Simulateurs pour la logistique portuaire
Simulateurs pour la logistique portuaire
À mes parents, qui se sont dévoués corps et âmes tout au long de mes années d'études. Je
remercie pareillement ma famille et mes amis pour leur soutien.
Je tiens à remercier très chaleureusement Monsieur Mehdi NAJIB, sans oublier mes
collègues du laboratoire de mathématiques appliquées du Havre (LMAH)
et du laboratoire d’ingénierie des Systèmes d’information (LISI).
Merci à tous !
3
4
ملخــــص الرســــالة
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Résumé
La conteneurisation a révolutionné le commerce international au 20ème siècle. L’introduction du
conteneur, comme moyen standard de transport de marchandise, a profondément impacté le commerce
maritime et a radicalement changé le fonctionnement des ports. En effet, les ports n’ont cessé de se
développer par la construction de nouveaux terminaux à conteneurs (TC) et également par
l’amélioration de leurs services par la réduction des délais et des coûts de livraison. En parallèle, la
gestion des risques dans les TC a reçu beaucoup d'attention ces dernières années en raison de
l'augmentation des activités frauduleuses liées aux conteneurs. La communauté internationale a
proposé plusieurs initiatives pour améliorer la sécurité du transport maritime. Cependant, l'évaluation
des risques des conteneurs reste une tâche difficile, souvent due à des informations incomplètes ou
ambiguës sur les conteneurs. D’autres parts, la réduction de l’empreinte écologique sur l’environnement
est devenue une préoccupation majeure en matière de transport conteneurisé. Face à cet enjeu
écologique, les acteurs du dernier kilomètre de la chaîne logistique du conteneur doivent améliorer et
optimiser leur infrastructure et penser des modes de transports terrestre de conteneurs ayant une
empreinte environnementale moindre que les modes de transports classiques à diesel, sans toutefois
impacter les performances.
Dans cette optique, le premier objectif de cette thèse se focalise autour l’amélioration de la
performance du processus d’inspection des conteneurs. Ainsi, nous proposons une nouvelle approche
adaptative de la priorisation d’inspection des conteneurs. Nous avons nommé cette approche
APRICOIN (Adaptive PRIoritizing Container INspection). Cette approche exploite le concept du
produit intelligent ainsi que de la logique floue et les techniques de fouille de données. Cette approche
est basée sur trois étapes. La première étape vise l’amélioration du flux informationnel et en assurant
ça véracité et ce moyennant les capacités du conteneur intelligent. Ainsi on propose un descriptif enrichi
du conteneur (DEC). La deuxième étape consiste à prioriser l’inspection des conteneurs en lui attribuant
un score de risque à l’aide de la logique floue. La dernière étape consiste à prioriser l’inspection des
conteneurs et exploiter les résultats d’inspection afin d’ajuster la précision de l’algorithme APRICOIN
et s’adapter aux nouveaux facteurs de risque moyennant les techniques de fouille de données. Afin de
valider l’approche proposée, une étude de cas illustratif a été réalisée ainsi qu’une étude comparative
avec d’autres approches alternatives. Le deuxième objectif de cette thèse se focalise sur le projet green
Truck qui vise particulièrement les transporteurs routiers de conteneurs à courtes distances dans la zone
portuaire en assurant une transition énergétique de la flotte de tracteurs diesel vers des tracteurs
électriques à batteries rechargeables. Le projet s’intéresse à une technique récente de rechargement des
batteries, à savoir le « Biberonnage ». Cette technologie est inspirée du fonctionnement de certains bus
électriques. Elle consiste à exploiter les courts temps d’attentes du véhicule, comme par exemple la
monté et la descente des passagers pour le cas des bus, afin de recharger automatiquement la batterie
du véhicule. Ainsi dans cette thèse on a exploré les différentes techniques et modes de rechargement
rapide des batteries de tracteurs routiers électriques compte tenu des contraintes d’exploitation, et
6
d’évaluer la faisabilité économique de la mise en œuvre d’un système comprenant le véhicule et
l’infrastructure électrique. L’outil de simulation Anylogic a permis de dimensionner les batteries et les
bornes de recharge des véhicules électriques, en plus de fournir aux décideurs des résultats technico-
économiques avec des représentations animées et graphiques en 3D.
7
Résumé en anglais
Containerization revolutionized international trade in the 20th century. The introduction of the
container, as a standard means of transporting goods, has had a profound impact on maritime trade
and has radically changed the functioning of ports. Indeed, ports have continued to grow through the
construction of new container terminals (CT) and also by improving their services by reducing delays
and delivery costs. At the same time, risk management in CTs has received a lot of attention in recent
years due to an increase in fraudulent container activities. The international community has proposed
several initiatives to improve the security of maritime transport. However, the risk assessment of
containers remains a difficult task, often due to incomplete or ambiguous container information. On the
other hand, reducing the ecological footprint on the environment has become a major concern in
containerized transport. Faced with this ecological challenge, the last-mile players in the container
logistics chain must improve and optimize their infrastructure and think of new land transport modes
of containers with a lower environmental footprint than conventional diesel transport modes, without
having an impact on performance.
With this in mind, the first objective of this thesis focuses on improving the performance of the
container inspection process. Thus, we propose a new adaptive approach to container inspection
prioritization. We named this approach APRICOIN (Adaptive PRIoritizing Container INspection). This
approach exploits the concept of intelligent product as well as fuzzy logic and data mining techniques.
This approach is based on three stages. The first step is to improve the information flow and to ensure
this truthfulness by means of the capabilities of the intelligent container. Thus we propose an enriched
description of the container (DEC). The second step is to prioritize container inspection by assigning a
risk score using fuzzy logic. The final step is to prioritize the inspection of the containers and use the
inspection results to adjust the accuracy of the APROCOIN algorithm and to adapt to the new risk
factors using the data mining technique. In order to validate the proposed approach, an illustrative case
study was conducted as well as a comparative study with other alternative approaches. The second
objective of this thesis focuses on the green truck project, which is particularly aimed at short-haul
container road hauliers in the port area by ensuring an energy transition from the fleet of diesel tractors
to electric tractors with rechargeable batteries. It consists in exploiting the short wait times of the vehicle,
in order to automatically recharge the vehicle's battery. Thus, in this thesis, we have explored the
different techniques and methods of recharging batteries of electric road tractors taking into account
operating constraints, and evaluate the economic feasibility of implementing such system. The Anylogic
simulation was used to size the batteries and the charging stations of electric vehicles. In addition
technical and economic results with 3D animated and graphic representations was provided.
8
Introduction Générale
Cadre général
9
à cet enjeu écologique, les acteurs de la chaîne logistique doivent améliorer et
optimiser leur infrastructure et penser à des modes de transports terrestre de
conteneurs ayant une empreinte environnementale moindre que les modes de
transports classiques à diesel, sans toutefois impacter les performances de la chaîne
logistique.
Problématique
10
• Comment utiliser les techniques de fouille de données pour extraire les
connaissances cumulées des agents de la douane dans le ciblage des conteneurs
à risque est les exploiter efficacement ?
• Comment utiliser efficacement ces connaissances extraites et les exploiter
pleinement dans le ciblage des conteneurs à risque ?
• Comment mettre à jours ces connaissances extraites et les adapter aux facteurs
de risques émergents ou obsolètes ?
• Comment mettre en place une stratégie adaptive de ciblage de conteneurs à
risque qui prend en compte tous ces aspects ?
L’aspect environnemental qui est devenu une priorité dans le transport
conteneurisé fait face à de nombreuses contraintes liées exigences écologique et du
maintien de la performance. Ce compromis à pousser le port du Havre à s’engager
avec ses partenaires dans des projets pour la réduction de son empreinte écologique.
Le projet Green truck s’inscrit dans cette optique.
11
Contributions
1ére contribution : Une approche adaptive pour la priorisation d’inspection des conteneurs a
risque
12
Principales étapes de l'approche APRICOIN
13
Dans cette étude, les tracteurs routiers transportent des conteneurs entre des
lieux définis de la zone portuaire (terminaux maritimes, parking des transporteurs,
dépôts de vides) et à chaque origine destination, les tracteurs sont immobilisés pour
permettre la manutention du conteneur ou satisfaire les procédures administratives.
Ce projet a donc pour objet d’explorer les différentes techniques et modes de
rechargement rapide des batteries de tracteurs routiers électriques compte tenu des
contraintes d’exploitation, et d’évaluer la faisabilité économique de la mise en œuvre
d’un système comprenant le véhicule et l’infrastructure électrique.
Organisation de la thèse
Ce document est scindé en deux parties : La première partie « État de l’art et concepts
de base » et la deuxième partie « Contributions ».
Chapitre 2 : Dans ce chapitre, nous introduisons les concepts de base, les méthodes, et
les outils utilisés lors du développement des solutions proposées liés à la gestion des
risques et au transport des conteneurs. Avant de nous concentrer sur les travaux qui
ont abordés le conteneur intelligent et sa mise en œuvre, nous allons nous pencher sur
le concept du produit intelligent, sa classification et les outils de sa mise en œuvre.
Ensuite, nous abordons les techniques de fouille de données, et notamment l’extraction
des motifs fréquents et les règles d’association. En outre, nous mettons le point sur les
14
concepts de base de la logique floue et finirons par une revue des méthodes et les outils
de simulation.
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Table des matières
ملخــــص الرســــالة.............................................................................................................. 5
Résumé ..................................................................................................................... 6
Résumé en anglais .................................................................................................. 8
Introduction Générale ............................................................................................ 9
Liste des tableaux .................................................................................................. 20
Liste des figures .................................................................................................... 21
Première partie : État de l’art et concepts de base ....................................................... 23
Chapitre 1 : Le passage portuaire du conteneur et la gestion des risques ................ 24
1. Introduction ........................................................................................................... 25
2. Passage portuaire du conteneur ......................................................................... 25
2.1. La conteneurisation .................................................................................................... 25
2.1.1. Histoire de la conteneurisation ............................................................................. 25
2.1.2. Le conteneur ............................................................................................................ 26
2.2. Le terminal à conteneurs ........................................................................................... 28
2.2.1. Organisation d’un terminal a conteneur ............................................................. 29
[Link]. Zone des opérations portuaires .................................................................... 31
[Link]. Zone de stockage ............................................................................................ 31
[Link]. Zone des opérations terrestres...................................................................... 32
2.2.2. Les problématiques de gestion d’un TC.............................................................. 33
2.3. Le Port du Havre ........................................................................................................ 34
2.3.1. Le terminal multimodal ......................................................................................... 36
3. La logistique portuaire et la gestion des risques .............................................. 38
3.1. La chaîne logistique.................................................................................................... 38
3.1.1. La chaîne logistique portuaire .............................................................................. 38
3.1.2. La performance de la chaîne logistique portuaire ............................................. 40
[Link]. Les indicateurs de performance ................................................................... 42
3.2. La gestion des risques ................................................................................................ 43
3.2.1. Définitions et terminologie.................................................................................... 43
3.2.2. Standards pour la gestion des risques ................................................................. 47
3.2.3. Processus de gestion de risque ............................................................................. 49
[Link]. Identification du risque ................................................................................. 50
16
[Link]. Évaluation du risque ...................................................................................... 51
Approche quantitative ............................................................................................... 51
Approche qualitative ................................................................................................. 52
[Link]. Traitement du risque...................................................................................... 52
[Link]. Méthodes de gestion des risques.................................................................. 53
Méthodes quantitatives ............................................................................................. 54
Méthodes qualitatives ................................................................................................ 54
Méthodes hybrides ..................................................................................................... 56
3.3. La gestion des risques dans les terminaux à conteneurs ...................................... 56
3.3.1. Le risque dans les terminaux à conteneurs ......................................................... 56
3.3.2. Gestion des risques dans un terminal à conteneurs .......................................... 58
[Link]. Le ciblage des conteneurs à risque ............................................................... 59
[Link]. L’inspection des conteneurs .......................................................................... 62
[Link]. La matière dangereuse dans les TC ............................................................. 64
Chapitre 2 : Concepts de base et outils........................................................................... 68
1. Introduction ........................................................................................................... 69
2. Le produit intelligent ........................................................................................... 69
2.1. Définition et classification ......................................................................................... 69
2.2. Mise en œuvre ............................................................................................................. 71
2.3. Le produit intelligent et la performance ................................................................. 73
3. Le conteneur intelligent ....................................................................................... 73
3.1. Vers une identification numérique du conteneur .................................................. 73
3.2. L’Inception du conteneur intelligent ....................................................................... 76
4. Fouille de données ................................................................................................ 80
4.1. Extraction des motifs fréquents et des règles d’association ................................. 81
5. La logique floue..................................................................................................... 83
5.1. Système de logique floue. .......................................................................................... 85
5.1.1. Définition des variables linguistiques ................................................................. 86
5.1.2. Définition des fonctions d’appartenance ............................................................ 87
5.1.3. Élaboration de la base des règles.......................................................................... 87
5.1.4. L’inférence floue ..................................................................................................... 88
6. La simulation ......................................................................................................... 90
6.1. Définition et objectifs ................................................................................................. 90
17
6.2. Types de simulation ................................................................................................... 92
6.3. La vérification, validation et calibration du modèle simulé ................................. 93
6.3.1. La vérification ......................................................................................................... 93
6.3.2. La validation............................................................................................................ 94
6.3.3. La calibration ........................................................................................................... 94
6.4. Outils de simulation ................................................................................................... 95
7. Conclusion ............................................................................................................. 96
Deuxième partie : Contributions .................................................................................... 98
Chapitre 1 : Système De priorisation de l’inspection des conteneurs à risque......... 99
1. Introduction ......................................................................................................... 100
2. L’analyse des risques .......................................................................................... 101
3. L’approche proposée .......................................................................................... 102
3.1. Amélioration du flux informationnel du conteneur ............................................ 105
3.1.1. Vers un conteneur intelligent : Le descriptif enrichi du conteneur ............... 105
3.2. L’évaluation des risques liés aux conteneurs ....................................................... 108
3.2.1. Extraction des critères clé du DEC ..................................................................... 108
3.3. Le système d’inférence flou..................................................................................... 114
3.3.1. Les règles d’inférence floue ................................................................................. 114
3.3.2. Le processus d’inférence floue............................................................................ 115
3.4. L’algorithme APRICOIN ......................................................................................... 118
4. Étude illustrative : Terminale multimodale du Havre .................................. 122
4.1. Application ................................................................................................................ 122
4.2. Résultats ..................................................................................................................... 125
5. Conclusion ........................................................................................................... 129
Chapitre 2 : Logistique verte du dernier kilomètre : Le projet Green Truck .......... 131
1. Introduction ......................................................................................................... 132
2. Tracteurs électriques : Veille technologique ................................................... 133
3. Le projet Green Truck ........................................................................................ 136
3.1. Présentation du projet .............................................................................................. 136
3.2. Modélisation du tracteur électrique pour le transport des conteneurs ............ 139
3.2.1. Caractérisation et modélisation des trajets ....................................................... 139
3.2.2. Dimensionnement de la batterie et des bornes de recharge ........................... 140
3.2.3. La construction et la vérification du modèle de simulation du tracteur . 147
18
[Link]. Modélisation et implémentation des routes ............................................. 148
[Link]. Modélisation et implémentation du tracteur électrique ......................... 149
[Link]. Modélisation et implémentation des stations de recharge ..................... 152
[Link]. La construction de l’interface graphique et de la 3D............................... 153
