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Noyau de Fejér et séries de Fourier

Le document traite des séries de Fourier et du noyau de Fejér, en abordant des concepts tels que la convolution de fonctions périodiques, la linéarité des intégrales, et les propriétés des coefficients de Fourier. Il démontre que la convolution est commutative et distributive, et établit des résultats sur la continuité des fonctions et le théorème de Weierstrass. Enfin, il présente des résultats concernant le noyau de Fejér et ses coefficients associés.

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Noyau de Fejér et séries de Fourier

Le document traite des séries de Fourier et du noyau de Fejér, en abordant des concepts tels que la convolution de fonctions périodiques, la linéarité des intégrales, et les propriétés des coefficients de Fourier. Il démontre que la convolution est commutative et distributive, et établit des résultats sur la continuité des fonctions et le théorème de Weierstrass. Enfin, il présente des résultats concernant le noyau de Fejér et ses coefficients associés.

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MPSI 3 - Fermat Le 11.10.

19
2019-2020

Devoir surveillé n◦ 2
CORRECTION
————————————————————–

Problème. Série de Fourier. Noyau de Fejer


A. Convolution
On définit le produit de convolution ∗ de deux fonctions f, g de C2π par :
Z 2π
1
∀ f, g ∈ C2π , f ∗ g : x 7→ f (x − t)g(t)dt
2π 0
On considère deux fonctions f, g ∈ C2π quelconques et fixés pour l’ensemble de ces questions.
1. Il n’y a aucun problème de définition, Df ∗g = R.
Puis, considérons x ∈ R. Comme f ∈ C2π :
Z 2π Z 2π
1 1
(f ∗ g)(x + 2π) = f (x + 2π − t)g(t)dt = f (x − t)g(t)dt = f ∗ g(x)
2π 0 2π 0
/1
f ∗ g est 2π périodiques.
On admet que f ∗ g ∈ C2π
2. Soient f, g ∈ C2π . Soit x ∈ R. Notons d’abord que u 7→ f (x − u)g(u) est 2π périodique, puisque
f et g le sont.
On a alors vu en cours que dans ce cas :
Z X+2π Z 0+2π
∀ X ∈ R, f (u)g(x − u)du = f (u)g(x − u)du
X 0

La valeur de l’intégrale sur une période ne dépend pas du point de départ du calcul.

Remarques !
j kcela par changement de variables. Soit F 2π-périodique et X ∈ R.
On démontre
X
Soit n = 2π , i.e. n ∈ Z et 2nπ 6 X < 2(n + 1)π = 2nπ + 2π.
D’après la relation de Chasles :
Z X+2π Z 2(n+1)π Z X+2π Z 2π Z X−2nπ Z 2π
F (t)dt = F (t)dt + F (t)dt = F (t)dt+ F (t)dt = F (t)dt
X X | {z } 2(n+1)π | {z } X−2nπ 0 0
u=t−2nπ u=t−2(n+1)π

Puis on fait le changement de variable linéaire u = x − t.


t 7→ x − t est de classe C 1 , le changement de variable est licite. Notons que du = −dt : /2
Z 2π Z x−2π
1 1
(f ∗ g)(x) = f (x − t)g(t)dt = f (u)g(x − u)(−du)
2π Z0 2π x
x−2π Z x
1 1
= f (u)g(x − u)(−du) = f (u)g(x − u)du
2π Zx 2π x−2π
x
1
= g(x − u)f (u)du = (g ∗ f )(x)
2π 0
d’après la remarque précédente.

