Introduction
Première Partie : Le Concept Qualité et Son Utilité Pour Les Services
Comptables
Chapitre 1 : Définition et critères de la qualité
Section 1 : Définition, exigences et caractéristiques de la qualité
Section 2 : Les critères de la qualité pour les services comptables
Chapitre 2 : Les approches de la qualité
Section 1 : Approche économique
Section 2 : Approche institutionnelle
Chapitre 3 : Les enjeux de la qualité
Section 1 : L’enjeu pour le client et ses partenaires
Section 2 : L’enjeu socio-économique
Section 3 : L’enjeu pour la profession
Deuxième Partie : Le Processus de Production de la Qualité Dans les
Missions d’Assistance Comptable
Chapitre 1 : Politique qualité du cabinet, modèles professionnels
Section 1 : Politique qualité du cabinet
Section 2 : Environnement favorable à la qualité
Chapitre 2 : Les outils de production de la qualité dans les missions
comptables
Section 1 : Les outils d’exécution de la mission
Section 2 : La supervision des travaux et la revue qualité
Chapitre 3 : La mesure de la qualité dans les missions comptables
Section 1 : La qualité dans les rapports avec le client
Section 2 : La qualité à travers les contrôleurs externes
Conclusion
introduction :
L’évolution de la situation économique et sociale incite la profession
d’experts- comptables à opérer une évolution de son management pour
pérenniser son rôle de soutien aux entreprises, aux pouvoirs publics et au
marché. Le challenge proposé à la profession consiste à améliorer
continuellement la qualité du service qui s’exprime à la fois par une garantie
de conformité aux règles établies et par la satisfaction des besoins des
clients.
De même, les changements auxquels sont confrontées les entreprises, dont
les états financiers sont soumis à une multitude de contrôles, imposent à
leurs dirigeants et à leurs responsables comptables et financiers, appelés
dans plusieurs juridictions à s’engager formellement sur la fiabilité de leurs
états financiers, un niveau d’expertise de plus en plus élevé en matière de
gestion du risque et de contrôle interne. Dans le contexte d’un
environnement d’affaires de plus en plus exigeant et contraignant, la mission
d’assistance comptable se met de plus en plus en valeur.
L’un des aspects essentiels de cette situation réside dans l’écart de
perception entre les attentes élevées des différentes parties prenantes
(actionnaires, banquiers, investisseurs, personnel, fisc, justice, etc…) et la
réalité technique des missions de certification légale ou contractuelle.
Sur un autre aspect, l’évolution internationale des normes de contrôle et
d’audit impacte inéluctablement les missions de tenue et de surveillance
comptables pratiquées par les cabinets d’expertise comptable. Cette
évolution impose aux experts-comptables une adaptation des compétences,
des processus de travail et des outils. Mais il reste à savoir comment quelles
sont les méthodes pour avoir un environnement favorable à la qualité ?
Comment adapter les missions comptables aux types de clientèle dans le
cadre d’un service de bonne qualité ?
Comment gérer et mesurer cette qualité de service auprès des cabinets
comptables ?
La démarche Qualité peut contribuer de façon forte à répondre à de telles
exigences.
Aux yeux des clients et de la collectivité, la valeur ajoutée des cabinets
comptable s’exprime par la qualité et la fiabilité des prestations qu’ils
assurent dans le respect du secret professionnel.
En développant une stratégie de différenciation par la qualité, l’expert-
comptable peut acquérir une notoriété qui lui confère un avantage
concurrentiel appréciable.
Le système qualité comprend l’ensemble de la structure et de la culture
organisationnelle, les responsabilités, les procédures, les procédés et les
ressources affectées pour mettre en œuvre la gestion de la qualité au sein du
cabinet.
Il est nécessaire donc, pour développer une telle stratégie, de s’interroger
sur les besoins des utilisateurs, d’apprécier la pertinence des règles
techniques et de définir les voies selon lesquelles il conviendra de réaliser
des adaptations nécessaires mieux que dans le passé : telle est l’essence de
la réflexion que ce mémoire se propose de mener en rapport avec une
mission courante d’expertise comptable : l’assistance comptable.
La mission d’assistance comptable est un des domaines d’intervention de la
profession comptable qui offre un service aux entreprises tenues de produire
des états financiers annuels destinés aux associés, au fisc, aux investisseurs,
aux institutions financières et à d’autres utilisateurs. Bien que la mission
d’assistance comptable ne soit pas un substitut à la mission d’audit, son
objectif, qui consiste à fournir un niveau adéquat d’assurance, peut s’avérer
utile, surtout pour les PME dont les ressources internes en expertise sont
relativement limitées.
La mission d’assistance comptable est, par comparaison avec la mission de
révision à claquelle elle emprunte bien des techniques, une mission distincte
dans ses buts comme dans ses moyens. Elle favorise la promotion de la
profession en lui donnant la possibilité de faire dans une mission courante un
travail de qualité.
Néanmoins, dans la réalité pratique, la qualité des prestations dans les
missions d’assistance comptable est très disparate. L’offre est très ouverte,
comptables et experts-comptables libéraux en plus des comptables salariés
sont habilités à exercer ce métier, sans que le domaine ne soit suffisamment
encadré par les normes professionnelles.
Nous essayerons au cours de cette recherche de définir la politique, la
démarche et la nature des outils nécessaires pour mettre la qualité du
service comptable rendu « sous contrôle », c’est-à-dire pour rendre les
professionnels capables de produire des services de qualité, de mesurer
cette qualité et de l’améliorer continuellement.
La première partie du présent mémoire s’efforcera de cerner le concept de
qualité et son utilité pour les services comptables en abordant sa définition,
ses exigences et ses caractéristiques contraignantes et contingentes, en
passant en revue ses critères spécifiques et en démontrant son utilité et sa
nécessité pour les services professionnels dans le cadre d’une mission
d’assistance comptable. Dans une seconde étape, l’étude montrera l’apport
des différentes approches économique, institutionnelle, culturelle et éthique
proposées dans l’évaluation de la qualité des services comptables pour
parvenir enfin à mettre en évidence ses différents enjeux pour les différents
intervenants dans le processus de la production de la qualité.
S’appuyant sur les définitions, les exigences et les critères de la qualité, la
seconde partie décrira le processus de production de la qualité dans les
missions d’assistance comptable. Ce processus ayant pour objectif de
montrer que la politique qualité caractérisée, d’une part, par l’adoption d’un
modèle professionnel comptable fondé sur une logique de professionnalisme
et, d’autre part, par le développement d’un environnement favorable à la
qualité, permet de gérer, de contrôler, d’améliorer et de produire la qualité
dans ce type de mission.
Cette démarche exige des outils performants de production et d’exécution de
la mission et des méthodes de travail formalisées et matérialisées dans un
dossier de travail bien structuré, faisant l’objet d’une supervision globale.
Elle exige aussi que les critères de mesure de la qualité soient identifiés et
définis. Deux approches de mesure seront retenues à savoir, la qualité
perçue dans les rapports entre l’expert-comptable et son client, et la qualité
appréciée à travers les contrôleurs externes.
Le Concept Qualité et Son Utilité Pour Les Services Comptables –
Première Partie :
La question de la qualité est aujourd’hui une préoccupation de la profession
comptable pour qui, la qualité est un outil de différenciation sur un marché
concurrentiel.
Néanmoins, le terme reste encore ambigu au sens où le client ne peut pas
avoir de garanties totales sur l’impact du service et le prestataire a des
difficultés à mesurer la valeur de la prestation et à légitimer le prix
demandé.
Les services en général et les services comptables en particulier sont, en
effet, confrontés à une incertitude sur la qualité. Améliorer la qualité des
services comptables passe par un développement de mécanismes efficaces
de coordination pour réduire l’incertitude.
Chapitre I – Définition et critères de la qualité
La définition conceptuelle de la qualité de service révèle une certaine
confusion, s’organise autour de divers concepts clés souvent issus de
domaines de gestion différents, sans que les uns ou les autres semblent
s’imposer.
Section 1 : Définition, exigences et caractéristiques de la qualité
La qualité de l’audit est un concept de construction multidimensionnelle
auquel il faut rattacher des composants.
Sous-section 1 : Définition
Est dit de qualité, un travail ou une prestation exécutée dans les règles de
l’art.
la qualité est « l’ensemble des propriétés et caractéristiques d’un produit ou
d’un service qui lui confèrent l’aptitude à satisfaire des besoins exprimés ou
implicites.»
Envisagée plutôt comme capacité d’adéquation que comme niveau de
performance, la qualité apparaît comme la combinatoire de deux
dimensions :
- une dimension subjective : l’appréciation de la qualité est liée à
l’application de règles en vigueur ou admises à un moment donné. Ces règles
évoluent avec le temps en fonction notamment des besoins du client;
- une dimension objective : les règles qui constituent le fondement de la
qualité sont généralement définies et normalisées, permettant ainsi une
appréciation objective de la qualité.
Sous-section 2 : Exigences
Les normes Iso 9001 ne jugent pas en soi la qualité des produits ou des
services, mais celle des procédures organisationnelles qui permettent de
respecter totalement les contrats que l’entreprise signe avec le client.
Ainsi, à l’occasion de chaque intervention, un professionnel comptable avisé
ne fait qu’adopter une démarche pratiquement normalisée et fortement
recommandée. En effet, le professionnel comptable s’assure au préalable
que :
- le service demandé est correctement appréhendé;
- le service demandé est correctement défini;
- la prestation sera réalisée par un professionnel compétent;
- l’adéquation entre les moyens et compétences, et la nature de la mission
sera assurée;
- le service sera rendu conformément aux diligences et règlements en
vigueur.
§1. Le service demandé est correctement appréhendé
le professionnel doit s’enquérir au préalable de l’étendue et de la finalité de
la mission qu’on se propose de lui confier.
le professionnel pour la démarche à entreprendre en matière de missions
d’établissement des états financiers, a prévu cette phase préalable à
l’acceptation de la mission dans le dessein d’acquérir :
- une connaissance de l’activité et de l’historique de l’évolution de
l’entreprise;
- des connaissances sommaires d’ordre comptable, financier, juridique, fiscal
et social;
- des informations de gestion et de la politique générale de l’entreprise.
Le professionnel réfléchira ensuite aux conditions nécessaires à la bonne
réalisation de la mission, à savoir :
- la méthodologie;
- les compétences et moyens à mettre en œuvre;
- le volume de travail;
- les délais d’exécution;
- le coût de l’intervention.
En fait, il s’agit d’une étude de faisabilité qui doit permettre au professionnel
de s’engager vis-à-vis de son client en ayant une connaissance du contexte
d’intervention.
§2. Le service demandé est correctement défini
Après avoir clairement appréhendé les objectifs et recensé les moyens
techniques, humains et matériels nécessaires pour l’exécution de la mission,
le professionnel les formalise dans un document écrit appelé « convention »
ou « lettre de mission ». Cette convention (ou lettre de mission) vise à définir
l’étendue des engagements réciproques. En effet, si le professionnel
s’engage à fournir son aide au client, selon des modalités financières
définies, celui-ci accepte en contrepartie de mettre à sa disposition tous les
moyens nécessaires à l’accomplissement normal des diligences
correspondantes.
1. Les missions auprès de nouveaux clients
L’intervention du professionnel nécessitera des travaux préalables
approfondis afin d’identifier les particularités de l’entreprise cliente et de
définir un programme de travail répondant le mieux à ses problèmes. Une
mauvaise définition de la nature et des modalités de l’intervention du
professionnel peut entraîner une mauvaise appréciation de ses
responsabilités et de ses obligations et affecter, par conséquent, la qualité de
sa prestation.
La participation active du client, ou plus précisément du responsable qui
sera chargé du suivi de la mission, dans l’élaboration de la lettre de mission
est fortement recommandée, pour une meilleure définition de la mission et
des obligations réciproques.
2. Les missions auprès d’anciens clients
Dans les cas d’intervention auprès d’anciens clients, bien qu’une confiance
mutuelle règne, il est toujours souhaitable de la sauvegarder par la fixation
des critères de collaboration.
Pour les missions récurrentes, l’établissement d’une lettre de mission
n’apparaît pas indispensable sur un plan purement formel. Il traduit
toutefois l’effort de réflexion renouvelé et permet de mieux enregistrer les
évolutions et les faits qui interviennent dans la définition de l’intervention.
§3. La réalisation de la prestation par un personnel compétent
La définition de la mission ne suffit pas pour la réaliser dans l’esprit
qualitatif escompté, encore faut-il avoir la compétence requise pour ce faire.
Outre de bonnes connaissances générales et solides en matière comptable et
financière, le candidat à la profession doit pouvoir justifier d’une certaine
expérience pratique acquise notamment dans le cadre du stage professionnel
obligatoire.
Le professionnel doit, donc, s’assurer de la compétence de ses collaborateurs
et doit, en outre, veiller à l’amélioration de leurs connaissances
professionnelles et générales car déléguer, constitue pour lui un acte de la
gestion quotidienne, dont il faut maîtriser l’évolution et contrôler les
résultats. Il appartient donc au professionnel de mettre en place un système
de supervision et de contrôle du travail exécuté, ce qui lui permettra de
maintenir le niveau de qualité qu’il s’est fixé, en conformité avec les règles et
recommandations professionnelles.
§4. L’équilibre entre l’allocation des moyens et la nature de la mission
Il est clair que plus on avance dans les phases du cycle d’un service
comptable, plus on se rend compte de la complexité de la gestion d’un
dossier dont l’objectif est la qualité.
La définition précise de la mission et l’identification du profil des différents
intervenants pour l’exécuter constituent une tâche qu’il incombe au
professionnel d’accomplir. La constitution d’une équipe d’intervenants
devrait en tout état se faire dans le souci d’optimiser la relation entre la
qualité générée et le coût qui s’en suit.
Le professionnel doit s’assurer par ailleurs, de la disponibilité des moyens
humains et matériels programmés pour l’intervention au niveau d’une
mission donnée, conformément au calendrier qu’il entend proposer.
§5. Le respect des diligences et règlements en vigueur
La profession comptable étant essentiellement une profession intellectuelle
et d’ordre pratique, nécessite un effort constant de réflexion et d’adaptation
aux exigences des divers clients.
En effet, fournir une prestation comptable de qualité ne peut devenir une
réalité que sous une triple condition préalable :
- disposer d’un code d’éthique dont les règles encadrent l’activité du
professionnel;
- établir un ensemble de recommandations qui répondent au double objectif
de servir de guide et de système de référence pour apprécier les diligences
et les responsabilités;
- enfin, définir de façon précise la nature, l’étendue et les limites de chaque
mission susceptible d’être confiée au professionnel.
Sous-section 3 : Caractéristiques (contraignantes et contingentes)
Un des facteurs de réussite des entreprises est de proposer sur un marché
des produits ou des services qui :
- répondent à un besoin, un usage ou un objectif bien défini;
- répondent aux attentes des consommateurs ou des utilisateurs;
- soient conformes aux normes et aux spécificités applicables;
- soient conformes aux exigences réglementaires de la société et de
l’environnement;
- soient disponibles à un prix compétitif;
- soient fournis à un coût qui génère un profit.
De telles caractéristiques semblent être, a priori, exclusivement applicables
aux produits de grande consommation. Cependant et moyennant des
aménagements, nous réalisons que cette réflexion peut parfaitement
s’adapter aux services comptables.
La diversité des significations et des approches que couvre cette notion
trouve son explication dans plusieurs raisons.
Pour essayer de comprendre cette notion et en reconnaître la complexité, il
faut savoir que la qualité apparaît dans ses significations comme dans ses
méthodes, contingente des besoins d’information, des finalités et des rôles
des acteurs du système. Elle l’est également des ressources allouées, des
valeurs dominantes, des savoirs et des progrès technologiques. La qualité est
donc une notion éminemment relative8.
§1. La qualité est contraignante
La qualité est contraignante. Elle exige du savoir-faire et nécessite des outils
de travail opérationnels. De ce fait, le professionnel comptable a besoin
d’être encadré d’un ensemble de règles. Ces règles s’appliquent aux quatre
dimensions caractéristiques de la qualité des prestations fournies : éthique,
technique, comportementale et organisa-tionnelle.
1. Les règles d’éthique
Pour garantir la qualité de son service, le professionnel comptable doit
adhérer à un ensemble de valeurs éthiques et adopter un comportement
empreint de professionnalisme, un comportement intègre qui respecte les
valeurs de la profession et qui recherche à protéger l’intérêt public.
Un comportement éthique suppose que le professionnel comptable :
- doit préserver son indépendance vis-à-vis de son client. L’indépendance
étant essentiellement une question d’état d’esprit, il appartient au
professionnel de décider d’abandonner telle ou telle mission s’il pense que
son indépendance peut se trouver affectée vis-à-vis de son client;
- doit comprendre les normes de compétence et d’intégrité de la profession
afin d’identifier les dilemmes d’ordre éthique et prendre des décisions qui
protègent l’intérêt public. Il faut aussi adhérer à ces normes;
2. Les connaissances techniques
Le professionnel comptable ne doit accepter une mission que s’il s’estime
être en mesure de l’accomplir d’une manière efficace en fonction de ses
connaissances du domaine, de son expérience antérieure et de l’étendue des
informations dont il dispose.
En effet, de telles exigences supposent :
- d’avoir une bonne maîtrise du dossier dans le domaine comptable, fiscal,
juridique, et social;
- de disposer d’une documentation professionnelle à jour nécessaire pour
avoir une bonne connaissance et une maîtrise des normes et des règles
professionnelles;
- de savoir utiliser les logiciels courants et communiquer avec les nouvelles
technologies;
- d’avoir une bonne maîtrise des chiffres et de savoir les interpréter;
- de savoir identifier les éléments clés du dossier;
- de savoir constituer un dossier de travail qui facilite la localisation de
l’information et de mettre en relief ses éléments essentiels;
- d’acquérir une bonne connaissance du secteur d’activité du client;
- de savoir résoudre les problèmes et de prendre les décisions;
- de savoir gérer et superviser.
3. Les compétences comportementales
Les cabinets d’expertise comptable vont devoir se comporter comme des
entreprises, améliorer leur productivité mais aussi leur service client en
répondant aux nouveaux besoins des clients, et de ce fait, développer de
nouvelles compétences. Pour toutes ces raisons, les compétences
comportementales sont au cœur des préoccupations des chefs de cabinets et
constituent, de plus en plus, une source de réussite professionnelle.
Ces formes d’intelligence émotionnelle évoluent constamment et se
modifient en fonction des expériences de la vie pour former des compétences
déterminantes aussi bien dans la vie personnelle que dans la vie
professionnelle.
Les compétences intra-personnelles : Ce sont les compétences émotionnelles
qui déterminent la façon dont nous nous comportons et qui mobilisent les
compétences suivantes :
- la conscience de soi qui consiste à connaître ses propres états intérieurs,
ses préférences, ses moyens, ses capacités et ses limites.
- la maîtrise de soi qui consiste à savoir gérer ses états intérieurs, ses
impulsions et ses ressources. Elle permet un comportement adapté aux
circonstances, engendre le bon stress qui mobilise et motive.
- les aptitudes sociales sont déterminées par nos savoirs nous comporter,
agir et rétroagir avec les autres. Elles nous permettent de réussir et exceller
dans notre travail et surtout nous aident à vivre dans le bonheur. Elles
consistent à mesurer l’impact des attentes explicites ou implicites générées
par le comportement des autres, leurs attitudes ou leurs dires. C’est aussi la
capacité d’être confronté aux autres avis et accepter que les gens vous
disent en face ce qu’ils pensent, c’est-à- dire communiquer de façon claire,
cohérente et convaincante moyennant des outils techniques de pédagogie et
en toute politesse. Il faut aussi avoir l’esprit d’équipe et le sens de la
collaboration et de la coopération en travaillant avec les autres à des
objectifs communs en toute modestie, simplicité, discrétion et
confidentialité.
