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Synthèse d'un composite argile-alginate

Ce mémoire présente une étude sur la synthèse d'un composite à base d'argile anionique alginate, dans le cadre d'un Master académique en Génie chimique. Il aborde les problématiques de pollution de l'eau par les colorants, les méthodes de traitement des eaux usées, et l'adsorption comme technique de dépollution. Les auteurs, Ines Bennaceur, Safa Bouamra et Loubna Hadjadj, remercient leurs encadrants et proches pour leur soutien durant leur parcours universitaire.

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Synthèse d'un composite argile-alginate

Ce mémoire présente une étude sur la synthèse d'un composite à base d'argile anionique alginate, dans le cadre d'un Master académique en Génie chimique. Il aborde les problématiques de pollution de l'eau par les colorants, les méthodes de traitement des eaux usées, et l'adsorption comme technique de dépollution. Les auteurs, Ines Bennaceur, Safa Bouamra et Loubna Hadjadj, remercient leurs encadrants et proches pour leur soutien durant leur parcours universitaire.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMEN SUPERIEUR


ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE ECHAHID HAMMA LAKHDAR –EL-OUED

FACULTE DE TECHNOLOGIE

Mémoire de Fin d’Etude


Présentée en vue de l'obtention du diplôme de:

MASTER ACADEMIQUE

Domaine: Sciences et Technologie


Filière: Génie des procédés
Spécialité: Génie chimique

Présenté par:
BENNACEUR INES & BOUAMRA SAFA
HADJADJ LOUBNA

THEME

Synthèse d'un composite à base d'argile


anionique alginate : étude et application

Devant le Jury:

Mr Barani Djamel Président Université d'El Oued.

Md Ben seghir Bachir Examinateur Université d'El Oued.

Mr Rouahna Nour Eddine Rapporteur Université d'El Oued

2019/2020
« REMERCIEMENTS »
En préambule à ce mémoire

Nous remerciant ALLAH qui nous aide et nous donne la patience et le courage durant ces

langues années d’étude.

Nous souhaitons adresser nos remerciements les plus sincères aux personnes qui nous ont

apporté leur aide et qui ont contribué à l’élaboration de ce mémoire

Ainsi qu’à la réussite de cette formidable année universitaire.

Nous tenant à remercier sincèrement Mr-NOUR EDINE ROUAHNA .en tant que Encadreur,

qui à toujours montré à l’écoute et très disponible tout au long de la réalisation de ce mémoire,

Nous remercions également les membres du comité de discussion

Enfin, nous adressons nos plus sincères remerciements à tous nos proches et amis, qui nous

ont toujours soutenue et encouragée au cours de la réalisation de ce mémoire

INES & SAFA & LOUBNA


TABLE DE MATIERE
Page

Dédicace

Remerciement

Table des matières

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des symboles et acronymes

Introduction général………………………..…………………………… ……………. a-b

Chapitre I : Synthèse bibliographique

I NTRODUCTION 4

I .1 Généralités sur le polluant 4

I .1. 1 Introduction 4

I .1. 2 Définition de La pollution 4

I .1. 2.1 Les sources de la pollution 4

I .1. 2.2 Les trois sources de pollution 4

I .2 ORIGINE DE LA COLORATION D'UNE SUBSTANCE 5

I .2. 1 Définition 6

I .2. 2 CLASSIFICATION DES COLORANTS TEXTILLES 6

I .2. 2.1 Classification chimique 6

I .2. 2.2 Classification tinctoriale 8

I .3 Utilisation et application des colorants 10

I .4. Elimination des colorants 10

I .4. 1 Méthodes biologiques 11

I .4.2 Méthodes chimiques 12


I .4. 3 Méthodes physiques 12

I .5. LE BLEU DE METHYLENE ET SA TOXICITE 13

I.6. L’adsorption 15

I.6.1 Définition 15

I.6.2 Types d'adsorption 15

I .6. 2.1 L’adsorption physique ou physisorption 15

I .6. 2.2 L’adsorption chimique 15

I.7 CINETIQUE D'ADSORPTION 16

I.7.1 MODELES CINETIQUE D'ADSORPTION 17

I .7. 1.1 Modèle de pseudo-premier ordre 17

I .7. 1.2 Modèle de pseudo-second ordre 17

I .7. 1.3 Modèle de Diffusion intra-particulaire 18

I .7. 2 Les modèles d’adsorption 18

I .7. 2.1 Isotherme d’adsorption de LANGMUIR 18

I .7. 2.2 Isotherme d’adsorption de FREUNDLICH 19

I .7. 2.3 Isotherme d’adsorption de B.E.T. (BRUNAUER- EMMETT - TELLER) 20

I.8 UTILISATION DE L'ADSORPTION 21

I.8.1 Domaines d’application de l’adsorption 22

Chapitre II : Etude Bibliographié

II Généralités sur les argiles et phénomène d’Adsorption 27

II .1 Définitions des argiles 27

II .1. 2 Structure des matériaux argiles 28

II .1. 2.1 La couche tétraédrique 28

II .1. 2.2 La couche octaédrique 29

II .3 Utilisation des argiles 29

I .3.1 Propriétés chimiques des argiles les cationiques 30


I .3. 1.1 Structure du kaolin (1/1, d=7Å): 30

I .3. 2 Les argiles gonflent 31

I .3. 2.1 Les argiles gonflent cationiques 31

I .3. 3 Classification des argiles cationique 31

I .3. 3.1 Classification chimique 33

I .4 Les argiles anioniques ou les Hydroxydes Doubles Lamellaires 33

I .4. 1 Structure et propriétés des Hydroxydes Doubles Lamellaires 35

I .4. 1.1 Structure des Hydroxydes Doubles Lamellaires 35

I .4. 1.2 Les propriétés des hydroxydes doubles lamellaires 39

I .4. 2 Méthodes de synthèse usuelles 40

I .4. 2.1 Domaine d’application des HDL 41

I .4. 2.1 Les propriétés physico – chimiques des argiles 41

I .4. 2.2 41

II.5 Structure des argiles organophiles 42

II.6 Définition 42

II.7 Classification des tensioactifs 42

II.7.1 Les tensioactifs anioniques 43

II.7.2 Les tensioactifs nom ioniques 43

II.7.3 Les tensioactifs cationiques 43

II.7.4 Les tensioactifs amphotères 43

II.8 Interaction Argile - Tensioactif 43

Conclusion générale 51

Résumé
LISTE DES FIGURES
Page
CHAPITRE 1
Figure I.1 Structure d’une molécule de groupement azoïque 7
Figure I.2 Synthèse d’un colorant anthraquinoniques 7

Figure I.3 La formule de rouge alizarine. 7


Figure I.4 Formule du phtalocyanine de cuivre 8
Figure I.5 Structures d’un Colorants réactifs 8
Figure I.6 Structure chimique du bleu de méthylène 14
Figure I.7 Différents mécanismes de la cinétique d’adsorption dans un 16
grain à double porosité
Figure I.8 Allure de la courbe d’isotherme 19
Figure I.9 Evaluation graphique des constantes 19
Figure I.10 Evaluation graphique des constantes 20
Figure I.11 Allure de la courbe d’isotherme d’adsorption modèle de Freundlich (1/n 1). 20
Figure I.12 Allure de la courbe d’isotherme de Freundlich (1/n 1). 20

Figure I.13 Evaluation graphique des constantes 21


Figure I.14 D’isotherme de modèle B.E.T d’adsorption 21
CHAPITRE 2
Figure II.1. Structure générale des phyllosilicates (White, 1999) 28

Figure II.2. Eléments structuraux : les tétraèdres. 29


Figure II.3. Eléments structuraux : les octaèdres 30
Figure II.4. Structure de la kaolinite 30
Figure II.5. Représentation cristallographique des minéraux argileux T:O (exemple de 32
la kaolinite)
Figure II.6. Représentation de la structure du feuillet d’argile T/O/T 33
Figure II.7. Représentation de la structure du feuillet de chlorite 34
Figure II.8. Nombre de publications intitulées de mot-clé « layered double hydroxides » 34
relevées par Scopus en décembre 2013
Figure II.9. Représentation Schématique de la structure de HDL 36
Figure II.10. Schéma simplifié d’un tensioactif 42
Figure II.11. Structure idéalisée de tensioactif intercalés entre les feuillets d’un LDH d’après : 44
(a) par une monocouche et (b) une bicouche
LISTE DES TABLEAUX
Page
CHAPITRE I
Tableaux I-1 Principaux groupements chromophores et auxochromres, classes par 6
intensité croissante
Tableaux II-1 Principales argiles anioniques naturelles 37
Tableaux II-2 Combinaisons possibles entre cations divalents et trivalents pour les feuillets 38

de type HDL.
Liste d'abréviation
S :Sigmoïde
L: Langmuir
H: Haute affinité.
C: partition Constante
T: Tétraèdre
O: Octaèdre
CEC: Capacité d’échange cationique
CEA: Capacité d’échange anionique
HDL. hydroxyde double lamellaire

DRX :La diffraction par Rayons X


IRTF :La Spectroscopie Infrarouge à transformer de Fourier
λ: La longueur d’onde du faisceau incident (λ =1.5406).
d: La distance inter réticulaire entre les plans diffractant.
dBregg: La distance inter réticulaire entre les plans diffractant du loi Bregg.

θ: L’angle entre le faisceau incident et les plants diffractant.


UV-Vis: spectrophotomètre UV-visible
DRK :Dubinin-kaganer-Radushkevick

pHi :pH initial

pHe :pH à l'équilibre


Qads: La quantité adsorbée (mg/g)
Ci :La concentration initiale de la solution de methyle orange (mg/L)
Ce :La concentration résiduelle à l’équilibre (mg/L)
V :Le volume de la solution (L)
m :La masse de l’adsorbant (g)
λ : Longueur d'onde
kl :constante de vitesse d'adsorption de pseudo-premier ordre (temps-1).
qe :quantité adsorbée à l’équilibre (mg/g)
qt :quantité adsorbée au temps t (mg/g)
K2 :constante de vitesse d'adsorption de pseudo-second ordre (g/[Link])
t :temps (min)
T :Température
β :La constante de désorption (g /mg)
Qm: Capacité d'adsorption à la saturation (mg/g) et qui correspond à la formation
d'une Monocouche
KL: La constante de Langmuir
Q :Quantité adsorbée par gramme du solide
Kf :constantes de Freundlich
n :Efficacité d'un adsorbant donné vis-à-vis d'un soluté donné
β :Constante reliée à l’énergie d’adsorption (mole2/j2)
qm: Capacité de saturation théorique (mole/g)
Ɛ :Potentiel Polanyi (kJ/mol)
Ea: énergie d’activation
T :température en kelvin (K)
R :constante des gaz parfaits (J/mol.K)
d :La distance interreticulaire entre les plans diffractants
A : Absorbance
ε : coefficient d'extinction molaire
b: longueur du trajet