Donc pour toute fonctions f, g ∈ C2π , f ∗ g = g ∗ f . ∗ est commutative

3. Il s’agit simplement d’appliquer la linéarité de l’intégrale :


Pour tout x ∈ R,
Z 2π Z 2π Z 2π
 1 1 1
f ∗ (g1 + g2 ) (x) = f (x − t)(g1 (t) + g2 (t))dt = f (x − t)g1 (t) + f (x − t)g2 (t))dt
2π 0 2π 0 2π 0
= (f ∗ g1 )(x) + (f ∗ g2 )(x)
/0,5
Donc pour f, g1 , g2 ∈ C2π , f ∗ (g1 + g2 ) = f ∗ g1 + f ∗ g2 . ∗ est distributive par rapport à l’addition.
On admettra pour la suite que : !
m m
X
P
∀ m ∈ N, ∀ λ1 , λ2 , . . . λm ∈ C, ∀ g1 , g2 , . . . gm ∈ C2π , f∗ λj gj = λj (f ∗ gj ).
j=1 j=1
Cela se démontre par récurrence sans difficulté.
4. Soient k, ` ∈ Z,
Z 2π Z 2π
1 −ikt i`t 1
ck (e` ) = e e dt = ei(`−k)t dt
2π 0 
 2π
2π 0
1 1 i(`−k)t 1 1
e = (1 − 1) = 0 si k 6= `


− `−k

= 2π ` k 0 2π
Z 2π
 1 1

 dt = (2π − 0) = 1 si k = `
2π 0 2π
/1,5
Ainsi, ck (e` ) = δk,` .
5. Soit k ∈ Z. Pour tout x ∈ R :
2π 2π
eikx
Z Z
1
(f ∗ ek )(x) = (ek ∗ f )(x) = eik(x−t) f (t)dt = e−ikt f (t)dt = eikx ck (f )
2π 0 2π 0
/1
∀ k ∈ Z, f ∗ ek = ck (f )ek

Remarques !
On notera bien qu’on a ici l’égalité de deux fonctions (définies chacune sans argument x).

Et donc en particulier pour f = e` (avec le résultat de la question précédente) :

ek ∗ e` = e` ∗ ek = ck (e` )ek = δk,` ek

6. Soit k ∈ Z et m ∈ N, λ1 , . . . λm ∈ C, g1 , . . . gm ∈ C2π ,
   
m Z 2π X m X  1 Z 2π 
X 1
ck  λj gj  =  λj gj (t)e−itk  dt = λnj gj (t)e−ikt dt
j=1
2π 0 j=1 j=1
2π 0

par linéarité de l’intégrale (la somme est ici finie). /1


 
Xm m
X
ck  λj gj =
 λj ck (gj )
j=1 j=1

Puis en multipliant par ek


 
m
X m
X
∀ m ∈ N, ∀ λ1 , . . . λm ∈ C, ∀ g1 , . . . gm ∈ C2π : ck  λj gj  ek = λj ck (gj )ek
j=1 j=1

Remarques !
Autre méthode pour cette dernière somme.
On a alors, pour tout m ∈ N, ∀ λ1 , . . . λm ∈ C, ∀ g1 , . . . gm ∈ C2π ,
     
Xm Xm m
X m
X
ck  λj gj  ek =  λj gj  ∗ ek = ek ∗  λj g j  = λj (ek ∗ gj )
j=1 j=1 j=1 j=1

d’après le résultat admis après la question 3. Donc comme ek ∗ gj = gj ∗ ek = ck (gj )ek :


 
Xm m
X
ck  λj gj  ek = λj ck (gj )ek
j=1 j=1
 
m
X m
X
∀ m ∈ N, ∀ λ1 , . . . λm ∈ C, ∀ g1 , . . . gm ∈ C2π : ck  λj g j  e k = λj ck (gj )ek
j=1 j=1
7. Soit P ∈ Pn .
n
X
Donc il existe a−n , a−n+1 , . . . a0 , a1 , . . . an ∈ C, tels que P = ak ek .
k=−n
Par linéarité admise plus haut :
n
! n n
X X X
f ∗P =f ∗ ak ek = ak (f ∗ ek ) = ak ck (f )ek
k=−n k=−n k=−n

Donc f ∗ P ∈ Pn /1
Pour tout P ∈ Pn , f ∗ Pn ∈ Pn .
Par définition, Dn ∈ Pn , comme P précédemment mais avec ai (Dn ) = 1, pour tout i ∈ [[−n, n]]. /0,5

n
X
Donc f ∗ Dn = ck (f )ek
k=−n

8. Soit P ∈ Pn .
n
X
Donc il existe a−n , a−n+1 , . . . a0 , a1 , . . . an ∈ C, tels que P = ak ek .
k=−n
Alors, par linéarité (vue plus haut)
n
X n
X
∀ k ∈ [[−n, n]], ck (P ) = aj ck (ej ) = aj δk,j = ak
j=−n j=−n

