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Les événements du 15 octobre 1987

Le document relate les événements entourant l'assassinat du Président Thomas Sankara le 15 octobre 1987, en mettant en question la version de Blaise Compaoré sur sa réaction face aux tirs au Conseil de l'Entente. Il évoque également des tentatives d'assassinat manquées et les manœuvres politiques de Compaoré et d'autres acteurs pour discréditer Sankara. Enfin, le texte souligne les tensions entre Sankara et des figures politiques, ainsi que les complots qui ont conduit à son élimination.

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Les événements du 15 octobre 1987

Le document relate les événements entourant l'assassinat du Président Thomas Sankara le 15 octobre 1987, en mettant en question la version de Blaise Compaoré sur sa réaction face aux tirs au Conseil de l'Entente. Il évoque également des tentatives d'assassinat manquées et les manœuvres politiques de Compaoré et d'autres acteurs pour discréditer Sankara. Enfin, le texte souligne les tensions entre Sankara et des figures politiques, ainsi que les complots qui ont conduit à son élimination.

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Portant au pouvoir !

Fort de ce parallèle, il est permis de croire aux dires du Capitaine Blaise

Compaoré, lorsqu’il prétend que dans la soirée du 15 Octobre 1987, il a


été

Surpris par le bruit des tirs venant de l’enceinte du Conseil de l’Entente :

- Lorsque j’ai entendu les bruits de tirs en provenance du Conseil de


l’Entente,

Me dira-t-il lors d’un tête-à-tête, deux semaines après les événements du


15

Octobre 1987, j’ai d’abord cru que c’était contre ma résidence qu’ils
étaient

Dirigés. Je me suis saisi d’une Kalachnikov, et j’ai couru au coin de la rue à


côté

Du Ministère de l’Administration Territoriale. Les gardes sont venus m’y

Chercher pour me faire réintégrer la résidence pour des raisons de


sécurité. Avec

La persistance des tirs, je suis ressorti de nouveau. C’est seulement après


que j’ai

Songé à téléphoner au Commandant Lingani afin qu’il me rejoigne à mon


Domicile. Ensemble, ne sachant pas l’origine des attaquants, nous avons
entrepris

De mettre toutes les garnisons militaires en état d’alerte. J’ai


personnellement eu

Au bout du fil, le Lieutenant Kouama Michel qui se trouvait à Kamboïnsé. Il


m’a

Demandé ce qui se passait. J’ai répondu que je n’en savais rien :

- Ça tire au Conseil de l’Entente et nous ne savons pas pourquoi et par


qui.

C’est pourquoi, il faut que toutes les troupes soient mises en état de
guerre. Il se

Peut que ce soit une attaque des forces contrerévolutionnaires. Mariam


Sankara

M’a téléphoné pour savoir ce que signifiaient ces tirs. – Je n’en sais rien, lui
ai-je

Répondu, en ajoutant qu’aussitôt que je serais fixé je la rappellerais. Ce


n’est qu’à

18h, que l’on est venu nous chercher pour nous conduire au Conseil de
l’Entente

A bord de la Peugeot 205 du P.F. Le Président était déjà mort.


Voilà la version que j’ai pu recueillir de vive-voix auprès de Blaise
Compaoré.

Je n’ai pas cru un seul mot de cette histoire à dormir debout. Mais je n’ai
rien dit.

Pouvais-je d’ailleurs objecter alors quoi que ce soit ?

La première infirmation que j’aurai et qui démontre la non véracité de ce


récit,

C’est Mariam qui me la fournira. Elle dénie catégoriquement avoir


téléphoné à

Blaise Compaoré. Pourquoi ce recours à un mensonge futile et inutile pour


le

Montage de toute l’affaire ?