C: Concentration
I :intensité du faisceau émergeant
I0: intensité du faisceau incident
Ɛ :coefficient d'extinction moléculaire de la substance absorbante
l :épaisseur de la cuve
t :proportionnelle à la différence entre la quantité adsorbé à l'équilibre
k1: est un paramètre de vitesse qui a la dimension de l'inverse d'une fréquence T
k2 :la constante cinétique du deuxième ordre (mg/[Link])
α :le taux d'adsorption initiale en(mg/g min)
β :constante liée à la surface externe et à l'énergie d'activation de la
chimisorption en (g/mg)
« capacité Ce : Concentration du substrat en adsorbat à l'équilibre (mg/L)
KL: constante d'équilibre de Langmuir (L.g-1)
qe :Quantité de substance adsorbée à la maximum par unité
de poids de l'adsorbant « capacité d'adsorption » (mg/g)
qm :Isotherme capacité théorique de saturation (mg /g)
E :énergie libre moyenne par molécule d'adsorbat(kJ/mol)
Introduction générale
Introduction général

INTRODUCTION GENERALE
L’eau est un élément vital, indispensable, sans elle il n'y aurait aucune vie possible sur
terre. Elle a toujours guidée le déplacement des populations à proximité des ressources en eau,
elle est le berceau des civilisations. On la retrouve en effet dans toutes les activités qui rythment
notre quotidien. Mais, nos besoins en eau ne s’arrête pas là, en effet la majorité des activités
industrielles utilisent de grandes quantités d’eau et déversent dans l’écosystème des quantités
importantes d’eaux usées. L'économie de l'eau pour sauver la planète et pour faire l’avenir
d'humanité est ce que nous avons besoin maintenant. Avec la croissance de l'humanité, de la
science et de la technologie, notre monde atteint de nouveaux horizons mais le coût que nous
payerons dans le futur proche va sûrement être trop haut [1]. La présence de colorants dans les
eaux usées est une préoccupation majeure pour des raisons toxicologiques et esthétiques. La
production mondiale des colorants est estimée à plus de 800 000 [Link]-1[2]. Les industries telles
que le textile, le cuir, le papier, les plastiques utilisent et consomment d'importantes quantités
d'eau pour colorer leurs produits. Cela a généré d’importantes quantités d'eaux usées et colorés.
La présence même de très petites quantités de certains colorants dans l'eau est visible et
indésirable. Dans l’eau beaucoup de colorants sont stables et difficilement biodégradables [3,4].
En conséquence, le traitement des effluents contenant ce colorant s’impose. Au cours de ces trois
dernières décennies, plusieurs méthodes biologiques, physiques et chimiques ont été rapportées
pour la décoloration des eaux usées; quelques-uns, cependant, ont été acceptés par certaines
industries.
Il existe plusieurs techniques conventionnelles de traitement des eaux comme :
lesmembranes, la boue activée, la coagulation chimique, l’adsorption sur (charbon
actifcommercial, zéolites, alumines activées) et les procédés de photo dégradation. [5]
L’adsorption est l’un des techniques les plus répandus dans la dépollution des eaux [6],
notamment l’adsorption des polluants sur argiles qui est devenue une méthodeanalytique de
choix, très efficace et simple dans son utilisation. Le principe du traitement par adsorptionest de
piéger les polluants par un matériau solide appelé adsorbant.
Les recherches actuelles sont alors orientées vers des procédés de traitement de faiblecoût
en utilisant des matériaux argileux et d’autres matériaux adsorbants comme les
matériauxorganophiles qui peuvent être une bonne alternative pour la résorption des métaux
lourds etdes adjuvants organiques.
Parmi les différents adsorbants généralement étudiés les hydroxydes doubleslamellaires
(notées HDLs) ou encore les argiles anioniques, font l’objet d’un vif intérêt durantces dernières
années pour des applications variées dont notamment l’adsorption et la catalyseen raison de leur

a
Introduction général

surface importante (20 à 120 m2/g) [4]. Les HDLs possèdent une grande capacité d’échange, elle
peut atteindre jusqu’à 5 mmol/g [4,5], valeur à peu près 4 foissupérieure à celle rencontrée pour
les argiles cationiques.
L'objectif de cette étude est de tester l'efficacité de l'adsorptions du colorant ( blue
méthyle)Contenue dans la solution aqueuse par l’hydrotalcite de tue Mg/Al.
Dans le premier chapitre, nous avons donné une étude bibliographique sur le polluant (bleu
méthyle) et l'adsorbant (l'argile).
Dans le douzième chapitre nous avons étude argile anionique modifié et tensioactif.

b
Chapitre I
Synthèse
bibliographique
Chapitre I Synthèse bibliographique
I- INTRODUCTION
Les rejets de l’industrie du textile sont connus par leur coloration intense, la présence des
colorants est un problème inévitable, dû au taux d’épuisement des bains de tenture qui ne sont
jamais à 100%. Un certain pourcentage reste toujours dans l’effluent, et puisque la moindre
quantité présente dans l’effluant est automatiquement perçue par l’œil humain, une décoloration
totale de ces effluents avant de les rejeter dans le milieu naturel est nécessaire. Un colorant est
défini comme étant un produit capable de teindre une substance d’’une manière durable, il
possède des groupements qui lui confèrent la couleur appelés chromophore et des groupements
auxochromes qui permettent sa fixation [7].
I.1.Généralités sur le polluant :
I.1.1. Introduction :
Depuis de nombreuses années avec le développement de la technologie et diverses
indicatrices qui affectent l'équilibre naturel de la planète, qui se reflète l'environnement et de
l'eau en particulier. Pour les humains, il a commencé à montrer certains des activités
I.1.2. Définition de La pollution :
La pollution c'est des changements dans l'environnement et la balance des revenus, ce qui
conduit à la dégradation et affecte négativement ses composants et la cause principale est due à
l’activité de l’homme mais pas toujours.
L’eau est une substance unique, parce qu’elle peut renouveler et nettoyer elle‐même
naturellement, en permettant à des polluants de se précipiter (par le procès de sédimentation) ou
décomposer, ou par la dilution des polluants au point où ils ne sont pas présents dans les
concentrations dangereuses. Mais, ce processus naturel prend du temps, et c’est difficile quand
des quantités excessives de contaminants dangereux sont ajoutées à l’eau. les humains sont en
train d’utiliser plus et encore plus de matériels qui polluent les sources d’eau des lesquels
nous[8].
I.1.2.1. Les sources de la pollution :
L’eau dans la nature et à fortiori celle qui est employée à des usages industriels et
domestiques n’est jamais pure, de par les impuretés qu’elle peut renfermer sous les états: solides,
liquides ou gazeux et qui peuvent être caractérisées par la taille qu’elles prennent en milieux
aqueux [9].
I.1.2.2. Les trois sources de pollution :
a) Les rejets urbains :
Résultant de la collecte et du traitement des eaux usées des ménages, des activités
domestiques, artisanales et tertiaires ainsi que du ruissellement des eaux pluviales dans les zones
urbaines.
4
Chapitre I Synthèse bibliographique

b) Les rejets agricoles :


Résultant de la percolation des eaux de pluie dans les sols et de son ruissellement, de
l'épandage de produits chimiques sur les sols, des activités maraîchères et des élevages.
c) Les rejets industriels :
En Bretagne, la part relative des différents secteurs est évaluée à 50% pour l’agriculture,
35% les rejets urbains et 15% pour l’industrie.
Ces proportions varient selon les types de pollutions, la part d’origine industrielle étant par
exemple plus élevée pour certains polluants toxiques [10].
[Link] DE LA COLORATION D'UNE SUBSTANCE
Depuis le début de l’humanité, les colorants ont été appliqués dans pratiquement toutes les
sphères de notre vie quotidienne pour la peinture et la teinture du papier, de la peau et des
vêtements, etc. Jusqu’à la moitié du 19ème siècle, les colorants appliqués étaient d’origine
naturelle. Des pigments inorganiques tels que l’oxyde de manganèse, l’hématite et l’ancre étaient
utilisés. Par ailleurs, des colorants naturels organiques ont été appliqués, surtout dans l’industrie
de textile. Ces colorants sont tous des composés aromatiques qui proviennent essentiellement des
plantes, tel que l’alizarine et l’indigo [8].
Les matières colorantes se caractérisent par leur capacité à absorber les rayonnements
lumineux dans le spectre visible (de 380 à 800 nm). La transformation de la lumière blanche en
lumière colorée par réflexion sur un corps, ou par transmission ou diffusion, résulte de
l'absorption sélective d'énergie par certains groupes d'atomes appelés chromophores. La
molécule qui les contient devient chromogène et celle- ci n’a des possibilités tinctoriales que par
l’adjonction d’autres groupements d’atomes appelés : auxochromres [9]. Plus le groupement
chromophore donne facilement un électron, plus la couleur est intense.
Les principaux groupes chromophores et auxochromes sont donnés dans (tableau I-1). Les
chromophores sont des systèmes à liaisons π conjuguées ou des complexes de métaux de
transition. Les colorants diffèrent les uns des autres par des combinaisons d'orbitales
moléculaires. La coloration correspond aux transitions possibles après absorption du
rayonnement lumineux entre ces niveaux d'énergie propres à chaque molécule [10].

5
Chapitre I Synthèse bibliographique

Tableau I.1: Principaux groupements chromophores et auxochromres, classes par intensité


croissante [11].
Groupements chromophores Groupements auxochromres
Azo (-N=N- ) Amino (-NH2)
Nitroso (-NO ou –N-OH) Méthylamino (-NHCH2)
Carbonyl (=C=O) Diméthylamino (-N(CH3)
Vinyl (=C=C) Hydroxyl (-HO)
Nitro (-NO2 ou =NO-OH) Alkoxyl (-OR)
Theo (>C=S) Groupements donneurs
d’électrons

I.2.1. Définition
Un colorant textile est un composé organique coloré qui absorbe fortement la lumière dans
la région du visible (400 à 800 nm) [11] et peut fermement s’attacher à la fibre par une ou
plusieurs forces physiques comprenant la liaison hydrogène, de van der WAALAS, ou les forces
ioniques ainsi que dans certains cas chimiquement liés par des liaisons covalentes [12].

I.2.2. CLASSIFICATION DES COLORANTS TEXTILLES

I.2.2.1. Classification chimique [12].

Le classement des colorants selon leur structure chimique repose sur la nature du groupe
chromophore (tableau I.1). Les classes chimiques les plus utilisées dans les colorants textiles
sont principalement les colorants azoïques, puis les colorants anthraquinoniques et les
phtalocyanines

✓ Colorants azoïques

Les colorants azoïques sont caractérisés par la présence au sein de la molécule d'un
groupement azoïque (-N=N-) reliant deux noyaux benzéniques. Cette catégorie de colorant est
actuellement la plus répandue sur le plan de l’application, puisqu’ils représentent plus de 50 %
[10,11]
de la production mondiale de matières colorantes . Les colorants azoïques se répartissent en
plusieurs catégories : les colorants basiques, acides, directs et réactifs solubles dans l’eau, et les
azoïques dispersés et à mordant non- ioniques insolubles dans l’eau. On estime que 10-15 % des
quantités initiales sont perdues durant les procédures de teinture et sont évacués sans préalable
dans les effluents [11]. Or ces composés organiques cancérigènes sont réfractaires aux procédés de
traitements habituellement mis en œuvre et sont très résistants à la biodégradation [7].

6
Chapitre I Synthèse bibliographique

Figure I.1 : Structure d’une molécule de groupement azoïque [7].

