ANANLYSE SOCIO-ECONOMIQUE DE
CIRCUIT DE COMMERCIALISATION
DE BANANE PLANTAIN DANS LA
VILLE DE DOUALA
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION GENERALE
Dans ce chapitre introductif, il s’agira plus particulièrement de ressortir le contexte de
l’étude, de présenter la problématique, les objectifs, l’importance de l’étude, et enfin de
présenter les principales articulations du mémoire.
1.1. CONTEXTE DE L’ETUDE
Le développement a de tout temps été la préoccupation de la plupart des pays en
développement. L’agriculture constitue souvent pour ces pays la principale source de devises
et le moteur de la croissance économique (Barnes, 1991). Le plantain est une des plus
importantes cultures vivrières d’Afrique centrale et occidentale. Aliment de base très
énergétique (90 calories pour 100g), très riche en vitamines (A, B6, C) et en éléments
minéraux (magnésium, phosphore, potassium, calcium) (Tchango Tchango et Ngalani, 1999),
le plantain occupe une place primordiale dans l’alimentation de plusieurs pays de la CEMAC
(Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine). La place du
plantain apparait donc cruciale par rapport aux enjeux de sécurité alimentaire, de
développement rural et de lutte contre la pauvreté dans la sous-région (Temple et al., 1996).
Compte-tenu de son importance dans la production et l’offre alimentaire au niveau régional,
le plantain doit jouer un rôle important dans les politiques de relance de la productivité
agricole pour la sécurité alimentaire.
L’intérêt des dirigeants des pays de la CEMAC pour le plantain a d’ailleurs été souligné en
2001 par la signature d’un accord intergouvernemental portant création du CARBAP, Centre
Africain de Recherches sur les Bananiers et les Plantains, dont le mandat et les missions en
font un outil de coopération scientifique et d’intégration régionale.
Au plan mondial, la production de plantain approche les 20 millions de tonnes dont plus de
45% sont produits dans la zone Afrique centrale et de l’ouest (AOC) (Lescot, 2000). La
production du plantain au Cameroun occupe le 8ème rang mondial et le premier en zone
CEMAC (FAO, 2010). Elle est essentiellement issue d’exploitations familiales dont la
production extensive et le plus souvent plurispécifique (plusieurs cultures au sein de
l’exploitation et très souvent dans les parcelles) se caractérise notamment par une faible
utilisation d’intrants, le manque de matériel végétal de bonne qualité et l’absence de mesures
permettant de contrôler les bio-agresseurs foliaires et telluriques. En outre, les exploitants
agricoles et les autres acteurs associés à la production de plantain au Cameroun s’activent en
rangs dispersés au sein d’une filière peu organisée, et avec des circuits de commercialisation
peu efficaces (Bikoï et al., 1999 ; Temple et al., 2003, Kwa et al., 2007 ; Tchuisseu et al.,
2008).
Des études récentes réalisées sur la filière plantain au Cameroun ont révélé des
performances caractérisées par une productivité limitée et une faible compétitivité. Elle
mobilise quelques 650 000 acteurs dont plus de 92% sont de petits exploitants agricoles. 60
à 70% de ces exploitants possèdent, selon les régions, moins de 2ha de surface exploitable ;
le reste des acteurs est constitué de commerçants et autres intermédiaires (kwa et al, 2009 ;
Ngo Nonga et al., 2008).
La production de plantain du Cameroun en 1999 était estimée à 1 156 858 tonnes. Au cours
des années 2000, l’accroissement de la production a varié de 3 à 8% par an et en 2006
cette production a atteint près de 2,18 millions de tonnes (AGRISTAT, 2006 ; FAO, 2010).
Les rendements annuels obtenus demeurent néanmoins très faibles (entre 5 et 8T/ha) alors
que dans des conditions d’intensification raisonnable et respectueuses de l’environnement
des chiffres 3 à 5 fois plus élevés pourraient assez facilement être obtenus. La production
est encore bien en deçà du potentiel de production qui se situerait dans les conditions
actuelles autour de 3 à 4 millions de tonnes/an. Par ailleurs, si la demande potentielle de
plantain est de plus de 3 millions de tonnes au Cameroun, elle peut être estimée à près de 6
millions de tonnes pour la zone CEMAC.
L’appel du marché est donc important et les prix sur les marchés de consommation sont
assez élevés (de 80 à 300FCFA/kg en fonction des saisons sur les marchés de
consommation) (Bikoï et Yomi, 1998). Ces prix demeurent néanmoins plus faibles au niveau
des marchés de production (40-120FCFA/kg) (CARBAP, 2008).
Le constat étant établi que les rendements demeurent faibles malgré un contexte de
production favorable et l’existence d’un marché demandeur dont les besoins ne sont pas
couverts, il devient évident que le plantain est produit au Cameroun dans un contexte de
faible productivité et de faible compétitivité qui devrait pouvoir être amélioré.
Compte-tenu de la demande croissante et des prix de vente élevés rencontrés sur les
marchés intérieurs et régionaux, on peut constater qu’un certain nombre d’acteurs
s’investissent ou souhaiteraient investir dans la culture et le commerce du plantain. Par
ailleurs, la distribution et la commercialisation du plantain occupent un grand nombre de
femmes en zones rurales et urbaines (Kwa et al., 2009 ; Tchuisseu R., 2007 ; Bikoï, 1998).
