INTRODUCTION :
Pour comprendre comment une organisation bureaucratique parvient à fonctionner malgré les
tensions internes et les jeux de pouvoir, il est essentiel d’analyser les mécanismes qui favorisent
un consensus minimal entre ses membres. En effet, dans un système où chaque acteur cherche
à maximiser ses avantages, plusieurs forces contraignantes limitent les excès et maintiennent
un équilibre précaire. Ces facteurs, à la fois structurels et relationnels, révèlent les paradoxes
d’une organisation à la fois rigide et vulnérable aux stratégies individuelles. Ces mécanismes
de régulation fragile, observables au sein des bureaucraties, trouvent un écho frappant dans les
logiques corruptives qui traversent divers secteurs africains.
Les mécanismes de la corruption en Afrique, bien que souvent perçus à travers des réalités
locales variées, révèlent des similitudes frappantes lorsqu'on les examine de près. Cette section
présente une synthèse des résultats issus d'enquêtes menées au Bénin, au Niger et au Sénégal,
couvrant des secteurs clés tels que les douanes, la justice, la santé et les marchés publics. Malgré
la diversité des contextes, une convergence remarquable se dégage : des dysfonctionnements
administratifs structurels ouvrent systématiquement la voie à des pratiques corruptives, formant
ainsi un schéma récurrent. Ces observations soulèvent des questions fondamentales sur
l'universalité des ressorts de la corruption et invitent à une réflexion approfondie sur ses racines
communes.
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Partie 1 : La dysfonction bureaucratique et la théorie des organisations :
1. Michel CROZIER : la théorie des organisations :
La théorie des organisations consiste sur l’analyse des limites de la lutte pour le pouvoir dans
les organisations modernes. Si les organisations modernes se caractérisent par des relations de
pouvoir instable et des sources d’incertitude, quatre facteurs principaux permettent toutefois de
maintenir un équilibre minimal au sein des monopoles, limitant les excès individuels. Les
facteurs de consensus dans un monopole sont :
• Interdépendance : les groupes doivent coexister, ce qui favorise la négociation.
• Conscience des privilèges interdépendant : une attaque trop forte menace l’ensemble
du système.
• Recherche d’efficacité minimale : la norme culturelle encadre la négociation.
• Stabilité des relations intergroupes : équilibre conflictuelle mais stables, où les
compromis sont nécessaires.
Dans cette organisation, les groupes sont stables, avec des sources d’incertitude multiples,
rendant la négociation plus complexe.
2. Le système d’organisation bureaucratique :
Max Weber est considéré comme l’origine de cette organisation bureaucratique, il défend la
rationalitée bureaucratique, mais ses successeurs soulignent ses dysfonctions.
Les Dysfonctions majeures :
- Résistance humaine : rejet des schémas mécanistes, renforçant paradoxalement la
bureaucratie.
- Ritualisme : obsession des règles au détriment des objectifs.
- Bureaucratie-punition : contrôle excessif et cercle vicieux de la supervision.
Il y a la théorie des relations humaines qui montre l’efficacité dépendant de la participation des
membres, non de la rigidité des règles.
3. Problème de gouvernement dans les organisations :
Ce là nous amènes à une conformité : passée de la contrainte violente à des techniques douces.
C’est comme une internationalisation des normes.
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La rigidité bureaucratique :
- Règles impersonnelles : cette règle protège les fonctionnaires, mais créent de
l’isolement.
- Centralisation : ce sont des décisions prises loin du terrain, bloquant l’innovation.
- Pression des pairs : régulation par le groupe, renforçant le ritualisme.
C’est-à-dire, l’impersonnalité et la centralisation engendrent des luttes de pouvoir, justifiant
davantage de rigidité.
4. Le changement dans les bureaucraties :
Il y a quelque difficulté sur l’adaptation lente et crise nécessaire pour tout changement. Ainsi
que, le changement sont imposés de haut en bas, sans flexibilité.
Personnalités bureaucratiques :
- Ritualisme : primautés des moyens sur les buts.
- Retrait : désengagement face à l’absence de récompenses.
- Ambivalence : désir de participation mais peur de perdre son autonomie.
5. Avantages et désavantages de la bureaucratie :
Avantages :
- Protection des individus contre l’arbitraire
- Maintien de valeurs individualistes dans un cadre structuré
Désavantages :
- Monde arbitraire et anxiété secondaire.
- Luttes mesquines pour le pouvoir et prestige.
La bureaucratie, bien que rationalisée par Weber, génère des dysfonctions liées à la rigidité et
à la résistance humine. Son équilibre repose sur un compromis entre protection individuelle et
inefficacité collective, rendant le changement difficile sans crise majeure.