[Link]. Vérification de la simulation ....................................................................... 153
3.2.4. Validation des résultats .................................................................................. 154
4. Calcul économique des différentes techniques et comparaison avec
l’exploitation actuelle .................................................................................................. 155
4.1. Technologie par induction ...................................................................................... 155
4.2. Technologie par conduction.................................................................................... 157
4.3. Comparaison économique entre la solution électrique et l’exploitation classique
159
4.3.1. Résultats de la technologie par induction ......................................................... 161
4.3.2. Résultats de la technologie par conduction ...................................................... 163
4.4. Coût en €/ ([Link]) ............................................................................................. 165
5. Conclusion ........................................................................................................... 165
Conclusion Générale .......................................................................................... 167
Bibliographie........................................................................................................ 169
19
Liste des tableaux
Tableau 1.1. 1 Activité des 15 premiers TCs entre 2011 et 2015 ................................................... 29
Tableau 1.1. 2 Les Indicateurs de performance proposés dans un TC (Yann, 2012 ) ............... 43
Tableau 1.1. 3 Description des méthodes déterministes de gestion des risques. ...................... 55
Tableau 1.1. 4 Liste des standards et initiatives relatives à la sécurité des TC .......................... 59
Tableau 2.1. 1 Liste des critères d’un DEC .................................................................................... 106
Tableau 2.1. 2 Tableau de conversion du DEC ............................................................................. 108
Tableau 2.2. 1 Comparaison entre les résultats du logiciel DOTE et le simulateur Anylogic 154
Tableau 2.2. 2 détails du scénario simulé ...................................................................................... 154
Tableau 2.2. 3 Caractéristiques et prix de la technologie par induction ................................... 156
Tableau 2.2. 4 Stations au niveau [Link] ................................................................................... 156
Tableau 2.2. 5 Stations au niveau TDF........................................................................................... 157
Tableau 2.2. 6 caractéristiques et prix de la technologie par conduction ................................. 157
Tableau 2.2. 7 Stations au niveau [Link]. .................................................................................. 158
Tableau 2.2. 8 Stations au niveau TDF........................................................................................... 158
Tableau 2.2. 9 Coût et caractéristiques de la batterie................................................................... 159
Tableau 2.2. 10 Consommation du tracteur diesel....................................................................... 159
Tableau 2.2. 11 Maintenance du tracteur diesel ........................................................................... 159
Tableau 2.2. 12Variation des coûts de batterie et énergie électrique et diesel ......................... 160
Tableau 2.2. 13 hypothèses proposées selon la capacité de la batterie ..................................... 160
Tableau 2.2. 14 Couts selon le tonnage (Induction avec 70 Wh/ ([Link])) ......................... 161
Tableau 2.2. 15 Couts selon le tonnage (Induction avec 65 Wh/ ([Link])) ......................... 162
Tableau 2.2. 16 Coûts selon le tonnage (Conduction avec 70 Wh/ ([Link])) ..................... 163
Tableau 2.2. 17 Coûts selon le tonnage (Conduction avec 65 Wh/ ([Link])) ..................... 164
20
Liste des figures
Figure 1.1.1 Les types de conteneurs ............................................................................................................... 26
Figure 1.1.2 Trafic mondial de conteneurs. Source (UNCTAD 2016) ......................................................... 27
Figure 1.1. 3 Organisation d'un TC .................................................................................................................. 30
Figure 1.1. 4 Le port du Havre......................................................................................................................... 34
Figure 1.1. 5Volume de trafic conteneurisé dans les ports du nord d'Europe (2015) ............................... 36
Figure 1.1. 6 Comparatif de la part de trafic modal de conteneurs des ports de la range nord .............. 36
Figure 1.1. 7 Disposition et vue aérienne du TMM ....................................................................................... 37
Figure 1.1. 8 Ancien et actuel système logistique du port du Havre .......................................................... 37
Figure 1.1. 9 Les acteurs de la chaîne logistique portuaire dans un TC (Nidra, 2002).............................. 39
Figure 1.1. 10 Principales taches du processus d'acheminement de conteneurs ....................................... 40
Figure 1.1. 11 Image rayon-x d'un conteneur scanné (PEO Radiation Technology) ................................ 63
Figure 1.1. 12 Scanner embarqué (VeriSpreader)........................................................................................... 63
Figure 1.1. 13 Système d'inspection par rayon-x............................................................................................ 63
Figure 1.1. 14 Classification des matières dangereuses................................................................................. 66
Figure 1.1. 15 La matrice de compatibilité entre les classes de matières dangereuses ............................. 67
Figure 1.2. 1 Classification du PI proposée par Meyer et al. ........................................................................ 71
Figure 1.2. 2 Un exemple classique du PI (Wong et al. 2002) ....................................................................... 72
Figure 1.2. 3 Exemple des codes d'identification d'un conteneur ([Link]) ............................... 74
Figure 1.2. 4 Prototype du conteneur intelligent proposé dans le cadre du projet « Intelligente
Container » 2014. ................................................................................................................................................ 79
Figure 1.2. 5 Concept du conteneur intelligent selon Kim et al. (Kim et al, 2008) ..................................... 79
Figure 1.2. 6 Processus de fouille de données. Source (Papon 2016) .......................................................... 80
Figure 1.2. 7 Plage des valeurs en logique Booléenne (a) et en logique floue (b) ...................................... 84
Figure 2.1. 1 L’arbre de défaillance du scénario à risque : Un conteneur frauduleux contournant
l’inspection des douanes ................................................................................................................................. 102
Figure 2.1. 2 Principales étape de l'approche APRICOIN .......................................................................... 104
Figure 2.1. 3 DEC initiale vs DEC booléen .................................................................................................... 109
Figure 2.1. 4 La fonction DECversBOOL ...................................................................................................... 110
Figure 2.1. 5 Aperçu d'un ensemble de DEC ............................................................................................... 111
Figure 2.1. 6 Aperçu d'un ensemble de DEC booléens ............................................................................... 111
Figure 2.1. 7 L'algorithme FP-Growth ........................................................................................................... 112
Figure 2.1. 8 Aperçue d'une Fp-Tree ............................................................................................................. 114
Figure 2.1. 9 Les étapes du processus d'inférence floue .............................................................................. 115
Figure 2.1. 10 Exemple de fonctions d’appartenance ................................................................................. 116
Figure 2.1. 11 Les fonctions d’appartenance du critère Transporteur ...................................................... 118
Figure 2.1. 12 L'algorithme APRICOIN......................................................................................................... 121
Figure 2.1. 13 Aperçu du processus d’analyse multicritère AHP .............................................................. 124
Figure 2.1. 16 Evolution de la précision de l’approche APRICOIN , Apriori et AHP ............................ 127
Figure 2.1. 14 Nombre de règles générées par l’approche APRICOIN et Apriori .................................. 127
Figure 2.1. 15 Evolution des ensembles de critères fréquents .................................................................... 127
Figure 2.2. 1 Cartographie des sites et des trajets de la zone portuaire du GPMH ................................. 140
Figure 2.2. 2 Apérçu du logicièl DOTE et les résultats d'optimisation obtenus ...................................... 147
Figure 2.2. 3 Étapes du processus d'implémentation des trajets sous Anylogic ..................................... 148
Figure 2.2. 4 Diagramme d’activités du tracteur électrique sur Anylogic ............................................... 151
Figure 2.2. 5 Aperçu des paramètres de vitesse du tracteur électrique. ................................................... 151
Figure 2.2. 6 Aperçu de l'interface de la simulation. ................................................................................... 153
21
Figure 2.2. 7 Illustration des coûts selon le tonnage (Induction avec 70 Wh/ ([Link])) ................... 161
Figure 2.2. 8 Illustration des coûts selon le tonnage (Induction avec 65 Wh/ ([Link])) ................... 162
Figure 2.2. 9 Illustration des coûts selon le tonnage (Conduction avec 70 Wh/ ([Link])) ................ 163
Figure 2.2. 10 Illustration des coûts selon le tonnage (Conduction avec 65 Wh/ ([Link])) .............. 164
22
Première partie :
État de l’art et concepts de base
23
Chapitre 1 : Le passage portuaire du
conteneur et la gestion des risques
24
1. Introduction
2.1. La conteneurisation
2.1.2. Le conteneur
Les dimensions du conteneur sont standardisées par la norme ISO 668 :1995.
Les conteneurs standards ont une longueur équivalent vingt pieds (EVP) ou
équivalent quarante pieds (EQP). Les dimensions du conteneur EVP sont 20’ x 8’ x 8.5’
(6.1m x 2.44 x 2.56m) et 40’ x 8’ x 8.5’ (12.2m x 2.44m x2.59m) pour le conteneurs EQP.
Toutefois, la hauteur des conteneurs peut varier. La figure 1.1.1 montre les différentes
formes de conteneurs.
26
Les conteneurs jouent un rôle majeur dans le transport intermodal où les
marchandises sont déplacées «en utilisant deux modes de transport ou plus mais dans la
même unité de chargement ou le même véhicule routier, et sans empotage ni dépotage.»
(Economic Commission for Europe; 2001). Outre l’efficacité du processus de
chargement et déchargement, les conteneurs améliorent et simplifient la planification
et le contrôle et servent de protection contre les fausses manipulations durant la
manutention, vols et dégradations.
Le tableau 1.1.1 présente les 20 ports de conteneurs les plus actifs au monde en
termes de EVP manipulés (« Top 50 World Container Ports | World Shipping
Council » s. d.). Nous notons que le volume total traité en 2015 a augmenté de 13.4%
par rapport à 2011.
28
Rang Port Volume Volume Volume Volume Volume
2015 2014 2013 2012 2011
(EVP) (EVP) (EVP) (EVP) (EVP)
1 Shanghai, China 36.54 35.29 33.62 32.53 31.74
2 SIngapore 30.92 33.87 32.6 31.65 29.94
3 Shenzhen, China 24.20 24.03 23.28 22.94 22.57
Ningbo-
4 20.63 19.45 17.33 16.83 14.72
Zhoushan, China
Hong Kong,
5 20.07 22.23 22.35 23.12 24.38
S.A.R., China
Busan, South
6 19.45 18.65 17.69 17.04 16.18
Korea
7 Qingdao, China 17.47 16.62 15.52 14.50 13.02
Guangzhou
8 17.22 16.16 15.31 14.74 14.42
Harbor, China
Jebel Ali, Dubai,
9 United Arab 15.60 15.25 13.64 13.30 13.00
Emirates
10 Tianjin, China 14.11 14.05 13.01 12.30 11.59
Rotterdam,
11 12.23 12.30 11.62 11.87 11.88
Netherlands
Port Klang,
12 11.89 10.95 10.35 10.00 9.60
Malaysia
Kaohsiung,
13 10.26 10.59 9.94 9.78 9.64
Taiwan, China
14 Antwerp, Belgium 9.65 8.98 8.59 8.64 8.66
15 Dalian, China 9.45 10.13 10.86 8.92 6.40
Les TCs sont constamment confrontés à ajuster leur capacité pour répondre à la
demande. Par conséquent, de nombreuses possibilités se présentent pour de nouvelles
approches en matière de conception de TC, notamment en matière de matériels de
manutention.
29
3- La zone de stockage : elle est composée d'un nombre de voies appelées baies
permettant l’empilement des conteneurs. Elle peut être équipée par des grues (Cranes)
et des chariots cavaliers.
4- La zone de transfert des conteneurs ou interface terrestre : après une certaine période
passée dans la zone de stockage, les conteneurs stockés vont être chargés afin de les
transporter par différents modes de transport.
Selon (Carlo, Vis, et Roodbergen 2014), un TC peut être divisé en cinq zones, à
savoir le poste d’amarrage, le quai, la zone de transport, la zone de stockage et l’entrée
du TC. Le poste d’amarrage et le quai sont considérés comme étant l’interface
maritime, tandis que la zone de stockage et l’entrée du TC sont considérées comme
interface terrestre. La zone de transport se trouve à l'intersection des interfaces
maritimes et terrestres. Sommairement, un TC peut être réparti en trois
zones principales : la zone des opérations maritimes, la zone de stockage, et la zone
des opérations terrestres. La figure 1.1.3 de (Voß, Stahlbock, et Steenken 2004) présente
une vue globale sur l’organisation d’un TC avec ses trois zones et le matériel de
manutention utilisé pour chaque zone. Crainic et Kim (Crainic et Kim 2007) identifient
trois types d’opérations de manutention dans ces terminaux : (1) les opérations
portuaires qui comprennent l’amarrage, le déchargement et le chargement des porte-
conteneurs, (2) les opérations de réception et d’expédition en provenance ou partant
vers les autres modes de transport (camions, trains), (3) les activités de manutention et
d’entreposage des conteneurs dans la cour du terminal. Ces activités sont effectuées à
l’intérieur de trois zones d’opérations distinctes.
30
[Link]. Zone des opérations portuaires
Appelée aussi zone de quai, c’est une zone qui assure l’amarrage des navires
porte-conteneurs pour le chargement et le déchargement. Les grues de quai ou les
portiques chargent et déchargent les conteneurs sur ou depuis le navire (voir Figure
1.1.3). Avec l’émergence des méga-navires porte-conteneurs, les TCs investissent pour
s’équiper de portiques toujours plus grands avec une portée pouvant aller jusqu’à 72
mètre ainsi que d’une levée de 52 au-dessus des quais. Ces investissements sont
nécessaires pour minimiser le temps de service et d’attente des navires et ainsi assurer
la compétitivité du port.
31
configuration, utilisée dans les zones de stockage non-automatisé, a des blocs
positionnés parallèlement au quai. Typiquement, une ou plusieurs lignes dans chaque
bloc sont réservées en tant que voies de véhicules de transfert (par exemple des
camions). Dans cette configuration, la grue à portique se déplace pour ramasser (ou
déposer) des conteneurs vers (à partir) du véhicule de transfert. La deuxième
configuration est généralement utilisée dans les zones de stockage automatisées. Outre
les blocs qui sont positionnés perpendiculairement au quai, cette configuration se
distingue principalement par les points d'entrée et sorties situés aux deux extrémités
des blocs de stockage. Généralement, les AGV sont utilisés pour récupérer et déposer
des conteneurs sur les points d'entrée et de sorties.
[Link]. Zone des opérations terrestres
C’est une zone interface entre le TC et les autres modes de transport. C’est la
zone où se déroulent toutes les opérations de réception et d’expédition des conteneurs
entrant ou sortant du TC. Les trains, les camions, et les barges sont les principales
modes de transports utilisés. La gestion des entrées et des sorties des camions est
généralement assurée par la guérite du TC. Les camions sont chargés/déchargés par
des chariots cavaliers ou des chariots à prise par le haut qui transportent le conteneur
depuis ou vers son emplacement. En ce qui concerne les trains, les opérations
chargement/déchargement sont effectuées par des ponts roulants. Le transport des
conteneurs entre les wagons et leur emplacement se fait à l’aide de chariots cavaliers,
de camions, ou d’AVG.
32
Systems | Nils Kemme | Springer s. d.) , Brinkmann, 2011, Wiese et al, 2011, Kemme,
2013).
L'augmentation des volumes de trafic des conteneurs et la taille des navires, les
contraintes de ressources et la forte concurrence ont exercé une pression sur les TCs
pour gérer efficacement leurs ressources. Ce besoin d'efficacité a promulgué
l'utilisation des technologies de l'information et des méthodes d'optimisation pour
surmonter les problématiques de gestion qui se posent.
Fondé au début du 16ème siècle par le roi de France François 1er, le port du Havre
fête ses 500 ans en 2017. Avec sa situation géographique stratégique à l’embouchure
de la Seine, le port du Havre est le premier port en France au niveau du commerce
extérieur avec un trafic de conteneurs de plus de 2.56 millions d’EVP en 2015. Le port
du Havre reçoit environ 6000 navires par an (porte-conteneurs, paquebots, etc.), soit
une trentaine d’entrées/sorties quotidienne de navires. Sur une surface de 10.300
34
hectares (figure 1.1.4), il comporte plusieurs plates-formes logistiques et une large zone
industrialo-portuaire. Ce port est aussi un port de transbordement et de feedering de
par sa position géographique. Il est situé à l’entrée de l’axe de navigation Manche/Mer
du nord par lequel transite le quart des échanges maritimes de la planète.
35
Figure 1.1. 5Volume de trafic conteneurisé dans les ports du nord d'Europe (2015)
(« Modal Share of Freight Transport to and from EU Ports » 2015)
Figure 1.1. 6 Comparatif de la part de trafic modal de conteneurs des ports de la range nord
(« Modal Share of Freight Transport to and from EU Ports » 2015)
36
grandes lignes est servent pour le stationnement des wagons, et un garage de
locomotive.
Figure 1.1. 9 Les acteurs de la chaîne logistique portuaire dans un TC (Nidra, 2002)
39
- les sociétés de réparation et de maintenance de conteneurs ;
- les entreprises de récupération des déchets des navires.
40
performance beaucoup plus large a émergé. Désormais, la notion de performance
comprend également des aspects environnementaux et sociaux. Dans la théorie des
parties prenantes, (Freeman 2010), qui est une alternative à la vision traditionnelle et
au modèle entrée-sortie de l'entreprise, l’entreprise doit satisfaire toutes les parties
prenantes qui ont des intérêts coopératifs et concurrentiels. Les parties prenantes
comprennent les fournisseurs, les clients, les actionnaires, les employés, les
investisseurs, les collectivités, le gouvernement, les créanciers, les médias et la société.
Étant donné que l'intérêt des différentes parties prenantes peut souvent diverger, le
rendement dépend étroitement de ce qui doit être satisfait. La performance est ainsi
devenue une notion relative. Cette caractéristique est clairement présentée dans
l'extrait suivant d'un rapport de la Commission du développement durable des
Nations Unies : "Nous mesurons ce que nous valorisons et apprécions ce que nous mesurons".
La notion de performance est ainsi devenue une notion relative qui devrait inclure
plusieurs dimensions. C’est dans ce contexte que le concept du Supply Chain
Mangement « SCM » a émergé au cours des années 1980 (Humez 2008). Le concept
SCM vise l’amélioration de l’efficacité et de l’efficience dans un contexte stratégique
pour obtenir des avantages compétitifs qui rapportent du profit (Mentzer, Flint, et
Hult 2001).
42
résume l’ensemble des indicateurs de performance dans un TC que nous avons
proposé.
43
La notion du risque n’a toujours pas été facile à définir dans la littérature, ainsi elle a
fait l’objet de plusieurs interprétations. (March et Shapira 1987) considèrent le risque
comme un plan cartésien, avec l’axe x étant les conséquences possibles du risque et
l’axe y étant la fréquence du risque. Dans cette définition, les éléments majeurs du
risque sont sa fréquence (ou sa probabilité divisée par le nombre total d’occurrences)
et ses conséquences (ou sa sévérité). Wu (T. Wu, Blackhurst, et Chidambaram 2006)
donne une autre définition du risque à savoir que « le risque ne peut exister sans faire
référence aux butes, attentes, et contraintes associés à un projet ». Cette définition est plus
proche et pratique pour le monde des affaires et des entreprises. D’autres définitions
lient le risque aux incertitudes. Selon (Al-Bahar et Crandall 1990), l’incertitude est à
l’origine du risque. Ainsi leur définition du risque est « la chance d’exposition à un
événement qui affectera défavorablement ou positivement des objectifs en conséquence
d’incertitude ». Le risque est défini selon l'ISO 31000 comme l'effet de l'incertitude sur
les objectifs et la génération d’un écart positif ou négatif par rapport à ce qui est
attendu.
Cette définition reconnaît que nous tous opérons dans un monde incertain.
Chaque fois que nous essayons d'atteindre un objectif, nous n'obtenons pas toujours
les résultats attendus. Parfois, nous obtenons des résultats positifs et parfois nous
obtenons des résultats négatifs et parfois nous obtenons les deux. Pour cette raison,
nous devons réduire l'incertitude autant que possible. L'incertitude (ou le manque de
certitude) est un état ou une condition qui implique une déficience de l'information et
conduit à une connaissance ou une compréhension insuffisante ou incomplète.
