Arthur Rimbaud : poète de l’errance
Introduction
Au 19eme siècle dans un contexte où la France est en guerre contre la Prusse, l'âge d'or
et de la révolution du roman et du théâtre pour les auteurs romantiques comme Victor
Hugo et réalistes comme Guy de Maupassant. Dans le monde de la poésie, au milieu
de la division entre les mouvements littéraires parnassien, romantique et symbolique
apparaît le jeune Arthur Rimbaud qui au fil d'années d'écriture obtient le titre de poète
aux semelles de vent et de clochard céleste.
Nous allons étudier quel parcours artistique Arthur Rimbaud emprunte pour le mener à
cette appellation de poète de l'errance.
D'abord en nous penchant sur sa vie passionnée, puis en étudiant les différentes
formes d'émancipation.
La vie passionnée d’Arthur Rimbaud
Arthur Rimbaud née en 1854, en plus d'être un élève brillant voire surdoué, Il est aussi
rebelle. Il écrit son premier recueil de poèmes en 1870 alors qu'il a 16 ans à peine et
parvient à le faire publier.
Arthur est un homme en constante recherche de liberté, il en trouvera dans les
multiples fugues qu'il entreprendra.
En 1871 il écrit des lettres à ses amis Izambard et Demeny, il y défini ce qui fait l'âme
d'un poète. Il assigne au poète une quête, celle de se connaître soi-même, de se faire
voyant : expérimenter toute chose et celle de s'élever au niveau des dieux en apportant
son savoir acquis aux habitants de la Terre par ses créations quitte à devoir se blesser.
À la manière de Prométhée condamné à être cloué à un rocher et torturé tous les jours
pour avoir ramené le feu aux hommes.
Entre 1872 et 1873 Arthur Rimbaud vit une aventure amoureuse avec Paul Verlaine,
écrivain reconnu de 10 ans son ainé. C'est ce qui va lui faciliter l'accès au milieu
littéraire, et l'entrainer à vivre à Paris.
Rimbaud impressionne déjà avec ses poèmes et rejoints un groupe critique de la
poésie académique.
En juillet 1872 les deux amants partent vivre une vie de bohème à Londres, puis se
retrouve à Bruxelles mais des crises et tensions apparaissent. Verlaine est malheureux
et achète une arme pour se suicider, qu'il va finalement utiliser pour blesser Rimbaud.
Signant la fin de leur histoire.
Cette aventure tumultueuse inspirera Rimbaud, c'est alors qu'il écrit une saison en
enfer en 1873.
Car la rupture ne va lui couper l'envie d'écrire et de voyager, il écrit et voyage même en
dehors de la France. C'est ainsi que Verlaine le surnommera "l'homme aux semelles de
vent".
L’émancipation, trésor d’Arthur Rimbaud
Tout au long de sa vie Arthur Rimbaud a une relation compliquée avec sa mère Virginie,
et il se sent rejeté par son milieu social, ainsi il cherche à s’éloigner des règles
imposées et décide de s'engager dans une émancipation créatrice.
L’émancipation en poésie se reconnait par la différence dans la manière de la créer. À
travers son thème, sa versification et son lexique.
Les thèmes qu’il décide d’aborder sont notamment la jeunesse, l’amour et la nature.
En tant qu’adolescent, il écrit l’expression de ses sentiments nouveaux. Les hormones
et la puberté faisant leur effet, il traite de ses relations amoureuses et de la beauté
féminine. Inspiré par ses nombreuses fugues, il n’hésite pas à inclure dans ses poèmes
sa nature vagabonde et une figure d’analogie entre le monde adulte et la malveillance.
Dans certains poèmes, “Morts de Quatre-vingt-douze...”, “le Mal” et “Le Dormeur du
Val”, il dénonce aussi les horreurs de la guerre, reprochant au pouvoir et à Dieu d’être
sadique, il se fait à la fois antimilitaire et antichrétiens.
Parlant de lui et de ses ressentis, il inscrit ses écrits dans la tonalité lyrique.
Pour créer ses poèmes, Rimbaud emprunte la forme du sonnet. Dont il modifiera les
paramètres à sa guise (rimes croisées au lieu d’embrassées dans beaucoup de ses
poèmes, alternance entre alexandrins et hexasyllabes dans “Rêvé pour l’hiver”, vers
libre pour “Mort de Quatre-vingt-douze").
Enfin il se permet d’emprunter le vocabulaire de tous les lexiques, courant, soutenu et
familier.
Le poème Venus Anadyomène nous permet d’observer comment Arthur Rimbaud
s’émancipe des codes traditionnels de la beauté.
Lecture du poème
On remarque la construction, c’est un sonnet, 2 quatrains 2 tercets, rimes croisées
pour le premier quatrain, rimes embrassées pour le second, tandis que les derniers
tercets peuvent être arrangé en un distique et un quatrain aux rimes croisées. Le tout
en alexandrin.
Ce poème est parodique, il reprend le mythe de Vénus la jeune et belle déesse de
l’amour pour la rendre vielle et laide. Venus n’émerge plus d’un coquillage, mais d’un
cercueil, elle n’est plus pure et blonde mais grasse et brune. Il accentue sa laideur par
le choix des parties du corps de la femme et sa description.
Sa description ne suscite pas du plaisir mais du dégoût. Son tatouage Clara Venus qui
signifie claire Venus est en opposition avec son physique, comme les deux mots de
l’oxymore “Belle hideusement”.
Avec Venus Anadyomène, Rimbaud piétine le cadre traditionnel lyrique par son choix
de la laideur comme thème et sa forme.
Conclusion
Arthur Rimbaud a vécu une vie vagabonde, mêlée de succès et d’échecs, il l’inscrira
dans ses œuvres tant par le fond que par la forme. Il a accompli sa quête
d’émancipation et mérite son titre de poète de l’errance.