Introduction : Pourquoi dit-on "immunité innée" ?
L’immunité innée constitue une partie de notre système immunitaire. Elle est
appelée ainsi parce qu’elle est présente dès la naissance et ne nécessite pas
d’entraînement ou de modification pour fonctionner. Elle permet à notre corps de
différencier ce qui est "soi" (nos propres cellules) de ce qui est "non-soi" (les
pathogènes tels que les bactéries et virus).
1. Réponse immunitaire innée vs. adaptative
Graphique de l'activité immunitaire :
Axe vertical : l’activité immunitaire.
Axe horizontal : le temps.
Deux types de réponses :
1. Innée (rouge) : agit rapidement, souvent dans la première semaine après
une infection.
2. Adaptative (bleu) : prend plus de temps à se développer, mais elle crée une
mémoire immunitaire pour réagir plus efficacement lors d'une seconde
infection.
Mémoire immunitaire :
Entraînée par les vaccins.
Assure une meilleure protection à long terme contre un pathogène
spécifique.
2. Caractéristiques de l’immunité innée
1. Rapidité :
Les récepteurs utilisés par l'immunité innée sont codés par notre ADN
(germinal) et hérités de nos parents. Ils n’ont pas besoin d’être modifiés
pour être fonctionnels, ce qui permet une réponse immédiate.
2. Spécificité limitée :
o L’immunité innée est capable de reconnaître des motifs généraux sur
les pathogènes (pas des détails spécifiques).
o Sa fonction principale est de contenir l'infection jusqu'à ce que
l'immunité adaptative entre en action.
3. Activation de l’immunité adaptative :
o Les cellules innées influencent quel type de réponse adaptative sera
activée.
o Par exemple, selon le pathogène, des cellules spécifiques produisent
des molécules pour guider la réponse.
3. Les cellules de l’immunité innée
Origine des cellules :
Cellules souches hématopoïétiques pluripotentes (présentes dans la
moelle osseuse) produisent deux lignées :
1. Myéloïde :
Produit la majorité des cellules de l’immunité innée :
Macrophages
Neutrophiles
Mastocytes
Erythrocytes (globules rouges)
Mégacaryocytes (produisent des plaquettes)
2. Lymphoïde :
Produit :
Les cellules de l’immunité adaptative (lymphocytes B et T)
Certaines cellules innées comme les natural killer (NK) et les
lymphocytes innés.
Fonctions principales des cellules innées :
Cytokines : molécules inflammatoires.
Chimiokines : attirent les cellules immunitaires sur le site d’infection.
Phagocytose : ingestion et destruction des pathogènes.
Cytotoxicité : destruction des cellules infectées par des virus ou
cancéreuses.
4. Comment l’immunité innée reconnaît-elle les infections ?
Elle utilise quatre principaux systèmes de reconnaissance :
1. Système du complément :
o Composé de 30 protéines circulant dans le sang.
o Activé par trois voies principales :
Classique : déclenchée par les complexes antigène-anticorps.
Lectine : activée par une protéine spécifique (lectine) qui se lie
au mannose sur les pathogènes.
Alternative : s'active spontanément en l'absence d'inhibiteurs.
o Effets :
Recrutement de cellules immunitaires via C3a et C5a.
Formation du complexe d'attaque membranaire qui détruit les
membranes des pathogènes.
2. Récepteurs Fc :
o Présents sur les macrophages, éosinophiles et autres cellules.
o Se lient à la partie Fc des anticorps fixés sur les pathogènes.
o Fonction :
Faciliter la phagocytose.
Détruire les pathogènes trop grands (ex. parasites).
3. Récepteurs des cellules NK :
o Equilibre entre signaux activateurs et inhibiteurs :
Cellule saine : signaux inhibiteurs prédominent → pas d’action.
Cellule infectée/stressée : signaux activateurs prennent le
dessus → destruction de la cellule.
4. Récepteurs de reconnaissance de motifs (PRR) :
o Reconnaissent des motifs moléculaires spécifiques appelés PAMP
(pathogènes) et DAMP (dommages cellulaires).
o Exemples de PRR :
RIG-I-like receptors : détectent l’ARN viral.
NOD-like receptors : détectent les bactéries intracellulaires.
Toll-like receptors (TLR) : reconnaissent des molécules uniques
aux pathogènes (ex. ADN bactérien ou ARN viral).
5. Exemples spécifiques de récepteurs PRR
RIG-I-like receptors :
RIG-I : détecte l’ARN simple brin.
MDA-5 : détecte l’ARN double brin.
Activation : stimule la production d’interférons de type I (Alpha et Bêta) qui
luttent contre les virus.
NOD-like receptors :
NOD1 et NOD2 :
o Inactifs dans le cytoplasme.
o Activés par des motifs bactériens spécifiques.
o Provoquent une inflammation via la voie NF-kappa B.
Toll-like receptors (TLR) :
TLR4 : détecte le LPS des bactéries gram-négatives.
TLR9 : reconnaît l’ADN non méthylé (typique des pathogènes).
Activation :
o Déclenche l’inflammation.
o Stimule les interférons pour combattre les infections virales.
6. Rôles essentiels de l’immunité innée
1. Première ligne de défense :
o Réponse rapide contre les infections.
2. Initiation de l’inflammation :
o Recrute les cellules immunitaires.
3. Coordination avec l’immunité adaptative :
o Prépare et oriente la réponse spécifique.
4. Destruction des pathogènes :
o Par phagocytose, inflammation ou cytotoxicité.