III LA TRANSMISSION GÉNÉTIQUE
1. Les groupes sanguins et l’immunité : une transmission héréditaire intemporelle
1.1 la transmission héréditaire des groupes sanguins
Ici, on expliquera que le sang ne se perd jamais par le fait qu’il se transmette de génération
en génération, de façon fidèle, à travers les gènes. En effet, le groupe sanguin d’un individu
est déterminé par des gènes spécifiques, comme le gène ABO situé sur le chromosome 9 et le
gène Rh situé sur le chromosome 1 (Healthline, 2024). Ces gènes sont transmis par les
parents à leurs enfants selon les lois de l’hérédité décrites par Gregor Mendel, ce qui signifie
que les caractéristiques du sang comme le groupe A, B, AB ou O, ainsi que le facteur Rhésus
sont héréditaires et restent inchangées tout au long de la vie. Cette stabilité génétique du sang,
transmise de parent à enfant, explique pourquoi on considère que le sang ne disparaît pas : il
circule symboliquement et biologiquement à travers les générations. Même si une personne
décède, ses descendants peuvent porter les mêmes gènes sanguins, ce qui prolonge la présence
de ce sang dans la lignée familiale. Ainsi, le sang devient un héritage génétique, un lien
invisible mais réel entre les membres d’une même famille.
Les progrès récents en génomique permettent de mieux comprendre les variations alléliques
au sein des gènes ABO et RH, ce qui renforce l’idée que le sang porte une information unique
et précieuse, transmise avec fidélité (Fichou et al., 2020 ; Gueuning et al., 2022). Cette
transmission suit des règles précises : les groupes A et B sont codominants, le groupe O est
récessif, et le facteur Rh+ est dominant sur Rh– (Opoku et al., 2024). Grâce à ces règles, il est
même possible de prédire le groupe sanguin d’un enfant à partir de celui de ses parents.
En plus de son rôle en médecine (par exemple pour les transfusions), l’étude du groupe
sanguin permet aussi d’établir des liens de parenté ou d’éclairer l’histoire génétique d’une
famille. Cela montre que le sang est bien plus qu’un simple fluide : c’est un porteur de
mémoire génétique, un trait identitaire transmis à travers les générations. Ainsi, dire que le
sang ne se perd jamais, c’est reconnaître la puissance de la génétique et la continuité de la vie
familiale au fil du temps.
Tableau 1 : Tableau montrant les allèles multiples et la codominance. *extrait de
(Opoku et al., 2024)
Tableau 2 : Tableau montrant les allèles rhésus positifs et négatifs. *extrait de (Opoku et
al., 2024)
1.2 L’impossibilité de modifier fondamentalement le groupe sanguin hérité
Le groupe sanguin fait partie intégrante de l’identité biologique d’un individu. Il est défini par
la présence ou l’absence de certains antigènes à la surface des globules rouges, principalement
les antigènes A, B et Rh, eux-mêmes codés par des gènes spécifiques (comme ABO et Rh).
Ces gènes sont transmis à la naissance par les parents, selon les lois de l’hérédité
mendélienne, et restent inchangés tout au long de la vie (Issitt & Anstee, 1998).
Contrairement à d’autres caractéristiques biologiques qui peuvent être influencées ou
modifiées par des facteurs environnementaux ou médicaux (comme le poids, le taux de
cholestérol, etc.), le groupe sanguin génétique ne peut pas être modifié naturellement. Il
constitue une donnée stable, qui accompagne l’individu depuis la formation de l’embryon
jusqu’à la fin de sa vie. Cette stabilité est essentielle pour de nombreux domaines, notamment
la médecine transfusionnelle, la greffe d’organes ou encore la génétique médico-légale.
1.3 La persistance de l'information génétique dans l'ADN
Le groupe sanguin d’un individu est inscrit dans son ADN, à travers des gènes précis tels que
ABO et Rh, qui codent les antigènes présents à la surface des globules rouges. Ces gènes,
hérités des parents, sont immuables et font partie intégrante du patrimoine génétique de
chaque être humain. Ce qui rend cette information si remarquable, c’est sa durabilité dans le
temps. L’ADN, support de l’information génétique, peut survivre bien au-delà de la mort de
l’individu, dans des conditions appropriées. Ainsi, il est utilisé dans des contextes forensiques
pour identifier des personnes décédées ou résoudre des enquêtes criminelles (Butler, 2005).
Cela montre que même lorsque le sang n’est plus visible ou physiquement présent, son
empreinte génétique, elle, persiste.
