État de la protection sociale au Sénégal
État de la protection sociale au Sénégal
INTRODUCTION GENERALE
La protection sociale est avec le droit du travail l’une des deux composantes du droit social.
Ce droit qui a pour vocation la protection de l’homme au travail, particulièrement en présence
d’un lien de subordination juridique, de sorte qu’il ne soit pas réduit au rang d’outil. Tandis
que le droit du travail s’intéresse à la nature juridique de la relation et aux conditions de
travail, la sécurité sociale, qui en est le complément indispensable, s’appesantit sur la
protection du travailleur face aux risques sociaux.
Les dispositifs de protection sociales sont fondés sur une idée de solidarité face aux risques
sociaux encourus par les travailleurs quels qu’ils soient (aussi bien au sens large qu’au sens de
l’article L.2 du code du travail). En effet, la personne active qui contribue à l’essor du
collectif peut être confrontée durant sa vie à certains évènements susceptibles de diminuer sa
capacité de travail et partant, ses revenus. A défaut d’un système efficace destiné à prendre en
charge ces ‘‘risques sociaux’’ (vieillesse, maladie, accident, chômage, naissance et éducation
des enfants etc…) la personne peut sombrer dans le dénuement et voir sa vie et celle de sa
famille basculée.
Ce qui permet de définir la sécurité sociale comme un service public d’État qui assure la
gestion de l’ensemble des risques sociaux. Les risques sociaux sont les évènements précités
qui peuvent engendrer une perte de revenus professionnels ou un accroissement de charges.
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Les risques sont regroupés en branches et il existe différents régimes de protection sociale
destinés à différentes catégories de travailleurs. Au Sénégal, cependant, seul les salariés,
fonctionnaires et accessoirement les gens de mer sont couverts par des régimes dignes de ce
nom mais tous les risques sociaux ne sont pas pris en charge.
C’est principalement sous l’impulsion des luttes ouvrières que la sécurité sociale s’est
structurée et développée. En effet, l’ouvrier qui n’a que sa force de travail à offrir dans le
système capitaliste est particulièrement vulnérable face à certains risques sociaux tels que les
accidents mortels ou invalidants, la redoutable retraite qui signifiait la perte totale de revenus.
D’abord des systèmes de mutualisation des risques et de solidarité corporatiste ont initié la
protection sociale des ouvriers avant que l’Etat n’intervienne avec une assurance contre les
accidents du travail. A la contribution de l’Etat s’est ajouté l’intervention obligatoire des
employeurs en cas d’accident du travail sur le fondement de la responsabilité civile
automatique. Ce régime de responsabilité sans faute a été institué par la loi du 09 avril 1898
concernant les responsabilités des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail.
En effet, la faute a cessé d’être le seul fondement de la responsabilité civile et s’est vu
adjoindre le risque ; le risque encouru par les travailleurs dans leur activité et qui profite à
l’employeur, naturellement tenu à réparation (voir la théorie du risque développée par
Saleilles et Josserand). Puis se sont développées des assurances sociales couvrant de plus en
plus de risques jusqu’au 4 octobre 1945 avec la création d’un régime général de la Sécurité
sociale.
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travail en remplacement des systèmes isolés relevant d’assurances privées ou directement
gérés par les employeurs. Cette caisse, constituée sous la forme d’un organisme privé chargé
de mission de service public devient un établissement public à caractère industriel et
commercial en 1966. Il s’en est suivi l’adoption d’un code de la sécurité sociale le 31 juillet
1973 avec la loi n°73-37. Ce code qui a fait l’objet de nombreuses modifications depuis son
adoption (notamment celle issue de la Loi n° 97-05 du 10 mars 1997) constitue la base du
système de sécurité sociale au Sénégal. Il est complété par différents textes au rang desquels
on peut retenir :
• Loi n°62-45 du 13 juin 1962 instituant un régime de retraite au profit des personnels
non-fonctionnaires de l’Etat, des collectivités locales, des établissements publics, des
sociétés d’Etat et des sociétés d’économie mixte ;
• La loi 2002-22 du 16 Août 2002 portant Code de la marine marchande (qui comporte
des dispositions relatives à la protection des gens de mer) ;
A ces textes s’ajoutent ceux relatifs à des branches d’activités particulières et à la fonction
publique. On peut également noter la ratification par le Sénégal d’un certain nombre de
conventions de l’OIT relatives à la sécurité sociale qui sans comporter des dispositions
précises et d’application directe, reconnaissent des droits aux travailleurs et incitent les Etats à
mettre en place des système couvrant certains risques sociaux dont spécialement les accidents
de travail.
On peut enfin noter l’apport fondamental du code du travail porté par la loi n° 97-17 du 1er
décembre 1997 et la CCNI (Convention Collective Nationale Interprofessionnelle) de 1982,
remplacée par celle négociée et signée par les partenaires sociaux le 30 décembre 2019. Ces
deux textes contiennent des dispositions concrètes et précises qui prémunissent les travailleurs
contre différents risques sociaux, notamment ceux découlant des conditions de travail. Il ne
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faut pas oublier les textes règlementaires (décrets, ordonnance, arrêtés et circulaires) assurant
l’application des textes législatifs.
On le constate, le droit de la sécurité sociale s’appuie sur un corpus normatif très hétéroclite,
s’intéressant à différentes catégories de travailleurs et les prémunissant contre différents
risques sociaux, en s’appuyant sur différentes institutions.
On note à cet effet que le régime de sécurité sociale au Sénégal s’adresse d’abord au salarié.
Les travailleurs indépendants, quant à eux, sont tenus de se prémunir contre les risques
sociaux par leurs diligences personnelles ou le soutien familial. Au titre de ces diligences ils
peuvent adhérer volontairement aux assurances dont celle de la Caisse de sécurité sociale
contre les accidents du travail et aux mutuelles de santé pour le risque maladie. En ce qui
concerne les fonctionnaires, un régime de protection relevant de la fonction publique les
assure contre les risques sociaux.
