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Intégration et limites en analyse mathématique

Le document présente des solutions à des problèmes d'intégration, en utilisant des propriétés de périodicité et de limites. Il aborde des concepts tels que la continuité des fonctions, les changements de variables et les théorèmes des accroissements finis. Les résultats démontrent comment les intégrales se comportent sous diverses conditions et transformations.

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Intégration et limites en analyse mathématique

Le document présente des solutions à des problèmes d'intégration, en utilisant des propriétés de périodicité et de limites. Il aborde des concepts tels que la continuité des fonctions, les changements de variables et les théorèmes des accroissements finis. Les résultats démontrent comment les intégrales se comportent sous diverses conditions et transformations.

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© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Intégration
Généralités
Solution 1
𝑥
Posons F(𝑥) = ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡. Alors
0
𝑥+T T T+𝑥
F(𝑥 + T) = ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 + ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡
0 0 T
T T+𝑥 𝑥
Par hypothèse, ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 = 0 et ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 par périodicité de 𝑓. Ainsi F est aussi T-périodique.
0 T 0
Pour λ > 0,
𝑏 λ𝑏
1 1
∫ 𝑓(λ𝑡)𝑑𝑡 = ∫ 𝑓(𝑢)𝑑𝑢 = (F(λ𝑏) − F(λ𝑎))
𝑎
λ λ𝑎 λ
par le changement de variable 𝑢 = λ𝑡. Comme F est continue et périodique, elle est bornée sur ℝ : il existe M ∈ ℝ+ tel que ∀𝑥 ∈ ℝ, |F(𝑥)| ≤
M. Par conséquent,
| 𝑏 |
|∫ 𝑓(λ𝑡)𝑑𝑡| = 1 |F(λ𝑏) − F(λ𝑎)| ≤ 2M ⟶ 0.
| | λ λ λ→+∞
| 𝑎 |
T T
C
Si C = ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 ≠ 0, alors posons 𝑔(𝑡) = 𝑓(𝑡) − de telle sorte que ∫ 𝑔(𝑡)𝑑𝑡 = 0.
0
T 0

𝑏 𝑏 𝑏
C
∫ 𝑓(λ𝑡)𝑑𝑡 = ∫ 𝑔(λ𝑡)𝑑𝑡 + ∫ 𝑑𝑡
𝑎 𝑎 𝑎
T

𝑏
D’après ce qui précède, ∫ 𝑔(λ𝑡)𝑑𝑡 ⟶ 0. Donc
λ→+∞
𝑎

𝑏 𝑏
C C(𝑏 − 𝑎)
∫ 𝑓(λ𝑡) ⟶ ∫ 𝑑𝑡 = .
𝑎
λ→+∞
𝑎
T T

Solution 2

1. Soit ε > 0. Comme 𝑓 admet pour limite 𝑙 en +∞, il existe A ∈ ℝ tel que pour 𝑡 ≥ A :
ε ε
𝑙− ≤ 𝑓(𝑡) ≤ 𝑙 +
𝑎 𝑎
Soit 𝑦 ≥ A. On peut intégrer ces inégalités sur [𝑦, 𝑦 + 𝑎] et on obtient :
𝑦+𝑎
𝑎𝑙 − ε ≤ ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 ≤ 𝑎𝑙 + ε
𝑦

𝑦+𝑎
Ceci prouve que lim ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = 𝑎𝑙.
𝑦→+∞
𝑦

Remarque. On aurait également pu appliquer le théorème des accroissements finis à une primitive de 𝑓 sur [𝑦, 𝑦 + 𝑎].

[Link] 1
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

X X+𝑎
2. Par le changement de variables 𝑢 = 𝑡 + 𝑎, on a ∫ 𝑓(𝑡 + 𝑎) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑢) d𝑢. Par conséquent, en utilisant la relation de Chasles
0 𝑎
X X+𝑎 X
∫ (𝑓(𝑡 + 𝑎) − 𝑓(𝑡)) 𝑑𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 − ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡
0 𝑎 0
X X+𝑎 𝑎 X
= ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 + ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 − ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 − ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡
𝑎 X 0 𝑎
X+𝑎 𝑎
=∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 − ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡
X 0

On fait tendre X vers +∞ et on utilise la question précédente pour obtenir la limite demandée.
π
3. Il s’agit ici d’une simple application de ce qui précède avec 𝑓 = arctan et 𝑎 = 1. On a alors 𝑙 = . La limite recherchée est donc
2
1
π
− ∫ arctan 𝑡 d𝑡.
2 0
Par intégration par parties
1 1
𝑡 π 1 1 π 1
∫ arctan 𝑡 d𝑡 = [𝑡 arctan 𝑡]10 − ∫ 𝑑𝑡 = − [ln(1 + 𝑡2 )]0 = − ln 2
0 0
𝑡2 + 1 4 2 4 2
π 1
La limite recherchée est donc + ln 2.
4 2
Solution 3

1. 𝑓 est continue sur le segment [𝑎, 𝑏] donc elle y admet une borne supérieure et cette dernière est atteinte. D’où l’existence de M.
𝑏
2. Soit 𝑛 ∈ ℕ∗ et ε > 0. Pour tout 𝑥 ∈ [𝑎, 𝑏], 0 ≤ 𝑓(𝑥) ≤ M donc 𝑓(𝑥)𝑛 ≤ M 𝑛 . Par croissance de l’intégrale, ∫ 𝑓(𝑥)𝑛 d𝑥 ≤ (𝑏−𝑎)M 𝑛 .
𝑎
1
𝑏 𝑛 1
Donc (∫ 𝑓(𝑥)𝑛 d𝑥) ≤ M(𝑏 − 𝑎) . 𝑛

𝑎
Le maximum M de 𝑓 sur [𝑎, 𝑏] est atteint en un point 𝑐 de [𝑎, 𝑏]. Par continuité de 𝑓, il existe un intervalle [α, β] ⊂ [𝑎, 𝑏] de longueur
non nulle sur lequel 𝑓 ≥ M − ε (l’intervalle en question est du type [𝑐 − η, 𝑐 + η], [𝑐, 𝑐 + η] ou [𝑐 − η, 𝑐 + η] suivant que 𝑐 est aux
extrémités ou à l’intérieur de [𝑎, 𝑏]). Pour tout 𝑥 ∈ [𝑎, 𝑏], 𝑓(𝑥)𝑛 ≥ 0 donc
𝑏 β
∫ 𝑓(𝑥)𝑛 d𝑥 ≥ ∫ 𝑓(𝑥)𝑛 d𝑥 ≥ (β − α)(M − ε)𝑛
𝑎 α
1
𝑏 𝑛 1
On a alors (∫ 𝑓(𝑥)𝑛 d𝑥) ≤ (β − α) 𝑛 (M − ε).
𝑎
On en déduit l’encadrement suivant pour tout 𝑛 ∈ ℕ∗ :
1
1 𝑏 𝑛 1
(β − α) (M − ε) ≤ (∫ 𝑓(𝑥)𝑛 d𝑥) ≤ M(𝑏 − 𝑎) 𝑛
𝑛

𝑎
1 1 1 1
Comme lim (β − α) = lim (𝑏 − 𝑎) = 1, lim (β − α) (M − ε) = M − ε et lim (𝑏 − 𝑎) 𝑛 M = M. Il existe donc N ∈ ℕ∗ tel
𝑛 𝑛 𝑛
𝑛→+∞ 𝑛→+∞ 𝑛→+∞ 𝑛→+∞
que pour tout 𝑛 ≥ N
1
𝑏 𝑛
M − 2ε ≤ (∫ 𝑓(𝑥)𝑛 d𝑥) ≤ M + ε
𝑎
1
𝑏 𝑛
Le raisonnement étant valable pour tout ε > 0, ceci signifie que lim (∫ 𝑓(𝑥)𝑛 d𝑥) = M.
𝑛→+∞
𝑎

[Link] 2
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

1
𝑏 𝑛
 Attention ! Il ne faut sutout pas passer à la limite dans l’encadrement avant d’avoir prouvé l’existence de la limite de (∫ 𝑓(𝑥)𝑛 d𝑥)
𝑎
quand 𝑛 tend vers +∞. Il n’y a pas d’autre possibilité ici que de revenir à la définition epsilonesque de la limite.

Solution 4

Supposons 𝑓 de signe constant sur [𝑎, 𝑏]. Quitte à changer 𝑓 en −𝑓, on peut supposer 𝑓 ≥ 0 sur [𝑎, 𝑏]. Alors ∫ 𝑓 ≥ 0 par positivité de
[𝑎,𝑏]
l’intégrale et
| |
∫ |𝑓| = ∫ 𝑓 = ||∫ 𝑓||
[𝑎,𝑏] [𝑎,𝑏] | [𝑎,𝑏] |
| | | |
Supposons ||∫ 𝑓|| = ∫ |𝑓|. Quitte à changer 𝑓 en −𝑓, on peut supposer ∫ 𝑓 ≥ 0 i.e. ||∫ 𝑓|| = ∫ 𝑓. Il s’ensuit que ∫ 𝑓 =
| [𝑎,𝑏] | [𝑎,𝑏] [𝑎,𝑏] | [𝑎,𝑏] | [𝑎,𝑏] [𝑎,𝑏]

∫ |𝑓| ou encore ∫ |𝑓| − 𝑓 = 0. Or |𝑓| − 𝑓 est positive et continue sur [𝑎, 𝑏] donc |𝑓| − 𝑓 est nulle sur [𝑎, 𝑏]. Ceci signifie que 𝑓 est
[𝑎,𝑏] [𝑎,𝑏]
positive sur [𝑎, 𝑏].
Solution 5
𝑏 𝑏
Si ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡 = 0, alors 𝑔 est nulle sur [𝑎, 𝑏] puisqu’elle y est positive et continue. Supposons donc ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡 > 0. 𝑓 étant continue sur le
𝑎 𝑎
segment [𝑎, 𝑏], elle y admet un minimum 𝑚 et un maximum M. Puisque 𝑔 est positive sur [𝑎, 𝑏],

