Éco-conception des piles à combustible
Éco-conception des piles à combustible
Présentée par
Lucien DUCLOS
.
Remerciements
Avant toute chose, je souhaite remercier les personnes qui m’ont aidé au niveau du laboratoire ou ont pu
participer à mes travaux de thèse. J’aimerais remercier mes encadrants Pierre-Xavier Thivel, Valérie Laforest,
Lenka Svecova et Guillaume Mandil pour m’avoir permis de réaliser cette thèse et pour l’aide particulière qu’ils
m’ont apporté au sujet de la rédaction d’articles scientifiques. J’aimerais également remercier mon stagiaire
Grégoire Aufresne pour son investissement dans les expérimentations de cinétiques.
Je souhaite remercier chaleureusement Stella pour son accueil en début de thèse
En ce qui concerne les manipulations en laboratoire, je souhaite tout d’abord grandement remercier Rémi Vincent
du CEA-LITEN grâce à qui la collaboration avec le CEA a pu être réalisée. Je souhaite également remercier
Marco Bolloli du CEA-LITEN pour les tests d’AME en cellule. Pour les synthèses et caractérisations de
catalyseurs Pt/C, remercie grandement Laetitia Dubau et Raphael Chattot le "maître-synthétiseur". Je remercie
également Gwenn pour les tentatives de synthèse de catalyseurs par voie UV.
Je remercie grandement Jean-Pierre Magnin, le "chercheur-quincailler" du laboratoire 321 pour son aide dans
l’installation des dispositifs expérimentaux et son sens de "l’économie circulaire" au laboratoire. Je souhaite
remercier particulièrement Nicolas Papaiconomou pour son enthousiasme vis-à-vis de la recherche et pour les
nombreuses discutions à propos des méthodes d’extraction. Je souhaite remercier Christina Liojoiu pour ses
conseils dans les tentatives de recyclage de membrane fluorées.
Je souhaite remercier Sarah Bureau et Delphine Tisserand de l’ISTerre, pour m’avoir permis de réaliser les
analyses par ICP. Je souhaite remercier Céline Bonnaud la "décoratrice de jeans" et Gwenn pour l’organisation
des campagnes de mesures ICP. De plus, je tiens à remercier Magalie Roussel de l’IUT de Grenoble pour
l’utilisation du diffractomètre DRX.
Au niveau du service administratif, je remercie Claire Benoît et Claire Girardi pour leur patience face à mon goût
prononcé pour les démarches administratives.
Je souhaite remercier l’ensemble des doctorants de des anciennes équipes et actuelles équipe EIP et MIEL et
pour la bonne ambiance de travail, les soirées traditions du début de thèse et les barbecues. Je remercie aussi les
doctorants du SIMAP. Je souhaite particulièrement remercier Marie, Leslie, Marc, Manue et Phil pour le bon
temps passé avec eux en montagne.
Enfin, je souhaite remercier l’ensemble du personnel du laboratoire LEPMI.
Lest but not least, je remercie l’ensemble des potes que j’ai pu côtoyer durant ces trois ans de thèse et
particulièrement mes colocs : Yohan le "Sergent-chef !", Audrey la "mère sans gêne", David "Epico-David",
Lydiane la "jardinière en herbe", Gentiane la "paysagiste-rêveuse" et Louis mon "semi-coloc" et le reste du
"fanclub de la Josiane" : Julien, Justine et Estelle. Je remercie ma co-bureau Florence la "wutaoiste". Je
souhaite aussi particulièrement remercier Dani le "dessinateur philosophe". Je souhaite aussi remercier toutes les
personnes que j’aurai oublié de remercier.
INTRODUCTION GENERALE........................................................................................................................................................... 1
Le principe de la pile à combustible a été découvert en 1839, par Sir William Grove [1], un avocat anglais,
chercheur amateur en électrochimie. Suite à cette découverte, mis à part quelques essais, les recherches sur
ce système de production d’électricité ont été délaissées durant presque 100 ans. Ce n’est qu’à partir des
années 1930, que Francis Thomas Bacon entreprend le développement d’une pile à combustible [1], après
vingt ans de travaux, il réussit à en réaliser une d’un kiloWatt de puissance. L’industrialisation des
alternateurs et dynamos provoquèrent ensuite un désintéressement vis-à-vis de la pile à combustible. C’est
finalement dans les années 1960 qu’elles trouvent leur première application comme générateurs électriques
pour les programmes spatiaux Gemini et Apollo [1]. De nos jours, la pile à combustible reste coûteuse, elle
est donc mise en retrait par rapport aux autres générateurs d’électricité.
Différents types de piles à combustible (PAC) ont été développés et il est possible de produire de
l’électricité en utilisant l’hydrogène comme comburant [2, 3, 4, 5]. Bien que la majorité des projets soient
encore au stade de recherche et développement, des progrès notables ont été réalisés, permettant
l’intégration de ces générateurs dans certaines applications. Les piles à combustibles développées peuvent
s’étendre de quelques Watts, à plusieurs dizaines de kilowatts pour des systèmes portatifs comme les
chargeurs de petits appareils électriques, ou des générateurs embarqués sur des véhicules. L’utilisation des
piles à combustible comprend également des systèmes de génération stationnaires permettant la fourniture
de plusieurs mégawatts d’électricité.
1
La catalyse des réactions mises en jeu lors de la conversion d’énergie au sein des PEMFC nécessite
l’utilisation de platine, dont les ressources sont limitées et la production (extraction et raffinage) complexe.
De plus, du fait de son prix élevé, ce métal représente une part importante du coût de production de ces piles
à combustible. Aujourd’hui, le prix de cette technologie doit être réduit pour qu’elle soit économiquement
compétitive et puisse être commercialisée à grande échelle. Les charges en platine dans les électrodes de
piles à combustible ne peuvent être réduites significativement sans altération de la performance et de la
durabilité de ces systèmes. Cependant, le développement d’une filière de recyclage pour assurer la
récupération du Pt en fin de vie des PACs pourrait permettre une réduction de leur coût de production.
Afin de rester cohérent et de développer un système le plus "durable" possible, l’impact environnemental de
ce recyclage doit être également minimisé. L’objet de cette thèse est donc le développement d’un
procédé de recyclage du platine d’électrodes de piles à combustible. Les impacts environnementaux
de voies de recyclage envisagées ont été évalués grâce à la méthodologie d’analyse du cycle de vie afin
d’orienter le choix des étapes constituant le procédé global. Ce travail constitue une première étape vers
une étude d’éco-conception des piles à combustible de type PEMFC.
Cette thèse a été réalisée entre le Laboratoire d’Electrochimie et de Physico-chimie des Matériaux et des
Interfaces (LEPMI), le laboratoire des Sciences pour la Conception, l’Optimisation et la Production (G-
SCOP) et le département Génie de l’Environnement et des Organisations (GEO) de l’institut Henri Fayol.
Le Chapitre 1 de ce rapport porte sur le contexte de cette thèse. Le fonctionnement, la production et les
causes de fin de vie des PEMFC sont détaillés. Ensuite un état de l’art sur les procédés de recyclage des
PEMFC et des catalyseurs en platine est établi. Enfin, des voies de recyclage sont proposées puis la
démarche adoptée pour le développement du procédé est exposée.
Le Chapitre 2 détaille les manipulations en laboratoire qui ont été conduites afin de développer le procédé
de recyclage de catalyseurs en platine de PEMFC.
Le Chapitre 3 regroupe premièrement l’étude de la récupération du platine à partir d’assemblages
membrane-électrodes (AME). Une étude de compréhension des mécanismes limitants les cinétiques de
certaines étapes du procédé développé est ensuite présentée. Puis les essais de recyclage des réactifs des
procédés sont détaillés. Les tests de recyclage de catalyseurs de PEMFC sont alors présentés dans un dernier
temps.
Ensuite, le Chapitre 4 porte sur l’analyse environnementale des procédés hydrométallurgiques développés
pour assurer le recyclage du platine.
Finalement, une conclusion globale des études laboratoire et d’analyses du cycle de vie et des perspectives
sont présentées dans le chapitre 5.
2
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Les piles à combustible permettent de convertir une énergie chimique en énergie électrique à partir de
l’oxydation d’un combustible par l’oxygène. Elles sont constituées d’une anode et d’une cathode séparées
par un électrolyte isolant électrique, permettant la diffusion d’un type d’ions. A ce jour six principales
catégories de piles à combustible non-biologiques qui sont désignées par la nature de l’électrolyte qu’elles
contiennent ont été développées. Le Tableau 1 regroupe les compositions des différentes piles à
combustible développées ainsi que leurs conditions de fonctionnement.
Température Ions
Appellation Électrolyte Electrodes Combustible Oxydant
[°C] transportés
PEMFC
Polymère Pt 90 H2 O2/air H+
Pile à combustible à membrane
Selon la température de fonctionnement, les piles à combustible se différencient en deux catégories : les
piles à combustible haute température (200 - 1000 °C) et les piles à combustible basse température (≈ 100
°C). Les piles à combustible haute température sont essentiellement les piles à oxyde solide (SOFC), les
piles à carbonate fondu (MCFC), et les piles à acide phosphorique (PAFC). Les piles à électrolyte alcalin
(AFC), les piles à membrane polymère (échangeuse de protons, PEMFC) et les piles à méthanol direct
(DMFC) se distinguent par leur faible température de fonctionnement. Dans le cadre de cette thèse, seules
les piles à combustible de type PEMFC ont été étudiées.
1. La technologie PEMFC
Cette partie détaille tout d’abord le principe de fonctionnement des piles à combustible de type PEMFC (de
l’anglais proton exchange membrane fuel cells). Puis un bref état de l’art sur la composition et les procédés
de production des AME à partir de leurs éléments est décrit. Enfin les principaux phénomènes pouvant
conduire à la dégradation des PEMFC sont regroupés à la fin de cette partie.
3
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
4
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Le combustible (l’hydrogène) diffuse vers la couche active anodique puis va réagir selon la réaction
d’oxydation suivante :
H 2H 2e Réaction [1]
Les protons H+ formés traversent la membrane par diffusion / conduction puis atteignent la couche active
cathodique (voir Figure 2), pendant que les électrons sont acheminés vers un circuit électrique par
l’intermédiaire de la GDL. Au niveau de la cathode, l’oxygène est réduit selon la réaction suivante :
1
2H O 2e H O Réaction [2]
2
Ainsi, le transfert d’électrons vers le circuit électrique va permettre la création d’un courant électrique.
L’équation de la réaction chimique globale ayant lieu dans une cellule de pile à combustible est :
1
H O → H O Réaction [3]
2
Certains producteurs insèrent un support permettant le maintien de l’AME. A plus grande échelle, les piles à
combustible (en anglais stack) sont constituées d’un empilement d’AME placés entre des plaques bipolaires.
L’ensemble du système fonctionne de manière analogue à un groupe de générateurs disposés en série dans
un circuit électrique (voir Figure 3).
5
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Les plaques bipolaires ont plusieurs rôles : l’acheminement des réactifs vers les électrodes, l’évacuation des
produits, la collecte du courant et l’évacuation de la chaleur de réaction. Elles permettent aussi la tenue
mécanique du stack qui est maintenu en pression grâce à des tirants fixés sur les plaques d’extrémités. La
taille et la géométrie des éléments composant le stack (AME, plaques bipolaires, plaques d’extrémités…)
peuvent varier selon les constructeurs. A chaque extrémité du stack, des collecteurs de courant permettent
l’acheminement de la totalité du courant électrique produit vers un circuit électrique externe.
Le stack est intégré dans un système de gestion des courants électriques et de régulation des flux de réactifs
et produits (Figure 4) permettant la régulation des paramètres suivants :
- températures,
- pressions des réactifs
- humidification de la membrane.
L’air est mis en pression par un compresseur et le refroidissement du système est assuré par la circulation
d’un fluide caloporteur grâce à des pompes. Le débit d’oxygène à la cathode est régulé afin d’obtenir un
ratio stœchiométrique entre 1,5 et 2 par rapport à l’hydrogène ([5, 11]) ce qui permet une bonne évacuation
de l’eau formée. L’humidité des gaz est régulée grâce aux systèmes humidificateur et condenseur.
6
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Le Nafion® est constitué d’un squelette de structure voisine du polytétrafluoroéthylène (PTFE) composé de
groupements CFn, sur lequel sont greffées des fonctions sulfonées HSO3. Morphologiquement la membrane
contient un réseau de clusters hydrophiles composés des groupes sulfonés contenus dans une matrice
carbonée hydrophobe (Figure 5). Le polymère va permettre au Nafion® de remplir la fonction d’isolant
électrique, les ions SO3- vont jouer le rôle d’échangeur de protons. Le nombre de mole de groupement acide
par quantité de polymère défini la masse équivalente du ionomère. L’épaisseur du film de polymère
généralement comprise entre 10 et 35 μm pour des membranes renforcées et 100 et 200 μm pour des
membranes simples [16] résulte d’un compromis entre les critères précédemment cités.
7
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Le renfort des membranes en Nafion® est généralement un support en PTFE [18], qui permet une
amélioration de leurs propriétés de tenue mécanique à épaisseur équivalente et donc un prolongement de
leur durée de vie.
Catalyseur
Support carboné
Ionomère
La catalyse des réactions d’oxydoréduction mises en jeu dans une PEMFC, est assurée par le platine, qui
reste à ce jour le meilleur catalyseur en PEMFC [20]. En effet très peu d’éléments peuvent l’égaler en
termes de résistance à la corrosion et de performance pour la réaction de réduction du dioxygène.
Pour des applications mobiles, la charge totale de platine prévue dans les couches actives est comprise entre
0,15 et 0,4 [Link]-2 [11]. Cette valeur qui varie selon le type de véhicule (automobile ou bus) est basée sur
une estimation prenant en compte les avancées technologiques actuelles concernant la production des
catalyseurs de PEMFC. Les charges en platine d’AME commercialisées sont généralement plus élevées
(entre 0,6 et 2 [Link]-2 [19, 20, 21, 22]). La taille optimale des particules de platine se situe autour de 4 nm
pour une efficacité catalytique maximale. En effet, ces particules doivent être de petite taille afin de
maximiser leur surface spécifique, mais une trop faible diminution de la taille entraîne une augmentation de
la proportion d’atomes de faible coordination, faisant chuter l’activité catalytique du catalyseur [25].
La présence éventuelle de monoxyde de carbone dans les gaz d’alimentation des piles à combustible
provoque une désactivation du platine. Afin de pallier ce problème, du Ruthénium est ajouté notamment
lorsque l’hydrogène utilisé a été produit par reformage de combustibles carbonés. A la cathode, le platine
peut aussi être utilisé sous forme d’alliages avec un métal de transition de la période 4 du tableau périodique
(Cr, Co, Ti, Ni et V). Ces alliages permettent d’accroître la stabilité du catalyseur et d’améliorer l’adsorption
et l’activité de réduction du dioxygène. Parmi les métaux, le cobalt permet d’obtenir les meilleures
performances en termes d’activité et de stabilité des catalyseurs [26], l’alliage PtCo est donc celui qui est le
plus susceptible d’être utilisé en pile à combustible.
8
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Le support catalytique est constitué de très fines particules de noir de carbone, le plus utilisé est le Vulcan
XC 72 produit par la société Cabot (diamètre moyen de 50 nm). Ce matériau allie une grande surface
spécifique (250 m2.g-1) et une grande fraction de carbone graphitisé permettant la conduction des électrons
[27]. Une large gamme de carbones de morphologies différentes (nano-fibres, nano-cages…) [28] a été
développée pour le support de nanoparticules de platine. Des alternatives à base d’oxydes métalliques [27,
28, 29] sont également en voie d’étude afin d’obtenir de meilleures performance concernant la résistance à
la corrosion de ces supports.
Les particules de carbone platiné sont agrégées grâce au même ionomère que celui utilisé dans la membrane
(souvent du Nafion®) qui représente environ 30% de la masse de l’électrode. [18, 30, 31]. Le second rôle du
polymère sulfoné est d’améliorer le transfert des protons au travers des couches actives. En effet, les
réactions électrochimiques ont lieu au niveau des points de contact triple entre le catalyseur, le support
conducteur électronique et l’ionomère conducteur ionique. L’épaisseur des couches actives varie de 400 nm
à 20 µm selon les techniques d’élaboration employées.
a) b)
Figure 7 : Structure de la couche de diffusion des gaz (a. tissu carbone et b. papier carbone) [34].
Ces supports sont traités en surface par du PTFE afin de les rendre hydrophobes pour faciliter l’évacuation
de l’eau produite à la cathode et l’humidification de la membrane. Les GDL contiennent également une
microcouche de diffusion composée de particules de carbone traitées avec du PTFE.
9
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Cette couche permet de créer un contact plus intime entre la GDL et la couche catalytique. L’épaisseur
totale de la couche de diffusion est comprise entre 100 et 300 μm.
10
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Des canaux sont présents à la surface des plaques bipolaires (Figure 9) pour permettre la circulation des
différents fluides. La forme des plaques et la disposition des canaux ont une influence sur les performances
de la pile à combustible.
Actuellement, 95% de la fabrication des noirs de carbone est assurée par le procédé baptisé "furnace" décrit
dans cette partie. Un mélange d’hydrocarbures est amené en continu dans un four à environ 1400 °C, où une
réaction de pyrolyse est conduite. Les autres produits formés par ce procédé sont du monoxyde et dioxyde
de carbone, de l’eau et des hydrocarbures imbrûlés. En jouant sur les paramètres (température du four,
nature des hydrocarbures de départ, etc.), on peut modifier les caractéristiques du produit final (taille des
sphéroïdes obtenues, taux de graphitisation, morphologie des agrégats).
11
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
12
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
13
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Les méthodes présentées peuvent aussi être couplées, par exemple, la photoréduction du platine peut avoir
lieu en présence de surfactants afin de maîtriser la taille des particules synthétisées [54, 55]. D’autres voies
basées sur les techniques présentées ont également été développées pour la synthèse de particules de
différentes morphologies permettant une modification de leur activité catalytique (cœur coquille,
octahèdre…) [58] celles-ci ne seront pas détaillées dans un souci de simplification.
La majorité des techniques de synthèse de nanoparticules de platine présentées ont été développées en phase
liquide. Dans ce cas l’acide hexachloroplatinique (H2PtCl6) est utilisé comme précurseur mais il peut être
remplacé par d’autres sels de platine ((NH4)2PtCl6, Pt(NH3)4Cl2, Na6[Pt(SO3)4]…) [59]. Les techniques
exposées ci-avant sont également adaptables pour la production des alliages catalytiques à base de platine.
La stabilisation des particules de platine sous forme de colloïdes avec un tensioactif permet d’éviter leur
agrégation. Cependant, sa présence peut affecter négativement les performances des catalyseurs [45]. Son
élimination peut être réalisée par traitement thermique en atmosphère inerte, par centrifugation ou par
lavage avec un solvant organique. La dernière solution est préférable car elle est efficace et ne provoque pas
d’altération du catalyseur [60].
14
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
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Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
La viscosité de l’encre peut être adaptée en faisant varier sa composition selon le type de procédé mis en
œuvre pour le dépôt des couches actives. Des exemples de formulation d’encre sont donnés dans le Tableau
2. La nature des solvants utilisés a une forte influence sur la microstructure des électrodes des PEMFC [69].
Le dépôt des couches actives peut être effectué selon trois procédés décrit ci-après.
Encre
Canule
Support
Dans le procédé électro-spray très proche de l’imprimante classique, les gouttelettes d’encre sont chargées
électriquement lors du dépôt sur le substrat. Pour cette technique la canule utilisée pour le procédé
d’impression jet d’encre est remplacée par un électro-nébuliseur. Celui-ci permet la formation et
l’ionisation des gouttelettes d’encre par application d’une grande différence de potentiel par rapport au
substrat [73], les gouttelettes sont alors mieux dispersées. De plus un meilleur contrôle de la direction
d’éjection est rendu possible grâce à la régulation du champ électrique appliqué.
16
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Raclette
Ecran
Support Encre
De grandes vitesses de dépôt des couches actives peuvent être atteintes en utilisant les procédés
d’impression par flexographie et sérigraphie qui sont plus adaptés à une utilisation industrielle [71]. Par
contre, l’impression par jet-d’encre et flexographie permettent un meilleur contrôle de l’épaisseur du dépôt.
A la suite du dépôt des couches actives, toutes les couches sont assemblées par pressage à chaud à une
pression entre 50 et 200 bars et à une température comprise entre 80 et 120 °C ([67, 73, 74]).
17
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Les performances de la pile à combustible seront fortement impactées par la microstructure de l’électrode,
formée durant l’étape de séchage. La vitesse de séchage doit être intiment liée aux types de solvants utilisés
dans la formulation de l’encre catalytique. En effet, un temps d’assemblage trop court entraînera le
craquèlement de la couche active [67]. Une vitesse de séchage trop élevée entraînera des défauts
d’adhérence entre les couches de l’AME ou provoquera l’agglomération les particules de catalyseur [69].
Les processus de dégradation, dus aux conditions de fonctionnement des PEMFCs sont accentués par des
variations locales ou globales de paramètres au sein des AME (concentration en réactifs, humidité, potentiel,
température…) [78]. Ils se produisent lors du fonctionnement stationnaire des systèmes et sont accélérés lors
des phases transitoires.
En effet, lors des démarrages et arrêts du système, les variations de concentrations en réactifs ou globales (le
long des canaux des plaques bipolaires) ou locales (entre les canaux), entrainent des différences d’activation
entre les cellules électrochimiques. La production de courant, provoque des réactions d’oxydation parasites
au niveau des cellules non alimentées en hydrogène.
En fonctionnement stationnaire, l’accumulation d’eau au niveau des électrodes peut également entraîner des
"faims" en combustible.
Enfin, la qualité du refroidissement peut provoquer des disparités de températures dans les AME.
Ces changements macroscopiques de conditions impactent les structures microscopiques des éléments
constituant les PEMFCs, ils auront donc un impact sur l’état des AME en fin de vie. Cette partie regroupe
ainsi les principaux mécanismes de dégradations pouvant être observées au sein des AME, à la fois au
niveau de la membrane et des catalyseurs.
18
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Figure 14 : Schéma des quatre principaux processus de dégradation des catalyseurs Pt/C [78].
Cependant, ces réactions sont très lentes dans les conditions de fonctionnement de la pile à combustible : 60-
90 °C et 0,9 V vs. ESH. Le support carboné peut aussi subir une oxydation en surface entraînant une
réduction de son hydrophobicité du fait de la formation de groupement oxygénés [18].
La migration de particules de platine (cristallites) peut être suivie de leur coalescence sans qu’une
dissolution soit mise en jeu. La dissolution des particules de platine de plus petites tailles (moins stables que
les plus volumineuses) peut également se produire pour les mêmes raisons que celles entraînant la corrosion
du carbone, les cations formés peuvent se redéposer sur des particules de taille plus importante
(mûrissement d’Ostwald). Les deux processus précédents correspondent à une réduction de l’énergie de
Gibbs de nanoparticules thermodynamiquement peu stables vers un état plus stable. Ils entraînent donc une
chute de la surface catalytique du fait de l’augmentation de taille moyenne des particules. Ces deux
phénomènes conduisant à des changements différents de la distribution en taille des particules de platine,
sont difficilement distingués.
19
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
La dissolution des nanoparticules de platine peut être suivie d’une redéposition dans la membrane du fait de
la réduction par l’hydrogène ayant diffusé dans le polymère [80]. Les particules ainsi formées ne sont plus
électrochimiquement actives car elles ne constituent plus un point triple. A ce jour, ce phénomène n’a pas pu
être quantifié, la quantité de platine migrant vers la membrane n’est donc pas connue.
De façon générale, le vieillissement des catalyseurs est entraîné par une délocalisation et une croissance des
nanoparticules de platine. Durant le fonctionnement de la pile à combustible, la perte de platine contenu
dans les AME est très faible (estimation à 1% de la charge totale [9]).
20
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Le platine est généralement associé à d’autres platinoïdes dans deux types de gisements [82] :
• les gisements à platinoïdes dominants et assez peu de sulfures, où la teneur en platine domine
généralement celle en palladium et comprenant peu de nickel et de cuivre : Bushveld (Afrique du
Sud), Great Dyke (Zimbabwe), Stillwater (USA),
• les gisements de nickel-cuivre sulfurés, avec platinoïdes en sous-produits, où la teneur en palladium
dépasse généralement celle en platine : Norilsk-Talnakh (Russie), Sudbury (Canada).
La production mondiale de platine primaire raffiné n’a cessé d’augmenter jusqu’en 2005 pour atteindre un
maximum annuel de presque 200 t (Figure 16). Elle n’a ensuite cessé de chuter entre 2005 et 2014 jusqu’à
atteindre un minimum en dessous des 140 t par an du fait de plusieurs facteurs. En 2015 sa production a
commencé à ré-augmenter à une valeur de 171 t pour l’année [85]. La baisse de production du platine a été
due à la fermeture d’exploitations minières illégales et à une forte baisse de son prix, obligeant certaines
sociétés à vendre à perte [86]. Plus récemment, des grèves de mineurs en Afrique du Sud ont entraîné une
réduction de la production mondiale en 2014 [87].
21
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Figure 16 : Evolution de la production de platine par région entre 1977 et 2015 [88].
La demande mondiale en platine s’élève à 230 t en 2015 alors que son recyclage représente seulement 21%
cette valeur. Aujourd’hui, le marché du platine est déficitaire du fait de la baisse de la production mondiale.
Cependant, les stocks qui s’élevaient aux alentours des 90 t en 2014 permettent de combler le manque.
22
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Si les PEMFC sont développées à l’échelle industrielle, une demande non négligeable en platine pour la
production d’électrodes de piles à combustible viendra s’ajouter à la consommation actuelle. En considérant
une charge de platine dans le stack de 0,22 mg.W-1 pour un système de propulsion d’automobile
développant 80 kW, les réserves mondiales de platine permettraient la production de moins de 800 millions
de véhicules (le parc mondial étant supérieur à 1 000 millions de voitures).
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Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Figure 18 : Ventes mondiales de PAC en puissance fournie en 2014 (par technologie et par application) [90].
Aujourd’hui, l’utilisation des piles à combustible couvre peu de domaines, cependant quelques systèmes
sont déjà commercialisés pour diverses applications ([2, 89, 88]) :
• PAC stationnaires d’une puissance de 500 W à 3 MW (installations personnelles et industrielles,
sauvegarde de données …),
• PAC embarquées d’une puissance de 100 à 200 kW (chariots élévateurs, bus, voitures...),
• PAC portables d’une puissance de 5 W à 20 kW (lampes, petits générateurs…).
La Figure 18 montre que la production de PAC est en augmentation entre 2009 et 2012. Les systèmes de
piles à combustibles sont de plus en plus destinés à l’alimentation électrique de systèmes peu
consommateurs d’énergie (alimentations portables et embarquées).
En France, quelques entreprises ou filiales produisent des piles à combustibles en très petit nombre, et elles
ont une activité très axée vers la recherche et le développement : Air Liquide, Areva H2-GEN, Pragma
Industries et SymbioFCell [16]. Dans le monde, une dizaine de fabricants ont une capacité de production des
systèmes complets de PEMFC supérieure ou égale au Mégawatt: Ballard (Canada) [92], Panasonic (Japon),
Plug Power (USA) et Power Cell (Suède).
Malgré une constante augmentation des ventes, les PAC sont encore très peu utilisées en comparaison aux
systèmes comme les batteries.
24
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Actuellement, un peu moins de 650 stations-services proposent la distribution d’hydrogène dans le monde
[94]. En cas de développement de la pile PEMFC à grande échelle, l’utilisation massive d’hydrogène
nécessiterait la mise en place d’un réseau hydrogène complet (production renouvelable, stockage et
distribution). Des pays comme le Japon, certains états des Etats-Unis et certains pays d’Europe ont fait le
choix politique d’investir dans le développement de ces infrastructures [92] :
• Aux Etats Unis, le H2USA, un partenariat entre des fabricants automobiles des fournisseurs
d’énergies et des laboratoires nationaux a été créé pour l’investissement dans le développement
d’infrastructures pour la fourniture d’hydrogène.
• Au Japon, le ministère de l’économie, des finances et de l’industrie a dressé un plan d’action d’ici à
2040 pour le développement des filières hydrogène et piles à combustible. Le ministère de
l’environnement a annoncé que le surplus d’électricité de source renouvelable sera converti en
hydrogène.
• L’Allemagne a présenté son ambition de développer massivement les piles à combustible. Le projet
prévoit la mise en place du réseau hydrogène dans le Nord de l’Allemagne ainsi que l’utilisation
massive des PEMFC dans le domaine des transport.
Figure 19 : Evolution de l’estimation (10% d’erreur) du coût de production d’un système PEMFC à échelle industrielle depuis 2006
(500 000 unités/an) [95].
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Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
La moitié du coût du générateur PEMFC est dû à la production du stack, le reste comprend la fabrication du
système de gestion (pompes, compresseur, humidificateurs…). La Figure 20 montre la répartition moyenne
du coût d’un stack de PEMFC par composant. Les couches actives représentent environ 46% du coût de
fabrication de la pile à combustible étudiée en considérant une charge en platine de 0.22 mg.W-1. Leur coût
de production, qui peut varier selon les produits et les procédés utilisés lors de la production des catalyseurs
et de l’encre, est majoritairement lié à l’utilisation de platine comme catalyseur (environ 80% de coût de
production de l’encre).
Figure 20 : Répartition des coûts d’une PEMFC composée de plaques bipolaires en acier inoxydable [9].
L’objectif de cette thèse a été de développer un procédé permettant de récupérer le platine contenu dans les
électrodes de PEMFC. Afin de rester dans une démarche de développement de systèmes de conversion
d’énergie "durables", l’impact du recyclage de ce générateur d’électricité doit être minimisé. Dans le même
temps, les expérimentations réalisées ont ainsi permis de rassembler les données nécessaires à
l’établissement d’une analyse environnementale des AME de PEMFC basée sur la méthode d’analyse du
cycle de vie. Le but de cette étude a été de mettre en avant les étapes impactantes du cycle de vie (CdV) des
AME puis d’orienter le choix des procédés sélectionnés pour assurer la récupération du platine.
Les stacks de PEMFC pouvant facilement être démontés afin d’extraire les AME, l’étude de la récupération
de platine a été réalisée à cette échelle. Les premiers travaux ont consisté à établir, un inventaire des
techniques existantes permettant l’extraction du platine contenu dans les électrodes des PEMFC.
26
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
27
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Le rendement de récupération du platine dans ce procédé atteint 94%. L’inconvénient de ce procédé est que
les nanoparticules de catalyseur sont récupérées telles quelles en fin de vie de la pile à combustible, or une
modification de leur morphologie a lieu durant la phase d’utilisation de la pile (voir §1.4.1). Le platine doit
donc subir un traitement supplémentaire avant de pouvoir être réutilisé comme catalyseur ou pour une autre
application.
Ces procédés permettent d’obtenir des rendements élevés, mais comme pour le cas de la dissolution du
support des catalyseurs, ils ne permettent pas la récupération du platine sous une forme facilement
réutilisable.
28
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Le platine peut aussi directement être recyclé par oxydation en cellule électrochimique en présence d’un
agent complexant puis précipitation par ajout d’un agent réducteur [108] (voir détails en §3.1.4).
L’utilisation de l’hydrométallurgie permet la récupération de platine à des taux supérieurs à 95%, pour des
températures de fonctionnement inférieures à 110 °C.
Parmi les techniques existantes, les procédés hydrométallurgiques sont, pour des raisons environnementales,
les candidats idéaux pour la récupération du platine des électrodes des piles à combustible. En effet, la voie
de récupération hydrométallurgique est efficace et à basse température (< 100 °C), ce qui permet de limiter
l’impact du traitement des AME en fin de vie. De plus, le platine peut ainsi être récupéré sous forme
exploitable pour une utilisation ultérieure en tant que catalyseur.
Cependant, les procédés hydrométallurgiques ne permettent pas la récupération directe des autres éléments
des AME de pile à combustible. Afin d’anticiper un recyclage éventuel de la membrane et des couches de
diffusion des gaz, une étude plus approfondie de l’état de l’art sur les procédés de délamination des AME a
donc été effectuée dans un premier temps (§3.2). Ainsi, l’incinération de la membrane conduisant au
dégagement d’acide fluorhydrique (HF) pourra éventuellement être évitée. De plus, les voies de
récupération étudiées ne prennent pas en compte un éventuel recyclage des réactifs au sein des procédés qui
pourrait réduire leur impact environnemental.
De plus, le recyclage de catalyseurs multimétalliques tels que le PtCo/C, qui induirait une séparation des
métaux n’a pas été étudié. Le platine étant très résistant à la corrosion, les conditions de potentiel et pH
permettant sa lixiviation entraîneront également la dissolution du cobalt (§4.1.6).
29
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
La séparation platine cobalt ayant très peu été étudiée les recherches bibliographiques ont été tout d’abord
focalisées sur la récupération du platine, puis une séparation des deux métaux a été envisagée à partir des
procédés existants.
Les recherches bibliographiques ont alors été orientées vers les techniques de dissolution, séparation et
récupération du platine par voie hydrométallurgique dans un second temps.
L’avantage de ces procédés est qu’ils permettent d’obtenir une solution d’ionomère qui pourrait
éventuellement être réutilisée pour produire de nouvelles AME de PEMFC.
30
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Les auteurs indiquent que la taille des agglomérats de particules de catalyseur qui dépend du temps de séjour
des AME dans le réacteur peut être contrôlée afin de faciliter les deux séparations par filtration. Le
rendement du procédé peut être amélioré en augmentant le taux d’alcool dans la phase liquide utilisée pour
le traitement.
31
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Aucun rendement de séparation n’est indiqué pour les opérations précédemment décrites, la membrane étant
translucide et le carbone noir, des simples observations visuelles ont permis de qualifier l’efficacité de la
séparation membrane/électrodes. Dans d’autres cas [111], la transmittance de la membrane récupérée a été
mesurée avec un turbidimètre pour qualifier le taux de séparation.
Si les AME ne sont pas préalablement broyés, les couches de diffusion des gaz peuvent être séparées de la
membrane préalablement à la séparation entre les électrodes et l’électrolyte en polymère. Cette étape
pourrait permettre d’améliorer l’efficacité du procédé de lixiviation. Dans le cas d’AME neuves produites
selon la méthode CCM, elles peuvent être séparées manuellement, dans de l’eau bouillante [105] ou à
température ambiante sous forte agitation [111] .
Le choix du procédé de séparation membrane/électrodes dépend de la quantité de platine ayant migré vers la
membrane en fin de vie. En effet, si celle–ci reste très faible, la délamination des AME peuvent être
effectuées à température ambiante dans un mélange eau/alcool, permettant la récupération de la membrane
sous sa forme de film. Dans ce cas, les AME peuvent également être traitées directement sans délamination
préalable.
En revanche, si en fin de vie des PEMFC la quantité de platine ayant migré vers la membrane était non
négligeable, les particules métalliques seraient plus difficilement mises en contact avec le lixiviant. Une
dissolution de la membrane sera peut-être nécessaire afin d’améliorer le transfert d’espèces chimiques entre
le catalyseur et le lixiviat.
32
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Les recherches sur la lixiviation du platine par voie hydrométallurgique ont donc été approfondies, puis
étendues à l’extraction de l’hexachloroplatinate à l’aide d’un extractant ou d’une résine et à la récupération
du platine par précipitation.
•
•
La Figure 21 montre que sur le domaine de stabilité de l’eau le platine est majoritairement présent sous
forme métallique (Pt0) ou d’hydroxyde (Pt(OH)2) ou oxyde (PtO2) passifs, selon l’augmentation du potentiel
d’oxydation.
33
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Comme le montrent les limites d’iso-solubilité (10-4 et 10-6M), des conditions relativement extrêmes de
potentiels et de pH sont donc nécessaires afin de dissoudre ce métal noble en phase aqueuse. L’utilisation
d’agents complexants peut permettre d’étendre le domaine de lixiviation du platine en améliorant la stabilité
des espèces dissoutes.