Un système de sécurité social efficace est le révélateur d’un véritable progrès social, car il
dénote de l’humanisation du travail et de la solidarité de l’ensemble du corps social. Il s’agit
d’un véritable indice de développement humain. C’est souvent le cas dans les pays dits
développés, encore qu’il faille que ce développement s’accompagne d’une vision solidaire,
pour ne pas dire socialiste, assurant une répartition minimale des produits de l’activité et un
soutien aux catégories sociales les plus vulnérables. C’est ainsi que les Etats Unis
d’Amérique, berceau du capitalisme moderne, restent relativement arriérés sur le plan de la
sécurité sociale nonobstant leur développement économique. On en a pour illustration la
difficile adoption de la très controversée loi dite ‘‘Obamacare’’ sur l’assurance santé
(promulguée le 30 mars 2010 et entrée en vigueur le 1er janvier 2014) destinée à instaurer une
couverture maladie universelle, spécialement à l’intention des populations les plus
vulnérables. Cette loi a été contestée et en partie abrogée par l’administration Trump en raison
du coût du dispositif sur les dépenses publiques.
La sécurité sociale en tant que service public ne peut donc prospérer que si elle est portée par
une vision solidariste où l’Etat providence s’affirme sans détour. Car le nerf de la guerre est
bien le financement public. En effet, les sources de financement traditionnels par les
cotisations sociales des employeurs et des salariés ne suffisent pas à prendre en charge des
risques sociaux de plus en plus nombreux, aux coûts croissants, aggravés par des
bouleversements démographiques. En effet, dans un système idéal, la frange active de la
population est nombreuse et cotise pour couvrir ses propres risques sociaux mais également
ceux des anciennes (retraités) et futures (enfants) générations. Mais les crises économiques
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successives, la montée du chômage, la part grandissante du secteur informel, l’augmentation
des frais de santé et de l’espérance de vie provoquent inexorablement un déséquilibre entre les
recettes et les dépenses des institutions de prévoyance sociale. Ce qui rend indispensables les
subventions de l’Etat à des proportions toujours croissantes. Mais les ressources budgétaires
restent limitées et la sécurité sociale n’est manifestement pas un secteur prioritaire. C’est ainsi
que des choix ont dû être faits pour un financement essentiellement basé sur les cotisations
des assujettis, entraînant l’exclusion du risque chômage. Ainsi restent couverts les risques :
• Vieillesse ;
• Maternité ;
Pour couvrir ces risques le système de sécurité sociale s’appuie sur deux types d’institutions :
• Les organismes privés chargés d’une mission de service publique, placés sous la
tutelle du ministère chargé du travail et de la sécurité sociale que sont la Caisse de
Sécurité Sociale (CSS) et l’Institution de Prévoyance Retraites du Sénégal (IPRES) ;
En plus de ce dispositif relevant du service public de la sécurité sociale, des initiatives privées
se multiplient par des offres émanant des compagnies d’assurance pour couvrir le risque
maladie, retraite et certaines charges familiales. Ces assurances fonctionnent sur le système de
capitalisation et de la mutualisation des risques. Les travailleurs de tous secteurs peuvent y
adhérer librement en choisissant les formules qui conviennent à leurs besoins et capacité de
cotisation. Sont ainsi proposés des plans épargne retraite, épargne éducation des enfants et
assurance maladie suivant le modèle des mutuelles de santé. Ces dispositifs viennent
compléter le système général pour les travailleurs qui y sont obligatoirement assujettis et le
suppléer pour ceux qui ne sont pas couvert (notamment les travailleurs indépendants).
Le système sénégalais de protection sociale sera donc étudié en distinguant la protection des
travailleurs salariés (première partie) des autres catégories sociales (deuxième partie).
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PREMIERE PARTIE/ LA PROTECTION SOCIALE DES
TRAVAILLEURS SALARIES
Dans le cadre de cette partie, l’accent sera mis sur les travailleurs du secteur privé, au sens de
l’article 2 du code du travail. D’après ce texte, « est considéré comme travailleur au sens de
la présente loi, quels que soient son sexe et sa nationalité, toute personne qui s’est engagée à
mettre son activité professionnelle, moyennant rémunération, sous la direction et l’autorité
d’une autre personne, physique ou morale, publique ou privée ». C’est donc de la protection
du travailleur sous subordination juridique relevant du secteur privé ou sous contrat de droit
privé avec une institution publique (couramment appelé contractuel) dont il s’agira. Des
régimes particuliers mais embryonnaires couvrent des travailleurs relevant de certains
secteurs particuliers tels que les gens de maison et de mer. Ces régimes particuliers ne
retiendront pas notre attention qui sera focalisée sur le régime général.
Les différentes branches de sécurité sociale seront examinées suivant les organismes qui les
prennent en charge. Ainsi, dans les accidents du travail, maladies professionnelles et
prestations sociales relevant de la Caisse de Sécurité Sociale feront l’objet du premier
chapitre, viendront ensuite les branches retraite et décès gérées par l’IPRES au deuxième
chapitre et, enfin, l’assurance maladie relevant des IPM dans le troisième et dernier chapitre.
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CHAPITRE 1/ Les accidents du travail, maladies
professionnelles et prestations familiales
Les accidents du travail, maladies professionnelles et les prestations familiales sont prises en
charge par la Caisse de Sécurité Sociale au Sénégal.
Bien qu’étant tous deux liés au travail, l’accident et la maladie se distinguent dans leur régime
juridique. Ils sont néanmoins tous les deux pris en charge par la CSS qui intervient dans une
optique réparatrice mais également préventive en pilotant la mise en place dans les entreprises
d’institutions spécialisées. Il s’agit du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de
travail (CHSCT) et la médecine du travail.
Quant à la médecine du travail, il s’agit d’un service médical spécialisé sur la question du
travail. Ce service contrôle l’aptitude des travailleurs à occuper leur poste de travail, il
intervient dans la prévention et la correction des risques du travail etc… Les médecines du
travail sont soit organisées dans le cadre de l’entreprise, soit en tant que service commun à
plusieurs entreprises évoluant dans le même domaine. Et la création d’un service social
devient obligatoire à partir d’un effectif de 500 salariés.
