L'insécurité Alimentaire Dans Le Monde
L'insécurité Alimentaire Dans Le Monde
2005
2005
A
u moment où la communauté inter- cite du SMA et de l'OMD 1 et en tant que la faim pèse sur le développement et com-
nationale passe en revue les pro- condition essentielle à la réalisation des ment la réduction de la faim pourrait accé-
grès accomplis en vue de la réali- autres OMD. lérer les progrès.
sation des objectifs du Millénaire pour le La première section du rapport analyse Les tableaux de l'Annexe présentent les
développement et prépare l'examen à moyen les tendances à long terme de la réduction dernières estimations de la FAO concer-
terme du Sommet mondial de l'alimenta- de la sous-alimentation et examine les effets nant la sous-alimentation et les progrès
tion (SMA), L'état de l'insécurité alimen- de la croissance économique, de la gou- accomplis dans la réalisation des objec-
taire dans le monde 2005 s'attache à sou- vernance et des catastrophes naturelles. tifs de réduction de la faim du SMA et des
ligner l'importance critique de la réduction La seconde section examine séparément OMD; et des indicateurs clés pour les autres
de la faim à la fois en tant qu'objectif expli- chacun des OMD en soulignant comment OMD.
Les objectifs du Millénaire pour le développement et leurs liens avec la réduction de la faim
• Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la • La faim perpétue la pauvreté en réduisant la
1 Réduire
l'extrême pauvreté
et la faim
population dont le revenu est inférieur à 1 dollar EU par jour
• Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la
productivité
• La faim empêche les personnes de produire ou
population qui souffre de la faim d'acquérir les aliments dont elles ont besoin
• Donner, d'ici 2015, à tous les enfants, garçons et filles, les • La faim réduit la fréquentation scolaire et les
2 Assurer
l'éducation primaire
pour tous
moyens d'achever un cycle complet d'études primaires capacités d'apprentissage
• Le manque d'instruction réduit les capacités de
gain et accroît les risques de souffrir la faim
• Éliminer les disparités entre les sexes dans les • La faim réduit surtout la fréquentation scolaire
3 Promouvoir
l'égalité des sexes
et l'autonomisation
enseignements primaire et secondaire d'ici à 2005 si
possible et à tous les niveaux de l'enseignement en 2015 au
des filles
• L'inégalité hommes-femmes perpétue le cycle
des femmes plus tard des femmes sous-alimentées donnant naissance
à des enfants souffrant d'insuffisance pondérale
• Réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de • Plus de la moitié des décès d'enfants sont
4 Réduire
la mortalité infantile moins de cinq ans entre 1990 et 2015 causés directement ou indirectement par la
faim et la malnutrition
• Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de • La sous-alimentation et les carences en
5 Améliorer
la santé maternelle mortalité maternelle micronutriments augmentent fortement le
risque de mortalité maternelle
• Intégrer les principes du développement durable dans les • La faim entraîne une utilisation non durable
7 Assurer
un environnement
durable
politiques et programmes nationaux et inverser la tendance
actuelle à la déperdition des ressources environnementales
des ressources
• La remise en état et l'amélioration des
• Réduire de moitié le pourcentage de la population qui n'a fonctions de l'écosystème jouent un rôle
pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau fondamental dans la réduction de la faim parmi
potable et à des mesures d'assainissement de base les ruraux pauvres
• Mettre en place un système commercial et financier ouvert, • Les subventions et les tarifs douaniers
8 Mettre en place
un partenariat mondial
pour le développement
fondé sur des règles, prévisible et non discriminatoire
• Prendre en compte les besoins particuliers des pays les
appliqués dans les pays en développement
freinent le développement rural et agricole qui
moins avancés doit aider à réduire la faim
• Traiter globalement le problème de la dette des pays en
développement
Avant-propos
4 Vers les objectifs du Sommet mondial de l'alimentation et du Millénaire
pour le développement: priorité à l'alimentation
30 Tableaux
36 Sources
I
l ne reste plus que 10 ans avant 2015. perdue dans les zones rurales, où vit la mortalité infantile (OMD 4).
Pour cette date, les dirigeants mon- la la plupart des personnes qui ont • La faim et la malnutrition renforcent
diaux s'étaient engagés à réduire de faim. l'incidence et le taux de létalité des
moitié la faim et l'extrême pauvreté et problèmes de santé qui provoquent
de réaliser des progrès importants en Priorité à l'alimentation la majorité des décès pendant la gros-
matière d'éducation, de santé, d'équité sesse et l'accouchement (OMD 5).
sociale, d'environnement durable et de Comme expliqué dans ce rapport, la faim • La faim et la pauvreté anéantissent
solidarité internationale. À moins d'un et la malnutrition sont les principales les systèmes immunitaires des
renforcement de ces engagements et causes du dénuement et de la misère, populations, les forcent à adopter
d'une accélération des progrès, la plu- qui sont visés par tous les autres OMD des stratégies de survie à risque et
part de ces objectifs ne seront pas atteints. (et illustré dans le diagramme ci-contre): augmentent fortement le risque
Si chacune des régions en développe- • Des enfants qui ont faim commen- d'infection et de décès dus au
ment continue à réduire la faim au ryth- cent tard à fréquenter l'école, s'ils la VIH/SIDA, au paludisme, à la tuber-
me actuel, seules l'Amérique du Sud et fréquentent un jour, arrêtent plus tôt culose et à d'autres maladies infec-
les Caraïbes atteindront l'objectif du Mil- et apprennent moins, ce qui freine les tieuses (OMD 6).
lénaire pour le développement (OMD), progrès vers l'éducation primaire et • Il arrive que les gardiens de bétail,
consistant à réduire de moitié la propor- secondaire pour tous (OMD 2). les personnes pratiquant l'agricultu-
tion de personnes souffrant de la faim. • La nutrition insuffisante des femmes re de subsistance, les habitants des
Aucune n'atteindra l'objectif plus ambi- est l'un des résultats les plus des- forêts et les pêcheurs - accablés par
tieux du Sommet mondial de l'alimenta-
tion qui était de réduire de moitié le nombre
de personnes souffrant de la faim. Progrès en vue de la réalisation des OMD par sous-région
Les progrès sur la voie d'autres OMD
ont également été très lents, notamment
Nombre de cibles des OMD (sur un total de 20 cibles choisies)
dans les pays et les régions où les efforts 15
visant à réduire la faim ont marqué le
Sur la bonne voie, risque faible
pas, comme l'illustre clairement le gra- 12 Progrès lents, risque modéré
phique joint. Aucun changement ou détérioration, risque élevé
Il n'empêche que pratiquement tous 9
les objectifs du SMA et des OMD peu-
vent encore être atteints, mais seule- 6
ment à condition de redoubler d'efforts
et de recentrer les interventions, en 3
tenant compte des deux points essen-
tiels ci-dessous: 0
Afrique Asie Asie Amérique Asie Océanie Asie Afrique
1. sans une réduction rapide de la faim, du Nord de l'Est du Sud-Est latine/ de l'Ouest du Sud subsaharienne
la réalisation de tous les autres OMD Caraïbes
sera difficile, voire impossible; Sur la bonne voie Retard ou détérioration dans l'effort
pour la réduction de la faim de réduction de la faim
2. la bataille pour éliminer la faim et réa-
Source: Département des affaires économiques et sociales de l'ONU
liser les autres OMD sera gagnée ou
L
e Sommet mondial de l'alimenta- personnes continueront de souffrir chro- objectif, la région devra inverser la ten-
tion en 1996 et le Sommet du Mil- niquement de la faim dans les pays en dance à la hausse enregistrée durant la
lénaire en 2000 ont tous deux fixé développement. Pour atteindre la cible dernière décennie.
comme objectif une réduction de moi- de 400 millions fixée par le SMA, il fau- En Afrique subsaharienne, la préva-
tié de la faim entre 1990, période de réfé- drait réduire la proportion des victimes lence de la sous-alimentation a très légè-
rence, et 2015. Si la date prévue approche, de la faim non pas de moitié, mais des rement fléchi bien que le rythme des
l'objectif lui demeure élusif. deux tiers. progrès se soit accéléré dans les années
En dépit d'avancées considérables 90. Pour atteindre la cible des ODM, la
concernant la réalisation de la cible des Des progrès inégaux région devra considérablement intensi-
OMD, c'est-à-dire la réduction de moi- au niveau régional fier son action.
tié des victimes de la faim, il faudra inten- S'agissant de la cible du SMA, les
sifier les progrès pour atteindre l'ob- Sur toutes les régions en développe- avancées ont été encore plus lentes et
jectif fixé pour 2015. ment, seule la région Amérique latine plus inégales. Les améliorations des
La réalisation de l'objectif du SMA - et Caraïbes est parvenue à réduire la années 80 étaient intégralement dues
ramener de 800 millions à 400 millions prévalence de la faim assez rapidement aux progrès de l'Asie. Dans toutes les
le nombre absolu de personnes souf- depuis 1990 pour atteindre la cible des autres régions en développement, le
frant de la faim - constitue un tout autre OMD à condition que la cadence actuel- nombre des victimes de la faim a en fait
défi qui imposera des progrès beau- le soit maintenue. La région Asie-Paci- augmenté.