Dans le contexte de la gestion des risques, l'incertitude existe chaque fois que la
connaissance ou la compréhension d'un événement, d'une conséquence ou d'une
probabilité est insuffisante ou incomplète. Toutefois, nous estimons qu’un risque qui
pourrait apporter des conséquences positives doit être considéré comme une
opportunité et non pas un risque. (Su et al. 2015; Kaplan et Garrick 1981) préconisent
ce même point de vue en définissant le risque comme une incertitude qui génère des
dommages. Ceci indique clairement que l’incertitude n’entraîne toujours pas un
risque, à moins que l’incertitude elle-même ne soit préjudiciable. Ainsi nous adoptons
44
la définition du risque comme les dommages aux objectifs planifiés qui peuvent être
générés par les conséquences négatives de l’incertitude.
La gestion des risques, comme elle peut être interprétée directement, est la façon
de gérer les incertitudes résultant à des conséquences préjudiciables. Puis, on trouve
plusieurs définitions dans la littérature. Paté-Cornell (Paté-Cornell 2012) définit la
gestion des risques comme « la prise de décisions sous l’incertitude qui peut être atténuée
par l’analyse décision ». En outre, Hubbard (Hubbard 2009) utilise une phrase simple
pour définir l’objectif de la gestion des risques, soit « saisir intelligemment ses chances ».
Shang et Tseng (Shang et Tseng 2010) considèrent que l’objectif principal de la gestion
des risques est de développer un système de contrôle de risque. Ils préconisent que les
entreprises doivent mesurer la fréquence et la gravité des dommages probables,
prendre des mesures préventives, et de ne pas négliger les risques au niveau de la
gestion financière.
Sung (Sung, 2005) définit quant à lui la gestion des risques comme l’utilisation
de ressources limités pour minimiser les répercussions. Dans cette définition, les
ressources sont prises en considération dans la gestion des risques. C’est le résultat du
fait que les ressources (humaines, matérielles, en temps, ou financières) ne sont pas
infinies. Haimes et al, (Haimes, Kaplan, et Lambert 2002) définissent la gestion des
risques comme l’identification des options de traitement des scenarios de risques tout
en estimant le coût et l’impact sur la performance. Ward (Ward 2003) définis quant à
lui la gestion des risques comme l’amélioration de la performance organisationnelle à
travers l’identification et l’évaluation des risques qui impactent la performance. Les
définitions préconisées par Sung, Haimes et al, et Ward abordent les facteurs de
ressources, de coût, et de performance. Ainsi, la définition qu’on adopte est que la
gestion des risques est l’art de maîtriser et de réduire le risque à un niveau acceptable,
tout en utilisant une quantité raisonnable de ressources qui ne freinera pas
l’accomplissement des objectifs de l’organisation.
Il existe plusieurs notions liées à la terminologie du risque, qui ont des sens très
proches mais contrairement à ce qu'on pense généralement, elles ne sont pas
interchangeables. Il est donc important d’expliquer chaque terme.
45
Menace : c’est l'intention de nuire à la santé de quelqu'un ou d'infliger des dommages
matériels à une entité selon la définition de Wikipédia (« Menace » 2016). En d’autres
termes, c’est la manifestation d’une violence qui laisse prévoir quelque chose de
dangereux et de nuisible (définition du dictionnaire Larousse).
Danger : une menace susceptible d'altérer significativement l'intégrité d'un événement
ou d'une situation. C’est une propriété qui caractérise une source potentielle de
dommage avec sa faible probabilité d'occurrence.
Aléas : tournure imprévisible/imprévue d’un événement ou d’une activité. Un aléa est
aussi défini comme la probabilité spatio-temporelle d'une occurrence d'un danger.
Préjudice : dommage causé aux biens ou atteinte portée aux droits, aux intérêts, au bien-
être de quelqu'un (définition du dictionnaire Larousse).
Enjeu : concerne toute entité ou éléments qui sont soumis à des préjudices potentiels
présents dans une zone à risque. L’enjeu est étroitement lié aux degrés de l’exposition
et de la vulnérabilité face à la survenance d'un risque.
Risque : Généralement, il est présenté comme la coexistence d’un aléa et d’un enjeu «
risque = aléa * expositions des enjeux * vulnérabilités des enjeux ». L’exposition est la
disposition des enjeux par rapport à l’aléa, c’est-à-dire, est ce qu’ils sont près ou loin
de la zone touchée par le risque. Tandis que la vulnérabilité est définie par le degré de
dommages apportés aux enjeux et par la résistance des enjeux à l’aléa. Par exemple,
une inondation fluviale (Menace, Risque), l'aléa (Danger) est la crue du cours d'eau,
les enjeux sont les personnes et les biens qui sont établis sur ses rives et donc exposés
à l'effet de la crue (l’exposition), enfin la vulnérabilité se mesure particulièrement à la
hauteur, à la solidité et à l'étanchéité des immeubles face au débordement (« Risque
majeur » 2017).
Prévention : consiste à spécifier des mesures destinées à minimiser la probabilité
d'occurrence du risque par l'élimination de ses causes et le traitement de ses
conséquences.
Sûreté : est la résistance d’un système face aux risques issus d’actions volontaires
engagées par des acteurs externes dont le but est de contourner ses mesures de
contrôles.
46
Sécurité : contrairement à la sûreté, la sécurité porte sur la prévention des événements
accidentels non intentionnels issus du fonctionnement interne d'un système
caractérisé par un danger potentiel qui peut affecter son environnement.
ISO 31000 : L'ISO 31000 est une famille de normes relatives à la gestion des risques
proposé par le groupe de travail du conseil de gestion technique de l'ISO sur la gestion
des risques. Cette norme n'est pas destinée aux certifications. L'objectif de l'ISO 31000:
2009 est de fournir des principes et des directives génériques sur la gestion des risques.
L'ISO 31000 cherche à fournir un paradigme universellement reconnu aux praticiens
et aux entreprises qui utilisent des processus de gestion des risques pour remplacer la
myriade de normes, méthodologies et paradigmes existants qui diffèrent selon les
industries, les matières et les régions. L’ISO 31000 est essentiellement inspiré de la
norme AS/NZS 4360:2004.
Les deux principaux composants du processus de gestion des risques ISO 31000 sont
les suivants :
Le cadre de travail (framework) qui guide la structure générale et le fonctionnement
de la gestion des risques dans une organisation. Le cadre de travail ISO 31000 reflète
le cycle PDCA (plan, do, check, act). La norme stipule toutefois que « Ce cadre ne vise
pas à prescrire un système de gestion, mais plutôt à aider l'organisation à intégrer la gestion
des risques dans son système global de gestion ». Cette déclaration devrait encourager
47
les organisations à être flexibles dans l'intégration des éléments du cadre au besoin.
Les principaux éléments de ce cadre de travail comprennent : La politique et la
gouvernance qui démontrent l'engagement de l'organisation ; La conception de
programme pour la gestion des risques de façon continue ; La mise en œuvre de la
structure et le programme de gestion des risques ; Le suivi et examen de la structure
et de la performance du système de gestion ; L’amélioration continue de la
performance du système global de gestion.
Le processus d’évaluation des risques, qui décrit la méthode réelle d'identification,
d'analyse et de traitement des risques. Le processus réel d'évaluation des risques
nécessite d'abord la définition de ce que l'ISO 31000 appelle le « contexte ». Le
contexte est une combinaison des environnements externe et interne, tous deux
considérés par rapport aux objectifs et aux stratégies de l'organisation. Les autres
étapes du processus d'évaluation impliquent le développement de techniques pour
identifier, analyser et évaluer des risques spécifiques. Bien que plusieurs méthodes
et techniques documentées existent, tous devraient inclure les éléments clés
suivants :
• Identification des risques : Identification des sources d'un risque particulier,
domaines d'impact et événements potentiels, y compris leurs causes et
conséquences ; Classification de la source comme interne ou externe
• Analyse de risque : Identification des conséquences potentielles et des facteurs
qui influent sur les conséquences ; L’évaluation de la probabilité ;
L’identification et évaluation des contrôles actuellement en place.
• Évaluation du risque : Comparaison des risques identifiés avec les critères de
risque établis ; Les décisions prises pour traiter ou accepter les risques en
tenant compte des exigences internes, juridiques, réglementaires et externes des
parties.
IEEE 1540:2001: Cette norme, proposée par l’Institute of Electrical and Electronic
Engineering (IEEE), décrit un processus de gestion des risques lors de l'acquisition, de
l'approvisionnement, du développement, des opérations et de la maintenance du
logiciel. L’IEEE 1540 :2001 donne un aperçu et décrit le but, la portée et le champ
d'application, ainsi que la prescription des critères de conformité. Elle décrit comment
48
la gestion des risques peut être appliquée au cycle de vie du logiciel et prescrit les
exigences pour un processus de gestion des risques. Bien que la norme soit écrite pour
la gestion du risque dans les projets logiciels, elle peut également être utile pour la
gestion des risques au niveau des systèmes et des organisations.
49
nouveau modèle pour la gestion des risques pour les projets de construction. Leur
modèle se compose de quatre étapes : L’identification du risque, l’analyse du risque et
l’évaluation du risque.
50
• Méthodes basées sur l’analyse de situations actuelles afin de relever les risques
• Méthodes créatives qui incitent la réflexion à travers un brainstorming sur les
éventuels risques.
Le brainstorming reste l’un des méthodes les plus utilisé dans l’étape de
l’identification des risques (T. Wu, Blackhurst, et Chidambaram 2006). Toutefois, la
réussite du brainstorming dépend fortement des connaissances et de l’expérience des
membres participants.
Certains travaux comme (T. Wu, Blackhurst, et Chidambaram 2006) parle de
description des risques qui facilite l’évaluation des risques. La description des risques
consiste à structurer les risques identifiés sous forme d’un tableau afin d’assurer que
les risques identifiés ont été décrit avec précision.
[Link]. Évaluation du risque
Consiste à hiérarchiser et comparer les risques identifiés selon leur importance,
c’est-à-dire, mesurer le niveau des risques et les traiter par ordre de priorité. En
particulier, les risques seront quantifiés au niveau de leur gravité, probabilité
d’occurrence et leur impact. Ainsi, il existe deux approches principales : l’approche
quantitative et l’approche qualitative. Le choix de l’approche dépend de plusieurs
facteurs, à savoir, la complexité du risque et son niveau de détail ainsi que la quantité
et la qualité des données relatives au risque.
Approche quantitative
L’évaluation quantitative du risque cherche à quantifier les risques en se basant
sur des valeurs numériques associé à a la probabilité de l’occurrence et aux
conséquences du risque. Généralement, l’évaluation quantitative du risque se base sur
le calcule de la relation entre la probabilité de défaillance (PoF, probability of failure)
et les conséquences de défaillance (CoF, consequence of failure) calculé par la formule
suivante :
Risque = PoF x CoF
51
pétrolière. Le PoF et les CoF peuvent être aussi caractérisés par des modèles de
distribution mathématiques comme la distribution binomiale. Toutefois, cette
caractérisation dépend principalement des statistiques et des connaissances en relation
avec le risque.
Approche qualitative
L’approche de l’évaluation qualitative quantifie le risque en se basant sur des
valeurs subjectives qui estiment la probabilité et l’impact du risque. Elle remplace
l’approche quantitative lorsque la quantification numérique est inefficace à cause de
manque d’information par exemple. C’est ainsi que l’approche qualitative s’avère
adéquate en cas d’insuffisance de donnée permettant une analyse numérique du
risque. Cette approche utilise des catégories pour quantifier la probabilité du risque
ainsi que l’impact du risque. Il n’existe pas un standard qui définit le choix de ces
catégories, mais elles sont généralement définies en se basant sur l’expérience. Les
catégories utilisées pour quantifier la probabilité d’occurrence de risque les plus
utilisés sont :
• Très fréquente
• Fréquente
• Modérée
• Occasionnelle
• Improbable
• Très improbable
Les catégories utilisées pour quantifier l’impact de risque les plus utilisés sont :
• Majeur
• Critique
• Grave
• Significatif
• Négligeable
Généralement, l’évaluation qualitative du risque aboutit à une matrice de classification
qualitative du risque. Cette matrice, nommée aussi matrice de criticité, donne une vue
détaillée sur le risque.
[Link]. Traitement du risque
52
Le traitement du risque porte sur la spécification et l'implémentation des
mesures capables de minimiser le risque, mais avant il faut déterminer un seuil de
tolérance, i.e., à quel niveau un risque est acceptable ? L’acceptabilité du risque est une
notion subjective. Généralement dans les organisations, c’est la direction qui définit le
seuil d’acceptabilité du risque. Toutefois, plusieurs méthodes sont utilisées comme
outils d’aide à la décision pour définir le seuil d’acceptabilité. On trouve notamment
la méthode de la courbe d’acceptabilité qui peut être déterminée par le diagramme de
Farmer (Desroches, Baudrin, et Dadoun 2009). Le diagramme de Farmer a comme
abscisse la gravité des conséquences du risque, et comme ordonnée la probabilité du
risque.
[Link]. Méthodes de gestion des risques
Les méthodes de gestion de risque ne contiennent pas forcément les trois
principales phases du processus de gestion des risques à savoir l’identification,
l’évaluation et le traitement des risques. Ces méthodes peuvent comporter une seule
phase, deux ou l’ensemble des trois phases (Gningue 2011). Ainsi, selon (Desroches,
Baudrin, et Dadoun 2009) ces méthodes peuvent être classifiées selon le type de
données utilisées (qualitatives ou quantitatives), le type de raisonnement (déductive
ou inductive), et la dynamique de l’approche( statique ou dynamique). Dans le travail
de Tixier (Tixier et al. 2002) on trouve deux principales classes de méthodes, soit les
méthodes qualitatives et les méthodes quantitatives. Toujours selon Texier, chaque
classe est divisée en sous classe, soit les méthodes déterministes, méthodes
probabilistes, ou méthodes hybrides. D’autres travaux comme (P. K. Marhavilas,
Koulouriotis, et Mitrakas 2011; P. K. Marhavilas et Koulouriotis 2012) proposent un
classement sous deux catégories : La première catégorie est celle des méthodes
déterministes qui englobe les méthodes qualitative, quantitatives et hybrides , et la
deuxième catégorie celle de méthodes stochastiques qui englobe les méthodes
statistiques classiques et le méthodes de modélisation de prévision des accidents.
Dans ce travail, on a choisi la classification proposée par Marhavilas et ainsi nous nous
contentant de présenter les méthodes déterministes en relation avec l’évaluation des
risques.
53
Méthodes quantitatives
L’objectif principal des méthodes quantitatives d’analyse de risque est d’obtenir
des résultats sous format numériques qui reflètent la probabilité du risque et de ses
conséquences (Petru 2013). Les méthodes quantitatives dépendent fortement de la
disponibilité des données pour réaliser une évaluation quantitative. La qualité des
données et les ressources sont aussi des facteurs importants pour les méthodes
quantitatives. Les méthodes quantitatives présentent généralement les résultats sous
forme d’indicateurs (Rot 2008). Le tableau 1.1.3 présente les méthodes quantitatives de
gestion des risques les plus connus.
Méthodes qualitatives
Les méthodes qualitative de gestion des risques ont pour objectif d’évaluer les
facteurs de risque identifiés en se basant sur leur impact qu’ils peuvent avoir (Petru
2013) . Ces méthodes n’utilisent pas des données numériques et elles sont caractérisé
par l’utilisation d’index subjectives. Les résultats sont sous forme de description.
L’utilisation d’experts pour une évaluation de risque qualitative est conseillée
54
Type Méthodes/Framework Domaine d’application
ISSRM (Information System Les organisations gouvernementales et leurs
Security Review systèmes d’informations (Azuma 2008)
Methodology)
PRAT (Proportional Risk L’évaluation proportionnelle du risque est utilisée
Quantitative
55
Méthodes hybrides
Entre l’évaluation de risque quantitative et qualitative, il y’a l’évaluation
hybride ou semi quantitative de risque. Dans certain cas, les seules données
disponibles sont issues d’opinions d’experts. Alors que dans une analyse purement
quantitative des risques, toute information ignorée peut engendrer des résultats
erronés (Altenbach 1995). Afin d’augmenter le taux d’utilisation des résultats
comparatifs (Gningue 2011), beaucoup de méthodes hybrides ont été proposé. Ces
méthodes se basent souvent sur méthodes qualitatives, mais se réfèrent aux méthodes
quantitatives soit à l’axe des fréquences des risques, soit à l’axe des conséquences des
risques, ou les deux (Gningue 2011).
D’après (Su et al. 2015), la majorité des travaux dans la littérature concernant les
TCs a tendance de traiter le côté opérationnel et l’amélioration l’efficacité (Cullinane
et al. 2006). Un domaine qui a reçu moins d’attention est la gestion du risque dans un
TC. L’une des rares études de ce genre a été effectuée au Taiwan (Shang et Tseng 2010)
sur la gestion du risque et la sûreté dans un TC. En pratique, chaque TC dispose d’un
département de sécurité qui assure l’organisation et l’application des précautions de
sécurité. Toutefois, il n’y a aucune stratégie structurée ou des outils ou systèmes qui
ont été développés pour la gestion des risques dans un TC. Toutefois les risques liés
aux TCs peuvent être désastreux et catastrophiques. En 2003, le port Busan en Corée
du sud a été gravement impacté par un ouragan. Onze gigantesques grues de quai se
sont effondrées et n’ont pas pu être remises en service. Cette catastrophe n’a pas généré
uniquement des pertes matérielles, mais aussi des pertes financières énormes en
impactant la compétitivité du port. Avec le grand nombre de risques auxquels un TC
est confronté, (Su et al. 2015) a résumé ces risques en six catégories :
56
parfois être dévastatrices, certains de ces risques sont considérés comme des cas de
force majeure et sont exclus de nombreuses assurances. Ainsi, les TCs assument seuls
les conséquences.
b) Accident causé par un événement externe : Un événement externe se réfère aux incidents
involontairement causés par une personne ou une partie externe. Par exemple, un
navire entre en collision avec la structure du quai ou un véhicule s'écrase dans la
passerelle du terminal. Ce type de risque est causé par le facteur humain, et la
prévision préalable de tels accidents n'est pas possible. Les incidents causés par des
clients tels que les compagnies d'expédition doivent également être classés dans cette
catégorie. Par exemple, le transport de la matière dangereuse non déclarée ou le trafic
illicite et contrebande.
