Journée CoTITA – fasc.
65
réactions de gonflement interne
DIERKENS Michaël, CEREMA / DTer
25 septembre 2017
Préparé par Stéphane LAVAUD – IFSTTAR / MAST/CPDM
Adapté par M. Dierkens – Cerema (RSI)
RAG : démarche préventive
La démarche préventive concernant l’alcali-réaction (RAG) est définie dans :
« Recommandations pour la prévention des désordres
dus à l’alcali-réaction » - LCPC – juin 1994
Remplacées par
FD P 18-464 « Béton – dispositions pour prévenir
les phénomènes d’alcali-réaction » - avril 2014
RAG : démarche préventive
Principe
1 – Déterminer le niveau de prévention à atteindre en
fonction de:
1-a Catégorie de l’ouvrage
1-b Classe d’exposition en fonction des actions
dues à l’environnement
2 – Appliquer la (ou les) solution(s) possible(s) au regard
des précautions liées au niveau de prévention retenu
Catégorie de l’ouvrage
3 catégories représentatives du niveau de risque vis-à-vis de
l’alcali-réaction que l’on est prêt à accepter pour un ouvrage
donné (ou des parties d’ouvrage)
➨ choix décidé par le maître d’ouvrage
Catégorie Exemples d’ouvrages ou parties d’ouvrages
I ouvrages provisoires, éléments aisément remplaçables, …
II la plupart des bâtiments et des ouvrages du génie civil
III les ouvrages exceptionnels (barrages, centrales nucléaires, …)
Classe d’exposition (Recommandations LCPC)
4 classes d’environnement représentatives des conditions
environnementales jouant un rôle important dans l’initiation et le
développement de l’alcali-réaction
Classe Environnement
Classe 1 environnement sec ou peu humide (hygrométrie < 80%)
Classe 2 environnement avec hygrométrie > 80% ou en contact avec l’eau
Classe 3 environnement avec hygrométrie > 80% et avec gel et fondants
Classe 4 environnement marin
Classe d’exposition (FD P 18-464)
3 classes d’exposition représentatives des conditions
environnementales jouant un rôle important dans l’initiation et le
développement de l’alcali-réaction
Classe Environnement
Classe XAR1 environnement sec ou peu humide (hygrométrie ≤ 80%)*
environnement avec hygrométrie > 80% sans fondants salins
Classe XAR2 ou
en contact avec l’eau hors environnement marin
environnement avec hygrométrie > 80%
Classe XAR3 Et
avec fondants salins ou en environnement marin
*: certaines pièces de forte épaisseur peuvent être classées en XAR2 selon leur humidité interne
(fonction de l’exposition)
Niveaux de prévention (Recommandations LCPC)
Classe
d’environnement
1 2 3 4
Catégorie d’ouvrage
I A A A A
II A B B B
III C C C C
Détermination du niveau de prévention
Niveaux de prévention (FD P 18-464)
Classe
d’exposition
XAR1 XAR2 XAR3
Catégorie d’ouvrage
I A A A
II A B B
III C C C
Détermination du niveau de prévention
Détermination du niveau de prévention
3 niveaux de prévention : A, B et C
niveau A : pas de précaution spécifique
niveau B :
réponse positive au moins à UNE des six questions du schéma 1
réponse positive au moins à UNE des quatre questions de la figure 1
niveau C : niveau maximum de précaution
Granulats non réactifs ou PRP si conditions particulières à leur
emploi sont satisfaites (ou PR avec étude approfondie (§6.2.3))
Méthodologie à utiliser pour le niveau B
Schéma 1 (Recommandations LCPC)
L’étude du La La formulation La formulation Le béton Les conditions
dossier formulation satisfait-elle à un offre-t-elle des contient-il des particulières aux
carrière satisfait-elle à critère de références additions granulats PRP*
montre-t-elle un critère performance d’emploi minérales sont-elles
que les analytique (essais de suffisamment inhibitrices en satisfaites ?
granulats sont (bilan des gonflement selon convaincantes ? proportions
non réactifs ? alcalins) ? NF P18-454) ? suffisantes ?
1 2 3 4 5 6
OUI à une des questions: la formulation du béton est acceptée
NON à toutes les questions: la formulation du béton doit être modifiée
* PRP = Potentiellement réactif à effet de pessimum
Méthodologie à utiliser pour le niveau B
Figure 1 (FD P 18-464)
L’étude du La La formulation La formulation Le béton Les conditions
dossier formulation satisfait-elle à un offre-t-elle des contient-il des particulières aux
carrière satisfait-elle à critère de références additions granulats PRP*
montre-t-elle un critère performance d’emploi minérales sont-elles
que les analytique (essais de suffisamment inhibitrices en satisfaites ?
granulats sont (bilan des gonflement selon convaincantes ? proportions
non réactifs ? alcalins) ? NF P18-454) ? suffisantes ?