4. Organisation des travaux
Comme pour toute mission, celle de l’assistance comptable suppose une
bonne organisation à l’intérieur du cabinet pour sa réalisation par les
équipes de professionnels dans les impératifs de délais et avec la qualité
exigée.
La nécessité d’être organisé est également liée au fait que les interventions
deviennent difficiles à planifier dès que le nombre de clients s’accroît dans
un cadre de contingence des ressources.
L’organisation se caractérise d’une manière générale par une planification
des travaux, par un suivi des travaux réalisés, par la formalisation d’un
dossier de travail et par la supervision de ces travaux.
La planification des travaux : La planification des travaux a pour but
d’ordonner dans le temps les interventions en fonction de leur importance.
La prise d’une connaissance générale du client représente une intervention
préalable à la mission tout en se poursuivant après. Il convient en effet de
collecter un certain nombre d’informations pour mieux appréhender les
termes de la mission tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif.
Cette prise de connaissance permet au professionnel de faire preuve de
prudence et de s’assurer du respect de son indépendance par le client et des
risques qui s’y attachent. Elle lui permet d’avoir aussi une vue d’ensemble de
l’entreprise, une connaissance des normes spécifiques applicables à la
société et enfin une première appréciation des éléments de base du contrôle
interne avant d’engager les travaux de détail.
Ces éléments de connaissance générale peuvent être acquis :
- des entretiens avec le client et les principaux responsables;
- les discussions avec les collaborateurs du cabinet chargés des dossiers de
clients dans le même secteur d’activité;
- la consultation de la documentation externe;
- la revue de la documentation interne tels que les rapports annuels, les
documents de vente, les manuels ou études diverses;
- les visites des locaux, bureaux et usines.
En organisant la mission, le professionnel établit un programme de travail.
Dans son détail, le programme de travail dresse la liste des points à
examiner et des travaux à réaliser.
Le programme de travail doit être conçu de façon à ce qu’il soit adaptable
aux circonstances rencontrées au cours du déroulement de la mission d’une
part, et doit permettre aux professionnels de suivre l’avancement des
différents travaux et de justifier leur accomplissement réel d’autre part.
Le suivi de la réalisation des travaux : Il est important que le professionnel
chargé du dossier sache à quel stade d’avancement se situent les travaux et
s’assure, au fur et à mesure, que ces travaux sont effectués conformément
au programme de travail défini.
Certaines règles peuvent être instaurées afin d’effectuer le suivi nécessaire.
Ces règles peuvent être résumées comme suit :
- la mention des tâches réalisées sur les rubriques concernées du
programme de travail;
- l’établissement de notes de conclusion à la fin de chaque séquence incluse
dans le dossier dans lesquelles le collaborateur fait ressortir les éléments qui
soulèvent des difficultés particulières ou nécessitant une attention
particulière;
- l’établissement de la liste des points en suspens dans laquelle le
collaborateur récapitule les travaux non accomplis;
- un état de rapprochement entre le temps budgétisé et le temps passé.
La supervision des travaux : La supervision est une étape essentielle dans la
maîtrise de l’exécution de la mission. Elle doit permettre d’avoir l’assurance
que les travaux réalisés sont conformes aux diligences professionnelles et
aux normes de travail adoptées à l’intérieur du cabinet. Elle se concrétise
par une revue du dossier de travail, effectuée par une personne n’ayant pas
pris part de façon active dans l’exécution de la mission.
L’ensemble du personnel affecté à la mission doit être supervisé et son
travail doit être révisé afin d’assurer qu’il est conforme à la planification et
qu’il est exécuté convenablement.
La supervision du dossier de travail présente plusieurs avantages. Elle donne
l’occasion de relever et de corriger des erreurs, d’identifier les aspects du
travail effectué dont l’efficience peut être accrue, et de faire des
observations pour la formation du personnel.
§2. La qualité est contingente
Face à l’exigence des clients et des différents utilisateurs sur la qualité des
services comptables et la contrainte budgétaire des professionnels, s’est
posée la question de la relation coût-qualité. Si une relation existe, de quelle
nature est-elle ?
Est-il vrai que la qualité coûterait cher car elle baisserait la productivité et
augmenterait les coûts du travail ?
En réalité, les coûts et la qualité sont complémentaires. Deux relations entre
la qualité et les coûts ont été identifiées :
- les coûts d’obtention de la qualité;
- la réduction des coûts de la non-qualité.
Outre cette relation étroite, le coût et la qualité ont souvent été présentés
comme deux dimensions incompatibles de la performance de l’organisation,
l’une étant atteinte au détriment de l’autre.
En fait, la qualité est perçue comme générant un surcoût. L’amélioration de
la qualité nécessite la mobilisation de ressources. Par ailleurs, la réduction
des coûts est souvent perçue par les professionnels comme une entrave à la
qualité des prestations.
il est possible de diminuer les coûts grâce à une amélioration de la qualité. Il
est clair que la réduction des coûts issus de la non-qualité et du gaspillage
des différentes ressources représente des sources potentielles de
financement pour l’organisation et donc des possibilités de développement.
La question est de savoir si les efforts financiers consacrés aux démarches
pour réduire ces dysfonctionnements sont contrebalancés par des économies
? En d’autres termes, peut-on espérer un retour sur investissement des
démarches qualité ? A quelles conditions ? Au bout de combien de temps ?
Une stratégie efficace de réduction des coûts doit viser en premier lieu la
réduction et l’évaluation éventuelle des défaillances externes, suivies par
une réduction graduelle des défaillances internes. Ces deux composantes des
coûts qualité représentent un gaspillage des ressources matérielles et
humaines que toute entreprise doit réduire pour satisfaire ses clients et
améliorer son profit. Les deux autres éléments des coûts qualité, à savoir les
coûts de prévention et les coûts d’évaluation sont des dépenses nécessaires
pour la mise en place d’une politique qualité. Ils sont considérés comme un
investissement sans lequel on ne peut atteindre la qualité. Ces deux derniers
éléments doivent être optimisés afin d’éviter les pièges de la surqualité,
autrement dit, des contrôles inutiles et, le plus souvent, inefficaces.
Le coût de la mise en place d’une politique qualité doit être considéré
comme un investissement dont le retour est assuré par une meilleure
rentabilité.
En effet, et pour les services comptables, la mise en place d’une politique
qualité est subordonnée à la volonté des professionnels ainsi que leurs
collaborateurs de consentir les efforts nécessaires à la mise en œuvre des
procédures, des moyens techniques et humains qui tendent vers ce but. En
effet, il s’agit d’un investissement qui s’inscrit dans un objectif de stratégie à
long terme du cabinet. Il doit être d’un coût adapté à sa dimension
financière.
Cette démarche qualité doit reposer sur cinq critères :
- la fiabilité et la capacité de délivrer le bon service;
- l’organisation;
- la compétence du personnel et la vision que le client en a;
- l’assurance que le service est correctement fait;
- l’attention quant aux attentes du client (la conformité aux exigences).
Ces cinq critères doivent guider l’application du coût d’obtention de la
qualité aux services comptables.
Il est donc inévitable de considérer que la qualité est contingente, mais il est
important de savoir que même si la qualité coûte cher, il existe quelque
chose de plus coûteux que la qualité : c’est son absence.
Les critères de la qualité pour les services comptables – Section 2 :
Trois groupes de critères de la qualité des services comptables peuvent être
identifiés :
Sous-section 1 : La capacité et les limites d’adaptation aux besoins du client
Le professionnel comptable doit-il s’abstenir d’accepter des missions qui
dépassent ses compétences ou dont la taille dépasse les capacités
matérielles de son cabinet ?
§1. La capacité d’adaptation aux besoins du client
Le professionnel doit s’assurer qu’il possède les compétences et l’expérience
nécessaires pour exécuter la mission conformément aux normes reconnues,
aux règles de déontologie et aux lois applicables à l’entreprise. Parmi les
facteurs à considérer, citons les connaissances spécialisées requises,
l’effectif nécessaire et les délais impartis.
Le professionnel comptable doit savoir distinguer entre les missions qu’il est
capable d’accomplir de celles qui dépassent ses compétences. Son choix se
limite aux missions qu’il maîtrise. En s’abstenant de ce qui est au dessus de
ses capacités, un expert-comptable évite les erreurs et les fautes graves.
§2. Les limites d’adaptation aux besoins du client
Les limites d’adaptation aux besoins du client peuvent entraîner le refus
d’accepter une mission. Se sont des limites techniques ou déontologiques qui
peuvent affecter les interventions du professionnel. Elles concernent
principalement son domaine de compétence, une mise en cause de son
indépendance, l’impossibilité de respecter certaines conditions matérielles,
notamment les délais, liées au bon fonctionnement des travaux.
Sous-section 2 : L’organisation et la structure du cabinet
Les professionnels comptables qui veulent s’assurer que leur organisation
fonctionne de façon ordonnée et efficiente et que toutes les missions sont
exécutées selon les normes prescrites par la profession, doivent tenir compte
des quatre composantes clés suivantes nécessaires à la pérennité du
cabinet :
§1. Les relations professionnelles avec le personnel
Le succès d’un cabinet d’un professionnel comptable est directement lié à la
manière dont celui-ci gère son personnel. Une communication franche et
honnête à toutes les échelles ainsi que la mise en place d’une politique
relative au personnel contribueront au développement général et au
maintien des activités du cabinet. Pour cela, il faut notamment :
- mettre en place une politique et des procédures de recrutement car le
succès d’un cabinet en général, et de ses membres en particulier, est
directement lié à la qualité des personnes qu’il emploie;
- affecter le personnel requis pour répondre aux besoins de services de
chaque client en temps voulu;
- aider les personnes en charge du dossier à la résolution des difficultés
méthodologiques;
- partager l’ensemble des informations avec les autres collaborateurs
impliqués dans le dossier;
- évaluer périodiquement le rendement des membres du personnel
professionnel afin que ces derniers comprennent ce que le cabinet attend
d’eux;
- envisager et adopter des politiques permettant d’assurer que tous les
membres du personnel opérationnel soient personnellement responsables de
leur activité professionnelle.
Dans les cabinets d’une certaine taille, la direction pourrait également
rassembler les éléments de réflexion qui permettraient d’élaborer un
référentiel du comportement, c’est-à-dire de fixer des normes de
fonctionnement du cabinet et des attitudes professionnelles normales.
§2. Les relations professionnelles avec les clients
La réussite d’un cabinet repose sur l’établissement et le maintien de bonnes
relations professionnelles avec ses clients. En effet, le professionnel doit
mettre en place des processus permettant le développement de bonnes
relations professionnelles utiles et appropriées avec les clients. Pour cela, il
faut notamment33 :
- s’assurer qu’il n’y a pas de conflits d’intérêts;
- établir avec le client une relation permettant d’acquérir une bonne
connaissance de l’entreprise, de son domaine d’activité, de son
environnement économique, des faits marquant ses activités et des
perspectives d’évolution;
- solliciter et guider le client pour tous les contrôles préparatoires pouvant
être réalisés par lui;
- collaborer avec les services comptables et d’audit interne de l’entreprise, le
cas échéant;
- collaborer avec les juristes de l’entreprise pour obtenir l’ensemble des
éléments nécessaires;
- établir avec le client une relation de confiance permettant des échanges
constructifs et transparents tout en respectant la confidentialité de ses
affaires;
- informer le client des travaux réalisés, des conclusions, des remarques
éventuelles en temps utile (en tenant compte des éléments significatifs);
- évaluer périodiquement la reconduction de la mission en se demandant si la
relation avec le client peut être poursuivie, sur la base de tout changement
dans la direction, la propriété, les conseillers juridiques, la situation
financière, le contentieux, la nature des activités et la portée de la mission.
§3. Les services professionnels
Les règles de déontologie exigent que les services professionnels soient
fournis en conformité avec les normes d’exercice généralement reconnues
de la profession. En effet, le professionnel comptable doit fournir ses
services professionnels avec intégrité et diligence. Pour cela, il faut
envisager une politique à l’égard de la prestation et de la documentation des
services fournis à ses clients34. Il s’agit notamment de :
- rédiger une lettre de mission dans laquelle on précise la nature des
services à fournir et les conditions connexes;
- planifier les travaux à effectuer de façon adéquate;
- envisager de formuler des politiques visant à préciser les attentes et à
prévoir des indications concernant la nature des éléments à consigner au
dossier de travail, ainsi que la forme et la présentation de toute
documentation à cet égard;
- envisager une politique de supervision et de révision afin de s’assurer que
les travaux sont conformes à la planification et qu’ils sont exécutés de façon
convenable et, le cas échéant, relever et corriger les erreurs;
- élaborer une politique de consultation lorsque les membres du personnel
professionnel ne sont pas certains de la solution à adopter pour un problème
touchant la mission;
- se doter d’une politique portant sur la communication des
recommandations nécessaires à la direction, soit par écrit, soit verbalement.
§4. Les sauvegardes
Il est indispensable pour le cabinet de se doter d’une politique de
sauvegarde et de protection. Dans ce sens, il faut notamment35 :
- développer et maintenir une politique de rigueur crédible;
- s’enquérir de la qualité morale des dirigeants et des principaux
propriétaires et des risques liés à l’acceptation de la mission;
- s’assurer de l’indépendance et de la capacité de préserver cette
indépendance;
- développer au sein du cabinet une culture de professionnalisme, de
responsabilité, de réactivité, de comportement proactif et d’attachement au
travail bien fait;
- rédiger une lettre de mission précisant clairement la responsabilité du
client, les devoirs et les attentes légitimes de chacune des parties;
- mettre en œuvre une méthodologie formalisée et systématique;
- tenir des dossiers de travail de qualité;
- obtenir du client une déclaration de responsabilité des dirigeants sociaux
sur la fiabilité des états financiers et sur le bon fonctionnement du contrôle
interne;
- mettre en place des contrôles internes et des autocontrôles qui procurent
une assurance qualité satisfaisante;
- assurer une supervision diligente et efficace des dossiers de travail;
- accepter de se soumettre à un contrôle qualité externe;
- apprécier périodiquement les risques liés au dossier.
Sous-section 3 : Les compétences à mobiliser
Ce sont les compétences liées au savoir, au savoir-faire et au savoir-être,
mais aussi au savoir-faire-faire, c’est-à-dire déléguer et motiver, et savoir-
faire-savoir, c’est-à-dire informer et former.
A chaque compétence sont généralement associés un savoir (des
connaissances théoriques), un savoir-faire (des outils pratiques) et un savoir-
être (conditions affectives et relationnelles requises).
Pour le personnel du client, fréquenté assez souvent par le professionnel
comptable, la qualité repose d’abord sur les compétences interpersonnelles
puis sur les compétences professionnelles.
D’ailleurs, l’analyse de l’enquête montre que les personnes interrogées
considèrent que le critère de la compétence est le critère le plus important
pour le choix du cabinet d’assistance.
§1. Compétences comportementales
La profession comptable embrasse plusieurs métiers qui sont à la fois
interreliés par des traits communs et distincts par certaines spécificités.
Les compétences clés constituant le seuil critique d’intelligence
comportementale sont contingentes par métier et par environnement
économique et culturel de la communauté humaine dans laquelle on exerce
ce métier. Elles sont identifiées et déterminées selon qu’elles soient
communes à tous les métiers comptables ou spécifiques à un service
comptable bien déterminé.
1. Compétences comportementales critiques communes à tous les métiers
comptables
Parmi les compétences comportementales critiques communes à tous les
métiers comptables, on distingue notamment :
(1) La fiabilité : C’est une compétence émotionnelle critique de base pour
tous les métiers et principalement pour les métiers comptables, qui génère
pour eux un environnement favorable à la gestion des risques, au contrôle
interne et à la performance.
La réputation de fiabilité est un label de qualité et un facteur favorable au
développement personnel du professionnel comptable. Elle lui permet de se
distinguer par des qualités qui lui permettent de construire de bonnes
relations avec les autres, de mener des missions intéressantes et enfin
d’avoir une confiance totale en soi, associée à une satisfaction personnelle et
d’estime de soi.
(2) La conscience professionnelle : Les personnes qui possèdent cette
compétence gagnent le respect des autres et réussissent leur vie
professionnelle s’ils veillent toujours à être efficaces et à développer et
maintenir leurs compétences.
En fait, être conscient sur le plan professionnel, c’est être ponctuel, précis,
auto- discipliné, avoir un profond sens des responsabilités, être exigeant en
matière de qualité et enfin, avoir l’assurance que tout fonctionne comme il
faut.
2. Compétences comportementales critiques spécifiques aux missions
d’assistance comptable
Les missions d’assistance comptable mobilisent les compétences
comportementales critiques suivantes :
(1) L’exigence de perfection : Cette compétence consiste à fournir un effort
pour atteindre un niveau d’excellence ou pour l’améliorer afin d’offrir un
service et un travail bien fait.
Il faut donc aimer ce type de mission pour trouver du plaisir à l’exercer. Cet
enthousiasme pour ce type de mission se traduit par des efforts de recherche
constante d’informations et de méthodes pour progresser et une volonté
d’apprentissage pour s’améliorer. C’est aussi la passion pour ce travai qui
pousse à la perfection.
(2) La passion du service : La passion du service épanouit et enthousiasme
pour la recherche de la meilleure approche professionnelle pour satisfaire et
gratifier le client.
Autrement dit, dans le cadre d’une mission d’assistance comptable, le
professionnel doit être capable de comprendre les besoins annoncés et
cachés de son client, de chercher les moyens possibles pour le satisfaire
dans les délais et enfin de lui offrir l’assistance nécessaire tout en se
comportant comme étant un conseiller avisé et fidèle.
(3) La gestion des attentes : Le professionnel génère par ses promesses, ses
positions, ses attitudes et ses comportements des attentes chez ses clients et
en lui-même. Pour cela, il est donc important de mesurer ses promesses et
faire attention à ne promettre que ce qu’on est capable de tenir.
Une bonne gestion des attentes minimise ce risque et augmente la fiabilité et
la crédibilité du professionnel alors qu’une gestion maladroite des attentes
peut affecter sa réputation, porter atteinte à sa crédibilité et à la qualité des
rapports qu’il entretient avec ses clients.
(4) Le sens de la collaboration et de la coopération : Cela représente le fait
d’accepter et d’être capable de travailler efficacement avec les autres à des
objectifs communs. La performance globale synthétise la capacité de
l’ensemble de collaborer, de se compléter et de coopérer.
§2. Compétences techniques
En transversal de l’ensemble des dispositifs à mettre en place pour gérer
efficacement les compétences au sein des cabinets d’expertise comptable,
apparaît en permanence la nécessité de faire évoluer la culture très
technicienne des cabinets afin de répondre aux nouveaux enjeux qui se
posent à eux et aux nouveaux besoins des clients et des différents
utilisateurs de l’information comptable.
Le travail comptable se valorise de jour en jour, ce qui en même temps
accroît les attentes des entreprises à l’égard de leurs comptables et amène
ces derniers à s’enquérir continuellement de leur portefeuille de
compétences.
On distingue, alors, trois principales ressources de la compétence technique
pour les services comptables :
1. Les savoirs
Ce sont les formations acquises par voie d’études, de formation continue et
de la lecture de la documentation professionnelle mise à jour.
Le potentiel technique du cabinet dépend directement de celui des membres
de son personnel. Aussi, le professionnel comptable a le devoir de parfaire
ses connaissances professionnelles, ainsi que celles de ses collaborateurs.
Une formation adaptée à chaque type de mission autorise, en effet, une
véritable délégation des travaux et permet leur supervision de manière utile.
2. Le savoir-faire
C’est d’abord chez le client que le professionnel comptable apprend. Le
terrain est le premier lieu de transmission du savoir-faire qui consiste en des
acquis d’expérience par l’ancienneté et par l’intensité des apprentissages
pratiques.
Encore faut-il créer des réseaux d’échange d’information et d’expérience,
des lieux où l’on puisse confronter, se stimuler et donner avis.
