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L'insécurité Alimentaire Dans Le Monde

Le rapport de 2005 sur l'insécurité alimentaire souligne l'importance de réduire la faim pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Il examine les tendances de la sous-alimentation, les impacts de la croissance économique et de la gouvernance, ainsi que les effets des catastrophes naturelles. Le document met en avant les liens entre la faim et d'autres objectifs de développement, tels que l'éducation, la santé et l'égalité des sexes.

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L'insécurité Alimentaire Dans Le Monde

Le rapport de 2005 sur l'insécurité alimentaire souligne l'importance de réduire la faim pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Il examine les tendances de la sous-alimentation, les impacts de la croissance économique et de la gouvernance, ainsi que les effets des catastrophes naturelles. Le document met en avant les liens entre la faim et d'autres objectifs de développement, tels que l'éducation, la santé et l'égalité des sexes.

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L’état de

l’insécurité alimentaire dans le monde

2005

Éradiquer la faim dans le monde


pour réaliser les objectifs
du Millénaire pour le développement
Remerciements Des contributions techniques ont été Les principales estimations
apportées par les fonctionnaires de la consommation alimentaire et
Cette édition de L’état de l'insécurité suivants: Josef Schmidhuber, Unité de la sous-alimentation utilisées
alimentaire dans le monde est le fruit des études prospectives globales (ES); dans L'état de l'insécurité alimentaire
d’une collaboration menée dans toute Jakob Skoet, Bureau du Sous-Directeur dans le monde 2005 émanent
l’Organisation sous l'égide du général (ES); Haluk Kasnakoglu, Ricardo respectivement du Service des
Département économique et social (ES). Sibrian, Amanda Gordon, Cinzia Cerri et statistiques des aliments de base
Seevalingum Ramasawmy, Division et de l’agriculture et du Service de
Cet ouvrage a été réalisé sous la
de la statistique (ES); Gero Carletto, statistiques et d’analyses
direction générale de Hartwig de Haen,
Marcella Vigneri et Carlo Azzarri, socioéconomiques.
Sous-Directeur général (ES), avec l’aide
Division de l’économie agricole et du
de Prakash Shetty, Chef du Service de Le Service de la gestion des publications
développement (ES); Gina Kennedy et
l’évaluation et de la planification de la du Département des affaires générales
Frank Martinez-Nocito, Division de
nutrition (ESNA), qui a présidé l’équipe et de l’information (GI) a assuré les
l’alimentation et de la nutrition (ES);
technique de base. Andrew Marx a services de mise en forme
Mark Smulders, Unité de coordination
apporté un précieux concours à la rédactionnelle dans les différentes
du SICIAV (ES); Alexander Sarris,
conception et à la mise en forme langues, de présentation graphique et
Henri Josserand et Harmon Thomas,
rédactionnelle de cette publication. de production. Les traductions ont été
Division des produits et du commerce
faites par le Service de la
Les autres membres de l’équipe international (ES); Marcela Villareal,
programmation et de la documentation
technique de base du Département Gabriel Rugalema et Yianna Lambrou,
des réunions (GICM).
économique et social étaient les Division de la parité hommes-femmes
suivants: Kostas Stamoulis, Division de et de la population (Département du
l’économie agricole et du développement durable [SD]);
développement; Ali Arslan Gurkan, Lavinia Gasperini, Mirella Salvatore
Division des produits et du commerce et Jeff Tschirley, Division de la
international; Jorge Mernies, Division de recherche, de la vulgarisation et de la
la statistique. formation (SD).

Publié en 2005 par


l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
Viale delle Terme di Caracalla, 00100 Rome, Italie
Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent
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pour l'alimentation et l'agriculture © FAO 2005
ISBN 92-5-205384-0
Courriel: publications-sales@[Link]
Télécopie: (+39) 06 57053360 Imprimé en Italie
Site Web: Photographies
http:/[Link]/icatalog/[Link] En couverture (de gauche à droite): FAO/19682/G. Bizzarri; FAO/17617/G. Diana; FAO/22784/G. Diana
L’état de
l’insécurité alimentaire dans le monde

2005

Éradiquer la faim dans le monde


pour réaliser les objectifs
du Millénaire pour le développement
À propos de ce rapport

A
u moment où la communauté inter- cite du SMA et de l'OMD 1 et en tant que la faim pèse sur le développement et com-
nationale passe en revue les pro- condition essentielle à la réalisation des ment la réduction de la faim pourrait accé-
grès accomplis en vue de la réali- autres OMD. lérer les progrès.
sation des objectifs du Millénaire pour le La première section du rapport analyse Les tableaux de l'Annexe présentent les
développement et prépare l'examen à moyen les tendances à long terme de la réduction dernières estimations de la FAO concer-
terme du Sommet mondial de l'alimenta- de la sous-alimentation et examine les effets nant la sous-alimentation et les progrès
tion (SMA), L'état de l'insécurité alimen- de la croissance économique, de la gou- accomplis dans la réalisation des objec-
taire dans le monde 2005 s'attache à sou- vernance et des catastrophes naturelles. tifs de réduction de la faim du SMA et des
ligner l'importance critique de la réduction La seconde section examine séparément OMD; et des indicateurs clés pour les autres
de la faim à la fois en tant qu'objectif expli- chacun des OMD en soulignant comment OMD.

Les objectifs du Millénaire pour le développement et leurs liens avec la réduction de la faim

OMD Objectifs sélectionnés Liens avec la réduction de la faim

• Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la • La faim perpétue la pauvreté en réduisant la
1 Réduire
l'extrême pauvreté
et la faim
population dont le revenu est inférieur à 1 dollar EU par jour
• Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la
productivité
• La faim empêche les personnes de produire ou
population qui souffre de la faim d'acquérir les aliments dont elles ont besoin

• Donner, d'ici 2015, à tous les enfants, garçons et filles, les • La faim réduit la fréquentation scolaire et les
2 Assurer
l'éducation primaire
pour tous
moyens d'achever un cycle complet d'études primaires capacités d'apprentissage
• Le manque d'instruction réduit les capacités de
gain et accroît les risques de souffrir la faim

• Éliminer les disparités entre les sexes dans les • La faim réduit surtout la fréquentation scolaire
3 Promouvoir
l'égalité des sexes
et l'autonomisation
enseignements primaire et secondaire d'ici à 2005 si
possible et à tous les niveaux de l'enseignement en 2015 au
des filles
• L'inégalité hommes-femmes perpétue le cycle
des femmes plus tard des femmes sous-alimentées donnant naissance
à des enfants souffrant d'insuffisance pondérale

• Réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de • Plus de la moitié des décès d'enfants sont
4 Réduire
la mortalité infantile moins de cinq ans entre 1990 et 2015 causés directement ou indirectement par la
faim et la malnutrition

• Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de • La sous-alimentation et les carences en
5 Améliorer
la santé maternelle mortalité maternelle micronutriments augmentent fortement le
risque de mortalité maternelle

• Stopper la propagation du VIH/SIDA d'ici 2015 et • La faim encourage des comportements à


6 Combattre le VIH/SIDA,
le paludisme
et d'autres maladies
commencer à inverser la tendance actuelle
• Maîtriser le paludisme et d'autres grandes maladies pour
risque qui accélèrent la diffusion du VIH/SIDA
• Les enfants sous-alimentés courent deux fois
2015 et commencer à inverser la tendance actuelle plus de risques de mourir de paludisme

• Intégrer les principes du développement durable dans les • La faim entraîne une utilisation non durable
7 Assurer
un environnement
durable
politiques et programmes nationaux et inverser la tendance
actuelle à la déperdition des ressources environnementales
des ressources
• La remise en état et l'amélioration des
• Réduire de moitié le pourcentage de la population qui n'a fonctions de l'écosystème jouent un rôle
pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau fondamental dans la réduction de la faim parmi
potable et à des mesures d'assainissement de base les ruraux pauvres

• Mettre en place un système commercial et financier ouvert, • Les subventions et les tarifs douaniers
8 Mettre en place
un partenariat mondial
pour le développement
fondé sur des règles, prévisible et non discriminatoire
• Prendre en compte les besoins particuliers des pays les
appliqués dans les pays en développement
freinent le développement rural et agricole qui
moins avancés doit aider à réduire la faim
• Traiter globalement le problème de la dette des pays en
développement

2 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


Table des matières

Avant-propos
4 Vers les objectifs du Sommet mondial de l'alimentation et du Millénaire
pour le développement: priorité à l'alimentation

La sous-alimentation dans le monde


6 Décompte des personnes souffrant de la faim: tendances à long terme dans
les pays en développement
8 Croissance économique et réduction de la faim
10 Le rôle de la gouvernance dans la réduction de la faim
12 Les zones critiques de la faim: les effets complexes des catastrophes naturelles

Sur la voie des engagements du Sommet


14 Éducation et sous-alimentation: nourrir les corps
et les esprits pour interrompre le cercle vicieux
16 Égalité hommes-femmes et autonomisation des femmes: mesures clés
pour la réduction de la pauvreté et de la faim
18 Réduire la faim, sauver des vies d'enfants
20 Améliorer la santé maternelle et interrompre le cycle de la pauvreté, de la faim
et de la malnutrition
22 Lutter contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose: le rôle de la dénutrition
en tant que symptôme et cause
24 Améliorer la pérennité de l'environnement et la sécurité alimentaire en donnant
les moyens voulus aux ruraux pauvres
26 Augmentation de l'aide et échanges plus équitables: mesures essentielles
pour créer un partenariat mondial au service du développement
28 La voie à suivre: intensifier l'approche sur deux fronts pour la réalisation
des objectifs du SMA et des OMD

30 Tableaux

36 Sources

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 3


Avant-propos
Vers les objectifs du Sommet mondial de l'alimentation
et du Millénaire pour le développement: priorité à
l'alimentation
«Nous proclamons notre volonté politique et notre engagement commun et national de parvenir tructeurs de l'inégalité hommes-
à la sécurité alimentaire pour tous et de déployer un effort constant afin d'éradiquer la faim dans femmes. Elle réduit leurs possibilités
tous les pays et, dans l'immédiat, de réduire de moitié le nombre des personnes sous-alimentées d'éducation et d'emploi et freine le
d'ici à 2015 au plus tard.» Déclaration de Rome, 1996 progrès vers l'égalité des sexes et l'au-
tonomisation des femmes (OMD 3).
«Nous ne ménagerons aucun effort pour délivrer nos semblables - hommes, femmes et enfants - • La faim et la malnutrition sont la cause
de la misère, phénomène abject et déshumanisant...» Déclaration du Millénaire, 2000 sous-jacente de plus de la moitié des
décès d'enfants et représentent donc
le principal obstacle à la réduction de

I
l ne reste plus que 10 ans avant 2015. perdue dans les zones rurales, où vit la mortalité infantile (OMD 4).
Pour cette date, les dirigeants mon- la la plupart des personnes qui ont • La faim et la malnutrition renforcent
diaux s'étaient engagés à réduire de faim. l'incidence et le taux de létalité des
moitié la faim et l'extrême pauvreté et problèmes de santé qui provoquent
de réaliser des progrès importants en Priorité à l'alimentation la majorité des décès pendant la gros-
matière d'éducation, de santé, d'équité sesse et l'accouchement (OMD 5).
sociale, d'environnement durable et de Comme expliqué dans ce rapport, la faim • La faim et la pauvreté anéantissent
solidarité internationale. À moins d'un et la malnutrition sont les principales les systèmes immunitaires des
renforcement de ces engagements et causes du dénuement et de la misère, populations, les forcent à adopter
d'une accélération des progrès, la plu- qui sont visés par tous les autres OMD des stratégies de survie à risque et
part de ces objectifs ne seront pas atteints. (et illustré dans le diagramme ci-contre): augmentent fortement le risque
Si chacune des régions en développe- • Des enfants qui ont faim commen- d'infection et de décès dus au
ment continue à réduire la faim au ryth- cent tard à fréquenter l'école, s'ils la VIH/SIDA, au paludisme, à la tuber-
me actuel, seules l'Amérique du Sud et fréquentent un jour, arrêtent plus tôt culose et à d'autres maladies infec-
les Caraïbes atteindront l'objectif du Mil- et apprennent moins, ce qui freine les tieuses (OMD 6).
lénaire pour le développement (OMD), progrès vers l'éducation primaire et • Il arrive que les gardiens de bétail,
consistant à réduire de moitié la propor- secondaire pour tous (OMD 2). les personnes pratiquant l'agricultu-
tion de personnes souffrant de la faim. • La nutrition insuffisante des femmes re de subsistance, les habitants des
Aucune n'atteindra l'objectif plus ambi- est l'un des résultats les plus des- forêts et les pêcheurs - accablés par
tieux du Sommet mondial de l'alimenta-
tion qui était de réduire de moitié le nombre
de personnes souffrant de la faim. Progrès en vue de la réalisation des OMD par sous-région
Les progrès sur la voie d'autres OMD
ont également été très lents, notamment
Nombre de cibles des OMD (sur un total de 20 cibles choisies)
dans les pays et les régions où les efforts 15
visant à réduire la faim ont marqué le
Sur la bonne voie, risque faible
pas, comme l'illustre clairement le gra- 12 Progrès lents, risque modéré
phique joint. Aucun changement ou détérioration, risque élevé
Il n'empêche que pratiquement tous 9
les objectifs du SMA et des OMD peu-
vent encore être atteints, mais seule- 6
ment à condition de redoubler d'efforts
et de recentrer les interventions, en 3
tenant compte des deux points essen-
tiels ci-dessous: 0
Afrique Asie Asie Amérique Asie Océanie Asie Afrique
1. sans une réduction rapide de la faim, du Nord de l'Est du Sud-Est latine/ de l'Ouest du Sud subsaharienne
la réalisation de tous les autres OMD Caraïbes

sera difficile, voire impossible; Sur la bonne voie Retard ou détérioration dans l'effort
pour la réduction de la faim de réduction de la faim
2. la bataille pour éliminer la faim et réa-
Source: Département des affaires économiques et sociales de l'ONU
liser les autres OMD sera gagnée ou

4 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


le lourd fardeau de la pauvreté chro-
Machine arrière: la faim persistante freine les progrès
nique - utilisent leur environnement
vers d'autres objectifs du Millénaire pour le développement
naturel de manière non durable, ce
qui se traduit par une dégradation
ultérieure de leurs conditions de vie.
En donnant aux pauvres et aux per-
sonnes souffrant de la faim des res- … capacité réduite
ponsabilités de protection des terres, d'accès aux marchés
des eaux, des forêts et de la biodi- et au ressources…
versité, on peut favoriser à la fois la
… utilisation … fréquentation
sécurité alimentaire et la pérennité irrationnelle scolaire, capacité
de l'environnement (OMD 7). des ressources d'apprentissage
naturelles… réduites…
Priorité aux zones rurales

Étant donné que la faim est une cause


importante de pauvreté, d'analphabé-
tisme, de maladie et de mortalité, et que
… stratégies
75 pour cent des populations affamées de survie à risque, La faim et la malnutrition … accès inégal
à l'éducation
de la planète vivent dans les zones rurales, diffusion duVIH/SIDA, aboutissent à… et à l'emploi
du paludisme,
on ne s'étonnera pas que c'est dans ces pour les femmes
et autres … pauvreté et…
mêmes zones rurales que se trouve la maladies… et les filles…
grande majorité des 121 millions d'en-
fants qui ne vont pas à l'école, les près
de 11 millions d'enfants qui meurent
… systèmes
avant d'atteindre l'âge de cinq ans, les … santé maternelle immunitaires
530 000 femmes qui meurent lors de la et infantile affaiblis,
grossesse et de l'accouchement et les affaiblies… mortalité infantile
accrue…
300 millions de cas de paludisme aigu,
qui se soldent par plus de 1 million de
décès chaque année. Il est évident que Source: FAO
pour réduire ces chiffres et atteindre les
OMD, il faut accorder la priorité aux zones
rurales et à l'agriculture, qui est le prin- OMD et celui de l'agriculture en tant que lement venus de passer à la vitesse supé-
cipal soutien des moyens d'existence en moteur de cette action. rieure - de faire de la réduction de la
milieu rural, moyennant des systèmes Après des années de soutien décrois- pauvreté la force motrice du progrès et
de production durables et fiables qui sant à l'agriculture, les pays de l'Union de l'espoir, car une meilleure nutrition
fournissent un emploi et un revenu aux africaine se sont engagés à relever la signifie une meilleure santé et une
pauvres, améliorant ainsi leur accès à part de leurs budgets nationaux consa- meilleure fréquentation scolaire, une
la nourriture. crée à l'agriculture et au développement réduction de la mortalité infantile et
Or, au cours des dernières décennies, rural pour la porter à 10 pour cent dans maternelle, l'autonomisation des femmes,
l'agriculture et le développement rural un délai de cinq ans. La Commission la baisse de l'incidence et des taux de
ont perdu du terrain et ne figurent plus pour l'Afrique a souligné que «l'agri- mortalité du VIH/SIDA, du paludisme et
en tête de liste des principales ques- culture était un élément clé pour de la tuberculose, et elle peut également
tions de développement. Au cours des l'Afrique». Le Projet du Millénaire de contribuer à inverser la dégradation des
20 dernières années, les ressources l'ONU a souligné que «l'épicentre de la sols et des eaux, la destruction des forêts
allouées à ces secteurs ont baissé de pauvreté extrême à l'échelle mondiale et la perte de biodiversité.
plus de 50 pour cent. Il faut que cela est la petite exploitation agricole». Si Nous pouvons y arriver.
change. Nous pouvons d'ailleurs perce- cette meilleure prise de conscience
voir des signes encourageants indiquant débouche sur une intensification des
que la situation est en effet en train de interventions, il sera encore possible
changer, étant donné que les gouver- d'atteindre les OMD.
nements nationaux comme les dona- La faim et la pauvreté sont depuis trop
teurs internationaux reconnaissent de longtemps le moteur infernal du dénue-
plus en plus le rôle important des zones ment et de la misère (voir le diagram- Jacques Diouf
rurales pour l'action visant à réaliser les me). Le temps et l'opportunité sont fina- Directeur général de la FAO

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 5


La sous-alimentation dans le monde
Décompte des personnes souffrant de la faim:
tendances à long terme dans les pays en développement

L
e Sommet mondial de l'alimenta- personnes continueront de souffrir chro- objectif, la région devra inverser la ten-
tion en 1996 et le Sommet du Mil- niquement de la faim dans les pays en dance à la hausse enregistrée durant la
lénaire en 2000 ont tous deux fixé développement. Pour atteindre la cible dernière décennie.
comme objectif une réduction de moi- de 400 millions fixée par le SMA, il fau- En Afrique subsaharienne, la préva-
tié de la faim entre 1990, période de réfé- drait réduire la proportion des victimes lence de la sous-alimentation a très légè-
rence, et 2015. Si la date prévue approche, de la faim non pas de moitié, mais des rement fléchi bien que le rythme des
l'objectif lui demeure élusif. deux tiers. progrès se soit accéléré dans les années
En dépit d'avancées considérables 90. Pour atteindre la cible des ODM, la
concernant la réalisation de la cible des Des progrès inégaux région devra considérablement intensi-
OMD, c'est-à-dire la réduction de moi- au niveau régional fier son action.
tié des victimes de la faim, il faudra inten- S'agissant de la cible du SMA, les
sifier les progrès pour atteindre l'ob- Sur toutes les régions en développe- avancées ont été encore plus lentes et
jectif fixé pour 2015. ment, seule la région Amérique latine plus inégales. Les améliorations des
La réalisation de l'objectif du SMA - et Caraïbes est parvenue à réduire la années 80 étaient intégralement dues
ramener de 800 millions à 400 millions prévalence de la faim assez rapidement aux progrès de l'Asie. Dans toutes les
le nombre absolu de personnes souf- depuis 1990 pour atteindre la cible des autres régions en développement, le
frant de la faim - constitue un tout autre OMD à condition que la cadence actuel- nombre des victimes de la faim a en fait
défi qui imposera des progrès beau- le soit maintenue. La région Asie-Paci- augmenté.
coup plus rapides (voir les graphiques fique a elle aussi de bonnes chances d'y Depuis la période de référence du
ci-dessous). La population mondiale parvenir si le rythme des progrès peut SMA, les progrès se sont notablement
devrait augmenter d'environ deux mil- être légèrement intensifié dans les années ralentis en Asie, et sont tombés au point
liards entre la période de référence à venir. mort dans le reste du monde. Seule la
(1990-92) et 2015. En conséquence, Au Proche-Orient et en Afrique du région Amérique latine et Caraïbes est
même si cette population accrue de Nord en revanche, la prévalence de la parvenue à inverser la tendance néga-
personnes sous-alimentées est rédui- faim est faible, mais elle augmente plu- tive des années 80, et à enregistrer des
te de moitié, près de 600 millions de tôt que de diminuer. Pour atteindre cet succès dans les années 90, bien que

