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Prévention des désordres en béton

Le document présente des recommandations pour la prévention des désordres dus à l'alcali-réaction et à la réaction sulfatique interne dans les ouvrages en béton. Il décrit les démarches préventives, les catégories d'ouvrages, les classes d'exposition, ainsi que les niveaux de prévention à appliquer selon les conditions environnementales. Des méthodologies spécifiques sont également fournies pour évaluer et garantir la durabilité des structures face à ces réactions.

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Prévention des désordres en béton

Le document présente des recommandations pour la prévention des désordres dus à l'alcali-réaction et à la réaction sulfatique interne dans les ouvrages en béton. Il décrit les démarches préventives, les catégories d'ouvrages, les classes d'exposition, ainsi que les niveaux de prévention à appliquer selon les conditions environnementales. Des méthodologies spécifiques sont également fournies pour évaluer et garantir la durabilité des structures face à ces réactions.

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Journée CoTITA – fasc.

65

réactions de gonflement interne

DIERKENS Michaël, CEREMA / DTer

25 septembre 2017

Préparé par Stéphane LAVAUD – IFSTTAR / MAST/CPDM


Adapté par M. Dierkens – Cerema (RSI)
RAG : démarche préventive
La démarche préventive concernant l’alcali-réaction (RAG) est définie dans :

« Recommandations pour la prévention des désordres


dus à l’alcali-réaction » - LCPC – juin 1994

Remplacées par

FD P 18-464 « Béton – dispositions pour prévenir


les phénomènes d’alcali-réaction » - avril 2014
RAG : démarche préventive

Principe

1 – Déterminer le niveau de prévention à atteindre en


fonction de:
1-a Catégorie de l’ouvrage
1-b Classe d’exposition en fonction des actions
dues à l’environnement

2 – Appliquer la (ou les) solution(s) possible(s) au regard


des précautions liées au niveau de prévention retenu
Catégorie de l’ouvrage

 3 catégories représentatives du niveau de risque vis-à-vis de


l’alcali-réaction que l’on est prêt à accepter pour un ouvrage
donné (ou des parties d’ouvrage)
➨ choix décidé par le maître d’ouvrage

Catégorie Exemples d’ouvrages ou parties d’ouvrages

I ouvrages provisoires, éléments aisément remplaçables, …

II la plupart des bâtiments et des ouvrages du génie civil

III les ouvrages exceptionnels (barrages, centrales nucléaires, …)


Classe d’exposition (Recommandations LCPC)

 4 classes d’environnement représentatives des conditions


environnementales jouant un rôle important dans l’initiation et le
développement de l’alcali-réaction

Classe Environnement

Classe 1 environnement sec ou peu humide (hygrométrie < 80%)

Classe 2 environnement avec hygrométrie > 80% ou en contact avec l’eau

Classe 3 environnement avec hygrométrie > 80% et avec gel et fondants

Classe 4 environnement marin


Classe d’exposition (FD P 18-464)

 3 classes d’exposition représentatives des conditions


environnementales jouant un rôle important dans l’initiation et le
développement de l’alcali-réaction
Classe Environnement
Classe XAR1 environnement sec ou peu humide (hygrométrie ≤ 80%)*
environnement avec hygrométrie > 80% sans fondants salins
Classe XAR2 ou
en contact avec l’eau hors environnement marin
environnement avec hygrométrie > 80%
Classe XAR3 Et
avec fondants salins ou en environnement marin

*: certaines pièces de forte épaisseur peuvent être classées en XAR2 selon leur humidité interne
(fonction de l’exposition)
Niveaux de prévention (Recommandations LCPC)
Classe
d’environnement
1 2 3 4
Catégorie d’ouvrage

I A A A A

II A B B B

III C C C C

Détermination du niveau de prévention


Niveaux de prévention (FD P 18-464)
Classe
d’exposition
XAR1 XAR2 XAR3
Catégorie d’ouvrage

I A A A

II A B B

III C C C

Détermination du niveau de prévention


Détermination du niveau de prévention

 3 niveaux de prévention : A, B et C

 niveau A : pas de précaution spécifique

 niveau B :
réponse positive au moins à UNE des six questions du schéma 1

réponse positive au moins à UNE des quatre questions de la figure 1

 niveau C : niveau maximum de précaution


Granulats non réactifs ou PRP si conditions particulières à leur
emploi sont satisfaites (ou PR avec étude approfondie (§6.2.3))
 Méthodologie à utiliser pour le niveau B
Schéma 1 (Recommandations LCPC)

L’étude du La La formulation La formulation Le béton Les conditions


dossier formulation satisfait-elle à un offre-t-elle des contient-il des particulières aux
carrière satisfait-elle à critère de références additions granulats PRP*
montre-t-elle un critère performance d’emploi minérales sont-elles
que les analytique (essais de suffisamment inhibitrices en satisfaites ?
granulats sont (bilan des gonflement selon convaincantes ? proportions
non réactifs ? alcalins) ? NF P18-454) ? suffisantes ?