∀𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏], 𝑚𝑔(𝑡) ≤ 𝑓(𝑡)𝑔(𝑡) ≤ M𝑔(𝑡)

puis par croissance de l’intégrale


𝑏 𝑏 𝑏
𝑚 ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡 ≤ ∫ 𝑓(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 ≤ M ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡
𝑎 𝑎 𝑎
𝑏
Ensuite, puisque ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡 > 0,
𝑎
∫𝑎𝑏 𝑓(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡
𝑚≤ ≤M
∫𝑎𝑏 𝑔(𝑡) d𝑡
Puisque 𝑚 et M sont des valeurs prises par 𝑓 sur [𝑎, 𝑏], le théorème des valeurs intermédiaires garantit l’existence d’un réel 𝑐 ∈ [𝑎, 𝑏] tel que

∫𝑎𝑏 𝑓(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡
𝑓(𝑐) =
∫𝑎𝑏 𝑔(𝑡) d𝑡
ou encore
𝑏 𝑏
∫ 𝑓(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 = 𝑓(𝑐) ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡
𝑎 𝑎
Solution 6

1. Supposons que 𝑓 ne s’annule pas sur ]0, π[. Alors 𝑡 ↦ 𝑓(𝑡) sin 𝑡 est continue, positive et non constamment nulle sur [0, π] (elle ne
π
s’annule pas sur ]0, π[) donc ∫ 𝑓(𝑡) sin 𝑡 d𝑡 > 0, ce qui contredit l’énoncé.
0
Ainsi 𝑓 s’annule bien sur ]0, π[.
2. La première question prouve déjà que 𝑓 s’annule au moins une fois en un réel 𝑎 ∈]0, π[. Supposons que 𝑓 s’annule une unique fois en
𝑎. Alors 𝑓 est de signe constant sur ]0, 𝑎[ et sur ]𝑎, π[.
π
Si 𝑓 est de même signe sur ]0, 𝑎[ et ]𝑎, π[, alors on ne peut avoir ∫ 𝑓(𝑡) sin 𝑡 d𝑡 = 0 car 𝑡 ↦ 𝑓(𝑡) sin 𝑡 est continue, de signe constant
0

[Link] 3
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

sur [0, π] et n’y est pas constamment nulle (elle ne s’annule pas sur ]0, 𝑎[ ni sur ]𝑎, π[).
Nécessairement, 𝑓 est de signe différent sur ]0, 𝑎[ et sur ]𝑎, π[. Mais alors 𝑡 ↦ 𝑓(𝑡) sin(𝑡 − 𝑎) est continue, de signe constant sur [0, π]
et n’y est pas constamment nulle (encore une fois, elle ne s’annule pas sur ]0, 𝑎[ ni sur ]𝑎, π[), ce qui contredit le fait que
π π π
∫ 𝑓(𝑡) sin(𝑡 − 𝑎) d𝑡 = cos 𝑎 ∫ 𝑓(𝑡) sin 𝑡 d𝑡 − sin 𝑎 ∫ 𝑓(𝑡) cos 𝑡 d𝑡 = 0
0 0 0

Notre supposition initiale était donc fausse : 𝑓 s’annule au moins deux fois sur ]0, π[.
Solution 7
𝑏 𝑏
1
Posons 𝑚 = ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 et considérons 𝑔 ∶ 𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏] ↦ 𝑓(𝑡) − 𝑚. 𝑔 est continue sur [𝑎, 𝑏] et ∫ 𝑔(𝑡) d𝑡 = 0 donc 𝑔 s’annule sur
𝑏−𝑎 𝑎 𝑎
[𝑎, 𝑏].
Solution 8
𝑏
Par linéarité, ∫ P(𝑡)𝑓(𝑡) d𝑡 = 0 pour tout P ∈ ℝ𝑛 [X].
𝑎
Supposons que 𝑓 s’annule 𝑛 fois au plus sur [𝑎, 𝑏]. Notons 𝑐𝑖 < ⋯ < 𝑐𝑝 les points de [𝑎, 𝑏] où 𝑓 s’annule en changeant de signe. On a donc
𝑝 ≤ 𝑛. Par continuité, 𝑓 est de signe constant entre deux 𝑖 consécutifs.
𝑝
Posons alors P = ∏(X − 𝑐𝑖 ). P change également de signe en les 𝑐𝑖 et reste de signe constant entre deux 𝑐𝑖 consécutifs. On en déduit que
𝑘=1
𝑏
𝑡 ↦ P(𝑡)𝑓(𝑡) est de signe constant sur [𝑎, 𝑏]. Puisque deg P = 𝑝 ≤ 𝑛, ∫ P(𝑡)𝑓(𝑡) d𝑡 = 0. Enfin, 𝑡 ↦ P(𝑡)𝑓(𝑡) est continue sur [𝑎, 𝑏]. On en
𝑎
déduit que cette fonction est nulle sur [𝑎, 𝑏]. Or P ne s’annule qu’en les 𝑐𝑖 donc 𝑓 est nulle sur [𝑎, 𝑏] ∖ {𝑐1 , … , 𝑐𝑝 }. Par continuité, 𝑓 est nulle
sur [𝑎, 𝑏].
Solution 9

1. Comme 𝑓 est de classe 𝒞 1 sur [𝑎, 𝑏], on peut effectuer le changement de variable 𝑦 = 𝑓(𝑥) dans la seconde intégrale. Ainsi
𝑓(𝑏) 𝑏
∫ 𝑓−1 (𝑦) 𝑑𝑦 = ∫ 𝑥𝑓′ (𝑥) d𝑥
𝑓(𝑎) 𝑎

Puis, par intégration par parties :


𝑏 𝑏
∫ 𝑥𝑓′ (𝑥) d𝑥 = [𝑥𝑓(𝑥)]𝑎 − ∫ 𝑓(𝑥) d𝑥
𝑏

𝑎 𝑎
On en déduit la formule demandée.
2. La somme des aires des intégrales (coloriées en rouge et en bleu) vaut la différence des aires des rectangles dont le premier a pour
dimensions 𝑏 × 𝑓(𝑏) et le second 𝑎 × 𝑓(𝑎).

[Link] 4
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

𝑓(𝑏)

𝑓(𝑎)

𝑎 𝑏

Calculs
Solution 10

𝑘 𝑘+1
Pour 0 ⩽ 𝑘 ⩽ 𝑛 − 1, la fonction 𝑓 prend la valeur 𝑘 sur ] , [ elle est donc en escalier. On a :
𝑛 𝑛
1 𝑛−1
𝑛−1
∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 = ∑ 𝑘/𝑛 = .
0 𝑘=0
2

Solution 11

1. Effectuons le changement de variable de classe 𝒞 1 𝑡 = π − 𝑢. On obtient


0 π
π−𝑢 π−𝑢
I = −∫ 𝑑𝑢 = ∫ 𝑑𝑢
π
2 + sin(π − 𝑢) 0
2 + sin(𝑢)
π π
d𝑢 𝑢
= π∫ −∫ 𝑑𝑢
0
2 + sin(𝑢) 0
2 + sin(𝑢)
= πJ − I

Ainsi
π
I= J.
2
2. Calculs de I et J.
a. La fonction F est continue en tant que primitive de la fonction définie et continue sur ℝ
1
𝑡⟼ .
2 + sin(𝑡)

b. Soit 𝑥 ∈] − π, π[. Effectuons le changement de variable bijectif de ] − π, π[ sur ] − ∞, +∞[ et de classe 𝒞 1 , 𝑢 = tan(𝑡/2). On a
2 1 1
𝑑𝑡 = 𝑑𝑢 et = ,
1 + 𝑢2 2 + sin(𝑡) 2+ 2
2ᵆ
ᵆ +1

[Link] 5
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

d’où
tan(𝑥/2) tan(𝑥/2)
d𝑢 d𝑢
F(𝑥) = ∫ =∫
0
𝑢2 + 𝑢 + 1 0 (𝑢 + 1/2)2 + (√3/2)
2

tan(𝑥/2)
2 2
= [ arctan ( × (𝑢 + 1/2))]
√3 √3 0

2 2 2
= arctan ( ( tan(𝑥/2) + 1/2)) − arctan (1/√3)
√3 √3 √3
2 2 π
= arctan ( ( tan(𝑥/2) + 1/2)) −
√3 √3 3√3

c. Puisque F est continue en π , on a


2 π π 2π
J = F(π) = lim F(𝑥) = × − = .
𝑥→π− √3 2 3√3 3√3

π2
On en déduit que I = .
3√3
Solution 12

1. Ce calcul relève du formulaire :


𝑑𝑥 arctan(𝑥/√5)
∫ = .
𝑥2+5 √5

2. Idem :
𝑑𝑥
∫ = argsh(𝑥/√5).
√𝑥2 + 5

3. Aucune difficulté :
∫ 𝑒𝑥 sin(𝑒𝑥 )𝑑𝑥 = − cos(𝑒𝑥 ).

4. On a
tan2 (𝑥)
∫ tan3 (𝑥)𝑑𝑥 + ∫ tan(𝑥)𝑑𝑥 =
2
et
∫ tan(𝑥) = − ln(cos(𝑥)|)

d’où
tan2 (𝑥)
∫ tan3 (𝑥)𝑑𝑥 = + ln(| cos(𝑥)|).
2

5. On a
1 1 1
∫ 𝑑𝑥 + ∫ 𝑑𝑥 = −
tan (𝑥)
3 tan(𝑥) 2 tan2 (𝑥)
et
1
∫ 𝑑𝑥 = ln(| sin(𝑥)|)
tan(𝑥)
d’où
1 1
∫ 𝑑𝑥 = − − ln(| sin(𝑥)|).
tan3 (𝑥) 2 tan2 (𝑥)
6. Il faut distinguer deux cas...