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normales la CCNI invite l’employeur, avec l’aide des délégués du personnel à procéder à un
reclassement de ce dernier (art. 88), ce qui peut entrainer un changement des conditions de
travail ou même une modification du contrat de travail conformément à l'article 113 du code
de sécurité sociale. Mais si le reclassement n'est pas possible au sein de l'entreprise, le contrat
de travail pourra être rompu sur autorisation de l'inspecteur du travail qui devra pourvoir au
reclassement du travailleur hors de l'entreprise dans un poste réservé aux mutilés du travail.
La notion d’accident de travail est plus large qu’il n’y parait. Selon l’article 33 du code de
sécurité sociale, « est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause,
l’accident survenu à un travailleur :
3° pendant les voyages et les déplacements dont les frais sont mis à la charge de l’employeur
en vertu des articles 108, 150 et 151 du Code du travail. »
On distingue ainsi l’accident de travail à proprement parler dont la cause immédiate est
l’exercice de l’activité professionnelle. Cet accident survient durant le temps de travail (le
temps durant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur, prêt à recevoir des
instructions et à les exécuter), dans les locaux de l’entreprise ou des locaux extérieurs où le
salarié est amené à exécuter des tâches confiées par l’employeur. Exemple : constitue un
accident de travail, celui subi par un ouvrier blessé sur un chantier alors qu’il était au service
de l’entreprise. Mais n’est pas réputé accident de travail celui survenu dans les locaux de
l’entreprise à un salarié en congé qui est venu rendre visite à ses collègues.
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travail). L'accident survenu durant un trajet effectué pendant le temps de travail et pour des
raisons professionnelles est cependant qualifié d'accident de travail. Car le travailleur est déjà
placé sous subordination juridique et cet accident survient à l'occasion du travail.
Enfin, toute la période des déplacements professionnels est couverte par le régime des
accidents de travail. Il s’agit du salarié qui est hors de la localité où il réside habituellement
pour les nécessités professionnelles (séminaires, mission etc…). Durant cette période, la
protection couvre non seulement le temps de travail effectif ou celui assimilé, mais aussi le
temps de repos englobant, éventuellement des activités ludiques. La responsabilité de
l’employeur est donc renforcée durant les déplacements professionnels. Il faut également y
inclure l'accident survenu pendant le déplacement lui-même qui, à cette occasion, est un
accident du travail et non un accident de trajet.
Le régime de responsabilité pour accident professionnel est basé sur le risque, néanmoins, la
faut y joue un rôle crucial. Si l'accident est dû à une faute, de la qualification de celle-ci et de
l'identification de son auteur découlent des conséquences.
Lorsque l'accident est causé par une faute inexcusable de l'employeur ou de l'un de ses
préposés, les indemnités dues à la victime ou à ses ayants droit sont majorées. Le montant de
la majoration est à la charge exclusive de l'employeur, sans qu'il ne puisse se prémunir de
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cette responsabilité par la souscription d'une assurance. C'est son patrimoine personnel qui
doit répondre de cette responsabilité (art. 63 code de sécurité sociale).
L'action en réparation peut être portée devant la juridiction pénale lorsque le faute est
constitutive d'une infraction. Dans ce cas, la caisse de sécurité sociale doit nécessairement être
appelée à la cause. A défaut, elle peut formuler une tierce opposition contre le jugement.
Lorsque l’accident de travail survient, l’employeur ou son représentant qui en est informé doit
immédiatement faire procurer les soins de première urgence au salarié, notamment lorsque
l’accident survient dans ses locaux. D’où la nécessité d’un service médical ou d’une
infirmerie et du personnel formé à cet effet à tout le moins.
Par la suite, l’employeur doit déclarer l’accident à l’Inspecteur du Travail dans un délai de 48
heures, ampliation faite à la CSS, avec notification de cette déclaration au salarié concerné.
• un certificat médical établi par le médecin traitant, indiquant l’état de la victime, les
conséquences de l’accident ou, si les conséquences ne sont pas exactement connues,
les suites éventuelles et, en particulier, la durée probable de l’incapacité de travail ;
• une attestation indiquant le salaire perçu par le travailleur pendant les trente jours
précédant l’accident et le nombre de journées et heures de travail correspondant à cette
période.
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La CSS étant l’institution prenant en charge l’accident, son accord préalable est demandé par
le médecin traitant pour toute prestation complémentaire à celles nécessités par la prise en
charge immédiate de la victime. Ce système visant à éviter une explosion des dépenses de la
caisse peut néanmoins retarder l’accomplissement de certains actes nécessaires pour défaut de
prise en charge (opération chirurgicale, rééducation etc…). C’est pourquoi le défaut de
réponse de la caisse au bout de 15 jours équivaut à une acceptation tacite.
En cas d’accident du travail, le contrat de travail est suspendu jusqu’à la consolidation des
blessures ou la guérison du salarié (art. 88 CCNI). Il est donc interdit à l’employeur de le
licencier. La prise en charge de l’accident de travail est essentiellement financière et partagée
entre l’employeur et la CSS.
Au titre des prestations en nature, la CSS prend en charge l'intégralité des frais médicaux
de la victime, les frais de transport et de séjour nécessités par les besoins du suivi médical,
dans la limite fixée par la convention collective applicable. De même que les frais pour la
fourniture et l'entretien des équipements et prothèses que nécessite l'état de la victime. Dans le
prolongement, la CSS prend également en charge les frais de réadaptation fonctionnelle et
professionnelle. Et en cas de décès de la victime, la CSS s'occupe également des frais
funéraires et des frais de transport du corps. Sur le plan théorique, les conséquences médicales
de l'accident du travail sont bien prises en charge de sorte à assurer une sérénité à la victime
durant sa convalescence. Mais dans les faits les lenteurs administratives obligent la victime et
sa famille à avancer les frais avant d'entamer un véritable parcours du combattant pour le
remboursement.
En cas d’incapacité temporaire de travail (ITT), elle comprend tout d’abord le paiement
d’une indemnité journalière compensatrice de salaire versée par la CSS. Cette indemnité
est égale à la moitié du salaire/revenu journalier du lendemain de l’accident jusqu’au 28 ème
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jour qui suit, et aux 2/3 à compter du 29ème jour jusqu’à la guérison ou la consolidation de
l’état du salarié (art.72 code de sécurité sociale). Cette indemnité journalière est plafonnée et
ne peut dépasser à 7.560 Fcfa qui correspond à 1% du plafond du revenu/salaire annuel utilisé
pour le calcul des cotisations pour les accidents du travail.
