Investissements directs en RDC (1985-2005)
Investissements directs en RDC (1985-2005)
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BP 204 GOMA
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IN MEMORIAM
A la mémoire de :
KAHAMBU NGELEZA Alexandrine que la nature vous avait privé de vivre les fruits de
nos succès scientifiques et de notre couronnement de notre diplôme de licence.
KIRIMBWE NGELEZA Jacobus qui nous reste encore d'une référence identitaire.
MARCELLIN SENGA vous qui ne cessez de nous exhorter pour la fin de nos études et
finalement nous y sommes pendant votre absence : vous nous resterez inoubliables pour
votre courage.
A tous ceux qui nous ont déjà quitté laissant en nous un vide précédent.
REMERCIEMENTS
Nous voici au terme de notre travail qui met fin à nos études universitaires. Ce travail est
le fruit de courage et de persévérance dont nous avons fait preuve durant notre parcours
universitaire. Sur ce, nous ne manquerons pas de nous acquitter du noble devoir moral de
remercier de près ou de loin tous ce qui nous ont aidé à réaliser ce rêve même si, dit-on
que, les remerciements sont comme des fleurs fraîchement coupées et dont chacun sait
qu'elles sécheront vites mais en revoir fait toujours plaisir. Les nôtres, pensons-nous,
resterons longtemps dans les coeurs de leurs destinataires.
En première position, nous remercions l'Eternel Dieu Tout puissant pour ce bienfait à
notre égard et surtout pour son immense et sa grande bonté via sa grâce.
Nous remercions l'Assistant WAKWINGA WABENGA Clément pour avoir accepté sans
hésitation d'encadrer ce travail malgré ses multiples occupations et qui s'est donné corps
et âme.
Nos sentiments de gratitude vont tout droit au CT Jean Pierre KISONIA pour ses conseils
et sa contribution scientifique pour ce travail, a fait à ce qu'il présente cette allure : nous
lui disons « merci » car son amour pour le travail bien fait nous marquera à jamais dans
notre carrière des chercheurs.
Il serait ingrat de passer sous silence de l'effort moral matériel que nous ont fournit papa
Bernard, la mère MALEKANI et KAMALA NGELEZA.
Nous pensons à nos amis : Patient Sherty, Abu AYUBU, Alain MISEGE, Trésor
KABUKULU, Etienne MALIRO, Gulain MAKUTIRO dont l'histoire de la vie estudiantine
continuera à nous réserver des souvenirs inoubliables. En eux, nous associons nos
camarades : Florence, SAFI, SERUBUNGO, Primo, MAHESHE, Denise, et autres qui
ont accepté de partager leurs temps avec nous malgré nos défauts.
Qu'il nous soit permis de remercier le père Joseph NGELEZA MUSAVULI et la mère
Marguerite pour leur esprit des parents et surtout leur soutien incontestable dans notre
vie. Nous n'oublierons pas notre tante Marie-Claire KATETEYA ainsi que son mari JDD
MUHINDO et aussi la Soeur Donnatienne Augustine pour leur encouragement qui ne
cessait de nous réconforter quand nous étions dans le déserpoir.
Que nos sentiments de gratitude parviennent aux frères et soeurs Olive KASOKI, Jacques
NGELEZA et son épouse Chantale, Josaphat, Jérémie, Eustache, Modeste, SOKI
NGELEZA Julie, Clémentine et son Mari KATSUVA, Faustin KIRIMBWE, Gulain,
Jackson MATWIRO.
Gulaine SAFARI reste pour nous un modèle, un guide et une amie indéfectible depuis
notre arrivée à l'UNIGOM, nous lui exprimons ici notre reconnaissance, ainsi qu'à toute
sa famille.
Nous faisons une mention particulière au Père Assomptionniste JP NDULANI pour ses
conseils, assistances et sincère collaboration familiale. Nous n'avons pas oublié Denise
MATHE.
Enfin, tout ce travail n'aurait pu avoir ce dénouement sans la patience, l'effort moral,
spirituel et financier de notre tante Véronique NGELEZA KATUNGU. Votre amour
maternel vous poussait jour et nuit à plus d'efforts pour nous faire un homme digne de
son nom.
AVANT PROPOS
De nos jours, l'économie est devenue une science incontournable dans le processus de
prise de décision dans un pays. Son importance dans le développement économique est
indéniable. Raison pour laquelle la RDC, par le biais des universités en général, et
l'UNIVERSITE DE GOMA en particulier, forme des économistes et gestionnaires à
travers sa Faculté des Sciences Economiques et de Gestion. Cette formation dure cinq (5)
ans et s'achève par la présentation d'un mémoire.
Ainsi, ce document dont le titre est « les déterminants des Investissements Directs
Etrangers DU CAD dans les PED : application faite à la RDC, de 1985 à
2005 », témoigne la fin de notre cycle universitaire.
ABBREVIATIONS ET SIGLES
UTILISES
% : Pourcentage
0. INTRODUCTION GENERALE
La relance de l'activité économique et la réduction de la pauvreté dans les pays africains
constituent les principaux sujets de préoccupation des Etats. En effet, le redémarrage des
activités génératrices de revenus passe irrémédiablement par l'accroissement des
investissements. La structure fragile de ces pays, du fait de leur pauvreté, ne leur permet
malheureusement pas de puiser dans leurs ressources propres pour effectuer cet effort.
Cela les contraint à faire appel à des capitaux privés étrangers qui, sous certaines
conditions, sont appelées Investissements Directs Etrangers (IDE). Ainsi,
comparativement à l'Europe, l'Asie et l'Amérique, l'Afrique n'est pas une destination de
prédilection pour les IDE.
Face à cette réalité, il revient aux Etats africains de rechercher les facteurs qui déterminent
les flux d'IDE dans leurs économies. En tant que pays de l'Afrique Centrale, la
République Démocratique du Congo est aussi concerné. C'est dans cette logique que
s'inscrit la présente étude dont le thème est intitulé : «Déterminants des Investissements
Directs Etrangers du CAD dans les PED : application à la RDC à partir de 1985 à
2005».
Dans le domaine de notre étude, certains des travaux antérieurs ont été déjà réalisés et il
s'avère nécessaire de les signaler car le débat sur les investissements et sur la croissance
économique a connu ces dernières années une ampleur exceptionnelle, tant par les
analyses théoriques et d'études empiriques qui ont donné lieu que sur l'importance des
implications, en termes économiques dans les pays industrialisés, en transitions et en
développement. En effet,
L'analyse des résultats obtenus lui a permis de préciser les relations entre l'investissement
privé et certains des déterminants. En particuliers, il confirme que la dette extérieure était
déterminée comme un réducteur d'effets du crédit au secteur privé et les dépenses
publiques pour l'investissement, plutôt que le déficit budgétaire, affectaient
significativement l'investissement privé et tout choc sur l'investissement observé au cours
d'une année donnée est entièrement résorbée au bout d'un an.
Les résultats issus de sa recherche sont significativement positif des IDE sur quelques
variables moteurs de la croissance à savoir les exportations, le capital humain et
l'investissement domestique, sa contribution à la croissance économique de la Tunisie
n'est pas pour autant significative.
Ses explications étaient focalisées à l'absence d'un réel apport technologique par les
entreprises étrangères qui y sont implantées et coïncide avec la forte extraversion de
termes approvisionnement, pour former un certain oasis dans le désert. Il affirme que les
entreprises locales influent de façon décisive sur les avantages que ce pays tire de ces
investissements. Il conclue en disant que les moyens de transférer des actifs incorporels et
corporels des premières secondes existent réellement car les relations en amont sont
vraiment tissées.
Leurs analyses couvrent 196 villes chinoises sur la période 1990-2002. Il a estimé un
modèle de croissance du revenu par tête qui incorpore explicitement ces effets de
dépendance spatiale sous la forme d'indicateurs d'IDE et de revenu spatialement décalées.
Leurs résultats révèlent que les villes chinoises bénéficient non seulement de leur propre
ouverture financière mais aussi des flux d'IDE reçus par leur voisine.
Leurs résultats suggèrent qu'un nombre important des pays de l'échantillon s'est éloigné
d'une situation optimale pour la croissance de partage du capital disponible entre les
secteurs publics et privés.
5. Yoshua SALVATORES5(*) analyse les effets des IDE sur la croissance économique en
RDC. Son travail s'est évertué à montrer que les flux d'IDE contribuent à la croissance
économique du pays d'accueil malgré quelques zones d'ombre en RDC. C'est autour de
ces points centraux que s'articule son travail et l'idée centrale est qu'il ressort de cette
analyse que les flux d'IDE cumulés représentent environ 10% du PIB de la RDC, même si
la RDC ne compte que pour moins d'un pourcent de l'IDE mondial. Ainsi, sa conclusion
est que les IDE créent très peu ou aucun effet d'entraînement sur l'économie, du fait de la
peur née de l'aversion pour le risque des investisseurs potentiels.
Dans notre travail, nous tentons d'aborder un thème très différent de ce dernier (Yoshua
KITUNDA) en présentant les déterminants des IDE_ENTR du CAD en RDC à partir de
1985 à 2005. Ainsi, nous ajoutons quelques variables explicatives de la croissance
économique omises par notre prédécesseur en vue d'estimer une nouvelle corrélation entre
IDE et d'autres variables exogènes qui à leur tour peuvent effectuer la croissance. Ainsi,
croyons-nous, le risque de biais de simultanéité n'est plus probable car l'IDE peut absorber
l'impact des variables omises et il convient pour nous de nous rendre compte des effets
indirects, des canaux par lesquels les IDE agissent sur l'évolution de la production.
Notre objectif n'est plus le même ; il s'agit pour nous de déterminer la relation existant
entre les IDE-et les facteurs les plus favorisants pour les investisseurs étrangers.
Ainsi, nous mettrons en exergue les facteurs à l'origine des entrées des IDE du CAD dans
les PED. Un accent particulier sera mis sur les déterminants en RDC, d'autant plus
qu'aucune littérature (à notre connaissance) sur le sujet n'est disponible à nos jours en
RDC.
0.2 PROBLEMATIQUE
Avec l'échec des politiques économiques préconisées par les PED et afin de rattraper le
retard qui les sépare des pays avancés et de garantir leur développement par l'ouverture à
l'économie du marché, la libéralisation et la mondialisation des échanges, nous assistons
de plus en plus au changement des stratégies économiques de plusieurs pays et
essentiellement ceux en développement qui lèvent toutes les restrictions sur les IDE et
mettent en place des mesures attractives financières et autres très agressives pour garantir
les flux des investissements dans leurs pays. Nous constatons que ces derniers
(Investissements Directs Etrangers) ont pris une importance non négligeable dans le
phénomène de globalisation.
C'est ainsi que l'économie mondiale s'est complètement métamorphosée ces dernières
années. Elle évolue dans un environnement de plus en plus enchevêtré où le libre échange,
la libre circulation des capitaux et des biens deviennent des maîtres mots et où les IDE
sont de plus en plus qualifiés comme le moteur principal de tout développement
économique.6(*)
D'ailleurs dans les années 50 et 60, l'IDE était regardé avec beaucoup de méfiance par
certains pays en voie de développement (PED). Il était considéré comme un facteur de
dominance, et les firmes multinationales (FMN) étaient soupçonnées de réduire le bien
être social par la manipulation des transferts des prix et la formation d'enclaves.
Aujourd'hui, on assiste à un changement radical de l'attitude des PVD vis-à-vis de
l'IDE.7(*) Cette attitude était liée par le fait que les FMN pouvaient détruire le secteur local
en usant de leur puissance et en exerçant un effet d'éviction sur les entreprises locales.8(*)
Cependant, cette idée a été critiquée, comme on le lu dans les paragraphes qui suivent, par
le fait que le comportement de suspicion était désormais remplacé par une politique de
promotion visant à drainer des flux substantiels d'IDE.9(*) Il faut noter aussi que ce
changement d'attitude a été en partie rendu possible grâce à un environnement, et une
littérature économique abondante vantant les mérites de l'IDE.
La RDC faisant partie des pays les moins avancés et étant l'un de dix pays les plus
pauvres du monde d'après les études menées sur les principaux indicateurs généralement
utilisés pour mesurer le niveau de performance des pays dans divers domaines (économie,
santé, éducation, alimentation, ...), son économie est l'une des économies les moins
compétitives d'Afrique. Par exemple en 2003, selon le rapport publié par le PNUD,11(*) le
taux de croissance économique était de 5,8% ; 26% seulement de la population congolaise
avait accès à l'eau potable ; le taux d'alphabétisation infantile se situait à 129°/oo
naissances ; le taux d'analphabétisation des jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans est de
69,9% ; l'espérance de vie à la naissance est tombée à 40,6 ans tandis que 32% des
congolais souffrent de la malnutrition. Ces statistiques sont toutes décevantes pour le
développement économique de la RDC.
Pour essayer d'aborder cette situation chaotique, l'Etat congolais a axé ses actions sur la
relance économique et sociale considérant les IDE comme un sous produit du
développement économique d'un PED. Ce qui explique les démarches menées partout
dans le monde pour faire face au problème de développement. A titre illustratif, citons
l'ANAPI dans quelques pays étrangers notamment en Chine, au Japon, en Inde, aux USA,
en Corrée du Sud, en France et en RSA pour inciter les IDE pendant la 3ème République.
Signalons, cependant, que malgré plusieurs décennies des programmes d'aides publiques
au développement, les performances de la RDC restent mitigées. A l'instar d'autres pays
africains, la RDC a subie une transition très difficile sous les programmes d'ajustement
structurels et de stabilisation économique.