Sur le domaine de stabilité de l’eau, le platine métallique Pt0 peut être oxydé en PtII ou PtIV [112], sous ces
deux formes, il est facilement complexé par les halogénures en solution acide. En présence des ligands
anioniques cyanures, thiocyanate ou sulfate, des complexes de platine thermodynamiquement très stables
[113] peuvent être formés à des pH plus élevés selon des cinétiques plus lentes ([112, 113]).
Le chlore est l’halogène le plus utilisé pour la complexation du platine, lors du recyclage des pots
catalytiques à basse pression. L’acide chlorhydrique est en général utilisé puis combiné avec un oxydant fort
comme l’acide nitrique ([114, 115, 116]) ou le peroxyde d’hydrogène ([116, 117, 118]). Le mélange acide
chlorhydrique/acide nitrique appelé eau régale est très souvent utilisé pour la mise en solution de métaux
nobles. Les rendements de lixiviation en platine par de l’eau régale peuvent atteindre 99% à des
températures supérieures à 100 °C [119] ; 109 °C étant la valeur maximale correspondant à la température
d’ébullition de l’eau régale à pression atmosphérique. Le platine peut aussi être lixivié à des taux supérieurs
à 96% par une solution d’acide chlorhydrique concentrée contenant quelques pourcent volumiques
d’peroxyde d’hydrogène [120].
D’autres halogènes peuvent être utilisés pour la lixiviation du platine, en effet la stabilité des complexes de
platine croît selon l’ordre suivant F- < Cl- < Br- < I- , indépendamment de la matrice [121]. De Sá Pinheiro et
al [122], ont mesuré les taux de dissolution du platine en milieu fluoré par des lixiviats contenant un
oxydant : HNO3 ou H2O2 et un composé fluoré : HF, NaF, KF, NH4F ou NH4HF2. Après 1 h de lixiviation à
une température supérieure à 60 °C, seulement une dizaine de pourcent de métal ont été dissous dans ces
conditions.
34
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Certaines publications indiquent une lixiviation possible avec de l’acide bromhydrique ([5, 121]) mais aucun
résultat n’a été indiqué. Enfin la lixiviation du platine par de l’iode, du diiode et de l’acide chlorhydrique
pendant 1 h à 75 °C [124] permet d’obtenir des rendements de l’ordre de 75% .
La lixiviation de catalyseurs en platine en milieu iodé a été récemment poursuivie par Patel et Dawson [125]
qui ont obtenu de meilleurs résultats. Ces auteurs ont récupéré 98,7% du platine d’AME lixiviés à 90 °C
pendant 2 h par une solution à 4 M d’iodure de potassium et 20 mM de diiode.
Quant à l’utilisation d’un oxydant gazeux, la dissolution du platine contenu dans des catalyseurs
d’automobiles a été récemment effectuée par bullage de chlore gazeux dans un réacteur de lixiviation
contenant une solution d’acide chlorhydrique. Kim et al [126] ont développé un procédé intégrant une
cellule électrochimique assurant la production de dichlore in situ et la récupération du gaz non consommé
dans le réacteur de lixiviation. Le chlore est ainsi produit au niveau de l’anode par électrolyse d’une solution
de chlorure de sodium et le gaz non consommé est réduit en ions chlorures dans le compartiment
cathodique. Grâce à ce procédé, les auteurs ont pu obtenir des taux d’efficacité de récupération de platine
supérieurs à 99% en un peu plus d’une heure en utilisant une solution d’HCl 8 M à la température de 80 °C
dans le réacteur de lixiviation.
La dissolution du platine peut aussi être effectuée en cellule électrochimique par application d’une
différence de potentiel entre une électrode de travail contenant du platine et une électrode de référence.
Shiroishi et al [127], ont pu récupérer 96% du platine contenu dans des électrodes de PEMFC préalablement
fabriquées, en utilisant de l’acide chlorhydrique 2 M comme électrolyte, sur une durée inférieure à 3 min.
Ces auteurs ont aussi montré que la modulation du potentiel entre 0,1 et 1,2 V vs. Ag/AgCl (0,3 et 1,4 vs.
ESH), évitait la formation d’oxydes de platine entraînant ainsi une forte augmentation de la vitesse de
dissolution. Skou et al [108] ont réalisé la dissolution partielle d’un fil de platine
utilisé comme électrodes de travail en milieu HCl concentré (12M) en appliquant une variation cyclique de
potentiel de 0,55 à 1,3 V vs. ESH.
Enfin, la dissolution du platine pour le recyclage de catalyseurs a également été effectuée sous pression
d’oxygène en présence d’un agent complexant. Jing Chen et al [114] ont montré que l’utilisation de cyanure
de sodium, permettait d’obtenir des rendements élevés de lixiviation en platine (96%), à une température de
160 °C et sous une pression de 15 bars d’oxygène.
35
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Parmi les différentes méthodes de lixiviation du platine la lixiviation en voie liquide par les mélanges
acide/oxydant semble être la plus intéressantes. En effet, ces deux techniques permettent d’obtenir des taux
de récupération en platine supérieurs à 96%, pour des temps de réaction comparables aux autres voies. De
plus elles peuvent être mises en place à pression atmosphérique et à une température d’environ 100 °C.
Elles sont donc moins énergivores et plus simples à mettre en place que la lixiviation sous pression par du
cyanure de sodium.
La dissolution du platine en cellule électrochimique semble également intéressante car elle permet d’obtenir
des rendements de lixiviation élevés à température ambiante. Cependant, elle est plus difficilement
applicable à grande échelle car les électrodes utilisées dans ce cas subiront une forte corrosion. Les AME de
PEMFC pourraient alors être traités telles quelles en fin de vie en utilisant l’anode ou cathode comme
électrode de travail. Or, une partie des nanoparticules de platine se retrouve dispersée dans diverses parties
des AME usagées et donc électriquement isolées des couches de diffusion (§1.4.1), leur dissolution est donc
impossible.
Entre les halogènes, les chlorures ont été choisis pour la complexation du platine car ils permettent de
former des complexes stables avec celui-ci. En effet ils permettent d’obtenir des rendements de dissolution
en platine élevés par rapport aux fluorures. Par ailleurs, à haut potentiel en solution aqueuse, les chlorures
sont thermodynamiquement plus stables que les bromures et iodures car ils sont moins facilement convertis
% / % () /() + /+
= 2,87 > E = 1,36 > E = 1,08 > E = 0,54 V vs.
/
en composés diatomiques (E
ESH). L’utilisation de chlorures permet donc un bon compromis entre stabilité du complexe de platine
halogéné formé et stabilité des ions halogénures en solution.
36
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
La vitesse de lixiviation peut considérablement être améliorée par utilisation du système à micro-ondes
permettant le chauffage et l’agitation lors de la lixiviation, ce phénomène a été montré dans un étude menée
par Jafarifar et al [117]. Plus récemment Suoranta et al ont confirmé ces résultats et montré que 95 % du
platine de catalyseurs pouvait être récupéré par lixiviation par de l’HCl à 180 °C sous micro-ondes sans
ajout d’oxydant [128].
L’acide chlorhydrique peut être en partie ou totalement remplacé par un autre agent chloré en conservant des
conditions de pH très acides et à haut potentiel ([117, 118, 127, 111]). Angelidis et al [119] ont montré que
dans le cas d’une lixiviation par de l’eau régale, l’acide chlorhydrique pouvait être totalement remplacé par
du chlorure d’aluminium, sans affecter le rendement de l’opération.
En conservant le ratio chlore/platine, cette opération permet de réduire les rejets gazeux du procédé.
L’inconvénient de cette méthode de lixiviation est qu’elle risque d’entraîner une pollution du platine du fait
de la présence d’aluminium.
Deux types de lixiviants ont donc été retenus pour réaliser la lixiviation du platine contenu dans les couches
actives des piles à combustible :
• le mélange acide chlorhydrique/acide nitrique,
• le mélange acide chlorhydrique/peroxyde d’hydrogène.
37
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Afin d’oxyder le platine, il faut donc utiliser une espèce dont le potentiel d’oxydoréduction est supérieur à
0,74 V vs. ESH. L’peroxyde d’hydrogène et l’acide nitrique sont donc deux oxydants qui peuvent être
utilisés pour l’attaque du platine sous forme Pt0 à des pH très acides.
En condition très oxydantes sur le domaine de stabilité de l’eau (Figure 21), le platine est majoritairement
présent sous forme PtIV.
Dans le cas d’une lixiviation par l’eau régale, la réaction principale mise en jeu est la suivante [131] :
18HCl 4HNO3 + 3Pt = 3H27PtCl0 8 4NO(9) + 8H O Réaction [10]
Dans le cas d’une lixiviation par le mélange peroxyde d’hydrogène/acide chlorhydrique, la réaction
principale mise en jeu est la suivante [118, 128] :
38
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Outre le PtCl0 , le platine dissous en solution chloré peut aussi être présent sous les formes PtCl: ou PtCl1
pour des faibles concentrations de chlore [132]. Les réactions correspondant à la formation des chloro-
complexes de PtIV sont :
PtCl1 + Cl = PtCl: (K5 = 103.7) Réaction [16]
PtCl0
PtCl:
PtCl1
HCl [M]
Figure 23 : Spéciation du platine en fonction de la concentration en chlorures (C< = 2 g.L-1).
Dans le cas des procédés de lixiviation du platine répertoriés ([114, 115, 116, 117 et 118]), la concentration
en ions chlorures est supérieure ou égale à 9 M. Dans ces cas, le platine est donc très majoritairement
présent sous forme PtCl0
39
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
En milieu chloré, le cobalt peut se complexer sous diverses formes selon les réactions [132] :
Co
CoCl
CoCl
αi
CoCl3
CoCl1
HCl [M]
Figure 25 : Spéciation du cobalt en fonction de la concentration en chlorures (C ? = 0,2 g.L-1).
40
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
D’après la Figure 25, le cobalt est majoritairement présent sous forme Co et CoCl sur la gamme de
concentration en chlorure [0-12] M. La limite de 12 M correspondant à la concentration maximale en acide
chlorhydrique envisagée dans le lixiviat, les formes cationiques du cobalt seraient majoritaires en solution.
Cependant, environ 20% de ce métal serait présent soit sous forme neutre CoCl soit sous forme anionique
CoCl3 ou CoCl1 .
41
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Phase aq +
Phase aq
métal
Extraction Régénération
Les principaux mécanismes utilisés pour l’extraction liquide/liquide des métaux sont les suivants :
- l’échange d’ions,
- la chélation (formation d’un complexe),
- la solvatation.
La séparation du platine par extraction liquide/liquide a largement été étudiée et différents types de
composés organiques ont permis d’extraire efficacement le platine (rendements supérieurs à 50%) :
- les amines tertiaires,
- les amines quaternaires,
- les diamides,
- les anilines,
- les composés organophosphorés,
- les liquides ioniques (groupements imidazolium, pyrrolidinium…).
Les phases organiques obtenues ont pu être régénérée grâces à différents réactifs (§4.2.5). Pour les différents
types de d’extractants, des exemples de conditions d’extraction et de régénération ont été regroupés dans le
Tableau 8.
Les amines tertiaires telles que la trioctylamine (TOA) ou la tridecylamine permettent d’extraire
l’hexachloroplatinate à partir de solutions aqueuses contenant de l’acide chlorhydrique ([131, 132, 133, 134
et 135]) ou de l’eau régale diluée ([138]) ou pure ([116]). Des mélanges d’amines dont les groupements
alkyls comportent entre 8 et 10 atomes de carbone ont permis d’obtenir des résultats similaires (Alamine
300, Alamine 308 et Alamine 336).
42
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
L’extraction par chélation avec les amines se déroule en deux étapes [133] :
1. La protonation :
nR 3 N4C)96 + HCl4DE6 = nR 3 NH Cl 4C)96 Réaction [22]
Une concentration minimale en acide chlorhydrique est donc nécessaire à la protonation de l’amine qui est
une base faible. Cependant, une trop forte concentration provoque une compétition entre les ions Cl et
PtCl0 , ce qui peut faire chuter le rendement d’extraction. Le phénomène mis en jeu dans ce cas est la
chélation.
Les amines sont très souvent diluées dans du kérosène, dans ce cas, du tributylphosphate (TBP) peut être
ajouté avant l’extraction afin d’éviter la formation d’une troisième phase. Les phases organiques peuvent
être régénérées avec une solution d’acide chlorhydrique et de thiourée (SC(NH2)2), de thiocyanate de
sodium (NaSCN) ou d’acide perchlorique (HClO4). Ces extractants peuvent également être régénérés par
précipitation directe du platine grâce au mélange chlorure d’ammonium (NH4Cl)/hydroxyde d’ammonium
(NH4OH).
Barakat et Mahamoud [116] sont les seuls à avoir étudié l’extraction de l’hexachloroplatinate à partir de
lixiviats réels sans dilution préalable. B. Ramachandra Reddy et al [138] ont extrait du platine contenu dans
une solution d’eau régale diluée à l’aide d’Alamine 336 dans du kérosène contenant du TBP.
Les amines quaternaires peuvent être utilisées pour l’extraction de l’hexachloroplatinate contenu dans des
solutions chlorées ([133, 137, 138, 139]) ou d’eau régale diluée [142] par échange d’ions. Un mélange de
méthyl-trioctylamine et de méthyl-tridecylamine contenant des anions chlorures est produit sous le nom
d’Aliquat 336. Ce mélange est souvent dilué dans du kérosène avant l’extraction du platine.
Les amines quaternaires sont des cations de la forme R4N+, qui vont former des paires d’ions avec les anions
hexachloroplatinate. Dans les études réalisées, ces extractants ont été régénérés avec des solutions d’acide
chlorhydrique et de thiourée (SC(NH2)2) ou de thiosulfate de sodium (Na2S2O3).
Marinhoa et al [142] ont extrait du platine contenu dans des lixiviats d’eau régale dilués dans de l’eau en
utilisant de l’Aliquat 336 dilué dans du kérosène. La phase organique a été régénérée par une solution de
thiosulfate de sodium (Na2S2O3).
L’octylaniline (OA) diluée dans du toluène en présence d’acide ascorbique permet d’extraire
l’hexachloroplatinate d’une solution d’acide ascorbique et chlorhydrique [143]. La phase organique est
ensuite régénérée par de l’eau, du fait de l’augmentation du pH. Le mécanisme mis en jeu dans ce cas est
certainement le même que dans le cas des amines tertiaires (protonation puis formation de paires d’ions). En
effet l’extraction du platine est efficace à bas pH et n’a pas lieu en conditions alcalines [143].
43
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Les diamides sont depuis peu testés comme extractant pour l’extraction de l’hexachloroplatinate ([144] et
[145]). La N,N′-Dimethyl-N,N′-Dicyclohexyltetradecylmalonamide (DMDCHTDMA) ou la N,N’-dimethyl-
N,N’- dihexylmalonamide (DMDHMA), diluées dans de l’octanol (C8H18O) ou du 1,2-dichloroethane
(C2H4Cl2) peuvent extraire efficacement le platine contenu dans une matrice d’acide chlorhydrique
concentré. La phase organique peut alors être régénérée par de l’eau ou une solution d’acide chlorhydrique à
1 M.
Le mécanisme d’extraction du platine par les diamides n’est pas détaillé dans la littérature.
Des liquides ioniques (groupements imidazolium ou pyrrolidinium) ont été synthétisés afin d’extraire
l’hexachloroplatinate contenus dans des solutions chlorés par échange d’ions. Génand-Pinaz. et al [146] ont
pu extraire 66% des ions hexachloroplatinate de solutions chlorées 11 M en utilisant le liquide ionique
formés de cations comme le 1,2-diméthyl-3-octyl-imidazolium (OMIM) et du contre ion
bis(trifluoromethanesulfonyl)imide (NTf2).
Le mécanisme d’extraction avec est les liquides ioniques imidazolium et pyrrolidinium est l’échange d’ions.
Les oxydes de phosphine permettent la séparation du platine contenu dans une solution d’acide
chlorhydrique. Ils sont notamment commercialisés par la société Cytec sous le nom de Cyanex 921 (oxyde
de tri-octyl phosphine) ou Cyanex 923 (mélange d’oxyde de trialkylphosphines contenant des chaines
carbonées octyl et hexyl). Les oxydes de phosphines étant polaires, ils permettent l’extraction sélective de
l’hexachloroplatinate par solvatation.
A. Mhaske et al [147], ont extrait sélectivement l’hexachloroplatinate contenu dans de l’HCl à 6M grâce à
du Cyanex 921, dilué dans du toluène. L’étude réalisée montre que la présence de dioxyde d’étain (SnO2)
entraîne une amélioration du rendement d’extraction. L’extractant a été régénéré efficacement par des
solutions contenant de l’acide nitrique ou le mélange acide perchlorique (HClO4)/HCl. Gupta et al [148] ont
extrait du platine contenu dans de l’HCl 5M avec du Cyanex 923 dilué dans diverses phases organiques
(kérosène toluène, chloroforme…) permettant de montrer la faible influence des diluants sur l’efficacité de
l’opération. Cet extractant a été régénéré efficacement avec de l’acide perchlorique ou malonique.
L’étude réalisée par Gupta et al [148] montre que le platine peut être extrait sélectivement du cobalt à partir
de solution d’acide chlorhydrique avec le Cyanex 923. Ce résultat a été observé pour des concentrations en
acide chlorhydrique comprises entre 0,1 et 6 M.
44
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Extraction Régénération
Espèces chimiques Espèces chimiques
Nombre Nombre Référence
CPt Efficacité Efficacité
Extractant [%vol] Diluant Matrice Autres métaux d'étages Solvant Diluant d'étages
[g.L-1]
kérosène + NaSCN-
Alamine 300 0,2% HCl-8M 0,10 Pd 1 90% H2O 1 97% Swain et al [133]
TBP = 5%vol 0,05M
Alamine 308 0,4% kérosène HCl-8M 0,10 Rh 1 95% HCl/SC(NH2)2 5 > 99% Lee et al [134]
Alamine 336 21,8% kérosène HCl-9M 0,05 Pt, Fe et Al 1 > 99% non étudié Sun et al [135]
non non
Alamine 336 toluène HCl 0,20 Pd 1 HClO4-2M H2O 1 81% Sun et al [136]
précisé précisé
non Majoritairement Barakat &
TOA 10% kérosène HCl/HNO3 1 > 99% NH4OH 1 > 99%
précisé Fe et Ni Mahmoud [116]
kérosène + 2 2
Alamine 336 5% HCl-3M 0,55 Cr, Mn Fe Ni > 99% HCl/SC(NH2)2 99% Reddy et al [138]
TBP = 2%vol (A/O=1,5) (O/A=4)
Aliquat 336 0,2% kérosène HCl-9M 0,05 Pt, Fe et Al 1 > 99% non étudié Sun et al [135]
Aliquat 336 0,5% kérosène HCl-8M 0,10 Rh 4 90% HCl/SC(NH2)2 H2O 5 > 99% Lee et al [139]
2 2
Aliquat 336 0,5% kérosène HCl-3M 0,50 Pd > 99% HCl/SC(NH2)2 > 99% Lee et al [140]
(A/O=3) (O/A=4)
3 2
Aliquat 336 0,5% kérosène HCl 0,36 Rh, Al, Mg, et Fe > 99% HCl/SC(NH2)2 > 99% Raju et al [141]
(A/O=3,3) (O/A=6)
Lixiviats eau 0,5 après Na2S2O3- Marinho et al
Aliquat 336 15% kérosène Sn, Al et In 1 > 99% 1 > 99%
régale dilués/2 dilution 0,75M/NaOH [142]
45
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Extraction Régénération
Espèces chimiques Espèces chimiques
Nombre Nombre Référence
CPt Efficacité Efficacité
Extractant [%vol] Diluant Matrice Autres métaux d'étages Solvant Diluant d'étages
[g.L-1]
HCl/C6H8O6 1 1 Gaikwad et al
OA 2,3% toluène 0,10 / > 99% H2O H2O 100%
-0,01M (A/O=2,5) (O/A=0,5) [143]
Costa et al
DMDHMA 0,05M C₂H₄Cl₂ HCl-8M 0,10 / 1 97% H2O H2O 1 36%
[142, 143]
octanol ou
DMDCHTDMA 0,05M HCl-8M 0,10 / 1 99% HCl-1M 1 90%
C₂H₄Cl₂
HCl-6M/ Mhaske et al
Cyanex 921 0,4% toluène 0,20 Rh et Pd 1 < 99% HNO3-4M H2O 1 < 99%
SnCl2-0.01M [147]
HClO4/HCl-
1 < 99%
(2M/2M)
HCl-6M/ Majoritairement Mhaske et al
Cyanex 921 0,4% toluène 0,29 1 < 99% HNO3-4M 1 98,7%
SnCl2-0.01M Fe, P, Pd et Rh [147]
Au, Fe, Cr, Ni et C3H4O4- Gupta et al
Cyanex 923 4,0% toluène HCl-6M 0,10 1 < 99% 1 < 99%
Co 0,4M [148]
Génand-Pinaz
[OMIM] [Cl] 100% / HCl-1M 1,60 / 1 85% non étudié
et al [146]
Tableau 8 : Présentation des extractants testés pour l’extraction liquide/liquide du platine en solution chlorée, et des conditions opératoires associées.
46
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Phase aq Phase aq +
métal
Résine
Extraction Régénération
Les résines sont constituées d’un squelette en polymère, sur lequel sont fixés des groupements fonctionnels
ayant une affinité avec le composé que l’on souhaite extraire. Dans certains cas, les groupements
fonctionnels sont encapsulés dans les pores d’une résine. Le substrat le plus utilisé pour la fabrication des
résines est le copolymère du styrène et du divinylbenzène (DVB). Dans le cas de la séparation des ions
hexachloroplatinate, cette voie a été nettement moins explorée que l’extraction liquide-liquide.
Les deux principaux mécanismes d’adsorption sur un support solide pouvant être mis en jeu pour
l’extraction de ions hexachloroplatinates sont l’échange d’ions et la chélation.
Deux principaux types de groupements fixés sur une résine peuvent être utilisés pour extraire efficacement
l’anion hexachloroplatinate (rendements proches de 100%) :
- les amines,
- les groupements iminodiacétate,
- les groupements organophosphorés.
Les résines chargées en platine ont pu être régénérées grâce à différents réactifs (§4.2.5). Pour les différents
types d’adsorbants, des exemples de conditions d’extraction et de régénération ont été regroupés dans le
Tableau 9.
47
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Les résines possédant des groupements amines sont des échangeurs d’anions qui sont composés d’amines
secondaires, tertiaires et quaternaires. Comme pour les extractants, les mécanismes mis en jeu durant
l’extraction du platine sont l’échange d’ions pour les amines quaternaires et la chélation pour les autres
amines.
L’extraction du platine par les groupements amines tertiaires fixés sur des résines se déroule également en
deux étapes (protonation et formation de paires d’ions).
Plusieurs essais ont été réalisés sur l’adsorption de l’hexachloroplatinate par des résines possédant des
groupements fonctionnels de type amine en solution d’acide chlorhydrique ([147, 148, 149, 150]) ou dans
de l’eau régale diluée [153]. De très bonnes efficacités d’adsorption (>90%) du platine contenu dans des
solutions HCl à 4 et 6 M ont été obtenues pour les résines composées du squelette en copolymère de styrène
et DVB.
Le platine a été désorbé des résines aminées étudiées avec des solutions d’acide chlorhydrique et de thiourée
(SC(NH2)2) ou de thiosulfate de sodium (Na2S2O3).
Les groupements organophosphorés (oxydes de phosphines) greffés sur résines produites par la société
Magpie Polymers permettent aussi la récupération sélective de platine contenu dans des lixiviat d’eau régale
[156]. Pour des raisons de confidentialité, les structures exactes des groupements greffés sur les résine
Magpie ne sont pas détaillées.
Dans ce cas, le mécanisme d’extraction mis en jeu est la chélation. La désorption du platine contenu sur ces
résines n’a pas été étudiée.
D’autres groupements permettent l’adsorption de l’hexachloroplatinate sur résine par chélation. Shah et al
[157] ont greffé des groupements dithizone (C13H12N4S) sur une résine en poly(vinylpyridine) puis ont
réalisé l’extraction d’ions hexachloroplatinates. Yousif et al [158] ont encapsulé des molécules de 2-
aminomethylpyridine dans les pores d’une résine de squelette polyacrylique. Ces résines ont ensuite été
régénérées par des solutions d’acide chlorhydrique et de thiourée.
48
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Extraction Régénération
Espèces chimiques Espèces chimiques
Référence
CRésine CPt Autres Efficacité CRésine Efficacité
Résine Squelette Matrice Solvant Diluant
[g.L-1] [g.L-1] métaux [g.L-1]
Lewatit Styrène DVB HCl-2M/ Kononova et al
10 HCl-4M 0,04 / 98% 10 H2O 28%
MP 600 WS Macroporeuse SC(NH2)2-1,05M [149]
H2SO4-1M/
10 33%
SC(NH2)2-1,05M
NaOH-2M/
10 39%
SC(NH2)2-1,05M
Styrène DVB HCl-2M/ Kononova et al
Purolite A 100 10 HCl-4M 0,04 / 91% 10 37%
Macroporeuse SC(NH2)2-1,05M [149]
H2SO4-1M/
10 37%
SC(NH2)2-1,05M
NaOH-2M/
10 41%
SC(NH2)2-1,05M
Styrène DVB HCl-2M/ Kononova et al
AM-2B 10 HCl-4M 0,04 / 81% 10 39%
Macroporeuse SC(NH2)2-1,05M [149]
H2SO4-1M/
10 49%
SC(NH2)2-1,05M
NaOH-2M/
10 45%
SC(NH2)2-1,05M
Styrène DVB Kononova et al
AM-2B 10 HCl-4M 0,04 Rh 87% 10 NH4SCN-2M > 99%
Macroporeuse [150]
KOH-2M/
10 94%
SC(NH2)2-1,05M
10 HCl-2M 98%
49
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Extraction Régénération
Espèces chimiques Espèces chimiques
Référence
CRésine CPt Autres Efficacité CRésine Efficacité
Résine Squelette Matrice Solvant Diluant
[g.L-1] [g.L-1] métaux [g.L-1]
Phenyl-CH2O Cu, Fe, Ni et Hubicki et al
Duolite S37 10 HCl - 6M 0,14 68% non étudié
Macroporeuse Zn [151]
Copolymère Hubicki et al
Purolite A850 10 HCl - 6M 0,14 / 69% non étudié
d'acrylate Gel [152]
Styrène DVB
Amberlyst A26 10 HCl - 6M 0,14 / 91% non étudié
Macroporeuse
Lewatit Styrène DVB
10 HCl - 6M 0,14 / 93% non étudié
MP500A Macroporeuse
Amberjet Styrène DVB batch Lixiviats HCl/HNO3 non batch NaHCO3/Na2CO3 puis Marinho et al
0,12 Al In et Sn H2O > 99%
4200 Cl Macroporeuse ≈3 dilués/6 précisé ≈240 Na2S2O3-0,75M/NaOH [153]
Styrène DVB batch 100 Large gamme batch HCl-8M ou Samczynski et al
Chelex 100 HCl - 0,5M < 99% H2O < 95%
Gel ≈12,3 ppm de métaux ≈3,7 acétate (pH 5) [154]
Acrylate DVB Muşină et al
MPX-310 2,5 HCl dilué 0,10 Cu, Pd et Rh < 99% non étudié
Macroporeuse [156]
100 Yousif et al
2-NCH2pyridine Acrylate 10 HCl-0,1M Rh et Pd 98% 10 HCl-2M/SC(NH2)2-1M H2O 95%
ppm [158]
Shah et al
dithizone Vinylpyridine 4 HCl très dilué 1,11 / 90% n.i. HCl-0,1M/SC(NH2)2-0,65M > 99%
[157]
Tableau 9 : Présentation des résines testées pour l’extraction du platine en solution chlorée, et des conditions opératoires associées.
50
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Concernant l’extraction par solvant, la DMDCHTDMA et autres diamides [145] ont été synthétisées dans le
cadre de l’essai d’extraction, elles ne sont donc pas disponibles sur le marché, cette voie d’extraction a donc
été abandonnée. L’extraction de l’hexachloroplatinate à partir de lixiviats de pot catalytiques, par les amines
tertiaires et quaternaires a déjà été expérimentée. L’octylaniline et les composés organophosphorés sont
susceptibles d’extraire le platine après lixiviation des couches actives des piles à combustible par de l’acide
chlorhydrique en présence d’un oxydant.
Divers produits organiques ont été utilisés pour la dilution des extractants précédemment cités, parmi eux, le
toluène et le kérosène sont très couramment utilisés. Ces produits sont stables à température ambiante dans
l’acide chlorhydrique fumant et dans l’eau régale. Cependant, ils peuvent être fortement dégradés lors du
contact avec des phases contenant des concentrations élevées en oxydants forts.
Les résines contenant les groupement dithizone et pyridine ([155, 156]) ne sont pas commercialisées, elles
ne pourront donc pas être utilisées dans le cadre des expérimentations. De plus, étant régénérés avec de
l’acide chlorhydrique, elles ne seront pas efficaces pour l’extraction du platine en milieu très chloré. Les
autres types de résines présentés ci-dessus peuvent donc éventuellement permettre l’extraction de l’ion
hexachloroplatinate, contenu dans une solution d’acide chlorhydrique concentré, en présence d’un oxydant.
L’Amberjet 4200 (amine quaternaire) a déjà permis l’extraction d’ions hexachloroplatinate à partir de
lixiviats de pots catalytiques. Les résines contenant les groupements : amines, iminodiacétates et
organophosphorés sont commercialisées.
Les squelettes des résines utilisées pour l’extraction doivent présenter une certaine stabilité vis-à-vis des
lixiviats. Des résines macroporeuses et de type gel comportant un squelette en styrène ou polyacrylate
réticulés ont donc été sélectionnés car elles présentent une bonne résistance vis-à-vis de l’oxydation [159].
La dégradation des squelettes en polymère étant accélérée à haute température, l’adsorption sur résine doit
être effectuée à température modérée (≤ 40 °C).
51
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Enfin, pour des valeurs comprises entre 8 et 10M, l’augmentation de la concentration en HCl provoque une
réduction du taux d’extraction en platine. Dans les conditions des essais réalisés par Gupta et Singh avec le
Cyanex 923 [148], l’augmentation de la concentration d’acide chlorhydrique entraîne une amélioration du
taux d’extraction du platine sur la plage 0,1-6M.
L’augmentation de la température entre 25-55 °C permet l’augmentation du taux d’extraction du platine par
les extractants amines tertiaires [134] et amines quaternaires [139]. Cependant avec les oxydes de
phosphines l’augmentation de température sur l’intervalle 10-50 °C entraîne une réduction du taux
d’extraction [148].
Les cinétiques d’extraction de platine par les amines tertiaires [142] et quaternaires [139] ou les composés
organophosphorés [144, 145] sont très rapides. En effet les équilibres d’extraction ont été atteints pour des
durées inférieures à 5 min.
En ce qui concerne l’extraction par résine, Hubicki et Wójcik ont étudié l’influence de la concentration en
HCl sur le rendement d’adsorption du platine sur des résines comportant des groupement amines
secondaires et tertiaires [151] et amines quaternaires [152]. Leurs résultats montrent que l’augmentation de
la concentration en acide chlorhydrique sur l’intervalle [0,1 - 6] M provoque une baisse significative de
l’efficacité d’extraction.
Hubicki et Wójcik ([149, 150]) ont également réalisé des études d’efficacité d’extraction en platine en
fonction du temps à partir de solution contenant 0,143 g.L-1 de platine dans 6 M d’HCl. Les résultats
montrent que l’équilibre d’extraction est atteint après une durée de 280 min pour les amines quaternaires à
partir de solutions monométalliques; alors qu’il est atteint après 400 min d’extraction avec les résines
contenant le mélange des groupements secondaires et tertiaires.
Le changement de pH :
Les capacités d’échange des phases d’extraction contenant les groupements amines et de résines
iminodiacétate évoluent avec le pH : elles sont élevées pour des pH acides puis diminue avec l’augmentation
du pH [158, 153]. La régénération de ces échangeurs peut donc être effectuée par une solution basique. En
effet, les groupements fonctionnels deprotonées en milieu basique peuvent alors relarguer les ions
préalablement extraits en conditions acides.
La précipitation :
La précipitation directe du platine dans la phase d’extraction a déjà été effectuée en mélangeant une solution
contenant des sels d’ammonium à la phase organique chargée en platine [116].
52
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
La complexation :
La thiourée est utilisée dans de nombreuses études afin de régénérer les extractants ou résines constituées de
groupements fonctionnels de types amines. Son utilisation en combinaison avec de l’acide chlorhydrique
permet la complexation du platine sous une forme neutre selon la réaction suivante [133] :
La réduction :
Le thiosulfate de sodium a également été utilisé pour la régénération des phases d’extraction aminées. Dans
ce cas il peut être utilisé pour la réduction du platine PtIV sous forme PtII selon la réaction suivante [153] :
L’échange d’ions :
Les échangeurs d’anions peuvent également être régénérés par échange d’ions grâce à une solution
contenant d’autres espèces anioniques. En effet si l’affinité de la phase d’extraction avec un certain type
d’ions est supérieure à celle des chloro-complexes de platine, l’extraction de ces ions en solution peut
permettre le relargage du platine.
Par ailleurs, l’acide malonique a permis la régénération efficace du Cyanex 923 chargé en platine [148]. Le
mécanisme mis en jeu n’est pas détaillé dans la littérature. Dans ce cas, il peut s’agir d’un phénomène de
complexation avec le platine, d’échange avec l’hexachloroplatinate ou de réduction du platine.
La méthode de précipitation directe n’a pas été retenue car elle nécessiterait un lavage du sel obtenu après
extraction par solvant afin d’éliminer les traces d’espèces organiques. Cette opération pourrait donc
entraîner la dissolution du platine. Dans le cas de l’utilisation de résines cette méthode pourrait provoquer
leur détérioration si d’importantes quantités de sel étaient produites au sein des micropores. La thiourée et le
thiosulfate de sodium ont été sélectionnés pour assurer la régénération des phases d’extraction. Le
changement de pH et la régénération en présence d’autres anions ont aussi été retenus pour l’étape de
régénération.
53
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Le platine oxydé sous forme Pt4+ ou Pt2+ peut être réduit directement en particules à l’état métallique selon
les réactions suivantes :
• Zhao et al [100] ont récupéré du platine après lixiviation par de l’eau régale par ajout de soude et
d’acide méthanoïque. Marinho et al [142] ont réalisé la précipitation du platine initialement sous
forme PtCl1 à 40 °C, par réaction avec une solution d’acide ascorbique.
• Les complexes platine/chlore peuvent aussi être réduits en présence de métaux. Rumpold et al [161]
ont utilisé l’aluminium pour réduire le platine. Marinho et al [142], ont récupéré du platine par
réduction en présence de magnésium.
• La précipitation du platine peut aussi être effectuée par ajout d’autres réducteurs : NaBH4, N2H2,
HCOOH… (§ 1.3.2).
L’hexachloroplatinate peut aussi être précipité grâce à l’ajout d’un agent complexant comme le chlorure
d’ammonium (NH4Cl). La réaction chimique mise en jeu va entraîner la formation de l’hexachloroplatinate
d’ammonium (NH4)2PtCl6 dont la solubilité dans l’eau à 20 °C est faible (0,015 M) [162] :
Debe et al [163] ont obtenu des rendements de précipitation en platine supérieurs à 99% en utilisant du
chlorure d’ammonium. Cet essai a été réalisé après lixiviation du platine par les mélanges HCl/HNO3 et
HCl/H2O2. Barakat et Mahmoud [116], ont récupéré plus de 99% du platine contenu dans de l’eau régale
ayant servi à lixivier des catalyseurs industriels par précipitation avec du chlorure d’ammonium.
