Université de Sfax Faculté de Droit de Sfax
1ére année mastère professionnel en droit de l’entreprise
et affaires
Exposé :
L’escompte
Elaborée par :
Sahar Mhiri
Mariem Mokrani
Achwek Abbessi
Samar Assal
Nour Hiba Fezzani
Année universitaire : 2024/2025
2
Dans un environnement économique où la gestion de la trésorerie est
cruciale, les entreprises cherchent continuellement des solutions pour
financer leur activité à court terme.
La mobilisation des créances constitue l’un des moyens les plus utilisés.
A cet effet, Elle permet à une entreprise de transformer ses créances clients,
qui ne seront encaissées qu’à une date future, en liquidités immédiates.
D’où cette opération, souvent réalisée auprès d’un établissement
financier, offre une réponse efficace aux besoins de financement ponctuels
ou récurrents, sans recourir à l’endettement classique.
Parmi les formes les plus connues de cette technique figure l’escompte, qui
représente un mécanisme simple et rapide pour obtenir des fonds en
anticipant l’encaissement d’effets de commerce
Une doctrine française définit la mobilisation des créances comme
étant : « des crédits à court terme réalisés au moyen d'une mobilisation de
créances et dont le remboursement est assuré par le recouvrement des
dites créances. »1
Afin de répondre à ces exigences, les banques ont mis en place différent
types de crédit à long, à moyen et à court terme tel que l’escompte qui
permet d’avoir les liquidités ou d’effectuer des paiements avant l’échéance
fixé dans les créances qu’ils ont à l’égard de leur client2.
L’escompte a été réglementé par le législateur tunisien dans le cadre des
articles 743, 744,745 et 746 du code de commerce.
De même, l’escompte constitue la forme la plus courante et la plus utilisée
de mobilisation de créances.
De plus, le législateur définit l’escompte comme : « un contrat par lequel le
banquier s’engage à verser par anticipation, au porteur, le montant d’effets
de commerce ou d’autres titres négociables à une échéance déterminée. En
1
BONNEAU THIERRY, [Link],p.562
2
Sana FARHAT, mémoire : l’opération d’escompte 2018-2019. P1
3
contrepartie, le porteur s’engage à rembourser cette somme en cas de
défaut de paiement de l’obligé principal. Cette opération inclut, pour le
banquier, une retenue d’intérêts et, éventuellement, une commission
d’endos ou d’autres frais. Une convention spécifique peut également
prévoir un escompte à forfait.»3
De cette définition légale, l’escompte est un contrat en vertu duquel une
banque, nommé escompteur, en contrepartie de la cession d’une créance,
consent à un client, le remettant, une avance de fonds remboursée grâce au
recouvrement de la créance.4
Cette définition rejoint celle de Ripert et Roblot5.
Dans ce cadre, il faut distinguer entre l’escompte et les techniques voisines
citons le factoring6 qui est :«un transfert de créances commerciales de leur
titulaires à un factor qui se charge d’opérer le recouvrement et de garantir
la bonne fin même en cas de défaillance momentanée du débiteur. Le factor
peut régler par anticipation tout ou partie du montant des créances
transférées.
Le factoring est donc à la fois un procédé de recouvrement, une technique
de garantie des risques t éventuellement un moyen de financement des
créances »7.
D’où l’escompte et le factoring réside à la fois dans la nature des
opérations financières et les parties impliquées.
En premier lieu, la nature de l’opération :
*l’escompte bancaire : consiste pour une banque à racheter des effets de
commerce (tels que des billets à ordre ou des lettres de change) à un client
avant leur échéance, moyennant une réduction du montant nominal. C’est
3
L’article [Link]
4
LEHYENI Nissaf. C*65 cours droit de crédit, 2022-2023.p.11
5
RIPRT Georges et Roblot René, Traite élémentaire de droit commercial, 8éme éd, 1978,n2390,p.327.
6
L’article 8 de la loi n2016-48 du 11 juillet2016, relative aux banques et aux établissement financiers
7
Ben nasr [Link] bancaire,[Link],p.49
4
une méthode permettant aux entreprises et aux particuliers d’obtenir
rapidement des liquidités en cédant leurs créances à la banque
*le factoring : implique que l’entreprise cède ses créances commerciales à
une société spécialisée qui lui verse une avance sur le montant total de la
créance, tout en prenant en charge la gestion des créances, notamment le
recouvrement auprès des débiteurs. Concernant la procédure, le factoring
peut être moins complexe, puisqu’il peut intervenir dès la création des
factures, tandis que l’escompte nécessite l’existence d’un effet de commerce
spécifique, tel qu’une lettre de change ou un billet à ordre.
