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Comparaison de fonctions et voisinages

Le document traite des notions de voisinage en mathématiques, en définissant les voisinages de points, d'infini, et d'adhérence. Il présente également des relations de comparaison entre fonctions, notamment la négligeabilité, les croissances comparées, et l'équivalence entre fonctions. Des théorèmes et des propriétés associées à ces concepts sont également abordés.

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Comparaison de fonctions et voisinages

Le document traite des notions de voisinage en mathématiques, en définissant les voisinages de points, d'infini, et d'adhérence. Il présente également des relations de comparaison entre fonctions, notamment la négligeabilité, les croissances comparées, et l'équivalence entre fonctions. Des théorèmes et des propriétés associées à ces concepts sont également abordés.

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ECE2-B 2018-2019

Remarque
On ne considère ici que des voisinages centrés en x0 . En général, un voisinage
CH XII : Comparaisons de fonctions et (fermé) de x0 est un segment [x0 − α1 , x0 + α2 ] avec α1 > 0, α2 > 0.
Autrement dit, c’est un segment qui contient x0 et non réduit à {x0 }.
développements limités
Définition (notion de voisinage de l’infini)
Voisinage de +∞
Soient I un intervalle de R d’extrémité +∞ et f : R → R définie sur I.
Notations et définitions utiles • On appelle voisinage (fermé) de +∞ tout intervalle de la forme :
Définition (notion d’adhérence) [A, +∞[ où A est un réel (tel que A > 0).
• On appelle adhérence de l’intervalle I, et on note I, l’intervalle I auquel
•On dit qu’une propriété est vraie au voisinage de +∞ s’il existe A (> 0)
on a rajouté ses bornes finies. Plus précisément, on a : tel que la propriété est vraie sur I ∩ [A, +∞[.
1) si I à bornes finies (a, b) ∈ R2 (avec a < b) : alors I = I ∪ {a, b} = [a, b]. Voisinage de −∞
(,→ vrai pour I = ]a, b[, I = ]a, b], I = [a, b[, I = [a, b]) Soient I un intervalle de R d’extrémité −∞ et f : R → R définie sur I.
2) si I à borne(s) infinie(s) : • On appelle voisinage (fermé) de −∞ tout intervalle de la forme :
× si I = ] − ∞, b[ ou I = ] − ∞, b], alors I = ] − ∞, b], ] − ∞, −B] où B est un réel (tel que B > 0).
× si I = ]a, +∞[ ou I = [a, +∞[, alors I = [a, +∞[, • On dit qu’une propriété est vraie au voisinage de −∞ s’il existe B (> 0)
× si I = ] − ∞, +∞[, alors I = ] − ∞, +∞[. tel que la propriété est vraie sur I ∩ ] − ∞, −B].

Définition (notion de voisinage d’un point) Remarque


Voisinage d’un point • La notion de voisinage permet de formaliser l’idée de propriété vérifiée

Soit I un intervalle de R et soit x0 ∈ I. « à proximité » d’un point x0 ou « à proximité » de l’infini.


• On trouve naturellement la notion de voisinage lorsque l’on s’intéresse au
Soit f : I → R (f est une fonction définie sur I).
comportement local d’une fonction. Par exemple, dire que f : R → R
• On appelle voisinage (fermé) de x0 tout segment de la forme :
(définie sur un intervalle I) admet la limite ` en x0 ∈ I, c’est dire que f (x)
[x0 − α, x0 + α] où α est un réel tel que α > 0.
peut approcher ` aussi près que l’on veut pour peu que x soit suffisamment
• On appelle voisinage épointé (fermé) de x0 tout ensemble de la forme
proche de x0 . Cela s’exprime comme suit :
V \ {x0 } où V est un voissinage de x0 .
Autrement dit, un voisinage épointé de x0 est un ensemble de la forme : ∀v ∈ V` , ∃U ∈ Vx0 , ∀x ∈ I ∩ U, f (x) ∈ V
[x0 − α, x0 [ ∪ ]x0 + α] où α est un réel tel que α > 0.
ou encore : ∀v ∈ V` , ∃U ∈ Vx0 , ∀x ∈ I, x ∈ U ⇒ f (x) ∈ V .
• On dit qu’une propriété relative à f est vraie au voisinage de x0 s’il existe
α > 0 tel que la propriété est vraie sur I ∩ [x0 − α, x0 + α]. Il est à noter que cette définition est valable pour x0 (resp. `) fini ou non.