1.4 Transfert d'immunité passive de la mère à l'enfant
Le sang ne se limite pas à transporter l’oxygène et les nutriments : il est également un vecteur
fondamental de l’immunité. Il contient des cellules et des molécules essentielles à la défense
de l’organisme, notamment les globules blancs et les anticorps (ou immunoglobulines), qui
jouent un rôle clé dans la protection contre les agents pathogènes. Ce rôle du sang dans
l’immunité se manifeste de manière particulièrement marquante pendant la grossesse et les
premiers mois de vie d’un enfant, à travers un processus appelé transfert d’immunité passive.
Durant la grossesse, la mère transmet au fœtus, via le placenta, des anticorps IgG qui circulent
dans son sang. Ces anticorps, produits au cours de sa vie en réponse à diverses infections ou
vaccinations, traversent la barrière placentaire et entrent dans la circulation sanguine du fœtus
(Hahn-Roberts et al., 2020). Ces immunoglobulines, bien que non génétiquement héritées,
représentent une mémoire immunitaire temporairement transmise de la mère à l’enfant. Ce
phénomène peut être vu comme une forme de continuité biologique entre deux générations,
où la mère transmet non seulement ses gènes, mais aussi une partie de son expérience
immunitaire à son enfant. Ce lien se fait par l’intermédiaire du sang et de ses composants, ce
qui renforce l’idée que le sang est porteur d’une mémoire vivante, au-delà même de l’ADN. Il
ne s’agit pas seulement de transmettre un code génétique, mais aussi une protection concrète
contre les maladies, façonnée par le vécu de la mère. Ainsi, cette transmission immunitaire
temporaire souligne une autre facette de la formule « le sang ne se perd jamais ». Le sang
maternel offre au nouveau-né une protection issue de l’histoire immunitaire de la mère, le
temps que son propre système immunitaire devienne pleinement opérationnel. Ce passage de
relais, bien que limité dans le temps, est essentiel pour la survie du nourrisson dans ses
premiers mois, et illustre magnifiquement la solidarité biologique entre générations.
Figure 1 : Transfert d’anticorps materno-fœtal et protection contre l’infection chez le
nouveau-né. *etrait de Hahn-Roberts et al., 2020.
Les gènes qui codent pour les composants du système immunitaire (comme les gènes HLA
impliqués dans la reconnaissance des antigènes) sont transmis de la mère à l’enfant (Janeway
et al., 2005). Ces gènes influencent la manière dont le système immunitaire d'un individu
répond aux pathogènes. Ainsi, certaines prédispositions ou susceptibilités immunitaires
peuvent être transmises, créant une certaine continuité dans la réponse immunitaire au sein
d'une famille.
Références Bibliographiques :
Butler, J.M. (2005) Forensic DNA Typing: Biology Technology and Genetics of STR
Markers. 2nd Edition, Elsevier Academic Press, New York.
Fichou, Y., Le Pennec, P. Y., Jeanneau, C., Guillonneau, S., Saison, C., & Cartron, J. P.
(2020). Defining blood group gene reference alleles by long-read sequencing: proof of
concept in the ACKR1 gene encoding the Duffy antigens. Transfusion clinique et biologique,
27(1), 5-12.
Gueuning M, Thun GA, Wittig M, Galati AL, Meyer S, Trost N, Gourri E, Fuss J,
Sigurdardottir S, Merki Y, Neuenschwander K, Busch Y, Trojok P, Schäfer M, Gottschalk J,
Franke A, Gassner C, Peter W, Frey BM, Mattle-Greminger MP. Haplotype sequence
collection of ABO blood group alleles by long-read sequencing reveals putative A1-
diagnostic variants. Blood Adv. 2023 Mar 28;7(6):878-892. doi:
10.1182/bloodadvances.2022007133. PMID: 36129841; PMCID: PMC10025113.
Hahn-Roberts, K. A., McElrath, T. F., & участвовать, M. M. (2020). Maternal-fetal transfer
of antibodies and protection against infection in the newborn. F1000Research, 9, F1000
Faculty Rev-92.
Healthline. (2024, December 23). Blood Types in Genetics: ABO and Rh Type Inheritance.
[Link]
Janeway, C. A., Travers, P., Walport, M., & Shlomchik, M. J. (2005). Immunobiology: The
immune system in health and disease (6th ed.). Garland Science.
Opoku, A. (2024). Inheritance of ABO Blood Group and Rhesus Factor and It Implication in
Genetic Counselling and Public Health Education. International Journal of Research and
Reports in Hematology, 7(1), 5-12.
Peter D. Issitt, David J. Anstee. Applied Blood Group Serology Montgomery Scientific
Publications, 1998 - 1208 pages