coup plus rapides (voir les graphiques fique a elle aussi de bonnes chances d'y Depuis la période de référence du
ci-dessous). La population mondiale parvenir si le rythme des progrès peut SMA, les progrès se sont notablement
devrait augmenter d'environ deux mil- être légèrement intensifié dans les années ralentis en Asie, et sont tombés au point
liards entre la période de référence à venir. mort dans le reste du monde. Seule la
(1990-92) et 2015. En conséquence, Au Proche-Orient et en Afrique du région Amérique latine et Caraïbes est
même si cette population accrue de Nord en revanche, la prévalence de la parvenue à inverser la tendance néga-
personnes sous-alimentées est rédui- faim est faible, mais elle augmente plu- tive des années 80, et à enregistrer des
te de moitié, près de 600 millions de tôt que de diminuer. Pour atteindre cet succès dans les années 90, bien que
Tendances à long terme de la proportion et du nombre de sous-alimentés par région - 1980-82 à 2000-02
35
800
30
25
600
20
400
15
10
200
5
0 0
1980-82 1990-92 2000-02 2015 (OMD) 1980-82 1990-92 2000-02 2015 (SMA)
Monde en développement Afrique subsaharienne Asie/Pacifique Amérique latine/Caraïbes Proche-Orient/Afrique du Nord
Source: FAO
0,5
0
Congo
Angola
Haïti
Mozambique
Rwanda
Rép. centrafricaine
Zimbabwe
Zambie
Madagascar
Sierra Leone
Rép.-Unie de Tanzanie
Libéria
Burundi
Namibie
Tchad
Thaïlande
Guinée
Malawi
Bolivie
Rép. dém. pop. lao
Pakistan
Sri Lanka
Cameroun
Togo
Soudan
Mongolie
Cambodge
Kenya
Niger
Rép. dominicaine
Inde
Philippines
Nicaragua
Bangladesh
Honduras
Sénégal
Mali
Panama
Gambie
Botswana
Guatemala
0,5
0
Rép. islamique d'Iran
Ghana
Pérou
Viet Nam
Mauritanie
Chine
Lesotho
Bénin
Jamaïque
Suriname
Colombie
Côte d'Ivoire
Paraguay
Ouganda
El Salvador
Trinité-et-Tobago
Népal
Burkina Faso
Swaziland
Rép. bolivarienne
du Venezuela
Cuba
Chili
Équateur
Uruguay
Égypte
Arabie saoudite
Liban
Turquie
Koweït
Guyana
Myanmar
Gabon
Indonésie
Brésil
Nigéria
Maurice
Algérie
Mexique
Maroc
Jordanie
Le graphique n'inclut pas les pays où la prévalence de la sous-alimentation est inférieure à 2,5 pour cent, ni ceux pour lesquels les données sont
insuffisantes, notamment l'Afghanistan, l'Iraq, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Somalie. L'Éthiopie et l'Érythrée ne sont pas prises en compte, car
elles ne constituaient pas des entités séparées en 1990-92. Source: FAO
L
a logique voudrait qu'une crois- croissance économique des pays regrou- plate (voir le graphique). En revanche,
sance économique soutenue géné- pés sur la base des progrès enregistrés si l'on examine l'évolution sur une plus
rant une prospérité et une pro- dans la lutte contre la faim (voir le gra- longue période, on constate que la crois-
ductivité nationales accrues ait pour effet phique). Comme il se doit, le groupe des sance économique et la réduction de la
de réduire la faim, et les preuves ne man- pays où la faim a augmenté durant les faim sont effectivement corrélées. Si
quent pas à cet égard (voir le graphique années 90 est également celui qui affiche l'on reporte sur un graphique les pro-
ci-dessous). On aurait donc tendance à la plus mauvaise performance écono- grès relatifs à la cible des OMD des pays
penser que les pays n'ont qu'à intensi- mique. Loin de s'accroître, leur produit qui ont enregistré une croissance éco-
fier leur croissance économique pour intérieur brut (PIB) par habitant s'est nomique positive pendant les années
atteindre les objectifs de réduction de contracté à un taux annuel moyen de 1,4 80 et 90, la ligne de tendance est net-
la faim fixés par les OMD et le SMA. pour cent. Tous les autres groupes ont tement plus abrupte, attestant une plus
Des analyses réalisées dans plusieurs enregistré des améliorations. forte corrélation entre le rythme de la
pays en développement montrent tou- Dans tous les autres groupes, il n'exis- croissance économique sur une pério-
tefois qu'en l'absence de mesures spé- te aucune corrélation évidente entre le de prolongée et celui des avancées de
cifiques de lutte contre la faim, la crois- rythme de la croissance économique et la lutte contre la faim.
sance économique à elle seule peut les percées de la lutte contre la faim. Cette tendance laisse à penser qu'une
laisser longtemps à la traîne un grand Paradoxalement, le groupe où les avan- croissance soutenue peut avoir un impact
nombre de victimes de la faim, notam- cées ont été les plus rapides du point de cumulatif plus important sur la réduc-
ment en zones rurales. Ces analyses vue de la réduction des victimes de la tion de la faim. On pourrait également
montrent également que la croissance faim a enregistré une croissance éco- y voir la preuve que l'incidence de la
économique a un impact bien plus impor- nomique relativement lente. croissance économique sur la faim ne
tant sur la faim lorsqu'elle intervient en De même, si l'on reporte sur un gra- se fait sentir qu'après un certain temps.
zones rurales et dans des pays qui ont phique l'évolution du PIB de différents Une étude de la FAO a montré qu'il fal-
déjà créé un climat propice au dévelop- pays durant les années 90 en fonction lait plus de temps pour que la croissance
pement rural et à la valorisation des res- de leurs progrès concernant la cible économique ait un impact sur la réduc-
sources humaines. des OMD - diminuer de moitié la pro- tion de la faim que pour obtenir une accé-
Aucun schéma particulier ne ressort portion de gens qui souffrent de la faim lération de la croissance économique en
d'une comparaison entre les taux de - la ligne de tendance est quasiment améliorant la nutrition.
L’
analyse de l'impact de la crois- valoir que la bonne gouvernance concer- - la stabilité politique, l'efficacité du gou-
sance économique sur la faim ne également l'offre de «biens publics» vernement, la primauté du droit et la lutte
et la pauvreté montre que les essentiels, notion qui englobe la paix et contre la corruption -, on peut distinguer
conditions initiales font une grosse dif- la sécurité, mais aussi la construction de précisément les deux tiers des pays sans
férence (voir les pages 8 et 9). La pau- routes et l'électrification des zones rurales. avoir à recourir à de quelconques autres
vreté diminue beaucoup plus rapide- Les partisans d'une approche du déve- facteurs connus pour le rôle important
ment et dans des proportions bien plus loppement «fondée sur les droits» affir- qu'ils jouent dans la réduction de la faim,
importantes lorsque la croissance inter- ment que la bonne gouvernance doit éga- par exemple la croissance économique
vient dans des pays où la situation poli- lement comprendre l'appui aux droits et agricole (voir les pages 8 et 9), le niveau
tique est stable, la corruption peu répan- fondamentaux de la personne, y compris d'éducation et l'ampleur des inégalités
due, et où la productivité agricole et les le droit à l'alimentation. en matière d'accès à l'alimentation.
taux d'alphabétisation sont élevés. Nombre Ces dimensions de la gouvernance En revanche, ces indicateurs de gou-
de ces conditions favorables initiales sont toutes trois importantes pour la vernance sont beaucoup moins efficaces
peuvent être considérées comme des lutte contre la faim et l'avènement de la lorsqu'il s'agit de distinguer les pays qui
indicateurs de ce que l'on appelle fré- sécurité alimentaire. ont marqué des progrès dans la lutte
quemment la «bonne gouvernance». contre la faim durant les années 90 de
Les définitions et les mesures de la Les indicateurs ceux où la prévalence de la sous-ali-
gouvernance varient considérablement. de la Banque mondiale mentation a augmenté ou est restée
La Banque mondiale la définit comme inchangée (voir le graphique).
«l'ensemble des traditions et des insti- Les analyses économiques confirment Comme il se doit, les pays où la sécu-
tutions grâce auxquelles l'autorité est que les indicateurs de bonne gouver- rité alimentaire s'est détériorée sont éga-
exercée dans un pays» et collecte plus nance utilisés par la Banque mondiale lement ceux qui ont été les moins stables
de 350 variables pour la constitution de permettent de distinguer avec un degré politiquement, où la règle de droit était
six indicateurs composites. considérable de précision les pays en la plus défaillante et où la corruption est
D'autres organisations œuvrant dans développement qui ont réussi à rame- généralisée. Dans nombre de ces pays,
le domaine du développement comme ner la faim à des niveaux relativement les conflits ont érodé la fibre politique et
l'Institut international de recherche sur faibles de ceux qui n'y sont pas parve- juridique de la gouvernance. Toutefois,
les politiques alimentaires (IFPRI) ont fait nus. Avec seulement quatre indicateurs ces mêmes indicateurs sont également
légèrement négatifs pour le groupe de
pays qui est parvenu à réduire la sous-
Indicateurs relatifs à la gouvernance, à la sécurité alimentaire
alimentation. En tant que groupe, seuls
et à la réduction de la faim dans les années 90
les pays où la faim est restée inchangée
obtiennent des notes positives par rap-
Moyenne des indicateurs pour le groupe de pays Moyenne des indicateurs pour le groupe de pays
0,5 0,3
port aux indicateurs de bonne gouver-
0,4 nance de la Banque mondiale.
0,3 0,0 Cette analyse semble indiquer que
0,2 l'absence des divers aspects de la bonne
-0,3
0,1 gouvernance représente un obstacle
0,0 majeur à la réduction de la faim, mais
-0,6
-0,1 que les progrès dans ce domaine dépen-
-0,2
-0,9 dent de nombreux autres facteurs.
-0,3
-0,4 -1,2
-0,5
L'offre de biens publics essentiels
Amélioration Insécurité
de la sécurité alimentaire -1,5
Évolution Pas d'évolution Aggravation
alimentaire (≥15% de Bon nombre de ces autres facteurs comp-
(≤15% de sous-alimentés) Réduction effective de la faim
sous-alimentés) 1991-2001 tent parmi les «biens publics» qui consti-
Stabilité politique Efficacité du gouvernement Ordre public Lutte contre la corruption
tuent les responsabilités et les indica-
teurs de la bonne gouvernance selon
Source: Banque mondiale; FAO
l'IFPRI. La paix intérieure, la souverai-
S
i les raisons sont complexes, la les communautés varie en fonction des toutefois restés dans le nord-ouest de
tendance est claire: les catas- lieux d'implantation, de la profession et l'Afrique et le Sahel où ils ont ravagé les
trophes naturelles sont plus fré- du statut social, sans parler des divi- cultures et la végétation naturelle.
quentes, plus meurtrières et plus coû- sions économiques, politiques et cultu- Dans le Sahel, les précipitations sui-
teuses, comme l'atteste cette simple relles. On peut en voir des manifesta- vent un gradient et se raréfient à mesu-
mesure: les pertes annuelles moyennes tions dans les effets de deux récentes re qu'on avance vers le nord, pour dispa-
imputables aux ouragans, aux séche- catastrophes, la sécheresse et l'infes- raître quasi-totalement dans le Sahara.
resses, aux séismes et autres catas- tation de criquets pèlerins qui ont rava- Ainsi, la partie sud d'un pays tel que le
trophes naturelles pendant les années gé l'Afrique du Nord et de l'Ouest en Mali enregistre des précipitations annuelles
90 étaient neuf fois plus importantes 2003-04, ainsi que le tremblement de presque deux fois supérieures à celles
qu'il y a 30 ans de cela (voir le graphique). terre et le tsunami qu'a subi l'océan des zones peuplées du nord. L'activité
L'impact des catastrophes naturelles Indien en 2004, notamment dans la pro- agricole reflète le schéma des précipita-
est bien plus considérable sur les pays vince indonésienne d'Aceh. tions, les exploitations intensives étant
pauvres que sur les pays plus riches, regroupées le long de la bande méridio-
tant en termes absolus que relatifs. Leurs Sécheresse et criquets pèlerins nale, l'agriculture vivrière et l'élevage
populations peuvent rarement se réins- en Afrique occupant le centre du pays, tandis que les
taller loin des zones fréquemment tou- troupeaux nomades de chèvres et de cha-
chées par les catastrophes, ou renfor- À la fin de 2003, les conditions météoro- meaux sont élevés dans l'extrême nord.
