Gomez
Gomez
Didier GOMEZ
Ingénieur ESAG
Je tiens tout d’abord à remercier Laurent KRAEUTLER, chef du bureau études techniques
au sein du bureau d’études Axe pour m’avoir permis d’effectuer ce stage dans les
meilleures conditions, pour sa disponibilité et la multitude d’informations qu’il m’a
communiquées durant ces quatre mois. Je lui adresse toute mon amitié.
Merci également à Olivier CESBRON, Mathieu PIAU et Florian BESNIER pour le temps
qu’ils ont pu me consacrer
Enfin, je remercie Anne Roué-Le Gall, professeure à l’EHESP pour ses précieux conseils
et son encadrement.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Sommaire
Introduction ............................................................................................................................ 1
1 Contexte de l’étude ........................................................................................................ 3
1.1 Contexte national législatif et règlementaire en matière de sites et sols pollués .. 3
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2.5.6 Nombre d’équivalent carbone ................................................................................. 23
2.8 Additivité................................................................................................................ 27
3.2 Modélisation du transfert de polluant par volatilisation depuis les sols ou l’eau
souterraine vers l’air intérieur – modèle Johnson et Ettinger.......................................... 35
3.2.4 Les paramètres requis pour le modèle vaporisation depuis le sol ........................... 38
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
4.2 Calcul des concentrations à la source ................................................................. 44
Conclusion ........................................................................................................................... 51
Bibliographie ........................................................................................................................ 53
Liste des tableaux et figures ............................................................................................... 55
Liste des annexes .................................................................................................................. I
Abstract .................................................................................................................................. I
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Liste des sigles utilisés
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Introduction
En France, il n’existe pas de valeur de gestion règlementaire pour les sols et il est
nécessaire de se référer aux diverses règlementations particulières dont celle relative aux
installations classées pour la protection de l’environnement régie par la loi de 1976. Dans
les années 1990 après un travail de recensement national des sites potentiellement
pollués, l’accent a été mis sur la gestion des risques en fonction de l’usage. L’introduction
des nouveaux outils méthodologiques en 2007, réaffirme cette volonté des pouvoirs
publics. Ainsi, dans le cadre d’un dossier de cessation d’activité, l’exploitant industriel est
tenu de rechercher et de traiter les pollutions, d’apprécier les risques en se fondant sur la
gestion sanitaire en place pour l’ensemble de la population française et de justifier les
choix techniques retenus selon des critères explicites, argumentés et transparents.
Les pollutions liées aux produits pétroliers représentent près de la moitié des pollutions
répertoriées. En l’absence de valeurs seuils, l’approche est fondée sur la notion du risque
sanitaire qu’une cible puisse être exposée à ces polluants et en subir des effets néfastes.
Pour les pollutions d’origine pétrolière la complexité et le nombre de composés pouvant
être présents dans des sols aux caractéristiques différentes, représente une difficulté
majeure dans l’évaluation quantitative des risques. Les recherches du MADEP, puis du
TPHCWG dans les années 1990, ont contribué à construire une méthode innovante pour
permettre une meilleure prise en compte du risque. Quantifier des fractions
d’hydrocarbures pétroliers représente une alternative pratique à l’évaluation de centaines
de composés individuels. Le travail du TPHCWG dans les années 1997-98, aux Etats-
Unis, a consisté à déterminer ces fractions et à leur affecter des valeurs toxicologiques de
référence. Cette méthode a été adoptée dans de nombreux pays, y compris en Europe
mais a été amendée par des corrections ou modifications.
A la demande du bureau d’études AXE Environnement, l’accent est mis sur la voie
inhalation de l’air intérieur. Le logiciel RISC® développé par British Petroleum est un des
rares logiciels de modélisation à prendre en compte cette voie. Bien que souvent utilisé
en France, cet outil n’a fait l’objet d’aucune évaluation spécifique et un paramétrage
adapté au contexte français semble nécessaire.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -1-
1 Contexte de l’étude
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -3-
Avec la nouvelle réglementation de 2007, disparaissent également les VDSS et VCI qui
sont tout simplement supprimées. L’appréciation ne devra plus être menée par rapport à
des concentrations dans les terres des sites pollués mais à partir de données résultant de
divers scenarii d’exposition basée sur des valeurs adaptées, transparentes et reconnues.
Cette nouvelle approche conserve le même objectif de maîtrise sur le long terme
des impacts sanitaires et environnementaux des sites et sols pollués. Elle doit
conduire son utilisateur à préciser le programme de gestion (travaux de
dépollution, confinement ou restrictions d’usage…) et de permettre ainsi la
compatibilité du site avec son usage.
Dans le cadre de ses études d’impact, le bureau d’études AXE est amené à réaliser des
évaluations des risques. Disposant de différents outils de modélisation, il souhaite
cependant approfondir la maîtrise du logiciel RISC®. Ce logiciel permet, entre autres
voies, la modélisation de transfert de polluant depuis le sol vers l’air intérieur. Conçu aux
-4- Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Etats Unis, l’étude des paramètres d’entrée et de sortie est indispensable afin de vérifier
la faisabilité de la transposition en France.
L’objectif principal de cette étude sera d’intégrer dans le calcul des risques sanitaires,
l’exposition par inhalation aux produits pétroliers en utilisant la méthode développée par le
groupe de travail TPHCWG
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -5-
2 Les hydrocarbures et le TPHCWG
Depuis une vingtaine d’années, d’importantes mutations dans l’industrie ont conduit à la
fermeture ou la reconversion de nombreux sites. L’accroissement démographique a
contraint les autorités à créer des zones d’habitats sur d’anciennes friches industrielles.
Ainsi sont apparues des zones de pollution qui ont incité les législateurs à rechercher des
réponses adaptées à ces enjeux de santé publique et de protection de l’environnement.
Gérée par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la
Mer, la base de données BASOL [2] contient la liste des sites nécessitant une action des
services publics à titre préventif ou curatif. En 2010, 4 033 sites sont répertoriés. Pour
70% d’entre eux, une pollution des sols ou de la nappe d’eau souterraine a été constatée,
plus de la moitié étant d’origine hydrocarbure et HAP.
L’impact sur la santé humaine de l’exposition aux produits pétroliers est difficile à évaluer.
Les produits pétroliers ont des compositions variables (origine du brut, opérations de
raffinage). De plus, dans l’environnement, des modifications importantes et continues
interviennent au niveau des proportions relatives des composés dues à leur
transformation (biodégradation, réactions chimiques) et à leurs mobilités respectives
(sorption, volatilisation, solubilité).
Même si les technologies d’analyse courante permettent aujourd’hui d’identifier et de
quantifier tous les composants hydrocarbures connus, le coût prohibitif de telles analyses
et surtout le manque de données toxicologiques et physicochimiques rend cette
démarche totalement inenvisageable. L’enjeu est donc de développer une approche qui
permette d’identifier et de caractériser les dangers inhérents aux produits déversés dans
l’environnement, approche qui devra être suffisamment fiable et exhaustive pour
permettre de quantifier les risques sanitaires liés à leur exposition.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -7-
hydrocarbure
hydrocarbures s
aliphatique
alcanes, para alicyclique
saturés non saturés ffines
Le classement selon la structure (Cf. Figure 2) est le plus employé dans le cadre des
évaluations de risque en raison de l’importance de la structure moléculaire sur le devenir
et la mobilité de ces molécules dans l’environnement. On distinguera par la suite, les
formes aliphatiques (paraffiniques), naphténiques (cyclanes) ou aromatiques (BTEX et
HAP).
Le pétrole brut est à l’origine de tous les produits pétroliers commercialisés. Les pétroles
bruts sont des mélanges complexes d’hydrocarbures de différentes familles (aliphatiques,
alicycliques ou aromatiques) comportant de 1 à 40 atomes de carbone, associés à des
composés oxygénés, azotés et sulfurés ou métalliques (vanadium et nickel).
Chaque fraction ayant des applications différentes, le raffinage consiste, par des
opérations de distillation, à séparer le pétrole brut en produits intermédiaires, puis, si
nécessaire, par d’autres procédés, à les fractionner pour obtenir le produit fini recherché.
Même si l’objectif du raffinage est d’obtenir des produits de composition constante,
utilisables par l’industrie, les coupes pétrolières ainsi produites, tout en présentant des
caractéristiques similaires, peuvent avoir des compositions différentes selon la
provenance du pétrole brut et les étapes de raffinage réalisées.
Les produits ainsi transformés sont utilisés comme produits énergétiques (carburants et
combustibles) et en produits non énergétiques (matières premières pour la pétrochimie,
lubrifiants, paraffines et bitumes).
La distillation fractionnée sépare les produits légers (gaz, naphtas et essences), les
produits moyens (kérosène, gazoles et fuel domestique), les lourds (fuel lourd) et les
résidus (bitumes, goudrons). Les distillats sont eux-mêmes classés sous deux formes, les
produits blancs (distillats légers et moyens) plus volatils et plus clairs, et les produits noirs
(distillats lourds) les plus denses et les plus foncés.
-
-8- Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
- Dans les coupes légères, on peut distinguer les gaz,
les essences auto ou avion, les naphtas utilisés comme
matières premières en pétrochimie.
- Dans les coupes moyennes, on retrouve les
kérosènes (pétrole lampant), les carburéacteurs, le
carburant diésel, le gazole et le fioul domestique
- Dans les coupes lourdes, les huiles extra lourdes, le
fioul lourd et le bitume.
Figure 3 – coupes pétrolières
lors de la distillation
Lorsque les produits pétroliers pénètrent dans les sols, généralement sous forme liquide,
il y a une séparation naturelle des hydrocarbures. Ce processus de séparation est le
résultat de l’exposition à un environnement en plusieurs phases, sol, gaz du sol, eau et
phase aqueuse non miscible (NAPL). Toutes proportions gardées, les propriétés des
produits pétroliers sont le reflet des propriétés de leurs constituants.
Quelques tendances générales peuvent se dégager. Les molécules les plus lourdes
(nombre d’atomes de carbone élevé) qui sont généralement moins mobiles et adsorbées
par les particules du sol, restent près de la source initiale tandis que les molécules les
plus légères migrent plus profondément sous la surface en raison de leur solubilité plus
élevée ou au contraire s’évacuent par vaporisation, via les gaz du sol, vers l’air extérieur.
La biodégradation de ces composés joue également un rôle dans la prédiction de leur
devenir dans l’environnement.
Les aliphatiques : Apolaires, ils sont insolubles dans l’eau. Inertes, ils sont très stables
dans l’environnement. Leurs propriétés physicochimiques dépendent essentiellement de
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -9-
leur masse moléculaire et des éventuelles ramifications qui influent sur le point
d’ébullition.