Et en deuxième lieu, Les parties impliquées :
*l’escompte : les principaux acteurs sont la banque et son client (entreprise
ou particulier) qui cède les effets de commerce.
La banque rachète ces effets et fournit un financement à court terme.
*le factoring : les parties concernées sont l’entreprise (le cédant), la société
de factoring et les débiteurs de l’entreprise.
L’entreprise cède ses créances à la société de factoring, qui se
charge ensuite du recouvrement des paiements auprès des débiteurs.
Historiquement, l'efflorescence de l'escompte remonte au 17ème siècle
en France, grâce à l'expansion de l'économie marchande et des
mouvements bancaires. Cette opération de crédit se déroulait initialement
en dehors du secteur bancaire traditionnel.
L'épanouissement de l'escompte est ainsi lié à l'essor économique et
commercial de cette période.
Au 20ème siècle, l'escompte a subi une transformation pour répondre
aux besoins économiques engendrés par les guerres.
Des aménagements techniques ont permis à toutes les banques
d'escompter les titres émis en mobilisation des créances à terme,
5
transformant l'escompte en un pilier de la liquidité bancaire et de la
distribution du crédit.
D’où, l'escompte s'adapte aux besoins de l'économie, en temps de crise.
En Tunisie, L’escompte, en tant qu’instrument financier, n’a réellement
pris forme qu’au 19e siècle, lors de l’émergence de la lettre de change
comme un instrument de crédit largement utilisé dans les transactions
commerciales. Avant cette période, les commerçants et les marchands
rencontraient des difficultés pour obtenir des liquidités immédiates,
notamment lorsqu’ils devaient attendre le paiement de leurs créances.
C’est dans ce contexte que la lettre de change, en tant que titre de créance
transférable, a permis de faciliter les transactions et le financement à court
terme.
L’escompte a alors vu le jour comme une opération bancaire consistant à
céder des créances sous forme de lettres de change, à une banque avant
leur échéance en échange d’une avance en liquidités.
Cette pratique a rapidement pris une place essentielle dans le financement
des entreprises, leur permettant de maintenir la continuité de leurs
activités sans attendre le règlement des créances.
Bien que l’escompte puisse désormais concerner d’autres effets de
commerce, il reste historiquement et essentiellement lié à la lettre de
change, qui constitue encore le principal support de cette opération.
L’escompte a ainsi contribué au développement des pratiques bancaires
modernes et continues de jouer un rôle clé dans la gestion de la trésorerie
et le financement à court terme des entreprises.
Théoriquement, l’escompte peut être abordé sous deux angles :technique
et économique.
D’un point de vue technique, l’escompte consiste en une opération où le
6
titulaire d’un titre, appelé le remettant, remet ce titre à un banquier par
endossement avant son échéance.
En retour, le banquier verse au remettant la valeur nominale du titre, après
avoir déduit une somme correspondant à la rémunération du crédit,
laquelle varie en fonction du montant et du temps restant avant l’échéance8.
Il est également important de noter que l’escompte est considéré comme
une opération de crédit, telle que définie par la loi du 11 juillet 2016
relative aux banques et aux établissements financiers.
En effet selon l’article 6 de cette loi, une opération de crédit est définie
comme : « tout acte par lequel une personne physique ou morale, agissant à
titre onéreux, met des fonds à la disposition d’une autre personne ou
s’engage à mettre des fonds à la disposition de celle-ci, ou prend un
engagement en son nom sous forme de cautionnement ou de garantie. »
D’un point de vue économique, l’escompte représente une solution
efficace pour les entreprises qui cherchent à anticiper leurs recettes et à
améliorer leur trésorerie en échange de la cession de leurs créances.
Toutefois, la diversité des théories sur sa nature juridique met en évidence
une complexité qui peut influencer la manière dont cette opération est
perçue et utilisée sur le marché.
Selon l’approche choisie, l’escompte peut être vu soit comme un simple
mécanisme de financement à court terme, soit comme une opération plus
complexe impliquant des éléments de prêt ou d’achat de créance.
Cette pluralité de visions reflète les différents enjeux économiques liés à
l’escompte, en termes de gestion des risques, de coûts associés et de
fluidité des transactions financières.
L’ensemble de ces opérations peut être divisé en 3 catégories :
Les opérations de promesse de crédit
8
Sana FARHAT, mémoire : L’opération d’escompte 2018-2019
7
Les opérations de crédit par signature
Les opérations par décaissement tel que l’escompte qui se
réaliser de manière isolée ou dans le cadre d’un crédit
d’escompte.
L’escompte isolée c’est la réalisation ponctuelle de l’escompte pour un
titre spécifique.
Et le crédit d’escompte c’est la promesse d’escompter tous les titres
apportés par le client, sous certaines conditions (plafond).
Cette diversité de formes reflète la complexité de cette opération financière
et sa lente maturation.