Cependant avant ces fameux programmes, la RDC s'était dotée des politiques
économiques à travers le premier plan dit (1986-1990) de développement économique et
social avec pour ambition un décollage économique effectif grâce à un rôle croissant de
l'Etat en matière d'investissement et de distribution de revenu.
En considérant tout ce qui précède, nous remarquons que la RDC, un des pays vastes de
l'Afrique et plus peuplé, n'a pas le niveau de vie qui devrait correspondre à ses immenses
ressources et malgré sa position géographique au coeur du continent africain, ne joue pas
le rôle moteur pour expliquer le développement économique de l'Afrique entière ; elle
apparaît au contraire comme un véritable frein pour le décollage de cette dernière.
Ainsi, notre étude tente d'analyser les attributs des IDE_ENTR en RDC en insistant sur
leurs déterminants principaux tout en dégageant les rôles de ces investissements sur le
développement économique.
Voici la question unique guidant notre recherche : Quels sont les principaux déterminants
(facteurs) des IDE du Comité d'Aide au Développement entrant en RDC ?
En d'autres termes, il est question de voir si les déterminants des IDE entrants en RDC
font réellement une cause de croissance économique. Est-ce que l'abondance des
ressources en soi est-elle suffisante pour attirer les IDE en RDC ?
0.3 HYPOTHESES
A priori, nous pensons que les IDE_ENTR en RDC serait influencée par les facteurs :
Ainsi, nous nous efforcerons d'établir une relation entre les facteurs économiques et les
facteurs politiques.
Dans le cadre de ce travail, la méthode utilisée pour atteindre les objectifs fixés est :
· d'une part, hypothético-déductive en ce sens que l'étude par des hypothèses théoriques et
empiriques déjà formulées par différents auteurs sur les déterminants des IDE_ENTR,
pour les appliquer sur le cas particulier de la RDC ;
· d'une autre part, historique et économétrique. Historique parce que l'étude retrace
l'histoire évolutive des variables concernées par l'étude. Econométrique parce que au délà
d'une étude évolutive, l'analyse tente de ressortir la meilleure relation possible (du point
de vue économétrique) qui existerait entre IDE_ENTR et ses déterminants.
Le logiciel E-Views 5.1 nous a aidé à faire l'analyse économétrique. La technique
documentaire nous a été d'une très grande utilité pour la collecte des données. Ainsi, les
données utilisées sont tirées de différents rapports de la BCC, de la World Table (2005) de
la Banque Mondiale et des statistiques Financières Internationales (SFI) du FMI.
Le modèle utilisé est presque celui de ADJOVI & HOUANGNI de l'Ecole Nationale
d'Economie Appliquée et de Management (ENEAM) de l' Université D'ABOMEY-
CALAVI mais nous l'avons ajusté pour le problème spécifique de la RDC.
Le souci qui guide la réalisation de ce travail est de comprendre les rouages des
IDE_ENTR du CAD en RDC.13(*)
L'objectif de l'étude est de rechercher les variables pertinentes qui expliquent les flux
entrants d'Investissements Directs Etrangers RDC afin de proposer des mesures de
politique et économique susceptibles d'améliorer l'attractivité de l'environnement
économique congolais.
A cet effet, elle (étude) adopte une approche macroéconomique, pour des fins
décisionnelles des autorités publiques en référence au critère de politique économique
découlant des IDE.
Du point de vue scientifique, ce travail contient une base des données de base utiles aux
futurs chercheurs désirant orienter leurs investigations dans les domaines
d'investissements et du développement économique des PED (RDC).
Le deuxième chapitre est consacré aux potentialités attractives de la RDC, ce qui nous
permet de relever dans les parties essentielles, les facteurs d'attractivités poussant les
investisseurs étrangers de venir investir en RDC. Nous présentons également la situation
macroéconomique de la RDC en présentant sa croissance économique sous quatre cycles
conjoncturels ou périodes. Par la suite, quelques indicateurs sociaux tels que la pauvreté,
la santé et l'éducation qui a chuté sur toute l'étendue de la RDC. Ensuite, nous relevons les
silences et autres éléments très implicites qui semblent étouffer l'entrée des IDE du CAD.
Ceux-ci posent de sérieux problèmes du point de vue corruption, instabilité politique et
gouvernementale, la non transparence institutionnelle, les guerres et le coup d'état sont
réellement de situation des affaires et par conséquent réduisent les entrées des IDE
(potentialités attractives de la RDC).
Dans le troisième chapitre, il est question d'analyser les différents déterminants des
IDE_ENTR du CAD en RDC, avant de formuler un modèle pour leur appréciation et faire
des suggestions de redynamisation des facteurs en considérant la nature des activités
locales (analyse les déterminants des IDE entrant en RDC et donne le plus principal de
tous).
CHAPITRE I : REVUE DE LA
LITTERATURE
Ce chapitre vise à clarifier les concepts utilisés dans ce travail, à faire une revue des
théories économiques relatives aux IDE et à procéder à l'état des lieux sur les
investissements directs étrangers en RDC.
Ainsi, nous allons commencer par préciser les concepts de base tels que l'investissement
(public, privé), l'investissement direct étranger, l'investisseur et la typologie des firmes
multinationales et les entreprises d'investissements directs.
I.1.1 Investissement
Il est une opération qui consiste pour une entreprise ou pour un pays à augmenter le stock,
de moyen de production (machines, équipements de tous types, infrastructures, biens de
tout ordre, mais aussi acquisition de connaissances et formation des hommes), avec pour
perspective une production future. Il est brut ou net, selon qu'il prend en compte ou non
l'usure et l'entretien des biens durables qui interviennent dans la production (si
l'investissement brut est inférieur à cette usure, on dit alors qu'il y a
désinvestissement).15(*)
- Dans son sens large, il est l'acquisition d'un capital en vue d'en percevoir ou d'en
consommer le revenu ;
- Pour son sens particulier et familier, il est synonyme de placement, de mise en réserve
d'un bien de consommation durable en vue de sa revente ou de sa consommation
ultérieure ;
L'investissement est également déterminé par le prix relatif des facteurs, dès lors que la
fonction de production est à facteurs substituables. En effet, si le prix du travail augmente
par rapport au prix du facteur capital, l'entrepreneur substitue du capital au travail c'est-à-
dire investit.17(*)
De toutes ces définitions, l'élément commun est l'affectation d'une finance pour
l'acquisition de bien de production en vue de l'obtention d'un revenu pendant une période
ultérieure. Ces biens de production peuvent être matériels ou immatériels selon qu'il
s'agisse du domaine de la production industrielle ou du développement.
C'est ainsi qu'il y a un investissement pour le développement18(*) dont le but est d'accroître
la capacité des pays en voie de développement à attirer des investissements plus
nombreux et de plus grande qualité grâce au dialogue et au conseils sur les meilleurs
pratiques avec le gouvernement des pays non membres pour garantir la mise en place de
cadres d'actions cohérents.
La décision d'investir est déterminée par de multiples facteurs, nous en retiendrons quatre
principaux, sans prétendre à l'exhaustivité : le profit, le taux d'intérêt, la demande
anticipée et le prix relatifs des facteurs.
L'entrepreneur investit dès lors qu'il dispose des moyens financiers pour le faire. Nous
retrouvons ici la logique selon laquelle « les profits d'aujourd'hui sont les investissements
de demain, qui sont les emplois d'après-demain ».
Mais l'existence d'un profit ne signifie pas nécessairement que l'entrepreneur va procéder
à un investissement, il peut en effet comparer le profit espéré de l'investissement avec ce
qui lui apporte un placement financier. L'entrepreneur peut également procéder à un
financement externe de l'investissement, en empruntant une certaine somme. Dans ce cas,
il compare le prix d'un emprunt (le taux d'intérêt) avec ce que lui rapporte
l'investissement, à savoir son taux de rendement (le taux de rendement de l'investissement
est égal aux profits liés à l'investissement/coût de l'investissement). Si le taux de
rendement est supérieur au taux d'intérêt, l'entrepreneur effectue l'investissement.
Il est considéré comme productif lorsque la valeur cumulée des biens et des satisfactions
obtenues est suffisamment supérieure aux coûts engendrés. Il est considéré comme
improductif, lorsqu'il concerne des biens et des services d'utilité publique (écoles,
hôpitaux, etc.).
Il est également déterminé par le prix relatif des facteurs, dès lors que la fonction de
production est à facteurs substituables. En effet, si le prix du travail augmente par rapport
au prix du facteur capital, l'entrepreneur substitue du capital au travail c'est-à-dire
investit.19(*)
C'est l'ensemble des dépenses engagées par l'Etat et les collectivités locales en équipement
collectif, ce que l'on appelle aussi les infrastructures publiques. Ce sont des
investissements coûteux qui ne peuvent pas tous être supportés par le secteur privé.
Pour les économistes, les infrastructures sont plus souvent définies comme des biens
collectifs mixtes à la base de l'activité productive.20(*) Deux notions sous-tendent cette
définition : celle des biens collectifs ou des biens publics, et celle des facteurs productifs.
La notion des biens publics, définit par Samuelson (1954) et Musgrave (1959) repose sur
les critères de non rivalité et de non exclusion. Un bien est qualifié de non rival si son
utilisation par un agent ne réduit pas la quantité disponible pour les autres agents. La non
rivalité s'accompagne, en fait, de l'indivisibilité d'usage, c'est-à-dire d'une consommation
en totalité de ses biens qui ne pourra être partagé entre divers utilisateurs. Les exemples
traditionnels sont ceux de la justice, de la sécurité ou d'éclairage public. La non exclusion
par le mécanisme du marché caractérise, de son côté, des biens dont aucun agent ne peut
être exclu des bénéfices. Celle-ci découle de l'impossibilité de fractionner le service entre
divers consommateurs. Ainsi, les caractéristiques intrinsèques de ces biens justifient
l'intervention de l'Etat dans leur production ou leur réglementation.
La soumission des principes du domaine privé au droit privé repose sur le caractère
d'activités privées traditionnellement reconnu à la gestion du domaine privé assimilé à une
gestion purement patrimoniale dénuée des finalités d'intérêt général.
Selon l'OCDE22(*), un investissement direct est effectué en vue d'établir des liens
économiques durables avec une entreprise, tel que notamment, les investissements qui
donnent la possibilité d'exercer une influence sur la gestion de la dite entreprise au
moyen :
D'après toutes ces définitions, les Investissements Directs ne créent pas de dettes pour le
pays qui les reçoit, en ce sens qu'il n'y a aucune obligation juridique qui puisse
contraindre l'Etat du pays d'accueil à en rembourser la valeur. Cela ne veut pas pourtant
pas dire qu'ils ne créent pas des flux en retour, puisqu'ils sont le plus souvent effectués
pour rapatrier des bénéfices vers la maison mère (sauf si des opportunités
d'investissements rentables se présentent sur place). A ce flux de revenu, peut s'ajouter un
flux de capital si l'investisseur décide de redéployer son capital vers d'autres pays.24(*)
L'investisseur direct peut être une personne physique, une entreprise publique ou privée
dotée ou non d'une personnalité morale distincte, un groupe de personnes physiques ou
d'entreprises qui sont associées, un gouvernement ou un organisme officiel, qui possède
(selon les critères cités précédemment) une entreprise d'investissement direct.
Dunning dans ses études sur les FMN distingue cinq (5) possibilités qu'exploitent les
firmes pour choisir leurs lieux d'implantation. Dans le cadre de ses travaux en 1993, il
considère cinq (5) types de firmes multinationales selon leur comportement productif :
- Le dernier type regroupe les firmes qui adoptent des stratégies d'investissement pour
échapper à des restrictions afin de soutenir l'activité d'autres filiales ou tout simplement
des investissements passifs dans le but d'accroître le capital.
Une entreprise d'investissements directs peut être définie comme étant une entreprise dans
laquelle un investisseur étranger détient plus de 10% des actions ou des droits de vote et
peut exercer un contrôle sur la gestion de cette entreprise. Les entreprises
d'investissements directs peuvent être regroupées en trois (3) catégories distinctes :
· Les filiales : On parlera de filiale dans le cas où une entreprise étrangère détiendra plus
de 50% du capital.
· Les entreprises affiliées : Une entreprise est dite affiliée lorsqu'une entreprise non
résidente détient une part du capital comprise entre 10 et 50%.
· Les succursales : Les succursales ont l'entièreté de leur capital soit 100% appartenant à
une entreprise étrangère.
- engendre des bénéfices qui contribuent à l'amélioration des recettes fiscales du pays
bénéficiaire.
Un autre point encourageant la prolifération des IDE est leur résilience aux perturbations
économiques. En effet, les IDE sont le plus souvent sous forme de machines ou
d'infrastructures, donc difficiles voire impossibles à rapatrier en cas de crise économique.
C'est cet élément qui les distingue des investissements de portefeuille qui sont très volatils
et sensibles à la conjoncture économique. L'IDE devrait donc augmenter l'investissement
intérieur, favoriser la croissance économique et est tout adapté aux pays en
développement.26(*)
Selon les recherches de Fontagné L. et Pajot M., (1999), les IDE améliorent la
compétitivité des entreprises installées sur le marché intérieur du pays récepteur et ont un
impact positif sur les échanges extérieurs, en particulier sur les exportations. Ils entraînent
aussi des externalités positives par les effets de sous-traitance et d'exploitation du progrès
technologique.
Tous ces éléments illustrent bien l'opportunité que représentent les investissements directs
étrangers aux pays en développement. Cependant ces derniers doivent veiller à ne pas trop
se leurrer quant aux avantages des IDE.