1.2. PRESENTATION DU PROBLEME
Très consommée au Cameroun, la banane plantain est la deuxième culture commercialisée
sur le plan national après la pomme de terre. Fin 2008, les autorités lançaient le Programme
de reconversion économique de la filière banane plantain (PREBAP), grâce auquel le seuil
des 1,4 millions de tonnes produites devait être franchi et atteindre quatre millions dans les
six prochaines années. L’ambition du gouvernement était d’en faire un aliment de
substitution au riz et au blé importés, au Cameroun et dans la sous-région, en accompagnant
la hausse de cette production et en mettant un accent particulier sur la transformation et la
distribution. Mais nombre d’efforts restent à faire pour atteindre ces objectifs. Et les petits et
moyens producteurs, qui devraient être à la base de cette expansion, ont toujours le sentiment
qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.
Ainsi la banane plantain étend l’un de produit de base de grande consommation au
Cameroun, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Comme le fait remarquer
Newilah (2005), le plantain constitue un produit de base consommé sous plus d'une vingtaine
de formes sur le plan national ; en fonction des régions et des ethnies. Dans la ville de
Douala, il se consomme sous plusieurs formes à savoir : bouillie, pilée, bouillon, frite, de
chips, braisée, découpée, bouillie et mélangée à l'huile pour ne citer que celles-là.
Malgré les multiples efforts fournis par le gouvernement pour régulariser les prix de denrée et
assurer la sécurité alimentaire, il existe des dysfonctionnements au sein de la filière. En
l'occurrence le prix du plantain qui ne cesse de grimper sur les marchés de la ville de Douala.
Les prix sont très bas pour les producteurs (marchés situés dans les zones de production dans
les zones péri-urbaines) et très élevés pour les consommateurs (marché de consommation)
(Dury, 2003). De même, Les conclusions tirées par le REPARAC (2007) permettent de
constater que la hausse de prix à la consommation ne se répercute que de manière partielle
chez le producteur.
Il s'en suit un déséquilibre persistant entre l'offre stagnante du plantain et la demande de plus
en plus croissante des consommateurs, notamment au niveau des villes au point que le
plantain y est devenu un produit de luxe (REPARAC, 2007).
Le non répercussion de la hausse des prix observée sur les marchés de consommation au
niveau des producteurs n'encourage pas ces derniers à améliorer leurs productions. Il n'est pas
impossible d'entrevoir une pénurie définitive de banane plantain dans la ville de Douala au
courant des années à venir, surtout que les inputs eux, augmentent en coût.
Face à cette situation confuse, il devient nécessaire, de creuser le processus de
l'approvisionnement de la ville de Douala en banane plantain. Pour ce faire, on pourrait
apporter des éléments de réponse à la question principale qui est celle de savoir comment
lutter plus efficacement contre l’inflation du prix sur cette denrée alimentaire dans la ville de
Douala ceci à travers les questions de recherche suivantes :
1- Quels sont les critères qui influencent l’instabilité du prix de la banane plantain au
niveau du consommateur finale ?
2- Quels sont les acteurs impliqués dans le circuit de commercialisation de la banane
plantain ?
3- Quel est l’approche du gouvernement pour palier à cette instabilité du prix de la
banane plantain sur le marché ?
4- Autrement dit quel peut être l’impact de plusieurs intermédiaires dans les circuits de
commercialisation ?
Telles sont les questions auxquelles cette étude se propose d’apporter quelques
éclaircissements.
1.3. OBJECTIFS DE L’ETUDE
La présente étude vise l’analyse socio-économique de la commercialisation de la banane
plantain dans la ville de Douala, afin de comprendre pourquoi il y a instabilité du prix de
cette denrée alimentaire sur le marché. Plus spécifiquement, il s’agira :
- D’identifier les acteurs impliqués dans le circuit de commercialisation de banane
plantain
- D’évaluer les critères qui influencent la disponibilité de la banane plantain sur le
marché
- De vérifier les produits de substitution sur le marché
- De vérifier l’existence d’un cadre réglementaire de la commercialisation de banane
plantain
1.4. IMPORTANCE DE L’ETUDE
Cette étude revêt une importance à la fois théorique et pratique.
1.4.1. Sur le plan théorique
Plusieurs travaux ont été réalisés dans le domaine de la commercialisation de la banane
plantain. Toutefois, se rapportant aux réseaux sociaux et au savoir local, cette étude se veut
être une modeste contribution à la littérature en général et à celle relative aux circuits de
commercialisation de cette denrée alimentaire sur le marché.
1.4.2. Sur le plan pratique
Cette étude revêt une importance pratique pour deux groupes d’acteurs, notamment :
- Aux pouvoirs publics (MINCOMMERCE, MINEPIA et MINADER) et organismes
de recherche, ce travail leur permettra de mieux orienter leurs actions dans le domaine
de la commercialisation dans nos différentes métropoles en relation avec la sécurité
alimentaire dans les ménages.
- Aux MINCOMMERCE plus spécifiquement de prendre des mesures plus efficaces
dans la régularisation des prix de cette denrée ceci pour assurer qu’il y ait plus
inflation du prix sur le marché.
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