Thème II : XVème-XVIème : un nouveau rapport au monde, un temps de mutation
intellectuelle
Chapitre 4 : Renaissance, humanisme et réformes : mutations culturelles et
religieuses de l’Europe
Après les épidémies (peste noire ou « mort noire » (1347-1352) : 30 à 50 % de la popula° européenne (majoritaireT
les agriculteurs), 25 à 40 million de morts dans toute l'Europe), disettes (pas suffisaT à manger) et guerres (guerre de
Cent Ans de 1337-1453) du XIV° et du début XV°, on assiste à une reprise de l'économie européenne : reprise
démographique (les naissances augmentent ou naissances qui donnent des enfants qui vont vires), remise en
culture des terres abandonnées, armes (canons et boulets de métal), machines à pompe évacuant l’eau des mines
(pour descendre + dans les mines et avoir + de métaux), hauts fourneaux fondant le minerai de fer (pour acier +
solide), rouet à pédale pour filer la laine... (+ rapide à filer avec la pédale donc vêteT - cher)
Ce sont les historiens du XIXème qui ont donné le nom de « Renaissance » à la période des XVème et XVIème
siècles en Europe. Durant ces deux siècles, il y a redécouverte de l'Antiquité (romaine et grecque) et découverte d’un
« Nouveau Monde », de nouveautés dans les domaines économique, social et culturel. Il n’y a pas eu cependant de
rupture brutale entre le Moyen-âge et la Renaissance. La civilisation de l’Europe a distancé la civilisation arabe et
chinoise. Il y a avènement (arrivée/ venue) d’un homme nouveau dans un monde nouveau.
Comment évolue l’Europe des XVème et XVIème siècles, entre découvertes et renaissances
I. Ruptures et renaissance religieuse : les Réformes
A. L'Humanisme (la religion n’est plus au centre mais l’homme) : une révolution culturelle
1. un contexte particulièrement favorable à l’effervescence (pétilleT intelectuel / bcp d’idées)
intellectuelle
2. l’épanouissement de l’Homme par la connaissance
a) l’humanisme
b) une période d’effervescence intellectuelle
c) la « République des Lettres »
B. Les Réformes
Comment les réformes protestantes modifient-elles le rapport à l’Eglise catholique et à la foi ?
1. les causes
2. protestante
3. catholique
4. un bouleversement politique au sein de la chrétienté
II. Les foyers européens de l’art renaissant : le modèle italien
A. Conditions, objectifs et principes
1. l’art, un outil au service du pouvoir politique
2. mutation des pratiques artistiques
B. Les foyers de la Renaissance : un phénomène européen
1. Florence, lieu d’effervescence intellectuelle et artistique
2. Rome capitale de la catholicité
3. La France : François Ier investit les champs artistiques pour magnifier l’image de son règne
Conclusion
I. Ruptures et renaissance religieuse : les Réformes
Quelles sont les mutations (changement) issues de l’effervescence intellectuelle en Europe aux XVème et XVIème
siècles ?
Comment la période de la Renaissance fait-elle entrer l’occident (Europe de l’ouest) dans la modernité ?
A. L'Humanisme : une révolution culturelle
Comment les savants des XVème et XVIème siècles renouvellent-ils la façon de penser l’Homme et le monde ?
Dès le début du XVème siècle, la Renaissance (renaître retourné aux périodes romaine…) introduit une période de
renouveau. Elle se caractérise par une rupture avec le Moyen Âge (connoté péjorativeT) et une redécouverte des
sources d’inspiration grecque et romaine dans le domaine artistique.
À la même époque, l’humanisme (mais ils croyaient en Dieu, Eglise catholique trop puissante et directive) se
développe selon une logique comparable. Fondé sur des savoirs de l’Antiquité, ce mouvement intellectuel place
l’Homme au centre de la connaissance.
Ces nouvelles façons de penser et de représenter l’Homme conduisent à une volonté de réformes dans le domaine
religieux et à une contestation de l’autorité de l’Église catholique.