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I. Relations de comparaisons et théoème des crois- Remarque


sances comparées • On peut écrire le résultat de ce théorème sous la forme d’une échelle de
comparaison asymptotique :
I.1. Négligeabilité
Définition ∀a > 0, ∀b > 0, ∀q > 1, (ln x)b << xa << q x
+∞ +∞
Soient f, g : R → R deux fonctions définies sur un intervalle I.
Soit x0 ∈ I ou x0 = +∞ (resp. −∞) si I est d’extrémité +∞ (resp. −∞).
• Cela signifie que la croissance asymptotique (i.e. en +∞) logarithmique
Supposons que g ne s’annule pas dans un voisinage épointé de x0 .
est beaucoup plus faible que la croissance asymptotique polynomiale qui
• On dit que f est négligeable devant g en x0 si : est elle-même beaucoup plus faible que la croissance asymptotique expo-
nentielle.
f (x)
lim = 0 • Il faut savoir lire ce théorème dans l’autre sens :
x→x0 g(x)
xa qx
∀a > 0, ∀b > 0, q > 1, lim = +∞ et lim = +∞
• Si c’est le cas, on dit que « f est un petit o de g en x0 » (o = 15ème lettre x→+∞ (ln x)b x→+∞ xa
o g(x).
de l’alphabet) et on note : f (x) = x→x
0
• Classiquement, on pourra choisir q = e1 ou q = e2 , ou q = ec avec c > 0 (on
• On utilise aussi parfois la notation : f (x) << g(x). a bien ec > 1). Ceci permet de comparer le comportement asymptotique
x0
ec x
Cette notation trompeuse (à ne surtout pas confondre avec f (x) 6 g(x) !) de ec x et xa . Plus précisément : lim = +∞.
x→+∞ xa
est réservée à l’écriture d’échelles de comparaison asymptotiques.
• On en déduit aussi que : ∀a > 0, ∀r ∈ ]0, 1[, lim xa rx = 0
x→+∞
I.2. Croissances comparées
1
Théorème 1. Il suffit de remarquer que si r ∈ ]0, 1[, alors q = > 1.
r
 x a
(ln x)b 1 x
∀a > 0, ∀b > 0, lim =0 On a alors : xa rx = xa = x −→ 0.
x→+∞ xa q q x→+∞

et • Ainsi que : ∀a > 0, ∀b > 0, lim xa (ln x)b = 0


x→0+
xa 1
∀a > 0, ∀q > 1, lim =0 La démonstration se fait grâce au changement de variable X = .
x→+∞ qx x

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I.3. Équivalence I.3.b) Propriétés générales


I.3.a) Définition Théorème 2.
Définition Soient f, g, h : I → R, des fonctions.
Soient f, g : R → R deux fonctions définies sur un intervalle I. Soit x0 ∈ I ou x0 = +∞ (resp. −∞) si I est d’extrémité +∞ (resp. −∞).
Soit x0 ∈ I ou x0 = +∞ (resp. −∞) si I est d’extrémité +∞ (resp. −∞). (lorsque nécessaire, on ajoutera l’hypothèse que ces fonctions ne s’annulent
pas dans un voisinage épointé de x0 )
Supposons que g ne s’annule pas dans un voisinage épointé de x0 .
La relation ∼ vérifie les propriétés suivantes.
• ∼ g(x) si :
On dit que f est équivalente à g en x0 et on note f (x) x→x x→x0
0
1) Réflexivité : 2) Symétrie :

f (x)
lim = 1 ∼ f (x)
f (x) x→x ∼ g(x) ⇒ g(x) x→x
f (x) x→x ∼ f (x)
x→x0 g(x) 0 0 0

3) Transitivité :
Remarque
• Trouver une fonction g équivalente à une fonction f en x0 c’est trouver 
∼ g(x) 
f (x) x→x
une fonction qui a le même comportement que f à proximité de x0 . Ainsi, 0
⇒ f (x) x→x
∼ h(x)
si l’on se place à proximité de x0 , les courbes représentatives de f et de g ∼ h(x) 
g(x) x→x 0
0
apparaîtront comme confondues.
• Le but est de trouver une fonction g dont l’expression est plus simple que
Démonstration.
la fonction f (penser par exemple aux fonctions polynomiales). f (x)
• En première année, on parle plutôt de recherche de termes dominants. 1) Il suffit d’écrire : f (x) = 1 x→x −→ 1.
0
Rappelons brièvement ce procédé. Lorsque l’on cherche la limite d’une
SOMME de termes, on met en facteur celui qui a la plus forte croissance 2) Il suffit d’écrire : g(x) = 1 −→ 1 = 1.
f (x) f (x) x→x0 1
(on le repère souvent à l’aide du théorème des croissances comparées). Ce g(x)
faisant, le deuxième facteur obtenu a pour limite 1.
Voici un exemple de recherche de terme dominant en +∞ : f (x) f (x) g(x)
3) Il suffit d’écrire : = × −→ 1 × 1 = 1.
7
h(x) g(x) h(x) x→x0
2 ln(x) 5x ln(x)
−4x2 ex + 2 ln(x) + 5x7 ln(x) −4x2 ex 1 + −4x2 ex + −4x2 ex
= Remarque
2x3 + 5 2x 3 1 + 2x53
• La relation ∼ est une relation binaire réflexive, symétrique, transitive.
x→x0
2 ln(x) 7
5x ln(x) 5
avec 1 + + −→ 1 et 1 + 3 −→ 1. Les relations vérifiant ce type de propriétés sont appelées des relations
2
−4x e x 2
−4x e x x→+∞ 2x x→+∞ d’équivalence.