1 2 3 4 5 6

OUI à une des questions: la formulation du béton est acceptée


NON à toutes les questions: la formulation du béton doit être modifiée
* PRP = Potentiellement réactif à effet de pessimum
 Méthodologie à utiliser pour le niveau B
Figure 1 (FD P 18-464)

L’étude du La La formulation La formulation Le béton Les conditions


dossier formulation satisfait-elle à un offre-t-elle des contient-il des particulières aux
carrière satisfait-elle à critère de références additions granulats PRP*
montre-t-elle un critère performance d’emploi minérales sont-elles
que les analytique (essais de suffisamment inhibitrices en satisfaites ?
granulats sont (bilan des gonflement selon convaincantes ? proportions
non réactifs ? alcalins) ? NF P18-454) ? suffisantes ?

1 2 3 4 5 6

OUI à une des questions: la formulation du béton est acceptée


NON à toutes les questions : la formulation du béton doit être modifiée
* PRP = Potentiellement réactif à effet de pessimum
 Bilan des alcalins

Teneur en alcalins ACTIFS du béton = T (kg/m3 du béton)

T = [Link] + [Link] + [Link] + [Link] + [Link]

Ciment Granulats Adjuvants Eau Additions

Ex: C: quantité de en ciment (kg/m3 de béton) et Ac: teneur en alcalins actifs du ciment (% en masse)

méthodes de calcul des teneurs :


Recommandations LCPC : en annexe
NF P 18-464 : références normatives et méthodes regroupées
dans le tableau 4
 Bilan des alcalins

Béton de CEM I, CEM II et CEM V


et CEM III/A avec S < 60% ou béton avec additions de
composition similaire
Lorsque les données statistiques des teneurs en alcalins actifs
du ciment, des cendres volantes et du laitier sont disponibles, on
utilisera la règle suivante :

Tm < 3,5 kg/m3 et Tmax < 3,5 kg/m3


1 + 2Vc

En l’absence de données sur les dispersions des teneurs en


alcalins, on admet qu’une formule de béton convient à l’emploi
de granulats potentiellement réactifs si :
Tm < 3,0 kg/m3 et Tmax < 3,3 kg/m3

Tm = teneur moyenne en alcalins du béton (tableau 5)


Tmax = teneur maximale
 Bilan des alcalins

Béton de CEM III avec S > 60%


Dans ce cas, il convient de :
 s’assurer que le laitier est en quantité suffisante
 limiter le taux d’alcalins TOTAUX des ciments CEM III
Une formule de béton convient à l’emploi de granulats
potentiellement réactifs si :

CEM III/A ou CEM III/B CEM III/C

am < 1,1 % am < 2,0 %

am = teneur moyenne en alcalins totaux du ciment


S = teneur en laitier de haut fourneau dans le ciment
RSI : démarche préventive
 La norme NF EN 206/CN garantit la durabilité de la structure vis-à-vis des
agressions dues à l’environnement via le choix des classes d’exposition
mais ne prend pas en compte la RSI (pas de classes d’exposition
adaptées).

 La démarche préventive concernant la réaction sulfatique interne (RSI) est


définie dans :

« Recommandations pour la prévention des désordres


dus à la réaction sulfatique interne »
LCPC – août 2007

Révision en cours de publication


RSI : démarche préventive

Principe

1 – Déterminer le niveau de prévention à atteindre en fonction


de :
1-a : Catégorie de l’ouvrage (ou la partie d’ouvrage)
1-b : Classe d’exposition en fonction des actions dues à
l’environnement

2 – Appliquer la (ou les) solution(s) possible(s) au regard des


précautions liées au niveau de prévention retenu
RSI : démarche préventive

Catégorie Exemples d’ouvrages ou d’éléments d’ouvrage


- Ouvrages de classe de résistance inférieure à C16/20 (dont les bétons de
bouchon)
I - Éléments non porteurs des bâtiments
conséquences - Éléments aisément remplaçables
faibles ou - Ouvrages provisoires
acceptables - La plupart des produits préfabriqués non structurels

- Les éléments porteurs de la plupart des bâtiments et les ouvrages


II de génie civil (dont les ponts courants)
conséquences - La plupart des produits préfabriqués structurels (y compris les
peu tolérables canalisations sous pression)

- Bâtiments réacteurs des centrales nucléaires et aéroréfrigérants


III - Barrages
conséquences - Tunnels
inacceptables - Ponts ou viaducs exceptionnels
ou quasi - Monuments ou bâtiments de prestige
inacceptables - Traverses de chemin de fer
RSI : démarche préventive

