui compte déjà 500,000 habitants, se
divise en deux cités distinctes : la ville terrestre et la ville flot-
tante; les nombreux canaux qui la traversent lui donnent un peu
l'aspect de Venise. C'est dans ces conditions de localité qu'il fallait
établir des habitations suffisamment solides, isolées le plus pos-
sible de l'humidité et répondant aux besoins des populations
commerçantes et industrielles dont elles forment de nombreux
quartiers improvisés.
La maison flottante (fig. 502) est établie sur un radeau formé
de trois faisceaux de bois ; chacun d'eux a la même largeur que
la maison dans le sens de la façade ; ils sont distants l'un de l'autre
de la moitié de leur dimension mesurée dans le sens horizontal,
ils forment ainsi un plan sensiblement incliné vers la partie
arrière de la maison. Celle-ci y est fixée par des chevrons verti-
caux dont la partie inférieure , plongeant jusqu'au dessous des
faisceaux flottants, se relie aux lattes qui passent sous les trois
faisceaux, et dont la partie supérieure, prolongée jusqu'à la nais-
sance de la toiture, forme la carcasse de la charpente sur laquelle
sont clouées les planches de l'extérieur et celles des cloisons
internes .
Les faisceaux flottants sont formés de plusieurs troncs de bois
léger, fortement liés les uns aux autres, avec des liens solides en
écorce d'arbrisseaux .
La saison d'hiver, malgré le vent du nord qui règne alors, est
presque aussi chaude que l'été l'est en France ; c'est afin de
rendre l'existence supportable dans de pareilles conditions clima-
tériques, que les maisons habitées par des personnes qui travail-
lent à des métiers mécaniques ou à toute autre besogne fatigante ,
sont largement ouvertes sur les côtés , à la partie supérieure de
la toiture comme l'indique la fig. 502 .
Les maisons flottantes ne sont jamais à étages ; la longueur de
la façade est un peu plus grande que celle des côtés , et la hauteur
verticale du toit est sensiblement la même que celle des murailles
droites à partir du plancher appuyé sur le radeau .
Les maisons fixes , sur pilotis écartés (fig. 503) sont entièremen
en bois comme les maisons flottantes . Elles se rapprochent davan-
tage que ces dernières de la forme des chalets suisses ; elles sont
construites d'après les mêmes exigences hygiéniques que les pre-
mières : grandes ouvertures à la partie supérieure , circulation
libre de l'air dans le sens de bas en haut, forte inclinaison de la
toiture.
Le peu de consistance du sol où elles sont établies oblige à
enfoncer les pilotis à une profondeur qui n'est pas moindre de
1294 ORME.
6 mètres et à les placer très-près les uns des autres. C'est par la
carbonisation à la surface qu'on les préserve pendant un temps
assez long de la décomposition et de l'attaque d'une espèce de taret
qui vit dans les eaux du fleuve.
Le dessin d'ensemble de la fig. 503 fait ressortir la forme légère,
élégante et l'harmonie parfaite des proportions dans ces cons-
tructions d'une originalité si marquée.
Les deux spécimens que nous donnons ici de l'intelligence et du
goût des Siamois dans la construction de leurs habitations, prou-
vent tout au moins que la civilisation est avancée dans ce pays
lointain, et qu'indépendamment de la curiosité, l'intérêt commer-
cial doit y trouver des éléments .
ORIENT (GRAND-). Se dit du lieu où se réunissent tous les véné-
rables (1) des loges ou ateliers franc-maçoniques d'un rite reconnu.
Le Grand-Orient de France est situé rue Cadet.
Orme [Angl. elm ; Allem. das Rüsternholz (Arboric. ). Genre
de la famille des ulmacées. Ce genre fournit trois espèces dis-
tinctes : l'orme champêtre, l'orme de montagne et l'orme diffus.
Aucune de ces essences d'ailleurs ne constitue à elle seule de
massifs proprement dits.
ORME CHAMPÊTRE . La tige de l'orme champêtre ( ulmus cam-
pestris) acquiert avec l'âge de très fortes dimensions, tant en
hauteur qu'en grosseur, quand l'arbre se trouve én terrain favo-
rable. Son écorce, lisse dans les premières années , se crevasse de
bonne heure. Sa ramification est serrée, conique, forme une cime
puissante et produit un couvert épais.
La feuille de l'orme champêtre (fig. 504) , est ovale, acuminée,
dentée irrégulièrement, à limbe inégalement développé à la base,
rude au toucher, à insertion distique.
Les racines sont plus ou moins pivotantes suivant la perméabi-
lité du sol ; le plus souvent elles se développent obliquement et en
grand nombre.
Les fleurs paraissent avant les feuilles, le fruit qui est une
samare à aile circulaire avec échancrure dans le voisinage de la
graine, arrive à maturité vers le mois de juin, époque où géné-
ralement se fait la dissémination. La fructification est toujours
très abondante et se renouvelle tous les ans dans les mêmes con-
ditions, mais sur la quantité on ne peut guère compter qu'un
quart de graine de bonne qualité.
Cette essence est peu exigeante sous le rapport du sol. Les ter-
rains frais , toutefois, sont ceux qu'il préfére ; les terrains argi-
leux, compactes lui sont contraires .
(1) Présidents.
ORME. 1295
Le climat tempéré est celui qui convient le mieux à l'orme
champêtre; en outre il préfère les expositions du Nord ou de l'Est,
à celles du Midi ou de l'Ouest .
La densité du bois de l'orme champêtre est un peu plus faible
que celle du charme; ce bois est compacte et légèrement rouge
quand il est sec. Les zones concentriques sont peu distinctes ; les
fibres sont fortement lignifiées. Les vaisseaux sont d'inégale gros-
seur; les rayons médullaires peu apparents, court dans le sens
vertical , le bois est d'une fente difficile ; il est employé avec
Fig. 504.- Feuilles de l'orme champêtre (demi-grandeur naturelle).
avantage dans les constructions hydrauliques (1), et aux mêmes
usages que le charme ; comme chauffage il est inférieur au hêtre ;
il est très recherché cependant pour les foyers domestiques, en
raison de la combustion lente et soutenue qu'il fournit.
ORME DES MONTAGNES . L'orme des montagnes (ulmus montana)
a ses feuilles deux fois plus grandes à peu près que celles du pré-
cédent; il est de qualité inférieure à celle de l'orme champêtre,
son bois est moins dense, moins compacte, moins coloré.
Sous le rapport du climat et du sol il a peu d'exigence ; il ne
redoute pas les sols secs, et on le trouve à 1,200 mètres d'altitude
dans les Alpes.
(1) Venise repose sur un pilotage de troncs d'ormes et d'aunes.
1296 ORTHOPÉDIE.
ORME DIFFUS . Comme son nom l'indique, cette espèce d'orme
a un aspect fort irrégulier qui le distingue nettement des deux
précédentes espèces; on doit la considérer comme une essence
tout à fait inférieure, son bois léger, de coloration claire n'a
aucune valeur et n'est recherché par aucune industrie; enfin,
comme chauffage même il est très médiocre.
Ornithologie [Angl . ornithology ; Allem . Ornithology] (Hist.
nat.) . - Science qui s'occupe de l'histoire naturelle des oiseaux,
de leur anatomie et de leur classification. Il existe plusieurs classi- -
fications des oiseaux. Les plus connues sont celles de Linné, de
Cuvier, de Blainville et de Vieillot.
Orpiment ou Orpin [Angl . orpiment ; Allem. die Phylin-
blende] ( Chimie) . Substance jaune employée dans la peinture ;
c'est un oxyde sulfuré d'arsenic; il y en a deux espèces : l'une
est naturelle et l'autre artificielle. L'orpin naturel est jaune et en
écailles . L'orpin artificiel, oui est le plus commun, est un mélange
d'arsenic et de soufre qu'on fond dans des creusets , pour obtenir
le jaune ou le rouge.
Le sulfure jaune d'arsenic est employé dans plusieurs arts :
ceux de la Perse et de la Chine, les plus estimés, servent dans la
peinture ; les autres, plus communs, sont un des ingrédiens qu'on
introduit dans les cuves d'indigo, comme propres à les désoxy-
gérer. M. Braconnet a le premier fait connaître qu'il pouvait
servir comme matière colorante et susceptible d'être appliquée
sur les tissus. M. La Billardière en a fait l'application à l'impres-
sion des toiles.
Le sulfure jaune d'arsenic, mêlé à de la chaux et du savon,
sous forme de pâte, est employé commè dépilatoire : c'est un
usage anciennement pratiqué chez les Orientaux.
Une propriété remarquable du sulfure d'arsenic, est de se dis-
soudre aisément dans les alcalis, la potasse, la soude, et surtout
l'ammoniaque. Il paraîtrait, d'après M. Berzélius , que dans ce
cas le sulfure d'arsenie joue le rôle d'un acide.
Orthopédie [Angl. orthopaedia; Allem . Orthopedie] ( Chirur-
gie). Art de redresser et de faire disparaître, par des moyens
mécaniques , les principales difformités du corps humain.
Ces difformités peuvent affecter toutes les parties du corps ;
mais elles ne sont pas toutes susceptibles d'être corrigées par les
moyens mécaniques ; elles rentrent alors dans le domaine de la
médecine proprement dite. Les autres peuvent se rapporter à
deux grands genres : les difformités du tronc et celles des mem-
bres, surtout des membres inférieurs .
OS. 1297
Os [Angl. bone; [Allem. das Bein] ( Conn. gén.). Les os,
comme personne ne l'ignore, sont la charpente ou le squelette de
tous les animaux. Nous ne les considérerons ici que sous le rapport
de leur emploi comme substances alimentaires, et de leur utilité
dans les arts industriels et dans l'agriculture.
La partie dure des os de l'homme et des animaux de boucherie
est principalement formée de deux substances : l'une organique,
l'osséine, qui a la propriété de se convertir en gélatine par l'action
prolongée de l'eau bouillante ; l'autre minérale, la terre osseuse
ou cendre d'os , composée en presque totalité des sels de chaux,
principalement à l'état de phosphates.
L'osséine's'isole aisément des substances minérales qui l'incrus
tent, après une dizaine de jours d'immersion des os dans de l'acide 1
chlorhydrique, affaibli par son mélange avec neuf ou dix fois son
volume d'eau. Cet acide est vulgairement désigné sous le nom
d'esprit de sel, parce qu'il résulte de l'action de l'acide sulfurique
ou huile de vitriol sur le sel marin.
Lorsqu'on se propose d'appliquer l'osséine à l'alimentation, il
faut l'extraire exclusivement des os dont le dégraissage est facile,
c'est- à-dire des os compactes , car les traces de graisse que con-
servent les os spongieux lui communiqueraient une saveur répu-
gnantė . On la lave ensuite dans des eaux alcalines, puis à grande
eau pour la dépouiller de toute trace d'acide .
La matière grasse des os est utilisée avec avantage dans la
fabrication des savons .
Le charbon d'os ou noir animal du commerce qui sert au raffi-
nage du sucre, à la décoloration des liquides végétaux, et à beau-
coup d'autres usages, s'obtient par la distillation sèche des os en
vase clos. (Voir Noir animal.)
La cendre d'os est employée à la confection des coupelles po-
reuses en usage pour les essais d'or et d'argent. On se sert aussi
de cette cendre pour donner au verre l'apparence de l'opale. Mais
la plus importante de ses applications est certainement la prépa-
ration du phosphore. Cette cendre est, en effet, surtout très riche
en sous-phosphate ou phosphate tribasique de chaux. Ce sel, au-
quel les os doivent deux de leurs applications les plus importantes :
l'amendement des terres pauvres en phosphates et la préparation
du phosphore, forme en moyenne les 84 centièmes du poids de la
cendre d'os . D'un calcul très simple, on déduit que 100 kilogr.
de cendre d'os renferment 16 à 17 kilogr. de phosphore.
Sous le rapport des arts industriels, les os sont encore employés,
en nature, par les tourneurs, les tabletiers, les couteliers, etc., qui
en ornent leurs divers ouvrages.
Pour employer les os comme engrais, il faut les broyer avec
soin, en former des tas, et laisser développer un commencement
de fermentation . Du moment que l'odeur devient pénétrante, on
1298 OSERAIE .
démonte le tas, et l'on répand cette matière sur le terrain pour
l'enfouir de suite. On peut la jeter sur la semence et l'enterrer
avec elle. Lorsqu'on sème graine à graine, et par sillon, il est
avantageux de placer, dans le sillon, les os broyés.
Les débris des cornes produisent, comme engrais, le même
effet que les os. Ces engrais ne produisent entièrement leurs effets
qu'au bout d'un an ; aussi , lorsqu'on a fumé un champ avec des
cornes ou des os, on peut rester trois ou quatre ans sans le fumer
de nouveau .
Oscillation [Angl . oscillation ; Allem. die Schwingung) ( Conn.
gén.) . On appelle ainsi, en physique, le mouvement d'un corps
pesant suspendu à l'extrémité d'un fil, tandis que l'autre extrémité
est attachée à un point fixe. Si on met cet appareil qu'on nomme
pendule dans une position inclinée, il arrivera jusqu'au point le
plus bas, et remontera de l'autre côté de la verticale en décrivant
un arc de cercle. Ce mouvement tout entier se nomme oscillation ,
et chaque moitié du mouvement de l'un et l'autre côté de la ver-
ticale demi-oscillation. L'amplitude de l'oscillation est l'étendue
de l'arc parcouru par le pendule, et sa durée l'espace de temps
mis à le parcourir. Les oscillations sont isochrones , et leurs durées
sont entre elles comme les racines carrées des longueurs du pendule.
Oseraie [Angl. osier-ground; Allem. die Weidenpflanzung].
- Terrain consacré à la culture de l'osier faite en vue de la spé-
culation. L'oseraie diffère du salicetum en ce qu'elle ne contient
que les espèces de saules convenables pour l'industrie des van-
niers, tandis que le salicetum est une sorte d'école où on les cul-
tive en plus ou moins grand nombre en vue de les étudier .
La production de l'osier, comme matière première de la van-
nerie, est importante , non-seulement par le résultat financier
qu'elle donne ; mais encore par l'avantage de procurer du travail
aux habitants des campagnes, lorsque la plupart des autres occu-
pations chôment, et à leur ôter ainsi le principal motif de la
préférence qu'ils donnent au séjour des villes et des centres indus-
triels. L'agriculture a, par suite, un double motif de ne pas
négliger cette branche de revenu et à lui vouer tous ses soins, là
où elle peut être appliquée.
La création d'oseraies est très souvent précédée de travaux
préparatoires indispensables, notamment de l'assainissement du
sol , de son amélioration, etc.
L'osier aime l'humidité dans le sol, mais celle-ci ne doit pas
être stagnante ; il supporte également les inondations du moment
que l'eau se renouvelle et ne recouvre pas trop longtemps , sans
interruption, la surface plantée. Il y a même plus, une irrigation
temporaire est utile au saule et active sa croissance. Si , dans les
1
OSERAIE. 1299
circonstances ordinaires , l'éloignement des eaux nuisibles à la
végétation demande une étude approfondie du terrain et des exi-
gences de la plante à cultiver, cela devient par suite, dans l'espèce,
d'autant plus nécessaire que de son hygroscopicité dépend en
grande partie le succès de la plantation.
Les façons que l'on fait subir au terrain, avant de le cultiver,
ont pour but de mettre l'osier dans les conditions les plus favo-
rables possibles par son enracinement et sa croissance, comme
aussi de prévenir l'envahissement des mauvaises herbes qu'il
craint, en même temps qu'elles lui enlèvent une partie de la
nourriture dont il a besoin.
Le succès de toute plantation présuppose des sujets sains, répon-
dant au but qu'on se propose d'atteindre. Le choix en a lieu non-
seulement sous le rapport de l'espèce à planter, mais encore sous
celui du plant considéré pour lui-même.
Le plant-bouture doit avoir le bois sain, l'écorce lisse, ni tachée
ni ridée. Il doit être coupé très net, en biseau, et pris sur des
rejets d'au moins une année d'âge. Outre que ceux-ci sont moins
Fig. 505. Bouture préparée pour être mise en terre.
rares, ils s'enracinent avec plus de facilité ; mais les pousses qu'ils
donnent ne sont pas aussi vigoureuses que celles provenant de
bois plus âgé . C'est pourquoi on donne la préférence aux boutures
faites de bois de 2, 3 ou 4 ans. L'expérience a toutefois fait con-
naître que les boutures de 2 ans, avec un talon de bois de l'année
précédente, sont toujours à préférer.
La forme et la taille des boutures dépend du mode de culture
adopté, et du plus ou moins de profondeur de la couche du sol
ameubli. D'ordinaire on leur donne de 0m, 30 à 0m, 45 de longueur,
et on en retranche la tête au-dessus d'un œil.
La coupe des boutures se fait à partir de la chute des feuilles,
en automne, et peut être continuée jusqu'au printemps . Toute-
fois, l'époque la plus favorable reste toujours l'automne, lorsqu'on
peut les conserver sous terre, en jauge, à l'abri de la gelée-
Dans tous les cas, et quelle que soit l'époque de la taille des bou-
tures, on devra les empêcher de pousser avant la plantation, en
les abritant dans un lieu humide et frais .
Le bois destiné à faire des boutures doit être conservé dans
toute sa longueur. Quelque temps avant son emploi, on le tron-
çonne à l'aide d'une serpette de jardinier bien affilée et on raf-
fraîchit la plaie inférieure ( fig. 505). Cette manière d'opérer est
la règle générale.
1300 OSERAIE .
L'espacement à donner aux plants et boutures dépend de la
conformation du sol, et de la méthode suivie pour son assainisse-
ment . Il se fixe de plus d'après la qualité des produits que l'on
veut retirer des oseraies. C'est ainsi que, s'il s'agit d'obtenir de la
matière première pour la vannerie fine, on plante plus serré que
- lorsqu'on se propose de produire des rejets propres à la grosse
vannerie . On espacera encore davantage lorsqu'il y aura lieu
d'élever des perchis pour cercles, pour charpentes de paniers, de
cerches de cribles, etc., toujours d'après le principe que, plus les
plants sont serrés , mieux ils filent et restent droits , et moins ils
donnent des rejets latéraux, et vice versa.
Exécution des plantations . Il existe divers procédés pour la
mise en terre des boutures de
saule , suivant qu'on les plante
à l'état isolé, ou en touffes , ou
qu'on les met en place sur un
labour en plein, en ligne, par
bande, en nid, etc.
La plantation isolée ou d'une
seule bouture sur une même
place est la plus usitée . Elle a
lieu de différentes manières , ayant
cela de commun que la bouture
n'est pas fichée perpendiculaire-
ment en terre, mais bien obli-
quement, à un angle de 30 à 45
degrés . La partie supérieure est
hors de terre, de telle sorte que
deux bourgeons restent seuls vi-
sibles . C'est le cas de faire usage
du bois bouturé comme nous l'a-
vons dit plus haut.
Fig. 506. Fig. 507.
Dans les terrains meubles, on
Plantoir Plantoir Koltz avec la a l'habitude de ficher ces bou-
ordinaire. bouture préparée. tures par la seule force du poi-
gnet ou du pied. L'écorce de la
partie inférieure est dans ce cas le plus souvent lésée ou détachée
du bois et l'avenir du plant compromis. C'est pourquoi il y a
utilité de préparer à l'avance un trou avec l'aide d'un plantoir
(fig. 506) et d'y mettre immédiatement la bouture. On referme le
trou et on raffermit la terre autour de celle-ci , soit à l'aide du
plantoir, soit avec le pied. M. Koltz simplifié l'opération en
faisant construire un plantoir spécial (fig . 507) , ayant la forme
et les dimensions d'un foret de charpentier. La bouture placée
dans la rainure entre en terre en même temps que le plantoir,
qui est ensuite retiré du trou par un simple mouvement de côté.
OSERAIE. 1301
Dans les terrains n'ayant reçu aucune façon préparatoire, on
plante dans des trous faits à la bêche ou à la houe.
La plantation par touffe nécessite l'usage de deux ou plusieurs
boutures sur un espace restreint. Elle s'exécute de plusieurs ma-
nières . C'est ainsi que pour la fixation des digues, des rives , des
revers de fossé on plante deux boutures de travers en croix
(fig. 508) formant berceau. Elles doivent dans cette position sou-
tenir le sol et le fixer plus énergiquement.
Les plantations , quelle que soit la méthode suivie pour les exé-
cuter, doivent être l'ob-
jetd'une sollicitude cons-
tante et de soins soute-
nus . Outre les soins de
propreté , on procédera
au regarnissage des par-
ties malvenantes ou
manquées , au curage
des fossés , etc.
L'espace de temps laissé
entre les récoltes dépend
tout naturellement du
parti qu'il s'agit de reti- Boutures croisées .
rer des produits. Pour
Fig. 508.
la vannerie il faut ordi-
nairement une année, parce que les produits de cet âge donnent
l'osier le plus flexible et le plus maniable.
Lorsqu'il s'agit de fournir à la consommation des cercles de
tonneaux, et autre matière première similaire, cette révolution
sera de trois à quatre années. Les bran-
ches provenant de ces perches pourront
être employées dans la vannerie ou
comme liens , et les autres déchets dans la
confection des fascines .
L'exploitation ou la récolte se fait à
l'aide de serpettes ou de serpes à manche
coudé (fig. 509) bien tranchantes . L'aba- Fig. 509.
tage des produits exige une grande at- Serpe à manche coudé.
tention et doit être exécuté de telle sorte,
qu'il assure de bons et vigoureux rejets, tout en conservant la
force productrice des souches.
L'exploitation à l'automne est choisie là où la crue des eaux
ne permet pas d'y songer au printemps.
L'exploitation au printemps doit être terminée en février. En
général , on admet que les osiers coupés du 15 novembre au
15 février sont les plus forts, les plus flexibles et sont de meilleure
conservation que ceux coupés à d'autres époques.
IV VOLUME . 35
1302 OSERAIE .
Préparations de l'osier. -
L'osier coupé est laissé en javeles
sur le parterre de l'exploitation et y séjourne pendant huit jours
et plus suivant la température. Il est ensuite réuni en bottes gros-
sières pour être transporté à dos d'homme à proximité des che-
mins. On évitera ainsi le tassage par piétinement du sol par les
bêtes de charge et les dégâts qu'elles pourraient occasionner.
Rentrés à l'atelier , ces osiers sont effeuillés et nettoyés, afin d'en
éloigner toute cause de fermentation. Ces travaux sont prépara-
toires au classement par qualité et longueur des produits de l'exploi-
tation . L'osier est avant tout assorti suivant sa taille à l'aide du
procédé suivant :
Un tonneau enterré jusqu'à la bonde est rempli de saules coupés ,
de manière à ce que leur pied touche le fond. L'ouvrier extrait
H.G
Fig. 510. Chevalet Moitrier pour le hottelage de l'osier.
alors à la main les rameaux de même grandeur et les met, sui-
vant l'usage local, en bottes de 1 mètre de circonférence le gros
bout du même côté . Le bottelage se fait sous le pied, ou au
chevalet (fig. 510). Dans l'un comme dans l'autre cas, l'ouvrier
prépare les liens de manière à pouvoir être serrés en nœud coulant ;
après avoir déterminé sur celui du pied la longueur correspondante
au diamètre de la botte, il les couche soit à terre, soit sur le che-
valet, y place l'osier aussi régulièrement que faire se peut et le
lie comme un fagot, en passant l'extrémité de la hart dans la
lumière ménagée à l'autre extrémité, tout en comprimant le plus
possible losier placé dans la botte. Le pied de celle-ci est égalisé
au maillet.
L'osier est employé avec son écorce et non fendu pour la van-
nerie commune ; écorcé, pelé ou blanchi, pour la vannerie ordi-
naire, fine ou de luxe et fendu pour l'usage de la tonnellerie.
L'osier pelé ou blanchi est lié, bottelé comme nous venons de le
dire, après qu'il a subi l'écorçage. Cette opération commence vers
OUATE. 1303
la mi-avril, alors que les rameaux, conservés le pied dans l'eau,
émettent des bourgeons, et est d'ordinaire faite par des femmes
et des enfants .
Le pelage a lieu au couteau ou au peloir (fig. 511). Celui-ci se
compose d'un piquet en bois dur, de 0m,10 de
circonférence fixé dans le sol à gauche du peleur.
Sa partie supérieure est fendue en quatre quar-
tiers , dont les deux opposés sont enlevés et dont
les deux restants présentent dans l'axe du bâton
deux arêtes vives et tranchantes .
L'ouvrier prend un osier par le milieu , il y
engage dans la fente du peloir une certaine lon-
gueur du gros bout , en serrant légèrement ce
peloir de la main gauche et en tirant à lui de gau-
che à droite de manière que l'écorce se fende. Il
reprend ensuite l'osier par le petit bout et enlève
dans le peloir, l'écorce qui se détache jusqu'à la
cime du jet. Ce travail n'est nullement fatigant et
est très expéditif.
L'osier pelé est ensuite séché au soleil le plus
promptement possible, car c'est de cette promp-
titude que dépend son plus ou moins de blancheur. [Link]
511.-Peloir
l'osier.
Après avoir été laissé en tas pendant quelques
temps , il est bottelé et conservé dans un endroit sec à l'abri de
l'humidité . Placé dans ces conditions , il se conserve sans danger
pendant cinq à six années et attend les acheteurs. (Voir aussi
le mot Saule, t. II, p. 1341) .
Osier [Angl. ozier ; Allem. die Bandweide] (Agric.) . Voir
Oseraie.
Ossature [Angl . carcas ; Allem . das Gerippe] (Archit.) .
Carcasse d'une construction, les arcs doubleaux, les fermerets et
les croisées d'ogives, formant l'ossature d'une voûte.
Ostéologie [ Angl. ostéology ; Allem. Osteologie] ( Hist. nat.) .
Partie de la science anatomique qui traite de la composition et
de la formation des os .
Ouate [Angl. pading ; Allem. die Watte] ( Technologie) . On
avait donné ce nom aux produits d'une plante originaire de Syrie,
d'Égypte et de l'Asie - Mineure, que l'on appelle communément
apocyn, et que les botanistes désignent sous le nom d'Asclepias Sy-
riaca. Les houppes soyeuses que renferment les gousses de cette
plante sont d'une finesse extrême, et leur éclat est d'un brillant
éblouissant. On les emploie, dans les pays où elle est cultivée ,
non-seulement à faire de bons lits, des coussins bien mous pour les
1304 OUATE.
sofas et les lits de repos, mais encore à ouater les habits ; ce qui
fait donner à cette plante le nom de plante à ouate.
Lorsque le coton fut devenu commun en Europe, on chercha
le moyen de substituer cette sorte de lainage à fabriquer artifi-
ciellement des ouates qui pussent remplacer les ouates naturelles
de l'Asclepias Syriaca. Ce nouveau genre d'industrie donna, dans
son origine, comme tous les autres, des produits grossiers qui se
sont perfectionnés à un tel point, qu'il serait difficile de penser
qu'il pût acquérir de nouveaux perfectionnements.
Préparation du coton. Anciennement, sur une claie d'osier,
l'ouvrier battait d'abord, avec deux baguettes le coton, ce qui
commence à l'ouvrir ; il s'aidait aussi des mains pour ouvrir et
séparer les mèches de coton, lorsque celles-ci ne s'ouvraient pas
facilement par la percussion des baguettes. C'est là un procédé
primitif que suivent encore quelques fabricants de ouate; mais on
a notablement perfectionné cette opération. Au lieu d'une claie
d'osier, on en emploie une en fil de fer, qui offre plus de solidité,
dont les parties sont plus minces, ne présentent aucune aspérité
qui puisse accrocher le coton , et laisse plus d'espace pour faire
échapper, au-dessous, les ordures. C'est sur cette claie que l'ou-
vrière, assise, fait la première opération, qu'on nomme épluchage ;
elle ouvre à la main et bat le coton.
Deuxième opération. On porte le coton ainsi préparé à un
moulin de battage qui consiste en un cylindre creux fixé sur un
bâti, dans l'intérieur duquel se meut un moulinet en croix qui
tourne avec une grande vitesse, à l'aide d'une grande roue de
coutelier mise en mouvement par un ouvrier, et qui communique
son action à la poulie fixée à l'arbre du moulinet par une corde
sans fin : là le coton achève de s'ouvrir parfaitement en se dé-
pouillant de toutes les ordures qu'il peut contenir, et qui passent
au travers de la claie dont la circonférence du cylindre est
formée. Alors le coton est prêt à être cardé.
Troisième opération. - Premier cardage. Le coton, disposé
comme nous venons de l'indiquer, est éparpillé sur la table de
la machine à carder, d'où il sort en nappe. Ce premier cardage
suffit à tous les fabricants de ouate ; cependant quelques fabri-
cants ne le trouvant pas suffisant, ont recours à un second car-
dage.
Quatriéme opération. - L'ouvrier étend une pièce sur la claie ;
il la borde, c'est-à-dire qu'à l'aide de ses deux mains ouvertes,
placées verticalement l'une devant l'autre, et en frappant légère-
ment l'une contre l'autre, il carre parfaitement la pièce. Il pose
ensuite dessus un coussin formé d'une planche plus grande que la
dimension de la pièce, recouverte d'une peau de mouton ou mieux
de veau, tannée et rembourrée de crin. Avec cet outil il appuie
sur la pièce en imprimant au coussin un petit mouvement de
OUATE. 1305
vibration en avant, en arrière, à droite et à gauche, ce qui donne
au coton une sorte de feutrage. Cette manipulation, qu'il répète
plusieurs fois de suite, et qu'on désigne sous le nom de marcher,
donne à la pièce l'apparence d'une sorte d'étoffe d'une égale
épaisseur dans toute son étendue, lorsqu'on la tient en l'air entre
l'œil et la lumière. Alors il plie la pièce en trois ou quatre plis
dans un sens ; il la plie ensuite par le milieu, les entasse l'une
sur l'autre, et les soumet toutes à l'action d'un poids qu'il place
sur une planche qui les comprime. Vers la fin de sa journée, il
les soumet toutes à l'action d'une bonne presse, où elles restent
comprimées jusqu'au lendemain.
Cinquième opération. Collage. - Les pièces qui doivent être
collées, car toutes les ouates ne le sont pas, sont portées à l'atelier
du colleur.
L'ouvrier prend un moule, qu'il tient dans la position verticale ;
il applique sur une de ses faces, et dans la partie supérieure,
une des pièces de coton préparées par la quatrième opération, et
de suite il en applique une seconde sur l'autre face ; il rapproche
les deux extrémités à droite et à gauche , ainsi qu'au bout supé-
rieur; il les fait même chevaucher l'une sur l'autre, et les fixe
en appuyant la main dessus. On voit qu'il a formé une espèce de
sac qu'il ne s'agit plus que de coller, afin de lui donner toute la
solidité nécessaire.
Pour cela, après avoir placé le baquet à la colle ou gommoir
sur le support d'une grande table de sapin, inclinée d'environ
45 degrés, l'ouvrier pose le moule garni d'ouate, ainsi que nous
venons de l'indiquer, sur cette même planche, de manière que la
partie supérieure repose contre le baquet, et la partie inférieure
sur la rigole pratiquée au bas de cette grande planche. Alors, à
l'aide d'une brosse de 30 centimètres de long, et dont les poils de
sanglier ont 16 centimètres de long, et sont par conséquent très
flexibles , il prend de la colle, et d'un seul coup il passe prompte-
ment cette colle sur toute la moitié de la largeur de la ouate ; il
trempe de nouveau la brosse dans la colle, et d'un seul coup il
couvre de cette colle, et de la même manière, l'autre moitié de la
largeur de cette pièce. Dans ces deux opérations , il a soin que la
colle prenne aussi sur l'épaisseur du sac, tant à son extrémité
supérieure que sur les côtés. Il retourne la planche, et opère sur
cette face de la même manière qu'il a opéré sur la première.
Le collage terminé, il enlève la planche avec la ouate, et la met
sécher en la plaçant verticalement entre deux chevilles de bois.
Il ne s'agit plus que de les faire entièrement sécher.
Sixième opération . Le séchage exige des précautions. Il faut
de temps en temps ouvrir les croisées , afin d'établir un courant
d'air qui puisse entraîner l'humidité de celui qui règne dans
1306 QUATER .
l'atelier; hum dité dont il s'est saturé en enlévant celle de la colle.
La pratique rend bientôt maître dans cette partie.
Septième opération . Lorsque la dessiccation est complète,
on enlève les ouates de dessus les moules , il ne reste qu'à leur
donner le dernier apprêt. Si l'on a bien suivi toutes les opérations,
on se rappellera que par la quatrième on s'est attaché à aplatir le
coton de manière qu'il ne présentât que la plus petite épaisseur
possible, et si on le laissait dans cette position, il ne remplirait
pas le but qu'on se propose, d'offrir une surface laineuse, imitant
une peau de mouton couverte de sa laine ; il faut donc rendre au
coton son élasticité naturelle, ce qui se fait sans peine par un
degré de chaleur convenable.
Ouater [ Angl. to furnish with wadding; Allem. Wattiren]
(Généralités) . Opération par laquelle on adapte la ouate aux
pelisses, manteaux ou autres vêtements d'hiver, etc. , dans le but de
les rendre plus moelleux et plus chauds. Cette opération, quoique
I
S
K B B
t
A. A
m
K
Fig. 512. - Appareil à fixer le tissu.
courante, est assez longue à exécuter à la main, car la ouate doit
être maintenue par un point coulissé tous les 2 à 6 centimètres
carrés environ. Ce travail s'effectue parfaitement et rapidement à
la mécanique. Nous allons décrire une machine spéciale que nous
trouvons bien conditionnée pour ce genre de travail.
Cette machine est destinée spécialement pour coudre au point
de chaînette à deux fils les couvertures , les robes de chambre, les
doublures de vêtements, et fabrique des ouatages en pièces que
vendent en détail les magasins de nouveauté. On peut faire usage
en même temps d'un assez grand nombre d'aiguilles qui donnent
OUATER . 1307
des coutures parallèles à des distances variables de 1, 2, 3, 4, 5
centimètres ou plus à volonté ; on peut également faire des carrés
ou des losanges de toutes dimensions. Sa vitesse est celle des
a
-900-
S
D
achine
2
2
Muater
-
o.à
b
11
-280-
n
a
oho
b
V
f
-740
n
513
.Fig
K
057 * -06-
autres machines, desquelles elle ne diffère sensiblement qu'en ce
qui concerne l'entraînement, que montrent spécialement les figures
512 et 513 .
La fig. 513 est une coupe transversale du chariot porte-tissu,
dans laquelle on distinguera en a le col de cygne terminé par
1308 QUATER .
une tête creuse ; c, l'arbre moteur, porte à son extrémité un pla-
teau à rainure h conduisant le porte-aiguille b à une petite came i
commandant la levée du pied de biche ; à son autre extrémité
sont deux cames donnant le mouvement aux arbres inférieurs e
pour l'avancement du chariot, et d portant les crochets ; ce der-
nier est doué d'un mouvement circulaire alternatif et d'un mouve-
ment rectiligne alternatif dans le sens de son axe ; u montre les
guide-fils et V les étoiles de tension des fils du haut en bas.
La tige porte-aiguille f est terminée à sa partie inférieure par
une barre horizontale gg à laquelle s'assemblent les têtes des
aiguilles; elle est maintenue par deux guides xx qui coulissent
dans les douilles yy. La tige du pied de biche placée derrière la
tête est faite et fonctionne de la même manière ; sa barre
horizontale portant sur le tissu est découpée en une quantité
d'autant de pieds de biche qu'il y a d'aiguilles, et leur corres-
pond ; enfin , l'arbre d porte également autant de crochets qu'il y a
d'aiguilles et qui sont mis en rapport de telle sorte que, si l'on
fait fonctionner la machine, on aura autant de lignes de couture
qu'il y a d'aiguilles, soit dix , vingt ou trente. Il n'est pas néces-
saire d'insister sur les organes servant à la couture ; nous voulons
montrer plus spécialement l'appareil d'entraînement combiné pour
la confection des grandes pièces, telles que les couvertures, les
doublures de vêtements, le ouatage en pièces, etc. Le châssis est
composé de quatre cornières qq assemblées, formant un rectangle
plus ou moins grand et correspondant aux dimensions de la
machine ; puis, sous chacune des deux cornières des plus grands
côtés, se trouve une crémaillère, et , à l'intérieur du châssis , sont
placés sur une même ligne un certain nombre de galets ruobiles à
gorge triangulaire qui roulent sur une contre-partie de même
forme fixée comme une tringle sur les bords du bâti de la
machine. Le mouvement d'avancement de ce châssis, faisant fonc-
tion d'entraîneur, est donné aux crémaillères par deux pignons
PP calés sur l'arbre e, qui est commandé par une roue d'entraî-
nement, d'un système nouveau et spécial, combiné par M. Hurtu
et placée à la droite de la machine ; l'arbre e est muni d'un
débrayage afin que, lorsque le châssis se trouve à une extrémité
de la machine, on puisse en le poussant le conduire à l'autre
extrémité .
Il nous reste à expliquer comment le tissu se place et se fixe
au châssis mobile. On remarque sur les figures 512 et 513 deux
rouleaux creux A parallèles aux longs côtés du châssis et montés
à leurs extrémités sur la pointe d'une vis, fortement tenue aux
cornières des petits côtés ; ces deux rouleaux sont garnis de feutre
ou de lisière et reçoivent le tissu à piquer K que l'on détire bien ;
pour éviter les plis, sur les deux extrémités de ce rouleau sont
un rochet m et une poignée F sur laquelle est installée une équerre
OXYDATION. 1309
E articulée en o et portant un second tube aussi long que le
précédent ; sur son axe est un rochet ret une griffe ; le tube A
est muni de petites pointes destinées à maintenir solidement le
tissu K. Si l'on abaisse le bras E, le tube A appuiera fortement
sur celui A et sera maintenu dans cette position par le cliquet S
du rochet r ; lorsque les choses sont en cet état des deux côtés,
il reste à donner au tissu une tension convenable. Pour cela, on
inclinera vers l'extérieur de la machine le bras F qui fait tourner
le cylindre A jusqu'à ce que l'étoffe soit tendue comme on le
veut; le cliquet tet la roue à rochet maintiendront cette disposi-
tion jusqu'à ce qu'on ait à la changer pour déplacer le tissu.
Ouiller [Angl. to fill up ; Allem. nachfüllen] ( Conn. gén .). –
Ajouter une boisson de même origine à celle qui a diminué dans
les tonneaux par l'évaporation et l'extravasement de l'écume lors
de la fermentation. Un bon vigneron doit ouiller chaque matin
ses tonneaux jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus d'écume. Il y a des
pays où l'on ouille tous les jours pendant le premier mois .
Ouragan [Angl. hurricaue ; Allem . Sturmwind) (Conn . gén.) .
Vent furieux, le plus souvent accompagné de pluie, d'éclairs ,
de tonnerre, quelquefois de tremblements de terre, déracinant les
arbres , renversant les édifices et bouleversant la nature. Plusieurs
ouragans ont parcouru 4 à 500 lieues de terrain avec la même
intensité . Leur vitesse ordinaire est de 20 lieues à l'heure . Aux
Antilles, ils ne se font sentir que du 15 juillet au 15 octobre. Leur
cause n'est pas bien connue.
Ovipare [Angl. oviparous; Allem. Oviparismus] (Zoologie) .
On donne ce nom à tous les animaux qui pondent des œufs , sans
qu'ils aient été préalablement développés dans leur sein. De ce
nombre sont des oiseaux, les reptiles, les poissons, à l'exception
d'un seul (la blennie vivipare) . Presque tous les mollusques , les
insectes , etc. , sont ovipares .
Oxydation [Angl. oxydation ; Allem. die Oxydirung] ( Techn. ) .
-
Action par laquelle l'oxygène, en se combinant avec un corps,
produit un composé connu sous le nom d'oxyde. La combinaison
de l'oxygène avec le fer et le cuivre, par exemple, produit une
espèce d'efflorescence à la surface de ces corps, et elle a reçu le
nom de rouille pour le fer, de vert-de-gris pour le cuivre . On a
recours , pour s'opposer à l'oxydation en général : 1° aux pro-
priétés électriques des corps simples en contact ; 2° à la propriété
galvanique du fer ; 3º à l'immersion des métaux dans des solutés
alcalins. Le dernier de ces moyens est dû au chimiste Payen.
L'oxydation a aussi reçu le nom d'oxygénation .
1310 OZONE.
Oxymels [Angl. oximel; Allem. Oximel) (Pharm.). - Miels
composés, dans lesquels un vinaigre médicinal sert à dissoudre
le miel .
OXYMEL COLCHIQUE . 15 à 30 grammes dans une tisane, une
potion ou dans du sirop .
OXYMEL SCILLITIQUE. 8 à 30 grammes, comme excitant de la
muqueuse bronchique, dans le catarrhe, l'asthme suffocant,
comme diurétique aussi.
Ozone [Angl. ozone; Allem. das Ozon] (Phys . ) . - L'ozone
est une modification de l'oxygène opérée par l'électricité. Ce qui
confirme cette manière de voir, c'est que l'ozone agit chimiquement
comme l'oxygène, mais beaucoup plus activement. De plus , sous
l'influence de la chaleur, l'ozone revient à l'état d'oxygène ; la
lumière agit de même. L'ozone oxyde l'argent à froid ; il décom-
pose l'iodure de potassium, déplace l'iode qui peut bleuir l'amidon.
C'est sur cette propriété qu'est fondé l'emploi du papier ozonomé-
trique, recouvert d'iodure de potassium et d'amidon; s'il se colore
en bleu, on peut supposer la présence de l'ozone. On peut aussi se
servir d'un papier de tournesol rouge, recouvert d'iodure de
potassium . L'ozone décompose ce sel ; il se forme de la potasse
qui bleuit le tournesol.
L'ozone agit sur les corps organiques ; il peut même se com-
biner à froid avec l'azote pour former de l'acide nitrique, ce que
ne fait pas l'oxygène ordinaire.
Dans une conférence faite par M. Fremy, il y a quelques années,
nous voyons que l'oxygène doit s'ozoniser dans toutes les circons-
tances où l'électricité se dégage et dans tous les milieux où l'air
peut arriver . Or, l'électricité se produit dans une foule de circons-
tances, et les actions chimiques développent toujours de l'électri-
cité . Par conséquent, lorsque les métaux s'oxydent, quand les
roches se décomposent à la suite de la suroxydation du fer et du
manganèse qui s'y trouvent, lorsque les pyrites se sulfatisent,
lorsque les matières végétales brûlent lentement , et même dans
les phénomènes d'organisation, l'ozone peut prendre naissance.
La découverte de l'ozone est venue démontrer que, à côté de
l'oxygène ordinaire, qui est principalement l'agent des combus-
tions vives, il en existe un autre qui est l'ozone, qu'on peut ap-
peler l'oxygène des combustions lentes , et dont l'action oxydante
s'exerce sans intermédiaire existant .
La question de l'ozonométrie atmosphérique, qui intéresse par-
ticulièrement la météorologie , la climatalogie et l'hygiène pu-
blique, a été abordée par M. Fremy.
L'ozone existe-t-il dans l'air ? Peut-on constater sa présence ?
Est-il possible d'en déterminer la proportion ? L'ozone a-t- il
OZONE. 1311
quelque importance au point de vue de l'hygiène ? Peut-il exercer
une influence sur la santé ? Sans vouloir résoudre toutes ces
questions , l'éminent chimiste s'est borné à donner quelques consi-
1
dérations générales .
Lorsqu'on sait que l'air est constamment traversé par des dé-
charges électriques, il est difficile de ne pas admettre la formation
de l'ozone dans notre atmosphère. Mais ce corps peut-il y rester ?
A-t-on jusqu'à présent constaté nettement son existence dans l'air?
Ces questions laissent encore le plus grand doute dans l'esprit de
M. Fremy.
En effet, dit-il, les décharges électriques qui , dans l'air, trans-
formeraient l'oxygène en ozone, doivent nécessairement opérer
aussi la combinaison de l'oxygène avec l'azote et produire de
l'acide nitrique, que l'on retrouve du reste toujours dans les pluies
d'orage. En outre, les circonstances qui produisent l'ozone sont
aussi celles qui engendrent souvent l'eau oxygénée ; or, ce corps
agit sur les réactifs ozonométriques comme l'ozone lui-même.
Dans de pareilles recherches, il faut donc être sur ses gardes,
pour ne pas s'exposer à confondre l'ozone avec tout autre corps
que l'électricité peut engendrer ..... Ce n'est pas en vain, que
nous laissons des engrais de toute espèce se décomposer à la sur-
face de la terre, et que nous noircissons le sol de nos villes par
du gaz quelquefois mal épuré. Il se dégage de ce sol souvent
empesté, dés matières organiques peu connues, qui se mettent en
suspension dans l'air ; qui peuvent devenir des poisons véritables,
et être la cause de nos maladies contagieuses. S'il existait dans
l'air, un corps assez oxydant pour détruire les organismes véné-
neux qui s'y trouvent, et si nous pouvions favoriser sa formation ,
le remède serait à côté du poison. Les localités que les épidémies
épargnent, sont peut-être celles que ce principe mystérieux purifie
constamment. Les questions les plus graves se rattachent donc à
l'étude de l'ozone .
Si l'ozone était produit en quantité suffisante, l'action de cet
agent sur les exhalaisons serait donc une oxydation destructive,
qui empêcherait leur influence pernicieuse. Nous citerons ici, deux
expériences décisives, à notre avis, qui ont été faites pour appré-
cier l'influence de l'ozone sur les substances animales. A l'époque
des plus grandes chaleurs de l'été, on a pris de la viande fraîche
de bœuf, et on l'a mise dans un flacon bouché à l'émeri contenant
de l'air ; une égale quantité de la même viande a été introduite
dans un flacon semblable renfermant de l'air ozoné, dans la pro-
portion de 5 milligrammes par litre de gaz. La contenance de
chaque flacon était de 200 centimètres cubes, et le poids de la
viande dans chacun d'eux était de 50 grammes . Les deux vases
furent placés dans une cave, à 15 degrés environ de température.
Au bout de cinq jours, la viande dans le flacon d'air était en
1312 PAILLIS .
pleine putréfaction. Dans le flacon d'air ozoné, la viande n'était
aucunement altérée ; sa couleur était rose et sa fraîcheur irrépro-
chable. Le dixième jour, ce flacon fut ouvert ; la viande n'avait
contracté aucune mauvaise odeur. Quoique le flacon eût été rebou-
ché rapidement, le lendemain la putréfaction était manifeste.
Une expérience analogue a été faite sur du lait, en opérant avec
de l'oxygène. Au bout de huit jours, le lait renfermé dans le flacon
d'oxygène ozoné, n'était nullement altéré ; dans l'autre flacon con-
tenant de l'oxygène ordinaire, le lait était complétement putréfié.
Ces faits semblent être en contradiction avec un phénomène
bien connu , qui se produit en temps d'orage ; toutes les ménagères
savent que quand le temps est orageux, les substances alimen-
taires tournent. Le bouillon sûrit, le lait devient aigre, la viande
se gâte, etc. Dans cette circonstance, l'ozone se montre comme un
agent d'altération, hâtant la fermentation et la putréfaction.
Paillassons [Angl . shelter; Allem . Schutzerand) (Génér.). —
Sortes de tapis d'un fréquent usage pour abriter les serres, les
châssis. Les paillassons sont le plus généralement construits en
paille de seigle coulée, cousus avec de la ficelle, qu'en terme de
métier on nomme ficelle à paillassons. Pour faire les paillassons
on étend et arrête sur une surface unie trois ou quatre ficelles de
la longueur que ces abris doivent avoir, distantes entre elles
d'environ 0,30 et fixées par leurs extrémités à une cheville de
bois ou de fer. On place ensuite sur ces ficelles, qui doivent être
assez fortement tendues, une épaisseur de paille en rapport avec
celle qu'on veut donner aux paillassons. On a dû aussi , préala-
blement, mesurer, pour chaque rang de ficelle, outre celle qui
est tendue, une longueur double de celle qui constitue le canevas
du paillasson futur. Cette ficelle qu'on roule sur des sortes de
petites bobines en bois, sert à faire les mailles, ou, comme l'on
dit encore, à coudre les paillassons. Il en est de la largeur des
paillassons comme de leur forme ; elle varie en raison des objets
qu'ils sont destinés à abriter. En général, et pour couvrir des
châssis ordinaires , leur largeur est de 1m,50 et leur longueur
d'environ 2 mètres . La longueur des paillaissons, contrairement
à ce qui semblerait devoir être, se prend dans le sens de la cou-
ture, et leur largeur dans le sens de la paille. Il y a aussi des
métiers à paillassons, et même aujourd'hui on en fait beaucoup
à la mécanique (Voir aussi le mot Natte, t. IV, p. 1215).
Paillis (Jard. ). Nom que l'on donne à toute substance
PAIN . 1313
qu'on étend sur le sol, soit pour maintenir humide celui-ci, soit
pour étouffer les mauvaises herbes. Quel qu'en soit d'ailleurs le
but, ces deux avantages sont inséparables des paillis; ils s'obtien-
nent toujours simultanément. Ce sont principalement le fumier
et les feuilles qui, lorsque la fermentation les a amenés à un
certain état de décomposition, sont très recherchés pour constituer
les paillis; sous ce rapport, les fumiers qui ont servi à la confec-
tion des couches sont les plus convenables.
Pain [Angl. bread; Allem. das Brod] ( Génér. ). 100 kilogr.
de farine pure pétrie avec 57 kilogr. d'eau donnent 157 kilogr.
de pâte, qui fournit 135 kilogr. de pain cuit. La cuisson de ces
135 kilogr. de pain exige 108 kilogr. de bois sec.
D'après d'autres expériences sur une très grande échelle, faites
en 1783, par une commission de l'Académie des Sciences , et très
bien dirigées , 100 kilogr. de blé donnent par la mouture à la
grosse 67 kilogr. de farine propre à faire du pain blanc, plus
8 kilogr. farine propre au pain bis.
Les 67 kilogr. farine donnent 87,864 pain blanc; les 8 kilogr .
farine bise donnent 10,500 pain bis .
En d'autres termes , 16 kilogr. farine donnent 21 kilogr. pain
cuit; de sorte que le poids de la farine étant donné, il faut y
ajouter ses 5/10 pour avoir le poids du pain cuit qu'elle devra
donner.
108 kilogr. blé donnent donc environ 98 kilogr. pain, dont les
/10 pain blanc et 1/10 pain bis.
Par la mouture économique, on obtient pour 100 kilogr. de blé
première qualité, 99 kilogr. pain dont les 8/10 en pain blanc et les
*
/10 en pain bis. (Voir pour la fabrication du pain le mot Boulan-
gerie, t. III, p. 201, et le mot Pain, t. II, p. 1090.)
PAIN D'ÉPICES [Angl . gingerbread; Allem. der Leshrucken] (Génér. ).
Le pain d'épices n'est pas une invention moderne. Son usage
est fort ancien et nous vient de l'Asie.
Le pain d'épices est ainsi appelé par les modernes, parce que
c'est une sorte de pain fait avec de la farine de seigle, qu'on
pétrit quelquefois avec de la mélasse, mais plus ordinairement
avec du miel jaune.
On emploie trois sortes de miel : le miel blanc ou de prairie,
le miel bâtard et le miel jaune. Les mouches qui ne font leurs
excursions que sur des fleurs blanches produisent le miel blanc,
pourvu que, dans l'extraction, on prenne bien soin de ne pas le
colorer par la chaleur employée à le retirer des rayons . Il est
souvent jauni par son trop long séjour avec la cire. Le miel le
plus blanc, et qui a le moins de goût de cire, est celui qui fait le
plus beau et le meilleur pain d'épices. Avant d'employer le miel
1314 PALISSER .
dans le pain d'épices, il faut qu'il ait bouilli longtemps, et qu'il
soit bien écumé..
L'expérience a indiqué la farine de seigle, qu'on doit choisir
pour faire le pain d'épices. Ce n'est pas le plus beau, le mieux
nourri , le plus apparent qu'on préfère ; c'est celui dont les grains
sont les plus menus, les plus sains, les plus nets et les plus odo-
rants , qu'on récolte dans les terres les plus maigres et qui vient
dans la craie. La farine que donne ce seigle est en petite quantité;
mais elle est sèche et mieux disposée qu'une autre à recevoir la
dose convenable de miel.
Pendant que le miel écumé est encore chaud, on y détrempe
la farine de seigle avec une espèce de gâche faite exprès . Quand
la pâte a la consistance qu'on veut lui donner, on la met dans
des sébiles de bois, afin de l'empêcher de couler. Ordinairement
25 kilogr. de farine absorbent 50 kilogr. de miel. Lorsque la pâte
s'est refroidie, on en prend environ 5 kilogr., qu'on met sur une
table solide ; on la pétrit fortement avec les mains, jusqu'à ce
que le mélange soit parfait, et que la pâte soit bien blanchie;
alors on y ajoute du sucre en poudre grossière, du néroli, de
l'écorce de citron, et on la pétrit encore de nouveau. Enfin, on lui
donne les formes que l'on désire, ou bien l'on y imprime des
figures au moyen des moules ou des planches de bois gravées.
Le pain d'épices ainsi préparé n'a plus besoin que d'être cuit.
Le four est à peu près le même que celui du boulanger, avec la
seule différence qu'il est plus petit. On le chauffe avec de la paille.
Lorsque le four est assez chaud, ce qu'on reconnaît en y jetant
une poignée de farine grossière, qui doit noircir sur-le-champ,
on enfourne les pains le plus promptement possible. Il ne faut pas
que les pains se touchent. Lorsque le four est plein, on ferme la
porte et on laisse cuire au point convenable. Alors on le sort,
et quand il est à demi refroidi, on le brosse et on passe légèrement
dessus une éponge trempée dans des jaunes d'œufs battus en-
semble, pour rehausser la couleur. Le reste de chaleur qu'il con-
serve est suffisant pour emporter en peu de temps toute humidité.
C'est ce moment que l'on choisit lorsqu'on veut répandre au-
dessus des petites dragées qu'on nomme nompareilles. On les
répand dessus, et on les enfonce tant soit peu avec le bout du
doigt. Il en est de même lorsqu'on veut y incruster des amandes;
mais auparavant on les pèle au moyen de l'eau bouillante, on
sépare les deux lobes, on les fait un peu roussir sur le feu, et on
les incruste ensuite .
Palisser [Angl. to pale up; Allem. Anspalieren] (Jard.).
C'est attacher contre un mur, contre un treillagé ou contre tout
autre support, les diverses parties d'un végétal quelconque, soit
pour leur donner une direction, soit pour les affaiblir, soit seule-
PALMIER . 1315
r
ament pour les maintenir, ce qui se fait avec du jonc, de l'osier,
ou bien encore, sî l'on opère contre un mur, avec des loques ; de
là le nom de palissage à la loque qu'on rencontre si fréquemment
lorsqu'on lit des ouvrages d'arboriculture fruitière. On dit aussi :
Palisser sévèrement ; palisser lâchement, etc.; dans le premier cas
on attache fortement et le plus près possible du mur les diverses
parties afin d'en gêner et d'en ralentir le développement ; dans le
second cas, au contraire, on les maintient seulement afin que le
vent ne les brise pas, de manière à ce qu'elle prennent beaucoup
d'accroissement .
Palmier [Angl. palm-tree ; Allem. Palmbaum (Arboric.). -
C'est une famille d'arbres propre aux régions tropicales et dont
le port et les fruits sont extrêmement remarquables. La tige est
une colonne verticale le plus souvent d'égale grosseur dans toute
sa hauteur. La fig. 514 représente, d'après une photographie, un
palmier exotique de Maniel ( Egypte) .
Tous les palmiers fournissent du bois pour bâtir ou pour brûler,
des feuilles pour couvrir les maisons ou faire des paniers ; des
fibres flexibles dont on fait des cordes, des toiles, des chapeaux
et des meubles ou ustensiles pour usage domestique.
PALMIER TALIPOT. -
Cette variété de palmiers ne se trouve
guère que dans l'île de Ceylan et sur la côte de Malabar. A son
aspect, on a peine à croire qu'avec sa tête touffue qui se balance
à 30 mètres de hauteur, il puisse résister aux coups de vent du
tropique . Ses fleurs s'élèvent en pyramide au-dessus des feuilles.
D'abord renfermées dans une graine très dure, elles la brisent au
moment de leur épanouissement, ensuite elles présentent un bou-
quet jaune dont l'œil admire l'éclat, mais dont on ne peut sup-
porter l'odeur pénétrante. Chaque palmier ne fleurit qu'une fois,
c'est vers l'époque de sa vieillesse, fixée de 40 à 60 ans. Dès que
les fruits sont mûrs, l'arbre qui les a donnés commence à se des-
sécher; deux ou trois semaines après, on le voit se pencher,
tomber et mourir ..
C'est en battant les parties tendres et spongieuses qui sont ren-
fermées dans l'intérieur que l'on obtient le sagou ; mais la prin-
cipale utilité du talipot consiste dans ses feuilles gigantesques,
dont une seule peut abriter six cavaliers. Lorsqu'on a soin de les
découper à une certaine époque de leur développement, elles
conservent toujours une couleur tendre, d'un brun jaunâtre, sem-
blable à celle du vieux parchemin.
Des feuilles du talipot servent à la fois de papier, de tente
contre le soleil, et de parapluies contre les ondées d'eau si fré-
quentes dans cette région ; elles remplacent aussi les éventails
auxquels elles ressemblent parfaitement. On peut les replier sur
1316 PALMIER .
Fig. 514. Palmier exotique de Maniel ,
PANAIS . 1317
elles-mêmes sans effort et sans crainte de les briser ; une feuille
tout entière peut tenir dans une seule main, et l'on en sent à
peine le poids.
Quelle que soit la quantité d'eau qui tombe sur ces feuilles
merveilleuses , elles n'en retiennent aucune humidité, ce qui n'est
pas d'une médiocre importance dans ce climat.
Lorsque les Européens ont eu à soutenir une guerre contre les
naturels, ils ont bientôt reconnu l'utilité de munir chaque soldat
d'une feuille de talipot, pour conserver dans un état parfait de
siccité le fusil et la poudre qui , sans ce secours, auraient bientôt
été mis hors de service .
La préparation qui les rend susceptibles de remplacer le papier
consiste à les couper en bandes, à les tremper quelques instants
dans l'eau bouillante et à les frotter des deux côtés sur un morceau
de bois très lisse, qui les rend plus flexibles et les dessèche com-
plètement . On y grave les lettres avec une pointe, et on les frotte
ensuite d'une substance colorée. Les feuilles du talipot sont réser-
vées pour les actes publics et les livres importants, tandis que,
pour les usages ordinaires, on emploie les feuilles des autres pal-
miers . Il paraît que plusieurs livres, regardés en Europe comme
étant composés de papyrus égyptien, ne sont faits réellement
qu'avec les feuilles du talipot, qui d'ailleurs ont elles-mêmes la
propriété d'éloigner les insectes.
Le talipot est devenu maintenant assez rare, et on ne le trouve
plus que dans l'intérieur du pays .
Palmipèdes [[Link]; [Link] füszigerbogel] (Hist.
nat .). Oiseaux aquatiques dont les pieds sont palmés et placés
à la partie postérieure de leur corps, dont les tarses sont courts
et généralement comprimés, et dont le plumage est ferme, lustré
et imbibé d'un suc huileux, qui le rend imperméable à l'eau. Au-
dessous des plumes et près de la peau se trouve un duvet fin et
épais, qui garantit l'oiseau des variations atmosphériques et sur-
tout des atteintes du froid.
L'eau est le véritable élément de ces animaux. Parmi les palmi-
pèdes on remarque : le plongeon , guillemot, pingouin , manchot,
l'albatros , mauve, labbe, sterne et le bec-en-ciseaux, le pélican,
le cormoran, la frégate, le fou, le paille-en-queue et le canard,
dont il existe de nombreuses variétés sauvages et domestiques.
Panais [Angl. pastinaca ; Allem. Pastinake] ( Cult. mar.). -
Plante bisannuelle indigène. La racine aromatique de cette plante
s'emploie pour donner du goût au potage .
Dans les marais de Paris, on cultive la variété connue sous le
nom de panais rond, qu'on sème à la volée, depuis la fin de février
jusqu'en juillet et août. Il faut environ 60 grammes de graines
IV VOLUME . 36
1318 PAQUEBOTS.
par are . Aussitôt qu'elles sont levées, on éclaircit le plant, qui
est presque toujours dru, si le semis a bien réussi. Le rendement
pour un are est de 350 kilos environ.
Un notable avantage que présente cette plante c'est qu'on peut
la laisser en terre pendant l'hiver ; elle résiste aux plus fortes
gelées et elle devient une ressource précieuse pour le cultivateur
au moment où son bétail a consommé les racines alimentaires
qu'on est obligé de conserver en silo.
La racine du panais contient du sucre et de l'amidon. Elle est
plus riche en substances azotées et en phosphates qu'aucune
autre racine comestible .
Conservation des panais . - Il faut les placer dans un local
bien sec et en former des tas bien serrés, pour qu'ils soient moins
exposés au contact de l'air.
Panama [Angl . panama hat ; Allem. der Panamahut] (Génér.).
Voir t. II, p . 1090 .
Panneau [Angl . pannel ; Allem . das Feld) (Jard. ). - Sorte de
cadre plein , construit en planches, dont les jardiniers se servent
fréquemment, au lieu de chassis , pour garantir des plantes de
l'action du froid, soit en les plaçant directement sur les coffres,
soit en en recouvrant les chassis ainsi qu'on le ferait avec des
paillassons par exemple. C'est à tort que, presque toujours, on
confond les châssis avec les panneaux ; les premiers sont vitrés,
les panneaux n'ont pas de vitres ; de plus ils sont pleins .
Papier de verre [Angl . glass -paper ; Allem. das Glaspapier]
(Génér.). - Papier recouvert de verre pulvérisé, fixé au moyen
d'une couche de colle forte ; ce papier sert à polir le bois, la
corne, l'ivoire, et généralement toutes les matières susceptibles
de prendre le poli .
On nomme papier d'émeri, un papier recouvert d'émeri pulvé-
risé, fixé de la même manière que la poudre de verre. Il sert à
polir les métaux.
Papyrus [Angl. papyrus ; Allem. Papier-staude] ( Gener.).
Genre de plante qui donnait le papier des anciens. Cette plante ne
croissait originairement qu'en Egypte, et faisait une des princi-
pales richesses du pays , parce que de toutes les parties du monde
civilisé on venait y acheter du papyrus. Elle croît dans les ma-
rais , au- dessus desquels elle élève ses hampes simples , très
droites , feuillées seulement à leur base , et recouvertes d'une
double pellicule.
Paquebots [Angl. packet-boat ; Allem. das Packetboot) (Ma-
rine). - Grands navires à voiles ou à vapeur qui portent les let
PARACHUTE . 1319
tres, les marchandises et font les transports des voyageurs d'un
pays à un autre et l'office de messagerie .
Parachute [Angl . parachute; Allem. der Fallschirm] (Aérost.).
- La disposition d'un parachute (fig . 515) lui donne assez exacte-
ment l'aspect d'un vaste parapluie, dont les baleines seraient
remplacées par des cordes. Ces cordes réunies deux à deux sont
attachées à un cercle, et le cercle supporte une nacelle. Nous
retrouvons , avec des di-
mensions moindres , le
même système de sus-
pension que pour les
aérostats . (Voir Naviga-
tion aérienne).
Lorsqu'un parachute
est détaché d'un ballon,
il descend avec une rapi-
dité d'abord très grande ,
mais qui va en se ralen-
tissant presque aussitôt.
On a pu établir, par le
calcul , le maximum de
vitesse que peut atteindre
un parachute de dimen-
LQU
IQU
sions déterminés et por-
E
tant un poids donné. Ce
calcul, basé sur la résis-
tance des fluides, indique
que pour un parachute
de 8 mètres de diamètre,
portant 85 kil., le maxi- Parachute .
mum de vitesse qu'il Fig. 515 .
puisse avoir en arrivant
à terre, est égal à 4 m, 25 par seconde. Une telle vitesse n'aurait
déjà rien d'excessif et permettrait d'arriver jusqu'au sol sans
accident; mais elle est toujours , en réalité, inférieure à ce chiflre,
parce que dans le calcul, on néglige certains éléments de résis-
tance qui s'ajoutent à la résistance éprouvée par le parachute
lui-même. Du reste, si le poids à porter diminue, ou bien si le
diamètre du parachute augmente, la vitesse de la descente dé-
croît à son tour, tandis qu'elle croît dans le cas contraire .
PARACHUTE (Arts mécan.). - C'est une pièce destinée à empêcher
l'axe du balancier d'une montre de ressentir la violence de quelque
coup brusque qui tendrait à le rompre. On sait que l'axe du balan-
cier est la partie la plus délicate et la plus fagile de l'appareil, et
1320 PARFUMERIE .
qui se casse avec facilité lorsqu'on laisse tomber une montre, ou
qu'elle reçoit quelque coup. On évite souvent cet accident, en fai-
sant porter le coqueret par une pièce d'acier faisant ressort, et-
dont l'élasticité pare le coup ; c'est ce qu'on appelle un parachute.
Parasites [ Angl . parasite ; Allem. Parasit] ( Hist. nat. ) . — On
donne ce nom aux animaux et aux plantes qui vivent aux dépens
d'autres espèces . Chez l'homme, comme chez les animaux bien
organisés, on distingue : 10 les parasites vrais, qui naissent dans
les animaux mêmes et se développent aux dépens de leurs pro-
pres substances : tels sont les vers intestinaux ou entozoaires ;
-20 les parasites mixtes ou épizoaires qui vivent sur la peau des
animaux, tels sont les poux, les puces , les acarus , etc.
La plus grande propreté doit être opposée à tous les parasites,
c'est le moyen d'en avoir très peu. Contre les poux, on emploie
des lotions faites avec une infusion de semences de staphysaigre,
de Coque du Levant, de tabac, ou bien l'essence de térébentine,
les préparations mercurielles, etc. Les soins de propreté suffisent
ordinairement pour détruire les poux de la tête . Il est un moyen
fort simple et sans danger, qui consiste à huiler largement les
cheveux ; le corps gras tue les poux en bouchant les organes
respiratoires (trachées), et les asphyxiant.
Les bains alcalins ou sulfureux réussissent assez contre le pou
du corps, et les onctions avec l'onguent mercuriel ou les lotions
de sublimé contre le pou du pubis .
Solution pour lotions .
Bichlorure de mercure .... 25 grammes.
Eau de Cologne....... 100
Mettre une cuillerée à café de cette solution dans un verre d'eau
pour lotions contre toutes espèces de poux.
Parfumerie [Angl. perfumery ; Allem. die Parfumerie] (Arts
et mét.). Il y a, dans la parfumerie, l'art et l'industrie ; l'art
du parfumeur consiste à composer, par des mélanges d'odeurs ,
des bouquets à l'imitation d'une fleur ou d'un assortiment de fleurs
naturelles ; à mettre en œuvre les huiles essentielles, les baumes,
les parfums des fleurs dissous dans la graisse, dans l'huile, ou
dans l'alcool pour en confectionner les pommades , les cosmé-
tiques, les eaux et les savons de toilette ; à préparer les extraits
alcooliques, les vinaigres, etc.; enfin à disposer ces marchandises
dans des enveloppes spéciales qui les mettent en valeur, soit par
le goût, soit par l'utilité de l'emballage et en facilitent ainsi la
vente.
L'industrie de la parfumerie a pour base l'extraction des subs-
PARFUMERIE . 1321
tances odorantes que nous présente la nature et principalement
le règne végétal, la purification des excipients, tels que graisses ,
huiles , alcools, etc. , et leur saturation par le parfum des fleurs .
Certains parfumeurs emploient seulement les parfums préparés,
d'autres se livrent en même temps à leur extraction ; il en est
enfin qui joignent à l'industrie des parfums la culture des plantes
odoriférantes ou la préparation des parfums artificiels obtenus
par des procédés chimiques.
M. Piver, un de nos principaux parfumeurs , a eu la bonne idée
d'adapter à la préparation des corps gras le hachoir circulaire
qu'emploient les charcutiers ; avec cette outil il tranche toutes les
cellules qui recèlent le corps gras, et la fusion qui s'opère très
facilement à basse température lui permet d'isoler sans perte la
PECAHD
Fig. 516. Alambic ordina .
matière animale et d'obtenir des graisses inodores. Ces graisses
sont saponifiées par la lessive de sel de soude rendu caustique
par la chaux ; la saponification est opérée dans une cuve ou chau-
dière chauffée à la vapeur.
Distillation . C'est au moyen de la distillation que l'on pré-
pare généralement les huiles .
La distillation se fait dans des alambics ordinaires (fig . 516) ;
souvent on l'opère sur place ; c'est ainsi que la distillation de la
lavande et de l'aspic s'effectue dans les montagnes ; on installe
l'alambic portatif auprès d'un cours d'eau et l'opération se pour-
suit comme dans les laboratoires. Quelquefois, au lieu d'eau , on
verse sur les substances odorantes de l'alcool ou esprit de vin rec-
tifié ; à la distillation l'essence se dissout dans l'alcool et sort avec
lui . Mais ce procédé est aujourd'hui presque abandonné ; on trouve
plus avantageux d'extraire d'abord l'essence à l'eau et de la dis-
soudre ensuite dans l'esprit-de-vin .
1322 PARFUMERIE .
Lés essences que l'on obtient ainsi sont les suivantes, nous joi-
gnons au nom le prix de chacune d'elles .
bigarrade......... le kilo . 350 fr .
Portugal.... 200
Néroly
{
petit grain.
Géranium rosa..
100
80
!
Menthe cultivée. 90
Lavande. 13
Aspic .. 5
rouge... 8
Thym {
Romarin.
blanc . 12
7
Fenouil ... 18
de Grasse. 1536
Essence de roses
d'Orient 960
Comme on le voit, notre essence d'Orient est plus estimée que
celle des Orientaux ; cela tient sans doute à ce que nous l'épurons.
Les corps gras parfumés se préparent dans le Midi de deux ma-
nières très différentes selon le principe et la délicatesse des fleurs,
dont les unes se traitent par infusion, les autres par enfleurage.
Préparation des graisses parfumées par infusion . La mé-
thode par infusion consiste à immerger les fleurs dans l'huile ou
dans la graisse chaude à 60 degrés environ ; à les en retirer après
quelques heures, puis à les remplacer par d'autres jusqu'à satu-
ration de corps gras ; pour obtenir un tel résultat, il faut employer
jusqu'à 6 kil. de certaines fleurs pour 1 kil. de graisse.
Macération . Ce procédé repose sur une affinité singulière que
la graisse a pour l'essence des fleurs, sur la propriété qu'elle a
de s'imprégner, de se saturer de leur parfum au point dé les en
épuiser. On y a recours pour obtenir les parfums délicats, et re-
cherchés ( rose, acacia, oranger), et on emploie la graisse de mou-
ton ou de bœuf et mêlée avec de la graisse de porc, les unes et les
autres préalablement clarifiées. Ces graisses étant fondues au
bain-marie, on jette dans la bassine qui les contient les fleurs dont
on veut communiquer le parfum . Quand les fleurs sont épuisées,
après une moyenne de vingt-quatre heures, on les retire en faisant
fondre la graisse et on remet de nouvelles fleurs, et l'opération se
renouvelle ainsi durant environ quinze jours .
Le même procédé est employé pour obtenir les huiles aux par-
fums délicats (réséda, violette), celles que l'on désigne sous le
nom d'huiles antiques. Dans ce cas la graisse est remplacée par
l'huile d'olive .