Le platine peut être récupéré sous forme Pt0 après ignition de l’hexachloroplatinate d’ammonium à une
température d’au moins 350 °C selon l’équation :
Le platine peut aussi être récupéré à la surface d’une cathode par électrolyse [164] ou sur divers supports
sous forme de nanoparticules (§1.3.2).
54
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
55
Chapitre 1 : Contexte et méthodologie
Figure 29 : Schéma explicatif de la démarche globale adoptée pour le développement de la voie de recyclage du Pt.
Cette thèse ayant permis l’obtention de données d’impacts environnementaux au niveau du cycle de vie des
PEMFC, elle constitue une première étape vers une étude d’éco-conception de ces systèmes.
56
Chapitre 2 : Etude laboratoire du recyclage du Pt
A partir de l’étude bibliographique, présentée dans le chapitre précédent, un procédé de récupération du
platine contenu dans les piles à combustible (Figure 30) a été sélectionné. Ce procédé est composé de quatre
phases principales, étudiées les unes après les autres :
1. la lixiviation du platine par un mélange HCl/HNO3 ou un mélange HCl/H2O2,
2. l’extraction des ions hexachloroplatinate :
a. soit par extractants : amines tertiaires, quaternaires, anilines et oxydes de phosphines,
b. soit par résines : amines, iminodiacétate et oxydes de phosphine,
3. la régénération des phases d’extraction :
a. pour la voie "solvant" : la thiourée, le thiosulfate de sodium, la soude, l’acide nitrique et
l’acide malonique,
b. pour la voie "résine" : la thiourée, le thiosulfate de sodium et la soude,
4. la récupération du platine par précipitation chimique sous forme de sel par ajout de NH4Cl.
Après lixiviation des électrodes de PEMFC puis filtration, le platine, mis en solution, est extrait soit par une
résine soit par un extractant organique afin de le purifier et éventuellement de réutiliser la solution de
lixiviation. Les phases d’extraction sont alors régénérées afin de transférer le platine en solution aqueuse
avant sa récupération sous forme solide (Figure 30).
57
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les alternatives ont été développées à l’échelle laboratoire puis optimisées pour améliorer leur efficacité
tout en minimisant les consommations de réactifs et d’énergie et les rejets chimiques. Les premiers essais
expérimentaux ont été réalisés dans des conditions répétables les plus "idéales" possibles afin d’évaluer
l’influence de certains paramètres sur les taux de récupération de platine. Le platine a été récupéré à partir
de carbone platiné en faisant l’hypothèse d’une séparation préalable des différents composants de l’AME.
Les équilibres des différentes étapes du procédé de récupération du platine peuvent être influencés par
divers paramètres. Concernant l’étape de lixiviation, les paramètres pouvant influencer l’équilibre de mise
en solution du platine sont :
- la température de lixiviation,
- la composition du lixiviant (pH, teneurs en Cl- et en oxydant),
- le rapport masse de platine/volume de lixiviant,
- la composition des électrodes (support, catalyseur et fluoropolymère).
Les équilibres de séparation par résine et par solvant peuvent être influencés par les paramètres suivants :
- la composition et le pH du lixiviat (extraction) ou de la phase de régénération,
- le rapport quantité de groupements actifs/quantité de phase d’extraction,
- le rapport quantité de phase d’extraction/volume de lixiviat (extraction) ou volume de régénérant
(régénération),
- les températures.
Enfin les facteurs qui peuvent influencer l’équilibre de récupération par précipitation sont les suivants:
- la concentration en réactif complexant et en métaux et le pH,
- la température.
Afin de limiter la consommation énergétique et les émissions gazeuses, le fonctionnement du procédé été
étudié à température ambiante (25 °C), sans utilisation de systèmes de chauffage. La récupération du platine
a été étudiée expérimentalement à partir de catalyseurs Pt/C et de solutions modèles.
Ce chapitre présente donc dans une première partie les études laboratoires réalisées sur l’influence des
paramètres, cités ci-dessus, sur l’efficacité des différentes étapes envisagées.
La deuxième partie regroupe les optimisations multiétages des étapes de séparation par extraction liquide-
liquide et par résine.
58
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Alternatives de
A B C D
récupération
Lixiviation HCl/HNO3 HCl/H2O2 HCl/HNO3 HCl/H2O2
Extraction Extraction
Séparation Résine Résine
liquide-liquide liquide-liquide
Précipitation NH4Cl NH4Cl NH4Cl NH4Cl
Tableau 10 : Dénomination des alternatives de récupération du platine étudiées.
Plusieurs réactifs et phases d’extractions sélectionnés d’après l’étude bibliographique ont dans un premier
temps été testés dans des conditions moyennes de fonctionnement du procédé. Les plus performants ont
ensuite été choisis pour réaliser l’étude d’optimisation du procédé à l’échelle laboratoire, consistant à étudier
l’influence de divers paramètres sur l’efficacité des différentes étapes.
59
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
De l’acide chlorhydrique à 37% a été mélangé à l’un des deux oxydants sélectionnés : de l’acide nitrique à
70% ou du peroxyde d’hydrogène à 30% (réactifs Sigma Aldrich).
Des béchers de 100 mL équipés d’une double paroi et d’un agitateur magnétique ont été utilisés pour assurer
l’agitation du mélange réactionnel à température contrôlée. Les béchers ont été recouverts d’un film de
paraffine, afin de permettre l’évacuation des gaz produits tout en limitant l’évaporation des réactifs.
Des essais de cinétiques ont montré qu’à 25 °C les équilibres des réactions de lixiviation étaient atteints
après 10 h. Une durée de lixiviation de 24h est donc largement suffisante.
Pour les lixiviants de composition : HCl/H2O2-3%vol et HCl/HNO3-25%vol, l’impact du ratio masse de
platine/volume de lixiviant a, dans un premier temps, été étudié sur l’intervalle [1 - 4] gPt.L-1. La valeur
maximale a été estimée en considérant une charge de platine de 1 [Link]-2 (AME Paxitech [165]), soit une
fraction massique en platine d’environ 3 % par AME testés. Ensuite, des essais de dissolution du platine ont
été conduits après vieillissement ou dilution des solutions de lixiviation (HCl/H2O2-3%vol et HCl/HNO3-
25%vol). Ces expérimentations ont été menées dans le but d’étudier l’influence d’un changement des
conditions d’oxydation et de pH sur le rendement de lixiviation. Dans le premier cas, les deux types de
lixiviats ont été vieillis durant 4 jours (96 h) avant utilisation. Dans le second cas, l’HCl concentré a été
dilué par 1,5 par ajout d’eau avant les lixiviations.
Enfin, l’influence du taux d’oxydant dans les lixiviats sur le rendement de dissolution a été analysé pour des
taux compris entre 0 et 25%vol. Les expérimentations avec des teneurs en oxydant supérieures n’ont pas été
envisagées car leur réactivité vis-à-vis des espèces organiques risqueraient d’entraîner la dégradation des
solvants ou résines utilisés pour l’étape de séparation.
Avec VLix [L] le volume, CLix [g.L-1], la concentration de platine dans le lixiviat, mPt/C
0 [g], le masse de
catalyseur Pt/C et wPt
0 , la fraction massique initiale de platine dans le carbone platiné.
60
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les essais d’extraction liquide-liquide ont été menés selon le protocole suivant :
1. Préparation de 4 ou 5 mL du mélange extractant/diluant,
2. ajout d’un lixiviant synthétique contenant du platine,
3. mélange durant 30 min,
4. séparation des phases par décantation pendant 1 heure.
Les expérimentations de régénération des phases organiques ont été conduites selon la même méthode en
conservant les temps de mélange et de séparation des phases.
Le taux d’extractant dans la phase organique (%Extractant) a été fixé à 20 % d’après la bibliographie. Pour les
tests d’extraction et de régénération, un ratio phase organique/phase aqueuse (O/A) équivalent à 1 a été
conservé. Quatre extractants et trois diluants ont été testés : Aliquat 336(Al 336), trioctylamine (TOA),
butylaniline (fournis par Sigma Aldrich), et Cyanex 923 (C) (fourni par Cytec) dilué soit dans du toluène, du
kérosène ou de l’octanol (Sigma Aldrich). Du tributylphosphate (Sigma Aldrich) a été utilisé en tant que
surfactant en mélange avec le kérosène. Les propriétés des solvants organiques utilisés sont rassemblées
dans le Tableau 11.
Solubilité
Viscosité Moment Tension de
Solvants Densité dans H2O Classe CMR
[mPa.s ) dipolaire (D) vapeur [Pa]
[g.L-1]
Kérosène 2 0,79 / < 0,02 ≈ 350 /
Toluène 0,6 0,86 0,36 0,53 2900 (20 °C) CMR groupe 3
Octanol 8 0,82 1,76 0,54 3,2 /
Tributylphosphate 4 (20 °C) 0,98 non disponible 1 0,8 CMR groupe 2
Butylaniline non disponible 0,93 0,67 2 /
Aliquat 336 1500 (30 °C) 0,88 non 1,2 (30 °C) non disponible /
Trioctylamine 15 (20 °C) 0,81 disponible 5.10-4 <1 /
Cyanex 923 40 0,88 < 0,01 12 (30 °C) /
Tableau 11 : Propriétés physiques à 25 °C et toxicité des diluants et extractants étudiés [166], [167], [168] et [169].
61
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les extractants ont été régénérés par de la soude, de la thiourée, du thiosulfate de sodium, de l’acide
nitrique ou de l’acide malonique. Ensuite la concentration des réactifs dans la solution de régénération a été
variée de 0 à 6 M dans le but de maximiser le rendement de récupération en platine.
Enfin l’utilisation de diluants binaires a été étudiée en faisant varier leurs rapports volumiques entre 0 et 1
dans la phase organique.
Les efficacités des étapes d’extraction liquide-liquide, de régénération des extractants et l’efficacité de
séparation ont été calculées respectivement selon les équations Eq. [2], Eq. [3] et Eq. [4].
Aq Aq Aq Aq
C0 × V0 - CEx × VEx
%Esolvant
Ext = Aq Aq Équation [2]
C0 × V 0
Aq Aq Org
CRg × VRg VEx
%Esolvant
Rg = Org × Aq Aq Aq Aq Équation [3]
VRé cupé ré C0 × V0 - CEx × VEx
L’efficacité de séparation est calculée en multipliant les rendements des étapes d’extraction et de
régénération %Esolvant solvant
Sep = %EExt × %Esolvant
Rg .
Aq Aq Org
CRg × VRg VEx
%Esolvant
Sep = Org × Aq Aq Équation [4]
VRé cupé ré C0 × V 0
Aq Aq Aq Aq Aq Aq
Ou V0 , VEx et VRg [L] sont les volumes des phases aqueuses, C0 , CEx et CRg [g.L-1] les concentrations de
platine en phases aqueuses, respectivement avant extraction, après extraction et après régénération. Avec
Org Org
VEx [L], le volume de phase organique après extraction et VRé cupé ré [L], le volume de phase organique
récupéré après sa régénération.
62
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
D’après les résultats trouvés dans la littérature, les résines suivantes ont été testées : Chelex 100, Lewatit-
MP-62, Amberjet 4200 Cl (Sigma Aldrich), MXP17 et MXP18 (Magpie Polymers).
Les propriétés des résines choisies sont données dans le Tableau 12.
Capacité résine
Résine Structure physique Type de squelette
sèche [[Link]-1]*
Amberjet 4200 Cl Gel Styrène, DVB 4,0
Lewatit-MP-62 Macroporeuse Styrène, DVB 5,8
Chelex 100 Macroporeuse Styrène, DVB 0,62
MXP17 Macroporeuse Polyacrylate, DVB 1,2
MXP18 Macroporeuse Polyacrylate, DVB 1,5
*
Valeurs fournies ou calculées avec les humidités relatives moyennes indiquées par les fabricants.
Tableau 12 : Propriétés physiques des résines étudiées.
L’influence du taux d’oxydant dans le lixiviat (entre 0 et 25 %) sur l’efficacité de séparation du platine a été
premièrement testée.
La régénération des résines a été réalisé par de la soude, de la thiourée ou du thiosulfate de sodium. La
concentration en réactif dans la solution de régénération a été variée entre 0 et 4 M afin d’analyser son
influence sur le taux de désorption du platine.
63
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les rendements des étapes d’adsorption, de désorption et de la séparation globale ont été calculés en
utilisant les équations Eq. [5], Eq. [6] et Eq. [7].
C − CDUV
%EDUV
)éVXYZ
=
C
Équation [5]
C\ZV
%E\ZV
)éVXYZ
=
C − CDUV Équation [6]
L’efficacité de séparation est calculée en multipliant les rendements des étapes d’extraction et de
C\ZV
%E]Z^ =
C
résine
Équation [7]
Avec C , CDUV et C\ZV [g.L-1] les concentrations de platine dans la phase aqueuse respectivement avant
adsorption, après adsorption et après désorption. Ces équations peuvent être utilisées car une concentration
massique en résine égale à 20 g.L-1 a été conservée pour toutes les manipulations et parce que des taux
d’évaporation des phases aqueuses négligeables ont été mesurés au cours des essais.
1.1.3. Précipitation
Les essais de récupération du platine par précipitation ont été réalisés à partir des solutions de régénération
des extractants et résines issus des procédés A, B, C et D. Les expérimentations ont été conduites à 25 °C
pendant 24h dans des béchers en verre de 25 mL recouverts de films en paraffine placés sous agitation
magnétique.
Le chlorure d’ammonium (Sigma Aldrich) a été utilisé comme agent complexant d’après les recherches
bibliographiques. Dans certains cas, des solutions de régénération récupérés étaient faiblement alcalines, ces
dernières ont été acidifiées afin d’éviter la formation d’ammoniac selon la réaction :
Cette étude a permis d’analyser l’influence des paramètres suivants sur l’efficacité de précipitation :
• concentration en NH4Cl dans le mélange réactionnel sur l’intervalle [0-133] g.L-1,
• conditions de pH (concentration en HCl variant de 0 à 1,92 M).
64
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Avec V`9 et V<)Z_ [L] les volumes des phases et C`9 et C<)Z_ [g.L-1] les concentrations en platine en
solution, respectivement après régénération et après précipitation.
Lixiviation
1. Etude de paramètres et intervalles : Notations :
• rapport Pt / lixiviat [1 – 4] g.L ………………..……………………………….…………rapport masse/volume
-1
Précipitation
1. Etude de paramètres et intervalles :
• concentration en chlorure d’ammonium [0 – 133] g.L-1
• taux d’oxydant dans les lixiviats [0 – 1,92] M.
65
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Pour toutes les études présentées, les concentrations en platine en solution ont été analysées par ICP-AES
avec un spectromètre Varian 700. Les échantillons prélevés après chaque expérimentation ont été dilués par
100 avec de l’eau déminéralisée dans des fioles de 50 mL après avoir été pesés. Les analyses par ICP étant
coûteuses, des "campagnes" de mesure ont été menées après obtention d’au moins une centaine
d’échantillons. En effet, l’établissement de l’équilibre de température au niveau du plasma est atteint 1 h
après mise en route du spectromètre, aucune mesure stable ne peut donc être réalisée durant cet intervalle.
Une courbe d’étalonnage représentant l’intensité lumineuse maximale émise (à la longueur d’onde 265 nm
pour le Pt) en fonction de la concentration en platine, est établie à partir de solutions de compositions
connues. Afin de s’assurer de la stabilité du plasma, l’étalonnage est réalisé en début d’analyse puis après
chaque série de 20 échantillons. Afin de limiter les incertitudes, les courbes d’étalonnages ont été établies
sur deux domaines : pour les faibles et hautes concentrations en Pt. Chaque mesure d’intensité émise a été
mesurée trois fois par échantillon, puis une intensité moyenne est déterminée avant calcul de la
concentration en métal.
H2O2 HNO3
100%
90%
80%
Efficacité de lixiviation
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
1 2 3 4
Ratio massePt/VolumeLiquide [g.L-1]
Figure 31 : Influence de la concentration en platine dans les lixiviats (HCl/H2O2-3%vol et HCl/HNO3-25%vol) sur l’efficacité de
lixiviation (T= 25 °C).
66
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Aucune influence du rapport masse/volume n’a été constatée pour une variation dans les conditions
expérimentales mentionnées. En effet, la dissolution du platine reste constante car l’acide et l’oxydant sont
en fort excès molaire par rapport à la quantité de platine (plus de 10 pour l’oxydant et plus de 140 pour
l’HCl pour un rapport masse/volume de 2 gPt.L-1).
Des rendements de dissolution moyens proches ont atteints avec les deux oxydants (respectivement 90 et
93% avec H2O2 et HNO3). Néanmoins, il est intéressant de noter que la concentration de H2O2 (3%), est
beaucoup plus faible par rapport celle en HNO3 (25%). Le potentiel d’oxydation plus élevée de peroxyde
d’hydrogène (Chapitre 1- Réact. [9]) par rapport au potentiel d’oxydation de l’acide nitrique (Réact. [8])
peut expliquer en partie ce phénomène. Toutefois, le chlore (Réact. [11], Réact. [12], Réact. [15]), l’oxygène
(Réact. [14]), le monoxyde d’azote et l’oxychlorure d’azote (Réact. [10], Réact. [11]) formés peuvent
également être impliqués dans ces phénomènes d’oxydation.
Les résultats de dissolution du platine après dilution et vieillissement des réactifs de lixiviations sont
regroupés dans le Tableau 13.
Le vieillissement des solutions de lixiviation provoque une forte baisse des rendements de lixiviation
(environ 20% pour les deux types de lixiviants). Ce résultat met en avant la nécessité des ajouts de lixiviants
frais, compte tenu de leur dégradation au cours du temps en présence d’acide chlorhydrique (Réact. [11],
Réact. [14]).
La dilution des lixiviants entraîne également une baisse des efficacités de dissolution de platine de plus de
10%. La concentration en ions Cl- restant dans tous les cas nettement supérieure à la valeur de 1 M
permettant de complexer une très forte proportion du platine (Chapitre 1 - Figure 23), la diminution de
rendement est due à l’augmentation du pH du mélange réactionnel.
Suite à ces résultats, l’influence de la teneur en agent oxydant dans les solutions de lixiviation sur
l’efficacité de lixiviation a été étudiée plus en détail (Figure 32).
67
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
H2O2 HNO3
100%
90%
80%
Efficacité de lixiviation
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
0% 1% 2% 3% 5% 10% 15% 20% 25%
Taux d'oxydant dans la solution de lixiviation [vol%]
Figure 32 : Influence du taux d’oxydant dans les lixiviats (HCl/HNO3 et HCl/H2O2) sur l’efficacité de lixiviation du platine (T= 25 °C,
2gPt.L-1).
.
Pour l’acide nitrique, la concentration en platine dans le lixiviat augmente en fonction de la concentration en
oxydant sur l’intervalle 0 - 25%vol. Dans le cas du peroxyde d’hydrogène, l’efficacité de lixiviation
augmente en fonction du taux d’oxydant sur l’intervalle 0 - 1%, et elle reste constante pour des taux
supérieurs. Cependant, au-delà de 1% de H2O2 l’efficacité de lixiviation reste constante (environ 90%). En
ce qui concerne les deux solutions de lixiviation, l’efficacité de lixiviation augmente fortement avec le taux
d’oxydant sur la gamme 0 - 1%vol.
Afin d’améliorer la stabilité des solutions de lixiviation, et de réduire les émissions gazeuses (R. [9], R. [10],
R. [11] et R. [13]) tout en assurant une lixiviation en platine efficace, les solutions de lixiviation de
compositions suivantes sont été sélectionnées : HCl/H2O2-1%vol et HCl/HNO3-5%vol. Les lixiviants
standards : HCl/H2O2-3%vol et HCl/HNO3-25%vol ont tout de même été conservés pour les essais de
séparation et de précipitation qui ont été débutés en parallèlement à l’étude de lixiviation.
L’influence de la masse de platine par rapport au volume de solution de lixiviation étant négligeable à
l’équilibre de la réaction de lixiviation sur le domaine étudié, la concentration de 2 g.L-1 a été choisie
arbitrairement pour l’étude des autres étapes du procédé afin de réaliser les essais de récupération dans des
conditions comparables. Cette valeur peut être amenée à varier selon le taux de platine contenu dans les
AME de PEMFC en fin de vie.
68
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les essais ont dans un premier temps été menés en diluant les extractants avec du toluène et du kérosène.
Les essais menés avec la butylaniline n’ont pas été analysés car le mélange de cet extractant avec les
lixiviats a entraîné sa dégradation (dégagement de gaz lors du mélange et formation d’un précipité).
Lors de l’utilisation de kérosène en tant que diluant, trois phases distinctes ont été obtenues après la mise en
contact des phases organiques avec les lixiviats (Figure 33) :
Le phénomène observé s’explique par l’accroissement du caractère polaire de l’extractant en présence d’eau,
provoquant sa séparation du diluant apolaire (propriétés dans le Tableau 11). En effet l’extraction du platine
s’accompagne d’un transfert d’acide et d’eau vers l’extractant polaire. Ce phénomène n’a pas été observé
en présence de toluène qui est polaire (moment dipolaire de 0,36D). Cependant, ce produit (i.e. toluène),
suspecté d’être un produit CMR, n’a pas été retenu pour une utilisation dans le procédé de récupération du
platine. Des diluants composés de 15% de tributyl phosphate, un agent tensioactif et de kérosène ont été
utilisés avec les trois extractants étudiés. Cette opération n’ayant pas permis d’éviter la formation d’une
troisième phase, les taux d’extraction en platine n’ont pas été analysés.
Des essais d’extraction du platine ont également été réalisés en présence d’octanol qui est un diluant polaire
(moment dipolaire de 1,76D) peu visqueux et peu soluble dans l’eau à température ambiante. Pour les trois
extractants étudiés, l’utilisation d’octanol a permis d’éviter la formation d’une troisième phase après
extraction. Dans la majorité des cas, la dilution avec de l’octanol a entraîné une réduction de l’efficacité
d’extraction en comparaison avec les autres diluants. Par contre, le remplacement du toluène par de
l’octanol a permis une amélioration du rendement pour l’extraction du platine contenu dans le lixiviat
HCl/HNO3-25%vol, par le C 923.
Les résultats des essais d’extractions à partir des lixiviat modèles : HCl/H2O2 3%vol et HCl/HNO3 25%vol
sont regroupés dans le Tableau 14 pour plusieurs couples extractant/diluant.
69
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Globalement, l’extraction du platine à partir des lixiviats H2O2/HCl est plus efficace que dans le cas des
solutions HNO3/HCl. Ces résultats sont dus à la présence des groupements NO3 dans les lixiviats (§1.3.3).
Les efficacités d’extraction de platine par l’Aliquat 336 sont légèrement supérieures à celles obtenues avec
la TOA. L’utilisation de Cyanex 923 permet d’obtenir des rendements d’extraction en platine proches de
ceux obtenus avec les amines pour le lixiviats HCl/H2O2. Cependant le taux d’extraction du platine contenu
dans les solutions HCl/HNO3 est très faible lorsque le Cyanex 923 est utilisé comme extractant.
Quel que soit le cas étudié, la régénération par le thiosulfate de sodium est la moins efficace. Ces
régénérations ont entraîné la formation de précipités solides probablement constitué de soufre et de sulfure
de platine.
70
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
En effet en milieu acide, les réactions suivantes peuvent avoir lieu [170] :
H S O3 → S + SO + H O Réaction [29]
Enfin, dans le cas du mélange octanol/Cyanex 923 par le thiosulfate de sodium ont entraîné le mélange des
phases aqueuse et organique pour ne former qu’une seule phase.
Rendement de
Extractant Lixiviant Solution de régénération
régénération [%]
Trioctylamine HCl/H2O2-3%vol (NH2)2CS-0,5M/HCl-0,5M 30%
(TOA) Na2S2O3 0,75M 7%
NaOH 1M 26%
HCl/HNO3-25%vol (NH2)2CS-0,5M/HCl-0,5M 24%
Na2S2O3 0,75M 10%
NaOH 1M 22%
Aliquat 336 HCl/H2O2-3%vol (NH2)2CS-0,5M/HCl-0,5M 50%
(Al 336) Na2S2O3 0,75M 5%
NaOH 1M 11%
HCl/HNO3-25%vol (NH2)2CS-0,5M/HCl-0,5M 2%
Na2S2O3 0,75M 14%
NaOH 1M 12%
Cyanex 923 HCl/H2O2-3%vol (NH2)2CS-0,5M/HCl-0,5M 37%
(C) Na2S2O3 0,75M Non mesuré
NaOH 1M 55%
HCl/HNO3-25%vol (NH2)2CS-0,5M/HCl-0,5M 10%
Na2S2O3 0,75M Non mesuré
NaOH 1M 36%
Tableau 15 : Influence du réactif sur l’efficacité de régénération du platine des phases extractant/octanol (T = 25 °C, C<aXb = 2g.L-1,
O/A = 1, %Extractant = 20%).
Pour la TOA, les essais avec le mélange thiourée/HCl ont permis d’obtenir des efficacités de régénérations
comparables à celles obtenues avec la soude.
En ce qui concerne le Cyanex 923, la soude a permis d’obtenir de meilleurs rendements de régénération que
la thiourée
Enfin, après extraction à partir des lixiviats HCl/H2O2 3%vol l’Aliquat 336 est plus efficacement régénéré
avec le mélange thiourée/HCl qu’avec NaOH. L’inverse est observé pour les lixiviats HCl/HNO3 25%vol.
En effet, un rendement très inférieur, d’environ 2%, a été obtenu dans ce cas et la régénération a entraîné la
formation d’un précipité solide.
71
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Plus généralement, les efficacités de régénérations avec NaOH et (NH2)2CS sont plus élevées après
extraction du platine des solutions HCl/H2O2-3%vol en comparaison au lixiviats HCl/HNO3-25%vol.
D’après les résultats précédents, la soude est donc appropriée pour la régénération des phases organiques
contenant du Cyanex 923. Les amines sont efficacement régénérées avec le mélange thiourée/HCl.
Cependant, l’utilisation de thiourée entraînant des difficultés de récupération du platine par complexation
avec NH4Cl (§1.5), ce régénérant a été mis de côté. Le thiosulfate de sodium a également été délaissé du fait
des problèmes de précipitation observés en milieu acide.
Le couple Cyanex 923/octanol a donc été sélectionné afin d’étudier la récupération du platine à partir
des lixiviats HCl/H2O2.
100%
80%
Efficacité d'extraction
60%
40%
20%
0%
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0
Concentration en nitrates dans le lixiviat [M]
Figure 34 : Influence de la concentration en nitrates sur l’efficacité d’extraction par C-50%/Oct et Al-20%/Oct (T = 25 °C, CaXb
< =2
g.L-1, Cc
aXb
% = 12,1M, O/A = 1).
72
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les essais ont été menés avec les mélanges suivants : Cyanex 923-50%/octanol (C-50%/Oct) et Aliquat-
20%/octanol (Al-20%/Oct). Le taux d’Aliquat dans les phases d’extraction a été limité afin qu’elles ne
soient pas trop visqueuses (propriétés physiques dans le Tableau 11). Le taux de Cyanex 923 a été augmenté
par rapport aux 20% initialement fixés afin d’améliorer le rendement d’extraction.
Les résultats montrent que pour les deux cas étudiés, l’augmentation CNitrates sur l’intervalle [0-4] M
provoque une réduction significative du rendement d’extraction. Le taux d’extraction baisse de 99,7 à 64%
dans le cas du Cyanex 923 et de 97 à 72% pour les extractions avec l’Aliquat 336. Pour les deux
mécanismes d’extraction : solvatation (Cyanex 923) et échange d’ions (Aliquat 336), la présence de nitrates
provoque une baisse de l’efficacité d’extraction de l’hexachloroplatinate.
Les valeurs des rendements d’extractions à partir des solutions HCl/HNO3 sont inférieures à celles mesurées
pour les lixiviats HCl/LiNO3. Ceci est probablement dû à la différence de concentration totale en ions
chlorures dans le cas des faibles concentrations en nitrates et à la présence d’ions lithium pour les fortes
concentrations en ions nitrates.
L’efficacité de l‘extraction par solvant est limitée en cas de concentrations en nitrates supérieures à 1 M
dans les lixiviats (soit 6,25%vol d’HNO3 à 70%). Pour des faibles concentrations en nitrates, la composition
des lixiviats HCl/HNO3 va se rapprocher des lixiviats HCl/H2O2.
Après cet essai, l’alternative A a été délaissée et l’optimisation de l’alternative B a été poursuivie.
73
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
80%
60%
Efficacité
40%
20%
0%
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60%
Taux de solvant en phase organique [%vol]
Figure 35 : Influence de la teneur en extractant sur les efficacités d’extraction par Cyanex 923/Octanol et de régénération par
NaOH 1 M et 2 M (T = 25 °C, lixiviat : HCl/H2O2 3%vol, CaXb
< = 2 g.L-1, O/A = 1).
L’augmentation du taux d’extractant de 1 à 60% dans la phase organique permet une augmentation du taux
d’extraction en platine de 68 à 98%. Cette augmentation s’explique par une plus grande quantité de
molécules d’alkyls de phosphine disponibles pour interagir avec les ions hexachloroplatinate.
Pour les faibles taux de Cyanex 923, les rendements de régénérations par les solutions NaOH 1 et 2M
augmentent en fonction de celui-ci, pour atteindre respectivement des maximums à 76% et 85 % pour un
taux de Cyanex 923 compris entre 5 et 15 %vol. Pour des concentrations de Cyanex 923 supérieures, le taux
de régénération par les solutions de soude diminue en dessous des 3% en fonction de la teneur en extractant.
La diminution du taux de régénération pour les fortes teneurs en extractant est probablement due à
l’augmentation de la quantité d’acide co-extraite avec la hausse de la teneur en Cyanex 923. L’acide co-
extrait réagit certainement avec la soude provoquant une baisse de la concentration en ions hydroxydes
disponibles pour la régénération. Cette hypothèse est confortée par le fait que l’augmentation de la
concentration en ions OH- de 1 à 2 M permet d’améliorer la régénération de la phase d’extraction.
Les phases C-15%/Oct et C-50%/Oct ont été sélectionnées pour la suite de l’étude de séparation par
voie liquide/liquide.
74
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
En faisant intervenir le ratio D, défini comme le rapport de la concentration en phase organique sur la
concentration en phase aqueuse, l’expression de la constante d’équilibre devient :
f YZb g 3 D
Keb =
7H 8 4DE6 × 7C 1 H:dOP8i4C)96 Équation [10]
Cette équation peut être linéarisée, afin d’obtenir une expression du coefficient D en fonction la
concentration en Cyanex 923 en phase organique :
f YZb g 3
log 4D6 = log jKeb k + 2 log l7H [Link] o + p log l7C 1 H:d [Link] o Équation [11]
La stœchiométrie d’extraction peut ainsi être obtenue pour différentes valeurs de concentration en extractant
dans la phase organique. La Figure 36 représente le logarithme du coefficient de partage D en fonction du
logarithme de la concentration en Cyanex dans la phase organique.
1% 5-15% 20-60%
1,6
y = 2,18x + 1,07
R² = 0,99
1,2
0,8
y = 0,76x + 0,83
log(D)
R² = 1,00
0,4
0,0
-0,4
-1,6 -1,1 -0,6 -0,1
log([C24 H51OP]org]
Figure 36 : Influence de la teneur en extractant sur le mécanisme d’extraction par Cyanex 923/Octanol (T = 25 °C, lixiviat :
< = 2 g.L-1, O/A = 1).
HCl/H2O2 3%vol,CaXb
75
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les valeurs tracées sur la Figure 36 montrent qu’au moins trois stœchiométries d’extraction du platine par le
Cyanex 923 peuvent être distinguées sur l’intervalle de teneur en extractant [1-60]%vol :
• une ou plusieurs stœchiométries non étudiées sur l’intervalle [1-5]%vol,
Il est donc préférable d’utiliser une concentration en extractant comprise sur l’intervalle [0 –
30]%vol, afin de minimiser la consommation de Cyanex 923 par rapport au platine.
80%
Efficacité de régénération
60%
40%
20%
0%
0 1 2 3 4 5 6
Concentration en régénérant [M]
Figure 37 : Influence de la concentration en réactif sur l’efficacité de régénération des phases C-50%/Oct (T = 25 °C, lixiviat :
HCl/H2O2 25%vol, CaXb< = 2 g.L-1, O/A = 1).
76
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les résultats montrent que pour les trois types de régénération, l’augmentation de la concentration en réactif
provoque une augmentation de l’efficacité de régénération. Cependant les allures d’évolution des valeurs
mesurées montrent que différents mécanismes de régénération sont mis en jeu pour les trois réactifs.
La régénération par l’acide malonique est peu efficace pour des concentrations inférieures à 5 M. Pour des
concentrations en réactifs comprises dans l’intervalle [2-5] M l’efficacité de régénération par la soude est
plus élevée qu’avec l’acide nitrique. Le remplacement de NaOH par l’HNO3 permet d’éviter l’augmentation
du pH des solutions aqueuses de platine récupérées, dispensant ainsi l’utilisation d’acide lors de l’étape de
précipitation. Cependant ce changement n’est pas environmentalement judicieux (Annexes 3.1). La soude a
donc été conservée pour assurer la régénération des phases organiques.
Les résultats des essais de régénération des phases C-15%/Oct et C-50%/Oct par NaOH, effectués après
extraction à partir des solutions HCl/H2O2 3%vol et HCl/H2O2 25%vol sont représentés sur la Figure 38.
77
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
H2O2 3% C-15%/Oct H2O2 3% C-50%/Oct H2O2 25% C-15%/Oct H2O2 25% C-50%/Oct
100%
80%
Efficacité de régénération
60%
40%
20%
0%
0 1 2 3 4 5 6
Concentration en régénérant [M]
Figure 38 : Influence de la concentration en soude sur l’efficacité de régénération des phases Cyanex 923/Octanol (T = 25 °C,
CaXb
< = 2 g.L-1, O/A = 1).
Après extraction du platine à partir des solutions HCl/H2O2-3%vol, les phases C-15%/Oct et C-
50%/Oct peuvent être efficacement régénérées en utilisant respectivement de la soude à 1,5 et 3,25 M.
Après extraction à partir du lixiviat HCl/H2O2-25%vol les phases C-15%/Oct et C-50%/Oct peuvent
être régénérées respectivement par de la soude 1,5 et 3,25 M.
78
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
100% 100%
80% 80%
60% 60%
Efficacité
Efficacité
40% 40%
20% 20%
0% 0%
0% 5% 10% 15% 20% 25% 0% 5% 10% 15% 20% 25%
a) Taux d'oxydant dans le lixiviat [%vol] b) Taux d'oxydant dans le lixiviat [%vol]
Figure 39 : Influence du taux d’oxydant dans les lixiviats HCl/H2O2 les efficacités d’extraction et de régénération des phases C-
< = 2 g.L-1, O/A = 1, C t Cc = 1,5 M (a).) ou 3 M (b).)).
15%/Oct (a).)et 50%/Oct (b).) (T = 25 °C, CaXb `9
Les taux d’extraction du platine par le mélange C-15%/Oct augmente de 80 à 87% en fonction du taux
d’oxydant dans les lixiviats sur l’intervalle [0 - 25]%. Sur cette plage le taux de régénération de la phase
organique augmente également de 79 à 88%.
L’augmentation du taux d’oxydant dans les lixiviats entre 0 et 25% provoque une hausse du taux
d’extraction en platine par la phase C-50%/Oct entre 96 et 99,7%. Le taux de régénération par la solution de
soude 3M augmente faiblement en fonction du taux d’oxydant jusqu’à 22% sur l’intervalle [0-3]%vol. Puis
une hausse de rendement de régénération très marquée de 22 à 88% est observée entre 3 et 5% d’oxydant
dans les lixiviats. Enfin pour des concentrations en oxydant comprises entre 5 et 25%, le rendement de
régénération croît faiblement en fonction du taux d’oxydant jusqu’à atteindre une valeur supérieure à 97%.