[Link] 6
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

• Si 𝑚 = 1, on a
2𝑥 + 3
∫ 𝑑𝑥 = ln(|𝑥2 + 3𝑥 + 7|).
(𝑥2 + 3𝑥 + 7)𝑚
• Sinon, on a
2𝑥 + 3 (𝑥2 + 3𝑥 + 7)1−𝑚
∫ 𝑑𝑥 = .
(𝑥2 + 3𝑥 + 7)𝑚 1−𝑚
7. Sans soucis :
ln(𝑥) 1
∫ 𝑑𝑥 = ln2 (𝑥).
𝑥 2

8. Routine :
ch(𝑥)𝑑𝑥 1
∫ = − sh−4 (𝑥).
sh (𝑥)
5 4

Solution 13

1. On pose 𝑧 = α + 𝑖. Ainsi
H(𝑥) = Re (𝑒𝑖𝑥 𝑧) + 2 = |𝑧| cos(𝑥 − φ) + 2 = √α2 + 1 cos(𝑥 − φ) + 2
2
où φ est un argument de 𝑧. H ne peut s’annuler que si − appartient à [−1, 1]. Or
√α2 + 1

2 4
−1 ≤ − ≤1 ⇔ 0≤ ≤1 ⇔ α2 ≥ 3 ⇔ |α| ≥ √3
√α2 + 1 α2 + 1

Une condition nécessaire et suffisante pour que H ne s’annule pas est |α| < √3.
1
2. La fonction est continue comme comme inverse d’une fonction continue ne s’annulant pas. Ainsi l’intégrale définissant F(𝑥) est
H
1
bien définie. De plus, F est une primitive de donc F est continue (et même de classe 𝒞 1 ).
𝑥
H
𝑑𝑡 𝑡 𝑡
Soit 𝑥 ∈] − π, π[. On a F(𝑥) = ∫ . On peut effectuer le changement de variables 𝑢 = tan puisque 𝑡 ↦ tan est
0
α cos 𝑡 + sin 𝑡 + 2 2 2
de classe 𝒞 1 sur [0, 𝑥] (ou [𝑥, 0]). On utilise alors le paramétrage rationnel du cercle trigonométrique pour exprimer cos 𝑡 et sin 𝑡 en
fonction de 𝑢 𝑥 𝑥
tan tan
2 2 d𝑢 2 2 d𝑢
F(𝑥) = ∫ 2
=∫ 2
0 (1 + 𝑢2 ) (α
1−ᵆ
+
2ᵆ
+ 2) 0
(2 − α)𝑢 + 2𝑢 + 2 + α
1+ᵆ2 1+ᵆ2

On ne peut avoir α = 2 puisque |α| < √3.


𝑥 𝑥
tan tan
2 2 d𝑢 2 2 d𝑢
F(𝑥) = ∫ 2 2+α
= ∫ 2
2−α 0 𝑢2 + 𝑢+ 2−α 0 1 3−α2
2−α 2−α (𝑢 + ) +
2−α (2−α)2

√3 − α2
Or |α| < √3 donc 3 − α2 > 0. Posons β = .
2−α
𝑥
tan
2 2 d𝑢 2 1 1 𝑥 1 1 1
F(𝑥) = ∫ 2
= (arctan ( (tan + )) − arctan ( ))
2−α 0 1 2−αβ β 2 2−α β2−α
(𝑢 + ) + β2
2−α
2 2−α 𝑥 1 1
= (arctan ( tan + ) − arctan ( ))
√3 − α2 √3 − α2 2 √3 − α2 √3 − α2

[Link] 7
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

2π π
𝑑𝑡 𝑑𝑡
3. Par 2π-périodicité de H, ∫ =∫ . Ainsi F(2π) = F(π) − F(−π). Comme F est continue, F(π) = lim− F(𝑥) et F(−π) =
0
H(𝑡) −π
H(𝑡) 𝑥→π
lim + F(𝑥). En utilisant l’expression précédente valable pour 𝑥 ∈] − π, π[, on trouve :
𝑥→−π


F(2π) = F(π) − F(−π) =
√3 − α 2

Solution 14

1. 𝑓 est continue sur ℝ comme inverse d’une fonction continue sur ℝ ne s’annulant pas sur ℝ. Elle admet donc des primitives sur ℝ.
𝑥
1 1
2. On a F(𝑥) = ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡. Or pour tout 𝑡 ∈ ℝ, ≥ . Ainsi pour 𝑥 ∈ ℝ+ :
0
α + β cos2 𝑡 α
𝑥
𝑑𝑡 𝑥
F(𝑥) ≥ ∫ =
0
α α

𝑥
Comme lim = +∞, on a également lim F(𝑥) = +∞.
𝑥→+∞ α 𝑥→+∞

π π
3. Soit 𝑥 ∈ ]− , [. Comme tan est de classe 𝒞 1 sur [0, 𝑥] (ou [𝑥, 0]), on peut effectuer le changement de variable 𝑢 = tan 𝑡 dans
2 2
1
l’intégrale définissant 𝑓. Remarquons de plus que cos2 𝑡 = . Ainsi :
1 + tan2 𝑡
tan 𝑥 tan 𝑥
𝑑𝑡 𝑑𝑡 1 α
F(𝑥) = ∫ =∫ = arctan ( tan 𝑥)
0 (1 + 𝑡2 ) (α +
β
) 0
α𝑡2 + α + β √α(α + β) √ α + β
1+𝑡2

4. 49 − 45 sin2 𝑥 = 4 + 45 cos2 𝑥. Il suffit donc de poser α = 4 et β = 45 pour se ramener au cas précédent. Comme 𝑓 est π-périodique
et paire,
π π
π
2 π 2
I = 2 ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 = 2 ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 = 4 ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡 = 4F ( )
0 −
π
0
2
2

π
F est une primitive de 𝑓 sur ℝ donc elle est continue sur ℝ et notamment en . En utilisant l’expression déterminée à la question
2
précédente, on trouve :
π 1 α π
F ( ) = lim arctan ( tan 𝑥) =
2 𝑥→
π−
√α(α + β) √ α + β 2√α(α + β)
2

2π 2π π
Finalement, I = = = .
√α(α + β) √4(4 + 45) 7

Solution 15

[Link] 8
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

𝑎2 + 𝑏2 𝑏2 − 𝑎2
Pour simplifier, on supposera 𝑎2 ≤ 𝑏2 . On effectue le changement de variable 𝑥 = + sin θ. Ainsi
2 2
π
2 𝑎2 + 𝑏2 𝑏2 − 𝑎2 𝑏 2 − 𝑎2 2 𝑏 2 − 𝑎2
I=∫ ( + sin θ) ( ) (1 + sin θ)(1 − sin θ) cos θ 𝑑θ

π 2 2 √ 2 2
2
π
2
2 𝑎2 + 𝑏2 𝑏2 − 𝑎2 𝑏 2 − 𝑎2 √ 𝑏 2 − 𝑎2
=∫ ( + sin θ) ( ) 1 − sin2 θ cos θ 𝑑θ car ≥0

π 2 2 2 2
2
π
2
𝑏 2 − 𝑎2 2 𝑎2 + 𝑏2 𝑏2 − 𝑎2 π π
=( ) ∫ ( + sin θ) cos2 θ 𝑑θ car cos θ ≥ 0 pour θ ∈ [− , ]
2 −
π 2 2 2 2
2
π π
2 2
𝑏2 − 𝑎 𝑎2 + 𝑏 2 2 𝑏 2 − 𝑎2 2
=( ) [ ∫ cos2 θ 𝑑θ + ∫ sin θ cos2 θ 𝑑θ]
2 2 −
π 2 −
π
2 2

2 2 2 2 2
𝑏 −𝑎 𝑎 +𝑏 π
=( )
2 2 2
1 2
= (𝑏 − 𝑎2 )2 (𝑎2 + 𝑏2 )π
16
Si 𝑎2 ≥ 𝑏2 , on trouve pour I l’opposé de cette valeur.
Solution 16

1. Par une intégration par parties


𝑥
𝑡 𝑥
2𝑡2 d𝑡
I𝑛 (𝑥) = [ 2 𝑛+1
] + (𝑛 + 1) ∫
(1 + 𝑡 ) 0 0
(1 + 𝑡2 )𝑛+2
𝑥
= + (𝑛 + 1) (2I𝑛 (𝑥) − 2I𝑛+1 (𝑥))
(1 + 𝑥2 )𝑛+1
Ainsi
𝑥
2(𝑛 + 1)I𝑛+1 (𝑥) = + (2𝑛 + 1)I𝑛 (𝑥)
(1 + 𝑥2 )𝑛+1

2. Le résultat de la question précédente alliée à une récurrence simple garantit l’existence de lim I𝑛 (𝑥) pour tout 𝑛 ∈ ℕ. Si on pose
𝑥→+∞
2𝑛 + 1
𝑙𝑛 = lim I𝑛 (𝑥) pour tout 𝑛 ∈ ℕ, on obtient 𝑙𝑛+1 = 𝑙𝑛 pour tout 𝑛 ∈ ℕ. Ainsi
𝑥→+∞ 2𝑛 + 2
𝑛−1
𝑙𝑛 2𝑘 + 1 (2𝑛)! 1 2𝑛
=∏ = 2𝑛 = 2𝑛 ( )
𝑙0 𝑘=0 2𝑘 + 2 2 (𝑛!)2 2 𝑛

π π 2𝑛
Puisque 𝑙0 = , 𝑙𝑛 = 2𝑛+1 ( ) pour tout 𝑛 ∈ ℕ.
2 2 𝑛

Inégalités intégrales
Solution 17

1. Procédons en deux temps…


• Etude en 0. 𝑓 étant de classe 𝒞 1 sur [0, 1], on a

𝑓(𝑥) = 𝑓(0) + 𝑓′ (0)𝑥 + 𝑜(𝑥) = 𝑓′ (0)𝑥 + 𝑜(𝑥).


0

[Link] 9
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Comme
1 1
cotan(π𝑥) = = ,
tan(π𝑥) 0 π𝑥 + 𝑜(𝑥)
on a, au voisinage de 0,
𝑓′ (0)
𝑓(𝑥) cotan(π𝑥) = + 𝑜(1).
0 π
𝑓′ (0)
La fonction 𝑥 ∈ ]0, 1[ ⟶ 𝑓(𝑥) cotan(π𝑥) est donc prolongeable par continuité en 0 par .
π
• Etude en 1. 𝑓 étant de classe 𝒞 1 sur [0, 1], on a

𝑓(1 + 𝑥) = 𝑓(1) + 𝑓′ (1)𝑥 + 𝑜(𝑥) = 𝑓′ (1)𝑥 + 𝑜(𝑥).


