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Impact du Financement Bancaire sur la Pauvreté au Sénégal

Cet article analyse l'effet du financement bancaire sur la pauvreté au Sénégal, en utilisant des données de la Banque mondiale de 1990 à 2021. Les résultats montrent que les prêts au secteur privé améliorent le revenu par habitant et le développement humain, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté. Cependant, l'accès limité aux services financiers et les obstacles rencontrés par les PME et le secteur agricole entravent l'impact positif potentiel de ce financement.

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Impact du Financement Bancaire sur la Pauvreté au Sénégal

Cet article analyse l'effet du financement bancaire sur la pauvreté au Sénégal, en utilisant des données de la Banque mondiale de 1990 à 2021. Les résultats montrent que les prêts au secteur privé améliorent le revenu par habitant et le développement humain, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté. Cependant, l'accès limité aux services financiers et les obstacles rencontrés par les PME et le secteur agricole entravent l'impact positif potentiel de ce financement.

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JEMS

Volume 1 ISSUE 1, 2024.


[Link]
Legal deposit : 2024PE0045

THE EFFECT OF BANK FINANCING ON POVERTY IN


SENEGAL
NDIAYE Pierre Aloyse Mundor
PhD Candidate, Iba Der THIAM University – Thiès – Senegal.
aloysendiaye2015@[Link]
DRAMANI Latif
Teacher-Researcher in economics.
Iba Der THIAM University – Thiès – Senegal.

To cite this article :


Ndiaye, P. A. M., & Dramani, L. (2024). The effect of banking financing on poverty
in Senegal. Journal of Economic and Managerial Studies, vol. 1, no 1, p.p 13-45.

Submission : Jun. 27, 24 Acceptance : July. 10, 24 Publication : Nov. 08,24

Abstract :

The aim of this article is to analyse the effect of bank financing on poverty
levels in Senegal. Using the ordinary least squares method on World Bank data
between 1990 and 2021, we analyse the impact of private sector lending on
monetary poverty, as measured by gross national income per capita, and its
impact on multidimensional poverty, as measured by the Human Development
Index. From our results, it is clear that loans to the private sector have a
positive effect on per capita income and the level of human development,
leading to a reduction in the poverty rate in Senegal.

Keywords : Bank financing, Poverty, Ordinary Least Squares, Gross National


Income per capita, Human Development Index.
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Revue des études économiques et managériales -REEM


Journal of Economic and Managerial Studies - JEMS
JEMS
Volume 1 ISSUE 1, 2024.
[Link]
Legal deposit : 2024PE0045

L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU


SENEGAL
NDIAYE Pierre Aloyse Mundor
Doctorant, Université Iba Der THIAM – Thiès -.Sénégal
aloysendiaye2015@[Link]
DRAMANI Latif
Enseignant-Chercheur, Professeur agrégé Titulaire en Economie
Université Iba Der THIAM – Thiès – Sénégal

Pour citer cet article :


Ndiaye, P. A. M., & Dramani, L. (2024). L’effet du financement bancaire sur la
pauvreté au Sénégal. Revue des Études Économiques et Managériales, vol.1, N.1
p.p 13-45.

Soumission : 27 Juin, 24 Acceptation : 10 Juill., 24 Publication : 08 nov., 24

Résumé :

Le présent article a pour objectif d’analyser l’effet du financement bancaire


sur le niveau de pauvreté au Sénégal. En utilisant la méthode des moindres
carrés ordinaires sur les données de la Banque mondiale entre 1990 et 2021,
nous analysons l'impact des prêts accordés au secteur privé sur la pauvreté
monétaire, déterminée par le revenu national brut par habitant, et son impact
sur la pauvreté multidimensionnelle, évaluée par l'Indice de Développement
Humain. D'après nos résultats, il est évident que les prêts accordés au secteur
privé ont un effet positif sur le revenu par habitant et le niveau de
développement humain, ce qui entraîne une diminution du taux de pauvreté
au Sénégal.
14

Mots clés : Financement bancaire, Pauvreté, Moindres Carrés Ordinaire, Revenu


National Brut/habitant, Indice de Développement Humain
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Revue des études économiques et managériales -REEM


Journal of Economic and Managerial Studies - JEMS
L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

Introduction

La situation de pauvreté du Sénégal demeure être de nos jours plutôt


préoccupante. Cela bien que le pays possède le taux de pauvreté le plus bas de
la zone UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africain). En effet,
malgré une évolution baissière de la pauvreté entre 2011 et 2018/2019, avec
un taux de pauvreté monétaire passé respectivement de 42,8% à 32,5%
(ANSD, 2021) ; le taux de pauvreté monétaire se situe désormais à un niveau
encore relativement élevé avec 37,5% en 2021/2022 (ANSD, 2024). La
population pauvre, en raison notamment du rythme d'évolution annuelle de la
population plus rapide que celui de la diminution de la pauvreté, continue de
croître en valeur absolue. De 5 832 008 en 2011, elle a augmenté pour atteindre
6 032 379 en 2018 (ANSD, 2021). Entre 2018/2019 et 2021/2022, cette
population a augmenté de près de 500 000 personnes (ANSD, 2024). A noter
que le milieu rural (53,3%) est plus touché par cette pauvreté que le milieu
urbain (20,0%) et que les régions les plus touchées par la pauvreté sont les
régions de Sédhiou (64,4%), Kédougou (65,7%), Tambacounda (62,8%),
Kolda (62,5%) [ANSD (2024)]. S’agissant de l’extrême pauvreté, les résultats
de l’ANSD montrent une baisse sur la période allant de 2011 à 2018 avec
respectivement 12,2% et 6,8% [ANSD (2021)]. Cette baisse s’est poursuivie
jusqu’en 2021/2022 où il s’est situé à 5,6% [ANSD (2024)]. Tous ces chiffres
reflètent ainsi les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses
familles sénégalaises dans leur quotidien. Malgré une croissance économique
relativement élevée, le taux de pauvreté reste élevé. Ce niveau encore élevé
de la pauvreté est aussi confirmé par cet autre indicateur aidant à refléter l’état
de pauvreté d’un pays à savoir, l’Indice de Développement Humain (IDH).
Concernant ce dernier, le Sénégal occupe la 170ème place sur 191 pays pour un
IDH de 0,511 point en 2021 [Nations Unies (2023)]. Ce qui souligne les
15

limitations des approches traditionnelles de réduction de la pauvreté.


