Moteurs Asynchrones Triphasés : Fonctionnement et Structure
Moteurs Asynchrones Triphasés : Fonctionnement et Structure
Ecole Nationale
Cours : Machine Electrique
d’Electronique et des
1ème année GEC
Télécommunications de Sfax
Abdelkarim Masmoudi
(ENET’COM)
1. Introduction
Les moteurs asynchrones sont les moteurs électriques les plus utilisés. Les moteurs triphasés
entraînent de nombreuses machines industrielles (machines-outils); les moteurs monophasés sont très
répandus en faible puissance (électroménager, etc...). Ils ont l'avantage d'être très robustes, peu
onéreux, et d'être alimentés directement par le réseau.
Un moteur asynchrone triphasé est constitué principalement d’une partie fixe (stator) et d’une partie
tournante (rotor) magnétiquement couplées.
2.1. Stator
C'est l'inducteur de la machine. Son rôle est de créer un champ magnétique tournant B dans le rotor.
Il comporte donc trois enroulements alimentés par un réseau triphasé de fréquence f . Chaque
enroulement comprend p bobines en série.
1
y2
3' 2'
2/3
y1
O
2/3
2 3
y3
1'
Machine bipolaire
60 f
Le champ magnétique B tourne à N s tr / mn
p
f : fréquence du réseau.
Pour limiter les pertes magnétiques le circuit magnétique du stator est feuilleté.
Les enroulements du stator sont connectés aux phases d’alimentation par les branchements effectués
sur la plaque à bornes. Les trois ensembles de p bobines par phase sont connectés aux 6 bornes de la
plaque à bornes de la manière indiquée par la figure 2.
C’est au niveau de la plaque à bornes que l’on peut modifier le couplage de la machine. La figure 3
montre comment effectuer un couplage en étoile grâce aux barrettes de cuivre effectuant la liaison
entre les six bornes. La figure 4 montre comment effectuer un couplage en triangle.
Plaque signalétique
Toute machine électrique est munie d’une plaque signalétique qui indique les caractéristiques
nominales de la machine (figure 5).
Sur une plaque signalétique d'un moteur asynchrone deux tensions sont présentes : la plus petite des
deux est celle à laquelle doit être soumis un enroulement du moteur asynchrone et la plus grande est
celle à laquelle doit être soumis deux enroulements du moteur asynchrone.
Exemple : Si sur la plaque du moteur on trouve 230/400 V, un enroulement du moteur doit être
soumis à 230 V. Deux enroulements du moteur doivent être soumis à 400 V.
Donc :
Pour un réseau : (
𝟐𝟑𝟎
/230V) Pour un réseau : (230/400V)
√𝟑
230
1 1
230 V 400 V
2 2
3 3
V 230 V
N N
2.2. Rotor
C'est l'induit de la machine. Le rotor n'est relié à aucune source de tension extérieure (en
fonctionnement normal, il est court-circuité). Il tourne à la vitesse de rotation N .
Rotor à cage
Le rotor est constitué par un empilement de tôles percées de trous, dans les quelles, on loge des
barres conductrices très souvent en aluminium. Ces barres sont court-circuitées à leurs extrémités par
des couronnes conductrices. Ce rotor à cage est simple et robuste.
Figure 5 : Rotor à cage d’écureuil, la cage vide de fer à gauche et emplie de rondelle de fer à droite.
Cet enroulement est constitué de manière identique que celui du stator et comporte par conséquent le
même nombre de pôles. Les conducteurs sont logés dans des encoches reliés au périphérique du
rotor. Le rotor est composé de trois phases décalées dans l’espace faisant entre elles un angle égal à
2/3. L’enroulement est connecté à trois bagues conductrices isolées les unes des autres sur
lesquelles viennent frotter des balais en graphite, permettant un accès électrique au rotor. Ce moteur
est aussi nommé moteur à bagues. Ces bagues frottent sur des balais fixes ce qui permet l'insertion
d'un rhéostat triphasé en série avec le rotor.
En fonctionnement normal, ces enroulements sont court-circuités.
Figure 8 : Moteur asynchrone triphasé à cage. Figure 9 : Moteur asynchrone triphasé à rotor
bobiné.
3. Symboles
4. Principes de fonctionnement
s 60 f
s ( rad / s ) et N s (tr / mn )
p p
Comme les circuits rotoriques sont fermés (court circuité), des courants rotoriques prennent
naissance. Il apparaît des forces électromotrices dues à l’action de l’induction statorique sur les
courants rotoriques. Ces forces tendent à entraîner le rotor dans le sens des inductions tournantes. Il
existe un couple de démarrage, le rotor se met à tourner si le couple est suffisant.
que les circuits rotoriques soient fermés (court circuité), sinon les courants rotoriques sont
nuls ;
que la vitesse de rotation N prise par le rotor soit différente de la vitesse de l’induction
4.1. Glissement
s 2 f
Le stator crée un champ magnétique tournant à la vitesse s avec s : pulsation des
p p
courants statoriques. Les f.e.m induites au rotor provoquent la circulation de courants induits qui
s’opposent à la cause qui leur donne naissance c’est à dire la rotation du champ tournant. Le rotor
tourne à une vitesse inférieure à la vitesse de synchronisme. (fréquence de rotation N proche de
N s , N N s ).