L’indemnité est complétée par une allocation de l’employeur, durant une période variant
en fonction de l’ancienneté du salarié, pour lui assurer un plein salaire (art 88 CCNI). Cette
période est de :
En cas d’incapacité permanente partielle (IPP) de travail, la victime a droit à une rente
égale au revenu annuel multiplié par le taux d'incapacité préalablement réduit de moitié pour
la partie de ce taux qui ne dépasse pas 50 % et augmenté de moitié pour la partie excédant
50 %.
Le salaire ou revenu annuel est la rémunération effective perçue par la victime sur les douze
mois précédant son arrêt de travail consécutif à l'accident de travail.
- Un taux d'IPP de 30% correspond à une rente de 15% du salaire de référence (30%/2).
- Un taux d'IPP de 70% correspond à une rente de 55% du salaire de référence (50X0,5
+ 20%X1,5).
Si le degré d'incapacité de la victime est total (100 %) et requiert l'assistance constante d'une
tierce personne pour effectuer les actes ordinaires de la vie, le montant de la rente est majoré
de 40 %.
Si l'incapacité est supérieure à 10 % ou s'il s'agit d'un accident mortel, la rente doit être
calculée sur un revenu annuel compris entre 1 130 290 Fcfa et 3 805 696 Fcfa. Il s'agit d'un
planché et d'un plafond de sorte que si le revenu annuel est inférieur à cette fourchette, il est
porté à hauteur du planché et, à l'inverse s'il est supérieur, il est rabaissé au niveau du plafond.
S'il est dans la fourchette, le montant exacte du revenu annuel sera pris en compte.
Le taux d'incapacité est fixé par les médecins conseils de la CSS et est révisé tous les 2 ans.
Le paiement de la rente est trimestriel et peut, sur demande, être mensuel si le taux
d'incapacité est d'au moins 75 %, mais en cas d'incapacité égale à 100 %, le paiement est
obligatoirement mensuel. La rente est incessible et insaisissable dans son intégralité, tandis
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que l'indemnité journalière n'est protégée que dans la limite fixée par l'article 381 du code de
procédure civile qui détermine la quotité incessible et insaisissable du salaire.
Ce texte pose des difficultés à deux niveaux. Tout d'abord, à défaut d'actualisation, ces
montants ne correspondent plus au coût de vie et ne peuvent donc plus remplir leur fonction
de minimum de survie. Ensuite, l'article 381 du code de procédure civile fait partie des
dispositions expressément abrogées par l'article 336 de l'acte uniforme portant organisation
des procédures simplifiées de recouvrement et voies d'exécution de 1998. Mais cet acte
uniforme n'ayant pas régi la question de la quotité insaisissable du salaire, dans la pratique
l'on appliquait toujours cette disposition pourtant abrogée. La formulation de ce texte a évolué
dans sa révision de 2023 et laisse désormais survivre les législations nationales non-contraire,
mais le mal est fait, pourrait-on dire, car cela ne rétablit pas dans le droit positif les
dispositions abrogées précédemment.
En cas d'accident entraînant le décès, les ayants droit de la victime perçoivent une rente
dont le pourcentage du salaire/revenu annuel de la victime diffère selon leurs statuts.
• Epoux 30%, ramené à 20% si séparation de corps ou divorce avec pension alimentaire
et partage de la rente en cas de pluralité d'épouses ;
• 1 enfant 15% ;
• 2 enfants 30% ;
A noter que l'ensemble des rentes ne doit pas dépasser 85 % du salaire/revenu annuel de
référence. Si tel est le cas, il est procédé à une réduction proportionnelle pour chacun des
ayants droit. En ce qui concerne les enfants, ils ne bénéficient de la rente que dans la mesure
où ils ont le statut d’enfant à charge (moins de 21ans).
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PARAGRAPHE 2/ La maladie professionnelle
La maladie professionnelle est celle qui est contractée du fait du travail ; celle qui a un lien
direct avec le travail. Elle est consécutive à l’exposition plus ou moins prolongée à des risques
inhérents à l’exercice habituelle de l’activité professionnelle. La grande difficulté est de
distinguer une telle maladie de celle qui résulte de la pratique d’un sport ou de l’absence
d’activité sportive, de l’alimentation, du cadre et des habitudes de vie hors du lieu du travail
etc… C’est pourquoi le choix a été fait d’en établir une liste officielle qui retient des
affections particulières en lien avec des activités professionnelles bien déterminées.
Ainsi, l’article 34 du code de sécurité sociale précise que les maladies professionnelles sont
énumérées dans des tableaux arrêtés conjointement par le ministre chargé du travail et celui
de la santé publique (arrêté interministériel n°006048/MTFP/DTS du 24 juillet 1991 portant
tableau des maladies professionnelle). Le tableau précise la dénomination de la maladie, les
délais de déclaration ou de prise en charge ainsi que les travaux susceptibles d'exposer à ces
maladies. Ce système à l'avantage de poser une présomption au bénéfice du salarié exposé à
un facteur de risque, le dispensant de rapporter la preuve de l'origine professionnelle de sa
maladie. Les formulations sont assez générales et peuvent recevoir une grande variété
d'affections. Cependant, il manque une procédure de reconnaissance individuelle des maladies
professionnelles permettant au travailleur qui sont en mesure de prouver que la dégradation de
leur état de santé est liée à leur activité professionnelle d'obtenir une prise charge, sans que
leur affection ne figure sur le tableau. Notre système est pour l'heure trop rigide et peut
entrainer l'exclusion de certaines situations évidentes.
Pour faciliter l’établissement de ces tableaux, l’article 35 du code de sécurité sociale présume
le caractère professionnel des catégories de maladies suivantes :
• les infections microbiennes, lorsque les victimes ont été occupées d’une façon
habituelle à certains travaux limitativement énumérés ;
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• les infections microbiennes ou parasitaires susceptibles d’être contractées à l’occasion
du travail dans les zones qui seraient reconnues particulièrement infectées.
La procédure et la prise en charge sont les mêmes que pour l’accident de travail et la date de
la première constatation médicale est assimilée à la date de l’accident.