cer leurs maisons et leurs exploitations. logiques favorables ont favorisé le déve- En 2004, les écarts de pluviométrie
Leurs infrastructures et leurs écono- loppement des populations de criquets entre le nord et le sud ont été plus pro-
mies sont généralement moins diversi- pèlerins dans le Maghreb et une partie noncés qu'à l'accoutumée. Les zones
fiées et plus fragiles, de sorte qu'une du Sahel. La FAO a diffusé des alertes arides du nord ont connu une grave séche-
catastrophe naturelle peut retarder l'en- sur la probabilité d'une infestation. Au resse alors que les précipitations ont
semble du processus de développement. début de 2004, des essaims de criquets augmenté dans les régions humides du
Les catastrophes naturelles peuvent ont déferlé sur l'Afrique du Nord et de sud (voir la carte). Les criquets pèlerins
également détériorer la sécurité ali- l'Ouest et au-delà, puisqu'ils ont été signa- qui sont extrêmement sensibles aux
mentaire de manière inégale et com- lés jusqu'à Chypre, en Égypte, en Guinée conditions environnementales ont une
plexe. Leur impact sur les groupes et et au Yémen. La plupart des essaims sont préférence pour le temps sec et la végé-
Acridiens
Valeur annuelle moyenne,
milliards de $EU Pluviométrie et végétation
700 Forte réduction
Réduction
600 Peu de changement
Augmentation
500
400
300
200
100
0
60 70 80 90
Décennies
Source: PNUD Source: FAO
V
oilà fort longtemps que l'éduca- cul. En moyenne, les adultes n'ont ache- cible fixée par les OMD, il faudrait qua-
tion est célébrée comme l'une des vé que trois ans et demi d'école en Afrique drupler le taux d'inscription scolaire des
armes les plus puissantes pour subsaharienne et quatre ans et demi en enfants actuellement laissés pour comp-
lutter contre la faim et la pauvreté et ce, Asie du Sud. C'est également dans ces te. Si ce taux demeure au niveau actuel
à juste titre. Le manque d'éducation sape deux sous-régions que la faim fait le plus en Afrique subsaharienne, moins de la
la productivité, l'accès à l'emploi et la de victimes et où les progrès pour la moitié des pays de la région atteindront
capacité de gagner sa vie, et mène tout combattre ont été les plus lents (voir la l'objectif visé (voir les graphiques ci-
droit à la pauvreté et à la faim. Dans le carte et le graphique). Pour atteindre la contre).
monde, chaque année de scolarisation
relève le niveau de rémunération d'en-
Achèvement de la scolarité primaire et sous-alimentation
viron 10 pour cent. Les investissements
dans les pays en développement
dans l'éducation ont été plus rentables
que les investissements dans le capital
physique.
Dans les zones rurales où vit la gran-
de majorité des victimes de la faim dans
le monde, des recherches ont montré
que la productivité d'un agriculteur ayant
suivi quatre années d'enseignement pri-
maire est supérieure de presque 9 pour
cent en moyenne à celle d'un agricul-
teur n'ayant aucune éducation. Associé
à la disponibilité d'intrants tels qu'en-
grais, nouvelles semences ou machines
agricoles, le gain de productivité passe
à 13 pour cent.
Ce n'est pas seulement en augmen- Pays ayant un taux d'achèvement de la scolarité primaire <80 %
Pays ayant une sous-alimentation >20 %
tant la productivité et les revenus que
Pays ayant un taux d'achèvement de la scolarité primaire <80 %
l'éducation agit sur la faim et la malnu- et une sous-alimentation >20 %
trition. L'éducation des femmes en par- Pays ayant un taux d'achèvement de la scolarité primaire >80 %
et une sous-alimentation <20 %
ticulier est fortement corrélée à l'amé-
Données non disponibles
lioration de la nutrition des enfants et à
la santé des familles (voir page 16).
Performance scolaire et sous-alimentation, par région, 2000
Les objectifs du Millénaire pour le
développement (OMD) appellent à la sco-
Afrique subsaharienne
larisation primaire de tous les enfants
de la planète d'ici 2015. Or, les progrès
en matière d'éducation primaire pour Asie du Sud
tous ont été lents et inégaux. Plus de
121 millions d'enfants d'âge scolaire ne Proche-Orient/Afrique du Nord
sont toujours pas scolarisés. Deux tiers
d'entre eux sont des filles et la plupart Amérique latine/Caraïbes
vivent dans les zones rurales des régions
où la faim et la pauvreté sont les plus Asie de l'Est
répandues.
Sur l'ensemble des enfants qui fré-
35 30 25 20 15 10 5 0 1 2 3 4 5 6 7 8
quentent l'école, un tiers a quitté l'éco-
Prévalence de la sous-alimentation Nombre d'années de scolarité achevées
le avant d'acquérir les compétences les
Source: UNESCO; FAO
plus élémentaires en lecture et en cal-
L
e Secrétaire général des Nations 15 fois plus d'argent pour réduire la sous- secteur agricole. On ne s'étonnera pas
Unies, Kofi Annan, a déclaré que alimentation des enfants lorsque les dès lors que leurs ménages sont sou-
l'éducation et la démarginalisa- revenus sont gagnés par le père plutôt vent les plus durement frappés par la
tion des femmes constituaient l'arme la que par la mère. malnutrition et l'insécurité alimentaire.
plus puissante dans la guerre contre la Toutefois, les usages culturels et les
pauvreté. On pourrait en dire autant de obstacles juridiques empêchent souvent Éducation:
l'importance capitale de l'élimination les femmes et les filles d'aller à l'éco- combler le fossé entre les sexes
des inégalités entre les sexes pour la le, d'avoir un emploi et d'avoir accès aux
lutte contre la faim et la malnutrition. services et aux ressources qui leur per- Dans la plupart des pays en développe-
Les recherches confirment que les mettraient d'améliorer l'existence de ment, l'assiduité scolaire et les taux
femmes ayant reçu une éducation ont leurs familles. Dans nombre de pays et d'achèvement des filles sont nettement
des familles en meilleure santé. Leurs de communautés, les traditions ou la loi inférieurs à ceux des garçons, tous niveaux
enfants sont mieux nourris, risquent empêchent les femmes de détenir des confondus, de l'école primaire à l'uni-
moins de mourir en bas âge et sont terres. Bien que 70 our cent au moins versité. Les OMD appellent à l'élimina-
davantage susceptibles d'aller à l'éco- de la main-d'œuvre féminine du sous- tion de ce fossé entre les sexes dans
le. Selon une récente étude portant sur continent indien prennent part à la pro- l'enseignement primaire et secondaire
63 pays, l'amélioration de l'éducation duction alimentaire, moins de 20 pour d'ici 2005, et à tous les échelons d'ici
des femmes est le facteur qui a contri- cent des agricultrices sont propriétaires 2015. Bien que des progrès notables
bué à lui seul aux baisses les plus impor- de leurs terres en Inde et au Népal. aient été enregistrés dans le monde, ils
tantes de la sous-alimentation entre En l'absence de sécurité de la pro- n'ont pas permis d'atteindre la cible fixée
1970 et 1995, représentant 43 pour cent priété foncière, les femmes sont souvent pour 2005 et sont restés le plus nette-
des progrès d'ensemble. incapables d'obtenir des crédits qui leur ment à la traîne dans les régions et les
Lorsque les femmes peuvent travailler permettraient de réaliser des améliora- pays où la faim est généralisée et per-
et gagner autant que les hommes, c'est tions, tels que des systèmes d'irrigation sistante (voir le graphique).
la famille entière qui en bénéficie. Dans et de drainage, afin d'accroître leur pro- Alors que les taux d'inscription sco-
les pays en développement, les femmes duction et de maintenir la fertilité des laire et d'alphabétisation des filles comme
consacrent en général la quasi-totalité sols. En Afrique subsaharienne, où l'on des garçons sont au plus faible en Afrique
de leurs revenus aux besoins du ména- compte globalement autant d'agricul- subsaharienne, les inégalités entre les
ge, tandis que les hommes en destinent teurs que d'agricultrices, ces dernières sexes sont plus importantes en Asie du
au moins 25 pour cent à d'autres fins. ne reçoivent que 10 pour cent des prêts Sud que dans toutes les autres régions
Une étude réalisée par la Banque mon- accordés aux petits exploitants et moins en développement. Les femmes de cette
diale au Guatemala a constaté qu'il faut de 1 pour cent des crédits octroyés au région sont scolarisées pour la moitié à
Prévisions nationales, par région, en matière de réduction des inégalités Ratio de la scolarisation
entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici 2005 par sexe et de la prévalence
de la sous-alimentation
Asie de l'Est Primaire En retard
(ratio <0,70) Ratio de la scolarisation par sexe
Secondaire
Très en retard 1,0
Amérique latine/ Primaire (0,70-0,89)
Caraïbes
Secondaire Proche du but 0,9
Proche-Orient/ Primaire (0,90-0,99) 0,8
Afrique du Nord
Parité ou
Secondaire
inversion des 0,7
Asie du Sud Primaire inégalités (≥1) 0,6
Secondaire 0,0
Afrique Primaire <5 5-9 10-19 20-34 ≥35
subsaharienne
Secondaire
Prévalence de la sous-alimentation
par groupe de pays
15 10 5 0 5 10 15 20 Primaire
Source: UNESCO;
Nombre de pays Projet du Millénaire Secondaire Source: UNESCO; FAO
C
haque année, près de 11 millions L'analyse de 10 études réalisées en enfants présente des carences de cet
d'enfants meurent avant d'avoir milieu communautaire sur des enfants ordre ou relatives à d'autres micronu-
atteint leur cinquième anniver- de moins de cinq ans montre que la pro- triments. Les carences en vitamine A et
saire. La quasi-totalité de ces décès portion des décès imputables à l'insuf- en zinc à elles seules sont responsables
intervient dans des pays en développe- fisance pondérale est de 45 pour cent de la mort de plus de 1,5 million d'en-
ment, trois quarts d'entre eux en Afrique dans le cas de la rougeole, et atteint jus- fants chaque année (voir le graphique).
subsaharienne et en Asie du Sud, les qu'à 60 pour ce qui est de la diarrhée
deux régions qui affichent également les (voir le graphique). Chez les enfants pré- Insuffisance des progrès
taux les plus élevés de faim et de mal- sentant un faible déficit pondéral, les en vue de la réalisation
nutrition. Ce n'est pas une coïncidence. risques de décès sont cinq à huit fois des OMD
La faim et la malnutrition sont les plus importants.
causes sous-jacentes de plus de la moi- Les carences en vitamines et miné- La cible définie par les OMD consiste à
tié des décès d'enfants; elles tuent presque raux essentiels accroissent également réduire des deux tiers le taux de morta-
6 millions d'enfants chaque année, un le risque de mourir des maladies infan- lité des enfants de moins de cinq ans
chiffre globalement comparable à la tiles. Les carences en vitamine A par entre 1990 et 2015. Loin de s'intensifier,
population d'âge préscolaire du Japon. exemple augmentent le risque de décès les progrès en la matière se sont ame-
Rares sont ceux qui meurent de famine. dus à la diarrhée, à la rougeole et au nuisés. Entre 1960 et 1990, la mortalité
La grande majorité est tuée par des paludisme dans des proportions de 20 infantile a régressé chaque année de 2,5
troubles néonatals et par quelques mala- à 24 pour cent. Chez les enfants dont pour cent. Depuis 1990, année de réfé-
dies infectieuses curables, notamment l'alimentation n'est pas suffisamment rence des OMD, le taux est tombé à 1,1
la diarrhée, la pneumonie, le paludisme riche en zinc, le risque de mourir d'une pour cent seulement. Parmi toutes les
et la rougeole. La plupart de ces enfants diarrhée, d'une pneumonie ou du palu- régions en développement, seule la région
ne mourraient pas si leur corps et leurs disme s'accroît de 13 à 21 pour cent. Amérique latine et Caraïbes est en passe
systèmes militaires n'étaient pas affai- Dans bien des régions en développe- de réaliser la cible fixée (voir le graphique
blis par la faim et la malnutrition. ment, plus d'un tiers de l'ensemble des ci-contre).
