FACULTE DE MEDECINE D’ANNABA
Physiologie de la
transmissions synaptique
Laboratoire de physiologie
Dr Benahmed
2015-2016
PHYSIOLOGIE DE LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE
I. INTRODUCTION :
La synapse est une zone de contact différencié entre les membranes de deux
cellules ; l’une au moins étant une cellule nerveuse ; suivant la nature de la
seconde on parle de :
− Synapse neuroneuronale : axosomatique , axodendritique, axoaxonique.
− Synapse neuromusculaire
− Synapse neuroendocrine
On distingue selon les critères morphologiques et fonctionnels plusieurs types
de synapses :
a) Les synapses chimiques : comprend 03 parties ; l’élément présynaptique, la
fente synaptique et l’élément postsynaptique.
- L’élément présynaptique : se caractérise par la présence de vésicules
synaptiques, organites de stockage de neurotransmetteurs.
- L’élément postsynaptique : se caractérise par la présence riche en
récepteurs postsynaptique.
- La fente synaptique : espace virtuel qui sépare l’élément présynaptique et
l’élément post synaptique.
b) Les synapses électriques : se caractérisent morphologiquement par
l’accolement des membranes plasmiques des régions cellulaires connectés,
dans ce cas les signaux électriques sont directement transmises d’une
cellule à l’autre.
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II. SCHEMAS GENERAL DU FONCTIONNEMENT DE SYNAPTIQUE :
1) L’arrivé de potentiel d‘action au niveau de l’élément présynaptique,
provoque l’ouverture des canaux calciques voltage-dépendants et l’entré
du calcium.
2) L’entré du calcium au niveau de l’élément présynaptique entraîne la
fusion des vésicules synaptiques avec la membrane présynaptique et la
libération du neurotransmetteur par exocytose dans la fente synaptique.
3) Les molécules de neurotransmetteurs libérés dans la fente synaptique
vont se fixer sur des récepteurs spécifiques localisés au niveau la
membrane postsynaptique.
4) La fixation du neurotransmetteur sur son récepteur modifie la
perméabilité membranaire de l’élément postsynaptique aux ions et selon la
nature de la synapse excitatrice ou inhibitrice détermine la nature de ces
ions.
• Lorsqu’une synapse est excitatrice, la fixation du médiateur sur les
récepteurs postsynaptiques entraîne, une augmentation la perméabilité
de la membrane postsynaptique vis-à-vis des ions sodium et des ions
potassium, entrainant une dépolarisation. Lorsque le potentiel de
membrane atteint le seuil, un potentiel d’action peut être engendré.
Caractéristiques des PPSE :
− Les PPSE sont des potentiels locaux et ne se propagent
qu’électroniquement.
− Les PPSE sont des potentiels graduables : leur amplitude croit en
fonction de l’intensité de stimulation, et lorsqu’elle dépasse un
niveau critique (appelé seuil) (de 20 mV c’est-à-dire de -70 à -50
mV), elle donne naissance à un potentiel d’action.
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− Les PPSE sont des potentiels plus durables que les potentiels
d’action : ils s’établissent rapidement ensuite ils disparaissent
progressivement d’une façon exponentielle.
Mécanismes ioniques du PPSE :
le PPSE résulte d’une augmentation simultanée de la perméabilité aux ions
sodium et de la perméabilité aux ions potassium.
• Lorsque la synapse est inhibitrice, la combinaison du médiateur
chimique avec les molécules du site récepteur entraîne une
augmentation de perméabilité de la membrane postsynaptique aux ions
potassium (et chlore). Ce qui entraîne l’hyperpolarisation de la
membrane.
5) D’une façon concomitante le neurotransmetteur seront soit : réabsorbé
par les éléments présynaptiques, dégradé sous l’effet d’enzymes, ou il
diffuse dans l’espace synaptique.
III. INTEGRATION SYNAPTIQUE :
Sommation spatiale : Se produit lorsque plusieurs potentiels postsynaptiques
convergent a partir des dendrites vers le corps cellulaire, qui se somment en
même temps pour générer un électrotonus au niveau du corps somatique (et
s'ajouter au niveau du sommet axonal)
Sommation temporelle : Se produit lorsque l’intervalle de temps entre
plusieurs stimulations successives est suffisamment court (fréquence de
stimulation élevée) pour déterminer des PPSE qui s’additionnent dans le
temps.