Le procédé de la macération, que l'on pourrait aussi appeler
procédé par infusion ou procédé par saturation, présente d'assez
graves desirata ; les fleurs étant soumises à la chaleur ne commu-
niquent pas seulement leur parfum au liquide avec lequel ils sont
en contact, mais elles lui cèdent aussi les principes solubles et
colorants qu'elles renferment ; or, la présence de ces principes et
PARFUMERIE . 1323
en outre le passage si souvent renouvelé de l'état liquide à l'état
solide et de l'état solide à l'état liquide, peuvent finalement altérer
la matière animale, décomposer le parfum, rancir la graisse.
JPEGARD
Saturateur
rationnel
.517.
.Fig
C'est pour obvier à ces inconvénients que M. Piver a inventé le
saturateur rationnel que nous représentons fig. 517. Cet appareil ,
permet de parfumer en un seul jour, 500 kilogr. de graisse con-
tenue dans sept compartiments, d'où elle déborde par un trop
1324 PARFUMERIE .
plein qui l'amène de l'un dans l'autre par leur fond ; la graisse
ou les huiles chauffées au bain-marie sont maintenues liquides en
marchant assez rapidement de gauche à droite, du compartiment
nº 1 au compartiment nº 7. Des caisses en toile métallique con-
tiennent les fleurs et suivent une marche inverse de celle du
liquide qu'on veut saturer ; chaque panier passe d'abord dans le
nº 7 et sort du premier complètement dépouillé de parfum. Cette
marche inverse permet de tout recueillir; en effet, la graisse du
compartiment nº1 étant absolument vierge s'empare avidement
des dernières traces, tandis que celle du nº 7 déjà saturée, dissout
très bien le parfum en excès des fleurs fraîches et ne retiendrait
pas les dernières traces des pétales épuisés. Quand on veut re-
prendre aux matières grasses, aux huiles surtout, les parfums
recueillis par l'enfleurage, on se sert d'un autre appareil inventé
par M. Piver et qui, au moyen d'un double mouvement agite les
huiles et l'alcool mélangé, jusqu'à ce que ce dernier ait enlevé
tout le parfum (fig. 518). 1
Extraction du parfum des fleurs par le procédé Millon. - Les
procédés d'infusion et d'enfleurage, consistent à traiter les fleurs
par les huiles ou par les graisses. Par un nouveau procédé de
M. Millon, on remplace ces dissolvants fixes par des dissolvants
volatils, et notamment par l'éther et par le sulfure de carbone,
que l'on sépare ensuite par la distillation .
En appliquant ce procédé, qu'il a approprié à la fabrication
industrielle et qu'il a heureusement complété par un perfection-
nement ingénieux, M. Piver a créé une classe nouvelle de par-
fums condensés , dont la fraîcheur et la pureté sont remar-
quables .
L'opération se divise en trois parties distinctes : 10 la dissolution
du parfum par infusion ; 20 distillation à basse température ;
3º évaporation des dernières traces du dissolvant .
Pour opérer la dissolution du parfum, M. Piver se sert d'un
appareil composé de trois cylindres à déplacement, aux extré-
mités de chacun desquels s'adaptent, par des raccords à fermeture
hermétique, des récipients mobiles disposés de manière à recevoir
le liquide provenant d'un cylindre, et qui doit être porté dans un
autre cylindre garni de fleurs sur lesquelles il se répand.
Les fleurs reçoivent trois et parfois quatre lavage des dissol-
vants, éther, sulfure de carbone ou chloroforme. Le dissolvant
varié suivant l'espèce de fleurs employées ..
Le produit du troisième lavage passe de nouveau sur des fleurs
layées deux fois, puis sur celles qui ne l'ont encore été qu'une
fois, puis enfin sur des fleurs nouvelles ; le liquide, ayant ainsi
dissous la totalité du parfum, est réuni et distillé à basse tempé-
rature ; on le recueille dans son état de pureté, et le parfum qu'il
abandonne se présente sous l'aspect d'un résidu blanc ou diverse
PARFUMERIE . 1325
ment coloré, tantôt solide, friable ou cireux, tantôt liquide, mais
devenant toujours solide au bout de quelque temps. Les dernières
traces du dissolvant sont difficiles à expulser du parfum ainsi
obtenu, et cette difficulté oblige à une troisième opération.
On verse le résidu dans un vase évaporateur demi- cylindrique
chauffé au bain -marie, et monté sur un axe horizontal qui permet
de le balancer constamment pour déplacer la masse pendant qu'un
[Link]
Fig. 518. Agitateur .
ventilateur expulse les dernières traces du dissolvant. Il convient
encore de laver l'extrait dans deux ou trois eaux légèrement alca-
lines, pour ne leur laisser que le parfum pur et suave de la fleur.
L'entier épanouissement et la fraîcheur absolue des fleurs sont
des circonstances indispensables pour un bon résultat ; certaines
fleurs ne livrent leur parfum qu'après une forte insolation de
quelques heures ; d'autres , au contraire, doivent être cueillies
avant le lever du soleil ; ces données sont enseignées pour cha-
cune par la pratique. Mais ce qui est général et très important à
noter, c'est que la plus légère altération des fleurs se décèle dans
le parfum obtenu.
Enfleurage par la méthode pneumatique. En voici le détail,
1326 PARFUMERIE .
ainsi que la description de l'appareil employé, d'après M. Turgan.
L'appareil de M. Piver (fig. 519) se compose d'un coffre à deux
cavités communiquant entre elles et haut de trois mètres environ
1 sur deux de large ; des claies en toile métallique recouvrent les
fleurs ; entre chaque claie, une lame
de verre ou de cuivre argenté, fixée d'un
seul côté, mais libre sur les trois bords,
reçoit la graisse, non plus comme au-
trefois étalée horizontalement , mais
exprimée en cylindres excessivement fins,
au moyen d'une presse qui la force à
passer au travers d'une plaque criblée
de petits trous . Deux soufflets , combinés
de manière à ce que l'un se lève quand
l'autre se baisse , établissent un courant
permanent qui passe et repasse de haut
en bas et de bas en haut , de chaque
côté du diaphragme qui partage le coffre
et force ainsi l'air contenu et non renou-
velé à saturer les graisses , qui sont
bientôt suffisamment parfumées . La ra-
pidité de ce procédé supprime encore
les inconvénients causés autrefois par
la fermentation des fleurs au contact des
matières animales , fermentation qui
détruisait les parfums, colorait les grais-
ses et faisait souvent manquer l'opéra-
tion. Ce nouvel appareil peut servir
également pour parfumer les poudres
ainsi que les huiles.
Tout ingénieux qu'ils soient, ces pro-
cédés ne sont pas parfaits, surtout au-
jourd'hui que les produits du parfumeur
se transportent dans toutes les parties
du monde et souvent sous des contrées
excessivement chaudes . Aussi a-t-on
cherché à remplacer l'axonge par d'au-
tres substances qui, tout en étant d'un
Fig. 519. Appareil pour prix moins élevé, mettraient à l'abri de
l'enfleurage. toute altération les fleurs et leurs aro-
mes . On a eu recours, dans ce but, à
la paraffine, à la glycérine et enfin à la vaseline.
Extraits d'odeurs . - En parfumerie on donne ce nom aux al-
cools qui ont été chargés de principes aromatiques, non plus par
voie de distillation comme les alcoolats , mais par une dissolution
d'essence dans l'alcool ou en se servant d'alcool pour enlever aux
PARQUET . 1327
pommades et aux huiles l'odeur qu'on y a introduite par infu-
sion, par l'enfleurage ou par d'autres moyens.
Les extraits d'odeurs se préparent très souvent en dissolvant
directement les essences dans l'alcool à 92 degrés centésimaux.
C'est un moyen rapide, mais coûteux, à cause du prix générale-
ment élevé des essences. Le moyen le plus économique pour faire
ces extraits d'odeurs est d'extraire par l'alcool à 92 degrés le par-
fum des huiles ou des pommades .
Les extraits d'odeur, on le voit, rentrent dans la classe des
alcoolés ; ils peuvent, comme les alcoolats, se diviser :
1º En esprits ou alcools aromatisés simples, c'est- à-dire ceux
qu'on prépare simplement avec l'alcool et une substance aroma-
tique en parfumerie : extraits , esprits ou essences .
2º En esprits composés qui portent en parfumerie, le nom de
bouquets , eaux de toilette, eaux de Cologne, etc. (Voir Eaux di-
verses , Eaux de Cologne, Bouquets) .
Extrait de réséda ou Mignonnette. On extrait du réséda, par
le procédé Millon, décrit ci-avant, p. 1324, un parfum qui a tout
à fait l'odeur des fleurs . L'extrait de réséda du commerce s'ob-
tient par la macération dans l'esprit de vin rectifié (1 litre), de
800 grammes de pommade de réséda obtenue par enfleurage.
Après 15 jours d'infusion, on sépare l'extrait auquel on ajoute,
par litre, 28 grammes d'extrait de tolu.
Extrait de pois de senteur . Par l'enfleurage, on peut extraire
des fleurs de pois de senteur ( lathyrus odoratus , légumineuses),
une odeur très agréable, qu'on imite très bien par la formule sui-
vante :
Extrait de pommade à la rose, de tubéreuse,
de fleurs d'oranger (de chacun) .... 28 centigr .
Extrait de vanille (pour donner de la perma-
nence au parfum) ..... 28 grammes .
Essence de marjolaine ou d'origan. - De l'Origanum majorano
(Labiées) , on extrait une essence , appelée en France essence
d'origun et dont l'odeur est très puissante. 100 kilogr. de la
plante donnent environ 625 grammes d'essence. Avec l'origan
vulgaire, on prépare une essence semblable. On emploie surtout
cette essence pour parfumer les savons.
Parquet [Angl . inlaid floor ; Allem. das Fussgetäfel) (Batim. ).
Partie de menuiserie composée de bâtis et de panneaux arasés
les uns avec les autres et disposés selon différents compartiments
pour remplir un espace. Il y a deux sortes d'ouvrages auxquels
on donne plus particulièrement le nom de parquets ; les uns
qu'on applique dans le devant et au bas des portes cochères, et
les autres qui servent à revêtir les aires ou planchers des appar-
tements .
1328 PASTEL . ۱
Composition d'un cirage pour les parquets.
Cirejaune,.. 500 grammes .
Rocou . 40
Potasse 250
Eau 2,500
On fait bouillir la cire dans l'eau avec la potasse. Au bout de
quelques instants , on enlève le vase de dessus le feu et on remue
Jusqu'à refroidissement ; on ajoute le rocou, que l'on a délayé
dans un peu d'eau . Le cigare peut être coloré avec de la terre
d'ombre, de l'ocre rouge, à volonté. Pour s'en servir, on en étend
avec une brosse une légère couche sur le parquet, et l'on frotte
lorsqu'elle est sèche.
Passe-partout [Angl. lock-sau; Allem. die Lochsäge) (Techn .) .
Scie qui sert à débiter les pierres tendres. Le passe-partout des
charpentiers est également une scie, composée simplement d'une
lame, qui porte à chaque extrémité un œil dans lequel on passe
un morceau de bois rond servant de manche. On en fait usage
pour couper les grosses pièces en travers et les arbres en grume.
Elle sert aussi dans les endroits où l'on ne pourrait passer une
scie avec sa monture .
Pastel [Angl. Pastil-crayon ; Allem. das Pastell] (Reaux-arts)
- Nom donné à des crayons composés de différentes couleurs
broyées et réduites en pâtes avec de l'eau de gomme ; peindre au
pastel c'est peindre, ou pour mieux dire, dessiner avec ces cou-
leurs qu'on mêle suivant les diverses teintes que l'on veut obtenir.
Se dit aussi d'un tableau peint au pastel.
Crayon pour les pastels . Il faut avoir de l'alumine pure, que
vous broierez sur un porphyre, avec suffisante quantité d'eau,
pour en former une pâte. Ayez vos couleurs broyées, mêlez chacune
d'elles avec un peu de miel et de l'eau chargée de gomme ara-
bique ; faites avec chaque couleur de petites masses que vous
mettrez en cylindres de la grosseur désirée, en la roulant sur du
papier, ou dans des moules de bois ; tenez-les à l'ombre pendant
deux ou trois jours, puis achevez de sécher à l'étuve.
Moyen de fixer le pastel. -Il faut, pour la grande réussite,
employer du papier non collé pour le dessin. Lorsque le dessin
est terminé, on l'humecte un peu au dos avec une éponge imbibée
d'eau pure, et on le colle aux extrémités sur un châssis qui laisse
le papier visible des deux côtés. Le papier sec étendu, on passe à
l'aide d'un large pinceau de blaireau une couche générale de l'eau
incolore au dos de la feuille, et on la laisse sécher .
On prend du savon de Marseille très blanc, on en fait bouillir
50 centigrammes dans 25 centilitres d'eau filtrée ; on bat la disso
PATES. 1329
lution pour la faire mousser, et on y ajoute 5 grammes de colle
de poisson (qu'on aura fait tremper préalablement , au moins
24 heures, dans un demi-litre d'eau filtrée) : on ajoute la dissolu.
tion de savon quand la colle bout. Après l'avoir retirée du feu, on
ajoute 10 grammes d'alun dissous dans un demi-litré d'eau filtrée,
et on verse le tout goutte à goutte dans un demi-litre d'esprit-de-
vin , dans lequel on aura jeté une dizaine de gouttes de teinture
de sandaraque, puis on filtre jusqu'à parfaite clarification.
Pâtes [Angl. paste ; Allem. die Masse) (Pharm .) . Enphar-
macie ce sont des mélanges formés de sucre et de gomme, dis-
sous soit dans l'eau, soit dans un infusé ou un décocté chargé de
principes médicamenteux, et rapprochés peu à peu par l'évapo-
ration .
Telles sont les pâtes de jujube, de quimauve, de lichen, de
gomme, de mou de veau, de Regnault ainé, le racahout des Arabes,
etc. , qui toutes sont également bonnes contre les affections de
poitrine , les bronchites , rhumes , enrouements , etc., et dont
aucune n'est préférable à l'autre, bien que les éloges payés annon-
cent le contraire. On donne aussi le nom de pâte à certains caus-
tiques. (Pour les pâtes parfumées, voir t. II, p . 1132).
PATES MOULÉES (Bât. ) . On remplace actuellement, par éco-
nomie, les ornements de sculpture qu'on faisait autrefois à grands
frais, sur le champ des cadres, les panneaux des portes d'appar-
tement, etc. , par des pâtes moulées qu'on applique ensuite, en les
fixant avec de la colle et même des pointes fines, à la place que
l'on désiré . Ces pâtes se font ordinairement én papier mâché, en
râpures de bois ou en blanc d'Espagne.
Les pâtes moulées en papier mâché se font avec du papier ré-
duit en pâte, ou de la pâte à papier ; cette pâte, privée de son
excès d'eau par la pression, est étendue dans un moule en bois
dur, ou mieux en plâtre broyé avec du lin, et comprimée d'abord
à la main , puis avec un linge ; on laisse ensuite sécher lentement
à l'air, et on couvre souvent avec une ou plusieurs couches de
blanc d'Espagne délayé avec de la colle. Ces objets peuvent être
dorés ou peints.
Les pâtes en sciure de bois se font en faisant fondre séparé-
ment 5 parties de colle de flandre et une partie de colle de pois-
son, dans assez d'eau pour obtenir une colle très claire, que l'on
passe à travers un linge, et on les mêle ; la liqueur doit former
une gelée très faible par le refroidissement. On la chauffe de
manière à ce que le doigt puisse à peine y rester plongé ; on y
incorpore de la sciure de bois passée au tamis ; on étend une
couche de quelques millimètres de cette pâte dans un moule de
plâtre ou de soufre graissé d'huile de lin, et on coule par dessus
1330 PATISSERIE .
une autre pâte faite avec les portions de sciure qui n'ont pu passer
au tamis , que l'on comprime et que l'on charge ensuite d'une
planche sur laquelle on met des poids. Cette pâte prend parfaite-
ment la peinture et la dorure.
Les pâtes moulées én blanc d'Espagne se font en pétrissant un
mélange de colle et de blanc d'Espagne, que l'on moule ensuite
comme ci-dessus. On les emploie surtout pour ornements de
cadres ; on les récouvre de plusieurs couches de blanc à la colle,
on répare et on dore.
Pathologie (Angl . pathology ; Allem. Pathologie] (Hist. nat.).
Mot par lequel on désigne d'une manière générale les recher
ches faites sur les différents êtres en vue de découvrir les causes
de certains dérangements organiques, soit généraux, soit locaux,
qui déterminent des effets en dehors de ceux qui se montrent nor-
malement. Appliqué à la botanique, le mot pathologie signifie
recherche des causes qui peuvent entraver ou modifier la marche
des principes vitaux, et par suite donner, soit au végétal tout
entier, soit seulement à l'une ou à l'autre de ses parties, des
caractères exceptionnels.
Pâtisserie (Angl. pastry-work ; Allem. Backwerk) (Arts et
mét. ) . Nous avons dit quelques mots, t. II, p. 1134, de cette
branche de l'art culinaire ; nous allons donner ici la composition
des différentes pâtes et indiquer le mode de confection de diverses
pièces de pâtisserie .
La pâte ordinaire est composée de farine, d'eau, d'œufs, de
beurre et de sel, bien délayés ensemble, bien mêlés et pétris sur
le tour à pâte, qui n'est autre chose qu'une forte table qui a des
bords de trois côtés seulement, afin de retenir la farine et la pâte :
il n'y a pas de bord du côté où se place l'ouvrier. La pâte fine se
travaille avec la plus pure farine de froment, des œufs, du beurre
fin et du sel dans la proportion de la farine. On pétrit à l'eau
chaude .
On prend un kilogr. de farine, on fait un creux dans le milieu,
on y met 600 gr. de beurre, 30 gr. de sel, quatre œufs et deux
verres d'eau . On mêle bien ensemble le beurre, les œufs, l'eau et
le sel ; on incorpore ensuite la farine petit à petit, on en forme
une pâte que l'on pétrit avec les poings : si elle était trop ferme,
on y ajouterait un peu d'eau . On ne donne que deux sortes de
pétrissages à ia pâte, afin de ne pas détruire son haut. La pâte
doit rester bien ferme .
La pâte feuilletée se fait comme la pâte fine, si ce n'est qu'on
n'y met pas les jaunes d'œufs, qu'on la pétrit à l'eau froide et
qu'on met le beurre sur la pâte étendue. Voici la manière d'opé-
rer : mettez sur une table un kilogramme de farine, formez un
PATISSERIE . 1331
bassin dans le milieu, mettez-y 30 grammes de sel, 60 grammes
de beurre bien frais, deux blancs d'œufs et deux verres d'eau .
Pétrissez comme pour la pâte fine, rassemblez la pâte et laissez
reposer pendant une demi-heure. Etendez ensuite votre pâte, et
recouvrez -la avec un demi-kilogramme de beurre, après avoir
manié la pâte auparavant, si elle est trop ferme . Repliez les deux
bords de la pâte sur le beurre, de manière qu'il en soit bien
enveloppé ; donnez ensuite deux tours à la pâte (1) . On laisse
reposer la pâte jusqu'à ce que le four commence à chauffer ;
alors on donne encore trois tours, et ensuite on découpe la pâte
selon l'usage qu'on veut en faire. Cette pâte est d'autant meil-
leure que le beurre est plus frais et que les feuillets en sont plus
minces : c'est ce qui a fait donner le nom de vol-au- vent à des
petits pâtés bien feuilletés .
Pâté froid. Après avoir préparé la pâte ordinaire, on en
prend un morceau qu'on étend avec le rouleau sur le tour à pâte :
on lui donne l'étendue qu'on trouve convenable, selon la viande
qu'on veut y mettre ; c'est ordinairement du porc, du veau, de la
volaille ou du gibier, et un hachis de veau et de jambon. On place
d'abord sur cette pâte une couche de hachis d'un travers de doigt
d'épaisseur, qu'on dispose en rond ou en ovale, selon la forme
qu'on veut donner au pâté ; on place la bande du tour, qui n'est
autre chose qu'un long inorceau de pâte, plus ou moins large,
selon la hauteur qu'on veut donner au pâté. Les pâtissiers la
nomment ainsi , parce qu'ils la placent autour du pâté pour en
soutenir le couvercle. On mouille les deux bouts de la bande pour
les unir ensemble et en former un cercle ou un ovale on mouille
pareillement les bords du fond qui excèdentle hachis et le bord
inférieur de la bande qui doit reposer dessus : on applique les
deux parties mouillées l'une sur l'autre, on les pince pour les faire
prendre ensemble, et la carcasse du pâté est formée. On arrange
ensuite la viande au-dedans , après l'avoir suffisamment lardée,
salée et épicée. On remplit les vides avec du hachis, et l'on re-
couvre le tout de bandes de lard minces. On place dessus le cou-
vercle, qui n'est autre chose qu'une plaque de pâte semblable à celle
du fond ; on en pince les bords avec la pâte du contour, afin de
mieux coller les deux pièces ensemble. On fait un trou de 2 ou
3 centimètres de diamètre au milieu du couvercle, on entoure ce
trou d'une couronne de pâte, au milieu de laquelle on place une
carte pliée en cylindre, afin de tenir ce trou ouvert. On orne, si
l'on veut, l'extérieur avec des morceaux de pâte découpés avec
(1) Donner un tour à la pâte, c'est l'étendre en long avec le rouleau, jusqu'a
ce qu'ellé n'ait plus que l'épaisseur du doigt ; alors on la replie en trois, et
on lui fait faire un quart de tour, afin de ramener devant soi ce qui était sur
le côté.
1332 PECHE .
des moules de fer-blanc ; on les soude, en les mouillant, avec les
parois du pâté, et l'on dore le tout avec des jaunes d'œufs , qu'on
passe dessus avec un pinceau. On le fait cuire au four, soit sur
une plaque de tôle, soit sur une feuille de papier frotté de beurre,
et on le laisse refroidir.
Pâté chaud. On emploie, pour ces sortes de pâtés, la pâte
feuilletée : on les remplit de tout ce qu'on veut y mettre, avec les
assaisonnements convenables, et l'on fait cuire le tout au four.
Lorsqu'il a acquis le degré de cuisson convenable, on l'ouvre au
moment de le servir, pour y verser une sauce ou un ragoût qu'on
a préparé à part. Les viandes qu'on met dans ces pâtés doivent
être piquées de lardons, et avoir été passées au beurre. On sert
ces pâtés bien chaud.
Tourtes ou tartes. - Elles ne diffèrent des pâtés chauds que
par la garniture, qui est ici ou de la crème faite avec du lait, des
œufs, des parfums et du sucre, ou de la frangipane, qui est un
composé d'un litre de lait, deux cuillerées de fécule de pommes
de terre, six jaunes d'œufs, du citron vert râpé, de la fleur
✓ d'oranger pralinée en poudre, 120 grammes de sucre. On fait
cuire sur des cendres chaudes ou au bain-marie, en tournant
toujours.
La garniture est aussi quelquefois de la marmelade d'abricots,
de pommes, de poires, de la gelée d'abricots, de groseilles, de
cerises, de prunes , etc. Ces garnitures varient à l'infini.
Biscuits de Savoie. Voir t. Ier, p. 168.
Nougat. - Voir t. IV, p. 1242.
Pain d'épices. Voir t. IV, p . 1313.
Peaux d'animaux (PRÉPARATION DES). - Pour la prépara-
tion des peaux d'animaux en se sert du mélange suivant :
Eau .. 1,000 grammes .
Alun..... 500
Sel marin . 250
Laissez séjourner de 1 à 15 jours, selon leur épaisseur.
Manière de conserver les peaux d'animaux. - On peut préserver
les peaux d'animaux crues de toute putréfaction ou rétablir celles
qui sont déjà attaquées en leur appliquant, avec une brosse, une
couche d'acide pyroligneux, qu'elles absorbent très promptement.
Cet acide ne leur cause aucun dommage et ne diminue en rien
leur valeur. (Voir aussi les mots Chamoiseur, t. III, p. 308 ; Mé-
gisserie, t. II , p. 998, et Tannerie, t. II, p. 1433.)
Pêche [Angl. peach ; Allem. Pfirsche] (Arts et mét.) . - Voir
Filets de péche, t. III, p. 669, et Ligne pour la péche, t. IV,
p. 1035.
1
PERSIL . 1333
Pédiluve ou bain de pieds [Angl. pediluvium ; Allem .
Fuszbad) (Hyg. ). - Il est froid, tiède ou chaud. Le premier est
employé comme répercussif dans l'entorse ; le second comme soin
de propreté , ou pour se préparer à la saignée du pied ; le troi-
sième comme révulsif contre les maux de tête, les palpitations,
les angines, les ophthalmies, etc. On anime l'eau avec du sel ou
de la farine de moutarde .
Pépinière [Angl . nursery ; Allem. die Baumschule] (Arboric. ) .
- Ce mot sert à désigner toute partie de terrain consacrée à
l'éducation des végétaux, celle dans laquelle ceux-ci sont cultivés
momentanément pour être transplantés plus tard lorsqu'ils seront
plus forts ou lorsqu'on leur aura fait prendre certaines formes
particulières. Mais, dans un sens plus restreint, celui dans lequel
on l'emploi généralement, pépinière désigne une certaine étendue
de terrain à peu près exclusivement consacrée à la culture des
végétaux ligneux : pépinière d'arbres fruitiers, d'arbres fores-
tiers , d'arbres d'agrément ou d'ornement , etc. On nomme
pépinièriste celui qui se livre particulièrement à la culture des
pépinières .
Perce- oreilles ou Forficules [Angl. forficula) ( Hist. nat. ).
Ces insectes sont très connus en horticulture à cause des dégâts
effroyables qu'ils occasionnent en dévorant les fleurs, les fruits,
les feuilles, et même l'extrémité des bourgeons. Comme ils exercent
leurs ravages pendant la nuit et qu'ils redoutent l'éclat de la
lumière, on met à profit cette particularité pour opérer leur des-
truction. Pour cela on dispose çà et là sur les arbres et le long
des murs des corps qui présentent de nombreux interstices ; les
choses les plus simples sont les meilleures, par exemple de petits
botillons composés de bourgeons munis de leurs feuilles ; des têtes
soit d'artichauts, soit de cardons , lorsqu'elles ont fleuri, sont très
convenables ; les perce-oreilles ne manquent pas de s'introduire
dans ces pièges, où on les prend, et l'on s'en débarrasse en se-
couant les pièges dans un vase rempli d'eau ; mais le plus souvent
on dispose près des plantes qu'on veut protéger de petits piquets
au haut desquels on place un pot renversé contenant dans sa
moitié inférieure un peu de mousse ou de foin dans lesquels les
perce-oreilles vont chercher un abri ; de temps en temps on fait
a visite de ces pots et on détruit ceux qui s'y trouvent.
Percer (MACHINES A). - Voir Machines-outils, t. IV, p. 1108.
Périmètre (Angl. perimeter ; Allem. Perimeter] (Geom.). —
Cemot est employé fréquemment en géométrie pour désigner le
contour ou la somme des côtés d'une figure plane ou polygone.
Persil [Angl. parsley ; Allem. Petersilie] (Cult. mar.) . -Le
IV VOLUME . 37
1334 PHELLANDRIUM .
persil est une plante bisannuelle de la famille des ombellifères ; il
entre dans la plupart des apprêts de la cuisine : le potager par
conséquent, doit toujours en être pourvu .
On peut semer le persil pendant toute l'année, mais l'exposition
variera selon l'époque : en février et mars, on l'établiera surtout
en bordure, il profitera ainsi des arrosages destinés aux autres
cultures ; plus tard, on choisira de préférence le nord et les posi-
tions ombragées . S'il s'agit, au contraire, d'en jouir pendant
l'hiver, on sèmera en lieu abrité et chaud dès le commencement
d'août ; pendant les gelées, on protégera les plantes avec des
feuilles sèches ou de la litière longue. Le persil préfère les ter-
rains légers : la terre qui lui sera consacrée devra donc toujours
être meuble et bien préparée.
Les graines de persil sont longues à germer, elles restent sou-
vent plus de quarante jours en terre sans lever ; il est essentiel
de leur venir en aide en tenant le terrain frais à l'aide de bassi-
nages donnés à propos.
En planche, le persil se sème en lignes, avec un écartement de
18 à 20 centimètres ; il ne doit jamais être trop épais dans la
ligne. S'il en était autrement, il faudrait éclaircir le jeune plant,
qu'il faut toujours tenir net de mauvaises herbes. Quelques arro-
sements pendant la chaleur complètent la culture du persil. On se
trouvera toujours bien de lui accorder un bon paillis.
Le persil commun a plusieurs variétés ; on cultive surtout celle
à feuilles frisées, qui font de fort jolies garnitures ; mais le com-
mun est plus rustique et moins sensible au froid.
Les plantes de persil ne donnent leurs graines que la seconde
année ; celles -ci ne conservent leurs propriétés germinatives que
pendant deux ou trois années au plus .
Pétrification [Angl. petrification; Allem. Petrefacten] (Gen.).
- Cemot signifie dans son acceptation rigoureuse, un corps changé
en pierre ou devenu pierre, et cette définition sépare facilement
Jes corps pétrifiés des fossiles . Les corps pétrifiés se rencontrent
de préférence dans les anciens terrains . Ces corps, après y avoir
été empâtés et exactement moulés, ont été dissous et ont laissé
entre le moule extérieur et le moule intérieur un espace qui a été
remplacé par une matière étrangère et inorganique. -On peut
produire des pétrifications calcaires ou artificielles en exposant
des corps (coquilles, végétaux et même animaux) à des sources
renfermant en dissolution du carbonate de chaux.
Phellandrium (Pharmacie). C'est la ciguë aquatique. Ses
semences sont employées, en teinture, contre la phthisie pulmo-
naire. On met dans la proportion de 10 à 16 gouttes de cette
teinture dans une potion appropriée.
PIVOT . 1335
Physiologie [[Link] ; Allem. Physiologie] ( Hist. nat. )
Science des plus vastes et des plus complexes, qui a pour but
la recherche des lois de la vie des différents êtres , ou seulement
celle des fonctions qu'exercent leurs organes ; de là les noms par-
ticuliers de physiologie végétale et de physiologie animale, sui-
vant qu'on l'applique soit aux végétaux, soit aux animaux.
Piano [Angl, piano ; Allem. Pianoforte] (Techn. ) - Voir Mu-
sique, t . IV, p. 1209.
Pierre à rasoir ou Novaculite. (Minér). C'est le nom
que porte en minéralogie, la substance appelée encore coticule,
wetzschiefer, et plus vulgairement pierre à rasoir,
C'est une roche simple en apparence, mais composée de silice,
d'alumine, d'oxyde de fer et d'eau . Sa couleur est jaunâtre, ver-
dâtre ou bleuâtre. Elle forme des bancs, parfois des filons ou des
veines dans la Saxe, la Bohême, le Levant, la France occidentale,
etc. On s'en sert pour aiguiser les canifs, les rasoirs, etc.
Pilastre [Angl. pilaster ; Allem. der Pilaster] (Archit.) . - Co-
lonne de forme quadrangulaire, le plus souvent adossée à la
façade d'un édifice ou engagée dans un mur à une épaisseur plus
ou moins considérable. Les pilastres sont susceptibles des mêmes 1
modifications et des mêmes ornements que les colonnes dont ils
sont les équivalents.
Pilules [Angl. pill ; Allem. Pille) (Pharm.). - Préparations
globuleuses du poids de 3 décigr. au plus, formées de poudres et
d'extraits réunis ensemble à l'aide d'un sirop ou d'un mucilage.
Piquer (Jardinage). - Ce terme, qui est très peu usité en hor-
ticulture , devrait au contraire l'être fréquemment, car il désigne
une opération des plus souvent pratiquées, celle qu'on fait subir
aux plantes lorsqu'on les met en terre une première fois, soit avec
un plantoir, soit, lorsqu'elles sont très petites , à l'aide du doigt.
Piquer se dit aussi très fréquemment dans les pépinières d'une
petite incision que l'on fait dans l'écorce des sujets qu'on se pro-
pose de greffer en écusson, afin de s'assurer s'ils ont suffisamment
de sève pour que l'écorce se détache de l'aubier.
Pivot (Angl. pivot ; Allem. die Angel] (Serrur.). Morceau de
fer ou d'autre métal, cylindrique ou conique, arrondi à son extré-
mité, supportant un poids qui doit se mouvoir autour de son axe,
tel que, dans la construction du bâtiment, la ferrure sur laquelle
tourne une porte cochère. Le pivot tourne dans une crapaudine,
c'est- à-dire dans une masse métallique solidement fixée dans le
sol et percée d'un trou dans lequel entre le pivot,
1336 POIRIER .
Par extension on donne aussi le nom de pivot à une sorte de
gond qui tourne dans un collier ou bourdonnière . Pour fixer le
pivot sur les parties qui en sont munies, on y ajoute des appen-
dices qui lui ont fait différents noms .
Le pivot à équerre est celui qui porte deux branches et qui sert
à la ferrure du bas d'une porte cochère, ou autre .
Le pivot à tourillon est celui qu'on place au haut de la porte.
Le pivot à équerre à tête carrée ou briquet est une pièce de
ferrure de porte composée de deux parties, l'une en cuivre qu'on
appelle partie double et qui porte une tête ou moufle au milieu,
dans laquelle s'ajuste l'autre partie que l'on nomme simple et qui
est en fer. Chaque partie porte deux branches qui s'entaillent sur
l'épaisseur de la porte et du bâti. Ces mêmes pivots dont la tête
ou moufle et la tige du simple sont prolongées et courbées, pren-
nent le nom de pivot en col de cygne .
PIVOT (Jard.) . - Terme par lequel on désigne d'une manière
générale toute racine qui, au lieu de s'étendre horizontalement
dans le sol, s'y enfonce à peu près verticalement. Il se dit sur-
tout de la racine principale, qui , dans certaines plantes acquiert
de très fortes dimensions : noyer, châtaigner, frêne, colutea,
genêt, luzerne, etc., etc. Les racines qui présentent ce caractère
sont dites pivotantes .
Planète [Angl . planet; Allem. der Planet) ( Astronomie.) .
Astre qui se meut autour du soleil et emprunte de lui sa lumière.
Les planètes sont, dans l'ordre de leur proximité au soleil : Mer-
cure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune.
On peut croire avec quelque vraisemblance que les planètes ont
appartenu au soleil.
Poèles [Angl . cast-iron-stove ; Allem. der Offen] (Fumisterie).
- Voir Chauffage, t. III, p . 329.
Poids [Angl . weight ; Allem. das Gewicht) (Arts phys .) . - La
gravité exerce son action sur les molécules dont les corps sont
composés ; l'effort qu'il faut faire pour équilibrer cette force est
ce qu'on appelle le poids ; on le mesure avec une balance.
On confond souvent les notions de pesanteur et de poids ; mais
il faut se garder de cette erreur : l'une est une force qui agit sur
tous les corps, qui est constante pour toutes les substances, et
indépendante de leur masse ; le poids est la pression exercée sur
les supports , sur le plateau d'une balance ; il est proportionnel à
la masse, croît avec la densité des corps sous le même vo-
lume, etc.
-
Poirier [Angl. pear-tree : Allem. der Birnbaum) (Jard.) .
POIRIER . 1337
Genre de plantes de la famille des rosacées et de la tribu des po-
macées , renfermant des arbres de moyenne grandeur. Le bois du
poirier est dur, pesant, rougeâtre, d'un grain fin, serré, très uni
à l'état sauvage; il prend bien la teinture noire et sert à rem-
placer l'ébène. On le recherche pour une foule d'usages .
Plantation. Les poiriers greffés sur cognassier réussissent
dans presque tous les terrains, même dans ceux qui ont peu de
profondeur, pourvu cependant qu'ils ne
soient pas glaiseux ou humides ; car
alors, malgré tous les soins, ils péri-
raient au bout de quelques années. Tou-
tes les fois que l'on aura à planter dans
un terrain profond, il sera préférable
de planter des poiriers greffés sur franc,
parce qu'ils sont beaucoup plus robustes.
C'est à tort que l'on dit que ces arbres
sont trop lents à se mettre à fruit, parce
qu'ils poussent trop vigoureusement ; car
si, par une taille bien raisonnée et pro-
portionnée à la force des arbres, on éta-
blit une égale répartition de sève dans
tous les membres, on parviendra souvent
à les faire fructifier dès les premières
années ; une fois que ces arbres sont à
fruit, ils en donnent abondamment, et
vivent très vieux. Si l'on plante des poi-
riers greffés sur cognassier, on prendra
des arbres de dix-huit ou vingt mois de
greffe ; mais s'ils sont greffés sur franc,
comme ils poussent beaucoup plus vigou-
reusement , on peut quelquefois les planter
greffés de l'année. Nous conseillons, pour
planterdans les plates-bandes,de prendre Poirier en
des poiriers élevés en quenouille (fig. 520); Fig. 520.
quenouille.
car, dans cette position, c'est réellement
la forme la plus avantageuse, en ce
qu'elle occupe peu de place et produit beaucoup de fruits. Il faut
mettre entre deux pieds un pommier ou un poirier nain, que l'on
taillera en gobelet. Il faudrait alors les planter à environ 4 ou
5 mètres l'un de l'autre .
POIRIERS EN ESPALIER . Pour former un espalier de poiriers
on prendra des arbres nains, jeunes et vigoureux, et on les plan-
tera de préférence à l'est ou à l'ouest. On peut les élever sous
plusieurs formes , mais nous considérons celles en éventail (fig . 522)
et en palmette (fig. 521) comme les plus faciles à diriger et les
1338 POIRIER .
Fig. 521 . Poirier en palmette.
b
a
Fig. 522. Poirier en éventail.
1
POIS . 1339
plus avantageuses. Les poiriers que l'on veut former en éventail
seront plantés à 5,33, 6,66 ou 8 mètres l'un de l'autre, selon la
nature du terrain et la hauteur des murs, et l'on donnera la pré-
férence aux arbres greffés de l'année. On les rabattra de ma-
nière à obtenir cinq bourgeons de chaque côté pour former la
charpente de l'arbre.
Si la première année, l'on n'obtenait pas le nombre de bour-
geons nécessaire pour former l'arbre, il faudrait diriger verticale-
ment le bourgeon terminal pour prolonger la tige, et l'année sui-
vante on le rabattra de manière à obtenir les membres a, b, c, d, e
(fig. 522). A mesure que les bourgeons se développeront, on les
palissera, en les plaçant aussi parallèlement que possible et à
égale distance l'un de l'autre. On pincera l'extrémité de ceux qui
pousseraient plus vigoureusement que les autres, de telle sorte
que chaque membre ait une végétation à peu près égale.
Par l'ébourgeonnage, on favorisera le prolongement du bour-
geon terminal de chaque membre, et l'on pincera très court tous
ceux qui sont mal placés. Aux tailles suivantes, on établira sur
chaque membre successivement, et selon le besoin, des branches
de bifurcation,,, g, h, i, pour remplir les intervalles .
La forme de palmette à double tige que nous représentons
figure 521 est celle adoptée maintenant par le plus grand nombre
de cultivateurs de poiriers, qui la préfèrent à toutes les autres .
COURTOIS-GÉRARD (1).
Pois [Angl. pea; Allem. Erbs] (Agric.). Plante herbacée et
légumineuse, qu'on cultive pour la nourriture de l'homme et des
animaux. On en connaît plusieurs variétés. Quand les pois hâtifs
sont semés sur couches ou sous châssis , c'est un objet de luxe
qui n'est à la portée que des grandes fortunes ; mais semés aux
approches de l'hiver, en pleine terre. dans un sol léger et sablon-
neux, près des abris, recouverts de paille et découverts à temps,
les pois hâtifs donnent au printemps des graines délicieuses, qui
font l'objet d'un grand commerce. Le sol en est épuisé au point
qu'on ne doit y semer de nouveau les pois qu'après un intervalle
de plusieurs années, sous peine de n'avoir que de faibles produits .
Des labours profonds et fréquents, du terreau bien consommé,
conviennent à ce végétal. La graine ne vaut rien passé deux ans,
et souvent même au delà de la première année : elle se sème dans
des trous qu'on espace à peu près de 0m,12. Lorsqu'il a acquis
assez de force avant les gelées, le pois peut les braver aisément,
surtout s'il est abrité des vents rigoureux et des frimats .
(1) Courtois-Gérard, Manuel pratique de jardinage, contenant la manière
de cultiver soi-même un jardin et d'en diriger la culture, 1 vol. gr. in-18 .
840 pages, 26 fig. et 1 pl. (7e édition). Paris, Eugène LACROIX, éditeur
prix : 5 fr.
1340 POMMES DE TERRE .
Poitrail [Angl. girder; Allem. der Unterzug) (Archit.). —
Pièce de bois placée sur des baies d'une grande dimension, comme
ouvertures de boutique, etc. Ces poitrails doivent reposer sur des
points solides, comme piles en pierre ou jambes étrières. Ils doi- 1
vent être d'un bois de bonne qualité et de grosseur convenable ; il
faut éviter que le vide de dessous ne soit trop grand ; il importe
de les bien asseoir sur la pierre dure qui doit les porter et de ne
point mettre de cales dessous .
Pommade (Angl. pomade; Allem. Salb] (Tech. ). - Prépara-
tion pharmaceutique de parfumerie obtenue par la mixtion d'ane
graisse animale, ordinairement l'axonge, avec une ou plusieurs
plantes médicinales ou parfums .
Les pommades diffèrent donc des onguents (Voir ce mot). Néan-
moins il en est qui sont désignées le plus souvent par cette der-
nière dénomination : telles sont les pommades mercurielles ,
simple et double, etc.
Pommes de terre ( Cult. mar.). Plante vivace, originaire
du Pérou ; son introduction est attribuée à Raleigh en 1585 ; mais
ce ne fut que vers la fin du xvIIIe siècle que cette plante précieuse
fut considérée comme alimentaire et cultivée en grand, grâce
au célèbre Parmentier.
Les pommes de terre destinées à la plantation doivent être
saines , de forme régulière et reproduisant exactement les carac-
tères de la variété que l'on veut cultiver; chaque œil détaché
avec une portion de tubercule peut servir à la multiplication des
pommes de terre, mais l'expérience a démontré, depuis long-
temps, que la plantation des tubercules entiers donne de meil-
leurs résultats .
Le procédé le plus généralement employé pour préparer les
pommes de terre de semence consiste à mettre les tubercules dans
des bourriches à huîtres, que l'on dépose dans une pièce de l'ha-
bitation, garnie de tablettes placées les unes au-dessus des autres ,
exactement comme dans un fruitier.
Jamais on ne fait de feu dans la serre aux pommes de terre, à
moins que ce ne soit pour empêcher la gelée de pénétrer, car les
germes avancent toujours assez .
La pomme de terre est un des légumes les plus utiles à l'ali-
mentation ; on en tire l'alcool et la fécule (Voir Fécule, t. ler,
p. 490 et t . III, p. 650) .
Alcool de pommes de terre. La pomme de terre est très riche
en fécule, elle en contient de 16 à 20 et même 24 p. 100. Mais la
pomme de terre ne porte pas en elle, comme le grain, les élé-
ments suffisants pour se saccharifier elle-même, en sorte que
l'on doit employer, pour transformer la fécule en glucose, l'action
POMMES DE TERRE . 1341
des acides ou blen celle du malt. A cela près, la théorie de la
saccharification est identique avec celle des grains, et nous allons
passer de suite à l'étude des divers procédés en usage dans
l'alcoolisation des tubercules en général.
On rencontre trois méthodes principales dans le traitement de
la pomme de terre : on cuit la pomme de terre et on l'écrase de
manière à en faire une bouillie que l'on traite ensuite facilement,
ou bien on la râpe pour arriver au même résultat, enfin on en
extrait la fécule dans les féculeries, et on la saccharifie.
Cuisson. C'est Mathieu de Dombasle qui a imaginé la mé
thode par la cuisson. Elle se fait toujours à la vapeur. A cet effet,
Mathieu de Dombasle plaçait verticalement sur une chaudière
pleine d'eau un tonneau de même diamètre, dont le fond inférieur
était percé d'un grand nombre de trous et qui était rempli de
pommes de terre, et fermé à la partie supérieure. On chauffait
l'eau dont la vapeur traversait le tonneau et opérait la cuisson
des tubercules . La pomme de terre, en sortant du tonneau , était
écrasée et réduite en bouillie. Aujourd'hui on a rendu l'opération
plus industrielle en réduisant la main-d'œuvre. La pomme de
terre, épierrée et lavée dans des appareils analogues à ceux que
l'on emploie en sucrerie, mais de petites dimensions , est intro-
duite par une ouverture supérieure dans un tonneau vertical de
forme spéciale (fig. 523) et munie intérieurement d'un double fond
perforé placé au niveau du bas d'un trou d'homme latéral et
carré hermétiquement clos, comme l'ouverture d'introduction.
Ce tonneau est solidement cerclé de fer. Sous le faux fond dé-
bouche un tuyau de vapeur provenant d'un générateur, et sous
le fond un tuyau d'évacuation de l'eau de condensation. Une petite
ouverture latérale que l'on bouche pendant l'opération permet
d'introduire une tige de fer pour s'assurer de l'état de cuisson de
la pomme de terre. Le trou d'homme latéral sert à l'évacuation
des tubercules et s'ouvre au-dessus de la trémie d'un écraseur
composé de deux cylindres mus par un engrenage. Tout le système
est placé à une hauteur suffisante pour que la pomme de terrə
écrasée tombe dans la cuve-matières . Les cylindres écraseurs
sont soit en bois de chêne, soit en fonte, creux, de 50 ou 60 centi-
mètres de diamètre sur 60 de long, dimensions qui permettent
l'écrasement et l'entraînement de la pulpe, et sont animés de
vitesses différentes . Le mouvement leur est communiqué par une
courroie, de telle sorte que, si quelque corps dur s'interpose, la
courroie glisse et les dents des engrenages ne se cassent pas. Pour
une charge de 25 à 30 hectolitres, le temps de la cuisson est d'une
à deux heures . L'eau qui se condense et s'écoule d'abord froide,
sale, écumeuse, s'échauffe petit à petit, et coule finalement claire
et mêlée de vapeur. Cette dernière eau peut être recueilllie pour
1342 POMMES DE TERRE .
les opérations successives. La quantité d'eau qui s'écoule corres-
pond à peu près au quart du poids des pommes de terre.
Après la cuisson, les pommes de terre, dont les cellules sont
détruites , les granules de fécule déchirés et gonflés, l'albumine
coagulée, forment une masse
presque sèche, dont le poids d'ail-
leurs n'a pas changé, et doivent
être écrasées bouillantes, sinon i
les rouleaux ne fonctionnent plus
convenablement .
La cuisson à basse pression
peut être remplacée avec avan-
tage par l'action de la vapeur à
125 ou 230 degrés dans un grand
cylindre de tôle résistante, ho-
rizontal et muni intérieurement
d'un agitateur. Ce cylindre, qui
peut avoir 3 mètres de long et
1m ,50 de diamètre, reçoit la va-
peur par plusieurs ouvertures
placées à la partie supérieure.
On y introduit, au moyen de deux
trous d'hommes autoclaves, 2,500
kilogr. de pommes de terre, et
on fait agir la vapeur à 3 atmos-
phères pendant une heure ; à ce
moment, on met en mouvement
Fig. 523 . Tonneau pour cuisson de la pomme de terre.
l'agitateur et l'on prolonge la cuisson pendant une demi-heure.
I. s'agit ensuite de diminuer la température et de l'amener à 60
degrés , chaleur nécessaire pour la saccharification. On y arrive
en évacuant d'abord la vapeur, puis en faisant un vide partie
POMMES DE TERRE . 1343
dans le cylindre au moyen d'une pompe à air analogue à celles
des sucreries, de manière à provoquer une évaporation vive de
l'eau intérieure; au bout de vingt minutes le résultat désiré est
obtenu . On introduit alors le malt dans la chaudière en le délayant
dans l'eau et faisant aspirer la bouillie au moyen du vide, soit
175 kilogr. de malt vert. On laisse alors rentrer l'air, mais on
maintient pendant trois quarts d'heure encore le mouvement de
l'agitateur à 80 ou 90 tours. Bientôt il devient moins dur à éntral-
ner, car le moût se liquéfie dans le cylindre sous l'influence du
malt, et la saccharification est bientôt terminée. On voit combier.
est facile l'ensemble des opérations au moyen de ce nouveau pro-
cédé qui économise 10 p. 100, et même plus, de matière sur
l'ancienne cuisson, et donne un rendement en alcool presque
théorique. On a donc tout intérêt dans la grande industrie à
l'employer, malgré le coût de l'appareil.
Lorsqu'on ne fait pas usage de ce procédé perfectionné, la
pomme de terre cuite et écrasée est mélangée dans la cuve-
matières avec 7 p. 100 en poids de malt, soit pour 100 kilogr.
de tubercules, 70 kilogr. de malt dans une cuve de 35 à 40
hectol . , et avec de l'eau chaude, de manière que la température
du mélange soit de 36 à 42 degrés . On brasse, on laisse reposer
une demi-heure. On ajoute de l'eau bouillante pour opérer la
saccharification au-dessus de 60 degrés, macération de trois ou
quatre heures ; puis on ajoute 32 ou 35 hectol. d'eau tiède, la
température descend à 25 degrés . On ajoute 2 kilogr. de levûre
délayée, et lorsque la fermentation est achevée, on distille dans
les appareils propres aux masses pâteuses. On obtient ainsi
74 litres d'alcool absolu, tandis que, dans le cylindre sous pres-
sion, on a un rendement de 91 p. 100.
L'alcool obtenu par ce procédé est de mauvaise odeur, ne
marque que 46 degrés et demande une rectification soignée.
(Voir plus loin Rectification à son ordre alphabétique).
Procédé par rapage. - Les pommes de terre, après avoir été
lavées comme précédemment, sont jetées dans une râpe analogue
à celles de la sucrerie. Les râpes Champonnois (dont une est
représentée t. III, p. 651, fig. 214), sont d'un très bon office pour
ce genre de travail. Si l'on traite 1,000 kilogr. de tubercules à la
fois, on se sert pour la macération d'une cuve de 22 à 25 hectol .
à double fond perforé, sur lequel on a étalé une couche de courte
paille. On charge la cuve de 1,000 kilogr. de pommes de terre
que l'on abandonne au repos en cet état pendant une demi-heure,
afin d'évacuer l'eau de végétation que l'on écoule par le fond.
Ensuite, on ajoute dans la cuve 1,000 à 2,000 litres d'eau bouil-
lante, puis 70 kilogr. de malt trempé. On brasse et laisse macérer
le tout trois ou quatre heures.
Quand cette opération est faite, on soutire le liquide et on l'en
1344 POP.
voie dans la cuve à fermentation ; on laisse égoutter dix ou quinze
minutes la pulpe, on réunit cet égouttage au premier liquide, puis
on verse 500 litres d'eau bouillante sur cette pulpe que l'on brasse
fortement. Au bout d'un certain temps de repos, on soutire, on
égoutte, on lave de nouveau la pulpe avec 500 litres d'eau froide
avec brassage, puis on soutire et on égoutte de nouveau, et tous
ces liquides sont réunis au premier dans la cuve à fermentation
qui se trouve à la température convenable pour recevoir 2 kilogr.
de levûre et être mis à fermenter. On ne distille donc par ce pro-
cédé que des substances liquides, mais l'alcool qu'on retire pos-
sède un goût presque aussi désagréable que par le premier procédé.
Traitement de la fécule. Le seul moyen d'obtenir de l'alcool
bon goût au moyen de la pomme de terre est d'en extraire d'abord
la fécule et de la traiter séparément. (Voir, pour l'extraction de
la fécule, t. Ier, p. 491) .
La saccharification de la fécule s'opérait autrefois par l'acide
sulfurique, soit, pour 2,000 kilogr. de fécule, 40 kilogr. d'acide
sulfurique mélangés avec 6,000 litres d'eau dans une cuve de
125 hectol . La fécule étant délayée séparément par 100 kilogr.
dans 100 litres d'eau et versés par 15 ou 20 litres à la fois dans
la cuve, on chauffait avec de la vapeur à 2 ou 3 atmosphères par
barbotage. La fécule, maintenue à 100 degrés, se charge en em-
pois, puis en dextrine, puis en glucose. On saturait alors l'acide
avec du blanc d'Espagne, 45 ou 50 kilogr. réduits en bouillie, on
laissait déposer douze heures et on soutirait à clair. 100 de fécule
devraient donner 110 de glucose, mais on n'obtient guère en fa-
brique que 100 de glucose ou 150 de sirop à 30 degrés .
Au lieu d'opérer ainsi, on préfère saccharifier la fécule par la
diastase. Dans une cuve de 30 hectol., on mélange 1,000 litres
d'eau froide , 500 kilogr . de fécule sèche (ou 750 de fécule humide),
on brasse et on ajoute 1,700 litres d'eau bouillante. Dans ces
conditions, on obtient un empois très transparent. On ajoute 75à
80 kilogr. de malt en farine, on brasse énergiquement pendant
dix minutes et on laisse reposer pendant trois ou quatre heures,
pendant lesquelles la saccharification s'opère.
Quel que soit le procédé que l'on emploie, lorsque l'on a obtenu
la solution glucosique que l'on abaisse à 6 ou 7 degrés Baumé à
la température de 22 ou 24 degrés centigrades, on ajoute 500 gr .
de levûre sèche ou 1 litre de levûre fraîche par 1,000 litres de
moût, la fermentation s'opère et s'achève en trente-six heures.
On laisse reposer vingt-quatre heures et l'on distille.
100 kilogr. de fécule donnent 35 à 40 litres d'alcool pur, 40 à
45 litres d'alcool à 90 degrés .
Pop (LIQUEUR DE) . C'est une liqueur anglaise connue sous le
nom d'impérial Pop, et dont voici la préparation :
POULIE . 1345
On met dans un pot de terre 1 kilogr. de sucre, 2 citrons coupés
par tranches , 60 gr. de crème de tartre en poudre ; on verse
ensuite dessus 8 litres d'eau bouillante, on mêle et on couvre avec
une toile forte et épaisse, puis on laisse refroidir.
Lorsque le mélange est presque froid, on y jette une tranche
de pain coupée mince, sur laquelle on a étendu environ deux
cuillerées de levûre de bière ; cette tranche surnage le liquide ; on
recouvre le liquide jusqu'au lendemain avec la toile, puis on le
met en bouteilles , en ayant soin de passer à travers un tissu serré
qui filtre le liquide et retient les substances hétérogènes qui s'y
trouvaient en suspens et qui troublaient sa limpidité.
Au bout de trois à quatrejours,le liquide est entré en fermen-
tation ; il a acquis du piquant, il est bon à boire. Les bouteilles
qui servent à contenir ce liquide, qui fermente dans les vases,
doivent être fortes. On se sert en Angleterre de bouteilles en
terre, de cruchons.
Potée d'étain [Angl. pewter putty ; Allem. die Zinnasch]
( Techn .). - Oxyde d'étain qui , broyé très fin, sert également à
polir le fer, l'acier, etc.
Poulie [Angl. pulley ; Allem. die Rolle] (Mécan .). Roue
massive ou évidée, en bois ou en métal, tournant sur un axe en
fer que supporte une chape. Sur la circonférence de la roue est
creusée une gorge pour recevoir un cordage. La poulie sert à chan-
ger la direction de la force qu'on applique à ce cordage et qu'on
veut transmettre à un objet à déplacer. (Voir le mot Levage) .
POULIE DIFFÉRENTIELLE. On donne ce nom à une poulie dou-
ble, appareil fréquemment employé dans les grands chantiers et
qui permet à un homme de manœuvrer des poids considérables.
A. (fig. 524) est une poulie fixe à deux réas, dont l'un est un peu
plus grand que l'autre. Une corde sans fin passe sur le plus grand
de Fen E ; elle se rend alors sous la poulie mobile B, après quoi
elle retourne sur le plus petit de Den G. Elle retombe alors de
manière à former une ligne continue.
Si l'on applique en P une force qui tire le cordon 1. le cordon 2
sera élevé de la même quantité, et la circonférence de la poulie A
suivra le même mouvement. En supposant que la ligne 3 soit fixée
à son extrémité, la poulie B s'élèverait de moitié de la quantité
dont le cordon 2 a été raccourci. Mais la révolution de la poulie A
pendant qu'elle élève le cordon 2 sur son réa, fait descendre le
cordon 3 sur le sien. Si les deux réas étaient de même dimension,
la poulie B ne monterait pas, puisque le cordon 3 descendrait
autant que monterait le cordon 2. Mais à cause de la différence
de grandeur des réas la ligne 3 ne descend pas aussi vite que
monte la ligne 2, et l'élévation de la poulie B sera par conséquent
1346 POULIE
égale à la moitié de leur différence. Si le plus grand réa a une
circonférence de 18 centimètres, et le plus petit une de 15, le cor-
don 2montera de 18 centimètres à chaque révolution de la poulieA,
et le cordon 3 descendra de 15. La poulie B avec le poids qui y
est attaché s'élè-
vera par consé-
quent d'un centi-
mètre et demi
quand Pdescendra
de 18; la force ainsi
gagnée est donc
de 12.
La cause de ce
gain se voit de
suite, en considé-
rant que l'action
du poids sur le
cordon 3 tend à
3 2
4 faire tourner la
poulie dans la di-
rection de la flé-
che, àpeu près au-
B
tant que l'action
du cordon 2 tend
P à faire tourner en
W sens contraire. Une
12
Lbs petite force appli-
quée en P détermi-
nera alors le mou-
vement . Si comme
dans notre exem-
ple, la distance de
Cen Dest de 15,
et de Cen E de 18,
un poids suspendu
au cordon 3 ferait
mouvoir la poulie
A dans la direction
Fig. 524. Poulie différentielle. de la flèche avec
une force de 15,
tandis que la même force appliquée au cordon 2 la ferait tourne.
en sens contraire avec une force de 18. La différence entre les
deux efforts sera donc la résistance réelle à vaincre par une force
appliquée à la circonférence du plus grand réa de la poulie Ar
et ce sera un sixième de l'effort sur l'un ou l'autre des cordons,
Mais cet effort n'est que la moitié du poids total suspendu en B,
PRÉSURE . 1347
et la force de combinaison sera alors de 12. Elle peut être
augmentée en diminuant la différence entre les deux réas. Ainsi,
si le plus grand a un diamètre représenté par 100, et le plus petit
par 99, la résistance de la poulie supérieure au mouvement sera
la centième partie du poids qui tire chaque cordon, où la deux-
centième partie du poids total suspendu en B.
Comme la corde n'a pas d'extrémité fixe, et que l'action des
poulies serait entièrement détruite si elle pouvait glisser sur elles,
il est nécessaire de prendre quelques précautions pour l'en empê-
cher. La plus simple consiste à employer une chaîne au lieu d'une
corde. Les anneaux en seraient conduits par des pointes fixées à la
surface des poulies. Cette invention ingénieuse permet d'obtenir
l'augmentation de la force sans augmenter le frottement, et sans
obliger à employer un appareil volumineux.
Cette poulie différentielle peut être manœuvrée soit en agissant
directement sur les chaines, soit à l'aide d'un levier à rochet qui
commande les poulies supérieures, comme l'indique la figure .
Prêle [Angl. horse-tail ; Allem. der Schachtelhalm] (Botan.).
Piante vulgairement appelée queue de cheval et qui croît dans
les terrains humides ; elle est à tige creuse cannelée, divisée en ra-
meaux . Cette herbe est employée dans le commerce et notamment
par les luthiers . Trempée dans l'eau elle a la propriété de limer,
d'amincir les bois et de polir les métaux avec la plus grande
finesse.
Présure (Angl . rennet ; Allem . das Lab] (Conn. Gen. ). - Ма-
tière que l'on trouve dans le quatrième estomac ou la caillette du
veau et des jeunes animaux ruminants, à l'âge où ils sont encore
nourris de lait ; elle se compose de sucs gastriques et de lait
presque réduit en caséum. La présure récente a une saveur
acide ; elle est en grumeaux blanchâtres, qui deviennent ensuite
d'un gris plus ou moins foncé . Lavée, salée et séchée à l'air, cette
matière prend une consistance et un aspect onguentacé. On se
sert de la présure pour faire cailler le lait ; on en met dix-huit à
vingt grammes par litre de ce liquide.
Présure liquide.
Estomacs de jeunes veaux.... 10 parties.
Chlorurede sodium
. 3
1
Alcool à 80° cent. (310 cart.) ....
Eau 16
On divise avec les ciseaux les membranes de l'estomac, on les
malaxe avec le sel et la présure qui se trouve dans l'intérieur de
cet organe ; on place le tout dans un pot de terre qu'on dépose
1348 PUCERONS .
dans un lieu frais. Ce mélange est laissé en contact pendant asseż
de temps pour qu'une odeur de fromage désagréable qu'il avait
primitivement, soit remplacée par l'odeur propre de la présure ;
le temps de cette réaction varie de 1 à 2 mois, suivant la tempé-
rature ; à cette époque on la délaie exactement avec la quantité
d'eau, puis on y ajoute l'alcool , et on filtre. On peut colorer avec
du caramel .
Autre procédé. Mettre dans une bouteille un demi -litre de
vin blanc de bonne qualité, un verre de vinaigre blanc, 15 gramm.
de sel et un morceau de vessie de porc sèche.
Cette présure se conserve longtemps, et, à mesure qu'on l'em-
ploie, on peut y ajouter du vin.
Prisme [Angl. prisme ; Allem. das Prima) (Géom. ) . -C'est
un solide compris sous plusieurs plans parallélogrammes, terminés
de part et d'autre par deux plans polygones égaux et parallèles.
Le prisme est triangulaire, quadrilatère , pentagone, etc., selon
que sa base est un triangle, un quadrilatère, un pentagone, etc.
Propriété [Angl. propriety Allem. Eigenthum] (Jurisp.). -
Les questions de propriété sont déférées au jugement des tribu-
naux en matière de grande voirie ; il en est de même pour les
questions de voirie municipale, les chemins vicinaux, les cours
d'eau, etc.
D'après la loi du 10 juin 1793, les rues, places, quais et prome-
nades publiques font partie des biens communaux. Les chemins,
routes et rues sont à la charge de l'État ; sont considérés comme
des dépendances du domaine public, les fleuves et les rivières
navigables ou flottables, les rivages, lais et relais de la mer, les
ports, les havres, les rades, et généralement toutes les parties du
territoire français qui ne sont pas susceptibles d'une propriété
privée. Lorsque, par suite du percement de rues, de formation
de places nouvelles, de construction de quais, ou tous autres tra-
vaux publics , généraux, départementaux et communaux, ordonnés
et approuvés par le gouvernement, des propriétés auront acquis
une notable augmentation, ces propriétés pourront être chargées
de payer une indemnité qui pourra s'élever jusqu'à la valeur de la
moitié des avantages qu'elles auront acquis. Le tout sera réglé
par estimations dans les formes déjà établies par la loi, jugé et
homologuée par la commission qui aura été nommée à cet effet.
(Lois des bâtim.).
Pucerons [Angl. aphis; Allem. Laus] (Hist. natur.) . — On com-
prend généralement sous ce nom plusieurs espèces d'insectes qui,
bien qu'appartenant à des classes différentes, n'en sont pas moins
très nuisibles aux végétaux. L'une d'elles, le puceron lamigére, est
PUDDLAGE . 1349
ainsi appelée à cause de son aspect floconneux-neigeux ou laineux ,
dû à une masse de filaments blancs dans lesquels il se renferme ;
il attaque principalement les pommiers, sur lesquels il détermine
des sortes de galles ou de verrues, parfois considérables et remar-
⚫quables par leur irrégularité, due à de nombreux interstices entre
lesquels l'insecte dépose sa postérité, à laquelle, par conséquent,
il assure un abri , Une autre espèce de pucerons qui attaque à peu
près exclusivement les végétaux de la famille des crucifères, tels
que, choux, navets , radis, etc., est l'altise, petit sauteur extrême-
ment agile. Une troisième espèce de pucerons, qui n'est guère
moins redoutable à l'horticulture que les deux précédentes , est un
petit puceron vert, un peu allongé , d'aspect visqueux, qui attaque
exclusivement, mais à peu près indistinctement, les jeunes bour-
geons et les feuilles de tous les végétaux. Les pucerons se mul-
tiplient avec une telle rapidité que quelques jours suffisent pour
qu'on en trouve des quantités considérables là où il y en avait à
peine, et où même il n'y en avait pas du tout.
Les différents moyens à employer pour en empêcher la destruc-
tion varient en raison de l'espèce à laquelle on a à faire. Quant
aux pucerons verts , qui attaquent surtout soit les feuilles, soit les
parties tout à fait herbacées, il est un moyen infaillible de s'en
débarrasser : c'est l'emploi de la fumée produite par la combus-
tion lente du tabac, moyen des plus facile à employer lorsque les
plantes sont placées dans un endroit clos , soit dans des serres ,
soit sous des châssis, etc. Dans ce cas , après avoir bouché préa-
lablement tous les interstices afin que la fumée ne puisse s'échap-
per, on enfume l'endroit dans lequel les plantes sont renfermées
en y brûlant du tabac légèrement mouillé. La chose est moins
facile lorsque les plantes sont en plein air ; on est alors forcé,
avant d'opérer la fumigation, de leur faire momentanément un
abri, soit avec des toiles cirées, soit avec des draps qu'on mouille
fortement . Lorsque l'opération est terminée, que la fumée est dis-
parue, on bassine les plantes afin de les débarrasser soit des pu-
cerons morts , soit de la poussière qui aurait pu se déposer sur
les feuilles. Parfois aussi on parvient à se débarrasser des puce-
rons en projetant sur les parties qui en sont attaquées des liquides
alcalins, par exemple une dissolution de savon noir dans de l'eau ;
mais dans ce cas il faut bien proportionner les doses, autrement
on pourrait faire périr ou tout au moins fatiguer les feuilles, incon-
vénient qu'on évite en opérant les aspersions le soir et en ayant
soin de bassiner ou de seringuer le lendemain de très bonne heure
avant que la lumière et surtout le soleil ne frappent les végétaux,
Une dissolution d'aloès suffit également dans quelques cas pour
détruire les pucerons. (Voir le mot Insectes nuisibles , t. II, p . 792) .
Puddlage (Angl . puddling ; Allem. die Ofenfrischerei) (Métal.) .
- Voir t. III, p. 712.
IVE VOLUME 38
1350 QUEUE DE RAT .
Quadrature [ Angl . quadrature ; Allem. die Quadratur ]
(Géom.) . Réduction d'une figure géométrique en un carré. La
quadrature du cercle est regardée comme un problème inso-
luble. En effet, ce problème ne consiste qu'à évaluer la surface
du cercle, puisque le carré n'est autre chose que la mesure com-
mune de toute surface. Or, on n'a pu trouver qu'approximative-
ment le rapport de la circonférence au diamètre, rapport sans
lequel une évaluation précise est impossible, et ce rapport est de
3,1415926.
Quadrilatère [Angl . quadrilateral ; Allem. die Vierseitige
Figur] (Géom . ). Terme de géométrie désignant une figure à
quatre côtés, et conséquemment à quatre angles. C'est dans ce
sens que quadrilatère est synonyme de quadrangulaire.
Quart [Angl. quarter ; Allem . das Viertel] ( Génér.). - Laqua-
trième partie d'un tout, d'un ensemble, d'une unité.
QUART DE CERCLE [Angl. quadrant ; Allem. die Quadrant) (Geom.).
La quatrième partie de la circonférence d'un cercle, dont l'ou-
verture de l'angle est de 90 degrés ; est aussi un instrument qui
sert à rapporter des angles et à établir une construction d'équerre.
QUART DE ROND [Angl. quarter-round ; Allem . der Viertelstab]
(Archit.) . -Moulure qui a pour son contour la figure d'une partie
du cercle ; dans l'architecture romaine son profil est un quart de
cercle exact .
Quenouille. - Voir t. II, p. 1322.
Queue de cheval. - Voir Préle, t. IV, р. 1347.
Queue de morue [Angl. fish-tail an eccentric; Allem. der
Fischschwanz ] (Menuis. ) . Planche dont la largeur est inégale
d'un bout à l'autre. On doit éviter de mettre des planches en queue
de morue dans les panneaux et les autres ouvrages apparents,
parce que l'obliquité de leurs joints est désagréable à l'œil, et
que, de plus , les joints ainsi disposés font plus d'effet en se reti-
rant que ceux qui sont parallèles .
Queue de rat (Génér.) . - Nom donné : 1º à une dartre allongée
qui survient aux jambes des chevaux, sur la face postérieure et
sur le trajet du tendon ; 2º à des cordages qui sont plus gros par
le bout où ils sont attachés, et qui vont toujours en diminuant
QUINTESSENCE . 1351
jusqu'à l'autre bout ; 3º à une lime ronde et pointue, allant tou-
jours en diminuant de grosseur depuis sa base jusqu'à la pointe ;
elle a par conséquent la forme d'un cône extrêmement allongé,
taillé sur sa surface conique.
Quille (Angl. keel ; Allem. der Kiel] (Archit. navale) - Longue
pièce de bois droite, plus haute que large , qui va de la poupe à
la proue d'un navire dont elle est la colonne vertébrale. C'est la
base sur laquelle on construit toute la carcasse du vaisseau .
Quinine [Angl . quinina; Allem. das Chinin) ( Chim . Pharm .) . —
Base retirée des quinquinas, en laquelle paraît résidée leur pro-
priété fébrifuge. Sa découverte par Pelletier et Caventou en 1820,
a été un des principaux progrès de la médecine . C'est à l'état de
sulfate de quinine, quelquefois de lactate ou de tannate, qu'elle est
administrée.
La grande consommation du sulfate de quinine et son prix élevé
ont fait rechercher avec soin les méthodes les plus parfaites pour
sa préparation . La solubilité de la quinine dans l'alcool, qui était
la base des teintures à l'aide desquelles on administrait le quin-
quina avant la découverte de la quinine, fournit la base de ces
procédés. Le procédé d'extraction indiqué par Pelletier et Ca-
ventou consistait à traiter le quinquina par l'alcool ; à évaporer
cette teinture en vase clos, puis à reprendre l'extrait alcoolique
par l'acide chlorhydrique qui en sépare la quinine avec quelques
autres principes ; à décomposer l'hydrochlorate, résultant par la
magnésie en excès, et à traiter enfin le dépôt magnésien par l'al-
cool pour en extraire la quinine ; enfin à évaporer celui-ci à basse
température.
L'extraction industrielle de la quinine consiste : 1º à bien
épuiser, par des lavages successifs , avec de l'eau acidulée, qui
dissout très bien la quinine, le quinquina réduit en poudre ; 2º à
ajouter de la chaux ou mieux de la magnésie et à traiter par
l'alcool le précipité ; 3º à soumettre à la distillation la teinture
alcoolique, et, lorsque cette opération est très avancée, à ajouter
l'acide sulfurique nécessaire pour sulfater la quinine, c'est-à-dire
jusqu'à ce que la liqueur rougisse le papier de tournesol. Par le
refroidissement, la liqueur donne le sulfate de quinine cristallisé.
On l'obtient parfaitement blanc en le redissolvant et le filtrant
avec du noir animal .
Quintessence [Angl. quintessence ; Allem . Quintessenz ] ( Gé-
néralités). - Anciennement ce mot servait à désigner l'éther, le
cinquième des éléments essentiels, et le plus subtil de tous. Au-
jourd'hui on l'emploie encore pour désigner la partie la plus
1352 RAME .
subtile, la plus pure, extraite de certains corps ou de certains
ouvrages .