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• Nous avons déjà rencontré ce type de relations binaires : Démonstration.


× ∼ est une relation d’équivalence sur les fonctions définies au voisi- 1) Il suffit d’écrire : f (x) = f (x) × g(x) −→ 1 × ` = `.
x→x0
g(x) x→x0
nage du point x0 .
× ⇔ est une relation d’équivalence sur les propriétés mathématiques. f (x) `
2) Il suffit d’écrire : −→ = 1.
× la relation de similitude est une relation d’équivalence sur les matrices.
` x→x0 `

f (x) `
3) Il suffit d’écrire : −→ = 1.
I.3.c) Équivalents et limites g(x) x→x0 `
Remarque
Théorème 3.
• L’hypothèse ` 6= 0 est primordiale pour les propriétés du point 2 .
Soient f, g, h : I → R, des fonctions.
Par exemple :
Soit x0 ∈ I ou x0 = +∞ (resp. −∞) si I est d’extrémité +∞ (resp. −∞).
1 1 1 1
(lorsque nécessaire, on ajoutera l’hypothèse que ces fonctions ne s’annulent −→ 0 et 2
−→ 0 mais ∼
pas dans un voisinage épointé de x ) x x→+∞ x x→+∞ x x→+∞ x2
0
1) Calcul de limites à l’aide d’un équivalent : • Au passage, précisons que l’on ne doit JAMAIS écrire : f (x) ∼
x→x0
0.
 × car la définition établie dans ce cours ne nous permet tout simplement
∼ g(x) 
f (x) x→x
0
⇒ f (x) −→ ` pas de définir correctement cette écriture.
g(x) −→ `  x→x0 × car c’est un cas qui a peu d’intérêt pratique puisqu’il signifie que f est
x→x0
nulle dans un voisinage de 0.
(avec ` limite éventuellement infinie) • Comme on l’a vu précédemment, la recherche d’équivalents (ou de termes
2) Calcul d’équivalents à l’aide d’une limite : dominants) ne se fait que lorque l’on considère une SOMME de termes. Cepen-
) dant, on peut parfois aussi simplifier les produits lorsque l’un des termes
f (x) −→ ` ∈ R admet une limite finie non nulle au voisinage du point considéré.
x→x0 ⇒ f (x) x→x
∼ ` Par exemple :
` 6= 0 0
x
× e ln(x) ∼ 1 × ln(x) = ln(x).
x→0
(avec ` limite finie) ln(x) ln(x) 1
× 1 ∼ 1 = ln(x).
f (x) −→ ` ∈ R 

2 e x→+∞ 2 e
x x 2
x→x0 1 1
e ex

x 1
g(x) −→ ` ∈ R ⇒ f (x) x→x
∼ g(x) × √ ∼ √ = ex .
x→x0 
 0 1 + x x→0 1
` 6= 0 (on se sert ici de la compatibilité de ∼ avec le produit : cf théorème
x→x0

(avec ` limite finie) suivant)

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I.3.d) Calculs d’équivalents en pratique : compatibilité avec le pro- Démonstration.


duit, le quotient, l’élévation à la puissance α 1) Il suffit d’écrire :
Théorème 4.
f (x) × h(x) f (x) h(x)
Soient f, g, h : I → R, des fonctions. = × −→ 1 × 1 = 1
g(x) × t(x) g(x) t(x) x→x0
Soit x0 ∈ I ou x0 = +∞ (resp. −∞) si I est d’extrémité +∞ (resp. −∞).
(lorsque nécessaire, on ajoutera l’hypothèse que ces fonctions ne s’annulent 2) Il suffit d’écrire :
pas dans un voisinage épointé de x0 )
f (x)
1) Compatibilité avec le produit : h(x) f (x) t(x)
g(x)
= × −→ 1 × 1 = 1
g(x) h(x) x→x0
 t(x)
∼ g(x) 
f (x) x→x
0
⇒ f (x) × h(x) x→x∼ g(x) × t(x) 3) Deux cas se présentent.
∼ t(x) 
h(x) x→x 0
0 0 0
× si n = 0 : f (x) ∼ 1 = g(x) .
= 1 x→x
0
2) Compatibilité avec le quotient :
× si n > 0 : alors, par compatibilité avec le produit :