Ce mode de transmission du savoir-faire et de création de la compétence par
la circulation de l’information est nécessaire entre les dirigeants des
cabinets d’une part et leurs collaborateurs d’autre part. Ce transfert peut se
réaliser à travers les rencontres et les réunions46.
3. Les connaissances techniques
Pour accomplir donc une mission d’assistance comptable, il est nécessaire,
voire obligatoire d’avoir de bonnes connaissances générales et solides
notamment en matière comptable, en fiscalité, en droit social et dans le
domaine juridique. Ces connaissances se traduisent généralement par une
bonne maîtrise des normes professionnelles liées aux missions et par la
disposition de la documentation professionnelle nécessaire.
Néanmoins, toutes ces compétences ne peuvent être bien exploitées que si le
professionnel comptable suit des méthodes de travail claires, fiables et
efficaces qui consistent à :
- savoir mettre en œuvre une démarche de révision structurée permettant
d’aller à l’essentiel;
- savoir travailler en équipe et s’adapter à une organisation définie;
- avoir des capacités d’analyse et de contrôle de cohérence;
- savoir rédiger des rapports, des comptes-rendus ou des notes de synthèse;
- organiser et hiérarchiser son travail.
Les approches de la qualité – Chapitre 2 :
Une revue de la littérature sur les modes d’évaluation de la qualité des
services comptables a montré l’introduction des différents indicateurs
utilisés pour évaluer la qualité dans ce secteur comme les limites du prix, de
la réputation et du contrat dans la coordination des échanges. Les cabinets
ont, donc, intérêt à investir dans des signaux qui renforcent leur crédibilité
morale et technique. En effet, l’institutionnalisation de la qualité à travers la
normalisation et la certification semble porteuse de nombreux enjeux pour
les clients et pour la profession comptable.
Section 1 : Approche économique
Sous-section 1 : La qualité est évaluée par le marché
Dans l’approche économique contractuelle, le contrat précise ce que chaque
partie attend de l’autre et les moyens qui permettent de vérifier que les
engagements ont bien été tenus.
Cependant, il est clair que les contrats ne peuvent prendre en compte qu’un
nombre limité de variables. L’élaboration de « contrats complets » butte sur
deux hypothèses très fortes et sans doute très irréalistes. D’une part,
l’information structurelle de chaque contractant doit être complète, et
d’autre part, la rationalité des agents est parfaite.
Sous-section 2 : La qualité est évaluée par les standards
Dans le marché des biens et services, le prix constitue un poids lourd parmi
les éléments de la concurrence.
En revanche, la concurrence dans les professions libérales organisées relève,
fondamentalement, d’une économie de qualité, le prix étant supposé
maintenu, par principe et par tous, à un niveau qui ne peut jamais sacrifier la
qualité.
Les normes de qualité établissent, sur la base des mesures techniques, des
caractéristiques définissant le niveau de la qualité. La standardisation est
interprétée comme l’assurance pour le client que le produit ou le service
réponde à certaines exigences.
Sous-section 3 : La qualité est évaluée par les conventions
Le concept de convention de qualité occupe une place importante dans les
travaux récents des conventionnalistes. Pour ces derniers, la qualité ne peut
résulter d’une pure évaluation en termes d’équilibre offre – demande, ni
d’une référence à des standards. Elle repose plutôt sur les liens personnels
de proximité et la fidélité temporelle des relations.
La convention de qualité apparaît donc comme une « une structure
d’information sur comportement » (Gomez 1994). L’auteur décline le concept
de convention de qualité sur deux dimensions. La première est une
convention externe à l’organisation; la convention de qualification traite la
construction de la qualité dans le cadre de la relation client – fournisseur. La
deuxième est une convention interne à l’organisation; la convention d’effort
impliquant le personnel de l’entreprise.
Approche institutionnelle – Section 2 :
Sous-section 1 : La normalisation de la mission
On peut définir la normalisation comme étant la « spécification technique ou
autre document accessible au public, établi avec la coopération ou
l’approbation générale de toutes les parties intéressées, fondé sur les
résultats conjugués de la science, de la technologie et de l’expérience, visant
à l’avantage optimal de la communauté dans son ensemble et approuvé par
un organisme qualifié sur le plan national, régional ou international ».
L’ISO (International Standard Organization) a réuni en 1979 une commission
chargée d’étudier les différentes normes d’assurance de la qualité et de les
regrouper en un ensemble de normes d’une portée multi-sectorielle et
internationale. Ces normes publiées en 1986 ont reçu l’appellation ISO 9000.
Les normes ISO 9000 définissent les bases de la mise en œuvre de
l’assurance de la qualité. Elles décrivent les caractéristiques des
organisations garantissant la qualité de la production. La série des normes
internationales ISO 9000 se compose de trois normes fondamentales sur les
systèmes qualité : ISO 9001, ISO 9002, ISO 9003 et deux normes définissant
les lignes directrices, appelées ISO 9000 et ISO 9004.
Cependant, le niveau de formalisation de l’organisation du cabinet est un
facteur important dans le choix du modèle ISO. Si le formalisme de
l’organisation est satisfaisant, le cabinet s’attachera plus particulièrement à
mettre en place le management de la qualité et s’inspirer à cet effet de la
norme ISO 9004-2. Les procédures existantes devront, toutefois, être
vérifiées et éventuellement modifiées pour être adaptées aux prescriptions
de cette norme.
Sous-section 2 : L’auto-certification
L’auto-certification est un signal de qualité dont le coût effectif est imputable
aux efforts nécessaires pour convaincre de sa bonne qualité. L’avantage de
choix de l’auto-certification se fait dans un objectif de différenciation.
Dans sa comparaison entre la certification et l’auto-certification, confère à la
première plus de mérite dans la signalisation de la qualité et associe à la
deuxième, en revanche, la crainte des dérives dus à la recherche de
maximiser les profits.
Sous-section 3 : La certification
La certification est, par définition, l’attestation délivrée par un organisme
tiers, de conformité d’une entité à des normes. Il s’agit d’une assurance
écrite qu’un produit, un processus ou un service est conforme à des
exigences spécifiées. Elle peut être délivrée à une personne pour attester de
ses compétences dans l’accomplissement de tâches déterminées, à un
produit ou à un service dont les caractéristiques ont fait l’objet d’un contrôle
ou encore à des entreprises qui ont adopté des systèmes d’assurance qualité
conformes aux normes internationales de la série ISO.
La certification apparaît comme un outil de différenciation des concurrents
en valorisant sur le marché un effort interne de rationalisation de l’activité.
Elle n’est toutefois pas sans inconvénients. La certification risque parfois
d’inciter les professionnels à surinvestir dans le domaine de signalement de
la qualité, ce qui ne peut pas manquer de se répercuter en augmentations
des prix des prestations.
Les enjeux de la qualité – Chapitre 3 :
La qualité est l’affaire de tous. Elle passe par la mobilisation et l’imagination
de chacun. En effet, la mise en place d’un système qualité est, de ce fait,
obligatoirement participatif et c’est l’occasion de sensibiliser durablement
les collaborateurs aux objectifs et aux enjeux de qualité du cabinet.
Section 1 : L’enjeu pour le client et ses partenaires
Le cabinet doit surveiller régulièrement les services offerts aux clients et les
besoins de ces derniers. Quelle que soit leur taille, les cabinets doivent
respecter les délais, demeurer attentifs aux demandes des clients et
entretenir des liens étroits avec eux.
Une réponse ciblée sur les besoins explicites ou implicites des clients
implique que le cabinet ait préalablement planifié la recherche,
l’actualisation, la formalisation et la diffusion des informations relatives aux
attentes des clients.
Sous-section 1 : Les attentes
Noriaki Kano considère que les attentes peuvent être catégorisées en
obligatoires, proportionnelles et attractives :
- les attentes obligatoires : elles correspondent à des besoins que le client ne
formule pas, tellement ces attentes lui semblent évidentes. Ces exigences ne
créent pas de satisfaction particulière quand elles sont satisfaites, mais
créent en revanche du mécontentement quand elles ne le sont pas.
- les attentes proportionnelles : elles correspondent à des besoins clairement
exprimés. Plus le client obtient ce qu’il a demandé, plus il est satisfait.
- les attentes attractives : elles correspondent aux besoins latents, c’est-à-
dire à des besoins non exprimés car le client n’en a pas conscience tant
qu’une offre ne les lui révèle pas.
Toutefois, il apparaît de l’analyse des réponses au questionnaire, que des
attentes élevées en matière de compétence professionnelle et de conseil,
dans une mission d’assistance comptable, sont légitimes.
Il faut donc repérer ces différents types d’attente générés chez les clients
dans une mission d’assistance comptable afin d’apporter une réponse
innovante. Pour ce faire, le professionnel comptable est tenu d’identifier les
motivations du client, ses besoins et ses attentes normales, lesquelles
résultent de l’écoute du client, de sa stratégie et des ressources qu’il peut et
souhaite y consacrer.
§1. Les motivations du client
Il est important d’identifier les motifs du recours du client aux missions de
l’assistance comptable et de comprendre les raisons du choix du cabinet afin
de s’assurer que les attentes créées chez ce client sont légitimes et que le
professionnel comptable est en mesure de les satisfaire.
§2. L’identification des attentes du client
Les attentes normales des clients convergent vers un critère essentiel, à
savoir la qualité et le professionnalisme avec lesquels les services sont
rendus.
En effet, les attentes normales du client dans une mission d’assistance ou de
surveillance de comptabilité peuvent être résumées en deux réflexions qui
sont soit d’une utilité significative, soit nécessitent la prise de mesures
immédiates à savoir :
- l’identification et la signalisation au client des éléments éventuels qui
peuvent mettre en cause la cohérence ou la vraisemblance et, par
conséquent,
- l’identification et la signalisation au client des points significatifs et utiles et
les commenter de manière à en faciliter la compréhension.
§3. Les compétences comportementales nécessaires pour l’identification des
attentes du client
la communication et l’intuition sont les deux compétences comportementales
nécessaires pour identifier les motivations et les attentes du client.
1. La communication
Une communication pertinente est une communication adaptée à
l’environnement. Elle est traduite par l’aptitude à identifier chaque type de
comportement pour y faire face et à savoir demander ou reformuler un
questionnement afin de comprendre les attitudes appropriées en cas de
conflit. Pour ce faire, le professionnel doit être un bon communicateur. Cette
compétence favorise le développement des relations interpersonnelles et
encourage le client à donner en toute confiance les informations nécessaires
permettant à l’assistant d’avoir une idée claire sur ses besoins.
2. L’intuition
permet de sentir et détecter les anticipations et les tendances et, par là
même, permet d’agir sans attendre d’être en possession de toutes les
informations nécessaires.
Il est indispensable pour un professionnel comptable, même en présence
d’un bon communicateur et d’un écouteur actif, d’être capable d’anticiper
les situations à risque de façon raisonnable afin d’identifier les attentes
implicites du client et d’agir.
Sous-section 2 : La satisfaction
La satisfaction de la clientèle est essentielle au cabinet s’il veut garder ses
clients et en séduire de nouveaux. Les aspects auxquels les clients accordent
le plus d’importance sont la rapidité d’exécution du travail, le caractère
raisonnable des honoraires (dans un contexte d’une population d’entreprises
dominée par les PME) et la qualité du service. Les cabinets doivent surveiller
la satisfaction de la clientèle de façon continue et relever les problèmes
importants qui nécessitent la prise de mesures immédiates.
Que faire donc pour satisfaire les attentes du client dans une mission
comptable ?
Tout d’abord, il faut définir clairement la nature de la mission, les dates et
les lieux d’intervention ainsi que les modalités de présentation des comptes-
rendus.
Au cours du déroulement de la mission, il faut :
- repérer les points clés et significatifs à partir des éléments de révision et
tenir compte des caractéristiques, des difficultés et des projets de
l’entreprise;
- identifier les risques du dossier;
- respecter les procédures internes et les contraintes de temps définies par
le cabinet;
- procéder à la mise en forme définitive des comptes annuels;
- présenter les résultats liés à l’activité, les mettre en perspective et mettre
l’accent sur les points significatifs;
- évaluer et indiquer ouvertement les domaines où l’entreprise doit
progresser;
- établir des commentaires précis et compréhensibles par le client.
Sous-section 3 : La confiance
La confiance constitue une des composantes essentielles de toute stratégie
relationnelle. Celle-ci se définit comme une croyance réciproque n’ayant de
valeur qu’au sein d’une relation bilatérale. Chaque partie a le sentiment que
son partenaire va se comporter conformément à ce qui a été prévu en raison
de sa crédibilité et de ses compétences.
L’enjeu socio-économique de la qualité – Section 2 :
Sous-section 1 : La protection des investisseurs (sécurité des transactions)
Les PME sont des entités économiques en évolution. Pour assurer leur
développement, elles ont besoin de financement externe et d’organisation
interne. Le professionnel comptable est la personne indépendante
indispensable pour assurer ce rôle de soutien à la surveillance du bon
fonctionnement des entités, en concertation avec le commissaire aux
comptes, le cas échéant.
La profession comptable a évolué et renforcé son offre de services aux
entreprises. Les cabinets proposent désormais des compétences qui s’étend
de l’accompagnement directionnel, au conseil en gestion, à la stratégie, à
l’assistance comptable en passant par la qualité. Mais la principale mission
du professionnel comptable reste de garantir la fiabilité des données
comptables. Il est donc un soutien au pilotage de l’entreprise et favorise, à
ce titre, son développement. En cas de difficulté, le professionnel comptable,
investi d’une mission d’assistance, est un acteur du redressement. Il joue
également le rôle d’agent facilitateur des liaisons avec les établissements de
crédit et avec l’administration.
Sous-section 2 : La création de la valeur ajoutée
La valeur ajoutée est une notion d’économie qui permet de mesurer la valeur
créée par un acteur économique.
Le challenge proposé à la profession consiste à améliorer davantage la
qualité du service qui s’exprime à la fois par une stricte garantie de
conformité aux règles établies et, vis-à-vis de la satisfaction des besoins de
chaque client, seule composante reconnue comme créatrice de valeur
ajoutée.
La valeur perçue par le client relative à la prestation d’assistance comptable
proposée par le cabinet doit, avant tout, être personnalisée pour répondre
aux besoins spécifiques du client. Le client doit identifier et reconnaître cette
valeur ajoutée dans la prestation proposée. La reconnaissance de la valeur
(valeur individuelle et/ou valeur du cabinet) peut permettre même la
différenciation vis-à-vis d’un concurrent au prix plus attractif mais dont
l’offre ne répond pas aussi bien à la spécificité de la problématique du client.
Le client choisit le cabinet qu’il estime être en mesure de lui apporter le plus
de valeur ajoutée, ce qui ne veut pas forcément dire la prestation la plus
technique. En effet, la valeur qui compte, est bien celle qui est perçue par le
client, pas celle qui est affichée par le cabinet.
Il en découle de ce qui précède, et compte tenu du caractère intangible de la
prestation de service, que la valeur future perçue dépend d’éléments qui
vont rendre ce service tangible, et en premier lieu, la qualité des
collaborateurs au sein du cabinet, l’apport d’expertise, la qualité de la
relation, la disponibilité, mais aussi, l’image de marque, les références, les
documents échangés, la vitesse et la pertinence des réponses.
Sous-section 3 : La transparence fiscale
L’influence du fait fiscal sur les interventions du professionnel comptable
dans les entreprises est une réalité vécue au quotidien dans la plupart des
missions comptables.
Il est un fait que quelle que soit la voie empruntée par le professionnel ou la
démarche retenue pour assurer une mission d’assistance comptable, il se
trouve en face de la fiscalité et ses difficultés, ses techniques, ses définitions
et ses exceptions.
En effet, les compétences comptables se révèlent indispensables à l’exercice
du contrôle fiscal dans un environnement à sources multiples de risques
fiscaux. Ces principaux risques peuvent être liés74 :
- à la politique générale du client;
- à la fiabilité du système d’information;
- aux procédures de veille fiscale;
- à la compétence en matière fiscale des personnes intervenantes
(comptables, assistants comptables, auditeurs, etc.…).
En outre, la comptabilité, en tant qu’outil de centralisation, de synthèse et
d’assiette fiscale, constitue la principale base de contrôle fiscal et, par
conséquent, de découverte de défaillances fiscales. Elle apparaît donc à la
fois comme étant la première source de menace fiscale, mais aussi l’outil de
formalisation des options jugées offrir une opportunité pour l’entreprise.
Cela nécessite l’adoption de procédures efficaces de saisie et d’imputation
d’une part, et de bonnes techniques d’analyse et de justifications comptables
et de rapprochements entre les montants comptabilisés et les montants
déclarés d’autre part. Cela en fait, résulte de la qualité des travaux effectués
dans une mission d’assistance comptable qui a pour objectif de produire ou
aider à produire des états financiers réguliers, sincères et fiscalement
transparents.
En effet, à travers la mise en place d’un tel dispositif, la profession apportera
aux entreprises l’assurance que les prestations qu’elles reçoivent de ses
membres sont faites en conformité à des règles claires et qu’elles sont
menées selon des méthodes rigoureuses. Cela permet, sans doute, de mettre
en œuvre la réglementation fiscale de plus en plus complexe, au mieux des
intérêts du client.
L’enjeu pour la profession – Section 3 :
La recherche de la qualité dans l’exécution des missions vise la promotion de
la profession, pour toute la profession. Alors, quelles sont les retombées de
cette gestion de la qualité ?
Sous-section 1 : Le progrès et le développement
En définissant des normes de travail qui soient communes, admises par tous,
qui s’appliquent à toutes les missions et à toutes les structures, la mise en
place d’une politique qualité contribue sans conteste à solidariser la
profession en renforçant sa cohésion et son unité. La politique qualité
devient en quelque sorte le système de référence dans lequel chaque unité
puise pour définir son comportement et son organisation interne. Elle met
donc chacun sur un même pied d’égalité par les obligations qu’elle impose et
élimine ceux qui ne respectent pas les règles du jeu.
En effet, l’objectif essentiel d’une politique qualité au sein du cabinet
consiste à améliorer la prestation offerte, c’est-à-dire à faire progresser la
profession en l’adaptant aux besoins des clients.
La démarche qualité, vecteur de progrès et de satisfaction client, transcende
les obligations professionnelles. C’est une dynamique appelée à procurer des
gains de productivité et un accélérateur de motivation pour tous77.
La première mission de la profession comptable reste de garantir la fiabilité
des données comptables. Certes, c’est la finalité des missions d’assistance
comptable. Il en découle ainsi que la qualité est construite principalement
dans ce type de mission qui procure pour tous les cabinets les avantages
suivants :
- un moyen de distinction et de différenciation;
- une source de sécurité;
- fait accroître la valeur ajoutée du collaborateur;
- professionnaliser les collaborateurs;
- harmoniser, optimiser et formaliser les méthodes de travail;
- transformer les bonnes pratiques en meilleures pratiques;
- accroître la notoriété du cabinet;
- une condition de survie de l’unité de travail face aux autres canaux
d’information;
- un impératif pour rester compétitif, crédible et performant.
Les réponses données à l’enquête démontrent que la satisfaction client
amène, dans la majorité des cas, au renouvellement de la convention
d’assistance comptable et constitue, par là même, un indice de performance
du cabinet78.
Sous-section 2 : La crédibilité
Une profession qui, de sa propre initiative, en dehors de toute obligation
légale, s’organise en vue d’améliorer la qualité du travail, ne peut qu’inspirer
le respect aux yeux des tiers, que ce soient les clients, les banquiers ou les
pouvoirs publics.
En effet, la mise en place, par les professionnels comptables, d’une politique
qualité constitue la preuve que leurs ressortissants respectent dans leurs
travaux les règles, les normes et les recommandations et assure sans doute
la démonstration de leur crédibilité.
Ainsi, le fait de garantir la qualité des services professionnels et de pouvoir
le démontrer constituera un atout inappréciable pour la conservation de la
confiance du public. Sans cette confiance, la profession comptable ferait face
à un avenir très sombre79.