Quipos (Génér.). - Nœuds de laine ou de coton, en usage chez
les Péruviens et les Chiliens non seulement pour opérer des cal-
culs arithmétiques, mais pour transmettre au moyen de signes
conventionnels les ordres les plus secrets. Les quipos servaient à
transmettre même les plus intimes affections, et enfin à établir
des relations de toute nature .
Quittance ou Quitus (Comm.) . - Acte constatant la libé-
ration du débiteur vis-à-vis du créancier. La quittance peut être
faite sous seing privé, ou bien même par-devant notaire. La quit-
tance définitive accordée au comptable de deniers publics, et
constatant qu'il est libéré envers le trésor, reçoit le nom de quitus .
C'est la Cour des comptes qui seule a le droit de rendre les ordon-
nances de quitus, parce qu'elle est chargée de faire la vérification
de toutes les comptabilités.
Radier [Angl . piling ; Allem. der Pfalhrost] (Archit, hydr . ).
On appelle ainsi les revêtements factices du sol destinés à le
défendre contre l'action érosive des eaux. L'avant - radier est le
radier d'amont, l'arrière-radier est un radier d'aval .
Raffinerie [Angl. sugar-refinery ; die Zuckersiederei) ( Chim.
indust .). C'est le nom qu'on donne à l'établissement où s'opère
le raffinage du sucre. Cette désignation comprend le local, les
ustensiles, et souvent même, lorsque l'exploitation est en activité,
les matières premières (sucre brut, charbon animal , sang, etc. ),
le combustible , les produits fabriqués , vergeoises , sucre en
pains , etc.
Pour les opérations qui s'exécutent dans ces établissements,
nous renvoyons le lecteur au mot Raffinage, t . II, p. 1274 et
1419.
Rais [Angl. spoke ; Allem. der Radarm] (Carross .). — Pièces
de bois qui entrent par un bout dans le moyeu d'une roue, et par
l'autre dans les jantes ; ainsi dites de leur disposition rayonnée.
(Voir Carrosserie, t. Jer, p. 254).
Rame (Techn. ) . - Dans les arts industriels le mot rame a plu-
sieurs acceptions :
En marine, c'est une longue pièce de bois à laquelle on donne
1
RAVINS . 1353
aussi le nom d'aviron, dont l'une des extrémités qui est aplatie
prend le nom de pale ou plat, et l'autre qui est ronde sert à la
faire manœuvrer .
La rame fait l'effet du levier, dans lequel la main est la puis-
sance, le point du bateau où la rame est appliquée est la résis-
tante, et l'eau est le point d'appui .
En horticulture, on donne le nom de rame à de petits bran-
chages plus ou moins élevés, que l'on plante en terre à côté des
tiges de pois ou haricots, sur lesquels ils filent et s'attachent
pendant leur végétation, afin de faciliter leur accroissement et la
récolte.
Le fabricant de draps donne le nom de rame à un instrument
qui sert à faire sécher les pièces et à les tendre, pour les faire
venir à la largeur convenable , que le feutrage leur avait fait
perdre.
En papeterie, on entend par rame la réunion de 500 feuilles de
papier du même format , ou 20 mains.
Rape [Angl. raspe ; Allem. Raspe] ( Techn.) . Ce mot désigne
en général un instrument servant à pulvériser : telle est la râpe à
sucre ; ou à enlever les aspérités sur les métaux ou certains ma-
tériaux, à seule fin de les préparer à être polis : telle est la lime
des sculpteurs, la râpe à bois des menuisiers, des ébénistes, etc.
C'est encore une machine servant au râpage de la pomme de terre :
telle est la rape que nous représentons t. III, p . 651, ou au râpage
de la betterave, t. II, p. 1416.
Rasoir [Angl. razor ; Allem. das Rasirmesser] (Techn . ) . — Ins-
trument d'acier qui a le tranchant très fin et avec lequel on rase
la barbe et les cheveux.
Les meilleurs rasoirs sont ceux dont la lame est mince et montée
dans un talon en fer ou en acier. Ces lames ont l'avantage de
n'avoir jamais besoin d'être passées sur la meule, qui les dété-
riore en les détrempant, par la chaleur qui est transmise à la
lame par la vitesse avec laquelle la meule tourne. Il en est de
même de la polissoire. Les rasoirs à lame mince ne sont pas
sujets à ce grave inconvénient ; ils n'ont besoin que d'être passés
de loin en loin sur la pierre à huile, et de là sur le cuir, pourvu
que ce dernier soit bien préparé.
Pour le repassage des rasoirs, voir t. II, p. 279, et le mot
Pierre à rasoir, t. IV, p . 2335 .
Ravins [Angl. ravine; Allem. die Schlucht] (Génér.). —- Vallons
dont le fond est à sec pendant une partie de l'année, et dans
lesquels les pluies, les dégels ou des fontaines intermittentes for-
ment des cours d'eau temporaires. Les ravines ne sont autre
1354 REGULATEUR .
chose que les sillons naturels tracés dans les terres par les eaux
pluviales .
Réalgar [Angl . red orpiment ; Allem. das Arseniksulfur]
(Chimie. ) . - C'est le nom que les anciens minéralogistes don-
naient au sulfure rouge d'arsenic ou arsenic sulfuré rouge des
modernes. Il ne diffère pas seulement de l'orpiment ou arsenic
sulfuré jaune, par sa couleur, mais encore par la proportion des
éléments qui le composent. On rencontrele réalgar dans les mon-
tagnes primitives, ordinairement avec l'arsenic natif, sous la
forme de veines , d'efforescence, très rarement en cristaux régu-
liers , comme celui qui existe à Kapnick, en Transylvanie. Il se
trouve aussi dans les terrains volcaniques, par exemple à la Sol-
fatare, près Naples, ou sublimé sous forme de stalactites, dans les
fentes et les cratères des volcans, tels que l'Etna et le Vésuve .
Reboisement ( Sylvic.). — Opération qui a pour objet de faire
occuper de nouveau par des végétaux ligneux un terrain qui,
antérieurement, en avait déjà été couvert . On entend aussi
parlà des plantations, également en bois, faites, sur une étendue
de terrain à peu près égale à celle qui , sur d'autres points a été
dépouillée des arbres qui la garnissaient et livrée à la grande
culture .
Régulateur [Angl . counter ; Allem . der Zähler] (Mécan .) .
Dans les arts, on donne généralement le nom de régulateur à
tout appareil destiné à régler la marche ou les effets des forces.
Celui des machines à vapeur a pour objet de tirer parti de la
force centrifuge du mouvement de rotation, pour modérer la
rapidité de ce mouvement.
Le régulateur des machines à vapeur est une ingénieuse inven-
tion du célèbre Watt ; on lui donne aussi le nom de modérateur ;
voici en quoi il consiste : L'axe vertical communique par une
poulie et des cordes avec le volant de la machine, en sorte que la
vitesse de rotation de cet axe et du volant varient ensemble et
dans le même rapport. Deux sphères de métal sont attachées aux
extrémités de bras qui sont mobiles autour d'une charnière au
haut de la tige, et articulés avec deux autres bras à un manchon,
qui embrasse l'arbre et tourne avec lui.
Il suit de cette disposition, que lorsque la rotation du volant
s'accélère, celle de l'arbre augmente aussi, et que la force centri-
fuge agissant sur les masses , les écarte d'autant plus de l'axe
qu'elles tournent plus rapidement. Or, cet écartement ne peut
avoir lieu sans que l'anneau soit soulevé, ainsi que le bras du
levier. Par cet effet, le bras est abaissé, et la soupape, attachée à
une bielle, tourne plus ou moins, ce qui rétrécit le passage de la
REGULATEUR . 1355
vapeur dans le tuyau, et par conséquent diminue la puissance
de la machine. Ainsi lorsqu'il arrive que la valeur se développe
avec une grande abondance, et que l'action se trouve trop forte,
le volant tourne avec rapidité ; cette vitesse se communique à la
tige du régulateur, et la force centrifuge écarte les masses ; la
soupape se ferme donc en grande partie, et la vapeur arrivant
plus difficilement ,
le mouvement se
ralentit .
Nous renvoyons
le lecteur à l'arti-
cle Machines à va-
peur, t. IV, p. 1052,
où nous représen-
tons divers systè-
mes de régulateurs
pour machines à
vapeur .
RÉGULATEUR
D'HORLOGERIE [ Ang
pendulum ; Allem .
der Perpendikel ] .
-Voir t. II, p. 680
et 1289.
RÉGULATEUR
ASTRONOMIQUE .
Celui de M. Yvon
Vilfarceau , que
nous représentons
fig . 525, est surtout
employé à régula-
riser les mouve-
ments d'instru-
ments astronomi-
ques. Il a été em-
ployé dans l'expé-
dition au Japon
pour l'observation
Fig. 525. Régulateur astronomique.
du passage de Vé-
nus . M. Cornu en
a fait usage pour régulariser la marche des cylindres enregis-
treurs dans ses expériences sur la vitesse de la lumière. La pré-
cision de cet instrument est assez grande, puisque après plusieurs
rotations il n'y a que quelques centièmes de seconde d'écart .
M. Wolff, astronome de l'Observatoire, a assuré que plusieurs
1356 REPASSAGE .
constructeurs bien connus, fabriquaient pour les lunettes astro-
nomiques des mouvements d'horlogerie qui, régularisés par un
régulateur Yvon Villarceau , lui avaient donné par la méthode
d'enregistrement chronographique une précision presque absolue.
Remise [Angl. coach-house; Allem. Wayenschuppen) (Bât.) .
Hangar, cellier ou bâtiments quelconques où l'on met à l'abri
les voitures, marchandises et matériaux de toutes sortes. Les
remises au nord sont les seules bonnes, au midi tout sèche.
REMISE OU COMMISSION (Commerce.). - Somme déduite sur le
prix d'une marchandise en faveur de l'intermédiaire qui en a fait
l'acquisition pour le compte d'autrui .
C'est aussi une lettre de change ou billet à ordre qu'on envoie
à un correspondant, pour que celui-ci la négocie ou en reçoive le
montant, qui ensuite est porté en compte au passif de celui-ci, et
à l'actif du tireur ,
Remontoir ou Echappement ( Angl. regulating-whel ;
Allem. das Stellrad] (Horlog .). Ce mot s'applique plus spécia-
lement au mécanisme ingénieux destiné à donner une égalité
parfaite à l'horloge, afin que la force ne participe ni aux inéga-
lités des engrenages et des frottements, ni à celles du moteur
lui -même . ( Voir Horlogerie, t. II, p. 691, la description d'un
échappement à remontoir . )
Repassage [Angl. Ironing ; Allem. das Bügeln) (Arts et mét.) .
Le repassage est l'opération qui suit le blanchissage du linge
et qui consiste à faire disparaître tous les faux plis qu'il a con-
tractés dans le blanchissage et le séchage. C'est à l'aide de fers
chauds que la repasseuse parvient à faire disparaître les faux plis
et qu'elle en imprime de nouveaux régulièrement, selon que son
goût ou la mode la dirigent.
L'ouvrière mouille d'abord légèrement lé linge qu'elle veut
repasser, et le laisse en tas, afin que l'humidité pénètre également
sur toute la masse. Cette opération a lieu environ douze heures
avant celle du repassage.
Sur une grande table, on étend une couverture en laine ne for-
mant aucun pli . Sur cette couverture on étend, et avec les mêmes
précautions , une toile bien unie, que l'on tend bien avec des
cordons liés aux pieds de la table, de manière qu'elle présente
une surface parfaitement plane. Elle place à peu de distance de
cette table le fourneau pour faire chauffer les fers .
Tout cela ainsi préparé , elle étend sur la table ta pièce qu'elle
veut repasser ; elle la tend bien dans toutes ses parties, et à
l'aide d'un fer chaud et de l'humidité que conserve la pièce, qu'elle
REPASSAGE . 1357
fait évaporer par la présence du corps chaud, elle abat tous les
faux plis ; ensuite, à l'aide de ses doigts, elle forme les plis régu-
liers qu'elle veut lui imprimer, et leur donne la solidité nécessaire
à l'aide de la chaleur transmise par le fer, qui dissipe un reste
d'humidité .
Certaines pièces exigent une préparation préalable, telles que les
mousselines , etc.; elles doivent être empesées. Pour cela l'ouvrière
fait un empois
léger avec de D
l'amidon , au- C
quel elle ajoute
souvent une lé-
E
gère teinte d'a-
zur. Elle étend
cet empois
d'une plus ou
moins grande F
quantité d'eau ,
selon que la
B
pièce doit con-
server plus ou
moins de rai-
deur .Elle trem-
A
pe ces objets
dans l'empois,
en mouillant
l'autre linge,
les tord pour
faire sortir
G
l'excédent, et
ne les repasse
que douze heu- BROGER
res après .
Il existe des
fers pour le re- Fig. 526. Machine à presser et à repasser.
passage qui
portent avec eux leur fourneau, de la sorte, on n'a pas besoin de
changer de fer, ce qui cause toujours une perte de temps, et il
conserve toujours le même degré de chaleur, que l'on augmente
ou diminue à volonté . Nous citerons entre autres celui de M. Four-
nier, qui est composé d'une boîte creuse portant quelques trous
vers sa pointe et sur sa surface un assez grand nombre de petites
tiges destinées à soutenir le charbon, une partie supérieure ajus .
tée à la précédente est munie d'une poignée et d'une porte à l'ar-
rière pour donner de l'air et faciliter la combustion du charbon ;
le combustible se charge par le talon, il en résulte que les gaz de
1358 RESSORT A BOUDIN :
la combustion se brûlent plus ou moins parfaitement en passant
sur la partie enflammée. Un autre de M. Ruger est creux et en
fonte ; à son talon, il a une ouverture circulaire que l'on bouche
plus ou moins pour le tirage par une rondelle mobile ; en dessus,
à côté de la poignée, est une petite cheminée qui dégage les gaz
imparfaitement brûlés.
L'opération du repassage est, en tous cas, très fatigante, et
elle s'exécute souvent difficilement d'une manièreparfaite lorsqu'il
s'agit de vêtements d'hommes, où il y a à aplatir des coutures
formant plusieurs épaisseurs de drap. Aussi a-t-on imaginé des
machines à presser pour tailleurs et même pour lingerie.
Lamachine à presser les vêtements que nous représentons ici
(fig. 526) nous semble bien comprise et d'un usage très facile ; à
l'extrémité de la table de repassage A s'élève une colonne creuse
B dans laquelle est une tige C qui dépasse la colonne et est ter-
minée par un écrou maintenu solidement à hauteur fixe ; en haut,
sont deux forts ressorts D opposés comme ceux d'une voiture, ils
font pression sur la tige et par suite sur la barre qui porte
le fer ; cette barre horizontale E, fixée à la tige, est mobile comme
elle et tourne autour de la colonne, elle porte le support du fer
F qui roule dans toute sa longueur ; enfin une double pédale G
soulève le fer à volonté. Le fonctionnement est facile, il suffit de
conduire le fer à la main par une poignée, il presse suffisamment
et se déplace dans tous les sens très aisément .
Une autre machine à repasser la lingerie, de M. Hayem, est
composée d'un rouleau garni de molleton, comme une table à
repasser, et d'un fer creux suspendu par des tringles correspon-
dant à une pédale, le chauffage se fait au gaz ; les objets se
placent sur le cylindre, et en appuyant sur la pédale munie d'un
assez lourd contrepoids, on fait appuyer le fer à repasser qu'on
peut incliner à volonté . (Voir le mot Blanchissage, t . Ier, p. 172.)
Réservoir [ Angl. cistern; Allem. der Wasserbehälter] (Hydr.).
- Voir Eau t . III, p. 554 et Filtration t. III, p. 784.
Ressort à boudin [Angl. spiral métallic spring; Allem.
Spiralfeder] (Mécan. ). — On entoure un fil d'acier ou de laiton
sur un cylindre, et on lui fait faire une suite de circonvolutions ;
lorsqu'on retire ce cylindre du moule, le fil de métal forrae une
hélice cylindrique qui, lorsqu'on pousse ou tire l'extrémité de
manière à rapprocher ou écarter l'un des bouts de l'autre, en vertu
de l'élasticité, développe une force qui tend à rétablir les tours
de spire à leur distance primitive. Cet appareil est appelé ressort
à boudin .
On emploie ces ressorts dans un grand nombre de cas, en
mécanique.
REVEIL . 1359
RESSORTS D'HORLOGERIE [Angl. spring.; Allem . Feder] (Mécan.).
- Voir t. II, p. 684, fig. 240.
Retreinte [Angl. raising in; Allem. das Einziehen) (Techn . ) .
-
L'art de la retreinte est une des opérations les plus délicates
et les plus difficiles de celles que font les ouvriers qui travaillent
les métaux, tels que les chaudronniers, les orfèvres en argent et
bronze, etc. , les ferblantiers , etc. Le chaudronnier, que nous pren-
drons pour exemple, prend une plaque de cuivre d'une étendue
suffisante pour le vase qu'il veut faire ; après l'avoir recuite, il
l'emboutit ; ensuite il forge sur les parties qui doivent être éten-
dues, comme la panse d'une cafetière ; il épargne les autres, étire
sa pièce en long pour la faire élever, en faisant recuire à chaque
fois , et parvient avec beaucoup d'adresse à donner à ce vase la
forme qu'il désire sans employer la soudure. Cette opération, que
presque tous les chaudronniers habiles font avec facilité, est plus
facile à saisir en la voyant exécuter, que par la description la plus
soignée et la plus détaillée . Il y a des ouvriers si forts dans l'art
de la retreinte, qu'ils forment avec une plaque plane une boule
parfaitement sphérique, à l'exception d'un trou rond, de 0m ,08,
nécessaire pour passer la bigorne.
:
Réveil [Angl . waker; Allem . der Weeker] ( Horlog.) . Pièce
d'horlogerie imaginéede telle façon, qu'à une heure fixée d'avance,
un marteau se met en jeu, et par ses coups réitérés sur un tim-
bre, annonce que cette heure est arrivée. Le nom de réveil a été
donné à cette machine, parce qu'ordinairement, elle est employée
pour tirer du sommeil la personne qui l'a montée pour cet effet.
Des appareils du même genre servent aussi pour avertir un
ouvrier, dans certaines fabriques, d'apporter ses soins à quelque
manœuvre qui lui est confiée et qu'il ne doit exécuter qu'à des
époques déterminées. Le bruit de la sonnerie est un signal qui
l'avertit qu'il est temps de remplir sa fonction .
Mécanisme des réveils . - Plusieurs systèmes sont employés :
tous sont basés sur cette combinaison, qui consiste à suspendre le
jeu de la sonnerie du réveil, au moyen d'une détente formant
arrét, laquelle détente devient libre et donne liberté au rouage,
Jorsque, à l'heure voulue, le mouvement horaire supprime, pour
un instant, l'obstacle qui tenait la détente relevée. Les figures 527.
528 et 529 représentent ce mécanisme, tel qu'il est en usage
dans les montres. Le moteur est le rochet A (fig. 527). Il est solli-
cité par un ressort en barillet suivant la façon ordinaire, et
qu'on arme au moyen d'une clef lorsqu'on veut faire fonctionner
le réveil : une roue et un pignon servent d'intermédiaires, afin de
procurer une sonnerie rapide, et d'assez longue durée. Ce sont les
1360 RÉVEIL .
roues pointillées D et C. Ce rochet B fait mouvoir rapidement le
marteau ( invisible dans la figure) dont l'axe muni d'une levée est
vu en E. Une autre levée F f engrenant avec la précédente, au
moyen d'une dent r procure une double action et, par conséquent,
une batterie précipitée, au marteau. Une goupille 6, fixée perpen-
diculairement sur la tige du marteau, sert à arrêter ce dernier
lorsqu'un contact a lieu avec le bout b de la détente O 6.
P
X T
0
Fig.528. Canon.
X
F M
C C
N
Fig. 527. Mécanisme des réveils . Fig. 529. Mécanisme modifié.
Cette détente Obest mobile, autour d'un axe horizontal M J,
par conséquent son extrémité O peut s'abaisser, lorsque son autre
bras 6 s'élève, poussée de bas en haut par le ressort N L ; alors la
goupille b du marteau étant dégagée, le réveil sonne. Voici
l'appareil qui détermine les fonctions de la détente : son bras O
repose constamment sur le centre de la roue des heures placée
sous le cadran. L'aiguille des heures est pourvue d'un canon P
(fig. 528) ; entre le cadran et l'aiguille des heures, est placée l'ai-
guille du réveil P Q d fixée à frottement gras sur le cadran. Cette
1
RÉVEIL . 1361
aiguille est entaillée en å avec plan incliné se dirigeant vers Q. -
Notons que le canon de l'aiguille des heures passe sans toucher
dans le trou de l'aiguille du réveil : en même temps cette aiguille
des heures et sa roue sur laquelle elle adhère, peuvent glisser
librement sur leur axe, dans le sens longitudinal : de telle façon
que si l'on suppose les deux aiguilles en place, enfilées l'une dans
l'autre, le petit butoir de l'aiguille des heures , plongé dans l'en-
taille d de l'aiguille de réveil remontera et fera remonter avec lui
l'aiguille des heures, le long du plan incliné d Q lorsque la rota-
tion horaire s'accomplira : pareillement, lorsqu'au bout d'un tour
entier, le butoir r sera arrivé à l'entaille d, il y tombera, et avec
lui l'aiguille et la roue des heures .
Dans cette chûte, le bras O de la détente (qui, avons-nous dit,
repose sur la roue des heures) s'abaissera, l'autre bras b s'élèvera
et, le jeu du marteau devenant libre, le réveil sonnera à l'heure
où l'on aura placé l'aiguille du réveil. La pièce d'arrêt U sert à
déterminer le nombre de tours dont on arme le ressort : la pièce
SIX a son centre de mouvement en I, elle sert à l'arrêt de la
sonnerie . Lorsque le ressort du réveil est armé et pendant qu'il
agit pour faire sonner, le bout S repose sur la partie non dentée
(de 5 à 4) de la pièce d'arrêt U. - En se dévidant, le ressort fait
tourner le doigt Z fixé sur son axe ; ce doigt, à chaque tour, fait
reculer successivement les dents 3, 2, 1 dans le sens indiqué par
les flèches . Lorsque, après ses quatre tours accomplis, ce doigt
arrive à reposer sur la partie inférieure de l'arrêt U (c'est le mo-
ment représenté par la figure), le bout S tombe dans le cran 43 ;
l'autre bout X qui porte une petite échancrure demi- ronde, s'ap-
prochera de la cheville b, l'embrassera dans son échancrure en le
poussant, et ainsi le marteau sera tout à coup arrêté. Une heureuse
modification a été faite par M. Henry Robert, à ce système, qui
présente plusieurs défectuosités au point de vue des frottements
et de la régularité des fonctions . La figure 529 représente ce
mécanisme . L'équerre S' B Cremplace, à lui seul, les pièces
Q, E, S (figurées au pointillé) de la détente que l'on vient de décrire .
- Le départ de la sonnerie est déterminé par la chute du bec C
dans une entaille P pratiquée au disque O, lequel tourne à frotte-
ment gras sur la roue des heures , et opère sa révolution en douze
heures . La roue d'arrêt F, au moyen de sa partie non dentée d,
sert à tenir soulevé le bras S'B C qui repose sur elle par un talon
S' : alors le bec C porte sur la circonférence du disque O jusqu'à
ce que l'entaille P lui permette de retomber.
Aujourd'hui, en modifiant plus ou moins quelques détails de ces
deux systèmes, on construit de petites pièces d'horlogerie (..... si
on peut les décorer de ce nom !) dont les prix sont abaissés jus-
qu'à la somme de 4 fr. , 6 fr. , 10 fr. , et qui fonctionnent néan-
moins, malgré les infirmités inimaginables de leur construction.
1362 RHUM OU TAFIA .
Révulsifs (Pharm .) — On appelle ainsi divers moyens phar-
maceutiques, physiques ou chimiques que l'on emploie pour
détourner le principe morbifique d'un organe, en le fixant sur
une partie éloignée et moins importante. La médication révulsive
repose sur ce principe, que deux irritations ne peuvent exister au
même degré dans l'organisme sans que l'une ne diminue l'autre
plus ou moins. Or, en excitant fortement soit la peau, soit la
muqueuse interne, on parvient, en effet, à atténuer ou éteindre
l'irritation existante dans d'autres organes . Les révulsifs sont des
irritants externes. Les révulsifs internes sont désignés par l'ex-
pression de Dérivatifs .
Rhum ou tafia [Angl. rum ; Allem. der Rum) ( [Link].).
- Liqueur que l'on fabrique dans les colonies avec la mélasse.
Le sirop égoutté de la cristallisation du jus de canne concentré
est dilué et entre en fermentation sans addition de levûre, par
suite des ferments qu'il contient ou qui lui sont fournis par l'at-
mosphère . On obtient par distillation de la liqueur fermentée un
alcool d'un goût spécial qui augmente avec le temps et qui donne
une valeur correspondante à ce produit. Le meilleur rhum est
obtenu avec la mélasse seule ; des produits de qualité inférieure
sont obtenus en ajoutant à la mélasse des déchets de toute espèce
de la fabrication coloniale : écumes, eaux douces, etc. Par suite
de la chaleur du pays, toutes ces liqueurs fermentées contiennent
une quantité relativement considérable d'acide acétique, qui pen-
dant la distillation agit sur l'alcool en formant de l'éther acétique
qui se mêle au produit et communique au rhum une saveur qui
reste agréable tant que la proportion de cet éther ne dépasse pas
une limite assez faible. Il y a donc avantage à empêcher autant que
possible la fermentation acétique ; on y arrive par une propreté
extrême de toutes les cuves, etc. , et en enlevant soigneusement
tous les restes et débris d'une opération avant d'en commencer
une nouvelle; en effet ces débris au contact de l'air se transfor-
ment très rapidement en ferment acétique .
Voici la manière d'opérer dans les Indes occidentales : On enlève
les écumes pendant la cuisson du jus et on les met dans un cuvier
de la contenance de 300 à 800 gallons (1 gallon = 4,54 litres) , en
y ajoutant de la mélasse et de l'eau dans la proportion de 25 %
du volume. Après avoir énergiquement brassé on laisse séjourner
pendant 3 ou 4 jours et plus si l'on n'a pas de ferment à sa dispo-
sition comme c'est le cas souvent. La fermentation commence
spontanément et on la laisse durer jusqu'à ce que tout le sucre
ait disparu . La distillation fournit des produits de différentes
valeurs suivant leurs titres, et les mêle convenablement pour
avoir une liqueur d'un goût ni trop fort, ni trop faible.
Les quantités relatives des matières employées à la fermenta
RHUM OU TAFIA . 1363
tion sont variables suivant la saison, qui influe sur la quantité et
la qualité du dunder et sur celle des écumes au commencement
de la période de distillation ; on emploie pour 136 gallons de capa-
cité, 61 gallons d'écumes, 7 gallons de mélasse et 68 d'eau. Si
l'on dispose de dunder de bonne qualité, on ajoute encore 100 gal .
lons de mélange 10 gallons de mélasse. Aux périodes où les mou-
lins à cannes se sont pas en train et où, par suite, les écumes font
défaut, on emploie des parties égales d'eau et de dunder, et 20 gal-
lons de mélasse pour 100 de mélange. Le rendement en rhum
varie entre 10 et 15 pour 100 du mélange, il dépend de la nature
des matières et de la saison, le fabricant doit donc régler le tra-
vail d'après ces conditions.
L'arome tout particulier du meilleur rhum de Jamaïque provient
probablement de ce qu'on ajoute à la liqueur fermentante une
certaine proportion de jus frais de cannes ou des morceaux même
de canne . Les huiles essentielles de la canne s'introduisent de cette
façon dans le moût et par suite dans la cuve. Pour abréger le
temps nécessaire au développeinent de l'arome pendant la fabri-
cation du rhum, quelques fabricants mêlent à ce produit du jus
d'ananas .
RHUM FACTICE. - Le rhum étant, comme nous le disons plus
haut, le résultat de la mélasse fermentée et distillée, auquel la
saveur particulière est communiquée au moyen d'ingrédients
composés, lesquels, après avoir été préparés, prennent le nom de
sauce dans les îles où se prépare le rhum, on ne trouvera pas
étonnant qu'il s'en fabrique par imitation.
Voici la formule du rhum obtenu sans distillation :
Pour 100 litres de rhum .
Ecorce de bois de chêne pilée .......... 500 grammes .
20
Zestes d'oranges sèches .
Poivre Jamaïque en poudre .......... 20
Clous de girofle .. 10 à 15 au plus.
Cachou en poudre ........ 10
Vanille..... 2
Cuir tanné, râpé et légèrement torréfié.. 1 1/2 à 2 kil.
Alcool à 85 degrés ......... 61 grammes.
Eau commune .... 39
Infuser tous les ingrédients , pendant quinze à vingt jours , dans
l'alcool , remuer le mélange de temps à autre, tirer à clair et lais-
ser égoutter sur un tamis, puis verser l'eau sur le résidu et ajou-
ter à l'infusion et à l'eau ainsi réunies une suffisante quantité de
teinture de goudron, et colorer avec du jus de pruneaux réduit à
l'état de caramel. Ceux de Bordeaux sont les plus convenables.
Pour préparer le rhum à la manière des îles, c'est-à-dire au
1364 KONCE .
moyen d'une sauce, ce que nous conseillons lorsqu'on ne veut le
préparer qu'en petite quantité, alors : alcool 10 litres et tous les
ingrédients indiqués ci- dessus , mettre le tout infuser pendant un
mois ou plus.
Cette préparation, dite sauce, gagne de qualité en vieillissant,
et il suffit en l'employant d'en proportionner les doses selon celle
de l'alcool réduit de 49 à 52 degrés .
Le rhum ainsi fait, on le parfume avec la teinture de goudron,
on le pèse afin de le réduire ou de le remonter de 50 à 53 degrés
au plus, et on le colore avec du caramel de raisin , à défaut de
celui de pruneaux.
On prépare aussi un rhum très agréable, et qui se rapproche
beaucoup du rhum anglais .
Voici comment on procède :
Pour 100 litres .
Alcool bon goût à 90 degrés ....... 50 litres
Eau.... 40
Tafia ..... 10
Essence ou extrait de rhum ....... 2 flacons .
Mélanger le tout, colorer et coller.
On arrive encore à produire un rhum par imitation, se rappro-
chant beaucoup pour la qualité de celui d'Amérique, en employant
une essence de rhum .
Roche à feu (Artill.) . Composition incendiaire dont voici
la formule : suif, 1 ; térébenthine, 1 ; colophane, 33 soufre, 4;
salpêtre, 10 ; antimoine, 1 ; pulvériser séparément les quatre der-
niers éléments, les verser dans le mélange fondu des deux pre-
miers , et incorporer lentement le tout. La roche à feu se conserve
dans des tubes en carton. Chargée dans les projectiles creux et
projetée avec leurs éclats, elle enflamme les corps combustibles
sur lesquels elle tombe.
Rochet [ Angl. rach ; Allem. die Ratsche] (Mécan .) . Le
rochet ou cliquet est un arrêt mobile tournant autour d'un axe,
et la roue à rochet est un système qui permet à un arbre de rota-
tion de tourner librement dans un sens, sans pouvoir jamais rétro-
grader en sens contraire.
Une pièce qui s'engage dans les dents s'appelle cliquet, et le
système du rochet de son cliquet et du ressort qui le presse est
nommé encliquetage.
Ronce (Herb. ). Arbuste sarmenteux très commun . La
décoction des feuilles est légèrement astringente et tonique ; on
ROULEAUX . 1365
en fait des gargarismes très usités dans les campagnes contre les
inflammations légères de la gorge.
Rouge végétal, rouge de Carthame [ Angl. carthamine ;
Allem. Karthamin] ( Chim. ) . – Matière rouge extraite du car-
thame, dont les pétales sont connus dans le commerce sous le
nom de safran bâtard , et précipitée par un acide. Cette substance,
que l'on livre sous forme de pâte, est plus spécialement employée
par les artistes, au théâtre, et par les dames du monde au grand
détriment de leur teint, qui s'altère bientôt sous cette fraîcheur
artificielle qui n'est obtenue le plus souvent qu'à l'aide de produits
dangereux, ainsi que nous le disons au mot Fard, t. I, p. 480, en
en donnant les formules.
Rouleaux [Angl . roll ; Allem. die Rolle) (Techn .) . Le rou-
leau proprement dit est un cylindre dont l'axe est plus grand que
le diamètre, et considéré, comme son nom l'indique, comme pou-
vant rouler.
En imprimerie on se sert, pour appliquer l'encre sur les formes ,
de rouleaux, fabriqués avec un mélange de mélasse et de colle de
Flandre (1) . C'est un ouvrier imprimeur nommé Maillot, connu
dans l'imprimerie pour plusieurs autres inventions ingénieuses
qui imagina le rouleau typographique.
Pour l'empierrement des routes on se sert du rouleau compres-
seur qui par son passage sur la chaussée écrase les caillous et
en nivelle le sol en l'affermissant par l'agglomération et l'agglu-
tination des matériaux et sert ainsi à leur consolidation.
Le rouleau compresseur employé par M. Schattenmann con-
siste dans un cylindre creux en fonte de 1,30 de diamètre et de
même longueur ; aux extrémités de son axe, en fer forgé, sont
placés deux coussinets qui supportent un fort cadre, surmonté
d'une caisse carrée, qui peut recevoir, en pierres ou en pavés
une charge de 3.000 kilogr.; à l'aide de deux timons assemblés à
la charpente du cadre, on peut atteler les chevaux devant et
derrière, ce qui dispense de faire tourner le rouleau sur place.
A vide, tout le système pèse 3.000 kilog., et à pleine charge
6.000 kilog.
ROULEAU COMPRESSEUR A VAPEUR . - Cette machine consiste en
une locomotive routière, à très petite vitesse, une traction-engine,
dans laquelle le mouvement des pistons se transmet d'un axe mu,
par la vapeur à deux gros cylindres compresseurs, qui portent
tout le système, par l'intermédiaire de fortes chaînes de Galle. En
(1) Ce mélangefut inventé par le docteur Gamat, en 1807 .
IV VOLUME . 39
1366 SABLIER.
modifiant légèrement le parallélisme des deux cylindres, on peut
faire décrire à la machine des mouvements courbes, lui faire
suivre les sinuosités d'une chaussée .
Le rouleau ordinaire , attelé de chevaux, a un grand inconvé-
nient pour le cylindrage : les pieds des chevaux, agissant en avant
du rouleau, sur un empierrement qui n'est pas encore amené à sa
résistance définitive, déplacent les pierres et détériorent la forme
que l'on se propose de consolider. La machine à vapeur, avançant
lentement sur un empierrement neuf, supprime complètement ce
défaut.
En agriculture, on se sert de rouleaux pour briser les mottes
de terre. Il y en a qui sont armés de pointes en fer, ainsi qu'on
peut le voir fig. 322, à la page 810 du tome II , à laquelle nous
renvoyons nos lecteurs .
Rubéſiants (Pharm.) . Ce sont des agents thérapeutiques
que l'on applique sur la peau dans l'intention d'y produire de la
rougeur et de la douleur, pour opérer une action révulsive.
La moutarde, la poix de Bourgogne, l'ammoniaque, l'eau chaude,
le calorique, etc., sont des rubéfiants très usités.
Cataplasme rubéfiant. - Cataplasme de farine de lin saupoudré
de farine de moutarde.
Emplâtre rubéfiant.- On étend de la poix de Bourgogne sur
un morceau de peau ou de toile forte et neuve ; on saupoudre
d'émétique et on applique sur la peau. Cet emplâtre enflamme
et détermine une éruption de pustules à la peau. La poix seule ne
fait que produire de la rougeur, mais elle suffit chez les femmes
dont la peau est fine, irritable.
Rumb de vent [Angl. compas-point ; Allem. der Compass-
trick] (Hydrogr.) .- C'est un angle de 110,15' embrassant dès lors
la 32 partie de la circonférence de l'horizon . Huit rhumbs for-
ment donc un angle droit. M. Parisot pense que rhumb est une
corruption de rhombe, lozange, cette figure géométrique étant
celle qu'on traçait autrefois sur les cartes pour y figurer l'aiguille
d'une boussole .
Sablier [Angl . sand glass ; Allem. die Kanzeluhr] ( Génér.). --
Espèce de clepsydre où l'eau est remplacée par du sable. Les
temps écoulés sont mesurés par la quantité de sable qui s'écoule
d'un vase à travers un petit trou percé à la partie inférieure. II
importe que le sable soit très fin, très sec, etque le trou ne soit
SAFRE. 1367
pas trop étroit ; car le sable pourrait s'arrêter dans le col, et
l'instrument ne servirait plus.
Les sabliers sont employés en mer. On s'en sert avec avantage
pour mesurer le temps de la cuisson des œufs (3 minutes), et en
général pour toutes les courtes durées, quant on ne tient pas à
avoir une grande précision, car ces instruments sont toujours
plus ou moins inexacts .
Sablon [Angl. small- sand ; Allem. Pfeiner sand) ( Génér . ).
Dans certaines roches de grès très friables, on trouve des cou-
ches d'un sable quartzeux très fin, auquel on a donné ce nom. On
s'en sert avec succès , à cause de son extrême finesse, pour frotter
la surface des vases de métal ou de marbre, qu'on polit sans la
rayer .
Sabot [Angl. model ; Allem. die Lehre] ( Techn .) . -- Garniture
de métal ou de bois qui enveloppe l'extrémité d'une pièce de char-
pente et l'empêche de s'écraser . -
Armature en fer de forme
conique portant trois ou quatre branches en fer plat, qui servent
à la fixer à l'extrémité d'un pilot ou d'un pieu avant de l'enfoncer
-
dans le sol. Partie en saillie d'une marche palière, et qui est
prise dans la masse du bois ou qui y est rapportée. Elle fait
partie de la courbure de l'échiffre et reçoit aussi l'assemblage des
deux limons .
Saccharifères ( Chim . ind. ). - On appelle ainsi toutes les
plantes qui contiennent beaucoup de sucre, qui sont ou qui peu-
vent être cultivées avec avantage pour l'extraction de ce produit
telles sont la betterave, la canne à sucre, le sorgho à sucre, etc
Safran (Chim . ind.). — Le safran est employé pour teindre
en jaune ; mais sa matière colorante est fugace, elle ne résiste
point à l'ardeur du soleil. Les liquoristes et les contiseurs se ser-
vent du safran, soit pour colorer, soit pour aromatiser diverse :
préparations . Dans plusieurs pays, on en fait usage sous le même
rapport pour les aliments eux-mêmes . Les médecins le prescriven
assez souvent intérieurement, comme un puissant emménagogue ;
on le prend en infusion théiforme ; il passe aussi pour résolutif,
et l'on en prépare des cataplasmes , qu'on applique sur les tu-
meurs .
Safre ( Chim. ind.). - Oxyde vitreux de cobalt, de couleur lie
de vin, qui , par une nouvelle oxydation, prend une couleur bleue
et se nomme alors azur des quatre feux.
On s'en sert pour colorer l'empois, et donner aux toiles, aux
mousselines , aux papiers, une teinte bleuâtre qui en relève la
1368 SALUBRITÉ .
blancheur. Le safre sert à colorer les émaux, les porcelaines, la
faïence, et il était employé à cet usage longtemps avant qu'on en
connût la nature..
Salep (Econ . dom . ) . - Espèce d'amidon extraite de racines
de plantes de la famille des orchidées . Très renommée dans le
Levant , elle vient surtout de la Perse et de l'Asie Mineure,
s'emploie comme substance alimentaire sous forme de bouillie
préparée soit avec de l'eau , soit avec du lait.
Saline [Angl. saltwork ; Allem. das Salzwerk] (Techn .).
On nomme ainsi le lieu d'exploitation du sel gemme ; ce sel est
tantôt blanc et transparent, et alors presque complètement pur,
ou bien opaque, coloré en une teinte rougeâtre ou brune par
l'oxyde de fer, renfermant en outre de l'argile, des traces de
bitume, de charbon , etc.
L'exploitation du sel gemme ou des mines se fait à l'aide de
puits et galeries, comme les autres minerais. Ce sel, coloré ou
diaphane, est très compact, en sorte qu'il doit être divisé en
poudre très fine, pour être facilement décomposé par l'acide sul-
furique dans la fabrication de la soude.
Le sel gemme est raffiné sur la mine avant d'être livré à la
plupart des usages économiques .
Salsepareille [Angl. sarsaparilla ; Allem. Sarsaparill) (Bot.) .
Plante qui appartient au genre smilax des botanistes, et dont
la racine est très usitée en médecine. Nous en devons la connais-
sance aux Espagnols, qui nous l'ont apportée les premiers du
Pérou, où elle croît en abondance, ainsi qu'au Mexique et au
Brésil . Le smilax salsaparilla se plaît surtout dans les lieux bas
et humides, sur le bord des rivières ; mais il paraît qu'on préfère
celui qui croît sur le déclin des montagnes ou des collines ; les
tiges en sont ligneuses et grimpantes , armées d'aiguillons très
courbes ; elles portent aussi des vrilles qui sont placées aux
aisselles des feuilles, ou plutôt sur les pétioles ; les racines sont
composées de tubercules ou souches , d'où partent des fibres
charnues plus ou moins grosses , qui s'étendent au loin de tous
côtés , et pénètrent profondément dans le sol, ce qui en rend la
récolte souvent très pénible.
La racine de salsepareille est employée comme sudorifique dans
la syphilis , la goutte et les rhumatismes chroniques .
Décoction : 30 à 60 gr. pour 1.000 d'eau réduite à moitié.
Sirop : 30 à 90 gr. dans une tisane . Extrait : 1 à 4 gr.
Salubrité [Angl . salubrity ; Allem. Gesundheit) (Hygiène) .
SAVON . 1369
Voir Assainissement, t. III, p. 100, et Industries insalubres, t. IV,
p. 922.
Sang [Angl . Blood ; Allem. Blut) (Génér.). - Le sang, com-
posé essentiellement de fibrine, a été longtemps employé dans les
raffineries de sucre et autres, pour clarifier les sirops dont il
enlève toutes les impuretés en formant comme un réseau en se
coagulant. Aujourd'hui le sang de bœuf, qui n'est plus employé à
cet usage, est desséché dans les abattoirs et forme un engrais très
énergique sous un petit volume, très convenable pour les cul-
tures riches .
Sanguine ou Crayon ronge [Angl. red-ochre ; Allem. der
Rothel ( Chim . indust.) . Nom sous lequel on désigne le fer
oxydé rouge (oligiste) et l'argile ocreuse rouge graphique, minerai
d'un rouge brun, d'une texture compacte et solide, uni et tendre
à tailler. Les doreurs l'emploient pour brunir. On s'en sert pour
faire des crayons rouges, parce qu'il laisse des traces durables de
sa couleur sur le papier. On le nomme aussi pierre hématite et
ferret d'Espagne.
Saphir [Angl. sapphire ; Allem. der Saphir] (Minér.) . Le
saphir oriental est une pierre précieuse, appartenant à l'espèce
corindon ou télésie, et composée presque exclusivement d'alumine
pure comme le rubis , dont il ne diffère que par sa couleur qui est
bleue ou blanche, et par son prix moins élevé. On a aussi impro-
prenient donné le nom de saphirs à plusieurs autres pierres bleues
de moindre valeur, telles que la tourmaline bleue du Brésil, la
chaux fluatée bleue, etc.
Saut-de-loup ( Génér.) . - Fossé établi entre deux terre-pleins ,
en face d'une ouverture dun mur de clôture pour ne point inter-
rompre la vue, quoique inaccessible . Le saut-de-loup est en talus
d'un côté et rendu inaccessible de l'autre par un mur de soutène-
ment.
Sauvageon (Jard.). - On nomme ainsi tout végétal qui a crû
spontanément à l'état sauvage, c'est- à-dire qui n'est pas le résultat
du travail de l'homme .
Savon ( Chim. indust.) . - La fabrication du savon de toilette
se divise en plusieurs opérations qui sont : 1º l'empâtage ; 2º la
séparation ; 30 la coction ou cuite ; 40 la liquidation . Nous allons
prendre pour exemple la fabrication du savon blanc d'axonge.
SAVONS DURS FABRIQUÉS A CHAUD. Savon blanc d'axonge .
Le savon blanc de toilette de première qualité a pour base l'axonge
(panne ou graisse de porc). On mélange à cet axonge, 5 à 10 p. 100
1370 SAVON.
d'huile de coco, cette dernière ayant pour objet de rendre le savon
plus doux et plus mousseux, et on saponifie (empâtage) avec de
la lessive neuve de 8 à 10 degrés ; et après 3 à 4 heures d'ébulli-
tion modérée, on termine l'empâtage par la lessive neuve à
20 degrés . Cela constitue la 1º opération.
La séparation du savon des lessives aqueuses, qui constitue la
2º opération, s'obtient par l'emploi d'une lessive de recuit très
claire, marquant 25 à 30 degrés, ou par une lessive de soude à
15 degrés , saturée de sel marin.
Le savon, séparé de l'excès des lessives d'empåtage, est soumis à
la cuite (3 opération) , qui a pour but de saturer entièrement les
acides gras par l'alcali caustique, et se pratique habituellement
par l'emploi de deux sortes de lessives neuves, incolores et pures,
appelées services, marquant 15 à 18 degrés pour la première, et
25 à 28 degrés pour la seconde.
La cuite terminée, ce qu'on reconnaît quand le savon forme des
écailles dures lorsqu'on le presse entre les doigts, on évacue la
lessive et on procède à la liquidation, c'est-à-dire à l'épuration des
grumeaux de savon.
Cette 4. et dernière opération a lieu en faisant vivement bouillir
le savon égoutté avec une lessive de soude à 10 degrés, et lorsque
le savon est devenu liquide, on soutire la précédente lessive qu'on
remplace aussitôt par une autre à 5 degrés. Lorsque la liquidation
est complète, on retire du feu, on brasse vivement, on laisse
reposer 12 à 15 heures , on enlève une couche d'écume qui
recouvre le savon, et on verse celui -ci dans des mises où , après
une semaine, il a pris une consistance convenable .
Savons blancs de suif. -- Les plus blancs se font avec du suit
de mouton, additionné de 20 à 25 p . 100 d'axonge ; ceux moins
blancs sont à base de suif de bœuf purifié et bien blanc, auquel
on ajoute 5 à 10 p . 100 d'huile de coco. L'empâtage, qui se fait
comme pour le savon d'axonge, et ainsi que nous le décrivons plus
haut, exige néanmoins plus de précautions. La cuite s'effectue en
trois services au lieu de deux. La liquidation se pratique aussi de
la même manière que pour le savon d'axonge. Le mélange de
savon de suif et de savon d'huile de palme, forme la base de tous
les savons jaunes connus dans le commerce sous le nom de savons
de guimauve.
Savons d'huile de palme. - Outre le mélange ci-dessus, on
fabrique aussi un savon d'huile de palme, seule ou additionnée de
5 à 10 p . 100 d'huile de coco pour rendre le savon plus mous-
seux. On emploie de belle huile de palme récente, d'une belle
couleur jaune, et d'une odeur aromatique bien franche, on y
mélange l'huile de coco , on empâte en trois opérations ; la sépa-
ration, la cuite et la liquidation se font comme pour les savons
précédents, la dernière opération doit être ménagée. L'écume qui
SAVON. 1371
recouvre le savon est abondante et tenace. Le savon obtenu doit
être d'un beau jaune et d'une odeur agréable.
Savons d'huile de coco . Ces savons sont fabriqués avec de
l'huile de coco bien pure, des sels de soude de 80 à 85 degrés alca-
limétriques, un peu de potasse perlasse, carbonates alcalins qu'on
rend caustiques par le traitement à la chaux. La saponification
se fait à la vapeur en une seule coction . Les savons d'huile de
coco sont souvent très caustiques, la saturation des alcalis n'étant
pas complète.
Savon blanc marbré de rose. Celui qu'on trouve dans le com.
merce s'obtient en versant sur du savon blanc, au moment où il
commence à s'épaissir, du savon fortement coloré en rose et
presque bouillant ; une agitation de quelques secondes seulement
provoque dans la masse ces marbrures roses dont l'effet est très
agréable à l'œil .
SAVONS DURS A FROID. - Les savons à froid se préparent avec
une lessive de cristaux de soude (carbonate de soude cristallisé),
rendue parfaitement caustique par la chaux ; cette lessive est
évaporée jusqu'à ce qu'elle marque 36 degrés. Comme corps gras ,
on emploie le suif, la graisse, les huiles de coco et de palme
seules ou combinées. La saponification qui s'opère dans de
petits chaudrons en fonte, ne s'effectue que sur quelques centaines
de kilogrammes de savon et même sur des quantités beaucoup
moindres. - Lorsque la saponification, est complète, on coule le
savon dans une mise en bois garnie de toile, et lorsqu'il est encore
mou, on le parfume. - On obtient le savon rose en colorant la
masse avec du vermillon, et le savon couleur cannelle avec de
l'ocre brun .
Le savon jaune, dit Guimauve, préparé à froid, résulte de la
saponification par de la lessive à 36 degrés d'un mélange d'huile
de palme, de suif et d'huile de coco.
Le savon Windsor pour la barbe est aussi un savon fait à froid,
préparé avec du suif blanc très pur, de l'huile de coco de pre-
mière qualité et une lessive mixte de soude et de potasse marquant
30 degrés.
Recettes des savons ci-dessus, faits à froid (d'après M. E. Lormé) .
Savon blanc.
Graisse blanche épurée........ 60kilogr.
Huile de coco .. 20
40
Lessive de soude à 36 degrés .
Savon jaune, dit Guimauve.
Suif très blanc et pur....... 25kilogr.
15
Huile de coco épurée …
de palme... 10
26 -
Lessive de soude à 36 degrés .......... de 25 à
1372 SAVON .
Savon blanc de Windsor pour la barbe.
Suif blanc très pur........ 40 kilogr.
20
Huile de coco de première qualité.
34
Lessive de soude à 30 degrés ..
6
de potasse à 30 degrés.
Ces savons se fabriquent aussi par la voie dite de la refonte des
savons (mélange de savons simples), opération que nous décri-
vons plus loin, page 1374.
Les savons de toilette à froid, incolores ou colorés, se parfument
alors qu'ils sont encore mous, soit avec l'essence d'amandes
amères, qu'on remplace souvent par l'essence de mirbane, soit
par l'essence de citron ou une autre essence simple ; soit enfin
par un mélange de diverses essences formant bouquet.
SAVONS LÉGERS. La légèreté de ces savons est due à l'intro-
duction dans leur pâte d'une certaine quantité d'air qui, en dila-
tant ses molécules, en augmente la porosité et le volume. Les
savons légers de bonne qualité sont fabriqués avec du beau savon
de suif, qu'on réduit en copeaux minces et qu'on fait fondre avec
la moitié environ de son poids d'eau bien claire. Quand le savon
est fondu , on brasse le tout à l'aide d'un battoir mu par un moteur
quelconque. De 70 à 80 degrés centigrades, le savon devient mous-
seux, on continue le battage pour incorporer cette mousse dans
la pâte, après quoi on coule dans des mises. Au bout de huit
jours , le savon est divisé en briquettes ou mis sous toute autre
forme commerciale. Le savon léger est généralement coloré en
rose par le vermillon et aromatisé par l'un des parfums indiqués
plus haut.
SAVONS EN POUDRE. Ces savons, très employés pour les mains,
les bains et la barbe, ont une réaction légèrement alcaline et sont
entièrement solubles dans l'eau pure et dans l'alcool bouillant..
On fabrique les savons en poudre en découpant du savon blanc
épuré sous forme de copeaux minces qu'on fait sécher sur des
feuilles de papier blanc, et qui secs, sont pilés dans un mortier
fermé et passés au tamis à tambour. Avant la pulvérisation, le
savon est aromatisé et pilé soit avec du vermillon ou de la gomme-
gutte lorsqu'on veut avoir une poudre rose ou jaune. Le savon en
poudre est très hygrométrique, aussi doit-il être renfermé dans
des vases très secs et bouchés exactement. Il est fraudé souvent
par du talc, des fécules, de l'amidon .
ESSENCES DE SAVON . Les essences de savon sont des dissolu-
tions de savon dans l'alcool . Tous les savons ne sont pas égale-
ment propres pour préparer l'essence de savon ; les savons de suif
ou de graisse animale, quoique complètement solubles dans l'al-
cool bouillant donnent une solution se prenant en masse plus ou
SAVON . 1373
moins consistante par le refroidissement. Les savons d'huiles
végétales , également très solubles dans l'alcool, ont l'avantage
sur les premiers, de donner une solution restant bien limpide par
le refroidissement, car la liquidité et la limpidité sont les deux
principales propriétés qu'on recherche dans l'essence de savon.
L'addition d'une faible quantité de potasse augmente la solubilité
du savon dans l'alcool .
Voici , d'après M. E. Lormé, une formule générale pour préparer
Fessence de savon :
Savon blanc de Marseille . 200 gr .
Alcool à 85 degrés . 1 kilogr.
Potasse... 25 gr .
Le savon est coupé en rubans minces qui sont introduits dans
un flacon contenant l'alcool et la potasse, et on fait dissoudre au
bain-marie ; la dissolution terminée, on aromatise et on colore
s'il est nécessaire, généralement en jaune avec le safran. Les par-
fums les plus employés sont ceux à l'amande amère , au Portugal,
au citron, au parfum Windsor.
SAVONS TRANSPARENTS. Les savons transparents incolores ou
colorés sont des poudres de bons et beaux savons de suif, ou de
savons résineux à base de suif, qu'on fait dissoudre dans son
poids d'alcool très concentré et bouillant. Quand la dissolution est
terminée, on verse la liqueur dans des moules ou dans des mises
où, en refroidissant, elle prend la forme solide. Une fois solidifié,
on fait sécher le savon à l'air libre sur des clayons en été, et dans
une étuve en hiver. Lorsqu'il est sec, on lave les pains avec un
Jinge fin imbibé d'alcool .
Les savons d'huiles végétales, quoique très solubles dans l'alcool
bouillant, ne donnent pas de solution se prenant en masse solide ;
de plus, le savon obtenu est opaque. Les savons transparents sont
parfumés et colorés quand ils sont encore limpides. Ils sont ordi-
nairement colorés en jaune par le curcuma, ou en rose par l'or-
seille ou l'orcanette, ou en bleu par le carmin d'indigo .
SAVONS MOUS OU CRÈMES.- Les savons mous, ou gras, ou crèmes
cosmétiques sont à la base de potasse. On les prépare avec de la
graisse blanche (axonge) mêlée d'un dixième de suif, auquel on
ajoute quelquefois 5 p. 100 d'huile de coco pour les rendre mous-
seux . On les aromatise le plus souvent avec de l'essence d'amandes
amères qu'on y incorpore en pilant le savon fait dans un mortier
de marbre. On fond d'abord le corps gras, puis on y ajoute une
première lessive de potasse de 20 à 21 degrés . On termine la sapo-
nification par une autre lessive potassique à 36 degrés. On donne
au savon l'aspect brillant et nacré en battant le savon dans un
mortier de marbre.
1374 SAVON.
La crème d'amandes amères est faite avec de l'axonge et de la
lessive de potasse à 36 degrés : on triture le savon jusqu'à obten-
tion d'une pâte homogène et nacrée et on aromatise par l'essence
d'amandes amères , d'où le nom de crème d'amande.
La crème de cacao savonneuse est la même que celle ci-dessus
dans laquelle on a remplacé les amandes par du cacao.
La crème d'ambroisie est parfumée au styrax liquide et au
benjoin.
La saponaire orientale est parfumée par un mélange d'essences
de verveine et de géranium.
Avant d'entrer dans des explications succinctes concernant les
diverses manipulations qu'on fait subir aux pâtes de savon brutes
pour les transformer en savon de toilette, nous dirons quelques
mots sur la refonte des savons .
Refonte des savons . -
La refonte des savons est une opération
très simple. La brique de savon est coupée en tranches minces à
l'aide d'un rabot circulaire ; le savon étant très mauvais conduc-
teur de la chaleur, on ne pourrait pas fondre une brique à la fois,
sans l'altérer. On met le savon dans la chaudière par ronds ;
on verse en même temps une petite quantité d'eau pour favoriser
la fusion ; la chaudière qui est chauffée par un jet de vapeur ou
par un bain-marie est alors ouverte. Après une demi-heure, le
savon est fondu, on fait alors un autre rond et l'on continue
ainsi de demi -heure en demi-heure jusqu'à ce que la fusion soit
complète.
Lorsqu'on fond des savons différends pour en faire un d'une
seule espèce, on met dans la chaudière les sortes de savons par
ronds alternatifs , chaque rond se composant d'une seule sorte de
savon. Pendant la fusion, on agite de temps en temps pour opé-
rer le mélange et diviser les grumaux. Le savon une fois fondu est
coloré si on le juge convenable, puis on ajoute le parfum, ou
mieux on parfume dans la mise.
TRANSFORMATION DES PATES SAVONS BRUTES EN SAVONS DE TOI-
LETTE . Nous décrirons succinctement les diverses opérations
que les pâtes de savons brutes subissent pour être transformées
en savons de toilette.
Première opération . Les savons bruts sont sous forme de
plaques pesant de 20 à 30 kilogr. et ayant de 8 à 10 centimètres
d'épaisseur. Leurs surfaces sont d'abord grattées pour enlever
les ordures, puis les plaques sont divisées en pains de 4 à 5 cent .
d'épaisseur , ayant bien entendu la longueur des plaques. Les pains
sont alors passés à la découpeuse qui réduit le savon en copeaux.
Deuxième opération. - Elle a pour objet de parfumer et de
colorer ( s'il y a lieu) la pâte de savon réduite en copeaux. Ceux-ci
sont placés dans une grande caisse en bois blanc doublée de
SAVON . 1375
plomb ; on y ajoute l'essence ou le mélange d'essences (bouquets)
dont on veut parfumer le savon . Si le savon doit être coloré, on
y ajoute les proportions de couleurs propres à obtenir la nuance
désirée. Les couleurs sont délayées dans les essences, et le tout est
versé sur les copeaux, on brasse pour bien effectuer le mélange du
savon avec les odeurs et couleurs .
Troisième opération, broyage. - Elle consiste à soumettre les
copeaux de savon parfumés et colorés à l'action d'une broyeuse
mécanique . Broyées au point convenable, les nappes de savons
qui sortent des cylindres, doivent présenter une pâte douce, onc-
tueuse et bien liée. Tous les savons ne se broient pas également
bien; les pâtes de savons blancs n'exigent que deux à trois
broyages, les pâtes colorées en exigent cinq à six.
Quatrième opération, pilage. Elle a pour but de piler les
nappes de savon sortant des broyeuses, pour les agglomérer et en
former une pâte compacte et homogène. Le savon est bien pilé
lorsqu'il se détache de lui- même du mortier. M. E. Lormé fait
remarquer avec juste raison, qu'on ne doit piler le savon qu'au
furet à mesure qu'on le travaille. -- Préparé trop longtemps à
l'avance, il devient dur et cassant.
Cinquième opération, pelotage. On désigne sous ce nom
l'opération par laquelle on donne au savon pilé la forme de petits
pains ou pelotes destinés à être frappés dans des moules conve-
nables. On donne à ces petits pains un excédent de poids de
25 p. 100 environ pour compenser les déchets des diverses opéra-
tions précédentes et la dessiccation du savon humide. Le pelotage
du savon se fait à la main ; on fait d'abord une boule que l'on
transforme ensuite en cylindre avec le plat de la main ; puis en
petites briques carrées à angles abattus ; ces petites briques ne
doivent pas dépasser la longueur du modèle. Ces diverses opéra-
tions manuelles doivent se faire très vivement dans le but d'em-
pêcher le savon de se gercer.
Sixième opération, séchage. - Les petites briquettes de savon
sont disposées sur des clayons pour être séchées dans un séchoir
à air libre ou dans des étuves à air chaud par les temps froids,
pluvieux ou humides.
Septième opération , frappage ou moulage. - Après sept à huit
jours de dessiccation, le savon qui s'est recouvert d'une couche
dure et luisante est bon à frapper au premier moule dans la presse
à balancier. Ce premier moule est un peu plus gros que le moule
définitif. Les petits pains de savons ainsi frappés sont ébarbés
avec un couteau bien acéré .
Huitième opération, deuxième séchage.- Les pains de savon
ébarbés sont placés de nouveau sur les clayons et portés au séchoir
pour achever leur dessiccation, qui exige de trente à quarante
jours pour obtenir du savon très sec et très dur. Néanmoins, si on
1376 SCAPHANDRE .
est pressé par les livraisons on ne sèche que pendant quinze jours
en été et huit jours dans l'étuve à air chaud .
Neuvième opération, râclage et lavage. Les petits pains de
savons séchés au point convenable, sont retirés du séchoir et
râclés avec précaution pour en retirer l'espèce de croûte qui les
recouvre. Ce râclage s'effectue généralement, à l'aide d'un tour
dont la rotation débarrasse presque instantanément de son man-
teau , le pain de savon tout entier. Une fois râclés sans marques
ou incisions, le savon est lavé avec un peu d'esprit-de-vin dans le
but de faire disparaître les légères aspérités et les points blancs
qui y adhèrent.
Dixième opération , troisième séchage . - Après le lavage ci-
dessus , les savons sont replacés sur les clayons et exposés, dans
le séchoir pendant vingt-cinq à trente heures à un courant d'air
chaud.
Onzième opération, deuxième moulage. - Après le séchage
ci-dessus indiqué, le pain de savon est bon à être frappé une
deuxième fois pour lui donner sa forme définitive. Ce deuxième
moulage s'effectue avec la presse à vis ; on arrête la pression
lorsque la jonction des deux parties du moule a lieu, et que le
savon a jailli à cette jonction.
Telles sont les opérations suivies par les fabricants intelligents ,
jaloux de faire avant tout des produits supérieurs ; quelques-uns
suppriment une partie des manipulations (râclage, lavage à l'al-
cool , par exemple), en ne donnant que 8 à 10 p . 100 d'excédent
de poids sur le savon sec, mais cette manière d'opérer, évidem-
ment plus économique, est toujours au détriment de la qualité.
SAVON MÉDICINAL. Savon amygdalin. On le compose avec
10 parties de lessive caustique des savonniers et 21 parties d'huile
d'amandes douces. - C'est un résolutif, excitant du système lym-
phatique, employé contre les engorgements des viscères abdomi-
naux, les obstructions du foie à la dose de 20 à 30 centigr. par
jour, en pilules.
Scaphandre (Techn.). - C'est à l'abbé de Lachapelle que
nous sommes redevables du premier appareil appelé scaphandre
ou bateau-homme, ou encore appareil plongeur, et qui sert à
explorer le fond des fleuveset des mers, et aussi au sauvetage, et
à la pêche côtière, ainsi qu'aux constructions sous- marines .
L'abbé de Lachapelle, comme le plus grand nombre des inven-
teurs, sinon tous, se faisait les plus grandes illusions sur les per-
fections et les résultats de son invention. Mais il faut le recon-
naître, c'était là le scaphandre actuel à l'état embryonnaire, et la
reconnaissance due à ceux qui, en travaillant au perfectionne-
ment des appareils de ce genre, sont arrivés à une solution pra-
tique, qui touche aux questions d'humanité, doit remonter jusqu'à
SCAPHANDRE . 1377
lui. Bien que depuis un siècle le scaphandre ait été heureusement
modifié dans tous ses détails, il n'est pas encore arrivé à la per-
fection désirée, et cette opinion résulte de l'étude faite sur les
divers modèles qui existent actuellement .
Les inconvénients inhérents auxdivers systèmes de scaphandres
1
T
R
Fig. 531 Plongeur muni de son
appareil.
Fig. 530. Plongeur muni de son appareil
et du wêtement imperméable.
8 Fig. 532.
sont les suivants : 1º l'air envoyé dans le casque agit directement
et avec force sur le tympan et la poitrine du plongeur ; 2° par
leur frottement contre la paroi du cylindre, les pistons gagnent
une température sensiblement élevée, malgré l'eau qu'on entre-
tient autour des corps de pompe, et la communiquent à l'air que
1378 SCAPHANDRE .
doit respirer le plongeur; cet air n'est donc jamais à une tempé-
rature régulière et normale ; 3º la pression de l'air envoyé peut
être irrégulière et avoir de grands écarts à la même profondeur
d'eau où se trouve le plongeur ; 4º le plongeur ne peut continuer
à respirer que pendant un instant très court si un accident sur-
vient à la pompe ou au conduit d'air. C'est pour remédier à ces
inconvénients que l'appareil Rouquayrol-Denayrousse a été in-
venté, et nous pouvons dire que s'ils n'ont pas radicalement dis-
paru, ils ont été singulièrement atténués.
Trouver un appareil qui fournisse de l'air à une pression
variable, comme celle qui pèse sur le plongeur suivant la profon-
deur à laquelle ce dernier est descendu, et suivant les mouve-
ments de respiration de ses poumons ; en un mot, installer un
poumon artificiel à son usage ; envoyer au plongeur de l'air dont
la température reste, sinon égale à celle de l'air ambiant, mais
très peu différente. 1
Pour ce double résultat, les installations sont les suivantes : un
réservoir régulateur en tôle d'acier est placé sur le dos du plon-
geur (fig. 530 et 531). Son tuyau d'alimentation d'air t commu-
nique avec la pompe de refoulement que nous décrivons plus loin ;
le tuyau de respiration rest terminé par un ferme-bouche men
caoutchouc qui vient s'appliquer entre les lèvres et les dents du
plongeur
La disposition intérieure du réservoir est représentée fig . 533 ;
Rest le réservoiràair comprimé ; il est surmonté de la toile
régulatrice de l'émission de l'air B. Celle-ci est fermée au-dessus
par un plateau P en bois ou en métal d'un diamètre moindre que
le diamètre intérieur de la chambre, et recouvert d'une feuille ff
de caoutchouc d'une surface plus grande que celle du plateau,
qu'elle relie hermétiquement aux parois centrales de la chambreB.
Le plateau et le caoutchouc forment ainsi une espèce de soufflet
susceptible de s'élever ou de s'abaisser, suivant qu'il y a un excès
de pression au-dessus ou au-dessous du plateau. La communica-
tion entre le réservoir R et la chambre B s'établit par un orifice
de faible diamètre fermé par une soupape conique S qui s'ouvre
de haut en bas; la tige g aboutit au-dessous du plateau pp. On
comprend dès lors que, si une pression est exercée sur le plateau.
elle se transmettra par la tige G à la soupape, la fera s'ouvrir, et
une partie de l'air comprimé dans le réservoir R pénétrera dans
la chambre B.
Nous adopterons la démonstration des inventeurs pour prouver
umériquement ce qu'en effet l'expérience deleur système justifié.
Si par le tuyau tl'on envoie de l'air comprimé dans le réser
voir R, et que sa pression soit d'abord plus élevé que celui con-
tenu en B, elle fera fermer la soupape S; la compression conti-
nuant , la pression montera dans le réservoir. Si on place aprés
SCAPHANDRE . 1379
un poids Q sur le plateau dont l'action sur l'unité de surface soit
telle qu'il force la soupape S à s'ouvrir, l'air comprimé en R se
précipitera dans la chambre à air B, et, agissant sous le plateau P,
le soulèvera avec sa charge Q. La garniture en caoutchouc, fai-
sant joint et anche sur le réservoir et sur le plateau, permettra
le soulèvement sans laisser l'air s'échapper à l'extérieur. Or, au
fur et à mesure que le plongeur descend dans l'eau, la charge
due à la hauteur de la colonne liquide augmente ; mais l'air dans
le réservoir B reste à une pression toujours égale à celle à laquelle
cette colonne fait équilibre, parce que (nous venons de le dire) le
plateau P, en descendant par le fait de l'augmentation de sa
charge, fait ouvrir la soupape S, et, mettant ainsi en communi-
cation Ret B, l'équilibre
dans la pression du gaz
contenu dans ces deux
vases se rétablira immé- P P
diatement .
B
Dans l'application, les
choses se passent ainsi :
le tuyau d'aspiration r,
fixé sous la chambre à
air, aboutit par un serre-
bouche m aux lèvres du
plongeur, dont le nez est
ferméparun moyen quel-
Fig. 533 . Disposition intérieuredu
conque ; l'air envoyé par réservoir .
lapompe de compression,
et passant par t, applique la soupape s sur son siège . Dès que l'ou-
vrier aspire une partie de l'air contenu dans B, la pression diminue
dans le récipient, le caoutchoux cède sous l'excès de la pression
au- dessus de lui, le plateau descend en forçant la soupape Sà
s'ouvrir et l'air se précipite du réservoir R dans la chambre à
air B, dans le tuyau t, dans le poumon de l'ouvrier, et rétablit
l'équilibre. L'aspiration cessant, la soupape se ferme en vertu de
l'excès de pression dans le réservoir d'air , sa tige force le plateau
à remonter, et dans l'aspiration suivante ce jeu se renouvelle.
Lorsque l'expiration a lieu, le clapet V (fig. 532), formé de deux
lèvres én caoutchouc, s'ouvre sous le seul effort du poumon du
plongeur, comme il le ferait à l'air libre, parce qu'avant l'expi-
ration il est soumis à la même pression au dehors et au dedans,
et il laisse s'évacuer dans l'eau une partie de l'air expiré, dont
la pression, sensiblement plus élevée que celle due à la colonne
liquide, l'aide à remonter à la surface, en empêchant l'eau de
pénétrer dans le tuyau d'aspiration . L'autre partie de l'air expiré
revient sous le plateau, se mélange avec l'air pur. On pourrait
l'expulser en entier ; mais l'expérience , mieux que le calcul,
1380 SCAPHANDRE .
prouve que l'on peut respirer deux fois le même air sans incon-
vénient.
Le plateau, dans les appareils destinés à fonctionner jusqu'à la
profondeur de 30 mètres, porte 20 centimètres de diamètre, et la
soupape porte 7 millimètres .
Dans les appareils dits à haute pression, destinés au travail à
de très grandes profondeurs, la compression de l'air dans le
réservoir peut être
élevée à 40 atmos-
phères. Le plateau
porte de 25 à 30
centimètres de dia-
D H
H d mètre , et la sou-
pape 3m/m, 5.
:
La pompe à air
S ou de compression,
CO sans être complète-
ment originale, est
P parfaitement com-
prise : son piston P
(fig. 534) est fixé sur
la plaque de fonda-
H tion n ; le corps de
Fig534. Pompe à air ou à compression. pompe C est mo-
bile. La soupape S
d'aspiration d'air dans le corps de pompe est portée par le piston ;
elle s'ouvre de bas en haut, et une couche d'eau la recouvre ;
l'eau est contenue dans le réservoir que forme la partie supé-
rieure du piston, et lorsque le cylindre c descend , l'air comprimé
agissant sur le liquide, déter-
mine une pression de la garni-
ture en cuir du piston contre
les parois du cylindre, pression
qui augmente comme celle de
l'air comprimé avec ce joint
hydraulique , les fuites du gaz
respirable sont rendues impos-
sibles de ce côté. Le cylindre est
Fig. 535. Semelles des souliers
fermé à sa partie supérieure
duplongeur.
par un chapeau H ; au centre de
la cloison de séparation se trouve la soupape de refoulement r,
recouverte d'eau comme celle d'aspiration. On comprend dès lors
que l'air est emprisonné entre deux couchés d'eau qui lui pren-
dront la chaleur que lui aura communiquée le frottement des
pistons . Sur le raccord d vient se fixer le tuyau de refoulement,
qui aboutit au réservoir placé sur le dos du plongeur.
