Textes conscience
1) La double existence de l’homme
Les choses de la nature n’existent qu’immédiatement et d’une seule façon, tandis que
l’homme, parce qu’il est esprit, a une double existence ; il existe d’une part au même titre
que les choses de la nature, mais d’autre part il existe aussi pour soi, il se contemple, se
représente à lui-même, se pense et n’est esprit que par cette activité qui constitue un être
pour soi.
Cette conscience de soi, l’homme l’acquiert de deux manières : Primo, théoriquement, parce
qu’il doit se pencher sur lui-même pour prendre conscience de tous les mouvements, replis
et penchants du cœur humain et d’une façon générale se contempler, se représenter ce que
la pensée peut lui assigner comme essence, enfin se reconnaître exclusivement aussi bien
dans ce qu’il tire de son propre fond que dans les données qu’il reçoit de l’extérieur.
Deuxièmement, l’homme se constitue pour soi par son activité pratique, parce qu’il est
poussé à se trouver lui-même, à se reconnaître lui-même dans ce qui lui est donné
immédiatement, dans ce qui s’offre à lui extérieurement. Il y parvient en changeant les
choses extérieures, qu’il marque du sceau de son intériorité et dans lesquelles il ne retrouve
que ses propres déterminations. L’homme agit ainsi, de par sa liberté de sujet, pour ôter au
monde extérieur son caractère farouchement étranger et pour ne jouir des choses que parce
qu’il y retrouve une forme extérieure de sa propre réalité.
Ce besoin de modifier les choses extérieures est déjà inscrit dans les premiers penchants de
l’enfant ; le petit garçon qui jette des pierres dans le torrent et admire les ronds qui se
forment dans l’eau, admire en fait une œuvre où il bénéficie du spectacle de sa propre
activité.
Hegel, Esthétique
2) La jeune fille louche
« Lorsque j'étais enfant, j'aimais une fille de mon âge, qui était un peu louche ; au moyen de
quoi, l'impression qui se faisait par la vue en mon cerveau, quand je regardais ses yeux
égarés, se joignait tellement à celle qui s'y faisait aussi pour émouvoir la passion de l'amour,
que longtemps après, en voyant des personnes louches, je me sentais plus enclin à les aimer
qu'à en aimer d'autres, pour cela seul qu'elles avaient ce défaut ; et je ne savais pas
néanmoins que ce fût pour cela. Au contraire, depuis que j'y ai fait réflexion, et que j'ai
reconnu que c'était un défaut, je n'en ai plus été ému. Ainsi, lorsque nous sommes portés à
aimer quelqu'un, sans que nous en sachions la cause, nous pouvons croire que cela vient de
ce qu'il y a quelque chose en lui de semblable à ce qui a été dans un autre objet que nous
avons aimé auparavant, encore que nous ne sachions pas ce que c'est. Et bien que ce soit
plus ordinairement une perfection qu'un défaut, qui nous attire ainsi à l'amour, toutefois, à
cause que ce peut être quelquefois un défaut, comme en l'exemple que j'en ai apporté, un
homme sage ne se doit pas laisser entièrement aller à cette passion, avant que d'avoir
considéré le mérite de la personne pour laquelle nous nous sentons émus. Mais, à cause que
nous ne pouvons pas aimer également tous ceux en qui nous remarquons des mérites égaux,
je crois que nous sommes seulement obligés de les estimer également ; et que, le principal
bien de la vie étant d'avoir de l'amitié pour quelques-uns, nous avons raison de préférer
ceux à qui nos inclinations secrètes nous joignent, pourvu que nous remarquions aussi en
eux du mérite. Outre que, lorsque ces inclinations secrètes, ont leur cause en l'esprit, et non
dans le corps, je crois qu'elles doivent toujours être suivies ; et la marque principale qui les
fait connaître, est que celles qui viennent de l'esprit sont réciproques, ce qui n'arrive pas
souvent aux autres. »
René Descartes, Lettre à Chanut du 6 juin 1647
3) Des perceptions sans aperception
« D'ailleurs il y a mille marques qui font juger qu'il y a à tout moment un infinité de
perceptions en nous, mais sans aperception et sans réflexion, c'est-à-dire des changements
dans l'âme même dont nous ne nous apercevons pas, parce que les impressions sont trop
petites et en trop grand nombre ou trop unies., en sorte qu'elle n'ont rien d'assez
distinguant à part, mais jointes à d'autres, elles ne laissent pas de faire leur effet et de se
faire sentir au moins confusément dans l'assemblage.(...) Et pour juger encore mieux des
petites perceptions que nous ne saurions distinguer dans la foule, j'ai coutume de me servir
de l'exemple du mugissement ou du bruit de la mer dont on est frappé quand on est sur le
rivage. Pour entendre ce bruit comme l'on fait, il faut bien que l'on entende les parties qui
composent ce tout, c'est-à-dire les bruits de chaque vague, quoique chacun de ces petits
bruits ne se fasse connaître que dans l'assemblage confus de tous les autres ensemble, c'est-
à-dire dans ce mugissement même, et ne se remarquerait pas si cette vague qui le fait était
seule. Car il faut qu'on en soit affecté un peu par le mouvement de cette vague et qu'on ait
quelque perception de chacun de ces bruits, quelques petits qu'ils soient ; autrement on
n'aurait pas celle de cent mille vagues car cent mille rien ne saurait faire quelque chose. (...)