0

Comme
1 1
cotan(π(𝑥 + 1)) = = ,
tan(π𝑥) 0 π𝑥 + 𝑜(𝑥)
on a, au voisinage de 0,
𝑓′ (1)
𝑓(1 + 𝑥) cotan(π𝑥) = + 𝑜(1).
0 π
𝑓′ (1)
La fonction 𝑥 ∈ ]0, 1[ ⟶ 𝑓(𝑥) cotan(π𝑥) est donc prolongeable par continuité en 1 par .
π
2. On note 𝑔 ce prolongement et ℎ = 𝑓𝑔.

a. ℎ est dérivable sur ]0, 1[ en tant que produit de fonctions dérivables sur cet intervalle, et, pour 0 < 𝑥 < 1,

ℎ′ (𝑥) = 𝑓′ (𝑥)𝑔(𝑥) + 𝑓(𝑥)𝑔′ (𝑥).

Or, d’après le théorème de dérivation d’un produit,

𝑔′ (𝑥) = 𝑓′ (𝑥) cotan(π𝑥) − π(1 + cotan2 (π𝑥))𝑓(𝑥).

On a donc

ℎ′ (𝑥) = 2𝑓′ (𝑥)𝑔(𝑥) − π(1 + cotan2 (π𝑥))𝑓(𝑥)2


= 2𝑓′ (𝑥)𝑔(𝑥) − π(𝑓(𝑥)2 + 𝑔(𝑥)2 )

La fonction 𝑔 étant prongeable par continuité en 0 et 1, ℎ′ admet des limites finies en 0 et en 1. Comme ℎ est continue sur [0, 1]
et de classe 𝒞 1 sur ]0, 1[, on déduit du théorème de dérivation d’un prolongement par continuité que ℎ est de classe 𝒞 1 sur [0, 1].
Remarque. Rappelons le théorème de dérivation d’un prolongement par continuité : si 𝑓 ∶ I ⟶ ℝ est continue sur I, de classe
𝒞 1 sur I ∖ {𝑡0 } et que 𝑓′ (𝑡) admet une limite finie ℓ lorsque 𝑡 tend 𝑡0 avec 𝑡 ≠ 𝑡0 , alors 𝑓 est dérivable en 𝑡0 , 𝑓′ (𝑡0 ) = ℓ et 𝑓 est de
classe 𝒞 1 sur I. Ce résultat utile est une conséquence (facile) du théorème des accroissements finis.

b. On remarque que, pour tout 𝑥 dans [0, 1],

−π𝑔(𝑥)2 + 2𝑓′ (𝑥)𝑔(𝑥) = −π[(𝑔(𝑥) − 𝑓′ (𝑥)/π)2 − 𝑓′ (𝑥)2 /π2 ]

d’où
1 ′ 2
−π𝑔(𝑥)2 + 2𝑓′ (𝑥)𝑔(𝑥) ⩽ 𝑓 (𝑥)
π
et donc
1 ′ 2
ℎ′ (𝑥) = 2𝑓′ (𝑥)𝑔(𝑥) − π(𝑓(𝑥)2 + 𝑔(𝑥)2 ) ⩽ −π𝑓(𝑥)2 + 𝑓 (𝑥) .
π
c. Par positivité de l’intégrale, comme
1 ′ 2
∀𝑥 ∈ [0, 1], ℎ′ (𝑥) ⩽ −π𝑓(𝑥)2 + 𝑓 (𝑥) ,
π
on a
1 1
1 ′ 2
∫ ℎ′ (𝑥)𝑑𝑥 ⩽ ∫ ( − π𝑓(𝑥)2 + 𝑓 (𝑥) )𝑑𝑥,
0 0
π

[Link] 10
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

et puisque
1
∫ ℎ′ (𝑥)𝑑𝑥 = ℎ(1) − ℎ(0) = 0,
0
on a, par linéarité de l’intégrale,
1 1
π2 ∫ 𝑓(𝑥)2 𝑑𝑥 ⩽ ∫ 𝑓′ (𝑥)2 𝑑𝑥.
0 0

Solution 18

• Puisque 𝑓′ ⩾ 0 , la fonction 𝑓 est croissante sur [𝑎, 𝑏] ; 𝑓(𝑎) = 0 donc 𝑓 est positive sur le segment [𝑎, 𝑏].
• Posons pour tout 𝑥 ∈ [𝑎, 𝑏] ,
𝑥 𝑥 2

G(𝑥) = ∫ 𝑓3 (𝑡)𝑑𝑡 − ( ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡) .


𝑎 𝑎

Puisque les fonctions 𝑓 et 𝑓 sont de classe 𝒞 sur [𝑎, 𝑏] , la fonction G est deux fois dérivable sur [𝑎, 𝑏] et sur cet intervalle ,
3 1

𝑥
G′ (𝑥) = 𝑓3 (𝑥) − 2𝑓(𝑥) ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡
𝑎
𝑥
= 𝑓(𝑥)(𝑓2 (𝑥) − 2 ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡)
0

Posons pour tout 𝑥 ∈ [𝑎, 𝑏] ,


𝑥
H(𝑥) = 𝑓2 (𝑥) − 2 ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡.
0

Puisque 𝑓 est positive , G et H ont le même signe. La fonction 𝑓 étant de classe 𝒞 1 , H est dérivable sur [𝑎, 𝑏] et

H′ (𝑥) = 2𝑓(𝑥)(𝑓′ (𝑥) − 1) ⩽ 0.

La fonction G′ est donc négative : G est décroissante ; puisque G(𝑎) = 0 , la fonction G est négative sur [𝑎, 𝑏] et en particulier G(𝑏) ⩽ 0
, ie
𝑏 𝑏 3
3
∫ 𝑓 (𝑡)𝑑𝑡 ⩽ ( ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡) .
𝑎 𝑎

Fonctions définies par des intégrales


Solution 19

La fonction
𝑡 ⟼ √1 + ln2 (𝑡)
étant continue sur ℝ∗+ et les fonctions
𝑥 ⟼ 𝑒𝑥 et 𝑥 ⟼ 𝑒−𝑥
de classe 𝒞 ∞ sur ℝ et à valeurs dans ℝ∗+ , la fonction ψ est dérivable sur ℝ et, sur cet intervalle,

ψ′ (𝑥) = 𝑒𝑥 √1 + 𝑥2 + 𝑒−𝑥 √1 + 𝑥2
= 2 ch(𝑥)√1 + 𝑥2

Solution 20

[Link] 11
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

1. La fonction partie entière étant continue par morecaux, la fonction 𝑡 ↦ 3−⌊𝑡⌋ est également continue par morceaux. La fonction 𝑓 est
donc bien définie.
2. La fonction 𝑡 ↦ 3−⌊𝑡⌋ est constante égale à 3−𝑘 sur chaque intervalle ]𝑘, 𝑘 + 1[ où 𝑘 ∈ ℤ. Par définition de l’intégrale d’une fonction
constante par morceaux :
𝑛−1
1 − 3−𝑛 1 − 3−𝑛
𝑓(𝑛) = ∑ 3−𝑘 = −1
=3
𝑘=0
1−3 2
3
Ainsi 𝑓(𝑛) ⟶ .
𝑛→+∞ 2
3. Comme 𝑡 ↦ 3−⌊𝑡⌋ est positive, la fonction 𝑓 est croissante. En particulier, 𝑓(⌊𝑥⌋) ≤ 𝑓(𝑥) ≤ 𝑓(⌊𝑥⌋ + 1). D’après la question précédente,
3 3
𝑓(⌊𝑥⌋) et 𝑓(⌊𝑥⌋ + 1) tendent vers quand 𝑥 tend vers +∞. Par encadrement, 𝑓(𝑥) tend vers quand 𝑥 tend vers +∞.
2 2
Solution 21

1 1
1. On recherche les 𝑥 tels que 𝑔 ∶ 𝑡 ↦ soit continue sur [𝑥, 𝑥2 ] ou [𝑥2 , 𝑥]. Comme 𝑡 ↦ est continue sur D =]0, 1[∪]1, +∞[, on
ln 𝑡 ln 𝑡
en déduit que 𝑓 est continue sur D.
2. Si 0 < 𝑥 < 1, alors 𝑥2 < 𝑥. 𝑔 est strictement négative sur [𝑥2 , 𝑥] mais l’ordre des bornes fait que 𝑓(𝑥) > 0.
Si 𝑥 > 1, alors 𝑥 < 𝑥2 . 𝑔 est strictement positive sur [𝑥, 𝑥2 ] et l’ordre des bornes fait que 𝑓(𝑥) > 0.
1 1 1 𝑥2 − 𝑥 𝑥2 − 𝑥
3. Etude en 0 : Si 0 < 𝑥 < 1, ≤ ≤ pour 𝑡 ∈ [𝑥 2
, 𝑥]. On en déduit que ≤ 𝑓(𝑥) ≤ . Par opérations sur
ln 𝑥 ln 𝑡 ln 𝑥2 ln 𝑥 2 ln 𝑥
𝑥2 − 𝑥
les limites, lim+ = 0. Donc, d’après le théorème des gendarmes, lim+ 𝑓(𝑥) = 0. 𝑓 est donc prolongeable en 0 en posant
𝑥→0 ln 𝑥 𝑥→0
𝑓(0) = 0.
Remarque. On peut également remarquer que 𝑔 est prolongeable par continuité en 0 (puisque de limite nulle). En notant G une
primitive de 𝑔 sur [0, 1[, alors 𝑓(𝑥) = G(𝑥2 ) − G(𝑥) pour tout 𝑥 ∈]0, 1[ et, G étant continue en 0, lim+ 𝑓(𝑥) = 0.
𝑥→0

