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Vulnérabilité Genre et Changements Climatiques

Ce document analyse l'impact des changements climatiques sur les inégalités de genre au Bénin, en introduisant un indice appelé 'indice d'inégalité de vulnérabilité de genre aux changements climatiques (IIVGCC)'. L'étude révèle que les femmes dans le secteur agricole sont 1,1 fois plus vulnérables que les hommes, avec l'accès à la terre et l'instruction comme principaux facteurs contribuant à cette vulnérabilité. L'article souligne l'importance d'intégrer le genre dans les modèles d'évaluation des impacts économiques des changements climatiques.

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Vulnérabilité Genre et Changements Climatiques

Ce document analyse l'impact des changements climatiques sur les inégalités de genre au Bénin, en introduisant un indice appelé 'indice d'inégalité de vulnérabilité de genre aux changements climatiques (IIVGCC)'. L'étude révèle que les femmes dans le secteur agricole sont 1,1 fois plus vulnérables que les hommes, avec l'accès à la terre et l'instruction comme principaux facteurs contribuant à cette vulnérabilité. L'article souligne l'importance d'intégrer le genre dans les modèles d'évaluation des impacts économiques des changements climatiques.

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REVUE D’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES,

ISSN : 1840-8222 - Volume 4 - Numéro 1 - Septembre 2019

Pouvez-vous m’entendre ? Sur les changements climatiques :


Inégalites et Vulnérabilité-Genre au Bénin

Par :

Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA

MedA Conseils
Mars 2019

Résumé : Le présent papier se focalise sur la prise en compte du genre dans


la modélisation des impacts des changements climatiques par secteur de
développement. S’inspirant des méthodologies de l’indice de vulnérabilité
économique de Guillaumont (2008, 2009) et du ratio de vulnérabilité de la
pauvreté du PNUD (2011), il est conçu un indice synthétique appelé « indice
d’inégalité de vulnérabilité de genre aux changements climatiques (IIVGCC)
» qui constitue une modélisation par secteur de développement, des inégalités
de vulnérabilité aux changements climatiques entre les hommes et les femmes.
A partir des données de la deuxième édition de l’enquête modulaire intégrée
sur les conditions de vie des ménages au Bénin (EMICOV 2011), ce papier
fait une application concrète de l’IIVGCC pour le secteur agricole béninois.
Il en ressort que dans le secteur agricole béninois, les femmes sont environ
1,10 fois plus vulnérables aux changements climatiques que les hommes. Le
paramètre « accès à la terre » contribue à 50% des inégalités de vulnérabilité,
tandis que le paramètre « instruction » en a pour 37 %.

Mots clés :
Modélisation - Changements Climatiques- Genre - Vulnérabilité -Indice
-Inégalités. Agriculture
Classification JEL : D13, O12, O13, Q12, Q18

Hello can you hear me? On Climate Change: Inequalities


and Gender Vulnerability in Benin

Abstrait : This paper focuses on gender mainstreaming in modeling


the impacts of climate change by development sector. Inspired by the

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

methodologies of the Guillaumont economic vulnerability index (2008, 2009)


and the UNDP poverty vulnerability ratio (2011), a synthetic index called the
«Index of Inequality of Gender Vulnerability to Climate Change (IIGVcc)
«which is a modeling by development sector, of vulnerability inequalities to
climate change between men and women. From the data of the second edition
of the integrated modular survey on the living conditions of households in
Benin (EMICOV 2011), this paper makes a concrete application of the IIGVcc
for the Beninese agricultural sector. It shows that in the agricultural sector
in Benin, women are about 1.1 times more vulnerable to climate change than
men. The «access to land» parameter contributes to 50% of the inequalities
of vulnerability, while the «instruction» parameter accounts for 37%.

Key words :
Modeling - Climate Change - Gender - Vulnerability - Index – Agriculture-
Inequalities.
JEL Classification : D13, O12, O13, Q12, Q18

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INTRODUCTION

Le genre ne se réfère ni à la femme ni à l’homme mais aux relations entre


les hommes et les femmes. Il part des différences biologiques entre les
sexes pour se concentrer plus particulièrement sur les inégalités des rôles
entre les hommes et les femmes en fonction du contexte socio-économique,
historique, politique, culturel et religieux de chaque société. Les rapports
hommes/femmes (rapports sociaux de sexe), constituent la base de toute
analyse sociale du genre.

Les changements climatiques sont des phénomènes physiques dont la


manifestation se traduit par la hausse probable des températures, et la baisse
probable des précipitations occasionnant notamment des inondations, des
sécheresses, des vents violents, des érosions côtières, l’intrusion saline etc.
Sous cet angle physique, les changements climatiques frappent de la même
manière et sans distinction les hommes et les femmes, les riches et les pauvres,
les vieillards et les enfants. A priori, il n’y a pas de place pour l’analyse des
rapports de force entre les hommes et les femmes dans les études sur les
changements climatiques (CC).

Toutefois, l’analyse genre dans les changements climatiques trouve sa


légitimité dans le fait que, face aux chocs climatiques, la réponse apportée
varie d’une société à une autre, d’un individu à un autre en fonction des
capacités individuelles et collectives à faire face aux catastrophes. L’analyse
genre intègre donc l’analyse des inégalités dans la vulnérabilité aux CC
et dans les capacités d’adaptation des hommes et des femmes aux chocs
climatiques pouvant dégrader leurs conditions de vie.

Le présent article est structuré en quatre sessions. La première session aborde


la problématique du genre dans les changements climatiques. La deuxième
concerne la problématique de l’intégration du genre dans la modélisation des
impacts économiques des changements climatiques. La troisième session
présente la méthodologie de l’Indice d’Inégalité de Vulnérabilité de Genre
aux Changements Climatiques (IIVGcc). La quatrième session présente et
analyse les résultats de calcul de l’IIVGcc dans le secteur de l’agriculture au
Bénin sur base des données de l’EMICOV 2011.

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

1. Genre et évaluation des impacts économiques des


changements climatiques

La prise en compte du genre dans les études sur le changement climatique se


justifie dans la mesure où « les hommes et les femmes contribuent différemment
aux causes du changement climatique. Ils réagissent différemment à ses effets,
préconisent des différentes solutions pour lutter contre ses conséquences17
». Face au changement climatique, il urge de dépasser les approches qui
privilégient des solutions scientifiques et économiques en mettant au cœur
des préoccupations, la préservation des droits humains et la réduction des
inégalités de genre.

Le changement climatique fait référence aux régimes climatiques toujours


plus irréguliers, à l’élévation du niveau de la mer et aux événements extrêmes
qui peuvent être imputés à l’activité humaine et aux émissions de gaz à effet
de serre (GES), qui sont à l’origine du réchauffement climatique. Il est souvent
considéré comme un phénomène purement scientifique et technique et les
réponses y apportées restent souvent axées sur des solutions scientifiques et
économiques.

« Pourtant, le changement climatique représente également un phénomène


social, économique et politique, qui connaît des implications considérables
en termes de justice sociale et d’égalité de genre et qui risque de priver
certaines des personnes les plus pauvres de la planète de leurs droits humains
fondamentaux »18 . Selon le Groupe d’experts Intergouvernementaux
d’Evaluation sur le Climat (GIEC), les conséquences du changement
climatique varieront selon les régions, les tranches d’âges, les niveaux des
revenus, les professions et le sexe. Les conséquences seront disproportionnées
pour les pays en voie de développement et pour les pauvres de tous les
pays, ce qui va aggraver les inégalités, entraver le développement et nuire
aux conditions des êtres humains. Le changement climatique a des impacts
différents sur la vie des femmes et des hommes19 dû au fait qu’il existe une
répartition inégale des rôles sociaux.