57
volume de conteneurs à manipuler chaque jour, la défaillance du système
d’information d'un TC peut être désastreuse. La fiabilité et la sécurité du système en
conséquence sont l’un des principales tâches de gestion des risques dans les terminaux
à conteneurs.
f) Problèmes sociaux : Outre les accidents induits par le personnel mentionné dans le
point (c), les personnes qui travaillent dans un TC peuvent causer un autre risque sous
forme de mouvement sociale, généralement motivé par les conditions de travail. En se
reportant au point (e), même avec un système informatique sophistiqué en place, un
TC nécessite encore des centaines, voire des milliers, de travailleurs, comme les
opérateurs de grues, des tracteurs. Les syndicats qui soutiennent ces mouvement
sociaux et grèves sont présents dans tous les TC importants. Les mouvements sociaux
et grèves constituent donc une menace importante pour les opérations des TC et leurs
actes sont séparés des accidents involontaires tels que définis au point (c).
58
derrière des activités honnêtes et localisées dans des importants centres financiers
(Londres, Hong-Kong), peuvent tromper la vigilance des autorités portuaires.
[Link]. Le ciblage des conteneurs à risque
Le processus de ciblage et d’inspection des conteneurs est considéré comme la
principale mesure pour détecter les conteneurs transportant des marchandises illicites
(NAJIB 2014). Cependant, jusqu'au l’attaque du 11 Septembre 2001, les chercheurs et
les organisations internationales n'ont pas pris au sérieux la sécurité des TCs,
notamment le ciblage et l'inspection des conteneurs à risque. Les événements du 11
septembre ont poussé activement la communauté scientifique et les organismes de
normalisation à examiner et mettre à jour les normes de sécurité existantes et à
introduire de nouvelles normes. Ainsi, les organismes internationaux et les industriels
ont proposé plusieurs codes et initiatives pour améliorer la sécurité du transport
maritime et des plates-formes portuaires. Les auteurs dans (UNCTAD 2016),
(Zopounidis et Pardalos 2013), (Orphan et al. 2005) ont détaillé les principales normes
de sécurité introduites après le 11 septembre. Papa (Papa 2013) a présenté une
comparaison entre les différentes initiatives de sécurité prises aux États-Unis et en
Europe et donne une description détaillée de chaque initiative. Parmi ces initiatives
nous citons, l’initiative de sécurité des conteneurs (CSI - Container Security Initiative),
le code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (ISPS), le
C-TPAT (Customs Trade Partnership Against Terrorism). Le tableau 1.1.4 présente une
liste des principales normes et initiatives de sécurité proposées ou révisées.
Standard / Initiative Année
Customs Trade Partnership Against Terrorism (C-TPAT) 2001
Container Security Initiative (CSI) 2002
Maritime Transportation Security Act (MTSA] 2002
The International Code for the Security of Ships and Port Facility (ISPS) 2004
Protocol of 2005 to the Convention for the Suppression of Unlawful Acts (SUA) 2005
Megaport Initiative 2010
H.R.1(House Resolution One) « 100% scanning» 2012
59
Le partenariat C-TPAT entre les services des douanes et du commerce pour lutter
contre le terrorisme, vise à inciter les participants à mettre en œuvre des politiques,
des plans et des procédures propres à assurer l’intégrité de l’ensemble de leur chaîne
logistique (Gningue 2011). Les compagnies C-TPAT bénéficient d’une réduction de la
probabilité d’inspection de leurs expéditions au niveau des ports américains et des
procédures douanières accélérées. Toutefois, l'initiative la plus liée à la sécurité des
conteneurs est la CSI. Cette initiative préconise l'identification et l'inspection des
conteneurs suspects avant leur expédition aux États-Unis. Le Service des douanes et
de la protection des frontières des États-Unis (en anglais U.S. Customs and Border
Protection ou CBP) en collaboration avec l'organisation mondiale des douanes (OMD),
sont derrière la mise en œuvre du CSI. La CBP s'appuie sur diverses ressources
d'information pour cibler les conteneurs à haut risque. Plus précisément, la CBP a
établi les règles 10 + 2 (CBP 2009) qui demandent aux importateurs de fournir 10
éléments de données, tels que le pays d'origine, et deux éléments de données sur le
navire transporteur, tels que la position du conteneur dans le navire. La CBP utilise un
système automatisé de ciblage appelé ATS (Automatic Targetting System) (GAO
2007). ATS est un outil d’aide à la décision pour aider à cibler les conteneurs pour leur
inspection. Il utilise des règles pondérées pour attribuer un score de risque aux
conteneurs.
Cependant, les normes et les initiatives de sécurité citées ne détaillent pas leurs
mises en œuvre et applications et n'évaluent pas l’incidence de leur intégration sur la
performance des TCs (Longo 2010). Par exemple, la CSI ignore les méthodologies
d'établissement et l'évaluation de leur impact sur la compétitivité des TCs. (Najib,
Fazziki, et Boukachour 2014) proposent une simulation du processus d'inspection des
conteneurs avec un pourcentage d'inspection différent, et ils ont utilisé le temps de
livraison des conteneurs comme l'un des indicateurs de performance. (Lewis, Erera, et
White III 2003) proposent une approche heuristique du compromis entre les
inspections des conteneurs et l'heure de départ des navires. Une étude sur l’impact de
la mise en œuvre de la loi du scanning à 100% sur les douanes de l’Union Européenne
a été menée par (Carluer, Yann, et Olivier 2008). Les contraintes d’infrastructure
portuaire et des ressources douanières ainsi que la mesure des coûts directs et indirects
60
générés par le scanning à 100 % dans l’Union Européenne, seraient susceptibles
d’entraver la mise en œuvre du scanning à 100 %. Cette étude a confirmé que la loi
"100% scanning" n’améliorerait pas la sûreté dans les TC, en plus elle aurait un impact
économique disproportionné. D'autres études (Longo 2010, 2012; Longo et Mirabelli
2008), ont été menées à l'aide d'approches basées sur la simulation et montrent que le
pourcentage d'inspection ne doit pas dépasser un pourcentage à un chiffre. Inspecter
tout conteneur entrant n’est pas à l’avantage des terminaux, car cela causera
énormément de retard et des pertes financières.
D'autres études ont été réalisées sur les technologies et comment elles peuvent
améliorer les techniques d'inspection et contribuer à améliorer la sécurité des
conteneurs.(Hargather et al. 2011) ont proposé une technique non intrusive pour
détecter les particules explosives dans des conteneurs utilisant des capteurs
d'aspiration d'air (Janssens-Maenhout, De Roo, et Janssens 2010) s’est basé sur la
mesure du niveau de radioactivité dans le conteneur pour empêcher la contrebande
d'armes chimiques. (Ramirez-Marquez 2008) propose une stratégie d'identification de
conteneur suspecte basée sur une inspection non intrusive à l'aide de capteurs qui
balayent le conteneur. (Rizzo et al. 2011) ont développé une solution basée sur
l'intégration des étiquettes RFID pour la création de scellé capables d'enregistrer des
tentations non autorisées d'ouverture de conteneurs qui peuvent compromettre le
contenu du conteneur.
61
conteneur intelligent (Sallez et al. 2016) et sur la façon dont cela peut recueillir des
informations pertinentes et contribuer ainsi à réduire les menaces auxquelles sont
exposés les conteneurs, ce qui est précieux pour la quantification des risques. Par
conséquent, il est grandement nécessaire d'améliorer le processus d'inspection,
éventuellement sans affecter les performances du TC.
[Link]. L’inspection des conteneurs
Tout conteneur jugé suspect est saisi et inspecté par les agents des douanes.
Cependant il existe à travers le monde des lois qui régissent ces activités. Par exemple
en France, on trouve la charte des contrôles douaniers qui cadre et facilite le contrôle
effectué par les agents des douanes. Selon (Douanes et droits indirects 2015) , la charte
constitue un moyen qui permet aux différents opérateurs de mieux connaître les
pouvoirs de l’administration des douanes. Certes, dépourvue de tout effet
réglementaire ou légal, cette charte fixe les obligations et droits tant des douanes que
des acteurs de la chaîne de transport conteneurisé.
62
Figure 1.1. 13 Système d'inspection par rayon-x
Figure 1.1. 11 Image rayon-x d'un conteneur scanné (PEO Radiation Technology)
63
En cas de doute, les douanes procèdent à une inspection manuelle du
conteneur. Ainsi, on distingue deux types d’inspection : non-intrusif et intrusif.
L’inspection non-intrusive est toujours privilégiée. Parfois, il arrive qu’un conteneur
subisse successivement ces deux types inspections (Lewis, Erera, et White III 2003;
Dubreuil 2008) :
Inspection non intrusive : Ce type d’inspection donne la possibilité de voir le contenu
des conteneurs à distance et sans dépotage. Le principal avantage de ce type
d’inspection est le gain énorme en temps par rapport à une inspection manuelle.
Généralement, les douanes utilisent des équipements d'inspection utilisant du
matériel émettant des rayons x ou gamma et des détecteurs de radiation. La figure
1.1.11 montre un exemple d’un scanner à rayons x. La capacité de ces scanners peut
atteindre plus de 300 conteneurs par heure (Nidaye, 2016). Il existe encore des
scanneurs plus rapides capables de scanner les conteneurs en cours de leur
chargement/déchargement. La figure 1.1.12 montre un exemple d’un scanneur
embarqué à une grue de quai et qui scanne un conteneur lors de son dépotage depuis
un porte conteneur. Ces équipements permettent aux autorités douanières d’avoir une
image visuelle du contenu d’un conteneur. La figure 1.1.13 montre un exemple d’une
de ces images à rayons x.
Inspection intrusive : Le deuxième type est une inspection manuelle, habituellement
motivée par une fausse déclaration de conteneur ou manque d’informations. Les
agents douaniers ouvrent le conteneur pour contrôler de plus près son contenu afin de
démasquer tout produit illicite dissimulé.
[Link]. La matière dangereuse dans les TC
Une matière est considérée comme dangereuse si elle présente un risque pour
la santé, l’environnement et/ou les biens. La gravité de la matière dangereuse dépend
de sa nature chimique et/ou physique. Le transport des matières dangereuses suit des
réglementations strictes défini par plusieurs organisations mondiales. Elle peut
s'effectuer par voie routière, ferrée, maritime, fluviale ou aérienne. Chaque type de
transport est régi par un ensemble de législations. Par ailleurs, la gravité des accidents
impliquant une matière dangereuse ne vient pas seulement des effets immédiatement
64
ressentis mais aussi des effets secondaires qui peuvent être à long terme, par exemple,
pollutions des eaux ou des sols, propagation aérienne des gazes toxique, etc.
65
Figure 1.1. 14 Classification des matières dangereuses
66
Figure 1.1. 15 La matrice de compatibilité entre les classes de matières dangereuses
67
Chapitre 2 : Concepts de base et outils
68
1. Introduction
Dans ce chapitre, nous introduisons les concepts de base, les méthodes, et les
outils utilisés lors du développement des solutions proposées liés à la gestion des
risques et au transport des conteneurs. Avant de nous concentrer sur les travaux qui
ont abordés le conteneur intelligent et sa mise en œuvre, nous allons nous pencher sur
le concept du produit intelligent, sa classification et les outils de sa mise en œuvre.
Ensuite, nous abordons les techniques de fouille de données, et notamment l’extraction
des motifs fréquents et les règles d’association. En outre, nous mettons le point sur les
concepts de base de la logique floue et finirons par une revue des méthodes et les outils
de simulation.
2. Le produit intelligent
Définition de KarKKaainen et al. : La définition proposée par (Kärkkäinen et al. 2003) est
axée sur la capacité du PI à prendre des décisions. Ainsi, le PI doit avoir un identifiant
69
unique. Il doit partager ses d'information, soit sous forme de sources accessible, soit
les inclure dans son identifiant. Et finalement, le PI doit pouvoir communiquer avec
les systèmes d'information et avec les utilisateurs au besoin.
Définition de Venta et al. : (Ventä 2007) se sont focalisés sur la capacité du PI à percevoir
son environnement et à réagir aux changements afin de maintenir un seuil de
performance. Selon (Ventä 2007), le PI doit surveiller en permanence son état et son
environnement. Il doit aussi réagir et s'adapter aux conditions environnementales et
opérationnelles. Le PI doit maintenir des performances optimales dans des
circonstances variables, également dans les cas exceptionnels. Enfin, le PI doit
communiquer activement avec les utilisateurs, l'environnement ou avec d'autres
produits et systèmes.
70
Figure 1.2. 1 Classification du PI proposée par Meyer et al.
La mise en œuvre du concept PI n'est pas basée sur un standard unique. Par
ailleurs, les travaux que nous avons passés en revue abordent la mise en œuvre du PI
d'un point de vue théorique par la proposition de nouveaux modèles conceptuels du
PI et d'un point de vue expérimental par l'utilisation et l’agrégation parfois de diverses
technologies. La fonctionnalité minimale d’un PI est sa capacité à gérer sa propre
information. Des étiquettes et des lecteurs RFID (Identification par radio fréquence) et
d'autres techniques sont généralement utilisées. D’ailleurs, l’exemple le plus classique
du PI est celui proposé par (Wong et al. 2002). Il consiste en un pot de sauce de
spaghetti intelligent. Ce pot est identifiable à l’aide d’un tag RFID, et est connecté à un
agent et une base de données vis un réseau. Dans la même vision, (Främling et Nyman
2008) ont utilisé le système DIALOG basé sur un identifiant unique et un URI
(ID@URI) pour lier le produit physique à un agent logiciel qui gère son cycle de vie.
ID@URI est un identifiant proposé dans le cadre du projet de recherche DIALOG
(« DIALOG » s. d.) qui lie les objets à leurs source d’information.
71
Figure 1.2. 2 Un exemple classique du PI (Wong et al. 2002)
D’autre part, on trouve aussi des mises en œuvre du PI dit actif, capable de
mémoriser des informations, de communiquer, et de déclencher des événements ou
d'avertir les utilisateurs lorsqu'un problème est détecté (par exemple, si le PI tombe en
panne). (Sallez 2012) ont proposé un système de routage dynamique basé sur le PI
actif. Leur solution est appliquée dans un système de production flexible (en anglais
Flexible Manufacturions System –FMS).(Sallez et al. 2016) ont poussé encore les limites
de leur système en lui dotant de capacités décisionnelles. Pour ce faire, ils ont proposé
une entité décisionnelle locale appelée (MLDE, Machine Local Decision Entity) capable
d’exécuter des algorithmes décisionnels.
Brennan et al., (Brennan et al. 2001) ont proposés un modèle de PI basé sur la
combinaison des Holons et des agents. Le modèle présenté par (Yang, Moore, et Chong
2009) opte pour l'embarquement d'une unité de donnée au niveau du produit pour le
connecter à des services via le réseau. (Malhéné et Deschamps 2010) ont exploité le PI
pour le routage dynamique des livraisons et la sécurisation des flux de marchandises
échangées. Une application du PI combiné avec les services mobiles a été réalisée par
(Ngai et al. 2007) pour le suivi des conteneurs dans un dépôt.
72
2.3. Le produit intelligent et la performance
D'autre part, bien qu'il puisse y avoir des cas où les PIs peuvent se concurrencer
les uns les autres, un PI apporte également des possibilités de synergies et de
coopération. Par exemple, (Brintrup et al. 2011) envisage un système où les différents
produits qui font partie d'une même commande communiquent et négocient en vue
de prendre une décision collaborative qui devrait être bénéfique pour la commande
elle–même.
3. Le conteneur intelligent
74
au type, le poids et les dimensions de la cargaison. Toutefois, même avec un tel
système d’identification, les erreurs de positionnement des conteneurs persistent
(Assongba 2014). De telles erreurs coûtent chères aux manutentionnaires qui doivent,
par exemple, déplacer plusieurs conteneurs avant de retrouver celui à
charger/décharger. Ces conséquences impactent la plupart du temps le destinataire
final du conteneur en générant des retards dans la livraison, avaries dans certains cas
ou pertes partielles ou totales dans d’autres cas. Ces conséquences ont poussé les
organisations internationales de normalisation à introduire un nouveau système
d’identification des conteneurs : l’identification numérique.
75
• Disposer d’un système de codage des données d'identification des conteneurs et
des informations permanentes connexes, mémorisées dans une étiquette fixée au
conteneur ;
• Disposer d’un système de codage des données pour le transfert électronique des
données d'identification des conteneurs et des informations connexes des
étiquettes du conteneur à des systèmes de traitement automatique des données ;
• La description des données qui doivent figurer dans l'étiquette pour être
transmises aux systèmes de traitement automatique des données ;
• Des critères de performance permettant d'assurer un fonctionnement cohérent et
fiable de l’étiquette d'identification du conteneur au sein de la communauté
internationale des transports ;
• L’emplacement de l’étiquette sur les conteneurs ;
• Les aspects visant à rendre impossible la modification et/ou l’effacement
malveillant ou involontaire des informations contenues dans l’étiquette fixée sur
le conteneur.
