100% ont trouvé ce document utile (2 votes)
296 vues64 pages

Cours de Rhéologie 2023-2024

Le document présente le cours de rhéologie pour l'année universitaire 2023-2024 à la Faculté des Sciences d'Oujda, dirigé par le professeur M. Benelmostafa. Il aborde des notions fondamentales de la rhéologie, y compris le mouvement laminaire, la viscoélasticité, et les tenseurs, ainsi que des modèles analogiques de matériaux polymères et les différents types de rhéomètres. Le cours est structuré en trois chapitres, chacun explorant des aspects clés de la rhéologie et de son application dans divers domaines.

Transféré par

mohamed fares
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (2 votes)
296 vues64 pages

Cours de Rhéologie 2023-2024

Le document présente le cours de rhéologie pour l'année universitaire 2023-2024 à la Faculté des Sciences d'Oujda, dirigé par le professeur M. Benelmostafa. Il aborde des notions fondamentales de la rhéologie, y compris le mouvement laminaire, la viscoélasticité, et les tenseurs, ainsi que des modèles analogiques de matériaux polymères et les différents types de rhéomètres. Le cours est structuré en trois chapitres, chacun explorant des aspects clés de la rhéologie et de son application dans divers domaines.

Transféré par

mohamed fares
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Année universitaire : 2023_2024

Faculté des Sciences

Oujda

Master: Mécanique et Energétique

Cours de Rhéologie.

Année universitaire: 2023-2024

Professeur: [Link]

1
Année universitaire : 2023_2024

Sommaire :
Introduction ;…………………………………………………………….……………….…………………………………………….3
Chapitre I : Quelques notions de la rhéologie………………….………………………….…………………………….5
I-1/Qu’est ce qu’un mouvement laminaire de cisaillement ?............................................................6

I-2/Qu’est ce qu’est la viscoélasticité ?..............................................................................................6

I-3/Les différents tenseurs :…………………………………………………………………………………………………………7

I-3-1/Tenseur des contraintes….…………………………………………………………………………………………..…7

I-3-2/Tenseur gradient de déplacement et tenseur de déformation……………………………………….8

I-3-3/Tenseur de la vitesse de déformation…………………………………………………………………………….9

I-4/Equation rhéologique d’état et lois D’écoulement et de déformation……………………………………10

I-4-1/ Equation rhéologique d’état………………………………………………………………………………………….10

I-4-2/Lois D’écoulement et de déformation……………………………………………………………………..…....10

I-5/Les modules d’élasticité :…………………………………………………………………… ………………………………..11

Chapitre II : Modèles analogiques des matériaux polymères et expériences…………………………...13


II-1/Viscoélasticité linéaire :………………………………………………………………………………………………….…….14

II-1-1/Fonctions de fluage et de relaxation ;…………………………………………………………………………...14

II-1-2/Modèles viscoélastiques et leur comportement dans le régime linéaire;………………..…....15

II-1-2-1/Modèles élémentaires……………………………………………………………………………………………15

II-1-2-2/Modèles composés………………………………………………………………………………………..……...16

II-1-2-3/Comportement viscoélastique général…………………………………………………………..…….. 23

II-1-3/Comportement des matériaux viscoélastiques dans le régime sinusoïdal……………………...27

II-2/Comportement non linéaire :………………………………………………………………………………………….……..31

II-2-1/Solide parfaitement plastique………………………………………………………………………………………..31

II-2-2/Solide élastique parfaitement plastique…………………………………………………………………………32

II-3/Classification des matériaux polymères à l’état fluide………………………………..………………………….32

II-3-1/Fluides non newtoniens indépendants du temps……………………………….………………………….33

II-3-1-1/Fluides sans contrainte critique……………………………………………………….…………………….33

II-3-1-2/Fluides à contrainte critique………………………………………………………………….……………….34

2
Année universitaire : 2023_2024

II-3-2/ Fluides non newtoniens dépendants du temps…………………………………………………………….37

II-4/Origines microscopiques de la viscoélasticité et la superposition temps-température…………..39

II-4-1/Notion de la macromolécule……………………………………………………………………………………...... 39

II-4-2/Origines microscopiques des élasticités instantanée et retardée…………………………………..40

II-4-2-1/Elasticité instantanée…………………………………………………………………………………………..…41

II-4-2-2/Elasticité retardée………………………………………………………………………………………………..…41

II-4-3/La superposition temps-température..…………………………………………………………………………..42

II-4-3-1/La courbe maîtresse………………………………………………………………………………………….……42

II-4-3-2/La relation de Williams, Landel et Ferry (WLF) …………………………………………….…………43

Chapitre III : Les rhéomètres……………………………………………………………………………………………………..46


III-1/Rhéomètres en régime permanent……………………………………………………………………………………….47

III-1-1/Rhéomètres de type couette…………………………………………………………………………………………47

III-1-1-1/Rhéomètres plans à translation………………………………………………………………………….….47

III-1-1-2/Rhéomètres rotatifs cylindriques.…………………………………………………………………….……49

III-1-1-3/Rhéomètres rotatifs à cône/plateau……………………………………………………………………..51

III-1-2/Rhéomètre de type Poiseuille………………………………………………………………………………………52

III-2/Rhéomètres en régime transitoire………………………………………………………………………………………..54

III-2-1/Rhéomètres à fluage…………………………………………………………………………………………………..…54

III-2-2/Rhéomètres à relaxation……………………………………………………………………………………………....54

III-3/Rhéomètres en régime sinusoïdale……………………………………………………………………………………....55

III-3-1/Rhéomètres à oscillations forcées……………………………………………………………………………..….56

III-3-2/Rhéomètres à oscillations libres…………………………………………………………………………………...58

Annexe I ;…………………………………………………………………………………………………………………………….…….60
Annexe II ;…………………………………………………………………………………………………………………………….…..62
Bibliographie ;…………………………………………………………………………………………………………………..….…63

3
Année universitaire : 2023_2024

Introduction [2][8];
Mot créé aux États Unis en 1929 par Eugène Cook Bingham (1878-1945). L'émergence de la
rhéologie est liée à l'épanouissement des polymères. …et bien sûrla construction des premiers
rhéomètres.

Étymologiquement, la rhéologie est une science qui traite de l'écoulement, des déformations, et plus
généralement de la viscosité des matériaux sous l'action de contraintes. La rhéologie est capable
d'intégrer l'étude de l'ensemble des substances, qu'elle soient liquides ou solides. Mais dans la
plupart des cas , le formulateur doit traiter de problèmes qui concernent des solides pâteux ou des
liquides épais. Les termes utilisés ici sont volontairement équivoques. En effet, il faut être conscient
du fait que la notion de liquide recouvre aussi bien des liquides très fluides comme l'eau, les
solvants organiques, les solutions et les dispersions diluées mais aussi des substances beaucoup plus
visqueuses et consistantes à l'aspect pâteux, semi solide voire même solide. Ces différences sont
souvent dues à la très large gamme d'échelle de temps qui concerne le mécanisme d'écoulement.
L'écoulement d'un fluide comme l'eau s'effectue instantanément sous l'effet de la pesanteur. Dans
certains cas, il faudra attendre quelques heures, pour observer un début d'écoulement significatif.
C'est le cas extrême des verres des vitraux des cathédrales dont l'écoulement s'opère à l'échelle des
siècles !

Malgré ces différences d'échelle de temps , ce sont les mêmes lois de comportement et les mêmes
grandeurs qui régissent les écoulements.

La viscosité n'est pas la seule grandeur à observer, la plupart des matériaux possèdent également
des propriétés élastiques d'autant plus marquées qu'ils possèdent une organisation moléculaire
complexe. La viscoélasticité étudie de concert les propriétés visqueuses et élastiques des matériaux
qui sont décelables pour des faibles contraintes appliquées. Si l’on applique des fortes contraintes ,
un matériau qui semblait solide peut se mettre à s’écouler . Il révèle alors un caractère plastique.

Le champ d’investigation de la Rhéologie est large :

- Les liquides pâteux : Fabrication de verre, industrie agroalimentaire.


- La mise en forme des pièces : Injection ou extrusion des polymères et métaux ; laminage ;
forgeage.
- En Géomécanique : La déformation des fondations.
- En Géophysique : les glissements de terrain ; l’écoulement de la lave et du magma.
- En Agronomie : Le comportement des fruits et légumes sous une contrainte d’écrasement.
- En Médecine : Le comportement du sang et l’homéostasie.

Dans notre vie quotidienne, on a tendance à manipuler des substances qui ont des comportements
à la fois fluide et solide telles que des crèmes, mousses, savons, peintures, sauces, purées ou pâtes
de gâteaux… . Physiquement, un tel comportement ne peut pas être expliqué par la théorie de
l’élasticité et de la mécanique des fluides puisqu’il est intermédiaire entre celui d’un solide élastique
(où les contraintes sont proportionnelles aux déformations) et celui d’un fluide newtonien visqueux

4
Année universitaire : 2023_2024

(où les contraintes sont proportionnelles aux vitesses de déformation). Il est apparu donc, d’élaborer
une discipline nouvelle qui est la rhéologie:

La rhéologie, mot inventé par BINGHAM en 1929 à partir du verbe grec 𝜌𝜀́𝜔 qui veut dire
couler, est une discipline qui traite de l’écoulement, des déformations des matériaux sous l’action
des contraintes, c'est-à-dire que son champ d’étude devrait être très étendu. Elle s’est constituée de
façon autonome à partir de 1928 et s’est développée très rapidement depuis. Son intérêt est rendu
chaque jour plus évident par l’apparition d’un nombre sans cesse croissant de substances au
comportement complexe : Suspensions, émulsions, polymères, … :

On a choisit de diviser ce cours en trois grandes parties. Tout d’abord, on commencera par une
initiation à ce domaine en donnant quelques notions de base de la rhéologie afin de nous
familiariser avec les grandeurs souvent utilisées. Le deuxième chapitre sera consacré à la
détermination des modèles analogiques des différents matériaux viscoélastiques ainsi que leurs
comportements envers des sollicitations en contraintes, déformations ou dynamiques, puis on
classifiera les matériaux polymères à l’état [Link], on donnera une étude des différents types
des rhéomètres dans trois régimes qui sont : le régime permanent, le régime transitoire et le régime
dynamique.

5
Année universitaire : 2023_2024

Chapitre I :
Quelques notions en
rhéologie

6
Année universitaire : 2023_2024

Avant d’aborder ce sujet, on va se familiariser avec les termes utilisés dans cette discipline. Il
est indispensable de définir quelques grandeurs physiques principales intervenant dans le domaine
de la rhéologie, c’est pour cela que ce chapitre sera consacré à la définition des notions de base de la
rhéologie.

I-1/QU’EST-CE QU’UN MOUVEMENT DE CISAILLEMENT ? [3]

Un mouvement laminaire de cisaillement est un mouvement au cours duquel le matériau présente


une structure en lamelles, en couches adjacentes d’épaisseur infiniment mince. La déformation du
matériau s’effectue par un glissement relatif des différentes couches les unes sur les autres sans
qu’il y ait de transfert de matière d’une couche à l’autre, c’est un mouvement strictement ordonné et
stratifié qui se produit sans brassage du matériau et sans variation de son volume.

Un exemple particulièrement simple de cisaillement concerne le mouvement d’un échantillon


entre deux surfaces planes, l’une au repos, l’autre est animée d’un mouvement parallèle à elle-
même. Ce mouvement peut être celui d’une peinture brossée sur un mur, d’une crème cosmétique
étendue sur la peau, du beurre étalé sur une tranche de pain…

La viscosité [9]:

La viscosité de cisaillement, plus couramment appelée "viscosité", caractérise la résistance au


glissement opposée par deux couches de substance, proches l'une de l'autre, lorsqu'elles sont
soumises à une contrainte appliquée dans leur plan.

I-2/QU’EST-CE QUE LA VISCOELASTICITE ?

Tous les liquides présentent un comportement visqueux. Mais, à condition de posséder une
structure relativement complexe, ils présentent également des propriétés élastiques. Cette élasticité
se manifeste en particulier par le fait que lorsqu’on supprime brutalement un cisaillement, il
apparait un régime transitoire pendant lequel la structure de l’échantillon évolue avant de se
stabiliser. Si l’on considère par exemple le cas d’une solution de polymère, l’application brutale
d’un cisaillement brusque va faire évoluer la conformation des macromolécules d’une configuration
repliée sur elle-même (de type pelote statistique), à une configuration plus étirée :

7
Année universitaire : 2023_2024

Il est facile de comprendre qu’en passant de l’état de repos à l’état d’équilibre sous cisaillement,
la macromolécule emmagasine de l’énergie élastique qui est susceptible de restituer après
suppression du cisaillement : Tout se passe comme si la macromolécule jouait le rôle d’un ressort.

I-3/LES TENSEURS :[4][6]

I-3-1/Tenseur des contraintes :

Considérons un élément de volume dxdydzsoumis à des forces de volume (inertie, pesanteur,…)


appliquées au centre de gravité de l’élément de volume et à des forces de surface, issues de l’action
du milieu extérieur sur cet élément.