17 Gender CC-Women for Climate Justice, le genre dans la politique en matière de changement climatique, Kit
d’information pour les experts du climat et les décideurs, Berlin Novembre 2009
18 Bulletin BRIDGE, novembre 2011
19 GenderCC- Women for Climate Justice. Le genre dans la politique en matière de changement climatique, Kit
d’information pour les experts du climat et les décideurs, Berlin, novembre 2009.

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REVUE D’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES, ISSN : 1840-8222 - Volume 4 - Numéro 1 - Septembre 2019

Les débats autour des effets des changements climatiques sur la société
humaine centrent les analyses autour du concept de « vulnérabilité ». Les
utilisations de ce concept dans le cadre des changements climatiques sont,
la plupart du temps, dans une logique d’évaluation de l’éventuelle intensité
du phénomène sur une région, un pays, une communauté particulière, les
hommes ou encore les femmes. Il est donc important de comprendre la
morphologie du concept de vulnérabilité afin d’en établir les véritables
corrélations sur la question des changements climatiques en relation avec le
genre.

Selon Enarson (1998), la vulnérabilité est un reflet de l’état des conditions


physiques, sociales, économiques et environnementales individuelles
et collectives. Ces conditions individuelles et collectives sont modelées
par de nombreux facteurs, parmi lesquels le genre joue un rôle clé. La
vulnérabilité liée au genre ne dérive pas d’un unique facteur, mais reflète des
formes de relations historiquement et culturellement spécifiques dans des
institutions sociales, des cultures, et des vies personnelles. Les relations de
genre modèleront les quatre conditions de vulnérabilité susmentionnées.
L’interaction de ces facteurs avec les inégalités raciales, de caste et autres crée
des conditions sociales difficiles qui exposent certains groupes de femmes à
des risques plus élevés.

Pour Guillaumont (2008, 2009), la vulnérabilité économique est le risque


pour un pays de voir son développement entravé par des chocs naturels ou
externes. La vulnérabilité économique d’un pays peut être vue comme le
résultat de trois composantes : la taille et la fréquence des chocs exogènes, son
exposition aux chocs, et sa résilience ou sa capacité à réagir aux chocs. Si les
deux premières composantes sont pour l’essentiel liées à des caractéristiques
structurelles (situation géographique, degré de diversification économique,
etc.), la résilience est plutôt dépendante de la politique économique actuelle
adoptée par le pays (Cariolle, 2010).

Quant à Rousseau (2001), la vulnérabilité est la probabilité pour un individu


de voir sa situation ou ses conditions de vie se dégrader ou s’enfoncer, quel
que soit son niveau de richesse, face aux fluctuations de la vie. Cette définition
implique deux éléments essentiels. D’une part, les risques ou les menaces,

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

c’est-à-dire tous ces événements dangereux pour le bien-être, plus ou moins


imprévisibles, auxquels sont exposés les individus, indépendamment de leur
statut social. D’autre part, la capacité des individus à faire face à ces chocs, à
exploiter les opportunités offertes par leur environnement pour résister aux
effets pervers des risques en présence (PNUD, 2011).

En réalité dans une société donnée, un individu est d’autant plus vulnérable
qu’il doit faire face à une multitude de risques et que ses capacités de résilience20
sont réduites. Il existe ainsi une relation inverse entre la vulnérabilité et les
capacités, mais proportionnelle entre la vulnérabilité et les risques, qui peut
être formulée comme suit [Rousseau, 2001] :
risque
vulnérablilité = capacités

2. Intégration du genre dans la modélisation des impacts économiques


des changements climatiques par secteur de développement

La démarche initiale de la prise en compte du genre dans la modélisation


s’était proposé d’intégrer des paramètres traduisant les inégalités de genre
dans la modélisation sectorielle des impacts économiques des CC. En
se référant à ces travaux sectoriels, l’analyse des données d’entrées et des
données de sorties des modèles sectoriels a montré que, les différents secteurs
de développement utilisent des modèles de simulation qui n’intègrent pas
des variables en rapport avec les inégalités de genre. Dans le secteur de
l’agriculture par exemple, la modélisation des impacts économiques des
changements climatiques utilise le modèle DSAAT dont les données en entrée
sont essentiellement de 3 sortes : (i) les données climatiques journalières, (ii)
les informations sur les sites et (iii) les informations relatives à la gestion
des cultures telles que le type de labour, la densité de semis, le type de
semis, etc. L’accent est mis sur les besoins de la plante (en matière de l’eau
et de température) mais aucune analyse des facteurs humains (capacité des
hommes et des femmes à respecter la date de semis, à utiliser les engrais de
qualité, etc.) qui peuvent influencer le respect du calendrier agricole et le
rendement agricole n’est intégrée. Dans un contexte béninois où les rôles

20 « Capacité d’un système social ou écologique d’absorber des perturbations tout en conservant sa structure de base
et ses modes de fonctionnement, La capacité de s’organiser et la capacité de s’adapter au stress et aux changements »
(Ledant,2012).

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agricoles sont répartis entre les hommes et les femmes21 , il est nécessaire
d’analyser les capacités des uns et des autres à assumer leurs rôles dans le
contexte des changements climatiques.

De même, le secteur des ressources en eau utilise les modèles hydrologique


et socioéconomique qui simulent la disponibilité de l’eau (BenHydro) et la
demande de l’eau (BenEau) ou la gestion des ressources en eau (WEAP).
Aucune donnée d’entrée ni de sortie ne concerne les impacts différenciés des
changements climatiques sur les hommes et les femmes, alors que certaines
informations pourraient être données de façon désagrégée telle que (i) le
nombre de personnes affectées par les inondations par sexe, (ii) le nombre de
décès par sexe, etc. Il apparaît ainsi que les modèles de simulation existants
au niveau sectoriel n’intègrent pas les variables sociales et ne sont pas
révisables par les utilisateurs.

Il se pose ainsi la question de comment mesurer les inégalités entre les


hommes et les femmes devant la survenance des changements climatiques
dans un secteur donné. Ceci justifie la nécessité de l’analyse des indices
d’inégalités de genre et de vulnérabilité existants.

Il existe, au niveau international, des indices de mesure des inégalités et des


indices de mesure de vulnérabilité qui ont contribué à l’élaboration du cadre
conceptuel de l’intégration du genre dans la modélisation de l’évaluation des
impacts du climat par secteur de développement. Plusieurs initiatives de
construction d’indices mesurant la combinaison des différentes dimensions
des inégalités de développement humain entre les genres ont été réalisées.

Entre autres, le présent papier s’appuie spécifiquement sur trois principaux


d’entre de ces indices à savoir : (i) l’Indice de vulnérabilité à la pauvreté
du PNUD (2011); (ii) l’indice de vulnérabilité économique de Guillaumont
(2008,2009) et ( iii) l’indice de vulnérabilité physique au changement
climatique de Guillaumont et Simonet (2012).