Pour les deux types de phases organiques étudiées, l’augmentation du taux d’oxydant dans le lixiviant
permet une légère amélioration de l’efficacité d’extraction. Ce phénomène déjà observé dans le cas du
Cyanex 923([148]), est surement dû à la diminution de la compétition entre les ions uv et wxuvzy lors
de l’extraction, du fait de l’augmentation du taux d’oxydant.
Par ailleurs, l’augmentation du rendement de régénération en fonction du taux d’oxydant confirme le
fait que le mécanisme de régénération est basé sur le changement de pH.
79
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
100%
80%
60%
Efficacité
40%
20%
0%
0% 20% 40% 60% 80% 100%
Taux de kérosène dans le diluant [%vol]
Figure 40 : Influence du taux de kérosène dans le diluant sur l’efficacité d’extraction par C-15%/diluant (T = 25 °C, lixiviat :
HCl/H2O2 3%vol, C<aXb = 2 g.L-1, O/A = 1).
L’augmentation du taux de kérosène dans le diluant de 0 à 60% provoque une très légère baisse de
l’efficacité d’extraction de 82 à 78%. Pour des valeurs supérieures à 70% de kérosène dans le diluant, le
rendement d’extraction augmente de 78 à 96% en fonction du taux du taux de kérosène. Cependant pour des
teneurs en kérosènes supérieures à 70%, la mise en contact des lixiviats avec le mélange Cyanex 923/diluant
entraîne la formation d’une troisième phase.
80
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
L’augmentation du taux d’extractant dans la phase organique permet une augmentation de l’efficacité
d’extraction. Cependant elle provoque une hausse de l’extraction d’HCl entraînant une baisse du rendement
de régénération par NaOH pouvant être expliqué par une augmentation de pH.
Enfin, l’utilisation de kérosène dans le diluant contenu dans la phase d’extraction ne permet pas d’améliorer
l’étape de séparation par solvant.
D’après les observations, l’extraction du platine par le mélange Cyanex 923-15%vol/octanol est un
bon compromis afin d’extraire efficacement la platine tout en limitant la quantité d’acide co-extrait.
Cette phase organique peut être efficacement régénérée par une solution aqueuse de soude de 1,5M.
Le Tableau 16 montre que l’efficacité d’extraction du platine à partir des deux types de lixiviats croît selon
l’ordre suivant en fonction des groupements fonctionnels : iminodiacétate < oxyde de phosphine < amines.
Globalement, les efficacités d’extraction du platine contenu dans les mélanges HCl/H2O2 3%vol sont plus
élevées que les rendements l’extraction à partir des lixiviats HCl/HNO3 25%vol.
81
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Dans les conditions de l’expérience, à masses de résines équivalentes, l’extraction du platine par la Chelex
100 est très peu efficace en comparaison avec les autres résines. Cette différence peut en partie être
expliquée par le fait que sa capacité théorique est inférieure à celles des autres adsorbants (Tableau 12). Ce
produit a donc été mis de côté pour l’étude de séparation du platine par résine.
Rendement de
Résine Lixiviant Solution de régénération
désorption [%]
Amberjet 4200 Cl HCl/H2O2-3%vol (NH2)2CS-0,5 M/HCl-0,5 M 81%
Na2S2O3 0,75 M 19%
NaOH 1 M 68%
HCl/HNO3-25%vol (NH2)2CS-0,5 M/HCl-0,5 M 88%
Na2S2O3 0,75 M 20%
NaOH 1 M 57%
Lewatit-MP-62 HCl/H2O2-3%vol (NH2)2CS-0,5 M/HCl-0,5 M 86%
Na2S2O3 0,75 M 6%
NaOH 1 M 79%
HCl/HNO3-25%vol (NH2)2CS-0,5 M/HCl-0,5 M 94%
Na2S2O3 0,75 M < 1%
NaOH 1 M 81%
MXP17 HCl/H2O2-3%vol NaOH 1 M 56%
HCl/HNO3-25%vol NaOH 1 M 50%
MXP18 HCl/H2O2-3%vol NaOH 1 M 59%
HCl/HNO3-25%vol NaOH 1 M 49%
Tableau 17 : Influence du réactif de régénération sur l’efficacité de désorption du platine (T = 25 °C, CaXb
< = 2 g.L-1, % -1
Résine = 20 g.L ).
De même que pour la séparation par solvant, le thiosulfate de sodium est le régénérant le moins efficace
dans tous les cas étudiés. L’utilisation de ce réactif entraîne également des problèmes de précipitation lors
de la régénération.
82
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
La désorption du platine des résines aminées (Amberjet 4200 Cl et Lewatit MP-62) est la plus efficace avec
le mélange (NH2)2CS/HCl avec une meilleure efficacité pour la Lewatit. L’efficacité de régénération des
résines par les solutions de soude augmente selon l’ordre suivant : MXP17≈MXP18 < Amberjet 4200Cl <
Lewatit-MP-62.
Concernant les résines aminées, les efficacités de régénérations avec la soude ne semblent pas dépendre du
type de lixiviat. La désorption du platine par la thiourée est plus efficace lorsque l’extraction a été réalisée à
partir du mélange HCl/HNO3-25%vol en comparaison à l’autre type de lixiviat.
Ce phénomène est probablement dû à des changements d’équilibres de complexation du platine en présence
de nitrates. Les régénérations des résines MXP17 et MXP18 sont plus efficaces après extraction du platine
contenu dans les lixiviats HCl/H2O2-3%vol en comparaison au lixiviats HCl/HNO3-25%vol.
D’après les résultats d’extraction (Tableau 12) et de régénération (Tableau 17), les résines aminées sont les
plus performantes pour assurer la séparation du platine contenu dans les lixiviats. Les résines Lewatit-MP-
62 et Amberjet 4200 Cl permettent d’obtenir des performances équivalentes concernant l’adsorption du
platine contenu dans les lixiviats étudiés (Tableau 12). Cependant, les efficacités de régénération de la résine
Lewatit-MP-62 sont plus élevées que pour la seconde. De plus, les amines tertiaires sont plus stables en
milieu alcalin que les amines quaternaires qui peuvent réagir pour former des amines moins substituées
[172]. Enfin, les squelettes des résines présentant un fort taux de réticulation sont les plus résistants face à la
dégradation en conditions oxydantes [159]. La résine Lewatit-MP-62 a donc été sélectionnée afin d’être
étudiée pour la récupération du platine à partir des lixiviats HCl/H2O2 et HCl/HNO3.
La résine Lewatit-MP-62 est très efficacement régénérée par le mélange thiourée/HCl. Cependant ce produit
a été délaissé pour des raisons de faisabilité de l’étape de précipitation (§1.5). Le thiosulfate de sodium n’a
pas non plus été conservé du fait des problèmes de précipitation observés en milieu acide. Dans le contexte
du développement du procédé, la soude a donc été sélectionnée pour assurer la régénération des
résines.
83
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
80%
Efficacité de desoption
60%
40%
20%
0%
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4
Concentration en NaOH [M]
Figure 41 : Influence de la concentration en soude sur l’efficacité de désorption du platine de la résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C,
CaXb
< = 2 g.L-1, % -1
Résine = 20 g.L ).
D’après les résultats représentés sur la Figure 41, le type de lixiviats utilisé lors de l’extraction ne semble
pas avoir d’impact sur la désorption du platine par les solutions de soude.
Pour les quatre cas étudiés, la régénération par de la soude est inefficace sur l’intervalle [0 - 0,125] M. Un
saut de rendement de désorption de 0 à environ 80% est observé avec l’augmentation de la concentration en
soude sur l’intervalle [0,125 - 0,25] M. Enfin, pour des concentrations en soude supérieures à 0,25 M,
aucune variation significative n’est observée.
L’allure des évolutions des taux de désorption en fonction de la concentration en NaOH semble indiquer que
la désorption du platine est provoquée par la hausse du pH, de façon analogue à ce qui a été observé lors de
la régénération des extractants.
Une concentration en soude de 0,25 M permet d’atteindre l’équivalence H+/OH-. Cependant afin de
réaliser toutes les études dans des conditions similaires, et de s’assurer du dépassement de
l’équivalence des solutions de NaOH 1 M ont été utilisées pour régénérer les résines.
84
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
100% 100%
80% 80%
60% 60%
Efficacité
Efficacité
40% 40%
20% 20%
0% 0%
0% 5% 10% 15% 20% 25% 0% 5% 10% 15% 20% 25%
a) Taux d'HNO3 dans le lixiviat [%vol] b) Taux d'H2O2 dans le lixiviat [%vol]
Figure 42 : Influence du taux d’oxydant (HNO3 (a).) et H2O2 (b).)) dans les lixiviats HCl/oxydant sur les efficacités d’adsorption et de
< = 2 g.L-1, % -1 t Cc = 1 M).
désorption de la résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C, CaXb Résine = 20g.L , C`9
Les résultats montrent que pour les lixiviats HCl/H2O2 l’augmentation du taux d’oxydant entre 0 et 25%
provoque une faible augmentation de l’efficacité d’extraction de 81 à 85%. Ce phénomène est certainement
dû à l’atténuation du phénomène de compétition entre les ions Cl- et PtCl0 lors de l’augmentation de la
teneur en peroxyde d’hydrogène, de même qu’observé lors de l’utilisation des extractants.
Concernant le lixiviat HCl/HNO3, l’augmentation du taux d’oxydant sur l’intervalle [0 - 25] %vol entraîne
une baisse de l’efficacité d’extraction de 81 à 66%. Ce processus qui est dû à l’augmentation de la
compétition des ions NO3 et PtCl0 lors de l’adsorption est significatif pour des taux d’acide nitrique
supérieurs à 10%vol (soit une concentration en nitrates de 1,6 M).
La Figure 42 montre également que le taux d’oxydant dans le lixiviat n’a pas d’influence sur l’efficacité de
désorption du platine si la régénération est effectuée avec des solutions de soude à 1 M.
Indépendamment du type de lixiviat, les solutions de soude de concentrations au moins égales à 0,25 M
permettent la désorption de 80% du platine ayant été extrait sur les résines.
85
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Alternatives B D
Composition du lixiviat HCl/H2O2-3%vol HCl/H2O2-3%vol
Phase d’extraction Cyanex 923-15%/octanol Lewatit-MP-62
Ratio 1 20 g.L-1
Solution de régénération NaOH-1,5 M NaOH-1 M
CPt [g.L-1] 0,93 1,50
pH 0,2 12,9
Tableau 18 : Composition des solutions aqueuses de platine après régénération des phases d’extraction.
L’utilisation de forts taux d’acide nitrique dans le lixiviant (supérieures à 5%vol) entraine une baisse des
efficacités de séparation par solvant et résine. Or pour des faibles concentrations d’HNO3, les lixiviats
HCl/HNO3 auront une composition proche de celles du mélange HCl/H2O2-3%vol. Les essais de
précipitation n’ont donc pas été approfondis pour les alternatives A et D.
La précipitation du platine par le chlorure d’ammonium n’a pas pu être effectuée après la régénération des
phases d’extraction en conditions de pH acide en présence de thiourée. En effet, aucun précipité n’a été
observé pour les concentrations de NH4Cl sur l’intervalle [0 - 200] g.L-1.
86
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
80%
60%
Efficacité
40%
20%
0%
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Concentration NH4Cl [g.L-1]
Figure 43 : Influence de la concentration en NH4Cl sur l’efficacité de précipitation du Pt contenu dans les solutions de régénération
des alternatives B et D (T = 25 °C).
Les résultats obtenus dans le cas du procédé B sont cohérents avec le modèle théorique. Cependant, à
concentration de NH4Cl équivalente, la précipitation est moins efficace avec le procédé D qu’avec la voie B,
bien que la concentration en platine après régénération soit supérieure dans le cas de l’alternative D
(Tableau 18). Cette différence peut être expliquée par un pH plus élevé dans le cas de l’alternative D
entraînant une baisse de la concentration en NH4Cl selon la Réact. [28].
87
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
NH4+ + H2O = NH3 (g) + H3O+ (Ka = 5.6 10-10) Réaction [35]
Avec 7H3 O 8 = 10 ^c , la résolution de l’Eq. [17], obtenue par résolution du système précédent, permet de
déterminer 7PtCl0 8, puis le taux de précipitation grâce à l’Eq. [12].
jKa + 10 ^ck
−Ks „ … + 4b − 2a6 7PtCl0 8 + 44b − 2a6 7PtCl0 8 + 47PtCl0 83 = 0
10 ^c
Équation [17]
Les résultats obtenus en considérant les paramètres suivants, sont présentés sur la Figure 44 :
- concentration en platine fixée (CPt) à 1 g.L-1 (soit 0,0051 M),
- pH variant sur l’intervalle [1 - 12],
- 7NH1 Cl8 variant sur l’intervalle [0,093 - 0,56] M (soit [5 – 30] g.L-1).
88
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
5g. L d
Efficacité
10g. L d
15g. L d
20g. L d
25g. L d
30g. L d
pH
Figure 44 : Influences théoriques du pH et de la concentration chlorure d’ammonium sur l’efficacité de précipitation.
La Figure 44 montre que pour des pH de 0 à 7, pour toutes les concentrations en chlorure d’ammonium
étudiées, le rendement de précipitation est constant. L’augmentation du pH au-delà de 7 provoque alors une
très forte chute du taux de récupération en platine. L’efficacité de précipitation devient nulle pour des fortes
valeurs de pH car le produit de solubilité Ks n’est pas atteint dans ces conditions.
Les résultats montrent qu’une concentration en chlorure d’ammonium de 25 g.L-1 devrait être suffisante
pour précipiter au moins 99% du platine contenu dans les solutions de régénération. Ce résultat est valable
pour une concentration en métal supérieure à 1 g.L-1, en considérant que le platine est très majoritairement
présent sous forme PtCl0 .
89
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
80%
60%
Efficacité
40%
20%
0%
0 0,5 1 1,5 2
Concentration HCl [M]
Figure 45 : Influence de la concentration en acide chlorhydrique sur l’efficacité de précipitation du Pt contenu dans les solutions de
régénération des alternatives B et D (T = 25 °C).
Pour l’alternative D aucun précipité n’a été observé sans ajout d’acide chlorhydrique. L’augmentation de la
concentration en acide chlorhydrique entraîne une forte amélioration de l’efficacité de précipitation de 0 à
66% sur l’intervalle [0 - 0,25] M. Pour des valeurs de concentration en HCl supérieures à 0,25 M,
l’augmentation de la concentration en acide entraîne une hausse du rendement de précipitation entre 66 et
environ 81%.
En ce qui concerne l’alternative B, le rendement de précipitation reste supérieur à 98% sur toute la gamme
de concentration d’HCl étudiée, conformément au modèle théorique.
Globalement, les taux de précipitation obtenus dans le cas de l’alternative D sont inférieurs à ceux de
l’alternative B. Ce phénomène peut être en partie expliqué par la différence de conditions de pH, lors de la
précipitation. Cependant, même en acidifiant fortement le milieu avec 1,92 M d’HCl (abaissant le pH en
dessous de 0), l’efficacité de précipitation tend vers 81%. Après régénération des résines par de la soude
1M, le platine est donc certainement présent sous des formes hydratés autres que PtCl0 (Annexe 1.2 -
Figure 95).
90
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Pour l’étude de la séparation par résine, la concentration massique en résine par volume de lixiviat a été
fixée à 20 g.L-1. En ce qui concerne l'efficacité de désorption, la soude peut être utilisée pour la désorption
du platine à partir de la résine Lewatit-MP-62. La concentration optimale de la solution de régénération est
de 0,25 M. Cette valeur permet de régénérer efficacement la résine tout en minimisant la consommation en
réactif.
La précipitation de platine n'a pas été étudiée en détail durant cette thèse, mais une concentration de 25 g.L-1
NH4Cl permet la récupération efficace du platine avec l’alternative B.
Pour améliorer la récupération du platine avec l’alternative D, une quantité d’HCl correspondant à une
concentration totale supérieure à 1,3 M doit être ajoutée lors de la précipitation. La diminution de la
concentration en soude lors de la régénération de la résine Lewatit-MP-62 permettrait également une
amélioration de l’efficacité de précipitation.
91
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les paramètres optimaux de fonctionnement des différentes étapes du procédé sont regroupés dans le
tableau suivant :
92
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
2. Optimisation multi-étages
Les efficacités des différentes étapes du procédé de récupération du platine peuvent être améliorées en
effectuant des opérations multi-étages. L’optimisation des étapes de séparation par solvant et par résine à
partir des paramètres optimaux précédemment définis dans le Tableau 19 est présentée dans cette partie.
Dans le cas d’un procédé continu, la meilleure configuration pour ce type d’optimisation est une disposition
en contre-courant. Cependant, les expérimentations ayant été réalisées en procédés batch, l’optimisation a
été effectuée en courants croisés. L’optimisation de l’étape de lixiviation étant limitée cinétiquement et non
thermodynamiquement (Chapitre 3 - §2.2), elle n’a pas été étudiée dans cette partie. L’étude de la
récupération par précipitation n’ayant pas été approfondie, cette étape n’a pas été optimisée.
En configuration courant croisés, l’étape d’extraction liquide/liquide peut-être décomposée en une série
Aq Aq
d’étages représentée sur la Figure 46. Avec pour un étage j donné : Cj-1 , Vj-1 , Cj et Vj , respectivement les
Aq Aq
Un schéma analogue au cas de l’extraction liquide/liquide peut être établi pour le cas de l’extraction par
Aq Aq Aq Aq
résine (Figure 47). Avec pour un étage j donné : Cj-1 , Vj-1 , Cj et Vj , respectivement les concentrations en
platine et volumes des phases aqueuses en entrée et sortie d’étage et : w0Rés , mRés Rés
0 , wj et m`éV
j ,
respectivement les concentrations en platine sur résine et les masses de résine en entrée et sortie d’étage.
93
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Figure 47 : Disposition des étages d’équilibres d’extraction par résine en configuration courant-croisés.
94
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
2,5
2,0
1,5
COrg [g.L-1]
1,0
0,5
0,0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
CAq [g.L-1]
Figure 48 : Courbes d’équilibres d’extraction du platine des lixiviats HCl/H2O2 et HCl HNO3 par le mélange C-15%/Oc (T = 25 °C, O/A
= 1).
H2O2-3% HNO3-5%
1,4
1,2
1,0
CAq [g.L-1]
0,8
0,6
0,4
0,2
0,0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7
COrg [g.g-1]
Figure 49 : Courbe d’équilibre de régénération de la phase C-15%/Oct par la soude (T = 25 °C, O/A = 1, C`9
t Cc = 1,5M).
95
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les équilibres d’extraction du platine par le mélange Cyanex 923/octanol étant linéaires dans les conditions
En utilisant l’Eq. [19], l’efficacité d’extraction par solvant peut être exprimée selon l’équation suivante :
Org Org Aq Org Org
Cj × Vj Cj × V j Vj
%Esolvant = = αeb = αeb
lVj + αeb × Vj o
Ext Aq Aq Aq Aq Aq Org Équation [20]
Cj-1 × Vj-1 Cj-1 × Vj-1
Finalement, l’équation suivante peut être utilisée afin de déterminer le nombre d’étages théorique et
l’efficacité d’extraction par solvant correspondante.
αeb × βeb
%Esolvent
j1+ αeb × βeb k
Ext = Équation [21]
Avec :
Org
Vj
βeb = Aq Équation [22]
Vj
En utilisant l’Eq. [21] et l’Eq. [22], le rendement d’extraction par solvant peut être déterminé en fonction du
nombre d’étage théoriques d’équilibre.
L’optimisation de l’étape de régénération des phases organiques a été réalisée de manière analogue, les
bilans de matière effectués ne sont donc pas détaillés dans ce rapport. En considérant
Aq Org
l’équilibre Cj = α`9 × Cj , l’efficacité de régénération par étage a été calculée selon l’équation suivante :
α`9 × β`9
%Esolvent =
l1+ α`9 × β`9 o
Rg Équation [23]
Avec :
Aq
Vj
β`9 = Org Équation [24]
Vj
96
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les rendements globaux d’extraction ou régénération par résine et par solvants pour les étages j compris sur
l’intervalle [0 – n] ont été calculés selon l’Eq. [25] en fixant E = 0 :
Y
9%?Œ %
%EY = • EŽ • j1− EŽ k Équation [25]
ޕd ޕY d
Les résultats obtenus et les paramètres utilisés pour la réalisation des calculs de détermination des nombres
d’étages théoriques sont regroupés dans le Tableau 20.
Les résultats montrent que la mise en place de trois étages d’extraction successifs permettrait d’extraire
99,2% et 98,2% du platine, respectivement à partir des lixiviats HCl/H2O2-3%vol et HCl/HNO3-5%vol. En
disposition courant croisés, la mise en place de trois étages de régénération successifs permettrait d’assurer
la régénération de 98,7% du platine contenu dans les phases organiques.
‘w`éVXYZ
CDUVK ’
w`éVXYZ =
CDUVK‘+1
Équation [26]
Avec w`éVXYZ la charge en Pt à l’équilibre sur la résine en [mg.g-1] et CDUV la concentration en métal dans la
phase aqueuse en [g.L-1].
97
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
En inversant l’Eq. [26] et en transformant l’Eq. [27] avec la fonction logarithme on obtient :
1 1 1
= ’ +
w`éVXYZ w`éVXYZ CDUVK ‘w`éVXYZ
’ Équation [28]
Les modèles de d’adsorption peuvent être testés en traçant les fonctions suivantes :
1 1
= “ ” •
• pour le modèle de Langmuir : w`éVXYZ CDUV
1
pour le modèle de Freundlich : log(w`éVXYZ) = “ ” •
CDUV
•
Les valeurs des coefficients directeurs et des pentes des droites de régression obtenues (Tableau 21) ont été
utilisées afin de déterminer les paramètres des expressions des modèles d’adsorption à partir de leurs
linéarisations (Eq. [28] et Eq. [29]). Les courbes d’équilibres obtenues à partir des deux lixiviats étant
superposables, seul l’étude d’optimisation a été réalisée en considérant uniquement le lixiviat HCl/H2O2-
3%vol.
Freundlich Langmuir
b a R 2
–—阙š›
’
[mg.g-1] Κ R2
0,702 1,13 0,973 230 1,54.10-3 0,998
Tableau 21 : Paramètres de modélisation de l’adsorption sur résine à partir du lixiviat HCl/H2O2-3%vol (T = 25 °C, %Résine = 20 g.L-1).
Les coefficients de régression R2 sont élevés pour les deux modèles. Cependant la comparaison avec les
points expérimentaux sur la Figure 50 montre que l’adsorption du platine sur résine est la mieux décrite par
le modèle d’isotherme de Langmuir.
Les équilibres de régénération de la résine Lewatit-MP-62 sont représentés sur la Figure 51.
98
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
240
200
160
CRés [mg.g-1]
120
80
40
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
-1
CAq [mg.L ]
Figure 50 : Courbes d’équilibres d’extraction du platine des lixiviats HCl/H2O2 et HCl HNO3 par la résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C,
%Résine = 20 g.L-1).
H2O2-3% HNO3-5%
2 500
2 000
CAq [mg.L-1]
1 500
1 000
500
0
0 5 10 15 20 25
CRés [mg.g-1]
Figure 51 : Courbes d’équilibres de régénération de la résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C, %Résine = 20 g.L-1, C`9
t Cc = 1 M).
99
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les équilibres de régénération de la résine par de la soude à 1 M sont les mêmes pour les deux types de
lixiviat utilisés lors de l’extraction. En première approximation, les courbes d’équilibres correspondantes
(Figure 51) ont été assimilées à des droites.
La méthode graphique de Mc Cabe-Thiele a été utilisée pour définir le nombre d’étages théoriques
d’extraction à partir du modèle de Langmuir. Le bilan sur un étage j donne :
Avec wRés
j et mj respectivement, la masse de platine adsorbée par masse de résine en [g.g-1] et la masse de
résine. Les volumes de lixiviats et masses de résine étant constantes :
L’équation des droites opératoires permettant la détermination des teneurs en platine en fonction du rapport
volume de lixiviat sur masse de résine est la suivante :
V w0 - wj
− =
mRés Cj-1 - Cj
Équation [32]
La construction de Mc Cabe Thiele réalisée pour la détermination du rendement d’extraction par résine est
représentée sur la Figure 52. Pour les deux types de lixiviats l’Eq. [32] et de la courbe d’isotherme théorique
de Langmuir ont été utilisées.
200 24
20
160
16
CRés [mg.g-1]
120
CRés [mg.g-1]
12
80
8
40 4
0 0
0 500 1000 1500 2000 0 20 40 60 80
CAq [mg.L-1] CAq [mg.L-1]
Figure 52 : Construction de McCabe-Thiele pour la détermination de nombre d’étages théoriques d’extraction du platine par la
résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C, %Résine = 20 g.L-1).
100
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Les équilibres de désorption du platine de la résine Lewatit-MP-62 pouvant être assimilés à des droites de
Aq
pente Cj = α`9 × wjRés, une méthode linéaire analogue à la méthode présentée pour l’extraction liquide-
liquide a été utilisée. L’efficacité de régénération par étage a été calculée selon l’équation suivante :
α`9
%Esolvant
j%`éVXYZ + α`9 k
Rg = Équation [33]
Les efficacités des étapes de séparation en fonction du nombre d’étages théoriques sont regroupées dans le
Tableau 22.
Les résultats montrent qu’en configuration courants croisés, la mise en place de trois étages d’extraction
successifs permet d’adsorber 99,3% du platine contenu dans les lixiviats HCl/H2O2-3%vol et HCl/HNO3-
5%vol. Ensuite, 99,8% du platine contenu dans les résines devrait être desorbé en effectuant trois
régénération successives par de la soude à 1 M.
Les efficacités théoriques des étapes de séparation correspondant aux deux configurations précédemment
définies ont été calculées et regroupés dans le Tableau 24. Les deux configurations choisies devraient
permettre de récupérer au moins 97% du platine contenu dans les lixiviats.
101
Chapitre 2 : Etude laboratoire de la récupération du Pt
Alternatives de récupération A B C D
Séparation (2 × 1) étages 69% 71% 77% 77%
Séparation (3 × 3) étages 97% 98% 99% 99%
Tableau 24 : Efficacités théoriques de séparation du platine selon la configuration en courants-croisés (T = 25 °C).
Suite à cette étude d’optimisation, tous les essais laboratoire ont été conduits à partir d’assemblages
membrane-électrodes.
102
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’assemblages
membranes électrodes de PEMFC
A la suite des études préliminaires réalisées sur des catalyseurs Pt/C, la récupération du platine été réalisée
directement à partir d’AME neuves.
Quatre études ont été plus particulièrement menées dans cette partie :
• Une première étude portant sur l’établissement d’un bilan complet du procédé de récupération du
platine en configuration batch comprenant des étapes de séparation multiétagées.
• Une deuxième sur la mise en œuvre d’une voie innovante et alternative à la précipitation.
• Une troisième sur l’influence du recyclage des réactifs.
• Enfin, une dernière sur l’étude des processus limitants lors de la lixiviation et de la séparation en
vue de rassembler les paramètres nécessaires au dimensionnement d’un procédé de récupération du
platine d’AME de PEMFC.
103
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
104
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les résultats obtenus pour les étapes des quatre alternatives sont regroupés dans le Tableau 26. Afin de
comparer les alternatives, les incertitudes sur les rendements globaux de récupération en Pt, calculées
d’après les erreurs maximales commises sur chaque procédé (Annexe 2.6 - Tableau 58) sont également
indiquées dans le Tableau 26.
Alternatives de récupération A B C D
Lixiviation 93% 91% 93% 91%
Séparation (2 × 1) étages 81% 86% 86% 89%
Précipitation 85% 97% 90% 89%
Efficacité de récupération 64±4% 76±4%% 72±4%% 72±4%%
Tableau 26 : Efficacités expérimentales de récupération du platine à partir des CCM Paxitech (T = 25 °C).
La lixiviation directe du platine contenu dans les AME par le mélange HCl/H2O2-3%vol (procédé B et D)
permet une hausse de l’efficacité de dissolution de 88,9 à 91% par rapport au catalyseur seul (Chapitre 2 -
§0). En utilisant le lixiviant, HCl/HNO3-5%vol (procédés A et C) le rendement de dissolution en platine
augmente de 88,2% à partir des catalyseurs Pt/C à 93% à partir des CCM. Cette faible hausse peut être
expliquée par la présence des groupements sulfonés acides du fluoropolymère présents dans la membrane et
les électrodes dans le cas de la lixiviation directe des CCM. La lixiviation d’électrodes de PEMFC est
légèrement plus efficace avec le mélange HCl/HNO3-5%vol qu’avec le lixiviat HCl/H2O2-3%vol.
Pour toutes les alternatives, les efficacités de séparation obtenues expérimentalement (Tableau 26), sont
d’environ 10% supérieures par rapport aux valeurs théoriquement obtenues (Chapitre 2 - Tableau 24). La
différence peut être expliquée par la variation de composition entre les lixiviats synthétiques et réels. Dans
les deux cas, l’efficacité de séparation du platine par la résine Lewatit-MP-62 (86 et 89%) est supérieure à
l’efficacité de séparation par le mélange Cyanex 923/octanol (81 et 86%). La séparation du platine est plus
efficace après lixiviation par le mélange HCl/H2O2-3%vol en comparaison aux cas où l’acide nitrique est
utilisé.
Enfin les efficacités de précipitation obtenues dans le cadre de la récupération du platine à partir des CCM
sont proches de celles mesurées dans le cadre de l’étude de cette étape (Chapitre 2 - §1.5.3). Pour
l’alternative B le rendement de précipitation a baissé d’environ 98,6 à 97% pour l’essai avec les solutions
réelles. En ce qui concerne l’alternative D, le rendement a augmenté de 81 à 89%. La différence des
conditions de lixiviation (présence de la membrane), impactent les compositions des solutions de
régénération entrainant certainement des variations de rendement de précipitation.
105
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Dans le cas où l’extraction liquide-liquide est mise en œuvre, le rendement global de récupération de platine
est supérieur lorsque le peroxyde d’hydrogène est utilisé comme oxydant. Si la séparation est effectuée par
résine, le type de lixiviat a peu d’influence sur l’efficacité globale de récupération. Aux vues des incertitudes
sur les rendements de récupération les alternatives B, C et D ont des efficacités proches et sont plus
efficaces que l’alternative A.
Les efficacités des différentes étapes et les bilans de consommation de réactifs, d’énergie et
d’émissions des procédés ont permis de réaliser l’analyse du cycle de vie du procédé présentée en
détail dans le Chapitre 4 - §3.3). D’après cette première analyse du cycle de vie, seul le lixiviat
HCl/H2O2 a été conservé pour l’étape de lixiviation. En effet, dans les cas où ce lixiviat est utilisé, les
impacts environnementaux des cycles de vie (CdV) d’AME sont inférieurs ou égaux à ceux obtenus en cas
de l’emploi du mélange HCl/HNO3. De plus, l’utilisation d’H2O2 permet d’éviter le dégagement de NOx lors
de la lixiviation, dont le traitement n’a pas été intégré à l’ACV (Chapitre 4 – §2.2).
L’alternative la plus efficace dans nos conditions opératoires semble être l’alternative B avec un taux de
récupération du platine contenu dans une CCM de 76 %. Bien que légèrement moins efficace, le rendement
de l’alternative D peut être amélioré en augmentant les étages de séparation. Les alternatives B et D ont
donc été utilisées pour traiter les AME CEA contenant un catalyseur Pt/Co et susceptibles d’être
produites à plus grande échelle.
106
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
107
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Afin de déterminer les masses de catalyseurs n’ayant pas été lixiviées à faible température, les AME
récupérés après toutes les lixiviations réalisées à 25 °C ont été lixiviées une seconde fois par de l’eau régale
à 109 °C pendant 5h. En effet, Angeledis et Skouraki [119] ont indiqué que plus de 99% du platine contenu
dans des catalyseurs pouvait être dissous après 30 min de lixiviation dans de l’eau régale à 109 °C.
Les rendements de lixiviation à froid ont ainsi été calculés selon l’équation suivante :
CaXb
:°
× VaXb
:°
%Elix =
CaXb
:°
× VaXb
:°
+ CaXb
d g°
× VaXb
d g° Équation [34]
Avec VaXb
•°
(L) le volume et CaXb
•°
(g.L-1) la concentration de Pt dans le lixiviat à une température T.
Les solutions de lixiviation récupérées ont été utilisées pour réaliser la séparation du platine par résine ou
par solvant. Le mélange Cyanex 923-15%vol/Octanol a été utilisé pour l’extraction du platine en conservant
un ratio O/A de 1. Les extractions par résine ont été réalisées à partir de volumes de lixiviats de 10 mL avec
la Lewatit-MP-62 en conservant une concentration de 20 g.L-1.
Les régénérations des phases organiques et des résines récupérés après un étage d’extraction ont été
effectuées avec des volumes de solution de soude respectivement de 4 et 10 mL. L’influence de la
concentration en NaOH a été étudiée en la faisant varier entre [0 et 3] M dans le cas des solvants et entre [0
et 1] M pour la résine.
Afin de quantifier la séparation des métaux, des rapports d’efficacité ont été calculés selon les équations
suivantes :
%ESolvant
Rapport ]?%Ÿ
</ ? =
Y Ext-Pt
%ESolvant
Équation [35]
Ext-Co
%EDUV
`éVXYZ
<
Rapport `éVXYZ
</ ? =
%EDUV
`éVXYZ
Équation [36]
?
solvant et résine calculés de façon analogue aux rendements définis dans le Chapitre 2 - Eq. [2] et Eq.[5].
Pour les essais de régénération des solvants, le ratio molaire d’espèces métalliques en solution a été indiqué
afin de quantifier la séparation platine / cobalt.
DE
C`9 ?
Ratio espèces dissoutes = DE
C`9 <
Équation [37]
DE DE
Avec C`9 ? et C`9 < [mol.L-1], les concentrations respectives en cobalt et platine dans les solutions de
régénération.
108
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
A la suite de ces expérimentations, des bilans en platine et cobalt ont été réalisés en considérant les étapes de
lixiviation et de séparation. Pour des raisons de faisabilité en procédé discontinu, les étapes de séparations
ont été conduites selon une configuration en courants croisés.
Chaque phase organique obtenue a été régénérée successivement trois fois avec de la soude conformément à
l’étude d’optimisation multiétage (Chapitre 2).
Les résines chargées en métaux ont été régénérées une fois à l’eau en fixant une concentration de résine de
400 g.L-1, dans le but de maximiser la concentration de cobalt dans les solutions récupérées. Puis les résines
ont été régénérée successivement trois fois par de la soude 1M selon l’étude de d’optimisation multiétage
(Chapitre 2).
Enfin, la précipitation du platine a été réalisée à partir des solutions de Pt en sortie des étages de
régénération (1;1) et (1;2) respectivement après séparation par solvant et par résine en fixant les paramètres
suivants : C c %
= 1,5 M et C tc{ %
= 25 g.L-1. Des volumes de solution de régénération de 90 mL ont été
utilisés pour ces manipulations.
Le sel obtenu après la voie de séparation par résine a été séché pendant 15 h à 100 °C puis analysé par
diffractométrie de rayons X (DRX) afin de vérifier qu’il était majoritairement composé
d’hexachloroplatinate d’ammonium. Cette analyse a été réalisée par un diffractomètre Rigaku Minifelx.
De même que pour le platine, toutes les concentrations en cobalt ont été analysées avec un spectromètre
Varian 700.