∼ g(x) 
f (x) x→x f (x) g(x)
n
f (x) = f (x) × . . . × f (x) x→x ∼ g(x) × . . . × g(x) = g(x)
n
0
⇒ ∼ 0
∼ t(x) 
h(x) x→x h(x) x→x0 t(x)
0
4) Comme f (x) ∼ g(x), f et g ont même signe (strictement positif) au
x→x0
3) Compatibilité avec l’élévation à la puissance n ∈ N. Pour tout n ∈ N : voisinage de x0 . D’autre part, pour tout x au voisinage de x0 :
α 
f (x) α
n n
∼ g(x)
f (x) x→x
   
⇒ f (x) ∼ g(x) f (x) f (x)
0 x→x 0 α = = exp α ln −→ exp (α × 0) = e0 = 1
g(x) g(x) g(x) x→x0

4) Compatibilité avec l’élévation à la puissance α ∈ R. Pour tout α ∈ R :


5) Il suffit d’écrire :
∼ g(x)
f (x) x→x
) |f (x)| f (x)
α α = −→ |1| = 1
0 ⇒ f (x) ∼
x→x0
g(x) |g(x)| g(x) x→x0
g > 0 dans un voisinage de x0

5) Compatibilité avec la valeur absolue :

∼ g(x)
f (x) x→x ⇒ f (x) ∼ g(x)
0 x→x0

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Exemple Remarque
• ex + ln(x) ∼ ex . Le théorème précédent stipule que l’opérateur ∼
x→x0
est compatible avec les
x→+∞
opérations de produit et quotient.
• ex × ln(x) ∼ ex × ln(x). Il faut faire attention, ce n’est pas le cas de toutes les opérations.
x→+∞

(on ne risque pas de simplifier un produit si aucun des deux termes de ce 1) Considérons l’exemple suivant.
produit ne se simplifie) √ 
x x f (x) = x + x
• (e + 1) ln(x) ∼ e ln(x). ⇒ f (x) ∼ g(x)
x→+∞ g(x) = x + ln(x) x→+∞

1 1 1
√ ∼ √ = x.

• h(x) = −x
1 + ex x→+∞ ex e2 ⇒ h(x) ∼ t(x)
x x t(x) = −x x→+∞
e e −x . √
• ∼ = e
2
1 + ex x→+∞ e
2x mais x = f (x) + h(x) ∼ g(x) + t(x) = ln(x).
x→+∞

(3x + 4)3 (8x−2


+ 2x−4 )
• Limite en +∞ de la fonction f définie par : f (x) = ?
9x + 10  On ne peut sommer des équivalents !
Tout d’abord :
2) Considérons l’exemple suivant.
(3x + 4)3 (8x−2 + 2x−4 ) (3x)3 (8x−2 ) 33 x3 × 8x−2 3 3 8x
∼ = = = 24 
9x + 10 x→+∞ 9x 9x 9x f (x) = x + 1
⇒ f (x) ∼ g(x)
g(x) = x x→+∞
ex + x 2
 
• Limite en +∞ de ln ? ex+1
ex − 1 mais ex+1 = ef (x) ∼ eg(x) = ex puisque = e −→ 1
Tout d’abord : x→+∞ ex x→+∞
ex + x2 ex
∼ =1
ex − 1 x→+∞ ex  De manière générale, on en peut appliquer de fonction de part
Donc, par composition des limites : et d’autre d’une équivalence !
 x
e + x2

Ici, on avait en fait le résultat suivant :
ln −→ 0
ex − 1 x→+∞
ef (x)
 x
e + x2
 ef (x) ∼ eg(x) ⇔ −→ 1 ⇔ ef (x)−g(x) −→ 1
Par contre : ln ∼ ln(1) = 0. x→+∞ eg(x) x→+∞ x→+∞
ex − 1 x→+∞

⇔ f (x) − g(x) −→ 0
x→+∞

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II. Notion de développement limité Interprétation graphique