21 « Le labour réservé aux hommes tandis que les travaux de semis et l’épandage d’engrais sont plutôt réservés aux femmes

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

w Indice de vulnérabilité à la pauvreté du PNUD (2011)


Cet indice détermine la vulnérabilité de la population considérée à partir de
l’analyse des mouvements d’entrée, de sortie et de maintien dans la pauvreté
au cours de la période. Quatre types de probabilités sont calculés entre la date
t et la date t+p: (i) la probabilité de demeurer non pauvre, (ii) la probabilité de
sortir de la pauvreté; (iii) la probabilité de tomber dans la pauvreté et (iv) la
probabilité de demeurer pauvre. Les probabilités ainsi obtenues permettent
d’apprécier la vulnérabilité de la pauvreté au niveau national. L’analyse du
rapport entre la probabilité de tomber dans la pauvreté et celle de sortir
de la pauvreté fournit des indications sur l’efficacité des programmes de lutte
contre la pauvreté du point de vue de la prévention contre la vulnérabilité.
Il permet de nuancer ainsi les évolutions constatées au niveau de l’incidence
de la pauvreté. Le tableau 1 ci-dessous présente l’illustration théorique des
mouvements d’entrée, de sortie et de maintien dans la pauvreté.

3.3. Tableau 1 : Illustration théorique des mouvements d’entrée, de sortie et


de maintien dans la pauvreté

Source : Extrait de PNUD (2011)


wIndice de Vulnérabilité Economique - EVI (Economic Vulnerability
index)
L’EVI est un indicateur synthétique, élaboré par Guillaumont (2008,
2009) dont le calcul est basé sur une moyenne pondérée de deux indices
(indice d’exposition et indice de chocs), regroupant cinq sous indices ou
sept composantes qui sont rappelées dans le tableau 2 ci-dessous. L’indice
d’exposition est une moyenne de trois indices reflétant les chocs exogènes
: (a) pour les chocs externes, l'instabilité des exportations de biens et
services ; pour les chocs naturels, une moyenne de (b) l'instabilité moyenne
de la production agricole et (c) la composante "sans abri’’ de l'indice de
catastrophe naturelle. L’indice de choc est une moyenne de quatre indices

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reflétant l'exposition structurelle aux chocs : (d) un indice de dimension


de la population (en logarithmes); (e) un indice d’éloignement par rapport
aux marchés mondiaux (ajusté de l'enclavement), et un indice de faiblesse
structurelle, lui-même moyenne de (f) un indice de la part relative de la
valeur ajoutée agricole dans le PIB, et (g) un indice de concentration des
exportations.

[Link] 2 : Indices, sous-indices, et composantes de l’EVI rétrospectif


2010

Source : Extrait de Cariolle (2010, p7)

L’EVI est la moyenne arithmétique simple de l’indice d’exposition et de


l’indice des chocs (Cariolle, 2010) :

EVI = 0,5 * Exposition + 0,5 * Chocs.

w Indice de vulnérabilité physique au changement climatique


En plus de la vulnérabilité économique, Guillaumont a proposé un indice de
vulnérabilité physique au CC illustré par la figure 1 :

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

[Link] 1 : Indice de vulnérabilité physique au changement climatique …

Source : Guillaumont & Simonet (2012, p16)

Cet indice permet d’identifier la vulnérabilité spécifique des Etats au


changement climatique pour ensuite l’intégrer dans la définition des
politiques d’adaptation appropriées. Guillaumont (2012) a d’autre part
examiné comment l’indicateur de vulnérabilité économique structurelle
(EVI) et l’indicateur de vulnérabilité physique au changement climatique se
différenciaient et pouvaient ou non se combiner. Ces indices sont utilisés dans
l’allocation des ressources internationales disponibles pour l’aide publique
au développement (APD) et pour l’adaptation au changement climatique.

En résumé, les modèles de simulation utilisés dans le cadre de l’étude


«sur la modélisation des impacts économiques du climat par secteur de
développement » par les experts sectoriels n’offrent pas la possibilité d’intégrer
des variables sur le genre. Par ailleurs, les différents indices d’inégalité
de genre existants sur le plan international et régional sont construits au
niveau pays. Certains mesurent les inégalités de genre dans une approche
quantitative ou qualitative avec des indicateurs les plus représentatifs de la
globalité de la problématique genre à l’échelle d’un pays. La transposition de
ces indices dans un secteur de développement donné, nécessite une sélection
et une mise à jour des indicateurs pertinents pour ce secteur. Par ailleurs, les

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indices permettant de mesurer la pauvreté et la vulnérabilité sont neutres


quant à la question de genre mais peuvent servir de cadre conceptuel pour
calculer un indice d’inégalité de vulnérabilité de genre au CC (IIVGCC). Le
développement de cet indice constitue par ailleurs l’objet de ce papier.

3. Méthodologie de l’Indice d’Inégalité de Vulnérabilité de


Genre aux Changements Climatiques (IIVGcc)

L’IIVGCC se propose de mesurer l’ampleur des inégalités de vulnérabilité


entre les hommes et les femmes en relation avec les changements climatiques
et de faire ressortir par conséquent, les axes d’intervention pour réduire ces
inégalités par secteur.

3.1. Cadre conceptuel de l’Indice d’inégalité de vulnérabilité de genre


aux changements climatiques pour un secteur de développement donné
(IIVGcc)

Il sera présenté la structuration de l’IIVGcc ainsi que la procédure de


normalisation indiciaire des variables

3.1.1. Structuration de l’IIVGcc


La vulnérabilité est un concept qui se prête difficilement à la quantification
pratique. En considérant par exemple la variable sociale "pauvreté", la
mesure de la vulnérabilité consiste en effet, à anticiper la probabilité pour
un individu non pauvre de tomber dans la pauvreté ou pour un individu
pauvre de sombrer davantage dans la pauvreté. Ce qui nécessite de prendre
en compte les risques, qui sont imprévisibles dans bien de cas (PNUD, 2011).
Malgré ces difficultés, il est possible, sur la base de quelques techniques,
d’approcher au mieux la vulnérabilité des individus.

A partir de la méthodologie proposée par le PNUD (2011) pour la mesure


de la vulnérabilité par rapport à la pauvreté et de celle de calcul de l’indice
de vulnérabilité économique (EVI) à l’échelle pays, développée par
Guillaumont (2008, 2009) et rappelée dans Cariole (2010), nous proposons
une méthodologie de calcul de l’indice d’inégalité de vulnérabilité de genre
aux CC par secteur à l’intérieur d’un pays. En réalité, c’est l’esprit de la

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

démarche de calcul de l’EVI que nous avons surtout emprunté. Il ne s’agit


pas de la transposition des composantes et des sous indices.

Ainsi, l’indice de vulnérabilité aux CC du secteur "S" (IVCCs) est la moyenne


arithmétique simple de l’indice d’exposition aux risques de S (IERs) et de
l’indice potentiel du choc des CC sur S noté Iys avec ys la combinaison des
variables ‘’proxys-climatiques ‘’ identifiées pour le secteur S. Soit :
IVCCs = 0,5 IERs + 0,5 Iys

L’indice d’inégalité de vulnérabilité de genre aux changements


climatiques par secteur à l’intérieur d’un pays (IIVGCC) est un indicateur
synthétique définit par le rapport à l’indice de vulnérabilité aux changements
climatiques (IVCC) des hommes sur celle des femmes selon chaque secteur
de développement. Il mesure donc par secteur de développement, la
vulnérabilité relative des hommes aux changements climatiques par rapport
à celle des femmes.

