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Histoire du Royaume du Kongo

Le royaume du Kongo, un ancien empire d'Afrique centrale, a existé du XIVe siècle jusqu'au début du XXe siècle, englobant des territoires de l'actuel Angola, de la République démocratique du Congo et de la République du Congo. Il a été l'un des premiers États africains à adopter le christianisme, influencé par les Portugais, tout en maintenant une certaine autonomie face à leur emprise. L'histoire du royaume est marquée par des conflits internes, des tentatives de vassalisation par le Portugal et des efforts pour préserver son indépendance culturelle et politique.

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Histoire du Royaume du Kongo

Le royaume du Kongo, un ancien empire d'Afrique centrale, a existé du XIVe siècle jusqu'au début du XXe siècle, englobant des territoires de l'actuel Angola, de la République démocratique du Congo et de la République du Congo. Il a été l'un des premiers États africains à adopter le christianisme, influencé par les Portugais, tout en maintenant une certaine autonomie face à leur emprise. L'histoire du royaume est marquée par des conflits internes, des tentatives de vassalisation par le Portugal et des efforts pour préserver son indépendance culturelle et politique.

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Royaume du Kongo

État pré-colonial de l’Ouest de l’Afrique centrale, du XIVe au début du XXe siècle

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Pour les articles homonymes, voir Kongo et Congo.

Royaume du Kongo

Kongo dia Ntotila

1390–1914

Informations générales

Statut Royaume, empire

Capitale Mbanza-Kongo (Palais du Kongo)

Langue(s) Kikongo et Portugais

Religion Religion Kongo (en)

Catholicisme au Kongo (en)

Monnaie Nzimbu et Lubongo (Libongo, Mbongo), Mpusu

Histoire et événements

1526 Alphonse Ier du Kongo tente de mettre fin au commerce des esclaves en envoyant une lettre
au roi du Portugal.
1622 Bataille de Mbumbi

1623 Bataille de Mbanda Kasi

1665-1709 Bataille d'Ambuila

Guerre civile du Kongo

1670 Bataille de la Rivière Mbidizi

Bataille de Kitombo

1709 Réunification du Kongo

1841 Aleixo de Água Rosada (frère du roi Henri III du Kongo) incite le chef Dembo Nambwa Ngôngo
à refuser de payer l’impôt aux Portugais. Sa capture et son emprisonnement par les Portugais ont eu
lieu quelque temps après son incitation.

1857 Le Kongo devient vassal du Portugal

Guerre de succession entre Alvare XIII du Kongo et Pierre VI du Kongo.

1859 Le prince Nicolau (Nicolas) de Água Rosada proteste contre la vassalisation du Kongo en
publiant une lettre dans le journal Jornal do Commércio du 1er décembre 1859 à Lisbonne et appelle
à l’unité des Kongos

1884-1885 Conférence de Berlin

1913-1914 Révolte du Kongo

1914 Le Portugal abolit le titre de roi du Kongo. L’élection d’Alvare XV du Kongo en 1915 permet la
restauration du titre

Entités suivantes :

État indépendant du Congo

Congo français

Angola portugais

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2)

Le royaume du Kongo ou royaume du Congo était un royaume mais aussi un empire[1] de l'Afrique
centrale, situé dans ce qui est actuellement les territoires du nord de l'Angola, dont le Cabinda, du
sud de la république du Congo, de l'extrémité occidentale de la république démocratique du Congo
et du Sud-ouest du Gabon. À son apogée, il s'étendait de l'océan Atlantique jusqu'à l'ouest de la
rivière Kwango à l'est, et du fleuve Congo jusqu'au fleuve Loje au sud.

Il fut l'un des premiers États d'Afrique à avoir adopté le christianisme via sa famille royale sous
influence portugaise à la fin du xive - début du xve siècle.
Géographie

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Carte européenne de l'empire Kongo, vers 1630.

Selon certains chroniqueurs européens, dont Duarte Lopez en 1591 et Giovanni Cavazzi Antonio de
Montecuccolo en 1667, à l'époque du premier contact avec les Portugais, le royaume du Kongo
devait avoir une étendue de plus de 300 000 km2. Une grande partie du Sud-Ouest de la république
démocratique du Congo, du Nord de l'Angola, du Sud de la république du Congo et du Sud-ouest du
Gabon composaient cet État.

Toutefois, les chroniqueurs européens ont fait beaucoup de confusions dans leurs estimations du
territoire d'un pays dont ils ignoraient l'organisation administrative. C'est ainsi que certaines
provinces qu'ils rencontrèrent loin de la capitale Mbanza-Kongo devinrent des « royaumes » à part
entière sous leur plume. Il s'agit généralement des localités traversées par les voyageurs européens,
depuis les ports de la côte atlantique, d'où ils débarquaient, jusqu'à la ville de résidence du Mwene
Kongo située à 150 milles dans l'arrière-pays.

« Ainsi, pour tout le département, on comptait sept districts. Ce sont ces districts que les Européens
ont pris, tantôt pour des royaumes, comme le Ngôyo, le Kakongo du Kôngo-dya-Mpânzu, tantôt pour
des provinces, comme le Nsûndi, le Mbâmba et le Mpêmba du Zyta-Dya-Nza[a] »

Généralement,

L'organisation culturelle du royaume kongo »

Articles (4)

BANTOU

Écrit par Luc de HEUSCH 8 112 mots 4 médias

Hilton sur l'histoire du royaume de Kongo (1985), ou encore celles que R. Reefe et J. J. Hoover ont
consacrées respectivement aux Luba (1981) et aux Lunda (1978). On citera aussi, pour le Cameroun,
la monumentale étude du royaume bamum entreprise par C. Tardits. Ces descriptions, approfondies
mais parcellaires, se fondent pour l'essentiel sur l'interprétation des traditions orales, mais aussi sur
des données linguistiques, voire sur des archives écrites plus ou moins récentes (elles remontent au
xvie siècle pour le royaume de Kongo).

Le royaume du Kongo : une histoire longue

Le royaume du Kongo couvrait à son apogée des territoires de l’Angola, de la RD Congo et de la


République du Congo.
Selon les traditions orales, Nimi a Nzima de Mpemba Kasi et Nsaku Lau de Mbata ont fondé le
royaume à la fin du 14e S. Ils auraient décidé que les descendants de Nimi a Nzima en seraient les
souverains, tandis que ceux de Nsaku Lau gouverneraient Mbata.

Ainsi, Lukeni lua Nimi (vers 1380-1420), fils de Nimi a Nzima, devint le premier roi kongo. Il déclara
Mbanza Kongo (située dans l’actuel Angola) capitale du royaume.

Lorsque des marins portugais arrivent au large du royaume du Kongo en 1483 en quête d’alliances
politiques et commerciales, le royaume est déjà un État puissant et centralisé, qui fait forte
impression sur ses visiteurs. Ainsi, en 1491, l’ambassadeur milanais à Lisbonne compare la capitale
Mbanza Kongo à la prestigieuse ville d’Évora, résidence royale au Portugal.

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BreadcrumbHome Découvrir "Avant de tourner la page, il faut la lire" Le royaume du Kongo

Le royaume du Kongo

Des liens diplomatiques et commerciaux anciens avec l’Europe

Le royaume du Kongo est l’un des anciens royaumes d’Afrique dont l’histoire est la mieux
documentée. Cet article présente quelques éléments de cette riche histoire, longue de plusieurs
siècles, qui permettent de déconstruire certains stéréotypes qui persistent encore aujourd’hui sur
l’histoire de l’Afrique.

""

Mbanza Kongo (São Salvador). Gravure. De O[Ifert] Dapper, Naukeurige beschrijvinge der
Afrikaensche gewesten, 1668, p. 562-63.