Notons M (x, f (x)) et M0 (x0 , f (x0 )) points de la courbe représentative de f .
II.1. Rappel : taux d’accroissement et dérivabilité
Alors τx0 (f )(x) est la pente de la corde M0 M .
II.1.a) Taux d’accroissement
Définition
f (x)
Soit f : R → R définie sur un intervalle I et soit x0 ∈ I.
On appelle taux d’accroissement de f en x0 la fonction :

τx0 (f ) : I \ {x0 } → R f (x0 )


f (x) − f (x0 )
x 7→
x − x0
Interprétation physique x0 x
Un taux d’accroissement peut être pensé comme une vitesse moyenne :
la quantité f (x) − f (x0 ) représente un déplacement effectué sur un laps de
II.1.b) Dérivée d’une fonction en un point
temps x − x0 .
• La vitesse moyenne de déplacement d’une voiture entre deux moments t1
Définition
et t2 , est définie par un taux d’accroissement : Soit f : R → R définie sur un intervalle I et soit x0 ∈ I.

km(t2 ) − km(t1 ) • On dit que f est dérivable en x0 lorsque la fonction τx0 (f ) admet une
Vitesse moyenne = limite finie en x0 .
t2 − t1
• Lorsque cette limite existe, elle est appelée nombre dérivé de f en x0
où km(t) désigne le nombre de kilomètres effectués du temps 0 jusqu’à la et est noté f 0 (x0 ). Autrement dit :
date t. Sauf à considérer que l’on peut effectuer des kilomètres négatifs,
cette vitesse moyenne est toujours positive. f (x) − f (x0 )
f 0 (x0 ) = lim
• On peut aussi citer le taux d’accroissement d’une population : x→x0 x − x0
pop(t2 ) − pop(t1 ) Interprétation physique
Accroissement démographique =
t2 − t1
• Le taux d’accroissement s’interprétant comme une vitesse moyenne, sa li-
où pop(t) désigne la taille de la population du temps 0 jusqu’à la date t. mite en un point s’interprète comme une vitesse instantanée.
Notez que l’on peut avoir un taux d’accroissement négatif : cela signifie • Par exemple, si une voiture a effectué 200 km en 2H, c’est qu’elle a roulé
que la population a diminué. en moyenne à 100 km/H. Mais elle a pu effectuer des pointes à 130 km/H.

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Interprétation graphique II.2. Développement limité à l’ordre 1 au voisinage d’un point


II.2.a) DL1 (x0 ) et approximation affine de f en x0
Définition DL1 (x0 )
Soit f : R → R définie sur un intervalle I et soit x0 ∈ I.
On suppose que f est définie dans un voisinage de x0 .
• On dit que f possède un développement limité d’ordre 1 en x0 s’il
existe (a, b) ∈ R2 et une fonction ε : R → R (définie au voisinage de x0 )
tels que, au voisinage de x0 :

f (x) = a + b (x − x0 ) + (x − x0 ) ε(x) et lim ε(x) = 0


x→x0

Remarque
x x0 x • Si f admet un DL1 (x0 ) alors on a : lim f (x) − (a + b (x − x0 )) = 0.
x→x0
Ainsi, les courbes représentatives de f et de la droite d’équation y = a +
Remarque b (x − x0 ) ont tendance à se confondre à proximité de x0 .
• Si f est dérivable en x0 , en effectuant le changement de variable h = x−x0 , • C’est pourquoi on dit que la droite d’équation y = a + b (x − x0 ) est une
on obtient : approximation affine de f en x0 .
f (x0 + h) − f (x0 ) ,→ c’est la droite qui représente le mieux la fonction f au voisinage de x0 .
f 0 (x0 ) = lim
h→0 h Théorème 5.
(c’est une définition équivalente) Soit f : R → R définie sur un intervalle I et soit x0 ∈ I.
• Dire qu’une fonction f est dérivable en x c’est dire que la fonction taux On suppose que f est définie dans un voisinage de x0 .
0
d’accroissement τx0 (f ) est continue en x0 (on peut alors prolonger cette f est dérivable f admet un développement limité
fonction par continuité en posant τx0 (f )(x0 ) = f 0 (x0 )). ⇔
en x0 d’ordre 1 en x0
(
a = f (x0 )
Lorsque ce développement limité existe, ses coefficients sont :
b = f 0 (x0 )
Ainsi, si f est dérivable en x0 , il existe ε : R → R tq au voisinage de x0 :

f (x) = f (x0 ) + f 0 (x0 ) (x − x0 ) + (x − x0 ) ε(x) avec lim ε(x) = 0


x→x0

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Démonstration. II.2.b) Tangente de f en x0