✓ Colorants anthraquinoniques

Les colorants anthraquinoniques ou la famille des dérivés de la garance représente 23%


colorants de synthèse. La racine broyée de la garance servit de teinture rouge depuis l'antiquité
égyptienne jusqu'à la première guerre mondiale. L'alizarine de synthèse obtenue dès la fin du
XIXème siècle est chimiquement identique à la matière colorante tirée de garance. Les
anthraquinones sont constituées de 2 noyaux benzéniques entourant un noyau porteur de 2
fonctions cétones. L'anthraquinone est de couleur jaune pâle, c'est l'introduction de substituants
qui permet l'obtention d'orangés, rouges, bruns, verts et bleus.

Figure I.2: Synthèse d’un colorant anthraquinoniques.

Ils sont synthétisés par substitution d'atomes d'hydrogènes par des groupements hydroxyles
(-OH) et aminos (-NH2). On obtient des composés de toutes les teintes.

Exemple : le rouge alizarines 'obtient par substitution de 2 hydrogènes par 2 groupements


OH :

Figure I.3 : La formule de rouge alizarine.

7
Chapitre I Synthèse bibliographique
✓ Les phtalocyanines

Les phtalocyanines ont une structure complexe possédant un atome métallique central. Les
colorants de ce groupe sont obtenus par réaction du dicyanobenzène en présence d’un halogénure
métallique (Cu, Ni, Co, Pt, etc.) [7, 8,9].

On donne ci-dessous la formule du phtalocyanine de cuivre :

Figure I.4 : Formule du phtalocyanine de cuivre.

I.2.2.2. Classification tinctoriale


Si la classification chimique présente un intérêt pour le fabricant de matières colorantes, le
teinturier préfère le classement par domaines d’application.

✓ Colorants réactifs

Les colorants réactifs constituent la dernière classe de colorant apparue sur le marché. Leur
utilisation est très importante, notamment dans le domaine de l’habillement. Ce sont des
colorants de synthèse constitués d’une partie colorante chromogène (groupe chromophore) sur
laquelle est (sont) fixé(s) un (ou plusieurs) groupement (s) réactifs(s) électrophile(s) destiné(s) à
former une liaison chimique stable, covalente, solide avec les fonctions hydroxyles de la
cellulose et les NH2 et NH des polyamides, voire plus rarement avec les fonctions amines ou
sulfures des protéines de la laine [9]. Ces colorants ont les structures suivantes :

Figure I.5: Structures d’un Colorants réactifs [10].


8
Chapitre I Synthèse bibliographique
✓ Colorants directs

Ce sont des colorants à caractères anioniques (R-SO3Na) ; ils sont solubles dans l’eau et
utilisés en solution aqueuse. La solubilité de ces colorants dans l’eau est réduite par l’addition
des sels neutres de métaux alcalins (sulfate de sodium, chlorure de sodium, etc[11].

✓ Colorants dispersés

Les colorants dispersés sont essentiellement adsorbés sur la fibre polyamide par une
attraction sur des sites polaires en nombre limité et le mécanisme de dissolution est en réalité
presque marginal. Bien que ce type d’adsorption corresponde à des liaisons avec la fibre bien
plus fortes que dans le cas du polyester où le colorant est dissout, ces liaisons sont facilement
rompues par un rupteur de liaisons polaire tel que l’eau. Les solidités au lavage de fibres de
polyamide teintes en colorant dispersé sont donc médiocres. Ainsi, on doit connaître la solubilité
du colorant dans le bain de teinture, son affinité pour les diverses fibres et la nature de la
fixation. Celle-ci est de force variable selon que la liaison colorant- substrat est du type ionique,
hydrogène, de Van der Waals ou covalente [13].

✓ Colorants acides ou anioniques

Ils sont solubles dans l’eau grâce à leurs groupements sulfonâtes ou carboxylates, ils sont
ainsi dénommés parce qu’ils permettent de teindre les fibres animales (laine et soie) et quelques
fibres acryliques modifiées (nylon, polyamide) en bain légèrement acide. L’affinité colorant-
fibre est le résultat de liaisons ioniques entre la partie acide sulfonique du colorant et les
groupements amino des fibres textiles.

✓ Colorants basiques ou cationiques

Les colorants basiques ou cationiques sont des sels d’amines organiques, ce qui leur confère une
bonne solubilité dans l’eau. Les liaisons se font entre les sites cationiques des colorants et les
sites anioniques des fibres. En phase de disparaître dans la teinture de la laine et de la soie, ces
colorants ont bénéficié d’un regain d’intérêt avec l'apparition des fibres acryliques, sur lesquelles
ils permettent des nuances très vives et résistantes.

✓ Colorants àmordants

Les colorants à mordants contiennent généralement un ligand fonctionnel capable de réagir


fortement avec un sel d’aluminium, de chrome, de cobalt, de cuivre, de nickel ou de fer pour
donner différents complexes colorés avec le textile.

9
Chapitre I Synthèse bibliographique

✓ Colorants décuve

Les colorants de cuve sont des colorants insolubles dans l’eau. Cependant, sous l’action
d’un réducteur, le dithionite de sodium (Na 2S2O8), un colorant de cuve donne son leuco-dérivé,
c’est-à- dire le produit de réduction incolore ou blanc et soluble dans l’eau. Le leuco-dérivé
présente une affinité pour certaines fibres textiles telles que le coton, le lin, la laine et la soie. Par
oxydation à l’air ou à l’aide d’un agent oxydant, le colorant initial insoluble dans l’eau est
régénéré au sein de la fibre. Les colorants de cuve appartiennent à la classe chimique des
anthraquinones et à celle des indigoïdes, leurs qualités de résistance notamment en font un des
groupes les plus importants des colorants synthétiques [10]. Quelques colorants de cuve ont
trouvé une place parmi les pigments de l’industrie des vernis, en raison de leur grande stabilité à
la lumière [10].

I.3. Utilisation et application des colorants :

A nos jours, l’utilisation des colorants s’est largement étalée et touches les grands
domaines, à savoir [11] :

✓ L’industrie textile,

✓ L’industrie de matières plastiques,

✓ L’industrie du bâtiment : peintures,

✓ L’industrie pharmaceutique,

✓ L’industrie des cosmétiques,

✓ L’industrie agroalimentaire (colorants alimentaires),

✓ Dans l’imprimerie (encre, papier).

[Link] des colorants

Des volumes très importants d’effluents aqueux colorés sont déchargés dans la nature par
plusieurs secteurs industriels, tels que : textile, cuire, lessive, papier, caoutchouc, plastique et
peintures, etc. Le versement de ces eaux colorées directement dans la nature sans traitement
cause des dégâts sévères sur la vie aquatique ainsi que sur les humains car les colorants sont dans
leurs majorités toxiques et ils libèrent des amines aromatiques cancérigènes. Donc pour le
traitement des effluents, La première étape consiste à éliminer la pollution insoluble par
l’intermédiaire de prétraitements (dégrillage, dessablage, déshuilage.) et/ou de traitements
physiques ou physico-chimiques assurant une séparation solide/liquide. Les techniques de

10
Chapitre I Synthèse bibliographique

dépollution intervenant le plus couramment en deuxième étape dans les industries textiles
d’après Barclay et Buckley et kurbus et al. se divisent en trois types :

I.4.1. Méthodes biologiques

La présence dans les eaux ou dans le sol, de polluants organiques a toujours existée. Leur
élimination par des microorganismes constitue le moyen biologique que la nature a utilisé pour
l’épuration des milieux naturels. Ces procédés biologiques se produisent selon deux modes :

Traitements en aérobie ; ils sont effectués en présence de l’oxygène et traitement en


anaérobie ;

Dans ce cas les microorganismes dégradent la matière organique en absence de l’oxygène.

A. Traitement aérobie

Des réacteurs dits à lits bactériens sont utilisés pour cet effet. Ils sont constitués d’une unité
de boue activée où les polluants sont décomposés par des bactéries aérobies et autres
microorganismes. Après épuration, la boue est séparée des eaux usées par sédimentation dans un
décanteur, une partie est recyclée et le surplus est évacué après pressage ou centrifugation.

Ce procédé est resté longtemps un moyen pour dégrader un grand nombre de polluants
organiques Il s’est avéré efficace pour une certaine catégorie de rejets textiles [10]. Notons
cependant que des colorants tels que les azoïques, les colorants acides et les colorants réactifs se
sont révélés persistants à ce mode de traitement [11].

La décoloration observée dans ces cas est attribuée à l’adsorption de ces polluants sur la
boue activée et non à leur dégradation.

B. Traitement anaérobie

En absence de l’oxygène, la digestion anaérobie des composés organiques conduit à la


formation du dioxyde de carbone, du méthane et de l’eau. Ce procédé présente une efficacité
importante dans le traitement des effluents très chargés caractérisés par une DCO relativement
élevée. Ce procédé utilisé dans les stations d’épuration des eaux permet de produire des quantités
importantes en méthane. Ce dernier est utilisé comme source d’énergie notamment pour le
chauffage ou pour l’éclairage. Des études ont montré que la réduction voire la disparition de la
couleur n’est pas accompagnée de la minéralisation des colorants. La formation de composés
intermédiaires plus toxiques, notamment des amines a été signalée dans la littérature [13,12].

Vencesl au et al. [14] ont estimé la réduction de coloration par les procédés biologiques à
seulement 10-20 %. Cette constatation laisse à présager d’autres techniques qui permettraient

11
Chapitre I Synthèse bibliographique

d’abaisser le degré de rétractabilité de la charge polluante en association avec les méthodes


biologiques.

I.4.2. Méthodes chimiques

Les techniques d’oxydation chimiques sont généralement appliquées pour :

(i) le traitement des organiques dangereux présents en faibles concentrations.

(ii) en prétraitement avant les procédés biologiques pour diminuer la charge polluante.

(iii) le traitement d’eaux usées chargées de constituants résistants aux méthodes de


biodégradation.

(iv) en post-traitement pour réduire la toxicité aquatique [15].

I.4.3. Méthodes physiques

A. Filtration sur membrane

Dans ce procédé, les polluants sont retenus par une membrane semi perméable dont le
diamètre des pores est inférieur à celui des molécules à éliminer. Cette technique est largement
utilisée dans le dessalement de l’eau de mer. Selon la qualité de l’eau désirée, on distingue la
microfiltration, l’ultrafiltration ou la nanofiltration ou encore l’osmose inverse.

La nanofiltration s’applique surtout au traitement des bains de teinture de colorants réactifs


en agissant comme un filtre moléculaire tandis que la microfiltration retient les matériaux
colloïdaux tels que les colorants dispersés ou de cuve grâce à une «membrane écran» [16,15].

L’ultrafiltration ne s’applique qu’à la réduction de DCO et des solides en suspension [17],


et ne se montre réellement efficace qu’en combinaison avec la coagulation/floculation.

Actuellement, des recherches sont menées dont le but de mettre en oeuvre des membranes
nouvelles à prix abordable. En effet, ces procédés restent très limités dans leurs applications car
ils nécessitent des investissements importants [17] à cause en grande partie du prix des matériaux

Utilisés.

B. Méthode physico-chimique : coagulation – floculation

Sous le terme de coagulation–floculation, on entend tous les processus physicochimiques


par lesquels des particules colloïdales ou des solides en fine suspension sont transformés par des
floculants chimiques en espèces plus visibles et séparables (les flocs). Les flocs formés sont
ensuite séparés par décantation et filtration puis évacués. Les coagulants inorganiques tels que

12
Chapitre I Synthèse bibliographique

l’alun donnent les résultats les plus satisfaisants pour la décoloration des effluents textiles
contenant des colorants dispersés, de cuve et soufrés, mais sont totalement inefficaces pour les
colorants réactifs, azoïques, acides et basiques [18]. Par ailleurs, la coagulation–floculation ne
peut être utilisée pour les colorants fortement solubles dans l’eau.