Pour le crédit d’escompte, le régime juridique d’ouverture de crédit est
souvent utilisé pour gérer les conditions et les limites du crédit.
L’analyse de l’opération d’escompte révèle son rôle clé dans le soutien
à l’économie en permettant aux commerçants d’offrir des délais de
paiement tout en assurant un accès immédiat aux liquidités nécessaires.
En cédant leurs titres négociables aux banques pour les escompter, les
entreprises peuvent ainsi maintenir la fluidité de leurs activités, garantir la
continuité de leur production et favoriser leur développement économique.
Cette pratique constitue un levier important pour la gestion de la
trésorerie, contribuant à la stabilité et à la croissance du secteur
commercial.
Vu l’importance majeure de l’opération de l’escompte, il permit de
s’interroger sur la problématique suivante : Comment s’effectue le
déroulement du mécanisme de l’opération de l’escompte ?
I- La réalisation de l’opération de l’escompte :
L’article 743 du code de commerce dans sa version arabe précise que
l’escompte est un contrat passé entre le client remettant et son banquier .la
lecture du même texte dans sa rédaction française qui dégage tous les
doutes qui peuvent découler du texte français de cet article qui se contente
8
de prévoir que l’escompte est une simple convention9. La différence est de
taille, puisque si on considère que l’escompte est une convention, la
rédaction d’un écrit ne sera pas exigée. Il faut signaler également, que ce
contrat n’a pu retenir l’attention du législateur pour longtemps étant donné
qu’il ne lui a réservé qu’un espace restreint par rapport aux autres
contrats10.
Dans ce cadre, il faut examiner la formation de cette opération d’une part
(chapitre1), d’autre part, il faut déterminer ses effets(chapitre2).
1- la formation du contrat de l’escompte :
l’étude de la formation de l’opération d’escompte exige d’examiner les
conditions et les modalités de celle-ci.
S’agissant les conditions de formations de l’opération d’escompte, le
législateur tunisien n’a pas pris le soin de déterminer les conditions
d’existence et de validité du contrat d’escompte, faisant ainsi implicitement
référence au droit commun et plus précisément à l’article 2 COC11 qui
énumère les éléments nécessaires pour la validité des contrats.
*Il en découle qu’il s’agit des conditions relatives aux parties ainsi que
celles relatives au titre remis.
-Concernant, les conditions relatives aux parties : les parties au contrat
d’escompte doivent se mettre d’accord sur l’objet de leurs obligations
respectives, les caractères du titre et la somme escomptée.
Le contrat d'escompte doit mettre en exergue la volonté des parties de
travailler dans IE cadre de l'escompte. Il faut, donc, prévoir, expressément,
que le remettant, c'est-à-dire le client, s'engage à remettre à son banquier
les effets de commerces, objet du contrat, en pleine propriété. Le banquier,
à son tour, s'engage à accepter, en qualité de propriétaire, lesdits effets et à
9
Sana FARHAT, mémoire : L’opération 2018-2019.p11
10
Notamment le contrat de compte courant auquel il a réservé 15 articles (de l’article 728à l’article 742 [Link])
11
Article 2coc : « les éléments nécessaires pour la validité des obligations qui dérivent d’une déclaration de
volonté sont :
1-la capacité de s’obliger
2-une déclaration valable de volonté portant sur les éléments essentiels de l’obligation
3-un objet certains pouvant former objet d’obligation
4-une cause licite de s’obliger
9
avancer les sommes portées sur les effets au client remettant.
Cette conditions essentielle se matérialise par le versement ou la mise à la
disposition du remettant de la valeur du titre.
Cependant, le simple fait qu’il y ait versement de fonds ou mise à
disposition, accompagné du transfert de propriété du titre, ne suffit pas à
qualifier automatiquement l’opération d’escompte.
En effet, plusieurs opérations peuvent présenter une apparence similaire.
C’est pourquoi il est essentiel d’identifier l’intention réelle des parties.
Cette intention doit refléter une volonté claire de conclure une opération de
crédit.
C’est précisément cette exigence qui permet de différencier l’escompte
d’autres mécanismes, tels que l’achat de titres ou la remise d’un effet en
règlement d’une dette antérieure.
-S’agissant l’achat de titre, l’escompte ne peut pas être identifié à un achat
de titre, et ça peut s’expliquer par la finalité cherchée par les parties dans
chaque opération.
Ainsi, l’acheteur a presque toujours une intention spéculative, alors que
l’escompteur reçoit le titre et verse le montant nominal sous déduction de
sa rémunération qui n’a rien de spéculatif.
-S’agissant de la remise d'un effet en paiement d'une dette antérieure.
