1 Révision
3 Olympe de Gouges,
4 Déclaration des droits de la femme et de la
5 citoyenne :
6 écrire et combattre pour l'égalité
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8 Lorsqu'elle écrit en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges
9 n'en est pas à son premier écrit politique (et polémique !) : elle a déjà signé un nombre important de
10 textes engagés tels que Sur « l'espèce d'hommes nègres » (1788), Lettre au peuple ou projet d'une
11 caisse patriotique par une citoyenne (1788), Le Cri du sage par une femme (1789), etc. Avec
12 cette Déclaration, Olympe de Gouges fait entendre une nouvelle fois des revendications féministes,
13 mais elle propose aussi une véritable refondation de la société française, soulignant du même coup
14 combien les femmes ont été les grandes oubliées de la Révolution française.
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16 I. D'une voix de femme à la voix des femmes ?
17 Une prise de parole audacieuse
18 La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est tout d'abord une prise
19 de parole audacieuse dans un contexte sociopolitique troublé et violent : celui de la
20 Révolution française.
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22 La structure même de ce texte porte la trace de cette période de
23 transition qui fait passer de la monarchie à la république : s'affirmant comme
24 le pendant féminin de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de
25 1789 rédigée par les « représentants du peuple français, constitués en
26 assemblée nationale », la Déclaration d'Olympe de Gouges est pourtant
27 dédiée « À la reine », Marie-Antoinette (qui sera guillotinée en 1793). Si cette
28 dédicace manifeste un souci de concorde politique de la part d'Olympe
29 de Gouges, elle s'explique également par le fait que son autrice a conscience
30 de son audace lorsqu'elle réclame, en tant que femme, les mêmes droits pour
31 les femmes que pour les hommes. Aussi cherche-t-elle à obtenir l'appui de
32 celle qui est encore la femme la plus puissante de France, la reine : « Il
33 n'appartient qu'à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de
34 donner du poids à l'essor des droits de la femme, et d'en accélérer les
35 succès », écrit-elle.
36 S'exprimer au nom de toutes les femmes : créer une sororité
37 Olympe de Gouges a donc conscience qu'en tant que femme, sa voix risque de
38 n'être pas entendue. C'est pourquoi elle voudrait ne plus être seulement une voix
39 singulière mais devenir la voix des femmes.
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41 Dans le « Préambule » de sa Déclaration, c'est au nom des « mères », des
42 « filles », des « sœurs », « représentantes de la nation », qu'elle s'exprime :
43 elle entend ainsi représenter toutes les femmes françaises.
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45 De même, dans le « Postambule », elle exhorte les femmes à reconnaître
46 leurs droits : « Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ? »
47 Elle les appelle à s'unir afin d'obtenir l'égalité : « opposez courageusement la
48 force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous
49 les étendards de la philosophie ».
50 Cette (ré)union des femmes qu'Olympe de Gouges appelle de ses vœux peut
51 se lire aussi dans l'emploi récurrent qu'elle fait du singulier « femme » ou « la
52 femme » dans sa Déclaration. À ce terme de « femme », elle accole celui de
53 « citoyenne », façon de revendiquer l'égalité civile entre les femmes et les
54 hommes.
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56 II. Un nouveau « contrat social »
57 L'affirmation d'une égalité naturelle entre les femmes et les hommes
58 Avec cette Déclaration, Olympe de Gouges entend affirmer l'égalité en droits des femmes et des
59 hommes, comme l'énonce l'article premier : « La femme naît libre et demeure égale à l'homme en
60 droits. » Elle justifie cette assertion par le caractère naturel de cette égalité : « l'exercice des droits
61 naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose ; ces bornes
62 doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison » (art. IV).
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64 En rappelant le caractère naturel de l'égalité en droits des femmes et des hommes, Olympe
65 de Gouges légitime les revendications des femmes à l'égalité : fait de société, la suprématie
66 des hommes est une injustice qu'il convient d'effacer à présent que s'institue un régime
67 démocratique, la Première République, qui doit faire respecter les « lois de la raison ». Ce
68 n'est donc que justice et bon sens que de concourir à protéger et à faire respecter les droits
69 des femmes, qui sont les mêmes que ceux des hommes.
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71 L'affirmation du statut de « citoyennes » des femmes et ses
72 conséquences
73 Mais Olympe de Gouges ne se contente pas de vouloir faire reconnaître l'égalité en droits des
74 femmes et des hommes : elle atteste aussi du statut de « citoyennes »des femmes et, par là, de la
75 nécessité de leur participation au façonnement de la société et de la nation, comme l'énoncent les
76 articles XIII et XIV. Cette nécessaire participation des citoyennes à la vie de la société va de pair avec la
77 garantie de leur liberté d'opinion et d'expression, inscrite dans les articles X et XI de cette
78 déclaration : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales ; la femme a le
79 droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune » (art. X). Les
80 femmes étant soumises aux mêmes rigueurs de la loi que les hommes (art. VI à IX), elles doivent
81 réciproquement disposer des mêmes libertés.