1 2 3 4 5 6
OUI à une des questions: la formulation du béton est acceptée
NON à toutes les questions : la formulation du béton doit être modifiée
* PRP = Potentiellement réactif à effet de pessimum
Bilan des alcalins
Teneur en alcalins ACTIFS du béton = T (kg/m3 du béton)
T = [Link] + [Link] + [Link] + [Link] + [Link]
Ciment Granulats Adjuvants Eau Additions
Ex: C: quantité de en ciment (kg/m3 de béton) et Ac: teneur en alcalins actifs du ciment (% en masse)
méthodes de calcul des teneurs :
Recommandations LCPC : en annexe
NF P 18-464 : références normatives et méthodes regroupées
dans le tableau 4
Bilan des alcalins
Béton de CEM I, CEM II et CEM V
et CEM III/A avec S < 60% ou béton avec additions de
composition similaire
Lorsque les données statistiques des teneurs en alcalins actifs
du ciment, des cendres volantes et du laitier sont disponibles, on
utilisera la règle suivante :
Tm < 3,5 kg/m3 et Tmax < 3,5 kg/m3
1 + 2Vc
En l’absence de données sur les dispersions des teneurs en
alcalins, on admet qu’une formule de béton convient à l’emploi
de granulats potentiellement réactifs si :
Tm < 3,0 kg/m3 et Tmax < 3,3 kg/m3
Tm = teneur moyenne en alcalins du béton (tableau 5)
Tmax = teneur maximale
Bilan des alcalins
Béton de CEM III avec S > 60%
Dans ce cas, il convient de :
s’assurer que le laitier est en quantité suffisante
limiter le taux d’alcalins TOTAUX des ciments CEM III
Une formule de béton convient à l’emploi de granulats
potentiellement réactifs si :
CEM III/A ou CEM III/B CEM III/C
am < 1,1 % am < 2,0 %
am = teneur moyenne en alcalins totaux du ciment
S = teneur en laitier de haut fourneau dans le ciment
RSI : démarche préventive
La norme NF EN 206/CN garantit la durabilité de la structure vis-à-vis des
agressions dues à l’environnement via le choix des classes d’exposition
mais ne prend pas en compte la RSI (pas de classes d’exposition
adaptées).
La démarche préventive concernant la réaction sulfatique interne (RSI) est
définie dans :
« Recommandations pour la prévention des désordres
dus à la réaction sulfatique interne »
LCPC – août 2007
Révision en cours de publication
RSI : démarche préventive
Principe
1 – Déterminer le niveau de prévention à atteindre en fonction
de :
1-a : Catégorie de l’ouvrage (ou la partie d’ouvrage)
1-b : Classe d’exposition en fonction des actions dues à
l’environnement
2 – Appliquer la (ou les) solution(s) possible(s) au regard des
précautions liées au niveau de prévention retenu
RSI : démarche préventive
Catégorie Exemples d’ouvrages ou d’éléments d’ouvrage
- Ouvrages de classe de résistance inférieure à C16/20 (dont les bétons de
bouchon)
I - Éléments non porteurs des bâtiments
conséquences - Éléments aisément remplaçables
faibles ou - Ouvrages provisoires
acceptables - La plupart des produits préfabriqués non structurels
- Les éléments porteurs de la plupart des bâtiments et les ouvrages
II de génie civil (dont les ponts courants)
conséquences - La plupart des produits préfabriqués structurels (y compris les
peu tolérables canalisations sous pression)
- Bâtiments réacteurs des centrales nucléaires et aéroréfrigérants
III - Barrages
conséquences - Tunnels
inacceptables - Ponts ou viaducs exceptionnels
ou quasi - Monuments ou bâtiments de prestige
inacceptables - Traverses de chemin de fer
RSI : démarche préventive
Classes Description de Exemples informatifs illustrant le choix des
d’exposition l’environnement classes d’exposition
sec - Partie d’ouvrage située à l’intérieur de bâtiments où le
taux d’humidité de l’air ambiant est faible ou moyen
ou
XH1 humidité
- Partie d’ouvrage située à l’extérieur et abritée de la
pluie
modérée
- Partie d’ouvrage située à l’intérieur de bâtiments où le
taux d’humidité de l’air ambiant est élevé
alternance - Partie d’ouvrage non protégée par un revêtement et
humidité-séchage, soumis aux intempéries, sans stagnation d’eau à la
XH2 humidité élevée surface
- Partie d’ouvrage non protégée par un revêtement et
soumise à des condensations fréquentes
en contact durable - Partie d’ouvrage submergée en permanence dans l’eau
avec l’eau : - Éléments de structures marines
-immersion permanente - Un grand nombre de fondations
XH3 -stagnation d’eau à la - Partie d’ouvrage régulièrement exposée à des
surface projections d’eau
-zone de marnage
RSI : démarche préventive
de la responsabilité du maître d’ouvrage
Classe
d’exposition XH1 XH2 XH3
Catégorie d’ouvrage
I
Risque faible ou acceptable As As As
II
Risque peu tolérable As Bs Cs
III
Risque inacceptable As Cs Ds
RSI : révision en cours
- maintien des définitions et caractéristiques des catégories, classes
d’exposition et niveau de prévention
- maintien des Tmax
- mise à jour normes et références
- suppression condition 6 : références d’utilisation produits préfa
- modification condition 4 : utilisation des additions.