Ainsi, l’utilisation des étiquettes RFID va marquer le transport conteneurisé et
donnera naissance à une nouvelle génération de conteneurs, dites conteneurs
intelligent.
76
être scellée. La broche de verrouillage est bloquée à l'aide d'un contre-écrou qui tourne dans la
broche de verrouillage ou à l'extérieur de cette dernière. Un micro-processeur enregistre les
informations relatives à l'ouverture et à la fermeture de la porte du conteneur. » (Li 2008). Ces
étiquettes permettent de savoir, grâce aux informations transmises par la puce
électronique, l’heure de chargement/déchargement de la cargaison du conteneur, et
de la livraison du conteneur à quai au port de destination ; l’état des conteneurs en
temps réel et l’heure à laquelle le conteneur a été ouvert ; détecter si le conteneur est
ouvert illégalement durant son transport ; le lieu de la livraison de la cargaison au
destinataire final (Assongba 2014).
77
dynamique de conteneurs intelligents qui change avec chaque empotage/dépotage.
En outre, la communication de ce réseau de conteneurs intelligent avec l'infrastructure
océanique ou terrestre peut également être fournie de manière fiable et efficace. Kim
et al. suggèrent que la sécurité des conteneurs sera renforcée par cette interaction entre
les conteneurs en réseau. Le conteneur intelligent proposé comprend un module
d’alerte qui se base sur la détection de l'état et de l'environnement du conteneur,
comme la température, le feu, les chocs, l'humidité et la lumière, l’ouverture /
fermeture de la porte, le suivie de l'emplacement des conteneurs et des conteneurs
voisins. Ainsi, le module d'alerte notifie au serveur/centre de données via la
communication à distance (Wifi, satellite, etc.) les conditions extrêmes ou les
événements importants en collectant et en analysant les données des conteneurs
voisins via les réseaux dynamiques de conteneurs. Ces conteneurs intelligents
connectés peuvent aussi fournir une visibilité de bout en bout du conteneur et sa
cargaison via les capacités de suivi et de détection fournies par les différents capteurs
du conteneur intelligent proposé. Cette visibilité de bout en bout peut améliorer les
performances et l'efficacité opérationnelles ainsi que la sécurité de la chaîne logistique
du conteneur (Kim et al. 2008). Toutefois, l’un des problèmes majeurs qui subsiste est
l’augmentation de la probabilité de détection des événements tout en réduisant le taux
de fausses alertes.
(Haass et al. 2015), dans le cadre du projet Intelligent Container, ont mené une
étude qui montre la capacité du conteneur intelligent à réduire les coûts de transport
et l’émission du CO2 en utilisant les informations qu'il rassemble à travers ses
capteurs. La figure 1.2.5 montre le prototype du conteneur intelligent proposé. Ils ont
utilisé un réseau de distribution existant de bananes et ont supposé que tous les
conteneurs de bananes expédiés étaient « intelligents ». Ils ont développé un
algorithme qui permet à chaque conteneur de prendre des décisions, par exemple, vers
quel client doit-il être acheminé et par quel itinéraire, en se basant sur le niveau de
mûrissement des bananes. La connaissance de l'état de la cargaison peut être utilisée
pour contrôler les processus logistiques. Cela signifie que les bananes qui ont une
longue vie verte seront transportées à plus longue distance et les bananes avec une vie
verte plus courte seront transportées à un client plus près. D’autre part, si plusieurs
78
conteneurs intelligents provenant de la même ferme se rendent compte que les
bananes qu'ils transportent commencent à mûrir, elles peuvent alerter le producteur
afin qu’il récolte les bananes plus tôt. Par ailleurs, le conteneur intelligent peut mûrir
les bananes à l’aide d'éthylène et ainsi, les bananes peuvent être transportées
directement au client, en contournant le centre de maturation. De cette façon, les pertes
alimentaires futures peuvent être réduites, entraînant une réduction supplémentaire
des coûts de transport et des émissions de carbone. Cependant, ces avantages
économiques et environnementaux sont accompagnés de certains coûts
supplémentaires.
Figure 1.2. 5 Concept du conteneur intelligent selon Kim et al. (Kim et al, 2008)
Figure 1.2. 4 Prototype du conteneur intelligent proposé dans le cadre du projet « Intelligente
Container » 2014.
79
4. Fouille de données
La quatrième étape est le formatage des données. Ceci est nécessaire pour
pouvoir appliquer certains algorithmes d’extraction de connaissances qui nécessitent
un format spécifique de données. Par exemple, certains algorithmes nécessitent un
80
certain type de fichiers (fichier csv, base de données MySQL…), et également un
certain type de données (binaires, continues, discrètes, etc.). Par exemple, dans le
logiciel Weka (Hall et al. 2009), l’implémentation de l’algorithme d’extraction de règles
d’association FP-Growth (Han et al., 2000) nécessite des données binaires pour
s’exécuter tandis que celle de l’algorithme Apriori (Agrawal, Srikant, et others 1994)
peut également travailler sur des données discrétisées.
81
fois par (Agrawal et al., 1993) en abordant le problème du panier de la ménagère en
analysant les données des grandes surfaces de distribution. Un exemple de règles
d’associations dans le travail d’Agrawal et al. est Thé, Café => Sucre signifiant que si on
a du thé et du café dans le panier de la ménagère, alors il y’a une grande probabilité
qu’on y trouve du sucre. Ceci offre la possibilité de réaménager de manière efficace les
rayons des grandes surfaces selon une stratégie marketing qui se base sur les
préférences des ménagères. Ce problème a dès lors intéressé les chercheurs pour son
important potentiel d’application dans divers domaines comme les systèmes de
recommandation.
82
confiance de la règle Z ⇒ X\Z n’est pas valide alors la confiance de la règle Y ⇒ X\Y
ne le sera pas non plus. En plus, si la confiance de la règle Z ⇒ X\Z est valide alors la
confiance de la règle Y ⇒ X\Y le sera également (Papon 2016). Ensuite, chaque règle
ayant une confiance supérieure ou égale au seuil minimal est ajoutée à l’ensemble des
règles valides.
5. La logique floue
Figure 1.2. 7 Plage des valeurs en logique Booléenne (a) et en logique floue (b)
Trois étapes peuvent être identifiées dans les mathématiques des ensembles
flous depuis son émergence: La fuzzification directe au cours des années 1960
(topologie floue, structures algébriques floues, telles que les groupes flous et espaces
vectoriels floues, arithmétique floue, théorie des mesures floues, calcul relationnel
flou), l'explosion des choix possibles dans le processus de généralisation au cours des
années 1980 (la notion de nombre flou, la découverte de normes triangulaires et les
normes communes, l'étude approfondie des opérations alternatives sur le niveau
logique, c'est-à-dire, la négation, la disjonction, la conjonction, l'implication et aussi le
84
niveau de la théorie des ensembles flous, c.-à-d., la complémentation, l'union,
l'intersection, l'inclusion) et actuellement, la standardisation, l'axiomatisation, la
fuzzification et la représentation floue ainsi que la manipulation de l'imprécision et de
l'incertitude (Kerre 1995).
Un système de logique floue (FLS en anglais pour Fuzzy Logic System) est
conçu pour traiter des données déterministes par la logique floue et pour mettre en
pratique les connaissances recueillies dans une base de règles floues. Cela implique la
nécessité de fuzzification des données d'entrée afin de fournir un résultat déterministe
par la défuzzification après le traitement. Les fonctions d'appartenance sont utilisées
dans les étapes de fuzzification et délimitation d'un système logique flou. Leur rôle est
de cartographier les variables nettes à des termes linguistiques flous dans la phase de
fuzzification et de faire exactement le contraire dans la phase de défuzzification. Le
module de fuzzification transforme les entrées, qui ont des valeurs nettes, dans des
ensembles flous. Dans un FLS, la base des règles d’inférence est développée pour
85
manipuler les variables d'entrée. En général, les FLS intègrent plus d'une règle qui
décrivent les connaissances. Le plus commun est la règle Si-Alors. Si un ensemble de
conditions est satisfait, alors un ensemble de conséquences peut être déduit.
L'évaluation des règles floues et l'agrégation des résultats des règles individuelles sont
effectuées à l'aide d'opérations de configuration floues, ce processus s'appelle une
inférence. Le résultat de l'étape d'inférence est une valeur floue, obtenue par
l'agrégation de tous les ensembles flous de sortie dans un ensemble flou de sortie
unique, obtenu en appliquant toutes les règles dans la base de règles. Pour obtenir une
valeur nette, la défuzzification est effectuée conformément à la fonction
d'appartenance de la variable de sortie. Le système logique Fuzzy peut être considéré
comme un mappage non linéaire d'un ensemble de données d'entrée à une donnée de
sortie scalaire (Mendel 1995). L'algorithme de FLS est résumé dans les étapes
suivantes :
86
5.1.2. Définition des fonctions d’appartenance
En 1973, Lotfi Zadeh publie son deuxième article le plus influent (L. A. Zadeh
1973). Cet article décrit une nouvelle approche de l'analyse des systèmes complexes,
dans laquelle Zadeh a suggéré de recueillir les connaissances humaines dans des règles
87
floues. Une règle floue peut-être définie comme une déclaration conditionnelle sous la
forme :
Si x est A Alors y est B
Les variables x et y sont des variables linguistiques. Elles sont déterminées par des
ensembles flous sur l'univers des discours X et Y respectivement. Une règle floue peut
avoir plusieurs parties dans son antécédent. Le résultat d'une règle floue peut
également inclure plusieurs parties.
Au cours des dernières années, plusieurs méthodes basées sur la technologie des
réseaux de neurones ont été utilisées pour construire les règles floues. Les systèmes
adaptatifs ou à base de réseaux de neurones peuvent trouver de nouvelles règles
floues, ou modifier et régler les paramètres existants.
En général, un système expert flou ne comprend pas une mais plusieurs règles
qui décrivent les connaissances des experts. La sortie de chaque règle est un ensemble
flou, mais en général, on doit obtenir un seul résultat représentant la sortie du système
expert. En d'autres termes, on veut obtenir une solution précise, pas floue. Pour obtenir
un seul résultat pour la variable de sortie, un système flou agrège d'abord tous les
ensembles flous de sortie dans un ensemble flou de sortie unique, puis définit
l'ensemble flou résultant en un seul nombre. Dans les deux prochaines étapes, nous
abordons les détails de ce processus.
89
L'agrégation est le processus d'unification des résultats de toutes les règles. En d'autres
termes, on prend les fonctions d'appartenance de toutes les règles consécutives et les
combinons en un seul ensemble flou. Ainsi, l'entrée du processus d'agrégation est la
liste des fonctions d'appartenance, et la sortie est un ensemble flou pour chaque
variable de sortie.
La défuzzification
La dernière étape dans le processus d'inférence floue est la défuzzification. Le flou
nous aide à évaluer les règles, mais la sortie finale d'un système flou doit être un
nombre net. L'entrée pour le processus de défuzzification est l'ensemble flou de sortie
agrégé, et la sortie est un nombre unique. Il existe plusieurs méthodes de
défuzzification (Cox 1999), mais probablement la plus populaire est la technique de
centroïde. Mathématiquement, c’est le centre de gravité (COG) qui peut être exprimé
comme :
En théorie, le COG est calculé sur un continuum de points dans la fonction globale
d'appartenance de sortie, mais dans la pratique, une estimation raisonnable peut être
obtenue en le calculant sur un échantillon de points.
6. La simulation
90
stochastique, a connu ses débuts pendant la Deuxième Guerre mondiale
généralement pour combler les besoins militaires et particulièrement la simulation des
aéronefs. Bien qu’il y ait deux approches, aujourd’hui, le terme simulation ne fait
référence qu’à la simulation informatique. Avec l’évolution incessante de la puissance
de calcules des ordinateurs et ainsi l’augmentation de la précision et de la fidélité des
simulations, la communauté scientifique et les industriels ont de plus en plus recours
à la simulation et parfois la simulation a même remplacé l’expérimentation réelle.
L’un des majeurs objectifs de la simulation est l’aide à la décision pour évaluer
et valider un système, et de prévoir son comportement dans plusieurs scénarios avant
son application réel. Aussi, la simulation permet de visualiser à travers une
représentation en 2D/3D le système simulé. D’autre part, la simulation est un excellent
moyen pour comprendre les causes et les conséquences d'un phénomène (Drogoul,
Vanbergue, et Meurisse 2003). En outre, quand on étudie un système avec un
comportement non-linaire et imprévisible, soumis à des contraintes spatio-temporelles
et à des réactions de cause à effet pouvant donner naissance à des phénomènes
émergents, en plus d’un état défini par des variables qui s’influencent, la définition du
modèle mathématique lui-même devient une tâche difficile, en conséquence avoir une
solution exacte aux problèmes peut être impossible, ce qui explique l’intérêt soutenu
dont bénéficie la simulation informatique (Drogoul, Vanbergue, et Meurisse 2003).
(Law et Kelton 1991) a identifié huit problèmes pour lesquels la simulation est
une excellente solution :
➢ La conception et l’analyse des systèmes de production,
➢ L’évaluation des exigences matérielles et logicielles d'un système informatique,
➢ L’évaluation d’un nouveau système ou une nouvelle tactique militaire,
➢ La définition des politiques de triage pour un système d'inventaire,
➢ La conception des systèmes de communication,
➢ La conception et l’évaluation des infrastructures de transport,
➢ La conception et l’évaluation des organismes de services de santé et sociaux,
➢ L’analyse des systèmes financiers ou économiques.
6.3.1. La vérification
93
la compilation ou l’exécution du modèle. Souvent on fait recours au
fichier log afin d’analyser l’arborescence des erreurs.
6.3.2. La validation
La validation vise à prouver que les objectifs tracés au début sont atteints, que
les sorties du modèle sont fiables et que la représentation simplifiée est crédible. Fours
donne ainsi la définition suivante : « C’est la confirmation par examen et collecte
d’évidences objectives que les exigences à partir desquelles un "produit final" ou
l’agrégation de "produits finaux" fonctionne comme attendu par l’intéressé
(modélisateur, concepteur, client, …) dans son environnement opérationnel ». Voici
quelques méthodes qui permettent la validation des modèles de simulation :
6.3.3. La calibration
94
paramétrage erroné du modèle peut conduire à l’apparition de mauvais
comportements (Calvez 2007).
Les modèles simulés sont conçus à l’aide d’un simulateur. Le simulateur est un
logiciel qui faciliter la conception et l’implémentation du modèle à simuler moyennant
des outils et des modules ou de blocs de contrôle. Il y’a plusieurs facteurs qui
permettent le choix d’un simulateur. (Law et Kelton 1991) a identifié six principaux
critères à considérer lors du choix du simulateur.
➢ Capacités générales : à savoir si le simulateur propose un environnement de travail
concis, riche et offrant des modules variés qui permettent une implémentation
facile et flexible du modèle tout en minimisant le temps et les coûts. Offrir des
outils de débogage efficace et l’exécution rapide du modèle.
➢ Configurations matérielles et logiciels requises : La quantité de ressource mémoire
et processeur requise par le simulateur est importante. L’optimisation de l’usage
des ressources par le simulateur est un critère important. D’autre part, la
compatibilité avec les systèmes d’exploitation et aussi importante. La plupart des
simulateurs sont disponibles seulement pour le système d’exploitation Windows,
rare ceux qui ont des versions compatibles avec tout type de système.
➢ Qualité d’animation graphique : La qualité et le réalisme des productions 2D et 3D
est un élément clé du choix du simulateur. La visualisation en 3D avec plusieurs
angles de prise de vue est devenue très importante, car il rend le modèle plus fidèle
à la réalité.
➢ Lois de probabilité : la génération des nombres aléatoire est essentielle pour un
modèle de simulation, d’un côté, elle permet d’avoir des résultats différents à
chaque réplication, d’un autre côté, beaucoup de systèmes réels sont de nature
stochastique.
➢ Exposition des sorties : les logiciels de simulation doivent proposer une variété de
graphiques pour exposer de diverses façons les données de sortie (les statistiques),
à savoir, les histogrammes, les camemberts, les diagrammes chronologiques, les
représentations en trois dimensions, les bulles, tableaux, etc.
95
➢ Service client et documentation : la société qui a créé le simulateur doit organiser
périodiquement des formations pour leurs clients, et les informer à chaque mise à
jour. La documentation est fondamentale pour manipuler n’importe quel logiciel.
Alors, il est nécessaire qu’elle soit suffisamment détaillée et soutenue par plusieurs
exemples pratiques.
7. Conclusion
Dans ce chapitre nous avons présenté les concepts de base et les outils que nous
avons utilisés pour la mise en œuvre d'une solution pour la gestion des risques. En ce
sens, nous avons mis le point sur le concept du produit intelligent et de sa mise en
œuvre ainsi que son impact sur la performance. Ensuite, nous avons abordé le concept
du conteneur intelligent et son inception. D’autres parts, nous avons présenté les
techniques de fouille de données. Après, nous avons présenté le principe de la logique
floue. En outre, nous avons présenté la simulation, ses types, ainsi que les principaux
outils de simulation.
96
En ce qui suit, nous mettons le point sur l'utilisation de l'ensemble des concepts
présentés dans ce chapitre pour la mise en œuvre d'une approche pour la gestion des
risques dans les TCs liée au ciblage de conteneurs à haut risque. D’autres parts, nous
allons utiliser la simulation pour valider le modèle de tracteur électrique pour l
transport de conteneurs que nous allons proposer.