Les contraintes correspondantes sur les surfaces orientées du parallélépipède doivent être
définies en grandeur et en direction par leur projection dans l’axe des coordonnées. On définit ainsi
un tableau de neuf éléments qui constitue un tenseur de deuxième ordre :
𝝈𝒙𝒙 𝝉𝒙𝒚 𝝉𝒙𝒛
𝝈𝒊𝒋 = ( 𝝉𝒚𝒙 𝝈𝒚𝒚 𝝉𝒚𝒛 )
𝝉𝒛𝒙 𝝉𝒛𝒚 𝝈𝒛𝒛

Avec :

- 𝜏𝑖𝑗 = 𝜏𝑗𝑖 et sachant que i et j peuvent prendre les valeurs x, y ou z.

Décomposition du tenseur des contraintes :

Soit𝜎̅ la trace du tenseur des contraintes telle que :

1
𝜎̅ = (𝜎 + 𝜎𝑦𝑦 + 𝜎𝑧𝑧 )
3 𝑥𝑥
On peut décomposer le tenseur des contraintes en un tenseur isotrope 𝜎̅𝛿𝑖𝑗 et un autre
anisotrope 𝜏𝑖𝑗 :

𝜎𝑖𝑗 = 𝜎̅𝛿𝑖𝑗 + 𝜏𝑖𝑗

8
Année universitaire : 2023_2024

Soit :

2𝜎𝑥𝑥 − (𝜎𝑦𝑦 + 𝜎𝑧𝑧 )


𝜏𝑥𝑦 𝜏𝑥𝑧
3
1 0 0 2𝜎𝑦𝑦 − (𝜎𝑥𝑥 + 𝜎𝑧𝑧 )
𝜎𝑖𝑗 = 𝜎̅ (0 1 0) + 𝜏𝑦𝑥 𝜏𝑦𝑧
0 0 1 3
2𝜎𝑧𝑧 − (𝜎𝑥𝑥 + 𝜎𝑦𝑦 )
( 𝜏𝑧𝑥 𝜏𝑧𝑦 )
3
Remarque :

Le tenseur isotrope est responsable des modifications de volume du matériau, alors que le
tenseur anisotrope est responsable de ses déformations.

I-3-2/Tenseur gradient de déplacement et tenseur de déformation:

L’amplitude du déplacement dans un matériau est généralement définie en considérant le


déplacement infinitésimal relatif c.à.d. la différence entre les déplacements des points M1 et M2
rapportée à leur écartement initial. Le déplacement relatif est noté |δ| est tel que :

⃗⃗⃗⃗
𝛿2 − ⃗⃗⃗
𝛿1 𝑑𝛿
|𝛿| = lim = ( )
𝑀1 𝑀2 →0 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑀1 𝑀2 𝑑𝑆 𝑀1

Ainsi, on définit le tenseur gradient de déplacement tel que :

𝝏𝜹𝒙 𝝏𝜹𝒙 𝝏𝜹𝒙


𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛
𝝏𝜹𝒚 𝝏𝜹𝒚 𝝏𝜹𝒚
𝜺𝒊𝒋 =
𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛
𝝏𝜹𝒛 𝝏𝜹𝒛 𝝏𝜹𝒛
( 𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛 )

Avec :
𝜕𝛿𝑥
⁄𝜕𝑦Représente le déplacement relatif dans la direction x de deux points initialement distants de
dy dans la direction y.

9
Année universitaire : 2023_2024

Décomposition du tenseur gradient de déplacement :

𝜀𝑖𝑗 Peut être décomposé en un tenseur symétrique 𝑒𝑖𝑗 et un autre antisymétrique 𝑟𝑖𝑗 tels que :

𝑒𝑖𝑗 = 𝜀𝑖𝑗 + 𝜀𝑗𝑖


{𝑟 = 𝜀 − 𝜀
𝑖𝑗 𝑖𝑗 𝑗𝑖

Soit :

1
𝜀𝑖𝑗 = (𝑒 + 𝑟𝑖𝑗 )
2 𝑖𝑗
Signification des deux tenseurs :

 𝑟𝑖𝑗 est appelé tenseur de rotation, il traduit une rotation en bloc de l’élément dxdydz considéré
sans déformation.
 𝑒𝑖𝑗 est appelé tenseur de déformation et traduit la déformation d’un élément dxdydz sans
rotation. Il peut être décomposé en deux parties : un tenseur isotrope 𝑒̅ 𝛿𝑖𝑗 et un tenseur
anisotrope 𝛾𝑖𝑗 tel que :

𝑒𝑖𝑗 = 𝑒̅ 𝛿𝑖𝑗 + 𝛾𝑖𝑗

Avec :
2 𝜕𝛿𝑥 𝜕𝛿𝑦 𝜕𝛿𝑧
𝑒̅ = ( + + ) : est la trace de𝑒𝑖𝑗 .
3 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧

- 𝑒̅𝛿𝑖𝑗 donne des renseignements sur les dilatations volumiques du matériau.


- 𝛾𝑖𝑗 donne des renseignements sur le glissement du matériau. On l’appelle : tenseur de
cisaillement.

I-3-3/Tenseur de la vitesse de déformation :

Dans le cas des matériaux solides, les vitesses de déplacement sont faibles et les contraintes sont
en relation directe avec les déformations observées sur une courte période, d’où la définition des
tenseurs de gradient de déplacement et de déformation. Dans le cas des liquides qui s’écoulent au
contraire, une telle définition n’est plus adaptée et on utilise un tenseur de vitesse de déformation.
𝜕𝛿
Effectivement, à une déformation( 𝜕𝑦𝑥 𝑑𝑦)correspond une vitesse de déformation :

𝜕 𝜕𝛿𝑥
𝑈𝑥 = ( 𝑑𝑦)
𝜕𝑡 𝜕𝑦

En général, on associe à tout tenseur de gradient de déplacement un tenseur de vitesse de


déformation 𝑒̇𝑖𝑗 , et à tout tenseur de rotation un tenseur de vitesse de rotation 𝜔𝑖𝑗 de telle sorte que :

𝝏 𝝏𝑼𝒋 𝝏𝑼𝒊
𝒆̇ 𝒊𝒋 = 𝒆𝒊𝒋 = [ + ]
𝝏𝒕 𝝏𝒙𝒊 𝝏𝒙𝒋
𝝏 𝝏𝑼𝒋 𝝏𝑼𝒊
𝝎𝒊𝒋 = 𝒓𝒊𝒋 = [ − ]
{ 𝝏𝒕 𝝏𝒙𝒊 𝝏𝒙𝒋

10
Année universitaire : 2023_2024

Les xi et xj peuvent être soit x, y ou z.

I-4/EQUATION RHEOLOGIQUE D’ETAT ET LOIS D’ECOULEMENT ET DE DEFORMATION[2]:

I-4-1/Equation rhéologique :

Tout système mécanique obéit à une équation fondamentale qui établit une relation entre les
grandeurs dynamiques responsables du mouvement, et les grandeurs cinématiques décrivant ce
mouvement. Il en est aussi en rhéologie, où existe une relation entre la déformation de cisaillement
et la contrainte de cisaillement, relation qui dépend des propriétés et de la nature du matériau. Nous
noterons cette relation par :

𝜸 = 𝒇(𝝉)

C’est l’équation rhéologique d’état de la substance, sa connaissance détermine toutes les


propriétés rhéologiques du matériau.

I-4-2/Lois d’écoulement et de déformation :

Dans cette partie nous examinerons la réponse de certains matériaux à des états de contrainte
déterminée. Nous obtiendrons des lois d’écoulement pour les fluides et des lois de déformation pour
des solides.

- L’équation rhéologique d’un matériau viscoélastique incompressible s’écrit de la façon


suivante :

𝜏𝑖𝑗 = 𝜏𝑖𝑗 (𝛾̇ 𝑖𝑗 ; 𝛾𝑖𝑗 ; 𝑡 )

- L’équation rhéologique d’un fluide purement visqueux, au comportement indépendant du


temps est de la forme:

𝜏𝑖𝑗 = 𝜏𝑖𝑗 (𝛾̇ 𝑖𝑗 )

Dans le cas d’un cisaillement simple, il n’y a aucune ambiguïté sur les indices. Donc, on peut
écrire l’équation précédente sous la forme suivante :

𝜏 = 𝜏(𝛾̇ )

De plus, si le fluide est au comportement dépendant du temps, l’équation s’écriera comme suite :

𝜏 = 𝜏(𝛾̇ ; 𝑡 )

- Certains types de fluides présentent à la fois des propriétés de l’état fluide et de l’état
solide : on parlera de fluides viscoélastiques avec :

𝜏 = 𝜏(𝛾̇ ; 𝛾 ; 𝑡 )

I-5/LES MODULES D’ELASTICITE [7]:

On distinguera entre deux types d’expériences :

- Expérience d’élongation :

11
Année universitaire : 2023_2024

Considérons un matériau échantillon sous la forme d’un parallélépipède. Cette expérience


consiste à appliquer une force uni axiale ou d’une compression sur la surface carré du
parallélépipède :

La contrainte appliquée dans ce cas est donnée par :

𝐹
𝜎=
𝐴2
Cette contrainte implique une déformation 𝜀.

En termes de physique classique, le module d’élongation E ou la complaisance D sont définis par


la première expression, de Hooke :

𝟏 𝝈
𝑬= =
𝑫 𝜺
- Expérience de cisaillement simple :

Soit un matériau échantillon sous la forme d’un parallélépipède. Lors de cette expérience, la
force appliquée F est tangentielle à la surface latérale alors que la surface qui lui est opposée est
fixée sur un support rigide :

La contrainte appliquée est donnée par :

𝐹
𝜏=
𝐴𝐵
La déformation de cisaillement résultante est :

𝛾 = 𝑡𝑔 𝜃

12
Année universitaire : 2023_2024

Le module de cisaillement G ou la complaisance élastique J sont définis par la deuxième


expression de la loi de Hooke :

𝟏 𝝉
𝑮= =
𝑱 𝜸

13
Année universitaire : 2023_2024

Chapitre II :
Modèles analogiques des
matériaux polymères et
expériences

14
Année universitaire : 2023_2024

Avant que n’existe la rhéologie, les physiciens avaient déjà éprouvé le besoin de définir un
certain nombre de corps idéaux. Parmi eux, il faut d’abord citer :

-Le solide d’Euclide qui est un matériau indéformable sous une sollicitation donnée.

-Le liquide de Pascal, qui est un matériau qui se déforme sans effort et donc sans dissipation
d’énergie en chaleur.

Or, de tels solides et liquides n’existent [Link] se qui va suivre, nous utiliserons des corps
idéaux un peu moins éloignés de la réalité, ce sont :

- Corps de Hooke :

C’est un corps dont la relation entre contrainte imposée et déformation obtenue est linéaire.

- Liquide de Newton :

C’est un liquide qui se déforme lors de l’application d’une contrainte et dont la relation entre la
contrainte et la vitesse de déformation est linéaire.

A travers cette partie et dans un premier temps, on va définir les modèles analogiques des
différents types des matériaux polymères ainsi que leur comportement lors des expériences de
fluage et de relaxation et des expériences en régime dynamique. Dans un deuxième temps, on
donnera une classification rhéologique pour les polymères à l’état liquide.

II-1/VISCOELASTICITE LINEAIRE :

Dans l’intérêt de comprendre que sera la réaction d’un corps viscoélastique lors de l’application
d’une contrainte qu’on ramène à zéro à un certain temps, il faut se rappeler qu’un corps
viscoélastique présente à la fois un comportement d’un liquide visqueux newtonien et d’un solide
élastique. Un exemple de fluide viscoélastique est la pâte de silicone. Une boule de pâte de Silicone
rebondit sur le sol comme une balle élastique (aux temps courts) mais s'étale comme un fluide
visqueux (aux temps longs) si on la pose sur une surface horizontale.

En ce qui concerne le comportement élastique, pour une contrainte de cisaillement, la loi la plus
simple est celle de Hooke.

Alors que pour un liquide visqueux, la réponse à une contrainte de cisaillement est obéissante à
la loi de Newton.