SÉCATEUR . 1381
Le nez du plongeur est bouché par un pince-nez garni de
caoutchouc et muni d'une vis de pression pour en régler le ser-
rage. Les semelles des souliers (fig. 535) forment, comme dans les
autres systèmes de scaphandres, les poids nécessaires pour faire
descendre l'ouvrier au fond de l'eau ; elles sont munies d'une
talonnière à ressort qui les maintient sous la chaussure, et qui
permet de s'en débarrasser instantanément en pressant sur la
pédale e avec un pied.
Tel est, succintement décrit, et représenté fig. 531, l'appareil
plongeur Rouquayrol-Denayrouze, destiné à travailler sous l'eau
sans vêtements. Pour les travaux hydrauliques d'une certaine
durée, un vêtement imperméable est indispensable : il comprend
un habit en toile caoutchoutée qui vient faire joint et anche sur
un masque U en cuivre (fig. 530), garni de glaces ; le tuyau
d'aspiration et d'expiration t le traverse sur le côté pour arriver à
la bouche du plongeur, comme dans l'installation sans vêtement.
Un robinet est placé au côté droit du masque. Il permet d'intro-
duire et de garder dans la partie supérieure du vêtement une
quantité d'air nécessaire pour ne pas souffrir de la pression exté-
rieure. Le plongeur peut lâcher dans le masque son air d'expira-
tion ou le faire échapper par un robinet n. Des poids en plomb
sont nécessaires avec le vêtement, parce que le plongeur qui en
est revêtu déplace un plus grand volume d'eau que s'il était nu .
les plis formés par le tissu caoutchouté gênent les mouvements
de l'ouvrier et augmentent sur lui la pression due à la hauteur
de la colonne d'eau qui le charge. Un intermédiaire protecteur,
système américain, a été imaginé dans le but d'atténuer ces incon-
vénients : il consiste en 35 anneaux en bois faisant articulation
de l'un à l'autre et formant pour ainsi dire un vêtement intermé-
diaire entre le corps du plongeur et le vêtement imperméable . Par
ce moyen, la pression de l'eau ne se fait pas directement sur le
corps de l'homme, ses mouvements sont plus libres, sa fatigue est
moins grande.
Scissipare (Hist. nat.) . Se dit de tout être qui peut se
multiplier par la division de ses parties. Cette particularité est
donc propre au plus grand nombre des végétaux, puisqu'on peut
les multiplier soit par boutures, soit par couchages, soit par
éclats .
Sécateur [ Angl. pruning-shars ; Allem. die Baumscheere]
(Jard.). - Instrument tranchant en acier, fait en forme de ciseaux,
mais muni d'un ressort qui le fait ouvrir de soi-même, à l'aide
duquel on taille très commodément les arbres fruitiers ainsi que
les arbrisseaux et arbustes d'ornement. La perfection à laquelle on
est aujourd'hui arrivé dans la confection de cet instrument per-
IV VOLUME . 40
1
1382 SERGENT .
met de l'employer à des travaux assez délicats, et dans la plupart
des cas même il tend à remplacer la serpette.
Sédatifs (Méd.) . Médicaments qui modifient l'action aug-
mentée d'un organe ou d'un système d'organes. Ce mot est syno-
nyme de calmant. Cependantles médicaments calmants proprement
dits ont tous un mode d'action analogue, tandis que les sédatifs se
composent souvent de moyens opposés : c'est que la sédation est
l'expression générale d'un effet thérapeutique secondaire. L'opium
est le premier des sédatifs ; la digitale est un sédatif de l'action
du cœur ; la saignée en est un aussi du système sanguin ; les
gommes résines sont des sédatifs du système nerveux, etc.
Semelle [Angl . pole-plate ; Allem. die Dachschwelle] (Bâtim.).
Espèce de tirant, fait d'un madrier épais, sur lequel sont
assemblés les pieds de la ferme d'un comble pour en arrêter
l'écartement . Pièce de bois mi-plate qu'on rapporte sous une autre
pour la renforcer, comme sous une poutrelle, une sablière, etc.
Semer [Angl. to drill ; Allem . Säen] (Agric.) . Sedit, d'une
manière générale, de tout travail qui consiste à confier les graines
à la terre. On ne devrait pas, ainsi qu'on le fait souvent, confon-
dre semer avec ensemencer, celui-ci se rapportant aux terrains,
tandis que celui-là se rapporte aux graines : on ensemence un
champ, on sème des graines .
Semoir [Angl. drille-maschine ; Allem. die Säemaschine]
(Agric.). Voir t. IV, p. 955. :
Séné [Angl . senna ; Allem. Senna] (Pharm.). — Feuilles du
cassia qui croît en Egypte d'où il nous vient par le Caire, où est
le dépôt général. Les follicules sont les gousses du fruit. C'est un
purgatif des plus employés ; on l'associe ordinairement aux sels
neutres .
Infusion : 8 à 16 gramm. pour 250 d'eau. On ajoute ou non un
autre purgatif.
Serfouette [Angl . pronged hoe ; Allem . die Gäthacke] (Jard.).
- Sorte de petite binette étroite, formant deux parties complète-
ment différentes, séparées au milieu par un œil qui sert à intro-
duire le manche ; l'une de ces parties forme une lame pleine,
élargie, aplatie, mince et légèrement courbée, l'autre, au con-
traire, est évidée, et constitue une sorte de croc à deux dents plus
ou moins courbées, qui sert soit à enfouir des grainės, soit à
extirper ou à secouer les mauvaises herbes .
Sergent [Angl. jack ; Allem. die Zarge) (Menuis.). Outil
SEUIL . 1383
enbois ou en fer, qui constitue une presse servant aux menuisiers
à tenir en contact des pièces qu'ils ont collées ou chevillées.
Un sergent est formé essentiellement d'une barre rigide portant
deux pattes perpendiculaires à sa direction : l'une est toujours à
demeure ; l'autre est quelquefois mobile, et peut être fixée en diffé-
rents points de la barre rigide ; elle porte assez ordinairement
une vis de pression pour faire serrage.
Séricicole [Angl. silk-husbandry ; Allem. der Seidenbau]
(Génér. ). C'est ainsi que d'une manière générale on désigne
tout ce qui se rattache à l'industrie de la soie.
Servitude [Angl. subjection ; Allem . Servitut] ( Jurisp . ).
Obligation ou assujettissement légal qui force tout propriétaire
voisin à certains égards réciproques. Le code civil énumère les
servitudes .
Sésame [Angl . sesamum ; Allem . Sesam] (Bot.) . Genre de la
famille des bignoniacées , renfermant des plantes très utiles,
propres à l'Asie méridionale, l'Egypte et l'Italie. Le sésame d'Orient ,
appelé vulgairement jugeoline , a une tige haute d'un mètre,
droite, herbacée, très branchue ; les feuilles sont vertes, ovales,
oblongues ; les fleurs blanches ou roses, solitaires, de peu de
durée ; les fruits sont des capsules allongées , renfermant des
semences nombreuses, petites , ovoïdes, brunes. Ces graines four-
nissent de l'huile excellente, aussi bonne que celle d'olive, et qui
ne se fige jamais. Elle sert à l'éclairage et dans les préparations
alimentaires . Ces graines donnent encore une farine grossière
dont on fait des galettes, de la bouillie, etc. On les mange encore
grillées comme celles du maïs, ou cuites de même que le riz ; elles
sont très saines et fort agréables .
Voici comment on le cultive en Egypte : On le sème en juin et la
récolte a lieu en automne. On donne au sol un bon labour et on le
divise ensuite par carré (beyt) dans lesquels on sème les graines .
On donne quelques arroséments pendant l'été et à l'automne on
arrache les tiges pour les réunir sur un point donné, en ayant
soin de les tenir debout. Aussitôt que les capsules sont sèches,
elles s'ouvrent au soleil ; on les secoue ensuite sur l'aire en incli-
nant les plantes et la graine tombe facilement des capsules .
L'huile, qui s'obtient par l'expression des graines, est jaune,
fluide, et employée à faire des fritures . Epurée, elle est bonne
pour l'éclairage.
Seuil (Angl. sill ; Allem. die Schwelle) (Menuis. ) . - Feuille de
parquet qui sert à revêtir l'aire d'un embrasement de porte ;.
quelquefois un seuil entre des chambranles étroits est une simple
frise.
1384 SILICIUM .
SEUIL (Maçonn.). - Morceau de pierre placé au bas d'une baie
de porte. Si le seuil est en saillie du mur et plus élevé que le sol
il prend le nom de marche.
Sialagogues (Pharm.). - Substances qui, mises en contact
avec la membrane muqueuse de la bouche , agissent sur les
glandes salivaires dont elles augmentent la sécrétion. - Lepyrètre,
le raifort sauvage, le poivre, et surtout le tabac chiqué sont des
sialagogues .
Silicium ( Chim .). Ce corps n'existe dans la nature qu'à
l'état de combinaison, mais il se rencontre en très grande abon-
dance, formant l'acide silicique (silice) et les silicates qu'on trouve
dans tous les terrains. Le silicium est après l'oxygène le plus
abondant des principes chimiques, et l'on peut dire qu'il forme la
partie principale de l'enveloppe accessible de notre globe. Pendant
longtemps on ne l'a connu qu'à l'état d'acide silicique ; entrevu
par H. Davy, Gay- Lussac et Thénard, c'est en 1823 que Berzélius
l'a isolé le premier en décomposant le fluosilicate potassique par
le potassium . Le silicium joue dans le monde minéral un rôle de
même importance que celui que représente le carbone à l'égard
du monde organique.
Le carbone, le bore et le silicium ont les plus grandes affinités .
Ces corps affectent trois formes différentes ; à l'état amorphe,
graphitoïde et adamantin.
Le silicium cristallisé affecte la mème forme que le diamant et
peut servir à couper le verre.
État naturel . - Peu de substances sont aussi répandues que
l'acide silicique et les silicates. A l'état de pureté, il constitue le
quartz hyalin ou cristal de roche qui est le type de l'acide cris-
tallisé et se présente en beaux cristaux incolores, limpides, sous
forme de prismes hexaèdres, terminés par des pyramides à six
faces .
C'est dans les terrains de cristallisation qu'on trouve les plus
beaux cristaux de quartz (dans les Alpes, à Madagascar, en Italie
où il est connu sous le nom de diamants de Toffa) .
Les roches granitiques contiennent le quartz parmi leurs
éléments .
Quand le cristal de roche est coloré par des oxydes métalliques
il forme un grand nombre de pierres précieuses naturellès plus
ou moins estimées , telles que l'améthyste, l'agate, la cornaline, etc.
L'opale, l'hydrophane, la résinite, etc., sont des variétés d'acide
silicique hydraté.
L'acide silicique constitue essentiellement les pierres meulières,
les silex (pierres à fusil), les grès , les sables, les tripolis, etc. ,
c'est un élément constitutif des terres arables ; toutes les eaux de
SILICIUM . 1385
nos sources, puits et rivières en renferment, et quelques sources
thermales sont remarquables par la forte proportion d'acide sili-
cique qu'elles tiennent en dissolution et qu'elles déposent à l'état
gélatineux (eaux jaillissantes des geysers d'Islande ; source ther-
male de Las Trincheras dans le Vénézuéla) .
L'acide silicique n'est pas moins répandu dans les organes des
animaux et des plantes ; certains végétaux sont remarquables par
la consistance de leurs tiges incrustées de silice (équisétacées,
graminées, palmiers).
Le silicates sont encore plus abondants que l'acide silicique ;
ils forment à eux seuls la moitié des minéraux connus, et c'est
parmi ces composés d'acide silicique avec différentes bases, qu'on
trouve la plus grande partie des pierres précieuses qui servent à
faire des bijoux du plus haut prix. (Le jargon et l'hyacinte, la
topaze, les grenats, l'émeraude, l'aigue-marine, le lazulite outre-
mer, etc.
Applications de la silice et des silicates .- Peu de substances
naturelles sont plus utiles à l'homme que la silice et les silicates ;
sans parler des argiles qui renferment une grande proportion de
silice, nous avons cité déjà le quartz hyalin et les quartz colorés
diversement qui constituent des pierres de bijouterie.
Le cristal de roche incolore sert à faire, comme ceux colorés,
des vases d'ornement, des verres de lunettes et instruments d'op-
tique; les agates sont utilisées , à cause de leur dureté, pour la
confection des mortiers , de molettes et de brunissoirs ; l'opale et
toutes les variétés d'acides siliciques hydratés sont très recherchées
en bijouterie; les jaspes et autres sont employés dans la décora-
tion; les pierres meulières servent aussi dans les constructions ;
les silex servaient de pierres à fusil et à briquet ; les grès ont une
grande importance, pour le pavage, pour les pierres à aiguiser,
pour les filtres à eau, etc. , les sables siliceux entrent dans la
composition des mortiers, des poterieset de tous les verres ; les
tripolis sont nécessaires pour le polissage.
Ce sont surtout les silicates qui constituent une grande partie
des gemmes, mais les silicates artificiels ne rendent pas moins de
services .
Les plus remarquables sont les nombreuses variétés de verre et
de cristal, dont l'industrie fait des vitres, des coupes, des gobelets,
des bouteilles , des glaces, des émaux, etc.
Les verres colorés sont des silicates blancs, teintés par des
oxydes fondus dans la pâte. Le bleu s'obtient avec l'oxyde de
cobalt ; les pourpres et violets avec le pourpre de cassius ; les
rouges bruns , etc. avec l'oxyde ferrique ; les verts avec silicate
de cuivre, oxyde de chrome ; les jaunes , avec oxyde d'uranium,
chromate plombique; les noirs et gris avec oxydes de maganèse,
de cobalt et de fer ; il n'en faut que quelques centièmes . C'est
1386 SILICIUM .
avec ces verres colorés qu'on fabrique les vitraux de nos
églises, etc.
Le strass incolore, qui imite le diamant, peut être coloré diver-
sement et sert alors à imiter les topazes, rubis, émeraudes, amé--
thystes, etc. (1). Mais Ebelmen a montré qu'il était possible de
créer de toutes pièces plusieurs pierres précieuses présentant la
composition chimique des espèces minérales; il a réalisé une véri-
table synthèse de minéraux ( Voir plus loin le mot Strass, p.1392).
Les silicates potassique et sodique sont solubles dans l'eau ; les
anciens faisaient bouillir dans la potasse des cailloux brisés ou du
sable qui s'y dissolvaient en partie ; le produit était la liqueur des
cailloux ; c'est du silicate alcalin, ou verre soluble (voir ce mot
p. 1411); par évaporation et fusion on a un verre fusible plus ou
moins déliquescent s'il y a excès d'alcali et soluble dans l'eau.
Ce produit a été appliqué à la chirurgie pour faire des appa-
reils contentifs remplaçant les appareils inamovibles à la dextrine
et au plâtre ; on imbibe de silicate des bandelettes de toile ou de
coton.
Pour obtenir ce silicate en grande masse et en sirop, tant pour
les arts que pour l'usage de la chirurgie, on chauffe fortement
dans un creuset, au feu de forge, et jusqu'à fusion complète, un
mélange composé de : 15 parties de sable fin ou de quartz en
poudre ; 10 p. carbonate potassique ; 4 p. de charbon.
On obtient une masse vitreuse et boursouflée, brunâtre, qui
n'est que du silicate potassique mêlé de charbon .
En traitant la masse par 5 ou 6 p. d'eau bouillante, le silicate
se dissout peu à peu et fournit une solution incolore et alcaline.
Si on concentre cette liqueur jusqu'à consistance sirupeuse, 30 à
40° Baumé, 1,4, de densité, et qu'on l'applique au pinceau à la
surface d'une toile, elle se dessèche rapidement et forme un enduit
vitreux. Si on la dessèche complètement, elle fournit une masse
blanche, translucide , vitreuse, sans dureté et insoluble dans l'eau
froide, mais lentement soluble dans l'eau chaude.
Le verre ordinaire pulvérisé a été employé contre la sperma-
matorrhée. Le verre soluble paraît appelé, comme vernis, à avoir
de nombreuses applications. Pour rendre les bois incombustibles,
pour durcir les pierres à bâtir, le plâtre; fixer les matières colo-
rantes à la surface des pierres, du verre, des métaux, des tissus,
du papier, etc.
Les divers silicates servent de vernis aux poteries communes ;
il importe qu'ils soient insolubles dans l'eau et dans les acides
(1) L'art de contrefaire les pierres précieuses avec du verre coloré est ancien,
puisque Pline en parle. Le cristal qui sert aujourd'hui de base (base de
Mayence), aux gemmes artificielles porte le nom de Strass, un allemand qui
l'a indiqué de nouveau.
SINAPISMES . 1387
étendus . En 1867, M. Clémandot a appliqué I's silicates solubles
à la silicatisation des poteries et terres cuites
Silos (Angl . silo ; Allem. Kornkeller] (Agric.). - Constructions
ordinairement souterraines dans lesquelles on conserve les blés, les
céréales, etc. Leur établissement est plus économique que celui
des magasins, si surtout l'on ajoute au prix de ceux-ci les frais de
pellage qu'ils nécessitent.
Dans aucun cas, un silo ne doit être établi dans un terrain
noyé par les eaux.
Il faut les revêtir en bonne maçonnerie de briques ou de i
moellons faite soit avec un mortier hydraulique, soit avec du
mastic bitumineux, enduire le parement des maçonneries avec
autant de soin à l'extérieur qu'à l'intérieur, ou même revêtir de
plomb le parement intérieur. Mettre entre le pourtour des silos
et les terres une couche de gros sable, ou de menues recoupes de
pierre de 0m ,30 à 0m , 40 d'épaisseur.
L'épaisseur propre des parois d'un silo sera ordinairement
variable sur toute sa hauteur avec l'effort dû à la poussée auquel
elles doivent résister et avec le plus ou moins d'humidité dont
ces terres pourront s'imbiber.
Les silos les plus grands sont les plus économiques, parce que la
capacité augmente dans un plus grand rapport que les surfaces .
Les plus avantageux sont ceux de forme cylindrique ou cubique
recouverts par un plafond ou par une voûte.
Les silos de forme cylindrique à égalité d'épaisseur de revête-
ment seront plus solides que ceux de forme cubique, mais ils
prendront plus de place et seront d'une exécution plus coûteuse
etplus difficile. Il faut pouvoir vider les silos avec facilité et l'on
ne doit y renfermer les blés que quand la maçonnerie, les parois
et l'air intérieur seront parfaitement secs, résultat que l'on hâte
en plaçant de la chaux vive dans les fosses et en la renouvelant
de temps en temps. Il faut d'ailleurs que les blés soient parfaite-
ment secs au moment de l'ensilage ; on peut les amener sans
danger à cet état, en les exposant pendant plusieurs jours, soit à
un soleil ardent, soit dans une étuve chauffée à 60 degrés .
On nomme encore silos, des fosses de dimensions variables,
qu'on creuse dans le sol et dans lesquelles on place des betteraves ,
✓ des carottes, etc., qu'on recouvre ensuite de terre et au besoin de
fumier ou de feuilles, pour les préserver des atteintes du froid.
Sinapismes [Angl. sinapism ; Allem. Sens umschlag] (Méd.)
Cataplasmes dont la farine de moutarde fait la base et qu'on
applique sur la peau pour produire la rubéfaction et une action
révulsive .
On prépare le sinapisme ordinaire en mêlant dans un pot de
1388 SODIUM..
faïence 225 à 250 grammes de farine de moutarde fraîche et eau
tiède quantité suffisante. Cette préparation donne un sinapisme
plus actif qu'avec le vinaigre, qui neutralise une partie de l'ac-
tion de la moutarde .
Singe [Angl . hand-barrow; Allem. der Kasten) (Maçonn.). —
Machine consistant en un treuil à bras ou à double manivelle, qui
sert à enlever les fardeaux, à tirer la fouille d'un puits, et à y des-
cendre le moellon et le mortier pour faire les fondations.
Sinus [Angl . sine; Allem Sinus] (Geom.) . - Ligne perpendi-
culaire, menée d'une des extrémités de l'arc au rayon qui passe
par l'autre extrémité.
Socle [Angl. basement ; Allem. der sockel] ( Techn .) . - C'est
un corps carré moins haut que large, qui se met sous les bases
des piédestaux.
SOCLE (Menuis .). - C'est, en général, une partie lisse servant à
porter quelque partie d'architecture ou à la terminer.
Sodium [Angl . sodium ; Allem . Natron] ( Chim . ind. ) . -Le
sodium compte parmi les corps les plus répandus dans la nature,
mais toujours à l'état de combinaison ;le plus commun des com-
posés sodiques est le chlorure (sel marin, sel gemme), mais une
foule de minéraux renferment du sodium, ainsi qu'une grande
partie des végétaux qui croissent au voisinage de la mer et les
plantes marines, dont les cendres servent à l'extraction de ce
métal et de plusieurs de ces combinaisons.
Préparation . Le sodium se prépare en grand dans les arts,
par la calcination d'un mélange de carbonate de sodium 100 p.;
de houille sèche de Charleroi à longue flamme 45 p. et de craie
15 p. , dans le but de rendre la masse presque infusible. L'opéra-
tion se fait dans des cylindres de tôle épaisse, entourés d'un lut
réfractaire , qu'on porte à une très haute température (le blanc
soudant) , dans des fours analogues aux fours de chaufferie des usines
à fer (fig. 537) . Les récipients de MM. Mareska et Donny (fig. 538)
et 539) sont posés de champ ; à mesure que le sodium s'y condense,
il coule dans des marmites en fonte contenant de l'huile de schiste.
Le métal n'a besoin que d'être refondu et coulé dans des lin-
gotières comme on ferait du plomb ; il ne s'enflamme pas si les
appareils sont bien secs.
Le perfectionnnement appliqué, d'après M. Deville, à l'extraction
des deux principaux métaux alcalins , a permis de multiplier leurs
applications . C'est par l'emploi du sodium surtout, qu'on a pu iso-
ler certains corps simples engagés dans des combinaisons très
stables et qui avaient résisté jusque-là aux procédés ordinaires
(Bore, silicium... aluminium, magnésium, etc.).
SOLUBLES . 1389
Comme le potassium il forme de nombreux alliages; l'amalgame
de sodium est très employé comme réactif chimique. La combi-
naison du sodium et du mercure s'opère facilement, mais avec un
fort dégagement de calorique ; à 100 parties demercure, on ajoute
peu à peu 1 partie de sodium et à chaque addition il se produit
de la lumière et un sifflement. La masse se trouve formée d'une
partie liquide et d'une solidifiée; on sépare cette dernière qu'on
renferme dans un flacon bien bouché à l'abri de l'air et de l'hu-
midité ; la partie liquide sert pour une autre opération.
L'analgame de sodium fond vers 21 degrés, et se prend par
Fig. 537. -Four à sodium. Fig. 538 et 539. Recipients à sodium.
refroidissement en une masse homogène, cristalline. (Voir Chlorure
de sodium , t . III, p. 403.)
Solin [Angl . space hetween rafters ; Allem . Ausmauerung der-
seblen ] (Archit . ). On donne ce nom aux enduits de plâtre dont
on recouvre les extrémités des tuiles d'un toit, pour les reteniret
s'opposer à l'entrée des eaux pluviales. Les solins forment des
cordons de plâtre le long des arêtes où viennent se joindre les
plans de deux toits voisins .
On appelle aussi solins les bouts des entrevoux des solives
scellées avec du plâtre sur les murs, les poutres, etc.
Solubles [Angl. soluble; Allem. aufnösbar] ( Chim.). - Epithète
donnée en chimie aux substances qui peuvent se dissoudre, se
fondre aisément et en assez grande quantité dans l'eau , l'alcool,
les acides, l'éther, etc. Lorsque ces liquides ne dissolvent qu'une
très petite quantité d'un corps , on regarde ce corps comme inso-
1390 SOUPIRAIL.
luble , - En botanique, on appelle ainsi les parties des plantes
composées de plusieurs pièces articulées bout à bout et suscepti-
bles de se détacher spontanément.
Soufflet de forge. Le soufflet ordinaire de forge, que nous
représentons fig. 510, est un appareil des plus anciens en fait de ma-
chines à compression d'air et le plus simple de tous ; il est encore
employé aujourd'hui dans quelques ateliers de forge. Il se compose
d'une planche fixe ab (fig . 540) et d'une planche mobile fd réunies
par une bande de cuir de façon à former une caisse C. Les deux
faces en bois diminuent de largeur et viennent se réunir à leur
extrémité à l'aide d'une douille en cuir K de laquelle part la buse t.
C
Kf
a
Fig. 540. Soufflet de forge.
Un contre-poids P tend à soulever constamment le plateau mobile,
tandis qu'une tringle n fixée à l'extrémité de la chaîne du contre-
poids, sert à imprimer le mouvement contraire. Une soupape s,
placée sur le plateau inférieur et s'ouvrant de dehors en dedans,
permet la rentrée de l'air dans la caisse, pendant le mouvement
où celle-ci se dilate ; puis elle se ferme lorsque l'on rapproche les
plateaux à l'aide de la tringle n .
Le volume d'air à la pression atmosphérique refoulé par la
buse, n'est guère que de la moitié de celui de la caisse du soufflet.
Il est donc nécessaire, si l'on veut un peu de continuité dans
l'écoulement du gaz, de combiner deux de ces soufflets de façon à
les faire agir alternativement .
Soupirail. - [[Link]-window; Allem. das Kellerloch] ( Ma-
çonnerie). Ouverture en glacis entre deux joues rampantes,
pour donner de l'air et un peu de jour à une cave ou à un sellier.
STIMULANTS . 1391
SOUPIRAIL D'ACQUEDUC . Baie en abat-jour qu'on pratique de
distance en distance dans l'intrados de la voûte d'un aqueduc pour
donner issue à l'air .
1
Sparadrap [ Angl . sparadrap ; Allem. Durchzug] ( Pharm .).
Toile, taffetas ou papier recouvert d'une couche médicamenteuse
de nature emplastique. - Employé en bandes pour maintenir les
topiques appliqués sur la peau, pour tenir rapprochés les bords
d'une plaie ; sur les ulcères des jambes, les brûlures, etc. Le taf-
fetas d'Angleterre est un sparadrap.
Sphère [Angl. sphere; Allem. die Sphäre] (Mathémat. ). - So
lide terminé par une surface courbe, dont tous les points son,
également distants d'un point intérieur nommé centre. Globet
boule, sur lequel on trace la figure de la terre, où l'on représente
la disposition du ciel par des cercles , etc. (Voir fig. 258 et 259,
t. IV, p. 778 et 780.)
Sphéromètre [Angl. spherometer; Allem. der Kugelmesser]
(Mathémat.). — Voir Instruments de précision, t. IV, p. 966 et
fig . 359 et 360, p, 964.
Spirale ( Angl . spiral line ; Allem. Schraubenlinie] ( Géom .). —
Ligne courbe qui tourne autour de son centre et qui s'en écarte
de plus en plus ; ligne qui se développe circulairement autour
d'un cône .
Statuaire [Angl. statuary; Allem. der Bildhauer) (Arts et
mét.). Artiste qui exécute des figures en ronde-bosse ou des
bas-reliefs , soit en marbre, soit en bois ou en bronze.
Statue [Angl. statue; Allem. die Bildsäule) (Beaux-Arts).
Figure humaine en marbre, porphyre, pierre, métal, bois , ivoire,
etc. , représentée en relief ou isolée.
STATUE ALLÉGORIQUE. C'est une statue représentant un sujet 1
fictif, supposé, comme les saisons, les éléments, etc.
Stéréométrie [Angl. stereometry ; Allem. die Stereometrie]
(Archit.). - Partie de la géométrie qui apprend à mesurer les
corps solides .
Stéréotomie [Angl. stereotomy ; Allem. die Stereotomie]
(Archit.). On a donné ce nom à la science qui enseigne la coupe
des solides .
Stimulants [Angl. stimulating ; Allem. Stimulatien] ( Chimie
pharm.).-Médicaments qui augmentent rapidement l'énergie des
fonctions,et dont l'action, bien différente de celle lente et durable
1392 SUINT .
des toniques, est de courte durée. Ils se distinguent en géné-
raux et en spéciaux. Les stimulants généraux sont ceux qui éten-
dent sans doute leur action à toutes les fonctions en général : ils
sont eux-mêmes diffusibles ou fixes , selon que cette action est
passagère ou plus durable. Les éthers, les spiritueux sont des
stimulants diffusibles ; les résines , les substances à saveur péné-
trante sont des stimulants fixes .
Les stimulants spéciaux semblent, au contraire, ne porter leur
action que sur un appareil organique, à l'exclusion des autres .
Strass [Angl . strass ; Allem. Strass] (Minéralogie.). — Voir
t. II, p. 1537.
Par l'addition d'une petite quantité d'oxydes colorants, le strass
prend des colorations qui permettent de l'employer pour imiter
les pierres précieuses .
La topaze artificielle s'obtient en fondant le strass avec du verre
d'antimoine et une petite quantité de pourpre de cassius ; le rubis,
avec le même verre et un peu plus d'or ; l'émeraude, avec l'oxyde
de cuivre et l'oxyde de chrome ; le saphyr, avec l'oxyde de cobalt;
l'améthyste, avec l'oxyde de manganèse, de cobalt et la pourpre
de cassius .
L'aventurine, verre jaunâtre dans lequel se trouvent disséminés
une infinité de petits cristaux cuivreux, s'obtient en fondant de
la glace ou du verre blanc avec du nitre, des battitures de cuivre
et du protoxyde de fer. Enfin, l'aventurine de chrome ou verte,
découverte par M. Pelouze, en 1865, se prépare en ajoutant au
verre fondu du bichromate de potasse.
Suc [Angl . Juice ; Allem. Saft] ( Chimie . ) . - Liquide que l'on
obtient en exprimant les viandes, les plantes. Quelques botanistes
appellent suc propre un liquide ayant une couleur, une saveur et
une odeur particulières, variant selon les familles végétales, les
genres et même les espèces ; ils le différencient de la sève et du
cambium. Le suc propre est blanc et laiteux dans le pavot, la
laitue, le figuier; rouge dans l'artichaut, le campêche ; résineux
dans les conifères, les térébinthacées, etc. Le suc proprese trouve
dans le tissu cellulaire de la plante, quelquefois dans le bois , rare-
ment dans l'écorce.- On appelle suc de citron un liquide composé
d'eau , d'acide citrique et d'une matière mucilagineuse.- Les phy-
siologistes donnent le nom de suc à certaines humeurs animales .
Le suc gastrique est l'humeur qui enduit la surface muqueuse de
l'estomac, et qui facilite la digestion ; le suc nourricier est une
humeur qui nourrit toutes les parties du corps, en réparant les
pertes que fait l'économie animale par l'exercice même de la vie.
Suint [Angl . Yolk; Allem. das Wollenfett) (Génér .). Nom
SYLVICULTURE. 1393
donné à la matière grasse qui enduit la laine, et qui est composée
d'un savon à base de potasse, d'une substance animale particu-
lière, de chaux, de carbonate, d'acétate et d'hydrochlorate de
potasse. La première opération qu'on fait subir aux laines a pour
but de les débarrasser du suint. Cette substance exale une odeur
désagréable . (Voir Dessuintage des laines, t. II, p. 837) .
Sulfure de carbone [Angl. sulphuret of carbon ; Allem. der
Schwefelalkohol (Chimie) . - C'est vers 1854 que M. Deiss a com-
mencé à préparer ce produit, que MM. Gérard et Aubert fabri-
quèrent en grand à leur tour et utilisèrent plus tard pour ramollir
le caoutchouc et lui permettre d'être transformé en fils cylin-
driques par la même méthode qui sert à préparer le vermicelle .
L'appareil qu'ils employaient consistait en une cornue de fonte
placée verticalement dans un fourneau, et portant à la partie
inférieure un tube incliné, par lequel on introduisait le soufre au
bas de l'appareil plein de charbon de bois .
Le sulfure de carbone, dont le prix de revient varie entre 40 et
50 francs les 100 kilog., selon les localités, peut être appliqué à
une foule d'usages auxquels il n'est devenu propre que depuis
qu'il a pu être obtenu à des prix aussi bas .
Ses usages consistent dans l'extraction des corps gras des ma-
tières les plus viles, qui avaient été rejetées jusqu'ici. Les noirs
d'acidification pressés des fabriques , et généralement tous les
résidus provenant de l'industrie de l'acide stéarique, les pains de
creton de la fonte du suif, les chiffons gras des filatures , des che-
mins de fer, les tourteaux d'huile de graine et d'huile d'olive, four-
nissent, au moyen de ce dissolvant, des quantités considérables de
corps gras qui auraient été complètement perdus .
Pour les extraire, on entasse ces corps dans une caisse en fer,
où ils sont soumis à un lavage méthodique de bas en haut, au
moyen du sulfure de carbone qui, s'écoulant dans un appareil
distillatoire chauffé à la vapeur, reproduit du sulfure propre à un
nouveau lavage, et un corps gras qu'on n'écoule au dehors que
lorsqu'il a laissé échapper tout le sulfure qu'il retenait.
Surplomb [Angl. prominence ; Allem. die Ausladung] (Archit .) .
On dit qu'un mur est en surplomb, quand il déverse et qu'il
n'est pas aplomb, c'est- à-dire quand les parties supérieures sont
en saillie sur la base.
Sylviculture (Arts et métiers). Voir les mots Arbre, t. III,
p. 58 et Bois et forêts , p. 166.
1394 TAILLE DES ARBUSTES .
Table d'harmonie [Angl. sound-board; Allem. Resonanz-
boden] (Techn.) . Partie sonore de la caisse des instruments à
clavier et à cordes. La partie sur laquelle on appuie le chevalet
des violons, altos, basses, en est la table d'harmonie ou simple-
ment la table.
Taches [Angl. stain ; Allem. Flecken] (Techn.). Marque laissée
sur les meubles, parquets, vêtements, etc,, par une matière grasse,
corrosive ou un corps étranger quelconque. Nous avons donné aux
mots Dégraissage, t. Icr, p. 360, et Nettoyage, t. II, p. 1049 les divers
procédés pour enlever toutes sortes de taches .
Taches des livres ou des gravures . Pour enlever sur les pages
des livres des taches de graisse qui les salissent , on emploie le pro-
cédé suivant : On commence par chauffer, soit au moyen d'un fer
à repasser, soit avec le dos d'une cuiller contenant quelques char-
bons, la partie de la feuille qui est tachée, et l'on applique d
papier brouillard sur cette partie à diverses reprises et tant qu'il
s'imprègne de graisse. Ensuite on passe légèrement sur les deux
côtés de la feuille, toujours aux parties tachées, et quand le papier
est encore chaud, un pinceau trempé dans l'esprit de térébenthine
très épuré et chauffé presque jusqu'à l'ébullition. Enfin, pour
rendre au papier sa blancheur, on applique, partout où il y avait
de la graisse, une brosse douce imbibée d'esprit de vin. L'écriture
n'est nullement altérée par l'emploi de ce procédé.
Taille des arbres [Angl. lopping; Allem. das Beschneiden]
(Hort.) .- Opération qui a pour résultat la suppression complète
ou partielle de quelques-unes des parties des végétaux auxquels
on l'applique, dans le but soit de prolonger leur existence, soit de
leur donner une forme particulière, soit de leur faire produire
seulement des fleurs ou bien des fleurs et des fruits , soit enfin
pour obtenir à la fois toutes ces choses .
TAILLE DES ARBRES FRUITIERS . La taille des arbres fruitiers,
entre autres, est une opération très importante :
1º Elle a pour but de distribuer la sève également dans toutes
les parties de l'arbre, et de lui donner une forme agréable ; 20 elle
dispose les arbres à donner de plus beaux fruits et de meilleure
qualité ; 3º si un arbre n'était pas taillé, ses branches superflues
épuiseraient infailliblement sa force, et il durerait moins long-
temps ; ainsi, lorsqu'une taille est bien raisonnée, elle prolonge
l'existence des arbres .
Les instruments employés pour la taille sont la serpette et le
TAILLE-VENT . 1395
sécateur. Quoique ce dernier abrège beaucoup le travail, il ne peut
pas complètement remplacer la serpette ; car son emploi nécessite
beaucoup d'habitude, et il arrive souvent qu'avec le point d'appui
on occasionne une pression qui meurtrit la branche au-dessous de
la coupe ; mais il est très avantageux pour rabattre une branche
que l'on enlèverait difficilement à la serpette, et pour tailler la
vigne et les rosiers.
Indépendamment de ces deux instruments, il est quelquefois
nécessaire d'employer la scie à main ou l'égohine pour couper les
grosses branches.
On commence ordinairement à tailler à la fin de janvier et jus-
qu'en mars , et quelquefois même encore au commencement d'avril ;
mais il est impossible d'indiquer d'une manière précise l'époque
la plus favorable pour commencer cette opération, car elle varie
suivant l'exposition et la différence de température des années .
Règle générale, on doit commencer par les arbres faibles et
terminer par les plus vigoureux, afin d'en ralentir un peu la
vigueur ; cependant il faut toujours tailler avant que la sève soit
en mouvement ; car plus tard on altèrerait beaucoup la santé de
ces arbres ; et l'on n'obtiendrait que des pousses très faibles .
Il est quelques principes généraux dont il ne faut jamais s'écarter :
1º On doit toujours, en taillant, faire une coupe bien nette, un
peu oblique, opposée à l'œil sur lequel on taille, et à 0,03 envi-
ron au-dessus, afin que la sève puisse facilement recouvrir la
plaie ; c'est aussi pour ce motif que toutes fois qu'il est nécessaire
de rabattre une branche, il faut la couper le plus près possible de
son insertion, et faire une plaie bien nette, qui se recouvre tou-
jours plus facilement.
2º Il ne faut pas tailler les arbres trop court, car alors ils pous-
sent trop vigoureusement et rapportent peu de fruit..
3º Une taille trop allongée épuise les arbres, parce qu'ils se
mettent trop à fruit, et il n'y a réellement aucun avantage ; car
es fruits en sont moins beaux, les arbres en sont fatigués, et ils
restent ordinairement plusieurs années sans rapporter.
Taille-douce [Angl. copper- engraving ; Allem. der Kupfer-
stich] ( Grav. ). - Se dit d'une gravure faite au burin seul sur une
planche en acier ou en cuivre.
Tailleur de pierres [Angl. stone-cutter ; Allem . der Stein-
metz ] ( Arts et mét.). - Ouvrier qui taille les pierres après que
l'appareilleur les a tracées ; il a pour outils : la masse, le tétu, la
pioche, la boucharde, la laye ou marteau bretelé, le riflard,
l'équerre, la fausse équerre, la ripe, le ciseau et le maillet.
Taille-vent (Gen.) .- Voile qui remplace la grande voile dans
1
1396 TEINTE- DUKE .
les lougres, chasse-marée et plusieurs bateaux de pêche, quand
le vent souffle bon frais. Elle est de grandeur moyenne, et se place
près du grand mât. "
Tain [Angl. silvering ; Allem. die Bilegung mit amalgam]
(Techn.). - On donne ce nom à une feuille d'étain fort mince qu'on
applique derrière une glace pour y fixer la représentation des
objets.
Tambour ( Angl. vind-screen ; Allem. die Windfangwand]
(Menuis. ). - Sorte de petit pavillon construit devant des portes,
surtout des églises, pour empêcher le vent et le froid de pénétrer .
TAMBOUR (Serr.).- Cloison de tôle ou de cuivre de forme ronde,
qui cache un mécanisme, un mouvement ou un ressort. Telle est
la petite disposition que l'on place derrière une porte pour qu'elle
ferme seule. On le nomme aussi baril .
Tam-tam (Mus.) . - Les tam-tam et les cymbales se font avec
un bronze qui contient : cuivre 0,80 et étain 0,20. Cet alliage offre
la singulière propriété d'être très cassant lorsqu'il a été refroidi
lentement, et au contraire de devenir malléable lorsqu'après
l'avoir chauffé au rouge sombre, on le trempe en le plongeant
dans l'eau froide.
Tassement [Angl. amount of the settling; Allem. das Sackmaas]
(Gén.) . - Le tassement est l'effet qui résulte de l'action verticale
d'une charge sur des matières susceptibles de compression, telles
que la plupart des terrains, le mortier, le plâtre et autres matiè-
res servant à réunir les pierres dans les ouvrages de maçonnerie.
Le tassement n'a lieu que sur des terrains susceptibles de com-
pressibilité. Dans les sols compressibles c'est moins le tassement
que son inégalité qui est dangereux, parce qu'il occasionne des
ruptures et des désunions qui peuvent causer la ruine de l'édifice.
-
Effet inverse du foisonnement. Dans l'exécution des terrasse-
ments, les terres du déblai occupent dans les remblais un volume
plus grand que celui qu'elles avaient en place : elles foisonnent ;
mais, avec le temps, les vides se resserrant, le volume de remblai
diminue : c'est ce qu'on appelle le tassement .
Teinte-dure [Angl. priming ; Allem. der Grund) ( Dor.). -
Blanc de céruse calciné dans un poèle sur un feu modéré jusqu'à
ce qu'il ait acquis une teinte jaune, broyé à l'huile et détrempé à
l'essence. On fait usage de cette teinte pour des fonds que l'on
veut poncer ou polir et particulièrement pour asseoir la dorure à
l'huile. C'est sur cette teinte-dure qu'on applique la mixtion.
Pour la dorure sur apprêt, on emploie une teinte-dure composé
TÉLESCOPE. 1397
de sanguine, de blanc de céruse et de tale calciné broyés à l'eau
et détrempés avec de la colle très forte mêlée de blanc de Bougival.
On fait encore de la teinte - dure avec du blanc de céruse non
calciné, broyé très fin et détrempé avec de l'huile grasse pure.
Teinturier-dégraisseur [Angl. scourer ; Allem. der Flecken-
ausmacher] (Arts et mét.). L'outillage d'un teinturier-dégrais-
seur est peu considérable ; il consiste : 1º en une table de travail
dite à détacher, longue de 2 mètres et large de moitié, légère-
ment inclinée pour faciliter l'écoulement des eaux ; 20 une autre
petite table dite de réserve ; 30 un baquet avec un fouloir, qui
n'est autre qu'une planche cannelée en lignes horizontales, sur
laquelle on frotte les étoffes pour enlever les salissures ; 40 un
générateur à vapeur; 5º machine à sécher les tissus, telle que
l'hydro-extracteur de Pentzold, ou bien plus simplement encore un
sac à tordre les étoffes , à l'aide duquel on peut éviter jusqu'à un
certain point de déplacer , d'allonger ou de déchirer même les tis-
sus , comme cela arrive souvent lorsqu'on les tord directement ;
6º une chambre bien aérée pour faire sécher les étoffes ; 7° des
cadres , rames ou chassis ; 8º une presse cylindrique ou calandre
å vis verticale ; 90 un métier à luster, un battoir en bois ; 10º une
étuve pour faire le soufrage des étoffes .
Avant de commencer le dégraissage d'une étoffe, il est certaines
précautions que l'on ne doit pas négliger. Ainsi, on doit toujours
commencer par examiner la nature de la tache, l'espèce de l'étoffe
et le genre des couleurs. Ceci fit, on bat soigneusement l'étoffe et
on la brosse avec la plus granue attention pour en ôter toute la
poussière ; puis on l'expose à l'action de la vapeur d'eau pour
faire ressortir et amollir les taches . Enfin, on marque chacune
d'elles avec de la craie pour les reconnaître, et on les enlève l'une
après l'autre avant de mouiller l'étoffe ; sans cela on s'exposerait
à les voir reparaître par la suite. (Voir les mots Dégraissage,
t. Ier,, p. 360, et Nettoyage, t. II, p. 1049) .
Télescope [Angl . telescope ; Allem. Téleskop] ( Opt. ) . - On
donne quelquefois ce nom à toutes les lunettes qu'on destine à
rapprocher et grandir les objets éloignés ; mais on appelle plus
proprement ainsi les appareils d'optique qui contiennent un ou
deux miroirs de réflexion , en réservant le nom de lunettes à ceux
où l'effet est produit par des combinaisons de verres lenticulaires.
LE GRAND TÉLESCOPE DE L'OBSERVATOIRE DE PARIS . -Tout le
monde a entendu parler d'Herschel, le grand astronome de Slough,
qui vivait encore au commencement de ce siècle . Cet illustre
observateuravait construit un télescope de trente-neuf pieds anglais
de long. Arago disait de cet instrument : « On ne se trompe pas
moins quand on imagine que l'observateur de Slough se servait
IV VOLUME . 41
DONNE PAR
IM
NBISCHOFFSHE
Fig. 541. Le grand télescope de l'observatoire de Paris.
Vue de l'appareil pendant l'observation.
1
TENUE DES LIVRES . 1399
sans cesse de ce télescope qu'en soutenant avec M. de Zach que
l'instrument colossal n'a été d'aucune utilité, qu'il n'a servi à
aucune découverte, qu'on doit le considérer comme un simple objet
de curiosité, ces assertions sont formellement contredites par les
propres paroles d'Herschel . En effet, ce gigantesque instrument
lui fit découvrir le sixième satellite de Saturne. >>>Disons le vrai
motif qui détournait Herschel de se servir plus souvent de
l'immense télescope de trente-neuf pieds . Malgré la perfection du
mécanisme, la manœuvre de cet instrument exigeait le concours
continuel de deux hommes de peine et celui d'une personne char-
gée de prendre l'heure à la pendule. Dans les nuits à change-
ments de température un peu considérables , le télescope, à cause
de sa grande masse, était toujours en retard thermométrique sur la
variation que subissait l'atmosphère, ce qui nuisait beaucoup à la
netteté des images . C'est avec des télescopes de moyenne dimen-
sion qu'Herschel fit les premières découvertes : par exemple, il
trouva la planète Uranus avec un instrument de sept pieds anglais
de long, auquel il avait appliqué un grossissement de 227 fois.
Le nouveau grand télescope de l'Observatoire de Paris est ins-
tallé au milieu du jardin. Des rails vont du Nord au Sud et se
croisent, avec changement de voie autour du bâtiment en plan-
ches, qui a 10 mètres de haut sur 8 de large. Il repose sur des
roues pour suivre les rails ; c'est là-dessus qu'est dressé le téles-
cope. Le diamètre de son tube est d'un mètre deux décimètres ;
sa longueur est de sept mètres 3 décimètres ; il est perché sur des
tourillons et est en fer forgé ; son poids est de 2,800 kilog. En y
joignant le poids de l'axe transversal qui maintient le tube fixé à
8 mètres de hauteur, le poids des tourillons, celui du contre-
poids, etc. , on a 20,000 kilog. à peu près .
Tout l'appareil est facilement maniable et le mouvement d'hor-
logerie est très régulier. L'oculaire, placé tout près de l'ouverture
des tubes, est mobile. Un escalier en fonte est situé en spirale sur
une plate-forme roulante ; il peut tourner de manière à permettre
à l'observateur de contourner l'ouverture du tube.
Pour se servir de l'instrument, on fait rouler la cage sur rails ;
en pousse l'escalier sur d'autres rails à angle droits des premiers ;
un treuil fait mouvoir l'escalier sur des rails circulaires .
Le maniement de cet escalier exige le concours de trois hom-
mes . L'instrument a coûté 200,000 francs . On pourrait appliquer
à ce télescope, un grossissement de 2.400 fois ; mais on ne dépasse
guère le grossissement de 1.200 fois.
Tenue des livres [Angl. book-keeping ; Allem. die Buchhaltung]
(Comm.) . La comptabilité a pour but d'exprimer la situation
des choses ou objets par les livres, et celle des personnes ou
sujets par les comptes .
1400 TENUE DES LIVRES .
Toute comptabilité exige indispensablement l'emploi de deux
livres ou registres .
Dans le premier, les opérations sont inscrites par ordre de dates,
avec tous les détails nécessaires pour constater la nature et tous
les effets de l'opération . Ce livre qui est le fondement de la comp-
tabilité, est jugé si important par les lois, qu'elles ont réglé et fixé
quelques-unes des conditions de sa forme et de sa tenue. Il porte
le nom de Journal ; les affaires y sont rapportées sans aucun
égard à leur analogie ou à leur dissemblance ; il constate leur
existence, mais il ne montre pas leur situation. Cet objet est rempl
au moyen d'un autre livre qui s'extrait du journal, et qui, dans le
langage technique, est appelé quelquefois Livre de raison, et plus
souvent Grand-Livre . Toutes les affaires dont on veut suivre la
marche y ont un article séparé ou compte, dans lequel elles sont
inscrites sans aucun mélange avec les affaires d'une nature diffé-
rente. On caractérisera en peu de mots , et sous la forme concise
du langage algébrique, la destination et le service de ces deux
registres en disant que : Dans le Journal les affaires sont ordon-
nées par rapport au temps et dans le Grand-Livre par rapport à
leur nature .
La dénomination de méthode à parties doubles usitée en France
provient de ce fait, que toute opération commerciale, tout trans-
fert ou mouvement de valeur constitue nécessairement un débi-
teur et un créancier ou créditeur .
Le créancier et le débiteur sont souvent des personnes avec
qui celui au nom duquel la comptabilité est tenue est en corres-
pondance d'affaires ; mais ces mots peuvent aussi désigner des
emplois de quelque partie du capital: par exemple, si un négociant
achète pour mille francs de marchandise et qu'il paye comptant,
la marchandise sera débiteur de la caisse : on déterminera toujours
avec sûreté quels sont le créancier et le débiteur par une règle
déduite de cette considération que pour qu'il y ait lieu de recon-
naître un nouveau débiteur et un nouveau créancier, il faut que
quelque valeur ait fait un mouvement et ait changé de place ou
emploi . Le créancier est au point de départ, le débiteur au point
d'arrivée .
Le grand-livre contient donc une équation toujours subsistante,
dont chaque nouvelle opération modifie quelque terme, mais sans
troubler l'égalité. Dès qu'on aperçoit que cette égalité n'existe
plus, on est sûr qu'il a été commis quelque faute de calcul qu'on
doit se hâter de rechercher et de rectifier.
Le rapprochement des deux membres de l'équation placés terme
à terme en regard l'un de l'autre, forme ce que dans la pratique
on appelle le Bilan ou la Balance.
La détermination des comptes nécessaires à établir pour porter
la lumière dans toutes les parties d'une comptabilité, est une opé-
THÉORIE . 1401
ration qui demande des raisonnements quelquefois compliqués et
délicats : c'est comme la mise d'un problème en équation . Elle
suppose une connaissance entière de l'entreprise dans laquelle on
veut engager le capital, des règles de l'administration ou gestion
à laquelle il doit être soumis, et une analyse complète des moyens
qu'on aura à sa disposition et de la manière d'en faire usage.
Nous n'entrerons pas ici dans des applications nombreuses qui
forment la substance de tous les traités de tenue de livres, et nous
nous contenterons de renvoyer le lecteur à l'article Comptabilité,
' t. Ier , p. 324, ou nous décrivons la comptabilité agricole.
Thalweg [Angl . main- body ; Allem . die Strombahn] ( Archit.
hydr.) . Mot emprunté à la langue allemande et qui signifie
proprement le chemin de la vallée ; c'est la ligne d'écoulement
que détermine dans le fond d'un ravin comme dans celui d'un
fleuve la série des points les plus bas du lit des eaux.
Théorie [ Angl. theory ; Allem . die Lehre ] ( Gén . ) . C'est
une réflexion , une contemplation, une méditation intellectuelle,
science ou connaissance de ce qui ne tombe pas sous les sens .
C'est une pénétration méditative dans l'essence, les sciences, les
lois et les rapports de ce qu'offre la vue ; c'est un essaí, un dis-
cernement, au moyen duquel un objet est choisi parmi un grand
nombre d'objets similaires ou de même nature. L'expérience de
l'homme a son origine dans la mémoire ; l'expérience conduit donc
à la théorie, et l'expérience conduit au hasard, à l'arbitraire. La
théorie, en fait d'art, c'est la connaissance d'un art par les prin-
cipes intellectuels qui le déterminent, les lois qui le régissent ; la
comparaison et l'expérience sont la pierre de touche de toute
théorie . L'idée fondamentale sur laquelle repose la théorie, c'est
son principe ; cette idée consiste dans le renvoi aux déductions qui
découlent du principe pour la pensée, et déductions qui doivent
concorder parfaitement de fait avec les phénomènes existants . La
théorie de l'architecture n'est point seulement du domaine de la
raison, de l'imagination, elle dépend aussi de la science. L'archi-
tecture est art et science ensemble : elle comprend et combine les
avantages et les résultats de l'art et de la science. Elle est la
réunion de la force, de la puissance avec la grâce et la beauté. Sa
base est la science, l'art est son point culminant. D'un côté,
l'architecture offre donc à notre appréciation , dans des œuvres
matérielles construites selon des règles et des canons, la totalité
des développements des propriétés de la nature, l'ensemble des
vérités mathématiques et du génie créateur. De l'autre côté, elle
unit le convenable à la grâce, elle satisfait nos sens, contente les
notions que nous avons sur l'harmonie et les rapports des choses
entre elles . (RAMÉE, Dictionnaire d'architecture).
1402 TOMBAC .
Timon [Angl. pole ; Allem. die Deichsel) (Carr.). - Longue
pièce de bois mobile, de frêne ou d'orme, qui fait partie du train
d'un carrosse où l'on attelle les chevaux et qui sert à les séparer
et à reculer. Le timon d'une charrue est cette longue pièce de
bois, à la partie inférieure de laquelle sont attachés le manche et
le soc de la charrue. Le timon ou limon d'une charrette se dit des
pièces de bois entre lesquelles on met le cheval qui tire la char-
rette.
Tire- bouchon [ Angl . corck-screw ; Allem. der Korkzieher]
(Génér.) . Sorte de vis métallique destinée
à ôter les bouchons des bouteilles . Nous
donnons fig. 542 le dessin d'un tire-bouchon
mécanique très simple, destiné à l'usage
B domestique. M. Pérille en fait un appareil
coquet en le fabriquant en acier poli ou en
acier nickelé . L'examen seul de la figure
A ci-contre en fait comprendre le fonction-
nement .
G On commence par remonter l'écrou à
oreilles A jusqu'au haut de lapartie filetée B,
puis on place l'appareil sur le goulot de la
bouteille de manière à ce que la collerette D
H E porte sur le verre, et on tourne la poignée C
jusqu'à ce que la partie en hélice E se soit
complètement enfoncée dans le liège . Alors,
D
tournant l'écrou A dans le sens convenable,
il s'appuie sur la douille fixe G et soulève
peu à peu le filet de la vis B qui entraîne le
Fig. 542. Tire-Bouchon bouchon entre les deux montants H I. Les
mécanique. avantages de ce petit appareil sont de reti-
rer le bouchon sans secousses et sans même toucher à la bouteille .
Toise [Angl. toise ; Allem. die Toise] ( Geom. ). Mesure de
différentes grandeurs selon les lieux où elle est en usage, et qui,
en France, a été remplacée par le mètre . L'ancienne toise de Paris
était de 6 pieds de roi. Le pied valait 12 pouces, le pouce 12 lignes .
La toise vaut 1 mètre 949 millimètres . La toise carrée, 3 mètres
carrés 7986. La toise cube, 7 mètres cubes 4037. On appelle toise
1º Le mesurage à la toise ; 2º la science ou l'art de mesurer les
surfaces et les solides, et de réduire la mesure en calcul .
Tolet [Angl. thole ; Allem . der Dollen] (Navig. ) .
-
Cheville de
bois ou de fer qui sert à retenir l'aviron fixe sur le bord des cha-
loupes et des canots .
Tombac [Angl. tombac ; Allem. der Tomback] (Métall.). —
TOURIE . 1403
Alliage métallique dont la couleur est jaune, approchant de celle
de l'or, et dont le cuivre fait la base On appelle tombac blanc une
composition métallique blanche qui ressemble assez à de l'argent.
C'est du cuivre blanchi par l'arsenic .
Tonne (Techn .) . Grande futaille de bois de forme longue et
ronde, ayant deux fonds, et qui est reliée avec des cerceaux. La
tonne est renflée au milieu, et va en diminuant par les bouts. On
s'en sert pour mettre diverses marchandises pour les pouvoir voi-
turer plus facilement . C'est encore une mesure de liquides usitée
par les Anglais, qui vaut 419 de nos litres.
Topographie (Conn. gén .) . - Description exacte et détaillée
d'un lieu, d'un canton particulier. C'est aussi l'art de décrire un
lieu et d'en lever le plan .
Torréfaction [Angl. torréfaction ; Allem. die Röstung) ( Chim .) .
Opération par laquelle on chauffe des matières solides, végé-
tales et minérales, pour en extraire des principes volatils, pour
les oxyder ou donner naissance à un produit nouveau . La torré-
faction des mines est plus connue sous le nom de grillage.
Tourie [Angl . large bottle or flasck ; Allem. grosse Flasche
(Génér.) . Sorte de grande bouteille de grès entourée de paille
Fig. 543. - Vide-tourie.
de mousse ou d'osier, et destinée plus spécialement à contenir des
liquides inflammables et autres produits chimiques . Son emploi
1
1404 TROPHÉE .
est universel dans beaucoup d'industries et principalement dans
la teinture et dans les fabriques de produits chimiques , où on les
utilise en grande quantité. La fig. 543 représente une tourie,
munie d'un appareil servant à la vider.
Tourne-à-gauche [ Angl. wrench ; Allem . das Windeisen]
(Serr .) . Les serruriers appliquent ce nom à deux objets . C'est
quelquefois un tournevis, et d'autres fois un crochet qui sert à
contourner le fer sur lui-même . Il y a des tourne-à
-gauche qui
servent à tarauder : c'est une barre de fer ronde, aplatie au
milieu, dans laquelle sont ménagés plusieurs trous au milieu pour
recevoir les tarauds. Le tourne-à-gauche représenté fig. 544 est
employé par le génie militaire pour le forage des mines. Il porte
X Fig. 544. Tourne-à-gauche (échelle de 1/20).
quatre bras partant d'un carré échancré qu'on engage sur la tige
de manœuvre, où il est fixé par une clavette.
Tourne-vent (Gén.) . Sorte d'abri mobile qu'on place
au-dessus d'une cheminée pour l'empêcher de fumer.
Traverses [Angl. sleeper ; Allem. die Querschwelle) (Chem . de
fer). Voir Chemin de fer, t. III, p. 357.
Treuil. Voir Monte-charges , t. IV, р . 1186.
Trombe [Angl . a water-spount ; Allem. Wasserhose] . Voir
Météorologie, t. IV, p. 1149.
Trophée [ Angi . trophy ; Allem. das Siegeszeichen] ( Génér .).
VANNE. 1405
- Réunion d'armes disposée avec goût, exécutée en sculpture ou
en peinture sur des arcs de triomphe, sur des colonnes triom-
phales et autres monuments élevés en mémoire d'un succès , d'une
bataille, d'une victoire, etc.
Tuf [Angl. tuf ; Allem . der Tuff) ( Géol . ) . On donne ce nom à
un terrain solide et compact. Tel est un terrain formé de terre
forte, serrée , mélangée avec de gros grains de sable : c'est le ter-
rain le plus propre pour jeter les fondations d'un édifice.
Ulve ( Hist . nat.). - Genre de plantes cryptogames, de la
famille des ulvacées. Elles habitent les eaux salées ou douces, les
lieux humides, etc. Plusieurs sont alimentaires , Parmi les ulves
marines, on distingue surtout la laitue de mer, très abondante sur
les rivages de l'Océan, et que l'on mange après l'avoir dessalée .
Parmiles ulves d'eau douce, on remarque le boyau-de-chat, qui flotte
dans les eaux tranquilles, et que la médecine employait autrefois .
Urticées ( Bot .). Grande famille de plantes dicotylédonées,
composée de végétaux herbacés, d'arbrisseaux et d'arbres fort
élevés, quelquefois lactescents, aux feuilles alternes, aux fleurs
unisexuées, solitaires, globuleuses, ou bien groupées en épis sim-
ples ou rameaux. Les étamines ou organes mâles sont au nombre
de quatre ou cinq. Le fruit est une baie charnue renfermant une
semence . L'ortie, le houblon, la pariétaire, le mûrier, le poivrier,
l'arbre à pain, le chanvre, la broussonetie et le figuier font partie
de cette famille .
Vanne (Hydr.). Voir t. II, p, 1500.
VANNE AUTOMOTRICE . Certaines rivières sont sujettes à des crues
rapides et considérables à la suite de grandes pluies , et si la crue
survenait pendant la nuit les habitations et cultures environnantes
seraient ainsi exposées à de grands ravages , si la vanne de tête
n'était pas disposée de manière à se fermer d'elle-même, automa-
tiquement, aussitôt que la crue atteint une hauteur déterminée.
Pour réaliser cette fermeture automatique, M. Pinchard , ingé-
nieur des ponts et chaussées, a imaginé un système de déclic sim
1406 VANNE .
ple et ingénieux qui laisse tomber la vanne, aussitôt qu'un flotteur
placé à côté atteint une hauteur fixée à l'avance. On peut, d'ail-
leurs , faire varier cette hauteur à volonté en déterminant la
longueur de la tige verticale que le flotteur soulève et qui fait
jouerle déclic.
B
F
16
Fig. 545. Vanne automotrice à déclic.
A, ouverture d'introduction de l'eau dans le canal .
N, niveau de l'eau au commencement d'une crue.
n, hauteur de l'eau à l'étiage.
P, petit puits en communication avec le canal et dans lequel se meut le
flotteur cylindro-conique qui commande le mouvement de la vanne. Ce flot-
teur est percé, suivant son axe, d'une ouverture ou gaîne, qui part de son
sommet pour se terminer vers sa base et dans laquelle peut glisser une tige
verticale.
DE, petit levier pouvant tourner autour du point D, et dont le bras est
plus courtet muni de deux becs, dont un est tourné vers le haut et l'autre
vers le bas Le bee du haut est engagé dans une mortaise que lui présente la
tige de la vanne.
CRF, grand levier pouvant osciller autour du point B, et dont l'extrémité
d'avant, C, s'enclanche dans le bec inférieur du petit levier DE, pendant que
l'extrémité d'arrière passe dans un anneau que lui présente la tête de la tige
du flotteur.
La figure 545 et la légende qui l'accompagne feront facilement
comprendre ce mécanisme, qui est simple et tellement rustique
que son dérangement accidentel paraît impossible. Cet appareil,
d'après plusieurs applications qui en ont été faites, fonctionne
VANNE . 1407
toujours en temps utile et très régulièrement ; il a de plus cet
avantage, qu'il ne coûte que 50 à 60 francs en sus du prix d'une
vanne ordinaire large de 0m,55 et haute de 0m,35, dont le prix
n'excède pas 40 fr.
En résumé, ce système de déclic imaginé pour assurer la ferme
ture automatique des vannes
d'arrosage en cas de crue
paraît simple et de nature à
rendre de grands services .
Voici comment le fonction-
nement a lieu :
Tant que le niveau de l'eau
se maintient entre les lignes
N, n, le flotteur monte ou
descend selon la hauteur de
l'eau ; mais lorsque celle-ci
atteint la plus grande hau-
teur, fixée par avance , le
flotteur s'élevant à son ma-
ximum, son fond vient but-
ter contre sa tige, qui est
alors soulevéeverticalement ,
dirigée qu'elle est par des
32.0
guides fixés dans la maçon-
nerie du petit puits P. Cette
tige en se soulevant, relève
3.0
alors le grand levier C B F, 09:0
qui en tournant autour du
point B, déclanche son ex-
trémité d'avant du bec infé- 25.0
rieur du petit levier DE ;
ce dernier étant rendu libre ,
ne peut plus soutenir la
vanne, qui retombe aussitôt
par son propre poids et fer-
me l'ouverture d'introduc-
tion de l'eau dans le canal Robinet-vanne .
Fig. 548 .
d'arrosage.
Lorsq la crue est passé et que l'on veut recommencer l'irri.
ue e
gation , on soulève la vanne, jusqu'à ce que le bec supérieur du
petit levier D E s'engage dans la mortaise de la tige de cette
vanne ; en même temps le flotteur étant redescendu , le grand bras
du levier C B F agit par son poids et relève le petit bras qui
vient enclancher le levier DE et par conséquent, maintenir la
vannc soulevée .
1408 VELIN .
ROBINETS -VANNES . Sur les tuyaux de distributions d'eau, on
place des robinets dont les fonctions, et par suite les dispositions
et le volume sont différents. Nous ne parlerons ici que des robi-
nets - vannes , auxquels on a recours quand les tuyaux de distribu-
tions ont de gros diamètres. Le robinet est manœuvré à l'extérieur
à l'aide d'une vis qui en tournant abaisse ou élève la vanne et
par suite ferme ou ouvre plus ou moins le tuyau .
Le fonctionnement de cet appareil (fig.546) est parfait, mais son prix
est élevé et il faut pouvoir disposer d'une certaine hauteur libre.
Le robinet-vanne est le seul appareil convenable à employer
pour les grands diamètres , et tout ce qui a été essayé jusqu'ici
pour le remplacer n'a donné que de médiocres résultats .
Vase ou Limon [Angl. Loam ; Allem. der Lehm) ( Gen.) .
Terre bourbeuse ou marécageuse et sans consistance, déposée
dans le fond des eaux ; il y en a de différentes qualités et de dif-
férentes couleurs . La vase de la mer a des propriétés souvent
opposées à celles des rivières et des lacs. Ce qui concourt beaucoup
à augmenter les vases des rivières, ce sont les marais au travers
desquels elles passent, et les terres glaiseuses, etc. , que les allu-
vions portent et déposent dans ces rivières . La Charente, entre
autres, est une rivière à fond de vase, et à marée basse il est
dangereux de s'aventurer sur ses bords , où disparaîtrait le
voyageur imprudent.
Veine (Techn.) . On nomme ainsi : Jo en géologie , des
traînées longues et étroites d'une substance différente de celle au
milieu de laquelle elles se trouvent ; 2º les endroits d'une mine où
se trouve le métal, le minéral ; 3° on donne le nom de veines
métalliques à des ramifications souterraines et métalliques : ce
sont comme autant de ruisseaux de mines figés , qui ont différentes
directions et qui remplissent les interstices produits par des frac-
tures ou des retraits de la matière dans laquelle elles existent,
c'est ainsi que l'on dit veine de houille, veine d'alun, veine de
vitriol, veine de charbon minéral, etc, Les eaux minérales acquiè-
rent leurs différentes qualités en passant ou se filtrant à travers
ces veines souterraines ; 4º des raies ou ondes de différentes cou-
leurs qu'on aperçoit sur le bois , les pierres, les marbres : les
veines de bois constituent la beauté des bois , surtout de ceux de
placage ; dans la pierre de taille, ce sont des défauts désignés par
les mots moyes, fils, délits , et qui l'exposent à s'écraser ; les veines
de marbre sont des variétés de couleurs qui forment la beauté et
le prix des marbres . 5º Les veines d'eau sont des filets d'eau qui
coulent sous terre, et qui viennent d'une petite source.
Vélin [Angl. velum ; Allem. das Velinpapir] (Gén .). Sorte
de parchemin fabriqué avec la peau des veaux qui ne sont pas
VENTOUSE . 1409
âgés de plus de six semaines . Il est plus blanc, plusfin, plus uni
que le parchemin ordinaire. Le vélin, sur lequel on peut écrire
avec facilité , est fréquemment employé par les dessinateurs et
par les peintres . On appelle papier vélin un papier d'une grande
beauté, imitant la blancheur et l'uni du vélin.
Ventouse [Angl. Wind-pipe ; Allem . Windstock] (Hydr.) . -
Petit tuyau branché verticalement sur une conduite d'eau , et
montant à une certaine hauteur au-dessus du niveau du liquide
du réservoir, pour donner issue à l'air entraîné avec l'eau, car
Fig. 547. Disposition de ventouse.
quel que soit le système de conduites fermées qu'on emploie, il
faut s'arranger de manière à évacuer l'air qui ne manque pas d'y
séjourner, et qui peut non seulement diminuer le débit de la con-
duite, mais encore produire par son mouvement de va-et- vient des
vibrations et occasionner des crachements ou intermittences dans
le service des fontaines .
Pour dégager l'air, il faut placer à chaque point culminant de
la canalisation une ventouse à flotteur, c'est-à- dire un appareil
composé d'un vase en fonte boulonné sur la conduite et fermé à
sa partie supérieure par une plaque en fonte percée au centre
d'une ouverture garnie d'un siège de soupape en bronze . Le flot
teur sphérique ou cylindrique supporte à l'aide d'une tige guidée
1410 VÉRONIQUE .
la soupape conique qui doit fermer l'ouverture dont nous venons
de parler. Quand la conduite est en charge, la pression de l'eau
agit sur le flotteur et la soupape reste fermée. Quand on fait
écouler l'eau de la conduite,le flotteur descend et la soupape
s'ouvre . La fig. 547 indique une disposition de ventouse.
Quand il s'agit de conduites non forcées ou libres, les ventouses
à flotteur ne sont pas nécessaires , il suffit de placer sur la con-
duite une chambre en maçonnerie (fig. 549) dans laquelle l'air sera
toujours attiré, pourvu qu'elle soit placée à un point culminant .
Ces cuvettes en maçonnerie sont encore nécessaires sur une ligne
de conduite à chaque changement brusque de pente, ou encore sur
une conduite en ligne droite, mais d'une pente considérable, pour
empècher l'eau de prendre une vitesse exagérée. On évite ainsi
紅豆
Fig. 143. Tuyau avec bouche d'évent. Fig.549. Chambre en maçonnerie,
les coups de bélier, en cas d'arrêt subit de la circulation de l'eau.
Enfin, on emploie indépendamment des cuvettes en maçonnerie
des tuyaux avec bouches d'évent dont la branche verticale est
munie à son extrémité supérieure d'une grenouillère empêchant
l'accès dans la conduite des corps étrangers (fig . 548).
VENTOUSE DE CHEMINÉE [Angl . Steam-hole ; Allem. Dampfloch]
(Techn .). Sorte de soupirail pratiqué sous la tablette ou aux
deux angles d'une cheminée et en communication avec l'air exté-
rieur, de manière à faciliter le tirage de la cheminée.
Verle ( Gén .). - Espèce d'instrument qui sert à jauger les ton-
neaux, les futailles remplies de liqueurs, ou propres à les contenir.
Véronique (Jard. ). Genre de la famille des scrofulariées,
renfermant des plantes herbacées, répandues dans les parties éle-
vées, les bois, les champs arides et cultivés, et les marais des
VERT DE CHROME 1411
deux hémisphères. La véronique officinale ou mâle, nommée aussi
thé d'Europe, est vivace, commune dans les pâturages sablonneux,
formant de jolis gazons. On a conseillé son infusion légèrement
amère dans les maladies de poitrine, la toux, la phtisie, l'asthme,
les obstructions , les fièvres , la jaunisse, mais elle est presque inu-
sitée . Dans le Nord, cette infusion remplace celle du thé. La véro-
nique aquatique ou beccabunga croît dans les fontaines et les eaux
courantes . On mange ses jeunes pousses en salade ou cuites avec
l'oseille ou le pourpier. C'est une jolie plante aux tiges rampantes
et charnues, aux feuilles d'un beau vert luisant, aux fleurs bleues
disposées en grappes .
Verre de couleur [Angl. Stained glass ; Allem. buntes Glas
(Chim.) . Ce verre se compose des substances primitives
employées dans la fabrication du verre ; sa fusion est aussi la
même; pour le colorer on y ajoute seulement divers oxydes métal-
liques . Ces oxydes sont ceux de cobalt calciné et pulvérisé pourle
verre bleu , le plomb pour le verre jaune, l'antimoine pour la cou
leur hyacinthe, et le manganèse pour la couleur pourpre.