1. un contexte particulièrement favorable à l’effervescence intellectuelle
La prise de Constantinople (viens de l’Empire byzantin ou Orient) (1453 contre 476 pour Ouest) contraint de
nombreux savants byzantins (chrétien orthodoxe ne reconnait pas le pouvoir du Pape) à trouver refuge en Italie
avec leurs manuscrits antiques. Les penseurs de l’Occident chrétien redécouvrent ainsi les auteurs antiques. Les
historiens grecs Hérodote (-484 - -425) et Thucydide (- 465 ? - - 400 ?), mais aussi les géographes Strabon (-60 - -
20) et Ptolémée (100 – 168) … sont traduits en latin(langue officiel Eglise catholiquedonc pas langue morte),
notamment par l’italien Marsile Ficin (1433 - 1499). Cela permet d’enrichir et de réviser les connaissances de la
philosophie et des sciences héritées du Moyen-Age jugées inférieures.
Leur diffusion est favorisée par l'invention des caractères métalliques mobiles(qui sont réutilisables)par Johannes
Gutenberg (1400 – 1468) vers 1454 (deux siècles après les Coréens, invention du papier au IIème siècle av. J.-C. en Chine, se
diffusant avec l'expansion de l'islam). Les livres pénètrent ainsi les cercles littéraires, largement ouverts aux laïcs (lettrés,
artistes, poètes, médecins, imprimeurs, magistrats, officiers...) sous la protection de riches princes mécènes.
Les livres peuvent désormais être produits rapidement, en grande quantité, à faible coût et ne plus être l’apanage (ce
qui appartient en propre leur propriété) des moines copistes. Le savoir se démocratise.
L’enseignement du grec et de l’hébreu (car ouvrages en hébreu) se développe à travers l’Europe (création en 1530 à
Paris par Guillaume Budé du Collège des lecteurs royaux (aujourd’hui Collège de France)). Les étudiants, les
savants et les érudits circulent ainsi entre les universités de Bologne, Louvain et Paris, mais aussi à travers les
centres d’imprimerie tels que Venise, ou bien les cours royales. La correspondance de ces intellectuels (en latin (un
peu anglais de l’époque)) contribue aussi à la diffusion des textes anciens et des réflexions qui en sont issues. Ce
réseau d’échanges d’idées et de livres entre une élite intellectuelle crée une « République des Lettres » (réseau
culturel) en Europe. Leurs écrits se diffusent (pas seuleT aux intellectuels) auprès des courtisans (ça va les rendre
intéressants) et des riches marchands (++ cultivés = mieux mis en valeur).
2. l’épanouissement de l’Homme par la connaissance
a) l’humanisme
Raison peser
pour/contre, vrai/faux,
peser conséquence et
cause
Education ++
connaissances ++
puissance car on
domine/ ++indépendant
car on ne dépend que de
soi. liberté grâce à la
connaissance.
Ces savant spécialistes des langues et des cultures antiques placent l’être humain au centre de leurs réflexions
d’où leur qualificatif d’« humanistes ».
Influencés par la culture gréco-latine, ils ont une vision très optimiste d’un homme, placé au centre de la Création,
capable d’améliorer (devenir meilleur) sa connaissance de Dieu, mais aussi de lui-même et du monde
grâce à une éducation ambitieuse. Valorisant l’esprit critique (se demander si informa° est vraie ou fausse), le libre-
examen (liberum examen : principe philosophique qui prône la liberté de jugement. Il n'accepte comme vérité que ce
que la raison ou l'expérience permet d'admettre), l’expérimentation et la tolérance.
Ils insistent sur l'étude des mathématiques, des sciences de la nature (zoologie, botanique), sur la pratique des
expérimentations pour vérifier leurs hypothèses. Léonard de Vinci a par exemple vraisemblablement pratiqué des
dissections, comme en témoignent ses dessins anatomiques.
Ils développent une réflexion morale(connaissance du bien et du mal et choix du bien) et sur la critique des systèmes
politiques. Ils veulent promouvoir la liberté et la dignité(le fait que on est respectable) de l'homme, l’appelant à
développer toutes ses facultés. L’homme doit épanouir son corps et son esprit, associer culture et action, liberté et
volonté. Ils ont le goût du beau langage et souhaitent purifier, enrichir et vivifier la langue nationale au détriment du
latin langue utilisée par une minorité de la population.