82 En garantissant la liberté d'expression des femmes, Olympe de Gouges introduit dans
83 sa Déclaration la question épineuse de la reconnaissance de la paternité des enfants, obligeant les
84 hommes à prendre leur part de responsabilité dans la naissance d'» enfants naturels », refusant que
85 les femmes portent seules cette responsabilité (appréhendée par la société comme une culpabilité)
86 et que l'identité de leurs enfants s'en ressente. Car Olympe de Gouges entend aussi faire évoluer la
87 façon dont les femmes sont perçues et se perçoivent.
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89 III. Changer l'image et la place des femmes : changer les
90 femmes
91 La critique des femmes dans les sociétés d'Ancien Régime
92 Dans le « Postambule », Olympe de Gouges brosse un « effroyable tableau de ce
93 que [les femmes ont] été dans la société » : substituant à la force qui leur manquait
94 la ruse et le charme, les femmes y apparaissent comme de dangereuses éminences
95 grises, « le gouvernement français […] [ayant] dépendu, pendant des siècles, de
96 l'administration nocturne des femmes ».
97 En peignant les femmes sous les traits de manipulatrices et de meurtrières, Olympe
98 de Gouges reprend des clichés répandus dans la société quant à la « nature » des
99 femmes. Mais elle ne les reprend que pour mieux en dénoncer le caractère culturel :
100 « Une femme n'avait besoin que d'être belle ou aimable ; quand elle possédait ces
101 deux avantages, elle voyait cent fortunes à ses pieds. Si elle n'en profitait pas, elle
102 avait un caractère bizarre ou une philosophie peu commune […] ; alors elle n'était
103 plus considérée que comme une mauvaise tête ; la plus indécente se faisait
104 respecter avec de l'or ; le commerce des femmes était une espèce d'industrie reçue
105 dans la première classe, qui, désormais, n'aura plus de crédit. » Autrement dit, dans
106 une société corrompue, les femmes ne pouvaient qu'être elles-mêmes corrompues si
107 elles désiraient survivre et être respectées.
108 Éduquer les femmes (autrement)
109 Avec cette Déclaration, Olympe de Gouges exprime l'urgence de se pencher sur la
110 question de l'éducation des femmes : « puisqu'il est question, en ce moment, d'une
111 éducation nationale, voyons si nos sages législateurs penseront sainement sur
112 l'éducation des femmes ». Dépassant le cadre stricto sensu d'une déclaration de
113 droits, Olympe de Gouges ébauche déjà la perspective dans laquelle devra s'inscrire
114 un projet d'éducation des femmes : il s'agit de faire d'elles des êtres libres de leurs
115 pensées et de leurs actes, ce qui coïncide avec la réforme du statut civil des femmes
116 et des « conventions conjugales ».
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157 Olympe de Gouges, la première
158 femme à penser l’altérité
159 juridique
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162 Convaincue que la loi ne peut être légitime si elle exclut la moitié du genre
163 humain, Olympe de Gouges lutta toute sa vie pour les droits des femmes et
164 des esclaves.
165 D’Olympe de Gouges, on retient avant tout son oeuvre, plus particulièrement La
166 Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, miroir de la Déclaration des
167 droits de l’homme. On retient également sa fin, la guillotine. Une fin logique pour
168 une agitatrice, à une époque où les têtes tombaient très facilement.
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170 Qui était Olympe de Gouges ?
171 Olympe de Gouges, de son vrai nom Marie Gouze, est née en 1748 dans une famille de riches
172 bourgeois de Montauban. La légende (entretenue par elle) veut qu’elle ait été la fille naturelle de
173 Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, marquis et poète, et disciple de son grand-père.
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175 Mariée à 17 ans à un homme beaucoup plus âgé qu’elle, son mari décéda un an après son mariage,
176 après qu'elle eut donné naissance à un fils, Pierre. Son statut de veuve lui permit de bénéficier du
177 statut accordé aux femmes mariées, sans avoir à subir une tutelle maritale. Elle monta à Paris au
178 début des années 1770, et commença à mener une vie libre tout en se consacrant à la littérature.
