Convoqués par le roi en raison de la gravité de la crise du royaume, les
États généraux se transforment, de façon unilatérale et sans l’accord du
souverain, en une Assemblée nationale constituante à l'origine de la
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la première
Constitution, au sens moderne du terme.
Ouverts le 5 mai 1789, les États généraux rassemblent, en trois
assemblées distinctes, les représentants des trois ordres –
noblesse, clergé et tiers état – qui composent la France d’Ancien régime.
Dès le 17 juin, par un véritable coup de force juridique, inspiré par Sieyès,
ils se déclarent Assemblée nationale, c’est-à-dire représentants de la
nation. Réunie à la salle du Jeu de paume, l’Assemblée prononce le
serment de ne pas se séparer jusqu'à ce que la "constitution du royaume
soit établie et affermie sur des fondements solides", devenant alors ainsi
constituante.
Le 27 juin, le roi accepte la fusion des ordres, marquant par là-même la
fin de l’absolutisme monarchique : la nation toute entière est détentrice du
pouvoir, dont le roi ne sera plus que l’un des représentants.
Constitutionnelle, la Révolution revêt également une dimension sociale et
politique, et des émeutes se produisent à Paris (avec la prise de la
Bastille le 14 juillet) et dans d’autres villes. Lors de la nuit du 4 août
1789, l’Assemblée prononce l’abolition des privilèges nobiliaires, religieux
et territoriaux : l’Ancien Régime a vécu.
L’Assemblée nationale constituante décide de doter la France d’une
constitution écrite, qui doit être précédée d’une déclaration des droits