En effet, la forte proportion d'IDE dans les apports de capitaux peut être signe de
faiblesse, et non de force pour le pays récepteur. Les IDE affluent beaucoup plus dans les
économies dont les marchés financiers sont déficients comme les pays à haut-risque.
Ainsi, les investisseurs ont l'opulence de s'ingérer librement dans le fonctionnement de
l'économie du pays hôte et d'y opérer directement au lieu de s'en remettre au marché
financier ou aux institutions juridiques. Or, la politique économique recommande aux
pays désireux d'accroître leur capacité d'accès aux marchés internationaux de capitaux, de
se concentrer sur la mise en place de dispositifs d'application crédibles.
De même, le transfert de contrôle engendré pas l'IDE n'arrange pas toujours l'économie
résidente. En effet, avec les IDE, les investisseurs directs étrangers obtiennent des
informations cruciales sur la productivité des entreprises qu'ils contrôlent. Ainsi, ils
tendront à ne garder dans leurs portefeuilles que les entreprises très productives et à
vendre les moins productives aux épargnants nationaux « non informés ». Comme dans
d'autres cas de sélection adverse, ce processus peut conduire les investisseurs directs
étrangers à surinvestir.
Un endettement excessif peut aussi limiter les avantages de l'IDE car l'investisseur peut
rapatrier le nominal. Dans ce cas les gains liés à l'IDE seront réduits du montant de
l'emprunt contracté dans le pays de l'IDE. De plus, l'IDE peut renforcer l'action des
lobbys.27(*)
L'IDE fragilise aussi les économies naissantes. En effet, la prise de contrôle des
entreprises nationales par des étrangers représente sur un certain plan un amoindrissement
de la souveraineté de l'Etat récepteur.28(*)
L'importance des IDE n'étant plus à démontrer, il convient de s'intéresser aux théories et
travaux qui ont porté sur eux.
En 1973, Dunning a essayé d'expliquer pour la première fois, le flux d'IDE dans une
économie. Tout en tenant compte du fait que l'environnement d'investissement dépend
essentiellement de la stabilité politique, il a mis l'accent sur trois types de facteurs. Il s'agit
: des facteurs de marché tels que la taille et la croissance mesurée par le PNB du pays
récepteur; des facteurs de coûts tels que l'abondance de la main d'oeuvre, la faiblesse des
coûts de production et l'inflation ; et des facteurs liés à l'environnement d'investissement
tels que le degré d'endettement extérieur du pays et l'état de la balance des paiements.
Quatre ans plus tard, Dunning (1977) complète son analyse par une approche globale : «
l'approche éclectique » axée autour du « paradigme O.L.I. ». D'après la théorie éclectique,
les investisseurs directs étrangers recherchent trois types d'avantages à travers la décision
d'implantation d'une firme. Il s'agit des avantages liés : aux dotations spécifiques induites
(détention d'un brevet exclusif pour bénéficier d'une situation de monopole sur le marché)
par la concurrence imparfaite (Ownership advantages), à la localisation des entreprises
(Localization advantages) et, de ceux liés à la faiblesse des coûts de production
(Internalization advantages).
Il est à noter que cette approche est beaucoup plus microéconomique car Dunning a
analysé l'importance des flux d'IDE selon les intérêts des investisseurs.
Mentionnons entre autre Levis (1979) qui a réalisé une étude sur l'attraction des IDE
portant sur 25 pays en développement d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine. Son choix à
porté sur deux groupes de variables : les variables politiques et celles économiques. Le
premier groupe est formé par : l'indice de compétitivité politique et les relations avec les
pays de l'Ouest. Le second regroupe la croissance du PNB/Habitant, l'inflation, la balance
des paiements, le taux d'investissement, le taux d'exportation, la pression fiscale et la
consommation en énergie.
Pour vérifier la viabilité de leur concept, ils ont engagé des études sur soixante-sept (67)
pays en développement. Les variables sous-tendant leurs travaux sont regroupées en
quatre (4) grandes lignes : en premier lieu, l'adaptation du gouvernement à l'IDE
représentée par l'indice risque pays, ensuite le marché matérialisé par le PNB/habitant, le
commerce extérieur, les recettes fiscales, le crédit accordé par les banques locales,
l'utilisation commerciale de l'énergie. Par la suite viennent l'adaptation à l'éducation
comprenant le facteur capital humain (inscription à l'école primaire) et pour finir, les
réalités socio-culturelles .
Un nouvel élément venant compléter les études précédemment faites est celui de la
définition de la théorie « push-pull ». En effet, celle-ci stipule que les flux de capitaux, et
de ce fait les IDE sont principalement déterminés par des variables externes « push » et
internes « pull ». Ainsi, aux éléments explicatifs des IDE liés à la localisation (Dunning)
dits « pull », se complètent des facteurs externes « push ». Ces nouveaux éléments pris en
compte donnent des modèles économétriques du type suivant :
PL est le vecteur des facteurs internes ou "Pull factors" et PS celui des facteurs externes
ou "Push factors", a , 13 et Ô sont des vecteurs-coefficients et t est l'année.
Hernandez L. et al. (2001) ont recherché les déterminants des flux de capitaux privés de
1970 à 1990 pour des pays d'Asie de l'Est et d'Amérique Latine. Leur étude s'inscrit dans
la pensée de l'école « pull-push ». Les études théoriques ont montré que ces variables
pouvaient être regroupées en deux classes : les facteurs externes (push) et ceux internes.
Les facteurs externes sont déterminés par le taux d'intérêt international réel (ex-post), le
total des flux d'IDE à destination des autres pays en développement en pourcentage (%)
du total des PIB des grands pays industriels, le niveau d'activité dans les pays industriels
(PIB). Quant aux facteurs internes (pull), ils sont propres au pays d'accueil et
comprennent le taux de croissance réel, le solde de la balance des paiements en
pourcentage du PIB, les investissements en pourcentage du PIB, les exportations en
pourcentage du PIB, le service de la dette extérieure en pourcentage du PIB et le taux
d'appréciation du taux de change. Ces travaux ont inspiré l'étude des déterminants des flux
d'IDE en Côte d'Ivoire, où Romalahy M. I. (2003) grâce à un Modèle à Correction
d'Erreur, démontre dans son étude que dans la relation de long terme le PNB/habitant, le
taux d'investissement privé, la variabilité du taux de change effectif réel, le taux
d'ouverture commerciale et le ratio du service de la dette extérieure rapporté aux
exportations agissent positivement sur les flux d'IDE tandis que le taux de croissance du
PIB, le crédit à l'économie, le taux de pression fiscale et l'instabilité politique influent de
façon négative. La dynamique de court terme montre que le taux d'intérêt français a un
effet négatif, les signes sont les mêmes que ceux obtenus dans le modèle de long terme
pour les autres variables, le taux d'ouverture commerciale, la variabilité du taux de change
effectif réel et le service de la dette n'étant pas significatifs. Une autre étude, celle
de Noukpo D. et Fotie H. (2003) a porté sur l'évolution et la répartition des IDE en
Afrique Subsaharienne. Ces auteurs se sont attelé à définir les variables les plus
explicatives des flux d'IDE. Les variables retenues a l'issue de leur étude par un Modèle à
Correction d'Erreur sont les suivantes : les flux d'IDE en pourcentage du PIB avec un
retard d'ordre 1, le taux d'intérêt du marché monétaire français, le taux d'ouverture avec un
retard d'ordre 1, le taux d'investissement avec un retard d'ordre 2, le taux de croissance
démographique avec un retard d'ordre 2, et la variable exportation de pétrole avec un
retard d'ordre 2. Les variables les plus explicatives des flux d'IDE retenues sont le taux
d'ouverture de l'économie et le taux de croissance.
D'après ces auteurs la masse des capitaux en direction du pays récepteur (F) est définie
par la relation suivante : F* = F*(g, c, v, S-1) : avec g l'environnement intérieur du
pays, c la crédibilité du pays bénéficiaire, v les conditions financières du pays créditeur
et S-1 le stock de la dette du pays hôte en début de période. La croissance de F est
favorisée par g et c , et est inhibée par v et S-1.
En effet, plus le pays récepteur est endetté, moins il est solvable et intéressant pour les
investisseurs étrangers. De plus l'amélioration du cadre macroéconomique ou de la
capacité du pays à honorer ses engagements attire les capitaux privés.
Bhattacharya A. et al. (1997) dans leur ouvrage «External Finance for LowIncome
Countries : Capital Flows to Sub-Saharan African, an Overview of Trends and
Determinants» ont démontré que l'Afrique subsaharienne n'avait pas profité des flux de
capitaux internationaux privés à cause du considérable risque qu'affichait le continent. A
la suite des recherches faites auprès des banquiers et financiers travaillant à Londres et
aux Etats-Unis, ils ont élaboré un modèle en se fondant sur des facteurs traduisant le
risque tels que les conflits civils, l'instabilité macroéconomique, la faible croissance
économique , les marchés intérieurs exigus, l'économie axée sur l'intérieur et la lourdeur
de la réglementation, la lenteur de la privatisation, la médiocrité des infrastructures et
finalement le niveau élevé des salaires et des coûts de production.
Nshimiyimana F. (1999) a effectué une étude comparative des IDE au Bénin et en Côte
d'Ivoire. Après avoir relaté l'évolution des IDE dans ces deux pays, il s'est intéressé à la
qualité de leur code d'investissement et de leur politique d'investissement respectifs. Il a,
entre autres, procédé à l'analyse des facteurs sociaux, institutionnels (qualité de la main
d'oeuvre, stabilité, légalité bon et fonctionnement de la justice), géographiques et des
infrastructures.
Agenor P. -R. et al. (2000) ont réalisé sur les régions du Moyen-orient et de l'Afrique du
Nord (MENA) une étude portant sur les facteurs explicatifs des IDE. Leur modèle s'est
fondé sur 10 variables. En utilisant la méthode des variables instrumentales sur données
de panel à effets fixes, ils ont retenu les variables suivantes : l'IDE avec un retard d'ordre
un, le taux de croissance réel, l'investissement en pourcentage du PIB, le degré
d'ouverture de l'économie (base 100 année 1990), le PIB réel par habitant, le service de la
dette en pourcentage du PIB, le taux d'intérêt réel international (London Inter-Bank Offer
Rate : LIBOR), la variation du taux d'inflation, l'indice risque politique (un indice élevé
traduit un niveau de risque faible). Ils retinrent à la fin de leurs estimations que le taux
d'investissement, le taux d'ouverture de l'économie, le service de la dette en pourcentage
du PIB, le taux d'intérêt international, l'indice risque politique et la variation du taux
d'intérêt ont une influence significative sur les flux entrants d'IDE. Les variables ayant les
impacts les plus significatifs sont le taux d'investissement et le service de la dette en
pourcentage du PIB.
Enfin, Morisset J. et Neso O. (2002) ont montré quant à eux que les procédures
administratives complexes, nécessaires à l'établissement et au fonctionnement des
affaires, découragent l'entrée des flux d'IDE.
I.5.1.1 Définition
Selon Kuznets, la croissance économique d'un pays est une hausse de long terme de sa
capacité d'offrir à sa population une gamme sans cesse élargie des biens économiques.
Cette capacité de croissance est fondée sur les progrès techniques et les ajustements
institutionnels et idéologiques qu'elle requiert.30(*)
Cependant, l'investissement n'est pas une variable exogène par rapport à la croissance, et
ces résultats sont donc à prendre avec précaution, car ils peuvent provenir d'un
renversement de causalité. Barro33(*) montre ainsi que, si la croissance cause
l'investissement au sens statistique, l'inverse n'est pas vrai. En fait, les analyses de
causalité tendraient à prouver que l'investissement a un effet insignifiant sur la croissance,
ce qui pose une nouvelle énigme : comment imaginer un modèle macroéconomique dans
lequel l'investissement n'affecte pas la croissance ? Il faut alors se tourner vers la
contribution des différentes composantes de l'investissement pour isoler les déterminants
les plus robustes de la croissance.34(*)
Ainsi, la théorie de la croissance (au sens où nous l'entendons) n'a aucune utilité
particulière pour l'économie du sous développement, et les pays sous développés n'ont pas
joués le rôle dans son élaboration.36(*) La croissance est un processus complexe de
transformation économique, sociale et politique et sa clé consiste à mettre en place des
politiques nationales appropriées.
Elle est aussi une augmentation soutenue, pendant une longue période de la production
d'un pays. Généralement, on retient le produit intérieur brut à prix constants comme
indicateurs37(*). Il s'analyse comme étant la mesure de l'activité ou de la production. Elle
est appréhendée à partir de variation du PIB réel, constat ou physique, soit encore à partir
de l'évolution de la production industrielle. D'une manière non exhaustive, la croissance
économique peut aussi être mesurée à partir des indicateurs suivants :
- indice de construction ;
- carnets de commande ;
- ventes de détails ;
- indicateur avancé tel que l'indice d'opinion des consommateurs, l'indice des anticipations
des consommateurs, ... ;
- l'indicateur coïncident ;
- l'indicateur retardé ;
La croissance dont il est question dans l'analyse de cycle n'a rien à voir avec celle de
longue période appréhendée généralement à partir de la variation du PIB par tête. Cette
dernière est la mesure des mouvements longs d'une économie résultant des déterminants
réels de la croissance économique. Celle-ci se définie comme l'augmentation, après une
accumulation soutenue sur le long terme d'un indicateur dimension, à savoir le PIB/tête
En termes simples, l'augmentation de l'activité ne signifie pas celle du bien être. Par
contre, l'augmentation de la croissance à long terme actuellement mesurée par l'indice du
développement (IDH celle du bien être). 38(*)
Les miracles économiques de l'après seconde guerre mondiale ont stimulé les recherches
des économistes portant sur l'étude de la croissance économique : l'analyse a porté d'abord
sur les facteurs de la croissance, puis s'est élargie à des causes plus générales qui mettent
en jeu des interactions difficilement évaluables.