Tendances à long terme de la proportion et du nombre de sous-alimentés par région - 1980-82 à 2000-02

Proportion de sous-alimentés (%) Nombre de sous-alimentés (en millions)


40 1 000

35
800
30

25
600

20

400
15

10
200
5

0 0
1980-82 1990-92 2000-02 2015 (OMD) 1980-82 1990-92 2000-02 2015 (SMA)
Monde en développement Afrique subsaharienne Asie/Pacifique Amérique latine/Caraïbes Proche-Orient/Afrique du Nord
Source: FAO

6 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 1
l'Afrique subsaharienne ait réussi à la faim a déjà été réduite de moitié au l'objectif des OMD. Aucun d'entre eux
ralentir sensiblement l'accroissement moins. n'y est encore parvenu. La prévalence
du nombre de personnes sous-ali- Plus de 40 autres pays s'acheminent de la sous-alimentation augmente ou
mentées. vers la réalisation de l'objectif fixé, reste globalement inchangée dans les
même si nombre d'entre eux devront 12 autres pays de ce groupe où la faim
Progrès enregistrés accélérer l'allure pour y parvenir d'ici demeurera un problème majeur même
par les pays en vue 2015. Dans 23 pays, les choses n'ont si l'objectif est atteint.
de la réalisation guère évolué, tandis que la prévalence La plupart des pays de tous les autres
de la cible des OMD de la faim est en augmentation dans 14 groupes sont parvenus à réduire la faim,
autres pays. y compris deux tiers des pays où une
Pour évaluer les avancées nationales Pour remettre ces chiffres en pers- proportion de 20 à 34 pour cent des gens
vers la réalisation de la cible des OMD, pective, il convient de tenir compte de est sous-alimentée. Aucun des pays de
il est utile d'examiner le ratio de la pré- l'importance de la faim dans ces pays. ce groupe n'a encore toutefois atteint
valence de la faim en 2000-02 à celle Si l'on regroupe les pays sur la base de sa cible. À l'autre bout du spectre, 15
de la période de référence, 1990-92. la prévalence actuelle de la sous-ali- des 23 pays où moins de 10 pour cent
La faim n'est pas un problème dans mentation, on constate que c'est là où de la population sont sous-alimentés
six pays en développement où moins la faim est la plus répandue que les pro- marquent des progrès dans la lutte
de 2,5 pour cent de la population souf- grès ont été les plus lents. contre la faim, notamment cinq d'entre
frent de sous-alimentation. La cible des Seuls quatre des 16 pays où plus 35 eux qui ont déjà atteint l'objectif des
OMD a déjà été atteinte dans sept autres pour cent de la population est sous-ali- OMD.
pays où la proportion des victimes de mentée sont en bonne voie pour atteindre

Avancées et régressions - ratio de la prévalence de la sous-alimentation en 2000-02 et 1990-92


Pays regroupés en fonction de la prévalence de la sous-alimentation en 2000-02 (cible OMD = 0,5)

≥35% de sous-alimentés 20-34% de sous-alimentés


2,5
OMD déjà atteint
2
En progrès
1,5 Peu d'évolution
Aggravation
1

0,5

0
Congo
Angola
Haïti
Mozambique
Rwanda
Rép. centrafricaine
Zimbabwe
Zambie

Madagascar
Sierra Leone
Rép.-Unie de Tanzanie

Rép. pop. dem. de Corée


Yémen

Libéria
Burundi

Rép. dém. du Congo

Namibie
Tchad
Thaïlande
Guinée
Malawi

Bolivie
Rép. dém. pop. lao
Pakistan

Sri Lanka
Cameroun
Togo
Soudan
Mongolie
Cambodge
Kenya
Niger

Rép. dominicaine
Inde
Philippines

Nicaragua
Bangladesh
Honduras
Sénégal
Mali
Panama
Gambie
Botswana
Guatemala

10-19% de sous-alimentés 5-9% de sous-alimentés 2,5-4% de sous-alimentés


2,5
2
1,5

0,5

0
Rép. islamique d'Iran
Ghana
Pérou
Viet Nam
Mauritanie
Chine
Lesotho
Bénin
Jamaïque
Suriname
Colombie
Côte d'Ivoire
Paraguay

Ouganda
El Salvador
Trinité-et-Tobago
Népal

Burkina Faso
Swaziland
Rép. bolivarienne
du Venezuela

Cuba

Chili
Équateur
Uruguay

Rép. arabe syrienne


Costa Rica

Égypte

Arabie saoudite

Liban

Turquie
Koweït
Guyana
Myanmar
Gabon
Indonésie
Brésil
Nigéria
Maurice
Algérie
Mexique
Maroc
Jordanie

Le graphique n'inclut pas les pays où la prévalence de la sous-alimentation est inférieure à 2,5 pour cent, ni ceux pour lesquels les données sont
insuffisantes, notamment l'Afghanistan, l'Iraq, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Somalie. L'Éthiopie et l'Érythrée ne sont pas prises en compte, car
elles ne constituaient pas des entités séparées en 1990-92. Source: FAO

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 7


La sous-alimentation dans le monde
Croissance économique et réduction de la faim

L
a logique voudrait qu'une crois- croissance économique des pays regrou- plate (voir le graphique). En revanche,
sance économique soutenue géné- pés sur la base des progrès enregistrés si l'on examine l'évolution sur une plus
rant une prospérité et une pro- dans la lutte contre la faim (voir le gra- longue période, on constate que la crois-
ductivité nationales accrues ait pour effet phique). Comme il se doit, le groupe des sance économique et la réduction de la
de réduire la faim, et les preuves ne man- pays où la faim a augmenté durant les faim sont effectivement corrélées. Si
quent pas à cet égard (voir le graphique années 90 est également celui qui affiche l'on reporte sur un graphique les pro-
ci-dessous). On aurait donc tendance à la plus mauvaise performance écono- grès relatifs à la cible des OMD des pays
penser que les pays n'ont qu'à intensi- mique. Loin de s'accroître, leur produit qui ont enregistré une croissance éco-
fier leur croissance économique pour intérieur brut (PIB) par habitant s'est nomique positive pendant les années
atteindre les objectifs de réduction de contracté à un taux annuel moyen de 1,4 80 et 90, la ligne de tendance est net-
la faim fixés par les OMD et le SMA. pour cent. Tous les autres groupes ont tement plus abrupte, attestant une plus
Des analyses réalisées dans plusieurs enregistré des améliorations. forte corrélation entre le rythme de la
pays en développement montrent tou- Dans tous les autres groupes, il n'exis- croissance économique sur une pério-
tefois qu'en l'absence de mesures spé- te aucune corrélation évidente entre le de prolongée et celui des avancées de
cifiques de lutte contre la faim, la crois- rythme de la croissance économique et la lutte contre la faim.
sance économique à elle seule peut les percées de la lutte contre la faim. Cette tendance laisse à penser qu'une
laisser longtemps à la traîne un grand Paradoxalement, le groupe où les avan- croissance soutenue peut avoir un impact
nombre de victimes de la faim, notam- cées ont été les plus rapides du point de cumulatif plus important sur la réduc-
ment en zones rurales. Ces analyses vue de la réduction des victimes de la tion de la faim. On pourrait également
montrent également que la croissance faim a enregistré une croissance éco- y voir la preuve que l'incidence de la
économique a un impact bien plus impor- nomique relativement lente. croissance économique sur la faim ne
tant sur la faim lorsqu'elle intervient en De même, si l'on reporte sur un gra- se fait sentir qu'après un certain temps.
zones rurales et dans des pays qui ont phique l'évolution du PIB de différents Une étude de la FAO a montré qu'il fal-
déjà créé un climat propice au dévelop- pays durant les années 90 en fonction lait plus de temps pour que la croissance
pement rural et à la valorisation des res- de leurs progrès concernant la cible économique ait un impact sur la réduc-
sources humaines. des OMD - diminuer de moitié la pro- tion de la faim que pour obtenir une accé-
Aucun schéma particulier ne ressort portion de gens qui souffrent de la faim lération de la croissance économique en
d'une comparaison entre les taux de - la ligne de tendance est quasiment améliorant la nutrition.

PIB dans les années 90 Croissance du PIB dans Croissance économique


et prévalence de la les années 90 et réduction et réduction de la faim
sous-alimentation en 2000 de la faim, par quintile
Évolution de la sous-alimentation, années 90
Log du PIB moyen par habitant, années 90 Croissance moyenne du PIB par habitant (%) 10
8,0 2,0
0
7,5 1,5 -10
7,0 1,0 -20
6,5
0,5 -30
0 1 2 3 4
6,0 Croissance moyenne du PIB
0,0
par habitant (%)
5,5
-0,5 Pays en croissance dans les années 80
5,0 Progrès marqués par les pays et 90
dans la réduction de la faim Pays en croissance dans les années 90
0,0 par quintile, 1990-92 à 2000-02 seulement
<5 5-9 10-19 20-35 >35 Chiffres ajustés en fonction de la
Prévalence de la sous-alimentation croissance dans les années 80 et 90
Aggravation Lente Progrès Chiffres ajustés en fonction de la
par groupe de pays, 2000 évolution rapides
croissance dans les années 90 seulement
Source: FAO; Banque mondiale Source: FAO; Banque mondiale Source: FAO; Banque mondiale

8 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 1
Il est clair que la relation entre crois-
Croissance économique et réduction de la faim au Botswana et
sance économique et réduction de la
au Pérou, 1990-2000
faim joue dans les deux sens. Une ana-
lyse des coûts de la faim présentée dans
L'état de l'insécurité alimentaire dans Le Botswana et le Pérou ont tous deux et le Pérou. Ainsi, le Botswana a été
le monde 2004 a permis de conclure que enregistré une forte croissance éco- massivement frappé par la pandémie
la perte de productivité tout au long de nomique durant les années 90. La com- de VIH/SIDA, avec plus de 35 pour cent
la vie des personnes dont les capacités paraison s'arrête là dès lors qu'on exa- de la population adulte infectée. Au
physiques et cognitives ont été altérées mine la baisse de prévalence de la faim. Pérou en revanche, le taux d'infection
par un faible poids à la naissance, une Le Pérou est parvenu à réduire la pré- est inférieur à 1 pour cent.
malnutrition protéocalorique et des valence de la faim de presque 70 pour
carences en vitamines et minéraux essen- cent, atteignant ainsi l'objectif des OMD Croissance économique et réduction
tiels représente, en valeur actualisée, avec 15 ans d'avance. Au Botswana en de la faim Botswana et au Pérou
entre 5 et 10 pour cent du PIB des pays revanche, elle s'est accrue alors même dans les années 90
en développement. Une autre étude de que l'économie nationale décollait. Botswana
la FAO analyse les rapports entre l'ap- Il est intéressant de noter que le PIB PIB/habitant
port nutritionnel et la croissance éco- agricole du Pérou a grimpé encore plus PIB agricole/habitant
nomique à Sri Lanka. Elle conclut que rapidement que le reste de l'économie, Proportion
l'amélioration de la nutrition se réper- partiellement entraîné par la diversi- de sous-alimentés

cute rapidement sur la croissance du fication en faveur d'exportations à valeur Pérou


PIB/habitant
PIB, une augmentation de 1 pour cent ajoutée non conventionnelles qui ont
de la ration protéique engendrant à long gonflé les revenus agricoles et créé des PIB agricole/habitant
terme un accroissement de 0,49-pour emplois dans la transformation. Le PIB Proportion
de sous-alimentés
cent du PIB. agricole du Botswana s'est quant à lui
effondré de presque 40 pour cent. -60 -40 -20 0 20 40
Le rôle majeur De nombreux autres facteurs contri- Évolution de 1990 à 2000 (%)
de la croissance agricole buent à la disparité entre le Botswana Source: FAO; Banque mondiale

Nombre d'études ont apporté la preu-


ve que l'impact de la croissance éco- nées concernant l'Inde et a constaté croissance agricole a ralenti. Un lien
nomique sur la réduction de la faim et que la croissance en zones rurales et semblable entre croissance du secteur
de la pauvreté dépend tout autant de la dans le secteur agricole a un impact agricole et réduction de la faim peut être
nature de la croissance que de son bien plus marqué sur la lutte contre la mis en évidence en comparant le Bots-
ampleur et de sa rapidité. Ainsi, la pauvreté que celle de l'industrie et des wana et le Pérou, deux pays dont le PIB
Banque mondiale a analysé des don- zones urbaines. a affiché une croissance rapide dans les
Un schéma analogue se dégage de années 90, mais où les retombées sur
l'analyse des relations entre croissan- la faim ont été fort différentes (voir l'en-
Croissance du PIB agricole
ce et réduction de la faim. Si l'on regrou- cadré).
dans les années 90 et progrès
pe les pays en fonction des avancées de Ces exemples parmi d'autres appuient
accomplis en vue de la cible
la lutte contre la faim dans les années la notion que, pour importante qu'elle
des OMD
90, le groupe qui est en bonne voie pour soit, la croissance économique ne sau-
atteindre la cible des OMD en la matiè- rait suffire à elle seule à réduire la faim,
Croissance moyenne du PIB agricole (%/an)
re est celui où le secteur agricole s'est et que la croissance du secteur agri-
0,6
développé (voir le graphique). cole dans les pays en développement a
0,3
Les comparaisons inter et intrana- un impact bien plus considérable que
0,0 tionales montrent elles aussi l'impor- la croissance de l'industrie et des zones
-0,3 tance de la composition de la croissan- urbaines sur la réduction de la faim. De
-0,6 ce. En Inde par exemple, la prévalence plus, les progrès sont fonction de nom-
de la faim a nettement diminué durant breux autres facteurs, notamment le
-0,9
les années 80, alors que le secteur agri- taux d'infection à VIH, l'ouverture du
-1,2
cole était florissant et que l'économie commerce, la stabilité politique, la lutte
-1,5 nationale stagnait. Toutefois, les progrès contre la corruption et d'autres aspects
Aggravation Stagnation Progrès
Pays regroupés en fonction des progrès marqués dans la lutte contre la faim ont souvent regroupés sous le terme de
accomplis par rapport à tourné court pendant la seconde moitié «gouvernance» (voir les pages 10 et 11).
la cible OMD de réduction de la faim
des années 90, précisément lorsque le
Source: FAO; Banque mondiale
PIB national s'est redressé, et que la

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 9


La sous-alimentation dans le monde
Le rôle de la gouvernance dans la réduction de la faim

L’
analyse de l'impact de la crois- valoir que la bonne gouvernance concer- - la stabilité politique, l'efficacité du gou-
sance économique sur la faim ne également l'offre de «biens publics» vernement, la primauté du droit et la lutte
et la pauvreté montre que les essentiels, notion qui englobe la paix et contre la corruption -, on peut distinguer
conditions initiales font une grosse dif- la sécurité, mais aussi la construction de précisément les deux tiers des pays sans
férence (voir les pages 8 et 9). La pau- routes et l'électrification des zones rurales. avoir à recourir à de quelconques autres
vreté diminue beaucoup plus rapide- Les partisans d'une approche du déve- facteurs connus pour le rôle important
ment et dans des proportions bien plus loppement «fondée sur les droits» affir- qu'ils jouent dans la réduction de la faim,
importantes lorsque la croissance inter- ment que la bonne gouvernance doit éga- par exemple la croissance économique
vient dans des pays où la situation poli- lement comprendre l'appui aux droits et agricole (voir les pages 8 et 9), le niveau
tique est stable, la corruption peu répan- fondamentaux de la personne, y compris d'éducation et l'ampleur des inégalités
due, et où la productivité agricole et les le droit à l'alimentation. en matière d'accès à l'alimentation.
taux d'alphabétisation sont élevés. Nombre Ces dimensions de la gouvernance En revanche, ces indicateurs de gou-
de ces conditions favorables initiales sont toutes trois importantes pour la vernance sont beaucoup moins efficaces
peuvent être considérées comme des lutte contre la faim et l'avènement de la lorsqu'il s'agit de distinguer les pays qui
indicateurs de ce que l'on appelle fré- sécurité alimentaire. ont marqué des progrès dans la lutte
quemment la «bonne gouvernance». contre la faim durant les années 90 de
Les définitions et les mesures de la Les indicateurs ceux où la prévalence de la sous-ali-
gouvernance varient considérablement. de la Banque mondiale mentation a augmenté ou est restée
La Banque mondiale la définit comme inchangée (voir le graphique).
«l'ensemble des traditions et des insti- Les analyses économiques confirment Comme il se doit, les pays où la sécu-
tutions grâce auxquelles l'autorité est que les indicateurs de bonne gouver- rité alimentaire s'est détériorée sont éga-
exercée dans un pays» et collecte plus nance utilisés par la Banque mondiale lement ceux qui ont été les moins stables
de 350 variables pour la constitution de permettent de distinguer avec un degré politiquement, où la règle de droit était
six indicateurs composites. considérable de précision les pays en la plus défaillante et où la corruption est
D'autres organisations œuvrant dans développement qui ont réussi à rame- généralisée. Dans nombre de ces pays,
le domaine du développement comme ner la faim à des niveaux relativement les conflits ont érodé la fibre politique et
l'Institut international de recherche sur faibles de ceux qui n'y sont pas parve- juridique de la gouvernance. Toutefois,
les politiques alimentaires (IFPRI) ont fait nus. Avec seulement quatre indicateurs ces mêmes indicateurs sont également
légèrement négatifs pour le groupe de
pays qui est parvenu à réduire la sous-
Indicateurs relatifs à la gouvernance, à la sécurité alimentaire
alimentation. En tant que groupe, seuls
et à la réduction de la faim dans les années 90
les pays où la faim est restée inchangée
obtiennent des notes positives par rap-
Moyenne des indicateurs pour le groupe de pays Moyenne des indicateurs pour le groupe de pays
0,5 0,3
port aux indicateurs de bonne gouver-
0,4 nance de la Banque mondiale.
0,3 0,0 Cette analyse semble indiquer que
0,2 l'absence des divers aspects de la bonne
-0,3
0,1 gouvernance représente un obstacle
0,0 majeur à la réduction de la faim, mais
-0,6
-0,1 que les progrès dans ce domaine dépen-
-0,2
-0,9 dent de nombreux autres facteurs.
-0,3
-0,4 -1,2
-0,5
L'offre de biens publics essentiels
Amélioration Insécurité
de la sécurité alimentaire -1,5
Évolution Pas d'évolution Aggravation
alimentaire (≥15% de Bon nombre de ces autres facteurs comp-
(≤15% de sous-alimentés) Réduction effective de la faim
sous-alimentés) 1991-2001 tent parmi les «biens publics» qui consti-
Stabilité politique Efficacité du gouvernement Ordre public Lutte contre la corruption
tuent les responsabilités et les indica-
teurs de la bonne gouvernance selon
Source: Banque mondiale; FAO
l'IFPRI. La paix intérieure, la souverai-