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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

C’est donc en ce sens que l’Etat sénégalais, à travers le Plan Sénégal


Emergent, accorde une importance particulière au financement bancaire de
l’économie qu’il considère comme pouvant jouer un rôle crucial dans la lutte
contre la pauvreté. Cela en offrant, notamment aux populations et petites et
moyennes entreprises (PME), des opportunités de financement pour
développer leurs activités économiques. Cependant, cet impact potentiel du
financement bancaire sur la réduction de la pauvreté est encore, aux vues des
chiffres existants à améliorer au Sénégal. En effet, seuls 7,8% de la population
adulte sénégalaise sont en possession d’au moins un compte dans une banque
ou un établissement financier formel et utilisent les services financiers contre
15,1% dans les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) [DRS-SFD (2017)].
Concernant les PME, seuls 13,8% d’entre elles ont un compte dans une banque
ou un établissement financier formel contre 36,4% dans les SFD [DRS-SFD
(2017)]. L’accès aux banques et aux établissements financiers formels semble
donc plutôt faible. Son amélioration peut être cruciale, sachant que l'accès à
des services financiers formels, tels que les prêts bancaires, peut permettre, à
l’image actuelle des institutions de microfinances, aux populations
défavorisées de développer leurs entreprises, d'investir dans des projets
générateurs de revenus et de créer des emplois. Ce qui peut contribuer à une
croissance économique plus inclusive et à une réduction significative de la
pauvreté.

Problématique

Dans ce contexte, le financement bancaire, qui est un élément clé de la


stratégie de développement du pays à travers notamment le Plan Sénégal
Emergent (PSE), et qui est perçu comme un moteur de l'investissement et de
la croissance économique, devrait permettre au pays de faire face à ces
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nombreux défis de réduction de la pauvreté. Cependant, ce financement


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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

bancaire fait face à de nombreux obstacles affaiblissant fortement sa


contribution à la baisse de la pauvreté.

Dans un premier temps, malgré leur importance dans l’économie, les PME
Sénégalaises ont des difficultés à accéder aux financements bancaires. En
effet, les PME représentent 80% des entreprises privées du Sénégal,
contribuent à 30% au PIB et emploient près de 60% de la population active.
Toutefois, les PME ne représentent en moyenne que 16% du portefeuille des
banques. (Plan Sénégal Emergent, 2014). Cela principalement en raison du
risque élevé associé à ces types d’entreprises et de la réglementation bancaire
stricte.

En second lieu, le taux de chômage encore plutôt élevé au Sénégal, et


contribuant fortement aux faibles niveaux de revenus des populations,
constitue aussi une des contraintes majeures au financement et à l’inclusion
financière. Cela comme en atteste d’ailleurs les résultats ressortant les
obstacles à l’inclusion financière au Sénégal où il est constaté au niveau des
banques, que 69% des adultes ont comme obstacle à l’obtention d’un compte
bancaire, l’insuffisance de revenus (Ministère des Finances et du Budget,
2022).

Aussi, les prêts accordés par les banques sont généralement à court terme et à
des taux d'intérêt élevés. Ce qui rend difficile pour les entreprises de planifier
à long terme et d'investir dans des projets à forte intensité de capital, pouvant
contribuer considérablement à la réduction de la pauvreté. Cette situation
soulève à cet effet, le problème de la contribution de l’Etat sur le plan
notamment de la protection des ayants droits au financement bancaire par des
politiques de soutien à l’obtention de crédits au financement pour le secteur
privé (PME entre autres).
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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

De plus, le secteur agricole sénégalais, malgré son rôle primordial joué dans
l’économie, dans l’emploi de la population et dans la réduction de la pauvreté,
fait également face à des difficultés d’accès au financement bancaire. Ce qui
constitue une contrainte majeure à sa croissance. Les banques, en effet,
considèrent que le crédit de campagne aux petits exploitants agricoles est à
haut risque, plus particulièrement pour les chaînes de valeur céréalières. Et
cela, en dépit de l’augmentation observée du volume de crédit accordé aux
producteurs de riz dans la vallée du fleuve Sénégal passant de 3.5 à 10
milliards de Francs CFA entre 2011 et 2017 (USAID, 2019).

Face à ces difficultés relatives au financement bancaire des différents secteurs


favorisant l’emploi, la croissance et par ricochet la réduction de la pauvreté
que sont notamment les PME et l’agriculture ; et à l'importance accordée au
financement bancaire dans la stratégie de développement du pays, il semble
crucial de se poser la question à savoir : Quels sont les effets du financement
bancaire sur la réduction de la pauvreté au Sénégal ? Par cette
problématique, nous analyserons les mécanismes à travers lesquels le
financement bancaire peut favoriser ou entraver les efforts de réduction de la
pauvreté.

1. Revue de la littérature

La relation entre le développement financier et la pauvreté a suscité une large


littérature empirique avec des résultats faisant l’objet de controverses et de
désaccords. A cet effet, deux visions empiriques de la relation
« développement financier-pauvreté » s’opposent à savoir une vision
« positiviste » et une vision « négativiste ». A la suite d’un parcours
approfondi de la littérature empirique, il nous a ainsi été possible de constater
qu’un grand nombre d’études a cherché à examiner la relation existante entre
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le développement financier et la réduction de la pauvreté.


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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

De ce fait De la Torre, Gozzi et Schmukler (2006) ont examiné les relations


entre la finance, la croissance économique et la réduction de la pauvreté dans
une série de pays en développement. L'échantillon de l'étude comprend 50
pays en développement et la période d'étude s'étend de 1960 à 2000. Les
auteurs ont utilisé une méthode économétrique appelée "panel data analysis"
pour examiner l'impact de la finance sur la croissance économique et la
réduction de la pauvreté. Les résultats de la recherche suggèrent que l'impact
de la finance sur la réduction de la pauvreté est plutôt faible et peut même être
négatif. Les auteurs ont constaté que le développement du secteur financier
avait des effets positifs sur la croissance économique, mais que ces effets ne
se traduisaient pas nécessairement par une réduction de la pauvreté. En effet,
selon eux, la croissance économique ne supposait pas toujours une réduction
de la pauvreté dans les pays en développement. En outre, ils ont noté que les
effets de la finance sur la réduction de la pauvreté étaient influencés par des
facteurs tels que la qualité des institutions, la structure économique et les
politiques gouvernementales.

