Exercices de mathématiques avancées
Exercices de mathématiques avancées
∀n ∈ N, un+k = un + un+k−1
Exercice 19 [ 03477 ] [Correction]
À quelle condition sur k, S k contient-il une suite périodique non nulle. Soit A ∈ Mn (R).
(a) On suppose A3 = A2 . Montrer que A2 est diagonalisable et que A2 − A est nilpotente.
(b) Plus généralement on suppose Ak+1 = Ak pour un certain entier k > 0.
Exercice 14 [ 02954 ] [Correction]
Établir l’existence d’un entier p > 0 tel que A p est diagonalisable et A p − A
Soit A ∈ Mn (C) telle que tr(Am ) → 0 quand m → +∞.
nilpotente.
Montrer que les valeurs propres de A sont de module < 1
Exercice 22 [ 03024 ] [Correction] (a) Soit ϕ ∈ O(E). Montrer que M(ϕ) ⊕⊥ F(ϕ) = E.
On définit sur R[X] le produit scalaire (b) Si (u1 , . . . , uk ) est libre, montrer :
Z 1
hP, Qi = P(t)Q(t) dt M(su1 ◦ · · · ◦ suk ) = Vect(u1 , . . . , uk )
0
(c) On suppose (u1 , . . . , uk ) libre. Soient v1 , . . . , vk ∈ E \ {0} tels que
Existe-t-il A ∈ R[X] tel que
où a ∈ R
Corrections Puisque le sous-groupe H = Z + 2πZ, n’est pas monogène (car π irrationnel), H est
dense dans R et par l’application |sin(.)| qui est une surjection continue de R sur
Exercice 1 : [énoncé] [0 ; 1], on peut affirmer que {|sin n| | n ∈ N} est dense dans [0 ; 1].
En particulier, il existe une infinité de n tel que |sin n| ≥ 1/2 et pour ceux-ci
(a) Soit H un tel groupe. Nécessairement H , {0} ce qui permet d’introduire |un | ≤ 2/n.
a = inf {h > 0 | h ∈ H} Ainsi, il existe une suite extraite de (un ) convergeant vers 0.
Au final, la suite (un ) diverge.
Si a , 0, on montre que a ∈ H puis par division euclidienne que tout x ∈ H est
multiple de a. Ainsi H = aZ ce qui est exclu. Il reste a = 0 et alors pour tout ε > 0, il
existe α ∈ H ∩ ]0 ; ε]. On a alors αZ ⊂ H et donc pour tout x ∈ R, il existe Exercice 2 : [énoncé]
h ∈ αZ ⊂ H vérifiant |x − h| ≤ α ≤ ε. Ainsi H est dense dans R. p ◦ p = p ◦ (q ◦ p) = (p ◦ q) ◦ p = q ◦ p = p et donc p est un projecteur. De même q est un
(b) Soit x ∈ R \ Q. Pour N ∈ N∗ , considérons l’application projecteur et donc p et q sont diagonalisables. Si p et q sont codiagonalisables alors p et q
commutent et donc p = q ◦ p = p ◦ q = q. Réciproque immédiate.
f : {0, . . . , N} → [0 ; 1[
définie par f (k) = kx − bkxc. Puisque les N + 1 valeurs prises par f sont dans les N Exercice 3 : [énoncé]
intervalles [i/N ; (i + 1)/N[ (avec i ∈ {0, . . . , N − 1}), il existe au moins deux valeurs On sait qu’il existe p ∈ N∗ tel que A p = On .
prises dans le même intervalle. Ainsi, il existe k < k0 ∈ {0, . . . , N} tel que En introduisant les coefficients de P, la relation B = AP(A) donne
1
f (k0 ) − f (k) < B = A + a2 A2 + · · · + a p−1 A p−1
N
. En posant p = bk0 xc − bkxc ∈ Z et q = k0 − k ∈ {1, . . . , N}, on a |qx − p| < 1/N et On en déduit
donc
p 1 1 B2 = A2 + a3,2 A3 + · · · + a p−1,2 A p−1 ,. . . , B p−2 = A p−2 + a p−1,p−2 A p−1 , B p−1 = A p−1
x− < < 2
q Nq q
En inversant ces équations, on obtient
En faisant varier N, on peut construire des couples (p, q) distincts et donc affirmer
qu’il existe une infinité de couple (p, q) ∈ Z × N∗ vérifiant A p−1 = B p−1 , A p−2 = B p−2 + b p−1,p−2 A p−1 ,. . . , A2 = B2 + b3,2 B3 + · · · + b p−1,2 B p−1
p 1
x− < 2 et enfin
q q A = B + b2,1 B2 + · · · + b p−1,1 B p−1
(c) Puisque π est irrationnel, il existe une suite de rationnels pn /qn vérifiant ce qui détermine un polynôme Q ∈ R[X] vérifiant Q(0) = 1 et A = BQ(B).