3)

Le royaume du Kongo : une histoire longue

Le royaume du Kongo couvrait à son apogée des territoires de l’Angola, de la RD Congo et de la


République du Congo.

Selon les traditions orales, Nimi a Nzima de Mpemba Kasi et Nsaku Lau de Mbata ont fondé le
royaume à la fin du 14e S. Ils auraient décidé que les descendants de Nimi a Nzima en seraient les
souverains, tandis que ceux de Nsaku Lau gouverneraient Mbata.
Ainsi, Lukeni lua Nimi (vers 1380-1420), fils de Nimi a Nzima, devint le premier roi kongo. Il déclara
Mbanza Kongo (située dans l’actuel Angola) capitale du royaume.

Lorsque des marins portugais arrivent au large du royaume du Kongo en 1483 en quête d’alliances
politiques et commerciales, le royaume est déjà un État puissant et centralisé, qui fait forte
impression sur ses visiteurs. Ainsi, en 1491, l’ambassadeur milanais à Lisbonne compare la capitale
Mbanza Kongo à la prestigieuse ville d’Évora, résidence royale au Portugal.

Carte du royaume du Kongo vers 1650. Le royaume du Kongo couvrait à son apogée des territoires de
l’Angola, de la RD Congo et de la République du Congo. On lit parfois à tort qu’il occupait même une
partie de l’actuel Gabon. Cette affirmation est basée sur l'hypothèse que l'étendue du royaume du
Kongo coïncidait avec la zone géographique dans laquelle les variantes de la langue kikongo sont
parlées aujourd'hui. Des recherches récentes ont montré que la dispersion du Kikongo est antérieure
à l'origine du royaume du Kongo (Bostoen & de Schryver 2018) et que l'influence du Kongo dans les
zones côtières au nord du fleuve Congo était plutôt symbolique (Thornton 2020).

Carte empruntée au livre :

Cooksey, Susan, Robin Poynor, Hein Vanhee et Carlee S Forbes, éd. 2013. Kongo across the Waters.
Gainesville : University Press of Florida. Page 16.

Une ouverture rapide au catholicisme

En 1491, moins de dix ans après les premiers contacts avec les Portugais, le roi Nzinga a Nkuwu
(1483-1509) se convertit au catholicisme. Il prend alors le nom du roi portugais, João I. Les jeunes
kongolais éduqués en Europe écrivent les lettres que le roi envoie au Portugal.

Son fils, le roi Afonso I contribue à développer et répandre la religion chrétienne au sein de son
royaume. Il envoie des étudiants en Europe et étudie lui-même la religion chrétienne.

Un intérêt pour la culture européenne, mais un maintien d’autonomie

Afonso I tente également d’établir des relations directes avec le Vatican. C’est ainsi qu’en 1513, il
envoie son fils Henrique au Vatican afin qu’il devienne évêque. L’intention d’Afonso I est de rendre
l’Église du Kongo indépendante et autonome, à l’instar de celle du Portugal. En 1518, Henrique
devient évêque, avec le statut « in partibus infidelium » (« dans les contrées infidèles »). Lorsqu’il
retourne au royaume du Kongo, ce statut lui permet de nommer lui-même les prêtres kongolais pour
répandre le christianisme au sein du royaume. Henrique meurt en 1531. En 1534, la papauté déclare
l’Église du Kongo comme étant une branche du siège établi sur l’île portugaise de São Tomé, ce qui
redonne aux Portugais une plus grande influence politique.

Si Afonso I montre un intérêt pour ce que pouvait lui apporter le Portugal, notamment
l’alphabétisation, il résiste fermement aux tentatives portugaises de s’installer profondément dans
son territoire. Il se réserve le droit d’accès à son royaume. Vers 1515, il s’oppose aux liens
commerciaux que le Portugal noue avec le royaume voisin du Kongo, le royaume du Ndongo. Il
refuse également de céder le contrôle de la traite des esclaves. Au début des années 1510, ce sont
plusieurs milliers d’esclaves qui sont vendus chaque année, notamment pour travailler dans les
plantations de sucre à São Tomé.

Ntinu nimi a Lukeni

22. Nanga kia ntinu

33. (inconnu)

44. D. João I, Nzinga a Nkuwu, mort en 1506

55. D. Afonso I (1506-1543)

66. D. Pedro I (1543-1544 ?)

77. D. Francisco I (1544)

88. D. Diogo I (1545-1561)

99. D. Bernardo I (1561-1567)

1010. D. Henrique I (1567-1568)

1111. D. Álvaro I (1568-1587)


1212. D. Álvaro II (1587-1614)

1313. D. Bernardo II (1614-1615)

1414. D. Álvaro III (1615-1622)

1515. D. Pedro II (1622-1624)

1616. D. Garcia I (1624-1626)

1717. D. Ambrósio I (1626-1631)

1818. D. Álvaro IV (1631-1636)

1919. D. Álvaro V (1636)

2020. D. Álvaro VI (1636-1641)

2121. D. Garcia II (1641-1661)

2222. D. António I (1661-1665)

2323. D. Álvaro VII (1665-1666)

2424. D. Álvaro VIII (1666-1669)

2525. D. Raphael I (1669) (expulsé)

2626. D. Álvaro IX (1669-1672)


2727. D. Raphael I (1672-1674) (revenu au pouvoir)

2828. D. Daniel I (1674-1678)

29São Salvador est abandonné de 1678 à 1703

3029. D. Pedro IV (1703-1718)

3130. D. Manuel II (1718-1730)

3231. D. Sebastião I (1730-1743)

3332. D. Garcia IV (1743-1752)

3433. D. Nicolas I (1752-1733)

3534. D. Pedro V (1763-1780)

3635. D. Álvaro XI (1764-1778) (rival de D. Pedro V)

3736. D. José I (1781-1785)

3837. D. Afonso V (1785-1788)

3938. D. Aleixo (? ?)

4039. D. Joaquim (? ?)

4140. D. Henrique I (1793-1802)

4241. D. Garcia V (1802-1830)


4342. (inconnu)

4443. D. André II (18??-1842)

4544. D. Henrique IV (1842-1858)

4645. D. Álvaro XIII (1858-1859)

4746. D. Pedro V – Pedro Elelo (1859-1891)

4847. D. Álvaro XIII (XIV) (1891-1896)

4948. D. Henrique V (1896-1901)

5049. D. Pedro VI (1901-1910)

5150. D. Manuel III (1910-1914)

5251. D. Álvaro Nzinga (1914-1923)

5352. D. Pedro VII (1923-1953)

5453. D. Garcia VI (1953-1958)

55Certaines dates de règnes n’ont pu être établies avec la précision que nous eussions souhaitée,
notamment pour le xviiie siècle.

Statut Royaume, empire

Capitale Mbanza-Kongo (Palais du Kongo)

Langue(s) Kikongo et Portugais

Religion Religion Kongo (en)


Catholicisme au Kongo (en)

Monnaie Nzimbu et Lubongo (Libongo, Mbongo), Mpusu

Histoire et événements

1526 Alphonse Ier du Kongo tente de mettre fin au commerce des esclaves en envoyant une lettre
au roi du Portugal.

1622 Bataille de Mbumbi

1623 Bataille de Mbanda Kasi

1665-1709 Bataille d'Ambuila

Guerre civile du Kongo

1670 Bataille de la Rivière Mbidizi

Bataille de Kitombo

1709 Réunification du Kongo

1841 Aleixo de Água Rosada (frère du roi Henri III du Kongo) incite le chef Dembo Nambwa Ngôngo
à refuser de payer l’impôt aux Portugais. Sa capture et son emprisonnement par les Portugais ont eu
lieu quelque temps après son incitation.