Erasme (1467 - 1536) est considéré dès son époque comme le plus grand humaniste de son temps. Doté d’une
immense culture et intellectuel brillant, il est ami de nombreux humanistes. Il parcourt l’Europe. Ses écrits influencent
Luther bien qu’Érasme restât toujours catholique et opposé aux troubles religieux. Pour lui, « on ne naît pas homme,
on le devient ».
b) une période d’effervescence intellectuelle
Cela entraîne une renaissance des Lettres et l’apparition de grandes œuvres nationales écrites en langue
vernaculaire (langue nationale) et non plus en latin : Luis Vaz de Camões (1525-1580), dit « le Camoëns ›› au
Portugal, Miguel de Cervantes Saavedra (1547-1616) en Espagne, William Shakespeare (1564-1616) en
Angleterre. En 1549, Joachim du Bellay (1522-1560) rédige « Défense et Illustration de la langue française ››.
En 1530, François 1er fonde le Collège Royal futur Collège de France pour diffuser l’humanisme en France et former
des administrateurs(fonctionnaires). En 1539, son ordonnance de Villers-Cotterêts fonde la primauté et l'exclusivité
du français dans les documents relatifs à la vie publique du royaume de France.
Grâce à la curiosité des humanistes, les conditions de la recherche se sont améliorées. Les princes protègent les
mathématiciens qui redécouvrent Pythagore (- 580 -- 497) et Euclide (-325, -265), médecins et astronomes. Mais les
connaissances scientifiques restent dépendantes du savoir des Anciens et de l’héritage arabe.
En 1543, le polonais Nicolas Copernic (1473-1543), grâce au calcul mathématique, émet l'hypothèse que la Terre
tourne autour du Soleil(dangereux car sous-entend que Bible se trompe) (Galilée le vérifiera au XVIIème en
améliorant la lunette astronomique) ! En 1539, le Flamand (en Flandre, on laisse disséquer) André Vesale (1514-
1564) publie un traité d’anatomie, De humani corporis fabrica, grâce à la dissection de corps, ce qui était interdit par
l’Eglise ! Mais en même temps, astrologues(qui pense que planètes ont influence sur vie êtres humains)
(Nostradamus, 1503 - 1566) et magiciens restent présents.
(+++ réformes = changeT alors que révolu° on supprime tout)
c) la « République des Lettres »
Se développe alors un espace virtuel qui transcende les entités territoriales et réunit une aristocratie de lettrés
européens à travers des traces écrites et des rencontres autour de valeurs communes, rendues possibles grâce à
une langue européenne commune, le latin. Ces humanistes sont ainsi en continuel contact entre eux au moyen des
lettres et des voyages. Leurs écrits se diffusent auprès des courtisans et des riches marchands.
Parmi cette élite intellectuelle les plus célèbres sont Baldassare Castiglione (1478-1529), noble de Mantoue, qui
publie Le Courtisan (guide de comT bien vivre, les bonnes mainières)(1528) qui répand les valeurs de l’humanisme
auprès de la noblesse ; Nicolas Machiavel (1469-1527) dans Le Prince(guide pour prince, comT gouverner…)
(1532) qui offre une approche neuve et réaliste à la politique ; Didier Erasme (1469-1536) dans son Eloge de la folie
(1511) (folie personnifiée)qui dénonce toutes les hypocrisies de son époque ; François Rabelais (1494-1553) dans
« Pantagruel » (1532), « Gargantua » (1534), Le Tiers Livre (1546), Le Quart Livre (1552) et Le Cinquième
Livre (1564) qui sont des quêtes incessantes de l’intéligence, exigeant la meilleure des éducation et faisant ainsi
pleine confiance à l'homme.
Dans le domaine religieux, ils souhaitent revenir aux sources de la Bible et mettre à la disposition du plus grand
nombre de fidèles le texte original traduit dans la langue nationale. Ce sera le premier livre imprimé par Gutenberg
en 1454.