Les prestations familiales sont des prestations dont l’objet est d’apporter une aide
compensatrice d’une partie des dépenses engagées pour la subsistance et l’éducation des
enfants.
Il s’agit essentiellement de prestations en espèce versées au salarié mais avec une condition
d’ancienneté. Car seuls les salariés ayant exercé au moins trois mois d’activité (de cotisation)
y ont droit à raison d’un minimum de 18 jours ou 120 heures de travail dans le mois (sont ici
visés les travailleurs à temps partiel). Il faut préciser que durant les périodes de suspension du
contrat de travail prévues à l'article L.70 du code du travail les droits aux prestations
familiales sont maintenus et durant celles assimilées à du temps de travail effectif,
l'ancienneté est comptabilisée pour le bénéfice des droits. Il s'agit entre autres de l'absence
pour maladie pour une période limitée ; pour maladie professionnelle ou accident du travail,
pour congé maternité et pour les congés payés.
Les prestations sont versées suivant un critère de résidence. Le régime s’adresse aux
personnes résidant sur le territoire national et exécutant leur contrat de travail au Sénégal de
façon habituelle. Mais les travailleurs qui sont amenés à exécuter leur contrat ou un stage de
formation ou de perfectionnement d’une durée maximale de 6 mois restent couverts par le
régime. De même, les travailleurs ayant leur résidence habituelle dans un autre Etats qui sont
amenés à exécuter leur contrat sur le territoire sénégalais bénéficient également des
prestations lorsque leur séjour au Sénégal est d’une durée supérieure à 6 mois. Les enfants à
charge doivent également résider sur le territoire sénégalais pour bénéficier des prestations.
Dans tous les cas, sont exclus du régime général et ne bénéficient pas des prestations
familiales, les travailleurs bénéficiant d’un régime particulier plus favorable (ex : les
travailleurs d’organisations internationales).
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Il faut cependant faire certaines distinctions dans les conditions d’octroi selon le sexe et la
capacité. Ainsi, peuvent bénéficier des prestations familiales :
• les femmes salariées mariées dont le mari n'exerce aucune activité professionnelle
rémunérée ;
• les travailleurs présentant une incapacité permanente totale à la suite d'un accident du
travail ou d'une maladie professionnelle ;
Pour les personnes en incapacité de travail et les chômeurs de moins de 6 mois, le bénéfice
des allocations n’est que temporaire et sa durée dépend de leur propre durée de cotisation
avant l’incapacité ou le chômage.
On ne peut s’empêcher de remarque le cas de la femme mariée dont le mari exerce une
activité professionnelle rémunérée. Elle ne bénéficie pas des prestations familiales car ces
dernières sont déjà versées au ménage de par le biais de son conjoint. Les prestations étant à
destination de la famille, il faut éviter les doublons par le versement aux deux conjoints. La
femme ne pourra donc être allocataire qu'après avoir rapporté la preuve que son conjoint n'est
ni salarié, ni fonctionnaire et n’exerce aucune activité indépendante rémunérée.
Ne peut prétendre aux bénéfices des prestations familiales que celui qui a effectivement un ou
plusieurs enfants à charge. Il s’agit de la personne qui assure d’une manière générale et
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permanente le logement, la nourriture, l’habillement, l’éducation de l’enfant. L’enfant devant
être soit :
Les prestations dues au titre de la branche familiale sont essentiellement d'ordre financières,
mais quelques prestations en nature sont également assurées.
Le montant de base des allocations prénatales, de maternité et des allocations familiales est
fixé à 2 600 FCFA par mois, par enfant sans limitation du nombre d'enfants pour les
allocations prénatales et les allocations de maternité et dans la limite de 6 enfants pour les
allocations familiales.
Les prestations sont dues après établissement d’une demande sur un imprimé fourni par la
Caisse de Sécurité Sociale accompagnée de pièces d’état civil justifiant de la situation du
demandeur.
Elles sont dues à toute femme salariée dont le mari n'exerce aucune activité professionnelle,
ou à toute conjointe d'un travailleur salarié, ainsi qu'à toute femme salariée non mariée. Elles
sont destinées à soutenir la femme dans les charges occasionnées par la grossesse et le suivi
médical de celle-ci.
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Si une déclaration de grossesse accompagnée d'un certificat médical est adressée à la CSS
dans les trois premiers mois de la grossesse, les allocations sont dues, en principe, pendant les
neuf mois précédant la naissance.
Pour pouvoir bénéficier des allocations prénatales, la femme enceinte doit passer 3 visites
médicales obligatoires :
• la 3e au 8e mois de grossesse.
Les allocations prénatales sont payées à la mère sur présentation des volets du carnet de
grossesse et, à raison de :
Toute visite médicale non effectuée fait perdre le bénéfice de la fraction de prestations
correspondantes.
Cette indemnité est destinée à la femme salariée et remplace le salaire durant la période de
congés maternité.
La femme salariée enceinte a droit à des indemnités journalières égale à 100 % du dernier
salaire journalier perçu. L'indemnité est versée pendant les 14 semaines de son congé de
maternité (6 semaines avant l’accouchement et 8 semaines après). Cette durée peut être
prolongée de 3 semaines en cas de grossesse pathologique ou de naissances multiples.
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L’indemnité est égale au salaire journalier perçu sur les 30 derniers jours avant la prise
effective du congé, en y intégrant d’éventuelles indemnités de fonction. Elle est versée soit
par période de 30 jours, soit à l’expiration des 6 semaines avant l’accouchement, puis les 8
semaines après, soit à la fin du congé de maternité. Mais dans la pratique, l’employeur
continue à verser le salaire mensuel et est remboursé par le mécanisme de la subrogation dans
les droits de la femme auprès de la CSS, à condition d’être lui-même en règle avec cette
dernière.
Les conditions requises sont les mêmes que pour les allocations prénatales et leur versement
couvre une période de deux ans. Ces allocations ont pour vocation de soutenir la famille dans
les charges résultant de la petite enfance.
Versées à la naissance de chaque enfant viable et inscrit sur les registres de l'état civil, ces
allocations sont payées à la mère sur présentation du certificat d'accouchement et des volets
du carnet de maternité attestant que les visites médicales du nourrisson ont bien été
effectuées :
En cas de naissances multiples, chaque naissance est considérée comme une naissance
distincte.