Kamdem (2019) a mené une recherche sur l'impact de l'intermédiation


financière sur la pauvreté monétaire au Cameroun. L'auteur a utilisé une
approche économétrique en se basant sur les données de la Banque mondiale
et de la Banque des États de l'Afrique centrale pour la période de 1980 à 2014.
Il en constate que l'intermédiation financière n'a pas d'effet significatif sur la
réduction de la pauvreté monétaire au Cameroun. En outre, l'étude suggère
que la liquidité du système financier ne profite pas de manière égale à
l'ensemble de la population, et en particulier, pas aux plus pauvres. Ces
résultats soulignent l'importance de politiques publiques visant à améliorer
l'accès des plus pauvres aux services financiers et à promouvoir une répartition
plus équitable des bénéfices du développement financier.
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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

Plus récemment, Ahmed et al. (2021), à travers leur étude sur « l’effet du
développement financier sur la pauvreté en Algérie », ont vérifié
empiriquement à l’aide d’un modèle ARDL, l’effet existant entre ces deux
phénomènes sur la base de données sur la période 1970-2019. À la suite de
leurs estimations, ils ont pu ressortir comme principaux résultats, qu’à long
terme, les indicateurs du développement financier matérialisés par les crédits
accordés par les banques au secteur privé rapportés au PIB et par l’épargne
intérieure brute rapporté au PIB affectent positivement et significativement la
croissance de la consommation des ménages utilisée comme variable proxy
de la pauvreté monétaire vue l’absence des indicateurs mesurant la pauvreté
en Algérie. Ce résultat signifie ainsi que le développement financier en Algérie
réduit effectivement la pauvreté.

Aminatou et al (2021) ont, afin de se distinguer des précédentes études,


considéré dans leur étude, la pauvreté aussi bien dans son aspect monétaire
(objectif) que non monétaire (subjectif). C’est ainsi que par le biais de deux
variantes du modèle estimées par la méthode des Moindres Carrés Généralisés
sur des données de panel dynamique de six pays de la zone CEMAC pour la
période 1995-2018, les auteurs montrent comme principaux résultats que la
profondeur du système financier, représenté par le ratio crédit privé, a un effet
réducteur sur la pauvreté monétaire (matérialisée par le taux de croissance du
PIB) et non monétaire (représentée par l’IDH).

En définitive, bien qu’un grand nombre de travaux ressortent avec des


résultats d’impact positif de la finance sur la pauvreté, il existe tout de même
certaines études qui remettent en cause ce début de consensus.

2. Méthodologie de la recherche :
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Un grand nombre d’études économétriques a été réalisé sur la question de la


relation existante entre le développement financier et la pauvreté selon des
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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

approches différentes. Toutefois, force est de constater que la majeure partie


de ces recherches, bien qu’ayant eu un apport non négligeable dans la
recherche de la nature de cette relation finance-pauvreté, présentent certaines
limites. Ces limites sont principalement liées à une mesure de la pauvreté qui
est purement monétaire et statique (la pauvreté objective). Face à cette limite
majeure, nous avons porté notre choix méthodologique sur celui adopté par
Aminatou et al. (2021). En effet, ces derniers prennent en compte dans leur
démarche méthodologique, en plus de l’approche monétaire, la notion de
pauvreté subjective matérialisée par le bien-être.

Spécification du modèle :

Le revenu monétaire souvent représentatif de la pauvreté monétaire


(objective) ne rend pas toujours bien compte du niveau de vie d’un ménage,
car il ignore d’autres éléments non observés [Hourriez & Legris (1998)]. De
ce fait, l’approche par les besoins de base, selon laquelle les pauvres sont ceux
qui sont privés d’un ensemble de commodités de base perçues comme un
préalable à l’atteinte d’une certaine qualité de vie [Asselin & Dauphin (2000)],
analyse le bien-être en termes de résultats (une alimentation adéquate, une
bonne santé, savoir lire et écrire, un logement adéquat, un bon habillement…).
De plus, l’approche par les capacités qui s’est développée dans les années
1980 avec notamment l’apport de Sen soutient que le bien-être signifie tout
simplement être bien (être bien nourri, être en bonne santé, être en mesure de
vivre longtemps, être éduqué…). Pour Sen (1985), la valeur du niveau de vie
a tout à voir avec la vie (non pas avec la possession de biens). C’est ainsi, la
faculté qu’ont les individus de fonctionner ; et la pauvreté est et doit être
perçue ici comme la privation de cette faculté. De ce fait, en se focalisant sur
les réels moyens que possèdent les individus pour convertir leurs ressources
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en satisfaction, cette approche élargie l’évaluation du bien-être à des aspects


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autre que monétaire : la pauvreté subjective.

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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

Pour ce qui est du développement financier, les agrégats monétaires (M2 et


M3) exprimés en pourcentage du PIB sont les plus fréquemment utilisés dans
la littérature. Toutefois, il est à souligner qu’ils ne permettent pas
d’appréhender la capacité du système financier à affecter l’épargne aux projets
d’investissements rentables [Gehringer (2013)].

À la vue de ces différentes limites observées, il semble donc nécessaire


d’utiliser des indicateurs de pauvreté qui ont des fondements
microéconomiques. Cela permettrait d’approfondir les mécanismes à travers
lesquels l’approfondissement financier influence les conditions de vie des
personnes pauvres. Le modèle économétrique retenu ici prend donc en compte
ces limites et est une adaptation de l’équation de pauvreté de Kpodar (2006),
dans lequel l’indicateur de pauvreté est régressé sur l’indicateur de
développement financier et sur un ensemble de variables susceptibles
d’expliquer la pauvreté. De ce fait, le modèle de base est donc le suivant :

Poorit = α0 + α1 *Df + α3 Xit + Ɛit (1)

Dans l’optique de l’analyse multidimensionnelle de la pauvreté, le modèle de


base a fait l’objet de certaines transformations qui ont abouti aux modèles
suivants :

Poorit = α1 + α2 *Df + βAit + Ɛit (2)

Poorit = α1 + α2 *Df + ʎBit + Ɛit

De cela, les équations à estimer pour mesurer l’effet du développement


financier sur la pauvreté (objective et subjective) dans notre étude de base ont
donné :

Poor1t = α1 + α2 CRDTPRVt + α3 INFt + α4 GINIt + α5 EBMt + Ɛt


22

(3)
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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

Poor2t = β1 + β2 CRDTPRVt + β3 LnVAAGRt + β4 ELECt + β5


ASSAINt + Ɛt (4)

Avec Poor : Indicateur de la pauvreté ;