B. Les Réformes
Comment les réformes protestantes modifient-elles le rapport à l’Eglise catholique et à la foi ?
1. les causes
Sans rompre totalement avec l’idée d’un Dieu tout-puissant, les humanistes relisent les textes bibliques et remettent
en question la tradition chrétienne. Ce bouleversement spirituel questionne la liberté de l’Homme dans sa relation
avec Dieu et entraîne de nombreuses critiques à l’égard de l’Église catholique. Érasme, par exemple, dénonce les
excès de la papauté et l’attitude du clergé dans son Éloge de la folie (1511). La pratique des indulgences concentre
particulièrement les griefs (les criK) des fidèles qui considèrent que son principe a été perverti au service d’un
enrichissement des institutions ecclésiastiques. Ainsi pour la construction de Saint-Pierre de Rome, la papauté vend
des indulgences qui permettent de réduire le temps passé au purgatoire.
A la fin du XVème siècle, il y a un vif désir de réforme qui parcourt la chrétienté occidentale et surtout les pays du
Nord de l’Europe. Les motifs en sont les débordements de certains papes (épouse, maîtresse, enfant), l’absence des
évêques de leurs diocèse, leur peu de préoccupation de répondre aux aspirations des fidèles, un clergé mal
formé(connait peu le latin, répond pas aux questions) qui n’apaise pas leurs inquiétudes sur le Salut de l’âme.
La plupart des fidèles ne comprennent pas la messe en latin. (ce qui créer du mécontenteT)
Prédicateurs exaltés (le dominicain Jérôme Savonarole, 1452 - 1498) et pèlerinages (aller d’un point à un autre) sont
nombreux : en Italie, Rome et Lorette, Assise, Padoue, Bari, la Sainte-Baume en France et, plus rarement, Saint-
Jacques de Compostelle en Espagne, Jérusalem…
2. protestante
Avec le moine Martin Luther (1483-1546), cette tension religieuse se traduit dans les années 1517-1521 par une
rupture avec l’Eglise catholique et la papauté dont il dénonce les abus dans ses 95 Thèses en 1517 à Wittemberg et
qui seront largement diffusées grâce à l’imprimerie. Il estime que l'Eglise catholique prépare mal (la vie après la
mort) son âme à comparaître devant Dieu par des rites superficiels et que le catholicisme s’est éloigné de l’Église
originelle et de l’idéal (idéal de Jésus) de pauvreté évangélique. Pour se sauver l'hommes doit avoir foi dans la parole
divine que révèle seule la Bible, ses œuvres ne suffisent pas et donc ni les indulgences ni les dons ! Il assimile les
indulgences à une forme de corruption au profit de l’enrichissement de la papauté.
Il
Il considère que tous les hommes sont pécheurs (ce qui éloigne de Dieu, fautes), y compris les prêtres
et même le pape. Il rejette donc le culte des
saints (pour lui bcp de catholique prennent les saints comme des dieux ou des desses) et toute la hiérarchie (plus de
pape, plus de prêtre...) de l’Église catholique. Il souhaite un rapport plus personnel à la foi et encourage la
lecture de la Bible (à l’époque seulement le pape lisait la Bible) qu’il traduit en allemand.
Il est excommunié (privé de la communion et de l’hostie néanmoins on peut annuler) par le pape en 1521. Mais il est
cependant soutenu par de nombreux princes et villes germaniques qui lui proposent asile et protection et voient en
lui un moyen d’échapper à l’influence de l’Eglise catholique.
Malgré les condamnations de Rome et des facultés de théologies, la réforme gagne tous les pays allemands. Les
Réformés organisent des Eglise qu'ils placent en Allemagne sous la tutelle des princes ou des villes (ils veulent se
débarrasser du pape). A partir de 1541, à Genève, Jean Calvin (1509-1564), chassé de France, organise une
réforme encore plus radicale : il affirme la prédestination (idée selon laquelle le salut d’un individu est décidé par
Dieu, avant même sa naissance), détruit les représentations religieuses (iconoclaste) jugées idolâtres (vénérer,
transformer argent, statue en Dieu) condamne les jeux et le théâtre (car pour lui acteur = ment quand il joue). En
Angleterre Henri VIII (1491-1547) rompt en 1534 avec Rome pour des raisons de politiques personnelles (le pape
lui refuse le divorce avec Catherine d’Aragon) et se fait nommer chef de l’Eglise anglicane.