𝑥 1 𝑥2
Etude en 1 : Si 0 < 𝑥 < 1, alors pour tout 𝑡 ∈ [𝑥2 , 𝑥], ≤ ≤ puis par croissance de l’intégrale,
𝑡 ln 𝑡 ln 𝑡 𝑡 ln 𝑡
𝑥2 𝑥2
𝑥2 d𝑡 𝑥 d𝑡
∫ ≤ 𝑓(𝑥) ≤ ∫
𝑥
𝑡 ln 𝑡 𝑥
𝑡 ln 𝑡

ou encore
𝑥2 𝑥2
𝑥2 [ln(− ln(𝑡))]𝑥 ≤ 𝑓(𝑥) ≤ 𝑥 [ln(− ln(𝑡))]𝑥
ce qui donne
𝑥2 ln 2 ≤ 𝑓(𝑥) ≤ 𝑥 ln 2
On en déduit que lim− 𝑓(𝑥) = ln 2.
𝑥→1
𝑥 1 𝑥2
Si 𝑥 > 1, alors pour tout 𝑡 ∈ [𝑥, 𝑥2 ], ≤ ≤ puis par croissance de l’intégrale,
𝑡 ln 𝑡 ln 𝑡 𝑡 ln 𝑡
𝑥2 𝑥2
𝑥 d𝑡 𝑥2 d𝑡
∫ ≤ 𝑓(𝑥) ≤ ∫
𝑥
𝑡 ln 𝑡 𝑥
𝑡 ln 𝑡

ou encore
𝑥2 𝑥2
𝑥 [ln ln(𝑡)]𝑥 ≤ 𝑓(𝑥) ≤ 𝑥2 [ln ln(𝑡)]𝑥
ce qui donne
𝑥 ln 2 ≤ 𝑓(𝑥) ≤ 𝑥2 ln 2
On en déduit que lim+ 𝑓(𝑥) = ln 2.
𝑥→1
Finalement, lim 𝑓(𝑥) = ln 2. 𝑓 est donc prolongeable par continuité en 1 en posant 𝑓(1) = ln 2.
𝑥→1

[Link] 12
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Remarque. On peut aussi remarquer en utilisant un développement que


1 1 1
= + + 𝑜(1)
ln 𝑡 𝑡→1 𝑡 − 1 2
1
En posant ℎ(𝑡) = 𝑔(𝑡) − pour tout 𝑡 ∈]0, 1[∪]1, +∞[, on a pour tout 𝑥 ∈]0, 1[∪]1, +∞[,
𝑡−1
𝑥2 𝑥2 𝑥2
𝑑𝑡
𝑓(𝑥) = ∫ + ∫ ℎ(𝑡) d𝑡 = ln(𝑥 + 1) + ∫ ℎ(𝑡) d𝑡
𝑥
𝑡−1 𝑥 𝑥

1
ℎ est prolongebale par continuité en 1 (puisque de limite ). En notant H une primitive de ℎ sur ℝ∗+ , 𝑓(𝑥) = ln(𝑥 + 1) + H(𝑥2 ) −
2
H(𝑥) pour tout 𝑥 ∈]0, 1[∪]1, +∞[ puis, H étant continue en 1, lim 𝑓(𝑥) = ln 2.
𝑥→1

4. Notons G une primitive de 𝑔 sur ]0, 1[. Pour 0 < 𝑥 < 1, on a donc 𝑓(𝑥) = G(𝑥2 ) − G(𝑥). Donc 𝑓 est dérivable sur ]0, 1[ et
𝑥−1 𝑥−1
𝑓′ (𝑥) = 2𝑥𝑔(𝑥2 ) − 𝑔(𝑥) = pour tout 𝑥 ∈]0, 1[. De la même manière, 𝑓 est dérivable sur ]1, +∞[ et 𝑓′ (𝑥) = pour tout
ln 𝑥 ln 𝑥
𝑥 ∈]1, +∞[. 𝑓 est continue en 0 et lim 𝑓 (𝑥) = 0. D’après le théorème de la limite de la dérivée, 𝑓 est dérivable en 0 et 𝑓 (0) = 0. De
′ ′
𝑥→0
même, 𝑓 est continue en 1 et lim 𝑓′ (𝑥) = 1. D’après le théorème de la limite de la dérivée, 𝑓 est dérivable en 1 et 𝑓′ (1) = 1.
𝑥→1
On a alors 𝑓′ (𝑥) ≥ 0 pour tout 𝑥 ∈ ℝ+ , ce qui montre que 𝑓 est croissante sur ℝ+ .
On a montré que 𝑓(𝑥) ≥ 𝑥 ln 2 pour 𝑥 > 1. Par minoration, lim 𝑓 = +∞.
+∞
1
ln 𝑥 + −1 1
5. 𝑓 est deux fois dérivable sur ]0, 1[ et sur ]1, +∞[ et pour 𝑥 ∈]0, 1[∪]1, +∞[, 𝑓 (𝑥) = ″
. Posons ℎ(𝑥) = ln 𝑥 + − 1 pour
𝑥
ln 𝑥 2 𝑥
𝑥−1
𝑥 > 0. On a ℎ′ (𝑥) = . Ainsi ℎ est décroissante sur ]0, 1] puis croissante sur [1, +∞[. De plus, ℎ(1) = 0 donc ℎ est positive sur
𝑥2
ℝ+ .

On en déduit que 𝑓″ est positive sur ]0, 1[∪]1, +∞[. Donc 𝑓′ est croissante sur [0, 1] et sur [1, +∞[. Or 𝑓′ est continue en 1 donc elle
est croissante sur ℝ+ . Ceci montre que 𝑓 est convexe.

6. Les informations obtenues aux différentes questions permettent de tracer le graphe suivant :

25

20

15

10

0
0 2 4 6 8 10

Solution 22

1. A l’aide d’une formule de trigonométrie et de la linéarité de l’intégrale, on a pour tout 𝑥 ∈ ℝ :


𝑥 𝑥
𝑓(𝑥) = sin(𝑥) ∫ cos(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 − cos(𝑥) ∫ sin(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡
0 0

[Link] 13
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

𝑥 𝑥
Les applications 𝑥 ↦ ∫ cos(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 et 𝑥 ↦ ∫ sin(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 sont de classe 𝒞 1 comme primitives de fonctions continues. Comme
0 0
sin et cos sont également de classe 𝒞 1 , on en déduit que 𝑓 est de classe 𝒞 1 et que pour tout 𝑥 ∈ ℝ :
𝑥 𝑥
𝑓′ (𝑥) = cos(𝑥) ∫ cos(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 + sin(𝑥) cos(𝑥)𝑔(𝑥) + sin(𝑥) ∫ sin(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 − cos(𝑥) sin(𝑥)𝑔(𝑥)
0 0
𝑥 𝑥
= ∫ (cos(𝑥) cos(𝑡) + sin(𝑥) sin(𝑡)) 𝑔(𝑡) d𝑡 = ∫ cos(𝑡 − 𝑥)𝑔(𝑡) d𝑡
0 0

2. On a montré à la question précédente que pour tout 𝑥 ∈ ℝ :


𝑥 𝑥
𝑓(𝑥) = cos(𝑥) ∫ cos(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 + sin(𝑥) ∫ sin(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡
0 0

On démontre comme à la première question que 𝑓 est de classe 𝒞 i.e. que 𝑓 est de classe 𝒞 2 . De plus, pour tout 𝑥 ∈ ℝ :
′ 1

𝑥 𝑥
𝑓″ (𝑥) = − sin(𝑥) ∫ cos(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 + cos2 (𝑥)𝑔(𝑥) + cos(𝑥) ∫ sin(𝑡)𝑔(𝑡) d𝑡 + sin2 (𝑥)𝑔(𝑥)
0 0
𝑥
= − ∫ (sin(𝑥) cos(𝑡) − cos(𝑥) sin(𝑡)) 𝑔(𝑡) d𝑡 + 𝑔(𝑥) = −𝑓(𝑥) + 𝑔(𝑥)
0

Ceci prouve que 𝑓 est bien solution de 𝑦″ + 𝑦 = 𝑔.


3. La solution générale de l’équation homogène 𝑦″ + 𝑦 = 0 est 𝑥 ↦ λ cos(𝑥) + μ sin(𝑥) avec λ, μ ∈ ℝ. Comme 𝑓 est une solution
particulière de 𝑦″ + 𝑦 = 𝑔, on en déduit que les solutions de 𝑦″ + 𝑦 = 𝑔 sont 𝑥 ↦ 𝑓(𝑥) + λ cos(𝑥) + μ sin(𝑥) avec λ, μ ∈ ℝ.
Solution 23
2𝑥
cos 𝑡
Posons 𝑓(𝑥) = ∫ d𝑡 pour 𝑥 ∈ ℝ∗ .
𝑥
𝑡
𝑡2
D’après l’inégalité de Taylor-Lagrange, | cos 𝑡 − 1| ≤ pour tout 𝑡 ∈ ℝ. Soit 𝑥 ∈ ℝ∗+ .
2
| 2𝑥 cos 𝑡 2𝑥
𝑑𝑡 | |
2𝑥
cos 𝑡 − 1 |
|∫ d𝑡 − ∫ | = |∫ d𝑡|
| 𝑥 𝑡 𝑥
𝑡 | | 𝑥 𝑡 |
2𝑥
| cos 𝑡 − 1|
≤∫ d𝑡
𝑥
𝑡
2𝑥
1 3𝑥2
≤ ∫ 𝑡 d𝑡 =
2 𝑥 4
2𝑥
𝑑𝑡 3𝑥2
Or ∫ = ln 2 et lim+ = 0 donc lim+ 𝑓(𝑥) = ln 2.
𝑥
𝑡 𝑥→0 4 𝑥→0
cos 𝑡
Puisque 𝑡 ↦ est impaire, 𝑓 est paire et lim− 𝑓(𝑥) = ln 2.
𝑡 𝑥→0
Finalement, lim 𝑓(𝑥) = ln 2.
𝑥→0
Solution 24

Soit (𝑥, 𝑦) ∈ ℝ2 . Par inégalité triangulaire,


𝑏
|𝑔(𝑥) − 𝑔(𝑦)| ≤ ∫ |𝑓(𝑡)|| sin(𝑡𝑥) − sin(𝑡𝑦)| d𝑡
𝑎

Or sin est 1-lipschitzienne car | sin | ≤ 1 sur ℝ donc


𝑏 𝑏
|𝑔(𝑥) − 𝑔(𝑦)| ≤ ∫ |𝑓(𝑡)||𝑡𝑥 − 𝑡𝑦| d𝑡 = |𝑥 − 𝑦| ∫ |𝑓(𝑡)𝑡| d𝑡
𝑎 𝑎
𝑏
En posant K = ∫ |𝑓(𝑡)𝑡| d𝑡, 𝑔 est K-lipschitzienne.
𝑎

[Link] 14
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Sommes de Riemann
Solution 25

On a ∀𝑛 ⩾ 1,
𝑛
1 1
𝑡𝑛 = ∑ .
𝑛 𝑘=1 ( 𝑘 )2 + 1
𝑛

Il s’agit d’une somme de Riemann sur [0, 1] pour la fonction continue


1
𝑓 ∶ 𝑢 ∈ [0, 1] ⟼ .
1 + 𝑢2
La suite converge donc vers
1
d𝑢 π
∫ 2
=
0
1+𝑢 4

Solution 26

On a ∀𝑛 ⩾ 1,


𝑛
𝑛 𝑘
𝑣𝑛 = ∏ (1 + ),
√ 𝑘=1 𝑛
ainsi 𝑛
1 𝑘
𝑤𝑛 = ln(𝑣𝑛 ) = ∑ ln (1 + ).
𝑛 𝑘=1 𝑛
Il s’agit d’une somme de Riemann sur [0, 1] pour la fonction continue

𝑓 ∶ 𝑢 ∈ [0, 1] ⟼ ln(1 + 𝑢).