- CRDTPRV : Crédit bancaire au secteur privé


- INF : Taux d’inflation ;
- GINI : Indice GINI ;
- EBM : Epargne brute des ménages ;
- VAAGR : Valeur ajoutée agricole ;
- ELEC : Accès à l’électricité ;
- ASSAIN : Accès aux soins de santé de base.
Poor1 représente la mesure de la pauvreté objective (monétaire) qui est
opérationnalisée dans le modèle de Aminatou et al. (2021) par le taux de
croissance du PIB. Cependant, ce dernier bien qu’ayant été choisi comme
variable proxy de la pauvreté par de nombreux auteurs tels que Jeanneney et
Kpodar (2004) ou encore Lo et Ramdé (2019), ne sera pas retenu comme
mesure de la pauvreté monétaire dans le cadre de notre recherche. En effet, en
dépit de l’indisponibilité sur une longue série, des données de l’indicateur le
plus représentatif de la pauvreté qu’est principalement le taux de pauvreté,
nous considérerons comme mesure de la pauvreté monétaire de notre
recherche, le revenu et plus précisément le niveau de croissance du Revenu
National Brut (RNB) par habitant. Le choix du revenu dans notre recherche
s’explique notamment par son choix comme proxy de la pauvreté monétaire
dans diverses études et sous différents angles parmi lesquels : la pauvreté
monétaire sous l’angle des inégalités de revenus [Baldacci, De Melo et
Inchauste (2002) ; Dhrifi (2015)] ; la pauvreté monétaire sous l’angle des
revenus des plus pauvres [Beck et al (2004) ; Kpodar (2006) ; Boukhatem et
Mokrani (2012)] ou encore la pauvreté monétaire sous l’angle de la croissance
23

du revenu [Jalilian et Kirkatrick (2002) ; Demirguc-Kunt et Levine (2004) ;


Tchakounte et al (2008)]. La variable Poor2 mesure quant à elle, la pauvreté
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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

dans une perspective multidimensionnelle (pauvreté subjective). Cette


variable est souvent estimée de deux manières : soit en retenant plusieurs
indicateurs pour rendre compte des fonctionnements retenus, ou alors en
construisant un indicateur composite qui donne une lecture globale de la
pauvreté. Dans le cadre de notre recherche, nous adopterons tout comme
Aminatou et al. (2021), la première approche en retenant comme indicateur
composite, l’indicateur de développement humain (IDH) qui est un indice
synthétique privilégiant la longévité, le savoir et le niveau de vie. Il est
présentement calculé à partir de trois variables que sont : l’espérance de vie,
le niveau de de connaissances (mesuré par le taux d’alphabétisation des
adultes et par le taux de scolarisation à tout niveau, du primaire au supérieur),
et le PIB réel en parité de pouvoir d’achat (PPA). Il a été longtemps utilisé
comme indicateur de la pauvreté multidimensionnelle [Dwumfour et al
(2017) ; Raza et al (2019)].

En tenant compte de la disponibilité des variables dans le cadre de notre échantillon et


pour nous différencier des travaux d’Aminatou et al. (2021), nous avons effectué des
modifications à nos deux équations à estimer. Ces modifications portent essentiellement
sur le remplacement de variables de contrôle aux données non disponibles dans le cadre
de notre échantillon par d’autres variables toutes aussi pertinentes dans le cadre d’une
recherche sur la pauvreté. Leur pertinence réside notamment dans leur utilisation par
d’autres auteurs ayant effectué des études sur la pauvreté. Parmi ces auteurs, nous pouvons
citer Dollar et Kraay (2002) ; Jeanneney et Kpodar (2004) ; Kpodar (2006) ;
Kiendrebeogo (2010) ; Boukhatem et Mokrani (2012), Kiendrebeogo et Minea (2013) ;
Diop et Dramani (2023). Des suites de ces modifications, nous obtenons finalement, les
équations suivantes (5) et (6) :

Poor1t = α1 + α2 CRDTPRVt + α3 INFt + α4 CONSPUBt + α5 OUVCOMt + α6 CROISSPOPt + Ɛt


24

Poor2t = β1 + β2 CRDTPRVt + β3 LnVAAGRt + β4 ELECt + β5 SCOLt + Ɛt


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Avec CONSPUB : Consommation publique/PIB ;


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OUVCOM : Ouverture commerciale/PIB ;


CROISSPOP : Croissance annuelle de la population ;
SCOL : Taux brut de scolarité du primaire
Définition des variables utilisées, sources des données et échantillon

Dans tous les deux modèles, nous retenons le ratio crédits accordés au secteur
privé comme indicateur financier permettant de capter l’effet du
développement financier sur la pauvreté monétaire et non monétaire. Cela en
raison du fait que le crédit privé a tendance à réduire le pourcentage des
personnes pauvres en leur fournissant des ressources. Cet indicateur reflète
ainsi le rôle du secteur financier qui consiste à financer les investissements à
travers l’allocation des ressources au secteur privé. De plus, cette variable a
très souvent été adoptée comme variable représentative du développement
financier par des auteurs comme Jeanneney et Kpodar (2004) ; Kpodar
(2006) ; Boukhatem et Mokrani (2012) ; Aminatou et al. (2021) dans le cadre
de leurs études recherchant le lien entre le secteur bancaire et la pauvreté pour
des échantillons d’étude différents.

En ce qui concerne les variables de contrôle retenus, il s’agit spécifiquement


dans le premier modèle de :

L’inflation : cette variable fera office de proxy de l’instabilité


macroéconomique, et est mesurée par l’indice des prix à la
consommation. En effet, selon la Banque Mondiale (2018), les
conséquences délétères d’une inflation élevée pèsent grandement sur
les pauvres, qui conservent l’essentiel de leurs actifs en numéraire et
qui dépendent principalement des revenus salariaux, des prestations
sociales et des pensions. Un taux d’inflation élevé étant généralement
associé à un ralentissement de la croissance économique, il est donc
25

nécessaire de maintenir l’inflation à un niveau modéré et stable si l’on


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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

veut lutter contre la pauvreté et les inégalités. L’inflation joue donc un


rôle important dans l’évolution de la situation de la pauvreté. Il en
atteste d’ailleurs sa présence dans de nombreuses études, comme
facteur explicatif de la pauvreté. C’est le cas des études de Shrestha et
Chaudhary (2012) ; Ul Hassan, Khalid et Kayani (2016) ; Siyan,
Adegoriola et Adolphus (2016) ; Aminatou et al. (2021) ou encore
Gyeke-Dako et al. (2022).
- La consommation publique : cette variable fait référence à la
part des dépenses publiques consacrée à la consommation de biens et
services par le gouvernement dans l'économie. Elle mesure l'ampleur
des dépenses engagées par le secteur public pour fournir des biens et
services publics tels que l'éducation, la santé, les infrastructures, la
défense, l'administration publique, etc. La consommation publique
joue un rôle essentiel dans le développement économique et social d'un
pays, car elle contribue à la prestation de services publics essentiels et
à la création d'emplois dans le secteur public. Elle peut également avoir
un impact sur la réduction de la pauvreté en fournissant des services
sociaux de base aux populations vulnérables. La variable
"consommation publique" est exprimée en pourcentage du produit
intérieur brut (PIB) et permet d'évaluer l'importance relative des
dépenses publiques par rapport à l'activité économique globale du
pays. Une augmentation de la consommation publique peut indiquer
une plus grande allocation de ressources aux services publics, ce qui
peut potentiellement améliorer les conditions de vie des citoyens. En
ce sens, cette variable a donc été utilisée par divers chercheurs pour
ressortir son effet sur le niveau de pauvreté des populations des pays
considérés par leurs études. C’est le cas de Mukherjee et Chatterjee
26