Les naphtènes, principalement composés d’alcènes, ont des propriétés très proches des
composés aliphatiques, toutefois la présence de doubles liaisons entre atomes de
carbone les rend plus sensibles aux réactions d’oxydation.
Les aromatiques sont composés d’un ou plusieurs cycles benzéniques qui leur confèrent
une très grande lipophilie et un caractère hydrophobe qui agit sur les interactions avec les
différentes matrices environnementales (absorption, volatilisation, dégradation). Stables
chimiquement et physiquement, ils sont persistants dans l’environnement. Excepté pour le
naphtalène, la solubilité dans l’eau est modérée à très faible.
Tous les hydrocarbures ne sont pas toxiques cependant les HAP ont un potentiel
mutagène et cancérigène important et 16 d’entre eux sont classés comme substances
polluantes prioritaires (US EPA) et 6 sont classées par le centre International de
recherche sur le Cancer (IARC) comme cancérigènes probables (groupe 2B).
La toxicité des composés aliphatiques est moindre que celle des aromatiques mais
implique des effets sur la peau, les poumons, peuvent attaquer le système nerveux
central. Les effets sont similaires pour les naphtènes.
Figure 4 - mécanismes
d'atténuation naturelle (d'après
Bekins et al 2001)
Une fois libérés dans l’environnement les différents composants des produits pétroliers
sont soumis à l’action de différents processus chimiques, physiques et biologiques qui
affectent leur comportement. Ces processus naturels peuvent être classés en trois
catégories :
Les mécanismes avec conservation de masse : advection (convection), dispersion
et diffusion, dissolution, volatilisation, adsorption ;
Les mécanismes destructifs : dégradation biologique ou chimique ;
- 10 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Les autres mécanismes dits de dilution prennent en compte les actions de
phénomènes divers liés au climat ou à la contexture des sols.
Au niveau de la zone source, les principaux mécanismes sont des échanges entre la
phase organique (produit pétrolier) et l’eau (dissolution) ou le gaz (volatilisation) ainsi que
la biodégradation qui génèrent deux panaches (composés dissous et gazeux) qui
interagissent l’un avec l’autre. Concernant les substances dissoutes, différents
mécanismes interviennent comme la convection, la dispersion, la diffusion, la
volatilisation, les phénomènes de dégradation ou l’effet de dilution. Pour les substances
gazeuses, les mécanismes agissant sont la diffusion, la convection, l’adsorption, la
dégradation et la dilution.
Dans le sol, considéré par défaut comme un milieu poreux, les produits pétroliers migrent
sous l’action des forces de gravité et des forces capillaires. La plupart des composés qui
sont insolubles et immobiles dans l’eau migrent avec le flux de produit qui laisse derrière
lui une zone à saturation résiduelle. En effet, pendant cette migration, une partie sera
adsorbée par les particules du sol jusqu’à constituer une source continue de
contamination de certains composés qui pourront alors individuellement se séparer et
migrer vers l’air du sol ou vers les eaux souterraines. De nombreux paramètres
interviennent comme la teneur en eau du milieu, la végétation, la température, la
contexture des sols, la viscosité du produit….
Cette partition, au sein des différentes matrices environnementales dépend non
seulement des caractéristiques du sol mais également des propriétés chimiques de
chaque substance du mélange. On peut donc retrouver les polluants sous les quatre
formes suivantes :
- En phase solide, c'est-à-dire adsorbés sur des particules ou précipités sous forme
de particules minérales ;
- En phase libre ou NAPL ;
- En phase liquide aqueuse, c'est-à-dire dissoute dans l'eau libre (zone saturée) ou
retenue par le sol dans l’eau capillaire ou liée aux particules du sol.
- En phase gazeuse, dans l'atmosphère des sols qui occupe la porosité du sol non
occupée par l'eau capillaire (uniquement en zone non saturée).
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 11 -
2.2.2 Les différents mécanismes
A) Mécanisme de dispersion
a) La dispersion mécanique :
b) La diffusion moléculaire :
Ce phénomène qui ne dépend pas du mouvement d’ensemble du fluide est lié à l'agitation
moléculaire et apparaît dès qu’il existe un gradient de concentration dans le sol.
L’agitation moléculaire va provoquer un transfert de molécules des zones à concentration
élevée vers les zones à concentration faible. Ce phénomène répond, dans les milieux
poreux à la loi de Fick qui énonce le principe qu’en présence d’un gradient de
concentration, un flux de matière apparaît tendant à équilibrer la concentration. Ce flux
dépend des caractéristiques chimiques de la substance et de la matrice ainsi que de la
température).
Dans le cas de transport en phase gazeuse, la diffusion moléculaire est essentielle et
constitue le mécanisme essentiel dans le cadre du transfert vers la surface lorsque la
convection est absente
Les mécanismes de transfert de masse entre phases comprennent les échanges phase
organique/eau (dissolution), phase organique/gaz (volatilisation), eau/gaz (volatilisation)
et eau/solide (adsorption).
a) Dissolution
- 12 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
La solubilité décroit généralement quand la masse molaire augmente. Il est important de
noter que la partition est affectée par la présence d’autres hydrocarbures dans le sol. La
concentration dissoute maximale est toujours inférieure à la concentration attendue si le
produit avait été pur.
La dissolution de la phase organique traduit le transfert de composés de la phase
organique (en zone non saturée comme en zone saturée) vers la phase aqueuse. Dans
l’hypothèse d’un équilibre local, la valeur de concentration à l’équilibre est la solubilité du
corps pur à une température donnée.
La loi de Raoult peut servir de première approximation :
𝑆𝑒,𝑦 = 𝑋𝑦 𝑥 𝑆𝑠,𝑦
Avec
Se,y : solubilité effective dans l’eau du composé y [mg/L]
Xy : fraction molaire du composé y dans la phase organique [-]
S, s,y : solubilité du corps pur y dans l’eau [mg/L]
b) Volatilisation
La volatilité est définie comme la propension d’une substance à se répartir dans l’air et à
migrer sous forme de vapeur. Elle dépend principalement de la pression de vapeur
saturante du composé. La pression de vapeur saturante est la pression de la substance
exercée par sa vapeur, lorsque l’équilibre est atteint entre ses différentes formes solides
et liquides à l’équilibre
Les composés ayant des pressions de vapeur saturantes élevées tendent à se volatiliser
et à pénétrer dans les gaz du sol. Selon la norme NFX 31-251, une substance est
considérée comme volatile si la pression de vapeur est supérieure à 0.0133 Pa ou si la
constante de Henry est supérieure à 100.
Bien que la volatilité soit fonction de la pression de vapeur, des facteurs
environnementaux (type de sol, teneur en eau, composition du produit, l’épaisseur de la
couche de pétrole) peuvent affecter le taux de volatilisation. La température qui s’accroit
augmente également la volatilisation.
Les produits dissous présents dans les eaux souterraines traversent la frange capillaire,
puis la zone non saturée (ou vadose). Ce processus varie selon la valeur de la constante
de la loi de Henry (coefficient décrivant la séparation d'un produit chimique entre les
phases gazeuse et aqueuse), la concentration du produit chimique étudié, la profondeur
de la nappe phréatique ainsi que la température.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 13 -
On utilise la loi de Henry
𝐶𝑔𝑥 = 𝐻𝑥 𝑥 𝐶𝑤𝑥
Avec :
Cgx : concentration du composé x dans la phase gazeuse [mg/L]
Hx : constante de Henry du composé x [-]
Cwx : concentration du composé x en phase aqueuse [mg/L]
e) Adsorption
- 14 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Généralement, on considère que la fraction organique contrôle la sorption des
hydrocarbures pétroliers selon la relation suivante [3]:
𝐾𝑑 = 𝐾𝑜𝑐 𝑥 𝑓𝑜𝑐
Avec
Koc : coefficient de partage carbone organique / eau [L/kg]
foc : fraction de carbone organique dans le sol [-]
Le coefficient de distribution Kd est difficile à mesurer, cependant, la valeur de foc peut être
aisément mesurée ou estimée, et les valeurs de K oc pour divers composés sont données
dans la littérature. Le Koc décrit la propension de la substance organique à se partager
entre l’eau et le carbone organique du sol.
Le degré de sorption affecte la mobilité du composé mais également d’autres processus
de transport ou de transformation. Un composé fortement adsorbable est moins
volatilisable, moins soluble et moins biodégradé.
L’annexe 1 reprend les principales valeurs des paramètres des substances et leur
influence sur leur comportement dans les sols [4].
D) Dilution
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 15 -
2.3.1 Méthode des composés indicateurs
Cette méthode est la plus utilisée et la plus appropriée pour les risques cancérigènes.
Partant de l’hypothèse que le risque est lié à un petit nombre d’indicateurs comme les
BTEX ou les HAP, le principe est de décrire la toxicité d’un mélange à partir de la toxicité
d’un ou plusieurs constituants connus (par exemple le benzène ou benzo(a)pyrène). Un
système d’équivalences toxiques a été développé à la fin des années 1970, consistant à
attribuer à des molécules chimiquement stables et ayant le même mécanisme d’action, un
facteur de toxicité équivalent (TEF) représentant le rapport de toxicité entre la molécule
étudiée et le la molécule de référence. Pour les hydrocarbures aromatiques polycycliques,
le benzo(a)pyrène est généralement choisi comme substance de référence et les valeurs
de FET sont extraites d’une table de correspondance. Plusieurs tables sont disponibles,
l’INERIS [5] préconise de retenir celle établie par Nisbet et LaGoy en 1992. Cette
démarche permet de calculer une concentration équivalente en benzo(a)pyrène qui
pourra ensuite être comparée à la VTR de cette molécule.
Cette méthode ne peut être utilisée que pour une évaluation des risques cancérigènes du
mélange. Longtemps utilisée seule, il est aujourd’hui avéré que la recherche de quelques
composés spécifiques ne suffit pas à caractériser le risque posé par les hydrocarbures
dans leur globalité.
Pour la recherche des risques non cancérigènes, seuls les BTEX et 8 composés HAP
(l’acénaphtène, l’anthracène, le benzo[g,h,i]pérylène, le fluoranthène, le fluorène, le
naphtalène, le phénanthrène et le pyrène) disposent de VTR dans la littérature (ATSDR,
US EPA ou RIVM). Aucun composé hydrocarbure aliphatique ne possède de référence
toxicologique alors que des effets néfastes sur la santé humaine ont été prouvés.
Procéder à cette seule méthode en recherchant quelques composés spécifiques, ne peut
suffire à caractériser le risque posé par les hydrocarbures dans leur globalité. De plus, si
les indicateurs ne sont pas décelés, la toxicité du mélange est considérée comme nulle.