1857 Le Kongo devient vassal du Portugal

Guerre de succession entre Alvare XIII du Kongo et Pierre VI du Kongo.

1859 Le prince Nicolau (Nicolas) de Água Rosada proteste contre la vassalisation du Kongo en
publiant une lettre dans le journal Jornal do Commércio du 1er décembre 1859 à Lisbonne et appelle
à l’unité des Kongos

1884-1885 Conférence de Berlin

1913-1914 Révolte du Kongo

1914 Le Portugal abolit le titre de roi du Kongo. L’élection d’Alvare XV du Kongo en 1915 permet la
restauration du titre

"du Kongo dut demander de l'aide à Sébastien Ier qui le rétablit en 1571, la suprématie portugaise
devenant alors totale.

En 1665, les colons portugais d'Angola montèrent une expédition contre le royaume pour s'emparer
de ses mines. Signe d'un brassage de deux siècles, des Portugais servirent le Manikongo Antoine Ier
du Kongo et des Kongos furent alliés aux colons[20]. Les Portugais furent victorieux, le Manikongo
décapité et sa tête enterrée dans une chapelle située sur la baie de Luanda au cours d'une cérémonie
religieuse, tandis que la couronne et le sceptre du Kongo étaient envoyés à Lisbonne comme
trophée. Le métis Manuel Roboredo, auteur et prêtre capucin métis qui avait essayé d'empêcher
cette dernière bataille, trouva également la mort.
Cependant, le royaume du Kongo continua d'exister comme un État fantoche durant deux siècles.
Des luttes persistèrent jusqu'aux indépendances, comme celle de la reine Ana Nzinga qui tint en
échec les coalitions portugaise, néerlandaise et britannique de 1626 à 1648 et freina l'expansion du
commerce des esclaves. Ces sursauts nationalistes prirent parfois une forme religieuse comme lors
de la croisade de la prophétesse Kimpa Vita à qui saint Antoine de Padoue aurait ordonné d'unifier et
libérer les Kongos. Elle fut condamnée au bûcher en 1706 par le Manikongo à la demande des
Portugais[21].

À la conférence de Berlin en 1884-1885, les puissances européennes se partagèrent l'Afrique ; le


Portugal, s'appuyant sur des traités antérieurs signés avec l'empire Kongo, revendiqua une
souveraineté sur ses territoires. Léopold II de Belgique reçut, à titre personnel, 2,5 millions de
kilomètres carrés qui sont devenus l'État indépendant du Congo. Dans le Nord-Ouest de l'État ainsi
formé, une superficie de 500 000 km2 revint à la France (il s'agit du Congo-Brazzaville). En 1914,
après une révolte, le Portugal abolit le titre de roi du Kongo ; le titre de roi du Kongo est restauré en
1915. À la suite de la mort du roi Pierre IX du Kongo, Isabel Maria da Gama du Kongo devient régente
du Kongo de 1957 à 1962 puis de 1962 à 1975. Après un interrègne de vingt-cinq ans, les autorités
traditionnelles ont été restaurées et Afonso Mendes a été désigné chef des autorités traditionnelles
de Mbanza Kongo"

[Link]
%20Kongo

"Lukeni lua Nimi

Représentation de Lukeni lua Nimi par Milora Lipscomb.

Fonction

Manikongo

Biographie

Décès

Vers 1420

Famille

Kilukeni

Enfant

Nkuwu a Ntinu

modifier - modifier le code - modifier Wikidata

Lukeni lua Nimi (comme également comme Ntinu Nimi a Lukeni; c. 1380–1420) est
traditionnellement considéré comme le fondateur du Kanda Lukeni, et le premier Manikongo et
fondateur du royaume du Kongo Dia Ntotila. Le nom Nimi a Lukeni apparait dans les traditions orales
postérieures et certains historiens contemporains comme Jean Cuvelier (en), l'ont popularisé[1],[2]. Il
est également le conquérant du royaume de Mwene.

Biographie

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Lukeni lua Nimi est le fils de Nimi a Nzima et de la fille du Mwene Nsaku Eslau de Mbata (une union
conclue dans le cadre d'une alliance entre les territoires de Nimi et de Mbata), selon les traditions
recueillies par Giovanni Cavazzi da Montecuccolo au milieu du xviie siècle. Il porte le nom de sa mère,
Lukeni lua Nsanze, ce qui signifie qu'il est au moins le quatrième né de sa fratrie. Pendant le règne de
son père, Lukeni lua Nimi était chargé de percevoir les péages des voyageurs dans son domaine
pendant son absence. Cela a donné lieu à une anecdote, qui rapporte que Lukeni lua Nimi avait été
contraint de tuer une parente enceinte car elle ne voulait pas payer le péage. Il n'a pas été puni pour
cet acte par son père, et son comportement fut respecté, soit pour son caractère intransigeant, soit
pour son inflexibilité vis-à-vis du respect de la loi[2].:109

Bien qu'il règne probablement dans la région de la vallée de la rivière Kwilu dans l'actuelle
République démocratique du Congo, il est traditionnellement crédité de la conquête de la région où
se trouve l'actuel Mbanza-Kongo, en chassant le souverain local nommé Mwene Kabunga ou Mwene
Mpangala et y édifiant sa capitale, il prend alors le titre de Ntinu en fonde l'État du Kongo et porte le
titre de Manikongo ou Senhor do Congo en portugais et de Mwenekongo en kikongo. Il règne
vraisemblablement à la fin du xive siècle. Il est de ce fait considéré comme le fondateur du royaume
du Kongo, bien que certains attribuent cet acte à son père. Plusieurs sources attribuent la conquête
de la vallée Inkisi à Lukeni lua Nimi, qui se termine avec l'annexion de Nsundi (en) et du Mpangu. Le
territoire est ensuite réparti entre sa parenté et ses fidèles[2]:114.

Postérité et succession

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Il meurt probablement jeune car son fils n'est pas encore adulte lors de son décès, Nkuwu a Ntinu, ne
lui succède pas et le titre royal passe successivement à deux cousins de Lukeni, Nanga et Nlaza. Les
circonstances de sa mort et de la dévolution de sa succession permettent aux historiens de situer sa
naissance vers 1367 et sa disparition vers 1402/1427[2]:107."

[Link]
%20disparition%20vers%201402/1427%5B2%5D%3A107.,-Article%20li%C3%A9

"Le manikongo (Mwene Kongo en kikongo) est un chef politique (« gérant » ou « premier
responsable » du peuple et de son bien-être) chez les peuples kongos. Il s'applique à un État dont le
territoire s'étendait dans l'Ouest de ce qui est actuellement la république démocratique du Congo
(communément appelée Congo-Kinshasa), la république du Congo (communément appelée Congo-
Brazzaville) et l'Angola.

Le Manikongo.

Histoire

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Le roi du Kongo, qui est aussi appelé ntinu (de « refuge » celui qui met le peuple en sécurité). À
l'éclatement du royaume Kongo dia Ntété (ou Kongo dia Tuku), succèdent des royaumes, dont le
royaume Vungu (ou Bungu) d'où est issu Lukeni, le réunificateur du royaume. C'est lui qui rétablira la
capitale à Mbanza-Kongo. Le roi était élu par les bambuta (incorrectement traduit par « anciens »,
mais signifiant « responsables » des catégories socio-professionnelles, choisis pour leurs
compétences locales, régionales, provinciales et nationales).