Donc puisqu’ak = ck (P ), /1,5


n
X
∀ P ∈ Pn , P = ck (P )ek
k=−n

B. Continuité et théorème de Weierstrass


1. Soit f ∈ C2π .
f|[0,2π] (fonction restreinte) est continue sur [0, 2π], on applique le théorème de Weierstrass :
il existe x0 ∈ [0, 2π] tel que, pour t ∈ [0, 2π], |f (t)| = f|[0,2π] (t) 6 f|[0,2π] (x0 ) = |f (x0 )|.
x x
Soit x ∈ R, puis nx = 2π ∈ Z alors, nx 6 < nx + 1.

On a alors 2nx π 6 x < 2(nx + 1)π et donc 0 6 x − 2nx π < 2π.
Puis par 2π périodicité de f : f (x) = f (x − 2nx π). Ainsi comme x − 2nx π ∈ [0, 2π[ :

f |(x)| = |f (x − 2nx π)| 6 |f (x0 )|

Ceci est vrai pour tout x ∈ R /2,5

Il existe x0 ∈ [0, 2π] tel que : ∀ x ∈ R, |f (x)| 6 f (x0 ).

2. Pour tout t ∈ [0, 2π], |g(t)| 6 kgk∞ .


Pour tout x ∈ R et tout t ∈ [0, 2π], |f (x − t)| 6 kf k∞ .
On a donc :
Z 2π Z 2π
1 1
∀ x ∈ R, |(f ∗ g)(x)| = f (x − t)g(t)dt 6 |f (x − t)| × |g(t)|dt
2πZ 0 |2π| 0

1 kf k∞ kgk∞ 2π
6 kf k∞ kgk∞ dt =
2π 0 2π
/2,5
kf ∗ gk∞ 6 kf k∞ kgk∞
C. Noyau de Fejer
1. Soit n ∈ N, k ∈ Z,
D’après la question A.6. (appliqué à deux reprises) : /
   !
n n n j
1 X 1 X 1 X X
ck (Kn ) = ck  Dj  = ck (Dj ) = ck  er  1,5
n + 1 j=0 n + 1 j=0 n + 1 j=0 r=−j
 
n j n X j
1 X X 1 X
=  ck (er ) = δk,r
n + 1 j=0 r=−j n + 1 j=0 r=−j

j 
X   1 si k ∈ [[−j, j]] ⇐⇒ |k| 6 j
Or δk,r = k ∈ [[−j, j]] = .
0 sinon
r=−j
Donc si |k| > n, alors ck (Kn ) = 0
n
1 X n − |k| + 1 |k|
et si |k| 6 n : ck (Kn ) = 1= =1− , /1,5
n+1 n+1 n+1
j=|k|


|k|
1− si |k| 6 n

∀ n ∈ N, ∀ k ∈ Z, ck (Kn ) = n+1
 0 sinon

2. Pour tout j 6 n, la fonction Dj ∈ Pj ⊂ Pn .


n
1
P
Donc par stabilité algébrique (vectorielle), Kn = n+1 Dj ∈ Pn .
j=0
On peut donc appliquer le résultat de la dernière question de la partie A /1

n n  
X X |k|
∀ n ∈ N, Kn = ck (Kn )ek = 1− ek
n+1
k=−n k=−n

3. Soit n ∈ N, soit t ∈ R, en posant h = k + n


n n 2n 2n
X X X X h
Dn (t) = eikt = e−int ei(k+n)t = e−int eiht = e−int (eit )
k=−n k=−n h=0 h=0

n
• Si eit = 1 i.e. t ≡ 0[2π], alors on trouve Dn (t) = (2n + 1)(e−it ) = (2n + 1).
• Si eit 6= 1, on a la somme de 2n + 1 termes d’une suite géométrique :
1 1
1 − (eit )2n+1 (e−int − ei(n+1)t ) eit/2 (e−i(n+ 2 t) − ei(n+ 2 )t −2i sin((n + 21 )t)
Dn (t) = e−int = it/2 −it/2 = =
1−e it e (e it/2
−e ) it/2
e (e −it/2 −e )it/2 −2i sin( 2t )
/2
t
 
 sin (2n + 1) 2
si t ∈ R\2πZ
Pour tout n ∈ N, Dn = sin 2t
si t ∈ 2πZ

2n + 1

Remarques !
Plus rapidement, on peut dire qu’il s’agit d’une somme de termes consécutifs d’une suite géométrique de
raison eit et de premier terme e−int . Cela marche très bien !