Pour expliquer la croissance économique et son dynamisme pendant les trente Glorieuse,
la première idée qui vient à l'esprit est d'évoquer le rôle des facteurs matériels de la
croissance : la terre, le travail et le capital.
La quantité de terre disponible dans un pays est constante, il est donc logique de ne tenir
que les deux autres facteurs : travail (L) et capital (K).On peut s'attendre à ce que le pays à
croissance rapide aient bénéficié d'une population active nombreuse et d'un effort
d'investissement particulier.
Dans le vocabulaire économique, la fonction qui relie les différents niveaux de production
à toutes les combinaisons techniquement possibles des facteurs est appelée « fonction de
production ».41(*)
Pour simplifier, on représente cette fonction sous la forme d'une liaison technique entre
les quantités produites (Q), le capital (k) et le travail (L) :
Q= f (L, K)
I.5.1.5 Introduction de progrès qualitatifs
Il est possible d'introduire d'autres éléments explicatifs dans l'analyse des facteurs de la
croissance économique en remettant en cause l'hypothèse d'homogénéité des facteurs. En
d'autres termes, les ressources humaines ne sont pas de simples quantités de travail, les
équipements ne se renouvellent pas à l'identique : il existe dans l'évolution des facteurs,
un aspect qualitatif.
Néanmoins, la prise en compte de ces facteurs reste insuffisante pour expliquer la totalité
du taux de croissance. Il reste un « résidu » important, qui est la part de la croissance non
expliquée.
I.5.1.3 Le résidu
L'article fondateur de ce type d'analyse fut celui de SOLOW paru en 1957 qui analysait le
doublement de la production par heure travaillée aux Etats-Unis sur la période 1909-1949.
Ce doublement était attribué pour 90% au changement technique et pour 10% seulement à
l'augmentation de l'usage du capital.
Ø Q= f(L,A(t).K)
Ø Q= A(t).f(L,K)
Enfin, on peut ajouter un 3ème facteur au travail et au capital, laissant inchangé le taux
marginal de substitution entre capital et travail. C'est le progrès technique non incorporé
aux facteurs.
Ce dernier avance par ailleurs que le niveau initial est la variable importante et la plus
robuste, c'est-à-dire que dans la plupart des cas, plus un pays est riche, moins il croit vite.
Cette hypothèse est connue sous le nom de convergence conditionnelle. Il considère
également que la taille du gouvernement (administration, secteur public) n'a que peu
d'importance, par contre la qualité du gouvernement a beaucoup d'importance. Les
gouvernements qui causent l'hyperinflation, la distorsion du taux de change, des déficits
excessifs ou une bureaucratie inefficace ont un très mauvais résultat. Il ajoute également
que les économies plus ouvertes tendent à croître.
Enfin, l'efficience des institutions est très importante : des marchés efficients, la
reconnaissance de la propriété privée et l'Etat de droit sont essentiels à la croissance
économique. Il rejoint en cela la conclusion d'Hernando de Soto se fondant sur plusieurs
indices de liberté économique. La revue sociale arrivait à la même conclusion et écrivait
en 2003 que « le facteur le plus étroitement corrélés avec la prospérité, sont ceux qui
garantissant un Etat de droit : droit de propriété, absence de corruption, système juridique
efficace ».
L'histoire, notamment celle du 18ème siècle, semble quand même montrer que l'extension
des libertés (liberté d'entreprendre, liberté de circulation des idées, des personnes et de
leurs biens) est une condition de la croissance. Par exemple, il existe un certain nombre
des cas où une population partageant les mêmes antécédents historiques, la même langue
et les mêmes normes culturelles, a été divisé entre deux systèmes : l'un étant une
économie de marché et l'autre une économie dirigée et centralisée (les deux Allemagnes,
les deux Corée, la république populaire de Chine et le Taiwan).
Dans chaque cas, les zones ayant pratiqué l'économie du marché ont montré une bien
meilleure performance. L'effondrement de l'URSS témoigne également des modèles
économiques libéraux par rapport aux économies de type collectivistes.
Sur le long terme ; seul le progrès technique est capable de rendre plus productive une
économie (et donc de lui permettre de produire plus, c'est-à-dire d'avoir de la croissance).
Toutefois, ces théories expliquent mal d'où provient ce progrès et en particulier en quoi il
est lié au fonctionnement de l'économie.
C'est ainsi le cas de David RICARDO pour qui l'état stationnaire était le produit du
rendement décroissant des terres cultivables ou encore Thomas MALTHUS qui le liait à
son principe de population. Toutefois, Adam SMITH à travers son étude des effets de
productivité induit par le développement de la division du travail, laissait entraîner la
possibilité d'une croissance interrompue.
A partir des travaux sur les cycles économiques de Kondratieff, Joseph SCHUMPETER a
développé la première théorie de la croissance sur une longue période. Il pensait que
l'innovation portée par les entreprises constituait la force motrice de la croissance. Il
développa en particulier l'importance de l'entrepreneur dans les théories de l'évolution
économique en 1913.
Après la seconde guerre mondiale, les économistes Harrod et Domar, influencé par
Keynes, vont chercher à comprendre les conditions dans lesquelles une phase d'expansion
peut être durable. Ainsi, s'il ne proposait pas à proprement parler une théorie de la
croissance (expliquant son origine sur une longue période), le modèle de Harrod et Domar
permet néanmoins de faire ressortir le caractère fortement instable de tout processus
d'expansion.
En particulier, il montre que pour qu'une croissance soit équilibrée (c'est-à-dire que l'offre
de production n'augmente ni moins - sous production- ni plus -surproduction- que la
demande, il faut qu'elle respecte un taux précis) en fonction de l'épargne et du coefficient
du capital (quantité de capital utilisé pour produire une unité) de l'économie. Or, il n'y a
aucune raison que la croissance qui détend des décisions individuelles (en particulier des
projets d'investissement des entrepreneurs), respecte ce taux. De plus si la croissance est
inférieure à ce taux, elle va avoir tendance, non pas à le joindre mais à s'en éloigner
davantage, diminuant progressivement (en raison du multiplicateur d'investissement).
La croissance est donc, selon une expression d'Harrod, toujours sur le fil du rasoir. Ce
modèle, construit après guerre, et marquée par le pessimisme engendré par la crise de
1929, a toutefois été critiqué. Il suppose en effet que ni le taux d'épargne ; le coefficient
de capital ne sont variables à court terme, ce qui n'est pas prouvé.
Le modèle de Solow se fonde sur l'hypothèse que les facteurs de production connaissent
un rendement décroissant, c'est-à-dire qu'une augmentation de ceux-ci dans une certaine
proportion, engendre une augmentation dans une proportion plus faible de la production.
Il pose également comme hypothèse que les facteurs de production sont utilisés de
manières efficaces par tous les pays. En posant que la population connaît un taux de
croissance que Solow qualifie de naturel (non influence par l'économie), le modèle déduit
trois prédictions :
- Les pays pauvre auront un taux de croissance élevé que les pays riches, ils ont en effet
accumulé moins de capital et connaissent donc des rendements décroissants plus faibles,
c'est-à-dire que toute augmentation de la production proportionnellement plus forte que
dans les pays riches.
En effet, les économies n'atteignent jamais ce stade en raison du progrès technique qui
accroît la productivité des facteurs. Autrement dit pour Solow, sur le long terme, la
croissance provient du progrès technique. Toutefois, ce progrès technique est exogène du
modèle, c'est-à-dire qu'il n'explique pas, mais le considère comme donnée (telle une
manne tombée du ciel).
Somme toute, le modèle de Solow met en avant les interactions entre croissance du stock
du capital et de la force du travail d'une part et du progrès technique d'autre part. Et il
montre comment ces trois facteurs augmentent la production.46(*)
Pour les théoriciens néoclassiques, rendre endogène le progrès technique, c'est le faire
dépendre des variables du modèle, produit, capital, travail, etc47(*).
Les théoriciens récents cherchent précisément à rendre ces facteurs endogènes, c'est-à-dire
à construire des modèles qui expliquent son apparition. Ces modèles ont étés développés à
partir des années 1960, notamment par Paul ROMER et Robert BARRO. Ils se fondent
sur l'hypothèse que la croissance génère par elle-même le progrès technique qui permet
que ce rendement demeure constant. La croissance favorise l'accumulation du capital
humain, c'est-à-dire les compétences possédées par la main d'oeuvre et dont dépend sa
productivité.
En effet, plus la croissance est forte, plus il est possible d'accroître le niveau d'instruction
de la main d'oeuvre en investissant notamment dans le système éducatif. D'une manière
générale, la hausse du niveau d'éducation par des moyens publics ou privés est bénéfique.
La principale des conclusions de ces nouvelles théories est qu'alors même qu'elles
donnent un poids important aux mécanismes du marché, elle en indique nettement les
limites. Ainsi, il y a nécessité de créer des arrangements en dehors du marché
concurrentiel. Ce qui peut expliquer une intervention de l'Etat dans la sphère économique.
En particulier, ce retour de l'Etat se traduit par le fait qu'il est investi d'un triple rôle :
- encourager les innovations en créant un cadre apte à coordonner des externalités qui
découlent de toute innovation, par exemple grâce à la protection qu'il offre aux
innovateurs des brevets ;
La production économique engendre dans certain cas des perturbations dans les équilibres
écologiques. Augmenter la production des biens matériels ou des transports (pour
répondre à l'accroissement démographique) peut aggraver ces perturbations. Le
réchauffement climatique amène l'ensemble des économies du monde à prendre en
compte leurs émissions de gaz à effet de serre et à rechercher au maximum une croissance
propre.
Les critiques de la croissance insistent, enfin sur les déséquilibres qui peuvent naître de la
croissance : bouleversement sociologique, politique et écologique. Ainsi, les exodes
ruraux ou les nouveaux moyens de transport ont entraîné un exode rural et des
transformations urbanistiques majeurs qui changent durablement les rapports sociaux. De
plus, certaines critiques considèrent que la croissance, surtout à une minorité qui tire
profit de cette augmentation de productivité, alors que la majorité subit cette
transformation de façon souvent traumatique (car les impacts sur l'environnement socio
familial peuvent être dramatiques à certains cas) et ne tire aucun bénéfice ni en niveau de
vie encore moins en qualité de vie de la croissance économique.49(*)
La relation qui existe entre la croissance et le développement est de cause à effet. Si l'on
peut mesurer la croissance économique grâce à un indicateur synthétique tel que le PIB,
celui-ci ne rend compte cependant que d'un aspect de la croissance : l'accroissement des
quantités produites. Or dans le processus de la croissance, bien de transformation
s'opèrent. C'est l'ensemble de ces transformations que l'on englobe sous le terme de
développement.50(*)En voici quelques-unes : la structure de la population, la structure
sociale, la structure de consommation.
POTENTIALITES ATTRACTIVES
DE LA RDC
Dans ce chapitre, il est question de présenter les théories relatives à la politique
d`attractivité pour les investisseurs étrangers en vue de venir investir en RDC à cause de
toutes ses ressources (naturelles, minières, agricoles, humaines, etc.) ainsi que la
présentation de la croissance économique théorique pour lq RDC.
Il se terminera par un ensemble d`obstacles pouvant freiner les entrées des investisseurs
étrangers de venir investir au pays concerné par l'étude.
On peut définir l'attractivité des IDE comme un ensemble des politiques économiques,
fiscales, douanières et institutionnelles que les autorités ont élaboré afin de rendre le
territoire national attractif aux yeux des investisseurs. Ces politiques tiennent comptent
des conventions internationales entre Etats, et respectent les principales clauses
commerciales internationales en vigueur dans le monde. Elles ont été élaborées de
manière à respecter les chartes des investissements en Afrique.
L'attractivité des investissements étrangers, surtout sous forme d'IDE, nécessite une
reforme urgente du système d'imposition, plus spécialement de l'imposition des revenus
(système de l'IGR). Ce dernier doit être revu à la baisse, afin d'accroître la consommation
et l'épargne des couches moyennes, d'encourager les entreprises à ne pas recourir au
secteur informel, d'encourager les entreprises à éviter l'évasion fiscale, d'encourager les
IDE à opter pour la RDC.51(*)
Investir à l'étranger est alors une action de la précision. Le choix de la cible doit être
mûrement réfléchi...
- a des incitations pour le succès en matières des projets d'investissements liés aux
avantages douaniers et fiscaux ;
- a un seul guichet unique en matière d'investissement qui est l'ANAPI restant le seul
partenaire dévoué au service des investisseurs. Elle est appelée à leur apporter des
assistances sous diverses formes, tant avant, pendant, qu'après l'agrément.
Ces 8 raisons d'investir en RDC attirent les investisseurs par le fait que la RDC est située
en plein centre de l'Afrique et s'impose de part sa superficie de 2.345.000 Km² comme
l'un des géants pays du continent africain,
· Son étendue territoriale et sa démographie n'ont aucune commune mesure avec ses neuf
voisins avec lesquels elle partage 9.195 Km de frontière, à savoir : l'Enclave de Cabinda
(7.270 Km²) et la République du Congo (342.000 Km²) à l'Ouest ;
Tous les investisseurs nationaux et étrangers exerçant une activité licite, agréés ou non,
bénéficient de l'ensemble de garanties générales. Ces investissements directs, nationaux et
étrangers, réalisés en RDC dans les secteurs qui ne sont pas expressément réservés à
l'Etat.