Ces petites perceptions sont donc de plus grande efficace par leur suite qu'on ne pense. Ce
sont elles qui forment ce je ne sais quoi, ces goûts, ces images, ces qualités des sens, claires
dans l'assemblage, mais confuses dans les parties, ces impressions que des corps
environnants font sur nous, qui enveloppent l'infini, cette liaison que chaque être a avec
tout le reste de l'univers. On peut même dire qu'en conséquence de ces petites perceptions,
le présent est gros de l'avenir et chargé du passé, que tout est conspirant et que dans la
moindre des substances, des yeux aussi perçants que ceux de Dieu pourraient lire toute la
suite des choses de l'univers. Quae sint, quae fuerint, quae mox futura trahantur1.
G. Leibniz, Les nouveaux essais sur l'entendement humain, Préface
4) Ne pas arriver à mettre la main sur un objet…
Ne pas arriver à « mettre la main sur un objet », c'est tout simplement avoir oublié où on l'a
mis, et comme la plupart de ceux qui ont affaire à des livres et à des manuscrits, je sais très
bien m'orienter sur mon bureau et retrouver sans difficulté, du premier coup, le livre ou le
papier que je cherche. Ce qui peut paraître un désordre aux yeux d'un autre, a pris pour moi
avec le temps la forme d'un ordre. Mais comment se fait-il que je n'aie pu retrouver
récemment un catalogue que j'avais reçu ? J'avais cependant l'intention de commander un
des livres qui y figurait. Ce livre avait pour titre : « Du langage », et son auteur est un de ceux
dont j'aime le style spirituel et vivant, dont j'apprécie les idées sur la psychologie et les
connaissances sur l'histoire de la civilisation. J'incline à penser que c'est précisément là une
des causes pour lesquelles je ne peux retrouver le catalogue. J'avais en effet l'habitude de
1
« qui sont, qui ont été, et qui surviendront dans l'avenir », Virgile.
prêter à mes amis et connaissances les livres de cet auteur, et il y a quelques jours une
personne me dit en me rendant un de ces livres que je lui avais prêté : « Le style ressemble
tout à fait au vôtre, et la manière de penser aussi. » Celui qui me disait cela ne se doutait pas
à quelle corde il touchait. Il y a plusieurs années, alors que j'étais encore jeune et avais
besoin d'appuis, un de mes collègues âgés auquel je faisais les éloges d'un auteur-médecin
bien connu, m'a répondu à peu près dans les mêmes termes : « Il a tout à fait votre style et
votre manière. » Encouragé par cette remarque, j'ai écrit à l'auteur en question que je serais
heureux de nouer avec lui des relations suivies, mais la réponse que j'ai reçue était plutôt
froide. Il est possible que derrière ce souvenir s'en cachent d'autres, tout aussi
décourageants ; quoi qu'il en soit, il m'a été impossible de retrouver le catalogue, et cette
impossibilité a pris à mes yeux la valeur d'un présage, puisque j'ai pris le parti de ne pas
commander le livre, alors que la disparition du catalogue n'était pas un obstacle
insurmontable m'empêchant de faire cette commande, d'autant moins insurmontable que
j'avais dans ma mémoire et le titre du livre et le nom de l'auteur.
Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne.