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Partie 2 : Recherche empirique sur le mécanisme et la pratique de la corruption en
Afrique :
Un système corruptif identique :
Dans certains pays africains, le dysfonctionnement dans l’administration publique se manifeste
de la même manière surtout la corruption ; plus précisément au Benin, au Niger et au Sénégal.
Ces trois pays ont beaucoup de points communs, par exemple ils étaient dans des colonies
françaises, leur économie est caractérisée par l’existence des plusieurs secteurs informels. Mais,
on va parler surtout le dysfonctionnement qui existe dans ces trois pays en voie de
développement. Le système corruptif et le système administratif sont identiques dans ces trois
pays. Ce système corruptif est attaché dans le système administratif. C’est devenu comme une
habitude, par exemple le mépris des usagers, la routine des pots de vins la généralisation des
commissions, le racket des policiers sur les routes, et le système des faveurs. On voit cette
corruption au niveau des douanes, des justices, des finances ou d’autre administration. Une
question se pose, pourquoi le système corruptif est plus connu dans les pays sous-développés ?
L’enchassenement de la corruption
La corruption n’est pas simplement un acte isolé : elle s’insère dans un ensemble structuré de
pratiques et de relations. Des formes élémentaires aux logiques sociales, politiques et
économiques, elle s’articule à tous les niveaux de la société, souvent banalisée au point de faire
partie du fonctionnement quotidien des institutions.
Les formes élémentaires de la corruption :
Les enquêtes menées ont permis d’identifier sept formes de corruption dites "élémentaires",
qui, malgré leur simplicité, sont massivement répandues dans divers contextes administratifs :
➢ La commission : C’est une rétribution versée à un agent public pour une intervention
donnant un avantage illicite à un usager (exonération, favoritisme, nomination, etc.).
Cette commission peut être ponctuelle (pourcentage de la somme obtenue) ou continue
(versements réguliers à un "protecteur" après une nomination stratégique).
➢ La gratification : Elle intervient après service rendu, souvent sous forme de cadeau. Bien
que perçue comme un simple remerciement, elle devient une forme de corruption quand
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elle est attendue ou systématique. Elle brouille la frontière entre remerciement spontané
et pot-de-vin implicite.
➢ Le piston : L’administration est fortement marquée par le favoritisme et le copinage.
Les recrutements, promotions, formations, et même les services à l’usager sont souvent
décidés non sur la base du mérite, mais sur celui des relations personnelles ou des
recommandations.
➢ La rétribution indue d’un service public : Il s’agit du paiement exigé par un agent pour
un service qui devrait normalement être gratuit, rendant ainsi l’accès aux droits
conditionné par des transactions illégales.
➢ Le tribut ou péage : Ici, le citoyen est contraint de verser une somme pour obtenir ou
accélérer l’accès à un service public. Cette forme de rançonnage se rapproche de l’idée
de "droit de passage" imposé par les agents.
➢ La perruque : L’utilisation des ressources publiques (matérielles, humaines ou
temporelles) à des fins personnelles. Cela peut aller de l’usage d’un véhicule de service
à l’utilisation de personnel public pour des tâches privées.
➢ Le détournement : L’appropriation directe et illégale de fonds publics. Cette forme de
corruption peut paradoxalement être tolérée, voire valorisée, si le corrompu redistribue
une partie de ses gains, renforçant ainsi une logique clientéliste.
Ces pratiques élémentaires révèlent que la corruption est un phénomène profondément ancré
dans le quotidien, fonctionnant selon des codes connus de tous, et souvent acceptés ou justifiés
socialement.
Les stratégies corruptrices :
Les formes élémentaires s’insèrent dans des stratégies plus structurées, souvent construites dans
la durée.
• L’investissement corruptif : Les cadeaux anticipés ou gestes généreux visent à créer une
dette morale chez le fonctionnaire. Cette pratique, parfois perçue comme une forme de
générosité (évergétisme), permet d’installer une relation de pouvoir subtile et durable.
• La constitution de relations pérennes : Certains usagers cherchent à établir des liens
stables avec des agents publics, formant des binômes clientélistes où chacun tire
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bénéfice de la relation. Cette proximité est favorisée par un partage d’espaces, de
formations et de normes.
• La recherche de l’enrichissement rapide : L’occupation d’un poste stratégique est vue
comme une opportunité temporaire d’accumuler des richesses. Ce comportement,
motivé par l’instabilité des fonctions et la pression sociale, est paradoxalement toléré
par l’opinion publique.