Verre soluble [Angl. soluble glas ; Allem. Wasserglass ]
(Chim.) . Sous ce nom on désigne un silicate de potasse qui a
été découvert par Fuchs, et qui a été employé par M. Kuhlmann ,
de Lille, et par M. Dallemagne, à la conservation des pierres. En
effet, ce silicate, au contact des calcaires, se décompose en for-
mant un silicate calcaire inaltérable. Il a été aussi employé à
l'exécution de peintures ; enfin c'est l'une des substances qui ont
été appliquées pour préserver de l'incendie les matières combus-
tibles, qu'il rend inflammables .
Vert de chrome [Angl. Chrome-green; Allem. das Chrom-
grün] ( Chim .) . - C'est à M. Buignet, répétiteur à l'école poly-
technique en 1859, que l'on doit la connaissance d'un procédé de
préparation d'un vert de chrome hydraté, d'une couleur magni-
fique qui depuis s'est généralisé pour la préparation des toiles
peintes , des papiers de tenture ; cette couleur appliquée aussi à la
peinture à l'huile est inaltérable au soleil et à la lumière artifi-
cielle ; elle a de plus, au point de vue de l'hygiène, l'avantage de
_remplacer un dangereux produit, le vert arsenical de Schweinfurt ,
par une couleur inoffensive.
Voici en abrégé le procédé de préparation : On calcine dans un
four à réverbère, au rouge sombre, 3 parties d'acide borique cris-
tallisé et 1 partie de bichromate potassique mis en bouillie
aqueuse ; il se forme un borate soluble et de l'hydrate chromique
insoluble : Cr² O3 , 20H2 . Cette couleur est livrée en pâte, elle
renferme 30 p. 100 d'oxyde chromique.
1412 VESCE .
C'est à l'oxyde vert de chrome que les bijoux naturels ou artifi-
ciels doivent leur couleur verte; l'émeraude naturelle est un type
de beauté et de richesse .
Vert- de -gris (Angl . Verditer ; Allem . Grünspan] (Chim.) .
Le vert-de-gris, verdet de Montpellier, est un mélange de plu-
sieurs acétates basiques .
On prépare ce produit commercial en stratifiant des lames de
cuivre avec du marc de raisin , dont l'alcool passe à l'état d'acide
acétique; au bout de 2 à 3 semaines le métal s'est recouvert de
croûtes bleu verdâtre qu'on détache et que l'on pétrit avec de la
vinasse pour l'expédier. Ce procédé primitif était connu des Grecs
et des Romains . A Grenoble, on obtient ce produit en arrosant des
lames de cuivre avec du vinaigre chauffé. En Suède, on empile les
les lames de cuivre avec des morceaux de drap imbibé de vinaigre.
Le vert-de-gris du commerce est en pains ou en boules d'un
vert bleuâtre, avec des points rouges de cuivre métallique non
attaqué ; c'est un mélange d'acétate bi-cuivrique hydraté, d'acétate
sesquibasique et d'acétate tribasique .
Les différents acétates basiques de cuivre et leur mélange connu
sous le nom de vert-de-gris ont des usages en médecine et dans
l'industrie. En médecine ils servent comme escharotiques et entrent
dans plusieurs onguents peu employés aujourd'hui (onguent ægyp-
tiac, emplâtre divin, baume vert de Metz, etc.). La peinture con-
somme une grande quantité de verdet ; on l'emploie dans la tein-
ture et l'impression ainsi que comme mordant et oxydant .
Vert de Vessie [Angl. Sap-green ; Allem. das Blasengrün]
(Chim . ind.). — On nomme ainsi cette couleur parce qu'elle est
contenue, lorsqu'on la livre au commerce, dans des vessies. Pour
la préparer, on mêle 3 kilogrammes de suc de baies de nerprun
mûres avec 750 grammes d'eau de chaux, et 96 grammes de gomme
arabique. On fait évaporer ce mélange en consistance d'extrait,
puis on le renferme alors dans des vessies que l'on suspend à l'air
afin que la dessiccation de la matière colorante s'achève. Ce pro-
duit est employé dans les peintures à l'eau .
Vesce (Agric.) . Genre de la famille des légumineuses, renfer-
mant des plantes annuelles, cultivées comme fourrage. La vesce
commune donne des graines que les animaux domestiques, sur-
tout les oiseaux, mangent avec plaisir quand elles sont mélangées
avec d'autres graines, telles que l'avoine, les lentilles, l'orge, etc.
Dans les provinces méridionales, on sème la vesce avant l'hiver,
car cette plante supporte assez bien les gelées ; mais dans nos
provinces tempérées, on sème la vesce sur des terres auxquelles
on donne un labour d'hiver. La vesce vient d'autant plus haute et
VIANDE . 1413
plus forte que la terre et de meilleure qualité ; mais dans les terres
ordinaires, quand l'année n'est pas trop sèche, elle rapporte même
du fourrage en grande quantité . Ce fourrage est sain, et, soit en
vert soit en sec, engraisse promptement les animaux. Il donne
beaucoup de lait aux vaches et de bonne qualité. Pline et Caton
disent que ce fourrage bonifie et engraisse la terre .
Vétyver (Gén. ). - Plante aromatique dont on se sert pour
préserver des vers les vêtements de laine et les fourrures ; c'est
une espèce d'Andropogon qui a une grande ressemblance avec le
chiendent à balai ; elle est chevelue, d'un blanc jaunâtre ; son
odeur est forte, sa saveur amère, aromatique.
Viande [Angl . Meat ; Allem, die Fleisch] (Alimentat.) . La-
viande, que nous pouvons placer au premier rang de nos produits
alimentaires , entre dans la proportion de 1/4 environ dans l'ali-
mentation de presque tous les peuples .
La viande de chaque espèce d'animaux possède une saveur qui
lui est particulière : cheval, bœuf, mouton, porc, veau , agneau,
chevreau , volailles, gibier, etc. , sont facilement reconnaissables
au goût, lorsqu'on n'a pas fait intervenir des préparations culi-
naires ou des aromates spéciaux. La sapidité, pourtant, n'atteint
tout son développement que chez les animaux adultes ; chez les
jeunes, comme le veau, l'agneau, le chevreau, elle est presque
nulle; chez les males qui n'ont pas été neutralisés, elle est très
prononcée, toute spéciale et souvent répugnante. Enfin, certaines
races, comme le mérinos non amélioré et le mouton barbarin,
donnent, même dans les femelles, une viande à saveur prononcée
de suif, de suint, de bouc, fort peu flatteuse au palais .
L'arome d'une viande est dû à divers principes assez complexes
et peu connus , à l'ensemble desquels Thénard avait donné le nom
d'osmazôme ; ce sont eux qui donnent au bouillon son odeur et sa
saveur propres ; eux encore qui communiquent à la partie exté-
rieure des viandes rôties leur haute saveur, leur fumet, on pour-
rait presque dire leur parfum . L'arome varie en titre et en inten-
sité dans les diverses espèces , comme il varie suivant l'âge, les
aliments qui ont servi à l'élevage ou à l'engraissement ; c'est lui
qui distingue la perdrix du poulet, le lièvre du lapin, le chevreuil
du veau, le sanglier du porc, le bœuf engraissé à l'herbe de celui
au grain, le veau nourri de lait de celui nourri de farine,
etc .; il se développe par la fermentation, quand on fait faisander
les viandes .
Enfin, la nutritivité dépend, sinon exclusivement, du moins en
grande partie, de la proportion de matières fixes contenues dans la
viande, ce qui range dans l'ordre suivant, celle de nos différentes
espèces domestiques : 1° cheval ; 2° bœuf; 3° poulet; 4° porc ;
IVE VOLUME. 42
1414 VIANDE .
5º mouton ; 6º veau. Mais, nous le répétons, elle n'atteint son
maximum que chez les bêtes adultes et non vieilles, qui ont tra-
vaillé, en état d'embonpoint suffisant et de santé complète.
Quant aux propriétés hygiéniques de la viande elles varient un
peu dans chaque espèce et suivant l'âge des animaux, puis, en
outre, selon le climat habité par les consommateurs. Celles du
cheval et du bœuf, un peu lourdes à digérer, sont toniqueset
excitantes à un assez haut degré, surtout lorsqu'on les consomme
rôties ou peu cuites. Vient ensuite celle du porc, lourde, un peu
échauffante ; puis, celle du mouton, plus digestible et légèrement
rafraîchissante ; enfin, celles du veau, de l'agneau, du poulet, du
chevreuil, très digestives , mais plus ou moins laxatives ; quant au
gibier, il est en général tonique et échauffant.
La viande peu cuite, sinon crue, est moins digestible peut-être
que celle qui a subi un degré rationnel de cuisson, mais elle est
plus nutritive ; plus molle, plus tendre, la mastication ne ladivise
qu'incomplètement et la digestion en est moins rapide ; aussi, lors-
qu'on veut la faire consommer sous cette forme doit- on préalable-
ment la hacher très fin ; puis, pour masquer sa saveur un peu répu-
gnante, on y ajoute un peu de sucre en poudre, et enfin de l'alcool
dans le but de détruire les germes d'entozoaires qui s'y peuvent
rencontrer, comme les cysticerques du tenia médiocanellata dans
le bœuf, du tenia solium dans le porc ladre, de la trichine égale-
ment dans le porc, etc. C'est, en effet, par la consommation
d'animaux infestés d'helminthes à générations alternantes que
l'homme s'infecte lui-même, et rien n'y a plus contribué que
l'usage des viandes crues ou saignantes. Nous en concluerons
l'urgence d'une inspection régulière et sérieuse des animaux
vivants avant l'abattage, et de leur viande avant qu'elle soit livrée
à la consommation.
Au point de vue du rendement en viande, la boucherie de Paris
établit qu'il se compose ainsi, par 100 kilos de poids vif d'animaux
de races françaises :
Cuir
DEGRÉ D'ENGRAISSEMENT Suif. Viande . Déchet .
etissues.
Bœuf maigre 11 » % 2 30 % 46 » °% 40 70 %
mi-gras ...... 9 10 » 5 50 » 50 » » 35 60 »
((
( (
gras .. 8 60 » 8 58 » ) ) 25 40 »
fin gras . 7 » )
) 10 » » 62 » , » 21 ) ))
Si nous envisageons la viande des poissons, qui tend à prendre
VIANDE . 1415
une place de plus en plus importante dans la consommation géné-
rale, nous trouvons qu'elle est moins nourrissante que celle des
mammifères et tient le milieu entre celle-ci et les grains : Si
1 kilogramme de viande de bœuf contient en moyenne 30 grammes
d'azote, 1 kilogramme de viande de poisson frais n'en contient
qu'à peine le dixième, soit 2 gr., 860 ; 1 kilogramme de pain des-
séché environ 1 gramme. La viande de poisson renferme moins
d'arome et un arome moins pénétrant que les viandes ; il n'y a
guère que la sole et la raie dont la chair gagne à être un peu fai-
sandée. Au point de vue de la digestibilité, on place en première
ligne les poissons à chair blanche (truite, lotte, perche, éperlan,
daurade, morue fraîche, merlan, limande, sole, turbot) ; en seconde
ligne les poissons à chair dense et colorée (saumon , alose, brochet, -
maquereau , thon,etc.) et ceux à chair huileuse (anguille,congre, etc.)
Abatage des animaux. On connaît et on pratique plusieurs
modes d'abatage du bétail destiné à la consommation de l'homme ,
modes variables suivant la région et les mœurs des habitants,
l'espèce des animaux, la destination que doit recevoir leur
viande, etc. Ce sont : 1º l'égorgement ou la mort par effusion de
sang; 2º l'insufflation de l'air dans un gros vaisseau circulatoire ;
3º l'énervation ou la mort par lésion du système nerveux ; 4º l'as-
sommage au merlin français ; 5º l'assommage au merlin anglais ;
6º l'assommage avec l'appareil Bruneau ; 7° enfin la mort fou-
droyante au moyen d'une cartouche de dynamite. (Voir Abattoir,
t. III, p. 1) .
Préparation de la viande de boucherie. L'animal , abattu et
tué par un procédé quelconque, il faut procéder à diverses mani-
pulations ayant pour but d'isoler la viande de toutes les autres
parties du corps qui sont les unes inutiles (déchets ), les autres
propres encore à la consommation (issues) ou utilisables pour
diverses industries .
La première de ces opérations est la saignée. En France, quei
que soit le procédé d'abatage, on ouvre ensuite les gros vaisseaux
artères (carotide) et veines (jugulaire) du cou pour faire écouler
la plus grande quantité de sang, ce qui, pour nous, donne une
plus belle apparence à la viande, moins rouge et plus rosée, sans
quoi elle serait d'une vente difficile. Il n'en est pas de même en
Angleterre : la viande peut n'y avoir pas l'aspect auquel nous
sommes accoutumés , mais loin d'y perdre elle gagne au contraire
en qualité . Le sang, en effet, est un principe alimentaire et l'un
des plus actifs de la viande ; si notre viande indigène exsangue
est encore plus savoureuse et nourrissante, c'est qu'elle provient
d'animaux adultes et soumis plus ou moins longtemps au travail .
Oncomprend que les Anglais, qui consomment surtout des ani-
maux précoces, dont la chair n'a pu acquérir sa maturité et sa
saveur par l'age et l'exercice musculaire, tiennent à lui conserver
1416 VIANDE .
son sang pour lui conserver sa valeur. Mais, d'un autre côté , la
viande qui n'a pas été saignée se conserve moins longtemps et
moins bien ; les mouches s'y jettent plus avidement et contribuent
à y déterminer la putréfaction . Par ailleurs, en France, on con-
21
21
16
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8-2
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b
Fig. 550 et 551. Découpage des quartiers de bœuf et indication des qualités
(Voir légende ci-après) .
somme beaucoup de viande bouillie au pot au feu, usage auquel
ne conviendrait pas le bœuf gorgé de sang et produisant beaucoup
d'écume et un bouillon trouble ; tandis qu'en Angleterre, on mange
surtout des viandes rôties en grosses pièces, d'après des procédés
VIANDE . 1417
Légende des figures 550 et 551 .
1. Filet...
2. Faux-filet........... Morceaux de luxe.
3. Rognons...
4. Tende de tranche .
5. Pointe de culotte .
6. Gîte à la noix ..
7. Tranche grasse.
1re qualité.
8. Aloyau....
9. Entre -côtes .
10. Paleron .......
11. Côtes
12. Talon de collier
2e qualité.
13. Bavette d'aloyau..
14. Plates-côtes d'aloyau découvertes
15 Rognons de graisse....
16. Collier ..
17. Pis de bœuf, poitrine et flanchet.
18. Gites.... 3e qualité.
19. Plates-côtes découvertes .
20. Surlonges
21. Plate-joue ........ 4e qualité .
22. Queue....
particuliers, et où se trouvent concentrés le sang et le jus ; pour
obtenir du bouillon, on prend les viandes étrangères sacrifiées par
effusion de sang.
On sait que le sang ne s'écoule des vaisseaux d'une façon un
peu complète que lorsque la mort est effective, du moins la mort
des centres nerveux ; chaque animal n'en fournit qu'une quantité
déterminée, variable suivant son espèce, sa taille ou son poids et
surtout le degré d'engraissement auquel il a été amené . Les
quantités de sang recueillies en moyenne à l'abattoir de la Vil-
lette-Paris sont de 25 kilos par bœuf ou vache, 6 kilos par veau
et 2 kilos par mouton. Ce sang est vendu pour servir à l'extraction
de l'albumine et la fabrication du bleu de Prusse . Une partie des
eaux de lavage de l'abattoir, eaux si chargées de sang, se rend
dans les égoûts dont elle accroît notablement la valeur fertilisante
pour les irrigations.
La seconde opération est l'insufflation : le maître garçon détache,
avec le merlin, les cornes qui restent adhérentes au cuir, coupe
les pieds, enlève les patins (tendons de la partie inféro-postérieure
des membres) et pratique dans la peau deux ouvertures, l'une un
peu au-dessus du jarret et à la face interne de la cuisse, l'autre
près du cou ; par chacune de ces deux ouvertures il introduit
ensuite une broche courbe en fer qu'il promène en tous sens
1418 VIS .
au-dessous de la peau afin d'y détruire le tissu cellulaire. Par
l'ouverture pratiquée à la cuisse, il fait pénétrer ensuite la tuyère
d'un gros soufflet qu'il manœuvre activement tandis qu'un aide
frappe activement d'une verge en bois toutes les parties du corps
aux endroits où la peau ne se gonfle pas sous l'action de l'air.
L'air, poussé violemment par ce soufflet, pénètre dans les cellules,
les remplit de proche en proche, puis gagne les tissus cellulaires
interstitiels des parties plus ou moins profondes . La peau soulevée
tout autour du corps est devenue ainsi plus facile à en séparer.
Pour cela, après avoir pratiqué une incision longitudinale à la
partie interne de chaque membre, puis une autre au-dessous de
la tête à l'anus en passant par l'abdomen et la poitrine, on détache
le cuir des tissus sur lesquels il reposait, tantôt par dissection,
tantôt par arrachement. Le dépouillement des deux parties laté-
rales s'opère l'animal étant couché par terre et incliné à droite
d'abord , puis à gauche, et pour le dos, l'animal étant suspendu par
les jarrets.
Débit de la viande . C'est à l'abattoir et quand la viande est
refroidie qu'on découpe le bœuf en deux parties égales et suivant
le grand axe du corps ; chacune de ces fractions est ensuite divisée
en deux quartiers, l'un de devant (2 et 3e qualités), l'autre de
derrière (Ire qualité). Cette mesure a pour résultat d'abord de
faciliter le chargement et le déchargement de la viande, puis
d'obtenir une séparation assez nette des catégories de qualités.
Les veaux et les moutons sont d'ordinaire laissés intacts jusqu'à
leur arrivée à l'étal, leur poids total étant plus faibleet consé-
quemment plus maniable. Le porc, suivant sa taille, est conservé
intact ou divisé en deux parties par une section longitudinale.
Le bœuf arrive donc à l'étal divisé en quatre demi-quartiers
qui, successivement et à mesure de la vente, se subdivisent comme
l'indiquent les fig. 550 et 551, p . 1416 et leur légende.
Vignettes ( Angl. Vignette ; Allem. die Vigneite] ( Impr. ).
Petites estampes que l'on met pour ornement en tête du volume,
au commencement d'un chapitre d'un ouvrage d'imprimerie.-Ce
nom vient de ce qu'on y gravait autrefois des pampres de vignes
et de raisins .
Vilebrequin [Angl. Brace ; Allem . Bohrerschneide] ( Techn.) .
Outil qui sert à trouer, à percer du bois, de la pierre, etc. , au
moyen d'un petit fer appelé mèche, qui a un taillant, et qu'on fait
entrer en le tournant .
Vis [Angl . Screw ; Allem. die Schraube] ( Techn.) . - Cylindre
de bois ou de métal, cannelé en ligne spirale (cette spirale se
nomme le filet de la vis) , et destiné à tourner dans un cylindre
VOYER . 1419
concave, nommé écrou ou vis concave, sur la face antérieure
duquel on a pratiqué une cavité en spirale, correspondant exacte-
ment au filet de la vis, et dans laquelle le filet se meut en faisant
continuellement tourner la vis dans le même sens . On nomme
vis sans fin une vis dont les pas engrènent dans une roue dentée,
et qui est tellement fixée entre deux points qu'elle ne peut avancer
ni reculer comme les vis ordinaires , en tournant sur son axe ;
vis d'Archimède ( voir Hydraulique, t. II, page 730, fig . 268) une
vis qui consiste en un tube ou canal creux qui tourne autour d'un
cylindre de la même manière que le cordon spiral dans la vis
ordinaire ; un orifice du canal plonge dans un liquide, quand on
fait tourner la vis, le liquide s'élève par le tube, et se décharge
par l'orifice supérieur ; cette vis sert à élever les eaux ; vis micro-
métrique, un appareil destiné à mesurer de très petits espaces ;
vis ailée, une vis qui a une platine pour la tourner avec les doigts;
vis de rappet, une vis fixée par les deux extrémités , laquelle
tourne sur son pivot et son embase avec une noix qui monte et
qui descend.
Vivier (Pisciculture) . Bassin entouré de murs en terre ou
maçonnerie, ordinairement traversé et rempli par de l'eau cou-
rante, et destiné à conserver du poisson d'eau douce . Des grilles
en bois ou en fer laissent un passage ouvert à l'eau , tandis qu'elles
empêchent le poisson de s'échapper. Quelquefois les viviers sont
simplement de grands bassins d'eaux dormantes . En termes
de pêche, on nomme vivier un bateau pêcheur qui a un
retranchement au milieu, dans lequel l'eau entre par des trous
qui sont aux côtés ; il sert à contenir le poisson qu'on vient de
pêcher.
Voiles (Marine) . - On donne ce nom, en marine, à de larges
pièces de forte toile, destinées à transmettre l'effort du vent aux
vaisseaux, au moyen des mâts qui font l'office de leviers. Chaque
voile emprunte le nom du mat où elle est appareillée. On nomme
voile latine celle qui est triangulaire ; voile carrée celle qui a
cette forme ; voiles basses ou basses voiles, la grande voile et la
voile de misaine ; voiles de l'arrière, les voiles d'artimon ou de
grand mât ; voiles de l'avant, les voiles des mâts de beaupré et de
misaine ; voiles d'étai, des voiles triangulaires qu'on met sans
vergues aux étais.
Voussoirs ( Angl. Arh-stone; Allem. der Gewölbestein] (Maçonn.).
Pierres taillées en forme de prisme, à base trapézoïade et qui
servent à former le cintre d'une voûte ou d'une arcade. Quelque-
fois on emploie des voussoirs qui sont à tête égale, c'est- à-dire
1420 XÉNOGRAPHIE .
que tous les voussoirs formant une voûte ont la même hauteur;
et d'autrefois des voussoirs à tête inégale, comme les carreaux et
les boutisses, pour faire liaison.
Voyer (Génér. ) . Architecte dans une ville, chargé de sur-
veiller la police de la petite voirie. La grande voirie est du ressort
des ingénieurs des ponts et chaussées .
W
Wagonnet (Gen.). - Le wagonnet, ou petit wagon, est une
sorte de voiture marchant sur rails, dont la forme varie suivant
les matériaux qu'il est appelé à transporter. Il est employé prin-
Fig. 552. Wagonnets à bascule et à côtés mobiles .
cipalement dans la construction des lignes de chemins de fer, où
il sert au transport du ballast et des matériaux de toutes sortes ;
on l'emploie avec avantage dans les grands chantiers de construc-
tion, où il est appelé à remplacer l'antique tombereau .
Un wagonnet à bascule et à côtés mobiles construit comme
celui que nous représentons fig. 552, rend les plus grands services
aux terrassiers , aux appareilleurs , aux maçons, etc.
Xénographie . Science qui a pour objet la connaissance de
1
ZYMOZÉMÉTRE, 1421
toutes les langues étrangères écrites, anciennes et modernes ,
vivantes ou mortes, et des caractères qu'elles emploient.
Y
Yeux d'écrevisses (Pharm.). Les yeux d'écrevisses , ou
autrement nommés pierres d'écrevisses, sont des espèces de con-
crétions contenues dans le corps de l'écrevisse à l'époque de la
mue. Elles sont formées de couches concentriques superposées ,
lisses, dures , convexes d'un côté, creuses de l'autre, avec un rebors
saillant, ce qui leur donne une sorte de ressemblance avec un œil ,
de là le nom d'yeux d'écrevisses sous lequel elles sont le plus géné-
ralement connues . Les pierres d'écrevisses ont une couleurblanche
ou un peu rougeâtre, une saveur terreuse et point d'odeur. Elles
ne happent point à la langue, sont insolubles dans l'eau. Elles sont
composées de carbonate de chaux, lié par un mucus animal .
L'acide nitrique faible les dissout, et laisse une pellicule gélati-
neuse qui a la forme de la pierre dissoute .
Il convient de choisir les pierres d'écrevisses grosses, entières et
légères.
Les pierres d'écrevisses étaient autrefois très employées en
médecine comme antiacides , antidiarrhéiques , antihémorrha-
giques et antigoutteuses. On leur substitue le plus ordinairement
aujourd'hui le carbonate de chaux.
Z 1
Zapane (Hort .) . Genre de la famille des pyrénacées . renfer-
mant des plantes qui comprennent un assez grand nombre d'espèces .
Une d'elles, la zapane citronnée, est un arbrisseau cultivé généra-
lement dans tous les jardins d'agrément, et dont les fleurs ont une
délicieuse odeur de citron. On en administre quelquefois l'infusion.
théiforme comme antispasmodique et légèrement excitante .
Zymosémètre (Chim .) . Instrument propre à faire apprécier
le degré de fermentation d'une liqueur.
FIN
Paris, Imp. E. CAPIOMONT et V. RENAULT, rue des Poitevins, 6.
TABLE DES MATIÈRES COLUMBI
CONTENUES
DANS LES QUATRE VOLUMES
Á
Tom . Pag . Tom. Pag.
Abaque.... 1 1 Aconit . .. 1 17
Abattoir . 1 1 Acoustique ......... 1 18
Abeilles . 1 1 (instrum.d') 3 328
3 2 Adhérence .... 3 29
Ablettes .. 1 6 Adhésion ..... 3 30
Abreuvoir . 1 6 Adulaire 1 19
Abri . 1 7 Aérage (mines) ...... 2 707
Abricot, abricotier ... 1 8 Aération .... 1 19
Absinthe . 1 10 des hôpitaux 4 859
(crème d') ... 2 908 Aérostat . 1 19
(esprit d').... 2 906 Aérostation ou navi-
suisse . 1 90 gation aérienne.... 4 1207
Acacia . 1 2 Affinage 3 30
Acajou... 1 2 Affinité 3 30
Acclimatation (jar.d') 2 820 Affût.. 1 21
Acclimatisation.. 2 1 1 111
4 894 Affutage.... 1 21
Accolage.... 1 14 Agate. 1 21
Accouplement. 1 15 Agave.. ... 3 30
Acétates 3 12 Agglomérés . 3 44
d'alumine . 3 27 Agneaux. 1 22
de fer... 3 27 Agnelage (époq. de l' ). 1 209
de plomb.... 3 27 Agriculture...... 1 22
Acide . 1 15 en Chine
acétique .... 3 12 et au Japon . ...... 4 1271
arsénieux 1 104 Aigue marine........ 1 27
arsénique .... 1 105 Aiguille .......... 1 27
azotique..... 1 124 3 30
3 31
carbonique ..... 1 249 Aiguiserie ....
citrique ........ 1 307 Ail.... 1 28
gallique........ 1 546 Aimant... 1 28
gras. 3 29 Air 1 28
954
phénique....... 4 802 Air (pesanteur de l'). 4 31
Air chaud .
prussique ...... 2 1262 3
pyroligneux .... 3 15 3 720
sulfurique...... 3 29 (moteurà). 4 1089
tartrique ....... 2 1167 Air comprimé . 3 39
Acier. 1 15 (machine à) 2 952
IVE VOLUME . 43
1424 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag. Tom. Pag.
Air comprimé ( ma- Alto....... 4 1201
chine locomotive à) . 2 937 Aluminium .. 1 58
Alambic . 1 35 Alun ....... 1 59
Akâtre.... 1 35 Amadou . 1 105
-compacte ou Amalgamation..... 3 55
gypseux... 1 22 ..... 2 1007
Albumine 1 36 Amalgame 1 60
Alcalimètre 1 37 des zincs .. 4 559
Alcalins 1 37 Amandes , amandier . 1 61
Alcalis. 1 36 Amandes douc. (h. d') 1 710
volatil ou am. Amandier .. 3 176
moniaque . 2 1165 Amandine (parf.) .... 1 447
Alcarazas 1 37 Ambre .. 1 61
Alcool ... 1 38 Ambrette.. 1 63
3 507 Ambulances (tentes d') 4 63
2 1512 Amendement ... 1 64
2 905 3 621
de betterave ... 1 157 Amendement (guano) 4 815
39 Améthyste . 1 65
camphré ...... 1
2 1164 Amidon ... 1 65
méthylique .... 3 28 Ammoniaque ..... .. 1 67
de pommes de 2 1165
terre.. 4 1340 Amorphe..... 3 55
Alcoolats .. 1 39 Amortissement 3 55
de fleur d'o- Amygdalite. 1 67
ranger... 4 1257 Analyse . 1 68
Alcoomètre . 1 40 Ancre .. 3 55
Alcoométrie . 3 509 Ane ... 1 74
Ale 1 41 3 57
Alésoir. 1 41 Angélique . 1 74
4 1108 Angine .. 1 75
Alevin ... t
1 41 Angles (mesures des) 3 878
Alfenide . 1 42 3 388
Algue....... 1 42 4 971
Alignement... 1 42 Anguille... 175
Alimentation .. 1
48 Animaux domestiques 1 76
(insectes Anis 1 82
servant à l' ) . 2 789 906
(esprit d') ........ 2
Alimentation d'eau (eau distillée d') ... 2 907
(machine à vapeur). 12 969 Anisette .. 1 82
Aliments .. 43 de Bordeaux . 2 968
([Link] ) 3 418 Annuité .. 3 57
Alisier .. 3 176 Anthracite 3 57
Allaitement .. 1 50 Anti-chlores . 3 400
Alliages ....... 1 51 Antimoine.. 21012
3. 44
..
(essais des
Alluchons .... 3 53 minerais d' ) ....... 2 1004
Allumettes Antiseptique.........:: 4
1
3
54 Aphte....
53 1
888
83
Alluvion .. 1 57
Aloès 3 181
Apiculture(importan-
ce de l' ) ...... 3 6
Alose . 1 1 83
58 Apoplexie
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1425
Tom. Pag. Tom. Pag.
Appareils à vapeur... 2 958 Arsenic... 2 1012
élévatoires (hyd) 2 728 (essais desmi-
pourlaboratoire 4 1008 nerais d' ) . 2 1004
Appartements nouvel- Artésiens (puits). 1 105
lement peints ...... 1 85 Artichaut . 1 106
Appât.. 1 85 Artificier . 3 80
A 2 1105 (baguetted') . 1
3 122
Apprêt (du papier) ...
Apprrêteur . 3 57 Artillerie . 106
Aqueduc 1 86 Art industriel . 3 82
1 400 Arts mécaniques 3 90
726. Asperges 1 115
Aqueduc (tuyaux d') . 2
Aquarelle 3 57 Asphalte. I 115
Aquariunt ... 1 86 Asphysie 1 116
Aqua- tinte(grav. à l') . 1 638 Assainissement 3 100
Arachide (huile d') ... 2 713 des ma-
Arbalétrier.......... 3 57 rais .............. 4 900
Arboriculture........ 1 88 Assainissement (appa-
Arbousier 3 176 4 924
reil d') .........
Arbre (agriculture) .. 3 58 Assainissement des
79 ateliers . 4 897
(mécanique) ... 3
(coupe des) .... 1 340 4 922
-
(insectes nuisi- Assaisonnement ...... 1 118
bles aux) ...... 2 790 Assemblage 3 115
Arbres (taille des) ... 4 1294 Assolement. : 3 115
Arches de pont.. 2 1225 1 118
Architectonique(mac.) 2 952 Assurances 3 115
Architecture ...... 1 88 -
contre l'in-
chinoise . 4 1278 cendie. 4 920
persane . 4 1287 Asticots .. 3 116
siamoise . 4 1293 Astronomie .. 3 116
T (construc- Ateliers (assainisse-
tions civiles). 4 826 ment des) . 4 922
Ardoise 1 88 4 897
3 79 Atomes 3 117
Aréomètre....... 1 89 Auge... ...
1 119
Argent... 1 90 Aulne .. 3 176
2 1007 Aunage 3 118
(essais des mi- Aurore polaire ...... 4 1161
rais d' ) ... 2 1003 Autographie . 4 1044
Argenterie(nettoyage) 1 92 Autographique (pap.) 2 1112
Argenture. 1 93 Automates 3 118
2 745 Aventurine ...... 3 118
du cuivre .. 1 351 Aveugles(diplograph.) 3 506
du fer . 2664 Aviation 4 1229
de l'ivoire . 2 817 Avivage des limes . 2 891
galvanique 2 753 Avoine . 1 128
Argile. 1 97 Axe . 3 113
Armes 1 98 Axonge 1 121
Arpentage . 1 104 Azotates ou nitrates.. 4 1233
Arpenteur (équerred') 2 875 Azote . 4 882
Arrosage............ 1 104 1 123
Arsenic 1 104 Azur ............ 3 119
1426 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES .
B
Tom. Pag . Tom. Pag.
Bac ....... 1 124 Basse-cour ....
1 137
Bâche... 3 119 Bassin 3 136
Bachot . 3 121 Bateau . 1 138
Badiane de la Chine. 3 121 Bâtiments (séchage
Badigeon.. 1 125 des) .. 4 928
3 121 Bâtons aromatiques .. 1 142
Bagasse . 3 122 Battage . 1 143
Baguette 3 122 des grains . 4 932
divinatoire 3 122 Batte... 1143
Baie 3 123 Batteur d'or, etc ..... 4 136
Baignoire 3 123 Batteuses .. 2 812
Bain 1 126 Baume ... 1 143
2 858 Nerval 21127
(galvan. ) ...... 4 758 Bécasse 1 144
(ghat).. 4 887 Bêche ... 1 145
depieds ou pé- 4 932
diluve.. 4 1333 Belette... 1 145
Bain-marie . 1 476 Bélier ([Link].) 1 145
Balai .. 3 129 Bélier (hyd.) . 1 146
de bouleau .... 3 129 Belladone 1 146
Balance 1 126 Benjoin 1 147
4 972 (pastilles au) .. 2 1131
d'eau .... 3 129 Benoite (bot.)........ 1 147
Balancier.. 3 130 Benzine . 1 147
Balayeuse mécanique 3 131 Bergamotte. 1 148
Baleine .. 3 132 Berger . 3 139
Balle .. 1 130 Bergeries. 1 148
Ballon 1 130 Berges 3 139
Banc à tirer 3 133 Béton 1 154
Bandoline . 1 130 2 1240
Banquette .... 3 134 3 139
Baratte 1 131 Betteraves ... 1 155
Barbeau ...... 1 131
Barbue ..
(sucre de). 2 1416
1 132 Beurre .. 1 158
Bardane . 1 132 de cacao 1 229
Barium 1 132 2 1168
Baromètre.. 1 132 Bicarbonate . 1 162 1
(sangsues) . 2 1335 Bielle 1 162
Baromètre-balance ... 4 1159 3 141
Barrage ... 3 134 Bière .. 1 162
Barraques d'ambu- 1 194
lances . 4 873 Bigorne (serrurerie).. 2 1378
Barrique 1 133 Bijouterie, bijoux.... 1 165
Baryte .. 3 136 Bijoux électriques .... 3 597
Basalte. 1 136 Binage . 1 168
3 136 Binette.. 4 933
Bascule 1 135 Bischoff d'oranges . 4 1258
d'équilibre.... 4 1024 Biscuit..... .. 1 168
,
Base.... 1 136 demer. ..... 3 209
4
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1427
Tom. Pag. Tom. Pag .
Bismuth .. 1 169 Borax . 1 197
2 1012 3 186
Bordure ...... 1 197
nerais(essaisdesmi
de) .... 2 1005 Bore.. 1 198
Bistre.. 3 142 Borique . 3 186
Bitume.. 1 169 Bornage.. 3 186
3 143 Bostriches (dest. des). 2 803
élastique ou Bouc .. 1 198
caoutchouc minéral 1 245 Boucherie ou abattoir 3 1
109
Blaireau.........
Blanc .. 1
171 Bouches à feu .......
1 172 1 198
de céruse...... 1 262 Bouchons ........ 3 187
Blanchiment... 3 144 Boue... 1 198
des éponges 1 463 des villes (engrais) 3 619
des fils ..... 1 512 Bouée . 1 198
des tissus .. 4 813 Bougie . 1 198
Blanchissage ........ 1 172 3 188
Blé .. 1 174 médicament . 3 199
(chaulage des).... 1 285 Bouillon.. 1 199
Blende (chimie). 3 164 3 200
Blessures .. 1 182 Boulangerie . 3 201
Bleu . 1 184 Bouleau ... 3 176
d'outremer ..... 2 1085 Boulet.. 1 200
- de Prusse.... 3 164 Boulons . 1 200
Bocard .. 3
166 Bouquets (parfumerie) 2 1125
Bœuf.. 1 187 ou odeurs ... 1 200
Bohême (verre de)... 2 1534 Bourdon . 1 203
Bois.. 1 190 Bourgeon .. 1 204
3 217
(injection des).... 2 782 Bourrelerie...
(mach. à trav. le) 4 1116 Bourriquet 3 216
de Campêche .... 1 237 Bousage... 3 217
du Brésil ... 1 320 Boussole 1 205
1 212 1 831
de Fernambouc .. 1 054 Bouteilles (verre à)... 2 1531
d'ébène 1 025 4 796
de santal.. 1 320 de Leyde ... 2 887
2 1335 Boutons . 1 206
derose.. 3 181 3 218
de Sainte- Lucie .. 3 182 (tour à dé[Link]) 4 1127
durci.. 3 183 Bouture. 1 207
et forêts .. 3 166 Bouvreuil 1 208
en grûme. 1 662 Bovine (race). 1 187
3 68 Boxes .... 1 208
équarris..... 3 69 Boyauderie . 3 220
3 238
jaune .......... 3 182 Brai .
Boisson 1 192 Braser . 3 238
de fleur d'oran- Brebis .. 1 209
ger . 4 1.257 3 239
économique ... 3 184 Brême . 1 212
Bonbon.. 1 196 Brésil (bois du) ...... 1 212
Bonneterie 3 185 Brésillet ou fernamb . 1 502
Boort (joaillerie)..... 1 196 Brevet d'invention .... 3 239
1428 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES .
Tom. Pag. Tom. Pag.
Brillantine 1 213 Brou de noix . 3 282
Briques 1 213 Brouette 3 282
3 247 Broyage. 3 282
crues 2 1238 Broyeur à mortier.. 4 1189
Briquets.. 3 269 Brûlure 1 218
Briquettes. 3 270 - 3 285
1 220
Brise-lames ou môle. 2 1021 Brunissage 1 220
Brise - vent ou abri ... 1 7 Brunissoir.....
Brochage.. 2 1293 Bruyère . 1 220
Brochet 1 215 3 286
Brocheur . 3 272 Bryone (bot. et hyg.) . 1 221
Broder (machine à)... 2 898 Bûcheron (hache de) . 4 830
Broderies.. 3 274 Buis 1 221
Brome (chimie) ...... 1 215 3 176
(agric .) . 1 216 Burette... 1 222
Bronzage.. 1 217 pour graissage . 1 624
du cuivre.... 1 351 Burin 1 222
Bronze . 3 276
(gravure au) ... 1 631
Bronze, bronzage .... 216 (serr.) ......... 2 1380
1
Bronze et fonte d'art . 3 740 Buttage . 1 224
Brosses 3 279 Buttoir . 1 224
(peint. )....... 2 1147 4933
Tom. Pag. Tom . Pag .
Cabestan .......... 3 291 Calvitie 1 237
Câble... 1
225 Cameline (huile de) .. 714
Cacao , cacaoyer ..... 1 228 Camomille ..... 1 237
(beurre de) .... 1 229 Campêche (bois de) .. 1 237
2 1168 1 319
Cacholong (bijout.)... 1 229 Camphre........ 1 238
Cachou.... 1 230 2 1167
3 291 Canard ..... 1 239
Cadran solaire . ... 3 291 Canaux . 3 295
Cadres dorés (nettoya- Canelle. 1 241
ge des) .... 1 230 907
(eau distillée de) 2
Café . 1 195 (espritde) ...... 2 906
1 230 (huilede)....... 2 908
Calcaires (terrains)... 1 233 Canevas . 3 301
Calcédoine (bijout. ) .. 1 234 Canne (sucre de) ..... 2 1412
Calculer (machine à) . 2 977 Canon.... 1 242
(règle à) .... 2 1289 Canotage ( machine
Calomel . 2 1166 d'embarcation)..... 4 1077
Calorie.. 1 234 Caoutchouc . 1 244
(mach. à vap.) . 2 956 minéral ou
Calorifère .. 1 235 bitume élastique ... 1 245
3
292 Capacité (mesures de) 1 245
Calorique (m. à vap.). 2 955 Capillaire (sirop de) .. 2 1386
Calque... 1 236 Caramel .. 1 218
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES . 1429
Tem. Pag . Tom. Pag.
Carat ..... 1 248 Chaloupe.. 3 305
Carbonates .......... 1 218 Chalumeau .... 3 307
Carbone . 1 248 (chim.) ... 1 266
(sulfure de) .. 4 1393 Chambrenoire. Cham-
Carbonique (acide)... 1 219 bre claire . 4 986
Carbonisation du bois 2 1248 Chamoiseur 3 308
des bruyères . 3 286 Champignon........ 1 268
de la houille. 1 609 Chandelles 1 269
de la racine romaines
de brande ......... 3 288 (feux d'art. ) . ... 1 511
Cardage des laines... 2 839 Chanvre .. 1 269
Carmin... 1 251 chènevis .... 3 313
Carotte.. 3 301
Caroubier .. 3 303
Chapeau
Chapeaux
de paille.... 2 1088
314
Carpe.... 1 251 Chapellerie ( cordes
Carreaux (briqueterie) 2 1241 pour la) .. 3 231
de parquet Chapellerie (feutrage). 1 502
(rougepour)....... 12 252 Charbon 1 271
Carreaux- dalles . 1232 de bois ........ 2 1248
Carrière. 1 252 de terre ....... 2 698
Carrosserie .. 1 253 -
d'os ou noirani. 4 1237
Cartes (construct des) 4 773 Charcutier 3 315
Carthame ... 1 320 Charme ... 3 176
Carton (maison en) ... 4 835 Charpentier 3 316
Cassis... 1 256 Charron . :: 3 317
Cataplasme . 1 256 Charronnage (bois de) 1
3 175
Cathétomètre.... 4 963 Charrue... 272
Cave..... 1 256 4 933
Cémentation . 1 257 Chartreuse .... 1 275
Centaurée (bot.) ...... 1 259 Charte . 3 322
Céramique . 1260 (poudrede) .... 2 1254
(décoration) . 3 469 Châssis (jard.). 1 276
Céréales (insectes nui- Châtaigne , châtai-
sibles aux)... .... 2 793 gnier . 1 277
Céréales . Avoine ..... 1 121 Châtaignier 3 177
Blés........ 1 174 Chaudières . 1 278
Froment ... 1 529 à haute pres-
Maïs ... 2 982 sion.... 4 1077
Orge...... 2 1075 Chaudières à vapeur. 2 964
Orient) .
( 4 1266 Chaudronnerie....... 3 325
Sarrasin ... 2 1339 Chauffage .... 3 329
Seigle. ..... 2 1370 Chaulage des blés .... 1 285
Cerf 1 260 Chaussures . 3 333
Cerfeuil . 1 261 -
imperméables . 2 764
Cerise, cerisier...... 1 261 Chaux 1 283
Cerisier . 3 176 (engrais) ...... 3 621
Cérosie (cire végétale) 3 10 Chemin de fer ... 1 287
Céruse .. 3 303 3 • 339
(blanc de) ..... 1 261 ( loco-
motives) . 2 927
Cerveau (rhume de).. 2 1312
Chaîne .... .....
3 304 Cheminée 1 286
Chaleur... 1 262 (rideaux de) 2 1312
1430 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag . Tom. Pag .
Chêne. 1 289 Cirage ..... 1 305
3 177 pour parquets . 4 1328
Chêne-liège...... 1 290 Cire.. 1 306
716 3 9
Chènevis (huile de).. 2 (emploi de la) ...
2 1380
Chenilles (dest . des). 2 803 Cisailles..
Cheval .. 1 290 Citrique (acide).. 1 307
Cheval-vapeur....... 3 371 Citron .. 1 308
Cheveux. 1 291(esprit de) ...... 2 906
(entretien des) . 2 1128 Citronnelle . 1 308
Chèvre (anim . dom.) . 1 295 Clapier . 1 308
Chèvres (Orient) ..... 4 1262 Clarification(sucrer.). 4 793
Chicorée 1 296 des eaux. 1 553
Chien. 3 371 Clarinette 4 1198
(mégissage des Clavecin 4 1203
peaux de) . 2 998 Clepsydres ( horloge
Chiendent 1 296 d'eau) . 2 679
Chiffons .. 3 373 Clous (machine à faire
Chine (badiane de la). 3 121 les têtes de) . 4 1129
(produits de la). 4 1270 Clou de girofle. 1 583
Chirurgie ( instru- Clou ou furoncle ..... 1 539
ments de) .. 2 1169 Cochenille. 1 312
Chlore 1 296 1 320
Chlorophylle 1 321 2 786
Chlorose 1 298 Cochléaria (eau de) .. 2 907
Chlorure de sodium.. 3 403 (esprit de). 2 906
Chocolat 1 298 Cœur (palpitat. de) .. 2 1093
3 410 Coffres à avoine .... 1 122
Chocs (mach, à vap.) . 2 954 Cognac .... 1 313
Choléra 4 1142 factice 2 908
Cholérine... 4 1147 Coing . 1 314
Choucroûte. 1 302 Coke.. 3 412
Choux... 1 300 Colchique ...... 1 315
Choux-fleurs ....... 1 301 Cold-cream . 1 315
Chrome . 1 302 Colique...... 1 316
3 412 Collage des vins .... 2 1542
Chromo- lithographie. 2 918 Colle.. 1 317
Chronographes 4 977 3 413
Chronomètre ( réglage Cologne (eau de) ..... 1 318
du) 4 853 Colombier .. 2 1575
Chrysoprase ( bijou- Coloration .. 1 318
terie ] 303 des liqueurs . 1 321
Chûte ou contusion .. 1 331 Colza 1 322
Cidre 1 194 (huile de) . 2 711
2 1556 Comble... 2 1477
Cigarettes de camphre 1 239 Combustible . 1 322
Cigüe 1 303 Combustion 1 323
Ciments . 1 303 Combustion spontanée 1 324
calcinés (com- Comparateur ........ 4 962
position des) ... 2 1036 Compas . 4 961
Cimetières ( créma- Composer (mach . à) . 2 775
tion) 4 905 Compositeur ( typo-
Cinabre. 1 305 2 767
graphie)
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1431
Tom . Pag. Tom. Pag .
Compote d'abricots... 1 9 Coupe des arbres .... 41 340
de péches ... 2 1142 Coupe-racines .... 943
Comptabilité 1 324. Coupure ou blessure.. 1 183
Compte-moral.. 1 327 Courroie 3 441
Compteur à eau ..... 3 416 Cousin ... 1 313
Concassage ou broyag. 3 282 Couture. 3 441
Concasseurs .. 4 942 (machine pour
Condensation de la va- lingerie).. .. 2 894
peur 2 958 Couvoir (incubation) . 2 777
Condenseurs .. 4 1077 Craie 1 344
Confiserie (dragées) .. 3 541 Crampes 1 345
Confitures .. 1 327 Crayon pour pastel .. 4 1328
d'abricots 1 9 rouge ou san-
de cerises .... 1 261 guine ...... 4 1369
de groseilles ... 1 658 Crèches 4830
Conservation des ali- (bergeries) ... 1 148
ments .. 3 418 Crémation...... 4 905
Conservation d . peaux Crème d'absinthe .... 2 908
d'animaux ....... 4 1332 de fleurs d'o-
Constructions civiles . 1 328 ranger ..... 2 909
4 826 -
de menthe .... » »
Contre-basse . 4 1201 2 1000
Contre-poison 1 449 de Moka...... 2 909
Contusions 1 331 de noyau .. 2 909
Convulsions 1 332 de vanille .... 2 909
Coqueluche . 1 332 Créosote odontalgique 2 1165
Corail. 1 333 Cristal 1 345
Cordages , câbles ..... 3 425 21536
Cordes ( fabrication Croisement .. 1 347
des) ... 3 228 Croton (huile de) ..... 2 717
Cormier... 3 Croup ..
177 Croup.. 1 347
Cornaline 1 333 Cubagedes bois abatt. 3 65
Cornichon .... 1 334 sur pied 3 71
Cornue ... 1 331 Cubilots .. 3 449
Cors aux pieds .. 2 1202 Cucurbite.......... 1 319
Corset. 1 335 Cuirs , corroyage..... 3 450
Coryza ou rhume de Cuir de Russie . 3 454
cerveau 2 311 imperméable . 2 764
Cosmétique.. 1 336 Cuisson des légumes . 2 561
Cosmographie ..... 4 775 Cuivrage de la fonte . 1 520
Coton 1 336 du fer ...... 2 748
(huile de) 2 714 galvanique . 2 756
Cotonnier (Orient) ... 4 1268 Cuivre.. 1 350
Coton-poudre . 1 339 2 1010
Couche (jardinage) ... 3 449 (essais des mi-
Coudrier ou noisetier. 4 1329 nerais de) ... 2 1003
Couleurs à l'huile .... 1 339 Curaçao 1 523
(composition des) . 2 1116 2 909
(peint. à l'huile).. 2 1141 Cyprès 3 177
Coup de sang........ 1 340 Cythare ........
... 4 1203
1432 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag . Tom. Pag.
Daguerréotype(phot.) 2
1
1173
352
Dentifrice ( eau de 3 557
Dahlia . botot) . ...........
Dahline 1 353 Dents 1 367
Dalème.. .. 1 353 (odontalgie). 4 1248
Dallage .....
…… 1 369
..
1 353 Dépilatoire
Dalles .... 1 354 Déplacement. 3 488
hydrofuges.... 1 354 Dépolissage 3 484
Dalot (marine). 3 455 Désargenture . 2 756
Damas ... 3
455 Désinfectant(goudron) 1 610
Damasquineur . 1 355 (réactif) . 2 1285
Dame (archit . ). 1 355 Désinfection .. 1 369
Dames (forges ) ...... 1 355 des fosses
Damier . 3 457 d'aisance ... 1 520
Danaïde ..... 1 355 Desséchement (hydr.) 3 484
Dartre 1 356 Dessin .. 3 494
Dartrier . 1 356 Dessin et lavis .. 3 495
Datisque..... 1 357 Détente (mach. à vap.) 3 499
Dattier .. 1 357 Détrempe 1 370
3457 Détritus .. 3 500
Dé ( archit. ) ...………… 1 357 Dextrine . 1 372
Dé à coudre 3 461 Diabète . 1 373
Dé à jouer.....……… 3 462 Diable . 3 500
Débard eur........ 3 462 Diachylon ou diachy-
Déblais .... 3 462 lum .. 1 373
Décantation (chimie). 1 357 Diamant.. 1 374
Décapage............ 1 357 3 591
(hydroplastie) 2 742 Diapalme . 1 375
Décatissage.......... 1 358 Diapason .. 1 375
Décharge.. 3 462 Diaphragme ...... 1 376
Déclinatoire ... 2 884 Diarrhée . ......... 1 376
Décoction ..... 1 358 Diastase . 1 377
Décognoir 3 463 Digestion .... 1 378
Décoloration......... 1 359 Digue. 3 502
Décoration 3 463 Dilatation . 1 378
Décortication ...... 1 359 -
et contrac-
Décreusage (arts text. ) 3 477 tion des corps . 1 263
Défécation .... 3 477 Dindon . 1 379
Défets.. 3 483 Diorama.. 1 380
Défrichement 1 360 3 506
Diplographe
Dégraissage (tissus).. 3 146 Dissolution 1 389
(eau à dégr.) 3 355 Distances (mesuredes) 4 969
ou nettoyage 1 360 Distillation 1 381
Dégras ..... 1 365 parfumerie 4 1321
Dégustation ...... 3 483 3 507
Densimètre .......... 1 385 des goudrons 1 605
Densité . 1
.....
Dentelle ............. 1
366 Distilleries (coupe-ra-
366 cine pour) ......... 1 914
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES . 1433
Tom. Pag . Tom. Pag .
Diviser (méc.) ....... 3 533 Dragées . 3 541
Diviser (machines à) . 4 967 médicinales . 3 542
Docimasie 1
382 Dragonnier.. 1 387.
(métall. ) ... 3 537 Drague 387
Dôme 3 540 3 544
Domestication des ani- Drainage 1 387
maux(acclimatation) 1 11 3 267
(tuyaux de) .
Dorure . 1 383 Drap ... 1 388
au trempé ..... 2 745 Drawback (commerce) 1 390
du marbre ..... 2 989 Drayage... 3 544
galvanique .... 1 386 Drèche ou malt . 1 390
2
752 Dresser (appareil à) .. 4 1102
-
(moyens de salu- Drille 3 544
-brité des ateliers de) 4 925 Dunes .. 3 540
Dosage .. 3 541 Durillon . 1 391
Doublage des navires. 3 541 Dynamite. 1395
Doublé ou plaqué .... 2 1214 Dynamomètre ........ 1 395
Dracocéphale (bot.).. 1 387 Dyssenterie ... 1 392
Töm . Pag . Tom. Pag.
Eaux . 1 393 Ecarlate ..... 1 412
3 553 Ecarrissage.......... 1 413
(moteurs à) ...... 4 1100 Ecarrissoir 1 414
de cannelle ...... 1 242 Eclairage .. 1 559
de Cologne .... 1 318 3 559
de fl . d'oranger.. 4 1257 au gaz ...... 2 552.
de mélisse ... 2 1164 des mines .. 2 708
de rivière.. 1. 192 Eclisses 3 355
ou liqueur d'or .. 4 1256 Ecluses .. 1 421
ou ratafia de coing 1 315 3 580
d'égouts . 4 903 Ecobuage(é[Link].) 1 422
dentifrices ....... 1 368 Ecrevisses . 3 581
(élévation des) . :
2 720 Ecriture .. 3 581
parfumées ..... 2 1127 Ecume de mer 1 423
Eau-de-vie 1 194 Ecurie ..... 1 423
1 406 Editeur..... 2 888
2 912 Egout... 1 429
camphrée Electricité . 1 430
(alcool camphré) .. 1 39 3 581
Eau-de- vie de Dant- (applications
zick ... 1 909 à l'horlogerie)... 2 689
Eau-forte (gravureà l') 1 633 Electricité (écl . à l'). 1 194
Ebène (bois d') ....... 1 408 Electromètre 4 1156
Ebénisterie 1 409 Elixir... 1 443
Ebullition 1 411 de Garus ...... 1 550
1 1 264 de longue vie .. 2 909
Ecaille 1 412 Email .... 1 444
3 558 Embarcations (mac.d' ) 4 1081
1434 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag. Tom. Pag.
Embaumement 3606 Esprit d'anis ... »
/ Emeraude 1 446 de cannelle .... » )
)
Emeri ... 1 447 .... 1 242
Emétique . 2 1166 de citron ...... 2 906
3 609 de cochléaria .. »
Emplâtre....... 2 1168 de bois, ou al-
1 448 cool méthylique.... 3 23
Empoisonnement
Empreintes (galvan.) . 4 759 Espritde lavande .... 2 906
sur l'acier poli. 1 17 Essences .. 1 466
Empyreume 3 609 de bergamotte. 1 148
Emulsine ... 1 449 de jasmin..... 2 820
Encaustique ......... 1 450 -
de lavande .. 2 853
Encens .. 3 609
derose(Orient) 4 1267
Encliquetage ....... 3 610 -
de schœnante . 1 308
Encres 1 451 de térébenth .. 2 1515
Encre . 3 612 de goudron
sympathique.... 1 453 (épuration des ) .... 4 797-
Endosser (reliure) . 2 1292 Essieu 1 254
Enduit 3 613 Essorer .. 3 631
Enfleurage (parfum.). 4 1325 Estamper 3 633
Engelure 1 454 Etable 1 467
Engrais 1 455 Etaiement . 1 470
3 613 Etain 1 479
guano . 4 815 Etain (essais des mi--
Engrenages 1 460 nerais d') .......... 2 1004
Enter (greffer) . ... 1 649 Etamage ... 1 473
Entorse 1 461 2 748
Epaississants ..... 2 765 3 633
Epeautre.....… 1 463 du fer battu . 3 665
Epidémie. 4 1142 Etau . 1 474
Epingles (machines à Ether 1 474
fabriquer les) .. 4 1128 2 1164
Epizootie. 3 627 Etoffes (impress. des) . 2 761
Eponge..... 1 463 Etoiles filantes ..
...... 4 1152
Eprouvette . 1 464 Etrier .. 4 846
Epuration (éclairage Eucalyptus ...... 4 901
au gaz) . 3 576 Eureka ... 3 637
des eauxd'é- Evaporation .. 1 475
goûts 4 903 ....
4 1161
des corps gras 1 628 Eventail.. 3 637
des essences Excavateur 3 641
de goudron.... 4 797 Explosions ..... 3 644
Equerre
Erable
d'arpenteur.. 2 875 | Extirpateurs .... 2 810
3 178 Extrait de jonquille.. 2 824
3 627 de lilas ....... 2 891
Erysipèle . 1 465 de lis ....... 2 911
Escalier . 3 628 de vanille ... 2 1502
Espalier (poiriers en) . 4 1337 d'odeurs ..... 4 1326
Esprit d'absinthe ..... 2 906 d'œillet ...... 4 1219
N
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1433
Tom. Pag. Tom, rag .
Faïence .. 1 476 Fer (fabrication du) .. 3 712
2 1235 battu étamé ... 3 644
3 647 Fer-blanc 1 499
Faîne (huile de) ...... 2 719 Ferme ou métairie ... 4 1148
Faisan, faisanderie... 1 478 Ferment ... 1 500
Falsificat . du beurre. 1 161 Fermentation . .... 1 500
des essences . 1 463
alcoolique 1 501
des farines .. 1 485 3 514
des fromages 1 529 putride ... 1 501
de l'onguent saccharine 1 501
citrin 4 1254 Fernambouc 1 502
Falsificat. de l'or . .. 4 1256 Feu grisou ...... 1 656
du pain..... 2 1091 Feuilles 3 665
du sucre..... 21424 Feutre, feutrage ..... 1 502
des vinaigres. 3 25 Feux d'artifice .... 1 505
des vins ..... 4 906 Fève 1 511
des huiles ... 4 876 Féveroles (larme de) . 1 485
de l'huile d'o- Fiel 1 511
live .. 2 710 Fielde bœuf . 3 666
Falsification de l'huile Fil.... 1511
d'amandes douces .. 2 711 Filets 3 668
Falsificat . des huiles [Link]ères .... 3 675
de pied de bœuf.... 2 718 Filtrage . 1 514
Falsificat . des huiles artificiel .... 3 680
de colza ........... 2 712 Filtration .. 1 014
Faneuse ..... 4 944 3 681
Fantasmagorie .. 3 647 Filtres 3 693
Fard .. 1 480 Flamme ... 3 693
3 480 Flanelle ..... 1 514
Fardier.. 3 647 Fléau . 3 697
Farine 1 481 Fleurs ... 1 515
3 480
(conservat . des) 3 700
Faucheuses et mois- artificielles .... 3 697
sonneuses 2 811 Fleur d'oranger (al-
Faucille .... 4 496 coolat de) .... 4 1257
Faulx ou faux ..... 1 488 Fleur d'oranger (bois-
Fécule 1. 490 4 1257
..
son deer me
3 650 Fleurd'oranger(crè
-
de marrons de) .. 2 909
d'Inde .. 2. 995 Fleur d'oranger (eau
Feldspath 3 649 de)... 4 1257
Fenderie 1 493 Fleur d'oranger (huile
Fer 1 493 volatile de) ... .. 2 908
2 1010 Fleur d'oranger (rata-
3 664 fia de) ....... 4 1258
(essais des mine- Flottage .... 3 700
de) ................ 2 1003 Flotteur 1 517
1436 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES .
Tom. Pag . Tom. Pag.
Fotteur (mach. àvap). 2 4 1115
971 Four portatif......... 4 946
Flûte.... 4 1197 Fourche ...
Foie de morue (huile Fourmis ([Link]) 12 801
de) .. 2 719 Fourneaux .. 521
Foin ... 1 518 de laboratoire. 2 1232
Fondants (métallurg.). 3 700
Fondations .
pour labora-
4 1005
3 702 toire.
Fonderie . 3 707 Fourneaux de fonte
Fontaines . 3 733 (jointure des) ...... 1
2 823
artificielles .. 3 732 Fourrages . 523
Fontainier 3 733 Fourrure .. 1 524
Fonte. 1
518 Fraiser (machine à) .. 4 1107
3 713 Fraises (mécanique) .. 4 1108
(transformation Frein .. 3 749
en fer) 1 498 Frêne 3 178
Fonte d'artet bronzes . 3 740 Froid artificiel . 3 753
maléable ....... 3 726 Fromages . 1.526
Forage des puits ..... 2 1155 Froment . 1 529
Forêts (mét.) . 3 746 Fruits ... 1 -530
(serr.). 2 1379 Fuchine .. 3-754
Forficules ou perce- Fulminate .... 1 532
oreilles 4 1333 Fumier ... 1 532
Forges 3 747 (engrais) ....... 3 613
fourneauxd
((martcau e). 1 521 Fumigations ......... 13 539
755
de) ... 3 996 Furoncle
(soufflet de).. 4 1390
..
Fusées (feux d'artifice) 1 510
Fosses d'aisances (dé- Fusils 1 534
sinfectiondes)..... 520 à aiguille ...... 1 101
Fours à briques ..... 3 258 Chassepot ...... 1 -100
Four à gaz (fonderie). 3 709 Fût .... 1 133
à goudron ..... 4 2 1478
806 | Futailles .
Tom. Pag. Tom. Pag .
Gabaret 1 1 543
Gabarre
541 Galipot .........
4
757 Galle (noix de) ..... 1 544
Gàche (serr.) ...... 4 757 Gallinacées .. 1 546
Gaïac (résine de) 1 541 Gallique (acide). 4 546
Gaize... 1 541 Galvanoplastie . 2 757
Galanga .... 1 542 4 758
Galbanum 1 542 Gangue. 1 -516
Gale . 1543 Ganse...... 1546
Galée (imprimerie). 1 543 Gante ... 1 546
Galène ..
1 543 Gants de peau (net-
4
757 toyage des) ........ 4 1232
Galerie ou fausse tei- Garance..... 1 547
gne 1 545 1.319
Galeries de mines Garantie .......... 4 769
(houille) ..... 2703 | Gares ..... 4769
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES . 1437
Tom. Pag. Tom. Pag.
Gargarisme....... 2 1170 Giraumont (bot. ) .... 1 583
Garou ou sain-bois ... 1550 Girofle 1 583
Garrot...... 1 550 Giroflier ...... 1 584
Garus (élixir de) ....... 1 550 Gites métallifères .... 1 587
Gastrite .. 4 770 Givreou gelée blauche 1 567
Gaude . 1 320 Glace (congé[Link]'eau). 1 585
1 551 (fabricat. des).. 2 1528
Gaufrage ...... 1 551 -
(verr.) ......... 1 590
Gaz 4 771 Glacière .. 1 590
4 1191 Glaciers .. 1 591
(éclairage au). 1 419 Glaise .... 1 591
(moteurs à) ... 4 1091 Gland 1 591
d'éclairage . 1 552 Glaucium (huile de) .. 2 716
Gaze ... 1 566 Glu 1 591
Gazomètre .. ...
1 566 Glucoses . .....
1 592
Gélatine 1 566 3 512
Gelée. 1 567 4 788
blanche ou givre. 1 567 Gluten . 1 593
de groseilles ..... 1 659 Glycérine . 1 593
printannière ..... 4 1158 Gneiss (géol . ) . 1 594
végétale (chim.).. 1 560 Gnomonique . 1 574
Gemme (joaillerie)... 1 568 Gobeleterie ... 2 1533
(sel) ......... 1 568 4 795
Genérateurs 568
1 Goëmon .. 1 594
Genestrole .. 1 568 Goître ... 1 591
Genêt 1 568 Gommes ... 1 595
Genêt (anim. domest.) 1 569 Gomme arabique ..... 2 1168
Genévrier .. 1 569 colle
3 181 à la) ..... 1 317
Génie rural ([Link].) 2 805 Goniomètre... 1 598
4 929 Goudron ..... 4 797
Genièvre 1 569 de houille .. 1 598
Genou (méc.) ...... 1 569 Goudronnage ........ 2 1143
Gentiane . 1 570 Gouet 1 611
Géodésie . 1 570 Gouge. 1 611
Géographie . 1 571 Goujon (artset mét . ) . 1 611
4 773
(pisciculture) . 1 611
Géologie . 1 571 Gourgane ...... 1 612
Géométrie 1 576 Gourme (méd. ) . 1 612
Gerçures 1 576 Goutte ........ 1 612
4788 Gouvernail . 1 615
Germandrée (bot . ) . 1 576 Graines .. 1 622
Germination ....... 1 576 581
1 582
(choix des) .... 1
Gesse.... (compositiondes) 1 578
Geysers (hyd. ) ...... 4788 conservat. des) 1 581
Ghat (bains).. 4 887 de lin 1 622
Gibier . 1 582 4 811
Giette (fil.). 1 582 musquée ou am-
Giffard (injecteur) .... 2 733 brette. 1 63
Gingembre 1 582 Grains . 1 622
Gin-seng (pharm.) ... 1 583 (battage des).. 4 922
Girandole 1 598 (
métall.) 1622
1438 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag. Tom. Pag.
Graissage 4 1077 Grès-cérames 2 1232
1 623 Griffe 1 656
Graisses .... 1 -3 145
626 Grillage ( tissus)
Gramme .. 1 628 4 812
Grand- Orient . 4 1294 Grilleuse (tiss.). 4 812
Granit 4 811 Grippe 1 658
ou granite ..... 1 628 Grisou 1 656
Graphique....... 1 629 Gros-bleu.. 1 658
Groseilles .. 1 658
Graphite ou plomba-
1 629 Grue . 1 660
gine....
Graphomètre .. 1 629 Grues hydrauliques .. 3 361
2 1 626
877 Grume (bois en) .
Grappe... 1 629 Guano.. 1 616
630 4 818
(science vétér.) 1
Grattoir . 1 1 615
630 Guêpe ..
Gravelle (méd . ) 1 630 Gueulard ( métall.) ... 1 619
Graver, graveur.... 1 631 Gueuse (métall .) ..... 1 619
Gravure ..... 1 631 Guignier 3 378
4 812 Guillochis 1 619
Grecquer ..... 2 1291 Guilloire .. 4 817
Gréement... 1 648 Guimauve 1 619
Greffer (enter.). 1 649 Guitare ... 4 1203
1 619
Grêle...
(lampe à)..... 1
4 1028 Gutta-percha...
654 Gutta-percha ( app. de
Grenade . 1 654 la) 4 758
Grenadier 1 1 620
654 Gymnastique
Grenat 1 1 621
655 Gypse...
Grès 1 655 Gypseux .... 1 622
Tom. Pag. Tom . Pag.
Habitacle ... 4 4 844
818 Hangard..
Habitation .......... 1 667 Haquet ..... 4 845
2 608 Haras . 2 670
à bon mar- Hareng.. 2 670
ché .. 4 818 Haricot .. 2 670
Hache 4 838 Harmoniflûte . 2 671
à près . ..... 4 946 Harmonium .. 2 672
Hache-paille . 4 839 4 1206
ou hache- Harnais . 4 846
ajones .... 4 946 4 1289
(Perse) 819
Haies 2 668 Harpe (archit . ) 4
Halage . 4 839 (musique) ..... 4 847
Hale 4 839 4 1203
Haleine.... 4
839 Harponneur 4 849
Halle.... 4 839 Haschisch . 4 849
Halle ou marché . 2 668 Hauban 4 850
Hamac .. 4 843 Hautbois 4 1197
Hameçon ....... 2 669 Hauteur. 4 851
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1439
Tom. Pag . Tom . Pag.
Hauts-fourneaux ..... 1 523 Houx... 2 697
..... 3 715 3 178
4. 851 Huiles .... 2 710
Havage ou xhaver.... 2 1582 4875
Hectare. 2 672 essentielles .... 2 908
Hecto 2 672 -
de fleurs d'oran-
Hélice 2 673 ger .... 2 908
Héliographie......... 4 851 camphrée ..... 2 908
Héliomètre 4 851 de cannelle.... 2 908
Hémicycle .. 4 851 minérales ..... 1 416
Hémorrhagie..... 2 676
676
végétales ...... 1 415
Herbe. 2 parfumées ..... 2 1125
Herbier 2 677 de lavande .... 2 1124
Herboristerie . 4 852 mille fleurs .... 2 1124 /
Hérisson (hist. nat.) .. 4 85 de rose 2 910
(fumisterie) 4 852 de vanille ..... 2 910
Herminette ...... 2 678 Huisserie.... 2 719
Herse 2 670 Huîtres 2 719
2 818 (culture des) ... 2 1081
4 948 Humectage 2 719
Hêtre . 2 608 Humeur .... 2 719
3 178 Humus 2 720
Heure . 4 853 Hybride . 4 879
Hièble ou yèble . 2 1583 Hydrate .. 2 720
Hiéroglyphe . 4 856 Hydraulicien.. 2 720
Hippodrome 4 856 Hydraulique 2 720
Homéopathie 4 857 Hydrocarbures liquid. 2 739
Homme-moteur Hydrochlorates 4 880
...
4 858
2 678 Hydrogène. 4 880
Hongroyeur
Hôpital. 4 858 Hydrographie........ 2 739
Hoquet. 2 692 Hydrologie . 4 882 ....
Horizon . 2 678 Hydromel vineux. 2 740
Horizontal ...... 2 678 Hydromètre .... 2 741
Horloge ..... 2 678 Hydroplastie ....... 2 741
Horlogerie. .. 2
678 Hydroscope ... 4 788
Horticulture .... 2 2 886
Hotte(fum) 3
692 Hydrostatique ....... 4 913
692 Hydrotimétrie
Houblon... 2 692 Hygiène (literie) ..... 2 763
Houe 2 698 2 380
597 4 866
Houille (goudron de) . 1
(carbon. de la) . 1 609 Hygromètre ......... 2 761
(charb. deterre) 2 698 Hygrométrique ...... 2 712
1
I
Tom. Pag . Tom . Pag .
Iconologie ..... 4 906 Ignition . 2 763
If ou yf 2 762 Imbibition . 2 763
If...... 3 178 Immersion 2 763
Igname ............ 2 763 Immeuble ... 2 763
JV VOLUME . 44
1440 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom . Pag . Tom. Pag.
Imperméable ........ 2 763 Insectes .... 2 785
Impress. des étoffes .. 2 764 Insectes utiles ....... 2 786
des papiers nuisibles .... 2 790
peints.... 2 1115 Insecticide (poudre) .. 2 805
Imprimerie . 2 766 Instituteur 4 929
4 906 Instrum. d'agriculture 2 805
Incendie...... 4 913 4 929
7
(pompes d') .. 2 736 -
d'apiculture . 3
Incision . .. 4 921 de chirurg... 2 1169
Incombustible ....... 2 776 -
de musique .. 41197
Incrustation . 2 776
Incruster . 2 777 (cordes à) ......... 3 232
Incubation 777 2 Instrum. de musique
Indicateur d'incendies 4 917 et d'acoustique..... 3 328
Indigène 2 779 Instruments pour pro-
Indigestion ........ 2 778 duire et recueillir
Indigo... 2 779 l'électricité ... 1 431
Industries de l'Orient. 4 1261 Instruments de préci-
insalubres . 4 922 sion....... 4 960
Inertie 2 781 Intermittence . 4 990
Infiltrations 4 928 Interpolation ... 2 815
Inflammation........ 2 781 Inventaire 1 325
Infusion .. 2 782 Iode .. 2 815
Infusion (parf. ) . 2 1129 Ipécácuanha .. 2158
Ingénieurs 4 929 2 1166
Injecteur 4 929 Iris . 2 815
Injecteur Giffard... 2 816
2 733 Irrigation
2 969 397
(eaux d') .... 1
Injection des bois .... 2 782 Isomérie (phys.) ..... 2 816
Inorganique . 2 785 Isotherme 4 991
Insalubres (industries) 4 922 Ivoire .... 2 816
1
J
Tom. Pag. Tom . Pag.