C. Adsorption sur charbon actif et autres matériaux

L’adsorption est un procédé d’élimination des polluants organiques ou minéraux présents


dans des effluents aussi bien liquide que gazeux. Plusieurs modèles théoriques ont été élaborés
pour décrire les mécanismes de ces phénomènes. Nous y reviendrons par la suite.

Par ce procédé, le polluant est transféré de la phase fluide vers la surface du solide. Même
avec le charbon actif considéré comme l’adsorbant le plus efficace, ce mode de traitement reste
très limité pour l’élimination de tous les colorants. Seuls les cationiques, colorant à mordant,
dispersés ou dits de cuve et réactifs sont éliminés par cette technique [19].

D’importantes quantités de boue sont formées avec ce procédé: leur régénération ou


réutilisation reste la seule issue mais demande des investissements supplémentaires.

Cependant, ces méthodes sont très onéreuses et présentent certains inconvénients comme le
coût élevé des opérations [20]. L’évaluation du potentiel d’utilisation des matériaux largement
disponibles et non couteux comme les argiles vise à les proposer en tant qu’alternative ou
complément aux méthodes conventionnelles et généralement couteuses, employées pour le
traitement des effluents contenant des ions métalliques et des colorants.

[Link] BLEU DE METHYLENE ET SA TOXICITE

Le bleu de méthylène (ou chlorure de méthylthioninium) est un composé organique dont la


formule chimique est bis-(dimethylamino)- 3,7 phenazathionium chlorure, de formule brute:
C16H18ClN3S (Figure I.6). Sa masse molaire est de 319,852 g/mol. Il est soluble dans l'eau (50
g/L à 20 °C) et plus légèrement dans l'alcool (10 g/L dans l’éthanol à 20 °).

13
Chapitre I Synthèse bibliographique

Figure I.6 : Structure chimique du bleu de méthylène [21].

Il est utilisé dans divers domaines :

✓ Il sert d'indicateur coloré redox : sa forme oxydée est bleue, tandis que sa forme
réduite estincolore,
✓ Il est employé comme colorant, c'est un colorant cationique (basique),

✓ Comme antiseptique enaquariophilie,

✓ Comme moyen de lutte contre la méthémoglobine. Il est nocif en cas d'ingestion et


irritant pour les yeux, les voies respiratoires et la peau [22].
✓ Toxicité du bleu de méthylène

Les données toxicologiques relatives à l’utilisation du bleu de méthylène chez l’homme


depuis de nombreuses années ont indiqué jusqu’à présent l’absence de danger lié à l’utilisation
de ce produit comme médicament [23], dont la dose totale administré ne doit pas dépasser 7
mg/kg. Il peut causer des douleurs thoraciques, une dyspnée ; une anxiété, des tremblements, des
hypertensions, et même coloration de la peau si la dose est élevée [24].

Le bleu de méthylène n’est pas fortement dangereux, mais il a un effet nocif sur les
organismes vivants et les eaux [25]. L’exposition aigue à ce produit causera :

Exposition externe : irritation de la peau et des dommages permanentes aux yeux [26];

-Par l’inhalation: respiration rapide ou difficile [26] et augmentation de la fréquence


cardiaque [26] ;

-Par l’ingestion: irritation de l’appareil gastro-intestinal [26], nausée, transpiration


prodigue, confusions mentaux, cyanose et nécrose des tissus humains [27].

14
Chapitre I Synthèse bibliographique

I.6-L’adsorption

I.6.1-Définition

L'adsorption est le phénomène physico-chimique consistant en l'accumulation d'une


substance à l'interface entre deux phases (gaz-solide, gaz-liquide, liquide-solide, liquide-liquide,
solide-solide). Il a son origine dans les forces d'attraction intermoléculaires, de nature et
d'intensité variées, qui sont responsables de la cohésion des phases condensées, liquides ou
solides. Une molécule attirée inégalement par les autres molécules de deux phases trouvera une
position énergétiquement favorable à la surface de la phase qui l'attire le plus ; celle-ci sera
appelée l'adsorbant, les molécules ainsi adsorbées constituant l'adsorbat. Si les conditions
énergétiques ou cinétiques permettent à la molécule de pénétrer au sein de la phase adsorbant, il
y a absorption [28].

I.6.2-Types d'adsorption

Suivant la nature des liaisons entre le substrat et les particules adsorbées, on distingue deux
types d'adsorption :

• La physisorption qui est due principalement à des forces physiques ;

• La chimisorption qui est due surtout à des forces chimiques.

I.6.2.1 L’adsorption physique ou physisorption

L’adsorption du type physique est rendue possible par des forces d’attraction physique de
type VAN der WAALS. L’énergie mise en jeu par ces forces est faible de L’ordre de 1 à 10
kcal/mole. C’est un processus instantané car la vitesse d’adsorption est très rapide et ne peut
avoir lieu qu’à des températures inférieures à la température d’ébullition de l’adsorbat.

I.6.2.2 L’adsorption chimique

L’adsorption de type chimique appelée aussi adsorption activée ou chimisorption se


distingue nettement de l’adsorption physique. Elle met en jeu la formation des liaisons chimiques
de forte énergie (25 à 400 kcal/mole) entre des composés ionisables et les groupements
fonctionnels présents en bordure des adsorbants [29]. A ce type de liaison correspond une
chaleur d’adsorption environ dix fois plus élevée que dans le cas de la physisorption. En outre le
processus est sélectif comme l’est une réaction chimique et généralement irréversible.

La désorption est plus difficile [30] et le résultat en est fréquemment une combinaison
chimique de l’adsorbât et l’adsorbant.

15
Chapitre I Synthèse bibliographique

[Link]'ADSORPTION

La cinétique du phénomène d’adsorption est déterminée par le transfert de matière à


l‘interface liquide - solide où sont localisées toutes les résistances au transfert. L‘équation
fondamentale est celle qui régit les phénomènes de transfert de matière en général entre deux
phases, en exprimant le flux d’adsorption proportionnellement à l‘écart entre la quantité adsorbée
q à l‘instant t et la quantité adsorbée à l’équilibre qe.
Il existe plusieurs modèles cinétiques pour étudier le mécanisme d’adsorption où plus
courants sont comme suit [31]:
A. Transfert de matière externe (résistance de surface): les molécules doivent traverser les
couches limites (film) autour des grains de l'adsorbant pour arriver à la surface de ces
derniers;
B. Transfert de matière internes macroporeux : les molécules se propagent de la surface
des grains vers le centre à travers les macroporeux formés entre les cristallites ou les
microparticules. Ces transferts s'effectuent généralement en phasefluide;
C. Transferts de matière internes microporeux : les molécules adsorbées diffusent à travers
des réseaux de micropores avec un mécanisme de processus activé ;
D. Cinétique d'adsorption intrinsèque : les molécules s'adsorbent en surface avec une
vitesse finie [32].

Figure I.7: Différents mécanismes de la cinétique d’adsorption dans un

grain à double porosité [32].

16
Chapitre I Synthèse bibliographique

I.7.1. MODELES CINETIQUE D'ADSORPTION

Plusieurs modèles de cinétique ont été utilisés afin d’interpréter les données expérimentales [33].
Les trois modèles de cinétique couramment utilisés sont: le modèle de pseudo-premier-
ordre (PPO), le modèle de pseudo-second-ordre (PSO), et la diffusion intra particule.
I.7.1.1. Modèle de pseudo-premier ordre

Lagergren (1898) a proposé un modèle cinétique de pseudo premier ordre exprimé par la
relation suivante :
dqt /dt = k1 (qe qt) (I.1)

Avec k1la constante de vitesse pour une cinétique du pseudo premier ordre [min-1],

t le temps de contact (min),

qtet qeles capacités d‘adsorption à l’instant t (mg d’adsorbat / g d’adsorbant) et à l’équilibre [mg]
d’adsorbat / g d’adsorbant], respectivement.
L’intégration de l’équation (II.1) donne :

ln(qe qt)=lnqe k1t (I.2)

La valeur de k1est obtenue à partir de la pente du tracé linéaire de ln (qe qt) = f (t).

I.7.1.2. Modèle de pseudo-second ordre

Une expression également très souvent utilisée est celle du pseudo-deuxième ordre. Ce
modèle suggère l‘existence d‘une chimisorption, un échange d‘électrons par exemple entre
molécule d‘adsorbat et l‘adsorbant solide. Il est représenté par la formule suivante [34]:

dqt (I.3)
= k2 (qe-qt)2 (II.3)
dt

Avec k2la constante de vitesse pour une cinétique du deuxième ordre [[Link]-1], qt

et qe les capacités d’adsorption à l’instant t [mg d’adsorbat / g d’adsorbant)] et à l’équilibre


[mg d’adsorbat / g d’adsorbant], respectivement.

L’intégration de l’équation (II.3) conduit à :

Le modèle de pseudo- second ordre est vérifié lorsque le tracé de.... en fonction de t donne

Une relation linéaire, avec une pente égale à .

17
Chapitre I Synthèse bibliographique

I.7.1.3. Modèle de Diffusion intra-particulaire

La diffusion intra-particulaire est fréquemment l’étape limitante dans beaucoup de processus


d’adsorption, particulièrement dans un réacteur agité fermé. La possibilité de la diffusion intra-
particulaire peut être explorée en utilisant le modèle de diffusion intra- particulaire proposé par
Weber et Morris (1963) [14].
qt =Kit0.5+C(I.5)

Où ki est la constante de vitesse de diffusion intra particulaire, et C le paramètre de


l’équation de Weber et Morris. Le modèle de diffusion intra-particulaire est vérifié lorsque le
tracé de qt en fonction de t0.5donne une relation linéaire, avec une pente égale à Kiet une
ordonnée à l’origine égale à C. Si cette droite passe par l’origine, cette étape est dite limitante
[33].
I.7.2. Les modèlesd’adsorption
D’assez nombreux auteurs ont proposé des modèles, théoriques ou empiriques, pour décrire la
relation entre la masse d’adsorbât fixée à l’équilibre et la concentration sous laquelle elle a lieu,
il s’agit des relations non cinétiques, que l’on nomme « isothermes ».

Une telle isotherme est une courbe qui représente la relation entre la quantité d’impuretés
adsorbées par unité de masse d’adsorbant et la concentration d’impuretés en solution [34].

Les trois isothermes les plus connues sont ceux de [35]:

• LANGMUIR,

• FREUNDLICH,

•BRUNAUER- EMMET-TELLER (B.E.T).

Cette dernière est la plus récente, car elle rend compte aussi du phénomène de saturation et
fait intervenir la solubilité du soluté dans son solvant et admet la formation de nouvelles
molécules.

I.7.2.1. Isotherme d’adsorption de LANGMUIR

C’est un modèle conceptuel : on suppose que les molécules adsorbées forment une
monocouche et occupent une portion αS de la surface S.

La théorie de Langmuir implique en fait :

•Il n'existe qu'un seul type de site d'échange à la surface ;

•Il ne peut y avoir adsorption que d'une seule molécule par site d'adsorption ;

18
Chapitre I Synthèse bibliographique

• L’adsorption est limitée à une seule couche ;

• L’adsorption est réversible ;

• L’énergie d’adsorption est constante ;

• L’absence d'interactions entre les molécules adsorbées [ 36, 37].