Le sous-indice d’exposition avant les changements climatiques (IERs)


pour un secteur donné de développement se calcule sur la base d’une
moyenne pondérée des indicateurs d’état de santé (ou de vulnérabilité)
des différentes composantes déterminantes pour l’émergence du secteur.
Il mesure la vulnérabilité globale des hommes ou des femmes (selon le cas)
du secteur en absence du choc exogène des changements climatiques. Il est
calculé selon la formule suivante :

avec le poids de Xi dans le développement du secteur S, et


RXi le ratio de vulnérabilité de la variable .

Le sous-indice de choc des CC (Iys) sur un secteur donné de développement


quant à lui est une moyenne arithmétique simple des indicateurs climatiques
calculés à partir des potentiels variables climatiques (que nous appelons les
proxys climatiques) pouvant agir sur le secteur considéré. Il mesure dans
un secteur donné, la vulnérabilité potentielle (indépendante du sexe) que le
choc « changements climatiques » transmettra aux hommes et aux femmes.
Sa valeur est donc, par secteur, la même quel que soit le sexe car, les effets
physiques directs des CC seront reçus de la même façon par les hommes et

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les femmes. Ce sous-indice s’apparente en effet à l’indice de vulnérabilité


physique aux changements climatiques (PVCCI) proposé par Guillaumont
et Simonet (2012) et présenté en revue de littérature. C’est donc surtout les
variables telles que la température, la pluviométrie, le niveau de la mer, le
niveau des cours d’eau, l’ampleur de la sécheresse, qui participent au calcul
du sous-indice de choc des CC.

[Link]édure de normalisation indiciaire des variables


Le calcul des indicateurs climatiques par proxy climatique (pour le sous-
indice de choc des CC) et ceux des indicateurs d’état de santé par variable
quantitative de composante du secteur S (pour le sous-indice d’exposition
avant les CC) se fait par la technique de normalisation min-max (conf
Cariolle (2010)). Cette technique consiste entre autres à transformer les
données originales de la variable concernée en indices compris entre 0 et
100. Les bornes inférieures et supérieures sont imposées et constantes
dans le temps, afin de prévenir les distorsions provenant de distributions
présentant des queues, de distributions étendues ou contenant des points
aberrants, et permettant d’obtenir des valeurs d’indice comparables dans le
temps. L’indice obtenu pour chaque variable est compris entre 0 et 100 et
est lié positivement à la vulnérabilité (plus l’indice est proche de 100, plus la
vulnérabilité est importante).

A propos de la procédure de normalisation min-max, les variables à la


base du calcul doivent être en lien positif avec la vulnérabilité (ou la santé
défectueuse). Pour ces variables, le calcul pour obtenir l’indicateur
(ou l’indice) est le suivant :

I = [(Valeur-Min)/(Max-Min)] x 100.

Dans le cas où une variable est liée négativement à la vulnérabilité, la formule


de calcul de l’indice change. Elle devient :

II = [(Max-Valeur) /(Max-Min)] x 100 ou II = 100 – I


NB : Les différentes pondérations à utiliser dans tout le calcul de l’IIVGCC
ne sont pas choisies au hasard. Elles doivent être choisies sur la base d’une
analyse factorielle des données.

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4. Application de Calcul de l’IIVGcc au secteur de l’agriculture


du Bénin

La disponibilité des données au niveau de l’enquête EMICOV 2011 et des


données climatiques (température et pluviométrie) a permis de tester l’IIVG
au secteur de l’agriculture.

4.1. Données et sources


Les données climatiques ont été utilisées pour le calcul du sous-indice du
choc des changements climatiques. Les données sectorielles de l’agriculture
ont servi à calculer le sous-indice de l’exposition avant le choc.

4.1.1. Données climatiques


Les données climatiques utilisées dans le cadre de l’application de calcul
de l’IIVGcc au secteur de l’agriculture de l’économie béninoise sont la
température et la pluviométrie. Au Bénin, les données climatiques sont
recueillies par six (6) stations météorologiqus synoptiques et une centaine
de postes pluviométriques dispersés sur le territoire national. Ces stations
recueillent de façon quotidienne des données sur la température et la
pluviométrie. Les données sur le climat utilisées dans cette étude sont issues
de chacune de ces stations. Pour la température, il s’agit des températures
maximale et minimale journalières du 1er janvier 1960 au 31 décembre 2011
dans les régions Nord, Sud et Centre du Bénin. Quant à la pluviométrie, les
données utilisées couvrent par décade, la même période du 1er janvier 1960
au 31 décembre 2011 dans les mêmes régions Nord, Sud et Centre du Bénin.
Comme, notre analyse est globale (nationale) et non par région, ces données
climatiques régionales ont été agrégées par des moyennes pondérées après
analyse en composante principale (ACP).

4.1.2. Données du secteur agricole


Les données utilisées pour le calcul du sous-indice d’exposition aux risques
(IER) avant le choc des CC dans le secteur de l’agriculture dans le cadre de
cette étude sont en coupe instantanée et proviennent de l’Enquête Modulaire
Intégrée sur les Conditions de Vie de ménages (EMICoV, 2011) de l’INSAE.
Les données de l’enquête EMICOV sont représentatives à l’échelle nationale.
Deux questionnaires (sur 7) ont permis d’avoir des informations sur les

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travailleurs du secteur de l’agriculture. Il s’agit du module « emploi » pour les


informations sur l’emploi et du module « ménage » pour les caractéristiques
de base.

La base des données du sous échantillon des travailleurs de l’agriculture a


été extraite de la base de données du module « emploi » par un programme
de filtrage conçu à partir des codes de la nomenclature des professions de
l’INSAE se rapportant au secteur de l’agriculture. Il s’agit des codes suivants
appartenant aux « GRAND GROUPE 6 : AGRICULTEURS ET OUVRIERS
QUALIFIES DE L’AGRICULTURE ET LA PECHE » de la nomenclature :
446-culivateur, 447-maraîcher, 448-jardinier, 449-exploitant de verger-
pépiniériste, 450-Exploitant forestier et 462-ouvrié qualifié de l’agriculture.
Ensuite, à partir des variables d’identification, un autre programme a été
conçu pour fusionner les données des individus de cette base avec leurs
données correspondantes dans la base du module « ménage ». C’est ainsi
donc que la base de données complète de l’échantillon national EMICoV 2011
des travailleurs du secteur de l’agriculture du Bénin a été obtenu.

L’échantillon ainsi extrait comporte au total 16097 travailleurs du secteur


de l’agriculture dont 9268 hommes (soit environ 58%) et 6829 femmes
(soit 42%). Pour pouvoir calculer l’indice d’exposition aux risques avant le
choc des CC chez les hommes et chez les femmes, la base de données de
l’échantillon des hommes a été séparée de celle des femmes.

4.1.3. Variables utilisées pour le calcul de l’indice d’inégalité de


vulnérabilité de Genre aux CC (IIVGcc) dans le secteur de l’agriculture.
Le choix des variables est fondé sur le cadre conceptuel de l’Indice des
Conditions des Femmes (ICF) qui est une composante de l’IDISA (Indice de
Développement et des Inégalités des Sexes en Afrique) appliqué au secteur
de l’agriculture. Le tableau 3 ci- après présente la maquette technique des
variables (indicateurs) utilisés sous le modèle ICF.