Les efficacités de lixiviation mesurées d’environ 99% pour le cobalt et 96% pour le platine, sont très
proches les unes des autres. Les faibles différences observées peuvent être dues à la variation du chargement
en catalyseur ou de la structure des électrodes induites au niveau du procédé de production des AME. Cette
étude montre que les prétraitements mis en œuvre n’ont pas une influence significative sur les taux de
dissolution des catalyseurs.
109
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Cependant, comme remarqué dans le cas des CCM, la lixiviation des métaux présents au sein des électrodes
est plus efficace que lorsque le catalyseur est lixivié seul. En effet dans le cas du catalyseur PtCo/C, seul 85
% et 91% de rendement en Co et Pt ont été respectivement obtenus pour le Co et le Pt. Cette différence qui
est nettement plus marquée dans le cas des catalyseurs PtCo/C que pour les catalyseurs Pt/C est
certainement due à la présence des groupements acides du fluoropolymère présent dans les électrodes.
Par ailleurs, des observations au microscope électronique en transmission (MET) dont le principe est détaillé
en partie 3.1.2, ont montré que :
• les petites particules métalliques ont été dissoutes (Figure 53. a)),
• du Pt et du Co subsistaient sous forme de nanoparticules de 20 nm de diamètre (Figure 53. b)).
Ces "grosses" particules n’ont certainement pas été dissoutes du fait de la faible concentration en oxydant en
fin de lixiviation (voir essais cinétiques en partie 5.2.2).
Support carboné
(zones claires)
Particules métalliques
(zones sombres)
a) b)
Figure 53 : Images MET du catalyseur PtCo/C après lixiviation.
La découpe des AME en morceaux de 16 cm2 étant la plus simple à mettre en œuvre, ce prétraitement
a été conservé pour la récupération de lixiviats dans les autres études.
110
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les résultats montrent que pour les deux techniques utilisées, un fort taux de cobalt est co-extrait avec le
platine. Sur un unique étage, la résine permet une meilleure séparation des métaux, cependant comme pour
le cas des autres études, elle extrait moins efficacement le platine.
Suite à ces résultats, des essais de séparation des métaux ont été menés lors de l’étape de régénération.
100% 0,45
80% 0,36
Efficacité de régénération
40% 0,18
20% 0,09
0% 0,00
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3
Concentration régénérant [M]
Figure 54 : Influence de la concentration en soude sur la séparation Pt-Co à partir de la phase Cyanex 923-15%vol/Octanol (T = 25
°C, CaXb
< = 2 g.L-1, C ? = 0,2 g.L-1 O/A = 1).
aXb
Une partie du cobalt contenu dans les phases organiques a pu être récupérée en solution pour les faibles
concentrations en soude. Pour une solution de régénération à 3 M de soude, la régénération du mélange
Cyanex 923/Octanol a entraîné la précipitation du cobalt. Le taux de récupération du cobalt en phase
aqueuse diminue d’environ 99% à 88% avec l’augmentation de la concentration en soude sur l’intervalle [0-
2,8] M. Ce phénomène qui est certainement dû aux variations de la spéciation du cobalt en fonction du pH
n’a pas été étudié en détail.
111
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les résultats montrent que sur l’intervalle [0-3] M l’augmentation de la concentration en soude lors de la
régénération permet une amélioration de l’efficacité de régénération du platine de 56 à 86%. Les rendements
de régénération en platine sont proches de ceux obtenus pour l’étude d’optimisation multiétage (Chapitre 2).
La présence de cobalt n’a donc pas une influence significative sur l’efficacité de régénération par la soude.
Pt Co dissous Co solide
100%
80%
Efficacité de régénération
60%
40%
20%
0%
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
Concentration régénérant [M]
Figure 55 : Influence de la concentration en soude sur la séparation Pt/Co à partir de la résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C, CaXb
< =2
g.L-1, CaXb
? = 0,2 g.L-1, % -1
Résine = 20 g.L ).
112
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Plus de 99% du cobalt contenu dans la résine a pu être récupéré en solution en régénérant les résines avec
des solutions de concentration en soude inférieures à 0,1 M. Les régénérations avec des solutions de soude
de concentrations supérieures ou égales à 0,25 M ont entraîné la précipitation du cobalt. L’efficacité de
désorption du platine est d’environ 1% pour des concentrations en soude comprises entre 0 et 0,1 M puis
elle augmente brusquement jusqu’à 81% avec la hausse de la concentration en soude entre 0,1 et 0,2.
Espèces adsorbées
wxuvzy
u¢uvz£ wxuvzy
u¢uv¤
¥z wxuvy ¥z u¢uv£
Squelette
wxuvzy
de la résine
¥uv ¥z wxuvy wxuvzy
¥uv ¥z wxuvy ¥uv
wxuvzy
¥uv
¥uv ¥u¢uv¤
¥uv
Pores wxuvzy wxuvzy
(HCl et métaux dissous)
De même que pour le cas de régénération des extractants, la présence de cobalt a un impact négligeable sur
la désorption du platine de la résine.
D’après les remarques précédentes, la séparation des métaux peut être réalisée en désorbant le cobalt
avec de l’eau puis en récupérant le platine grâce à une solution de soude de concentration supérieure
à 0,25 M. La précipitation du cobalt en présence de la résine n’a pas été testée car cela compliquerait sa
récupération et pourrait entraîner la dégradation de l’adsorbant. De plus la formation de grandes quantités de
précipité au sein des pores de la résine entraînerait une dégradation prématurée de l’adsorbant.
113
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
114
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les résultats montrent qu’avec le mélange Cyanex 923-15%/Octanol, l’efficacité d’extraction du platine par
étage est d’environ 83%, cette dernière ne semble pas dépendre du nombre d’étage (courbe d’équilibre
linéaire). Cependant, l’efficacité d’extraction du cobalt par étage diminue de 60 à 27% avec le nombre
d’étage. Cette évolution est probablement due à la variation de concentration ou de coordination du cobalt
en solution aqueuse. Après les premières régénérations des phases organiques, les efficacités de récupération
en platine par la soude sont supérieures à 86%. Cependant, pour les régénérations 2 et 3, les rendements de
récupération du platine contenu dans les phases organiques sont inférieurs à 10.
La mise en place des trois étages d’extraction permet la récupération de 99,5% du platine contenu dans les
lixiviats. La mise en place d’un étage de régénération après chaque étage d’extraction permet la récupération
de 80% du platine contenu dans les lixiviats. L’ajout des deuxièmes étages de régénération permet une
faible augmentation du rendement global de séparation de 87 à 88%. Enfin la mise en place des troisièmes
étages de régénération a très peu d’impact sur le rendement de séparation globale en platine.
Les efficacités de récupération du platine dans les étages de régénération 2 et 3 sont inférieures à
celles attendues. Ceci montre qu’une partie du platine extrait reste au sein des phases organiques.
En ce qui concerne la séparation par résine, l’efficacité d’extraction du platine sur les étages 2 et 3 sont
d’environ 10% supérieures à l’efficacité d’extraction du platine sur le premier étage. Le taux d’extraction du
cobalt augmente de 37 à 50% en fonction du nombre d’étages d’extraction. Ces évolutions peuvent être
expliquées par la baisse de concentration en métaux dans le lixiviat en fonction de l’augmentation du
nombre d’étages d’extraction. Les régénérations des résines avec l’eau permettent la récupération d’environ
59% du cobalt adsorbé sur les résines. Environ 80% du platine adsorbé peut être récupéré dans les étages de
régénération 2 en présence de soude 1 M. Cependant, les rendements de récupération du platine au niveau
des étages de régénération 3 et 4 sont inférieurs à 11%.
115
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les trois étages d’extraction permettent l’extraction de 99,0% du platine contenu dans les lixiviats. La mise
en place des étages de régénération 1 permet la séparation de 59% du cobalt. Pour l’étage de régénération de
la première résine par de l’eau, l’augmentation de la concentration en résine de 20 à 400 g.L-1 permet une
augmentation de la concentration en cobalt de 0,08 à 1,1 g.L-1 mais entraîne une diminution du rendement
de plus de 99% (
Figure 55) à 74% (Tableau 30).
La mise en place des étages de régénération 2 permet la récupération en phase aqueuse d’une quantité de
platine correspondant à 80% de la quantité initialement présente dans le lixiviat. L’ajout d’un troisième
étage de régénération permet l’amélioration du rendement global de séparation en platine de 80 à 82%.
L’ajout du quatrième étage de régénération a très peu d’impact sur le rendement global de séparation en
platine.
De même que pour les essais de séparation par solvant, les efficacités de régénération des résines par
les étages 3 et 4 sont inférieures à celles attendues d’après l’optimisation multiétage (Chapitre 2).
Mêmes après trois régénérations successives, une partie du platine extrait reste donc adsorbée sur les
résines.
Le sel de platine formé après précipitation à partir de la solution de régénération des résines a été analysé
par DRX sur la plage d’angle de déviation [10-100] degrés. La manipulation a été répétée en utilisation de
l’hexachloroplatinate d’ammonium d’une pureté de 99,999% fourni par Sigma Aldrich. Les
diffractogrammes obtenus sont représentés sur la Figure 57 et la Figure 58.
116
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Reférence Solvant
Intensité
10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
2θ [°]
Figure 57 : Spectre DRX du sel de platine produit par la voie B comparé au sel de référence (NH4)2PtCl6.
Reférence Résine
Intensité
10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
2θ [°]
Figure 58 : Spectre DRX du sel de platine produit par la voie D comparé au sel de référence (NH4)2PtCl6.
Les diffractogrammes obtenus confirment que les sels de platine récupéré sont majoritairement composés
d’hexachloroplatinate d’ammonium, cependant, ils ne permettent pas de conclure quant à sa pureté.
Les résultats des essais de précipitation montrent que la récupération du platine après séparation par résine
est moins efficace que dans le cas de la séparation par solvant (comme observé lors de l’étude de cette étape
dans le Chapitre 2).
117
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les résultats montrent que les efficacités de la récupération du platine à partie d’AME sont proches de celles
obtenues à partir de CCM. Les écarts entre les deux cas peuvent être imputés à l’incertitude expérimentale
plus importante dans le cas des CCM. Cependant, ils peuvent aussi être liés aux facteurs suivants :
• présence de Co dans les AME CEA,
• différence de composition entre les fluoropolymères utilisés dans les AME et les CCM.
Les consommations de matière et d’énergie des diverses étapes des procédés de récupération ont été
utilisées pour réaliser une seconde ACV concernant le recyclage d’AME PtCo/C. Les résultats obtenus
(Chapitre 4 - §4.3) ont montré que l’impact environnemental du CdV considérant l’alternative B était encore
inférieur à celui prenant en compte la voie D. Cependant, l’impact du fonctionnement du procédé de
récupération du platine (défini par masse de platine en entrée de procédé) par la voie D est plus important
que pour la voie B du fait de l’impact de la production des solvants organiques.
118
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
De plus, la séparation du platine par extraction liquide-liquide entraîne une migration d’environ 50% du
lixiviat vers la phase organique sur trois étages d’extraction. Les taux de réduction des volumes de lixiviats
après extractions sont donnés dans le Tableau 33.
Ce phénomène d’extraction d’acide et d’eau a déjà été expliqué lors d’une étude de l’extraction des métaux
par divers extractants [173]. En solutions acides, les complexes métalliques sont extraits au sein de micelles
inverses contenant une phase aqueuse acide (voir Figure 59).
Agitation
Figure 59 : Formation de micelles lors de l’extraction d’anions métallate par les oxydes de phosphines (adapté de [173]).
Des dosages ont confirmé qu’après le premier étage d’extraction, la phase organique contenait 15%
massiques d’eau et 3,3.10-3 mol.g-1 d’acide (soit une teneur massique d’HCl équivalente à 44%).
Par ailleurs, l’analyse environnementale a montré que l’impact de l’utilisation du cobalt était négligeable en
comparaison à celui du platine, sa récupération n’a donc pas été approfondie expérimentalement.
Si elle est optimisée, la récupération du platine par résine pourrait-être plus pertinente que la voie solvant
pour des raisons de faisabilité de la séparation Pt/Co. De plus, elle parait plus intéressante en prévision
d’une minimisation des impacts environnementaux liés au fonctionnement des procédés de récupération
(consommation de matière et d’énergie).
Des essais de recyclage des réactifs ont donc ensuite été conduits en anticipation d’une réduction de l’impact
environnement de procédés et pour améliorer les rendements de séparation par résine.
119
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Pour l’étude de recyclage des résines, des extractions du Pt et Co ont été menées sur des durées de 15h en
mettant en contact 1 g de résine avec 50 mL de lixiviat. Des régénérations et rinçages multiples ont alors été
menés à partir des résines chargées selon l’ordre suivant :
1. régénération avec 45 mL d’eau sur 1 h,
2. rinçage avec 45 mL d’eau sur 1 h,
3. régénération avec 45 mL de soude sur 1 h,
4. régénération avec 45 mL de soude sur 1 h,
5. rinçage avec 45 mL d’eau sur 1 h.
Cette opération a été réalisée sur 3 cycles d’extraction / régénérations et rinçages pour deux masses de
résines de 0,9 g afin de contrôler sa reproductibilité. Les analyses conduites après les différentes étapes de
ces essais ont permis de calculer les pourcentages d’accumulation en métaux (%AccŽ ) par rapport aux
masses adsorbées par cycle j. Un pourcentage d’accumulation global j%Accަ%?Œ %k est déterminé par
rapport à la masse totale de métaux ayant été adsorbé sur la résine après n cycle j.
120
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
En d’autres termes, ce paramètre permet d’évaluer le taux de métaux restant dans la résine en comparaison à
la quantité totale de métaux ayant été extraite par la résine. Les expressions de ces deux paramètres sont
présentées ci-après.
Ž
n × maXb × %Ext − ∑YŽ•d ∑ m\ZV e
%AccŽ =
maXb × %Ext
Équation [38]
Ž
n × maXb × %Ext − ∑YŽ•d ∑ m\ZV e
%Accަ%?Œ % =
n × maXb × %Ext
Équation [39]
Ž
Avec maXb [g], la masse de métal dans les lixiviats, ∑ m\ZV e [g], la somme des masses de métal desorbées
par cycle j et %Ext, le taux d’extraction en platine.
Les résultats montrent que les efficacités de lixiviation sont très proches de celles obtenues pour le premier
cycle d’extraction (voir Tableau 27). Ni le changement de composition des lixiviats lié aux extractions par
résine ou par solvant, ni la présence de faibles concentrations en métaux n’ont une influence significative
sur le rendement de lixiviation.
Le type de séparation ne semble donc pas avoir d’impact sur la "recyclabilité" des lixiviats, seule la
séparation par résine a été testé dans l’étude suivante car elle permet un séparation Pt/Co plus simple et elle
permet d’éviter l’entraînement d’importantes quantités de lixiviat.
121
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Essai 1 Essai 2
%Acc¨ %©ªª¨«v¢¬-v % régénération %Acc¨ %©ªª¨«v¢¬-v % régénération
Cycle 1 10% 10% 90% 11% 11% 89%
Cycle 2 16% 8% 92% 17% 8% 92%
Cycle 3 11% 4% 96% 12% 4% 96%
Cycle 13 théorique 13% 1% 99% 13% 1% 99%
Tableau 35 : Essais de recyclage des résines et taux d’accumulation en platine associés.
Les taux d’accumulation %AccŽ varient très peu au cours des cycles. Ceci signifie que même si une partie du
platine reste constamment sur la résine après régénération, cette masse n’augmente plus après le premier
cycle. En effet le taux d’accumulation global diminue de 13% à une valeur de 4% en fonction de
l’augmentation du nombre de cycles.
Une partie du platine reste probablement sous forme anionique après régénération à la soude, ce qui
empêcherait sa désorption. Lors d’un cycle d’extraction ultérieur, ce platine se retrouve certainement sous
forme PtCl0 du fait du contact avec le lixiviat contenant une forte concentration en HCl. Le platine est
ensuite desorbé selon le même mécanisme que lors du premier cycle entraînant une accumulation moyenne
représentant 13% de la masse de platine présente sur la résine après l’extraction.
Donc si le nombre de cycle augmente, l’efficacité globale de l’étape de régénération du platine (1-%AccGlobal)
augmentera également pour se rapprocher de 100%. Dans tous les cas l’efficacité de régénération du cobalt
est très proche de 100%.
Suite à cette étude, on a cherché à déterminer les phénomènes gouvernant les cinétiques de lixiviation et
d’extraction par résine, dans un but d’amélioration de ces étapes et en anticipation d’un dimensionnement de
procédé.
122
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Différents processus peuvent interagir lors d’une réaction hétérogène entre un solide A et une espèce en
solution B formant une espèce soluble C (voir Figure 60) :
• les transferts de matière par convection et diffusion,
• l’adsorption et la désorption (chimique ou physique).
• les réactions de transformation chimique.
Couche limite
Adsorption BAq
de B
BS
Diffusion des Transferts par
Réaction
de surface espèces convection
CS
Désorption
de C
CAq
Les vitesses de ces processus peuvent être significativement influencées par les paramètres suivants :
• la température,
• la taille et la morphologie de la phase solide (AME, catalyseur ou grains de résine),
• la composition des solutions aqueuse (lixiviants ou lixiviats et solutions de régénération),
• le type d’agitation (mécanique, micro-ondes…).
Le processus global d’une réaction hétérogène étant composé d’une série de processus élémentaires, sa
vitesse est donc limitée par la vitesse du (ou des) processus le (ou les) plus lents.
123
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les essais de cinétique d’adsorption ont été menés à partir des lixiviats obtenus selon le protocole suivant :
1. introduction de lixiviat dans le bêcher,
2. ajout bref de résine (sur moins de 1s),
3. adsorption et prélèvement des échantillons,
4. séparation résine/lixiviat par filtration.
Des volumes de lixiviats de 150mL ont été utilisés puis les métaux ont été extraits avec des masses de 3g
de résine sur des durées d’environ 400 min. Au cours de l’adsorption, un dizaine d’échantillons de phase
aqueuse de volumes de 0,150 mL ont été prélevés.
Les résines chargées ont été utilisées pour étudier la désorption du cobalt avec de l’eau, puis la désorption
du platine avec de la soude 1M, selon le protocole suivant :
1. introduction de résine dans le bécher,
2. ajout bref de solution de régénération (sur moins de 2s),
3. adsorption et prélèvement des échantillons,
4. séparation résine/solution de régénération par filtration.
Ces expérimentations ont été réalisées avec des volumes de solution de régénération de 150 mL. Au cours
de chaque désorption, 6 échantillons de 0,150 mL ont été prélevés.
124
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Dans les trois types de cinétiques étudiées, le temps initial t=0s est fixé après les étapes suivantes
• ajout des deux réactifs pour la lixiviation,
• ajout de la résine pour l’adsorption,
• ajout de la solution de régénération pour la désorption.
Les résultats des essais de cinétiques de lixiviation et d’adsorption ont été utilisés pour la modélisation, dans
le but de déterminer les phénomènes limitants.
Support carboné
Couche limite
de diffusion
Fluoropolymère
Du fait du large excès molaire, la concentration en HCl a été supposée constante. En considérant la réaction
d’ordre 1 entre H2O2 et le platine (Chapitre 1 - Réact. [13]), de stœchiométrie α, le bilan molaire donne :
dn< dnc C
=α
dt dt
Équation [40]
125
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
La vitesse de réaction par rapport au platine peut être écrite selon la formule générale suivante :
1 −dn<
r< 7mol. m . s d] = × ‘ × Cc
= α×K
S dt C Équation [41]
Les équations décrivant les deux phénomènes pouvant être mis en jeu sont détaillées dans cette partie.
Avec :
R × ρ< × v<
τ=
M< × α × K)é _ X?Y × Cc
Équation [43]
C
Avec X < le taux de conversion du platine, R 7m], le rayon des particules, ρ< 7kg. m 3 ], la masse
volumique du platine métallique, v< , le taux volumique du platine dans les particules
PtCo, M< 7kg. mol d ], la masse molaire du platine, K)é _ X?Y 7m. s
d ], la constante de vitesse de la réaction.
Avec :
R × ρ< × v<
τ=
M< × α × D × Cc
Équation [45]
C
Les taux de conversion du platine ont été recalculés en considérant une transformation totale du platine
après 240 min de réaction (équilibre apparent). En effet comme expliqué précédemment, le platine non
lixivié est présent sous forme de nanoparticules de taille supérieure à 20 nm, leur dissolution n’a donc pas
été considérée lors de cette étude.
126
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Le modèle de "cœur rétrécissant" a été utilisé pour la détermination des cinétiques de lixiviation des
catalyseurs PtCo/C et des AME. Le modèle de "cœur rétrécissant avec couche de cendre adhérente" a été
uniquement utilisé pour le cas de la lixiviation d’AME.
Les paramètres suivants ont été définis pour les deux types de modélisations :
• R0 = 10 nm ou 10.10-9 m,
• ρ< = 21450 kg.m-3,
• v< = 82%,
• M< = 0.195 [Link]-1,
• α = 0.5.
4.2.2. Résultats
La Figure 62 représente les taux de conversion de platine et de l’H2O2 expérimentaux obtenus au cours de la
lixiviation de catalyseurs PtCo/C, ainsi que le modèle cinétique de dissolution du platine.
100%
80%
Taux de conversion (%)
60%
40%
20%
0%
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240
Temps [min]
Au cours de la lixiviation, un important dégagement gazeux a été observé durant les dix premières min.
Cette production de gaz provient de la réaction exothermique de dismutation de l’H2O2 (Chapitre 1 - Réact.
[15]). Des analyses ont également montré qu’il contenait du chlore, certainement produit selon la Réact.
[14], également exothermique.
127
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
La concentration d’acide chlorhydrique peut être considérée constante au cours de la lixiviation. En effet les
quantités consommées selon la Réact. [13]. Et la Réact. [14] représentent moins de 1% de la masse d’HCl
introduite dans le réacteur. Par contre l’évolution rapide de la concentration en H2O2 et de la température
rend l’utilisation du modèle difficile dans les premiers instants. En effet, le modèle cinétique avec limitation
par réaction chimique impose une concentration en H2O2 fixe et une température constante.
Le Tableau 36 regroupe les valeurs des paramètres du modèle déterminés sur l’intervalle [15 – 180] min, sur
lequel la concentration en H2O2 et la température peuvent être considérées comme constantes. Un
approfondissement de l’étude serait nécessaire pour modéliser les vitesses de lixiviation sur l’intervalle [0–
15] min. Les résultats montrent que la cinétique de lixiviation des catalyseurs PtCo/C est certainement
limitée par la vitesse de réaction (selon R. [13]) sur l’intervalle [15 – 180] min. L’étape de lixiviation
pourrait donc surement être optimisée en ajoutant le peroxyde d’hydrogène en plusieurs temps.
La Figure 63 montre le taux de conversion du platine et d’ H2O2 dans le cas de la lixiviation des AME, ainsi
que les deux modèles cinétiques proposés.
100%
80%
Taux de conversion (%)
60%
40%
20%
0%
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240
Temps [min]
128
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
D’après la Figure 63, la cinétique de lixiviation des AME peut-être limitée par la diffusion sur toute la
réaction. Cette étape peut également être limitée par la réaction chimique du fait d’une plus faible
concentration en H2O2 par rapport au cas des catalyseurs. La limitation par la diffusion semble plus plausible
en début de réaction sur l’intervalle [0 - 15] du fait du transfert des réactifs en solution vers les particules de
catalyseur. La constante Kréaction étant proche de celle obtenue dans le cas de la lixiviation des catalyseurs sur
la plage [10 – 240] min, le phénomène est certainement majoritairement limité par la réaction chimique en
fin de réaction. Globalement le phénomène limitant résulte surement d’une combinaison de ces deux
processus.
La lixiviation des catalyseurs en AME vieillis serait donc envisageable si seulement une faible part de
platine migrait vers la membrane au cours de la phase d’utilisation des PEMFC. En effet, la lixiviation
directe des AME est plus lente mais elle est plus efficace que la lixiviation des catalyseurs.
L’étude des cinétiques en début de réaction pourrait être approfondie en réalisant des essais en faisant varier
la concentration initiale en H2O2 ou en réalisant un ajout d’oxydant en deux temps.
L’influence de la taille de particules et de leur composition (taux de cobalt) sur les cinétiques de lixiviation
pourrait également être étudiée en synthétisant des catalyseurs de caractéristiques données. Cette étude
permettrait de mieux appréhender le recyclage des AME de PEMFC en fin de vie.
129
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Limitation par la cinétique de réaction entre espèces adsorbées et [175], [176] et [177] :
Deux modèles de cinétiques réactionnelles du premier et deuxième ordre ont été respectivement développés
par Lagergren et Ho.
Après intégration :
lnjw`éVXYZ
’
− w`éVXYZ k = ln(w`éVXYZ
’ ) − kd ¶ Équation [49]
Après intégration :
t 1 t
= +
w`éVXYZ k × w`éVXYZ
’ w`éVXYZ
’ Équation [51]
Les modèles de cinétiques de réaction peuvent être testés en traçant les fonctions suivantes :
t
• = “ (t)
w`éVXYZ
pour le modèle de Ho :
4.3.2. Résultats
Les quatre modèles ont été testés afin de modéliser l’évolution de la charge en métaux sur la résine en
fonction du temps. Les coefficients de détermination obtenus et les paramètres cinétiques associés sont
regroupés dans le Tableau 37.
130
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les résultats montrent que le modèle cinétique du second ordre permet la meilleure représentation de
l’évolution de la charge en Pt et en Co sur la résine Lewatit MP-62 en fonction du temps. Les paramètres
cinétiques k2 et w`éVXYZ
’
ont ensuite été déterminés à partir des équations des droites de régression
correspondant à la forme linéarisée du modèle de Ho (Eq. [51]).
Les paramètres cinétiques déterminés (voir Tableau 37) ont été intégrés à l’Eq. [51] afin de déterminer
théoriquement les cinétiques d’adsorption des métaux sur la résine Lewatit MP-62. Les courbes
expérimentales et les modèles d’évolution des charges en métaux sur la résine en fonction du temps ont été
représentés sur la Figure 64.
70%
Efficacité d'extracton (%)
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450
Temps (min)
Figure 64 : Cinétique d’adsorption du cobalt et du platine à partir des lixiviats réels d’AME de PEMFC (T = 25 °C, CaXb
< = 2 g.L-1, C ? =
aXb
-1 -1
0,2 g.L , %Résine = 20g.L ).
La comparaison de modèle cinétique du second ordre et des valeurs obtenues expérimentalement indique
que ce modèle permet de décrire convenablement l’évolution des taux d’adsorption des métaux sur la résine
Lewatit MP-62 en fonction du temps. Cependant, une différence entre les valeurs théoriques et
expérimentales subsiste pour les taux d’extraction proches de l’équilibre dans le cas du cobalt. D’après
l’étude d’Azizian [177], la correspondance entre le modèle et l’expérience permet de montrer que
l’adsorption du platine et du cobalt sont limités par l’absorption chimique, selon une réaction de second
ordre.
131
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les résultats montrent que ces cinétiques sont très rapides, en effet, un temps inférieur à 5 min permet la
désorption de la quasi-totalité du cobalt et du platine respectivement avec les solutions d’eau et de soude
1M. La désorption des métaux étant très rapide, cette étape ne sera pas déterminante pour le
dimensionnement d’un procédé de séparation du platine par résine. L’étude des cinétiques de désorption n’a
donc pas été approfondie. L’étude effectuée permet cependant de supposer une limitation de la vitesse de
désorption par les phénomènes de transport par convection et diffusion. La comparaison entre les cinétiques
d’adsorption et de désorption renforce le fait que l’extraction n’est pas limitée par les transferts par
convection.
100%
Efficacité de régénération (%)
80%
60%
40%
20%
0%
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60
Temps [min]
Figure 65 : Cinétique de désorption du cobalt et du platine à partir des résines chargées en métaux de lixiviats réels d’AME de
PEMFC (T = 25 °C, %Résine = 20g.L-1).
132
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Des essais de cinétique de lixiviation sur la plage de temps [0–15] min permettraient d’approfondir la
compréhension des limitations de réaction. L’étude de la cinétique d’adsorption sur résine en lit fixe
permettrait de considérer d’éventuelles limitations du fait du transfert d’espèces à l’extérieur des grains.
Par ailleurs, l’obtention des paramètres cinétiques pourrait permettre de mieux appréhender le recyclage de
catalyseur de PEMFC à partir d’AME usagées. En effet, l’augmentation de la taille des particules de
catalyseur au cours de la vie de la PEMFC impactera l’étape de lixiviation.
L’étude de la synthèse de nouveaux catalyseurs a été envisagée afin de tester la "recyclabilité" du platine
récupéré en sortie des procédés hydrométallurgiques développés. Le platine étant présent sous forme ionique
dans les solutions de régénération, ces dernières ont été utilisées afin de tester la synthèse directe de Pt/C
permettant de s’affranchir de l’étape de précipitation.
133
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Cette partie détaille les essais préliminaires de synthèse de catalyseurs réalisés suivant ces deux méthodes à
partir de solutions de platine issues du procédé de récupération. Les résultats des caractérisations des
catalyseurs produits sont détaillés dans un deuxième temps. Les expérimentations de synthèse de particules
ainsi que les caractérisations des catalyseurs ont été réalisées en étroite collaboration avec R. Chattot et L
Dubau du LEPMI.
134
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Le taux de Cyanex en phase organique a été augmenté et les conditions de régénérations de la résine ont été
modifiées afin d’obtenir des phases aqueuses concentrées en Pt dont les compositions sont regroupées dans
le Tableau 38. Les solutions de régénération ont été conservées dans l’obscurité puis utilisées pour réaliser
la synthèse de catalyseurs Pt-20%/C dans les deux semaines après leur récupération. En effet les ions PtCl0
qui sont peu stables en milieu faiblement acide peuvent être réduits photochimiquement. Les deux voies de
synthèses mise en œuvre sont détaillées ci-après, les paramètres de fonctionnement associés sont résumés
dans le Tableau 39.
Solution de platine B D
Voie de récupération Alternative B Alternative D
Concentration Pt [g.L-1] 1 ,73 3,6
Concentration NaOH de régénération 5M 1M
pH 14,3 13,3
Tableau 38 : Composition des solutions de régénérations utilisées pour les synthèses de catalyseurs.
La synthèse polyols a été réalisée en mélangeant un volume de 140 mL d’éthylène glycol (C2H6O2) avec 70
mL de solution de platine diluée dans l’eau dans un ballon de 500 mL. Le mélange a été placé sous agitation
et sous atmosphère d’argon (Ar) puis chauffé à 160 °C sous reflux total pendant 3h. A la fin de la synthèse,
le mélange obtenu a été doucement refroidi sous agitation à environ 25 °C pendant 1 h et 15 min, puis à l’air
ambiant pendant 12 h. Enfin, une masse adéquate de Vulcan XC72 a été ajoutée à la suspension puis le
dépôt du catalyseur a été effectué sur 20 h après la baisse du pH par ajout d’acide sulfurique. Cette synthèse
a été réalisée à partir des solutions B et D.
Des essais de réduction directe ont été menés en introduisant un volume de solution de Pt diluée dans l’eau
de 100 mL puis en ajoutant le citrate de sodium (Na3C6H5O7) puis une masse adéquate de Vulcan XC72. Le
mélange a été placé sous agitation à 25 °C et recouvert d’un film de paraffine. Enfin, 12,5 mL de solution de
tétraborohydrate de sodium à 0,1M M a été ajouté progressivement afin de réduire le platine sous forme
métallique Pt0. Le réactif a ainsi été introduit dans une seringue puis ajouté à débit contrôlé pendant 30 min
à l’aide d’une pompe péristaltique, l’agitation a ensuite été maintenue pendant 1h30.
Les nanoparticules de platine supportées sur carbone ou non supportées ont dans un premier temps été
observées au microscope électronique en transmission (MET) afin de contrôler la taille et la morphologie
des particules produites.
135
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Ensuite des tests électrochimiques d’oxydation de l’hydrogène et de réduction de l’oxygène ont été conduits
afin de mesurer l’activité électrochimique des catalyseurs synthétisés. Ces caractérisations ont été réalisées
par R. Chattot, doctorant au LEPMI. Suite aux premiers résultats avec les catalyseurs Pt-20%/C, d’autres
synthèses ont été menées en visant un chargement de platine de 40%.
Enfin des tests sur banc de pile à combustible ont été conduits au CEA à partir de certains catalyseurs
produits par la méthode polyols dans le but de vérifier leurs efficacités en conditions proches des réelles.
136
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
En mode d’observation "champ clair", un diaphragme d'objectif est placé dans le plan focal afin d’observer
le faisceau transmis par l'échantillon dans la même direction que le faisceau émis. Les électrons non
diffractés par interaction avec l’échantillon formeront une image claire sur un écran situé à la seconde
extrémité de la colonne.
Les chargements en platine ont été contrôlés après dissolution du platine durant 24h dans de l’eau régale.
Les solutions obtenues sont ensuite analysées par spectrométrie d’adsorption atomique (SAA). Le
rendement de dépôt a été calculé selon l’expression suivante :
< /
wUé^?VéZ
%E]fY = < /
wŸXVéZ
Équation [52]
< / </
Avec : wUé^?VéZ, la charge en platine mesurée après dépôt et et wŸXVéZ, la charge en platine visée avant
synthèse.
Cette opération étant réalisée à 25 °C elle ne permet surement pas la dissolution des grosses particules qui
seraient produites lors des synthèses. En effet, les essais de lixiviation sur 24 h ont montré que 7% du platine
restait sous forme solide après 24 h de lixiviation de Pt/C Sigma Aldricht dans l’eau régale (Chapitre 2 - §0
et Chapitre 3 - §2.2).
137
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Des mesures d’adsorption de l’hydrogène sont ensuite effectuées à 25 °C, sous atmosphère d’argon, dans un
électrolyte acide (HClO4 0,1 M) désaéré. Les voltampérogrammes obtenus entre 0,05 to 1,23 V vs. RHE
pour une vitesse de balayage cyclique de 20 mV s-1 permettent la détermination de la surface active (SA) de
platine par coulométrie. Cette mesure est effectuée en considérant les facteurs suivants :
• la charge faradique associée à la désorption d’une monocouche d’H2 sur surface de Pt de 210
µ[Link]-2,
• le courant capacitif de double couche qui est constant sur la gamme de potentiels étudiée doit être
soustrait au courant d’oxydation de l’hydrogène.
L’allure des voltampérogrammes cycliques obtenus et l’origine des courants déterminés sont représentés sur
la Figure 66.
Figure 66 : Diagramme explicatif des courants mis en jeu lors de la voltampérométrie cyclique [178].
La mesure de l’activité vis-à-vis de la réaction de réduction de l’oxygène (ORR) est réalisée à partir du
même électrolyte que celui utilisé pour la détermination de la SA mais dans ce cas saturé en oxygène. Une
électrode tournante est utilisée comme électrode de travail afin contrôler la diffusion de l’oxygène dans la
couche limite et de déterminer sa contribution. En effet, la cinétique de l’ORR qui est une réaction
hétérogène dépend de plusieurs processus (réaction, diffusion et convection). La variation de potentiel est
effectuée entre 0,20 et 1,05 V vs. RHE pour différentes vitesses de rotation de l’électrode (400, 900, 1600, et
2500 [Link]-1), en fixant une vitesse de balayage de 5 mV s-1.
La densité de courant jk peut être obtenue en fonction de potentiel après soustraction de la contribution de la
diffusion dans la couche limite. Sa valeur est ensuite relevée à 0,95V vs. RHE afin de déterminer l’activité
du catalyseur. En effet, dans ces conditions, le courant de transfert de charge est limitant face à la diffusion
d’oxygène dans l’électrode et l’adsorption de l’oxygène à la surface du catalyseur.