Sous-section 3 : La compliance
Par «compliance», il faut comprendre le respect des prescriptions légales,
prudentielles et internes, l’observation de normes usuelles du marché et de
règles de comportement, la maîtrise des conflits d’intérêts ainsi que
l’éthique professionnelle.
L’IFAC a résumé ses positions à ce sujet dans un énoncé de politique du
conseil intitulé «Assuring the Quality of Audit and Related Services». On
peut y lire la mise en garde suivante : « Lorsqu’un comptable ne se conforme
pas, ou ne semble pas se conformer aux normes professionnelles ou aux
exigences légales, la profession a du mal à maintenir la réputation
d’intégrité, d’objectivité et de compétence qu’elle s’est acquise au cours de
nombreuses années où elle a servi les clients, les employeurs et le public80».
En effet, la mise en place d’une politique qualité, en définissant des normes
de travail qui soient communes et admises par tous, contribue sans conteste
à assurer la compliance de la profession.
Le Processus de Production de la Qualité Dans les Missions d’Assistance
Comptable – Deuxième Partie :
Même en dehors du désir d’être certifié selon les normes de l’ISO, le
professionnel comptable est obligé de mener une démarche de gestion
qualité pour garantir la pérennité de son cabinet.
La gestion de la qualité est définie ainsi : « c’est l’ensemble des activités qui
concourent à l’obtention de la qualité dans un cadre de production de biens
ou de services»81.
La même source ajoute que la gestion de la qualité « est aussi un moyen que
se donnent certaines entreprises, dans des buts divers telles que la
conformité aux standards du marché (certification selon la famille de normes
ISO 9000), la recherche de l’efficience (amélioration continue) ou encore
pour assurer leur pérennité en s’assurant de la satisfaction de leurs
différents partenaires ».
Comment peut-on donc, transposer ce concept de gestion de la qualité à la
profession comptable dans le cadre d’une mission d’assistance dite encore
mission d’examen ?
Ainsi, l’accent sera mis dans cette deuxième partie sur la démarche qui sous-
tend la mission d’assistance comptable relevant des bonnes pratiques voire
quasiment standardisées.
Chapitre 1 : Politique qualité du cabinet, modèles professionnels
Le présent chapitre est essentiellement orienté vers les aspects
opérationnels et les conditions de mise en place d’une politique et de
l’adoption d’un modèle professionnel permettant d’obtenir la maîtrise de la
qualité par les professionnels comptables dans la réalisation de leurs travaux
et plus spécifiquement dans les travaux d’assistance comptable.
Section 1 : Politique qualité du cabinet
Le professionnel comptable a une vocation générale par sa formation et son
expérience à intervenir sur les fonctions administratives, financières et
comptables dans les entreprises. La gestion qualité doit sans doute s’exercer
dans les différents domaines d’intervention. Mais il existe normalement une
prédominance des missions comptables dans l’activité professionnelle : il
s’agit des missions de révision et d’établissement des comptes y compris la
tenue et la surveillance des comptabilités.
Dans le cadre de ces missions, la qualité du service rendu est fonction
principalement :
- du modèle professionnel comptable choisi dictant les procédures et les
conditions de déroulement des missions;
- de la compréhension du besoin, des attentes et des exigences légitimes du
client; et
- des procédures d’acceptation des missions et de l’organisation du cadre
contractuel.
Sous-section 1 : Modèle professionnel comptable choisi
La lettre comptable n° 3/2006 définit trois stratégies possibles donnant lieu
aux trois modèles d’exercice professionnel comptable :
(1) Le modèle du client : c’est un modèle qui consiste à choisir une stratégie
fondée sur la logique du client où la qualité est dictée par celui-ci. Dans ce
modèle, le professionnel comptable ne dispose pas d’une politique de
sélection de sa clientèle et, par conséquent, il va instrumentaliser la qualité
dans une logique prioritaire d’accroissement du volume d’activité avec des
tarifications non transparentes en rapport avec les exigences du client.
Toutefois, dans ce modèle, les contrôles administratifs constituent une
préoccupation principale et le principal outil d’appréciation de l’efficacité.
Pour cela, le professionnel comptable va chercher à dédier le relationnel
pour la résolution des difficultés et à adopter un profil bas en cas de
problème.
(2) Le modèle de responsabilité : c’est un modèle qui consiste à choisir une
stratégie fondée sur une logique de responsabilité. Dans ce modèle, la
qualité, c’est ce qui satisfait le client sans compromettre le professionnel et
engager sa responsabilité. Cela suppose que le professionnel comptable
dispose d’une politique de sélection de clientèle visant à éliminer ceux qui
n’ont pas d’égard au formalisme ou qui n’acceptent pas les tarifs pratiqués
par le cabinet.
Ce type de modèle qui donne la priorité au formalisme et au respect
rigoureux des formalités, des normes et des diligences normales s’appuie sur
l’hypothèse selon laquelle la conformité aux procédures et la bonne
préparation à des conflits éventuels sont des outils principaux d’évaluation
de la qualité.
Or, il est impossible de satisfaire un client non rigoureux sans compromette
le professionnel comptable et sans risquer d’engager sa responsabilité
professionnelle.
(3) Le modèle de professionnalisme : ce modèle consiste à choisir une
stratégie fondée sur une logique de professionnalisme relevant d’une vision
d’économie de la qualité. La qualité, dans ce modèle, est à la fois l’excellence
professionnelle, le moteur de progrès et d’amélioration continue mobilisant
tous les acteurs en vue d’avoir des capacités de répondre aux attentes
légitimes du client.
Dans ce modèle, le professionnel comptable poursuit une politique fondée
sur une forte sélection de clientèle sur la base de critères de qualité, de
rentabilité et d’accroissement et d’élargissement des compétences.
Le client est un acteur direct de la qualité, ce qui crée une forte convergence
de logiques entre lui et son personnel d’une part, et le professionnel et ses
collaborateurs d’autre part. Ces acteurs sont, par conséquent, concernés et
mobilisés pour la production de la qualité et l’amélioration continue.
Ce système, qui transforme les erreurs en opportunités et qui intègre la
qualité dans les cultures et dans les comportements, constitue un cycle
continu d’amélioration de la qualité qui intéresse une certaine catégorie de
clientèle même en pratiquant une tarification élevée82.
En revanche, la faible maturité du marché et la faible gouvernance
organisationnelle constituent des facteurs hostiles à ce modèle.
Bien entendu, un professionnel peut se placer dans l’une de ces trois
logiques de façon principale en fonction de ses valeurs personnelles tout en
empruntant des éléments caractéristiques à d’autres logiques selon les
circonstances.
Néanmoins, le modèle fondé sur une logique de professionnalisme semble
être le mieux à produire de meilleures opportunités, de meilleures
performances et, par conséquent, de meilleure qualité comme l’affirment
Haddad S., Roberge D., et al (1997), « faire de la qualité une des bases de
l’amélioration continue, et la considérer à la fois comme le moteur et le
produit du progrès est une perspective particulièrement porteuse»83.
Sous-section 2 : La compréhension du besoin, des attentes et des exigences
légitimes du client
La notion de la qualité du service est d’autant plus difficilement
appréhendable que la notion de service est abstraite, diffuse et se
caractérise par une prestation intangible et souvent hétérogène.
Pour se prémunir contre des prestations de mauvaise qualité, les
professionnels comptables essayent de maîtriser leur processus de
réalisation. Pour cela, il convient :
- d’une part, de bien appréhender les besoins du client;
- d’autre part, de répondre à ses exigences légitimes tout en attachant la
plus grande importance aux aspects périphériques de la prestation tels que
les délais, la relation, la communication, la compétence, etc…
§1. La compréhension du besoin et des attentes du client
Chaque type de mission génère chez le client des attentes normales qu’il faut
satisfaire. Toutes ces attentes, qui peuvent varier d’une mission à une autre,
convergent vers la qualité et le professionnalisme avec lesquels les services
sont rendus.
Pour les missions d’assistance comptable, il est important de savoir, tout
d’abord, les motifs du client qui ont abouti au choix du cabinet pour
identifier par la suite les attentes légitimes que le professionnel comptable
est tenu de satisfaire.
On peut résumer ces attentes comme suit84 :
- les éléments éventuels mettant en cause la cohérence et la vraisemblance
(ou la régularité et la sincérité) sont identifiés et signalés au client;
- les informations utiles sont présentées au client et commentées de manière
à en faciliter la compréhension;
- une veille réglementaire et une alerte contre les risques significatifs en
rapport avec la mission.
L’identification de ces attentes dans les missions d’assistance comptable est
confirmée par les résultats de l’enquête. En effet, 50% des répondants
affirment que la découverte d’insuffisances ou d’erreurs est généralement
soulevée par le cabinet d’assistance comptable. De même, 58% des
répondants exigent que les informations utiles soient bien expliquées et
commentées au client et soient suffisamment claires et appuyées des détails
justificatifs. Enfin, la majorité des personnes interrogées affirment que le
cabinet d’assistance comptable est le mieux placé à avertir le client contre
les risques significatifs et à proposer des mesures correctives85.
§2. La compréhension des exigences légitimes du client
Le marché de la prestation comptable évolue sous l’effet de deux
phénomènes :
- une concurrence accrue; et
- une demande importante de la part des clients de travaux de qualité dans
les missions d’assistance, avec notamment des interventions adaptées à la
taille de l’entreprise, une spécialisation et une compétence des
collaborateurs et un développement de l’activité de conseil (fiscal, social,
etc…).
Ainsi, les professionnels comptables, au même titre que les entreprises, se
lancent dans une démarche de qualité sous la pression de leur
environnement afin de satisfaire les exigences de leurs clients, ce qui
contribue sans doute à la satisfaction des exigences des normes
professionnelles.
Sous-section 3 : Acceptation de la mission et organisation du cadre
contractuel
La réponse aux attentes et aux exigences des clients est un processus
continu. Il commence par l’acceptation de la mission et se poursuit tout au
long de son exécution. En effet, pour réussir ce processus, il faut
nécessairement que le cabinet dispose d’une structure bien organisée.
§1. Acceptation de la mission
Aux termes de L’ISA 220, « Il conviendra d’évaluer périodiquement la liste
des clients potentiels et celle des clients existants. Avant de décider
d’accepter ou de conserver un client, il sera nécessaire d’évaluer
l’indépendance du cabinet, sa capacité de satisfaire les demandes du client,
ainsi que l’intégrité de la direction de ce dernier ».
En effet, un cabinet doit avoir en place des politiques et des procédures
régissant l’acceptation de nouveaux clients et l’évaluation permanente des
clients actuels. Avant d’accepter un nouveau client, il faut s’enquérir de son
historique et de ses attitudes et de ses valeurs.
A cet effet, le professionnel pourra réunir certaines informations préalables
sur86 :
- la manière dont le client s’est adressé au cabinet et les raisons pour
lesquelles le client est conduit à recourir ou à changer son assistant
comptable;
- sa situation juridique et financière en recueillant les informations auprès
des milieux des affaires et bancaires;
- la qualité de la direction;
- la compétence du personnel comptable et financier et le bien-fondé du
système comptable et de contrôle interne;
- l’évolution de l’activité de l’entreprise et sa position concurrentielle.
Cette prise de connaissance, qui peut être nuancée en fonction de la taille et
de la nature de l’activité de l’entreprise, est complétée par la revue des états
financiers et documents fiscaux, sociaux et juridiques du client.
A cet égard, certains facteurs doivent être pris en considération avant
l’acceptation d’une nouvelle mission à savoir87 :
- la capacité d’exécuter le travail;
- l’indépendance;
- le risque professionnel;
- la prise de contact avec son prédécesseur le cas échéant.
1. La capacité d’exécuter le travail
Le cabinet doit s’assurer qu’il possède les compétences, l’expérience et
l’effectif nécessaires pour exécuter la mission conformément aux normes
généralement reconnues, aux règles de déontologie et aux lois applicables à
l’entreprise dans les délais impartis.
2. L’indépendance
Les règles de déontologie exigent des professionnels comptables qu’ils
demeurent libres de toute influence, de tout intérêt ou de toute relation qui
pourrait porter atteinte à leur objectivité ou à leur jugement professionnel. A
cet effet, toute relation avec le client qui pourrait indiquer un conflit
d’intérêts, doit être évitée.
3. Le risque professionnel
Avant d’accepter une nouvelle mission, il faut apprécier avec soin le risque
professionnel potentiel auquel le cabinet pourrait être exposé. Il s’agit
notamment du risque de perte, de préjudice, de poursuites ou d’atteinte à
l’image. Pour cela, il faut se renseigner suffisamment sur la réputation et
l’intégrité de la direction de l’entreprise cliente, la situation financière de
l’entité et ses engagements et la situation générale du secteur d’activité.
4. La prise de contact avec son prédécesseur
Les règles de déontologie exigent du professionnel comptable pressenti qu’il
se mette en rapport avec son prédécesseur avant d’accepter une mission, et
ce, afin de déterminer les facteurs dont il devrait tenir compte avant de
prendre sa décision.
Tous ces éléments, qui devront être reconsidérés dans certaines
circonstances, ne sont que pour aider le professionnel à prendre une
décision éclairée, et le cas échéant, à bien définir le domaine de la mission
afin d’envisager les possibilités effectives de sa réalisation avec une bonne
qualité. Ceci débouchera sur une convention ou une lettre de mission
proposée au client.
§2. L’organisation du cadre contractuel
L’article 7 du code des devoirs professionnels prévoit que «l’expert-
comptable et son client définissent par convention ou par lettre de mission
leurs obligations réciproques sans déroger à la réglementation en vigueur,
aux normes professionnelles, au règlement intérieur et audit code des
devoirs professionnels».
Une fois que la proposition de mission d’assistance comptable est acceptée,
une convention doit être établie. Les deux parties doivent signer cette
convention où sont définies et confirmées les modalités d’exécution de la
mission sur lesquelles elles se sont entendues. Cette convention devient
alors un document où sont consignées les attentes quant à l’étendue de la
mission d’assistance, au rôle de la direction de l’entreprise cliente et aux
limitations inhérentes à ladite mission.
Aux termes de l’article 8 du code des devoirs professionnels, la convention
ou lettre de mission doit contenir :
- la définition de la mission à accomplir;
- la périodicité ou la durée de la mission et les modalités de fin de mission;
- les conditions générales de collaboration; et
- le montant des honoraires et les modalités de règlement.
1. La définition de la mission à accomplir
La nécessité de définir clairement et par écrit la nature de l’intervention et
ses principales modalités doit être considérée comme fondamentale. En
effet, la définition de la mission d’assistance comptable doit inclure :
- une description générale de l’objectif, la nature et l’étendue de la mission;
- une mention du fait que la mission sera effectuée conformément aux
normes et règles généralement admises;
- une brève explication des travaux à accomplir;
- une description de la nature des travaux particuliers devant être exécutés
qui débordent le cadre de la mission d’assistance comptable et qui
nécessitent des services de consultation; et
- la forme que doit revêtir le travail demandé.
2. La périodicité ou la durée de la mission et les modalités de fin de mission
Toute convention doit comporter les mentions nécessaires relatives à la
périodicité ou à la durée de la mission à savoir :
- une estimation globale du temps nécessaire pour la réalisation des travaux;
- les modalités d’intervention concernant les dates et les délais;
- une déclaration énonçant que les conditions de la mission resteront en
vigueur jusqu’à ce qu’elles soient modifiées ou qu’une nouvelle convention
soit rédigée.
Néanmoins, la convention doit être mise à jour et reproduite chaque fois
qu’une modification importante survient :
- aux conditions de la mission;
- à la composition de la direction générale, du conseil d’administration, des
associés ou des actionnaires de l’entreprise cliente;
- à la structure de l’entité, par exemple à la suite d’une acquisition ou
restructuration importante.
De même, il est fortement recommandé de mettre à jour la convention, pour
les missions renouvelables, à intervalles réguliers.
Les modalités de fin de mission ou de rupture doivent aussi être définies. Il
est, en effet, important pour chaque partie de pouvoir mettre fin à la mission
sans préjudice pour l’autre partie dès qu’elle estime que la relation n’est
plus fructueuse. Le contrat d’assistance étant un contrat fondé sur la
confiance, toute perte de confiance, devrait, dans l’intérêt des deux parties,
aboutir à la fin de la mission sans pour autant provoquer de litige.
3. Les conditions générales de collaboration
Il appartient au professionnel d’exiger du client la coopération nécessaire
pour accomplir sa mission88. A cet effet, il doit envisager d’inclure certaines
clauses limitatives de responsabilité telles que :
- un rappel de la responsabilité qui incombe à la direction à l’égard de la
préparation des états financiers;
- une description des limitations de l’étendue de la mission;
- une description des limitations de la responsabilité du professionnel
comptable en ce qui concerne la découverte d’irrégularités ou de fraudes;
- une description des limites de la responsabilité du professionnel comptable
à l’égard des contrôles internes;
- une description des obligations du client dont l’inexécution peut entraîner
l’exonération des obligations du professionnel.
4. Le montant des honoraires et les modalités de règlement
Aux termes de l’article 28 du code des devoirs professionnels, le
professionnel comptable reçoit des honoraires à l’occasion de l’exécution
d’une mission, pour avoir mis en œuvre les diligences professionnelles et
particulièrement les normes généralement admises, utilisé le meilleur de sa
compétence professionnelle, engageant ainsi, à bon escient et en toute
indépendance, sa responsabilité. Le montant de ces honoraires, les tarifs
pratiqués et les modalités de paiement doivent faire l’objet d’une mention
claire et précise dans la convention.
Il découle de ce qui précède, que la convention relative aux missions
d’assistance comptable dite aussi convention de revue de la comptabilité,
n’est pas seulement un instrument juridique, elle contribue, aussi, à faciliter
les relations et la communication avec le client. Ce document, lorsqu’il est
élaboré en commun ou avec le client, permet de l’impliquer dans
l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des travaux d’assistance.
Il est donc indispensable pour le professionnel d’obtenir l’acceptation
expresse du client sur l’ensemble des modalités exposées dans la convention
avant de procéder à l’exécution des travaux. Un exemplaire signé par le
client doit être gardé en dossier.
Environnement favorable à la qualité – Section 2 :
Mettre en place une politique qualité au sein du cabinet n’est pas suffisant à
lui seul pour atteindre l’objectif qualité. Faut-il encore créer un
environnement favorable à la production de la qualité. C’est le rôle du
contrôle interne au sein du cabinet.
Sous-section 1 : Le rôle de l’environnement et des contrôles internes au sein
du cabinet
Le professionnel connaît bien l’importance du contrôle interne dans
l’entreprise. A cet égard, et puisqu’il examine les procédures de l’entreprise
en matière d’élaboration des comptes et les dispositifs de contrôle qui s’y
attachent, il peut porter une appréciation sur la qualité des informations qui
sont utilisées pour l’établissement des comptes. En effet, l’existence et la
bonne application des procédures de contrôle interne en matière comptable
garantissent la fiabilité du produit final que constituent les comptes annuels.
Par référence à cette notion de contrôle interne, il doit exister des
procédures de contrôle à l’intérieur du cabinet, qui confèrent aux prestations
fournies la qualité attendue de tout professionnel. On doit donc retrouver les
principales composantes d’un contrôle interne fiable.
§1. Le recrutement
La qualité professionnelle d’un cabinet tient essentiellement à la compétence
de son personnel, à son intégrité et à sa motivation pour le travail89.
Le recrutement doit s’appuyer sur une procédure organisée de sélection.
Pour cela, il convient de bien définir les postes à pourvoir et les compétences
requises de la part des candidats. Les modalités de sélection sur un plan
pratique reposent sur une analyse des curriculum vitae, des entretiens avec
un ou plusieurs responsables du cabinet, des tests d’aptitude éventuels.