- niveau Ds :
●
suppression validation par un laboratoire expert
●
conditions 4 (additions) et 5 (essais de performance) autorisées.
RSI : révision en cours
Modification calcul d’estimation des températures : annexe 4
- prise en compte du Q120 (non standardisé) et nouveau calcul du Qm :
CEM I et CEM II : Qm = 1,05.Q120
CEM III et CEM V : Qm = 1,15.Q120
si Qm non disponible, calcul possible avec le Q41
- prise en compte métakaolin pour le calcul du Lech, avec K’ = 1
- modification de la manière de prendre en compte le coefficient a traduisant
l’influence du degré d’hydratation
RSI : révision en cours
Modification des critères d’interprétation du test de performance
- suppression critères relatifs aux variations mensuelles
- modification critère 2
Critère 1 :
La déformation longitudinale moyenne de 3 éprouvettes est inférieure à 0,04% et aucune valeur
individuelle ne dépasse 0,06% à l’échéance de 12 mois ;
Critère 2 :
Si la déformation longitudinale moyenne des 3 éprouvettes est supérieure à 0,04% à l’échéance de
12 mois, il est nécessaire de prolonger l’essai jusqu’au 15ème mois.
Dans ce cas, la déformation longitudinale moyenne des 3 éprouvettes doit être inférieure à 0,06%
à l’échéance de 15 mois, et la variation cumulée entre le 12ème mois et le 15ème mois doit être
inférieure à 0,01%, et en outre aucune valeur individuelle ne doit dépasser 0,07% à l’échéance de
15 mois.
RSI : révision en cours
Liste des 6 conditions : Bs
- Le traitement thermique est maîtrisé (note 1), la durée de maintien de la température du béton
au-delà de 75°C ne doit pas excéder 4 heures et les alcalins équivalents actifs du béton doivent
être en quantité inférieure à 3 kg/m3. (La durée de maintien est définie comme la période pendant
laquelle la température est supérieure à 75°C).
- Utilisation d’un ciment conforme à la norme NF P15-319 (ES) ou d’un ciment SR selon la norme NF
EN 197-1 excepté les ciments CEM I SR3 et SR5, pour les bétons devant être soumis à une
température supérieure à 75°C pendant une durée supérieure à 10 heures. Ces ciments SR3 et SR5
sont autorisés pour les bétons lorsque la durée de maintien de la température au-delà de 75°C est
inférieure à 10 heures, à condition que la teneur en alcalins équivalents actifs du béton soit
inférieure à 3 kg/m3.
- Utilisation d’un ciment CEM I SR3 ou SR5 conforme à la marque NF Liants hydrauliques et qualifié
selon la méthodologie donnée en annexe 5, dans le cas où la durée de maintien de la température
au-delà de 75°C est supérieure à 10 heures.
RSI : révision en cours
Liste des 6 conditions : Bs
- Utilisation de ciments non conformes à la norme NF P 15-319 (ES) de type CEM II/B-V, CEM II/B-Q,
CEM II/B-M (S-V) sous réserve d’avoir plus de 20% de cendres volantes, CEM III/A ou CEM V, tous
ces ciments devant avoir une teneur en SO3 qui ne doit pas excéder 3%, et être fabriqués à partir
d’un clinker dont la teneur en C3A ne doit pas excéder 8 %.
- Utilisation, en combinaison avec du CEM I ou du CEM II/A, de cendres volantes conformes à la
norme NF EN 450-1, de laitiers de haut fourneau moulus conformes à la norme NF EN 15167-1, de
fumées de silice conformes à la norme NF EN 13263-1 ou de métakaolins conformes à la norme NF
P18-513. Leur proportion dans le liant (combinaison ciment + additions) doit être d’au moins 20 %
pour les cendres volantes, 35 % pour les laitiers de haut fourneau, 10 % pour la fumée de silice
(note 2) et 20 % pour le métakaolin. Le liant utilisé doit respecter les exigences suivantes : C3A
(rapporté au clinker) 8% et SO3 (rapporté au liant) 3%.
- Vérification de la durabilité du béton vis-à-vis de la RSI à l’aide de l’essai de performance et par la
satisfaction aux critères décisionnels.