Jacaranda . 2 818 Jaune de chrome ..... 2 820
Jachère .. 4 991 Jet d'eau . 2 823
Jade 4 2 821
991 Jetée (môle) .
Jalon . 2 818 Jeux instructifs . 4 998
4 992 Jeux d'orgues . 2 823
Jalousies 4 993 Joaillier ... 2 823
Jambage 2 818 Joint universel .... 2 823
Jamblonier . 4 993 -
4 995
Jambon 2 819 Jointures des four-
Jamisse 2 826 neaux de fonte ..... 2 823
Jante 2 819 Jonquille . 2 824
1 254 Jouets scientifiques .. 4 995
Japon (produits du) .. 4 1270 Jujubier ... 4 1001
Jardin.. 2 819 Jusant 2 824
Jasmin .. 2 820 Jute. 2 824
Jaugeage ........... 2 820
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES . 1441
Tom. Pag .. Tom. Pag.
Kaléidoscope ...... 2 825 Kilogrammètre ...... 2 826
4 998 Kino ... 2 826
Kaolin . 2 825 Kiosque .. 4 1001
Kari 2 825 Kirschwasser . 2 826
Kermès 2 825 Koumiss... 2 828
Kalo.... 2 826 Kyste ...... 2 828
>
L
Tom . Pag . Tom. Pag.
Labdanumouladan... 2 832 Lapidaire ......... 2 844
Laboratoire 2 828 4 1030
.. 1001 Laque... 2 851
(fourneaux Laques et vernis ja-
de).... 1 521 japonais.. 4 1274
Labourage 4 935 Lard . 2 852
Labourer . 3 829 Latitude . 1 852
Labyrinthe 2 831 Latte.. 4 1031
Lacet 2 831 Laudanum . 2 852
Lactomètre . 2 832 2 1164
Ladanum.. 2 832 Laurier... 4 1031
Laie 2 832 Laurier-cerise 2 917
Lainage . 2 832 Lavage (mach. à laver) 3 631
Laines 2 832 Lavande... 2.852
4 1013 (eau dist. de). 2 907
Lait.. 2 839 -
(esprit de) ... 2 906
4 1018 (huile de) . 2 1124
-de chaux ..... 4 1022 Lavement 2 853
Laiterie 4 1021 Laveurs de cendres .. 4 1031
Laitiers (métallurgie) . 2 842 Lavis 2 854
-
3 722 3 495
Laiton(métallurgie).. 2 842 -
gravure au).... 1 638
Laits (parfumerie) ... 2 842 -
des plans .....… 2 885
Laitue... 2 842 Lavoirs publics 2 854
(eau de) . ... 2 906 Lé .. 2 860
Lamanage . 2 843 Legs 2 861
Lambourde . 2 843 Légumes 2 861
Laminage 2 843 4 1032
4 1022 Lentilles (culture ma-
Laminoir 4 1022 raichère) 4 862
à tôle ....... 4 1026 Lentilles (optique).... 2 862
Lampe 2 843 Lentisque... ..... 2 862
à greffer ..... 4 1028 Lessivage... 2.863
électrique .... 4 1028 Lessive.... 2 853
pour laborat.. 4 1005 Lettre ... 2866
Lanterne ............ 4 1030 de voiture ... 2 867
1442 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom . Pag. Tom. Pag.
2 867 Liqueur de Fop...... 4 1344
Levage.
Levain 2 872 de rhum... 4 1362
Levée 2
873 Liqueur d'orgeat ..... 4 1261
Lever des plans ...... 2 873 ou eau d'or .... 4 1256
Levier.... 2
886 Lis (extrait de) ....... 1
...
911
Levûre . 2 887 Lit.... 2 913
Leyde (bouteille de) .. 2 887 Literie 2 913
Liais . 4 1034 Litharge .... .. 2 914
Libage. 2 888 Lithographie . 2 914
Libraire . 2 888 4 1041
Libraire- éditeur . ... 2 888 Litre ... 4 1045
Lichens 2 890 Livre .... 2 921
Lie du vin........ 2 890 Loch . 2 923
Liège 2 890 -
4 1015
(chêne) . 1 290 électrique ....... 4 1046
3 177 Locomobile ... 2 923
4 1034 Locomotives 2 927
Ligne
(pêche) ... 4 1035 (machines-) . 3 368
Ligneux. 4 1039 routières ... 1 938
Lignite. 2 890 Logarithmes .... 2 943
Lilas (extraitde) ...... 2 891 Loi de Mariotte . 4 1136
Limaille de fer....... 2891 Loi sur les brevets d'in-
Lime ... 2 891 vention . 3 239
Limousinage ...... 2 891 Longitude . 2 944
Lin. 2 892 Longueur . 2 944
(graine de) ........ 4 811 Looch 2 944
(huilede)... .... 2 715 Lotions .... 2 944
4 878 Louchet 2 914
Linge (encre à mar- Loup ...... 2 911
quer le) ........ 1 453 de mer . 2 914
Linge (encre à mar- Loupe ....... 4 1048
quer le). 3 ...... 612 Loutre 2 915
Lingerie.. 2 894 Lubrificateur 2 915
Lingot.... 2 899 Lucarne . 4 1018
(fusion des) .... 21026 Lumière . 2 915
Lingotière .... 2 899 (source de) . 4 986
Linteau 41039 électrique. 3 665
Liqueurs..... 2 900 Lune . 2 946
(coloration des) ... 1 321 -
rousse 2 946
d'anis ou anisette . 1 82 Lunettes 4 937
de brou de noix .. 2 1063 2 1074
3282 2 918
de café .......... 1 232 4 1049
de cassis ... 1 256 (choix des) 4 892
de chartreuse .... 1 275 Lupin. 2 811
de cognac ....... 1 313 Lustrer . 2 948
de curaçao ....... 1 352 Lut .. 2 918
de genièvre...... 1 569 Lut ou mastic . 1997
d'hydromel ...... 2 740 4 1139
de Kirschwasser . 2 826 Luzerne 2918
de Koumiss ...... 2 828 Lycée 4 1049.
élixir de Garus ... 1 650 Lyre 4 1202
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1443
Tom. Pag. Tom. Pag.
Macadam 2 950 Manipulation ........ 4 1136
Macaroni . 2951 Manivelle .. 2 987
Macarons 2 951 Manne .. 2 995
Macération 2 951 Manomètres 2 972
(parfumerie) . 4 1322 Manuscrits 2 985
Mâche 2 951 Maquette .. 4 1036
Mâchefer . 2 951 Maraîcher ...... 2 985
Machines 2 952 Marais.. 2 986
à calculer ... 2 977 ([Link]) 4 900
à diviser..... 3 533 Marais salants ....... 2 987
diverses . 4 1088 Marasquin........... 2 910
à vapeur .... 2 952 2 987
4 1049 Marbres .. 2 987
marines ... 4 1071 Marché ou halle..... 2 668
fixes .. 2 974 2 989
3 367 -
4 839
4 1051 Marcotte . 2 959
à vent (avan- Marécageux . 2 989
tages des) . 2 1041 Marée .. 1 571
Machines- outils ...... 4 1101 2 989
4 1126 Marin . 2 980
Machiniste 2 981 Marine 2 990
(théâtre) . 2 982 3 171
(bois de)
Macis 2982 (machines à va-
Maçon .. 2 982 peur.) . 4 1071
Maçonnerie . 2 982 Mariotte (loi de) . 4 1136
Macquage . 2 982 Marmelade 2 993
Maculature . 2 982 d'abricots 1 9
Magasins provisoires. 4 1130 de pêche... 2 1142
Magnésie. 2 1166 -
de pommes . 2 1223
4 1133 Marmite de Papin ... 4 1137
715
Magnétisme 4 1133 Marmotte (huile de) .. 2
2
terrestre... 4 1154 Marne ... 993
Magnétomètrebifilaire 4 1155 (engrais) ....... 3 621
Maïs 2 982 Maroquin ........... 2 993
Maison-abri (sauvet.). 1 1346 Marque .. 4 1138
Maisons en carton ... 4 835 Marqueterie ... 4 1138
Maistrance 2 983 Marron 4 1138
Mal de mer . 4 1134 d'Inde (féculede) 4 1138
Malléabilité ... 2 983 Marronnier. 2 99A
Malt.... 2 983 d'Inde .... 3 178
Malt ou drèche ....... 1 390 Marteau .. 2 995
Mandrin .... 4 1135 pilon. 4 1108
2 996
Manège (horticulture) 4 918 Martinet ...
Manioc . 4 1136 (fonderie) .... 4 1128
Manipulateur 2 984 Mascaret 2 996
2 997
-
(télégraphie) . 2 1/41| Massage . ....
1444 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag. Tom. Pag.
Mastics ou luts 2 997 Métaux ( machines à
4 1139 travailler les) ...... 4 1101
Matériaux .. 2 997 Métaux (nettoy. des).. 4 1231
Matériel (roulant che- Météorites (orig. des). 4 1153
min de fer) ... .... 2 363 Météorologie....... 4 1148
Matières colorantes .. 2 765 Métier à filer........ 2 1012
textiles([Link]) 2 834 Meubles([Link]) 4
Mécanicien
1 1164
450
2 997 Meulerie.......
Mécanique....... 2 997 Meules ... 4 1161
Médailles antiques ... 4 1142 Meulières. 4 1171
Médecine (insectesem-
(insectes em- Meunerie ... 1 1174
ployéesen) 2 789 Mica ... 2 1012
Médecine domestique Micromètre ....... 4 1178
et pratique 2 497 Microscope 2 1012
Médecine domestique solaire ... 4 1178
988
et pratique.... 4 1142 Microscopie
Mégaphone........ 4 1147 Microscopique ...... 2 1015
Mégissage des peaux Midicinier (huile de).. 2
2
717
1016
de lapin.. 2 848 Miel ....
Mégisserie.. 2 998 4 1178
Melèze 2 1000 - (emplois du) ..... 3 9
3 178 rosat . 4 1178
Mélisse .... 2 1000 Migraine 2 1016
Melon .. 4 1141 (eau contre les). 3 558
Melonnière .......... 4 1147 Migrations hygiéniq.). 4 893
Menthe.. 2 1000 Minerais 2 1018'
(crême de) ..... 2 909 (essais des) ... 2 1002
-
poivrée (eau dis- (pré[Link]). 2 1005
tillée de)...... 2 907 Minéralogie.... 2 1018
Menu 2 1001 Minéraux utiles ..... 2 1019
Menuisier 2 1001 Mines .. 2 1017
Mercure ... 2 1011(poudre de) .... 2 1253
4 1148(fourneaux de) . 1 521
(essais desmi- (transports sou-
nerais de) ... 2 1004 lerrains).... 2 706
Mérinos .. 4 1148 Mirage ... 4 1178
(mouton)..... 4 1193 Mire .. 2 1019
Mérisier . 3 179 2 1057
Merrains 3 175 4 1178
Mesures de capacité.. 1 245 Miroir.. 4 1181
Métairie ou ferme.... 4 1148 Mitoyen 4 1181
Métal 2 1001 Mitrailleuse 1 111
Métallurgie en général 2 1001 Mnémotechnie ..... 2 1019
de l'étain .. 1 471 Modelage ... 2 1019
du fer ..... 1 495 Modèle .. 2 1019
3 712 Modeleur .... 2 1019
de la fonte . 1 518 Moelle de bœuf...... 2 1020
3 713 Moellon 4 1184
fonte mall . 3 726 Moisissure .. 2 1021
du plomb .. 2 1215 Moisson 1 181
du zinc .... 2 1584 2 1021
Métaux .... 4 1148 Moissonneuses ....... 4 1185
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1445
Tom. Pag . Tom. Pag.
Moka....... 1 230 Mouche.. 2 1038
(crême de) ..... 2 900 Moufle 2 1038
Môle (jetée) . 2 821 Mouflette . 2 1038
Môle ou brise-lames .. 2 1021 Mouillage ...... 2 1039
Molécule 4 1185 Moulage ........ 2 1039
Monnaies . 2 1022 Moules (comestible) 2 1040
Monte-charges ... 2 871 Moule à balles ..... 2 1040
2 1034 Moulin ... 2 1041
3
717 Moulureusedepierres. 4 1125
4 1185 Mousseline (huile) par-
Moquette .. 2 1034 fumerie 21125
Mordants .. 2 765 Moutarde . 2 1044
2 1034 (huile de) .... 2 713
Morelle.. 2 1019 Mouton .. 4 1191
Mors de bride ....... 4 847 Moutons (Orient) ..... 4 1263
Mortier.. 2 1034 Mouture .. 2 1044
T
4 1188 Mucilage 4 1196
(composit. des). 1 284 Mûres (sirop de) ..... 2 1386
Morue... 4 1190 Mûrier 3 179
Morve.. 4 1190 Murs ... 2 1046
Mosaïque . 4 1190 Musc ... 2 1045
(carreaux) ... 2 1232 artificiel . 4 1196
Moteurs 2 1038 Muscade . 2 1045
à air chaud ... 4 1089 Musique . 4 1197
à eau .. 4 1100 (instruments
à gaz ......... 4 1091 de)........ 3 328
4 1191 Musoir 2 1045
à pétrole..... 4 1098| Myrrhe .............. 2 1046
N
Tom. Pag. Tom. Pag .
Nabab ... 4 1212 Navigation (machines
Nacre 2 1047 d'embarcation.) .... 4 1077
(débit de la) .... 4 1126 Navigation aérienne
Nacre (ouvrages en).. 4 1212 ou aérostation ..... 4 1217
Nadir 4 1213 Navire 2 1049
Nageoires . 4 1213 -
(doublage des) . 3 540
Nankin. 2 1047 Nectar ... 4 1230
Naphte ou pétrole . 2 1047 Nef .. 4 1230
Narcotine 4 1213 Néflier 3 179
Narcotique. 2 1048 4 1230
Nasse 4 1213 Neige 21069
Natation.. 1 1213 Néographie (gravure). 1 642
2 1048 Néroli ... 2 1049
Natron .. 4 1215 Nerprun .. 4 1231
Nattaleh 4 1215 Nettoyage. 2 1049
Natte .... 4 1215 4 1231
Navet . 2 1048 (eau àdétach.) 3 555
Navette . 2 1018 92
.....
del'argenterie 1
Navigation ... 4 1217 -
des bronzes : 1 217
1446 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES .
Tom. Pag. Tom. Pag .
Nettoyage [Link]és 1 230 Nielle ..... 4 1233
du cuivre .. 1 350 Nitraté d'argent ..... 4 1233
de la flanelle . 1 514 Nitrates ou azotates .. 4 1233
des futs ...... 1133 Nitre ... 2 1050
des gants .... 1 363 Nitrite 2 1050
.... 1
1
547 Nitro-glycérine....... 4
590 Niveau ... 1231
2 1051
desglaces.... 4 932 Nivellement . 2 1053
desgrains....
de l'ivoire ... 2 818 Nœuds .... 2 1062
des laines .... 2 855 4 1230
des planchers. 2 1213 de soudure.... 4 1237
des sculptures 2 1370 Noirs .... 4 1237
-
des taches d'a- Noir animal 2 1063
cide minérale ...... 1 364 Noir d'ivoire . 2 818
Nettoyage des taches Noisetier 3 179
de café ...... 1 232 Noisetier ou coudrier. 4 1239
Nettoyage des taches Noix 2 1063
de café ........ 1 362 4 1239
Nettoyage des taches (brou de) . 3 282
de cambouis ...... 1 362 (huile de) 2 717
Nettoyage des taches de galle... 1 544
de cire 1 362 4 1239
Nettoyage des taches vomique......... 4 1240
d'encre .... 1 362 Nomade 4 1240
Nettoyage des taches Nomenclature... 4 1240
de graisse ........ 1 363 Non- valeur 4 1240
Nettoyage des taches Nopale 41240
d'huile 1 363 Noria ... 2 729
Nettoyage des taches 2 1063
de liqueur ........ 1 361 Nostalgie .... 4 1241
Nettoyage des taches Notaire 4 1241
sur la soie ..... 1 364 Notation 1 1241
Nettoyage des taches Nougat 4 1242
de suie 1 364 Novaculite ..... ..... 4 1242
Nettoyage des taches Noyau . ... 4 1242
de suif... 1 364 (crême de) ..... 2 909
3 179
Nettoyage des tapis... 2 1438 Noyer ..... 4 1213
Névralgie............ 4 1232
Niche . ...
4 1232 Nuages ....... .. 2 1064
Nickel.. 2 1050 Nutation ..... 4 1243
Nickelage .... 4 1233 Nutrition ... 4 1214
Tom. Pag . Tom. Pag.
Oasis ..... 4 1245 Obturateur ...... 4 1246
Obélisque 4 1245 Obtus ..... 4 1246
Objectif ... .... 4 1245 Ocre . 2 1065
Oblitération 4 1245 Octaèdre 4 1246
Observatoire......... 2 1065 Octogone . 4 1246
Obsidiane 4 1245 Odeurs ........ 4 1246
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES . 1447
Tom . Pag. Tom. Pag.
Odeurs (Extraits d') .. 4 1326 Oranger ..... 4 1257
(sachets odo- Oranges (bischoff d') . 4 1258
rants ....... 2 1329 Orcanette.. 4 1258
ou bouquets ... 1 200 Ordonnée . 4 1258
Odontalgie ( mal de Ordre.... 4 1258
dents) .. 4 1248 Ordre industriel 4 1270
OEil.. 4 1248 Orfèvre.. 2 1075
OEillet 4 1249 41258
OEillets métalliques Orfèvrerie . 2 1075
Eillets àposer les) . 4 1127 Orge . 2 1075
OEillette 4 1249 (farine d') .. 1 485
(huile d') .... 2 716 Orgeat . 41261
Enologie . 4 1250 (sirop d' ) ...... 2 1386
OEstre du cheval (des- Orgue . 2 1076
truction de l') .... 2 803 4 1203
OEufs 2 1066 4 1261
Ogive 4 1250 Orient (Grand) . 4 1261
Oie 2 1068 Orient (produits et in-
Oignon ... 4 1250
dustries de l') ..... 4 1261
Oiseaux de basse-cour 4 1252 Orme 3 179
Õiseleur, oiselier..... 4 1252 4 1294
Oléagineux 4 1252 Ornithologie ...... 4 1296
Oléine.... 4 1252 Orpailleur........ 2 1079
Oléomètre ..... 2 712 Orpiment ou orpin... 4 1296
Oléo -saccharum .
' 4 1252 Orseille 1 319
Oliban 4 1252 2 1079
Olive (huile d' ) ..... 2 710 Orthopédie 4 1296
Olivier 2 1072 Ortie .. 2 1080
3 179 Os . 4 1297
Olivine (parf.) ... 1 449 Oscillation ..... 4 1298
Ombre (terre d') ..... 4 1252 Oseille . 2 1080
Omnivores ... 4 1253 Oseraie.. 4 1298
Ondulation ou onde .. 4 1253 Osier 4 1303
Ongle 2 1073 Ossature 4 1303
Onglet 4 1253 Ostéologie .. .. 4 1303
Onguent........ 4 1253 Ostréiculture 2 1081
Oolithe . 2 1073 Ouate .... 4 1303
Opacité 4 1254 Ouater ..... 4 1306
Opale 2 1073 Ouiller .. . 4 1309
Opiat 4 1255 Ouragan....... 4 1309
Opiate..... 2 1073 Outils .. 2 1084
Opium 2 1074 (machines) ..... 4 1101
Opoponax 4 1255 Outremer . ... 2 1085
Opposition 4 1255 Ouvrier 2 1086
Optique.. 2 1074 Ovipare 4 1300
4 985 Oxydation 4 1309
4 1255 Охyde. 2 1086
Or 2 1075 Oxygène . 2 1087
4 1255 Oxymels...... .. 4 1310
(essais des mine- Ozone.. 2 1088
rais d' ) ............ 2 1002 4 1154
Oranger 2 1075 4 1310
1448 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag . Tom. Pag.
Pacage .. 2 1088 Parasites ..... 4 1320
Paillassons 4 1312 Paratonnerre ...... 2 1110
Paille .. 2 1088 Parchemin........ 2 1120
(papier de) .... 2 1110 Parfait amour([Link]).
Paillis.... 4 1312 Parfumerie 2 1122
Pain 2 1090 4 1320
4 1313 (bouquets). 1 200
Pains à cacheter ..... 2 1092 (poudres)... 2 1256
d'épices 4 1313 Parfums .. 2 1121
Palan 2 1092 Parpaing . 2 1134
Palée de pont .. .... 2 1093 Parquets . 4 1327
Paléontologie . 2 1092 ( encaustique
Påles couleurs ou chlo- pour) .... .. 1 451
rose 1 298 Parure (insectes ser-
Palier .. 2 1093 vant à la) .. 2 790
......
Palisser 4 1314 Passe-partout ........ 4 1328
Palixande ou palis- Pastel. 4 1328
sandre....... 2 1093 Pastilles (parf. )... 2 1131
Palladium . 2 1093 Patates ... 2 1134
Palliatif . 2 1093 Pâté chaud .... 4 1332
Palmier . 4 1315 froid... .... 4 1331
Pa'mipèdes . 4 1317 Pâtes .. .. 4 1329
Palpitations de cœur . 2 1093
(parf.) .......... 2 1132
Palplanche. 2 1094 Pathologie.... 4 1330
Panacé e ... 2 1094 Pâtisserie.. 2 1134
Panais... 4 1317 Pâtisserie . 4 1330
Panama ... 4 1318 Pâturages . 21134
(chapeau de) . 2 1090 Pavage ...... 2 1135
Panaris . 2 1094 Pavé.. 21135
Pan de bois . 2 1094 Pavot ... 2 1136
Paniconographie (gra- (huile de) ...... 2 716
vures) . 1 642 Peaux ... 1 1136
Panne .. 2 1094
Panneau.
(travail des) .... 2 1435
4 1318 d'animaux (pré-
Papiers ... 2 1095 paration des) ...... 4 1332
(pâteà) ........ 3 373 Peauxdechien (mégis-
Papier (fabrication du) sage des) .... .. 2998
enChine.. 4 1277 Peaux de lapins (pré-
Papiers peints .......
... 2 1113 paration des)....... 2 848
de verre..... 4 1318 Pêche.... 2 1137
Papyrus .. 4 1318 • 4 1332
Paquebots........... 4 1318 (filets de) ...... 3 669
Parachute ...... 2 1117 du hareng ..... 3 605
4 1319 Pêcher . 2 1131
Paraffine . 2 1117
Parallèle .
(fruit du pêcher) 2 1142
2 Pédiluve ...
1117 4 1333
Parapluie ........... 2 1118 Peindre (machine à).. 4 1130
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES . 1449
Tom. Pag. Tom . Pag.
Peintre...
2 1143 Physiologie.........
(brossedu)... 3 281 Physionomie.......... 4 1335
2/1201
enbâtiment...
Peinture... 2 1143 Physique...
1143 Piano .... … 4 1209
(lessivage des). 2 863 4 1335
à l'huile...... 2 1144 Pic ....... 2 1200
au goudron ... 1 610 4 949
Pelle à cheval........ 4 949 Picadit.. 2 1102
Pelleteries . 2 1149 Pieds (cors aux) ...... 2 1202
Pendule . 2 1149 Pied de biche .... 2 1202
Pépinière .. 4 1333 Pied de bœuf (huile de) 2 717
Perce-oreilles ou forfi- Piédestal . 2 1202
cules...... ....
4 1333 Pierre ........ 2 1203
Percale.. ....... 2 1149 (machines à tra-
Percaline ... 2 1150 vaillerla) .... 4 1123
Percer (machine à) ... 4 1101 Pierres artificielles ... 2 1237
4 1333 d'azur .... .. 3 119
Percussion (instr. à).. 4 1211 de basalte.... 3 136
Perforateur.......... 4 1123 de liais ....... 4 1034
Périmètre . 4 1333 infernale ..... 2 1168
Périssoire (canotage) . 2 139 lithographique
Perle... 2 1150 (conservation des
Perse (produits de la) . 4 1282 dessins sur) ........ 3 494
Persicot (liqueur) .... 2 910 Pierre à rasoir ou no-
Persil . 4 1333 vaculite...... 4 1335
Perspective .......... 2 1151 Pieu ....
… 2 1207
Pesanteur . 21150 Pignon............... 2 1207
4 972 Pilastre .... 4 1335
Pèse- acide ou aréomè- Piles (hydroplastie). 2 751
tre ....... ..... 1 89 de ponts .....
… 2 1225
Pèse-liqueurs ........ 2 1151 Pilotage .... 2 1207
Pesées .... 1 130 Pilules.... 4 1335
Pétards ( feux d'arti- anti-goutteuses. 1 614
fice).... 1 507 - d'opium . 2 1167
Petit gris . 2 1153
.. Piment . 2 1208
Petit lait.. 2 1153 Pin... 3 179
Pétrification . 4 1334 Pin maritime.... 2 1208
Pétrole.. 2 1153 3 180
-
(moteurs à) ..... 4 2098 Pince (bâtiments) . 2 1210
ou naphte..... 2 1047 Pioche .... 4 950
Peuplier . 2 1158 Piquer (jardinage) . 4 1335
3 179 Pisciculture ...... 2 1210
Phare. 2 1160 Pisé ... 2 1230
Pharmacie domestique 2 1163 Pivot.. 4 1335
Phellandrium........ 4 1334 Placage . ...
2 1219
Philologie... 2 1171 Plafond . 2 1212
Philosophie . 2 1172 Plancher ..... 2 1212
Phosphate.. 2 1173 Planchette (lev. des
Photographie . 2 1173
....
plans) . 2 822
Photomètres 4 986 Planète .... 4 1336
Photosculpture....... 2 1198 Planimétrie.......... 2 1213
Phthisie . 2 1200 Plant. 2 1213
1450 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES .
Tom. Pag. Tom. Pag.
Plantes fourragères Pommade contre les
(insectes nuisibles gerçures ... 1 576
aux ) . 2 792 Pommade contre le
Plaqué, doublé ....... 2 1214 goître ..... 1 595
Plaques tournantes . 3 360 Pomme (gelée de) .... 2 1222
Platane.. 3 180 Pomme de terre .... 2 1223
Platine . 2 1009 4 1340
2 1214 (lavage
(essais des mi-
2 1003
et râpage de la).... 3
Pommier
3 650
180
rais de) ......... ..
Plâtrage des vins ..... 2 1543 Pompes 2 734
Platre 2 1215 2 1224
Plomb 2 1011 à incendie . 4 920
-
2 1215 Poncer.. 2 1224
(essais des mine- Pont 2 1224
rais de) . 2 1001 Ponts en fer.... 3 317
Plomb (étamage au) .. 3 635 Σ en pierre ...... 3 345
Plombagine ou gra- suspendus ..... 3 349
phite. 1 629 et viaducs en
Plongeur (appareil)... 4 1376 charpente 3 346
Pluie . 2 1219 Pop (liqueur de)
.. ..... 4 1344
Plumassier . 2 1219 Porcelaines ... 2 1227
Plumes ... ...
2 1220 tendres .. 2 1227
à écrire....... 2 1071 Porion .. 2 1228
métalliques ... 2 1221 Potasse . 2 1228
d'oies (conser- (nitrate de) ..... 2 1167
vation des) ......... 2 1070 Potée d'étain . 4 1345
Pneumatique...... 2 1221 Poteries 2 1228
4 982 (classificat. des) . 1 478
Poèles . 4 1336 (décoration des). 3 460
Poids.... 4 1336 de bâtiments ... 3 267
Poids des corps (varia- Poudre .. 2 1242
tion du) ...
Poire
4 974 -(éprouvette à)... 3
1 464
1221 à poucer .... 275
Poirés .. 2 1556 de charbon (hy-
Poirier . 3 180 giène de la bouche) . 1 368
4 1336 Poudres dentifrices .. 1 368
Pois ...... 4 1339 de Kari .... 2 825
Poisson (colle de) ..... 1 317 hémicranienne. 2 1017
(huile de) .... 2 718 insecticides .... 2 805
Poitrail... 4 1340 parfumées 2 1256
Poivrier . 2 1221 Poudre-coton. 1 339
Poix . 2 1222 Poulailler . 2 1573
Pommade. 4 1340 Poules ... 2 1565
d'axonge . 1 123 Poulie .... .... 2 1256
à la moelle de 4 1315
bœuf...... 2 1020 Prairies 2 1256
contre les brû- Précipité.... 2 1257
lures .... 3 285 Prêle... 4 1347
Pommade contre la Presses. 2 1257
chute prématurée - typographiques .. 2 770
des cheveux ....... 1 237 Pression ..... 2 1260
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1431
Tom . Pag. Tom . Pag .
Pression atmosphéri- Puddlage mécanique .. 3 712
que . 2 955 Puits 2 1262
à pétrole (forage
(expériences surla). 4 1220 des) ... 1 1155
Présure . 4 1347 artésiens ....... 1 105
Pressoirs 2-813 2 1262
Prisme... 2 1261 -d'aérage (mines) .. 2
2 1264
708
4 1348 Pulvérisation .
Projectiles .... 1107 Purin (engrais) ...... 3 613
Pronostics du temps .. 4 1150 Pyrale de la vigne
Propriété. 4 1348 destruction du) ..... 2 801
Propulseur (hélice)... 2 673 Pyrèthre (racine de) .. 2 1264
Prunier 2 1265
Prussique 2 1262
(acide) .... 4 Pyrite....
Pyromètre......... 3 573
Pucerons 1318 3 595
Puddlage 4 1349 Pyrotechnie ......... 2 1265
Q
Tom. Pag. Tom. Pag .
Quadrature ..... 4 1350 Queue de morue..... 4 1350
Quadrilatère . 4 1350 de rat ..... 4 1350
Quai 2 1265 Quille ... 4 1351
Quart... 4 1350 Quincaillerie . 2 1267
-
de cercle . 4 1350 Quinconce. 2 1267
-
derond. 4 1350 Quinine 4 1351
Quartz.... 2 1265 Quinine(sulfate de) ... 2 1167
Quass. 2 1265 Quinquina (vin de)... 2 1267
Quassin 2 1266 Quintessence 4 1351
Quenouille . 4 1352 Quipos .. 4 1352
Quercitron 2 1266 Quittance ou quitus .. 4 1352
Queue de cheval ..... 4 1350
Tom. Pag. Tom. Pag .
Rabot... 2 1268 Raffinerie 4 1352
Raboter 2 1268 Rage . 2 1274
Raboter (machine à) . 4 1105 Rails. 2 1278
Kace bovine ..... 1 187 diverses espècesde) 3 354
Rachitis ou rachitisme 2 1270 Railways 2 1278
Racine . 2 1270 Rais 1 254
Rade.... 2 1271 1 1352
Radeau 2 1271 Raisin . 2 1278
Radier 4 1352 Rame . 4 1352
Radoub .. 2 1273 Râpe .... 4 1353
Raffinage....... 2 1274 Rapporteur (lever des
du sucre ...... 2 1417 plans)............. 2 879
1452 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag . Tom. Pag.
Raréfaction 2 1279 Régule 2 1290
Raz de marée ..... 2 1279 Réimpression . 2 1290
Rasoirs . 4 1353 Rejointoiement 3 143
(repassage des). 22 1279 .... 2 1290
Relief..
1133 Relieur .. 2 1290
(pâte à) .......
Raspail (liqueur) .. 2 911 Remblais. 2 1295
Ratafia. 2 1280 Remise . 4 1356
- d'angélique ..... 2 910 Remontoir ou échappe-
-
de cacao .. 2910 ment . 4 1356
de café .. 2 970 Remorquage......... 2 1295
des caraïbes ..... 2 911 Réparations locatives 2 1296
de coings ..... 1 315 Repassage ... 4 1356
de Grenoble ..... 2 911 des rasoirs 2 1279
de fleurs d'oranger 4 1258 Repiquagedes meules 2 1300
d'œillet.... 4 1249 Répulsion 2 1306
Rate . 2 1281 Réservoir .. 2 1307
Rateau .. 2 1280 4 1368
mécanique ..... 4 950 Réservoirs-filtres... 3 695
Ratinage ...
… 2 1282 Résines .... 2 1301
Ravalement . 2 1281 de gaïac ....... 1 541
Rave . 3 1282 -
de galbanum .. 1 542
Ravins . 4 1353 Ressorts.... 2 1308
Rayons ....... 2 1282 Ressort à boudin , .... 4 1358
Rayonnement . 2 1283 Retrait . 2 1309
Réactifs . 2 1283 Retreinte . 4 1359
Réaction 2 1285 Réveil ... 4 1359
Réalgar 4 1354 Révulsifs 4 1352
Reboisement . 1 1354 Rhabillage des meules 2 1310
Rebouteur ..... 2 1285 4 1170
Recéper ...... 2 1285 Rhubarbe 2 1166
Récipient..... 2 1286 2 1310
Rectification . 2 1286 Rhum ....... 4 1362
Recuit 2 1286 Rhumatisme ....... 2 1311
Réduction . 2 1286 Rhume de cerveau ... 2 1311
Réflecteur 2 1287 Ricin (huile de) ...... 2 717
Réflexion 2 1287 Rideau . 2 1312
réfraction ... 4 986 Rifflard 2 1312
Réfractaire 1 399
2 1287 Rigoles .
Réfraction . 2 1287 2 1313
Réfrigérant . 2 1288 Ringard. 2 1313
Refus ... 2 1288 Risques locatifs . 4 921
Regard........ 2 1288 River 2 1314
Régime.... 2 1288 Rivet .. 2 1316
Règle 2 1288 (dimensions des) 2 964
Réglisse. 2 1289 Riz 2 1316
Règne animal (Orient) 4 1262 Robinets ..... 2 1316
minéral 4 1270 Robinet-vanne 4 1407
végétal (Orient) . 4 1263 Robinier ...... 2 1317
Régulateur .. 2 1289 Roche 1 571
4 1351 2 1317
-
(machines àva- Roche à feu ... 4 1364
peur)....... 4 1056 | Rochet . 4 1364
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1453
Tom . Pag . Tom. Pag.
Rocou .. 1 321
Rouge pour carreaux
21318 de parquets....... 1 252
Rodage 2 1319 Rouge de Carthame ou
Romaine .... 2 1319 rouge végétal . 4 1365
Romarin (eau de).... 2 1128 Rouille..
Ronce..
2 1323
4 1364 Rouissage 21324
Rondelle . 2 1319 Rouleaux . 2 810
Rose 2 1319 4 952
(eau de) ...... 2907 4 1365
(huile de)....... 2 910 Rabannier ... 2 1324
Rosoglio (liqueur) .... 2 911 Rubans . 21324
Rotation .. 2 1319 Rubéfiants . 4 1366
Rouage ...... 2 1320 Rubis 2 1325
Roues....... 2 1320 Ruche ...... 2 1325
en bois ........ 1 253 3 4
Rouet 2 1321 Rumb de vent . 4 1366
Tom. Pag. Tom. Pag.
Sable.. 2 1326 Sandaraque .......... 2 1334
Sablier 4 1366 Sang ..... 4 1369
Sablière . ..
2 1326 Sang de dragon...... 2 1334
Sablon 4 1367 Sangsues ....... 2 1334
Sabot 2 1327 Sanguine ou crayon
4 1367 rouge 4 1369
de moulures . 2 1327 Santal (bois de) ...... 1 320
Saccharifères ... 4 1367 ...... 2 1335
Saccharification ... 4 789 Santé . 2 1336
Saccharimètre . 2 1327 Saper . 2 1336
Safran 2 1329 Saphir 4 1369
4 1367 Sapin 2 1337
Safre.. 4 1367 3 180
Sagou.. 2 1329 Saponification 3 190
Saignée 2 1329 21338
Saignement du nez ... 2 1330 .. 21351
Sain-bois ou garou ... 1 550 Saponine 1 547
Saindoux ou axonge .. 1 123 Sarrazin . 2 1338
... 2 1330 (farine de) ... 1 485
Sainfoin 2 1330 Sas .... 21339
Saisons. 2 1331 Sassafras . 2 1339
Salade.. 2 1332 Satinage..... 2 1340
Salaison.. 3 316 Saule ..... 2 1341
Salep 4 1368 3 180
Saline 4 1368 Saumon ... 2 1344
Salpêtre.. 2 1244 Saumure 2 1344
2 1333 Saunier 2 1345
Salsepareille .. 4 1368 Saut- de-loup ....... 4 1369
Salsifis 2 1333 Sauvageon .....…… 4 1369
Salubrité . 4 1368 Sauvetage ... 2 1345
1454 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag . Tom. Pag.
Savon.. 2 1318 Siam(produitsetindus-
4 1369 tries du royaumede) 4 1292
Scaphandre.. 4 1376 Siccatif...... 2 1382
Scarificateurs 2 810 Sifflet d'alarme (mach.
2 1364 à vap.) . 2 971
4 952 Signal (chem. de fer) 2 1382
Scellement ...... 2 1364 Signaux 3 361
Schiste... 2 1364 Silicate . 2 1381
Schlisch . 2 1361 Silicatisation 2 1149
Scie . 2 1364 Silicatiser 2 1384
Scieries mécaniques .. 2 1365 Silicium 4 1384
Scintillationdes étoiles 2 1369 Sillage 2 1385
Scissipare 4 1384 Silos ... 4 1387
Scories.. 2 1369 Sinapismes 4 1387
Sculpteur.......... 2 1369 Singe ... 4 1388
Sculpture (nett. des).. 2 1370 Sinus 4 1388
Sécateur , 3 1381 Siphon 2 1385
Séchagedes bâtiments 4 927 Sirop . 2 1385
2
Séchoir...... 859 Sirops de glucose (es-
Sédatifs.... 4 1382 sais des) ... 1 794
3 659
Sédative (eau) . ..... 557Siropde groseille .... 1
Sédiment . 2 1370 Soc ... 2 1387
Seigle.. 2 1370 Socle ...... 41388
(farine de) ..... 1 484 Sodium ... 4 1388
Sel . 2 1370 Soie ... 2 1387
987 (insectes produc-
(marais salants) .. 2
Sels de vinaigre ou teurs de).. 2 786
acétates 3 12 (moisissure de la). 2 1021
Sellier 2 1371 Sol ( analyse chimique
Sémaphore 2 1373 du) ... 1 70
Semelle 4 1382 - (préparation du) . 2 806
Semer 4 1382 Soleil... 2 1388
Semoirs . 2 809 508
(feux d'artifice) ... 1
2 1373 Soles 21387
4 955 Solide . 2 1388
Séné.... 4 1382 Solin ..... 4 1389
Septentrion 2 1373 Solives 2 1389
Serfouette . 4 1382 Solubles 41389
Serge . 2 1373 Solution 2 1389
Sergent.... 4 1382 Sommeil . 2 1389
Séricole ..... ... 4 1383 Son..... 21390
Serpentin . 2 1373 Sondage .. 2 1155
Serre..... 2 1376 2 1391
Serrure 2 1376 Sonde . 2 1391
Serrurerie . 2 1377 Sonnette..... 2 1393
Sertir .. 2 1381 Sophistication. 2 1413
Servitude ...... 4 383 Sorbier.... 2 1403
Sésame... .. 4 333 Soubassement...... 2 1398
(huile de) ..... 2 713 Soude 2 1398
Seuil... 4 1383 (bi-carbonate de) . 2 1167
Sève .. 2 1381 Soudure .. 2 1411
Sialagogues .......... 4 1384 3 51
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES . 1455
1
Tom. Pag. Tom. Pag.
Soudure (nœud de) ... 4 1237 Stéarine 21405
Soufflet.... 2 1402 Sténographie 1 1048
de forge ..... 4 1390 Stéréométrie .... 4 1391
Soufrage ... 2 1402 Stéréotomie 4 1391
du vin..... 2 1541 Stéréotypie ..... 2 1408
Soufre. 2 1242 Stimulants .. 4 1391
2 1402 Storax .... 2 1419
Soufrière 21402 Strass . 2 1537
Soumboul .. 2 1402 4 1392
Soupape....... 2 1403 Stratification 2 1410
de sûreté .... 2 972 Stuc........ 2 1410
Soupirail 4 1390 2 1242
Sources 732 Sublimé 2 1411
Sourds-muets (instruc- Suc 4 1392
2 1172 Succin ou ambrejaune 1 62
tion des) .
Sourie... 2 1281 Sucre 2 1411
Soutènement des talus 3 344 de betteraves ... 1 157
Sparadrap . 4 1391 candi ...... 2 1424
Spath-fluor 2 1404 Suif.. 2 1424
Spatule.. 2 1401 Suint ... 4 1392
Spécimen ..... 2 1404 Sulfates 2 1427
Spectographe 4 997 de quinine ... 2 1167
Spermaceti ou blanc Sulfure de carbone ... 4 1393
de baleine . 1 721 Sulfures métalliques.. 2 1427
4 1391 Sultan.. 1 1427
Sphère.. 966 Sumac 2 1428
Sphérométrie........ 4
4 1391 Surplomb. 4 1393
Spirale
Squeezer(métallurgie)
Stalactite ...
4 1111 Suspension ( carósse- 1 255
2 1404 rie) ...
Statuaire . 4 1391 Sylviculture.......... 4 1393
Statue... 4 1391 Syncope............. 2 1429
1
Tom. Pag . Tom. Pag.
Tabac ...... 2 1429 Talc .......... 2 1432
4 1266 Tambour . 4 1396
Table.... 2 1431 (baguettes de) 3 122
d'harmonie .... 4 1394 Tamis .... 2 1433
Tablettes de bouillon. 2 1431 Tam-tam . 4 1396
Tablettier 2 1432 Tan ..... 2 1433
Taches... 4 1394 Tannage des peaux de
Tafia ou rhum....... 4 1362 lapins . 2 849
Taillandier ..... 2 1432 Tannerie ..... 2 1433
Taille des arbres ..... 4 1394 Tannin ... 2 1436
Taille-douce 4 1395 Taon .... 21038
Tailleur de pierres... 4 1395 Tapioca 2 1437
Taille-vent..... 4 1395 Tapis 2 1438
Taillis ..... 2 1432 Tapisserie .... 2 1438
Tain................. 4 1396 | Tarare 2 1438
IV VOLUME. 45
1456 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES .
Toin. Pag. Tom. Pag
Tarare 4 960 Thermomètre ........ 2 1556
Tarière.. 2 1438 (machine à
Tartrate . 2 1439 vapeur) .... 2 955
Tassement .. 4 1396 Thermomètre fixe .... 4 1159
Taupe...... 2 1439 Thermoscope . 2 1457
Technologie....... 2 1440 Thermosiphon 3 123
Teigne ou gallerie.... 1 545 Thym 2 1458
Teillage (filature)..... 2 1440. Tilleul . 2 1458
Teindre les cheveux 3 181
(procédé pour)..... 2
1 1440
295 (eaudistilléede). 2907
Teinte ... Timon ... 4 1402
Teintes conventionnel- Timonnier 2 1459
les (lever des plans). 2 885 Tir . 1 113
Teinte-dure....... 4 1396 Tirant d'eau 2 1459
Teinture . 2 765 Tire-bouchon . 4 1402
2 1440 Tiroir (mach . à vap.) .. 2 1459
Teinturier-dégraisseur 4 1397 Tissage ... 2 1460
Télégramme 2 1441 Tissus ([Link]) .. 4 812
Télégraphie .... 2 1441 (imperméabilité)
Télescope.... 4 987 des) 2 763
4 1397 Tissus à l'aiguille .... 2 1461
Température (mach, à Toile 2 1462
vap.) 2 955 2 1476
Temps (pronostics du). 4 1150 imperméable.... 2 764
Tenailles... 2 1451 Toilette (savons de .. 2 1363
Tenon . 2 1451 (vinaigres de) .. 2 1562
Tentes d'ambulance .. 4 863 Toise ..... 4 1002
persanes 4 1287 Toit, comble. ...
2 1477
Tenture ... 2 1451 Tôles .. 2 1477
Tenue des livres ..... 4 1399 (dimensions des) . 2 961
Térébentine .. 2 1451 Tolet .... 4 1402
2 1512 Tomates.. ..... 2-1471
2 1515 Tombac . 4 1402
Terra-cotta 2 1234 Tombereau 2 1478
Terrain .. 2 1453 Tondage ou tonte .... 2 1478
(formation des). 4 572 Tonique . 2 1478
calcaires .... 1 233 Tonne . 4 1403
.....
à écobuer ..... 1 422 Tonneaux.... 2 1478
d'alluvions ..... 1 57 Tonnelier ... 2 1478
Terrassement ([Link]) 3 343 Topinambour . 2 1479
Terre (dimens . de la). 1 570 Topographie . 2 1403
argileuse 1 97 Torchis . 2 1238
à briques ...... 3 250 2 1479
de bruyère ..... I 220 Torréfaction . 4 1103
glaise . 1 591 Tors .. 2 1499
d'ombre 4 1252 Touage . 2 1479
végétale ... ...
2 1453 Tourbe...... 2 1479
Thalweg 4 1401 Tourie.... 4 1:03
Thé . 1 195 Tourillon . 2 1480
...
2 1454 Tourne-à-gauche..... 4 1404
Théorie .... 4 1401 Τournesol.. 1 319
de l'alimentation. 1 47 ... 2 1480
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1457
Tom . Pag . Tom. Pag .
Tourneur .. 2 1480 Treuil . 4 1404
Tourne-vent . 4 1404 ou monte-charges 4 1185
Tours à débiter les Trichine . 2 1483
boutons ....... 4 1127 Trigonométrie . 2 1484
Tourteaux (concasseur Tripoli. 2 1485
de). 4 943 Triturer .. 2 1485
Tourtes ou tartes ..... 4 1332 Trogosithes ( destruc-
Tracé . 2 1481
tion des) ........... 2 801
Trains de laminoirs ..
4 1023 Trombe 4 1404
Trajectoire........ 2 1481
(étude d'une) .. 4 1149
Transmission de la Trophée 4 1404
chaleur. 1 263 Truffe .. 2 1485
Transp . à la brouette . 3 282 Tube indicateur (ma- 1
souterrains chine à vapeur) .... 2 971
(mines) . 2 706 Tuf ... 4 1405
Trav . de terrassement 3 343 Tuile . 2 1486
Travée . 2 1481 2 1489
Traverses .. 4 1401 Tungstèneou wolfram 2 1582
([Link]). 3 357 Turbines. 21491
Tréfilerie . 2 1481 Tuyaux . 2 1492
Treillage. 2 1482 2 721
-
(hydrauliques) .
Treillis . 2 1482 de drainage... 3 267
Tremble . 2 1482 pour conduites
3 181 d'eaux . ..
1 398
Trémie . 2 1484 Typographie......... 2
2 1492
766
Trempe de l'acier ..... 2 1832 .......
Tom. Pag. Tom. Pag .
Udomètre... 2 1493 Urine . 2 1495
enregistreur. 4 1160 Urne . 2 1195
Ulmine . 2 1494 Urticées . 4 1405
Ulve. 4 1405 Usine.... 2 1495
Université . 2 1494 Usufruit .... 2 1496
Urane.... 2 1495 Utinet . 2 1498
Urée 2 1495
Tom . Pag . Tom. Pag .
Vache...... 900
2 1499 Vanille (crème de) .... 2 910
(lait de) . ....
....
2 830 (huile de) ..... 2
Vaisseau.... 2 1500 Vanne .... 2 1500
Vaisselle...... 2 1500 4 1405
Valériane ...... 2 1500 Vannier . 2 1501
Valet ............ 2 1500 Vapeur. 2 1552
Van. 2 1508 (définition de la) 2 956
Vanille ..... 2 1510 Vaporisation ......... 1 265
1458 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
Tom. Pag. Tom. Pag.
Vaporisation . 2 956 Vidange . 2 1539
2 958 Vidange (liqueurs en) . 2 911
2 1503 Vide ... 21539
Varaigne..... 2 1503 (mach. à vap.) ... 2 955
Varech ... 2 1503 Vigne...... 2 1540
Variole . 2 1504 (bouturagede la). 1 208
Varlope.... 2 1505 -(destruction dupy-
Vase ou limon ....... 4 1408 rale de la) .. ..... 2 801
Végétaux (nutrit. des). 4 1244 Vigne (greffe de la).. 4
1 652
Veine....... 4 1408 Vignettes .. 1418
Vélin. 4 1408 Vilebrequin . 4 1418
Velours... 2 1505 Vin .. 2 1541
Vent .... 2 1505 (falsification du).. »
(machines à) .... 2 1044 (lie du) . 2 890
(rumb de)....... 4 1366 anti-goutteux .... 1 614
Ventilation . 2 1505 factice... .. 1 1551
des hôpitaux .. 4
-
879 de groseilles ..... 1 659
Ventouse . 4 1408 de quinquina..... 2 1267
Verdet ... 2 1558
Vérin....
2 1508 Vinaigre....
2 1508 25
Verle ... 4 1410
(falsificationdu)
de bois ou acide
3
Vermeil . 2. 1508 pyroligneux... 3 15
Vermicelle....
2 1508 Vinaigre des quatre
Vermillon... 2 1509 voleurs .... 2 1165
Vernier . 2 879 Violette (sirop de) .... 2 1386
Vernis . 2 1509 Vis . 4 1418
(application des) 2 1148 d'Archimède ..... 2 730
Véronique. 4 1410 Vitesse (influencedel
se(influencedela) 2 938
Verre .... 2 1520 Vitres (verres à) ...... 2 1524
à bouteilles 4 796 Vivier . 4 1419
de couleur..... 4 1411 Voiles . 4 1419
soluble . 4 1411 Voirie . 2 1564
Verrerie . 2 1520 Voitures .. 2 1564
Vers à soie (Orient)... 4 1263 et wagons
Vert de chrome ...... 4 1411 (chem. de fer)...... 3 363
Vert-de-gris . 4 1412 Volailles ...... ...... 2 1565
de vessie. 4 1412 Volant.. 2 1565
Vesce.. 4 1412 Volière ...... 2 1565
Vaisseau . 2 500 Volume...... • 2 1578
Vaisselle... 2 1500 Voussoirs ...... .. 4 1419
Vespetro (liqueur) . 2 911 Voyer........ 4 1419
Vétyver.......... 4 1413 Vrac.. 2 1579
Viaduc . 2 1538 Vrille.. 2 1579
Viande . 4 1413 Vulnéraire .....…………… 2 1580
Vice de construction .. 2 1538 (eau de).... 2 1174
W
Tom. Pag.
Wagon..... 2 1580
Wagonnet ..………………… 4 1420
Wolfram .......... 2 1528
TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES. 1459
Tom. Pag.
Xénographie . 4 1420
Xhaver ou havage 2 1582
Xylographe . ۰۱۰۰ • 2 1583
Tom. Pag . Tom. Pag.
Yacht . 2 1583 Y grec............... 2 1583
...
Yèbe ou hièble ...... 2 1583 Yole. 2 1583
.........
Yeuse (chêne-vert) ... 3 177 Youfle ou cuir de Russie 3 454
Yeux (eaux pour les). 3 557 Ytterby ou Ytterbite.. 2 1583
Yeux d'écrevisses ....
: 4 1421 Yttriotantalite........ 2-1583
Yf ou if..... 2 662 Yttrium 2 1583
Tom. Pag . Tom. Pag .
Zapane...... 4 1421 Zing (étamage au) .... 3 635
Zénith... 2 1584 Zincographie ..... 4 1045
Zinz . 2 1010 Zoologie... 2 1586
2 1584 Zymosémètre ........ 4 1424
(esais des minerais
de) .. 2 1004
FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
TABLE DES FIGURES
CONTENUES DANS LES QUATRE VOLUMES
TOME PREMIER
Figures. Pages.
1. Abeille ouvrière vue en repos . 2
2. vue au vol . 2
3. Pattes et parties de pattes de l'abeille ouvrière .... 2
4. Abeille mère .... 4
5. Enfumoir pour le changement de ruches des
abeilles ... 5
6. Abri brise- vent pour bétail. 8
7. Appareil pour voler (aviation). 20
8. -
Alcalimètre de Gay-Lussac.. 37
9. anglais . 37
10. Appareil pour analyse chimique. 69
11. 70
12. Aquarium d'appartement . 87
13. -
Aréomètre . 89
14. Appareil d'amalgamation de l'argent....... 91
15. Cornue de distillation de l'amalgame .. 92
16. Appareil cylindrique pour argenture à chaud..... 94
17. Bain pour argenture....... 95
18. Appareil pour le dosage de l'argenture. ......
96
19 . Auge à porcs . 120
20 . à porcelets . 120
21 . -
Feuille d'avoine avec sa ligule. 121
22. Coffre à avoine . 122
23. Éprouvette (azote)...... 124
24-25-26. Balances diverses . 128
27. Baromètre .. 133
28-29. Appareil pour nettoyer les tonneaux . 134
30-31 . Périssoire ......
-
138
32. Goëlette à deux focs . 139
33. Jangada du Brésil ... 140
34. Canot de sauvetage à vapeur .... 142
35 . Bergerie de Grignon ....... 149
36-37 . Persiennes pour bergerie... 1.50
38. Crèche simple pour bergerie ... 151
39. Râtelier ..... 152
40-41 . Crèche doublière Grignon de ........ 152
TABLE DES FIGURES . 1461
Figures. Pages.
42. Clôture brisée pour parc à mouton .
-
154
13. Racine de betterave-globe.. 166
44. - Aiguière... 176
45. Vase en onyx oriental.. 167
46. Machine pour blanchissage. 173
47. Anatomie du grain de blé.. 175
48. Blé d'hiver .... 176
49. Épis de blés de différentes espèces ......... 177
50. Epis de seigle. - Épis d'orge à 2 et 6 rangs . ..... 1.9
51. Floraison du blé.. 181
52. Cuves pour teinture (bleu de Prusse) ... 185
53. Bœufs de travail ... 189
54. -
Sulfatage du bois . 191
55. Bourdon... 204
56. Boussole..... 205
57. Bouture par œil de la vigne . 208
58. Plans d'écuries en boxes .. 209
59-60. Burettes . 222
61. Burette de Gay-Lussac. 223
62. Burette anglaise..... 223
63-64. Buttoir de Roville . 224
65. Molette pour câbles . 226
66. Câblage au chariot . 227
67. Branche de caféier . 231
68. Fleur du bois de Campêche . 238
69. Canard sauvage ... 240
70. Canard huppé ....... 211
71. Combustion du carbone dans l'oxygène . 249
72. Four pour cémentation . 258
73-74. -
Chalumeaux . 266
75. Mortier .. 267
76. Machine à broyer le chanvre . 270
77. Charrue . 272
78. Araire de Howart ..... 273
79. - Charrue de Howart ..... 273.
80. - Châssis (jardinage). 276
81-82. Chaudière tubulaire .. 280
83. Chaudière Belleville . 281
84. - Chaudière de locomotive . 282
85. - Appareil à produire le chlore..... 297-
86-87-88-89-90 . - Fleur, pistil et étamine des choux..... 300
91. - Clapier ......... 310
92. Cabane à engraissement pour lapins ...... 312
93. - Cornue ... 334
94. Le cotonnier . 337
95. 338
Ca psule du cotonnier.....
1462 TABLE DES FIGURES .
Figures. Pages.
96. -
Alambic (cucurbite) . 349
97. -
Densimètre .. 366
98. Formes acquises au diamant par la taille....... 374
99. Formes diverses du diamant à l'état naturel .... 375
100-101-102 . Fourneau pour la dorure..
-
384
103 . Peson... 392
104. Roue hydraulique.. 395
105-106 . Rigoles (hydraulique). 399
107-108 . Formes d'aqueducs .. 400
109-110 . Théorie des dimensions
des rigoles et aqueducs. 401
111.- Bibliothèque (style anglais du xvIII siècle)........ 410
112. Chêne du Kermès . 413
113 . Lampe à pétrole... 418
114. Éclairage électrique (appareil Gramme) . 420
115. Aération des écuries .. 424
116-117 Plans d'écuries 427
118 . Intérieur d'une écurie anglaise .. 429
119. Machine électrique.. 432
120. Batterie électrique ...... 433
121. Machine magnéto-électrique . 439
122. Machine électrique à cylindre . 440
123-124. Machines électriques ( dispositions diverses)... 442
125. - Coupe émaillée.... 447
126-127 . Fosse mobile . 459
460
128. Transmission par engrenage (ventilateur) ......
129-130 . Éprouvette graduée.... 464
131 . Étable . 468
132. -
Plan de la vacherie du Grand-Jouan . 468
133 . Étable limousine.. 469
134. Fourneau pour le traitement de l'étain . 472
135-136 . Appareils d'évaporation . ...
475
137 . Bain-marie ... 476
138 . Bain de sable... 476
139 . Parquet d'élevage des faisans.. 480
140-141 . Faulx.... 488
142 . Faucheuse . 490
143-144. Haut- Fourneau .. 496
145. -
Creuset du Haut-Fourneau 497
146. Bâche de trempe (fabrication du feutre).. 504
147. Banc de simoussage (fabrication du feutre) . 505
148 . Machine à étrangler les cartouches.. 506
149. -
Marron (feu d'artifice) . 508
150 . Patte d'oie ( ) .. 508
151 . Éventail ( ). 508
152 . Gloire ( ).. 509
153 . Soleil fixe ( )....... ..... 509
TABLE DES FIGURES . 1463
Figures. Pazes.
154. Étoile fixe (feu d'artifice) . 510
155. Fusée volante (一) 510
156-157 . Appareil pour le blanchissage des fils ..... 510
158 . Flotteur.... 517
159. Fourneau à moufles .... 522
160-161-162. Fabrication du fromage . 526
163 . Fusil..... 537
164. Tracé de l'intérieur de l'âme au tonnerre du fusil . 538
165. Balle du fusil rayé. 538
166-167-168 . Noix de Galle . 544
169 . La garance.... 548
170. Racines de garance . 549
171. -
La gaude ....... 551
172-173 . -
Cornue à gaz...... ..
553
174. Extrémité des tuyaux à gaz ....... 554
175-176-177 . Fours à gaz à trois cornues . 555
178-179. Four chauffé au goudron ...... 557
560
180. - Régulateur à gaz .....
181-182 . Distributeur hydraulique pour le gaz ......... 561
561
183-184. - Comptoir à gaz de 10 becs.....
565
185. Régulateur à gaz pour plusieurs becs ...... ....
187, - Régulateur à gaz pour les becs publics . 565
188 à 201.- Formation des terrains (géologie)........... 572
202. - Embryon de l'amande .... 577
203 . du haricot . 577
204 . dublé ... 577
205 . Germination d'un gland de chêne pendant les trois
principales phases .. 573
206. Coupe d'une glacière . 54
207-208-209. Appareil pour la fabrication de la glace ... 588
210. Branche d'arbre à gomme arabique ..... 596
211. Arbuste à gomme adragante ... .... 598
212. Appareil pour obtenir de la naphtaline . ... 608
213-214. - Gouvernail . 615
215. Burette pour le graissage des machines........... 624
216 217. Système pour le graissage des wagonnets de
mines ..... 625
218 . Grappes de raisin conservées sur leur sarment .... 629
219-220. - Spécimens de gravure ... 645
221. Navire gréé pour naviguer sous voiles ou sous vapeur 645
222 à 225. Greffe en écusson .. 650
226. - Greffe en anneau . 651
227 . en fente .... 651
228 . 652
enplacage .
229. 653
par approche . ......
230. Grue à vapeur .......... 660
1464 TABLE DES FIGURES .
TOME DEUXIÈME
Figures. Pages
.
668
231. - Coupe en travers de la charpente d'une halle .....
232 . Harmoniflûte..... 671
233-234. Théorie d'une hélice propulsive ... 673
235-236. Théorie de l'hélice à deux branches 675
237-238 . Mouvement d'une pendule . 680
239 . Balancier... 684
240 . Ressort de montre ....... 684
241 . Mouvement d'une montre .. 685
242 . Platine d'une montre . 685
243 . Profil du mouvement d'une montre . 685
244. Mécanisme de la sonnerie (horlogerie). 687
245 . -
Remontoir d'horloge .. 691
246 . Tige du houblon ..... 693
247-248-249. Couche de houille.. 699
250. -
Puits d'extraction de la houille ... 702
251-252. -
Procédé de creusement des puits à houille. 703
253 . Gisement de houille ...... 704
251 à 257 . Havage de la houille ... 704
258 à 263 . Wagonnets pour l'exploitation de la houille. 706
264. Aérage des mines de houille .. 707
265-266-267. Lampes de mines .. 708
268 à 272. - Tuyaux pour conduites d'eau .. 722
273-274 . Tuyaux d'aqueducs ... 726
275. - Tuyaux de drainage .. 727
276. Manège à élever l'eau .... 728
277. - Appareil à chapelet pour l'élévation des eaux . 729
278 . Vis d'Archimède ..... 730
279 . Bélier hydraulique ...... 730
280. Machine à élever l'eau par le vide . 732
281. Injecteur Giffard .... 733
282 . Pompe Norton .... 734
283 . à vapeur .. 735
284. aspirante et foulante .. 736
285 . Expériences sur les pompes à bras . 737
286 . 738
Pompe à vapeur anglaise....
287 . Crochets pour hydroplastie . 743
288-289 . Passoirs en grès pour hydroplastie . 743
290 . Tonneau pour étamage (hydroplastie) .... 750
291. Pile de Bunsen ... 751
292 . -
Batterie électrique pour hydroplastie . 752
293. -
Tringle de suspension des objets à galvaniser ..... 754
1
294. Appareil à balance pour argenture..... 755
295 . Bain de cuivrage ..... 756
TABLE DES FIGURES . 1465
Figures. Pages.
296 . Disposition pour la reproduction galvanoplastique
d'un objet quelconque ....... 759
297-298 . Hygromètre..... 762
299. Imposition d'un in-octavo (imprimerie typogra-
phique).. 769
300 . Presse typographique primitive.. 770
301-302. -
Presse Stanhope ...... 771
303 . Presse typographique à cylindre . 773
304. Machine Marinoni.. 774
305 . Machine à distribuer (typographie) . 776
306. Couvoir . 777
307. Branche d'indigotier avec ses feuilles et ses fleurs . 708
308 . Appareil servant à l'injection des bois.... 784
309-310 . Cochenilles mâle et femelle . ... 788
311. Machine pour la destruction d'insectes . 793
312. Puceronnière . :
. 795
313 . Calandre du grain .. 797
314 . Alucite des grains à l'état parfait . 797
315 . La pyrale .... 802
316. - Piège à loups ...... 804
317 . Piège à rats ... 805
318 . Araire de Grignon ..... 808
319 . Buttoir . 808
320 . Houe à cheval de [Link] Dombasle .. 809
321 . -
Semoir à graines avec bineuse pour recouvrir la
semence .. 809
322 . Rouleau Croskin.... 810
323 . -
Moissonneuse de Dray... 811
324. Machine à battre de Cumming . 812
325 . Concasseur d'os et de tourteaux . 813
326. Pressoir à vin ... 814
327 . Éléphant du Cap ...... 817
328 . Laine vue au microscope . 833
529 . Machine à échardonner (laines) . 836
330 . Appareil pour le dessuintage . 837
331-332. - Analyse du lait.. 810
333 . Lapins sauvages ou de garenne .
-
845
334. Tonneau-cabane à lapins ...... 847
335-336-337 . Lavoir public à l'usage des mineurs de Six-
Bonniers (Belgique) . 856
338 . Lessiveuse.... 864
339 . Hydro-extracteur Penzolt...
-
866
340-341-342 . Palans de sûreté . 868
313-344. Palans de sûreté de M. Caron ..... 869
345 . Monte-charges .. 871
316. Jalon...... 874
1466 TABLE DES FIGURES .
Figures. Pages.
347. - Décamètre d'arpenteur.. 874
348-349 . - Équerre d'arpenteur.... 875
350. Lever à l'équerre d'arpenteur .... 876
351 . Graphomètre 877
352. -
Lever d'un plan à l'aide du graphomètre......... 878
353. Rapporteur....... ... 879
354-355-356 . Théorie du lever de plans à l'aide du gra-
phomètre....... 880
357 . Boussole d'arpenteur.. 881
358 . Aiguille de la boussole .... 881
359-360 . Planchette et trépied ......
-
.. 882
361. Mesure des angles ...... 883
362. -
Déclinatoire .... 884
363. Bouteille de Leyde ..... 888
364. Filaments du chanvre et du lin, vus au microscope. 893
365 . Première machine à coudre.... 895
366-367 . Machine à coudre la lingerie . 896
368 . Machine à broder...... 898
369. Appareil de distillation . 901
370 . -
Bouilleur . 902
371 . Vases analyseurs ... 902
372. Colonne analyseuse..... 903
373 . Presse lithographique ... 917
374. Rouleau lithographique . 918
375. Machine à répéter (lithographique) ... 920
376. Machine locomobile.. 924
377 . Cumming........ 926
378 . Machine à crémaillère de Blenkinsop.... .... 928
379 . -
à jambes de Brunton..... ... 929
380 . à chaîne sans fin de Stephenson........ 930
381 . à roues couplées .. 932
382. Première machine anglaise à chaudière tubulaire . 933
383 . Machine mixte 934
384 . Crampton . 935
385 . -
Locomotive belge . 936
386. routière anglaise . 939
387 . -
laboureuse .... 940
388 . Traction engine .. 941
389 . -
.. 943
390 à 394 . Théorie des machines à vapeur.... 957
395 à 400 . Mode de réunion des tôles (machines
-
à
vapeur.... 966
401. - Injecteur Giffard.. 969
402. Tube indicateur 971
403. -
Flotteur .... 972
404. Sifflet d'alarme.. 972
TABLE DES FIGURES . 1467
Figures. Pages.
405. Manomètre 973
406-407. Soupape de sûreté .. 974
408-409 . Canevas d'une machine à vapeur du type le
plus simple. 975
410-411 . Machine adossée à sa chaudière ...... 977
412 Arithmomètre Thomas . 979
413 . Tige de maïs .... 983
414.
-
Marteau ordinaire . 996
415 . Bocard (métallurgie) . 1003
416. - Orpailleur lavant le sable aurifère . .. 1006
417 . Sébille des orpailleurs . 1006.
1006
418. Galerie de broyage au Mexique (métallurgie) .
419 . Distillerie de l'amalgame .
-
1009
420. - Microscope d'observation . 1013
421. simplifié.. 1014
422. à trois facettes . 1015
423 . Môle d'Isigny, coupe en travers . 1022
424. Monnaie de Clovis II ..... 1023
425. -
Monnaie sous Louis XIV. 1023
426.- Machine de Castaing, pour la monnaie.. 1024
427-428 .Fourneau à fondre l'argent .... 1026
429-430 .Laminoir pour la monnaie . 1028
431-432 .Machine à cordonner (monnaie) ... 1030
433-434.- Détails de la machine à cordonner. 1031
435. -
Moufle . 1038
436-137. Moulin à vent . 1042
438-339 . Niveau Gaiffe.... 1051
440. -
Théorie du nivellement .. 1054
441. Niveau d'eau . 1056
442-443-444. Mire à voyant.... 1057
445. Niveau de maçon ... 1058
446. -
à bulle d'air... 1059
447. Mode de représentation de reliefs du terrain . 1061
418 à 455. Nœuds de toutes sortes ..... 1062
456. - Principaux nuages . 1064
457. -
L'oie cravant ... 1068
458. disparate .. 1069
459. -
Le grand orgue de Saint-Sulpice (Paris) . 1077
460 . Concertina ... 1079
461. - Huîtres . 1082
462. Collecteur de mollusques . 1083
463. --
Rucher collecteur.... 1084
464. -
Cylindre mixte (papeterie) . 1099
465 . défileur 1101
466. Ensemble d'une machine à papier . 1104
467.- Cuves en bois chauffées par la vapeur (papeterie) . 1107
1468 TABLE DES FIGURES .
Figures. Pages
468-470 . -
Fabrication des papiers peints ..... 1114
471. - Parapluie. 1118
472. Paratonnerre . 1119
473. Alambic pour parfumerie ...... 1123
474. Bateau de pêche insubmersible . .. 1140
475 . Pêcher taillé en éventail . 1141
476. Aréomètre Baumé .. 1152
1156
477. Sondage des puits à pétrole .
478. - Chaudière pour distillation de l'huile de pétrole ... 1157
479. - Peuplier blanc ..... 1159
480-481 . Phares .... 1160
482 . Mortier ..... 1170
483 . Alphabet des sourds-muets . ... 1172
481. Faisceau lumineux (photographie) .
-
1173
485. - Rayon incident 1174
486-490 . -
Lentilles pour photographie . 1175
491-492 . - Bain photographique . 1180
493 . Épreuve négative .... 1182
4943
Châssis (photographie) ... .. 1183
495-500 . Appareils photographiques...... 1186
501 . Manière de verser le collodion 1190
502-503 . Diverses opérations photographiques . 1191
504. -
Pose pour la photosculpture . 1198
505 . Photosculpture ...... 1199
506 . Extraction de la résine du pin maritime . 1209
507 . Fécondation artificielle ou pisciculture . ....
1211
508 . Four Rachette (métallurgie du plomb) .....……………… 1217
509. Rameau du poivrier . .....
1222
510. - Broyeur universel pour poterie . .... 1231
511. Vase orné ( spécimen de poterie) .. 1233
512 . Chaudière pour la fabrication de la poudre ....... 1212
513 . Appareil pour le raffinage du soufre ..... 1243
514-515 . - Wagonnets pour le transport des matières
(raffinage du salpêtre) 1244
516-517 . - Cristallisoirs ( raftinage du salpêtre) . 1245
518 . Chaudière de raffinage ( ) ...... 1246
519 . Caisses de lavage ( ) .... 1247
520 . Récipient pourlarrosage ( ) .... 1247
....
521 . Séchoir ( ) ... .. 1247
522-523 . Carbonisation du bois en meules . 1249
524. Moulin à pilon (fabrication de la poudre. ..... 1251
525. Cribles ( ) ........ 1252
526 . Sécherie artificielle de la poudre ......... 1253
527-528 . Meules pesantes pour poudre de chasse . 1255
529-530 . Compression par chargement direct .......... 1257
531. Presse à levier simple ......... 1258
TABLE DES FIGURES . 1469
Figures. Pages.
532-533 . -
Presses à vis simples ..... 1258
534 . pour la fabrication des monnaies .. 1259
535 . Pressoir ... 1261
536. Puits a. téien (Paris) .. 1263
537. Machine à raboter ... 1267
538 . Radeau .... 1272
539 . Plan d'abricotier recépé. 1286
540 . Machine à brocher .. 1294
541. Vallée de la Marne (coupe verticale du terrain à la
Ferte- sous-Jouarre) . 1301
512-545 . Meules .. 1303
546-547 . Règle à dresser les meules . 1305
518. - Régulateur en fonte pour le dressage des règles ... 1305
549. Meule placée pour le premier dressage ...... 1305
550 . Meule placée pour montrer le contremoulage et les
4 boîtes d'équilibrage . 1306
551. -
Rideau de cheminée . 1312
552 . Ringard ......... ... 1313
553 . Assemblage des rivets . ....