3. catholique
Face aux progrès de l’hérésie (en grec « choix », courant de pensée qui s'éloigne de la doctrine originelle) et
consciente de ses abus, la papauté réunit un concile à Trente, au nord-est de l’Italie, entre 1545 et 1563(un mois par
an)(cardinaux= évêque qui peut élire le pape) pour mettre en place la Contre-Réforme(répondre précisément aux
criK protestantes,juste dire que cela ne va pas ne suffit pas). Il réfute(nier en justifiant) les thèses protestantes et
répond aux questions des fidèles : vénération de l'Eucharistie (moT ou on peut accéder à l’hostie)(mot grec signifiant «
action de grâce », un des sept sacrements des catholiques. Célébration du sacrifice du corps et du sang de Jésus Christ présent sous les
espèces du pain et du vin. Les protestants n’y voient qu’un symbole et non une réalité.), culte de la Vierge(Marie), goût pour les
images(comme en Italie dorures dans les églises) et les processions, meilleure formation et réforme du clergé
(création de séminaires (pour former les prêtres) et rédaction d’un catéchisme pour les fidèles) en renforçant les
pouvoirs des évêques dans les diocèses et des curés dans les paroisses sous l’autorité de Rome…
L’art baroque est encouragé pour montrer la force du catholicisme et l’importance des images pour soutenir la foi.
La fondation de l’ordre missionnaire des jésuites(ordre religieux, pape=jésuite) en 1534 par Ignace de Loyola (1491-
1556), approuvée par le pape en 1540, est aussi révélatrice de cette volonté de diffuser un catholicisme renouvelé en
Europe et dans le monde. Ils se mobilisent notamment pour la défense du catholicisme par l’éducation des enfants
de la haute société.
Ce concile qui met en place la Contre-Réforme arrive trop tard : l’Europe
Mais ce concile qui met en place la Contre-Réforme arrive trop tard : l’Europe est déjà largement divisée entre
protestants et catholiques. L’intolérance religieuse (guerre de religion) ira croissante au long du XVIème siècle.
4. un bouleversement politique au sein de la chrétienté
A la fin du XVIème, le schisme (mot grec qui signifie « division, rupture de l’unité de la communauté Chrétienne ». En 1054, l'Eglise
chrétienne s’était divisée entre l'Église d’Occident (catholique), qui reconnaît l’autorité du pape de Rome et l'Eglise d'Orient (orthodoxe), avec à
sa tête le Patriarche de Constantinople. A la suite du concile de Trente, les différentes Eglises protestantes se sont également séparées de
Rome.) est irréversible(peut pas revenir en arrière), l’Europe chrétienne se divise en différentes branches ou
confessions. L'Europe du Nord et de l’Est est protestante. Le terrain d'affrontement avec les catholiques de l'Europe
du Sud est la France avec les Guerres de religion (1563-1598).
Ainsi, le royaume de France gouverné par un roi catholique se divise dès 1562 entre des catholiques majoritaires et
des protestants – nommés huguenots – essentiellement calvinistes. Le point culminant de cet affrontement a lieu le
24 août 1572 à Paris lors du massacre de la Saint-Barthélemy(car jour quand cela s’est passé sur le calendrier) au
cours duquel de nombreux chefs protestants sont sauvagement tués, alors qu’ils étaient réunis pour le mariage de
Marguerite de Valois, sœur du roi catholique Charles IX(pas d’enfants), et d’Henri de Navarre, chef du parti
protestant et futur Henri IV.