Les allocations familiales prennent le relais des allocations de maternité et sont destinés aux
personnes ayant à leur charge des enfants de 2 à 14 ans en principe. Elles sont destinées à
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compenser une partie des charges financières engagées pour l'entretien et l'éducation des
enfants. Le paiement de l’allocation est subordonné à la présentation des pièces suivantes :
Les allocations sont versées à partir du second anniversaire de l'enfant et jusqu'à l'âge de :
• 14 ans en principe,
Le nombre d'enfants ouvrant droit aux allocations familiales est limité à 6. La politique
sénégalaise va donc dans le sens d'un contrôle de la natalité. Et l'allocation n'est pas due pour
les enfants à charge bénéficiant d'une bourse complète. Le versement de l'allocation doit être
effectué à intervalles réguliers limitée à trois mois au maximum.
En plus des prestations en espèces, des prestations en nature sont servies aux épouses et
enfants du travailleur ou à toute personne qualifiée qui aura la charge de les affecter
exclusivement aux soins de l’enfant. Il s’agit essentiellement de la prise en charge gratuite
sous réserve du paiement d’un ticket modérateur (le ticket modérateur est la part des frais qui
est à la charge du bénéficiaire de la prestation et qui permet de contrôler le recours aux des
usagers aux services de santé) pour les prestations suivantes :
• Soins médicaux ;
• Vaccination ;
• Suivi alimentaire ;
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• Planification familiale ;
• Analyses médicales.
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CHAPITRE 2/ La Retraite et le Décès
La retraite est la rupture du contrat de travail en raison de l'âge du salarié, ouvrant droit au
versement d'une pension et à des indemnités. Au moment de la mise à la retraite, le salarié
perçoit une indemnité calculée sur la base du salaire global mensuel moyen perçu par le
salarié durant les 12 derniers mois d'activité, à raison d'un pourcentage pour chaque année de
présence dans l'entreprise. L'article 84 de la CCNI fixe les modalités de calcul comme suit :
Il s'agit là d'une simple indemnité de fin de contrat pour cause de retraite. Mais la prise en
charge de la retraite est véritablement assurée par le versement de la pension.
Une pension de retraite est une somme d’argent qui est généralement reçue mensuellement
par un individu, après sa retraite d’un emploi salarié. Elle est obtenue grâce aux cotisations
versées par le travailleur et/ou son employeur au système dans lequel le salarié est affilié, et
elle est soit investie soit utilisée pour maintenir le niveau de vie après cessation de l’activité
professionnelle. Un calcul économique permet de déterminer pendant la carrière du salarié les
allocations qui lui seront versées à la retraite. La méthode de calcul manque toutefois de
transparence dans notre pays et on ne peut que difficilement évaluer la retraite avant qu’elle
ne soit effective. De plus, les frais de gestion de l’IPRES paraissent disproportionnés et la
durée de la carrière du salarié ne semble pas braiment lui bénéficier.
Au Sénégal, le système de retraite des salariés est géré à titre de monopole par l'IPRES. Il est
ainsi fait obligation à tout employeur, au sens du droit du travail, d'adhérer à l'IPRES et d'y
affilier tous ses salariés. Ainsi identifié dans les registres de l'IPRES, il appartient à
l'employeur de verser les cotisations mensuellement au nom du salariés (si l'effectif
permanent de l'entreprise est supérieur ou égal à 20 salariés) ou trimestriellement (si l'effectif
permanent de l'entreprise est inférieur à 20 salariés). Ce versement englobe aussi bien la part
salariale que patronale.
22
Les salariés quant à eux, ont la qualité de participant aux régimes de retraite. Ils doivent pour
cela être âgés d'au moins 18 ans et avoir travaillé pendant au moins 30 jours pour un adhérant.
L'âge légal du travail au Sénégal étant de 15 ans, les 3 premières années de travail ne donnent
aucun droit au titre de la retraite, ainsi que le contrat de stage. Jusqu’à la loi n°2020-15,
modifiant l’article L.69 du code du travail, les CDD ne donnaient pas droit à la retraite ; seul
le CDI ouvrait droit à des cotisations au titre de la retraite. Mais avec cette loi, tous les
travailleurs, y compris les journaliers ont droit à la retraite. Les cotisations pour la retraite sont
donc liées à la qualité de salarié, mais peut le salarié qui a perdu son emploi et qui continue à
cotiser volontairement peut demeurer participant. Il doit cependant rapporter la preuve de la
cessation d'activité salarié, avoir régulièrement cotisé au régime général pendant au moins 5
ans et être âgé d'au moins 40 ans au moment de la cessation d'activité salariée.
Enfin, les bénéficiaires du système de retraite sont les salariés à la retraite eux-mêmes, ainsi
que leurs conjoints survivants et les enfants à charge en cas de décès.
Dans le système par répartition, les cotisations actuelles des salariés servent à financer les
pensions des citoyens qui sont à la retraite en ce moment. Dans le système par capitalisation,
les salariés épargnent pour financer leur propre retraite le moment venu. Chacun est alors libre
de décider quelle part de ses revenus il entend affecter au financement de sa retraite et
comment la placer. Cette épargne peut se faire via son entreprise, auprès de sa banque ou d'un
fonds privé de pension privé. Une fois à la retraite, on obtient alors l'argent issu de ce qu'on a
épargné durant sa vie active.
Le système le plus couramment utilisé (au Sénégal, notamment, mais avec une curieuse
adaptation) est celui de la répartition assurant la solidarité intergénérationnelle. Mais il peut
être fortement éprouvé par les évolutions de la courbe démographique et de l’état du marché
de l’emploi. Le système de capitalisation est manifestement plus rentable, surtout lorsque le
capital est investi. Il permet au participant de retirer beaucoup plus que le montant nominal de
ses cotisations au moment de la retraite et d’éviter des situations de déficit de financement au
gré du marché de l’emploi et de la démographie. Cependant, cela ne va pas sans risque ; le
capital n’est pas garanti. En théorie, il n’est donc pas impossible de se retrouver avec un
capital moins important que ce que l’on a épargné. La crise de 2008 a ainsi forcé de nombreux
23
retraités américains à reprendre le chemin du travail car les fonds dans lesquels ils avaient
investi leur capital étaient tombés en faillite. Ainsi, dans les faits, la plupart des systèmes de
retraite dans le monde combinent répartition et capitalisation à des degrés divers.