10 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 1
neté du droit, les infrastructures rurales
Investissements publics Densité du réseau routier rural
et la recherche agricole sont par exemple
en zones rurales et réduction dans certains pays d'Afrique,
essentiels à l'augmentation de la pro-
de la pauvreté en Inde début des années 90
duction agricole et à la réduction de la
faim et de la pauvreté dans les zones
rurales qui abritent les trois quarts des Routes Côte d'Ivoire
victimes de la faim dans le monde. R+D dans Ghana
Lorsque les gouvernements ne par- l'agriculture
viennent pas à maintenir la paix au sein Éducation Mozambique
de leurs frontières, les violences cau-
Développement Nigéria
sées par les conflits ébranlent la pro- rural
duction agricole et l'accès à l'alimenta- Conservation des Rép. Unie
tion. En Afrique, on a constaté que la sols et de l'eau de Tanzanie

production alimentaire par habitant a Santé 100 300 500 700

chuté en moyenne de 12,4 pour cent Densité du réseau routier


Irrigation (km/1 000 km2)
durant les périodes de conflit. Réseau existant
L'affaiblissement de la règle de droit 0 30 60 90 120 À construire pour rattraper le niveau
mine elle aussi la productivité agricole Nombre de pauvres sortis de de l'Inde en 1950 (ajusté en fonction
la pauvreté, par million de roupies de la densité démographique)
et la sécurité alimentaire en précarisant
Source: Fan et al. Source: Spencer
la propriété et les titres fonciers et en
détournant les investissements. Du fait
de l'absence de routes, d'électrification respondance entre les investissements
Engagement en faveur de
et de moyens de communication dans publics dans l'agriculture et la recherche
l'agriculture des pays regroupés
les zones rurales, les agriculteurs sont agricole et l'importance de ce secteur
en fonction de la prévalence de
confrontés à des difficultés et à des coûts dans l'économie nationale et le bien-
la sous-alimentation
accrus pour acheminer leurs produits être général de la population. Dans les
jusqu'aux marchés et se procurer des pays fortement touchés par la faim où
% de sous-alimentés
engrais et d'autres intrants agricoles. environ 70 pour cent de la population en
Selon des études réalisées en Chine moyenne dépendent de l'agriculture, la ≤4
et en Inde, la construction de routes est part des dépenses publiques investies
«l'investissement le plus productif dans dans l'agriculture en proportion de l'im- 5-19
les biens publics pour lutter contre la portance de ce secteur dans l'économie
pauvreté» (voir graphique). Il semblerait nationale est très largement inférieure 20-34
en outre qu'elle ait un effet analogue sur à celle des investissements réalisés par
≥35
la réduction de la faim. Lorsque la Chine les pays où l'incidence de la faim est plus
a mis en place des arrangements fon- faible (voir le graphique). 0 10 20 30
ciers garantis au profit des ménages et Indice d'orientation agricole*
a commencé à investir massivement dans Gouvernance et droit à l'alimentation * Part de l'agriculture dans les dépenses publiques
divisée par la part de l'agriculture dans le PIB.
les infrastructures rurales et la recherche
Source: FAO
agricole à la fin des années 70, la pro- Lorsque le Sommet mondial de l'ali-
duction agricole est montée en flèche et mentation a réaffirmé «le droit fonda-
la faim a décru rapidement. Au cours des mental de toute personne à s'affranchir plusieurs pays qui ont reconnu le droit
deux décennies suivantes, la production de la faim», il a mis en évidence une autre à l'alimentation comme étant de la com-
céréalière totale a augmenté de 65 pour dimension de la bonne gouvernance, à pétence de la justice. En Inde par exemple,
cent, tandis que la prévalence de la faim savoir l'obligation faite aux États de res- la Cour suprême a ordonné que des repas
a été réduite de quasiment deux tiers. pecter les droits de la personne et les cuisinés soient servis dans toutes les
Aspect révélateur, le développement libertés fondamentales. En 2004, l'adop- écoles du pays. La nutrition et l'assiduité
des infrastructures rurales est souvent tion par le Conseil de la FAO des «Lignes scolaire se sont considérablement amé-
au plus bas dans les pays et les régions directrices facultatives en vue de la réa- liorées là où le programme a été mis en
fortement touchés par la faim. Ainsi, la lisation progressive du droit à une ali- œuvre, notamment chez les filles. Étant
densité routière en Afrique au début des mentation adéquate dans le contexte d'une donné le rôle capital de la nutrition des
années 90 était inférieure à un sixième sécurité alimentaire nationale» a fourni mères et de l'éducation pour briser le
de celle de l'Inde à l'époque de l'indé- aux États un moyen pratique leur per- cycle de la faim et de la pauvreté, les
pendance, en 1950 (voir le graphique). mettant de s'acquitter de cette obligation. retombées de ce programme se feront
Pour évaluer la gouvernance, on peut L'impact de la bonne gouvernance et sentir positivement sur les générations
également examiner le degré de cor- de la sécurité alimentaire est patent dans à venir (voir les pages 16 et 20).

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 11


La sous-alimentation dans le monde
Les zones critiques de la faim: les effets complexes
des catastrophes naturelles

S
i les raisons sont complexes, la les communautés varie en fonction des toutefois restés dans le nord-ouest de
tendance est claire: les catas- lieux d'implantation, de la profession et l'Afrique et le Sahel où ils ont ravagé les
trophes naturelles sont plus fré- du statut social, sans parler des divi- cultures et la végétation naturelle.
quentes, plus meurtrières et plus coû- sions économiques, politiques et cultu- Dans le Sahel, les précipitations sui-
teuses, comme l'atteste cette simple relles. On peut en voir des manifesta- vent un gradient et se raréfient à mesu-
mesure: les pertes annuelles moyennes tions dans les effets de deux récentes re qu'on avance vers le nord, pour dispa-
imputables aux ouragans, aux séche- catastrophes, la sécheresse et l'infes- raître quasi-totalement dans le Sahara.
resses, aux séismes et autres catas- tation de criquets pèlerins qui ont rava- Ainsi, la partie sud d'un pays tel que le
trophes naturelles pendant les années gé l'Afrique du Nord et de l'Ouest en Mali enregistre des précipitations annuelles
90 étaient neuf fois plus importantes 2003-04, ainsi que le tremblement de presque deux fois supérieures à celles
qu'il y a 30 ans de cela (voir le graphique). terre et le tsunami qu'a subi l'océan des zones peuplées du nord. L'activité
L'impact des catastrophes naturelles Indien en 2004, notamment dans la pro- agricole reflète le schéma des précipita-
est bien plus considérable sur les pays vince indonésienne d'Aceh. tions, les exploitations intensives étant
pauvres que sur les pays plus riches, regroupées le long de la bande méridio-
tant en termes absolus que relatifs. Leurs Sécheresse et criquets pèlerins nale, l'agriculture vivrière et l'élevage
populations peuvent rarement se réins- en Afrique occupant le centre du pays, tandis que les
taller loin des zones fréquemment tou- troupeaux nomades de chèvres et de cha-
chées par les catastrophes, ou renfor- À la fin de 2003, les conditions météoro- meaux sont élevés dans l'extrême nord.
cer leurs maisons et leurs exploitations. logiques favorables ont favorisé le déve- En 2004, les écarts de pluviométrie
Leurs infrastructures et leurs écono- loppement des populations de criquets entre le nord et le sud ont été plus pro-
mies sont généralement moins diversi- pèlerins dans le Maghreb et une partie noncés qu'à l'accoutumée. Les zones
fiées et plus fragiles, de sorte qu'une du Sahel. La FAO a diffusé des alertes arides du nord ont connu une grave séche-
catastrophe naturelle peut retarder l'en- sur la probabilité d'une infestation. Au resse alors que les précipitations ont
semble du processus de développement. début de 2004, des essaims de criquets augmenté dans les régions humides du
Les catastrophes naturelles peuvent ont déferlé sur l'Afrique du Nord et de sud (voir la carte). Les criquets pèlerins
également détériorer la sécurité ali- l'Ouest et au-delà, puisqu'ils ont été signa- qui sont extrêmement sensibles aux
mentaire de manière inégale et com- lés jusqu'à Chypre, en Égypte, en Guinée conditions environnementales ont une
plexe. Leur impact sur les groupes et et au Yémen. La plupart des essaims sont préférence pour le temps sec et la végé-

Pertes économiques dues à


Les acridiens et changements de la pluviométrie au Sahel, 2003-04
des désastres naturels

Acridiens
Valeur annuelle moyenne,
milliards de $EU Pluviométrie et végétation
700 Forte réduction
Réduction
600 Peu de changement
Augmentation
500

400

300

200

100

0
60 70 80 90
Décennies
Source: PNUD Source: FAO

12 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 1
tation rabougrie du nord. Ils y ont tota-
lement dévasté les cultures et les zones Impact du tsunami sur les pays de l'océan Indien
de pâturage déjà considérées margi-
nales durant les bonnes années, et ont
globalement épargné les régions com-
parativement verdoyantes au sud.
Comme la production alimentaire pro-
vient essentiellement du sud, la plupart
des pays de la région ont été préservés Myanmar
d'une catastrophe majeure. À l'échelon 61 morts
3 205 déplacés
de la région, la production agricole en
2004 est restée proche de la moyenne Inde
10 672 morts
quinquennale. En revanche, les essaims 600 000 déplacés Thaïlande
de criquets ont ravagé la Mauritanie où 5 395 morts
ils ont séjourné le plus longtemps, ainsi 8 500 déplacés
Sri Lanka
que les régions septentrionales d'autres 33 916 morts
518 698 déplacés
pays. De nombreux pasteurs ont migré Maldives
vers le sud avec leurs troupeaux, ce qui 83 morts
12 000 déplacés
a donné lieu à des conflits d'utilisation Indonésie
des ressources en eau et en terres. 166 000 morts
Source: Pacific Disaster 514 000 déplacés
D'autres ont été forcés de vendre leurs Management Information Network
animaux à perte, ou d'abandonner leurs
exploitations. Pour nombre des régions
et des groupes appauvris du Sahel, la chelles a été totalement ravagé. La pro- les opérations de secours d'urgence et
situation resterait désespérée jusqu'à duction rizicole nationale de l'Indoné- de relèvement.
la récolte d'octobre 2005, incitant plu- sie, de Sri Lanka et de la Thaïlande n'a
sieurs pays à lancer un appel d'urgen- pas été gravement touchée. Catastrophes naturelles
ce au mois de mai. Cependant, de nombreuses provinces et développement
côtières ont été durement frappées,
Le tsunami de l'océan Indien notamment dans les communautés qui, Comme le montrent ces deux situations
avant le désastre, étaient déjà grave- d'urgence différentes, même lorsque les
Le séisme qui est intervenu au large des ment touchées par la pauvreté et par la catastrophes naturelles n'ont pas d'ef-
côtes de Sumatra (Indonésie) le 26 faim. Dans la province indonésienne fet majeur sur le volume global des appro-
décembre 2004 était le plus violent enre- d'Aceh par exemple, près de 30 pour cent visionnements alimentaires, elles peu-
gistré en 40 ans. Il a provoqué un tsuna- de la population vivaient en dessous du vent avoir des conséquences désastreuses
mi qui a tué 240 000 personnes selon les seuil de pauvreté avant le tsunami, soit sur certains groupes de population. Ce
estimations, et déplacé plus de 1,6 mil- presque deux fois la moyenne nationa- sont souvent les plus pauvres et les plus
lion de personnes. La pêche et l'agricul- le. Plus de 35 pour cent des enfants de vulnérables qui sont les plus durement
ture côtière ont été détruites dans de moins de cinq ans présentaient déjà un frappés, ce qui exacerbe encore la pau-
nombreuses régions, privant les com- déficit pondéral. Étant donné la des- vreté et la malnutrition. Les catastrophes
munautés de leur principale source d'ali- truction des bateaux de pêche, des filets détruisent également les moyens de
mentation et de revenus. L'impact du tsu- et autres engins et le déracinement de subsistance précaires à un point tel que
nami sur l'économie nationale varie nombreuses familles de pêcheurs, la les populations sont déplacées et qu'une
considérablement d'un pays à l'autre. production de la pêche côtière comme action de relèvement à long terme s'im-
Pour les grands pays comme l'Indoné- celle de la pêche hauturière devrait chu- pose. Enfin, elles ont tendance à frap-
sie, les pertes économiques ont été consi- ter de moitié en 2005. En dépit d'un excé- per les pays qui sont à la fois pauvres et
dérables localement mais, à 2,2 pour cent dent de riz de 200 000 tonnes attendu mal préparés, les reléguant ainsi enco-
du PIB selon les estimations, elles demeu- dans la province, de nombreux agricul- re plus à la traîne du développement.
rent non significatives au niveau natio- teurs vivant en zones côtières ont perdu C'est l'ampleur de ces dégâts qui a
nal. Aux Maldives et dans plusieurs autres deux récoltes consécutives de paddy. incité la Conférence mondiale sur la pré-
petits pays, le tsunami a emporté avec À Aceh, comme à Sri Lanka, les pro- vention des catastrophes, tenue à Kobé
lui jusqu'à 60 pour cent du PIB annuel. blèmes de sécurité alimentaire ont été (Japon) en janvier 2005, à préconiser
L'impact sur la sécurité alimentaire exacerbés par les conflits anciens oppo- l'intégration expresse des mesures de
a également été très inégal. Le secteur sant le gouvernement à un mouvement prévention et d'atténuation des catas-
agricole très limité de petits États insu- séparatiste. Après le tsunami, l'insécu- trophes dans les stratégies de dévelop-
laires tels que les Maldives et les Sey- rité persistante est venue compliquer pement nationales.

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 13


Sur la voie des engagements du Sommet
Éducation et sous-alimentation: nourrir les corps
et les esprits pour interrompre le cercle vicieux

V
oilà fort longtemps que l'éduca- cul. En moyenne, les adultes n'ont ache- cible fixée par les OMD, il faudrait qua-
tion est célébrée comme l'une des vé que trois ans et demi d'école en Afrique drupler le taux d'inscription scolaire des
armes les plus puissantes pour subsaharienne et quatre ans et demi en enfants actuellement laissés pour comp-
lutter contre la faim et la pauvreté et ce, Asie du Sud. C'est également dans ces te. Si ce taux demeure au niveau actuel
à juste titre. Le manque d'éducation sape deux sous-régions que la faim fait le plus en Afrique subsaharienne, moins de la
la productivité, l'accès à l'emploi et la de victimes et où les progrès pour la moitié des pays de la région atteindront
capacité de gagner sa vie, et mène tout combattre ont été les plus lents (voir la l'objectif visé (voir les graphiques ci-
droit à la pauvreté et à la faim. Dans le carte et le graphique). Pour atteindre la contre).
monde, chaque année de scolarisation
relève le niveau de rémunération d'en-
Achèvement de la scolarité primaire et sous-alimentation
viron 10 pour cent. Les investissements
dans les pays en développement
dans l'éducation ont été plus rentables
que les investissements dans le capital
physique.
Dans les zones rurales où vit la gran-
de majorité des victimes de la faim dans
le monde, des recherches ont montré
que la productivité d'un agriculteur ayant
suivi quatre années d'enseignement pri-
maire est supérieure de presque 9 pour
cent en moyenne à celle d'un agricul-
teur n'ayant aucune éducation. Associé
à la disponibilité d'intrants tels qu'en-
grais, nouvelles semences ou machines
agricoles, le gain de productivité passe
à 13 pour cent.
Ce n'est pas seulement en augmen- Pays ayant un taux d'achèvement de la scolarité primaire <80 %
Pays ayant une sous-alimentation >20 %
tant la productivité et les revenus que
Pays ayant un taux d'achèvement de la scolarité primaire <80 %
l'éducation agit sur la faim et la malnu- et une sous-alimentation >20 %
trition. L'éducation des femmes en par- Pays ayant un taux d'achèvement de la scolarité primaire >80 %
et une sous-alimentation <20 %
ticulier est fortement corrélée à l'amé-
Données non disponibles
lioration de la nutrition des enfants et à
la santé des familles (voir page 16).
Performance scolaire et sous-alimentation, par région, 2000
Les objectifs du Millénaire pour le
développement (OMD) appellent à la sco-
Afrique subsaharienne
larisation primaire de tous les enfants
de la planète d'ici 2015. Or, les progrès
en matière d'éducation primaire pour Asie du Sud
tous ont été lents et inégaux. Plus de
121 millions d'enfants d'âge scolaire ne Proche-Orient/Afrique du Nord
sont toujours pas scolarisés. Deux tiers
d'entre eux sont des filles et la plupart Amérique latine/Caraïbes
vivent dans les zones rurales des régions
où la faim et la pauvreté sont les plus Asie de l'Est
répandues.
Sur l'ensemble des enfants qui fré-
35 30 25 20 15 10 5 0 1 2 3 4 5 6 7 8
quentent l'école, un tiers a quitté l'éco-
Prévalence de la sous-alimentation Nombre d'années de scolarité achevées
le avant d'acquérir les compétences les
Source: UNESCO; FAO
plus élémentaires en lecture et en cal-

14 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 2
La faim en tant qu'obstacle
Progrès accomplis en vue de l'éducation primaire pour tous, par région,
à l'éducation
1990-2000
L'une des raisons expliquant la lenteur
Taux d'achèvement de la scolarité primaire (%) Afrique subsaharienne
des progrès relatifs à l'éducation pri-
100
maire pour tous est la persistance de la
faim et de la malnutrition. Tout comme Cible
le manque d'éducation condamne à OMD
Asie du Sud
la pauvreté et à la faim, la faim et la 80
malnutrition privent des millions d'en-
Asie de l'Est
fants de la possibilité de recevoir une
éducation.
60 Amérique latine/
Les familles pauvres et en situation Caraïbes
d'insécurité alimentaire sont souvent
incapables d'acquitter les droits de sco- Proche-Orient/
Afrique du Nord
larité et ont besoin des enfants, notam- 40
ment des filles, pour des tâches telles 1990 1995 2000 2005 2010 2015 30 20 10 0 10 20
Nombre de pays concernés
que les corvées d'eau et la collecte de Afrique subsaharienne
par la cible OMD
bois de feu. En outre, les problèmes de Asie du Sud
Amérique latine/Caraïbes Très en retard En retard
santé et les retards de croissance dus à En bonne voie Ayant atteint la cible OMD
Proche-Orient/Afrique du Nord
la malnutrition retardent l'inscription à
Asie de l'Est Source: UNESCO; Banque mondiale
l'école ou y font obstacle. Dans certains
pays d'Afrique et d'Asie du Sud, plus de
la moitié des enfants issus des 40 pour l'apprentissage plus ardu pour les tion, l'éducation primaire pour tous pour-
cent de foyers les plus démunis ne sont enfants. On a pu montrer qu'un retard rait préserver au moins 7 millions de
même jamais inscrits à l'école. de croissance, même mineur ou modé- jeunes d'une infection due au VIH en
Les taux d'assiduité et de réussite ré, réduit notablement les capacités une seule décennie. En optant pour la
scolaires tombent à leurs plus bas mentales et les résultats scolaires. Les gratuité de l'école primaire au milieu
niveaux chez les enfants des zones anémies ferriprives, qui frappent plus des années 90, l'Ouganda est parvenu
rurales, en particulier les filles. Dans de la moitié des enfants d'âge scolai- non seulement à doubler le nombre des
près de la moitié des 41 pays d'Afrique, re, minent leurs capacités d'appren- inscriptions scolaires, mais aussi à inver-
d'Asie et d'Amérique latine examinés tissage en réduisant leur mémoire et ser la progression du VIH/SIDA. En offrant
dans une enquête récente, la fréquen- leur durée d'attention. à 10 millions de jeunes scolarisés un
tation des écoles primaires rurales était accès à l'alphabétisation et à une édu-
inférieure de 20 points de pourcenta- L'éducation primaire pour tous cation sur le sida, les taux de prévalen-
ge ou davantage à celle des zones et les OMD ce du VIH sont tombés de 15 pour cent
urbaines. S'agissant du fossé entre les en 1990 à 4 pour cent en 2004. Selon
sexes, le taux d'assiduité et de réussi- Il est primordial de lutter contre la faim d'autres études, l'éducation primaire
te scolaires des garçons est souvent et la malnutrition pour améliorer l'as- pour tous contribuerait à améliorer la
deux à trois fois supérieur à celui des siduité scolaire, les capacités d'appren- santé maternelle, la parité hommes-
filles en zones rurales. Dans plusieurs tissage et les résultats des enfants, femmes et la gestion des ressources
pays d'Afrique, le taux d'achèvement notamment dans les zones rurales où naturelles.
de la scolarité primaire chez les filles est concentrée la grande majorité des Pour atteindre cet objectif, les pays
des zones rurales est inférieur à 15 enfants non scolarisés et des victimes en développement et la communauté
pour cent. Dans les zones rurales d'É- de la faim. internationale devront toutefois s'enga-
thiopie, seulement 1 pour cent des filles Parallèlement, la réalisation de l'ob- ger bien plus massivement. Selon la
et 1,6 pour cent des garçons achèvent jectif d'éducation primaire pour tous fixé Banque mondiale, les dépenses d'en-
le cycle complet des huit ans d'ensei- par les OMD constituerait une contri- seignement primaire dans les pays en
gnement primaire. bution majeure aux objectifs de réduc- développement devront augmenter d'en-
La faim et la malnutrition freinent tion de la faim et de la pauvreté et vien- viron 35 milliards de dollars EU par an
les performances des enfants, même drait intensifier les progrès concernant pour permettre d'éliminer les droits de
lorsqu'ils vont régulièrement à l'éco- les autres OMD, comme la démargina- scolarité, accorder des subventions aux
le. Les faibles poids de naissance, la lisation des femmes et le combat enga- familles les plus nécessiteuses, construi-
malnutrition protéino-énergétique, gé pour enrayer la propagation du re des écoles, recruter davantage d'en-
l'anémie et les carences en iode altè- VIH/SIDA. Selon une récente étude de seignants et restaurer ou moderniser
rent les capacités cognitives, rendant la Campagne mondiale pour l'éduca- les structures en place.