Le « ntinu wa Kongo » servait à désigner les gouverneurs des six provinces de l'empire (mani ou
makoko signifiant « gouverneur »). Les finances publiques étaient gérées depuis Banza Kongo
(capitale financière), l'administration et l'ordre public étaient la responsabilité du Ntinu wa Kongo
(makoko), tandis que les finances l'étaient par les responsables financiers et la législation par le Mani
Vunda (celui qui gère les âmes ; en d'autres termes, les autorités spirituelles, dont le clan Nsaku était
et demeure consacré par tradition). Le royaume fut progressivement soumis au christianisme par la
force des armées, par les assassinats des plus hauts responsables spirituels du royaume et par le
contrôle des commerçants portugais. La souveraineté des manikongos sur leurs territoires disparut
peu à peu au xviie siècle sous l'influence de la traite négrière, qui dépeupla et affaiblit le Royaume."

[Link]

"Nkuwu a Ntinu est le fils du fondateur du Kongo, Lukeni lua Nimi. On sait peu de choses sur lui ou
sur son règne si ce n'est qu'il n'a régné qu'après que ses deux cousins aient été roi. Cela était exigé
du fondateur du royaume pour garder le jeune État uni. Le roi Nkuwu a Ntinu est le père de Nzinga
Nkuwu, le roi régnant sur le Kongo lorsque les Portugais arrivent en 1483. Le roi Nkuwu a Ntinu est le
dernier des rois préchrétiens du Kongo."

[Link]
%20fils,dernier%20des%20rois%20pr%C3%A9chr%C3%A9tiens%20du%20Kongo.

"madingu, ba dia ndingi, mvimba, ki-mbuta, kihunda, kivunda, kimbunda, mavunda, mpunda, ki-
mbata, ki-kota, kahita, mukukulu, nkukulu, nkokolo, ki-nkala, mukala, milimina, kabemba, mbemba,
ki-mpemba, ki-mvemba, lawu, mankunku, nkunku, nsongo (tsongo, mitsongo), kimanga, ki-mbika, ki-
mvika, kiyuvu, mabika, ki-nsengele, kiuvu, kinsumbu, kalemba, matsakula, kibuila, ki-mbuila, ki-mpila,
kingidi, kingila, kividi, kiyidi, mayidi, mayoni, neyidi, ngidi, ngiri, nzidi, nsivuila, ki-kuimba, ki-nlaza,
fumvu, kikuiti, lukuti, sangila, lunsangi, matsanga, musenga, nsenga, nsanga, nsangi, ki-ngimbi,
yimbu, ki-ndinga, mavandu, mpanda, muema, ngandu, masaka, masaki, nkamba, kikamba, ki-lemfu,
ki-ngemba, kiyemvo, ki-yongo, ki-zongo, ki-vuzi, ki-nsembo, masembo, musemo, kimfuti, mfuti’a
mvemba, makaba, nsimba, nsimbi, nsimbu, nsungu, Kinduelo, ki-nsongi, ki-ntumba, mowa, ki-kiowa,
ntamba, kimayalasa, ki-miala, nkuwu, kimbakala, kiyaka, etc. Mpanzu, tadi, ki-lamba, kalamba,
lufu, luvu, dondo, ndundu, munuani, kesa, muteke, kuanza, nkuanza, ki-muanza, nganzi, ki-bangu,
kabangu, ki-kuangu, ki-luangu (tsiluangu), ki-mpangu, mvangi, muangu, ki-hungu, vungu, ki-mbungu,
ngungu, mangungu, mahungu, mavungu, ki-futila, ki-ndamba, nlamba, mbau (tiya), ki-mbauka, ki-
nsundi, kinsula, kinsulu, fumina, kifuma, vonga, luvongo, ki-mbongo, kinuani, matana, nkua nioka,
vakula, ki-mpaku, voma, kihombi, kilombi, ki-ngoma, ki-ngombe, ki-lombo, kumba, ki-nkumba,
nkumbu, ki-mfulama, vemba, mbe, ki-mbembe, ki-mbimbi, wumba, wumbu, ki-bumbu, lubangu,
kimbundi, kibuma, mbuma, mbumbu, ngumbi, ngumbu, mukuzu, kinkuzu, nkozo, vola, mpondi,
kimpudi, mpolo, polo, ki-lumbu, malumbu, mpombo, mpumba, ki-mumba, ndombe, lulombe,
mbumba (mvangi), ndumbu, nsumbu, mvudi, ngolo, ngola, ndamb’a ngolo (angola), paka, mpakasa,
kimbaku, ki-mpaka, mabaka, vona, mponi, mboma, boma, vukama, mavuku, mpuku, vonda,
kimpondo, ngonda, ngondi, longo, ki-ndongo, samba, busamba, ki-nsamba, nseke nzila, lumba,
malumba, mulumba, ki-nkenzi, mukenzi, masunda, kinkosi, ki-nsuka, nsuka za kongo, mutsakila,
nsakila, ntu a nkosi, ki-wembo, mfutila na wembo, etc. Nzinga, ki-mbamba, kambamba, kihangala,
kiluamba, ki-mbala, kiama, ki-mbambi, kinzamba, mayamba, mazamba, miyamba, mpal’a nzinga,
muabi, muyabi, nzamba, yambi, zambi, ki-yanzi, kiniangi, kiyangu, kianza, kikiangala, mandiangu,
nianga (manianga), mani, mayanzi, mbangala, mpalanga, muakase, nsanzala, ki-mbanda, kibanda,
mumbanda, ki-yandu, mbandu, lunga, mabulungu, bulungu, madungu, malunga, ndunga, nkunga,
kiyinda, mbinda, makondo, nkondo, mukondo, mukoko, mikondo, mbenza, muzinga, njinga, mujinga,
ngongo, nsinzi, nsindi, ki-ngunu, ki-ngundu, mahinga, muhoyi, mungoyo, ki-ngoyo, woyo, lukeni, ki-
nkenge (kenge), mafuta, etc."

[Link]
%2C%20mafuta%2C%20etc.

"Place du clan dans la société Kongo

modifier

La structure familiale des Bakongo est matrilinéraire : le rôle de l'oncle maternel y concurrence donc
celui du père. Par ailleurs, la famille désigne l'ensemble des individus ayant un lien de parenté
vertical ou horizontal, quel que soit le degré de parenté. Il ne faut pas confondre le concept de
famille à celui de famille nucléaire[8] qui a sa place dans la sociologie kongo. Cette dernière constitue
un groupe d'individus réunissant la mère à ses enfants. Le père n'est ici pas totalement compris dans
la famille nucléaire. Quant au clan, il réunit des individus de plusieurs familles et de plusieurs régions
différentes (faisant toutefois partie de la société kongo). Deux individus, l'un Munianga[9], l'autre
Mundibu[9] peuvent ainsi faire partie d'un même clan et se considérer comme « frères ». De plus
deux personnes, l’une femme Musundi[9] (ex: Mfumu (ou Musi) Ngoma) et l’autre homme
Muhangala[9] (ex: Mfumu (ou Musi) Ngoma) ayant le même luvila ne peuvent pas se marier car ils
sont considérés comme étant frère et sœur.

Voici les strates formant la société kongo :


Le peuple Kongo réunit autour de trois piliers ou makuku matatu (Mpanzu, Nsaku et Nzinga), de ces
trois piliers dérivent 12 clans

Un pilier est composée de plusieurs clans.

Un clan est composé de plusieurs familles.

Une famille est composée de plusieurs familles nucléaires.