Certains types de produits ont fait l’objet d’études toxicologiques qui ont permis de leur
affecter des VTR (voie orale ou inhalation) toutefois, les tests ayant été effectués sur des
produits non dégradés limitent leur utilisation. Cette approche doit supposer que la
composition du produit déversé reste constante au niveau de la source d’émission
considérée. De plus, même pour un produit type, la composition peut varier
Cette technique ne peut-être réalisée que dans le cas de pollutions récentes de produits
pétroliers connus et non dégradés (pollution accidentelle et réaction immédiate). L’ATSDR
- 16 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
propose des profils toxicologiques pour des produits pétroliers tels que les carburants
pour avions (JP4, 5, 7 et 8), pour les fiouls, les essences….
Une autre méthode consiste à utiliser le taux d’hydrocarbures totaux (HCT) qui mesure la
totalité des hydrocarbures mais qui ne fournit que peu d’informations sur la composition
du mélange. Il représente le mélange présent dans l’environnement mais ne peut être
considéré comme indicateur direct du risque sanitaire. En effet, il n’existe pas de valeur
toxicologique de référence pour les hydrocarbures totaux permettant de mener à bien une
évaluation quantitative des risques.
Aux Etats-Unis, les niveaux de pollution résiduelle tolérés ont été initialement calculés à
partir de données relatives aux impacts environnementaux [6] (teneurs minimales pouvant
avoir un impact sur la croissance des plantes ou la protection des ressources en eaux. La
valeur souvent admise était de 1% de HCT (10 g/Kg de sol) mais pouvait selon les états
être ramenée à 0.01%). De la même façon, en France, afin de procéder à un classement
des sites industriels, deux types de concentrations seuils dans les sols (VDSS et VCI)
avaient été institués (circulaire ministérielle de 23 avril 1996). Ces valeurs ont été souvent
détournées pour devenir des limites de risques tolérables indépendamment du site
considéré, de son usage et de ses impacts éventuels sur l’environnement. Encore
aujourd’hui, elles sont souvent utilisées pour justifier la présence ou non d’une pollution et
de décider de mener ou pas une étude d’impact dans le cadre des ICPE.
La méthode par fractions de TPH consiste à mesurer le mélange par fractions prédéfinies
et à comparer les doses d’exposition aux valeurs toxicologiques de référence de ces
mêmes fractions. Les VTR sont déterminées à partir d’études toxicologiques réalisées sur
des constituants, des vapeurs de solvants, des mélanges ou des produits pétroliers. A la
différence des produits ou des données HCT, la fraction prend en compte l’ancienneté et
la dégradation liée à l’environnement des produits déversés. Quantifier des fractions
représente également une alternative pratique à l’évaluation de centaines de composés
individuels.
Deux groupes de travail ont travaillé à la même époque sur ces techniques de spéciation
des hydrocarbures de pétrole, le MADEP et le TPHCWG.
La MADEP a développé son approche en déterminant les fractions mesurables sur des
considérations uniquement toxicologiques. Le TPHCWG, pour sa part, a étendu le
principe de spéciation par fractions mais en considérant en priorité les propriétés de
comportement et de mobilité dans l’environnement.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 17 -
2.4 Méthode des fractions d’hydrocarbures - Approche du MADEP
En 1994, le MADEP [7] a développé la première méthode alternative aux paramètres HCT
en distinguant les deux familles aliphatiques/alicycliques et aromatiques. Ces deux
familles ont à nouveau été divisées en plusieurs sous-familles appelées fractions
déterminées en fonction du nombre d’atomes de carbone de ses composants. Le
traitement de chaque fraction consiste alors à considérer que la totalité de ses
composants dispose des mêmes propriétés toxicologiques. Une valeur toxicologique de
référence est attribuée à chaque fraction à partir du choix d’un indicateur de référence
(composé individuel ou mélange) ou d’un substitut. Pour les effets cancérigènes, la
recherche des composés reconnus cancérigène est réalisée et l’approche reste
individuelle.
Cinq fractions (Cf. Tableau 2) ont été déterminées et chacune a été affectée d’une VTR
pour les voies chroniques, orale et inhalation.
Tableau 2 - MADEP Final updated petroleum hydrocarbon fraction, toxicity values for the VPH/EPH/APH
Methodology 2003
- 18 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Tableau 3 – MADEP – Updated petroleum Hydrocarbon Fraction toxicity Values for the VPH/EPH/APH Methodology
2003
Le MADEP préconise de mener les analyse EPH ou VPH selon les origines de la
pollution. Considérant que même si la composition précise des produits pétroliers ne peut
être connue à l’avance, la composition en fractions volatiles ou non est déterminée par le
raffinage des pétroles bruts.
Produit pétrolier VPH EPH
Essence X
Gazole frais X
Gazole dégradé X
Fioul X
Huiles usagées de moteurs X X
Huiles minérales ou diélectriques X
Sources inconnues X X
Tableau 4 – méthode choisie en fonction du produit pétrolier
Dans le début des années 1990, les gouvernements des États-Unis et les organisations
professionnelles ont commencé à reconnaître le fait que les cadres réglementaires
existants n'abordaient pas la complexité d’une contamination aux hydrocarbures dans le
sous-sol.
Jusqu’en 1993, aucune stratégie n’avait été développée vis à vis des sols pollués aux
hydrocarbures et de l’évaluation des risques. La gestion des sols impactés par les
hydrocarbures de pétrole se faisait au regard de la mesure de l’indice hydrocarbures
totaux (HCT) et d’indicateurs individuels (benzène…).
Sous l’insistance des compagnies pétrolières qui ne pouvaient gérer leurs propres sites à
partir de valeurs génériques ne tenant pas compte de l’usage du site, le gouvernement
des Etats unis d’Amérique a alors demandé à l’US EPA de développer une approche plus
flexible et adaptée aux sites pétroliers. Le groupe de travail TPHCWG a ainsi été
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 19 -
constitué de 400 membres, représentants l’industrie pétrolière, plusieurs gouvernements
et des experts scientifiques.
Les résultats des travaux du TPHCWG, publiés entre 1997 et 1999 (références [9] à [13])
sont réunis dans 5 documents :
- Volume 1 : établissement des méthodes analytiques pour mesurer les fractions ;
- Volume 2 : composition des produits pétroliers ;
- Volume 3 : devenir et transport –sélection des fractions ;
- Volume 4 : toxicologie, sélection des VTR ;
- Volume 5 : actions de remédiation ;
A partir de ces premières constatations, le TPHCWG s’est donc d’abord attaché à étudier
le comportement dans l’environnement des composants des produits pétroliers. C’est sur
ce point que résident les principales innovations. En identifiant des groupes de
substances aux propriétés physicochimiques relativement similaires, il sera alors possible
- 20 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
de prévoir leur comportement (migration, dégradation, atténuation naturelle) dans
l’environnement et de déterminer les voies et les doses d’expositions potentielles étapes
clés dans l’évaluation quantitative des risques sanitaires. A l’issue, des valeurs
toxicologiques seront affectées aux fractions. Une méthodologie de mesures sera
également proposée.
A) Définition
Les mécanismes les plus importants dans le transport des hydrocarbures dans le sol sont
l’infiltration vers l’eau souterraine et la volatilisation vers l’air. Les propriétés chimiques
(transport) les plus fréquemment utilisées pour décrire ces mécanismes sont la volatilité,
la solubilité et le potentiel de sorption.
Les équations de transport de l’ASTM RBCA 1995 [14] ont été utilisées (convection en
phase aqueuse ou gazeuse, diffusion en phase gazeuse…). Dans ces modèles de
transport, les facteurs d’atténuation spécifiques [15] aux voies de transfert correspondent
au passage d’un compartiment à un autre des substances présentes dans le sol. Ces
facteurs dépendent des caractéristiques du milieu mais également des caractéristiques de
la substance.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 21 -
Dans le cas des mécanismes de volatilisation et d’infiltration dans les sols vers l’eau
souterraine, les facteurs retenus par l’US EPA [15] et par le TPHCWG sont :
Facteur de volatilisation : Le facteur de volatilisation (VF) : mesure la tendance d’une
substance à se volatiliser à partir du sol dans les vapeurs du sol. VF correspond au
rapport entre la concentration du polluant dans l’air du sol et sa concentration dans le sol.
Hρs x 103
𝑉𝐹 =
𝑈air𝛿airLs
𝜃ws + 𝑘s𝜌s + 𝐻𝜃as . 1 + 𝑒𝑓𝑓
𝐷𝑠 𝑊
Facteur d’infiltration : ce facteur (LF : Leaching factor) caractérise la migration potentielle
de la substance dans un sol. LF correspond au rapport entre la concentration de la
substance dans l’eau et sa concentration dans le sol.
ρs
𝐿𝐹 =
𝑈 𝛿
𝜃ws + 𝑘s𝜌s + 𝐻𝜃as . 1 + gw gw
𝐼𝑊
𝜌s densité du sol
𝑒𝑓𝑓
diffusion effective entre
𝐷𝑠
l’eau et le sol profondeur et épaisseur
Ls et W
de la source
Outre les paramètres spécifiques au site (milieu, sol), trois paramètres critiques de la
substance permettent de calculer LF et VF. VF dépend de la constante de Henry H et du
coefficient de sorption Ks. Pour LF, s’ajoutent à ces deux paramètres le coefficient de
diffusion efficace entre l’eau souterraine et le sol. Ce dernier coefficient dépend lui-même
de la diffusion dans l’air et dans l’eau, de la porosité du sol (Millington et Quirk 1961)
C) La biodégradation
Plutôt que de regrouper les fractions par nombre d’atomes de carbone, le TPHCWG a
opté pour le concept du nombre d’équivalent carbone (EC). L’EC est obtenu par
corrélation entre la température d’ébullition du composé et le temps de rétention en ce
même point en chromatographie gazeuse normalisée pour les n-alcanes. Cette approche
est utilisée dans l’industrie du pétrole pour séparer les composants.
Par exemple : l’EC du benzène est de 6.5 car son point d’ébullition et son temps de
rétention en chromatographie gazeuse sont situés à peu près au milieu entre le n-hexane
et le n-heptane. L’EC du benzène est plus grand que celui du n-hexane car sa structure
en anneau implique un point d’ébullition plus élevé.
Le TPHCWG a estimé qu’établir ses fractions sur la base des EC permettait de créer des
fractions plus étroites, plus précises et en meilleure adéquation avec les propriétés
physiques et thermodynamiques de la substance. A terme, ce raisonnement permettra de
mieux préciser les propriétés de devenir et de transport des hydrocarbures dans les sols
sans pour autant rendre plus complexes les analyses en laboratoire.
Les corrélations proposées s’appliquent aux fractions dont la température d’ébullition est
comprise entre 60°C et 380°C. Les valeurs des propriétés estimées par ces corrélations
concordent parfaitement avec les résultats expérimentaux ou les études disponibles.