Le cabinet doit, également, s’efforcer de planifier ses besoins en personnel
de telle sorte qu’il y ait à tout moment un équilibre satisfaisant de
collaborateurs qui abordent la profession et de collaborateurs plus
expérimentés pour les encadrer et diriger les missions90.
§2. La formation
Pour maintenir les connaissances des collaborateurs, il est important que
ceux-ci puissent bénéficier à l’intérieur du cabinet d’une formation
professionnelle continue.
Les moyens que peut consacrer chaque cabinet à la formation sont bien
entendu fonction de sa taille. Le cabinet individuel ne pourra que rarement
organiser pour son compte des sessions de formation ou y faire participer
ses collaborateurs, pour cela il faut recourir à la formation externe.
Toutefois, il demeure indispensable de mettre à la disposition des
collaborateurs une documentation technique suffisante constamment tenue à
jour et qui couvre les différents volets du fonctionnement d’un cabinet.
Dans les cabinets plus importants, des sessions de formation interne sont
organisées. Ces sessions s’adressent, tout d’abord, aux collaborateurs
débutants et leur donnent la formation nécessaire pour les rendre
directement opérationnels sur les missions. Elles consistent à91 :
- présenter et exposer les techniques du cabinet en matière de révision ou
d’établissement des comptes annuels;
- présenter les documents de travail utilisés dans le cabinet;
- présenter les règles administratives du cabinet;
- développer « l’esprit de travail en groupe » par l’occasion de contacts entre
les collaborateurs;
- mettre en commun les expériences des collaborateurs qui ont effectué des
missions différentes en taille, type d’activité et nature de travail.
§3. La mise en place d’un système d’évaluation
La mise en place d’un tel système, à travers un suivi des collaborateurs
assuré par une procédure périodique d’évaluation des travaux et du
comportement aussi bien au sein du cabinet que chez le client, est d’une
grande utilité. Une telle procédure repose en général sur des entretiens
entre le responsable du dossier et le ou les collaborateurs, soit à la fin de
chaque mission, soit à intervalles réguliers.
L’entretien d’évaluation périodique a plusieurs finalités : il doit permettre de
faire le point sur92 :
- les compétences;
- les motivations et projets professionnels;
- la carrière, les possibilités d’évolution et de promotion;
- et la rémunération des collaborateurs.
L’entretien doit permettre, également, d’aboutir à un équilibre entre le bien
commun du cabinet et l’intérêt du collaborateur en terme de gestion de
carrière et de rémunération car une démarche de développement des
compétences ne peut réussir que si elle tient compte des intérêts des
individus.
Ces entretiens d’évaluation périodiques doivent être formalisés par une fiche
d’évaluation afin de faire un bilan des points forts, des points faibles et des
axes d’amélioration de chaque collaborateur.
§4. Administration générale du cabinet
Il convient d’assurer une organisation générale permettant d’obtenir un bon
suivi des activités. Au niveau des missions, les relevés des temps passés, le
suivi des honoraires et des conditions de recouvrement, les statistiques
diverses qui permettent d’obtenir des informations comparatives sur le
déroulement des missions et sur leur évolution dans le temps et les diverses
données budgétaires, sont des éléments de base d’une organisation. Ces
renseignements peuvent être aussi des indicateurs de qualité générale.
En effet, la taille du cabinet ne doit pas être un obstacle à l’existence d’un
contrôle interne. Dans le cadre d’un cabinet de petite taille, il appartient au
dirigeant lui-même de suppléer aux difficultés de mise en œuvre de ces
principes, par une procédure d’auto-contrôle.
A côté des principes généraux énoncés précédemment, il doit exister une
gestion interne du cabinet, à travers laquelle, le chef du cabinet qui est un
meneur d’hommes, rend ses comportements cruciaux pour la réussite. Pour
ce faire, il est tenu93 :
- d’informer ses collaborateurs sur l’impact des comportements sur la
performance du cabinet, de les éduquer dans le sens professionnel et de
contrôler leurs comportements;
- d’intégrer les comportements dans les critères de recrutement afin de
réduire le risque des recrutements erreurs pouvant affecter l’efficacité
globale du cabinet;
- de développer un climat de travail motivant en adoptant un des styles de
management de résonance94, notamment, celui de l’entraîneur;
- de développer une culture de collaboration et de travail collectif permettant
de bénéficier des avantages du travail d’équipe et de l’intelligence collective.
Sous-section 2 : Le développement des compétences techniques de tous les
intervenants du cabinet
Les professionnels comptables sont des professionnels exerçant des
fonctions techniques particulières, comme l’assistance comptable,
nécessitant des compétences garanties par une formation initiale adéquate
constamment mise à jour et consolidée par l’expérience pratique. Ces
compétences doivent être mises en œuvre avec professionnalisme, intégrité,
rendant ainsi le travail effectué fiable et crédible.
§1. La formation
L’acquisition de la compétence professionnelle résulte en principe d’une
formation générale de bon niveau. Il s’agit des savoirs théoriques acquis par
la voie des études suivis par la formation continue et de la lecture de la
documentation professionnelle et générale95.
Le développement de la compétence professionnelle implique de se tenir en
permanence au courant des évolutions de la profession, notamment des
normes nationales et internationales pertinentes en matière comptable,
d’audit ainsi que des autres réglementations et exigences législatives.
En effet, un professionnel comptable doit accomplir sa mission avec
compétence, soin et diligence. Pour cela, il est tenu de conserver en
permanence un niveau de connaissances et de compétences professionnelles
permettant de répondre aux attentes du client. Ceci suppose que le
professionnel de la comptabilité s’informe des derniers développements de la
pratique professionnelle, de la législation et des nouvelles techniques qui
aident au contrôle à travers les revues, les périodiques, les chroniques et
une documentation professionnels à jour.
Il est évident que les acquisitions de base par les études et les mises à jour
par la formation continue aident le professionnel comptable à être à même
de répondre aux exigences du dossier en matière comptable, fiscale, sociale
et juridique, et à maîtriser les normes professionnelles liées aux missions.
§2. Encadrement spécialisé
La formation dans le cadre scolaire ne suffit pas à une véritable intégration
dans la vie professionnelle et notamment dans des missions hautement
techniques.
Dans les missions d’assistance comptable, il faudra donc recourir à un
encadrement spécialisé à travers l’organisation de sessions de formation
interne. Ces sessions s’adressent tout d’abord aux collaborateurs débutants
et leur donnent la formation nécessaire pour les rendre directement
opérationnels sur ce type de mission. Elles consistent à96 :
- favoriser l’esprit de travail en groupe par l’occasion de contacts entre les
collaborateurs impliqués dans ce type de mission;
- créer des réseaux de compétence entre les différents acteurs de la mission
afin que chacun ose consulter celui qui est le plus compétent pour répondre
aux questions qui se posent;
- présenter et exposer les techniques et les méthodes de travail du cabinet;
- présenter et expliquer la structure du dossier de travail utilisé dans le
cabinet pour les missions d’assistance comptable;
- mettre en commun les expériences des collaborateurs qui ont effectué des
missions d’assistance comptable différentes en taille et type d’activité.
§3. Expérience pratique et réseaux de concertation
En plus des études, de la formation continue et de l’encadrement spécialisé,
le développement de la compétence professionnelle s’appuie sur l’expérience
et l’exercice professionnel pratique. C’est la formation « on live » ou
formation sur le terrain. En fait, c’est d’abord chez le client que le
professionnel comptable apprend. Le terrain est, donc, le premier lieu de
transmission du savoir, ce qui rattacherait cet apprentissage au savoir-faire.
Le savoir-faire, tel que défini par Peretti (1999)97 est l’acquisition
d’habiletés par l’expérience, l’ancienneté, l’intensité des apprentissages
pratiques. La qualité de cet apprentissage est généralement en rapport avec
l’assiduité de l’intervenant, avec le degré de sa conscience professionnelle,
avec son attachement au travail bien fait et enfin avec le degré de difficulté
et de complexité des problèmes rencontrés.
En outre, la création de réseaux de concertation constitue également un
mode de transmission du savoir, un mode de création et de développement
de la compétence par l’échange d’informations. Cet échange d’informations
concerne trois niveaux :
(1) L’échange d’informations entre professionnels : Ce mode de transmission
d’informations est généralement très bénéfique au client, surtout l’échange
d’informations qui se réalise entre son assistant comptable et son
commissaire aux comptes. La concertation entre ces deux confrères permet
au client d’éviter les situations critiques génératrices de risques graves.
(2) L’échange d’informations entre collaborateurs et responsable du dossier :
La circulation d’informations ascendante et descendante entre les
intervenants dans la mission est nécessaire. Cet échange facilite la
découverte à temps des problèmes qui nécessitent des solutions rapides et
augmente la capacité des collaborateurs débutants à résoudre les problèmes
et à formuler des jugements professionnels de qualité.
(3) L’échange d’informations avec des spécialistes d’autres domaines : Dans
le but de mettre en commun des compétences complémentaires et de les
développer, il est très pertinent de consulter des spécialistes dans d’autres
domaines chaque fois où on se trouve face à des situations qui dépassent nos
compétences ou qui résultent le plus souvent de la compétence des autres
comme les avocats, les notaires, les conseillers en marketing, les ingénieurs,
etc.…
Ces modes de transmission facilitent la prise en charge personnelle de
nouvelles compétences et encouragent les autres à développer leurs
compétences.
§4. L’auto-évaluation
La première aspiration de l’individu réside toujours dans la connaissance des
résultats de son travail.
L’adage dit : «ce qui se mesure s’améliore, ce qui ne s’évalue pas, ne
s’améliore pas».
En effet, celui qui peut évaluer en permanence le résultat de son travail et de
ses progrès se donne un moyen pour repousser sans cesse les limites de sa
compétence.
Il importe donc que chaque collaborateur puisse connaître à temps ses
forces et surtout ses faiblesses afin de les améliorer. Pour cela, il doit établir,
après chaque mission importante, un bilan d’auto-évaluation individuel
portant principalement sur les points suivants :
- a-t-il bien compris sa mission ?
- a-t-il bien compris ses objectifs ?
- les a-t-il réalisés ?
- quelles ont été ses initiatives ?
- a-t-il assumé ses responsabilités ?
- a-t-il trouvé des difficultés ?
- est-il bien intégré dans son équipe ?
- a-t-il besoin de formation ?
- a-t-il évolué ?
- s’il était à la place du client, aurait-il été satisfait de la prestation compte
tenu de son coût ?
- s’il était à la place de son responsable hiérarchique, aurait-il été satisfait de
son travail et de ses comportements ?
Sous-section 3 : Le développement des compétences comportementales de
tous les intervenants du cabinet
Pour répondre aux nouveaux enjeux qui se posent aux professionnels et aux
nouveaux besoins des clients, la technique ne peut plus être la seule chose
qui soit valorisée et légitime en cabinet. Les compétences comportementales
sont désormais nécessaires aux professionnels comptables pour réussir une
carrière brillante.
La question qu’il convient de se poser est celle de savoir comment peut-on
développer les compétences comportementales des collaborateurs au sein du
cabinet afin d’améliorer la qualité des missions ?
§1. La formation aux comportements
La formation, dans les cabinets, ne doit pas seulement s’entendre en termes
de formation technique, mais aussi en termes de formation aux
comportements.
Le savoir se comporter relevant jusqu’à ce jour essentiellement des
compétences tacites commence à faire l’objet d’enseignement et de
formation spécifiques.
La formation aux comportements notamment en matière de développement
personnel a pris de plus en plus de poids au fur et à mesure que la
profession évolue d’un métier technique de base vers un métier de conseil.
§2. Les collaborations à développer avec le client
Pour entretenir une relation saine et fructueuse avec le client, certaines
collaborations sont nécessaires à développer. Elles consistent notamment à :
- collaborer avec les services internes de l’entreprise et les collaborateurs
chargés de la tenue de la comptabilité;
- établir un climat de bonne relation permettant la circulation fluide des
informations utiles;
- accompagner le client pour faciliter la prise de décision pour l’arrêté final
des comptes;
- faire part au client des problèmes rencontrés et l’aider à identifier les
solutions possibles;
- développer une capacité d’écoute et de communication pour adapter sa
relation au client et assurer son implication.
Certes, cette collaboration produit ses effets. La qualité des travaux du
cabinet d’assistance se répercute, sans doute, sur la qualité des travaux de
tout le personnel impliqué du client. Ceci est démontré à travers le résultat
obtenu de l’enquête qui considère que les anomalies et les erreurs
significatives peuvent être aussi soulevées par les services impliqués de
l’entreprise.
§3. Les collaborations à développer à l’intérieur du cabinet
Développer des relations fructueuses avec le client n’est pas suffisant à lui
seul, il faut le faire aussi à l’intérieur du cabinet. Ces collaborations
consistent notamment à :
- savoir à la fois travailler en équipe et travailler en autonomie sans avoir
besoin d’être surveillé;
- prendre des initiatives dans un esprit de responsabilité;
- respecter le devoir de réserve indispensable à l’exercice du métier;
- observer la discrétion nécessaire à la confiance de la ligne hiérarchique
quant au traitement des données confidentielles ou qui engagent la
responsabilité du cabinet;
- avoir des capacités d’adaptation et d’ouverture d’esprit tout en maintenant
un esprit critique;
- aider les personnes en charge du dossier à la résolution des difficultés
méthodologiques;
- partager l’ensemble des informations avec les autres collaborateurs
impliqués dans le dossier.
§4. Les collaborations à développer avec les partenaires du client
Dans le cadre de l’exécution de sa mission, le professionnel se trouve
souvent en contact avec les partenaires de son client. Pour cela, il est
important d’avoir des relations efficaces avec ces derniers en faisant preuve
de :
- capacité à communiquer voire à négocier, dans des situations très diverses;
- capacité à communiquer avec des partenaires de l’organisation ou des
partenaires externes (organismes financiers, administrations fiscales et
sociales, autres entreprises clientes ou fournisseurs);
- capacité à communiquer dans un langage professionnel ou dans un langage
accessible à des non-spécialistes;
- capacité à être attentif pour les relations humaines.
§5. L’auto-évaluation des attitudes et comportements
L’auto-évaluation est l’une des composantes de la conscience de soi. Elle
permet au professionnel comptable d’être :
- conscient de ses forces et de ses faiblesses;
- capable de tirer les leçons de l’expérience;
- ouvert aux avis sincères, aux nouvelles perspectives;
- capable d’apprendre et d’enrichir sa culture sans cesse;
- capable d’humour et de recul sur soi-même.
A cet effet, chaque professionnel comptable doit établir un bilan d’auto-
évaluation individuel portant principalement sur les points suivants :
- est-il honnête et intègre ?
- s’acquitte-t-il de son travail de manière responsable ?
- a-t-il fourni un effort pour atteindre un niveau d’excellence et pour
s’améliorer ?
- a-t-il anticipé, reconnu et satisfait les besoins du client ?
- a-t-il mesuré l’impact des attentes explicites ou implicites générées par ses
comportements, ses attitudes ou ses dires ?
- a-t-il travaillé avec les autres à des objectifs communs ?
- a-t-il su communiquer avec les autres de façon claire, cohérente et
convaincante ?
- est-il source de solution ou de problème ?
Les outils de production de la qualité dans les missions d’assistance
comptable – Chapitre 2 :
Les missions d’assistance comptable visent à aider à l’élaboration des états
financiers. Pour ce faire, le cabinet mobilise des ressources humaines dotées
de compétences techniques et des outils de production.
Section 1 : Les outils d’exécution de la mission
Le professionnel organise sa mission en planifiant ses interventions en
fonction des diligences à mettre en œuvre et des délais souhaités par le
client. Il formalise les travaux à effectuer dans un programme de travail
adapté. Pour ce faire, il suit des méthodes de travail, mobilise les
compétences nécessaires et consigne ses travaux dans un dossier de travail
bien structuré.
Dans le cadre d’une mission d’assistance comptable, le professionnel suit
une démarche claire et précise qui lui permet d’avoir l’assurance
raisonnable que le service est réalisé avec compétence et qu’il est rendu
conformément aux diligences et règlements en vigueur.
Sous-section 1 : Méthodes et démarche de travail
Les procédures de travail constituent une des composantes essentielles de
tout système qualité. Elles permettent d’assurer la qualité et la
reproductibilité d’un travail.
§1. Recherche documentaire et revue analytique
collecter un certain nombre d’informations relatives aussi bien à
l’organisation interne qu’à l’organisation légale de l’entreprise. Cette
recherche facilite l’identification des éléments essentiels et des risques
éventuels non traduits dans les comptes. C’est une réflexion qui permet en
outre de bien saisir :
- les modalités de réalisation de l’activité de l’entreprise : principales
fonctions, fonctions sous-traitées, engagements contractuels, conventions
collectives, etc….
- la documentation comptable et la documentation relative au système
d’information existantes;
- le manuel des procédures du contrôle interne;
- les notes internes;
- les états financiers des exercices écoulés;
- les réglementations spécifiques au marché, à l’activité de l’entreprise et à
son cadre juridique;
- les réglementations sociales et fiscales spécifiques à l’entreprise.
La connaissance des caractéristiques principales de l’entreprise ainsi que la
maîtrise du système de production de l’information comptable sont
indispensables à toutes les missions y compris la mission d’assistance
comptable. De même, une revue financière d’ensemble préalable est
nécessaire. Cette revue permet, à travers une analyse financière de la
société, de formuler une première idée sur sa situation financière et
d’identifier les caractéristiques ou les anomalies majeures. Il s’agit
notamment d’une comparaison pluriannuelle des bilans, des états de
résultat, des tableaux de financement, des tableaux des flux de trésorerie et
des analyses de la capacité d’autofinancement.
La recherche et la revue documentaire sont généralement réalisées par le
responsable de la mission; ce travail permet de définir les travaux à effectuer
et de planifier les interventions dans le temps en fonction de leur
importance.
§2. Planification des travaux
Au terme de cette première étape, interviennent les opérations de
planification de la mission.
« La planification doit être organisée de façon à permettre de traiter à temps
les problèmes qui pourront être rencontrés et de respecter les délais définis
avec le client ou imposés par la réglementation légale ».
Le professionnel doit s’assurer de la disponibilité des moyens humains et
matériels programmés pour l’intervention au niveau d’une mission donnée
conformément au calendrier qu’il entend proposer. La constitution d’une
équipe d’intervenants devrait, en tout état, se faire dans le souci d’optimiser
la relation entre la qualité générée et le coût qui s’en suit.
Ces différents aspects d’allocation des moyens, tant matériels qu’humains,
nécessitent un effort de planification de la mission. Généralement, la durée
d’exécution de la mission ne dépend pas de la seule initiative du
professionnel, mais aussi du respect par le client de ses engagements,
En outre, la planification a pour but d’assurer la qualité et l’efficacité dans le
déroulement de la mission à réaliser. Elle conduit à :
- planifier le déroulement des travaux dans le temps avec l’estimation du
temps alloué;
- organiser l’équipe d’intervenants en adéquation avec la mission à réaliser;
- définir les travaux à effectuer, en lien avec l’entreprise, en établissant un
programme de travail adapté.
Dans le détail, le programme de travail dresse la liste des points à examiner,
des travaux à réaliser, des rapprochements à faire et des contrôles de
concordance et de cohérence à établir. En fait, Il doit être conçu comme un
élément adaptable aux circonstances rencontrées au cours du déroulement
de la mission.
§3. Suivi des travaux réalisés
Les travaux doivent être effectués conformément au programme de travail
établi. Il importe que le professionnel chargé du dossier sache, en cas de
pluralité d’intervenants, à quel stade d’avancement se situent les travaux.
Pour cela, certaines règles internes de suivi des travaux réalisés doivent être
instaurées. Ces règles qui trouvent également leur justification dans les
travaux conduits à titre individuel consistent à élaborer une note de
conclusion dans laquelle l’intervenant fait ressortir les éléments qui
nécessitent une attention particulière et à dresser une liste des points en
suspens récapitulant les travaux qui n’ont pas pu être accomplis et qui
soulèvent des difficultés particulières.