Chaque clan possède son totem et son slogan. Voici la liste des 12 clans et leurs équivalences (liste
non exhaustive) [10],[11] :

1. Ki-nsundi ou Ki-mbuéya (ou Ki-mbwéya)

2. Ki-ndamba ou Ki-fuma, Kimbanga, Kombole

3. Ki-nkumba ou Ki-sûnga, Ki-singa, Ki-mbèmbé (ou bembe, beembe)

4. Kingoyi (ou Ki-ngoi) ou Kimbâda, Makôdo

5. Muvinga ou Ki-nsaku, Nsaku-Lau, Ki-nkala, Ki-vimba (ou mvimba)

6. Ki-mazinga ou Ki-ngila

7. Ki-mbènza ou Manéné, Mbènza-Kongo, Ki-mbuzi

8. Ki-kuimba (ou kwimba) ou Fumfu (ou Fumvu), Nlaza, Ki-lòza

9. Buèndé (ou Bwèndé) ou Mpanzu

10. Ki-ndunga ou Ki-sèmbo

11. Mpanga ou Ki-ngoma, Kaûnga (ou Kagunga, Kahunga, Kawunga), Ki-nkanga, Ki-
mpangu

12. Ki-sèngélé ou Ki-vuzi

Présentation du luvila (pluriel: mvila) chez les Bakongo, le (ou la) Mukongo est [12],[13],[14],[15] :

une fois MFUMU (traduction : l'homme ou la femme du clan de, CLAN MATERNEL : plus précisément
le clan maternel de la grand-mère maternelle (mère de la maman) transmis à la maman) ou MUSI
(même traduction que pour mfumu). Le MFUMU ou MUSI est détenteur (ou détentrice) des biens du
CLAN MATERNEL.

une fois MUANA ou MWANA (traduction : enfant du clan de, CLAN PATERNEL : plus précisément le
clan maternel de la grand-mère paternelle (mère du papa) transmis au papa). Le MUANA ou MWANA
n’est pas détenteur (ou détentrice) des biens du CLAN PATERNEL mais il (ou elle) peut profiter de
l’usufruit.

deux fois NTEKOLO, MUTEKOLO ou NTEKELO (traduction : petit-fils (ou petite-fille) des clans de,
CLANS PATERNELS DE LA MAMAN ET DU PAPA : plus précisément les clans des grands-pères
paternels (père de la maman et père du papa) transmis à la maman et au papa)."
[Link]
%20papa).

"Avenir des clans

modifier

Au xxie siècle, peu nombreux parmi les Bakongo sont ceux qui se souviennent encore de leur clan qui
ne joue plus aucun rôle dans une société où l'individu s'identifie plus à son appartenance à une
ethnie et à une famille qu'à son lien avec son clan. L'avenir des clans est donc incertain : ils
pourraient disparaître si l'on ne ravive pas leur souvenir."

[Link]
%20souvenir.

"

Anciens Royaumes, RACINES

on 20 janvier 2018

LES 7 ROYAUMES DE KONGO DIA NLAZA : “Les 1ers grands marchands de tissus”

La plupart d’entre vous connaissent certainement le royaume des 7 Couronnes du monde imaginaire
de « Game of Thrones », mais avez-vous déjà entendu parler des 7 Royaumes de Kongo dia Nlaza,
célèbres pour leur production de tissu ? Si ce n’est pas le cas, cet article est pour vous !

Les 7 Royaumes de Kongo dia Nlaza formaient une confédération d’états d’Afrique Centrale. Ils
furent intégrés au Royaume Kongo, via la province orientale du royaume de Mbata [1], au début du
17ème siècle.

Il est fort probable que les 7 Royaumes aient vu le jour bien avant, mais il n’est fait mention de cette
confédération qu’au 16ème siècle dans les archives royales Kongo. En effet, à l’époque du
Manikongo [2] Alvaro Ier du Kongo [3] on ne sait pas exactement ce qu’étaient les 7 Royaumes, mais
certains supposent qu’il s’agissait d’une alliance de plusieurs petites entités politiques. Cela ne reste
qu’une hypothèse étant donné que les sources de l’époque sont muettes sur le sujet.

Les 7 royaumes étaient aussi connus sous l’appellation de momboares [4] et mentionnés dans le
texte d’un prêtre jésuite portugais du nom de Mateus Cardoso, au 17ème siècle. Ce dernier décrivit
avec précision la région. Selon Cardoso, les 7 Royaumes étaient réputés pour la quantité
extraordinaire de tissus à base de raphia ou de vêtements en fibre de palme qu’ils produisaient. Une
partie de ces marchandises de qualité était d’ailleurs exportée vers Luanda, en Angola actuel, alors
sous le joug de la puissance coloniale portugaise.

Plusieurs archives du 17ème siècle laissent à penser que les 7 Royaumes exportaient chaque année
près de 100 000 mètres de tissu, ce qui laisse supposer logiquement que sa production totale devait
être plusieurs fois supérieure. En terme de chiffres, il s’agissait sans conteste de l’un des plus grands
centres de production de textile au monde, tenant la dragée haute aux zones de taille équivalente
d’Europe ou d’Inde. Le génie vestimentaire congolais ne date en fait pas d’hier…

Moins célèbre que le fictif royaume des 7 couronnes de « Game of Throne », les 7 Royaumes de
Kongo dia Nlaza mériteraient tout autant d’être portés à l’écran. Nous n’avons absolument pas à
rougir de notre patrimoine. Cependant, il ne tient qu’à nous de valoriser, de la meilleure manière qui
soit, notre héritage historique ainsi que la richesse de nos organisations politiques et économiques
d’antan."

[Link]
#:~:text=Anciens%20Royaumes%2C,et%20%C3%A9conomiques%20d%E2%80%99antan.

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KONGO ROYAUME DU

Lorsque les Portugais atteignent l'embouchure du fleuve Congo (découverte par Diego Cão en 1482),
le royaume du Kongo est déjà puissamment établi. Il résulte du regroupement de multiples unités
politiques en un État relativement centralisé, soumis à un souverain résidant dans une capitale. Ses
frontières, toutefois, sont fluctuantes, six « provinces » principales composent son noyau stable : le
Mpemba (province royale), le Soyo, le Mbamba, le Nsundi, le Mpangu et le Mbata ; pour le reste, il
s'agit de territoires périphériques, faiblement liés au pouvoir central, opposés les uns aux autres et
en état de dissidence quasi permanent. À aucune époque, le roi du Kongo n'eut les moyens de mener
jusqu'à son terme l'œuvre de rassemblement de toutes les terres et de centralisation absolue du
pouvoir. Cette situation ne fait pas exception ; toutes les grandes formations étatiques de l'histoire
africaine ont subi les mêmes difficultés.

En raison de ces incertitudes et du manque de documents antérieurs au XVIe siècle, il est impossible
de déterminer la première extension du Kongo. Au tournant du XVIe siècle, ses limites sont les
suivantes : au nord, une ligne joignant la ville de Loango au Stanley Pool, le long de la vallée du Kwilu-
Niari ; à l'est, le Kwango ; au sud, le Kwanza ; et une longue façade maritime vers laquelle se
dirigeront les voies de troc et de traite. Tout l'espace kongo coïncide avec une aire de transition
géographique entre la forêt dense au nord et la savane arborée au sud. Le volume de la population
qui l'occupe ne peut être établi de manière précise, et il faut se satisfaire d'évaluations grossières :
deux à trois millions d'habitants au cours du XVIe siècle ; une poussée démographique, due à la
généralisation de la culture des nouvelles plantes vivrières américaines, fait dépasser le chiffre de
quatre millions dans la seconde moitié du XVIIIe siècle ; puis, le déclin très rapide conduit aux faibles
densités actuellement connues.

Le terme Kongo fut et demeure chargé de prestige et de gloire. Durant les grands siècles, les
habitants de Mpemba (où se trouve la capitale) s'en réservaient l'usage ; ils se proclamaient les seuls
« purs » et proches dépendants du souverain ; ils affirmaient avec orgueil leur qualité d'Esi-Kongo. Le
mot pose néanmoins une énigme. On a suggéré de le rattacher à ko-ngo, « allié de la panthère », en
raison du rapport associant cet animal à toute chefferie, ou encore, de l'assimiler au nom désignant
le chasseur émérite, nkongo ou, par une interprétation voisine, au terme réservé à une arme de jet,
kongo ou kong. Les diverses suggestions proposées comportent un point commun ; elles concernent
le pouvoir, soit par des symboles (ainsi, la panthère), soit par des thèmes figurant dans les traditions
ou les mythes qui évoquent le héros fondateur du royaume.