Afin de déterminer les groupes de composés selon leur comportement et leur transport
dans l’environnement, le TPHCWG a recherché ou calculé les facteurs LF et VF par
rapport à leur nombre équivalent de carbone, pour les 250 composés connus en utilisant
les équations de l’ASTM RBCA 1995 [15]. Il a pour cela réuni et évalué les données sur la
composition des produits pétroliers (essences, pétrole brut, carburants pour l’aviation, le
kérosène, le gasoil, le fuel domestique, les huiles lubrifiantes) afin de quantifier combien
des composés connus se retrouvaient dans les produits pétroliers.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 23 -
Figure 5 - facteurs d'infiltration et de volatilisation par fractions représentatives (TPHCWG volume 3 1997)
Les deux figures ci-dessus montrent les différences de comportement entre les composés
aliphatiques et aromatiques. Les aromatiques tendent à être plus solubles dans l’eau et
légèrement moins volatiles que les aliphatiques pour un même nombre de carbones
équivalent. La séparation entre aromatiques et aliphatiques paraît totalement justifiée.
Plus le nombre équivalent de carbone est grand plus la différence entre aliphatique et
aromatique est importante pour un même nombre d’atomes de carbone.
Pour la solubilité, représentée ici par le coefficient de partage eau/sol, les différences sont
moins marquées pour les composés les plus légers, mais s’amplifient très rapidement à
partir d’un EC de 6.
Il est à noter que les deux premières fractions ne contiennent respectivement que le
benzène et le toluène.
- 24 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
une molécule au nombre équivalent de carbone situé au milieu de la fraction. Les
propriétés associées ont été déterminées par la mise en œuvre des équations de l’ASTM
[15]. Ensuite les données ont été vérifiées, soit en laboratoire, par le calcul de VF et LF
selon les méthodes analytiques développées par l’US EPA soit par des études sur le
terrain. Les données physicochimiques principales sont répertoriées dans le Tableau 6.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 25 -
EC RfD Substance RfC Substance effets
3
mg/kg/j de référence mg/m de référence
aliphatique
(*) >5 - 6 5 n-hexane 18.4 n-hexane neurotoxique
>6 - 8 (SF = 1000) commercial (SF = 100) commercial
(**) >8 - 10 0.1 JP-8 1 JP-8 Hépatoxique
>10 - 12 (SF = 1000) (SF = et
>12 - 16 1000) neurotoxique
>16 - 35 2 huiles Non volatil Non volatil Tumeurs
(SF = 100) hépatiques
>35 20 huiles Non volatil Non volatil Tumeurs
(SF = 100) hépatiques
aromatique
>5 - 7 benzène
(***) >7 - 8 0.2 toluène 0.4 toluène Hépatoxique
(SF = 1000) (SF = 300) et
nephrotoxique
(****) >8 - 10 0.04 Plusieurs 0.2 Mélange Perte de poids
>10 - 12 (SF = 1000) composants (SF = aromatiques
>12 - 16 aromatiques 1000)
(*****) >16 - 21 0.03 pyrène Non volatil Non volatil nephrotoxique
>21 - 35 (SF = 3000)
Tableau 7 – récapitulatif des VTR, produits de référence pour les voies orale et inhalation
(*) Un seul composé dispose d’une VTR (US EPA) il est considéré comme le plus
toxique de la fraction, l’utilisation de cette valeur pour la totalité de la fraction serait
donc protecteur pour la santé humaine.
(**) Les composés retenus sont le JP-8 carburant pour avion et les pétroles
désaromatisés qui couvrent l’intégralité de la fraction.
(***) C’est la fraction qui comporte le plus de composés individuels renseignés dans la
littérature avec 7 composants dont 6 possèdent une VTR (éthylbenzène, styrène,
toluène, m-xylène, o-xylène et p-xylène).
(****) De nombreux composés sont identifiés dont 8 (Ec>9) possèdent une VTR
(isopropylbenzène, acénaphtalène, biphényl, fluorène, anthracène, fluorenthène,
naphtalène et pyrène).
(*****) Aucun composant de ces fractions n’a fait l’objet d’une VTR spécifique,
néanmoins le TPHCWG a décidé d’affecter la VTR du pyrène situé en limité haute de
la fraction inférieure. En effet, les molécules les plus lourdes étant moins absorbées et
moins toxiques, ce choix se veut protecteur pour la santé humaine.
- 26 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
2.7 Les méthodes analytiques de mesures
Le TPHCWG a décrit une "méthode directe" de chromatographie gazeuse, pour identifier
chaque fraction et interpréter les résultats. Les relations entre le comportement
environnemental et la température d’ébullition (vaporisation) ont été utilisées pour établir
la méthode. Elle permet la quantification des hydrocarbures de pétrole de C6 à C35. Dans
le sol et l’eau, la méthode directe n’est pas utilisée pour quantifier les cancérogènes ou
autres composés individuels mais les prend en compte globalement.
La première étape de la méthode directe inclut la quantification et l’identification des TPH
de la contamination et la distribution en nombre d’équivalents carbone (par extraction au
n-pentane).
Les concentrations de TPH sont alors comparées aux standards applicables dans la
méthode RBCA comparables aux anciennes VDSS et VCI françaises. Les étapes
suivantes de la méthode directe permettent de quantifier les 13 fractions par GC/FID avec
extraction à l’alumine pour isoler les aliphatiques et par silice pour les aromatiques
2.8 Additivité
Les connaissances actuelles ne présentent pas clairement et scientifiquement
d’informations qui modifieraient la règle habituellement utilisée en matière d’additivité des
risques pour les substances à effets à seuil lorsque les effets affectent le même organe
ou le même système selon le même mécanisme.
2.9.1 L’ATSDR
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 27 -
Tableau 8 – fractions représentatives des TPH et indicateurs (ATSDR 1999)
2.9.2 Le RIVM
Le RIVM en 2001 [17] a établi une comparaison des trois approches réalisées dans le
fractionnement des TPH par le MADEP, le TPHCWG et l’ATSDR. Il en conclut que
l’approche du TPHCWG est la plus complète et la plus renseignée. De plus elle permet
une meilleure évaluation des risques pour la santé humaine tout en restant simple et
réalisable.
Tableau 9 – VTR retenues par le RIVM re-evaluation of human-toxicological maximum permissible levels 2001
- 28 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Substance
RfD Substance Origine RfC Origine
EC 3 de effets
mg/kg/j de référence date mg/m date
référence
aliphatique
>5 - 6 n-hexane
2 0.7 (*) US EPA
n-heptane RIVM 2001 commercia neurotoxique
>6 - 8 SF = 100 SF = 100 2005
l
>8 - 10 TPHCW
0.1 TPHCWG 1 Hépatoxique et
>10 - 12 JP-8 JP-8 G
SF = 1000 1997 SF 1000 neurotoxique
>12 - 16 1997
TPHCW
2 TPHCWG Tumeurs
>16 - 35 huiles Non volatil Non volatil G
SF = 100 1997 hépatiques
1997
TPHCW
20 TPHCWG Tumeurs
>35 huiles Non volatil Non volatil G
SF = 100 1997 hépatiques
1997
(*)En 2005 [19], l’US-EPA établit pour le n-hexane une nouvelle RfC de 0.7 mg/m3 avec
un facteur de sécurité de 300 (IRIS)
2.11 Conclusion :
En France, il n’existe pas de valeurs de gestion règlementaires pour les sols. Les
nouveaux outils méthodologiques introduits en 2007 réaffirment la volonté des pouvoirs
publics à mettre en œuvre une politique de gestion des sites pollués vis-à-vis de l’usage.
L’évaluation quantitative des risques sanitaires est alors réalisée dès lors qu’une
suspicion de risque sur la population existe. Pour les pollutions d’origine pétrolière la
complexité et le nombre de composés pouvant être présents dans les sols représente une
difficulté majeure dans l’EQRS. Quantifier des fractions représente une alternative
pratique à l’évaluation de centaines de composés individuels. Initiée par l’US EPA d’un
côté, par le MADEP de l’autre, cette pratique a réussi à se faire accepter dans de
nombreux pays.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 29 -
Fondée sur les propriétés de comportement et de transport dans l’environnement des
substances la spéciation des produits pétroliers par des méthodes analytiques adaptées
permet dans le cadre d’une EQRS de prévoir leur partition dans les sols, l’eau ou l’air,
leurs transferts éventuels vers d’autres compartiments environnementaux et par des outils
de modélisation adéquats d’estimer les doses d’exposition des cibles potentielles.
- 30 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
3 Présentation générale du logiciel RISC® et l’intrusion de
vapeur dans l’air intérieur
Risc® peut être utilisé pour évaluer le risque sanitaire lors de l’exposition à un milieu
contaminé, pour modéliser le devenir et le transport des polluants (au sein d’un
compartiment et entre les différents compartiments), pour calculer, par retro calcul, les
seuils de pollution résiduelle acceptables vis-à-vis d’un indice de risque déterminé.
Toutefois, ne prenant pas en compte simultanément les émissions provenant de plusieurs
compartiments, cette fonctionnalité est limitée à des cas particuliers. Cet outil permet
également d’évaluer les impacts écologiques potentiels sur l’eau de surface et les
sédiments.
La saisie des données respecte les étapes nécessaires à l’évaluation des risques :
sélection des substances préoccupantes, scénario d’exposition en choisissant les milieux
contaminés, les modèles de transport et les voies d’exposition associées, les récepteurs
(cible, budget espace temps, consommation) et le calcul des coefficients de danger ou
des excès de risques individuels.
Les substances peuvent être choisies parmi les 86 molécules (dont les fractions TPH
développées par le TPHCWH) de la base de données, les plus fréquemment détectées
sur des sites pétroliers. Pour chaque substance, les paramètres physiques et chimiques
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 31 -
nécessaires à la modélisation de transfert de polluants sont renseignés. On y trouve
également des valeurs de toxicité et des facteurs d'adsorption. Cette base de données
peut être modifiée ou complétée par l'utilisateur.
A) Propriétés physicochimiques :
Les VTR sont extraites d’un rapport interne de BP préparé par le bureau d’études ENSR
en 1995 (non référencé). Il semble toutefois qu’elles proviennent toutes de documents
publiés par l’US EPA. Les données de l’ATSDR ou de l’OMS ne sont pas prises en
compte. Afin d’utiliser les critères de choix énoncés par l’INERIS [21] et par la circulaire
de la DGS du 30 mai 2006 [22], il sera nécessaire de vérifier la validité des données
toxicologiques ou d’interrompre la modélisation après le calcul des concentrations et de
finaliser le calcul de risque (DJE et QD) de façon transparente.