II-1-1/Fonctions de fluage et de relaxation [12]:

Les fonctions defluage et de relaxation sont les fonctions essentielles en viscoélasticité linéaire.
Elles sont définies de la façon suivante :

- La fonction de fluage 𝑓(𝑡) est la déformation subie par le matériau lorsqu’on impose à ce
dernier une contrainte d’amplitude unité au temps t=0, contrainte qui est maintenue
constante :

15
Année universitaire : 2023_2024

- La fonction de relaxation 𝑔(𝑡) est la contrainte résultant de l’application d’une déformation


d’amplitude unité à l’instant initial t=0, déformation qui est maintenue constante au cours du
temps :

La connaissance de la fonction de fluage ou de relaxation d’un matériau permet de déterminer


toutes les propriétés viscoélastiques du matériau :

- Lorsqu’on dispose d’un rhéomètre imposant une contrainte constante 𝜎0 , on mesure une
déformation :

𝛾(𝑡) = 𝜎0 𝑓(𝑡)

Ainsi, la fonction de fluage sera donnée par la relation :

𝛾(𝑡)
𝑓(𝑡) =
𝜎0

- Lorsqu’on dispose d’un rhéomètre imposant une déformation constante 𝛾0 on mesure une
contrainte :

𝜎(𝑡) = 𝛾0 𝑔(𝑡)

Ainsi, la fonction de relaxation sera donnée par la relation suivante :

𝜎(𝑡)
𝑔(𝑡) =
𝛾0

II-1-2/Modèles viscoélastiques et leur comportement dans le régime linéaire[1][2][6][7]:

II-1-2-1/Modèles élémentaires :

16
Année universitaire : 2023_2024

Solide élastique parfait :

L’équation rhéologique d’un solide élastique parfait (loi de Hooke) est :

𝛾(𝑡) = 𝐽 𝜏(𝑡)

Avec :

- J est la complaisance élastique.


- G = 1/J : est le module de rigidité ou de cisaillement.

Remarque :

-Quand une contrainte est appliquée, une déformation prend naissance instantanément, et
inversement, si la contrainte est annulée, immédiatement la déformation s’annule.

-Si on soumit le solide élastique à une contrainte d’amplitude unité (𝜏 = 1), la fonction de fluage
aura comme expression : 𝑓(𝑡) = 𝐽pour 𝑡 ≥ 0

Un solide élastique parfait est symbolisé en rhéologie par un ressort de coefficient de


complaisance élastique J tel que :

Liquide visqueux newtonien :

L’équation rhéologique d’un fluide visqueux newtonien est :

𝑑𝛾(𝑡) 𝜏(𝑡)
=
𝑑𝑡 𝜂

Avec :

17
Année universitaire : 2023_2024

- 𝜂 : est la viscosité absolue.

Remarques :

-L’équation précédente peut s’écrire sous la forme suivante :

1 𝑡
𝛾(𝑡) = ∫ 𝜏(𝑡′) 𝑑𝑡′
𝜂 0

-Le liquide visqueux newtonien se souvient de toutes les contraintes qui lui ont été imposées dans le
passé.

-Si la contrainte est annulée à un certain instant, la déformation demeure constante et égale à la
valeur qu’elle possédait au même instant.

-si on soumet le fluide visqueux newtonien à une contrainte d’amplitude unité (𝜏 = 1) et en tenant
compte des conditions initiales, la fonction de fluage obtenue aura comme expression :
𝑡
𝑓(𝑡) =
𝜂

Donc, pour un fluide visqueux newtonien, la fonction de fluage est représentée par une droite de
1
pente 𝜂 :

En rhéologie, un liquide visqueux newtonien sera symbolisé par un amortisseur de coefficient de


viscosité 𝜂 :

18
Année universitaire : 2023_2024

II-1-2-2/Modèles composés :

Les deux modèles précédents sont les modèles les plus élémentaires. Or, le comportement
viscoélastique linéaire le plus général est défini en construisant un modèle rassemblant un ensemble
de ressorts (solides élastiques parfaits) et d’amortisseurs (fluides visqueux newtoniens). Tout
matériau sera symbolisé par une association éventuellement fort complexe des deux modèles en
série et en parallèle. L’équation rhéologique du matériau sera obtenue en utilisant les équations
rhéologiques des modèles élémentaires précédents et en respectant les lois d’association en série et
en parallèle des différents éléments.

Modèle de MAXWELL :

La réponse mécanique d’un corps viscoélastique comme un polymère ne peut guère être
représentée par un ressort ou un amortisseur. Une meilleure approximation du comportement d’un
polymère peut être obtenue en effectuant une combinaison des deux modèles élémentaires :

Un corps de MAXWELL est une association en série des constituants élémentaires (ressort +
amortisseur) :

Pour une telle association la contrainte est la même, alors que les déformations s’ajoutent. Si on
considère 𝛾1 , 𝛾2 et 𝛾 sont respectivement les déformations du ressort, d’amortisseur et du système
en série, on aura :

19
Année universitaire : 2023_2024

𝛾̇ = 𝛾1 + 𝛾2

𝛾̇ = 𝛾̇1 + 𝛾̇ 2

Soit encore l’équation rhéologique du corps e Maxwell:

𝑑𝛾 𝑑𝜏 𝜏
=𝐽 +
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝜂

Sa résolution est immédiate en tenant compte des conditions initiales : à 𝑡 < 0, 𝜎 = 0 et 𝛾 = 0 :

1 𝑡
𝛾(𝑡) = 𝐽 𝜏(𝑡) + ∫ 𝜏(𝑡′)𝑑𝑡′
𝜂 0

-Fonction de fluage associée au modèle de Maxwell :

Le modèle de Maxwell est supposé être soumis à une contrainte d’amplitude unité (𝜏 = 1), d’où
la fonction de fluage de ce modèle:
𝑡
𝑓(𝑡) = 𝐽 +
𝜂

Commentaire :

La fonction de fluage f(t) comprend deux parties :

-Une variation instantanée à t=0, d’amplitude J : elle décrit l’élasticité instantanée du corps de
Maxwell.
1
-Une variation linéaire de pente 𝜂 qui correspond au comportement visqueux newtonien du liquide
de Maxwell.

-Fonction de relaxation associée au modèle de Maxwell :

Dans une relaxation, on déforme instantanément l’échantillon jusqu’à obtenir une déformation
𝛾0 et on étudie la contrainte nécessaire à maintenir cette déformation.

Pour 𝑡 ≥ 0 on soumet le matériau à une déformation de cisaillement telle que 𝛾 = 𝛾0 :

20
Année universitaire : 2023_2024

Donc, l’équation rhéologique du liquide de Maxwell obtenue précédemment devient :

𝑑𝜏 𝜏
𝐽 + =0
𝑑𝑡 𝜂

Qui peut être écrite comme :

𝑑𝜏 𝑑𝑡
= −
𝜏 𝜆
Avec :
𝜂
-𝜆 = = 𝐽𝜂 : est le temps de relaxation
𝐺

L’intégration de l’équation différentielle en tenant compte des conditions initiales nous condit à :

𝜏(𝑡) = 𝐺𝛾0 𝑒𝑥𝑝(− 𝑡⁄𝜆)

Or, la fonction de relaxation est telle que : 𝑔(𝑡) = 𝜏(𝑡)⁄𝛾0

Soit encore :

𝑔(𝑡) = 𝐺𝑒𝑥𝑝(− 𝑡⁄𝜆)

Commentaire :

Pour un temps extrêmement plus petit que celui du temps de relaxation, l’élément se comporte
comme s’il s’agissait d’un ressort seul. Pour un temps nettement plus long que le temps de
relaxation, le modèle se comporte comme un amortisseur seul : ainsi la contrainte tend
progressivement vers zéro.

Pour un temps comparable au temps de relaxation, la réponse fait intervenir à la fois le ressort et
l’amortisseur.

Ceci se déduit à partir du nombre de DEBORAH :

21
Année universitaire : 2023_2024

𝜆
𝐷𝑏 =
𝑡0

Avec :

-t0 est le temps d’observation.

𝐷𝑏 << 1 est l′ indice d′ un fluide visqueux


Si { 𝐷𝑏 >> 1 est l′ indice d′ un solide élastique
𝐷𝑏 ≃ 1 est l′ indice d′ un comportement viscoélastique

Modèle de VOIGT :

Un autre modèle a été introduit afin de bien décrire le comportement viscoélastique de quelques
matériaux. Un corps de VOIGT est l’association parallèle des deux modèles élémentaires :

Soient 𝛾1et 𝛾2, 𝜏1 et 𝜏2 les déformations et les contraintes respectivement dans le ressort et dans
l’amortisseur. Donc :
𝛾1
𝜏1 =
𝐽

Et :

𝜏2 = 𝜂𝛾̇ 2

Contrairement au modèle précédent, dans ce cas ce sont les déformations qui sont les mêmes
alors que les contraintes s’ajoutent :
𝛾 = 𝛾1 = 𝛾2
{𝜏 = 𝜏 + 𝜏
1 2

D’où l’équation rhéologique du modèle de Voigt :

𝑑𝛾 𝛾
𝜏= 𝜂 +
𝑑𝑡 𝐽

-Fonction de fluage associée au modèle de Voigt :

22
Année universitaire : 2023_2024

Afin de déterminer la fonction de fluage il suffit d’appliquer une contrainte d’amplitude unité.
Donc, on obtient :

𝜃𝑓̇ + 𝑓 = 𝐽

Avec :
𝜂
- 𝜃 = 𝜂𝐽 = : est le temps de retard
𝐺

Donc, il nous faut résoudre une équation différentielle du premier ordre avec second membre
constant.

-solution homogène :

On a :

𝜃𝑓ℎ̇ + 𝑓ℎ = 0

Cette équation a comme solution :

𝑓ℎ (𝑡) = 𝑘. 𝑒𝑥𝑝(− 𝑡⁄𝜃)

Avec : k est une constante d’intégration.

Si on introduit cette solution dans l’équation initiale et en tenant compte des conditions initiales
on obtient l’expression de la fonction de fluage pour le modèle de Voigt:

𝑓(𝑡) = 𝐽 (1 − 𝑒𝑥𝑝(− 𝑡⁄𝜃))

Commentaire :

La fonction de fluage du modèle de Voigt est représentée par une exponentielle croissante
possédant une asymptote horizontale d’amplitude J.

𝜃 est le temps qu’il faut pour que le solide de Voigt atteigne la déformation qu’atteindrait
instantanément le solide élastique parfait. On en déduit que l’amortisseur dans le modèle de Voigt
retarde la déformation.

On dit que le solide de Voigt possède une élasticité retardée.

23
Année universitaire : 2023_2024

-Expérience de relaxation :

Compte tenu du modèle, il est clair que la relaxation sous contrainte est une expérience
impossible car il faudrait pouvoir appliquer instantanément une force infinie pour imposer
instantanément la déformation à la partie visqueuse du modèle.

Modèle de Burgers :

Le modèle de Burgers est considéré comme étant la somme des deux modèles précédent :
Modèles de Maxwell et modèle de Voigt. Il est constitué par l’association d’un ressort, d’un
amortisseur et d’un solide de Voigt en série :

Détermination de la fonction de fluage pour le modèle :

Puisque le montage est en série, la fonction de fluage est la somme des fonctions de fluage de
chaque composante. Or, nous avons déjà trouvé les expressions des fonctions de fluage pour les
deux modèles composés (Maxwell et Voigt). D’où la fonction de fluage pour le modèle de Burgers :

1 1 𝑡
𝑓(𝑡) = + (1 − 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑡⁄𝜃 )) +
𝐺1 𝐺2 2 𝜂1

Avec :
𝜂2
- 𝜃2 = est le temps de retard.
𝐺2

II-1-2-3/Comportement viscoélastique général :

N’importe quelle association de ressorts et d’amortisseurs quelle soit si complexe, correspond à


un comportement viscoélastique. Il suffit d’utiliser les lois d’association en série et en parallèle afin
d’établir l’équation rhéologique de chaque modèle et en déduire les fonctions de fluage et de
relaxation.

Or, on démontre que tous les circuits, aussi complexes soient ils, peuvent être représentés par des
modèles bien définies. On distingue deux modèles :

24
Année universitaire : 2023_2024

MODELE DE MAXWELL GENERALISE :

Ce modèle est constitué par l’association en parallèle de n modèles de Maxwell étant caractérisés
par une complaisance élastique 𝐽𝑖 et une viscosité 𝜂𝑖 :

Pour la i-ème branche on a (l’équation rhéologique du modèle de Maxwell):

𝑑𝛾(𝑡) 𝑑𝜏𝑖 (𝑡) 𝜏𝑖 (𝑡)


= 𝐽𝑖 +
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝜂𝑖

Et d’autre part, on a trouvé précédemment que la fonction de relaxation qui correspond à cette
branche est :

𝜏𝑖 (𝑡)
𝑔𝑖 (𝑡) = = 𝐺𝑖 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑡⁄𝜆 )
𝛾0 𝑖

Or, pour un tel montage, la contrainte totale est la somme des contraintes de chaque branche :
𝑛

𝜏(𝑡) = ∑ 𝜏𝑖 (𝑡)
𝑖=0

Le modèle de Maxwell généralisé est particulièrement adapté aux expériences de relaxation.


Donc, si l’on considère la réponse de ce modèle initialement au repos, à une déformation
d’amplitude constante 𝛾0 pour t>0, il vient :
𝑛
𝜏(𝑡)
𝑔(𝑡) = = ∑ 𝐺𝑖 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑡⁄𝜆 )
𝛾0 𝑖
𝑖=1

Cette relation décrit un comportement liquide : lors de l’expérience de relaxation, les contraintes
se relâchent et décroissent exponentiellement avec le temps vers une valeur nulle.