Les incertitudes – et notamment celles qui concernent la période des commencements – ne doivent
pas faire oublier que la documentation consacrée au royaume du Kongo est relativement abondante.
À côté des documents regroupés (dont les incomparables Monumenta du P. Brasio), des «
descriptions » contemporaines (Pigafetta, J.-François de Rome, Cavazzi, Dapper), il convient de placer
les traditions historiques, recueillies notamment par J. Cuvelier.

AFRIQUE NOIRE (Culture et société)

Civilisations traditionnelles

Les sociétés globales – ainsi appelées parce qu'en chacune d'elles l'individu trouve l'ensemble des
réseaux de relations sociales dont il a besoin au cours de sa vie – furent nombreuses dans l'Afrique
traditionnelle, celle qui prit fin avec la période coloniale en ses débuts, vers le dernier quart du XIXe
siècle. Un ethnologue, George P. Murdock, en énumère plus de huit cent cinquante, et sa liste n'est
pas complète. À chaque société globale correspond une culture particulière faite d'objets matériels,
de comportements institutionnalisés, d'organisations sociales, de connaissances techniques, de
conceptions philosophiques et religieuses, de créations esthétiques. Cet ensemble, propre à chaque
groupe, constitue un héritage collectif que chaque génération reçoit de la précédente, modifie
quelque peu, et transmet à la suivante.

La culture d'une société globale est une réalité dont les dépositaires sont conscients ; ils savent qu'ils
sont Dogon ou Luba et que leur mode de vie est différent de celui de leurs voisins. C'est pourquoi les
ethnologues ont pris comme unité d'étude, le plus souvent, une société globale et sa culture. Mais
certaines de ces cultures présentent, évidemment, des ressemblances qui permettent de les
regrouper en quelques vastes unités que nous proposons d'appeler civilisations. Chacune de celles-ci
résume ce qui est commun et essentiel aux différentes cultures concrètes qu'elle rassemble.
L'adaptation fondamentale d'une société au monde qui l'environne consiste à en tirer ce qui est
nécessaire à la subsistance du groupe ; c'est pourquoi la production des biens matériels caractérise
de manière essentielle chaque culture. Les sociétés qui utilisent des techniques semblables de
production sont rangées dans une même civilisation. Selon ce critère, on peut distinguer cinq
civilisations traditionnelles.

Certains ethnologues comme H. Baumann et G. P. Murdock ont essayé de fonder une vue générale
des cultures et sociétés africaines sur une reconstruction historique. D'autres ont donné la priorité à
la géographie, de manière fort directe dans l'Ethnographic Survey of Africadirigée par Daryll Forde, et
de façon très nuancée dans la classification des aires culturelles de Melville J. Herskovits. Nous
pensons que les faits culturels et sociaux ont une spécificité qui s'accommode mal de catégories
principalement temporelles ou spatiales ; c'est pourquoi nous préférons fonder une civilisation sur
un critère purement culturel.

Civilisation de l'arc

Première chronologiquement, cette civilisation, fondée sur la chasse et le ramassage, était déjà
marginale aux derniers siècles de l'époque traditionnelle. À l’époque contemporaine, il n'en subsiste
que des vestiges : seules quelques bandes de Pygmées de la forêt équatoriale (comme les Mbuti en
République démocratique du Congo) et de Bochimans du désert de Kalahari vivent de la nature sans
la modifier. Cependant, ce fut une des grandes civilisations africaines : elle a permis à des groupes
d'hommes, pendant les derniers sept à huit mille ans, de mener une existence pleinement humaine,
ainsi qu'en témoignent les admirables peintures rupestres si nombreuses au Zimbabwe, en Afrique
du Sud et en Namibie.

Seul un groupe restreint peut subsister de ramassage, de cueillette et de chasse, car, s'il était
considérable, il épuiserait trop vite les ressources des abords de son habitat. Ce sont les conditions
écologiques de l'acquisition des biens – différentes en savane et en forêt – qui déterminent la
dimension optimale de l'unité de travail, la bande, et aussi celle de l'unité sociale, le camp. La bande
est nomade pour la même raison : il faut se déplacer lorsque le terroir avoisinant le camp ne peut
plus fournir en suffisance les produits naturels.[...]

AFRIQUE NOIRE (Culture et société) Civilisations traditionnelles


Écrit par Jacques MAQUET 2 910 mots

On entre dans l'histoire avec les Luba, les Lunda, les Kuba, les Kongo, les Rotse. Ce sont des sociétés
puissantes et complexes dans lesquelles une minorité de gouvernants bénéficie de la production
excédentaire d'une masse paysanne. Chaque royaume essaie d'étendre sa domination sur les
chefferies voisines qui, devenant tributaires, augmenteront les revenus des gouvernants. Lire la suite

BANTOU

Écrit par Luc de HEUSCH 8 112 mots 4 médias

Hilton sur l'histoire du royaume de Kongo (1985), ou encore celles que R. Reefe et J. J. Hoover ont
consacrées respectivement aux Luba (1981) et aux Lunda (1978). On citera aussi, pour le Cameroun,
la monumentale étude du royaume bamum entreprise par C. Tardits. Ces descriptions, approfondies
mais parcellaires, se fondent pour l'essentiel sur l'interprétation des traditions orales, mais aussi sur
des données linguistiques, voire sur des archives écrites plus ou moins récentes (elles remontent au
xvie siècle pour le royaume de Kongo). Lire la suite

appellation « bantous » désigne les locuteurs d'un vaste groupe linguistique qui couvre la plus grande
partie de l'Afrique centrale et australe. Il est composé d'environ quatre cent cinquante langues
apparentées que M. Guthrie a regroupées en seize zones homogènes. J. Greenberg leur assigne à
toutes la même origine lointaine (les confins du Nigeria et du Cameroun) et rattache le groupe
bantou à quelques langues parlées sur le golfe de Guinée ; il constitue avec celles-ci la famille
Bénoué-Congo, qui fait elle-même partie de l'ensemble Niger-Congo.

Cette unité linguistique permet de croire que les Bantous se sont répandus en un temps relativement
court (trois ou quatre millénaires) sur l'espace qu'ils occupent aujourd'hui. Ces agriculteurs furent
très rapidement en possession des techniques du fer. L'archéologie atteste, en effet, l'existence
d'une civilisation de métallurgistes très ancienne dans toute la zone immédiatement au nord de la
forêt, du Nigeria jusqu'à la région des Grands Lacs (Ier millénaire av. J.-C.). Dans les savanes au sud de
la forêt, le premier âge du fer apparaît au début de l'ère chrétienne. Rien ne permet naturellement
d'attribuer a priori ces vestiges à des peuples parlant une langue bantoue ; cette attribution est
simplement probable. Très peu d'éléments archéologiques permettent de dater l'expansion vers l'est
et le sud des populations originelles (entre 2000 et 1000 av. J.-C., selon les estimations des
linguistes). L'hypothèse la plus probable est que des populations pratiquant l'agriculture sur brûlis se
sont répandues dans les zones actuelles d'occupation bantoue, soit en longeant le littoral atlantique,
soit en suivant le réseau hydrographique du fleuve Congo qui les amena au sud de la grande forêt. La
première phase migratoire est probablement antérieure à la diffusion de la métallurgie.