4. On exploite la formule précédente. Soit n ∈ N et t ∈ R.


• Si t ≡ 0[2π], alors pour tout k 6 n, Dk (t) = 2k + 1 et donc /1

n n+1
1 X 1 X 1
Kn (t) = (2k + 1) = [(k + 1)2 − k 2 ] = [(n + 2)2 − 0] = (n + 1)
n+1 n+1 n+1
k=0 k=0
Remarques !
Autre méthode :
n n+1 n
1 X 2 X 1 X 2 n(n + 1)
Kn (t) = (2k + 1) = k+ 1= × +1=n+1
n + 1 k=0 n + 1 k=0 n + 1 k=0 n+1 2

• Si t 6≡ 0[2π], alors /2
n n
1 X sin((2k + 1) 2t ) 1 X 
i(2k+1)t/2

Kn (t) = = Im e
n+1
k=0
sin 2t (n + 1) sin 2t k=0
n
!
eit/2 eit/2 1 − ei(n+1)t
X  
it k
= Im (e ) = Im
(n + 1) sin 2t k=0 (n + 1) sin 2t 1 − eit
!
eit/2 ei(n+1)t/2 (−2i) sin (n+1)t
2 1 i(n+1)t/2

= Im t it/2 t = 2 t Im e
(n + 1) sin 2 e (−2i) sin 2 (n + 1) sin 2

  !2
1  sin (n + 1) 2t
si t ∈ R\2πZ .

Ainsi pour tout n ∈ N, Kn = n+1 sin 2t

n+1 si t ∈ 2πZ

5. Soit n ∈ N, par linéarité (et en exploitant la formule trouvée en question 2) :


Z 2π n Z 2π
1 1 X
Kn (t)dt = ck (Kn ) eikt dt
2π 0 2π 0
k=−n

Or, on a déjà fait le calcul (question A.4.) :


Z 2π
1
eirt = δr,0
2π 0

Donc /1,5

|0|
Z
1
Kn (t)dt = c0 (Kn ) = 1 − =1
2π 0 n+1

6. Soit α ∈]0, π[, alors pour tout t ∈ [α, 2π − α], t 6≡ 0[2π],


 !2
1 sin (2n + 1) 2t
donc Kn (t) = .
n+1 sin 2t
1
La fonction [α, 2π − α] → R, t 7→ est continue.
sin2 2t
1 1
Donc il existe x0 ∈ [α, 2π − α] tel que ∀ t ∈ [α, 2π − α], 2 t 6 .
sin 2 sin2 x20
Ainsi, pour tout n ∈ N, (par positivité de Kn et comme sin (2n + 1) 2t 6 1 ) :

/1
Z 2π−α Z 2π−α Z 2π
1 1 2π
06 Kn (t)dt = |Kn (t)|dt 6 1dt =
α α (n + 1) sin2 x0
2 0 n + 1 sin2 x20

Donc par théorème d’encadrement : /1,5

Z 2π−α
pour tout α ∈]0, π], lim Kn (t) = 0
n→+∞ α

7. On a vu que pour tout t ∈


/ 2πZ :
n   !2
sin (n + 1) 2t

X |k| 1
Kn (t) = 1− ek (t) =
k=−n
n+1 n+1 sin 2t

En particulier pour d = n + 1 ⇔ n = d − 1 :
d−1   !2
sin d 2t

X |k| 1
Kd−1 (t) = 1− ek (t) =
k=−d+1
d d sin 2t
2kπ
Puis en tk = n , pour k ∈ [[1, n − 1]] (donc tk 6≡ [2π]) : /1
 !2 d−1 
sin dkπ