L’équation de l’isotherme de LANGMUIR est la suivante :

X, la concentration de l’adsorbat présente à la surface / la masse d’adsorbant.

q, capacité maximale d’adsorption correspondante à l’occupation de tous les sites


disponibles (mg/g).
b, constante relative à l’énergie d’adsorption définie comme suit :

b = b0 exp (-Hads/ RT)

b0, constante relative à l’énergie.

Hads, énergie d’adsorption (Kcal/mole). R, constante des gaz parfait.


T, température absolue (K).

c, concentration de la solution à l’équilibre (g/l).

En exprimant l’inverse de X dans l’équation (1) :

Figure I.8: Evaluation graphique des constantes Figure I.9: Allure de la courbe d’isotherme
D’adsorption de modèle de Langmuirde Langmuir.

I.7.2.2 Isotherme d’adsorption de FREUNDLICH

L’isotherme d’adsorption de FRENDLICH, présentée en 1926, stipule que la quantité du


soluté adsorbée par une masse d’adsorbant donnée est fonction de la concentration de la solution
à l’équilibre [36]. Il repose sur l’équation empirique suivante :
19
Chapitre I Synthèse bibliographique

Où : k et n sont des constantes qu’il faut évaluer pour chaque solution et pour chaque
température.

Ce modèle est très variable pour les solutions diluées, mais il est incompatible avec la
saturation, car x croit sans limite si C croit.

L’équation de Freundlich est cependant plus utile sous sa forme logarithmique, soit :

Ainsi, si l’on porte ln x en fonction de ln C, on doit obtenir une droite en pente 1/n et
d’ordonnée à l’origine ln K [37].

Figure I.10: Evaluation graphique des Figure I.11: Allure de la courbe


constantes d’isotherme d’adsorption modèle de
Freundlich (1/n 1).

Figure I.12: Allure de la courbe d’isotherme de Freundlich (1/n 1).

I.7.2.3. Isotherme d’adsorption de B.E.T. (BRUNAUER- EMMETT -TELLER)


L’isotherme de B.E.T proposé en 1938, repose sur les hypothèses suivantes :

• Plusieurs couches successives de molécules peuvent être fixées sur l’adsorbant.


• Les sites d’adsorption sont distribués uniformément à la surface de l'adsorbant.
• Chaque site est indépendant des sites voisins.
• L’énergie d’adsorption retient la première couche de molécules, alors que l’énergie de
20
Chapitre I Synthèse bibliographique

condensation retient les couches successives suivantes [36].


L’isotherme B.E.T. à peu d’application en phase aqueuse, il sert surtout à déterminer les surfaces
d’adsorption des charbons par l’azote gazeux [37].
L’équation de l’isotherme d’adsorption de B.E.T est la suivante :

Où : x0, masse d’impuretés adsorbées par la première couche par unité de masse d’adsorbant.
Cs, concentration de saturation.

k, coefficient déterminé empiriquement.

La forme linéaire du B.E.T.:

Figure I.13: Evaluation graphique des constantes Figure I.14: allure de la courbe de B.E.T.
D’isotherme de modèle B.E.T d’adsorption

Les adsorbants les plus connus sont : le charbon actif et les argiles. Dans cette étude on
s’intéresse aux argiles anioniques et cationiques pour l’élimination du diclofénac sodique.
I.8. APPLICATION DE L'ADSORPTION

L’adsorption a des applications pratiques nombreuses. On comprend que les phénomènes


provoquant une modification de la composition d’un mélange gazeux, d‘un mélange liquide,
puissent avoir des développements industriels par contre, l‘adsorption des gaz et vapeurs purs,
présente moins d’intérêt pratique.
a-Application de l’adsorption en phase gazeuse

Dans l’utilisation pratique des phénomènes d’adsorption des mélanges gazeux en vue de
leur fractionnement, il ne faut pas oublier que le fonctionnement d’une colonne d’adsorption ou
adsorbeur est par nature intermittent et doit comporter deux phases [38].

21
Chapitre I Synthèse bibliographique

- Une phase d’adsorption, qui doit être stoppée quand la zone de transfert de masse atteint
la pureté recherchée, en sortie de la colonne : point de rupture ou point de fuite.
- Une phase consécutive de désorption ou régénération de l’adsorbant pour le rendre apte à
une nouvelle phase d‘adsorption et pour récupérer éventuellement l'adsorbât.
b-Application de l’adsorption en phase liquide

On peut classer les applications de l’adsorption en phase liquide en deux domaines : celui
du traitement des solutions diluées et celui du fractionnement des mélanges liquides, bien que,
dans les deux cas, il s’agit toujours de séparation de composés chimiques. Les applications

Industrielles concernant le traitement des solutions diluées (purification et extraction) sont


extrêmement nombreuses [39]. Les traitements les plus importants :
- La décoloration des jus sucrés ;

- La purification de divers produits pétroliers et de matières grasses animales et végétales ;

- Le traitement des eaux (élimination, des métaux lourds, des odeurs, et de la matière
organique)
- La dessiccation des produits organiques industriels.
I.8.1. Domaines d’application de l’adsorption

Les nombreuses applications de l’adsorption on cite :

- Le raffinage des produits pétroliers ;

- Le séchage, la purification, la déshumidification et la désodorisation de l’air ;

- La catalyse;

- La récupération de solvants et d’alcool dans le processus de fermentation ;

- La décoloration des liquides;

- La chromatographie gazeuse (méthode de fractionnement basée sur les différences


de vitesse d’adsorption de substances différentes, sur un adsorbant donné) [40].

22
Chapitre I Synthèse bibliographique

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électrochimique d’oxydation avancée “Electro-Fenton”. Application à la minéralisation des
colorants synthétiques ». Thèse de Doctorat. Université de Marne-La- Vallée, 2004.
[40] J.C. D’Oliveira, G. Al-Sayeed, P. Pichat. Environ. Sci. Technol. Vol 24(7), 1990, P 990-996.

25
Chapitre II
Etude Bibliographique
Chapitre II Etude Bibliographique

II. ADSORPTION PAR LES ARGILES

II.1. Définitions des argiles

Les argiles sont des produits de décomposition des roches siliceuses, par dégradation
physique et mécanique puis par altération chimique [1]. Elles tirent essentiellement leurs origines
d’altération chimique de certains minéraux composant les minéraux parent [2].

Les argiles ont une origine géologique secondaire [ 1], elles ont été formées par la dégradation
des roches ignées (volcaniques) due à des phénomènes d’érosion et d'altération chimique sous
l'action des agents atmosphériques [3].

Actuellement, il n’existe pas de définition unique du terme argile. Le mot argile englobe deux
commutations, l’une liée à la taille des grains (<2μm) et l’autre à la minéralogie [4]. Ce sont des

Silicates d’alumine hydratés d’une structure feuillet qu’on appelle phyllosilicates [3].

Ils sont organisés en couches planes infinies constituées d'unités structurales tétraédriques(T)
et octaédriques (O) reliées par leurs sommets. Ce type de structure à très grande surface
spécifique associée à des caractéristiques physico-chimiques très particulières, explique la
capacité des argiles à admettre de nombreux échanges de cations et d'anions dans le réseau ou
adsorbés en surface.

On distingue 5 niveaux d’organisation :

- Les plans sont constitués par les atomes

- Les couches tétraédriques (T) principalement siliceuses ou octaédriques (O) principalement


alumineuse, sont formées par une combinaison des plans

- Les feuillets correspondent à des combinaisons des couches

- L’espace inter foliaire : c’est le vide séparant deux feuillets de même structure, il peut être
occupé par des cations (éventuellement hydraté) [5].

- Le cristal résulte de l’empilement de plusieurs couches (Figure I.15) [7,6].

27
Chapitre II Etude Bibliographique

Figure II.1 : Structure générale des phyllosilicates (White, 1999)

II.1.2. Structure des matériaux argiles :

Les minéraux argileux font partie de la famille des phyllosilicates. Ils se présentent sous forme
de particules de petites dimensions. Leur structure est composée de deux unités:

✓ La couche tétraédrique.
✓ La couche octaédrique.
Les différents groupes de minéraux argileux se différencient par l'arrangement de ces deux
couches. L'organisation structurale des phyllosilicates sbase sur une charpente d'ions O-2 et OH-.

Ces anions occupent les sommets d'assemblages octaédriques (d'ions O -2 et OH-). Dans les
cavités de ces unités structurales élémentaires viennent se loger des cations de taille variable
(Si+4, Al+3, Fe+3, Fe+2, Mg+2) en position tétraédrique ou octaédrique. Ces éléments s'organisent
planairement pour constituer des couches octaédriques et tétraédriques dont le nombre détermine
l'épaisseur du feuillet. L'espace entre deux feuillets parallèles s'appelle espace interfolliaire[8].

II.1.2.1. La couche tétraédrique :

L'élément essentiel de couche tétraédrique est la silice (Si 4+) entouré de quatre anions O2- dans la
figure (II.1), qui constituent les sommets du tétraèdre. Chaque tétraèdre partage trois atomes
d’oxygène avec les tétraèdres adjacents. Ces atomes d’oxygène partagés sont arrangés en réseau
hexagonal qui forme la base de la couche. Le bilan des charges positives et négatives présentes
dans cette structure n’est pas neutre. 4+3x (-2)/2 + (-2 ) = -1.

28
Chapitre II Etude Bibliographique
L’électroneutralité de la couche est obtenue par la liaison avec une couche chargée positivement,
par la présence d’ions compensateurs à la surface de la couche, ou par ajout d’un proton H+ sur
certains O2-. L’épaisseur de cette couche tétraédrique est de 4,63 Å.

Figure II.2: Eléments structuraux : les tétraèdres.

II.1.2.2. La couche octaédrique :


La couche octaédrique dans la figure (II.2) est formée de cations Al3+ou Mg2+entourés desix
groupements hydroxyle OH-. Ces octaèdres sont reliés entre eux par des anions communs,
etforment une couche plane. Le bilan des charges présentes dans le feuillet est de(+3) pour
lecation Al3+et (-1) pour le groupement hydroxyle, mais chaque OH-est partagé avec troiscations,
ce qui donne: +3+6×(-1)/3=+1. Pour atteindre l’électroneutralité, seulement deux
sitesoctaédriques sur trois sont occupés par un cation Al 3+; on parle alors de couche di-
octaédriquede gibbsite. Dans le cas du cation Mg2+, lorsque tous les sites sont occupés, la couche
est neutre;
c’est la structure tri-octaédrique de brucite. La couche octaédrique a une épaisseur de 5,05
Å[9].

Figure II.3: Eléments structuraux : les octaèdres [59].