pn 1
π− < 2
qn qn
Exercice 4 : [énoncé]
avec qn → +∞. Montrons par récurrence sur k ∈ N∗
On a alors
E = S + Im uk
1 1 1 1 qn 1
u pn = = ≥ ≥ →
pn sin pn pn sin (pn − qn π) |pn | |pn − qn π| pn π La propriété est vraie par hypothèse pour k = 1.
Ainsi la suite (un ) ne tend pas vers 0. Supposons la propriété vraie au rang k ≥ 1.
On a évidemment
{|sin n| | n ∈ N} = {|sin(n + 2kπ)| | n ∈ Z, k ∈ Z} = |sin (Z + 2πZ)| S + Im uk+1 ⊂ E
induit par f sur ker g est alors vecteur propre commun à f et g. possède pas de vecteurs propres sur ce dernier et celui ne peut donc qu’être {0} car ici le
Cas b = 0 et a , 0 corps de base est C. Par suite F = E et donc f est diagonalisable.
Semblable
Cas a , 0 et b , 0
On a Exercice 9 : [énoncé]
f ◦ (a f + bg) − (a f + bg) ◦ f = b( f ◦ g − g ◦ f ) = b(a f + bg) (a) I1 est l’idéal des polynômes annulateurs de u ; il est engendré par P1 = πu polynôme
minimal de u.
Par l’étude qui précède, f et a f + bg admettent un vecteur propre commun et celui-ci est
La somme de deux endomorphismes nilpotents commutant est encore nilpotent car
alors vecteur propre commun à f et g.
la formule du binôme de Newton s’applique et il suffit de travailler avec un exposant
assez grand. On obtient alors facilement que I2 est un sous-groupe de (K[X], +). La
stabilité par absorption étant immédiate, I2 est un idéal de K[X] et comme il Exercice 10 : [énoncé]
contient I1 , il est non nul. (a) O22 = O2 donc Φ(O2 )2 = Φ(O2 ) d’où Φ(O2 ) = 0 ou 1.
(b) Puisque I1 ⊂ I2 , P1 ∈ P2 K[X] et donc P2 | P1 . Si Φ(O2 ) = 1 alors pour tout A ∈ M2 (R), Φ(A) = Φ(A) × Φ(O2 ) = Φ(A × O2 ) = 1.
Aussi, en posant n la dimension de E, on sait que pour tout endomorphisme nilpotent Ceci est exclu car la fonction Φ n’est pas constante. On en déduit Φ(O2 ) = 0.
de v de E, on a vn = 0̃. Puisque P2 (u) est nilpotent, on en déduit que (P2 )n (u) = 0̃ et (b) Si A est nilpotente alors A2 = O2 (car A est de taille 2) et donc Φ(A)2 = 0 puis
donc P1 | Pn2 . Φ(A) = 0.
(c) Cette question est immédiate avec la décomposition de Dunford mais cette dernière (c) I22 = I2 donc Φ(I2 )2 = Φ(I2 ) puis Φ(I2 ) = 0 ou 1.
est hors-programme. . . Procédons autrement ! Si Φ(I2 ) = 0 alors pour tout A ∈ M2 (R), Φ(A) = Φ(A × I2 ) = Φ(A) × 0 = 0.
Puisque P2 | P1 et P1 | Pn2 , les racines de P2 sont exactement celles de P1 c’est-à-dire ! fonction Φ n’est pas constante. On en déduit Φ(I2 ) = 1.
Ceci est exclu car la
les valeurs propres de l’endomorphisme u. On peut donc écrire 0 1
Notons E = .
Y 1 0
P2 = (X − λ)αλ On remarque E 2 = I2 donc Φ(E)2 = 1 puis Φ(E) = −1 car Φ(E) , Φ(I2 ).