La distinction entre ces deux opérations semble a priori aisée. En effet, le
transfert de la propriété du titre constitue un point commun entre les deux,
la remise d'un effet en paiement d'une dette antérieure ne se qualifie pas
comme une opération de crédit. Cette remise n'a pas pour but le versement
ou la mise à disposition du remettant d'une somme d'argent, mais
l'extinction d'une dette antérieure.
10
Concernant les conditions relatives aux effets remis, le titre remis par
le client à un banquier doit représenter une créance de somme d'argent.
L'escompte doit concerner un effet tiré en contrepartie d'une créance
liquide et dont l'échéance est fixée.
Le banquier serait dans l'impossibilité de se faire payer si l'une de ces deux
conditions fait défaut. Ne sont, donc, pas escomptables, les titres fournis en
représentation de marchandises, les connaissements, les lettres de
transports...
Dès lors, il est utile de se demander si le chèque peut être escompté.
La réponse dépend de la qualification attribuée au chèque12.
En vérité, le chèque ne peut être considéré comme un instrument de crédit,
en vertu de l’article 371du [Link] qui affirme que le chèque est payable à
vue.
Il s’ajoute aux conditions de formation, les modalités de cette
opération.
En effet, il existe deux formes essentielles d’escompte, à savoir l’escompte
isolé et le crédit de l’escompte.
* L'opération d'escompte isolé: est une opération occasionnelle, il arrive
qu'un client convienne avec son banquier d'escompter un effet de
commerce ou un autre titre de manière isolé.
Cette forme d'escompte n'est pas soumise à aucune réglementation
particulière, est régi par le droit commun des contrats et notamment le
principe du consensualisme.
-Dans le cadre de cette modalité, le client présente à son banquier un titre
déterminé à l'escompte, le banquier accepte et par cette acceptation le
12
Taoufik ben nasr : Droit bancaire tunisien, page,298
11
contrat d'escompte isolé se forme immédiatement.
Malgré la simplicité de cette modalité on n'y recourt que très rarement en
pratique.
Le banquier différé son acceptation et prend le titre pour examen contre un
reçu qui porte généralement la mention « en vue d'escompte ».
cette mention joue un double rôle : 1-elle permet au banquier d'examiner
les titres et 2- lui donne le temps pour le bien réfléchir.
Dans ce cas la formation du contrat d'escompte est retardée du fait que le
transféré l'endos ne transféré pas immédiatement la propriété du titre,
puisque le banquier a différé son accord.
Dans le cas du crédit d'escompte, les relations qui existent entre le
banquier et son client se caractérisent par l'existence d'un contrat générale
et d'une série de contrats particulières, c'est-à-dire que le banquier
s'engage dans un premier temps à escompter tous les titres présentés.
Pour conclure dans un second temps les diverses opérations d'escompte.
Le crédit d'escompte est un véritable contrat, mais ne peut être totalement
dissocié du contrat d'escompte, en d'autres termes c'est un contrat
préparatoire.
Le crédit d'escompte est une ouverture de crédit qui présente l'engagement
de banquier d'accorder des crédits à son client, d'une autre manière c'est la
promesse de banquier. Généralement un plafond est fixé de telle manière
que le crédit alloué par la banque soit déterminé dans le montant, le
banquier demeure libre de refuser d'escompter des titres au-delà de la
somme indiquée dans le contrat.
L'escompte peut être convenu pour une durée limitée ou illimitée.
Lorsque le banquier s'est engagé pour une période déterminée il se trouve
dans l'obligation d'accepter à l'escompte tous les titres qui ont été prévus
12
dans le contrat d'escompte et quel que soit leurs montants, le banquier ne
peut révoquer son concours que sur la base de l'article 706 du code de
commerce Pour des raisons bien déterminer mais lorsque le banquier s'est
engagé pour une période indéterminée il est libre de révoquer son
engagement d'escompte.
Le banquier ou le client doit tout de même observer un préavis de
huit jours comme l'exige l'alinéa second de l'article 705 du code de
commerce.
Selon l'article 743 du même code le banquier est dans l'obligation
d'accepter tous les titres qui lui sont remis par le client, aux termes de ce
bref exposé.
on peut admettre que les modalités de l'opération de l'escompte sont
soumises à des règles assez rigoureuses qui ont pu apporter aux parties une
certaines protection, à côté de ces formes il existe deux formes particulières
à l'opération de l'escompte qui répondent aux besoins des clients et
l'escompte à forfait.
2-Les effets de l'opération d'escompte :
Le contrat d’escompte produit, lorsque les conditions de son formation sont
réunies, certains effets qui se caractérisent par leur multiplicité et leur
complexité.
Ces effets concernent exclusivement ou du moins principalement, le
banquier et le remettant.