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 15


Sur la voie des engagements du Sommet
Égalité hommes-femmes et autonomisation
des femmes: mesures clés pour la réduction
de la pauvreté et de la faim

L
e Secrétaire général des Nations 15 fois plus d'argent pour réduire la sous- secteur agricole. On ne s'étonnera pas
Unies, Kofi Annan, a déclaré que alimentation des enfants lorsque les dès lors que leurs ménages sont sou-
l'éducation et la démarginalisa- revenus sont gagnés par le père plutôt vent les plus durement frappés par la
tion des femmes constituaient l'arme la que par la mère. malnutrition et l'insécurité alimentaire.
plus puissante dans la guerre contre la Toutefois, les usages culturels et les
pauvreté. On pourrait en dire autant de obstacles juridiques empêchent souvent Éducation:
l'importance capitale de l'élimination les femmes et les filles d'aller à l'éco- combler le fossé entre les sexes
des inégalités entre les sexes pour la le, d'avoir un emploi et d'avoir accès aux
lutte contre la faim et la malnutrition. services et aux ressources qui leur per- Dans la plupart des pays en développe-
Les recherches confirment que les mettraient d'améliorer l'existence de ment, l'assiduité scolaire et les taux
femmes ayant reçu une éducation ont leurs familles. Dans nombre de pays et d'achèvement des filles sont nettement
des familles en meilleure santé. Leurs de communautés, les traditions ou la loi inférieurs à ceux des garçons, tous niveaux
enfants sont mieux nourris, risquent empêchent les femmes de détenir des confondus, de l'école primaire à l'uni-
moins de mourir en bas âge et sont terres. Bien que 70 our cent au moins versité. Les OMD appellent à l'élimina-
davantage susceptibles d'aller à l'éco- de la main-d'œuvre féminine du sous- tion de ce fossé entre les sexes dans
le. Selon une récente étude portant sur continent indien prennent part à la pro- l'enseignement primaire et secondaire
63 pays, l'amélioration de l'éducation duction alimentaire, moins de 20 pour d'ici 2005, et à tous les échelons d'ici
des femmes est le facteur qui a contri- cent des agricultrices sont propriétaires 2015. Bien que des progrès notables
bué à lui seul aux baisses les plus impor- de leurs terres en Inde et au Népal. aient été enregistrés dans le monde, ils
tantes de la sous-alimentation entre En l'absence de sécurité de la pro- n'ont pas permis d'atteindre la cible fixée
1970 et 1995, représentant 43 pour cent priété foncière, les femmes sont souvent pour 2005 et sont restés le plus nette-
des progrès d'ensemble. incapables d'obtenir des crédits qui leur ment à la traîne dans les régions et les
Lorsque les femmes peuvent travailler permettraient de réaliser des améliora- pays où la faim est généralisée et per-
et gagner autant que les hommes, c'est tions, tels que des systèmes d'irrigation sistante (voir le graphique).
la famille entière qui en bénéficie. Dans et de drainage, afin d'accroître leur pro- Alors que les taux d'inscription sco-
les pays en développement, les femmes duction et de maintenir la fertilité des laire et d'alphabétisation des filles comme
consacrent en général la quasi-totalité sols. En Afrique subsaharienne, où l'on des garçons sont au plus faible en Afrique
de leurs revenus aux besoins du ména- compte globalement autant d'agricul- subsaharienne, les inégalités entre les
ge, tandis que les hommes en destinent teurs que d'agricultrices, ces dernières sexes sont plus importantes en Asie du
au moins 25 pour cent à d'autres fins. ne reçoivent que 10 pour cent des prêts Sud que dans toutes les autres régions
Une étude réalisée par la Banque mon- accordés aux petits exploitants et moins en développement. Les femmes de cette
diale au Guatemala a constaté qu'il faut de 1 pour cent des crédits octroyés au région sont scolarisées pour la moitié à

Prévisions nationales, par région, en matière de réduction des inégalités Ratio de la scolarisation
entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici 2005 par sexe et de la prévalence
de la sous-alimentation
Asie de l'Est Primaire En retard
(ratio <0,70) Ratio de la scolarisation par sexe
Secondaire
Très en retard 1,0
Amérique latine/ Primaire (0,70-0,89)
Caraïbes
Secondaire Proche du but 0,9
Proche-Orient/ Primaire (0,90-0,99) 0,8
Afrique du Nord
Parité ou
Secondaire
inversion des 0,7
Asie du Sud Primaire inégalités (≥1) 0,6
Secondaire 0,0
Afrique Primaire <5 5-9 10-19 20-34 ≥35
subsaharienne
Secondaire
Prévalence de la sous-alimentation
par groupe de pays
15 10 5 0 5 10 15 20 Primaire
Source: UNESCO;
Nombre de pays Projet du Millénaire Secondaire Source: UNESCO; FAO

16 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 3
peine des années d'enseignement offertes
Impact de l'amélioration de l'éducation et de l'alimentation des femmes
aux hommes, et les taux d'inscription à
au Kérala (Inde)
l'école secondaire des femmes sont infé-
rieurs de plus de 30 pour cent à ceux
Amélioration de l'éducation et de l'alimentation des femmes
des hommes.
Alphabétisation des femmes (6 ans +)
Une analyse plus poussée montre
que le fossé entre les sexes est au plus Filles scolarisées (6-14 ans)
fort là où la faim est la plus prévalente Mères recevant un traitement de fer
(voir le graphique). Dans ces pays, le et d'acide folique sur trois mois

fossé se creuse d'autant dans le secon- Femmes anémiées de 15 à 49 ans


Kérala
daire. Dans les pays où la proportion de Femmes présentant un déficit
pondéral (IMC* inférieur à 18,5 ) Ensemble de l'Inde
la population qui souffre de la faim est
Amélioration de l'alimentation et de la santé des familles
la plus faible, c'est l'inverse: en effet le
Mortalité infantile
taux d'inscription scolaire des filles est
Mortalité des enfants de moins
quasiment égal à celui des garçons à de cinq ans
l'école primaire et le dépasse à l'école Enfants présentant un retard
de croissance
secondaire.
0% 20% 40% 60% 80% 100%
Ce schéma très marqué confirme * L'IMC est égal au poids (en kg)
divisé par le carré de la taille (en m). Source: Deuxième enquête nationale sur la santé des familles, Inde
d'autres recherches selon lesquelles
l'élimination du fossé entre les sexes
permettrait d'accélérer la croissance qu'il y a bien plus d'enfants souffrant de exemple, les efforts engagés pour com-
économique et de réduire la sous-ali- malnutrition en Asie du Sud que dans bler le fossé de l'éducation entre les sexes
mentation et la mortalité infantile. La les plus pauvres des pays d'Afrique sub- n'ont guère abouti, et à peine la moitié
Banque mondiale a récemment financé saharienne. des femmes savent lire. Depuis plus de
une étude dans les 45 pays où la cible Un rapport au Fonds des Nations Unies 50 ans pourtant, les gouvernements suc-
fixée par les OMD paraît la plus élusive pour l'enfance a identifié trois grandes cessifs de l'État du Kerala ont montré un
afin d'analyser les répercussions de la raisons à l'origine de la malnutrition réel engagement en faveur de l'éduca-
persistance de l'inégalité entre les sexes catastrophique des enfants d'Asie du tion des femmes. Près de 90 pour cent
à l'école primaire et secondaire. Selon Sud. Deux d'entre elles - l'incidence net- de la population féminine de cet État est
cette étude, la réalisation de cet objec- tement plus importante de nouveau-nés alphabétisée, et la quasi-totalité des filles
tif dans ces pays permettrait de sauver de poids insuffisant et de déficits de de moins de 14 ans vont à l'école.
la vie de plus de 1 million d'enfants croissance durant l'allaitement et le pas- L'impact sur la santé et le bien-être
chaque année et de réduire les taux de sage à une alimentation solide - ont été des familles est saisissant. Le Kerala ne
sous-alimentation de plusieurs points directement rattachées au fait que l'ex- compte pas parmi les États les plus riches
de pourcentage. trême inégalité entre les sexes coupe de l'Inde du point de vue du PIB par habi-
les femmes d'Asie du Sud des possibi- tant, mais il précède tous les autres États
Briser le cycle de la faim lités d'éducation, d'emploi et de parti- pour ce qui est de la santé et de la nutri-
cipation à la prise de décisions. tion des mères et des enfants. Les taux
La mauvaise nutrition et la piètre santé De ce fait, des millions de mères en d'anémie et de déficit pondéral chez les
des mères peuvent être considérées Asie du Sud «n'ont ni les connaissances, femmes et les retards de croissance chez
comme le nœud du cercle vicieux qui ni les moyens, ni la liberté d'agir dans les enfants représentent moins de la
pérennise la faim d'une génération à leur intérêt et dans celui de leurs enfants». moitié de la moyenne nationale, tandis
l'autre, les mères souffrant de malnu- Elles sont en outre bien plus susceptibles que la mortalité infantile et juvénile ne
trition donnant naissance à des enfants de souffrir elles-mêmes d'une malnu- représente qu'un quart de la moyenne
de poids insuffisant qui présentent un trition grave. Dans certaines régions d'Asie nationale (voir le graphique).
risque accru de retards de croissance du Sud, les hommes et les garçons L'exemple du Kerala permet de pen-
durant l'enfance, d'une moindre capa- consomment deux fois plus de calories, ser que la promotion de l'égalité entre
cité de travail et de rémunération une bien que les femmes et les filles assu- les sexes et la démarginalisation des
fois adultes, donneront à leur tour nais- ment une large part des gros travaux. femmes pourraient contribuer plus que
sance à des enfants de poids insuffisant Cette étude conclut que la «clé ulti- n'importe quel autre OMD à réduire la
(voir la page 21). me» qui permettra de briser le cycle de faim et la malnutrition. Il montre aussi
Il se pourrait que le principal moteur la faim réside dans «l'éducation des que la satisfaction des besoins nutri-
de ce cycle soit l'inégalité entre les filles». tionnels et l'éducation des femmes sont
femmes et les hommes. C'est d'ailleurs D'autres éléments d'information concer- des facteurs essentiels permettant de
la conclusion de l'analyse que font les nant l'Asie du Sud appuient cette conclu- démarginaliser les femmes et de briser
experts de «l'énigme asiatique», à savoir sion. Dans l'ensemble de l'Inde par le cycle de la faim.

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 17


Sur la voie des engagements du Sommet
Réduire la faim, sauver des vies d'enfants

C
haque année, près de 11 millions L'analyse de 10 études réalisées en enfants présente des carences de cet
d'enfants meurent avant d'avoir milieu communautaire sur des enfants ordre ou relatives à d'autres micronu-
atteint leur cinquième anniver- de moins de cinq ans montre que la pro- triments. Les carences en vitamine A et
saire. La quasi-totalité de ces décès portion des décès imputables à l'insuf- en zinc à elles seules sont responsables
intervient dans des pays en développe- fisance pondérale est de 45 pour cent de la mort de plus de 1,5 million d'en-
ment, trois quarts d'entre eux en Afrique dans le cas de la rougeole, et atteint jus- fants chaque année (voir le graphique).
subsaharienne et en Asie du Sud, les qu'à 60 pour ce qui est de la diarrhée
deux régions qui affichent également les (voir le graphique). Chez les enfants pré- Insuffisance des progrès
taux les plus élevés de faim et de mal- sentant un faible déficit pondéral, les en vue de la réalisation
nutrition. Ce n'est pas une coïncidence. risques de décès sont cinq à huit fois des OMD
La faim et la malnutrition sont les plus importants.
causes sous-jacentes de plus de la moi- Les carences en vitamines et miné- La cible définie par les OMD consiste à
tié des décès d'enfants; elles tuent presque raux essentiels accroissent également réduire des deux tiers le taux de morta-
6 millions d'enfants chaque année, un le risque de mourir des maladies infan- lité des enfants de moins de cinq ans
chiffre globalement comparable à la tiles. Les carences en vitamine A par entre 1990 et 2015. Loin de s'intensifier,
population d'âge préscolaire du Japon. exemple augmentent le risque de décès les progrès en la matière se sont ame-
Rares sont ceux qui meurent de famine. dus à la diarrhée, à la rougeole et au nuisés. Entre 1960 et 1990, la mortalité
La grande majorité est tuée par des paludisme dans des proportions de 20 infantile a régressé chaque année de 2,5
troubles néonatals et par quelques mala- à 24 pour cent. Chez les enfants dont pour cent. Depuis 1990, année de réfé-
dies infectieuses curables, notamment l'alimentation n'est pas suffisamment rence des OMD, le taux est tombé à 1,1
la diarrhée, la pneumonie, le paludisme riche en zinc, le risque de mourir d'une pour cent seulement. Parmi toutes les
et la rougeole. La plupart de ces enfants diarrhée, d'une pneumonie ou du palu- régions en développement, seule la région
ne mourraient pas si leur corps et leurs disme s'accroît de 13 à 21 pour cent. Amérique latine et Caraïbes est en passe
systèmes militaires n'étaient pas affai- Dans bien des régions en développe- de réaliser la cible fixée (voir le graphique
blis par la faim et la malnutrition. ment, plus d'un tiers de l'ensemble des ci-contre).

Mortalité des enfants Prévalence du déficit pondéral Mortalité infantile


dans le monde, par cause et des carences due à des maladies infectieuses
en micronutriments attribuées à la faim et à la
Désordres
chez les enfants, par région malnutrition
néonatals

Nombre de décès par an (en milliers)


Diarrhées
Asie du Sud
1 500
Pneumonie
Asie de l'Est/
Pacifique 1 200
Paludisme Amérique
latine/ 900
Caraïbes
Autres
Afrique 600
subsaharienne
SIDA
Proche-Orient/ 300
Afrique
Rougeole du Nord
0 10 20 30 40 50 60 0
s

ie

Étiologie
ée

ol
m

Prévalence des carences (%)


on

ge
is

inconnue
rh

m
ud

u
ar

eu

Ro
l
Di

Pa

Déficit pondéral
Pn

0 5 10 15 20 25 30 35
Carence en vitamine A Déficit pondéral
% de décès d'enfants
Carence en iode Carence en vitamine A
Proportion due à un déficit pondéral Anémie Carence en zinc
Source: Black, Morris et Bryce Source: Mason et al. Source: OMS

18 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 4
Progrès accomplis dans la réduction de la mortalité infantile Réduction de la
et de la faim depuis 1990 mortalité infantile et cible OMD,
par région, 1990-2003

Décès d'enfants de moins de cinq ans


pour 1 000 naissances vivantes
200
Afrique subsaharienne

150
Asie du Sud

100
Proche-Orient/
Afrique du Nord

50
Amérique
latine/Caraïbes
Asie de l'Est et du Sud-Est
0
1990 2003 Cible
OMD
Pays ayant enregistré une baisse de la mortalité infantile Source: OMS
et de la sous-alimentation
Pays ayant réduit la mortalité infantile,
mais où la sous-alimentation n'a pas ou peu diminué
Évolution de la mortalité
Pays ayant réduit la sous-alimentation, mais où la mortalité
infantile n'a pas ou peu diminué infantile dans les pays
Pays n'ayant guère enregistré de progrès, ou accusant une regroupés en fonction
augmentation de la mortalité infantile et de la sous-alimentation de la réduction de la faim
Source: FAO; UNICEF
Évolution moyenne
de la mortalité infantile (%)
Une étude des tendances à l'œuvre lutte contre la faim (voir la carte et le 5
dans 59 pays en développement a per- graphique). 0
mis de constater qu'une bonne partie L'Organisation mondiale de la santé
-5
des progrès enregistrés entre 1966 et et le Fonds des Nations Unies pour l'en-
1996 dans la réduction de la mortalité fance considèrent que la corrélation -10
infantile peut être attribuée à une amé- fatale entre sous-alimentation et mala- -15
lioration de la nutrition. Une baisse mar- dies infantiles curables constitue la clé
-20
quée de la proportion d'enfants en défi- de la lutte contre la mortalité infantile.
cit pondéral a entraîné une chute Leur stratégie conjointe de prise en -25
concomitante de la mortalité infantile, charge intégrée des maladies de l'en- -30
es

ts

ts

de l'ordre de 16 pour cent en Amérique fant (PCIME) est axée sur l'améliora-
io
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latine et de près de 30 pour cent en Asie, tion des régimes et des habitudes ali-
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Ag
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Pr

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ainsi qu'au Proche-Orient et en Afrique mentaires des ménages et l'attention


Pr

de
u
Pe

du Nord. portée aux risques de malnutrition et


Quant à l'avenir, l'étude confirme que de sous-alimentation lorsque les enfants Modification de la prévalence de la faim
par groupe de pays
l'amélioration croissante de la nutrition atteints des maladies communes de
Source: FAO; UNICEF
des enfants est un moyen sûr de rédui- l'enfance sont présentés dans les dis-
re la mortalité infantile. Si l'on gagnait pensaires.
cinq autres points de pourcentage sur Les résultats obtenus en République- dans ces districts que dans les districts
la proportion d'enfants souffrant d'in- Unie de Tanzanie attestent les amélio- de contrôle voisins.
suffisance pondérale, on pourrait obte- rations considérables du poids des Pour atteindre la cible des OMD, il
nir une diminution de la mortalité infan- enfants ainsi que des teneurs en vita- faudra une accélération comparable des
tile d'environ 30 pour cent. L'analyse des mine A et en fer dans les districts où la progrès dans le monde entier, ainsi que
tendances récentes confirme que la mor- PCIME a été appliquée. des efforts redoublés pour lutter contre
talité infantile a chuté le plus rapide- Bien que la mortalité infantile n'ait la faim et la sous-alimentation qui sont
ment dans les pays qui ont enregistré pas chuté aussi rapidement que prévu, les plus importantes causes de morta-
les plus importantes percées dans la elle a diminué six fois plus rapidement lité infantile.

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 19


Sur la voie des engagements du Sommet
Améliorer la santé maternelle et interrompre le cycle
de la pauvreté, de la faim et de la malnutrition

L’
amélioration de la santé mater- et 2015. Étant donné l'absence ou l'in- Malnutrition
nelle est la clé qui permettra suffisance de données fiables dans de et mortalité maternelle
chaque année de sauver la vie de nombreux pays, l'estimation des pro-
plus d'un demi-million de femmes, tout grès réalisés dans ce domaine s'est On a constaté que la faim et la malnu-
en interrompant le cercle vicieux qui per- révélée difficile. Les meilleures esti- trition accroissent à la fois l'incidence
pétue la pauvreté, la faim et la malnu- mations disponibles laissent toutefois et le taux de létalité des troubles à l'ori-
trition d'une génération à l'autre. à penser que les taux de mortalité gine de 80 pour cent des décès mater-
Chaque année, près de 530 000 femmes maternelle sont restés globalement nels (voir le graphique).
meurent du fait des complications de la stables entre 1995 et 2000, à environ Les femmes qui sont en déficit pon-
grossesse et de l'accouchement. Quatre- 400 décès pour 100 000 naissances déral avant même d'être enceintes et
vingt-dix-neuf pour cent de ces décès vivantes. Ce qui est sûr, c'est qu'ils res- prennent peu de poids durant la gros-
surviennent dans des pays en dévelop- tent dangereusement élevés dans la sesse risquent davantage de subir des
pement où les taux de mortalité mater- plupart des régions en développement complications, voire de décéder. Or,
nelle sont systématiquement de 100 à (voir le graphique). cette description s'applique à plus de la
200 fois supérieurs à ceux des pays indus- L'Asie du Sud et l'Afrique subsaha- moitié des femmes enceintes en Inde
trialisés. La quasi-totalité de ces décès rienne comptent pour plus de 85 pour où le tribut annuel de 130 000 décès
pourrait être évitée si les femmes des cent de l'ensemble des décès maternels maternels dépasse de loin celui de tout
pays en développement avaient accès à dans le monde. Les taux de mortalité autre pays.
une alimentation équilibrée, à l'eau maternelle dans ces régions sont res- Les retards de croissance durant l'en-
potable, à un bon assainissement, à l'al- pectivement estimés à 570 et 920 pour fance exposent les femmes à l'arrêt du
phabétisation et à des services de santé 100 000 naissances vivantes, contre 20 travail lorsque la tête du bébé est trop
pendant leur grossesse et leur accou- pour 100 000 dans les régions dévelop- grosse par rapport au canal pelvigéni-
chement. pées. À moins que les progrès ne s'in- tal. Chaque année, l'arrêt du travail est
Les OMD ont fixé une cible de réduc- tensifient rapidement dans ces régions responsable de plus de 40 000 décès,
tion du taux de mortalité maternelle en développement, il y a peu de chances particulièrement chez les femmes de
de l'ordre de 75 pour cent entre 1990 que la cible des OMD soit atteinte. petite taille.