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Étiologie
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inconnue
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Ro
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Pa
Déficit pondéral
Pn
0 5 10 15 20 25 30 35
Carence en vitamine A Déficit pondéral
% de décès d'enfants
Carence en iode Carence en vitamine A
Proportion due à un déficit pondéral Anémie Carence en zinc
Source: Black, Morris et Bryce Source: Mason et al. Source: OMS
150
Asie du Sud
100
Proche-Orient/
Afrique du Nord
50
Amérique
latine/Caraïbes
Asie de l'Est et du Sud-Est
0
1990 2003 Cible
OMD
Pays ayant enregistré une baisse de la mortalité infantile Source: OMS
et de la sous-alimentation
Pays ayant réduit la mortalité infantile,
mais où la sous-alimentation n'a pas ou peu diminué
Évolution de la mortalité
Pays ayant réduit la sous-alimentation, mais où la mortalité
infantile n'a pas ou peu diminué infantile dans les pays
Pays n'ayant guère enregistré de progrès, ou accusant une regroupés en fonction
augmentation de la mortalité infantile et de la sous-alimentation de la réduction de la faim
Source: FAO; UNICEF
Évolution moyenne
de la mortalité infantile (%)
Une étude des tendances à l'œuvre lutte contre la faim (voir la carte et le 5
dans 59 pays en développement a per- graphique). 0
mis de constater qu'une bonne partie L'Organisation mondiale de la santé
-5
des progrès enregistrés entre 1966 et et le Fonds des Nations Unies pour l'en-
1996 dans la réduction de la mortalité fance considèrent que la corrélation -10
infantile peut être attribuée à une amé- fatale entre sous-alimentation et mala- -15
lioration de la nutrition. Une baisse mar- dies infantiles curables constitue la clé
-20
quée de la proportion d'enfants en défi- de la lutte contre la mortalité infantile.
cit pondéral a entraîné une chute Leur stratégie conjointe de prise en -25
concomitante de la mortalité infantile, charge intégrée des maladies de l'en- -30
es
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de l'ordre de 16 pour cent en Amérique fant (PCIME) est axée sur l'améliora-
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latine et de près de 30 pour cent en Asie, tion des régimes et des habitudes ali-
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L’
amélioration de la santé mater- et 2015. Étant donné l'absence ou l'in- Malnutrition
nelle est la clé qui permettra suffisance de données fiables dans de et mortalité maternelle
chaque année de sauver la vie de nombreux pays, l'estimation des pro-
plus d'un demi-million de femmes, tout grès réalisés dans ce domaine s'est On a constaté que la faim et la malnu-
en interrompant le cercle vicieux qui per- révélée difficile. Les meilleures esti- trition accroissent à la fois l'incidence
pétue la pauvreté, la faim et la malnu- mations disponibles laissent toutefois et le taux de létalité des troubles à l'ori-
trition d'une génération à l'autre. à penser que les taux de mortalité gine de 80 pour cent des décès mater-
Chaque année, près de 530 000 femmes maternelle sont restés globalement nels (voir le graphique).
meurent du fait des complications de la stables entre 1995 et 2000, à environ Les femmes qui sont en déficit pon-
grossesse et de l'accouchement. Quatre- 400 décès pour 100 000 naissances déral avant même d'être enceintes et
vingt-dix-neuf pour cent de ces décès vivantes. Ce qui est sûr, c'est qu'ils res- prennent peu de poids durant la gros-
surviennent dans des pays en dévelop- tent dangereusement élevés dans la sesse risquent davantage de subir des
pement où les taux de mortalité mater- plupart des régions en développement complications, voire de décéder. Or,
nelle sont systématiquement de 100 à (voir le graphique). cette description s'applique à plus de la
200 fois supérieurs à ceux des pays indus- L'Asie du Sud et l'Afrique subsaha- moitié des femmes enceintes en Inde
trialisés. La quasi-totalité de ces décès rienne comptent pour plus de 85 pour où le tribut annuel de 130 000 décès
pourrait être évitée si les femmes des cent de l'ensemble des décès maternels maternels dépasse de loin celui de tout
pays en développement avaient accès à dans le monde. Les taux de mortalité autre pays.
une alimentation équilibrée, à l'eau maternelle dans ces régions sont res- Les retards de croissance durant l'en-
potable, à un bon assainissement, à l'al- pectivement estimés à 570 et 920 pour fance exposent les femmes à l'arrêt du
phabétisation et à des services de santé 100 000 naissances vivantes, contre 20 travail lorsque la tête du bébé est trop
pendant leur grossesse et leur accou- pour 100 000 dans les régions dévelop- grosse par rapport au canal pelvigéni-
chement. pées. À moins que les progrès ne s'in- tal. Chaque année, l'arrêt du travail est
Les OMD ont fixé une cible de réduc- tensifient rapidement dans ces régions responsable de plus de 40 000 décès,
tion du taux de mortalité maternelle en développement, il y a peu de chances particulièrement chez les femmes de
de l'ordre de 75 pour cent entre 1990 que la cible des OMD soit atteinte. petite taille.
600
Arrêt du travail - 8 %
Forte aggravation des risques
du fait de retards de croissance
400 dus à une sous-alimentation
pendant l'enfance
Hémorragie - 25 %
200 L'anémie est un facteur
Éclampsie - 12 % de risque majeur d'hémorragie
L'hypothèse d'un lien avec les
carences en calcium et autres
0 micronutriments a été avancée
d
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Septicémie - 15 %
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en vitamine A augmentent
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le risque de septicémie
Source: OMS Source: OMS
0 Filles
<5 5-9 10-19 20-34 ≥35 • Retards de croissance, déficit
pondéral
Part de la population • Altération des capacités cognitives
sous-alimentée (%) • Mortalité accrue
Source: FAO; OMS Source: FAO
L'anémie est l'une des principales talité maternelle après être parvenus à année. Les mères qui souffrent de mal-
causes indirectes à l'origine de 20 pour réduire la malnutrition. nutrition risquent bien plus de donner
cent des décès maternels, et il a été La Thaïlande est un exemple frap- naissance à des bébés de poids insuffi-
prouvé qu'elle augmente le risque d'hé- pant témoignant de ce que l'améliora- sant. Il en va de même des femmes dont
morragies et d'infections après l'ac- tion de la nutrition des ménages per- la croissance a été retardée par la mal-
couchement (septicémies), qui sont res- met de faire chuter la mortalité nutrition durant l'enfance. Dans certains
ponsables d'encore 40 pour cent des maternelle. Dans le cadre du pacte pays en développement, plus de 30 pour
décès. Plus de la moitié des femmes national pour la sécurité nutritionnel- cent des enfants présentent un poids
enceintes dans les pays en développe- le, des bénévoles s'emploient à iden- insuffisant à la naissance.
ment souffrent d'anémie, cette propor- tifier les femmes enceintes en milieu Ces nouveau-nés présentent un risque
tion atteignant plus de 80 pour cent dans villageois, et veillent à ce qu'elles reçoi- très élevé de mourir en bas âge. Ils sont
certaines régions d'Asie du Sud. Les vent des compléments alimentaires en outre bien plus sujets aux retards de
carences ferriques sont considérées pour améliorer leur nutrition ainsi qu'un croissance durant l'enfance, ce qui aug-
comme la principale cause d'anémie apport de fer et d'acide folique desti- mentera considérablement leurs risques
chez les femmes enceintes. né à lutter contre l'anémie. Le pro- de mourir en couches ou de mettre au
D'autres carences en micronutriments gramme vise également à promouvoir monde une nouvelle génération d'en-
sont préjudiciables à la santé et à la sur- la création de jardins potagers et la fants de poids insuffisant.
vie des mères et des nouveau-nés. On consommation des fruits et légumes C'est ainsi que le cycle de la souf-
a montré qu'une carence importante en pour améliorer l'apport en micronu- france se perpétue (voir le diagramme).
vitamine A augmente les risques de sep- triments. La mortalité maternelle en La réalisation de la cible des OMD pour
ticémie. Les carences en iode peuvent Thaïlande a chuté de 230 décès pour l'amélioration de la santé maternelle
déterminer des fausses couches et la 100 000 naissances vivantes en 1992, permettrait de résoudre le nœud du pro-
mise au monde d'enfants mort-nés. Le à 17 en 1996. blème. L'amélioration de la nutrition des
manque de calcium alimentaire quant à femmes et des filles tout au long de leur
lui semble accroître les risques d'hy- Malnutrition maternelle existence permettrait en outre d'inten-
pertension et les autres symptômes et cycle de la faim sifier les progrès et mettrait cet OMD à
d'éclampsie. et de la pauvreté portée de main.