λ∈Sp u Puisque B = EA, on en déduit Φ(B) = −Φ(A).
Or P2 (u) étant nilpotent, il est immédiat que l’endomorphisme
Q
(u − λ IdE ) (d) Si A est inversible alors Φ(I2 ) = Φ(A) × Φ(A−1 ) et donc Φ(A) , 0 puisque
λ∈Sp u
l’est aussi. Φ(I2 ) = 1 , 0.
On en déduit que Inversement, supposons A non inversible. 0 est valeur propre de A.
On vérifie aisément que deux matrices A et B semblables vérifient Φ(A) = Φ(B).
Y
P2 = (X − λ)
λ∈Sp u
Si A est diagonalisable alors A est semblable à
!
et ce polynôme est donc scindé simple. 0 0
Déterminons maintenons un polynôme R ∈ K[X] tel que pour Q = P2 R, on ait 0 tr A
P2 (u − Q(u)) = 0̃. Par suite ! !
On en déduira que u − Q(u) est diagonalisable avec Q(u) ∈ I2 . 0 0 0 tr A
Φ(A) = Φ = −Φ =0
L’identité P2 (u − Q(u)) = 0̃ est obtenue dès que P1 divise le polynôme 0 tr A 0 0
Y car cette dernière matrice est nilpotente.
P2 (X − P2 (X)R(X)) = (X − λ − P2 (X)R(X)) Si A n’est pas diagonalisable A est trigonalisable (car χA scindé sur R) et A est
λ∈Sp u
semblable à !
0 1
Or P1 = λ∈Sp u (X − λ)βλ donc il suffit que pour chaque λ ∈ Sp u, le facteur (X − λ)βλ
Q
0 0
divise le facteur X − λ − P2 (X)R(X) pour pouvoir conclure.
On a et par suite Φ(A) = 0 car cette dernière matrice est nilpotente.
Y
X − λ − P2 (X)R(X) = (X − λ) 1 −
(X − µ)R(X)
Exercice 11 : [énoncé]
µ,λ
Notons M la matrice étudiée et supposons n ≥ 3, les cas n = 1 et 2 étant immédiats.
La condition voulue est assurément vérifiée si βλ = 1. Puisque rg M = 2, 0 est valeur propre de Mn (R) et dim E0 (M) = n − 2.
Pour βλ ≥ 2, la condition voulue est satisfaite si µ,λ (λ − µ)R(λ) = 1 et si pour tout Soit λ une valeur propre non nulle de Mn (R) et X = t (x1 · · · xn ) un vecteur propre associé.
Q
k ∈ {1, . . . , βλ − 2}, la dérivée kème du polynôme µ,λ (X − µ)R(X) s’annule en λ. L’équation MX = λX fournit le système
Q
Cela fournit des équations déterminant pleinement R(λ), R0 (λ), . . . , Rβλ −2 (λ) car
xn = λx1
µ,λ (λ − µ) , 0.
Q
..
Sachant qu’il est possible de construire un polynôme prenant des valeurs données .
= λx
ainsi que ses dérivées en des éléments deux à deux distincts de K, on peut déterminer
xn n−1
un polynôme résolvant notre problème. x + · · · + x = λx
1 n n
Exercice 12 : [énoncé] Puisque ce système est de rang n − 1 (car λ est valeur propre simple) et puisque les n − 1
Cas a = b = 0 la résolution est immédiate. dernières équations sont visiblement indépendantes, ce système équivaut encore à
Cas a = 0 et b , 0, la matrice Mn est triangulaire supérieure stricte non nulle, elle n’est
(a + λ)x1 + (b + λ)x2 = 0
pas diagonalisable.
..
Cas a , 0 et b = 0, idem.
.
Cas a = b
(a + λ)xn−1 − (b + λ)xn = 0
χ Mn (X) = (X − (n − 1)a)(X + a)n−1
La résolution de ce dernier est immédiate. On obtient pour vecteur propre x = (x1 , . . . , xn )
avec avec
E(n−1)a = Vect(1, . . . , 1) a + λ k
xk =
b+λ
et
E−a : x1 + · · · + xn = 0
Exercice 13 : [énoncé]
La matrice Mn est donc diagonalisable et il est aisé de former une base de vecteurs
Supposons que l’équation étudiée admet une solution θ.
propres.