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

3.6. Tableau 3 : Modèle ICF des variables et indicateurs utilisées pour le


calcul de l’IIVGCC

Source : Nos travaux

Dans le cadre de cette étude, les variables choisies dans la base de données
EMICoV (2011) pour le calcul de l’IIVGcc pour le secteur de l’agriculture ont
été catégorisées en 5 composantes :
­ - ‘Terre : Accès et contrôle des terres,
­ - Marché du travail : Accès à la main d’œuvre agricole’,

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­ - Capacités financières,
­ - Instructions : niveau d’instruction et alphabétisation
­ - ’Technologie’.
Toutefois, il est à noter que seule, la composante « technologie » n’est pas
renseignée au niveau de la base de données EMICoV utilisée. Ainsi, ce volet
n’a pas a été pris en compte dans notre calcul du présent indice.

La figure 2 illustre l’architecture de calcul de l’indice d’inégalité de


vulnérabilité de Genre aux CC pour le secteur de l’agriculture.

3.7. Figure 2 : Illustration de l’indice d’inégalité de vulnérabilité de genre aux


changements climatiques (IIVGCC) pour le secteur agricole22

Selon cette figure, l’indice d’exposition au risque avant le choc (des hommes
ou des femmes) est fonction de 5 paramètres (accès à la terre, accès au marché
du travail, aux capacités et services financiers, technologie et instruction).
Le tableau 4 présente le détail de calcul en appliquant la formule
précédemment présentée en 3.1.1. Sur la base d’une analyse factorielle réalisée
sur la fusion des bases de données hommes et femmes utilisées dans cette

22 Le tableau 4 ci-dessous décrit les variables de modélisation et de calcul de l’indice d’inégalité de vulnérabilité
au changement climatique.

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

étude, il :
­ - définit les poids relatifs de chaque paramètre (composante) dans
l’agriculture,
­ - indique les variables qui ont été prises en compte par paramètre
pour le calcul de l’indice de vulnérabilité ainsi que leurs coefficients de
pondération respectifs à l’intérieur du paramètre.
Le détail du choix des pondérations par l’analyse factorielle est présenté
dans la partie suivante.

[Link] 4 : Paramètres pour le calcul de l’IIVGcc, variable de modélisation


et coefficients de pondération pour le secteur de l’agriculture

4.1.4. Traitements des données


Divers outils statistiques ont été utilisés pour le traitement des données en
vue d’obtenir les sous indices et l’indice d’inégalité de vulnérabilité de genre.

[Link]. Données climatiques pour le calcul du sous-indice du choc des CC


Les données climatiques utilisées dans le cadre de cette étude (température
et pluviométrie) ont servi à calculer le sous-indice du choc des CC assimilable
à l’indice de vulnérabilité physique des CC (PVCCI), de Guillaumont et
Simonet (2012).

En premier lieu, les données par région du Bénin (Nord, Sud et Centre) de

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la température et de la pluviométrie ont été chacune agrégées en données


moyenne nationale par une moyenne pondérée. Les pondérations appliquées
pour chaque région sont déterminées par une analyse en composante
principale (ACP) pré-réalisée sur les données d’origine. Ces pondérations
sont, en effet, la part de chaque région dans la variance expliquée (inertie)
dans le premier plan factoriel de l’ACP.

Ensuite, les données nationales journalières du 1er janvier 1960 au 31


décembre 2011 des températures minimale et maximale ainsi obtenues ont
été réduites par moyenne arithmétique, en température moyenne journalière.
Ces nouvelles températures moyennes nationales journalières de la période
ont été transformées en valeur indiciaire par la procédure de normalisation
min-max. Ainsi, on obtient l’indicateur indiciaire de la température sur le
secteur agricole.

Les données moyennes nationales par décade de la pluviométrie obtenues


après l’analyse en composante principale ont été aussi transformées en
valeur indiciaire par la même procédure de normalisation min-max, ce qui
nous donne l’indicateur indiciaire de la pluviométrie sur le secteur agricole
béninois.

Enfin, le sous-indice du choc des changements climatiques sur le secteur


de l’agriculture a été calculé par la moyenne arithmétique23 des valeurs
indiciaires de la température et de la pluviométrie obtenus.

[Link]. Données du secteur de l’agriculture pour le calcul du sous-indice


d’exposition aux risques des CC (tableau 4)
Le traitement des données s’est fait en plusieurs étapes.
 Pondérations des variables et des paramètres
Il sera présenté le processus de codage des paramètres et des variables ainsi
que les résultats obtenus
m Démarche
Quatre analyses factorielles, notamment le codage optimal (Analyse des
Correspondances Multiples (ACM)) ont été faites sur la fusion des bases de
données des hommes et des femmes24 . Ces analyses factorielles ont permis
23 Autrement nous avons donné à l’image de Guillaumont et Simonet (2012) pour le PVCCI le même poids aux
variables température et pluviométrie.
24 Car les poids et pondérations déterminés sont les mêmes à appliquer chez les hommes que chez les femmes.

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

de déterminer les poids relatifs des différents paramètres (Terre, main


d’œuvre, capacités financières, instructions) d’une part et des coefficients de
pondération des chacune des variables par paramètre d’autre part.

En ce qui concerne chaque paramètre (Terre, main d’œuvre, instructions),


il a été réalisé un codage optimal sur ses différentes variables composantes
afin de déterminer la pondération affectée à chaque variable à l’intérieur du
paramètre. Les pondérations choisies sont les parts respectives de chacune
des variables (par paramètre) dans la variance expliquée (inertie) sur le
premier plan factoriel donné par chaque codage optimal paramétrique.
Puisque le paramètre ‘’capacité financière’’ contient seulement la variable
‘’revenu mensuel’’ aucun codage optimal n’a été fait pour ce paramètre.

Un autre codage optimal a été fait sur toutes les variables de l’ensemble
des paramètres pour déterminer les poids relatifs de chaque paramètre
(Terre, main d’œuvre, capacités financières, instructions) dans le secteur de
l’agriculture. Le poids d’un paramètre est donné par la somme des parts de
chacune de ses variables composantes dans la variance expliquée (inertie)
sur le premier plan factoriel.
mRésultats
Les résultats de la pondération ont été présentés dans le tableau 4 plus
haut. Il en ressort des constats frappants suivants : a) les paramètres « terre
» et « capacités financières » ont des poids très faibles dans le secteur de
l’agriculture (resp. 4/100 et 1/100), contrairement aux paramètres « main
d’œuvre » et « alphabétisation » (resp. 45/100 et 50/100). Ces résultats ne
veulent pas dire que les paramètres « terre » et « capacités financières » sont
négligeables dans le secteur de l’agriculture au Bénin. Ils ne représentent
pas non plus les poids effectifs de ces paramètres dans l’agriculture. Ces
résultats traduisent plutôt les poids relatifs de chacun des paramètres (dans
l’ensemble des paramètres) au regard de l’ensemble des réponses données
par les 16.097 individus questionnés dans le secteur de l’agriculture.

Ce sont les variables des paramètres ‘’main d’œuvre’’ et ‘’alphabétisation’’


qui caractérisent aux mieux l’ensemble des réponses des individus. C’est
sur les variables de ces paramètres qu’il faut insister pour une classification
des individus par groupes de ressemblance et de dissemblance. En d’autres

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REVUE D’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES, ISSN : 1840-8222 - Volume 4 - Numéro 1 - Septembre 2019

termes, ces résultats traduisent que les variables des paramètres ‘’terre’’
et ‘’ capacités financières’’ ne sont pas les mieux représentées dans notre
ensemble de données.
 Calcul des sous indices par sexe et de l’IIVGcc
Chacune des variables de chaque paramètre a été transformée en valeur
indiciaire au niveau des bases de données désagrégées (hommes et femmes).
Cela s’est fait par la procédure de normalisation min-max pour les variables
quantitatives et par les calculs de proportions (probabilités) pour les
variables nominales ou dichotomiques (variables qualitatives). Ensuite pour
chaque paramètre (terre, main d’œuvre, capacités financières, instructions),
la valeur indiciaire correspondante a été calculée en faisant la moyenne
pondérée des valeurs indiciaires des différentes variables qui la compose.
Nous obtenons ainsi les indicateurs par paramètre (indices) d’état de santé
(exposition au choc) du secteur de l’agriculture selon le genre.