Il y a donc mouvement relatif du rotor par rapport au champ magnétique tournant statorique, à la
fréquence de glissement notée N g : N g N s N
Donc l’origine des courants rotoriques réside dans la différence des vitesses N s et N . On introduit
une grandeur fondamentale, sans dimension, le glissement g définit par :
s s N s N
g
s s Ns
Notons que :
Démarrage N 0 g 1
Synchronisme N Ns g0
Moteur 0 N Ns 0 g 1
Génératrice N Ns g0
Les conducteurs du rotor voient un champ qui tourne par rapport à lui à la vitesse
g s g s . Par suite, le rotor ayant p paires de pôles, la pulsation des courants
rotorique r est :
r p g p ( s ) pg s gs r gs
f r gf
Exemple : f 50 Hz ; g 3% f r 1.5 Hz
Conséquence : le rotor produit un champ magnétique tournant appelé champ magnétique de réaction
d'induit.
Comme l’analogie est faite avec un transformateur le modèle équivalent est donc le suivant :
La recherche d'un schéma équivalent par phase d’un moteur asynchrone est menée à partir de
l'équation précédemment, en considérant le schéma relatif à une machine statique dans laquelle le
secondaire est en court-circuit.
Rs X s l s s Rr X r lr gs
I1 I1 I10 mI 2 𝑚
I10
V1 R fer X E1 E2 gmE1 I2
s gs
Stator Rotor
Pulsation s Pulsation gs
E2 Rr
I 2 jlrs I 2 0
g g
Rr Xr
lr s
Rs Xs g g
I1 I1 I10 Iu mI2 𝑚
I10
V1 R fer X E1 E2 I2
mE1
g
s s
Stator Rotor
Pulsation s Pulsation s
E2 Rr
Comme I 2 jlrs I 2 0 , et en remplaçant E2 et I 2
g g
R l R l
mE1 r j r s I u E1 r 2 j r2 s I u
gm m gm m
Rr lr Rr '
La tension ramenée au primaire est de la forme : E1 2
j s I u jl r
'
s Iu
gm m2 g
Rr l
Ce qui fait apparaitre Rr ' 2
et lr ' r2
m m
'
Rr R lr
lr s s
'
Xs r2
Rs I1 Iu g gm m2
I10
V1 R fer X
est
Dans le cas d'un transformateur, on peut négliger la branche R fer , X car le courant I10
est relativement important. Par conséquent, on ne peut pas éliminer cette branche R fer , X mais
I10
V1 R fer X
lr
On pose : X X s lr s lss s
'
m2
'
Rr
X lss lr s
'
I1 Rs Iu g
I10
V1 R fer X
Figure 13 : Schéma équivalent monophasé simplifié d'un moteur asynchrone ramené au stator.
'
Rr
– : résistance équivalente aux conducteurs rotoriques ramenée au stator.
g
– X : réactance de fuite ramenée au primaire.
– R fer , X : résistance équivalente aux pertes fer et réactance magnétisante.
Remarque :
6. Bilan de puissance
D'après le schéma équivalent on peut établir un bilan de puissance d'un moteur asynchrone, tel que la
puissance absorbée égale à la puissance utile plus la somme des pertes fer, Joule et mécanique.
avec :
Les pertes par effet Joule au stator sont les pertes qui sont localisées dans la résistance Rs .
I1
1 Rs I1 J1
1 Rs
I2 I2
Rs J2
2 2 Rs
I3 I3 J3
3 Rs
3 Rs
N
N
2
I I
Pjs 3 R s I 2
Pjs 3Rs J or J Pjs 3Rs RI
2
s
2
Pjs Rs I 2
3 3
3 3
Pjs R12 I 2 Pjs R12 I 2
2 2
Rs : résistance du bobinage statorique et R12 : résistance mesurée entre deux phases du stator couplé.
3
Quel que soit le couplage : Pjs R12 I 2
2
Ces pertes sont considérées comme constantes, elles sont déterminées à partir de l'essai à vide du
moteur asynchrone.
La puissance est transmise au rotor par l'action du champ magnétique tournant dans l'entrefer à la
fréquence de rotation s . Il lui correspond un couple électromagnétique C em tel que :
Pem C em s
Pm C em
s
Or : g s g s 1 g s
s
Pm C em C em 1 g s 1 g Ptr Pm 1 g Ptr
s
Or : g s gs
s
Ces pertes sont considérées comme constantes, elles sont déterminées à partir de l'essai à vide du
moteur asynchrone.