II.3. Utilisation des argiles


Grâce à leurs propriétés, les argiles sont utilisables pour différentes applications [10].
Outre lafabrication de matériaux de construction. Elles sont utilisées, à titre d’exemple,
pourl’élaboration de matériaux polymères ou encore le raffinage d'huile alimentaire, le

29
Chapitre II Etude Bibliographique
domainecosmétique ou la médecine. Grâce à leurs propriétés micro et macroscopiques, les
argiles,jouent aussi un rôle important dans le stockage des déchets. A cet égard, les argiles ont
despropriétés intéressantes pour constituer une barrière imperméable autour des déchets.
Aucontact des eaux souterraines, la barrière argileuse va se saturer progressivement.
Sespropriétés, tant mécaniques qu’hydrauliques et physico-chimiques vont évoluer au cours
decette phase de saturation. En particulier, le spectre de porosité de l’argile va êtreprofondément
modifié [11].
Donc, par leur faible perméabilité, leur capacité d'échange de cations permettant le rôlede
"piège" face aux pollutions métalliques, les argiles soient sous forme modifiées soient àl’état
brut, sont d’excellents matériaux pour les centres de stockage de déchets [12]

II.3.1. Propriétés chimiques des argiles les cationiques

a) Surface spécifique
b) Capacité d’échange cationique
II.3.1.1 Structure du kaolin (1/1, d=7Å):

Le feuillet élémentaire est constitué d’une couche de Al (OH) 6 octaédrique disposée au-
dessus de chaque couche de SiO4 tétraédrique (figure II.7). Cela signifie que les kaolinites
présentent une teneur élevée en alumine (Al 2O3) qui peut atteindre 35 à 38% dans le cas d'argile
réfractaire de bonne qualité. La kaolinite de couleur blanche neigée, grasse au toucher, plastique.

Figure II.4: Structure de la kaolinite [60]

Les applications industrielles du kaolin sont nombreuses [60], on peut citer par exemple :
✓ L’industrie papetière ;
✓ L’industrie céramique ;
✓ Domaine pharmaceutique …etc.
II.3.2. Les argiles gonflent :
30
Chapitre II Etude Bibliographique
II.3.2.1. Les argiles gonflent cationiques :

Les argiles cationiques sont plus répandues dans la nature. D'un point de vue géologique,
l’argile cationiques se rapporte à la terre grasse et molle contenant un ensemble de particules
fines. Comme matériaux, les argiles sont utilisées dans différents domaines industriels : dans la
fabrication des matériaux de construction, dans l'industrie pharmaceutique et cosmétique La
classification des argiles et leur nomenclature dépendent de leur composition chimique et de
l’ordre structural La classification adoptée par le comité de nomenclature de l’Association
Internationale pour l’Etude des Argiles (AIPEA) varie avec les données structurales. Ce sont des
matériaux lamellaires constitués par l’empilement de feuillets. Un feuillet est formé par
l’association de couches tétraédriques (T) à base de tétraèdres SiO 4 et de couches octaédriques
(AlO6) (O). Suivant le mode d’agencement des tétraèdres et des octaèdres on distingue 2 grandes
familles de minéraux :

1) Les minéraux fibreux qui des espèces à pseudo feuillets, par exemples les palygorskites
(attapulgite) et les sépiolites.

2) Les minéraux phylliteux à structures lamellaires. Ces derniers sont les plus répandus et les
plus étudiés. Leur classification est basée sur le mode d’association des couches structurales et le
degré d’occupation des sites de la couche octaédrique (di ou tri octaédrique). Selon la séquence
d’empilement des couches tétraédriques et octaédriques on distingue des minéraux de type 1/1
(T-O), 2/1 (T-O-T) et 2/1/1(TOT- O)[13,14].

II.3.3. Classification des argiles cationique :

A. Minéraux argileux T:O ou 1:1:

Les feuillets élémentaires sont constitués d’un empilement d’une couche tétraédrique etd’une
couche octaédrique, permis par une substitution d’atomes d’oxygène de la couche tétraédrique
par des ions OH- de la couche octaédrique. L’épaisseur du feuillet T/O est d’environ 7 Å.
Lorsque deux feuillets sont superposés, les atomes O- présents sur la surface supérieure
(couche de silice) et les atomes H+ de la surface inférieure (couche d’alumine) développent entre
eux une forte liaison hydrogène O…H. La structure cristallographique des minéraux argileux
T/O, la kaolinite est l’élément le plus commun de cette famille est présentée par la figure
(I.19)[15,16].

31
Chapitre II Etude Bibliographique

Figure II.5: Représentation cristallographique des minéraux argileux T:O (exemple de la kaolinite)[64].

B. Minéraux argileux T:O:T ou 2:1:

C’est une famille où chaque feuillet est constitué par une couche octaédrique prise en
sandwich entre deux couches tétraédriques. C’est l’une des plus importantes par le nombre de
variétés et par la fréquence de sa présence dans les sols. Les éléments les plus communs de
cettefamille, sont les micas plus ou moins altérés (illites) et la glauconite. L’illite se présente
sous forme de feuillets de 10 Å à trois couches.

Figure II.6: Représentation de la structure du feuillet d’argile T/O/T [15].

C. Minéraux argileux T:O:T:O ou 2:1:1:

Ces minéraux sont issus de la combinaison de deux couches octaédriques avec deux couches
tétraédriques. La charge du feuillet est compensé par une couche interfoliaire d’octaèdre
contenant des atomes d’aluminium et/ou de magnésium [17]. L’équidistance caractéristique est
alors d’environ 14A°, à ce type correspond le groupe de la chlorite [16].

32
Chapitre II Etude Bibliographique

Figure II.7: Représentation de la structure du feuillet de chlorite[15].

Les colorants synthétiques sont classés selon leur structure chimique et leur méthode
d’application aux différents substrats (textiles, papier, cuir, matières, plastiques, etc.).

II.3.3.1. Classification chimique :

Le classement des colorants selon leur structure chimique repose sur la nature du groupement
chromophore.

✓ Les colorants azoïques:


Les colorants azoïques sont caractérisés par la présence au sein de la molécule d'un
groupement azoïque (-N=N-) reliant deux noyaux benzéniques. Cette catégorie de colorant est
actuellement la plus répandue sur le plan de l’application, puisqu’ils représentent plus de 50% de
la production mondiale de matières colorantes [13,14]. Les colorants azoïques se répartissent en
plusieurs catégories : les colorants basiques, acides, directs et réactifs solubles dans l’eau, et les
azoïques dispersés et à mordant non-ioniques insolubles dans l’eau. Il est estimé que 10-15% des
quantités initiales sont perdues durant les procédures de teinture et sont évacués sans traitement
préalable dans les effluents [14].

II.4. Les argiles anioniques ou les Hydroxydes Doubles Lamellaires


Les argiles anioniques appelées aussi hydroxydes doubles lamellaires (HDL) font d’objet
d’un intérêt croissant depuis quelques années en raison de leurs multiples applications comme
des échangeurs d’ions, catalyseurs, stabilisants, synthèse des produits pharmaceutiques,
adsorbants, etc. [20,21].
C’est pourquoi un effort de recherche se développe dans les domaines de la caractérisation
structurale, de la préparation de nouveaux composés et de la mise en œuvre de nouvelles
méthodes de préparation. Ils sont l’objet de beaucoup d’études, et de nombreuses publications .
33
Chapitre II Etude Bibliographique

Nombre de publications
0 200 400 600 800 10001200140016001800200022002400

2013
2012

2011

2010

2009

2008
Années

2007

2006

2005

2004

2003

2002

2001

2000

1999

1998

1997

1996

1995

1994
Figure
1993II.8: Nombre de publications intitulées de mot-clé « layered double hydroxides » relevées par
Scopus en décembre 2013.
1992

1991
Le terme
1990 hydroxydes doubles lamellaire (HDL) est utilisé pour désigner les hydroxydes
lamellaires naturels avec deux types de cations métallique dans les couches principales et les
domaines inter lamellaires qui contiennent l'espèce anionique. Cette famille large de composés
est aussi connue sous le nom d'argiles anioniques, par comparaison avec les argiles cationiques
plus habituelles dont les domaines inter lamellaires contiennent les espèces cationiques. Ils sont
aussi désignés comme composés de type hydrotalcite par référence à un des polytypes de [Mg-
Al]. l’hydrotalcite naturelle découverte en Suède en 1842 reste un composé référence pour les
HDL[69].
34
Chapitre II Etude Bibliographique
La préparation des phases synthétiques des HDL par des méthodes de précipitation
contrôlées de solution de sels métalliques par une base a débuté avec les travaux de Fietknecht
(1933 et 1944). D’autres HDL naturels sont ensuit apparus connus comme minéraux (allman
1968 et 1970) [22].
Depuis la fin des années soixante, un intérêt croissant est porté aux HDL pour trouver de
nouvelles méthodes de synthèse, d’étudier les propriétés d’échange anionique, électrochimiques
et magnétiques et de réaliser une caractérisation structurale de ces matériaux. Ces études ont fini
par trouver des applications en catalyse hétérogène, pharmaceutiques, ….etc.
Par la suite, de nombreux chercheurs ont examiné l’aspect synthèse et caractéristiques
structurales de ces matériaux, les plus connus étaient R. M. Taylor (1984),et Miyata (1973) [22].
II.4.1. Structure et propriétés des Hydroxydes Doubles Lamellaires
II.4.1.1. Structure des Hydroxydes Doubles Lamellaires
a/ Formule chimique et structure des (HDL)
Les hydroxydes doubles lamellaires sont des minéraux peu abondants à l’état naturel.
Leur structure est dérivée de celle de la brucite Mg(OH) 2 .Les cations métalliques
entourés de six atomes d’oxygène des groupes hydroxyles forment des octaèdres M(OH) 6
.Ces derniers s’assemblent par leurs arêtes de façon coplanaire et constituent alors un
feuillet plan (FigureII-9).
Dans le cas des HDL, la substitution d’une partie des cations divalents par des cations
trivalents génère une charge positive variable du [Link] compenser cet excès de charge,
des anions accompagnés de molecules d’eau s’insèrent entre les feuillets et permettent
l’éléctroneutralité de l’édifice [23].

D’une façon générale, les argiles anioniques présentent une formule chimique sous la
forme [24]:

[M II1-x MIIIx(OH)2]x+[Xy-x/y.nH2O]x / x= y(M 3+) / y(M 2+ +M 3+).

MII, MIII: présentent les cations divalents et trivalents qui occupent les sites octaédriques
respectivement.
MII: Zn2+, Ni2+, Cu2+, Co2+, Fe2+, Ca2+.

MIII: Cr3+, Fe3+, Co3+, Al3+.

An-: représente, l’anion de compensation intercalé de valence n- situé dans l’espace interfollaire,
35
Chapitre II Etude Bibliographique
Cl-, NO3-, SO42-, CO32-.
n: la charge d’anion.

m: le nombre de molécule d’eau avec m=1-3/x [25].

X: la fraction du cation trivalent dans la structure.

X= MIII/(MII+MIII) [24].

Le rapport (R) varie généralement entre 1et 5.

R=MII/MIII. X=1/(1+R) [25].

Figure II-9: représentation Schématique de la structure de HDL [26].

36
Chapitre II Etude Bibliographique

Il existe plusieurs formes naturelles (tableau I-1), de phases HDL mais celles-ci demeurent
minoritaires par rapport au système argile cationique. Par contre, la famille des phases HDL est
sans cesse enrichie par de nouvelles variétés synthétiques, soit par modification de la
composition du feuillet, ou bien de la nature des espèces interlamellaires.

Tableau II-1: Principales argiles anioniques naturelles [26].