Comme il se doit, les pays où la faim
est prévalente sont aussi ceux qui affi- Les conséquences néfastes de la mau-
chent des taux élevés de mortalité mater- vaise nutrition et de la piètre santé des
nelle (voir le graphique). Certains pays mères sont loin de se limiter au demi-
au moins ont réussi à diminuer la mor- million de décès enregistrés chaque
L
e VIH/SIDA, le paludisme et la due au VIH fait 5 millions de nouvelles La faim en tant que cause
tuberculose tuent plus de 6 mil- victimes et plus de 3 millions de per- de morbidité
lions de personnes chaque année, sonnes meurent du sida.
dont l'immense majorité vit dans les Le paludisme tue plus de 1 million d'in- La faim et la malnutrition modifient le
pays en développement et la plupart en dividus chaque année. Plus de 90 pour comportement des gens et affaiblissent
Afrique subsaharienne. Ils sont des cent de ces décès interviennent en Afrique, leur corps et leur système immunitai-
dizaines de millions à être infectés ou à essentiellement chez les jeunes enfants. re, ce qui augmente d'autant leur vul-
tomber malades: 5 millions de nouveaux Sur les 8 millions de nouveaux cas de nérabilité au VIH/SIDA, au paludisme et
cas d'infection due au VIH, 8 millions de tuberculose évolutive enregistrés chaque la tuberculose.
nouveaux cas de tuberculose évolutive, année, plus de 5 millions concernent l'Asie Pour ce qui est du VIH/SIDA, la faim
et plus de 300 millions de crises aiguës du Sud et l'Afrique subsaharienne. et la pauvreté poussent les hommes à
de paludisme. Des millions de foyers
sombrent ainsi dans la faim et la pau-
vreté lorsque le soutien de famille tombe Le VIH/SIDA, le paludisme et la faim dans les pays en développement
malade et meurt, ou en raison du coût
des soins de santé apportés aux malades,
du coût des obsèques et de la prise en
charge des orphelins et des personnes
à charge qui survivent.
Les OMD ont défini des cibles visant
à enrayer et à inverser la propagation
du VIH/SIDA, du paludisme et de la tuber-
culose. Leur réalisation permettrait de
sauver des millions de vies, d'économi-
ser des dizaines de milliards de dollars, Pays caractérisés par
et de ralentir notablement le cycle vicieux une forte prévalence du
VIH/SIDA, mais peu
de la faim et de la pauvreté qui fait obs- touchés par la sous-
alimentation et le paludisme
tacle à la réalisation de nombreux autres
Pays caractérisés par une forte
OMD. À l'inverse, la réduction de la faim Pays caractérisés par une faible prévalence de la sous-alimentation,
prévalence de la sous-alimentation, mais peu touchés par le VIH/SIDA
et de la malnutrition permettrait de frei- du VIH/SIDA et du paludisme et le paludisme
ner la propagation de ces maladies et Pays à risque relativement élevé Pays caractérisés par une forte
de réduire sensiblement les pertes de paludisme, mais caractérisés prévalence de la sous-alimentation
par une faible prévalence de la et affichant des taux importants
humaines qui en résultent. Source: FAO; UNICEF sous-alimentation et du VIH/SIDA de VIH/SIDA et/ou de paludisme
Le VIH/SIDA, le paludisme et la tuber-
culose sont toutes trois des maladies Faim et prévalence du VIH Faim et risque de paludisme, 1994
liées à la faim et à la pauvreté. L'im- par groupe de pays, 2001 Indice du paludisme*
mense majorité des cas se déclare dans Taux de prévalence du VIH chez les 0,8
les pays en développement, notamment personnes âgées de 15 à 49 ans (%)
8 0,6
en Afrique subsaharienne et en Asie du
Sud, les deux régions caractérisées par 6 0,4
les taux les plus élevés de sous-alimen-
0,2
tation et d'extrême dénuement (voir la 4
carte et les graphiques). Dans ces pays 0,0
2 2,5-4 5-9 10-19 20-34 ≥35
et régions, les pauvres et les victimes de
Prévalence de la sous-alimentation
la faim sont les plus durement touchés. 0 pour le groupe de pays (%)
Environ 40 millions de gens sont 2,5-4 5-9 10-19 20-34 ≥35
* Fraction de la population à risque de paludisme multipliée
aujourd'hui porteurs du VIH, dont plus Prévalence de la sous-alimentation par la fraction des cas de paludisme causés par la souche
par groupe de pays (%) responsable de la plupart des décès et des cas graves
de 60 pour cent vivent en Afrique sub-
Source: ONUSIDA; FAO Source: Gallup et Sachs; FAO
saharienne. Chaque année, l'infection
N
ul ne dépend plus étroitement te à pratiquer le surpâturage ou à cul- la faim et la malnutrition et protégeraient
des services et des ressources tiver des parcours fragiles et des forêts en outre le milieu naturel. Les avancées
environnementales que les marginales, mettant ainsi en péril les ont toutefois été lentes et inégales.
pauvres des zones rurales qui repré- ressources dont dépend leur survie. Durant les années 90, les forêts de la
sentent, selon les estimations, 80 pour Les OMD ont fixé plusieurs cibles visant planète ont été abattues et brûlées au
cent des 800 millions de victimes de la à garantir la pérennité de l'environne- rythme de 9,4 millions d'hectares par an
faim dans le monde. Ils utilisent quoti- ment. Au nombre des principaux indica- (une surface globalement égale à celle du
diennement la terre et l'eau pour leurs teurs figurent des mesures du déboise- Portugal). Proportionnellement, le déboi-
activités agricoles et pour la pêche, les ment et de l'utilisation des combustibles sement a été le plus intense en Afrique
forêts qui leur fournissent de la nourri- solides ainsi que l'amélioration de l'ac- et dans les Caraïbes ainsi que dans les
ture, des combustibles et du fourrage, cès à l'eau et à l'assainissement. Les pays où la faim est la plus prévalente. C'est
ainsi qu'une large gamme de plantes et progrès réalisés à tous ces égards auraient également dans ces pays que les gens
d'animaux sauvages ou domestiques, une incidence directe sur la lutte contre sont les plus tributaires des combustibles
qui sont une source de diversité biolo-
gique. Leur existence est intimement
mêlée au milieu ambiant de telle maniè- Déforestation, terres stériles et sous-alimentation
re qu'ils sont à la fois les gardiens indis-
pensables des ressources environne-
mentales et les premières victimes des
dégradations écologiques.
Une vaste proportion des victimes de
la faim est concentrée dans des zones
particulièrement vulnérables aux dégra-
dations environnementales et aux chan- Zones ravagées
par le feu
gements climatiques, en particulier les
Zones critiques de
forêts et les terrains de parcours semi- la déforestation*
arides (voir la carte). Lorsque la pres- Déserts
Vulnérabilité majeure
sion démographique s'accroît et que la à la désertification
nourriture se fait rare, la faim les inci- Pays caractérisés par
* Ce terme désigne une zone où le couvert une forte prévalence (≥20 pour cent)
forestier a été gravement entamé au cours des de la sous-alimentation
cinq dernières années, ou sera probablement
Évolution du couvert forestier, dégradé dans les cinq ans à venir. Source: PNUE/GRID-Arendal; FAO
1990-2000, par pays regroupés
en fonction de la prévalence
de la sous-alimentation Accès à une eau de meilleure Accès à un meilleur
qualité et prévalence assainissement et prévalence
Nombre de pays de la sous-alimentation de la sous-alimentation
30
25 Population ayant accès Population ayant accès à des moyens
à l'eau potable (%) d'assainissement (%)
20
100 100
15 1990 2002 1990 2002
80 80
10
60 60
5
0 40 40
<5 5-9 10-19 20-34 ≥35 20 20
Prévalence de la sous-alimentation
pour le groupe de pays (%) 0 0
<5 5-9 10-19 20-34 ≥35 <5 5-9 10-19 20-34 ≥35
Diminution rapide Peu de changement Prévalence de la sous-alimentation Prévalence de la sous-alimentation
Diminution lente Augmentation pour le groupe de pays (%) pour le groupe de pays (%)
Source: FAO Source: OMS; UNICEF; FAO Source: OMS; UNICEF; FAO
L
es sept premiers OMD énoncent la dette extérieure, et renforcer la cohé- tif avait été proposé par l'Assemblée
des objectifs qui doivent être atteints rence des systèmes monétaires, finan- générale des Nations Unies il y a plus
principalement grâce aux efforts ciers et commerciaux internationaux». de 30 ans, l'aide des pays industrialisés
déployés par les gouvernements et les Afin d'accroître le financement du était tombée à son niveau le plus bas en
populations des pays en développement développement, la Conférence a recon- 2001, soit 0,22 pour cent du revenu natio-
eux-mêmes. Le huitième OMD souligne nu particulièrement l'importance cri- nal brut (voir le graphique).
la responsabilité des pays industriali- tique de l'aide extérieure pour nombre Depuis la Conférence, cette tendan-
sés plus riches, qui doivent épauler ces des pays les plus pauvres et le rôle des ce à la baisse a été finalement inversée.
efforts. Il appelle à une augmentation échanges en tant que «source extérieu- En juin 2005, les membres du G8 ont
de l'aide, à des échanges plus équitables, re de financement du développement la accepté, à titre préliminaire, des remises
à l'atténuation du fardeau écrasant de plus importante» dans nombre de cas. de dette en faveur de 18 pays parmi les
la dette et à un meilleur accès aux tech- plus pauvres du monde, pour un mon-
nologies, aux médicaments et aux emplois. Inverser la tendance à la baisse tant de 40 milliards de dollars EU. Plu-
Lors de la Conférence internationale de l'aide sieurs donateurs se sont engagés spé-
sur le financement du développement, cifiquement à porter leur aide au
tenue à Monterrey (Mexique) deux ans Le Consensus de Monterrey reconnaît développement au niveau de 0,7 pour
après le Sommet du Millénaire, les gou- que l'aide publique au développement cent du revenu national brut. En mai
vernements s'étaient mis d'accord sur un (APD) est «un instrument indispensable 2005, l'Union européenne a présenté un
cadre de partenariat mondial entre pays pour appuyer l'éducation, la santé, le plan détaillé en vue de la réalisation de
développés et pays en développement afin développement des infrastructures cet objectif, annonçant des cibles spé-
de réaliser les OMD. À ce titre, les pays publiques, l'agriculture et le dévelop- cifiques pour les pays membres. Toute-
se sont engagés à «appliquer des poli- pement rural et pour améliorer la sécu- fois, plusieurs pays, parmi les plus riches
tiques rationnelles, à instaurer une bonne rité alimentaire» pour de nombreux pays du monde, n'ont pas encore pris de tels
gouvernance à tous les niveaux et assu- d'Afrique, les pays les moins avancés engagements; quant aux engagements
rer la primauté du droit ... [et à] ... mobi- (PMA), les petits pays insulaires en déve- déjà pris, ils doivent encore se traduire
liser les ressources nationales, attirer les loppement et les pays en développement en action concrète en faveur des pauvres.
flux internationaux, promouvoir le com- sans littoral. Dans le cadre de leur enga- Outre l'accroissement du volume de
merce international en tant que moteur gement à fournir des ressources com- l'aide, il est également essentiel de veiller
du développement, intensifier la coopé- plémentaires, les pays donateurs se sont à ce que l'aide arrive aux pays qui en ont
ration financière et technique internatio- engagés à porter leur APD à 0,7 pour le plus besoin et dans les secteurs où
nale pour le développement, le finance- cent de leur revenu national brut, objec- elle aura le plus d'impact. Ce n'est cer-
ment viable de la dette et l'allègement de tif fixé de longue date. Même si cet objec- tainement pas le cas aujourd'hui.