D’une part, le transfert de la propriété été du titre, présente l’un des effets
fondamentaux de l’escompte.
13
Le législateur tunisien à déclarer dans l'article 743 C.C : « le transfert de
propriété du titre se transmet au banquier » sans préciser les modalités de
ce transfert.
D'ailleurs, le transfert de la propriété est réalisé par un endossement
translatif, celui-ci revêt trois formes différentes : il peut être soit nominatif,
soit en blanc, soit au porteur.
Concernant l'endossement nominatif, c'est l'endossement qui indique le
nom de l'endossataire et qui peut rendre la forme suivante : « endosser au
profit de monsieur x » ou toute formule équivalente suivie de la signature
de l'endosseur apposée ou dos titre.
Cette forme est conforme à la pratique de l’escompte ; le remettant indique
dans cette hypothèse le nom de banquier escompteur tant qu'endossataire.
Concernant l'endossement en blanc, c'est l'endossement qui ne désigne pas
le nom de l'endossataire. Il peut même écarter toute formule
d'endossement et se suffire de la signature de l'endosseur apposée au dos
du titre ou sur l'allonge.
Concernant l'endossement au porteur, l'article 275 du code de commerce
prévoit dans son alinéa 7 que l'endossement au porteur équipant à un
endossement en matière d'escompte peut être au porteur jusqu'il vaut
comme un endossement en blanc.
-Le transfert de la propriété du titre constatant une créance à terme au
profit de l'escompteur est certainement l'un des piller de l'opération de
l'escompte.
-Le mode de transfert différé selon la nature du titre escomptée qu'il soit un
titre de créance cambiaire ou titre de créance ordinaire, la propriété se
transmet par cession civil étant l'opération dans laquelle le créancier (le
14
cédant) vend une créance qu'il détient à l'encontre de son débiteur (tiers
cédé) à un tiers (cessionnaire).
S'il s'agit d'un titre cambiaire, tels que la lettre de change, les billets par voie
d'endossement dans la mesure où les titres cambiaires ne sont que des
effets de commerce qui se manifestent en tant que titres à ordre
négociables uniquement par le biais d’endossement.
Il convient, toutefois, de distinguer l'escompte de l'avance sur encaissement
dans laquelle le banquier ne serait qu'un simple mandataire. L'endossement
est en principe translatif, mais il y a un type d'endossement qui est non
translatif, c'est le cas de l'endossement par procuration.
C'est une simple modalité de recouvrement représentant le mandat donné
par l'endosseur (client) à l'endossataire (mandataire) pour la réception du
paiement de l'effet pour son compte tout en gardant les droits de ce même
titre (Pas de transfert de la propriété) selon l'article 281 du code de
commerce.
Donc dans le cadre d'escompte on va exclure l'endossement non translatif
(l’endossement par procuration) Le banquier devient porteur légitime et
assume toutes les obligations cambiaires qui en découle et bénéficie des
droits résultant du titre dès sa remise.
Dans la pratique, afin d'éviter les doutes qui peuvent survenir sur
l'entendue des droits et obligations des parties, la remise du titre à
l'escompte se fait par des bordereaux dans lesquels les parties conviennent
de la nature de l'opération et de ses conditions.
Le transfert de la propriété ne peut se réaliser de maniéré isolé du fait qu'il
nécessite, en échange, le paiement du montant constaté par le titre
escompté.
15
D’autre part, et concernant le deuxième effet de l’escompte savoir la
rémunération du banquier selon l'article 743 alinéa 2 du code de
commerce «... l'opération comporte, la perception d'une commission
d'endossement ou autre. Une convention spéciale peut prévoir l'escompte à
forfait ».
La rémunération de l'escompteur peut prendre la forme d'intérêts ou de
commission.
Pour les intérêts, ils peuvent être définis en tant que, le prix d'un service
qu'une personne rend à une autre en mettant à sa disposition une certaine
somme pour un certain temps.
Pour les commissions, elles constitue le remboursement forfaitaire des frais
supportés par le banquier a l'occasion de l'opération d'escompte, on trouve
le mode proportionnel par rapport au montant selon l'alinéa deux de dite
article du même code qui dispose que les commissions sont calculées selon
un mode proportionnel.
*Néanmoins, l'article 744 infinie autorise que les commissions
soient appréciées par accord des parties, c'est le mode fixe, dite
conventionnel de détermination de la valeur des commissions.