(2014) ; Anyanwu et Anyanwu (2017) ou encore Campbell et Ogunro


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(2022).
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- L’ouverture commerciale : Il s’agit de la relation d’une


économie avec le reste du monde à travers le commerce. Il a aussi été
défini comme la capacité de commercer à l’étranger en tenant compte
du niveau de production locale. Pour exprimer cette variable,
l’indicateur prend les exportations, les importations ou la somme des
deux pour établir une relation avec la taille de l’économie nationale.
Dans le cadre de notre recherche, nous opterons pour le choix de la
somme des exportations et des importations. L’ouverture commerciale
demeure un outil important pour les économies. Avec cette mesure, la
qualité de vie des citoyens par une réduction de leur niveau de pauvreté
et globalement la croissance économique peuvent être améliorées. Son
influence sur la pauvreté a d’ailleurs été prouvée par les résultats de
diverses études comme celles de Diallo, Koné et Kamagate (2010) ;
Pradhan et Mahesh (2014) ; Kouchakpour et al. (2017) ; ou encore
Adegboyo et al. (2021).
- La croissance de la population : cette variable mesure la
variation relative de la population d'un pays sur une période donnée.
Elle mesure le taux auquel la population d'un pays augmente ou
diminue au fil du temps, exprimé en pourcentage. La croissance de la
population est un indicateur démographique important pour évaluer
l'évolution et la dynamique d'une population donnée. Elle est
influencée par plusieurs facteurs tels que le taux de natalité, le taux de
mortalité, les migrations (immigration et émigration) et d'autres
facteurs socio-économiques. L'évolution de la population d'un pays
peut avoir des implications significatives sur différents aspects socio-
économiques, tels que la demande de biens et de services, le marché
du travail, les ressources naturelles, les systèmes de santé, l'éducation,
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l'urbanisation, etc. Par conséquent, la croissance de la population est


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souvent prise en compte dans les analyses économiques et sociales, y


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compris dans les études sur la pauvreté comme cela a été le cas dans
les études de Kibirige (1997) ; Chakravarty et al. (2006) ; Klasen et
Lawson (2007) ; ou encore Yip et al. (2017). La croissance de la
population peut être mesurée en utilisant le taux de croissance annuel
moyen, qui calcule la variation moyenne de la population sur une
période donnée, généralement exprimée en pourcentage.

Dans le second modèle, les variables retenues sont les suivantes :

- La valeur ajoutée agricole : l’agriculture est le principal moteur


de l’économie rurale pour les pays en développement, voir le seul pour
ceux qui ne possèdent pas de grosses ressources minières. La
dépendance vis-à-vis de l’agriculture pour la croissance économique
et les gains à l’exportation augmente avec l’incidence de la faim, de
même que la proportion des personnes qui sont tributaires de
l’économie rurale. La réduction massive et durable de la pauvreté et
de la faim est impossible dans ces pays sans une croissance des
économies rurales. Cela montre ainsi le potentiel de la croissance
agricole contre la pauvreté. La croissance des secteurs agricole et
tertiaire a un effet marqué sur l’allégement de la pauvreté comme le
montre certaines études comme celles de Kydd et Dorward (2004) ;
Lopez et Anriquez (2004) ; Noufé (2020) mais encore Boccanfuso et
Yergeau (2020). Au Sénégal, le secteur agricole est un élément
essentiel de l’économie du pays. Son utilisation comme variable
indépendante s’explique donc totalement.
- L’accès à l’électricité : le niveau de consommation énergétique
reflète dans une certaine mesure le niveau de développement, en ce
sens que l’énergie est nécessaire à toute activité humaine,
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indispensable à la satisfaction des besoins quotidiens (eau, nourriture,


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santé etc…) et assure un minimum de développement économique et

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social [Sokona & Thomas (1997)]. La reconnaissance de l’énergie


comme élément clé pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le
Développement a conduit à mettre en place quatre actions prioritaires
: développer le partenariat entre le secteur public et privé pour faciliter
l’accès des pauvres à des services énergétiques ; développer les
ressources énergétiques locales avec la participation des collectivités
locales ; appuyer financièrement les pays en développement pour la
mise en place d’un cadre institutionnel qui assure un équilibre entre les
ressources énergétiques renouvelables ; et faciliter l’accès à l’énergie
pour réduire la pauvreté. Ceci met donc en évidence l’importance de
cette variable comme facteur influençant le développement mais aussi
le niveau de pauvreté d’un pays surtout pour les pays en voie de
développement comme le Sénégal. Cela comme a pu le démontrer
certaines études ayant pris en considération cette variable de
l’électricité comme variable agissant sur la pauvreté. C’est le cas des
études de Diallo et Moussa (2020) ; Eseyin et Ogunjobi (2022) mais
aussi Musakwa (2024).
- Le Taux brut de scolarité du primaire : cette variable permet de
connaitre la proportion d'enfants en âge scolaire qui sont inscrits dans
l'enseignement primaire, qu'ils soient à l'âge approprié ou non. Il
mesure la participation globale des enfants à l'éducation primaire,
indépendamment du retard ou de l'avance dans leur progression
scolaire. Il s’agit d’un indicateur clé pour évaluer l'accès à l'éducation
de base dans un pays, et qui est souvent considérée comme un droit
fondamental et une condition essentielle pour le développement
personnel, social et économique. L'éducation primaire joue un rôle
crucial dans la lutte contre la pauvreté, en offrant aux enfants des
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compétences de base, des connaissances et des opportunités pour


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améliorer leurs conditions de vie à long terme. L'inscription à l'école


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primaire est également liée à des indicateurs de développement


humain tels que l'alphabétisation, la santé, l'égalité des genres et la
réduction de la pauvreté. Le lien entre l’éducation et la pauvreté a
d’ailleurs fait l’objet de recherches scientifiques réalisées notamment
au niveau empirique par des chercheurs comme Sivakumar et Vijay
(2012) ; Hati (2012) ; Zhang (2014) ou encore Alekhin (2023).