Les investissements admissibles en RDC sont ceux respectant les conditions ci après :
C'est ainsi que tout investisseur, souhaitant bénéficier des avantages est tenu de déposer
un dossier de demande d'agrément en un exemplaire.
Il en reste plus qu'à aller en masse pour investir en République Démocratique du Congo,
pays aux multiples potentialités, terre d'investissements.
Le Code des Investissements instaure l'égalité absolue de traitement entre tous les
investisseurs nationaux et étrangers et simplifie par ailleurs la procédure d'agrément (30
jours), qui aboutit à l'octroi des avantages douaniers et fiscaux.
Les investissements réalisés en RDC sont sécurisés par plusieurs mécanismes prévus aussi
bien par la Constitution que les lois particulières du pays. Il s'agit notamment de :
- la liberté de transfert à l'étranger des dividendes et autres revenus générés par les
investissements ;
Il y a aussi :
Ainsi, on peut affirmer que la RDC possède un environnement des affaires sécurisant et
prometteur car elle commence à préparer son avenir.
Le taux de croissance s'est chiffré à 5,8% en 2003 (contre 3,5% en 2002), 6,6% en 2004,
6,5% en 2005 et 7% en 2006.
L'hyper-inflation a été maîtrisée, le taux d'inflation ayant été ramené de 511,2% à 135,1%
en 2001, 15,8% en 2002, 4,4% en 2003, 9,2% en 2004, 21,3% en 2005 et 18% en 2006.
Le taux de change de la monnaie affiche dès lors une remarquable stabilité, qui contraste
avec la situation du passé. Du coup, le pays est perçu de plus en plus comme l'une des
meilleures destinations des investissements en Afrique, et où l'on rencontre de grandes
firmes multinationales en activités.
Les lignes des organismes transporteurs sont les voies principales de la circulation des
biens et des personnes, du commerce intérieur et extérieur.
Dans l'activité de ces lignes, l'ONATRA, la SNCC, détiennent les principaux maillons et
font ainsi circuler dans le pays les biens produits sur son sous sol.
L'Office des routes pour sa part s'est vue attribuer un quadruple objectifs : l'entretien,
l'aménagement, la modernisation et la préparation des programmes des travaux routiers
et construction des routes.
Le pays est aussi asservi par des sociétés, compagnies et agences aériennes et maritimes
étrangères comme HEWA BORA, ECHOFLIGHT, MANGOMATE, KAVATSI, etc.
La RDC possède deux grands ports maritimes situés sur l'estuaire du fleuve Congo :
Boma et Matadi. Ces ports reçoivent les longs courriers (grands bateaux de mer) et des
caboteurs (bateaux plus petits navigant à faible distance des côtes).55(*)
Le seul port de Matadi accueille environ 400 bateaux par an pour le déchargement de
près de 1 million de tonnes des marchandises et le chargement d'un peu de 600 milles
tonnes pour l'exportation.
Notons que les navires pétroliers accostent à Ango Ango, d'où de gros tuyaux (pipeline)
amènent le liquide à Kinshasa dans de très grands réservoirs.
a. Les grands axes économiques qui aboutissent à l'océan atlantique et l'océan Indien ;
Lubumbashi-Matadi (via Ilebo). Seuls les tronçons Lubumbashi-Ilebo et Kinshasa-Matadi
sont achevés. A Ilebo, les marchandises reprennent la voie fluviale puis le chemin de fer
Kinshasa-Matadi.
Cette voie est la seule qui se trouve entièrement sur le territoire national.
Signalons encore deux lignes d'intérêt strictement local qui ont été : Boma-Tshela
(exploitation forestière et agricole) supprimée en 1987 et Uvira-Kamanyola. L'ensemble
des voies ferrées de la RDC couvre actuellement 5300km.
Les communications inter villes se font par câble-radio. Il existait en 1990 deux stations
de radio à Kinshasa et 208 stations à l'intérieur rien que pour les services publics.
En présent, plusieurs radios et télévisions sont éparpillées dans toute la République. Nous
pouvons citées quelques unes très connues : RTNC, RAGA FM Et RAGA TV, OKAPI,
RTGA, LA COLOMBE FM, DIGITAL CONGO, ...
La RDC recèle en son sous sol des richesses naturelles d'une abondance et d'une variété
inouïe, qui font d'elle un véritable « scandale géologique ». Elle constitue l'un des atouts
majeurs du pays, car elle représente, à elle seule, en effet, plus de 45% de l'ensemble de
la forêt équatoriale du continent, et renferme des essences fort recherchées telles que le
limba (qui sert à la fabrication des meubles et de contres-plaqués), le teck (bois qui ne
pourrit pas, est utilisé dans la fabrication des bateaux). D'autres bois sont notamment :
afromosia, ébène, wenge, iroko, sapelli, sipro, tiama, tola, kambala, lifaki,...). Dans les
régions de savane, on exploite surtout l'acacia et le samba.
La grande forêt équatoriale de la cuvette centrale couvre plus d'un million de kilomètre
carré. La Mayumbe a jadis fourni la plus grande partie des exportations de bois, mais il
ne dispose plus aujourd'hui de réserves exploitables. L'exploitation forestière reste par
contre active à Nioki près de Kutu dans le Mai-Ndombe. Mais la société importante est la
Siforzal, qui achémine à Kinshasa par voie fluviale des grumes provenant de l'Equateur
et de la Province Orientale.
Dans les parcs nationaux, la coupe de bois est interdite. Ailleurs, le reboisement est un
souci des autorités, car les forêts peuvent être épuisées en quelques années. Le feu de
brousse est le grand ennemi des reboisements.57(*) La forêt constitue l'un des atouts
majeurs du pays, car elle représente, à elle seule, en effet, plus de 45% de l'ensemble de
la forêt équatoriale du continent, et renferme des essences fort recherchées (afromosia,
ébène, wenge, iroko, sapelli, sipro, tiama, tola, kambala, lifaki,...).
Le pays est doté de plusieurs parcs et réserves naturelles abritant des espèces aussi rares
que diverses telles que l'okapi, l'hippopotame blanc, le bonobo, qui font l'objet d'une
grande attraction touristique.
Il est baigné par des fleuves, des rivières et des lacs offrant des vues imprenables et des
paysages paradisiaques d'où émergent des volcans en activité ou éteints.
On peut y pratiquer toutes sortes de tourismes : balnéaire (sur la côte atlantique et au lac
Munkamba), d'évasion (le long des fleuves et au travers des paysages multicolores),
culturel (plus de 400 ethnies et langues traditionnelles), cynégétique, historique, sportif,
etc.
Long d'environ 2.900 Km, le Fleuve Congo qui traverse le pays de part en part possède le
débit le plus régulier et le plus puissant au monde (40.000 m3/seconde) après l'Amazone.
Le potentiel énergétique de la RDC est essentiellement constitué d'importantes ressources
hydroélectriques estimées à 774.000.000 Mwh, soit environ 100.000 Mw de puissance
exploitable, dont plus de 44 % (soit 44.000 Mw) sont concentrés au seul site d'Inga.
Pendant que l'Afrique et le monde connaissent actuellement une crise énergétique sans
pareille, la RDC peut produire de l'électricité en abondance, et il est prévu des grandes
autoroutes d'électricité devant relier, à partir du pays (RDC), l'Afrique de l'Ouest,
l'Afrique Australe, l'Afrique du Nord et même l'Europe. Ainsi, la RDC possède un
potentiel hydroélectrique du monde (370 000 000 000 Kw) suivi par celui de Timpa en
Chine (240 000 000 000Kw).
La SNEL, Société Nationale d'Electricité, créée en 1970 est le plus gros producteur et
fournisseur d'énergie électrique. Elle propriétaire de toutes les grandes centrales
hydroélectriques et thermiques du pays. Elle détient 95% de l puissance installée en
RDC.
Notre pays est couvert d'un vaste réseau de centrales hydroélectriques qui fournissent
l'électricité nécessaire à l'éclairage et surtout aux exploitations minières et industrielles.
Notons que le Congo est dotée de sources d'énergie variées, mais d'inégale valeur :
2. produits pétroliers ;
A part l'hydroélectricité, la RDC possède une hydrographie ayant des fleuves, des
rivières et des lacs offrant des vues imprenables et des paysages paradisiaques d'où
émergent des volcans en activité ou éteints. Ces fleuves et rivières sont entrecoupés de
nombreux rapides et chutes. Ces derniers peuvent être captés pour faire tourner des
turbines :
· La Lufira (Shaba) ;
· La Tshopo (Kisangani) ;
· La Ruzizi à Bukavu.
En d'autres endroits, l'eau de rivière est amenée dans une vallée encaissée où on l'on
établit un barrage pour obtenir une chute artificielle qui fera tourner les turbines.
En fin, à défaut des chutes naturelles ou artificielles, l'on produit du courant électrique à
l'aide d'un moteur Diesel.
A côté de ses productions agricoles et forestières, le Congo (RDC) possède encore des
exploitations minières très importantes. Le minerai est la forme brute et naturelle sous
laquelle se trouvent les métaux dans le sol et le sous-sol. On distingue ainsi des mines à
ciel ouvert (quand le minerai se trouve à faible profondeur) et des minerais souterraines.
Son secteur minier présente une extrême variété de minerais (bauxite, charbon, colombo
tantalite (coltan), cuivre, cobalt, diamant, étain, fer, gaz méthane, manganèse, or,
pétrole, schistes bitumeux, etc) - face à une demande mondiale qui a explosé (cas de la
demande chinoise) - et qui n'attendent que leur exploitation.
- Le Shaba.
L'extraction, le traitement et l'exportation des minerais sont assurés par des sociétés sous
contrôle de l'Etat ou à économie mixte. La Gécamines (Sociétés Générales des Carrières
et des Mines) occupe une place importante et particulière dans l'économie congolaise et
exploite le cuivre et le cobalt, zaïre étain (50% Etat et 50% Géomines Belge, exploite la
cassitérite. Son importance dépend de cours de cuivre et des autres produits miniers.
Mais elle a parfois assuré à l'Etat 70% de ses recettes d'exportation en devises et 50% de
ses recttes budgétaires (droits à l'exportation et taxe). En dehors de cette institution, il
existe l'Office des mines de Kilo Moto une société d'Etat) et assure l'extraction de l'or ; la
Société congolaise MIBA exploite le diamant.
Le pays ne compte pas seulement une industrie minière, les grandes villes comptent aussi
des industries alimentaire, textile, chimique, cde montage (chanimetal) et des chantiers
navals. L'industrie des télécommunications sans fil était d'abord sous le monopole de la
compagnie Télécel. Depuis la libéralisation, elle se partage entre des sociétés
comme Starcel Congo, Vodacom, Celtel, SAIT Telecom (Oasis), Congo Chine
Télécoms, Sogetel, Supercell, Tigo etc.
II.1.7 Agriculture
Pour vivre en RDC, beaucoup de familles font leur petit champ. Dans ce champ, on y
trouve du manioc, du riz, de maïs, des arachides, des légumes et des arbres fruitiers. Ces
cultures servent à nourrir la famille, donc à faire vivre la population congolaise ; ce sont
des cultures vivrières. Le petit agriculteur ne cherche qu'à pourvoir à ses besoins et à ceux
des siens.
Près des grands centres surtout, les agriculteurs font de grands champs afin de ravitailler
les citadins en manioc, bananes, arachides, légumes, etc.
Le sol étant généralement pauvre, seuls les endroits humides ou irrégulièrement irrigués
permettent une culture intensive.
L'aliment de base est suivant les régions : les tubercules, les céréales, les haricots ou les
bananes. S'y ajoutent fruits, légumes et épices.
L'huile de palme, de sésame ou d'arachide sert à la préparation des aliments. Les épices
les plus répandus sont les : piment, poivre, noix de muscade et cenelle.
Les tubercules ou racines sont principalement le manioc, la patate douce et l'igname :
- La patate douce est cultivée un peu partout en RDC. La culture de l'igname tend à
disparaître.
- Le maïs a une place importante dans l'alimentation, spécialement au Shaba et dans les
deux Kasaï. Il est aussi cultivé dans les savanes du nord-est du pays et sur des terres
défrichées dans la forêt. Une partie de la production est utilisée pour la fabrication de la
bière.
- la culture des légumes s'est fortement développée autour des villes, Bas-Congo et au
Kivu.
- Les plantations d'arbres fruitiers ont également été développées pour approvisionnement
les marchés des villes.
- Le soja qui a le double avantage donner une graine très riche en éléments nutritifs et
d'enrichir le sol où on les cultive. La graine peut être transformée en farine, qu'on peut
mêler à celle de manioc ou de maïs et qui sert à la préparation de biscuits. Elle peut aussi
âtre pressé pour donner un lait nourrissant. Sa culture est en expansion.
D'autres cultures sont des cultures industrielles : le palmier à huile, le caféier (arabica ou
café de montagne et le robusta ou café de la cuvette centrale), le cacaoyer, la canne à
sucre, le thé, le tabac, le coton, les fibres naturelles, sisal, caoutchouc, quinquina,
pyrèthre.58(*)
Toutes ces théories agricoles montrent que la RDC possède un sol riche en différentes
cultures. Nous constatons près de 60% de sa population habitent les zones rurales et
vivent de l'agriculture traditionnelle, de la chasse et de la pêche.