Remarque :

25
Année universitaire : 2023_2024

Si, dans le modèle de Maxwell généralisé, la nième banche est remplacée par un ressort de
rigidité Gn, la réponse à une expérience de relaxation sera représentée par :
𝑛−1

𝑔(𝑡) = ∑ 𝐺𝑖 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑡⁄𝜆 ) + 𝐺𝑛


𝑖
𝑖=1

Dans ce cas le modèle décrit un comportement solide : les contraintes tendent vers une valeur
finie :

MODELE DE VOIGT GENERALISE :

Ce modèle est constitué par l’association en série de n modèles de Voigt étant caractérisés par
une complaisance élastique 𝐽𝑖 et une viscosité 𝜂𝑖 :

Pour la i-ème branche, on a (l’équation rhéologique du modèle de Voigt) :

𝑑𝛾𝑖 (𝑡) 𝛾𝑖
𝜏(𝑡) = 𝜂𝑖 +
𝑑𝑡 𝐽𝑖

Ce modèle est souvent adapté aux expériences de fluage. Donc, en tenant compte que la fonction
de fluage d’une association en série est égale à la somme des fonctions de fluages des diverses
branches, on obtiendra :

26
Année universitaire : 2023_2024

𝑓(𝑡) = ∑ 𝐽𝑖 (1 − 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑡⁄𝜃 ))


𝑖
𝑖=1

Remarque :

Si, on ajoute au montage précédent, un liquide de Maxwell de complaisance J0 et de viscosité 𝜂0


qu’on associera en série, la fonction de fluage prendra la nouvelle forme :
𝑛
𝑡
𝑓(𝑡) = 𝐽0 + + ∑ 𝐽𝑖 (1 − 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑡⁄𝜃 ))
𝜂0 𝑖
𝑖=1

Commentaire :

Cette représentation de la fonction de fluage comprend trois parties :

- Une variation instantanée à l’instant t=0, d’amplitude J0 (due au ressort).


- Une variation assez rapide au cours du temps correspondant à l’élasticité retardée des
différents solides de Voigt.
1
- Une variation linéaire de pente correspondant à un régime d’écoulement permanent
𝜂0
newtonien (due à l’amortisseur).

Donc, ce modèle décrit un comportement liquide avec une élasticité instantanée et retardée.

Remarques :

La fonction de fluage obtenue peut prendre la forme suivante :


𝑛
𝑡
𝑓(𝑡) = 𝐽𝑒0 + − ∑ 𝐽𝑖 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑡⁄𝜃 )
𝜂0 𝑖
𝑖=1

Où :

27
Année universitaire : 2023_2024

𝐽𝑒0 = 𝐽0 + ∑𝑛𝑖=1 𝐽𝑖 : est la complaisance élastique en régime permanent.

- Dans le cas où on enlève l’amortisseur 𝜂0 , la fonction de fluage sera :


𝑛

𝑓(𝑡) = 𝐽𝑒0 − ∑ 𝐽𝑖 𝑒𝑥𝑝 (− 𝑡⁄𝜃 )


𝑖
𝑖=1

Cette courbe diffère de sa précédente au niveau de l’asymptote. Dans ce cas, l’asymptote est
horizontale. Donc ce modèle décrit un comportement solide avec élasticité instantanée et retardée.

II-1-3/Comportement des matériaux viscoélastiques dans le régime sinusoïdal [1][2][6][7]:

Il existe un autre type d’expérience en viscoélasticité linéaire autre que les expériences de fluage
et de relaxation. Ce type d’expérience étudie les matériaux viscoélastiques d’une manière
dynamique : elle consiste à appliquer des contraintes ou des déformations qui varient
sinusoïdalement au cours du temps.

La linéarité des équations entraîne que la déformation (ou la contrainte) est également
sinusoïdale :

On pose :

𝛾(𝑡) = 𝛾0 [cos 𝜔𝑡 + sin 𝜔𝑡]


{
𝜏(𝑡) = 𝜏0 [cos(𝜔𝑡 + 𝜑) + sin(𝜔𝑡 + 𝜑)]

Avec :

- 𝜏0 : amplitude maximale de la contrainte.


- 𝛾0 : amplitude maximale de la déformation.
- 𝜑 : déphasage de la contrainte par rapport à la déformation.

Afin de simplifier les calculs, on va introduire le formalisme des nombres complexes. Donc, les
formes réelles précédentes de 𝛾(𝑡) et 𝜏(𝑡) deviennent sous la forme complexe suivante :

𝛾 ∗ (𝑡) = 𝛾0 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝜔𝑡)
{ ∗
𝜏 (𝑡) = 𝜏0 exp[𝑖(𝜔𝑡 + 𝜑)]

Par analogie avec ce qui précède, les équations différentielles linéaires de la viscoélasticité se
transforment en équations algébriques complexes :

28
Année universitaire : 2023_2024

1
𝜏 ∗ (𝑡) = 𝐺 ∗ (𝜔)𝛾 ∗ (𝑡) = 𝛾 ∗ (𝑡)
𝐽∗ (𝜔)

Où 𝐺 ∗ (𝜔) et 𝐽∗ (𝜔) sont respectivement le module de rigidité complexe et le module de


complaisance élastique complexe. Ils peuvent être décomposés en deux parties, réelle et complexe :

𝐽∗ (𝜔) = 𝐽′ (𝜔) + 𝑖𝐽′′ (𝜔)


{ ∗
𝐺 (𝜔) = 𝐺 ′ (𝜔) + 𝑖𝐺 ′′ (𝜔)

La connaissance de la rigidité complexe entraîne la connaissance du caractère du matériau :

-𝐺 ′ (𝜔) est la rigidité d’accumulation, elle rend compte du caractère élastique du matériau.

-𝐺 ′′ (𝜔) est la rigidité de perte, elle rend compte du caractère visqueux du matériau.

Remarque :

Les deux grandeurs précédentessont souvent utilisées pour des matériaux à caractères solides. Il
existe un autre paramètre qui convient mieux à l’étude des matériaux à caractères fluides qui est la
viscosité complexe :

𝜏(𝑡)
𝜂∗ (𝜔) = = 𝜂′ (𝜔) − 𝑖𝜂′′ (𝜔)
𝛾̇ (𝑡)

La relation entre la viscosité complexe et la rigidité complexe est donnée par :

′ (𝜔)
𝐺 ′′ (𝜔)
𝜂 =
{ 𝜔

𝐺 (𝜔)
𝜂′′ (𝜔) =
𝜔
Détermination des paramètres de rigidité complexe pour les différents modèles :

On utilisera directement les équations rhéologiques sous forme complexe :

-Solide élastique :

On a :

∗ (𝜔)
𝜏 ∗ (𝑡) 𝐺𝛾 ∗ (𝑡)
𝐺 = ∗ = ∗ =𝐺
𝛾 (𝑡) 𝛾 (𝑡)

D’où :

𝐺 ′ (𝜔) = 𝐺
{
𝐺 ′′ (𝜔) = 0

Il est clair que G’’=0 car il s’agit d’un solide.

-Fluide de newton :

29
Année universitaire : 2023_2024

On a :

𝜏 ∗ (𝑡) 𝜂𝛾̇ (𝑡)


𝐺 ∗ (𝜔) = = = 𝑖𝜔𝜂
𝛾 ∗ (𝑡) 𝛾∗

Donc :

𝐺 ′ (𝜔) = 0
{
𝐺 ′′ (𝜔) = 𝜔𝜂

G’ est nulle car il s’agit d’un fluide.

-Fluide de Maxwell :

En partant de l’équation rhéologique du modèle :

𝑑𝛾 ∗ (𝑡) 𝑑𝜏 ∗ (𝑡) 𝜏 ∗ (𝑡)


=𝐽 +
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝜂

On peut aboutir à :

′ (𝜔)
𝐺𝜔2 𝜆2
𝐺 =
1 + 𝜔 2 𝜆2
′′ (𝜔)
𝐺𝜔𝜆
{𝐺 =
1 + 𝜔 2 𝜆2
Avec :
𝜂
- 𝜆= .
𝐺

Remarque :

Le calcul amenant à ce résultat est détaillé dans l’annexe de calcul I.

Commentaire :

30
Année universitaire : 2023_2024

Aux très basses fréquences, G’’ est beaucoup plus grande que G’, d’où la domination du
comportement liquide. Mais dès que la fréquence du test augmente G’ commence à prendre le
dessus et le comportement solide commence à dominer.

-Modèle de Voigt :

Soit l’équation rhéologique du modèle :

∗ (𝑡)
𝑑𝛾 ∗ (𝑡) 𝛾 ∗ (𝑡)
𝜏 = 𝜂 +
𝑑𝑡 𝐽

Donc :

1
𝜏0 𝑒𝑥𝑝[𝑖(𝜔𝑡 + 𝜑)] = 𝑖𝜔𝜂𝛾0 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝜔𝑡) + 𝛾0 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝜔𝑡)
𝐽

Soit :
𝜏0
𝑒𝑥𝑝(𝑖𝜑) = 𝑖𝜔𝜂 + 𝐺 = 𝐺 ∗ (𝜔)
𝛾0

D’où :

𝐺 ′ (𝜔) = 𝐺
{
𝐺 ′′ (𝜔) = 𝜔𝜂

-Modèle de Maxwell généralisé :

Considérons un modèle de Maxwell généralisé constitué de n branches.

D’après les propriétés d’association en parallèle, le module de rigidité complexe sera la somme
des modules de rigidité de chaque branche :
𝑛
′ (𝜔)
𝐺𝑖 𝜆2𝑖 𝜔2
𝐺 = ∑
1 + 𝜔 2 𝜆2𝑖
𝑖=1
𝑛
𝐺𝑖 𝜆𝑖 𝜔
𝐺 ′′ (𝜔) = ∑
{ 1 + 𝜔 2 𝜆2𝑖
𝑖=1

Exemple :

Prenons le cas où n=2, donc un solide de Maxwell double. Les modules de rigidité
d’accumulation et de perte sont donnés par :

31
Année universitaire : 2023_2024

II-2/COMPORTEMENT NON LINEAIRE [2][7][11]:

Dans le cas de la viscoélasticité linéaire, les déformations et les contraintes appliquées étaient
suffisamment faibles. Si, on soumettait un solide à une certaine contrainte 𝜏𝑠 appelée seuil
d’élasticité, le solide peut présenter un comportement non linéaire : on est donc dans le domaine
plastique :

On en déduit que tout matériau peut avoir un comportement plastique. On distingue différents
types de comportement plastique :

II-2-1/Solide parfaitement plastique :

L’application d’une contrainte faible n’entraine aucune déformation mais au fur et à mesure
qu’on augmente la sollicitation il apparait pour une valeur déterminée de la contrainte s une
déformation. Dans le cas où on supprime la contrainte la déformation conserve la valeur maximale
qu’elle avait prise.

Pour un tel comportement non linéaire, on peut lui associer un modèle analogique qui lui rend
compte. Ici, on introduit un nouvel élément qui est le patin :

32
Année universitaire : 2023_2024

Le rôle du patin est de limiter la contrainte :

II-2-2/Solide élastique parfaitement plastique :

En dessous du seuil de plasticité, le comportement est élastique linéaire. Au-delà, on retrouve le


comportement plastique.

Le modèle de Saint Venant constitué par l’association en série d’un ressort et d’un patin décrit ce
comportement :

Son rhéogramme est le suivant :

33
Année universitaire : 2023_2024

II-3/CLASSIFICATION DES MATERIAUX POLYMERES A L’ETAT FLUIDE [2][3][6][10]:

Ils existent deux types de fluides, les fluides newtoniens (qu’on a déjà vu) et les fluides non
newtoniens. En rhéologie et de manière simple, un fluide non newtonien correspond à un fluide
dont la viscosité dépend du taux de cisaillement 𝛾̇ .Lorsqu'on applique à un matériau une contrainte
de cisaillement, la réponse de ce fluide n'est pas proportionnelle, ce qui serait le cas pour un fluide
newtonien. Le meilleur exemple est celui du sable mouillé au bord de la mer : quand on frappe le
sable, il a la viscosité élevée d’un solide alors que lorsqu’on appuie doucement dessus, il se
comporte comme une pâte.