Nom Composition chimique


Hydrotalcite [Mg6Al2(OH)16]CO3.4H2O

Manasseite [Mg6Al2(OH)16]CO3.4H2O

Sjögrenite [Mg6Fe2(OH)16]CO3.4.5H2O

Pyoaurite [Mg6Fe2(OH)16]CO3.4.5H2O

Parbertonite [Mg6Cr2(OH)16]CO3.4H2O

Stichtite [Mg6Cr2(OH)16]CO3.4H2O

Takovite [Ni6Al2(OH)16]CO3.4H2O

Reevesite [Ni6Fe2(OH)16]CO3.4H2O

Desautelsite [Mg6Mn2(OH)16]CO3.4H2O

Coalingite [Mg10Fe2(OH)24]CO3.4H2O

Iowaite [Mg4.63Fe1.32(OH)12]Cl1.22.1.95H2O

Woodwardite [Cu4Al2(OH)12]SO4.4H2O

La littérature est aussi abondante concernant les différentes compositions des feuillets de
type HDL. Toutefois, les principaux cations métalliques divalents et trivalents qu’on peut citer
sont : Zn2+, Mg2+, Mn2+, Fe2+, Co2+, Ni2+, Cu2+, Ca2+ et Al3+, Cr3+, Mn3+, Co3+, Ni3+,La3+.
Différentes combinaisons de cations divalents et trivalents sont indiquées dans le tableau I-3[27].

37
Chapitre II Etude Bibliographique

Tableau II-2 : Combinaisons possibles entre cations divalents et trivalents pour les feuillets de type
HDL.

Cations divalents
Mg Fe Co Ni Cu Zn Ca

Cations trivalents
Al * * * * * * *
Cr * * *
Fe * * * *
Co * *
Ni
La *
Sc *

b/ L'espace interfeuillet
Il est généralement difficile d'avoir une description structurale du domaine interfeuillet.
Ceci est principalement dû au fait que les anions ne se structurent pas en un sous-réseau rigide,
ce phénomène étant accru par la présence des molécules d'eau ; on peut donc dire que,
généralement, l'espace interlamellaire est un milieu fortement désordonné. Néanmoins, dans le
cas d’entités simples telles que les ions carbonate ou chlorure, les anions occupent
statistiquement des sites bien définis [28,29].
L’espace interfeuillet est défini par la nature des anions qui le constituent. A priori, aucune
limitation n'existe dans l'intercalation d'anions. Cependant, il faut que :
• Ceux-ci soient stables dans les conditions opératoires.

• Qu'il n'y ait pas de contrainte stérique ou géométrique.

• Une grande variété d’espèces anioniques peut s’insérer dans l’espace interfeuillet [30]:
• Anions simples: CO32-, OH-, F-, Cl-, Br-, I-, NO3-, ClO4-…

• Halocomplexes : (NiCl4)-, (CoCl4)-,(IrCl6)2-…

• Cyanocomplexes : [Fe(CN)6]4-, [Co(CN)6]4-,[Mo(CN)8]4-…

• Oxocomplexes : [MoO2(O2CC(S)Ph2)2]2-,[MoO2(O2)4C4H2O6]4-…

• Ligands macrocycliques : métalloporphyrines,métallophtalocyanines…

• Oxométallates : chromate, vanadate,molybdate…

38
Chapitre II Etude Bibliographique

• Hétéropolyoxometalates : (PMo12O40)3-,(PW12O40)3-…

• Anions organique ou polymères : acides adipique, oxalique, malonique, ou acrylate et


polyacrylate, sulfonate…
On peut noter qu’une séparation très nette s’opère entre les espèces inorganiques pour
lesquelles l’espace interfeuillet ne dépasse pas 15 Å, et les espèces organiques. L’épaisseur de
l'espace interfeuillet est déterminée par le nombre, la taille, l'orientation des anions, ainsi que
leurs interactions avec les groupements hydroxyles des feuillets.

II.4.1.2. Les propriétés des hydroxydes doubles lamellaires


Parmi les propriétés essentielles des hydroxydes doubles lamellaires HDL, qui permettent
de définir ce type d’argile de façon plus complète :
a/ Surface spécifique

La surface spécifique des HDL est un paramètre très important, elle est égale 50-80 m2 /g pour les
hydrotraites non calcinés

Alors que cette valeur augmente considérablement pour les phases d’hyrdotalcites
calcinées.
b/ Capacité d’échange anionique (CEA)
Une des propriétés les plus intéressantes des hydroxydes doubles lamellaires est leur
capacité d’échanges anioniques qui permet d’envisager l’intercalation d’une grande variété
d’anions : anions carbonate [31], nitrate [32], chlorure [33], anions organiques [34], complexes
anioniques [35,36], oxo-anions [37], biomolécules [32].

Elle est définie comme étant le nombre de la quantité totale d’anions échangeables
monovalents (équivalent chimique) qu’il est possible de substituer aux anions compensateurs
pour compenser la charge électrique de 100 grammes d’argiles exprimée en (meq /100g), elle est
comprise généralement entre 200 et 500 cmol / kg (2 à 5 meq /g), et varie en fonction de la
valeur du rapport molaire x [38].

La capacité d’échange anionique (CEA,) dépend de la valeur de x et peut être définie dans
le cas d’un anion monovalent par l’équation suivante :

𝒙.𝟏𝟎𝟓
𝑪. 𝑬. 𝑨 = 𝑭.𝑾 (meq/100g)

39
Chapitre II Etude

Où F.W est la masse moléculaire et est calculé F.W = (MMII + 46) + (MMIII + MX – MMII) x.
Ce paramètre est calculé en prenant en compte une occupation totale des sites cristallographiques
inter lamellaires restants (2/3) par les molécules d’eau, soit 0.66 H2O/Métal [39].

II.4.2. Méthodes de synthèse usuelles :

A. Méthode de coprécipitation à pH constant :


C'est la méthode sans doute la plus usuellement utilisée pour la préparation des hydroxydes
doubles lamellaires. Elle s’est répandue après les développements apportés par Gastuche et al.
(1667) et Miyata (1975). Elle est basée sur l'addition lente d'une solution des sels des métaux
divalent et trivalents en proportions adéquates dans un réacteur contenant initialement de l'eau.
Une solution alcaline, ajoutée dans le réacteur de façon à maintenir le pH à une valeur
sélectionnée, conduit à la coprécipitation des sels métalliques. Le pH de coprécipitation est
optimisé pour chaque système afin d’obtenir une coprécipitation quantitative des cations
métalliques et le matériau le mieux cristallisé possible. Une addition lente des réactifs est
souvent favorable à l’obtention de phases plus organisées. Le solide formé est maintenu en
suspension par agitation mécanique tout au long de la réaction. Des traitements complémentaires
sont parfois utilisés pour améliorer la cristallisation : mûrissement à diverses températures, sous
reflux, ou en conditions hydrothermales.
Les cations métalliques dans la phase HDL obtenue viennent évidemment de la solution
des sels métalliques, mais l'origine des anions inter lamellaire doit être discutée. Si ces anions
sont les contre anions des sels métalliques ils viennent de la même solution. Si la préparation est
exécutée à très haut pH, l'anion inter lamellaire peut être l'hydroxyle qui vient de la solution
alcaline. Quand la solution alcaline est une solution de carbonate de potassium, l'anion intercalé
est le carbonate à cause de la haute sélectivité des HDL pour les carbonates. [40].

B. Echange anionique :

La liaison entre les anions et les feuillets étant faible, les anions interlamellaires peuvent
être échangés. La forte capacitée d’échange des HDL est mise à profit pour l’obtention de
nouveaux matériaux mais aussi pour l’immobilisation de molécules choisies en fonction de leurs
propriétés. Expérimentalement, la phase HDL de départ est dispersée dans une solution aqueuse
contenant l’anion à échanger en excès. L’échange est généralement complet aprè quelques
heures mais très souvent un temps d’échange de 24h est appliqué à température ambiante ou en
chauffant modérément [41].

40
Chapitre II Etude

C. Reconstruction :
Les HDLs ont la propriété de pouvoir " se régénérer " après calcination et formation
d'oxydes mixtes. Si l'anion est détruit dans le domaine de température de calcination, il peut être
remplacé par un autre anion. On parie alors, de façon abusive, de " l'effet mémoire " des LDHs.
Les oxydes mixtes obtenus après calcination des HDLs, remis dans une solution contenant
l'anion à intercaler, sous atmosphère exempte de CO2, se recombinent pour former une nouvelle
Phase HDL. Tout le problème consiste à trouver est bonnes conditions de calcination.

Pour la phase Zn/Al-C03, préconise une calcination lente de 1°C/min jusqu'à 500°C afin
d'éviter un départ trop rapide des molécules d’eau et des anions carbonate, qui conduirait après la
reconstruction, à une phase faiblement cristallisée [40].
II.4.2.1. Domaine d’application des HDL :
Les LDHs, tels quels ou après décomposition thermique, trouvent place dans beaucoup
d'applications industrielles :
• catalyse hétérogène et catalyse homogène sur support : catalyse acide, catalyse basique.
• catalyse enzymatique.
• techniques d'échange et de séparation, notamment des isomères optiques.
• conception de membranes éventuellement sélectives pour filtration et perméation.
• piégeage et restitution contrôlée pour des applications liées à l'agriculture, la pharmacie et
l'environnement.
• conception de matériaux et dépôts électro-actifs, d'électrodes et de dispositifs
électroniques.[41].
II.4.2.2 Les propriétés physico –chimiques des argiles :
Les roches argileuses ont les propriétés physiques suivants :
• Elles sont fragiles, elles cassent et se raient facilement.
• Elles sont colorées, leur couleur varie selon les minéraux dont elles sont constituées.
• Elles sont transformables, on peut les cuire pour obtenir des céramiques.
• Elles sont miscibles à l’eau, elles ne se dissolvent pas mais gonflent pour former une pâte.
• Les argiles se différencient par leurs propriétés absorbantes et adsorbants.
• Les argiles à structure fibreuse ont un pouvoir absorbant élevé. Elles peuvent absorber
jusqu'à 40 % de leur poids en liquide. Elles ont donc des vertus nettoyantes qui leur permettent
d’absorber les impuretés ou d’éliminer les mauvaises odeurs. Les argiles à structure en feuillets
ont un pouvoir adsorbant élevé (ce qui ne les dispense pas certains dans cas d’un pouvoir
absorbant efficace). Elles ont un intérêt important pour traiter les problèmes intestinaux. Grâce à
41
Chapitre II Etude

ce pouvoir d’adsorption, elles désintoxiquent Captant les virus, les eubactéries et les pesticides et
autres molécules indésirables.

Les propriétés bien particulières des minéraux argileux sont dues à la petite taille, la
structure en feuillets et la charge négative des particules. [42].
II.5. Structure des argiles organophiles
L’intercalation des anions tensioactifs dans l'espace interfoliare est le sujet de beaucoup de
recherches actuelles. L’arrangement des chaînes alkyles au cours de la modification peuvent
adapter différentes configurations dans l’espace interfoliare. Le type d’arrangement obtenu dans
cet espace et dépend essentiellement de la concentration initiale du tensioactif par apport à la
capacité d’échange anionique de l’HDL. En effet, l’adsorption de la première couche d’ions à la
surface est lie au processus d’échange anionique, mais les couches adsorbées par la suite sont
liées par des interactions chaîne/ chaîne de type de Wan der Waals est suivant des lois
d’adsorption classiques.
II.6 Définition Les tensioactifs :
Les tensioactifs (que l’on appelle aussi agents de surface, le terme anglais étant surfactants)
sont des substances solubles dans l’eau et ayant des propriétés spécifiques : détergente,
mouillante, et solubilisant, etc.…, grâce à leur structure.
Ces molécules présentent au moins deux parties d’affinité différente, l’une est hydrophile
(Affinité pour l’eau) et l’autre lipophile (affinité pour les graisses); de telles substances
sont dites amphiphiles [45].