La RDC est l'un des pays les plus peuplés de l'Afrique, avec environ 60 millions
d'habitants dont sa main d'oeuvre abondante, qualifiée et à bon marché. C'est là un atout
considérable pour les affaires, ces 60 millions de consommateurs constituant un vaste
marché vers lequel doivent converger les producteurs.
Les Congolais sont très entreprenants dans les affaires ; on les trouve presque partout dans
les grandes places d'affaires du monde, que ce soit à Londres, à Paris, à Hong Kong, à
Dubaï, en Chine, en Thaïlande, à Anvers ou à Johannesbourg.
La qualification de la main d'oeuvre congolaise est éprouvée : toutes les sociétés installées
en RDC reconnaissent sans complaisance la compétence des cadres congolais formés par
des universités aussi bien locales qu'étrangères dans divers domaines. Les universités et
les instituts supérieurs locaux déversent chaque année des milliers des jeunes diplômés de
diverses qualifications.
Ainsi la RDC possède une main d'oeuvre abondante, qualifiée et à bon marché
Malgré ces 8 raisons évoquées ci haut, la RDC est classée parmi les pays les plus pauvres
du monde, 167ème sur 175 pays d'après le dernier rapport sur le développement humain du
PNUD. En effet, selon les indicateurs socio économiques, 80% de la population totale vit
en dessous du seuil de la pauvreté.
On peut ressortir quatre cycles conjoncturels majeurs depuis 1967. Le premier cycle
s'étend sur la tranche 1967 à 1974 avec un taux de croissance moyen de 7%, le deuxième
cycle va de 1975 à 1982 caractérisé par un taux de croissance moyen de -1,9%; la
troisième période s'étend de 1983 à 1990. Celle-ci est marquée par l'ajustement structurel.
Enfin vient la période qui va de 1991 à 2000 dont le taux de croissance moyen atteint -
6,7%.
Mais comme la croissance observée durant cette période résulte des mesures dictées par
l'environnement extérieur sans bénéficier d'une adhésion sincère émanent de l'intérieur,
elle ne pouvait que calmer provisoirement la situation. C'est ainsi que rapidement en 1991
l'économie plonge dans une phase plus sombre que certains auteurs qualifient de
déglingue économique.
L'année 1991 marque en effet le début d'une chute spectaculaire du PIB. Celui-ci décroît
de l'ordre de -6% en moyenne entre 1991 et 2000.
D'après les données de la Banque Mondiale, le revenu journalier par tête d'habitant a
dégringolé de 1,31 $ en 1973 à 0,91 $ en 1994 et à 0,30 en 1998. Cette évolution est le
reflet de l'état de pauvreté généralisée dans le pays. Ainsi, près de 80% des 55 millions
d'habitants mènent une vie en dessous de celle acceptée par l'humanité, c'est-à-dire avec
0,20 dollars américains, soit le cinquième de ce qui est universellement retenu comme
seuil journalier de pauvreté.
II.2.3.2 La santé
Les armes qui crépitent depuis des années en RDC n'ont pas seulement endeuillé plusieurs
millions de personnes mais elles ont détruit les infrastructures physiques et ont poussé
l'Etat congolais à abandonner la plupart des installations sanitaires. Il est actuellement
estimé que près de 37% de la population n'a pas accès aux soins médicaux. Le taux de
mortalité est très élevé dans les zones rurales et périurbaines où la population vulnérable
est la plus touchée, notamment les femmes en âge de procréer et les enfants de moins de
cinq ans.
II.2.3.2 L'éducation
La guerre qui dure depuis près de six ans a détérioré toutes les infrastructures scolaires du
pays. Elle a aussi démotivé les enseignants et a ainsi fait chuter le niveau de l'éducation
sur toute l'étendue du territoire. Selon les données du FMI, le pourcentage des enfants en
âge d'aller à l'école (six ans) a régressé, passant de 22,5% en 1995 à 13,9% en 2001. Le
taux d'alphabétisation varie d'une province à une autre et d'un genre à un autre. Ce taux a
décru de 67.3% en 1995 à 65,3% en 2001.
En somme, la RDC n'a pas, contrairement à d'autres pays, augmenté sa richesse en bien et
services. En effet à partir de 1975, le niveau de production diminue chaque année et
quand il augmente en 1983 par exemple, il ne dépasse jamais +2,7% annuellement
pendant que le taux d'accroissement naturel de sa population est de plus de 3%.
II.3 LES OBSTACLES A L'ENTREE DES IDE EN
RDC
La RDC est l'un des pays où se posent de sérieux problèmes en matière de corruption,
instabilité politique et gouvernementale, la non-transparence institutionnelle, le paiement
ou la modification de la dette souveraine, les guerres et autres coups d'Etat sont des
situations qui nuisent à l'environnement des affaires et par conséquent réduisent les
entrées d'IDE. Ces changements peuvent compromettre des bénéfices d'exploitation
comme la valeur des capitaux. Ainsi, le risque dans ce pays est multidimensionnel et
omniprésent dans l'ensemble des transactions économiques internationales.
C'est pourquoi toutes ces théories présentées ci-dessus confirment les problèmes pour
l'entrée des IDE dans ce pays.
D'une manière générale, il existe une certaine unanimité quant au rôle des institutions sur
l'attractivité des IDE dans les PED. La littérature fait ressortir quelques aspects
prédominants : la qualité des institutions, le climat des Investissements (réformes), la
corruption, le risque politique, et la bonne gouvernance.
Nous pensons avec LUCAS que l'instabilité politique est une préoccupation des
investisseurs étrangers dans les PED. Cette instabilité se manifeste souvent par la
confiscation des biens, la dislocation des structures de production, le changement dans la
gestion macroéconomique et surtout l'environnement réglementaire.
II.3.1.1 La corruption :
Parmi les problèmes d'ordre institutionnel qui minent l'expression des IDE en RDC, la
corruption est sans doute le facteur le plus marquant, surtout en ce qui concerne les
secteurs minéraliers et pétroliers, ainsi que la passation des marchés publics. D'ailleurs
certains travaux des auteurs, comme J. Morisset et O. Lumenga Neso,61(*) se penchent
plutôt sur la corruption et la mauvaise gouvernance. Les auteurs soutiennent que la
corruption augmente les coûts administratifs et par conséquent découragent l'entrée des
IDE. D'autres études confirment la robustesse des facteurs politiques et institutionnels
comme des déterminants que Wilhelms nomme « Institutional fitness » l'aptitude du pays
d'accueil à attirer les IDE.
Pour ce qui est des Pays Africains au Sud du Sahara (PASS), Assiedu avance que la
corruption est le plus gros facteur dissuasif pour l'implantation des IDE dans cette région.
Au niveau de l'Afrique subsaharienne, il ressort du classement que publie l'exécutif de
Transparancy International, que la RDC occupe le 6ème rang des pays les plus corrompu de
la planète et le 8ème rang en ce qui concerne les pays africains. Ce constat n'a pas de quoi
surprendre, du moment où le programme du gouvernement dénommé « changement des
mentalités » n'a pu être exécuté qu'a hauteur de 20%. D'autre part, les dernières enquêtes
sur la situation de ce fléau dans le pays ont identifié six secteurs prioritaires comme étant
les plus affectés .Il s'agit, par ordre, de la justice, de la police, de la santé, de l'éducation,
les milieux politiques et les douanes.
Les auteurs soutiennent que la corruption augmente les coûts administratifs et par
conséquent découragent l'entrée des IDE. D'autres études confirment la robustesse des
facteurs politiques et institutionnels comme des déterminants 8 Wilhelms nomme «
Institutional fitness » l'aptitude du pays d'accueil à attirer les IDE.
Ainsi, le secteur public doit combattre la corruption, mettre sur pied un bon système
fiscal, une bonne transparence, un droit des contrats, une sécurité des droits de propriété,
une efficacité de la justice et une surveillance prudentielle.
Certains auteurs mettent l'accent sur le risque pays dans la décision d'investir dans les
pays. Ainsi, Cecchini (2002) tente d'expliquer la répartition inégale des IDE dans les PVD
par le risque pays. Michalet (1997) soutient quant à lui que lorsque l'environnement légal
et réglementaire est sans cesse modifié de manière arbitraire, et qu'il n'existe pas de
juridictions capables d'en assurer le respect, les firmes sont amenées à limiter voire à
suspendre leurs engagements financiers.
Un pays est d'autant plus attractif vis-à-vis des investisseurs étrangers qu'il présente le
moins de risque possible. Le pays est dit à risque lorsqu'il peut y avoir un changement
politique brusque, lorsqu'il y règne de corruption endémique et la non transparence
institutionnelle, lorsqu'il peut suspendre le payement ou peut modifier unilatéralement sa
dette, ou tout simplement lorsqu'il est en guerre. Ces situations peuvent compromettre des
bénéfices d'exploitation comme la valeur de capitaux.
Ainsi, le risque pays peut prendre plusieurs facettes et reste très présent dans les
transactions internationales. Selon BHATTACHARYA et al, le risque élevé que présente
les investissements en Afrique subsaharienne, y compris la RDC, expliquerait pourquoi
cette dernière n'a pas beaucoup bénéficiée de flux d'IDE.
Assiedu explique la faible attractivité des pays subsaharienne par le risque politique qui
sévit dans cette région. Depuis l'accession de la RDC à l'indépendance au début des
années 60, celle-ci a connu des périodes mouvementés jonchés de troubles sociaux et
politiques. Ce climat n'est pas favorable à un afflux des IDE, et cela explique en partie la
rareté de flux des capitaux extérieurs pendant un certain temps.
La situation actuelle en RDC s'explique non seulement par la baisse des réserves de
change mais aussi par le recours à la planche à billets. La baisse des réserves est effective
depuis novembre dernier. Elle est consécutive non seulement à la non réalisation de
recettes importantes attendues des miniers, des pétroliers mais aussi à l'expansion des
dépenses en devises en rapport avec le conflit dans l'Est du pays et au paiement du service
de la dette extérieure.
Selon la Note de conjoncture de décembre 2008 publiée par la Banque centrale du Congo,
les finances publiques ont connu en deux mois à savoir novembre et décembre de l'année
dernière, un déficit de 82,1 milliards de francs soit environ 117 millions de dollars. Ce
déficit a été financé par la planche à billets. Dans le même temps, les recettes budgétaires
ont reculé par suite de la baisse de l'activité. Au deuxième trimestre de l'année 2008, la
RDC est entrée officiellement en récession. En effet, le taux de croissance du PIB a été
négatif au cours de deux trimestres consécutifs. Soit -1,8% au cours du troisième trimestre
de 2008 et -1,4% au quatrième trimestre.
Ce recul du PIB est consécutif notamment à une baisse d'activité dans les secteurs des
mines, de l'énergie, de la construction, de la manufacture. Par suite du recul de l'activité
économique, les recettes de l'Etat des mois de janvier et février de l'an en cours ont baissé
respectivement de 12 % et 8,2 % par rapport aux périodes correspondantes de 2008.
Malgré cette réalité, les dépenses publiques n'ont pas été revues à la baisse. La loi de
l'offre et de la demande jouant, on a assisté début janvier 2009 à une dépréciation
accélérée du franc congolais face aux devises étrangères. Comme toujours, cela se traduit
par l'inflation et par la baisse du pouvoir d'achat de la population. Face à ces difficultés, la
Banque centrale du Congo avait pris des mesures correctives. Le taux directeur a été
relevé à quatre reprises pour le porter à 65% l'an.
C'est ainsi que l'inflation de la RDC s'est situé à 8,3% au mois de janvier 2009, a atteint
pour le mois de février 5,7%. Sur les deux mois, le cumul d'inflation est de 14,5%.
Selon la Banque centrale du Congo, en partant de l'hypothèse que cette évolution restera
inchangée jusqu'à la fin de l'année, l'inflation se situera à 121,1% à fin décembre 2009. La
RD Congo est donc entrain de renouer avec les cycles d'hyperinflation connus au cours
des années 1990. Avec cette dépréciation continue du franc, la population qui vit déjà
dans la précarité voit sa misère s'accroître suite à la hausse des prix des biens de
consommation courante. Face à la crise financière internationale, la plupart des pays ont
mis en oeuvre des plans d'urgence basés sur l'expansion monétaire pour relancer les
économies nationales. En RDC, l'extraversion de l'économie, nécessite, paradoxalement
l`application d'une politique d'austérité. A défaut, c'est la relance l'hyperinflation.
5.
La RDC est le théâtre de l'une des pires crises humanitaires au monde. Bien que le pays
soit sorti de ce que l'on a appelé «la Première guerre mondiale d'Afrique» en 2003 lorsque
les anciens belligérants se sont réunis pour former un gouvernement de transition, des
études de mortalité dont la crédibilité ne peut être remise en doute estiment que plus de
1000 personnes continuent de mourir chaque jour pour des raisons liées au conflit, en
majorité de maladies et de malnutrition mais aussi du fait des violences qui se
poursuivent. Une corruption rampante au sein du gouvernement de transition et la
faiblesse de l'État permettent aux membres de groupes armés aussi bien que de l'armée
nationale de perpétrer des abus contre les populations civiles.
L'endettement de la RDC est considéré comme un obstacle aux IDE car il est une source
d'incertitude, de la même manière que la politique économique est aussi incertaine avec
un taux d'endettement élevé. Les risques combinés d'inflations et d'impositions réduisent
l'investissement. En effet, le paiement du service de la dette réduit l'excèdent de des
ressources domestiques susceptibles d'être consacré aux investissements.