Le témoignage d’un commando qui se trouvait au Conseil de l’Entente,


établit

Que Blaise Compaoré est arrivé seul. Après avoir constaté le forfait, il a
saisi le Province ! Furieux, Jean-Marc Palm proféra le soir même du
meeting, des

Menaces à l’encontre de certains militants de l’U.L.C.(R) :

- Vous venez de remporter une manche, mais vous ne perdez rien


pour
Attendre. Je peux vous garantir que c’est là-haut (à Ouagadougou) que
tout va se

Régler. Là-bas, vos chefs seront châtiés et vous vous retrouverez


orphelins, sans

Protection. A ce moment, rira bien qui rira le dernier !

2. Des occasions manquées

La commémoration de l’anniversaire du 4 Août à Bobo Dioulasso fut la

Première occasion manquée. On devait y récidiver le scénario par lequel le

Président égyptien Anouar El Sadate a trouvé la mort.

Sous prétexte d’assurer la sécurité de la manifestation, Blaise Compaoré,

Commandant de la 5ème Région militaire, avait fait descendre de P8 sur


Bobo,

Le gros de ses troupes afin d’y occuper les points stratégiques. Le danger
d’une

Agression extérieure servit de diversion. Divertir avec le «Fou» (le


Capitaine

Kamboulé réfugié en Côte d’Ivoire) pour «faire mat» avec la «Reine» (le

Capitaine Blaise Compaoré). Soupçonnant la manœuvre, le Président


Thomas
Sankara fit doubler les hommes de Pô par les hommes de Koudougou, les

Hommes du C.N.E.C. par les hommes du B.I.A., les hommes du Capitaine


Blaise

Compaoré par les hommes du Capitaine Boukary Kaboré.

Tous ceux, nationaux comme étrangers, qui étaient venus à Bobo, le 4


Août

1987, prendre part aux manifestations ont certainement ressenti le


malaise

Ambiant même s’ils étaient loin de se douter qu’un drame était en train
d’être

Déjoué.

La commémoration de l’anniversaire du Discours d’Orientation Politique

(D.O.P.), le 2 Octobre 1987, à Tenkodogo, constitua la seconde occasion

Manquée. Là, on projetait d’assassiner le Président Thomas Sankara au


cours du

Bal populaire organisé pour clôre les cérémonies commémoratives. On


devait

Mettre à profit le penchant du P.F. pour se fondre dans les masses loin de
ses
Gardes du corps et l’abattre. Grâce à l’insistance de son aide de camp, le

Capitaine Etienne Zongo, le Président quitta précipitamment le cocktail


offert

Par le Haut-Commissaire de la province, une heure avant l’ouverture du


bal, pour Notamment en Chine, en URSS, en Libye et en Côte d’Ivoire,
s’arrangeant

Toujours, lorsque c’était possible, pour faire des escales plus ou moins
prolongées

A Paris.

De retour de Moscou, il s’arrêtera à Tripoli où il gagnera le soutien de

Khadafi. Le Président Thomas Sankara avait fini par porter ombrage au


«Grand

Frère» Khadafi à cause de ses «immixtions» impromptues dans les


questions

Internationales où était impliquée la Libye (ce fut le cas pour la question

Tchadienne).

Par l’entremise de Frédéric Korsaga, Ambassadeur du Burkina Faso à


Abidjan,

Compaoré va multiplier les actes d’allégeance au «Vieux». Dans le milieu


de la
Classe politique ivoirienne, plus royaliste que le roi lui-même, l’impatience
était à

Peine contenue d’en finir enfin avec ce «dérangeant» Capitaine Thomas


Sankara.

Le «Vieux», longtemps demeuré sourd aux interpellations renouvelées de


sa

Classe politique, avait fini par donner le feu vert : «rai tout fait, dira-t-il,
pour me

Concilier le « Petit », mais en vain».