1 n
X |j| 2ijkπ/n
= 1− e
d sin kπ
n
d
j=−d+1

On a alors en sommant pour k de 1 à n − 1 :


n−1
X sin2 dkπ
 n−1 d−1 d−1 n−1
X X
2ijkπ/n
X X /1
n
2 kπ
 = d (d − |j|) e = (d − |j|) e2ijkπ/n
k=1
sin n k=1 j=−d+1 j=−d+1 k=1
d−1
X n−1
X k
= (d − |j|) e2ijπ/n
j=−d+1 k=1

Or si e2ijπ/n 6= 0, (n’oublions pas le premier terme !)


n−1 2ijπ/n n−1

X
2ijπ/n
k
2ijπ/n 1 − e e2ijπ/n − e2ijπ
e =e = = −1
k=1
1 − e2ijπ/n 1 − e2ijπ/n

n−1
X k
Et si e2ijπ/n ≡ 0[2π] ⇐⇒ j/n ≡ 0[1] ⇐⇒ n|j, alors e2ijπ/n = n − 1.
k=1
Or ici j 6 [[−d + 1, d − 1]] et d 6 n, donc la seule possibilité d’avoir n|j est que j = 0.
Donc
n−1
X sin2 dkπ

X−1 d−1
X
n
= (−1) (d − |j|) + (n − 1) d − 0 +(−1) (d − |j|)
sin2 kπ

| {z }
k=1 n j=−d+1 j=1 j=0
d−1
X d−1
X
= (−1) r +(n − 1)d + (−1) (r)
r=1 r=1
| {z } | {z }
r=n−|j|=n+j r=n−|j|=n−j
d(d − 1) d(d − 1)
=− + (n − 1)d − = d(n − 1) − d(d − 1) = d(n − d)
2 2
/2
n−1 2
sin dkπ

X
n
2 kπ
 = d(n − d) pour tout d ∈ [[1, n]].
k=1
sin n

D. Approximation de f ∈ C2π par la méthode de Fejer


Soient f et g des fonctions de C2π .
1. Soient x ∈ R et n ∈ N. Z 2π
1
On exploite le fait que Kn (t)dt = 1 et la relation de Chasles :
2π 0
Z 2π Z 2π
1 1
f (x) − (f ∗ Kn )(x) = f (x)Kn (t)dt − f (x − t)Kn (t)dt
2π 0 2π 0
/1,5
Z 2π Z π
1  1 
f (x) − (f ∗ Kn )(x) = f (x) − f (x − t) Kn (t)dt = f (x) − f (x − t) Kn (t)dt
2π 0 2π −π

En exploitant la même propriété qu’en A.2., puisqu’on est en présence de fonction 2π-périodique.
2. On fixe  > 0.
L’application f est continue sur [−π, 3π] donc d’après le théorème d’Heine :
il existe α > 0 tel que pour tout x1 , x2 ∈ [−π, 3π] : |x1 − x2 | 6 α0 =⇒ |f (x1 ) − f (x2 )| 6 .
Soit x ∈ R et t ∈ [−π, π].
x
On note x1 = x − 2nx π avec nx = b 2π c de sorte que nx ∈ Z et x1 ∈ [0, 2π].
On note x2 = x − 2nx π − t = x1 − t de sorte que x2 ∈ [−π, 3π].
Ainsi, x1 et x2 ∈ [−π, 3π] et donc |x1 − x2 | 6 α =⇒ |f (x1 ) − f (x2 )| 6 .
Or x1 − x2 = t et f (x1 ) − f (x2 ) = f (x − 2nx π) − f (x − 2nx π − t) = f (x) − f (x − t)
par 2π-périodicité de f .
On a donc en remplaçant par leur valeur : /2,5

il existe α > 0 tel que ∀ x ∈ R, ∀ t ∈ [−π, π] : |t| < α =⇒ |f (x) − f (x − t)| 6 .