(⇒) Supposons f dérivable en x0 . Définition
τx0 (f )(x) − f 0 (x0 ) si x 6= x0
(
Soit f : I → R et x0 ∈ I.
Notons ε(x) =
0 si x = x0 • Si f est dérivable en x0 , on appelle tangente de f en x0 la droite passant
(c’est le ε donné par la formule finale) par (x0 , f (x0 )) de coefficient directeur f 0 (x0 ).
On a alors ε(x) −→ 0 et de plus, pour tout x 6= x0 :
x→x0 • Autrement dit, c’est la droite d’équation : y = f (x0 ) + f 0 (x0 ) (x − x0 )
ε(x) = τx0 (f )(x) − f 0 (x0 )
Remarque
f (x) − f (x0 )
donc ε(x) + f 0 (x
0) = Il arrive parfois que la fonction f possède une dérivée à gauche et à droite
x − x0 en x0 sans pour autant être dérivable en x0 . Plus précisément, c’est le cas
et f (x) − f (x0 ) = f 0 (x0 ) (x − x0 ) + (x − x0 ) ε(x) lorsque fg0 (x0 ) 6= fd0 (x0 ). On introduit alors les notions suivantes.
Cette formule est aussi valable pour x = x0 . Finalement, on a bien : • La demi-tangente à gauche de f en x0 est la droite d’équation :
0
f (x) = f (x0 ) + f (x0 ) (x − x0 ) + (x − x0 ) ε(x) y = f (x0 ) + fg0 (x0 ) (x − x0 ).
• La demi-tangente à gauche de f en x0 est la droite d’équation :
avec lim ε(x) = 0.
x→x0 y = f (x0 ) + fd0 (x0 ) (x − x0 ).
(⇐) Si f possède un développement limité d’ordre 1 alors :
× a = f (x0 ) (le développement est vérifié en x0 !)
Définition (Tangente de la forme x = x0 )
f (x) − f (x0 ) Soit f : I → R et x0 ∈ I.
× = b + ε(x) −→ b
x − x0 x→x0 Supposons que :
Comme τx0 (f ) admet une limite finie en x0 , on en conclut que f est
× f est continue en x0
dérivable en x0 . De plus, d’après le point précédent :
× lim τx0 (f )(x) = +∞ (resp. −∞) (f est donc non dérivable en x0 )
f (x) − f (x0 ) 0 x→x0
b = lim = f (x0 )
x→x0 x − x0 • On appelle tangente verticale de f en x0 la droite verticale passant par
Remarque le point (x0 , f (x0 )).
• D’après ce théorème, il y a unicité (lorsqu’il existe) du développement
• Autrement dit, c’est la droite d’équation x = x0 .
limité de f d’ordre 1 en x0 .
• Un développement limité établit une égalité vérifiée au voisinage de x0 .
Cela signifie qu’il existe α > 0 tel que, pour tout x ∈ I ∩ [x0 − α, x0 + α] :
f (x) = f (x0 ) + f 0 (x0 ) (x − x0 ) + (x − x0 ) ε(x)

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Représentation graphique Exemple


Avec cette notation, au voisinage de 0, on a :
y y
y
ln(1 + x) = x + o (x) ex = 1 + x + o (x)
x0 x0 x→0 x→0
x x x
√ 1 1
1+x=1+ x + o (x) = 1 − x + o (x)
2 x→0 1+x x→0

Remarque
Tangente Demi-tangentes Tangente verticale • Il est à noter que le premier terme non nul de ces développements fournit
un équivalent de la fonction considérée.
II.2.c) DL1 (x0 ) et négligeabilité / équivalence ln(1 + x)
On retrouve ainsi : ln(1 + x) ∼ x (i.e. −→ 1).
Dans l’écriture du DL1 (x0 ) de f , on a introduit l’écriture (x − x0 ) ε(x) où la x→0 x x→0
(ce n’est qu’une écriture rigoureuse du fait que y = ln(1 + x) peut-être
fonction ε est telle que lim ε(x) = 0.
x→x0 confondue avec sa tangente y = x à proximité de 0)
• La fonction x 7→ (x − x0 ) ε(x) est négligeable devant x 7→ (x − x0 ) en x0 . • D’autre part, on a aussi : ex ∼ 1 + x.
x→0
En effet :
(x − x0 ) ε(x) (ce n’est qu’une écriture rigoureuse du fait que y = ex peut-être confondue
= ε(x) −→ 0 avec sa tangente y = 1 + x à proximité de 0)
x − x0 x→x0
• Enfin, on peut aussi écrire que : ex − 1 = x + o (x).
• C’est une écriture générique d’une fonction négligeable devant x 7→ (x−x0 ) x→0