Ratio de la mortalité maternelle,


Causes des décès maternels: estimations mondiales
par région, 2000

Décès maternels Grossesse extra-utérine,


pour 100 000 naissances vivantes embolie et autres causes
1 000 directes - 8 %
Anémie, paludisme, VIH/SIDA,
maladies cardiaques
et autres causes indirectes - 20 %
Avortement
800 non médicalisé - 13 %

600
Arrêt du travail - 8 %
Forte aggravation des risques
du fait de retards de croissance
400 dus à une sous-alimentation
pendant l'enfance

Hémorragie - 25 %
200 L'anémie est un facteur
Éclampsie - 12 % de risque majeur d'hémorragie
L'hypothèse d'un lien avec les
carences en calcium et autres
0 micronutriments a été avancée
d

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Septicémie - 15 %
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L'anémie et les carences


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en vitamine A augmentent
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Pr
Am

le risque de septicémie
Source: OMS Source: OMS

20 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 5
Ratio de la mortalité maternelle Santé maternelle et cycle de la pauvreté, de la faim
des pays regroupés en fonction et de la malnutrition
de la prévalence de la faim
Mères (enceintes)
Décès maternels • Faible prise de poids
pour 100 000 naissances vivantes • Risque accru d'avortement
spontané et de naissance
1 000 d'enfants mort-nés

800 Femmes Santé et nutrition Mères (à terme)


• Déficit pondéral déficitaires des mères • Risque accru de complications et
• Productivité réduite • Retards de croissance
de mortalité

600 • Déficit pondéral


• Anémie
• Carences en micronutriments
(zinc, vitamine A, iode)
400 • Affaiblissement du système
Adolescentes immunitaire
• Retards de croissance, déficit • Incidence et gravité Nourrissons
pondéral accrues des infections • Faible poids de naissance
200 • Baisse d'assiduité et des de paludisme • Mortalité accrue
résultats scolaires

0 Filles
<5 5-9 10-19 20-34 ≥35 • Retards de croissance, déficit
pondéral
Part de la population • Altération des capacités cognitives
sous-alimentée (%) • Mortalité accrue
Source: FAO; OMS Source: FAO

L'anémie est l'une des principales talité maternelle après être parvenus à année. Les mères qui souffrent de mal-
causes indirectes à l'origine de 20 pour réduire la malnutrition. nutrition risquent bien plus de donner
cent des décès maternels, et il a été La Thaïlande est un exemple frap- naissance à des bébés de poids insuffi-
prouvé qu'elle augmente le risque d'hé- pant témoignant de ce que l'améliora- sant. Il en va de même des femmes dont
morragies et d'infections après l'ac- tion de la nutrition des ménages per- la croissance a été retardée par la mal-
couchement (septicémies), qui sont res- met de faire chuter la mortalité nutrition durant l'enfance. Dans certains
ponsables d'encore 40 pour cent des maternelle. Dans le cadre du pacte pays en développement, plus de 30 pour
décès. Plus de la moitié des femmes national pour la sécurité nutritionnel- cent des enfants présentent un poids
enceintes dans les pays en développe- le, des bénévoles s'emploient à iden- insuffisant à la naissance.
ment souffrent d'anémie, cette propor- tifier les femmes enceintes en milieu Ces nouveau-nés présentent un risque
tion atteignant plus de 80 pour cent dans villageois, et veillent à ce qu'elles reçoi- très élevé de mourir en bas âge. Ils sont
certaines régions d'Asie du Sud. Les vent des compléments alimentaires en outre bien plus sujets aux retards de
carences ferriques sont considérées pour améliorer leur nutrition ainsi qu'un croissance durant l'enfance, ce qui aug-
comme la principale cause d'anémie apport de fer et d'acide folique desti- mentera considérablement leurs risques
chez les femmes enceintes. né à lutter contre l'anémie. Le pro- de mourir en couches ou de mettre au
D'autres carences en micronutriments gramme vise également à promouvoir monde une nouvelle génération d'en-
sont préjudiciables à la santé et à la sur- la création de jardins potagers et la fants de poids insuffisant.
vie des mères et des nouveau-nés. On consommation des fruits et légumes C'est ainsi que le cycle de la souf-
a montré qu'une carence importante en pour améliorer l'apport en micronu- france se perpétue (voir le diagramme).
vitamine A augmente les risques de sep- triments. La mortalité maternelle en La réalisation de la cible des OMD pour
ticémie. Les carences en iode peuvent Thaïlande a chuté de 230 décès pour l'amélioration de la santé maternelle
déterminer des fausses couches et la 100 000 naissances vivantes en 1992, permettrait de résoudre le nœud du pro-
mise au monde d'enfants mort-nés. Le à 17 en 1996. blème. L'amélioration de la nutrition des
manque de calcium alimentaire quant à femmes et des filles tout au long de leur
lui semble accroître les risques d'hy- Malnutrition maternelle existence permettrait en outre d'inten-
pertension et les autres symptômes et cycle de la faim sifier les progrès et mettrait cet OMD à
d'éclampsie. et de la pauvreté portée de main.
Comme il se doit, les pays où la faim
est prévalente sont aussi ceux qui affi- Les conséquences néfastes de la mau-
chent des taux élevés de mortalité mater- vaise nutrition et de la piètre santé des
nelle (voir le graphique). Certains pays mères sont loin de se limiter au demi-
au moins ont réussi à diminuer la mor- million de décès enregistrés chaque

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 21


Sur la voie des engagements du Sommet
Lutter contre le VIH/SIDA, le paludisme
et la tuberculose: le rôle de la dénutrition en tant que
symptôme et cause

L
e VIH/SIDA, le paludisme et la due au VIH fait 5 millions de nouvelles La faim en tant que cause
tuberculose tuent plus de 6 mil- victimes et plus de 3 millions de per- de morbidité
lions de personnes chaque année, sonnes meurent du sida.
dont l'immense majorité vit dans les Le paludisme tue plus de 1 million d'in- La faim et la malnutrition modifient le
pays en développement et la plupart en dividus chaque année. Plus de 90 pour comportement des gens et affaiblissent
Afrique subsaharienne. Ils sont des cent de ces décès interviennent en Afrique, leur corps et leur système immunitai-
dizaines de millions à être infectés ou à essentiellement chez les jeunes enfants. re, ce qui augmente d'autant leur vul-
tomber malades: 5 millions de nouveaux Sur les 8 millions de nouveaux cas de nérabilité au VIH/SIDA, au paludisme et
cas d'infection due au VIH, 8 millions de tuberculose évolutive enregistrés chaque la tuberculose.
nouveaux cas de tuberculose évolutive, année, plus de 5 millions concernent l'Asie Pour ce qui est du VIH/SIDA, la faim
et plus de 300 millions de crises aiguës du Sud et l'Afrique subsaharienne. et la pauvreté poussent les hommes à
de paludisme. Des millions de foyers
sombrent ainsi dans la faim et la pau-
vreté lorsque le soutien de famille tombe Le VIH/SIDA, le paludisme et la faim dans les pays en développement
malade et meurt, ou en raison du coût
des soins de santé apportés aux malades,
du coût des obsèques et de la prise en
charge des orphelins et des personnes
à charge qui survivent.
Les OMD ont défini des cibles visant
à enrayer et à inverser la propagation
du VIH/SIDA, du paludisme et de la tuber-
culose. Leur réalisation permettrait de
sauver des millions de vies, d'économi-
ser des dizaines de milliards de dollars, Pays caractérisés par
et de ralentir notablement le cycle vicieux une forte prévalence du
VIH/SIDA, mais peu
de la faim et de la pauvreté qui fait obs- touchés par la sous-
alimentation et le paludisme
tacle à la réalisation de nombreux autres
Pays caractérisés par une forte
OMD. À l'inverse, la réduction de la faim Pays caractérisés par une faible prévalence de la sous-alimentation,
prévalence de la sous-alimentation, mais peu touchés par le VIH/SIDA
et de la malnutrition permettrait de frei- du VIH/SIDA et du paludisme et le paludisme
ner la propagation de ces maladies et Pays à risque relativement élevé Pays caractérisés par une forte
de réduire sensiblement les pertes de paludisme, mais caractérisés prévalence de la sous-alimentation
par une faible prévalence de la et affichant des taux importants
humaines qui en résultent. Source: FAO; UNICEF sous-alimentation et du VIH/SIDA de VIH/SIDA et/ou de paludisme
Le VIH/SIDA, le paludisme et la tuber-
culose sont toutes trois des maladies Faim et prévalence du VIH Faim et risque de paludisme, 1994
liées à la faim et à la pauvreté. L'im- par groupe de pays, 2001 Indice du paludisme*
mense majorité des cas se déclare dans Taux de prévalence du VIH chez les 0,8
les pays en développement, notamment personnes âgées de 15 à 49 ans (%)
8 0,6
en Afrique subsaharienne et en Asie du
Sud, les deux régions caractérisées par 6 0,4
les taux les plus élevés de sous-alimen-
0,2
tation et d'extrême dénuement (voir la 4
carte et les graphiques). Dans ces pays 0,0
2 2,5-4 5-9 10-19 20-34 ≥35
et régions, les pauvres et les victimes de
Prévalence de la sous-alimentation
la faim sont les plus durement touchés. 0 pour le groupe de pays (%)
Environ 40 millions de gens sont 2,5-4 5-9 10-19 20-34 ≥35
* Fraction de la population à risque de paludisme multipliée
aujourd'hui porteurs du VIH, dont plus Prévalence de la sous-alimentation par la fraction des cas de paludisme causés par la souche
par groupe de pays (%) responsable de la plupart des décès et des cas graves
de 60 pour cent vivent en Afrique sub-
Source: ONUSIDA; FAO Source: Gallup et Sachs; FAO
saharienne. Chaque année, l'infection

22 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 6
devenir des travailleurs itinérants, accu- tié des pays d'Afrique subsaharienne tements nécessaires pour réaliser la
lent les femmes à la prostitution ou à diminue chaque année de 0,5 à 1,2 pour cible des OMD sont modiques (voir le
des rapports sexuels dangereux et contrai- cent à cause du sida. Les pertes écono- graphique).
gnent les enfants à quitter l'école. La miques dues à la chute de la producti- Moins de 1 milliard de dollars EU par
population tout entière est confrontée à vité sont aggravées par l'augmentation an permettrait par exemple de fournir
un risque élevé d'infection. Ainsi, de vertigineuse du coût des soins médicaux des moustiquaires imprégnées d'insec-
récentes études ont confirmé que les et de l'aide aux orphelins. Dans les pays ticide à 70 pour cent des enfants d'Afrique,
jeunes qui n'ont pas ou peu d'éducation les plus touchés, les dépenses de santé de traiter préventivement les femmes
sont deux fois plus susceptibles d'être publique liées au VIH/SIDA sont souvent enceintes et de fournir un traitement
infectés par le VIH que ceux qui ont ache- supérieures à 2 pour cent du PIB. On a amélioré de première intention aux per-
vé leur scolarité primaire (voir les pages estimé que la pandémie coûtait chaque sonnes souffrant des crises de paludis-
18 et 19). Chez les personnes déjà infec- année plus de 25 milliards de dollars EU me. Les suppléments en vitamine A qui
tées, la sous-alimentation accroît la vul- et que son coût monte en flèche. permettent de renforcer la résistance
nérabilité aux infections opportunistes, Le paludisme et la tuberculose pré- au paludisme et aux autres maladies
accélérant de ce fait la progression de lèvent également un lourd tribut sur la peuvent être apportés pour seulement
la maladie jusqu'au sida pleinement productivité, la prospérité et la sécuri- 0,10 dollar par enfant.
déclaré et à la mort. té alimentaire. Selon les estimations, le Étant donné la relation étroite entre
La faim et la malnutrition augmen- paludisme coûte chaque année à l'Afrique la malnutrition et les maladies infec-
tent également le risque de contracter quelque 12 milliards de dollars EU en tieuses, la mise en œuvre d'actions
le paludisme ou la tuberculose et d'en perte de PIB, et représente entre 20 et vigoureuses et coordonnées visant à
mourir. Les crises graves de paludisme 50 pour cent de l'ensemble des hospi- lutter simultanément contre la faim et
sont plus fréquentes et souvent plus talisations dans les pays où la maladie la maladie pourrait accélérer les pro-
meurtrières chez les enfants et les est endémique. Les tuberculeux qui sur- grès et en réduire les coûts dans les
femmes enceintes déjà anémiés et pré- vivent à leur maladie perdent générale- deux domaines. Une action menée dans
sentant des carences en micronutri- ment trois à quatre mois de travail et de deux districts de la République-Unie de
ments. On peut par exemple réduire nota- 20 à 30 pour cent du revenu annuel du Tanzanie qui vise à la fois à améliorer
blement les crises de paludisme en ménage. l'alimentation des enfants et à distri-
améliorant leur alimentation ou en leur buer des moustiquaires en constitue
administrant des compléments de vita- Coûts relatifs de l'inertie un excellent exemple. Cinq ans après
mine A et de zinc. et de l'intervention le démarrage du programme, la mor-
La tuberculose se propage rapide- talité infantile dans les deux districts a
ment parmi les pauvres qui vivent dans Mesurés à la souffrance humaine et aux radicalement dévié de la tendance préa-
des conditions de forte promiscuité et pertes économiques imputables à ces lable, et laisse envisager une réalisa-
dont le système immunitaire est déjà maladies, les investissements requis tion effective de la cible des OMD (voir
affaibli par la malnutrition. En Inde par pour renforcer la prévention et les trai- le graphique).
exemple, des chercheurs ont constaté
que les taux de tuberculose sont deux
Estimations du coût annuel Mortalité des enfants de moins
fois plus élevés chez les personnes dont
de la morbidité de cinq ans en République-Unie
le revenu mensuel est inférieur à 7 dol-
et mesures nécessaires de Tanzanie
lars EU que chez celles qui gagnent plus
de 20 dollars par mois.
Milliards de $EU Mortalité des enfants de moins de cinq ans
25 pour 1 000 naissances vivantes
La maladie en tant que cause Pertes économiques 200
annuelles
de la faim 20 Investissements
180
Données
nécessaires en 2005 pour 160 conjoncturelles
atteindre la cible OMD nationales UNICEF
Parce que ces maladies frappent les 15 140
gens pendant la période la plus pro- District de
120 Morogoro
ductive de leur existence, elles sont à 10 100 District
l'origine de la faim et de la pauvreté qui de Rufiji
80
frappent non seulement les personnes 5 60
infectées, mais aussi leurs familles et Trajectoire OMD
40
leurs communautés. Cumulés à l'éche- 0 1997: Démarrage
lon national et régional, les coûts sont VIH/SIDA Paludisme* Tuberculose 20
de l'action sanitaire
stupéfiants. * Estimations pour la seule Afrique subsaharienne 0
1990 1995 2000 2005 2010 2015
Selon les estimations, la croissance Source: BIT; Partenariat Halte à
la tuberculose; Projet du Millénaire Source: CEDI/TEHIP
économique par habitant dans la moi-

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 23


Sur la voie des engagements du Sommet
Améliorer la pérennité de l'environnement
et la sécurité alimentaire en donnant les moyens
voulus aux ruraux pauvres

N
ul ne dépend plus étroitement te à pratiquer le surpâturage ou à cul- la faim et la malnutrition et protégeraient
des services et des ressources tiver des parcours fragiles et des forêts en outre le milieu naturel. Les avancées
environnementales que les marginales, mettant ainsi en péril les ont toutefois été lentes et inégales.
pauvres des zones rurales qui repré- ressources dont dépend leur survie. Durant les années 90, les forêts de la
sentent, selon les estimations, 80 pour Les OMD ont fixé plusieurs cibles visant planète ont été abattues et brûlées au
cent des 800 millions de victimes de la à garantir la pérennité de l'environne- rythme de 9,4 millions d'hectares par an
faim dans le monde. Ils utilisent quoti- ment. Au nombre des principaux indica- (une surface globalement égale à celle du
diennement la terre et l'eau pour leurs teurs figurent des mesures du déboise- Portugal). Proportionnellement, le déboi-
activités agricoles et pour la pêche, les ment et de l'utilisation des combustibles sement a été le plus intense en Afrique
forêts qui leur fournissent de la nourri- solides ainsi que l'amélioration de l'ac- et dans les Caraïbes ainsi que dans les
ture, des combustibles et du fourrage, cès à l'eau et à l'assainissement. Les pays où la faim est la plus prévalente. C'est
ainsi qu'une large gamme de plantes et progrès réalisés à tous ces égards auraient également dans ces pays que les gens
d'animaux sauvages ou domestiques, une incidence directe sur la lutte contre sont les plus tributaires des combustibles
qui sont une source de diversité biolo-
gique. Leur existence est intimement
mêlée au milieu ambiant de telle maniè- Déforestation, terres stériles et sous-alimentation
re qu'ils sont à la fois les gardiens indis-
pensables des ressources environne-
mentales et les premières victimes des
dégradations écologiques.
Une vaste proportion des victimes de
la faim est concentrée dans des zones
particulièrement vulnérables aux dégra-
dations environnementales et aux chan- Zones ravagées
par le feu
gements climatiques, en particulier les
Zones critiques de
forêts et les terrains de parcours semi- la déforestation*
arides (voir la carte). Lorsque la pres- Déserts
Vulnérabilité majeure
sion démographique s'accroît et que la à la désertification
nourriture se fait rare, la faim les inci- Pays caractérisés par
* Ce terme désigne une zone où le couvert une forte prévalence (≥20 pour cent)
forestier a été gravement entamé au cours des de la sous-alimentation
cinq dernières années, ou sera probablement
Évolution du couvert forestier, dégradé dans les cinq ans à venir. Source: PNUE/GRID-Arendal; FAO
1990-2000, par pays regroupés
en fonction de la prévalence
de la sous-alimentation Accès à une eau de meilleure Accès à un meilleur
qualité et prévalence assainissement et prévalence
Nombre de pays de la sous-alimentation de la sous-alimentation
30
25 Population ayant accès Population ayant accès à des moyens
à l'eau potable (%) d'assainissement (%)
20
100 100
15 1990 2002 1990 2002
80 80
10
60 60
5
0 40 40
<5 5-9 10-19 20-34 ≥35 20 20
Prévalence de la sous-alimentation
pour le groupe de pays (%) 0 0
<5 5-9 10-19 20-34 ≥35 <5 5-9 10-19 20-34 ≥35
Diminution rapide Peu de changement Prévalence de la sous-alimentation Prévalence de la sous-alimentation
Diminution lente Augmentation pour le groupe de pays (%) pour le groupe de pays (%)
Source: FAO Source: OMS; UNICEF; FAO Source: OMS; UNICEF; FAO