Ainsi, nous pensons avec Borestensztein, que pour les investisseurs domestiques,
l'existence d'une dette très élevée réduit le rendement futur des investissements car une
proportion très élevée du profit sera utilisée pour le paiement de la dette.67(*)
Un taux d'endettement modéré est considéré par les investisseurs comme un signe de
bonne gestion, partant, susceptible d'attirer plus les IDE. La RDC est le pays qui a un taux
d'endettement le plus élevé au monde, ses voisins font partie des pays très endettés.
L'évolution des recettes publiques lue dans un rapport montre que la chute en 1990-93 de
produits commercialisés s'explique par l'hyperinflation : l'inflation était si grande que les
taux de taxation ne pouvaient pas être ajustés à temps. A partir de 1996, les recettes se
redressent toutefois de manière remarquable. Cette hausse se poursuit les années
suivantes, bien que le niveau reste en dessous des 15 pour cent du PIB atteints dans les
années 60. Notons qu'une importante réforme fiscale a eu lieu en 1998, qui tente d'inclure
la contribution du secteur informel, probablement dans le but d'accroître les sources de
financement de la guerre.
La composition des taxes se trouve payées par les comptoirs de diamant sont marginales :
le diamant échappe facilement à la fiscalité. En ce qui concerne le poste « prêts et dons »,
soulignons que les institutions ont abandonné les prêts au cours de la décennie 1980-90.
Le Congo ne payait pas les intérêts et s'engageait dans de nouveaux emprunts pour payer
les acomptes sur les dettes précédentes, d'où l'explosion de la dette, évaluée à 9 milliards
de dollars à la fin de 1990, et dont les responsables du pays pensent que le Congo ne
devra jamais la rembourser. Le secteur public connaît un déficit permanent, planifié par le
gouvernement.
Le montant des dons ne peut combler le déficit de l'État, qui recourt à la «planche à billets
», nourrissant inévitablement l'inflation et le risque d'un écart croissant entre le taux de
change fixe (officiel) et celui du marché parallèle.
L'un des effets néfastes du faible niveau des dépenses publiques est la chute du niveau de
dépenses par habitant. En outre, l`État a complètement abandonné le financement des
secteurs de la santé et de l'enseignement. Seuls les plus riches habitants des villes peuvent
encore envoyer leurs enfants à l'école. Le taux de participation à l'enseignement primaire,
jadis un des plus élevés d'Afrique, a très fortement diminué. En outre, ce taux est
particulièrement bas pour les filles : la majeure partie des mères, en particulier celles qui
habitent la campagne, seront analphabètes. Or l'influence de la mère sur la santé et
l'éducation des enfants est prépondérante. C'est donc à une véritable régression en termes
de développement humain que l'on assiste, dont les effets se feront sentir fortement chez
les générations actuelles et futures.
II.4 AUTRES PROBLEMES DE LA RDC
L'évacuation du cuivre-cobalt peut se faire par quatre chemins (voir Carte 1). Des deux
voies qui s'ouvrent à l'Est, sur la côte Pacifique de la Tanzanie et du Mozambique, le
Congo n'a jamais fait usage : le transport prenait trop de temps et les frais devaient être
payés en devises. Surtout, la politique nationaliste, centrée sur les bénéfices immédiats
pour le pays, a ignoré la dimension régionale. Dans le contexte d'une stratégie future, le
Katanga devrait être relié, entre autres, au sud et aux ports du Pacifique.
Deux autres chemins relient le Katanga à l'océan Atlantique. Le premier reliait Lobito
(Angola) par Benguela en 12 jours de train, avant la fermeture du chemin de fer en 1975.
Les paiements des transports sur cette ligne se faisaient aussi partiellement en devises.
Dans un contexte régional, ce calcul sur les paiements de devises ne devrait pas primer
dans le choix d'une route. La suppression de cette voie ferrée, qui mit fin à une liaison
naturelle et courte entre le Katanga et le Pacifique, est regrettable. Sa reconstruction
éventuelle avec des fonds de la communauté internationale devrait figurer parmi des
projets régionaux à discuter dans des commissions d'investissement transnationales, où le
Congo et ces voisins se retrouveraient avec des représentants de la communauté
internationale. L'enjeu n'est pas le chemin de fer en tant que tel, mais le dépassement des
préoccupations nationalistes, et une approche transfrontalière des projets d'infrastructures.
Celles-ci doivent être conçues par un ensemble de pays soucieux de mettre en valeur les
richesses de toute la région.
Un premier transbordement est donc nécessaire à Ilebo, puisque le chemin continue par
voie fluviale jusqu'à Kinshasa. Là, après un deuxième transbordement, le cuivre continue
sa route sur le chemin de fer Kinshasa-Matadi. L'exploitation des gisements du Katanga
nécessitant l'importation de machineries lourdes, l'entière ligne devait être équipée pour
cette capacité afin de permettre ces transports, et la Gécamines disposait des moyens pour
financer cet entretien. La compagnie pouvait retenir 45 pour cent de ses recettes pour
financer ces importations, et devait transférer les 55 pour cent restant à l'État. Cette
ponction était excessive : la Gécamines fut affronter à des difficultés croissantes pour
financer ses importations et s'endetta beaucoup. Tandis que les prix du cuivre
commençaient à diminuer à partir de la deuxième moitié des années 1970, les prix des
importations augmentaient simultanément, en particulier à cause de l'évaluation du dollar.
Par conséquent, la compagnie ne réussit plus à entretenir ses installations sur le site et le
long de la Voie Nationale. Pour résoudre ce problème, un plan quinquennal fut élaboré en
1983. Les investissements dans le cadre de ce plan expliquent la hausse de la courbe de
production au cours de la deuxième moitié de la décennie 1980-90. La Banque Mondiale
a largement contribué au financement de ce plan, accordant des dons et des nouveaux
prêts à long terme au gouvernement et à la Gécamines.
Malgré cela, au début des années 90, les dettes de la Gécamines atteignaient 700 millions
de dollars. Plus personne ne voulut alors intervenir : après les incidents qui s'étaient
produits à l'Université de Lubumbashi en 1991, toute aide extérieure avait été suspendue.
En 1992, le matériel roulant sur les chemins de fer reliant Ilebo à Kolwezi était devenu si
vétuste et déficient qu'il fallait 36 jours pour faire le trajet.
Les trains auraient dû s'arrêter, même si la galerie de Kamoto ne s'était pas effondrée en
1993. Cette année marque ainsi la fin de la Gécamines, après dix ans de chute de la
production.69(*)
CHAPITRE III :
En voulant mener une étude sur les déterminants des IDE du CAD en RDC, le souhait
serait de traiter de tous les facteurs qui peuvent contribuer à l'essor de celle-ci. Cependant,
le foisonnement de tous les facteurs nous a conduit à sélectionner les plus importants.
Un autre critère considéré dans le choix de ces facteurs concerne la disponibilité des
informations sur les différents documents.
C'est ainsi que les facteurs que nous allons étudier sont les IDE du CAD (Comité d'Aide
au Développement), les dettes extérieures (préteurs extérieurs, organisations
internationales, préteurs privés et service de dette), le PIB, l'investissement privé, les
indicateurs sociaux selon la scolarisation (dans le secondaire et dans le primaire),
l'Espérance de vie à la naissance, accès à l'eau potable, la main-d'oeuvre, les dépenses
publiques de fonctionnement et les dépenses publiques d'investissement (investissements
publics).
Pour obtenir les informations utiles à la réalisation de cette étude, nous avons fait recours
à la technique documentaire. Celle-ci nous a permis de rassembler les données relatives à
l'évolution du niveau de la croissance économique et des autres variables explicatives de
1985 à 2005.
Ainsi, les différents rapports de la Banque Centrale du Congo nous ont fourni les données
sur les dépenses publiques d'investissement, les dépenses publiques de fonctionnement
ainsi que la rémunération des facteurs et services, les exportations des biens et services,
les dépenses de fonctionnement, les épargnes internes brutes. Les rapports de la Banque
Africaine de Développement nous ont fourni les données sur le PIB, les IDE du CAD, les
aides publiques au développement (préteurs extérieurs, organisations internationales,
préteurs privés et service des dettes), l'investissement privé, les indicateurs sociaux selon
la scolarisation (dans le secondaire et dans le primaire), l'espérance de vie à la naissance,
accès à l'eau potable, la main-d'oeuvre, les dépenses publiques de fonctionnement et les
dépenses publiques d'investissement (investissements publics).70(*) Ensuite, les rapports de
World Table (205) de la Banque Mondiale et des statistiques financières internationales
du FMI nous aidé pour tirer les données relatives aux taux de change.
Le traitement des données de notre étude a été facilité par I'Ordinateur. A cet effet, nous
avons utilisé deux logiciels. Le logiciel Ms Excel qui nous a permis d'effectuer des saisies
des données de notre étude. L'E-views 5.1 nous a permis de traiter les données en vue d'en
faire de commentaires
III.2 PRESENTATION DU MODELE D'ETUDE
Un modèle est une représentation schématisée d'une théorie pour rendre plus simple son
analyse. C'est une présentation formalisée et structurée mais approximative et incomplète
d'un ensemble d'éléments réels, ensemble choisi et délimité par le créateur du modèle. Les
modèles représentant les phénomènes économiques sont appelés modèles économétriques.
Il existe à côté de ceux-ci, d'autres types de modèle : le modèle comptable, les modèles
théoriques, etc. L'objectif est, dans les cadres de modèles économétriques et au travers
d'une mesure statistique, de permettre aux agents économiques (ménages, entreprises,
Etat, ...), d'intervenir de manière plus efficace.71(*) Ainsi, un modèle économétrique est une
formalisation ou une présentation formalisée d'un phénomène sous forme d'équations dont
les variables sont des grandeurs économétriques.72(*)
En général, un modèle est issu d'une théorie qui suppose un lien de causalité. L'un des
buts qu'il poursuit est d'ailleurs de simplifier la théorie en vue de vérifier sa cohérence. Il
est ainsi, pour tester la validité d'une théorie par la confrontation aux faits.73(*)
Dans le langage économétrique, l'ensemble des équations d'un modèle tel découle de la
littérature théorique est appelé forme structurelle de ce modèle. Pour être explicite, cette
forme doit être spécifiée. Dans le point suivant nous essayerons de spécifier le modèle que
nous allons étudier.
Ainsi, tout modèle est inévitablement une simplification de la réalité par lequel le
modélisateur cherche à saisir les traits fondamentaux du système qu'il cherche à
styliser.74(*)
Pour nous, le modèle est donc l'outil que nous utilisons pour comprendre les facteurs les
plus déterminants des IDE_ENTR en RDC.
Notre problème est de voir quel élément influe plus pour attirer les investisseurs étrangers
du CAD. En d'autres termes, quels sont les facteurs déterminants IDE du CAD et qui sont
les plus favorisant aux investisseurs directs à venir investir en RDC.
Nous formulerons notre modèle en tenant compte des réalités politiques économiques de
la RDC.
Les séries utilisées portent sur 20 ans, soit la période allant de 1985 jusqu'en 2005.
Le choix des variables explicatives est élaboré selon l'étude de la littérature économique
existante (détaillée dans les chapitres précédents).
Par ailleurs, il serait pertinent de rappeler le succès de la RDC à attirer les IDE du CAD
indépendamment de ses ressources et de sa taille de marché. Pour cela, nous avons
construit un indicateur qui permet d'éliminer l'effet du marché (mesurée par le PIB) et des
ressources du pays sur les flux d'IDE du CAD.
La « croissance économique » est de fait notre variable principal, nous croyons qu'il est, a
priori, le facteur le plus dominant pour déterminer les IDE_ENTR en RDC pour les pays
du CAD. Ainsi, nous supposons que :
IDE_ENTR = f(PIB, R) où
IDE_ENTR sont définis comme les flux nets d'investissements directs des pays du CAD
en RDC.
R est la valeur totale des ressources de la RDC (tous exprimées en $ EU sauf indication
contraire).
Notre forme mathématique du modèle explicatif de l'entrée des IDE en RDC se présente
comme suit :
III.3.1.1 Notions
Pour procéder à l'estimation de notre modèle nous allons, au préalable, nous rendre
compte de la stationnarité des variables. Ceci est nécessaire car les variables économiques
et financières sont rarement des réalisations de processus stationnaires. La non
stationnarité peut bien concerner l'espérance que les moments de second ordre. Depuis
Nelson et Plosser76(*), les cas de non stationnarité en moyenne sont analysés à partir de
deux types de processus : Processus TS (trend stationary) qui représente les processus
dont la non stationnarité est de nature déterministe et le processus DS (Difference
Stationnary) qui représente les processus dont la non stationnarité est de nature
stochastique.
Dans le premier cas, les données sont marquées par une tendance générale. Il sied alors
d'introduire un Trend ou une tendance générale dans le modèle ; En présence du second
cas, si les ordres d'intégration des variables sont différents, il faut les différencier en vue
de les rendre stationnaires. Or mettre en relation des variables dont les ordres d'intégration
sont différents, sans les rendre stationnaires, ne peut que conduire à des fausses
régressions ou régressions fallacieuses.
En effet, les processus TS et DS sont caractérisés par des comportements très différents et
il convient de les distinguer. Suite à un choc, un processus TS revient à son niveau pré-
choc, alors qu'un processus DS n'y revient jamais. On comprend dès lors également que,
d'un point de vue économétrique, l'identification et la caractérisation de la non
stationnarité sont tout aussi fondamentales.
Pour ce faire, nous allons utiliser le test de Dickey-Fuller (DF) et le test de Dickey-Fuller
Augmenté (ADF).