en x0 . Cette écriture étant un peu lourde, on utilisera généralement la ex − 1


On retrouve alors : ex − 1 x→x∼ x (i.e. −→ 1).
o (x − x0 ).
notation x→x 0 x x→0
0 (ce n’est qu’une écriture rigoureuse du fait que y = ex − 1 peut-être confon-
due avec sa tangente y = x à proximité de 0)
Formule de Taylor-Young (à l’ordre 1)
Si f est dérivable en x0 , son DL1 (x0 ) s’écrit sous la forme :

f (x) = f (x0 ) + f 0 (x0 ) (x − x0 ) + x→x


o (x − x0 )
0

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II.3. Développement limité à l’ordre 2 au voisinage d’un point II.3.b) Formule de Taylor-Young
II.3.a) Définition Théorème 6.
Définition DL2 (x0 ) Soit f : R → R définie sur un intervalle I et soit x0 ∈ I.
Soit f : R → R définie sur un intervalle I et soit x0 ∈ I. On suppose que f est définie dans un voisinage de x0 .
On suppose que f est définie dans un voisinage de x0 . f est deux fois f admet un développement limité

• On dit que f possède un développement limité d’ordre 2 en x0 s’il dérivable en x0 d’ordre 2 en x0
existe (a, b, c) ∈ R2 une fonction ε : R → R (définie au voisinage de x0 )
tels que, au voisinage de x0 : • Lorsque la fonction f est deux f dérivables, elle admet un DL2 (x0 ) dont
les coefficients sont : 
 a = f (x0 )
f (x) = a + b (x − x0 ) + c (x − x0 )2 + (x − x0 )2 ε(x) et lim ε(x) = 0 

x→x0 b = f 0 (x0 )

f 00 (x0 )


c=

• Ce que l’on peut encore écrire : 
2

f (x) = a + b (x − x0 ) + c (x − x0 )2 + x→x
o (x − x0 )2
 • Ainsi, si f est deux fois dérivable en x0 , il existe ε : R → R (définie au
0 voisinage de x0 ) telle que, au voisinage de x0 :

Remarque f 00 (x0 )
f (x) = f (x0 ) + f 0 (x0 ) (x − x0 ) + (x − x0 )2 + (x − x0 )2 ε(x)
• Si f admet un DL2 (x0 ) alors : lim f (x) − (a + b (x − x0 ) + c (x − x0 )2 ) = 0. 2
x→x0
Ainsi, les courbes représentatives de f et g : x 7→ a + b (x − x0 ) + c (x − x0 )2
avec lim ε(x) = 0.
ont tendance à se confondre à proximité de x0 . x→x0

• Un DL2 (x0 ) fournit une approximation quadratique de f en x0 . • Ce que l’on peut encore écrire :
• Dans le programme ECE, on se limite aux développements limités à l’ordre 2.
f 00 (x0 )
f (x) = f (x0 ) + f 0 (x0 ) (x − x0 ) + (x − x0 )2 + x→x
o (x − x0 )2

Mais on pourrait définir de même la notion de développement limité en x0
à tout ordre n ∈ N∗ . 2 0

Démonstration.
Admis.

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Remarque II.3.d) Calcul pratique des développements limités


• D’après ce théorème, il y a unicité (lorsqu’il existe) du développement
Somme et produit de développement limités
limité de f d’ordre 2 en x0 .
On l’a déjà dit : un développement limité établit une égalité vérifiée au
• Ce théorème est énoncé avec l’hypothèse : f deux fois dérivable en x0 .
voisinage de x0 . Ainsi, toutes les opérations raisonnables sur les égalités sont
Évidemment, ce théorème est vérifié avec l’hypothèse plus forte : f est de
envisageables sur les développements limités. On pourra notamment réaliser
classe C 2 en x0 . C’est l’hypothèse que l’on utilisera aux concours.
des sommes (ce qui n’autorise toujours pas à sommer des équivalents !) et
• Si la fonction f est de classe C
n (avec n ∈ N∗ ) en x , on peut écrire la
0 des produits de développements limités.
formule de Taylor-Young à l’ordre n :
Exercice
n f (n) (x ) 1
0
(x − x0 )n + x→x
o (x − x0 )n

1) Déterminer le DL2 (0) de la fonction x 7→
P
f (x) = + x.
k=0 n! 0 1+x
2) Déterminer le DL2 (0) de la fonction x 7→ ex − e−x .

II.3.c) Développements limités usuels en 0 3) Déterminer le DL2 (0) de la fonction x 7→ (1 + x) ex .