• Les modes de calculs des intérêts et des commissions sont déterminés par
l'article 744 du C.C qui prévoit que : « L'intérêt est calculé compte tenu du
temps à courir jusqu'à l'échéance des titres, ou pour une durée plus courte
dans les opérations qui comportent remboursement avant l'échéance par le
bénéficiaire de l'escompte. La commission due est calculée d'après le
montant des titres. Il peut être fixé un minimum de perception pour
l'intérêt et pour la commission. »
16
Dans l'alinéa premier de dite article on trouve le mode proportionnel par
rapport à la durée : plus la durée longue plus le montant d'intérêt s’élève,
Normalement la fin du contrat de l'escompte est à l’échéance toutefois cette
durée peut être plus courte en cas ou le titre permet un recouvrement avant
l'échéance c'est le cas où la lettre de change ne contienne pas une
acceptation de la part de tiré, et ça permet ou porteur d'exercer les
anticiper.
II- II- Le dénouement de l’opération de l’escompte :
Une opération de crédit est dénouée lorsque le créditeur est remboursé de
son avance, or ce n’est pas toujours assez facile.
Dans cette deuxième partie, on va voir en premier lieu le dénouement de
l’escompte en dehors du compte courant(chapitre1) et en deuxième lieu, le
dénouement de l’escompte dans le cadre d’un compte courant(chapitre2).
1- Dénouement de l’escompte en dehors du compte courant :
En cas de non-paiement du titre escompté, le banquier ayant
escompté le titre dispose de plusieurs moyens d’action pour en obtenir le
règlement.
*La première action découle directement du titre lui-même, tandis que la
seconde trouve son fondement dans le contrat d’escompte conclu entre les
parties. Par ailleurs, le contrat d’escompte peut également prendre fin par
voie de résiliation ou de résolution, selon les circonstances entourant
l’inexécution ou la rupture du contrat.
S’agissant du dénouement de l’opération d’escompte par l’exercice des
droits attachés au titre escompté,
il convient de noter qu’à l’échéance, et en cas de non-paiement, le banquier
escompteur, en sa qualité de propriétaire du titre, est habilité à exercer
17
l’ensemble des droits qui y sont associés.
Conformément au premier alinéa de l’article 764 du Code de commerce, :«
le banquier a, vis-à-vis des débiteurs principaux des effets, du bénéficiaire
de l’escompte et des autres coobligés, tous les droits attachés aux titres qu’il
a escomptés ».
Ainsi, le banquier peut faire valoir les actions attachées au titre, même à
l’encontre de tiers.
En tant que porteur légitime, il bénéficie de l’ensemble des droits et
obligations reconnus au porteur d’un effet de commerce, indépendamment
du fait que celui-ci ait été escompté ou non.
À ce titre, il peut exercer : • 1-une action fondée sur la provision contre
le tiré (le débiteur principal), • 2-ainsi qu’une action cambiaire à
l’encontre de tous les signataires de l’effet .
Ces mécanismes renforcent la position du banquier en lui permettant
d’assurer le recouvrement des fonds avancés en cas de défaillance du
débiteur
La première action trouve son fondement juridique dans l’article 257 du
Code de commerce, qui traite de la provision dans la lettre de change. Quant
à la seconde, elle repose sur l’article 310 du même code, lequel dispose
que le porteur d’une lettre de change peut intenter une action en paiement
contre n’importe quel signataire de la traite, qu’il s’agisse d’une action
individuelle ou collective, sans être tenu de respecter les conditions
spécifiques dans lesquelles ces signataires se sont engagés.
Cette solidarité entre les signataires constitue une véritable garantie pour le
banquier, lui permettant de recouvrer le montant de l’effet escompté en
18
agissant, au choix, contre le client remettant ou tout autre signataire de
l’effet.
Par ailleurs, les actions attachées au titre ne se limitent pas aux tiers
signataires, elles peuvent également être dirigées contre le remettant lui-
même, dans le cadre d’une action cambiaire en garantie.
Cette action suit les mêmes règles que celles applicables aux actions
intentées contre les autres signataires, sauf si les parties ont convenu, par le
biais de clauses particulières, de modifier leurs obligations respectives.
Concernant le dénouement de l’opération d’escompte à travers l’exercice
d’une action fondée sur le contrat d’escompte, il s’agit ici d’un recours de
droit commun en paiement, exclusivement dirigé contre le remettant. Cette
action tire sa source non pas du titre escompté, mais du contrat d’escompte
lui-même, ce qui explique qu’elle ne puisse être exercée contre des tiers,
conformément au principe de la relativité des contrats.
Ce recours est expressément reconnu par l’article 746 du Code de
commerce, qui dispose : « à l’égard du bénéficiaire de l’escompte, un droit
distinct au remboursement des sommes mises à la disposition de celui-ci,
augmentées des intérêts et commissions perçus »
Il faut signaler qu’en droit français, ce recours n’a pas été consacré,
c’est la doctrine et la jurisprudence qui ont mis aux points les règles
relatives à l’escompte
Ce recours repose sur les rapports contractuels fondamentaux unissant le
banquier et le remettant. Il traduit la logique de l’opération : le banquier,
qui n’agit pas dans une perspective spéculative, accepte d’avancer le
montant du titre sous réserve de son paiement à l’échéance. Ainsi, en cas de
non-paiement, il conserve le droit de se retourner contre son client pour
19
obtenir le remboursement des sommes avancées.