Dans ces conditions, on ne peut pas utiliser la viscosité absolue mais on va introduire une
nouvelle grandeur locale qui est la viscosité apparente :

𝜏
𝜇=
𝛾̇

Ces substances non newtoniennes sont utilisées dans divers domaines de l’industrie:

- Substances colloïdales : peinture, colle, …


- Substances solides : pâte à papier …
- Produit alimentaires : mayonnaise, ketchup, …
- Produits pharmaceutiques : crème de beauté …

II-3-1/Fluides non newtoniens indépendants du temps :

On distingue deux grandes catégories de fluides non newtoniens indépendants du temps, chacune
comporte deux sous catégories :

II-3-1-1/Fluides sans contrainte critique :

Fluides pseudo-plastiques ou rhéofluidifiants :

Leur comportement est défini par un rhéogramme dont la cavité est tournée vers le bas :

On en déduit que la viscosité apparente décroît lorsque le cisaillement augmente : le liquide


devient moins visqueux :

34
Année universitaire : 2023_2024

Exemples :

- Le savon.
- Les colles.
- Les ciments.
- Les polymères fondus…

Fluides dilatants ou rhéoépaississants :

Leur comportement est défini par un rhéogramme dont la concavité est tournée vers le haut :

Le coefficient de la viscosité apparente augmente avec l’augmentation de la vitesse de


cisaillement :

II-3-1-2/Fluides à contrainte critique :

35
Année universitaire : 2023_2024

Certains produits ont expérimentalement un comportement de fluide visqueux en écoulement de


cisaillement mais ont une fonction de cisaillement 𝜏(𝛾̇ ) non nulle à l'origine: il y a donc une
discontinuité de la fonction de cisaillement à l'origine. On dit qu'ils présentent un seuil de
contrainte: il faut exercer une contrainte de cisaillement minimale avant de démarrer l'écoulement.
Ces matériaux ne sont donc pas des fluides simples mais des matériaux plus complexes. Ce sont en
général des suspensions concentrées de particules solides dans un solvant. Ces particules
s'organisent, au repos, en une microstructure qui confère à la suspension un comportement de
solide, puis, quand la microstructure est suffisamment désorganisée, la suspension à un
comportement fluide. On distingue :

Fluides plastiques de type BINGHAM :

Au delà du seuil de l’écoulement, ils se comportent comme des fluides newtoniens : toute
augmentation de 𝜏 s’accompagne par une augmentation proportionnelle de 𝛾̇ :

L’équation rhéologique d’état d’un fluide plastique de Bingham s’écrit :

𝛾̇ = 0 si 𝜏 < 𝜏𝑐
{𝜏 = 𝜏 + 𝜇 𝛾̇ si 𝜏 > 𝜏𝑐
𝑐 𝑝

Avec :

𝜇𝑝 Est la viscosité plastique.

Il s’agit là d’un comportement plastique idéal.

Les fluides obéissant à cette loi sont rares mais beaucoup de fluides réels en sont justiciables
avec une très bonne approximation, on site par exemple :

- Les peintures à l’huile qui sont étudiées historiquement précisément par Bingham.
- Les encres d’imprimerie.
- Dentifrices…

Remarque :

Le comportement plastique d’un corps de Bingham peut être décrit par le modèle associant en
parallèle un amortisseur et un patin :

36
Année universitaire : 2023_2024

Dans cette association on a :

𝜏= 𝜏 + 𝜏
{𝛾 = 𝛾1 = 𝛾2
1 2

𝜏1 et𝜏2 étant respectivement les contraintes au bord du patin et de l’amortisseur.

Or :

𝜏1 = 𝑠
{𝜏 = 𝜂𝛾̇
2

Soit :

𝜏 = 𝑠 + 𝜂𝛾̇

On en déduit le rhéogramme suivant :

Fluides plastiques de type CASSON OU HERSCHEL-BULKLEY :

Il existe d’autres types de fluides plastiques qui représentent un comportement plastique non
idéal contrairement aux précédents, ce comportement se traduit par le fait que leur

37
Année universitaire : 2023_2024

rhéogrammeprésentes le plus souvent une concavité dirigée vers le bas : on parle ici d’un
comportement plastique fluidifiant :

Pour décrire quantitativement un tel comportement on utilise essentiellement deux équations :

- Equation de Casson :

𝛾̇ = 0 si 𝜏 < 𝜏𝑐
{ 0.5
𝜏 0.5 = 𝜏𝑐0.5 + (𝜇𝑝 𝛾̇ ) si 𝜏 > 𝜏𝑐

- Equation de Herschel-Bulkley :

𝛾̇ = 0 si 𝜏 < 𝜏𝑐
{ 𝑛
𝜏 = 𝜏𝑐 + 𝐾𝛾̇ si 𝜏 > 𝜏𝑐

Où n est un indice d’écoulement réel inférieur à 1.

Exemples :

- Les boues.
- La pâte à pain.
- Des matières grasses.
- Suspensions de sulfate de zinc ou de baryum.

II-3-2/Fluides à comportement dépendant du temps :

Fluides thixotropes :

La thixotropie est une propriété complexe que l'on retrouve dans certains fluides. On peut la
définir ainsi: Un fluide est dit thixotrope si sous contrainte (ou gradient de vitesse) constante sa
viscosité évolue au cours du temps. On dit que le fluide se déstructure lorsqu'il devient liquide et
inversement, qu'il se restructure lorsqu'une phase viscoélastique apparaît. La propriété physique de
la thixotropie est donc: laissé au repos, le fluide thixotrope va se restructurer jusqu'à avoir l'aspect
d'un solide (viscosité infini), alors que sous contrainte constante suffisamment élevée pour casser la
structure formée au repos par exemple, le fluide va se déstructurer jusqu'à son état liquide (viscosité
faible).Les phénomènes thixotropes sont donc d'origines structurels.

Voici des rhéogrammes présentant quelques comportements thixotropes qui peuvent exister :

38
Année universitaire : 2023_2024

- Corps fluidifiant thixotrope :

- Corps épaississant thixotrope :

- Corps plastique thixotrope sans modification de la contrainte de seuil :

- Corps plastique thixotrope avec modification de la contrainte de seuil :

39
Année universitaire : 2023_2024

Exemples de fluides thixotropes :

- Ketchup.
- Certaines solutions de polymères.
- Les suspensions naturelles d’argile.
- Certaines boues de forage.

Fluides réhopexes : L’antithixotropie :

L'antithixotropie ou rhéopexie est le phénomène inverse de la thixotropie. Elle caractérise la


propriété qu'ont certains fluides de voir leur viscosité augmenter lorsqu'ils sont soumis à des actions
mécaniques ; la viscosité revenant à son état normal après un temps variable (réversibilité de la
propriété).

Cette propriété très étonnante peut être expérimentée avec un mélange de farine de maïs et d'eau
qui au repos sera liquide et deviendra solide si on le sollicite rapidement. Mais l'exemple le plus
commun reste la mayonnaise.

II-4/LES ORIGINES MICROSCOPIQUES DE LA VISCOELASTICITE LINEAIRE ET LA SUPERPOSITION


TEMPS-TEMPERATURE [2][3][5]:

Dans cette partie on va définir la macromolécule et après on va essayer d’établir une relation
entre la structure microscopique des macromolécules et la description macroscopique en utilisant
les modèles analogiques déjà étudiés. Enfin, on conclura par la superposition temps-température.

II-4-1/Notion de la macromolécule :

Ce n’est que dans les années 1920 que la notion de la macromolécule a commencé à être
largement acceptée par la communauté scientifique. Faribourd-en-Brisgau a démontré que les
matières polymères comme la cellulose, la soie caoutchoutique étaient formées de longues chaînes
moléculaires. Les macromolécules sont typiquement formées de plusieurs milliers de motifs
structuraux simples appelés monomères, liés entre eux par une liaison covalente. A l’échelle d’une
centaine de nanomètre, la plupart des macromolécules synthétiques se présentent de façon
semblable sous forme de fils longs et souples :

40
Année universitaire : 2023_2024

Conformation aléatoire d’une macromoléculaire de 7000 unités CH2 et d’une masse molaire de [Link]-1

Ces ficelles montrent les trois caractéristiques physiques fondamentales communes à toute
macromolécule :

- Une grande longueur.


- Une grande anisotropie des segments.
- Une souplesse moléculaire importante.

II-4-2/Origine microscopique des élasticités instantanées et retardées :

On exérèse une contrainte tangentielle sur un échantillon sous forme d’un cube élémentaire de
volume unité :

A l’équilibre on a :

𝛾 = 𝛼 ≃ Δ𝑙

D’autre part on peut écrire le travaille d’une contrainte cisaillement sous la forme suivante :
𝛾
𝑊 = ∫ 𝜏𝑑𝛾 = 𝜏𝛾
0

Afin de donner une bonne explication des phénomènes d’élasticité. On fera appel à quelques
notions de la thermodynamique. Le premier principe de la thermodynamique dit que la variation de
l’énergie interne Δ𝑢 au cours d’une transformation, est égale à la somme du travail 𝑤 fourni et la
quantité de chaleur 𝑄, soit :

Δ𝑈 = 𝑊 + 𝑄

Soit encore:

𝑊 = Δ𝑈 − 𝑄

41
Année universitaire : 2023_2024

Alors que le deuxième principe de la thermodynamique est :

𝑄 = 𝑇. Δ𝑆

D’où :

𝑾 = 𝝉. 𝜸 = 𝚫𝑼 − 𝑻. 𝚫𝑺

On site ici deux cas particuliers :

II-4-2-1 /Elasticité instantanée :

Si Δ𝑆 = 0 ; l’entropie du matériau n’est pas modifiée par la déformation, et c’est le cas des
matériaux cristallins qui sont caractérisés par une structure bien organisée. Donc, à condition de ne
pas dépasser la limite élastique, une contrainte ne modifie pas l’ordre cristallin et par suite
l’entropie reste inchangée. Il vient que :

Δ𝑈 = 𝜏𝛾

Ou encore :

Δ𝑈
𝜏=
Δ𝑙
Donc, pour ce type de matériau, l’élasticité provoquée par la seule augmentation de l’énergie
interne est une élasticité instantanée.

II-4-2-2/Elasticité retardée :

Si Δ𝑈 = 0 ; l’énergie interne du matériau reste constante au cours de la déformation et c’est le


cas des polymères amorphes constitués par des chaînes macromoléculaires indépendantes.

Lorsqu’on applique une contrainte, on ne modifie pas l’énergie interne du matériau mais elle a
comme effets de diminuer l’entropie du système. En effet, en absence de contrainte, les chaînes
macromoléculaires sont dans un état de désordre maximum dans lequel elles adoptent une
configuration condensée de type pelote statistique pour les chaînes flexibles et une isotropie
d’orientation pour les chaînes rigides.

L’application de cette contrainte a deux effets qu’on peut observer :

-Un effet d’orientation provoqué par la contrainte qui tend à aligner toutes les chaînes dans sa
direction et à provoquer une diminution de l’entropie.

-Un effet thermique de désorientation qui tend à restaurer le désordre primitif et qui s’oppose à la
diminution d’entropie, cet effet s’exerce par l’action de l’agitation thermique.

L’équilibre entre ces deux effets entraîne une nouvelle configuration qui n’est pas obtenue
instantanément. Ceci demande un certain temps de retard qui est très faible et pratiquement non
mesurable (ce temps est de l’ordre de 10-4s pour le caoutchouc et les élastomères à la température
ambiante). L’élasticité est retardée.

42
Année universitaire : 2023_2024

L’équilibre final est caractérisé par un ordre plus grand et donc une entropie plus faible. Il vient :

𝑊 = −𝑇Δ𝑆 > 0

D’après la relation précédente on voit que la quantité de la chaleur est négative. Donc, toute
déformation d’élasticité retardée s’accompagne par un dégagement de la chaleur.

Donc, la différence d’origines entre les deux comportements élastiques se traduit par des
propriétés physiques très distinctes.

Dans la réalité, les matériaux présentent à la fois les deux comportements élastiques même si
dans la plupart des cas, un comportement est plus dominant sur l’autre.

II-4-3/La superposition temps-température :

Il est d’un intérêt primordial de pouvoir prévoir le comportement à long terme de tout matériau,
si possible à partir d’essais de duré limitées. Une telle prévision est possible dans certaines limites
grâce à la constatation que les réponses (rigidité complexe, complaisance, …) d’un polymère
obtenue dans une même fenêtre de temps ou de fréquence à différentes températures peuvent être
superposées à condition de multiplier l’échelle des temps par un facteur dépendant de la
température. C’est le principe de superposition temps-température. La courbe obtenue à partir de la
superposition s’appelle courbe maîtresse.

II-4-3-1/Courbe maîtresse :

Donnant à titre d’exemple sur les courbes suivantes l’évolution des modules G’ et G’’ d’un
élastomère synthétique en fonction de la fréquence pour différentes température :

Remarque :

D’après cette courbe on remarque que le passage d’une température à l’autre se fait avec une
variation modeste de la dépendance en fréquence pour chacun des deux modules. C’est comme si
l’utilisation d’une température plus élevée qu’une certaine température choisie arbitrairement
comme référence permettait de révéler un comportement à des fréquences plus basses que ce qui
avait été observé auparavant alors que l'expérience réalisée à une température plus basse fournit au
contraire une information sur le comportement à plus haute fréquence. De ce point de vue, il est
donc équivalent pour explorer le comportement viscoélastique de modifier indifféremment la
fréquence de sollicitation ou la température.