La suite (𝑤𝑛 )𝑛⩾1 converge donc vers


1 1
∫ ln(1 + 𝑢)𝑑𝑢 = [(𝑢 + 1)[ ln(𝑢 + 1) − 1]]
0 0
= ln(4) − 1

et , par continuité de l’exponentielle ,


4
lim 𝑣𝑛 = .
𝑛→+∞ 𝑒
Solution 27

En factorisant par 𝑛, le terme 𝑢𝑛 devient


1 1 1 1
𝑢𝑛 = ( + +⋯+ ).
𝑛 1 + 1/𝑛 1 + 2/𝑛 1 + 𝑛/𝑛
1
Si pour 𝑡 ∈ [0, 1], on pose 𝑓(𝑡) = , alors le terme 𝑢𝑛 vérifie
1+𝑡
𝑛
1 𝑘
𝑢𝑛 = ∑ 𝑓( ).
𝑛 𝑘=1 𝑛

On reconnaît donc la somme de Riemann de la fonction 𝑓 sur le segment [0, 1]. On peut affirmer que la suite (𝑢𝑛 )𝑛≥1 est convergente de
1
limite ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡, c’est-à-dire ln(2).
0

[Link] 15
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Solution 28

Posons, pour 𝑛 assez grand, 𝑣𝑛 = ln(𝑢𝑛 ) et notons M un réel tel que |𝑓| ⩽ M sur [0, 1] (un tel réel existe car 𝑓 est continue sur le segment
[0, 1]). L’inégalité de Taylor-Lagrange à l’ordre 2 en 0 appliquée à la fonction

𝑡 ↦ ln(1 + 𝑡)

entraîne, pour 𝑛 assez grand et 𝑘 entre 1 et 𝑛, que

| 1 𝑘 1 𝑘 | M2C
| ln (1 + 𝑓( )) − 𝑓( )| ⩽ 2 ,
| 𝑛 𝑛 𝑛 𝑛 | 𝑛

où C est une constante positive. Nous avons donc


𝑛
| 1 | M2C
|𝑣𝑛 − ∑ 𝑓(𝑘/𝑛)| ⩽ .
| 𝑛 𝑘=1 | 𝑛
𝑛 1
De l’inégalité ci-dessus et de la convergence de la somme de Riemann (1/𝑛) ∑ 𝑓(𝑘/𝑛) vers ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡, on peut déduire que la suite (𝑣𝑛 )𝑛⩾1
𝑘=1 0
1 1
est convergente de limite ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡. Par continuité de la fonction exponentielle, la suite (𝑢𝑛 )𝑛⩾1 est donc convergente vers exp(∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡).
0 0
Solution 29
𝑛−1 𝑛−1
1 𝑘 𝑘
On peut écrire 𝑢𝑛 = ∑ √𝑘(𝑛 − 𝑘) = 𝑛2 ∑ (1 − ). On reconnaît une somme de Riemann.
𝑘=0
𝑛 𝑘=0 √ 𝑛 𝑛

𝑛−1 1
1 𝑘 𝑘
∑ (1 − ) ⟶ I = ∫ √𝑥(1 − 𝑥) d𝑥
𝑛 𝑘=0 √ 𝑛 𝑛 𝑛→+∞ 0

On met le trinôme sous la racine sous forme canonique :

1 1
1 1 2 1
I=∫ − (𝑥 − ) d𝑥 = ∫ √1 − (2𝑥 − 1)2 d𝑥
0
√4 2 2 0

Effectuons le changement de variables 𝑢 = 2𝑥 − 1 :


1
1
I= ∫ √1 − 𝑢2 d𝑢
4 −1
1
π π π 2
Or ∫ √1 − 𝑢2 d𝑢 est l’aire du demi-disque unité et vaut donc . On en déduit que I = puis que 𝑢𝑛 ∼ 𝑛 .
−1
2 8 𝑛 𝑜 +∞ 8

Solution 30
𝑘π
𝑖
Les racines de X2𝑛 − 1 sont les complexes 𝑧𝑘 = 𝑒 𝑛 pour 𝑘 ∈ ⟦−𝑛 + 1, 𝑛⟧. Mais pour 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑛 − 1⟧, 𝑧−𝑘 = 𝑧𝑘 donc
𝑛−1 𝑛−1
𝑘π
X2𝑛 − 1 = (X − 1)(X + 1) ∏(X − 𝑧𝑘 )(X − 𝑧𝑘 ) = (X2 − 1) ∏ (X2 − 2X cos + 1)
𝑘=1 𝑘=1
𝑛

Notons I l’intégrale à calculer. On a


π
1
I= ∫ ln(𝑟2 − 2𝑟 cos θ + 1) 𝑑θ
2 −π
Par parité de cos, on peut affirmer que
π
I = ∫ ln(𝑟2 − 2𝑟 cos θ + 1) 𝑑θ
0
Pour 𝑛 ∈ ℕ , posons :

𝑛−1
π 𝑘π
S𝑛 = ∑ ln (𝑟2 − 2𝑟 cos + 1)
𝑛 𝑘=0 𝑛

[Link] 16
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Comme θ ↦ ln(𝑟2 − 2𝑟 cos θ + 1) est continue sur [0, π], la suite (S𝑛 ) converge vers I d’après le théorème sur les sommes de Riemann. Mais
d’après ce qui précède
𝑛−1
π 𝑘π
S𝑛 = ln (∏ 𝑟2 − 2𝑟 cos + 1)
𝑛 𝑘=0
𝑛
𝑛−1
π 𝑘π
= ln ((𝑟 − 1)2 ∏ 𝑟2 − 2𝑟 cos + 1)
𝑛 𝑘=1
𝑛
π 𝑟2𝑛 − 1
= ln ((𝑟 − 1)2 2 )
𝑛 𝑟 −1
π 𝑟 − 1 2𝑛
= ln ( 𝑟 − 1)
𝑛 𝑟+1
π π 𝑟−1
= ln(𝑟2𝑛 − 1) + ln
𝑛 𝑛 𝑟+1
π 𝑟−1
Tout d’abord, ln ⟶ 0. Puis
𝑛 𝑟 + 1 𝑛→+∞
π π 1
ln(𝑟2𝑛 − 1) = 2π ln 𝑟 + ln (1 − 2𝑛 ) ⟶ 2π ln 𝑟
𝑛 𝑛 𝑟 𝑛→+∞

On en déduit que I = 2π ln 𝑟.

Equations intégrales
Solution 31

Soit 𝑓 une telle fonction. Alors le théorème fondamental de l’analyse montre que 𝑓 est dérivable et que 𝑓′ = 𝑓. Puisqu’on a également
𝑓(0) = 0, 𝑓 est nulle sur ℝ.
Réciproquement, la fonction nulle convient évidemment.
Solution 32

Soit 𝑓 une telle fonction. Alors le théorème fondamental de l’analyse montre que 𝑓 est dérivable et que 𝑓′ = −3𝑓. Il existe donc λ ∈ ℝ tel
que 𝑓(𝑥) = λ𝑒−3𝑥 pour tout 𝑥 ∈ ℝ. Par ailleurs, 𝑓(0) = 2𝑓(1) de sorte que λ = 0. 𝑓 est donc nulle sur ℝ.
Réciproquement, la fonction nulle convient évidemment.
Solution 33

Par une récurrence sans difficulté sur 𝑛 ∈ ℕ∗ , on prouve que 𝑓 est de classe 𝒞 𝑛 sur ℝ et que

∀𝑥 ∈ ℝ, 𝑓(𝑛) (𝑥) = λ𝑛 𝑓(𝑛−1) (λ𝑥).

Comme 𝑓(0) = 0, on en déduit que ∀𝑛 ∈ ℕ, 𝑓(𝑛) (0) = 0. Soit 𝑥 ∈ ℝ fixé. On note

∀𝑛 ∈ ℕ, M 𝑛 = max |𝑓(𝑛) (𝑡)|.


𝑡∈[−𝑥,𝑥]

Par une récurrence facile, on prouve à partir de l’égalité

∀𝑡 ∈ [−𝑥, 𝑥], 𝑓(𝑛) (𝑡) = λ𝑛 𝑓(𝑛−1) (λ𝑡)

et le fait que [−λ𝑥, λ𝑥] ⊂ [−𝑥, 𝑥], que


∀𝑛 ∈ ℕ, M 𝑛 ⩽ |λ|𝑛+⋯+2+1 M 0 ⩽ M 0 .
Or, d’apès la formule de Taylor avec reste intégral, on a
𝑥
(𝑥 − 𝑡)𝑛 (𝑛+1)
∀𝑛 ∈ ℕ, 𝑓(𝑥) = ∫ 𝑓 (𝑡)𝑑𝑡.
0
𝑛!