Figure II-10: Schéma simplifié d’un tensioactif

II.7-Classification des tensioactifs :


Les tensioactifs sont classés selon la nature de leur tête polaire en quatre grandes familles
[46] :

42
Chapitre II Etude

II.7.1- Les tensioactifs anioniques :

Les tensioactifs anioniques dont la tête polaire est chargée négativement, ils possèdent un
ou plusieurs groupes fonctionnels. Ces composés sont les plus utilisés à l’échelle industrielle, on
les retrouve principalement dans les produits cosmétiques comme le savon, les shampooings et
les gels de douche, ils ont un fort pouvoir moussant et émulsionnant, mais leur efficacité diminue
en eau dure.

II.7.2- Les tensioactifs cationiques :

Les tensioactifs cationiques sont caractérisés par une partie hydrophile chargée
positivement [47]. Les plus répandus sont les dérivés d’amines quaternaires aliphatiques.
D’un point de vue industriel, leur fabrication se fait à partir d’un acide gras sur lequel on
opère des transformations pour obtenir un ammonium en passant par un amide et unnitrile.
De nombreuses réactions chimiques étant nécessaires pour obtenir cette famille de
tensioactifs, leur coût de fabrication est nettement plus élevé.
II.7.3- Les tensioactifs non ioniques :

Ces agents de surface ne donnent aucun ion en solution aqueuse [46] leur caractère
hydrophile provient de la présence, dans leur molécule, de groupement polaire de type éther,
alcool, carbonyle ou même amine. 90% de ces tensioactifs sont obtenus par polycondensation de
molécules d’oxyde d’éthylène sur un composé à hydrogène mobile
II.7.4-Les tensioactifs amphotères :

Connus aussi sous le nom de tensioactifs zwittérioniques, ils possèdent sur la partie
hydrophile à la fois une charge positive et une charge négative. Ce type de tensioactifs peut alors
aisément devenir cationique ou anionique selon le pH de la solution dans laquelle ils sont
solubilisés.

II.8-Interaction Argile - Tensioactif


C’est dernières années plusieurs travaux ont été publiée pour étudier l’interaction Argile/
Tensioactif, nous avons cités quelques-unes :
Newma and Jones (1998) ont étudié une large gamme de tensioactifs anioniques aliphatiques
comme les sulfonâtes, les phosphonâtes et les carboxylates. L'intercalation de carboxylates à
longue chaîne rendre l'inter couche LDH hydrophobe car les chaînes hydrocarbonées non
polaires rempliront alors l'espace inter couche. Plusieurs auteurs ont étudié l’intercalation des
tensioactifs de différentes tailles, ils ont trouvé que les chaînes hydrocarbonées sont emballé soit
en monocouche (parallèle, inclinée ou perpendiculaire à la couche de type brucite), soit en
bicouche (inclinée, partiellement chevauchée ou perpendiculaire), où l'épaisseur de l'inter couche

43
Chapitre II Etude

dépend principalement de la longueur et chevauchement de la queue d'hydrocarbure, comme


indiqué schématiquement sur la figure II.10 [48]

Figure II.11: Structure idéalisée de tensioactif intercalés entre les feuillets d’un LDH d’après : (a) par
une monocouche et (b) une bicouche. (Gerds et al., 2012).

- You et al. (2002b) ont étudié l’adsorption de SDBS sur divers HDLs non calcinés (Mg/Al=2, 3,

4, 5 et Zn/Al=3) et calcinée (Mg/Al=3). Ces matériaux ont été caractérisés par différentes
techniques. En examinant les diffractogrammes des HDLs, les auteurs ont trouvé que l’espace
interfeuillet des phases augmente de 7,91 Å à 8,09 Å si le rapport Mg/Al varie de 2 jusqu'à 5.
Les mesures d’adsorption montrent que les différentes isothermes sont de type-L et les quantités
adsorbées sont diminue avec l'augmentation du rapport Mg/Al. [49]

- Sheng et al.(2003) [50]ont étudies l’intercalation de l’alginate de sodium dans HDL (SA @

LDH) par la méthode de reconstruction. Par titrage en intercalant de l'alginate de sodium (SA)
dans l'intercalaire. Ce matériau est ajouté comme une charge avec des différents portions au
propylène (PP) afin d’améliorer les propriétés de retardation de feu. La caractérisation de ces
matériaux par DRX, FT-IR, MEB et [Link] techniques ont indiqué que la masse de
monomère GM de SA a été intercalée avec succès dans les couches intermédiaires de SA @
LDHS et que la SA @ LDHS a montré une stabilité thermique. De plus, les résultats de
caractérisation des composés PP / SA @ LDH ont révélé que SA @ LDH était plus efficace que
HDL-Calciné pour améliorer l'inhibition de la flamme et la stabilité thermique de la matrice PP.

-Marcio et al. (2004), ont travaillé sur l'adsorption du SDBS sur , ils ont testé
l'effet de la température, l'effet du pH et l'effet de la force ionique. Ils ont constaté que pour des
concentrations d'équilibre supérieur à la concentration micellaire critique (CMC), l'adsorption est
meilleure à des faibles températures et à des valeurs élevées de pH. Par contre la force ionique
n'a aucune influence sur le processus d’adsorption. [51]

44
Chapitre II Etude

- Bouraada et al. (2008) ont étudié l’intercalation de SDS et SDBS dans la phase Mg-Al-CO3 par
la méthode de reconstruction. En examinant les spectres DRX des argiles modifiées, les auteurs
ont constaté que l’intercalation de SDS et SDBS provoque un déplacement de la distance basal
d003 de7.53 Å à 26.24 Å et 29.47 Å respectivement pour les deux organophiles. Ensuite, les
auteurs ont testé l’adsorption du colorant cationique(safranine) par les deux nouveaux matériaux.
Ils ont conclure que ces adsorbant sont prometteur pour éliminer et récupérer des colorants. [52]

- Selina et al.(2016) ont étudiés la synthèse des hydrotalcites de type magnésium et d'aluminium

(désignées par MgAl-CO3) avec différents rapports molaire (2,3 et 4). Les HDLs ont été
préparés par la méthode de coprécipitation dans des conditions de sursaturation faibles, puis
traitées avec du dodécylsulfate de sodium ( SDS) et de dodécylbenzènesulfonate de sodium
(SDBS) pour produire les nano composites organo-hydrotalcites de dodécylsulfate-hydrotalcites
(DS-HT) et dodécylbenzènesulfonate-hydrotalcites (DBS-HT) par calcination-reconstruction.
L'analyse par diffraction des rayons X (DRX) et par spectroscopie infrarouge ont montré que les
tensiosioactifs ont été intercalés avec succès dans l’espace interfolier de l’ [Link]
spectres DRX révélant que l'espèce pouvait prendre des configurations variables dans de la
galerie inter couche de ces matériaux. Affichant les orientations monocouches et bicouche. Les
organo-HDL ont été testé pour l'adsorption des composés phénoliques à partir d'une solution
aqueuse. Les résultats ont montré que le processus d'adsorption peut être décrit par une cinétique
de pseudo-second ordre, alors que la capacité d'absorption du 2-chlorophénol dépend du rapport
Mg/Al. [53]

45
Chapitre II Etude

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49
Conclusion
Conclusion générale
Conclusion générale

La protection de l'environnement est devenue ainsi un enjeu économique et politique


majeur. Tous les pays du monde sont concernés par la sauvegarde des ressources en eau douce,
soit parce qu'ils manquent d'eau, soit parce qu'ils la polluent. Le danger des colorants réside dans
leur accumulation dont résultent des conséquences graves sur les écosystèmes et par la suite sur
la santé de l’homme. Plusieurs techniques ont été employées pour l’élimination des colorants des
effluents industriels. L'utilisation de l‘argile dans les processus industriels et particulièrement
dans le traitement des eaux industrielles s‘inscrirait dans un cadre de développement durable, par
l‘aspect environnemental et sociétal; mais il faut aussi tenir compte de l'aspect économique et de
ce fait, chercher à utiliser une argile avec de meilleurs propriétés adsorbants avec un cout réduit.
Le présent travail a pour objectif principal de l’application des hydrotalcites (HDLs) modifies
dans le but d’éliminer le colorant présents dans les eaux résiduaires . Cette étude présente une
étude bibliographique sur la pollution en générale, les procédés de traitement et en particulier la
technique d’adsorption par les argile anionique. cette technique est simple et fiable . En fin, nous
donnons les différents travaux de recherche sur les argiles modifies. Ce travail présente une
partie pratique qui n’est pas complétez à cause de protocole de sécurité national pour la
protection de la virus covid19. Il est à noter que cette étude doit être suivie et approfondie par
d’autres travaux concernant la modification de l’HDL.

51
Résumé
Résumé :
Les colorants sont largement utilisés dans l’industrie chimique et pharmaceutique pour leur
stabilité chimique et la facilité de leur synthèse et leur variété de couleurs. Cependant, ces
colorants engendre la pollution des eaux aux ce déverse. Pour éliminer ce type de la pollution,
de nombreuses techniques ont été introduites tel que l'adsorption sur les argiles anionique
synthétique, qui ont une grande capacité pour l'éliminer. Dans cette étude nous présentons une
étude bibliographique sur la pollution en générale, les procédés de traitement et en particulier la
technique d’adsorption par les argiles anionique. Cette technique est simple et fiable. En fin,
nous donnons les différents travaux de recherche sur les argiles modifies.
Mots-clés : colorants ; pollution ; adsorption ; argiles modifie ; industrie.

Abstract :
Dyes are widely used in the chemical and pharmaceutical industry for their chemical
stability and ease of synthesis and for their variety of colors. However, these dyes cause the
pollution of water to this spills. To eliminate this type of pollution, many techniques have been
introduced such as adsorption on synthetic anionic clays, which have a great capacity to
eliminate it. In this study we present a bibliographic study on pollution in general, treatment
processes and in particular the adsorption technique by anionic clay. this technique is simple and
reliable. At the end, we give the various research works on modified clays.
Keywords : dyes; pollution; adsorption; organophilic ionic clay; industry.

: ‫ملخص‬

‫تستخدم األصباغ على نطاق واسع في الصناعة الكيميائية والصيدالنية الستقرارها الكيميائي وسهولة‬

‫ تم‬،‫ للقضاء على هذا النوع من التلوث‬.‫ إال أن هذه األصباغ تتسبب في تلوث المياه‬.‫تركيبها وتنوع ألوانها‬

‫ والذي له قدرة كبيرة على القضاء‬، ‫إدخال العديد من التقنيات مثل االمتزاز على الطين االصطناعي األنيوني‬

‫ وعمليات المعالجة وخاصة تقنية‬،‫ نقدم في هذه الدراسة دراسة ببليوغرافية عن التلوث بشكل عام‬.‫عليه‬

‫ نعطي األعمال البحثية المختلفة على الطين‬،‫أخيرا‬


ً .‫ هذه التقنية بسيطة وموثوقة‬.‫االمتزاز بالطين األنيوني‬

‫المعدل‬

.‫ التلوث؛ االمتزاز؛ الطين األيوني العضوي؛ صناعة؛ األصباغ‬:‫الكلمات المفتاحیة‬

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