Théorème 7.
Théorème 8. (manipulation pratique des o (.))
Rappelons que si f est deux fois dérivable en 0 alors son DL2 (0) s’écrit : x→0
Afin de déterminer de matnière mécanique le DL2 (0) d’une somme ou d’un
f 00 (0)
f (x) = f (0) + f 0 (0) x + x2 + o x2

produit de fonctions, on pourra utiliser les propriétés suivantes.
2 x→0
Pour tout (m, n) ∈ N × N :
x2
ex = 1 + x + + o x2


o xn + o xn = o xn o xn − o xn = o xn
     
2! x→0 1) 2)
x→0 x→0 x→0 x→0 x→0 x→0

x2 x2
+ o x2 + o x2
 
• ln(1 + x) = x − et ln(1 − x) = −x − 3) Si on suppose de plus m < n : o xm + o xn = o xm
  
2 x→0 2 x→0
x→0 x→0 x→0

1 1
= 1 − x + x2 + o x2 = 1 + x + x2 + o x2 xm × o xn = o xm+n
   
• et 4)
1+x x→0 1+x x→0 x→0 x→0

α(α − 1) 2 o xm × o xn = o xm+n
  
α 5)
x + o x2

• (1 + x) = 1 + αx + x→0 x→0 x→0
2! x→0

o c xn = o xn
 
√ 6) Pour tout c ∈ R :
x x2 2
 x→0 x→0
On en déduit notamment : 1+x=1+ − + o x
2 8 x→0

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Développement limités et composition II.3.e) Position locale d’une courbe par rapport à sa tangente
On peut aussi, sous certaines hypothèses, agir par composition. Considérons Théorème 9.
une fonction f définie dans un voisinage de 0 et deux fois dérivable en 0.
Soit f : R → R définie sur un intervalle I et soit x0 ∈ I.
• D’après la formule de Taylor-Young, pour tout u au voisinage de 0, on a :
On suppose que f est définie dans un voisinage de x0 .
0 f 00 (0) 2 2
f (u) = f (0) + f (0) u + u + u ε(u) On supppose de plus que f est deux fois dérivable en x0 .
2
On a alors, dans un voisinage de x0 :
où ε est une fonction définie au voisinage de 0 et telle que : lim ε(u) = 0.
u→0
Soit x dans un voisinage de 0. Alors u = 2x est lui aussi dans un voisinage f 00 (x0 )
f (x) = f (x0 ) + f 0 (x0 ) (x − x0 ) + (x − x0 )2 + x→x
o (x − x0 )2

de 0. En appliquant l’égalité précédente, on obtient : 2 0

f 00 (0) Et ainsi :
f (2x) = f (0) + f 0 (0) (2x) + (2x)2 + (2x)2 ε(2x)
2 f 00 (x0 )
f (x) − f (x0 ) + f 0 (x0 ) (x − x0 ) (x − x0 )2 + x→x
o (x − x0 )2
 
= f (0) + 2 f 0 (0)x + 2 f 00 (0) x2 + x2 4 ε(2x)
 =
2 0

00
f (x0 )
Et comme, par composition de limite : lim 4 ε(2x) = 4 × 0 = 0, l’égalité ∼ (x − x0 )2
x→0
au-dessus est bien le DL2 (0) de la fonction g : x 7→ f (2x).
x→x0 2
• On peut procéder de même pour u = ψ(x) si l’on sait que ψ(x) est dans un La position locale de la courbe Cf par rapport à sa tangente en x0 est donnée
voisinage de 0 lorsque x l’est (autrement dit pour une fonction ψ telle que 00
 : par le signe de f (x0 ). Plus précisément :
ψ(x) −→ 0). On définit alors le DL2 (0) de la fonction g : x 7→ f ψ(x) . 00
× si f (x0 ) > 0, alors, au voisinage de x0 , Cf est située au-dessus de sa
x→0
• Il est conseillé, lorsque l’on souhaite écrire un DL2 (0) à l’aide d’une com- tangente.
position, de repasser par l’écriture à l’aide des fonctions ε. 00
× si f (x0 ) < 0, alors, au voisinage de x0 , Cf est située en-dessus de sa
tangente.
Exercice
1) Déterminer le DL2 (0) de la fonction x 7→ ln(1 + 2x).
e2x
2) Déterminer le DL2 (0) de la fonction x 7→ .
1 − 2x

3) Déterminer le DL2 (0) de la fonction x 7→ 1 − x2 .
4) Déterminer le développement asymptotique  (c’est  à dire lorsque x est au
1
voisinage de +∞) de la fonction x 7→ ln 1 + .
x

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