138
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Lorsque la pile débite du courant, sa tension diminue par rapport à une valeur thermodynamique théorique
de 1,23V du fait de l’apparition de surtensions de diverses origines :
• surtension de fuite, liée à la perméabilité de la membrane à l’hydrogène et à sa résistance
électrique,
• surtension cinétique, liée à l’activation de la réaction de réduction de l’oxygène, celle-ci dépend
donc de l’activité du catalyseur,
• surtension ohmique, liée aux résistances ionique, électriques et de contact entre matériaux,
• surtension de concentration, liée au transfert d’espèces
L’influence de chaque surtension peut varier selon le courant débité par la PAC (voir Figure 67).
ΔV fuites
ΔV activation
ΔV ohmique
ΔV transport
de masse
Figure 67 : Influence des surtensions sur l’évolution de la tension de cellule en fonction du courant débité [178].
139
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les AME ont été testées dans les trois conditions suivantes :
• conditions automobiles : (80 °C; air/H2; 1,5 bar; 50%HR),
• conditions asséchantes : (80 °C; air/H2; 1,3bar; 30% HR),
• conditions noyantes : (60 °C; air/H2; 1,5bar; 100% HR).
Figure 68 : Images MET du catalyseur synthétisé par la méthode polyols à partir de la solution D.
Figure 69 : Images MET du catalyseur synthétisé par la méthode polyols à partir de la solution D.
140
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Deux groupes de tailles de particules ont été synthétisés à partir des solutions de régénération B (Figure 68) :
• des petites particules de quelques nanomètres,
• des plus gosses particules (ou amas) de quelques dizaines de nanomètres.
Dans le cas de la voie D (Figure 69), des particules de quelques nanomètres de diamètre dont la taille est
relativement bien distribuée ont pu être synthétisées.
Les chargements en platine de 10 et 19,4% ont pu respectivement être obtenus à partir de solutions B et D,
ces catalyseurs seront nommés respectivement Pt-10%/B/Polyols et Pt-19,4%/D/Polyols.
Les résultats permettent de démontrer une nette influence de la voie de récupération du Pt sur la
morphologie et le chargement des catalyseurs obtenus. Ceci peut être expliqué par la présence d’octanol ou
d’oxydes de phosphine constituant le Cyanex 923 dans la solution B. Du fait de leurs propriétés tensio-
actives, ces espèces pourraient influer sur la taille des colloïdes formés lors de la synthèse et donc sur la
taille des particules de platine. D’autre part la différence de concentration de soude utilisée lors de la
régénération induisant une différence de pH et de concentration en ions sodium peut également impacter la
taille des particules synthétisées.
Figure 70 : Images MET du catalyseur synthétisé par la méthode de synthèse IR+t à partir de la solution B.
Les nanoparticules de platine produites ont une taille comprise entre quelques nanomètres et environ 10 nm.
Dans ce cas le chargement final en platine est d’environ 18,4% de la masse totale en catalyseur celui-ci sera
dénommé Pt-18,4%/D/IR+t.
141
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Ces rendements calculés après dissolution du platine dans l’eau régale à 25 °C sont certainement sous-
estimés par rapport aux rendements réels. En effet, comme expliqué précédemment (§2.2), les particules de
tailles nettement supérieures à 4 nm n’ont certainement pas été dissoutes.
Suite à ces résultats des catalyseurs Pt-31%/D/Polyols, ont été obtenus par la voie polyols alors qu’un
chargement de 40% était visé. Ce résultat est certainement dû au fait que certaines particules de platine n’ont
pas pu être déposées sur le carbone. Il est en effet difficile de respecter les chargements visés sur des
nanoparticules de carbone pour des valeurs supérieurs à 20% dans le cadre d’une synthèse par voie polyols
[179].
Ce problème pourrait être résolu en utilisant un support carboné développant une plus grande surface
comme le Ketjenblack EC300J (800 m 2.g-1) au lieu du Vulcan (254 m2.g-1). Les catalyseurs Pt-
10%/B/Polyols, Pt-19,4%/D/Polyols, Pt-31%/D/Polyols et Pt-18,4%/D/IR+t ont été ensuite caractérisés
électrochimiquement.
142
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les valeurs des surfaces actives et des courants cinétiques mesurées électrochimiquement sont
respectivement regroupés dans Tableau 41.
Les résultats montrent que les catalyseurs synthétisés par la méthode polyols présentent une moins grande
surface spécifique en comparaison aux références TKK. Ceci est dû à l’augmentation du phénomène
d’agglomération des nanoparticules de platine du fait de la hausse du chargement en platine.
Cependant les activités spécifiques massiques et surfaciques du catalyseur Pt-31%/D sont supérieures à
celles du TKK. En effet, les valeurs normalisées des courants cinétiques de l’ORR sont plus élevées pour le
catalyseur recyclé (Tableau 41).
Les autres catalyseurs n’ayant pas pu être caractérisés, les performances massiques du catalyseur Pt-
19,4%/D/polyol ont été jugées au moins égales à celles du TKK-20%, compte tenu de sa morphologie. En
effet d’après les images MET, ce catalyseur semble développer une plus grande surface que la référence
TKK car les particules le constituant une taille faiblement distribuée autour de la valeur de 4 nm.
143
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
-2 -2
Densité de courant [[Link] ] Densité de courant [[Link] ]
Figure 73 : Performances en conditions automobile (80 °C; Figure 74 : Performances en conditions asséchantes (80 °C ;
air/H2; 1,5 bar; 50%HR). air/H2 ; 1,3bar ; 30%HR).
Tension de cellule [V]
-2
Densité de courant [[Link] ]
Les résultats obtenus montrent que les performances de l’AME fabriquée à partir du catalyseur Pt-
31%/D/Polyol sont très proches de celles de l’AME de référence, dans les trois conditions étudiées, pour les
faibles potentiels (zone de limitation cinétique). Ces observations sont également valables dans la zone
limitée par la surtension ohmique.
Enfin, une différence de densité de courant liée aux transferts d’espèces est observable pour des valeurs
supérieures à 1,2 [Link]-2 dans les conditions extrêmes noyantes et asséchantes. Les écarts observés peuvent-
être liés à la qualité du dépôt de l’encre (procédé manuel) et/ou à la morphologie des catalyseurs Pt/C.
PEMFC. On retiendra néanmoins, que les résultats obtenus avec un catalyseur recyclé et synthétisé en
conditions de laboratoire restent bons comparés aux catalyseurs commerciaux sur l’ensemble des conditions,
ouvrant ainsi une voie prometteuse.
144
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les résultats de cette étude ont été obtenus sans que les procédés de production de catalyseur n’aient été
optimisés. De plus les séparations du platine ont été réalisées dans des conditions particulières afin de
maximiser la concentration en platine. Les consommations de matière et d’énergie associées ont donc été
utilisés afin de modéliser l’impact environnemental de la production de catalyseurs et d’en déduire des axes
d’optimisation.
145
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Une première étude d’ACV a permis de sélectionner le mélange H2O2/HCl afin d’effectuer la dissolution du
platine contenu dans les AME de PEMFC.
Des AME contenant des catalyseurs bimétalliques platine et cobalt ont été récupérés auprès du département
LITEN du CEA de Grenoble. Les premiers essais de lixiviation ont permis de montrer que le prétraitement
des AME (découpe ou broyage) avait peu d’influence sur l’efficacité de cette étape. En revanche, les essais
de lixiviation directement à partir de CCM ou d’AME ont prouvé une amélioration de l’efficacité en
comparaison à la lixiviation des catalyseurs.
Des essais de régénération des phases organiques et résines ont permis d’optimiser la séparation Pt/Co par
variation de la concentration en chlorures lors de cette étape. Ces résultats ont permis de montrer que le
cobalt pouvait être récupéré en solution sous forme Co2+ par régénération des résines avec de l’eau. Il peut
être séparé du platine par précipitation en régénérant les phases Cyanex/octanol avec une solution de soude
de concentration supérieur à 3M.
Ensuite, un bilan de séparation en métaux a été effectué en réalisant une lixiviation et une séparation par
résine ou par solvant en configuration courants croisés 3 × 3 étages pour la voie liquide-liquide et 3 × 4
étages avec la résine. Les résultats ont permis d’obtenir des efficacités de récupération de 84 et 78%
respectivement par les procédés solvant et résine. Des efficacités des régénérations inférieures à celles
attendues ont été obtenues.
A ce stade, l’étude de l’extraction par solvant a été délaissée car en configuration courants croisés, le
mélange Cyanex 923/octanol provoque l’entraînement d’une importante proportion du lixiviat. De plus la
séparation Pt/Co est plus aisée par utilisation de la résine.
Des essais de régénération des lixiviat et des résines ont permis de montré que ces produits étaient
respectivement utilisables sur 2 et 3 cycles. De plus les réutilisations de la résine permettent d’améliorer le
rendement global de séparation en évitant une accumulation du platine après le premier cycle.
146
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les études de cinétiques des étapes de lixiviation et d’extraction par résine ont été réalisées afin de
déterminer leurs paramètres limitants qui devront être pris en compte en prévision d’un éventuel
dimensionnement de procédé. Cette étude pourra être approfondie afin de mieux anticiper un recyclage
éventuel des catalyseurs en fion de vie.
Enfin, la faisabilité de l’intégration d’une étape de production de catalyseur par la voie polyols alternative à
la précipitation par le NH4Cl a été démontrée. Cette étape n’a pas été optimisée au cours de cette thèse.
Cependant les résultats obtenus ont permis de montrer que des catalyseurs performants pour l’application
PEMFC pouvaient être synthétisés grâce à cette voie.
Le procédé qui a été développé pour le recyclage du platine à partir d’AME contenant des catalyseurs
Pt/Co/C comprennent les étapes suivantes (voir Figure 76) :
1. lixiviation d’AME,
2. séparation des métaux par solvant ou résine
3. production de Pt/C par la méthode polyols.
La séparation des métaux est composée des étapes suivantes pour l’adaptation de la voie B (Solv) :
a. extraction des métaux des lixiviats par solvant,
b. séparation Pt/Co par précipitation du Co lors de la régénération avec de la soude,
c. récupération sous forme (NH4)2PtCl6,
ou des étapes suivantes pour l’adaptation de la voie D (Rés) :
a. extraction des métaux des lixiviats par résine,
b. séparation Pt/Co par régénération avec de l’eau,
c. récupération du Pt en solution par régénération avec de la soude.
Les données expérimentales recueillies lors de la récupération de Pt à partir d’AME CEA et lors des
resynthèses de catalyseurs Pt/C, ont été utilisée pour la comparaison environnementale des voies de
récupération (Chapitre 4 – §2.5).
147
Chapitre 3 : Récupération du Pt à partir d’AME
Les études d’analyse du cycle de vie d’AME de PEMFC, basées sur les résultats des expérimentations
présentées dans les Chapitres 2 et 3, sont présentées dans le Chapitre suivant.
148
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Selon l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME), l’analyse du cycle de vie est
l'outil le plus abouti en matière d’évaluation globale et multicritère des impacts environnementaux [180].
Cette méthode normalisée permet de mesurer les effets quantifiables de produits sur l’environnement du
"berceau à la tombe" ou depuis leur production jusqu’à leur traitement en fin de vie. Les principales étapes
du cycle de vie d’un produit sont les suivantes (voir Figure 77) :
1. extraction des matières premières,
2. transformation et assemblage des matières en produits,
3. transport des matériaux et produits en chaque étape,
4. utilisation du produit,
5. fin de vie du produit (incinération, enfouissement, recyclage, réutilisation…).
Cette partie présente dans un premier temps un état de l’art concernant les analyses de cycles de vie des
PEMFCs.
La méthodologie adoptée pour l’établissement du modèle d’analyse du cycle de vie d’un AME de PEMFC
comprenant le recyclage du platine est décrite dans un second temps.
Ensuite, les résultats de la première modélisation de la récupération du Pt et les pistes d’amélioration sont
exposés.
Puis d’autres ACV et des analyses de sensibilité réalisées dans le but d’améliorer la robustesse du modèle
établi sont détaillées.
Enfin, les résultats de l’étude de l’impact environnemental du recyclage du Pt par le procédé développé sont
détaillés en fin de ce chapitre.
149
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Plus récemment, [187] Simons et Bauer ont réalisé l’ACV d’une automobile propulsée par un moteur
electrique alimenté par un système de pile à combustible PEMFC. Leur étude concerne toutes les étapes du
cycle de vie de la pile à combustible et intègre le recyclage éventuel des systèmes en fin de vie. L’analyse
environnementale de la production des PEMFCs est basée sur des données fournies par l’USDOE. La fin de
vie du véhicule est prise en compte en considérant qu’à l’avenir, 85% de sa masse devrait être recyclée
(valeur de la directive : 2000/53/EC de l’Union Européenne sur la fin de vie des véhicules). Le traitement
des AME usagées est considéré séparément des autres composants du véhicule et le recyclage des
catalyseurs en platine n’est pas considéré en fin de vie.
Notter et al [188] ont également réalisé l’ACV de systèmes de PEMFC pour les applications automobiles et
stationnaires. Toutes les étapes du cycle de vie sont comprises dans cette étude et le recyclage des systèmes
est considéré en fin de vie. Dans ce cas un recyclage du platine est considéré par traitement direct des AME
en procédé pyrométallurgique. Un taux de récupération en platine de 95% est considéré selon les données de
faisabilité technique basées sur les taux de récupération du platine à partir de cartes électroniques par voie
pyrometallurgique [189]. L’impact du recyclage du catalyseur est pris en compte en considérant les impacts
du recyclage du platine contenu dans les pots catalytiques répertorié sur la base de données EcoInvent.
150
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Le champ d’une ACV qui dépend d’hypothèses peut varier selon l’objectif visé par l’étude et influencer
significativement les résultats obtenus [190]. Voilà pourquoi différents cadres ont pu être définis parmi
diverses ACV de PEMFC déjà réalisées. A notre connaissance, aucune des analyses du cycle de vie de
PEMFC publiées n’est basée sur des données réelles de récupération des composants d’AME de PEMFC.
Dans ce contexte, une étude d’ACV complète d’un AME de PEMFC prenant en compte le recyclage des
catalyseurs en platine a été effectué durant cette thèse. Les objectifs de cette étude sont d’aider à la décision
quant au choix des procédés à mettre en place pour la récupération des catalyseurs en platine et de quantifier
l’impact de cette récupération. Ainsi, un scénario considérant une incinération de l’AME complète en fin de
vie a été comparé à un scénario prenant en compte le recyclage du platine par voie hydrométallurgique.
151
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 78 : Méthodologie générale d’ACV basée sur les recommandation fournies par les normes ISO 14040 et 14044 [193].
La modélisation et la simulation des impacts environnementaux ont été réalisées avec le logiciel SimaPro 8
couplé avec la base de données EcoInvent 3.1. Les impacts environnementaux ont été calculés en utilisant la
méthode CML-IA baseline V3.02 (fournissant des impacts de type Midpoints). Cette méthode, déjà été
utilisée par Zucaro et al [194] pour l’ACV d’une pile à combustible de type MCFC est en accord avec les
recommandations de l’association européenné pour l’hydrogène et les piles à combustible (Afhypac) sur la
réalisation d’ACV de PEMFC [195]. La méthode ReCIPe Midpoints (H) V1.11 a également été utilisée dans
un but de comparaison avec la méthode CML.
La normalisation a été utilisée pour la comparaison des impacts des différentes catégories, dans ce cas
l’impact de chaque catégorie a été normalisé par rapport à l’impact moyen d’un européen (Europe des 25).
152
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Scénario 1: Scénario 2 :
Figure 79 : Schéma global des scénarios d’incinération (1) et de recyclage (2) avec R le taux de recyclage du platine.
En fin de vie, les AME de PEMFC peuvent facilement être récupérés des stacks après le démontage du
système de serrage. Les plaques bipolaires et autres composants des stacks peuvent être recyclés avec des
procédés classiques, cette ACV a donc été focalisée sur les AME. Ainsi l’unité fonctionnelle (UF)
permettant d’évaluer les impacts a été définie comme : produire et recycler un AME de 25 cm2 de surface
active. Cette surface peut facilement être corrélée à une puissance électrique fournie à l’échelle d’un stack
en considérant une densité de puissance d’environ 0,7 [Link]-2.
Les principales étapes du cycle de vie de l’AME sont : (i) la production (assemblage de la membrane des
couches actives et des couches de diffusion), (ii) l’utilisation (par exemple pour la propulsion d’une
automobile), (iii) la fin de vie (incinération d'AME ou recyclage du platine), et (iv) le transport des
matériaux entre et dans chaque étape du cycle de vie. Seules les étapes de production et de fin de vie ont été
considérées dans cette étude. Ni l’étape d’utilisation, ni les étapes de transport n’ont été prises en compte.
En effet, les flux entrant et sortant de la phase d’utilisation d’un AME sont directement liés à l’utilisation de
la PAC elle-même. La consommation en réactifs (hydrogène et oxygène de l’air) et les émissions (chaleur et
eau) dépendent de la puissance fournie par la PEMFC. Les impacts de la production d’H2 diffèrent
grandement selon la voie utilisée pour sa synthèse :
• à partir de biomasse (gazéification ou production biologique par des microorganismes),
• à partir d’énergie électrique (solaire ou éolienne),
• après reformage de composés issus des industries pétrolières.
153
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Pour une voie de production d’H2 donnée, sa contribution à l’impact environnemental d’un AME (ou d’un
système complet de PEMFC) peut donc être modélisée comme une "boite noire" d’impact environnemental
constant.
Par ailleurs, des ACV ont déjà été réalisées afin d’évaluer l’impact environnemental des procédés de
production d’hydrogène ([17, 18, 19]). Une étude réalisée à l’échelle de systèmes de PEMFC (stack et
système de gestion) [185] a montré que l’étape de production du stack représentait une part significative des
impacts environnementaux en comparaison à la production d’hydrogène (étape d’utilisation). Ceci a été
confirmé par de nombreuses études plus précises comparant divers procédés de production d’H2 ([7, 8, 9]).
En ce qui concerne la phase de transport, les impacts vont dépendre du scénario choisi et des lieux de
production, d’utilisation et de traitement en fin de vie (Europe ou autres continents). Les données à ce sujet
sont peu abondantes, de plus l’organisation géographique des étapes du cycle de vie ne font pas l’objet de
cette étude. Les impacts environnementaux engendrés par les phases de transport ont donc été considérés
comme constants d’un scénario à un autre.
Etape de production.
Quatre composés principaux sont inclus dans le modèle de simulation de l'étape de production d'un AME :
(i) la membrane, constituée d'un polymère fluoré à base sulfonée, (ii) la couche de diffusion (GDL) en
papier carbone et noir de carbone imperméabilisés par du PTFE, (iii) support de la membrane en polymère
dont la composition est proche de polyéthylène téréphtalate (PET) et (iv) des couches catalytiques en platine
supporté par du carbone (Pt/C) et Nafion®. La composition considérée par UF et les références associées
sont regroupées dans le Tableau 43. Des pertes de 15 et 20%, liées au découpage des matériaux d’AME
commercialisés sous formes de rouleaux, ont été respectivement considérées pour la GDL et la membrane.
Les données sur la consommation d'énergie et de matière première pour la phase de production ont été
obtenues auprès du département LITEN du CEA, fabriquant des AME par procédé de sérigraphie.
Cependant, pour des raisons de confidentialité, certaines informations n’ont pas pu être fournies, les données
manquantes ont été remplacées par d’autres données trouvées dans la littérature (Tableau 43).
154
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
En ce qui concerne la synthèse du catalyseur, la voie d’imprégnation réduction en phase liquide (IR) et le
procédé de pulvérisation cathodique [55] ont été choisies pour modéliser la production de Pt/C,
respectivement à partir du sel de platine ou du métal pur. Les impacts de ces deux voies de synthèse ont été
modélisés en considérant les hypothèses suivantes :
• les rendements de synthèse des deux voies envisagées sont égaux,
• le type de voie mise en œuvre n’a pas d’influence sur la qualité des catalyseurs produits.
Comme montré dans le Tableau 43, certains produits ne sont pas présents dans la base de données
EcoInvent. De nouveaux matériaux ont donc été intégrés afin de simuler le plus précisément possible la
composition d’un AME (Tableau 44) parmi ceux-ci :
• le Nafion®, considéré comme un tétrafluoroéthylène (TFE) sulfoné,
• le platine supporté sur carbone (Pt/C).
Les consommations de produits associées à leur production ont été calculées à partir des compositions de
ces nouveaux matériaux. Dans ce cas, les consommations d’énergie et les pertes de matières ont été
négligées et des rendements de synthèses de 100% ont été considérés. Par exemple, les taux de PTFE et
d’acide sulfurique respectivement %<• e et %c ]C{ ont été calculés avec l’Eq. [52] et l’Eq. [53].
155
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Dans l’Eq. [52], le Nafion® est considéré comme un matériau composé de PTFE et de groupements SO3.
L’Eq. [53] a été utilisée pour estimer la quantité d’acide sulfurique nécessaire à la production de Nafion®.
M]C•
%<• = 1−
e
Mt ·X?Y
Équation [53]
La base de données EcoInvent comprend plusieurs processus "par défaut", certains d'entre eux étant très
précis et spécifiques. Tous les processus sont caractérisés du berceau à la tombe, et comprennent la
consommation de matières premières et d'énergie et les émissions. Néanmoins, de nouveaux processus ont
dû être redéfinis et modélisées avec SimaPro afin de considérer les impacts suivants :
• l'évaporation des différents solvants utilisés au cours de l'étape de production (par exemple le
glycérol, le propanol et l'eau), en tenant compte des émissions chimiques dans l'air,
• la consommation d'énergie du processus d'assemblage de l’AME.
%F<)?U¹X %F<)?U¹X
%PVF = =
%F<¸ 0,53
Équation [55]
156
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les procédés d'incinération ont été modélisés pour le Nafion et le PTFE, afin d'évaluer l’impact de la
membrane et de la couche de diffusion en fin de vie (Tableau 45). La couche de diffusion (la couche
microporeuse et le papier carbone) contient 15% de PTFE et 85% d'autres composés organiques, donc sa fin
de vie a été modélisée en créant un nouveau scénario de déchets en allouant une part massique de 15% au
processus de traitement de PTFE et de 85% au module "hazardous waste, for incinération".
La fin de vie des quatre composants de l’AME a été modélisée par des procédés d'incinération ou de
recyclage, selon les données disponibles : (i) la membrane et la couche de diffusion sont traitées par les
incinérateurs de déchets définis dans le Tableau 45 pour le scénario précédent, (ii) le support en PET est
recyclé et (iii) les couches catalytiques sont recyclées pour récupérer le platine, en utilisant les quatre
alternatives développées durant cette thèse (à savoir A, B, C et D).
Les données figurant dans l'inventaire de l'ACV, à savoir les consommations d'électricité (mesurées avec
des consomètres), la consommation de matières premières et les émissions (dans l'eau, l'air et les déchets)
proviennent des essais en laboratoire effectués en mode batch sur la récupération platine à partir des CCM
Paxitech. Dans ce cas, le recyclage des réactifs ou des phases d’extraction n’ont pas été considérés. Le
traitement de ces produits a donc été modélisé grâce aux processus de traitement de la base de données
EcoInvent. Les efficacités des quatre alternatives de recyclage sont celles mentionnées dans le Chapitre 3 -
Tableau 26. Les bilans de matière et d’énergie du procédé complet utilisés pour la modélisation des
processus sur SimaPro sont répertoriés dans le Tableau 46. Toutes les quantités de matière des produits ou
d'énergie sont exprimées pour 1 kg de platine entrant dans le procédé de recyclage. Ainsi les valeurs pour un
AME commercial (Paxitech) traité peuvent être calculées dans les mêmes unités en multipliant les quantités
données par 2,5.10-5 [Link]-1. Pour chaque réactif disponible en solution aqueuse, la masse indiquée dans
le Tableau 46 a été calculée en considérant que les produits sont purs, sans tenir compte de la quantité d'eau
présente, afin d’être cohérent avec les données fournies par EcoInvent 3.1. Les consommations d’électricité
ont été considérées en prenant en compte le mix énergétique européen.
157
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Flux d'entrée
Produits/ Alternatives
Energie A B C D
Nafion® (kg) 0,7 0,7 0,7 0,7
Pt/C (kg) 1,4 1,4 1,4 1,4
HCl without water (kg) 279 284 265 269
HNO3 without water (kg) 25 / 25 /
H2O2 without water (kg) / 5 / 5
Deionised water (kg) 1900 1900 1700 1700
Cyanex® 923 (kg) 117 117 / /
Pentanol (kg) 620 620 / /
Anionic resin (kg) / / 40 40
NaOH without water (kg) 74 74 40 40
NH4Cl (kg) 26,6 26,6 21,4 21,4
Electricity low voltage {RER} (MJ) 800 800 1300 1300
Flux de sortie
Déchets ou produits/ Alternatives
Procédés de traitement A B C D
Pt (kg) 0,36 0,24 0,28 0,28
C (kg) 0,4 0,4 0,4 0,4
Hazardous waste, for incineration {GLO} (kg) 0,8 0,7 0,7 0,7
Déchets Nafion® (kg) 0,7 0,7 0,7 0,7
solides Nafion incinerator (kg) 0,7 0,7 0,7 0,7
Anionic resin (kg) / / 40 40
Spent anion exchange resin from potable water
/ / 80 80
production {GLO} (kg)
HCl (kg) 279 283 264 268
HNO3 (kg) 24 / 24 /
Hydrochloric acid neutralization (kg) 279 284 265 269
Nitric acid neutralization (kg) 25 / 25 /
Effluents Water (kg) 1900 1900 1700 1700
aqueux H2O2 (kg) / 4 / 4
NaOH (kg) 74 74 40 40
NH4Cl (kg) 26,2 26,1 21,0 21,0
Wastewater, average {CH} treatment of capacity
1,9 1,9 1,7 1,7
4.7E10l/year (m3)
Cyanex® 923 (kg) 117 117 / /
Effluents
Pentanol (kg) 620 620 / /
organiques
Spent solvent mixture {GLO] (kg) 737 737 / /
Produits (NH4)2PtCl6 (kg) 1,47 1,73 1,64 1,64
Tableau 46 : Bilans de matière et d’énergie du procédé de recyclage incluant les processus de traitements des déchets (valeurs
exprimées par kg de Pt en entrée de procédé).
158
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les résultats expérimentaux montrent que la meilleure efficacité de récupération en platine a été obtenue
après le traitement par l’alternative B (H2O2/extraction par solvant), cette voie sera donc utilisée comme
exemple pour l’explication de la méthodologie adoptée. Chaque processus de recyclage a été modélisé avec
SimaPro comme étant une boîte noire en prenant en compte les consommations d'énergie (pointillés) et les
entrées (lignes continues) et sorties (tirets) de matériaux et des procédés de traitement des déchets. Le bilan
détaillé des consommations de matière et d’énergie des différentes étapes du procédé est détaillé sur la
Figure 80 pour l’alternative B. Les quantités mentionnées sont équivalentes à 1 g de platine en entrée (soit
1,4 g de catalyseur Pt/C à 70% utilisé dans les AME Paxitech). Le platine est récupéré comme produit
principal sous forme d’hexachloroplatinate d’ammonium ((NH4)2PtCl6).
Figure 80 : Bilan de masse et d’énergie réalisé après extraction du platine de CCM par l’alternative B (H2O2/extraction par solvant)
pour une séparation en configuration : 2 × 1 étages.
Le Cyanex® 923 est un mélange d’oxydes de trialkylphosphines qui peut être considéré comme étant de
l’oxyde de trioctylphosphine (TOPO). Une voie de synthèse du TOPO consiste à faire réagir un
organomagnésien comme le 2-ethylhexyl bromure de magnésium (C8H17MgBr) (considéré comme de
l’octane sur SimaPro) avec du trichlorure de phosphoryl [200]. Ainsi, la production de Cyanex 923 a été
modélisée en adoptant la même méthodologie que celle adoptée pour le cas du Nafion® (voir composition
dans le Tableau 44).
159
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les résines usagées provenant des alternatives C et D sont traitées par incinération modélisée selon le
module "Spent anion exchange resin from potable water production". La fin de vie des phases organiques
utilisées dans les voies A et B sont modélisées avec le processus de traitement des déchets organiques
liquides "Spent solvent mixture d’EcoInvent". Le Nafion® et le carbone sont incinérés selon le processus :
"Hazardous waste, for incineration". Les traitements des effluents aqueux sont modélisés à l'aide du module
"Wastewater, average {CH} treatment of capacity 4.7E10l/year".
Les processus manquants comme des unités de neutralisation acide par ajout de soude solide ont été créés
avec SimaPro en considérant les réactions suivantes :
Le dichlore (Cl2) produit au cours de l'étape de lixiviation a été traité par barbotage à travers une solution de
NaOH [201], selon la réaction utilisée pour la production d’hypochlorite. Dans ce cas, des solution de soude
à 20% ou 50% (soit respectivement 6 et 19M) sont couramment utilisées pour la production d’eau de javel
de bas ou haut titres [202] :
L’hypochlorite formé peut à son tour être décomposé en chlorure de sodium sur un catalyseur ou en
présence d’un oxydant selon la réaction :
La quantité de Cl2 émise a été mesurée afin de calculer le volume de solution d'hydroxyde de sodium
maximal nécessaire pour traiter les émissions gazeuses. Ce procédé de traitement n'a pas été inclus dans
l'inventaire en raison de son faible impact environnemental en comparaison avec les autres étapes des quatre
alternatives inhérentes au procédé de récupération du platine. En effet la consommation de soude associée
est plus de 100 fois plus faible que celle nécessaire à la neutralisation de l’HCl. La consommation de soude
et les émissions associées au traitement, en considérant une production de NaCl de 2 moles par mole de
dichlore, sont regroupées dans le Tableau 47.
L’impact du dégagement de NOx lors de la lixiviation du platine par les lixiviats contenant de l’HNO3,
(alternatives A et C) n’a pas été considéré car la mesure de ces émissions n’a pas pu être effectuée.
160
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les modèles des scénarios d'incinération (1) et le scénario comprenant le procédé de recyclage (2) selon
l’alternative B, sont décrits sur la Figure 81. Les produits sont représentés par des rectangles et les processus
par des cases arrondies. Les produits et procédés initialement présents dans EcoInvent sont colorés, tandis
que les nouveaux modules créés sont représentés en blanc. Les lignes continues représentent les flux
élémentaires des matières premières (RM), d'énergie (E) et les émissions (Em), les lignes pointillées
représentent les connexions logiques entre les différents produits et procédés. Le flux principal de platine, y
compris les processus de recyclage est représenté par une ligne en pointillés gras.
161
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 81 : Schéma détaillé des modèles globaux de cycle de vie d’AME établis pour les scénarios (1) et (2) en considérant
l’alternative B.
162
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
I_ = • I_< × m<
»
Équation [56]
<
Avec I_< , l’impact du produit P pour la catégorie et m< , la masse de produit P. En ce qui concerne les
méthodes de type Midpoint, les impacts calculés sont exprimés en équivalent d’une molécule ou d’un
élément de référence voir Tableau 48.
Ces résultats peuvent être comparés à un impact de référence comme celui d’habitants d’une région donnée
(Pays, union de pays, monde…), durant une période donnée. L’équation suivante présente le calcul d’impact
normalisé par catégorie IY?)¼ %XVé
(sans dimension) :
I_
IY?)¼ %XVé
= = I_ × FY?)¼
I)é9X?Y
Équation [57]
Avec I)é9X?Y, l’impact des habitants d’une région donnée et FY?)¼, le facteur de normalisation.
163
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
La plupart des méthodes de calculs d’impact comportent un module, permettent la conversion de l’impact
d’une catégorie exprimé dans des unités de référence, en un score unique en points. Les facteurs de
conversion définis par les développeurs des méthodes dépendent de leurs appréciations. En effet, le
processus de pondération d’impacts de catégories différentes dans un but de comparaison pourrait se révéler
très complexe. Il faudrait dans ce cas modéliser les importances relatives des catégories à long terme ce qui
compte tenu des moyens actuels semble difficilement réalisable.
Il est cependant important d’attribuer une importance relative entre les catégories d’impact. Afin d’aider à la
sélection des catégories étudiées pour les CdV considérés, les scores normalisés de chaque type d’impact
calculés selon la méthode CML ont été comparés à la somme des scores de toutes les catégories selon
l’équation suivante :
IY?)¼ %XVé
%P =
∑ I_Y?)¼ %XVé Équation [58]
_
Plusieurs scénarios ont été effectués et les résultats sont présentés dans la partie 3 suivante.
164
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les résultats montrent que la production de platine (platine primaire en tant que matière première)
représente la majeure partie des impacts sur le cycle de vie d’AME pour presque toutes les catégories
d'impacts prises en compte, sauf les deux suivantes : "GWP" et "ODP". Le second facteur principal est la
production de tétrafluoroéthylène (TFE), principalement utilisé dans l'étape de fabrication de la membrane,
qui contribue à chaque impact et représente respectivement 40% et plus de 99% du total des impacts pour
les catégories GWP et ODP. En effet des fluorocarbures sont émis vers l’atmosphère lors de la fabrication
de TFE, ces gaz ont un grand potentiel d’effet de serre et provoquent la destruction d'ozone stratosphérique.
165
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 82 : Identification des étapes impactantes du cycle de vie d’AME de PEMFC selon la méthode CML.
Les résultats montrent que selon la méthode CML, les trois catégories d'impact les plus affectées sont les
suivantes : "acidification", "FW-ecotox" et "M-ecotox". Les pondérations réalisées pour les trois autres
scénarios de recyclage montrent que ces catégories sont également les plus impactées.
En plus de ces indicateurs, la catégorie "abiotic depletion" a aussi été sélectionnée afin de prendre en
compte l’épuisement des métaux du fait de l'utilisation de platine. Enfin, les catégories "GWP" et "ODP" ont
également été choisies dans le but de considérer les émissions de fluorocarbones causés par la fabrication et
l’incinération du Nafion®.
166
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
En comparant les résultats avec ceux issus de la méthode ReCIPe, la part de l’impact sur le milieu marin
baisse de 86 % pour la catégorie "MA-ecotox" à 24% pour la catégorie "marine ecotoxicity". En
contrepartie, les parts des catégories "metal depletion", "fresh water eutrophication", "ozone depletion",
"human toxicity" et "fresh water ecotoxicity" de la méthode ReCIPe sont respectivement plus importantes
que celle des catégories "abiotic depletion", "eutrophication", "ozone layer depletion", "human toxicity" et
"fresh water aquatic ecotoxicity" de la méthode CML. Les catégories "ionising radiation" et "particulate
matter formation" n’ont pas d’équivalent selon la méthode CML-IA V3.02.
Mis à part les impacts sur l’eutrophisation, l’émission de produits toxiques pour l’homme et le changement
climatique, les catégories les plus impactées selon la méthode ReCIPe sont les mêmes que pour la méthode
CML.
167
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 83 : Analyse d’impact du cycle de vie d’AME de PEMFC considérant la production et le scénario de fin de vie (2) selon les
alternatives (A, B, C et D).
La récupération suivant l’alternative B semble être la moins impactante, alors que le processus de A est le
plus impactant des quatre. En effet, pour les trois catégories les plus touchées: "acidification", "FW-ecotox"
et "M-ecotox", les scores d’impact du cycle de vie d’AME sont les plus bas dans le cas du recyclage du
platine avec le processus de B et les plus élevés avec l’alternative A. Cependant, l’alternative B est plus
impactante que les scénarios de recyclage C et D en ce qui concerne l’émission de gaz à effet de serre.
De plus, les processus C et D ont les mêmes impacts environnementaux pour toutes les catégories étudiées.
Or, comme mentionné précédemment, le dégagement de NOx lors de la lixiviation du Pt n’a pas été pris en
compte dans les ICV des scénarios (2-A) et (2-C).
Les mêmes tendances ont été observées pour les six catégories de la méthode ReCIPe correspondant à celles
étudiées selon la méthode CML.