Après plusieurs années de conflits, les souverains tentent d’instaurer une coexistence pacifique entre catholiques et
protestants et d’instaurer du pluralisme religieux. En 1598, Henri IV (1553-1610) met fin aux guerres de Religion
avec l’édit de Nantes. Ce texte proclame une forme de liberté de conscience, reconnaît une liberté de culte restreinte
pour les huguenots et instaure une protection des protestants(vivre foi sans risqué d’être pendu) contre les
persécutions.
II. Les foyers européens de l’art renaissant : le modèle italien
Quelle est la place des arts dans les mutations de l’Europe des XVème et XVIème siècles ?
A. Conditions, objectifs et principes
C'est Giorgio Vasari (1511-1574), peintre, architecte et écrivain, dans Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et
architectes (1550 puis 1568) qui propose le terme rinascita, « renaissance », pour qualifier le renouvellement
artistique(car av c’était une période « morte » « sans-interêt »Moyen-Age).
1. l’art, un outil au service du pouvoir politique
Les empereurs, les rois et les princes mobilisent les artistes afin de valoriser et de renforcer leur
autorité(propagande) à travers la construction de la figure du prince moderne qui renouvelle l’exercice du pouvoir
politique. C’est notamment le cas de François 1er qui met en scène sa royauté afin de légitimer l’exercice de son
pouvoir monarchique. Il s’inspire
alors de modèles italiens tels que celui de la famille des Médicis à Florence.
En effet, en Italie, à la faveur de la prospérité économique, de puissants mécènes tels que des princes (Laurent de
Médicis à Florence, Ludovic Sforza à Milan, Frédéric III de Montefeltro à Urbin, Louis III Gonzague à Mantoue,
Isabelle d’Este à Ferrare), des ordres religieux, des corporations d'artisans, commandent des œuvres d'art, essayant
d’attirer les meilleurs peintres et sculpteurs.
Ainsi, le marchand et banquier siennois Agostino Chigi consacre une partie de sa fortune à soutenir des artistes tels
que Raphaël (1483-1520) et Le Pérugin (1446-1523). Des contrats d'une extrême précision lient les artistes aux
commanditaires : dessin, matériaux utilisés, originalité... Cela manifeste leur piété(très croyant), leur prestige(riche),
leur goût esthétique, leur volonté d'illustrer la gloire de leur Etat, de leur ville, de leur famille (l’art du portrait se
développe).
La recherche de postérité(se souvenir dans les généra° postérieures) des mécènes et l’ambition des artistes se
rencontrent alors autour d’une politique de grands travaux. C’est particulièrement le cas autour du projet de la
chapelle Sixtine qui rassemble de nombreux architectes, sculpteurs et peintres, dont Michel-Ange (1475-1564,
Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni), qui est chargé de la décoration du plafond par le pape Jules II (1503-
1513) au début du XVIème siècle.
L’architecte Andrea Palladio (Andrea di Pietro della Gondola, 1508-1580), inspiré par Vitruve, architecte romain
du Ier siècle av. J.-C., est l'auteur d'un traité intitulé Les Quatre Livres de l'architecture (1570) qui influence encore
aujourd'hui de nombreux architectes.
2. mutation des pratiques artistiques
Les artistes de la Renaissance poursuivent des objectifs humanistes ; veulent se libérer de l'art du Moyen-Age en
réactualisant les valeurs antiques et cherchant le réalisme (le David de Donatello est une sculpture représentant le
héros biblique avec un corps nu d’adolescent caractéristique des statues grecques du IVème siècle av. J.-C.). Ils
dénoncent violemment les surcharges et les excès de l’art gothique(péjoratif car à l’époque cathédrales = barbares).
Pour le critique d'art Giorgio Vasari, en 1530, qui fait référence au sac de Rome par les « barbares » Goths en 410,
l'art gothique était donc l'œuvre de barbares ayant oublié les techniques et les canons esthétiques gréco-romains.
[Link]
Ils expriment, comme les humanistes, une nouvelle conception du monde et de l’individu, la place grandissante de
l’économie marchande(= tous les artiste n’existeraient pas sans les mécènes), le développement des Etats et la
remise en cause de 1’autorité de l’Eglise. C’est dans ce contexte que s’affirme progressivement la figure de l’artiste.