3. Soient x ∈ R et n ∈ N. On applique la relation de Chasles :
Z −α Z α
1  
f (x) − (f ∗ Kn )(x) = f (x) − f (x − t) Kn (t)dt + f (x) − f (x − t) Kn (t)dt
2π −π −α
Z π 

+ f (x) − f (x − t) Kn (t)dt
α
Z −α Z α
1
|f (x) − (f ∗ Kn )(x)| 6 f (x) − f (x − t) Kn (t)dt + f (x) − f (x − t) Kn (t)dt
2π −π −α
Z π 
+ f (x) − f (x − t) Kn (t)dt
α
car pour tout t ∈ R, Kn (t) > 0.
Puis, d’après l’inégalité triangulaire et le théorème de Weierstrass
∀ x ∈ R, ∀ t ∈ R |f (x) − f (x − t)| 6 |f (x)| + |f (x − t)| 6 2kf k∞
On trouve alors :
 Z π Z α 
1
|f (x) − (f ∗ Kn )(x)| 6 4kf k∞ Kn (t)dt + f (x) − f (x − t) Kn (t)dt
2π α −α
Z −α Z π
en exploitant la parité de Kn et donc : Kn (t)dt = Kn (t)dt. /2
−π α
Ensuite, pour tout t ∈ [−α, α], |x − (x − t)| = |t| 6 α, donc |f (x) − f (x − t)| 6 .
On trouve donc, pour tout x ∈ R
 Z π Z α 
1
|f (x) − (f ∗ Kn )(x)| 6 4kf k∞ Kn (t)dt +  Kn (t)dt
2π  Zαπ Z−απ 
1
6 4kf k∞ Kn (t)dt +  Kn (t)dt
2π Z π α −π
2
6 kf k∞ Kn (t)dt + 
π α

Ceci étant vrai pour tout x ∈ R, cela est vrai en x0 tel que kf − f ∗ Kn k∞ = |(f − f ∗ Kn )(x0 )| : /1,5
Z π
2
kf − f ∗ Kn k∞ 6  + kf k∞ Kn (t)dt
π α

4. Soit f ∈ C2π .
Soit  > 0.
f est continue donc uniformément continue. Il existe α > 0 tel que ∀ x, y ∈ R, |x − y| 6 α ⇐⇒
|f (x) − f (y)| 6 .
On a alors ωf (α) < . Z π
2
On a ensuite : pour tout n ∈ N, kf − f ∗ Kn k∞ 6  + kf k∞ Kn (t)dt.
Z π π α
2
Or (par produit) lim kf k∞ Kn (t)dt (pour tout a, donc pour a = α en particulier).
n→+∞ π a Z π
2
Ainsi, il existe Nα, tel que pour tout n > Nα, , 0 6 kf k∞ Kn (t)dt 6 . 1,5
π α

Donc pour tout , il existe N (= Nα , ) tel que pour tout n > N , kf − f ∗ Kn k∞ 6 2.

Cela signifie exactement que pour toute valeur qu’on imagine (même infiniment petite) , à
partir d’un certain moment N , kf − f ∗ Kn k∞ est plus petit que cette valeur. /1

Cela veut exactement dire lim kf − f ∗ Kn k = 0


n→∞

Remarques !
Dans ce problème, on a démontré le résultat de la convergence uniforme de la somme de Cesaro de la série de
Fourier de f vers f .
A toute fonction f périodique, on associe une série trigonométrique (polynôme trigonométrique infini) de la forme
 
+∞ n Z 2π
X X 1
t 7→ S(f ) := ck (f )e ikt
= lim  ikt
ck (f )e  où ∀ k ∈ Z, ck (f ) = f (t)e−ikt dt
k=−∞
n→∞
k=−n
2π 0

On aimerait pouvoir affirmer que f = S(f ).


Nous en sommes pas loin sous bonnes conditions pour f (f continue) à tel point qu’en physique, c’est toujours
 vrai . . .
En réalité, il faut des conditions plus fortes (il suffit que f soit de classe C 1 par morceaux) pour pouvoir af-
firmer que la série S(f ) converge uniformément vers f . Dans cette situation, naturelle, on a fait comme calcul
S(f ) = lim(f ∗ Dn )

Si on fait le calcul différemment, avec la fonction Kn , toujours positif, on associe à f :


  
n r Z 2π
1 X X 1
t 7→ T (f ) := lim n → ∞(F ∗Kn ) = lim  ck (f )e ikt 
où ∀ k ∈ Z, ck (f ) = f (t)e−ikt dt
n→∞ n + 1 r=0 k=−r 2π 0

alors, on a démontré ici que T (f ) converge uniformément vers f , si celle-ci est continue.

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