• La mutualisation des pratiques : Dans certaines administrations, la corruption devient
collective : les agents redistribuent les gains pour éviter les dénonciations et maintenir
une cohésion d’équipe
• La manipulation des normes : Les fonctionnaires maîtrisent parfaitement les lois et
règlements, et s’en servent à leur avantage. Ils exploitent les failles juridiques, le flou
réglementaire et l’ignorance des citoyens pour imposer des pratiques illicites en
apparence légitimes.
• Les stratégies discursives : Le langage joue un rôle central. Les agents corrompus
justifient leurs actes, accusent les autres ou se positionnent sur un axe moral entre
légalité et légitimité. Le discours est un outil de marchandage, de persuasion, mais aussi
de protection. Ainsi, certains actes sont socialement acceptés, tandis que d’autres sont
plus fortement condamnés selon les circonstances.
L'enchâssement des pratiques corruptives dans les pratiques administratives en
général :
Les pratiques de corruption sont apparues de plusieurs formes. Ces formes ne sont pas isolées
mais pus large ce qui est inséparable dans la pratique. Elle est devenue habitude des personnes.
Mais, ce n'est pas les individus malhonnêtes qui l'ont fait, mais aussi les gouvernements et les
employés au sein des services publics et des opérations quotidiennes.
L'institutionnalisation du bénévolat et le recours à des courtiers Administratifs:
La politique d'ajustement et la concurrence des bureaucratie parallèles rends la motivation
personnelle faible et provoque l'inquiétude sur les fonctions de l'Etat. En effet, l'existence du
bénévolat rends les services etudiées fonctionner plus les courtiers Administratifs qui jouent les
3 rôles principaux.
L'inanité des hiérarchies formelles:
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Le travail effectué et les organigrammes sur le papiers ne sont pas respectés à cause des
employés qui effectuent des tâches inférieure ou supérieure à sa compétence. Le changement
des hiérarchies et le niveau de poste rendent les tâches ambigus ceux qui favorisent les
transactions illégales.
La classification émique des postes Administratifs :
L'organisation bureaucratique est officielle mais il y a d'autre organisation apparue dans la vie
quotidienne fait par le système éthatique ce qui distingue deux types de postes telles que la
poste juteux et celle secs. La poste juteux est plus avantageux que la poste secs qui est
défavorable à l'enrichissement.
La création de files d'attente :
Non seulement,le lentement d'un service et la longue d'attente proviennent du mal compétence
d'un travailleur; mais aussi,ils proviennent d'un employé qui fait semblant d'être en rétards pour
qu' ils peuvent obtenir de l'argent en contrepartie des accélérations de services.
La personnalisation des relations administratives:
Les relations des usagers et Administratif se caractérisent par la méfiance et un manque de
clarté aui poussent à l'individu de chercher les relations avec les Administratifs. Et cette relation
soit personnelle et réelle. Pour rendre les relations personnelles,on va s'informer des liens, réels
ou fictifs qui entraine l'affaiblissement de l'impersonnalité.
L'ambivalence :deshumination et sur-personnalisation:
La personne sans relation personnelle dispose de désavantage pour ne pas accéder aux services.
Alors,il y a deux types d'extrêmes qui se caractérisent par des relations personnelles et; l'autre
,par des relations purement techniques et professionnelles ceux qui sont à la fois simple,neutre
et strictement professionnels. En revanche,la corruption se développe et devient un outil de
communication.
Le clientélisme :
Il y a deux relations dans les relations personnelles telles que les relations horizontales et
verticales. Les fonctionnaires sont liés à des obligations envers les réseaux à cause de sa prise
de décision qui dépend par la famille ou la partie politique. Et çela rends les fonctionnaires
indépendants. En revanche,le clientélisme se privilégie avec la démocratisation ce qui favorise
la corruption et offre des cannaux d'actions.
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L'impunité :
C'est la conséquence négative du clientélisme .Il est la cause des échecs du réformes par la lutte
contre la pauvreté et ausii,les sanctions disposent toujours des problèmes à cause de protection
du clientélisme par ses réseaux. Ces protections apparaissent de plusieurs formes telmes que la
ménace et la suspension de la peine fait par un supérieur. Çela pose des difficultés à la lutte
contre la corruption.
L'absence de contrôle et le chacun pour soi:
Le travail du fonctionnaire est mal supervisé et manque de responsabilité ceux qui rendent les
individualisme se développer mais les usagers disposent des effets négatifs sur cette absence de
contrôle. Çela inclut dans la corruption et la mauvaise qualité de service rendu.
Le privilégisme:
Les employés de l'État possèdent beaucoup d'avantages ceux qui est varient en fonction de
postes et illimités. Alors,le fonctionnaire dispose beaucoups d'avantages que les usagers ce qui
rendent l'existence entre les fonctionnaires et les usagers.