24 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 7
solides, que l'accès à l'eau et à l'assai- solides (voir le graphique). Selon une étude
nissement est au plus bas, et que les pro- portant sur six États indiens, les pauvres Sécurité alimentaire et
grès marqués à l'égard des OMD ont été tirent des forêts et des autres terres com- pérennité de l'environnement
les plus lents (voir les graphiques). munautaires environ 20 pour cent de leurs
revenus, 75 pour cent de leurs combus- Les efforts engagés pour promouvoir la
Dépendance et vulnérabilité tibles et 80 pour cent des pâturages pour sécurité alimentaire et la pérennité de
leurs animaux (voir le graphique). l'environnement se renforcent souvent
Les activités des petits agriculteurs, des Étant donné leur forte dépendance à réciproquement. Trop souvent hélas, des
pasteurs, des artisans-pêcheurs et des l'égard des ressources forestières, les politiques mal conçues ont donné la pré-
habitants des forêts ont largement contri- pauvres des zones rurales ont souvent férence aux cultures et aux élevages
bué à façonner et à conserver l'envi- adopté des méthodes contribuant à leur industriels à grande échelle au détri-
ronnement rural depuis des milliers exploitation durable. Ainsi, il est fréquent ment des systèmes d'exploitation mixte
d'années. Elles ont aussi joué un rôle que les petits agriculteurs vivant dans des privilégiés par les pauvres. En destinant
dans les dégradations environnemen- régions boisées cultivent la terre et élè- d'importantes superficies à une utilisa-
tales, notamment lorsque la faim et la vent des animaux entre les arbres qui tion unique, la production industrielle
pression démographique ont contraint contribuent à retenir l'eau et à prévenir contribue souvent au déboisement, à la
ces populations à agrandir leurs champs l'érosion et fournissent du bois de feu, des dégradation des terres, à la contamina-
et leurs troupeaux au-delà de la capa- aliments et du fourrage. Dans les zones tion des eaux souterraines et des eaux
cité de charge des terres. Les forêts illus- rurales de l'Inde où plus de la moitié de de surface et à la disparition de la diver-
trent bien la diversité de leurs interven- l'énergie consommée à des fins ména- sité biologique. L'adaptation des mesures
tions: utilisateurs respectueux, parfois gères est produite par combustion de bois fiscales et les politiques de subvention
destructeurs et parfois gardiens des res- de feu, une étude a montré que presque qui répercutent les «coûts externes» liés
sources naturelles. On estime que les 90 pour cent de ce bois était ramassé à à l'environnement sur les producteurs
forêts constituent la principale source de terre ou provenait de la coupe de branches industriels peuvent améliorer à la fois
nourriture et de revenus pour 350 mil- plutôt que de l'abattage des arbres. la viabilité économique et la viabilité
lions de gens dans le monde. Selon les Du fait de leur dépendance à l'égard environnementale de la petite produc-
estimations, les plantes, les animaux et des ressources forestières, les pauvres tion des ruraux pauvres.
les aliments sauvages jouent un rôle impor- des zones rurales sont particulièrement Une autre formule encourageante
tant dans l'alimentation et la sécurité ali- vulnérables face à la destruction et la consiste à reconnaître et à rétribuer les
mentaire de 1 milliard d'individus. Les dégradation des forêts. Lorsque celles- services environnementaux fournis par
forêts sont également source de fourra- ci sont défrichées, vouées à la proprié- les petits agriculteurs et les petits éle-
ge et de pâturages pour bon nombre des té privée et converties à d'autres usages, veurs. Plusieurs systèmes ont été mis
500 millions de petits éleveurs dont la les pauvres qui y habitent perdent une en place pour dédommager les agricul-
subsistance dépend de quelques animaux. bonne part de leurs revenus et de leurs teurs à raison des arbres plantés sur
Dans les pays où la faim est prévalente possibilités d'alimentation et sont par- leurs terrains et leurs pâturages ou alen-
en particulier, la plupart des pauvres vivant fois contraints de couvrir des distances tours, afin d'améliorer le piégeage du
en zones rurales cuisent leurs aliments encore plus grandes pour trouver de carbone, la conservation de la biodiver-
sur des feux alimentés par le bois collecté l'eau et du bois, ce qui fragilise d'autant sité et la gestion des bassins versants.
dans les forêts et d'autres combustibles leur sécurité alimentaire. Dans bien des cas, les méthodes les plus
respectueuses du milieu naturel s'avè-
rent également les plus productives. Les
Utilisation de combustibles Dépendance des pauvres
premiers résultats d'un projet mené en
solides dans les pays regroupés et des nantis à l'égard
Amérique latine montrent que les éle-
en fonction de la prévalence des ressources foncières
veurs peuvent augmenter le nombre
de la sous-alimentation communautaires en Inde
d'animaux à l'hectare, tout en étant rému-
nérés pour avoir planté des arbres et
Part de la population utilisant Proportion provenant de terres
des combustibles solides (%) communautaires (%) des plantes qui contribuent à neutrali-
100 80 ser l'excès de carbone responsable du
80 Pauvres
réchauffement atmosphérique et à déve-
60 60 Nantis
lopper la diversité biologique.
40
40 L'application généralisée de telles
20
0
approches, dont les retombées doivent
20
<5 5-9 10-19 20-34 ≥35 impérativement servir les pauvres, per-
Prévalence de la sous-alimentation 0 mettrait d'améliorer simultanément la
pour le groupe de pays (%) Revenu Combustible Pâturages
sécurité alimentaire et la pérennité de
Source: OMS; FAO Source: Jodha, cité dans Parikh
l'environnement.

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 25


Sur la voie des engagements du Sommet
Augmentation de l'aide et échanges plus équitables:
mesures essentielles pour créer un partenariat
mondial au service du développement

L
es sept premiers OMD énoncent la dette extérieure, et renforcer la cohé- tif avait été proposé par l'Assemblée
des objectifs qui doivent être atteints rence des systèmes monétaires, finan- générale des Nations Unies il y a plus
principalement grâce aux efforts ciers et commerciaux internationaux». de 30 ans, l'aide des pays industrialisés
déployés par les gouvernements et les Afin d'accroître le financement du était tombée à son niveau le plus bas en
populations des pays en développement développement, la Conférence a recon- 2001, soit 0,22 pour cent du revenu natio-
eux-mêmes. Le huitième OMD souligne nu particulièrement l'importance cri- nal brut (voir le graphique).
la responsabilité des pays industriali- tique de l'aide extérieure pour nombre Depuis la Conférence, cette tendan-
sés plus riches, qui doivent épauler ces des pays les plus pauvres et le rôle des ce à la baisse a été finalement inversée.
efforts. Il appelle à une augmentation échanges en tant que «source extérieu- En juin 2005, les membres du G8 ont
de l'aide, à des échanges plus équitables, re de financement du développement la accepté, à titre préliminaire, des remises
à l'atténuation du fardeau écrasant de plus importante» dans nombre de cas. de dette en faveur de 18 pays parmi les
la dette et à un meilleur accès aux tech- plus pauvres du monde, pour un mon-
nologies, aux médicaments et aux emplois. Inverser la tendance à la baisse tant de 40 milliards de dollars EU. Plu-
Lors de la Conférence internationale de l'aide sieurs donateurs se sont engagés spé-
sur le financement du développement, cifiquement à porter leur aide au
tenue à Monterrey (Mexique) deux ans Le Consensus de Monterrey reconnaît développement au niveau de 0,7 pour
après le Sommet du Millénaire, les gou- que l'aide publique au développement cent du revenu national brut. En mai
vernements s'étaient mis d'accord sur un (APD) est «un instrument indispensable 2005, l'Union européenne a présenté un
cadre de partenariat mondial entre pays pour appuyer l'éducation, la santé, le plan détaillé en vue de la réalisation de
développés et pays en développement afin développement des infrastructures cet objectif, annonçant des cibles spé-
de réaliser les OMD. À ce titre, les pays publiques, l'agriculture et le dévelop- cifiques pour les pays membres. Toute-
se sont engagés à «appliquer des poli- pement rural et pour améliorer la sécu- fois, plusieurs pays, parmi les plus riches
tiques rationnelles, à instaurer une bonne rité alimentaire» pour de nombreux pays du monde, n'ont pas encore pris de tels
gouvernance à tous les niveaux et assu- d'Afrique, les pays les moins avancés engagements; quant aux engagements
rer la primauté du droit ... [et à] ... mobi- (PMA), les petits pays insulaires en déve- déjà pris, ils doivent encore se traduire
liser les ressources nationales, attirer les loppement et les pays en développement en action concrète en faveur des pauvres.
flux internationaux, promouvoir le com- sans littoral. Dans le cadre de leur enga- Outre l'accroissement du volume de
merce international en tant que moteur gement à fournir des ressources com- l'aide, il est également essentiel de veiller
du développement, intensifier la coopé- plémentaires, les pays donateurs se sont à ce que l'aide arrive aux pays qui en ont
ration financière et technique internatio- engagés à porter leur APD à 0,7 pour le plus besoin et dans les secteurs où
nale pour le développement, le finance- cent de leur revenu national brut, objec- elle aura le plus d'impact. Ce n'est cer-
ment viable de la dette et l'allègement de tif fixé de longue date. Même si cet objec- tainement pas le cas aujourd'hui.
L'aide extérieure a un rôle critique à
jouer pour les pays très pauvres n'ayant
Aide aux pays en développement Part de l'aide allouée à
qu'une capacité limitée à mobiliser
et aux pays les moins avancés, l'agriculture dans l'aide publique
l'épargne intérieure, d'origine privée ou
1990-2003 et cibles au développement totale
publique, à des fins d'investissement.
Elle joue un rôle particulièrement cri-
Part du revenu national brut Aide à l'agriculture dans l'APD totale (%)
des donateurs (%) tique pour l'agriculture, qui est en gran-
35
0,7 Aide bilatérale de partie ignorée par les investisseurs
0,6 30
Aide multilatérale étrangers du secteur privé. À l'époque
0,5 25
0,4
de la Conférence de Monterrey, moins
20
0,3 d'un quart de l'APD était destiné aux 49
0,2 15 PMA où vit plus d'un tiers des popula-
0,1 10 tions souffrant de la faim dans le monde.
0,0 5
1990 2001 2003 Cible 1990 2001 2003 Cible En outre, le volume et la part relative de
Ensemble des pays Pays les moins 0 l'aide allouée à l'agriculture avaient bais-
en développement avancés 1980 1985 1990 1995 2000 2002
sé de plus de la moitié par rapport aux
Source: Division de la statistique de l'ONU Source: OCDE
niveaux des années 80 (voir le graphique).

26 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


OMD 8
Il apparaît également que l'aide exté- Échanges plus équitables lioration des revenus et de la sécurité
rieure à l'agriculture n'est pas allouée alimentaire. Par exemple, en Afrique, la
en fonction des besoins. Les données L'accroissement de l'aide aux pays en demande locale d'aliments devrait aug-
concernant l'aide extérieure à l'agricul- développement contribuerait certaine- menter à un taux supérieur à celui des
ture pour 1998-2000 indiquent que des ment à stimuler les progrès en vue de marchés d'exportation au cours des 20
pays où moins de 5 pour cent de la popu- la réalisation des OMD. La réduction des prochaines années. Comme le signale
lation souffraient de sous-alimentation subventions agricoles et des tarifs doua- la Commission pour l'Afrique, la pro-
recevaient trois fois plus d'aide par tra- niers appliquée par les pays développés duction de denrées agricoles de base
vailleur agricole que des pays où plus et l'amélioration de la capacité des PMA destinées aux zones d'Afrique qui souf-
de 35 pour cent de la population souf- à participer aux échanges grâce à des frent régulièrement de pénuries ali-
frait de la faim. En Afrique subsaha- investissements dans la productivité mentaires pourrait apporter la crois-
rienne, où les deux tiers de la popula- agricole, l'infrastructure commerciale sance dans les greniers potentiels du
tion dépendent de l'agriculture, l'aide et les secteurs tournés vers l'exporta- continent, tout en réduisant la nécessi-
bilatérale à l'agriculture a chuté de 60 tion pourraient aider encore davantage. té d'importer des aliments pour plus de
pour cent en 10 ans, passant de 1,3 mil- Chaque année, les pays plus riches 20 milliards de dollars EU par an.
liard de dollars EU en 1990 à 524 mil- versent aux producteurs agricoles des Jusqu'à présent, l'OMD 8, qui appe-
lions de dollars EU en 2001. subventions d'un montant de 250 mil- lait à mettre en place un système com-
La baisse des investissements inté- liards de dollars EU. La majeure partie mercial et financier ouvert et non dis-
rieurs et de l'aide extérieure à l'agri- de cette aide généreuse est destinée aux criminatoire n'a pas abouti à une réduction
culture a creusé le fossé existant entre grandes exploitations des États-Unis significative des subventions agricoles
les pays où la prévalence de la sous-ali- d'Amérique et d'Europe, provoquant de ou des tarifs douaniers. En fait, l'appui
mentation est élevée et ceux qui ont réus- gros excédents qui sont souvent écou- des pays industrialisés aux agriculteurs
si à réduire la faim. Dans le groupe des lés sur les marchés mondiaux à moins est passé de 226 milliards de dollars EU
pays où plus d'un tiers de la population de la moitié des coûts de production. Les en 2002 à 280 milliards en 2004 (voir le
est sous-alimentée, la valeur des biens pays en développement pauvres et leurs graphique). Un certain nombre d'initia-
de production par travailleur agricole consommateurs tirent avantage des bas tives sont en cours pour renforcer la
employé dans l'agriculture primaire a prix, mais leurs agriculteurs n'arrivent capacité commerciale des pays les plus
baissé de près d'un quart au cours des pas à soutenir la concurrence. Les pays pauvres, mais l'appui provenant des ins-
25 dernières années (voir le graphique). exportateurs sont également pénalisés titutions financières internationales et
Depuis la Conférence de Monterrey, par les tarifs douaniers appliqués aux des institutions de développement est
la part de l'aide aux pays les moins avan- produits agricoles par les pays riches resté nettement en deçà du niveau néces-
cés, exprimée en termes de pourcenta- qui sont souvent de quatre à cinq fois saire. Il est essentiel d'inverser ces ten-
ge du revenu national brut des dona- supérieurs aux tarifs frappant les biens dances et d'intensifier l'aide afin d'ho-
teurs a augmenté de 0,08 pour cent, ce manufacturés. norer les engagements de Monterrey et
qui représente certes une amélioration, L'élimination des barrières douanières de créer un partenariat efficace pour le
mais reste bien en deçà de l'objectif fixé, et l'amélioration des infrastructures afin développement.
de 0,15 à 0,20 pour cent. Le niveau de d'accroître les échanges entre pays en La fourniture d'une aide à hauteur
l'aide extérieure à l'agriculture est resté développement pourraient également du niveau prévu dans l'OMD 8 viendrait
en grande partie inchangé. avoir une incidence importante sur l'amé- fortement épauler les efforts nationaux
déployés afin de réaliser le reste des
OMD. Grâce à la suppression de la dette
Biens d'équipement dans Subventions agricoles
des pays pauvres, ceux-ci ne seraient
l'agriculture, selon la prévalence dans les pays de l'OCDE*,
plus obligés de dépenser, pour le ser-
de la sous-alimentation 1986-2004
vice de la dette, un montant supérieur
à l'aide totale qu'ils reçoivent, comme
$EU/travailleur Appui à la production en faveur
des agriculteurs (milliards de dollars EU) c'était le cas en 2003. Il faut toutefois
8 000
+33% 300 tenir compte de la capacité des pays à
7 000 1975-77
6 000 1998-2000 250 absorber un grand volume supplé-
5 000 200 mentaire d'aide. Le cas échéant, il
4 000 conviendra de renforcer cette capaci-
150
3 000
2 000
+12% +2%
100 té. Tous les flux de ressources com-
-22% plémentaires pourraient alors être uti-
1 000 50
0
0 lisés pour intensifier les investissements
<5 5-19 20-34 ≥35
1986-88 2002 2003 2004 dans le développement rural, l'éduca-
% de sous-alimentés
* Organisation de coopération tion et les services sanitaires afin d'at-
Source: FAO et de développement économiques Source: OCDE
teindre les OMD.

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 27


Sur la voie des engagements du Sommet
La voie à suivre: intensifier l'approche sur deux fronts
pour la réalisation des objectifs du SMA et des OMD

L
ors de la Conférence internationa- Lors de la réunion du Conseil écono- des petits agriculteurs mais renforce-
le sur le financement du dévelop- mique et social des Nations Unies convo- ront également leur rôle de protection
pement tenue à Monterrey (Mexique) quée pour préparer le Sommet mondial des terres, des eaux, des forêts et de la
en 2002, la FAO, le Fonds international de septembre 2005, la FAO, le FIDA et le biodiversité. De même, les investisse-
de développement agricole (FIDA) et le PAM, s'appuyant sur l'approche sur deux ments dans les routes, de meilleurs sys-
Programme alimentaire mondial (PAM) fronts, ont donné un aperçu d'une stra- tèmes d'approvisionnement en eau et
ont présenté une «approche sur deux tégie plus vaste destinée à réaliser les d'autres infrastructures rurales peuvent
fronts» pratique et à un coût modique objectifs de réduction de la faim et de la réduire les effets mortels de maladies
pour combattre la faim. Premier front: pauvreté mentionnés dans le premier d'origine hydrique, améliorer l'accès aux
renforcer la productivité et les revenus objectif du Millénaire. Si cette stratégie soins de santé et prévenir des milliers
des affamés et des pauvres, en ciblant arrive à intensifier la lutte contre la faim, de décès inutiles d'enfants et de mères;
particulièrement les zones rurales où elle permettra des progrès plus rapides ces investissements font reculer la faim
vivent la plupart d'entre eux, ainsi que le en vue de la réalisation des autres OMD. en ouvrant des voies vers les marchés
secteur agricole, dont dépendent leurs où les agriculteurs peuvent écouler leurs
moyens d'existence. Deuxième front: Approche sur deux fronts excédents et acheter à des prix raison-
assurer un accès direct aux aliments et pour les OMD nables des engrais et d'autres intrants.
créer des dispositifs de protection socia- Les mesures destinées à fournir aux
le pour les personnes souffrant de la faim. Bien que l'approche sur deux fronts ait familles les plus déshéritées un accès
Depuis, nous avons perçu des signes été initialement proposée pour lutter direct aux aliments peuvent également
encourageants: engagement renouvelé contre la faim, nombre de ses compo- contribuer simultanément à la réalisa-
pour la lutte contre la faim et consen- santes visent explicitement des domaines tion d'autres OMD. Ainsi, les programmes
sus émergent, reconnaissant que l'ap- où les efforts en vue de réduire la faim d'alimentation destinés aux mères et aux
proche sur deux fronts constitue l'élé- rencontrent les efforts destinés à réali- nourrissons s'attaquent au cercle vicieux
ment central d'une stratégie efficace de ser les autres OMD (voir le diagramme). qui perpétue la faim et la malnutrition
lutte contre la faim. Les principaux élé- Une meilleure gestion de l'eau, l'uti- d'une génération à l'autre, sapant la santé
ments de cette approche ont, par exemple, lisation d'engrais verts, la promotion de maternelle, freinant la croissance phy-
été incorporés dans les recommanda- l'agroforesterie et l'emploi d'autres tech- sique et cognitive des enfants, limitant
tions de l'Équipe spéciale sur la faim du nologies simples et bon marché amé- la fréquentation et les résultats scolaires
Projet du Millénaire de l'ONU. lioreront la productivité et les revenus et empêchant les progrès sur la voie de

Approche sur deux fronts pour atteindre l'objectif du SMA et accélérer les progrès dans la réalisation
des cibles des OMD

Premier front: 1 Liens avec les objectifs du 1 Second front:


renforcer la productivité et les revenus Millénaire pour le développement assurer un accès direct aux aliments
et aux dispositifs de protection sociale
Ensemble de technologies simples et bon 7 1 Éradiquer l'extrême pauvreté et la faim
marché (gestion de l'eau, utilisation d'engrais 2 3 4 5 Programmes d'alimentation maternelle et
verts, rotation des cultures, agroforesterie) 2 Assurer l'éducation primaire pour tous infantile (y compris additifs nutritionnels)
Infrastructures rurales (routes, eau, etc.) 4 7 3 Promouvoir l'égalité des sexes et 2 3 Repas et jardins scolaires
l'autonomisation des femmes
Amélioration de l'irrigation et de la fertilité 7 Prestations chômage et pensions
des sols 4 Réduire la mortalité infantile
5 Améliorer la santé maternelle 2 3 Vivres contre travail
Gestion des ressources naturelles 7 et vivres contre éducation
(y compris des forêts et des pêches) 6 Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres
maladies
2 3 Transferts en espèces ciblés,
Développement des marchés et du secteur privé 8 sous condition
Sécurité sanitaire et qualité des aliments 4 7 Assurer un environnement durable 2 6 Programmes d'alimentation pour les malades
8 Mettre en place un partenariat mondial pour le du VIH/SIDA, leur famille et les orphelins
Écoles pratiques d'agriculture, 3 7 développement
formation participative 4 Rations d'urgence

Objectif du Sommet mondial de l'alimentation

1 2 3 4 5 6 7 8
Source: FAO

28 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


l'égalité hommes-femmes et de l'auto-
Passer à la vitesse supérieure: l'élimination de la faim est déterminante
nomisation des femmes.
pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement
Étendre la synergie de l'approche
sur deux fronts