Pour conclure sur les paramètres des substances, la grande majorité des valeurs
renseignées sont issues des publications de l’US EPA. Si pour les paramètres physico-
chimiques, il est raisonnable de les utiliser en l’état, les valeurs toxicologiques et
paramètres associés, par contre, devront faire l’objet d’une vérification afin de s’assurer
de l’utilisation de valeurs reconnues et actualisées. L’avantage de la base de données de
RISC® est qu’elle est modifiable et surtout enregistrable.
- 32 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
compartiments sources média intermédiaire ou modèle de transport milieux d'exposition voies d'exposition potentielles
ingestion
pas de modélisation de transport
sol de surface sol de surface contact cutané
saisie directe de la concentration
ingestion de légumes
Les équations utilisées dans RISC® sont celles qui sont décrites dans le guide de l’ASTM
[14] mais également quelques modèles supplémentaires reconnus tels que Johnson et
Ettinger [23] (1991), Domenico (1987) et Green-Ampt (1911).
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 33 -
Analyse déterministe avec 1 ou 2 cibles simultanément. Dans le 2ème cas, il est possible
de cumuler les deux expositions (un récepteur peut être considéré à la fois comme enfant
et adulte)
Analyse de Monte Carlo : lors du calcul d’exposition, une itération (recommandé entre
1000 et 10 000) sera réalisée en faisant varier chaque paramètre de la cible dans les
gammes de valeurs des bases de données (issues de l’US EPA).
Les cibles potentielles sont les enfants (15kg), les adultes les travailleurs et les
passagers. Pour chacune, deux scenarii sont disponibles selon que l’on choisisse une
exposition typique ou RME (Reasonable Maximum Exposure) qui est plus conservatoire.
Les risques sont exprimés pour chaque substance indépendamment les unes des autres.
L’interprétation des résultats avec en particulier, l’application des règles d’additivité doit
être réalisée par l’opérateur.
L’outil RISC® a été spécialement conçu pour une utilisation adaptée aux sites pétroliers
sur la base de normes certes anciennes mais en vigueur aux Etats-Unis. Les équations
utilisées sont issues pour la plupart de l’ASTM E1739-95
- Il est l’un des rares logiciels à prendre en compte la présence d’une phase de
liquide non miscible dans l’eau (à faible ou haute densité) dans certains modèles
- Il permet de calculer le niveau de pollution résiduelle à partir d’un indice de risque
choisi (limité toutefois à des schémas conceptuels simples ou la source de
polluant ne se trouve que dans un seul compartiment);
- Il permet de calculer le risque induit par l’inhalation de vapeur sous la douche (eau
souterraine), par l’ingestion de légumes contaminés,
- Il contient une base de données géologiques type ;
Les limites :
- Aucun modèle ne considère les particules en suspension dans l’air (inhalation d’air
intérieur ou extérieur, contamination des légumes par voie aérienne) ;
- L’eau de surface ne peut pas contaminer l’eau souterraine ;
- Un seul milieu récepteur est modélisé à la fois dans chacun des scenarii ce qui
pose un problème pour les rétro calculs ;
- L’exposition via l’ingestion de légumes peut être estimée par rapport au sol en
surface ou par rapport à l’eau souterraine, mais pas les deux à la fois ;
- Seul un modèle (ou combinaison de modèles liés) peut être utilisé pour évaluer les
concentrations sur un milieu récepteur ;
- 34 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
3.2 Modélisation du transfert de polluant par volatilisation depuis les
sols ou l’eau souterraine vers l’air intérieur – modèle Johnson et
Ettinger
Les composés organiques volatils issus de produits pétroliers présents dans le sol ou les
eaux souterraines peuvent migrer dans les constructions. L’inhalation de vapeurs
constitue souvent la voie d’exposition principale aux composés d’hydrocarbures pétroliers.
Dans une étude d’impact, l’analyse de risque réalisée par rapport à un usage futur du site
doit prendre en compte cette voie et dans ce cadre, une modélisation est toujours réalisée
pour prévoir les flux et les doses d’exposition des futures occupants du site.
Trois modèles de vaporisation sont proposés au choix de l’opérateur. Ils diffèrent par les
processus considérés et la prisé en compte de différents horizons de sols :
- Le modèle de Johnson and Ettinger (1991): ce modèle permet de prendre en
compte la présence "d'une lentille" de sol différent entre la source et le bâtiment ou
l'air ambiant. Il ignore les mécanismes de dégradation.
- Le modèle "Dominant Layer" qui permet de considérer trois horizons de sol
différents avec dégradation dans la couche centrale.
- Le modèle "Oxygen-Limited" qui calcule, dans un sol homogène, les zones dans
lesquelles la dégradation aérobie est possible en fonction de la concentration en
oxygène. Son application nécessite de saisir le coefficient de transfert d’oxygène
depuis la surface. Ce paramètre est difficile à estimer.
Les modèles considérant le processus de biodégradation permettent, à priori, une
estimation plus proche de la réalité à condition de disposer de données précises sur le sol
(teneur en air du sol, coupe géologique, teneur en oxygène…) et sur les substances
considérées (taux de dégradation de premier ordre). Pour les fractions de TPH, le taux de
dégradation n’a pas été quantifié, le processus de dégradation ne peut pas être pris en
compte. Pour les autres substances, cette méthode pourrait être utilisée en dernière
approche. Le modèle sans dégradation surestime les concentrations dans l’air, ce qui
reste protecteur de la santé humaine.
Dans la suite de l’analyse nous nous limiterons au modèle de vaporisation depuis une
source située dans le sol selon les équations de Johnson et Ettinger qui, bien que le plus
ancien des modèles, est toujours largement reconnu dans ce domaine. Johnson et
Ettinger ont montré la rigueur mathématique de leur modèle et ont démontré que les
solutions ainsi obtenues s’accordaient avec les prévisions théoriques.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 35 -
Le modèle ne peut traiter que des émissions de polluants sur site. En effet, le modèle
n’est pas lié avec d’autres modèles de transport. La source, en zone non saturée, est
donc supposée localisée sous la construction étudiée ou immédiatement adjacente. Elle
est considérée comme stationnaire, constante et unidimensionnelle. La biodégradation
n’est pas prise en compte.
Modèle vaporisation depuis l’eau souterraine
Le modèle peut être lié avec un autre modèle de transport (infiltration dans les eaux
souterraines depuis le sol saturé ou non saturé). Dans ce cas, la construction étudiée
peut être située à l’extérieur du site. Ce modèle nécessite une connaissance parfaite des
conditions hydrogéologiques de la zone d’étude. La source « eau souterraine » est
considérée comme constante.
Cette modélisation des expositions aux vapeurs dans l’air intérieur est conduite en
utilisant les équations de Johnson & Ettinger (1991) à partir d’une source de pollution
infinie (pas de diminution au cours du temps). Les équations du logiciel sont répertoriées
- 36 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
dans la norme ASTM E 1739-95 [14] et prennent en
compte le mouvement diffusif (équations de
Millington and Quirck et équation de Fick) et le
mouvement advectif induit par la mise en
dépression du bâtiment dans sa zone d’influence
estimée à 30 cm sous les fondations. Les équations
utilisées sont détaillées en annexe 2.
Les concentrations en gaz proches de la source
sont estimées en fonction de la présence de NAPL
Figure 8 - distinction entre zone saturée et
non saturée (école polytechnique de selon diverses lois de partition (Raoult, Jury) dont
Lausanne) les formules figurent en annexe 2.
Dans le cas d’une source de pollution localisée en eau souterraine, les concentrations
gazeuses proches de la source sont également évaluées en fonction de la présence de
NAPL par les lois de partitions de Raoult ou Henry. La diffusion à travers la frange
capillaire est un mécanisme important.
Nota 1 : Avec le logiciel RISC® il est impossible de considérer une pollution de la zone
saturée avec saisie de concentration en mg/kg de sol. Il est donc nécessaire de procéder
à un prélèvement d’eau.
Nota 2 : le logiciel calcule et vérifie systématiquement la présence de NAPL par une
équation utilisant les coefficients Foc, Koc, H et la solubilité des composants.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 37 -
3.2.4 Les paramètres requis pour le modèle vaporisation depuis le sol
a) Paramètres de dimensions :
b) Différence de pression
La différence de pression entre l'air du bâtiment et l'air du sol définit la prise en compte ou
non du phénomène de convection dans le transfert des composés volatils à l'intérieur du
bâtiment. Cette dépression est due aux systèmes de chauffage, à la présence ou non de
cheminées, de ventilation ou de sous-sol. Le phénomène de convection favorise le
transfert des polluants dans les bâtiments. En règle générale, on mesure à l’intérieur des
bâtiments à usage de logement une pression négative nette de l’ordre de 1 à 12 Pa [24]
par rapport à l’extérieur en hiver. Considérant que le reste de l’année, la différence de
pression est nulle (6 mois), la valeur moyenne annuelle est de 4 Pa. La différence de
pression varie selon les publications (américaines et hollandaises) entre 0 et 4 Pa.
Johnson et Ettinger ont estimé que la valeur conservatoire est de P : 40 g/cm-s² (4 Pa).
Pour les bâtiments commerciaux et industriels, la valeur choisie par défaut est plus faible
à 2 Pa. [24] à cause de l’utilisation dans ces bâtiments de systèmes de chauffage équipés
d’appareils de renouvellement à air pulsé ainsi que de la plus grande fréquence des
déplacements et des entrées et sorties des occupants de ces bâtiments
Les logements
- 38 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
de renouvellement d’air journaliers en fonction de la date de construction du logement en
vigueur amène
Le taux de renouvellement d’air est fonction du nombre d’occupants à raison de 25m 3/h
(code du travail). La surface considérée de 25 m² par employé dans un bureau permet
d’estimer le taux moyen de renouvellement d’air (8h/jour) dans un bâtiment administratif à
12 vol/j ce qui constitue une valeur conservatoire.