Les logiques sociales et culturelles :
À part les habitudes administratives, les environnements culturelles et sociales favorisent aussi
un support favorable à la corruption. Il ne s'agit pas d'attribué la responsabilité aux cultures
locales mais aux logiques socioculturelles comme les normes, les pratiques, les représentations
et les comportements ordinaires. Il y a la pluralisme des normes ; l'échange généralisé de
service; les dons et cadeaux incessants, l'ostentation et la sur-monétisation et le coût social de
l'intégrité.
Tout d'abord, il y la pluralisme des normes qui expliquent que la coexistence des 2 normes: les
normes officielles qui est accepté par le public et les normes réelles issues des cultures
professionnels locales, des habitudes bureaucratiques, de savoir pratique, de tour de mains,
d'usages et de routine, de combine accepté, entraîne la tentative à la corruption car elle mélange
les pratiques légal et illégal.
De plus, dans l'échange généralisé des services et "la personne avant institution"; il y a une
capital des relations des individus qui sont très répandue en Afrique. En plus des relations avec
les familles, il y a aussi des relations entre les promotions depuis collège lycée ou même
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primaire. Cette relation nécessite des obligations de faire des plusieurs tâches entre eux pour
maintenir la relation. L'échange de service est considéré comme une priorité de cette relation,
ils sont obligés de se rendre des services d'où le favoritisme.
Quant à l'intermédiaire et courtage, la pluralité des activités sociales en Afrique nécessite plus
d'intermédiaire du plus petit activité comme les relations amoureuses jusqu'aux activités de
services ou de commerce, même les activités liées au développement sont aussi concernés, il y
a le courtage en développement qu'on a vu dans les relations des administrations avec les
intermédiaires qui sont souvent informelles. L'extension sociale de ces courtage entraîne sa
négligence dans les activités d'ou la facilité des transactions corruptives.
Les dons et cadeaux incessants, l'ostentation, la sur-monétisation; dans la vie sociale, l'occasion
ne manque pas pour faire des argents ou des cadeaux ou des dons, ce qui amène les agents à
considérer que les petits sommes ou plus précisément «pot-de-vin» ne sont que des cadeaux
ordinaire et une bienséance oblative. Il y aussi cette obligation de tenir le rang au sein de la
société pour éviter la honte; la générosité ostentatoire en plus du charge familial qu'il faut
entretenir, ils entraînent une forte pression sur les fonctionnaires, d'où à cause de la sur-
monétisation, ils sont tenté de faire des corruptions.
Le coût social de l'intégrité, en Bénin, Niger et Sénégal, les divers logiques comme les cadeaux,
les dons peuvent entraîner des pratiques corruptives. Le refus de ces pratiques sont considérés
comme un manquement de bienséance ou rupture avec les solidarités normales d'où un coût
social élevé ce qui amène les acteurs a faire des corruptions.
La sémiologie populaire de la corruption :
La description du mot corruption varie selon deux modes : les configurations idéologiques et
les champs sémantiques.
Les énoncé justificatifs, il existe deux grandes discours sur la corruption, les uns qui tentent de
le légitimer ces pratiques et les autres qui les critiques. Les arguments justificatifs sont avec les
normes pratiques et les arguments de la stigmatisation issues des normes officielles. L'argument
justificatif affirme que la corruption sont des bonnes manières, pour celui ci, la corruption est
un récupération, un privilège, une pression sociale, une redistribution, une mimétisme, un défi,
un emprunt.
La corruption est une récupération, les agents considèrent que la corruption est un moyen de
compenser les manques qu'ils subissent, les agents publics considère que la corruption est un
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moyen de récupérer un avantage à cause de son salaire très faible, et pour les agents privés, la
corruption est un moyen pour compenser les taxes qu'ils ont payé.Il s'agit d'un acte pour
survivre.
La corruption comme bonne manière ; la corruption est considéré comme une savoir vivre,
courtoisie, ou compassion. Kaolack dans l'employé de t'état civil a expliqué cette acte de
compassion : «un collecteur de taxes qui épargne une marchande pauvre en acceptant un pot-
de-vin plutôt que le taxe officielle».
À part cela , la corruption est aussi considéré comme une politesse et de savoir vivre. La
gratification après un service rendu, perçue comme une marque de respect.
Enfin, elle est aussi considéré comme un mode rapport entre les travailleurs dans le même
groupe de travail, comme les témoignages de policiers sénégalais qui explique leur relations
avec les chauffeurs.