En ce qui concerne le dénouement de l’opération d’escompte par résiliation
ou résolution du contrat, il arrive que l’opération soit interrompue avant
l’échéance du titre, par l’anéantissement du contrat d’escompte lui-même.
Deux mécanismes juridiques permettent ce dénouement anticipé :
la résiliation et la résolution du contrat
La résiliation repose sur un accord mutuel entre les parties visant à mettre
fin au contrat avant son terme. Bien que cette possibilité ne soit pas
expressément régie par la législation en matière d’escompte, elle trouve son
fondement dans les règles de droit commun des contrats, notamment aux
articles 414 à 419 du Code des obligations et des contrats.
La résiliation ne requiert pas nécessairement une expression formelle de
volonté : en pratique, elle se manifeste souvent par une demande du
remettant à la banque pour la restitution de l’effet, ce qu’on appelle
couramment un « retrait d’effet ».
Quant à la résolution, elle constitue une sanction applicable lorsqu’une
partie au contrat n’exécute pas ses obligations. Étant donné que l’escompte
est un contrat synallagmatique, le banquier peut demander la résolution si
le remettant ne lui a pas valablement transféré la propriété du titre.
Inversement, le remettant peut aussi solliciter la résolution si la banque
refuse de lui verser les fonds issus de l’escompte.
Les parties peuvent également prévoir dans le contrat une clause de
résolution de plein droit, stipulant que le contrat sera automatiquement
résolu en cas d’inexécution par l’une d’elles. Une fois la résolution
intervenue, la banque est tenue de restituer le titre au remettant, lequel
devient immédiatement redevable des sommes déjà perçues.
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Enfin, en l’absence d’accord, la résolution peut être prononcée par voie
judiciaire.
2- Le dénouement de l’escompte dans le cadre d’un compte courant :
Ce droit au remboursement peut revêtir différentes formes juridiques : il
peut découler soit de la créance cambiaire liée au titre escompté, soit de la
créance de droit commun née du contrat d’escompte, ou encore de la
créance résultant de la résiliation ou de la résolution de ce même contrat.
S’agissant de la créance cambiaire, le droit du banquier à la contrepassation
s’analyse comme la faculté d’exercer ses recours cambiaires afin d’obtenir
le paiement des titres restés impayés à l’échéance. Le plus souvent, une
convention de compte courant lie le banquier à son client. Dans ce cadre,
lors de l’escompte, le montant du titre est inscrit au crédit du compte du
client – c’est ce qu’on appelle la passation
Si, à l’échéance, le titre escompté n’est pas honoré, le banquier est en droit
de réinscrire ce montant au débit du compte du client.
Cette écriture comptable est qualifiée de contrepassation.
Conformément à l’article 740 du Code de commerce, celle-ci consiste à
débiter le compte du client d’un montant correspondant à la valeur
nominale du titre, majoré des frais prévus à l’article 311.
La nature juridique de la contrepassation a longtemps fait l’objet de
Débats doctrinaux et jurisprudentiels. Initialement, une partie de la
Doctrine considérait cette opération comme une simple annulation de
L’écriture de crédit précédemment enregistrée lors de l’escompte.
Toutefois, une évolution s’est opérée : la doctrine contemporaine
interprète désormais la contrepassation comme la manifestation du droit
de créance cambiaire du banquier, né du non-paiement du titre escompté à
l’échéance
La Cour de cassation française adopte une position plus étendue, en
estimant que la contrepassation reflète un « droit au remboursement » dont
bénéficie le banquier escompteur.
Par ailleurs, l’usage du verbe « peut » à l’article 740 du Code de commerce
montre que la contrepassation n’est pas automatique, mais qu’elle revêt un
caractère facultatif et cumulatif avec les autres recours.
Une fois exercée, cependant, elle devient irrévocable, ce qui signifie que le
banquier ne peut revenir sur sa décision.
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La contre-passation ne produit pas le même effet et ça dépend du solde du
compte courant s’il est créditeur ou débiteur.
Par ailleurs, en plus du recours cambiaire que le banquier escompteur peut
exercer à l’encontre de l’ensemble des signataires du titre, y compris son
propre client, il dispose également d’un recours de droit commun dirigé
spécifiquement contre ce dernier.
Ce recours revêt une importance particulière dans les situations où le
banquier perd son droit cambiaire, notamment en raison de la prescription
ou d’une négligence dans l’exercice de ses droits. Il constitue ainsi une voie
alternative pour le banquier afin d’obtenir le remboursement des sommes
avancée.