Dans le cas des employés en atelier, le taux est entre 45 et 60 m 3/h par employé. Par
contre les volumes par occupant sont plus importants (locaux de grande hauteur, en
moyenne 4m) le taux de renouvellement d’air peut également être estimé à 12 vol/h
Dans son rapport [25], l’INERIS propose de considérer un taux de renouvellement d’air de
1.1 vol/h, soit 26.4 vol/h
De plus, dans le cas d’une construction sur sous-sol ou vide sanitaire, le logiciel RISC®
estime la concentration dans ce sous-sol et il est difficile de quantifier la contribution à l’air
du rez-de-chaussée. Face à cette incertitude, l’INERIS [25] préconise de considérer la
contribution égale à 100% pour un sous-sol et 39% pour une vide sanitaire.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 39 -
d) Surface d’échange avec le sous-sol adjacent : taux de fissuration
Les paramètres utilisés dans le modèle JEM sont la porosité totale, la teneur en eau, la
densité du sol, la fraction organique et la perméabilité intrinsèque à la vapeur (utilisée
dans le calcul de l’advection).
argile terreau gravier
paramètres source unité argile limon terre argileuse terreau limon sableux sable gravier
limoneuse sableux sablonneux
porosité totale 3 3 0,45 0,35 0,40 0,35 0,30 0,35 0,30 0,25 0,25 0,30
cm /cm
teneur en eau 3 3 0,40 0,25 0,32 0,22 0,18 0,15 0,12 0,15 0,10 0,10
cm /cm
fraction organique goc/gsol 0,02 0,01 0,02 0,01 0,01 0,01 0,00 0,01 0,01 0,00
densité du sol xx 1,70 1,70 1,70 1,70 1,70 1,70 1,70 1,70 1,70 1,70
A titre de comparaison, les valeurs relevées dans d’autres publications dont celle
concawe [29] figurent dans le tableau suivant :
- 40 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
gravier
paramètres source unité argile limon sable gravier
sablonneux
RISC® 0,45 0,35 0,30 0,25 0,30
fraction organique Concawe goc/gsol 0,0005 - 0,17 0,001 - 0,03 0,0002 - 0,001
RBCA 0,01
Après comparaison avec les valeurs retenues par les autres organismes, les valeurs par
défaut de RISC® semblent cohérentes.
c) Densité de sol
La base de données de RISC® ne fait pas de différence entre les sols et considère une
valeur par défaut de 1.7 qui est la fourchette haute des valeurs habituelles. Ce paramètre
n’est pas utilisé dans les équations de RISC®.
Très peu de données sont disponibles concernant les valeurs de perméabilité à la vapeur
des sols en zone non saturée. Une seule valeur est proposée dans RISC® égale à 1.0 x
10-9 cm². L’US EPA [26] propose des valeurs fonction de quatre types de sols :
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 41 -
Type de sol Perméabilité aux vapeurs (cm²)
Sable moyen 1,0 x 10-7 à 1,0 x 10-6
Sable fin 1,0 x 10-8 à 1,0 x 10-7
Sable silteux 1,0 x 10-9 à 1,0 x 10-8
Sable argileux 1,0 x 10-10 à 1,0 x 10-9
Tableau 16 -valeurs de perméabilité à la vapeur pour différents types de sols
Le modèle JEM précise que le phénomène d’advection peut devenir prédominant par
rapport à la diffusion pour des valeurs élevées de perméabilité à la vapeur des sols
immédiatement situés sous les fondations. La valeur par défaut de 1.0 x 10-8 cm² est
préconisée par JEM
RISC® calcule automatiquement la présence de NAPL dans la zone saturée selon les
formules présentées en annexe 2. Toutes les substances étudiées renseignées sont
prises en compte. En option, une fenêtre permet de saisir les concentrations à la source
en TPH ramenées à une masse molaire généralement estimée à 200 g/mol.
3.2.5 Conclusion
Le logiciel RISC® conçu pour évaluer le risque sanitaire lié à des expositions aux
produits pétroliers est largement utilisé à l’étranger et de plus en plus en France.
Cependant, il n’a pas fait l’objet d’études spécifiques en France comme d’autres logiciels
de modélisation. Il est pourtant l’un des rares logiciels à prendre en compte la présence
de NAPL. A quelques exceptions près, les gammes de valeurs des paramètres d’entrée
sont relativement fiables et adaptées aux études menées en France. Tous les
paramètres (chimiques, physiques et liés à l’environnement) sont modifiables. Les
principales limites sont la non prise en compte des particules dans l’air et le retro calcul
qui ne peut pas considérer simultanément plusieurs milieux récepteurs.
- 42 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
4 Application de la méthode TPH - Cas concret
Schéma conceptuel
Deux scenarios ont été retenus. Ils ne diffèrent que par la présence ou non d’un sous-sol.
Selon les recommandations de l’INERIS [25], la contribution de l’air du sous-sol au rez-
de-chaussée, lieu de vie où doit être évaluée la dose d’exposition est totale. Cependant,
certains paramètres diffèrent dans les deux versions peuvent avoir une influence
importante sur les concentrations recherchées (taux de renouvellement d’air, la distance
de la construction à la source,…).
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 43 -
4.2 Calcul des concentrations à la source
Plusieurs analyses de sol ont été réalisées à l’emplacement prévu des futures
constructions. L’échantillon b7 montre le taux maximum rencontré sur le site en
hydrocarbures totaux. Il est à noter que cette valeur de 5 200 mg/kg à 2m de profondeur
est plus de deux fois supérieure à l’ancienne VDSS.
Hydrocarbures (mg/kg)
C10-C12
C12-C16
C16-C21
C21-C35
C35-C40
profondeur des prélèvements
C10)
C40)
C10
de sol
C5
C6
C7
C8
C9
Stµ/b1 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 2400 200 750 970 460 <20
Stµ/b2 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 2000 170 670 780 360 <20
Stµ/b3 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x <20 <20 <20 <20 <20 <20
Stµ/b4 fond de fouille (-3,2 m) x x x x x x x 2700 240 860 1100 470 <20
Stµ/b5 fond de fouille (-3,2 m) x x x x x x x 2500 310 900 870 390 <20
Stµ/b6 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 77 <20 <20 <20 <20 <20
Stµ/b7 bord de fouille (-2 à -3,2 m) 77,3 <1,5 <10 <1,5 <1,5 5,77 71,5 5200 660 1700 2000 780 <20
Stµ/b8 bord de fouille (-2 à -3,2 m) <10 <1,5 <1,5 <1,5 <1,5 <1,5 2,36 910 81 300 330 150 <20
Stµ/b9 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 1800 190 610 640 290 <20
Stµ/b10 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 34 <20 <20 <20 <20 <20
Figure 10- extrait des résultats d’analyse en laboratoire sur les prélèvements de sols réalisés
De nombreux bureaux d’études continuent à comparer les teneurs en HCT avec les
VDSS malgré leur suppression dans les textes règlementaires. Cette comparaison
semble toujours totalement justifiée dans la mesure où il est difficile de déterminer les
limites d’une pollution dont les effets seront néfastes pour la santé des occupants (futurs
ou actuels) du site ou des riverains. En pratique, le dépassement de cette valeur constitue
le point de départ d’une analyse de risques quantitative.
Une analyse TPH a été effectuée sur l’échantillon b1 alors que l’échantillon b7 présente le
plus fort taux de HCT. Cependant, considérant l’ancienneté de la pollution, une source
unique originelle (confirmée par l’historique du site), les proportions entre les différents
composants des produits pétroliers peuvent être considérée comme constantes et
identiques.
La méthode de quantification des fractions de TPH ne peut en aucun cas être dispensée
d’une analyse HCT préalable. L’analyse HCT fournit une concentration globale du taux
d’hydrocarbure. L’analyse TPH quant à elle permet de séparer les aliphatiques des
aromatiques et de quantifier des proportions relatives de chaque fraction par rapport au
type d’hydrocarbure aliphatique ou aromatiques. C’est à partir de ces proportions relatives
et de l’indice TPH que sont calculées les concentrations par fractions.
- 44 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Le détail de la méthode de calcul est rapporté en annexe 3. Les concentrations sont
reportées dans le tableau suivant :
regroupement par fractions mg/kg
Indice aliphatique >nC10-nC12 238,02
Indice aliphatique >nC12-nC16 1127,09
Indice aliphatique >nC16-nC21 1890,15
Indice aliphatique >nC21-nC35 399,03
Indice aliphatique >nC35-nC40 0,00
Indice aromatique >nC10-nC12 770,06
Indice aromatique >nC12-nC16 229,62
Indice aromatique >nC16-nC21 546,04
Indice aromatique >nC21-nC35 0,00
Indice aromatique >nC35-nC40 0,00
Tableau 17 – concentrations par fractions TPH à la source
4.4 Modélisation :
Les paramètres utilisés sont d’une part, liés aux caractéristiques du site et de l’usage
futur du site et d’autre part, issus des réflexions menées au paragraphe 3.2.4.
Le tableau ci-dessous établit la liste des paramètres d’entrée à la modélisation dans
RISC® et les valeurs appliquées dans cette étude de cas :
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 45 -
Construction Construction
Paramètres construction
sur terre-plein sur sous-sol
surface m² 100 100
Hauteur m 2.50 2m (sous-sol)
Epaisseur des fondations m 0.15 0.15
Profondeur des fondations m 0.15 1.50
Fraction de fissures cm²fissure/cm²surface 0.0038 0.002
Périmètre des fondations m 40 40
Taux de renouvellement vol/j 12 26
d’air
Dépression dans le g/cm.s² 40 20
bâtiment
Perméabilité du sol situé cm² 1 x 10-9 1 x 10-9
immédiatement sous le
bâtiment
Porosité du sol des -- 0.25 0.25
fissures
Teneur en eau du sol des -- 0.10 0.10
fissures
Paramètres des sols Construction Construction
sur terre-plein sur sous-sol
Distance par rapport aux m 1.85 0.50
fondations
Porosité totale -- 0.25 0.25
Teneur en eau -- 0.10 0.1
Paramètres liés à la Construction Construction
source sur terre-plein sur sous-sol
Porosité totale -- 0.25 0.25
Teneur en eau -- 0.10 0.1
Fraction carbone total goc/gsol 0.01 0.01
Densité du sol -- 1.7 1.7
Tableau 18 paramètres retenus pour la modélisation
- 46 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Concentration dans l’air intérieur :
Les concentrations dans l’air intérieur, issus de la modélisation avec RISC® sont les
suivants :
SC1 SC2
3
fractions TPH mg/kg mg/m mg/m3
Indice aliphatique >nC10-nC12 238,02 1,18E-02 2,67E-03
Indice aliphatique >nC12-nC16 1127,09 4,16E-03 9,38E-04
Indice aromatique >nC10-nC12 770,06 3,73E-02 8,41E-03
Indice aromatique >nC12-nC16 229,62 8,64E-04 1,95E-04
La concentration attendue dans le cas de SC1 est 4 fois plus grande que dans SC2. Ceci
est certainement dû à la différence de pression considérée plus faible en sous-sol et
donc au phénomène d’advection moins important et au taux de renouvellement d’air
(dilution) également plus grand.
Calcul de risque :
Pour donner un ordre d’idée du quotient de danger que représente l’exposition liée à
cette exposition, il sera considéré un adulte passant 24h/24h et 96% de son temps
annuel dans son logement (hypothèses hautement majorantes).
La concentration moyenne inhalée est obtenue par la formule : (substances à effets de
seuil)
𝐶𝐼 = 𝐶. 𝑡 . 𝐹
avec C concentration dans l’air intérieur, t fraction de temps journalière à l’exposition à la
concentration C et F la fréquence d’exposition annuelle. Le quotient de danger est
calculé en divisant la concentration moyenne inhalée par la VTR correspondante.