Le Veux se décrit lui-même, comme étant «un crocodile qui dort les yeux

Ouverts. Un crocodile qui se nourrit de capitaines». Il avait prononcé cette


phrase

Comme réplique aux provocations du Capitaine Pierre Ouédraogo (encore


lui),

Qui au cours d’un meeting aux portes du «Vieux» à Gnangologo (village

Frontalier) l’avait qualifié de «Vieux crocodile»…

Concernant le cas du Burkina révolutionnaire, Houphouët-Boigny avait


choisi

La tactique de la prise du château-fort de l’intérieur. Il s’arrangea pour


mettre le
Ver dans le fruit et il lui suffit d’attendre que le pourrissement s’effectuât.
Quelles

Que soient ses protestations énergiques (la quête forcenée du Prix Nobel
de la

Paix l’y oblige !), il n’est pas étranger à ce qui s’est passé à Ouagadougou
le 15

Octobre 1987 même s’il n’a peut-être pas souhaité la mort du Président
Thomas

Sankara.

Aussitôt après le 15 Octobre 1987, on raconte, que Blaise Compaoré s’est

Rendu clandestinement auprès du «Vieux» pour lui rendre compte. Celui-ci


serait

Rentré dans une violente colère contre son protégé : «Pourtant, devait-il lui
dire,

Tu m’avais assuré de son impopularité !»

7°) Amener la presse à décrier le Président Thomas Sankara et à présenter


De son vivant, le P.F. sera dénoncé pour avoir initié des mesures visant à

Rectifier le processus révolutionnaire. Mort, il sera condamné pour n’avoir


«pas

Voulu entreprendre la rectification». Comprenne qui pourra !


Les parjures oeuvreront beaucoup pour prendre le contre-pied du contenu
du

Discours de Bobo. Parvenus à leurs fins, ils en feront un acte de foi. Dans
le

Discours de Bobo, ils voulurent voir et faire voir une renonciation de la part
du

Président du C.N.R. à la lutte des classes, une apologie de la conciliation


des

Classes. Ils retournèrent le Discours d’Orientation Politique (D.O.P.) du 2

Octobre 1983 du C.N.R. contre le Président du C.N.R. Il s’en firent les


légataires

Alors qu’ils n’étaient pas encore venus à la Révolution quand le D.O.P.


traçait ses

Grandes orientations et ses fondements politiques !

L’indigent et servile pigiste du nom de Gabriel Tamini, le 31 Août 1987,

S’empara d’un passage du D.O.P. pour l’opposer à l’esprit de dialogue


préconisé

Par le Président du C.N.R. entre révolutionnaires et non révolutionnaires.


Ce

Passage indique :
«Quoi que l’on fasse, quoi que l’on dise, elles (les classes parasitaires)

Resteront toujours égales à elles-mêmes et continueront de tramer

Complots et intrigues pour la reconquête du « royaume perdu ». De ces

Nostalgiques, il ne faut point s’attendre à une reconversion de mentalité et

D’attitudes. Ils ne sont sensibles et ne comprennent que le langage de la

Lutte, la lutte des classes révolutionnaires contre les exploiteurs et

Oppresseurs des peuples. Notre révolution sera pour eux la chose la plus

Autoritaire qui soit ; elle sera un acte par lequel le peuple leur imposera sa

Volonté par tous les moyens dont il dispose et s’il le faut par les armes».

Considérant non sans pitié les thuriféraires de la trempe de Gabriel Tamini,


il

Me revient une histoire que l’on m’a conté lorsque j’étais encore petit : un
père

Donner la peine de le faire entrer chez eux, ni de le recevoir comme il se


devait.

Après tout, elle n’existait pas pour lui. Il ne venait que pour son ami : à ce
dernier
De le recevoir !

Ladite Dame Chantal Terrasson de Fougère ne ratait jamais l’occasion de

Défier le P.F. Ainsi, un jour que le P.F. dînait avec eux, elle n’avait pas craint
de

Faire venir une bouteille de champagne, de l’ouvrir et de la lui proposer.