En passant aux parties réelle et imaginaire on obtient
Cas a , b et ab , 0
Après calculs (non triviaux) cos θ + cos kθ = 1
(
sin θ + sin kθ = 0
b(X + a)n − a(X + b)n
χ Mn (X) = (−1)n
b−a La deuxième équation donne
Les racines de ce polynôme sont les solutions de l’équation d’inconnue z ∈ C θ = −kθ [2π] ou θ = π − kθ [2π]
z + a n a
= Si θ = π − kθ [2π] alors cos θ + cos kθ = 0 et le système initial n’est pas vérifié.
z+b b Si θ = −kθ [2π] alors
Il y en a exactement n s’exprimant en fonction des racines n-ième de l’unité. cos θ + cos kθ = 1 ⇐⇒ cos θ = 1/2
On en déduit que Mn est diagonalisable.
Soit λ une valeur propre de Mn et x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Cn . ce qui donne θ = π/3 [2π] ou θ = −π/3 [2π].
b) Supposons que 6 divise k + 1. Pour θ = π/3 on a Par l’opération L1 ← L1 + XL2 + X 2 L3 + · · · + X k−1 Lk , on obtient
eiθ + eikθ = 1 χT (X) = (−1)k X k − X k−1 − 1
donc en multipliant par e−ikθ Les valeurs propres complexes de T sont alors les racines du polynôme
e−ikθ = 1 + e−i(k−1)θ
X k − X k−1 − 1
La suite v de terme général vn = e −inθ
vérifie alors
On vérifie que ce polynôme et son polynôme dérivé n’ont pas de racines en commun ; on
∀n ∈ N, vn+k = vn + vn+k−1 en déduit que T admet exactement k valeurs propres complexes distinctes.
L’endomorphisme T est diagonalisable dans le cadre complexe, il en est de même de T q
et donc la suite u = Re v est un élément non nul de S k . Puisque
dont les valeurs propres sont alors les puissances qème des valeurs propres de T . Ainsi 1
nπ est valeur propre de T q si, et seulement si, il existe λ ∈ C tel que
un = cos
3
λk − λk−1 − 1 = 0 et λq = 1
la suite u est périodique et non nulle.
Inversement, montrons qu’il est nécessaire que 6 divise k + 1 pour qu’il existe une suite Un tel nombre complexe peut s’écrire λ = e−iθ et l’on parvient alors à l’existence d’une
périodique non nulle dans S k . On vérifie aisément que S k est un R-espace vectoriel de solution à l’équation
dimension k dont une base est formée par les suites e0 , e1 , . . . , ek−1 déterminées par eiθ + eikθ = 1
∀0 ≤ n ≤ k − 1, e j (n) = δn, j et ∀n ∈ N, e j (n + k) = e j (n) + e j (n + k − 1) et donc à la condition 6 | (k + 1).
Pour conclure, il suffit d’établir résultat suivant : Supposons A non inversible et posons r = rg A.
« Soient α1 , . . . , α p ∈ C∗ et λ1 , . . . , λ p ∈ C deux à deux distincts. La matrice A est équivalente à la matrice
Si pj=1 α j λmj −→ 0 alors ∀1 ≤ j ≤ p, λ j < 1 ».
P !
m→+∞ Ir Or,n−r
Raisonnons pour cela par récurrence sur p ≥ 1. Jr =
On−r,r On−r
Pour p = 1, la propriété est immédiate.
Supposons la propriété vraie au rang p ≥ 1. ce qui permet d’écrire A = QJr P avec P, Q inversibles. On a alors f (A) = f (Q) f (Jr ) f (P)
Soient α1 , . . . , α p+1 ∈ C∗ et λ1 , . . . , λ p+1 ∈ C deux à deux distincts tels que et il suffit de montrer f (Jr ) = 0 pour conclure.