179 Portée vers le théâtre, elle monta sa propre troupe et fit entrer au répertoire de la Comédie-
180 Française en 1785 sa pièce Zamore et Mirza, ou l’Heureux naufrage, dans laquelle elle dénonçait le
181 sort des esclaves noirs dans les colonies, ce qui lui valut un bref séjour à la Bastille. S’ensuivit une
182 soixantaine de pamphlets politiques, parmi lesquels Remarques patriotiques, par l’auteur de la Lettre
183 au Peuple, qui développe un programme de réformes sociales.
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185 En 1791, elle rédigea la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, et poursuivit son
186 combat pour le droit des femmes à travers des pièces de théâtre comme Le Couvent ou les voeux
187 forcés. Plaidant pour le divorce et la reconnaissance des enfants nés hors mariage, elle demanda la
188 création de maternités, afin de permettre aux femmes d’accoucher dans des conditions dignes.
189 Indignée par les massacres des 2 et 3 septembre 1792, elle interpella Robespierre sur la montée de
190 la dictature montagnarde. Elle finit guillotinée à l’âge de 45 ans.
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192 L'auteure de la Déclaration des droits de la
193 femme et de la citoyenne (1791)
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195 La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est écrit en réaction à la Déclaration des
196 droits de l'homme et du citoyen, qui marquait l'entrée des hommes du peuple dans la citoyenneté et
197 la vie politique. Malgré la participation active des femmes à la Révolution en 1789, qui avaient
198 ramené « le boulanger, la boulangère et le petit mitron » à Paris, elles étaient maintenues à l'écart de
199 la vie publique, la majorité des révolutionnaires refusant qu'elles s'arment ou qu'elles bénéficient du
200 droit de vote. Ainsi l'abbé Sieyès les classa dans la catégorie des citoyens passifs, au même titre que
201 les enfants, les domestiques et tous ceux qui ne pouvaient s'acquitter du cens électoral. L'Assemblée
202 nationale acta cette distinction par la décision du 22 décembre 1789, décision confirmée par
203 la Constitution de 1791 puis par un vote de la Convention nationale le 24 juillet 1793.
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205 Afin de dénoncer cet état de fait, Olympe de Gouges rédigea un pastiche, la
206 Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qu'elle tenta en vain de
207 soumettre au vote de l'Assemblée nationale.
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209 Dans son ensemble, la Déclaration d'Olympe de Gouges est très proche de son
210 modèle. Néanmoins, son préambule est plus étoffé, et certains articles diffèrent
211 sensiblement.
212 Un préambule étoffé
213 Placé implicitement sous l'influence de Jean-Jacques Rousseau par le refus de la force comme
214 justification de l'oppression, le Préambule justifie les droits des femmes en se fondant sur deux
215 considérations : en premier lieu, Olympe de Gouges invoque les lois de la Nature. Fidèle à l’esprit de
216 Rousseau, elle évoque la coopération harmonieuse et naturelle des sexes, à laquelle l’oppression des
217 femmes du genre humain constitue une exception. Elle répond ainsi à tous ses détracteurs, qui
218 l'accusaient de ne pas rester à la place que la Nature a donnée aux femmes.
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220 En second lieu, elle affirme que les femmes ont reçu toutes les facultés intellectuelles. C'est ainsi
221 qu'elle reprend à son compte les fondements philosophiques des droits tels qu’ils étaient pensés à
222 l’époque des Lumières, qui s’appuyaient sur la raison pour justifier la sortie de l’état permanent de
223 minorité (on notera que Kant, dans Qu’est-ce que les lumières ?, avait inclus le sexe faible dans la
224 catégorie des individus doués d’entendement et par là-même appelés à intégrer l’état de majorité).
225 Par conséquent, puisque les femmes sont douées de raison, elles sont appelées à être sujets de
226 droits, au même titre que les hommes.
227
228 En conclusion, la Déclaration reprend celle de son modèle, tout en détournant habilement son sens :
229 « l’ignorance, l’oubli et le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics
230 et de la corruption des gouvernements ».
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232 La revendication féministe est argumentée par deux procédés : soit par ajout, c'est-à-dire que la
233 Déclaration des droits de la femme reprend son modèle et ajoute aux articles le terme « les
234 femmes » afin de pointer du doigt une exclusion estimée comme injustifiée ; soit les références à
235 l'oppression politique sont détournées afin de dénoncer l'oppression masculine sur les femmes.