Lorsque l’escompte a été réalisé dans le cadre d’un compte courant, le
banquier peut, au lieu de réclamer immédiatement le paiement à son client,
inscrire sa créance de droit commun au débit du compte courant de ce
dernier. Toutefois, cette opération d’inscription n’est pas automatique : elle
doit répondre à certaines conditions spécifiques pour produire pleinement
ses effets juridiques.
En ce qui concerne les conditions, il convient de préciser que les
Premières sont liées au fonctionnement du compte courant lui-même, et
sont similaires à celles applicables lors de l’inscription d’une créance
cambiaire en compte.
Ainsi, la contrepassation peut intervenir même après la clôture du compte,
et elle conserve un caractère facultatif.
Toutefois, étant donné que la créance en cause est ici de nature différente
les conditions spécifiques qui lui sont applicables varient également.
En effet, le banquier est en droit d’inscrire cette créance au débit du compte
du remettant, même dans le cas où il aurait perdu ses recours cambiaires,
que ce soit par négligence ou prescription.
Par ailleurs, le montant inscrit doit correspondre exactement à celui de la
créance de droit commun.
Si le banquier a perçu un acompte de la part des débiteurs du titre, ce
montant devra être déduit, car la créance de droit commun, contrairement à
la créance cambiaire, ne bénéficie pas d’une garantie
Solidaire.
Les effets de la contrepassation s’articulent autour de deux aspects
essentiels :
1-Le sort réservé aux titres escomptés
Et
2- l’imputation des sommes Perçues sur le solde du compte, après
l’opération.
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S’agissant du premier aspect, il convient d’opérer une distinction fondée
sur la situation financière du remettant, selon qu’il soit en situation
normale (in bonis) ou en faillite.
Dans l’hypothèse où le remettant est in bonis, la contrepassation équivaut à
un paiement, obligeant ainsi le banquier à restituer le titre concerné.
Cependant, dans le cas où le remettant est en faillite, il convient
d’examiner l’état du solde du compte courant après sa clôture.
Si ce solde est créditeur, la contrepassation est alors considérée comme
un paiement, obligeant le
banquier à restituer le titre escompté. En revanche, si le solde est débiteur,
le banquier ne récupère pas les fonds avancés et, par conséquent, conserve
la propriété du titre.
Il peut alors exercer des recours contre les signataires de l’effet, tels que le
tiré ou le souscripteur.
Quant au second effet de la contrepassation l’imputation des sommes
perçues sur le solde du compte après régularisation, il ne dépend pas,
contrairement à la situation du recours cambiaire, du fait que le remettant
soit en faillite ou non.
Dans ce cas, la situation du remettant n’a pas d’incidence sur l’imputation.
S’agissant de la créance résultant de la résiliation ou de la résolution du
contrat d’escompte, la résiliation correspond à ce que les praticiens
appellent le « retrait d’effet ».
Elle intervient d’un commun accord entre le banquier et son client, mettant
ainsi fin à l’opération de crédit avant son échéance normale.
Dans ce cas, le banquier restitue le titre au client, tandis que ce dernier
rembourse les fonds avancés, augmentés des commissions dues et d’un agio
calculé proportionnellement à la durée écoulée.
Si l’escompte a été réalisé dans le cadre d’un compte courant, la créance née
de cette résiliation est alors inscrite au débit du compte du client.
Quant à la résolution du contrat d’escompte, elle reste une hypothèse
exceptionnelle.
Elle peut être analysée comme une annulation rétroactive de l’opération.
L’effet produit par cette résolution consiste à inscrire une écriture inverse à
celle initialement portée au crédit du remettant, d’un montant équivalent,
afin de corriger le compte et refléter l’anéantissement du contrat.
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Bibliographie
*Ben nasr T. droit bancaire, op. Cit, p.49
*BONNEAU Thierry, op. Cit, p. 562. J
* LEHYENI Nissaf, Cours droit de crédit, 2022-2023. p. 11
*RIPERT Georges et ROBLOT René, Traité élémentaire de droit
commercial, 8ème éd, 1978, n°2390, p. 327.
* Sana FARHAT, mémoire : L'opération d'escompte 2018-2019. PI
* loi n° 2016-48 du 11 juillet 2016, relative aux banques et aux
établissements financiers
* Code de commerce
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Table des matières
I- La réalisation de l'opération de
l'escompte :
1- La formation de l'escompte
2- Les effets de l'escompte Le dénouement
de l'opération de l'escompte
II- Le dénouement de l’opération de
l’escompte :
1- Le dénouement de l'escompte hors d'un
compte courant
2- Le dénouement de l'escompte dans le
cadre d’un compte courant