43
Année universitaire : 2023_2024

Ces courbes obtenues à différentes valeurs de températures peuvent être glissées sur une plage
limitée de fréquences afin de construire une courbe maîtresse couvrant maintenant une très large
gamme de fréquences à une température de référence choisie arbitrairement :

La construction d’une courbe maîtresse à partir des mesures obtenues à différentes températures
conduit à définir un facteur appelé facteur de translation ou de décalage noté log aT/T0 ou de façons
abrégée aT. Donc, pour une température de référence T0, la courbe maîtresse fait appel à une
fréquence réduite qui s’écrit𝜔𝑎 𝑇/𝑇0 .

Pour des données de températures allant de -40°C jusqu’à 125°C , on obtient la courbe maîtresse
pour une température de référence qui vaut 75°C :

II-4-3-2/La relation de Williams, Landel et Ferry (WLF) :

Le facteur de décalage aT est le rapport du temps caractéristique du phénomène à la température


T au temps caractéristique à la température de référence Tr. Williams, Landel et Ferry ont observé
que, à condition de choisir convenablement la température de référence, la variation de log aT avec
T-Tr avait une forme identique pour un grand nombre de polymères et même pour des liquides
organiques et des verres inorganiques, et que cette fonction était la même pour les relaxations
mécaniques et diélectriques. En choisissant arbitrairement une température de référence de 243K
pour le polyéthylène et en ajustant celle relative aux autres systèmes, de manière à obtenir la
meilleure superposition possible pour log aT, ils ont constaté qu’il existait un écart proche de 50K

44
Année universitaire : 2023_2024

entre Tr et Tg pour les différents systèmes. Ils ont jugé plus opportun de prendre T g comme
température de référence, et ont cherché à rationaliser ces observations sur la base de la variation de
volume libre, conduisant à une variation de mobilité moléculaire aux températures supérieures à la
transition vitreuse.

Le temps caractéristique des relaxations mécaniques est déterminé par la viscosité ou plus
exactement par le rapport 𝜂/𝐸. Dans le cas d’un modèle caoutchoutique, on aurait donc :

𝜂 𝜌𝑔 𝑇𝑔
𝑎𝑇 =
𝜂𝑔 𝜌𝑇

Avec :

𝜌𝑔 , 𝑇𝑔 et 𝜂𝑔 sont les grandeurs dans la zone de la transition vitreuse.

En première approximation, Williams, Landel et Ferry ont négligé la variation du facteur 𝜌𝑇, et
ont obtenu le rapport des viscosités à partir de l’équation de Doolittle :
𝑣
𝐿𝑛 𝜂 = 𝐿𝑛 𝐴 + 𝐵 ( 0⁄𝑣𝑓 )

Avec :

- A et B sont des constantes. B est de l’ordre de 1.


- V0 est le volume occupé.
- Vf est le volume libre.

Or, aux environs de la transition vitreuse, la fraction de volume libre est faible de sorte qu’il est
permis de remplacer la fraction vf/v0 par la fraction de volume libre : 𝑓 = 𝑣𝑓 /(𝑣𝑓 + 𝑣0 ). On obtient
donc :

1 1 1
log 𝑎 𝑇 = ( − )
2.303 𝑓 𝑓𝑔

Par ailleurs, on peut considérer que la variation de la fraction de volume libre avec la
température s’exprime par la différence Δ𝛼 entre les coefficients d’expansion thermique obtenus à
l’état caoutchoutique et à l’état vitreux. On a :

𝑓 = 𝑓𝑔 + Δ𝛼(𝑇 − 𝑇𝑔 )

Ce qui donne pour le facteur de décalage :

1 𝑇 − 𝑇𝑔
log 𝑎 𝑇 = −
2.303𝑓𝑔 (𝑓𝑔 /Δ𝛼) + 𝑇 − 𝑇𝑔

En ajustant les données expérimentales obtenues sur de nombreux polymères à une loi de cette
forme, WLF ont trouvé :

𝟏𝟕, 𝟒𝟒(𝑻 − 𝑻𝒈 )
𝐥𝐨𝐠 𝒂𝑻 = −
𝟓𝟏. 𝟔 + 𝑻 − 𝑻𝒈

45
Année universitaire : 2023_2024

Cette équation précédente est appelée équation de Williams, Landel et Ferry ou équation WLF.

En identifiant les constantes expérimentales à leurs expressions théoriques, on trouve :

-fg=0.025

-Δ𝛼=4.8 10-4K-1.

46
Année universitaire : 2023_2024

Chapitre III :
Les Rhéomètres

47
Année universitaire : 2023_2024

Que ce qu’un rhéomètre ?[2]

Le rhéomètre est un appareil de laboratoire servant à faire des mesures relatives à la rhéologie
d'un matériau. Il applique un cisaillement à l'échantillon. Généralement de faible dimension
caractéristique (très faible inertie mécanique). Les rhéomètres permettent d'observer la façon dont
s'écoule un liquide, une suspension ou une pâte en réponse à une force appliquée.

On distingue trois grandes classes de rhéomètres :

- Les rhéomètres à régime permanent souvent utilisées pour les substances liquides afin de
déterminer les rhéogrammes𝜏 − 𝛾̇ .
- Les rhéomètres à régime transitoire permettant une étude viscoélastique des matériaux.
- Les rhéomètres à régime dynamique permettant une étude plus complète des propriétés
rhéologiques des matériaux.

III-1/RHEOMETRES A REGIME PERMANENT :

Dans ce type de rhéomètres, on soumet la substance à étudier à un mouvement laminaire de


cisaillement permanent, il se forme donc des couches qui se glissent les unes sur les autres sans que
contrainte et vitesse de cisaillement subissent aucune modification. On distingue deux types de ces
rhéomètres :

III-1-1/Rhéomètres de type couette :

Dans ce type de rhéomètres, la substance qu’on étudie est cisaillée entres deux surfaces solides,
l’une est mobile, l’autre est fixe. On site :

III-1-1-1/Les rhéomètres plans à translation :

*Principe de fonctionnement :

On met la substance à étudier entre deux plans solides parallèles de même surface S. On applique
une force tangentielle ⃗F constante au plan mobile, lui transmettant un mouvement de translation
parallèle à lui même de vitesse 𝑣0 , l’autre plan demeure fixe :

Cela engendre un mouvement laminaire de cisaillement : la substance peut être décomposée en


lamelles planes et parallèles aux plans solides, animées de vitesses distinctes qui se repartissent
continument de 0 (pour la couche qui est en contact direct avec le plan fixe) à v0 (pour la couche qui
est en contact direct avec le plan mobile).

*détermination de 𝜏 :

48
Année universitaire : 2023_2024

Considérons un élément de la substance compris entre deux couches planes de hauteurs


respectives x et x’ :

La couche supérieure est soumise à une force d’entrainement tandis que la couche inférieure est
soumise à une force de freinage.

Quand on atteint le régime permanent, la somme des forces appliquées doit être nulle. Soit :

𝑓(𝑥) = 𝑓(𝑥 ′ )

En plus, la force appliquée sur chaque couche est la même :

𝑓 (𝑥) = 𝐹

Donc, la contrainte de cisaillement sera constante sur toutes les couches et elle est donnée par :

𝑭
𝝉=
𝑺

*détermination de 𝛾̇ :

Soit 𝑢
⃗ (𝑥) le déplacement de la couche à la hauteur x et 𝑢
⃗ (𝑥 + 𝑑𝑥) le déplacement de la couche à
la hauteur x+dx :

On est dans le cas d’un mouvement laminaire possédant une symétrie plane, donc la déformation
de cisaillement sera donnée par :

𝑑𝑢(𝑥)
𝛾(𝑥) =
𝑑𝑥
On en déduit la vitesse de cisaillement :

𝑑 𝑑𝑢(𝑥) 𝑑 𝑑𝑢(𝑥)
𝛾̇ (𝑥) = =
𝑑𝑡 𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑑𝑡

49
Année universitaire : 2023_2024

Soit :

𝒅𝒗(𝒙)
𝜸̇ (𝒙) =
𝒅𝒙
Vu la dépendance de 𝛾̇ (𝑥) de la contrainte de déformation 𝜏, et puisque 𝜏 est constante le long de
la substance, il en résulte que la vitesse de cisaillement soit aussi constante :

𝑑𝑣(𝑥)
𝛾̇ (𝑥) = =𝐾
𝑑𝑥
On peut intégrer cette relation entre les deux surfaces :
𝑣0 𝑒
∫ 𝑑𝑣(𝑥) = ∫ 𝐾 𝑑𝑥
0 0

D’où la valeur de la constante K :


𝑣0
𝐾=
𝑒
La vitesse de cisaillement prend finalement la forme suivante :
𝒗𝟎
𝜸̇ =
𝒆
III-1-1-2/Rhéomètres rotatifs cylindriques :

*Principe de fonctionnement :

La substance à étudier est mise entre deux cylindres de révolution, coaxiaux de rayons R1 et R2
et de hauteur h :

Le mouvement laminaire est réalisé en communiquant au cylindre externe un mouvement de


rotation uniforme de vitesse angulaire 𝜔0 , le cylindre interne demeure fixe.

50
Année universitaire : 2023_2024

Cette fois ci, la substance se décompose en couches cylindriques minces coaxiales et animées
d’une vitesse variant continument de 0 (Pour la couche qui est en contact directe avec le cylindre
solide fixe) jusqu’à 𝜔0 (Pour la couche qui est en contact directe avec le cylindre solide mobile).

A cause du mouvement des couches minces les unes par rapport aux autres, il apparait en tout
point de la substance une vitesse de cisaillement et une contrainte de déformation.

*détermination de 𝜏(𝑟) :

Soit un élément de la substance compris entre les couches cylindriques de rayons r et r’ et de


surfaces S et S’:

Cet élément de substance est soumis à un couple de rotation moteur F’ de la part de la couche
distante de r’ et dont le moment par rapport à l’axe de rotation est donnée par :

𝑀(𝑟 ′ ) = 𝑟 ′ 𝐹 ′ = 𝑟 ′ 𝜏(𝑟 ′ )𝑆′

Alors que de la part de la couche distante de r, l’élément est soumis à un couple de rotation de
freinage –F et dont le moment par rapport à l’axe de rotation est donnée par :

−𝑀(𝑟) = −𝑟𝐹 = −𝑟𝜏(𝑟)𝑆

Or, dans le notre cas (régime permanent), les moments sont tous égaux :

𝑀(𝑟 ′ ) = 𝑀(𝑟) = 𝑀 = 𝑐𝑡𝑒

Sachant que : 𝑆 = 2𝜋𝑟h , on abouti à la valeur de la contrainte de déformation :

𝑴
𝝉(𝒓) =
𝟐𝝅𝒓𝟐 𝒉
Si l’entrefer utilisé est petit, on peut admettre que la contrainte est quasiment constante :

𝑴 𝑹𝟐𝟏 + 𝑹𝟐𝟐
𝝉=
𝟒𝝅𝒉 (𝑹𝟏 𝑹𝟐 )𝟐

*Détermination de 𝛾̇ (𝑟):

On démontre que l’expression de la vitesse de cisaillement est donnée par :

51
Année universitaire : 2023_2024

𝒅𝝎(𝒓)
𝜸̇ (𝒓) = 𝒓
𝒅𝒓
Avec :

𝜔(𝑟)Estla vitesse angulaire de la couche de rayon r.

Dans le cas où l’entrefer utilisé est très petit, on peut considérer la contrainte 𝜏 comme
[Link] puisque 𝛾̇ dépend seulement de 𝜏, donc elle demeure constante dans l’entrefer.

On peut donc intégrer la relation précédente :


𝜔0 𝑅2
𝑑𝑟
∫ 𝑑𝜔 = 𝛾̇ ∫
0 𝑅1 𝑟

Soit finalement :
𝝎𝟎
𝜸̇ =
𝑹
𝑳𝒏 ( 𝟐⁄𝑹 )
𝟏

Certains constructeurs utilisent la relation suivante :

𝑅1 𝜔0
𝛾̇ =
𝑅2 − 𝑅1

III-1-1-3/Rhéomètres rotatifs à cône/plateau :

*Principe de fonctionnement :

Un cône qui tourne sur sa pointe à l'instar d'une toupie avec une vitesse angulaire w0, est
délicatement mis en contact sur un plan [Link] substance à étudier est mise entre le plateau et le
cône de révolution, de rayon R :

L’angle 𝜃 varie entre 0.3° et 5°.

Le mouvement de cisaillement est obtenu en communiquant au cône une vitesse de rotation


constante 𝜔0 toute en fixant le plateau. La substance se décompose alors en couches qui sont
constituées par des cônes semblable au cône solide et leur vitesse varie continument de 0 (Pour la
couche qui est en contact directe avec le plateau) à 𝜔0 (Pour la couche qui est en contact direct avec
le cône mobile).

*Détermination de 𝜏 et de 𝛾̇ :

52
Année universitaire : 2023_2024

On démontre pour des angles suffisamment petits que la contrainte et la vitesse de cisaillement
peuvent être considérées constantes le long de la substance décomposée, on a :

𝟑𝑴
𝝉=
{ 𝟐𝝅𝑹𝟑
𝝎𝟎
𝜸̇ =
𝜽
Avec :

-M est le moment par rapport à l’axe de rotation du couple de rotation.