Classes Description de Exemples informatifs illustrant le choix des


d’exposition l’environnement classes d’exposition
sec - Partie d’ouvrage située à l’intérieur de bâtiments où le
taux d’humidité de l’air ambiant est faible ou moyen
ou
XH1 humidité
- Partie d’ouvrage située à l’extérieur et abritée de la
pluie
modérée
- Partie d’ouvrage située à l’intérieur de bâtiments où le
taux d’humidité de l’air ambiant est élevé
alternance - Partie d’ouvrage non protégée par un revêtement et
humidité-séchage, soumis aux intempéries, sans stagnation d’eau à la
XH2 humidité élevée surface
- Partie d’ouvrage non protégée par un revêtement et
soumise à des condensations fréquentes

en contact durable - Partie d’ouvrage submergée en permanence dans l’eau


avec l’eau : - Éléments de structures marines
-immersion permanente - Un grand nombre de fondations
XH3 -stagnation d’eau à la - Partie d’ouvrage régulièrement exposée à des
surface projections d’eau
-zone de marnage
RSI : démarche préventive

 de la responsabilité du maître d’ouvrage

Classe
d’exposition XH1 XH2 XH3
Catégorie d’ouvrage

I
Risque faible ou acceptable As As As
II
Risque peu tolérable As Bs Cs
III
Risque inacceptable As Cs Ds
RSI : révision en cours

- maintien des définitions et caractéristiques des catégories, classes


d’exposition et niveau de prévention

- maintien des Tmax

- mise à jour normes et références

- suppression condition 6 : références d’utilisation produits préfa

- modification condition 4 : utilisation des additions.

- niveau Ds :

suppression validation par un laboratoire expert

conditions 4 (additions) et 5 (essais de performance) autorisées.
RSI : révision en cours

Modification calcul d’estimation des températures : annexe 4

- prise en compte du Q120 (non standardisé) et nouveau calcul du Qm :


CEM I et CEM II : Qm = 1,05.Q120
CEM III et CEM V : Qm = 1,15.Q120
si Qm non disponible, calcul possible avec le Q41

- prise en compte métakaolin pour le calcul du Lech, avec K’ = 1

- modification de la manière de prendre en compte le coefficient a traduisant


l’influence du degré d’hydratation
RSI : révision en cours

Modification des critères d’interprétation du test de performance

- suppression critères relatifs aux variations mensuelles


- modification critère 2

Critère 1 :
La déformation longitudinale moyenne de 3 éprouvettes est inférieure à 0,04% et aucune valeur
individuelle ne dépasse 0,06% à l’échéance de 12 mois ;

Critère 2 :
Si la déformation longitudinale moyenne des 3 éprouvettes est supérieure à 0,04% à l’échéance de
12 mois, il est nécessaire de prolonger l’essai jusqu’au 15ème mois.
Dans ce cas, la déformation longitudinale moyenne des 3 éprouvettes doit être inférieure à 0,06%
à l’échéance de 15 mois, et la variation cumulée entre le 12ème mois et le 15ème mois doit être
inférieure à 0,01%, et en outre aucune valeur individuelle ne doit dépasser 0,07% à l’échéance de
15 mois.
RSI : révision en cours

Liste des 6 conditions : Bs

- Le traitement thermique est maîtrisé (note 1), la durée de maintien de la température du béton
au-delà de 75°C ne doit pas excéder 4 heures et les alcalins équivalents actifs du béton doivent
être en quantité inférieure à 3 kg/m3. (La durée de maintien est définie comme la période pendant
laquelle la température est supérieure à 75°C).

- Utilisation d’un ciment conforme à la norme NF P15-319 (ES) ou d’un ciment SR selon la norme NF
EN 197-1 excepté les ciments CEM I SR3 et SR5, pour les bétons devant être soumis à une
température supérieure à 75°C pendant une durée supérieure à 10 heures. Ces ciments SR3 et SR5
sont autorisés pour les bétons lorsque la durée de maintien de la température au-delà de 75°C est
inférieure à 10 heures, à condition que la teneur en alcalins équivalents actifs du béton soit
inférieure à 3 kg/m3.

- Utilisation d’un ciment CEM I SR3 ou SR5 conforme à la marque NF Liants hydrauliques et qualifié
selon la méthodologie donnée en annexe 5, dans le cas où la durée de maintien de la température
au-delà de 75°C est supérieure à 10 heures.
RSI : révision en cours

Liste des 6 conditions : Bs

- Utilisation de ciments non conformes à la norme NF P 15-319 (ES) de type CEM II/B-V, CEM II/B-Q,
CEM II/B-M (S-V) sous réserve d’avoir plus de 20% de cendres volantes, CEM III/A ou CEM V, tous
ces ciments devant avoir une teneur en SO3 qui ne doit pas excéder 3%, et être fabriqués à partir
d’un clinker dont la teneur en C3A ne doit pas excéder 8 %.

- Utilisation, en combinaison avec du CEM I ou du CEM II/A, de cendres volantes conformes à la


norme NF EN 450-1, de laitiers de haut fourneau moulus conformes à la norme NF EN 15167-1, de
fumées de silice conformes à la norme NF EN 13263-1 ou de métakaolins conformes à la norme NF
P18-513. Leur proportion dans le liant (combinaison ciment + additions) doit être d’au moins 20 %
pour les cendres volantes, 35 % pour les laitiers de haut fourneau, 10 % pour la fumée de silice
(note 2) et 20 % pour le métakaolin. Le liant utilisé doit respecter les exigences suivantes : C3A
(rapporté au clinker) 8% et SO3 (rapporté au liant) 3%.

- Vérification de la durabilité du béton vis-à-vis de la RSI à l’aide de l’essai de performance et par la


satisfaction aux critères décisionnels.

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