L'aide extérieure a un rôle critique à
jouer pour les pays très pauvres n'ayant
Aide aux pays en développement Part de l'aide allouée à
qu'une capacité limitée à mobiliser
et aux pays les moins avancés, l'agriculture dans l'aide publique
l'épargne intérieure, d'origine privée ou
1990-2003 et cibles au développement totale
publique, à des fins d'investissement.
Elle joue un rôle particulièrement cri-
Part du revenu national brut Aide à l'agriculture dans l'APD totale (%)
des donateurs (%) tique pour l'agriculture, qui est en gran-
35
0,7 Aide bilatérale de partie ignorée par les investisseurs
0,6 30
Aide multilatérale étrangers du secteur privé. À l'époque
0,5 25
0,4
de la Conférence de Monterrey, moins
20
0,3 d'un quart de l'APD était destiné aux 49
0,2 15 PMA où vit plus d'un tiers des popula-
0,1 10 tions souffrant de la faim dans le monde.
0,0 5
1990 2001 2003 Cible 1990 2001 2003 Cible En outre, le volume et la part relative de
Ensemble des pays Pays les moins 0 l'aide allouée à l'agriculture avaient bais-
en développement avancés 1980 1985 1990 1995 2000 2002
sé de plus de la moitié par rapport aux
Source: Division de la statistique de l'ONU Source: OCDE
niveaux des années 80 (voir le graphique).
L
ors de la Conférence internationa- Lors de la réunion du Conseil écono- des petits agriculteurs mais renforce-
le sur le financement du dévelop- mique et social des Nations Unies convo- ront également leur rôle de protection
pement tenue à Monterrey (Mexique) quée pour préparer le Sommet mondial des terres, des eaux, des forêts et de la
en 2002, la FAO, le Fonds international de septembre 2005, la FAO, le FIDA et le biodiversité. De même, les investisse-
de développement agricole (FIDA) et le PAM, s'appuyant sur l'approche sur deux ments dans les routes, de meilleurs sys-
Programme alimentaire mondial (PAM) fronts, ont donné un aperçu d'une stra- tèmes d'approvisionnement en eau et
ont présenté une «approche sur deux tégie plus vaste destinée à réaliser les d'autres infrastructures rurales peuvent
fronts» pratique et à un coût modique objectifs de réduction de la faim et de la réduire les effets mortels de maladies
pour combattre la faim. Premier front: pauvreté mentionnés dans le premier d'origine hydrique, améliorer l'accès aux
renforcer la productivité et les revenus objectif du Millénaire. Si cette stratégie soins de santé et prévenir des milliers
des affamés et des pauvres, en ciblant arrive à intensifier la lutte contre la faim, de décès inutiles d'enfants et de mères;
particulièrement les zones rurales où elle permettra des progrès plus rapides ces investissements font reculer la faim
vivent la plupart d'entre eux, ainsi que le en vue de la réalisation des autres OMD. en ouvrant des voies vers les marchés
secteur agricole, dont dépendent leurs où les agriculteurs peuvent écouler leurs
moyens d'existence. Deuxième front: Approche sur deux fronts excédents et acheter à des prix raison-
assurer un accès direct aux aliments et pour les OMD nables des engrais et d'autres intrants.
créer des dispositifs de protection socia- Les mesures destinées à fournir aux
le pour les personnes souffrant de la faim. Bien que l'approche sur deux fronts ait familles les plus déshéritées un accès
Depuis, nous avons perçu des signes été initialement proposée pour lutter direct aux aliments peuvent également
encourageants: engagement renouvelé contre la faim, nombre de ses compo- contribuer simultanément à la réalisa-
pour la lutte contre la faim et consen- santes visent explicitement des domaines tion d'autres OMD. Ainsi, les programmes
sus émergent, reconnaissant que l'ap- où les efforts en vue de réduire la faim d'alimentation destinés aux mères et aux
proche sur deux fronts constitue l'élé- rencontrent les efforts destinés à réali- nourrissons s'attaquent au cercle vicieux
ment central d'une stratégie efficace de ser les autres OMD (voir le diagramme). qui perpétue la faim et la malnutrition
lutte contre la faim. Les principaux élé- Une meilleure gestion de l'eau, l'uti- d'une génération à l'autre, sapant la santé
ments de cette approche ont, par exemple, lisation d'engrais verts, la promotion de maternelle, freinant la croissance phy-
été incorporés dans les recommanda- l'agroforesterie et l'emploi d'autres tech- sique et cognitive des enfants, limitant
tions de l'Équipe spéciale sur la faim du nologies simples et bon marché amé- la fréquentation et les résultats scolaires
Projet du Millénaire de l'ONU. lioreront la productivité et les revenus et empêchant les progrès sur la voie de
Approche sur deux fronts pour atteindre l'objectif du SMA et accélérer les progrès dans la réalisation
des cibles des OMD
1 2 3 4 5 6 7 8
Source: FAO
MONDE EN DÉVELOPPEMENT Population totale Nombre Proportion Ratio actuel Ratio actuel
Région/sous-région/pays de personnes des personnes et données et données
sous-alimentées sous-alimentées de référence de référence du
dans la de personnes du nombre
population totale sous-alimentées3 de personnes
sous-alimentées3
Ratio par rapport Ratio par rapport
1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 à la cible à la cible
(millions) (millions) (%) de l'OMD1 = 0,5 du SMA2 = 0,5
MONDE EN DÉVELOPPEMENT 4058,7 4796,7 823,8 814,6 20 17 0,8 1,0
MONDE EN DÉVELOPPEMENT Population totale Nombre Proportion Ratio actuel Ratio actuel
Région/sous-région/pays de personnes des personnes et données et données
sous-alimentées sous-alimentées de référence de référence du
dans la de personnes du nombre
population totale sous-alimentées3 de personnes
sous-alimentées3
Ratio par rapport Ratio par rapport
1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 à la cible à la cible
(millions) (millions) (%) de l'OMD1 = 0,5 du SMA2 = 0,5
PROCHE-ORIENT ET AFRIQUE DU NORD* 322,8 399,4 24,8 39,2 8 10 1,3 1,6
Proche-Orient* 202,5 255,0 19,4 33,1 10 13 1,4 1,7
Iran, Rép. islamique d' 58,0 67,3 2,1 2,7 4 4 1,1 1,3
Jordanie 3,4 5,2 0,1 0,4 4 7 1,9 2,9
Koweït 2,1 2,3 0,5 0,1 23 5 0,2 0,3
Liban 2,8 3,5 0,1 0,1 - 3 1,2 1,5
Arabie saoudite 17,1 22,8 0,7 0,8 4 3 0,8 1,1
Rép. arabe syrienne 13,1 17,0 0,7 0,6 5 4 0,7 1,0
Turquie 58,7 69,3 1,0 1,8 - 3 1,6 1,9
Émirats arabes unis 2,1 2,9 0,1 0,1 4 - 0,5 0,6
Yémen 12,5 18,7 4,2 6,7 34 36 1,1 1,6
Afrique du Nord 120,4 144,4 5,4 6,1 4 4 1,0 1,1
Algérie 25,6 30,8 1,3 1,7 5 5 1,0 1,2
Égypte 57,0 69,1 2,5 2,4 4 3 0,8 1,0
Jamahirya arabe libyenne 4,4 5,3 0,0 0,0 - - 1,2 1,4
Maroc 25,0 29,6 1,5 2,0 6 7 1,1 1,3
Tunisie 8,4 9,6 0,1 0,1 - - 0,9 1,0
MONDE EN DÉVELOPPEMENT Population totale Nombre Proportion Ratio actuel Ratio actuel
Région/sous-région/pays de personnes des personnes et données et données
sous-alimentées sous-alimentées de référence de référence du
dans la de personnes du nombre
population totale sous-alimentées3 de personnes
sous-alimentées3
Ratio par rapport Ratio par rapport
1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 à la cible à la cible
(millions) (millions) (%) de l'OMD1 = 0,5 du SMA2 = 0,5
Ghana 15,7 20,0 5,8 2,5 37 13 0,3 0,4
Guinée 6,4 8,2 2,5 2,1 39 26 0,7 0,9
Libéria 2,1 3,1 0,7 1,4 34 46 1,3 2,0
Mali 9,3 12,3 2,7 3,6 29 29 1,0 1,3
Mauritanie 2,1 2,7 0,3 0,3 15 10 0,6 0,8
Niger 7,9 11,1 3,2 3,8 41 34 0,8 1,2
Nigéria 88,7 117,8 11,8 11,0 13 9 0,7 0,9
Sénégal 7,5 9,6 1,8 2,3 23 24 1,0 1,3
Sierra Leone 4,1 4,6 1,9 2,3 46 50 1,1 1,2
Togo 3,5 4,7 1,2 1,2 33 26 0,8 1,0
Ne sont pas inclus dans ce tableau les pays pour lesquels les données LÉGENDE
étaient insuffisantes. - proportion de sous-alimentés inférieure à 2,5%
nd donnée non diponible
1
Objectif du Millénaire pour le développement 1, réduire de moitié, entre 0,0 zéro ou moins de la moitié de l'unité indiquée
1990 et 2015, la proportion de personnes souffrant de la faim.
2
Objectif du Sommet mondial de l'alimentation: réduire de moitié entre SOURCES
1990-92 et 2015, le nombre de personnes sous-alimentées. Population totale: Division de la population de l'ONU, Perspectives de la
3
Les données actuelles se rapportent aux estimations de 2000-02 et les population de l'ONU, révision de 2002.
données de référence aux estimations de 1990-92. Sous-alimentation: estimations de la FAO.