III-1-2/Rhéomètre de type Poiseuille :

*Principe de fonctionnement :

Ce type de rhéomètres est conçu spécialement pour les fluides newtoniens pour la mesure de leur
viscosité.

La substance à étudier est mise dans un tube cylindrique, le mouvement laminaire de


cisaillement est obtenu en appliquant une différence de pression au niveau des extrémités du tube
cylindrique :

Comme le montre la figure ci-dessus, la différence de pression génère un mouvement


d’ensemble pour la substance vers les pressions décroissantes. A cause des frottements avec la
paroiet le glissement des couches les unes sur les autres, la substance se décompose sous forme de
couches cylindriques coaxiales animées d’une vitesse qui se varie de 0 (Pour les couches qui sont en
contact directe avec la paroi) à 𝑣0 (sur l’axe du cylindre).

*détermination de 𝜏(𝑟) :

Considérons une portion de la substance sous forme d’un cylindre de hauteur dz et de rayon r :

53
Année universitaire : 2023_2024

Cette portion est soumise aux forces suivantes :

- La résultante de la force de pression :

[𝑃(𝑧) − 𝑃(𝑧 + 𝑑𝑧)]𝜋𝑟 2

- La force de cisaillement due au glissement des couches :

𝜏(𝑟)2𝜋𝑟𝑑𝑧

- La force de pesanteur :

−𝑚𝑔 = −𝜌𝑔𝜋𝑟 2 𝑑𝑧

Car la masse m peut s’écrire comme :

𝑚 = 𝜌𝑉 = 𝜌𝜋𝑟 2 𝑑𝑧

Or, quand le régime permanent est atteint, la somme des forces doit être nulle :

[𝑃(𝑧) − 𝑃(𝑧 + 𝑑𝑧)]𝜋𝑟 2 + 2𝜏(𝑟)𝜋𝑟𝑑𝑧 − 𝜌𝑔𝜋𝑟 2 𝑑𝑧 = 0

D’autre part, on a :

𝑑𝑃
𝑃(𝑧) − 𝑃(𝑧 + 𝑑𝑧) = − 𝑑𝑧
𝑑𝑧
D’où :

𝝉(𝒓) 𝒅𝑷
𝟐 = 𝝆𝒈 +
𝒓 𝒅𝒛
On remarque que chacun des deux membres de cette équation dépend d’une variable différente (r
et z), donc ces deux membres sont constants.

En plus en on déduit que le gradient de pression est constant, soit :

54
Année universitaire : 2023_2024

𝑑𝑃 Δ𝑃
=
𝑑𝑧 𝐿
Soit finalement :

𝟏 𝚫𝑷
𝝉(𝒓) = (𝝆𝒈 + )𝒓
𝟐 𝑳

*détermination de 𝛾̇ :

Si on généralise l’expression donnant la vitesse de déformation pour un écoulement plan, on peut


aboutir à l’expression suivante :

𝒅𝒗(𝒓)
𝜸̇ (𝒓) = −
𝒅𝒓

Le signe ‘-’ est du aufait que la vitesse est fonction décroissante du rayon r.

III-2/RHEOMETRES A REGIME TRANSITOIRE :

Dans ce cas, l’échantillon à étudier est soumis à une sollicitation instantanée qui est maintenue
constante, ensuite on étudie le comportement de l’échantillon envers cette sollicitation. Avant un
certain temps que le nouveau régime permanent soit atteint, le matériau manifeste un comportement
dépendant du temps.

On distingue deux types de rhéomètres :

III-2-1/Rhéomètres à fluage :

Ces rhéomètres sont susceptibles d’imposer une contrainte constante 𝜏 et de mesurer la


déformation de cisaillement qui en résulte.

Dans la suite, on s’intéressera aux rhéomètres rotatifs : cylindriques ou cône/plateau.

*Principe de fonctionnement :

A t=0, on applique un couple constant de rotation au cylindre extérieur (ou au cône) et l’on
enregistre au cours du temps la variation de l’angle de rotation 𝜙(𝑡) du cylindre mobile(ou cône
mobile). Donc, la détermination de 𝜏 et de 𝛾(𝑡) est liée à la connaissance des données
expérimentales M (moment de rotation) et 𝜙(𝑡).

*détermination de 𝜏 :

On considère que les entrefers utilisés dans le régime transitoire sont toujours petits, donc le
volume du matériau à étudier sera très faible et par conséquent on a le droit de négliger les forces
d’inertie qui apparaissent dans ce régime devant les forces du cisaillement. Donc, les relations
obtenues pour le régime permanent sont aussi valides dans le régime transitoire. D’où :

𝝉 = 𝜶𝑴

Soit encore :

55
Année universitaire : 2023_2024

𝟏 𝑹𝟐𝟏 + 𝑹𝟐𝟐
𝝉= 𝑴 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑢𝑛𝑟ℎé𝑜𝑚è𝑡𝑟𝑒𝑐𝑦𝑙𝑖𝑛𝑑𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒
𝟒𝝅𝒉 (𝑹𝟏 𝑹𝟐 )𝟐
𝟑
{ 𝝉= 𝑴 pour un rhéomètre cone/plateau
𝟐𝝅𝑹𝟑

*Détermination de 𝛾(𝑡) :

On a trouvé précédemment que dans le régime permanent, la vitesse de cisaillement est donnée
par :

𝛾̇ = 𝛽𝜔0

Soit encore :

𝑅1 𝜔0
𝛾̇ =
{ 𝑅2 − 𝑅1
𝜔0
𝛾̇ =
𝜃
Or, 𝜔0 est donnée par :

𝑑𝜙(𝑡)
𝜔0 =
𝑑𝑡
Il en résulte que :

𝑑𝜙(𝑡)
𝛾̇ (𝑡) = 𝛽
𝑑𝑡
En intégrant cette relation, on obtiendra la relation donnant 𝛾(𝑡). Soit :

𝜸(𝒕) = 𝜷𝝓(𝒕)

Ainsi, on peut finalement déduire la fonction de fluage :

𝛾(𝑡) 𝛽 𝜙(𝑡)
𝑓(𝑡) = =
𝜏 𝛼 𝑀
III-2-2/Rhéomètres à relaxation :

Ces rhéomètres sont pilotés en déformation afin de réaliser des tests de relaxation.

Il existe un type d’expérience appelée la relaxation généralisée qui peut être réalisée facilement
dans les rhéomètres rotatifs : on fait varier instantanément la vitesse de rotation du cylindre
extérieur (ou du cône) de 𝜔0 à 0. Après on enregistre le graphe 𝜏 − 𝑡, ce qui permet de déterminer
certaine propriétés viscoélastiques du matériau.

III-3/RHEOMETRES A REGIME DYNAMIQUE :

Dans ce type de rhéomètres, les matériaux à étudier sont soumis à des mouvements laminaires de
cisaillement d’amplitude variant sinusoïdalement dans le temps.

56
Année universitaire : 2023_2024

Il existe deux classes d’appareils :

III-3-1/Rhéomètres à oscillation forcée :

Ces rhéomètres peuvent fonctionner dans toute une gamme de fréquence ou à une seule
fréquence particulière.

Afin de simplifier les calculs, on étudiera dans la suite le cas d’un rhéomètre plan/plan.

*Force mesurée sur une face immobile :

Le déplacement de translation est donné par :

𝑥(𝑡) = 𝑥0 cos(𝜔𝑡)

La force f(t) est mesurée sur la face qui est supposée être immobile. Cette force représente la
force de frottement visqueux.

𝑥(𝑡)⁄
La déformation est : 𝛾(𝑡) = 𝑒
𝑓(𝑡)
La contrainte de cisaillement est : 𝜏(𝑡) =
𝑆

Soit :

𝜏(𝑡) 1 𝑓(𝑡)
=
𝛾(𝑡) 𝑏 𝑥(𝑡)

Avec :
𝑆
-𝑏 = 𝑒 est la constante d’appareil.

On a vu précédemment que :

𝜏∗

𝜏0 𝑖𝛿
𝐺 = ∗= 𝑒
𝛾 𝛾0

En séparant les parties réelles et imaginaires on obtient :

𝟏 𝒇𝟎
𝑮′ = 𝒄𝒐𝒔𝜹
𝒃 𝒙𝟎
𝟏 𝒇𝟎
𝑮′′ = 𝒔𝒊𝒏𝜹
{ 𝒃 𝒙𝟎

57
Année universitaire : 2023_2024

*Force et déplacement mesurés sur une même face mobile :

On impose une force sinusoïdale 𝑓𝑖 (𝑡) = 𝑓0 cos(𝜔𝑡 + 𝛿) au plateau mobile qui acquiert un
déplacement sinusoïdale déphasé 𝑥(𝑡) = 𝑥0 cos(𝜔𝑡) . On impose aussi au plateau mobile une
liaison mécanique à l’aide d’un ressort de raideur k appliquant une force :𝑓𝑟 = 𝑘𝑥(𝑡)

Une force de frottement visqueuse est engendrée au niveau de la face mobile : 𝑓𝑓 = 𝜏𝑆

Ces grandeurs peuvent être écrites sous forme de notation complexe :

𝑥 ∗ = 𝑥0 𝑒 𝑖𝜔𝑡
𝑓𝑖∗ = 𝑓0 𝑒 𝑖(𝜔𝑡+𝛿)
𝑓𝑟∗ = 𝑘𝑥 ∗
∗ ∗ ∗ ∗
{𝑓𝑓 = 𝑆𝜏 = 𝑏𝐺 𝑥
D’après la loi fondamentale de la dynamique, on a :

𝑓𝑖∗ − 𝑓𝑟∗ − 𝑓𝑓∗ = 𝑀𝑥̈ ∗

Avec M est la masse du plateau mobile.

Il en vient :

𝑓𝑖∗ = (𝑘 − 𝑀𝜔2 + 𝑏𝐺 ∗ )𝑥 ∗

On remplace 𝑓𝑖∗ , G* et 𝑥 ∗ par leur expressions :

𝑓0 (𝑐𝑜𝑠𝛿 + 𝑖𝑠𝑖𝑛𝛿) = [𝑘 + 𝑏(𝐺 ′ + 𝑖𝐺 ′′ ) − 𝑀𝜔2 ]𝑥0

Par identification on abouti à :

𝑓0
𝑐𝑜𝑠𝛿 = 𝑘 + 𝑏𝐺 ′ − 𝑀𝜔2
𝑥0
𝑓0
𝑠𝑖𝑛𝛿 = 𝑏𝐺′′
{ 𝑥0

D’où la détermination de G’ et G’’ :

58
Année universitaire : 2023_2024


𝟏 𝒇𝟎 𝑴𝝎𝟐 𝒌
𝑮 = 𝒄𝒐𝒔𝜹 + −
𝒃 𝒙𝟎 𝒃 𝒃
𝟏 𝒇𝟎
𝑮′′ = 𝒔𝒊𝒏𝜹
{ 𝒃 𝒙𝟎

III-3-2/Rhéomètres à oscillations libres :

Reprenons le cas précédent(rhéomètre plan-plan dont le plateau mobile est attaché à un ressort) :

Dans ce type d’expériences, on écarte le plateau de sa position d’équilibre (à t=0 x=x 0) et on le


lâche sans vitesse initiale puis, on enregistre la variation du déplacement x(t) du plateau.

Cette fois ci, les forces exercées sur le plateau mobile se réduisent à :

-La force du rappel du ressort : 𝑓𝑟 = −𝑘𝑥(𝑡)

-La force du frottement visqueux : 𝑓𝑓 = 𝑆𝜏

Or, cette expérience est spécialement utilisée pour la détermination de la viscosité des corps
newtoniens. Supposons qu’on a un corps newtonien. Donc ff devient : 𝑓𝑓 = 𝑆𝜂𝛾̇
𝑥
Sachant que : 𝛾 = , on peut écrire ff sous la forme suivante :
𝑒

𝑓𝑓 = 𝑏𝜂𝑥̇

En appliquant de nouveau la loi fondamentale de la dynamique sur le plateau, on obtient :

𝑀𝑥̈ + 𝑏𝜂𝑥̇ + 𝑘𝑥 = 0

C’est une équation différentielle de second degré sans second membre et dont la solution est donnée
par :

𝒃𝜼
𝒙(𝒕) = 𝒙𝟎 𝐞𝐱𝐩 (− 𝒕) 𝐜𝐨𝐬(𝝎𝒕)
𝟐𝑴
(La résolution de cette équation est détaillée dans l’annexe de calcul II)

Détermination pratique de la viscosité du corps newtonien :

Il s’agit d’un régime pseudopériodique :

59
Année universitaire : 2023_2024

D’après cet enregistrement, on peut mesurer la pseudo-période T.