La diversité des types physiques est considérable et l'on renoncera à l'idée d’un type bantou. Les
travaux de J. Hiernaux semblent confirmer cependant l'hypothèse linguistique sur l'origine du groupe

Histoire et événements
1526 Alphonse Ier du Kongo tente de mettre fin au commerce des esclaves en envoyant une lettre
au roi du Portugal.

1622 Bataille de Mbumbi

1623 Bataille de Mbanda Kasi

1665-1709 Bataille d'Ambuila

Guerre civile du Kongo

1670 Bataille de la Rivière Mbidizi

Bataille de Kitombo

1709 Réunification du Kongo

1841 Aleixo de Água Rosada (frère du roi Henri III du Kongo) incite le chef Dembo Nambwa Ngôngo
à refuser de payer l’impôt aux Portugais. Sa capture et son emprisonnement par les Portugais ont eu
lieu quelque temps après son incitation.

1857 Le Kongo devient vassal du Portugal

Guerre de succession entre Alvare XIII du Kongo et Pierre VI du Kongo.

1859 Le prince Nicolau (Nicolas) de Água Rosada proteste contre la vassalisation du Kongo en
publiant une lettre dans le journal Jornal do Commércio du 1er décembre 1859 à Lisbonne et appelle
à l’unité des Kongos

1884-1885 Conférence de Berlin

1913-1914 Révolte du Kongo

1914 Le Portugal abolit le titre de roi du Kongo. L’élection d’Alvare XV du Kongo en 1915 permet la
restauration du titre

Selon certains chroniqueurs européens, dont Duarte Lopez en 1591 et Giovanni Cavazzi Antonio de
Montecuccolo en 1667, à l'époque du premier contact avec les Portugais, le royaume du Kongo
devait avoir une étendue de plus de 300 000 km2. Une grande partie du Sud-Ouest de la république
démocratique du Congo, du Nord de l'Angola, du Sud de la république du Congo et du Sud-ouest du
Gabon composaient cet État.

Toutefois, les chroniqueurs européens ont fait beaucoup de confusions dans leurs estimations du
territoire d'un pays dont ils ignoraient l'organisation administrative. C'est ainsi que certaines
provinces qu'ils rencontrèrent loin de la capitale Mbanza-Kongo devinrent des « royaumes » à part
entière sous leur plume. Il s'agit généralement des localités traversées par les voyageurs européens,
depuis les ports de la côte atlantique, d'où ils débarquaient, jusqu'à la ville de résidence du Mwene
Kongo située à 150 milles dans l'arrière-pays.
« Ainsi, pour tout le département, on comptait sept districts. Ce sont ces districts que les Européens
ont pris, tantôt pour des royaumes, comme le Ngôyo, le Kakongo du Kôngo-dya-Mpânzu, tantôt pour
des provinces, comme le Nsûndi, le Mbâmba et le Mpêmba du Zyta-Dya-Nza[a] »

Généralement, les chroniqueurs européens réduisent le territoire de Kongo aux seules dimensions de
sa province capitale, Zita-Dya-Nza (le « nœud du monde »), dont le chef-lieu était précisément
Mbanza-Kongo, où le Mwene recevait les ambassades étrangères. D'ailleurs, l'on sait désormais que
l'Angola faisait partie de la fédération Kongo-Dyna-Nza, jusqu'à ce que Paulo Dias de Novais y arrive
en 1574 et y organise une sécession.

« Bref, en nous fondant sur ces renseignements fournis par Duarte Lopez via Felippo Pigafetta,
renseignements que semblent confirmer la Tradition, nous pouvons avancer que le royaume du
Congo s'étendait entre la latitude 1 1/2° nord et la latitude 22° sud, du 24° de longitude est à l'océan
Atlantique. Il atteindrait une superficie dépassant les 2 500 000 km2 […][3]

Selon l’une des versions mythologiques de leur origine, rapportée par Raphaël Batsîkama, l’ancêtre
primordial (Nkâka ya kisina) des baKongo serait une dame nommée Nzinga, fille de Nkuwu et épouse
de Nimi. La société traditionnelle kongo étant matrilinéaire, à l’instar de tant de sociétés africaines
dites bantoues, on conçoit que son aïeul primitif fût nécessairement une femme, sinon réellement,
au moins symboliquement.

Nzinga aurait eu trois enfants, deux garçons jumeaux et une fille, respectivement N'vita Nimi,
Mpânzu a Nimi et Lukeni Lwa Nimi. Les quatre noms primordiaux de l’ancêtre et de ses enfants
tiennent lieu également d’appellations pour les quatre mvila initiaux ; c’est-à-dire les lignages
ancestraux des ba-Kongo.

Les frères et autres collatéraux de Nzinga à Nkuwu ont reçu la fonction de maître des terres ; c'est-à-
dire qu'ils se sont spécialisés dans la manipulation des énergies telluriques, notamment en vue
d'exécuter les opérations rituelles présidant aux implantations coloniales successives dans le bassin
du fleuve Nzadi.

Vit’a Nimi était l’aîné des enfants Nzinga, on l’appelle également Ma-samba, ou encore Nsaku. Ses
descendants sont les ki-Nsaku. À eux sont dévolues les fonctions de médiation aussi bien spirituelle
que politique. Héraut, négociateur, diplomate, voire intercesseur auprès des ancêtres.

Mpânzu-a-Nimi était réputé intrépide, habile de ses mains et excellent agriculteur. C’était également
un Ndamb’a Ngolo, c’est-à-dire un excellent mineur.

Lukeni se distinguait surtout par sa beauté et sa fécondité qui lui donna une nombreuse progéniture,
dont elle aurait excellé dans l’éducation. D'où son surnom Mungoyo’a Ntende, c’est-à-dire « la belle
aux mille chances ». Elle hérita aussi du nom de sa mère, Nzinga.

Les mvila primitifs auraient occupé d’abord le territoire de Kongo-Dya-Mpangala sous l’autorité
spirituelle et politique de Vit’a Nimi. Ils investirent progressivement cette région, une vaste plaine
très ensoleillée et riche en minerais, traversée par le fleuve Kwânza (ou Nzadi = Zaïre). Ils y fondèrent
diverses agglomérations, notamment Mpangala, Mazinga, Ngoyo, Mpemba, Lwangu, Nsundi,
Mbinda, Mbembe, Mbamba, Mpangu.

Le royaume du Kongo se développa à la suite de migrations bantoues du viie au xve siècle dans une
zone peuplée de pygmées Baka. Ces groupes indépendants ont été unifiés et organisés en royaume.
Le pouvoir du roi kongo, le Manikongo, est d'abord de nature spirituelle, cette autorité lui venant de
pouvoirs surnaturels et divinatoires qui lui donnent accès aux ancêtres[4]. En principe, les rois étaient
élus par les anciens parmi les membres éligibles des douze clans Kongo.

Selon une source portugaise de 1624, Historia do reino do Congo, le royaume aurait été fondé au
xiiie siècle[5].

L'empire Kongo était un État très développé, avec un large réseau commercial. À part les ressources
naturelles et l'ivoire, le pays fondait et commerçait le cuivre, l'or, les vêtements de raphia et la
poterie, disposait d'une monnaie et de finances publiques.