236 Une Déclaration pour tout le genre humain
237 Le titre « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » est trompeur. En effet, pour
238 l’essentiel des dispositions, Olympe de Gouges reprend la Déclaration des droits de l’homme
239 et étend les droits énoncés aux femmes. C’est ainsi que dans un esprit quelque peu…
240 macroniste (« je m’adresse à toutes et à tous »), nombre de dispositions sont reprises mot
241 pour mot avec le seul ajout d’une précision : les droits énoncés concernent également les
242 femmes. Ainsi en est-il de l’article 2, qui énonce dans la Déclaration des droits de l'homme : «
243 Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et
244 imprescriptibles de l’homme ; ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance
245 à l'oppression. » Cet article est repris mot pour mot dans la déclaration des droits de la
246 femme, avec la seule mention « des droits naturels et imprescriptibles de la femme et de
247 l’homme ». Sur dix-sept articles, le procédé concerne en tout onze articles. Ainsi, pour
248 l’essentiel, la Déclaration des droits de la femme est en réalité une déclaration pour le genre
249 humain.
250
251 Ce procédé joue sur l’ambiguïté sémantique que la langue française entretient sur le terme
252 « homme » : ce dernier peut désigner le genre humain ou les individus de sexe masculin.
253 Ainsi, la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948, concerne tous les
254 êtres humains et non un sexe particulier (on notera que l’article 1er prend soin de préciser
255 que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits »).
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257 La démarche d’Olympe de Gouges, apparemment redondante, met en lumière la double
258 nature des concepts juridiques : ils sont à la fois fruit de l’observation du monde et réalités
259 créatrices. Cela tient au fait que le droit a la double fonction de réguler et de dessiner la
260 trame du monde social au moyen d’injonctions. Ainsi, la catégorie juridique peut réguler des
261 rapports sociaux qui ont leur origine dans la nature : la filiation par exemple ; en revanche,
262 elle crée sa propre réalité lorsqu’il s’agit des faits purement sociaux : c’est le cas du mariage.
263 Parfois, la catégorie dépasse le fait naturel qu’elle régule pour en devenir elle-même la
264 source : c’est le cas du lien de filiation dans les pays qui permettent aux couples homosexuels
265 d’avoir des enfants. Dans le cadre de la Déclaration, la démarche redondante d’Olympe de
266 Gouges, qui distingue les femmes et les hommes là où le terme d’homme pourrait désigner
267 le genre humain dans son ensemble, met en lumière l’injustice de la démarche qui consiste à
268 exclure de la catégorie juridique « homme » les individus de sexe féminin.
269
270 Le droit des femmes à ne plus être soumises au joug tyrannique des
271 hommes
272 Les autres articles (1, 4, 11, 13 et 16) repensent les notions affirmées à l’aune de l’inégalité
273 femme/[Link], les principes d’égalité et de liberté énoncés à l’article 1 sont reformulés afin
274 d’affirmer l’égalité entre les sexes.
275
276 La définition des limites de la liberté à l’article 2 est redéfinie d’un point
277 de vue féminin et appréciée à l’aune du rapport déséquilibré entre les
278 hommes et les femmes : « l’exercice des droits naturels de la femme n’a de
279 bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ».
280
281 L’article 11, qui énonce la liberté d’expression , est l’occasion pour Olympe
282 de Gouges d’exprimer ses revendications concernant la reconnaissance des
283 enfants adultérins : « toute citoyenne peut donc dire librement je suis mère d’un
284 enfant qui vous appartient, sans qu’un préjugé barbare la force à dissimuler la
285 vérité ».
286 L’article 13, qui évoque dans la Déclaration des droits de l’homme le
287 principe de la contribution au niveau national, est repris pour réclamer la
288 possibilité pour les femmes d’avoir un rôle dans la sphère publique.
289
290 -Enfin, Olympe de Gouges complète l’article 16 de la déclaration «
291 originale », qui énonce les conditions d’une Constitution (garantie des droits et
292 séparation des pouvoirs), en pointant la nullité de cette Constitution « si la
293 majorité des individus qui composent la Nation n’ont pas coopéré à sa rédaction ».
294 -Bien que pastiche, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne pose la question de la
295 légitimité du droit lorsque la moitié du genre humain en est exclue. Le souci de la démocratie causa
296 sa perte : en effet, en 1793, elle rédigea une affiche, « Les Trois urnes ou le Salut de la patrie », qui
297 proposait une élection afin de permettre au peuple de choisir entre une République une et
298 indivisible, une République fédéraliste et le retour à la monarchie constitutionnelle. En proposant ce
299 troisième choix, elle viola le décret de la Convention nationale du 19 mars 1793 (voir l'illustration ci-
300 dessous), fut arrêtée le 20 juillet 1793 par les Montagnards et guillotinée le 2 novembre, quelques
301 heures après un interrogatoire sommaire.
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303 Elle fut la deuxième femme à être guillotinée pendant la Révolution, après Marie-
304 Antoinette.
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