La stratégie plus vaste destinée à réa- … participation


liser l'OMD 1, présentée lors de l'ECO- accrue au commerce
SOC, contribuera, comme l'approche sur et au développement
deux fronts, à accélérer les progrès … fréquentation
accomplis en vue de la réalisation d'autres … réduction scolaire, capacité
OMD. Les principaux éléments de cette de la pression sur d'apprentissage
l'environnement… et alphabétisation
stratégie sont les suivants: en progrès…
• fixer des objectifs concrets et définir
d'un commun accord, dans chaque
pays, des mesures coordonnées qui
exploitent les synergies entre les dif-
férents objectifs afin de mobiliser des
ressources et de les allouer de maniè- … résistance La réduction de la faim … meilleure égalité
re stratégique; accrue au VIH/SIDA, et de la malnutrition hommes-femmes
au paludisme aboutissent à… et autonomisation
• recourir à des approches participa- et autres maladies… … accroissement des femmes…
tives, du bas vers le haut, qui renfor- de la productivité et des
cent les institutions et les compé- revenus et…
tences locales, consolident les droits
juridiques et l'accès aux ressources … vulnérabilité
et donnent les moyens voulus aux … amélioration réduiteà l'égard
femmes, aux populations autochtones de la santé des maladies et
maternelle réduction
et à d'autres groupes vulnérables; et infantile… de la mortalité
• accorder la priorité aux «zones cri- infantile…
tiques» où une proportion élevée de la
population souffre de la faim et de la Source: FAO
misère, qui souvent sont aussi des zones
critiques pour l'analphabétisme, les
maladies, la marginalisation sociale et sification vers des activités rurales Il s'agit, dans tous les cas, d'approches
la mortalité infantile et maternelle; non agricoles et en renforçant les pratiques et d'un coût abordable, ayant
• utiliser l'aide alimentaire pour déve- entreprises petites et moyennes dans fait leurs preuves. Elles peuvent toutes
lopper ou renforcer les connaissances lesquelles les femmes rurales peu- être adaptées et appliquées afin de
ou créer des avoirs matériels comme vent jouer un rôle déterminant; répondre aux besoins locaux, contrôlées
des installations de stockage d'ali- • renforcer les moyens d'existence des pour en garantir l'efficacité et intensi-
ments, des systèmes d'adduction d'eau pauvres en milieu urbain par une fiées si les résultats obtenus sont pro-
ou des structures de contrôle de l'éro- approche sur deux fronts combinant bants et si des ressources suffisantes
sion, pour aider les communautés à des programmes de création d'emploi sont mobilisées.
atténuer les crises et à jeter les bases et d'actifs en faveur des pauvres avec Nous pouvons encore atteindre les
d'un développement à plus long terme; des mesures destinées à aider les objectifs de réduction de la faim du SMA
• concentrer les politiques et les inves- pauvres à satisfaire leurs besoins fon- et les OMD, à condition que les pays en
tissements sur les zones rurales et damentaux en matière d'alimentation, développement intensifient leurs efforts
l'agriculture de manière à encoura- de logement, d'approvisionnement en afin de redynamiser le développement
ger une utilisation durable des res- eau salubre, de santé et d'éducation; agricole et rural et faire en sorte que les
sources naturelles, à améliorer les • accélérer les progrès accomplis en personnes qui ont faim aient accès à la
infrastructures rurales, à faciliter les vue d'instaurer un système commer- nourriture et que les pays donateurs
fonctions du marché et à renforcer cial international ouvert et juste, en augmentent fortement, comme ils l'ont
les institutions rurales; s'attachant tout particulièrement à annoncé, leur aide au développement.
• soutenir une croissance rurale dyna- améliorer l'accès au marché et à rédui- Ce faisant, nous donnerons également
mique en améliorant la productivité re les subventions à l'exportation, ainsi une impulsion positive en vue de la réa-
des petits exploitants agricoles, en que le soutien intérieur à l'agricultu- lisation de tous les autres OMD (voir le
soulignant les possibilités de diver- re, qui a des effets de distorsion. diagramme).

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 29


Tableaux
Tableau 1. Prévalence de la sous-alimentation et distance par rapport à l' OMD1 et aux objectifs du SMA2
dans les pays en développement

MONDE EN DÉVELOPPEMENT Population totale Nombre Proportion Ratio actuel Ratio actuel
Région/sous-région/pays de personnes des personnes et données et données
sous-alimentées sous-alimentées de référence de référence du
dans la de personnes du nombre
population totale sous-alimentées3 de personnes
sous-alimentées3
Ratio par rapport Ratio par rapport
1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 à la cible à la cible
(millions) (millions) (%) de l'OMD1 = 0,5 du SMA2 = 0,5
MONDE EN DÉVELOPPEMENT 4058,7 4796,7 823,8 814,6 20 17 0,8 1,0

ASIE ET PACIFIQUE* 2815,2 3256,1 569,2 519,0 20 16 0,8 0,9


Asie de l’Est 1241,5 1364,5 198,8 151,7 16 11 0,7 0,8
Chine 1175,7 1292,5 193,5 142,1 16 11 0,7 0,7
Rép. populaire dém. de Corée 20,3 22,4 3,7 8,1 18 36 2,0 2,2
Mongolie 2,3 2,5 0,8 0,7 34 28 0,8 0,9
République de Corée 43,3 47,1 0,8 0,7 - - 0,9 0,9
Asie du Sud-Est 444,2 522,8 78,4 65,5 18 13 0,7 0,8
Cambodge 10,1 13,5 4,3 4,4 43 33 0,8 1,0
Indonésie 185,2 214,3 16,4 12,6 9 6 0,7 0,8
Rép. dém. populaire lao 4,2 5,4 1,2 1,2 29 22 0,8 1,0
Malaisise 18,3 23,5 0,5 0,6 3 - 0,9 1,1
Myanmar 41,2 48,2 4,0 2,8 10 6 0,6 0,7
Phillippines 62,5 77,1 16,2 17,2 26 22 0,9 1,1
Thaïlande 55,1 61,6 15,2 12,2 28 20 0,7 0,8
Viet Nam 67,5 79,2 20,6 14,7 31 19 0,6 0,7
Asie du Sud 1125,3 1363,3 291,3 301,1 26 22 0,9 1,0
Bangladesh 112,1 140,9 39,2 42,5 35 30 0,9 1,1
Inde 863,3 1033,3 215,8 221,1 25 21 0,9 1,0
Népal 19,1 24,1 3,9 4,0 20 17 0,8 1,0
Pakistan 113,7 146,3 27,7 29,3 24 20 0,8 1,1
Sri Lanka 17,0 18,8 4,8 4,1 28 22 0,8 0,9

AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES 443,4 521,2 59,5 52,9 13 10 0,8 0,9


Amérique du Nord 84,8 100,5 4,6 5,2 5 5 1,0 1,1
Mexique 84,8 100,5 4,6 5,2 5 5 1,0 1,1
Amérique centrale 28,8 36,9 5,0 7,4 17 20 1,2 1,5
Costa Rica 3,2 4,0 0,2 0,2 6 4 0,7 0,9
El Salvador 5,2 6,3 0,6 0,7 12 11 0,9 1,1
Guatemala 9,0 11,7 1,4 2,8 16 24 1,5 2,0
Honduras 5,0 6,6 1,1 1,5 23 22 1,0 1,3
Nicaragua 3,9 5,2 1,2 1,4 30 27 0,9 1,2
Panama 2,5 3,0 0,5 0,8 21 26 1,3 1,5
Caraïbes 28,5 31,7 7,8 6,7 27 21 0,8 0,9
Cuba 10,7 11,2 0,8 0,4 8 3 0,4 0,4
République dominicaine 7,2 8,5 1,9 2,1 27 25 0,9 1,1
Haïti 7,0 8,1 4,6 3,8 65 47 0,7 0,8
Jamaïque 2,4 2,6 0,3 0,3 14 10 0,7 0,8
Trinité-et-Tobago 1,2 1,3 0,2 0,2 13 12 0,9 1,0
Amérique du Sud 301,3 352,2 42,0 33,6 14 10 0,7 0,8
Argentine 33,0 37,5 0,7 0,6 - - 0,8 0,9
Bolivie 6,8 8,5 1,9 1,8 28 21 0,8 0,9
Rép. bolivarienne du Venezuela 20,0 24,8 2,3 4,3 11 17 1,5 1,9
Brésil 151,2 174,0 18,5 15,6 12 9 0,7 0,8
Chili 13,3 15,4 1,1 0,6 8 4 0,5 0,6
Colombie 35,7 42,8 6,1 5,7 17 13 0,8 0,9
Equateur 10,5 12,6 0,9 0,6 8 4 0,5 0,7
Guyana 0,7 0,8 0,2 0,1 21 9 0,5 0,5
Paraguay 4,3 5,6 0,8 0,8 18 14 0,8 1,0
Pérou 22,2 26,4 9,3 3,4 42 13 0,3 0,4
Suriname 0,4 0,4 0,1 0,0 13 11 0,8 0,8
Uruguay 3,1 3,4 0,2 0,1 6 4 0,6 0,6
(suite)

30 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


Tableau 1. Prévalence de la sous-alimentation et distance par rapport à l' OMD1 et aux objectifs du SMA2
dans les pays en développement

MONDE EN DÉVELOPPEMENT Population totale Nombre Proportion Ratio actuel Ratio actuel
Région/sous-région/pays de personnes des personnes et données et données
sous-alimentées sous-alimentées de référence de référence du
dans la de personnes du nombre
population totale sous-alimentées3 de personnes
sous-alimentées3
Ratio par rapport Ratio par rapport
1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 à la cible à la cible
(millions) (millions) (%) de l'OMD1 = 0,5 du SMA2 = 0,5
PROCHE-ORIENT ET AFRIQUE DU NORD* 322,8 399,4 24,8 39,2 8 10 1,3 1,6
Proche-Orient* 202,5 255,0 19,4 33,1 10 13 1,4 1,7
Iran, Rép. islamique d' 58,0 67,3 2,1 2,7 4 4 1,1 1,3
Jordanie 3,4 5,2 0,1 0,4 4 7 1,9 2,9
Koweït 2,1 2,3 0,5 0,1 23 5 0,2 0,3
Liban 2,8 3,5 0,1 0,1 - 3 1,2 1,5
Arabie saoudite 17,1 22,8 0,7 0,8 4 3 0,8 1,1
Rép. arabe syrienne 13,1 17,0 0,7 0,6 5 4 0,7 1,0
Turquie 58,7 69,3 1,0 1,8 - 3 1,6 1,9
Émirats arabes unis 2,1 2,9 0,1 0,1 4 - 0,5 0,6
Yémen 12,5 18,7 4,2 6,7 34 36 1,1 1,6
Afrique du Nord 120,4 144,4 5,4 6,1 4 4 1,0 1,1
Algérie 25,6 30,8 1,3 1,7 5 5 1,0 1,2
Égypte 57,0 69,1 2,5 2,4 4 3 0,8 1,0
Jamahirya arabe libyenne 4,4 5,3 0,0 0,0 - - 1,2 1,4
Maroc 25,0 29,6 1,5 2,0 6 7 1,1 1,3
Tunisie 8,4 9,6 0,1 0,1 - - 0,9 1,0

AFRIQUE SUBSAHARIENNE* 477,3 620,0 170,4 203,5 36 33 0,9 1,2


Afrique centrale 63,4 82,0 22,7 45,2 36 55 1,5 2,0
Cameroun 12,0 15,4 4,0 3,9 33 25 0,8 1,0
République centrafricaine 3,0 3,8 1,5 1,6 50 43 0,9 1,1
Tchad 6,0 8,1 3,5 2,7 58 34 0,6 0,8
Congo 2,6 3,5 1,4 1,3 54 37 0,7 1,0
Rép. dém. du Congo 38,8 49,9 12,2 35,5 32 71 2,3 2,9
Gabon 1,0 1,3 0,1 0,1 10 6 0,7 0,8
Afrique de l’Est* 167,8 217,7 76,4 86,2 46 40 0,9 1,1
Burundi 5,7 6,4 2,7 4,4 48 68 1,4 1,6
Érythrée** nd 3,9 nd 2,8 nd 73 nd nd
Éthiopie** nd 67,3 nd 31,3 nd 46 nd nd
Kenya 24,4 31,1 10,7 10,3 44 33 0,8 1,0
Rwanda 6,4 8,0 2,8 3,0 44 37 0,9 1,1
Soudan 25,5 32,2 8,0 8,5 32 27 0,8 1,1
Ouganda 17,9 24,2 4,2 4,6 24 19 0,8 1,1
Rép.-Unie de Tanzanie 27,0 35,6 9,9 15,6 37 44 1,2 1,6
Afrique australe 71,0 90,1 34,1 35,7 48 40 0,8 1,1
Angola 9,6 12,8 5,6 5,1 58 40 0,7 0,9
Botswana 1,4 1,7 0,3 0,6 23 32 1,4 1,7
Lesotho 1,6 1,8 0,3 0,2 17 12 0,7 0,8
Madagascar 12,3 16,4 4,3 6,0 35 37 1,1 1,4
Malawi 9,6 11,6 4,8 3,8 50 33 0,7 0,8
Maurice 1,1 1,2 0,1 0,1 6 6 0,9 1,0
Mozambique 13,9 18,2 9,2 8,5 66 47 0,7 0,9
Namibie 1,5 1,9 0,5 0,4 35 22 0,6 0,9
Swaziland 0,9 1,1 0,1 0,2 14 19 1,4 1,6
Zambie 8,4 10,6 4,0 5,2 48 49 1,0 1,3
Zimbabwe 10,7 12,7 4,9 5,6 45 44 1,0 1,1

Afrique de l’Ouest 175,1 230,3 37,2 36,4 21 16 0,7 1,0


Bénin 4,8 6,4 1,0 0,9 20 15 0,7 1,0
Burkina Faso 9,2 12,3 1,9 2,3 21 19 0,9 1,2
Côte d'Ivoire 12,9 16,1 2,3 2,2 18 14 0,8 1,0
Gambie 1,0 1,4 0,2 0,4 22 27 1,3 1,7
(suite)

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 31


Tableaux
Tableau 1. Prévalence de la sous-alimentation et distance par rapport à l' OMD1 et aux objectifs du SMA2
dans les pays en développement

MONDE EN DÉVELOPPEMENT Population totale Nombre Proportion Ratio actuel Ratio actuel
Région/sous-région/pays de personnes des personnes et données et données
sous-alimentées sous-alimentées de référence de référence du
dans la de personnes du nombre
population totale sous-alimentées3 de personnes
sous-alimentées3
Ratio par rapport Ratio par rapport
1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 1990-92 2000-02 à la cible à la cible
(millions) (millions) (%) de l'OMD1 = 0,5 du SMA2 = 0,5
Ghana 15,7 20,0 5,8 2,5 37 13 0,3 0,4
Guinée 6,4 8,2 2,5 2,1 39 26 0,7 0,9
Libéria 2,1 3,1 0,7 1,4 34 46 1,3 2,0
Mali 9,3 12,3 2,7 3,6 29 29 1,0 1,3
Mauritanie 2,1 2,7 0,3 0,3 15 10 0,6 0,8
Niger 7,9 11,1 3,2 3,8 41 34 0,8 1,2
Nigéria 88,7 117,8 11,8 11,0 13 9 0,7 0,9
Sénégal 7,5 9,6 1,8 2,3 23 24 1,0 1,3
Sierra Leone 4,1 4,6 1,9 2,3 46 50 1,1 1,2
Togo 3,5 4,7 1,2 1,2 33 26 0,8 1,0

NOTES * Plutôt que d'être présentées séparément, des estimations provisoires


Les pays révisent leurs statistiques officielles régulièrement aussi bien pour le pour l'Afghanistan, l'Iraq, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Somalie sont
passé que pour le présent. Il en va de même pour les chiffres de la population incluses dans les blocs de statistiques régionales.
des Nations Unies. Lorsque cela se produit, la FAO révise ses estimations sur ** L'Érythrée et l'Éthiopie n'étaient pas des entités séparées en
la sous-alimentation en conséquence. Il est donc conseillé aux lecteurs de se 1990-92, mais on a inclus des estimations, en nombre et en pourcentage,
concentrer exclusivement sur l'évolution des estimations dans le temps dans de la population sous-alimentée de l'ancienne République démocratique
ce même numéro de L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde et de ne populaire d'Éthiopie dans les blocs de statistiques régionales et sous-
pas comparer les données publiées dans les éditions précédentes. régionales concernant cette période.

Ne sont pas inclus dans ce tableau les pays pour lesquels les données LÉGENDE
étaient insuffisantes. - proportion de sous-alimentés inférieure à 2,5%
nd donnée non diponible
1
Objectif du Millénaire pour le développement 1, réduire de moitié, entre 0,0 zéro ou moins de la moitié de l'unité indiquée
1990 et 2015, la proportion de personnes souffrant de la faim.
2
Objectif du Sommet mondial de l'alimentation: réduire de moitié entre SOURCES
1990-92 et 2015, le nombre de personnes sous-alimentées. Population totale: Division de la population de l'ONU, Perspectives de la
3
Les données actuelles se rapportent aux estimations de 2000-02 et les population de l'ONU, révision de 2002.
données de référence aux estimations de 1990-92. Sous-alimentation: estimations de la FAO.

32 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


Tableau 2. Quelques indicateurs pour les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans les pays
en développement, classés par catégorie de prévalence de la sous-alimentation

CATÉGORIE DE PRÉVALENCE Proportion de Prévalence Taux net Ratio Taux de mortalité Taux Proportion
DE LA SOUS-ALIMENTATION la population des enfants d'inscription filles/garçons des enfants de de mortalité du territoire
dans la population totale vivant avec de moins dans dans moins de cinq ans maternelle national
2000-02 moins de de cinq ans le primaire le primaire (pour 1 000 (pour 100 000 couvert
1 dollar EU présentant un naissances naissances de forêts
PPA/jour déficit pondéral vivantes) vivantes)
OMD 1 OMD 4 OMD 6 OMD 9 OMD 13 OMD 16 ODM 25
1990 2004 1990 2004 1990 2002 1990 2002 1990 2003 1990 2000 1990 2000
Pays (%) (%) (%) (%)
MOINS DE 2,5 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Argentine 2 3 nd 5 94 nd 1,04 1,00 28 20 100 82 14 13
Jamahiriya arabe libyenne nd nd nd 5 96 nd 0,94 1,00 42 16 220 97 0 0
Malaisie 2 2 25 12 94 93 1,00 1,00 21 7 80 41 66 59
Rép. de Corée nd 2 nd nd 100 100 1,01 1,00 9 5 130 20 64 63
Tunisie 2 2 10 4 94 97 0,89 0,96 52 24 170 120 3 3
Émirats arabes unis nd nd nd 7 99 83 0,97 0,97 14 8 26 54 3 4

DE 2,5 À 4 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Chili 6 2 2 1 88 86 0,98 0,98 19 9 65 31 21 21
Costa Rica 5 2 3 5 87 90 0,99 0,98 17 10 55 43 42 39
Cuba nd nd nd 4 92 93 0,97 0,96 13 8 95 33 19 21
Équateur 2 18 17 12 98 100 0,99 1,00 57 27 150 130 43 38
Égypte 4 3 10 9 84 91 0,83 0,95 104 39 170 84 0 0
Iran, Rép. islamique d' 2 2 nd 11 92 86 0,90 0,97 72 39 120 76 4 4
Liban nd nd nd 3 78 91 0,96 0,97 37 31 300 150 4 4
Arabie saoudite nd nd nd 14 59 54 0,86 0,96 44 26 130 23 1 1
Rép. arabe syrienne nd nd 12 7 92 98 0,90 0,95 44 18 180 160 3 3
Turquie 2 2 10 8 90 86 0,92 0,93 78 39 180 70 13 13
Uruguay 2 2 6 nd 92 90 0,99 0,98 24 14 85 27 5 7

DE 5 À 9 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Algérie 2 2 9 6 93 95 0,85 0,93 69 41 160 140 1 1
Brésil 14 8 7 6 86 97 0,94 0,95 60 35 220 260 67 64
Gabon nd nd nd 12 86 78* 0,98 0,99 92 91 500 420 85 85
Guyana 8 3 18 14 89 99 0,98 0,98 90 69 nd 170 81 79
Indonésie 17 8 40 26 97 92 0,98 0,98 91 41 650 230 65 58
Jordanie 2 2 6 4 94 92 1,01 1,01 40 28 150 41 1 1
Koweït nd nd 11 2 49 83 0,95 1,00 16 9 29 5 0 0
Maurice nd nd 24 15 95 97 1,00 1,01 25 18 120 24 8 8
Mexique 8 10 17 8 99 99 0,98 0,99 46 28 110 83 32 29
Maroc 2 2 12 9 57 90 0,69 0,90 85 39 610 220 7 7
Myanmar nd nd 32 35 98 84 0,95 1,01 130 107 580 360 60 52
Nigéria 66 70 35 29 60 67 0,78 0,81 235 198 1 000 800 19 15