97
Deuxième partie :
Contributions
98
Chapitre 1 : Système De priorisation de
l’inspection des conteneurs à risque
99
1. Introduction
La gestion des risques dans les TC a reçu beaucoup d'attention ces dernières
années en raison de l'augmentation des activités frauduleuses liées aux conteneurs. La
communauté internationale a proposé plusieurs initiatives pour améliorer la sécurité
du transport maritime. Cependant, l'évaluation des risques des conteneurs reste une
tâche difficile, souvent due à des informations incomplètes ou ambiguës sur les
conteneurs. En outre, le processus d'évaluation doit être adapté de manière continue
pour faire face aux facteurs de risque émergents. D’autre part, l'inspection des
conteneurs à haut risque est généralement entravée par une faible capacité
d'inspection ce qui entraîne un problème majeur : comment prioriser l'inspection des
conteneurs suspects si leurs nombre dépasse la capacité d'inspection du TC? Prioriser
l'inspection des conteneurs suspects peut être la réponse. En d’autres termes, c’est la
possibilité de classer les conteneurs suivant l'ordre de leur degré ou score de risque.
Ce score permet aux douanes de prioriser l'inspection des conteneurs à haut risque.
Toutefois, le calcul d’un tel score nécessite la quantification des risques liés aux
conteneurs. Par conséquent, l'amélioration de la précision de la quantification des
risques des conteneurs est essentielle en enrichissant le flux d'information lié au
processus de transport du conteneur et en assurant sa véracité, tout en s’adaptant aux
nouveaux facteurs de risques.
L’analyse des risques vise à identifier les différents risques et vulnérabilités qui
entourent le processus de transport des conteneurs et notamment pendant leurs
transite par les TCs. Notre cas d’étude se focalise sur la priorisation de l’inspection des
conteneurs. Le processus de transport de conteneurs est menacé par diverses sources
de risque en raison de la mondialisation des marchés et de l'émergence d'activités
frauduleuses et de terrorisme. En conséquence, un conteneur frauduleux peut affecter
les activités du TC. Par exemple, selon Orphan (Orphan et al. 2005), le risque potentiel
d'une attaque terroriste impliquant un conteneur est considérable. En outre, les
conteneurs frauduleux transportant de la matière dangereuse, peuvent provoquer un
incendie en raison de la négligence des règles de ségrégation appliquées aux matières
dangereuses. Des scénarios similaires peuvent entraîner des pertes importantes et
affaiblir la compétitivité des ports.
101
Conteneur frauduleux qui a contourner
l inspection des douanes
Information Transport de
Eviter les droits de Traffic de produit Traffic d armes et
manquante ou matieres
douanes et taxes illicite matériel explosif
faussée dangereuse
3. L’approche proposée
Le ciblage et l’inspection des conteneurs à haut risque dans les TC est entravé
par plusieurs difficultés. La difficulté majeure est la capacité d'inspection limitée en
raison de l'équipement limité et de la main-d'œuvre pour effectuer des inspections.
Cela devient très contraignant si le nombre de conteneurs suspects dépasse la capacité
d'inspection, d'où la nécessité de prioriser l’inspections des conteneurs en les classant
selon leurs degrés de risque.
102
des conteneurs. La troisième étape est le classement des conteneurs suspect selon leur
score de risque afin de prioriser leur inspection et l’amélioration du système à partir
des résultats obtenus, à savoir, l’adaptation aux nouveaux facteurs de risque. Ce qui
est important à propos de cette approche, c'est qu'elle permet le classement des
conteneurs moyennant un score de risque. Cela donne une meilleure vue de l'ampleur
du risque des conteneurs suspects et permet donc de classer et de prioriser leurs
inspections. La figure 2.1.2 résume les principales étapes de l’approche APRICOIN.
103
Figure 2.1. 2 Principales étape de l'approche APRICOIN
104
stockés dans la base de données des règles d’inférence floue (BD-RIF). Cette étape
est exécutée périodiquement afin d’assurer l’adaptabilité de l’algorithme aux
nouveau facteurs de risque en découvrant de nouveaux critères fréquents qui
peuvent émerger au fils de temps.
➢ La deuxième sous-étape porte sur le calcul du score de risque des conteneurs. La
BD-RIF est exploité par le système d'inférence floue (SIF) afin de calculer le score
de risque pour chaque conteneur à partir des données de son DEC.
Dans ce travail, le DEC proposé est établi à partir du descriptif du conteneur tel
que proposé par (Longo 2012; Cariou, Mejia, et Wolff 2009), le rapport du GAO (United
States Government Accountability Office) (United States Government Accountability
Office 2012), et les critères utilisés par les douanes du port du Havre pour cibler les
conteneurs suspects. Le DEC proposée contient un ensemble de 24 critères. En
pratique, le DEC est une agrégation d'informations provenant de différentes sources.
Nous considérons les sources suivantes :
• Les capteurs du conteneur intelligent.
• L’historique du transport du conteneur.
• La configuration du conteneur.
105
Critère Nom Type de
données
C1 Port source Nominative
C2 Port de destination Nominative
C3 Pays source Nominative
C4 Pays destination Nominative
C5 Transporteur Nominative
C6 Transporteur entre terminaux Nominative
C7 Importateur Nominative
C8 Exportateur Nominative
C9 Destinataire final Nominative
C10 Propriétaire Nominative
C11 Groupeur Nominative
C12 Niveau de sécurité de zone d’empotage Nominative
C13 Sécurité du dépôt de conteneurs vides du port source Nominative
C14 Durée de voyage Nominative
C15 Type de marchandise Quantitative
C16 Nombre arrêt non prévu dans un parking non sécurisé Nominative
C17 Délais d’attente anormale Quantitative
C18 Itinéraire GPS Quantitative
C19 Détecteur de choques Quantitative
C20 Détecteur de matières dangereuses Quantitative
C21 Nombre de détours hors itinéraire GPS prévu Quantitative
C22 Nombre d’arrêts hors itinéraire GPS prévu Quantitative
C23 Scellé électronique : ouvertures non autorisées Quantitative
C24 Scellé électronique : tentations d’ouverture non autorisées Quantitative
Tableau 2.1. 1 Liste des critères d’un DEC
l’itinéraire pris par le conteneur et ses points d'arrêt et leur durée, ce qui sert
principalement à détecter si le conteneur a été garé dans un parking non sécurisé ou a
fait un détour non prévu. L'historique du transport des conteneurs contient toutes les
informations relatives au transporteur et à l'itinéraire de transport prévu et ça durée.
La configuration du conteneur contient des informations sur le type de conteneur et le
type de cargaison.
106
Critère Valeur Base de l’évaluation qualitative Évaluation Plage
nette qualitative numérique
C1 0 à 10 Résultat d’audit ISO 28000 – (0 si pas Sécurité élevé [7 , 10]
d’audit) Sécurité moyen [4 , 6]
Sécurité basse [0 , 3]
C2 0 à 10 Résultat d’audit ISO 28000 – (0 si pas Sécurité élevé [7 , 10]
d’audit) Sécurité moyen [4 , 6]
Sécurité basse [0 , 3]
C3 0 à 10 Niveau de risque du pays Risque élevé [7 , 10]
Risque moyen [4 , 6]
Risque bas [0 , 3]
C4 0 à 10 Niveau de risque du pays Risque élevé [7 , 10]
Risque moyen [4 , 6]
Risque bas [0 , 3]
C5 0 à 10 Résultat CTPAT ou autres (0 si pas de Risque élevé [0 , 3]
certification) Risque moyen [4 , 6]
Risque bas [7 , 10]
C6 0 à 10 Résultat CTPAT ou autres (0 si pas de Risque élevé [0 , 3]
certification) Risque moyen [4 , 6]
Risque bas [7 , 10]
C7 0 à 10 Résultat CTPAT ou autres (0 si pas de Risque élevé [0 , 3]
certification) Risque moyen [4 , 6]
Risque bas [7 , 10]
C8 0 à 10 Résultat CTPAT ou autres (0 si pas de Risque élevé [0 , 3]
certification) Risque moyen [4 , 6]
Risque bas [7 , 10]
C9 0 à 10 Résultat CTPAT ou autres (0 si pas de Risque élevé [0 , 3]
certification) Risque moyen [4 , 6]
Risque bas [7 , 10]
C10 0 à 10 Résultat CTPAT ou autres (0 si pas de Risque élevé [0 , 3]
certification) Risque moyen [4 , 6]
Risque bas [7 , 10]
C11 0 à 10 Résultat CTPAT ou autres (0 si pas de Risque élevé [0 , 3]
certification) Risque moyen [4 , 6]
Risque bas [7 , 10]
C12 0 à 10 Niveau de sécurité Niveau élevé [7 , 10]
Niveau moyen [4 , 6]
Niveau bas [0 , 3]
C13 0 à 10 Niveau de sécurité Niveau élevé [7 , 10]
Niveau moyen [4 , 6]
Niveau bas [0 , 3]
C14 0 à 300 Durée de voyage (nombre de jours) Durée élevée [201, 300]
Durée moyenne [101, 200]
Durée basse [0 , 100]
C15 0 à 10 Niveau de risque lié au type de la Niveau élevé [7 , 10]
marchandise Niveau moyen [4 , 6]
Niveau bas [0 , 3]
C16 0 à 10 Nombre d’arrêts Nombre élevé [3 , ∞]
Nombre moyen [1 , 2]
107
Nombre bas 0
C17 0 à 10 Durée d’attente Durée élevée [7 , 10]
Durée moyenne [4 , 6]
Durée basse [0 , 3]
C18 0 à 10 Niveau de concordance avec l’itinéraire Niveau élevé [7 , 10]
prévu Niveau moyen [4 , 6]
Niveau bas [0 , 3]
C19 0à∞ Nombre de choques Nombre élevé [6 , ∞]
Nombre moyen [1 , 5]
Nombre bas 0
C20 0 à 10 Niveau de dangerosité et type de la Danger élevé [7 , 10]
matière Danger moyen [4 , 6]
Danger bas [0 , 3]
C21 0à∞ Nombre de détours Nombre élevé [3 , ∞]
Nombre moyen [1 , 2]
Nombre bas 0
C22 0à∞ Nombre d’arrêts Nombre élevé [3 , ∞]
Nombre moyen [1 , 2]
Nombre bas 0
C23 0à∞ Nombre d’ouvertures Nombre élevé [3 , ∞]
Nombre moyen [1, 2]
Nombre bas 0
C24 0à∞ Nombre de tentations Nombre élevé [3, ∞]
Nombre moyen [1, 2]
Nombre bas 0
Tableau 2.1. 2 Tableau de conversion du DEC
Le type de données des critères du DEC varie entre des données nominatives et
quantitatives. Le tableau 2.1.1 donne la liste des critères d’un DEC et le type de
données correspondant. Afin de rendre le DEC exploitable par SIF pour le calcul des
scores de risque, les données quantitatives et nominatives devraient être converties en
données qualitatives. Pour cette fin, nous proposons le tableau 2.1.2 que nous avons
nommé le tableau de conversion.
108
connaissances, l’utilisation des techniques de fouille de donnée s’avère utile. Ces
techniques permettent d’extraire les motifs les plus fréquents dans une base donnée
de transactions, ainsi il sera utilisé dans l’extraction de l’ensemble des critères les plus
fréquents (l’ensemble des critères clés) de la BD-HI. FP-Growth est l’un des
algorithmes les plus performants dans le domaine de la fouille de données. FP-Growth
est basé sur l'une des approches les plus rapides pour découvrir les motifs fréquents
(Borgelt 2005). Selon (Tan, Michael, et Kumar 2005) FP-Growth a relativement peu
d'inconvénients et surpasse les algorithmes de fouille de données standards comme
Apriori (Agrawal, Srikant, et others 1994).
FP-Growth est basé sur un arbre de préfixe appelé FP-Tree qui représente la
base de données à fouiller. L'adoption d'une telle structure, réduit considérablement
l'espace et le temps de recherche. Cependant, comme l’algorithme FP-Growth
fonctionne uniquement pour les données booléennes, nous devons convertir les
valeurs qualitatives des DEC de la BD-HI en valeurs booléennes. La figure 2.1.3 montre
la structure du DEC initiale par rapport à celle du DEC booléenne. Pour ce faire, nous
proposons une fonction nommée DECversBOOL (Figure 2.1.4). Cette fonction à
comme entrée un DEC et comme sortie un DEC booléen. Nous notons que les DEC
booléens auront trois fois plus d'attributs que le DEC normal.
109
Fonction : DECversBOOL
/* Paramètre d’entrée
DEC //DEC with qualitative values
/* Paramètre de sortie
BooléenDEC //DEC avec des valeurs booléennes de critères
/*Etape1: Récuperer les critères du DEC
1. Critères[] ← obtenirCritères(DEC);
2. Pour chaque critère De Critères[] Faire
3. Si critè[Link] = élevé Alors
4. { critè[Link]é= Vrai;
5. critè[Link] = Faux ;
6. critè[Link] = Faux ;}
110
C1 C2 C3 C4 …
DEC-1 1 1 6 6 …
DEC-2 7 6 1 4 …
DEC-3 6 7 7 10 …
DEC-4 1 2 1 7 …
DEC-5 1 0 6 0 …
DEC-6 3 4 1 8 …
DEC-7 2 0 6 7 …
DEC-8 10 5 1 3 …
DEC-9 0 2 1 0 …
DEC-10 2 3 1 10 …
DEC-11 9 4 4 9 …
DEC-12 2 5 6 2 …
DEC-13 5 7 8 5 …
DEC-14 9 1 3 5 …
DEC-15 2 0 2 1 …
… … … … … …
Figure 2.1. 5 Aperçu d'un ensemble de DEC
C1-B C1-M C1-E C2-B C2-M C2-E C3-B C3-M C3-E C4-B C4-M C4-E
DEC-1 1 0 0 1 0 0 0 1 0 0 1 0 ….
DEC-2 0 0 1 0 1 0 1 0 0 0 1 0 …
DEC-3 0 1 0 0 0 1 0 0 1 0 0 1 …
DEC-4 1 0 0 1 0 0 1 0 0 0 0 1 ….
DEC-5 1 0 0 1 0 0 0 1 0 1 0 0 …
DEC-6 1 0 0 0 1 0 1 0 0 0 0 1 …
DEC-7 1 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 ….
DEC-8 0 0 1 0 1 0 1 0 0 1 0 0 …
DEC-9 1 0 0 1 0 0 1 0 0 1 0 0 …
DEC-10 1 0 0 1 0 0 1 0 0 0 0 1 ….
DEC-11 0 0 1 0 1 0 0 1 0 0 0 1 …
DEC-12 1 0 0 0 1 0 0 1 0 1 0 0 …
DEC-13 0 1 0 0 0 1 0 0 1 0 1 0 ….
DEC-14 0 0 1 1 0 0 1 0 0 0 1 0 …
DEC-15 1 0 0 1 0 0 1 0 0 1 0 0 …
… … … … … … … … … … … … …
111
Algorithme 1 : Algorithme FP-Growth
1. /* Paramètres
2. FList,F= Ø ; // liste d’un ensemble de critères fréquents (ECF)
3. T; //FP-Tree
4. [p|P] ; // liste triée des ensemble de critères fréquents où p est le premier
élément et
i. P le dernier élément de la liste
5. α ; //un ensemble de critères fréquents
6. ; // combinaison de nœuds d’un chemin
7. DB-HI ; //Base de données des transactions
8. P ; //chemin avec un seul préfix
9. Q ; //chemins multiples
10. minSupp ; //support minimum
11. /*Etape1: Construire le FP-tree
12. F ← obtenirEnsemblesFréquents(DB-HI,minSupp);
13. FList ← trierParSupportDescendant (F);
14. T ← créerFPtree(null);
15. Pour Chaque transaction De DB-HI Faire
16. [p|P]←selectTransEnsembleFréquent (transaction, FList) ;
17. insererFP-Tree([p|P],T);
18. Fin Pour
19. /*Etape2: Extraction des ensembles frequents de critères à partir de la FP-tree
20. Procedure FP-Growth(T, )
21. {
22. Si [Link]() == 1 Alors
23. P ← obtenirChemin(T);
24. Pour Chaque P. Faire
25. convertirEnECF(P)← générerECF ( , ) ; //ECF – Ensemble de Critères
Frequents
26. End for
27. Else
28. Q ← obtenirCheminsMultiples(T);
29. Pour Chaque critère de Q Faire
30. convertirEnECF(Q)←générerECF ( , ,critère);
1. T ← creerFP-Tree( );
2. FP-Growth(T , );
3. Fin Pour
4. retourner(convertirEnECF (P) convertirEnECF (Q) (convertirEnECF (P) ×
convertirEnECF (Q)));
5. }
Figure 2.1. 7 L'algorithme FP-Growth
112
La Figue 2.1.7 montres les étapes principales de l'algorithme FP-Growth. La
première étape de l'algorithme FP-Growth consiste à construire l'arbre FP-tree.
L'algorithme analyse la base de données des transactions, en l’occurrence la DB-HI,
commence à collecter l'ensemble des critères fréquents F (ligne 1) et l'affiche dans la
FList par ordre décroissant par rapport à leur support (ligne 2). Par la suite, la
construction du FP-Tree commence. Un arbre FP-Tree nommé T avec une racine (null)
est créé (ligne 3). Ensuite, l’arbre T est remplit comme suit. Pour chaque transaction de
la DB-EI (une transaction correspond à un DEC de conteneur frauduleux), nous
appelons la fonction insererFP-Tree pour remplir l'arbre T (lignes 4 à 7). Le
fonctionnement insererFP-Tree est détaillé dans (Han, Pei, et Yin 2000). La deuxième
étape de l'algorithme FP-Growth est l'extraction des ensembles de critères fréquents
de l’arbre T. Si l'arbre T contient un seul chemin de préfixe P, les ensembles de critères
fréquents sont l'énumération des sous-chemins de P qui ont un support minimum
(ligne 8 à 12). Si l’arbre T possède plusieurs chemins Q, les ensembles de critères
fréquents résultants sont extraits de manière récursive (ligne 14 à 19). Enfin, les
ensembles de critères fréquents qui en résultent sont combinés et renvoyés comme
résultat final (ligne 20).