Les séries des différentes données que nous utiliserons dans le cadre notre
recherche sont tirées de la base de données de la Banque Mondiale (Word
Bank Development Indicators). Cette base nous fournit ainsi les séries
relatives au développement financier, particulièrement dans notre cas, celles
des banques mais également les données des autres variables intégrées à notre
recherche et faisant office soit de variables à expliquer (le taux de croissance
du RNB par habitant et l’IDH), soit de variables de contrôle (la consommation
publique, l’ouverture commerciale, le taux d’inflation, la croissance de la
population, la valeur ajoutée agricole, l’accès à l’électricité et encore le taux
brut de scolarisation du primaire). . La dimension temporelle de notre
recherche s’étend de 1990 à 2021 pour toutes les estimations.

Méthodologie d’estimation

Face à l’objectif de recherche de notre étude qui est d’analyser la relation entre
le financement bancaire et la pauvreté au Sénégal, diverses méthodes
d’estimation se proposent à notre recherche. Alors que notre étude de base a
opté pour une approche méthodologique consistant à estimer des modèles
économétriques des données de panel dynamique plus précisément le modèle
des Moindres Carrés Généralisés sur six pays de la zone CEMAC, durant la
période 1995-2018, nous opterons dans le cadre de notre recherche à
échantillon unique, pour des techniques d'estimation économétrique de
30

données temporelles. Concernant la méthode d'estimation choisie, elle a


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découlé de la nature des variables et des hypothèses sous-jacentes. De ce fait,


à l’image d’un grand nombre d’auteurs ayant étudié cette relation finance-
pauvreté comme Jeanneney et Kpodar (2004) ; Boukhatem et Mokrani
(2012) ; Miled et Rejeb (2014) ; Abba et Ngah (2020), nous utiliserons la
méthode des Moindres Carrés Ordinaires (MCO).
3. Présentation et discussion des résultats :

A la suite des estimations de nos deux modèles par la méthode des MCO, des
résultats probants ont pu être observés (voir annexes 1 et 2). Dans le premier
modèle considérant la pauvreté monétaire ou objective comme variable
endogène, les résultats de l’estimation montrent qu’une augmentation des
crédits bancaires octroyés au secteur privé d’un point de pourcentage entraine
une augmentation du taux de croissance annuel du RNB par habitant de près
de 17%. Le crédit bancaire au secteur privé contribue donc positivement à
réduire la pauvreté en augmentant le niveau de croissance du revenu pour
chaque habitant du pays. De plus, cette corrélation positive entre les crédits
bancaires au privé et le taux de croissance du RNB par habitant est
relativement forte d’autant plus que la probabilité associée à la p-value (0,03)
est inférieur au seuil de 5%, montrant ainsi la significativité de la variable du
crédit privé bancaire.

Cette relation positive peut ainsi s’expliquer par le fait qu’une augmentation
de la quantité de crédit disponible pour le secteur privé au Sénégal en
entrainant une augmentation du niveau de croissance du revenu par habitant,
peut s’accompagner d’une réduction du nombre de personnes vivant en
dessous du seuil de pauvreté du pays, permettant par conséquent de réduire la
pauvreté monétaire au Sénégal. Ce qui serait en phase avec les conclusions
semblables faites par les auteurs d’études antérieures sur cette question tels
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que (i) Jalilian et Kirkpatrick (2002) qui concluent de leur recherche, qu’une
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modification positive du développement financier a pour effet une réduction

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de la pauvreté à travers un accroissement du taux de croissance du revenu des


pauvres ; (ii) Honohan (2004) qui constate que pour des niveaux de revenus
identiques, des économies à systèmes financiers plus profonds présentent un
nombre moins élevé de personnes pauvres ; (iii) Kiendrebeogo (2010) qui,
suite à son étude dans l’UEMOA, a pu montrer que le développement financier
est un facteur réducteur de la pauvreté monétaire dans l’union ; ou encore (iv)
Kiendrebeogo et Minea (2013) qui ont pu, au terme de leur recherche sur la
relation entre l’accès aux services financiers et la réduction de la pauvreté dans
les PED, montrer l’importance de l’accès aux services financiers de prêt qui
en plus de réduire le taux de pauvreté, décroit également la profondeur de la
pauvreté et par conséquent les écarts de pauvreté entre les pauvres. Il est de
plus à noter que cet effet positif du développement du secteur financier sur la
pauvreté monétaire s’applique aussi bien aux hommes qu’aux femmes chefs
de ménage et peut contribuer à réduire les inégalités inter-genre [Tchakounté
et al (2008)].

Cette forte relation entre le secteur financier et la pauvreté a également été


conforté par le Fond Monétaire International (FMI). En effet, dans son étude
intitulée « Financial Crises, Poverty, and Income Distribution », le FMI (2002)
a considéré l’effet du secteur financier sur la pauvreté en tenant compte des
crises financières auxquelles peuvent être sujettes les économies en
développement. Il en ressort que ces crises peuvent fortement affecter la
pauvreté et la répartition des revenus via différents canaux que sont : le
ralentissement de l'activité économique, les variations des prix relatifs et le
repli budgétaire, entre autres. Les preuves empiriques, basées sur des données
macroéconomiques et microéconomiques leurs ont d’ailleurs permis de
confirmer cela en montrant que les crises financières sont associées à une
augmentation de la pauvreté et, dans certains cas, de l'inégalité des revenus.
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Globalement, les travaux empiriques observés confirment donc l’influence


positive de l’activité du secteur financier notamment bancaire sur la réduction
de la pauvreté même s’il a été observé dans certains cas un effet inverse
comme c’est le cas dans les travaux de Zelekha et Weber (2020) mais encore
Ullah et al. (2021).

Au Sénégal, l’élaboration depuis la fin des années 70, de politiques de


stabilisation et de programmes d’ajustement structurel, bien qu’ayant
contribué à l’amélioration du cadre macroéconomique du pays, n’aura
toutefois pas permis de réduire considérablement la pauvreté. En effet, les
progrès dans la réduction de la pauvreté au Sénégal ont globalement stagné.
En atteste les données les plus récentes de la Banque Mondiale qui montrent
qu’en 2011, 46,7% de la population vivent au sein des ménages disposant d'un
revenu inférieur au seuil national de pauvreté. Ce pourcentage n'est que
légèrement en deçà de celui estimé en 2005 (48,3 %). Cela a ainsi poussé l’Etat
à, notamment, adopter depuis 2002, différents programmes de lutte contre la
pauvreté allant du programme de lutte contre la pauvreté, avec le soutien des
institutions de Bretton Woods (2002), à la stratégie de réduction de la pauvreté
du Sénégal (2013-17). Cette orientation de la politique économique au
Sénégal vise ainsi à accroitre les revenus des pauvres et à attaquer la pauvreté
là où elle est principalement localisée. Cependant, ce n’est qu’à partir de la
mise en place du nouveau modèle de développement actuelle du pays qu’est
le Plan Sénégal Emergent (PSE), qu’il a été considéré comme indispensable à
la recherche de la réduction de la pauvreté, l’apport du secteur financier,
principalement bancaire, à travers son rôle de financement de l’économie.