La VTR pour l’inhalation chronique des fractions aliphatiques est de 1mg/m3 soit un QD
de 0.015
Celle des aromatiques des fractions correspondantes est de 0.2 mg/m3 soit un QD de
0.18
Même en additionnant les QD, en première approche, le QD global est de 0.2 soit
très inférieur à 1, la survenue d’effets toxiques n’est donc pas probable. L’état du
milieu est compatible avec l’usage envisagé sans restriction.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 47 -
4.5 Sensibilité des paramètres
Le logiciel RISC® ne dispose pas de module de sensibilité. Il est pourtant nécessaire de
chercher quels sont les paramètres d’entrée du modèle les plus sensibles et les plus
influents sur le résultat final.
La méthode utilisée (voir annexe 4) pour évaluer la sensibilité des paramètres d’entrée
du modèle consiste à faire varier un paramètre à la fois, les autres restant fixes. Les
variations sont de l’ordre de 5 à 10% autour de la valeur nominale. Cette méthode simple
et rapide ne permet pas la considération des interactions entre les paramètres. Elle peut
toutefois permettre de déterminer quels sont les points d’efforts pour améliorer
l’incertitude de certaines données.
Les recherches effectuées au paragraphe 3.2.4 ont permis de lever certaines incertitudes
sur les valeurs. La sensibilité permet elle aussi de donner une orientation sur les valeurs
à affiner pour diminuer encore cette incertitude. Dans tous les cas, l’objectif de protection
de santé publique ne peut être oublié et les valeurs choisies dans la littérature ou
intuitivement doivent être toujours être sécuritaires.
Les paramètres utilisés sont la masse molaire, la solubilité, la constante de Henry et les
coefficients de diffusion dans l’air et dans l’eau. Ces paramètres provenant de l’US EPA
et ayant été largement étudiés par le TPHCWG ne feront pas l’objet d’une étude de
sensibilité.
La densité des sols n’est pas utilisée dans les équations sous RISC®.
Effet sur la
Amplitude des résultats entre les valeurs
paramètre concentration si sensibilité
minimales et maximales
augmentation
Porosité des sols augmentation 0.045 10%.
- 48 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
B) Paramètres de la construction
Effet sur la
Amplitude des résultats entre les
paramètre concentration si sensibilité
valeurs minimales et maximales
augmentation
Taux de renouvellement
diminution 0.003 Rapport de 5
d’air
Taux de fissuration augmentation 4 rapport de 4
Porosité dans les fissures augmentation 0.14 Rapport de 2
Teneur en eau dans les
diminution 0.002 60%
fissures
Différence de pression augmentation 0.0006 Rapport de 2
Perméabilité à la vapeur 7
Rapport de 5 pour un log de variation
augmentation 1.6.10
du paramètre
Epaisseur des fondations diminution 0.08 20%
Tableau 20 - paramètres nominaux liés à la construction
La teneur en eau et la porosité sont des paramètres liés entre eux et relativement bien
documentés. Choisir des valeurs qui concordent l’une avec l’autre permettra de réduire
l’incertitude.
La fraction de carbone organique par contre mériterait d’être mesurée sur le site.
Le taux de renouvellement d’air est régi par des règlementations. Ce paramètre est peu
sensible mais les variations peuvent quintupler l’estimation de concentration et donc du
risque. L’usage du bâtiment étudié et le taux de ventilation règlementaire permettra de
réduire l’incertitude sur ce paramètre.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 49 -
La perméabilité à l’air du sol sous les fondations peut faire l’objet d’une analyse sur le site.
Le paramètre par défaut correspond à un sol habituellement utilisé comme plateforme de
fondations, mais dans le cas d’une construction existante, la mesure reste la meilleure
solution.
4.6 Conclusion :
L’étude de cas, bien que simple est un exemple de reconversion de site industriel souvent
traité par un évaluateur de risques en bureau d’étude. Cette étude a été initiée en raison
de prélèvements de sols ayant montré des teneurs en hydrocarbures totaux supérieures
aux anciennes VDSS. Le résultat de l’étude quantitative des risques sanitaires a permis
de conclure que la survenue d’effets liés à une exposition par inhalation d’air intérieur
contaminé par des hydrocarbures n’était pas probable. Cette réponse n’a pu être
apportée que par l’utilisation de la spéciation des hydrocarbures selon la méthode du
TPHCWG.
Les paramètres utilisés lors de la modélisation sous RISC® ne sont pas très nombreux
mais le modèle est complexe et une étude de sensibilité a permis de déterminer quels
paramètres méritaient de faire l’objet ‘investigations complémentaires.
Le choix de paramètres nominaux permet en première approche de quantifier de façon
sécuritaire les risques. En cas de quotient de danger proche ou supérieur à 1, une
deuxième approche plus spécifique au site pourrait être menée sur les paramètres
d’entrée les plus sensibles du modèle.
- 50 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Conclusion
Face aux problèmes de pollutions liées aux hydrocarbures pétroliers, jusqu’en 1993,
aucune stratégie de gestion des sites et sols pollués n’avait été initiée. En France,
l’absence de valeurs règlementaires pour les sols implique que, dès lors qu’une suspicion
de risque sur la santé humaine apparaît, une évaluation quantitative des risques
sanitaires doit être entreprise. Celle relative aux produits pétroliers est parmi les plus
difficiles à mener en raison de la complexité de ces produits. Pour pallier à cette difficulté
et fournir une étude plus précise sur le risque encouru, le groupe de travail TPHCWG a
publié une méthode permettant la spéciation des produits pétroliers en fractions
représentatives. Déterminées à partir de leurs propriétés de comportement et de mobilité
dans les différents compartiments de l’environnement, l’utilisation des fractions simplifie la
modélisation et affine par là même les estimations des doses d’expositions potentielles
Dans une étude de cas simple, l’intérêt de la spéciation des produits pétroliers a été
démontré. Avant l’introduction, en 2007, des nouveaux outils méthodologiques pour la
gestion des sites et sols pollués, un taux d’hydrocarbure au-delà de la VDSS aurait
impliqué des actions de remédiation couteuses et inutiles au vu des résultats de la
modélisation menée avec la méthode TPH et le logiciel RISC®. Ce logiciel de
modélisation a été créé pour les sites pollués aux hydrocarbures. Ayant fait l’objet de peu
d’études, il est pourtant de plus en plus utilisé en France. L’étude de sensibilité réalisée a
permis de dégager quelques paramètres essentiels dans la modélisation de l’intrusion de
polluants du sol vers l’air intérieur. Un des intérêts majeurs de cet outil est la prédiction
par le calcul de la présence de NAPL dans les sols par l’utilisation de la totalité des
concentrations en hydrocarbures de la source et pas seulement des fractions choisies
comme substances potentiellement dangereuses. Pour cette raison en particulier, l’étude
de sensibilité entreprise mériterait d’être poursuivie.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 51 -
Bibliographie
[3] Institut national de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS), utilisation des
modèles multimédias pour l’évaluation du comportement de substances organiques dans
l’environnement, 2004
[5] Institut national de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS), rapport final
Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques, 2003
[11] TPHCWG, Selection of Representative TPH Fractions Based on Fate and Transport
Considerations, Total Petroleum Hydrocarbon Criteria Working Group Series, Volume 3,
1997.
[12] TPHCWG, Development of Fraction Specific Reference Doses (RfDs) and Reference
Concentrations (RfCs) for Total Petroleum Hydrocarbons", Total Petroleum Hydrocarbon
Criteria Working Group Series, Volume 4, 1997
[14] American Society for Testing and Materials (ASTM) Standard Guide for Risk-based
Corrective Action Applied at Petroleum release Sites. Standard E1739-95, 1995
[15] United States Environmental Protection Agency (US EPA), Soil Screening Guidance:
Users Guide, 1996
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 53 -
[16] Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR), Toxicological profile for
total petroleum hydrocarbons (TPH), 1999
[19] United States Environmental Protection Agency (US EPA), Toxicological review of n-
hexane (cas n°110-54-3), 2005 ([Link]
[20] United States Environmental Protection Agency (US EPA) Risk Assessment
Guidance for Superfund Volume I Human Health Evaluation Manual, 1989
[23] Environmental Science and technology, 25, 1445-1452 Johnson and Ettinger,
heuristic Model for predicting the intrusion rate of contaminant vapors into buildings, 1991.
[25] Institut national de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS), Etude des
modèles d'évaluation de l'exposition et des risques liés aux sols pollués Modélisation du
transfert de vapeurs du sous-sol ou du vide sanitaire vers l'air intérieur, 2005
[26] United States Environmental Protection Agency (US EPA), user’s guide for evaluating
subsurface vapor intrusion into buildings, 2004
[28] American Petroleum Institute (API), Identification of critical parameters for the
Johnson and Ettinger vapor intrusion model, 2002
- 54 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Liste des tableaux et
figures
- 56 - Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Liste des annexes
Annexe 2 : Equations utilisées dans RISC® modèle vaporisation depuis les sols vers
l’air intérieur - Modèle de Johnson et Ettinger
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 I
ANNEXE 1
Principales propriétés des polluants et grandeurs associées :
II Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 III
ANNEXE 2
La diffusion entraîne le polluant sous forme de gaz de la source, à travers les sols jusque
dans la zone d’influence de la construction où les vapeurs sont alors soumises à des
phénomènes d’advection et de diffusion. Sous l’effet de la différence de pression dans le
bâtiment avec celle des sols, les vapeurs transitent à travers les fissures des fondations
IV Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
𝐴𝐵 , surface de la construction (au dessus de la zone source)
Près des fondations, le transport de vapeur est généré par une combinaison des deux
mécanismes de diffusion et d’advection dont l’équation de transport est donnée par :
Avec :
E : flux massique entrant dans la construction (g/s)
𝑄𝑠𝑜𝑙 : débit de gaz en provenance du sol dans le bâtiment (cm 3/s)
𝐶𝑖𝑛𝑡 : concentration dans l’air intérieur (g/cm 3)
𝐷𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 : coefficient de diffusion effectif dans les fondations (cm²/s)
𝐿𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 : épaisseur des fondations, du dallage (m)
𝐴𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 : surface de fissures à travers lesquelles les vapeurs entrent dans le bâtiment
(cm²)
Avec :
𝐷𝑒𝑓𝑓 , coefficient de diffusion efficace totale (cm²/s), calculé par la relation de Millington-
Quirk
𝐶𝑠𝑜𝑢 𝑟𝑐𝑒 , concentration de vapeur à la source (g/cm 3)
𝐿 𝑇 , distance de la source aux fondations (m)
𝑄𝑠𝑜𝑙 : débit de gaz en provenance du sol dans le bâtiment (cm 3/s)
𝐷𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 : coefficient de diffusion effectif dans les fondations (cm²/s)
𝐿𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 : Épaisseur des fondations, du dallage (m)
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 V
𝐴𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 : Surface de fissures à travers lesquelles les vapeurs entrent dans le bâtiment
(cm²)
𝐴𝐵 , surface de la construction (au dessus de la zone source)
𝑄𝐵 Taux de ventilation du bâtiment (m 3/s)
Le débit de gaz en provenance des sols dans le bâtiment est calculé à partir de la formule
suivante :
2𝜋(∆𝑝)𝑘𝑣 𝑋𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒
𝑄𝑠𝑜𝑙 =
2𝑍𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒
𝜇 log
𝑟𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒
La fissure est représentée par un cylindre traversant la dalle d’une hauteur 𝑋𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 et d’un
rayon de 𝑟𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 . (Rayon équivalent de la fissure, correspondant au rapport entre 𝐴𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒
et 𝑋𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 la longueur du périmètre du dallage de fondations)
S’il n’y a pas de NAPL, la formule utilisée est celle de Jury (1983,1984,1990).