L’accomplissement de ces travaux est consigné dans le dossier de travail.
§4. Formalisation du dossier de travail
Le dossier de travail constitue, en général, un document annuel de base dans
lequel est consigné le travail de vérification ou le travail de comptabilité,
effectué par les praticiens dans le cadre de l’exécution de leurs travaux
professionnels.
Tenir, donc, un dossier de travail de qualité vise principalement les cinq
objectifs suivants:
- témoigner de la qualité du travail accompli;
- constituer une source d’information;
- le respect des normes de la profession et de règles ;
- l’exercice du jugement professionnel;
- étayer le rapport ou les conclusions.
« Les dossiers de travail sont conçus et structurés pour chaque audit selon
les circonstances et les besoins de l’auditeur. L’utilisation de dossiers de
travail standardisés (par exemple des questionnaires de contrôle, des
modèles de lettres, l’organisation standard des dossiers) peut améliorer
l’efficacité de leur préparation et de leur revue. Ils facilitent la délégation du
travail en offrant un moyen de contrôler sa qualité ».
Alors que le travail comptable ne peut pas se faire sans l’utilisation de
méthodes techniques, c’est la bonne tenue du dossier de travail qui reflète
de façon claire l’existence de ces méthodes. Tout le travail accompli doit être
traduit par des papiers de travail permettant de documenter des
constatations et de justifier les conclusions dégagées. Ceci implique un effort
de formalisation non négligeable qui doit être conçu de telle façon qu’un
professionnel, étranger au dossier, soit à même d’apprécier, à la simple
lecture de ce dernier, la cohérence de la démarche, l’étendue des travaux, la
pertinence des remarques et la validité des conclusions formulées.
Il convient, donc, de mettre en œuvre une méthodologie formalisée et
systématique permettant une bonne documentation constituée
essentiellement de feuilles de travail claires et précises avec des qualités qui
facilitent leur révision subséquente. Cette partie fait l’objet, dans la présente
recherche, d’une annexe composée d’un guide des travaux de contrôle,
d’analyse et de vérification qui assurent une bonne vérification, une analyse
correcte et une bonne justification des comptes tout en gardant la traçabilité
qui vise à permettre aussi bien le chemin de révision que le « zéro erreur ».
Sous-section 2 : Le rôle déterminant des intervenants dans la formation de la
qualité
Le rôle technique assigné aux professionnels comptables est crucial dans la
garantie de la crédibilité, de la transparence et de la fiabilité des
informations présentées par l’entreprise à ses divers utilisateurs. Ce rôle est
consacré, notamment, par le principe d’indépendance et par l’adoption des
professionnels d’outils et de méthodes de travail efficaces. Les
professionnels sont appelés à respecter les règles d’éthique et à garantir la
qualité des travaux qu’ils réalisent et ce notamment, via la formation
continue dans les domaines comptable, fiscal et juridique et exprimer
pleinement leur talent professionnel.
§1. Le rôle du responsable du dossier
L’évolution des techniques d’enregistrement et de traitement des données
conduit de plus en plus à concentrer l’activité du professionnel comptable
dans des tâches de haut niveau qui tendent à faire de lui un praticien ayant
la maîtrise du contrôle. Cette évolution constitue un facteur
intellectuellement très enrichissant, mais avec la nécessité d’améliorer de
façon constante la qualité des prestations qu’il est amené à fournir.
Le rôle capital du superviseur, en pointe sur ces évolutions en matière
technique, est de travailler avec les autres. Il doit aller au-delà de sa
technique et savoir communiquer avec les autres, les former et les aider à
anticiper les principaux changements, autrement dit passer du « savoir-faire
au savoir-être ».
L’ensemble des métiers de la comptabilité a été fortement impacté par
toutes ces évolutions. Au regard de ces évolutions, le niveau moyen des
professionnels comptables voit l’éventail de ses compétences s’enrichir. En
effet, la seule compétence technique est devenue insuffisante. Il faut que le
professionnel comptable démontre en outre :
- sa capacité à fonctionner en équipe;
- sa bonne connaissance de langue de plus en plus associée aux métiers des
chiffres;
- sa maîtrise de l’outil informatique et son adaptabilité aux évolutions et aux
changements;
- sa polyvalence technique afin d’être mobile entre les différents métiers de
la comptabilité;
- sa réactivité, c’est-à-dire sa compréhension de l’ensemble des systèmes et
des interactions;
- sa capacité de synthèse, d’analyse et de rigueur;
- sa bonne mémoire;
- sa capacité de communication.
Les professionnels ajoutent à ces compétences, des traits de personnalité
essentiels : la curiosité, la créativité, l’ouverture d’esprit, l’adaptabilité et la
capacité à gérer le changement.
§2. Le rôle du cabinet
La démarche qualité est une approche qui émane d’une réflexion stratégique
et impacte l’organisation interne du cabinet.
La réussite d’un cabinet repose sur la recherche de la meilleure
performance, du plus grand savoir-faire et des meilleures compétences.
C’est la raison pour laquelle le choix des collaborateurs est considéré comme
étant un élément déterminant pour l’avenir du cabinet et la qualité de la
prestation qu’il offrira à ses clients.
Le rôle du cabinet consiste donc à gérer au mieux la mise en œuvre des
compétences matérielles et immatérielles afin d’optimiser les temps de ses
collaborateurs. Ce rôle se traduit par les objectifs suivants :
(1) professionnaliser chaque collaborateur : il est de la responsabilité de
l’encadrement de définir les pratiques à mettre en œuvre à l’occasion de
chaque mission. Leur formalisation facilite l’appropriation et renforce le
professionnalisme. En effet, la définition des méthodes de travail permet de
généraliser ce qui se fait de mieux et de le faire partager à tous.
(2) harmoniser les méthodes de travail : l’engagement de chacun dans une
même démarche de succès, ou tout du moins de progrès, apporte plus de
cohésion au sein du cabinet. Ceci améliore, sans doute, le fonctionnement
interne du cabinet et facilite une des missions de l’encadrement en
appliquant, améliorant, partageant et généralisant les meilleures pratiques.
(3) capitaliser les méthodes de travail : définir ses bonnes pratiques permet
au cabinet de formaliser et d’optimiser des méthodes de travail déjà
existantes. Mais cela n’est pas suffisant, car un des principaux avantages de
cette démarche est de pouvoir disposer d’un dossier de travail type et le
remettre à tout collaborateur impliqué dans une mission d’assistance
comptable. En fait, connaître immédiatement ce qu’il faut faire est
nettement plus efficace qu’avoir à tout redécouvrir par soi-même.
(4) transformer les bonnes pratiques en meilleures pratiques : les bonnes
pratiques, une fois mises en application de façon méthodique et
systématique, expriment la maîtrise d’une discipline.
- la mise en place des meilleures pratiques pour se placer au niveau des
meilleurs;
- la définition de promesses clients ou engagements de service.
§3. Le rôle du client
Les clients sont les mieux placés pour nous dire si nous atteignons nos
objectifs. La mesure de leur satisfaction constitue un outil précieux. Cette
mesure permet d’évaluer précisément le niveau de la qualité perçue et de
l’améliorer.
Le client joue un rôle déterminant dans le développement, l’innovation et
l’amélioration de la qualité des services comptables à travers ses attentes,
ses opinions et ses appréciations.
§4. Le rôle des organismes de contrôle
Le rôle des organismes de contrôle dans les professions comptables consiste
à contrôler le respect des obligations d’indépendance et de diligences. Ce
contrôle constitue:
- un facteur de garantie de la qualité pour les partenaires des professionnels
comptables;
- un facteur de sensibilisation de la profession en l’amenant à normaliser ses
méthodes et outils de travail et à être au diapason des mutations et
innovations techniques et technologiques, notamment par l’incitation à la
formation et à la recherche;
- un facteur d’homogénéisation;
- un facteur de sauvegarde pour la défense de la profession.
Ces contrôles peuvent être démontrés à travers des inspections externes
chargées des missions de contrôle de la qualité. A cet égard, toutes les
expériences connues à l’échelle internationale démontrent qu’une inspection
conduite par un ou plusieurs professionnels compétents, est un apport
technique au seul profit du cabinet. L’inspection sera pour beaucoup de
petites unités le seul moyen d’une réflexion sur leur fonctionnement, leurs
modalités de travail et leur avenir. L’équipe chargée de l’examen d’un
cabinet sera forcément porteuse d’idées tirées d’observations antérieures.
Elle fera donc au cabinet visité les critiques et les suggestions adaptées à
leur taille et à leurs missions.
Sous-section 3 : Réalisation, documentation des travaux et production des
délivrables
Dans le cadre d’une mission d’assistance, le professionnel a nécessairement
des produits à délivrer à ses clients. Afin d’assurer la fiabilité de ces
produits, il a besoin de mettre en œuvre une méthodologie de travail et de
disposer des outils d’analyse assurant un contrôle et une justification
exhaustifs des comptes.
§1. La réalisation des travaux
La finalité de toute mission d’assistance comptable est la production d’états
financiers satisfaisants aux qualités caractéristiques de l’information
comptable, d’où l’importance des travaux d’inventaire dans le processus du
travail du professionnel comptable qui consistent en des travaux de contrôle,
de justification, de rapprochement, d’analyse et de régularisation des
comptes.
Une balance arithmétiquement exacte ne permet pas de déceler toutes les
erreurs, mais elle est nécessaire pour le commencement des travaux de
vérification et de pointage des comptes avec le grand-livre.
Plusieurs démarches sont possibles pour entreprendre ces travaux, mais la
démarche la plus rationnelle semble celle qui consiste à procéder
successivement par les étapes suivantes :
- les opérations de rectification des comptes transitoires ou d’attente et des
comptes de virements internes;
- le rapprochement des comptes de liaison;
- le rapprochement des comptes de trésorerie;
- les opérations de vérification, d’analyse et de rapprochement avec le
dossier juridique des comptes des capitaux propres;
- les opérations de reclassement, de justification et de rapprochement des
comptes d’emprunts et des charges financières liées à ces emprunts;
- les opérations de vérification des acquisitions, des cessions, des sorties et
des amortissements des actifs non courants;
- les opérations de vérification et de justification des soldes des comptes de
tiers ainsi que les comptes de provisions correspondants;
- les opérations de vérification, de rapprochement et d’analyse comptables
des comptes de gestion;
- les opérations de vérification relatives aux stocks;
- le rapprochement de la déclaration de l’employeur;
- la détermination de l’impôt sur les sociétés.
Un descriptif des travaux d’analyse, de rapprochement et de vérification est
présenté à l’annexe n° 2 pour éviter de surcharger le mémoire.
§2. La documentation des travaux
Il est nécessaire de documenter les éléments jugés importants pour étayer le
contenu des travaux du professionnel comptable. Le jugement professionnel
joue un rôle important dans la détermination de l’étendue de la
documentation. Les cabinets doivent envisager de formuler des politiques
visant à préciser les attentes et à prévoir des indications concernant la
nature des éléments à consigner en dossier, ainsi que la forme et la
présentation de toute documentation à cet égard.
Les dossiers de travail tenus pour chaque client comprennent habituellement
les éléments suivants :
- un dossier permanent, et
- un dossier de travail par exercice.
1. Le dossier permanent
Le dossier permanent contient les renseignements généraux relatifs à la
mission. Il doit notamment contenir des extraits ou des copies de la
convention, des règlements et des procès-verbaux du client; des extraits ou
des copies des accords juridiques et des contrats importants qui revêtent de
l’importance pour les missions futures.
Ce type de dossier est souvent mal tenu ou tout simplement négligé. Afin
d’être utile aux praticiens, le dossier permanent doit être tenu
convenablement, c’est-à-dire qu’il faut mettre rapidement les documents
nouveaux et courants et en retirer les documents périmés à archiver. Les
documents relatifs à des informations périmées sont à conserver dans un
dossier provisoire. Le dossier permanent doit être passé en revue, à la fin de
chaque mission, pour s’assurer de son intégralité113.
2. Le dossier de travail de l’exercice
Une bonne organisation des missions implique la tenue de dossiers de
travail. Ces dossiers facilitent la compréhension et le contrôle des travaux.
Ils permettent en outre au professionnel de matérialiser l’accomplissement
de ses diligences, pour toute mission qu’il accomplit. Celui-ci doit conserver
ses dossiers de travail durant la période de prescription légale en préservant
la confidentialité.
Le dossier de travail constitue en général un document permanent de base
dans lequel est consigné le travail de vérification ou le travail de
comptabilité effectué par le praticien dans le cadre de l’exécution de ses
travaux professionnels. Dans le cas d’une mission d’assistance comptable, le
dossier de travail revêt généralement la forme de documents signés et
remplis, notamment :
- des notes relatives à la planification;
- le programme de travail;
- les tableaux des soldes des comptes;
- le tableau des amortissements;
- les justificatifs des comptes du bilan;
- le détail des stocks;
- les analyses des comptes de charges et de produits;
- le détail des provisions;
- les états de rapprochements bancaires;
- les inventaires physiques des valeurs disponibles;
- les rapprochements fiscaux et sociaux;
- les mémorandums;
- les copies de documents de clients;
- les balances de vérification;
- les écritures de régularisation;
- le détail de regroupement des comptes;
- et les délivrables.
§3. La production des délivrables
Les missions d’assistance comptable ont souvent pour aboutissement la mise
à la disposition de la direction de l’entreprise ou de tiers, de documents
financiers, en particulier les états financiers, soit directement établis, soit
seulement contrôlés par le professionnel.
1. Les états financiers
les états financiers comportent le bilan, l’état de résultat, le tableau de flux
de trésorerie et les notes aux états financiers.
C’est d’abord sur la direction de l’entreprise que repose la responsabilité de
la préparation et de la présentation des états financiers.
Toutefois, les professionnels comptables considèrent les états financiers
comme étant le fruit de leur labeur, leur produit livrable, le domaine, par
excellence, où ils expriment leur attachement et leur amour au travail bien
fait car la qualité des états financiers qu’ils produisent, la célérité de leur
production et leur intelligibilité traduisent leur niveau de compétence, leur
science et leur éthique.
Les états financiers fournissent des informations sur la performance et les
variations de la situation financière d’une entreprise, qui sont utiles à un
large éventail d’utilisateurs pour prendre des décisions généralement
stratégiques. Pour répondre à ce besoin, et pour faciliter la lecture et
l’utilisation de ces états financiers par les utilisateurs, la préparation des
états financiers exige des compétences professionnelles accrues.
2. Les notes aux états financiers à usage externe
Les états financiers tels que définis par la loi relative au système comptable
des entreprises comprennent un bilan, un état de résultat, un état de flux de
trésorerie et des notes aux états financiers. Les notes aux états financiers
contribuent à la pertinence desdits états financiers en éclairant ou en
complétant les données chiffrées figurant au bilan, à l’état de résultat et à
l’état de flux de trésorerie. Pour cela, les notes aux états financiers
constituent un élément majeur de l’information comptable des entreprises.
Selon la Commission des Opérations de Bourse de France, « quelles que
soient l’honnêteté de ceux qui préparent les comptes et les connaissances
comptables de leurs lecteurs, les états financiers, si bien agencés soient-ils,
ne peuvent communiquer par eux-mêmes l’image fidèle dont ont besoin et à
laquelle ont droit leurs utilisateurs. C’est pourquoi les bilans et les états de
résultat ne peuvent remplir utilement l’objet d’information qui leur est
assigné que s’ils sont accompagnés de notes ».
La préparation des notes aux états financiers suit les mêmes principes,
règles et procédures que les autres composantes des états financiers. Les
notes doivent, par conséquent, être vérifiables par des documents
justificatifs.
Elles sont constituées d’informations à caractère obligatoire et
d’informations dont la présentation est nécessaire à l’image fidèle et à la
bonne compréhension des états financiers par les différents utilisateurs. En
outre, le professionnel comptable doit prêter beaucoup d’attention lors de
l’établissement des notes aux états financiers, y compris les états fiscaux qui
ont le caractère obligatoire et dont le non-respect peut aboutir à des
redressements considérables.
3. Les annexes justificatives à usage interne
Les annexes aux états financiers contribuent à la pertinence de ces états en
éclairant ou en complétant les données chiffrées figurant au bilan, à l’état de
résultat, au tableau de flux de trésorerie et aux notes aux états financiers. En
cela, elles constituent un élément majeur de l’information comptable des
entreprises qui ne saurait être négligé dans le cadre d’une mission
d’assistance comptable.
Les annexes sont constituées d’informations à caractère significatif et
indispensables pour la compréhension des états financiers. Elles comportent
des commentaires, dites annexes littéraires, et des informations chiffrées
sous la forme de tableaux. Certains éléments de l’annexe sont communs à
ceux compris dans le rapport ou le dossier de gestion120.
Les annexes comprennent notamment :
- l’inventaire des biens;
- le tableau d’amortissement des biens immobilisés;
- la justification détaillée des soldes des comptes de bilan;
- les rapprochements bancaires;
- l’inventaire physique des valeurs disponibles;
- la répartition des charges;
- un état comparatif des charges et des produits de l’exercice par rapport à
l’exercice précédent;
- le détail des comptes pertes et profit;
- le détail des engagements hors bilan;
- les rapprochements fiscaux et sociaux;
- le rapprochement de la déclaration de l’employeur et la comptabilité;
- le tableau d’élaboration de l’état des flux de trésorerie;
- la liste des actes juridiques réalisés au cours de l’exercice;
- des informations sur la date de mise à jour des livres légaux, la date du
dépôt du programme informatique et la liste du matériel utilisé;
- la nature du système déclaratif.
Pour l’ensemble de ces informations, il convient d’en apprécier la pertinence
et d’en vérifier la concordance avec le bilan et l’état de résultat d’une part et
les autres supports d’information financière d’autre part.
4. Le dossier de gestion
L’élaboration des comptes annuels constitue, chaque année, un moment fort
pour l’entreprise. Après une année d’effort, les travaux d’établissement des
états financiers constituent, pour les dirigeants sociaux, une sorte de «
moment de vérité ». Il est donc normal que d’importants moyens humains et
techniques soient mobilisés pour réaliser au mieux ce travail aussi bien en
rapidité de production qu’en matière de qualité de l’information121.
Mais ce travail garde un goût d’inachevé s’il ne débouche pas sur
l’établissement d’un dossier annuel d’analyse de gestion qui permet au chef
d’entreprise de se rendre compte, au concret, de l’ampleur du trésor
d’informations qu’incarne la comptabilité de l’entreprise.
La composition du dossier de gestion doit être adaptée à chaque type
d’entreprise. Mais dans son cadre général, le dossier de gestion est composé
de cinq parties au moins traitant des données d’une période pluriannuelle
qui permet d’apprécier l’évolution réelle des données de gestion :
- les faits saillants de l’exercice,
- les chiffres clefs de gestion,
- la situation financière et la solvabilité,
- les ratios clefs de gestion,
- la gestion sociale.
A ces parties on peut ajouter :
- le contrôle budgétaire,
- les participations,
- une évaluation de l’entreprise,
- la gestion des risques, et
- le rapport annuel sur les défaillances et les anomalies.
La supervision des travaux et la revue qualité – Section 2 :
La supervision est une revue sommaire des états financiers effectuée par une
personne ayant suffisamment de recul par rapport à l’exécution de la
mission. Elle a pour but d’assurer et de renforcer la sécurité de la qualité du
travail accompli par les divers collaborateurs123.
L’ensemble du personnel affecté à la mission doit être supervisé
convenablement et son travail revu afin de s’assurer que chacun a bien
réalisé son travail.
La supervision du dossier de travail présente plusieurs avantages. Elle donne
notamment l’occasion de relever et de corriger des erreurs, d’identifier les
aspects du travail effectué dont l’efficience peut être accrue, et de faire des
observations pour la formation du personnel.