Dickey et Fuller considèrent trois modèles de base pour la série Xt, t=1, 2, 3, ..., T :
(1- L) Xt= t
(1- L) (Xt - )= t
(1- L) (Xt - )= t
Dans chacun des trois modèles, on suppose que t est un bruit blanc :
2
~BB (0 ; ), L est l'opérateur retard ; X t est la variable dont on teste la
Si =1, cela signifie qu'une des racines du polynôme retard est égal à 1. On dit alors
qu'on est en présence d'une racine unitaire. En d'autres termes, Xt est un processus non
stationnaire et la non stationnarité est de nature stochastique (processus DS). On teste
l'hypothèse nulle de racine unitaire (Xt est intégré d'ordre 1, c'est-à-dire non stationnaire)
contre l'hypothèse alternative d'absence de racine unitaire (Xt est intégrée d'ordre 0, c'est-
à-dire stationnaire).
2
Avec pour chaque modèle, =ñ-1 et ~BB (0 ; ). On teste alors
Il est fondamental de noter que l'on n'effectue pas le test sur les trois modèles. Il convient
en effet d'appliquer de Dickey-Fuller sur le seul des trois modèles. En pratique, on adopte
une stratégie séquentielle en trois étapes :
Etape I : On commence par appliquer le test sur le modèle 3. On peut aboutir à deux
résultats :
Etape II : Cette étape ne doit être appliquée que si la tendance dans le modèle précédent
n'est pas significative. On estime le modèle 2 :
Etape III : Cette étape ne doit être appliquée que si la constante dans le modèle précédent
n'est pas significative. On estime le modèle 1 :
Ainsi, l a stationnarité des variables représente une solide garantie contre les régressions
fallacieuses ou non cohérentes.
Si une variable Xt est stationnaire en niveau, on dira qu'elle est intégrée d'ordre zéro. Ce
qui sera noté Xt~I (0).
De manière générale, on dit qu'une série est intégrée d'ordre « d », s'il faut la différencier
« d » fois pour qu'elle soit stationnaire.
L'idée principale de la co-intégration est une spécification de modèles qui intègrent des
croyances à propos des mouvements des variables les unes par rapport aux autres à long
terme. Intuitivement, la co-intégration implique que, dans une relation d'équilibre de long
terme entre différentes variables non stationnaires il est requis que ces variables ne
devraient pas s'éloigner l'une par rapport à l'autre, Greene (1997).78(*)
La condition nécessaire de co-intégration est que les séries doivent être de même ordre ;
en général d'ordre 1. Si les séries statistiques ne sont pas intégrées de même ordre, la
procédure s'arrête ; il n'y a pas de relation de co-inintégration.
Tester la stationnarité des séries revient à tester leur ordre d'intégration. Pour savoir si les
séries sont stationnaires, par rappel, on fait recours au test de Dickey-Fuller ou au test plus
général de Dickey-Fuller amélioré.
La stationnarité du résidu est testée à l'aide des tests DF ou DFA sans trend ni constante.
Individuellement, ces variables pourraient avoir des directions différentes à court terme,
mais peuvent avoir une évolution semblable à long terme. Plus formellement deux ou
plusieurs séries temporelles non stationnaires sont co-intégrées si une combinaison
linéaire de ces variables est stationnaire, c'est-à-dire converge vers un équilibre au cours
du temps.
Pour le cas de nos séries, il n'est pas possible de mobiliser ce test étant donné que nos
variables ne sont pas intégrées de même ordre et la plupart sont stationnaires. En effet,
pour appliquer le test de co-intégration entre deux ou plusieurs variables, il faut que la
variable dépendante soit intégrée d'un ordre inférieur ou égal à toutes les variables
indépendantes et qu'elle ne soit pas stationnaire en niveau c'est-à-dire intégré d'ordre zéro
I (0). Or dans notre cas, les Aides publiques au développement (APD), les IDE, les
dépenses en capital, les dépenses de fonctionnement, les importations des biens et
services, le PIB, les revenus des facteurs et services sont toutes stationnaires d'ordre I (0).
D'autres sont d'ordre un I(1).
Ainsi, (toutes les variables confondues)n les résultats sont les suivants :
Comme déjà dit précédemment, nous avons procédé à l'estimation de notre modèle par la
MCO (méthodes de Moindres carrés ordinaires); cela, grâce au logiciel E-Views 5.1.
Ensuite, le test de Fisher montre que le modèle est globalement bon (F-statistic =
3,997>2).
Cependant, le test de Student montre qu'il y a plusieurs variables qui ne sont pas
significatives. Nous allons procéder à l'annulation des ces paramètres un par un pour
rester avec seulement ceux qui sont significatifs. Nous faisons la régression en annulant
d'abord le paramètre le moins significatif.
Pour ne pas surcharger notre exposé, les résultats de ces régressions sont présentés en
annexe. Nous ne présentons ici que la dernière étape qui correspond au modèle retenu.
R² =0,70 et , cela signifie que les variables exogènes restantes expliquent la variance
expliquée à 70%.
Le modèle retenu sans constante est globalement bon, le test de Fisher montre que Fcal
(11,23) est supérieur à F-table (2).
Quatre variables sont retenues après éliminations des variables non significatives car leurs
t-student est supérieur à la statistique t de la table : APD (3,53), DFONCT (-6,31), IBS (-
0,05) et RFS (3,20).
Ces résultats indiquent que deux variables du modèle expliquent positivement l'évolution
des IDE ; il s'agit des aides publiques au développement et les revenus des facteurs et
services. Deux autres variables expliquent négativement les investissements directs
étrangersn ce sont les exportations des biens et services.
Nous présentons graphiquement l'évolution des IDE_ENTR pour monter les différentes
phases (événements) politiques qui ont affecté son évolution.
CONCLUSION GENERALE
Nous sommes au terme de notre étude qui a porté sur les déterminants des investissements
directs étrangers du Comité d'Aide pour le Développement dans les cas des PED dont
l'application est faite à la RDC.
En effet, depuis plus de trois décennies, les IDE deviennent de plus en plus
incontournables dans les processus de développement des nations. Que se soient les Pays
développés ou les Pays en Voie de développement, la cause aux IDE est devenu l'objectif
majeur de la politique «économique des Etats, lesquels rivalisent d'idées dans l'attractivité
envers les le Firmes Multinationales.
D'une manière générale, le continent africain attire peu les IDE et ainsi, notre problème
est de savoir le cas de la RDC pour le principal déterminant des IDE. Ainsi, nous avons
tenté d'expliquer les principaux déterminant des IDE en RDC et aussi vérifier les
participations de chaque variable à ces derniers pour l'attractivité des IDE en RDC.
Pour y arriver, nous nous sommes proposé comme hypothèse : Considérant que la période
sous étude est caractérisée par une série des facteurs pouvant favoriser le climat propice
aux entrées des IDE pour le progrès, nous avons postulé que le PIB (croissance
économique) aurait eu un impact significatif pour leurs entrées en RDC.
Pour entreprendre cette étude, nous avons subdivisé notre travail en trois différents
chapitre, hormis l'introduction et la conclusion générale.
Le deuxième chapitre a été consacré aux potentialités attractives de la RDC, ce qui nous a
permis de relever dans les parties essentielles, les facteurs d'attractivités poussant les
investisseurs étrangers de venir investir en RDC. Nous avons également présenté la
situation macroéconomique de la RDC en présentant sa croissance économique sous
quatre cycles conjoncturels ou périodes. Par la suite, quelques indicateurs sociaux tels que
la pauvreté, la santé et l'éducation qui a chuté sur toute l'étendue de la RDC. Ensuit, nous
avons relever les silences et autres éléments très implicites qui semblent étouffer l'entrée
des IDE_ENTR du CAD. Ceux-ci posent de sérieux problèmes du point de vue
corruption, instabilité politique et gouvernementale, la non transparence institutionnelle,
les guerres et le coup d'état sont réellement de situation des affaires et par conséquent
réduisent les entrées des IDE.
Dans le troisième chapitre, il a été question d'analyser les différents déterminants des
IDE_ENTR du CAD en RDC, avant de formuler pour appréciation des IDE_ENTR les
suggestions de redynamisation des facteurs en considérant la nature des activités locales.
Le traitement de ces données nous a été facilité par les logiciels Excel et E-Views.
Après traitement de données, nous avons abouti aux résultats suivants : les Revenus des
facteurs et services constituent le principal déterminant des IDE_ENTR (CAD) en RDC
en y participant avec 6,20%. Il est suivi par les Importations des biens et Services et enfin
par les Exportations des Biens et Services. Ce qui est significatif.
Ainsi, les Revenus des Facteurs et Services (RFS) sont significativement différents de
zéro car la probabilité est de 0,0062 < 0,05. ils influencent positivement sur les
IDE_ENTR du CAD. Lorsque les revenus varient de 1 point, les IDE_ENTR varient de
0,06 points. Les Importations des Biens et Services (IBS) sont significatives car la
probabilité est de 0,0296<0,05. Elles influencent les IDE_ENTR en RDC négativement
car la variation de 1 point des IBS entraîne une diminution des IDE_ENTR de 0,03 points.
Les Exportations des Biens et Services (EBS) sont significatives car la probabilité reste
nulle (0<0,05). Elles influencent les IDE_ENTR en RDC négativement car la variation de
1 point des EBS entraîne une diminution des IDE_ENTR de 0 point.
Enfin, nous constatons que le modèle est bon dans son ensemble car R² a été nettement
amélioré par rapport au premier modèle (de 64,7% à 93,6%).
C'est ainsi qu'après résultats, nous avons infirmé notre hypothèse car nous avons constaté
que malgré cette série néfaste d'obstacles, les IDE_ENTR arrivent quand même s'installer
en RDC suite d'abord aux Revenus de facteurs des biens et services, des exportations et
des importations des biens et services de la RDC.
Il est quand même important de noter que dans ce travail, il n'a pas été fait recours aux
avis des investisseurs étrangers quant aux raisons qui ont motivé leurs arrivées dans
l'espace économique congolais. Il serait judicieux de mener l'enquête auprès de ces firmes
multinationales et de reconnaître les secteurs les plus attractifs des IDE.
BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE
I. OUVRAGES SELECTIFS
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cours des années 80, Document de travail N°115, juillet 1997, OCDE.
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20. MARKUSEN [Link] VENABLES A.J,(1995), Multinitional Firms and the New trade
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cas Chinois, Université de Minnesota, Mimeo, 2002
9. YOSHUA K., Les effets des Investissements directs étrangers et la croissance en RDC,
de 1990 à 2005, Mémoire inédit, FSEG, UNIGOM, 2008
7. MORISSET J., (2000), « Foreign Direct Investment in Africa : policies Also Matter»,
Policy Research Working Paper N°2481
VI. WEBOGRAPHIE
6. [Link]
DEDICACE II
REMERCIEMENTS III
AVANT PROPOS V
0. INTRODUCTION GENERALE 1
0.2 PROBLEMATIQUE 4
0.3 HYPOTHESES 8
I.1.1 Investissement 11
I.5.1.1 Définition 27
I.5.1.3 Le résidu 32
CHAPITRE II : 41
II.1.7 Agriculture 54
II.2.3.2 La santé 59
II.2.3.2 L'éducation 60
II.3.1.1 La corruption 61
CHAPITRE III : 70
ANALYSE DES EFFETS DETERMINANT LES INVESTISSEMENTS DIRECTS
ETRANGERS DU COMITE D'AIDE AU DEVELOPPEMENT EN RDC : DE 1985
A 2005 70
III.3.1.1 Notions 76
CONCLUSION GENERALE 85
BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE 88
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EMMA, Université de Nice Sofia Antipolis, en 18 pages (alaya2@[Link])
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Inédit, Université de Douala, FSEGA, 2006
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* 48 GUELLEC & RALE, (2003), Les nouvelles théories de la croissance, La découverte, Paris, p 75
* 50 [Link] BOLLOCH, LE FIBLEC Y., (1999), Economie générale, [Link]-Lacoste, Paris, Pp 158-159
* 51 CEMAFI, « Analyse des Investissements publics porteurs de croissance et les difficultés de leur
financement : Etude des cas de 5 pays méditerranéens partenaire de l'UE », Rapport final du projet de
recherche FEM, p.40
* 57 M.J. BOURGUIGNON et VANSTRAELEM, Géographie du Zaïre, CEEC, Kinshasa, 1990, pp 36-41 (Mise
à jour par TSHIMALA)
* 58 BOURGUIGNON Et VANSTRAELEN P., Géographie du Zaïre, 5ème année primaire, CEEC, Kinshasa,
1990, pp. 30-35 (mise à jour par TSHIMALA NGALAMULUME)
* 61 J. MORISSET, (2000), « Foreign Direct Investment in Africa : policies Also Matter», Policy Research
Working Paper N°2481
* 65 [Link]/RDC/Histoire de la RDC
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* 68 [Link]
* 69
* 73 BOURBONNAIS, R. (1998), Econométrie, manuel d'exercices et corrigés, 2ème Edition, Dunod, Paris
* 74 Idem, p.4
* 75 Le choix des données a été principalement fait selon la disponibilité des données en annexe.
* 76 Cités par S. LARDIC et V. MIGON (2002), Econométrie des séries temporelles macroéconomiques et
financières, Economica, Paris, 1998, P. 121.
* 77 Cfr J.P KISONIA, Cours d'économétrie, ULPGL, L1, FSEG, 2009
* 78 Idem
* 80 Tous les tableaux qui suivent et se trouvant en annexe ont été élaborés par nos soins grâce à l'analyse
de données
"Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage,
l'instant ou l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire
ses promesses" Milan Kundera