Par permutation des vecteurs de bases, la matrice Jr est semblable à toute matrice
p+1
X diagonale où figure r coefficients 1 et n − r coefficients 0. En positionnant, pertinemment
α j λmj −→ 0 (1) les coefficients 0, on peut former des matrices A1 , . . . , A p toutes semblables à Jr vérifiant
m→+∞
j=1
A1 . . . A p = On
Par décalage d’indice, on a aussi
On a alors
p+1
X f (A1 ) . . . f (A p ) = 0
α j λm+1
j −→ 0 (2) Or il est facile d’établir que si deux matrices sont semblables, la fonction f prend les
m→+∞
j=1
mêmes valeurs sur celles-ci. Par suite f (Jr ) = f (A1 ) = . . . = f (A p ) et ainsi f (Jr ) p = 0 puis
λ p+1 × (1) − (2) donne enfin f (Jr ) = 0.
p
X
α j (λ p+1 − λ j )λmj −→ 0
m→+∞ Exercice 16 : [énoncé]
j=1
Commençons par établir pour A, B ∈ Mn (K) :
qui se comprend encore
p
X A , On , AB = BA et B nilpotente =⇒ rg(AB) < rg A
β j λmj −→ 0
j=1
m→+∞ Supposons donc A , On , AB = BA et B nilpotente.
Par l’absurde, supposons aussi rg(AB) ≥ rg A.
avec les β1 , . . . , β p non nuls. Puisque rg(AB) ≤ min(rg A, rg B), on a rg(AB) = rg A.
Par hypothèse de récurrence, on a alors ∀1 ≤ j ≤ p, λ j < 1. Par la formule du rang, on obtient
On en déduit pj=1 α j λmj −→ 0 et la relation (1) donne alors α p+1 λmp+1 −→ 0 d’où l’on
P
m→+∞ m→+∞
dim ker(AB) = dim ker A
tire λ p+1 < 1.
Récurrence établie. Or ker A ⊂ ker(BA) = ker(AB) donc ker A = ker(AB).
Considérons ensuite ϕ : Im A → Im A donné par ϕ(Y) = BY.
L’application ϕ est linéaire et bien définie car Im A est stable par B puisque A et B
Exercice 15 : [énoncé] commutent.
Commençons par déterminer f (In ) et f (On ). Soit Y = AX ∈ Im A
On a f (In ) = f (In2 ) = f (In )2 donc f (In ) = 0 ou 1. Si ϕ(Y) = 0 alors BAX = ABX = 0 donc X ∈ ker(AB) = ker A puis Y = 0.
Si f (In ) = 0 alors pour tout A ∈ Mn (C), f (A) = f (A × In ) = f (A) × f (In ) = 0 et donc f est L’application linéaire ϕ est donc injective.
constante ce qui est exclu. Ainsi f (In ) = 1. Or il existe p ∈ N∗ tel que B p = On et donc ϕ p : Y → B p Y = On,1 est l’application nulle.
Aussi f (On ) = f (O2n ) = f (On ) × f (On ) donc f (On ) = 0 ou 1. Sachant l’espace Im A non réduit à {0}, il y a absurdité et ainsi rg(AB) < rg A.
Si f (On ) = 1 alors pour tout A ∈ Mn (C), f (A) = f (On ) × f (A) = f (On × A) = f (On ) = 1 En revenant à l’énoncé initial, on montre alors par récurrence
et donc f est constante ce qui est exclu. Ainsi f (On ) = 0.
∀1 ≤ p ≤ n, rg(A1 A2 . . . A p ) ≤ n − p
Si A est inversible alors f (In ) = f (A × A−1 ) donne f (A) × f (A−1 ) = 1 et donc f (A) , 0.
La réciproque est plus délicate. et en particulier rg(A1 A2 . . . An ) = 0.
Exercice 20 : [énoncé] Le polynôme A admet une infinité de racine, c’est donc le polynôme nul ce qui est
La matrice A est diagonalisable car A annule un polynôme scindé simple. absurde.
Les racines complexes du polynôme caractéristique χA de A sont conjuguées et valeurs
propres de A donc racines du polynôme annulateur X n − 1.
Si les deux racines de χA sont réelles alors Sp A ⊂ {−1, 1} et A est semblable à Exercice 23 : [énoncé]
! ! ! (a) 1 et −1 sont racines de multiplicité n du polynôme (X 2 − 1)n .
1 0 1 0 −1 0
, ou 1 et −1 sont donc racines des polynômes
0 1 0 −1 0 −1
0 (n−1)
(X 2 − 1)n , (X 2 − 1)n ,. . . , (X 2 − 1)n
et donc A12 = I2 .