Par la suite, les sous-indices d’exposition aux risques du choc des CC par
sexe ont été calculés par une moyenne pondérée des indices paramétriques
respectifs obtenus. Les indices de vulnérabilité par sexe aux CC (IVCC) ont
été obtenus pour chaque sexe par la moyenne arithmétique normalisée25 du
sous-indice d’exposition aux risques du choc des CC et du sous-indice du
choc physique des changements climatiques.

Enfin, l’Indice d’inégalité de vulnérabilité de Genre aux CC a été obtenu par


le rapport entre l’IVcc des hommes et l’IVcc des femmes.

4.2. Présentation des résultats de l’IIVGcc du secteur de l’agriculture


A titre d’illustration, l’indice de vulnérabilité au changement climatique a été
calculé pour le secteur de l’agriculture sur base de la formule déjà expliqué
aux paragraphes précédents et des variables du tableau 4.

IVCCs = 0,5 IERs + 0,5 Iys

Les données de l’enquête EMICOV 2011 (tableau 4) ont permis de calculer

25 En réalité les résultats directs des moyennes arithmétiques entre les sous-indices d’exposition au risque des CC et de
choc des CC sont en lien négative avec la vulnérabilité aux CC. Pour avoir donc les valeurs indiciaires en lien positive avec
la vulnérabilité, ces moyennes arithmétiques ont été normalisées. Il s’agit en effet du retranchement de ces moyennes qui
en eux même étant déjà des valeurs indiciaires mais négativement liées à la vulnérabilité aux CC de la centaine, pour avoir
de nouveaux indices positivement liés à la vulnérabilité.

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Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

le sous-indice d’exposition au risque avant le choc des CC dans le secteur de


l’agriculture. Les données climatiques (les séries sur la pluviométrie et sur la
température) sont utilisées pour calculer le sous-indice du choc des CC sur
le secteur de l’agriculture. Ainsi, le tableau 5 donne les valeurs indiciaires
déterminantes selon le genre obtenues dans le secteur agricole

[Link] 5 : Valeurs indiciaires des variables déterminantes du secteur


agricole selon le genre

Source: Nos calculs à partir des données de EMICoV2011 et de l’expert agricole (pour les données
climatiques)

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Le tableau 6 récapitule les valeurs indiciaires des composantes de l’indice


de vulnérabilité au changement climatique dans le secteur agricole selon le
genre

[Link] 6 : Valeurs indiciaires des composantes et des paramètres de l’indice de


vulnérabilité au changement climatique dans le secteur agricole selon le genre

Source : Nos calculs à partir des données d’EMICoV2011

Ainsi, à partir de ce tableau (tableau 6), on déduit les résultats des indices
de vulnérabilité par sexe aux changements climatiques (IVcc) et de l’indice
d’inégalité de vulnérabilité de genre aux CC (IIVGcc). Le tableau 7 présente
ces résultats.

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Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

[Link] 7 : Résultats de calcul des Indices de vulnérabilités par sexe dans le secteur
de l’agriculture du Bénin et de l’IIVGcc du secteur

IVCCho = 50,115 IVCCfe = 55,115


IIVGCCA= 0,90

4.3. Analyse des résultats de l’IIVGCC du secteur de l’agriculture


Les résultats de calcul d’indices présentés dans le tableau 5 ci –dessus
montrent que les hommes et les femmes ont à peu près le même accès aux
terres agricoles car, les indices de « terres cultivables » et de « terres cultivées
» sont quasi-identiques pour les uns et les autres (respectivement 93,98
points et 4,58 pour les femmes et 93,12 et 4,69 pour les hommes). Cependant,
la situation diffère en matière du contrôle de la terre : les hommes sont
globalement les propriétaires terriens (85,1 points pour la possession des
terres contre 14,9 pour les femmes) alors que ce sont les terres possédées
par les femmes qui sont les plus sécurisées (72,1 points contre 69,3 pour les
hommes). La combinaison de tous ces effets font que dans le secteur agricole
les hommes l’emportent sur les femmes en matière d’« accès et de contrôle
sur la terre » avec un écart indiciel de 20,31 points (Tableau 6), creusé surtout
par le volet "possession des terres".

Concernant le marché du travail dans le secteur agricole, les résultats


montrent une légère différence entre les hommes et les femmes en matière
de sollicitation (26,39 points pour les femmes contre 28,81 pour les hommes,
tableau 6). Toutefois, cette légère différence cache des inégalités en matière
d’utilisation du budget-temps. En effet, l’emploi du temps des femmes est

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fortement réparti entre les activités non productives (travaux domestiques


(14,32 points contre 1,89 pour les hommes), recherche de l’eau (12,43 points
contre 2,12 pour les hommes), tab15) et l’activité agricole (45,3 points)
pendant que celui des hommes est essentiellement concentré sur les activités
agricoles (55,76 points). Cette inégalité de répartition du budget-temps
entraîne pour les femmes une situation de sous-emploi visible26 dans l’activité
productive par rapport aux hommes (41,29 points indiciels en termes de
nombre d’heures de travail productif contre 55,76 pour les hommes).

Enfin, les résultats montrent également que dans le secteur agricole, il y


a un écart significatif entre les hommes et les femmes en ce qui concerne
les capacités financières (revenu) et un écart considérable pour le niveau
d’instruction. Ces deux paramètres sont déterminants dans les inégalités de
vulnérabilité des uns et des autres. En effet, les hommes l’emportent sur les
femmes tenant compte de ces deux paramètres (respectivement 6,48 points
pour les femmes contre 9,21 points pour les hommes (capacités financières),
et 8,6 et 24,43 points pour le niveau d’instruction). Il s’agit d’une situation
de sous-emploi invisible27 pour les femmes par rapport aux hommes
dans le secteur agricole qui pourrait être expliqué par le fait qu’elles sont
majoritairement non instruites et non alphabétisées.

Ainsi, toutes choses étant égales par ailleurs, ces différents effets combinés
font que, par rapport aux changements climatiques, les femmes sont 1,10
fois plus vulnérables que les hommes dans le secteur agricole (inverse de
IIVGCC).