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IV. NEUROTRANSMETTEURS ET RECEPTEURS
Les neurotransmetteurs sont des substances chimiques libérés par les
terminaisons présynaptiques dans la fente synaptique et qui agissent sur des
récepteurs spécifiques postsynaptiques pour déterminer une modification du
potentiel de la membrane.
Les principaux neurotransmetteurs sont :
Nom Types Mécanisme Principaux sites de Applications
récepteurs d’action libération clinique
antagonistes postsynaptique
Acétylcholine Nicotiniques Canal Plaque motrice Déficit en ACH :
(ACh) (N1—N2) cationique Système para- Cortex : maladie
Muscariniques sympathique Fibre l’Alzheimer
(Ml, M2) AMPc préganglionnaire, JNM :
(P3 du système ortho myasthénie
sympathique,
striatum, cortex,
hippocampe.
Dopamine D1 AMPc, IF3, DAG Striatum, système Déficit en
(DA) D2 AMPc, canaux limbique, cortex, dopamine au
Na et Ca hypothalamus. niveau du
D3 ? striatum :maladie
D4 ? de parkinson
D5 AMPc
Noradrénaline α1 IP3 Fibre postgang. Cocaïne et
(NA) α2 AMPc du système amphétamines
β1 AMPc orthosympathique, potentialisent ses
β2 AMPc cortex, effets
β3 AMPc hippocampe,
amygdale,
5
cervelet,
hypothalamus,
bulbe.
Adrénaline (A) [Link] [Link] [Link]
Sérotonine (5- 5-HT AMPc Cortex, Impliqué dans le
HT) 5-HT AMPc hypothalamus, sommeil et
ou 5-hydroxy- 5-HT 1P3 épiphyse, tronc l’humeur : son
tryptamine 5HT AMPc cérébral, moelle taux est élevé
5-HT Canal épinière. dans la
5-HT cationique schizophrénie
5-HT AMPc
Histamine H1 , H2 Hypothalamus Impliqué dans la
régulation de
sommeil
Glycine Récepteur à la Canal chlore Moelle épinière,
glycine tronc cérébral
Acide -y-amino GABA Canal chlore Cortex, Agonistes : utilisé
butyrique GABA Protéine G, striatum, dans le
(GABA) AMPc hippocampe, traitement de
thalamus, l’épilepsie
tronc cérébral,
cervelet.
Acides aminés NMDA Canal Cortex, Antagonistes :
excitateurs AMPA cationique hippocampe, traitement de
Glutamate KA (kaïnate) Canaux Na, K cervelet, l’épilepsie
(Glu) quisqualate) Canaux Na, K striatum.
Aspratate IP3, DAG
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PHYSIOLOGIE DE LA JONCTION NEUROMUSCULAIRE
I. DEFINITION
La jonction neuromusculaire désigne la structure par laquelle une terminaison
nerveuse motrice prend contact avec la fibre musculaire qu’elle innerve.
II. STRUCTURE DE LA JONCTION NEUROMUSCULAIRE
La jonction neuromusculaire est constituée de :
1. Un élément présynaptique : représenté par les ramifications d’un axone
d’un motoneurone alpha, ces ramifications forment a leurs extrémités de
multiples boutons synaptiques ; qui représentent les éléments
présynaptiques, qui se caractérisent par la présence de vésicules de
stockage du neurotransmetteur et de nombreuses mitochondries
2. Un élément post-synaptique (plaque motrice) : représenté formé par la
membrane plasmique de la fibre musculaire, cette membrane invagine en
de profondes gouttières synaptiques. Au sommet des gouttières se
concentrent les récepteurs de l’acétylcholine. Par contre au niveau de la
base des gouttières des on trouve beaucoup plus des canaux sodique
voltages dépendants.
3. Une fente synaptique : l’élément présynaptique et l’élément post
synaptique sont séparés par une fente synaptique. Au niveau de la fente
synaptique on trouve l’acétylcholinestérase, enzyme qui hydrolyse
l’acétylcholine.
III. PHENOMENES PRESYNAPTIQUES
Les phénomènes présynaptiques regroupent l’ensemble des étapes qui
aboutissent à la libération de l’acétylcholine par la terminaison
présynaptique du motoneurone.