𝑏𝜂
A 𝑡 = 𝑇 = 2𝜋⁄𝜔, on a :𝑥(𝑇) = 𝑥0 𝑒𝑥𝑝 (− 2𝑀 𝑇)

On définie le décrément logarithmique tel que :

𝑥0 𝑏𝜂
𝑑 = 𝐿𝑛 ( )= 𝑇
𝑥(𝑇) 2𝑀

On en déduit finalement la viscosité du corps newtonien :

𝟐𝑴𝒅
𝜼=
𝒃𝑻

60
Année universitaire : 2023_2024

Annexe I ;
Détermination des paramètres de rigidité pour le modèle de Maxwell.

L’équation rhéologique du modèle de Maxwell est :

𝑑𝛾 ∗ (𝑡) 𝑑𝜏 ∗ (𝑡) 𝜏 ∗ (𝑡)


=𝐽 +
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝜂

Or :

𝜏 ∗ (𝑡) = 𝜏0 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝜔𝑡 + 𝜑)

En injectant 𝜏 ∗ (𝑡) par son expression dans l’équation différentielle précédente, on obtient :

𝑑𝛾 ∗ (𝑡) 1
= 𝑖𝐽𝜔𝜏0 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝜔𝑡 + 𝜑) + 𝜏0 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝜔𝑡 + 𝜑)
𝑑𝑡 𝜂

On peut intégrer cette équation entre deux instants distincts t1 et t2. Donc :
𝑡2 𝑡2
1
[𝛾 ∗ (𝑡)]𝑡𝑡21 = ∫ 𝑖𝐽𝜔𝜏0 𝑒𝑥𝑝(𝑖 𝜔𝑡 + 𝜑)𝑑𝑡 + ∫ 𝜏 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝜔𝑡 + 𝜑)𝑑𝑡
𝑡1 𝑡1 𝜂 0

Soit :

𝜏0 exp(𝑖𝜔𝑡 + 𝜑) 𝑡2
[𝛾 ∗ (𝑡)]𝑡𝑡21 = 𝐽𝜏0 [exp(𝑖𝜔𝑡 + 𝜑)]𝑡𝑡21 + [ ]
𝜂 𝑖𝜔 𝑡1

Cette équation peut se mettre sous la forme :

1
𝛾 ∗ (𝑡2 ) − 𝛾 ∗ (𝑡1 ) = (𝐽 + ) (𝜏 ∗ (𝑡2 ) − 𝜏 ∗ (𝑡1 ))
𝑖𝜂𝜔

On peut poser :

𝛾 ∗ (𝑡2 ) − 𝛾 ∗ (𝑡1 )
𝐽∗ (𝜔) =
𝜏 ∗ (𝑡2 ) − 𝜏 ∗ (𝑡1 )

D’où :

𝑖
𝐽∗ (𝜔) = 𝐽 −
𝜂𝜔

Sachant que 𝐽∗ (𝜔) = 𝐺 ∗ (𝜔) cette relation devient :

𝐺𝜂𝜔
𝐺 ∗ (𝜔) =
𝜂𝜔 − 𝑖𝐺

61
Année universitaire : 2023_2024

Soit encore :

∗ (𝜔)
𝐺𝜂2 𝜔2 𝐺 2 𝜂𝜔
𝐺 = 2 + 𝑖 2
𝐺 + 𝜂2 𝜔 2 𝐺 + 𝜂2 𝜔 2
𝜂
En utilisant la relation : 𝜆 = ⁄𝐺 on abouti finalement aux expressions de 𝐺 ′ (𝜔) et 𝐺 ′′ (𝜔) :

𝐺𝜔2 𝜆2
𝐺 ′ (𝜔) =
1 + 𝜔 2 𝜆2
′′ (𝜔)
𝐺𝜔𝜆
{𝐺 =
1 + 𝜔 2 𝜆2

62
Année universitaire : 2023_2024

Annexe II ;
Résolution d’une équation différentielle de second degré sans second membre

L’équation différentielle qu’on veut résoudre est :

𝑀𝑥̈ + 𝑏𝜂𝑥̇ + 𝑘𝑥 = 0

Son équation caractéristique est :

𝑀𝑟 2 + 𝑏𝜂𝑟 + 𝑘 = 0

Or, d’après l’enregistrement du déplacement x(t) on déduit qu’on est dans un régime
pseudopériodique donc, le discriminant Δ sera négatif :

Δ = 𝑏 2 𝜂2 − 4𝑘𝑀 <0
2 (4𝑘𝑀 2 2)
=𝑖 −𝑏 𝜂

Et la solution de cette équation différentielle est sous la forme :

𝑥(𝑡) = 𝛼𝑒 𝑟−𝑡 + 𝛽𝑒 𝑟+𝑡

𝛼et𝛽 sont retrouvés à partir des conditions initiales à t=0 :

- 𝑥(0) = 𝑥0
- 𝑣(0) = 𝑥̇ (0) = 0

Donc :
𝒙𝟎
𝜶= 𝜷=
𝟐
D’autre part, r- et r+ sont donnés par :

−𝑏𝜂 ± 𝑖√4𝑘𝑀 − 𝑏 2 𝜂2
𝑟± =
2𝑀
En introduisant la pseudo-pulsation telle que:

√4𝑘𝑀 − 𝑏 2 𝜂2
𝜔=
2𝑀
Il vient que :

𝒃𝜼
𝒓± = − ± 𝒊𝝎
𝟐𝑴
En remplaçant 𝛼, 𝛽, 𝑟+ et 𝑟− par leur valeur dans la solution x(t) on aboutit finalement à :

𝒃𝜼
𝒙(𝒕) = 𝒙𝟎 𝐞𝐱𝐩 (− 𝒕) 𝐜𝐨 𝐬(𝝎𝒕)
𝟐𝑴

63
Année universitaire : 2023_2024

Bibliographie ;

-[1] Howard A. BARNES; A handbook of elementary rheology; 1èreedition; University of Wales,


Institute of Non-Newtonian, Fluid Mechanics, Aberystwyth, 2000.

-[2]Guy COUARRAZE et Jean-Louis GROSSIORD; Initiation à la rhéologie ; 3émeédition ; TEC&DOC


2006.

-[3] Philippe COUSSOT et Jean-Louis GROSSIORD; Comprendre la rhéologie : de la circulation du


sang à la prise du béton ; 1émeédition; EDP Sciences 2001.

-[4] [Link] ; Mécanique et rhéologie des fluides en génie chimique ; 3émeédition; TEC&DOC
1999.

-[5] Hans-Henning Kausch, Nicole Heymans, Christopher John Plummer et Pierre Decroly ;
Matériaux polymères :Propriétés mécaniques et physiques;1émeédition ;Presses Polytechniques et
Universitaires ROMANDES 2001.

-[6] Cours de ‘Rhéologie’, Professeur M. BENELMOSTAFA, Master mécanique et énergétique;


Université Mohammed Premier, Faculté des Sciences d’Oujda; année universitaire 2009/2010.

-[7] Cours de ‘Rhéologie et transformation des matériaux polymères’, Professeur A. MAAZOUZ ;


Laboratoire des Matériaux Macromoléculaires, INSA Lyon.

-[8] Cours de ‘initiation à la rhéologie’, Professeur Sébastien PONCET ; IUT Génie thermique et
énergie, Marseille ; 2009/2010.

-[9][Link]/documents/[Link]

-[10][Link]/fr/Enseignement/.../Fluides_Non_Newtoniens.pdf

-[11][Link]/DOC/[Link]

-[12][Link]/~guazzelli/publiperso/[Link]

64

Common questions

Alimenté par l’IA

Dans les rhéomètres cylindriques rotatifs, les mesures sont effectuées en évaluant la force tangentielle exercée entre un cylindre fixe et un cylindre rotatif, où la contrainte est donnée par 𝜏(𝑟) = 𝑀/(2𝜋𝑟^2ℎ) et la vitesse de cisaillement est 𝜸̇ = 𝝎𝟎/Ln(R2/R1). En comparaison, les rhéomètres de type Poiseuille utilisent un écoulement de fluide à travers un tube, où la contrainte résulte des différences de pression, 𝝉(𝑟) = (𝑟/2)(𝜌𝑔 + Δ𝑃/𝐿), et la vitesse de cisaillement est dérivée à partir du gradient de vitesse radial. Les deux méthodes cherchent à maintenir un régime laminaire pour des mesures précises de la viscosité .

L'expérience de relaxation d'un solide de Voigt est considérée impossible à cause de la nécessité d'appliquer instantanément une force infinie pour imposer une déformation instantanée à la partie visqueuse du modèle, ce qui n'est pas physiquement réalisable. En revanche, le modèle de Maxwell permet une telle expérience de relaxation car il peut adopter un comportement liquide sous contrainte constante, permettant à la contrainte de diminuer exponentiellement vers zéro au fil du temps .

Le modèle de Burgers est construit en associant en série un ressort, un amortisseur, et un solide de Voigt. Cette configuration combine les caractéristiques des modèles de Maxwell et de Voigt, permettant ainsi de capturer tant le comportement viscoélastique immédiat que l'écoulement retardé. La fonction de fluage du modèle de Burgers est une somme des fonctions de fluage respectives de ces composants, 𝑓(𝑡) = 1/𝐺1 + 1/𝐺2(1 − 𝑒𝑥𝑝(−𝑡/𝜃2)) + 𝑡/𝜂1, imbriquant linéarité et exponentiel croissant .

Les rhéomètres à cône/plateau sont utilisés pour analyser la viscosité car ils permettent de générer un cisaillement uniforme sur le fluide étudié. Grâce à l'angle minime du cône, ce dispositif permet de maintenir des conditions expérimentales précises en lien avec la géométrie contrôlée, et la contrainte de cisaillement est calculée comme étant constante sur toute la surface, donnée par 𝜏= 3𝑀/2𝜋𝑅^3, où M est le moment appliqué et R le rayon .

L'expression de la fonction de fluage pour un modèle de Maxwell est donnée par : 𝑓(𝑡) = 𝐽 + 𝑡/𝜂. Cette fonction comprend deux parties principales : une variation instantanée à t=0 d'amplitude J décrivant l'élasticité instantanée, et une variation linéaire de pente 1/𝜂 qui correspond au comportement visqueux newtonien du liquide .

Les expériences de cisaillement avec les rhéomètres plans à translation s'opèrent en plaçant un fluide entre deux surfaces parallèles, l'une fixe et l'autre se déplaçant de manière linéaire. Ce mouvement génère un écoulement laminaire contrôlé à travers le fluide. La contrainte de cisaillement est déterminée par la force par unité de surface appliquée et est constante, donnée par 𝜏 = 𝐹/S. Ce dispositif est significatif pour la détermination de la viscosité car il permet d'analyser comment le fluide réagit au cisaillement sur toute son étendue sans contraintes variationnelles. Ces informations sont capitales pour caractériser le comportement rhéologique du fluide de façon uniforme .

Le temps de relaxation 𝜆 dans le modèle de Maxwell est critique pour définir la transition entre un comportement élastique et visqueux d'un matériau. Il est donné par 𝜆 = 𝜂/𝐺. Le nombre de Deborah, 𝐷𝑏 = 𝜆/𝑡0, où 𝑡0 est le temps d'observation, permet de qualifier le comportement du matériau : si 𝐷𝑏 << 1, le matériau se comporte comme un fluide visqueux, si 𝐷𝑏 >> 1, comme un solide élastique, et s'il est proche de 1, il montre un comportement viscoélastique .

Dans le modèle de Maxwell, sous une contrainte constante, la viscosité affecte la partie linéaire de la fonction de fluage par la pente 1/𝜂. Mathématiquement, cela se traduit par l'expression de la fonction de fluage 𝑓(𝑡) = 𝐽 + 𝑡/𝜂, où 𝜂 est la viscosité du fluide visqueux newtonien associée à l'amortissement dans le modèle, influençant directement la vitesse à laquelle la déformation augmente avec le temps sous contrainte .

Le modèle de Maxwell généralisé, qui comprend des modèles de Maxwell en parallèle chacun avec sa complaisance élastique et viscosité, est spécialement adapté aux expériences de relaxation puisqu'il permet une observation précise de la décroissance exponentielle des contraintes. La contrainte totale est la somme des contraintes de chaque branche, ce qui permet aux contraintes de se relâcher et diminuer exponentiellement, simulant un comportement fluide lors de l'expérience .

La fonction de fluage pour le modèle de Voigt est exprimée par 𝑓(𝑡) = 𝐽(1 − 𝑒𝑥𝑝(−𝑡/𝜃)), représentant une exponentielle croissante avec une asymptote horizontale d'amplitude J. Contrairement au modèle de Maxwell qui permet une déformation linéaire continue, le modèle de Voigt ne permet pas un écoulement permanent mais plutôt une déformation retardée par la présence d'un amortisseur. Ainsi, à long terme, un matériau décrit par le modèle de Voigt atteindra une déformation finie contrairement au modèle de Maxwell qui décrit un écoulement continu .

Vous aimerez peut-être aussi