La contrepartie monétaire dans les trois arguments qu'on a expliquée est assimilé à un cadeau.
La corruption en Afrique est analysée à travers plusieurs prismes qui relèvent ses racines
profondes et ses justification sociales :
La corruption comme privilège :
Elle est perçue comme un avantage lié à la fonction publique, ou détournement et abus sont
normalises (ex : usage prive d’une ambulance hospitalières).
Pression social : Les individus cèdes à la corruption sous la pression familiale ou
professionnelle, comme le montre l’exemple d’une médecine sénégalais renonçant à son
tampon officiel pour éviter des demandes illicites.
Redistribution : les actes corruptifs sont légitimes par le partage des bénéfices avec la
communauté, illustre par les aveux d’un politicien sénégalien qui revendique avoir « volé pour
siens ».
Mimétisme : La corruption se généralise par imitation des supérieurs ou des pairs, les agents
subalternes rebondissant les pratiques pour ne pas être lésés.
Défi et admiration : la réussite corruptive est parfois glorifiée comme marque d’intelligence
et d’audace, tandis que l’intégrité est ridiculisée.
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Emprunt : Les détournement sont rationalise comme des « emprunts » temporaires,
notamment dans un contexte de précarité économique.
Conclusion
Ces justifications montrent que la corruption s’entrelace avec des normes sociales locales
(solidarité, redistribution, hiérarchie). Elle est soit légitime comme nécessaire, soit euphémisme
pour en attenue la gravite. Cette « sociologie du sens commun » révèle une normalisation du
phénomène, malgré son illégalité.
Corruption et sorcellerie : des liens ambivalents :
− Niveau émique : la corruption et la magie sont souvent associées dans les pratiques
quotidiennes, notamment pour garantir l’impunité ou réussir dans les affaires, les
élections ou la gouvernance. Des témoignages illustrent comment des acteurs croient en
l’influence de la sorcellerie sur les décisions administratives ou judiciaires.
− Niveau impératif externe : la corruption et la sorcellerie partagent des mécanismes
similaires :
• Elles servent d’explication commodes aux échecs ou injustices.
• Elles s’alimentent de croyances collectives et de soupçons réciproques.
• Elles suscitent fascination et répulsion.
− Comparaison contestée : certain rapprochent la corruption et la sorcellerie, mais cette
analogie est jugée simpliste, car le terme « manger » a des sens variés selon les
contextes culturels.
Transformation de l’Etat : privatisation informelle et criminalisation :
a) Privatisation informelle :
• Interne : Des agents publics détournent des ressources (exemple : matériel,
usagers vers cabinets privés) ou monétisent leurs services (exemple : location de
protection policière).
• Externe : des acteurs privés financent des services publics en échange de faveurs
(exemple : commerçant soutenant des douanes pour accéder à des produits
frauduleux).
b) Criminalisation des structures administratives :
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Ceci nous montre que les fraudes comme des faux passeports, certificats médicaux
complaisants et détournements sont courants. Ainsi que l’oralité domine les accords réels,
tandis que les documents officiels sont souvent falsifiés pour masquer les irrégularités.
Cercle vicieux de la corruption :
1. L’incertitude et l’opacité :
Les règles administratives sont floues et manipulables, poussant les usagers à recourir à des
intermédiaires ou à corrompre pour obtenir des services.
2. La banalisation :
La généralisation de la corruption renforce des dysfonctionnements, incitant chacun à la
pratiquer pour se protéger, y compris via des talismans ou marabouts.
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CONCLUSION :
En définitive, si les mécanismes de corruption comme pots-de-vin, favoritisme ou pluralité des
normes, ne sont pas l'apanage des sociétés africaines et se retrouvent sous diverses formes en
Europe ou en Amérique du Nord, c'est leur combinaison, leur intensité et leur banalisation qui
marquent une différence fondamentale. Dans les pays étudiés, la 'petite corruption' s’impose
comme un système parallèle, visible et quotidien, structurant l’accès aux services publics
comme les relations sociales. À l’inverse, dans les pays du Nord, ces pratiques, bien que réelles,
restent cantonnées à des secteurs précis et dissimulées sous des apparences de légalité.
La grande corruption, elle, obéit à une logique mondialisée : multinationales, marchés opaques
et flux financiers illicites transcendent les frontières. Pourtant, une divergence persiste : certains
régimes africains (à l’instar de ceux d’Asie ou d’Amérique latine) affichent une impudeur dans
leur prédation, contrastant avec le vernis de respectabilité des élites occidentales. Preuve que,
derrière l’universalité du phénomène, les degrés d’impunité et de violence sociale varient
radicalement d’un contexte à l’autre.
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