Ainsi au Sénégal, même si le régime général et complémentaire sont basés sur la répartition, il
est possible pour le participant de le compléter par la capitalisation en souscrivant une
cotisation volontaire auprès de compagnies d’assurance comme AXA Assurances.
Au Sénégal, la pension de retraite est attribuée à tout employé déclaré à l’IPRES et ayant
cessé toute activité salariale. Le pensionné peut bénéficier d’un ou deux régimes de pension
de retraite en fonction de sa situation durant la période active de sa vie :
• Une pension de retraite au régime complémentaire des cadres (qui ne concerne que les
cadres dont le montant des revenus mensuels sont supérieurs à 432.000 FCFA).
D'après l'article 1er du règlement n°2 de l'IPRES, le salarié est considéré comme cadre,
lorsqu’il :
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comporte pas l’exercice du commandement, le cadre doit être investi de
responsabilités équivalentes.
Pour prétendre à une pension de retraite de l'IPRES, il faut cumuler les conditions suivantes :
La pension peut également être liquidée par anticipation à partir de 55 ans avec application
d'un coefficient de réduction. Le taux de réduction est de 5% pour chaque année avant 60 ans.
L'assuré qui continue de travailler après 60 ans accumule des points supplémentaires de
retraite qui auront pour effet d’améliorer sa pension. Pour le salarié qui remplit la condition de
cotisation, la pension est calculée sur les 10 meilleures années de service.
L'assuré qui obtient moins de 1 000 points de retraite ou moins de 120 mois de cotisations
bénéficie d'un versement unique d’un montant de 1.226.000 fcfa au maximum.
L'adhésion au régime cadre est obligatoire pour tous les cadres percevant plus de 432.000
FCFA par mois. Les conditions d'obtention de la pension au titre de ce régime sont identiques
à celles du régime général. Mais en cas d'anticipation, la pension de retraite complémentaire
est réduite de 1 % pour chaque trimestre avant 60 ans.
Le montant de l'allocation de retraite est calculé sur la base des points inscrits au compte du
bénéficiaire. Lorsque les cotisations sont versées, elles sont converties en points en divisant le
montant de la cotisation par la valeur du point au moment du versement.
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(Points de cotisations + points gratuits – points de minoration + points de majoration) x
valeur du point
Le point de retraite
Un point de retraite est l’unité de compte que reçoit un participant en contrepartie des
cotisations versées pour son compte. Les points sont obtenus en divisant la cotisation
contractuelle par le salaire de référence de l’exercice.
Une majoration de la pension de 5 % peut être versée pour chaque enfant à charge de moins
de 21 ans au moment du départ à la retraite, jusqu'à concurrence de 3 enfants. Le montant de
la pension de vieillesse minimum est de 35 000 FCFA par mois. On est passée du versement
trimestriel à un versement bimensuel et finalement à un versement mensuel depuis 2017.
Il est indiscutable que le niveau des pensions de retraite est très bas au Sénégal et que les
retraités qui n’auront compté que sur le service public de la sécurité sociale verront leur
niveau de vie chuter drastiquement à la retraite ; d’autant plus que leur salaire était important,
eu égard aux plafonnements des cotisations, au prélèvement de l'IPRES pour ses frais de
fonctionnement. Afin de rehausser le niveau des pensions retraite des salariés sénégalais, il est
impératif d’envisager les actions suivantes :
• Il s’agira tout d’abord de relever les plafonds pris en compte dans les cotisations des
régimes de base (un effort a été constaté à cet effet ces dernières années) ;
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• Il importera surtout de dynamiser le recours volontaire aux régimes de retraite par
capitalisation. En abondant les fonds, les entreprises encouragent leurs salariés à se
constituer une épargne confortable pour leurs retraites.
1- Le conjoint
L'allocation de réversion peut être servie à la veuve qui était mariée depuis au moins 2 ans
avec le défunt, à partir de :
• 50 ans,
• 55 ans ;
• 53 ans si le veuf est atteint d'une invalidité entraînant une inaptitude au travail et était
à la charge de la défunte. Son versement est suspendu si le veuf cesse d'être invalide.
2- Les orphelins
Les droits sont répartis proportionnellement au nombre d'orphelins s'ils sont plus de 5.
L'orphelin de père et de mère qui peut prétendre à des droits des 2 ascendants bénéficie de la
réversion la plus élevée.
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CHAPITRE 3/ LA MALADIE
Le risque maladie est pris en charge au Sénégal par différentes institutions parmi lesquelles
les IPM (Institutions de Prévoyance Maladie) sont les plus visibles et opérantes. Elles sont
secondées par les Mutuelles de Santé. Les assurances jouent un rôle résiduel identique à celui
des Mutuelles de Santé mais en application d'un contrat d'assurance qui peut être individuel
(l'assuré et ses ayants droit) ou collectif (les salariés d'une entreprise).
Dans le cadre de ce dispositif, il est fait obligation à toute entreprise comportant au moins 300
travailleurs de créer une IPM en son sein. Si cet effectif n’est pas atteint, l’obligation est faite
d’adhérer à une IPM déjà existante ou à une IPM interentreprises. Mais en vérité, peu
d’entreprises, même ayant atteint cet effectif disposent d’IPM d’entreprise en raison des
formalités de création et de fonctionnement mais également par rapport à la faible
performance de l’institution lorsque le nombre d’adhérents et de participant est modeste (la
mutualisation des risques est optimisée par un grand nombre de participant au système mis en
place). L’adhésion à une IMP interentreprise semblait donc être la norme mais ces dernières
années, de plus en plus d’IPM d’entreprises sont créées.
Une fois constituée au cours d’un Assemblée Générale et agréée par l’autorité de tutelle,
l’IPM doit mettre en place ses organes que sont :
• le Conseil d’Administration ;
• le Bureau Exécutif.