Ainsi,
|𝑥|𝑛+1 M 0
∀𝑛 ∈ ℕ, |𝑓(𝑥)| ⩽ .
𝑛!

[Link] 17
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Comme
|𝑥|𝑛+1 M 0
lim =0
𝑛→+∞ 𝑛!
et on en déduit par encadrement que 𝑓(𝑥) = 0. Ainsi 𝑓 = 0. Réciproquement, il est clair que 𝑓 = 0 est une solution de l’équation de départ.

Suites d’intégrales
Solution 34

1. Le calcul ne pose aucune difficulté, on trouve


π
I0 = et I1 = 1.
2
2. Soit 𝑛 ∈ ℕ , intégrons I𝑛+2 par parties en posant ∀𝑡 ∈ [0, π/2],

𝑢(𝑡) = − cos(𝑡) et 𝑣(𝑡) = sin𝑛+1 (𝑡).

Les fonctions 𝑢 et 𝑣 sont de classe 𝒞 1 sur [0, π/2] et,

∀𝑡 ∈ [0, π/2], 𝑢′ (𝑡) = sin(𝑡)

et
𝑣′ (𝑡) = (𝑛 + 1) cos(𝑡) sin𝑛 (𝑡).

La formule d’intégration par parties s’écrit donc,

I𝑛+2 = [− cos(𝑡) sin𝑛+1 (𝑡)]π/2


0
π/2
+ (𝑛 + 1) ∫ cos2 (𝑡) sin𝑛 (𝑡)𝑑𝑡
0
π/2
= (𝑛 + 1) ∫ (1 − sin2 (𝑡)) sin𝑛 (𝑡)𝑑𝑡
0
π/2
= (𝑛 + 1) ∫ (sin𝑛 (𝑡) − sin𝑛+2 (𝑡))𝑑𝑡
0
= (𝑛 + 1)I𝑛 − (𝑛 + 1)I𝑛+2

D’où la relation de récurrence,


∀𝑛 ∈ ℕ, (𝑛 + 2)I𝑛+2 = (𝑛 + 1)I𝑛 .

3. D’après la relation de récurrence établie précédemment :


(2𝑛 − 1) × (2𝑛 − 3) × ⋯ × 3 × 1
I2𝑛 = I
(2𝑛) × (2𝑛 − 2) × ⋯ × 4 × 2 0
(2𝑛) × (2𝑛 − 1) × (2𝑛 − 2) × (2𝑛 − 3) × ⋯ × 4 × 3 × 2 × 1
= 2
I0
[(2𝑛) × (2𝑛 − 2) × ⋯ × 4 × 2]
(2𝑛)! (2𝑛)! π
= I = 2𝑛
2 0
[2𝑛 𝑛!] 2 (𝑛!)2 2

De la même façon,
(2𝑛) × (2𝑛 − 2) × ⋯ × 4 × 2
I2𝑛+1 = I
(2𝑛 + 1) × (2𝑛 − 1) × ⋯ × 5 × 3 1
2
[(2𝑛) × (2𝑛 − 2) × ⋯ × 4 × 2]
= I
(2𝑛 + 1) × (2𝑛) × (2𝑛 − 1) × (2𝑛 − 2) × ⋯ × 5 × 4 × 3 × 2 1
2
[2𝑛 𝑛!] 22𝑛 (𝑛!)2
= I1 =
(2𝑛 + 1)! (2𝑛 + 1)!

[Link] 18
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

4. Puisque ∀𝑡 ∈ [0, π/2], 0 ≤ sin(𝑡) ≤ 1 , on a


∀𝑛 ∈ ℕ, sin𝑛+1 (𝑡) ≤ sin𝑛 (𝑡),
ainsi après intégration sur le segment [0, π/2],
I𝑛+1 ≤ I𝑛 .
La suite (I𝑛 )𝑛∈ℕ est donc décroissante. On a donc en particulier,

∀𝑛 ∈ ℕ, I𝑛+2 ≤ I𝑛+1 ≤ I𝑛

soit encore, d’après la relation de récurrence obtenue ci-dessus,


𝑛+1
∀𝑛 ∈ ℕ, I ≤ I𝑛+1 ≤ I𝑛 .
𝑛+2 𝑛

5. Par une récurrence sans difficulté , on prouve à l’aide de l’inégalité précédente que pour tout 𝑛 positif I𝑛 > 0. D’après le résultat de la
question 3.,
𝑛+1 I
∀𝑛 ∈ ℕ, ≤ 𝑛+1 ≤ 1,
𝑛+2 I𝑛
de plus
𝑛+1
lim =1
𝑛→+∞ 𝑛 + 2

d’où , en appliquant le théorème d’encadrement,


I𝑛+1
lim =1
𝑛→+∞ I𝑛
et donc
I𝑛+1 ∼ I𝑛 .

6. Posons 𝑣𝑛 = (𝑛 + 1)I𝑛+1 I𝑛 . On remarque que ∀𝑛 ∈ ℕ,

𝑣𝑛+1 = (𝑛 + 2)I𝑛+2 I𝑛+1 = (𝑛 + 1)I𝑛 I𝑛+1 = 𝑣𝑛

La suite (𝑣𝑛 )𝑛∈ℕ est donc constante égale à π/2 car I1 = 1.


7. On a (𝑛 + 1)I𝑛+1 I𝑛 ∼ 𝑛I2𝑛 d’après ce qui précède. Ainsi,
π
lim 𝑛I2𝑛 =
𝑛→+∞ 2
et puisque la fonction racine carrée est continue en π/2 et que I𝑛 est positive,

π
lim √𝑛I𝑛 = ,
𝑛→+∞ √2
ainsi
π
I𝑛 ∼ .
√ 2𝑛

Solution 35

π
1. Posons 𝑥 = + 𝑢. Alors 𝑓𝑛,λ (𝑥) = (−1)𝑛 sin(2𝑛𝑢) ln(−λ sin 𝑢). Or sin(2𝑛𝑢) ∼ 2𝑛𝑢 et −λ sin 𝑢 = −λ𝑢(1 + 𝑜(1)). Ainsi
2 𝑢→0 𝑢→0

𝑙𝑛(−λ sin 𝑢) = ln(−λ𝑢) + ln(1 + 𝑜(1)) = ln(−λ𝑢) + 𝑜(1) ∼ ln(−λ𝑢)


𝑢→0 𝑢→0 𝑢→0

le dernier équivalent étant justifié par le fait que ln(−λ𝑢) ⟶ −∞. On a donc
𝑢→0

(−1) sin(2𝑛𝑢) ln(−λ sin 𝑢) ∼ (−1)𝑛 2𝑛𝑢 ln(−λ𝑢) ⟶ 0


𝑛
𝑢→0 𝑢→0

par croissances comparées. La limite recherchée est nulle.

[Link] 19
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

π
2. Remarquons que les intégrales de cette question sont bien définies puisque 𝑓𝑛,λ est continue sur [0, [ et prolongeable par continuité
2
π
en d’après la question précédente. Il suffit alors de remarquer que ln(λ cos 𝑥) = ln λ + ln(cos 𝑥). Il vient alors
2
π π π
2 2 2
∫ 𝑓𝑛,λ (𝑥) d𝑥 = ln λ ∫ sin(2𝑛𝑥) d𝑥 + ∫ 𝑓𝑛,1 (𝑥) d𝑥
0 0 0
π
cos(2𝑛𝑥) 2
= − ln λ [ ] + I𝑛
2𝑛 0
1 + (−1)𝑛+1
= ln λ + I𝑛
2𝑛
π π
2 2
3. On a I1 = ∫ sin(2𝑥) ln(cos 𝑥) 𝑑𝑥 = 2 ∫ sin 𝑥 cos 𝑥 ln(cos 𝑥) 𝑑𝑥. On effectue le changement de variables 𝑡 = cos 𝑥 de sorte que :
0 0
1 1
1 1
I1 = 2 ∫ 𝑡 ln 𝑡 d𝑡 = [𝑡2 ln 𝑡]0 − ∫ 𝑡 d𝑡 = −
0 0
2

On a sin 4𝑥 = 2 sin 2𝑥 cos 2𝑥 = 4 sin 𝑥 cos 𝑥(2 cos 𝑥 − 1). En effectuant à nouveau le changement de variables 𝑡 = cos 𝑥 dans I2 , on
2

obtient :
1 1
1 1
I2 = 4 ∫ 𝑡(2𝑡2 − 1) ln 𝑡 d𝑡 = 2 [(𝑡4 − 𝑡2 ) ln 𝑡]0 − 2 ∫ (𝑡3 − 𝑡)𝑑𝑡 =
0 0
2
π
4. On effectue le changement de variables 𝑡 = − 𝑥 dans I𝑛 et on obtient :
2
π π
2 2
I𝑛 = ∫ sin(𝑛π − 2𝑛𝑡) ln(sin 𝑡) d𝑡 = (−1) 𝑛+1
∫ sin(2𝑛𝑡) ln(sin 𝑡) d𝑡
0 0

Par ailleurs π π
2 2
∫ sin(2𝑛𝑡) ln(sin 𝑡) d𝑡 = ∫ 2 sin(𝑛𝑡) cos(𝑛𝑡) ln(sin 𝑡) d𝑡
0 0
1
On effectue une intégration par parties en remarquant qu’une primitive de 𝑡 ↦ 2 sin(𝑛𝑡) cos(𝑛𝑡) est 𝑡 ↦ sin2 (𝑛𝑡) et que la dérivée
𝑛
de 𝑡 ↦ ln(sin 𝑡) est 𝑡 ↦ cot 𝑡. On a donc
π π π
2 1 2 1 2
∫ 2 sin(𝑛𝑡) cos(𝑛𝑡) ln(sin 𝑡) d𝑡 = [ sin2 (𝑛𝑡) ln(sin 𝑡)] − ∫ sin2 (𝑛𝑡) cot 𝑡 d𝑡
0
𝑛 0 𝑛 0
π
1 2
On prouve comme à la première question que sin2 𝑛𝑡 ln(sin 𝑡) ∼ 𝑛2 𝑡2 ln 𝑡 ⟶ 0. Donc [ sin2 (𝑛𝑡) ln(sin 𝑡)] = 0. On obtient
𝑡→0 𝑡→0 𝑛 0
finalement π
1 2
I𝑛 = (−1) 𝑛+1
(− ∫ sin2 (𝑛𝑡) cot 𝑡 d𝑡) i.e.𝑛I𝑛 = (−1)𝑛 J𝑛
𝑛 0