DE 10 À 19 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Bénin nd nd 35 23 45 58* 0,50 0,72 185 154 990 850 30 24
Rép. bolivarienne du Venezuela 3 14 8 4 88 91 1,03 0,98 27 21 120 96 59 56
Burkina Faso 63 45 33 38 26 36 0,63 0,74 210 207 930 1 000 26 26
Chine 33** 17** 17** 10** 97** nd 0,93** 1,00** 49** 37** 95** 56** 16 18
Colombie 2 8 10 7 68 87 1,15 0,99 36 21 100 130 50 48
Côte d'Ivoire 10 11 12 21 46 61 0,71 0,80 157 192 810 690 31 22
El Salvador 21 31 15 10 73 90 1,01 0,95 60 36 300 150 9 6
Ghana 18 45 30 22 52 63 0,83 0,95 125 95 740 540 33 28
Jamaïque 8 2 7 4 96 95 0,99 0,99 20 20 120 87 35 30
Lesotho 30 36 16 18 73 86 1,21 1,01 120 84 610 550 0 0
Mauritanie 47 26 48 32 35 68 0,73 0,97 183 183 930 1 000 0 0
Népal nd 39 nd 48 81 70* 0,61 0,89 145 82 1 500 740 33 27
Paraguay 5 16 4 5 93 89 0,97 0,96 37 29 160 170 62 59
Pérou 2 18 11 7 88 100 0,97 1,00 80 34 280 410 53 51
Suriname nd nd nd 13 78 97 1,00 0,98 48 39 nd 110 90 90
Swaziland 8 nd nd 10 77 75 0,98 0,93 110 153 560 370 27 30
(suite)

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 33


Tableaux
Tableau 2. Quelques indicateurs pour les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans les pays
en développement, classés par catégorie de prévalence de la sous-alimentation

CATÉGORIE DE PRÉVALENCE Proportion de Prévalence Taux net Ratio Taux de mortalité Taux Proportion
DE LA SOUS-ALIMENTATION la population des enfants d'inscription filles/garçons des enfants de de mortalité du territoire
dans la population totale vivant avec de moins dans dans moins de cinq ans maternelle national
2000-02 moins de de cinq ans le primaire le primaire (pour 1 000 (pour 100 000 couvert
1 dollar EU présentant un naissances naissances de forêts
PPA/jour déficit pondéral vivantes) vivantes)
OMD 1 OMD 4 OMD 6 OMD 9 OMD 13 OMD 16 ODM 25
1990 2004 1990 2004 1990 2002 1990 2002 1990 2003 1990 2000 1990 2000
Pays (%) (%) (%) (%)
Trinité-et-Tobago 4 nd 7 6 91 91 0,99 0,97 24 20 90 160 55 50
Ouganda 88 85 23 23 53 nd 0,80 0,98 160 140 1 200 880 26 21
Viet Nam 15 2 45 33 91 94* 0,93 0,93 53 23 160 130 29 30

DE 20 À 34 % DE SOUS-ALIMENTÉS
Bangladesh 36 36 66 52 71 84 0,86 1,04 144 69 850 380 9 10
Bolivie 6 14 11 8 91 95 0,91 0,99 120 66 650 420 50 49
Botswana 31 nd nd 13 85 81 1,08 1,00 58 112 250 100 24 22
Cambodge nd 34 nd 45 67 93 0,81 0,90 115 140 900 450 56 53
Cameroun nd 17 15 21 74 nd 0,86 0,85 139 166 550 730 56 51
Tchad nd nd 35 28 37 63 0,45 0,64 203 200 1 500 1 100 11 10
Rép. dominicaine 4 2 10 5 58 96 1,02 1,02 65 35 110 150 28 28
Gambie 54 nd nd 17 48 79 0,68 0,98 154 123 1 100 540 44 48
Guatemala 35 16 33 23 64 87 0,88 0,93 82 47 200 240 31 26
Guinée nd nd nd 23 26 65 0,47 0,77 240 160 1 600 740 30 28
Honduras 38 21 18 17 90 87* 1,05 1,02* 59 41 220 110 53 48
Inde 42 35 64 47 nd 88 0,76 0,94 123 87 570 540 21 22
Kenya 34 23 23 20 74 66 0,95 0,94 97 123 650 1 000 32 30
Rép. dém. populaire lao 8 26 44 40 63 85 0,79 0,87 163 91 650 650 57 54
Malawi nd 42 28 22 50 nd 0,83 0,96 241 178 560 1 800 35 27
Mali 16 nd 31 33 20 44 0,60 0,76 250 220 1 200 1 200 12 11
Namibie nd 27 12 13 90 79 1,02 1,02 104 68 65 110 7 7
Namibie 35 nd 26 24 83 78 1,09 1,01 86 65 370 300 11 10
Nicaragua 48 45 11 10 72 85 1,06 0,99 68 38 160 230 37 27
Niger 42 61 43 40 24 38 0,58 0,69 320 262 1 200 1 600 2 1
Pakistan 48 13 40 38 35 59* nd 0,71 130 103 340 500 4 3
Panama 12 7 6 7 92 100 0,96 0,97 34 24 55 160 46 39
Philippines 20 15 34 31 97 94 0,99 0,99 63 36 280 200 22 19
Sénégal 45 22 22 23 47 58 0,73 0,92 148 137 1 200 690 35 32
Sri Lanka 4 8 37 29 90 nd 0,96 0,99 32 15 140 92 35 30
Soudan nd nd 34 41 43 46* 0,77 0,87 120 93 660 590 30 26
Thaïlande 18 2 25 18 76 85 0,96 0,96 40 26 200 44 31 29
Togo nd nd 25 25 75 91 0,66 0,83 152 140 640 570 13 9

35 % DE SOUS-ALIMENTÉS OU PLUS
Angola nd nd 20 31 58 61* 0,92 0,86* 260 260 1 500 1 700 57 56
Burundi 45 55 38 45 53 57 0,84 0,81 190 190 1 300 1 000 9 4
République centrafricaine 67 nd nd 24 54 nd 0,63 0,68 180 180 700 1 100 37 37
Congo nd nd 24 14 79 54 0,90 0,93 110 108 890 510 65 65
Rép. populaire dém. de Corée nd nd nd 21 nd nd nd nd 55 55 70 67 68 68
Rép. dém. du Congo nd nd nd 31 55 nd 0,75 0,90* 205 205 870 990 62 60
Érythrée nd nd 41 40 16 45 0,94 0,81 147 85 1 400 630 14 13
Éthiopie nd 23 48 47 23 47 0,66 0,73 204 169 1 400 850 5 4
Haïti nd nd 27 17 22 nd 0,94 nd 150 118 1 000 680 6 3
Libéria nd nd nd 27 nd 70* nd 0,73* 235 235 560 760 38 31
Madagascar 46 61 41 33 65 79 0,98 0,96 168 126 490 550 22 20
Mozambique nd 38 nd 24 45 55 0,76 0,81 235 158 1 500 1 000 40 39
Rwanda nd 52 29 27 67 87 0,98 1,00 173 203 1 300 1 400 19 12
Sierra Leone 57 nd 29 27 41 nd 0,69 0,70* 302 284 1 800 2 000 20 15
Rép.-Unie de Tanzanie 49 nd 29 29 50 69 0,98 0,97 163 165 770 1 500 45 44
Yémen 4 16 30 46 52 72 0,35 0,69 142 113 1 400 570 1 1
Zambie 65 64 25 28 79 68 0,91 0,93 180 182 940 750 53 42
Zimbabwe 33 56 12 13 86 80 0,99 0,98 80 126 570 1 100 57 49

34 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


Tableau 2. Quelques indicateurs pour les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans les pays
en développement, classés par catégorie de prévalence de la sous-alimentation

NOTES grossesse ou dans les 42 jours suivant l'accouchement, quels que soient la
* Renvoie à l'année précédente. durée ou le site de la grossesse, pour toute raison associée à la grossesse
** Les chiffres ne concernent que la Chine continentale. Les autres chiffres ou à sa prise en charge, ou aggravée par celle-ci, mais pas pour des causes
comprennent des données pour la Chine continentale, la RAS de Hong Kong, accidentelles. Les données proviennent d'enquêtes différentes et peuvent
la RAS de Macao et Taïwan, Province de Chine. donc renvoyer à des méthodologies différentes. La marge d'incertitude des
estimations du taux de mortalité maternelle est très grande et il convient
Proportion de la population vivant avec moins de 1 dollar EU à parité du donc de ne pas utiliser ces estimations en vue du suivi des tendances à
pouvoir d'achat (PPA) par jour (indice numérique de pauvreté à 1 dollar par court terme. Par ailleurs, les comparaisons entre pays exigent la plus
jour (PPA): la proportion de gens vivant avec moins de 1 dollar par jour et le grande prudence étant donné que différentes méthodes sont utilisées d'un
pourcentage de la population dont les dépenses de consommation pays à l'autre pour le calcul des estimations, d'où la difficulté de procéder à
moyennes sont inférieures à 1,08 dollar par jour, mesurées en prix de 1993 des comparaisons.
et converties au taux de PPA. Suite aux révisions apportées au taux de
change du PPA, les taux de pauvreté ne peuvent plus être comparés à ceux Proportion du territoire national couvert de forêts: les zones forestières
précédemment signalés pour les différents pays. Toutes les estimations de sont des terres plantées ou naturellement boisées, affectées ou non à des
2 % de l'indice numérique de pauvreté indiquent que les valeurs réelles sont fins productives.
inférieures ou égales à 2 %, et qu'elles doivent être traitées avec prudence.
La date des enquêtes varie. Pour chaque pays, les données mentionnées LÉGENDE
correspondent à l'année la plus proche de 1990 dans la décennie 1985-1994, nd Données non disponibles
ainsi qu'à l'année la plus récente de la décennie 1995-2004, avec une
période de cinq ans au moins entre les enquêtes. SOURCES
Chaque fois que possible, les données tirées de la base de données en ligne
Prévalence des enfants de moins de cinq ans présentant un déficit sur les OMD de la Division de la statistique des Nations Unies ont été
pondéral: il s'agit de la proportion d'enfants âgés de moins de cinq ans dont complétées par des données plus récentes fournies par les pays.
le poids est inférieur à deux écarts types en dessous du rapport poids/âge
médian pour la population de référence internationale âgée de 0 à 59 mois, Proportion de la population vivant avec moins de 1 dollar à parité de
adopté par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce rapport renvoie à pouvoir d'achat (PPA) par jour: Banque mondiale, Indicateurs du
un déficit pondéral de modéré à grave. La date des enquêtes varie. Pour développement dans le monde 2005.
chaque pays, les données mentionnées correspondent à l'année la plus
proche de 1990 dans la décennie 1985-1994, ainsi qu'à l'année la plus Prévalence des enfants de moins de cinq ans présentant un déficit
récente de la décennie 1995-2004, avec une période de cinq ans au moins pondéral: base de données en ligne du Fonds des Nations Unies pour
entre les enquêtes. Certaines enquêtes peuvent renvoyer à des groupes l'enfance (UNICEF); base de données en ligne de l'OMS; Banque mondiale,
d'âges différents. Indicateurs du développement dans le monde, 2005.

Taux d'inscription net à l'école primaire: le ratio d'inscription net est le Taux d'inscription net à l'école primaire: données de 1990 de l'Organisation
rapport entre le nombre d'enfants d'âge scolaire (tels que définis par le des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) citées
système d'éducation national) inscrits à l'école et le nombre total d'enfants sur la base de données en ligne sur les OMD de la Division de la statistique
entrant dans cette même fourchette d'âge. L'enseignement primaire fournit des Nations Unies; données les plus récentes provenant de la base de
aux enfants des compétences élémentaires de lecture, d'écriture et de données en ligne de l'Unesco.
calcul ainsi que les rudiments de matières telles que l'histoire, la
géographie, les sciences naturelles, les sciences sociales, l'art et la Ratio filles/garçons dans l'enseignement primaire: données de 1990
musique. provenant de l'UNESCO, figurant dans la base de données en ligne sur les
OMD de la Division de la statistique des Nations Unies; données les plus
Ratio filles/garçons dans l'enseignement primaire: l'enseignement récentes de la base de données en ligne de l'UNESCO. Certaines données
primaire comprend des établissements publics et privés. Le ratio entre les proviennent de l'Institut de la statistique de l'UNESCO ou des estimations
filles et les garçons est calculé en divisant le taux brut d'inscription scolaire nationales.
des filles par celui des garçons. Le taux brut d'inscription scolaire se
rapporte à un certain niveau d'éducation, quel que soit l'âge, qui est Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans: base de données en
exprimé en pourcentage de la population dans le groupe d'âge scolaire ligne de l'UNICEF.
théorique correspondant à ce niveau d'éducation.
Taux de mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes): données
Mortalité des enfants de moins de cinq ans: la probabilité qu'un nouveau-né de 1990 provenant de l'OMS, de l'UNICEF, du Fonds des Nations Unies pour
meure avant d'atteindre l'âge de cinq ans dans l'hypothèse d'un maintien la population (FNUAP), citées sur la base de données en ligne sur les OMD
des taux de mortalité par âge. Les données proviennent d'enquêtes de la Division de la statistique des Nations Unies; données les plus récentes
différentes et peuvent donc renvoyer à différentes méthodologies. provenant de la base de données en ligne de l'UNICEF.

Ratio de mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes): la notion Proportion du territoire national couvert de forêts: FAO, Évaluation des
de mortalité maternelle se rapporte au décès des femmes durant la ressources forestières dans le monde 2000.

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 35


Sources
L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde gender equity. Institute for the Study of Labor de SIDA. Genève, Suisse, Programme
2005 est fondé principalement sur des données (IZA) Discussion Paper No. 1031 (disponible commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA et
et analyses fournies par les divisions techniques sur [Link] Organisation mondiale de la santé.
de la FAO. Des références spécifiques citées dans [Link]?abstract_id=515945). Projet des Nations Unies pour le Millénaire.
la présente édition comprennenent ce qui suit. International Institute for Population Sciences. 2005. Combating AIDS in the developing
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36 L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005


L’initiative du SICIAV et les objectifs du Millénaire pour le développement

Dans la Déclaration du Millénaire, les dirigeants mondiaux avaient pris l’engagement suivant:
«Nous ne ménagerons aucun effort pour délivrer nos semblables – hommes-femmes et enfants
– de la misère, phénomène abject et déshumanisant». Les objectifs du Millénaire pour le déve-
loppement associés à cette Déclaration ont fixé des cibles concrètes et des indicateurs pour mesu-
rer les progrès accomplis afin de concrétiser la noble vision consistant à «mettre l’humanité entiè-
re à l’abri du besoin».
Aujourd’hui, il ne reste plus que 10 ans pour atteindre les cibles des OMD. L’attention a surtout
porté sur le premier de ces objectifs, consistant à réduire de moitié la proportion de personnes
cherchant à survivre avec moins d’un dollar par jour, afin de reléguer la pauvreté au rang d’his-
toire ancienne. Mais le premier objectif du Millénaire ne parle pas seulement de réduire la pau-
vreté calculée en fonction du revenu. Il comprend également l’engagement à réduire de moitié la
proportion de personnes qui souffrent de la faim, car être libéré de la faim est le droit de chaque
être humain, sans distinction de race, religion, sexe, âge ou tout autre critère par lequel nous divi-
sons la race humaine.
Lors de l’élaboration des OMD, réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim était cité ensemble
et en tête de liste, ce qui est parfaitement logique. La faim est à la fois l’un des symptômes les plus
douloureux et l’une des causes les plus importantes de l’extrême pauvreté. Et cependant, on parle
rarement de la faim dans les débats sur l’OMD 1, tout comme la faim a été depuis trop longtemps
absente de l’ordre du jour du développement.
Comme le démontre cette édition de L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde, la réduc-
tion de la faim est peut-être la mesure la plus essentielle si nous voulons réaliser la plupart des
autres OMD. La faim mine en effet la santé, l'éducation, la productivité et la pérennité de l'envi-
ronnement. Des femmes affamées donnent naissance à des enfants qui ont faim, avec des risques
nettement accrus de mortalité maternelle et infantile. Des enfants affamés ne peuvent apprendre.
Des adultes affamés ne peuvent pas travailler aussi dur ou gagner autant. Des personnes souf-
frant de la faim sont plus exposées aux maladies infectieuses et aux maladies graves et leur taux
de mortalité est plus élevé. Des personnes qui ont faim devront utiliser tous les moyens à leur dis-
position pour survivre, même s’il faut pour cela dégrader les ressources naturelles dont elles
dépendent.
Nous ne pouvons pas laisser se poursuivre ce cercle vicieux de la misère. Si nous voulons élimi-
ner l’extrême pauvreté et réaliser les autres OMD, nous devons tout d’abord mobiliser les ressources,
les énergies et les engagements politiques pour reléguer la faim au rang d’histoire ancienne.
Le Groupe de travail interinstitutions pour les Systèmes d’information et de cartographie sur
l’insécurité alimentaire et la vulnérabilité (GTII-SICIAV) agit précisément dans ce sens en fournis-
sant les informations nécessaires afin de stimuler, cibler et suivre les mesures efficaces destinées
à mettre un terme à la faim. Les mandats de base de nos différentes institutions membres cou-
vrent tous les OMD. Dans le Groupe de travail interinstitutions pour les SICIAV, nous rassemblons
tous les éléments de ces mandats pouvant servir dans le combat contre la faim.
À partir d’une évaluation détaillée indépendante de nos activités, de nos structures et de nos
processus, nous sommes en train d’améliorer notre pertinence, nos délais d’intervention et notre
efficacité. Ayant tiré les enseignements des activités qui avaient porté leurs fruits et, surtout, de
celles qui avaient échoué, nous formulons un nouveau plan de travail et révisons notre structure
opérationnelle. Ces changements permettront non pas de modifier, mais de renforcer notre man-
dat de base – fournir un cadre pour une large gamme d’activités nationales et internationales des-
tinées à collecter, analyser et diffuser des informations améliorées pouvant être utilisées active-
ment afin de réduire la faim et d’assurer la sécurité alimentaire pour tous.
Nous reconnaissons que la bataille contre la faim sera longue et dure et que nous devons être
prêts à relever le défi. Nous pensons qu’à la fin, notre processus de planification des activités sera
à la hauteur de la tâche qui nous attend.

Lynn Brown (Banque mondiale)


Présidente, GTII-SICIAV

Les membres du GTII-SICIAV comprennent des organismes d’aide bilatérale et des agences tech-
niques, des organismes des Nations Unies et de Bretton Woods, des organisations internatio-
nales de recherche agricole, des organisations internationales non gouvernementales et des
organisations régionales. Pour obtenir un complément d’information sur le SICIAV et ses membres,
consulter le site web [Link] ou envoyer un courriel à l’adresse FIVIMS-Secretariat@[Link]
L’état de
l’insécurité alimentaire dans le monde
Il ne reste plus que 10 ans avant 2015. Les dirigeants mondiaux s’étaient
engagés, pour cette date, à réduire de moitié la faim et l’extrême pauvreté
et à réaliser des progrès substantiels en matière d’éducation, de santé,
d’équité sociale, de pérennité environnementale et de solidarité
internationale. L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005
examine les progrès accomplis en vue de la réalisation des objectifs du
Sommet mondial de l’alimentation et des objectifs du Millénaire pour le
développement (OMD) en soulignant qu’il est essentiel de réduire la faim,
non seulement parce que cela est explicitement prévu dans l'OMD 1, mais
aussi parce qu'il s'agit d'une condition indispensable à la réalisation des
autres OMD.

Le rapport présente des preuves convaincantes qui montrent que la faim et


la malnutrition sont des causes importantes du dénuement et de la misère,
qui sont visés par tous les autres OMD. Les progrès dans la réalisation de
ces objectifs ont marqué le pas, notamment dans les pays et les régions où
les efforts visant à réduire la faim se sont enlisés.

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2005 souligne que la


plupart, sinon la totalité, des OMD peuvent encore être atteints, mais
seulement à condition de redoubler d’efforts et de recentrer les
interventions, en tenant compte de deux éléments essentiels: en l’absence
de progrès rapides dans la réduction de la faim, la réalisation de tous les
autres OMD se révélera difficile, voire impossible; et la bataille visant à
éliminer la faim et à atteindre les autres OMD sera gagnée ou perdue dans
les zones rurales où vit la grande majorité des populations souffrant de la
faim dans le monde.

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