Fuzzification des
critères pour Moteur
l évaluation du risque d inférence
floue Défuzzification
Critères
floues
Résultats
intermédiaires
floue
115
classiques qui ont un degré d’appartenance de 0 ou 1, un ensemble flou permet une
transition progressive du degré d’appartenance. En pratique, un ensemble flou est
défini à l'aide des fonctions d'appartenance (FA). La littérature a suggéré différentes
formes de FA (Negnevitsky 2005). Cependant, dans le domaine de l'évaluation des
Une FA d'un ensemble flou A est communément noté μA. Le degré d’appartenance
d'une variable x est notée μA (x).
116
La FA bas est définie par deux points (x1, x2). En conséquence, elle est définie comme
suit :
, �>�
� −�
µ� � = { , � <�<�
� −�
, �<�
La FA moyen est définie par quatre points (x1, x2, x3, x4). En conséquence, elle est
définie comme suit :
, �<� �>�
�−�
, � <�<�
µ� � = � −�
, � ,< � < �
� −�
{ � −� , � <�<�
Le FA élevé est définie par deux points (x3, x4). En conséquence, elle est définie comme
suit :
, �<�
�−�
µ� � = { , � < � << �
� −�
, �>�
Toutes les valeurs nettes d’une variable X peuvent être fuzzifiés à travers les trois FA
(bas, moyen, élevé) dans la figure 2.1.10.
Par exemple, si l'on suppose que Xn est une valeur nette, alors :
➢ Le degré de l'appartenance de Xn à FA faible est de 0,25 (voir la figure 2.1.10).
➢ Le degré de l'appartenance de Xn à FA moyen est de 0,75 (voir la figure 2.1.10).
La figure 2.1.11 illustre les FA qui ont été utilisées pour le critère 3 qui se réfère à la
société de logistique en fonction du score d'audit CT-PAT.
117
Figure 2.1. 11 Les fonctions d’appartenance du critère Transporteur
µ� � � �
�� =
µ� � �
119
la BD-HI est alimentée seulement avec les DEC des conteneurs qui sont avérer
frauduleux.
120
Algorithm 3: APRICOIN Algorithm
1. /*Paramètres d’entrée :
2. DB-HI //base de données de l’historique des inspections,
3. ensembleConteneurs //Ensemble de DEC correspondant aux conteneurs
à prioriser pour l’inspection
4. /* Paramètres de sortie :
5. listePrioritéInspection //Liste des conteneurs triée ²par priorité
d’inspection
6. /*Variables
7. booléenDEC //DEC booléen
8. DB-HI-BOOL // base de données de l’historique des inspections
sous format booléenne
9. DB-RIF // base de données des règles d’inférence floue (RIF)
121
4. Étude illustrative : Terminale multimodale du Havre
4.1. Application
Pour réaliser une simulation de l'approche proposée, nous aurons besoin de deux jeux
de données :
➢ Un premier jeu de données constitué d’un ensemble de DEC servant à simuler
les conteneurs en transit à travers le MMT sur un an.
➢ Un deuxième jeu de données constitué d’un ensemble de DEC servant à simuler
l’historique des inspections (BD-HI).
Nous avons choisi 12 critères DEC comme critères clés. Plus un DEC valide un
grand nombre de ces critères clés, plus il aura un score de risque élevé.
122
pendant 12 mois. Parmi chaque ensemble de données, 3,6% (900 DEC) sont des DEC
de conteneurs à risque élevé avec divers degrés de risque.
Afin de vérifier la précision du classement des deux approches, nous avons
généré 900 DEC à haut risque comme suit :
➢ 50% sont des DEC à très haut risque.
➢ 50% sont des DEC à haut risque.
Les DEC des conteneurs à très haut risque sont générés de manière a valider 12
critères clés. Les DEC à haut risque valident 8 critères clés. Nous notons que tous les
DEC des conteneurs à haut risque générés sont connus et marqués afin d'évaluer la
précision de chaque approche. En outre, afin de tester l’adaptabilité de l’approche
proposée aux critères clés émergeant, nous augmentons la fréquence d'un critère
émergeant à partir du mois de Janvier.
Pour simplifier la simulation, nous supposons que tous les conteneurs à haut
risque entraînent une inspection douanière positive. Une inspection positive conduit
habituellement les douanes à trouver des matières illicites ou dangereuses dans un
conteneur. Par conséquent, chaque mois, la BD-HI est alimenté par 450 DEC
(correspondant à a capacité d’inspection qui est de 1.8%).
123
le système d'inférence floue. Enfin, une liste de priorisation d’inspection est fournit.
Nous avons mis en œuvre le système d’inférence flou proposé à l'aide de la
bibliothèque JFuzzyLogic (Cingolani et Alcalá-Fdez 2013). JFuzzyLogic est une
bibliothèque open source écrite en Java et utilise un moteur d'inférence basé sur
Mamdani.
Pour l'approche basée sur AHP, nous avons utilisé le framework jAHP (Java
Analytic Hierarchy Process) pour mettre en œuvre l'approche multicritères AHP. Le
poids des critères AHP correspond aux 12 critères clés choisis précédemment. Nous
notons que les poids des critères AHP sont fixes et ne s'adaptent pas. La figure 2.1.13
donne un aperçu sur le processus d’analyse hiérarchique de la méthode AHP. De suite,
l'algorithme APRICOIN et la méthode AHP sont ensuite exécutés pour chaque jeu de
données mensuel.
Critère 1
Critère 2
Critère 7 Critère 14
Critère 3
Critère 8 Critère 15
Critère 4
Critère 10 Critère 20
Critère 5
Critère 12 Critère 21
Critère 6
Attributs Critère 13
Critère 16
Critère 9
Critère 22
Critère 23
Critère 11
Critère 18 Critère 24
Critère 17
Critère 19
124
Pour l'approche basée sur APRIORI, nous avons utilisé l'algorithme APRIORI
original proposé par Agrawal (Agrawal, Srikant, et others 1994) pour extraire les règles
d'association qui seront utilisées pour cibler les conteneurs à haut risque. En pratique,
nous avons utilisé la bibliothèque java JESS (Friedman-Hill 2003) pour implémenter
l'algorithme APRIORI. JESS fournit le moteur d’inférence RETE, qui assure
l'application des règles extraites aux ECDs.
Pour comparer les performances de l'approche proposée avec les autres
approches, nous utilisons deux indicateurs de performances :
➢ La précision du classement,
➢ La précision du système.
La précision du classement mesure la proportion des DEC à très à haut risque
(qui valident les 12 critères clés) figurant parmi les DEC des conteneurs à inspecter
dans la liste fournis en fin d’exécution des approches. La précision est calculée en
utilisant la formule suivante :
à ℎ� �
� � =
à�
La précision du système se mesure par la capacité de détecter les ensembles de
critères clés émergeants.
4.2. Résultats
125
validée par rapport à ça pertinence. Cette nouvelle règle participera à l’évaluation des
scores de risque et influencera la précision du classement.
En ce qui concerne l’algorithme APRIORI, il n'a extrait qu'une seule règle à
partir de la base de données de l’historique des inspections. En conséquence, APRIORI
commence le mois de janvier avec une seule règle. La figure 2.1.14 montre l'évolution
du nombre de règles extraites par APRICOIN et Apriori. En mois de mars, APRIORI
a généré 3 règles. Cependant, à partir du mois d’avril, il conserve seulement 2 règles
pour le reste de l'année.
126
Figure 2.1. 14 Nombre de règles générées par l’approche APRICOIN et Apriori
127
Pour tester à la fois la précision d’APRICOIN par rapport à Apriori et AHP,
nous avons progressivement augmenté chaque mois le nombre des DEC validant les
critères de l’ensemble émergeant 5. La figure 2.1.14 montre la précision de classement
des approches AHP et APRIORI et l'approche proposée APRICOIN sur 12 mois. AHP
est incapable de faire face au nombre croissant de conteneurs à haut risque qui valident
les nouveau critères clés de l’ensemble émergeant 5. Ainsi, sa précision commence à
diminuer à partir du mois de Juin. D’autre part, la précision de l'APRICOIN commence
également à chuter à partir du mois de Juin à août en raison du nombre croissant de
conteneurs à haut risque qui valident les nouveau critères clés de l’ensemble
émergeant 5. Cependant, à partir du mois de Septembre, APRICOIN a détecté un
nouvel ensemble de critère clés (l’ensemble 5). Ainsi une nouvelle règle d’inférence
floue a été ajoutée. Cela a permis à APRICOIN de rétablir son taux de précision à partir
du mois de Septembre.
Pour tester à la fois la précision d’APRICOIN par rapport à Apriori et AHP,
nous avons progressivement augmenté chaque mois le nombre des DEC validant les
critères de l’ensemble émergeant 5. La figure 2.1.16 montre la précision de classement
des approches APRICOIN, Apriori et AHP sur 12 mois. A AHP est incapable de faire
face au nombre croissant de conteneurs à haut risque qui valident les nouveau critères
clés de l’ensemble émergeant 5. Ainsi, sa précision commence à diminuer à partir du
mois de Juin. Ceci est principalement dû à la négligence de l’approche AHP des
critères clés de l’ensemble émergeant 5. Dans le cas d'APRIORI, en janvier, le taux de
précision est de 14%. Ce faible taux est justifié par la non-pertinence de la règle générée
en raison du faible nombre (relativement à Apriori) de conteneurs stockés dans la base
de données de l’historique des inspections. En février, APRIORI a mis à jour ses règles,
d'où la légère amélioration du taux de précision, qui a augmenté à 36%. En mars, il
génère trois règles et améliore le taux de précision à 61%. À partir d'avril, Apriori garde
seulement 2 règles et garde un taux de précision entre 70% et 77%. Cependant, la
précision d’Apriori va diminuée à partir du mois d’août en raison de l’ensemble
128
émergeant 5 des critères clés ; toutefois, il a fallu plus de temps pour Apriori
(septembre, octobre et novembre) pour se rattraper.
D'autre part, la précision d’APRICOIN commence également à chuter à partir
de juin et jusqu’à juillet en raison du nombre croissant de conteneurs positifs à haut
risque remplissant l’ensemble 5 des éléments clés. Cependant, à partir du mois d’août,
APRICOIN a détecté l’ensemble 5 des critères émergents et a ajouté une nouvelle règle
floue dans sa base de règles. Cela a permis à APRICOIN de rapidement rétablir son
taux de précision à partir du mois d’août.
5. Conclusion
Nous avons effectué une simulation pour valider cette solution. Nous avons
généré un ensemble de données de 300 000 DEC pour simuler le trafic de conteneurs
dans le MMT du port de Havre. En outre, un ensemble de données historiques de 5
000 DEC à haut risque a été généré pour simuler la base de données historique des
inspections. L'approche proposée utilise la logique floue pour évaluer le score de
risque d'un conteneur. La première approche de comparaison se base sur l’algorithme
Apriori et la deuxième approche de comparaison repose sur la méthode de décision
multicritère AHP pour évaluer le score de risque du conteneur. Nous avons constaté
que les deux approches de comparaison pouvaient évaluer un score de risque ;
Cependant, l'approche proposée est plus efficace par rapport aux deux approches de
comparaison en termes de précision de l'évaluation des scores de risque. En outre,
contrairement aux approches basées sur Apriori et AHP, l'approche proposée réussit
à s'adapter aux nouveaux critères clés et de conserve sa précision.
La contribution majeure de notre étude implique la formulation d'un nouvel
algorithme de priorisation des inspections de conteneurs APRICOIN. L'approche
129
proposée va au-delà d'un simple système de logique floue pour l'évaluation des scores
de risque. Elle implémente une élaboration semi-automatisée de règles d'inférence
floues basées sur l'algorithme FP-Growth. Cela permet de repérer les critères clés pour
cibler les conteneurs à haut risque. En outre, il permet la détection et l'adaptation aux
nouveaux critères clés qui émergent au fils de temps. En outre, l'intégration de la
logique floue améliore la précision de l'évaluation des risques du conteneur.
130
Chapitre 2 : Logistique verte du dernier
kilomètre : Le projet Green Truck
131
1. Introduction
Dans cette étude, les tracteurs routiers transportent des conteneurs entre des
lieux définis de la zone portuaire (terminaux maritimes, parking des transporteurs,
dépôts de vides) et à chaque origine destination, les tracteurs sont immobilisés pour
permettre la manutention du conteneur ou satisfaire les procédures administratives.
Ce projet a donc pour objet d’explorer les différentes techniques et modes de
rechargement rapide des batteries de tracteurs routiers électriques compte tenu des
contraintes d’exploitation, et d’évaluer la faisabilité économique de la mise en œuvre
d’un système comprenant le véhicule et l’infrastructure électrique.
La solution électrique est entravée par rapport à la solution thermique par trois
facteurs majeurs : (1) sa faible autonomie de batteries des véhicules électriques (VEs),
(2) les longs temps de recharge, et (3) le nombre limité de stations de recharge. Tout
cela rend le dimensionnement de la batterie et les puissances de recharge des stations
une tâche primordiale. Pour répondre à ces challenges, de nombreux travaux de
recherche ont été effectués afin d’explorer et repousser ces limites technologiques
relatives à la batterie, et aux techniques de recharge.
Dans la littérature, les véhicules électriques sont classés en trois types ; véhicules
à batteries (Battery electric vehicles ou BEVs), véhicules hybrides (Hybrid electric
133
vehicles ou HEVs) et véhicules à piles à combustibles (Fuel cell electric vehicles ou
FCEVs) (Jabali, 2015.).
Par ailleurs, la problématique des BEVs prend corps dans le coût global
(véhicule, infrastructure et batterie) mais aussi dans les contraintes de l’autonomie
(capacité) de la batterie. L'autonomie des BEVs diminue au fil du temps en raison du
vieillissement de la batterie (Taefi et al., 2014),. Elle dépend directement de la capacité
de la batterie, du type de trajet (plat, varié, urbain, etc.), de la température extérieure,
du mode de conduite et des accessoires utilisées (phares, chauffage, climatisation,
essuie glaces, etc.) (US DOE, 2012b). La taille et le poids de la batterie réduisent la
charge utile maximale des BEVs lourds par rapport aux véhicules thermiques
équivalents (den Boer et al., 2013).
Les chauffeurs des transporteurs routiers travaillent à la journée sur une amplitude
de 10 à 11 heures et réalisent 5 à 6 missions par jour. Les dockers travaillent par shifts
de 7 heures et réalisent entre 2 et 3 missions par shift. Pour la plupart, ces missions
sont des allers-retours entres les entrepôts des transporteurs et les TCs d’une distance
comprise entre une vingtaine et une quarantaine de km. A chaque origine destination,
il existe des temps d’attente pour satisfaire les procédures administratives et pour
manutentionner le ou les conteneurs. Ces temps d’immobilisation des tracteurs sont
de l’ordre du quart d’heure sur les TCs, de 5 à 10 minutes chez les transporteurs
routiers et rarement aux dépôts de vides. L’objectif est ainsi de profiter de ces arrêts
d’exploitation, pour recharger en temps masqué, la batterie des tracteurs.
137
contenir des produits dangereux. Les missions se font vers des lieux clairement
définies (terminaux maritimes, parking des transporteurs, dépôts de vides, parcs
logistiques). Le nombre de tracteurs destinés aux missions est de 5 à 8 tracteurs.
Pour optimiser l’utilisation des tracteurs, Duboc s’efforce de combiner les trajets
vers et en provenance des terminaux avec des trajets vers les parcs de conteneurs vides.
Ces derniers sont accessibles sans rendez-vous et les déplacements vers les points
138
définis permettent d’organiser des tournées. Les missions se caractérisent par des
points d’arrêts systématiques d’une part chez Duboc et d’autre part sur le terminal
portuaire qui permettent d’assurer la manutention ou de réaliser les procédures
administratives.
Cette phase est une étape importante de l’analyse du besoin. Elle détermine les
données permettant de caractériser les exigences et contraintes puis de dimensionner
les équipements électriques en termes de puissances, d’énergie à embarquer. La figure
2.2.1 montre à la fois la localisation géographique des différents sites (terminaux,
dépôts de vide, plate-formes logistiques) et la cartographie des trajets. Ces derniers ont
été obtenus après analyse, interprétation et correction des données GPS de Dynafleet.
Ce logiciel équipe le tracteur routier Volvo de la flotte du transporteur Duboc et
permet aux transporteurs qui le souhaitent de tracer les déplacements et les temps
d’arrêts de leurs tracteurs, d’analyser leurs consommations et de mieux gérer leur
flotte. Ces données ont été extraites avec un temps d’échantillonnage de 1 minute pour
les positions et de 10 minutes ou changement d’état pour les consommations (diesel).
Une plus grande précision aurait été utile mais il a été convenu que l’étude pouvait
s’en satisfaire moyennant des extrapolations.
139
Figure 2.2. 1 Cartographie des sites et des trajets de la zone portuaire du GPMH
Les données issues du SIG (Système d’information géographique) du GPMH ont été
intégrées aux trajectoires pour prendre en compte les dénivelés et plus tard calculer
les efforts de traction. Seuls les dénivelés significatifs ont été pris en compte. La figure
2.2.1 affiche l’ensemble des trajets de la zone portuaire GPMH.
Dans cette étape, il s’agit d'intégrer toutes les contraintes techniques et pratiques
pour dimensionner la batterie ainsi que l'infrastructure de recharge électrique. Deux
modèles d’optimisation seront ainsi proposés. Le premier modèle d’optimisation
concerne le dimensionnement de la batterie et consiste à déterminer sa capacité
minimale qui permet au tracteur d’assurer sa mission dans les conditions les plus
exigeants (pente maximale, charge maximale, trajet le plus long, etc.). Quant au
deuxième modèle d’optimisation il concerne le dimensionnement de la puissance de
140
recharge en déterminant les puissances et les temps de recharge de façon à être sûr que
le tracteur pourra réaliser ses missions dans les délais.