CATÉGORIE DE PRÉVALENCE Proportion de Prévalence Taux net Ratio Taux de mortalité Taux Proportion
DE LA SOUS-ALIMENTATION la population des enfants d'inscription filles/garçons des enfants de de mortalité du territoire
dans la population totale vivant avec de moins dans dans moins de cinq ans maternelle national
2000-02 moins de de cinq ans le primaire le primaire (pour 1 000 (pour 100 000 couvert
1 dollar EU présentant un naissances naissances de forêts
PPA/jour déficit pondéral vivantes) vivantes)
OMD 1 OMD 4 OMD 6 OMD 9 OMD 13 OMD 16 ODM 25
1990 2004 1990 2004 1990 2002 1990 2002 1990 2003 1990 2000 1990 2000
Pays (%) (%) (%) (%)
MOINS DE 2,5 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Argentine 2 3 nd 5 94 nd 1,04 1,00 28 20 100 82 14 13
Jamahiriya arabe libyenne nd nd nd 5 96 nd 0,94 1,00 42 16 220 97 0 0
Malaisie 2 2 25 12 94 93 1,00 1,00 21 7 80 41 66 59
Rép. de Corée nd 2 nd nd 100 100 1,01 1,00 9 5 130 20 64 63
Tunisie 2 2 10 4 94 97 0,89 0,96 52 24 170 120 3 3
Émirats arabes unis nd nd nd 7 99 83 0,97 0,97 14 8 26 54 3 4
DE 2,5 À 4 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Chili 6 2 2 1 88 86 0,98 0,98 19 9 65 31 21 21
Costa Rica 5 2 3 5 87 90 0,99 0,98 17 10 55 43 42 39
Cuba nd nd nd 4 92 93 0,97 0,96 13 8 95 33 19 21
Équateur 2 18 17 12 98 100 0,99 1,00 57 27 150 130 43 38
Égypte 4 3 10 9 84 91 0,83 0,95 104 39 170 84 0 0
Iran, Rép. islamique d' 2 2 nd 11 92 86 0,90 0,97 72 39 120 76 4 4
Liban nd nd nd 3 78 91 0,96 0,97 37 31 300 150 4 4
Arabie saoudite nd nd nd 14 59 54 0,86 0,96 44 26 130 23 1 1
Rép. arabe syrienne nd nd 12 7 92 98 0,90 0,95 44 18 180 160 3 3
Turquie 2 2 10 8 90 86 0,92 0,93 78 39 180 70 13 13
Uruguay 2 2 6 nd 92 90 0,99 0,98 24 14 85 27 5 7
DE 5 À 9 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Algérie 2 2 9 6 93 95 0,85 0,93 69 41 160 140 1 1
Brésil 14 8 7 6 86 97 0,94 0,95 60 35 220 260 67 64
Gabon nd nd nd 12 86 78* 0,98 0,99 92 91 500 420 85 85
Guyana 8 3 18 14 89 99 0,98 0,98 90 69 nd 170 81 79
Indonésie 17 8 40 26 97 92 0,98 0,98 91 41 650 230 65 58
Jordanie 2 2 6 4 94 92 1,01 1,01 40 28 150 41 1 1
Koweït nd nd 11 2 49 83 0,95 1,00 16 9 29 5 0 0
Maurice nd nd 24 15 95 97 1,00 1,01 25 18 120 24 8 8
Mexique 8 10 17 8 99 99 0,98 0,99 46 28 110 83 32 29
Maroc 2 2 12 9 57 90 0,69 0,90 85 39 610 220 7 7
Myanmar nd nd 32 35 98 84 0,95 1,01 130 107 580 360 60 52
Nigéria 66 70 35 29 60 67 0,78 0,81 235 198 1 000 800 19 15
DE 10 À 19 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Bénin nd nd 35 23 45 58* 0,50 0,72 185 154 990 850 30 24
Rép. bolivarienne du Venezuela 3 14 8 4 88 91 1,03 0,98 27 21 120 96 59 56
Burkina Faso 63 45 33 38 26 36 0,63 0,74 210 207 930 1 000 26 26
Chine 33** 17** 17** 10** 97** nd 0,93** 1,00** 49** 37** 95** 56** 16 18
Colombie 2 8 10 7 68 87 1,15 0,99 36 21 100 130 50 48
Côte d'Ivoire 10 11 12 21 46 61 0,71 0,80 157 192 810 690 31 22
El Salvador 21 31 15 10 73 90 1,01 0,95 60 36 300 150 9 6
Ghana 18 45 30 22 52 63 0,83 0,95 125 95 740 540 33 28
Jamaïque 8 2 7 4 96 95 0,99 0,99 20 20 120 87 35 30
Lesotho 30 36 16 18 73 86 1,21 1,01 120 84 610 550 0 0
Mauritanie 47 26 48 32 35 68 0,73 0,97 183 183 930 1 000 0 0
Népal nd 39 nd 48 81 70* 0,61 0,89 145 82 1 500 740 33 27
Paraguay 5 16 4 5 93 89 0,97 0,96 37 29 160 170 62 59
Pérou 2 18 11 7 88 100 0,97 1,00 80 34 280 410 53 51
Suriname nd nd nd 13 78 97 1,00 0,98 48 39 nd 110 90 90
Swaziland 8 nd nd 10 77 75 0,98 0,93 110 153 560 370 27 30
(suite)
CATÉGORIE DE PRÉVALENCE Proportion de Prévalence Taux net Ratio Taux de mortalité Taux Proportion
DE LA SOUS-ALIMENTATION la population des enfants d'inscription filles/garçons des enfants de de mortalité du territoire
dans la population totale vivant avec de moins dans dans moins de cinq ans maternelle national
2000-02 moins de de cinq ans le primaire le primaire (pour 1 000 (pour 100 000 couvert
1 dollar EU présentant un naissances naissances de forêts
PPA/jour déficit pondéral vivantes) vivantes)
OMD 1 OMD 4 OMD 6 OMD 9 OMD 13 OMD 16 ODM 25
1990 2004 1990 2004 1990 2002 1990 2002 1990 2003 1990 2000 1990 2000
Pays (%) (%) (%) (%)
Trinité-et-Tobago 4 nd 7 6 91 91 0,99 0,97 24 20 90 160 55 50
Ouganda 88 85 23 23 53 nd 0,80 0,98 160 140 1 200 880 26 21
Viet Nam 15 2 45 33 91 94* 0,93 0,93 53 23 160 130 29 30
DE 20 À 34 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Bangladesh 36 36 66 52 71 84 0,86 1,04 144 69 850 380 9 10
Bolivie 6 14 11 8 91 95 0,91 0,99 120 66 650 420 50 49
Botswana 31 nd nd 13 85 81 1,08 1,00 58 112 250 100 24 22
Cambodge nd 34 nd 45 67 93 0,81 0,90 115 140 900 450 56 53
Cameroun nd 17 15 21 74 nd 0,86 0,85 139 166 550 730 56 51
Tchad nd nd 35 28 37 63 0,45 0,64 203 200 1 500 1 100 11 10
Rép. dominicaine 4 2 10 5 58 96 1,02 1,02 65 35 110 150 28 28
Gambie 54 nd nd 17 48 79 0,68 0,98 154 123 1 100 540 44 48
Guatemala 35 16 33 23 64 87 0,88 0,93 82 47 200 240 31 26
Guinée nd nd nd 23 26 65 0,47 0,77 240 160 1 600 740 30 28
Honduras 38 21 18 17 90 87* 1,05 1,02* 59 41 220 110 53 48
Inde 42 35 64 47 nd 88 0,76 0,94 123 87 570 540 21 22
Kenya 34 23 23 20 74 66 0,95 0,94 97 123 650 1 000 32 30
Rép. dém. populaire lao 8 26 44 40 63 85 0,79 0,87 163 91 650 650 57 54
Malawi nd 42 28 22 50 nd 0,83 0,96 241 178 560 1 800 35 27
Mali 16 nd 31 33 20 44 0,60 0,76 250 220 1 200 1 200 12 11
Namibie nd 27 12 13 90 79 1,02 1,02 104 68 65 110 7 7
Namibie 35 nd 26 24 83 78 1,09 1,01 86 65 370 300 11 10
Nicaragua 48 45 11 10 72 85 1,06 0,99 68 38 160 230 37 27
Niger 42 61 43 40 24 38 0,58 0,69 320 262 1 200 1 600 2 1
Pakistan 48 13 40 38 35 59* nd 0,71 130 103 340 500 4 3
Panama 12 7 6 7 92 100 0,96 0,97 34 24 55 160 46 39
Philippines 20 15 34 31 97 94 0,99 0,99 63 36 280 200 22 19
Sénégal 45 22 22 23 47 58 0,73 0,92 148 137 1 200 690 35 32
Sri Lanka 4 8 37 29 90 nd 0,96 0,99 32 15 140 92 35 30
Soudan nd nd 34 41 43 46* 0,77 0,87 120 93 660 590 30 26
Thaïlande 18 2 25 18 76 85 0,96 0,96 40 26 200 44 31 29
Togo nd nd 25 25 75 91 0,66 0,83 152 140 640 570 13 9
35 % DE SOUS-ALIMENTÉS OU PLUS
Angola nd nd 20 31 58 61* 0,92 0,86* 260 260 1 500 1 700 57 56
Burundi 45 55 38 45 53 57 0,84 0,81 190 190 1 300 1 000 9 4
République centrafricaine 67 nd nd 24 54 nd 0,63 0,68 180 180 700 1 100 37 37
Congo nd nd 24 14 79 54 0,90 0,93 110 108 890 510 65 65
Rép. populaire dém. de Corée nd nd nd 21 nd nd nd nd 55 55 70 67 68 68
Rép. dém. du Congo nd nd nd 31 55 nd 0,75 0,90* 205 205 870 990 62 60
Érythrée nd nd 41 40 16 45 0,94 0,81 147 85 1 400 630 14 13
Éthiopie nd 23 48 47 23 47 0,66 0,73 204 169 1 400 850 5 4
Haïti nd nd 27 17 22 nd 0,94 nd 150 118 1 000 680 6 3
Libéria nd nd nd 27 nd 70* nd 0,73* 235 235 560 760 38 31
Madagascar 46 61 41 33 65 79 0,98 0,96 168 126 490 550 22 20
Mozambique nd 38 nd 24 45 55 0,76 0,81 235 158 1 500 1 000 40 39
Rwanda nd 52 29 27 67 87 0,98 1,00 173 203 1 300 1 400 19 12
Sierra Leone 57 nd 29 27 41 nd 0,69 0,70* 302 284 1 800 2 000 20 15
Rép.-Unie de Tanzanie 49 nd 29 29 50 69 0,98 0,97 163 165 770 1 500 45 44
Yémen 4 16 30 46 52 72 0,35 0,69 142 113 1 400 570 1 1
Zambie 65 64 25 28 79 68 0,91 0,93 180 182 940 750 53 42
Zimbabwe 33 56 12 13 86 80 0,99 0,98 80 126 570 1 100 57 49
NOTES grossesse ou dans les 42 jours suivant l'accouchement, quels que soient la
* Renvoie à l'année précédente. durée ou le site de la grossesse, pour toute raison associée à la grossesse
** Les chiffres ne concernent que la Chine continentale. Les autres chiffres ou à sa prise en charge, ou aggravée par celle-ci, mais pas pour des causes
comprennent des données pour la Chine continentale, la RAS de Hong Kong, accidentelles. Les données proviennent d'enquêtes différentes et peuvent
la RAS de Macao et Taïwan, Province de Chine. donc renvoyer à des méthodologies différentes. La marge d'incertitude des
estimations du taux de mortalité maternelle est très grande et il convient
Proportion de la population vivant avec moins de 1 dollar EU à parité du donc de ne pas utiliser ces estimations en vue du suivi des tendances à
pouvoir d'achat (PPA) par jour (indice numérique de pauvreté à 1 dollar par court terme. Par ailleurs, les comparaisons entre pays exigent la plus
jour (PPA): la proportion de gens vivant avec moins de 1 dollar par jour et le grande prudence étant donné que différentes méthodes sont utilisées d'un
pourcentage de la population dont les dépenses de consommation pays à l'autre pour le calcul des estimations, d'où la difficulté de procéder à
moyennes sont inférieures à 1,08 dollar par jour, mesurées en prix de 1993 des comparaisons.
et converties au taux de PPA. Suite aux révisions apportées au taux de
change du PPA, les taux de pauvreté ne peuvent plus être comparés à ceux Proportion du territoire national couvert de forêts: les zones forestières
précédemment signalés pour les différents pays. Toutes les estimations de sont des terres plantées ou naturellement boisées, affectées ou non à des
2 % de l'indice numérique de pauvreté indiquent que les valeurs réelles sont fins productives.
inférieures ou égales à 2 %, et qu'elles doivent être traitées avec prudence.
