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Contestation de loi pénale vague en droit

Le document traite d'un cas pratique en criminologie où un individu, Cyrille, est poursuivi pour une infraction liée à une loi récente sur l'adhésion à une idéologie terroriste. L'avocat de Cyrille peut contester l'application de cette loi en invoquant le principe de légalité pénale, en soulignant son manque de clarté et de prévisibilité, ainsi que son incompatibilité avec la Convention européenne des droits de l'homme et la Constitution française. Le document propose des moyens de défense, notamment le contrôle de conventionnalité et de constitutionnalité, pour démontrer que la loi est trop vague et pourrait entraîner une insécurité juridique.

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Contestation de loi pénale vague en droit

Le document traite d'un cas pratique en criminologie où un individu, Cyrille, est poursuivi pour une infraction liée à une loi récente sur l'adhésion à une idéologie terroriste. L'avocat de Cyrille peut contester l'application de cette loi en invoquant le principe de légalité pénale, en soulignant son manque de clarté et de prévisibilité, ainsi que son incompatibilité avec la Convention européenne des droits de l'homme et la Constitution française. Le document propose des moyens de défense, notamment le contrôle de conventionnalité et de constitutionnalité, pour démontrer que la loi est trop vague et pourrait entraîner une insécurité juridique.

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Université Paris 8
Diplôme Universitaire de criminologie
Institut d’enseignement à distance

Unité d’enseignement n°3 : criminologie appliquée


Élément constitutif n°13 : TD droit pénal
Enseignant : Benjamin Fiorini

Sujet n° 1 : HIERARCHIE DES NORMES ET PRINCIPE DE LEGALITE

Par
DÉQUESNES épouse BAYNARD Lucie
Étudiante n°23000074

Année Universitaire 2023-2024


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Cas pratique

Cyrille est poursuivi, le 20 septembre 2020, devant le Tribunal Correctionnel de Paris, pour
une infraction créée par une loi le 20 juin 2020 et entrée en vigueur le 22 juin 2020,
l’incriminant pour les raisons suivantes : « Toute personne qui, au regard de son
comportement constant sur une longue période, paraît manifestement adhérer à une idéologie
terroriste, est punie de 2 ans d’emprisonnement et 30.000 € d’amende. »

La problématique est alors la suivante : en tant qu’avocat, comment contester l’application de


cette loi, favorablement pour Cyrille ?

Nous pouvons invoquer plusieurs moyens de défense pour tenter d’échapper à une
condamnation fondée sur ce nouvel article du Code Pénal :

I. Le respect des normes supérieures : le principe de légalité pénale

Le principe de légalité des délits et des peines est consacré par l'article 8 de la Déclaration des
droits de l'homme et du citoyen de 1789 (DDHC) et l'article 7 de la Convention européenne
des droits de l'homme (CEDH). Il impose que les infractions soient définies de manière claire,
précise et prévisible. Or, nous pouvons constater qu’apparaissent :

 Une absence de clarté : les termes « comportement constant », « longue période » et «


adhérer à une idéologie terroriste » ne sont pas précis et laissent une marge
d'interprétation trop large au juge.
 Un manque de prévisibilité : le justiciable pourrait ne pas comprendre, au moment de
la commission des faits, que ceux-ci pourraient tomber sous le coup de cette
infraction. Par exemple, consulter des sites Internet (sans autre acte) ou refuser de
serrer la main pour des motifs religieux n’est pas clairement assimilable à une
adhésion à une idéologie terroriste. La consultation de sites Internet, même répétée, ne
démontre pas une adhésion, mais seulement un intérêt ou une curiosité intellectuelle.
Le refus de serrer la main des femmes peut être motivé par des convictions religieuses
ou culturelles et ne prouve pas un lien avec une idéologie terroriste.

Le texte n’est pas conforme aux principes de clarté et de d’intelligibilité de la loi, garantis par
la DDHC et la CEDH.

II. Moyens de défense : la conventionnalité et la constitutionnalité


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1. Le contrôle de conventionnalité

Un contrôle de conventionnalité consiste à vérifier si une loi interne est conforme aux
engagements internationaux de la France, notamment à la Convention européenne des droits
de l’homme (CEDH) et à d’autres instruments internationaux. Dans ce cas précis, l’avocat de
Cyrille peut demander au juge d'écarter l'application de la loi pour non-conformité avec les
droits garantis par la CEDH.

L’Article 7 CEDH instaure le principe de légalité des délits et des peines. La loi doit être
suffisamment claire, précise, et prévisible pour permettre à une personne de comprendre les
actes qui peuvent entraîner une sanction pénale. L'article litigieux (« comportement constant
», « longue période », « adhésion manifeste à une idéologie terroriste ») est vague et manque
de critères objectifs. Cela laisse une trop grande marge d'appréciation au juge, ce qui pourrait
conduire à des interprétations arbitraires.

Nous pouvons arguer devant le tribunal que l’article est contraire aux principes de légalité
pénale et que par conséquence, Cyrille ne pourrait pas être jugé sur cette base. Nous pouvons
demander d’écarter l’application de la loi en invoquant la supériorité des traités internationaux
sur les lois internes, et l’incompatibilité de ladite loi avec la CEDH.

2. Le contrôle de constitutionnalité

Le contrôle de constitutionnalité permet de vérifier si une loi respecte les principes et normes
fondamentaux consacrés par la Constitution française et le bloc de constitutionnalité. Dans ce
cas pratique, nous pourrions soulever une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC),
visant à démontrer que l'article litigieux introduit dans le Code pénal est contraire à des
principes constitutionnels.

Le principe de légalité des délits et des peines est consacré à l’article 8 de la DDHC. Selon
l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, composante du bloc
de constitutionnalité : « La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment
nécessaires ».
Elle impose que les infractions soient définies de manière claire, précise, et non équivoque.
Or, les termes de l'article litigieux (« comportement constant », « longue période », « paraît
manifestement adhérer à une idéologie terroriste ») sont flous et subjectifs, ce qui peut
entraîner une insécurité juridique.

Pour soulever une QPC, l’affaire doit remplir trois critères : l’applicabilité de l’article de loi à
l’affaire, l’absence de décision antérieure du Conseil Constitutionnel, le caractère sérieux ou
nouveau de la question. La Cour de Cassation pourra examiner la question ; si la Cour de
Cassation désigne l’article comme contraire à la constitution, l’article sera abrogé, de manière
rétroactive : l’incrimination de Cyrille ne sera alors plus possible.
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Le Conseil constitutionnel a, à plusieurs reprises, censuré des dispositions législatives pour les
mêmes motifs que ceux invoqués dans ce cas pratique : Décision n° 2012-240 QPC, 10 mai
2012 : Une loi ne peut établir une incrimination trop vague ou imprécise.

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