L’intérêt de l’indice est double. D’une part cet indice, appliqué aux indicateurs
ressortis par les travaux de modélisation des impacts des changements
climatiques sur le secteur agricole, permet de désagréger selon le sexe les
indicateurs du secteur toutes choses égales par ailleurs. Pour illustration,
supposant qu’en 2050, la production de la variété SYN du maïs (semis période
habituelle et sans engrais) dans la zone cotonnière du centre Bénin connaîtra
une baisse de 20% par rapport à la production de 2011. En appliquant l’IIVGcc

26 Le sous-emploi visible, qui se caractérise par un nombre d’heures de travail insuffisant, reflétant une durée du travail
inadéquate
27 Car les femmes travaillent presque comme les hommes mais sont moins rémunérées que ces derniers les autres formes
de sous-emploi (parfois qualifiées de sous-emploi invisible), qui se caractérisent par un revenu horaire insuffisant, un
mauvais emploi des compétences professionnelles, etc., reflétant une productivité du travail inadéquate résultant d’une
mauvaise répartition des ressources de main-d’œuvre ou d’un déséquilibre fondamental entre le travail et les autres

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

calculée, ce résultat s’interprète comme suit : « en 2050 où l’on s’attend à une


baisse de la production totale (hommes et femmes) de la variété SYN du maïs
(semis période habituelle et sans engrais) dans la zone cotonnière du centre
Bénin de 78264 tonnes par rapport à 2011 (soit 20% de baisse de production,
avec l’IIVGCC de 0,90, la production des femmes connaîtra une baisse de
10% de plus que celles des hommes, sans pour autant en estimer la valeur
absolue ».

D’autre part, le calcul de cet indice permet de déterminer les actions à mettre
en œuvre pour réduire les inégalités de vulnérabilité entre les hommes et les
femmes dans le secteur de l’agriculture.

Au regard des résultats, deux paramètres concentrent 87% des inégalités de


genre du secteur agricole. Il s’agit du paramètre « accès au terres cultivables
» (50%) et « l’instruction » (37%). A cela s’ajoute le problème « du sous-
emploi visible » des femmes. L’analyse des inégalités de genre existantes et la
vulnérabilité qui s’en suit permettra d’identifier les axes de stratégie à mettre
en place pour atténuer les impacts possibles des changements climatiques
sur ces inégalités
Accès aux terres cultivables
Les femmes ne sont pas propriétaires des terres agricoles qu’elles cultivent.
Ceci se dégage des résultats indiciaires de la variable « possession des
terres » où les hommes totalisent 85,1 points indiciaires contre 14,9 pour
les femmes (tableau 5). Cette situation entretient une insécurité foncière
pour les femmes dans la mesure où elles sont bénéficiaires temporaires des
terres qu’elles cultivent et n’ont donc pas le pouvoir de décision sur l’usage
de la terre. A tout instant, cet usage de la terre peut leur être retiré, ce qui
constitue en soi une vulnérabilité. Avec les changements climatiques, cette
vulnérabilité va s’accentuer dans la mesure où les hommes, propriétaires
des terres, risquent de récupérer les terres fertiles cultivées par les femmes
dans l’optique d’accroitre les superficies cultivées, au fur et à mesure que le
rendement par ha baisse. Les femmes vont exploiter les terres marginales
moins fertiles et auront ainsi une baisse plus accrue de la productivité et de
la production agricole.
Instruction
L’instruction occupe la deuxième place en matière d’inégalité de vulnérabilité

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des femmes. La valeur indiciaire des femmes pour le niveau d’instruction


est de 8,6 points contre 23,43 points pour les hommes. L’analphabétisme
constitue un handicap pour les femmes et pour l’adaptation aux changements
climatiques. En effet, les femmes analphabètes ou peu instruites ont un accès
limité aux informations sur les CC et aux technologies en rapport avec les CC.
Les techniques de communication de masse utilisées aujourd’hui (radio et
la télévision, réunions publiques) ne sont pas suffisantes pour informer et
éduquer les femmes sur les défis et les enjeux des CC. L’accès des femmes
aux informations par les mass media est limité par le manque de temps pour
suivre les informations (multiplicité des taches). La participation des femmes
aux réunions est limitée par plusieurs facteurs notamment par le fait que
(i) les femmes ne comprennent pas les enjeux d’une telle participation, (ii)
elles se sentent marginalisées dans la conduite des débats (iii) elles n’ont pas
confiance en elles-mêmes pour poser des questions, etc. La mise en œuvre des
mesures techniques d’adaptation prévues par les politiques agricoles contre
les effets pervers des CC (déplacement des périodes de semis, régulation des
dosages d’engrais, mise en jachères préventives des terres, division du travail,
etc.) risque d’être limitée, si un accompagnement des femmes adapté à leurs
capacités spécifiques n’est pas assuré. Ceci pourrait déjouer les prévisions de
production agricole.
 Sous-emploi visible
Le calcul de l’IIVGcc a révélé une dispersion des femmes dans des taches
multiples (productif et non productif) au moment où les hommes sont
plutôt concentrés dans les travaux de production. Cette dispersion risque
de s’aggraver avec le CC en raison des effets pervers attendus. La sécheresse
va induire un accroissement du temps consacré au travail non productif
des femmes (par exemple recherche de bois, recherche de l’eau, travaux
domestiques etc…). Par ailleurs, avec les CC, on assistera à une perte de
contrôle de plus en plus forte du calendrier journalier par les femmes (durée
incertaine de la recherche de l’eau et du bois), ce qui pourrait déjouer les
prévisions en rapport avec le calendrier de semis et d’épandage d’engrais dans
le cadre des mesures d’adaptation aux CC. Aussi, au regard de l’organisation
sociale des travaux champêtres en vigueur dans certaines régions du pays,
les femmes cultivent les champs de leurs maris avant de cultiver leurs
propres champs. Dans le contexte des CC, les champs des femmes seront
plus exposés aux risques d’improductivité à cause des trois effets combinées
(accroissement du temps consacré aux travaux non productifs, perte de
contrôle du calendrier journalier, organisation sociale priorisant les travaux

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

CONCLUSION

dans les champs du mari).


Les changements climatiques sont des phénomènes physiques dont la
manifestation se traduit par la hausse probable des températures et la baisse
probable des précipitations occasionnant notamment des inondations,
des sécheresses, des vents violents, des érosions côtières, l’intrusion saline
etc. Certes, les changements climatiques frappent de la même manière, les
hommes et les femmes mais la vulnérabilité aux impacts des changements
climatiques est variable selon le sexe, les tranches d’âge, les niveaux de
revenus, les professions, …

Comment mesurer et intégrer ces inégalités de vulnérabilité (face aux chocs


climatiques) dans la modélisation des impacts du changement climatique
par secteur de développement ? En s’inspirant des travaux antérieurs
sur la mesure de la pauvreté et de la vulnérabilité, il a été défini un indice
d’inégalité de vulnérabilité sexospécifique permettant de désagréger selon
le sexe les mesures des impacts des changements climatiques par secteur de
développement.

L’indice d’inégalité de vulnérabilité de genre aux changements climatiques


(IIVGCC), développé dans le présent papier, est inspiré de la méthodologie
de calcul de l’EVI (Economic Vulnerability Index ou indice de vulnérabilité
économique) développée par Guillaumont (2008, rappelé dans Cariolle,
2010) et celle proposée par le PNUD (2011) pour la mesure de la vulnérabilité
dans le cadre de la pauvreté. Il combine l’exposition à la vulnérabilité avant
le choc climatique et la vulnérabilité liée au choc climatique.

Les données de l’enquête EMICOV 2011 du Bénin, ont permis de calculer


l’IIVGCC instantané dans le secteur agricole. On note que les femmes
sont 1,10 fois plus vulnérables que les hommes dans le secteur agricole
béninois. Cet indice détermine le poids à affecter aux hommes et aux femmes
dans les indicateurs calculés par les modèles du secteur agricole. Il ressort
également des facteurs déterminants d'inégalité et de vulnérabilité dans le

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secteur agricol. D’autre part en termes de mesure de réduction des inégalités


de genre en matière d’adaptation et de résilience aux CC, ce résultat suggère
la mise en œuvre de politiques sociales en faveur des femmes dans le domaine
de l’agriculture au Bénin, à savoir par exemple la promotion de la propriété
et de la sécurisation foncière féminines, la promotion de l’alphabétisation et
de l’instruction des filles et des femmes, l’élaboration et l’implémentation
pratique d’une stratégie de communication adaptée aux femmes rurales, et la
promotion du travail productif féminin en vue de la maîtrise des technologies
et du calendrier des semis.