L’IPM assure la prise en charge partielle des frais occasionnés par la maladie non
professionnelle du travailleur et des membres de sa famille. Cette prise en charge est assurée à
un taux variant entre 50 et 80% suivant les options choisies par le participant par le système
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du tiers payant. Le paquet de soins inclut la médecine générale, les soins médicaux, les soins
des médecins spécialistes, les analyses, radios et médicaments, les hospitalisations,
interventions chirurgicales, les soins dentaires, l’optique médicale etc… sous réserve de
certaines exclusions. La liste des Fournitures et Services ne donnant pas lieu à la prise en
charge est fixée par arrêté interministériel. Il s'agit :
Dans d'autres cas, ce n'est pas la prestation qui est exclue en soit mais plutôt la circonstance
dans laquelle le mal est survenu qui justifie l'exclusion. Il s'agit :
Enfin, le non-paiement par le participant de toute somme due à l'IPM pendant deux mois lui
fait perdre la protection. Mais cette hypothèse ne se réalise pratiquement pas dans la mesure
où le paiement de la cotisation du participant est effectué par son employeur (l'adhérant) qui a
l'obligation de prélèvement à la source et de reverser à l'IPM. Les défaillances sont donc
imputables à l’employeur.
La participation à l’IPM est une obligation pour le salarié, sauf s’il bénéficie déjà d’une
couverture IPM par son conjoint. Il a cependant le choix du niveau de prise en charge qui est
variable en fonction de la cotisation effectuée (entre 4 et 15%).
Le participant et sa famille ne peuvent obtenir la gratuité partielle des soins qu’au près des
structures affiliées au réseau de leur IPM. Le ticket modérateur restant à leur charge. La
tarification des médecins privés est encadrée par un arrêté interministériel qui confère aux
IPM un tarif hautement préférentiel.
Le financement est assuré par une cotisation mensuelle patronale et salariale de 4 à 15%
appliquée sur une assiette de 250 000 f CFA maximum. Cette cotisation est complétée par des
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contributions des membres d’honneur et des subventions, dons et legs, ainsi que des produits
de placement effectués par l’IPM.
Ces IMP ont des performances très variées en raison de leur gestion, de leur niveau de
financement et des options souscrites par le participant. Elles assurent aujourd’hui l’essentiel
de la couverture maladie dans le secteur privé et laissent toujours la liberté aux participants
d’adhérer à une mutuelle complémentaire qui couvrira le ticket modérateur. Cette
complémentaire santé peut être souscrite soit au sein l’IMP à travers les différentes options
proposées (impliquant une majoration de la cotisation) ou en dehors auprès d’une mutuelle de
santé ou d'une assurance.
En tant qu’institutions privées chargées d’une mission de service public, les IPM bénéficient
de prérogatives de puissance publique leur permettant de recouvrer les cotisations dues au
moyen de contraintes émises par elles-mêmes et visées par le président du tribunal du travail
compétent, après mise en demeure restée infructueuse au bout de 15 jours.
Sont recensées actuellement sur le territoire sénégalais 170 IPMS d’entreprises et inter-
entreprises agréées par l’ICAMO (Institution de Coordination de l’Assurance Maladie
Obligatoire).
Les mutuelles sont des sociétés de personnes à but non lucratif organisant la solidarité entre
leurs membres, et dont les fonds proviennent principalement des cotisations des membres.
Elles ont vocation à être sans objet de bénéfice et ont un rôle avant tout social. Elles sont
régies au Sénégal par la Loi n°2003-14 du 4 juin 2003 relative aux Mutuelles de santé et le
Règlement n°07/CM /UEMOA / 2009, du 26 juin 2009 portant réglementation de la mutualité
sociale au sein de l’UEMOA.
Elles fonctionnent selon les principes coopératifs, dans un esprit marqué par la solidarité, la
liberté, l’égalité, la démocratie et l’indépendance. Elles peuvent être ainsi constituées sous
forme d'association ou même de société coopérative, étant entendu que le but ne doit pas être
lucratif. Ces mutuelles sont chargées :
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• de stimuler l’amélioration de la qualité des soins;
Leur objet est plus large que celui des IPM, ce qui leur permet même de sortir parfois du strict
cadre de la santé pour effectuer des œuvres sociales assez variées.
Pour exercer leur mission, les mutuelles de santé sont dotées d’une organisation comprenant :
• l’Assemblée Générale ;
• le Conseil d’Administration ;
• le Bureau Exécutif ;
• la Commission de Contrôle.
Elles peuvent constituer entre elles des Unions de Mutuelles de Santé et ces dernières peuvent
se regrouper en Fédération d’Union de Mutuelles de Santé. Leur financement est
principalement assuré par les cotisations des adhérents complétées éventuellement par des
dons, legs et subventions, ainsi que des emprunts à titre exceptionnelle. Elles sont soumises à
l’établissement d’une comptabilité stricte dont les normes sont fixées par décret.
L’adhésion aux Mutuelles de Santé est libre. Elles sont principalement destinées aux
personnes ne bénéficiant pas de la CMO (couverture maladie obligatoire), notamment les
travailleurs indépendants, les étudiants, les bénéficiaires de bourses de sécurité familiale etc…
La couverture assurée à l’adhérant bénéficie également à son conjoint et aux enfants à charge,
au sens des régimes de prestations familiales. Mais le bénéfice des prestations est conditionné
à un délai de stage et de cotisation d’un mois à compter de l’adhésion. Les personnes
bénéficiant de la CMO peuvent également adhérer à une mutuelle pour la prise en charge du
ticket modérateur et des prestations non couvertes par la CMO à condition que la mutuelle
elle-même les prenne en charge (il s’agira donc d’une complémentaire santé pour ces
personnes).
Ces mutuelles ne prennent en charge que les soins dispensés au niveau des structures de santé
publiques ou ayant signé une convention. Les prestations dispensées dans des structures
publiques et les médicaments génériques peuvent être couverts à 80 % par les
mutuelles (50 % dans les pharmacies privées). Les personnes couvertes par le programme
Bourse de Sécurité Familiale bénéficient d'une prise en charge de 100 % des frais dispensés.
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Elles couvrent :
• les accouchements ;
• les hospitalisations ;
• les évacuations ;
• les médicaments.
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