Cette supervision ne consiste en aucun cas à refaire le travail des
collaborateurs ou à intervenir dans leur mission. En revanche, la supervision
est :
- un acte par lequel la personne chargée de la supervision contrôle les
informations et les données passées moyennant des procédés de vérification
analytique;
- un moyen qui permet de faciliter, d’améliorer et de fluidifier la
communication au sein du cabinet, et avec les dirigeants et les responsables
de l’entreprise;
- un moyen d’exprimer la reconnaissance du travail et les efforts des
collaborateurs.
La revue du dossier de travail est effectuée à chaque échelon, que ce soit par
un praticien exerçant à tire individuel avec un assistant ou, dans le
cadre d’une mission effectuée pour une grande entreprise, par le
préparateur, le directeur ou l’associé chargé de la mission. Les preuves de
cette revue peuvent revêtir la forme d’une signature au d’une liste de
contrôle du superviseur, et /ou par un paraphe ou des annotations sur les
feuilles de travail établies par les collaborateurs.
Sous-section 1 : Les outils de la supervision des travaux
Les superviseurs doivent recevoir une formation plus poussée et plus
pratique pour leur permettre de maîtriser les techniques et les outils de
travail car ils doivent superviser la mise en application de tels outils. Ils
doivent même dans certains cas, être en mesure de former leur personnel
pour qu’ils puissent utiliser adéquatement ces outils. De plus, les
superviseurs doivent maîtriser les trois voies de l’amélioration continue, à
savoir comment :
- résoudre les problèmes en s’attaquant à leurs causes;
- identifier les signes avant-coureurs et prévenir les problèmes au lieu
d’attendre l’apparition de leur impact pour les corriger;
- rechercher constamment de meilleures façons pour faire les choses (utiliser
continuellement la technique du pourquoi, comment, où, quand et qui ?).
La personne chargée de la supervision doit laisser une trace écrite de la
revue qu’elle a effectuée. La bonne exécution de cette revue s’appuie
notamment sur125:
- la prise de renseignements sur l’entreprise et les discussions avec les
dirigeants et les responsables;
- l’examen des caractéristiques organisationnelles de l’entreprise;
- l’identification des événements importants et la vérification de leur trace
dans les comptes;
- la revue critique des grands équilibres des comptes;
- la revue des détails des comptes présentés dans les annexes justificatives
des états financiers;
- l’analyse des principaux ratios;
- la revue du respect des obligations de forme.
§1. La prise de renseignements sur l’entreprise et les discussions utiles avec
ses dirigeants
La prise de renseignements vient compléter l’analyse des activités du client
effectuée en début de mission et qui se poursuit ensuite d’une année à une
autre. Cette analyse permet de mieux cerner sa situation financière et ses
perspectives de développement. En outre, elle apporte un éclairage sur
certains risques liés à l’activité.
De même, les discussions avec les dirigeants et les responsables de
l’entreprise permettent d’identifier, le cas échéant, les risques et les
motivations qui peuvent générer des manipulations comptables.
Les raisons qui conduisent les dirigeants à manipuler leurs résultats
comptables peuvent être126 :
- des manipulations pour des raisons fiscales en vue de réduire le coût de
l’impôt;
- des manipulations pour des raisons financières en vue de réduire le coût de
financement; et
- des manipulations motivées par la recherche d’enracinement des
dirigeants.
La connaissance de ces raisons permet d’identifier les risques encourus pour
l’entreprise et de prévenir les dirigeants ou les décideurs à temps.
§2. Examen des caractéristiques organisationnelles de l’entreprise
La connaissance du contexte et des caractéristiques organisationnelles de
l’entreprise est importante car ces caractéristiques peuvent, dans une
certaine mesure, déterminer ou influencer les pratiques et les
comportements comptables de l’entreprise127.
La connaissance du contexte permet, en outre, de connaître les
préoccupations et les cultures dominantes affectant le choix des politiques
comptables. Ces politiques diffèrent d’une entreprise à une autre selon qu’il
s’agit d’une entreprise endettée ou non, performante ou dégageant des
résultats médiocres. Pour cela, il est important d’appréhender,
éventuellement, les écarts entre les règles et les pratiques.
§3. Identification des événements importants de l’exercice
Il est important d’identifier les événements importants intervenus au cours
de l’exercice. Le superviseur doit vérifier leur traduction comptable ainsi que
leur impact sur les comptes et sur la présentation des états financiers.
Certains événements doivent faire l’objet de notes explicatives aux états
financiers. A cet effet, le superviseur doit porter une attention particulière à
ces notes et s’assurer de leur traduction correcte.
§4. Revue critique des grands équilibres des comptes
1. La revue sommaire des états financiers nécessite un contrôle général des
variations des états financiers qui consiste à128 :
- passer en revue la balance générale et vérifier les comptes qui dégagent
des soldes qui paraissent anormaux;
- vérifier la concordance des données présentées en notes aux états
financiers avec les données du bilan, de l’état de résultat, de l’état des flux
de trésorerie et des états fiscaux;
- calculer le pourcentage de chaque rubrique des états financiers par rapport
au total du bilan et des revenus et les comparer avec ceux de l’exercice
précédent;
- comparer les postes de bilan et de l’état de résultat par rapport à l’exercice
précédent. Vérifier et justifier les variations importantes.
2. Le superviseur doit, également, calculer le taux de la marge sur
consommation directe dégagé annuellement par l’activité en rapportant
cette marge au chiffre d’affaires ou à la production de l’exercice selon le cas.
Toute évolution du taux de marge d’un exercice à un autre doit faire l’objet
d’une explication ou d’éléments justificatifs.
3. Avant d’examiner la cohérence des variations des principales rubriques
des états financiers, il faut établir et comparer au moins sur trois ans le
bilan, l’état de résultat et l’état des soldes intermédiaires de gestion en
pourcentage afin de déterminer les postes qui nécessitent plus d’attention et
de réflexion.
Le superviseur peut aborder sa revue selon l’ordre de présentation des états
financiers en utilisant, souvent, les états et les informations figurant dans le
dossier de gestion.
. Affectation des résultats et variation des capitaux propres : ce contrôle
consiste à consulter le dossier juridique rassemblé dans le dossier de travail
et rapprocher les données qui y figurent avec les montants des capitaux
propres figurant dans les états financiers. A cet effet, il convient de :
- vérifier les modifications du capital social et les modalités de libération
selon que la société est une Sarl ou une société anonyme;
- s’assurer de la conformité des montants à l’ouverture des capitaux propres
avec le tableau de variation des capitaux propres du dernier exercice;
- vérifier l’affectation des résultats de l’exercice précédent à partir du
procès- verbal de l’assemblée annuelle en la rapprochant avec le tableau de
variation des capitaux propres et le montant des réserves figurant au passif
du bilan;
- vérifier l’exactitude de la dotation aux réserves légales.
. La revue porte aussi notamment sur :
- les passifs non courants, les passifs financiers et les charges financières;
- la variation des emprunts;
- les montants des charges financières;
- les immobilisations et les amortissements;
- les stocks et les provisions;
- les clients et les ventes;
- les fournisseurs et les achats;
- les comptes de trésorerie;
- les charges et les produits.
4. Après avoir examiné la cohérence des variations des principales rubriques
des états financiers, le superviseur s’assure de la cohérence fiscale entre le
tableau de détermination du résultat fiscal et les autres éléments des états
financiers et examine les rapprochements fiscaux et sociaux effectués entre
la comptabilité et les déclarations fiscales et sociales.
A cet effet, le superviseur peut aborder sa revue fiscale comme suit :
- vérifier le tableau de détermination du résultat fiscal et le comparer avec la
liste des charges à réintégrer et des produits à déduire tout en passant en
revue la balance des charges et des produits d’une part et le tableau de
détermination du résultat fiscal de l’exercice précédent d’autre part;
- vérifier la cohérence entre les éléments des états financiers et les autres
états fiscaux comme le tableau des immobilisations et des amortissements,
l’état nominatif des créances comptabilisés en perte ne dépassant pas cent
dinars TTC, les provisions pour dépréciation des créances douteuses, les
provisions pour dépréciation des stocks, les provisions pour dépréciation des
titres, les états des participations dépassant 10% du capital social, le relevé
des dons et subventions et le tableau des reports déficitaires le cas échéant;
- vérifier les limites des provisions déductibles;
- vérifier le calcul du bénéfice provenant de l’export;
- vérifier le respect des limites des dégrèvements;
- vérifier le respect du minimum d’impôt;
- examiner les rapprochements effectués entre les déclarations de TVA, TCL,
autres Taxes professionnelles, TFP, FOPROLOS, CNSS, AT, retenues à la
source et la comptabilité et vérifier la justification des écarts et les
régularisations nécessaires;
- examiner le rapprochement de la déclaration de l’employeur avec la
comptabilité.
§5. Passage en revue critique du détail des annexes justificatives des états
financiers
Pour être vérifiable, le projet des états financiers doit être étayé par des
états d’inventaire détaillés dits annexes justificatives. Ces annexes doivent
fournir le détail de chaque rubrique des états financiers en comptes, en
montants et en libellés explicatifs.
En effet, le passage en revue critique en examinant la concordance, la
logique, la vraisemblance et la cohérence aussi bien des montants que des
dates et des libellés permet de détecter les éventuelles anomalies129.
§6. Calcul des principaux ratios
Dans une revue sommaire des états financiers, le calcul des principaux ratios
financiers et de performance pour une période pluriannuelle présente
généralement une grande utilité. Dans ce sens, il est toujours utile d’avoir
une estimation du volume du marché, de la part de marché de l’entreprise,
des pratiques et des performances des autres entreprises locales et
étrangères pour être à même d’apprécier les performances d’une entreprise.
Cette analyse comparative dans le temps et dans l’espace permet de mesurer
les écarts et identifier ceux qui expriment des anomalies.
Pour calculer les principaux ratios financiers et les principaux ratios de
performance, il faut établir un état comparatif des chiffres clefs pour une
période pluriannuelle de trois années au moins. Cette comparaison dans le
temps et dans l’espace permet d’apprécier l’évolution réelle des données et
détecter celles qui paraissent anormales.
§7. Revue du respect des obligations de forme
Pour vérifier le respect des obligations de forme dans une revue sommaire
des états financiers, il faut consulter le dossier de travail du collaborateur
chargé du dossier afin de vérifier s’il a accompli ses diligences en la matière
et examiner ses commentaires sur la bonne tenue et la mise à jour du :
- journal général coté et paraphé;
- livre d’inventaire;
- dépôt de logiciel et de la liste du matériel informatique utilisé auprès de
l’administration fiscale;
- registre des factures le cas échéant;
- dépôt de la déclaration de l’imprimeur.
De même, un passage en revue est nécessaire pour s’assurer du respect des
règles de forme relatives aux avantages fiscaux130 dont bénéficie
l’entreprise. Cette revue consiste notamment à vérifier :
- les conditions de forme relatives aux avantages accordés sur le chiffre
d’affaires et les bénéfices provenant de l’export;
- les conditions de forme relatives aux avantages accordés dans le cadre d’un
réinvestissement physique;
- les conditions de forme relatives aux avantages accordés dans le cadre d’un
réinvestissement financier.
Sous-section 2 : L’engagement des dirigeants
L’article 26 du Code des Devoirs Professionnels stipule que : « Pour les
missions de révision des comptes, le professionnel fait signer son client une
lettre appelée « lettre de présentation » en vue d’obtenir de celui-ci les
affirmations se rapportant à la confirmation des éléments probants
d’information nécessaires à la formulation de l’opinion ».
C’est dans ce sens que, depuis longtemps, la pratique américaine et
canadienne a consacré l’attestation des comptes et de la qualité du contrôle
interne par le dirigeant exécutif et le directeur financier.
A cet effet, au-delà de la déclaration de diligences prévue par le Code des
Sociétés Commerciales destinée à être communiquée au commissaire aux
comptes, tout professionnel proactif et prudent, doit adopter la pratique de
l’attestation des comptes par les dirigeants sociaux, et faire de sorte que la
certification des comptes et du contrôle interne par le dirigeant soit une
composante clef du dossier de travail même en matière d’assistance
comptable.
Il incombe donc au superviseur de se rassurer par l’existence de cette
attestation et d’en tirer les conclusions qui s’imposent au cas où le ou les
dirigeants refusent de certifier leurs propres comptes car aucune personne
n’est mieux placée que les dirigeants sociaux eux-mêmes pour juger la
valeur réelle de leurs comptes sociaux131.
Sous-section 3 : Le contrôle qualité
Le contrôle de la qualité dans le domaine de la profession comptable vise à
la fois la qualité des services professionnels fournis et les relations
professionnelles avec les clients, le personnel et la direction du cabinet. La
mise en place d’un système de contrôle qualité dans la structure
organisationnelle du cabinet assure que les politiques adoptées et les
procédures établies fournissent une assurance raisonnable que les normes
professionnelles sont respectées.
§1. Coûts et avantages
Aux fins de la mise en place ou de l’amélioration du système de contrôle de
la qualité d’un cabinet, il faut évaluer les coûts et les avantages.
Les coûts les plus souvent négligés sont les coûts cachés à engager pour
corriger les erreurs, apaiser des clients mécontents, remplacer des clients
perdus, se défendre dans le cadre de sanctions disciplinaires, de poursuites
et d’enquêtes réglementaires, et pour résoudre des problèmes relatifs au
rendement.
En revanche, l’existence d’un système efficace de contrôle de la qualité
procure de nombreux avantages directs à un cabinet, notamment132 :
- un degré plus grand de certitude que les contrôles mis en place diminuent
le risque d’erreurs et, par conséquent, le risque de poursuites;
- le maintien de la réputation du cabinet, ce qui constitue une base pour
conserver les clients actuels et attirer de nouveaux clients;
- une formation en milieu de travail améliorée et un moral renforcé grâce à
une bonne gestion du cabinet;
- une plus grande uniformité dans la prestation des services;
- la préservation du capital que les associés ont investi dans le cabinet.
§2. Les outils de la revue qualité
Il est indispensable de disposer d’un minimum de contrôle interne au sein du
cabinet. La revue qualité consiste en un contrôle a posteriori qui ne se limite
pas à l’examen des dossiers de travail uniquement, qui peut s’étendre à
l’examen des procédures de travail et de conduite. En effet, le contrôle a
posteriori permet de mettre en œuvre des procédures de contrôle étendues
puisqu’il n’y a plus à ce niveau de contrainte de délai.
Les périodes creuses du cabinet pourront être mises à profit à cet effet133.
1. Examen interne
La revue qualité a pour objet la vérification des appréciations données et le
respect des diligences établies par la profession ou par les normes internes
définies par le cabinet. L’évaluation périodique des pratiques du cabinet
permet de s’assurer que le système de contrôle de la qualité fonctionne
efficacement et comme prévu. Un questionnaire de contrôle peut être utile à
cet effet. Ce questionnaire peut être complété par certains contrôles
concernant notamment les principales options comptables et fiscales
retenues. Cet usage se justifie, surtout, pour les missions d’assistance
comptable.
2. Surveillance du service à la clientèle
La satisfaction de la clientèle est essentielle au cabinet s’il veut conserver
ses clients et en attirer de nouveaux. Les aspects auxquels les clients
accordent le plus d’importance sont la compétence, la rapidité d’exécution
du travail et la fiabilité du service. A cet effet, les cabinets doivent surveiller
la satisfaction de la clientèle sur une base continue et relever les problèmes
importants qui nécessitent la prise de mesures immédiates. Si le cabinet
n’assure pas un suivi rapide, le processus ne présentera plus aucun
avantage.
3. Surveillance du contrôle de la qualité
L’examen interne a pour objectif de déterminer si l’on s’est conformé aux
politiques et aux procédures établies. L’étendue de l’examen interne d’un
cabinet dépendra de la taille de celui-ci, du degré d’autonomie accordé au
personnel. Le cabinet devrait affecter un responsable possédant la
compétence et l’expérience nécessaires pour effectuer cet examen et mettre
en œuvre des mesures correctives en temps opportun134.
Enfin, ces types de contrôle ont, sans doute, un aspect éminemment constructif. Ils permettent
à la fois l’amélioration continue de la qualité des travaux et le développement des
compétences humaines.
La mesure de la qualité dans les missions d’assistance comptable – Chapitre
3:
Quelles que soient les voies retenues pour obtenir la qualité, l’efficacité et la
permanence de fonctionnement du système qualité mis en place par le
cabinet ne peuvent être assurées vis-à-vis de l’utilisateur du service que si ce
système est contrôlé par un instrument de mesure de la perception de la
qualité.
En fait, la qualité des services d’assistance comptable est perçue en deux
étapes :
1ère étape : La perception de la qualité dans les rapports avec le client
mesurée par :
- la satisfaction du client,
- l’utilité des délivrables pour la gestion, le contrôle interne et la prise de
décision,
- la sensibilisation aux problèmes et les recommandations d’amélioration.
2ème étape : La perception de la qualité à travers les contrôleurs externes
mesurée par :
- la certification du commissaire aux comptes,
- les résultats des contrôles fiscaux et sociaux,
- les autres contrôles externes (tribunaux, banques, etc…).
Section 1 : La qualité dans les rapports avec le client
Le professionnel comptable est tenu d’exploiter toutes les sources
d’information lui permettant d’améliorer la qualité de ses prestations. Les
informations en retour (feed- back) constituent l’une de ces sources. Ces
informations peuvent avoir plusieurs origines dont la plus importante est la
clientèle135.
Sous-section 1 : La satisfaction du client
La satisfaction du client est au cœur de chaque mission. Elle représente un
critère de mesure indispensable à la survie et au progrès du cabinet.
Ceci est confirmé par les résultats de l’enquête. La majorité des répondants
considèrent que le niveau de satisfaction du client est un indice de
performance du cabinet136.
En effet, la satisfaction du client est traduite par un feed-back a posteriori et
par un feed-back au cours de réalisation de la mission.
§1. Feed-back du client
Les évaluations ex post sont des appréciations postérieures de la conception,
de l’exécution et de l’efficacité des processus. Les évaluations mettent en
évidence les liens de causalité entre les processus et leurs effets.
Le feed-back a posteriori se manifeste, principalement, à travers le degré de
satisfaction du client de la qualité des prestations ainsi que du
comportement des intervenants. Or, le meilleur moyen pour savoir si le
client est satisfait ou non consiste à le lui demander137. Autrement dit, il ne
faut pas se limiter à attendre à ce que les clients expriment leur
insatisfaction et ses causes, ils ne le feront que dans peu de cas. Aussi, faut-il
prendre l’initiative en mettant en œuvre une procédure de communication
garantissant au professionnel de prendre connaissance de toute réclamation
des clients.
Cette procédure peut revêtir la forme orale ou écrite; elle permet de
disposer d’informations pertinentes en temps opportun.
Toutefois, les réclamations des clients peuvent se manifester au cours de
l’exécution des missions. Ces réclamations peuvent porter aussi bien sur le
comportement des collaborateurs que sur la qualité des prestations. C’est la
raison pour laquelle le professionnel est appelé à ouvrir tous les canaux de
communication avec ses clients.
§2. Fidélisation accrue du client
Satisfaire ses clients est aujourd’hui une condition de survie et la mesure de
la satisfaction est devenue un point fondamental de la politique de
fidélisation des clients.
La satisfaction du client devient l’élément premier à rechercher, et
s’engager dans une démarche de gestion qualité doit permettre de gagner et
de maintenir la confiance des clients par la prévention des non-qualités.
L’offre de prestations de qualité est le véritable moteur de croissance de la
profession, et la maîtrise de la satisfaction des clients est la fondation de
toute stratégie de croissance. Toutefois, si on transpose le concept de la
qualité totale, qui est souvent utilisé dans les grandes industries, aux
services comptables, il devient un outil de sécurité pour le cabinet et ses
clients.
Or, un client qui se sent en sécurité vis-à-vis des risques juridiques, fiscaux
et sociaux est nécessairement un client satisfait des services comptables
fournis. Ce feed-back se manifeste davantage après un contrôle fiscal ou
social qui aboutit à des montants de redressements nuls ou faibles et se
traduit, par conséquent, par une fidélité totale et de plus en plus accrue vis-
à-vis du professionnel comptable.