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1. SYNTHESE : L’acétylcholine est synthétisée au niveau de l’élément
présynaptique, à partir de l’acétyl-Coenzyme A et de la choline. Cette
réaction est catalysée par une enzyme ; la choline acétyltransférase
(CHAT).
2. STOCKAGE Une fois synthétisée, l’acétylcholine est concentrée et
stockée dans des vésicules. Ces vésicules sont groupées en deux pools,
l’un de réserve l’autre, situé dans une zone dite active prêtes à
l’exocytose.
3. EXOCYTOSE: Commandé par le calcium qui joue un rôle très important la
sécrétion acétylcholine, L’arrivée d’un potentiel d’action à l’extrémité du
motoneurone dépolarise la membrane plasmique présynaptique,
entraînant l’ouverture des canaux Ca++ voltage dépendants de type P/Q,
ceci provoque l’entrée Ca++ selon son gradient électrochimique. Cet influx
de Ca++ provoque le relargage et la fusion des vésicules synaptiques,
puis l’exocytose du neurotransmetteur dans la fente synaptique.
4. DÉGRADATION : Une fois utilisée, l’acétylcholine libérée dans la fente
synaptique est hydrolysée par l’acétylcholinestérase en acétate et
choline, la choline libérée sera réabsorbée par la terminaison nerveuse.
APPLICATIONS CLINIQUES : La toxine botulique B, qui cause la paralysie et la
mort caractéristiques du botulisme, bloquant la libération d’acétylcholine à la
jonction neuromusculaire.
Le syndrome de Lambert-Eaton, caractérisée par la formation d’auto-anticorps
contre les canaux calciques voltage-dépendants.
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IV. LES PHENOMENES POSTSYNAPTIQUES
POTENTIEL DE PLAQUE MOTRICE :
1. Mise en évidence
Sur une préparation comportant un axone moteur innervant une fibre
musculaire et deux microélectrodes placées ; l’une sur la plaque, l’autre à
une dizaine de millimètres de cette dernière.
1) La stimulation de l’axone fait apparaître un potentiel diphasique qui
précède la contraction de la fibre. Ce potentiel correspond à la
dépolarisation initiale de la plaque suivie d’un potentiel d’action propagé.
2) Pour pouvoir observer facilement la dépolarisation de la plaque la
préparation est traité par l’application du curare pour faire disparaître le
potentiel d’action musculaire.
Curare = substance utilisée par les Indiens pour empoisonner leurs
flèches ; qui provoque une paralysie).
- Donc la stimulation provoque une dépolarisation, non suivi ni de
potentiel d'action et ni de contraction du muscle. Le potentiel observé
dans ce cas ; c’est un potentiel postsynaptique que l’on appelle potentiel
de plaque motrice (PPM).
2. Caractéristiques de PPM:
- le PPM est un potentiel local ; en effet, si l’on éloigne l’électrode de
dérivation de quelques millimètres de la plaque, le potentiel de plaque
diminue progressivement d’amplitude puis disparaît.
- Le PPM est un potentiel graduable : son amplitude croit en fonction de
l’intensité de stimulation, et lorsqu’elle dépasse un niveau critique, elle
donne naissance à un potentiel d’action.
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3. Mécanismes ioniques du potentiel de plaque motrice
- L’utilisation de techniques de potentiels imposé et patch clamp montre
que le PPM est dû a augmentation de la perméabilité de la membrane
postsynaptique aux ions Na+ et au K+, par fixation deux molécules
d’acétylcholine sur les deux sous unités α de chaque récepteur
cholinergique nicotiniques, ce qui provoque l’ouverture de ces derniers
et le passage des ions.
APPLICATIONS CLINIQUES :
- Myasthénie : syndromes d’altération de la transmission neuromusculaire
post-fonctionnelle ;
- Soit lié à un processus auto-immun soit congénital, dû a la diminution du
nombre de récepteurs fonctionnels.
V. LE DELAI SYNAPTIQUE
C’est L’ensemble des processus qui se déroulent depuis l’arrivé de PA au
niveau présynaptique jusqu’au déclenchement de PPM comprend 03
étapes : la sécrétion de Ach (2) sa diffusion à travers la fente synaptique et
(3) l’interaction avec le récepteur
L’accomplissement de l’ensemble de ces processus dure 0,5 à 1 msec .Cet
intervalle appelé le délai synaptique.
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