1315
554. Branche du rocou .. 1318
555 . Fruit du Rocou ... 1319
556 . Rouet.. 1321
557 . Quenouille. 1322
558 . Accessoires du rouet . 1322
559 . -
Ruche . 1326
560 . - Saccharimètre .. 1328
561 . -
Mouvement de la terre autour du soleil 1332
562 . Sapin de Russie 1338
563 . Satinage du papier....... 1310
564. Presse pour le satinage du papier . 1340
565. Saule amandier 1342
566 . -
Feuille du saule blanc, grandeur naturelle . 1343
567. Feuille du saule rampant .. ...
1344
568. -
Canot de sauvetage et maison- abri . 1346
569. -
Flotteur pour sauvetage ... 1347
570. Appareil à saponifier, de M. Droux . 1361
571 . Scie de tailleur de pierre .... 1364
572 . -
circulaire ..... 1368
573-574. Selle de cavalerie . 1372
575 . Appareil de distillation .. 1374
576. - Eprouvettes de distillerie .. 1375
577. - Enclume 1377
578 . Bigorne. 1377
579-581. Chasses (serrurerie) ... 1378
585. - Forêt... 1379
586. - Machine à forer ....... 1380
1470 TABLE DES FIGURES .
Figures. Pages.
587-588. Tranches (serrurerie) . ... 1380
589. -
Cisailles 1379
590-591 . Filières ( -
3) 1380
1383
592. Sémaphore ... ....
593. - Disque tournant. ..... 1383
594-595 . Signaux (chemins de fer) . .... 1384
596 . 1385
Siphon .......
597. Bathomètre, sonde Sidney. 1392
598 . Sonnette à vapeur ........ .... 1395
599 . de M. Thomas Shaw. 1397
600. Formation des stalactites ... 1405
601. Fondoir pour le suif... 1407
602. Broyage de la canne à sucre . 1412
603. -
Chaudières à cuire le jus de canne. 14'3
601. Laveur Champonnois 1415
605. - Râpe Fesca .... 1416
606. Presse à pulpe......
-
1417
607. Ancienne chaudière à clarifier... 1419
608. Nouvelle 142)
609. Débourbage ........ 1421
1422
610. - Purge ou égouttage.....
611. Étuve à dessiccation .. .... 1423
612. Appareil à saponifier les suifs . 1425
613 . Sumac .. 1428
611 . Redoul ...... 1428
615 . Avelanide 1437
616. - Piège à taupe ......... 1439
617. Récepteur télégraphique .. 1442
618. - Manipulateur télégraphique ..... 1441
619. - Récepteur à 'signaux ..... 1445
620. - Manipulateur à signaux. 1446
621. Alphabet et signaux télégraphiques . 1448
622-623 . - Télégraphe Morse . 1450
624. Usine pour fabrication de la térébenthine . 1452
625 . Fleur de thé .... 1454
تاح
626 . Thermomètre 1457
627. -
Branche de tilleul . 1458
628 . Tiroir (machines à vapeur) . 1459
629-633 . -
Tissage de la toile.... 1462
634. Machine Jacquard pour tissage .... 1475
635 . Trichine ...
1483
636 . Muscle trichiné ..... 1484
637 . Tuiles à emboîtement.
-
1487
638-639 . Tulle .. 1489
640. -
Métier à tulle ...... 1490
641 . -
Udomètre ..... 1493
TABLE DES FIGURES . 1471
Figures. Pages.
642. -
Vache bretonne 1499
643 . Ventilateur....... 1506
644. Ventilateur à ailes .... 1507
615. -
Bain-marie ..... 1512
646. Alambic pour la dissolution des résines ...... 1513
647. Fabrication du vernis à chaud ... 1517
648 . Chaudière pour la fabrication des vernis gras .. 1519
619. - Serpentin.. 1519
650 . Verre dévitrifié . 1520
651. Canne pour souffler le verre . 1525
652. Phases de la fabrication du verrre .. 1526
653 . Four Gugnon pour la fabrication des verres à vitre 1532
654. Rouleaux (verrerie) .. 1527
655-656 .. - Four à étendre le verre.... 1527
657. Halle pour la fabrication des glaces .... 1532
658 . Four rectangulaire (verrerie) .. 1533
659-660 . Vases antiques . 1534
661 . Four de fusion (verrerie) . .. 1535
662. du cristal . 1536
663 . Cep de vigne soumis à la méthode Jules Gayot,
avant la récolte du fruit .. 1540
664. Appareil de M. Gervais pour le chauffage des vins 1549
665 . -
Poules de race sibérienne... 1567
666 . Poule cochinchinoise . 1570
667-668 . Poulailler 1570
669-670.671. (petite installation) . 1576
672 . Mangeoire d'été pour pigeons .... 1578
673. -
Voiture (chemin de fer) . 1581
TOME TROISIÈME
PREMIER VOLUME DU SUPPLÉMENT
1. -
Bouche de l'abeille.... 3
2. Patte de l'abeille ... 3
3.- Aiguillon de l'abeille .. 4
4. Acarus de l'abeille et de l'hélianthus annuus , vu au
microscope... 12
5. - Appareil pour la fabrication de l'acide pyróligneux. 17
6-6 bis . Cornue mobile . 20
2
7-8. Appareil de distillation anglais . 23
9-10. Machine à air chaud . 36
11. à air comprimé . 40
12. Ancre.... 56
13 . Embryon du pin sylvestre .... 58
14. Fibres ligneuses de l'arbre . 59
IV VOLUME . 46
1472 TABLE DES FIGURES .
Figures. Pages.
15. - Vaisseau de l'arbre ayant encore ses cloisons inté-
rieures . 60
16-17. - Équarrissage . 70
18-20. 72
Cubage des bois sur pied et dendromètre.......
21. - Compas forestier... 75
22. - Buffet, spécimen de l'art industriel .. 89
23. Lame d'arrosage pour l'engrais liquide .. 106
24. - Bâche (jardinage) .. 120
25. Bouilleur pour bains .. 125
26. Calorifère chauffe-linge..
-
125
27. Bouilleur pour bains ..... 126
28 . Appareil chauffe-bains . 127
29-30 . Balancier (mécanique) ..... ....
130
31. -
Balayeuse mécanique .... 131
32-33 . Barrage hydraulique ... 134
34. Bielle . 141
35. - Appareil pour lavage et foulage (blanchiment) . 147
36-37. Cuves pour blanchiment .. 150
38. - Clapeau (blanchiment) . 152
39. Cuve à acide (blanchiment) . 153
40. Disposition des pièces pour le blanchiment dans la
cuve à acide . 154
41. Cuves de lessivage et canal d'écoulement.. ..... 154
42-43 . Chaudières à blanchir.... 156
-
44. Cuve pour dégraissage (blanchiment) ... 159
45 . Chambre à soufrer (blanchiment) ... 161
46. -
Bois droits pour constructions maritimes ......... 173
47 . Bois courbants pour constructions maritimes .... 173
48. -
Bois de courbes diverses pour constructions mari-
times . 174
49. -
Branche de mûrier . 182
50 . Métier à tricoter .. 185
51. - Appareil de saponification . 191
52. 193
53.- -
195
54. Moule à bougies .. 198
55. -
Pétrin mécanique . 206
56. -
Laminoir à biscuits de mer . 210
57-58 . Boulangerie mécanique pour la production du
pain et du biscuit ...... .... 211
59 . Machine à découper (boulangerie). 213
60. -
Four pour la cuisson des biscuits .. ...
214
61-62 . Machine à fabriquer les moules de boutons.... 219
63-66 . Fours à briques ......... 259
67. Fabrication des tuyaux de drainage . 268
68-70 . Fabrication des brosses .. 281
TABLE DES FIGURES . 1473
Figures. Pages.
71. - Concasseur pour minerais ... 284
72.- Carr, pour engrais ...
-
285
73-74. Four pour la carbonisation de la bruyère , 287
75 . Cachou -acacia . 291
76.- Calorifère à gaz Langlois...... 293
77-78 . Calorifère à gaz Laval.. 291
79. Calorifère chauffe- assiettes . 295
80. chauffe-pieds . 295
81-83 . - Canal et écluses, coupe, profil et plan......... 297
84 . Semoir à brouette et à cuillers de M. de Dom-
. basle... 302
85. -
Semoir anglais ....... 303
86-87 . Chaloupe à vapeur . 306
88 . -
Chalumeau pour chaîniste . 307
89. Lance .. .... 307
90. Hangar de chamoiseur . 309
91 . Chanvre femelle . 313
92. Voiture de place à Pékin . 318
93 . Ferrage des roues en bois .. 320
94 . Appareil de chauffage . 330
95 . -
Cheminée russe .... 331
96. Poêle russe ... 332
97. Sandale égyptienne . 333
98. Sandale grecque .... 334
99. Chaussures des sénateurs romains .. 334
100. Apprêteurmécanique pour la fabrication des chaus-
sures . 338
-
101 . Viaduc de Chaumont (chemin de fer de Paris à
Mulhouse) .... 345
102. 346
Pont en charpente du Haut-Portage (Etats-Unis) ...
348
103. -
Pont suspendu du Niagara...
104. - Elévation d'une des têtes du pont du Niagara..... 353
105 . 355
Rail à simple champignon...
106. à double champignon... 355
107. -
à patin.. 355
103 . Appareil à carboniser la surface des traverses de
chemins de fer.... 357
109 . Aiguille (chemins de fer) ... 359
110. Croisement de voies . 359
111. Plaque tournante 360
112. Chiens de races diverses . 372
113 . Lessiveur pour chiffons 374
114-115. Tambour pour laveur de chiffons ..... 383
116. - Appareil producteur de chlore gazeux .. 390
117. Bâtiment de graduation (extraction du sel)....... 405
118. - Broyeur pour fabrication dn chocolat.. .... 411
1474 TABLE DES FIGURES .
Figures. Fages.
119-120. - Appareil à laver les peaux destinées à la fabri-
cation de la colle... 414
121. Compteur à eau .... 417
122. Machine à fabriquer les cordes de 24 fils ........ 427
123. Machine à câbler .... 429
124. le chanvre ...... 431
125-126 . Machine à filer en gros .. ..... 434
127. -
Mode de soudage des courroies . 441
128. Point de chaînette (couture à la mécanique) ...... 443
129-132 . -
Machine à coudre E. Howe (mécanisme et mise
en train) .... 446
133 . -
Dattiers .. 460
134. -
Balustre .. 467
135-136 . Chaudière à carbonater .. 482
137 . Thermomètre métallique 483
138. Canal provisoire et entrée de l'Emissaire du lac
Fucin... 486
139. Canal provisoire d'écoulement .... 487
140-142 . Méthode de déplacement des constructions . 491
143. Fontaine du palmier 493
144-145 . Panneau à dessin . ... 495
146. -
Cylindre pour la détente des gaz ........ 499
147. -
Fondation des digues ...... 503
118. -
Rade et digue de Cherbourg .... 504
149 . Profil de la digue de Cherbourg .... 505
150. Formation des globules qui constituent la levûre
de bière .... .... 514
151 . Alambic simple ... 516
152 . Appareil distillatoire d'Edouard Adam . 517
153 . Ceilier-Blumenthal 519
154-157 . - Appareil distillatoire Pistorius . 522
158-160 . belge...... 524
161-163 . Champonnois . 525
164. - Appareil à rectifier, Savalle .... 528
165-166 . - Coupe et plan d'une distillerie agricole, Savalle 530
167. Hôtel des Invalides ..... 540
168 . Laboratoire pour la fabrication des dragées médi-
cinales ... 543
169 . -
Palissades en planches non jointives . 549
170 . Clayonnage sur piquets .... 551
171 . -
Réservoir et bassin filtrant de Bettersea ....... 554
172. Appareils Hermann- Lachapelle pour la fabrica-
tion de l'eau de selz artificielle ... 555
173 . - Régulateur d'éclairage Foucaut . 560
174. Four à gazogène, système Muller ............ 565
175 . Récupérateur de Monsard .. 567
TABLE DES FIGURES . 1473
Figures. Pages.
176. - Appareil Orsat, pour l'analyse des gaz.......... 569
177. Appareil précédent, modifié en partie . 571
178. - Système de fermeture des cornues (éclairage) ..... 573
179. Plaques du condenseur Pelouze et Audoin ..... 574
180 . Extracteur Koerting
-
575
181. Bourdon...... 577
182-183 . Joints Lavril (éclairage) ....... 579
184. -
Machine électrique pour chemins de fer . 582
185-186 . Lever pneumatique de l'orgue de St-Augustin .. 585
187 . Interrupteur ... 587
188 . Couches du clavier. 589
189 . Disposition générale du système électrique ....... 591
190. - Téléphone articulant de M. Graham Bell, transmet-
teur .. 592
191 . Récepteur du téléphone articulant .. 593
192. Pyromètre de M. Becquerel... .... 595
193-194. Epingle électrique ....... 597
195 . Télégraphie militaire volante .... 600
196. Appareil Trouvé pour télégraphie militaire ... 602
197 . Parleur Trouvé ... 603
198 . Roue d'encliquetage . 611
199.- Tombereau à purin . 617
626
200. -
Semoir pour engrais . .....
201. -
Feuille de l'érable champêtre (demi-grandeur na-
turelle . 628
202. Escaliers .. 629
203 . Machine essoreuse . 632
204. Eventail égyptien ...... 639
205. indien.. 639
206 . -
chinois . 639
207 . Eventail-drapeau 639
208 . Excavateur Couvreux . 643
209-210 -
Entonnoirs (mines) 645
211. -
Fardier pour le transport des charpentes . 648
212. Binard à plateau mobile.. 619
213 . 650
Laveur pour pommes de terre .
214 . Rape Champonnois ....... 651
215 . Tamis Huch 654
216 . Séchoir à air chaud .... 659
217. Séchoir Lacambre et Persac . 661
218. - Organes opérateur du métier à faire les filets de
pêche ... 673
219. Filière double . ... 680
220 . Galerie de filtration des eaux de la Garonne à Tou-
louse ..... 681
221 . Galerie de filtration des eaux du Rhône à Lyon .... 684
1476 TABLE DES FIGURES .
Figures. Pages.
222. Vue intérieure d'un réservoir filtrant ........... 635
223 . -
Coude de la galerie de filtration des eauxdu Rhône
688
à la Roche-des-Comps .
224. Arqueduc pouvant servir à l'introduction des eaux
689
du fleuve dans la galerie de filtration
Réservoir et bassin filtrant de Bettersea ... 690
225 . -
226. -
Clarification des eaux de la Sprée, à Berlin ....... 691
694
227. Pompe à main ..
695
228 . Réservoir-filtre, Chanoit ...
229-230 . 710
Four système Bicheroux .
714
231. Coupe longitudinale d'un haut fourneau théorique.
716
232 Profil d'un haut fourneau d'Ebwale (Galles) .......
233 . Profil du haut fourneau de Barrow-on-Farness .... 717
234. Profil du haut fourneau de Cwm- Celym 717
235. 718
Coupe verticale du gueulard ......
236-237 . 724
Tympe du système Buttgenbach (fonderie) .....
238-246 . Four propre à adoucir le fer fondu, description
728
des diverses parties .
247. Fontaine Louvois, à Paris .. 734
248 . Source artificielle 739
249. Foret. 746
250 . 748
Forge à double vent de M. Enfer .....
251 . Frein Becker (élévation et plan) .. 751
TOME QUATRIÈME
DEUXIÈME ET DERNIER DU SUPPLÉMENT
252 . Bain galvanique .... 761
253 . Atelier d'électrotypie 765
254. Batteries électriques .
-
765
255. - Stéréotypie ou clichés en matière d'imprimerie ... 765
256 . Gare de Strasbourg . 769
257 . Appareil pour fabriquer le gaz chez soi ....... 772
258 . Globe terrestre de Coronelli, à la Bibliothèque
nationale de Paris ... 778
259 . 1º Globe terrestre de Genex du xvn siècle ; 2 ° globe
céleste arabe-koufique ; 3º petit cadran solaire cy-
780
lindrique (collections de la bibliothèque nationale)
260. - Appareil cosmographique, en cuivre doré, du
XVII siècle ... 781
261. 781
Zodiaque arabe (1) ...........
(1) Par erreur dans le texte, les légendes des fig. 261 et 262 ont été trans-
posées ; nous les rétablissons ici .
TABLE DES FIGURES .. 1477
Figures. Pages.
262 . Astrolabe français ....... 784
263 . Saccharificateur Colani et Kruger.. 791
264. - Four à cuvette pour la fabrication du verre à bou,
teilles .. 796
265. Four Knab, pour la production du coke métallur-
gique... 806
266 . Four de boulanger adopté dans la fabrication du
goudron de houille 809
267. Grilleuse . 814
268 . - Situation des divers gisements de guano du Pérou . 816
269-270 . Élévation et plan d'une maison ouvrière (cons-
truction économique) 819.
271. - Maison coulée (anglaise, mode de construction . 823
272-273 . Elévation et plan d'un type de maison pour
loyer à bon marché . 826
274-275-276 . Types de maisons ouvrières de la Compa-
gnie des mines de Blanzy ........ 828
277 . -
Crèche.... 829
278 . Mode d'assemblage de la charpente d'une maison
de paysan russe ... 831
279 . Pavillon de la Russie .. 832
280 . du Pérou . 4 832
281. Une maison en Cambodge 833
282. Pavillon de l'Amérique ... 833
283-284 . 836
Maison en carton de M. Melnikoff (face et profil
285 . Demeure d'été en Laponie ... 837
286. Halles centrales de Paris . 840
287 . Halle -basilique de M. Boileau ...... 841
288 . Modèle de hangar (système Anderson et Son) .. 844
289 . Etriers ... 847
290 . Mors de bride . 847
291. Harpe cochinchinoise . 848
292 . Hauban . 850
293 . Hippodrome de Paris, 14 du plan de la salle, échelle
à1/400 ...... 854
294. 855
Hippodrome de Paris, 1/
½ coupe longitudinale ..
295. 1/2 coupe transversale ..... 857
296 . 860
Hôpital de Guy, à Londres, coupe verticale..
297. plan du 1er étage ............ 861
298 . plan du comble .... 861
299 . -
plan du rez-de-chaussée........ 863
300. Calorifère à eau de l'hôpital de Guy.......... 865
301. Tuyau de vapeur armé d'ailettes , pour le chauffage
de l'air par contact... 865
302. Tente d'ambulance, isolée....... 866
303. Mode d'accouplement des tentes . 866
1478 TABLE DES FIGURES .
Figures. Pages.
304. Tentes à paroi simple, accouplées, pour former
salle d'hôpital .. 867
305 Coupe d'une tente d'ambulance.. 870
306. -
Calorifère portatif. 872
307 . -
Baraque-hôpital, perspective.. 874
308 . plan .......
,
874
309 . , coupe . 875
310-311 . Machine à essayer les huiles . ... 878
312 . -
Flacon pour extraction de l'hydrogène . 881
313 . Briquet à hydrogène .. 881
314. Boîte de Volta ... 881
315 . Extraction de l'azote . 882
316 . Grand ghat de Hurdward... 887
317 . -
Fourneau d'Arcet, pour la fonte des suifs . 898
318 . Amphithéâtre de dissection, plan..... 899
319 . élévation .
,
909
320 . -
Eucalyptus globulus ......... 901
321 . Machine à composer de M. Mitchell .... .... 908
322. de M. Young .. ..... 909
323 . Compositeur mécanique de M. Slamm . 911
324 . Sonnerie de l'avertisseur d'incendies, représenté
fig. 326 . 914
325 . Thermomètre bi-métallique .. 914
326. Appareil avertisseur d'incendies ... 917
827 . (autre disposition) . 918
328-329 . Disposition salubre d'une forge de doreur... 926
330-331 . -
Machines à battre à manège (agriculture) . 930
332. Bêche . 933
333 . Charrue .... 933
334. Araire de Dombasle ... 934
335 . -
Charrue- squelette, pour l'arrachage des pommes
de terre ... 935
336. -
Charrue à vapeur . 940
337 . forestière de Mathieu de Dombasle . 941
338 . Concasseur . 942
339 . de tourteaux, de Nicholson . ..... 943
340. Coupe-racines horizontal.... ..
941
341. de M. Pernolet . 945
342. 946
pour distillerie .
343. 947
-
Haches à prés ...
344. -
Hache-paille, hache-ajoncs . 917
345. -
Pompe mobile, à manège . .. 949
346. Pelle à cheval .. 949
347. -
Râteau mécanique .. 950
348. Presse à fourrages .... 951
349. Rouleau pour engrais . 953
TABLE DES FIGURES . 1479
Figures. Pages.
350. -
Scarificateur de Biddell ... 953
351 . de Colmann.... 955
352 . Semoir à graines et à engrais pulvérulents, de 956
Hornsby.
353. Semoir-brouette.... 957
354. Tarare époussiéreur et secoueur de balles ....... 958
355. 959
-
trieur, pour grains . 962
356. Boussole Émile Duchemin ..
964
357. Comparateur de mesures à traits .......
358. -
Cathétomètre Dulong. 964
359 . 964
Sphéromètre ordinaire .
360. Perreaux . 964
361. Machine à diviser de M. Salleron .. 968
362- Balance de précision, servant à la comparaison 973
des kilogrammes étalons .... 975
363. Balance enregistrante de M. Redier .
364. 977
Atmographe... 979
365-366 .
Chronographe à induction..
A
367 . Machine pneumatique pour la production de la 985
glace et du vide.
988
368 . Microscope polarisant de M. Nodot . 989
369-370 . Microscope Darwin .
997
371 . Spectographe (jouets scientifiques) .. 998
372. Fleur impalpable (jouets scientifiques) . 1000
373. Mécanisme d'oiseau chantant .
1004
374. Plan d'un laboratoire pour essais ..
1006
375 . Lampe à toile métallique (laboratoire) . 1006
376.- Lampe de calcination (laboratoires) . 1007
377 . Fourneau-lampe à gaz ..
378-381 . - Chandelle simpleavec robinet à air (laboratoires) 1009
1008
382. Brûleur avec enveloppe à dosage d'air... 1009
383 . Bec Berzélius, pour calcination .. 1010
384. Chalumeau articulé ...
385 . 1011
Four Forquignon et Leclère, avec son support .....
386 . Chalumeau avec gazomètreȧ oxygène, de Wiesnegg. 1014
1012
387 . Appareil pour le dégraissage des laines...... 1024
388 . Ensemble d'un train de laminoirs
1025
389. Cage à pignons (laminoirs) 1025
390 . Bascules d'équilibre ) 1027
391. Cage dégrossisseuse )
Train universel 1027
392. )
1029
393 . Lampe électrique ... 1036
394. Engins pour la pêche . 1041
395. Presse lithographique de M. Voirin . 1045
396 . Litre.
1047
397. Loch électrique de M. Alfonso......
1050
398. Machine à vapeur de Watt..... 1052
399 . Régulateur Porter .. 1153
400 . -- cosinus de M. Buss......
1054
401 . Machine fixe, type Corliss . 1056
402. à deux cylindres, de M. May 1057
403. Compound, à quatre pistons 1059
404. -
système Bernays.......
1
1480 TABLE DES FIGURES .
Figures. Pages.
405 . Machine horizontale, Duvoir-Albaret . 1860
406. verticale, Nicholson .... 1061
407 . Fouchéet de Laharpe .. 1062
408 . -
verticale Bréval.. 1064
409. Rikkers . 1065
410. Chaudière de la machine Rikkers . 1066
411. Machine mi- fixe à deux cylindres Hermann- Lacha-
pelle 1067
412. -
Machine mi- fixe à un seul cylindre 1068
413 . Régulateur Andrade 1068
414. Machine horizontale Damey ... 1068
415 . mi -fixe verticale Hermann-Lachapelle . 1069
416. Wibart . 1069
417. à vapeur marine.. 1072
418 . Compound, de 760 chevaux..... 1074
419. marine, à trois cylindres horizontaux... 1078
420.- Chaudière marine à six foyers apposés deux àdeux. 1079
421. Chaudière marine à trois foyers placés à la même
hauteur . 1079
422. Pompe à huile du Tonnant (marine) . 1080
423. Bateau torpilleur . 1083
424. Canot à vapeur de M. Bouron .. 1085
425 . Changement de marche d'une machine Goëteborgs. 1086
426 . Machine de canot de M. Lewin ...... 1087
427. Moteur à air chaud ... 1090
428. de M. Vilcox . 1092
429. Machine horizontale à gaz et à air, système Lenoir. 1094
430. Distributeur de la machine Lenoir... 1097
431. Machine verticale à gaz , système Langen et Otto .. 1099
432. Machine radiale à percer Fairbairn ... 1102
433. à percer Sharpstewart et Cie ..... .. 1103
434. Petite machine à raboter.. 1106
435 . Limeuse 1107
436 . Machine à fraiser de M. Bouhey. 1107
437. à affûter les fraises .. 1108
438. Fraises de formes diverses 1109
439. Machine à percer à colonne.. 1110
440. Marteau-pilon à levier 1111
441 . Squeezer ...... 1111
442. Marteau pilon à double action . 1113
443 . Machine à forger, et à estamper ..... 1114
444. Marteau-pilon à ressort et à courroie ..... 1115
445. Four portatif de M. Piat 1116
446 . Scie à vapeur pour abattre les armes . 1118
447 . Machine à tailler la pierre, de MM . Brunton et Trier. 1124
448. Moulureuse de pierres .. 1125
449. Machine à débiter la nacre . 1127
450. Tour à débiter les boutons etjetons en os .... 1127
451. Machine à rabattre les têtes de clous ........ 1129
452-453 . Construction de magasins provisoires 1131
454. Appareil contre le mal de mer. 1135
455. -
Trombe observée dans le détroit de Malacca
(décembre 1877) ... 1149.
TABLE DES FIGURES . 1481
Figures. Pages.
456. -
Boussole de déclinaison absolue . 1154
457 . Magnétomètre bifilaire 1155
458 . Electromètre portatif. 1156
459. enregistreur . 1157
460. Baromètre -balance. 1158
461 . Abri des thermomètres fixes .... 1160
462. Udomètre enregistreur . 1161
463 . Evaporomètre 1161
464. Aurore australe ... 1163
465-466 . Meules .. 1167
467 . Rayonnage des meules 1170
468 . Treuil .. 1186
469. Sapine munie de son treuil . 1187
470. Broyeur à mortier . 1189
471 . Bélier berrichon . 1192
472. Mouton mérinos 1195
473. Tibia ou flûte primitive . 1198
474 . Violon... 1200
475. Lyre..... 1202
476-477 . Bourdons (fabrication des instruments de
musique..... 1206
478. -
Registres d'un harmonium ... 1207
479. Clavier chromatique . 1208
480. Mécanisme d'un piano.. 1210
481 . Timbales .... 1211
482. Carillons en lame d'acier....... 1212
483. - Natialeh, système pour l'irrigation des terrains de
la Basse- Egypte . 1216
484. Montgolfière de Pilâtre-des-Roziers (aérostation) ... 1218
485. Appareil de Paul Bert pour ses expériences sur la
pression atmosphérique ...... 1221
486. Ballon ordinaire.... 1232
487. Ballon dirigeable de M. H. Giffard . 1225
488. Le grand ballon captif de M. H. Giffard (1878) ... 1226
489. - Coupe de la nacelle du grand ballon captif de
M. H. Giffard .... 1227
490. Ailes de Le Besnier (aviation) . 1229
491. Appareil pour la production du noir de fumée ... 1238
492 . Le cheval arabe 1264
493 . Le bombyx de l'Ailante . 1265
494. Temple de la lumière, à Pékin . 1280
495. Ancien tombeau à Pékin . 1281
496.- Porte placée à l'entrée du pont de marbre de Pékin 1283
497. -
Porte de Tsien-men (Pékin) . 1284
498 . Maison chinoise (Pékin) ...... 1284
499 . Ouvriers japonais . 1285
500 . Chaise à porteurs au Japon . 1285
501. Tentes persanes de luxe .. 1288
502. Maison flottante (royaume de Siam). 1290
503 . surpilotis ( ). 1291
504. Feuille de l'orme champêtre, demi-grandeur natur. 1295
505 . Bouture d'osier, préparée pour être mise en terre . 1299
506. Plantoir ordinaire..... ...... 1300
1482 TABLE DES FIGURES.
Figures. Pages.
507 . Plantoir Koltz, avec la bouture préparée ......... 1300
508 . Boutures croisées . 1301
509 . Serpe à manche coudé... 1301
510 . Chevalet pour le bottelage de l'osier.. 1302
511 . Peloir pour l'osier . 1303
512 . Appareil à fixer le tissu (machine à ouater). 1306
513 . Machine à ouater .. 1307
514. Palmier exotique de Maniel (Égypte) . 1316
515 . Parachute .... 1319
516 . Alambic ordinaire .. 1321
517 . Saturateur rationnel . 1323
518. --Agitateur . 1325
519. - Appareil pour l'enfleurage .. 1326
520 . Poirier taillé en quenouille..... 1337
521 . en palmette... 1338
522. en éventail. 1338
523. Tonneau pour cuisson de la pomme de terre .... 1342
521 . -
Poulie différentielle .. 1346
525 . Régulateur astronomique .. 1355
526 . Machine à presser et à repasser . 1357
527. Mécanisme des réveils .. 1360
528 . Canon (horlogerie) .. 1360
529 . Mécanisme du réveil modifié .. 1360
530-531-532 . Plongeur muni de son appareil . 1377
533 . Réservoir à air du plongeur.... 1379
534. Pompe à air ou de compression ... 1380
535 . Semelles du plongeur.. 1380
536. Silicium, état naturel . 1384
537 . Four à sodium . 1389
538-539 . Récipients à sodium . 1389
540 . Soufflet de forge... 1390
541 . Grand télescope de l'Observatoire de Paris . 1399
542. Tire-bouchon mécanique . 1402
543. Vide-tourie . 1403
541 . Tourne- à-gauche . 1404
545 . Vanne automotrice à déclic .. 1406
546. Robinet- vanne .. 1407
547. Disposition de ventouse. 1409
548 . Tuyau avec bouche d'évent . 1410
549 . Chambre en maçonnerie ( ventouse) 1410
550-551 . Quartiers de bœuf (découpage et indication
des qualités ....... 1417
552. Wagonnet å pascule et à côtés mobiles ........... 1420
FIN DE LA TABLE DES FIGURES .
Paris. Imp. E. CAPIOMONTet V. RENAULT , rue des Poitevins, 6.
Enseignement Professionnel
BIBLIOTHÈQUE
DES
PROFESSIONS
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES et AGRICOLES
PAGES
Table des noms d'auteurs . 2
3
Avertissement
4
Liste des ouvrages par ordre de série ...
7
Table des matières par ordre alphabétique.
ΠΑ
ΝΤ Ο
COL
ΕΠ
Ι Α
LEC
TIO
NH• ETZEL
PARIS
J. HETZEL ET Cie, ÉDITEURS
18 , RUE JACOB, 18
CATALOGUE F. S.
BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
industrielles , commerciales et agricoles
TABLE DES NOMS D'AUTEURS
A Flammarion ..
8
Merly (J.-F.) .... 12
Albiot (J. ) ..... 14
Fleury-Lacoste .. 45 Michotte 20
B 43 Miége (B. ).. 43
Fol (F.) . ...
Barbot..... 29 Frésénius et Will . 39 Monier (E. ) . 43
9 27
9 Frochot (A.) ...
Monin(Dr).
Basset(N.).....
Baude(L.) 11 G Moreau (L.) . 9
Baye (Ch.) ..10 14 21 Gaisberg 21 Mortimer d'Ocagne .
14. 21
Berthoud (Marc) .. 11 Gaudry(J.), .
32
. 10
Birot(F.) .. 39
Gayot(E. ). 26 Mulder(G.-J.)
Block (M.).. .. 29 Gobin(A.) . 38 N
Bouniceau.. 14 23 Noguès (A.-F.) . 35
Bourdain . 43
Gobin(H.) ....
Graffigny (H. de) .. 22 0
Bourgoin d'Orli (P.- Grimard(E.) . 26
Ortolan (A.) 19 32
H.-F. ) . 16
Guettier (A.) . 8
8 P
Bousquet (J.).... Guy (P.-G.) .. 25
36
Brun (J.).. 46 Pellegrin(V.) . ..
H Pernot ( L.-P.) . 14
C
Hétet (F.) ... 13 8
Canu et Larbalétrier 34 Petit (A.) .. ..
Carteron Hirtz (E.) .. 15 Pouriau (A.-F.). 14 41
27
Houzé (J. -P . ) ... 34 Prouteaux (A.).. 35
Chateau (Th.) 15
Chevalier (A.) ... 36 J R
12 Jaunez 12
Clatter (F.) ... Regamey .... 27
11 Juven.. 35
Clausius (R.). , Rey (I.-A.) .. 24
Courtois-Gérard 16 28 K 42
Rouland (E.) ..
D 25
Koltz (M.-J.) . 41
Rozan(Ch.)..
Dana .. .. 25
L S
Demanet (A. ). 30
Laffineur (J.) 26 40 13
Dessoye (J.-B.-J.) . 7 35
Sacc(Dr).
Dinée (F.-G.).... 22
Laffolay (E.) . Saint-Juan(De) 16
Larbalétrier. 37 44 45
Doneaud (Alph.)... 19 Serigne .
Dromart (E.) . 9 Landrin (H.-C.) fils . 7 Sicard 16
Lelay. 19 Sourdeval 13
Dubief(L.-F. ) 10 23 Lenoir (A. ).. :: 10 39
30 46 47
10 Steerk (le major) ..
Dubos 44 Lerolle (L.) .. T
Leroux (Ch.).. 29
10
Du Temple ( L.) .. 36 44 Liebig(J.) 13 Tartara (J.)..:
E V
47
Lunel (Dr B.) 21 44
Emion (V.) .. 23 27 36 Violette (H.) .
F M Viollet-le-Duc 8 18 32
24 Mariot-Didieux . 29 40 Vinot.. 10
Fairbairn ( W. ) ..
ENVOI franco pour toute demande dépassant 15 francs et
accompagnée de son montant en billets de banque, timbres-poste,
mandats-poste, chèques ou mandats à vue sur Paris, coupons
de valeur (déduction faite de l'impôt de 3 0/0).
Le prix du port est de 30 centimes pour les volumes de 3 francs
et au-dessous ; 50 centimes pour les volumes de 4 francs ; 60 cen-
times pour les volumes au-dessus de ce prix .
NOTA. Les ouvrages marqués d'un ✗ ont été choisis par le ministère de
l'Instruction publique pour les bibliothèques scolaires ou populaires. Le
deuxième plus petit désigne les ouvrages choisis par la Ville de Paris pour
être distribués en prix.
Imp. réun. May et Motteroz, Paris . 4936.
BIBLIOTHÈQUE
DES
PROFESSIONS
industrielles, commerciales et agricoles
Parmi les bibliothèques spéciales, qui tiennent une si grande place dans la
librairie contemporaine, il faut citer au premier rang la Bibliothèque des Pro-
fessions industrielles , commerciales et agricoles, éditée par la librairie Hetzel .
Bien que le champ soit vaste de toutes les connaissances exigées de ceux qui
⚫se destinent à l'industrie , au commerce ou à l'agriculture, les spécialistes n'ont
qu'à choisir dans cette bibliothèque pour trouver aussitôt ce qui les concerne et
les intéresse. Autant de branches de la science, autant de traités particuliers,
composés et écrits par les personnes les plus autorisées .
La collection comprend onze séries consacrées à des ouvrages spéciaux, mais
réunis tous , cependant, par un lien commun. Il y a une série pour les sciences
exactes , une autre pour les sciences d'observation. Dans la troisième se trouve
traité l'art de l'ingénieur ; la quatrième s'occupe des mines et de la métallurgie.
Ici sont étudiées les machines motrices ; là les professions militaires et mari-
times. Plus loin, sous la rubrique Arts et Métiers, sont passées en revue les
professions industrielles ; puis l'agriculture, le jardinage et ce qui s'y rattache,
l'étude des eaux, des bois et forêts, et enfin l'économie domestique . On voit
tout ce qui peut tenir de traités particuliers dans cette nomenclature générale .
Chacun a son volume , accompagné de dessins explicatifs et de figures, quand
il est nécessaire, pour les mieux mettre à la portée du public.
Il est aisé de comprendre qu'une telle collection ne peut pas être exactemeni
limitée : elle doit se tenir à la hauteur des progrès et des inventions nouvelles
qui, sans bouleverser de fond en comble les systèmes adoptés, les transforment
en partie, ou tout au moins les modifient. Telle qu'elle est, on peut la consi-
dérer déjà comme supérieure à tout ce qui existe dans le même ordre d'idées.
Le cadre général est plus vaste et peut s'élargir encore; quant aux traités
particuliers, comment n'offriraient-ils pas toutes les garanties désirables, grâce
aux noms des spécialistes qui les ont rédigés ?
Cette bibliothèque répond donc à un besoin réel. Rien de plus clair et de
plus complet n'a été fait jusqu'à ce jour, ni de plus réellement utile. Elle se
distingue aussi bien par la variété des sujets que par la valeur propre de chacun
d'eux. Nous ne saurions trop la recommander aux gens du monde, curieux de
notions générales, et surtout aux personnes désireuses d'apprendre ou d'appro-
fondir une spécialité.
LISTE DES OUVRAGES
PAR ORDRE DE SÉRIE
Série A. Sciences exactes.
2. Calculset comptes faits, 1 vol . Page 10
3. Leçons de géométrie. 1 vol. 25
5, Dessin linéaire. 1 vol . 19
Série B.
-
Sciences d'observation .
CHIMIE PHYSIQUE ÉLECTRICITÉ
1. 13
Chimie pure. 1 vol ..
3-4. Chimie générale élémentaire. 2 vol.. 13
5. 36
L'étudiant photographe. 1 vol ..
6. Essais des matières industrielles. 1 vol . 32
7. 43
Télégraphie électrique . 1 vol .
8. 36
Introduction à l'étude de la physique. 1 vol .
9. 8
Manuel pratique de l'astronome..
10. Potasses, soudes . 1 vol . 39
11. Introduction à l'étude de la chimie . 1 vol . 13
12. Fraudeset maladies du vin. 1 vol. 46
13. Les falsifications . 1 vol . 23
14-15 . Minéralogie appliquée. 2 vol . 35
44
16. Transmission de la pensée et de la voix. 1 vol .
26
18. Hydraulique et hydrologie . 1 vol..
11
19-20. Théorie mécanique de la chaleur. 2 vol .
Série C. Art de l'Ingénieur.
PONTS ET CHAUSSÉES CHEMINS DE FER CONSTRUCTIONS CIVILES
1. Guide du géomètre-arpenteur. 1 vol . 25
2-3 . Guide du conducteurdes Pontset Chaussées et de l'agent voyer. 2 ν. 39
5. Comment on construit une maison. 1 vol . 31
6. Introduction à l'étude de l'architecture. 1 vol 8
7. Guide du constructeur. 1 vol . 14
8. 9
Cubageet estimation des bois . 1 vol .
10. Maçonnerie, 1 vol . 30
11. 40
Roues hydrauliques . 1 vol ....
12. Engrenages . 1 vol. 22
13. Dynamite et agents explosifs. 1 vol .. 19
14
19-20, Constructions à la mer. 1 vol . et 1 atlas.
Série D. -
Mines et Métallurgie .
GÉOLOGIE HISTOIRE NATURELLE
1. Manuel du Géologue 1 vol.. 25
4. Le fer . 1 vol .. 24
5. 7
Emploi de l'acier. 1 vol .
6. Traité de l'acier. 1 vol . 7
12.. Alliages métalliques. 1 vol. 8
BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS INDUSTlles, COMMERCIALES ET AGRICOLES 5
Série E. Professions Commerciales.
2. Manuel du commerce des tissus. 1 vol . Page 43
3. Traité du commerce des vins . 1 vol . 47
Série F. Professions Militaires et Maritimes .
1. Droit maritime, 1 vol. 19
2. Architecture navale. 1 vol . 8
3. 10
Code des bris et naufrages. 1 vol ..
39
4. Poudres et salpêtres 1 vol.
5. Comment on devient officier. 1 vol .. 35
Série G. Arts et Métiers .
PROFESSIONS INDUSTRIELLES
1. Culture et alcoolisation de la betterave. 1 vol . 9
2. Nouveaux barèmes de serrurerie. 1 vol . 42
3. Guide du féculier et de l'amidonnier. 1 vol. 23
5. Carbonisation des bois. 1 vol.. 9
21
6. Montage des appareils d'éclairage électrique. 1 vol 12
7. Manuel du chauffeur. 1 vol
8. 44
Fabrication des vernis . 1 vol ..
9. 15
Corps gras industriels . 1 vol..
10. Guide du brasseur. 1 vol . 10
30
11. Traité de la fabrication des liqueurs . 1 vol .
12. Le livre des métiers manuels . 1 vol .. 34
13. 12
Livre du charpentier. 1 vol. 43
14. Guide du teinturier. 1 vol ..
29
15. Guide du joaillier. 1 vol .. 29
16. Filature de la laine, 1 vol .
35
18. Fabrication du papier et du carton. 1 vol. 11
19. La charcuterie pratique. 1 vol . 36
20. Guide du parfumeur . 1 vol.. 22
21 . L'ingénieur électricien. 1 vol ..
35
22. Guide pratique de l'ouvrier électricien. 1 vol.. 9
23. Guide du bijoutier. 1 vol..
Guides de l'ouvrier mécanicien :
33
24. *Mécanique élémentaire. 1 vol. 33
25 . ** Mécanique de l'atelier. 1 vol ... 34
26 . *** Principes etpratique de la machine à vapeur. 1vol. 47
27. Vinification . 1 vol ..
28. Fabrication des vins factices et immense trésor des vignerons et des
46
marchands de vins . 1 vol.
20
29. Fabrication des eaux gazeuzes. 1 vol. 23
44. Guide de l'épicerie. 1 vol.. 43
48. Essai et analyse des sucres. 1 vol.
Série H. Agriculture .
JARDINAGE. HORTICULTURE . EAUX ET FORÊTS .
CULTURES INDUSTRIELLES . ANIMAUX DOMESTIQUES . PISCICULTURE.
26
2. Manuel de l'herboriseur. 1 vol .. 26
5. Bergeries, porcheries . 1 vol. 41
6-7. Sciences physiques appliquées à l'agriculture. 2 vol.
6 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS INDUST . , COMMERCIALES ET AGRICOLES
9. Entomologie agricole. 1 vol. Page 23
10. Guide du vigneron, les maladies de la vigne. 1 vol. 45
12. Élevage et dressage du cheval. 1 vol .. 13
13. Cultures exotiques. 1 vol.. 16
14. Choix de la vache laitière, 1 vol. 44
16. Météorologie agricole. 1 vol. 34
17. L'éducation des lapins, des oies et des canards. 1 vol . 29
18. Éducation lucrative des poules . 1 vol . 40
20. Guide de pisciculture et d'aquiculture fluviales. 1 vol . 37
21. Le chasseur médecin. 1 vol 12
23. Culture maratchère. 1 vol. 16
32. Culturedes plantes fourragères 1 vol. 38
41. Manuel pratique du jardinage. 1 vol.. 28
42. Culture du saule et du roseau. 1 vol.. 41
43. Culture du cotonnier . 1 vol . 16
55. Chimiste agriculteur. 1 vol . 14
56. Botanique appliquée. 1 vol . 10
Série 1 . -
Économie Domestique
COMPTABILITÉ . LÉGISLATION. MÉLANGES
1. Hygiène du travail. 1 vol. 27
2. Économie domestique. 1 vol. 21
3. Ferments et fermentation. 1 vol . 24
4. Le liquoriste des dames. 1 vol . 30
5. Coupeet confection des vêtements .. 1 vol. 15
6. Les assurances. 1 vol .. 8
8. Calligraphie. 1 vol... 11
10. Principes de législation pratique appliquée au commerce, à l'indus-
trie et à l'agriculture. 1 vol. 29
11. La cuisine pratique. 1 vol . 16
14. Hygiène et médecine usuelle. 1 vol .. 27
Série J. Fonctions Politiques et Administratives .
EMPLOIS DE L'ÉTAT , DÉPARTEMENTAUX , COMMUNAUX
SERVICES PUBLICS
1-2. Les grandes écoles de France. 2 vol . 21
3. 14 --
Manuel des conseillers généraux. 1 vol ... !
4. Manuel des conseillers communaux. 1 vol.. 14
6. Lois et règlements sur la douane. 1 vol . 19
7. Nouveau manuel des octrois . 1 vol . 35
Série K. Beaux- Arts -
Décoration
Arts Graphiques . 1
1. Introduction à l'étude des beaux- arts, 1 vol.. 27
2. Comment on devient dessinateur. 1 vol .. 18
3. Perspective . 1 vol . 36
4. 27
Le Japon pratique. 1 vol ..
Le cartonnage toile de chaque volume se paye 0,50 c. en plus
des prix indiqués .
POYET
Gravure spécimen de l'Ingénieur électricien . (Voir page 22. )
TABLE DES MATIÈRES
TRAITÉES DANS LA
BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES
ACIER ( Guide pratique de l'emploi de l'), ses pro-
priétés, avec une introduction et des notes de Ed. GRA-
TEAU, ingénieur civil des mines, par J.-B.-J. DESSOYE,
ancien manufacturier. 1 volume .. 4 fr.
Extrait de la table . Considérations préliminaires. Etudes historiques
sur la fabrication de l'acier. - Etudes générales sur l'existence des propriétés
natives. Etudes sur l'emploi de l'acier , considéré dans ses propriétés carac-
téristiques . De l'emploi de l'acier considéré dans les manipulations qu'on lui
faitsubir.
ACIER ( Traité de l'), théorie métallurgique, travail,
pratique, propriétés et usages, par H.-C. LANDRIN fils,
ingénieur civil. 1 volume, avec figures. 4 fr.
-
Extrait de la table . Histoire de l'acier, sa métallurgie dans l'antiquité et
dans les différentes contrées . De la chaleur, de l'oxygène, du soufre, du
phosphore, de l'eau, de la chaux, des minerais de fer, des combustibles. - De
l'acier et de sa théorie . Théorie de Réaumur, docimasie. Métallurgie,
acier naturel , acier de fonte, acier puddlé, acier cémenté , acier de fusion, acier
du Wootz .
Nouveaux procédés : Procédé Chenot, procédé Bessemer, procédé Taylor ,
procédé Uchatuis, acier damassé. Etoffes : Travail de l'acier , raffinage, soudure,
recuit à la forge, trempe, recuit à la trempe, écrouissage . Propriétés de l'acier :
Dos limes, du fil d'acier, des aiguilles , tôle d'acier, des scies.
AGENT VOYER (Voir Ponts et Chaussées, page 39).
8 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
AGRICULTEUR (Voir Chimiste-Agriculteur, p. 14).
ALLIAGES METALLIQUES ( Guide pratique
des), par A. GUETTIER, ingénieur, directeur de fonde-
ries, etc. 1 volume 2 fr.
Après avoir donné quelques explications préliminaires sur lespropriétésphy-
siques et chimiques des métaux et des alliages, l'auteur examine au point de
vue des alliages entre eux les métaux spécialement industriels, c'est-à-dire d'un
usagevulgaire très répandu (cuivre, étain, zinc, plomb, fer, fonte, acier). II
donne ensuitequelques indications générales sur les métaux appartenant aux au-
tres industries, mais n'occupant qu'une place secondaire (bismuth, antimoine,
nickel, arsenic, mercure), et sur des métaux riches appartenant aux arts ou aux
industries de luxe (or, argent, aluminium, platine) ; enfin, il envisage les métaux
d'un usage industriel restreint, au point de vue possible de leur association
avec les alliages présentant quelque intérêt dans les arts industriels.
AMIDONNIER ( Voir Féculier et Amidonnier, p. 23).
ANIMAUX (Voir Habitations des Animaux, page 26).
ARCHITECTURE ( Introduction à l'étude de l' ),
par VIOLLET-LE-DUC. 1 volume. En préparation .
ARCHITECTURE NAVALE (Guide pratique d' )
à l'usage des capitaines de la marine du commerce, appe-
lés à surveiller les constructions et les réparations de
leurs navires , par Gustave BOUSQUET , capitaine au
long cours, ingénieur.1 vol. avec figures dans le texte. 2 fr.
Première partie. De la connaissance des cales, endroit où doit être réparé le
navire. Droit et tour d'une pièce. Ecarts. Quille. L'étrave.
L'étambot. L'assemblage des couples, etc.
Deuxième partie. Revêtements intérieurs. - La lisse. - Les carlingues.
Les livets. Bauquières. - Barrots. Epontilles , etc. Revêtements exté-
rieurs. Précintes, bordées, bois étuvés, chevillage, clous, calfatage, panneaux
ou écoutilles, etc.
ASSURANCES (Les). L'Art de s'assurer contre l'in-
cendie, par Arsène PETIT, avocat à la Cour de Paris.
1 volume. 3º édition .. 2 fr.
Extrait de la table des matières . Préliminaires : Texte d'une police
d'assurance. Toutes les clauses de la police sont-elles obligatoires ? Quelle
compagnie doit-on choisir? Ce qu'il faut faire avant de souscrire. -Des obli-
gations de l'assuré : au moment de la passation du contrat; au cours de l'assu-
rance; pendant et après l'incendie. Des droits de la compagnie d'assu-
rances. Des droits de l'assuré au coursde l'assurance; après un sinistre.
- Des obligations de la compagnie d'assurances. - Applications diverses de
la police. Assurances à primes fixes et assurances mutuelles; tableau des
compagnies; marchandises et professions dangereuses; défaut d'entretien et
vices de construction; déclaration de sinistre à faire devant le juge de paix, le
maire ou un notaire, etc., etc
ASTRONOMIE ( Manuel pratique de l'), par Camille
FLAMMARION . L'art d'observer le ciel et de se servir des
instruments d'optique. 1 volume . -
En préparation.
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 9
BEAUX-ARTS (Introduction à l'étude des) . 1 volume .
En préparation .
BERGERIES ( Voir Habitation des animaux, page 26) .
BETTERAVE ( Traité pratique de la culture et de
l'alcoolisation de la) . Résumé complet des meilleurs tra-
vaux faits jusqu'à ce jour sur la betterave et son alcooli-
sation, renfermant toutes les notions nécessaires au cul-
tivateur et au distillateur, ainsi que l'examen des méthodes
de pulpation, de macération, de fermentation et de dis-
tillation employées aujourd'hui. 3º édition corrigée et
considérablement augmentée, par N. BASSET. 1 volume
avec figures dans le texte . 2 fr .
BIÈRE (Voir Brasseur, page 10).
BIJOUTIER ( Guide pratique du). Application de l'har-
monie des couleurs dans la juxtaposition des pierres pré-
cieuses , des émaux et de l'or de couleur, par L. MOREAU,
bijoutier et dessinateur. 1 volume avec 2 planches co-
loriées 2 fr .
BOIS EN FORÊTS (Carbonisation des), par E.
DROMART , ingénieur civil . 1 volume avec figures et
1 planche 4 fr.
Extrait de la table des matières.- Bois . -
Charbon de bois. - Carbonisa-
tiondes meules en forêts . Carbonisation des bois à goudron. Appareils à
vases clos . Appareils à vapeur surchauffée. Carbonisation des bois durs ,
des tiges de bruyère.- Analyse des charbons .
BOIS (Guide théorique et pratique de Cubage et d'Esti-
mation des) à l'usage des agents forestiers, propriétaires ,
régisseurs , marchands de bois, et de toutes personnes qui
s'occupent d'exploitation forestière, par Alexis FROCHOT,
inspecteur des forêts, ancien élève de l'école forestière de
Nancy. 3e édition, revue et augmentée. 1 volume avec
tableaux, 35 figures et une planche graphique donnant
les tarifs de cubage des arbres sur pied et des arbres
abattus . 4 fr.
Extrait de la table des matières .-- Structure et défauts des bois .
Cubage des bois abattus : Bois d'œuvre, bois en grume, différents
modes de cubage, bois méplats, bois équarris , différents modes d'équarrissage,
mesures à l'équerre et à la ficelle. Bois de feu, évaluation du volume réel .
Exécution des calculs de cubage, table de cubage et d'équarrissage, procédés
de calculs rapides.- Cubage des bois sur pied: Mesure des hauteurs ,
*
10 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
au dendromètre, à vue d'œil ; Mesure des diamètres , détermination des volumes
types, tarifs de cubage.- Estimation des bois sur pied : Estimation
en matière Différentes catégories de marchandises fournies par une coupe.
Frais de transports , d'exploitation et de façonnage. Estimation en argent.-
Estimation des forêts en fonds et superficie : Exposé. Procédés de
calcul. Applications . Tables de valeur.
Appendice : Des formes paraboliques appliquées au cubage des arbres.
Cubage par la méthode des trois cylindres , etc., etc.
BOTANIQUE ( * Traité pratique et élémentaire de)
appliquée à la culture des plantes, par Léon LEROLLE,
ancien élève de l'Ecole d'agriculture de Grand-Jouan,
membre de la Société d'horticulture de Marseille. 1 volume,
108 figures dans le texte. 4fr.
Extrait de la table. De la germination des graines, choix et conservation des
graines. - De la végétation des plantes, des bourgeons. - Phénomènes souter-
rains, phénomènes aériens, phénomènes anatomiques de la végétation. - Nu-
trition des végétaux, nature des substances absorbées par les racines, sécrétion,
transpiration. Agents essentiels de la végétation.- De la reproduction des
plantes, du périanthe, des étamines , du pistil, des ovules . Floraison. Fé-
condation. - Fructification. Granification.
BRASSEUR (Guide du) ou l'Art de faire de la Bière,
par G.-J. MULDER, professeur à l'Université d'Utrecht.
Traité élémentaire théorique et pratique . La bière, sa
composition chimique, sa fabrication, son emploi comme
boisson, traduit et annoté par L.-F. Dubief, chimiste, nou-
velle édition revue et corrigée, par Ch. BAYE. 1 vol. 4 fr.
M. Mulder a tâché d'analyser tous les écrits qui ont été publiés sur ce sujet
pour en tirer la quintessence en y apportant de son propre fonds. C'est un travail
consciencieusement écrit, fruit de laborieuses études dont le brasseur pourra.
faire sonprofit.
BRIS ET NAUFRAGES (Code des), ou sûreté et
sauvetage maritime, publié avec l'autorisation du ministre
de la Marine et des Colonies, par J. TARTARA, commis-
saire ordonnateur de la marine. 1 volume.. 4 fr.
CAFÉIER ET CACAOYER (Voir Cultures exo-
tiques, page 16).
* CALCULS ET COMPTES FAITS à l'usage des
industriels en général et spécialement des mécaniciens,
charpentiers, serruriers, chaudronniers, toiseurs, arpen-
teurs, vérificateurs, etc. Troisième édition complètement
refondue des calculs faits de A. LENOIR, par Joseph VINOT.
1 volume et tableaux 4 fr.
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES 11
L'objet de ce livre est d'éviter aux chefs d'atelier une foule de calculs
souvent assez difficiles à résoudre; enfin c'est un aide-mémoire qui est appelé
à rendre de grands services par le temps qu'il fait économiser. Il se divise
comme suit : 10 Arithmétique.- 20 Conversion - 30 Physique. 40 Méca-
nique. 5. Frottements, résistances. - 6. Cubage des métaux. 7. Cubage
des bois. 80 Tables commerciales .
CALLIGRAPHIE. Cours d'écriture avec 32 planches,
par L. BAUDE, 1 volume. 4 fr.
EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES . Objets et instruments nécessaires pour
écrire. Formes et variante de l'écriture anglaise . - De la manière de tenir
laplume. Principes généraux de l'écriture anglaise. Des différentes gros-
seurs d'écriture. - Majuscules . Minuscules . Chiffres. De l'expédiée ou
cursive anglaise . Des écritures fortes : Bâtarde, Coulée, Ronde et Gothique.
-
De l'emploi dans l'écriture des accents , de la ponctuation et autres signes .
CANARDS (Voir Lapins, Oies et Canards , page 29) .
CANNE A SUCRE (Voir Cultures exotiques, page 16).
CARBONISATION DES BOIS ( Voir Bois, page 9) .
CARTON (Voir Papier et Carton, page 35) .
CENDRES (Voir Potasses, page 39).
CHALEUR (Théorie mécanique de la), par R. CLAUSIUS,
professeur à l'Université de Wurtzbourg, traduit de l'alle-
mand par F. FOLIE, professeur à l'Ecole industrielle, et
répétiteur à l'Ecole des mines de Liège.
Première Partie : Introduction mathématique. Mémoires sur la force
motrice de la chaleur, sur les différentes manières dont se comporte la vapeur,
sur la dépendance théorique qui existe entre deux lois empiriques relatives
à la tension et à la chaleur, sur une nouvelle forme du second principe de la
théorie mécanique de la chaleur, sur l'application de cette théorie à la machine
à vapeur, sur l'application du principe de l'équivalence des transformations, sur
la concentration de rayons de chaleuret de lumière, etc., etc. 1 vol. 4 fr .
Deuxième Partie : Mémoires sur l'application de la théorie de la chaleur
aux phénomènes électriques et thermo-électriques, sur la conductibilité élec-
trique dans les électrolytes , sur les mouvements moléculaires admis pour l'ex-
plication de la chaleur, sur la nature de l'ozone, etc., etc. 1 vol .. 4 fr.
CHARCUTERIE PRATIQUE (La) , par Marc
BERTHOUD, ancien charcutier, ex-président de la corpora-
tion des charcutiers de Genève. 36 édition. 1 volume avec
74 figures . 4 fr .
EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES . 1re partie : Le porc, différentes races ,
élevage, engraissement, maladies, transports . Locaux, appareils, ustensiles.
Condiments , accessoires . - Abatage du porc, utilisation des différentes par-
ties du porc, salaison, désalaison . - Premières manipulations . - 2º partie :
Charcuterie proprement dite andouilles, andouillettes, boudins, saucisses,
12 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
saucissons, jambons, petites pièces chaudes et froides. Grosses pièces froides .
Sauces, accessoires . Cochon de lait, sanglier. Pâtisserie. Terrines .
Décoration. - Conservation des viandes , conserves. 3º partie : Charcu-
terie allemande : saucisses, produits divers .
CHARPENTIER * (Le livre de poche du) , applica-
tion pratique à l'usage des CHANTIERS, des ÉLÈVES DES
ÉCOLES PROFESSIONNELLES, etc., par J.-F. MERLY, char-
pentier, entrepreneur de travaux publics, membre de la
Société industrielled'Angers, etc. Collection de 140 ÉPURES.
1 volume 287 pages de texte et planches en regard.. 4 fr.
L'auteur n'est pas un savant qui doit s'efforcer d'oublier la technologie de
l'école pour parler le langage ordinaire de la plupart de ses auditeurs; M. Merly
est, au contraire, un ouvrier, un homme pratique, qui a cherché à se faire
comprendre par les compagnons de travail auxquels il s'adressait, et qui est
arrivé à des démonstrations si claires, à des explications si naturelles, que les
théoriciens eux-mêmes ont bientôt eu à s'inspirer de ses travaux. Rien de plus
net que ses dessins, rien de plus simple que ses préceptes : c'est en quelque
sorte en se jouant qu'il arrive aux épures les plus compliquées . C'est le
résumé des cours faits par M. Merly à ses compagnons charpentiers .
CHASSEUR MÉDECIN (Le), ou Traité complet sur
les maladies du chien, par M. Francis CLATER, vétérinaire.
Traduit de l'anglais sur la 27º édition. 3 édition française,
corrigée et augmentée, par Mariot-Didieux. 1 volume. 2 fr.
Le succès que ce livre a eu en Angleterre ( vingt -sept éditions) dispense de
tout commentaire. Le guide que nous avons placé dans notre Bibliothèque en
est la troisième édition française. M. Mariot-Didieux, le savant vétérinaire, en
acceptant la revision de cette édition, s'est attaché à supprimer dans le texte
original des formules trop compliquées, à en simplifier d'autres et en ajouter de
nouvelles . Ainsi entièrement refondu, l'ouvrage est véritablement un traité com-
plet sur les maladies du chien, traité auquel un chapitre sur l'art de mégisser
les peaux pour en faire des tapis sert de complément.
CHAUFFEUR (Manuel du), guide pratique à l'usage
des mécaniciens, des chauffeurs et des propriétaires de ma-
chines à vapeur ; exposé des connaissances nécessaires, suivi
de conseils afin d'éviter les explosions des chaudières à
vapeur, par JAUNEZ , ingénieur civil. 4e édition revue et
corrigée . 1 vol . , 37 figures dans le texte et 1 planche. 2 fr.
Extrait de la table des matières . Pression de l'air. - Baromètre .
Compression de l'air. Pompes. Du calorique. Thermomètre. - Quan-
tité d'eau nécessaire à la condensation de l'eau. De la vapeur d'eau.- Des
moyens pour connaître la force de la vapeur. - Manomètre. - Soupapes de
sûreté . Conduite du feu . Chaudière . Giffard. - Incrustationset dépôts
dans les chaudières . Des soins et de l'entretien des machines à vapeur.
Résumé des moyens ayant pour but d'éviter les explosions. - Mise en marche
des machines à vapeur. Renseignements généraux, etc.
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 13
CHEVAL (Élevage et dressage du), par de SOURDEVAL.
1 volume. - En préparation .
CHIENS ( Voir le Chasseur médecin, page 12).
CHIMIE (Introduction à l'étude de la), contenant les
principes généraux de cette science, les proportions chi-
miques, la théorie atomique, le rapport des poids atomiques
avec le volume des corps, l'isomorphisme, les usages des
poids atomiques et des formules chimiques, les combi-
naisons isomériques des corps catalyptiques, etc., accom-
pagnée de considérations sur les acides, les bases et les sels;
traduit de l'allemand par Ch. GERHARDT, augmentée d'une
table des matières présentant les définitions techniques et
les relations des corps, par J. LIEBIG . 1 volume .. 2 fr.
CHIMIE GÉNÉRALE ÉLÉMENTAIRE, d'a-
près les principes modernes, avec les principales applica-
tions à la médecine, aux arts industriels et à la pyro-
technie , comprenant l'analyse chimique qualitative et
quantitative. Ouvrage publié avec l'approbation de M. le
ministre de la Marine et des Colonies, par Frédéric HÉTET,
professeur de chimie aux écoles de la marine , phar-
macien en chef, officier de la Légion d'honneur, membre
de plusieurs sociétés savantes .
TOME PREMIER . -
Généralités , Métalloïdes. 1 volume
avec 112 figures . 4 fr.
TOME SECOND.- Métaux. 1 volume avec 62 figures . 4 fr.
CHIMIE PURE (Éléments de), par le Dr SACC, pro-
fesseur à l'Académie de Neuchâtel et à Genève ( Suisse ),
membre correspondant de la Société nationale de l'agri-
culture. 1 volume.. 4 fr.
Ce traité , comme le dit l'auteur , n'a qu'une ambition , celle de faire
aimer cette admirable science, d'en exposer aussi brièvement que possible le
champ immense de manière à la rendre abordable à tous. C'est la première
tentative d'une chimie naturelle et pure.
CHIMIE INORGANIQUE appliquée à l'agricul-
ture ( Voir Sciences physiques, page 41) .
CHIMIE ORGANIQUE appliquée à l'agriculture
(Voir Sciences physiques, page 41).
14 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
CHIMISTE-AGRICULTEUR (Manuel du) , par
A.-F. POURIAU. 1 volume avec 148 figures dans le texte,
et de nombreux tableaux, suivi d'un appendice. 4fr.
Ce volume forme en quelque sorte le complément de la Chimie organique et
de la Chimie inorganique. Il fait connattre les diverses manipulations, qui sont
décrites avec un très grand soin. Il contient, en outre, un grand nombre d'indi-
cations d'une utilité toute pratique .
L'intention de l'auteur en le publiant a été d'offrir aux personnes qui s'oc-
cupent de chimie agricole un guide renfermant la description des méthodes les
plus simples à suivre dans l'analyse des divers composés naturels ou artificiels
qui sontdu domaine de l'agriculture. Désireux de mettre son livre à la portée
de tout le monde, lauteura toujours eu le soin, dans l'exposé de ses méthodes,
d'établir deux catégories d'essais . Les unes essentiellement pratiques et acces-
sibles à tous , et les autres plus exactes et qui exigent une plus grande habitude
des manipulations chimiques .
CODE DES BRIS ET NAUFRAGES ( Voir Bris
et Naufrages , page 10) .
COMMERCE DES VINS (Voir Vins, page 47) .
CONSEILLERS GÉNÉRAUX (Manuel des). Loi
organique des conseillers généraux, avec les commentaires
officiels, par J. ALBIOT . ( Code départemental.) 1 volume. 4 fr .
CONSEILLERS COMMUNAUX ( Manuel des) .
1 vol . En préparation.
* CONSTRUCTEUR ( Guide pratique du) . Diction-
naire des mots techniques employés dans la construction,
à l'usage des architectes, propriétaires, entrepreneurs de
maçonnerie, charpente, serrurerie, couverture, etc., ren-
fermant les termes d'architecture civile, l'analyse des lois
de voirie, des bâtiments, etc., par L.-P. PERNOT, officier
de la Légion d'honneur, architecte-vérificateur des travaux
publics. 3º édition, corrigée, augmentée et entièrement
refondue , par C. TRONQUOY, ingénieur civil, et Ch . BAYE .
1 volume 4 fr.
CONSTRUCTEUR (Voir Maçonnerie, page 30) .
CONSTRUCTIONS A LA MER (Études et no-
tions sur les) , par BOUNICEAU, ingénieur en chef des ponts
et chaussées . 1 volume . 4 fr.
Et 1 atlas de 44 planches • 4 fr.
L'ouvrage complet. .. 8 fr.
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES 15
Extrait de la table des matières .- Définitions et préliminaires.- Avant-
ports. Bassins. Darses. Môles ou brise-lames . Jetées. Ports à marée.
Cheneaux. Dragues. Musoirs. Remorquage à vapeur dans les cheneaux.
Ports d'échouage : Epaisseur des quais. Ecluses. Portes d'èbe et de flot. Manœuvre
des portes. Pose des portes. Ponts sur les écluses. Bassins à flot : leur forme,
leurlargeur, leur superficie. Valeur des places à quai. - Nettoyage des ports.
Ouvrages pour la construction et le radoubage des navires : Cales de con-
struction. Cales de débarquement. Machines élévatoires. Ports dans les
rivières à marée.. Canaux maritimes . Ouvrages à l'issue des ports de
commerce. Phares. Phares en fer sur pieux à vis. Phares flottants. Feux de port.
Bouées. Balises.- Matériaux de construction . Mortiers . Pierres, sables, chaux
et ciments. Fabrication des mortiers . Briques, bois. Fondations par épuisement.
Fondations mixtes sur pilotis. Fondations en rade.
CORPS GRAS INDUSTRIELS (Guide pratique
de la connaissance et de l'exploitation des), contenant l'his-
toire des provenances, des modes d'extraction, des pro-
priétés physiques et chimiques, du commerce des corps
gras, des altérations et des falsifications dont ils sont
l'objet, et des moyens anciens et nouveaux de reconnaître
ces sophistications. Ouvrage à l'usage des chimistes, des
pharmaciens, des parfumeurs, des fabricants d'huiles , etc. ,
des épurateurs, des fondeurs de suif, des fabricants de
savon, de bougie, de chandelle, d'huile et de graisses pour
machines, des entrepositaires de graines oléagineuses et de
corps gras, etc., par Th. CHATEAU, chimiste, ex-prépara-
teur au Muséum d'histoire naturelle. 3º édition, revue et
augmentée des procédés nouveaux d'analyse des huiles
grasses et d'indications pratiques sur les Huiles minérales.
4 fr.
1 volume avec tableaux .
Extrait de la table des matières .- Généralités sur les corps gras : extrac-
tion, propriétés, composition, action de la chaleur, les alcalis, les acides.
Examen des procédés analytiques pour reconnaître la pureté des huiles :
Procédés Allaire, Glossner, Dalican, Bebrens , Crace-Calvert, Fauré, Mailho ,
Cailletet, Maumené, Millau , etc., etc. Nouvelle méthode générale d'analyse
des huiles : Préparation, emploi et usage des réactifs , oléométrie. Monogra-
phie des corps gras : Huiles non siccatives, huiles siccatives, huiles animales,
de poisson, huiles concrètes, graisses, suifs , cires, blanc de baleine. Des
principaux corps gras immédiats extraits . Matières grasses naturelles étudiées
dans l'ouvrage : Stéarine, margarine, oléine. élaïdine, butyrine, caprine, céro-
léine, glycérine, etc. Indications sur quelques -uns des meilleurs moyens
chimiques pour reconnaître les variétés et les falsifications : Pétrole, naphte,
paraffine, etc.
COUPE et CONFECTION de vêtements de femmes
et d'enfants (Méthode de). - Travaux à aiguille usuels.
Cours de couture en blanc . Raccommodage. - Mé-
thode de TRICOT . -
Art de la coupe et de la confection
en général , par Elisa HIRTZ . 1 volume avec 154 figu-
res . 3 fr.
16 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
COTONNIER (Guide pratique de la culture du), par
SICARD. 1 volume avec figures dans le texte. 2fr.
La culture du cotonnier ne peut convenir qu'à de certaines contrées. M. Si-
card, qui l'a expérimentée avec succcès et pendant de longues années dans les
provinces du Midi et en Algérie, a publié cet ouvrage pour faire profiter le
public de l'expérience qu'il avait acquise dans la culture de cet arbrisseau.
L'ouvrage est enrichi de dessins exécutés d'après la photographie et d'une
exactitude rigoureuse.
CUBAGE et ESTIMATION DES BOIS (Voir
Bois, page 9) .
CUISINE PRATIQUE (La). Les secrets de la
Cuisine d'amateur, par M. de SAINT-JUAN. 1 volume avec
figures. En préparation.
CULTURES EXOTIQUES. Guide pratique de la
culture de la CANNE A SUCRE, du CAFIER, du CACAOYER,
suivi d'un traité de la FABRICATION DU CHOCOLAT, par
BOURGOIN D'ORLI. 1 volume . 4fr.
* CULTURE MARAICHÈRE ( Manuel pratique
de). 6º édition, augmentée d'un grand nombre de figures et
de plusieurs articles nouveaux. Ouvrage couronné d'une
médaille d'or par la Société centrale d'agriculture, d'une
grande médaille de vermeil par la Société centrale d'hor-
ticulture, par COURTOIS-GÉRARD. 1 volume avec 89 figures
dans le texte . 4 fr .
Outre les récompenses honorifiques qui viennent d'être mentionnées, l'auteur
de ce manuel a obtenu une attestation qui garantit la valeur de son travail
aux yeux du public, en même temps qu'elle constate l'exactitude de ses re-
cherches et l'utilité des notions renfermées dans son ouvrage. Cette attestation
émane de vingt-cinq jardiniers maraîchers de la ville de Paris qui , après avoir
entendu la lecture du travail de M. Courtois -Gérard , déclarent qu'ils lui donnent
toute leur approbation, comme étant conforme aux bonnes méthodes de cul-
ture en usage parmi eux,et autorisent l'auteur à le publier sous leur pa-
tronage.
Cetouvrage est officiellement recommandé pour les écoles normales, etc.