5) L’impossibilité d’assister à une séance
Un ami me fait part du fait suivant : « Il y a quelques années, je me suis fait élire membre du
comité d'une association littéraire, dans l'espoir que cette société m'aiderait à faire jouer
une de mes pièces. Je prenais part, sans grand enthousiasme d'ailleurs, aux réunions du
Comité qui avaient lieu tous les vendredis. Il y a quelques mois, je reçus l'assurance que ma
pièce serait jouée au théâtre de F., et depuis ce moment j'oublie régulièrement de me
rendre aux séances. Ayant lu vos travaux, j'ai eu honte de mon oubli, en me disant que
c'était indélicat de ma part de manquer les réunions parce que je n'avais plus besoin de ces
gens. Aussi étais-je fermement décidé à ne pas oublier d'assister à la réunion du vendredi
suivant. Je pensais tout le temps à cette décision, et lorsque je l'ai enfin mise à exécution, je
me suis trouvé, à mon grand étonnement, devant une porte close : je m'étais en effet
trompé de jour ; j'étais venu le samedi, alors que les séances, ainsi que je l'ai dit, avaient lieu
le vendredi. […]
Les changements de forme qu'affecte l'acte manqué pour parvenir au même résultat sont
l'expression plastique d'une volonté qui tend vers un but déterminé et fournissent un
argument de plus et beaucoup plus sérieux contre la conception qui ne voit dans l'acte
manqué qu'un fait accidentel, n'ayant pas besoin d'explication. Ce qui frappe encore dans
ces cas, c'est l'impuissance dans laquelle on se trouve pour neutraliser le résultat d'un acte
manqué, en lui opposant un projet conscient. Malgré tous ses efforts, mon ami de réussit
pas à assister à une séance de son comité, ... L'inconscient qui s'oppose à ces projets et
desseins conscients finit pas se trouver une issue, alors qu'on croit lui avoir barré tous les
chemins. Pour se rendre maître du motif inconscient, il faut, en effet, quelque chose de plus
qu'un contre-projet conscient : il faut une opération psychique qui fasse entrer cet
inconscient dans la sphère de la conscience.
Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne.
6) Clore la séance plutôt que l’ouvrir
Si, dès les premiers mots qu’il prononce, le président déclare qu’il clôt la séance, alors qu’il
voulait la déclarer ouverte, nous sommes enclins, nous qui connaissons les circonstances
dans lesquelles s’est produit ce lapsus, à trouver un sens à cet acte manqué : le président
n’attend rien de bon de la séance, et ne serait pas fâché de pouvoir l’interrompre. Nous
pouvons sans aucune difficulté découvrir le sens, comprendre la signification du lapsus en
question. Lorsqu’une dame connue pour son énergie raconte : « mon mari a consulté un
médecin au sujet du régime qu’il devait suivre ; le médecin lui a dit qu’il n’avait pas besoin
de régime, qu’il pouvait manger et boire ce que je voulais », il y a là un lapsus certes, mais
qui apparaît comme l’expression irrécusable d’un programme bien arrêté.
Freud, Introduction à la psychanalyse.
7) L’existence précède l’essence
« Le coupe-papier est à la fois un objet qui se produit d’une certaine manière et qui, d’autre
part, a une utilité définie ; et on ne peut pas supposer un homme qui produirait un coupe-
papier sans savoir â quoi l’objet va servir. Nous dirons donc que, pour le coupe-papier,
l’essence – c’est-à-dire l’ensemble des recettes et des qualités qui permettent de le produire
et de le définir – précède l’existence, et ainsi la présence, en face de moi, de tel coupe-
papier ou de tel livre est déterminée. Nous avons donc là une vision technique du monde,
dans laquelle on a peur de dire que la production précède l’existence.
Lorsque nous concevons un Dieu créateur, ce Dieu est assimilé la plupart du temps à un
artisan supérieur, et quelle que soit la doctrine que nous considérions, qu’il s’agisse d’une
doctrine comme celle de Descartes ou de la doctrine de Leibniz, nous admettons toujours
que la volonté suit plus ou moins l’entendement, ou tout au moins l’accompagne, et que
Dieu, lorsqu’il crée, sait précisément ce qu’il crée. Ainsi, le concept d’homme, dans l’esprit
de Dieu, est assimilable au concept de coupe papier dans l’esprit de l’industriel.
L’homme individuel réalise un certain concept qui est dans l’entendement divin. Au XVIIIème
siècle, dans l’athéisme des philosophes, la notion de Dieu est supprimée, mais non pour
autant l’idée que l’essence précède l’existence. Cette idée, nous la retrouvons un peu
partout : nous la retrouvons chez Diderot, chez Voltaire, et même chez Kant. L’homme est
possesseur d’une nature humaine ; cette nature humaine qui est le concept humain, se
retrouve chez tous les hommes, ce qui signifie que chaque homme est un exemple
particulier d’un concept universel, l’homme ; chez Kant, il résulte de cette universalité que
l’homme des bois, l’homme de la nature, comme le bourgeois sont astreints à la même
définition et possèdent les mêmes qualités de base. Ainsi, là encore, l’essence d’homme
précède cette existence historique que nous rencontrons dans la nature.
