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Réglementation du Bitcoin en CEMAC

Le Bitcoin est une monnaie numérique décentralisée créée en 2009, reposant sur la technologie blockchain, et caractérisée par sa volatilité et son utilisation dans des échanges P2P. Dans la zone CEMAC, le Bitcoin et les cryptomonnaies ne sont pas reconnus comme monnaies légales, et la BEAC a interdit leur utilisation comme moyen de paiement, bien que des régulations récentes les considèrent comme des actifs numériques. La COBAC impose des restrictions strictes sur les activités liées aux cryptomonnaies pour assurer la stabilité financière et protéger les investisseurs.

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Michèle Ngatchou
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Réglementation du Bitcoin en CEMAC

Le Bitcoin est une monnaie numérique décentralisée créée en 2009, reposant sur la technologie blockchain, et caractérisée par sa volatilité et son utilisation dans des échanges P2P. Dans la zone CEMAC, le Bitcoin et les cryptomonnaies ne sont pas reconnus comme monnaies légales, et la BEAC a interdit leur utilisation comme moyen de paiement, bien que des régulations récentes les considèrent comme des actifs numériques. La COBAC impose des restrictions strictes sur les activités liées aux cryptomonnaies pour assurer la stabilité financière et protéger les investisseurs.

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LE BITCOIN

Définitions des termes :


Bitcoin : c’est une monnaie numérique décentralisée créée en 2009 par une
personne ou un groupe de personne sous le pseudonyme de SATOSHI
NAKAMATO. Contrairement aux monnaies traditionnelles comme le franc CFA
ou l’euro, le bitcoin ne dépend d’aucune autorité centrale (banque centrale ou
gouvernement). Il repose sur une technologie appelée blockchain.
Blockchain : encore appelée chaîne de blocs, est une technologie de stockage
et de transmission d’information. Elle est un registre ou encore une grande
base de données, offrant de hauts standards de transparence et de sécurité ;
Quelques blockchains : bitcoin, ethereum, binance smart Chain (BSC), Solana
(SOL) etc….

*caractéristiques principales du bitcoin :


 Décentralisation : pas émis ni contrôlé par une banque centrale.
 Nombre limité : plafonné à 21 millions d’unités.
 Utilisation : échanges peer-to-peer (P2P), investissement, ou paiement
chez certains commerçant.
 Volatilité : valeur très fluctuante.

La réglementation du bitcoin dans la zone CEMAC :


La Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC),
qui regroupe 6 pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée
équatoriale, Tchad) utilise le franc CFA comme monnaie commune, géré par
la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC).
A ce jour, selon les règlements en vigueur dans la CEMAC :
 Le bitcoin et les autres cryptomonnaies ne sont pas reconnus comme
des monnaies légales.
 La BEAC a interdit l’usage des cryptomonnaies comme moyen de
paiement dans la zone.
 En 2022, la République Centrafricaine a tenté de faire du bitcoin une
monnaie légale (loi « Sango »), mais cela a été condamné par la BEAC
et la CEMAC, car contraire aux règles communautaires.
La Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) a émis la décision D-
2022/071 du 6 mai 2022, interdisant aux établissements assujettis (banques,
établissements financiers, microfinances, etc.) de la zone CEMAC, toute activité
liée aux cryptomonnaies. Cette décision interdit notamment la détention,
l’utilisation, l’échange et la conversion des cryptomonnaies.
Il résulte de cette décision que pour la COBAC :
 Les cryptomonnaies ne sont pas des moyens de paiement non seulement
parce qu’ils ne sont pas énumérés par le Règlement relatif aux moyens,
systèmes et incidents de paiement mais aussi parce qu’ils ne sont pas
réglementés.
 Les cryptomonnaies ne sont pas des devises au sens de la réglementation
comptable applicable aux établissements assujettis car elles ne
constituent pas des monnaies au sens classique puisque non émises par
la Banque Centrale et en l’espèce la BEAC. En zone CEMAC, les seules
devises admises sont le franc CFA ou les devises émises par d’autres
banques centrales.
Ces positions sont justifiées par les risques liés aux cryptomonnaies. Certes
ces risques ne leur sont pas propres tels que le blanchiment des capitaux, ou
l’évasion fiscale mais ils peuvent être aggravés au regard des mécanismes et
techniques propres à ces monnaies ou actifs virtuels.
Partant de là, la COBAC interdit aux établissements assujettis d’intervenir de
quelque manière que ce soit pour leur compte ou le compte de tiers dans
les transactions relatives aux cryptomonnaies qu’il s’agisse de l’acquisition,
de la détention, du transfert ou de conversion des cryptoactifs en général et
du cryptomonnaies en particulier. Il leur est interdit également de tenir des
comptabilités en cryptomonnaies ou encore de les traiter comme éléments
d’actif ou de passif par exemple. Par ailleurs, la COBAC met à la charge des
assujettis, l’obligation de mettre en place des mesures de contrôle interne
afin de détecter les opérations liées aux cryptomonnaies et d’en informer la
Commission et la BEAC.
La position de la COBAC est désormais claire par rapport aux
cryptomonnaies. Tout en se prononçant sur cette monnaie digitale, la
COBAC est restée dans son rôle à savoir assurer à travers la surveillance sur
les établissements assujettis, le maintien de la stabilité financière et la
préservation des dépôts de la clientèle. Prudence est mère de sûreté.
Cependant, des régulations récentes intègrent les « actifs » et les « jetons
numériques » dans le marché financier de la CEMAC. Ces actifs sont désormais
considérés comme des instruments financiers, les prestataires de services sur
actifs numériques doivent se conformer aux mêmes règles que les autres
intermédiaires financiers et les établissements de crédit.
La règlementation en vigueur depuis le 1er août 2022 encadre ces activités ;
bien que des textes supplémentaires soient encore en attente d’adoption. Les
cryptomonnaies sont ainsi intégrées dans le cadre de l’appel public à l’épargne,
mais elles ne sont pas considérées comme des devises au sens classique, car
elles ne sont pas émises par une banque centrale comme la BEAC.
La Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale
(COSUMAF) a également interdit les transactions sur les cryptoactifs en octobre
2020, avant de valider un projet de règlementation des cryptoactifs quelques
jours plus tard. Cette réglementation vise à protéger les investisseurs tout en
permettant l’innovation dans le secteur financier.
En somme, bien que les cryptomonnaies ne sont pas reconnues comme des
monnaies légales dans la CEMAC, elles sont régulées en tant qu’actifs
numériques, avec des exigences spécifiques pour les prestataires de services
afin de garantir la conformité aux normes financières en vigueur. (Article 145
du règlement N*01/22/CEMAC/UMAC/CM/COSUMAF)
*La blockchain, bien que non explicitement nommée, est indirectement
reconnue par la règlementation communautaire de la CEMAC (le règlement
n*01/22/CEMAC/UMAC/CM/COSUMAF, adopté le 21 juillet 2022 dans son
article 76, définit les jetons numériques comme des bines incorporels
représentant des droits émis, inscrits, conservé ou transférés via un
« dispositif d’enregistrement électronique partagé ») une description qui
correspond à la technologie de la blockchain.

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