Pu Cu Pm pméc
Pc Pfs pméc
Pp
On définit alors le couple de pertes : C p
6.10. Rendement
Pabs pertes Pu
Pabs
Pabs
avec : pertes P fs Pjs Pjr pméc
p jr gPem gPtr
Pfr 0
3V1 Rs I1
2
Pfs
Rfer
3
p js 3Rs I 2 R12 I 2
2
Lorsque le moteur asynchrone fonctionne à vide (pas de charge couplée au moteur), sa vitesse de
rotation N0 est proche de la vitesse de synchronisme N s . On considère que N0 N s et g 0 . Dans
'
Rr
ce cas la résistance est infinie et le schéma équivalent par phase du moteur devient :
g
'
Rr
X
I1 Rs Iu g Rs I10
I10
If I
V10 R fer X V10 V10 Rs I10 R fer X
V10 0 V1n
P10
Q10
P10
à vide : P10 pméc Pfs
V10 Rs I10
V10 Rs I10 R fer I f I f
R fer
On a :
V10 Rs I10
V10 Rs I10 jX I I
jX
2
V10 Rs I10 V Rs I10
2 2
V10 Rs I10
Pfs 3R fer I f 3R fer
2
3 R fer 3 10
R fer R fer Pfs
2
V10 Rs I10 V Rs I10
2 2
V10 Rs I10
Q10 3 X I 3 X
2
3 X 3 10
X X Q10
Cet essai consiste à effectuer des mesures à rotor bloqué sous tension réduite et courant nominal.
Dans ce cas le glissement est égal à 1 g 1 car N 0 . Les puissances dans R fer et X deviennent
négligeables devant les autres (elles sont proportionnelles au carré de la tension d'alimentation). Cet
'
essai permet de déterminer Rr et X .
'
Rs I1cc Rr X
V1cc
En effectuant un essai à l’arrêt ( g 1 rotor bloqué) dit essai en court-circuit par analogie avec le
I1cc I1n
P1cc
Q1cc
'
On calcule, la puissance triphasée dissipée dans Rr .
' 2 ' P
P 3Rr I1cc Rr
' 3I12cc
On en déduit les valeurs de Rr et X :
Q 3 XI 2 Q1cc
1CC 1cc X
3I12cc
cos
0 Pu n Pu
8. Etude du couple électromagnétique
L’étude du schéma équivalent monophasé permet de trouver facilement l’expression des diverses
puissances mises en jeu et du couple de la machine.
'
Rr
I1 Rs Iu g
X ls lr s Ls
'
I10
V1 R fer X
Expression du courant I u
V1
On voit sur le schéma que : I u
Rr
'
R
s jLs
g
V1
Soit donc : I u 2
Rr
'
L s
2
Rs
2
g
'
R 2
On peut également exprimer directement la puissance transmise au rotor sous la forme : Ptr 3 r I u
g
2
' ' ' 2
R 2 R V1 Rr V1
C’est-à-dire : Ptr 3 r I u 3 r 3
g g g ' 2
' 2
Rr Rr
L s
2
Rs
2
Rs L s
2 2
g g
' 2
R V1
D’où : Ptr Pem 3 r
g ' 2
Rr
L s
2
Rs
2
g
' 2
Ptr Pem R V1
On a : Cem donc : Cem 3 r comme s s
s s gs Rr
' 2
p
L s
2
Rs
2
g
'
Rr
2
3 pV1 g
Cem
s Rr
' 2
L s
2
R
s 2
g
2 '
3 pV1 Rr
Cemd
s R R
s r
' 2
L2s
2
Couple maximal
Si on néglige la valeur de la résistance des bobinages statoriques, et c’est souvent le cas, on obtient
l'expression du couple électromagnétique :
' 2 '
Rr 3 pV1 Rr
g
3 pV1
2
g s
Cem
s Rr
'2 '2
Rr L2s g 2
2
L2s
2
2
g
3 pV12 Rr '
dCem s
'2 2 2 2
2 2 3 pV12 Rr '
Rr L s g 2 L s g
s
g
0
2
dg 2
Rr L2s g 2
' 2
2 '
3 pV1 Rr ' 2 2 2 2
Rr L s g 2 L2s g 2 0
2
s
'
'2 R
Rr L s g 0 g r2 2 2
Ls
'
Rr
On revient à l'expression du couple électromagnétique est en remplace g par , on obtient :
Ls
'
Rr
'
Rr
Ls Ls
2 2 2 2 2
3 pV1 3 pV1 3 pV1 3 pV1 3V1
Cem _ max Cem _ max car s s
s Rr
'2
s L s L s
2 2 2 2
2Ls
2
2Ls
2
2Ls s p
L2s
2
2
Rr '
Ls
C em C em _ max
C emd
0 s
g
1 R
'
0
g r
L s