A cet effet, nos résultats combinés à ceux de ces différents auteurs et à la


situation actuelle du Sénégal en termes de niveau de pauvreté, nous poussent
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donc à militer pour qu’il soit accordé une place primordiale à l’accès au
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secteur financier, plus précisément bancaire, et aux crédits dans la mise en

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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

place de stratégies et politiques de réduction de la pauvreté dans le pays. Cela


comme le souhaite d’ailleurs à long terme, la stratégie de développement
actuelle du Sénégal (le Plan Sénégal Emergent). Cela pourrait ainsi se faire,
notamment selon Kiendrebeogo et Minea (2013), par la mise en œuvre de
politiques de développement financier « pro-pauvres », en mettant le focus sur
l’accès au crédit, facteur de réduction des différentes dimensions de la
pauvreté.

Concernant les variables de contrôle de ce modèle, il est à retenir qu’une


augmentation du taux d’inflation d’un point de pourcentage entrainerait une
baisse du taux de croissance annuel du RNB par habitant de près de 12% pour
une significativité de la variable au seuil de 10% ; et qu’une augmentation
d’un point de pourcentage de la consommation publique aurait comme
résultante, une réduction du taux de croissance annuel du RNB par habitant de
plus d’un point de pourcentage (159%). L’inflation et la consommation
publique sont donc des variables défavorables à la réduction de la pauvreté
monétaire dans notre recherche.

Pour le second modèle, où la variable endogène utilisée est représentative de


la pauvreté multidimensionnelle, il est observé des suites des résultats, qu’une
augmentation d’un point de pourcentage des crédits bancaires accordés aux
acteurs du secteur privé entraine une augmentation de l’IDH du pays de près
de 3%. Les crédits bancaires privés sont donc déterminants dans la réduction
de la pauvreté multidimensionnelle de la population. Cette corrélation
existante entre ces deux variables est d’ailleurs matérialisée par la forte
significativité de la variable dont la probabilité associée au p-value (0.000) est
inférieure au seuil de significativité de 1%.

Ce résultat d’effet positif du crédit bancaire privé et plus globalement du


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développement financier sur la pauvreté multidimensionnelle est en phase


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avec les résultats d’Aminatou et al. (2021) qui ont considéré que lorsque le
crédit privé augmente, l’IDH augmente et la pauvreté vue sous cet angle
diminue. Cela en raison du fait que cette augmentation de l’IDH conduit à une
réduction de la pauvreté non monétaire s’accompagnant d’un rallongement de
l’espérance de vie, d’un accroissement des taux d’alphabétisation et d’une
réduction de la mortalité infantile.

Cet impact positif du secteur financier sur la pauvreté non monétaire dépasse
même la seule activité du crédit ; en effet, comme l’ont démontré Raza et al
(2019), le développement financier matérialisé par l’inclusion financière peut
aussi conduire à une augmentation du développement économique et à une
réduction de la pauvreté subjective. De manière plus détaillée, le nombre de
comptes bancaires et de succursales bancaires ont une relation positive sur
l’IDH. La recherche a de ce fait montré que l’élargissement de l’accès
financier par le renforcement de la création de comptes et succursales
bancaires peut accroitre le développement économique et permettre la
réduction de la pauvreté.

Il semble aussi évident que, pour que ce développement financier puisse être
davantage efficace pour améliorer la pauvreté subjective, il faut qu’il profite
réellement aux pauvres. En effet, alors qu’il a été observé que le crédit au
secteur privé a directement réduit le bien être dans la région l’Afrique
subsaharienne, une analyse plus détaillée a tout de même révélé qu’une
réglementation adéquate du secteur financier, incluant les pauvres, pourrait
finalement conduire à un impact positif du développement financier sur le
bien-être ou pauvreté subjective [Dwumfour et al (2017)]. Bien qu’il soit
souvent observé comme pour notre cas, une influence positive du secteur
bancaire et plus généralement financière sur la réduction de la pauvreté
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multidimensionnelle, il est tout de même pour certaines études, observé une


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influence plutôt négative. C’est le cas des études de Kodila-Tedika et Ngunza

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L’EFFET DU FINANCEMENT BANCAIRE SUR LA PAUVRETE AU SENEGAL.

Maniata (2018), où il est constaté un effet négatif du système financier sur la


réduction de la pauvreté dans le cas des pays à contraintes financières élevées
ou encore de Tsaurai (2018) qui considère que le secteur financier, dans le cas
de la prise en compte de son interaction avec les dépenses d’éducation, a un
impact négatif et significatif sur la réduction de la pauvreté.

Il demeure donc, au vu de ces résultats, important pour le gouvernement de


donner la priorité à l’importance de l’inclusion financière et de l’accès aux
services financiers tels que les crédits bancaires accordés en vue d’améliorer
la situation de pauvreté du pays. Cela par la mise en place de politiques
d’inclusion financière permettant la participation de tous les agents
économiques particulièrement ceux du secteur privé et les plus démunis au
système financier et leur accès aux services bancaires comme les crédits.

Avec une significativité au seuil de 1%, l’accès à l’électricité de la population


est la seule variable de contrôle significative de ce modèle et est positivement
lié à la pauvreté multidimensionnelle par un coefficient d’une valeur de
0.0019527. Cela implique ainsi qu’une augmentation de l’accès à l’électricité
de la population d’un point de pourcentage entraine une augmentation de
l’IDH de l’ordre de 2%. Cela signifie ainsi qu’une amélioration de l’accès à
l’électricité permettrait de réduire la pauvreté multidimensionnelle ou non
monétaire dans le pays.

Conclusion :

Cet article a ainsi permis, dans une moindre mesure, d’analyser l’effet du
financement bancaire sur la pauvreté au Sénégal. Cette analyse a été réalisée
en mettant principalement en relation l’activité bancaire caractérisée par les
crédits bancaires au secteur privé à deux approches fondamentales de la
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pauvreté que sont l’approche monétaire de la pauvreté et l’approche


multidimensionnelle de la pauvreté sur la période 1990-2021.