L’existentialisme athée, que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n’existe
pas, il y a au moins un être chez qui l’existence précède l’essence, un être qui existe avant de
pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c’est l’homme ou, comme dit
Heidegger, la réalité humaine. Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ?
Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se
définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est
qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait. Ainsi, il n’y a pas
de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. L’homme est seulement,
non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après
l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence ; l’homme n’est rien d’autre que
ce qu’il se fait ».
Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme
8) La mauvaise foi
Considérons ce garçon de café. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop
rapide, il vient vers les consommateurs d’un pas un peu trop vif, il s’incline avec un peu trop
d’empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour
la commande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d’imiter dans sa démarche la
rigueur inflexible d’on ne sait quel automate tout en portant son plateau avec une sorte de
témérité de funambule, en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et
perpétuellement rompu, qu’il rétablit perpétuellement d’un mouvement léger du bras et de
la main. Toute sa conduite nous semble un jeu. Il s’applique à enchaîner ses mouvements
comme s’ils étaient des mécanismes se commandant les uns les autres, sa mimique et sa
voix même semblent des mécanismes ; il se donne la prestesse et la rapidité impitoyable des
choses. Il joue, il s’amuse.
Mais à quoi donc joue-t-il ? Il ne faut pas l’observer longtemps pour s’en rendre compte : il
joue à être garçon de café […].
Voilà bien des précautions pour emprisonner l’homme dans ce qu’il est. Comme si nous
vivions dans la crainte perpétuelle qu’il n’y échappe, qu’il ne déborde et n’élude tout à coup
sa condition. Mais c’est que, parallèlement, du dedans le garçon de café ne peut être
immédiatement garçon de café, au sens où cet encrier est encrier, où le verre est verre. […]
Pourtant il ne fait pas de doute que je suis en un sens garçon de café – sinon ne pourrais-je
m’appeler aussi bien diplomate ou journaliste ? Mais si je le suis, ce ne peut être sur le mode
de l’être-en-soi. Je suis sur le mode d’être ce que je ne suis pas. Il ne s’agit pas seulement
des conditions sociales, d’ailleurs ; je ne suis jamais aucune de mes attitudes, aucune de mes
conduites. Le beau parleur est celui qui joue à parler, parce qu’il ne peut être parlant : l’élève
attentif qui veut être attentif, l’œil rivé sur le maître, les oreilles grandes ouvertes, s’épuise à
ce point à jouer l’attentif qu’il finit par ne plus rien écouter. Je ne puis dire ni que je suis ici ni
que je n’y suis pas, au sens où l’on dit « cette boîte d’allumettes est sur la table » : ce serait
confondre mon « être-dans-le-monde » avec un « être-au-milieu-du-monde ». Ni que je suis
debout, ni que je suis assis : ce serait confondre mon corps avec la totalité idiosyncrasique
dont il n’est qu’une des structures. De toute part j’échappe à l’être et pourtant je suis.
Sartre, L’être et le néant
9) L’homme est condamné à être libre
Dostoïevski avait écrit : "Si Dieu n'existait pas, tout serait permis". C'est là le point de départ
de l'existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n'existe pas, et par conséquent l'homme
est délaissé, parce qu'il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s'accrocher. Il ne
trouve d'abord pas d'excuses.
Si, en effet, l'existence précède l'essence, on ne pourra jamais expliquer par référence à une
nature humaine donnée et figée ; autrement dit, il n'y a pas de déterminisme, l'homme est
libre, l'homme est liberté. Si, d'autre part, Dieu n'existe pas, nous ne trouvons pas en face de
nous des valeurs ou des ordres qui légitimeront notre conduite. Ainsi, nous n'avons ni
derrière nous, ni devant nous, dans le domaine lumineux des valeurs, des justifications ou
des excuses. Nous sommes seuls, sans excuses.
C'est ce que j'exprimerai en disant que l'homme est condamné à être libre. Condamné,
parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté
dans le monde il est responsable de tout ce qu'il fait. L'existentialiste ne croit pas à la
puissance de la passion. Il ne pensera jamais qu'une belle passion est un torrent dévastateur
qui conduit fatalement l'homme à certains actes, et qui, par conséquent, est une excuse. Il
pense que l'homme est responsable de sa passion. L'existentialiste ne pensera pas non plus
que l'homme peut trouver un secours dans un signe donné, sur terre, qui l'orientera ; car il
pense que l'homme déchiffre lui- même le signe comme il lui plaît. Il pense donc que
l'homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à inventer
l'homme.
Jean-Paul Sartre, L'existentialisme est un humanisme.