𝐶𝑇 𝜌𝑠𝑜𝑙 𝐻
𝐶𝑠𝑜𝑢𝑟𝑐𝑒 =
𝜃𝑎 𝐻 + 𝜃𝑤 + 𝜌𝑠𝑜𝑙 𝐹𝑜𝑐 𝐾𝑜𝑐
Avec :
𝐶𝑇 concentration de polluant totale mesurée dans le sol
𝜌𝑠𝑜𝑙 , densité du sol
𝐻, constante de Henry de la substance (mg/l)/(mg/l)
𝜃𝑎 , porosité à l’air de la zone non saturée (cm 3 air/cm3 de sol)
𝜃𝑤 porosité à l’eau de la zone non saturée (cm 3 eau/cm3 de sol)
𝐹𝑜𝑐 fraction de carbone organique dans le sol (g oc/g sol)
𝐾𝑜𝑐 coefficient de partition du carbone organique ((ml/g)/(m3/kg)(
VI Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Si il ya une NAPL, la loi de Raoult est appliquée
𝑥𝑖 𝑃𝑣𝑖 𝑀𝑊𝑖
𝐶𝑠𝑜𝑢𝑟𝑐𝑒 =
𝑅𝑇
Avec
𝑥𝑖 fraction molaire de la substance dans le mélange (mol/mol)
𝑃𝑣𝑖 pression de vapeur saturante du composé
𝑀𝑊𝑖 masse molaire du composant
R constante des gaz parfaits
T température absolue (K)
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 VII
ANNEXE 3
Calcul des concentrations à la source à partir des analyses en
laboratoire :
C10-C12
C12-C16
C16-C21
C21-C35
C35-C40
profondeur des prélèvements
C10)
C40)
C10
de sol
C5
C6
C7
C8
C9
Stµ/b1 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 2400 200 750 970 460 <20
Stµ/b2 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 2000 170 670 780 360 <20
Stµ/b3 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x <20 <20 <20 <20 <20 <20
Stµ/b4 fond de fouille (-3,2 m) x x x x x x x 2700 240 860 1100 470 <20
Stµ/b5 fond de fouille (-3,2 m) x x x x x x x 2500 310 900 870 390 <20
Stµ/b6 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 77 <20 <20 <20 <20 <20
Stµ/b7 bord de fouille (-2 à -3,2 m) 77,3 <1,5 <10 <1,5 <1,5 5,77 71,5 5200 660 1700 2000 780 <20
Stµ/b8 bord de fouille (-2 à -3,2 m) <10 <1,5 <1,5 <1,5 <1,5 <1,5 2,36 910 81 300 330 150 <20
Stµ/b9 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 1800 190 610 640 290 <20
Stµ/b10 bord de fouille (-2 à -3,2 m) x x x x x x x 34 <20 <20 <20 <20 <20
VIII Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
L’analyse HCT (Cf. tableau 1) fournit une concentration globale du taux d’hydrocarbure.
Lors de l’analyse TPH (Cf. tableau 2), le produit est séparé en hydrocarbures aliphatiques
et aromatiques, puis en fractions de nombre équivalent de carbone.
La méthodologie employée par le laboratoire d’analyse ne permet pas d’utiliser les
concentrations directement. Ces concentrations doivent être utilisées pour calculer la
proportion relative de chaque fraction par rapport au type d’hydrocarbure aliphatique ou
aromatique.
Exemple : l’indice aliphatique de la fraction C10-nC12 34 est comparé à l’indice total des
aliphatiques de 522 ce qui donne un pourcentage relatif de 7%:
Le lien entre les deux résultats d’analyses s’établit avec le pourcentage relatif de chaque
type d’hydrocarbure, soit dans le cas présent, 70% d’aliphatiques et 30% d’aromatiques.
Exemple : avec 70% de 5900 mg/kg la concentration en constituants aliphatiques est de
3640 mg/kg et la concentration en aliphatiques nC10-nC12 (7%) est de 238 mg/kg.
concentration
analyse TPH b1 Indice TPH % relatif
mg/m 3
Concentration
analyse TPH b7 en mg/kg
Indice hydrocarbure (HCT) C10-C40 5200
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 IX
regroupement par fractions mg/kg
Indice aliphatique >nC10-nC12 238,02
Indice aliphatique >nC12-nC16 1127,09
Indice aliphatique >nC16-nC21 1890,15
Indice aliphatique >nC21-nC35 399,03
Indice aliphatique >nC35-nC40 0,00
Indice aromatique >nC10-nC12 770,06
Indice aromatique >nC12-nC16 229,62
Indice aromatique >nC16-nC21 546,04
Indice aromatique >nC21-nC35 0,00
Indice aromatique >nC35-nC40 0,00
Remarque : L’analyse HCT donne l’indice hydrocarbure total des fractions comprises
entre C10 et C40, exprimés en nombre d’atomes de carbone. L’analyse TPH spécifie
quant à elle les hydrocarbures aliphatiques et aromatiques pour les fractions en nombre
d’équivalents carbone de nC6 à nC40. Les fractions ne sont donc pas comparables
directement, ce qui explique également la différence entre les concentrations par fractions
de la méthode HCT et celles calculées par la méthode TPH. Dans le cas présenté
l’analyse TPH ne détectait pas d’hydrocarbures dans la fraction nC6-nC10. Dans le cas
contraire, il aurait fallu rapporter les pourcentages globaux aliphatiques et aromatiques au
même domaine de détection que l’analyse HCT.
X Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
ANNEXE N°4
Sensibilité des paramètres d’entrée du logiciel RISC®
Scenario intrusion de vapeurs depuis les sols dans l’air intérieur
Par rapport au scenario établi, un seul paramètre varie à la fois. L’indice de sensibilité est
calculé avec la formule ci-dessous :
∆𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒
𝑆𝑖 =
∆𝑒𝑛𝑡𝑟 é𝑒
La sensibilité est calculée autour de la valeur retenue par défaut en la faisant varier d’un
ordre de 5%, les autres valeurs restant fixes.
Les résultats, les courbes de tendance et les interprétations pour chaque paramètre
considéré sont indiqués ci-après :
4,15E-02
4,10E-02
La sensibilité est de 0.045. 4,05E-02
4,00E-02
Entre les deux limites de la gamme de valeurs, concentration 3,95E-02
dans l'air
intérieur 3,90E-02
aromatiques nC10-
la concentration augmente de 10%. 3,85E-02 nC12"
3,80E-02
3,75E-02
3,70E-02
0,000 0,200 0,400 0,600
porosité du sol
4,50E-02
4,00E-02
La sensibilité est de 0.17. 3,50E-02
3,00E-02
Entre les deux limites de la gamme de valeurs, 2,50E-02
concentration
2,00E-02
la concentration diminue par 5. 1,50E-02 aromatiques nC10-nC12
1,00E-02
5,00E-03
0,00E+00
0,000 0,100 0,200 0,300
teneur en eau
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 XI
Fraction de carbone organique
4,20E-02
Renouvellement d’air
4,50E-02
concentration diminue de moitié. 4,00E-02
3,50E-02
3,00E-02
Entre les deux valeurs extrêmes, la 2,50E-02
aliphatiques 10-12
vol/h
XII Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Taux de fissuration des fondations
7,00E-02
L’indice de sensibilité est de 4 sauf pour la valeur 6,00E-02
5,00E-02
de 0.005 où il est de 12.
4,00E-02
concentration
Entre les deux valeurs extrêmes, la concentration 3,00E-02 aromatiques nC10-
nC12
2,00E-02
est multipliée par 4 1,00E-02
0,00E+00
0,0000 0,0050 0,0100 0,0150
taux de fissuration
1,40E-01
Indice de sensibilité : 0.14 1,20E-01
1,00E-01
La concentration est doublée entre les deux
8,00E-02
concentration
limites des valeurs habituellement utilisées 6,00E-02 aromatiques nC10-
nC12
4,00E-02
(0.15 et 0.45).
2,00E-02
0,00E+00
0,00 0,20 0,40 0,60 0,80
6,00E-02
concentration 4,00E-02
concentration varie de 60% 3,50E-02 aromatiques nC10-
nC12
3,00E-02 y = -0,159x + 0,057
2,50E-02
2,00E-02
0,00 0,05 0,10 0,15 0,20
teneur en eau
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 XIII
Différence de pression entre le bâtiment et le sol
8,00E-02
différence de pression
Perméabilité à la vapeur
4,00E-02
Indice de sensibilité : 0.08 3,90E-02
3,70E-02
entre les deux valeurs limites de l’épaisseur concentration
3,60E-02 aromatiques nC10-
de la dalle. 3,50E-02
nC12
3,40E-02
3,30E-02
0,000 0,200 0,400 0,600
XIV Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Abstract
The French policy in management of polluted sites and grounds reaffirmed in 2007 the will
of the public authorities to manage the risks according to the use of the site. With the
suppression of the existing values thresholds, resorting to a health hazard assessment is
necessary as the appearance of a suspicion of risk for the exposed population.
Within the framework of petroleum-contaminated soil and water, the complexity of their
composition, the differences of physicochemical properties of its individual compounds
make difficult the modeling and the evaluation of the amount of potential exposures.
The TPHCWG worked out a technique of speciation of the hydrocarbons. First of all, from
bibliographical syntheses, the updated information necessary for the use of this speciation
is presented.
Then, in the second part, after a presentation of the software RISC ® used and a
discussion about the parameters of the model of vapor intrusion of pollutants since the
grounds in the interior air, a simple example is treated to illustrate the interest of the
speciation of oil products within the framework of a modeling and of an health hazard
assessment. This report is above all intended to bring useful elements for appraiser in an
engineering consulting firm.
Didier GOMEZ - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 I