Sur la base d’une étude effectuée par Aminatou et al. (2021) qui ont cherché à
établir la relation existante entre le développement financier et la pauvreté
spécifiée sous l’angle monétaire par la croissance du PIB et sous l’angle
multidimensionnel par l’IDH dans les pays de la zone CEMAC, nous avons
pu spécifier nos modèles et nous différencier de son travail. En effet, nous
avons recherché à analyser cette relation au Sénégal ; considéré en lieu et place
de la croissance du PIB, le RNB par habitant ; et opter pour des variables de
contrôle dont la disponibilité des données pour une longue série est vérifiée
pour le cas du Sénégal (inflation, consommation publique, ouverture
commerciale, croissance de la population, valeur ajoutée de l’agriculture,
accès à l’électricité et taux brut de scolarisation du primaire).

Sachant que la question principale de recherche de notre recherche était de


voir « quels sont les effets du financement bancaire sur la pauvreté au Sénégal
? », nos résultats obtenus à travers une estimation par la méthode des Moindres
Carrés Ordinaires (MCO) a ainsi permis de montrer que : le financement
bancaire à travers les crédits bancaires accordés au secteur privé a un effet
positif aussi bien sur la pauvreté monétaire par l’augmentation de la croissance
du revenu par habitant que sur la pauvreté multidimensionnelle par une
amélioration de l’IDH. L’hypothèse selon laquelle le secteur financier à
travers son développement et son activité permet de réduire la pauvreté est
donc vérifiée. En somme, ce travail, n’ayant qu’autre prétention que de
montrer l’importance du secteur financier dans la lutte contre la pauvreté au
Sénégal, aspire ainsi modestement à apporter des preuves chiffrées de la
potentielle amélioration de la situation des ménages pauvres au Sénégal des
37

suites d’une amélioration des crédits accordés aux agents du secteur privé. En
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effet, une augmentation des crédits bancaires au privé d’un point de

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pourcentage devrait entrainer une augmentation du revenu par habitant de


l’ordre de 17% et une amélioration du développement humain (IDH) de 3%.

Sur la base de ces résultats, il nous semble donc important de préconiser à


l’Etat du Sénégal, de mettre en place voir développer des réformes, politiques
et stratégies de réduction de la pauvreté s’appuyant sur une contribution active
du secteur bancaire. Cela à travers notamment l’inclusion financière des
agents économiques mais aussi une forte activité matérialisée par des crédits
fortement octroyés aux agents du secteur privé. Ce qui semble d’ailleurs déjà
en cours d’exécution au Sénégal avec les différentes réformes phares prises
par l’Etat pour poser les bases préalables à une opérationnalisation effective
du PSE. C’est ainsi que parmi ces réformes majeures, nous retrouvons l’«
inclusion financière des populations et des micros petites et moyennes
entreprises (MPME) », dont l’objectif est d’améliorer l’accès des populations
rurales, des femmes, des jeunes et des MPME aux services financiers. Cela à
travers notamment la mise en œuvre de la stratégie nationale d’inclusion
financière 2022-2026. Il y a aussi la réforme relative à l’« accès des TPE et
des PME au crédit et aux financements » par le renforcement du système de
financement des PME. Face à la faible part de l’encours des PME dans
l’encours total des banques avec seulement 10%, l’objectif de cette réforme
est donc de mettre en place un cadre légal et réglementaire pour le
renforcement du dispositif d’appui financier et non financier des PME. Ce qui
devrait d’abord passer entre autres par un renforcement des capacités en
gestion d’entreprise pour permettre et assurer la pérennité des PME, condition
nécessaire à l’obtention d’un appui financier considérable.

Malgré l’apport considérable concernant la contribution du secteur bancaire


sur la réduction de la pauvreté et les propositions d’implications politiques
38

spécifiques faites, nous pouvons chercher, en guise de perspectives à notre


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recherche, à approfondir la recherche de manière spécifique sur les variables

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non significatives de notre recherche que sont la croissance de la population,


le taux brut de scolarisation, mais surtout la valeur ajoutée de l’agriculture.
Cela d’autant plus que ce dernier représente une part non négligeable du PIB
du pays au vue de l’importance de l’activité agricole dans l’économie du
Sénégal. Ces recherches devraient permettre à l’Etat de pouvoir d’avantage
affiner ses politiques et stratégies de réduction de la pauvreté en tenant compte
de ces facteurs pouvant eux aussi, influencer la pauvreté du pays.

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Annexes :
Annexe 1 : Estimation du modèle 1 par la méthode des MCO
(1)
VARIABLES REVPARHBTCROISS
Créditausecteurprivé 0.16572**
Tauxinflation 0.11938*
ConsoPublique -1.58988***
OuvertureCommerciale 3.80684
CroissancePopulation 2.465700
Constant 10.96272
Observations 32
R-squared 0.524
*** p<0.01, ** p<0.05, * p<0.1
Source : Auteur à partir d’Eviews
Annexe 2 : Estimation du modèle 2 par la méthode des MCO
(1)
VARIABLES IDH
Créditausecteurprivé 0.00297***
AgriculturevaleurajoutéeduPIB -0.00139
Accèsàl’électricitédelapopulation 0.00195***
Tauxbrutdescolarisationprimaire 0.000712
Constant 0.256***
Observations 32
R-squared 0.983
*** p<0.01, ** p<0.05, * p<0.1
Source : Auteur à partir de Stata
Annexe 3 : Résultats des tests de validation du modèle 1
Hypothèse zéro du test Tests Valeurs (Probabilité)
Breusch-
Autocorrélation 0.12 Prob = 0.89 > 5%
Godfrey
Hétéroscédasticité White 0.86 Prob = 0.63 > 5%
Normalité Jarque-Bera 2.07 Prob = 0.35 > 5%
Spécification Ramsey (Fisher) 0.72 Prob = 0.40 > 5%
Source : Auteur à partir des estimations sur Eviews
Annexe 4 : Résultats des tests de validation du modèle 2
Hypothèse zéro du test Tests Valeurs (Probabilité)
Autocorrélation Breusch-Godfrey 1.12 Prob = 0.57 > 5%
Hétéroscédasticité Breusch-Pagan 0.00 Prob = 0.98 > 5%
Normalité Skewness/Kurtosis 0.31 Prob = 0.86 > 5%
45

Spécification Ramsey (Fisher) 0.98 Prob = 0.42 > 5%


Source : Auteur à partir des estimations sur Eviews
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