Il ressort de l’analyse des réponses à l’enquête que la majorité des
personnes interrogées affirment que le renouvellement de la convention
d’assistance comptable est fonction du degré de satisfaction du client138.
Sous-section 2 : L’utilité des délivrables pour la gestion, le contrôle interne
et la prise de décision
La production des délivrables est la finalité de toute mission d’assistance
comptable. Les produits d’une mission d’assistance comptable sont d’une
grande utilité pour la gestion, pour la maîtrise du système de contrôle
interne et pour la prise de décision.
§1. L’utilité des délivrables des missions d’assistance comptable pour la
gestion
Les comptes annuels constituent un instrument stratégique de gestion,
incarnent les principaux éléments du tableau de bord et s’apprêtent à
l’analyse de gestion139 qui aide les dirigeants à maîtriser notamment la
fonction formation du résultat et la fonction formation du cash.
Ainsi, les conclusions tirées de l’analyse de gestion ne peuvent servir
valablement à la compréhension de la gestion passée et à la maîtrise de la
gestion actuelle et future que si elles reposent sur des comptes annuels
fiables et pertinents.
§2. L’utilité des délivrables des missions d’assistance comptable pour le
contrôle interne
Les contrôles de justification, de cohérence, de rapprochement et de
vraisemblance des comptes qui aboutissent à l’établissement des états
financiers constituent l’étape ultime de contrôle interne.
Goodfellow & Willis affirment que « l’efficacité des contrôles exercés sur les
opérations comptables courantes et l’établissement des états financiers est
tributaire, pour le meilleur et pour le pire, de l’efficacité de l’environnement
de contrôle (le ton donné par la direction) et des autres contrôles à l’échelle
de l’entité. Lorsque l’environnement de contrôle est faible, l’efficacité des
contrôles au niveau des processus pourrait être compromise »140.
En outre, l’efficacité des contrôles comptables exercés tout au long du
processus d’établissement des états financiers permet d’identifier les
insuffisances de contrôle à l’égard de l’information comptable et financière.
En effet, plus les contrôles comptables sont méthodiques, approfondis,
complets, documentés et menés avec compétence, plus ils permettent
d’identifier les insuffisances de contrôle et d’initier un plan d’action en
fonction de la gravité des risques. De même, plus les contrôles internes sont
efficaces, plus les travaux d’établissement des états financiers sont fiabilisés
et rendus plus faciles, plus rapides et le risque d’erreurs importantes
réduit141.
§3. L’utilité des délivrables des missions d’assistance comptable pour la prise
de décision
La performance d’un contrôle de gestion est tributaire de la fiabilité et de la
précision des informations produites par la comptabilité et présentées par
les états financiers, les annexes justificatives des comptes, le dossier de
gestion ou autres documents. Les décisions de gestion importantes
s’appuient sur les chiffres clés issus du système d’information comptable
pourvu que les informations produites soient claires, fiables et pertinentes.
Dans cette perspective, les états produits par une mission d’assistance
comptable ne sont plus considérés comme des analyses descriptives ou
obligatoires ex post, mais comme des outils opérationnels d’aide à la
décision. Pour cela, les états financiers, comptables et de gestion doivent
être établis avec beaucoup de compétence et de technicité, vérifiés et validés
tout au long du processus.
L’analyse des résultats de l’enquête vient confirmer, à travers la majorité des
répondants au questionnaire, l’importance et l’utilité des délivrables pour la
bonne compréhension de la situation financière de l’entreprise et, par voie
de conséquence, pour la gestion quotidienne, pour la prise de décision et
pour la maîtrise du contrôle interne142.
Sous-section 3 : La sensibilisation aux problèmes et les recommandations
d’amélioration
L’appréciation des procédures de comptabilisation est une étape importante
de la mission d’assistance comptable. Certains problèmes ou certaines
insuffisances peuvent être découvert(e)s tout au long du déroulement de la
mission. A cet effet, la mission d’assistance peut franchir la frontière entre le
contrôle et le conseil et conduire à faire des recommandations pour
améliorer ces procédures pour remédier aux problèmes identifiés.
§1. La sensibilisation aux problèmes
Le professionnel comptable intervenant de façon régulière dans l’entreprise
aura identifié des signaux qui décèlent certains dérapages en matière de
gestion. Ces signaux aident à anticiper et détecter les difficultés que peut
rencontrer l’entreprise et permettent au professionnel comptable d’alerter à
temps les dirigeants. Le professionnel comptable peut ensuite, procéder à un
diagnostic plus approfondi pour déterminer les raisons à l’origine du
problème et présente des propositions de solutions au chef d’entreprise. Il
peut conseiller également à participer aux actions visant à améliorer la
situation143.
§2. Les recommandations d’amélioration
La comptabilité est au cœur du réseau d’informations de l’entreprise. C’est
ce qui explique que le professionnel comptable est parmi les premiers à
pouvoir déceler les problèmes que peut rencontrer son client et identifier les
raisons de ces difficultés. Il est aussi bien placé pour proposer des mesures
correctives et des recommandations d’amélioration.
A cet effet, le professionnel fait souvent recours à ses connaissances, à celles
de ses collaborateurs et à une bonne documentation pour puiser les solutions
possibles pour surmonter les difficultés rencontrées et évaluer leurs effets et
leurs conséquences juridiques, fiscales et financières. Il peut être également
proposé à faire appel à d’autres professionnels ou spécialistes pour la
recherche d’une solution144.
Il ressort de l’enquête menée à partir d’un questionnaire dans le cadre de la
préparation du présent mémoire, que le cabinet d’assistance est le mieux
placé, après les services internes de l’entreprise, à signaler les anomalies et
les insuffisances. L’enquête montre, à 96% des répondants, que le cabinet
d’assistance est le mieux placé à proposer des mesures correctives ou des
recommandations d’amélioration en matière comptable, fiscale et juridique
La qualité à travers les contrôleurs externes – Section 2 :
La qualité perçue est un élément important du dispositif de contrôle qui doit,
néanmoins, être envisagé dans sa globalité et non en se limitant à l’interface
client – cabinet.
Les contrôles externes contribuent considérablement à façonner une image
comptable et financière qui exprime la qualité du reporting financier de
l’entreprise aux yeux de ses partenaires externes et internes.
Sous-section 1 : La certification du commissaire aux comptes
La certification pure et simple des comptes annuels par les commissaires aux
comptes paraît assimilable aux mécanismes de certification qualité, du fait
que parmi ses motivations, elle consiste à donner aux utilisateurs de
l’information publiée une forme de label de confiance sur l’absence de non-
conformité au regard des objectifs de régularité, de sincérité et d’image
fidèle et à sécuriser les dirigeants dans leur perception de la validité et de la
qualité de leur reporting financier.
L’analyse des résultats de l’enquête menée par un questionnaire auprès des
commissaires aux comptes montre que pour 65% des répondants, la qualité
des travaux d’assistance comptable peut avoir une influence sur
l’acceptation des missions de commissariat aux comptes146. Les travaux
d’assistance comptable de qualité permettent aux commissaires aux
comptes, selon 85% des répondants, d’accomplir leurs diligences
convenablement dans un milieu plus sécurisant147.
L’enquête révèle, à travers la
majorité des répondants, que les travaux d’assistance comptable menés de
façon méticuleuse et méthodique permettent de réduire les risques de
fraude et le risque d’erreurs et d’anomalies significatives148. Ceci conduit
certainement à réduire considérablement le risque de non certification ou de
certification avec réserves sur les comptes.
Enfin, l’analyse de l’enquête montre, selon 85% des personnes interrogées,
qu’il existe une relation étroite entre la qualité des travaux de l’assistance
comptable et l’avis du commissaire aux comptes. Or, la même population,
soit les 85% des répondants, affirment que la certification pure et simple des
commissaires aux comptes résulte de la fiabilité et de la clarté des
informations fournies, de la fiabilité du système de contrôle interne et d’une
bonne justification des comptes149. Ce sont, en d’autres termes, les
résultats induits par le produit final d’une assistance comptable de qualité.
Sous-section 2 : Les résultats des contrôles fiscaux et sociaux
Les organismes de contrôle fiscaux et sociaux sont considérés comme des
utilisateurs importants des comptes annuels de l’entreprise. Le rôle des
contrôleurs est primordial dans la mesure de la qualité et, par voie de
conséquence, dans la production de la qualité comptable dans ses
dimensions fiscale et sociale.
Le contrôle fiscal ou social est la contrepartie logique et nécessaire du
système déclaratif et se concrétise soit par le pouvoir dévolu à
l’administration de réparer les éventuelles omissions, insuffisances ou
erreurs commises par les contribuables, soit par une attestation de
félicitation.
Etre contrôlé ne signifie pas forcément que l’on a triché. Un bon contrôle,
c’est un contrôle qui se termine à zéro, malgré qu’en fiscalité, le risque zéro
est rare. Néanmoins, les résultats des contrôles fiscaux ou sociaux nuls ou
faibles constituent sans doute une source de sécurité fiscale et sociale pour
le client, une source de confiance pour l’administration et un critère de
mesure de la qualité de leurs services par les professionnels comptables.
En outre, les résultats de l’enquête montrent, à travers la majorité des
personnes interrogées, que les travaux menés sur la base d’outils de
rapprochement, de contrôle et de vérification, permettent de réduire
considérablement les risques de redressement et que l’implémentation de
procédures fiscales de contrôle interne avec un rapprochement bien fait
entre les montants déclarés et les montants comptabilisés, permettent à
l’entreprise de prévenir les risques fiscaux significatifs. Selon 48% des
répondants, ceci peut amener l’entreprise à réduire considérablement les
risques pouvant résulter des divergences entre les règles comptables et les
règles fiscales et, même, réduire la probabilité de subir un contrôle
fiscal150. De même, les résultats de l’enquête affirment que la qualité des
travaux comptables et des documents présentés favorise considérablement
un bon déroulement de la mission de vérification fiscale151.
Cela met en évidence le résultat de l’enquête qui confirme, à travers 72%
des répondants, dont 53% sont constitués d’agents de l’administration
fiscale, que les résultats des contrôles fiscaux des entreprises qui présentent
des comptes clairs, justifiés et rapprochés, autrement dit les entreprises
utilisant des outils et des méthodes de contrôles comptables aboutissant à
des comptes clairs et appuyés des détails justificatifs, représentent dans la
majorité des cas des redressements de faibles montants et jamais des
montants élevés152.
Sous-section 3 : Les autres contrôles externes
Le prolongement naturel d’un contrôle interne de qualité est de s’assurer au
sein de la profession de la réelle application de ces principes par le biais
d’un contrôle externe.
Parmi les contrôles externes, il est possible de citer :
- le contrôle exercé par l’Ordre des experts-comptables et des comptables;
- le contrôle exercé par le conseil du marché financier et la cour des
comptes;- le contrôle économique, le contrôle douanier, etc….
Ces types de contrôles sont considérés généralement comme des actions de
formation destinées à aider les cabinets à améliorer leur organisation et, en
conséquence, la qualité de leurs travaux. Ils peuvent aboutir à des sanctions
ou à des recommandations destinées au cabinet contrôlé ou à l’entreprise
comme ils peuvent consacrer la qualité de la gestion comptable de
l’entreprise et sa compliance avec les lois et règlements applicables.
Compte tenu des résultats de l’enquête menée auprès des chefs
d’entreprises, des cadres financiers, des cadres de l’administration fiscale et
des commissaires aux comptes, on peut conclure que les critères retenus
comme les plus importants pour la mesure de la qualité dans les missions
d’assistance comptable sont les suivants153 :
- la sensibilisation aux problèmes et les recommandations d’amélioration,
critère classé au premier rang par 35% des répondants;
- la satisfaction du client, critère classé au premier rang par 29% des
personnes interrogées;
- la certification des commissaires aux comptes, critère classé au premier
rang par 17% des participants;
- le résultat des contrôles fiscaux, critère classé au premier rang par 11%
des répondants;
- l’utilité des délivrables, critère classé au premier rang par 8% des
personnes interrogées.
Ces critères s’approchent, dans leur sens, de ceux avancés par Venetis
(1996)154 qui propose de retenir les cinq dimensions de qualité de service
suivantes pour les services professionnels :
- le professionnalisme du travail (hard process quality);
- la qualité et l’interactivité des relations (soft process quality);
- la qualité potentielle de l’organisme (potential quality);
- les qualités, la créativité du produit final (outcome quality);
- les résultats induits par le produit (final outcome quality).
Conclusion :
La mission d’assistance comptable est l’un des métiers de la profession
comptable qui offre un service aux entreprises tenues de produire des états
financiers annuels destinés aux divers utilisateurs de l’information
financière. Son objectif consiste à fournir un bon niveau d’assurance, surtout
pour les PME, très nombreuses dans le tissu économique marocain.
Cela fait que la question de la qualité est, aujourd’hui, une préoccupation de
la profession comptable et de ses partenaires. Pour les clients, un service
comptable qualifié est une source de sécurité alors que pour les
professionnels, la qualité est un outil de différenciation sur un marché
concurrentiel.
La performance dans l’exercice de ce type de mission s’appuie sur deux
hypothèses sous-jacentes :
- L’hypothèse de l’utilité du concept de qualité pour les missions d’assistance
comptable et de ses enjeux pour les différents partenaires, en sachant que la
qualité des services comptables a des exigences, des caractéristiques, des
critères et des approches qui se traduisent par des coûts.
- L’hypothèse de l’utilité économique (rapport coût/avantage) de la mise en
place d’un processus favorisant la production de la qualité dans les missions
d’assistance comptable dans le cadre d’une politique globale du cabinet axée
sur la qualité. Ce processus s’appuie sur des outils et des méthodes de
travail opérationnels.
Ces deux hypothèses sous-jacentes impliquent une bonne maîtrise du
concept de qualité et une bonne organisation du cabinet conduisant à une
démarche qui permet au professionnel comptable d’avoir l’assurance
raisonnable que le service est réalisé avec compétence et qu’il est rendu
conformément aux diligences, aux règlements en vigueur et aux meilleures
pratiques.
La maîtrise du concept qualité adapté aux missions d’assistance comptable
nous a amené à définir ses exigences, ses caractéristiques et ses critères et à
cerner ses différentes approches.
Quatre dimensions caractérisent la qualité des services d’assistance
comptable : éthique, technique, comportementale et organisationnelle.
Dans ce sens, la qualité exige de répondre aux besoins du client et de ses
différents partenaires utilisateurs de l’information comptable; le tout dans le
respect rigoureux des normes et règlements en vigueur.
Or, une démarche qualité génère des coûts pour le cabinet et par, voie de
conséquence, pour ses clients. Ces coûts doivent être dans la mesure du
possible adaptés à la dimension financière de chaque cabinet tout en tenant
compte du caractère relativement impératif de la qualité, car même si la
qualité coûte cher, il existe quelque chose de plus coûteux : c’est le coût de
la non-qualité.
Compte tenu des exigences et caractéristiques d’un système de qualité,
l’expert- comptable doit satisfaire trois critères pour être à même
d’accomplir des missions d’assistance comptable avec un haut niveau de
qualité :
- Engager les moyens et les ressources nécessaires qui permettent au
professionnel comptable de s’adapter aux besoins du client (connaissances
techniques, connaissance du secteur d’activité du client, expérience requise,
effectif suffisant en quantité et en qualification, etc…) ainsi que la maîtrise
des limites qui peuvent entraver la qualité des travaux et qui peuvent
justifier le refus pertinent d’accepter une mission (limites techniques ou
déontologiques, insuffisance des honoraires, etc…);
- Développer une structure et un environnement internes qui favorisent le
développement d’un professionnalisme, à l’intérieur du cabinet et avec les
clients, à même d’assurer la réalisation des prestations selon les règles de
qualification et de déontologie adéquates;
- Développer les compétences comportementales et techniques nécessaires
chez l’ensemble des membres du cabinet.
Quant à la mise en place d’un processus de production de la qualité dans les
missions d’assistance comptable, elle s’appuie sur le choix d’une politique
qualité du cabinet et le développement d’outils de travail et de méthodes
opérationnelles efficaces.
A cet effet, la production de la qualité dans une mission d’assistance
comptable est tributaire :
- du modèle professionnel comptable choisi : le modèle fondé sur une logique
de professionnalisme semble être le mieux à même de produire la qualité;
- de la compréhension du besoin, des attentes et des exigences légitimes du
client;
- des procédures d’acceptation des missions et de l’organisation du cadre
contractuel;
- et, de l’aptitude du professionnel à créer un environnement favorable à la
production de la qualité (mise en place de contrôles internes à l’intérieur du
cabinet, développement des compétences techniques et comportementales,
coopération et travail en équipe et évaluation des performances individuelles
et collectives).
Dans un système de qualité comptable, les procédures et les méthodes de
travail constituent une composante clé. Les procédures et méthodes
permettent d’assurer la qualité, la traçabilité et la transmission des savoir-
faire efficaces et des bonnes pratiques.
La démarche qualité implique, en plus du professionnel, toutes les parties
prenantes :
- Le rôle des différents membres du cabinet est, ainsi, déterminant dans la
formation de la qualité dans les missions d’assistance comptable. Cela va du
responsable chargé du dossier, aux collaborateurs et en passant par le
personnel de soutien administratif.
- Le client joue, aussi, un rôle majeur dans le développement, l’innovation et
l’amélioration de la qualité des services comptables à travers la fixation de
ses objectifs, de ses politiques et de ses attentes en matière comptable.
- Enfin, les organismes de contrôle et les autres utilisateurs (actionnaires,
banquiers, etc…) peuvent constituer un facteur favorable à la qualité en
raison des pressions qu’ils exercent et des bonnes pratiques qu’ils
consacrent.
Pour rendre un service de qualité, le professionnel est appelé à suivre une
méthodologie formalisée et systématique permettant la construction d’une
bonne documentation constituée essentiellement de feuilles de travail claires
et précises avec le souci d’en faciliter la revue.
La supervision et la revue qualité restent aussi une composante
indispensable du système afin de s’assurer que chaque collaborateur a bien
exécuté son travail et afin de renforcer la sécurité des travaux réalisés en
plus des avantages qu’elles peuvent présenter en matière de formation du
personnel sur le tas.
La qualité existe à partir du moment où elle est perçue dans les rapports
avec le client et à travers sa validation par les contrôleurs externes.
Différentes approches permettent d’identifier les indicateurs utilisés pour
évaluer la qualité des services dans les missions d’assistance comptable : la
qualité est évaluée par le marché (clients actuels, clients potentiels et
différents utilisateurs); elle est évaluée par rapport aux normes à travers la
certification et par les organismes de contrôle.
La qualité aux yeux du client se mesure par sa satisfaction et sa perception
de l’utilité des délivrables (états financiers, annexes justificatifs, dossiers de
gestion, déclarations, etc…) pour la sécurité comptable, juridique et fiscale
de l’entreprise, sa gestion, ses contrôles internes et la prise de décision.
Elle est validée à travers les contrôleurs externes par la certification du
commissaire aux comptes et les résultats des contrôles fiscaux et sociaux
ainsi que les autres contrôles externes.
L’analyse de l’enquête, menée à partir d’un questionnaire auprès de chefs
d’entreprises, de cadres comptables, de cadres de l’administration fiscale et
de commissaires aux comptes a mis en valeur les critères d’évaluation avec
des degrés d’importance différents. Cette enquête a montré que la mise en
place de techniques de rapprochement et l’élaboration d’annexes
justificatives suffisamment claires permettent de réduire les risques fiscaux,
les risques de fraude, les risques d’erreurs ou d’anomalies significatives et,
par conséquent, le risque de non certification des comptes par les
commissaires aux comptes ou de certification avec réserves. De même,
l’enquête a montré qu’un client satisfait s’exprime par le renouvellement de
la convention d’assistance comptable