D’après ces remarques, il est plus judicieux d’utiliser le mélange HCl/H2O2 (alternatives B et D) que le
mélange HCl/HNO3 (alternatives A et C) pour la lixiviation du platine. Seules les alternatives B et D seront
donc considérées dans la suite de cette étude.
Mis à part le cas de la catégorie "ODP", essentiellement affectée par la production de la membrane, le
rapport des impacts environnementaux des cycles de vies d’AME dépend essentiellement de l'efficacité de
récupération du Pt (Chapitre 3 - Tableau 26). En effet, plus le Pt est récupéré efficacement en fin de vie, plus
son utilisation compense la consommation de Pt primaire lors de l'étape de production d’AME. En effet
d’après les résultats d’ACV du scénario (1) (Figure 82), la production de platine primaire est nettement plus
influente que toutes les autres étapes de la fabrication d’AME. Les impacts du fonctionnement des procédés
de recyclage sont donc très faibles sur le cycle de vie d’AME considéré.
168
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 84 : Comparaison environnementale des scénarios de cycles de vie d’AME (1) et (2) comprenant le recyclage du platine par
l’alternative B.
La comparaison des scénarios (1) et (2) montre que le recyclage du platine permet une réduction de plus de
60% de l’impact environnemental pour les catégories : "AD", "acidification" "FW-ecotox" et "M-ecotox".
Cette réduction est due à la diminution de la quantité de platine primaire utilisée pour la synthèse de
catalyseurs. Le recyclage du platine selon l’alternative B provoque une réduction d’environ 30% des
émissions de gaz à effet de serre. Enfin ce recyclage a très peu d’influence sur la catégorie "ODP" qui est
très majoritairement impactée par la production de Nafion®.
Le recyclage du platine permettrait une forte réduction de l’impact environnemental du cycle de vie d’AME
de PEMFC. Cependant, la part de la production de ce métal reste très importante vis-à-vis de l’impact
global. L’amélioration des efficacités des différents procédés de récupération permettrait de réduire
d’avantage les impacts liés à la production de platine primaire.
169
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Le modèle du scénario (2) réalisé sur SimaPro a été modifié afin de considérer les modifications de
composition des AME.
Ensuite l’impact des environnemental des procédés a été détaillé afin d’étudier l’effet de la multiplication de
certaines étapes sur l’impact du CdV d’AME.
170
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 85 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D (charge platine = 0,15
[Link]-2, SM/SA = 1,4 cm².cm-²données CCM Paxitech).
En comparaison avec la Figure 84, les résultats sur la Figure 85 montrent que la réduction de la charge en
platine entraîne une augmentation significative des parts de la production de TFE et des procédés de
recyclage du platine dans l’impact du CdV d’AME. Dans le cas d’une réduction de la charge en platine la
part du Nafion dans les impacts du cycle de vie d’AME devient comparable à celle du platine. En effet,
même si l’impact de la production de platine reste majoritaire pour les catégories : "Abiotic Depletion",
"acidification" et "FW-ecotox". L’impact de la production de TFE devient majoritaire pour la catégorie "M-
ecotox".
De plus, la part des autres étapes (Autres) deviendrait significative pour la catégorie "M-ecotox". Cette part
est majoritairement liée à l’impact de l’incinération de la membrane en fin de vie (modélisé par le module :
"Waste polyvinylfluoride").
Par ailleurs, le Tableau 51 montre que l’augmentation des impacts environnementaux du CdV d’AME liés
aux utilisations de cobalt et de manganèse est négligeable. En effet elles représentent moins de 0,1% des
impacts des scénarios (2)-B et (2)-C pour toutes les catégories considérées. Par ailleurs, l’impact de la
production de manganèse est très faible vis-à-vis de la production de cobalt, en considérant les teneurs
massiques préconisés par l’USDOE (rapport massique Co/Mn = 12). Les utilisations de ces métaux ne
seront donc pas considérées dans la suite de l’ACV.
Dans un but de pertinence, la charge de platine de 0,15 [Link]-2 plus représentative que celle des AME
Paxitech (1 [Link]-2) sera conservée dans la suite de cette étude.
171
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 86 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D (charge platine = 0,15
[Link]-2, SM/SA = 1 cm².cm-², données CCM Paxitech).
172
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
En comparant les résultats obtenus sur les Figure 85 et Figure 86, la réduction du rapport SM/SA de 1,4 à 1
[Link]-2 entraîne un baisse très faible de l’impact environnemental de la production de Nafion® qui ne
change pas significativement la répartition des parts des étapes dans les impacts du CdV d’AME. De ce fait,
pour des raisons de simplification, ce rapport sera fixé à 1 pour la suite de cette étude environnementale.
Les études suivantes ont montré que si une composition d’AME prévue par l’USDOE était considérée, la
part du fonctionnement des procédés de récupération du Pt deviendrait significative au niveau de l’impact
du CdV d’AME. Des changements au sein des procédés nécessaires à l’amélioration du rendement de
récupération en Pt pourraient donc provoquer une hausse de l’impact environnemental du CdV considéré.
Une étude a donc été conduite afin de vérifier l’effet environnemental d’une éventuelle augmentation des
rendements de récupération en platine.
Les parts des étapes les plus impactantes des procédés sont représentées sur la Figure 87.
B D P B D P B D P B D P B D P B D P
Figure 87 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives P, B et D.
173
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
En considérant uniquement les impacts engendrés par le fonctionnement des procédés par masse de platine
en entrée (Figure 87), le procédé B est plus impactant que le D pour 5 des 6 catégories d’impact étudiées. Le
procédé D a un impact environ dix fois supérieur au processus B pour la catégorie "ODP".
D’après la Figure 87, l’impact des procédés de recyclage selon l’alternative B est surtout dû à l’étape de
séparation (production et traitement de l’extractant et du diluant). En revanche les impacts du procédé D
sont principalement causés par l’utilisation d’acide chlorhydrique et de soude (neutralisation de l’acide et
régénération des résines). Cependant, la production de résines impacte très fortement la catégorie ODP.
L’augmentation des rendements des procédés nécessiterait une augmentation du nombre d’étages de
séparation. Cette modification entraînerait une hausse de l’impact du fonctionnement du procédé de
récupération qui serait faible pour l’alternative D et forte pour la voie B. L’augmentation du nombre
d’étapes des procédés semble donc être une option intéressante afin de réduire l’impact environnemental du
CdV d’AME de PEMFC.
Ces résultats montrent par ailleurs que l’utilisation de résines pour la séparation du platine contenu dans le
lixiviat pourrait permettre une réduction de l’impact du procédé de récupération D si le recyclage des
lixiviats était possible (réduction de l’impact de production de NaOH et HCl). Cette remarque est valable
pour les solvants organiques dans le cas où ils peuvent être recyclés dans le procédé B.
A titre de comparaison, l’impact environnemental du procédé D est inférieur à l’étape de récupération du
platine dans du cuivre par voie pyrométallurgique (procédé P Figure 87). Donc si les rendements du procédé
D sont améliorés, cette voie de récupération serait surement moins impactante qu’une éventuelle voie de
récupération par des processus pyro et hydrométallurgiques combinés. Par contre, si le recyclage des
solvants et des réactifs utilisés dans l’alternative B ne sont pas assurés, l’impact environnemental du
fonctionnement de cette voie de récupération est supérieur à celui de l’étape pyrométallurgique. Cependant,
les étapes de purification nécessaires à la séparation du platine ne sont pas prises en compte dans ce module
de production de platine secondaire. De plus les émissions de gaz fluorocarbonés (combustion du PTFE et
du Nafion®) devraient être considérées en cas de traitement direct d’AME par voie pyrométallurgique. Le
module qui a été utilisé pour la modélisation des impacts environnementaux du CdV de PEMFC ([188])
n’est donc pas complet.
174
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 88 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D (charge platine = 0,15
[Link]-2, SM/SA = 1, données AME CEA).
175
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les résultats montrent que pour le scénario (2-B), les parts des procédés dans l’impact global du CdV
d’AME sont plus importantes que pour les AME Paxitech (Figure 85). Ceci est dû au fait que l’impact du
CdV d’AME a diminué du fait de l’amélioration de l’efficacité de récupération du Pt. De plus les impacts
des procédés ont augmenté du fait de la mise en place d’étages de séparation supplémentaires.
Les proportions des différentes étapes du CdV selon le scénario (2)-D n’ont pas significativement changé
par rapport aux résultats de l’étude précédente (Figure 85). En effet, la part de l’impact de la production de
Pt a augmenté du fait de la baisse de rendement du procédé de récupération de 72 à 65%. De plus la part de
l’impact du fonctionnement des procédés de récupération du Pt a faiblement augmenté du fait de l’ajout des
étages de séparation supplémentaires.
Les variations de rendements des CdV d’AME expliquent l’augmentation de la différence d’impact
environnemental entre les alternatives de récupération B et D.
L’étape de synthèse directe de nouveaux catalyseurs n’a pas été réalisée expérimentalement. Les rendements
et les impacts de ces étapes n’ont donc pas été considérés dans le scénario de recyclage du platine. De plus,
l’étape de dissolution de la membrane, nécessaire en cas de migration importante du platine vers la
membrane n’a pas été considérée dans cette étude. Ces deux étapes ont donc été intégrées au scénario (2) du
CdV d’AME dont les impacts ont été réévalués.
Les impacts environnementaux des étapes les plus impactantes pondérés par rapport à ceux du traitement
d’1 kg de Pt par la voie polyol sont représentés sur la Figure 89.
176
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Flux d'entrée
Produit/ Alternative
Energie IR+t Polyols
Deionised water (kg) 2030 750
Ethanol 95% without water (kg) / /
Ethylene glycol (kg) / 2200
NaBH4 (kg) 2 /
Na3C6H5O7 4 /
Ar (kg) / 340
H2SO4 9 9
Electricity low voltage {RER} (MJ) 80 120000
Flux de sortie
Déchets/ Alternative
procédés de traitement IR+t Polyols
Emissions de
Argon (kg) / 9
gaz
Water (kg) 3000 1000
Effluents
aqueux Wastewater, average {CH} treatment of capacity
3 1
4.7E10l/year (m3)
Ethanol (kg) / 0
Effluents
Ethylene glycol (kg) / 2200
organiques
Spent solvent mixture {GLO] (kg) / 2200
Tableau 52 : Bilans de matière et d’énergie des procédés de synthèse de catalyseurs incluant les processus de traitements des
déchets (valeurs exprimée par kg de nanoparticules de Pt produites).
Polyols IR+t Polyols IR+t Polyols IR+t Polyols IR+t Polyols IR+t Polyols IR+t
Figure 89 : Identification des étapes impactantes des procédés de synthèse de particules de platine par voie polyols (Polyols) et
réduction dans l’eau (IR+t).
177
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les résultats montrent que dans le cadre de l’étude, la production de catalyseurs par la voie polyols est
beaucoup plus impactante en comparaison à l’autre méthode. En effet les impacts environnementaux de
cette voie sont environ 100 fois supérieurs à ceux de la voie IR+t.
Cependant d’après les résultats des caractérisations (Chapitre 3 - §5.1.2), dans les conditions des essais
réalisés, la voie polyols est très efficace et permet l’obtention des catalyseurs de grande surface spécifique
(particules d’environ 4 nm). Sa mise en œuvre permet donc une réduction de la masse de platine utilisée lors
de l’étape de production des PEMFCs en comparaison à la voie IR+t. La production de Pt représentant une
grande part des impacts liés à la production d’AME, la réduction de la quantité utilisée pourrait permettre de
compenser l’augmentation de l’impact liée au fonctionnement de la voie de synthèse. Les catalyseurs
produits selon la voie IR+t n’ayant pas pu être caractérisés ni électrochimiquement ni en AME, la voie
polyol a été considérée dans la suite de l’étude environnementale.
Une grande partie de l’impact de la production de Pt/C par la voie polyols est due à la consommation
électrique. Sa réduction n’a pas été étudiée, mais elle pourrait être envisagée. En effet les durées de mise à
l’air et de dépôt (soit 32 h pour une durée totale de 38 h) auraient certainement pu être raccourcies.
Les résultats montrent que le procédé polyols impacte très faiblement la catégorie ODP (moins de 1% de
l’impact). En revanche, en considérant une consommation d’électricité de faible tension (< 1000 V) selon le
mix européen, l’impact de la production de Pt/C représente une part significative de l’impact
environnemental du CdV d’AME pour les cinq autres catégories (10% en moyenne).
Après intégration de la production de catalyseur selon la voie polyols, les résultats montrent que la voie de
séparation (résine ou solvant) n’a pas une grande influence sur l’impact environnemental global de
récupération du CdV d’AME. En effet, la séparation par solvant permet d’obtenir un meilleur rendement de
récupération en Pt, mais elle entraîne une hausse de l’impact lié au fonctionnement du procédé (production
des solvants organiques utilisés).
178
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 90 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D en considérant la synthèse
de catalyseurs selon la méthode polyols (charge platine = 0,15 [Link]-2, données AME CEA).
Cette étude pourrait être approfondie en réalisant une comparaison environnementale des voies de synthèse
de catalyseurs d’après des données expérimentales (synthèse et caractérisations). Les catalyseurs pourraient
être comparés selon l’unité fonctionnelle suivante : "synthétiser un catalyseur de PEMFC permettant de
produire une certaine surface d’électrode".
179
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les quantités de matière ont été déterminées en considérant un ratio masse de Nafion®/masse de solution de
Nafion® de 5% (concentrations des solutions commerciales de fluoropolymère). La consommation
d’électricité du procédé de dissolution dans le DMSO n’ayant pu être mesurée, elle a été surestimée.
L’énergie nécessaire à l’évaporation des solvants a été estimée en sommant les chaleurs latentes et sensibles
permettant leur évaporation depuis la température de 25 °C.
La condensation des solvants peut être effectuée par refroidissement à l’eau au travers un échangeur de
chaleur. La consommation d’eau associée a été déterminée en considérant une élévation maximale de sa
température de 10 °C. Le pompage de l’eau a été modelisé avec le module : "Tap water {Europe without
Switzerland}| tap water production, underground water without treatment".
Le traitement des solvants a été considéré avec le module d’incinération : "Spent solvent mixture {GLO]".
A titre de comparaison, les impacts de l’incinération de la membrane ont également été modélisés selon le
processus défini dans le Tableau 45.
Les consommations de matière et d’énergie liées à la mise en place de ces procédés ont été regroupées dans
le Tableau 53. Ces données dépendant directement de la surface d’AME, les valeurs indiquées
correspondent au traitement d’1 m2 d’AME. Les impacts environnementaux calculés avec SimaPro ont été
pondérés en fonction de l’impact du procédé Autoclave puis regroupés sur la Figure 91.
180
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Flux d'entrée
Alternative
Produit/Energie Dissolution en Dissolution
Incinération
autoclave DMSO
Deionised water (kg) 8,4 5 /
Ethanol (kg) 2,7 / /
Dymethylsulfoxide (kg) / 7,5 /
NaOH without water (kg) 0,01 0,01 /
Electricity low voltage {RER} (MJ) 1500 40 /
Flux de sortie
Alternative
Déchets/Procédés de traitement Dissolution en Dissolution
Incinération
autoclave DMSO
Effluents Nafion® (kg) / / 0,36
fluorés Nafion incinerator (kg) / / 0,36
Water (kg) 8,4 5,0 /
Effluents
Wastewater, average {CH} treatment
aqueux 0,008 / /
of capacity 4.7E10l/year (m3)
Ethanol (kg) 2,7 / /
Effluents
Dymethylsulfoxide (kg) / 7,5 /
organiques
Spent solvent mixture {GLO] (kg) 2,7 7,5 /
Séparation Electricity low voltage {RER} (MJ) 23 7 /
solvants Tap water production, underground
/Nafion® water without treatment (kg) 560 170 /
Tableau 53 : Bilans de matière et d’énergie des procédés de dissolution de membrane incluant les processus de traitements des
déchets (valeurs exprimée par m2 d’AME en entrée de procédé).
DMSO A Inc DMSO A Inc DMSO A Inc DMSO A Inc DMSO A Inc DMSO A Inc
Figure 91 : Identification des étapes impactantes des procédés de dissolution de la membrane en fluoropolymère en autoclave (A)
ou en réacteur à pression atmosphérique dans le DMSO (DMSO).
181
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
D’après la Figure 91, le procédé de délamination en autoclave (A) est plus impactant que le procédé utilisant
le DMSO même en ayant surestimé la consommation électrique du procédé pour cinq des catégories
étudiées. Cependant, son impact environnemental est environ trois fois inférieur à celui du procédé DMSO
pour la catégorie "AD".
Par ailleurs, l’ajout de l’étape de dissolution avec le DMSO permettrait une réduction par 2 de l’impact pour
la catégorie "M-ecotox" en comparaison au procédé d’incinération. En revanche les impacts de l’incinération
de la membrane sont négligeables pour les autres catégories. Les impacts du procédé de dissolution de la
membrane en autoclave sont très majoritairement dus à la consommation électrique du procédé. Alors que
l’impact environnemental de la dissolution de la membrane dans le DMSO est principalement engendré par
l’utilisation de ce solvant.
Ces deux procédés qui n’ont pas été étudiés en détail pourraient être optimisés en étudiant la réduction des
temps de dissolution et le recyclage des réactifs de dissolution.
Figure 92 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D en considérant la synthèse
polyols et la dissolution de la membrane (charge platine = 0,15 [Link]-2, données AME CEA).
182
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
La Figure 92 montre que l’utilisation du procédé de dissolution de la membrane aurait un impact négligeable
sur la destruction de la couche d’ozone en comparaison à la production de Nafion®. En ce qui concerne les
catégories : "acidification", "GWP", "FW-ecotox " et "M-ecotox", la dissolution de la membrane
représenterait entre 5 et 10% de l’impact du CdV d’AME. Enfin la production de DMSO représenterait
environ 50% de l’impact environnemental pour la catégorie "abiotic depletion".
Par ailleurs, les impacts modélisés sans prendre en compte une optimisation du procédé DMSO ou un
recyclage de la membrane, montrent que la dissolution de la membrane permettrait une réduction de
l’impact pour la catégorie "FW-ecotox"(comparaison Figure 90 et Figure 92). Cependant, l’ajout de cette
étape entraînera une augmentation des impacts pour les cinq autres catégories étudiées en comparaison à
l’impact d’incinération. Ces catégories étant moins prépondérantes que la catégorie "FW-ecotox" (voir
Tableau 49), la mise en place de la dissolution de la membrane semble pertinente.
183
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Figure 93 : Comparaison environnementale des scénarios de cycles de vie d’AME (1) et (2) comprenant le recyclage du platine par
l’alternative D (électricité produite en Europe).
La Figure 93 montre que le recyclage du platine selon le scénario (2-Rés) permet une réduction de l’impact
environnemental du CdV d’AME de PEMFC. En effet, il permet une baisse de plus de 60% de l’impact
d’acidification de l’environnement et sur la pollution d’eau douce (catégories "Acidification" et "FW-
Ecotox). De plus, en cas de recyclage l’épuisement des ressources et la pollution des milieux marins pourrait
diminuer d’environ 50%. Enfin, le recyclage du platine aurait très peu d’impact sur les émissions de gaz à
effet de serre ou destructeurs de la couche d’ozone. En effet au niveau du CdV d’AME, les émissions de ces
gaz sont principalement causées par l’étape de production du fluoropolymère constituant la membrane.
Suite à ces résultats plusieurs pistes sont envisagées pour réduire les impacts environnementaux liés à la
production de platine du CdV d’ AME selon le scénario (2-Rés) :
• l’amélioration de l’efficacité de recyclage du Pt :
o recyclage des résines afin de limiter l’accumulation de métal après régénération,
o amélioration de l’étape de dépôt du Pt sur carbone, en remplaçant le Vulcan XC72 par un
autre support.
184
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
D’autres voies pourraient permettre de réduire les impact environnementaux du CdV d’AME de PEMFC :
• réduction des impacts liés au fonctionnement du procédé polyol :
o réduction de la quantité d’éthylène glycol consommée par masse de catalyseur,
o réduction des temps de dépôt des particules de Pt,
• réduction des impacts liés à la production et au traitement de la membrane :
o augmentation du ratio masse de Nafion®/masse de solution de Nafion®,
o recyclage du fluoropolymère constituant la membrane.
Les rapports calculés montrent que pour les catégories "acidification", "GWP", "M-ecotox" et "FW-ecotox",
l’impact de la consommation d’électricité en Chine, dans la partie Sud-Est des Etats-Unis (US-SERC) ou en
Russie (plus de 60% d’énergies fossiles) peut être jusqu’à plus de dix fois supérieur par rapport au mix
énergétique européen.
185
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
En ce qui concerne les mix énergétiques français (76% d’énergie nucléaire) ou Norvégien (98%
d’hydroélectricité), les impacts de la consommation d’électricité sont plus faibles que ceux du mix européen
pour les catégories : "abiotic depletion", "acidification", "GWP" et "M-ecotox".
Globalement, les impacts des consommations électriques des procédés considérés sont sous-estimés en
comparaison au mix énergétique mondial. Cependant, les impacts de la consommation d’énergie électrique
auraient été de 1 à 3 fois inférieures (selon les catégories et le mix considérés) si une consommation de
moyenne tension avait été considérée (entre 1000 et 24000 V). Les scores d’impact, de scénarios (1) et (2-
Rés) recalculés en considérant le mix de consommation d’électricité de moyenne tension en Chine sont
regroupées sur la Figure 94.
Figure 94 : Comparaison environnementale des scénarios de cycles de vie d’AME (1) et (2) comprenant le recyclage du platine par
l’alternative D (électricité produite de Chine).
186
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les résultats montrent que la modification de l’impact de la production de catalyseur réduit faiblement les
ratios entre des impacts environnementaux du scénario (1) / scénario (2-Rés) pour les catégories :
"Acidification", "FW-ecotox" et "M-ecotox". De plus l’impact du scénario (1) devient légèrement inférieur à
celui de scénario (2-Rés) pour la catégorie "GWP". En effet la hausse de l’impact de la production de
catalyseurs entraîne une réduction de l’écart entre les impacts des scénarios (1) et (2-Rés) de CdV. De plus
la hausse de l’impact de la dissolution de la membrane entraîne une faible augmentation de l’impact
environnemental du scénario (2-Rés).
En conclusion, la modification de la source d’électricité ne modifierait pas les conclusions de l’étude.
Les effluents aqueux émis par le procédé étudié selon l’alternative D contiennent essentiellement du
chlorure de sodium (NaCl) et des traces d’organiques et de métaux. Les stations d’épuration modélisées sur
EcoInvent sont dimensionnées pour traiter des effluents contenant environ 70 g.m-3 de carbone organique en
entrée de station d’épuration [206], ces systèmes seront capables d’absorber la pollution organique.
Cependant, les métaux ne sont pas traités dans ces stations d’épuration et se retrouvent donc dans les boues
ou dans les effluents. La toxicité du platine ou du cobalt varie selon leur forme (complexes, nanoparticules
métalliques..). Comme EcoInvent ne comprend pas de module permettant l’évaluation environnementale des
émissions de Pt ou de complexes de cobalt vers les milieux aquatiques, leurs impacts n’ont donc pas pu être
estimés. Les résidus obtenus après traitement des effluents devront donc être retraités ou stockés en prenant
certaines précautions.
187
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Les modules suivants ont été utilisés pour la modélisation des impacts de transport en camion et train :
"Transport, freight, lorry 16-32 metric ton, EURO3 {RER} " et "Transport, freight train {Europe without
Switzerland}". Les transports routiers ont été modélisés en considérant les émissions maximales définies par
la norme Euro3, afin de maximiser leurs impacts par rapport aux normes plus récentes comme Euro6. Les
impacts obtenus pour les six catégories étudiées ont été pondérés par rapport aux impacts du scénario (2-
Rés) de CdV d’AME de PEMFC puis regroupés dans le Tableau 57.
Impact transport/
Catégorie d'impact
impact CdV
Abiotic depletion 0,1%
Acidification 0,2%
GWP 0,3%
ODP 0,0%
FW-ecotox 0,4%
M-ecotox 0,2%
Tableau 57 : Impact de la phase de transport en comparaison à l’impact du CdV d’AME selon le scénario (2-Rés).
Les résultats obtenus montrent que si les produits considérés sont fabriqués en Europe à des distances
inférieures à 300km des lieux de production et de recyclage des catalyseurs, l’impact environnemental lié à
leur transport est négligeable. Cet impact resterait faible si les distances étaient multipliées par 2.
188
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
L’étude de la récupération de Pt en fin de vie de PEMFC grâce à la mise en place d’un procédé
hydrométallurgique (scénario (2-B)) a permis de constater une réduction potentielle de l’impact
environnemental d’environ 60% par rapport au scénario (1) pour les catégories fortement impactées.
Cette modélisation a également permis de choisir le lixiviat HCl/H2O2 au lieu de l’eau régale (HCl/HNO3)
afin d’assurer assurer la lixiviation du Pt contenu dans les CCMs de PEMFCs.
Enfin cette étude a montré que même après récupération du Pt, l’impact du fonctionnement du procédé
hydrométallurgique développé était très faible en comparaison à celui de la production de platine. Les
recherches ont donc été orientées vers l’augmentation de l’efficacité des procédés.
Les expérimentations de récupération du platine à partir d’AME de PEMFC contenant des catalyseurs
PtCo/C ont été utilisées pour modéliser l’impact de la récupération de Pt en conditions plus proches d’un cas
réel.
Les résultats obtenus ont montré que l’ajout de Co ou de Mn avaient des impacts négligeables en
comparaison au niveau du CdV d’AME. Cette étude révèle qu’en cas d’une baisse du taux de Pt de 1 à 0,15
[Link]-2 la production de ce métal resterait tout de même l’étape participant majoritairement aux impacts du
CdV d’AME de PEMFC.
Ensuite l’intégration de l’impact de la production de catalyseurs par la voie polyols a été modélisée à partir
de données expérimentales (scénario (2-Rés)). Cette étape, dont l’impact est non négligeable, a permis de
montrer la faisabilité du recyclage des catalyseurs de PEMFC. Elle permettrait également une réduction de
l’impact du CdV d’AME selon le scénario (2-D) en cas de suppression de l’étape de précipitation après la
régénération des résines. A ce stade, des impacts de CdV d’AME très proches ont été trouvés pour les
scénarios (2-Solv) et (2-Rés).
Enfin l’étape de dissolution du fluoropolymère constituant la membrane dans le DMSO a été intégrée au
CdV d’AME en prévision d’une importante migration de platine vers la membrane. Les résultats ont montré
que l’impact de cette étape était non négligeable face aux impacts globaux des CdVs d’AME.
189
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
Le fonctionnement du procédé de recyclage intégrant une séparation des métaux par résine (alternative D)
est plus prometteur que la voie B pour des raisons de faisabilité et en prévision d’un recyclage des lixiviants
au sein du procédé. L’impact du scénario de CdV (2-Rés) a donc été comparé au scénario (1). Les résultats
obtenus ont permis de montrer que le recyclage du platine par voie hydrométallurgique permettrait une
réduction significative de l’impact environnemental du CdV d’AME considéré (production et fin de vie).
Les impacts ont été estimés en réalisant plusieurs hypothèses, ces dernières sont présentées ci-après avec
leurs limites.
190
Chapitre 4 : ACV d’un AME de PEMFC
191
Chapitre 5 : Conclusion générale et perspectives
1. Conclusion générale
Les piles à combustible de type PEMFC sont des systèmes permettant de convertir efficacement l’hydrogène
en énergie électrique. Dans une optique de production d’H2 à partir d’énergie renouvelables, les PAC sont
des alternatives aux systèmes fonctionnant à partir d’énergies fossiles (gaz naturel, pétrole, charbon…). A
l’heure actuelle, la commercialisation de la première série d’automobiles équipées d’un système de PEMFC
a déjà été lancée par Toyota en 2015. Cependant pour des raisons économiques, elles concurrencent
difficilement les systèmes actuellement utilisés notamment du fait de l’utilisation de Pt dans les électrodes.
De plus, les ressources mondiales en platine, estimées à environ 14 000 t, ne permettraient pas d’alimenter
durablement le marché des PEMFCs en prévision de leur commercialisation à grande échelle. Le
retraitement de ses systèmes doit être assuré à leur fin de vie afin d’aller dans le sens d’un système de
production d’énergie "durable". Le but de cette thèse a donc été de développer un procédé afin d’assurer la
récupération du platine en fin de vie de PEMFC afin d’anticiper leur retraitement en fin de vie.
Les électrodes de PEMFC sont contenues dans des AME qui peuvent être facilement séparés du système du
système de génération de façon mécanique. La récupération du Pt à partir d’AME est ensuite plus délicate.
Pour des raisons économiques et environnementales, la voie de récupération hydrométallurgique a été
privilégiée face aux autres techniques existantes telles que la pyrométallurgie. L’utilisation d’alliages avec
d’autres métaux de transition tels que le Mn permet de réduire les charge en Pt dans les AME.
Un procédé hydrométallurgique constitué des étapes majoritaires et techniques alternatives suivantes, a donc
été développé afin d’assurer la récupération du Pt :
1. lixiviation du Pt et du Co :
o mélange HCl/HNO3,
o mélange HCl/H2O2,
2. séparation des métaux du lixiviat et séparation Pt/Co :
o par résine,
o par solvant,
3. récupération du platine sous forme solide :
o sous forme de sel.
Des essais en laboratoire ont été menés afin de sélectionner les paramètres optimaux de fonctionnement de
ces étapes à 25 °C afin de récupérer le platine à partir de Pt/C. Puis les différentes alternatives de lixiviations
et de séparation ont été testées pour extraire le platine de CCM Pt/C.
Suite aux résultats expérimentaux et au premier modèle d’ACV développé, le lixiviat HCl/H2O2, a été
sélectionné puis les expérimentations ont été orientées vers l’amélioration des rendements de récupération
en Pt.
192
Conclusion générale et perspectives
Ensuite après étude de la séparation Pt/Co des essais de récupération de Pt à partir d’AME PtCo/C ont été
menés et des résultats proches de ceux obtenus en CCM ont pu être observés. Les manipulations ont montré
qu’avec les résines la séparation Pt/Co était plus prometteuse que dans le cas des solvants. A partir des
rendements des étapes et de résultats d’ACV réalisés pour le cas des AME PtCo/C, trois axes
d’approfondissement et d’amélioration du procédé de récupération ont été définis :
• amélioration de l’étape de régénération des résines et solvants,
• étude de la production de nouveaux catalyseurs Pt/C,
• étude de la dissolution de la membrane (en cas de migration du platine au cours de la phase
d’utilisation des PEMFC).
Des expérimentations ont montré que le recyclage des résines permettrait une nette amélioration de
l’efficacité de régénération.
Ensuite, des essais de resynthèse de nouveaux catalyseurs ont permis de montrer que cette étape pouvait être
réalisée en utilisant les solutions de régénération des phases d’extraction. Les meilleurs résultats ont été
obtenus en utilisant la voie de synthèse polyols à partir des solutions des résines. Cette étape a également
montré que les catalyseurs produits présentaient une bonne activité pour la catalyse des réactions
d’oxydoréduction mises en jeu en AME de PEMFC.
Enfin des tests réalisés en partie par l’équipe MIEL du LEPMI ont permis de montrer la faisabilité de la
dissolution des membranes en fluoropolymère à basse température.
Les bilans de matières et d’énergie effectués sur les manipulations en laboratoire ont permis d’estimer les
impacts environnementaux du recyclage du Pt comprenant les étapes suivantes :
1. dissolution éventuelle de la membrane en fluoropolymère,
2. lixiviation des AME avec le mélange HCl/H2O2,
3. séparation des métaux du lixiviat et séparation Pt/Co par résine,
4. synthèse de catalyseur Pt/C par la voie polyol.
Les scénarios de CdV (1) et (2) ont alors été comparés en considérant une charge en Pt dans les AME de
0,[Link]-2 d’AME. Les résultats ont montré que la récupération du platine en fin de vie permettrait une
réduction significative de l’impact environnemental du CdV d’AME (production et fin de vie). Après
recyclage des catalyseurs, les étapes de production de Nafion® et de Pt restent les plus impactantes au
niveau du CdV considéré.
193
Conclusion générale et perspectives
2. Perspectives
D’après les résultats de cette étude, l’impact environnemental du CdV d’AME pourrait-être réduit en
étudiant les possibilités suivantes :
• réduction de l’impact lié à la consommation de Pt :
o utilisation d’un support carboné développant une plus grande surface spécifique que le
Vulcan XC72 pour améliore l’efficacité de production des catalyseurs,
o amélioration de l’étape de lixiviation : ajout d’oxydant en plusieurs temps afin d’éviter sa
décomposition en début de réaction,
o mise en place d’un recyclage des résines échangeuse d’ions dans le procédé développé,
• réduction des impacts des procédés de synthèse Pt/C et de dissolution dans le DMSO :
o réduction de la quantité d’éthylène glycol consommée par masse de catalyseur,
o réduction des temps de dépôt des particules de Pt sur le support carboné,
• réduction des impacts liés au traitement de la membrane :
o augmentation du ratio masse de Nafion®/masse de solvant.
Par ailleurs, la voie de synthèse polyols pourrait-être remplacée par un autre procédé. Il serait donc
intéressant de réaliser la comparaison environnementale de plusieurs voies de synthèse de catalyseurs en y
intégrant la variation de performances du système de PEMFC, induite par la qualité du Pt/C (distribution en
taille et activité des particules de Pt).
Les impacts environnementaux du scénario (2) de CdV d’AME ont été estimés d’après des essais en
laboratoire à partir d’AME contenant des catalyseurs PtCo/C. Afin de modéliser plus précisément les
impacts des procédés de recyclage du platine les expérimentations suivantes pourront être réalisées :
• récupération de platine à partir d’autres types de catalyseurs comme le PtCoMn/C,
• récupération du platine à partir de catalyseurs ou d’AME vieillis,
• dimensionnement puis essais en procédé pilote afin de mesurer plus précisément les consommations
d’énergie liées à la manutention des fluides.
Afin de tester le procédé dans des conditions proches des AME en fin de vie, des catalyseurs contenant des
nanoparticules de diamètre supérieur à 4 nm pourraient être synthétisés. L’influence de la composition (par
exemple le taux de Co) et de la taille des catalyseurs sur l’étape de lixiviation (efficacité et cinétique)
pourrait alors être étudiée. Des AME vieillies pourraient ensuite être traitées par le procédé
hydrométallurgique développé. Dans ce cas, l’étape de dissolution de la membrane pourrait être approfondie
expérimentalement.
D’autre part, la détermination de l’influence des paramètres de fonctionnement d’un procédé pilote pourrait
permettre une optimisation environnementale du recyclage du platine. En effet une étude de simulation de
procédé couplée avec l’ACV pourrait permettre de déterminer l’influence des paramètres de fonctionnement
du procédé de recyclage sur les impacts environnementaux du CdV d’AME.
194
Conclusion générale et perspectives
Enfin, étant donnés les réserves mondiales de platine et le fort impact de production de ce métal, la réelle
"durabilité" des systèmes de PEMFC est questionnable en anticipation d’une production à grande échelle.
Ces systèmes pourraient être réservés à des applications particulières dans des lieux ou l’accès à l’énergie
n’est pas aisé. Il serait donc intéressant de réaliser une comparaison environnementale du CdV d’une
PEMFC intégrant le recyclage du Pt avec le CdV d’autres systèmes de stockage d’énergie.
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[206] G. Doka, “Life Cycle Inventories of Waste Treatment Services. ecoinvent report No. 13. Part IV ‘Wastewater Treatment,’”
Life Cycle Invent. Waste Treat. Serv., no. 13, 2009.