141
recharge qui va être installée chez le transporteur Duboc est limitée, la puissance de la
station TDF doit compenser cette limitation. Nous considérons l’hypothèse de la
recharge chez Duboc durant la nuit, en effet, la batterie est supposée être pleinement
chargée au début de chaque mission de transport.
• Formulation mathématique
Notations
i, j : désignent les sites (i, j=0 : désigne le transporteur Duboc). Les stations de recharge
prennent les mêmes indices que les sites.
N S : Nombre de stations de recharge.
Eij
: Besoin énergétique sur le trajet (i, j).
d ij
: Distance du trajet (i, j).
t ij
: Temps du trajet (i, j).
: Coefficient moyen énergétique exprimé en kWh/ (Tonne × km).
Pds : Poids du tracteur routier.
142
Jour
N Cycles
: Nombre de cycles de recharge utilisés durant une journée d’exploitation.
t
ti
recy
C Bat : Coût de recyclage de la batterie.
r ev
C Ba t : Coût de revente de la batterie.
acq(1T )
C Sta : Coût réel d’acquisition d’une station.
ma int
C Sta : Coût de maintenance d’une station.
0
C Ene : Coût unitaire de l’énergie.
Variables de décision
Pour le modèle « dimensionnement de la batterie », les variables de décisions à
déterminer sont : Pi (i 0) , i .
t
Contraintes
-Contraintes de capacité :
143
La capacité de la batterie doit être deux fois plus grande que la puissance Pi de la
station de recharge i. Cette contrainte est exprimée comme suit :
CAPBa t
Pi
2
-Contrainte de l’état de charge :
Quel que soit le poids du tracteur et quel que soit le trajet à emprunter, la batterie doit
répondre au besoin énergétique. De plus, l’état de charge de cette batterie doit être
compris entre 20% et 80% de sa capacité :
Eij
Le besoin énergétique sur le trajet (i, j) est calculé comme suit :
Eij d ij Pds
144
mieux ces puissances. En d’autres termes, pour une puissance donnée chez le
transporteur Duboc, cette contrainte dimensionne celle de TDF :
E P0 t max
Pi max Pi
ij 0
i j H
t imax
H
t i
H t ij
Fonction objective
La fonction objective doit déterminer la meilleure valorisation des résultats
obtenus, fixant ainsi le mode de fonctionnement du tracteur routier, c’est-à-dire,
obtenir en plus de la capacité minimale de la batterie, toutes les combinaisons
optimales de la répartition entre les différentes puissances de stations de recharge sur
un scénario donné. La fonction objective doit tenir compte de l’ensemble de tous les
coûts technico-économiques de l’étude, à savoir, les coûts d’exploitation et les coûts
d’investissement :
CT T
C Ba T T T
t ) + ( CTr a ) + ( C Sta ) + C Ene .
��û� ����� ( )= (
145
• C Ba t (coûts total de la batterie ) C Ba t C Ba t (1 ) C Ba t
T a cq r ecy r ev
• CSta
T
(coûts total de la station ) CSta
a cq(1T )
CSta
ma int
• C Ene
T
(coûts total de l' énergie ) C Ene
0
E ij
i j
Le coût total englobe deux types de coûts : les coûts variables déterminés par le
modèle d’optimisation et les coûts fixes fournis par le modèle économique.
• Logiciel DOTE
Le logiciel DOTE a été développé conjointement avec [Link] (Benantar et al.
2018) et dispose d’une IHM (Interface Homme-Machine) et implémente les deux
modèles d’optimisation à sa savoir le modèle de dimensionnement de la batterie et le
modèle de dimensionnement de la puissance de recharge. DOTE permet à partir d’une
mission donnée de :
• Déterminer la capacité minimale de la batterie
• Déterminer les puissances minimales des stations de recharge
• Calculer le coût total décrit ci-dessus
La figure 2.2.2 présente l’interface du logiciel DOTE et les résultats de
dimensionnement d’un scénario de la mission 8+1 composée de 8 aller-retour Duboc-
TDF et 1 aller-retour Duboc-Roulier. Les paramètres de dimensionnement sont saisis
dans la partie haute de l’interface du logiciel DOTE (Tonnage du tracteur, Puissance
et temps de recharge chez Duboc, Coefficient énergétique, etc.).
Le logiciel DOTE fournis ainsi l’ensemble des valeurs approximatives de l’état de la
charge (State of charge- SOC) de la batterie pour chaque aller-retour de la mission.
Chaque colonne donne ces valeurs de l’état de la charge de batterie pour différentes
puissances de rechargement a la fois.
146
Figure 2.2. 2 Apérçu du logicièl DOTE et les résultats d'optimisation obtenus
147
La première étape de ce processus consiste à exploiter les données GPS
Dynafleet brutes en provenance des camions. Ces données GPS sont sous forme de
coordonnées GPS horodaté. L’étape suivante consiste à agréger et filtrer tous les
données GPS afin d’extraire les itinéraires des trajets effectués par les camions. Une
fois les trajets sont extraits et enregistrés sous format KML (Keyhole Markup
Language), ils sont ensuit afficher sur l’outil Google Maps afin de vérifier et ajuster les
itinéraire. Une fois tous les itinéraires de trajets sont sous format KML, l’ensemble de
ces fichiers est transposé sur la couche des données altimétrique, à savoir le fichier
XYZ. Apres la transposition, les données altimétriques des itinéraires sont ajusté est
filtrés. L’ensemble des trajets est ensuite converti sous format Shapefile compatible
avec l’outil Anylogic. Toutefois, un dernier ajustement manuel sur Anylogic (des
itinéraires et des données altimétriques) est nécessaire afin de corriger les erreurs
générées lors des différentes étapes de conversions.
149
deuxième activité consiste à vérifier la SOC, si la SOC atteint le seuil minimal
prédéfinis, le tracteur est immobilisé. La troisième activité consiste à vérifier si le
tracteur passe par une station de chargement, si c’est le cas, le tracteur s’arrête afin de
se charger. Le temps de chargement est relatif aux paramètres prédéfinis de la capacité
de la batterie et de la puissance de charge. Une fois le chargement terminé, le tracteur
continue la mission.
150
Instanciation du
tracteur éléctrique
Réussie Réussi
Rouler
Non
Arrêt du tracteur et
se charger Oui
Oui
Arrêt du tracteur
151
Durant la simulation, divers résultats sont fournis, tels que l’état de charge de la
batterie, la consommation en énergie électrique, la vitesse instantanée, la distance
parcourue et le numéro de la tournée en cours (voir figure 2.2.5).
152
[Link]. La construction de l’interface graphique et de la 3D.
Cette étape vise à concevoir une interface graphique afin de visualiser en temps réel le
déroulement de la simulation 2D et 3D. Des résultats sont affichés afin de suivre
l’évolution des différents paramètres (voir figure 2.2.6).
153
3.2.4. Validation des résultats
Nous avons validé nos applications sur l’ensemble des scénarios de
dimensionnement et d’exploitation. Nous présentons ci-dessous les résultats d’un des
scénarios de dimensionnement, composé de 8 aller-retour Duboc-TDF et 1 aller-retour
Duboc-Roulier. Les paramètres de dimensionnement sont décrits dans le tableau 2.2.2
(Tonnage du tracteur, Puissance et temps de recharge chez Duboc, Coefficient
énergétique, etc.).
200 kW 250 kW
SOC - DOTE SOC - ANYLOGIC SOC - DOTE SOC - ANYLOGIC
DUBOC >>149.00 (80%) >>149(80%) >>149.00 (80%) >>149(80%)
TDF 109.00 >> 149.00 107.26>>149 109.00 >> 149.00 107.57>>149
DUBOC 107.00 >> 130.33 114.51>>137.51 107.00 >> 136.17 106.43>>135.59
TDF 90.33 >> 140.33 97.05>>146.05 96.17 >> 149.00 94.96>>149
DUBOC 98.33 >> 121.67 104.18>>127.18 107.00 >> 136.17 106.57>>135.73
TDF 81.67 >> 131.67 85.86>>135.86 96.17 >> 149.00 94.70>>149
DUBOC 89.67 >> 113.00 93.05>>116.05 107.00 >> 136.17 106.79>>135.95
TDF 73.00 >> 123.00 75.36>>125.36 96.17 >> 149.00 94.55>>149
DUBOC 81.00 >> 104.33 81.49>>104.49 107.00 >> 136.17 107.67>>136.83
TDF 64.33 >> 114.33 63.94>>113.94 96.17 >> 149.00 95.67>>149
DUBOC 72.33 >> 95.67 71.66>>94.66 107.00 >> 136.17 106.74>>135.9
TDF 55.67 >> 105.67 54.64>>104.65 96.17 >> 149.00 95.82>>149
DUBOC 63.67 >> 87.00 61.33>>84.33 107.00 >> 136.17 106.30>>135.46
TDF 47.00 >> 97.00 44.50>>94.50 96.17 >> 149.00 94.49>>149
DUBOC 55.00 >> 78.33 52.50>>75.50 107.00 >> 136.17 107.63>>136.79
TDF 38.33 >> 88.33 34.47>>84.47 96.17 >> 149.00 95.91>>149
DUBOC 46.33 >> 69.67 42.10>>67.10 107.00 >> 136.17 106.62>>135.78
ROULIER - 25.11 101.17 95.35
DUBOC - - 64.17 58.052
Tableau 2.2. 1 Comparaison entre les résultats du logiciel DOTE et le simulateur Anylogic
155
Prix des éléments du tracteur électrique de la technologie par induction
Les caractéristiques et les prix des éléments du tracteur électrique de la technologie
par induction sont donnés dans le tableau 2.2.3.
156
o Stations : TDF
Les prix des éléments de la technologie par conduction sont donnés dans les tableaux
ci-dessous.
Prix des éléments du tracteur électrique par conduction
Les caractéristiques et les prix des éléments du tracteur électrique de la technologie
157
Prix des éléments de la station de la technologie par conduction
Les caractéristiques et les prix des éléments des stations de recharge en énergie
électrique sont données dans les tableaux 2.2.7 et 2.2.8.
o Stations : [Link]
Coût équipements de l’installation au sol 100 000 €
Coût installation génie civil 25 000 €
Coût de maintenance 1 500 €/an
Prix d’un plot supplémentaire 20 000 €
Coût d’infrastructure de l’alimentation électrique 250 000 €
(transformateur)
Nombre de station 1 + 1 plot
Mutualisation de l’infrastructure de l’alimentation 1/2
électrique (transformateur)
Durée d’exploitation 25 ans
Nombre de tracteurs utilisant les stations de [Link] 5
Tableau 2.2. 7 Stations au niveau [Link].
o Stations : TDF
Coût équipements de l’installation au sol 100 000 €
Coût installation génie civil 25 000 €
Coût de maintenance 1 500 €/an
Prix d’un plot supplémentaire 20 000 €
Coût d’infrastructure de l’alimentation électrique 300 000 €
(transformateur)
Nombre de station 1+ 1 plot
Mutualisation de l’infrastructure de l’alimentation 1/8
électrique (transformateur)
Durée d’exploitation 25 ans
Nombre de tracteurs utilisant les stations de TDF 10
Tableau 2.2. 8 Stations au niveau TDF
158
▪ Batterie
Le coût et les caractéristiques de la batterie sont donnés dans le tableau ci-dessous.
Coût de la batterie 550 €/kWh
Durée de vie 8000 Cycles
Tableau 2.2. 9 Coût et caractéristiques de la batterie
▪ Technologie diesel
Les caractéristiques du tracteur diesel, le coût du carburant et la consommation en
carburant sont données dans les tableaux ci-dessous
Coût du carburant 0.906 €/litre
Consommation en carburant 0.3580 litre/km
Tableau 2.2. 10 Consommation du tracteur diesel
Tracteur diesel neuf 95000 €
Coût de maintenance 4000 €/an
Durée d’exploitation 15 ans
Prix de revente après 15 ans d’exploitation 0€
Tableau 2.2. 11 Maintenance du tracteur diesel
159
ÉLÉMENTS DE SCENARIO
COÛT BATTERIE Base 550 €/kWh
Incrément -50 €/kWh
COÛT ENERGIE Électrique Base 0,08 €/kWh
Incrément 2 %
Gazole Base 0.906 €/Litre
Incrément 2 %
Tableau 2.2. 12Variation des coûts de batterie et énergie électrique et diesel
160
4.3.2. Résultats de la technologie par conduction
163
Taux de consommation en énergie électrique = 65 Wh/ ([Link])
Les résultats en fonctions des hypothèses et pour les différents tonnages sont donnés
dans le tableau 2.2.17. La solution électrique (technologie par conduction) reste chère
par rapport au Diesel mais l’évolution de son coût, en fonction des hypothèses et pour
les différents tonnages, est décroissante.
164
4.4. Coût en €/ ([Link])
• La solution électrique basée sur la technologie par conduction est moins chère par
rapport la solution électrique basée sur la technologie par induction.
• Le coût des deux solutions électriques diminue en fonction des hypothèses, mais les
deux solutions restent toujours plus chères par rapport au Diesel.
5. Conclusion
165
réparties sur les routes des tracteurs. La technique de rechargement par conduction,
en offrant des puissances beaucoup plus importantes permet des temps de
rechargement très courts, inférieurs à 5 minutes. Ce type de rechargement est donc de
nature à remettre en question l’intérêt de masquer les temps de rechargement par les
temps d’arrêt induits par la manutention des charges.
Cette étude montre que la technique du « biberonnage » telle qu’elle est
appliquée pour le transport de personnes par bus, n’est pas, à l’heure actuelle, adaptée
au transport de marchandises, courte distance. En effet, les bus ont des poids de l’ordre
de 15 tonnes et des besoins énergétiques moindres que le transport de conteneurs. Les
bornes de rechargement utilisant la technique de l’induction sont limitées à des
puissances de 200kW ne conviennent pas à notre application.
Enfin, le coût principal et rédhibitoire de la solution électrique étant
l’investissement relatif à l’achat du tracteur électrique, du fait d’une production
artisanale aujourd’hui, il est plus que souhaitable d’adapter la conception de notre
système à l’offre des produits de demain, pour profiter des économies d’échelle
relative à la fabrication en série. Or la demande actuelle de la plupart des acteurs est
une plus grande autonomie et donc, une capacité de stockage plus importante dans la
batterie embarquée.
166
Conclusion Générale
Dans cette thèse, nous nous sommes intéressés à proposer une solution pour
l’amélioration de la gestion des risques au sein des TCs liée au ciblage et à l’inspection
des conteneurs à haut risque. Trouver un compromis entre l’aspect sécuritaire et
l’aspect performance était une préoccupation majeure. Il existe plusieurs travaux
abordant la problématique de gestion des risques aux TCs. Cependant, l'évaluation
des risques liés aux conteneurs reste une tâche difficile, souvent due à des informations
incomplètes ou ambiguës sur les conteneurs. En outre, le processus d'évaluation doit
être adapté de manière continue pour faire face aux facteurs de risque émergents.
D’autre part, l'inspection des conteneurs à haut risque est généralement entravée par
une faible capacité d'inspection et son impact sur la performance du TC par la
génération des retards. C’est dans ce contexte que nous avons proposé une nouvelle
approche adaptive qui, à la fois, améliore l’efficacité d’évaluation des risques liées au
conteneur et le processus de ciblages des conteneurs à haut risque tout en préservant
la performance du TC. Cette nouvelle approche nommée APRICOIN combine les
techniques de fouille de données ainsi que la logique floue.
D’autres part, dans cette thèse nous avons abordé le coté écologique du
transport de conteneurs dans les TCs. La réduction d’empreinte écologique et
l’amélioration de l'efficience énergétique et la diminution d’émissions de gazes à effet
de serre du transport conteneurisé est devenue récemment une préoccupation majeure
pour les différents acteurs de la chaîne logistique. Dans cette optique, penser à des
modes de transport terrestre de conteneurs ayant une faible empreinte
environnementale que les modes de transports classiques à diesel, sans toutefois
impacter les performances de la chaîne logistique. Ainsi, dans cette nous avons
entamé, dans le cadre du projet Green Truck, une étude de faisabilité de la mise en
œuvre de transport électrique de conteneurs. Nous avons exploré les différentes
techniques et modes de rechargement rapide des batteries de tracteurs routiers
électriques compte tenu des contraintes d’exploitation, modélisé et valider un modèle
de tracteur électrique, et évaluer la faisabilité économique de la mise en œuvre d’un
système comprenant le tracteur électrique ainsi que l’infrastructure électrique.
167
Concernant les perspectives d’évolution des solutions proposées, nous visons
d’automatiser complétement le processus d’élaboration des règles d’inférence floue
dans l’approche APRICOIN. Ceci permettra de rendre l’approche plus flexible et
efficace. En plus, appliquer l’approche APRICOIN sur d’autres cas de TC aurait
certainement favorisé d’autres perceptions de risque. Par ailleurs, l’interfaçage
d’APRICOIN avec des bases de données externes des services de douanes est envisagé
afin d’alimenter continuellement et enrichir la base de connaissances. En outre, la mise
en œuvre pratique du concept du conteneur intelligent reste un grand défi. Sur le plan
juridique par exemple on peut se poser la question à qui appartiennent les données
collectées ? Un tribunal accepter a-t-il des données provenant d'un capteur de
conteneur intelligent ? En ce qui concerne la technologie, la consommation d'énergie
des capteurs reste une préoccupation majeure.
168
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