Véritable érudit, il développe son style, signe ses œuvres et réalise même des autoportraits. Michel-Ange est un
dessinateur et un sculpteur de génie (statue de David), mais aussi un peintre (décoration de la chapelle Sixtine du
Vatican), un architecte (coupole et plan de la basilique Saint-Pierre de Rome), un poète profondément spirituel et un
urbaniste. De son vivant, il est considéré comme un génie de l’art, travaillant pour les Médicis à Florence et pour les
papes à Rome.
De nombreuses inventions renouvellent les techniques, modifiant en profondeur le travail des artistes de la
Renaissance. Ainsi, le remplacement progressif du vélin (peau du coup du veau) par le papier leur permet de
multiplier les croquis à moindre coût dans leur travail préparatoire. Par ailleurs, les réflexions sur le nombre d’or
(proportion considérée comme parfaite), la théorie des proportions et la perspective, élaborée par Leon Battista
Alberti (1404-1472, philosophe, peintre, mathématicien, architecte, théoricien des arts, de cryptographie et de la
linguistique), intègre les connaissances scientifiques dans la création des œuvres de l’époque.
Les formes et les décors gréco-romains sont remis en honneur : plans centrés fondés sur le cercle ou la croix
grecque,
dômes et frontons (ornement triangulaire d'architecture), frises et chapiteau, colonnes et pilastres (pilier encastré),
guirlandes, masques et médaillons. L’architecture obéit désormais à une disposition fondée sur des rapports
mathématiques subtils (la perspective linéaire « 3 D », avec un point de fuite guidant le regard du spectateur, jeu de
volumes et de surfaces organisés par le calcul et la géométrie, le nombre d’or). La ville moderne s’organise autour du
palais selon un ordre géométrique.
[Link]
Les grandes figures du christianisme sont pensées au travers des représentations de la mythologie païenne (la
Vierge Marie s’impose comme le prototype de la femme aimante et vertueuse).
B. Les foyers de la Renaissance : un phénomène européen
Favorisée par la mobilité des artistes à travers l’Europe, la Renaissance contribue à la diffusion de ces nouvelles
techniques et sources d’inspiration.
1. Florence, lieu d’effervescence intellectuelle et artistique
Stimulée par le mécénat ( mécène : sponsorisé les artistes pour qu’ils puissent vivre) des Médicis, qui s'assurent
les services des meilleurs artistes, et par une grande stabilité politique, la Renaissance artistique naît à Florence. Ce
sont des banquiers qui ont fait fortune dans le négoce(vendre + grosse quantité que marchand). Les fêtes, le luxe,
manifestent la puissance du prince, comme à l’époque de l’Empire romain.
Giotto di Bondone (1267-1337) transmet par des gestes et des expressions des émotions humaines ; il inspire de
nombreux artistes. La peinture de Sandro Botticelli (1445-1510) suggère l'image d’une beauté idéale en utilisant
l'harmonie de la composition (façon dont les personnages sont représentés, mise en scène) et les couleurs pures.
Léonard de Vinci (1452-1519) se forme à Florence dans d’atelier d’Andrea del Verrochio (1435-1488). Il y rencontre
scientifiques, architectes et artistes de l’époque et il y est confronté à la concurrence stimulante de certains élèves.
Vinci incarne la soif de connaissances et d'innovations permanente de la Renaissance.
2. Rome capitale de la catholicité
A la fin du XVème, sous l’impulsion de ses papes (Léon X (1513-1521) et Clément VII (1523-1524) sont des
Médicis), Rome devient la capitale de la Renaissance à son apogée. Entièrement nourrie par Florence, elle reprend
le flambeau après la ruine des Médicis. Les ruines antiques et la bibliothèque vaticane(pape=pape depuis début art
chrétienne) attirent les artistes. Des papes mécènes veulent que la capitale de la chrétienté devienne la ville la plus
prestigieuse du monde. A partir de 1506, c'est le projet de Saint Pierre selon les plans de l'architecte Bramante
(Donato di Angelo di Pascuccio, 1444 - 1514).