La date des enquêtes varie. Pour chaque pays, les données mentionnées LÉGENDE
correspondent à l'année la plus proche de 1990 dans la décennie 1985-1994, nd Données non disponibles
ainsi qu'à l'année la plus récente de la décennie 1995-2004, avec une
période de cinq ans au moins entre les enquêtes. SOURCES
Chaque fois que possible, les données tirées de la base de données en ligne
Prévalence des enfants de moins de cinq ans présentant un déficit sur les OMD de la Division de la statistique des Nations Unies ont été
pondéral: il s'agit de la proportion d'enfants âgés de moins de cinq ans dont complétées par des données plus récentes fournies par les pays.
le poids est inférieur à deux écarts types en dessous du rapport poids/âge
médian pour la population de référence internationale âgée de 0 à 59 mois, Proportion de la population vivant avec moins de 1 dollar à parité de
adopté par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce rapport renvoie à pouvoir d'achat (PPA) par jour: Banque mondiale, Indicateurs du
un déficit pondéral de modéré à grave. La date des enquêtes varie. Pour développement dans le monde 2005.
chaque pays, les données mentionnées correspondent à l'année la plus
proche de 1990 dans la décennie 1985-1994, ainsi qu'à l'année la plus Prévalence des enfants de moins de cinq ans présentant un déficit
récente de la décennie 1995-2004, avec une période de cinq ans au moins pondéral: base de données en ligne du Fonds des Nations Unies pour
entre les enquêtes. Certaines enquêtes peuvent renvoyer à des groupes l'enfance (UNICEF); base de données en ligne de l'OMS; Banque mondiale,
d'âges différents. Indicateurs du développement dans le monde, 2005.
Taux d'inscription net à l'école primaire: le ratio d'inscription net est le Taux d'inscription net à l'école primaire: données de 1990 de l'Organisation
rapport entre le nombre d'enfants d'âge scolaire (tels que définis par le des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) citées
système d'éducation national) inscrits à l'école et le nombre total d'enfants sur la base de données en ligne sur les OMD de la Division de la statistique
entrant dans cette même fourchette d'âge. L'enseignement primaire fournit des Nations Unies; données les plus récentes provenant de la base de
aux enfants des compétences élémentaires de lecture, d'écriture et de données en ligne de l'Unesco.
calcul ainsi que les rudiments de matières telles que l'histoire, la
géographie, les sciences naturelles, les sciences sociales, l'art et la Ratio filles/garçons dans l'enseignement primaire: données de 1990
musique. provenant de l'UNESCO, figurant dans la base de données en ligne sur les
OMD de la Division de la statistique des Nations Unies; données les plus
Ratio filles/garçons dans l'enseignement primaire: l'enseignement récentes de la base de données en ligne de l'UNESCO. Certaines données
primaire comprend des établissements publics et privés. Le ratio entre les proviennent de l'Institut de la statistique de l'UNESCO ou des estimations
filles et les garçons est calculé en divisant le taux brut d'inscription scolaire nationales.
des filles par celui des garçons. Le taux brut d'inscription scolaire se
rapporte à un certain niveau d'éducation, quel que soit l'âge, qui est Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans: base de données en
exprimé en pourcentage de la population dans le groupe d'âge scolaire ligne de l'UNICEF.
théorique correspondant à ce niveau d'éducation.
Taux de mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes): données
Mortalité des enfants de moins de cinq ans: la probabilité qu'un nouveau-né de 1990 provenant de l'OMS, de l'UNICEF, du Fonds des Nations Unies pour
meure avant d'atteindre l'âge de cinq ans dans l'hypothèse d'un maintien la population (FNUAP), citées sur la base de données en ligne sur les OMD
des taux de mortalité par âge. Les données proviennent d'enquêtes de la Division de la statistique des Nations Unies; données les plus récentes
différentes et peuvent donc renvoyer à différentes méthodologies. provenant de la base de données en ligne de l'UNICEF.
Ratio de mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes): la notion Proportion du territoire national couvert de forêts: FAO, Évaluation des
de mortalité maternelle se rapporte au décès des femmes durant la ressources forestières dans le monde 2000.
Dans la Déclaration du Millénaire, les dirigeants mondiaux avaient pris l’engagement suivant:
«Nous ne ménagerons aucun effort pour délivrer nos semblables – hommes-femmes et enfants
– de la misère, phénomène abject et déshumanisant». Les objectifs du Millénaire pour le déve-
loppement associés à cette Déclaration ont fixé des cibles concrètes et des indicateurs pour mesu-
rer les progrès accomplis afin de concrétiser la noble vision consistant à «mettre l’humanité entiè-
re à l’abri du besoin».
Aujourd’hui, il ne reste plus que 10 ans pour atteindre les cibles des OMD. L’attention a surtout
porté sur le premier de ces objectifs, consistant à réduire de moitié la proportion de personnes
cherchant à survivre avec moins d’un dollar par jour, afin de reléguer la pauvreté au rang d’his-
toire ancienne. Mais le premier objectif du Millénaire ne parle pas seulement de réduire la pau-
vreté calculée en fonction du revenu. Il comprend également l’engagement à réduire de moitié la
proportion de personnes qui souffrent de la faim, car être libéré de la faim est le droit de chaque
être humain, sans distinction de race, religion, sexe, âge ou tout autre critère par lequel nous divi-
sons la race humaine.
Lors de l’élaboration des OMD, réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim était cité ensemble
et en tête de liste, ce qui est parfaitement logique. La faim est à la fois l’un des symptômes les plus
douloureux et l’une des causes les plus importantes de l’extrême pauvreté. Et cependant, on parle
rarement de la faim dans les débats sur l’OMD 1, tout comme la faim a été depuis trop longtemps
absente de l’ordre du jour du développement.
Comme le démontre cette édition de L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde, la réduc-
tion de la faim est peut-être la mesure la plus essentielle si nous voulons réaliser la plupart des
autres OMD. La faim mine en effet la santé, l'éducation, la productivité et la pérennité de l'envi-
ronnement. Des femmes affamées donnent naissance à des enfants qui ont faim, avec des risques
nettement accrus de mortalité maternelle et infantile. Des enfants affamés ne peuvent apprendre.
Des adultes affamés ne peuvent pas travailler aussi dur ou gagner autant. Des personnes souf-
frant de la faim sont plus exposées aux maladies infectieuses et aux maladies graves et leur taux
de mortalité est plus élevé. Des personnes qui ont faim devront utiliser tous les moyens à leur dis-
position pour survivre, même s’il faut pour cela dégrader les ressources naturelles dont elles
dépendent.
Nous ne pouvons pas laisser se poursuivre ce cercle vicieux de la misère. Si nous voulons élimi-
ner l’extrême pauvreté et réaliser les autres OMD, nous devons tout d’abord mobiliser les ressources,
les énergies et les engagements politiques pour reléguer la faim au rang d’histoire ancienne.
Le Groupe de travail interinstitutions pour les Systèmes d’information et de cartographie sur
l’insécurité alimentaire et la vulnérabilité (GTII-SICIAV) agit précisément dans ce sens en fournis-
sant les informations nécessaires afin de stimuler, cibler et suivre les mesures efficaces destinées
à mettre un terme à la faim. Les mandats de base de nos différentes institutions membres cou-
vrent tous les OMD. Dans le Groupe de travail interinstitutions pour les SICIAV, nous rassemblons
tous les éléments de ces mandats pouvant servir dans le combat contre la faim.
À partir d’une évaluation détaillée indépendante de nos activités, de nos structures et de nos
processus, nous sommes en train d’améliorer notre pertinence, nos délais d’intervention et notre
efficacité. Ayant tiré les enseignements des activités qui avaient porté leurs fruits et, surtout, de
celles qui avaient échoué, nous formulons un nouveau plan de travail et révisons notre structure
opérationnelle. Ces changements permettront non pas de modifier, mais de renforcer notre man-
dat de base – fournir un cadre pour une large gamme d’activités nationales et internationales des-
tinées à collecter, analyser et diffuser des informations améliorées pouvant être utilisées active-
ment afin de réduire la faim et d’assurer la sécurité alimentaire pour tous.
Nous reconnaissons que la bataille contre la faim sera longue et dure et que nous devons être
prêts à relever le défi. Nous pensons qu’à la fin, notre processus de planification des activités sera
à la hauteur de la tâche qui nous attend.
Les membres du GTII-SICIAV comprennent des organismes d’aide bilatérale et des agences tech-
niques, des organismes des Nations Unies et de Bretton Woods, des organisations internatio-
nales de recherche agricole, des organisations internationales non gouvernementales et des
organisations régionales. Pour obtenir un complément d’information sur le SICIAV et ses membres,
consulter le site web [Link] ou envoyer un courriel à l’adresse FIVIMS-Secretariat@[Link]
L’état de
l’insécurité alimentaire dans le monde
Il ne reste plus que 10 ans avant 2015. Les dirigeants mondiaux s’étaient
engagés, pour cette date, à réduire de moitié la faim et l’extrême pauvreté
et à réaliser des progrès substantiels en matière d’éducation, de santé,
d’équité sociale, de pérennité environnementale et de solidarité
internationale. L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005
examine les progrès accomplis en vue de la réalisation des objectifs du
Sommet mondial de l’alimentation et des objectifs du Millénaire pour le
développement (OMD) en soulignant qu’il est essentiel de réduire la faim,
non seulement parce que cela est explicitement prévu dans l'OMD 1, mais
aussi parce qu'il s'agit d'une condition indispensable à la réalisation des
autres OMD.