5. De la trigonométrie avant toute chose : pour 𝑛 ≥ 2 :


π π
2 1 2
J𝑛 − J𝑛−1 = ∫ (sin (𝑛𝑥) − sin ((𝑛 − 1)𝑥)) cot 𝑥 𝑑𝑥 = ∫ (cos(2(𝑛 − 1)𝑥) − cos(2𝑛𝑥)) cot 𝑥 d𝑥
2 2

0
2 0
π π
2 2
= ∫ sin((2𝑛 − 1)𝑥) sin 𝑥 cot 𝑥 d𝑥 = ∫ sin((2𝑛 − 1)𝑥) cos 𝑥 d𝑥
0 0
π
π π
1 2 1 1
= ∫ (sin(2𝑛𝑥) + sin(2(𝑛 − 1)𝑥))𝑑𝑥 = − [ cos(2𝑛𝑥)]02 − [ cos(2(𝑛 − 1)𝑥)]02
2 0 4𝑛 4(𝑛 − 1)
1 − (−1)𝑛 1 − (−1)𝑛−1
= +
4𝑛 4(𝑛 − 1)

[Link] 20
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

1 1 1
Donc J𝑛 − J𝑛−1 = si 𝑛 est pair et J𝑛 − J𝑛−1 = si 𝑛 est impair. On en déduit que J𝑛 − J𝑛−2 = si 𝑛 est pair et que
2(𝑛 − 1) 2𝑛 𝑛 − 1
1 1 1
J𝑛 − J𝑛−2 = + si 𝑛 est impair. Un calcul simple donne J1 = .
2𝑛 2(𝑛 − 2) 2
𝑛 𝑛 𝑛
1 1 1 1
J2𝑛 = J1 + (J2 − J1 ) + ∑ J2𝑘 − J2𝑘−2 = + +∑ =∑
𝑘=2
2 2 𝑘=2 2𝑘 − 1 𝑘=1 2𝑘 − 1
𝑛
1 1
J2𝑛+1 = J2𝑛+1 − J2𝑛 + J2𝑛 = +∑
2(2𝑛 + 1) 𝑘=1 2𝑘 − 1

Comme 𝑛I𝑛 = (−1)𝑛 J𝑛 , on en déduit que :


𝑛
1 1 1
I2𝑛 = J = ∑
2𝑛 2𝑛 2𝑛 𝑘=1 2𝑘 − 1
𝑛
1 1 1 1
I2𝑛+1 = − J =− ( +∑ )
2𝑛 + 1 2𝑛+1 2𝑛 + 1 2(2𝑛 + 1) 𝑘=1 2𝑘 − 1

Remarque. Il aurait fallu justifier l’existence de plusieurs intégrales en montrant que les fonctions à intégrer étaient prolongeables par
continuité aux bornes. Dans les calculs (intégration par parties, changement de variables), il aurait été plus rigoureux de considérer des
bornes variables puis de faire tendre celle-ci vers la valeur voulue à la fin des calculs.

Solution 36

1. Pour tout 𝑡 dans [0, π] et tout entier naturel 𝑛, on a

cos((𝑛 + 2)𝑡) = cos((𝑛 + 1)𝑡) cos(𝑡) − sin((𝑛 + 1)𝑡) sin(𝑡)

et
cos(𝑛𝑡) = cos((𝑛 + 1)𝑡) cos(𝑡) + sin((𝑛 + 1)𝑡) sin(𝑡),
d’où
π
cos((𝑛 + 1)𝑡) cos(𝑡)
I𝑛+2 + I𝑛 = 2 ∫ 𝑑𝑡
0
2 − cos(𝑡)
π
cos((𝑛 + 1)𝑡)[cos(𝑡) − 2 + 2]
= 2∫ 𝑑𝑡
0
2 − cos(𝑡)
π
= 4I𝑛+1 − 2 ∫ cos((𝑛 + 1)𝑡)𝑑𝑡
0
= 4I𝑛+1

2. La suite (I𝑛 )𝑛⩾0 est donc linéaire récurrente d’ordre deux d’équation caractéristique 𝑟2 − 4𝑟 + 1 = 0, dont les solutions valent 2 ± √3.
Il existe donc deux réels α et β tels que, pour tout 𝑛 ⩾ 0,

I𝑛 = α(2 − √3)𝑛 + β(2 + √3)𝑛 .

On a clairement π
2 − cos(𝑡)
2I0 − I1 = √3(α − β) = ∫ = π,
0
2 − cos(𝑡)
de plus, par les méthodes classiques (poser 𝑢 = tan(𝑡/2) (en prenant garde à la borne π !) pour se ramener à une fraction rationnelle),
on prouve sans peine que
π
I0 = .
√3
Ainsi
π
√3(α − β) = π et I0 = α + β = .
√3

[Link] 21
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

D’où α = π/√3, β = 0 et
π
∀𝑛 ∈ ℕ, I𝑛 = (2 − √3)𝑛 .
√3

Solution 37

1. Notons 𝑠𝑛 (𝑡) la somme de l’énoncé et posons


𝑛−1
S𝑛 (𝑡) = ∑ 𝑒(2𝑘+1)𝑖𝑡
𝑘=0

pour tout 𝑛 ∈ ℕ , de sorte que 𝑠𝑛 = Im(S𝑛 ). Pour tout 𝑡 ≢ 0 [π], on a (en appliquant la formule de la série géométrique) :

𝑛−1
𝑒2𝑖𝑛𝑡 − 1
S𝑛 (𝑡) = 𝑒𝑖𝑡 ∑ (𝑒2𝑖𝑡 )𝑘 = 𝑒𝑖𝑡
𝑘=0
𝑒2𝑖𝑡 − 1
𝑒𝑖𝑛𝑡 (𝑒𝑖𝑛𝑡 − 𝑒−𝑖𝑛𝑡 ) sin(𝑛𝑡)
= 𝑒𝑖𝑡 𝑖𝑡 𝑖𝑡 = 𝑒𝑖𝑛𝑡
𝑒 (𝑒 − 𝑒−𝑖𝑡 ) sin(𝑡)

d’où, pour tous 𝑡 ≢ 0 [π] :


sin2 (𝑛𝑡)
𝑠𝑛 (𝑡) = Im(S𝑛 (𝑡)) = .
sin(𝑡)
Remarque. On peut également prouver cette formule par récurrence sur 𝑛 en utilisant les formules d’addition trigonométriques.

2. D’après la question précédente, la fonction 𝑠𝑛 est clairement prolongeable par continuité en 0 par 𝑠𝑛 (0) = 0. De plus, par linéarité de
l’intégrale, on a :

π/2 𝑛−1
I𝑛 = ∫ ( ∑ sin((2𝑘 + 1)𝑡))𝑑𝑡
0 𝑘=0
𝑛−1 π/2
= ∑ ∫ sin((2𝑘 + 1)𝑡)𝑑𝑡
𝑘=0 0
𝑛−1 π/2
= ∑ ∫ sin((2𝑘 + 1)𝑡)𝑑𝑡
𝑘=0 0
𝑛−1
cos((2𝑘 + 1)𝑡)
π/2
= ∑ [− ]
𝑘=0
2𝑘 + 1 0
𝑛−1
1
= ∑
𝑘=0
2𝑘 +1

Remarque. Un calcul élémentaire d’équivalent ( 𝑠𝑛 (𝑡) ∼ 𝑛2 𝑡 ) permet également de prouver que 𝑠𝑛 est prolongeable par continuité
0
par 0 en 0.

3. Soit 𝑘 ∈ ℕ∗ . Puisque la fonction définie par


𝑥 > 0 ↦ 1/(2𝑥 − 1)
est décroissante sur [1, +∞[, on a
1 1 1
∀𝑥 ∈ [𝑘, 𝑘 + 1], ⩽ ⩽ ,
2𝑘 + 1 2𝑥 − 1 2𝑘 − 1
puis, par positivité de l’intégrale :
𝑘+1
1 𝑑𝑥 1
⩽∫ ⩽ .
2𝑘 + 1 𝑘
2𝑥 − 1 2𝑘 − 1

[Link] 22
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

4. Soit 𝑛 ∈ ℕ∗ . Puisque pour tout 1 ⩽ 𝑘 ⩽ 𝑛, on a :


𝑘+1
1 𝑑𝑥 1
⩽∫ ⩽ ,
2𝑘 + 1 𝑘
2𝑥 − 1 2𝑘 − 1

en sommant ces 𝑛 inégalités pour 𝑘 variant de 1 à 𝑛, on aboutit à :


𝑛
1 𝑑𝑥
I𝑛 + −1⩽∫ ⩽ I𝑛
2𝑛 + 1 1
2𝑥 −1

d’où
1 1 2𝑛
ln(2𝑛 − 1) ⩽ I𝑛 ⩽ ln(2𝑛 − 1) +
2 2 2𝑛 + 1
2𝑛
Puisque = 𝑜(ln(2𝑛 − 1)), on en déduit que
2𝑛 + 1
1
I𝑛 ∼ ln(2𝑛 − 1),
2
et comme
ln(2𝑛 − 1) = ln(𝑛) + ln(2 − 1/𝑛) ∼ ln(𝑛),
on aboutit à
1
I𝑛 ∼ ln(𝑛).
2
Solution 38

La fonction 𝑓 est continue sur le segment [0, 1], elle est donc bornée sur cet ensemble : il existe M ⩾ 0 tel que ∀𝑡 ∈ [0, 1],

|𝑓(𝑡)| ⩽ M.

Ainsi, par positivité de l’intégrale,


1 1
M
|I𝑛 | ⩽ ∫ 𝑡𝑛 |𝑓(𝑡)|𝑑𝑡 ⩽ ∫ M𝑡𝑛 𝑑𝑡 =
0 0
𝑛+1
et, d’après le théorème d’encadrement,
lim I𝑛 = 0.
𝑛→+∞

[Link] 23

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