Mais surtout, il pratiquait l'agriculture, la chasse et l'élevage. Il était, comme beaucoup d'autres
peuples d'Afrique subsaharienne, socialement stratifié, mais avec une structure relativement souple.
On pouvait par exemple apprendre un métier de son choix en intégrant l'une des grandes écoles du
pays. Les plus connues sont les quatre plus prestigieuses, à savoir Kimpasi, Kinkimba, Buelo et Lemba.
Ces écoles, toujours d'actualité[réf. nécessaire] formaient l'élite kongo. Si leur accès était
relativement libre, toujours est-il qu'il s'agissait d'une longue initiation aux critères de sélection très
stricts. Des « explorateurs » comme Bittremieux en conclurent à tort qu'il s'agissait de cultes secrets
ou ésotériques.

structurale de l'organisation du territoire du Kongo surprendront l'intelligence de nombreux


étrangers européens, ce qui explique beaucoup d'imprécisions ou erreurs d'appréciation dans les
chroniques d'époque, notamment celle de Filippo Pigafetta. Le pays avait une superficie d'environ 2
500 000 km2 au xvie siècle, soit la moitié de la superficie de toute l'Europe occidentale. On comprend
que sa structure confédérale favorisa son dépeçage par les Européens après d'innombrables intrigues
sécessionnistes au cours des siècles suivants. Ainsi naquit à partir du xviie siècle de cette vaste
construction politico-administrative une myriade d'État-nations autonomes sous l'effet des
bouleversements engendrés par l'économie négrière atlantique.

Au cours de ses voyages le long de la côte africaine dans les années 1480, le navigateur portugais
Diogo Cão fut le premier Européen à évoquer un grand empire qui contrôlait le commerce dans la
région. Cao remonta le fleuve Nzadi ou Zaïre qui était selon lui la voie d’accès vers le royaume du
prêtre Jean. En 1483, il rendit visite à Ntinu Nzinga Nkuwu dans sa capitale, Mbanza-Kongo. Le
royaume du Kongo était alors à son apogée grâce à la production d’ignames et d’échange de houes
et d’armes (et de cuivre transitant par les Batéké) avec les populations de l’intérieur de l’Angola. Le
premier contact fut pacifique et certains dignitaires furent emmenés (ou capturés par surprise selon
les sources) au Portugal[4]. Des échanges diplomatiques émergent alors.
Grâce à l'aide des arquebusiers portugais, Nzinga Nkuwu put vaincre les Tékés et s'emparer de leurs
gisements de cuivre.

Des missionnaires catholiques arrivèrent dans la région en 1490. L'année suivante, Nzinga Nkuwu fut
baptisé et prit le nom de Ndo Nzuawu (prononciation kongo de Dom João), imité par la famille royale
et les proches du pouvoir. À sa mort, les anciens désignèrent un de ses enfants non chrétiens,
Mpanzu, pour lui succéder mais son fils aîné, Mvemba-a-Nzinga, baptisé Alfonso ou Ndo Funsu vers
1491, le renversa en 1509[16] et devint « par la Grâce de Dieu » le septième « roi du Congo, de
Loango, de Kakongo et de Ngoyo, sur et sous le Zaïre, seigneur d'Ambundo et d'Aquisima[b], de
Musunu, de Matamba, de Mulili, de Musuku et des Anziques, de la Conquête, de Pangu, Alumbu, etc.
»[17]. Il reçut à cette occasion du roi du Portugal des armes et une bannière d'argent à la croix de
saint André alésée de gueules alésée.

Voyant dans le christianisme un moyen de moderniser son pays, il encouragea les baptêmes et
l'éducation et accueillit des jésuites qui l'aident à ouvrir une école pour 600 élèves.

Par ailleurs, il envoya son fils Lukeni Lua Nzinga étudier au Portugal. Ce dernier devint plus tard le
premier évêque africain de l'histoire de l'Église catholique moderne sous le nom de Henrique.

La capitale du pays fut reconstruite en pierre et renommée São Salvador (Saint-Sauveur).

Commerce esclavagiste et déclin du Manikongo

modifier

Article détaillé : Manikongo.

Avec la découverte et l'exploitation du Brésil en 1500 puis le sucre qui y est implanté vers 1540, les
Portugais vont intensifier la traite des Noirs déjà pratiquée à une échelle modeste vers Madère. Des
marchands portugais traitent directement avec les vassaux du roi et sapaient ainsi le pouvoir central.
En 1526, le Manikongo écrivit au roi Jean III, lui demandant de mettre fin à cette pratique[18],[19]. Sa
requête reçut une réponse cynique[18] et les relations entre les deux pays s'envenimèrent. À sa
mort, en 1548, le royaume s'affaiblit jusqu'à se disloquer et attirer les convoitises de ses voisins

Article connexe : Histoire du Congo précolonial (RDC).

En 1568, le Kongo fut envahi par les Yakas et sa capitale Mbanza-Kongo détruite[20]. Le roi Alvare Ier
du Kongo dut demander de l'aide à Sébastien Ier qui le rétablit en 1571, la suprématie portugaise
devenant alors totale.

En 1665, les colons portugais d'Angola montèrent une expédition contre le royaume pour s'emparer
de ses mines. Signe d'un brassage de deux siècles, des Portugais servirent le Manikongo Antoine Ier
du Kongo et des Kongos furent alliés aux colons[21]. Les Portugais furent victorieux, le Manikongo
décapité et sa tête enterrée dans une chapelle située sur la baie de Luanda au cours d'une cérémonie
religieuse, tandis que la couronne et le sceptre du Kongo étaient envoyés à Lisbonne comme
trophée. Le métis Manuel Roboredo, auteur et prêtre capucin métis qui avait essayé d'empêcher
cette dernière bataille, trouva également la mort.

Cependant, le royaume du Kongo continua d'exister comme un État fantoche durant deux siècles.
Des luttes persistèrent jusqu'aux indépendances, comme celle de la reine Ana Nzinga qui tint en
échec les coalitions portugaise, néerlandaise et britannique de 1626 à 1648 et freina l'expansion du
commerce des esclaves. Ces sursauts nationalistes prirent parfois une forme religieuse comme lors
de la croisade de la prophétesse Kimpa Vita à qui saint Antoine de Padoue aurait ordonné d'unifier et
libérer les Kongos. Elle fut condamnée au bûcher en 1706 par le Manikongo à la demande des
Portugais[22].

À la conférence de Berlin en 1884-1885, les puissances européennes se partagèrent l'Afrique ; le


Portugal, s'appuyant sur des traités antérieurs signés avec l'empire Kongo, revendiqua une
souveraineté sur ses territoires. Léopold II de Belgique reçut, à titre personnel, 2,5 millions de
kilomètres carrés qui sont devenus l'État indépendant du Congo. Dans le Nord-Ouest de l'État ainsi
formé, une superficie de 500 000 km2 revint à la France (il s'agit du Congo-Brazzaville). En 1914,
après une révolte, le Portugal abolit le titre de roi du Kongo ; le titre de roi du Kongo est restauré en
1915. À la suite de la mort du roi Pierre IX du Kongo, Isabel Maria da Gama du Kongo devient régente
du Kongo de 1957 à 1962 puis de 1962 à 1975. Après un interrègne de vingt-cinq ans, les autorités
traditionnelles ont été restaurées et Afonso Mendes a été désigné chef des autorités traditionnelles
de Mbanza

Le royaume du Kongo a fait l'objet de nombreux travaux historiques à l'époque contemporaine,


notamment ceux de Georges Balandier (La vie quotidienne au royaume de Kongo du XVIe au XVIIIe
siècles, 1965), de John K. Thornton (The Kingdom of Kongo: Civil War and Transition, 1641–1718,
1983) ou plus récemment ceux de Cécile Fromont sur l'iconographie chrétienne dans le royaume
(The Art of Conversion: Christian Visual Culture in the Kingdom of Kongo, 2014). Des fouilles
archéologiques, par exemple celles effectuées sur le site de Ngongo Mbata, ont contribué à une
meilleure connaissance de cette période (cf. notamment Bernard Clist, Pierre de Maret et Koen
Bostoen, Une archéologie des provinces septentrionales du royaume Kongo, 2018).

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