Fidèle à

Son éthique, le Président Sankara déclina l’offre. Et elle, de déclarer


devant tous

Les convives : «Tant pis pour ceux qui se privent de champagne ! Nous,
nous y

Sommes habitués et ce n’est pas au nom d’une prétendue Révolution que


nous

Nous en priverons !»

Le P.F. accusa le coup sans dire mot.

Au nombre des griefs qu’elle nourrissait contre le P.F., il y avait le fait


qu’elle

Etait continuellement égratignée par l’Intrus(9), alors qu’on y faisait


jamais

Mention de Mariam Sankara.


Il y avait aussi le fait qu’elle s’était sentie bafouée lors de la visite officielle
du

Président français accompagné de son épouse. Le protocole d’Etat les


avait

Saisies elle et madame Zongo pour la cérémonie d’accueil. Au dernier


moment,

Le Président Thomas Sankara les avait convoquées à la Présidence, pour


leur

Signifier qu’elles devaient s’abstenir de s’y rendre : seule Mariam Sankara


devait

En être.

Et mon ami conclut :

- Il vous faut faire très attention. Cette femme est capable de


retourner Blaise

Compaoré contre vous. Quel mari à chaque fois qu’il rentre chez lui, aime

S’entendre dire : - Regarde les airs que tu te donnes ! Alors que dehors, tu
n’es

Qu’un figurant dans le décor aménagé pour la renommée d’un individu qui
a pour

Nom Thomas Sankara.


L’ami en question (devenu ministre de B. Compaoré) m’a affirmé avoir été
le

Témoin d’une scène de ce genre entre Blaise Compaoré et son épouse.

Le matin du 15 Octobre 1987, j’ai donc rapporté ces propos au Président

Thomas Sankara, lui reprochant son manque de délicatesse visà-vis de son


alter Dans la tradition initiatique, avait confié à son fils le mot-clé qu’il lui
suffisait de

Prononcer dans un corps-à-corps pour venir à bout d’un adversaire


quelconque.

Le fils vola de succès en succès, de victoire en victoire ; «Dou !», était le


mot

Magique ! Un jour, ne se contenant plus, dans le vertige de ses succès, il


entreprit

De s’essayer au père lui-même. Sitôt le corps-à-corps engagé, le fils se


hâta de

Prononcer : «Dou !». Le père répondit : «Dou-Da !». Et l’aigle toucha le


sol ! Tel est Qui adoraient en apprendre sur sa vie, mais son

Silence se révéla fructueux !

Peu de temps après, il trouva un poste à cent

Dollars par semaine et, quelques années plus


Tard, il avait triplé son salaire.

La réussite n’est pas un secret, c’est un système.

Beaucoup de gens sont confrontés au mur

Du découragement. Courage et endurance font

Partie de ce système. Les vies de toutes celles

Et ceux qui réussissent en sont la parfaite

Illustration.

C’est une expérience personnelle amusante

Qui m’en a fait prendre conscience. J’avais

Rendez-vous avec un ami au cinéma et je l’atten-

Dais près d’un jeune vendeur de programmes.

Il haranguait les passants : « Achetez le pro-

Gramme du film avec de superbes photos des

Acteurs ! » La plupart des gens l’ignoraient.


À ma grande surprise, il se tourna soudain vers

Moi et me dit : « C’est pas un boulot pour un

Mec ambitieux ! »

Puis il évoqua la réussite en ces termes : « La

Plupart des gens jettent l’éponge juste avant que

Quelque chose d’important ne leur arrive. Un

Type qui réussit n’abandonne jamais.

— La prochaine fois que je viendrai, je t’appor-

Terai un livre intitulé Le Jeu de la vie et comment

Le jouer 1

, lui répondis-je. Je pense qu’il devrait te

Plaire. »

Une ou deux semaines plus tard, je suis

Revenue avec le livre.

1. Le Jeu de la vie et comment le jouer suivi de


Votre parole est une baguette magique, Éditions J’ai lu,

2016.

15 evident

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