[207] R. Frischknecht, N. Jungbluth, H. Althaus, G. Doka, R. Dones, T. Heck, S. Hellweg, R. Hischier, T. Nemecek, G. Rebitzer,
M. Spielmann, and G. Wernet, “Overview and Methodology,” ecoinvent Cent., no. 1, pp. 1–77, 2007.
[208] W. A. Spieker, J. Liu, J. T. Miller, A. J. Kropf, and J. R. Regalbuto, “An EXAFS study of the co-ordination chemistry of
hydrogen hexachloroplatinate(IV),” Appl. Catal. A Gen., vol. 232, no. 1–2, pp. 219–235, Jun. 2002.
201
Annexes
Annexe1.1 : Détermination de la spéciation du platine en milieu chloré
Les constantes d’équilibre suivantes ont été considérées pour la détermination de la spéciation du platine en
milieu chloré (§4.1.5) :
7PtCl0 ] 7PtCl0 ]
K0 = = 102.3 <=> 7PtCl: ] =
7PtCl: ] × 7Cl ] K0 × 7Cl ]
Équation [59]
La résolution du système d’équations suivant permet de déterminer 7Cl] puis les concentrations des
complexes de platine :
7PtCl0 ] K: K0 × 7Cl ]
α0 = =
7Pt] K: K0 × 7Cl ] + K: 7Cl ] + 1
Équation [63]
7PtCl: ] K: × 7Cl ]
α: = =
7Pt] K: K0 × 7Cl ] + K: 7Cl ] + 1
Équation [64]
7PtCl1 ] 1
α1 = =
7Pt] K: K0 × 7Cl ] + K: 7Cl ] + 1
Équation [65]
202
Annexes
Dans des conditions alcalines, les aqua-complexes se comportent comme des acides faibles et peuvent être
hydrolysés selon les réactions suivantes :
La mise en équation des équilibres suivants réalisée par Spieker et al [208] a permis de déterminer la
spéciation de l’hexachloroplatinate dans l’eau en fonction du pH :
203
Annexes
7CoCl ]
K = = 10 .> <=> 7CoCl ] = 7Co ] × 7Cl ] × Kd K
7CoCl ] × 7Cl ]
Équation [68]
7CoCl3 ]
K3 = = 10 .: <=> 7CoCl3 ] = 7Co ] × 7Cl ]3 × Kd K K3
7CoCl ] × 7Cl ]
Équation [69]
7CoCl1 ]
K1 = = 10 . 0 <=> 7CoCl1 ] = 7Co ] × 7Cl ]1 × Kd K K3 K1
7CoCl3 ] × 7Cl ]
Équation [70]
La résolution du système d’équations suivant permet de déterminer 7Cl] puis les concentrations des
complexes de cobalt :
7Co ] 1
α = =
7Co] 1 + Kd 7Cl ] + Kd K 7Cl ] + Kd K K3 7Cl ]3 + Kd K K3 K1 7Cl ]1
Équation [73]
7CoCl ]
αd = = α × Kd 7Cl ]
7Co] Équation [74]
7CoCl ]
α = = α × Kd K 7Cl ]
7Co] Équation [75]
7CoCl3 ]
α3 = = α × Kd K K3 7Cl ]3
7Co] Équation [76]
7CoCl1 ]
α1 = = α × Kd K K3 K1 7Cl ]1
7Co] Équation [77]
204
Annexes
Avec : maXb, [g] la masse de lixiviat, CaXb e_¿, [g.L-1] la concentration en Pt dans l’échantillon dilué analysé,
maXb e_¿ [g], la masse de l’échantillon avant dilution et V X?%Z [L], le volume de la fiole utilisée pour la
dilution de l’échantillon.
En appliquant la fonction logarithme à l’Équation [79], puis en dérivant l’expression obtenue, l’équation
suivante exprimant l’incertitude sur le rendement de lixiviation en fonction des incertitudes relatives des
différents paramètres est déduite :
ΔmaXb ∆CLix−Ech ∆V X?%Z ∆maXb e_¿ ∆m< / ∆w0Pt
Δ%ELix = „ + + + + + Pt … ∗ %ELix
CLix−Ech
Équation [80]
maXb V X?%Z maXb e_¿ m< / w0
205
Annexes
De manière analogue au cas de la lixiviation l’erreur commise sur les rendements de séparation par solvant
d’après l’Eq. Équation [81] peut être définie par l’Eq. Équation [82]. Dans ce cas, les incertitudes relatives
sur les masses des phases aqueuses et des échantillons peuvent être considérées comme égales avant
extraction et après régénération.
C ∗ V X?%Z ∗ m\ZV
„ \ZV e_¿
…
Sep =
mRg-Ech
%Erésine
C e_¿ ∗ V X?%Z ∗m
Équation [83]
„ ? …
m0-Ech
Avec : m et m\ZV, [g] les masses des phases aqueuses, C0-Ech et CDes-Ech, [g.L-1] les concentrations en Pt
dans l’échantillon dilué analysé, m0-Ech et mDes-Ech [g], les masses des échantillons avant dilution,
Comme précédemment, les incertitudes relatives sur les masses des phases aqueuses et des échantillons
peuvent être considérées comme égales avant extraction et après désorption. De manière analogue au cas
précédents, l’erreur commise sur les rendements de séparation par résine d’après l’Eq. Équation [83] est la
suivante :
206
Annexes
Avec : m< `9 et m< <)Z_, les masses totales de platine en solution avant et après précipitation.
Avec : m`9 et m<)Z_, [g] les masses des phases aqueuses, C`9-Ech et CPrec-Ech, [g.L-1] les concentrations en
Pt dans l’échantillon dilué analysé, mRg-Ech et mPrec-Ech [g], les masses des échantillons avant dilution,
L’erreur commise sur les rendements de précipitation peut être obtenue après dérivation de l’Eq. Équation
[85] :
Avec :
Donc en considérant que les incertitudes relatives sur les masses de platine en solution sont égales :
∆m< `9
∆%E<)Z_ = × (1 − %E<)Z_ ) × 2
m<
Équation [91]
`9
207
Annexes
Syn , [g] la masse de catalyseur analysée, maXb/]fY, [g] la masse de lixiviat après dissolution du
Avec : mPt/C
catalyseur analysé, CaXb/]fY e_¿, [g.L-1] la concentration en Pt dans l’échantillon dilué analysé,
maXb/]fY e_¿ [g], la masse de l’échantillon avant dilution et V X?%Z [L], le volume de la fiole utilisée pour la
dilution de l’échantillon.
En appliquant la fonction logarithme à l’Équation [79], puis en dérivant l’expression obtenue, l’expression
suivante exprimant l’incertitude sur le rendement de lixiviation en fonction des incertitudes relatives des
différents paramètres est déduite :
Les incertitudes absolues sur les rendements par étapes et globaux calculées pour le cas des CCM Paxitech
(Chapitre 3 - Tableau 26) et pour les AME CEA (Chapitre 3 - Tableau 42) déterminé à partir de l’Eq.
Équation [94] sont respectivement regroupées dans le Tableau 58 et le Tableau 59.
Alternatives de récupération A B C D
Lixiviation 1,6% 1,5% 1,6% 1,5%
Séparation (2 × 1) étages 2,9% 2,9% 3,0% 3,0%
Précipitation 0,3% 0,1% 0,2% 0,2%
Efficacité de récupération 3,6% 3,9% 3,9% 3,8%
Tableau 58 : Incertitudes absolue sur les rendements de récupération en Pt à partir des CCM Paxitech.
208
Annexes
Les scores pondérés des impacts des productions des acides et de la soude pour six catégories d’impact sont
regroupés sur la Figure 96.
Les résultats de cette étude montrent que l’impact environnemental de la voie de régénération NaOH est
inférieur à la voie HNO3 pour cinq des six catégories d’impact étudiée. La voie NaOH est plus impactante
pour la catégorie : "ozone layer depletion", cependant cette catégorie à peu de poids face aux catégories :
"FW-ecotox" ou "M-ecotox".
Il est donc préférable d’utiliser la soude au lieu de l’acide nitrique afin d’assurer la régénération des phases
Cyanex 923/octanol, même si une acidification du milieu est nécessaire lors de l’étape de précipitation.
209
Annexes
Les données d’inventaire proviennent d’expérimentations réalisées dans le cadre de cette thèse (voies UV et
polyols), d’autres études réalisées au laboratoire (voie water-in-oil) ou de la littérature (voie IR). Les
résultats obtenus sont regroupés sur la Figure 97.
Les résultats montrent que pour les six catégories d’impact étudiées, le procédé polyol est le plus impactant
alors que la voie E+t est la moins impactante.
210
Annexes
Annexe 3.3 : Résultats d’ACV du scénario (1) de CdV d’AME calculé avec la
méthode ReCiPe
Les impacts environnementaux du scénario (1) de CdV d’AME ont été calculés selon la méthode ReCIPe
Midpoints (H) V1.11 en considérant les catégories regroupées dans le Tableau 61.
Les impacts environnementaux des étapes du CdV sont représentés sur la Figure 98.
Figure 98 : Identification des étapes impactantes du cycle de vie d’AME de PEMFC selon la méthode ReCiPe.
211
Liste des Figures
Figure 1 : Diagramme de Ragone [7]. ............................................................................................................................................ 4
Figure 2 : Fonctionnement d’une PEMFC...................................................................................................................................... 5
Figure 3 : Schéma d’une pile à combustible de type PEMFC. ......................................................................................................... 6
Figure 4 : Schéma simplifié du groupe électrogène Hydro-Gen [12]. .............................................................................................. 6
Figure 5 : Structure du Nafion® [17]. ............................................................................................................................................ 7
Figure 6 : Composition des électrodes des PEMFC [19]. ................................................................................................................ 8
Figure 7 : Structure de la couche de diffusion des gaz (a. tissu carbone et b. papier carbone) [34]. ................................................... 9
Figure 8 : Photographie d'un assemblage membrane électrodes de PEMFC................................................................................... 10
Figure 9 : Plaques bipolaires (de gauche à droite : acier, graphite et composite). ........................................................................... 10
Figure 10 : Voie de production globale d’AME de PEMFC. ......................................................................................................... 11
Figure 11 : Schéma de principe de l’impression par jet d’encre..................................................................................................... 16
Figure 12 : Schéma de principe de l’impression par sérigraphie. ................................................................................................... 17
Figure 13 : Schéma de principe de l’impression flexographique [74]. ........................................................................................... 17
Figure 14 : Schéma des quatre principaux processus de dégradation des catalyseurs Pt/C [78]. ...................................................... 19
Figure 15 : Localisation des réserves mondiales en platinoïdes [83]. ............................................................................................. 21
Figure 16 : Evolution de la production de platine par région entre 1977 et 2015 [88]. .................................................................... 22
Figure 17 : Evolution du cours du platine depuis 2000 en US$.once-1 (1 once ≈ 31 g) [89]. ........................................................... 23
Figure 18 : Ventes mondiales de PAC en puissance fournie en 2014 (par technologie et par application) [90]. ............................... 24
Figure 19 : Evolution de l’estimation (10% d’erreur) du coût de production d’un système PEMFC à échelle industrielle depuis 2006
(500 000 unités/an) [95]. ............................................................................................................................................................. 25
Figure 20 : Répartition des coûts d’une PEMFC composée de plaques bipolaires en acier inoxydable [9]....................................... 26
Figure 21 : Diagramme de Pourbaix du système platine (1 M)-H2O à 25 °C (adaptation [112])...................................................... 33
Figure 22 : Diagramme de Pourbaix Pt(0,001M)-Cl(10M)-H2O à 25 °C [130]. ............................................................................. 38
Figure 23 : Spéciation du platine en fonction de la concentration en chlorures (CPt = 2 g.L-1). ..................................................... 39
Figure 24 : Diagramme de Pourbaix du système cobalt (1 M)-H2O à 25 °C [112]. ......................................................................... 40
Figure 25 : Spéciation du cobalt en fonction de la concentration en chlorures (CCo = 0,2 g.L-1).................................................... 40
Figure 26 : Principe de la séparation d’un métal par extraction liquide-liquide. ............................................................................. 42
Figure 27 : Principe de la séparation d’un métal par résine. .......................................................................................................... 47
Figure 28 : Stabilité des groupements iminodiacétate en fonction du pH [155]. ............................................................................. 48
Figure 29 : Schéma explicatif de la démarche globale adoptée pour le développement de la voie de recyclage du Pt. ..................... 56
Figure 30 : Schéma de principe du procédé de récupération du platine développé en laboratoire. ................................................... 57
Figure 31 : Influence de la concentration en platine dans les lixiviats (HCl/H2O2-3%vol et HCl/HNO3-25%vol) sur l’efficacité de
lixiviation (T= 25 °C).................................................................................................................................................................. 66
Figure 32 : Influence du taux d’oxydant dans les lixiviats (HCl/HNO3 et HCl/H2O2) sur l’efficacité de lixiviation du platine (T= 25
°C, 2gPt.L-1). ............................................................................................................................................................................... 68
Figure 33 : Troisième phase formée lors de l’extraction liquide-liquide......................................................................................... 69
Figure 34 : Influence de la concentration en nitrates sur l’efficacité d’extraction par C-50%/Oct et Al-20%/Oct (T = 25 °C, CLixPt =
2 g.L-1, CHClLix = 12,1M, O/A = 1)............................................................................................................................................. 72
Figure 35 : Influence de la teneur en extractant sur les efficacités d’extraction par Cyanex 923/Octanol et de régénération par NaOH
1 M et 2 M (T = 25 °C, lixiviat : HCl/H2O2 3%vol, CLixPt = 2 g.L-1, O/A = 1). ............................................................................ 74
Figure 36 : Influence de la teneur en extractant sur le mécanisme d’extraction par Cyanex 923/Octanol (T = 25 °C, lixiviat :
HCl/H2O2 3%vol,CLixPt = 2 g.L-1, O/A = 1). ............................................................................................................................... 75
Figure 37 : Influence de la concentration en réactif sur l’efficacité de régénération des phases C-50%/Oct (T = 25 °C, lixiviat :
HCl/H2O2 25%vol, CLixPt = 2 g.L-1, O/A = 1). ............................................................................................................................ 76
Figure 38 : Influence de la concentration en soude sur l’efficacité de régénération des phases Cyanex 923/Octanol (T = 25 °C,
CLixPt = 2 g.L-1, O/A = 1)........................................................................................................................................................... 78
Figure 39 : Influence du taux d’oxydant dans les lixiviats HCl/H2O2 les efficacités d’extraction et de régénération des phases C-
15%/Oct (a).)et 50%/Oct (b).) (T = 25 °C, CLixPt = 2 g.L-1, O/A = 1, CRgNaOH = 1,5 M (a).) ou 3 M (b).))................................. 79
Figure 40 : Influence du taux de kérosène dans le diluant sur l’efficacité d’extraction par C-15%/diluant (T = 25 °C, lixiviat :
HCl/H2O2 3%vol, CPtLix = 2 g.L-1, O/A = 1). .............................................................................................................................. 80
Figure 41 : Influence de la concentration en soude sur l’efficacité de désorption du platine de la résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C,
CLixPt = 2 g.L-1, %Résine = 20 g.L-1). ............................................................................................................................................ 84
Figure 42 : Influence du taux d’oxydant (HNO3 (a).) et H2O2 (b).)) dans les lixiviats HCl/oxydant sur les efficacités d’adsorption et
de désorption de la résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C, CLixPt = 2 g.L-1, %Résine = 20g.L-1, CRgNaOH = 1 M). ................................ 85
Figure 43 : Influence de la concentration en NH4Cl sur l’efficacité de précipitation du Pt contenu dans les solutions de régénération
des alternatives B et D (T = 25 °C). ............................................................................................................................................. 87
212
Liste des Figures
Figure 44 : Influences théoriques du pH et de la concentration chlorure d’ammonium sur l’efficacité de précipitation. ................... 89
Figure 45 : Influence de la concentration en acide chlorhydrique sur l’efficacité de précipitation du Pt contenu dans les solutions de
régénération des alternatives B et D (T = 25 °C). ......................................................................................................................... 90
Figure 46 : Disposition des étages d’équilibres d’extraction liquide/liquide en configuration courant-croisés. ................................ 93
Figure 47 : Disposition des étages d’équilibres d’extraction par résine en configuration courant-croisés......................................... 94
Figure 48 : Courbes d’équilibres d’extraction du platine des lixiviats HCl/H2O2 et HCl HNO3 par le mélange C-15%/Oc (T = 25 °C,
O/A = 1). .................................................................................................................................................................................... 95
Figure 49 : Courbe d’équilibre de régénération de la phase C-15%/Oct par la soude (T = 25 °C, O/A = 1, CRgNaOH = 1,5M)........ 95
Figure 50 : Courbes d’équilibres d’extraction du platine des lixiviats HCl/H2O2 et HCl HNO3 par la résine Lewatit-MP-62 (T = 25
°C, %Résine = 20 g.L-1).................................................................................................................................................................. 99
Figure 51 : Courbes d’équilibres de régénération de la résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C, %Résine = 20 g.L-1, CRgNaOH = 1 M)...... 99
Figure 52 : Construction de McCabe-Thiele pour la détermination de nombre d’étages théoriques d’extraction du platine par la
résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C, %Résine = 20 g.L-1). .................................................................................................................100
Figure 53 : Images MET du catalyseur PtCo/C après lixiviation. .................................................................................................110
Figure 54 : Influence de la concentration en soude sur la séparation Pt-Co à partir de la phase Cyanex 923-15%vol/Octanol (T = 25
°C, CLixPt = 2 g.L-1, CLixCo = 0,2 g.L-1 O/A = 1). ......................................................................................................................111
Figure 55 : Influence de la concentration en soude sur la séparation Pt/Co à partir de la résine Lewatit-MP-62 (T = 25 °C, CLixPt = 2
g.L-1, CLixCo = 0,2 g.L-1, %Résine = 20 g.L-1)................................................................................................................................112
Figure 56 : Schéma du squelette d’une résine macroporeuse chargée après extraction. .................................................................113
Figure 57 : Spectre DRX du sel de platine produit par la voie B comparé au sel de référence (NH4)2PtCl6. ....................................117
Figure 58 : Spectre DRX du sel de platine produit par la voie D comparé au sel de référence (NH4)2PtCl6. ....................................117
Figure 59 : Formation de micelles lors de l’extraction d’anions métallate par les oxydes de phosphines (adapté de [173]). ............119
Figure 60 : Processus élémentaires d’une réaction solide-liquide. ................................................................................................123
Figure 61 : Schéma explicatif du phénomène supposé de lixiviation des catalyseurs en AME. ......................................................125
Figure 62 : Cinétique de dissolution du platine à partir de catalyseurs PtCo/C (T = 25 °C, CLixPt = 2 g.L-1, CLixCo = 0,2 g.L-1,
HCl/H2O2 3%vol). .....................................................................................................................................................................127
Figure 63 : Cinétique de dissolution du platine à partir d’AME de PEMFC (T = 25 °C, CLixPt ≈ 2 g.L-1, CLixCo ≈ 0,2 g.L-1,
HCl/H2O2 3%vol). .....................................................................................................................................................................128
Figure 64 : Cinétique d’adsorption du cobalt et du platine à partir des lixiviats réels d’AME de PEMFC (T = 25 °C, CLixPt = 2 g.L-1,
CLixCo = 0,2 g.L-1, %Résine = 20g.L-1)..........................................................................................................................................131
Figure 65 : Cinétique de désorption du cobalt et du platine à partir des résines chargées en métaux de lixiviats réels d’AME de
PEMFC (T = 25 °C, %Résine = 20g.L-1). .......................................................................................................................................132
Figure 66 : Diagramme explicatif des courants mis en jeu lors de la voltampérométrie cyclique [178]. ........................................138
Figure 67 : Influence des surtensions sur l’évolution de la tension de cellule en fonction du courant débité [178]. ........................139
Figure 68 : Images MET du catalyseur synthétisé par la méthode polyols à partir de la solution D. ...............................................140
Figure 69 : Images MET du catalyseur synthétisé par la méthode polyols à partir de la solution D. ...............................................140
Figure 70 : Images MET du catalyseur synthétisé par la méthode de synthèse IR+t à partir de la solution B. ................................141
Figure 71 : Voltampérogrammes en milieu désaéré (Pt-31%/C et TKK).......................................................................................143
Figure 72 : Voltampérogrammes en milieu oxygéné (Pt-31%/C et TKK). ....................................................................................143
Figure 73 : Performances en conditions automobile (80 °C; air/H2; 1,5 bar; 50%HR). ..................................................................144
Figure 74 : Performances en conditions asséchantes (80 °C ; air/H2 ; 1,3bar ; 30%HR).................................................................144
Figure 75 : Performances en conditions noyantes (60 °C ; air/H2 ; 1,5bar ; 100%HR). ..................................................................144
Figure 76 : Schéma de principe du procédé de récupération du platine intégrant la séparation du cobalt. .......................................148
Figure 77 : Schéma général du cycle de vie d’un produit [181]. ...................................................................................................149
Figure 78 : Méthodologie générale d’ACV basée sur les recommandation fournies par les normes ISO 14040 et 14044 [193]. ......152
Figure 79 : Schéma global des scénarios d’incinération (1) et de recyclage (2) avec R le taux de recyclage du platine. ..................153
Figure 80 : Bilan de masse et d’énergie réalisé après extraction du platine de CCM par l’alternative B (H2O2/extraction par solvant)
pour une séparation en configuration : 2 × 1 étages. ....................................................................................................................159
Figure 81 : Schéma détaillé des modèles globaux de cycle de vie d’AME établis pour les scénarios (1) et (2) en considérant
l’alternative B. ...........................................................................................................................................................................162
Figure 82 : Identification des étapes impactantes du cycle de vie d’AME de PEMFC selon la méthode CML................................166
Figure 83 : Analyse d’impact du cycle de vie d’AME de PEMFC considérant la production et le scénario de fin de vie (2) selon les
alternatives (A, B, C et D). .........................................................................................................................................................168
Figure 84 : Comparaison environnementale des scénarios de cycles de vie d’AME (1) et (2) comprenant le recyclage du platine par
l’alternative B. ...........................................................................................................................................................................169
Figure 85 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D (charge platine = 0,15
[Link]-2, SM/SA = 1,4 cm².cm-²données CCM Paxitech). ...........................................................................................................171
213
Liste des Figures
Figure 86 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D (charge platine = 0,15
[Link]-2, SM/SA = 1 cm².cm-², données CCM Paxitech). ............................................................................................................172
Figure 87 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives P, B et D. .................................173
Figure 88 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D (charge platine = 0,15
[Link]-2, SM/SA = 1, données AME CEA). ................................................................................................................................175
Figure 89 : Identification des étapes impactantes des procédés de synthèse de particules de platine par voie polyols (Polyols) et
réduction dans l’eau (IR+t). ........................................................................................................................................................177
Figure 90 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D en considérant la synthèse
de catalyseurs selon la méthode polyols (charge platine = 0,15 [Link]-2, données AME CEA)......................................................179
Figure 91 : Identification des étapes impactantes des procédés de dissolution de la membrane en fluoropolymère en autoclave (A) ou
en réacteur à pression atmosphérique dans le DMSO (DMSO). ...................................................................................................181
Figure 92 : Identification des étapes impactantes des procédés de recyclage selon les alternatives B et D en considérant la synthèse
polyols et la dissolution de la membrane (charge platine = 0,15 [Link]-2, données AME CEA). ...................................................182
Figure 93 : Comparaison environnementale des scénarios de cycles de vie d’AME (1) et (2) comprenant le recyclage du platine par
l’alternative D (électricité produite en Europe). ...........................................................................................................................184
Figure 94 : Comparaison environnementale des scénarios de cycles de vie d’AME (1) et (2) comprenant le recyclage du platine par
l’alternative D (électricité produite de Chine)..............................................................................................................................186
Figure 95 : Spéciation du platine en solution aqueuse en fonction du pH [208].............................................................................203
Figure 96 : Comparaison environnementale des voies de régénération NaOH et HNO3.................................................................209
Figure 97 : Comparaison environnementale des voies de synthèse de catalyseurs. ........................................................................210
Figure 98 : Identification des étapes impactantes du cycle de vie d’AME de PEMFC selon la méthode ReCiPe. ...........................211
214
Liste des Tableaux
Tableau 1 : Principaux types de piles à combustible [2, 3, 4, 5]....................................................................................................... 3
Tableau 2 : Exemple de composition d’encre pour la fabrication des couches actives selon les trois types de procédés (taux exprimés
en pourcentages massiques) [60, 68, 69] . .................................................................................................................................... 16
Tableau 3 : Réserves mondiales en platinoïdes [84]...................................................................................................................... 21
Tableau 4 : La consommation et le recyclage du platine par secteur [85]. ...................................................................................... 22
Tableau 5 : Comparaison des types de procédés de récupération du platine. .................................................................................. 29
Tableau 6 : Comparaison des types de procédés de délamination des AME. .................................................................................. 32
Tableau 7 : Comparaison des voies de lixiviation du platine. ........................................................................................................ 36
Tableau 8 : Présentation des extractants testés pour l’extraction liquide/liquide du platine en solution chlorée, et des conditions
opératoires associées. .................................................................................................................................................................. 46
Tableau 9 : Présentation des résines testées pour l’extraction du platine en solution chlorée, et des conditions opératoires associées.
.................................................................................................................................................................................................. 50
Tableau 10 : Dénomination des alternatives de récupération du platine étudiées. ........................................................................... 59
Tableau 11 : Propriétés physiques à 25 °C et toxicité des diluants et extractants étudiés [166], [167], [168] et [169]....................... 61
Tableau 12 : Propriétés physiques des résines étudiées. ................................................................................................................ 63
Tableau 13 : Résultats des essais de vieillissement et de dissolution des solutions de lixiviation. ................................................... 67
Tableau 14 : Influence de l’extractant et du diluant sur l’efficacité d’extraction du platine (T = 25 °C, CPtLix = 2g.L-1, O/A = 1,
%Extractant = 20%). ........................................................................................................................................................................ 70
Tableau 15 : Influence du réactif sur l’efficacité de régénération du platine des phases extractant/octanol (T = 25 °C, CPtLix = 2g.L-
1
, O/A = 1, %Extractant = 20%)........................................................................................................................................................ 71
Tableau 16 : Influence du type de résine sur l’efficacité d’adsorption du platine (T = 25 °C, CLixPt = 2 g.L-1, %Résine = 20 g.L-1)... 81
Tableau 17 : Influence du réactif de régénération sur l’efficacité de désorption du platine (T = 25 °C, CLixPt = 2 g.L-1, %Résine = 20
g.L-1). ......................................................................................................................................................................................... 82
Tableau 18 : Composition des solutions aqueuses de platine après régénération des phases d’extraction. ....................................... 86
Tableau 19 : Paramètres de fonctionnement optimaux des étapes du procédé de récupération du platine. ....................................... 92
Tableau 20 : Efficacités d’extraction et de régénération du platine par solvant (C-15%/Oct) en configuration courants croisés en
fonction du nombre d’étages théoriques (T = 25 °C, O/A = 1, CRgNaOH = 1,5M). ....................................................................... 97
Tableau 21 : Paramètres de modélisation de l’adsorption sur résine à partir du lixiviat HCl/H2O2-3%vol (T = 25 °C, %Résine = 20 g.L-
1
). ............................................................................................................................................................................................... 98
Tableau 22 : Efficacités d’extraction et de régénération du platine par résine en configuration courants croisés en fonction du
nombre d’étages théoriques (T = 25 °C, %Résine = 20 g.L-1, CRgNaOH = 1 M). .............................................................................101
Tableau 23 : Nombres minimaux d’étages nécessaires à la séparation d’au moins 99% du platine par courant croisés. ..................101
Tableau 24 : Efficacités théoriques de séparation du platine selon la configuration en courants-croisés (T = 25 °C).......................102
Tableau 25 : Nombres d’étages mis en place pour la séparation du platine des CCM Paxitech par courant croisés. ........................104
Tableau 26 : Efficacités expérimentales de récupération du platine à partir des CCM Paxitech (T = 25 °C). ..................................105
Tableau 27 : Influence du prétraitement des AME sur l’efficacité de lixiviation à 25 °C. ..............................................................109
Tableau 28 : Influence de la technique utilisée sur les efficacités d’extraction des métaux de lixiviats réels à 25 °C. .....................110
Tableau 29 : Bilan des efficacités de séparation des métaux de lixiviats réels à 25 °C par solvant .................................................114
Tableau 30 : Bilan des efficacités de séparation des métaux de lixiviats réels à 25 °C par résine. ..................................................115
Tableau 31 : Essais de précipitation à partir de solution de régénération prévenant du traitement d’AME PtCo (T = 25 °C, CNH4Cl =
25 g.L-1, CHCl = 1,5 M). .............................................................................................................................................................116
Tableau 32 : Efficacités globale des procédés de récupération du platine à partir d’AME réelles. ..................................................118
Tableau 33 : Perte de lixiviat par entraînement dans la phase organique lors de la séparation du platine à partir de lixiviats réelles.
.................................................................................................................................................................................................119
Tableau 34 : Compositions des lixiviats recyclés et efficacités de lixiviation. ...............................................................................121
Tableau 35 : Essais de recyclage des résines et taux d’accumulation en platine associés. ..............................................................122
Tableau 36 : Paramètres des modèles de cinétiques de lixiviation ................................................................................................128
Tableau 37 : Essais de modélisation des cinétiques d’adsorption sur résine. .................................................................................130
Tableau 38 : Composition des solutions de régénérations utilisées pour les synthèses de catalyseurs. ............................................135
Tableau 39 : Paramètres de fonctionnement des voies de synthèses de catalyseurs testées.............................................................136
Tableau 40 : Rendements expérimentaux des synthèses de catalyseurs.........................................................................................142
Tableau 41 : Caractérisations électrochimiques des catalyseurs dans les conditions 1. ..................................................................143
Tableau 42 : Rendement globaux de récupération en platine grâce aux procédés développés. .......................................................148
Tableau 43 : Données de production d’AME de PEMFC.............................................................................................................155
Tableau 44 : Matériaux crées sur SimaPro. .................................................................................................................................156
Tableau 45 : Processus de traitement des déchets solides crées sur SimaPro. ................................................................................157
215
Liste des Tableaux
Tableau 46 : Bilans de matière et d’énergie du procédé de recyclage incluant les processus de traitements des déchets (valeurs
exprimées par kg de Pt en entrée de procédé). .............................................................................................................................158
Tableau 47 : Processus de traitement des effluents et émissions gazeuses crées sur SimaPro.........................................................161
Tableau 48 : Catégories d’impacts analysées avec la méthode CML-IA baseline V3.02................................................................163
Tableau 49 : Part des catégories dans le score d’impact normalisé selon les méthodes CML-IA baseline V3.02 et ReCIPe Midpoints
(H) V1.11 pour le scénario (2 alternative B) de cycle de vie d’AME. ...........................................................................................167
Tableau 50 : Charges en catalyseurs prévue dans les PEMFC par l’USDOE.................................................................................170
Tableau 51 : Part du cobalt dans les catégories d’impact de méthode CML-IA baseline V3.02 pour les alternatives B et D du
scénario (2) de cycle de vie d’AME. ...........................................................................................................................................172
Tableau 52 : Bilans de matière et d’énergie des procédés de synthèse de catalyseurs incluant les processus de traitements des
déchets (valeurs exprimée par kg de nanoparticules de Pt produites). ...........................................................................................177
Tableau 53 : Bilans de matière et d’énergie des procédés de dissolution de membrane incluant les processus de traitements des
déchets (valeurs exprimée par m2 d’AME en entrée de procédé). .................................................................................................181
Tableau 54 : Impacts de la production d’électricité de à faible tension de divers pays pondérés par rapport aux impacts du mix
électrique Européen (méthode CML-IA baseline V3.02). ............................................................................................................185
Tableau 55 : Part des voies de production d’électricité dans différents mix énergétiques des pays étudiés [205]. ...........................186
Tableau 56 : Considération des distances moyennes de transport par matériaux ou réactifs [207]. .................................................188
Tableau 57 : Impact de la phase de transport en comparaison à l’impact du CdV d’AME selon le scénario (2-Rés). ......................188
Tableau 58 : Données de la comparaison environnementale des voies de régénération..................................................................209
Tableau 59 : Données de la comparaison environnementale des voies de régénération..................................................................211
216
Résumé
Les piles à combustible (PAC) de type PEMFC permettent d’assurer la conversion d’énergie chimique en
énergie électrique en utilisant de l’hydrogène pouvant être produit à partir de sources renouvelables. La
catalyse des réactions mises en jeu lors de cette conversion d’énergie nécessite l’utilisation de platine, dont
les ressources sont faibles et la production (extraction et raffinage) complexe. De plus, du fait de son prix
élevé, ce métal représente une part importante du coût de production des PEMFC. Aujourd’hui, le prix de
cette technologie doit être réduit pour qu’elle soit économiquement compétitive et puisse être
commercialisée à grande échelle. En outre, les charges en platine dans les électrodes de piles à combustible
ne peuvent être réduites significativement sans altération de la performance et de la durabilité de ces
systèmes. Donc, le développement d’une filière de recyclage pour assurer la récupération du Pt en fin de vie
des PAC pourrait permettre une réduction du coût de production des PEMFC.
Cette thèse a consisté à mettre en place une voie de recyclage du platine d’assemblages membrane-
électrodes (AME) de PEMFC. Un procédé hydrométallurgique composé des étapes suivantes : (i)
lixiviation, (ii) séparation et (iii) récupération du platine a été développé. Différentes alternatives de
lixiviation (HCl/H2O2, HCl/HNO3), de séparation (par résine ou solvant), de récupération (sous forme de
nanoparticules ou de sel) ont été testées. Le fonctionnement de ces processus de récupération du platine a
alors été optimisé à partir de produits modèles (Pt/C et solutions synthétiques). Le choix de ces derniers a
ensuite été orienté grâce à une étude d’analyse du cycle de vie (ACV) réalisée à l’échelle de l’AME.
Enfin, 76% du platine contenu dans des AME composées de catalyseurs Pt-Co a pu être récupéré. Ce
rendement a pu être obtenu après mise en place du procédé composé des étapes suivantes : (i) dissolution du
Pt par lixiviation avec le mélange HCl/H2O2, (ii) séparation du cobalt sur résine échangeuse d’ions, (iii)
récupération sous forme de nanoparticules par la voie polyol. Les résultats finaux d’ACV ont montré que le
recyclage du platine permettrait une nette réduction des impacts environnementaux du cycle de vie d’AME
de PEMFC.
Abstract
The proton exchange membrane fuel cells (PEMFC) can be used to convert chemical energy into electrical
energy using hydrogen which can be produced from renewable sources. Platinum (Pt), is the best catalyst
used to perform PEMFC electrochemical reaction catalysis. However, Pt resources are low and his
production (extraction and refining) is complex. Moreover, the platinum price represents an important part
of the PEMFC stack cost. Nowadays this technology is too expensive to be competitive with conventional
energy conversion systems, and cannot be commercialized at a large scale. In addition, PEMFC electrode
platinum loading could not be reduced without affecting the system performance and durability. Thus,
PEMFC production cost could be reduced by recovering platinum from used fuel cells.
The main goal of this thesis was to develop a platinum recovery way from fuel cells membrane electrodes-
assemblies (MEAs). In order to achieve this objective the following steps were combined in a
hydrometallurgical process: (i) leaching, (ii) separation, (iii) recovery. Several alternatives were tested for
each step: leaching (HCl/H2O2, HCl/HNO3), separation (resin or solvent), and platinum recovery (as
nanoparticles or as a complex). These platinum recovery steps were optimized using Pt/C catalysts and
synthetic solutions. Then life-cycle analysis (LCA) methodology has been used to help with the process
selection.
Finally, about 76% of the platinum contained in multi-metallic catalysts (PtCo/C) MEAs has been
recovered. The following path has been followed in this case: (i) dissolution in HCl/H2O2 solution, (ii)
separation from cobalt with an ion exchange resin, (iii) recovery has nanoparticles using the polyol process.
The LCA study final results showed that a significant reduction of PEMFC MEA life-cycle environmental
impact could be achieved by recycling Pt at these systems end-of-life.