Par ailleurs, il n’a pas été possible d’estimer l’évolution future de cet IIVGCC
compte tenu de l’inexistence d’étude sur les prévisions (intégrant les
changements climatiques) des paramètres de calcul de l’IIVGcc définis dans
la présente étude pour le secteur agricole.
Enfin, pour les autres secteurs de l’économie (eau, sécurité alimentaire et
santé), le calcul de l’IIVGCC pourrait également se faire. Il est donc d’un
intérêt crucial de :

Achever les calculs de l’IIVGcc instantané pour les secteurs de


la sécurité alimentaire, de l’eau et de la santé en organisant la collecte des
données nécessaires à ces calculs ;

Initier des études sur les prévisions intégrant les CC, des paramètres
sectoriels permettant un calcul dynamique de l’IIVGCC sur des horizons
futurs.

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Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

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REVUE D’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES, ISSN : 1840-8222 - Volume 4 - Numéro 1 - Septembre 2019

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Fébronie AKIMABERA et Sèdjro C. Rodrigue DOSSOU-CADJA : Pouvez-vous m’entendre ? sur les changements climatiques :
Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

ANNEXE

Complément à la description de la méthodologie de l’IIVGCC

La méthodologie de calcul que nous proposons pour cet indice découle des
ratios de vulnérabilité du PNUD (2011) et l’EVI (Cariolle, 2010).

Considérons un secteur quelconque S de l’économie du Bénin. Dans un


contexte d’analyse genre, il est clair a priori que le secteur "S" est tourné
par les deux composantes du genre à savoir : les hommes (Hs) et les femmes
(Fs). Même si l’on admet que le développement ou le fonctionnement du
secteur S est induit par une synergie complémentariste des actions de (Hs)
et de (Fs) sur les variables déterminantes de S, il est toujours possible de
désagréger ces actions par variable en fonction de (Hs) ou de (Fs). Dès lors
on appréhende directement les actions (ou les exploits) par sexe sur les
variables déterminant le secteur S.

Soient X1, X2,….., Xn, les n variables déterminant le secteur S et exposées


chacune simultanément aux actions des hommes et des femmes. Comme les
effets des changements climatiques concernent l’économie, toute entière,
tous les secteurs de l’économie dont le secteur "S" y sont sensibles. A partir
de cet instant, il est clair qu’on peut se prêter au calcul d’un indicateur de
vulnérabilité aux changements climatiques pour le secteur "S" et donc pour
tous les autres secteurs de développement de l’économie nationale. Du fait
de la possibilité de désagrégation des actions de la communauté humaine
sur les variables déterminant chaque secteur selon le sexe, cet indicateur de
vulnérabilité peut être calculé par sexe pour chaque secteur. La question à
présent est de savoir comment concevoir cet indicateur ?

Calcul de l’indice de vulnérabilité aux CC pour le secteur théorique "S"

Conformément à la méthodologie de calcul de l’EVI, la vulnérabilité du secteur


S aux changements climatiques comporte deux composantes essentielles :
son degré d’exposition aux risques avant le choc des CC, et le choc des CC.
Le degré d’exposition aux risques de S est une moyenne pondérée des ratios
de vulnérabilité théorique (au sens du PNUD (2011)) par variable du secteur
S (Xi,i=1…n) , des individus du pays.

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REVUE D’ANALYSE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES, ISSN : 1840-8222 - Volume 4 - Numéro 1 - Septembre 2019

Nous appréhendons " la notion de choc des changements climatiques"


dans la même optique que le calcul de l’EVI. Ainsi le choc des changements
climatiques sur le secteur S sera mesuré par un indice issu de la normalisation
min-max28 des variables climatiques ou "proxys climatique" nommée Ys
(pouvant mesurer une instabilité) ayant des corrélations justifiées directes
et fortes avec le secteur "S", et dont les fluctuations négatives peuvent
déstabiliser la santé du secteur "S".

Ainsi, l’indice de vulnérabilité aux CC du secteur "S" (IVCCs) est la moyenne


arithmétique simple de l’indice d’exposition aux risques de S (IERs) et de
l’indicateur potentiel du choc des CC sur S noté Iys avec ys la combinaison
des variables ‘’proxys-climatiques ‘’ identifiées pour le secteur S. Soit :
IVCCs = 0,5 IERs + 0,5 Iys

Description du calcul de l’ IERs (indice d’exposition aux risques du secteur S)


Les variables Xi,i=1…n définies plus haut sont les principaux déterminants
du développement du secteur S sous l’effet de l’action des hommes et des
femmes du pays. On a :

= avec αi le poids de Xi dans le développement du secteur S, et


RXi le ratio de vulnérabilité de la variable Xi .

Le calcul du ratio de la vulnérabilité de la variable Xi noté RXi se fait de


façon analogue au ratio de vulnérabilité proposée par le PNUD (2011). Il
suffit de substituer la bonne santé de aux non-pauvres et sa mauvaise santé
aux pauvres.

Puisque ce ratio peut être calculé par sexe comme le précise le PNUD (2011)
dans sa méthodologie pour le cas de la pauvreté (conf en [Link].), il est
évident qu’on peut avoir aisément les selon le genre et donc l’IVCCs pour
les hommes et pour les femmes29 .

En absence d’observation inter-temporelle pour les Xi comme dans le cas du


PNUD (2011), le ratio de Xi peut être calculé par sa normalisation min-max
à l’instant t dont on dispose de ses données (même par sexe).

Dans la modélisation de l’impact des changements climatiques par secteur de

28 Confère méthodologie de calcul de l’EVI


29 Si aucune ambiguïté n’est à craindre on gardera la même valeur de Iys

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Inégalités et Vulnérabilité-Genre au Bénin

développement selon le genre, l’IVCCs que nous proposons est un indicateur


synthétique qui est doté d’une pertinence interne et externe à mesurer les
différents potentiels effets. Ainsi, à partir des IVCC par secteur selon le sexe,
nous pouvons mesurer les inégalités de vulnérabilités aux CC par secteur
des hommes et des femmes grâce à l’Indice d’Inégalité de Vulnérabilité de
Genre aux Changements climatiques par secteur (IIVGCC) par secteur
de développement définit de la façon suivante pour le secteur S :
IVCCs des femmes
IIVGCCs =
IVCCs des hommes

Si S1, S2,….., Sp, sont les p secteurs de développement de l’économie, et β1,β2,...,βp


les poids respectifs de chacun de ces p secteurs dans le développement du
pays (soit par exemple la contribution au PIB de chacun des p secteurs), on
peut calculer l’Indice Globale d’Inégalité de Vulnérabilité de Genre aux
Changements climatiques (IGIVGcc) dans l’économie nationale défini par
la somme pondérée IIVGCCsk des pour les p secteurs de développement de
l’économie. Soit :

Bien évidemment, on peut toujours calculer un IGIVGcc partiel pour j


d’entre des p secteurs de développement de l’économie en arrêtant la somme
pondérée des IIVGCCs au j-ième secteur.

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