Sinon les racines de χA sont complexes conjuguées z, z̄ non réelles. Leur somme sera En appliquant le théorème de Rolle, on peut alors montrer par récurrence sur
2 Re(z) ∈ [−2 ; 2], leur produit zz̄ = |z|2 = 1. La matrice A étant de plus à coefficients
(k)
k ∈ {0, . . . , n} que (X 2 − 1)n possède au moins k racines dans l’intervalle ]−1 ; 1[.
entiers, 2 Re(z) ∈ Z. Les polynômes caractéristiques de A possibles sont alors En particulier Qn possède au moins n racines dans ]−1 ; 1[, or deg Qn = n donc il n’y
X 2 − 2X + 1, X 2 − X + 1, X 2 + 1, X 2 + X + 1 et X 2 + 2X + 1. a pas d’autres racines que celles-ci et elles sont simples.
Les cas X 2 − 2X + 1 et X 2 + 2X + 1 sont à éliminer car correspondant à des racines réelles
(b) Raisonnons par récurrence sur n ∈ N.
(et déjà traités).
Pour n = 0, c’est immédiat.
Dans chaque autre cas, le polynôme X 12 − 1 est multiple du polynôme caractéristique et
Supposons la propriété établie au rang n ≥ 0.
donc annulateur.
1
n (n)
Qn+1 (X) = 2(n + 1)X(X 2
− 1)
2n+1 (n + 1)!
Exercice 21 : [énoncé]
Par la formule de Leibniz
Si A ∈ En alors A est diagonalisable et ses valeurs propres sont des racines de l’unité. Ces
valeurs propres sont aussi racines du polynôme caractéristique de A. Or les coefficients de 1 2 n (n)
n (n−1)
Qn+1 (X) = X (X − 1) + nX (X 2
− 1)
ce polynôme sont entiers et, par les expressions des coefficients d’un polynôme scindé en 2n n!
fonction de ses racines complexes (ici de module 1), on peut borner les coefficients du (n−1)
polynôme caractéristique de A. Par suite, il n’y a qu’un nombre fini de polynômes 1 et −1 sont racines du polynôme (X 2 − 1)n et donc celui-ci peut s’écrire
2
caractéristiques possibles pour un élément A ∈ En . Ces polynômes ont eux-mêmes qu’un (X − 1)S (X).
nombre fini de racines et il n’y a donc qu’un nombre fini de racines de l’unité possibles En exploitant l’hypothèse de récurrence, on obtient
pour les valeurs propres de A ∈ En .
Qn+1 (X) = X n+1 + X(X 2 − 1)Rn (X) + 2nX(X 2 − 1)S (X) = X n+1 + (X 2 − 1)Rn+1 (X)
On peut alors affirmer qu’il existe N ∈ N∗ tel que toutes les valeurs propres λ des matrices
A ∈ En vérifient λN = 1. On a alors aussi AN = 1 (car A est diagonalisable) et donc Récurrence établie
ω(A) ≤ N. Ainsi ω(En ) ⊂ ~1 ; N. (c) Par intégration par parties successives et en exploitant l’annulation en 1 et −1 des
polynômes
0 (n−1)
(X 2 − 1)n , (X 2 − 1)n ,. . . , (X 2 − 1)n
Exercice 22 : [énoncé]
Supposons l’existence d’un tel polynôme A et considérons P(X) = XA(X). on obtient
1 1
(−1)n
Z Z
On a P(t)Qn (t) dt = P(n) (t)(t2 − 1)n dt
Z 1
2n n!
0 = P(0) = hA, Pi = 2
tA(t) dt −1 −1
0 En particulier, si P ∈ Rn−1 [X],
Par nullité de l’intégrale d’une fonction continue positive, on obtient Z 1
P(t)Qn (t) dt = 0
∀t ∈ [0 ; 1], tA(t)2 = 0 −1
(d) Par la relation qui précède De plus A2 X1 = λX1 et A2 X1 = −aAX2 donc λX1 = −aAX2 .
Z 1 Ainsi AX2 est colinéaire au vecteur non nul λX1 ce qui permet d’écrire AX2 = bX1 .
Z 1
1 La relation (A(X1 + X2 ) | X1 + X2 ) = (−aX2 + bX1 | X1 + X2 ) = 0 donne −a + b = 0 et donc
(Qn (t))2 dt = Q(n) 2 n
n (t)(1 − t ) dt
−1 2n n! −1 b = a.