Extrait de la table des matières . - Marais pour culture de pleine terre.-
Marais pour culture de primeurs .- Analyse des terres. De l'établissement
d'un jardin maratcher.
-
Engrais et pailles. - Outillage. - Diverses opéra-
tions. La culture des porte-graines. - Destruction des insectes. Des
maladies des plantes. Calendrier du maratcher ou travaux manuels.
Vocabulaire du maraîcher .
Le cartonnage toile de chaque volume se paye 0,50 c. en plus
des prix indiqués.
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 17
MANUEL du HUIT VOLUMES
contenant
Commerce 2,400 pages avec planches
et nombreux tableaux .
FRANCO
30 francs des Boissons
( Traité du commerce des ) et autres boissons, par
V. et G. EMION . 1 volume, avec de nombreux
VINS tableaux. 2º édition .
( Traité de) . Art de faire du vin avec
toutes les substances fermentesci-
VINIFICATION bles , par L.-F. DUBIEF . 1 vol . 6º édit .
(Guide de la fabrication des) et
des boissons vineuses en général,
VINS FACTICES
VIGNERONS et des MARCHAN
suivi de l'Immense Trésor des
DS DE VIN, par
L.-F. DUBIEF . 1 volume. 4º édition .
DU VIN ( Guide pratique
pour reconnaître et cor-
FRAUDESET MALADIES riger les ) , par J. et
A. BRUN. 1 volume. 2º édition .
(Guide du) ou l'Art de faire la Bière, par
G.-J. MULDER. Traduit et annoté par
BRASSEUR L.-F. Dubief; nouvelle édition revue et
corrigée par Ch . BAYE . 1 volume.
(Traité de la fabrication des ) françaises et
étrangères, sans distillation, par L.-F. Du-
LIQUEURS BIEF . 1 volume . 8º édition.
( Guide pratique du ) , par FLEURY-
LACOSTE, suivi des Maladies de la
VIGNERON VIGNE, par SERIGNE . 1 volume .
( Traité de la Fabrication des )
EAUX GAZEUSES des boissons quis'y
et
chent, par F. MICHOTTE et
E. GUILLAUME. 1 vol. avec 21 fig. dans le texte, 14 planches.
ratta-
18 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
* DESSINATEUR ( Comment on devient un) , par
VIOLLET-LE-Duc. 1 volume, orné de 110 dessins par l'auteur
et d'un portrait de Viollet-le-Duc. 17º édition . ... 4 fr.
GUUNIOR
CROQUIS FAIT DANS LE PORT DE DIEPPE
Gravure spécimen de « Comment on devient un dessinateur. »
EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES . Notables découvertes . Comment il
est reconnu que la géométrie s'applique à plusieurs choses . Autres décou-
vertes touchant la lumière et la géométrie descriptive. Où on commence
à voir. Une leçon d'Anatomie comparée . - Opérations sur le terrain .
Cinq ans après.- Où une vocation se dessine. Douze jours dans les Alpes.
- Conclusion .
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 19
DESSIN LINÉAIRE (Guide pratique pour l'étude
du) et de son application aux professions industrielles, par
A. ORTOLAN, mécanicien chef de la marine de l'Etat, et
J. MESTA, mécanicien principal. 1 volume avec atlas de
41 planches doubles.. 4fr.
Cet ouvrage recommandable est aujourd'hui adopté dans plusieurs écoles in-
dustrielles ; on le trouve dans tous les ateliers. Un dictionnaire des termes tech
niques lui sert d'introduction. Après la nomenclature des instruments indispen-
sables à l'étude du dessin, les auteurs donnent la définition des lignes géomé-
triques : le point, la ligne droite, brisée, courbe ; arc de cercle, rayon; les
angles. Tracé des parallèles et des perpendiculaires. Construction des
angles. Figures géométriques . Des triangles. Des quadrilatères .- Tan-
gentes et sécantes à la circonférence. Angles inscrits et circonscrits å la
Dé-
circonférence .- Polygones réguliers, figures inscrites et circonscrites .
finition et construction. Mesure et divisions des lignes . Mesuredes angles.
Rapporteurs. Des solides . Du plan horizontal et du plan vertical,
des projections , des croquis , de la vis. Exécution d'un dessin d'après un cro-
quis coté et sur une échelle de convention. Exécution d'un dessin d'ensemble
avec projection de coupe. Des engrenages ou roues dentées . - De quelques
courbes et de leur tracé . Rédactionet copie d'un dessin. Dessins ombrés
au tire-ligne, du lavis, etc. , etc.
DICTIONNAIRE DES FALSIFICATIONS
(Voir Falsifications , page 23).
DICTIONNAIRE DU CONSTRUCTEUR (Voir
Constructeur, page 14) .
DICTIONNAIRE DES COSMÉTIQUES ET 1
PARFUMS ( Voir Parfumeur, page 36) .
DOUANE (Recueil abrégé des lois et règlements sur
la) , son organisation , son personnel et ses brigades,
par Eugène LELAY, capitaine des douanes. 1 volume. 4 fr.
TABLE DES MATIÈRES. Des Douanes et de leur organisation. - Attri-
butions du personnel. - Service actif ou des brigades . Lois générales
relatives au personnel.
DROIT MARITIME INTERNATIONAL ET
COMMERCIAL (Notions pratiques de), par Alph. Do-
NEAUD , professeur à l'Ecole navale. Aide-mémoire de l'offi-
cier de marine , marine militaire et marine marchande.
1 volume . 2 fr .
Extrait de la table des matières. De la mer et des fleuves. - Droit in-
ternational en temps de paix. - Droit commercial. Droit maritime interna-
tional en temps de guerre. Documents officiels . Bibliographie des princi-
paux ouvrages à consulter pour le droit des gens en général, le droit interna-
tional maritime et le droit commercial.
DYNAMITE et AGENTS EXPLOSIFS . 1 vo-
lume. En préparation .
20 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
EAUX GAZEUSES ( Traité de la Fabrication indus-
trielle des) et des boissons qui s'y rattachent, par FÉLICIEN
MICHOTTE, ingénieur des arts et manufactures, et E. GUIL-
LAUME, ingénieur civil. 1 volume avec 21 figures dans le
texte, 14 planches doubles et de nombreux tableaux. 4 fr.
y
R
C
M a
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B
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EGIRARD SC
APPAREIL A PRODUIRE DE LA GLACE
Figure spécimen du Traité des Eaux gazeuses.
Extrait de la Table des matières . - INTRODUCTION : Historique et importance
de la fabrication des eaux gazeuses .
Première Partie . ÉTUDE DES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES DES MA-
TIÈRES EMPLOYÉES DANS LA FABRICATION DES EAUX GAZEUSES . Etudes des diffé-
rentes eaих . Matières pouvant être introduites dans l'eau par les appa-
reils . - Carbonate de chaux . - Acide sulfurique .
Deuxième Partie. ÉTUDE DES APPAREILS FABRIQUANT INDUSTRIELLEMENT
L'EAU DE SELTZ . Appareils semi -continus . - Appareils continus. Appa-
reils Mondollot. Appareils , accessoires de fabrication . - Tirage double.
Récipients contenant les eaux gazeuses . Accessoires de fabrication.
Filtres .
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES 21
Troisième Partie . OBSERVATIONS TRÈS IMPORTANTES CONCERNANT LA
FABRICATION DE L'EAU DE SELTZ . ACHAT DES APPAREILS . Démarches à faire
pour l'établissement d'une fabrique d'eaux gazeuses.
Quatrième Partie . - ÉTUDE DE LA FABRICATION DES DIFFÉRENTES BOIS-
SONS DANS LESQUELLES ENTRE L'ACIDE CARBONIQUE. Préparation des alcoo-
lats . Eau de protoxyde d'azote . Eau azotée. - Eau охудénée. DES
VINS . Bières . Cidre et poiré. Gaz. Glace.
Cinquième Partie. Moteurs à gaz , à pétrole, à air, à vapeur.
ECLAIRAGE ELECTRIQUE (Manuel de montage
des appareils d') par le baron von GAISBERG , traduit de
l'allemand sur la seconde édition, par Charles BAYE . 1 vol.
avec 104 figures. 8me édition . 2 fr.
I6 b" I
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A V
ASSEMBLAGE POUR L'ALIMENTATION DE LAMPES A INCANDESCENCE PAR ACCUMULATEURS
Figure spécimen du Manuel de montage des appareils d'Éclairage électrique .
Extrait de la table des matières . Connaissances préliminaires . - Prip-
cipes et lois. Modes d'assemblage. Installation des machines. Machines
magnéto et dynamo . Dynamos à courant continu : divers modes de dispo-
sition. Montage et entretien des machines dynamo. - Lampes à arc , méca-
nisme , assemblage , régulateurs , manipulations, charbons , etc. Lampes à
incandescence : Tension nécessaire , disposition sur le circuit , monture , sus-
pensions, etc. - Appareils auxiliaires . Conducteurs accumulateurs .- Trans-
port de la force. Galvanoplastie. - Appendice.
ECOLES DE FRANCE (Les grandes), par MORTIMER
D'OCAGNE . Nouvelle édition .
SERVICES DE L'ÉTAT. 1 volume .. 4fr.
*CARRIÈRES CIVILES. 1 volume.. 4 fr.
Historique des Écoles. - Examens d'entrée.- Durée des études. - Prix de
la pension. Régime intérieur. Examens de sortie. Carrières ouvertes .
ÉCONOMIE DOMESTIQUE (Guide pratique d'),
publié sous forme de dictionnaire, contenant des notions
d'une application journalière : chauffage, éclairage, blan-
chissage , dégraissage , préparation et conservation des
substances alimentaires, boissons,liqueurs de toutes sortes,
cosmétiques, hygiène, par le docteur B. LUNEL. 1 vol. 2 fr.
22 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
ÉLECTRICIEN (L'Ingénieur). Guide pratique de la
construction et du montage de tous les appareils électri-
ques à l'usage des amateurs, ouvriers et contremaîtres élec-
triciens , par H. de GRAFFIGNY . 1 volume avec 109 figures.
7º édition .. 4 fr .
Mehe
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MOTEUR REVERSIBLE A DEUX BOBINES
Figure spécimen de L'Ingénieur électricien .
Extrait de la table des matières . Première partie. Histoire de l'élec-
tricité . Producteurs chimiques d'électricité . Piles. Accumulateurs .
Producteurs mécaniques d'électricité.-Machines électriques . - Unitéset me-
sures, appareils et étalons électriques . Moteurs pour la production de l'élec-
tricité . Câbles et conducteurs .
Deuxième partie. - Histoire de la lumière électrique. Constructions et
installations de lampes électriques . Force motrice, sonneries et allumoirs
électriques.- Electro-chimie et électro-métallurgie.-Télégraphie électrique.-
Latéléphonie.
Troisième partie. Récréations électriques .- La maison d'un électricien.
Applications domestiques . Procédés et recettes utiles, secrets d'atelier.
Revue générale et conclusion.
ÉLECTRICIEN (Guidepratiquede l'ouvrier) .1 volume.
En préparation .
ENGRENAGES ( Traité pratique du tracé et de la
construction des ), de la vis sans fin et des cames, par
F.-G. DINÉE , mécanicien de la marine, ex-élève de l'Ecole
des arts et métiers de Châlons . 1 vol. et 17 planches. 2fr .
1º Des courbes en usage dans la construction des engrenages ; 20 dimensions
des détails et de l'ensemble des engrenages ; 30 tracé des engrenages, des vis
sansfin, des cames.
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 23
ENTOMOLOGIE AGRICOLE (Guide pratique d') ,
et petit traité de la destruction des insectes nuisibles,
par H. GOBIN . 1 volume orné de 42 figures, 2º édit. 4 fr.
Ce traité, d'une lecture attrayante, possède un grand fonds de science. Il se
composede lettres familières adressées à un nouveau propriétaire rural. Tous
les insectes qui s'attaquent aux champs et à leurs produits et aux animaux y sont
passés en revue, et, ce qui est mieux encore, l'auteur a indiqué le moyen de se
débarrasser de cette engeance envahissante. Le livre est terminé par des nomen-
clatures scientifiques avec les noms français .
ÉPICERIE (Guide pratique de l'), ou Dictionnaire
des denrées indigènes et exotiques , comprenant : l'étude,
la description des objets consommables ; les moyens de
constater leurs qualités, leur nature, leur valeur réelle ; les
procédés de préparation, d'amélioration et de conservation
des denrées, etc.; contenant, en outre , la fabrication des
liqueurs, le collage des vins, etenfin les procédés de fabrica-
tion d'une foule de produits que l'on peut ajouter au com-
merce de l'épicerie, par le docteur B. LUNEL. 1 volume . 2 fr .
FALSIFICATIONS (Guide pratique pour reconnaître
les), ou Dictionnaire des falsifications des substances ali-
mentaires (aliments et boissons), contenant : ladescription
de
de l'état naturel ou normal des substances alimentaires et
leur composition chimique, les moyens de constater leur
nature, leur valeur réelle; les altérations spontanées, acci-
dentelles, qu'elles peuvent subir, et les moyens de les pré-
venir ; les altérations et falsifications qui les dénaturent,
c'est-à-dire qui en modifient l'aspect, la saveur, les pro-
priétés nutritives, et qui les rendent souvent dangereuses ;
enfin les moyens chimiques de rendre sensibles les altéra-
tions, falsifications et contrefaçons des diverses substances
alimentaires, par le docteur LUNEL. 3º édit. 1 volume. 4 fr.
FÉCULIER et de l'AMIDONNIER ( Guide pratique
du), suivi de la conversion de la fécule et de l'amidon en
dextrine sèche et liquide, en sirop de glucose, sirop de
froment, sirop impondérable; en sucre de raisin, sucre
massé, sucre granulé et cassonade, en vin, bière, cidre,
alcool et vinaigre, ainsi que leur application dans beaucoup
d'autres industries, par L.-F. DUBIEF. 3º édition. 1 volume
4 fr.
avec gravures dans le texte .
24 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
Extrait de la table des matières . Première partie. Aperçu historique.
-Des substances qui contiennent la fécule. Composition et conservation de
la pomme de terre. - Extraction de la fécule. Lavage, râpage, tamisage,
épuration, séchage, blutage. Des résidus de la pomme de terre.- Du blan-
chiment de la fécule.- Rendement de la pomme de terre en fécule. Con-
servation, vente et falsification. - Caractères et propriétés de la fécule.
Dans la deuxième partie, l'auteurdonne la description des procédés à suivre
pour fabriquer les amidons.
La troisième et dernière partie vient compléter les deux premières par les
renseignements les plus récents .
Dans cet ouvrage,l'auteur s'est appliqué à dégager son texte de toute gêne
scientifique; il a été clair et précis pour mettre son enseignement à la portée
de toutes les instructions . Pour chaque sujet, il est entré dans des développe-
ments minutieux en indiquant souvent ces tours de mains si indispensables, et
que, seule, la pratique ordinairement peut apprendre.
FER (Le). Guide pratique du métallurgiste, son histoire,
ses propriétés et ses différents procédés de fabrication,
par William FAIRBAIRN, ingénieur civil, membre de la
Société royale de Londres, correspondant de l'Institut de
France, etc. , ouvrage traduit de l'anglais, avec l'approba-
tion de l'auteur, et augmenté de notes et d'un appendice,
par M. Gustave MAURICE, ingénieur civil des mines.
4 fr.
1 volume avec 68 figures dans le texte
FERMENTS ET FERMENTATIONS . Travail-
leurs et malfaiteurs microscopiques, par I.-A. REY. 1 volume
avec figures . 4fr.
Extrait de la table des matières . -
Fermentation alcoolique. Saccharo-
myces ellipsoïdes . Ferments solubles . Le vin, la bière, le pain, l'alcool
de grain, boissons fermentées. Ferments des maladies du vin. - Fermen-
tations par oxydation, vinaigre, procédés de fabrication . Fermentation lac-
Conserves alimen-
tique, caséique, putride, butyrique.- Laitet fromages.
taires. -Microbes des maladies contagieuses. - Microbes coloristes.
FEUX D'ARTIFICE ( Voir Poudres et Salpêtres,
page 39) .
FILATURE DE LA LAINE. (Voir Laine, page 29) .
FOURRAGE (Voir Plantes fourragères, page 38).
Le cartonnage toile de chaque volume se paye 0.50 c. en plus
des prix indiqués.
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES 25
GÉOLOGUE (Manuel du), par Dana, traduit et adapté
de l'anglais par W. HOUTLET. 1 volume avec 363 figures.
3e édition . 4 fr.
TABLE DES MATIÈRES . Introduction . Géologie physiographique.
Traits généraux de la surface terrestre. Système des formes terrestres.
Géologie lithologique . Constitution des roches . Condition et structure
des masses rocheuses . Règne animal . Règne végétal. - Géologie his-
torique. Age archéen . Temps paléozoïque . Temps mésozoïque.
Temps cénozoïque . Ere de l'intelligence. Observations générales sur
l'histoire géologique . - Durée des temps géologiques . - Progrès de la vie.
Géologie dynamique . -Vie . Atmosphère. Eau. - Chaleur. Mouve-
ments dans la croûte terrestre et leurs conséquences. Appendice. - Ins-
truments de géologie . Échantillons .
COLONNES BASALTIQUES DE LA COTE D'ILA WANA
Gravure spécimen du Manuel du Géologue .
GÉOMÈTRE ARPENTEUR ( Guide pratique du),
comprenant l'arpentage, le nivellement, le levé des plans
et le partage des propriétés agricoles, avec un appendice
sur le calcul des solides ; 3º édition, entièrement refondue ,
par P.-G. Guy , ancien élève de l'Ecole polytechnique,
officier d'artillerie . 1 volume avec 183 figures . .. 4fr.
GÉOMÉTRIE ÉLÉMENTAIRE (Leçons de), par
Ch. Rozan , professeur de mathématiques. 1 volume avec
atlas de 31 planches doubles . 4fr.
En résumant les principes essentiels de la géométrie élémentaire, ceux qui
conduisent directement à la mesure des lignes, des surfaces et des corps, l'au-
teur s'est attaché surtout à faire sentir la liaison qui existe entre ces principes ,
la manière dont ils découlent les uns des autres . Il s'est donc attaché à dire
d'une seule traite tout ce qui se rattache à un même ordre de questions. Il le dit
très brièvement, pour ne pas fatiguer l'attention ou faire perdre de vue le point
de départ ; cette rapidité des démonstrations n'a cependant rien ôté à leur clarté.
26 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
HABITATIONS DES ANIMAUX * Guide pra-
tique pour le bon aménagement des), par E. GAYOT, membre
de la Société centrale d'Agriculture de France.
* Les BERGERIES ET LES PORCHERIES , les habitations
des animaux de la basse-cour, clapiers, oiselleries et co-
lombiers . 1 volume avec 65 figures . 2 fr.
Gravure spécimen de Bergerics et Porcheries.
Aucun animal ne saurait être développé dans ses facultés natives, dans ses
aptitudes propres, et produire activement dans le sens de ces dernières, si on
ne leplace dans les meilleures conditions d'alimentation, de logement, de mul-
tiplication. M. Gayot, avec l'autorité d'une longue expérience, a réuni dans ce
volume les conditions générales d'établissements et les dispositions particu-
lières aux diverses espèces d'animaux.
LesBergeries : de l'habitation en plein air, le parc des champs, le parc domes-
tique, les abris brise-vent.- DE L'HABITATION COUVERTE : conditions particulières
àl'établissement des bergeries, les portes et fenêtres, l'aération, les bâtiments,
les aménagements intérieurs, auges et râteliers. LA PORCHERIE : les con-
ditions spéciales, la construction, les portes et fenêtres, les aménagements es-
sentiels, les auges, dispositions particulières de l'ensemble. Les habitations
de la basse-cour : l'habitation du dindon, l'habitation de l'oie, la demeure du
canard, le colombier et la volière, la faisanderie, etc. , etc.
HERBORISEUR (* Manuel de l'). Comment on
devient botaniste . Clefs analytiques. - Description des
genres et des espèces, suivie d'un vocabulaire. par E.
GRIMARD. 6º édition. 1 volume 4 fr.
HYDRAULIQUE ET D'HYDROLOGIE sou-
terraine et superficielle ( Guide pratique d'), ou traité
de la science des sources, de la création des fontaines, de la
captation et de l'aménagement des eaux pour tous les
besoins agricoles et industriels, par LAFFINEUR. 1 volume
2 »
avec figures
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 27
HYGIÈNE ET DE MÉDECINE USUELLE
(Guide pratique d'), complété par le traitement du choléra
épidémique, par Victor LUNEL. 1 volume 2 fr.
Celivre ne s'adresse à aucune spécialité de lecteurs et convient à tout le
monde. Il se subdivise en hygiène privée et en hygiène publique.
HYGIÈNE DU TRAVAIL (l'), par le Dr MONIN,
avec une préface de M. YVES GUYOT, ministre des Travaux
publics. 1 volume . 4 fr.
Table des matières . La santé dans le travail. - L'hygiène de l'ouvrier .
Questions sociales et philanthropiques. Les accidents du travail. Poisons
industriels : le saturnisme. Le phosphorisme . L'empoisonnement par le
cuivre. L'arsenicisme. L'empoisonnement par le mercure. Les dangers
du gaz d'éclairage . Mines et mineurs . Industries métalliques . Profes-
sions à poussières : le bâtiment. Industries des tissus et vêtements.
Matelassiers , brossiers, chapeliers , chiffonniers. Industries du verre, cellu-
loïde, caoutchouc, explosifs . Tanneurs , boyaudiers , mégissiers . Che-
mins de fer, ballons, électricité , photographie, Industries féminines :
blanchisseuses , fleuristes, article de Paris. Industries alimentaires.- Le cui-
sinier. Coiffeurs et perruquiers . - Typographes . L'hygiène au théâtre.
L'hygiène et l'église. Artistes et gens de lettres. La crampe des écrivains
et le doigt à ressort. L'hygiène du chanteur. L'hygiène du soldat.
INGÉNIEUR ÉLECTRICIEN (Voir Électricien,
page 22) .
INSECTES NUISIBLES ( Voir Entomologie,
page 23).
INTRODUCTION A L'ÉTUDE DES BEAUX-
ARTS, par CARTERON . 1 volume. - En préparation .
EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES . - La Peinture . Étude pratique et rai-
sonnée du dessin.
Genres différents de la Peinture. Peinture d'histoire et peinture reli-
gieuse. - Peinture de genre. Portrait. Paysage.
Histoiré de la Peinture et aperçu des différentes écoles. Sculpture et
statuaire . Histoire de la sculpture. L'Architecture . Les Artistes .
INTRODUCTION A L'ÉTUDE DE LA CHI-
MIE (Voir Chimie, page 13) .
INTRODUCTION A L'ÉTUDE DE LA PHY-
SIQUE (Voir Physique, page 36).
JAPON PRATIQUE ( Le ) , par F. REGAMEY.
1 volume illustré de nombreux dessins de l'auteur . -
En préparation .
28 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
*JARDINAGE ( Manuel pratique de), contenant la
manière de cultiver soi-même un jardin ou d'en diriger la
culture . 10º édition, par CouRTOIS-GÉRARD, marchand grai-
nier , horticulteur. 1 volume avec 1 planche et de nom-
breuses figures dans le texte 4 fr.
POIRIERS EN PALMETTES
Gravure spécimen du Manuel de jardinage.
Nous renvoyons à la note accompagnant le Manuel de culture maraîchère,
pour les titres de M. Courtois-Gérard , à la confiance publique, Dans le Manuel
de jardinage, les jardiniers de profession trouveront des conseils, des détails
nouveaux et des renseignements pratiques qu'ils peuvent ignorer ; le proprié-
taire et l'amateur de jardin y puiseront des instructions précises et claires qui
leur éviteront toute espèce de méprises et d'erreurs .
Sommaire des principaux chapitres :
Dispositions générales d'un jardin potager.-Calendrier. - Travaux de chaque
mois. Les outils . Les défoncements . Les fumiers . Les arrosements .
Les couches . Semis. Repiquages . - Marcottes . Boutures. -De la
greffe. De la conservation des plantes .- Les maladies des plantes potagères .
-La culture des arbres fruitiers . - La culture des arbres d'agrément. - Des-
truction des animaux nuisibles, etc.
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 29
JOAILLIER ( Guide pratique du) , ou Traité com-
pletdes pierres précieuses, leur étude chimique et miné-
ralogique, les moyens de les reconnaître sûrement, leur
valeur approximative et raisonnée, leur emploi, la des-
cription des plus extraordinaires des chefs-d'œuvre anciens
et modernes auxquels elles ont concouru, par CH. BARBOT,
ancien joaillier, inventeur du procédé de décoloration du
diamant brut, membre de plusieurs sociétés savantes .
1 vol. avec 3 planches renfermant 178 figures repré-
sentant les diamants les plus célèbres de l'Inde, du
Brésil et de l'Europe, bruts et taillés, et les dimensions
•exactes des brillants et roses en rapport avec leur poids,
depuis un carat jusqu'à cent carats. Nouvelle édition,
revue, corrigée et annotée par CH. BAYE. 1 vol .. 4fr.
LAINE peignée, cardée, peignée et cardée ( Traitépra-
tique de la), contenant : 1re partie, mécanique pratique,
formules et calculs appliqués à la filature ; 2ª partie, fila-
ture de la laine peignée, cardée peignée, sur la Mull-
Jenny; 3º partie, filage anglais et français sur continu ;
4º partie, laine cardée, par Charles LEROUX , ingénieur
mécanicien, directeur de filature. 1 volume avec 32 figures
dans le texte et 4 planches . 15 fr.
Extrait de la table des matières . Choix d'un moteur. - Transmissions .
Arbres de couche . Courroies. Poulies. Engrenages . Frottements .
Force des moteurs . -Leviers . Fabrication . - Triage des laines. Carac-
tères des laines . Main-d'œuvre du triage. Battage. Nettoyage des laines .
Dessuintage. - Dégraissage. Graissage des laines. Disposition méca-
nique d'un assortiment de cardes. Aiguisement des garnitures. Bourrage
des garnitures.- Cardages . - Passage au Gill-Box. Lissage et dégraissage
des rubans.- Peignage des laines. Préparation des laines pour filage fran-
çais . Les différents passages.- Filage français sur Mull-Jenny.
* LAPINS ( Guide pratique de l'éducateur des ) , ou
Traité de la race cuniculine, avec l'Art de mégisser leurs
peaux et d'en confectionner des fourrures, suivi du guide
pratique de l'éducation lucrative des OIES et des CA-
NARDS, par MARIOT-DIDIEUX. 3ª édition. 1 volume. 4 fr.
LÉGISLATION PRATIQUE (* Premiers prin-
cipes de), appliquée au Commerce, à l'Industrie et à l'Agri-
culture, par Maurice BLOCK. 2e édition. 1 volume.. 4 fr.
1
30 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
LIQUEURS ( Traité de la fabrication des) françaises
et étrangères, sans distillation. 8° édition, augmentée de
développements plus étendus, denouvelles recettes pour la
fabrication des liqueurs, du kirsch, du rhum, du bitter, la
préparation et labonification des eaux-de-vie et l'imita-
tion de celles de Cognac, de différentes provenances, de
la fabrication des sirops, etc., etc. , par L.-F. DUBIEF,
chimiste œnologue. 1 volume. 4fr.
Ce traité est formulé en termes clairs et familiers ; la personne la moins
expérimentée dans l'art du distillateur, qui en lira attentivement les préceptes,
pourra, sans aucun guide, devenir un bon fabricant après quelques essais.
Sommaire de quelques chapitres . De la composition des liqueurs.
Quantités d'alcool, de sucre et d'eau, pour les différentes classes de liqueurs.-
Desteintures aromatiques. Des infusions. De la coloration des liqueurs.
Du mélange. - Du perfectionnement des liqueurs par le tranchage. Du
collage des liqueurs. De la filtration. De la conservation des liqueurs.
Règle générale pour bien opérer la fabrication des liqueurs. - Considérations
à observer. Des spiritueux aromatiques non sucrés. - Emploi des écumes
et des eaux provenant du lavage des filtres.- Formules et préparations des
sirops. De l'alcool . Du coupage ou mouillage des alcools. Des eaux-
de -vie. -Opérations d'eaux-de-vie à tous les titres avec les alcools d'indus-
trie. Résumé pour les liqueurs , les eaux-de-vie et les alcools.-Appendice.
- L'auteur termine cet ouvrage par une liste des principaux marchés des
eaux-de-vie, esprits, etc.
LIQUORISTE DES DAMES (Le), ou l'art depré-
parer en quelques instants toutes sortes de liqueurs de
table et des parfums de toilette avec toutes les fleurs culti-
vées dans les jardins, suivi de procédés très simples et
expérimentés pour mettre les fruits à l'eau-de-vie, faire
des liqueurs et des ratafias, des vins de dessert, mousseux
et non mousseux, des sirops rafraîchissants, etc., par
L.-F. DUBIEF . 1 volume avec figures dans le texte. 2 fr.
* MAÇONNERIE.- Guide pratique du Constructeur,
par A. DEMANET, lieutenant-colonel honoraire du génie,
membre de l'Académie royale de Belgique, etc. 1 volume
avec tableaux, accompagné de 20 planches doubles ren-
fermant 137 figures 1 volume. 4 fr.
Ce guide, écrit par M. Demanet, qui a professé un cours de construction à
l'Ecole militaire de Bruxelles, emprunte une grande autorité à l'expérience et
à la position qu'occupait l'auteur. Les 20 planches qui accompagnent le texte
sont gravées avec une grande exactitude.
Extrait de la table des matières . Des tracés . Des mortiers et mastics.
Des appareils .- De l'exécution des maçonneries . - Échafaudageset cin-
tres. Outils et appareils. Décintrements , charges, jointoiement. Des
épaisseurs à donner aux maçonneries. Évaluations des travaux de maçon-
nerie. Travaux divers . Travaux d'entretien et de restauration. De
l'organisation des chantiers, etc.
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Gravure spécimen de Comment on construit une maison ( LE TAS ).
32 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
* MAISON ( Comment on construit une ), par VIOLLET-
LE-DUC. 1 volume avec 62 dessins par l'auteur. 14º édi-
tion. 4 fr.
Extrait de la table des matières . Plantations de la maison et opérations
sur le terrain. La construction en élévation. - La visite au chantier . -
L'étude des escaliers . Ce que c'est que l'architecture . Etudes théori-
ques. La charpente. La fumisterie . La menuiserie. La couverture
et la plomberie . L'inauguration de la maison .
MARÉCHALERIE-FERRURE . 1 volume . -En
préparation.
MATIÈRES INDUSTRIELLES (Guide pratique
pour l'essai des), d'un emploi courant dans les usines, les
chemins de fer, les bâtiments, la marine, etc. , à l'usage des
ingénieurs, manufacturiers, architectes , officiers de ma-
rine, etc. , par Jules GAUDRY, chef du laboratoire des
essais au chemin de fer de l'Est. 1 volume avec 37 figures
et nombreux tableaux . 4 fr.
SOMMAIRE DES PRINCIPAUX CHAPITRES .. PREMIÈRE PARTIE . Principes généraux
de l'essai chimique. - I. Composition et décomposition des corps. II. Prin-
cipes fondamentaux de l'analyse. - III. Manipulations chimiques. - IV. Marche
de l'analyse. DEUXIÈME PARTIE. Méthode d'essai des principales substances
d'emploi courant. TROISIÈME PARTIE. Tableaux : Tableau A. Des princi-
paux corps simples. B. Division des bases en cinq groupes. C. Division des
acides en trois groupes. -D. Décomposition de l'eau par les métaux.- E. Ana-
lyse de l'eau. - F. États des incinérations.-G. Degré oléométrique des huiles.
- H. Tableau comparatif des principaux métaux industriels .- Appareils divers
pour les essais.
MÉCANICIEN ( Guide de l'ouvrier), par J.-A.
ORTOLAN , mécanicien en chef de la flotte, officier de la Lé-
gion d'honneur et de l'Instruction publique, avec la colla-
boration de MM. Bonnefoy , Cochez , Dinée , Gibert ,
Guipont, Juhel, anciens élèves des Écoles d'arts et métiers,
cinquième édition, revue et notablement augmentée, com-
prenant 3 volumes et 62 planches. Chaque volume,
séparément : 4 fr.; l'ouvrage complet 12 fr .
La table sommaire des parties comprises dans chacun des volumes permet
d'apprécier l'importance relative donnée aux questions présentées en vue de
l'application immédiate.
Les nouvelles questions traitées dans cette quatrième édition concernent prin-
cipalement les machines motrices admises par la pratique dans ces derniers
temps; les combustibles usuels dont fait usage l'industrie moderne ; les essais,
la conduite, l'entretien des appareils mécaniques et des générateurs de vapeur,
et les obligations des constructeurs et des propriétaires de ces appareils. Des
tables numériques pour la solution immédiate du calcul de certains mécanismes
et du calcul des agents de force mécanique ont été ou étendus ou annexés aux
parties spéciales.
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 33
Mécanique élémentaire. 1 volume avec figure et 11 plan-
ches 4 fr .
PREMIÈRE PARTIE. Arithmétique. Numération . - Premières règles.
Fractions . Système décimal . Carrés, cubes . - Racines carrées, racines cu-
biques. Règles d'intérêt, de mélange et d'alliage. Algèbre pratique :
Équations algébriques . Géométrie pratique. Tracés géométriques .
Mesure et division des lignes et des angles . Solides . Mesures des surfaces
et des volumes . - Lignes trigonométriques .- Annexe : Système métrique.-
DEUXIÈME PARTIE .- Mécanique élémentaire, forces , frottements . - Principe
des machines . Chute, poids, densité des corps. Forces. Composition
des forces. - Centre de gravité. Travail des forces et sa mesure. Équi-
libre des machines simples . Frottements et glissements. - Origine des forces
produisant le mouvement dans les machines. Des machines en général.
NA
2 2
.
Figure spécimen du Guide de l'Ouvrier mécanicien .
Mécanique de l'atelier. 1 volume avec 34 figures et
26 planches .. 4 fr.
TROISIÈME PARTIE . - Transmissions et transformations de mouvement.
QUATRIÈME PARTIE . - Résistance des matériaux : Effort de traction. Effort
de compression. Force de flexion. Résistance au cisaillement.
-
Résis-
tance à la torsion.- Épaisseur des murs.- Pans de bois, planchers et combles.
34 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
CINQUIÈME PARTIE. Machines motrices à air et hydrauliques . Machines à
presser. Moulins à vent. Machines souftlantes. Scieries. Appareils
et machines à élever l'eau . Pompes élévatoires. Machines motrices
hydrauliques. - Roues à aubes planes, à aubes [Link]
- Roues.
àRoues
augets.à
Roues pendantes, Turbines . Roues à niveau
admission intérieure. Résultats pratiques des divers systèmes de roues
hydrauliques. Presses hydrauliques. Pressoirs .
Principes et pratique de la machine à vapeur. 1 volume
avec 36 figures et 25 planches 4 fr.
SIXIÈME PARTIE, - Formation de la vapeur. Chaudières: De la chaleur.
De la vapeur. Condensation. Chaudières à vapeur. Dimensions .
Consommation d'eau et de combustible. Données sur l'établissement des
détails des chaudières .
SEPTIÈME PARTIE. - Machines motrices à vapeur, à gaz : Calcul de la puis-
sance et dimensions des pièces principales des machines à vapeur. Appré-
ciation des divers systèmes de machines . Principaux types de machines à
vapeur admis dans la pratique de 1869 à 1887 .
Annexes : Généralités sur les nouvelles chaudières à vapeur. Principes
élémentaires de la combustion. Vocabulaire des éléments et des produits
divers de la combustion. - Combustibles usuels . - Essais et mise en service
des chaudières . Essais des machines. Matières employées au service des
moteurs à vapeur. Décret sur l'établissement des machines à vapeur.
MÉDECINE USUELLE (Voir Hygiène et Méde-
cine usuelle, page 27) .
MÉTÉOROLOGIE AGRICOLE (Manuel de) ap-
pliquée aux travaux des champs, à la physiologie végétale
et à la prévision du temps, par F. CANU, météorologiste-
publiciste et Albert LARBALÉTRIER, diplômé de l'Ecole de
Grignon, sous-directeur à la ferme-école de la Pilletière.
1 volume avec 3 figures et de nombreux tableaux. 2fr.
Extrait de la table des matières : Notions préliminaires. Chaleur : Action
de la chaleur sur le sol, échauffement, desséchement , action de la chaleur sur
la plante, évolution, action physique . - Lumière : Production de la chloro-
phylle, assimilation, transpiration, lumière du sol. - Humidité de l'air.
Brouillard et rosée. Pluie. Froid. Gelées . Neige. Vents.
Électricité. Grele. - Les éléments de l'air et le sédiment. Instructions
météorologiques . Prévision du temps : Prévision à longue et à courte
échéance, prévisions des gelées nocturnes. Tableaux divers .
MÉTIERS MANUELS (Le livre des), répertoire des
procédés industriels, tours de main et ficelles d'atelier,
recettes nouvelles et inédites , méthodes abréviatives de
travail recueillies en vue de permettre aux amateurs,
manufacturiers, ouvriers des petites villes et des campa-
gnes d'exécuter aussi bien que les ouvriers spécialistes de
Paris tous les travaux usuels d'une utilité journalière, par
J.-P. HOUZÉ. 1 volume avec 5 planches hors texte com-
prenant 57 dessins techniques . 4 fr.
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES 35
MINÉRALOGIE APPLIQUÉE (Guide pratique
de) , histoire naturelle inorganique ou connaissance des
combustibles minéraux, des pierres précieuses, des maté-
riaux de construction, des argiles céramiques, des minerais
de fer, de cuivre, de zinc, de plomb, d'étain, de mercure,
d'argent,d'antimoine, d'or, de platine, etc., par A.-F. No-
GUÉS, professeur de sciences physiques et naturelles.
PREMIERE PARTIE . Propriétés générales des minéraux,
cristallogie , cristallographie, cristallogénie. Caractères
physiques, chimiques, géologiques des minéraux. -Clas-
sification. 1 volume avec 124 figurės 4 fr.
DEUXIÈME PARTIE . - Description des espèces minérales,
géogénides, métallacides, métallopsides, métallolithes .
Table analytique. 1 volume avec 124 figures . 4 fr.
Cet ouvrage a été écrit principalement pour les personnes qui désirent ac-
quérir des notions justes, pratiques et usuelles sur les minerais et les minéraux
employés dans les arts et l'industrie. Les étudiants qui suivent les cours des
Facultés, des Ecoles spéciales et industrielles, les ingénieurs, les élèves des
Écoles des mines, les mineurs, les agriculteurs , les amateurs et les gens du
monde qui voudront acquérir des connaissances pratiques en minéralogie, le
consulteront avec fruit.
OCTROIS ( Nouveau manuel des) , par E. LAFFOLAY,
inspecteur de l'octroi en retraite. 1 volume avec ta-
bleaux • 4 fr.
Observations concernant la rédaction des procès-verbaux. - Formulaire pour
la rédaction des procès-verbaux les plus usuels en matière d'octroi, en ma-
tière de contributions indirectes et d'octroi et en matière de contributions
indirectes inclusivement.
OFFICIER ( Comment on devient) , par Félix JUVEN,
officier d'administration, adjoint du service des hôpitaux,
licencié en droit, officier d'académie. 1 volume. 4 fr.
Historique du recrutement. Les Écoles . Officiers ne passant pas par
les Ecoles. Ce que peut devenir un officier. - Officiers de la réserve et de
l'armée territoriale . Vie de l'officier. Recrutement des officiers de marine .
OIES et CANARDS (Voir Lapins , page 29) .
OUVRIER ÉLECTRICIEN En préparation .
OUVRIER MECANICIEN ( Voir page 32) .
PAPIER et du CARTON ( Guide pratique de la fabri-
cation du), par A. PROUTEAUX, ingénieur civil, ancien élève
de l'Ecole centrale des arts et manufactures, ancien directeur
depapeterie. Nouvelle édition. 1 volume avec 8 planches. 4fr.
36 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES. Historique. Matières premières .
Fabrication : triage, délissage, blutage, lavage et lessivage, défilage, égouttage,
blanchiment, raffinage, collage, matières colorantes, travail de la machine à
papier, de l'apprêt. Fabrication du papier à la cuve ou à la main. Classi-
fication des papiers.- Diverses substances propres à la fabrication du papier.
-Papier de paille, papier de bois, papier d'alfa. - Papiers spéciaux. Ana-
lyse chimique des matières employées en papeterie. Matériel d'une papeterie.
Prix de revient, personnel, administration d'une papeterie. Fabrication
du carton. Fabrication du papier en Chine et au Japon. Considérations
économiques . - Principaux brevets d'invention français relatifs à l'industrie du
papier.- Prix des appareils et des principales matières employées en papeterie.
PARFUMEUR (Guide pratique du), dictionnaire rai-
sonné des cosmétiques et parfums, contenant : la descrip-
tiondes substances employées en parfumerie, les altérations
ou falsifications qui peuvent les dénaturer, etc., les formules
de plus de 500 préparations cosmétiques, huiles parfu-
mées, poudres dentifrices dilatoires, eaux diverses, extraits,
eaux distillées, essences, teintures, infusions, esprits aro-
matiques, vinaigres et savons de toilette, pastilles, crèmes,
etc. , par le docteur B. LUNEL. 1 volume rédigé sous forme
de dictionnaire avec un appendice. 2e édition 4fr.
PERSPECTIVE (Théorie pratique de la). Étude à
l'usage des artistes peintres, des élèves des Ecoles des
beaux-arts, des Ecoles industrielles, par V. PELLEGRIN,
peintre. 1 volume avec 42 figures et [Link] ... 2 fr .
PHYSIQUE ( * Introduction à l'étude de la) , par Louis
DU TEMPLE , capitaine de frégate en retraite. 1 volume
avec 146 figures, 2e édition . 4fr.
SOMMAIRE DES PRINCIPAUX CHAPITRES . Quelques définitions de chimie : Élé-
ments qui entrent dans la composition des corps.-Nomenclature chimique.
Introduction . - La Force : Pesanteur. Actions moléculaires. Calorique et
Chaleur : Température. Mode de propagation de la chaleur. - Changement
d'état des corps par la chaleur. Lumière. Réflexion de la lumière, - Ré-
fraction. Décomposition et recomposition de la lumière. Applications di-
verses des phénomènes de la lumière. Lunettes . Sons. - Propagation. -
Réflexion. Vibration. Électricité . Électro-Magnétisme. Electro-
Chimie.
PHOTOGRAPHE (L'étudiant) , traité pratique de
photographie à l'usage des amateurs, avec les procédés de
MM. Čiviale, Bacot, Cavelier, Robert, par A. CHEVALIER.
1 volume avec 68 figures .. 2 fr .
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 37
PIERRES PRECIEUSES ( Voir Joaillier, page 29).
PISCICULTURE et AQUICULTURE FLU-
VIALES ( Manuel de) , appliqué au repeuplement des
cours d'eau et à l'élevage en eaux fermées , par Albert
LARBALÉTRIER , diplômé de l'École d'agriculture de Gri-
gnon , ancien élève libre de l'Institut national agrono-
mique , ex-professeur de pisciculture , etc. 1 volume avec
figures et tableaux. 4 fr.
AUGE D'INCUBATION A COURANT CONTINU
Figure spécimen du Manuel de Pisciculture.
EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES . Pisciculture d'eau douce. - Notions
préliminaires. PREMIÈRE PARTIE Les Poissons. Considérations générales.
Organisation des poissons . Classification des poissons . Description des
ordres de poissons . Nature des eaux douces . Description, mœurs et genre
de vie des principales espèces de poissons. - DEUXIÈME PARTIE : Les procédés
de multiplication et d'élevage. La Pisciculture naturelle : les Étangs, amé-
nagement des cours d'eau. La Pisciculture artificielle : Acclimatation des
poissons , Fécondations artificielles , Incubation et éclosion, Alevinage et éle-
vage, transport des œufs et des poissons , Frayères artificielles, Ennemis des
Poissons . TROISIÈME PARTIE : Pêche en eau douce et législation . Pêche à
la ligne, Pêche au filet. Législation : Lois et règlements , Historique et con-
sidérations générales . QUATRIÈME PARTIE : Culture spéciale des Crustacés et
Annélides d'eau douce . - Ecrevisses, Sangsues .
38 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
PLANTES FOURRAGÈRES (Guide pratique pour
la culture des) . Première partie : Prairies naturelles ,
Pâturages . Deuxième partie : Prairies artificielles ,
Plantes, Racines . Par A. GOBIN, ancien élève de l'Ecole
de Grand-Jouan, ancien directeur de la colonie péniten-
tiaire du Val-d'Yèvres (Cher). 1 volume avec de nom-
breuses figures . 4fr.
SEMOIR A BROUETTE ET A CUILLERS '
Figure spécimen des Plantes fourragères .
Les fourrages sont la base de toute culture, et il est admis aujourd'hui , par
tous les agriculteurs intelligents, que pour avoir du blé il faut faire des prés .
M. Gobin, guidé par sa grande expérience, a voulu rédiger un guide tout pra-
tique indiquant tout ce qui doit être observé pour obtenir les meilleurs résul-
tats et éviter les dépenses inutiles : mais, comme il le dit dans sa préface, si
le titre même de son livre lui a fait une loi de se restreindre à la culture
des plantes fourragères et de s'abstenir de considérations scientifiques inutiles
au but qu'il poursuit, il ne s'est pas interdit les applications pratiques des scien-
ces, entantqu'elles se rapportent à l'explication des phénomènes ou à l'amélio-
ration des méthodes de culture. • C'est là, en effet, dit-il, ce que nous enten-
dons par la pratique, et non point seulement la routine manuelle, qui consiste à
savoir tenir les mancherons de la charrue, charger une voiture de gerbes ou
manier la faux, celle-ci suffit à un ouvrier, celle-là est nécessaire au moindre
cultivateur intelligent ..
Ce Guide peut être considéré comme le résumé des leçons professées avec
tant de succès par M. Gobin à l'Ecole de Grignon .
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES 39
PONTS ET CHAUSSÉES et de l'Agent voyer
(Guide pratique du Conducteur des). Principes de l'art de
l'ingénieur, comprenant : plans et nivellements, routes et
chemins, ponts et aqueducs, travaux de construction en
général et devis, par F. BIROT, ingénieur civil, ancien
conducteur des ponts et chaussées. édition, revue et
augmentée .
Première partie. - ROUTES . -
1volume accompagné
de 12 planches doubles, contenant 99 figures . 4fr.
Deuxième partie. PONTS . -
1 volume accompagné
de 8 planches doubles, contenant 44 figures . 4fr.
Nous allons donner un extrait de la table des matières de ces volumes,
devenus le vade-mecum des agents des ponts et chaussées .
Première partie. Chap. Ier. Tracé et mesure des lignes. Arpentage
proprement dit. Mesure des angles. Levé à l'échelle. Instruments. Chap. II.
Objets du nivellement. Niveaux de différents systèmes. Stadia. Chap. III.
Classification des routes. Projets. De la forme générale des routes. Tracé des
courbes . Tables diverses. - Chap . IV. Construction des chaussées. Entretien
des routes. Déblais et remblais .
Deuxième partie. Chap . I. Ponts et aqueducs. Ponceaux. Murs de soutè-
nement. Parapets. Voûtes biaises. Sondages. Pieux. Pilotis. Palplanches. Enro-
chements . Chap. II. Des cintres et des ponts en charpente. - Chap . III.
Etudes des matériaux employés dans les constructions. Chap. IV.. Du mé-
trage et du devis. Avant-métré d'un aqueduc, d'un ponceau, etc.
L'auteur a terminé par le programme d'admission pour l'emploi de con-
ducteur.
PORCHERIES ( Voir Habitations des animaux,
-page 26).
POTASSES (Guide pratique pour reconnaître etpour dé-
terminer le titre véritable et la valeur commerciale des) , des
SOUDES , des CENDRES, des ACIDES et des MANGANÉSES,
avec neuf tablesde déterminations, traduit de l'allemandpar
le docteur G.-W. BICHON, ancien élève de M. Liebig.
Nouvelle édition, augmentée de notes, tables et documents.
par R. FRÉSÉNIUS et le Dr WILL. 1 volume avec
figures 2 fr .
POUDRES ET SALPÊTRES ( Guide pratique de
la fabrication des), avec un appendice par le major STEERK
sur les feux d'artifice, par M. SPILT. 1 volume . 4 fr.
Dès les premières lignes de ce livre, on s'aperçoit que l'auteur est un homme
compétentdans la matière qu'il traite, et qu'à l'étude dans le laboratoire, le
major Steerk a joint l'expérience en grand. Dans ses données, tout est rigoureu-
sement exact, et on peut accepter l'auteur comme guide, sans craindre de se
tromper.
40 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
L'appendice sur les feux d'artifice résume en quelques pages les notions néces-
saires pour la confection de ces feux.
Sommaire des chapitres. Première partie : Soufre, salpêtre, bois.
Charbon carbonisation par distillation, par vapeur, analyses des charbons.
Poudres: poudres de guerre, poudres de mine, poudres du commerce extérieur
et poudres de chasse.- Epreuves. Combustion des poudres, dosages, ana-
lyses.
Deuxième partie : Feux d'artifice . Historique, matières premières, pro-
duits chimiques, outils, cartonnages , cartouches, feux qui produisent leur effet
sur le sol, feux qui le produisent dans l'air, sur l'eau, etc., feux de salon, feux
de théâtre . Confection des principales pièces d'artifice.
POULES (Éducation lucrative des), ou traité raisonné
de gallinoculture, par MARIOT-DIDIEUX, vétérinaire en
premier aux remontes de l'armée, membre et lauréat de
plusieurs Sociétés savantes. Nouvelle édition. 1 vol. 4 fr.
L'éducation, la multiplication et l'amélioration des animaux qui peuplent
les basses-cours ont fait depuis une quinzaine d'années de notables progrès .
Répondant à un besoin de l'économie domestique, l'auteur de ce guide pra-
tique a voulu faire un traité complet de gallinoculture dans lequel, après
des considérations historiques , anatomiques et physiologiques sur les poules,
il décrit les caractères physiques et moraux de quarante-deux races, apprend
à faire un choix parmi ces races si diverses et indique les moyens de conser-
vation et de multiplication des individus. Des chapitres spéciaux sont consa-
crés aux maladies, à la pharmacie gallinée, à la statistique des poules et des
œufs de la France, etc.
Les ouvrages de M. Mariot-Didieux sont au premier rang parmi ceux qui
enrichissent notre bibliothèque. Aussi voulons-nous, pour en mieux faire res-
sortir le mérite, donner ici le sommaire des principaux chapitres :
Gallinoculture. De la poule, son antiquité, son utilité, expositions, con-
cours, anatomie, considérations physiologiques, des sensations, voix du coq,
voix de la poule. Choix des races . - Signes extérieurs de la ponte. -
Considérations sur les races de poules, Races françaises, hollandaises, bel-
ges, anglaises, espagnoles, italiennes, prussiennes.- Races asiatiques, indiennes,
japonaises, indo-chinoises. Races syriennes, africaines, américaines. Races
de l'Océanie. Du croisement des races.- Dépenses et produits de la poule.
Du poulailler, de la cour, des œufs. Moyens de reculer, d'augmenter ou d'a-
vancer la ponte. - Fécondation du coq. Castration ou chaponnage des coqs .
- De l'incubation. Elevage des poulets . Maladies des poules. De la
saignée. Pharmacie. Vente des produits, etc.
PRAIRIES naturelles et artificielles ( Voir Plantes
fourragères , page 38) .
ROSEAU (Voir Saule, page 41) .
ROUES HYDRAULIQUES ( Traité de la construc-
tion des), contenant tous les systèmes de roues en usage,
les renseignements pratiques sur les dimensions à adopter
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES 41
pour les arbres tournants , les tourillons, les bras de roues
hydrauliques , etc., etc. , par Jules LAFFINEUR. 1 volume
avec de nombreux tableaux et 8 planches 2 fr.
L'auteur démontre dans sa préface que le perfectionnement des machines
-motrices des usines est à la fois une nécessité d'intérêt général et privé. Dans
son ouvrage, il recherche et il définit les principales conditions à remplir sous
ce rapport, et il donne ensuite tous les détails relatifs à la construction des
roues hydrauliques dans les meilleures conditions possibles.
Fidèle à la méthode qui lui est propre, M. Laffineur s'est surtout attaché à
se faire comprendre par la simplicité des termes employés et par les nombreux
exemples qu'il donne.
Lesplanches sont d'une grande netteté ; elles représentent tous les systèmes
de roues en usage, roues à palettes, roues pendantes, roues en dessous et à
aubes courbes , roues à augets, roues horizontales, roues à niveau constant,
frein dynamométrique, etc.
ROUTES (Voir Ponts et Chaussées, page 39) .
SALPÊTRES (Voir Poudres, page 39).
SAULE (Guide pratique de la culture du) et de son
emploi en agriculture, notamment dans la création des
oseraies et des saussaies, avec un appendice sur la culture
du roseau, par M.-J. KOLTZ, chevalier de l'ordre R. G. D.
de la Couronne de chêne, agent des eaux et forêts, etc.
1 volume avec 35 figures dans le texte 2 fr.
Ce travail a pour objetde faire ressortir les avantages que procure la culture
du saule dans les terrains qui lui conviennent, et qui, le plus souvent, ne
peuvent être rendus productifs qu'à l'aide de cette essence ; M. Koltz donne
donc le moyen de mettre en produit des terrains vagues. Dans certains parages, le
roseau commun forme le complément obligé de l'osier ; l'appendice que M. Koltz
a consacré à cette plante renferme des détails intéressants, surtout pour les
propriétaires de terrains aujourd'hui tout à fait improductifs.
SCIENCES PHYSIQUES (Éléments des), appli-
quées à l'agriculture ; ouvrage divisé en deux parties, par
A.-F. POURIAU, docteur ès sciences, ancien élève de l'Ecole
centrale, professeur à l'Ecole d'agriculture de Grignon.
Chaque partie se vend séparément.
Première partie . CHIMIE INORGANIQUE , suivie de
l'étude des marnes, des eaux, et d'une méthode générale
pour reconnaître la nature d'un des composés minéraux
intéressant l'agriculture ou la médecine vétérinaire. 1 vo-
lume avec 153 figures dans le texte et tableaux. 4 fr.
42 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
Deuxième partie. CHIMIE ORGANIQUE , comprenant
l'étude des éléments constitutifs des végétaux et des
animaux, des notions de physiologie végétale et animale,
l'alimentation du bétail, laproduction du fumier. 1 volume
4fr.
avec 65 figures dans le texte et tableaux .
Figure spécimen des Éléments des sciences physiques.
Les ouvrages do M. Pouriau sont promptement devenus classiques et ils
sont en même temps consultés avec fruit par tous les agriculteurs, les pro-
priétaires, les gentilshommes-fermiers et par tous les gens d'étude et les gens
du monde. Pour cette dernière classe de lecteurs, nous citerons le passage de
la préface qui indique que cet ouvrage a été en partie rédigé à leur intention :
Mais, d'autre part, je conseille aux gens du monde, que de semblables dé-
tails ne peuvent que médiocrement intéresser, de laisser de côté ces paragraphes,
pour reporter leur attention sur les autres chapitres.
Enfin, toujours guidé par le désir de satisfaire aux besoins de chaque classe
de lecteurs, j'ai indiqué, en note et séparément, la préparation des principaux
corps étudiés , parce que cette branche du cours ne saurait être utile qu'à ceux
en position de faire quelques manipulations.
Si les amis de la science agricole me prouvent, par un accueil bienveillant
fait à mon livre, que j'ai suivi la bonne voie, je leur en témoignerai ma recon-
naissance en leur offrant successivement les autres parties de mon enseignement.
SERRURERIE (Nouveaux Barèmes de) , par E.
ROULAND , 1 volume 4 fr.
EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES . Balcons en barreaux de fer rond avec
ou sans ornements , en barreaux de fer plats, en barreaux de fer carré.
Grilles fixes en barreaux de fer rond avec ou sans petits barreaux, avec ou
saus ornements.- Grilles ouvrantes à deux vantaux avec ou sans petits barreaux,
avec ou sans ornements . Portes à un vantail et à deux vantaux en fer à T
avec panneaux tôle. Poids des fers, fers plats, carrés, ronds, Tet cornières
double T. Poids des tóles .
INDUSTRIELLES , COMMERCIALES ET AGRICOLES 43
SOUDES (Voir Potasses, page 39) .
SUCRES (Guide pour l'essai et l'analyse des) , indigènes
et exotiques, à l'usage des fabricants de sucre. Résultats
de 200 analyses de sucres classés d'après leur nuance, par
E. MONIER, ingénieur chimiste, ancien élève de l'Ecole
centrale des Arts et Manufactures . 1 volume avec figures
dans le texte et tableaux 2 fr .
SUCRE ( Culture de la canne à ) . Voir Cultures exo-
tiques, page 16).
TEINTURIER (Guide du), Manuel complet des con-
naissances chimiques indispensables à la pratique de la
teinture, par Frédéric FOL, chimiste. Nouvelle édition .
1 volume avec 91 figures dans le texte. 4 fr .
En publiant cet ouvrage, l'auteur s'est proposé de répandre dans la popula-
tion ouvrière qui s'occupe des travaux de teinture, les connaissances nécessaires
des sciences sur lesquelles est basée cette industrie.
TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE (Guide pratique
de), ou Vade-mecum pratique à l'usage des employés des
lignes télégraphiques, suivi du programmedesconnaissances
exigées pour être admis au surnumérariat dans l'adminis-
tration des lignes télégraphiques, par B. MIÉGE, direc-
teur de lignes télégraphiques. 1 volume avec 45 figures
dans le texte .. 2 fr.
TISSUS (Manuel du commerce des) . Vade-mecum du
Marchand de Nouveautés, par Edmond BOURDAIN.
1 volume 3 fr .
SOMMAIRE DES CHAPITRES.- Introduction.- Visite au magasin.- Tableau par
rayon de tous les articles composant un magasin de nouveautés . Table des
villes de fabrique et des genres où elles excellent. Tissus employés pour
confectionner les divers vêtements et quantités employées . Soins à donner
aux étoffes. Tissus étrangers . L'Escompte . Commission. Teinture
et couleurs . Vêtements sur mesures. Fourrures . Termes techniques .
Conseils pour les achats . Voyage d'achat. Tableau des tissages méca-
niques de France. Représentants de fabrique. Cravates et confections.
Comptabilité. Monnaies et mesures étrangères . Conseils aux employés
de commerce.
25012345678
44 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
* TRANSMISSIONS DE LA PENSÉE ET DE
LA VOIX, par Louis DU TEMPLE, capitaine de frégate
E
4 fr.
F G A
ABCD
en retraite. 2e édition. 1 volume avec 62 figures . •
VU XYZ + GO
21234
I
MANIPULATEUR DE L'APPAREIL TÉLÉGRAPHIQUE A CADRAN
Figure spécimen de Transmissions de la pensée et de la voix.
SOMMAIRE DES PRINCIPAUX CHAPITRES . Organe de la vue et moyens employés
pour la corriger. - Structure de l'œil. Marche des rayons lumineux dans
l'œil. Organe de la voix. Organe de l'ouïe . Oreille. Comment
-
l'homme peut diminuer les imperfections de l'ouïe. - Langage. Définition .
Langage écrit. Papier. Historique . Fabrication du papier. - Diffé-
rentes espèces de papier. Imprimerie ou Typographie . Historique.
Gravure. Lithographie. Presses typographiques. Clichage.- Gravure
en creux. Gravure en relief. Photographie. Historique. - Procédés .
Électro-Métallurgie. Galvanoplastie.- Appareils galvanoplastiques .
Applications de la galvanoplastie. Télégraphes aériens , pneumatiques ,
électriques . Téléphone. Phonographe. Aérophone . - Postes .
VACHE LAITIÈRE (Guide pratique pour le choix
de la), par Ernest DuBos , vétérinaire de l'arrondissement de
Beauvais , professeur de zootechnie à l'Institut agricole de
la même ville. 1 volume avec 7 planches . 2e édition . 2 fr .
VERNIS (Guide pratique de la Fabrication des), nou-
velle édition, révue, corrigée et complètement refondue,
de l'ouvrage de M. TRIPIER-DEVAUX, par H. VIOLETTE,
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES 45
ancien élève de l'Ecole polytechnique, commissaire des
poudres et salpêtres, membre de plusieurs Sociétés savan-
tes. 1 volume avec figures dans le texte 4 fr.
Extrait de la préface. Les vernis ne sont autres que des solutions de ré-
sines dans certains liquides. Ces liquides, qui sont ordinairement l'éther, l'al-
cool , l'essence de térébenthine et les huiles, donnent aux vernis qui en résultent
des propriétés caractéristiques qui en déterminent l'usage. Cette désignation des
liquides nous permet de diviser les vernis en quatre classes . Vernis à l'éther .
Vernis à l'alcool.- Vernis à l'essence. - Vernis gras.
Cette division sera celle des quatre chapitres composant notre ouvrage : nous
examinerons chaque classe successivement ; cet examen comprendra : 10 les
propriétés physiques et chimiques, ainsi que la préparation du liquide employé
à dissoudre les résines de cette classe ; 20 les propriétés physiques et chimi-
ques, ainsi que l'origine des résines employées dans cette catégorie ; 3º la fa-
bricationproprement dite des vernis, par le mélange des résines et liquides
précédemment étudiés .
VIGNERON ( Guide pratique du), culture, vendange
et vinification, par FLEURY-LACOSTE, ancien président
de la Société centrale d'agriculture du département de la
Savoie, membre de plusieurs Sociétés savantes, suivi des
Maladies de la VIGNE, causes et effets morbides depuis
l'origine de sa culture jusqu'à nos jours, avec les moyens
à employer pour les prévenir et les combattre. Précédé
d'une description historique et botanique de cette plante
précieuse, par SERIGNE (de Narbonne). 1 volume. 4fr.
Guide du Vigneron . Dans la première partie, l'auteur donne les
principes généraux pour la culture de la vigne basse culture en ligne, orienta-
tion, la taille, le pinçage, les engrais , choix des cépages, 1re, 20, 30 et 40 années.
La seconde partie, intitulée Calendrier du Vigneron , lui indique les travaux
qu'il a à faire mensuellement. La culturedes hautains sur treillages élevés dans
les champs , remplit la troisième partie. Quatrième partie Nouvelles obser-
Cin-
vations pratiques sur les phénomènes de la végétation de la vigne.
quième partie: De la vendange et de la vinification : degré de maturité. - Du
ban des vendanges . Personnel. Le nettoyage et l'écrasement des grains.
La cuve. Le décuvage. Enfin l'auteur termine en indiquant les soins
à donner aux vins nouveaux et vieux .
Maladies de la Vigne . SOMMAIRE DES PRINCIPAUX CHAPITRES .
Description historique. Description botanique. L'oïdium et le phylloxera.
Description historique de l'oïdium . Maladies de l'oïdium . Concours
pour la guérison de l'oïdium . Opinions émises sur l'oïdium . L'oïdium
est-il la cause de la maladie ? Remède adopté contre la maladie. - Effets
du soufrage. Causes réelles de la maladie . Températures favorables ou
nuisibles. Influences des saisons et des météores. - Blessures ou plaies ,
blanquet ou pourridie, coulure, carniure, chancre vitifère, clavelée, chlorose
ou hydroémie, décrépitude, flottage, grapillure, nielle, geule, stérilité. Mala-
die des feuilles . Pyrales. Destruction de la pyrale à l'état de papillon, à
l'état de larve ou chenille. Moyens préventifs et moyens curatifs . Des-
truction de la pyrale à l'état d'œuf, etc.
46 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS
VIN (Guide pratique pour reconnaître et corriger les
fraudes et maladies du) , suivi d'un traité d'analyse chi-
mique de tous les vins, par Jacques BRUN, professeur à la
Faculté de Médecine de Genève, et Albert Brun, pharma-
cien, licencié ès sciences, de la Faculté de Paris. 1 volume,
avec de nombreux tableaux. 2º édition, revue et augmen-
tée 2 fr.
L'art de falsifier les vins a fait ces dernières années de rapides progrès.
La chimie ne doit pas se laisser devancer par la fraude : elle doitlui tenir tête
et pouvoir toujours montrer du doigt la substance étrangère. Cette tâche, dit
M. Brun, incombe surtout aux pharmaciens. Son livre est le résumé des diffé-
rents traitements qu'il a trouvés réellement utiles, et qui, dans sa longue pratique,
lui ont le mieux réussi pour l'examen chimique des vins suspects.
VINS FACTICES ( Guide pratique de la fabrication
des) et des boissons vineuses en général, ou manière de fabri-
quer soi-même les vins, cidres, poirés, bières, hydromels,
piquettes et toutes sortes de boissons vineuses, par des
procédés faciles , économiques et des plus hygiéniques,
suivi de l'Immense Trésor des VIGNERONS et des Mar-
chands de Vin, indiquant des moyens inédits pour vieillir
instantanément les vins, leur enlever les mauvais goûts,
même celui de terroir, colorer les vins blancs en rouge
Narbonne, même d'une manière hygiénique et sans aucun
coupage et éviter leur dégénérescence , par L.-F. DUBIEF .
4 fr.
4º édition , 1 volume .
Guide de la fabrication des vins factices .
Extrait de la table des matières . - Vin de raisin avec addition de sucre.
Vin fabriqué avec le marc de raisin, avec addition de sucre, de fécule ou
autres. Vins factices avec les lies de vins . - Vin de raisin sec. - Vinmous-
seux. Vin de fruits , de cerises douces ou aigres , de guignes , de prunes , de
pêches, de groseilles, de cassis, de mures, de pommes de terre, de graines
d'amidon, etc. , etc. - Des cidres. Cidre de marc de pommes, petit cidre. -
Poirés . Bières , double, simple, petite bière.- Bières faites avec du pain.
Bières de grains, de sucre,de gingembre. Bière médicale, digestive, diuré-
tique, purgative, de quinquina. Hydromel. Piquette de raisin, de marc
de raisin, de lie de vin, de pommeset de poires . Boisson vineuse de raisin
sec, de genièvre, de pommes et de fruits séchés. - Boisson des travailleurs ,
des cultivateurs et des moissonneurs , etc.
Immense Trésor des vignerons et des marchands de vins .
Extrait de la table des matières . De la connaissance des vins. Appré--
ciation et dégustation. De la distinction. - Du mélange ou du coupage.
Du vinage. - Amélioration des vins . De l'imitation des vins. De la con-
fection des vins mousseux . - Du vin muet et de ses avantages . Des vins
de liqueurs et de leurs imitations. Recettes et opérations des vins de
liqueurs . Méthode du Midi . Méthode de Paris . - De la conservation de
vins en fûts pleins et en vidange. Du soufrage ou méchage. Du
INDUSTRIELLES, COMMERCIALES ET AGRICOLES 47
collage pour la clarification. Arome, sève, bouquet et goût de terroir.
Du gouvernement et de la conservation des vins. De la mise en bou-
teilles. Des altérations . -Moyen de les prévenir et de les corriger. Des
altérations accidentelles et moyen de les guérir. Dispositionet conservation
des tonneaux. Contenance des fûts . L'auteur termine son livre par une
série de renseignements très utiles .
VINIFICATION (Traité complet de) ou art de faire du
vin avec toutes les substances fermentescibles, en tout
temps et sous tous les climats, par L.-F. DUBIEF. 6º édit.
1 volume 4fr.
Volume contenant : Les moyens de remédier à l'intempérie des saisons rela-
tivement à la maturité du raisin. Le tableau des phénomènes de la fermentation
et le meilleur moyen de la produire et de la diriger; les moyens particuliers de
faire fermenter les marcs provenant de l'égrapillage du raisin et refermenter
ceux qui ont déjà été fermentés; de procurer au vin plus de qualité par une
seconde fermentation; de le vieillir sans faire de coupage, par des procédés
simples et faciles; de lui enlever le goût de terroir, comme aussi d'obtenir des
marcs de raisin, de l'alcool, de l'huile, de l'acide tartrique, etc.; et suivi : des
procédés de fabrication des vins mousseux, des vins de liqueurs, vins de fruits
et vins factices, les soins qu'exigent leur gouvernement et leur conservation,
les principes pour la dégustation et l'analyse des vins, etc. , etc.
VINS ( Traité du commerce des) et autres boissons, par
V. et G. EMION , 2e édition. 1 volume avec de nombreux
tableaux . 4fr.
EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES . IMPORTANCE ET CARACTÈRE DU
COMMERCE DES BOISSONS .
EXERCICE DU COMMERCE DES BOISSONS .- Personnes qui peuvent exercer le com-
merce . Formalités à remplir pour ouvrir des débits de boissons. - Tenue des
débits de boissons Patente. Licence. Poids et mesures ; alcoomètre.
Marques de fabrique. Vente de boissons . - Conclusion des marchés .
Transport des boissons. Départ. Route. Délais de transport Frais de
transport. Pertes , déchets et avaries . - Arrivée. Prescription des actions
en matière de transport. Exécution des marchés de boissons . Circon-
stances qui peuvent empêcher la livraisondes boissons vendues . - Difficultés
sur les livraisons effectuées.-Commerce des boissons avec l'étranger .- Délits
et quasi-délits en matière de vente de boissons. -Délits . Tromperie.- Fal-
sification. - Pénalités. Quasi-délit, concurrence déloyale.
RAPPORTS AVEC LA RÉGIE. Les assujettis. Marchands en gros . Débi-
tants. Distillateurs fabricants de liqueurs . Fabricants de vins et de rai-
sinssecs. Fabricants de cidres et de poirés à Paris. - Brasseurs . Fabri-
cants de vinaigres . Les droits . Droit de licence.- Droit de circulation.
Droit d'entrée.- Droits de détail et de consommation. Taxe unique . Taxe
de remplacement. - Droit sur les bières . Droit sur les vinaigres. Con-
traventions . Procès-verbaux et poursuites, pénalités .
Le cartonnage toile de chaque volume se paye 0,50 c . en plus
des prix indiqués.
48 BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS INDUSTRIELLES, ETC.
PETITE ENCYCLOPÉDIE
SIX VOLUMES
Mécanique
FRANCO
contenant
321 figures et 63 planches
20 francs et Electrique
GUIDE DE L'OUVRIER MÉCANICIEN
Par J.-A. ORTOLAN, mécanicien en chef de la Flotte
Avec la collaboration de MM. BONNEFOY, COCHEZ , DINÉE, GIBERT, GUIPONT, JUHEL.
4me édition, revue et notablement augmentée, comprenant :
1 vol . avec
MÉCANIQUE ÉLÉMENTAIRE 11 planches.
1 vol . avec
MÉCANIQUE DE L'ATELIER 26planches.
(Principes et pratique de
MACHINE A VAPEUR la). 1vol. et 25 avec 36figures
planches.
(Manuel du ), Guide pratique à l'usage
des mécaniciens, des chauffeurs et des
CHAUFFEUR propriétaires de machines à vapeur;
suivi de conseils afin d'éviter les explosions des chaudières
àvapeur; par JAUNEZ, ingénieur civil. 4º édition, revue et
corrigée. 1vol avec 37 figures dans le texte et une planche.
(L'Ingénieur). Guide pratique de la
ÉLECTRICIEN les appareils électriques à l'usage
construction et du montage de tous
des amateurs, ouvriers et contremaîtres électriciens; par
H. DE GRAFFIGNY. 1 volume avec 109 figures. 7º édition .
(Manuel du montage
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE par VON GAISBERG,
traduit par C. BAYE . 1 volume avec 104 figures. Se édition.