La peinture de Raphaël (Raffaello Santi ou Sanzio, 1843-1520) assimile toutes les leçons de la Renaissance. Il
influencera comme Vinci et Michel-Ange le maniérisme, mouvement artistique dominé par l'imitation de la «manière »
de ces grands maîtres.
L'art romain évolue vers le style « baroque » (mouvement artistique qui exagère le mouvement, surcharge les
décorations, dramatise les effets, la tension, l’exubérance des formes) qui devient ainsi une sorte d'«art officiel » de
l'Eglise de la Contre-Réforme catholique qui contraste avec l’austérité protestante. Rome restera la capitale artistique
de l’Europe jusqu' au milieu du XVIIème ; les artistes étrangers viennent s'y former.
[Link]
3. La France : François Ier investit les champs artistiques pour magnifier l’image de son règne
Si les débuts de la Renaissance apparaissent dès le XIVème siècle en Italie du Nord, ce mouvement se diffuse
ensuite à travers l’Europe au gré des commandes et des guerres.
A la fin du XVème siècle, l’art français demeure fidèle à la tradition médiévale : style gothique. Les guerres d’Italie
mettent la France en contact avec la Renaissance italienne, à partir de 1494. Les rois de France, impressionnés par
la beauté des villes italiennes ramènent avec eux des artistes pour embellir leurs châteaux notamment dans le val de
Loire (Chambord, Blois, Chenonceau, Azay-le-Rideau). Léonard de Vinci (1452-1519) quitte ainsi l’Italie au début du
XVIème siècle au profit du royaume de France, et plus précisément du château d’Amboise où il est invité par
François Ier (1494-1547), roi mécène. Celui-ci fait appel à de nombreux artistes italiens, dont Le Primatice (1404-
1470) et Rosso Fiorentino (1495-1540), pour décorer le château de Fontainebleau. Des spécificités propres à la
Renaissance française apparaissent sous son impulsion (« école de Fontainebleau »).
[Link]
Les artistes français adaptent les apports italiens à la tradition nationale : les architectes Jean Bullant (1515-1578),
Pierre Lescot (1515-1578) (aile du Palais du Louvre), le sculpteur Jean Goujon (1510-1567). La Renaissance
française prépare le classicisme, mouvement des XVIIème et XVIIIème siècles, qui se caractérise par le sens des
proportions, le goût de l’équilibre, le recherche de l’harmonie et de la stabilité.
[Link]
Stimulé par ces commandes, l’art nouveau se répand rapidement dans toute l'Europe.
Dans les riches cités de la Flandre, des artistes développent un style particulier : Jan van Eyck, Hieronymus Bosch,
Pieter Brueghel l'Ancien, Pierre Paul Rubens…
C'est un architecte italien, originaire de Bologne, Aristotile Fioravanti (1415-1486), qui entre 1475 et 1479,
reconstruit la cathédrale de la Dormition sur le Kremlin à Moscou.
Conclusion
La période de la Renaissance fait entrer l’Europe dans la modernité, culturelle, artistique et religieuse.
L’épanouissement de l’homme ne repose plus désormais seulement sur la foi, mais aussi sur la culture et la raison.
La pensée et l’art se transforment durant cette période. Par la « re-connaissance » même de l’autre, l’homme
« renaît » pour devenir un homme nouveau : l’humaniste. La dynamique de cette ouverture à l’autre portera des fruits
au siècle des Lumières, qui doit beaucoup à l’humanisme renaissant.
Sa connaissance augmentée du monde, grâce à l’ouverture atlantique, sa situation pleinement intégrée et même
recentrée dans des échanges reliant l’Ancien Monde et le « Nouveau Monde », l’ont mise à la tête de la première
mondialisation, occasion de se « frotter et limer [la] cervelle contre celle d’autrui », selon Montaigne. Cet
« européanocentrisme »(colonie française, langue anglais majoritaireT France, Angleterre et Espagne) ne sera
remis en cause qu’au XXème (les deux guerres mettent fin à l’européanocentrisme) siècle avec la montée en
puissance des Etats-Unis et au XXIème siècle de la Chine.
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