2 n
Considérons alors une matrice P orthogonale dont les deux premières colonnes sont X1 et
Puisque le polynôme (X − 1) est unitaire et de degré 2n X2 . Pour celle-ci, la matrice P−1 AP est antisymétrique de la forme
h i(2n) (2n)!
(X 2 − 1)n = (2n)! et Q(n)
n =
! !
Ma 01,n−1 0 a
2n n! avec M a =
0n−1,1 A0 −a 0
De plus, par intégration par parties successives
Z 1 Z 1 Puisque A0 ∈ Mn−1 (R) est antisymétrique, on peut exploiter l’hypothèse de récurrence
22n+1 (n!)2 pour rendre celle-ci orthogonalement semblable à une matrice de la forme voulue et
(1 − t2 )n dt = (1 − t)n (1 + t)n dt =
−1 0 (2n + 1)! conclure.
Récurrence établie
Au final
2
kQn k2 =
(2n + 1)
Exercice 25 : [énoncé]
0 a
! donne
−a 0 M(ϕ) ⊕⊥ F(ϕ) = E
Puisque la famille (u1 , . . . , uk+1 ) est libre, on obtient De plus elle ne comporte pas le vecteur nul car u ∈ GL(E). Posons alors B0 la famille des
vecteurs u(ek )/ku(ek )k.
su1 ◦ · · · ◦ suk (x) − x = suk+1 (x) − x = 0 La famille B0 est une base orthonormée et la matrice de u dans les bases B et B0 est
diagonale (à coefficients diagonaux strictement positifs).
Ainsi x est point fixe de su1 ◦ · · · ◦ suk et de suk et donc Une formule de changement de base orthonormée permet alors de conclure.
Cas général : M ∈ Mm,n (R)
x ∈ Vect(u1 , . . . , uk )⊥ ∩ Vect(uk+1 )⊥ = Vect(u1 , . . . , uk+1 )⊥
Soit u l’application linéaire de Rn vers Rm canoniquement représenté par M.
Par suite Posons F = ker u et G = Im u. La matrice de u dans une base orthonormée adaptée à la
F(ϕ) ⊂ Vect(u1 , . . . , uk+1 )⊥ décomposition F ⊥ ⊕⊥ F = Rn au départ et dans une base orthonormée adaptée à la
décomposition G ⊕⊥ G⊥ = Rm à l’arrivée est de la forme
L’autre inclusion étant immédiate, on obtient !
A O
F(ϕ) = Vect(u1 , . . . , uk+1 )⊥ M0 = avec A ∈ GLr (R), r = rg M
O O
puis L’étude qui précède permet de transformer A en une matrice diagonale D via produit par
M(ϕ) = Vect(u1 , . . . , uk+1 ) des matrices orthogonales U et V :
Récurrence établie. UAV = D
(c) Posons En introduisant les matrices orthogonales
ϕ = su1 ◦ · · · ◦ suk = sv1 ◦ · · · ◦ svk ! !
U O V O
Par l’étude qui précède U0 = et V 0 =
O Im−r O In−r
F(ϕ) = Vect(u1 , . . . , uk )⊥
on obtient en opérant par blocs
De façon immédiate
Vect(v1 , . . . , vk ) ⊂ F(ϕ)
⊥
D O
!
U 0 M0V 0 =
En passant à l’orthogonal O O
Vect(u1 , . . . , uk ) ⊂ Vect(v1 , . . . , vk ) Enfin par une formule de changement de bases orthonormées, il existe U 00 , V 00
orthogonales telles que
Puisque la famille (u1 , . . . , uk ) est supposé libre, un argument de dimension permet M 0 = U 00 MV 00
d’affirmer que la famille (v1 , . . . , vk ) l’est aussi.
et on peut alors conclure.
Exercice 26 : [énoncé]
Cas M ∈ GLn (R)
Soit u l’endomorphisme Rn canoniquement représenté par M.
Il s’agit d’établir, que u transforme une base orthonormée en une famille orthogonale.
On remarque que
(u(x) | u(y)) = (u∗ ◦ u(x) | y)
L’endomorphisme u∗ ◦ u étant symétrique, le théorème spectral assure qu’il existe une
base orthonormée B = (e1 , . . . , en ) le diagonalisant. Par le calcul qui précède, la famille
(u(e1 ), . . . , u(en )) est orthogonale.